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L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 14:07

Nous nous réjouissons immensément de la victoire nette et sans conteste du NON en Grèce.

Et de son ampleur.

Dans les conditions d'une véritable guerre et de la tentative d'instaurer le chaos et la panique, de la mise en pratique d'une stratégie de la peur !

C'est la victoire du peuple contre l'austérité et contre l'arrogance des oligarques européens et de leurs porte-voix.

Le spectacle de leurs mines défaites dans les médias hier au soir suffirait à nous remplir de joie.

C'est la volonté et l'espoir d'une autre politique que celle imposée de manière dictatoriale par les tenants de l'austérité à tout prix, des reculs sociaux permanents et de la domination sans partage des marchés qui s'est exprimé avec force et dignité.

Une leçon de démocratie infligée par un peuple humilié à la soit-disant élite post-moderne et hors sol !

Rien n'est cependant durablement réglé !

Les forces qui dominent l'Union européenne, le FMI, la Commission européenne et la Banque centrale comme les forces d'accompagnement telles la CES, n'ont pas abandonné la partie.

Elles demeurent maîtresses de l'arme monétaire qu'elles ont utilisé contre le peuple grec en imposant la fermeture des banques afin de suciter la chaos et la panique pour faire triompher le oui.

Cela vainement cependant!

Elles détiennent la force de frappe que les abandons de souveraineté des états lui ont octroyé.

Incontestablement elles sont à nouveau fortement tentées de continuer à exercer leur chantage pour contraindre le gouvernement grec à la capitulation et au renoncement au programme qui l'a porté au pouvoir.

Et les prochains jours seront indicatifs de la ligne qui va l'emporter dans l'immédiat.

Car comme l'a affirmé avec morgue Jean-Claude Juncker, pour eux effectivement « il n'y a pas de démocratie contre les traités ! »

C'est que la construction européenne à l'inverse de ce qu'elle prétend n'est pas au service de la paix et du bien-être des peuples d'Europe ; mais au service exclusif de l'oligarchie et qu'elle s'est dotée des outils institutionnels, politiques et syndicaux qui permettent l'exercice de cette domination.

C'est que l'UE (distincte de l'Europe qui est d'abord une réalité géographique) est une construction politique et une machine de guerre contre tous les conquis sociaux et de négation de la souveraineté populaire comme l'a démontré le referendum de 2005 contourné par forfaiture.

Construction destinée à assurer la défense sans partage les intérêts d'une infime minorité.

C'est la raison pour laquelle nous continuons de penser que l'objectif d'une Europe sociale dans le cadre de l'UE est une dangereuse illusion.

Dans les heures qui viennent, en particulier l'attitude de la BCE dira quelle réponse immédiate est celle d'Angela Merkel contrairement à la fable de l'indépendance de la banque centrale :

Comme le dit en effet Romaric Godin :


"...Angela Merkel doit simplement décider si elle accepte cette main tendue [les propositions de négociation de Tsipras, quoi qu'on pense par ailleurs de ces propositions et des concessions déjà faites] ou si elle la refuse.

Si elle la refuse, si elle laisse l’affaire, comme elle l’a fait depuis des mois, entre les mains de la BCE et de l’Eurogroupe, donc si elle continue à ne considérer la crise grecque que comme une affaire de technique financière, la Grèce n’aura guère d’autre choix que de sortir de la zone euro.

Les banques grecques sont à l’agonie. Les distributeurs sont vides. La BCE doit, lundi 6 juillet, décider de l’accès du système financier grec à la liquidité d’urgence.

... Si aucun message d’ouverture ne vient de Berlin, la Grèce devra commencer à émettre une monnaie propre pour permettre le fonctionnement de son économie"

 

Dans la bataille qui vient de se livrer tous les acteurs ont révélé où sont leurs intérêts et quelles sont leurs alliances !

La CES

Au plan syndical en particulier la Confédération Européenne des Syndicats (CES) en se prononçant pour l'annulation du referendum grec, en affirmant son attachement indéfectible à l'euro et à l' Europe fédérale a affiché sa dépendance étroite des institutions européennes et sa dépendance à l'égard des oligarques européens dont au final elle dépend financièrement.

Les syndicats français qui tous appartiennent à la CES sont restés silencieux à propos de l'engagement de cette institution au côté de la troïka et de ses diktats.

Quand la question de l'appartenance en particulier de la CGT à cet organisme va-telle être débattue ?

L'indépendance syndicale c'est quoi ? La vraie celle qui idéologiquement, politiquement, matériellement rend libre de toute subordination aux puissances financières et aux institutions taillées pour les servir !

Le document d'orientation du 51e congrès qui doit se tenir en avril 2016 va-t-il avoir le courage de poser le débat devant les militants ?

Mais le congrès de la CES dont certains s'énorgeuillissent qu'il se tienne cet automne à Paris n'est-il pas une provocation aux engagements de la CGT de Krasucki et Frachon, en contradiction totale avec les principes de classe dont la CGT continue statutairement à se réclamer ?

Sortir du carcan de l'UE pour des coopérations véritables et élargies

Dans l'UE c'est d'abord "la concurrence libre et non faussée", c'est-à-dire la loi de la jungle, les divisions qui se creusent et s'enveniment, au profit de la minorité qui ne cesse de s'enrichir.

Notre solidarité à nous va au peuple grec et à sa farouche affirmation de souveraineté.

Plus que jamais l'heure est aux luttes contre toutes les régressions sociales (loi Macron, loi Rebsamen, attaques contre les hôpitaux, le droit à la santé …) et pour que se créent les conditions d'une véritable alternative politique dont tout indique qu'elle passera nécessairement par la déconstruction de l'Union européenne et de l'euro et par la re-construction de véritables solidarités populaires en Europe et dans le monde.

 

Le Front syndical de Classe

Lundi 6 juillet 2015

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 12:29

La campagne de peur organisée par la Commission de Bruxelles et la Banque centrale européenne a échoué ! La BCE n’avait pas hésité à geler l’alimentation des banques grecques en euros pour mettre l’économie grecque à genoux et semer la panique chez les déposants. En dépit de cette campagne, les électeurs grecs, dans leur majorité, ont refusé les propositions des créanciers de la Grèce.

Ces propositions avaient pour unique objectif d’empêcher la Grèce de servir d’exemple, en Espagne, en Italie ou en France et de montrer que, quelles qu’en soient les conséquences, il était impossible de résister à l’ordre néolibéral. Il fallait pour cela punir la Grèce et continuer à la maintenir dans la triple catastrophe, économique, sociale et financière que lui avait infligée la Troïka.

Après la victoire du Non, les négociations doivent reprendre immédiatement. Les dirigeants européens doivent entendre ce que vient d’affirmer la peuple grec : ni sortie de l’euro, ni humiliation et destruction sociale.

La dette grecque doit être restructurée, comme le demande le gouvernement grec. Le FMI lui-même vient de reconnaître qu’elle est insoutenable et impossible à rembourser.

La BCE a entre les mains le maintien de la Grèce dans la zone euro : elle doit se remettre à fournir normalement les banques grecques en euros, comme elle le fait pour toutes les autres banques de la zone euro. Si la BCE n’acceptait pas de traiter la Grèce comme doit le faire tout banquier central chargé d’alimenter les banques en liquidités, c’est elle qui prendrait la responsabilité, avec l’assentiment des 18 pays de la zone euro - autres que la Grèce - et de la Commission européenne, d’expulser la Grèce de l’euro. Les conséquences de cette expulsion seraient incalculables, non seulement pour le peuple grec, mais pour tous les peuples européens, l’avenir de l’euro et de l’Union européenne.

François Hollande doit se situer clairement du côté du peuple grec et se rappeler que son ennemie n’est pas la démocratie mais « la Finance » !

Athènes le 5 juillet 19h30

Gérard Filoche (membre du Bureau national du Parti socialiste et rédacteur en chef de Démocratie&Socialisme)

 

http://www.democratie-socialisme.fr

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 12:15

Face à l’étroitesse asphyxiante de leurs frontières nationales, les gouvernements de la bourgeoisie allemande, française, italienne… ont lancé en 1957 l’Union européenne (UE). Ils ne le firent pas à l’unanimité : par exemple, le parti gaulliste y était hostile en France. Pourtant, les succès initiaux de l’UE capitaliste ont conduit 28 pays à rejoindre les 6 initiateurs. L’intensité des échanges économiques au sein de l’UE et la dépendance des autres monnaies envers le mark allemand ont poussé la bourgeoisie française et sa comparse italienne à exiger de la bourgeoisie allemande une monnaie unique en 1992. Aujourd’hui, à travers la Banque centrale européenne (BCE), 19 États de l’UE (dont la Grèce) partagent l’euro et sa gestion.

Mais les classes dominantes restent incapables de se passer de leur État national, dont elles se servent contre leur classe ouvrière mais aussi contre leurs rivales y compris voisines ; l’idéologie dominante repose surtout sur le nationalisme traditionnel. Bref, les bourgeoisies se révèlent incapables d’unifier l’Europe.

L’Europe des capitalistes se montre donc incapable, non seulement d’accueillir les réfugiés d’Afrique et du Proche-Orient, mais de sauver le capitalisme européen le plus fragile, qui s’est effondré lors de la crise capitaliste mondiale de 2007-2009. Le gouvernement allemand a tardé à aider le gouvernement grec et ne l’a fait qu’à des conditions qui ont aggravé la dépression. En Grèce aussi, il y a des classes. Les prêts du Fonds monétaire international (FMI) et de l’UE ont surtout profité aux capitalistes grecs, en particulier aux banques, ainsi qu’aux groupes capitalistes de l’armement et de la finance d’Europe de l’ouest et des États-Unis. Depuis 2010, la troïka BCE-CE-FMI a surtout exigé des coups contre les salariés grecs. Une partie des économistes et des médias va jusqu’à calomnier, de manière répugnante, le peuple grec comme paresseux et parasite. Merkel, Hollande, Juncker et Lagarde ont depuis plusieurs mois, multiplié leurs exigences envers le gouvernement grec : hausse de la TVA, baisse des retraites… Les représentants des impérialismes occidentaux jouent les apprentis sorciers, comme avec leurs manœuvres pour rattacher l’Ukraine à l’UE et à l’OTAN, comme avec leurs interventions militaires en Irak, en Libye, en Syrie…

Les partis réformistes d’Europe se sont révélés incapables, non seulement de mettre en place chez eux des gouvernements ouvriers (seuls aptes à tendre la main aux travailleuses et travailleurs de Grèce), mais même d’exiger l’annulation des créances de leur propre bourgeoisie sur la Grèce. Pire, certains (PS, SPD, SPÖ…) font partie des gouvernements bourgeois qui étranglent la Grèce.

De son côté, la Grèce est restée capitaliste et donc incapable de se sortir de la nasse, de tracer une voie à toute l’Europe. La cause est politique : le mouvement ouvrier reste prisonnier des deux partis ouvriers bourgeois (Syriza et KKE) issus du stalinisme qui a trahi la révolution socialiste en 1944 et a toujours capitulé devant sa propre bourgeoisie.

Le KKE (Parti communiste de Grèce) divise de manière forcenée les rangs ouvriers, scissionne les syndicats et alimente un chauvinisme irresponsable pour faire croire aux travailleurs que la sortie de l’euro et de l’UE leur profitera, comme si le capitalisme grec replié sur ses frontières et ayant récupéré la drachme pouvait échapper aux crises économiques et à la domination étrangère.

La Syriza (Coalition de la gauche radicale) a gagné les élections législatives, mais s’est alliée aussitôt à l’ANEL (Grecs indépendants), un parti bourgeois xénophobe (anti-UE et anti-immigrés). La majorité parlementaire de Syriza et le Premier ministre Tsipras n’ont pas démantelé l’armée hypertrophiée qui achète à grande échelle aux groupes de l’armement américains, français et allemands. Ils n’ont pas osé annuler la dette publique. Ils n’ont même pas osé taxer les armateurs et l’Église orthodoxe, qui ne paient toujours pas d’impôt. Face aux représentants de l’impérialisme, le gouvernement Syriza-ANEL était prêt à augmenter la TVA, à baisser les retraites et à privatiser… mais pas assez aux yeux des bourgeoisies impérialistes rapaces.

Ni la Syriza, ni le KKE n’ont créé de conseils ouvriers, paysans et étudiants. Le social-patriotisme partagé par la Syriza et le KKE, leur confiance commune dans l’armée bourgeoise, l’impuissance du gouvernement de front populaire et le sectarisme du KKE font le jeu de l’état-major et du fascisme représenté principalement par XA (Aube dorée). Le référendum est une manœuvre désespérée du gouvernement Tsipras qui reste dans le cadre de la démocratie bourgeoise. Le « non », que voteront probablement à juste titre la majorité des travailleurs, ne résoudra rien.

La classe ouvrière mondiale a besoin dans le monde entier d’une internationale qui lève le drapeau rouge des exploités et des opprimés, qui rompe avec la bourgeoisie et prépare la révolution sociale. La solidarité des travailleurs européens envers leurs sœurs et leurs frères de Grèce est d’exiger l’annulation de la créance de leur bourgeoisie sur la Grèce, de lutter chez eux pour un gouvernement des travailleurs du type Commune de Paris en 1871 et pouvoir des soviets en 1917, d’ouvrir la voie du socialisme qui n’est réalisable qu’à l’échelle et mondiale. Les travailleurs de Grèce ont besoin d’un parti ouvrier révolutionnaire et internationaliste, fidèle à l’héritage de Marx, Engels, Luxemburg, Lénine, Trotsky et Pouliopoulos, qui se batte pour :

  • Pour un vote « Non » au plan de la troïka ! Gouvernement Syriza-KKE sans ministre bourgeois !
  • Séparation de l’Église et de l’État ! Annulation de la dette publique ! Expropriation des banques et des grandes entreprises, à commencer par les armateurs ! Suppression de la TVA sur les produits de consommation des travailleurs !
  • Retrait de l’OTAN ! Dissolution de l’armée et de la police ! Armement du peuple contre la police et les fascistes ! Droits démocratiques pour les conscrits !
  • Unité des travailleurs locaux et immigrés ! Une seule centrale syndicale, démocratique et de lutte de classe ! Comités rassemblant tous les travailleurs dans les entreprises, les administrations, les quartiers, les villages, les universités, pour le contrôle ouvrier et populaire !
  • Gouvernement ouvrier et paysan basé sur les conseils et l’armement populaire ! États-Unis socialistes d’Europe !

2 juillet 2015

 

http://groupemarxiste.info/?p=2045​ 

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 15:52

S'il existe un vrai défenseur de toutes les libertés, un chevalier de la démocratie, c'est bien Robert Ménard. Ce combattant désintéressé ne supporte aucune atteinte à ce qu'il juge attentatoire au libre exercice des droits de l'Homme. Certains droits de certains hommes.

Jusqu'en septembre 2008, il était le patron de Reporters sans frontières. Rappel historique : en 1983, Reagan fondait le NED (National Endowment for Democracy), dont le but est la promotion et le financement de toute action politique ou médiatique s'inscrivant dans le prolongement des opérations confidentielles de la CIA. En 1985, le NED portait sur les fonds baptismaux et finançait l'ONG française Reporters sans frontières. But avoué ; la défense des journalistes partout où ils subissaient censure et oppression. But réel : attaquer tout ce qui semble s'opposer au leadership des USA, notamment Cuba, Chine, puis Venezuela, partis de gauche en occident. Sous couvert de défense des libertés. Et toujours dans le cadre tutélaire de la CIA.

En 2008, Ménard quitta RSF et trouva un bienfaiteur dont la démocratie n'était pas la préoccupation numéro 1. L'émir du Qatar sponsorisa à hauteur de 3 millions de dollars par an un centre d'accueil pour journalistes à Doha, dont le petit Robert fut (et est peut-être encore) le patron.

Entretemps, il n'a jamais abandonné le bon combat. Il réclama à cor et à cris en 2003 la libération de Maurice Papon. Il prit avec fougue la défense du raciste antisémite Dieudonné. Il vilipenda la loi Gayssot réprimant les publications négationnistes. A la suite de l'assassinat au Pakistan d'un journaliste américain, il invoqua en 2007 la légitimité de l'usage de la torture. Il n'hésita pas, en 2010 à se faire l'avocat de la peine de mort.

On se souvient de sa défense du Tibet en 2008, en lançant des actions de commandos dans Paris contre le passage de la flamme olympique.

Cerise sur un bien mauvais gâteau : fidèle envers lui-même, Robert Ménard fait la promotion de son livre Vive Le Pen ! Y compris en insultant une journaliste en direct sur l'antenne de France Inter.

Robert Ménard n'est pas le paladin de la liberté, mais le spadassin de la pire réaction.

Jacques FRANCK 20 avril 2011

 

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 11:46

Rédigé fin mars 2015, après le 2e tour des élections départementales, le texte de Denis Collin en appelle à « Un programme pour un nouveau bloc de classes. Un programme national et populaire au sens où Gramsci employait cette expression. » Le M’PEP se retrouve dans son analyse et ses conclusions. Depuis son congrès de décembre 2014, en effet, le M’PEP ne se place plus dans le clivage gauche-droite désormais obsolète, mais autour de la défense structurelle des intérêts des classes dominées, contre les classes dominantes.

LA FIN DE LA GAUCHE EST PROCHE

Texte de Denis Collin, philosophe, animateur du blog « La Sociale », publié par le MPEP avec l’accord de l’auteur.

Le 6 mai 2015.

Ainsi, la déroute annoncée s’est produite. Et comme le PS n’a pas disparu purement et simplement de la circulation, évitant le sort de ses coreligionnaires du PASOK grec, on va répétant que tout bien pesé, il a résisté. À tout seigneur tout honneur ! Cambadélis déclare : « La gauche s’est bien rassemblée, dans un contexte économique difficile, alors que notre politique n’a pas encore produit tous ses effets. » Décidément, Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre. Le Front de Gauche se console de n’avoir pas tout perdu... Dans le naufrage chacun se raccroche à un bout du radeau.

Le scrutin uninominal à deux tours amplifie les victoires et les défaites électorales. Le plus important, ce n’est pas le nombre de départements gagnés par la droite - même si c’est important pour la suite. Le plus important est le résultat catastrophique en voix obtenues par la « gauche » au premier tour et la non-mobilisation de son électorat traditionnel au second tour. Les plus militants, les plus prêts à y aller en dépit de tout, n’ont eu besoin que d’écouter Macron dire à la BBC que Thatcher avait été une chance pour le Royaume-Uni : ils savaient qu’on votant « socialiste », c’est en fait le soutien au thatchérisme à la française, incarné par Macron, Pellerin, Rebsamen et tutti quanti, qu’ils apporteraient. Le vieux coup « tous unis contre la droite et l’extrême droite » ne marche plus.

Mais il n’y a rien, pas d’alternative, rien qui ressemble à l’émergence d’une nouvelle force politique. Il y a bien quelque chose qui s’est affaissé dans notre pays. Sous les coups de l’austérité européenne, de la trahison des élites dirigeantes inféodées à l’UE (et ça vaut évidemment autant pour la droite que pour la gauche), le désespoir a saisi le peuple des ouvriers, des employés, de tous ceux qui tirent le diable par la queue. Le désespoir engendre le repli sur soi, l’égoïsme social, l’espoir fou qu’on va passer entre les gouttes de l’orage qui s’abat. Voire pire : plutôt une fin effroyable qu’un effroi sans fin, voilà un des ressorts du vote FN. Notre pays s’est déjà effondré sur lui-même : c’était en 1940. Cette « étrange défaite », comme le titre l’excellent livre de Marc Bloch, n’était pas due à la puissance de l’armée allemande, mais bien à des causes internes qu’il a tenté d’analyser.

Il faudrait pour tous ceux qui ont partagé les espoirs et les illusions sous le drapeau incertain de la « gauche », que les leçons de cette défaite soient tirées dans toute leur ampleur. Et il faut commencer par cette question que posait déjà Orwell et qui s’adresse à la « gauche radicale », à la « gauche de gauche » : alors que les mauvais coups portés par le tout-puissant capital financier sont clairement perçus par la grande masse de nos concitoyens, pourquoi désertent-ils les partis de gauche, tous les partis de gauche et laissent-ils à la droite le soin de gouverner ? Pourquoi finalement ont-ils plus peur du « socialisme » que du capitalisme ? Un socialisme pourtant inexistant. Il suffit de voir le programme rose tiède de la gauche de gauche pour s’en rendre compte. Les causes de cette situation ne sont pas à chercher dans la « droitisation des esprits » voire leur « lepénisation » comme l’expliquent les beaux parleurs des beaux quartiers. Qu’on interroge les Français sur la sécurité sociale, l’enseignement ou tous les thèmes classiques de la « gauche », on trouvera souvent une large approbation. Que Mme Le Pen ait cru bon de prendre la défense des retraites, des salaires ou de la laïcité, cela prouve simplement qu’elle ne peut gagner qu’en reprenant pour les pervertir d’abord et les piétiner ensuite les revendications du programme minimum des partis ouvriers... du temps où de tels partis existaient encore ! Non, cet affaissement de notre pays, qui semble se laisser prendre par la droite et l’extrême droite vient tout simplement de que « l’on y croit plus ». On ne croit plus à la parole de ces pitres qui battent les estrades sous le slogan « mon ennemi, c’est la finance » et qui ensuite installent les banquiers à tous les postes de commandement. On ne plus croit ces professeurs de morale qui piquent dans la caisse, qui fraudent le fisc, qui magouillent avec leurs copains et coquins de la spéculation, ces « défenseurs de la patrie » devenus les caniches de Mme Merkel et de M. Obama. On a trop sous-estimé les ravages qu’a fait la profonde immoralité de cette caste dirigeante. On a également trop sous-estimé le mépris populaire à l’encontre de l’idéologie semi-libertaire des partisans des « réformes sociétales » à tout crin. L’électorat CSP++ du PS s’est retrouvé dedans, mais pas les travailleurs pauvres, pas les employés, pas la vieille base électorale du PS et du PCF. Il y a aussi les particularités de personnalités les plus en vue. Un président « à la dérive » comme le titre Marianne et un premier secrétaire du PS qui n’a jamais été qu’un roi de la manœuvre de basse-cour. De Harlem Désir à Cambadélis : le PS est tombé de Charybde en Scylla. Sans parler de ces branches entièrement mafieuses du PS qui parfois finissent par vivre leur propre vie comme le clan Guérini à Marseille ou pourrissent complètement le parti de l’intérieur, comme dans le Pas-de-Calais.

Face au désastre, Jean-Luc Mélenchon appelle à une « nouvelle alliance populaire » pour les régionales. Pourquoi pas ? Mais il réserve la primeur de ses projets aux partis auxquels il va s’adresser dans la semaine. En fait, la tambouille continue, avec des partis en plein déclin, des groupuscules qui peuvent tenir leur congrès dans une cabine téléphonique... et encore avec le portable, il n’y a presque plus de cabines téléphoniques ! Une nouvelle alliance populaire, il faudrait tout simplement en dessiner les grandes lignes au moins, et pas essayer de rafistoler « la gauche ». Et les grandes lignes s’appellent souveraineté de la nation (article III de la déclaration de 1789), rupture avec l’UE et l’ordo-libéralisme allemand, renationalisation des services publics privatisés au cours des dernières décennies, augmentation des salaires et défense de la protection sociale et des retraites, taxation impitoyable des dividendes et des « salaires » de nabab dans le genre de celui de Carlos Gohn, retour à une école qui instruit et arrêt immédiat des expérimentations des Docteurs Folamour de la « pédagogie », bref un programme capable d’amalgamer les ouvriers, les employés, et une large partie des petites classes moyennes désespérées qui se sont tournées vers le FN. Un programme qui dit clairement que nous voulons conserver nos acquis, un programme qui fait de la protection du citoyen dans tous les domaines sa priorité, un programme conservateur et révolutionnaire à la fois. Un programme donc pour un nouveau bloc de classes. Un programme national et populaire au sens où Gramsci employait cette expression.

Que faire ? Répéter inlassablement les leçons de l’expérience, en refusant les idées toutes faites et les schémas classiques et faussement rassurants de l’extrême gauche. Bref faire un travail d’instruction. Mais aucune régénération politique n’aura lieu sans un puissant mouvement social. Derrière la passivité apparente, il y a une colère sourde qui bouillonne ici et là. Des préfets redoutent de nouvelles jacqueries comme celle des « Bonnets Rouges ». À la base, dans les entreprises, il y a des mouvements sociaux, des grèves qui gagnent en dépit du contexte difficile. Ceux qui vivent sont ceux qui luttent, disait Victor Hugo.

http://www.m-pep.org/La-fin-de-la-gauche-est-proche

 

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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 15:15

jeudi 23 avril 2015

Par Mathias Gavarry
Professeur de Lettres au collège

« On n’y arrivera pas sans les parents », « Il faut faire entrer les parents dans l’école », « Ce soir, j’appelle tous les parents de 4ème2 »…
Depuis les chaises Empire du ministère jusqu’aux chaises Camif de la salle des profs, le consensus semble total : l’école se porterait mieux si les parents d’élèves en étaient. Il ne se passe pas une semaine sans qu’un politique inspiré n’y voie la solution miracle grâce à laquelle l’école sera bientôt sauvée.

Le dialogue école-famille, la solution à la mode

Jeune enseignant, je n’aurais pas pensé discuter cette évidence. Elle s’imposait à moi et à tous, et permettait d’expliquer à bon compte mes plus inextricables échecs : le manque de respect, le manque de travail, le manque d’envie, c’était d’abord, c’était au fond, la faute des parents.

Chez certains, nombreux, ce diagnostic commode s’accompagne de relents zemmouriens : si l’école va mal « aujourd’hui », c’est que les parents « d’aujourd’hui » sont souvent très noirs, très arabes, complètement chinois, et pauvres, et ne remplissent plus leur rôle de parents.

Chez d’autres, les mêmes parents sont surtout des « victimes du système » et ne peuvent être de bons parents d’élèves faute d’avoir été, eux-mêmes, de bons élèves. Ils ont peur de l’école. Ils ne savent pas comment ça marche. Faut les comprendre. On est surpris quand débarque devant le conseil de discipline de son fiston une blonde pharmacienne qui « ne voit pas le problème, à la maison c’est un amour », un patron qui a « tout fait pour son fils », ou un couple de bobos qui « paye un psy depuis 3 ans ».

Mais, dans tous les cas, la solution à la mode est la même : instaurer un dialogue entre l’école et la famille, unir les forces de ces deux instances éducatives et – bonheur, alleluïa – les réconcilier.

Ecole-famille, une rencontre inconvenante

Cette vérité n’étant pas discutable, elle n’est pas discutée. On se demande chaque année comment améliorer l’inclusion des parents dans le système. On organise des réunions, un « accueil » des parents, des remises de bulletins trimestriels, des remises de bulletins mi-trimestriels, on regrette à voix haute de voir « toujours les mêmes » et à voix basse de ne pas voir ceux qui, justement, devraient venir.

Il faut les rencontrer, ces « parents des élèves réellement problématiques », pour comprendre que c’est un contresens. Il faut voir, alors, la réaction de l’élève obligé de présenter ses « responsables » (c’est le terme officiel) à ses enseignants. Il a honte. Normal, c’est un ado. Un ado qui n’a pas honte de ses parents est une anomalie. Il est furieux, aussi. Il ne voit pas à quoi ça sert. Quelque chose en lui trouve cette rencontre inconvenante. Il a peut-être bien raison.

L’école ne regarde pas les parents

Quiconque a eu un enfant scolarisé se souvient sans doute de la première fois qu’il demanda : « Tu as fait quoi à l’école aujourd’hui ? »
L’immense majorité a encore en mémoire le silence qui fut alors opposé à sa question, le « Rien », le « Je sais pas », ou le mensonge que l’enfant préféra dire, plutôt que la vérité. Certains parents en ont sans doute conclu que l’enfant ne faisait rien en classe, ou rien de mémorable. C’est qu’ils ne veulent pas admettre ce qui, pourtant, devrait leur sauter aux yeux : les enfants n’aiment pas raconter aux parents ce qu’ils vivent à l’école. Ne souriez pas. Il faut prendre au sérieux ce refus de raconter. Car il témoigne d’une fulgurante intuition : l’école ne regarde pas les parents. Elle est tout entière pour les élèves, et pour eux seuls.

C’est vrai dès la maternelle. Cela reste vrai par la suite. L’école est un lieu sans parents, une forteresse à la porte de laquelle les parents sont priés – par les enfants eux-mêmes – de rester ! Il faut qu’un dysfonctionnement grave survienne pour qu’un élève croie utile de demander leur avis à ses parents. Dans l’immense majorité des cas, il réglera le problème « en interne, en en parlant avec ses camarades, ou les enseignants eux-mêmes.

Leurs enfants peuvent grandir sans eux

Parce qu’ils aiment leurs chers bambins, parce qu’ils veulent leur bien, les parents ont du mal à envisager la dure réalité des choses : l’école a pour fonction première de montrer aux enfants qu’ils peuvent se passer de leurs parents, qu’ils peuvent leur échapper, qu’ils peuvent grandir sans eux et, par bien des aspects, si si, contre eux.

Cet autre monde, que la sphère scolaire oppose à la sphère parentale, est une formidable occasion d’échapper à la toute-puissance de la famille. Pour l’enfant et, plus tard, pour le jeune adulte, l’école est un réservoir de rencontres et de modèles, qu’il a la liberté d’aimer ou pas, de suivre ou non.

Un espace de liberté, donc, malgré les règles strictes qui en régissent le fonctionnement. Et d’une liberté gagnée sur la famille. En ce sens, la maman aurait bien raison de voir la maîtresse comme une rivale.

Si chacun aime autant critiquer l’école, les profs, les programmes, c’est peut-être aussi pour ça : un combat ontologique est à l’oeuvre entre tout parent d’élève et l’école de son enfant. Loin d’être un drame, c’est un conflit précieux, utile, un conflit qu’il serait vain de prétendre réduire, et qu’il est peut-être temps d’assumer.

La paix au prix de trois contraintes

L’école est une institution violente. Plus exactement, la paix qui doit régner dans un établissement scolaire ne peut être garantie qu’au prix de contraintes fortes. La première est l’obligation de scolarisation. Il faut être très très vieux, ou malhonnête, pour ne pas se souvenir de ce que produit sur un esprit adolescent la répétition quotidienne d’un réveil à 7h.

La seconde est le respect du règlement intérieur, qui instaure, en sus des lois ordinaires de la vie en collectivité, une série de règles parfois hautement discutables. Le port du bonnet est interdit dans mon collège, pour justifier l’interdiction de la casquette.

La troisième, moins perceptible peut-être, mais bien plus décisive, est l’uniformisation qui en est à la fois la condition et l’objectif le plus fondamental. L’école n’est pas neutre, elle neutralise. Elle n’est pas tolérante, elle pourfend l’intolérance. Elle n’est pas semblable pour tous, elle fabrique des semblables. Mêmes programmes, mêmes diplômes, mais surtout mêmes idéaux, mêmes principes, même vision de la République, de la démocratie, des rapports hommes-femmes, de la réussite, et de l’échec.

Opposer une autorité à l’autorité des familles

Mais, là encore, les parents ne sauraient être ses auxiliaires. Dans les limites qu’impose la loi, les parents d’élèves sont maîtres chez eux. Ils peuvent prier le dieu qu’ils veulent, installer une télévision dans chaque chambre, se balader torse nu, ou considérer que la flûte est l’instrument du diable…

Mais leurs enfants ne doivent pas être obligés de croire, aimer Drucker, prendre froid, ou fuir au premier son de flûte. L’école sert à ça : opposer une autorité à l’autorité des familles, faire entendre un autre son de cloche, mettre dans un même chaudron toutes les histoires de tous les élèves, toutes les singularités de toutes ces histoires, et les réduire. Bon gré. Mal gré. L’école instaure entre les élèves et futurs citoyens une « communauté », quelles que soient leurs origines, et donc quels que soient leurs parents.

Les parents ne sont pas membres de l’équipe éducative

Ainsi, les catholiques trouveront que les enseignants ne sont qu’un ramassis de bouffe-curés, les bourgeois qu’ils sont prolétaires, les prolétaires qu’ils sont bourgeois, les anarchistes qu’ils sont « comme des flics » et les flics qu’ils sont d’infâmes libertaires. Les élèves entendront à l’école des mots inimaginables, impossibles, inconnus chez eux. Ils seront choqués, parfois. Et choqués que d’autres ne soient pas choqués. Et c’est très bien comme ça.

Prétendre que les parents sont « membres à part entière de l’équipe éducative », n’est donc pas seulement une exagération, c’est un mensonge. Et fort heureusement. Car ils doivent ne pas en faire partie.

On accuse souvent le système éducatif de creuser les inégalités sociales. Qu’en serait-il si les parents d’élèves continuaient d’être « intégrés » au système ? On le voit déjà, seuls les « bons » parents sont élus représentants, membres du conseil d’administration ou du conseil du discipline.

Demander « l’assistance » des parents, c’est importer au sein de l’école les inégalités que l’école doit combattre. Les parents capables d’aider aident, bien sûr. Mais ceux qui n’ont pas le savoir, pas le temps, pas les moyens, ne peuvent que regarder d’autres enfants passer devant les leurs. Et ils s’en veulent d’être de mauvais parents alors qu’ils ne sont le plus souvent que de mauvais parents d’élèves, ce qui ne devrait porter préjudice à personne

Je n’appelle plus les parents

Les enseignants sont régulièrement incités à mêler les parents d’élèves à la vie des établissements. Certains profs, dès le début de l’année, appellent un à un tous les parents pour leur expliquer leurs attentes et leur mode de fonctionnement. Ils espèrent ainsi gagner leur soutien, et s’assurer que de sévères rappels à l’ordre parentaux accompagneront les leurs en cas de manquements. Je l’ai fait longtemps. Je ne le fais plus.

Je le faisais quand, encore novice, vulnérable, je pensais qu’un élève qui perturbait gravement mon cours m’en voulait personnellement, ou qu’il en voulait au système, mais qu’il me fallait trouver ailleurs un indispensable soutien. L’élève revenait le lendemain furieux, parfois marqué des coups reçus, mais recommençait, toujours.
C’est qu’il œuvrait en secret contre la sage séparation de l’école et de la famille.

L’école, comme une caisse de résonance

Dans l’immense majorité des cas, un élève pénible choisit d’être pénible. Il pourrait être sage. Il préfère être insupportable. Pour autant, il n’a aucune raison d’en vouloir à son professeur. Fût il médiocre, cinglé, idiot, il n’aura à le supporter que quelques heures par semaine et sera débarrassé de lui sitôt sa scolarité terminée. Pour le dire vite, l’élève, au fond, se fout de son prof. Le prof ne fait pas partie de l’univers affectif et psychique de l’élève.

Ce n’est pas à lui qu’il parle quand il est pénible. S’il cherche la sanction, c’est le plus souvent pour faire passer un message indicible : je suis malheureux, j’aimerais qu’on s’occupe de moi. Or, ce « on » ne désigne que provisoirement l’enseignant. Les vrais destinataires du message sont dehors, à la maison.

Inconsciemment, l’élève perturbateur utilise l’école comme une caisse de résonance, et comme un moyen de toucher ses parents, furibards de devoir répondre, se déplacer, assumer, et tristes de voir leur enfant « dans les problèmes ». Il n’est pas rare de les voir alors se retourner contre l’enseignant qui les a alertés, jouant malgré lui le porteur de valises.

Je pense que mes élèves ne se portent pas plus mal

Loin de moi l’idée de minimiser les difficultés. De nombreux élèves sont aujourd’hui gravement malades au sein du système éducatif. On croise chaque année en primaire, au collège, des phobiques, des hyperactifs, des narcoleptiques, des violents. Mais faire appel aux parents pour faire entrer dans le rang un élève dysfonctionnant, c’est oublier que la famille, même modèle, même favorisée, est LE lieu de la névrose, son creuset, son origine. C’est confondre le remède et la maladie.

Ne plus avoir aucun lien avec les parents, prévenir les élèves, dès le début d’année, que leurs parents ne seront jamais appelés, c’est couper le lien pervers que certains élèves établissent à l’école entre eux et leurs familles. Jouer « les parents dans l’école », ce n’est pas additionner deux forces, c’est donner le pouvoir aux enfants de pervertir la fonction et le fonctionnement d’un établissement scolaire.

Aujourd’hui, je me passe des parents. Je m’en porte mieux. J’ose penser que mes élèves – et les plus difficiles d’entre eux surtout – ne s’en portent pas plus mal.

http://www.gaucherepublicaine.org/ecole-publique/ecole-les-parents-nont-surtout-rien-a-y-faire/7396165

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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 13:09

mercredi 29 avril 2015

Par Raoul Marc JENNAR
militant et chercheur altermondialiste

Il y a en France des millions de femmes et d’hommes qui luttent chaque jour tout simplement pour faire face aux besoins élémentaires de la vie. La pauvreté, l’exclusion, le chômage, la précarité frappent durement des victimes toujours plus nombreuses d’un système capitaliste qui ne connaît plus aucune entrave.
Et pendant ce temps-là, que voit-on ? Toutes les préoccupations, tous les efforts au plus haut niveau de l’Etat, au gouvernement et à la direction du PS sont tendus vers quoi ? Réunir une majorité sur une motion pour le congrès d’un parti. Et bien entendu, c’est cela qui préoccupe le plus la majorité des média. Et on nous présente comme un événement de première importance, digne de faire la une des journaux parlés et télévisés et les gros titres des quotidiens, le ralliement d’Aubry à la motion signée par Valls et Cambadélis !
La comédie qui se joue à l’Elysée, à Matignon et rue de Solférino est le révélateur, un de plus et c’est loin d’être le premier, d’un système politique au bout de sa décadence. Car, qui peut être dupe quand on sait que Hollande comme Aubry, comme tant d’autres dirigeants du PS, sont tous deux membres d’un même cercle dont les objectifs sont ceux de tous les libéraux qu’ils soient de droite ou qu’ils prétendent être de gauche : le groupe de Bilderberg.
Les objectifs de ce groupe ont été clairement définis par son fondateur, David Rockefeller : « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire. » C’est que mettent en œuvre les accords de l’OMC ; c’est l’ambition des traités comme celui entre l’UE et le Canada, celui entre l’UE et les USA, celui sur les services ; c’est le sens de toutes les décisions de l’UE et c’est ce que fait Hollande depuis 2012.

Alors, cessons d’accorder le moindre crédit aux gesticulations du PS et du gouvernement Hollande-Valls. Et aux médias qui en font un événement.

11 avril 2015

http://www.gaucherepublicaine.org/humeur/de-qui-se-moque-t-on/7396190

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 15:41

27 avril 2015

Jorge Martin

Le 9 avril dernier, le Parlement ukrainien (la Rada) a voté l’interdiction de la propagande et des symboles communistes. Tous les monuments « communistes » (statues, etc.) qui n’ont pas encore été détruits par les fascistes devront être démolis. De même, toutes les villes, rues, quartiers, places, ponts, etc., qui portent le nom d’un dirigeant communiste devront être rebaptisés. Les chants et drapeaux communistes seront interdits, sous peine de 5 à 10 ans de prison.

Cette loi a été proposée par Oleg Lyashko, dirigeant du Parti Radical (extrême droite), et adoptée par 254 voix, la majorité se situant à 226 voix.

Pour justifier cette loi, le gouvernement recourt à la vieille manœuvre consistant à mettre nazisme et communisme dans le même sac. Le préambule de la loi explique qu’elle vise à « condamner les régimes criminels et totalitaires communistes et nationaux-socialistes (nazis) », à « interdire la négation du caractère criminel de ces régimes totalitaires, ainsi que la propagande et les symboles » communistes ou nazis, et enfin à « éliminer les menaces contre la souveraineté, l’intégrité territoriale et la sécurité de l’Ukraine. »

Bien sûr, la « condamnation » du nazisme n’est qu’une feuille de vigne pour masquer la condamnation du communisme. En effet, en même temps qu’elle votait cette loi, la Rada en votait une autre réhabilitant des douzaines d’organisations ukrainiennes, sous le titre de « combattants de la liberté », y compris celles qui ont collaboré avec l’occupant nazi pendant la Seconde Guerre mondiale – et qui ont perpétré des massacres de Juifs, de Polonais et d’autres minorités. C’est le cas, par exemple, de l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens et de l’Armée Insurgée Ukrainienne. Leurs symboles sont largement utilisés, aujourd’hui, par des organisations d’extrême droite et de paramilitaires fascistes qui, en outre, font partie intégrante de l’appareil d’Etat ukrainien.

Quelques jours avant le vote du 9 avril, Dmytro Yarosh, le dirigeant du parti « Secteur Droit », qui se considère comme un héritier du collaborateur nazi Stephan Bandera, a été nommé Conseiller du Chef d’Etat-major des forces armées ukrainiennes.

A ce jour, les symboles des organisations collabos nazies et coupables de génocides sont protégés par la loi, laquelle punit toute négation publique de leur « rôle » dans la « lutte pour l’indépendance de l’Ukraine au cours du XXe siècle. »

La loi du 9 avril prévoit également de déclasser les célébrations du 9 mai, le « Jour de la Victoire », qui commémore la défaite des Nazis face à l’Armée rouge en Ukraine, en 1945. Une « journée de la mémoire et de la réconciliation » est créée, le 8 mai, pour « commémorer toutes les victimes de la Seconde Guerre mondiale » – y compris, donc, ceux qui se sont battus du côté des Nazis. Le 9 mai restera férié, mais les symboles soviétiques seront interdits. Dans la mesure où c’est l’Union Soviétique qui a joué le rôle décisif dans la défaite du Nazisme, on se demande ce que pourra bien signifier cette célébration, si les symboles soviétiques sont bannis.

Tout ceci a été voté par la Rada dans le cadre d’une nouvelle tentative d’interdire le Parti Communiste d’Ukraine, à la veille des célébrations du 70e anniversaire du Jour de la Victoire.

http://www.marxiste.org/international/europe/ukraine/977-le-parlement-ukrainien-interdit-la-propagande-et-les-symboles-communistes

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 13:35

Par Xavier Dupret, économiste belge. Etude diffusée par le Mouvement politique d’émancipation populaire (MPEP) avec l’accord de l’auteur.

Le 27 avril
2015.

Les relations tumultueuses du gouvernement grec avec ses créanciers font couler beaucoup d’encre. Un mythe, à gauche, veut par exemple que les créanciers aient presque totalement effacé le coût de la restructuration de la dette grecque. Cette conclusion repose sur une observation superficielle de l’accord conclu en avril 2010 entre le gouvernement grec et ses créanciers. A cette époque, comme d’ailleurs aujourd’hui, cinq ans après, en avril 2015, le gouvernement grec était au bord de la cessation de paiement. Il avait demandé l’assistance du FMI. De violentes mesures d’austérité étaient alors prises en contrepartie de cette « aide ».

L’étude de Xavier Dupret montre que les créanciers privés d’Athènes ont en réalité retiré, aux termes de l’opération, plus qu’ils n’ont été contraints à devoir lâcher initialement, l’accord a été très profitable pour eux.

La croissance négative du PIB (-25%) explique, pour la plus grande partie, la détérioration des finances publiques de ce pays, provoquée par les politiques d’austérité. Or la dette grecque est impayable, l’économie grecque, dans son ensemble est insolvable. Sans sortie de l’Union européenne et de l’euro, la Grèce ne pourra jamais se redresser.

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 15:23

La loi HPST (« Hôpital, patients, santé, territoires »), dite loi Bachelot (2009), a placé l’hôpital public dans une logique de rentabilité, avec une tarification à l’activité. L’hôpital n’est plus financé par un système de forfait journalier relatif au séjour du malade, mais en fonction du nombre d’actes qui lui ont été prodigués. Groupés en pôles plus ou moins autonomes au plan financier, les services hospitaliers luttent, pour boucler leur budget, dans une logique de « codage à tout prix » des actes médicaux et paramédicaux. Dans ce contexte, le patient devient un « client » ; la recherche du diagnostic et d’une thérapeutique adaptée n’est plus l’objectif principal.

Avec la politique de l’acte, la rentabilité à tout prix et la pénurie de soignants, la qualité de la prise en charge n’est plus garantie. Cela favorise une santé à deux vitesses : les plus riches ont les moyens de se diriger vers les CHRU des grandes villes ou vers des cliniques privées ; les autres ont moins accès aux soins. Près d’un tiers des Français ne se soignent plus faute d’argent.

Non seulement le projet de loi de Marisol Touraine, prochainement discuté au Parlement, ne revient pas sur cette contre-réforme de la droite, mais il en est le prolongement.

L’austérité dans les hôpitaux : le personnel dans le viseur

Depuis 2008, les hôpitaux vivent une longue descente aux enfers. La hausse des charges à effectif constant se répercute sur le personnel, avec des attaques contre les RTT. A cela s’ajoutent les suppressions de postes. En 2013, pas moins de 20 000 emplois ont été supprimés, 15 000 en 2014. Tous les ans, depuis 2008, la Fédération Hospitalière de France estime à 10 000 le nombre de postes supprimés, soit un peu plus de 50 000 en cinq ans, et ce, alors que le volume d’activité des hôpitaux continue de croître.

D’ici 2017, plus de 50 milliards d’euros de coupes dans les dépenses publiques sont prévus par le « pacte de responsabilité », dont 18 milliards d’économies sur la protection sociale et les dépenses de santé. Pour les établissements du secteur privé, c’est une aubaine. Le crédit d’impôt compétitivité-emploi prévoit une réduction de 6 % de leurs charges sociales : un cadeau de 500 millions d’euros au total. Dans le même temps, de nombreux travailleurs de la santé quittent le public pour le privé à cause de leurs conditions de travail catastrophiques.

Opposition du secteur libéral

Les praticiens de la santé en secteur libéral sont aussi opposés à cette loi, pour de multiples raisons. Ils s’élèvent notamment contre la possibilité donnée aux pharmaciens de réaliser les vaccinations (moments clés dans le suivi d’un enfant) et critiquent la généralisation du « tiers payant ». Celle-ci ne donnera pas un meilleur accès aux soins, mais noiera les médecins sous la paperasserie, avec l’obligation de vérifier que chaque patient est à jour de cotisation pour sa mutuelle.

Pour une convergence des luttes

Cette loi rassemble contre elle tous les professionnels de la santé – à part les patrons des cliniques privées. Plus d’une quarantaine de syndicats de médecins, infirmiers, dentistes et d’autres professions ont créé, avec des organisations étudiantes, le Mouvement Pour la Santé de Tous. Ils ont lancé une pétition nationale et appelaient à manifester le 15 mars. Par ailleurs, CGT, Sud et FO exigent le retrait du « pacte de responsabilité », de la loi HPST et du projet de loi de santé Touraine. Les travailleurs de la santé seront sans doute massivement mobilisés lors de la journée nationale de grève contre l’austérité et la loi Macron, le 9 avril.

L’ampleur des attaques force à la convergence des luttes. Les centrales syndicales doivent mobiliser pour montrer le rejet unanime et massif de la loi, pour la défense d’une santé de qualité 100 % publique. Elles doivent apporter leur soutien à toutes les plateformes de luttes créées par les salariés, comme la Convergence des Hôpitaux contre l’hôstérité.

Non à l’austérité !
Non à la marchandisation de la santé !

 

http://www.marxiste.org/actualite-francaise/politique-francaise/957-sante-publique-a-bas-l-hosterite

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