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La Butte Rouge

 

 

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Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

6 novembre 2006 1 06 /11 /novembre /2006 20:09

APPEL AUX CANDIDATS

Nous interpellons aujourd'hui chaque candidat potentiel aux élections présidentielles sur sa très grande responsabilité en ce moment historique.

Nous sommes particulièrement inquiets de l'absence de véritable projet culturel dans les différents programmes des candidats aux élections françaises.

La France est le pays du monde occidental où, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, un certain nombre de combats menés par des acteurs de toutes obédiences politiques, ont permis à un service public de la culture assez exemplaire de se développer.

Ces outils culturels construits de haute lutte dans notre pays ne doivent pas être abandonnés. Ils doivent au contraire servir de courroie d'entraînement à une Europe qui ne se contente pas d'adopter une attitude suiviste vis-à-vis des États-unis d'Amérique. Dans le domaine de la démocratie culturelle et artistique, l'Europe porte des valeurs fondamentales qu'elle doit plus que jamais mettre en avant et notre pays doit être en première ligne. On raconte que Jean Monnet le disait déjà : «si je devais recommencer, je recommencerais par la culture».

Il est essentiel aujourd'hui, face à une représentation européenne principalement soumise aux exigences de la rentabilité et au démantèlement programmé de nos services publics, de défendre avec force des valeurs, des méthodes et des institutions, qui protègent la culture et la circulation de l'art de l'emprise des critères marchands de l'actuelle «mondialisation».

La question de l'intermittence est essentielle - et il reviendra au prochain gouvernement d'imposer une loi face au « contrat» cher à Mme Parisot – mais aussi celle de la responsabilité de l'État central en termes de politiques culturelles publiques, indépendamment de toute ouverture à un secteur privé qui n'offre aucune garantie pour ce qui est de l'intérêt général.

Si, dans cette période de transition périlleuse, nous ne manifestons pas, au plus haut niveau de l'État, la volonté politique de prendre en compte l'importance de l'art et de la culture comme outil de civilisation, notre avenir commun est prévisible. Les valeurs immatérielles portées par l'art et par la pensée, pivot de notre identité historique commune, n'auront plus leur place dans une société entièrement soumise au néolibéralisme. Il suffit d'analyser la place des arts et de leur circulation dans l'Amérique de Georges Bush ou dans la Grande-Bretagne de Tony Blair pour en être convaincu.

Il faut aujourd'hui que les hommes et les femmes politiques qui prétendent aux plus hautes charges de l'État sachent que dans ce domaine leur responsabilité est immense et que nous attendons d'eux non seulement des paroles, mais des actes.

C'est autant du rôle européen et mondial de la France que du problème crucial de la circulation culturelle et artistique dans les lieux de relégation de notre société qu'il est ici question.

L'absence de prise en compte de cette question majeure de civilisation nous mènerait à une perte de valeurs et à un affaiblissement irrémédiable. Cette démission suicidaire nous rendrait incapables à l'avenir de défendre un point de vue non-marchand dans le domaine de la création et de l'esprit. Il est temps de prendre la mesure de cet enjeu.

Nous tenons à votre disposition un certain nombre de documents de travail élaborés par des acteurs de différents domaines et nous attendons de vous une réaction significative.

Dans l'espoir de vous avoir convaincu, très cordialement à vous.

Si vous souhaitez vous joindre à cet appel, merci d'envoyer votre signature uniquement à cette adresse : valerie@horschamp.org


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4 novembre 2006 6 04 /11 /novembre /2006 12:14
Par Philippe Marlière (Maître de conférences en science politique à l’université de Londres)

Selon ses partisans, la candidature de Ségolène Royal s’impose pour deux raisons « rédhibitoires » : 1) leur candidate est la mieux placée pour rassembler les socialistes et la gauche ; 2) les sondages la plébiscitent.
 
La campagne interne est en train de nettement infirmer le premier argument. Loin de rassembler les socialistes et la gauche, Ségolène Royal apparaît diviser profondément son camp. En dépit de l’embargo des médias voulu par le camp royaliste, le rassemblement du Zénith a souligné combien les contours flous et ambigus de son discours avaient fini par exaspérer un auditoire plutôt bien disposé à son égard au début de la soirée. Le « blairisme à la française » de Mme Royal (35 heures, carte scolaire, jurys populaires, encadrement militaire des jeunes délinquants) heurte en effet un nombre croissant de militants socialistes qui s’informe et débat. Quoi de plus normal pour des socialistes français de s’émouvoir des lourds emprunts à un homme d’Etat qui est couramment présenté comme le consolidateur du thatchérisme ?
 
Reste le deuxième argument, celui de sondages exceptionnellement flatteurs pour Ségolène Royal. Une certaine presse ne se prive jamais de rappeler que Laurent Fabius est « toujours bon dernier dans les sondages », « loin derrière Mme Royal ». Mais de quels sondés s’agit-il ? De « sympathisants socialistes ». Rappelons d’abord une évidence : ce sont bien les militants qui seront appelés, les 16 et 23 novembre, à choisir le candidat socialiste et non les « sympathisants ». Pourquoi dans ce cas continuer à nous bombarder de sondages qui ne concernent en aucune manière la population électorale du moment ? Y aurait-il quelque tentation de la part des médias d’influencer l’issue de ce scrutin ? Troublant, n’est-ce pas ? Mais regardons de plus près le stratagème et on s’aperçoit que la ficelle est vraiment grosse. Demandez à un politologue ce qu’est un « sympathisant socialiste » et il sera bien à la peine de vous répondre. S’agit-il d’un électeur qui vote fidèlement pour le PS, occasionnellement ou simplement d’un transfuge de la droite qui s’apprête à voter socialiste pour la première fois ? Ces distinctions importent car elles renvoient au degré de proximité et de familiarité avec le PS, ses débats, sa culture et à une connaissance plus ou moins fine des enjeux de ces primaires. Nous ne le savons pas. Nos sondeurs continuent imperturbablement de nous présenter ces « sympathisants » comme une catégorie politiquement homogène. En réalité, ces sondages reposent souvent sur des échantillons ridiculement petits et sont aussi fiables que les sondages « micro-trottoirs » dont sont friands les journalistes en mal d’inspiration. Ces échantillons ne sont ni fiables, ni représentatifs, d’un point de vue scientifique. Ce sont des artefacts d’opinion car ils fabriquent de toute pièce un point de vue qui n’existe que dans l’esprit des… sondeurs. Sonder les « sympathisants » socialistes dans le cadre de ces primaires, c’est donc aussi pertinent que d’aller recueillir le point de vue du peuple allemand lors de la campagne référendaire française au printemps 2005…
 
Mais il y a pire. La plupart de ces sondages, nous l’avons vu, sont grossièrement exécutés, au mépris des règles déontologiques élémentaires (échantillons minuscules et non représentatifs). Certains sondages imposent carrément une problématique aux sondés. Pour enfoncer le clou de la démonstration (c’est-à-dire pour pouvoir affirmer que Ségolène Royal est réellement plébiscitée par le « peuple des sympathisants socialistes »), il leur faut aussi montrer que la candidate est la « plus compétente » des trois dans tous les domaines : affaires étrangères, social, économie, culture, sports, etc. Ici, ces pseudo-sondages frisent le ridicule et sont franchement hilarants. Avant que la campagne interne ne démarre, Ségolène Royal devançait  ses concurrents de 20 à 40 points dans tous les secteurs de gestion. Sacrebleu, Mme Royal est assurément une super candidate ! Mais qu’est-ce qui permettait alors aux sondés d’émettre des points de vue aussi tranchés dans des domaines aussi divers et techniques ? Mystère.
 
Venons-en au fait : ces sondages sont une vaste entreprise de décervelage (ou d’intimidation) à l’endroit de militants socialistes désorientés, qui s’apprêtent, la mort dans l’âme, à voter pour la « madone des sondages » pour éviter un « nouveau 21 avril ». Certains ne s’y sont résolus que parce qu’on leur assure – sondages à l’appui – que Mme Royal est la « seule candidate capable de battre la droite ». Allons jusqu’au bout du raisonnement. Comment croire un instant que Laurent Fabius soit « scotché » aux 10-15% d’intentions de vote que lui prédisent les « sondages » ? Comment un candidat qui vient de réunir 21% des voix militantes sur son nom et ses idées au dernier congrès du PS, qui recevra la majorité des voix du NPS, des MJS, une minorité de celles de Rénover Maintenant, l’intégralité des voix de FMDS (Dolez-Filoche) et aussi celles de certains jospiniens, pourrait effectivement être si largement distancé ? A vos calculettes et faites l’addition ! La manipulation médiatico-sondagière est ainsi révélée. Ces pseudo-sondages n’ont d’autre objectif que de tenter d’imposer aux militants socialistes, de l’extérieur, la candidate des grands groupes de presse (…et des caciques du PS) !
 
Les seuls sondages qui, aujourd’hui, auraient un sens, seraient ceux effectués auprès de militants socialistes. Cas hypothétique, car évidemment cela n’arrivera pas : imaginons qu’un institut de sondages interroge une grosse fédération du PS (le Nord, par exemple). Un tel sondage révélerait aujourd’hui des intentions de vote pour Laurent Fabius de 2 à 3 fois supérieures à celles enregistrées par ces sondages manipulateurs. Tout à coup, le « candidat distancé » ne le serait plus ! On comprend donc pourquoi les grands groupes de presse sarko-blairistes ne commandent pas de tels sondages. Le soutien intra-partisan en faveur de Fabius serait enregistré à son niveau réel, c’est-à-dire en deuxième position et probablement talonnant Mme Royal et la candidate « plébiscitée » par les sondages ne le serait plus...
 Camarades, la « madone des sondages » est un mythe. Vous pouvez donc tranquillement voter selon vos convictions socialistes.


Sur votre Agenda

Les derniers débats thématiques entre candidats du Ps
diffusés en direct dés 20 h 30 sur la chaîne parlementaire,

Le 7 novembre
Le 9 novembre à Toulouse

Les votes au sein du Ps

Le 16 novembre 1er tour
Le 23 novembre 2° tour

Congrès du Ps le 25 novembre


Réunions prévues Gérard Filoche :
Livourne, le 12 novembre, Attac, en défense du droit du travail
Toulon, salon du livre, le samedi 18 novembre
Maromme, salon du livre le dimanche 19 novembre
Ardèche, le 27 novembre, en défense du droit du travail
Boulogne Billancourt le 30 novembre
Lons le Saulnier le 2 décembre
Grenoble, le 6 décembre, présentation du livre “la vie, l’amour, le travail”...
Paris 17° le 8 décembre
Nantes le 15 décembre
Dinan le 18 décembre, présentation du livre “la vie l’amour, le travail...”

Passages médias Gérard Filoche :
Aux arènes de France mercredi 15 novembre
Articles prévus dans Vsd, Toc, le Nouvel Observateur en novembre
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Published by Gérard Filoche - dans France-Politique - société
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28 septembre 2006 4 28 /09 /septembre /2006 13:04
 
« Nous avons été les premiers à diffuser un appel pour la défense de la liberté d'expression. A la suite, d'autres appels ont été lancés. Tant mieux. Pour nous, il ne s'agit pas de prendre parti pour ou contre Redeker, comme l'ont fait les autres appels.
Il s'agit de défendre la liberté d'expression, même si nous ne sommes pas d'accord avec ce qui est dit, de la défendre dans la mesure où cette expression ne contrevient pas aux principes de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen ou à la Constitution.
Quoi que l'on puisse penser de Redeker, il est évident qu'il n'a pas contrevenu à ces principes.
Par contre, nous appelons à ce que des déclarations qui par exemple prônent la mainmise de telle ou telle religion sur la société, l'application de lois religieuses, la discrimination des citoyens en fonction de leurs origines, de leur religion, etc. (ceux qui prônent donc le communautarisme au nom d'une idéologie religieuse ou politique), nous appelons à ce que ces déclarations, contraires aux droits de l'Homme et à la Constitution soient systématiquement poursuivies.
Nous défendons le droit à la liberté d'expression dans le cadre des lois : c'est pourquoi notre appel n'est, lui, ni partisan, ni communautariste, et s'adresse aux citoyens soucieux de défendre leurs libertés fondamentales.
Nous assistons depuis un certain temps à la mise à mal de ces libertés, tant par les lobbies religieux que par les lobbies politiques.
Si nous voulons faire pièce à ces visées, c'est dès maintenant qu'il faut réagir, demain, et notamment après les présidentielles de 2007, il sera trop tard.
 
Bernard Giusti »

La  liberté d’expression doit être défendue pour tous, même et surtout pour ceux dont on ne partage pas les idées.
Merci de le diffuser largement.

 « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » (citation apocryphe de Voltaire)
APPEL POUR LA LIBERTE D’EXPRESSION
 
 
Nous soussignés, citoyens de la République, appelons l’ensemble des représentants politiques républicains et démocrates, sans distinction de partis, et l’ensemble de la société civile à prendre clairement position pour la défense de la liberté d’expression, garantie par la Constitution et partie intégrante de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
 
Les pressions incessantes exercées par des groupes communautaristes, notamment religieux, sont inacceptables. Tout citoyen a le droit de s’exprimer librement, dans le cadre prévu par la loi, sans être menacé dans son intégrité physique ou morale.
 
Nous appelons l’ensemble des représentants politiques et l’ensemble de la société civile à entamer systématiquement des poursuites contre tous ceux qui profèrent des menaces à l’encontre de citoyens sous prétexte de délit d’opinion.
 
La liberté d’expression doit être libre et entière dans le cadre prévu par la loi. Il appartient à tous les élus, à la société civile et à l’ensemble des citoyens de la défendre et de la respecter.
 
En ces temps où des menaces de mort sont proférées contre un philosophe, enseignant dans un lycée, il appartient plus particulièrement aux responsables politiques, et notamment aux présidentiables, de prendre clairement et fermement position pour la défense de la liberté d’expression, afin qu’elle puisse s’exercer sans autre restriction que le cadre légal et en dehors de toute autre considération politique, philosophique, morale ou religieuse.
 
La liberté d’expression ne se partage pas.
La liberté d’expression n’est pas politiquement correcte.
La liberté d’expression est la garante de nos libertés républicaines et démocratiques.
 
 
 
Signatures à envoyer à :
(appel lancé le 28-09-06)
 
Pour consulter les premières signatures, repotez-vous à droite de l'écran, et cliquez sur "Premières signatures" dans la rubrique "Liens"
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15 février 2005 2 15 /02 /février /2005 14:00

OPA sur les services publics

15-02-05

 

 

 

On le sait, sous le prétexte fallacieux de la fameuse « harmonisation européenne » et au nom d'une soi-disant « rentabilisation », les services publics français sont bradés les uns après les autres.

Or, si l'on avance « l'harmonisation européenne », cela signifierait que nos gouvernements successifs n'ont jamais eu aucun poids pour défendre, au niveau européen, les services publics français. Et dans ce cas, si nous n'avons aucun poids, nous ne voyons pas très bien ce que nous faisons en Europe. A moins que les gouvernements de droite comme de gauche n'aient pas vraiment fait le forcing...

Quant à l'argument de la « rentabilisation », il impliquerait que les services publics ne sont pas rentables. C'est exactement l'inverse : c'est bien parce qu'ils sont rentables qu'ils sont bradés. En réalité, les services publics constituent des marchés juteux convoités par le privé. On imagine mal, en effet, des entrepreneurs privés investir dans des entreprises non rentables.

Bien évidemment, ces arguments de « l'harmonisation européenne »  et de la « rentabilisation » ne sont là que pour masquer les méfaits d'un ultra-libéralisme tatchérien en passe de dominer non seulement toute l'Europe, mais tous les pays industrialisés (1).

Il semble que désormais le scénario conduisant à la casse d'un service public, qui à l'origine fonctionnait correctement, soit bien rôdé. Prenons l'exemple de France Télécom : dans un premier temps on rend un service public déficitaire par des investissements hasardeux qui le mènent  au bord de la faillite. Dans un second temps, on augmente les prix sous prétexte de renflouer l'entreprise publique. Ce faisant, en pratiquant des tarifs prohibitifs, on ouvre grand les portes aux entreprises privées qui n'ont plus qu'à s'engouffrer dans la brèche en pratiquant des prix bien plus bas par rapport à France Télécom, mais qui sont cependant largement suffisants pour que ces entreprises privées engrangent des bénéfices juteux. Ce qui est une façon de pousser les utilisateurs dans les bras du privé. Gageons que lorsque France Télécom ne pourra plus utiliser le monopole de l'abonnement téléphonique pour retenir sa clientèle, elle devra réviser ses prix à la baisse...  ou disparaître.

Depuis quelques temps est venu le tour de la Poste, qui est entrée dans cette logique de casse du service public. Les changements sont visibles pour les usagers.  L'ancien esprit de « service public » disparaît à la vitesse grand V. A la place, on forme les nouveaux agents et on « déforme » les anciens en leur inculquant la notion de « rentabilité », en transformant les agents en commerciaux. Le racket est devenu patent : hausse des prix, fermeture des bureaux « non rentables » (qui jouaient pourtant un rôle de premier plan, et surtout assuraient ce pour quoi la poste a été inventée : le service public pour tous), suppression de boîtes aux lettres, suppression de personnel, qualité des services laissant à désirer...

Mais ce sur ce dernier point, la qualité des services, il convient d'apporter une précision, et pour ce faire je raconterai l'anecdote, véridique, d'une vieille dame voulant poster une lettre. La voilà donc au guichet, devant une jeune employée bien formatée par les managers de la Poste. D'abord, la vieille dame apprend que sa lettre, qui pourtant se présente sous forme d'une enveloppe à bulles format 21x27, tout à fait normale, n'est pas une lettre mais un colis ! En effet, après avoir trituré l'enveloppe dans tous les sens, sans se soucier de la résistance du contenu d'ailleurs, l'employée zélée a découvert que l'enveloppe contient un CD. «Ah ! Mais ce n'est pas un document. Vous devez payer le prix d'un colis.» La vieille dame argue que son envoi ne pèse que quelques grammes, mais l'employée n'en a cure. «Votre colis, vous voulez l'envoyer comment ?» « En ordinaire.» répond la vieille dame. «Comme vous voulez.» Suit alors cette phrase extraordinaire : «Mais si vous voulez être sûre qu'il arrive, il faut l'envoyer en recommandé, parce que sinon...» La vieille dame finira par acquitter un prix exorbitant pour un envoi de quelques grammes...

La morale de l'histoire est bien évidemment que la qualité du service à la Poste est déjà dépendant des ressources de chacun. L'égalité devant le service public n'a déjà plus cours. Si vous postez simplement un courrier, vous n'êtes pas sûr qu'il arrivera... ou alors il faut payer plus... Car c'est évident : nous n'affranchissons normalement nos lettres et nos colis que pour permettre aux agents de les mettre à la poubelle, ou «qu'ils se perdent »..! Sinon, il faut payer un supplément.

L'autre enseignement, c'est que tout est bon pour soutirer un maximum d'argent aux usagers, sous les prétextes les plus fallacieux. D'ailleurs on ne parle déjà plus d'usagers mais de « clients ».

Enfin, devant l'inflation des prix, l'agressivité commerciale des employés, la baisse de qualité des services (2), qui s'étonnera que les usagers se précipitent dans les bras du privé lorsque celui va reprendre le «marché postal» ? Si pour un prix inférieur à celui pratiqué par la Poste j'ai l'assurance de voir arriver mon courrier, pourquoi paierai-je plus cher ?

 

 

 

Le bradage des services publics, ce n'est pas demain, c'est déjà au quotidien. Le racket postal actuel est à l'image de ce qui est en train de se mettre en place dans les hôpitaux, à EDF-GDF, dans les transports...

Je parle de racket puisque la Poste a encore le monopole de ce service, et que donc l'usager n'a pas le choix. La Poste, encore service public, peut dès lors pratiquer les prix qui lui conviennent sans que l'usager ait son mot à dire, ce qui fait partie de cette stratégie visant à instaurer l'ultra-libéralisme. Lorsqu'il s'agissait d'un service d'Etat, les politiques ne tenaient pas à se mettre trop à dos la population en exagérant la hausse des prix. Aujourd'hui, les politiques pensent s'être déchargés de toute responsabilité en privatisant à tour de bras après avoir mis en place une phase de "semi-public" réputé indépendant du pouvoir. Mais ils restent les premiers et seuls responsables de la dégradation actuelle.

Nous devrons nous en souvenir lorsque nous mettrons nos bulletins dans les urnes. Notamment, les partisans du Oui à la Constitution européenne ne peuvent pas ignorer que cette Constitution signera l'arrêt de mort d'une des principales fonctions de la République, le service public pour tous.

 

 

 

Michel Strausseisen

 

 

 

 (1) Par « ultra-libéralisme tatchérien » il faut évidemment entendre cette approche économique qui n'a qu'un seul principe : le profit à tout prix, à n'importe quel prix. Dans cette optique, plus les profits sont grands, plus le coût humain l'est aussi, mais ce dernier est tenu pour négligeable. Bien qu'historiquement liés, l'ultra-libéralisme de Tatcher et de Bush et le libéralisme gaullien n'ont pas grand chose à voir.

(2) Pour un utilisateur régulier, il faut compter un certain pourcentage de « courrier égaré »...

 

 

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8 mai 2002 3 08 /05 /mai /2002 13:57

Un soulagement au goût amer

08-05-02

 

 

 

Le second tour des présidentielles a heureusement écarté la menace du Front National. Mais qui à gauche pourrait aujourd'hui se réjouir de la situation actuelle ? Cette "victoire" laisse un goût plus qu'amer...

Personnellement, j'ai voté Chirac. D'autres parmi nous ont préféré s'abstenir ou voter blanc. Comme des millions d'électeurs, j'ai voté Chirac avec beaucoup de réticence, mais toutefois sans hésitation démesurée. Plusieurs raisons avaient guidé mon choix.

D'abord, j'ai considéré qu'il valait mieux voter pour " SuperMenteur " plutôt que de voir " SuperMenteur+SuperFascho " faire un bon score, ce qui aurait, à court terme, par le poids politique qu'aurait alors représenté le Front National, distrait ce qui reste des forces encore réellement de gauche dans leur lutte pour la défense de leurs idées.

Ensuite, je n'ai jamais partagé l'analyse de ceux qui, à gauche, prônaient un pourrissement de la situation, et qui allaient même parfois jusqu'à souhaiter assister à l'accession de Le Pen au pouvoir, avec l'espoir que cela entraînerait des soulèvements populaires. Compte tenu de l'évolution des sociétés industrialisées lors des dernières décennies, mais aussi des leçons que l'on peut aisément tirer des aventures armées qui ont pu avoir lieu dans ce contexte, il est certain qu'une telle situation ne pourrait profiter qu'au pouvoir en place et au renforcement de l'Etat policier. N'oublions pas en outre le nouveau paramètre qui influe sur toute politique nationale ou internationale depuis le 11 septembre, à savoir l'appui apporté par les Etats-Unis à ce qu'ils appellent "la lutte antiterroriste". On a bien vu ceux que l'on désigne par là : pas seulement les "vrais" terroristes, ceux qui perpétuent des attentats aveugles, mais aussi tous ceux qui résistent à l'injustice et à l'oppression. A cet égard, le soutien apporté par Bush au criminel de guerre Sharon dans ses exactions en Cisjordanie ne laisse aucun doute quant au soutien qu'il apporterait à un Le Pen au pouvoir (et ce, bien entendu, malgré les déclarations médiatiques de Powell).

Un soulagement au goût amer, donc, d'autant que rien n'est joué.

D'abord, le second tour des élections a montré que si Le Pen a été cantonné dans ces précédents scores, son socle électoral est solide et bien réel.

Ensuite, chacun sait que le véritable gouvernement (et donc les lois qui seront votées, les orientations prises, etc.) ne sera constitué qu'en fonction du résultat des législatives. Or, je reste persuadé que quel que soit ce gouvernement, qu'il soit de droite ou de gauche, nous aurons une politique centriste.

Si la droite l'emporte, elle mettra bien évidemment sa politique en oeuvre, mais certainement en tenant compte à la fois des désirs exprimés par les électeurs lors du premier tour des présidentielles, et aussi du "consensus" qui a porté Chirac au pouvoir grâce aux voix de gauche. Car comme le déclarait Mamère sur TF1, si jamais un Président de la 5e République n'a obtenu un tel score, jamais non plus il n'aura été aussi "mal élu".

Si la gauche plurielle l'emporte, c'est le Parti Socialiste qui imposera sa politique : les poids respectifs des Verts et d'un PC laminé ne pèseront guère dans la balance. Or les caciques du PS, malgré leurs déclarations fracassantes, n'ont visiblement pas retenu la leçon du premier tour. Champions du double langage, ils continuent à parler à gauche (et encore... seulement lorsqu'il s'agit d'idées générales) et à agir en lorgnant à droite. Les ténors du PS campent sur une position politique désastreuse : si les électeurs ont boudé les bulletins PS, ce n'est pas à cause de la politique qu'ils ont mise en oeuvre (les dirigeants), mais parce qu'ils n'ont pas compris (les électeurs) tout le bien fondé de l'action du gouvernement Jospin. Les électeurs de gauche sont des abrutis qui ne savent pas lire entre les lignes...

Le laminage du PC ne porte pas non plus à un soulagement serein. Que l'on soit ou non adhérent de ce parti, sympathisant ou non, il est indéniable qu'au fil des ans le PC a tourné les dos à ce qui faisait sa raison d'être, à savoir son électorat populaire et les idées et les combats qui y sont liés, pour se consacrer, de fait et malgré l'illusion proclamée de " tirer le gouvernement vers la gauche ", à une politique politicienne qui l'a progressivement vidé de sa substance. Or, le rôle que le PC jouait à gauche ne saurait être à l'heure actuelle repris par aucun autre parti. Le vide ainsi laissé, même momentanément, est une aubaine pour les extrêmes de droite comme de gauche. Cette situation ne saurait s'assainir que si le PC trouvait la force et le courage de se remettre en question, et choisissait de retrouver certains des principes et des idéaux qui ont fait sa force.

A l'extrême gauche, occupée par les trotskistes dans les élections, l'attrait vient essentiellement de la capacité restée intacte de proposer des projets et des débats soutenus par de véritables approches théoriques et politiques (là encore, que l'on soit ou non d'accord avec ces projets), et non pas par ces longues litanies de gestion comptable en cours dans les autres partis. C'est bien ce qui a conduit un certain nombre d'électeurs du PS et du PC à voter pour l'extrême gauche, quittes ensuite à s'étonner de la position prise par Arlette Laguillier lors du second tour, position pourtant en parfaite concordance avec la logique de Lutte Ouvrière.

 

 

 

Mais les partis, et c'est un lieu commun que de le dire, sont devenus des institutions où l'appareil de parti supplante les consciences, et dans lesquelles les changements structurels et idéologiques sont lents et difficiles. Or, nous en sommes convaincus à Vendémiaire, l'avenir appartient à de nouvelles structures et surtout, ce qui en est le fondement, à une nouvelle approche citoyenne et politique. Le choc du premier tour a quelque peu réveillé les consciences. Il nous faut éviter de laisser aux hommes politiques le soin de les rendormir avec des discours lénifiants. Il faut retrouver la dynamique qui présidait jadis aux choix politiques de chacun. Loin des farces électorales, il faut réintroduire de véritables débats d'idées, de projets de sociétés, c'est-à-dire retrouver le chemin de la théorie politique, et faire en sorte que ces débats, quand ils existent encore, sortent des  îlots intellectuels où ils se cantonnent pour, de nouveau, concerner l'ensemble des citoyens. Qui aujourd'hui lirait encore un Louis Althusser, un Georges Politzer ou un Raymond Aron ? On lit les mémoires plus ou moins trafiquées, saupoudrées de " révélations " et de ragots, des stars de la politique de droite et de gauche, ou bien encore les réflexions d'un Juppé chaussant les bottes de Montesquieu.

Je suis convaincu qu'à l'heure actuelle l'avenir réside dans les mouvements de citoyens, dans un grand nombre d'associations, dans toutes les microstructures qui échappent, précisément, à la perversion structurelle des partis. C'est dans les mouvements contre la marchandisation de la culture, dans les mouvements contre la pensée unique et le politiquement correct, dans les mouvements qui défendent certains idéaux comme les Droits de l'Homme, dans ceux qui se battent contre la misère et la précarité, pour le droit à la dignité de chaque citoyen, dans tous ces mouvements épars (la liste serait longue) que se forgeront les nouvelles forces politiques capables de changer l'avenir et les mentalités. C'est en tout cas en ce sens qu'il nous faut oeuvrer.

 

 

 

Bernard Giusti

Ecrivain

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