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L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

12 décembre 2006 2 12 /12 /décembre /2006 07:02

On le savait déjà, les exemples sont nombreux , mais décidément, ça se confirme : le sport est bien l'ami des dictatures et des régimes corrompus. Les Chinois le savent bien, qui attendent impatiemment les Jeux Olympiques. L'Argentine de Videla avait en son temps bénéficié de la Coupe du Monde de football. Etc., etc.
Aujourd'hui, Zidane vole au secours de Bouteflika, lequel essaye par tous les moyens d'assurer la survie d'un régime affairiste, corrompu, et peu soucieux des Droits de l'Homme. Sans parler des Droits de la Femme... Bouteflika n'a-t-il pas "pardonné" aux fanatiques musulmans responsables de massacres tous plus horribles les uns que les autres, au grand dam de la majorité des Algériens ? N'a-t-il pas joué la carte de la haine communautariste, puis celle de la haine anti-française ? Tout cela, et bien d'autres basses manoeuvres n'ayant pas suffit, il invite aujourd'hui une vedette populaire, Zinedine Zidane.
Que Zidane soit attaché au pays de ses origines, rien de plus normal. Qu'il accepte une invitation officielle d'un des présidents les plus corrompus du bassin méditerranéen est autre chose. Mais peut-être n’a-t-il pas réfléchi et a-t-il accepté sur un coup de tête ?
Attendons de voir si Zidane en profitera pour dénoncer le code de la famille, par exemple, entériné par Bouteflika. Ou pour dénoncer les nombreuses atteintes au Droits de l’Homme perpétrées par les sbires du Président algérien. Peut-être Zidane ira-t-il rendre visite aux nombreux journalistes emprisonnés pour délit d’opinion ?
En tout cas, la balle est dans son camp…

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Published by Gracchus Babeuf - dans Maghreb-Machrek
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6 décembre 2006 3 06 /12 /décembre /2006 20:45

Il y eut un concours entre des militaires nord-américains experts en torture et la police sous le mandat de Francisco Ramírez Acuña [ex gouverneur du l’Etat du Jalisco et actuel ministre de l’Intérieur du Mexique] : qui trouverait le premier une petite souris.
Tandis que les gladiateurs du Pentagone débattaient encore, les bourreaux de Ramírez Acuña remportèrent la victoire. Ils présentèrent un petit éléphant qui tremblait en répétant sans arrêt : « Je suis une petit souris, je l’ai déjà dit, je le suis, c’est moi ! Où dois-je signer ? »

Jaime Avilés, paru dans La Jornada



En ce moment, alors que j’écris ces lignes et aussi quand vous les lirez, à Oaxaca et dans d’autres Etats du Mexique, il y a des centaines de gens innocents membres de l’APPO (Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca) qui sont torturés, condamnés par le gouvernement pour les délits de sédition, d’association de malfaiteur, ou d’incendie, entre autres. Des gens qui participaient à un mouvement social, juste et pacifique. Ils usaient d'un droit républicain, légal, avec des revendications sociales telles que l’amélioration des salaires, plus de justice et aussi la démission du gouverneur d’Oaxaca, Ulises Ruiz Ortiz (URO) du PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel), à cause de son inefficacité, de sa corruption, de son refus du dialogue.

Ces personnes sont torturées avec la délicatesse habituelle de la police et des hommes de main gouvernementaux. Ils sont en train de cracher leurs poumons, d'être violés, suppliciés avec les méthodes les plus «raffinées» de la «guerre sale» des années 70, avec des décharges électriques sur la langue et les organes génitaux, avec des chiens dressés pour mettre en pièces les mains, les pieds et le visage, l’asphyxie avec des sacs plastiques ou de l’eau pétillante pimentée dans le nez, des piqûres sous les ongles et bien sûr des coups jusqu'à faire exploser les viscères et les os, et d'autres techniques toutes aussi barbares et illégales. Je suis désolée de vous raconter tout ça, mais qu'il se passe de telles atrocités dans un pays soi-disant démocratique est intolérable ; un gouvernement qui devait veiller sur son peuple et le protéger est devenu son bourreau.

Les autorités locales et fédérales ont pris le peuple en otage et l’administration est en guerre contre son peuple. Il y a un terrorisme d’Etat, et le gouvernement veut un peuple docile, qui n’existe pour lui et ses amis que lors des élections et de la perception des impôts, et après tais-toi ! Empêcher des manifestations, même pacifiques, et la revendication des droits les plus fondamentaux, telle semble être la consigne.

Des hommes politiques drogués au Prozac, mégalomanes, éloignés de la réalité, inventent un pays qui n’existe pas, comme l’ex président Fox créa « Foxilandia » (voir Wikipedia), néologisme d'un monde merveilleux, une fiction aux chiffres maquillés. Selon eux nous vivons dans un état de droit institutionnel, la paix est rétablie ; il y a bien quelques insurrections mais elles sont contrôlées en toute légalité et respect des institutions. «Tout va très bien, madame la Marquise», répètent en écho les média affidées à un peuple qui, lui, souffre de la brutalité d'un Etat qui a effacé tout droit humain ou constitutionnel, la dignité, les garanties légales minimales. Devant les atrocités de l’Etat, les institutions des droits de l’Homme sont impuissantes, les hommes politiques restent immobiles : ni l’ex-président Fox qui avait déjà «fermé la boutique» après les élections du 2 juillet, ni URO qui reste cramponné au pouvoir, n’interviennent. Unique réaction, habituelle : déclencher une chasse aux sorcières et ranimer la xénophobie anti-amérindienne vieille de plus de 500 ans.

Oaxaca est un Etat naturellement riche, mais ses habitants, dont une forte population indienne, sont parmi les plus pauvres de la fédération. En mai 2006, un groupe de 70 000 enseignants de la section 22 de Oaxaca ont demandé au gouverneur Ulises Ruiz une amélioration salariale, similaire à l'augmentation décrétée dans d'autres Etats de la république, des infrastructures et du matériel didactique pour le million d’élèves de la région. La réponse gouvernementale fut négative. Alors les professeurs se sont mis en grève illimitée, soutenus par le peuple avec une manifestation de 80 000 personnes. Les enseignants on fait un sit-in sur la place principale. URO réagit avec sa brutalité coutumière et envoya la police pour réprimer le mouvement : il y eut des violations de droits fondamentaux et des assassinats. A cette manifestation se sont joints des gens protestant contre la précarité de la vie et les bas salaires. Ainsi naquit l’APPO le 22 juin.

Un mouvement social et pacifique composé de citoyens de tous âges, éducateurs, universitaires, étudiants, ouvriers, paysans, indiens, femmes au foyer… avec une structure horizontale et démocratique, sans leader mais avec à sa tête un comité de représentants. Un mouvement sui generis qui a largement dépassé les instances gouvernementales par sa force, son idéal d'action pacifique et son efficacité contre l’inertie du gouvernement.

Les doléances de l’APPO se sont accrues jusqu'à demander la démission du gouverneur. Plusieurs manifestations sont restées sans réponse. Vu l’ampleur des événements, le Sénat de la République a été saisi de la procédure pacifique et légale dite de la "disparition des pouvoirs" à Oaxaca, le gouverneur étant remplacés par un intérimaire. Mais les législateurs du PRI et du PAN ont refusé, en opposant de faibles arguments.

La situation n’a fait que se dégrader, et six mois de conflit plus tard, par manque de dialogue, par autisme politique des gouvernements locaux et fédéraux, il en résultait l’une des plus cruelles répressions qu’a connu le Mexique ces dernières années. Au lieu de dialoguer, le gouvernement a choisi d’employer la force, y compris des militaires en civil fortement armés pour rétablir l’ordre dans la ville. L’APPO avait déjà pris les principales rues de la ville, et les jeunes se ont élevé des barricades avec des voitures, camions, ferrailles à l’entrée des principales artères, comme celle du 5 señores a côté de l’université UABJO. Les universitaires se sont aussi solidarisés avec l’APPO.

Les insurgés prirent pacifiquement diverses radios : Universidad et d'autres fréquences privées pour informer les auditeurs de leurs réunions, tactiques et avancées. Dans le même temps, le gouvernement et le PRI créèrent une radio anonyme qui, avec un total manque d’étique, incita à la violence, à brûler les bureaux de l’APPO et des associations des Droits de l’Homme, à dénoncer les partisans de l’APPO ; en premier lieu les têtes des leaders tels que Flavio Sosa furent mises à prix sans que les autorités bougent le petit doigt.

La lutte avait commencé, batailles de policiers, militaires, marins, sicaires, escadrons de la mort, partisans du PRI, gouvernement et agitateurs contre le peuple. La violence qui dure depuis octobre a laissé plus de vingt morts sur le carreau dont un journaliste américain (Brad Will de Indymedia New York.), des centaines de blessés graves, torturés ; au moins 40 disparus, au minimum 203 détenus illégalement, enchaînés, ont été transportés par hélicoptère dans des prisons de haute sécurité au nord du pays (loin de leurs familles), coupés du monde, sans avocat, traités comme des terroristes et criminels tandis que les mafieux se baladent joyeusement partout avec la plus totale impunité. Et pour sortir de la prison la caution s'élève à 4 millions de pesos (275 000 euros) !

L’APPO commençait à devenir trop importante et dangereuse, pour la réprimer le gouvernement a déclenché une chasse aux sorcières impitoyable, aveugle et à incriminé des gens pris au hasard dans la foule, manifestants ou non, n’emportant pas des blessés. Ils étaient entre autres des mineurs, retraités, médecins, étudiants, femmes au foyer, professeur, un maire, un journaliste, etc., la plupart de faciès indien, qui parfois ne maîtrisent pas l’espagnol.

Des détentions illicites, des accusations falsifiées, des crimes fabriqués, le gouvernement avec ses cerbères cherche des coupables, des séditieux, n’importe qui, n’importe où, il faut trouver des boucs émissaires, il faut terroriser, inoculer la peur et faire passer le message du plus fort et de quel côté est la loi, il faut punir les rebelles. Les foyers sont pris d'assaut, les familles démembrées, les hôpitaux visités par de faux médecins, la traque en tout lieu, dans les bus, la rue, au travail. A l’école des enfants ne comprennent pas, regardent terrorisés la bestialité de ces hommes armés jusqu'aux dents qui enlèvent leurs professeurs en train de travailler dignement pour les incarcérer et les traiter comme des malfaiteurs pour avoir participé à un mouvement pacifique et légal devenu délictueux. Et après on manipule les faits en faisant de la police une victime du peuple.

Le père Romualdo Mayrén, de l'archevêché de Oaxaca et représentant de la Commission Diocésaine de Justice et Paix a déclaré qu’il y a un «état d’exception, de facto», que le gouvernent de URO a des problèmes de «myopie, astigmatisme et daltonisme, parce qu’il a confondu l'anticonformisme avec la subversion, l’exigence avec la révolte, la clameur contre l’injustice avec la déstabilisation sociale et la lutte sociale avec le crime organisé.»

Le message du président Calderon est clair : «main dure» (répression), «application du poids de la loi», «lutte contre le terrorisme», «ça coûtera des vies». En ce sens, le choix des membres de son nouveau cabinet est révélateur. Par exemple, le ministre de l’Intérieur Francisco Ramírez Acuña (surnommé "le Cavernicole", c'est-à-dire "le Cro-Magnon") ex-gouverneur de l'Etat de Jalisco. Ses antécédents ? Entre autres, avoir ordonné la chasse et torture de jeunes altermondialistes lors du sommet de 2004, un des pires épisodes de torture et de répression jamais vu à Guadalajara. Il exigea «je veux une centaine de détenus, maintenant !» et la police se mit à appréhender n’importe qui pour remplir son quota. Conséquence : plus de 700 cas de violations des droits de l’homme.

Paradoxe : il y a un recul politique, institutionnel, un état militariste et fasciste de toute évidence, et dans le même temps un progrès dans la conscience populaire. La révolution se fait en paix, les gens se mobilisent pacifiquement tandis que l’état impuissant face à la volonté du peuple réagit avec la machine de répression policière et les armes tandis que la seule arme du peuple reste sa voix !

Si vous vous demandez : le Mexique est-il démocratique ? La réponse est : le peuple l’est, pas son gouvernement.

La lutte se poursuit et l'Histoire avance. Cependant, la douleur est permanente. Tenir l'opinion internationale informée est notre premier objectif. Nous espérons de sa part, au moins des organismes internationaux des Droits de l’Homme, une réaction aux cris du peuple mexicain, dernier souci d'un gouvernement uniquement obsédé par le dépeçage économique du pays au profit de quelques-uns.


Claudia Magana
Correspondante de Vendémiaire au Mexique

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Published by Claudia Magana - dans Amérique du Sud et Centrale
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28 novembre 2006 2 28 /11 /novembre /2006 22:12

par René Merle

Ce n’est pas l’actuelle campagne médiatique qui corrigera une évidente double ignorance de l’opinion : ignorance de l’histoire de l’institution et ignorance de la nature des pouvoirs
L’ignorance de l’histoire de l’institution (1) fait considérer comme naturelle, depuis 1969 et le départ du Général de Gaulle, la pérennité bancale d’une institution née de circonstances exceptionnelles, où, à tort ou à raison, un homme pouvait prétendre, en s’élevant au dessus des partis, représenter la grande majorité des citoyens pour écarter les périls.
Il serait d’ailleurs très intéressant, pour qui en a le temps et l’envie, de plonger dans les débats passionnés des années 1945-1946, qui virent les citoyens préférer la république parlementaire à la république présidentielle, et ceux des années 1958-1962, où ils se rallièrent majoritairement au régime présidentiel.
Dans l’intense médiatisation actuelle autour des deux candidats prédésignés d’office, on use et abuse de la fameuse formule gaullienne, « l’élection présidentielle est la rencontre d’un homme et d’un peuple ». Aujourd’hui un miracle se serait produit, qui aurait transformé un homme et d’une femme aux responsabilités politiques depuis 25 ans et plus (mais jouant sur la lassitude citoyenne devant l’autoperpétuation de la classe politique), en une femme et un homme nouveaux, rencontrant charnellement notre peuple...
En l’occurrence, on pourrait rappeler la formule de Marx, sur ces événements historiques majeurs qui se rejouent en farce.
Ce double avènement de la femme et de l’homme providentiels intervient alors même où le système apparaissait usé. Il importait donc à ceux qui en profitent de le perpétuer.
Je ne ferai pas l’affront d’expliquer longuement à des citoyens avertis l’efficace perversité de ce système. Non seulement l’élection présidentielle impose aux citoyens un choix par défaut, binaire par définition. Mais sa logique modifie profondément les conditions de la vie politique française : par sa binarité, elle tend à effacer la nécessaire diversité politique et transforme les deux principaux partis en clubs de supporters « people ». Et cette logique est telle qu’accepter d’entrer dans le jeu entraîne, de gré ou de force, l’adhésion au système, y compris de ceux qui l’ont le plus violemment condamné : de l’auteur du « Coup d’État permanent » aux militants pour la VI° République...
Cerise sur le gâteau, la personnalisation (choisir le ou la plus emblématique, sinon médiatique) vient pervertir les choix même de ceux qui se réclament d’une vraie vie politique citoyenne. Les débats dans la gauche de la gauche en témoignent à l’évidence.
Désormais, la persistance des appareils politiques ne doit pas nous tromper sur leur efficacité supposée (voir les débats dans la gauche de la gauche) et leur vraie finalité. Le Front National n’a pratiquement pas d’appareil, et fera pourtant sans doute un score très important.
Ainsi assistons-nous à la mise à mort programmée d’une vraie vie politique française, qui fait de plus en plus figure d’anachonisme dans une Europe gagnée aux bipartisme consensuel et institutionnel, quand ce n’est pas à l’union des deux grandes formations (voir l’Allemagne).
L’ignorance de la nature des pouvoirs vient encore renforcer cette mise à mort de la vie politique citoyenne, tant est répandue la conviction que le président, détenteur du pouvoir exécutif, détient en fait tous les pouvoirs.
Et nos deux candidats pré-désignés le confirment, non seulement en affirmant ne pas être ligotés par des programmes, mais encore en disposant déjà du pouvoir législatif. On a pu lire des formules du type : « Si je suis élue, ma première loi sera... ».
Or, pour régaliens que soient les pouvoirs du président, ils n’en sont pas moins contrebalancés par ceux des deux Assemblées. Les récentes et durables périodes de cohabitation l’ont bien montré.
En inversant l’ordre du calendrier électoral, le gouvernement Jospin avait voulu réaliser une réforme mettant fin à cette possibilité de cohabitation.
Dans la foulée de l’élection présidentielle, le président sollicite du pays une majorité qui le soutiendra sans état d’âmes. C’était indirectement renforcer le rôle du Président.
Mais c’était aussi renforcer la dépolitisation du pays : voter avant l’élection présidentielle pour élire l’Assemblée aurait signifié s’engager sur des choix politiques, sur des programmes. Voter après l’élection présidentielle pour élire l’Assemblée ne serait plus qu’entériner le choix premier, dans l’accentuation de la réduction binaire.
Aussi ne s’étonnera-t-on pas de l’absence totale des perspectives électorales de l’après présidentielle dans la médiatisation actuelle.
Ce qui n’empêche pas que, le système électoral aidant, les « petits » partis, pour s’assurer la manne de quelques dizaines de députés, de négocier déjà leur ralliement au second tour à l’un des deux postulants principaux.


René Merle - lundi 27 novembre 2006

Point Gauche, bimestriel, 82210 Angeville (Tarn-et-Garonne), décembre 2006, http://www.rene-merle.com/article.php3?id_article=469 

 (1) Sur cette question, je me permets de renvoyer à l’article « - René Merle - 1848 - 2006. À propos de l’élection présidentielle ». http://www.rene-merle.com/article.php3?id_article=468

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28 novembre 2006 2 28 /11 /novembre /2006 22:04

par Claudia Magana
correspondante de Vendémiaire au Mexique

Dans les medias français, il y a en ce moment peu d'informations à propos du Mexique, souvent incomplètes, malgré le moment difficile et dangereux que nous vivons.

Le Mexique vit aujourd'hui des temps très durs, des convulsions politique, sociale et des consciences, période que même le sous-commandant Marcos a qualifiée "d'antichambre d'une révolution". Cette idée de révolution fait partie du cadre de références mexicain et malheureusement, les faits actuels ressemblent à un « déjà vu » historique, avec deux précédents, l'un en 1910 et l'autre en 1988.
Comment tout cela est-il arrivé ?

Avec l'arrivée au pouvoir des « technocrates » comme Miguel de la Madrid Hurtado, puis Carlos Salinas de Gortari (ALENA), Ernesto Zedillo et finalement Vicente Fox, nous avons connu vingt-quatre ans de libéralisme. En appliquant cette doctrine et entre autres les conseils du FMI, de la Banque Mondiale, puis en entrant dans l'ALENA, nos dirigeants n'ont pas réussi a produire une économie saine et un bien-être social ; au contraire nous connaissons aujourd'hui l'une des pires crises de l’époque moderne que le pays n'ait jamais éprouvée.
Au niveau politique en l988, le PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) avec Carlos Salinas de Gortari a volé la victoire électorale au gagnant Cuauhtemoc Cardenas Solorzano, candidat de gauche. Cette fraude est considérée comme l’une des plus sinistres de mémoire de Mexicain. En réaction, elle a eu pour conséquence la création d’un parti de gauche, le PRD (Parti de la Révolution Démocratique).

Après plus de 70 ans de pouvoir du PRI (on parlait d’une dictature d’Etat), en 2000 une nouvelle ère d'espoir s’ouvrit pour le Mexique. Les élections présidentielles donnèrent une victoire « propre », avec une marge confortable, au candidat du PAN (Parti Action National), Vicente Fox Quezada, un homme issu du monde de l'entreprise, ancien patron de Coca-Cola, gouverneur du Guanajuato, son état natal. Fox est arrivé au pouvoir avec une majorité de consensus. Le rêve d'un réel changement était général, l'une de ses devises était même « le gouvernement du changement » : mais tout finit en cauchemar. Fox a gaspillé tout son capital de sympathie, n’a en rien œuvré pour une transition vers la démocratie, a continué la politique de ses prédécesseurs priistes, mais tout en donnant encore plus de pouvoir aux intérêts patronaux, autant nationaux qu'étrangers, tout en restant aux ordres des Etats-Unis, avec une absence de gouvernement.

Pendant ses six années de mandat, Fox a tout promis et n’a rien accompli. Le pire s’est passé durant la dernière élection présidentielle. En dépit de la Constitution et des lois du Code électoral en vigueur, nous avons été les témoins d'une gigantesque manipulation orchestrée par le patronat et les partis politiques contre le charismatique candidat de la gauche PRD Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO).
La sale guerre anti-AMLO, pour empêcher sa candidature, a commencé quand le président Vicente Fox en se servant de son pouvoir présidentiel, des pires ruses et mensonges, essaya de ternir son prestige de maire de Mexico, puis dans une illégalité manifeste, quand il tenta de lui retirer son impunité de maire pour le bannir du jeu politique. Mais de suite, AMLO bénéficia d'un immense soutien populaire, d’abord spontané puis structuré, et l’affaire en resta là, mais elle avait affaibli et divisé le pays. Après avoir orchestré une série de calomnies contre AMLO, en le présentant comme un « épouvantail partageux », fort de ses appuis dans les mass media, Fox lança une campagne de publicité payée sur fonds publics salissant AMLO et ses amis politiques.

Finalement, le 2 juillet 2006, jour des élections présidentielles, la situation était incertaine. Les premières projections donnaient une courte victoire à AMLO contre le candidat du parti au pouvoir, Felipe Calderon, puis comme par magie les mêmes enquêtes changèrent de favori, et enfin le comptage des voix fut manipulé de telle façon que les résultats officiels donnèrent la victoire à Calderon avec un écart de 250 000 votes sur AMLO... et 7 millions de bulletins invalidés - soit vingt-huit fois plus !
Immédiatement, le PRD, la société civile et AMLO avec ses 15 millions de votants hurlèrent à la fraude électorale et refusèrent le résultat. Le IFE et le TRIFE (commissions fédérales électorales) relevèrent de graves irrégularités telle que l'intervention du président Fox et sa campagne de diffamation, les pressions des entreprises et de l’église, le dépassement des budgets de campagne. Les institutions qualifièrent ces infractions de fautes graves tout en minimisant les faits, clôturèrent le processus électoral et déclarèrent Calderon vainqueur. La seule solution équitable aurait été le recomptage des voix, mais Calderon s'y refusa. Il demeura aux yeux d'une partie de la société un président illégitime, affaibli par sa victoire douteuse et dénué de tout soutient et consensus populaire.

Fox laisse un pays sans stabilité sociale, divisé, fracturé, avec de nombreux conflits non résolus :
- le Chiapas du EZLN (Ejercito zapatista de liberacion nacional), même s'il s'était vanter de régler ce conflit en quinze minutes, ce qu'il na pu réaliser en six ans.
- l'enfer d’Oaxaca où un conflit des enseignants a déclenché un grand mouvement social, l'APPO (Asamblea de pueblos populares de Oaxaca). Le combat dure depuis juin, la population civile souffre au quotidien des violations des droits de l'homme perpétrés par la police et ses supplétifs. Sur place, les dernières exactions des autorités et les premières déclarations d'intention de Calderon vont dans le sens d'un fort durcissement du conflit et d'une répression rappelant aux Mexicains les heures les plus sombres de leur histoire.

Calderon est conscient de son déficit de légitimité, a peur du peuple et s'en protège. Au mépris de la Constitution, pour prévenir toute contestation, la cérémonie de son investiture se déroulera derrière une barrière d'acier et une garde de policiers et de soldats (on parle de 600 effectifs), mesure déjà condamnée par le bureau des Droits de l'Homme au Mexique.
Sur le plan de la sécurité intérieure, les premières nominations de son cabinet politique révèlent une future politique de la « main dure », sans compromis. En économie, sont nommés des "Chicago boys" des technocrates sans contacts avec la société civile, la réalité sociale du pays (pauvreté et misère de plus de 40 millions de Mexicains). Dans la partie sociale, tous ses membres sont issus du parti au pouvoir et quelques-uns viennent même de l'extrême-droite.
Ajoutons l'inévitable censure des journalistes de centre et gauche. La société est mécontente, les gens sont exaspérés et des groupes armés ont déjà fait leur apparition (peut-être créés par le gouvernement lui-même).

Si le gouvernement poursuit le processus de répression et de mépris du peuple qu'il a déjà amorcé avant même d'être officiellement intronisé, une ère sombre de violence et de douleur se profilera pour le Mexique.
Une vision d'ensemble étrangement similaire aux événements qui ont précédé la révolution de 1910…

Claudia Magana

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Published by Claudia Magana - dans Amérique du Sud et Centrale
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27 novembre 2006 1 27 /11 /novembre /2006 13:11

Deux réponses à un article publié dans le quotidien Libération à propos de la crise du microcrédit en Inde : "La microfinance : qui se soucie des clients ?" par Isabelle Guérin, Marc Roesch et Cyril Fouillet, Institut français de Pondichéry/IRD/CIRAD  /  "La microfinance mise en péril par le néolibéralisme" par Jean-Michel Servet IUED de Genève, auteur de Banquiers aux pieds nus. La Microfinance (Paris, Odile Jacob, 2006)

La microfinance : qui se soucie des clients ?
Par Isabelle GUERIN, Marc ROESCH et Cyril FOUILLET

L'article de la professeure Esther Duflo, revenant sur la crise qui secoue la microfinance dans l'Etat d'Andhra Pradesh (Libération du lundi 30 octobre 2006) est symptomatique d'un secteur faisant parfois, volontairement ou non, le jeu de la désinformation. En se focalisant sur un argumentaire visant à montrer que l'Etat Indien devrait se désengager du secteur concurrentiel de la microfinance et s'en tenir à la « réguler », la professeure Duflo omet l'essentiel, et par là même détourne le débat. Elle « oublie » dans son article de mentionner l'origine de la crise : de nombreux cas de suicides de personnes surendettées, en partie du fait de la microfinance. L'essentiel n'est-il donc pas de revenir sur la situation de la population touchée et les dérives d'un secteur en pleine croissance plutôt que de faire preuve de cynisme en écrivant qu'« il y a certainement du vrai dans certaines des accusations du gouvernement » et en concluant : « mais ce que cette crise nous apprend, c'est surtout que la concurrence acharnée n'est pas bonne pour la microfinance » ?
A la suite de cette crise survenue en début d'année, une association régionale de microfinance (l'Andhra Pradesh Mahila Abhivruddhi Society, APMAS) a fait un bilan de la situation. Les conclusions de ce rapport interne de ont été présentés, devant une assemblée réunissant à la fois, institutions de microfinance (IMFs), associations ainsi que banques et institutions financières. Ce rapport révèle que les deux tiers des clients du district (département) où les faits se sont déroulés ne connaissent pas le taux d'intérêt et la méthode de calcul du prêt qu'ils avaient en cours. Plus grave encore et révélateur des effets néfastes des outils microfinanciers, la dépendance vis-à-vis des usuriers et grands propriétaires terriens s'est accrue à la suite d'octrois de microcrédit dans plus du quart des cas ! On ne reviendra pas sur les tortures morales et physiques qui ont fait les choux gras de la presse et qui ont été confirmées par cette étude.
Le problème essentiel, finalement, c'est que personne ne semble se soucier réellement du sort du client. Les articles, les conférences, les ouvrages se multiplient sur la question du refinancement des institutions de microfinance (IMFs) et de leur accession aux marchés privés afin d'élargir leur potentiel - cette fameuse idée de 'building inclusive financial systems'. Les plus importantes IMFs embauchent des spécialistes en marketing pour développer des campagnes de promotion de prêts et assurances en direction de ces pauvres potentiellement rentables ! Mais s'inquiète-t-on de savoir si les clients sont en mesure d'absorber ces nouveaux prêts, ces nouveaux prélèvements ?
La crise de l'Andhra Pradesh révèle à nos yeux un problème fondamental : la frénésie d'acteurs privés et publics pour des motivations qui n'ont pas grand-chose à voir avec la lutte contre la pauvreté. Nouvelle niche commerciale pour les uns et captation de banques de votes pour les autres.
Si les banques privées font de toute évidence preuve d'un appât du gain outrancier, la dimension populiste et démagogique des programmes de microfinance publics doit également être soulignée. Certes, ils sont moins chers, mais leur mode de fonctionnement n'est guère plus recommandable. En Andhra Pradesh comme au Tamil Nadu, les Etats se sont fixés des objectifs ambitieux en termes de nombre de « pauvres » à atteindre. Aujourd'hui, en Inde, ce sont encore eux qui sont les principaux promoteurs de la microfinance, or ils ont besoin des Organisations Non Gouvernementales (ONGs) pour atteindre leur cible. Dans un certain nombre de zones où la « densité » d'ONG est faible, l'Etat a largement incité pour le pas dire obligé les ONGs présentes à créer des « groupes d'entraide » et les organiser en microfinance sous la menace (voilée) de leur retirer certaines subventions. Celles qui dépendent de fonds publics considèrent qu'elles n'ont donc pas eu le choix. Or faire de la finance, même pour les pauvres, ne s'improvise pas. La reconversion massive et rapide d'ONGs en prestataires financiers est difficilement compatible avec un minimum de professionnalisme (sans parler du fait que ces mêmes ONGs délaissent d'autres missions, peut-être plus utiles que la microfinance).
Cette crise est peut être l'occasion unique de retourner vers les clients, de leur redonner la parole, de reprendre conscience que la priorité n'est peut-être pas de « placer du crédit » au pauvre, mais qu'ils ont besoin de se nourrir, se soigner, et pour cela il faut de l'emploi, des rémunérations, de la formation. Une véritable réflexion sur la microfinance ne peut se faire au final qu'à partir d'une approche compréhensive, id est, s'intéressant au sens que chaque acteur donne à sa propre conduite et non au sens que l'on aimerait bien lui prêter.
Après l'emballement dû à l'année de la microfinance et la remise du prix Nobel de la paix au professeur Yunus, il serait temps de reprendre son calme, pour éviter que d'autres crises ne surgissent.
Terminons sur ce proverbe Tamil : « Si vous ne vous acquittez pas de votre dette, vous devrez la rembourser auprès de la déesse Mâri-Mâri ». Mâri-Mâri est une représentation de la déesse Durga qui peut vous transmettre de petites varices. La signification de ce proverbe est qu'il ne faut pas jouer avec un créditeur puissant.



La microfinance mise en péril par le néolibéralisme
Par Jean-Michel Servet professeur à l'IUED de Genève, fondateur du programme de recherche sur la microfinance à l'Institut français de Pondichéry (Inde) et auteur de Banquiers aux pieds nus. La Microfinance (Paris, Odile Jacob, 2006).


L'éloge du microcrédit est aujourd'hui tel qu'il semble inconvenant d'interroger ses limites. Trop de mythes circulent aujourd'hui autour de la nature, de l'impact et des effets du microcrédit pour qu'il ne soit pas urgent d'égratigner quelques préjugés. Le dernier sommet du Microcrédit ouvert à Halifax le 12 novembre dernier vient d'apporter un bémol aux ardeurs inconsidérées et souligne les limites actuelles de cette forme d'intervention financière, en particulier sa faible implantation relative dans les zones rurales et pour le financement de l'agriculture.

Les illusions largement propagées par les médias risquent, après une période d'euphorie quasi générale, quand les limites de cette technique financière apparaîtront et que les déceptions grandiront, de provoquer le rejet d'une technique qui, employée avec modération dans des circonstances locales opportunes et avec des méthodes d'accompagnement appropriées, révèle quelques efficacités dans la lutte contre l'exclusion financière et pour le développement local. Mais pour éradiquer la pauvreté, il faudrait une volonté bien plus forte que de petits prêts, une microfinance qui échappe aux préceptes néo-libéraux et des interventions considérables notamment dans les domaines de la santé, de la formation et des communications.

Dans un article publié dans le quotidien Libération du 30 octobre dernier sous le titre « Inde, la microfinance en crise », Esther Duflo accuse les autorités indiennes de bloquer l'essor du microcrédit. Il est surprenant de constater que cette universitaire franco-américaine taise la cause essentielle de la décision prise de combattre certaines formes d'usure : le gouvernement indien était notamment confronté à une vague de suicides de paysans sur-endettés. Cette professeure au Massachusetts Institute of Technology et certains de ses étudiants collaborent à Chennai avec le CMF, un institut soutenu par des banques pour renforcer leurs outils d'investissement financier et leurs espoirs de profit dans la microfinance. Il est difficile d'imputer, comme elle le fait, toutes les vertus aux organisations de microcrédit et tous les vices à l'État, lorsque l'on sait qu'au Bangladesh la Grameen Bank elle-même a été confrontée en 2000 à une montée considérable du nombre de prêts non remboursés. Elle a dû abandonner le modèle du microcrédit solidaire de petits groupes au profit de prêts individuels. Or la banque fondée par Muhammed Yunus bénéficie depuis longtemps d'un soutien considérable du gouvernement du Bangladesh, en particulier à travers une défiscalisation qui lui permet en contrepartie d'offrir des bourses d'études à certains enfants de ses clientes ou des prêts sans garantie à 50.000 mendiants.

À qui fera-t-on croire que la « libération » totale des taux d'intérêt, prônée par Esther Duflo, soit la bonne solution pour développer une inclusion financière des pauvres ? Au Pérou, des institutions de microcrédit prêtent à 5% par mois et pourtant elles ne desservent pour l'essentiel que des populations au-dessus de la ligne de pauvreté dans les zones urbaines. Elles laissent les organisations non gouvernementales subventionnées intervenir dans les zones rurales de grande pauvreté et où les densités de populations sont faibles et l'illettrisme élevé. Au Brésil des acteurs de la microfinance réclament une limitation des taux d'intérêt pratiqués. Cette proposition d'abandon de la limite du taux d'usure est aussi défendue en France par Maria Nowak, fondatrice de l'ADIE, pour permettre, nous dit-elle, l'essor du microcrédit. Comment peut-on croire que la création de 40.000 ou de 60.000 micro-entreprises par an permettra d'absorber dans ce pays trois millions de chômeurs et de travailleurs à temps partiel non consentis. Doit-on accepter le démantèlement de ce filet de sécurité pour un effet aussi limité. Où se situe la solidarité dans pareille proposition ?

Affirmer, pour encourager des placements étrangers dans le microcrédit, que le risque pour les prêteurs est y faible parce que les taux de remboursement seraient élevés (un niveau de 99% est cité par Esther Duflo) est méconnaître le fait que nombre d'organisations (et parmi elles la Grameen Bank du Bangladesh ou l'Adie en France) pratiquent le rééchelonnement de nombreux prêts. C'est une pratique courante des prêteurs privés informels qui recherchent un versement régulier des intérêts et non un remboursement du capital prêté, un peu à la manière d'un propriétaire qui perçoit un loyer de ses locataires et ne cherche pas à leur vendre l'appartement. On observe alors une forte dépendance des clients des organisations de microcrédit, qui donc libère bien peu d'entre eux. Il ne faut pas en rester à l'observation des risques individuels (que certaines organisations couvrent par des assurances obligatoires) mais analyser les risques collectifs liés aux conditions climatiques, politiques, économiques, etc. qui frappent brutalement certaines régions et qui font que des réseaux paraissant jusque-là solides s'effondrent soudainement quand des aides extérieures ne viennent pas combler les déficits internes. Il existe des opportunités reconnues par certains fonds d'investissement acceptant des risques élevés, des placements éthiques ou de partage, etc. Toutefois, leur nombre est limité et surtout cet apport extérieur n'est généralement pas le plus grand besoin des pays en développement ? Une étude menée par le Fonds monétaire international en 2004 montrait que sur 54 pays africains, 50 étaient en situation de sur-liquidité, ce qui n'empêche pas certains d'y vanter l'apport de fonds pour le microcrédit. La même observation peut être faite dans un grand nombre de pays en développement. Plus que de transferts de fonds dans le sens Nord-Sud, ces pays ont besoin de fonds de garantie internationaux et locaux encourageant les banques locales à prêter.

Seule une myopie néolibérale donne à penser que l'imputation de tous les coûts aux bénéficiaires de certains services soit en tout lieu et en tout temps une panacée. Les subventions sont une nécessité en matière de santé, d'éducation, de fourniture d'eau potable ou de communication. Elles le sont aussi pour rendre accessibles des services financiers à des populations matériellement démunies. Ils sont devenus indispensables dans un contexte de financiarisation croissante.

Un grand nombre de commentateurs du microcrédit confondent pauvreté et exclusion financière. Dans les pays en développement, la masse de la population qui n'a pas accès à des services financiers est beaucoup plus large que la population dite pauvre. Pour le comprendre imaginons une pyramide. À sa base se trouvent les populations en permanence en dessous de la fameuse ligne de pauvreté. Contrairement à nombre d'idées reçues le microcrédit s'adresse exceptionnellement à cette clientèle et quand il le fait les risques de surendettement sont considérables. Il peut être criminel d'y propager sans réserve le microcrédit. Au-dessus de la ligne de pauvreté se trouvent des populations qui de façon chronique se trouvent en situation de pauvreté ; elles ne le sont pas de façon permanente et connaissent une situation de plus ou moins forte précarité. Pour elles des services d'épargne et d'assurance sont souvent plus pertinents que le microcrédit. Enfin entre ces populations et la pointe de la pyramide, que constituent les populations financièrement intégrées, se trouvent une masse de petits producteurs, de petits commerçants et de petits salariés qui peuvent offrir à certaines formes adaptées de microcrédit une véritable opportunité. Très peu d'organisations de microfinance appliquent des critères rigoureux pour une définition précise du degré supposé de pauvreté de leurs clients. Nombre se contentent d'affirmer qu'elles interviennent dans des zones rurales ou péri-urbaines qui comptent beaucoup de populations pauvresŠ En matière de crédit pour des activités économiques, on observe des cas de captations des prêts par des élites paysannes et une très forte exclusion du financement des activités agricoles à long terme au profit du financement du commerce et des transports. En privilégiant des clientèles en réalité au-dessus de la ligne de pauvreté et sans que soient apportés des services de base, coûteux pour les finances publiques, aux populations les plus démunies, le microcrédit présente un risque fort d'accroître un peu plus les inégalités et ne peut pas prétendre être une forme de solidarité.

Esther Duflo écrit : « les familles de pauvres ne manquent pas d'occasions d'investir, mais seulement de garanties bancaires ». Cette idée, qui est le fer de lance de la justification de la « libération » des taux d'intérêt, est largement répandue dans les médias. Or, parmi les populations pauvres ces petits prêts ont rarement pour finalité principale l'investissement productif et, dans de nombreux contextes, les opportunités de diversification des activités productives sont, pour ces populations, limitées du fait d'un engorgement rapide des marchés. Les études d'impact menées notamment dans le cadre de l'Institut français de Pondichéry sous la direction d'Isabelle Guérin et de Marc Roesch montrent bien que pour des populations à faibles revenus les petits prêts peuvent améliorer la gestion des budgets familiaux (en faisant la soudure entre les périodes de besoin et celles de perception des revenus). Ils stabilisent des petites activités entrepreneuriales, ce qui est fort utile. Mais, ces microcrédits sont utilisés le plus souvent pour des dépenses de santé, d'alimentation et pour le logement. Ceci prouve le caractère indispensable de ces prêts ; mais, ces dépenses l'emportent de loin sur les investissements créateurs de revenus, qui permettraient un fort prélèvement via les taux d'intérêt par les institutions de microcrédit. Aucune preuve n'a jamais été fournie que le microcrédit permettait globalement d'accroître durablement les revenus de ses emprunteurs pauvres. Les success stories de telles ou telles emprunteuses sont des instruments médiatiques et n'ont pas de valeur représentative et ne prouve pas un accroissement durable des revenus des emprunteurs pauvres. En 1996 alors que la médiatisation de la Grameen Bank était de plus en plus forte une étude avait montré que 55% de ses clientes n'arrivaient toujours pas au bout de huit ans d'emprunts à satisfaire les besoins alimentaires de base de leur famille. Cela n'a jamais empêché les adeptes du microcrédit d'affirmer que la Grameen était un modèle reproductible, sans remarquer que le succès tout relatif de celle-ci se faisait dans un pays aux densités exceptionnelles (plus de mille habitants au km2) et par une sous-rémunération des employés, ce qui permet de réduire considérablement les coûts de distribution des crédits. Comment comprendre que le Bangladesh compte environ 12 millions de clients de ce type de structures financières (ce qui permet en tenant compte des liens familiaux que peut être près de 60 millions de personnes en bénéficient sur une population totale de 147 millions d'habitants) alors que ce pays est encore parmi les « moins avancés » ? La même remarque peut être faite à propos du taux de population dite pauvre en Bolivie, pays qui a aussi connu de façon tout aussi intense la prétendue révolution du microcrédit. Faute d'accroître de façon sensible les revenus des pauvres, le microcrédit peut conduire à leur surendettement et créer alors plus de drames que d'espoirs parmi les plus démunis. Le cas de l'Inde est probablement le plus pathétique sans toutefois être exceptionnel. La Bolivie a connu aussi des crises de surendettement du fait d'une expansion inconsidérée de certaines institutions de microcrédit. Le microcrédit ne peut prétendre être un élément majeur pour accroître les revenus et donc ne peuvent prétendre être un élément majeur pour éradiquer la pauvreté.

Esther Duflo conclut son article par une profession de foi : « ce qu'un gouvernement devrait faire, plutôt qu'être l'une des parties de la compétition, c'est fournir à tous les acteurs un cadre pour réguler la concurrence ». Il serait tout aussi possible de rejeter la responsabilité sur les institutions de microcrédit qui n'ont pas créé en se concertant des centrales de partage d'information sur les dettes privées (ce que l'on rencontre en Amérique latine). Tenant compte des particularités de l'Union indienne, en particulier une densité de population beaucoup plus faible que celle du Bangladesh voisin et une densité bancaire parmi les plus élevées du monde, les autorités indiennes ont depuis plus d'une dizaine d'années appuyé le développement de groupes locaux d'épargne et de crédit (appelés self help groups) avec adossement bancaire. Cela signifie que les banques indiennes sont obligées de répondre à la demande de crédit de ces groupes de base ; c'est donc la communauté financière qui supporte une fraction des coûts induits par cette lutte contre l'exclusion bancaire ; une politique que l'on peut comparer au CRA américain. Les autorités du Bangladesh ont soutenu un modèle de microcrédit solidaire ; les autorités indiennes en privilégient un autre. À lire Esther Duflo on a la fâcheuse impression que quand un État soutient des principes néolibéraux, c'est un bon État et que, quand il adopte un autre modèle, cet État est mauvais. Les milliers de morts que le surendettement provoque semblent peu importer à cette thuriféraire du marché pourvu qu'elle puisse espérer tester l'efficience de ses préjugés. Le gouvernement indien résiste face aux séductions du néolibéralisme. Doit-on le lui reprocher ? Les tremolos anti-étatistes sont de triste mémoire. Après le coup d'état de septembre 1973 au Chili, des émules de l'école de Chicago s'étaient rués à Santiago pour appuyer le général Pinochet. L'Inde doit-elle aujourd'hui sans réagir supporter les intrusions de prétendus experts en microcrédit alors que ses gouvernements démocratiquement élus ont souhaité favoriser un autre modèle. Il existe une multiplicité de modèles de microfinance. Les excès de certaines organisations de microcrédit sont la cause même de cette intervention publique.

Le microcrédit est devenu une mode, notamment parmi nombre de ceux qui naguère soutenaient les politiques macro-économiques d'ajustement structurel. Fort heureusement, aujourd'hui la microfinance ne se limite pas au microcrédit. Une épargne en sécurité est souvent un service plus important que le crédit. Les transferts financiers pour les migrants, la microassurance, se développent. Toutefois là où manquent hôpitaux, dispensaires, médicaments et médecins, ce n'est pas la microassurance qui, par miracle, les fait apparaître spontanément sous le simple effet de la demande. Pour assurer les transferts financiers des migrants, il faut une sécurisation importante des systèmes de paiement. Proposer des services qui n'existent pas est plus source de dysfonctionnements que d'efficacité. Les besoins en eau, en éducation, en santé, en latrines, en égoûts, en transport notamment sont, pour les pauvres, des besoins plus urgents à résoudre. La microfinance peut être un filet de sûreté pour les plus démunis, mais le microcrédit ne peut qu'exceptionnellement être un facteur de croissance. Nombre de banquiers aux pieds nus méritent notre admiration. Mais, tous, loin s'en faut, sont un modèle pour l'économie sociale et solidaire, à l'encontre de ce que certains croient naïvement. En matière de microcrédit, le néolibéralisme présente deux visages. Celui souriant de Muhammed Yunus, désormais candidat déclaré à la présidence du Bangladesh, et celui moins affable de nouveaux usuriers dans les campagnes indiennes dont certains universitaires occidentaux se font les avocats.

Pour une analyse de la crise de certaines organisations de microcrédit en 2006 en Inde voir :
http://microfinancement.cirad.fr/fr/news/news.html
18 avril 2006 Marc Roesch
25 avril 2006 Cyril Fouillet
Pour une analyse générale du contexte du surendettement en Inde :
Pollin Robert [2005], Contours of Descent, U.S. Economic Fractures and the Landscape of Global Austerity, London/New York, Verso, New Edition


(transmis par J.-M. Servet)

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18 novembre 2006 6 18 /11 /novembre /2006 06:51

Les événements de la fondation Gabriel Péri
Invitation
Rencontre La Fondation Gabriel Péri et l'Institut de documentation et de recherche sur la paix (IDRP) vous invitent à une rencontre avec :

Christopher Alan Bayly
historien, professeur à l'Université de Cambridge

autour de son ouvrage :

« La naissance du monde moderne (1780- 1914) »
C.A. Bayly montre l'émergence d'un phénomène inédit d'uniformisation qui toucha, par son développement, les états, les idéologies politiques et la vie économique à l'échelle planétaire tout au long du 19e siècle.

L'analyse porte sur l'Europe, qui s'est imposée dans cette période comme centre de la planète, mais l'investigation historique couvre aussi les Etats-Unis, l'Inde, la Chine, l'Afrique ou l'Empire ottoman. Cet éclairage permet de mieux comprendre, sans anticipation mécanique, bien des évolutions survenues au cours du 20e siècle.

L'exposé de C. A. Bayly sera suivi d'un débat ouvert avec les participants, au cours duquel des regards critiques seront portés, notamment par : Jean-Claude Delaunay, économiste ; Arnaud Spire, philosophe ; Roger Martelli, historien.

Entrée libre.

Mercredi 13 décembre 2006 de 18h à 22h

Maison de la Chimie - 28, rue Saint-Dominique - Paris 7 - Metro Invalides

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15 novembre 2006 3 15 /11 /novembre /2006 17:14
Lourdes condamnations de militants anti-CPE

Vendredi 10 novembre, quatre militants, Jean-Pascal, Reda, Valentin et Pierre-Louis étaient condamnés par le tribunal d’Aix-en-Provence. Ils étaient accusés tous les quatre de rébellions et de violences envers agents de la force publique dans l'exercice de leurs fonctions dans la foulée du mouvement anti-CPE. Seul Jean-Pascal garde les deux chefs d'accusation, les trois autres sont condamnés « uniquement » pour rébellion et le verdict prononcé à l’issue du procès est très lourd :

4 mois de prison avec sursis pour Jean-Pascal
2 mois de prison avec sursis pour Reda, Valentin et Pierre-Louis.
A cela s’ajoute 5800 euros d'amendes solidaires aux titres des dommages et intérêts. Le tribunal a en outre demandé une expertise à rendre pour le 21 juin en ce qui concerne un des policiers qui avait bénéficié d’un mois d'arrêt de travail.Si l'expertise lui est favorable, nos camarades pourraient avoir à lui payer son mois de salaire (charges sociales comprises). Les trois autres policiers constitués en partie civile sont également autorisés par le tribunal à demander une expertise. Le montant à payer pourrait alors s’élever à 12000 euros !

Rappel des faits
Le 1er juin dernier des étudiant(e)s empêchaient la tenue du premier débat « université-emploi » à la fac de lettres de Marseille. Le deuxième débat, qui avait lieu à la fac de « droit » a été l'occasion de violents affrontements entre étudiants refoulés à l'entrée de l'amphi du débat et policiers, chargés d'assurer la « sécurité ». Suite à une bousculade avec la police, un militant d’Alternative libertaire, Jean-Pascal, a été arraché des rangs des manifestant(e)s par la police et passé à tabac, puis placé en garde à vue. Le lendemain, trois militants supplémentaires, dont un d’AL, étaient victimes d’arrestations ciblées, par la brigade anticriminalité.

Ce verdict inique est exemplaire de l’acharnement judiciaire dont sont victimes les militants anti-CPE un peu partout en France. Après son humiliation dans la rue, le gouvernement cherche à se venger dans les Palais de « justice ». Cette criminalisation de la contestation sociale est amenée à s’amplifier, il suffit désormais que le pouvoir aboie pour que la « justice » passe. Le retrait du CPE a été obtenu par une lutte massive et unitaire, cette détermination et cette unité doivent se retrouver pour défendre nos camarades lorsqu’ils sont poursuivis.
La souscription que nous avons lancée en juin dernier pour faire face à ces procès continue. Pour aider ces camarades vous pouvez un chèque à l’ordre de SIA, en inscrivant au dos « Solidarité répression », à Alternative libertaire, BP 295, 75921 Paris Cedex 19*

Alternative libertaire, le 14 novembre 2006

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15 novembre 2006 3 15 /11 /novembre /2006 16:58
Laurent FABIUS Le 12 novembre 2006
Lettre aux militantes et aux militants socialistes
 
Chère camarade, cher camarade,
Je t’écris cette lettre car, à l’heure de la décision, je souhaite te convaincre que, si tu m’accordes ta confiance, ensemble nous ferons gagner les socialistes et la gauche en 2007. Ensemble, nous réussirons le changement.
Les 16 et 23 novembre prochains, tu feras ton choix. En toute liberté. Le socialisme, c’est d’abord un choix de liberté. Ne te laisse pas dicter ton vote de l’extérieur. Ne te demande pas ce que les autres sont censés voter, mais ce que, toi, tu veux pour ton pays et pour la gauche. Au fond de toi, tu sais la vérité : nous ne gagnerons la présidentielle que si nous réussissons à remobiliser les électeurs que nous avons perdus et à en conquérir de nouveaux. Ceux-là seront au rendez-vous électoral s’ils ont la certitude que la gauche a pris la mesure de l’urgence sociale. A quoi bon voter si rien ne change au quotidien ?
Oui, en 2007, le temps de la gauche est venu. Une gauche d’alternance, pas une gauche d’apparence. Il faut d’urgence une autre politique pour la France. Chirac a échoué, Sarkozy fait peur, Le Pen est en embuscade, le changement doit venir de nous.
Pour mériter la confiance, nous devons répondre à au moins trois exigences. C’est le sens de ma candidature.
L’ancrage populaire. Durant la campagne, notre candidat sera en phase avec les électrices et les électeurs de gauche s’il est à l’unisson des mobilisations populaires depuis 2002 : le refus du démantèlement des retraites en 2003, l’opposition frontale à la droite lors des scrutins de 2004, la volonté de stopper la dérive libérale de l’Europe en 2005, le combat de la jeunesse contre le CPE en 2006. J’ai entendu en particulier la demande profonde des banlieues et je veux que nous y répondions en traitant partout avec la même détermination la question de l’égalité et celle de la sécurité. 2007 doit être le prolongement des combats et des attentes populaires.
 
La fidélité à nos valeurs républicaines et laïques. Nous aurons à combattre Sarkozy et sa dangereuse devise, Libéralisme-Communautarisme-Bushisme. Notre candidat aura d’autant plus de chances de l’emporter qu’il aura inlassablement défendu l’identité républicaine de la France, et d’abord la laïcité, aujourd’hui mise en cause dans les quartiers, à l’hôpital, à l’université par la montée du communautarisme. Depuis longtemps, je me suis engagé avec force pour que la laïcité soit réaffirmée à l’école. Je refuse toute révision de la loi de 1905 et tout recensement ethnique. Je récuse toute confusion entre la politique et la religion, toute intrusion de la foi dans la loi, toute abdication de la citoyenneté face aux communautés. Désigné et élu, je serai le premier militant et le premier garant de notre pacte laïc.
 
La volonté de mettre réellement en oeuvre notre projet socialiste. Notre projet, c’est notre force face à la droite. Il est l’oeuvre collective des socialistes. Il permet de rassembler toute la gauche. Il répond à l’urgence sociale et donne des outils pour préparer l’avenir. Je me sens pleinement candidat du projet socialiste. Non seulement parce que j’ai contribué à sa rédaction et que je l’ai enrichi, mais parce que ses principales orientations correspondent à celles que je développe depuis 2002 : soutien au pouvoir d’achat et à l’emploi ; effort massif en faveur du logement ; défense des services publics et du rôle de l’Etat ; priorité réelle à l’éducation, à l’enseignement supérieur et à la recherche ; écologie active ; réforme des institutions pour une nouvelle République parlementaire ; relance et réorientation de l’Union européenne. Je crois, moi, qu’il est prioritaire de nous battre pour l’amélioration du pouvoir d’achat et de la vie quotidienne des Français et pour une Europe par la gauche. Ce projet sera le mien avant, pendant et après la campagne interne. Nous le mettrons en oeuvre.
 
Certains affirment : « Fabius, sa ligne politique est la bonne, mais il n’est pas assez moderne ».
Avec force, je veux te dire ceci : mes valeurs n’ont pas changé, ce sont celles de l’humanisme socialiste de Jaurès, Blum, Mendès-France, Mitterrand et Jospin, mais j’ai appris de notre expérience politique collective, j’ai entendu les Français et d’abord ceux qui espèrent en la gauche.
J’ai tiré les leçons de 2002. J’ai pris la mesure de la dérive libérale de l’Europe et du péril écologique. Je ne sous-estime pas le grand choc de la mondialisation financière. Tout cela appelle des réponses nouvelles : par exemple, une loi programme précise pour répondre au formidable défi environnemental ou encore la subordination de tout nouvel élargissement européen à l’engagement réel d’une harmonisation sociale et fiscale. Je ne crois pas qu’il soit vraiment moderne de vouloir copier la social-démocratie des Trente Glorieuses ou le blairisme qui a fini par s’allier avec Bush en Irak.
Oui, le monde a changé et, sur certains points, j’ai évolué avec lui.
Ma sincérité est de le dire et de le revendiquer pour avancer.
Nos électrices et nos électeurs ne veulent pas revivre des échecs. Pour autant, chacun le voit, il y a un débat entre socialistes à ce sujet. Pour moi, c’est par des valeurs, des propositions et des
alliances à gauche que nous l’emporterons. Nous gagnerons si nous rassemblons la gauche.
Nous rassemblerons la gauche si nos propositions sont clairement à gauche. Ma candidature est le fruit de ces convictions.
La France que prépare la droite est brutale et précaire. Avec toi, avec tous les socialistes, je veux construire une France forte parce que solidaire. Notre modèle social n’est pas un fardeau : il est au contraire notre chance dans une mondialisation qui veut tout balayer.
 
Ce n’est pas non plus un héritage immobile : c’est un édifice à parachever et à consolider sans cesse. Assurément, des réformes sont nécessaires. Nous les mettrons en oeuvre. Mais nous devons refuser les pseudo-réformes qui tournent à la régression. Car avant de soi-disant « briser les tabous », il faut dire avec précision par quoi ils seront remplacés, surtout quand il est question des acquis sociaux ou éducatifs qui ont été obtenus par des gouvernements de gauche. Et je n’accepterai pas que nous empruntions à la droite ses solutions. Ensemble, nous devrons agir
pour sauver nos retraites, assurer l’égalité d’accès à la santé, mieux aider tous les enfants à
réussir à l’école, redonner espoir à notre jeunesse, lutter effectivement contre toutes les
discriminations, miser sur la culture, l’innovation, la générosité avec les pays pauvres, et d’abord
l’Afrique. Ensemble, nous devrons rétablir la sûreté républicaine et garantir un aménagement
solidaire du territoire, notamment par la présence des services publics dans les villes comme dans les campagnes. Je suis pour une société du progrès partagé. C’est cela la France forte et solidaire que je défends.
 
Chère camarade, cher camarade,
Avec toi, avec ton soutien, avec ta voix, nous y arriverons ensemble. Et ensemble nous ferons reculer le mur des injustices dans notre pays. « Là où il y a une volonté, il y a un chemin » : c’est la leçon de vie et d’action que j’ai retenue de François Mitterrand. Nous sommes le parti socialiste, pas le parti fataliste.
 
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11 novembre 2006 6 11 /11 /novembre /2006 18:46
Gaza       Non au blocus ! Non à la guerre !
Un mois de manifestation : du 4 novembre au 2 décembre 2006
La situation à Gaza a atteint le niveau de l’état d’urgence – pénurie d’eau, d’électricité, de soins médicaux ; famine, pauvreté et chômage ; écoles et services publics hors d’usage ; et des bombardements et des attaques incessantes par les militaires israéliens. Ces problèmes sont le fait du blocus de la Bande de Gaza par Israël et des sanctions imposées par la communauté internationale, renforcés par les incursions de l’IDF. Si le blocus continue, nous verrons s’aggraver les maladies, la malnutrition, et l’anarchie.
 
Rejoignez notre Campagne Internationale
 
L’ensemble des organisations pacifistes d’Israël se sont réunies en coordination, lancent une grande campagne pour mettre fin au blocus de Gaza et appellent Israël à ouvrir des négociations avec les représentants légitimes palestiniens. Israël et la communauté internationale doivent respecter le choix politique du peuple palestinien.
 
Gaza : Non au blocus ! Non à la guerre !
 
Pendant le mois de novembre : réunions publiques, campagne d’information, pétitions, tracts, affiches
Le 2 décembre : manifestations partout dans le monde
 
Merci de nous rejoindre dans notre action humanitaire et politique : jusqu’à la grande manifestation du 2 décembre, relayez l’information au maximum autour de vous. Envoyez des lettres, des fax, des pétitions à vos élus. Organisez des campagnes d’informations et des réunions publiques.
 
Faites-nous part de vos actions afin que nous puissions en informer les autres et les mettre en ligne sur notre site.
 
Actions prévues en Israël
 
Peut-être quelques-unes vous donneront-elles des idées :
 
Imprimés : tracts d’information, une affiche, des vignettes
 
Actions locales : réunions publiques d’information avec projection de films, témoignages, journalistes, habitants de Gaza, etc.
 
Petites manifestations publiques : devant les locaux du premier Ministre, de l’Union Européenne, des ambassades étrangères, les bureaux de membres choisis de la Knesset. Lors de la Commémoration d’Itzak Rabin le 4 novembre, les militants distribueront les imprimés et formeront une chaîne humaine.
 
Une conférence spéciale à la Knesset sera organisée, à laquelle seront invités les membres éminents de la Knesset. Nous écouterons les rapports sur Gaza des Palestiniens, organisations des Droits de l’Homme, journalistes.
 
Medias : nous enverrons des articles, des lettres aux rédactions, des commentaires – aux journaux, télévisions, radios, et sur Internet.
 
« Caravane » à la frontière de la bande de Gaza.
 
Manifestations de masse le 2 décembre à Tel Aviv et dans le monde entier, incluant des radio-crochets avec les habitants de Gaza et, si possible, avec les actions de solidarité à travers le monde.
 
Campagne internationale : actions pour informer et faire pression sur les gouvernements des Etats-Unis et de l’Union Européenne – appel aux dirigeants et à la société civile de ces états pour qu’ils demandent à leurs gouvernements de lever l’embargo.
 
Organisateurs de la campagne
Cette campagne a été lancée par le Rassemblement des Femmes pour la Paix et ses 9 organisations membres en Israël, notamment MachsomWatch, Bat Shalom et New Profile.  Autres organisateurs : Anarchistes Contre le Mur, Gush Shalom, Hadash, High School Seniors draft refusers, Rabbis for Human Rights, University Student Coalition, et Yesh Gvul.
 
Information et contact : Debby Lerman à debbyl@actcom.co.ilou +972-52) 457-0704
 
Message transmis par Communist Party of Israel
Traduit par B. Giusti
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10 novembre 2006 5 10 /11 /novembre /2006 13:27

COMMUNIQUE DE PRESSE

La France et ses partenaires européens ont la responsabilité d'agir pour éviter le pire. Amir Peretz, Ministre israélien de la défense vient d’ordonner l'arrêt des bombardements en demandant une enquête sur le tir qui a provoqué la mort d'au moins 18 civils palestiniens au nord de la bande de Gaza, et dont les conséquences politiques risquent d'être considérables.

Le Parti communiste français exprime avec force, une nouvelle fois, sa condamnation de l'entreprise militaire criminelle de l'armée israélienne qui suscite une grande émotion dans le monde. Le Pape Benoit XVI a d'ailleurs fait part de sa grande préoccupation.

Au lieu de contribuer à une issue négociée, à un dialogue et à un rétablissement de la sécurité, les dirigeants israéliens, ont provoqué l'exacerbation de la confrontation, malgré de multiples appels et avertissements venant de nombreux gouvernements dans le monde.

Les négociations pour la constitution d'un gouvernement palestiniens d'union nationale ont été suspendues. Le Hamas appelle à une reprise des attentats suicides contre Israël. D'autres groupes palestiniens ont lancé des appels allant dans le même sens, ce que le PCF condamne. La situation créée est des plus graves.

Le Conseil de sécurité doit se réunir d'urgence afin de décider l'envoi, en Palestine, d'une force de protection et de sécurisation sous l'égide de l'ONU, en rappelant solennellement l’exigence universelle de la protection de toutes les populations civiles.

La résolution adoptée par le Parlement européen en avril 2002, demandant la suspension de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël tant que les dirigeants de Tel Aviv ne respectent pas le droit international, doit enfin être appliquée. Tous les accords militaires avec Israël doivent aussi être suspendus.

La France et ses partenaires européens doivent appeler Israël au respect de ses engagement et des résolutions des Nations Unies. Ils doivent agir pour la baisse des tensions et la reprise d'un processus politique de règlement, avec le rétablissement immédiat de l'ensemble des financements internationaux de l'autorité palestinienne.

Parti communiste français
Paris, le 8 novembre 2006

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Published by Michel Strausseisen - dans Moyen Orient-Asie Mineure
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