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Quelques conférences

Chansons

  Avant d'écouter les enregistrements ci-dessous, attendez la fin de la musique de fond du blog...

 

L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 13:13

Communiqué aux syndicats Cgt 38

Contact : UD-CGT 04.76.09.65.54   / e.mail : accueil@cgtisere.org

 

Délibération à la Commission Exécutive de l’Union Départementale d’Isère du 19 décembre 2014

 

 

Nous traversons une période inédite, une crise pour notre organisation qui  a des effets graves sur l’activité de la Cgt aux cotés des salariés. 120 ans c’est l’histoire sociale française, écrite en grande partie par la Cgt. Nous avons confiance en la capacité collective de notre organisation à prendre les décisions responsables.

 

Ce qui nous semble évident c’est que la confiance des syndiqués est entamée et qu’elle est à reconquérir.

 

Nous sommes convaincus que la démocratie est l’issue dans cette séquence douloureuse et il n’y aura pas d’autres portes de sortie que de s’écouter, de se parler et de décider ensemble de ce qui est le plus efficace pour la Cgt et ses militants.

 

Dans un contexte de confusion globale, la Cgt doit être claire, lisible et aucune zone d’ombre ne doit l’entacher. Sinon comment pourrait-on participer à l’élévation du mouvement social, dans un moment de crise profonde de la représentation ?

 

La CE de l’Ud réunie le 19 décembre 2014, propose :

 

la mise en œuvre des procédures et de règles de vie, garantissant que les décisions soient prises collectivement (et non par quelques-uns)

la cohérence de travail entre le Bureau confédéral, la Commission Exécutive Confédérale (Cec) et le Comité Confédéral National (Ccn)

le lien renforcé entre la maison confédérale et les organisations (Unions départementales, Fédérations et les Syndicats qui les composent)

le départ anticipé de notre Secrétaire Général au regard de sa perte de crédibilité et dans le respect du militant qu’il est

que le Ccn, sur proposition de la Cec, élise un  nouveau Bureau Confédéral (conformément à l’art 30 des statuts) puisque ces faits mettent en lumière une défaillance collective

l’engagement des organisations de la Cgt à faire vivre ses statuts, ses chartes et ses orientations de congrès

engager un débat de fond sur :

la mise en place des conditions pour améliorer  la démocratie

les orientations de la Cgt, en vue de la préparation du prochain congrès confédéral

le respect des décisions collectives

l’obligation de rendre compte aux structures

la visibilité sur  les mandats de tous les permanents et leur rémunération

le fonctionnement des comités régionaux au sein de la Cgt

 

La Ce exige que toute la lumière soit faite sur les dysfonctionnements constatés. Ces propositions visent à gagner une Cgt forte, revendicative, combative et unie, rassemblée autour d’objectifs communs et clairs.

 

C’est dans un esprit constructif que notre Ce de l’Ud de l’Isère a débattu des enjeux.                                                                    

Grenoble, le 19 décembre 2014

 

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Published by Vendémiaire - dans Syndicalisme
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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 15:09

Le parti communiste d’Ukraine exprime ses sincères condoléances aux familles et aux proches de ceux qui ont péri le 2 mai 2014 au cours des désordres de masse à Odessa.
Kiev, Donetsk, Lougansk, Kharkov, Slaviansk, Gorlovka, et maintenant Odessa…
Ceux qui sont à l’origine de cette boucherie sanglante doivent aujourd’hui s’asseoir non pas dans leur cabinet ministériel, dans leur fauteuil de gouverneur, dans l’administration du président, à la tête du SBU ou de la procurature, ils doivent s’asseoir sur le banc des accusés pour crime contre le peuple d’Ukraine.
Ce sont eux qui sont les responsables directs du sang versé dans le pays, ce sont eux qui sont coupables de la mort de plus de 40 personnes, brûlées vives par les « patriotes pacifiques » d’Ukraine dans le bâtiment des syndicats à Odessa.
C’est suite à leurs efforts et sous leur direction que les héritiers des criminels nazis de tous poils sont sortis de leur tanière.
C’est à cause d’eux qu’en Ukraine agissent impunément, pillent et tuent des bandes de néofascistes, d’autres groupes national-extrémistes, des voyous et des bandits, ainsi que différents groupes de supporters de clubs de football, subventionnés par les présidents oligarques.
Ce sont eux qui sont coupables de ce que l’Ukraine s’est transformée en un point « chaud » et une pépinière de terroristes.
Ce sont les néonazis, et leurs noms se trouvent dans les premières lignes des annuaires téléphoniques des organes du pouvoir d’État en Ukraine et dans les listes des partis politiques qui composent la majorité profasciste de la Verkhovna Rada actuelle.
Ils sont responsables personnellement de la mort de centaines de citoyens ukrainiens pacifiques, de militaires et de gardiens de la paix sur tout le territoire d’Ukraine.
Ce sont eux qui ont autorisé l’utilisation contre des policiers sans armes de cocktails Molotov, l’occupation des bâtiments administratifs, les incendies, les désordres de masse et les provocations, qui ont fait venir sur le Maïdan des snipers qui ont tiré sur les gens pendant le putsch de février. C’est sur le sang et sur les cadavres qu’ils se sont hissés sur l’Olympe du pouvoir à Kiev.
Ce n’est pas par hasard si jusqu’à présent il n’existe aucune preuve véritable, et non fabriquée, d’un rôle quelconque des « forces de l’ordre » dans la mort des manifestants des rues de Kiev, alors que l’on peut citer des faits incontestables et irréfutables de la fourniture d’armes de précision aux activistes du Maïdan.

C’est cette politique criminelle qui a amené à la perte de la Crimée par l’Ukraine, à la perte de l’intégrité territoriale du pays.
Les récents événements d’ Odessa, qui ont conduit à la mort de plus de 40 personnes, ainsi que la réaction des autorités de Kiev et du gouverneur d’Odessa Vladimir Nemirovski, un proche de Yatseniuk, les déclarations de plusieurs candidats aux présidentielles justifiant entièrement les supporters de football « pacifiques » et les « patriotes ukrainiens » qui ont brûlé vives des personnes désarmées dans la maison des syndicats, qui ont détruit les stands consacrés au 70e anniversaire de la libération de la ville héroïque d’Odessa des envahisseurs fascistes allemands, témoigne de la façon la plus claire de la véritable nature du régime qui dirige actuellement l’Ukraine. À la suite des pères fondateurs du nazisme ukrainien, les nouveaux « leaders de la nation » portent sur leurs drapeaux les mêmes mots d’ordre, en s’exclamant : « notre pouvoir doit être terrible ! »
S’adresser à ce pouvoir et exiger de lui le respect de la Constitution, des lois, des droits et des libertés, s’adresser aux institutions « démocratiques » européennes et internationales et aux dirigeants de l’UE qui se sont entièrement discrédités par leur soutien aux néonazis ukrainiens, est absurde est inutile.
C’est pourquoi le parti communiste s’adresse à tous les citoyens d’Ukraine qui ne sont pas intoxiqués par la propagande nazie du régime, qui ont participé sincèrement aux Maïdans et aux manifestations contre l’arbitraire des groupes oligarchiques et criminels du gouvernement précédent, il s’adresse à eux et déclare : on vous a trahi ! On vous a trahi et vendu. On vous a vendu aux multinationales, on vous a vendu au FMI, à l’UE, aux USA. On vous a vendu aux gouverneurs oligarques, en leur offrant le pays en pâture.
L’Ukraine est en feu ! Et si l’on n’éteint pas ce feu aujourd’hui, demain l’Ukraine sera simplement effacée de la carte du monde !
Le parti communiste d’Ukraine exige la démission immédiate et la mise en jugement du président par intérim, du premier ministre, du chef du SBU et du procureur général, des dirigeants des ministères et des organismes qui ont permis et encourager l’arbitraire des bandes d’extrêmes droite et des autorités criminelles.
Nous exigeons de tous les candidats à la présidentielle de cesser les appels à la violence, nous exigeons de toutes les parties du conflit de cesser immédiatement toute action militaire, de faire rentrer les troupes dans les casernes, de libérer tous les bâtiments occupés illégalement, de s’asseoir à la table des négociations.
Nous exigeons l’annulation des élections présidentielles, la tenue de référendums locaux et nationaux sur l’organisation territoriale et nationale du pays et d’autres questions vitales pour l’avenir de l’Ukraine, un changement de Constitution, des élections anticipées à l’Assemblée nationale d’Ukraine.
Ce n’est que par la voie d’un règlement pacifique, s’appuyant exclusivement sur la volonté des citoyens de l’Ukraine, excluant toute ingérence extérieure, quelles que soient les bonnes intentions dont elle se couvre, que nous pourrons conserver l’intégrité et l’unité du pays et du peuple. Il n’y a pas d’autre voie !


 

Le premier secrétaire du Cc du parti communiste d’Ukraine,


Piotr Simonenko


 

Source : http://www.kpu.ua/odesskaya-xatyn/
**http://fr.wikipedia.org/wiki/Khatyn

 

(PS. note de danielle Bleitrach. Kathyn est un village biélorusse que j’ai visité lors de séjours en Biélorussie, c’est le même lieu de mémoire que Oradour sur Glane. situé dans le raïon de Lahoïsk (voblast de Minsk) à 54 km au nord-est de Minsk. En 1943, le village a été rasé et sa population massacrée par les Nazis en représailles à une attaque de partisans. Un mémorial a été construit sur son emplacement. La référence à Oradour sur Glane est d’autant plus pertinente que c’est au régiment nazi qui a fait le "travail" à Oradour sur Glane que se réfèrent les gens de pravy sektor et ils en portent l’écusson.

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Published by Vendémiaire - dans Europe Est & Centrale
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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 15:05

Chers camarades et amis des organisations, réseaux, sites, ouvriers, communistes, républicains, syndicalistes, antifascistes et démocratiques avec lesquels le P.R.C.F. est en contact,

 

Merci de relayer éventuellement cette action réalisée à l’initiative de notre camarade Pierre Pranchère, vice-président du P.R.C.F., ancien membre du C.C. du P.C.F. et ancien FTPF, sur la situation en Ukraine et sur les énormes dérives guerrières, anticommunistes et fascisantes qu’elle comporte après que les nazis ukrainiens, officiellement admirateurs de la « Das Reich » (qui incendia la population d’Oradour) aient sciemment fait mis le feu à la Maison des syndicats d’Odessa en faisant brûler vif ses quarante occupants (parmi lesquels des camarades communistes).

Cette lettre vient d’être adressée à tous les députés par notre camarade Pranchère, ancien député et ancien député européen.

 

Je profite de l’occasion pour remercier ceux d’entre vous qui nous ont aidés à dire récemment leur fait au pouvoir ukrainien (par l’entremise de son ambassade à Paris) ainsi qu’au ministère des affaires étrangères français.

Multiplions les actions de solidarité avec nos camarades ukrainiens victimes d’une véritable chasse à l’homme non seulement dans la partie Est de l’Ukraine, mais dans toute la partie Ouest (dont nos médias ne disent mot) ainsi que dans les Pays baltes où des menaces de mort sont adressées par les fascistes aux vétérans de la Grande Guerre patriotique qui oseront célébrer la Victoire sur Hitler le 9 mai prochain.

 

Amitiés,

 

Georges Gastaud

 


                                                                                                Mesdames, Messieurs les Députés

                                                                                                À l’Assemblée Nationale

 

 

Mesdames, Messieurs les Députés,

 

Une nouvelle fois nous sollicitons votre attention à propos de la situation explosive en Ukraine suite au coup d’état sanglant perpétré en février dernier et dont les néonazis-fascistes furent le fer de lance. Exploitant une émotion populaire légitime, les émeutiers de la place Maïdan à Kiev ont plongé le pays dans la guerre civile ; les communistes, les antifascistes, les russophones baptisés « hommes verts » sont traqués, lynchés, brûlés vifs comme à Odessa, et leur capture est mise à prix. À Lvov, le 27 avril, les néo-nazis de Svoboda ont publiquement rendu hommage à la division SS « Galicie » en exigeant l’interdiction de la commémoration de la victoire sur le nazisme le 9 mai prochain.

 

Les putschistes de Kiev, hommes de main des forces occidentales, poussent ouvertement à une chasse à l’homme (notamment dans les provinces de l’Ouest, dont nos médias ne disent mot) et à une guerre civile qui, comme dans l’Espagne d’avant-guerre, pourrait à tout instant déboucher sur une guerre continentale, voire mondiale. En effet, la Russie, dont nos dirigeants semblent oublier qu’elle détient, comme le bloc occidental qui l’a précédée dans cette voie, l’arme nucléaire, a officiellement déclaré que l’élargissement de l’U.E., DONC DE L’O.T.A.N. au territoire ukrainien, constituerait un « casus belli ». Voilà où a conduit la politique belliciste d’encerclement et d’isolement de la Russie conduite depuis vingt ans, en prolongement ininterrompu de la guerre froide, par les U.S.A., l’U.E. et l’O.T.A.N. !

Ceux qui clamaient que l’U.E. c’était la « paix assurée » nous conduisent ainsi au seuil d’une troisième guerre mondiale. Il est urgent pour l’humanité toute entière d’éteindre l’incendie pendant qu’il en est temps et la première des mesures à prendre est de destituer et d’arrêter la junte fasciste qui a pris le pouvoir à Kiev.

Il est temps également pour nos médias et pour ceux qui les inspirent de cesser de criminaliser les populations russophones de l’Est ; ces populations ne demandent officiellement rien d’autre qu’une décentralisation et qu’une fédéralisation du pays sanctionnée par un référendum.

 

Dans notre projet de « motion de censure » daté du 26 mars nous avions posé la question-clé : qui est responsable du bain de sang du Maïdan le 19 février dernier ? Nous avions immédiatement mis en cause les partis néo-nazis et leurs soutiens internationaux. Depuis, une confirmation éclatante vient d’être apportée avec la diffusion, le 25 avril dernier, par Agoravox d’une enquête qualifiée de dévastatrice conduite par le réseau de chaînes publiques régionales allemandes A.R.D., titrée : Les morts du Maïdan.

 

Notons des extraits repris par Agoravox, il est significatif que le paragraphe introductif de la relation de l’enquête soit ainsi rédigé :

« Le silence des médias sur cette enquête est impressionnant, alors que l’information est explosive. Une enquête internationale devrait être diligentée très rapidement pour éclaircir les faits. Et l'élection du 25 mai devrait être reportée dans l'attente des conclusions.»

 

Sur les temps forts de cette enquête il est écrit :

« Les conclusions sont accablantes : les tirs des snipers venaient des étages de l’hôtel Ukrainia, tenu par les manifestants et les mêmes balles ont été extraites des corps des civils et des policiers ».

L’enquête ne démontre pas qui étaient précisément les snipers commente Agoravox mais elle indique qu’

« il est peu probable que les snipers aient pu entrer dans un hôtel tenu par les manifestants, occuper une partie d’un étage et tirer à de nombreuses reprises, sans être inquiétés ni contrôlés. Ce qui laisse penser qu’il s’agit de membres des insurgés…..  La présomption du coup d’état se renforce donc. »

 

Dans la vidéo de l’enquête on constate que le procureur, membre du parti d’extrême droite Svoboda, chargé de l’enquête officielle, se dérobe aux questions du journaliste allemand sur les snipers de l’hôtel Ukrainia. Le journaliste reçoit également des témoignages de participants du Maïdan, de parents de victimes et il fait le constat que

« la version des putschistes qui alimente les positions américaines et européennes s’effondre ».

 

La dernière partie de l’enquête journalistique est une condamnation sans appel :

« Le pouvoir en place à Kiev est dès lors suspect de meurtres en masse, et l’actuel premier ministre Yatseniouk, soutenu par l’OTAN et le département d’Etat américain, devrait être arrêté et entendu par une commission indépendante »

.

Agoravox illustre l’enquête de la télévision allemande par trois montages photos représentant Catherine Ashton (représentante de l’U.E. pour les Affaires étrangères), Barak Obama et Arseni Yatseniouk avec en gros caractères : « recherché (e) pour suspicion de complicité de meurtres en masse »

.

Aux antipodes de la prétendue « révolution populaire » qu’exaltent nos médias terriblement partiaux, nous sommes donc en droit de suspecter  l’existence d’une provocation de même ampleur que celle qui, en 1933, permit à Hitler, en faisant incendier le Reichstag, d’éliminer toute opposition en Allemagne pour préparer la guerre à l’extérieur ou que les forgeries d’Etat  qui permirent plus récemment de lancer les deux Guerres du Golfe avec leur cortège de « destructions massives ».

 

Nous nous adressons donc à nouveau aux députés parce que nous considérons comme anormal que l’Assemblée Nationale n’ait pas eu encore la possibilité, conformément à son rôle défini par les articles 49 et 50 de la Constitution,  de débattre de la terrible situation qui, en Ukraine, risque à tout instant d’entraîner la France dans la guerre. Si vous partagez l’idée de ce débat nécessaire, alors vous trouverez les formes adéquates pour le susciter : motion de censure, questions orales, demande de commission d’enquête et autres : là où il y a une volonté politique, il y a toujours un chemin !

 

Le remaniement du gouvernement français n’ayant rien changé, bien au contraire, à son soutien indéfectible à la junte fasciste de Kiev, nous affirmons solennellement que l’honneur et l’autorité de la France sont outragés, que la sécurité fondamentale du peuple français peut à tout moment être terriblement compromise. Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius n’a cessé de soutenir le gouvernement des émeutiers de Kiev. Le 11 mars dernier il s’exclamait : «  quand on accuse ce gouvernement d’être d’extrême droite, c’est faux ». À l’abri de telles déclarations, le procureur fasciste de Svoboda peut dormir tranquille. Le ministre des Affaires étrangères français a pris une décision stupéfiante en autorisant M. le Drian, ministre de la Défense, à plastronner dans un avion de chasse français survolant les Etats de la Baltique et les pays de l’U.E. aux portes de l’Ukraine, toutes armes braquées sur la Russie. Faut-il rappeler à MM. Fabius et Le Drian que le parti fasciste Svoboda arborait jusqu’en 2008 l’emblème de la division SS Das Reich ? C’est ce même emblème qu’elle portait lorsqu’elle pendit, le 9 juin 1944, 99 tullistes et qu’elle massacra le lendemain les habitants d’Oradour-sur-Glane. Le 9 juin 1944 à Tulle l’officier SS Kowatsch, adjoint du sinistre Lammerding, se glorifiait d’avoir pendu 100 000 Ukrainiens à Kharkov et à Kiev. Faut-il leur rappeler les liens des dirigeants de Svoboda avec les dirigeants du Front National ? Ont-ils pensé à la joie que ces vols français ont dû procurer à tous ces laudateurs des nazis au pouvoir à Kiev et à leurs congénères des Pays baltes, qui discriminent les russophones, interdisent les partis communistes et cautionnent des défilés d’anciens Waffen-SS baltes supplétifs de la Wehrmacht ? On pense aussi aux 200 hitlériens qui se sont tranquillement réunis en avril dans la commune alsacienne d’Oltingue pour célébrer le 125ème anniversaire de la naissance d’Hitler, alors que tous les Alsaciens gardent en mémoire les horreurs commises par le Troisième Reich au camp voisin du Struthof.

 

Le soutien du gouvernement français aux criminels dirigeants nazis-fascistes de l’Ukraine constitue une insulte à toutes les victimes de la seconde guerre mondiale.

 

Durant les années terribles mais glorieuses de l’Occupation, de l’insurrection et de la Libération de la France jusqu’à la victoire totale, les résistants furent l’honneur de la France. Ils se souviennent, en ce 70ème anniversaire de la libération de notre pays que la puissante Armée Rouge écrasa à Stalingrad, à Koursk et en Ukraine l’armée hitlérienne, la SS et ses divisions Das Reich, Galicie constituée essentiellement d’Ukrainiens de Bandera alliés aux nazis, ainsi que la misérable L.V.F. de Pétain. Ils se souviennent de ces combats victorieux où prit part le glorieux régiment Normandie-Niemen symbole de la résistance commune des peuples soviétiques et français contre le nazisme.

 

Gloire éternelle à la Grande Guerre Patriotique victorieuse que le général de Gaulle salua en termes élogieux en juin 1966 à Moscou en reconnaissant « la part capitale que l’Union Soviétique prit à la victoire décisive ».

 

Mesdames et Messieurs les parlementaires, tout montre que nous sommes à un tournant de l’histoire. Cette lettre, quelle que soit la suite que chacun de vous décidera de lui réserver, prend date devant notre peuple. Que chacun assume ses responsabilités devant la paix et devant l’histoire. Pour notre part, comme nous l’avons fait pendant la seconde Guerre mondiale, nous assumons à nouveau les nôtres.

 

Le 5 mai 2014

 

Pierre Pranchère, résistant F.T.P.F. à l’âge de 15 ans, membre au Parti communiste clandestin, le parti des fusillés. Député de Tulle, (1956-58 et 1973-1978) ville résistante et martyre, député honoraire au Parlement Européen, vice-président du P.R.C.F. et président de la commission des relations internationales du P.R.C.F.

Léon Landini, président du P.R.C.F., anc. officier des F.T.P.-M.O.I., Grand Mutilé de Guerre, Médaille de la Résistance, Officier de la Légion d’honneur, décoré par l’U.R.S.S. ;

Jean-Pierre Hemmen, vice-président du P.R.C.F., fils de Fusillé de la Résistance, réprimé pour avoir refusé de porter l’uniforme sous les ordres d’un ex-général de la Wehrmacht exerçant un commandement au sein de l’O.T.A.N. ;

Georges Gastaud, fils de Résistant gaulliste, secrétaire national du Pôle de Renaissance Communiste en France.

Antoine Manessis, fils de Résistant communiste grec, secrétaire aux relations internationales du P.R.C.F.

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 15:01

Si nous avions jusqu’à présent toutes les raisons de croire que l’Europe était au service des États-Unis, elle ratifiera d’ici peu un traité qui officialisera la chose. Le traité en question (Transatlantic Trade and Investment Partnership- TTIP - ou Tafta), qui en dit déjà long sur la question, « visera à éliminer les obstacles inutiles au commerce et à l’investissement, y compris les obstacles non-tarifaires par le biais de mécanismes efficaces et efficients, en réalisant un niveau ambitieux de comptabilité de la réglementation des biens et des services ». En clair, les marchés des États-Unis et de l’Union européenne auront fusionné. Ils ne feront plus qu’un.

 

Les néo-libéraux nous présentent cette affaire comme l’opportunité de rapprocher deux grands marchés qui représentera environ 60 % du commerce mondial. Difficile pourtant de trouver quelque chose qui plaide en faveur des pays européens : la suppression des barrières commerciales permettra de donner le feu vert à l’invasion du Vieux Monde par les multinationales américaines.

 

C’est d’autant plus incompréhensible que les Européens ont pourtant fait l’expérience, à une plus petite échelle, qu’un marché non régulé signifiait purement et simplement la disparition des plus faibles. La Grèce, l’Espagne et l’Italie succombent dans un marché unique devant l’Allemagne. Les petites entreprises y sont surclassées par les multinationales et les actifs en pays en souffrance vendus à des entreprises la plupart du temps étrangères, le tout sous couvert de privatisation.

 

Si tout ceci se passe déjà à l’échelle européenne, les conséquences pour notre continent à une échelle transatlantique seront considérables. À Bruxelles, le drapeau européen pourra sans problème céder sa place au drapeau blanc de la capitulation. Nous renoncerions à notre économie, à notre souveraineté, à notre propre histoire. Des mots que les bureaucrates de Bruxelles n’ont eu de cesse de mettre à l’index.

 

http://www.resistance-politique.fr/article-ttip-le-traite-qui-signera-la-capitulation-de-l-europe-123565458.html

Pis. C’est au nom du TTIP qu’on amputera les dépenses publiques pour financer un secteur financier aux abois. Au lieu de bénéficier au plus grand nombre, ce traité représente une attaque aux standards sociaux, environnementaux et économiques, menées dans l’intérêt des grandes entreprises représentées par des lobbies que sont BusinessEurope et  la United States Chamber of Commerce.

 

Bien entendu, on se garde bien de soumettre ce projet au débat public. Les citoyens ne peuvent s’appuyer que sur de rares informations qui révèlent des plans brutaux, comme la mise en place de tribunaux privés qui permettent aux multinationales contre les Etats qui porteraient atteinte aux profits futurs de ces entreprises. Et on parle d’inclure dans l’accord TTIP un dispositif institutionnel permettant, au-delà dudit accord, la poursuite de négociations sur les réglementations afin de réduire les obstacles encore existants et de prévenir la création de nouveaux. Ce qui signifie que la ratification du TTIP ne constituera que le début d’une vague de libéralisation et de dérégulation qu’il autorisera.

 

On parle de mettre en œuvre le TTIP dans les cinq prochaines années. Ses instigateurs ne veulent pas perdre de temps. L’Union européenne et les États-Unis sont mal en point, et on craint la vivacité de la Chine et de la Russie, dont les échanges devraient augmenter suite aux sanctions imposées à Moscou par l’OTAN après la récente crise de Crimée.

 

L’espoir réside dans le réveil des peuples européens. Il ne suffira plus d’être seulement eurosceptique ; il faudra aussi être atlantosceptique… à moins que ces deux adjectifs ne signifient tout simplement la même chose.


Capitaine Martin

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Published by Vendémiaire - dans International
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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 14:57

Ça fait des années que se produisent dans cette fédération des faits inadmissibles :

  • licenciements de militants du seul fait qu'ils ont une opinion critique ( Olivier BIREAUD d'Alès, Yücel Basarslan d'Alsace, Serge CRIMET de l'UL de Coutances)

La fédération sera d'ailleurs condamnée devant les prud'hommes et devra s'acquitter de lourdes amendes.

  • Au congrès fédéral de Poitiers en 2011 les opposants serons gazés et privés de leurs mandats, la majorité obtenue au congrès devenant dès lors suspecte.

  • L'Union Syndicale de Paris forte de plusieurs milliers d'adhérents, menant des luttes victorieuses exemplaires qui existe depuis 30 ans , qui a doublé le nombre de ses cotisations entre 2003 et 2009 verra en 2012 la contribution de la fédération supprimée (merci Cogetise et le contrôle des structures de base par les bureaucrates!)

etc etc

A présent c'est à l'appartenance même à la CGT que les responsables de la fédération s'en prennent en prétendant désaffilier de la CGT et l'US de Paris et le nouveau syndicat parisien du commerce et des services (cf le communiqué ci-après).

 

Des faits graves couverts par le dirigeants

confédéraux

Des faits graves.

Des faits néfastes aux intérêts des travailleurs du secteur.

Des faits graves néfastes au renforcement de la CGT et à son influence dans un secteur de plusieurs millions de salariés.

Des faits donc qui peuvent gravement nuire à la représentativité de la CGT au plan national.

Des faits couverts par les dirigeants confédéraux car ils ne peuvent les ignorer :

  • Michèle Chay la secrétaire de la fédération est membre de la Commission exécutive après avoir été membre du Bureau confédéral.

  • Michel DONNEDU membre du Bureau confédéral suivait le congrès de Poitiers de 2011 et n'a pas condamné les agissements qu'il ne pouvait ignorer

  • Le 12 janvier 2012 une manifestation de militants CGT du commerce au nombre de 250 s'est déroulé devant le siège même de la CGT à Montreuil au moment de la tenue d'une CE fédérale afin de protester contre la répression organisée dans cette fédération.
    Sans qu'aucun dirigeant, ni fédéral, ni confédéral ne daigne venir s'adresser et dialoguer avec ces militants en colère mais profondément attachés à la CGT

On peut d'ailleurs encore visionner leur initiative et prendre connaissance de leurs motivations dans la vidéo en ligne à l'adresse :

http://www.dailymotion.com/video/xnrh2r_manifestation-contre-les-pratiques-de-la-federation-cgt-du-commerce-le-12-janvier-2012_news

 

Que cherche -t-on donc?

Voilà des militants qui se battent, qui renforcent de manière considérable la CGT dans leur secteur, qui entendent faire vivre la démocratie, qui ne se situent pas eux mêmes dans une ligne d'opposition aux orientations confédérales puisqu'ils se réclament explicitement des 49e et 50e congrès et la répression et des manœuvres indignes s'abattent sur eux !

Pour garder contre vents et marées le contrôle de la fédération ses dirigeants sont prêts à faire le vide.

Ils sont prêts à affaiblir considérablement l'organisation.

Ils sont prêts à pousser des militants fortement engagés dans les luttes écœurés par tant de manœuvres aussi contraires à la fraternité et à la solidarité entre militants qui a marqué toute l'histoire de la CGT, à les pousser donc dehors !

Ces agissements sont un mauvais coup contre les travailleurs, contre les luttes et contre la CGT.

Cette situation est insupportable !

C'est pourquoi avec d'autres nous la portons sur la place publique et faisons appel aux militants pour qu'ils fassent connaître leur réprobation et exigent le respect de la démocratie et des règles de vie de la CGT.

La responsabilité des dirigeants de la CGT est également engagée et le CCN, instance majeure entre deux congrès, qui se rèunit les 13 et 14 mai prochain doit se saisir de cette question.

Le congrès de cette fédération doit avoir lieu en novembre 2014.

Sa tenue n'est sans doute pas étrangère à l'offensive actuelle contre tous ceux qui à un moment ou à un autre peuvent avoir un avis critique sur l'attitude et l'activité des dirigeants fédéraux.

Exigeons qu'il se tienne conformément aux valeurs dont se réclame la CGT !

Exigeons que justice soit rendue à ces militants en leur rendant confiance dans la CGT!


Le Front Syndical de Classe

le 9 mai 2014

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COMMUNIQUE DE L'US CGT COMMERCE ET SERVICES DE PARIS ET DU SPACS CGT

La fédération du commerce et des services désaffilie ses syndicats à  tours de bras.

Le 23 avril 2013, la direction de la fédération a envoyé un courrier recommandé avec AR à l'US Commerce et Services de Paris, lui signifiant qu'elle refusait son affiliation à la fédération. Cette décision s'inscrit dans une longue série d'exclusions, inacceptables dans notre organisation et qui mettent en question la survie même de notre syndicalisme.

Après plus de 30 ans d'existence, l'US Paris, ses 2800 adhérents directs et les 6000 adhérents parisiens se retrouveraient donc sans structure d'accueil ou de coordination !

Nos 200 délégués syndicaux n'auraient plus de mandat, toutes nos actions pour l'emploi,  contre le travail de nuit et du dimanche n'auraient plus de légitimité!

Dans le même courrier, la direction fédérale annonce son refus d'affilier le nouveau syndicat parisien du commerce et des services, que les syndiqués parisiens ont décidé de créer à  l'unanimité, lors d'une AG constitutive tenue le 6 février dernier. Cette création est issue des orientations et résolutions prises à  l'occasion des 49 et 50e congrès confédéraux auxquelles les militants parisiens adhèrent pleinement. Tous les syndiqués parisiens ont été conviés à  cette AG, tenue à  la demande de l'UD de Paris :  syndiqués directs de l'US, des UL et des syndicats d'établissement ou d'entreprise parisiens.

Une lettre, deux refus d'affiliation, le tout sur des motifs aussi surprenants que  " le respect des valeurs républicaines " (!) ; ou celui des champs de compétence d'autres syndicats (il est quasiment impossible de créer un syndicat à  la fédération sans heurter  le champ de compétence d'un autre syndicat. Faut-il alors cesser de créer des syndicats ?); ou encore le fait que la fédération n'aurait pas reçu la liste des membres dirigeants...

La fédération a essayé de tuer l'US de Paris dès le lendemain du congrès fédéral de mai 2011, lors duquel, l'actuelle direction s'est fait élire après avoir gazé la moitié des délégués et organisé une tricherie sur les votes à  une échelle industrielle.
Elle a commencé par réduire de 75% la subvention annuelle de l'US Paris, jusqu'à  la supprimer complètement l'année suivante (2012). Elle a licencié, sous différentes formes, les anciens responsables fédéraux qui avaient porté une position critique lors du congrès.

Elle a retiré le mandat de ceux qui ne courbaient pas l'échine.
Loin de régler les problèmes qu'elle prétendait résoudre en faisant porter le poids de ses dysfonctionnements à des boucs émissaires, la direction de la fédération s'est déchirée très vite autour d'une guerre de clans qui perdure sur des bases personnelles et autour de luttes de pouvoir.

Absente ou à la traîne dans tous les grands dossiers revendicatifs, elle est devenue, plus que jamais, la fédération que l'on appelle lorsque l'on a besoin de rien.
Sa principale activité aujourd'hui, c'est d'exclure Yücel Basarslan. Car les cas de l'US Paris, de nos camarades YUCEL BASARSLAN, OLIVIER BIREAUD ou THIERRY BRANDT sont loin d'être isolés : condamnée régulièrement devant les tribunaux, la fédération s'en prend à  tous, tous azimuts!

Procès devant la Cour de cassation perdu face au syndicat FIDUCIAL (ex NEO), désaffiliation du syndicat MC DO Ile de France (affilié depuis 1999 !), du syndicat ACCOR Ile de France, refus d'affilier le syndicat CASTORAMA, etc. sans compter les chantages à l'affiliation et aux mandats pour d'autres.

Dans un contexte de structuration anarchique, nul parmi nous n'est, bien sûr, parfait : tous, dans nos choix de structuration, nous avons été confrontés à cette anarchie (pour rester poli) qui fait que les syndiqués du commerce et des services ne se voient jamais proposer des choix de structuration cohérents, qui garantissent l'efficacité revendicative et un fonctionnement démocratique. Mais, ce système " D " est, d'abord et avant tout le résultat d'une politique fédérale désastreuse qui s'est accentuée ces trois dernières années en raison de choix de copinage : tel syndicat départemental créé en catimini mais affilié par la FD alors que l'on refuse à un autre son affiliation, tel syndicat national dont l'eMichel DONNEDUxistence est acceptée alors que d'autres se voient refuser leur affiliation, tel syndicat régional désaffilié (parce que l'échelle régionale " ne garantit pas la proximité " (!) au moment où des secrétaires fédéraux président à la création d'autres syndicats régionaux ! Nous ne citons pas de noms pour ne stigmatiser personne pourtant les exemples sont nombreux : mais personne, à la CGT, ni dans la fédération ni dans l'interpro ne peut sortir gagnant de ce bazar.

Ce qui oppose aujourd'hui les adhérents parisiens et d'autres à leur fédération, ce ne sont pas des querelles de personnes et de pouvoir : ce sont nos conceptions du syndicalisme qui divergent. Il est facile de se faire une idée de l'activité syndicale réelle des uns et des autres. Facile de voir qui mène la bagarre contre les patrons et qui se finance avec l'argent du paritarisme sans que personne n'en voie les résultats syndicaux.

Tout cela ne peut plus durer, sans que l'existence même de notre syndicalisme ne soit remise en cause. La fédération a diffusé largement son refus d'affilier l'US de Paris avant même de nous avoir écrit et ce courrier est, sans doute, déjà dans les mains des patrons. Or, la CGT toute entière n'est plus en position de force en termes de représentativité. Elle sortirait encore plus affaiblie d'un effondrement dans le commerce et les services.

Plus que jamais, nous pensons qu'un redressement doit venir à la fois des syndiqués de notre fédération, mais aussi de l'interpro qui, souvent, organise les salariés de nos professions et qui est aussi victime des agissements de la fédération. C'est toute la CGT qui est concernée par ce qui se passe car, livrée à  elle-même, notre fédération va malheureusement dans le mur.

 

Pour L'union Syndicale            Pour le SPCS CGT                                     

La Secrétaire Générale             Le Secrétaire générale                                

Céline CARLEN                      Didier DEL REY

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Published by Vendémiaire - dans Syndicalisme
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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 14:52

Dans l’histoire de l’industrie du mensonge comme partie intégrante de l’appareil militaro-industriel de l’impérialisme l’année 1989 est un tournant. Nicolae Ceaucescu est encore au pouvoir en Roumanie. Comment le renverser ? Les médias occidentaux diffusent massivement dans la population roumaine les informations et les images du « génocide » opéré à Timisoara par la police précisément de Ceaucescu.

 

1. Les cadavres mutilés

 

Qu’était-il arrivé en réalité ? Se prévalant de l’analyse de Debord sur la « société du spectacle », un illustre philosophe italien (Giorgio Agamben) a magistralement synthétisé l’affaire dont il s’agit :

 

« Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, des ca­davres enterrés depuis peu ou alignés sur les tables des morgues ont été déterrés à la hâte et torturés pour simuler devant les caméras de télévision le génocide qui devait légitimer le nouveau régime. Ce que le monde entier avait sous les yeux en direct comme la vérité vraie sur les écrans de télévision, était l’absolue non-vérité ; et, bien que la falsification fût parfois évidente, elle était de toute façon authentifiée comme vraie par le système mondial des médias, pour qu’il fût clair que le vrai n’était désormais qu’un moment du mouvement nécessaire du faux. Ainsi vérité et fausseté devenaient indiscernables et le spectacle se légitimait uniquement au moyen du spectacle.

 

Timisoara, à cet égard, est l’Auschwitz de la société du spectacle : et de même qu’il a été dit que, après Auschwitz, il est impossible d’écrire et de penser comme avant, ainsi, après Timisoara, il ne sera plus possible de regarder un écran de télévision de la même manière » (Agamben 1996, p. 67, et cité in Losurdo 2013, p. 313).

 

L’année 1989 est celle où le passage de la société du spectacle au spectacle comme technique de guerre se manifestait à l’échelle planétaire. Quelques semaines avant le coup d’Etat c’est-à-dire de la « révolution de Cinecittà » en Roumanie (Fejtö 1994, p. 263), le 17 novembre 1989 la « révolution de velours » triomphait à Prague avec un mot d‘ordre d’inspiration gandhienne : « Amour et Vérité ». En réalité, un rôle décisif était joué par la diffusion de la fausse information selon laquelle un étudiant avait été « brutalement tué » par la police. C’est ce que ré­vèle vingt ans plus tard, avec satisfaction, « un journaliste et leader de la dissidence, Jan Urban », protagoniste de la manipulation : son « mensonge » avait eu le mérite de susciter l’indignation de masse et l’écroulement du régime déjà périclitant (Bilefsky 2009, cité in Losurdo 2013, p. 313). Quelque chose de similaire se produit en Chine : le 8 avril 1989 Hu Yaobang, secrétaire du PCC jusqu’au mois de janvier 1987, a un infarctus au cours d’une réunion du Bureau politique et meurt une semaine plus tard. Son décès est corrélé, par la foule de la Place Tienanmen, au dur conflit politique qui avait aussi émergé au cours de cette réunion (Domenach, Richer 1995, p. 550) ; cet homme devient en quelque sorte la victime du système qu’il s’agit de renverser. Dans les trois cas, l’invention et la dénonciation du crime sont appelées à susciter la vague d’indignation sue d’une grande révolution nationale et sociale. Et cet échec devient alors le point de départ d’une nouvelle guerre médiatique plus massive, déclenchée par une superpuissance qui ne tolère pas de rivaux ou de potentiels rivaux, et qui est toujours pleinement en cours. Mais il n’en demeure pas moins que ce qui définit le tournant historique est en premier lieu Timisoara, « l’Auschwitz de la société du spectacle ».

 

 

2. « Publiciser les nouveaux-nés » et le cormoran

 

Deux ans après, en 1991, survenait la première guerre du Golfe. Un journaliste étasunien courageux a mis en lumière de quelle façon s’est déroulée « la victoire du Pentagone sur les médias » c’est-à-dire la « colossale défaite des médias opérée par le gouvernement des Etats-Unis » (Macarthur 1992, p. 208 et 22).

 

En 1991 la situation n’était pas facile pour le Pentagone (et pour la Maison Blanche). Il s’agissait de convaincre de la nécessité de la guerre une population sur laquelle pesait encore le souvenir du Vietnam. Alors ? Divers expédients vont réduire drastiquement la possibilité pour les journalistes de parler directement avec les soldats ou de chroniquer directement du front. Dans la mesure du possible tout doit être filtré : la puanteur de la mort et surtout le sang, les souffrances et les larmes de la population civile ne doivent pas faire irruption dans les maisons des citoyens des USA (et des habitants du monde entier) comme à l’époque de la guerre du Vietnam. Mais le problème central, et plus difficile à résoudre, est ailleurs : comment diaboliser l’Irak de Saddam Hussein, qui quelques années auparavant encore s’était rendu méritant, aux yeux des USA, en agressant l’Iran issu de la révolution islamique et anti-étasunienne de 1979, et enclin à faire des prosélytes au Moyen-Orient. La diabolisation se serait avérée d’autant plus efficace qu’on aurait en même temps rendu la victime plus angélique. Opération rien moins qu’aisée, et pas seulement du fait que la répression contre toute forme d’opposition sévissait durement et impitoyablement au Koweït. Il y avait quelque chose de pire. Les travaux les plus humbles étaient pour les immigrés, soumis à un « esclavage de fait », et un esclavage de fait qui prenait souvent des formes de sadisme : les cas de « Serbes défenestrés, brûlés ou aveuglés ou bien tabassés à mort » ne suscitaient pas d’émotion particulière (Macarthur 1992, p. 44-45).

 

Et pourtant…Généreusement ou fabuleusement récompensée, une agence publicitaire trouvait remède à tout. Elle dénonçait le fait que les soldats irakiens coupaient les « oreilles » aux Koweitiens qui résistaient. Mais le coup de théâtre de cette campagne était ailleurs : les envahisseurs avaient fait irruption dans un hôpital « en sortant 312 nouveaux-nés de leurs couveuses et en les laissant mourir de froid sur la pavement de l’hôpital de Koweït City » (Macarthur 1992, p. 54). Brandie à l’envi par le président Bush junior, réaffirmée au Congrès, avalisée par la presse la plus autorisée et jusque par Amnesty international, cette information si horrible mais si circonstanciée aussi, au point d’indiquer avec une précision absolue le nombre de morts, ne pouvait pas ne pas provoquer une bouleversante vague d’indignation : Saddam Hussein était le nouvel Hitler, la guerre contre lui était non seulement nécessaire mais urgente même et ceux qui s’y opposaient ou étaient récalcitrants devaient être considérés comme des complices, plus ou moins conscients, du nouvel Hitler ! L’information était évidemment une invention savamment produite et diffusée, et pour cela justement l’agence publicitaire avait-elle bien mérité son argent.

 

La reconstruction de cet épisode se trouve dans un chapitre du livre cité ici, avec un titre approprié : « Publiciser les nouveaux-nés » (Selling Babies). A la vérité, ceux qui furent « publicisés » ne furent pas seulement les nouveaux-nés. Au tout début des opérations guerrières on avait diffusé dans le monde entier l’image d’un cormoran qui se noyait dans le pétrole dégorgeant des puits que l’Irak avait fait sauter. Vérité ou manipulation ? Etait-ce Saddam qui avait provoqué la catastrophe écologique ? Et y a-t-il vraiment des cormorans dans cette région du globe et en cette saison de l’année ? La vague d’indignation, authentique et savamment manipulée, engloutissait les dernières résistances rationnelles.

 

3. La production du faux, le terrorisme de l’indignation et le déchaînement de la guerre

 

Faisons un nouveau bond en avant de quelques années, jusqu’à la dissolution ou, plutôt, démembrement de la Yougoslavie. Contre la Serbie qui, historiquement avait été le protagoniste du processus d’unification de ce pays multiethnique, se déchaînent une après l’autre, pendant les mois qui précèdent les bombardements véritables, des vagues de bombardements médiatiques. En août 1998, deux journalistes, l’un étasunien et l’autre allemand, « rapportent l’existence de fosses communes avec 500 cadavres d’Albanais parmi lesquels 430 enfants, aux alentours d’Orahovac, où d’âpres combats ont eu lieu. La nouvelle est reprise par d’autres journaux occidentaux qui lui donnent un grand écho. Mais tout est faux, comme le démontre une mission d’observation de l’Ue » (Morozzo della Rocca 1999, p. 17).

 

Mais cela ne provoque pas pour autant une crise dans la fabrique du faux. Aux débuts de l’année 1999 les médias occidentaux commençaient à harceler l’opinion publique internationale avec les photos de cadavres entassés au fond d’un ravin et parfois décapités et mutilés ; les légendes et les articles qui accompagnaient ces images proclamaient qu’il s’agissait de civils albanais désarmés massacrés par les Serbes. Mais :

 

« Le massacre de Racak est terrifiant, avec des mutilations et des têtes coupées. C’est une scène idéale pour susciter l’in­dignation de l’opinion publique internationale. Quelque chose semble étrange dans les modalités de la tuerie. Les Serbes ha­bituellement tuent sans procéder à des mutilations […] Comme l’enseigne la guerre de Bosnie, les dénonciations d’exactions sur les corps, signes de torture, décapitations, sont une arme de pro­pagande bien répandue […] Peut-être ne sont-ce pas les Serbes mais les guérilleros albanais qui ont mutilé les corps » (Morozzo della Rocca, 1999, p. 249, et cité in Losurdo 2013, p. 314).

 

Ou, peut-être, les cadavres des victimes d’un des innombrables affrontements avaient-ils été soumis à un traitement ultérieur, de façon à faire croire à une exécution à froid et à un déchaînement de furie bestiale, dont était immédiatement accusé le pays que l’OTAN s’apprêtait à bombarder (Saillot 2010, p. 11-18).

 

La mise en scène de Racak n’était que le sommet d’une campagne de désinformation obstinée et sans pitié. Quelques années plus tôt, le bombardement du marché de Sarajevo avait permis à l’OTAN de s’ériger en instance morale suprême, qui ne pouvait pas se permettre de laisser les « atrocités » serbes impunies. De nos jours, on peut lire jusque dans le Corriere della Sera que « ce fut une bombe à la paternité assez douteuse qui provoqua le massacre de Sarajevo, faisant éclater l’intervention de l’OTAN » (Venturini 2013). Avec ce précédent, Racak nous apparaît désormais comme une sorte de réédition de Timisoara, une réédition qui s’est prolongée plusieurs années. Et pourtant, même dans ce cas, le succès ne faisait pas défaut. L’illustre philosophe qui en 1990 avait dénoncé « l’Auschwitz de la société du spectacle » qui avait eu lieu à Timisoara, rejoignait cinq ans après les rangs du chœur dominant, tonnant de façon manichéenne contre « le subit glissement des classes dirigeantes ex-communistes dans le racisme le plus extrême (comme en Serbie, avec le programme de ’purification ethnique’) » (Agamben 1995, p. 134-35). Après avoir analysé avec acuité la tragique indiscernabilité de « vérité et fausseté » dans le cadre de la société du spectacle, Agamben finissait par la confirmer involontairement, en accueillant de façon expéditive la version (c’est-à-dire la propagande de guerre) diffusée par le « système mondial des médias », qu’il avait précédemment désigné comme source principale de la manipulation ; après avoir dénoncé la réduction du « vrai » à « un moment du mouvement nécessaire du faux », opérée par la société du spectacle, il se limitait à conférer une apparence de profondeur philosophique à ce « vrai » réduit justement à « un moment du mouvement nécessaire du faux ».

 

Par ailleurs, un élément de la guerre contre la Yougoslavie, plus qu’à Timisoara nous ramène à la première guerre du Golfe. C’est le rôle des public relations :  « Milosevic est un homme qui s’esquive, il n’aime pas la publicité, il n’aime pas se montrer ou tenir des discours en public. Il semble qu’aux premières annonces de désagrégation de la Yougoslavie, Ruder&Finn, la compagnie de relations publiques qui travaillait pour le Koweït en 1991, alla le trouver pour lui présenter ses services. Elle fut congédiée. Ruder&Finn fut par contre immédiatement embauchée par la Croatie, par les musulmans de Bosnie et par les Albanais du Kosovo pour 17 millions de dollars par an, afin de protéger et encourager l’image des trois groupes. Et elle fit un excellent travail !

 

James Harf, directeur de Ruder&Finn Global Public Affairs, affirmait […] dans une interview : ’Nous avons pu faire coïncider, dans l’opinion publique, Serbes et nazis […] Nous sommes des professionnels. Nous avons un travail à faire et nous le faisons. Nous sommes payés pour faire la morale’ » (Toschi Marazzani Visconti 1999, p. 31).

 

Venons en maintenant à la seconde guerre du Golfe : dans les premiers jours de février 2003 le secrétaire d’Etat étasunien, Colin Powell, montrait au parterre du Conseil de sécurité de l’ONU les images des laboratoires mobiles de production d’armes chimiques et biologiques, que l’Irak aurait eues en sa possession. Quelques temps après, le premier ministre anglais, Tony Blair, augmentait la dose : non seulement Saddam Hussein avait ces armes, mais il avait déjà élaboré des plans pour les utiliser et était en mesure de les activer « en 45 minutes ». Et à nouveau le spectacle, plus encore que prélude à la guerre, constituait le premier acte de guerre, en mettant en garde contre un ennemi dont le genre humain devait absolument se débarrasser.

 

Mais l’arsenal des armes du mensonge mises en acte ou prêtes à l’usage allait bien au-delà. Afin de « discréditer le leader irakien aux yeux de son propre peuple » la Cia se proposait de « diffuser à Bagdad un document filmé dans lequel on révélait que Saddam était gay. La vidéo aurait dû montrer le dictateur irakien en train d’avoir un rapport sexuel avec un jeune garçon. Il devait avoir l’air d’être filmé par une caméra cachée, comme s’il s’agissait d’un enregistrement clandestin ». On étudiait aussi « l’hypothèse d’interrompre les retransmissions de la télévision irakienne avec une édition –fictive- extraordinaire du journal télévisé contenant l’annonce que Saddam avait démissionné et que tout le pouvoir avait été pris par son fils redouté et haï, Uday » (Franceschini 2010).

 

Si le Mal devait être montré et stigmatisé dans toute son horreur, le Bien devait apparaître dans tout son éclat. En décembre 1992, les marines étasuniens débarquaient sur la plage de Mogadiscio. Plus exactement ils y débarquaient deux fois et la répétition de l’opération n’était pas due à d’imprévues difficultés militaires ou logistiques. Il fallait démontrer au monde entier que, avant même d’être un corps d’élite militaire, les marines étaient une organisation bénéfique et charitable qui ramenait l’espoir et le sourire au peuple somalien dévasté par la misère et par la faim. La répétition du débarquement-spectacle devait l’amender de ses détails erronés ou défectueux. Un journaliste et témoin expliquait :

 

« Tout ce qui est en train d’arriver en Somalie et qui va se produire dans les semaines prochaines est un show militaro-diplomatique […] Une nouvelle époque dans l’histoire de le politique et de la guerre a vraiment commencé, dans la nuit bizarre de Mogadiscio […] L’ ’Opération Espoir’ a été la première opération militaire non seulement filmée en direct par les caméras de télévision, mais pensée, construite et organisée comme un show télévisé » (Zucconi 1992).

 

Mogadiscio était le pendant de Timisoara. A quelques années de distance de la représentation du Mal (le communisme qui s’écroulait enfin) faisait suite la représentation du Bien (l’Empire étasunien qui émergeait du triomphe obtenu dans la guerre froide). Les éléments constitutifs de la guerre-spectacle et de son succès sont désormais clairs.

 

 

Domenico Losurdo

 

Publié sur le blog de l’auteur mercredi 4 septembre 2013

 

http://domenicolosurdo.blogspot.fr/

 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Certains thèmes abordés dans ce texte ont été traités dans le dernier chapitre de Le langage de l’empire. Lexique de l’idéologie étasunienne. A paraître le 13 septembre 2013 aux Editions Delga.

 

 

Références bibliographiques

 

Giorgio Agamben 1995

 Homo sacer. Il potere sovrano e la nuda vita, Einaudi, Turin.

 

Giorgio Agamben 1996

 Mezzi senza fine. Note sulla politica, Bollati Boringhieri, Turin.

 

Dan Bilefsky 2009

 A rumor that set off the Velvet Revolution, in International Herald Tribune du 18 novembre, pp. 1 e 4.

 

Jean-Luc Domenach, Philippe Richer 1995

 La Chine, Seuil, Paris.

 

François Fejtö 1994 (en collaboration avec Ewa Kulesza-Mietkowski)

 La fin des démocraties populaires (1992), tr. it., de Marisa Aboaf, La fine delle democrazie popolari. L’Europa orientale dopo la rivoluzione del 1989, Mondadori, Milan.

 

Enrico Franceschini 2010

 La Cia girò un video gay per far cadere Saddam, in La Repubblica, 28 mai, p. 23.

 

Domenico Losurdo 2013

 

Le langage de l’Empire. Lexique de l’idéologie étasunienne, Delga, Paris.

 

John R. Macarthur 1992

 Second Front. Censorship and Propaganda in the Gulf War, Hill and Wang, New York.

 

Roberto Morozzo Della Rocca 1999

 La via verso la guerra, in Supplément au n. 1 (Quaderni Speciali) de Limes. Rivista Italiana di Geopolitica, pp. 11-26.

 

Fréderic Saillot 2010

 Racak. De l’utilité des massacres, tome II, L’Harmattan, Paris.

 

Jean Toschi Marazzani Visconti 1999

 Milosevic visto da vicino, Supplément au n. 1 (Quaderni Speciali) de Limes. Rivista Italiana di Geopolitica, pp. 27- 34.

 

Franco Venturini 2013

 Le vittime e il potere atroce delle immagini, in Corriere della Sera du 22 août, pp. 1 et 11.

Vittorio Zucconi 1992

 Quello sbarco da farsa sotto i riflettori TV, in la Repubblica du 10 décembre.

 

URL de cet article 22335

 http://www.legrandsoir.info/industrie-du-mensonge-et-guerre-imperialiste.html

 

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 14:47

Par Nicolas Pomiès et Olivier Nobile

Mercredi 7 mai 2014

 

Le pacte de stabilité du Premier ministre Valls est une fuite en avant vers le moins-disant social du carcan néolibéral européen aux conséquences dramatiques pour les familles. L’Union des Familles Laïques ne peut l’accepter !

Le gouvernement français a renoncé à peser dans l’Union Européenne en demandant un délai supplémentaire pour ramener le déficit public sous la barre des 3 % imposés par le carcan budgétaire des traités européens. L’économie française se retrouve en concurrence avec les économies des pays européens qui ont baissé leurs coûts salariaux et restreint ainsi fortement leur demande intérieure. La course au moins-disant social engagée chez nos voisins a exercé une forte pression à la baisse sur les prix industriels, d’où une diminution des marges des entreprises françaises. C’est ce double constat qui avait conduit à la décision d’accorder un cadeau fiscal historique de 20 milliards avec le CICE, devenus 30 milliards avec le pacte de responsabilité qui repose sur la suppression de la cotisation sociale affectée à la branche famille. L’UFAL a eu l’occasion d’exprimer son opposition à cette mesure qui s’apparente à une baisse des salaires et menace l’existence même de la branche famille de la Sécurité sociale.

À peine nommé, le nouveau Premier ministre Manuel Valls, s’empresse d’annoncer une cure d’austérité inédite dans le cadre d’un pacte de stabilité, reposant sur un vaste plan d’économies de 50 milliards d’euros.

Ce nouveau plan va avoir pour effet de fragiliser durement les familles et les salariés de notre pays, car ce plan prévoit :

18 milliards d’économies à réaliser par l’État essentiellement par la baisse des dépenses de fonctionnement dont la poursuite du gel du point d’indice des salaires des fonctionnaires déjà bloqués depuis 2010 ;

11 milliards d’euros d’économies à réaliser par les collectivités territoriales en organisant des fusions d’entités visant à réduire le nombre de fonctionnaires territoriaux ;

10 milliards de baisse des dépenses de santé qui fait peser de graves menaces en termes d’accès aux soins. Cette mesure, d’une ampleur inédite, intervient après dix années ininterrompues de déremboursements et d’augmentation du reste à charge des assurés sociaux. Le gouvernement assure certes qu’il n’envisage pas de nouveaux déremboursements des soins et des médicaments. Les pistes d’économies invoquées passeraient notamment par un renforcement des substitutions de médicaments génériques, par une meilleure utilisation du parcours de soins coordonnés et par une meilleure organisation hospitalière. Nous doutons toutefois que ces mesures soient suffisantes pour permettre d’atteindre le niveau considérable des économies attendues. Contrairement aux propos lénifiants contenus dans le document gouvernemental, nous pouvons légitimement craindre que cette mesure d’économie se traduise par le basculement massif de la couverture des frais de santé vers les assurances complémentaires et par une nouvelle cure de réduction des effectifs hospitaliers. Le tout au détriment de l’accès aux soins et de l’état de santé de l’ensemble des familles ;

11 milliards sur l’ensemble des branches de la Sécurité sociale avec le gel des prestations familiales, des allocations logement jusqu’au 1er octobre 2015, du revenu de solidarité active (RSA), de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), de l’allocation adulte handicapé, des pensions de retraite, mais aussi une coupe démentielle de 1,2 milliard dans les frais de fonctionnement des organismes de Sécurité sociale, soit 10 % du Fonds national de gestion administrative. Ce sont près de 15 000 postes qui sont pourraient être supprimés au sein des organismes de sécurité sociale sur 160 000 salariés (sachant que les effectifs étaient de 180 000 au début des années 2000).

 

Alors qu’en 2010, la France était un des pays de la zone euro qui avait le moins souffert de la crise parce que sa demande intérieure, soutenue par notre système de protection sociale qui représente 33 % du revenu disponible des ménages, s’était maintenue contribuant de façon déterminante à éviter que la zone euro ne s’effondre. Le Pacte de stabilité en organisant la fragilisation de la population française risque au contraire d’aggraver la crise avec des conséquences dramatiques sur tous les pays européens.

Pour l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), la croissance aurait pu repartir en France pour les deux prochaines années. Mais ce redémarrage est contrarié par la politique d’austérité qui, selon l’organisme, coûtera 0,9 point de croissance en 2014 et 0,7 point en 2015. Après six années de crise, c’est le plus lent redémarrage économique de ces quarante dernières années. Il aura fallu six années au PIB pour renouer avec les niveaux de 2008. En cause donc, les politiques d’austérité qui ont atteint « un niveau inégalé depuis l’après-guerre, soit presque 5 points de PIB en cumul de 2010 à 2013 ».

Ne nous y trompons pas, ce plan d’économie est le plus violent dispositif de réduction des dépenses sociales et de baisse de revenus des salariés que la France a connu depuis l’après-guerre. Il menace directement notre système de protection sociale et dégradera encore plus la demande intérieure tout en accroissant les inégalités sociales.

La mauvaise potion du Premier ministre Valls est un pur produit des doctrines néolibérales qui ont toutes échoué partout où elles ont été appliquées. Les « pactes » de responsabilité et de stabilité auront pour effet de précariser durablement les familles et de faire tomber les économies de la zone euro dans une récession terrible. L’UFAL ne peut accepter une telle politique.

 

http://www.ufal.info/sante-protection-sociale/pacte-stabilite-valls-consequences-dramatiques-les-familles/9048

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 14:42

Jeudi 8 mai 2014

Par Bernard Teper

Co-animateur du Réseau Education Populaire. Auteur avec M. Zerbato de « Néolibéralisme et crise de la dette » et avec C. Jousse et Ch.Prudhomme de « Contre les prédateurs de la santé ».

http://wwww.reseaueducationpopulaire.info

 

On sait que sur les 21 milliards de diminution de dépenses prévue dans le « Pacte de stabilité », 10 milliards concerneront l’Assurance-maladie. Mais il existe bien d’autres mesures qui vont avoir un impact sur la Sécurité sociale solidaire, d’autres signes d’avancée du rouleau compresseur néo-libéral, dont on apprend l’existence ici ou là : voici les informations que nous avons recueillies au cours du dernier mois.

1/ Alors qu’une étude suédoise montre que l’autisme est dû à plus de 50 % à l’acquis (et donc l’environnement), la ministre Marie-Arlette Carlotti, la Haute autorité de la santé (HAS, spécialiste des conflits d’intérêts), les Agences régionales de santé (ARS, bras armé du néolibéralisme contre la Sécurité sociale) jugent que la cause est entièrement génétique et donc décident d’éliminer toute intervention de caractère psychanalytique ou de psychothérapie institutionnelle, car d’après la ministre ces pratiques ne sont pas « consensuelles ». Ne sont déclarées consensuelles que les interventions sur les conséquences de la maladie et non sur les causes. Soyons clair, agir seulement sur les conséquences, cela demande moins de financement ! Et les pouvoirs publics refusent d’admettre que le débat scientifique n’est pas tranché . Le CASP qui réunit le Syndicat des médecins psychiatres des organismes publics, semi-publics et privés (SMPOP), le Syndicat national des psychiatres privés (SNPP), le Syndicat des psychiatres français (SPF), le Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH), l’Union syndicale de la psychiatrie (USP), conteste les choix des pouvoirs publics.
Leur détermination à ne pas chercher la cause mais à se borner à agir sur les conséquences a même entraîné l’ARS d’Ile-de-France à rejeter la dépense de formation d’un montant de 80 euros (!) de deux soignants d’un centre médico-psycho-pédagogique du Val de Marne sous prétexte qu’elle s’intitulait « Le psychanalyste et l’autiste »…

2/ Alors que Médecins du monde fait état en France d’une augmentation forte du nombre de personnes venant à ses consultations sans couverture sociale, la Sécurité sociale dirigée par le néolibéral Frédéric van Roekhegem ose dire que « les effectifs de la CMU de base [NDLR : la CMU de base doit théoriquement assurer de façon universelle tous les Français et étrangers] a régressé de 1,2 % sur un an pour l’ensemble du territoire, avec 2,25 millions de bénéficiaires ». Tout simplement parce de nombreuses personnes qui y auraient droit n’y sont pas inscrites !

3/ L’année 2013 a connu une forte progression du nombre de bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) (+7,5%, 4,9 millions de personnes) et de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS) (+15,1%, 1,16 million de personnes), selon la lettre Références CMU d’avril. L’augmentation d’environ 362.000 nouveaux bénéficiaires de la CMU-C est due pour 102.000 à l’augmentation des barèmes et pour 260.000 à l’augmentation de la pauvreté.

4/ Rien qu’en Ile-de-France, sur la base de l’activité 2012, 43 établissements de santé dont 27 publics (quatre à Paris, cinq en Seine-et-Marne, trois dans les Yvelines, trois dans l’Essonne, deux dans les Hauts-de-Seine, un en Seine-Saint-Denis, trois dans le Val-de-Marne et cinq dans le Val-d’Oise), ne sont pas dans « les clous » concernant l’accès à l’IVG et en matière de centre d’éducation et de planification familiale (CEPF)

5/ Alors que le groupe privé Le Noble âge, spécialiste, comme Korian et d’autres, des maisons de retraites à plus de 3000 euros par mois, vient d’ouvrir deux Ehpad à 65 euros par jour cette année. Et que fait le gouvernement Hollande-Valls ? Il supprime le projet de loi d’adaptation au vieillissement n’est plus du calendrier parlementaire ! Comme s’il fallait laisser la privatisation des profits dans ce secteur !

6/ Marisol Touraine a annoncé son plan d’économies trisannuel, après avoir admis que l’apport de la stratégie nationale de santé (SNS) annoncée fin 2013 sur ce plan d’économies semble avoir été quasi nul. Les économies attendues sont les suivantes :
- renforcement des soins de proximité « en favorisant la coopération entre la médecine de ville, l’hôpital et les maisons de retraite » et en réduisant les durées d’hospitalisation: 1,5 milliard d’euros (dont 1 milliard pour la seule chirurgie ambulatoire),
- maîtrise des prescriptions en évitant les actes redondants et inutiles : 2,5 milliards d’euros,
- baisses de prix des médicaments : 3,5 milliards d’euros,
- meilleure gestion et mutualisation des achats à l’hôpital : 2 milliards d’euros,
- lutte contre la fraude : 500 millions.
Tout cela est un leurre qui n’engagera que ceux qui y croient. En fait, comme ce plan sera aussi inefficace que la stratégie nationale de santé de l’année dernière, la réalité sera l’accentuation de la privatisation, le recul de l’accès aux soins, l’augmentation des inégalités sociales de santé, etc. Seules les ARS et les structures de contrôle néolibérales ne seront pas affectés par les diminutions d’effectifs car dit la ministre, ils ne sont pas si nombreux que cela ! Alors que Manuel Valls a déclaré le 9 avril dernier qu’il compte sur la restructuration de l’offre hospitalière pour faire des économies. Donc diminution de l’offre hospitalière de proximité ! Pour cela, il y a un accord entre syndicats de médecins libéraux, la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) et le MEDEF soutenus par le gouvernement néolibéral pour montrer du doigt l’hôpital public. Rappelons que ce dernier ne compte que pour 34 % dans les dépenses de l’Assurance-maladie, que les effectifs des hôpitaux publics ont diminué d’au moins 20 000 salariés et que le passage aux urgences a doublé depuis 1995 pour atteindre près de 18 millions de passage.

7/ La Cour des comptes se mobilise pour introduire plus de néolibéralisme dans le secteur de la santé en proposant que trois CHU français expérimentent l’émission de billets de trésorerie comme une vulgaire société financière !

8/ Alors que c’est le rôle de la Sécurité sociale de conventionner partout pour le bien de tous et toutes, voilà un degré de plus dans la néolibéralisation du secteur de la santé et de l’assurance-maladie. Les pouvoirs publics néolibéraux après avoir autorisé en 2011, pour développer la médecine à plusieurs vitesses, la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF) a lancé en 2011 un programme de « conventionnement hospitalier mutualiste » qui permet aux adhérents des mutuelles de bénéficier de tarifs négociés et d’une dispense d’avance de frais [mais pas à tous et toutes ! NDLR], voilà qu’elle permet d’étendre cette nouvelle attaque contre la Sécurité sociale en autorisant son application pour les soins de suite et de rééducation (SSR).

9/ Le principe de la rémunération à la performance est de plus en plus développé par la direction néolibérale de la Sécu.

10/ Suite à la légalisation des dépassements d’honoraires décidé par François Hollande et Marisol Touraine et à la possibilité que les médecins de secteur 2 voient leurs cotisations sociales payés par la Sécurité sociale, nous ne sommes pas étonnés de constater l’augmentation continue des installations  en secteur 2 au détriment de l’accès aux soins de qualité partout et pour tous. Pire, Etienne Caniard président de la Mutualité Française se dit prêt à « reconquérir les domaines délaissés par l’assurance maladie obligatoire ». Il exhorte les responsables politiques à faire leur deuil  de la Sécurité sociale et à  ranger au rayon des souvenirs « les idéaux des ordonnances de 1945″. Il estime que la généralisation de la complémentaire santé en entreprise (ANI, projet du Medef exaucé grâce à des syndicats complaisants) « est un premier pas très positif dans ce douloureux travail de deuil. ». Il reconnaît cependant que le deuil des mutualistes a été facilité par l’octroi « d’environ 5 milliards d’euros d’aide publique chaque année via les contrats santé». Comme quoi les néolibéraux financent mieux les attaques contre la Sécurité sociale que la Sécurité sociale elle-même !

11/ Le rapport Devictor demande de continuer la diminution des dépenses publiques pour augmenter les dépenses privées. Aujourd’hui, c’est la ligne gouvernementale d’aller en ce sens notamment pour les montants des primes d’assurances complémentaires, les subventions des contrats collectifs d’assurances santé d’entreprises, les restes à charge des patients, etc. L’aggravation des inégalités sociales est donc prévisible.

12/ Le gouvernement maintient les privilèges des firmes pharmaceutiques en préférant, pour deux médicaments identiques en service médical rendu, le plus onéreux (cf. l’affaire Lucentis/Avastin).

13/ Alors que la tarification à l’activité favorise la privatisation, la baisse de la qualité des soins (La France a reculé à la 9e place dans l’évaluation internationale des systèmes de santé), le caractère inflationniste de la dépense d’Assurance-maladie, le gouvernement néolibéral veut le développer au lieu de changer de tarification.

14/ Comme le précise le Mouvement de défense de l’hôpital public (MDHP, regroupant plus de mille praticiens hospitaliers et chefs de service), le gouvernement néolibéral développe « le millefeuille bureaucratique inhérent à la mixité et au bicéphalisme de notre système de santé. Chaque feuille de santé est traitée deux fois, une fois par la Sécurité sociale et une fois par les assurances complémentaires, si bien que nous dépensons le double de la moyenne des pays de l’OCDE pour la gestion de la Santé (soit plus de 15 milliards). Il convient également de débureaucratiser les hôpitaux et les Agences régionales de santé (ARS) pour consacrer les ressources en priorité aux équipements et aux soins. »

 

http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/lattaque-contre-la-securite-sociale-entre-dans-une-phase-decisive/81146

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 14:40

Jeudi 8 mai 2014

Par Pierre Hayat

 

Le décret sur les rythmes à l’école primaire restera l’échec le plus flagrant d’un Vincent Peillon bluffé par la FCPE et divers « experts ». L’obstination ministérielle s’est heurtée à la résistance des faits et des volontés :  une offre scandaleusement inégale, variable selon les moyens financiers des communes ; un désordre inextricable dans les écoles ; une confusion de l’enseignement scolaire et des activités périscolaires ; la  fatigue d’enfants énervés et déboussolés par des journées surchargées et déstructurées ; un dispositif totalement inapplicable dans les écoles de campagne ; un surinvestissement disproportionné de tous les acteurs de l’école ; une accélération de la dénationalisation de l’éducation nationale…
Faisant suite aux déclarations de Manuel Valls annonçant un « assouplissement » du décret, Benoît Hamon a sensiblement allégé le boulet dont il a hérité. Il sera désormais possible de regrouper le temps d’activités périscolaire (« TAP » pour les initiés) en un après-midi de 3 heures au lieu des aberrants ¾ d’heures sur 4 jours. Cette organisation plus rationnelle du temps périscolaire permet d’abord de séparer   temps scolaire et  périscolaire. Pratiquement, elle permet de réduire les déplacements d’animateurs mal rémunérés, rend possible une mutualisation des moyens entre les écoles d’une même commune, facilite l’organisation des sorties à la piscine, etc. La semaine pourrait s’organiser en huit demi-journées d’enseignement scolaire dont cinq matinées concentrées sur les « apprentissages fondamentaux » et trois après-midi d’enseignement, auxquels s’ajouterait obligatoirement l’offre d’un quatrième après-midi d’activités périscolaires facultatif pour les élèves.
Ces nouvelles dispositions constituent un désaveu cinglant des lobbies autoproclamés « réformateurs d’une école qui bouge ». À l’avenir, on pourra ignorer l’ordonnance des « experts chronobiologistes » qui prescrit  une dose quotidienne obligatoire  de « TAP » à l’école. Le bon sens pratique  et le respect de l’école ont fini par être reconnus.
Mais à ce jour, on n’en a pas terminé avec le décret Peillon car le dispositif Hamon est seulement dérogatoire. Et les communes auront peu de temps pour soumettre au recteur leur projet. Enfin, les incertitudes demeurent sur la pérennisation des financements. Et les inégalités entre les communes n’ont évidemment pas disparu.
On déplore surtout l’énergie dilapidée autour de ce décret alors que Benoît Hamon reconnaît lui-même que les enfants sont de plus en plus nombreux à entrer en 6ème en situation d’échec, ne sachant  pas compter, écrire, lire et parler correctement. Rien pourtant dans ce décret aberrant n’aurait aidé à  réduire cette inégalité insupportable. Au contraire. Le problème majeur de l’école primaire a été ainsi recouvert par la querelle des rythmes. Il demeure aujourd’hui entier. Et les réformes profondes qui permettront d’améliorer les conditions matérielles et morales de l’enseignement scolaire restent à faire.
Si ce décret ne règle aucun des problèmes de l’école primaire, chaque école financée par la collectivité publique devrait être tenue de l’appliquer. La République met en principe chacun à égalité devant la loi et le règlement. Ce n’est pas pourtant le cas aujourd’hui s’agissant du décret sur les rythmes scolaires. Si chaque école publique doit impérativement s’y conformer, ce décret ne s’impose pas aux écoles privées sous contrat avec l’État. Depuis la loi Debré, ces dernières  organisent comme bon leur semble  a semaine scolaire, étant seulement tenues de respecter la durée de l’enseignement et les obligations de service des enseignants (voir les textes).
L’école privée sous contrat n’est donc  pas assujettie aux mêmes contraintes  que l’école publique. Mais elle jouit des mêmes moyens.  Ainsi, l’établissement privé qui verrait avantage à opter pour le dispositif prévu par le décret bénéficie  des mêmes financements  publics que les écoles publiques, au prorata du nombre d’élèves. À l’inverse, l’école que le décret embarrasse peut s’en dispenser sans rien avoir à faire. Le décret sur les rythmes scolaires qui empoisonne l’école publique depuis des mois est don
Cette inégalité manifeste est d’autant plus fâcheuse que l’enseignement catholique s’est doté depuis 2013 d’un nouveau statut qui accentue la mainmise de la hiérarchie de l’Église, sur lequel ReSPUBLICA avait alerté ses lecteurs.
Comme on le constate à propos des rythmes scolaires, les établissements catholiques jouissent d’une autonomie organisationnelle et éducative vis-à-vis du ministère de l’Éducation nationale  et des rectorats. Ils sont en revanche dépourvus d’autonomie vis-à-vis de la hiérarchie de l’Église, contrairement à ce que des familles imaginent parfois. Depuis le statut de 2013, chaque établissement scolaire catholique dépend directement de l’évêque local.1 On notera que la tutelle ecclésiastique est  également renforcée au sommet  puisque désormais le secrétaire général de l’enseignement catholique est nommé par la conférence des évêques2. Ainsi, les évêques ou leurs représentants directs décideront, au cas par cas, si telle école catholique ou telle autre acceptera ou non un financement public supplémentaire pour les activités périscolaires. Le décret sur les rythmes scolaires qui empoisonne l’école publique depuis des mois est donc depuis le début de l’affaire  « tout bénéfice » pour le privé : miracle antirépublicain de droits sans devoirs !
Les laïques contestent le principe du financement public des écoles privées à caractère confessionnel. Ils ne réclameront donc pas  que soit rendu obligatoire un financement supplémentaire des établissements privés, à travers le périscolaire. Mais il leur appartient de dénoncer les aberrations de la législations actuelle qui privilégie en maintes façons le privé au détriment du public. Nul doute qu’une faiblesse du ministère de l’éducation nationale sur cette question comme sur l’affaire de la dérive sectaire de l’école Gerson serait interprétée comme un encouragement pour tous les intégrismes religieux, décidés à infiltrer l’école.

« Une école catholique reçoit sa mission de l’Église, qui est au principe de sa fondation (….) Tout établissement catholique d’enseignement relève donc nécessairement d’une autorité de tutelle, mandatée ou agréée par l’évêque du lieu. Aucune école catholique ne saurait s’en dispenser », Statut de l’enseignement catholique en France publié le 1er juin 2013, art. 178. []

Art. 354. []

 

http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/derriere-les-rythmes-scolaires-combien-dinegalites/81163

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 14:25
Déclaration du Comité Valmy

Ukraine :
Arrêter la logique des incendiaires


Après avoir agressé notamment la Yougoslavie, La Somalie, l’Irak, l’Afghanistan, la Lybie, la Syrie, les dirigeants étasuniens et leurs vassaux ont entrepris de mettre en pratique leur théorie du « chaos reconstructeur » aujourd’hui en Ukraine.
Mercenaires US, fanatiques de tous bords et en tout genre, en premier lieu néonazis et fascistes, concourent à l’installation par la force d’une prétendue « démocratie pro-occidentale ». 
Les Etats-Unis et l’OTAN ont pour objectif de créer une nouvelle "guerre froide" et de réactiver vis-à-vis de la Russie, la politique d’endiguement appliquée en son temps contre l’Union Soviétique et qui de fait, n’a jamais été abandonnée par les occidentalistes.

Les populations du Sud et de l’Est de l’Ukraine, ainsi que les partisans et les militants des organisations qui n’acceptent pas cette logique sont qualifiés de terroristes et sont victimes d’actes arbitraires et criminels.
Depuis ce vendredi matin 2 mai, les forces de la junte composée notamment de nazis, qui a pris le pouvoir illégalement et par la violence à Kiev, mènent une vaste opération militaire contre les partisans de la fédéralisation du pays dans la ville de Slaviansk (est de l’Ukraine).
Le fait que le peuple soit attaqué militairement avec l’utilisation d’hélicoptères de combat et de chars, change profondément la nature de la crise créée par les USA, l’Union européenne et l’OTAN. Dans ce contexte, l’intervention de la Russie peut devenir inévitable.

Alors que ces populations du sud et de l’est de l’Ukraine qui résistent et appellent à l’intervention le seul pays qui puisse les aider, une campagne de mensonges, de calomnies, d’appels à la haine et d’excitation aux sanctions et de manière encore cachée, de préparation à la guerre, déferle dans les médias en Europe Occidentale, dont la France.

Poutine est comparé à Hitler, les informations diabolisent la Russie et ses dirigeants. Parallèlement l’Otan concentre des forces militaires autour de la Russie : la France en particulier envoie navires de guerre en Mer Noire et avions de chasse dans les Pays Baltes.
Evidemment, la Russie se prépare au pire, en concentrant aussi des forces à ses frontières occidentales.

 

Parallèlement, les gouvernements de l’UE sont prêts à payer des fortunes pour « soutenir » le gouvernement ukrainien et l’économie du pays alors qu’un coup d’Etat vient de porter au pouvoir des personnes assez peu recommandables, et que l’économie ne présente aucune garantie autre que celle d’un effondrement prochain. Pourtant cette même UE est incapable de soutenir tous les pays du Sud, de l’Est de l’Europe, dont les états et les économies ont été saccagés sous l’effet de « plans de restructuration » imposés par cette même Union Européenne, la Banque centrale européenne et le FMI.
Et ces mêmes Etats européens instrumentalisés par Obama contre leurs intérêts nationaux se prononcent pour des « sanctions financières, économiques, qui auront pour effet d’accentuer la destruction de l’économie des pays membres, et de faire profiter les firmes étasuniennes de grandes opportunités industrielles et énergétiques.

 

Il faut se mobiliser et agir pour arrêter cette logique de guerre :

1) En dénonçant les mensonges et la diabolisation de la Russie actuelle, ce qui ne signifie pas du tout aveuglement ou absence d’esprit critique. Il faut aussi dénoncer les provocations, les violations grossières des traités internationaux par les pays de l’OTAN, comme l’entraînement, l’armement et l’utilisation de milices, les tirs par des snipers simultanément sur les manifestants et policiers, l’envoi d’espions et de provocateurs des services spéciaux allemands sous couvert d’une organisation internationale (OSCE).

2) En refusant pour la France l’engrenage de l’engagement politique, diplomatique, économique et militaire de notre pays dans une logique d’agression et de guerre qui, à tout moment, risque de nous entraîner dans une escalade prévisible vers une catastrophe incalculable.

3) Ceci implique que, foncièrement pacifique, le peuple de France doit prendre conscience de la nécessité d’exiger des dirigeants bellicistes euro atlantistes de notre pays de sortir au plus tôt de l’OTAN, et en premier lieu de son organisation militaire, OTAN qui d’une alliance prétendument « défensive » au temps de la guerre froide est devenue une coalition perpétrant de nos jours ouvertement de nombreuses agressions, en raison de la disparition du contrepoids de l’URSS et du pacte de Varsovie.

4) Il faut refuser les « sanctions », quelles qu’elles soient, qui en accentuant la crise de notre pays accélérera la désintégration de sa société, de son Etat républicain, et de son économie.

5) Il faut réaffirmer la nécessité pour la France Républicaine de rétablir l’indépendance nationale et d’une politique étrangère, économique, financière, monétaire, militaire et culturelle souveraine.

Note : Les incendiaires sont les personnages de la pièce de Max Firsch« Biederman und die Brandstifter.

Paris le 2 mai 2014
Comité Valmy

Mis en ligne le 2 mai 2014

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Published by Vendémiaire - dans Europe Est & Centrale
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