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Le site http://jooble-fr.com/

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Le site est d'utilisation simple et l'inscription est gratuite.

 

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Quelques conférences

Chansons

  Avant d'écouter les enregistrements ci-dessous, attendez la fin de la musique de fond du blog...

 

L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 16:13

Par le Parti de la démondialisation (Pardem).
 
Le 25 mars 2017.
 
Aujourd’hui, 25 mars 2017, deux anniversaires sont célébrés pour des raisons totalement opposées.
 
Le premier est celui de la victoire de la guerre d'indépendance sur l'Empire ottoman, dite aussi Révolution grecque (1821-1829). Cette commémoration renforce la volonté des Grecs de se libérer de leurs nouveaux envahisseurs : la Troïka (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international).
 
Le second est celui du 60e anniversaire de la signature du traité de Rome qui a lancé la « construction » européenne. Cette date devrait être un jour de deuil européen, tant les méfaits de ce système sont désormais tellement évidents, le « cas » grec en étant une preuve tragique.
 
À cette occasion, Jacques Nikonoff, président du Parti de la démondialisation, s’est rendu à l’Ambassade de Grèce à Paris pour remettre à l’ambassadeur une lettre de soutien au peuple grec dans les épreuves qu’il traverse et de condamnation du gouvernement Tsipras totalement soumis à la tyrannie de l’Union européenne. Il a fait une courte prise de parole que vous pourrez retrouver ci-dessous dans une vidéo :
 

https://youtu.be/NpZ7cRKdjnc

 

Pour sortir de la crise, en Grèce et dans les autres pays de l’Union européenne, il faut sortir de l’euro et de l’Union européenne, immédiatement et unilatéralement ! Il faut démondialiser !

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 13:55

 

 

 

Le 16 mars 2017

Le 4e forum de la Coordination européenne pour la sortie de l’euro, de l’Union européenne et de l’Otan qui s’est tenu à Paris le 4 mars 2017 a été un succès. A noter cependant qu’aucun des intervenants invités à expliquer et défendre la stratégie des Plans A et B n’est venu débattre. Ce que nous regrettons vivement.

Ce forum s’est déroulé alors que la « construction européenne » fêtera le 25 mars 2017 les 60 ans du Traité de Rome après le 25e anniversaire du Traité de Maastricht. Un triste constat pour les peuples qui les subissent.

Tous les intervenants ont mis en évidence les conséquences catastrophiques des politiques eurolibérales infligées aux citoyens et mis en lumière l’impossibilité de réformer le système, délibérément conçu et organisé pour réduire puis supprimer la souveraineté des nations et de leurs peuples.

 

Pour une stratégie de sortie unilatérale de l’UE et de l’euro

Les citoyens ont compris que le vrai problème est l’Union européenne. Pourtant certains politiques et économistes claironnent encore et encore la nécessité d’un « plan A et plan B » qui, mis en œuvre en Grèce, n’ont pas du tout réussi et même plongé le peuple grec dans la misère. Ces grands supporters de Syriza proposent la même solution que M. Tsipras : « négocier et renégocier ».

Leur plan A : discuter avec l’UE pour changer les statuts de la BCE. Mais pour changer ce point central, il faut l’unanimité des 28 pays. Il est bien évident que tous les gouvernements de l’UE sont hostiles à cette idée et probablement pour encore longtemps.

Quant au plan B, prévoyant une sortie négociée et groupée, ce n’est qu’un nouvel écran de fumée pour ralentir le processus de sortie, des tergiversations protégeant la politique favorable à la finance.

L’Union européenne a été pensée et construite pour éliminer la souveraineté des nations et maintenir des politiques favorables aux classes dominantes. C’est un système verrouillé qu’on ne peut pas modifier de l’intérieur. La seule solution est d’en sortir unilatéralement pour bâtir une Europe des nations.

La Coordination européenne pour la sortie de l’euro, de l’Union européenne et de l’Otan prend des initiatives suivantes :

- Soutien et appel à la manifestation du 25 mars à Rome organisée par un collectif d’organisations et de personnalités contre la célébration du Traité de Rome de 1957 par les 28 chefs d’Etat de l’Union européenne. Pour la Coordination européenne pour la sortie de l’euro, de l’Union européenne et de l’Otan, le 25 mars doit être une journée de lutte et de mobilisation contre cette « construction européenne » et pour la sortie de l’euro, de l’Union européenne et de l’Otan, pour la souveraineté nationale et populaire.

- Soutien et appel aux manifestations du 25 mars (fête nationale grecque) au matin devant les ambassades grecques des capitales européennes pour le rétablissement des Droits de l’Homme en Grèce.

- Organisation du 5e forum international de la Coordination européenne pour la sortie de l’euro, de l’Union européenne et de l’Otan à Barcelone (Espagne) en automne 2017, ouvert au public et à la presse.

- Appel au renforcement de la coordination et à la création d’un front international pour mener des initiatives communes et coordonnées.

- Promouvoir la plus grande unité possible dans tous les pays pour la défense des droits économiques et sociaux de la classe ouvrière, des catégories populaires et des couches moyennes et la lutte contre les ajustements et les coupes budgétaires exigés par la Troïka.

Plateforme politique de la Coordination européenne pour la sortie de l’euro, de l’Union européenne et de l’Otan :

http://www.pardem.org/union-europeenne/la-coordination-europeenne-anti-euro/602-plateforme-politique-de-la-coordination-europeenne-no-euro-no-ue

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 13:35

60ème anniversaire du Traité de Rome :

le syndicalisme de classe et l'Europe

 

La fidélité à l'héritage marxiste de classe et de masse de la CGT n'est pas nostalgie du passé, elle est l'élément vital pour construire la résistance populaire : elle seule permet d'armer, idéologiquement et pratiquement, les travailleurs face aux attaques et aux manœuvres de leur ennemi. L'exemple de l'Europe.

 

Il y a 60 ans, le 25 mars 1957 était signé le Traité de Rome, acte de naissance de la Communauté Économique Européenne devenue ensuite Union européenne.

Présentée comme une démarche pour la paix, l'entente entre les peuples et la prospérité, le Traité de Rome instaure une union économique pilotée par les grands groupes capitalistes basée sur la « concurrence non faussée », la destruction des souverainetés nationales et l'arrimage au bloc occidental et à l'OTAN.

Lors du congrès de la Fédération Syndicale Mondiale (FSM) à Leipzig en octobre 1957, Benoît Frachon, secrétaire général de la CGT, prononça un discours pointant les dangers du Marché commun qui allait donner naissance à l'Union européenne :

 

« La CGT française s'est prononcée à l'unanimité contre le Marché commun sans rémission.

Cependant, les promoteurs de ce Marché ont fait beaucoup de propagande pour le présenter comme une réforme progressive, une mise en commun des ressources de l'Allemagne, de la France, de l'Italie, de la Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg, et comme un moyen d'améliorer le sort des peuples de ces pays.

Cette propagande cache des visées bien différentes.

Les six pays intéressés font partie de cette machine de guerre qu'est l'OTAN et qui a déjà abouti à la création de nombreuses bases militaires américaines en Europe, à la militarisation à outrance des pays membres, à imposer à leurs peuples des charges militaires écrasantes, à la remilitarisation de l'Allemagne de l'Ouest.

 

Le Marché commun constitue en fait un grave danger pour l'économie nationale des pays les plus faibles et une menace non moins grave pour les travailleurs de l'ensemble de ces pays.

 

Contrairement à ce qu'en disent les promoteurs, le Marché commun ne fait pas disparaître les contradictions internes du régime capitaliste. Ces contradictions s'expriment déjà dans notre pays par les craintes exprimées par certains dirigeants d'industries ou d'entreprises menacées par la concurrence d'industries similaires d'autres pays du Marché commun mieux placés qu'eux. Le Marché commun ne peut favoriser le développement économique dans tous les pays intéressés, il ne peut aboutir qu'à l'hégémonie des capitalistes et des monopoles les plus puissants, en l'occurrence les monopoles allemands étroitement associés aux monopoles américains.

 

Le renforcement des monopoles signifie également une domination plus grande des capitalistes sur l'État et l'utilisation de l'appareil de cet État contre les libertés et les droits de la classe ouvrière. Le Marché commun prévoit la libre circulation des travailleurs dans les six pays intéressés. On nous présente cela comme une grande conquête dans la voie de la liberté, une espèce de préface à la suppression des frontières. La vérité est beaucoup plus prosaïque.

 Pour s'opposer aux revendications de la classe ouvrière, pour réduire les salaires réels, imposer de longues journées de travail et des conditions de travail toujours plus dures, les capitalistes ont besoin d'une armée de réserve de chômeurs. La soi-disant libre circulation des travailleurs leur permettra d'utiliser à leur gré cette armée, de la transporter d'un pays à l'autre suivant les besoins.

 

En ce qui concerne le niveau de vie des travailleurs, tous ceux qui veulent cacher les véritables buts du Marché commun affirment que les salaires et conditions sociales seront nivelés par le haut. Mais comme le rappelait le camarade Di Vittorio, c'est au contraire vers le niveau le plus bas que s'orientent les capitalistes de tous les pays. Chez nous, bien avant que le Marché commun ait été voté par le Parlement, les patrons répondaient aux demandes d'augmentation des salaires formulées par les syndicats par la nécessité de faire face à la concurrence dans le futur marché et faisaient peser la menace du chômage.

 

 

Voilà plus de trente ans, nous avons connu des discussions qui s'apparentent à celles d'aujourd'hui. Elles se déroulaient à propos d'une conception émise alors dans certains milieux ouvriers sur les États-Unis d'Europe. Elle s'était terminée par la confusion de ses protagonistes à qui il avait été facile de démontrer qu'il n'était guère possible de développer une discussion sur ce sujet sans s'occuper de ce que pourraient être ces États-Unis d'Europe, ou capitalistes ou socialistes. Dans le premier cas, il n'est pas possible de concevoir que puissent être surmontées les contradictions internes du régime capitaliste.

Il est possible, disions-nous à ce moment-là, que les capitalistes de différents pays essaient de surmonter leurs difficultés croissantes en organisant des ententes, dans le genre de celle du Marché commun. Elles ne peuvent aboutir à un progrès social et économique quelconque, mais au renforcement des monopoles et si, dans un cadre limité, ces monopoles peuvent ainsi atténuer momentanément certaines contradictions, ces contradictions sont reportées à une échelle plus élevée, à l'échelle internationale.

 

Dans les organismes du Marché commun, les monopoles et leurs gouvernements ont réservé une place aux représentants des syndicats, pas tous les syndicats mais ceux qui soutiennent ce Marché, ce qui indique qu'ils ne tiennent pas du tout à voir dans leurs doctes assemblées des représentants authentiques de la classe ouvrière dénoncer leurs manigances et informer les travailleurs de la réalité des choses. Eux-mêmes, les représentants des syndicats admis, se plaignent qu'on ne leur offre qu'un strapontin. Mais les monopoles n'ont besoin de représentants ouvriers dans leurs entreprises de brigandage que pour donner le change, pour servir de paravent et non pour autre chose.

Il faut faire preuve de beaucoup de naïveté pour croire que dans le Marché commun, dans cette assemblée de rapaces, les monopoles s'embarrasseront des avis des représentants des syndicats.

Chez nous, les dirigeants social-démocrates de droite, ainsi que les dirigeants réformistes et les partisans de la collaboration des classes dans les syndicats présentent le Marché commun comme une tranche de socialisme.

Nous, nous sommes convaincus de la nécessité impérieuse pour les travailleurs et les syndicats des six pays du Marché commun de s'unir pour se défendre ensemble contre les menaces nouvelles qui pèsent sur eux du fait de ce marché.

Mais nous ne nourrissons pas de l'illusion dangereuse de domestiquer cette machine infernale forgée par les monopoles sur l'initiative des impérialistes américains qu'est le Marché commun.

 

L'intérêt des travailleurs de tous les pays du Marché commun est de combattre pour sa destruction et nous ne pensons pas que le fait qu'il ait été voté par les Parlements soit une raison pour que nous abandonnions la lutte pour sa liquidation. Nous ne nous inclinons pas devant le fait accompli. Nous savons qu'une partie du peuple de France, trompé ou mal informé, réagira contre les conséquences inévitables de ce Marché commun.

En tout cas, la CGT française poursuivra sa lutte, non seulement avec la classe ouvrière, mais en s'appuyant sur toutes les forces nationales qui veulent sauvegarder l'indépendance de notre pays et assurer un développement de son économie nationale. »

 

60 ans après, les travailleurs ont fait l'expérience que tout ce qui était indiqué dans ce discours de Frachon s'est réalisé : concurrence généralisée entre les travailleurs, délocalisations et dégradation des conditions de vie populaires, renforcement des monopoles sous la houlette du capital allemand et affaiblissement des pays les plus faibles, mise en cause de l'indépendance et du développement nationale, ancrage dans le bloc américain et menaces pour la paix mondiale, collaboration des organisations syndicales réformistes vantant «l'Europe sociale », aberration du mot d'ordre des états-unis d'Europe entre pays capitalistes, nécessité de lutter contre la construction européenne elle-même et de renforcer l'unité en ce sens afin de construire « l’évolution de la société vers le socialisme, vers une véritable collaboration fraternelle des peuples »

 

La clairvoyance d'un dirigeant comme Benoît Frachon ne tient pas à un quelconque don divinatoire.

C'est que Benoît Frachon fonde son appréciation à partir d'une conception de classe, du point de vue des intérêts des travailleurs et de la nation, totalement imperméable aux arguments sucrés mais mensongers des promoteurs de l'opération « Europe ».

 

Instruits par l'expérience, les peuples rejettent de plus en plus cette construction bâtie contre eux. Il est plus que temps que le mouvement syndical et la CGT en particulier désertent  l'illusion d'une possible « Europe sociale » pour donner une réelle perspective et une réelle efficacité aux combats revendicatifs et aux reconquêtes sociales qui pour l'essentiel se heurtent au verrou des traités européens.

 

Pour conclure, laissons à nouveau la parole à Benoit Frachon, s'exprimant cette fois dans les colonnes du journal l’Humanité en février 1962 : « Dans tous les pays du Marché commun, l’Etat fait corps avec les monopoles et met à leur service le pouvoir politique. Comme on le voit, le Marché commun n’est pas ce qu’en disent en général ses promoteurs, un moyen d’améliorer le niveau de vie général des populations. C’est une entente, une association des grands capitalistes en vue d’essayer de surmonter leurs contradictions et de renforcer leur puissance sur le dos des masses exploitées. L’habilité des capitalistes est d’avoir obtenu de certains dirigeants réformistes, qui siègent sur des strapontins au Marché commun, qu’ils couvrent leur marchandise. »

 

Front Syndical de classe, 22 mars 2017

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 12:50

mardi 21 mars 2017

Par
Co-animateur du Réseau Éducation Populaire (REP). Co-auteur de : Néolibéralisme et crise de la dette ; Contre les prédateurs de la santé ; Retraites, l'alternative cachée ; Laïcité: plus de liberté pour tous ; Penser la République sociale pour le 21e siècle ; Pour en finir avec le "trou de la Sécu", repenser la protection sociale du 21e siècle.
 

Le 18 mars dernier constitua la plus grande mobilisation de rue de la campagne de l’élection présidentielle de 2017. Plus de 100.000 personnes. Ce fut une marche de l’espoir. De l’espoir, il nous en faut. Car avec la séquence que nous vivons, celle de la décomposition des gauches qui – du parti socialiste à l’extrême gauche – voit s’opérer une coupure quasi mollétiste entre les discours et les pratiques, on pouvait se demander ce qui allait rester de la gauche en général.

D’autant que les médias néolibéraux, dont les principaux journalistes, ne soutiennent que Fillon ou Macron et essaient d’avantager leurs chouchous.1

Où en est la gauche de 2012 ?

Avec Macron en digne successeur de François Hollande, on est sûr que le théorème du mouvement réformateur néolibéral sera encore vrai demain : « depuis 1983, et tant que nous resterons dans le néolibéralisme, tous les gouvernements font et feront pire que le précédent » !

Avec Hamon, certains ont cru que la musique différente qu’il a développée lors de la primaire socialiste allait dans le bon sens. Le désenchantement fut rapide.
Très vite, il reprit sur l’UE et la zone euro la position de François Hollande. Très vite, on a vu que la majorité des candidats socialistes aux législatives étaient politiquement favorables aux lois Macron et El Khomri, au pacte de responsabilité, au CICE et aux attaques contre la Sécurité sociale, entre autres. Jusqu’au secrétaire général d’En marche qui a été adoubé par les instances du PS pour les législatives. Jusqu’à l’apothéose mystique du revenu universel, vieille idée néolibérale de Milton Friedman, qui développait la notion d’impôt négatif dans « Capitalisme et Liberté » en 1962. Pour terminer avec comme simple projet le développement du RSA et une allocation pour les jeunes. Le reste est renvoyé aux calendes grecques pour les rêveurs.
Le spectre de 1969 et le soutien in fine à Macron participeront de la prochaine étape solférinienne.

Au parti communiste, on a constaté les stratégies antagoniques existant en son sein entre ceux qui souhaitaient un candidat communiste à la présidentielle, ceux qui souhaitaient soutenir Hamon et ceux qui souhaitaient soutenir Mélenchon. Même le vote majoritaire pour Mélenchon n’a pas entraîné le soutien de l’ensemble du PC. On a vu une base communiste votant avec une courte majorité pour soutenir Mélenchon contre sa direction et enfin un PCF,  à quelques semaines du vote, se préoccuper beaucoup plus des législatives que de la présidentielle elle-même. Pourtant ce parti a encore de nombreux militants mais qui n’auront pas brillé par leur militantisme dans la campagne présidentielle. Triste perspective.

Bien qu’elles aient réussi à avoir les 500 signatures, les autres organisations d’extrême gauche ne sont aujourd’hui que l’ombre de ce qu’elles ont été avec un peu plus de sectarisme pour l’un, de révisionnisme réactionnaire pour l’autre. Et ce n’est pas l’utilisation par certains autres de la stratégie du front unique à contre-emploi qui engagera une stratégie efficace. Leur avenir est la marginalité en attendant les jours meilleurs.

Quant aux autres candidats marginaux, ils pensent construire un courant politique de masse à partir de prééminences surplombantes qui seules sont à même, selon leurs thuriféraires, de frayer le chemin vers le paradis. Ce qui les conduit à ne pas critiquer le capitalisme lui-même et donc à vouloir y rester incarcéré.

Devant ce champ de ruines qui a de grandes chances de renforcer pour le court terme le pouvoir de l’oligarchie capitaliste sur la France, et donc de provoquer l’extrême droitisation du pays comme dans les années 30, le rassemblement initié par Jean-Luc Mélenchon permet d’éviter la parcellisation totale de la gauche tout en marquant la nécessité d’un rassemblement significatif de gauche non allié avec les solfériniens ouvertement néolibéraux. C’est une étape indispensable pour la suite d’abord parce qu’il est nécessaire de résister et aussi parce que la création du lien social et politique n’est pas la chose la plus aisée pour constituer ultérieurement le bloc historique gramscien indispensable à toute révolution citoyenne.

Sur l’ensemble des conditions indispensables de cette révolution citoyenne, il reste à y travailler en tenant compte d’abord du réel puis des lois tendancielles du capitalisme. Nous en avons déjà parlé dans Respublica. Nous y reviendrons dans la prochaine séquence politique.

Outre son caractère de masse, le rassemblement sur la place de la République a repris le caractère symbolique de la République sociale indispensable pour tenter de rassembler les couches populaires ouvrières et employées de la gauche objective, plutôt majoritairement tentées ces dernières années par l’abstention.

Disons-le encore, la seule réserve de voix pour Jean-Luc Mélenchon au-delà du niveau des sondages actuels se trouve principalement dans ces couches populaires ouvrières et employées. Ne pas comprendre cela, c’est ne pas comprendre qu’un processus révolutionnaire ne peut s’engager que si la classe populaire ouvrière et employée, objective en soi et majoritaire, devient petit à petit une classe subjective « pour soi ». Condition nécessaire pour construire le bloc historique gramscien avec des composantes des autres couches sociales.

Le rappel du 18 mars 1871, les drapeaux français en quantité, l’affirmation dès le début du discours de Jean-Luc Mélenchon du rôle nécessairement social d’une nouvelle constitution de la VIe République, le rappel appuyé des luttes importantes contre les lois antisociales de Macron et d’El Khomri, la réaffirmation du principe de laïcité, le rappel de la nécessité d’un projet global (incluant la rupture écologique, la recherche de la paix, etc.) et le couplage final des chants de la Marseillaise2 et de l’Internationale, permettent de renouer avec la symbolique populaire et révolutionnaire française.

Pourvu que cela dure !

Que faire après ?

Ce n’est pas au milieu de la séquence de la campagne de la présidentielle et des législatives qu’il faut avoir des états d’âme ni changer la priorité politique. Faire en sorte que le score de JLM soit le plus haut possible, point de départ essentiel pour les législatives face à la déferlante promise par les médias néolibéraux. Ensuite, si par malheur, deux des trois candidats de la bourgeoisie, Macron, Fillon, Le Pen sont au deuxième tour, la lutte des classes mettra le mouvement syndical revendicatif en première ligne de l’affrontement. Nous serons alors dans une séquence ultérieure où il faudra mettre le turbo pour le développement d’une éducation populaire refondée toujours du côté de ceux qui luttent en première ligne.
Nous nous préparons pour ce moment à élaborer de nouvelles propositions.

  1. Ainsi le CSA a calculé que du 1er février au 26 février, Fillon et ses soutiens ont eu droit à 15.944 minutes, Macron a eu droit à 9.808 minutes, Le Pen à 7.090 minutes, Hamon à 6.761 minutes, Jean-Luc Mélenchon à 3.163 minutes, Nicolas Dupont-Aignan 510 minutes, Philippe Poutou 249 minutes, Jean Lassalle 80 minutes, Nathalie Arthaud 67 minutes, Jacques Cheminade 50 minutes, François Asselineau 37 minutes. Instructif, non ? []
  2. Nous rappelons aux gauchistes de tout bord que la grande manifestation ouvrière de février 1917, le jour de la création du Soviet de Petrograd, arrive du quartier populaire de Vyborg en chantant la Marseillaise  en russe ! []

 

http://www.gaucherepublicaine.org/debats-politiques/le-tournant-de-la-marche-du-18-mars/7400104

 

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 12:21

Corpus Fabrique,

en partenariat avec Alain Epoet en présence de Annie Lacroix-Riz,
est heureux de vous présenter son film :

 

"Pas d'Histoire"

 

Essai-documentaire sur l'archive, la part maudite de l'Histoire.

 

A partir d'une photo interdite où Louis Renault figure avec Hitler,

l'historienne Annie Lacroix-Riz

(spécialiste, entre autres, de la collaboration économique sous l'occupation), recontextualise l'horizon d'une époque.
 

le samedi 25 mars 2017

 

à

 

16h00,au Pavillon Chaslin

 

de l'hôpital psychiatrique de Ville-Evrard,

 

à Neuilly-sur-Marne (93)

 

 

Réservations par mail : alain.epo@yahoo.com

 

contact: corpus.fabrique@gmail.com

 

Tel : 07.68.73.49.89 www.corpusfabrique.fr

 

http://corpusfabrique.fr/

 

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 16:23

mardi 7 mars 2017

Par
Auteur de "ABC de la laïcité" et
"ABC de la laïcité pour les jeunes" (Ed. Demopolis)

Une enquête  du CNRS assure dans une étude menée auprès de 4 269 établissements privés que les établissements catholiques financés par la puissance publique discriminent à l’inscription selon le patronyme des familles1. Les chercheurs révèlent également que 45 % des courriels venant de Franco-Français ont reçu une réponse alors que cela n’arrive que pour 32,5 % des Maghrébins.

La Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) publie en novembre 2015 une autre enquête de chercheurs. En 2003 25 % des collégiens du privé étaient issus des milieux défavorisés, contre  20 % en 2015 alors qu’ils représentent 43 % dans l’enseignement public. Du côté de la catégorie très favorisée, ils représentent 30 % en 2003 des effectifs du privé, contre 37 % en 2015 et seulement 19 % pour l’enseignement public2.

On a là une estimation chiffrée de cette « fuite » des familles aisées vers le privé, si souvent soupçonnée.

Troisième étude de l’économiste Thomas Piketty3, qui juge que « la ségrégation dans les collèges [a] atteint des sommets inacceptables » et pointe du doigt, à Paris notamment, « le rôle-clé joué par les collèges privés ». 

Le secrétaire général de l’enseignement catholique, Pascal Balmant répond cyniquement : « Je crois à l’insuffisance d’une approche exclusivement statistique, qui conduit à une vision trop hâtive et abrupte de la réalité… »

Depuis quelques mois, le journal La Croix s’efforce de vendre les mérites présupposés de l’enseignement catholique et s’adonne à une vaste opération de publicité mensongère en dissimulant les résultats de ces enquêtes démontrant la ségrégation produite par l’enseignement sous contrat.

Le journal La Croix complice de l’enseignement catholique pour relancer la guerre scolaire :

Le buzz médiatique initié par La Croix fonctionne :

Tout l’arsenal du vocabulaire humaniste est utilisé quand il s’agit de travestir par le discours la réalité du libéralisme. Les termes suivants sont couramment utilisés dignité de la personne, communauté éducative, respect, dévouement, dialogue… Ainsi sont masqués les problèmes institutionnels et camouflés les conflits selon un mécanisme couramment utilisé dans la sphère politique ou ecclésiale. Il arrive que le vocabulaire humaniste se trahisse directement, par exemple quand est prônée la réussite individuelle et sociale comme valeur privilégiée.

La Croix indique pour qui voter :

  • « Nous ne sommes pas hostiles à une évolution du 80-20 pour répondre au passage massif d’élèves du public vers le privé », nous répondait début février Annie Gennevard, secrétaire générale adjointe chez Les Républicains et membre de l’équipe Fillon. Objectif : « assurer aux familles une liberté de choix qui aujourd’hui n’est pas effective, puisque certaines d’entre elles ne peuvent pas inscrire leur enfant dans le type d’établissement souhaité ».
  • « Jean-Luc Mélenchon entend « réserver l’argent public au financement de l’école publique ». Comment ? En abrogeant la loi Carle (2009), qui oblige les villes et villages à verser un forfait communal pour la scolarisation d’enfants résidents dans une école privée située sur une autre commune. En revenant aussi et surtout sur la loi Debré de 1959, qui définit l’accord d’association avec l’État. »
  • « Au FN, longtemps promoteur d’un « chèque éducation » utilisable par les familles dans l’école de leur souhait… »
  • « Chez Benoît Hamon, on ne répond pas directement à une possible remise en question des accords Lang-Cloupet mais on dit vouloir travailler avec l’Enseignement catholique… »
  • « Enfin, contactée à plusieurs reprises, l’équipe d’Emmanuel Macron n’était pas en mesure, lundi 27 février, de préciser la position du candidat d’En marche ! dans ce dossier. »

Jacques Attali  a peut-être quelques précisions importantes : « J’ai rencontré Emmanuel Macron il y a longtemps, puisque quand le Président précédent [Nicolas Sarkozy, NDLR] m’a demandé d’organiser la commission de réforme de l’économie française… » ((http://www.bfmtv.com/politique/attali-emmanuel-macron-a-le-talent-pour-etre-un-presidentiable-830701.html)) Relisons la proposition n° 6 de ce rapport Attali de 2008 dont le rédacteur est Emmanuel Macron : « Des “droits à l’école” seront attribués à chaque enfant et utilisables dans toutes les écoles : ce dispositif permettra d’établir une véritable liberté de choix, pour que chacun puisse bénéficier dans son voisinage d’écoles publiques et privées conventionnées.  En pratique, l’État affectera aux parents une somme d’argent par élève. Chaque parent pourra l’utiliser dans un établissement public ou privé de son choix. » La suppression de la carte scolaire est finalement posée par le rapport Attali comme un préalable incontournable à l’instauration du chèque éducation.

Le quotidien Le Monde indique aussi que  « L’enseignement catholique veut peser sur la présidentielle » : « Reste à savoir quel accueil lui réserveront les candidats engagés dans la course à l’Elysée. Le suspense est relatif : du côté de François Fillon ou d’Emmanuel Macron, on peut s’attendre à ce que les notions d’« autonomie » et de « flexibilité » sur lesquelles le privé insiste, résonnent favorablement. Benoît Hamon, lui, n’a pour l’heure évoqué ce secteur de l’enseignement que pour l’enjoindre à s’associer au chantier de la « mixité sociale », à peine engagé. 

On le voit, de nouveaux champs de bataille, toujours plus sournois, s’ouvrent en permanence. Une guerre froide sur le terrain scolaire, sans cesse réactivée par les partisans de l’enseignement catholique, se déroule encore et toujours, sous nos yeux. Hélas, l’époque est à une omerta politique. Un silence religieux, organisé à droite, s’est installé afin de mieux masquer ce démantèlement de l’Éducation nationale. La gauche, par une atonie qui fait figure  de complaisance contribue par son invraisemblable passivité – connivence ? – à ce démantèlement. Son silence conforte la collusion d’intérêts entre libéraux et cléricaux pour séparer l’école de l’État.

L’Eglise demande finalement à l’État de financer sa visibilité sociale,  au gré de concessions et privilèges toujours plus nombreux. Heureuse non seulement, de maintenir ses « parts de marché », mais de se développer aujourd’hui sur le compte du contribuable, l’Église revendique ainsi,  par le truchement de l’école, un développement continuel en vue d’une reconquête de son emprise sur les citoyens et les institutions.  À  la clef, un remariage forcé avec l’État.

 

  1. « Le CNRS juge l’enseignement privé discriminant » Le Figaro 14 janvier 2014 []
  2. http://www.education.gouv.fr/cid106930/massification-scolaire-et-mixite-sociale.html []
  3. http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2016/09/06/thomas-piketty-la-segregation-sociale-dans-les-colleges-atteint-des-sommets-inacceptables_4993003_3232.htm

 

http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/laicite-regardons-comment-les-candidats-a-la-presidentielle-se-positionnent-face-a-lecole-privee/7400042

 

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 15:18

 

La fondation Gabriel Péri a souhaité prendre sa part dans l’évocation du centenaire de la révolution russe et de l’année 1917. Elle apporte son soutien à diverses initiatives, colloques et publications. Dans cette perspective, elle organise une journée d’étude, en amont des nombreux événements qui se déroulent durant l’année 2017, avec des intervenants impliqués dans plusieurs de ces manifestations.

Il s’agit d’interroger l’épisode historique en jouant sur les deux échelles, l’espace politique international et la longue durée historique. Structurée en deux tables-rondes, la journée est ouverte au public.

 

Vendredi 31 mars de 9h30 à 17h
Tour Essor (salle violette, accès au rez-de-chaussée)
14 rue Scandicci - 93500 Pantin
M° Hoche ou Porte de Pantin
T3b Delphine Seyrig

Entrée libre. Merci de confirmer votre présence par mail à inscription@gabrielperi.fr

 

Programme :

 

9h30-12h 1ère table-ronde : L’événement et ses représentations dans les contextes internationaux

La caractérisation de la révolution russe dans le moment de 1917 et dans l’historiographie actuelle - histoire globale et circulation des modèles politiques

  • Alexandre Sumpf, maître de conférences en histoire contemporaine à l'université de Strasbourg : "Révolution et guerre – le cas russe"
  • Jean-Numa Ducange, maître de conférences en histoire contemporaine à l'Université de Rouen - GRHIS : "Révolution russe et révolution française : croisement et confusion des modèles"
  • Serge Wolikow, historien, professeur émérite, président du Conseil scientifique de la fondation Gabriel Péri : "La globalisation révolutionnaire et ses limites"
  • Roger Martelli, historien, membre du Consiel scientifique de la fondation Gabriel Péri : "La révolution russe comme modèle politique au cours du 20e"

Discussion et échanges avec la salle

 

14h-17h 2ème table-ronde : Impact, mémoires / Traces, patrimoine et commémorations

  • Marco di Maggio, Université Sapienza Roma 1 : "Le cas italien – réception et impact"
  • Maud Chirio, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université Paris-Est : "Le Brésil et l’Amérique Latine"
  • Alain Ruscio, historien : "L’impact dans les colonies françaises (Vietnam, Algérie)"
  • Serge Wolikow : "L’histoire des commémorations"

Discussion et échanges avec la salle


Fondation Gabriel Péri

14 rue Scandicci
93500 Pantin
France
www.gabrielperi.fr

Mél : fondation@gabrielperi.fr

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 14:17
 
Roumanie manifestation contre corruption

Le 18 janvier dernier, le gouvernement roumain annonçait des amendements au Code pénal, au motif de réduire la surpopulation carcérale. En réalité, ils avaient pour but de protéger ou de libérer des politiciens corrompus liés au Parti Social-Démocrate (PSD), qui est au pouvoir depuis les législatives de décembre 2016. La réaction à cette annonce du gouvernement fut immédiate : plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues de Bucarest et d’autres villes.

Le président Klaus Iohannis [1] – élu en 2014 – et son Parti National Libéral (PNL) ont profité de ces manifestations pour dénoncer les « politiciens criminels » du PSD. Quand on sait que Iohannis est personnellement lié aux capitalistes les plus corrompus du pays, c’est un comble !

Le 29 janvier, ils étaient 90 000, dans le pays, à manifester et crier : « voleurs ! », ce qui a poussé le Premier ministre PSD Sorin Grindeanu à organiser un débat public, puis à annoncer que la loi serait modifiée ou soumise à de nouveaux débats au parlement. Deux jours plus tard, il revenait sur ces concessions et déclarait que la loi était adoptée comme mesure gouvernementale d’urgence. Aussitôt, 15 000 personnes marchèrent vers le siège du gouvernement pour demander sa démission, affrontant la police. Le lendemain, plus de 300 000 personnes manifestaient dans plusieurs villes du pays et, de nouveau, il y eut des affrontements avec la police.

Ces manifestations ont clairement eu, dès le début, une orientation générale marquée à droite. Le drapeau roumain (mais aussi celui de l’UE et des Etats-Unis) y est omniprésent, comme l’hymne national et même de vieux slogans anti-communistes. Certaines entreprises ont offert des jours de congés à leurs salariés pour qu’ils puissent manifester.

Le 2 février, le président Iohannis a saisi la cour constitutionnelle dans l’espoir qu’elle s’oppose aux amendements au Code pénal. De son côté, le dirigeant du PSD Liviu Dragnea accusait Iohannis d’être « l’instigateur moral » des violences et de préparer un coup d’Etat. Les jours suivants, les manifestations n’ont cessé de croître, si bien que le gouvernement dut faire machine arrière, le 4 février, et annoncer que le décret serait abrogé dès le lendemain. Cette annonce a donné un nouveau souffle aux protestations : le 5 février, 500 000 personnes demandaient la démission du gouvernement, qui est extrêmement affaibli.

Restauration du capitalisme

Pour comprendre cette situation, il faut revenir près de 30 ans en arrière, après la chute de la dictature stalinienne de Ceausescu (1989). La restauration du capitalisme qui s’en est suivie a engendré une pauvreté et chômage massifs. La crise de 2008 a aggravé la situation. Aujourd’hui, près de 70 % de la population rurale vit sous le seuil de pauvreté, pendant que les plus riches n’ont cessé de s’enrichir. Le nombre de grèves et de manifestations a augmenté progressivement, pendant qu’une suite ininterrompue de scandales de corruption éclatait sur l’ensemble de l’échiquier politique, débouchant sur une abstention de 40 % aux dernières élections. L’annonce du projet de réforme du Code pénal a agi comme une étincelle sur la colère accumulée dans la population.

En l’absence d’une organisation représentant véritablement les intérêts des travailleurs roumains, la droite a pris le contrôle du mouvement avec le soutien enthousiaste des bourgeoisies européennes. En France, Libération comparait Liviu Dragnea à Ceaucescu.

Le mouvement s’est transformé, de facto, en une lutte entre deux fractions de la bourgeoisie roumaine. Le PSD, plutôt partisan de mesures protectionnistes, s’appuie sur une démagogie anti-austérité ; le PNL, pro-UE, a adopté des mesures d’austérité drastiques lors de son récent passage au pouvoir.

Des manifestations dirigées par des corrompus contre d’autres corrompus ne pourront évidemment pas faire disparaître la corruption, qui d’ailleurs est inhérente au système capitaliste. Dans la période à venir, les travailleurs roumains devront construire leur organisation politique – indépendante de toutes les factions de la classe dirigeante.


[1] La Roumanie connait une période de « cohabitation » : le président et le Premier ministre appartiennent à deux partis différents et concurrents.

 

https://www.marxiste.org/international/europe/roumanie/2128-manifestations-de-masse-en-roumanie

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 13:12
 
Voter Mélenchon

La campagne électorale de Jean-Luc Mélenchon rencontre un puissant écho. Des millions de jeunes et de travailleurs sont déterminés à voter pour le candidat de la France insoumise, le 23 avril. Les meetings sont massifs et enthousiastes. Depuis le lancement des « groupes d’appuis », en février 2016, leur nombre a beaucoup augmenté et ils déploient une activité croissante. Sur les réseaux sociaux, les performances de la France insoumise sont largement supérieures à celles de tous les autres candidats.

Ce succès n’est pas étonnant : il découle de toute la dynamique économique et politique. La profonde crise du capitalisme, d’une part, et la politique réactionnaire du gouvernement Hollande, d’autre part, ont ouvert un espace considérable à gauche du PS.

La crise du PS

En 2012, Mélenchon avait recueilli 4 millions de voix au premier tour de la présidentielle (11 %), ce qui reflétait déjà la radicalisation d’une large section de la jeunesse et du mouvement ouvrier. Mais 10,2 millions d’électeurs de gauche avaient préféré Hollande à Mélenchon, souvent sans grande conviction. Ils se disaient : « ce sera toujours mieux avec Hollande qu’avec Sarkozy ».

Ce fut pire. Non que François Hollande, en lui-même, soit pire que Sarkozy : ce serait difficile. Mais du fait de la crise du système capitaliste et de sa gravité particulière en France, le Medef exigeait du gouvernement « socialiste » qu’il impose des mesures d’austérité et des contre-réformes toujours plus sévères. Hollande et ses ministres lui ont donné entière satisfaction, car ils considéraient la sauvegarde des marges de profit du grand patronat comme leur mission sacrée. Résultat : le chômage, l’exploitation et les différentes formes de pauvreté ont nettement progressé, pendant que des milliards d’euros d’argent public gonflaient sans cesse les bilans des multinationales.

Dans ce contexte, le PS a massivement chuté dans l’opinion. Il est difficile de prévoir si ce processus est réversible. Toujours est-il qu’aujourd’hui, sur les ruines du quinquennat, beaucoup de jeunes et de travailleurs rangent le PS dans la même catégorie que Les Républicains. Il y a une fracture ouverte – et infectée – entre le PS et sa base sociale traditionnelle. On peut douter que l’investiture de Benoit Hamon suffise à soigner pareille blessure, car le vainqueur de la primaire du PS a immédiatement cherché à se concilier l’aile droite du parti, qui est la première cause du mal.

Dans l’immédiat, cette situation se traduit par un afflux d’anciens électeurs de Hollande vers la candidature de Mélenchon, qui est identifié comme plus à gauche et plus radical que le PS. Cet afflux explique pourquoi, dans les sondages, la candidature de Mélenchon s’est d’emblée située à un niveau plus élevé que son score de 2012. Cependant, à l’heure où nous écrivons ces lignes (fin février), les sondages expriment aussi cette autre réalité : des millions d’anciens électeurs de François Hollande (entre autres) sont surtout désorientés. Lors des dernières élections intermédiaires (municipales, européennes et régionales), ils se sont souvent abstenus. D’autres ont tout envoyé au diable en votant pour Marine Le Pen et sa démagogie « anti-système ». A présent, ils sont indécis. Ils se disent qu’ils vont peut-être voter, mais pour qui ? La réponse à cette question est l’une des clés de l’élection présidentielle.

L’équilibre du programme

Bien sûr, l’objectif de Mélenchon est de faire pencher la balance vers sa candidature. C’est parfaitement possible. Mais cela dépend notamment du contenu de la campagne elle-même, de son programme et de son orientation centrale, qui doivent être conformes aux aspirations des masses et à la dynamique politique à l’œuvre dans ses différentes couches.

La campagne de Mélenchon a déjà gagné le soutien de la fraction la plus consciente et la plus radicalisée du salariat. Cette fraction se mobilise et en entraine d’autres avec elle. Mais pour que Mélenchon soit qualifié au deuxième tour de la présidentielle, il lui faudra plus ou moins doubler son score de 2012. Or, il y a des limites à ce que peut accomplir le travail militant et les discussions sur le terrain. La question du programme est ici un facteur décisif et irréductible.

Bon nombre de travailleurs ne regardent pas le détail des programmes. Ils en repèrent simplement les grandes lignes, qu’ils apprécient sur la base de leur propre expérience et de leurs préoccupations les plus brulantes. Quelles sont ces préoccupations ? La pauvreté, le chômage, le démantèlement des services publics et de la Sécurité sociale, la crise du logement, la dégradation des conditions de travail – bref, la régression sociale permanente et généralisée.

Le programme de la France insoumise contient de nombreuses mesures qui s’attaquent à ces problèmes. Mais à notre avis, elles sont insuffisamment défendues par Mélenchon et les dirigeants de la France insoumise. Dans leurs interventions publiques, ils mettent davantage en avant des idées telles que la VIe République, la planification écologique et la rupture avec les traités européens. Ce sont des idées progressistes, au moins potentiellement. Mais c’est une erreur, selon nous, de leur accorder une place aussi centrale – au détriment, de facto, des mesures de lutte contre les coupes budgétaires et les politiques d’austérité. Il faut que le message central de la campagne soit : « A bas l’austérité ! On fera payer aux riches la crise de leur système »

C’est autour de cet axe que doivent s’articuler les idées sur la démocratie, l’écologie et l’Europe. Sans cela, ces idées sont souvent perçues comme abstraites – et le sont effectivement. Par exemple, beaucoup de travailleurs vont raisonner ainsi : « une VIe République ? D’accord : la Ve est pourrie jusqu’à la moelle. Mais quand et comment cette VIe République va-t-elle nous donner de bons emplois et de bons logements ? » C’est une question pertinente. Il faut lui apporter une réponse claire, qui doit être le cœur de la campagne – et non seulement l’un de ses « thèmes » parmi d’autres.

Rompre avec le capitalisme !

Il y a une deuxième raison d’axer la campagne sur la lutte contre l’austérité : c’est conforme à la réalité du système capitaliste. Au fond, la question fondamentale – pour nous comme pour la classe dirigeante – est bien ce que Mélenchon appelle « la répartition des richesses ». En dernière analyse, cette « répartition » constitue le moteur de la lutte des classes. Toutes les autres questions en découlent.

Prenons l’exemple de l’Union Européenne : elle peut être définie comme l’organisation du pillage des richesses du continent – et au-delà – par les multinationales européennes. Si Mélenchon propose de rompre avec les traités européens, c’est parce qu’ils légalisent et organisent ce pillage. Mais en elle-même, la rupture avec ces traités ne suffira pas à régler le problème, car ils ne sont qu’une expression juridique et politique particulière, à un moment donné, du contrôle des grands capitalistes sur l’économie. Ainsi, même dans la perspective d’une rupture de la France avec l’UE (le « plan B » de Mélenchon), la question restera posée vis-à-vis des capitalistes français : est-ce qu’on les laisse continuer de piller les richesses du pays – ou est-ce qu’on y met un terme ? Et comment y mettre un terme ?

La répartition des richesses est étroitement liée à la propriété privée des moyens de les produire. Sous le capitalisme, il ne pourra jamais y avoir de répartition des richesses « juste », car il ne pourra jamais y avoir d’égalité entre exploiteurs et exploités, entre la poignée de capitalistes richissimes qui possèdent les moyens de production – les banques, les multinationales – et les millions de travailleurs qui possèdent uniquement leur force de travail, qu’ils vendent aux capitalistes contre un salaire.

Ne pourrait-on pas viser une répartition des richesses moins inégale, une fois pour toutes ? C’est l’approche réformiste de la question. Elle est complètement utopique : toute l’Histoire montre que pour faire face à la concurrence, pour accroitre la « compétitivité » de leurs entreprises, les capitalistes ont sans cesse besoin de s’approprier une part aussi grande que possible des richesses créées. C’est particulièrement vrai en période de crise, comme aujourd’hui. D’où la nécessité d’un programme révolutionnaire, qui vise à en finir avec la cause fondamentale des inégalités sociales, c’est-à-dire avec la propriété capitaliste des grands moyens de production.  

 

https://www.marxiste.org/actualite-francaise/politique-francaise/2129-voter-melenchon-lutter-pour-le-socialisme

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 11:48

A La Havane Colloque : "Les droits de nos ainés dans le monde"

par Rédaction Sylver Economy le 15 mars 2017

Du 3 au 6 avril 2017, la FIAPA organise à Cuba le colloque international « Les droits de nos aînés dans le monde ».

Evènement majeur de l’actualité de la gérontologie, ce colloque sera également l’occasion pour les entreprises de la Silver économie de découvrir un aspect méconnu de Cuba : une forte demande de coopération, un véritable dynamisme et des entreprises de pointe pour l’accompagnement des personnes âgées.

[on est loin de la façon dont les "ainés" sont traités en France : allongement du temps de travail, retraites minuscules pour le plus grand nombre, traitement scandaleux des vieillards, maisons de retraites hors de prix entre la garderie et le mouroir... En 1793, la République, qui cherchait un moyen de venir en aide aux vieillards sans ressources, avait inscrit dans sa Constitution que tout étranger prenant en charge un vieillard devenait automatiquement Français. Sous l"impulsion des communistes, l'Assurance Vieillesse fut créée au sortir de la Seconde Guerre Mondiale. Aujourd'hui les capitalistes, de Hamon à Le Pen, ne voient plus dans les vieillards qu'un marché juteux qu'ils appellent "l'or gris"... NDLR]

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