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Le temps des cerises / Jean Lumière 

7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 08:06

Raf Custers

2 novembre 2013

  

_500____cover-custers_49.pngDans son tout récent livre Chasseurs de matières premières, Raf Custers enquête sur ces multinationales qui s’enrichissent grâce aux ressources naturelles de pays qui restent pauvres. Son premier chapitre commence avec le Maroc : les pêcheurs de Sidi Ifni, sur la côte Atlantique, se font appauvrir par les bateaux – usines occidentaux qui épuisent le poisson. Une alternative possible en exploitant la ressource naturelle de la région, les mines de phosphate ? Hélas, non. Les pêcheurs ne peuvent sortir de la misère. A cause de l’élite autour du roi, à cause des multinationales, à cause de l’injustice Nord – Sud.

 

EXTRAIT : 

 

1. Les monuments de l’exportation

 
Notre agriculture, elle aussi, utilise des matières premières. Prenons les phosphates : sans eux, pas de céréales ni de bétail. Les mines de phosphate les plus riches se trouvent au Maroc et dans le Sahara occidental occupé. Pourtant, la terre et le désert y restent arides. Le Maroc ne vise pas son marché domestique, il cible le monde. 


C’est en voiture que nous entamons notre exploration. Le dimanche 29 juin 2008, à Sète, sur la Côte d’Azur, nous prenons le ferry pour Tanger, dans le nord du Maroc. La traversée dure deux nuits et un jour. Sur les petits coussins de la cabine sont brodés des bateaux à vapeur. La petite piscine sur le pont grouille d’enfants, telles des anguilles dans un seau. Nous sommes partis avec une Corolla d’occasion, datant de 1995. Elle venait d’être remise en circulation par la gendarmerie belge. Quand j’ai aspiré l’intérieur, j’ai retrouvé sous la place du mort des billets provenant d’un cinéma de Bruges. Les inspecteurs allaient-ils au cinéma pendant leurs heures de service ? Quand nous sommes partis, le compteur indiquait 153.243 kilomètres. Une caisse à la technique toute simple, sans complexe ni sophistications électroniques. Pas d’air conditionné, et des vitres à descendre à la main, tout simplement. Pour profiter de la brise de mer, nous suivons les côtes marocaines. Le dimanche suivant, nous arrivons à Sidi Ifni, un petit port à environ 1.200 kilomètresau sud de Tanger. Nous décidons de nous y arrêter un peu plus longtemps. L’auto doit aller au garage, il faut remplacer le thermostat. Sinon, il risque de surchauffer d’ici peu dans la chaleur du Sahara occidental et de la Mauritanie. Le lendemain, quelqu’un nous accompagne, depuis l’hôtel Suerte Loca jusque chez un mécano. Je sors quelques banalités – « Il fait calme, comparé avec les plages du Nord ! » - mais l’histoire qu’on me sert en guise de réponse est tout sauf banale. 

 
Le blocage


Exactement un mois plus tôt, le 7 juin, une révolte a été réprimée ici, à Sidi Ifni. Les protestations avaient débuté fin mai, quand la commune avait proposé d’engager du personnel. Il y avait eu huit offres d’emploi. Mais, le jour de la sélection, 985 candidats s’étaient présentés à la mairie. Sidi Ifni compte plus d’habitants au chômage qu’au travail. Le rassemblement face à la mairie était donc déjà toute une manifestation en soi. Quand les candidats refusés avaient été renvoyés chez eux, quelqu’un a crié : « Au port ! » Vraisemblablement c’était l’un des jeunes diplômés. Ces jeunes ont fait des études mais ne trouvent pas d’emploi. Ils se sont affiliés à un syndicat, l’Association des jeunes licenciés. Immédiatement, la foule s’est mise en mouvement. Au port, ils ont barré le long mur de l’embarcadère, bloquant ainsi nonante camions réfrigérants. Ceux-ci venaient d’être chargés de sardines fraîches et se tenaient prêts à partir pour le nord. Ce n’était pas la première fois que les gens d’Ifni menaient des actions. Ils savaient comment s’y prendre. Ce jour même, ils faisaient parvenir leurs revendications aux autorités provinciales, à Tiznit. Ils voulaient du travail dans leur propre région et exigeaient que les sardines fussent mises en boîte sur place au lieu de les acheminer vers les usines d’Agadir ou de les exporter vers l’Espagne. 
 
Sidi Ifni est pressuré. La région se situe au bord du Maroc et les villes du centre en emportent la richesse. Et la situation n’a pas changé depuis l’époque coloniale. Longtemps, Sidi Ifni a été une enclave espagnole. Jusqu’en 1969, la ville a été soumise à l’administration coloniale espagnole. Autour de la Plaza Espana, quelques bâtiments de style Art déco mauresque sont demeurés intacts. Certains habitants de la ville pensent avec nostalgie à cette époque coloniale, quand cela se bousculait à l’aéroport et que le commerce était florissant, entre autres avec un autre territoire espagnol comme les îles Canaries. Le commerce tournait autour du poisson. L’Espagne n’avait investi à Sidi Ifni que pour en emporter facilement le poisson. L’administration coloniale avait fait construire deux tours colossales en béton à l’entrée du port, sur des socles qui s’enfonçaient à 150 mètres de profondeur en mer. Les tours étaient reliées à la terre ferme par un téléphérique. La tour la plus proche du littoral est toujours plus ou moins intacte. Au pied des tours, on déchargeait les marchandises espagnoles et elles étaient amenées à terre par le téléphérique. Le poisson de Sidi Ifni faisait le trajet inverse pour être chargé dans les navires espagnols et être exporté, naturellement. 


 Nul n’ignore à quel point les zones poissonnières sont riches, au large des côtes de l’Afrique occidentale. On y pêche à l’échelle industrielle à l’aide de bateaux-usines. Ils viennent de Russie, de Corée, du Japon et d’Europe. Les pêcheurs européens qui, dans les mers plus au nord, ne peuvent plus pêcher davantage que les quotas imposés, se rendent dans les zones poissonnières du Maroc, de la Mauritanie, du Sénégal et de la Guinée. L’Union européenne a conclu des accords de pêche avec ces pays et convenu de la quantité de poisson que les pêcheurs européens pouvaient remonter. Et le Maroc en tire un bon prix. Dans le secteur européen de la pêche, quelque 250 emplois ont ainsi été sauvés, mais, dans les eaux africaines, on prend beaucoup plus de poisson qu’il n’a été convenu. Les pêcheurs africains ne peuvent faire face à la concurrence des bateaux-usines. Bien des pêcheurs ont cessé leurs activités émigrant vers les villes ou vers l’Europe où ils ont rejoint le prolétariat des migrants. 


 Les pêcheurs de Sidi Ifni sont faibles. Je présume qu’ils louent les bateaux avec lesquels ils vont pêcher. Pourtant, les producteurs peuvent également défendre leur intérêt collectif. Par exemple, en organisant la vente à la criée. C’est ce qu’on voit dans d’autres villes portuaires. Les pêcheurs se mettent tous ensemble et vendent ainsi leur poisson aux gens. La criée leur permet de céder leurs produits aux acheteurs à des prix raisonnables. Mais, à Sidi Ifni, il n’y a pas de criée. Le poisson est transvasé directement des bateaux dans les camions. Les pêcheurs ne reçoivent pas d’aide non plus du gouvernement marocain. Par expérience, ils savent que Rabat, la capitale, les considère comme des citoyens de second rang et qu’elle contrecarre le développement de la région. Le gouvernement ne fait rien pour moderniser le port de Sidi Ifni. Devant l’embouchure du port, il y a un banc de sable. Ce qui fait que, chaque fois que les pêcheurs sortent ou rentrent, ils risquent leur vie. Mais il n’existe aucun plan de dragage. Et tant que les pêcheurs de Sidi Ifni attraperont des sardines, le poisson sera systématiquement emporté vers les conserveries des villes du nord du Maroc. Dans le temps, Sidi Ifni était dirigé à partir de l’Espagne, aujourd’hui à partir des villes du centre du Maroc. Le colonialisme espagnol a fait place au colonialisme intérieur. Les régions pauvres du Maroc restent à la traîne, complètement démunies.

 
La répression 


Durant la révolte de Sidi Ifni, la fameuse élite marocaine a fait savoir clairement qu’elle entendait bien maintenir la situation telle quelle. Quand le blocage du port a commencé à traîner en longueur, les acheteurs ont calculé combien cette plaisanterie allait leur coûter. Ils ont fait intervenir leurs relations. Qui ont décidé d’infliger une bonne leçon à Sidi Ifni. 


 Le 7 juin, une semaine après le début du blocus, l’armée et la police antiémeutes débarquent en nombre. Elles viennent libérer les camions frigorifiques. Quatre mille hommes – c’est le chiffre officiel – entourent la ville. Des unités descendent des flancs de montagne derrière Ifni et, de la mer, des fusiliers marins débarquent. Une fois qu’ils arrivent en ville, ils se déchaînent. De force, ils sortent les gens de leurs maisons. Dans la caserne de la police, les personnes arrêtées, hommes et femmes, se font humilier. Ils doivent baisser le pantalon et s’asseoir sur des goulots de bouteilles de Coke. C’est le Samedi noir. La réalité. En même temps débute la traque aux dirigeants de la révolte.


L’un des dirigeants qu’on m’a signalés me fait savoir qu’il voudrait me rencontrer. Nous parlons sans être vus sur le toit d’une maison, à la belle étoile. L’homme est membre du « secrétariat », un groupe de syndicalistes et de militants de gauche fondé en 2005 lors de précédentes protestations en faveur de l’emploi. Le « secrétariat » a continué de se réunir dans la clandestinité. Il a rédigé un cahier de revendications. Demandant entre autres que le port et l’hôpital de Sidi Ifni soient modernisés, que la route côtière vers Tan-Tan soit élargie afin de faciliter un trafic routier plus abondant, que l’on sorte Ifni de son isolement et, par-dessus tout, que l’on crée des emplois pour les jeunes. Mais le gouvernement de Rabat et l’administration provinciale ne les écoutent pas. Au contraire, ils traficotent autour de l’avenir de Sidi Ifini. L’homme du « secrétariat » sait que la municipalité avait prévu des terrains pour des conserveries. Mais quelques politiciens et hommes d’affaires ont vendu ces terrains en sous-main à des amis politiques, « pour 1,5 dirham le mètre carré », une broutille. 


 L’homme du « secrétariat » me raconte le Samedi noir. Ses yeux se mouillent pendant qu’il me parle. Mais les Ifnois ne se sont pas laissé faire. Le lendemain de l’attaque de l’armée, ils sont descendus à nouveau dans la rue, pour protester contre la répression. La chaîne de télévision Al Jazeera a défié la censure et a transmis des images de la répression. Selon Al Jazeera, l’armée avait même abattu des personnes. Le gouvernement a obligé l’émetteur à cesser ses émissions. Mais la nouvelle de la révolte s’était désormais répandue très rapidement. Les Ifnois avaient téléphoné à leurs parents au Maroc et à l’étranger. Des migrants de Sidi Ifni s’étaient également mis en mouvement, à Rabat, à l’étranger, et même à Bruxelles. Les premiers messages de solidarité étaient arrivés. Une semaine après le Samedi noir, un cortège défilait à nouveau dans les rues de Sidi Ifni mais, cette fois, avec des délégations de Seffro, Safi, Laâyoun, Ouarzazate, Guelimim : 9.000 personnes au total. 

 
Combien d’endroits n’y a-t-il pas qui sont pareils à Sidi Ifni ? Les gens d’ici sont entrés en résistance afin de profiter un peu plus eux-mêmes des matières premières locales. Ils veulent mettre le poisson en valeur à leur propre avantage et récupérer au moins une partie de ce qu’il rapporte. Mais l’économie et la politique ne fonctionnent pas de cette façon. Si le peuple ne frappe pas sur la table, il n’aura pas grand-chose à dire. 

 
La bande transporteuse


Le Maroc est pauvre, comparé au noyau riche de l’Europe occidentale. Mais, en réalité, le pays n’est pas démuni. Il possède un long littoral et de riches zones de pêche. Il a également des minerais, dans son sous-sol. Les mines sont éloignées du monde habité. Mais, avec leurs bandes transporteuses, elles arrivent à la mer. Quand on traverse le Maroc du nord au sud, on se croirait sur la route des monuments de l’industrie d’exportation. Partout, on a construit des installations onéreuses qui n’ont qu’une seule fonction : exporter les richesses locales, en exporter le plus possible et sans en faire quoi que ce soit de tangible sur place. 


 A Sidi Ifni, sous l’administration coloniale espagnole, on a installé un téléphérique afin de pouvoir transborder le poisson destiné à l’exportation. Le joyau suivant se situe à Port Laayoun, à une grosse journée de route vers le sud depuis Sidi Ifni. C’est une bande transporteuse de près de cent kilomètres de long. Cette installation sert uniquement à acheminer vers un port le phosphate brut en provenance d’une mine de l’intérieur du pays. Au port, la marchandise est transbordée et expédiée en Europe ou à destination de l’industrie chimique américaine, dans le golfe du Mexique. L’exportation prime, la transformation sur place passe bien après, alors que le phosphate est nécessaire au pays même et qu’une industrie de transformation sur place pourrait procurer des emplois et des revenus. 


 Le phosphate est littéralement d’une importance vitale. De la roche de phosphate, on extrait du phosphore, dont on fait des engrais chimiques et de la nourriture pour bétail. Le phosphore contribue à faire pousser les plantes plus rapidement et consolide les os et les muscles des animaux. On en ajoute aussi aux boissons rafraîchissantes et aux aliments que les gens consomment. Le phosphate est une matière première extrêmement importante. Il fait l’objet d’une forte demande. Mais on a calculé que les réserves mondiales seront épuisées d’ici 75 à 100 ans, si la demande continue à croître chaque année d’environ. [i] Le Maroc et son voisin du sud, le Sahara occidental, disposent ensemble d’au moins deux tiers de tout le phosphate brut de la planète.[ii]

 
Le Maroc occupe le Sahara occidental depuis des décennies et administre le pays comme une province du Grand Maroc. La frontière entre le Maroc et le Sahara occidental a été effacée, jusque sur les cartes terrestres marocaines. Le Sahara occidental lui aussi était une colonie espagnole, dans le temps. Aujourd’hui, le pays est incorporé à l’économie marocaine. Parmi les Sahraouis, les habitants d’origine, beaucoup se sont réfugiés dans des camps en Algérie. Ceux qui sont restés n’osent pas parler ouvertement. La police marocaine fait le guet partout. Près du port de Dakhla, nous nous entretenons sans être vus avec un Sahraoui. Nous n’existons plus, dit-il, tout devient marocain. Les Sahraouis qui travaillaient à Boukraa, dans la mine de phosphate, ont été remplacés en grande partie par des colons marocains. Pour attirer ces colons, le Maroc maintient le carburant à un prix ridiculement bas et on a construit des villages qui ne manquent pas d’attrait. Mais les villages se trouvent en plein désert de pierrailles et restent vides. 

 
Le nom de la ville de Laayoun a été modifié en El Aâyoun par les autorités marocaines. Ici, des garnisons ont toujours été casernées pour veiller sur l’arrière-pays. Si on s’approche de Laayoun en venant du nord, on passe devant la caserne de la légion étrangère espagnole. Mais les légionnaires espagnols ont été remplacés par des militaires marocains. Il en fourmille partout, dans les rues de Laayoun. 


 Les installations portuaires de Port Laayoun et la fameuse bande transporteuse se situent à cinq kilomètres de la ville même. Au port, le paysage change de couleur. C’est un port minéralier et partout, aux alentours, tout est couvert d’une poussière blanche. La poussière provient de la bande transporteuse qui enjambe l’autoroute. On dit que c’est la plus longue bande transporteuse du monde. Cet honneur date des années 1970, lorsque cette installation a été réalisée par la firme allemande Krupp. A l’époque, il s’agissait encore vraiment d’une première mondiale. La bande transporteuse achemine le phosphate brut. Les blocs proviennent en droite ligne de la mine à ciel ouvert de Boukraa. Cette dernière se situe au beau milieu du désert de Saguia el-Hamra, à exactement 97 kilomètres d’ici. C’est l’une des mines de phosphate les plus riches au monde. Pour extraire le minerai du sol, il ne faut même pas creuser très profondément. Sur les photos satellites, la mine de Boukraa ressemble à un long fossile nervuré. Le phosphate brut extrait des puits est chargé sur la bande transporteuse. Dans un bruit fracassant, celle-ci fonce en ligne droite, sans la moindre courbe, vers le port de Laayoun. Au port, le minerai est lavé et séché. Puis emmené par bateau aux quatre points cardinaux. 

 
La colonie du phosphate


Les veines de minerai de Boukraa ont été découvertes dans les années 1950, quand le Sahara occidental était encore une colonie espagnole. Dans les années 1970, en Espagne, la dictature du général Franco s’écroulait, mais le Sahara espagnol n’en est pas devenu indépendant pour autant. Le Maroc et la Mauritanie, ses voisins du nord et du sud, se sont d’abord partagé le pays. Ensuite, le Maroc a chassé également les troupes mauritaniennes faisant main basse sur tout le pays. Le Maroc n’entendait le céder à aucun prix. Car, en 1974, en raison des zones de pêche au large des côtes et des réserves de phosphate du sous-sol, la Banque mondiale avait décrit le Sahara occidental comme le territoire le plus riche de l’Afrique du Nord-Ouest (le Maghreb). L’ancien et le nouveau colonisateur, l’Espagne et la Maroc, signaient d’ailleurs un accord à ce propos. L’Espagne restait copropriétaire des mines de phosphate du Sahara occidental. Ce fut le cas jusqu’en 2002, lorsque Boukraa devint entièrement propriété marocaine. 


C’est une absurdité, de voir cette colonie demeurer si aride, à l’instar de régions entières du Maroc. Avec leur phosphate, le Sahara occidental et le Maroc pourraient fertiliser leurs terres. Mais ce n’est nullement une priorité pour les entreprises qui détiennent la chaîne du phosphate, depuis l’extraction jusqu’au produit fini. L’une de ces entreprises est Prayon, toujours en partie dans des mains belges. 


Jusqu’au début des années 1990, Prayon transformait le phosphate du Maroc en Belgique. On en faisait de l’acide phosphorique. En Belgique, d’autres entreprises, comme UCB, BASF et Rhône-Poulenc s’en chargeaient également. Ce procédé avait un grand inconvénient : il laissait derrière lui des masses énormes de déchets de plâtre. Ceux-ci contenaient des métaux lourds et étaient en outre légèrement radioactifs. On les larguait dans des décharges, devenues tristement célèbres entre-temps, entre autres à Rumst et à Zelzate, ainsi que dans l’Escaut et dans d’autres cours d’eau.[iii] Des années durant, presque tout fut permis, pour soutenir la « position concurrentielle » de l’industrie. 


Mais le mouvement environnemental allait harceler cette industrie. En 1992, Prayon ne recevait plus de permis de décharge pour le site de Rumst. Selon des informations de l’époque, Prayon avait alors trois copropriétaires : Gechem (de l’écurie de la Société Générale), le holding public wallon SRIW et une entreprise publique marocaine, l’Office chérifien des phosphates (OCP).[iv] Prayon allait alors installer la production d’acide phosphorique de base au Maroc même. Mais pouvait-on encore faire là-bas ce qui était désormais interdit ici ? A-t-on mis en service là-bas, en même temps, une technologie permettant de produire (plus) proprement ? Ce sont des questions que j’espère encore approfondir. Cependant, le Maroc a commencé alors à bâtir sa propre industrie autour de l’exploitation du phosphate brut. Peu après, Gechem s’est retiré de Prayon et l’entreprise, avec une usine à Engis, près de Liège, est devenue la copropriété, à cinquante cinquante, de la Région wallonne et de l’OCP.


 Il importe de savoir que ce ne sont pas des firmes étrangères qui exploitent les mines de phosphate au Maroc. L’Etat marocain a accordé le monopole de l’exploitation à l’Office chérifien des phosphates. Dans ses brochures, l’OCP explique en détail comment il entend contribuer à l’agriculture au Maroc.[v] Mais, dans la pratique, on n’en voit pas grand-chose. Car, encore une fois, l’économie marocaine est adaptée au marché mondial, et non aux besoins intérieurs. 

N.B. L’auteur examine ensuite “le dédale de la monarchie”, les familles riches qui contrôlent le phosphate, et les difficultés affrontées sur le marché mondial


[i] Cordell, D. e.a., « The story of phosphorus : Global food security and food for thought », dans Global Environmental Change, 19 (2), pp. 292-305, 2009, cité dans : Fischer-Kowalski, Marina, « Socio-ecological transitions : definition dynamics and related global scenarios »,Working Document Neujobs, avril 2012.

[ii] Les réserves de phosphate du Maroc et du Sahara occidental sont de 50 milliards de tonnes pour des réserves mondiales totales de 65 milliards de tonnes. « Phosphate rock », dans U.S. Geological Survey, janvier 2011, pp. 118-119.

[iii] Paridaens, J., Vanmarcke, H., Inventarisatie en karakterisatie van verhoogde concentraties aan natuurlijke radionucliden van industriële oorsprong in Vlaanderen (Inventaire et caractéristiques des concentrations accrues de radionucléides naturels d’origine industrielle en Flandre), Departement Stralingsbeschermingsonderzoek Studiecentrum voor Kernenergie (SCK), étude menée pour le compte de la Société environnementale flamande, MIRA, MIRA/2001/01, juin 2001, 46 p.

[iv] Willems, R., « Prayon Rupel. Bedenkingen bij een (fosfor)zuur dossier » (Prayon Rupel. Réflexions sur un dossier acide (phosphorique) », dans Markant, 19 juin 1992, pp. 8-9.

[v] Voir par exemple le Rapport Annuel 2009, Groupe OCP, pp. 41-48.

 

Chasseurs de matières premières de Raf Custers est maintenant disponible dans notre e-shop 

 

http://www.michelcollon.info/Maroc-qui-s-enrichit-avec-le.html

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 08:05

Communiqué de presse du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP), le Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), les Clubs « Penser la France ».  

Le 5 novembre 2013.


Antisociale, antidémocratique, belliqueuse et dictatoriale, l’Union européenne (U.E.) pilotée par l’axe Washington-Berlin s’acharne sur la souveraineté et sur les conquêtes sociales des peuples. Sous l’égide d’Angela Merkel, la « Troïka » (Commission de Bruxelles, FMI et BCE) martyrise les peuples sous le talon de fer de l’austérité à perpétuité.

À son tour, la France en récession s’enfonce dans la crise politique et morale. La pauvreté, la précarité, la désindustrialisation et le chômage de masse plongent notre peuple dans le désarroi. Les services publics, la protection sociale, l’Éducation nationale, les retraites, la Sécurité sociale sont étranglés au nom de la funeste « monnaie unique » ; la tutelle humiliante de Bruxelles, les diktats arrogants de Berlin écrasent notre pays avec la parfaite collaboration des dirigeants du MEDEF, de l’UMP et du PS.

 La trahison du PS et de l’UMP !

Bafouant le Non populaire du 29 mai 2005 à la constitution européenne, violant l’aspiration au changement exprimée en mai 2012, F. Hollande applique à marche forcée la « feuille de route » « diktée » par Bruxelles : il s’agit d’araser les spécificités françaises issues de la Révolution française et du Conseil national de la Résistance, d’imposer le tout-anglais à l’Université, de substituer à la République une, laïque et indivisible une Europe des euro-métropoles qui porte en germes la mort des statuts, des conventions collectives, des diplômes nationaux et de la démocratie communale.

Alors même que l’UE écrase les dépenses publiques et les salaires au nom du « sauvetage de l’euro », l’Europe supranationale est engagée par le biais de l’OTAN, dans la politique belliqueuse, ruineuse et impérialiste menée par l’Oncle Sam. La signature du traité d’ « Union transatlantique » entre l’Amérique du Nord et l’UE aboutirait de fait à la réduction rapide de toutes les spécificités sociales, politiques et culturelles des diverses nations d’Europe.

 Le FN, parti de la collaboration !

Face à cette entreprise de déclin national et de régression sociale, aucune des grandes forces politiques françaises en lice lors des prochaines élections européennes ne porte un projet alternatif tant soit peu radical. Bien qu’il feigne de s’opposer au « système UMPS », le FN est un élément décisif du dispositif institutionnel de l’UE : comme c’est le cas dans tout le reste de l’UE en effet, l’extrême droite xénophobe n’a d’autre but que de dévoyer la colère populaire vers le racisme tout en la détournant de la nécessaire résistance aux prédations du capital. Du reste, le FN ne veut pas vraiment, comme ce serait pourtant nécessaire et urgent, sortir unilatéralement la France de l’UE et de l’euro ; et la prétendue « sortie concertée et progressive » de l’euro prônée par Mme Le Pen perd toute portée pratique quand on sait que le FN la subordonne très officiellement au bon vouloir de l’Allemagne capitaliste, laquelle dispose avec l’euro, ce clone du Deutschemark, d’une arme monétaire décisive pour imposer l’hégémonie allemande à l’Europe du sud.

 Front de Gauche et PCF dans l’impasse !

Malheureusement, la « gauche de gauche » ne s’oriente pas vers la remise en question radicale de la dictature européenne et de sa monnaie unique : J.-L. Mélenchon continue en effet de prétendre que « l’Europe est à nous » (sic) et que « l’euro est notre monnaie » (sic), pendant que Pierre Laurent, président du Parti de la Gauche Européenne, se prononce pour une impossible « refondation » de la construction européenne... dans le cadre de cette prison des peuples qu’est l’UE…

 Un parlement européen qui trahit les peuples !

Au demeurant, le « parlement » européen n’a jamais été autre chose qu’une fiction coûteuse : sa mission est de masquer le fait que l’UE est pilotée par une poignée d’États très puissants qui n’ont d’oreilles que pour les « marchés financiers » et pour les exigences du grand patronat. Pendant ce temps, les parlements nationaux privés de tout pouvoir budgétaire réel par le Traité européen de gouvernance (TSCG), se transforment en chambres d’enregistrement des directives édictées par Bruxelles.

 Pour un boycott de Résistance !

Dans ces conditions, le civisme républicain ne consiste pas à valider par son vote la farce électorale de la dictature européenne. En s’abstenant massivement, en votant blanc ou nul par millions, les peuples d’Europe ont déjà signifié par le passé leur REFUS DE VALIDER cette « construction » européenne illégitime et mortifère. À n’en pas douter, les peuples s’apprêtent à un REFUS DE VOTE PLUS MASSIF QUE JAMAIS lors des européennes de 2014. Il ne s’agit certes pas de rejeter le principe même du vote au nom d’un intemporel « élections piège à c… », car participer à des élections, quand les conditions permettent d’en faire un outil utile à l’expression des peuples, peut être un devoir impérieux. Mais quand l’ « élection » n’a d’autre but que de faire cautionner par les citoyens une politique tendant à exclure les bases mêmes d’une vie politique républicaine, le civisme commande de boycotter cette élection en trompe-l’œil et d’appeler les peuples à l’insurrection citoyenne à travers les luttes sociales nationales et internationales, les résistances civiques et tous les moyens démocratiques légitimes. C’est un devoir citoyen de voter quand le suffrage sert à la souveraineté du peuple, c’est aussi un devoir citoyen de ne pas voter quand le suffrage ne permet pas la véritable souveraineté du peuple.

 « Oui » à l’insurrection citoyenne !

C’est pourquoi, au nom des principes impérissables portés par le programme du CNR (indépendance nationale et coopérations internationales, progrès social, reconstruction industrielle, services publics et nationalisations, antiracisme et antifascisme…), nous appelons les républicains de toutes sensibilités, communistes, gaullistes, républicains laïques, progressistes sans étiquette, syndicalistes, croyants et non-croyants attachés à la laïcité, à s’associer pour refuser ensemble la farce de l’élection européenne ; saisissons-nous de ce boycott militant non pas pour « rester à la maison », mais pour expliquer autour de nous la nocivité de l’UE et de l’euro, impulser les résistances sociales aux contre-réformes, élaborer ensemble et démocratiquement, sur les bases de l’Appel lancé le 18 juin 2013 par le M’PEP, Penser la France et le PRCF, un programme de reconstruction sociale et républicaine de la France, pour appeler ensemble à SORTIR la France de l’euro, de l’UE et de l’OTAN par la voie progressiste.

Sur la base du présent texte, constituons partout, dans les départements, les localités, les entreprises, les universités, des collectifs républicains pour le boycott des élections au parlement européen.

Limoges, le 5 novembre 2013. 

Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP) Pôle de renaissance communiste en France (PRCF) Clubs « Penser la France »

 

http://www.m-pep.org/spip.php?article3447

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 08:03

Dix ans ont passé depuis l’invasion de l’Irak par les États-Unis. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les objectifs officiels de l’époque, à savoir la libération du peuple irakien de l’oppression de la dictature de Saddam Hussein pour en faire un pays moderne et démocratique, ont lamentablement échoué. Pis, c’est chaque jour un peu plus le chaos dans un pays en ruine.  


Les chiffres parlent malheureusement d’eux-mêmes. Ce sont ainsi plus de 4.700 personnes qui ont perdu la vie dans des attentats depuis le début le l’année. 638 victimes sont à inscrire sur le compte du seul mois d’octobre. Personne n’est en mesure de déterminer exactement combien de personnes ont été tuée en Irak depuis l’invasion étasunienne. Selon une enquête menée conjointement par le gouvernement iraquien et l’Organisation mondiale de la santé, 151.000 Irakiens seraient morts de mort violente entre mars 2003 et juin 2006. Les Nations-Unies ont confirmé qu’en 2006 (dernière année où les données sont réputées fiables), au moins 35.000 personnes avaient été tuées.

Dix ans ont passé. Les media occidentaux semblent avoir perdu tout intérêt pour l’Irak, se concentrant sur des sujets plus consensuels ou attrayants. Entre les rives du Tigre et de l’Euphrate, au cœur du Moyen-Orient, une longue et laborieuse transition démocratique est en train de prendre forme depuis la fin officielle de la guerre, le 1er mai 2003.

Un parcours non sans obstacles tant sont nombreuses les contradictions de l’Irak moderne. Le pays est divisé par une guerre civile féroce entre fractions sunnites et chiites. La violence s’est intensifiée après que les forces de sécurité ont violemment réprimé le 23 avril dernier une manifestation sunnite contre le gouvernement, provoquant la mort de dizaines de personnes. Cet épisode a provoqué la réaction des sunnites, qui se sentent marginalisés par le gouvernement chiite. Les milices d’al-Qaïda tentent de tirer profit de la situation, ce qui touche par ricochet le gouvernement.


Les forces d’intervention étasuniennes n’ont jamais vraiment réussi à stabiliser la situation, allant parfois jusqu’à s’engager dans des opérations contraires au droit des conflits armés. Elles ont ainsi utilisé en novembre 2004 des armes chimiques lors de l’assaut de la ville de Falloujah, considérée par les troupes américaines comme un bastion d’insurgés sunnites. Un an plus tard, une folle équipée de Marines tuaient à Haditha vingt-quatre civils irakiens sans défense. Difficile d’apparaître dans ces conditions comme des libérateurs animés des plus nobles sentiments…

Ni les États-Unis, ni même les Nations-Unies n’ont porté un intérêt suffisant à l’actuel gouvernement irakien du Premier ministre Nouri al-Maliki, rongé par la corruption, par la répression et par la longue série de violations des droits humains. Les forces de police, contrôlées par les ministères de l’intérieur et de la défense, sont intervenues massivement entre la fin 2011 et mars 2012 avant un sommet de la Ligue arabe à Bagdad, et ont arrêté des centaines de personnes manifestant contre le gouvernement comme une mesure pour prévenir d’éventuels attentats terroristes. L’ONG étasunienne Human Rights Watch a critiqué très sévèrement dans son rapport annuel le nouvel Irak, l’accusant de devenir un état policier. Plusieurs détenus ont même témoigné avoir été torturés.


Rien d’étonnant à ce que la peine capitale soit dans ce contexte un sujet brûlant. Au moins 125 personnes ont été exécutées depuis le début de l’année ; quarante-deux l’ont été la semaine où on a célébré la journée mondiale contre la peine de mort. Amnesty international fait notamment remarquer qu’en violation des normes internationales, la loi institue la peine de mort pour certaines infractions dont on ne peut considérer qu'elles entrent dans la catégorie des crimes les plus graves, notamment l'enlèvement n'entraînant pas la mort. La peine capitale est ainsi devenue pour le gouvernement un moyen d’asseoir sa mainmise sur le pays.

Le bilan qu’on peut tirer de ces dix années en Irak ne peut être que négatif. L’intervention étasunienne n’a pas apporté que la misère et et la corruption. Il n’y a pas un eu un jour depuis 2003 sans que le pays ne perde une vie des suites des violences terroristes. Si c’est ça le modèle de démocratie que l’Occident s’évertue à exporter depuis des décennies, il n’y a vraiment pas de quoi s’émerveiller tant l’échec de ce système politique, économique et social, est patent.


Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-l-irak-depuis-l-intervention-etasunienne-une-decennie-mortifere-120933602.html

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:25

Rosa Luxemburg

 

Conférence internationale sur Rosa Luxemburg 

http://www.lesfilmsdelan2.org/lesfilmsdelan2/Rosa_Luxemburg.html

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:22

Un journaliste indépendant qui fait le maximum pour faire connaître Industriels et banquiers français sous l’Occupation vient de lire plusieurs commentaires sur la critique de l’ouvrage parue aujourd’hui sur le site Marianne.fr. Il considère l’intervention en ligne du public comme un moyen efficace – et pratiquement le seul – ­ de combattre la censure, particulièrement hermétique dans la grande presse, qui frappe toute pensée critique.

Aucun journaliste d’un journal ou hebdomadaire de ladite presse n’a demandé l’ouvrage – ­ce qui est, il faut le concéder, plus honnête que d’en solliciter l’expédition pour le jeter à la corbeille ou le vendre dès réception. En revanche, la « réédition » au printemps 2013 de l’ouvrage Les patrons sous l'Occupation (1e édition, Paris, Odile Jacob, 1995) de Jean-Claude Hazera, ancien rédacteur en chef des Échos, et de Renaud de Rochebrune, a fait aussitôt l’objet de comptes rendus dithyrambiques. L’un d’entre eux mérite arrêt. 

ADRESSE DE L’ARTICLE :

http://www.marianne.net/Industriels-et-banquiers-francais-sous-l-occupation_a233244.html

Le plus croustillant de ces émerveillements a en effet été fourni par le supplément éco et entreprise du Monde daté du 3 avril 2013, sous la forme d’un article intitulé « "1940-1944, quand la France était une colonie"' » : http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/03/1940-1944-quand-la-france-etait-une-colonie_3151952_3234.html. Signé de Jean-Claude Hazera, ancien rédacteur en chef des Échos, ce texte présente sur près d’une page la réédition de l’ouvrage de… lui-même et de Renaud de Rochebrune, dont la réédition de 2013 reprend, sans modification, le texte originel de 1995: le seul élément neuf est constitué par une postface de cinquante pages évoquant des débats récents (Renault, SNCF, mission Mattéoli sur la spoliation des juifs de France) ainsi que les travaux qui ont enrichi la connaissance du sujet, notamment ceux du groupement de recherche 2539 du CNRS « Les Entreprises françaises sous l’Occupation » – ­ groupement de recherche que je présente dans L’histoire contemporaine toujours sous influence (Paris, Le Temps des cerises, 2012). M.M. Hazera et de Renaud de Rochebrunecontestent à plusieurs reprises mes propres travaux dans ce très modeste ajout.  Le droit à critique est naturellement légitime, mais il convient de préciser qu’aucune rubrique du Monde n’a jamais rendu compte de mes travaux sur la collaboration (ou sur quoi que ce soit d’autre), et que les deux auteurs ont disposé de tribunes libres dans Libération, en 1997, et ailleurs, pour me mettre très sévèrement en cause sans que j’aie jamais pu disposer d’un droit de réponse.

Philippe Escande, responsable depuis juin 2012 du supplément éco et entreprise du « journal de référence », a longtemps travaillé aux Echos sous la direction de… Jean-Claude Hazera.   Il a donc fait assurer la publicité d’un ouvrage par son ancien « patron » et copain des Echos, qui se trouve être l’auteur lui-même de l’ouvrage loué! On atteint les cimes du « passe-moi le séné, je te passe la rhubarbe ». J’ai attendu, devant une violation si flagrante, de la déontologie du métier, l’intervention du médiateur du Monde. J’attends encore…

 

Vu le traitement habituel des sciences sociales critiques, le journaliste indépendant susmentionné juge important que ceux qui ont quelque chose à dire sur Industriels et banquiers français sous l’Occupation n’hésitent pas à s’exprimer sur le sujet. Inutile de préciser que je partage son avis.

 

Bien cordialement à tous,

Annie Lacroix-Riz 

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:20

de : RICHARD PALAO


vendredi 1er novembre 2013

Quelques mois avant mai 68 Henry KRAZUCKI déclarait "... rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classe , elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division . La lutte de classes au contraire , est la base de l’unité , son motif le plus puissant . C’ est pour la mener avec succès en rassemblant l’ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT . Or la lutte de classe n’est pas une invention , c’est un fait , il ne suffit pas de la nier pour qu’elle cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l’exploitation et à l’écrasement ..."

Tierry LE PAON lui à une autre vision puisque pour lui il n ’ y a plus de syndicalisme réformisme qui pratique la collaboration de classe , et en conséquence on peut donc pratiquer l’unité avec ce syndicalisme sans conditions et en toutes circonstances , c ’est d’ailleurs ce qu’il vient de confier au numéro 60 de la revue de la confédération " ENSEMBLE" :

"...je pense aussi qu’il ne faut rien lacher sur les questions unitaires , nous devons renouer les contacts avec l’ensemble des organisations syndicales . IL N Y A PAS D UN COTE UN POLE REFORMISTE ET DE L AUTRE UN POLE PLUS RADICAL OU CONTESTATAIRE . La réalité est plus compliquée que cela. Cette présentation est artificielle et nous avons interêt au contraire à rester sur le concret pour être en capacité de construire un syndicalisme utile aux salariés , car le syndicat doit leur rapporter ."

Alors que les syndicats CFDT , FO , UNSA ...SE PROCLAMENT OUVERTEMENT REFORMISTES , LE PAON nie cette réalité avec la volonté de faire croire que puisqu’ il n’ y a plus de différences entre syndicats , le syndicalisme rassemblé s ’impose , ce faisant il poursuit le glissement réformiste de la CGT initié par ses prédecesseurs VIANNET et THIBAULT avec comme finalité la liquidation du syndicalisme de classe .

LE PAON et la direction confédérale sont coupables d’une triple trahison :

ils insultent la mémoire de nos anciens , dont certains ont donné leur vie , sacrifiés leur vie familiale et leur carrière professionnelle subit la répression patronale et policière pour que le syndicalisme de classe existe en FRANCE ...

Il abandonnent ceux qui actuellement à la base continuent de donner un contenu de classe à leurs luttes , se battent dans leurs entreprises ne se résignent pas et ne cèdent pas devant le diktat du capitalisme ...

ils violent les statuts de la CGT votés par les adhérents qui indiquent que la CGT est un syndicat anticapitaliste , de masse et de classe ( voir le préambule et l’article 1 des statuts )

LE PAON et ses alliés de la direction ont le droit d ’être devenus réformistes , mais dans ce cas ils doivent quitter la CGT , rejoindre les organisations refromistes et cesser de casser de l ’intérieur notre syndicat de classe .

La direction confédérale n’ a que deux choix : se soumettre ou se demettre ...

Tous ceux qui sont attachés aux syndicalisme de classe , au respect de nos statuts, syndiqués, militants , responsables des UL , UD , regions , doivent se manifester et intervenir auprès de la confédération pour qu’elle effectue ce choix ...

Personne ne peut plus se cacher derrière son petit doigt et dire je ne savais pas , l’interwiew de LE PAON à ENSEMBLE est suffisemment clair pour que plus personne ne doute de la volonté de la confédération de liquider le syndicalisme de classe ... sous prétexte de créer un SYNDICALISME UNITAIRE , c est UN SYNDICALISME UNI A TERRE qui nous est proposé , et cela nous le refusons , nous le combattons !!!

dès à présent , la contestation doit se traduire dans un premier temps par des motions adressées à la confédération , il faut utiliser tous les moyens : courriers , pétitions , messages sur le site internet de la confédération, sur les réseaux sociaux ...MONTREUIL doit être submergé par les manifestations de réprobation de la base qui doit exiger que la CGT redevienne le grand syndicat de classe dont notre pays a besoin .

CAMARADES DE LA CGT REVEILLEZ-VOUS , QUE LES BOUCHES S’OUVRENT !!

 

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article137921

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:17

L'UNION DE LUTTES DES SYNDICATS CGT DU BASSIN MINIER OUEST DU PAS-DE- CALAIS ECRIT A THIERRY LEPAON, SECRETAIRE GENERAL DE LA CGT

 

5uls.cgt62@gmail.com

 

Chers(es) camarades du bureau confédéral, cher Thierry LEPAON,

 

Nous venons vers vous concernant la stratégie confédérale adoptée contre une réforme des retraites certes injuste mais déjà votée en 1ère lecture le 15 octobre à l’Assemblée Nationale.

 

Ce gouvernement sourd à nos revendications, aveugle sur notre situation, insensible sur nos réelles conditions de travail, reste inflexible dans sa marche antisociale au nom d’une dette qui n’est pas celle des travailleurs, qu’ils soient salariés, retraités ou demandeurs d’emplois.

 

Au travers de notre expérience de terrain et d’analyse d’une situation, notre impression ici en bas de la pyramide de la CGT, c’est-à-dire le socle historique composé de nos structures Unions Locales interprofessionnelles de la CGT nourries de l’expression crue et sans détour des camarades des syndicats, est que tout n’est pas mis en œuvre pour combattre une majorité présidentielle, un gouvernement et un Président qui poursuivent les bases œuvres du précédent gouvernement contre lequel nous avons lutté avec force et détermination en 2010.

 

Il est bien difficile de répondre à des camarades qui se sentent délaissés par une direction de confédération à laquelle ils ont adhéré pour être défendus et organisés sur la base des valeurs et des pratiques de luttes de notre CGT. Aussi, nous craignons une hémorragie liée au sentiment d’impuissance, même si dans notre territoire, nous proposons des luttes, nous proposons des débats et donnons des informations quasi quotidiennement.

 

Chers(es) camarades, nous ne pouvons pas être complaisants avec ce gouvernement et des députés qui « assassinent nos droits et acquis » et qui mettent en danger les travailleurs avec cette réforme qu’ils ont voté sans se soucier de nos revendications déposées lors des conférences sociales.

 

En 2010, nous avions déjà perdu une bataille que nous devions gagner, la mobilisation était là et les salariés étaient déterminés, mais la lutte s’est arrêtée d’un coup, et pour toute réponse, ce fût : « nous avons gagné la bataille des idées ». Aujourd’hui nous comprenons que cette victoire des idées a fait le bonheur des sociaux-démocrates (le mot socialiste étant usurpé) qui aujourd’hui se comportent économiquement, socialement et « sociétalement », comme les pires ultralibéraux.

 

Cette année 2013, nous avons déjà perdu avec l’ANI avec la complicité de syndicats jaunes et félons créés de toute pièce par le patronat pour juguler la CGT de 1917 à nos jours.

 

Cette loi est une des pires lois votées depuis 70 ans, elle se met en place dans les entreprises de notre territoire fortement impacté par la crise (sidérurgie-plasturgie-sous-traitance automobile-BTP…), et les salariés vont bientôt « goûter » aux effets de la « sécurisation » de leur emploi qui va les transformer en travailleurs précaires et corvéables, le temps que les délocalisations s’organisent selon la stratégie bien huilée d’un capitalisme décomplexé qui semble incontrôlable.

 

Et pour finir cette 13ème année du 21ème siècle, les mêmes s’apprêtent à voter la 5ème réforme de notre système de retraite issu de la résistance ouvrière et de la détermination du CNR.

 

Le sentiment partagé par beaucoup de militants dévoués et engagés, bénévoles avertis du syndicalisme, est que depuis quelques années, la confédération a délaissé les valeurs essentielles et les principes fondateurs et historiques de notre CGT… Beaucoup observent désormais que nous ne vivons plus dans la même maison, et considèrent que certains vivent dans le salon avec une vue panoramique et la tête dans les étoiles, quand d’autres sont dans les caves à remuer le charbon pour alimenter la chaudière.

 

La Direction Confédérale de la CGT n’a pas pu en si peu de temps, avoir oublié les réalités de la lutte de classes et de l’antagonisme capital/travail, n’a ou oublier l’impulsion de la grève générale quand cela s’impose, et le besoin de l’unité des travailleurs pour satisfaire les revendications et lutter contre des réformes antisociales…Nous demandons que la Direction de notre Confédération revienne rapidement aux fondamentaux.

 

Nos camarades de l’Union Locale CGT de Vendôme étaient présents à nos côtés le 7 octobre devant l’Assemblée Nationale, avec d’autres Unions Locales CGT de Normandie et de la région parisienne.

 

Nous sommes complétement d’accord quand ils écrivent dans la lettre qui vous a été adressée : « Les idées du front national commencent à entrer dans nos unions locales, ce qui est un frein pour l’action syndicale et source de division. Ici à Vendôme, bien qu’il s’agisse d’un phénomène marginal, nous en avons conscience. Nous le combattons par de l’information sur l’histoire du mouvement ouvrier, par des rappels de principe fondateur de la CGT, ainsi que par l’explication critique des positions du front national », c’est aussi notre pratique ici dans notre territoire du bassin minier du Pas-de-Calais, le laboratoire du FN depuis plusieurs années.

 

Notre territoire du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais est en déliquescence en termes d’emplois et en termes d’avenir, la misère grandit, nos permanences deviennent des lieux d’assistances sociales pour des travailleurs désœuvrés et exploités, humiliés et bafoués. Bien sûr nous répondons, nous écoutons, nous aidons, mais la solution individuelle ne doit pas passer au-dessus de l’action collective, le cas par cas n’est pas la solution quand des centaines, voire des milliers et des millions sont concernés.

 

Aussi, cette réforme honteuse et antisociale proposée par le gouvernement pour notre système de retraite doit être combattue, elle doit être retirée pour que nos revendications soient prises en compte, et ce n’est pas l’article soporifique sur la reconnaissance de la pénibilité qui fera que cette réforme ne soit pas nocive, car elle ne garantit par la survie du système par répartition intergénérationnelle ni une meilleure vie en retraite, au contraire.

 

D’autres réformes suivront, de plus en plus antisociales pour répondre aux exigences du patronat (il suffit de lire Gattaz), de l’Europe (il suffit de lire Barroso), du FMI (il suffit de lire Lagarde), du gouvernement français (il suffit de lire Sapin ou Touraine).

 

Donc, en bon relais de ces structures réactionnaires et conservatrices opposées au progrès social et au réel besoin des peuples, il suffit 1) de lire les déclarations des Ministres de ce gouvernement qui fait pire que le précédent (c’est là le sentiment de beaucoup de camarades), 2) d’analyser leurs pratiques et leur fonctionnement, pour comprendre simplement qu’il n’est pas de gauche et que le changement annoncé n’est que du vent.

 

En 1981, la CGT est restée l’arme au pied pour ne pas contrarier le 1er gouvernement de Gauche de la 5ème République, les anciens nous en parlent encore avec de l’amertume dans la voix.

 

Aujourd’hui, nous ne pouvons pas rester l’arme au pied, les militants, les syndiqués, les salariés, le peuple en proie à un sentiment d’impuissance, attendent de nous, de la CGT, un appel fort sans ambiguïté.

 

Si nous le faisons, nous sommes persuadés que l’extrême-droite reculera, mais si nous ne le faisons pas, le pire reste à venir, c’est le sentiment partagé par les camarades qui disent « on ne sait pas vers où nous allons, mais nous y allons »

 

Vous trouverez en annexe, un appel qui est une proposition, nous y avons adhéré car c’est là la seule solution qu’il nous reste pour inverser la fuite en avant proposée par ce gouvernement qui a ignoré les organisations syndicales de progrès social, lors des pseudos conférences sociales qui ne sont que des chimères, pire des chevaux de Troie.

 

Nous ne sommes pas des ânes manipulés par la carotte et le bâton, nous ne sommes pas des politiciens, nous ne sommes pas des émissaires d’une quelconque mouvance, mais nous en avons assez. La CGT du haut en bas, les Fédérations de la Confédération, le CCN, le bureau confédéral doivent fermement s’opposer à ce gouvernement et à cette politique d’austérité qui conduit la France dans le mur et dans le fascisme, et nous pesons nos mots.

 

Ainsi, empêcher fermement que cette loi qui réforme nos retraites, soit votée telle quelle en 2ème lecture, passe par une mobilisation générale des forces de progrès et des syndicats de progrès, devant le lieu de décision qu’est l’Assemblée Nationale.

 

Quand une Loi est injuste, c’est un devoir de la combattre, car derrière cette loi de réforme, des dizaines d’autres sont en préparation, vous le savez, nous le savons, mais perdre aujourd’hui, c’est aussi perdre demain, la défaite de 2010 a été difficile à digérer et encore aujourd’hui, elle pèse, même quand l’enjeu est important et transversal à l’ensemble des travailleurs.

 

Alors imaginez-vous quand ce gouvernement s’attaquera à des acquis et des droits par profession, quand il démantèlera les services publics, ou quand il s’attaquera aux droits syndicaux ou aux structures de représentation du personnel… qui lèvera le petit doigt pour l’empêcher si aujourd’hui pour des raisons politiciennes, nous ne montrons pas aux travailleurs la voie d’un grand front social, syndical, progressiste contre les régressions sociales et sociétales ?

 

Nous avons pris nos responsabilités pour vous écrire, nous espérons que vous nous écouterez et que vous aussi vous prendrez vos responsabilités. Dans l’attente de votre appel, de vous lire et de nous rejoindre.

 

Recevez chers(es) camarades du bureau confédéral, reçois cher Thierry LEPAON, l’assurance de nos fraternelles salutations et de notre détermination à combattre « tous ensemble » les réformes antisociales de ce gouvernement et les pratiques décomplexées du patronat qui entend réduire en bouillie nos droits, nos acquis et notre histoire, pour nous sacrifier sur l’autel des profits. Nous refusons le retour à Germinal, car il résonne encore dans notre bassin minier sacrifié et martyrisé mais qui luttera, vivra et vaincra.

 

Les camarades représentants l’Union de Luttes des Syndicats CGT des Unions Locales CGT d’Auchel - de Béthune - de Bruay-la-Buissière - d’Isbergues - de Lillers.

 

Le 24 octobre 2013.

 

Copie aux structures fédérales, départementales et locales de la CGT à partir du 28 octobre à 12h00.

 

 

UNION DE LUTTES DES SYNDICATS CGT

 

 

DU BASSIN MINIER OUEST DU PAS-DE- CALAIS

 

5uls.cgt62@gmail.com

 

 

Compte-rendu de Jacques Tailleu, porte-parole de notre union de luttes des syndicats CGT des Unions Locales CGT du Bassin Minier Ouest, à la conférence européenne sur l’industrie du 23 octobre 2013 à Paris.

Après notre intervention, qui a marqué les esprits, le 7 octobre à l'Assemblée Nationale, le ministre du redressement productif Arnaud MONTEBOURG, a convié notre Union de luttes des syndicats CGT du Bassin Minier Ouest, Auchel-Bruay-Béthune-Isbergues-Lillers, pour assister à une conférence sur le thème de la politique industrielle de l'Europe (documents ci-joints).

C’est notre camarade Jacques Tailleu, de l’UL CGT du Bruaysis, qui a été chargé d’être notre porte-parole pour bien montrer que nous sommes déterminés à ne plus reculer.

Une centaine de personnes parmi les hommes d'affaires les plus influents, assistaient à cette conférence où dix ministres européens étaient invités à débattre sur les objectifs que les commissaires européens auront à mettre en place pour les dix prochaines années.

Les intervenants ont présenté les différents paliers pour atteindre les objectifs prioritaires et, comme, « de bien entendu » les ministres formatés par le grand capital pour se calquer sur le « grand rêve américain » ont étalé de grandes idées.

Et, l'un, le ministre polonais (conservateur) de prêcher la bonne parole des lobbyings pour le développement des industries du gaz de schiste dont on connaît les conséquences désastreuses pour l'être humain et la nature.

L’autre d'intervenir au secours des petites et moyennes entreprises en favorisant l'innovation mais rien sur la formation et le maintien des emplois.

Le vice-président européen insistait quant à lui sur le trop plein bureaucratique en Europe, ce qui revient à dire que les fonctions publiques d'états, et leurs fonctionnaires bien entendu, vont à nouveau souffrir de cette politique de casse déjà bien engagée ces dernières décennies.

Arnaud MONTEBOURG a été plus modéré dans ces propos insistant sur une de ses priorités : la reprise économique pour la création plus qu'urgente de milliers d'emplois et l’arrêt des licenciements.

Au cours des débats, et parmi toutes les interventions, la crise, l'austérité, la pauvreté grandissante, n’ont été évoquées, même pas l'avenir des peuples et des travailleurs des pays de l'Europe.

Seul le ministre italien du développement économique (ex secrétaire général provincial du PCI) a abordé la situation dramatique de certaines régions et d'une grande partie de la population.

Après la clôture des débats, Jacques Tailleu, notre porte-parole, a pu aborder sans problème le Ministre MONTEBOURG pour lui faire en cinq minutes, un résumé de la situation désastreuse du Bassin Minier et l'inviter à une table ronde dans notre territoire, avec les représentants syndicaux du territoire.

Le ministre apparemment conscient de la situation a donc annoncé qu'il se rendrait dans notre Bassin Minier pour entendre les travailleurs « Je viendrais » a-t-il répondu à deux reprises.

Donc affaire à suivre.

De : De la part d'Arnaud Montebourg <industrie-europeenne.conference@finances.gouv.fr>

Date : 22 octobre 2013 11:41

Objet : Arnaud Montebourg vous convie à assister à la réunion des ministres européens de l’industrie à Bercy

L'industrie européenne représente 34 millions d'emplois, 80 % de nos dépenses de recherche et de développement, 75 % de nos exportations et 25% de nos emplois. Elle a un effet d'entraînement sur tous les autres secteurs de l'économie et notamment les services. Une économie forte ne peut exister sans une industrie forte. Or, la part de l'industrie dans le PIB européen recule depuis plusieurs années.

Face à cette situation, l'Union européenne a pris plusieurs initiatives au cours des derniers mois. Mais l'Europe doit aujourd'hui prendre des mesures à la hauteur de la situation, comme les Etats-Unis et toutes les autres puissances industrielles mondiales l'ont fait. Toutes les options pouvant permettre de regagner de la croissance et créer des emplois en Europe doivent être explorées. Le besoin de renforcer notre politique industrielle européenne fait désormais l'objet d'un large consensus et le Conseil Européen de février 2014 y sera consacré.

C'est dans ce contexte que le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, réunit à Paris dix de ses homologues (Italie, Espagne, Bulgarie, Grèce, Pologne, Royaume-Uni, Allemagne, Luxembourg, République Tchèque, Belgique), ainsi que le Vice-Président de la Commission européenne Antonio Tajani, pour la 1ère Conférence ministérielle des amis de l'Industrie.

Arnaud Montebourg, Ministre du Redressement productif vous convie à la 1ère Conférence ministérielle des amis de l'Industrie le 23 octobre 2013, à partir de 13h30 au Centre Pierre Mendès-France, 139 rue de Bercy à Paris. Vous pouvez vous inscrire, ou vous faire représenter.

Programme - 1ère conférence ministérielle des Amis de l’industrie

« Restaurer la compétitivité industrielle de l’Europe dans une économie mondialisée »

13h30 – 14h00 : Café, accueil des participants

14h00 – 14h15 : Discours d’ouverture de M. Arnaud Montebourg, Ministre du redressement productif

14h15 – 14h30h : Discours de M. Antonio Tajani, Vice-président de la Commission européenne, Commissaire à l’industrie et à l’entrepreneuriat

14h30 – 15h25 : Première table ronde, « Quels leviers pour la politique industrielle européenne ? ».

Thèmes abordés :

- les objectifs et la gouvernance de la politique industrielle ;

- la conduite des politiques sectorielles ;

- l’innovation en soutien de la compétitivité ;

- la diversification des instruments de financements;

15h25 – 16h20 : Deuxième table ronde, « Pour une mondialisation équitable ».

Thèmes abordés :

- la politique commerciale;

- l’encadrement des aides d’État ;

- l’impact des politiques en matière d’environnement, climat et énergie sur la compétitivité industrielle.

16h20 – 16h30 : Mots de clôture par M. Arnaud Montebourg, Ministre du redressement productif

 

http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/article-l-union-de-luttes-des-syndicats-cgt-du-bassin-minier-ouest-du-pas-de-calais-ecrit-a-thierry-lepaon-120854219.html

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:16

Un rapport confidentiel des préfets montre les racines d'une exaspération qui peine à s'exprimer sur le terrain social, mais qui menace de tout emporter dans les urnes.

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C'est une note de quatre pages, classée "confidentiel" et rédigée par le ministère de l'Intérieur. Chaque mois, les services de Manuel Valls, sur la foi des rapports que leur adressent les préfets, rédigent une "synthèse", qui est une manière de plonger dans les méandres de l'opinion publique. Elle dit l'esprit du temps, le moral des élus et l'humeur des Français, ceux que l'on entend peu dans les grands médias et qui représentent ce que certains appellent "le pays profond".

 

La dernière en date de ces synthèses a été publiée le 27 septembre dernier. Elle est remontée illico jusqu'au sommet de l'Etat et a été jugée suffisamment inquiétante à l'Elysée et à Matignon, pour que, cette fois-ci, elle soit communiquée aux principaux dirigeants de la majorité.

 

La France gronde, les Français sont en "colère ". 

Ce mot-là, François Hollande, en déplacement la semaine dernière en Haute-Loire, l'a d'ailleurs prononcé publiquement. Dans la synthèse des préfets, il ne figure pas de façon explicite. Mais c'est tout comme ! Les casquettes de la République n'ont pas l'habitude d'employer les formules chocs et les phrases qui claquent.

C'est ce qui fait tout l'intérêt de la note du 27 septembre.

 

Il faut savoir la décoder pour mesurer son caractère alarmiste. Tout est écrit par petites touches qui signalent, une à une, les sources d'un mécontentement qui monte, qui tourne, qui s'alimente parfois à de petits riens dont on mesure toutefois combien ils pourraient devenir explosifs si demain ils devaient se cristalliser dans un même mouvement.

On n'en est pas encore là.

C'est ce qui explique, au bout du compte, un climat insaisissable fait d'aigreurs accumulées, sur fond de ressentiment à l'égard de ce qui vient d'en haut, du pouvoir parisien, de ceux qui gouvernent l'Etat.

"Un sentiment d'abandon"

Le premier point mis en exergue par les préfets porte sur le monde rural. Celui-ci "s'organise pour revendiquer une spécificité de traitement dans les réformes en cours".

A quelques mois des municipales, il n'y a rien là de secondaire.

Si le redécoupage cantonal "ne suscite guère de réactions dans l'opinion, il fait parfois l'objet de débats enflammés dans les exécutifs locaux". Plus que "des accusations partisanes", les préfets notent ainsi "les inquiétudes sur les conséquences d'un tel redécoupage sur le maillage territorial des services publics et l'éligibilité à certaines subventions ou projets d'équipements".

Le discours qui monte est tout entier dirigé "contre l'hégémonie des métropoles" que le gouvernement serait en train d'organiser à travers la loi Lebranchu.

Chez les petits élus, tout fait désormais sens : les restructurations liées au vote de la loi de programmation militaire aussi bien que la réforme Peillon des rythmes scolaires.

Le sentiment qui domine est "un sentiment d'abandon".

Le deuxième point abordé par les préfets a davantage fait les gros titres des médias."Inquiets du discours antifiscal qui pourrait favoriser les extrêmes, écrivent-ils, les élus considèrent que les limites du consentement à l'impôt sont atteintes."

Là encore tout converge : "Dans les esprits où domine la hantise du chômage et de la baisse du pouvoir d'achat, la hausse de la fiscalité devient un élément anxiogène de plus." 

L'expression utilisée est celle de "choc psychologique" pour "des foyers jusque-là non imposables". A preuve, " l'afflux record dans certains centres de finances publiques de contribuables à la recherche d'informations ".

Dans ce contexte, "les élus confient avoir constaté la radicalisation des propos de leurs administrés qui fustigent 'un matraquage fiscal' et 'une hausse insupportable d'impôts qui financent un système trop généreux'."

Et les préfets de conclure : "La menace de désobéissance fiscale est clairement brandie."

 

Le troisième point abordé par les casquettes de la République porte sur "l'évolution des modes de délinquance". "Médiatisation croissante des faits divers par les médias locaux [...] dans des régions qui s'en croyaient indemnes" ; "cambriolages, délinquance de proximité, incivilités" : la formule choisie pour résumer le sentiment des Français se passe de commentaire.

 

Tout cela "inquiète autant que cela exaspère". C'est ce qui conduit les préfets à souligner que "la population semble désormais prête à s'impliquer davantage dans la lutte contre la délinquance à travers des opérations comme 'voisins vigilants' ou 'alertes commerce'".

Enfin, sur un mode un peu plus positif au regard des mesures prises récemment par le gouvernement avec notamment la baisse de la TVA sur la rénovation de logements, les préfets soulignent "la situation de détresse" qui est aujourd'hui celle des professionnels du bâtiment.

Loin du discours convenu sur les bienfaits supposés du statut d'auto-entrepreneur, ils rappellent ainsi que "dans certains départements, près de 70% des créations d'entreprises artisanales" relèvent de ce dit statut. Ce qui, ajouté à "la concurrence d'entreprises étrangères qualifiée de low cost", entretient un discours récurrent sur la "concurrence déloyale".

Ras-le-bol fiscal

Faut-il dès lors s'étonner que le Front national monte dans les sondages ?

Sentiment d'abandon des zones rurales, ras-le-bol fiscal, augmentation de la petite délinquance, détresse du monde artisanal : on retrouve là tous les ingrédients qui, mis bout à bout, nourrissent le programme lepéniste dans ce qu'il a de plus tristement classique. 

Durant l'été dernier, Hollande confiait volontiers son inquiétude de voir la réforme des retraites "unifier" un mécontentement latent.

"Si ça prend, disait-il en privé, toutes les catégories qui grognent oublieront leurs antagonismes pour se retrouver derrière la première manif venue." Le danger n'est plus là. La réforme des retraites, bouclée fin août avec un sens achevé de l'équilibre hollandais, a étouffé dans l'oeuf le mouvement social et du même coup les projets assassins de la gauche Mélenchon, en lien avec les secteurs les plus durs de la CGT ou de FO.

Sur le front de l'emploi, les plans sociaux qui tombent provoquent plus de ressentiments que de mobilisations. De même qu'il existe des grèves perlées, on voit s'installer une colère diffuse qui entretient dans le pays ce curieux climat où l'insatisfaction domine sans que jamais elle ne s'exprime de manière unifiée dans la rue.

"Ne comptez plus sur notre bulletin de vote"

Aujourd'hui, on en est là. Les sondages le disent. Les préfets le confirment. Les plus expérimentés des élus de gauche confient, la peur au ventre, que cette situation leur rappelle celle qui prédominait avant leur déroute des législatives de 1993. "Les gens se taisent. Bien sûr, sur les marchés, nos sympathisants viennent râler. Mais tous les autres ont le visage fermé, témoigne un député d'Ile-de-France. Ils se contentent d'un 'C'est dur, hein !' dont on sent bien qu'il veut dire 'Ne comptez plus sur notre bulletin de vote'. "

 

L'abstention, voilà l'ennemi. Celui qui fait trembler les candidats de l'actuelle majorité, à l'approche des municipales. Avec, en toile de fond, une attention croissante au discours lepéniste, perçu comme la dernière manifestation possible de ce refus du "système" qui fait désormais florès.

Dans ce climat délétère, tout est désormais fléché pour que la colère qui monte se porte sur le seul terrain électoral.

Quand Jean-François Copé répète à tout-va que la seule manière de "sanctionner le pouvoir" est de favoriser une "vague bleue" aux prochaines municipales, mesure-t-il qu'il ne se trompe sur rien, sauf sur la couleur exacte d'un vote qui s'annonce essentiellement "bleu Marine" ?

Face à cela, la majorité ne peut compter que sur l'implantation de ses élus sortants. Elle tente de faire souffler sur le pays un air d'optimisme, encouragé par la croissance qui revient et la courbe du chômage qui devrait s'inverser à la fin de l'année.

C'est peu et beaucoup à la fois. C'est un peu tard surtout pour espérer que le courant qui enfle, dans les profondeurs du pays, puisse être freiné dans les mois à venir. 

 En 2014, immanquablement, tombera la facture.

Pour Hollande, comme pour la droite républicaine, il n'y a guère de raison de penser qu'à la colère qui gronde, ne succédera pas, demain, une de ces sanctions dont on ne pourra pas dire qu'elle est venue par surprise

 

 

(sur le site de Jean Levy et El Diablo)

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:13
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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:10

 Marc Vandepitte

21 octobre 2013

 

Les États-Unis sont-ils sérieusement en guerre contre le terrorisme en Afrique ou le suscitent-ils au contraire pour servir leurs intérêts ? Enquête de Marc Vandepitte.

 

État défaillant

Le 11 octobre, le Premier ministre libyen a été brutalement enlevé avant d’être libéré quelques heures plus tard. Ce kidnapping est symptomatique de la situation dans le pays. Le 12 octobre, une voiture piégée a explosé près des ambassades de Suède et de Finlande. Une semaine auparavant, l’ambassade russe fut évacuée après avoir été envahie par des hommes armés. Il y a un an, la même chose s’était produite à l’ambassade américaine. L’ambassadeur et trois collaborateurs y avaient trouvé la mort. D’autres ambassades avaient été par le passé également prises pour cibles.

L’intervention occidentale en Libye, comme en Irak et en Afghanistan, a instauré un État défaillant. Depuis l’éviction et le meurtre de Kadhafi, la situation sécuritaire du pays est hors de contrôle. Attentats sur politiciens, activistes, juges et services de sécurité sont monnaie courante. Le gouvernement central exerce à peine le contrôle sur le pays. Des milices rivales imposent leur loi. En février, le gouvernement de transition a été forcé de se réunir sous des tentes après avoir été expulsés du parlement par des rebelles en colère. Le bateau qui a coulé près de Lampedusa, noyant 300 réfugiés, provenait de Libye. Etc.

La Libye détient les plus importantes réserves de pétrole d’Afrique. Mais suite au chaos qui règne dans le pays, l’extraction du pétrole est quasiment à l’arrêt. Désormais, le pays doit importer du pétrole pour assurer ses besoins en électricité. Début septembre, l’approvisionnement en eau vers Tripoli a été saboté, menaçant la capitale de pénurie.

Bases pour terroristes islamistes

Mais le plus inquiétant est la jihadisation du pays. Les islamistes contrôlent des territoires entiers et placent des hommes armés aux checkpoints des villes de Benghazi et Derna. Le personnage de Belhadj en est une parfaite illustration. Cet ancien (pour ainsi dire) membre éminent d’Al-Qaïda était impliqué dans les attentats de Madrid en 2004. Après la chute de Kadhafi, il devint gouverneur de Tripoli et envoya des centaines de jihadistes libyens en Syrie pour combattre Assad. Il travaille désormais à l’instauration d’un parti conservateur islamiste.

L’influence de la jihadisation s’étend bien au-delà des frontières du pays. Le Ministre tunisien de l’Intérieur décrit la Libye comme « un refuge pour les membres nord-africains d’Al-Qaïda. » Suite à l’effondrement du pouvoir central libyen, des armes lourdes sont tombées dans les mains de toutes sortes de milices. L’une d’entre elles, le Libyan Islamic Fighting Group (LIFG), dont Belhadj était le dirigeant, a conclu une alliance avec les rebelles islamistes du Mali. Ces derniers sont parvenus, avec les Touaregs, à s’emparer du Nord du Mali pendant quelques mois. La prise d’otage de grande ampleur sur un site gazier algérien en janvier a été réalisée au départ de la Libye. Aujourd’hui, la rébellion syrienne est contrôlée depuis la Libye et la tâche d’huile jiadhiste s’étend vers le Niger et la Mauritanie.

En remerciant la CIA

À première vue, les États-Unis et l’Occident semblent se faire du souci à propos de cette recrudescence d’activité jihadiste en Afrique du Nord. Ajoutons-y aussi le Nigéria, la Somalie et plus récemment, le Kenya. Mais à y regarder de plus près, la situation est plus compliquée. La chute de Kadhafi fut rendue possible par une alliance entre d’une part des forces spéciales françaises, britanniques, jordaniennes et qataries, et d’autre part des groupes rebelles libyens. Le plus important de ceux-ci était bel et bien le Libyan Islamic Fighting Group (LIFG), qui figurait sur la liste des organisations terroristes interdites. Son leader, le susmentionné Belhadj, avait deux à trois milles hommes sous ses ordres. Sa milice eut droit à des entraînements américains juste avant que ne commence la rébellion en Libye.

Les États-Unis n’en sont pas à leur coup d’essai en la matière. Dans les années 80, ils s’occupèrent de la formation et de l’encadrement des combattants islamistes extrémistes en Afghanistan. Dans les années 90 ils remirent le couvert en Bosnie et dix ans plus tard au Kosovo. Il n’est pas à exclure que les services de renseignements occidentaux soient directement ou indirectement impliqués dans les activités terroristes des Tchétchènes en Russie et des Ouïgours en Chine.

Les États-Unis et le France ont feint la surprise lorsque les Touaregs et les islamistes ont occupé le Nord du Mali. Mais ce n’était qu’une façade. L’on peut même se demander s’ils ne l’ont pas provoquée, comme ce fut le cas en 1990 avec l’Irak vis-à-vis du Koweït. Vu l’activité d’Al-Qaïda dans la région, n’importe quel spécialiste en géostratégie savait que l’élimination de Kadhafi provoquerait une recrudescence de la menace terroriste au Maghreb et au Sahel. Comme la chute de Kadhafi a été provoquée en grande partie par les milices jihadistes, que les États-Unis ont formées et encadrées, l’on peut commencer à se poser de sérieuses questions. Pour plus de détails à ce propos je vous renvoie vers un article précédent.

Agenda géopolitique

Quoi qu’il en soit, la menace terroriste islamiste dans la région et ailleurs sur le continent arrange bien les États-Unis. Cela constitue l’excuse parfaite pour être présent militairement et intervenir sur le continent africain. Il n’a pas échappé à Washington que la Chine et d’autres pays émergents sont de plus en plus actifs sur le continent et constituent de ce fait une menace envers leur hégémonie. La Chine est aujourd’hui le plus important partenaire commercial de l’Afrique. D’après le Financial Times, « la militarisation de la politique américaine après le 11 septembre est controversée depuis longtemps puisque elle est considérée dans la région comme une tentative des États-Unis de renforcer leur contrôle sur les matières premières et de contrecarrer le rôle commercial exponentiel de la Chine. »

En novembre 2006, la Chine a organisé un sommet extraordinaire sur la coopération économique où étaient présents au moins 45 chefs d’État africains. Précisément un mois plus tard, Bush approuvait la mise sur pied d’Africom. Africom est le contingent militaire américain (avions, navires, troupes, etc.) consacré au continent africain. Nous l’avons vu à l’œuvre pour la première fois en Libye et au Mali. Africom est désormais en activité dans 49 des 54 pays africains et les États-Unis ont dans au moins dix pays des bases ou installations militaires permanentes. La militarisation des États-Unis sur le continent ne fait que s’étendre. Ci-dessous vous trouverez une carte de leur présence sur le continent ces deux dernières années. Elle est assez éloquente.

CARTE

Sur le terrain économique, les pays du Nord perdent du terrain face aux pays émergents du Sud, et c’est certainement aussi le cas en Afrique, un continent riche en matières premières. Il semble de plus en plus évident que les pays du Nord combattront ce rééquilibrage par des moyens militaires. Ça promet pour le continent noir.

 

Source : Investig'Action

Traduit du néerlandais par Thomas Halter pour Investig'Action

 

http://www.michelcollon.info/Libye-de-Kadhafi-a-Al-Qaida-En.html

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Published by Vendémiaire - dans Maghreb-Machrek
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