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Quelques conférences

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L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:10

 Marc Vandepitte

21 octobre 2013

 

Les États-Unis sont-ils sérieusement en guerre contre le terrorisme en Afrique ou le suscitent-ils au contraire pour servir leurs intérêts ? Enquête de Marc Vandepitte.

 

État défaillant

Le 11 octobre, le Premier ministre libyen a été brutalement enlevé avant d’être libéré quelques heures plus tard. Ce kidnapping est symptomatique de la situation dans le pays. Le 12 octobre, une voiture piégée a explosé près des ambassades de Suède et de Finlande. Une semaine auparavant, l’ambassade russe fut évacuée après avoir été envahie par des hommes armés. Il y a un an, la même chose s’était produite à l’ambassade américaine. L’ambassadeur et trois collaborateurs y avaient trouvé la mort. D’autres ambassades avaient été par le passé également prises pour cibles.

L’intervention occidentale en Libye, comme en Irak et en Afghanistan, a instauré un État défaillant. Depuis l’éviction et le meurtre de Kadhafi, la situation sécuritaire du pays est hors de contrôle. Attentats sur politiciens, activistes, juges et services de sécurité sont monnaie courante. Le gouvernement central exerce à peine le contrôle sur le pays. Des milices rivales imposent leur loi. En février, le gouvernement de transition a été forcé de se réunir sous des tentes après avoir été expulsés du parlement par des rebelles en colère. Le bateau qui a coulé près de Lampedusa, noyant 300 réfugiés, provenait de Libye. Etc.

La Libye détient les plus importantes réserves de pétrole d’Afrique. Mais suite au chaos qui règne dans le pays, l’extraction du pétrole est quasiment à l’arrêt. Désormais, le pays doit importer du pétrole pour assurer ses besoins en électricité. Début septembre, l’approvisionnement en eau vers Tripoli a été saboté, menaçant la capitale de pénurie.

Bases pour terroristes islamistes

Mais le plus inquiétant est la jihadisation du pays. Les islamistes contrôlent des territoires entiers et placent des hommes armés aux checkpoints des villes de Benghazi et Derna. Le personnage de Belhadj en est une parfaite illustration. Cet ancien (pour ainsi dire) membre éminent d’Al-Qaïda était impliqué dans les attentats de Madrid en 2004. Après la chute de Kadhafi, il devint gouverneur de Tripoli et envoya des centaines de jihadistes libyens en Syrie pour combattre Assad. Il travaille désormais à l’instauration d’un parti conservateur islamiste.

L’influence de la jihadisation s’étend bien au-delà des frontières du pays. Le Ministre tunisien de l’Intérieur décrit la Libye comme « un refuge pour les membres nord-africains d’Al-Qaïda. » Suite à l’effondrement du pouvoir central libyen, des armes lourdes sont tombées dans les mains de toutes sortes de milices. L’une d’entre elles, le Libyan Islamic Fighting Group (LIFG), dont Belhadj était le dirigeant, a conclu une alliance avec les rebelles islamistes du Mali. Ces derniers sont parvenus, avec les Touaregs, à s’emparer du Nord du Mali pendant quelques mois. La prise d’otage de grande ampleur sur un site gazier algérien en janvier a été réalisée au départ de la Libye. Aujourd’hui, la rébellion syrienne est contrôlée depuis la Libye et la tâche d’huile jiadhiste s’étend vers le Niger et la Mauritanie.

En remerciant la CIA

À première vue, les États-Unis et l’Occident semblent se faire du souci à propos de cette recrudescence d’activité jihadiste en Afrique du Nord. Ajoutons-y aussi le Nigéria, la Somalie et plus récemment, le Kenya. Mais à y regarder de plus près, la situation est plus compliquée. La chute de Kadhafi fut rendue possible par une alliance entre d’une part des forces spéciales françaises, britanniques, jordaniennes et qataries, et d’autre part des groupes rebelles libyens. Le plus important de ceux-ci était bel et bien le Libyan Islamic Fighting Group (LIFG), qui figurait sur la liste des organisations terroristes interdites. Son leader, le susmentionné Belhadj, avait deux à trois milles hommes sous ses ordres. Sa milice eut droit à des entraînements américains juste avant que ne commence la rébellion en Libye.

Les États-Unis n’en sont pas à leur coup d’essai en la matière. Dans les années 80, ils s’occupèrent de la formation et de l’encadrement des combattants islamistes extrémistes en Afghanistan. Dans les années 90 ils remirent le couvert en Bosnie et dix ans plus tard au Kosovo. Il n’est pas à exclure que les services de renseignements occidentaux soient directement ou indirectement impliqués dans les activités terroristes des Tchétchènes en Russie et des Ouïgours en Chine.

Les États-Unis et le France ont feint la surprise lorsque les Touaregs et les islamistes ont occupé le Nord du Mali. Mais ce n’était qu’une façade. L’on peut même se demander s’ils ne l’ont pas provoquée, comme ce fut le cas en 1990 avec l’Irak vis-à-vis du Koweït. Vu l’activité d’Al-Qaïda dans la région, n’importe quel spécialiste en géostratégie savait que l’élimination de Kadhafi provoquerait une recrudescence de la menace terroriste au Maghreb et au Sahel. Comme la chute de Kadhafi a été provoquée en grande partie par les milices jihadistes, que les États-Unis ont formées et encadrées, l’on peut commencer à se poser de sérieuses questions. Pour plus de détails à ce propos je vous renvoie vers un article précédent.

Agenda géopolitique

Quoi qu’il en soit, la menace terroriste islamiste dans la région et ailleurs sur le continent arrange bien les États-Unis. Cela constitue l’excuse parfaite pour être présent militairement et intervenir sur le continent africain. Il n’a pas échappé à Washington que la Chine et d’autres pays émergents sont de plus en plus actifs sur le continent et constituent de ce fait une menace envers leur hégémonie. La Chine est aujourd’hui le plus important partenaire commercial de l’Afrique. D’après le Financial Times, « la militarisation de la politique américaine après le 11 septembre est controversée depuis longtemps puisque elle est considérée dans la région comme une tentative des États-Unis de renforcer leur contrôle sur les matières premières et de contrecarrer le rôle commercial exponentiel de la Chine. »

En novembre 2006, la Chine a organisé un sommet extraordinaire sur la coopération économique où étaient présents au moins 45 chefs d’État africains. Précisément un mois plus tard, Bush approuvait la mise sur pied d’Africom. Africom est le contingent militaire américain (avions, navires, troupes, etc.) consacré au continent africain. Nous l’avons vu à l’œuvre pour la première fois en Libye et au Mali. Africom est désormais en activité dans 49 des 54 pays africains et les États-Unis ont dans au moins dix pays des bases ou installations militaires permanentes. La militarisation des États-Unis sur le continent ne fait que s’étendre. Ci-dessous vous trouverez une carte de leur présence sur le continent ces deux dernières années. Elle est assez éloquente.

CARTE

Sur le terrain économique, les pays du Nord perdent du terrain face aux pays émergents du Sud, et c’est certainement aussi le cas en Afrique, un continent riche en matières premières. Il semble de plus en plus évident que les pays du Nord combattront ce rééquilibrage par des moyens militaires. Ça promet pour le continent noir.

 

Source : Investig'Action

Traduit du néerlandais par Thomas Halter pour Investig'Action

 

http://www.michelcollon.info/Libye-de-Kadhafi-a-Al-Qaida-En.html

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:07

Le nombre de pauvres a augmenté en France de 1 million entre 2008 et 2011 selon une étude de l’Observatoire des inégalités.

 

La hausse du nombre de personnes pauvres en France s’affirme et s’accélère.

 

Aujourd’hui, un peu plus de 8,8 millions de personnes doivent vivre avec moins de 60 % du revenu médian en France (977 euros par mois pour un individu seul, 2.052 euros pour un couple avec deux enfants en bas âge).

 

Plus d’une personne sur dix de la catégorie des 20-29 ans est pauvre et 1,7 million d’enfants et d’adolescents se trouvent dans le même cas. « Ils le sont parce que leurs parents disposent de revenus insuffisants, notamment du fait du chômage, des bas salaires et du morcellement des temps de travail », indique l’étude.

 

Tous les pauvres ne sont pas chômeurs, loin s’en faut. Pas moins de 1,9 million de personnes vivant sous le seuil des 60 % du revenu médian exercent une activité.

 

Observatoire des inégalités d’octobre 2013

 

Transmis par Augustin VINALS

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:05

 jeudi 31 octobre 2013 / par Kaci Racelma

 

La décision du Maroc de rappeler son ambassadeur à Alger pour consultation témoigne des relations conflictuelles qu’entretiennent ces deux pays de l’Union du Maghreb Arabe.

 

 (De notre correspondant à Alger)

Alors que la première conférence de solidarité africaine pour l’indépendance du peuple sahraoui a annoncé la clôture de la Conférence d’Abuja, la décision qui en résulte irrite au plus haut sommet le royaume du Maroc. Ce qui a conduit les dignitaires de ce pays à rappeler leur ambassadeur à la capitale algérienne pour consultations.

Cette irritation a pour point nodal la naissance d’une coordination dénommée Task force africaine de solidarité avec le peuple sahraoui. « Cette décision fait suite à la multiplication des actes de provocation et d’hostilité de l’Algérie », a indiqué un communiqué émanant du ministère marocain des Affaires étrangères. La tenue de cette conférence intervient quelques jours seulement après l’appel du chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, en direction du Maroc voisin, à la retenue et à la sagesse. Un contexte de tensions renouvelées entre les deux pays qui entretiennent des relations conflictuelles et qui ont pour origine la question du Sahara occidental. Dans le discours lu en son nom lundi par le ministre algérien de la Justice, Tayeb Louh, Abdelaziz Bouteflika qui considérait « plus que jamais d’actualité » la mise en place d’un mécanisme international de surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental, maintient le cap sur cette question. Il est résolument décidé à ne pas reculer d’un iota. Une situation qui ne semble aucunement connaître un dénouement heureux, même si cette "Task force" pourrait mener à des « actions multiformes » tout en étant composée des pays suivants : l’Algérie, le Kenya, le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Cameroun et le Bénin.

Aussi, les organisateurs de cette première conférence du genre ont fait part, dans leur « Déclaration finale », de la création d’un Comité africain de coordination de la solidarité avec la cause sahraouie. L’instauration d’une « journée spéciale » de solidarité à la lutte du peuple sahraoui en découle aussi comme décision, ce qui donne à l’événement une grande ampleur. Plusieurs points seront au centre des débats en marge de la première réunion qui aura lieu les 14 et 15 décembre prochain. Et ce, à l’issue de la 4e Conférence internationale qui aura pour thème "Les droits des peuples et la résistance : cas du Sahara occidental", dans la capitale algérienne, Alger. Les participants usent déjà d’un ton loin d’être tendre à l’adresse des dignitaires du royaume chérifien. Ils parlent de « décolonisation des territoires occupés », de « régime colonial marocain » et non sans dénoncer « l’exploitation illégale des richesses naturelles du peuple sahraoui ».

Les semaines à venir charrieront beaucoup de nouvelles données à une équation toujours confuse. Pour l’heure, force est de reconnaître que les relations entre le Maroc et l’Algérie se sont détériorées davantage, avec notamment le rappel de l’ambassadeur du Maroc à Alger.

 

http://www.afrik.com/algerie-maroc-les-tensions-refont-surface

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:03

 Soumia Salhi

30 octobre 2013


Cinquante ans après, qu'en est-il des Algériennes ? Soumia Salhi, militante féministe fait le point sur le formidable boulversement survenu dans la vie des femmes algériennes. Nous sommes loin du discours néocolonial, démultiplié par internet qui dit que rien n'a changé et qu’il existe, dans les pays du Nord opulent, une espèce humaine supérieure au sein de laquelle les femmes auraient échappé à toute oppression.

 

J’aime à me promener dans le centre d’El Harrach, le quartier du Collège Laverdet de mon adolescence, celui du lycée Ourida Meddad de ma jeunesse studieuse. Et je ne me lasse pas de m’émouvoir du formidable bouleversement de notre vie de femmes que j’y constate à chaque fois.

Dans mon enfance, les femmes ne sortaient pas, elles ne fréquentaient pas les lieux publics. Je ne parle pas de l’ordre traditionnel rigoureux de notre village au pied de l’Akfadou, mais des grandes villes d’Algérie et notamment d’El Harrach, à Alger, où je suis née. Aussi, je suis toujours agacée par le matraquage du discours néocolonial, démultiplié par internet, ce discours qui dit que rien n’a changé et part du principe suggéré qu’il existe, dans les pays du Nord opulent, une espèce humaine supérieure au sein de laquelle les femmes auraient échappé à toute oppression.

Un véritable mépris pour toutes les luttes féminines, une insulte au bon sens. Il me suffit de comparer le sort de ma mère, disparue il y a quelques années à 90 ans, avec le sort de ma fille titulaire d’un master qui rêve de recherche scientifique. Il n’y a rien de comparable avec le vécu de la décennie 90, ni avec l’enfermement massif des premières années de l’indépendance, ni avec l’arriération de notre société sous la botte coloniale. 


Les fruits de l’indépendance


L’indépendance fut l’occasion d’un premier bond en avant pour la femme algérienne. Mais sa situation demeurait paradoxale, l’égalité constitutionnelle n’empêchait pas l’enfermement domestique pour l’écrasante majorité des femmes. L’urbanisation massive, inéluctable, détruit les bases sociales de l’ordre ancien mais les mentalités rurales envahissent la ville. L’égalité proclamée ne disposait pas des conditions économiques et sociales pour s’imposer. Le bouleversement significatif vient de l’irruption massive de lycéennes et d’étudiantes qui s’emparent de l’espace public. C’est en leur sein que va se développer un mouvement féministe. Adossés aux mouvances de la gauche clandestine, des cercles clandestins apparaissent à Alger, Oran, Constantine et Annaba déjà en 1977. On passe ensuite à des activités publiques, dont les plus significatives sont les ciné-clubs féminins. En 1980/81, ce sont des collectifs qui se mettent en place.


De l’ouverture à la menace de régression


Après ces années de maturation, c’est un vaste mouvement qui prend la parole à partir de 1988 et nos coordinations commençaient à traquer les dispositions inégalitaires du code de la famille dont nous exigions l’abrogation et c’est contre un rassemblement, très féminin, devant le premier ministère que s’organise la marche d’eddaawa, en décembre 1989. En réponse, le 8 mars 1990, nous sommes vingt mille à descendre vers l’APN. La victoire du FIS aux élections locales stoppe net notre élan. Nous étions toujours là mais bien moins nombreuses. Cette fois, les télés et la presse nationale et internationale sont au rendez-vous pour couvrir nos activités symboliques. Au quotidien, les femmes résistent massivement et le triomphe du FIS aux législatives de 1991 est moins ample.


La résistance


Au cœur de l’adversité, l’école et l’université sont restées mixtes ! Les statistiques scolaires inversent le ratio sexuel, 60% des bacheliers, deux tiers des diplômés sont des filles. Les diplômées occupent des emplois qui valorisent désormais le travail féminin dans la famille et la société, y compris celui des autres catégories moins instruites. Le mariage n’interrompt plus l’activité professionnelle.


Dans le monde du travail, on retrouve une femme sur trente en 1966 et une femme sur 6 dans les années 2000. Elles réalisent la parité dans les secteurs de l’enseignement et de la santé, dans l’administration. Elles sont mêmes majoritaires dans l’encadrement de base. Elles sont un tiers des juges, ce qui n’est pas rien. Ces années sont aussi faites de luttes pour faire respecter la femme travailleuse. La dynamique de la Commission nationale des femmes travailleuses de l’UGTA concerne 200 000 adhérentes et les implique dans des campagnes qui s’étendent à travers tout le pays. La campagne la plus spectaculaire est celle menée contre le harcèlement sexuel qui débouche sur sa criminalisation en 2004. Mieux ! L’adhésion à cette campagne s’étend aux milieux islamistes.Le droit des femmes à travailler est acquis.
Le hidjab, qui est venu s’opposer à notre liberté est plus commode que le haïk d’antan, puisqu’il libère les mains et le mouvement et par une ironie de l’histoire il a facilité l’accès à l’espace public à des milliers de femmes. On peut, de même, observer une coquetterie vestimentaire assumée, en fait une relativisation du message du voile, celui de la soumission des femmes. Le schéma qui nous est proposé par le discours néocolonial dominant est celui d’une essence, d’une nature arriérée de notre peuple. On lui oppose la perfection génétique des peuples d’Europe.


Ainsi, lorsque nous dénonçons un cas de harcèlement sexuel, les commentaires désignent le coupable : le pouvoir algérien et ses représentants ou alors on accusera la nature barbare de l’Algérien, inapte au progrès. Non ! Tous les pouvoirs de la terre baignent dans les valeurs patriarcales. Le patriarcat est plus radical dans notre pays, mais le harcèlement débute, et il se développe avec l’essor de la précarité et de la misère, avec les contrats temporaires et le travail au noir qui multiplient les occasions de chantage.


J’ai posté sur facebook des statistiques sur les viols commis en Algérie. Et de nouveau le couplet essentialiste. L’Algérie, l’Algérie.


Encore non ! L’oppression patriarcale, les violences c’est le sort commun des femmes du monde entier. Il y a un viol toutes les 35 secondes aux USA, un viol toutes les sept minutes en France. Pour les violences conjugales : tous les cinq jours, deux femmes sont tuées en France par leur compagnon. Ce n’est qu’en 1969 que les françaises ont eu le droit d’avoir un chéquier, ce n’est qu’en 1974 que le dernier canton suisse a accordé le droit de vote aux femmes. Sait-on que le droit coutumier britannique autorisait le mari à battre sa femme. Qu’y a-t-il donc de spécifique qui nous donne cette évidence d’un sort moins favorable chez nous ? L’abolition des pratiques sociales désuètes et des mentalités rétrogrades tarde à la mesure des retards du développement. Il s’agit d’examiner avec objectivité notre situation et ses particularités. Si notre analyse de notre propre réel est erronée, on ne pourra pas avancer.


Alors, cinquante ans après, qu’en est-il des Algériennes ? Un immense bouleversement est survenu, mais nous voulons plus et mieux. Nous avons connu des joies et des larmes. Nous avons eu beaucoup d’espoirs, nous avons conquis beaucoup de positions et résisté à l’adversité. Les blessures de la régression sont encore là. Les stigmates de la vague rétrograde sont encore présents, mais la vie a refleuri. Le combat a repris et nos filles continueront à monter à l’assaut du ciel.


Soumia Salhi : militante féministe, syndicaliste

Source : elwatan.com

http://www.michelcollon.info/Les-Algeriennes-50-ans-apres.html

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:01

 J’assurerai le 12 novembre une journée complète sur la Deuxième Guerre mondiale, à l’invitation de l’ARAC (Association républicaine des Anciens Combattants et Victimes de guerre)

Le matin, conférence et débat 9 h 30-12 h.

Repas pris en commun (10 €)                          .

L’après-midi, 14-16h30

Présentation, projection du film de Jean-Paul Le Chanois « Au cours de l’orage » et débat consécutif.

 

Inscription libre des volontaires. Pour joindre l’ARAC, tél. : 01 42 11  11 11 ; Fax : 01 42 11 11 10 ; arac.nationale@orange.fr.www.arac.fr

Pour s’y rendre :

Rendez-vous au siège national de l’ARAC  : 2 Place du Méridien, 94800 VILLEJUIF

Indications fournies par les responsables de l’ARAC pour ceux qui arrivent par le métro (Ligne 7: direction Villejuif-Aragon).                

 

« Descendre à 9h-9h15 au terminus Villejuif-Aragon.

Sortir sur la droite (tramway).  Prendre à droite  par l'escalier  mécanique avenue de Stalingrad.

                       La rue Jean Jaurès est en prolongement de l'avenue de Stalingrad

                       Aller jusqu’au 145, rue Jean Jaurès.

Départ collectif vers la salle de réunion. »

 

Annie Lacroix-Riz

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:00

 jeudi 31 octobre 2013 / par Fouâd Harit

 

La Tunisie s’inquiète face à la montée des actes terroristes dans le pays. La présidence dénonce une tentative de vouloir conduire la transition à l’échec.

 

Au lendemain de l’attentat suicide terroriste à Sousse (centre-est) et l’attaque déjoué contre le mausolée du premier Président de la Tunisie, Habib Bourguiba, à Monastir, sur la côte-est, le Conseil supérieur des armées a décidé de se réunir ce jeudi 31 octobre au palais de Carthage. La réunion est placée sous la présidence du chef de l’Etat, Moncef Marzouki. Il participera aux débats, en sa qualité de chef suprême des armées, en compagnie du ministre de la Défense, Rachid Sabbagh.

Moncef Marzouki a condamné les attentats terroristes et dénonce une tentative de « torpiller » la transition démocratique. « Ces actes et les menaces qui pèsent sur la Tunisie ne réussiront pas à torpiller l’effort engagé à l’échelle nationale pour faire aboutir le processus de transition », a affirmé la présidence, dans un communiqué. Ces attentats interviennent en parallèle au lancement du dialogue national qui prévoit notamment la démission du gouvernement actuel dominé par Ennahda dans les trois prochaines semaines et la mise en forme de la nouvelle Constitution sous 30 jours.

Le Président a lancé un appel aux Tunisiens, les invitant à « soutenir l’action des appareils sécuritaire et militaire face au terrorisme ». Rached Ghannouchi, le dirigeant du parti islamiste au pouvoir, a accusé, sur sa page Facebook, des « criminels » de vouloir « s’en prendre aux touristes, hôtes de la Tunisie » et aussi de « détruire la Tunisie, son économie et sa transition démocratique ». Selon le président d’Ennahda, cette tentative de déstabilisation « ne passera pas grâce à la vigilance des agents de la sûreté et militaires, de la conscience du peuple et l’union de l’élite tunisienne contre le terrorisme ».

Un terrorisme mobile 

Le terrorisme en Tunisie, qui s’est développé après la chute de Ben Ali, était jusqu’ici concentré dans les hauteurs ouest du pays, près de la frontière algérienne. Aujourd’hui, les autorités tunisiennes constatent que les attaques terroristes ne sont plus orchestrées contre des policiers ou des gendarmes (neuf agents tués en octobre), mais que désormais elles visent aussi les citoyens et les touristes. Ces actes visent à « semer la terreur et la peur parmi les citoyens et à faire échouer tous les plans de sauvetage du secteur touristique », a indiqué l’expert militaire, Mokhtar Bennasr, sur les ondes de Mosaïque FM.

Alors que les dernières actions terroristes n’ont pas été revendiquées, cinq suspects ont d’ores et déjà été arrêtés. Mais le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Mohamed Ali Aroui, a indiqué que les assaillants étaient des salafistes djihadistes, faisant allusion au groupe salafiste Ansar Ashariaa, classé depuis août dernier comme « organisation terroriste ».


http://www.afrik.com/terrorisme-en-tunisie-une-tentative-de-torpiller-la-transition

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 13:58

 mercredi 30 octobre 2013 / par Assanatou Baldé

 

Des éléments de la police tunisienne pourchassant des terroristes à Tunis

 

Un kamikaze s’est fait exploser ce mercredi sur une plage, près d’un hôtel de Sousse, ville balnéaire de l’est de la Tunisie. Même si l’attaque n’a pas fait de victime, elle n’en demeure pas moins inquiétante pour les autorités tunisiennes qui font déjà face aux attaques de groupes armés.

 

La menace des attaque suicides plane désormais sur la Tunisie, plutôt habituée aux attaques de groupes armés. Le kamikaze qui s’est fait exploser ce mercredi sur une plage près d’un hôtel de Sousse, ville balnéaire de l’est de la Tunisie, met à nouveau la question de la sécurité au cœur des préoccupations des autorités, bien qu’il n’y ait eu aucune victime. D’après des témoins, elle se serait produite vers 09h30 (08h30 GMT) et visait l’hôtel Riadh Palm dans le centre de Sousse. Le kamikaze a été repéré et pourchassé avant de se faire exploser sur la plage déserte.

Après le drame, le ministère de l’Intérieur n’était pas en mesure de préciser les circonstances de l’attaque, ni l’identité du kamikaze. Juste avant, une autre tentative d’attaque suicide a également eu lieu ce mercredi dans le centre de Monastir, à 160 km au sud de Tunis, contre le mausolée de l’ancien président tunisien Habib Bourguiba. L’attaque qui a eu lieu vers 10H00 (09H00 GMT), soit peu avant une attaque suicide à Sousse, a finalement été déjouée à temps, selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur. D’après ce dernier, qui n’a toutefois pas précisé l’identité de l’assaillant en question, un homme âgé de 18 ans portait une valise contenant une bombe qu’il allait faire exploser.

Une nouvelle situation qui prouve que l’insécurité gagne du terrain en Tunisie. Raison pour laquelle les forces de l’ordre, qui ont perdu récemment neuf de leurs membres suite aux représailles des groupes armés, ont organisé lundi une manifestation pour protester contre le manque de moyens pour défendre leur pays. « On n’a pas les moyens pour défendre notre peuple et notre Etat, ils doivent nous écouter ! », scandaient les protestataires, qui pointaient directement du doigt le gouvernement d’Ennahda.


http://www.afrik.com/la-tunisie-face-a-la-menace-des-attaques-suicides

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 13:57

 Samedi 19 octobre à Paris se tenait un rassemblement dans le cadre de la "Journée européenne contre le logement cher, la spéculation et pour le droit au logement". Il s’agissait par ailleurs de dénoncer la politique de logement de ce gouvernement et de réclamer le relogement de 300 familles.

Alors que le rassemblement avait été déposé en préfecture et que les personnes rassemblées commençaient à quitter les lieux du fait de l’attitude menaçante des policiers, elles ont été violemment attaquées par les CRS présents. Les policiers se sont déchaînés et une dizaine de personnes ont été blessées, notamment le porte-parole de l’association Droit au logement (DAL), Jean-Baptiste Eyraud, auquel les forces de l’ordre ont réservé un traitement particulier en lui brisant deux côtes.

Dix personnes ont porté plainte contre ces violences policières qui ont occasionné des interruptions de temps de travail allant de deux jours à une semaine chez sept militantes et militants.

Voilà comment ce gouvernement traite celles et ceux qui luttent pour le droit au logement dans ce pays : il envoie sa police, largement conquise aux idées d’extrême droite, tabasser des militantes et militants. Voilà la politique de logement de ce gouvernement d’incapables et de nantis. Bien installés dans leur confort de bourgeois, dans leurs cocons ministériels, ils et elles ne sont certainement pas en mesure de saisir l’urgence vécue par des millions de personnes à travers le pays sur la question du logement.

La loi Duflot qui vient d’être votée n’est qu’une miette de pain envoyée pour résoudre une famine. La mesure phare de la loi, qui soi-disant consiste à encadrer les loyers, ne vise en réalité qu’à encadrer la hausse de ces loyers. Pourtant ceux-ci ont augmenté de plus de 35 % en 10 ans et représentent une moyenne (logements sociaux compris) en dépense de 27 % des revenus par ménage. Dans le privé, c’est 40 % des revenus !

Depuis dix ans, le nombre d’expulsions a doublé, comme le nombre de sans-abri, à mesure que les loyers et l’immobilier flambent, que la précarité, la pauvreté salariale et le chômage s’étendent, que les charges, l’énergie, les transports, les soins, et les produits alimentaires de base augmentent !

Pourtant des solutions existent et certaines sont même inscrites dans la loi ! Ainsi, les lois sur le droit au logement opposable (Dalo) et sur la Solidarité et le renouvellement urbain (SRU) ne sont pas appliquées par des gouvernements soucieux avant tout de préserver le droit des spéculateurs alors que des millions de logements sont vacants !

Alternative libertaire condamne la répression dont ont été victimes les militantes et militants pour le droit au logement le samedi 19 octobre et exprime sa solidarité avec ces derniers.

Alternative libertaire revendique la réquisition des logements vides, l’expropriation des spéculateurs et l’interdiction d’acheter des logements si c’est pour ne pas pour les habiter.

 

Alternative libertaire, le 29 octobre 2013

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 13:55

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP). 

Le 15 octobre 2013.

 

Depuis trente ans, tout comme l’ensemble des services publics, les hôpitaux de France sont victimes d’attaques qui visent à les « libéraliser » (privatiser). Ces attaques se sont intensifiées depuis quelques années. Les luttes telles qu’elles sont conduites depuis trois décennies ne permettent même plus d’en affaiblir la portée. Elles doivent donc être radicalement réorientées.

Les attaques libérales contre le système hospitalier prennent plusieurs formes :

·         tentatives de regroupement avec le secteur privé à travers un « partenariat » public-privé (PPP) ;

·         affaiblissement de l’offre de soin - qui profite indirectement à l’offre privée existante ;

·         « mutualisations de moyens » techniques et humains de l’hôpital avec la clinique privée et la médecine de ville.

Des mesures politiques et juridiques rendent possibles ces attaques :

·         l’endettement artificiel de l’hôpital par la « tarification à l’acte » (T2A) mis en place par la majorité précédente. Conséquences : fermeture de lits, insuffisance du recrutement infirmier, etc. ;

·         la création des agences régionales de santé (ARS) qui ne sont que des instances chargées d’appliquer les directives gouvernementales et européennes ;

·         le « budget autonome » imposé par la comptabilité territoriale (chaque service devant rechercher « l’équilibre ») ;

·         la rénovation par emprunts - au demeurant toxiques - sans plafonnement des taux d’intérêts par l’État qui grèvent le budget ;

·         la Révision générale des politiques publiques (RGPP) qui a grandement diminué les moyens de financement des services publics par la puissance publique ;

·         le droit européen qui affaiblit juridiquement l’ensemble des services publics français à travers – notamment - la « directive service » ;

·         les règles du commerce international orchestrées par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui visent à la marchandisation de tous les services.

 La libéralisation du service public hospitalier se poursuit sans faiblir

La machine libérale tourne à plein régime et il suffit de regarder ce qui se passe un peu partout sur le territoire pour comprendre que l’avenir de chaque hôpital ne se joue pas localement. Quelques éléments significatifs :

·         Il ne se passe pas un mois sans qu’une structure hospitalière soit menacée. Ces dernières semaines ont vu la suppression des services d’urgence à l’hôpital de Pont-à-Mousson (54), la « restructuration » à Freyming-Merlebach (Moselle), les menaces sur le "Mas Careiron", hôpital psychiatrique d’Uzès (Gard), etc. Le changement de majorité n’a rien changé : dans les hôpitaux, le feu est partout. On compte toujours autant de fermetures de centres et de décisions politiques affectant le fonctionnement des centres hospitaliers. Les responsables politiques montrent des signes de fébrilité devant les actes de résistances qui se multiplient. Dernière sanction en date : le Dr Gérald Kierzek, responsable du SMUR de l’Hôtel Dieu-Paris a été relevé de ses fonctions pour avoir exprimé son désaccord avec le projet de fermeture des urgences et avoir animé son comité de défense [1]. Une pétition circule pour que cette mesure disciplinaire soit levée [2] .

·         La RGPP (Révision générale des politiques publiques) de Chirac/Sarkozy a été remplacée par la MAP (modernisation de l’action publique) et la mise en place du CIMAP (Comité interministériel pour la modernisation de l’action publique) de Hollande, sans que rien ne soit changé dans l’esprit ni dans les objectifs du précédent. Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, le dernier rapport de ce comité annonce des attaques supplémentaires contre les services publics [3].

·         La ministre Le Branchu annonce un projet de loi qui vise à « réformer » le statut des fonctionnaires [4]. Les personnels hospitaliers seront impactés par ce qui s’annonce comme une nouvelle atteinte à leur statut.

·         Le gouvernement vient d’éditer une très importante brochure « de cadrage » dans laquelle il rappelle ce que le droit européen entend par « services d’intérêt économique général » (SIEG) [5]. Ce texte montre à qui en doutait encore que pour les "socialistes" au pouvoir, la page des services publics français doit être tournée. Les références faites au droit européen – qui ne reconnaît pas les services publics français [6] – sont innombrables, effaçant de facto le droit national en la matière. Le gouvernement actuel reprend donc à son compte ce qu’a fait le gouvernement précédent, esquivant tout débat public et rappelant à l’ordre tous ceux qui avaient cru possible d’exclure par une loi nationale un certain nombre de services de la logique marchande de l’Union européenne.

·         Depuis le 8 juillet, le gouvernement participe aux négociations entre l’Union européenne et les États-Unis en vue de la création d’un « partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement » (PTCI). Ainsi qu’il est inscrit à plusieurs reprises dans le mandat des négociateurs européen, « l’accord vise à améliorer l’accès mutuel aux marchés publics ». Il s’agirait donc de mettre en place une « directive service » à l’échelle intercontinentale, alors que la directive européenne lamine déjà les systèmes hospitaliers publics dans tous les pays membres de l’Union européenne.

·         Les mesures d’austérité annoncées pour la sécurité sociale en 2014 porteront notamment sur l’hôpital qui devra « faire un effort » de 440 millions.

 Y voir clair

Qui est « contre » l’hôpital public ? Qui est « contre » les services publics ? A écouter les uns et les autres, de l’extrême gauche à l’extrême droite, on a l’impression que tout le monde agit pour défendre le service public hospitalier ! Mais à l’image des gouvernements successifs qui « réforment » (attaquent !) le système de retraite en nous expliquant que c’est pour mieux le « sauver », nombre d’acteurs politiques et institutionnels tentent de brouiller les pistes en jouant sur la définition des termes « services » et « publics ».

En la matière, le M’PEP se réfère à la définition qu’en a donnée le Conseil national de la Résistance (CNR) à la fin de la Seconde Guerre mondiale :

1.- Un service public doit garantir son accessibilité à l’ensemble de la population.

2.- Un service public est socialisé. Il opère une redistribution des richesses selon des critères politiques définis démocratiquement. Cette redistribution de richesses est à la base de l’idée républicaine de l’égalité en droit. Elle est incompatible avec l’option néolibérale axée sur la marchandisation et la concurrence.

3.- Un service public offre à ses employés un statut qui les protège : la puissance publique doit être exemplaire en tant qu’employeur. Elle doit garantir à son personnel un statut le mettant à l’abri des pressions exercées par les lois du marché dans l’exercice de leur spécialité (notamment la précarité liée au marché de l’emploi).

Cette définition permet d’y voir clair. Ni les « services d’intérêts généraux » européens, ni les « services » au sens où l’entendent l’OMC et les États-Unis ne correspondent à cette définition, car ils considèrent que la santé, l’éducation, les transports, l’énergie (etc.) ne sont que de vulgaires « marchés », sources de profits pour les acteurs financiers.

Les libéraux français - qu’ils soient UMP, PS ou EELV - sont les agents zélés de la machine libérale depuis des décennies. Quant au Front national - qui selon les besoins tient un discours ultra-libéral ou un discours pseudo-social - il a servi depuis trente ans à empêcher les débats de fond. Ces organisations ont leur équivalent partout en Europe. Elles sont le bras politique des classes dominantes sur le continent. Ce sont elles qui au cours des quarante dernières années ont construit les diverses institutions politiques ultra-libérales qui décident aujourd’hui de tout sans demander leur avis aux populations : Union européenne, Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, OMC, OCDE, etc.

Ces institutions politiques mettent en œuvre ce qu’on appelle la « mondialisation ». Cette mondialisation n’a rien à voir avec un « internationalisme » généreux et pacifique. Souvent, elle est confondue avec le développement des nouvelles technologies de la communication (Internet). Mais quand ils parlent de « mondialisation », les libéraux parlent en fait de la libre circulation des marchandises et des capitaux entre les pays. Pour la réaliser, ils procèdent notamment à l’effacement des barrières douanières entre les pays. Ils appellent cela le « libre-échange ». La conséquence en est principalement la mise en concurrence des salariés des différents pays les uns avec les autres.

Concrètement, les biens et les services qui sont produits par les salariés français sont donc mis en concurrence avec les biens et les services produits par les autres salariés, dont les salaires et les lois sociales et environnementales sont bien moins développées qu’en France. Les conséquences sont désastreuses :

·         des délocalisations ayant pour conséquence un chômage massif ;

·         des salaires et des lois sociales et environnementales françaises tirés vers le bas au prétexte de faire en sorte que les biens et les services français restent « compétitifs » sur le grand marché mondialisé ;

·         une baisse des rentrées fiscales due au chômage ;

·         une hausse des dépenses liées au traitement social du chômage ;

·         une baisse des rentrées fiscales due aux baisses d’impôts accordées aux plus riches pour qu’ils consentent à maintenir leurs capitaux en France ;

·         un endettement généralisé lié au manque de rentrées fiscales et aux pratiques usuraires des banques privées qui sont les seules à pouvoir « prêter » de l’argent aux Etats.

Les hôpitaux - qui sont une composante du système social français – subissent donc l’érosion de celui-ci, au même titre que la Sécurité sociale, le système de retraite et les grandes entreprises de service public. Toute l’économie française ainsi que son pendant social sont aujourd’hui étranglés par la concurrence du moins-disant en terme de dignité humaine.

 Aucune victoire significative des luttes engagées

Les "victoires" obtenues çà et là par les luttes locales n’en sont pas : lorsque l’un des procédés visant à la libéralisation est repoussé (maternité sauvée à tel endroit, service de soin maintenu à tel autre), d’autres procédés sont utilisés qui poursuivent le processus engagé de longue date. Car ce processus s’inscrit dans la durée - ce que lui permet le cadre libéral européen - et c’est là sa grande force. Par conséquent, telles qu’elles sont menées depuis trente ans, les luttes n’ont - dans le meilleur des cas – que ralentit le processus mais elles ne l’ont jamais stoppé, encore moins inversé.

 Alors que faire ?

Voilà cinq années que le M’PEP dénonce inlassablement la nocivité du libre-échange et des traités européens qui en sont l’armature. La Coordination nationale des collectifs de défense des hôpitaux et maternités de proximité vient elle aussi, après cinq années de tergiversations, de décider d’agir directement contre l’Union européenne en lançant une pétition [7] pour faire échec à sa « directive service ». Le M’PEP vous invite à la signer et à la faire signer autour de vous.

Cependant, cela ne suffira pas. Dans le système libéral européen, si l’on chasse une directive par la porte, elle revient rapidement par la fenêtre ! La preuve en est que la « directive service » est en réalité la directive « Bolkenstein » dont la perspective avait pourtant provoqué une forte émotion chez les citoyens français en 2005. Cette directive, à peine modifiée, a été inscrite dans le traité de Lisbonne que la grande majorité de la classe politique française de droite et « de gauche » a voté à la demande de Nicolas Sarkozy, en 2007, contre le peuple qui avait dit NON en 2005 ! Quant aux aspects de la directive Bolkenstein qui avaient été retirés face à l’émotion qu’ils avaient suscités, ils reviennent maintenant sur la table !

On le voit bien : dans un système encadré par des traités qui garantissent la pérennité du libre-échange par des lois, celui-ci poursuit implacablement – et logiquement ! - sa destruction des systèmes sociaux les plus avancés.

C’est donc au libre-échange qu’il faut mettre fin. Pour cela il n’y a pas cinquante solutions : il faut remettre des barrières douanières au niveau national pour protéger le système social et relancer l’économie de notre pays.

De telles mesures sont bien entendu interdites par les traités de l’Union européenne. Une Union européenne quasiment impossible à infléchir puisque verrouillée par le principe de l’unanimité. Pour reprendre en main le système social français, les citoyens doivent donc redonner à leur pays la souveraineté perdue vis-à-vis de l’Union européenne. Les directives, les lois et les traités de cette technocratie européenne n’ont aucune légitimité démocratique et sa monnaie plonge les peuples dans une austérité sans fin. Il ne faut plus tergiverser : la France doit sortir de l’euro et de l’Union européenne !

 

Notes

[1] http://www.liberation.fr/societe/2013/07/10/gerald-kierzek-je-n-ai-pas-a-me-taire_917317

[2] http://www.petitions24.net/soutien_au_dr_kierzek_responsable_medical_du_smur_lhotel-dieu

[3] voir par exemple le communiqué de la Fédération des fonctionnaires CGT du 23 juillet 2013 : http://www.equipement.cgt.fr/IMG/pdf/COMMUNIQUE_CGT_ATE_ET_CIMAP_24_07_2013.pdf

[4] Extrait d’un texte de la CGT Finances : « Dans le cadre de l’acte III de la décentralisation, des missions relevant actuellement de la Fonction Publique d’État seraient transférées aux grandes métropoles, avec toutes les conséquences que cela entraînera nécessairement sur la gestion des personnels et sur le statut auquel ils sont rattachés. A titre d’exemple, dans le cadre de la loi créant l’Eurométropole de Lyon, la fiscalité relèvera de cette structure, détachée de la République et directement rattachée à Bruxelles, l’Union Européenne. C’est gravissime. On assiste au retour des grands potentats locaux, la neutralité des fonctionnaires ne sera plus garantie et l’unité de la République sera mise à mal. Alors que ce gouvernement a tout fait pour qu’un accord remettant en cause le CDI dans le privé soit signé, croire que Mme Lebranchu veuille, à travers la réforme qu’elle présentera, conforter la Fonction Publique et ses agents nous semble utopique. Refuser d’arrêter les suppressions d’emplois, c’est refuser de pérenniser les missions de la Fonction Publique. A ce titre n’oublions pas ce qui c’est passé à la poste, à France télécom, etc. »

[5] « Guide relatif à la gestion des services d’intérêt économique général »

[6] Voir à ce sujet le texte du M’PEP : « Le piège européen : SSIG, SIEG, SIG et directive services » : http://www.m-pep.org/spip.php ?article1989

[7] http://reseau-europeen-droit-sante.blogspot.fr

 

 

http://www.m-pep.org/spip.php?article3436

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 13:54

 Chronique de Jacques Nikonoff du 24 octobre 2013.


Le candidat du Front national (FN) à l’élection cantonale partielle de Brignoles (Var), Laurent Lopez, a été élu au second tour le 13 octobre. Ce qui est nouveau avec cette victoire, c’est qu’elle intervient à la suite d’un duel et non d’une triangulaire, ce qui n’était pas le cas des deux sièges gagnés par le FN aux législatives 2012. Cette élection marque le passage symbolique d’un système politique fondé sur le bipartisme à un nouveau système, totalement inconnu, le tripartisme. La présidentielle et les législatives de 2017 sont en ligne de mire et peuvent être bouleversées après l’étape des élections européennes.

Selon le journal Le Figaro, qui a mené une campagne habile en faveur du candidat FN, ce dernier aurait fait une « percée  » qui expliquerait sa victoire. C’est totalement inexact. Le FN a légèrement baissé lors des trois derniers scrutins cantonaux à Brignoles : 2 757 voix en 2011, 2 734 en 2012, et 2 718 en 2013 au premier tour. Où est la « percée  » ? Il est vrai, en revanche, que le candidat FN a gagné 2 300 voix au second tour. Ces voix viennent notamment des deux communes les plus à gauche du canton, ce qui fait dire à une étude menée par l’IFOP que le candidat frontiste a « vraisemblablement bénéficié de voix venant de la gauche » (Focus n° 97, octobre 2013). Comment apprécier ce résultat ? Le nombre de voix recueillies par Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2012 peut être considéré comme la référence à partir de laquelle étalonner les résultats des candidats frontistes lors des différentes élections. Dans le canton de Brignoles, Marine Le Pen a fait 4 649 voix en 2012 alors que le candidat FN à la cantonale 2013 a fait 5 031, soit 382 de plus. Il a donc progressé au deuxième tour, mais peut-on vraiment parler d’une « percée  » ?

Brignoles : un bastion de droite

Ajoutons que le FN est implanté de longue date dans le canton de Brignoles, il a été présent à tous les seconds tours des cantonales depuis 1985. La mairie de Brignoles a été gagnée en 1995 par une liste d’union de la gauche conduite par un communiste à l’occasion d’une triangulaire. Elle a été perdue en 2001, reprise en 2008 par le PCF encore à l’occasion d’une triangulaire. En 1998, lors d’une nouvelle triangulaire, le communiste gagnait le canton et le conservait en 2004 toujours lors d’une triangulaire. En 2011 le candidat FN gagne le canton avec 5 voix d’avance sur le communiste (seul cas avec celui de Cavaillon). Cette élection est annulée. Le 1er juillet 2012, au deuxième tour, le communiste l’emporte avec 13 voix d’avance.

Le canton de Brignoles est un bastion de droite. Nicolas Sarkozy a obtenu 58% des voix au deuxième tour de la présidentielle de 2012 et 62% en 2007. Ce n’est pas une ville raciste – racisme qui pourrait expliquer le vote FN - puisque l’ancien maire UMP, Jacques Cestor, noir d’origine martiniquaise, a été réélu six fois : trois fois comme maire (de 1980 à 1995) et trois fois au Conseil général.

L’abstention : un acte politique

La donnée la plus importante à Brignoles est l’abstention. Elle a été de 67% au premier tour et de 55% au second. C’est un record absolu par rapport aux élections cantonales passés : 34% en 2004, 52% en 2011, 58% en 2012. Ce phénomène d’abstention a déjà été observé dans les autres élections partielles. Ainsi la majorité des électeurs, surtout des classes populaires, boycotte désormais les élections. On peut parler de boycott car cette abstention est un geste politique tout à fait clair : les citoyens considèrent qu’ils n’ont plus le choix. A quoi bon, dès lors, aller voter ? Pourrait-on leur donner tort quand la politique de monsieur Hollande est dans la continuité de celle de monsieur Sarkozy ?

Ces électeurs qui boycottent les élections rejettent un système qui ressemble de plus en plus à celui en vigueur aux États-Unis avec les démocrates et les républicains, ou en Grande-Bretagne avec les travaillistes et les conservateurs. Autrement dit bonnet blanc et blanc bonnet. Ces partis, qui font semblant de s’opposer, se passent et se repassent le pouvoir sans rien changer à la vie quotidienne des citoyens faite de chômage, de précarité et de difficultés de toutes sortes.

Ni le PS (avec le PCF et Jean-Luc Mélenchon hier dans la gauche plurielle et aujourd’hui qui déclarent faire partie de la « majorité politique » avec le PS) ni l’UMP n’ont éradiqué le chômage. S’il n’y a plus le choix, en effet, pourquoi voter ?

Certes le FN a remporté le canton de Brignoles à l’issue d’un duel, mais ce n’est qu’avec 5 031 voix sur 20 728 inscrits, soit 24%. Moins d’un quart de la population seulement a voté pour le FN (sans compter les non-inscrits), entachant cette élection d’un manque de légitimité flagrant.

Il ne faudrait pas en tirer la conclusion, lourdement suggérée par les grands médias, que le FN serait en train de devenir le premier parti de France. Le premier parti de France est celui des abstentionnistes qui boycottent désormais majoritairement les élections. Quand Marine Le Pen affirme que « le FN est d’ores et déjà le premier parti de France » (Le Figaro, 8 octobre 2013), bien sûr elle ment.

Le FN : troisième acteur du jeu politique

La voie est néanmoins ouverte à autre chose, et c’est ainsi que le FN est en train de s’installer comme troisième acteur du jeu politique dans un système qui passe du bipartisme au tripartisme.

Avec le tripartisme, c’est le FN qui porte la dynamique de changement exigée par une partie croissante de la population. Il a battu, à Brignoles, le « front républicain » dont l’avenir, lors des autres consultations électorales, est sérieusement compromis. Écœurée par la politique du gouvernement PS-EELV, une partie de l’électorat de gauche, principalement, s’abstient. C’est une forme d’insurrection civique qui promet que des secousses sont à venir. Le Front de gauche a disparu des radars, il n’apparaît pas comme une alternative crédible. La raison est très simple à comprendre. Quand la direction du PCF multiplie les signes de soumission au PS, masqués derrières des rideaux fumée rhétoriques sur la lutte contre l’austérité, et qu’elle appelle dans le même temps à des listes communes avec le PS au premier tour des municipales, elle fait fuir la population qui rejette la politique d’austérité menée par les socialistes. Quand Jean-Luc Mélenchon propose d’être le Premier ministre de François Hollande et qu’il répète inlassablement « l’euro est nous » et que la sortie de l’Union européenne et de l’euro seraient « catastrophiques  », il faut fuir la population qui a compris quelle était la véritable nature du système de Bruxelles.

Désarroi de la gauche

L’analyse des raisons de la défaite de Brignoles par la direction du PCF est emblématique du désarroi de la gauche. Ainsi le journal l’Humanité a commis une analyse particulièrement affligeante pour expliquer la victoire du FN. Il y aurait, selon le journal du PCF, « cinq clés d’explication du scrutin » : 1) une extrême droite bien implantée et mobilisée sur le terrain ; 2) deux électeurs sur trois n’auraient pas vu l’utilité de se rendre aux urnes(on ne nous dit pas pourquoi) ; 3) la candidature écologiste aurait contribué à l’échec de la gauche ; 4) un score historiquement bas pour l’ensemble de la gauche ; 5) miraculée, la droite relève la tête mais reste loin derrière le FN. Le rejet de la politique gouvernementale par les électeurs, comme la confusion entretenue par le PCF qui fait son candidat à Brignoles par le PS dès le premier tout n’apparaissent pas, pour l’Humanité, comme des causes majeures de cette victoire (en fait la cause principale). Heureusement que ce même journal, le même jour, une page plus loin, donne les véritables raisons du vote à Brignoles à partir d’un micro-trottoir : le FN est le seul « qui parle de l’euro qui démolit la France » ; la France est « bloquée par l’Europe » ; etc.

Ce que ne comprend pas ou ne veut pas comprendre la direction du PCF, c’est que le soutien du PS au candidat PCF à Brignoles a été dévastateur. Le PCF a organisé un véritable brouillage qui a désorienté les électeurs. Et il est train de poursuivre consciencieusement dans cette voie funeste de division des forces à la gauche du PS en tentant de réaliser des listes d’union avec le PS au premier tour des municipales. Ajoutons les titres d’une mauvaise foi incroyable de l’Humanité après le vote majoritaire, à 57%, des communistes parisiens en faveur d’une liste commune avec le PS dans la capitale. Le journal communiste ose titrer : « A Paris, le PCF choisit la gauche unie ». Non ! Le PCF a choisi la droite masquée et la division des forces placées à gauche du PS. Il devrait pourtant être admis que le PS n’est pas de gauche. Le PS est sur une ligne néolibérale depuis 30 ans, date du « tournant de la rigueur de 1982-1983 ». C’est ce qu’ont compris beaucoup d’électeurs pour lesquels il n’y a pas de différence entre le gang de Solferino (PS) et le gang du Fouquet’s (UMP). Surtout parmi les classes populaires dont il n’y a encore pas si longtemps le PCF se prévalait d’être le porte-voix.

On ne peut pas non plus comparer, comme le fait le PCF, le score du candidat communiste à Brignoles et celui de Mélenchon à la présidentielle de 2012 ni aux législatives de la même année. A la présidentielle, Mélenchon fait 10,91% sur le canton, et le candidat Front de gauche 7,27% aux législatives, contre 14,58% au candidat communiste à la cantonale de Brignoles. La différence est que le candidat communiste, en 2013, était soutenu par le PS !

La fabrication du FN

Depuis deux siècles, la vie politique française, comme dans beaucoup d’autres pays, a été scandée par l’opposition entre deux forces : la gauche d’un côté et la droite de l’autre. Un camp était censé représenter le progrès, et l’autre le conservatisme. Ce schéma vient de voler en éclat après l’élection de Brignoles. Certes, il ne s’agit que d’une date symbolique car le poids électoral national du FN rivalisait déjà avec ceux du PS et de l’UMP depuis plusieurs années. Ainsi, au premier tour de la présidentielle de 2012, Marine Le Pen obtenait 17,90% (28,63% pour François Hollande et 27,18% pour Nicolas Sarkozy). En 2002, c’est Jean-Marie Le Pen qui obtenait 16,86% (19,88 pour Jacques Chirac et 16,18% pour Lionel Jospin). Néanmoins, les caractéristiques de l’élection de Brignoles en font un tournant dans l’histoire politique du pays.

Désormais, lors des élections à deux tours (municipales, cantonales, législatives, présidentielle), la probabilité de la présence du FN, faisant plus ou moins jeu égal avec le PS et l’UMP, est considérablement renforcée. Le PS, qui a « fabriqué  » le FN depuis 1982 pour diviser la droite et gagner les législatives dans des triangulaires, se trouve désormais pris au piège. Cette « tactique  » cynique, en effet, ne peut fonctionner qu’à la condition que le « front républicain » fasse l’objet d’un consensus entre forces politiques et parmi les électeurs. Autrement dit il faut que l’électorat de droite (une partie) vote lors de la triangulaire plutôt pour le candidat du PS que pour celui du FN qui aura été consciencieusement diabolisé. Or les exemples se multiplient qui montrent la perméabilité des électorats de droite et du FN qui est en voie de dé-diabolisation. Le boycott des élections par une partie de l’électorat de gauche ne permet plus au PS d’espérer gagner autant qu’il pourrait l’espérer. D’autant que l’UMP est loin d’être certaine de se trouver en situation plus favorable que le PS.

Le vote « utile  » : dernière manœuvre de l’UMP et du PS

C’est la présidentielle qui est en ligne de mire. Le PS et l’UMP vont concentrer leurs efforts sur l’appel au vote utile et au rassemblement autour d’eux. Pour la présidentielle, le PS demandera au Front de gauche de ne pas présenter de candidat. Il ne fait strictement aucun doute que la direction actuelle du PCF acceptera. Jean-Luc Mélenchon sera alors coincé, il ne pourra pas être le candidat du Front de gauche, ce dernier appellera alors à voter pour le candidat socialiste (François Hollande ?) dès le premier tour !

L’éditorialiste du Figaro, Guillaume Tabard, a raison. Dans Le Figaro du 8 octobre 2013 il explique que « sous une cantonale partielle perce déjà la présidentielle ». La probabilité s’est renforcée que le FN soit présent au second tour de tous les scrutins à venir, face à la gauche ou à la droite. Du coup chaque camp va appeler au vote utile en sa faveur et au rassemblement autour de lui. Le journaliste ajoute que « les volontés d’indépendance font le jeu du Front national : on n’a pas fini d’entendre cet argument au PS comme à l’UMP ». Ces deux derniers partis, en effet, feront porter la responsabilité d’un nouveau 21 avril (2002) sur ceux qui favoriseraient la présence de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2017.

Ainsi, pour François Hollande « la victoire se joue au premier tour, il faut arriver en tête » (Le Figaro, 8 octobre 2013). Selon Le Figaro (8 octobre 2013), faisant parler quelques cadres du PS, estime que « de très nombreux dirigeants socialistes de haut niveau considèrent que le FN est bon pour nous, que cela créera des triangulaires qui nous permettront de limiter la casse. »

Ce raisonnement, vieux de trente ans, ne donne plus les résultats escomptés. Le front républicain, en effet, visait à mettre au ban de la nation un parti accusé d’être d’extrême droite. Toute l’habileté de Marine Le Pen est de masquer cette réalité. Ainsi, pour Louis Aliot, vice-président du FN « c’est la mutation d’un parti politique correspondant à une attente de notre électorat. Désormais, il existe en France une extrême droite résiduelle et un nouveau Front national qui défend des idées claires » (Le Figaro, 8 octobre 2013).

La prochaine élection européenne sera le tremplin vers la présidentielle. D’où la nécessité de mener une campagne très active de boycott pour délégitimer le système de l’Union européenne, son « Parlement  » et sa monnaie unique. L’enjeu ne sera pas l’émergence du FN comme premier parti de France en termes électoraux, mais l’ampleur de l’abstention pour décrédibiliser le système de Bruxelles.

 

http://www.m-pep.org/spip.php?article3440

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