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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 21:04

 Par Denis Collin 


Je ne sais plus quand j’avais posté un message qui se résumait à « Hollande = Sarko+ ». La formule lapidaire m’a valu des reproches et des incompréhensions. Il est vrai que la communication instantanée et permanente sous le régime de laquelle nous vivons de plus en plus présente bien des défauts et se révèle peu propice à la nuance et a fortiori à la pensée dialectique. Je ne tiens pas mordicus à la formule. Je suis tout prêt à admettre que l’on doit faire des différences entre Hollande et Sarkozy et je veux bien admettre encore que l’on peut trouver ici et là, dans quelques mesures de détail, un certain « progrès » par rapport au gouvernement précédent. Il me faut donc essayer ici de préciser le contenu que je mettais sous cette formule et donc procéder à une analyse suffisamment détaillée de la politique suivie par le gouvernement Hollande depuis l’élection de 2012.

Ma thèse est la suivante : avec l’élection de 2012 et ses suites, nous assistons au parachèvement d’une transformation fondamentale de la vieille social-démocratie française. J’ajoute que ce basculement n’est pas un processus spécifiquement français, mais qu’il concerne tous les partis sociaux-démocrates : l’Italie avec l’évolution du PCI vers le PDS et du PDS vers le PD (après la quasi-disparition du Parti Socialiste Italien), la Grèce où le PASOK a été balayé par les électeurs et se trouve réduit à l’état de béquille du gouvernement conservateur aux ordres de la troïka, l’Allemagne où les dernières élections confirment la décomposition du SPD, mais aussi l’Espagne, le Portugal, etc. Du reste l’Internationale Socialiste est dissoute de fait au profit de nouveaux regroupements internationaux de type « centre-gauche ».

Commençons par revenir sur le passé de la social-démocratie. Il est évident qu’il y a très longtemps – au moins un siècle – que la social-démocratie, en dépit des discours pour les jours de fête, a renoncé à toute transformation radicale du capitalisme et a donc renoncé au socialisme tel qu’elle le pensait lors de la fondation de la Seconde Internationale en 1889. Les bolcheviks affirmaient que la social-démocratie est « passée définitivement du côté de l’ordre bourgeois » en votant les crédits de guerre en 1914 et en participant activement à la grande boucherie de la Première Guerre mondiale. Pour ceux qui pensent qu’il s’agit là d’une lubie léniniste, je voudrais citer ici Fernand Braudel qu’on ne taxera pas de gauchisme sectaire. S’appuyant sur les progrès impressionnants des organisations socialistes et sociale-démocrates, dans la période 1890-1914, il écrit : « Dans ces conditions, sans s’exagérer la puissance de la Seconde Internationale à partir de 1901, on a le droit d’affirmer que l’Occident, en 1914, autant qu’au bord de la guerre, se trouve au bord du socialisme. Celui-ci est sur le point de se saisir du pouvoir, de fabriquer une Europe aussi moderne, et plus peut-être qu’elle ne l’est actuellement. En quelques jours, en quelques heures, la guerre aura ruiné ces espoirs. C’est une faute immense pour le socialisme européen de cette époque que de n’avoir pas su bloquer le conflit. C’est ce que sentent bien les historiens les plus favorables au socialisme et qui voudraient savoir qui porte au juste la responsabilité de ce « retournement » de la politique ouvrière. Le 27 juillet 1914, à Bruxelles, se rencontrent Jouhaux et Dumoulin d’une part, secrétaires de la C.G.T. française, et K. Legien, de l’autre, secrétaire de la Centrale syndicale d’Allemagne. Se sont-ils rencontrés par hasard, dans un café, ou sans autre but que d’échanger leur désespoir ? Nous ne le savons pas et nous ne savons pas non plus le sens qu’il faut attribuer aux dernières démarches de Jean Jaurès, le jour même où il va être assassiné (31 juillet 1914). »[1] 

Ce grand tournant exprime le fait que ces partis sociaux-démocrates ont renoncé à leurs objectifs proclamés et sont devenus des partis d’intégration de la classe ouvrière au système capitaliste[2] : partis du salariat, leur objectif est, au fond, de maintenir le salariat. Mais l’existence même des appareils bureaucratiques et électoraux de ces partis suppose que les salariés puissent y trouver, d’une manière ou d’une autre, leur compte. C’est pourquoi pendant très longtemps, les partis sociaux-démocrates ont parlé le langage de la lutte des classes et du socialisme et se sont souvent fait les porteurs de revendications sociales et politiques prétendant à une transformation pacifique, lente et réformiste, certes, du capitalisme vers un socialisme très indéterminé, mais qui restait l’horizon. C’était encore la position du PS avant 1981, un parti qui se disait « révolutionnaire », voulait faire des « réformes de structure anticapitalistes » et proposait même une « rupture avec le capitalisme » que certains proposaient même d’accomplir en cent jours ! Ce qu’il est advenu de tout cela, dans la séquence 1981-2002, Jacques Cotta et moi-même en avons fait le récit et l’analyse voilà maintenant plus de douze ans dans L’Illusion Plurielle[3] et il n’y a pas grand-chose à rajouter.

On aurait pu croire que l’élection de Hollande allait simplement renouveler une phase du type Jospin 1997-2002 : quelques réformes en faveur des salariés, quelques acquis (bien maigres) et de nouvelles capitulations justifiées au nom de l’Union européenne, de la contrainte extérieure, etc. Après tout, Hollande avait déclaré « mon ennemi, c’est la finance » et les socialistes se sont fait élire sur le mot d’ordre « faire payer les riches ». Mais par rapport aux expériences antérieures, ce qui ne manquera pas de frapper quiconque regarde honnêtement les faits, c’est la rapidité avec laquelle la nouvelle majorité s’est coulée dans les traces de ses prédécesseurs en renonçant complètement à tout programme de réforme sociale. Alors que les précédents gouvernements « de gauche » tentèrent toujours de faire passer les amères pilules de la « gestion loyale du capitalisme » (Blum) avec la promesse d’un avenir meilleur, il ne reste rien de tout cela dans le gouvernement actuel. On me dira qu’au fond c’est plus honnête. Sans doute. Mais comme en politique tout est affaire de symboles, il y a là quelque chose qui interroge. On sait que Hollande, un « bébé Delors », n’a jamais été socialiste dans quelque acception du terme que ce soit. Il a longtemps animé les « transcourants » favorables à une rupture franche avec la tradition et les références du passé socialiste. À peine élu président, il a affirmé qu’il n’était pas un président socialiste. Il n’y a plus l’ombre du souvenir d’un discours socialiste dans les propos des ministres et des bonzes du PS, y compris les « emmanuellistes » et autres prétendus représentants de la « gauche » du PS. Seul Filoche maintient la tradition, mais son influence au sein du PS est pratiquement insignifiante – son texte pour la défense des retraites n’a obtenu qu’à peine 6000 signatures.

Si l’on sort du purement symbolique, pour en venir à la politique pratique, on constatera que la social-démocratie a abandonné à peu près totalement le keynésianisme qui lui avait servi de substitut au marxisme depuis les années d’après-guerre. La régulation étatique et le compromis social (paix sociale moyennant des progrès des salaires et des conditions de vie des travailleurs) ne sont plus de mise. Si on présente souvent le keynésianisme comme une politique de la demande, et qui pour cette raison même peut entrer en résonnance immédiate avec les revendications des salariés, Jean-Marc Ayrault a eu l’occasion de préciser qu’il était, lui, partisan d’une « politique socialiste de l’offre » et, interrogé sur les mesures néolibérales de Thatcher et Reagan, il n’a rien trouvé d’autre à leur reprocher que leur « brutalité » (interview à France-Inter). On peut sans dommage ôter le mot « socialiste » et on a la politique d’Ayrault-Hollande, une politique reaganienne moins brutale que Reagan.  Ce sont eux qui le disent, pas de méchants calomniateurs mélenchonnistes !

Je sais bien que le keynésianisme n’est pas le socialisme et il me semble en effet qu’il est devenu une politique impraticable sans un affrontement sérieux avec le capital. Il reste que, du point de vue d’un parti qui se disait encore récemment le parti des salariés, ce changement radical de doctrine économique a une signification lourde : loin d’être un « parti réformiste » ou « social-démocrate », le PS s’affirme comme un pur et simple parti au service du capital financier, mettant en œuvre une politique pleinement adéquate avec les intérêts des possesseurs de ce capital. Ensuite il peut y avoir des nuances : le parti démocrate aux États-Unis n’est pas le parti républicain, mais quand on sait qui a massivement financé la première campagne d’Obama (Goldmann-Sachs, par exemple), on comprend bien que les divergences entre démocrates et républicains ne portent que la manière de défendre ces intérêts de classe-là mais nullement sur le fond politique. On le sait : c’est le SPD Schröder qui a porté les coups les plus durs à l’État social allemand et Merkel finalement en a profité et parfois a pu se payer le luxe de paraître plus « sociale » que son prédécesseur. Du coup, on apprécie mieux la réalité de la situation en France.

Entrons maintenant dans les détails. Mais pas trop ! Car pour saisir ce qui est en cause, il faut partir des grandes lignes qui dirigent la politique du pays et modèlent son avenir et non de telle ou telle mesure particulière qui, en elle-même, pourrait paraître judicieuse. Aucun gouvernement depuis 1944 n’a été absolument mauvais. L’horrible Mollet de la guerre d’Algérie est l’auteur de la 3e semaine de congés payés. Les acquis sociaux sous De Gaulle ne manquent pas et nous n’avons pas eu beaucoup de gouvernements plus « réformateurs » que le gouvernement Giscard-Chirac de 1974-1976 (IVG, droit de vote à 18 ans, généreuse indemnisation du chômage économique, etc.). Mais je crois qu’aucun d’entre nous n’aurait appuyé ou défendu un tant soit peu les gouvernements susnommés… Ce qui compte ce sont les lignes directrices, celles qui « fixent le cap » comme on aime à dire aujourd’hui. J’en retiendrai quatre.

La première direction concerne évidemment les relations entre les classes sociales, la vieille question des rapports de production qui permet de délimiter de quel côté du champ de la lutte des classes on se situe. Ici deux « réformes » essentielles, selon le gouvernement lui-même, retiennent notre attention.

La première est la réforme des relations entre salariés en employés issue de l’accord national interprofessionnel (ANI), signé par les « syndicalistes » (sic) de la CFDT, mais refusé par la CGT et FO. Cet accord permet aux patrons de licencier en contournant la justice prudhommale et en s’exonérant de « plans sociaux » qui pouvaient toujours être « retoqués » par un tribunal. C’est un grand pas en avant vers la flexibilité réclamée par le MEDEF et un coup sévère porté au Code du travail. Sur ce sujet je renvoie aux articles bien documentés de Gérard Filoche. En fait, c’est un accord de ce type que cherchait Sarkozy, mais pour des raisons de calculs politiques il n’a pu entraîner la CFDT qui avait déjà beaucoup donné et ne voulait pas se comprendre encore un peu plus avec la droite. En contrepartie de cette « flexibilité », les signataires de l’accord se sont engagés à offrir à tous les salariés une mutuelle complémentaire.  Ça tombe bien : ce gouvernement comme les précédents réduit continuellement le champ de ce qui est couvert par l’assurance-maladie (moins de 50% des dépenses aujourd’hui si on met de côté les hospitalisations et la longue maladie) et donc l’ANI complète cette orientation de privatisation de la sécurité sociale. Les « mutuelles » privées d’ailleurs l’ont bien compris qui multiplient les publicités pour prendre ce marché juteux.

La seconde « réforme » est celle des retraites qui n’est rien que le prolongement et l’aggravation des réformes de la droite en 2003 et 2010. D’ailleurs Larcher, ancien ministre du Travail et sénateur UMP l’a dit clairement : les socialistes ont validé notre réforme ! Augmentation des cotisations des salariés et non de celles des employeurs (puisque leur augmentation sera compensée par une diminution des cotisations au régime famille), recul de l’âge de la retraite. Ça paraît moins grave que le rapport Moreau et que ce que voulaient les plus décidés de la droite, mais ce radicalisme « libéral » est de la poudre aux yeux. Plutôt que de faire une révolution qui pourrait jeter tout le monde dans la rue comme en 1995, on procède progressivement : la machine à étrangler les retraites avance d’un cran tous les 3 ou 4 ans et chaque gouvernement apporte sa petite touche. Après avoir dénoncé la droite, les socialistes ont suivi la voie indiquée par Sarkozy et l’UMP.

La deuxième direction concerne l’école. Là encore, sauf les sourds, les aveugles et ceux qui ne savent pas lire, tout le monde reconnaît que la prétendue réforme républicaine de l’école initiée par Peillon est dans la ligne directe de la loi Fillon sur le « socle » et des réformes Chatel. Symboliquement, la loi Peillon n’est pas vraiment une loi nouvelle, mais une série d’amendements à la loi Fillon qui en préservent l’esprit et les grandes directions et souvent aggravent les choses en poussant les feux de la décentralisation, de l’autonomie des établissements, de la régionalisation et la communalisation de l’éducation nationale. Pour faire avaler la pilule, des recrutements d’adultes (et pas seulement et pas principalement de professeurs) ont été annoncés, mais ça n’empêche pas la machine à supprimer les postes de continuer de fonctionner à plein régime, même quand les effectifs augmentent. Par ailleurs, on met en place une nouvelle maquette des concours de recrutement qui diminue drastiquement la part des contenus disciplinaires au profit de ces charlataneries que l’on appelle « sciences de l’éducation » - s’il y avait une science de l’éducation, cela se saurait !

La troisième direction concerne la fiscalité. Là encore, c’est un bon marqueur des différences et des ressemblances. Et Hollande allait faire payer les riches ! Mais il n’en a rien été. Il s’est contenté de poursuivre le blocage de barèmes de l’impôt, initié par Sarkozy et, après l’avoir rejetée, a repris sous une forme un peu atténuée la hausse de la TVA. En s’attaquent au matraquage fiscal de Hollande, la droite est d’ailleurs mal placée car Hollande ne fait que poursuite le matraquage fiscal de son prédécesseur : à eux deux, en deux ans, ils ont prélevé 3% du PIB et le prochain budget en prélèvera 1,5% de plus (ce doit être ça la « pause fiscale »). Cazeneuve a déclaré : « la République, c’est l’impôt ! »  Il ne faut pas manquer de culot pour dire ça ! L’Ancien régime aussi, c’était l’impôt pour le peuple qui ployait sous son fardeau. Éventuellement, la République, c’est l’impôt juste ! Ce n’est pas exactement la même chose. Ayrault avait expliqué que « 95% des Français seraient épargnés par la hausse des impôts » : c’était un gros mensonge et il doit aujourd’hui annoncer que des mesures seront prises pour que les petits revenus ne soient pas trop pénalisés… Après la farce des taxations à 75%, toute idée de recréer de nouvelles tranches d’imposition pour les hauts et très hauts revenus à disparu. De même l’imposition des successions n’est pas touchée et les gros patrimoines pourront se transmettre aussi facilement que sous Sarkozy. Mais si on prend les détails, comme l’a fait avec beaucoup de précision Laurent Mauduit dans Mediapart, on voit que l’orientation suivie par Bercy est celle d’une contre-réforme fiscale qui vise à transférer la charge de l’impôts vers les salariés, les ménages, les familles et d’en décharger toujours plus les entreprises à qui il suffit de crier un peu ou de s’appeler « pigeons » pour que le gouvernement accoure les mains pleines de cadeaux fiscaux pour leur dire « je vous aime ». À l’attaque contre les « niches fiscales » familiales (la réduction d’impôt, très modeste d’ailleurs, pour les enfants qui poursuivent des études supérieures, le gouvernement s’est empressé de renouveler les juteuses niches fiscales de ses prédécesseurs dans le domaine immobilier : la loi Duflot promet d’importantes exonérations d’impôts à ceux qui investissent dans le logement locatif et les publicités expliquant comment ne pas payer d’impôts sur le revenu grâce à cette loi inondent l’internet. C’est en effet très simple : vous empruntez, vous investissez, vous faites payer vos remboursements en touchant des loyers et on vous dégrève. À la fin, on dispose d’un capital qui n’a pas coûté grand-chose. Bref ceux qui ont de l’argent pour faire les premières avances et qui présentent de bonnes garanties ramassent le pactole. On avait déjà cela avec les dispositifs De Robien, Besson et Sellier. Mme Duflot s’est mise à bonne école.

La dernière direction tout aussi importante concerne les institutions. Et ici encore, c’est la plus absolue continuité qui frappe. Monsieur « Moi, Président, je », avec une morgue imperturbable, réaffirme le « Führerprinzip » si caractéristique du sarkozysme. On me dira que ça ne marche pas bien, mais les « cacophonies » gouvernementales confirment négativement qu’il s’agit bien de maintenir coûte que coûte l’édifice vermoulu de la Ve République, avec son exécutif qui décide de tout et son Parlement croupion. La déconstruction du maillage républicain se poursuit : ainsi du projet sarkozyste du « Grand Paris » que les socialistes poursuivent sans état d’âme, réduisant les municipalités à des fantômes impuissants.

Je laisse de côté les opérations de diversion « sociétales ». Il faudrait s’intéresser à la diplomatie et analyser ce que le Monde Diplomatique d’octobre appelle la cinglante déroute de la diplomatie française en Syrie. Sarkozy avait eu la Lybie, Hollande voulait la Syrie – la propension des socialistes à s’engager dans les guerres coloniales et à s’agenouiller devant leur maître américain, reste un sujet d’étonnement même pour celui qui en comprend théoriquement les raisons déjà analysées en 1926 par Trotski dans  Europe et Amérique. En matière européenne, les rodomontades préélectorales n’ont pas tenu longtemps et Hollande a avalisé sans coup férir le plan Merkel-Sarkozy et le « mécanisme européen de stabilité ».

Je me contenterai de conclure en soulignant que je ne vois aucune différence sérieuse, stratégique, entre Hollande et Sarkozy et je crois avoir apporté suffisamment d’éléments à l’appui. Peut-être faut-il rectifier la formule « Hollande = Sarko+ ». Si on est gentil et si on oublie Manuel Valls, on dira que Hollande, c’est du « sarkozysme à visage humain ». Mais, à se moquer de toutes ces subtiles nuances, de plus en plus nombreux sont nos concitoyens et à force d’entretenir les illusions, de se refuser à appeler un chat un chat, on se prépare à des lendemains qui nous donneront la gueule de bois. Hollande, pour l’heure, a la chance d’avoir en face de lui une droite divisée, et qui a du mal à vraiment attaquer une politique qu’elle approuve en réalité – en général, les critiques de la droite se bornent à dire que Hollande ne va pas assez loin, ce qui veut bien dire que pour l’UMP il est dans la bonne direction ! Qui profite de cela ? Nous le savons bien, c’est Mme Le Pen et les vieilles ficelles de l’antifascisme ne marchent plus. Les électeurs de gauche dans plusieurs partielles sont passés assez largement du côté du FN après l’élimination du PS au premier tour. Il n’y a plus guère que la « upper middle class » … et le Front de Gauche pour persister à croire que la gauche existe encore et qu’elle est mieux que la droite. Il serait grandement temps de tourner la page, de laisser les morts enterrer leurs morts et de construire une nouvelle politique à la hauteur des enjeux auxquels nous sommes confrontés. On me dira : mais que peut-on faire d’autre ? que proposes-tu ? Mais tout d’abord, ce sont ceux qui ont le pouvoir et leurs amis qui doivent répondre de leur politique. Ensuite, s’il n’y a pas d’autre politique possible que celle de Hollande et Sarkozy, alors il faut cesser de parler de démocratie : la politique se réduirait simplement à des jeux de pression pour obtenir tel ou tel avantage pour soi-même ou sa corporation et les partis ne seraient plus que des systèmes clientélistes sans aucun projet, sans aucun programme, sans aucun idéal. Ceux qui défendent Hollande au nom du réalisme nourrissent directement l’abstentionnisme et l’aquoibonisme, le repli sur la vie privée et tous ces mauvais penchants qui corrompent le peuple et préparent l’avènement des démagogues.

Inversement, en partant d’une critique radicale du mode de production capitaliste, en montrant où se trouvent les racines de la crise qui n’est pas seulement une crise économique et sociale, mais aussi une crise morale profonde, en appelant au sursaut des consciences, en rappelant que nous ne sommes pas condamnés à nager dans les eaux glacées du calcul égoïste et qu’un autre monde est possible, on s’oppose efficacement à cette lente décomposition qui mine notre pays et l’Europe tout entière. Pour ceux qui veulent des éléments de programme, je ne peux que renvoyer aux nombreux articles publiés sur « La Sociale » ou à mon livre, Revive la République qui donne de nombreuses pistes.

Denis COLLIN – le 3 octobre 2013



[1] Fernand Braudel, Grammaire des civilisations, Arthaud-Flammarion, 1987, p. 428

 

[2] J’ai développé les raisons de cette transformation dans Le cauchemar de Marx (Max Milo, 2009).

[3] Éditions JC Lattès 2001

Articles portant sur des thèmes similaires :

 

http://la-sociale.viabloga.com/news/lettre-a-mes-amis-qui-croient-encore-a-la-gauche

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 21:04

Nous appelons à boycotter le vote.

Communiqué du secrétariat de la section du PCF Paris 15ème, 10 octobre 2013

 

Le Conseil départemental du PCF 75 s’est réuni le 8 octobre avec comme ordre du jour, une nouvelle fois, les élections municipales.

Les représentants de la section du 15ème arrondissement ont rappelé leur désapprobation de l’ensemble du processus engagé depuis des mois. Les candidats « têtes de file » ont été désignés avant communication d’un projet de programme. Aucun bilan de la mandature sortante n’a été soumis à la discussion des communistes. Le débat a été enfermé dans un choix, biaisé, entre deux combinaisons politiciennes.

L’adoption du « bulletin de vote » pour la consultation des adhérents s’étalant sur les 17, 18 et 19 octobre parachève ce dispositif laborieux, paralysant pour l’activité des communistes dans les luttes. Il est irrecevable.

La direction départementale a refusé de soumettre au vote des communistes la proposition, portée par notre section depuis le départ, de constituer à Paris des listes de rassemblement initiées par le PCF, en rupture avec la cogestion du social-libéralisme de la municipalité Delanoë-Hidalgo.

Le prétexte invoqué est que cette hypothèse n’a pas été discutée dans les sections – évidemment puisque que les directions ont refusé de la mettre en débat. Elles craignent visiblement toujours de le faire. Il est inconcevable que des directions du PCF excluent d’emblée de présenter des candidats portant les couleurs de leur parti.

La direction départementale a également refusé de prévoir une case « abstention » sur le bulletin, au prétexte que ce vote ne réglerait pas le problème de la stratégie électorale.    

Le texte du « bulletin de vote » correspond à une démocratie téléguidée.

Depuis des mois, les hauts dirigeants du Parti, dont Pierre Laurent, pèsent de tout leur poids pour l’intégration dès le 1er tour sur les listes du PS à Paris. L’énoncé du « choix n°1 » du bulletin en rajoute en soulignant explicitement qu’il s’agit du choix de la direction parisienne. Il promet en outre un nombre, en nette augmentation, des sièges d’élus octroyés par le PS. Comme si l’élection avait déjà eu lieu !  

Cette pratique politicienne – la répartition des places avant les objectifs politiques - traduit une réalité opposée aux conceptions communistes. Elle se situe malheureusement dans la continuité et la cohérence de l’alignement du PCF 75 et des élus sortants sur les orientations de Delanoë-Hidalgo.

Le « choix n°2 », l’alliance avec le PG au 1er tour dans des listes autonomes, est quasiment virtuel. Il vise à canaliser le mécontentement bien réel de nombreux communistes face au PS gouvernemental comme local. Les dirigeants parisiens qui soutiennent cette option – tactiquement ? – sont tout aussi liés au bilan de l’équipe sortante Delanoë-Hidalgo. Ce choix est virtuel car Mélenchon et ses disciples parisiens multiplient les provocations et posent délibérément des conditions inacceptables, trop heureux de pouvoir plumer la volaille communiste et faire oublier leur ralliement « sans conditions » sur Hollande aux présidentielles. Mélenchon poursuit son opération de recomposition politicienne en tendant la main à des dirigeants opportunistes d’EELV.

Le choix des directions parisienne et nationale du PCF pour Paris est lourd de conséquences nationalement. Paris n’est pas n’importe quelle ville. Outre la capitale, c’est une ville où la gestion municipale du PS est incontestablement « social-libérale ».

Le bulletin de vote dans son ensemble confirme l’impasse pour notre Parti comme pour les travailleurs de la stratégie du Front de gauche voulue par la direction du PCF.

Nous appelons nos camarades parisiens à boycotter le vote des 17, 18 et 19 octobre. Bien sûr, nous transmettrons les bulletins arrivés à la section.

Dans les mois qui viennent, comme dans les mois passés, notre priorité est d’aider au développement des luttes dans le 15ème, à Paris, comme de la résistance à la politique poursuivie par le gouvernement.

Nos luttes ne seront pas suspendues pour cause d’élection !

 

http://pcf-paris15.over-blog.com/article-strategie-du-pcf-paris-pour-les-municipales-un-bulletin-de-vote-irrecevable-pour-une-consult-120528466.html

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 21:01

jeudi 10 octobre 2013

Le 2 octobre dernier, plus de 300 militants communistes ont participé à l’Assemblée départementale du PCF consacrée aux prochaines élections municipales. Cette affluence exceptionnelle n’est pas surprenante : le « choix stratégique » du PCF parisien lors du premier tour – alliance avec le PS ou liste du Front de Gauche – fait l’objet de vifs débats non seulement au sein du parti, mais aussi entre le PCF et le Parti de Gauche. Jean-Luc Mélenchon défend régulièrement sa position en faveur d’une liste du Front de Gauche avec le PCF. Il regrette que Pierre Laurent soutienne l’option d’une alliance avec le PS et évoque « un risque d’explosion du message et de la crédibilité » [1] du Front de Gauche.

Le Conseil Départemental du PCF s’est prononcé mardi soir pour l’alliance avec le PS au premier tour, par 67 % des voix pour, 31 % contre et 2 % d’abstention. Mais le dernier mot reviendra aux communistes parisiens, qui se prononceront par un vote les 17, 18 et 19 octobre.

Nous l’avons dit et le répétons ici : les débats « stratégiques » – ou tactiques, en l’occurrence – ne doivent pas occulter le problème central qui est posé au Front de Gauche, à savoir l’élaboration et la popularisation d’un programme à la hauteur de la catastrophe économique et sociale actuelle. Alors que le capitalisme en crise n’ouvre pas d’autre perspective à la jeunesse et aux travailleurs que des années de régression sociale (20 ans, selon le Financial Times, mais The Economist, plus généreux, s’arrête à 10 ans), le « message et la crédibilité » du Front de Gauche se jouent d’abord sur le terrain du programme et des idées. Nous avons besoin d’un programme qui s’attaque à la propriété capitaliste des banques et des grandes entreprises, qui vise à remplacer le chaos du capitalisme par une planification socialiste et démocratique de la production. Ce n’est pas le cas à ce jour – et c’est selon nous la principale faiblesse politique du Front de Gauche. Quelle que soit l’option choisie, lors des municipales à Paris, cela ne règlera pas ce problème, auquel nous avons récemment consacré un long article.

Reste que, bien sûr, les options stratégiques ou tactiques ne sont pas suspendues en l’air. Elles sont directement connectées à des questions de ligne politique, en particulier dans le contexte actuel, qui a tendance à tout « politiser », pour ainsi dire. Or, le problème évident que pose une alliance avec le PS au premier tour, c’est la politique de rigueur que met en œuvre le gouvernement « socialiste » de François Hollande, avec les graves conséquences sociales que l’on sait.

Anne Hidalgo, tête de liste du PS à Paris, soutient fermement la politique gouvernementale – tout en promettant d’améliorer les conditions de vie des « Parisiens ». Lesquels ? Car en ce qui concerne les travailleurs, les chômeurs, les retraités et la jeunesse de Paris, nous savons déjà qu’il n’en sera rien. Anne Hidalgo, d’ailleurs, n’y sera pas pour grand-chose. Le problème la dépasse largement. A l’exception des grands patrons et rentiers divers qui vivent dans la capitale, la masse des Parisiens sera touchée par la crise du capitalisme et la politique du gouvernement, qui mineront le pouvoir d’achat, les conditions de travail et de logement, les services publics, la situation de l’emploi, etc. Il n’y a qu’à voir le sort réservé actuellement aux Hôpitaux parisiens – et donc à ses salariés et usagers.

Autrement dit, même si le programme municipal signé entre le PS et le PCF était intégralement mis en œuvre – et il comprend la production de dizaines de milliers de logements sociaux, l’ouverture de 5000 nouvelles places en crèche et différentes mesures d’aide aux plus pauvres –, cela ne suffirait pas à empêcher un recul du niveau de vie de la masse des Parisiens. Prétendre le contraire, ce serait mentir aux gens, minimiser la gravité de la crise et faire du « municipalisme » de la pire espèce. Si l’on ne peut vider l’océan de misère qu’engendre le capitalisme avec la cuillère du réformisme, c’est encore plus difficile avec la petite cuillère du réformisme municipal.

C’est cette situation générale, au fond, qui explique pour une bonne part la réticence de nombreux camarades à une alliance avec le PS au premier tour. Ils font valoir que l’électorat de gauche déçu – voire écœuré – par la politique actuelle du PS, et notamment l’électorat du Front de Gauche en 2012, ne « comprendrait pas » cette alliance du PCF avec le PS dès le premier tour. Ils veulent qu’à l’occasion de ces municipales, le PCF soit partie prenante d’une opposition de gauche à la politique menée par le PS au plan national (car qu’on le veuille ou non, cette élection aura une dimension nationale), au lieu de laisser le drapeau du Front de Gauche aux seuls PG et petites formations (GU, GA, etc.). Le problème d’une alliance du PCF avec le PS au premier tour, c’est donc son prix politique, comme Pierre Laurent lui-même l’a reconnu dans son intervention du 2 octobre.

Le prix de quoi ? D’un certain nombre d’élus que l’accord avec le PS nous garantirait, selon des projections électorales à prendre avec prudence en ces temps chaotiques – alors qu’une liste du Front de Gauche, selon les mêmes projections, nous en garantirait moins. En écoutant les interventions des camarades lors de l’AG départementale du 2 octobre, une chose apparaissait clairement : il n’est pas un seul argument des partisans d’une alliance avec le PS qui, en dernière analyse, ne repose sur la question du nombre d’élus. [2]

Par exemple, certains de ces camarades font valoir le « très bon bilan » de la majorité sortante à Paris et la part décisive qu’y ont pris les élus communistes. Admettons. En quoi cela milite-t-il pour une alliance avec le PS au premier tour ? Après tout, l’union au deuxième tour pour battre la droite va de soi. L’argument du « bon bilan » n’a qu’un sens ; il signifie : il nous faut un maximum d’élus communistes pour qu’ils pèsent de nouveau sur la politique de la prochaine majorité municipale. Or c’est l’alliance au premier tour avec le PS qui nous garantit un maximum d’élus.

Nous sommes parfaitement conscients du rôle que jouent les élus communistes et de ce que cela signifie, concrètement, pour tous les gens qui bénéficient de leur action. Le nombre d’élus détermine aussi la visibilité publique du parti, son ancrage dans le paysage politique. Si de nombreux camarades – y compris parmi les plus « à gauche » sur les questions programmatiques – se prononcent pour une alliance avec le PS au premier tour, c’est souvent parce qu’ils ont à cœur de sauvegarder le PCF, son appareil, son audience. Ils redoutent sa marginalisation. C’est tout à fait compréhensible ; aussi considérons-nous que cette position n’est pas du tout la « trahison » que proclament un peu légèrement certains militants du Parti de Gauche.

A vrai dire, l’un des éléments de l’équation, c’est précisément la méfiance de nombreux camarades à l’égard du PG. Prenons par exemple la question des positions éligibles. Nous n’étions pas présents lors des discussions entre le PCF et le PG sur ce sujet et nous ne voulons blâmer personne. Mais ce qui nous est présenté comme « la proposition du PG » – un tiers des positions éligibles pour le PCF, un tiers pour le PG et un tiers pour les autres formations du Front de Gauche – semble unanimement rejetée par les camarades du PCF, y compris donc par ceux qui sont partisans d’une liste du Front de Gauche au premier tour. Il est clair, en effet, que cette « proposition » ne correspond pas du tout aux poids respectifs des organisations du Front de Gauche. Et le fait est qu’elle a poussé certains camarades à rallier l’option d’une alliance avec le PS au premier tour.

Il y a par ailleurs une inquiétude vis-à-vis de la stratégie politique de la direction du PG. Nous ne voudrions pas l’exagérer, mais par exemple, le mot d’ordre « punir le PS » (électoralement), un moment avancé par le PG, ne rencontre aucun succès dans les rangs du PCF. Et pour cause : notre but ne doit pas être de « punir » le PS, mais de convaincre l’électorat qu’il y a une alternative de gauche à la politique d’austérité menée par le gouvernement.

Ainsi, le débat se ramène au fond à l’alternative suivante : 1) s’assurer un certain nombre d’élus PCF grâce à l’accord avec le PS au premier tour, mais au prix de décevoir ou de frustrer un certain nombre d’électeurs de gauche ; 2) être partie prenante d’une liste qui offre aux électeurs la possibilité d’un vote d’opposition de gauche au gouvernement, mais en courant le risque d’obtenir moins d’élus.

Compte tenu de ce tout qui précède, La Riposte soutient la deuxième option. Nous demandons par ailleurs une répartition plus sérieuse des positions éligibles entre les différentes formations du Front de Gauche. Et nous ajoutons que dans le contexte actuel, une campagne électorale menée sur un programme offensif peut remporter un grand succès, plus grand que les projections électorales qui circulent ne le laissent supposer. Le désaveu qui frappe le PS peut et doit trouver une expression sur sa gauche – et non seulement, comme on le voit, du côté du Front National. Au PCF et au Front de gauche de défendre une alternative claire et offensive à la capitulation des dirigeants « socialistes » à l’économie de marché.

Jérôme Métellus (PCF Paris 18e) 

[1http://www.regards.fr/web/Jean-Luc-Melenchon-L-autonomie-par,7030

[2] Du moins pas un seul argument sérieux. Car d’autres ne le sont pas. Par exemple celui qui présente une alliance au premier tour avec le PS comme la meilleure garantie d’une victoire de la gauche au deuxième. Au nom de quoi ? C’est une élection à deux tours et la gauche se rassemblera au deuxième, dans tous les cas. L’idée d’une « dynamique de premier tour » est d’autant plus douteuse, ici, qu’une liste PS-PCF serait plombée par le rejet populaire de la politique gouvernementale.

Autre exemple d’argument frisant la mauvaise foi : « le fait que les autres composantes du Front de gauche ne s’engagent pas à s’inscrire dans une majorité municipale affaiblit la capacité de listes du Front de gauche à être perçues comme utiles par les Parisien-ne-s », explique la résolution votée mardi soir par le CD parisien du PCF. Sérieusement : combien d’électeurs parisiens savent que les élus du PG ne siègent pas et ne veulent pas siéger dans l’exécutif municipal ? Et combien le déploreraient s’ils le savaient ? Même d’un simple point de vue factuel, cet argument est artificiel.

 

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 21:00

lundi 7 octobre 2013

L’arrestation de dirigeants d’Aube Dorée a sûrement été accueillie avec satisfaction par les antifascistes et militants de gauche, non seulement en Grèce, mais aussi dans toute l’Europe. Cependant, pour les communistes et tous les militants du mouvement ouvrier, il est nécessaire de comprendre à la fois les raisons de ce coup de filet et les scénarios qui s’ouvrent maintenant dans le pays.

Les arrestations de dirigeants du parti néo-nazi sont la conséquence directe de l’indignation populaire qui a suivi l’assassinat de Pavlos Fyssas, rappeur antifasciste et délégué syndical, commis par un militant d’Aube Dorée. Dans la seule soirée du mercredi 25 septembre, 50 000 jeunes et travailleurs sont descendus dans les rues d’Athènes, en réaction à ce meurtre.

Ce qui a obligé le gouvernement à agir contre Michaloliàkos (le principal leader d’Aube Dorée) et ses disciples, c’est précisément la crainte que cette colère de milliers de jeunes et de travailleurs se retourne directement contre l’Etat.

Les accusations sont multiples : l’homicide de Pavlos Fyssas, celui d’un Pakistanais à Petralona et la tentative d’homicide d’un Egyptien à Ichtioskala. Des procédures ont aussi été ouvertes pour d’autres cas de tentatives d’homicide, agressions, chantages et blanchiment d’argent. Le groupe dirigeant d’Aube Dorée est également soupçonné d’être impliqué dans la disparition de 100 immigrés « clandestins ».

Il est évident que ces accusations n’ont pas été préparées du jour au lendemain. La magistrature grecque travaillait sur ces dossiers depuis des mois et a décidé de les utiliser quand elle l’a jugé opportun. En effet, pendant des décennies, les crimes des néonazis sont restés impunis. Aujourd’hui on entend des félicitations adressées au gouvernement et à l’appareil de l’Etat pour avoir « appliqué la loi ». Or c’est justement l’absence totale du respect de cette dernière, avec la complicité de plusieurs secteurs de la police et de l’armée grecque, qui a permis la croissance d’un mouvement comme celui d’Aube Dorée, jusqu’à en faire une force politique importante dans la société grecque.

Ce n’est pas un hasard si le virage répressif à l’encontre d’Aube Dorée a été précédé d’un nettoyage dans la direction de la police. Deux officiers à la tête de la région de la Grèce centrale et méridionale ont été « démis » de leurs fonctions, ainsi que huit autres hauts fonctionnaires. Durant l’opération de samedi dernier contre les dirigeants néo-nazis, vingt autres policiers ont été arrêtés. Les liens entre des secteurs de la police et Aube Dorée étaient un secret de polichinelle. Aube Dorée a été créée, dans les années 80, par des policiers et des militaires nostalgiques de la dictature des colonels.

La bourgeoisie grecque s’en est longtemps servie comme d’une force auxiliaire. Tous les plus grands capitalistes grecs ont financé Aube Dorée. Les médias lui ont accordé beaucoup d’espace. Du fait de la décomposition des partis traditionnels de la bourgeoisie, Aube Dorée a grandi et s’est renforcée. Certes, elle n’a jamais été une force de masse, comptant au maximum 2000 à 2500 militants. Toutefois, son audace a grandi. Ses actions criminelles, dont le point culminant est le meurtre de Pavlos Fyssas, ont provoqué une réaction populaire massive, mettant en danger le système dans son ensemble.

Peu de jours avant l’opération contre le parti de Michaloliakos, des réservistes de l’armée ont publié un communiqué dans lequel ils appelaient à former un gouvernement « sans hommes politiques » et sous la protection des forces armées – un discours semblable à celui d’Aube Dorée. Cependant aujourd’hui la classe dirigeante grecque n’a aucun intérêt à soutenir un coup d’Etat. Le mouvement ouvrier et la jeunesse sont trop puissants ; toute tentative « autoritaire » serait vouée à l’échec. Les deux dernières semaines ont été marquées, par exemple, par des grèves des travailleurs de la fonction publique. Parmi les secteurs les plus combatifs de la classe ouvrière grandit la revendication d’une grève générale reconductible. Un coup d’Etat aujourd’hui mettrait le feu aux poudres.

Le gouvernement Samaras veut épuiser toutes les solutions constitutionnelles, à ce stade. Dans un second temps, par contre, le gouvernement agira par décret, sacrifiant les « garanties constitutionnelles » et se livrant à une répression généralisée.

Avec l’opération de samedi dernier contre l’Aube Dorée, l’Etat a essayé de repeindre sa propre façade en se débarrassant des ses amis les moins présentables. Mais l’Etat n’est pas un organisme impartial, qui agirait pour la tutelle d’une justice abstraite et pour le bien de la société. Comme l’ont bien appris les travailleurs et les jeunes grecs en ces années de grandes luttes sociales, l’Etat est un instrument de domination et de répression, qui organise le maintien de l’injustice sociale. Du point de vue de Nouvelle Démocratie [le principal parti de droite, actuellement au pouvoir], la répression d’Aube Dorée permet de renforcer le gouvernement, qui a besoin de mettre en œuvre une nouvelle – énième – attaque envers le mouvement ouvrier.

Aujourd’hui, la bourgeoisie grecque a besoin de stabilité – et non de l’aventurisme dangereux des néo-nazis. Il faut comprendre les intérêts de classe en jeu, au lieu de faire des commentaires abstraits sur la défense du « droit » et de la « démocratie », comme dans la déclaration suivante de la direction de Syriza : « Aujourd’hui, il a été démontré que la démocratie et notre système judiciaire nous donnent la possibilité de soumettre les criminels au jugement de la loi ».

Une telle déclaration n’éclaire en rien les fondements du danger représenté par Aube Dorée, qui ne réside pas uniquement dans ses actions criminelles, mais aussi dans son idéologie et dans sa politique. Les actions criminelles en sont la conséquence.

Le fascisme ne sera pas éliminé par l’action de la magistrature, mais seulement par le renversement du capitalisme. C’est le système capitaliste qui alimente et nourrit l’idéologie fasciste ; c’est ce système qui crée les conditions pour l’appauvrissement des classes moyennes et la croissance du sous-prolétariat urbain, deux couches sociales qui forment la base électorale et militante d’Aube dorée. En outre, cette même bourgeoisie qui, aujourd’hui, « poursuit » les néo-nazis, sera prête demain à recréer une organisation similaire, sous un autre nom.

La lutte antifasciste est donc liée à l’adoption d’un programme révolutionnaire. Et dans l’immédiat, il faut abandonner toute attitude passive envers le fascisme – et combattre l’illusion que l’action des forces de l’ordre arrêtera l’avancée des néo-nazies. Des attaques comme celle de Perama (faubourg d’Athènes où l’Aube Dorée a attaqué un groupe de militants communistes), ou comme l’homicide de Pavlos Fyssas, se répéteront inévitablement. Pour cette raison, il est nécessaire de créer un front unitaire des organisations politiques et syndicales de la classe ouvrière, qui organise des groupes d’autodéfense antifasciste dans chaque quartier, dans chaque école et université, unifiés dans une unique milice antifasciste centralisée.

Stamatis Karagiannopoulos
Membre du comité central et de la tendance communiste de SYRIZA


Note : Depuis que cet article a été publié en grec, les dirigeants d’Aube Dorée ont été libérés sous caution. En outre, lors de son témoignage qui a duré six heures, Ilias Kasidiaris, l’un des députés d’Aube Dorée aurait déclaré qu’il savait qui était le « témoin protégé ». Les médias grecs ont indiqué que le nom, l’adresse et le numéro de téléphone de ce témoin clé qui avait témoigné contre Aube Dorée ont été inclus dans les dossiers remis aux avocats de la défense « par erreur » ... Cela révèle en outre la connivence entre l’appareil d’Etat et les dirigeants d’Aube dorée !

 

La Riposte : journal communiste

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 20:58

 Au Musée de l'Histoire, à Hanoï, j'ai vu une guillotine. Une vraie, en bois et acier, pas une maquette ou une reproduction. Au temps de la colonisation française elle avait rempli son rôle, je ne dirai pas honnêtement, mais  assidûment. Pour le compte des autorités politiques, militaires et économiques de la grande puissance tutélaire.

Elle – ou sa jumelle de Saigon – coupa, entre autres, la tête d'une jeune femme en 1941. Cette  militante anticolonialiste était la belle-sœur de Vo Nguyen Giap, ancien professeur d'histoire et résistant communiste, dont la femme mourait en prison, sous les bons traitements de l'administration pétainiste de l'Amiral Decoux.

Giap, devenu chef de l'armée vietnamienne pendant la guerre d'Indochine (1946-1954), gagna cette guerre contre la France avec la bataille de Dien Bien Phu.

Vingt et un ans plus tard il gagna une autre guerre, contre les USA.

L'évocation de cette guillotine n'ajouta certes rien au talent du Général Vo Nguyen Giap. Mais elle renforça probablement sa détermination et sa volonté d'un Viet Nam indépendant.

 

Jacques Franck 7 octobre 2013

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 20:56

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).
 
Le 6 octobre 2013.

 
Action politique et action citoyenne sont, devraient être en tout cas, intimement liées, le citoyen ne pouvant s’affranchir sans dommage pour la société des devoirs que lui confère le droit à la citoyenneté. C’est pourquoi la nécessité de la repolitisation des citoyens ne peut être comprise sans évoquer les raisons essentielles de la dépolitisation en marche. Certaines pratiques qui s’inscrivent en effet dans la sphère politique, concourent à une dépolitisation de la population. Le M’PEP veut agir concrètement pour en réduire les effets. Il veut, à tous les niveaux de son organisation, construire des offensives dans les domaines suivants :

  • Renforcer la conscience politique des citoyens.
  • Dénoncer la supercherie de la notion de lien social qui vise à se substituer au lien politique.
  • Submerger la sphère publique : investir ce lieu de construction et d’expression de la citoyenneté.
  • Comprendre et combattre la défiance vis-à-vis de la politique.
  • Déconstruire le hollando-sarkozysme.
  • Incarner une véritable alternative qui n’en reste pas à la théorie et à l’incantation.


Pour accéder au sommaire de l’étude du M’PEP, cliquez sur les liens suivants :

 
I.- RENFORCER LA CONSCIENCE POLITIQUE DES CITOYENS
    A.- La conscience d’une obligation politique
    B.- La formation politique

II.- DENONCER LA SUPERCHERIE DE LA NOTION DE LIEN SOCIAL QUI VISE A SE (...)

    A.- Cette notion mal définie pourrait-elle se mesurer, s’évaluer par la (...)
    B.- L’inclusion et les « exclus »
    C.- Cette crise du « lien social » serait également la rançon de nouvelles (...)
    D.- L’avènement de la notion de « lien social » ainsi que sa prétendue crise (...)
    E.- L’action sociale
    F.- L’appel au « lien social » n’est pas une conduite politique

III.- SUBMERGER LA SPHÈRE PUBLIQUE : INVESTIR CE LIEU DE CONSTRUCTION ET (...)

    A.- Le concept de sphère publique
    B.- Réalité de la sphère publique aujourd’hui

IV.- COMPRENDRE ET COMBATTRE LA DÉFIANCE VIS-A-VIS DE LA POLITIQUE

    A.- La professionnalisation grandissante du personnel politique
    B.- L’avènement de « la société du risque »
    C.- L’encouragement à la protection privée, contractuelle et individuelle
    D.- La réduction de la classe politique aux quelques stars du système (...)
    E.- Le mépris d’une classe dirigeante pour l’ensemble du peuple
            1.- La surveillance
            2.- L’empêchement
            3.- Le jugement
            4.- L’éloignement
    F.- Une démocratie apolitique ?

V.- DÉCONSTRUIRE LE HOLLANDO-SARKOZYSME

    A.- Le premier axe de la dépolitisation hollando-sarkozyenne consiste à (...)
    B.- Le deuxième axe du sarkozysme : la mise en cause de « parasites » de la (...)
    C.- Le troisième axe de la dépolitisation sarkozyenne vise à naturaliser les (...)

VI.- INCARNER UNE VÉRITABLE ALTERNATIVE QUI N’EN RESTE PAS A LA THÉORIE ET A (...)

 

Pour accéder à l’ensemble de l’étude du M’PEP, cliquez ci-dessous :
http://www.m-pep.org/spip.php?article626
 

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 15:14

De quel syndicalisme avons-nous besoin ? Conférence d’Annie Lacroix Riz à Cochin le 25 octobre : "La question des salaires en France"

mercredi 2 octobre 2013 par Bernard Giusti Secrétaire Général Adjoint, François Sénac IDE, Marise Dantin Secrétaire Générale


aaa Vendemiaire Drapeau 2013De quel syndicalisme avons-nous besoin ? 

Vendredi 25 et Samedi 26 octobre
Hôpital Cochin

En France, le syndicalisme est effectivement confronté à ses divisions.
Mais la recherche de l’unité des travailleurs est indissociable d’une orientation de classe ferme et sans ambiguïté !
C’est en effet dans les périodes où le syndicalisme de classe l’a emporté sur le réformisme syndical que de grandes conquêtes et droits sociaux ont vu le jour comme en 1936 et à la Libération.

Le syndicat CGT de l’hôpital Cochin, avec le soutien et la participation du Front Syndical de Classe, organisera durant 2 jours des rencontres et conférences en direction des militant-e-s, travailleurs-eusses, retraité-e-s à la fois sur des questions de fond :

- les salaires avec Annie LACROIX-RIZ, le vendredi 25 de 17h à 21h,


- les luttes actuelles (les retraites) avec Bernard FRIOT, le samedi de 14h à 18h.

LIEU : Hôpital Cochin, 27 rue du Faubourg Saint Jacques 75014 PARIS
Amphithéâtre Jean Dausset

RER B : Port Royal
Métro : Denfert Rochereau, ligne 4 ou 6.

 

Programme des 2 journées

VENDREDI 25 octobre
17 heures
Conférence – débat animée par Annie LACROIX-RIZ
"La question des salaires depuis le 20e siècle"

 

SAMEDI 26 octobre

9 heures 30- 12 heures
Débat sur le thème « de quel syndicalisme avons-nous besoin »
Introduit par Benoît Foucambert

14 heures

Conférence – débat animée par Bernard FRIOT
"La retraite c’est révolutionnaire !"

 

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 15:12

 vendredi 4 octobre 2013 / par Par notre partenaire Libre Afrique

 

La récente prise d’otages et l’assassinat d’au moins 67 personnes au centre commercial de Westgate à Nairobi au Kenya trouve ses racines dans l’intervention du gouvernement des États-Unis en Somalie, qui a débuté dans les années 1990.

 

Bien qu’il n’existe absolument aucune justification au meurtre d’innocents, il faut souligner que les Shebabs, le groupe islamiste qui a commis l’attentat contre le centre commercial et qui contrôle des régions entières de la Somalie, ne seraient probablement pas au pouvoir sans les interventions des États-Unis.

Comme Scott Horton, l’animateur d’une émission de radio nationale américaine, spécialisée dans ​​la politique étrangère, souligne dans le numéro de septembre de Future of Freedom (dont je suis le rédacteur en chef), le gouvernement américain est intervenu directement en Somalie et a soutenu les invasions répétées de la part d’États africains voisins, y compris le Kenya. Au passage, un gouvernement relativement modéré a été renversé, la résistance aux envahisseurs a été radicalisée et les Shebabs liés à Al Qaida ont gagné un contrôle partiel, chose qui aurait été peu probable sans cette intervention américaine.

Horton, en s’appuyant sur des rapports de première main du journaliste Jeremy Scahill, note que, après les attentats du 11 septembre 2001, l’administration Bush a compilé une liste de pays « mûrs pour un "changement de régime" », incluant la Somalie, « dont aucun n’avait d’implication dans les attentats ou des liens réels avec ceux qui les avaient perpétrés. (...) Et par bonheur pour le Pentagone et la CIA, il n’était pas très difficile de trouver d’impitoyables seigneurs de la guerre prêts à accepter leur argent pour perpétrer des assassinats et des enlèvements ciblés contre ceux qu’ils accusaient d’être des islamistes - ou n’importe qui d’autre qu’ils souhaitaient cibler ».

Un retour de manivelle était inévitable. L’Union des tribunaux islamiques (UTI) de Somalie, une coalition d’une douzaine de groupes, déposèrent les seigneurs de la guerre et le Gouvernement fédéral de transition soutenu par les Etats-Unis. « L’UTI déclara alors le règne de la loi islamique », écrit Horton. « Cela, bien sûr, n’était pas les affaires des États-Unis, et même si cela l’avait été, le régime somalien n’avait pas le pouvoir de créer un état ​​religieux autoritaire comme, par exemple, l’Arabie Saoudite, l’allié américain. (…) Et les croyances musulmanes traditionnelles de la Somalie étaient beaucoup plus libérales et tolérantes que celles d’Arabie ».

Mais cela était inacceptable pour l’administration Bush, donc à la fin 2006, elle fit envahir la Somalie et renverser l’UTI par l’Éthiopie, cet État « client » des États-Unis, chrétien et vieil adversaire de la Somalie, « des agents de la CIA et des opérations spéciales menant l’attaque ». En 2008, cependant, les Somaliens boutèrent les Ethiopiens hors du pays. Dans cet effort, on trouvait, selon les mots de Horton, « le groupe le plus jeune et le moins influent dans l’UTI, les Shebabs (la jeunesse) ». Alors qu’elle allait quitter le pouvoir, l’administration Bush, cherchant à sauver la face, obtint des « vieux de l’UTI » un accord pour « accepter la forme du gouvernement fédéral de transition ». Cela rendit les Shebabs furieux, ces derniers accusant l’UTI d’être devenus des agents américains. « Ce n’est qu’alors, seulement, des années après que le chaos avait commencé, que les Shebabs déclarèrent leur loyauté à Al Qaïda. Ils commencèrent d’ailleurs à agir comme Al Qaïda, appliquant des lois et des châtiments à la saoudienne, dans les zones qu’ils dominaient, comme le fait de couper les mains de ceux qui étaient accusés de vol », selon Horton. Malheureusement, l’équipe d’Obama a continué sur la même voie désastreuse : « Après que les Ethiopiens se sont retirés, [l’administration américaine] envoya les armées de l’Ouganda et du Burundi sous les auspices de l’Union africaine pour traquer et détruire les Shebabs. Puis vinrent les Kényans, qui furent apparemment pris de panique après les attaques de luxueuses stations touristiques près de la frontière. En 2011, les Ethiopiens envahirent à nouveau le pays. Les forces kényanes prirent la ville portuaire de Kismayo aux Shebabs en 2012 et crièrent bruyamment victoire quand les rebelles furent dispersés. Mais une insurrection tenace continue la lutte.

Les Américains, de leur côté, continuent de soutenir les forces d’invasion, ainsi que ce qui passe pour le « gouvernement » de Mogadiscio, avec des centaines de tonnes d’armes et des dizaines de millions de dollars. » La CIA et l’armée américaine continuent de prendre une part directe, non seulement en aidant le gouvernement officiel, mais aussi en attaquant les Somaliens avec des hélicoptères, des missiles de croisière et des drones et, selon Horton, « en supervisant au moins deux centres de torture ». L’attaque abominable de Nairobi a mis les médias en effervescence quant à de possibles menaces terroristes contre des « cibles vulnérables » comme des centres commerciaux, non seulement en Afrique, mais aussi aux Etats-Unis. Alors que nous réfléchissons à ce sujet, nous devons comprendre qu’il s’agit d’une menace « made in Washington ».

Combien de fois devrons-nous faire l’expérience de ce que la CIA appelle des « blowback » (retour de manivelle) avant que le peuple américain ne crie son ras-le-bol ?

 

Sheldon Richman est le vice président de la Fondation pour le Futur de la Liberté (Foundation for the Future of Freedom).

http://www.afrik.com/attaque-de-nairobi-un-retour-de-manivelle

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 15:11

 

Chers amis et camarades, veuillez trouvez ci dessous copie du courrier que j'ai envoyé ce jour au Comité d'honneur Ambroise Croizat  et à son animateur Monsieur Lamirand 

 

 

MIchel Etievent

520, avenue des thermes

73600 Salins les thermes

 

Aux

 

Membres du  Comité d'honneur Ambroise Croizat

Objet : Démission du comité d'honneur Ambroise Croizat

Le 29 septembre 2013

                           

                               Monsieur l'animateur du Comité, Madame , Monsieur,

                     Puisque  vous n'avez pas jugé mon travail suffisamment important, intéressant  et « rigoureux » pour m'intégrer dans les conférenciers du colloque Croizat organisé par la mairie de Paris, L'IHS, le comité d'honneur, ( J'ai découvert mon éviction sur le carton d'invitation, sans n'avoir jamais été préalablement consulté ou contacté ou tout simplement averti avant le choix des intervenants ), je ne vois pas quel sens vous pouvez désormais donner à ma présence au sein du comité d'honneur « Ambroise Croizat ». Veuillez donc recevoir ma démission. Je vous demande en conséquence de retirer immédiatement mon nom de la liste des membres du comité d'honneur Ambroise Croizat.  

                   Vous ne pouvez ignorer que depuis  plus  de 20 ans, j'ouvre sans cesse pour la reconnaissance d'Ambroise Croizat, le syndicaliste, le ministre, le communiste, l'homme et surtout ce qui semble le plus gêner : l'actualité brûlante et la modernité de son message et de son oeuvre. (le rappel constant de cette dérangeante actualité au fil de mes conférences est sans doute ce que l'IHS dans une lettre embarrassée et confuse adressée à tous sauf à moi, qualifie « d'instrumentalisation »)

                 Je ne rappellerai pas les nombreuses conférences (217 en 2 ans aux quatre coins de France pour la CGT, le PCF, le Front de gauche et bien d'autres associations, mairies, collèges, écoles, lycées, universités.), inaugurations de rue, de places, de lycées, l'entrée d'Ambroise dans le dictionnaire Le Robert,  des émissions de  Radio ( 3 émissions sur France inter à 600 000 auditeurs chacune), dans des films documentaires (dont Mémoires d'ouvriers de Gilles Perret), de multiples interviews à la télévision, l'entrée dans tous les livres scolaires de terminale économie sciences techniques et sociales. J'ose également vous rappelez que je suis l'unique biographe (2 ouvrages à 20 000 exemplaires) que vous avez en d'autres temps fortement encensés. Je peux , je crois sans prétention aucune estimer que mon travail n'est pas étranger à toutes les  avancées qui ont permis de donner à Ambroise Croizat la place qu'il occupe enfin aujourd'hui dans l'histoire sociale et l'histoire tout court.

                 Je ne peux et ceci semble encore plus important aux yeux de milliers de camarades qui m'ont apporté leur soutien par 6000 messages d'indignation et de colère, cautionner la dénaturation et l'étouffement  de la modernité sociale et révolutionnaire du message  d'Ambroise à l'heure de la casse sociale de tous ses conquis. Et ceci par le recours à des universitaires intitulés soudainement « experts » ou « spécialistes » pour l'occasion et qui aux dires de nombreux camarades et chercheurs ont gardé un étrange silence jusqu'à aujourd'hui sur son éviction de l'enseignement, des recherches, et ne l'ont évidemment jamais mis en avant dans leur cours, leurs ouvrages. (Aucun na publié de livres sur le sujet ! Dans mes longues années de recherches, je n'ai jamais croisé leurs noms ou leurs travaux. L'un deux ne savait pas quelle était l'oeuvre d'Ambroise Croizat avant que je le lui apprenne lors d'un travail collectif)

                Je ne peux cautionner cette entreprise qui consiste à enfermer l'oeuvre du ministre des travailleurs dans un discours purement consensuel, nostalgique et événementiel (se contentant d'usurper mon travail en le dénaturant), se gardant bien de poser les vraies questions essentielles aujourd'hui pour de nombreux militants. Cette volonté d'anesthésier l'oeuvre d'Ambroise va de pair avec une minimisation constante de mon travail (pour ne citer que les dissimulations et rétentions d'information sur mes conférences par exemple, mes multiples interventions ou mon dernier ouvrage au centre de l'oeuvre de Croizat intitulée « La sécurité sociale, une grande conquête de la dignité »)  par son animateur Monsieur Lamirand et ceci malgré mes rappels répétés par mails jamais suivis d'effet et que l'animateur s'est bien gardé de communiquer aux membres du comité.

             Vous dire combien cette éviction à la croisée « d'ego » personnel et de calculs politiques ma profondément blessé. Je n'ai pas le même sens de l'honneur et de la fraternité. Pour l'heure je poursuis et avec quel bonheur mes conférences sur le terrain avec militants, camarades et bien d'autres, conscients de l'importance du message fortement actuel d'Ambroise Croizat  qui nous a donné le goût de la dignité (19 conférences avant fin décembre : CGT, PCF, front de gauche, dans le calendrier que j'ai envoyé à tous) 

 

                                                      Salutations

                                                  Michel Etievent

 

Copies envoyées à tous mes soutiens, aux UD CGT, UL CGT, fédérations du PCF  

 

 

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 15:10

De nombreux  jeunes sont contraints de chercher un emploi salarié afin d'étudier ou même, simplement, survivre. De bons apôtres, tenanciers des grandes enseignes commerciales, les engagent pour  travailler le dimanche (et bientôt la nuit). Ils feront de cet acte de "générosité" une obligation statutaire  pour l'ensemble de leur personnel, volontaires ou non : "Bossez un dimanche sur quatre, ou trois  ou deux, ou allez voir ailleurs !" Au nom de la liberté du travail, ces bons apôtres étrangleront le droit légal au repos hebdomadaire.

Aux jeunes des familles aisées le temps de se consacrer aux études. Aux autres le soin de se débrouiller entre la fac et le magasin. Comment peut-on préparer  une agrégation en vendant  des balayettes chez Castorama ?

En institutionnalisant le travail des étudiants, on évite de s'attaquer aux vrais problèmes ; les droits universitaires, les logements hors de prix, la baisse constante du pouvoir d'achat.

 

Jacques Franck   2octobre 2013

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