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Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 13:50

 lundi 2 septembre 2013

La contre-réforme des retraites annoncée par le gouvernement « socialiste » prolonge et aggrave celle qui avait été imposée par le gouvernement Fillon en 2010. A l’époque, les dirigeants du PS s’y opposaient et disaient aux manifestants : « votez pour nous en 2012 et nous abrogerons cette réforme inique ». A présent qu’ils sont au pouvoir, non seulement ils n’abrogent rien, mais ils en rajoutent dans la régression sociale. Leur cynisme et leur soumission aux intérêts du patronat n’ont décidément pas de limites.

Tout a été dit, notamment par L’Humanité et la CGT, sur les conséquences sociales catastrophiques des contre-réformes qui se sont succédé depuis 1993, lorsque Balladur engageait la destruction des conquêtes de 1981. Ces reculs ont tous entraîné une baisse importante du niveau des pensions. Résultat : la moitié des retraités touchent une pension inférieure au SMIC. Et plus de 4 millions d’entre eux perçoivent le minimum contributif (621 euros par mois).

Messieurs-dames les ministres « socialistes » ont-ils une vague idée de ce que signifie, de nos jours, vivre avec 621 euros par mois ? Non ? Qu’ils délaissent un instant les dorures et velours de leurs vastes bureaux et daignent observer, dans les rues de Paris, le flot montant de la misère qui pousse tant de personnes âgées – entre autres – à se nourrir dans les poubelles. Les mesures annoncées par Jean-Marc Ayrault ne feront qu’aggraver ce phénomène. Par ailleurs, l’augmentation des cotisations retraite se traduira par une baisse des salaires nets.

En plus de la baisse mécanique des pensions du fait de l’allongement de la durée de cotisation, le gouvernement a ajouté une petite abjection de son cru, à laquelle même la droite n’avait pas songé : il prévoit de soumettre à l’impôt la majoration de 10 % dont bénéficient les retraités qui ont au moins trois enfants – puis, à partir de 2020, de supprimer cette majoration. Il précise que les économies ainsi réalisées profiteraient aux retraites des femmes – à condition qu’elles n’aient pas trop d’enfants !

« Ah ! Mais nous sommes socialistes ! », clamaient depuis des mois Hollande et ses ministres. « Et donc nous, à la différence de la droite, nous allons faire une réforme JUSTE ! » Par « juste », ils entendent : qui ponctionne non seulement les salariés et retraités qui peinent à joindre les deux bouts, mais aussi les capitalistes richissimes qui saccagent l’économie et pillent les caisses de l’Etat. Or, même cet idéal de justice extrêmement modeste a fait long feu. Il a suffi d’un froncement de sourcil de Mr Gattaz, le patron du MEDEF, pour que Pierre Moscovici se précipite aux Universités d’été des patrons et y annonce que le gouvernement allait « intégralement compenser » la hausse des cotisations retraite par une baisse des cotisations famille, dès 2014 et au moins jusqu’en 2017.

Pour qu’on comprenne bien qui décide dans ce pays, Mr Gattaz n’a pas remercié le ministre pour ce nouveau cadeau fiscal. Il l’a froidement accueilli comme on empoche un dû – puis, impassible, a réclamé l’abrogation de l’ISF et de la « taxe à 75 % ».

 

La stratégie syndicale

A l’exception des dirigeants du PS, de la CFDT et d’autres syndicats minoritaires, toutes les forces du mouvement ouvrier sont opposées à cette contre-réforme. Leur capacité de mobilisation est colossale, comme l’ont prouvé les mouvements de 2003 et 2010. Cependant, ces deux grandes luttes se sont soldées par des défaites. Quelles leçons peut-on en tirer pour la bataille qui s’engage ?

Eric Aubin, secrétaire confédéral de la CGT en charge des retraites, abordait ce thème dans L’Humanité Dimanche du 22 août dernier : « [Depuis 2010] le contexte politique a changé. La gauche au pouvoir a combattu à l’époque contre-réforme . Ils vont avoir du mal à faire l’inverse aujourd’hui en poursuivant le même type de réforme que celle engagée par les gouvernements précédents. La gauche ne peut pas ne pas prendre en compte la situation liée à la crise et celle de l’emploi vécues par les salariés, même si l’Europe, les marchés financiers et les agences de notation font pression pour imposer une réforme répressive. »

Cinq jours plus tard, le gouvernement décevait les espoirs d’Eric Aubin et présentait une contre-réforme dans la droite ligne des gouvernements précédents. Le dirigeant de la CGT compte sur la bonne volonté du gouvernement socialiste pour créer des conditions plus favorables qu’en 2010 à la défense de nos retraites. Mais en même temps, il ajoute à juste titre que les capitalistes « font pression pour imposer » une contre-réforme. Sur qui cette « pression » va-t-elle s’exercer ? Sur le gouvernement. Et donc ? Et donc ce que nous dit Eric Aubin, c’est que les dirigeants du PS seraient heureux de nous épargner cette contre-réforme, mais que la classe capitaliste n’est pas du même avis. Cela ne nous éclaire pas beaucoup.

En réalité, la fermeté des gouvernements Fillon, en 2003 et 2010, ne reposait pas – ou du moins pas principalement – sur la mentalité réactionnaire des responsables de l’UMP. Cette fermeté avait une base matérielle implacable : la crise du système capitaliste, qui non seulement ne peut plus concéder des avancées sociales, mais ne peut même plus tolérer les conquêtes sociales du passé. La classe dirigeante doit les détruire une à une.

Depuis 2010, François Hollande a été élu, certes, mais par ailleurs la crise du capitalisme français s’est encore aggravée, comme en témoigne l’état du PIB, des déficits publics et de la balance commerciale. Or les dirigeants socialistes sont complètement soumis à « l’économie de marché », à ses lois et donc à ses exigences. Il ne fait donc aucun doute que François Hollande se montrera aussi peu disposé à céder aux pressions de la rue que l’était Fillon, si ce n’est moins. C’est Mr Gattaz et ses amis qui dictent au gouvernement sa politique, tout comme les patronats grec, portugais et espagnol ont exigé des dirigeants « socialistes » de ces pays qu’ils mènent une politique de rigueur sévère, lorsqu’ils étaient au pouvoir. Et c’est ce qu’ils ont fait.

 

Grève reconductible

Cela ne signifie pas, bien sûr, qu’une victoire de notre camp est impossible. Mais il faut une stratégie et un programme à la hauteur de la situation. Une première mobilisation est prévue pour le 10 septembre ; La Riposte appelle à y participer massivement. Mais soyons clairs : si, comme en 2003 et en 2010, les directions confédérales s’efforcent de limiter le mouvement à une succession de « journées d’action » sans lendemain, aussi massives soient-elles, une nouvelle défaite est inévitable. Dans le contexte que nous venons de décrire, des mobilisations ponctuelles ne peuvent pas entamer la détermination du patronat et du gouvernement – fût-il « de gauche » – à remettre en cause nos conquêtes sociales. Seul le développement d’un mouvement de grève reconductible impliquant des secteurs décisifs du public et du privé est susceptible de les faire reculer.

Les travailleurs sont-ils prêts à un mouvement de cette envergure ? Souvenons-nous qu’en 2010 une grève reconductible avait démarré dans les secteurs du pétrole et des transports, entre autres. Les directions confédérales, cependant, ne cherchaient pas à étendre ce mouvement de grève – et à vrai dire, s’en dissociaient. Ce qui faisait défaut, ce n’était donc pas la volonté de lutter des travailleurs ; c’était des directions syndicales déterminées à vaincre.

Comme nous l’écrivons dans le dernier éditorial de La Riposte, « il ne s’agit pas de “décréter” la grève générale, mais de la préparer consciemment et sérieusement. […] Nul ne peut connaître à priori l’attitude des travailleurs sur cette question. On ne pourrait la déterminer que sur la base d’une vaste campagne d’agitation. Encore faut-il l’engager. »

 

Passer à l’offensive

Les grands médias répètent en boucle que cette contre-réforme est simplement « technique » et d’une ampleur « limitée ». Ce faisant, ils cherchent évidemment à désamorcer le combat. On ne doit pas tomber dans ce piège ! Les effets cumulés des réformes Fillon et Ayrault se traduiront par une baisse continue des pensions, alors que des millions de retraités subissent déjà des conditions de vie misérables. Telle est la réalité de la situation, face à laquelle on ne peut pas se contenter de s’opposer aux mesures annoncées par le gouvernement. Il faut passer à l’offensive sur la base d’un programme qui vise à garantir à tous les travailleurs une retraite digne. Concrètement, cela signifie :

1) L’abrogation de toutes les contre-réformes mises en œuvre depuis 1993.

2) La retraite à 60 ans maximum, selon des critères de pénibilité, sans aucune pension inférieure au SMIC et indépendamment du nombre d’années de cotisations.

3) La fin des exonérations des cotisations patronales et leur relèvement au niveau des besoins de financement des assurances vieillesse, famille et maladie.

4) L’intégration dans le secteur public des maisons de retraite privées et l’embauche massive de personnels dans ce secteur.

5) La nationalisation de toutes les banques privées pour financer des programmes sociaux, construire des hôpitaux, des maisons de retraite, des logements, etc., avec les embauches correspondantes.

6) L’expropriation de tous les capitalistes qui, d’une façon ou d’une autre, feraient obstacle à ces mesures.

Un programme de cette nature, large et offensif, donnerait aux travailleurs le sentiment que la lutte en vaut la peine, que la victoire mérite des sacrifices. C’est la clé de cette nouvelle bataille des retraites.

 

Jérôme Métellus (PCF Paris)

 

http://www.lariposte.com/

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 13:48

 La rencontre aura lieu le mardi 17 septembre de 18h30 à 20h30

à l'Espace Maurice Nilès, 1er étage, 11 rue du 8 Mai 1945, 93000 Bobigny
Tramway T1, Arrêt « La Ferme ».


Depuis août 2012, le gouvernement et les groupes armés colombiens ont engagé un processus pour une paix négociée, marquant une rupture forte avec la stratégie sécuritaire de l’ancien président Uribe. Si un accord partiel a pu être trouvé sur la réforme agraire, racine d’un conflit qui remonte aux années 60, la situation reste précaire et les affrontements continuent.
Comment sortir définitivement du cycle de violences qui mine la société colombienne depuis plus d’un demi-siècle ? Quels sont les enjeux des négociations ? Ont-elles une chance d’aboutir ?

La Fondation Gabriel Péri, en partenariat avec l’association France Amérique latine, invite pour en débattre :

  • Jaime Caycedo, anthropologue, secrétaire général du Parti communiste colombien,
  • Nydia Tobon, membre du comité "Droit Solidarité",
  • Maurice Lemoine, journaliste, auteur de Sur les eaux noires du fleuve, Éditions Don Quichotte, 2013,
  • Le Mouvement de la paix,
  • L’association France Amérique latine.

La rencontre sera animée par Daniel Cirera, secrétaire du conseil scientifique de la Fondation Gabriel Péri.

Contact : Chrystel Le Moing , Fondation Gabriel Péri, clemoing@gabrielperi.fr, 01 41 83 88 43.

 

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 13:47

Mardi 3 septembre 2013

« Il est devenu manifeste qu'il y a des problèmes politiques profondément enracinés dans la périphérie qui, à notre avis, doivent être changés si l'Union monétaire européenne (UME) est censée fonctionner à long terme. » L’équipe de Recherche Économique sur l’Europe de J.P.Morgan Chase, la plus grosse banque étasunienne, n’y va pas par quatre chemins. Dans un document publié fin mai, et intitulé « L'ajustement de la zone euro - bilan à mi-parcours », elle propose des solutions pour sauver l’euro, menacé selon elle par : « une protection constitutionnelle des droits des travailleurs ; des systèmes recherchant le consensus et qui encouragent le clientélisme politique ; et le droit de protester si des modifications peu appréciées sont apportées au statu quo politique ».

 

Traduction : il faut interdire les grèves et les manifestations, et permettre aux gouvernements en place de ne plus avoir à se soucier des résultats des élections à venir quand ils prennent des mesures impopulaires – la dénonciation du « clientélisme politique » est une des dernières trouvailles des communicants payés par les barons de la finance pour attaquer le suffrage universel et la protection sociale : ainsi, Chavez a-t-il été régulièrement accusé de « clientélisme » pour avoir versé des aides aux plus pauvres, qui du coup votaient pour lui. En revanche, le fait que les dirigeants de J.P.Morgan Chase aient pu échapper à la justice moyennant une amende de 300 millions de dollars pour avoir sciemment vendu des produits financiers pourris à leurs clients en 2007 et 2008, ce n’est pas du clientélisme…

 

La crise de l’euro est tellement aiguë qu’elle oblige les cerveaux du capital à s’attaquer aux formes démocratiques issues des révolutions bourgeoises et des conquêtes du mouvement ouvriers, et en Europe, la fascisation est de moins en moins rampante : une loi contraint le Parti communiste ouvrier hongrois à renoncer à son nom, les monuments à la gloire de Thälmann et des Républicains espagnols sont menacés de dynamitage, et le deuxième fer néo- nazi a été spectaculairement remis au feu en Grèce.

 

L’inquiétude du capital est compréhensible : la détestation de l’euro et de l’intégration européenne monte en flèche. À l’est, les peuples regrettent de plus en plus la période socialiste. Au début de cette année, les gouvernements bulgare et slovène ont été renversés par la rue à cause de la politique d’austérité imposée par Bruxelles. Et dans les pays du sud, la situation est explosive…   

Article paru dans Initiative Communiste de juillet-août.

 

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 13:46

samedi 31 août 2013


L’agression militaire contre la Syrie, projetée par les Etats-Unis et la France, n’a rien à voir avec la « protection des civils ». Ce n’est qu’un nouveau prétexte « humanitaire » – comme lors des agressions de l’Afghanistan, de l’Irak et de la Libye – pour justifier une intervention visant à défendre les intérêts économiques, stratégiques et militaires de l’impérialisme occidental dans la région.

L’hypocrisie des impérialistes est sans bornes. L’utilisation de gaz toxiques est présentée comme un crime contre l’humanité. Or, il se trouve que les Etats-Unis possèdent les plus gros stocks d’armes chimiques au monde. Et aucune puissance ne s’en est servi à une échelle aussi massive qu’eux, notamment pendant la guerre du Vietnam.

Parmi les alliés de la coalition impérialiste se trouvent le Qatar et l’Arabie Saoudite, qui arment et financent les « rebelles » fondamentalistes en Syrie. Comme Obama et Cameron, Hollande dénonce le caractère dictatorial du régime syrien, mais reste silencieux sur les dictatures au Qatar et en Arabie Saoudite.

Du reste, le régime syrien est tout à fait capable de recourir à des armes chimiques, mais rien ne prouve actuellement qu’il les ait utilisées. Concernant l’invasion de l’Irak en 2003, nous savons maintenant ce que nous soupçonnions à l’époque à propos du rôle des inspecteurs de l’ONU. Hans Blix, en charge de l’inspection, a finalement reconnu qu’il n’avait trouvé aucune preuve de l’existence d’armes de destruction massive en Irak. Des agents de la CIA ont avoué avoir concocté des rapports allant dans le sens de ce que voulait George W. Bush pour justifier l’invasion. Quand les intérêts des grandes puissances sont en jeu, tous les moyens sont bons. Par ailleurs, on se demande pourquoi Assad aurait eu recours à des armes chimiques alors qu’il l’emportait contre les djihadistes sur le terrain, d’autant plus qu’il savait que ces armes constituaient la « ligne rouge » à ne pas franchir, selon les engagements publics d’Obama.

Jusqu’à présent, le régime a résisté non seulement aux milices fondamentalistes, mais aussi aux différentes tentatives d’affaiblir Assad au moyen de défections – très chèrement payées par les gouvernements occidentaux – de militaires syriens de haut rang. Si Assad conserve le pouvoir, la Russie et l’Iran marqueront des points contre les Etats-Unis dans la région. Mais quelles sont les options, pour Washington ? Une intervention terrestre en Syrie embraserait toute la région. Cela créerait aussi des difficultés politiques aux Etats-Unis. Selon un sondage, 91 % des Américains sont hostiles à une intervention militaire en Syrie. Mais en même temps, sans troupes au sol, des frappes aériennes ne peuvent rien résoudre du point de vue de l’impérialisme américain. Ce dilemme explique les hésitations d’Obama sur l’opportunité d’une intervention.

L’affaiblissement de la position mondiale de la France fait qu’elle joue un rôle mineur, désormais, au Moyen-Orient. Hollande aligne sa politique internationale sur celle des Etats-Unis, mais cela ne rapportera rien à la France comme puissance impérialiste. La participation de la France dans des opérations militaires contre la Syrie n’en est que doublement insensée. Pendant qu’il impose l’austérité aux travailleurs en France, il consacre des centaines de millions d’euros à des aventures militaires. Ce n’est là qu’une preuve supplémentaire de l’asservissement de son gouvernement « socialiste » aux intérêts capitalistes.

La question syrienne fournit une nouvelle illustration, enfin, du véritable rôle de l’ONU. Ce n’est en aucun cas une force pour la paix et la justice dans le monde, contrairement à ce qu’elle prétend – et contrairement, aussi, aux douces illusions des réformistes à ce sujet. L’ONU est une instance entièrement contrôlée par les puissances impérialistes. Quand les rapaces impérialistes sont d’accord entre eux sur un problème donné, ils se couvrent de la « légalité » de l’ONU pour passer à l’action. Mais quand leurs intérêts les placent dans des camps opposés, ils passent outre. Jamais l’ONU n’a empêché un conflit quand les intérêts fondamentaux d’une grande puissance sont en jeu, qu’il s’agisse des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine, de la Grande-Bretagne ou de la France.

La Riposte : journal communiste

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 13:44

Les éléments du projet gouvernemental de réforme de retraites sont maintenant dévoilés. 

Elle repart de la réforme Sarkozy : le gouvernement légitime la fin de la retraite à 60 ans. Elle utilise les mêmes leviers que toutes les réformes de la droite : allongement de la durée de cotisations ce qui signifie le recul de l'âge réel de départ en retraite. C’est une triste première pour un gouvernement de gauche ; elle touchera plus particulièrement les jeunes.

Les retraité-e-s seront mis à contribution, une « double peine » pour eux après une vie de salarié-e-s à cotiser pour la protection sociale.

D’autre part, si le gouvernement annonce une augmentation des cotisations des salariés et des patrons, ceux-ci sont rassurés par l’annonce de l’allègement de leurs cotisations concernant les prestations familiales dès 2014.  Il s’agit d’un nouveau cadeau au patronat après les 20 milliards déjà accordés aux entreprises sans contrepartie en 2013. Puisqu’il est si bien entendu, le MEDEF aurait tort de ne pas en demander encore plus comme il le fait dès aujourd’hui…

Cette contre-réforme ne vise en rien  un progrès ! Avec ces mesures inefficaces et injustes, c’est plus de chômage et moins de pouvoir d’achat.

Les classes populaires, les classes moyennes et les retraité-e-s sont ponctionnées au lieu de faire financer les entreprises et la finance.

Cette « réforme » n’est pas faite pour répondre aux besoins des Français mais pour obéir aux injonctions de Bruxelles. Pour cela, le gouvernement est prêt à faire ce qu’aucun gouvernement « de gauche » n’a fait. Au mépris des aspirations de ceux qui ont battu Nicolas Sarkozy et l’avis d’une part grandissante de la majorité gouvernementale comme le montrent, notamment, les réactions à Europe Écologie – Les Verts ou l’appel de 3000 socialistes. 

A l’inverse, le Front de gauche entend contribuer à la plus grande unité possible contre cette réforme derrière les syndicats et dans le cadre du Collectif retraites 2013. La première mobilisation du 10 septembre, le succès de la fête de l'Humanité doivent être au plus haut niveau pour se faire entendre du gouvernement.

 

Le Front de Gauche : PCF/PG/GU/C&A/R&S/FASE/GA/PCOF/Alternatifs

 

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 12:29

Dans la nuit du 22 au 23 août 1927, il y a 86 ans, Bartolomeo Vanzetti et Nicola Sacco, unis dans la mort, étaient exécutés sur la chaise électrique...

 

Sacco-et-Vanzetti.jpgDans l’Amérique des années 20, les noirs et les travailleurs immigrés ne gagnaient qu’un peu plus de la moitié de ce que pouvait gagner un Américain « de souche ». Les capitalistes finançaient l’incitation à la haine raciale. En 1924, le Ku Klux Klan comptait quatre à cinq millions d’adhérents. Il propageait la haine contre les étrangers, contre le syndicalisme et le communisme. Des noirs et des militants ouvriers étaient régulièrement battus, mutilés et assassinés. 

La cible principale de cette intimidation était la main d’œuvre d’immigration récente qui travaillait dans les mines, le textile et la construction. Venus aux Etats-Unis dans l’espoir d’échapper à la guerre, à l’oppression et à la pauvreté, ils se sont retrouvés dans des conditions de travail et de vie à peine supérieures à l’esclavage. Le « péonage » était répandu dans pratiquement tous les Etats. Cela signifiait que les travailleurs n’avaient pas le droit de démissionner, quelles que soient leurs conditions de travail et leurs salaires. Parmi les immigrés de l’an 1908, il y avait deux ouvriers italiens dont les noms allaient bientôt résonner aux quatre coins du monde. Bartolomeo Vanzetti avait alors vingt ans. Nicola Sacco en avait dix-sept. 

Vanzetti venait de la province de Cunéo, en Italie du nord. Il s’intéressait aux théories sociales révolutionnaires. Après son débarquement aux Etats-Unis, il travailla pendant deux ans comme plongeur dans un restaurant new-yorkais. Il était périodiquement embauché dans les fermes du Connecticut. Il a travaillé aux carrières de Meriden et sur les chemins de fer de Springfield, avant de s’installer finalement à Plymouth, dans le Massachusetts. Vanzetti étudiait La Comédie divine de Dante et La Vie de Jésus de Renan. Il lisait Marx, Darwin, Tolstoï, Hugo et Zola. En 1917, il s’installa au Mexique jusqu’à la fin de la guerre. De retour à Plymouth, il dirigea une grève dans une entreprise de corderie. Licencié, fiché sur une « liste noire », il peina à retrouver du travail et survit en vendant du poisson à la criée. 

Sacco était originaire de la province italienne de Foggia. Il s’installa aux alentours de Boston. Successivement porteur d’eau, ouvrier dans une fonderie à Hopedale et chez la Milford Shoe Company(de 1909 à 1917), il partit au Mexique jusqu’à la fin de la guerre, lui aussi. A son retour, il fut embauché dans l’usine de Michael J. Kelly, un manufacturier de chaussures. Kelly le considérait comme un travailler modèle. Mais Sacco était aussi un révolutionnaire actif. Il participait aux piquets de grève et aux manifestations. Il se qualifiait de socialiste, puis d’anarchiste. Pour aider financièrement les grévistes, il lui arrivait de jouer la comédie dans les rues des quartiers italiens, avec sa femme Rosina. 

Sacco et Vanzetti militaient aussi contre les arrestations et déportations de syndicalistes, de communistes et d’anarchistes. En février 1920, le typographe anarchiste italien Andrea Salsedo fut arrêté à New York. Vanzetti s’y rendit pour se renseigner à son sujet. Mais peu de temps après, le 3 mai, Salsedo tomba du 14e étage du bâtiment du Département de la Justice. Avait-il été jeté dans le vide par la police – ou avait-t-il sauté, poussé à bout par huit semaines de détention et d’interrogatoires ? Aussitôt, Sacco et Vanzetti organisèrent une réunion de protestation. Elle devait se tenir à Brockton, le 9 mai. Mais le 5 mai, les deux militants furent arrêtés par la police, qui trouva sur eux les tracts annonçant la réunion. 

Initialement arrêtés pour activité séditieuse, ils furent bientôt accusés d’un braquage chez Slater et Morill, le 15 avril 1920, à South Braintree, au cours duquel deux employés avaient été tués. Vanzetti fut également inculpé pour un autre braquage, à Bridgewater.

Lors du procès concernant le braquage de Bridgewater, le juge Webster Thayer, connu pour sa haine des « rouges » et ses préjugés contre les « étrangers », s’adressa aux jurés en ces termes : « Cet homme, même s’il est possible qu’il n’ait pas commis le crime qui lui est imputé, est néanmoins moralement coupable, parce qu’il est l’ennemi de l’ordre établi. » Vanzetti fut condamné à une peine de prison de 12 à 15 ans. Le procès des deux hommes pour le braquage et le double meurtre de Braintree eut lieu en mai 1921, à Dedham, dans le Massachusetts. Il était présidé par le même juge.

Enchaînés et enfermés dans une cage, les deux hommes se défendaient vaillamment. Mais pour la presse patronale, leur culpabilité ne faisait aucun doute. Ceux qui défendaient les militants étaient accusés de pêcher contre le patriotisme et le bon sens. Le périmètre du tribunal était gardé par des policiers armés de fusils et de mitrailleuses. Une campagne hystérique se déchaînait contre des « rouges », assimilés à des poseurs de bombes et des assassins. L’ambiance, dans le tribunal, ne pouvait que s’en ressentir. Les preuves et témoignages à décharge étaient noyés dans un flot de préjugés politiques et racistes. Dans ses instructions aux jurés, le juge Thayer jouait sur la corde patriotique : « Pensez à l’un de nos jeunes soldats donnant sa vie sur les champs de bataille de France. Je vous demande de nous rendre service, ici, dans le même esprit patriotique que celui dont nos jeunes ont fait preuve outre-mer ».

Plusieurs témoins oculaires à charge – une prostituée à qui on avait promis un travail régulier, un repris de justice témoignant sous un faux nom – étaient plus que douteux. Lawrence Letherman, un responsable du Département de la Justice de Boston, et Fred Weyand, un agent spécial du même département, avaient déposé des affidavits attestant d’un coup monté contre les deux militants. Ces deux témoins, que l’on ne pouvait guère soupçonner de sympathies « rouges », affirmaient que les autorités fédérales étaient convaincues de l’innocence de Sacco et Vanzetti – mais voulaient les condamner et les exécuter en raison de leurs idées et activités politiques. Selon l’affidavit de Letherman, par exemple, « le Département de la Justice de Boston voulait trouver contre Sacco et Vanzetti des preuves suffisantes pour obtenir leur déportation, mais [n’y arrivait pas]. De l’avis des agents du Département, une condamnation de Sacco et Vanzetti pour meurtre serait une façon de s’en débarrasser. [Les agents qui connaissaient le dossier] étaient convaincus qu’ils n’avaient rien à voir avec le crime de Braintree. »

De nombreux témoins affirmaient avoir vu les deux hommes ailleurs qu’à Braintree, le jour du double meurtre. Parmi eux, un employé du consulat de Boston affirmait que Sacco s’y trouvait, ce jour-là, pour se procurer un passeport. Il se préparait à rendre visite à son père, en Italie. Pas moins de 31 témoins affirmaient qu’aucun des hommes impliqué dans le braquage n’était Vanzetti, et 13 autres affirmaient l’avoir vu en train de vendre des poissons, à Plymouth, au moment du crime. Balayant ces témoignages avec mépris, le juge Thayer déclara que la décision du tribunal ne devait pas tellement s’appuyer sur des témoignages, mais sur « la conscience [des accusés] d’avoir fait le mal. » Après le procès, des témoignages de personnes dans l’entourage de Thayer indiquaient que le juge lui-même reconnaissait l’innocence des deux hommes, mais considérait qu’il fallait les condamner pour protéger la société.

Pendant six longues années de procédures, de controverses et de protestations, Sacco et Vanzetti croupissaient en prison. Des manifestations et des pétitions s’organisaient dans le monde entier. En France, en Angleterre, en Italie, en Allemagne, au Brésil, en Chine et en Inde, des centaines de milliers de travailleurs se mobilisaient contre l’injustice flagrante de ce qu’un journal de Saint Louis appela un « lynchage légal ».

En 1925, un jeune criminel, Celestino Madeiros, condamné à mort pour meurtre et en attente d’une décision en appel, avoua être l’auteur du crime de Braintree. L’aveu était détaillé et circonstancié. La défense de Sacco et Vanzetti sollicita un nouveau jugement. Mais le juge Thayer rejeta le recours. La Cour Suprême jugea qu’il n’y avait pas d’erreurs dans les décisions de Thayer, qui, le 9 avril 1927, prononça la sentence de mort devant les deux hommes. Dans un bref discours, Nicola Sacco déclara :« Je sais que la sentence est une sentence de classe, une lutte entre la classe opprimée et la classe riche. Il y aura toujours une lutte entre elles. Nous fraternisons avec le peuple, nous lui donnons des livres, de la littérature. Vous persécutez le peuple, vous le tyrannisez, vous le tuez. »

Un dernier effort pour les sauver – un recours en grâce auprès du gouverneur Fuller – se solda par un échec, et ces deux martyrs de la cause ouvrière furent exécutés sur la chaise électrique dans la nuit du 22 au 23 août 1927. Le 21 août, Bartolomeo Vanzetti envoya une lettre au Comité de Défense qui les avait soutenus jusqu’au bout. En voici un extrait : « Amis et camarades, maintenant que la tragédie de ce jugement touche à sa fin, n’ayez tous qu’un même cœur. Deux d’entre vous seulement meurent. Notre idéal vit. Vous, nos camarades, vivrez par millions. Nous ne sommes pas vaincus. Faites un trésor de nos souffrances, de notre douleur, de nos fautes, de nos défaites, de notre passion pour les batailles futures et pour la grande émancipation. »

Greg Oxley

 

http://cubaetameriquelatine.skynetblogs.be/archive/2013/08/23/usa-aout-1927-l-assassinat-sur-la-chaise-electrique-de-sacco-7904249.html

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 12:28

Par le Mouvement politique d'émancipation populaire (M'PEP).

Le 25 août 2013.


Vous trouverez ci-dessous les dernières vidéos de l'université d'automne 2012 du M'PEP (La Baume-lez-Aix, novembre 2012), filière 7 « Agitation d’idées et actions ».


  • Vidéo « Un point de vue sur la mondialisation »
  • Audio « Résistances locales et repolitisation »

    • Animation Michel Quinet, secrétaire général du M’PEP, avec : Claude Charneau, viticulteur et membre du PCF ; Lydie Antonnelle, syndicaliste CGT santé ; Concita Plainchon, Comité de défense de l’hôpital ; J.L. Botella, syndicaliste CGT La Poste de Marseille.
      http://www.m-pep.org/spip.php?article3149

 

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 12:27

 Mardi 27 août 2013

Par ReSPUBLICA

 

L’appel ci-dessous est d’une grande importance. S’il ne résout pas tous les problèmes nés des politiques néolibérales et du mouvement réformateur néolibéral qui lui est attaché, il fait franchir un cran dans la prise de conscience. Alors que le livre Contre les prédateurs de la santé écrit par Catherine Jousse, Christophe Prudhomme et Bernard Teper fut le premier livre qui engagea une réflexion critique contre les complémentaires santé, cette pétition est la première réaction publique d’envergure.
Il faut en mesurer l’importance quand on sait que les mutuelles étaient dans les années 80 majoritairement dirigées par des socialistes et minoritairement par des communistes. Cela avait eu comme conséquence que René Teulade, leader de la Mutualité française, soit nommé ministre de la santé. Et comme autre conséquence que l’ensemble de la gauche politique fasse le black-out sur toute critique contre les mutuelles présentée comme des organisations de gauche.

Cerise sur le gâteau, c’est un gouvernement « d’union de la gauche » incluant des socialistes et des communistes, le gouvernement scélérat de Lionel Jospin qui, en 2001, cédera aux injonctions de l’Union européenne en transformant le Code de la mutualité en code assurantiel. La totalité des mutuelles naguère socialistes et la majorité des mutuelles naguère communistes ont rejoint durant cette période le camp du néolibéralisme. La transformation scélérate du code en 2001 fut la mesure qui a accéléré ce phénomène démarré une quinzaine d’années plus tôt.
Aujourd’hui, la très grande majorité du mouvement mutualiste, alliée aux Instituts de prévoyance des amis de Guillaume Sarkozy (le frère de qui vous savez) et à la fédération Medef des assurances privées multinationales au sein de l’Union nationale des organismes complémentaires à la sécurité sociale (UNOCAM), est une machine qui travaille contre la sécurité sociale solidaire.

Il est donc temps de nettoyer les écuries d’Augias pour pouvoir mieux travailler à un projet alternatif de transformation sociale. Le livre et la pétition y contribuent chacun à sa manière.

Pour un  débat public sur la santé !

Les Français dépensent 12 % de la richesse nationale (PIB) pour se soigner, comme les Hollandais, les Suisses, les Canadiens ou les Allemands. La Sécurité sociale a eu pour ambition pendant un demi-siècle de permettre aux malades d’être soignés sans qu’il ne leur en coûte (trop) tout en cotisant en fonction de leurs ressources. Depuis une décennie, au lieu de renforcer  la lutte contre les dépenses injustifiées et de donner un nouvel élan au service public de l’assurance maladie, le choix a été fait de transférer progressivement  la prise en charge des soins courants (c’est-à-dire hors hospitalisation et hors affections de longue durée ALD) vers les assurances dites « complémentaires » (mutuelles, institutions de prévoyance et assureurs privés à but lucratif). Aujourd’hui, la Sécurité sociale ne rembourse plus qu’environ 50 % des soins courants et bien moins encore pour les soins d’optique, dentaires et d’audioprothèses. Si l’on poursuit dans cette voie, la protection sociale ne prendra bientôt plus en charge que les patients les plus démunis et les malades les plus gravement atteints.

Nous sommes en train de passer, sans débat démocratique, d’une logique de prise en charge solidaire pour tous à une logique d’assistance pour les plus pauvres et d’assurance pour les plus riches.

Or les assurances complémentaires sont :

- moins égalitaires, leurs tarifs varient selon la « gamme » des prestations remboursées et sont plus élevés pour les familles et les personnes âgées,
- moins solidaires, le plus souvent leurs primes n’augmentent pas en fonction des revenus des assurés
- plus chères, leurs frais de gestion dépassent souvent 15 % des prestations versées, contre moins de 5 % pour la Sécurité sociale.

De plus, les contrats collectifs d’entreprise, réservés à certains salariés, bénéficient d’exonérations d’impôts et de cotisations sociales, qui coûtent aujourd’hui plusieurs milliards d’euros à l’Etat et à la Sécurité Sociale, et demain plus encore à la faveur de l’accord national interprofessionnel (ANI) de 2013, quoi que l’on puisse penser de cet accord par ailleurs.

Les usagers et les professionnels de santé se mobilisent pour arrêter cette dérive qui sonne le glas de notre Sécurité sociale universelle et solidaire, et contribue à creuser les inégalités sociales de santé. Nous demandons que s’ouvre un large débat citoyen, suivi d’un vote solennel de la Représentation nationale, sur le choix entre le financement des dépenses de santé par la Sécurité sociale ou par un assureur privé dit « complémentaire ».

 

Appel lancé à l’initiative de François Bourdillon, Mady Denantes, Anne Gervais, Bernard Granger, André Grimaldi, Anne Marie Magnier, Martial Olivier-Koehret, Frédéric Pierru, Didier Tabuteau.

 

http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/pour-un-debat-public-sur-la-sante-importance-dun-appel/6942

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 12:24

 mardi 27 août 2013


Les événements récents en Turquie et en Grèce, comme l’instabilité sociale grandissante dans de nombreux autres pays européens, sont une expression de la maturation des prémisses de la future révolution européenne. Pour l’heure, les secousses les plus violentes se sont produites dans les pays les plus fragiles du continent. L’économie de la Grèce a connu un véritable effondrement. Le Portugal et l’Espagne sont sur la même voie. Mais prochainement, les puissances européennes les plus importantes – l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France – seront, elles aussi, aspirées dans le tourbillon d’une instabilité politique et sociale croissante.

Prémisses de la révolution 

Karl Marx et Frédéric Engels nous ont expliqué quels sont les ressorts fondamentaux d’une époque révolutionnaire et notamment comment, à un certain stade du processus historique, le développement de la technique et des forces productives se heurte aux limites de l’ordre social existant. Dans la préface de sa Critique de l’économie politique (1859), Marx résume brillamment les conclusions générales auxquelles il était arrivé à ce sujet : « Le résultat général auquel j’arrivai et qui, une fois acquis, servit de fil conducteur à mes études, peut brièvement se formuler ainsi : dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté, rapports de production qui correspondent à un degré de développement déterminé de leurs forces productives matérielles. L’ensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société, la base concrète sur laquelle s’élève une superstructure juridique et politique et à laquelle correspondent des formes de conscience sociale déterminées. Le mode de production de la vie matérielle conditionne le processus de vie social, politique et intellectuel en général. Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être ; c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience. A un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n’en est que l’expression juridique, avec les rapports de propriété au sein desquels elles s’étaient mues jusqu’alors. De formes de développement des forces productives qu’ils étaient, ces rapports en deviennent des entraves. Alors s’ouvre une époque de révolution sociale. »

Ces lignes remarquables décrivent le point auquel le capitalisme est arrivé aujourd’hui, en général – c’est-à-dire à l’échelle mondiale – et en Europe en particulier. Le système atteint ses limites. Il ne peut plus développer les moyens de production ou en tout cas ne peut les développer qu’au détriment des conditions d’existence de la masse de la population. Le marché mondial ne peut plus absorber la masse colossale de marchandises que les moyens de production existants peuvent produire. Non pas qu’il n’y ait plus de besoins à satisfaire : la majeure partie de l’humanité vit dans la misère. Mais l’offre dépasse la demande à une échelle massive. Pendant des décennies, les capitalistes, leurs banques et leurs gouvernements ont cherché à repousser cette perspective par une expansion colossale du crédit, de sorte que la masse de capitaux en circulation était beaucoup plus importante que les richesses réelles produites.

Le crédit peut effectivement augmenter la demande, mais il augmente par la même occasion les capacités productives. Par conséquent, la contradiction fondamentale du mode de production capitaliste devait nécessairement finir par se manifester. D’un facteur de croissance de la demande, le crédit – c’est-à-dire l’endettement – devient une cause de sa contraction. C’est ce qui explique la crise mondiale actuelle. C’est une crise dont l’ampleur et la gravité sont sans précédent dans l’histoire. Une grave crise de surproduction – ou de « surcapacité » – est doublée d’une crise de surendettement aux proportions, elle aussi, sans précédent. Elle n’a donc rien d’une baisse cyclique « normale ». Elle touche tous les pays du monde, y compris les pays « miraculeux » comme la Chine, le Brésil ou la Turquie. Le ralentissement économique est général, même si certains pays sont plus avancés que d’autres sur le chemin de la ruine. L’Europe, autrefois considérée comme une zone de stabilité économique et sociale, est durement touchée. Et dans le contexte de la stagnation et du déclin du capitalisme européen, il y a le déclin particulier du capitalisme français.

Malgré cinq millions de demandeurs d’emploi et une aggravation évidente de la « grande pauvreté », il faut dire que l’extrême gravité de la situation n’est pas encore comprise par la grande majorité des travailleurs, d’autant que personne, dans les sphères dirigeantes du mouvement ouvrier, ne la leur explique. Hollande dit que l’économie ira mieux prochainement. Beaucoup de travailleurs pensent – ou en tout cas espèrent – qu’il a raison. Le taux de croissance peut fluctuer dans certaines limites, mais une reprise économique durable est exclue.

L’affaiblissement de la position de la France en Europe et dans le monde est à l’œuvre depuis des décennies. Mais son déclin s’est nettement accéléré au cours de la dernière période. Sa base industrielle se contracte à une vitesse alarmante. En 1999, elle représentait 22 % de son PIB. En 2008, elle n’était plus que de 16 %. En 2013, elle se situe entre 11 et 12 %. Selon la Commission Européenne, la part du commerce mondial qui revient à la France s’est contractée de 20 % depuis 2005. Perdant constamment du terrain sur le marché mondial, le capitalisme français recule également en Europe et même sur le marché intérieur. Ses marges de profit dans le secteur industriel ont reculé de 2 à 5 % par an, au cours de la dernière période : l’industrie française bat en retraite face à ses principaux rivaux.

Les statistiques de l’investissement industriel racontent la même histoire. Si nous prenons les chiffres entre 1991 et 2012, ils sont négatifs pour 9 de ces 22 années et ne dépassent pas une augmentation de 2 % pour 5 d’entre elles. La majeure partie des investissements réalisés sur l’ensemble de cette période n’implique pas une augmentation des capacités productives, mais seulement un renouvellement de celles-ci. Les déficits commerciaux annuels – aux alentours de 70 milliards d’euros – sont eux aussi une preuve tangible du déclin de la position mondiale de la France. Ainsi, les capitalistes mènent la France à la ruine. Ils abandonnent le secteur productif – et donc, par la force des choses, ceux du commerce et des services – pour investir là où la main d’œuvre est moins chère et où les travailleurs ont des « droits » à peine plus élevés que de ceux d’esclaves. Partout, ils exercent une pression implacable sur les salariés pour augmenter leurs profits.

Les prévisions de redressement proférées par Hollande ne sont que duperie. C’est un marchand de faux espoirs. Pour que l’économie française se redresse de façon durable, il faudrait que le capitalisme français trouve de nouveaux débouchés pour ses produits, malgré l’atonie du marché mondial, et qu’il reprenne des parts de marché à l’Allemagne, à l’ensemble des pays européens, aux Etats-Unis, à la Chine et à l’Inde. Or ceci est rigoureusement impossible, à moins d’imposer une dégradation draconienne des salaires et des conditions de vie des travailleurs. Sur la base du capitalisme, la « sortie de crise » est inconcevable sans une grande offensive, infiniment plus agressive que les « politiques d’austérité » de ces dernières années, contre les conditions de vie, les droits et les moyens d’action de la classe ouvrière. Et même cette dernière solution n’en est pas une, puisque des travailleurs réduits à la misère n’achètent presque rien. La demande intérieure se contracte car il y a moins de crédits bancaires, moins d’investissements publics et privés, moins de dépenses publiques et – du fait du chômage, des bas salaires et de la précarité – moins de dépenses des ménages. Une régression sociale à plus grande échelle ne ferait que rendre la vie des travailleurs encore plus difficile et aggraverait par la même occasion la contraction de la demande intérieure – et donc de la production.

L’impuissance du gouvernement 

Dans notre texte alternatif, Combattre l’austérité, en finir avec le capitalisme, en vue du 36e congrès du PCF, nous écrivions : « La classe capitaliste n’est qu’une toute petite minorité de la population. Elle domine en vertu de sa propriété des banques et des moyens de production. Tant que cette minorité parasitaire n’est pas expropriée, le gouvernement ne peut apporter que quelques corrections marginales aux conditions sociales et économiques qu’elle nous inflige. Autrement dit, lorsque le système capitaliste dépend, plus que jamais, de la réduction permanente du niveau de vie des travailleurs, une politique de réforme sociale ne peut aboutir que si elle est liée à une politique d’expropriation des capitalistes. Il faut résister, combattre le capitalisme – ou bien capituler. »

Ainsi, le gouvernement « socialiste » actuel, qui n’a d’autre ambition que de gérer le capitalisme, est réduit à l’impuissance, empêtré dans les contradictions du système. Dans d’autres circonstances, l’Etat pourrait se servir de ses ressources financières propres ou emprunter les sommes requises pour injecter des capitaux dans les circuits économiques et stimuler ainsi, ne serait-ce temporairement, la demande et la production. Mais le niveau extrêmement élevé de la dette publique fait que cette option est totalement exclue. La dette cumulée de l’Etat représente près de 92 % du PIB, soit 1850 milliards d’euros. Chaque année, elle augmente d’une somme se situant entre 90 et 150 milliards d’euros. Cela veut dire que la France se dirige tout droit vers une crise de solvabilité similaire à celle de l’Espagne. Ce problème a atteint des proportions tellement importantes qu’il est insoluble sur la base du capitalisme. Les restrictions des dépenses publiques, sous Hollande comme sous Sarkozy, n’ont pas empêché la dette publique de s’accroître. En même temps, toute tentative de restreindre davantage les dépenses publiques – qui sont un facteur majeur dans la vie économique du pays – ne ferait qu’enfoncer l’économie dans une récession sévère. Le gouvernement est donc pris dans un étau. Dans le contexte actuel, quoi qu’il fasse, ce sera une erreur. Les problèmes créés par le capitalisme ont atteint une ampleur telle qu’ils ne peuvent pas être résolus dans le cadre de ce même système.

Caractéristiques de la révolution

Malgré l’impasse dans laquelle il a entraîné la société, le système capitaliste ne s’effondrera pas tout seul. Les capitalistes surmonteront n’importe quelle crise, aussi profonde soit-elle, tant qu’ils conserveront la propriété des moyens de production et d’échange. Du point de vue des travailleurs, la question qui se pose est celle des conséquences du maintien du capitalisme sur leurs propres conditions d’existence. Et ce sont précisément ces conséquences qui finiront par provoquer une révolution.

En temps ordinaires, ce n’est jamais qu’une infime minorité des travailleurs qui cherche à comprendre le fonctionnement du capitalisme et qui lutte consciemment pour y mettre fin. En général, la majorité des travailleurs prennent la ligne de la moindre résistance. Malgré le déclin objectif du système et toutes les souffrances que ce déclin leur inflige, la conscience réformiste et la passivité de nombreux travailleurs fournissent encore une « base sociale » au capitalisme. Longtemps après qu’un système a perdu sa viabilité historique, il peut tout de même se maintenir dans la mesure où cette viabilité existe encore dans la conscience conservatrice de la classe exploitée. Le passé pèse sur le présent, de sorte que, longtemps après la disparition des bases matérielles du réformisme, la pensée réformiste subsiste – mais pas indéfiniment. Les travailleurs sont très patients. Ils sont même quelque peu fatalistes, pour la plupart. Ils ne viennent pas facilement à l’action militante. Mais tout a une limite. Ils ne peuvent pas tolérer indéfiniment une baisse incessante de leur niveau de vie. Sur tous les plans – économique, politique et social –, la situation qui s’installe fait que tôt ou tard, l’équilibre social sur lequel repose le capitalisme rompra.

L’essence d’une révolution, c’est que, sous l’impact des événements, l’écart entre la conscience des masses et la réalité de l’ordre social existant se referme – soudainement. Couvant sourdement pendant toute une période historique, la colère accumulée finit par éclater à la surface. Les travailleurs parviennent à la conclusion qu’il n’y aura pas d’issue possible sans couper dans le vif, qu’il faut agir. De façon dialectique, la « moindre résistance » – la façon la plus économe et « facile » de se défendre – devient la lutte à outrance.

Une révolution surgit des profondeurs de la société. Les masses jusqu’alors inertes sont soulevées et jetées violemment dans l’action contre l’ordre établi. Les réformistes opposent le « réalisme » et le « pragmatisme » à la perspective d’une révolution, mais les vrais réalistes sont les marxistes, précisément parce que le cours réel des événements ne peut que déboucher sur une confrontation majeure entre les classes – et qu’inéluctablement, cette confrontation créera les conditions d’un renversement du système, non pas en termes théoriques et abstraits, mais comme une tâche pratique immédiate incombant à la classe ouvrière. Le salariat moderne est la classe majoritaire dans la société. Elle assure toutes les fonctions essentielles de l’organisme économique et social. On n’est plus à l’époque de la Commune de Paris. La paysannerie, qui fournissait les réserves sociales de la réaction, à l’époque, a aujourd’hui quasiment disparu. Du point de vue du rapport de force entre les classes, cette disparition est une très bonne chose. Dans les conditions modernes, les travailleurs peuvent et doivent prendre le pouvoir entre leurs mains, et, à la différence des Communards, le conserver pour réorganiser la société sur des bases nouvelles.

L’émancipation des travailleurs est inconcevable sans briser leur dépendance vis-à-vis des capitalistes, sans l’éradication du pouvoir économique de ces derniers, leur expropriation révolutionnaire. Ce grand bouleversement ne ressemble en rien au « dépassement » graduel et paisible du système auquel croient – ou feignent de croire – les dirigeants du PCF. Il ne pourra pas s’accomplir par des moyens parlementaires, mais seulement par l’action révolutionnaire directe de la classe ouvrière.

Dans certaines circonstances, les parlements peuvent contribuer à la défaite d’un régime désuet. Cela dépend de leur rapport avec la classe révolutionnaire. Mais concrètement, dans la France d’aujourd’hui, il suffit de voir la composition sociale et politique de la soi-disant « représentation nationale » pour comprendre que l’Assemblée nationale, que ce soit avec une majorité de droite ou « socialiste », se rangera fermement dans le camp de l’ennemi. Même si l’on admet, dans l’abstrait, la possibilité théorique d’une modification de cette composition sur une longue période, le cours des événements n’attendra pas cette modification hypothétique avant de transformer la crise économique et sociale en une crise du régime, c’est-à-dire en une situation où l’existence même l’ordre capitaliste sera directement menacée par un mouvement de masse extra-parlementaire. Ce mouvement prendra probablement la forme d’une grève générale similaire à celle de mai-juin 1968. Mais quoi qu’il en soit, pour atteindre ses objectifs, il ne pourra se contenter de paralyser la production et l’Etat. Une grève générale – même d’une ampleur de masse et de longue durée – ne pourra régler aucun des problèmes fondamentaux. S’il veut atteindre ses objectifs, le mouvement devra briser le pouvoir économique des capitalistes ainsi que les « institutions républicaines » et remplacer celles-ci par une nouvelle république révolutionnaire incarnant les intérêts des travailleurs en tant que nouvelle classe dirigeante.

Le réformisme dans une impasse

Nous avons voulu démontrer que l’extrême gravité de la situation économique prépare les prémisses d’une révolution dirigée contre le capitalisme et donner quelques indications sur la forme probable que prendrait cette révolution. Mais une révolution de la classe ouvrière peut connaître la victoire ou la défaite. Une révolution est une confrontation brutale de forces et d’intérêts diamétralement opposés, et toute l’expérience historique des révolutions démontre que sans une direction, un programme et une stratégie authentiquement révolutionnaires – c’est-à-dire marxistes – la victoire de notre camp est pratiquement exclue. Elle démontre aussi que cette direction ne peut pas être improvisée en pleine bataille et ne peut émerger que sur la base d’idées, de méthodes et de compétences consciemment développées dans la période précédente. La construction de cette direction, même dans sa forme embryonnaire, est une tâche ardue et compliquée, ce qui explique qu’à de rares exceptions près – dont notamment la révolution soviétique de 1917 – le mouvement révolutionnaire des travailleurs a toujours été vaincu. L’étude de la révolution russe ne nous laisse aucun doute sur ce point : sans le parti de Lénine, le prolétariat de Petrograd aurait connu le même sort que la Commune de Paris. Par conséquent, pour les militants du mouvement ouvrier les plus politiquement conscients, il ne suffit pas d’espérer ou de prévoir une révolution. Il faut s’y préparer consciemment et sérieusement. Il faut enraciner les idées du marxisme, non pas aux marges de nos organisations, mais là où ça compte : au cœur des grandes organisations traditionnelles des travailleurs – et surtout, en raison de la place qu’ils occupent dans le mouvement ouvrier d’aujourd’hui, dans le PCF et la CGT. Le sort de la classe ouvrière sera décidé, en fin de compte, par l’issue de la bataille, au sein de ces organisations, entre les idées du marxisme et celles du réformisme, entre le programme de la révolution et le programme de la conciliation.

Le réformisme est la tendance dominante au sein du mouvement ouvrier occidental depuis des décennies. Mais il faut distinguer le réformisme honnête des travailleurs et les « promesses » et notions creuses des dirigeants réformistes parlementaires et syndicaux. Le réformisme des travailleurs n’est autre que leur croyance dans la possibilité d’améliorer leurs conditions de vie au moyen de mesures sociales progressistes et de lois plus justes.

Il y a, au fond, trois tendances politiques fondamentales dans le mouvement ouvrier français. La première, incarnée à perfection par les dirigeants du Parti Socialiste et des syndicats dits « modérés », comme la CFDT, est celle des « réformistes de droite » ou ex-réformistes. La deuxième, ce sont les « réformistes de gauche », représentée notamment par les dirigeants du PCF, du PG et de la CGT. Enfin, il y a les marxistes. Pour le moment, ces derniers ont une audience beaucoup plus limitée que les deux autres tendances. Mais cela ne veut pas dire qu’il en sera toujours ainsi. Nous y reviendrons.

Marx disait que l’idéologie dominante d’un ordre social donné est nécessairement celle de la classe dominante, sauf en période de révolution. Le réformisme, qui prétend concilier les intérêts des travailleurs et ceux des capitalistes, est l’expression au sein du mouvement ouvrier de l’idéologie actuellement dominante, et donc capitaliste. Le réformisme doit son ancrage dans le mouvement ouvrier au fait que, pendant toute une époque d’expansion du marché mondial, les capitalistes pouvaient céder, jusqu’à un certain point, aux « pressions de la rue ». Parfois, par le passé, la simple menace d’une grève pouvait suffire à arracher des concessions. Des grèves en obtenaient souvent. Mais cette époque est définitivement révolue. Les limites du syndicalisme et du réformisme sont une expression, en fin de compte, de celles du système capitaliste lui-même. Le déclin du système fait que la masse des profits ne peut être maintenue et agrandie qu’au moyen d’une offensive implacable et permanente contre les conquêtes passées du mouvement ouvrier. Toute l’histoire sociale récente de la France et de l’Europe atteste de ce fait. Les manifestations, toutes les grèves et les journées d’action, les changements de gouvernement n’obtiennent rien. Les travailleurs grecs ont fait près d’une trentaine de grèves générales, sans le moindre résultat. Le réformisme a complètement perdu sa base matérielle.

Quelles que soient leurs intentions initiales, tous les gouvernements qui acceptent la propriété capitaliste de l’économie sont et seront contraints de tenir compte de cette réalité. Se heurtant aux limites du système, la « négociation » que réclament les directions syndicales mène à la capitulation et le réformisme gouvernemental se transforme aussitôt en contre-réformisme. Les réformistes renoncent à leur programme et aident les capitalistes à détruire les conquêtes sociales du passé. Cette volte-face a eu lieu pendant le gouvernement socialiste-communiste de 1981-1984, avec la « pause » dans l’application des réformes sociales en 1982 et l’adoption, au printemps de 1983, d’une politique d’austérité. Le gouvernement de Jospin (1997-2002) a suivi une courbe similaire, commençant avec la semaine de 35 heures et finissant avec le plus grand programme de privatisations dans l’histoire de France. Quant au gouvernement Hollande, il ne fait que prolonger, à quelques nuances près, la politique réactionnaire de Sarkozy.

Dans les conditions modernes, une régénération durable du réformisme est exclue. Mais même si les bases matérielles du réformisme n’existent plus, ses bases psychologiques – le « réformisme » des travailleurs – existent encore et subsisteront pendant un certain temps. Il s’agit, en réalité, de leurs aspirations à défendre leurs conditions de vie, leurs droits et leurs organisations. Ce mode de pensée d’action est essentiellement défensif et donc « conservateur ». Mais face à la détérioration de leurs conditions de vie, ils se convaincront, par couches successives, de la nécessité de passer à l’offensive.

On peut dire que les réformistes de droite à la tête du PS sont arrivés aux mêmes conclusions générales que nous autres marxistes, mais d’un point de vue opposé. Ayant compris que le capitalisme de notre époque est incompatible avec les réformes sociales du passé, ils se mettent à les détruire dans l’intérêt des capitalistes. Partant du même constat – que le capitalisme ne peut exister qu’en imposant la régression sociale – nous disons qu’il faut en finir avec ce système. Pour sauver les conquêtes sociales du passé – et pour en accomplir de nouvelles –, il faut la prise du pouvoir économique, à savoir l’expropriation de la classe capitaliste, et la prise du pouvoir étatique, c’est-à-dire la création d’une administration gouvernementale et d’une force publique agissant sous le contrôle et dans l’intérêt des travailleurs. A ce stade, la grande majorité des travailleurs n’est pas encore parvenue à cette conclusion. Ils espèrent s’en sortir sans aller à de tels « extrêmes ». Mais ils apprendront que ce n’est pas possible. Le réformisme est mort dans les faits. Il ne survivra pas indéfiniment dans l’esprit des travailleurs.

Le réformisme de gauche

A la différence des réformistes de droite et des marxistes, la seule tendance qui considère que le retour au plein emploi et le progrès social en général sont compatibles avec le capitalisme est celle des réformistes de gauche, notamment les dirigeants du PCF et du Parti de Gauche. Tout en intégrant dans leur programme l’essentiel des revendications habituelles du mouvement ouvrier – pour la défense de l’emploi, des salaires, des retraites, de l’éducation publique, de la sécurité sociale, etc. –, ils refusent obstinément de remettre en cause la propriété capitaliste de l’économie. Dès lors que l’on quitte le terrain des revendications de type syndical, le programme de la direction du PCF n’est qu’un ensemble d’expédients qui, selon elle, permettrait au capitalisme de retrouver le chemin de la croissance et du plein emploi : réforme de la BCE, création monétaire, système de « bonus-malus » pour les employeurs en matière de charges sociales, meilleure coordination entre les banques publiques et « maîtrise publique » des banques privées (qui resteraient privées), réformes constitutionnelles, etc. Le point commun de toutes ces idées, c’est qu’elles tournent autour des problèmes de fond que sont, d’une part, la propriété capitaliste des banques, de l’industrie et du commerce, et, d’autre part, le caractère de classe de l’Etat. Considéré dans son ensemble, le programme actuel du PCF prétend qu’il serait possible de réformer le capitalisme pour qu’il réponde aux besoins de la société, c’est-à-dire qu’il serait possible de résoudre les problèmes créés par le capitalisme sur la base de ce même système. Le programme du Parti de Gauche est du même ordre. Il en va de même pour la CGT.

Nous avons vu l’énorme enthousiasme suscité par la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, en 2012, avec des rassemblements politiques de plusieurs dizaines de milliers de participants. Le programme du Front de Gauche, défendu avec talent par Jean-Luc Mélenchon, résumait, en effet, pratiquement toutes les revendications les plus importantes du mouvement ouvrier. Il demeure tout de même un programme réformiste dont la « crédibilité » repose sur le fait qu’il n’a pas encore été mis à l’épreuve. Mais si le Front de Gauche est en position de former un gouvernement, à l’avenir, la faillite du réformisme deviendra immédiatement évidente. Comme ils l’ont fait en 1981-84, les capitalistes résisteront avec tous les moyens à leur disposition : fuite de capitaux, arrêt des investissements, lock-out, fermetures, délocalisations, licenciements, briseurs de grève, etc. Ils saborderont les réformes. Face à cette résistance, le compromis voulu par les réformistes s’avérera impossible. Soit ils passeront à l’offensive, portant un coup mortel au pouvoir capitaliste par des expropriations – par l’adoption, en somme, de notre programme –, soit ils seront acculés à capituler, comme l’a fait Mitterrand en 1983. Aujourd’hui, il y a encore moins de bases pour un compromis entre la réforme sociale et le capitalisme que dans les années 80. Par la logique même de leur position, les dirigeants réformistes de gauche seront contraints d’abandonner leur programme actuel, dans un sens ou dans un autre. Cela vaut également pour Syriza, en Grèce, et pour tous les partis et mouvements de type réformiste.

Les positionnements politiques ont leur logique propre. Une direction qui limite son action à critiquer les capitalistes et à leur arracher des concessions, mais refuse de toucher à la source même du pouvoir capitaliste – la propriété des moyens de production – devient, par la force des choses, à l’étape critique et décisive de la lutte des classes, un élément de défense et de protection – un agent politique, en somme – des intérêts de la classe capitaliste face aux « débordements » de la classe ouvrière. C’est un phénomène qui s’est produit à maintes reprises dans l’histoire de la France et de bien d’autres pays.

La présente analyse des processus économiques, sociaux et politiques n’est pas faite d’un point de vue extérieur et académique. La Riposte fait partie intégrante du mouvement communiste et fait partie, aussi, des processus décrits. Les idées marxistes et révolutionnaires qu’elle défend ont une certaine audience dans le PCF, la CGT et le mouvement ouvrier en général. Mais cette audience et notre implantation idéologique et militante sont encore bien trop faibles, compte tenu de la situation qui existe dans le pays et, surtout, des perspectives pour les années qui viennent. Face à la confrontation majeure avec le capitalisme qui s’annonce, le mouvement ouvrier a besoin des idées, de la théorie, du programme et des perspectives marxistes, révolutionnaires. Les ressources humaines qui peuvent renforcer l’élément révolutionnaire du mouvement existent bien, mais de façon trop disparate. Il faut nous retrouver, nous mettre en relation, mettre en commun nos idées, notre expérience, notre volonté d’en finir avec le capitalisme.

La classe ouvrière constitue une force sociale colossale. Aucune force ne pourra lui résister – à condition, toutefois, de trouver en son sein et de placer à sa tête des éléments ayant assimilé les enseignements principaux des révolutions du passé et prêts à combattre jusqu’au bout. Le réformisme, dont l’ambition ne va jamais plus loin que de servir de « contrepoids » à la tyrannie capitaliste, n’est pas à la hauteur des défis de notre époque. Dans les années à venir, le marxisme peut et doit devenir un courant puissant – puis le courant majoritaire – au sein du mouvement ouvrier français. Nous appelons tous les militants, jeunes et travailleurs qui partagent cet objectif à prendre contact avec nous. Avant que la classe ouvrière ne puisse vaincre le capitalisme, il faut la réarmer avec le programme de son émancipation future.


Greg Oxley (PCF Paris)

La Riposte : journal communiste

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 12:22

Communiqué du Bureau du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP). 

Le 28 août 2013.


Des armes chimiques (gaz toxiques) auraient été utilisées le 21 août à Damas, et auraient provoqué, selon l’opposition syrienne, la mort d’un millier de personnes. Nul ne sait à ce jour quels sont les auteurs de ces actes barbares. Les deux camps qui s’opposent en Syrie ont largement démontré qu’ils étaient capables des pires atrocités : le régime dictatorial de Bachar el-Assad comme les groupes criminels islamo-fascistes qui dominent désormais la rébellion. Les deux camps se renvoient la responsabilité de ces meurtres. Les Occidentaux accusent Damas, les Russes accusent la rébellion. Le précédent de la manipulation du gouvernement des Etats-Unis d’Amérique à propos des armes de destruction massives soi-disant détenues par l’Irak, pour justifier d’une intervention militaire, doit inciter à la plus grande prudence.

La première chose à faire consiste à protéger les populations. Il s’agit, d’abord, des populations victimes des combats et qui manquent de tout : eau, alimentation, médicaments, médecins… il s’agit aussi des centaines de milliers de réfugiés syriens parqués dans des camps au Liban, en Jordanie, en Irak, en Turquie. Eux aussi sont totalement démunis et ont besoin d’une aide immédiate.

C’est à cet effort urgent que devrait se consacrer la communauté internationale. Elle devrait obtenir des belligérants l’ouverture de « couloirs humanitaires », terrestres et aériens, afin de faire parvenir aux populations ce dont elles ont besoin.

Au lieu de s’atteler sans plus attendre à cette tâche humanitaire, les grands pays occidentaux comme la France et la Grande-Bretagne, dans le sillage des États-Unis d’Amérique, veulent s’engager dans une nouvelle opération guerrière. Ils témoignent ainsi de leur mépris vis-à-vis des souffrances du peuple syrien qui est ainsi transformé en otage des manœuvres géostratégiques occidentales.

Le M’PEP se joint à tous ceux qui exigent une solution pacifique et politique au conflit dans le respect de la souveraineté du peuple syrien. En effet l’histoire l’a constamment démontré : supprimer le souveraineté nationale d’un pays ne donne rien de bon sur le moyen et long terme.


http://www.m-pep.org/spip.php?article3414

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