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Le temps des cerises / Jean Lumière 

1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 12:18

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Communiqué 

Un projet gouvernemental inacceptable.

 

Les organisations syndicales de la Fonction publique CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, appellent tous les agents de la Fonction Publique à se mobiliser, à se mettre en grève avec les salariés du secteur privé dans les manifestations qui se tiendront le 10 septembre 2013 pour rejeter le projet de réforme des retraites porté par le gouvernement Ayrault.

Ce projet de loi qualifié de juste par le gouvernement, accroit en réalité la fragilisation de notre système de retraites.

Les quatre organisations syndicales de la Fonction Publique se félicitent d’ores et déjà de certaines options abandonnées par le gouvernement suite à la pression exercée collectivement comme, par exemple, la mise en cause du calcul de la pension sur les six derniers mois.

Dans le même esprit, les quatre organisations prennent acte des mesures concernant la pénibilité et les injustices faites aux femmes et aux temps partiels.

Pour autant, ce projet s’inscrit clairement dans la logique régressive construite par les réformes de 1993, 2003, 2007 et 2010.

L’annonce d’un allongement de la durée des cotisations à 43 ans, en 2035 pour les natifs de 1973 et après, constitue une provocation et une véritable hypocrisie.

Cet allongement recule de fait l’âge de départ à la retraite et signe inévitablement la baisse des pensions pour tous les futurs retraités.

En 2010 l’actuelle majorité gouvernementale a combattu la loi Fillon.

Le projet actuel non seulement valide celle-ci mais l’aggrave bel et bien.

Ce que nous n’avons pas accepté en 2010 nous ne l’accepterons pas davantage en 2013 !

S’agissant du financement, encore une fois, le gouvernement fait le choix de réduire le pouvoir d’achat des salariés et des retraités et déroule un tapis rouge pour le monde de l’entreprise qui sera le seul à bénéficier d’une mesure de compensation en échange de la hausse des cotisations patronales.

Le financement des retraites nécessite de construire des alternatives par l’apport de ressources nouvelles, tout particulièrement en améliorant le pouvoir d’achat des salariés et en créant des emplois.

Il est urgent d’augmenter l’ensemble des salaires, du privé comme du public, ce qui impose de revaloriser réellement le SMIC et d’en finir avec le gel du point d’indice.

Dans une situation où il y a près de 5 millions de chômeurs et chômeuses, où la moitié des salariés ne sont plus dans l’emploi au moment de faire valoir leur droit à la retraite, les projets du gouvernement sont inacceptables.

Les organisations syndicales de la Fonction publique : CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, s’engagent résolument contre ce projet et appellent à la journée d’action interprofessionnelle du 10 septembre, pour mettre un coup d’arrêt à cette nouvelle attaque de nos droits à la retraite.

 

A Paris le 30 août 2013

 

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 15:10

Entretien réalisé par « Nameh Mardom », organe central du Comité central du Parti communiste d'Iran (Tudeh)

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Je voudrais tout d'abord adresser mes salutations au Parti Tudeh et lui souhaiter tout notre succès dans sa lutte. Je voudrais également saluer le journal « Nameh Mardom » pour me donner l'occasion de jeter la lumière sur les événements historiques qui se déroulent en Egypte.

 

Q1 – Dans sa dernière déclaration (le 3 juillet), le Parti communiste d’Égypte fait référence à des manifestations de masse qui ont intégré diverses classes et couches de la société. Quelles sont les classes et les couches de la société égyptienne qui se sont mobilisées lors de la seconde vague de la révolution du 30 juin ?

 

Salah Adly : Depuis le début de la révolution du 25 janvier 2011, le mouvement de protestation n'a pas fléchi, et on a continué à assister à des manifestations de plusieurs millions de personnes, autrement dit, l'état d'éveil révolutionnaire des masses a toujours été là, tantôt s'apaisant tantôt s'embrasant. Les manifestations et les grèves des travailleurs sont également montées en puissance. Après le succès de Morsi et avec les Frères musulmans au pouvoir, les masses ont découvert leur nature autoritaire, fasciste, leur parti-pris pour les intérêts des fractions les plus réactionnaires et parasitaires du capitalisme, et leur incapacité à gérer un État de la taille de l’Égypte. Par ailleurs, leur trahison des intérêts de la patrie et leur prédisposition à agir comme un grand intermédiaire voué à préserver les intérêts de l'Amérique et d’Israël dans la région est apparue au grand jour. Ils ont conclu la trêve à Gaza et donné à l'Amérique et à Israël ce que même le régime clientéliste de Moubarak n'avait osé donner. Leur projet communautaire et obscurantiste, hostile à la démocratie, à la science, à la culture et à la tolérance, est devenu manifeste. Plus important, les masses ont découvert le caractère fallacieux de leur usage de slogans religieux pour masquer leurs plans au service du projet du « Grand Moyen-Orient » et du « chaos créateur ».

 

Ainsi, le nombre de protestations sociales (grèves, sit-ins, manifestations et piquets) a atteint le chiffre de 7 400 – de l'aveu même de Morsi – l'an dernier. Le taux de chômage a atteint 32%, la plupart des chômeurs disposant pourtant de qualifications moyennes ou élevées. La dette extérieure a grimpé de 34 à 45 milliards de $. La dette intérieure a augmenté de 365 milliards de livres égyptiennes au cours du règne de Morsi. La part de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté dépasse les 50% de la population. Pour résumer, la plupart des classes et couches de la société – et ses forces libérales, nationalistes et de gauche, tout comme les mouvements de jeunesse, la plupart sur des orientations de gauche et nationalistes, à quoi s'ajoutent les principales institutions étatiques, en particulier l'armée, la justice, les médias et la police – ont senti qu'il y avait un grand danger à ce que les Frères musulmans restent au pouvoir, avec leur quête ardente de la monopolisation du pouvoir et leur volonté d'exclure quiconque n'est pas avec eux, tous ceux qui ne sont pas leurs alliés, avec ces groupes terroristes qui utilisent la religion comme d'un masque.

 

Même des fractions importantes de la moyenne et grande bourgeoisie égyptienne dans les secteurs du tourisme, de l'industrie, du commerce, de l'agriculture et du bâtiment se sont senties menacées dans leurs intérêts par le règne des Frères musulmans qui créaient une atmosphère de chaos, d'insécurité et d'instabilité.

 

Le mouvement « Tamarud » (rébellion) est parvenu à rassembler 22 millions de signature pour le retrait de la confiance accordée à Morsi et l'appel à des élections présidentielles anticipées. Tous les partis, tous les syndicats et organisations ont participé à la collecte de signatures, et la campagne s'est diffusée à nos rues, nos usines, nos écoles et universités, et aux villages de tous les gouvernorats d’Égypte. La grande portée de cette campagne est qu'elle a été en mesure d'impliquer activement les citoyens égyptiens dans le mouvement révolutionnaire pour faire tomber le pouvoir des Frères musulmans. Elle a également rétabli le caractère pacifique et démocratique de l'action révolutionnaire, et formé la base d'une remise en cause du voile sacré de fausse légitimité du bulletin de vote comme seul critère de légitimité, et de validité d'un système démocratique. L'appel à une collecte de signatures s'est accompagné d'un appel à des manifestations dans toutes les places d’Égypte le 30 juin, comme un test majeur de la crédibilité de cette campagne, et comme une base pour la légitimité révolutionnaire des masses à faire chuter ce régime fasciste et déjouer le projet d'un État religieux.

 

La réaction des masses égyptiennes a été extraordinaire, et ce furent les plus grandes manifestations de l'histoire de l’Égypte, si ce n'est de l'histoire du monde. On a pu le vérifier par « Google earth ». Plus de 27 millions de manifestants sont sorties dans les rues en même temps dans tous les gouvernorats d’Égypte, représentant diverses classes, couches de la société égyptienne, face à des manifestations qui ne dépassaient pas 200 000 personnes du côté des Frères musulmans et de leurs alliés sur une petite place du Caire. Donc, on avait d'un côté le peuple égyptien, de l'autre les Frères musulmans et leurs alliés, isolés. C'est la réalité du tableau. C'est la réalité sur laquelle toute évaluation de la société ou toute analyse politique scientifique doit se baser.

 

Nous pensons que ce qui s'est passé le 30 juin est une seconde vague de la révolution égyptienne, plus forte et plus profonde que la première en 2011. Elle est là pour corriger la voie suivie par la révolution et la reprendre aux forces religieuses extrémistes qui conspirent pour voler la révolution et surfer sur la vague pour atteindre leurs objectifs fascistes et réactionnaires, et répondre aussi aux projets de l'impérialisme mondial.

 

Q2 – Quel est le degré de participation des travailleurs, des ouvriers dans ces manifestations ? Pourquoi les travailleurs participent-ils à la lutte contre l'Islam politique pour les droits démocratiques ?

 

Salah Adly : les slogans fondamentaux de la révolution de Janvier étaient : pain – liberté – justice sociale – dignité. C'est un lien essentiel de la révolution national démocratique, et qui est survenu après une longue phase historique qui a commencé dans les années 70, avec la domination du grand capital dépendant et un cycle de recul, d'arriération et de tyrannie. Durant cette période, les forces réactionnaires, en collaboration avec l'impérialisme mondial et la réaction arabe, sont parvenues à renforcer un climat qui a permis au courant de l'Islam politique – en particulier les Frères musulmans – de se développer. Les forces de la gauche ont été affaiblies, les travailleurs déplacés et les grandes industries liquidées portant un coup à toute potentialité de réaliser un développement harmonieux.

 

En fait, les travailleurs étaient impliqués dans la plupart des protestations qui ont monté à partir de 2006 et ont participé à toutes les manifestations populaires, comme une partie du peuple, et non organisés sur une base de classe. Cela est dû à l'absence de fortes organisations syndicales, elle-même héritage d'une tyrannie et d'une répression gouvernementale cherchant à contrôler les syndicats. C'est aussi le résultat de grandes transformations, dans la période précédente, dans la structure de classe et la composition de la classe ouvrière dans plusieurs secteurs. Elle se trouve désormais dans les PME contrôlés par le secteur privé, où les travailleurs ne peuvent pas former de syndicats. La classe ouvrière n'est pas apparue de façon claire en tant que classe dans la révolution. Par manque d'unité réelle entre les forces de gauche et par sa faiblesse dans la phase précédente pour de nombreuses raisons, que nous ne pouvons mentionner ici faute de temps, le mouvement ouvrier n'a pas émergé de façon efficace ni influente, par rapport à l'ampleur de sa participation et les grands sacrifices consentis dans la révolution.

 

Il est important de spécifier que les travailleurs du secteur public ont découvert que les pratiques et les attitudes des Frères musulmans ne diffèrent pas des orientations du régime de Moubarak, elles sont même pires. Les Frères musulmans ont mis en œuvre les mêmes politiques, la poursuite du programme de privatisation et la libéralisation des prix, ils n'ont pas augmenté le salaire minimum alors que c'était une des premières exigences de la révolution. Ils ont même réduit les impôts pour les patrons, continué la privatisation des services et refusé de mettre en place un programme d'assutance-santé. Ils ont insisté pour brader et hypothéquer le patrimoine public égyptien et ses institutions à travers le projet de « bons islamiques » qu'ils se sont empressés de faire adopter à la Choura (la chambre haute du parlement) contrôlée par les Frères musulmans. Leur position la plus dangereuse fut leur refus d'accepter la loi qui garantissait la liberté syndicale, dont ils avaient pourtant convenu avec toutes les forces politiques et courants syndicaux avant la révolution, et ils ont remplacé les hommes de Moubarak, dans le Syndicat général des travailleurs égyptiens contrôlé par l’État, par leurs propres hommes. Voilà la base sociale et démocratique qui explique le choix réalisé par la classe ouvrière pour la révolution contre le pouvoir des Frères musulmans et des forces de l'Islam politique, en plus d'autres raisons que j'ai déjà mentionné.

 

Ceux qui imaginent que les travailleurs ne se sont révoltés qu'en raison de lutte de clans ou que pour des raisons économiques se trompent. Les travailleurs sont très conscients des dangers que porte le projet des extrémistes religieux et leurs pratiques fascistes dans tous les domaines, démocratique, politique, économique, social et national.

 

Q3 – Dans vos communiqués, le PC d’Égypte caractérise les événements actuels comme une révolution … Quelles sont la nature, les tâches et les revendications immédiates portées par la révolution ?

 

Salah Adly: Oui, ce qui se passe en ce moment est une révolution. Pour être précis, c'est la seconde grande vague de la révolution de janvier 2011, puisque sa première vague a été interrompue, confisquée par les Frères musulmans en dépit du fait qu'ils n'y ont pas participé, n'ont pas appelé à la révolution ni ne l'ont faite. C'est une révolution démocratique avec une orientation clairement sociale et patriotique. Elle continue, et des couches sociales ainsi que des forces politiques très diverses (libéraux, nationalistes et forces de gauche) y ont participé. Avec la poursuite du mouvement révolutionnaire, la vérité s'est révélée sur les diverses positions, et les parti-pris de ces forces et leur volonté de continuer sur la voie de la révolution se dévoilent.

 

Les premières tâches démocratiques de la révolution sont de promulguer une nouvelle constitution civile démocratique qui mettent l'accent sur les droits de l'Homme, les droits des femmes et les droits économiques et sociaux des travailleurs, et qui n'entrave pas le droit du peuple à choisir son système politique et économique à l'avenir, en fonction du rapport de forces. Ainsi l'objectif de faire tomber cette Constitution communautaire, réactionnaire et déformée, plutôt que de l'amender, est un objectif fondamental pour les forces démocratiques et progressistes, à l'heure actuelle.

 

Une des tâches de la révolution démocratique est aussi de garantir la liberté de former des syndicats, partis politiques et associations sans ingérence gouvernementale, en rejetant la formation de partis politiques sur une base religieuse et communautaire, la pleine égalité entre hommes et femmes en droits comme en devoirs, l'égalité devant la loi et la criminalisation des discriminations, religieuses ou autres.

 

Parmi les tâches sociales : il y a l'élaboration d'un vaste plan de développement social reposant sur le soutien aux secteurs productifs avec la nécessité d'une répartition équitable des richesses produits au profit des pauvres et des travailleurs, en répondant à quelques exigences sociales immédiates. La priorité numéro un, c'est la mise en place d'un salaire minimum et maximum et de le fixer sur l'évolution des prix, annuler la dette des petits paysans, revoir le budget pour donner plus d'argent à la santé et à l'éducation, la construction de logements pour les personnes à bas revenus, augmenter les taxes sur les riches, reprendre possession des grandes entreprises qui ont été privatisées et lutter contre la corruption.

 

Les tâches nationalessont : s'opposer à la dépendance envers les États-Unis, refuser de succomber à l'hégémonie sioniste, revoir l'accord de Camp David, rétablir le rôle national de l’Égypte à l'échelle arabe, africaine, régionale et internationale, et approfondir les relations avec les pays et les peuples du Tiers-monde.

 

Q4 – Est-ce que les événements actuels en Egypte signifient le rejet par les Égyptiens de l' « Islam politique » ou seulement le rejet des « Frères musulmans » ?

 

Salah Adly: Les Frères Musulmans sont l'organisation la plus efficace et la plus influente de toutes celles que compte l'Islam politique. Toutes les autres organisations, y compris les groupes djihadistes et salafistes, étaient des alliés des Frères musulmans et sont sortis dans la dernière bataille pour défendre leur régime car ils savent que leur défaite signifierait un revers cuisant pour le projet communautaire islamiste qui est soutenu par l'administration américaine comme une alternative à l'effondrement des régimes autoritaires. Seul le parti salafiste Al-Nour a été exclu de l'alliance lors de la dernière bataille pour des considérations liées à ses relations avec l'Arabie saoudite, bien que nous sachions qu'il s'agit d'un parti réactionnaire et communautaire, opposé aux droits de l'Homme et à ceux des femmes et des minorités, y compris des autres sectes islamistes. C'était manifeste quand ils incitaient les gens à commettre des crimes, à tuer les Chiites et à traîner leurs corps dans le massacre horrible qui s'est produit dans un village le mois dernier.

 

Nous croyons que la bataille n'est pas terminée, et on a besoin d'une lutte politique, sociale et culturelle pour écraser la résistance et changer le climat général de ces dernières décennies.

 

Mais ce sur quoi nous aimerions attirer votre attention, c'est que ce qui se produit en Égypte actuellement n'est pas seulement un affrontement entre les Frères musulmans et leurs alliés de la droite religieuse, et l'appareil de sécurité de l’État. Ils se retrouvent confrontés à l'ensemble du peuple égyptien, toute religion et courants confondus, ainsi qu'à l'ensemble des institutions étatiques, y compris la justice, les médias et la culture. Dans les quartiers et dans les villages, les Frères musulmans se retrouvent face aux masses égyptiennes, ayant perdu le soutien de larges couches de la population au cours des deux dernières années. Mais l'armée et les forces de sécurité auront un rôle important à jouer dans leur affrontement contre les milices terroristes armées.

 

En bref, nous voyons que ce qui s'est passé constitue un revers majeur pour les desseins de la droite religieuse en général, et pas seulement pour le projet des Frères musulmans. Cela aura des implications majeures pour la région, dans la période à venir.

 

Q5- Quelle est votre opinion sur les arguments selon lesquels le renvoi de Morsi n'est pas démocratique car il a été élu légalement et qu'une nouvelle constitution a été ratifiée par référendum. Morsi a-t-il été renversé par l'armée égyptienne ?

 

Salah Adly: Ceux qui ont viré Morsi, ce sont les 22 millions de citoyens égyptiens qui ont signé un document contenant leur signature, leur nom, leur numéro de carte d'identité et le nom de leur province, écrits à la main plutôt que sur Internet, dans un référendum inédit qui a culminé dans une « grande sortie » sur toutes les places et dans toutes les rues du pays, avec 27 millions de manifestants le 30 juin, pour quatre jours consécutifs. C'est Morsi qui a lui-même perdu toute légitimité lorsqu'il a publié sa déclaration constitutionnelle dictatoriale en novembre 2011. C'est Morsi qui a piétiné les droits de l'Homme lorsque ses partisans terroristes ont assiégé la Cour constitutionnelle, quand ses milices ont torturé des manifestants devant le palais présidentiel al-Ittihadyah Palace comme le montre l'enquête menée par le bureau du procureur, et quand ses hommes ont tué des manifestants devant le QG du Parti de la Justice et de la liberté (la branche politique des Frères musulmans) sous les ordres explicites du leader du groupe et de son bras droit, comme les tueurs l'ont admis devant le procureur. C'est Morsi qui a renié ses promesses lorsqu'il avait annoncé qu'il amenderait la constitution et formerait un gouvernement de coalition. Lui et son groupe se sont soumis avec zèle aux conditions du Fonds monétaire international, et ont aussi déclaré le Djihad contre la Syrie, lors d'une conférence de forces djihadistes terroristes, sans en faire référence ni à l'armée ni au Conseil de défense national.

 

Par conséquent, toutes les forces politiques et tous les partis, même les Salafistes du parti Al-Nour, qui ont quitté le navire avant qu'il ne coule, ont soutenu l'idée d'élections présidentielles anticipées. Cet appel n'est pas un coup d’État contre la démocratie, au contraire, il émane du cœur de la démocratie populaire quand tout président trahit ses engagements envers le peuple et le programme sur lequel le peuple l'a élu.

 

Limiter la cause de la démocratie juste au « bulletin de vote » est un détournement total de l'essence de la démocratie et un rejet explicite du droit des peuples à se révolte contre leurs dirigeants autocratiques et les régimes fascistes qui instrumentalisent la région pour masquer leur nature réactionnaire et leur orientation capitaliste et de droite.

 

La défense de Morsi par les Etats-unis et les États capitalistes occidentaux, le fait de réduire la question à un « coup militaire » contre une « légitimité constitutionnelle » est une position formelle qui cache le fait que l'impérialisme mondial est terrifié par les révolutions populaires et leur incapacité à dépasser les frontières étroites de la démocratie bourgeoise qui dans le fond ne représente que la forme optimale de défense des intérêts des grands monopoles et de leurs agents locaux, dans le contrôle de la destinée des peuples du Tiers-monde.

 

Ce qui s'est passé n'est aucunement un coup militaire, mais plutôt un coup révolutionnaire du peuple égyptien pour se débarrasser d'un régime fasciste. Ce que l'armée a fait, c'est exécuter la volonté du peuple et le protéger des complots des Frères musulmans et de leurs alliés terroristes armés qui veulent attiser les conflits communautaires et les guerres civiles, diviser l'armée égyptienne et détruire les institutions de l’État égyptien afin de servir les intérêts de l'impérialisme et du sionisme dans la région.

 

A quel genre de coup militaire assiste-t-on lorsque des dizaines de millions de personnes se trouvent dans les rues ?!! Quel genre de coup militaire quand le responsable de la Cour constitutionnelle a déjà pris le pouvoir, ce qui était demandé par le Front de salut, qui comprend toutes les forces d'opposition dans leur diversité et par le mouvement de jeunesse « Tamarud », et ce qui avait été adopté par les masses égyptiennes ?! Quel genre de coup militaire quand un gouvernement est constitué de civils compétents sera formé et aura pleins-pouvoirs pendant une période transitoire qui n'excédera pas un an et se conclura par la promulgation d'une constitution civile démocratique, et des élections présidentielles et législatives que tout le monde voulait ? Quel genre de coup militaire autorise le droit à des manifestations pacifiques, même de ses opposants, et n'impose pas un état d'urgence ? La déclaration d'Al-Sisi, chef de l'armée égyptienne, dans laquelle il affirme que la feuille de route pour la phase de transition, n'a été annoncée qu'après un dialogue et un consensus avec les représentants du peuple égyptien, y compris la jeunesse du mouvement « Tamarud » (Rébellion), les représentants du Front de salut, le cheikh d'Al-Azhar, le pape copte et un représentant des femmes. Le peuple égyptien a fêté sur les places, dans les quartiers, les villages cette grande victoire pour le peuple égyptien et la coopération de l'armée à ses aspirations.

 

Nous devons, comme nous l'enseigne le marxisme, analyser la situation concrète et ne pas limiter notre vision à des préjugés rigides ou à des formules toutes prêtes. N'est-il pas intéressant de noter que les médias occidentaux ont fermé les yeux face à tout cela, refusant de voir la réalité et insistant à décrire ce qui se passait comme un coup militaire ?!

 

Néanmoins, nous tenons à rester vigilant dans la phase qui s'annonce, pour s'assurer que le rôle de l'Armée dans cette phase se limite à la protection du peuple et de la sécurité nationale égyptienne, qu'elle respecte ses promesses de ne pas s'ingérer directement dans les affaires politiques, pour enfin s'assurer que le peuple reste dans la rue pour gagner la mise en œuvre de leurs revendications dans la phase de transition.

 

Q6 – Quelle est votre analyse de la position des États-Unis sur les événements en Égypte ?

 

Salah Adly: Les Etats-unis ont été pris par surprise par la révolution de janvier 2011, mais ils avaient préparé des solutions de rechange en Égypte avant, lorsqu'ils ont senti que le régime de Moubarak commençait à être usé. Ils sont donc intervenus directement après sa chute pour former une alliance entre l'ancien Conseil militaire et les Frères musulmans pour remettre le pouvoir aux Frères musulmans après avoir promis de servir les intérêts des États-Unis, de garantir la sécurité d’Israël et de poursuivre une politique économique néo-libérale, contraire aux intérêts des masses populaires.

 

Mais les États-Unis ont découvert, après un certain temps, toute l'étendue de l'incapacité des Frères musulmans à gérer le pays, leur déficit en personnes compétentes et leur alliance persistante avec les groupes djihadistes plutôt qu'avec les forces libérales et plutôt que d'unir les gros capitalistes dans un système stable basé sur la remise du pouvoir entre les mains de cette classe, tout en préservant les intérêts américains. Les États-Unis tenaient dans le même temps à préserver les intérêts et les privilèges de l'armée afin de se garantir leur loyauté.

 

Mais les États-Unis étaient dans le même temps effrayés de la poursuite de cette situation révolutionnaire en Égypte, de la montée des protestations ainsi que du rejet populaire du pouvoir des Frères musulmans. Ils ont aussi fait pression sur les Frères musulmans pour mener à bien les réformes, et ont aussi fait pression sur les forces de l'opposition libérale, en particulier celles représentant les intérêts du grand capital dans les partis Wafd, le Parti des Égyptiens libres et le Parti de la constitution pour qu'elles précipitent les élections législatives, mettent fin à leur alliance avec les forces de gauche et rejettent les orientations révolutionnaires des mouvements de jeunesse qui croient que les objectifs de la révolution et la chute du régime des Frères musulmans ne peuvent être atteints que par une grande révolution populaire, et boycottent les élections.

 

Quand « Tamarud » (Rébellion) et son idée géniale d'ôter toute légitimité à Morsi ont réussi, cela a placé tout le monde devant un dilemme, quand de vastes couches de la population ainsi qu'une bonne partie des forces politiques y ont répondu. Cela a mis un terme aux hésitations des forces politiques, elles se sont ralliées à l'option populaire de renverser Morsi et d'organiser des élections présidentielles anticipées. Cette revendication a fait monter l'appel au renversement du régime des Frères musulmans, à la modification de la Constitution et à un changement de cap dans la révolution, avec une nouvelle légitimité révolutionnaire et une nouvelle phase transitoire sur des bases acceptables.

 

Les Frères musulmans, les Américains, l'armée, et mêmes les forces de l'opposition politique et la jeunesse, n'imaginaient pas que la riposte populaire atteindrait une telle ampleur qu'elle forcerait tout le monde à accomplir la volonté populaire.

 

Nous savons que les États-Unis ont exercé des pressions de façon flagrante sur les chefs de l'armée et les forces politiques libérales pour qu'on ne renverse pas Morsi et qu'il puisse continuer à mettre en œuvre les grosses réformes. Mais c'était trop tard, tout le monde avait compris que le peuple avait parlé et que l'alternative serait l'escalade de la guerre civile, du terrorisme et des conflits communautaires, ouvrant la porte à une intervention étrangère.

 

Arrivés à ce point critique qui a conduit au renversement de Morsi, l'intervention de l'armée s'est déroulée dans des conditions qui servaient les objectifs de la révolution, dans cette phase.

 

Il est intéressant de noter que c'est la première fois que l'armée égyptienne a désobéi à des ordres américains, ayant réalisé les grands dangers auxquels elle s'exposait, ainsi que toute la nation, si elle refusait de soutenir la révolution.

 

Les forces démocratiques et nationales réalisent que les leaders de l'armée ont des intérêts et des privilèges qu'ils veulent conserver, et qu'ils veulent avoir un rôle dans le système de pouvoir sans ingérence politique directe. Nous croyons qu'il faut le prendre en compte à cette étape, en insistant sur la nécessité de corriger graduellement ces choses dans la phase suivante.

 

Nous nous attendons à ce que les États-Unis, dans la situation actuelle, fomente des complots pour attiser les conflits, l'instabilité et soutiennent ces groupes qui veulent installer le chaos afin de réaliser ces projets de « chaos créateur », de faire de l’Égypte un autre Irak. C'est ce qui s'est passé et qui a été exposé au grand jours lors de la conspiration du 5 juillet. Ce complot a été qualifié par la jeunesse d' « agression tripartite : États-Unis, Israël et Frères musulmans » contre le peuple d’Égypte. Ce plan visait à faire capoter la révolution, remettre Morsi, semer le chaos et la terreur par des manifestations qui auraient occupé les places de la Libération en utilisant des armes et le terrorisme, en lançant une campagne de rumeurs et une guerre de désinformation sans précédent en Egypte afin de créer des divisions entre le peuple et l'armée, et au sein de l'armée, et de comploter avec des groupes djihadistes au Sinai afin de le déclarer région libérée en collusion avec Israël et les groupes islamiques à Gaza.

 

L’Égypte a vécu des heures critiques après le discours de terrorisme et d'intimidation prononcé par le leader du groupe fasciste, des Frères musulmans, à ses partisans sur la place Rabi’a al-Adawiyya à Nasr City, au Caire. Ce fut le signal de départ d'un grand complot contre la volonté populaire. CNN comme BBC arabe ont joué un rôle dangereux dans ce complot. Mais le peuple et l'armée ont été capables de déjouer cette intrigue et le rôle honteux joué par l'Amérique. La trahison du peuple et de la patrie par les Frères musulmans a encore une fois pu être constaté. Ce fut un coup majeur porté aux desseins de l'impérialisme, surtout américain, dans la région, une réaffirmation du triomphe de la révolution et de la volonté du peuple sur les forces de la contre-révolution.

 

Q7 – Comment jugez-vous le nouveau président par intérim, Adly Mansour, et que doit-il faire maintenant ?

 

Salah Adly: C'est un juge reconnu pour son intégrité et sa compétence, il n'a pas exprimé de préférences politiques ni adopté certains parti-pris. Le discours qu'il a fait après avoir prêté serment et pris son poste de président par intérim pendant la phase de transition était un bon discours, positif. Il a insisté sur le fait que c'était le « peuple seul » qui l'avait autorisé à prendre cette place, et que les pouvoirs qui lui étaient conférés étaient honorifiques, mais que la véritable autorité résidait dans le premier ministre qui sera choisi par consensus parmi les forces nationales et la jeunesse, et qui sera chargé de mettre en place les missions convenues par les forces nationales, démocratiques et sociales. La priorité numéro un pour le gouvernement sera d'arrêter l'effondrement économique, répondre aux revendications imminentes des travailleurs et garantir la sécurité.

 

Nous ressentons la nécessité à ce que continue à se manifester une pression populaire dans les rues, ce qu'a confirmé le discours d'Al-Sisi, protégeant le droit à la manifestation pacifique. Cela garantit qu'il n'y aura pas de déviation de ce qui a été convenu, que l'armée n'interviendra pas sauf dans les limites convenues pour assurer le succès de cette difficile phase transitoire.

 

Q8 - Quels sont les principaux défis que rencontre votre parti, en particulier par rapport aux autres forces politiques et à la création d'une alliance unifiée ?

 

Salah Adly: Le principal défi reste d'unir les forces de gauche pour affronter les grandes tâches qui nous incombent dans la période. Les plus importantes sont :

 

1 – S'assurer de la réalisation des objectifs et des tâches de la phase transitoire ;

 

2 – Obtenir un consensus sur un seul candidat des forces nationales et démocratiques pour mener la bataille des élections présidentielles ;

 

3 – Former un front des forces de gauche, des nassériens, du mouvement de jeunesse et des organisations syndicales ; préparer des listes communes pour les prochaines élections législatives et locales ; exercer des pressions pour s'assurer qu'il n'y aura pas de retrait de l'objectif de changement de cap de la révolution, dans la phase transitoire ;

 

4 – Chercher à renforcer et développer la structure de notre parti, renouveler le parti avec du sang frais et développer son programme afin qu'il puisse faire face aux grands défis auxquels il est confronté.

 

 

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-entretien-avec-salah-adli-secretaire-general-du-parti-communiste-egyptien-on-est-entre-dans-la-119106150.html

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 15:08

La grève du PAME du 16 juillet – un point de départ pour de nouvelles luttes

 

Communiqué du Parti communiste grec (KKE)

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La grève du 16 juillet, avec les manifestations contre l'attaque sur tous les fronts annoncée par le projet de loi du gouvernement de la Nouvelle démocratie et du PASOK, dans 65 villes de Grèce, marque le point de départ pour de nouvelles luttes.

 

Ce projet de loi menace de remettre en cause ce qu'il restait des droits des travailleurs dans le secteur privé comme public, en supprimant l'Accord national sur les conventions collectives et en fixant le salaire minimum en fonction des besoins de la profitabilité des entreprises, licenciant des milliers d'employés du secteur public et des municipalités, imposant de nouvelles coupes dans la santé et la sécurité sociale, introduisant de nouveaux impôts qui représenteront un pillage fiscal encore plus brutal avec la suppression de la barre minimale d'imposition sur le revenu, ce qui aura des conséquences dramatiques dans la ville quotidienne des familles ouvrières ou populaires.

 

Les forces sur des positions de classe ont lutté pour cette grève dans des conditions difficiles, subissant l'offensive conjuguée du gouvernement et du patronat, du syndicalisme pro-patronal sapant la lutte des travailleurs. Elles ont montré que les travailleurs, public comme privé, doivent mener une lutte ensemble avec les travailleurs indépendants et les petits paysans.

 

A Athènes, la place Omonia était remplie de grévistes et de manifestants, arrivés à 10 h 30, rassemblés aux points de rendez-vous. Ce fut une manifestation particulièrement massive. Il y a eu également une participation importante des travailleurs qui organisent habituellement la lutte sur leur lieu de travail.

 

Dimitris Koutoumpas, secrétaire-général du Comité central du KKE, a participé à la manifestation, il s'est exprimé devant les manifestants : « ce projet de loi, avec son attaque sur tous les fronts, est une monstruosité. Avec les licenciements massifs, il y a aussi le pillage fiscal, les coupes dans l'organisation publique de la santé, nous aimerions dénoncer en particulier l'effort de généralisation des contrats de travail individuels avec la diminution du salaire minimum, qui est actuellement un salaire de misère, en-dessous de 500 euros. Le sentiment d'étouffement que vit notre peuple doit se transformer maintenant en une riposte populaire massive. Le peuple doit prendre son avenir entre ses mains, sans rien attendre des solutions qui viennent d'en haut, afin de tourner le dos au nouveau système bi-polaire qui est sur le point d'être créé ».

 

Giannis Tasioulas, cadre du PAME et président de la Fédération des travailleurs du bâtiment en Grèce s'est lui aussi adressé à la foule des manifestants :

 

« l'idée selon laquelle ces nouvelles mesures que le gouvernement propose ne toucheront que certaines catégories de fonctionnaires ou « les mieux payés » se diffuse ou parfois l'emporte dans des parties importantes des travailleurs, des secteurs public comme privé.

 

Cette vision est fallacieuse, trompeuse et dangereuse. C'est un poison. Elle sert ceux qui veulent diviser les travailleurs, monter une partie de la population contre une autre. Elle masque la nature unique de l'offensive menée contre tous les travailleurs, dans tous les secteurs. L'offensive concerne les travailleurs, les chômeurs, les travailleurs indépendants, les petits et moyens agriculteurs, les femmes, les jeunes. Personne n'est épargné. Seuls le capital et les monopoles restent intacts et voient leurs intérêts défendus. La lutte n'est pas finie avec l'adoption de ce projet de loi.

 

Nous avons la responsabilité d'éclairer les travailleurs sur les lieux de travail, dans les usines, dans les quartiers, de les mobiliser pour s'engager dans une lutte pour la rupture, dans une lutte pour inverser cette politique contraire au peuple, au monde du travail, pour renverser le pouvoir du capital. Nous sommes conscients du fait que la participation à la grève d'aujourd'hui ne correspond pas à l'ampleur de l'offensive subie par les travailleurs et les couches populaires.

 

Nous savons bien que de nombreux travailleurs dans les usines et sur d'autres lieux de travail, sous pression des intimidations ainsi que des illusions selon lesquelles ils pourront éviter le pire ou qu'ils sont en sécurité ou qu'ils peuvent espérer l'amélioration de la situation avec un nouveau gouvernement, ne sont pas partis en grève aujourd'hui, bien qu'ils voient que leur vie se dégrade.

 

Nous le disons clairement : il ne peut y avoir aucune perspective ni de victoire pour la classe ouvrière et les couches populaires à moins d'un changement de situation, à moins que le niveau d'organisation dans les lieux de travail, les usines, les grands commerces ne monte d'un cran », souligne le syndicaliste du PAME.

 

Après le rassemblement du PAME, les syndicats sur des positions de classe ont marché jusqu'à la place Syntagma dans une manifestation particulièrement massive.

 

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-succes-de-la-greve-du-syndicat-de-classe-pame-en-grece-unite-public-prive-contre-l-offensive-bruta-119123870.html

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 15:06

Francis Arzalier publié le : 6 Juillet, 2013

 

La France s’est constituée au fil des siècles par la réunion de régions différentes les unes des autres par leur histoire et par leur culture : certaines avaient été rattachées au royaume Capétien par un arrangement entre le Roi et un seigneur féodal, comme le Gévaudan au 12ème siècle ou la Lorraine au 18ème, d’autres par de brutales conquêtes comme la Corse sous Louis xv ; certains des peuples qui les composaient parlaient la langue française, d’autres des langues celtiques (en Bretagne), germaniques (en Alsace et Lorraine du nord), occitanes (tout le sud du royaume, du Massif Central aux Pyrénées), voire italiques (la Corse).

Cette mosaïque de peuples avait jusqu’en 1789, comme seul lien, l’allégeance à l’autorité royale, à l’état centralisateur créé par Louis XIV et ses successeurs.

Elle n’est devenue la nation française que par la révolution antiseigneuriale de 1789 qui amena le ralliement volontaire des habitants de toutes les régions de France à un ensemble politique exprimant la volonté de la majorité des citoyens. C’est en ce sens que le chef reconnu des Corses, Paoli, fut accueilli avec enthousiasme par l’Assemblée Nationale à Paris et y exprima le ralliement de l’île à la nation française, phénomène irréversible, renforcé encore au 19ème siècle par l’épopée napoléonienne et au 20ème siècle par la participation des insulaires à la guerre de 1915-1918, à l’aventure coloniale de la France et à la Résistance antifasciste.

Cet attachement ultra majoritaire à la nation française de l’immense majorité des français n’a absolument pas supprimé les singularités culturelles locales : elles existent dans chacune des régions de France, avec plus ou moins de force. Jusqu’au milieu du 20ème siècle, les milieux populaires s’exprimaient en breton à Brest, en langues occitanes à Toulouse, en langue corse à Ajaccio, Corte ou Bastia. Partout dans ces régions rassemblées, la langue française n’était que celle quotidienne de la bourgeoisie, malgré le centralisme linguistique et politique de l’état français, de Napoléon à la troisième République.

On confond trop souvent dans le langage courant « jacobinisme » et centralisation : cet amalgame péjoratif a été inventé au début du 20ème siècle par Maurras, l’idéologue de l’extrême droite, qui exprimait ainsi sa haine de la Révolution de 1789. En réalité, les « Jacobins », partisans et militants de la révolution antiseigneuriale, ont inventé la nation française, réunion volontaire de citoyens de France, nous leur en sommes redevables. Ils n’étaient certainement pas tous favorables à la centralisation, inventée par la monarchie. Les « Jacobins » du Languedoc s’exprimaient souvent en occitan et ceux de Nantes en breton en 1789. Certains des dirigeants de la Commune de Paris en 1871 se disaient « Jacobins » et pourtant les communards avaient un idéal de république totalement décentralisée, réunion volontaire de communes élues, représentatives des travailleurs.

Il est vrai que la bourgeoisie révolutionnaire a, dès 1792, repris à son compte le centralisme politique et linguistique inventé par les monarques. L’abbé Grégoire était ainsi favorable à l’éradication des « patois » régionaux : il était affilié aux Girondins qui passent pourtant pour plus « provinciaux » que les Montagnards ou les Robespierristes…C’est en réalité Napoléon, devenu Empereur des Français, qui renforça la centralisation et la troisième République bourgeoise accéléra le processus notamment en généralisant l’école laïque obligatoire - Ce qui avait une dimension progressiste mais s’accompagnait de la destruction programmée des cultures et des langues régionales au profit d’une francisation, selon les codes culturels de la bourgeoisie – Ce fut le cas dans le Languedoc et en Provence où les langues d’oc devinrent résiduelles au milieu du 20ème siècle. La langue locale ne demeura vivante et quotidienne dans les milieux populaires que dans des régions particulières comme le Pays Basque ou la Corse, préservée par l’insularité, et aidée depuis 20 ans par le volontarisme des élus locaux. De ce fait, la langue corse, écrite et codifiée comme elle ne l’était pas en 1900, est présente maintenant à l’école et à la télévision, est parlée quotidiennement surtout dans les villages de l’île et sert de substrat à une culture toujours vivante dans la chanson, les manifestations artistiques, les foires, les traditions culinaires et les mentalités héritées d’une société pastorale et patriarcale. Ceci étant, ne nous leurrons pas : on ne décrète pas l’usage d’une langue par décret politique, si l’évolution sociale et économique la condamne à dépérir. Celle de Corse est vivante, en 2013, parallèlement au français mais les Corses, même ceux nés dans l’île et y ayant toujours vécu (ce qui est rare en ce pays d’immigration) même les plus âgés sont bilingues. La majorité des insulaires comprennent le corse mais le parlent fort peu ou mal : il suffit de les écouter s’exprimer en cette langue à FR3 Corse pour le savoir. Par ailleurs, une partie (un quart ?) de la population de Corse est originaire d’autres régions du continent, Provence ou Bretagne ou d’autres pays : ceux marocains parlent berbère plutôt qu’arabe, d’autres portugais et français même s’ils ont acquis la maîtrise du corse pour des raisons professionnelles (ainsi la speakerine météo-culinaire de FR3 Corse dont la langue maternelle est le serbo-croate).

Le dilemme centralisme-décentralisation est une vieille dimension du débat politique en France qui ne recouvre pas toujours l’opposition droite-gauche. La droite conservatrice ou réactionnaire sait parfois démagogiquement se proclamer respectueuse des droits des « provinciaux » contre « le centralisme parisien ». Ainsi le fit le régime du Maréchal Pétain, chantre des « vertus de la terre »contre l’esprit « envieux et jouisseur » des villes ouvrières, coupables d’avoir soutenu le Front Populaire en 1936 et ainsi mérité la défaite de 1940. La réalité du pouvoir Vichyste fut tout autre : l’état du Maréchal fut un des plus centralisateurs du 20ème siècle ; il multiplia les technocrates économiques au service de l’état central et du patronat (le MEDEF en est l’héritier actuel) et supprima les élus communaux, la Délégation Spéciale, remplaçait le conseil municipal élu et faisait appliquer les directives de l’état.

La « gauche » française a toujours été ambiguë sur les problèmes de centralisation. Ainsi, les Opportunistes et les Radicaux qui ont animé la troisième République, héritiers bourgeois de 1789, étaient convaincus qu’il fallait une France uniforme, du sud au nord avec une seule langue et de droits identiques ; mais, en même temps, cette République organisa à la fin du 19ème siècle les 30.000 communes de France, gérées par un conseil municipal et un maire élu par les citoyens : un système décentralisé qui est unique en Europe et qui est bien menacé aujourd’hui face au rouleau compresseur de « l’Union Européenne ».

Le mouvement progressiste et révolutionnaire français n’a pas toujours été très clair sur ces questions. Certains qui s’en disaient furent “bonapartistes” : Chevènement qui se clamait alors la gauche du Parti Socialiste était, à un tel point « centraliste », qu’il prétendit un jour qu’il n’existait qu’une seule culture française de Belfort à Bastia : affirmation absurde, les Marseillais et les Flamands n’ignorent pas leurs différences même s’ils sont tous deux attachés à la nation française.

L’attitude des communistes à l’égard de l’identité et de la langue corses, réalités plus prégnantes qu’en d’autres régions de l’hexagone, a ainsi évolué au fil du temps et des évènements. Le PCF, dans ses premières années, appliquait à l’île et à ses habitants une grille de lecture anticolonialiste, inspirée de la jeune Internationale Communiste. Les corses avaient le droit, comme l’Alsace ou le Maroc, de se séparer de la France s’ils le désiraient. C’est sur ces bases que le Parti tint à Paris en 1931 des meetings contre l’envoi dans l’île de troupes occupant les villages sous prétexte de combattre le banditisme avec les militants de « l’Emancipation Corse ». Gabriel Péri, journaliste d’ascendance corse à l’Humanité, ajoutait prudemment que ce droit à la séparation ne valait que si le peuple concerné le désirait : il savait bien que dans l’île, la volonté indépendantiste était alors infime, même si un journal comme A Muvra y portait des revendications « corsistes » culturelles et politiques. Le PCF n’y avait, par ailleurs, que quelques adhérents.

Peu après, les prétentions conquérantes du fascisme italien (« Corsica, Nizza, Tunisia, a noi ») ont changé la donne. Le PCF et son journal, fers de lance de l’antifascisme, dénoncent les volontés d’annexion « irrédentiste » de Mussolini et de ses sympathisants insulaires : ils sont minoritaires mais influents au sein de la rédaction d’A Muvra, fascinés par l’idéologie fasciste, confondant dans le même rejet l’héritage de 1789 et le front populaire, à l’image d’une bonne partie de la droite française. Les communistes insulaires, peu nombreux mais actifs dans les mouvements sociaux, sont eux antifascistes et anti-irrédentistes avant 1939.

La défaite française et le régime de Vichy allié de l’Italie fasciste ne pouvaient que renforcer chez eux cette tendance, d’autant que leurs rangs se renforcent de quelques militants chassés de l’hexagone par l’interdiction du Pcf ou des anciens des Brigades Internationales en Espagne (Vittori). Dans la débâcle générale des partis de la troisième République (Droite et Radicaux), les quelques dizaines de militants corses vont réussir, entre 1941 et 1943, à organiser, pratiquement seuls, la Résistance Insulaire. Fait unique parmi les régions françaises, le Front National (mot d’ordre unitaire de résistance nationale à l’occupation germano-italienne - nazie et fasciste - lancé par le PCF) animé par les communistes, finit par réunir, à peu près, tous les résistants de l’île et déclencha l’insurrection armée de l’été 1943. Elle sera victorieuse après de rudes combats, de cruels sacrifices, grâce à l’aide de soldats français et coloniaux envoyés d’Algérie par Giraud et la « France Libre » et grâce à la défection de l’armée italienne du camp fasciste. Les communistes, grâce au rôle éminent qu’ils ont joué dans cette lutte, au prestige de leurs militants et de leurs martyrs, ont, dès la libération, une forte audience dans l’île malgré l’opposition conjointe de la droite gaulliste et des notables radicaux. A l’inverse, les « Corsistes » de A Muvra sortent discrédités de la guerre du fait de la collusion de certains d’entre eux avec les occupants italiens et les irrédentistes.

La « collaboration  active » fut en Corse bien plus le fait des adhérents du PPF pro-nazi de Doriot et Sabiani que des défenseurs de l’identité corse. Cependant, les communistes insulaires qui n’avaient pas hésité à publier en mai 1943 un « Appel au peuple corse » faisant appel à son héritage culturel spécifique sont en 1945 les plus virulents contre les Muvristes, volontiers accusés de liens avec le fascisme vaincu. Pour longtemps, toute référence au « corsisme » sera suspecte parmi les héritiers de la Résistance, Gaullistes ou Communistes.

Après 1968, les mouvements culturels et politiques qu’on disait alors autonomistes ont ressurgi en Corse, mélange d’idéologies contradictoires, mêlant le gauchisme d’inspiration tiers-mondiste et l’activisme militaire influencé par l’extrême droite coloniale (les attentats du FLNC se réfèrent « aux nuits bleues » de l’OAS en Algérie). Toutefois, ces mouvements expriment souvent des revendications populaires parfaitement justifiées contre l’accaparement des terres cultivables par les rapatriés d’Algérie, pour la défense et la valorisation de la langue et de la culture corses souvent occultées ou niées, contre le « clanisme » ou « clientélisme » dominant les relations politiques insulaires. Le PCF corse de ces années-là s’en est bien souvent tenu à dénoncer(à juste titre) les clandestins armés, leurs attentats et leurs rackets, les autonomistes(et plus tard nationalistes) sans réussir à reprendre à son compte leurs exigences culturelles, linguistiques et politiques justifiées. D’autant que les reproches à leur encontre étaient simplistes (assimilation à l’irrédentisme, antifrançais) et oubliaient de pointer chez eux le plus critiquable, la haine réactionnaire de l’héritage progressiste de 1789 et des conquêtes ouvrières.

Nous vivons depuis le début du 21ème siècle une nouvelle étape du capitalisme, marqué par la mondialisation financière et son corollaire l’idéologie ultra libérale, véritable religion du marché selon laquelle rien ne doit s’opposer à la « libre concurrence » des capitaux, des marchandises, des salariés, ni les frontières, ni les lois, ni les volontés populaires : c’est ainsi que s’est mis en place, au gré des traités successifs, l’Europe supranationale qui en est aujourd’hui à imposer ses diktats d’austérité et de régression sociale au pays du continent, notamment à la France, avec l’assentiment des gouvernements successifs, de la droite et du PS. Dans ce contexte, les divers groupes nationalistes corses qui ont, pour l’essentiel, abandonné la « lutte armée » (les attentats, les meurtres sont aujourd’hui, avant tout, le fait de luttes internes au banditisme insulaire pour le contrôle de trafics et de spéculation immobilière) sont très favorables à l’Europe supranationale qui comme eux, vise à la destruction programmée des états nations, héritage en France de 1789 et des conquêtes sociales et politiques depuis deux siècles. Les « infra-nationalistes » de Corse, imprégnés d’idéologie libérale et rejetant l’héritage de 1789-93, apprécient la volonté bruxelloise de démanteler l’état français et de mettre en place de vastes régions, à l’image des lander allemands, sur des bases économiques ou ethniques avec des prérogatives amoindries des élus. Ils influencent, grâce à leur démagogie (contre l’accaparement des rivages) le quart environ de l’électorat insulaire.

Les communistes de Corse, encore influents du fait de leur rôle historique et bien que l’île soit dépourvue des industries nécessaires, ont à juste titre soutenu les mesures prises en faveur de la langue corse, son entrée à l’école, à la télévision, etc…Il était bien normal de répondre aux désirs de la majorité des citoyens insulaires, attachés à leur culture menacée par le tout-tourisme dévastateur. Ce n’est pas la langue corse qui menace à Bastia comme à Lille la langue nationale française mais l’anglo - américain, langue de l’empire mondial capitaliste. Les dirigeants étatsuniens et « européens » travaillent à l’imposer partout, avec l’assentiment de la bourgeoisie de France, grâce à internet, aux médias, dans l’enseignement, l’expression culturelle, l’entreprise, etc…

Favoriser le renouveau, la survie de la langue et la culture corse est une chose, s’en servir comme prétexte pour favoriser les entreprises politiques de l’Europe supranationale en est une autre : C’est ce que font avec un certain succès les divers groupes nationalistes corses, en proposant la « co-officialité » des deux langues, corse et français. Ce concept imprécis rendrait ainsi obligatoire la langue insulaire dans chaque administration, l’enseignement, la culture, etc…A chaque guichet de service public, de l’université, à l’école élémentaire, à l’entreprise commerciale et industrielle, les salariés devraient, dans cette logique, savoir communiquer en corse : ceux ignorant cette langue seraient-ils donc licenciés alors qu’ils sont parfois les plus nombreux ?

L’absurdité des conséquences possibles cache mal une volonté discriminatoire évidente : faudrait-il rendre aussi obligatoire au moindre guichet les autres langues parlées dans l’île, le portugais, l’arabe, le berbère, etc…

Ces considérations n’ont pas tenu compte devant la logique politicienne : En avril 2013, sur proposition des nationalistes, l’Assemblée Territoriale de Corse a approuvé à l’unanimité le statut de co-officialité. Certains élus de droite (UMP) qui se sont toujours illustrés par leurs réactions centralisatrices, ceux de la gauche (majorité radicale) ont voulu montrer qu’ils n’étaient pas moins attachés à la langue corse que les nationalistes - avec peut-être une arrière - pensée : Le président de l’Exécutif, Paul Giacobbi, qui ne parle pas lui-même la langue de l’île, sait bien que la constitution française interdit la co-officialité et que la majorité socialo-radicale dont il fait partie à l’Assemblée Nationale ne votera pas une réforme constitutionnelle à ce sujet. Ce qui ne l’empêche pas de s’indigner à Ajaccio de « l’intolérance linguistique française » (Corse Matin, 07 juin 2013). Rien d’étonnant : le sujet est, en Corse, un excellent dérivatif pour éviter de parler des problèmes réels, la sous-industrialisation, le chômage, le grand banditisme et la spéculation foncière et immobilière qui ravagent la société insulaire. Comme à Paris, le battage médiatique autour du mariage homosexuel permet au Président Hollande de ne pas s’appesantir sur le chômage et la destruction des industries.

Plus problématique, est, à l’occasion, le vote des élus communistes à l’Assemblée de Corse pour la co-officialité. Erreur d’analyse ? Désir opportuniste de ne pas se couper d’une majorité de gauche dont on fait partie à Ajaccio ? Volonté de permettre des alliances avec la gauche radicale aux prochaines élections ? Ce vote, en tous cas, a été très critiqué au sein des militants insulaires et risque de laisser quelques traces. Ne faudrait-il pas élargir ce débat sur langue et culture en tenant compte des volontés de l’Europe supranationale et du capitalisme mondialisé ? En l’occurrence, ce projet de co-officialité n’est pas né de l’aspiration majoritaire des citoyens de Corse mais il est un élément de l’offensive actuelle de l’Union Européenne contre les états nationaux d’Europe. Cette offensive est multiforme : à l‘initiative des partisans locaux et nationaux de l’Europe fédérale, l’Alsace a vécu en mai un référendum dont l’objectif était de supprimer les départements au profit d’une grande région. Sous prétexte de simplification administrative, on effaçait les élus départementaux au profit d’une Assemblée unique dont le rôle eut été essentiellement de voter le budget mais les décisions fondamentales relevaient, dans cet attelage, du Président de l’Exécutif Régional à l’image des lander allemands. L’opération a capoté parce que les habitants du Haut Rhin ne tenaient pas à se voir imposer à tout instant les choix de la conurbation strasbourgeoise majoritaire et « capitale européenne ».
Cette offensive  Européenne Fédéraliste et Capitaliste se déploie aussi contre les défunts services publics nationaux : l’UE a programmé la mort de la SNCM (Société Nationale Maritime Corse-Méditerranée) en lui infligeant d’énormes amendes sous prétexte de la punir d’avoir touché des subventions publiques parce qu’elle assurait un service public. Déjà bradée en partie aux actionnaires privés, la SNCM aura du mal à survivre à la guerre commerciale avec des concurrents privés « européens »qui emploient des salariés aux salaires plus bas que ceux de France.

Cette ouverture à la concurrence « européenne » va démanteler aussi la SNCF, Air France, au détriment de la sécurité et de la régularité du service (moins de contrôleurs aériens, d’entretien du réseau, etc…). Tout cela, en fait, s’insère dans le projet d’Europe Fédérale Capitaliste.

Depuis sa création après la 2ème Guerre Mondiale, l’Union Européenne s’est constituée au service des possesseurs de capital comme une machine de guerre contre les salariés et les nations d’Europe avec pour seul objectif de faire du continent un grand marché sans entraves des capitaux, des produits, des hommes. Au fil des traités successifs (ROME, Maastricht, Lisbonne), l’UE a démantelé l’indépendance nationale économique et monétaire au profit de la banque centrale de Francfort, favorisé les délocalisations, le chômage, et, de ce fait, la xénophobie, etc…Elle en est aujourd’hui à imposer une politique d’austérité et de privatisations aux états d’Europe et parfois leurs dirigeants.

Le rôle des communistes est donc d’organiser les luttes populaires contre l’Union Européenne sans créer d’illusions sur « une autre Europe » supranationale (l’Assemblée Européenne a déjà eu une majorité de gauche, ce qui n’a rien changé à sa nocivité). Il faut exiger la dénonciation des traités, la sortie de l’OTAN, la restauration de l’indépendance nationale française en matière monétaire, économique, douanière et politique. Et, au premier chef, combattre toutes les initiatives de régression sociale et nationale de l’Europe supranationale et de ses partisans, bourgeoisie française ou séparatistes « régionaux » confondus.

 

http://www.collectif-communiste-polex.org/const_europe/europe_langue.html

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 15:01

Robert Malclés publié le : 7 Juillet, 2013

Commentaire de la tribune titrée " Doit-on abandonner l'euro pour sortir notre continent de la crise qui le frappe ? Contre l'austérité en Europe, luttons pour un autre euro !" publiée par Paul Boccara, Frédéric Boccara, Yves Dimicoli, Denis Durand, Jean-Marc Durand, Catherine Mills, membres de la commission économie du PCF.


Robert Malclés (RM): Ce texte expose la position de la direction du PCF, puisque signé des économistes « officiels » du Comité National, et publié dans Economie et politique et L'Huma. A l'évidence, il se situe dans le cadre d'une « gestion loyale » de l'Union Européenne capitaliste. Bien que n'étant pas économiste, même pas petit, je m'autorise une analyse de ces propositions en restant comme les auteurs, dans le cadre du capitalisme, puisque, même dans ce cadre là, leurs arguments sont totalement inconséquents. Mais pour sortir du capitalisme, ce qui en principe est l'objectif d'un parti communiste, la sortie de l'Euro et de l'Union Européenne est une condition essentielle. Elle n'est pas pour autant suffisante. Il faudra procéder ensuite à des réformes radicales.

Tribune (TR) La colère contre l'austérité monte de partout en Europe, mettant en accusation la faillite morale des dirigeants qui, en alternance, prônent la soumission aux exigences des marchés financiers. Le chômage fait rage, frappant de façon brutale et massive les jeunes.
La souffrance sociale terrible fait grandir des illusions de fausse radicalité. D'un côté, comme l'ont confirmé les Grecs eux-mêmes, le refus est majoritaire de sortir de l'euro.

RM : A voir : les Grecs ont-ils vraiment voté librement ou bien le pistolet sur la tempe ?

Tr Il ne s'agit pas de rester isolé face aux marchés financiers et à la spéculation déchaînée.

RM Ça y est, l'accusation de développement d'une politique autarcique est sous entendue, et de plus pour les auteurs, la puissance des marchés est irrésistible (j'y reviendrai plus loin).

TR Mais, d'un autre côté, gronde la protestation contre l'utilisation qui est faite de l'euro, si favorable à la domination des marchés financiers et des grandes banques.

RM Comment pourrait-il en être autrement puisque l'Euro a été crée dans ce but ?

TR D'où les propositions de certains pour sortir de l'euro.
François Hollande répète que la crise de l'euro est finie. Le diagnostic est aussi erroné et trompeur que la promesse d'une inversion de la courbe du chômage en France fin 2013.
Le reniement de celui qui avait promis, « si (il était) élu président », de « renégocier » le traité Merkozy, de « réorienter la BCE », de s'attaquer à son « ennemi » la finance, et de « défendre la croissance » est d'autant plus nocif que la France, à la fois dominée et dominante dans l'Union européenne, occupe une place charnière pour transformer la zone euro. Il se plie devant les exigences d'Angela Merkel et de la finance allemande, tout en prétendant servir les intérêts français.
Face à ces blocages, certains agitent l'idée de sortir de l'euro. Cela reviendrait à fuir devant la lutte décisive pour une autre utilisation de celui-ci et de la BCE. C'est une illusion démagogique et dangereuse, pour cinq grandes raisons.

1 - Le commerce extérieur de la France souffre d'un déficit annuel de 60 à 70 milliards d'euros.

RM Cela n'a pas toujours été le cas,

TR Le retour au franc, qui se ferait alors au prix d'une dévaluation de l'ordre de 25% par rapport à l'euro, entraînerait automatiquement un enchérissement du même ordre du coût de nos importations.

RM C'est exact, et c'est bien le but. Toute dévaluation a pour objectif et pour effet de renchérir les importations et de favoriser les exportations, afin de rétablir l'équilibre de la balance commerciale. Une dévaluation aurait d'autres avantages : favoriser la transition énergétique, la production de proximité, les circuits courts...

TR 2 - Ce ne serait pas très grave, nous dit-on, parce que, grâce à la dévaluation du franc, nos exportations s'envoleraient.

RM Exemple concret : l'aviation avec Airbus (ou tout autre produit). Les échanges commerciaux mondiaux se font en dollars. Airbus est fabriqué et payé en Euros (entre 1,30 et 1,40 Euros le dollar) mais vendu en dollars. Boeing lui fabrique et paye en Euros et vend en Euros. D'où l'idée de certains (dirigeants d'Airbus ou autres...) de délocaliser la production dans la zone dollar. Vaut-il mieux délocaliser la production d'Airbus aux EU, ou bien accepter une dévaluation ? Je choisis la dévaluation.

TR Mais c'est ne pas voir combien la croissance est durablement lente de partout. C'est ne pas comprendre à quel point le surcroît de compétitivité-prix que cela prétendrait donner aux exportations françaises se ferait surtout au détriment de nos partenaires d'Europe du Sud, l'Allemagne voyant au contraire son excédent commercial gonflé par une dévalorisation du travail des Français qui rendra meilleur marché ses importations en provenance de son principal partenaire commercial.

RM Donc, si je comprends bien, car ce n'est pas très clair, quitter l'Euro serait une mauvaise chose car l'Allemagne achèterait davantage à la France mais moins à l'Europe du sud et cela accroîtrait les difficultés de ces pays du sud. L'hypothèse qu'ils aient eux aussi intérêt à quitter la zone Euro n'est pas abordée. Les auteurs ont-ils conscience que ces arguties présentent la France comme le vilain camarade qui ne penserait qu'à lui, au détriment des plus faibles ? On est là dans une conception européiste qui nous interdit d'améliorer notre situation. Manifestement les auteurs n'ont jamais entendu parler de la formule de Jaurès « un peu d'internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène ». Par ailleurs ce type d'argument revient à abandonner la défense de la Nation au FN.

TR Tout cela dans un contexte de spéculation déchaînée.

RM Et l'on revient sur la spéculation déchaînée à laquelle la France, 5ème puissance mondiale, ne pourrait pas résister. Cela porte un nom, c'est la pédagogie du renoncement. Nos auteurs ont-ils entendu parler de l'Islande, de l'Argentine ? Ces petites nations n'ont pas eu peur, elles, d'affronter « une spéculation déchaînée ». Faudrait-il demander l'autorisation des puissances capitalistes pour commencer à changer les choses ?

TR Bref, ce serait là le scénario noir de la surenchère entre dévaluations compétitives et rétorsions protectionnistes qui feraient s'entre-déchirer les pays européens. Ce sont les politiques d'austérité qu'il faut mettre en cause, avec les luttes pour la relance d'une croissance de progrès social que permettraient précisément un autre euro et une autre utilisation de la BCE de façon solidaire.

RM Monnaie forte, monnaie faible. Faut-il rappeler qu'à la différence de l'Allemagne, qui depuis 1950 dispose d'une monnaie forte, la France est habituée à une monnaie plus faible. Beaucoup d'économistes considèrent que la volonté de Mitterrand (on nous dit maintenant que ce fut imposé par Mauroy...) de raccrocher le Franc au Mark en 1983 a eu des effets particulièrement négatifs. Un Euro fort correspond à l'économie de l'Allemagne mais dessert la France et l'Europe du sud. Faut-il rappeler qu'aujourd'hui, contrairement à la période antérieure, la France, achète plus de produits agricoles à l'Allemagne qu'elle ne lui en vend...

TR 3 - Notre dette publique a été très internationalisée depuis les années 1980. Aujourd'hui elle est détenue à 60% par des opérateurs non résidents, banques, sociétés d'assurances, fonds de pension...

RM Exact mais cela veut dire que 40 % de la dette est nationale.

TR Le retour au franc dévalué entraînerait automatiquement un enchérissement de 25% sur les quelques 1140 milliards d'euros de titres de dette détenus hors de France. Exprimés en francs, les intérêts payés bondiraient, alors même qu'ils absorbent déjà quelque 50 milliards d'euros par an !

RM On peut d'abord constater que les auteurs, à aucun moment, ne mettent en cause la légitimité de la dette extérieure, ils sont prêts à payer. Sans commentaire. On peut aussi noter que, même dans l'hypothèse d'une dette légitime, ce que je récuse, le remboursement des intérêts s'élève à 50 milliards plus 25 % (dévaluation oblige) soit 62,5 milliards (d'Euros ou de francs ?). L'estimation du montant de la fraude fiscale va de 60 à 80 milliards d'Euros par an : donc, même dans cette hypothèse, la France a de quoi payer !

TR Par contre, la dévaluation du franc permettrait à des capitaux étrangers, allemands notamment, de mettre la main à très bon compte sur nombre de nos atouts productifs.

RM Manifestement les auteurs n'ont jamais entendu parler de prise de contrôle national citoyen des « atouts productifs ».

TR 4 - La raison la plus importante, c'est qu'en sortant de l'euro, on déserterait le terrain de la bataille pour un autre euro et pour une construction solidaire de l'Union européenne, au mépris d'une nouvelle croissance fondée sur le développement des peuples et, notamment, sur l'aide aux pays d'Europe du Sud. On passerait à côté d'une opportunité historique pour changer la situation économique et sociale en France, en Europe et dans le monde. Une nouvelle politique solidaire dans l'Union européenne s'appuierait sur la force de la monnaie que peut créer la BCE. Alors que chaque pays européen dispose, isolément, d'un potentiel restreint, la création monétaire en commun, avec l'euro, offre des potentiels bien plus importants, car elle est assise sur la capacité de production de richesses et la créativité de 322 millions de personnes.

RM Effectivement on déserterait une bataille ingagnable pour en lancer une autre parfaitement gagnable, elle. Les auteurs, comme indiqué plus haut, sont incapables de sortir de l'hypothèse européiste et d'une « saine gestion du capitalisme ». Ils ne peuvent pas imaginer que des victoires acquises dans un pays, même petit, peuvent servir d'exemple au monde entier. Cuba ou le Venezuela ont-ils agi d'abord sur leur territoire, ou bien ont-ils attendu la révolution sur la totalité de l'Amérique latine ? Ces pays, comme la France en 1789 et d'autres plus tard, n'ont-ils pas ouvert des voies ?

Modifier la BCE, en faire un instrument dans l'intérêt des peuples relève de l'utopie. J'emploie ce terme dans le sens que Marx lui donnait en parlant de ses prédécesseurs théoriciens socialistes : envisager une société future (ici une BCE au service des peuples) sans jamais s'interroger sur les moyens d'y parvenir. Changer le statut de la BCE exige l'unanimité des gouvernements de l'UE.

Est-ce faire preuve de défaitisme que de considérer que ce n'est pas demain la veille ? Est-ce faire preuve de défaitisme que de considérer que les peuples de tous les pays d'Europe ne sont pas prêts à se soulever pour changer leurs gouvernements afin de transformer la BCE et l'Union européenne ?

Par contre, j'estime que, dans un ou plusieurs pays d'Europe, et je pense d'abord à notre pays la France, des changements considérables peuvent être obtenus, et entraîner des modifications au plan européen et pourquoi pas mondial.

Nous, Français, pouvons encore changer les choses dans notre pays. Nous sommes encore maîtres de notre destin. Nos votes, nos luttes sont plus efficaces que des voeux pieux sur le bon vouloir de la BCE ou de la commission de Bruxelles.

TR Appuyons-nous sur l'échec de la construction actuelle de l'euro non pour régresser par rapport aux besoins de changements et de solidarité entre Européens, mais pour un nouveau type de croissance et de développement.
À partir de la protestation qui enfle dans tous les peuples de l'Union contre l'austérité, le pacte de stabilité et le sabordage des services publics, exigeons que la BCE finance directement un très grand essor des services publics et de leur coopération en Europe. Pour cela, chaque pays émettrait des titres de dette publique rachetés par la BCE. L'argent serait affecté à un fonds social solidaire et écologique de développement des services publics européens, géré démocratiquement, qui le répartirait entre chaque pays proportionnellement à ses besoins.
À partir des luttes pour l'emploi et les salaires, contre le rationnement du crédit pour les PME, exigeons que la BCE cesse de refinancer les crédits accordés aux spéculateurs et aux entreprises qui suppriment des emplois, précarisent ou délocalisent. Exigeons qu'elle refinance les crédits pour les investissements matériels et de recherche des entreprises à des taux d'intérêt d'autant plus abaissés, jusqu'à 0%, voire en dessous, que ces investissements programmeraient plus d'emplois et de formations correctement rémunérés, plus de progrès écologiques.

RM Et surtout, moralisons l'Europe capitaliste !!!

TR 5 - Sur le terrain mondial, si l'on supprime l'euro, il ne resterait plus que le dollar comme monnaie de réserve internationale. Son hégémonie en serait confortée.

RM Et on nous ressort ici la vielle antienne des démocrates chrétiens et autres atlantistes. La construction européenne et de l'Euro permettrait de contester la domination des Etats-Unis et du Dollar. C'est oublier bien vite que l'union européenne et l'Euro ont été voulus par les États-Unis dès 1948. Dans les années 60, De Gaulle avec son « petit » Franc avait su remettre en cause la dictature du Dollar.

TR La création monétaire du dollar permet aux États-Unis de financer leur domination économique, culturelle et militaire. Elle leur permet aussi de s'endetter dans leur propre monnaie auprès du reste du monde. La Chine, la Russie, des pays latino-américains veulent s'émanciper de cette domination par la promotion d'une monnaie commune mondiale à partir des droits de tirage spéciaux du FMI, proposition avancée dans les rangs du PCF et dans le programme du Front de gauche « l'Humain d'abord ! ». Mais si l'euro disparaît, comment peser dans une négociation mondiale en alliance avec les pays émergents contre le dominateur commun américain ?

RM C'est ici la seule proposition qui tienne la route. Il faut créer une monnaie commune mondiale. Cependant en quoi le maintien d'un Euro favorise-t-il cette demande ? On en revient toujours au même point : il faudrait obtenir l'accord de tous les pays de la zone Euro, qui pour beaucoup sont des satellites ou des porte-avions des États-Unis, et ne veulent pas de ce moyen de paiement international. Par contre, la France, et peut-être d'autres pays d'Europe sortis de l'Euro, la Chine, la Russie, des pays d'Amérique latine, peuvent agir et imposer un tel moyen d'échanges. Mais cela suppose avant tout que l'on en finisse avec la pédagogie du renoncement !

TR On voit donc qu'une autre utilisation de l'euro peut contribuer, de façon décisive, non seulement à une autre croissance de progrès social dans l'Union européenne, mais à un changement fondamental sur le plan monétaire, économique et social dans le monde.

RM Pour conclure, j'estime que pour un parti réellement révolutionnaire, l'urgence n'est donc pas de sauver l'Euro, mais de revenir à une politique indépendante de transformation sociale en France. Pour atteindre cet objectif, sortir de l'Euro ne suffit pas. Il faut s'interroger sur le bien fondé de la « dette », remettre en place une monnaie nationale, re-nationaliser sous contrôle démocratique la banque de France, le secteur bancaire, les grandes entreprises industrielles, et commerciales et de service ; tout cela dans le cadre d'un mouvement de masse, qui certes ne se déclenche pas par ordonnance.

Il faut d'abord rendre l'espoir aux exploités plutôt que de leur prêcher la résignation.

 

http://www.collectif-communiste-polex.org/const_europe/canard_sauvage.html

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 15:00

AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Les derniers chiffres de l'enquête Eurostat révèlent que 43 millions de personnes travaillent à temps partiel dans l'Union européenne en 2012, ce qui s'ajoutent non seulement aux 26 millions de chômeurs mais aussi aux 11 millions de personnes disponibles mais sans-emploi.

Les chiffres de travailleurs à temps partiel ne cessent de progresser depuis le début de la crise : de 18,5% de la population active européenne en 2008 ils sont passés à 21,4% en 2012.

Avec le développement de la dite « flexsécurité » au sein de l'UE, le travail à temps partiel se répand désormais de plus en plus comme une norme de travail.

Il représente déjà un quart des emplois en Belgique, au Danemark (25,7%), en Allemagne (26,5%), en Irlande (23,9%), en Autriche (25,5%), au Royaume-Uni (27%) et en Suède (26,5). Aux Pays-Bas, champions de cette forme de précarité, ils comptent pour un emploi sur deux (49,8%).

Les emplois à temps partiel représentent tout de même 18% des emplois en France.

A l'échelle européenne, un travailleur à temps partiel sur quatre souhaiterait travailler plus. Un chiffre qui s'élève à 24,7% en France, à 33,6% en Irlande, 42,8% au Portugal. Ils représentent une majorité à Chypre (50,4%), en Espagne (54,6%) et en Grèce (66%).

Le fait de détenir un emploi devient également de moins en moins un facteur de sortie de la pauvreté et de la précarité.

Une étude de l'Institut de statistiques allemand, Destatis, démontrait en août dernier que 20% des travailleurs allemands étaient pauvres, victimes des contrats précaires (temps partiels, CDD, mini-jobs), un chiffre qui tend par ailleurs à progresser.

Le Danemark ou la Suède connaissent ce même phénomène nouveau de « travailleurs pauvres », la faute à leur dérégulation récente du marché du travail. Le taux de travailleurs pauvres est passé ainsi de 5 à 10% en Suède entre 2005 et 2012.

37 millions de personnes sans-emploi en Europe

Les chiffres officiels de l'Union européenne estiment à 26 millions le nombre de chômeurs soit 10 millions de chômeurs supplémentaires depuis 2008 avec un taux de chômage officiel fixé désormais à 11% en février 2013, contre 6,8% en février 2008.

Les taux les plus élevés sont enregistrés en Grèce évidemment (26,4%) mais aussi en Espagne (26,3%), suivis par le Portugal (17,5%), l'Irlande (14,2%) et la Slovaquie (14,6%).

Parmi les populations les plus vulnérables, les jeunes sont fortement touchés par le chômage, un jeune sur quatre est au chômage dans l'UE (23,5%), une majorité en Grèce (58,4%), en Espagne (55,7%) et une forte minorité au Portugal (38,2%) et en Italie (37,8%).

Or, comme le révèle l'étude Eurostat, ces chiffres masquent généralement un certain nombre de personnes actives mais sans-emploi.

Ce sont les personnes entre 15 et 74 ans disponibles pour travailler mais qui ne recherchent pas d'emploi (8,8 millions de travailleurs) et celles recherchant un emploi mais indisponibles (2,3 millions de travailleurs).

En additionnant le nombre de travailleurs en sous-emploi, ceux au chômage officiellement et ceux sans-emploi mais actifs, on obtient le chiffre de 80 millions de travailleurs sous-employés ou non-employés.

Ramenés aux nombre d'actifs dans l'UE, 240 millions, on peut estimer à un tiers le nombre de travailleurs victimes d'une forme de précarité ou du chômage direct ou indirect.

Des chiffres qui révèlent la nécessité non seulement de sortir de la crise, de rompre avec l'austérité mais surtout de rompre avec le système capitaliste qui en est responsable et avec son premier instrument en Europe: l'Union européenne du capital.

Source http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

http://www.collectif-communiste-polex.org/const_europe/chomage_2012_ue.html

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 14:55

Henri Alleg vient de nous quitter

Zoheir Bessa - Directeur d’Alger républicain

 

Henri Alleg, le plus Algérien des Français

Par Djamal Benmerad

 

jeudi 18 juillet 2013, par Comité Valmy

 

Notre frère et camarade de combat Henri Alleg vient de nous quitter Il est décédé suite aux conséquences d’un accident cérébral survenu l’an dernier.

Henri Alleg, de son vrai nom Harry Salem, a été ancien directeur d’Alger républicain avant son interdiction par les autorités coloniales en 1955 et après l’indépendance jusqu’à sa suspension après le coup d’Etat du 19 juin 1965.

Il a été membre dirigeant du Parti communiste algérien puis du PAGS. Fuyant la répression anti-communiste déclenchée après le coup d’Etat, il a dû rejoindre la France.

Authentique internationaliste, il a été pris d’un immense sentiment de révolte contre l’oppression coloniale dès son premier contact avec l’Algérie en 1939. Il a adhéré au Parti communiste algérien réduit à l’action clandestine et pris fait et cause pour la lutte pour l’indépendance de l’Algérie.

Durant la guerre de libération, il est activement recherché par toutes les polices. Il est arrêté en juin 1957 par les paras du sinistre Bigeard lors d’un traquenard qu’ils lui avaient tendu au domicile de son camarade Maurice Audin, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Henri Alleg est soumis à la torture comme tous les patriotes et les combattants anti-colonialistes pris dans les griffes de l’armée

française.

Il réussira à faire sortir de prison son retentissant témoignage "La Question" dans lequel il fera connaître au monde entier les atrocités commises par la soldatesque coloniales sur les patriotes.

Notre camarade Henri sera inhumé le 29 de ce mois

Alger républicain présente ses condoléances les plus attristées à la famille, aux amis et aux camarades du défunt.

.

Zoheir Bessa

Directeur d’Alger républicain


Le coeur d’un seigneur, il s’appelle - nous répugnons à parler de lui au passé - Henri Alleg, a cessé battre, tout le comme le nôtre s’est arrête un instant en apprenant cette nouvelle.
Après le décès de son épouse Gilberte, que dire, sinon renouveler à ses (rares) camarades notre humble recueillemnt et souhaiter qu’il y ait d’autres Henri Alleg.
En guise d’oraison funèbre, nous re-publions ce que nous disions de lui à l’occasion de la commémoration du l’Indépendance de l’Algerie, où nous l’avons invité (à Bruxelles) en ce 5 mai 2007.

 

Henri Alleg, le plus Algérien des Français

Par Djamal Benmerad

 

J’ai titré ainsi mon propos par pure coquetterie intellectuelle, car Henri Alleg n’est ni tout à fait Algérien ni tout à fait Français : il est internationaliste, bien que nous, Algériens, ayons tendance à nous l’approprier.

Il m’échoit, ce soir ( samedi 05 mai 2007 ), deux tâches en une.

La première tâche, ingrate celle-là, vise à présenter Harry Salem, plus connu sous son nom de guerre d’Henri Alleg, à une partie du public déjà convaincu et connaisseur de ce dernier, tant la valeur de cet homme a fait le tour des cinq continents.

La seconde tâche consiste en le redoutable privilège de faire connaître Henri Alleg à cette autre partie du public qu’est la jeunesse et qui, peut-être connaît imparfaitement cet homme. Je le ferai donc en vertu de deux affinités subjectives qui me lient à Henry Alleg : notre idéal communl et l’honneur d’avoir travaillé à Alger républicain en qualité de grand reporter quelques dizaines d’années après lui (ce qui ne rajeunit pas Henri !) A ce propos, il faut dire, en passant, que lors de notre intégration à ce journal, chaque jeune journaliste subissait un long speech sur Henri Alleg, par notre directeur de journal aujourd’hui hélas décédé, Abdelhamid Benzine, qui lui aussi connut pendant la guerre la torture et les camps de concentration. Ainsi nous, dont « La question » figurait parmi nos livres de chevet, nous connaissions Henri avant même de l’avoir rencontré. Il était devenu un mythe pour les Maghrébins que nous sommes, raffolant de mythes et de légendes. Mais cet inconnu devient aussi pour nous une référence en matière de journalisme.

Nous apprîmes donc que ce natif de Londres a tôt commencé le journalisme, avant de s’installer dans l’Algérie coloniale des années quarante. A l’âge de 19 ans il adhère au Parti Communiste Algérien. La direction de ce Parti, assimilant mal les enseignements de Lénine concernant la question coloniale, était majoritairement composé de pieds noirs, c’est-à-dire des français nés en Algérie, ce Parti donc bégayait à l’époque entre la revendication d’une assimilation des Algériens aux Français et sa demande de promotion des classes ouvrières des deux pays. L’idée de l’indépendance de l’Algérie ne l’effleurait même pas. Il était en somme une annexe du Parti Communiste Français. Mais passons sur cette digression qui risque de réveiller de vieilles polémiques.

En 1951, Henri Alleg se voit offrir la direction du journal progressiste Alger républicain. Il renforce sa ligne résolument anticapitaliste. Peu à peu, la ligne de ce journal devient plus radicale et se rapproche des thèses nationalistes, tant le colonialisme est le fils cadet du capitalisme. Le fils benjamin du capitalisme étant l’impérialisme. 1954 : l’insurrection armée Algérienne éclate. Le Parti Communiste Algérien, censé être un parti d’avant-garde est pris au dépourvu.

Nombre de militants le quitteront pour rejoindre les patriotes Algériens.
Quelques mois plus tard, Alger républicain est interdit par les autorités coloniales. Apprenant qu’il était recherché, Henri Alleg plonge dans la clandestinité pendant que nombre de communistes créent des cellules armées combattantes dénommées Les maquis rouges, dont le moins méritant n’est pas Fernand Yveton qui sera condamné à la guillotine et exécuté. Il venait à peine d’avoir 20 ans. Les communistes combattront sous le vocable de Maquis rouges jusqu’en 1956, année où ils vont s’auto dissoudre pour rejoindre l’Armée de Libération Nationale.

Après deux ans de clandestinité, Henri est soudain découvert et arrêté le 12 juin 1957 par la sinistre 10eme division de parachutistes du non moins sinistre général Massu. Il est immédiatement transféré dans une villa des hauteurs d’Alger. Il s’agissait de la villa Susini de triste mémoire. Là, Henri connaîtra dans sa chair les morsures de « la bête immonde. » Il y subira ses tortures les plus grossières aux plus raffinées. Il fera connaissance avec « le torchon mouillé », la « gégène », « la baignoire » et autres joyeusetés les unes pires que les autres. Aujourd’hui, cinquante ans plus tard, à l’heure où la torture sévit à Abou Ghraïeb (en Irak), en Palestine, en Colombie et ailleurs, relisons Henri Alleg :

Extrait de La Question d’Henri Alleg

Jacquet, toujours souriant, agita d’abord devant mes yeux les pinces qui terminaient les électrodes. Des petites pinces d’acier brillant, allongées et dentelées. Des pinces « crocodiles », disent les ouvriers des lignes téléphoniques qui les utilisent. Il m’en fixa une au lobe de l’oreille droite, l’autre au doigt du même côté.D’un seul coup, je bondis dans mes liens et hurlai de toute ma voix. Charbonnier venait de m’envoyer dans le corps la première décharge électrique. Près de mon oreille avait jailli une longue étincelle et je sentis dans ma poitrine mon coeur s’emballer.

Je me tordais en hurlant et me raidissais à me blesser, tandis que les secousses commandées par Charbonnier, magnéto en mains, se succédaient sans arrêt. Sur le même rythme, Charbonnier scandait une seule question en martelant les syllabes « Où es-tu hébergé ? »Entre deux secousses, je me tournai vers lui pour lui dire : « Vous avez tort, vous vous en repentirez ! » Furieux, Charbonnier tourna à fond le rhéostat de sa magnéto : « Chaque fois que tu me feras la morale, je t’enverrai une giclée ! » et tandis que je continuais à crier, il dit à Jacquet : « Bon Dieu, qu’il est gueulard ! Foutez-lui un bâillon ! » Roulant ma chemise en boule, Jacquet me l’enfonça dans la bouche et le supplice recommença. Je serrai de toutes mes forces le tissu entre mes dents et j’y trouvai presque un soulagement

Fin de citation.

Après un mois de sévices ignobles, un mois qui a dû durer pour lui un siècle, Henri est transféré en divers lieux de détention pour, finalement, aboutir à la prison Algéroise Barberousse. C’est dans cette prison qu’Henri Alleg entreprend de relater son supplice afin que nul ne dise « je ne savais pas. » A mesure qu’il rédige fébrilement « La question », il en fera sortir un par un les feuillets à l’insu de ses gardiens, par l’intermédiaire de ses avocats qui étaient aussi ses « complices » à l’instar de Leo Mataresso.

Une fois achevé et évacué hors de prison, un homme de bonne volonté et de grand courage entreprit de l’éditer. Il s’agissait de Jérôme Lindon, directeur des Editions de Minuit. Pendant que son auteur est en prison, La question est publié. Les autorités Françaises interdisent le livre mais des centaines d’exemplaires sont déjà répandus sur le territoire. C’est ainsi, et quelques jours avec l’aide La Cité, une maison d’éditions Suisse, que les Français apprennent avec émoi que l’on torture en Algérie et qui plus est, on torture même des Français ! Des intellectuels et autres personnalités tels que Jean-Paul Sartre, Malraux, François Mauriac et tant d’autres protestent vigoureusement auprès de leur gouvernement.

Dans l’Algérie maquisarde, du livre fut d’un apport extraordinaire. « Ce fut pour nous l’équivalent d’un bataillon » me dira, il y a quelques années, le commandant Azzedine, un des anciens dirigeants de l’Armée de Libération Nationale.

Après trois années de détention à la prison Barberousse, Henri est transféré en France, dans la Prison de Rennes. d’où il s’évadera peu après, aidé en cela par un réseau communiste qui lui fera rejoindre la Tchécoslovaquie. Il y restera jusqu’en 1962, lors du cessez-le feu conclu entre l’Algérie combattante et la France colonialiste. Il revient dans l’Algérie indépendante pour organiser la reparution d’Alger républicain.
Je termine en rappelant que contrairement aux Occidentaux, nous, Maghrébins avons le culte des héros. Henri Alleg est de ceux-là.

Dj. B.

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3712

 

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 14:52

 A l’occasion du décès d’Henri Alleg ,communiqué du PRCF 18 juillet 2013, 15 h.


Henri-Alleg.jpgNous apprenons avec beaucoup de tristesse le décès de notre camarade Henri Alleg, membre du comité national de parrainage du Pôle de Renaissance Communiste en France, président d’honneur du Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe (ex-Comité Honecker), écrivain et journaliste communiste, ancien directeur d’Alger Républicain et ancien secrétaire général de L’Humanité, militant de la solidarité de classe avec les communistes persécutés dans les ex-pays socialistes, compagnon de Maurice Audin et héros de la lutte anticoloniale en Algérie.

Henri fut aussi une figure des lettres françaises et un éclaireur de la conscience universelle dans la grande tradition de Voltaire et de Zola : son livre bouleversant La Question, le récit poignant préfacé par Sartre qui dénonça l’usage systématique de la torture en Algérie par l’armée coloniale, a beaucoup fait pour mobiliser contre la « sale guerre » : l’indépendance du peuple algérien et l’honneur du peuple français doivent beaucoup à cet homme modeste, souriant, mais inflexible sur ses hautes convictions humanistes.

Henri fut par ailleurs de tous les combat en France et dans le monde pour le progrès social, l’émancipation des peuples, la paix et le socialisme. Alors que tant d’autres hurlaient avec les loups lors de la chute de l’URSS, Henri écrivit Le grand bond en arrière, qui dénonçait faits à l’appui la terrible régression qu’a constituée la restauration du capitalisme le plus barbare dans les pays de l’ex-camp socialiste.

Nous rendrons ultérieurement hommage à ce lutteur hors pair qui était aussi un défenseur fidèle du marxisme-léninisme et de l’internationalisme prolétarien, ce qui lui valut, aux côtés de Georges Hage, de Rémy Auchedé et de Georges Gastaud, d’animer l’opposition communiste à la « mutation » (en réalité, à la dénaturation) du PCF dans le cadre de la première Coordination communiste, puis dans le cadre du Comité national d’unité des communistes (CNUC), puis de la Coordination des Militants Communistes du PCF.

Pour l’heure, l’émotion nous étreint quand nous repensons avant tout à cet homme fraternel, toujours aidant, souriant et plein d’humour, qui rejoint dans notre souvenir Gilberte, son épouse disparue – elle aussi engagée avec détermination dans la lutte contre le colonialisme et pour la continuité du vrai parti communiste.

A ses fils et à toute sa famille, à tous les camarades communistes membres du PRCF et/ou du PCF, à tous les communistes et patriotes algériens, à tous les membres du CISC, à tous ses amis et camarades de France et de l’étranger, nous exprimons notre profonde sympathie et notre grand chagrin.

  • Georges Hage, ancien député, président d’honneur du PRCF
  • Jean-Pierre Hemmen, vice-président du PRCF, directeur politique d’Etincelles.
  • Désiré Marle, prêtre-ouvrier, président du CISC
  • Léon Landini, président de Carmagnole-Liberté (ex-FTP-MOI), président du PRCF
  • Vincent Flament, rédacteur-en-chef de « Solidarité de classe »
  • Pierre Pranchère, vice-président du PRCF
  • Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF
  • Daniel Antonini, secrétaire de la commission internationale du PRCF
  • Antoine Manessis, responsable du PRCF aux actions unitaires
  • Madeleine Dupont, trésorière du CISC
  • Odile Hage, secrétaire de la section de Douai du PCF

 

http://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/henri-alleg-nest-plus/

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 14:49

 De : Collectif Bellaciao

 

Henri ALLEG (Photos Les Editions de Minuit)

Harry Salem dit Henri Alleg, né le 20 juillet 1921 à Londres, mort le 17 juillet 2013 à Paris.

Né à Londres de parents juifs russo-polonais, Henri Alleg s’installe en Algérie en provenance de Paris en 1939, et milite au sein du Parti communiste algérien, il est un journaliste franco-algérien, communiste, ancien directeur d’Alger Républicain.

En 1946, il épouse Gilberte Serfaty qui deviendra comme lui une ardente militante communiste. En 1951, il devient directeur du quotidien Alger républicain. Il entre dans la clandestinité en 1955, date d’interdiction du journal en Algérie. Il continue cependant à transmettre des articles en France dont certains sont publiés par L’Humanité.

Il est arrêté le 12 juin 1957 par les parachutistes de la 10e D.P, au domicile de Maurice Audin, son ami, arrêté la veille et qui sera torturé à mort.

Il est séquestré un mois à El-Biar, où il est torturé lors de plusieurs séances, puis subit un interrogatoire mené après une injection de penthotal, utilisé comme « sérum de vérité ».

Il est ensuite transféré au camp de Lodi (Draa Essamar Wilaya de Médéa) où il reste un mois, puis à Barberousse, la prison civile d’Alger.

En prison, il écrit "La Question", dissimulant les pages écrites et les transmettant à ses avocats.

Dans "La Question", il raconte sa période de détention et les sévices qu’il y subit en pleine guerre d’Algérie.

Tout d’abord publié en France aux Éditions de Minuit, l’ouvrage est immédiatement interdit. Nils Andersson le réédite en Suisse, quatorze jours après l’interdiction en France de mars 1958. Malgré son interdiction en France, ce livre contribue considérablement à révéler le phénomène de la torture en Algérie. Sa diffusion clandestine s’élève à 150 000 exemplaires.

Trois ans après son arrestation, il est inculpé d’« atteinte à la sûreté extérieure de l’État » et de « reconstitution de ligue dissoute » et condamné à 10 ans de prison. Transféré en France, il est incarcéré à la prison de Rennes. Profitant d’un séjour dans un hôpital, il s’évade. Aidé par des militants communistes, il rejoint la Tchécoslovaquie.

Il revient en France après les accords d’Évian, puis en Algérie où il participe à la renaissance du journal Alger Républicain. « Persona non grata » en Algérie à la suite du coup d’État de Houari Boumédiène, il se réinstalle en France en 1965.

Le film documentaire de Jean-Pierre Lledo "Un rêve algérien" retrace son retour, 40 ans plus tard dans une Algérie qui l’accueille à bras ouverts et où il retrouve avec bonheur ses anciens compagnons.

....

Où que tu ailles désormais, bon voyage dans l’éternité et merci pour tout, camarade.


ŒUVRES :

-La Question, Lausanne, E. La Cité, 1958 ; Paris, Les Éditions de Minuit, Alger, Éditions Rahma, 1992. (ISBN 2-7073-0175-2). -Mémoire algérienne : Souvenirs de luttes et d’espérances, Paris, Éditions Stock, 2005, 407 pp., 24 cm. (ISBN 2-234-05818-X). -Prisonniers de guerre ; Victorieuse Cuba. Les Éditions de Minuit : -La Guerre d’Algérie (en collaboration avec P. Haudiquet, J. de Bonis, H. J. Douzon, J. Freire, G. Alleg), 3 volumes ; Étoile rouge et Croissant vert ; SOS America ! ; La Grande Aventure d’Alger républicain (en collaboration avec A. Benzine et B. Khalfa) ; L’URSS et les Juifs ; Requiem pour l’Oncle Sam. Chez Messidor-Temps Actuels -Le Siècle du Dragon ; Le Grand Bond en arrière. Aux Éditions Le Temps des cerises : -Les Chemins de l’espérance. Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes -Retour sur La Question. Éditions Aden et Le Temps des cerises

http://www.leseditionsdeminuit.fr/f...

 

 

http://bellaciao.org/fr/spip.php?page=article_txt&id_article=136399

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 14:47

Mercredi 17 juillet 2013

Par Évariste

 

C’est la première fois de notre histoire qu’un gouvernement de gauche décide de baisser le niveau des retraites et d’augmenter le nombre d’annuités.
1987, 1993, 1995, 2003, 2008, ce sont des gouvernements de la droite néolibérale qui ont décidé d’augmenter les dividendes des actionnaires et, en contre-partie, d’engager un processus de recul social sur les retraites.
Mais cette fois, c’est un gouvernement de la gauche solférinienne qui décide de suivre le chemin tracé par la droite néolibérale. Bien que nous ne connaissions pas encore le projet de loi définitif, nous savons que le gouvernement est favorable à la sous-indexation des retraites (baisser chaque année le pouvoir d’achat des retraites), car il a applaudi à la sous-indexation du plan du Medef pour les retraites complémentaires AGIRC-ARCCO du privé (signée par les syndicats habitués à la complaisance avec le patronat). Nous savons aussi que le projet du gouvernement est d’allonger la durée de cotisation.
Nous sommes conviés par le mouvement syndical revendicatif - CGT, FO, FSU et Solidaires - à nous mobiliser le 10 septembre1. Il faut réussir cette mobilisation, c’est la seule arme dont nous disposons aujourd’hui… Une fois de plus, nous devons travailler à une mobilisation maximale contre la politique néolibérale du gouvernement solférinien, qui a décidé de passer en force en donnant à la vraie gauche moins de temps pour mobiliser qu’il n’en a donné à la droite et à l’extrême droite pour s’opposer au mariage pour tous.
Voici l’essentiel de nos arguments : ils sont en béton, utilisez-les ! Ne vous laissez pas museler par de faux raisonnements de pacotille !

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a calculé qu’il faut trouver 1 % du PIB pour les retraites d’ici 2020 (20 milliards d’euros) soit une augmentation des prélèvements de 2,2 %. C’est très facile à trouver si la croissance revient ou si on modifie le partage de la valeur ajoutée. Notez que 20 milliards est la somme que le gouvernement solférinien a donnée au patronat, sur un coup de fil du Medef, pour soi-disant améliorer la compétitivité !

Une cause essentielle du déficit est le chômage, il faut donc d’abord créer des emplois. Cela pose la question de l’Europe, qui demande cette réforme des retraites, au motif que seules les « nécessaires réformes structurelles » permettront le retour de la croissance. Mais c’est bien le carcan de l’Union européenne, des traités et de la zone euro qui fait perdre, via les politiques ordolibérales qu’il impose, 80 000 emplois par mois : l’austérité creuse le déficit et appelle l’austérité ! Et comme il n’y a pas de possibilité de réorienter l’Union européenne vers une Europe sociale sans en changer de fond en comble le cadre, ni d’espérer en une sortie à froid de l’euro (nous l’avons montré à plusieurs reprises dans nos chroniques d’Evariste ou dans les textes de Michel Zerbato), l’oligarchie européenne continuera son œuvre destructrice, faute d’un rapport de forces politique suffisant pour l’en empêcher. Voilà pourquoi nous devons nous préparer à la prochaine crise européenne qui ne manquera pas d’arriver. Alors le neuf pourra naître de l’approfondissement de la crise du capitalisme.

Une autre cause est la scandaleuse déformation du partage de la valeur ajoutée (plus de 9 % du PIB, soit environ 180 milliards d’euros par an depuis 30 ans), qui fait baisser la part des salaires directs et des cotisations sociales (le salaire socialisé) pour abonder le profit et augmenter les dividendes (qui ont triplé en % du PIB en 30 ans). Il faut la dénoncer avec force.

Quant au soi-disant problème démographique, regarder le ratio actifs/retraités est idiot, car ce qui compte c’est la production de richesse par les actifs : c’est le ralentissement des gains de productivité qui accroît le poids sur les actifs du financement des inactifs (retraités, mais aussi chômeurs, malades, etc.). Ainsi, depuis 1960, la population a plus que doublé tandis que le nombre de paysans a été divisé par 10 et pourtant nous ne sommes pas en situation de famine ! Nous montrons dans nos conférences publiques que lorsque nous passons de 6 retraités pour 10 actifs à 9 retraités pour 10 actifs, si nous tenons compte des prévisions du COR, le salaire moyen disponible (en agglomérant les retraites et les salaires) augmente de 60 %. C’est donc bien d’une répartition des richesses plus favorable au salaire (direct et socialisé) dont nous avons besoin. Mais comme l’oligarchie souhaite l’aggravation du partage de la valeur ajoutée, c’est bien d’une inversion du rapport de forces entre classes dont nous avons besoin.

Sur l’espérance de vie, TF1 et la télé publique vous mentent. En 2012, l’espérance de vie des femmes a baissé. En 2012, l’espérance de vie en bonne santé a baissé, pour l’ensemble de la population. Voilà le produit des politiques d’austérité. N’acceptons pas le mensonge qui consiste à dire que, puisqu’on vit plus longtemps, on doit travailler plus longtemps ! Sachez aussi que parmi les salariés de plus de 55 ans, la majorité sont déjà au chômage. Augmenter la durée de cotisation ne fera donc qu’augmenter le nombre de chômeurs, et réduire les ressources des caisses de retraite.

Et surtout, enfin, enlevez-vous de l’idée que les ordolibéraux font une mauvaise politique. Ils font au contraire une excellente politique, pour l’oligarchie et ses alliés. Voilà pourquoi il faut opposer une politique bonne pour les couches populaires ouvrières et employées (53 % de la population) et pour les couches moyennes intermédiaires (24 %) à cette politique bonne pour l’oligarchie et ses alliés. C’est cela la lutte des classes.

Nous devons résister au fatalisme, résister aux politiques d’austérité, présenter notre modèle politique alternatif de la République sociale dans toutes les initiatives d’éducation populaire, sur tous les domaines de lutte, pour, in fine, espérer vaincre l’oligarchie. Voilà le sens de l’histoire.

Contactez la rédaction de Respublica, contactez le Réseau Éducation Populaire (REP) pour vos initiatives d’éducation populaire de la rentrée, et en attendant rechargez vos accus par des vacances bien méritées.

 

  1. Lire l‘Adresse du Secrétaire national de la CGT aux syndiqués du 5 juillet

 

 

http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/retraites-appel-a-mobilisation-maximale-pour-le-10-septembre-2013-contre-le-projet-du-gouvernement-solferinien/6803

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