Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Site de recherche d'emploi

Le site http://jooble-fr.com/

vous propose des annonces d'offres d'emploi nationales et internationales.


Les offres qui vous seront envoyées par mail proviennent de différentes sources, et ne préjugent en rien des conditions de travail et des salaires. Il vous appartient de vous en assurer le cas échéant.

 

Le site est d'utilisation simple et l'inscription est gratuite.

 

http://jooble-fr.com/

 

Merci de signaler à Vendémiaire tout dysfonctionnement que vous pourriez constater.

Rechercher

Quelques conférences

Chansons

  Avant d'écouter les enregistrements ci-dessous, attendez la fin de la musique de fond du blog...

 

L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 14:17
 
Roumanie manifestation contre corruption

Le 18 janvier dernier, le gouvernement roumain annonçait des amendements au Code pénal, au motif de réduire la surpopulation carcérale. En réalité, ils avaient pour but de protéger ou de libérer des politiciens corrompus liés au Parti Social-Démocrate (PSD), qui est au pouvoir depuis les législatives de décembre 2016. La réaction à cette annonce du gouvernement fut immédiate : plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues de Bucarest et d’autres villes.

Le président Klaus Iohannis [1] – élu en 2014 – et son Parti National Libéral (PNL) ont profité de ces manifestations pour dénoncer les « politiciens criminels » du PSD. Quand on sait que Iohannis est personnellement lié aux capitalistes les plus corrompus du pays, c’est un comble !

Le 29 janvier, ils étaient 90 000, dans le pays, à manifester et crier : « voleurs ! », ce qui a poussé le Premier ministre PSD Sorin Grindeanu à organiser un débat public, puis à annoncer que la loi serait modifiée ou soumise à de nouveaux débats au parlement. Deux jours plus tard, il revenait sur ces concessions et déclarait que la loi était adoptée comme mesure gouvernementale d’urgence. Aussitôt, 15 000 personnes marchèrent vers le siège du gouvernement pour demander sa démission, affrontant la police. Le lendemain, plus de 300 000 personnes manifestaient dans plusieurs villes du pays et, de nouveau, il y eut des affrontements avec la police.

Ces manifestations ont clairement eu, dès le début, une orientation générale marquée à droite. Le drapeau roumain (mais aussi celui de l’UE et des Etats-Unis) y est omniprésent, comme l’hymne national et même de vieux slogans anti-communistes. Certaines entreprises ont offert des jours de congés à leurs salariés pour qu’ils puissent manifester.

Le 2 février, le président Iohannis a saisi la cour constitutionnelle dans l’espoir qu’elle s’oppose aux amendements au Code pénal. De son côté, le dirigeant du PSD Liviu Dragnea accusait Iohannis d’être « l’instigateur moral » des violences et de préparer un coup d’Etat. Les jours suivants, les manifestations n’ont cessé de croître, si bien que le gouvernement dut faire machine arrière, le 4 février, et annoncer que le décret serait abrogé dès le lendemain. Cette annonce a donné un nouveau souffle aux protestations : le 5 février, 500 000 personnes demandaient la démission du gouvernement, qui est extrêmement affaibli.

Restauration du capitalisme

Pour comprendre cette situation, il faut revenir près de 30 ans en arrière, après la chute de la dictature stalinienne de Ceausescu (1989). La restauration du capitalisme qui s’en est suivie a engendré une pauvreté et chômage massifs. La crise de 2008 a aggravé la situation. Aujourd’hui, près de 70 % de la population rurale vit sous le seuil de pauvreté, pendant que les plus riches n’ont cessé de s’enrichir. Le nombre de grèves et de manifestations a augmenté progressivement, pendant qu’une suite ininterrompue de scandales de corruption éclatait sur l’ensemble de l’échiquier politique, débouchant sur une abstention de 40 % aux dernières élections. L’annonce du projet de réforme du Code pénal a agi comme une étincelle sur la colère accumulée dans la population.

En l’absence d’une organisation représentant véritablement les intérêts des travailleurs roumains, la droite a pris le contrôle du mouvement avec le soutien enthousiaste des bourgeoisies européennes. En France, Libération comparait Liviu Dragnea à Ceaucescu.

Le mouvement s’est transformé, de facto, en une lutte entre deux fractions de la bourgeoisie roumaine. Le PSD, plutôt partisan de mesures protectionnistes, s’appuie sur une démagogie anti-austérité ; le PNL, pro-UE, a adopté des mesures d’austérité drastiques lors de son récent passage au pouvoir.

Des manifestations dirigées par des corrompus contre d’autres corrompus ne pourront évidemment pas faire disparaître la corruption, qui d’ailleurs est inhérente au système capitaliste. Dans la période à venir, les travailleurs roumains devront construire leur organisation politique – indépendante de toutes les factions de la classe dirigeante.


[1] La Roumanie connait une période de « cohabitation » : le président et le Premier ministre appartiennent à deux partis différents et concurrents.

 

https://www.marxiste.org/international/europe/roumanie/2128-manifestations-de-masse-en-roumanie

Repost 0
Published by Vendémiaire - dans Europe Est & Centrale
commenter cet article
19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 13:12
 
Voter Mélenchon

La campagne électorale de Jean-Luc Mélenchon rencontre un puissant écho. Des millions de jeunes et de travailleurs sont déterminés à voter pour le candidat de la France insoumise, le 23 avril. Les meetings sont massifs et enthousiastes. Depuis le lancement des « groupes d’appuis », en février 2016, leur nombre a beaucoup augmenté et ils déploient une activité croissante. Sur les réseaux sociaux, les performances de la France insoumise sont largement supérieures à celles de tous les autres candidats.

Ce succès n’est pas étonnant : il découle de toute la dynamique économique et politique. La profonde crise du capitalisme, d’une part, et la politique réactionnaire du gouvernement Hollande, d’autre part, ont ouvert un espace considérable à gauche du PS.

La crise du PS

En 2012, Mélenchon avait recueilli 4 millions de voix au premier tour de la présidentielle (11 %), ce qui reflétait déjà la radicalisation d’une large section de la jeunesse et du mouvement ouvrier. Mais 10,2 millions d’électeurs de gauche avaient préféré Hollande à Mélenchon, souvent sans grande conviction. Ils se disaient : « ce sera toujours mieux avec Hollande qu’avec Sarkozy ».

Ce fut pire. Non que François Hollande, en lui-même, soit pire que Sarkozy : ce serait difficile. Mais du fait de la crise du système capitaliste et de sa gravité particulière en France, le Medef exigeait du gouvernement « socialiste » qu’il impose des mesures d’austérité et des contre-réformes toujours plus sévères. Hollande et ses ministres lui ont donné entière satisfaction, car ils considéraient la sauvegarde des marges de profit du grand patronat comme leur mission sacrée. Résultat : le chômage, l’exploitation et les différentes formes de pauvreté ont nettement progressé, pendant que des milliards d’euros d’argent public gonflaient sans cesse les bilans des multinationales.

Dans ce contexte, le PS a massivement chuté dans l’opinion. Il est difficile de prévoir si ce processus est réversible. Toujours est-il qu’aujourd’hui, sur les ruines du quinquennat, beaucoup de jeunes et de travailleurs rangent le PS dans la même catégorie que Les Républicains. Il y a une fracture ouverte – et infectée – entre le PS et sa base sociale traditionnelle. On peut douter que l’investiture de Benoit Hamon suffise à soigner pareille blessure, car le vainqueur de la primaire du PS a immédiatement cherché à se concilier l’aile droite du parti, qui est la première cause du mal.

Dans l’immédiat, cette situation se traduit par un afflux d’anciens électeurs de Hollande vers la candidature de Mélenchon, qui est identifié comme plus à gauche et plus radical que le PS. Cet afflux explique pourquoi, dans les sondages, la candidature de Mélenchon s’est d’emblée située à un niveau plus élevé que son score de 2012. Cependant, à l’heure où nous écrivons ces lignes (fin février), les sondages expriment aussi cette autre réalité : des millions d’anciens électeurs de François Hollande (entre autres) sont surtout désorientés. Lors des dernières élections intermédiaires (municipales, européennes et régionales), ils se sont souvent abstenus. D’autres ont tout envoyé au diable en votant pour Marine Le Pen et sa démagogie « anti-système ». A présent, ils sont indécis. Ils se disent qu’ils vont peut-être voter, mais pour qui ? La réponse à cette question est l’une des clés de l’élection présidentielle.

L’équilibre du programme

Bien sûr, l’objectif de Mélenchon est de faire pencher la balance vers sa candidature. C’est parfaitement possible. Mais cela dépend notamment du contenu de la campagne elle-même, de son programme et de son orientation centrale, qui doivent être conformes aux aspirations des masses et à la dynamique politique à l’œuvre dans ses différentes couches.

La campagne de Mélenchon a déjà gagné le soutien de la fraction la plus consciente et la plus radicalisée du salariat. Cette fraction se mobilise et en entraine d’autres avec elle. Mais pour que Mélenchon soit qualifié au deuxième tour de la présidentielle, il lui faudra plus ou moins doubler son score de 2012. Or, il y a des limites à ce que peut accomplir le travail militant et les discussions sur le terrain. La question du programme est ici un facteur décisif et irréductible.

Bon nombre de travailleurs ne regardent pas le détail des programmes. Ils en repèrent simplement les grandes lignes, qu’ils apprécient sur la base de leur propre expérience et de leurs préoccupations les plus brulantes. Quelles sont ces préoccupations ? La pauvreté, le chômage, le démantèlement des services publics et de la Sécurité sociale, la crise du logement, la dégradation des conditions de travail – bref, la régression sociale permanente et généralisée.

Le programme de la France insoumise contient de nombreuses mesures qui s’attaquent à ces problèmes. Mais à notre avis, elles sont insuffisamment défendues par Mélenchon et les dirigeants de la France insoumise. Dans leurs interventions publiques, ils mettent davantage en avant des idées telles que la VIe République, la planification écologique et la rupture avec les traités européens. Ce sont des idées progressistes, au moins potentiellement. Mais c’est une erreur, selon nous, de leur accorder une place aussi centrale – au détriment, de facto, des mesures de lutte contre les coupes budgétaires et les politiques d’austérité. Il faut que le message central de la campagne soit : « A bas l’austérité ! On fera payer aux riches la crise de leur système »

C’est autour de cet axe que doivent s’articuler les idées sur la démocratie, l’écologie et l’Europe. Sans cela, ces idées sont souvent perçues comme abstraites – et le sont effectivement. Par exemple, beaucoup de travailleurs vont raisonner ainsi : « une VIe République ? D’accord : la Ve est pourrie jusqu’à la moelle. Mais quand et comment cette VIe République va-t-elle nous donner de bons emplois et de bons logements ? » C’est une question pertinente. Il faut lui apporter une réponse claire, qui doit être le cœur de la campagne – et non seulement l’un de ses « thèmes » parmi d’autres.

Rompre avec le capitalisme !

Il y a une deuxième raison d’axer la campagne sur la lutte contre l’austérité : c’est conforme à la réalité du système capitaliste. Au fond, la question fondamentale – pour nous comme pour la classe dirigeante – est bien ce que Mélenchon appelle « la répartition des richesses ». En dernière analyse, cette « répartition » constitue le moteur de la lutte des classes. Toutes les autres questions en découlent.

Prenons l’exemple de l’Union Européenne : elle peut être définie comme l’organisation du pillage des richesses du continent – et au-delà – par les multinationales européennes. Si Mélenchon propose de rompre avec les traités européens, c’est parce qu’ils légalisent et organisent ce pillage. Mais en elle-même, la rupture avec ces traités ne suffira pas à régler le problème, car ils ne sont qu’une expression juridique et politique particulière, à un moment donné, du contrôle des grands capitalistes sur l’économie. Ainsi, même dans la perspective d’une rupture de la France avec l’UE (le « plan B » de Mélenchon), la question restera posée vis-à-vis des capitalistes français : est-ce qu’on les laisse continuer de piller les richesses du pays – ou est-ce qu’on y met un terme ? Et comment y mettre un terme ?

La répartition des richesses est étroitement liée à la propriété privée des moyens de les produire. Sous le capitalisme, il ne pourra jamais y avoir de répartition des richesses « juste », car il ne pourra jamais y avoir d’égalité entre exploiteurs et exploités, entre la poignée de capitalistes richissimes qui possèdent les moyens de production – les banques, les multinationales – et les millions de travailleurs qui possèdent uniquement leur force de travail, qu’ils vendent aux capitalistes contre un salaire.

Ne pourrait-on pas viser une répartition des richesses moins inégale, une fois pour toutes ? C’est l’approche réformiste de la question. Elle est complètement utopique : toute l’Histoire montre que pour faire face à la concurrence, pour accroitre la « compétitivité » de leurs entreprises, les capitalistes ont sans cesse besoin de s’approprier une part aussi grande que possible des richesses créées. C’est particulièrement vrai en période de crise, comme aujourd’hui. D’où la nécessité d’un programme révolutionnaire, qui vise à en finir avec la cause fondamentale des inégalités sociales, c’est-à-dire avec la propriété capitaliste des grands moyens de production.  

 

https://www.marxiste.org/actualite-francaise/politique-francaise/2129-voter-melenchon-lutter-pour-le-socialisme

Repost 0
19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 11:48

A La Havane Colloque : "Les droits de nos ainés dans le monde"

par Rédaction Sylver Economy le 15 mars 2017

Du 3 au 6 avril 2017, la FIAPA organise à Cuba le colloque international « Les droits de nos aînés dans le monde ».

Evènement majeur de l’actualité de la gérontologie, ce colloque sera également l’occasion pour les entreprises de la Silver économie de découvrir un aspect méconnu de Cuba : une forte demande de coopération, un véritable dynamisme et des entreprises de pointe pour l’accompagnement des personnes âgées.

[on est loin de la façon dont les "ainés" sont traités en France : allongement du temps de travail, retraites minuscules pour le plus grand nombre, traitement scandaleux des vieillards, maisons de retraites hors de prix entre la garderie et le mouroir... En 1793, la République, qui cherchait un moyen de venir en aide aux vieillards sans ressources, avait inscrit dans sa Constitution que tout étranger prenant en charge un vieillard devenait automatiquement Français. Sous l"impulsion des communistes, l'Assurance Vieillesse fut créée au sortir de la Seconde Guerre Mondiale. Aujourd'hui les capitalistes, de Hamon à Le Pen, ne voient plus dans les vieillards qu'un marché juteux qu'ils appellent "l'or gris"... NDLR]

Repost 0
19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 11:41
130 000 POUR LA 6E RÉPUBLIQUE !
130 000 personnes place de la République
Image de Jean-Luc Mélenchon
Repost 0
10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 17:23

Appel de soutien

La Fondation Gabriel Péri est menacée à court terme dans son existence. Le concours financier que lui apporte l'État a diminué de près de 60% ces dernières années, et ce mouvement de baisse risque de se poursuivre en 2017.

C’est pourquoi nous avons rendu public le 3 mars, un appel signé par 168 personnalités, que nous avons adressé à Monsieur le Premier ministre et auquel vous pouvez vous joindre.

Votre soutien nous est particulièrement utile, et nous le sollicitons parce qu’en bientôt 13 années d’existence la Fondation a produit des travaux nombreux et d’une qualité reconnue et maintes fois saluée. Elle occupe une place originale dans le débat d’idées et doit disposer des moyens de la conserver.

Nous vous remercions par avance de l’aide que vous voudrez bien nous apporter, et nous vous tiendrons régulièrement informés des développements de l’action que nous débutons ensemble avec cet appel.

L’AVENIR DE LA FONDATION GABRIEL PÉRI GRAVEMENT COMPROMIS
UNE NOUVELLE RÉDUCTION DE LA DOTATION DE L’ÉTAT
LA PRIVERAIT DES MOYENS D’ACCOMPLIR SA MISSION

APPEL DE SOUTIEN


La Fondation Gabriel Péri a été reconnue d’utilité publique le 22 juillet 2004 par un décret publié au Journal officiel de la République.

Elle appartient au paysage de ce que l’on nomme les fondations à « vocation politique », dont la mission, selon le législateur, est de permettre un nouvel essor du débat public.

En bientôt treize ans d’existence elle a, nous pouvons en témoigner, contribué pleinement à la réalisation de cet objectif. Elle l’a fait par l’organisation de dizaines de colloques et séminaires, et par la publication d’un grand nombre de notes de travail ; elle a soutenu diverses initiatives, en France et à l’étranger, visant à une meilleure compréhension des grands enjeux et défis du monde contemporain. Elle a apporté une aide souvent décisive
à de nombreux jeunes chercheurs afin de faire connaître leurs travaux. Elle a installé des partenariats avec des établissements universitaires et le monde de la recherche à Paris, en province et à l’étranger.

La densité et la qualité de ce travail ont été maintes fois salués, par les médias aussi bien que par les services de l’État. Quant à nous, nous apprécions la rigueur intellectuelle et l’esprit d’ouverture dans lequel il est mené. Nous apprécions, tout particulièrement, les confrontations exigeantes qu’il permet entre chercheurs et militants de diverses sensibilités, avec la volonté de les faire déboucher sur des préconisations utiles à la réflexion politique de tous. Nous participons à cet effort d’élaboration commune, et nous souhaitons vivement pouvoir continuer à le faire.

Mais aujourd’hui l’avenir même de la Fondation Gabriel Péri est gravement compromis.

La dotation de fonctionnement que lui accordent les pouvoirs publics a été réduite de 59 % ces neuf dernières années, et une nouvelle baisse est susceptible d’intervenir en 2017, comme en atteste un récent courrier des services du Premier ministre adressé au Président de la Fondation.

Cette réalité et cette sombre perspective sont commandées, nous dit-on, par des impératifs de rigueur budgétaire.

On conviendra que la Fondation Gabriel Péri y a largement concouru. Lui imposer davantage c’est, purement et simplement, lui interdire la poursuite de ses activités, qu’elle a déjà dû revoir sensiblement à la baisse, de même que son effectif salarié.

Nous ne voulons pas croire que tel soit le dessein des pouvoirs publics. C’est pourquoi nous les invitons à reconsidérer leur attitude à l’égard de la Fondation Gabriel Péri, comme au demeurant à l’égard des autres fondations à vocation politique.

Compte tenu de la modicité des concours financiers apportés, le budget de l’État n’en souffrira pas. En revanche, persister dans la voie suivie ces dernières années aura pour conséquence un nouvel et préjudiciable abaissement de la vie culturelle et intellectuelle dans notre pays quand tout montre qu’il est au contraire grand besoin de la stimuler.

Nous en appelons par conséquent solennellement Monsieur le Premier ministre et les
services de l’État à accorder à la Fondation Gabriel Péri les moyens nécessaires à la poursuite de sa mission dans des conditions satisfaisantes.

 

Si vous souhaitez vous joindre à cet appel, merci de bien vouloir indiquer en quelle qualité vous le signez par mail à cette adresse.

Signataires : Louis ADAM, Expert comptable, Commissaire aux comptes ; Thomas ALAM, Maître de conférences en science politique, Université de Lille ; Gérard ALEZARD, Ingénieur, syndicaliste, vice président honoraire du CESE ; Bastien AMIEL, Doctorant en Science politique Université Paris Nanterre ; Tony ANDREANI, Professeur émérite de Sciences Politiques ; Alia AOUN, Avocate à Paris ; Gérard ASCHIERI, Représentant de la FSU au CESE ; Jean ASSELMEYER, Réalisateur ; Félix ATCHADÉ, Médecin, consultant ; Blaise BACHOFEN, Maître de conférences en philosophie ; Bayemi BATTA BA, Président du Citoyen Pour la Mémoire du Cameroun, CPMC ; Dominique BEGLES, journaliste honoraire ; Jacques BENEZIT, Secrétaire de rédaction de La Pensée ; Marc BERRUS, Journaliste ; Patrice BESSAC, Maire de Montreuil, Président de l'ANECR ; Alain BILLECOQ, Inspecteur pédagogique régional honoraire de philosophie ; Didier BILLION, Directeur adjoint de l'IRIS ; Pierre BLOTIN, Ancien dirigeant du PCF ; Françoise BLUM, Ingénieure de recherche au CNRS ; Frédéric BOCCARA, Économiste, membre du Conseil économique social et environnemental ; Jean-François BOLZINGER, Syndicaliste cadre ; Pascal BONIFACE, Directeur de l'IRIS ; Michel BOULET, Professeur honoraire de l'enseignement supérieur agronomique ; Jean-Claude BOURDIN, Philosophe, Poitiers ; André BOURGEOT, Anthropologue, directeur de recherche émérite au CNRS ; Nicolas BOUROUMEAU, Fonctionnaire territorial ; Gérard BRAS, Professeur de philosophie ; Julien BRAULT, Avocat ; Michel BRAULT, Avocat honoraire ; Omar BRIXI, Médecin et enseignant de santé publique ; Jacques BRUNHES, Ancien ministre, membre honoraire du Parlement ; Marc BRYNHOLE, Enseignant, ancien président de l’ Agence Culturelle de la Région Centre ; Serge BUJ, Hispaniste, Professeur émérite, Université de Rouen ; Marie-Claire CAILLETAUD, Syndicaliste ; Laurence CAMBONIE, Avocat ; Gilles CANDAR, Président de la Société d'études jaurésiennes ; Guy CARASSUS, Ingénieur culturel ; Michelle CARMOUSE, Ancienne membre du Conseil d'administration de la Fondation Gabriel Péri ; Jean-Noël CARPENTIER, Député du Val d'Oise, Maire de Montigny les Cormeilles ; Pascal CARREAU, Archiviste ; Antoine CASANOVA, Historien ; Jaime CAYCEDO, Anthropologue, Université de Bogota ; Julie CAZENAVE, Archiviste audiovisuelle ; Jean-Paul CHAGNOLLAUD, Professeur émérite des universités, Président de l'iReMMO ; Pierre CHAILLAN, journaliste, chef de la rubrique "Débats & Idées" de l'Humanité ; Sandrine-Malika CHARLEMAGNE, Auteure ; Roland CHARLIONET, Chargé de recherche à l’INSERM ; André CHASSAIGNE, Président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l'Assemblée nationale ; Michel CIBOT, Directeur général de l'AFCDRP, Maires pour la Paix ; Daniel CIRERA, Secrétaire général du Conseil scientifique de la Fondation Gabriel Péri ; Laurence COHEN, Sénatrice du Val de Marne ; Dany COHEN, Professeur des Universités à Sciences Po, avocat ; Patrick COULON, Journaliste ; Alexandre COURBAN, Historien ; Alexis CUKIER, Philosophe, Université Paris Ouest, Collège International de Philosophie ; Mathieu DAMIAN, Enseignant ; Jérôme DEAUVIEAU, Professeur de sociologie à l’Ecole normale supérieure ; Jean-Claude DELAUNAY, Économiste ; Franck DELORIEUX, poète ; Jean-Paul DEMARSON, membre du Comité de soutien du Musée JJ Rousseau à Montmorency ; Alain DENEAULT, Directeur de programme, Collège international de philosophie (Paris) ; Blandine DESTREMAU, Directrice de recherche, CNRS ; Sette DIOP, Président des Amis du PIT-Sénégal ; Jean-Numa DUCANGE, Maître de conférences en histoire contemporaine (Université de Normandie-Rouen) ; Michel DUFFOUR, Ancien secrétaire d'État au patrimoine et à la décentralisation culturelle. 2000-2002 ; Jean DUFOUR, ancien député ; Daniel DURAND, Chercheur et blogueur en relations internationales (culturedepaix.blogspot.com), collaborateur de l'IDRP (Institut de documentation et de recherche sur la paix) ; Jean-Jacques DULONG, Avocat au Barreau de Paris, Conseiller municipal de Dourdan (91) ; Denis DURAND, Ancien directeur adjoint à la Banque de France ; Corinne ENAUDAU, Philosophe, professeur honoraire en khâgne (Paris), directrice de la collection "Figures du savoir" Ed. Les Belles Lettres ; Augusta EPANYA, Union des Populations du Cameroun ; Laurent ETRE, Journaliste à l'Humanité et rédacteur en chef de La Pensée ; Claude FEIX, Réalisateur ; Laurent FELLER, Professeur d'histoire du Moyen Âge, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ; Laurent FRAJERMAN, Historien, Institut de recherches de la FSU ; Bernard FREDERICK, Journaliste ; Isabelle GARO, Enseignante de philosophie, présidente de la GEME ; Daniel GAXIE, Universitaire ; Louise GAXIE, Docteure en droit ; Marie-Jeanne GAXIE, Fonctionnaire retraitée ; Chantal GAZZOLA, Directrice de la maison d'édition La Dispute ; Susan GEORGE, Essayiste, militante altermondialiste ; Claude GINDIN, Directeur de La Pensée ; Pierre-Henri GOUYON, Biologiste, enseignant-chercheur ; Andreï GRATCHEV, Journaliste, historien, ancien conseiller et porte-parole de Mikhaïl Gorbatchev ; Guy GROUX, Directeur de recherches associé au CEVIPOF et Directeur de l'Executive Master "Dialogue social et stratégie de l'entreprise", Sciences Po ; Stéphane HABER, Professeur de philosophie à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense ; Alina HADISSA, Master II Coopération Internationale ; Lilian HALLS-FRENCH, Co-présidente de l’Initiative Féministe Euromed IFE-EFI ; Emmanuel HERGOT, Membre du GEMR ; Edith HEURGON, Directrice du Centre international culturel de Cerisy-la-Salle ; Robert HUE, Sénateur du Val d'Oise, ancien président de la Fondation Gabriel Péri ; Jean HUET, Membre du conseil scientifique de la fondation, co animateur de la commission ESS du PCF ; Annie IBRAHIM, Philosophe, Paris ; Anne JOLLET, Historienne ; Patrice JORLAND, Ancien diplomate ; Jean-Pierre KAHANE, Laboratoire de Mathématiques d'Orsay, Analyse Harmonique ; Jean-François KERVEGAN, Professeur à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Membre de l'Institut Universitaire de France ; Mark KESSELMAN, professeur émérite de science politique à l'Université de Columbia (New York, États-Unis) ; Razmig KEUCHEYAN, Professeur de sociologie, université de Bordeaux ; Pierre KHALFA, Économiste ; Marie-Jo KOTLICKI, Syndicaliste ; Richard LAGACHE, Éditeur ; Xavier LAMBERT, Professeur des universités en arts plastiques ; Christian LANGEOIS, syndicaliste et auteur ; Pierre LAURENT, Secrétaire national du P.C.F. ; Francette LAZARD, Ancienne dirigeante du PCF ; Jean-Christophe LE DUIGOU, Économiste, syndicaliste ; Yann LE LANN, Maître de conférence en sociologie, Lille 3, Président d'Espaces Marx ; Yannick LE LEC, Auteur, Master en cinéma et audiovisuel, administrateur de compagnie théâtrale ; Patrice LECLERC, Maire de Gennevilliers, membre du bureau de la Métropole du Grand Paris ; Vincent LEGEAY, Doctorant au CHSPM (EA 1451), chargé d'enseignement à l'université Paris I, Professeur agrégé de philosophie, ancien élève de l'ENS Ulm, Paris. ; Catherine LIMOUSIN, Ingénieur de recherche honoraire CNRS ; Dr Michel LIMOUSIN, Médecin, Président de la FNFCSEPPCS ; Jean LOJKINE, Sociologue, directeur de recherche au CNRS ; Nadège MAGNON, Avocate ; Jean-Claude MAIRAL, Ancien Président du Conseil général de l'Allier ; Henri MALBERG, Président de Ciné-Archives ; Catherine MARGATE, Maire honoraire de Malakoff ; Roger MARTELLI, Historien, codirecteur du magazine Regards ; Michel MASO, Enseignant ; Mouna MATHARI, Membre du Conseil d'administration de la Fondation Gabriel Péri ; Eric MAY, Médecin, président de l'Union syndicale des médecins des centres de santé ; Sylvie MAYER, Chercheuse en biologie, ancienne députée européenne ; Claude MAZAURIC, Historien, professeur émérite des universités (Normandie-Universités - université de Rouen) ; Simone MAZAURIC-MARTIN, Philosophe et historienne des sciences, professeur émérite des universités (Université de Lorraine) ; Hélène MEYNAUD, Chercheure en sociologie ; Bernard MICHAUX, Philosophe ; Michèle MONTEZIN, Infirmière hospitalière retraitée ; Claude MORILHAT, Docteur en philosophie ; Marie-Françoise MOURIAUX, Sociologue ; René MOURIAUX, Politologue ; Pr. Issa NDIAYE, Président Forum Civique Bamako Mali ; Claude NICOLAS, Secrétaire de la section PCF Charenton-le-Pont / Saint-Maurice ; Alain OBADIA, Économiste ; Didier OUEDRAOGO, Philosophe, enseignant associé à l'Université Paris-Sud Saclay, Président de la section France du MBDHP ; Dragoss OUEDRAOGO, Anthropologue, cinéaste réalisateur, membre de la section de France du Mouvement Burkinabé des Droits de l'Homme et des Peuples (MBDHP) ; Jean-Bernard OUEDRAOGO, Directeur de recherche au CNRS ; René PIQUET, Ancien député européen ; Tristan POULLAOUEC, Maître de conférences en sociologie, Université de Nantes ; Fabienne POURRE, Membre du Conseil d'administration de la Fondation Gabriel Péri ; Hervé RADUREAU, Ingénieur, membre du groupe de travail "ICT et Numérique" de l'UGICT-CGT ; Frédéric RAUCH, Économiste, rédacteur en chef d'Économie et Politique ; Denis REMOND, Ingénieur, militant syndicaliste, membre du CESER Ile-de-France ; Tatiana REMOND, Enseignante, membre du Conseil d'administration de la Fondation Gabriel Péri ; Henri REY, Politiste ; Dominique REYNIE, Directeur général de la Fondation pour l'Innovation politique ; Jean RISTAT, Écrivain, poète ; Hadi RIZK, Professeur de chaire supérieure en philosophie, Lycée Henri IV (Paris) ; Pierre ROCHE, Administrateur du Groupe d'Études du Matérialisme Rationnel, membre du comité de rédaction de La Pensée, co-auteur de Histoire de l'enseignement en France, PUF ; Marcel RODRIGUEZ, Chef d'entreprise ; Michel ROGALSKI, Économiste, CNRS, Directeur de la revue Recherches internationales ; Guillaume ROUBAUD-QUASHIE, Directeur de La Revue du projet ; Marine ROUSSILLON, Maîtresse de conférences en littérature française ; Stéphanie ROZA, Philosophe, chargée de recherche au CNRS ; Carmen RUBIA, Journaliste, syndicaliste ; Thierry SARFIS, graphiste ; Jacques SAUVAGEOT, Militant associatif ; Mahamadé SAVADOGO, Professeur de philosophie, Université Ouaga I Pr Joseph Ki-Zerbo (Burkina-Faso) ; Yves SCHWARTZ, Professeur émérite de Philosophie, Aix-Marseille Université ; Lucien SEVE, Philosophe ; Cheick Omar SISSOKO, Cinéaste malien ; Nicholas SOWELS, Maître de conférences, Paris I ; Valère STARASELSKI, Écrivain ; Bernard STEPHAN, Directeur général des Editions de l’Atelier ; Michel STRULOVICI, journaliste ; Samba SY, Enseignant, philosophe, Directeur du Centre National de Formation et d'Action du Sénégal et Secrétaire général du Parti de l'Indépendance et du Travail PIT/Sénégal ; Bernard TABUTEAU, Chercheur en sciences sociales, ex secrétaire général du Céreq (Centre d'études et de recherches sur les qualifications) ; Taoufiq TAHANI, Maître de conférences, Université Lille 1 ; Jean-Pierre TERRAIL, Professeur honoraire de sociologie, université de Versailles-Saint-Quentin ; Samba THIAM, Directeur IDHP Dakar ; Bernard THIBAULT, Membre du Conseil d'administration de l'Organisation Internationale du Travail ; Bruno TINEL, Économiste ; André TOSEL, Professeur émérite de Philosophie, Université de Nice ; Hugo TOUZET, Doctorant en sociologie ; José TOVAR, Professeur, syndicaliste ; Catherine TRICOT, Architecte urbaniste ; Michel VAKALOULIS, Maître de conférences, Université Paris 8 ; Yves VARGAS, Philosophe, Président du Groupe d'Études du Matérialisme Rationnel ; Jacqueline VARLIETTE, Attachée de direction ; Bernard VASSEUR, Philosophe ; Jean-Didier VERMENOT, Animateur associatif, relations internationales/jumelages ; Paix ; Droits humains ; Dominique VIDAL-BARI, Journaliste, directrice de La Pensée ; Jean VIGREUX, Historien, Université de Bourgogne ; Daniel VION, syndicaliste retraité Santé ; Michel VOVELLE, Président fondateur honoraire du Conseil scientifique de la Fondation Gabriel Péri ; Louis WEBER, Ancien syndicaliste, éditeur ; Serge WOLIKOW, Historien ; Gérard WOZNIAK, Ancien inspecteur des impôts et ancien directeur fiscal d'un grand groupe bancaire ; Francis WURTZ, Ancien député européen

Repost 0
Published by Vendémiaire
commenter cet article
10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 16:18

Appel-pétition lancé par Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine à Paris VII, et par Georges Gastaud, philosophe.

**************************************

Ni lunettes « blanches » sur Octobre 1917 ni « Livres noirs » anticommunistes à répétition !

Et si l’on débattait enfin de manière sereine à propos d’Octobre 1917 et de ses suites ?

Un appel d’historiens, d’intellectuels et de militants du mouvement ouvrier. 8 mars 2017, centième anniversaire du début de la Révolution russe.

A l’approche du 100ème anniversaire du 7 novembre 1917, tout se passe comme s’il s’agissait surtout, pour certains milieux politico-médiatiques cautionnés par certains universitaires, d’en présenter une version grossièrement manichéenne, teintée d’acharnement anticommuniste, anti-bolchevik et antisoviétique.

Non seulement Octobre n’aurait été qu’un « putsch » bolchévique interrompant l’aimable cours démocratique initié par la Révolution russe de février, non seulement les bolcheviks n’auraient joué aucun rôle important en février 1917, non seulement l’immense soulèvement prolétarien et paysan qui prépara, ponctua et suivit le 7 novembre 1917 n’aurait pas comporté de caractère authentiquement démocratique, populaire et socialiste, non seulement ses suites se seraient révélées tout uniment catastrophiques pour la Russie et pour l’humanité, mais tout ce processus se serait déroulé – de même que la construction ultérieure de l’URSS – dans un contexte purement russe et chimiquement pur, quasi exempt d’interventions impérialistes furieuses, de défense sanglante et exacerbée de leurs privilèges par les classes dépossédées, d’écrasement brutal de la révolution ouvrière en Allemagne, puis de montée du fascisme, du nazisme, du franquisme et des militarismes, du Japon impérial à l’Europe occidentale (Hongrie, Italie, Espagne…).

Les signataires du présent texte sont atterrés de voir des professionnels du champ historique se fondre dans l’air vicié de notre époque anticommuniste, « postmoderne » et anti-progressiste en abondant, sans scrupules méthodologiques excessifs, le dossier hyperboliquement à charge de l’Octobre russe. Ceux-là même qui évoquent avec commisération la trop « naïve » historiographie d’hier et qui dénoncent les « partis-pris » propres à la conjoncture politique qui suivit Stalingrad, le 8 mai 1945* et l’émergence d’un puissant parti communiste en France, ne s’interrogent pas une seconde sur la configuration politique actuelle dans lequel ils déploient leur réflexion « historique » soi-disant critique : offensive néolibérale mondiale, annexion à l’orbe euro-atlantique des ex-pays socialistes, domination de Berlin sur la « construction européenne », poussée du FN et droitisation de la société française, casse des conquêtes sociales du CNR liées à l’action des ministres communistes de 1945-47, résurgence d’Empires capitalistes rivalisant pour l’hégémonie mondiale, poussée hexagonale, européenne, voire mondiale de diverses variétés d’extrémisme de droite et d’intégrisme religieux, dégradation du rapport des forces planétaire entre le Travail et le Capital, diabolisation de la Fédération de Russie, que l’OTAN presse sur ses frontières de Vilnius à Kiev, multiplication des guerres néocoloniales travesties en « droit d’ingérence humanitaire » (Afrique, Proche-Orient), criminalisation des activités communistes dans les ex-pays socialistes (Pologne, Tchéquie, Bulgarie…), négationnisme caractérisé des autorités japonaises à propos des génocides commis en Corée ou en Chine, quand ce n’est pas l’adoubement pur et simple de groupes néonazis qui prolifèrent dans le sillage des pouvoirs fascisants appuyés par l’UE et par l’OTAN (Ukraine, Hongrie, ex-Républiques soviétiques de la Baltique)…

Cette tentative pseudo-historique de « kärchériser » Octobre 1917 dans la mémoire collective prend objectivement place dans un paysage historiographique dominé par la réaction :

  • complaisance accrue envers la colonisation française (cf les « aspects positifs de la colonisation » – sic – que les milieux sarkozystes prétendent inscrire dans les programmes scolaires),
  • dénigrement de la Révolution française, notamment de sa phase jacobine et robespierriste,
  • tendances à réhabiliter Vichy et à déprécier la Résistance patriotique (notamment en niant le rôle éminent qu’y jouèrent les communistes),
  • rapport dévoyé à l’histoire nationale qui, tantôt dévalue la construction multiséculaire de l’État-Nation au profit d’une historiographie euro-politiquement correcte, tantôt prétend ressusciter un « roman national » expurgé des affrontements de classes et de l’apport des communistes au Front populaire, à la Résistance, aux réformes progressistes de la Libération, au refus des guerres coloniales, à la défense des libertés, de la paix, de la souveraineté nationale, de l’égalité hommes-femmes et du progrès social,
  • amalgame odieux perpétré par les programmes et les manuels scolaires, sous le nom de « montée des totalitarismes », entre le Troisième Reich et la patrie de Stalingrad*,

Bref tout se passe comme si certains milieux qui accaparent l’édition, les médias et une bonne partie de l’Université, étaient moins soucieux d’éclairer sous un angle dialectique, dynamique et éventuellement contradictoire, les Dix Jours qui ébranlèrent le monde (comment donc un simple « putsch » bolchevik aurait-il pu mobiliser des millions de prolétaires et de paysans, balayer les armées blanches soutenues par dix-huit corps expéditionnaires étrangers, susciter une extraordinaire floraison culturelle, soulever l’enthousiasme du mouvement ouvrier et des peuples dominés, vaincre l’ « invincible » Wehrmacht puis, durant sept décennies, mettre au cœur de la problématique géopolitique mondiale la contradiction socialisme/capitalisme, la décolonisation et l’égalité hommes-femmes ?) que de faire rétrospectivement la leçon aux peuples, et surtout, à la jeunesse, pour les détourner à jamais des luttes ouvrières et révolutionnaires…

En noircissant à plaisir Octobre 1917, ses causes, son déroulement et ses suites, ne cherche-t-on pas aussi à rosir ou à blanchir au maximum le terrible bilan de la restauration mondiale du capitalisme qui, sous le nom de « mondialisation libérale », a résulté de la liquidation de l’expérience multiforme issue de la Révolution bolchévique ? Pourtant, les enquêtes d’opinion attestent que, expérience successivement faite des deux systèmes sociaux antagoniques, les peuples de l’ex-camp socialiste, et plus fortement encore ceux de l’ex-URSS, continuent d’honorer Lénine et tout ce qu’a permis la construction d’une société alternative en fait d’acquis sociaux, de paix civile, de droit au travail, d’accès aux soins et à l’éducation, de respect des minorités, de développement des langues et des cultures nationales, d’essor scientifique, etc. De vrais démocrates ne se doivent-ils pas d’écouter la parole des peuples au lieu de l’écraser sous le vocable méprisant d’ « Ostalgie » ? Est-il donc si gênant que les peuples qui ont successivement testé les deux systèmes sociaux, et qui n’ont pas oublié pour autant les blocages du « socialisme réel » dans les années 70/80, affirment désormais, après avoir tâté de la restauration capitaliste, de l’ « intégration européenne » supranationale et néolibérale, de la déstabilisation sanglante de pays entiers (Yougoslavie, Ukraine…), de la montée des extrémistes de droite, de la pression militaire exercée par l’OTAN aux frontières de la Russie, que le socialisme était sans doute meilleur, défauts compris, que l’explosion des mafias et des inégalités qui lui a succédé sous l’appellation fort discutable de « démocratie libérale » ?

C’est pourquoi, bien que les signataires de ce texte n’aient pas nécessairement tous la même approche de l’histoire russo-soviétique, ils mettent un point d’honneur à dire avec force que la Révolution d’Octobre 1917 doit cesser d’être uniquement lue à travers les lunettes « blanches », « thermidoriennes », contre-révolutionnaires, voire carrément fascisantes de celles et de ceux qui étudient moins le mouvement communiste, les luttes des classes dominées et les révolutions populaires – y compris de plus en plus souvent la Révolution française et la Commune de Paris – qu’ils ne les combattent passionnellement, sans même avoir l’honnêteté intellectuelle d’afficher leur orientation partisane.

Il ne s’agit nullement pour nous d’exiger une hagiographie de la Révolution russe mais de permettre aux jeunes générations d’aborder l’étude du passé dialectiquement, d’en mesurer la complexité à partir des dynamiques de classes et des rapports de forces internationaux réels de l’époque, en prenant en compte tous leurs aspects ; et surtout, il faut mener cette étude sans œillères anticommunistes, sans préjugé antisoviétique et in fine, sans position de principe contre-révolutionnaire.

Contre ceux qui tentent déjà de préempter la prochaine commémoration d’Octobre 1917 sur la base d’un préjugé antibolchevique affiché, rouvrons le débat contradictoire, revenons aux faits et procédons à leur re-contextualisation. En un mot, évitons de faire de ce 100ème anniversaire d’Octobre une forme de revanche posthume pour les « Blancs » et pour tous ceux qui, à notre époque, rêvent d’un monde définitivement acquis au capitalisme, à l’intégration euro-atlantique, à la régression sociale, aux guerres impérialistes et à la fascisation politique.


*Rappelons qu’en 1966, lors de sa visite d’État à Moscou, le général De Gaulle a loyalement rappelé le rôle majeur et central que la « Russie soviétique » a joué dans leur libération de notre pays..


Les premiers signataires :

Marie-Claude Berge, professeur d’histoire ; Gwenaël Bidault, syndicaliste CGT (Sécurité sociale, 22) ; Jean-Pierre Bilski, professeur d’histoire (34) ; Pierre Boismenu, psychanalyste et philosophe : Danièle Bleitrach, sociologue (13) ; Christiane Combe, professeur de SVT retraité (19) ; Jean-Pierre Combe, ingénieur polytechnicien (19) ; René Coucke, psychanalyste (59) ; Jean-François Dejours, professeur de philosophie, syndicaliste (59) ; Jean-Marc del Percio, docteur en sciences politiques, ancien chargé d’enseignement à l’IEP de Lyon ; Aurélien Djament, mathématicien au CNRS, syndicaliste (44) ; Bruno Drweski, maître de Conférences HDR, Membre de l’ARAC ; Henriette Dubois, « Nelly » dans la Résistance, ancien agent de liaison des FTP de la zone Sud, chevalier de la Légion d’honneur ; Marianne Dunlop, professeur agrégé de russe ; Jean-Michel Faure, professeur émérite de sociologie, titulaire d’un doctorat 3ème cycle à l’EHSS sur l’Agriculture Russe ; Vincent Flament, militant de la solidarité internationale, 59 ; Joëlle Fontaine, professeur d’histoire retraitée ; Benoît Foucambert, professeur d’histoire, syndicaliste (81) ; Marc-Olivier Gavois, professeur d’histoire ; Jean-Christophe Grellety, professeur de philosophie (33) ; Jean-Pierre Guelfucci, militant syndical, fils de Résistant ; Gilda Guibert, professeur agrégé d’histoire (78) ; Jean-Pierre Hemmen, directeur de la revue théorique Etincelles, fils de Jean Hemmen, Fusillé de la Résistance, ancien militant de l’Internationale communiste et des Brigades internationales d’Espagne (80) ; Gisèle Jamet, professeur d’histoire ; Edmond Janssen, éditeur (75) ; Jean-Pierre Kahane, mathématicien ; François Kaldor, avocat honoraire ; Fadi Kassem, diplômé de Sciences po. Paris, professeur agrégé d’histoire (78) ; Jacques Kmieciak, journaliste (62) ; Léon Landini, ancien officier FTP-MOI, grand Mutilé de Guerre, Officier de la Légion d’honneur, Médaille de la Résistance, décoré par l’Union soviétique (92) ; Guy Laval, psychiatre (75) ; Ivan Lavallée, universitaire et chercheur en informatique ; Yves Letourneur, poète, philosophe ; Thérèse Lévené, enseignante-chercheure en sciences de l’éducation, université de Lille 1, vice-présidente du CNU 70, syndiquée au Snesup ; Olivier Long, universitaire et peintre ; Antoine Manessis, fils de Résistants, historien ; Annette Mateu-Casado, anc. documentaliste, fille de combattants antifascistes espagnols ; Aymeric Monville, éditeur de livres de philosophie et d’histoire (92) ; Dominique Mutel, agrégé d’anglais (62) ; Jean-Michel Pascal, ingénieur d’études (75) ; Anna Persichini, syndicaliste CGT (Métallurgie – 06) ; Guy Poussy, conseiller honoraire du Val-de-Marne ; Pierre Pranchère, ancien maquisard FTPF de Corrèze (dite la « Petite Russie »), ancien député ; Christophe Pouzat, neurobiologiste (94), Benoît Quennedey, historien (75) ; Marie-Noël Rio, écrivain (Allemagne) ; Hervé Sczepaniak, professeur de lettres ; Jean-Pierre Sienkiewicz, agrégé de physique, syndicaliste (24) ; Stéphane Sirot, historien du syndicalisme (59) ; Romain Telliez, historien. Université de Paris-Sorbonne ; André Tosel, professeur émérite de philosophie à l’Université de Nice ; Yves Vargas, philosophe, fils de Résistant ; Maxime Vivas, écrivain et journaliste.

S’associent à cet appel-pétition à l’international : Barbara Flamand, écrivain, Bruxelles ; Domenico Losurdo, philosophe et historien, professeur émérite à l’Université d’Urbino (Italie) ; Anita Prestes, professeur à l’Université fédérale de Rio de Janeiro ; Miguel Urbano Rodrigues, anc. député portugais au Conseil de l’Europe, anc. militant antifasciste et anticolonialiste, historien du mouvement communiste

Signer en ligne l’appel pétition :

votre signature n’apparaitra pas sur www.initiative-communiste.fr

 

Repost 0
Published by Vendémiaire - dans Appels
commenter cet article
26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 15:36

Revenu Universel : une mesure ultra libérale menaçant la Sécu et renforçant la guerre aux salaires [EtincelleS]

Le , voila le slogan publicitaire de la campagne de Benoit Hamon pour gagner la primaire. Une façon de faire parler de lui et de tenter de faire oublier qu’il est responsable, au même titre que Valls, du bilan désastreux du quinquennat Hollande, un quinquennat délibérément à droite toute qui n’aura fait qu’appliquer dans toute son horreur la politique ultra libérale dictée par le MEDEF et imposée par Bruxelles.

Alors bien sûr, la perspective d’un revenu universel peut sembler séduisante pour les travailleurs dans un pays comme la France qui compte plus de 8 millions de privés d’emplois, et des millions de travailleurs précaires. Faut-il déjà rappeler que Hamon n’indique ni la manière de financer ce revenu ni son montant, se bornant à indiquer qu’une des pistes serait de fusionner les prestations de la Sécurité Sociale, ainsi que d’autres prestations sociales. Pourtant de nombreuses questions éminemment politiques se posent :

  •  déjà la substitution potentielle du revenu de base aux protections sociales et aux services publics explique le succès de cette mesure chez les ultra libéraux comme Hayek ou Friedman. Et le fort relais du système médiatique capitaliste dont a en conséquence pu bénéficier Hamon.
  • Hamon prétend résoudre avec ce  revenu universel le soit disant recul du travail salarié en mettant à contribution la valeur produite par les « robots ». Niant ainsi une évidence, seul le travail humain est créateur de plus-value et tout l’enjeu est bien la répartition de la plus-value.  Observons que l’éventuelle plus-value apparente générée par la robotisation n’est qu’une plus-value conjoncturelle, par effet de contraste avec l’activité salariée qu’elle concurrence (et non une plus-value structurelle et durable, susceptible d’alimenter un salaire de substitution). Une fois cette concurrence éliminée, le produit du robot tend vers la… gratuité, faute de créer de la valeur  (de même que le pommier produit gratuitement des pommes). C’est bien ce qui condamne à terme à une baisse tendancielle le taux de profit. Bref, à terme, le robot ne finance pas une taxe faute de pouvoir « rémunérer » jusqu’à son propriétaire… si demain les robots rasent gratis, ce sera donc sur fonds publics. C’est à dire que le revenu universel serait inéluctablement versé depuis la poche gauche des travailleurs vers leur poche droite.
  • toujours s’agissant de cette taxe robot. Thomas Paine (à qui on attribue la paternité de ce salaire de base) l’envisageait à partir d’un loyer dont le propriétaire foncier s’acquitterait pour dédommager le reste de la population (la terre appartenant initialement à tout le monde). Bref, le financement du revenu de base était alors moins pensé et financé à partir du « travail » qu’ à partir du revenu de la propriété privée, par contraste avec une propriété commune ou publique. Aussi, cette question de la propriété est escamotée par l’idée abstraite d’une taxe robot… Loin d’être de gauche, Hamon ne pose ici pas du tout la question essentielle de la propriété des moyens de production.
  • enfin, la problématique de la nécessaire  (et notamment sur le principe d’une réduction de la part mécanique, répétitive, aliénante du travail) est totalement éludée par ce dispositif, tout en niant également que le travail a AUSSI une part (qualitative) créatrice, socialisante, émancipatrice, humanisante qu’il s’agit de préserver. N’en déplaise au candidat PS, le robot est l’avenir du travail libéré, ce qui suppose – sauf à retomber dans le luddisme (fiscal ?) – une remise en cause du capitalisme et non une simple taxe…

Revenu Universel : une mesure ultra libérale menaçant la Sécu et renforçant la guerre aux 

Après le refus référendaire de la Suisse à mettre en place un revenu de base inconditionnel, et au moment où la Finlande commence une expérimentation de revenu universel de 560 euros auprès de 2000 chômeurs, la France s’empare du débat à l’occasion de la Présidentielle.

Chez les candidats du PS, seul Benoît Hamon a présenté un programme quelque peu ambitieux sur le sujet, arguant que la numérisation et la robotisation du travail nécessitent d’adapter socialement la relation au travail et à sa rémunération. Le projet qu’il porte est assez symptomatique de la façon dont une certaine gauche appréhende le rapport au travail.

« Quand le Conseil national de la résistance propose la Sécurité sociale au sortir de la guerre, il invite à créer un système qui va très vite peser 100 % du PIB de l’époque, a rappelé pertinemment le candidat. Aujourd’hui, le revenu universel, ce serait 15 % à 20 % du PIB. Que s’est-il passé, en 70 ans, pour que la gauche n’arrive plus à penser ce que pourrait être une nouvelle protection sociale adaptée aux insécurités de notre temps ? »

La référence au Conseil National de la résistance devrait pourtant donner l’idée à cette certaine gauche non pas d’inventer une « nouvelle » protection sociale, mais de continuer à construire une protection sociale de haut niveau maîtrisée par les travailleurs… – s’ils en récupèrent la gestion – qui, pour aller plus loin, s’appuierait sur la formidable révolution sociale que représente cet outil tel qu’il existe dans ses fondements : à savoir la remise en cause non encore poussée à son terme de la domination du capital ; remise en cause qui soustrait financement et prestations à la loi du marché.

À terme, il s’agirait de donner 750 euros par personne, cumulable au salaire, ce qui représenterait selon Benoît Hamon entre 300 et 450 milliards d’euros. Le financement serait assuré par un impôt unique sur le patrimoine (ISF, taxe foncière et droits de mutation), la lutte contre l’évasion fiscale et, plus original, par une taxe robot. Cette dernière a de quoi séduire puisqu’elle agit comme un prélèvement sur la valeur ajoutée créée par l’entreprise. Or, la prémisse sur laquelle elle repose — si la robotisation augmente la productivité, il faut redistribuer la richesse créée par les robots — suggère subrepticement que le travail humain ne serait pas nécessairement à l’origine de la plus-value. Le Parlement européen s’est d’ailleurs lancé dans des discussions autour du rapport de Mady Delvaux sur la personnalité juridique des robots, avec un vote prévu mi-février. Partant du constat que

« le développement de la robotique et de l’intelligence artificielle pourrait avoir pour conséquence l’accomplissement par des robots d’une grande partie des tâches autrefois dévolues aux êtres humains, sans la possibilité de récupérer la totalité des emplois perdus ; que cette hypothèse s’avère préoccupante pour l’avenir de l’emploi et la viabilité des régimes d’aide et de sécurité sociale et qu’elle pourrait conduire à un versement irrégulier des cotisations de retraite, si l’assiette de contributions actuelle est maintenue ; qu’elle pourrait déboucher sur un creusement des inégalités dans la répartition des richesses et de l’influence (…) », le rapport propose que « l’éventuelle application d’un impôt sur le travail réalisé par des robots ou d’une redevance d’utilisation et d’entretien par robot doit être examinée dans le contexte d’un financement visant au soutien et à la reconversion des chômeurs dont les emplois ont été réduits ou supprimés, afin de maintenir la cohésion sociale et le bien être social » – source : http://www.europarl. europa.eu/sides/getDoc.do? type=COMPARL&reference=PE-592. 395&format=PDF&language=FR& secondRef=01

 

De là, on peut assez vite glisser vers l’idée que le revenu universel n’est pas destiné à redistribuer les richesses vers le travailleur, puisqu’on peut le remplacer par un robot dans la création de valeur ajoutée. Le travailleur étant déclaré superflu, il n’est donc pas nécessaire de renforcer ses droits. En réalité, le revenu universel est une allocation qui doit permettre au consommateur de garder un pouvoir d’achat minimal. Le travailleur n’existe de plus en plus que par intermittences, ses contours se brouillent. En revanche, la place du consommateur s’étend de plus en plus, du lundi au dimanche. Dans la réalité, bien sûr, les choses sont un peu différentes puisque le travailleur travaille plus qu’il ne consomme. Qu’importe ! On apprendra au consommateur indigent à savoir se contenter de peu (750 euros, par exemple).

Parallèlement, l’idéologie de la décroissance convainc une partie de la population que le salut de la nature dépend de notre capacité à consommer moins. Cela tombe à pic. Quand le marché de l’emploi nous oblige à rester à la maison, avec ou sans revenu universel, la frugalité devient un mode de vie vertueux et indispensable. Faire pipi sous la douche allège la facture et la conscience, à ce qu’il paraît. Mais une décroissance associée à une hausse de la productivité risque d’accentuer encore un peu plus le phénomène de surproduction, car, faut-il le rappeler, nous ne consommons pas la totalité de ce que nous produisons. Précisons qu’il s’agit non de consommer moins mais de consommer mieux (en qualité et en tenant compte des intérêts à court, moyen et long terme de l’humanité. Le débat qui nous occupe est celui de la hausse de la productivité et de la réponse que prétend y apporter l’instauration d’un revenu universel de base. Dans un cadre où les rapports de productions capitalistes perdurent, la décroissance n’est juste qu’une manière d’accommoder les restes, tout comme le revenu universel.

Dans l’hypothèse où le revenu universel se cumule au salaire, les entreprises auront bon jeu de mettre en avant que leurs salariés disposent déjà d’un revenu assuré, et qu’en conséquence, les questions touchant au pouvoir d’achat ne sont plus de leur ressort, mais de celui de l’État. De manière générale, les entreprises sont déjà de moins en moins concernées par le sort de celles et ceux qui travaillent pour elles, parce que depuis plusieurs années, le rôle d’employeur des entreprises tend à s’estomper de plus en plus. L’objet des dernières réformes du monde du travail ne vise-t-il pas justement à détacher le travailleur du salariat pour l’installer dans le portage salarial, l’uber et l’auto-entreprenariat généralisé ? Le revenu universel apporte une réponse à cette nouvelle organisation du travail, trouvant d’autant plus d’écho que les salariés cherchent à fuir des conditions de travail devenues particulièrement stressantes. En se rêvant devenir leur propre patron, les travailleurs isolés peuvent voir d’un bon œil l’arrivée d’un revenu garanti qui les aideraient à faire face aux aléas d’une activité précaire.

Il est à craindre également que le revenu universel finisse par se substituer à la protection sociale et aux services publics tels que nous les connaissons. Il constitue de fait un formidable outil de simplification. Cette destruction sera présentée bien évidemment comme un progrès, comme une plus grande liberté. Par exemple, on peut imaginer que le « consommateur » de soins de santé se verra assez rapidement confronté à la liberté de choisir, parmi une offre pléthorique en assurances, la façon dont il souhaite être couvert, l’équité étant garantie par le revenu universel et l’intérêt du consommateur par la concurrence. Alors que la création de la Sécu représentait un progrès au service de l’intérêt de la nation, le revenu universel est conçu pour répondre aux besoins d’une société dans laquelle les conquis collectifs sont systématiquement attaqués pour les remplacer par la défense des intérêts particuliers.

Quelle solution, alors, pour contrer les effets néfastes du remplacement partiel des hommes par les machines ? Peut-être faudrait-il commencer par défendre l’idée qu’il s’agit là d’une opportunité de progrès pour les travailleurs. Le plein emploi est envisageable, à condition que nous posions comme condition indispensable la réduction du temps de travail comme moyen de s’adapter à la hausse de la productivité et que par ailleurs, l’orientation même du progrès technique ne soit plus piloté par l’accumulation capitaliste (avec pour but d’augmenter la productivité en éliminant l’humain) mais par l’objectif communiste du développement maximal des puissances humaines. Plus que jamais, cette maîtrise, humaine car démocratique, des finalités du progrès technique implique la socialisation des moyens de production et le pouvoir des travailleurs : c’est le contraire de ce que propose Benoït Hamon qui ne touche pas à la propriété privée capitaliste et qui, avec pour seules perspectives exaltantes la légalisation du cannabis et le RBU, propose à la jeunesse populaire de décrocher de toute forme d’ambition collective à diriger sa vie. Mais nous ne serions déjà plus là dans le cadre des rapports d’exploitation actuels et du rapport dominant-dominé où le Capital fait travailler uniquement ceux dont il a besoin, et où SA réduction du temps de travail consiste en l’organisation du chômage de masse de plusieurs millions de gens sur la planète, en raison de l’incontournable loi de la baisse tendancielle du taux de profit. Parvenir au plein emploi dans le cadre des rapports existants nécessiterait une telle réduction du temps de travail qu’il ne pourrait plus y avoir extraction de , et donc de profit. Le plein emploi nécessite donc le changement des rapports de production, alors que le Revenu Universel consacre au contraire le rôle dominant de la bourgeoisie et le maintien du rapport d’exploitation et du mode de production.

Si la main de l’homme s’éloigne de plus en plus du produit fini, cela ne signifie pas que le travail se raréfie mais qu’il change de forme. A chaque progrès technologique, la productivité augmente, nous devrions donc pouvoir mieux vivre en travaillant moins et consacrer davantage de temps à la formation professionnelle aux mains du secteur public sur le temps de travail pour anticiper l’adaptation aux nouvelles techniques de production au lieu de laisser les capitalistes licencier dans les entreprises, ubériser les professions, étrangler les exploitations agricoles et les petites entreprises sous traitantes, étrangler les services publics en les bradant au secteur privé… Le gain de productivité devrait donc permettre d’abord de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. La taxation des robots est donc un leurre qui dissimule la question de savoir si le progrès technique – issu lui même du travail humain – est l’allier du travail ou l’arme du capital (contre le travail). Bref, un gadget qui occulte l’enjeu de la lutte de classes et donc des rapports de propriété. Tout comme le métier à tisser du début du 19e siècle n’était pas « en soi » un danger pour lke travail, danger qu’il aurait fallu noyer dans la tamise ou sous les taxes (par une sorte de luddisme fiscal…).

Si nous voulons sortir du capitalisme, c’est bien pour mettre fin à cette privatisation des profits et à la socialisation des pertes. Aujourd’hui, les entreprises touchent de l’argent pour des emplois à bas salaires. Elles n’ont donc aucun intérêt à les augmenter. Le Revenu Minimum Universel version Benoît Hamon ressemble étrangement au RSA version Sarkozy, ce qui signifie que l’on admet la raréfaction de l’emploi comme inéluctable et que l’on charge l’Etat de mettre de faux pansements sur une économie malade de l’ultralibéralisme et de la délocalisation.

Le PRCF vise à la mise en marche d’une société où chaque citoyen pourrait vivre dignement de son travail selon ses compétences. Voici 30 ans que Coluche a lancé ses Restos du Cœur et ils doivent faire face à une demande caritative de plus en plus forte pendant que quelques uns s’octroient des revenus exponentiels. Décidément, et si nous arrêtions de fabriquer des pauvres !

GB pour EtincelleS la revue du PRCF – en partenariat avec www.initiative-communiste.fr

http://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/revenu-universel-une-mesure-ultra-liberale-menacant-la-secu/ 

Repost 0
24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 14:12

 

mercredi 22 février 2017
Par 
Co-animateur du Réseau Éducation Populaire (REP). Co-auteur de : Néolibéralisme et crise de la dette ; Contre les prédateurs de la santé ; Retraites, l'alternative cachée ; Laïcité: plus de liberté pour tous ; Penser la République sociale pour le 21e siècle ; Pour en finir avec le "trou de la Sécu", repenser la protection sociale du 21e siècle.
 

Alors que l’on parle de plus en plus de « révolution citoyenne », on peut se demander si l’urgence n’est pas d’en définir les conditions exhaustives sans lesquelles ce mot d’ordre ne serait qu’incantation. Respublica a donc décidé de dialoguer avec ses lecteurs sur l’ensemble de ces conditions. La réindustrialisation de la France en est un indispensable parmi d’autres.

En effet, la réindustrialisation de la France avec transition énergétique et écologique (TEE) et maintien à haut niveau du « développement humain durable » est un passage obligé de toute politique alternative au mouvement réformateur néolibéral. Mais les discours de la campagne électorale font tout pour esquiver cette question. Seule la Confédération CGT en fait une urgence (ce que nous développerons en fin d’article).

Histoire succincte d’une désindustrialisation de la France à marche forcée

Fin des années 60-début des années 70, les taux de profit dans l’économie réelle et dans l’industrie diminuent. L’oligarchie capitaliste française choisit la voie de la désindustrialisation, d’un renforcement des services et de se jeter corps et âme dans la spéculation financière internationale. La charnière Pompidou-Giscard d’Estaing en est l’expression politique initiale. La transformation du groupe sidérurgique de Wendel en société financière internationale en est le symbole.

Tous les présidents de la République qui suivent, de François Mitterrand à François Hollande, poursuivent comme un seul homme la même politique de désindustrialisation forcenée. Aujourd’hui l’emploi industriel français représente 18 % des emplois pour 30 % en Allemagne, la part de l’industrie dans le PIB est tombée à 10 % et la part de l’industrie achetée hors de France est de plus 60 %.

Même la majorité de la gauche de la gauche de gouvernement et même une partie des gauchistes s’est laissée convaincre par le mouvement réformateur néolibéral, en développant les idées mortifères de la fin du travail, des robots qu’il faudrait taxer pour éviter le développement scientifique et économique, que toute action dans la production est vaine et qu’il faut remplacer tout cela par le revenu universel, etc. Ce sont les mêmes qui proposent de se tirer une balle dans le pied pour courir plus vite en développant des pensées et des pratiques communautaristes qui divisent les couches populaires et le peuple tout entier. L’oligarchie capitaliste française exulte de joie face à de tels soutiens indirects !

Ceux qui ne sont pas encore touchés par l’amnésie historique de la période 81-82 peuvent se rappeler l’épisode grotesque de cette période, à savoir les magnétoscopes et téléviseurs nouvelle génération importés stockés plusieurs mois à Poitiers pour retarder le déficit de la balance commerciale.

Que s’est-il passé ? Des mesures de gauche keynésienne sont appliquées par application de la dynamique du Programme commun. La relance keynésienne française crée de l’emploi… mais à l’étranger, car l’oligarchie française a détruit les filières industrielles qui auraient pu fabriquer en France les produits désirés par le peuple.  Suit une succession de dévaluations qui n’arrive pas à relancer la machine France. Cela devient un jeu d’enfant pour le néolibéral Delors de convaincre Mitterrand et Mauroy d’engager le tournant libéral de 1983, qui est le point de départ en France de la politique du mouvement réformateur néolibéral au plus haut niveau de l’État.

Aujourd’hui avec la monnaie unique, une dévaluation de la monnaie n’étant plus possible, l’oligarchie capitaliste, ne peut résoudre ce dilemme que par la « dévaluation interne », c’est-à-dire la casse des salaires, directs et socialisés, c’est-à-dire l’intensification des politiques d’austérité.

Déjà, en 2006, l’intensité de la dépense intérieure en recherche-développement (DIRD en pourcentage du PIB) pour la France était de 2,16  %, contre 2,68 pour les États-Unis, 3,13 pour le Japon, 2,49 pour l’Allemagne, 2,85 %pour la Corée, 2,56 pour Taïwan, 3,95 pour la Suède, et même inférieur à la moyenne de l’OCDE 2,26 !

Le mandat du solférinien Hollande se termine avec un déficit de la balance commerciale 2016 de 48,1 milliards contre 45,7 milliards en 2015 et on prévoit même un déficit de la balance commerciale 2017 de 48,9 milliards, sans doute sous-estimée. Les exportations françaises reculent de 0,6  % en un an. Pire, l’excédent des services diminue rapidement et n’est plus que de 0,4 milliards d’euros contre 8,8 un an plus tôt. Les services devaient se substituer à l’industrie, ils l’accompagnent dans sa chute.

Tout cela montre que la compétitivité de l’économie française diminue malgré les dizaines de milliards de cadeaux solfériniens au patronat via le CICE et le pacte dit de responsabilité. Pas étonnant quand on sait maintenant, et c’était prévisible, que la grande majorité de cet argent s’est retrouvée dans les dividendes pour les actionnaires ! En fait, le mouvement réformateur néolibéral, qu’il soit aidé par la droite néolibérale ou par les solfériniens tout aussi néolibéraux, a plombé la France par une insuffisance de compétitivité-coût vis-à-vis de son flanc sud et par une insuffisance de compétitivité hors coût vis-à-vis de son flanc est (l’Allemagne). Et c’est bien là que le bât blesse : la désindustrialisation de la France l’a empêchée de faire sa montée en gamme. Pire encore, la politique française autour de « grands groupes » n’a pas axé sa politique sur les filières industrielles ou sur des écosystèmes productifs. Il était plus facile de les financiariser par le haut avec la connivence de la direction politique française.

LA CGT sauve l’honneur du mouvement social et politique !

Pour sortir du projet du gouvernement (« La Nouvelle France industrielle », qui n’est qu’une communication d’affichage médiatique sans suite), la confédération CGT sort le grand jeu.

Après la publication d’un livret intitulé « L’urgence d’une reconquête industrielle », la Confédération CGT a organisé le 22 février 2017 les Assises nationales de l’industrie à la Cité des sciences et de l’industrie de Paris. Ont été étudiées entre autres, la filière hydrogène, la filière bois, les nanotechnologies, et bien d’autres filières. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, développer des filières industrielles tirées par une recherche-développement haut de gamme, à hauteur de 4 % du PIB selon nous, si nous voulons une vraie alternative politique, scientifique et technique. Car pour le XXIsiècle, le développement des filières industrielles ne peut pas se déployer lorsque l’oligarchie capitaliste demande des rendements financiers à très court terme. Nous devons programmer des financements sur plusieurs dizaines d’années. Comme pour Arianespace ou Airbus. Donc, il faut une planification démocratique conséquente orchestrée par la puissance publique.

La veille, une journée de luttes avait lancé  le « Printemps de l’industrie » avec le slogan que nous faisons nôtre « Pas d’industries sans services publics, pas de services publics sans industrie ». Nous le proposons même comme titre des conférences prochaines que vous allez organiser, chers lecteurs de Respublica !1 Malheureusement, les structures de la CGT, contrairement à la Confédération, n’en ont pas fait la priorité du moment. Nous sommes là devant un autre problème sur lequel il faudra bien revenir.

Que faire ?

La priorité est de savoir hiérarchiser les questions, d’abord la principale, ensuite les secondaires, qui devront être également traitées. Par exemple, on ne doit pas faire croire qu’il suffit d’un protectionnisme solidaire (ou mieux un protectionnisme écologique et social), d’une planification démocratique et d’un pôle public financier pour résoudre la nécessaire relocalisation industrielle en France. Tout cela doit accompagner le vecteur principal et non faire comme si c’était premier dans la perspective. D’abord mener la bataille culturelle sur le fait que pour produire en France aujourd’hui, il faut réindustrialiser le pays via une politique cohérente de filières et d’écosystèmes productifs et non de « grands groupes français » sans filiérisation. Mais il faut réindustrialiser avec transition énergétique et écologique. Et pour faire cette réindustrialisation-là, il faut rompre avec les traités européens, la zone euro et l’UE. Pour rompre avec le carcan européen, il faut se saisir de la prochaine crise paroxystique qui se profile à l’horizon et ne pas compter sur le seul volontarisme du plan A/B ou du plan B, sous peine d’être à la peine. Mais tout ce processus ne peut pas advenir sans la réinstallation d’un processus République sociale (qui inclut à ce stade du raisonnement les éventuelles mesures protectionnistes, le problème du financement, la planification démocratique, etc.) avec une pratique et des alliances internationalistes qui puisse mener l’offensive malgré les attaques qui ne manqueront pas de se développer en interne et en externe.

  1. Peu d’intervenants en éducation populaire expliquent qu’une des causes du chômage est l’acceptation de la désindustrialisation. C’est pourquoi le Réseau Education Populaire (REP, près de 400 interventions par an) a construit une conférence sur ce sujet. Hélas, les organisateurs de réunions publiques et d’initiatives d’éducation populaire sont peu nombreux à faire appel aux intervenants pour cette conférence. Et pourtant, nous pouvons montrer que l’emploi industriel induit plus d’emplois y compris dans les autres secteurs de l’économie que n’importe quel autre type d’emploi.

 

http://www.gaucherepublicaine.org/debats-politiques/la-necessaire-reindustrialisation-de-la-france-absente-de-la-campagne-presidentielle/7399994​​​​​​​ 

Repost 0
19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 15:18

 

INVITATION

Séminaire : Construire la paix, déconstruire la guerre

 

Séminaire dirigé par Fabienne Pourre, membre du bureau de la fondation Gabriel Péri.

La fondation Gabriel Péri a le plaisir de recevoir Roland Nivet, porte-parole national du Mouvement de la Paix, pour la prochaine audition de son nouveau séminaire "Construire la paix, déconstruire la guerre".

La séance sera animée par Fabienne Pourre, coordinatrice du séminaire et membre du bureau de la fondation Gabriel Péri.

Jeudi 9 mars 2017 de 18h à 20h
Salle Turquoise, accès au rez-de-chaussée de la Tour Essor
14 rue Scandicci - 93500 Pantin
M° Hoche ou Porte de Pantin
T3b Delphine Seyrig

Merci de confirmer votre présence par mail à clemoing@gabrielperi.fr

 

Présentation du séminaire :

La réalité de la Guerre a resurgi dans notre quotidien.  L’idée et le mot ont repris place dans le discours et le récit du monde. Ils éclatent dans le « Nous sommes en Guerre » quand l’impensable de la terreur tue maintenant et ici Surtout quand ces actes de guerre se veulent prolongement d’affrontements militaires dans l’Orient proche, et mêlent violence et revendication religieuse. Cette réalité bouleverse les consciences quand les populations meurtries forcent les portes d’une Europe tétanisée pour demander refuge et protection. L’esprit de guerre s’insinue dans les failles de nos incertitudes quand, à l’extrême violence au Moyen-Orient ou en Afrique, font écho les discours sur  la menace de l’Autre.

Nous ne sommes pas certains que le monde soit plus dangereux qu’entre les deux Guerres mondiales, qu’il y a trente ans ou plus, aux pics de crises de la Guerre froide. A plusieurs reprises la tentation de la guerre a été écartée,  comme avec l‘accord sur le nucléaire iranien. Les échecs des interventions militaires en Afghanistan et en Irak en 2003 ont fait réfléchir sur les impasses dramatiques de l’usage dominateur de la force.

Nous savons pourtant que l’esprit de confrontation, les discours de guerre peuvent retrouver en ces temps de crise une forme de légitimité. La crise ukrainienne reste maitrisée, mais on entend des bruits de botte au cœur du continent européen. Les instruments de la guerre s’accumulent en Asie. Ils se modernisent dans tous les espaces, maritimes, spatiaux, dans le cyber espace.

Il nous faut donc reparler de la Paix. Reparler du désarmement. Remettre à l’ordre du jour la réduction des armements, remettre en question l’arme nucléaire. Dénoncer comme hier le scandale des dépenses d’armement quand les urgences sociales, environnementales, comme sources essentielles d’insécurité, appellent une réorientation massive des budgets pour l’investissement utile et  pour le co-développement.

Il nous faut donc reparler de Paix dans un monde nouveau, au mouvement chaotique. Un monde où se confrontent racines des conflits (économiques, idéologiques, sociales) et effort pour plus d’humanité. Un monde où coexistent la Paix et la Guerre. Un monde en recherche de solutions et d’espérance.

L’action pour la paix est et sera politique. Elle est et sera citoyenne. Elle est et sera culturelle. Il s’agit de « Résister à l’esprit de guerre » comme dit Edgar Morin, jusque dans « l’enfermement dans un système clos et illusoire de perceptions et d’idées sur le monde extérieur et sur soi-même ». Il s’agit de repenser la Paix, pour la remettre au centre des droits humains et du mouvement émancipateur et faire de sa défense un levier de la transformation progressiste.

En organisant ce séminaire nous proposons de  travailler à repenser la Paix et à déconstruire le discours sur la guerre, démasquer et délégitimer sa banalisation.

Espace de réflexion et de travail ouvert aux militants et aux chercheurs ce séminaire débouchera sur un colloque à Paris début 2018.

 


Fondation Gabriel Péri 

 

14 rue Scandicci 
93500 Pantin 
France
www.gabrielperi.fr

Mél : fondation@gabrielperi.fr

Repost 0
19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 14:06
France / International / La guerre est devenue un moyen de gouverner

Les gouvernements actuels suivent à la lettre la leçon de Bush. C’est comme chefs de guerre que les gouvernants créent le mieux l’adhésion. Face au chômage, il faut inventer des solutions et affronter la logique du profit. Quand on prend l’uniforme du chef de guerre, c’est tout de suite beaucoup plus facile, surtout dans un pays dont l’armée reste malgré tout l’une des mieux entraînées du monde.

Le lendemain des attentats coordonnés, perpétrés dans Paris le 13 novembre 2015, le gouvernement français a naturellement déclaré l’état d’urgence. Sous cet état d’exception, la police et d’autres institutions, notamment le ministère de l’Intérieur et les préfets (représentants locaux de l’État) se sont vues conférer un large éventail de pouvoirs, dont celui de perquisitionner des logements de jour comme de nuit et d’émettre des arrêtés d’assignation à résidence sans que l’autorisation d’un juge soit nécessaire.

L’état d’urgence a été prolongé de trois mois, une première fois le 26 novembre 2015, puis de nouveau le 26 février 2016, et de deux mois le 26 mai 2016. Il a depuis été régulièrement prolongé, officiellement dans le but de couvrir la période des élections nationales, prévues en avril-mai 2017.

« Rien ne sera plus comme avant » avaient déclaré certains journalistes et hommes politiques après les attentats qui ont frappé la France. L’intensification des politiques et pratiques sécuritaires préexistantes ne s’est pas fait attendre. Mise en accusation des salafistes, des musulman-e-s, de l’islam ou des immigrés en général. À la parole des politiques, s’est joint l’acte… policier. Selon les chiffres publiés le 6 décembre 2016 par le gouvernement, depuis novembre 2015, 4.292 perquisitions de domiciles avaient été menées et 612 personnes avaient été assignées à résidence (et 434 personnes affectées). Par ailleurs, en décembre 2016, 95 personnes étaient encore assignées à résidence. Rappelons qu’en février 2016, Amnesty International a rapporté que moins de 1 % des perquisitions de domiciles menées entre novembre 2015 et février 2016 (soit plus de 3.000) avaient donné lieu, au regard de la législation française, à des chefs d’accusation pour activités à caractère terroriste (excepté les infractions pour « apologie du terrorisme »), ce qui révèle à quel point cette mesure était disproportionnée…

La situation des migrants s’en est naturellement ressentie et les politiques orchestrées en la matière par l’Union européenne tendent à organiser les contrôles abusifs, la destruction des bateaux, les rafles et les chasses à l’homme avec leurs corollaires : enfermement de milliers d’êtres humains, absence d’accès aux droits les plus élémentaires, expulsions, refoulements, harcèlement, isolement.

Ces politiques et leur relais dans les médias construisent dans la population un imaginaire d’une Europe assaillie par un danger migratoire. Tout ceci pousse à un racisme de plus en plus décomplexé, assumé et revendiqué. Les passages à l’acte (violence raciste, organisations de riverains voulant « faire justice eux-mêmes », manifestations et émeutes, tabassages, expulsions illégales, menaces) sont de plus en plus fréquents. Les pouvoirs publics et leurs forces de police au mieux ferment les yeux sur la situation, au pire poussent à ces passages à l’acte qui leur facilitent la tâche et correspondent à des objectifs politiques.

Bien entendu, les causes des migrations et les causes de leur visibilité actuelle, dont les pays européens sont directement et évidemment responsables, ne sont jamais énoncées dans les discours sur les migrations actuelles. La France était pourtant en guerre bien avant les attentats, lesquels ont largement servi de prétexte à intensifier ces engagements militaires. Ces dernières années, l’armée française est intervenue massivement en Afrique. La guerre est ainsi devenue un des derniers points forts des derniers mois de la présidence de Nicolas Sarkozy avec l’opération Harmattan en Libye mais aussi avec le passage à l’offensive de la force Licorne en Côte d’Ivoire pour faire tomber le régime de Laurent Gbagbo. Marchant dans les pas de son prédécesseur, François Hollande endosse pleinement le costume de chef des armées. L’opération Serval au Mali en 2013 qui se métastase à partir de l’été 2014 dans les pays de la sous-région avec l’opération Barkhane est emblématique du retour en force du militaire comme pilier de l’influence française dans ses anciennes colonies africaines. Sangaris, en République centrafricaine, vient conforter cette politique.  Présentées officiellement comme des victoires, ces interventions posent en réalité éminemment question.

L’intervention en Libye a eu des répercussions particulièrement néfastes sur le Mali. Dans ce pays, la France est intervenue pour combattre les groupes armés implantés dans le nord mais a, dans le même temps, remis en selle le Mouvement national pour la Libération de l’Azawad (MNLA), pourtant à l’origine de la crise. Avec Barkhane, et au nom de la « guerre contre le terrorisme », l’armée française est désormais durablement implantée au Burkina Faso et au Niger, tout en relégitimant la dictature d’Idriss Déby au Tchad en en faisant le point nodal de ses guerres africaines. Enfin, en Centrafrique, la France s’est embourbée dans une guerre civile d’une rare violence dont elle était en même temps juge et partie.

Ces conflits doivent être désignés par leur nom : ce sont des guerres d’ingérence impérialiste. La France n’a aucun « rôle positif » dans ces interventions, malgré ses prétentions puisées à l’ancien répertoire colonial. Le discours belliciste entend anesthésier et tétaniser la population. Pourtant, comment ne pas rappeler les désastres que sèment ces guerres, les millions de morts, de blessés et de déplacés, la misère, le désespoir jetant les populations sur les routes, tandis que s’enrichissent les profiteurs de guerre, les multinationales vendeuses d’armes – la France tenant en la matière le quatrième rang mondial. Ce sont aussi des dépenses colossales, qui détournent l’argent public de dépenses sociales, culturelles et écologiques vitales. De surcroît, l’État qui mène ces guerres, en pompier pyromane, nous entraîne dans une spirale infernale ayant pour effet de renforcer la haine qui débouchera sur d’autres attentats. Les Rafale tuent des civils aussi innocents que ceux du Bataclan ou de Nice. Ces bombardements sont des bombes à retardement.

L’état de guerre proclamé encourage les peurs et crée la division. Le gouvernement socialiste a sapé l’État de droit et les droits humains, entretenant le racisme et la xénophobie tout en semant les germes de nouvelles violences et de nouveaux conflits. Les discours alarmistes et anxiogènes déclamés ici et là ainsi que la désignation d’ennemis intérieurs ont servi et servirons encore à légitimer des mesures disproportionnées qui portent atteinte aux droits fondamentaux, dans le but de mieux contrôler la population. La guerre est désormais devenue un moyen de gouverner ; elle est aussi une guerre sociale.

Capitaine Martin

Repost 0