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L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 15:18

 

INVITATION

Séminaire : Construire la paix, déconstruire la guerre

 

Séminaire dirigé par Fabienne Pourre, membre du bureau de la fondation Gabriel Péri.

La fondation Gabriel Péri a le plaisir de recevoir Roland Nivet, porte-parole national du Mouvement de la Paix, pour la prochaine audition de son nouveau séminaire "Construire la paix, déconstruire la guerre".

La séance sera animée par Fabienne Pourre, coordinatrice du séminaire et membre du bureau de la fondation Gabriel Péri.

Jeudi 9 mars 2017 de 18h à 20h
Salle Turquoise, accès au rez-de-chaussée de la Tour Essor
14 rue Scandicci - 93500 Pantin
M° Hoche ou Porte de Pantin
T3b Delphine Seyrig

Merci de confirmer votre présence par mail à clemoing@gabrielperi.fr

 

Présentation du séminaire :

La réalité de la Guerre a resurgi dans notre quotidien.  L’idée et le mot ont repris place dans le discours et le récit du monde. Ils éclatent dans le « Nous sommes en Guerre » quand l’impensable de la terreur tue maintenant et ici Surtout quand ces actes de guerre se veulent prolongement d’affrontements militaires dans l’Orient proche, et mêlent violence et revendication religieuse. Cette réalité bouleverse les consciences quand les populations meurtries forcent les portes d’une Europe tétanisée pour demander refuge et protection. L’esprit de guerre s’insinue dans les failles de nos incertitudes quand, à l’extrême violence au Moyen-Orient ou en Afrique, font écho les discours sur  la menace de l’Autre.

Nous ne sommes pas certains que le monde soit plus dangereux qu’entre les deux Guerres mondiales, qu’il y a trente ans ou plus, aux pics de crises de la Guerre froide. A plusieurs reprises la tentation de la guerre a été écartée,  comme avec l‘accord sur le nucléaire iranien. Les échecs des interventions militaires en Afghanistan et en Irak en 2003 ont fait réfléchir sur les impasses dramatiques de l’usage dominateur de la force.

Nous savons pourtant que l’esprit de confrontation, les discours de guerre peuvent retrouver en ces temps de crise une forme de légitimité. La crise ukrainienne reste maitrisée, mais on entend des bruits de botte au cœur du continent européen. Les instruments de la guerre s’accumulent en Asie. Ils se modernisent dans tous les espaces, maritimes, spatiaux, dans le cyber espace.

Il nous faut donc reparler de la Paix. Reparler du désarmement. Remettre à l’ordre du jour la réduction des armements, remettre en question l’arme nucléaire. Dénoncer comme hier le scandale des dépenses d’armement quand les urgences sociales, environnementales, comme sources essentielles d’insécurité, appellent une réorientation massive des budgets pour l’investissement utile et  pour le co-développement.

Il nous faut donc reparler de Paix dans un monde nouveau, au mouvement chaotique. Un monde où se confrontent racines des conflits (économiques, idéologiques, sociales) et effort pour plus d’humanité. Un monde où coexistent la Paix et la Guerre. Un monde en recherche de solutions et d’espérance.

L’action pour la paix est et sera politique. Elle est et sera citoyenne. Elle est et sera culturelle. Il s’agit de « Résister à l’esprit de guerre » comme dit Edgar Morin, jusque dans « l’enfermement dans un système clos et illusoire de perceptions et d’idées sur le monde extérieur et sur soi-même ». Il s’agit de repenser la Paix, pour la remettre au centre des droits humains et du mouvement émancipateur et faire de sa défense un levier de la transformation progressiste.

En organisant ce séminaire nous proposons de  travailler à repenser la Paix et à déconstruire le discours sur la guerre, démasquer et délégitimer sa banalisation.

Espace de réflexion et de travail ouvert aux militants et aux chercheurs ce séminaire débouchera sur un colloque à Paris début 2018.

 


Fondation Gabriel Péri 

 

14 rue Scandicci 
93500 Pantin 
France
www.gabrielperi.fr

Mél : fondation@gabrielperi.fr

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 14:06
France / International / La guerre est devenue un moyen de gouverner

Les gouvernements actuels suivent à la lettre la leçon de Bush. C’est comme chefs de guerre que les gouvernants créent le mieux l’adhésion. Face au chômage, il faut inventer des solutions et affronter la logique du profit. Quand on prend l’uniforme du chef de guerre, c’est tout de suite beaucoup plus facile, surtout dans un pays dont l’armée reste malgré tout l’une des mieux entraînées du monde.

Le lendemain des attentats coordonnés, perpétrés dans Paris le 13 novembre 2015, le gouvernement français a naturellement déclaré l’état d’urgence. Sous cet état d’exception, la police et d’autres institutions, notamment le ministère de l’Intérieur et les préfets (représentants locaux de l’État) se sont vues conférer un large éventail de pouvoirs, dont celui de perquisitionner des logements de jour comme de nuit et d’émettre des arrêtés d’assignation à résidence sans que l’autorisation d’un juge soit nécessaire.

L’état d’urgence a été prolongé de trois mois, une première fois le 26 novembre 2015, puis de nouveau le 26 février 2016, et de deux mois le 26 mai 2016. Il a depuis été régulièrement prolongé, officiellement dans le but de couvrir la période des élections nationales, prévues en avril-mai 2017.

« Rien ne sera plus comme avant » avaient déclaré certains journalistes et hommes politiques après les attentats qui ont frappé la France. L’intensification des politiques et pratiques sécuritaires préexistantes ne s’est pas fait attendre. Mise en accusation des salafistes, des musulman-e-s, de l’islam ou des immigrés en général. À la parole des politiques, s’est joint l’acte… policier. Selon les chiffres publiés le 6 décembre 2016 par le gouvernement, depuis novembre 2015, 4.292 perquisitions de domiciles avaient été menées et 612 personnes avaient été assignées à résidence (et 434 personnes affectées). Par ailleurs, en décembre 2016, 95 personnes étaient encore assignées à résidence. Rappelons qu’en février 2016, Amnesty International a rapporté que moins de 1 % des perquisitions de domiciles menées entre novembre 2015 et février 2016 (soit plus de 3.000) avaient donné lieu, au regard de la législation française, à des chefs d’accusation pour activités à caractère terroriste (excepté les infractions pour « apologie du terrorisme »), ce qui révèle à quel point cette mesure était disproportionnée…

La situation des migrants s’en est naturellement ressentie et les politiques orchestrées en la matière par l’Union européenne tendent à organiser les contrôles abusifs, la destruction des bateaux, les rafles et les chasses à l’homme avec leurs corollaires : enfermement de milliers d’êtres humains, absence d’accès aux droits les plus élémentaires, expulsions, refoulements, harcèlement, isolement.

Ces politiques et leur relais dans les médias construisent dans la population un imaginaire d’une Europe assaillie par un danger migratoire. Tout ceci pousse à un racisme de plus en plus décomplexé, assumé et revendiqué. Les passages à l’acte (violence raciste, organisations de riverains voulant « faire justice eux-mêmes », manifestations et émeutes, tabassages, expulsions illégales, menaces) sont de plus en plus fréquents. Les pouvoirs publics et leurs forces de police au mieux ferment les yeux sur la situation, au pire poussent à ces passages à l’acte qui leur facilitent la tâche et correspondent à des objectifs politiques.

Bien entendu, les causes des migrations et les causes de leur visibilité actuelle, dont les pays européens sont directement et évidemment responsables, ne sont jamais énoncées dans les discours sur les migrations actuelles. La France était pourtant en guerre bien avant les attentats, lesquels ont largement servi de prétexte à intensifier ces engagements militaires. Ces dernières années, l’armée française est intervenue massivement en Afrique. La guerre est ainsi devenue un des derniers points forts des derniers mois de la présidence de Nicolas Sarkozy avec l’opération Harmattan en Libye mais aussi avec le passage à l’offensive de la force Licorne en Côte d’Ivoire pour faire tomber le régime de Laurent Gbagbo. Marchant dans les pas de son prédécesseur, François Hollande endosse pleinement le costume de chef des armées. L’opération Serval au Mali en 2013 qui se métastase à partir de l’été 2014 dans les pays de la sous-région avec l’opération Barkhane est emblématique du retour en force du militaire comme pilier de l’influence française dans ses anciennes colonies africaines. Sangaris, en République centrafricaine, vient conforter cette politique.  Présentées officiellement comme des victoires, ces interventions posent en réalité éminemment question.

L’intervention en Libye a eu des répercussions particulièrement néfastes sur le Mali. Dans ce pays, la France est intervenue pour combattre les groupes armés implantés dans le nord mais a, dans le même temps, remis en selle le Mouvement national pour la Libération de l’Azawad (MNLA), pourtant à l’origine de la crise. Avec Barkhane, et au nom de la « guerre contre le terrorisme », l’armée française est désormais durablement implantée au Burkina Faso et au Niger, tout en relégitimant la dictature d’Idriss Déby au Tchad en en faisant le point nodal de ses guerres africaines. Enfin, en Centrafrique, la France s’est embourbée dans une guerre civile d’une rare violence dont elle était en même temps juge et partie.

Ces conflits doivent être désignés par leur nom : ce sont des guerres d’ingérence impérialiste. La France n’a aucun « rôle positif » dans ces interventions, malgré ses prétentions puisées à l’ancien répertoire colonial. Le discours belliciste entend anesthésier et tétaniser la population. Pourtant, comment ne pas rappeler les désastres que sèment ces guerres, les millions de morts, de blessés et de déplacés, la misère, le désespoir jetant les populations sur les routes, tandis que s’enrichissent les profiteurs de guerre, les multinationales vendeuses d’armes – la France tenant en la matière le quatrième rang mondial. Ce sont aussi des dépenses colossales, qui détournent l’argent public de dépenses sociales, culturelles et écologiques vitales. De surcroît, l’État qui mène ces guerres, en pompier pyromane, nous entraîne dans une spirale infernale ayant pour effet de renforcer la haine qui débouchera sur d’autres attentats. Les Rafale tuent des civils aussi innocents que ceux du Bataclan ou de Nice. Ces bombardements sont des bombes à retardement.

L’état de guerre proclamé encourage les peurs et crée la division. Le gouvernement socialiste a sapé l’État de droit et les droits humains, entretenant le racisme et la xénophobie tout en semant les germes de nouvelles violences et de nouveaux conflits. Les discours alarmistes et anxiogènes déclamés ici et là ainsi que la désignation d’ennemis intérieurs ont servi et servirons encore à légitimer des mesures disproportionnées qui portent atteinte aux droits fondamentaux, dans le but de mieux contrôler la population. La guerre est désormais devenue un moyen de gouverner ; elle est aussi une guerre sociale.

Capitaine Martin

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 21:25

 

Chère insoumise, cher insoumis

Notre campagne confirme sa dynamique. J’en suis heureux pour nous tous qui la faisons vivre par nos efforts personnels. Le succès de notre double meeting de Lyon et Paris le 5 février a été une étape remarquablement franchie grâce au dévouement de tous. Depuis, les signatures d’appuis se comptent par milliers sur le site jlm2017.fr. Nous franchirons sous peu le seuil des 250 000 insoumis fédérés en un an de campagne !

Notre campagne ne vaut que par les idées qu’elle porte et qu’elle fait vivre aux yeux de tous ! Chaque étape de notre action doit permettre de mettre en valeur un des thèmes essentiels de notre programme. Notre plan de marche prévoit que la prochaine étape soit une démonstration de masse ! C’est le sens de l’appel à une marche nationale pour la 6e République. Elle aura lieu le samedi 18 mars prochain à 14h à Paris, de la Place de la Bastille à la Place de la République. Je la conclurai par un discours place de la République ! L’idée est de mettre en scène la nécessité d’une refondation de notre République et notre volonté d’y parvenir par nos votes à l’élection présidentielle.

Je m'inscris à la marche du 18 mars

L’issue de cette élection présidentielle est plus imprévisible que jamais. Qui pensait que ni M. Hollande, ni M. Valls, ni M. Juppé, ni M. Sarkozy ne parviendraient à y être candidats ? Ils ont été emportés par la puissante vague « dégagiste » qui traverse notre pays. On nous annonce un deuxième tour écrit d’avance entre Mme Le Pen et M. Fillon. Ou d’autres combinaisons hasardeuses. Tout cela me parait tout aussi illusoire. La colère populaire et la justice pourrait bien encore tout balayer devant elles. Notre responsabilité est donc bien engagée. Le deuxième tour de l’élection présidentielle n’est pas hors de notre portée. Il faut être prêt. Et d’abord prêts à gouverner notre pays. Pour cela, continuons d’ouvrir notre chemin. La clef c’est notre programme qui propose à tous les Français un Avenir en commun plutôt que le chacun pour soi, l’indifférence sociale et écologique, la guerre ethnique ou sociale. Ce 19 février nous allons en donner le chiffrage au cours de cinq heures d’émission en direct sur ma chaine YouTube en interaction avec qui le voudra par le biais des réseaux sociaux. Toute notre équipe sera sur le pont pour répondre aux questions des internautes et des journalistes.

Puis la semaine suivante je serai accueilli par « l’émission politique » sur France 2…

Vous êtes ainsi appelés à prendre la part que vous choisirez dans ces épisodes.

Mais le 18 mars, je veux vous convaincre de donner tout votre appui à l’effort prévu. Soyons des dizaines de milliers dans la rue pour dire notre volonté d’une assemblée constituante pour construire la 6e République démocratique, sociale, écologique dont la France a besoin. Soyons le plus nombreux possible pour rendre incontournable l’exigence du coup de balai démocratique dans la campagne présidentielle. Montrons que nous ne voulons plus que la politique économique et sociale soit décidée par le MEDEF, les actionnaires ou les diktats de la Commission européenne, que la politique écologique soit soumise au bon vouloir des lobbies. L’exigence de démocratie réelle peut fédérer largement ! Proposons autour de nous un changement pacifique et déterminé.

La réussite du 18 mars dépend donc très directement de chacun et chacune d’entre nous. Vous trouverez sur le site jlm2017.fr tous les éléments nécessaires pour mobiliser autour de vous : tracts, affiches, visuels pour les réseaux sociaux etc.

 

France / 18 mars : marche pour la 6e République
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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 20:48

 

Refusons la torture et les viols de femmes détenues au Mexique !

Mexique / Appels / Refusons la torture et les viols de femmes détenues au Mexique !

Tailyn. Victime d’une fausse couche dans le bureau du procureur après un passage à tabac par des policiers. Monica. Battue et violée par 6 policiers devant son mari et son frère. Fernanda. Soumise à des chocs électriques au niveau du vagin.

Les résultats de l’enquête menée par Amnesty International auprès de 100 détenues mexicaines sont terrifiants : 99 d’entre elles ont dit avoir subi des violences physiques ! 72 des violences sexuelles ! 33 assurent avoir été violées !

JE DEVIENS MEMBRE

Il est urgent de dénoncer ces pratiques barbares, généralisées, commises en toute impunité par les forces de sécurité pour obtenir des « aveux » forcés et gonfler les statistiques dans la lutte contre le crime organisé.

La plupart des victimes sont des femmes très pauvres, seules, dans l’incapacité de s’offrir une défense digne de ce nom. Elles sont les proies faciles d’un système répugnant !

Nous avons besoin de vous pour lutter contre ces pratiques intolérables et inhumaines.

En devenant membre d’Amnesty International, vous nous aidez à faire pression pour protéger ces femmes vulnérables et toutes les victimes d’abus dans le monde.

En espérant vous compter parmi nos membres !

 

 

 
  
Camille Blanc
Présidente d'Amnesty International
France

 

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 12:48
International / Défense de Lénine

Cet article fut publié une première fois le 21 janvier 2014, à l’occasion du 90e anniversaire de la mort de Lénine, sur le site In Defence of Marxism.


Il y a 90 ans, le 21 janvier 1924, Vladimir Lénine, le grand marxiste et dirigeant de la révolution russe, est décédé des suites de complications dues à une tentative d’assassinat antérieure. Dès lors, une campagne continue visant à calomnier son nom et déformer ses idées a été lancée, allant des historiens bourgeois et apologistes de la bourgeoisie jusqu’aux différents réformistes, libéraux et groupes anarchistes. Leur tâche est de discréditer Lénine, le marxisme et la révolution russe, tout cela dans les intérêts du règne « démocratique » des banquiers et capitalistes.

Une récente biographie du professeur Robert Service, Lenin, A Political Life, The Iron Ring [simplement Lénine, en version française], affirme que :

« Bien que ce volume tienne à être un récit objectif [!] et multidimensionnel, nul ne peut écrire sur Lénine avec détachement. Son intolérance et sa répression ne cessent de m’horrifier. »

Un autre historien « objectif », Anthony Read, va encore plus loin, affirmant, sans aucune preuve, que Lénine était en minorité au Congrès du Parti de 1903 et qu’il a simplement choisi le nom « bolchevik » (le mot russe pour « majorité »), car « Lénine ne manquait jamais une occasion de favoriser l’illusion du pouvoir. Par conséquent, dès ses tout débuts, le bolchevisme fut fondé sur un mensonge, créant un précédent qui allait être suivi pour les 90 années à venir. »

M. Read continue sa diatribe : « Lénine n’avait pas le temps pour la démocratie, n’avait aucune confiance dans les masses et aucun scrupule dans l’usage de la violence. » (The World on Fire, 1919 and the Battle with Bolshevism, pp. 3-4, Jonathan Cape, 2008)

Il n’y a rien de neuf avec ces fausses affirmations qui s’appuient non pas sur les écrits de Lénine, mais plutôt sur les épanchements des professeurs Orlando Figes et Robert Service, deux « experts » sur les « démons » de Lénine et de la révolution russe. Remplis de haine, ils véhiculent le mensonge selon lequel Lénine aurait créé le stalinisme.

De même, les staliniens, ayant fait de Lénine une icône inoffensive, ont également diffamé ses idées afin de servir leurs crimes et leurs trahisons. La veuve de Lénine, Kroupskaïa, avait l’habitude de citer les paroles de son époux:

« Il est arrivé plus d’une fois dans l’histoire que la doctrine de grands révolutionnaires soit déformée après leur mort. Les hommes en ont fait des icônes inoffensives et, tout en entourant leur nom d'une certaine auréole, ils émoussent le tranchant révolutionnaire de leur doctrine. »

En 1926, Kroupskaïa affirmait que « si Lénine était vivant, il serait certainement dans les prisons de Staline ».

Lénine était sans aucun doute l’un des plus grands révolutionnaires de notre temps, ses efforts culminant avec la victoire d’octobre 1917 et ses écrits transformant le cours de l’histoire mondiale. Pour la révolution socialiste, Lénine est passé de la parole aux actes. Il est devenu, du jour au lendemain, « l’homme le plus détesté et le plus aimé sur terre ».

La jeunesse de Lénine

Né à Simbirsk, près de la Volga, en 1870, Lénine allait vivre les années de grands bouleversements en Russie. Ce pays semi-féodal était dirigé par le despotisme tsariste. L’intelligentsia révolutionnaire, face à ce despotisme, était attirée vers les méthodes terroristes de la Volonté du Peuple (Narodnaya Volya). En effet, le frère aîné de Lénine, Alexandre, fut pendu pour sa participation à la tentative d’assassinat du Tsar Alexandre III.

Suite à cette tragédie, Lénine entra à l’université et fut rapidement expulsé pour ses activités. Cela ne fit qu’augmenter sa soif de politique et l’amena à entrer en contact avec des cercles marxistes. Cela mena à une étude du Capital de Marx, qui circulait alors en petit nombre, puis de l’Anti-Dühring d’Engels.

Il entra en contact avec les exilés du Groupe pour l’Émancipation du Travail, mené par George Plekhanov, le père du marxisme russe, que Lénine regardait comme son père spirituel. Il déménagea, à l’âge de 23 ans, de Samara à Saint-Pétersbourg afin d’y former l’un des premiers groupes marxistes.

« C’est ainsi, entre l’exécution de son frère et son déménagement vers Saint-Pétersbourg, au cours de ces six années de dur labeur à la fois longues et courtes, que fut formé le futur Lénine », explique Trotsky. « Tous les traits fondamentaux de sa personnalité, son regard sur la vie et son mode d’action étaient déjà formés durant l’intervalle entre la dix-septième et la vingt-troisième année de sa vie. »

Des investissements étrangers massifs stimulèrent le développement du capitalisme et permirent l’émergence d’une petite classe ouvrière vierge. L’émergence de cercles d’étude et l’impact des idées marxistes menèrent à des tentatives d’établir un Parti social-démocrate révolutionnaire russe.

Lénine rencontra Plekhanov en Suisse en 1895 et, à son retour, il fut arrêté, emprisonné puis exilé. Le Premier congrès du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR) eut lieu en 1898, mais il y eut un raid policier et les participants furent arrêtés.

Marxisme et bolchevisme

À la fin de son exil, Lénine concentrait ses efforts sur la mise sur pied d’un journal marxiste : Iskra, « L’étincelle ». L’Iskra devait établir le marxisme en tant que force dominante de la gauche. Introduit clandestinement en Russie, le journal servit à unir les cercles en un parti national unifié sur de solides bases politiques et théoriques.

C’est lors de cette période que Lénine écrivit sa célèbre brochure Que faire?, dans laquelle il défendait l’idée d’un parti composé de révolutionnaires professionnels, d’individus dédiés à la cause.

En 1903 se tint le Deuxième congrès du POSDR, qui fut essentiellement le congrès de fondation. C’est là que les camarades de l’Iskra s’établirent comme courant dominant du parti. Cependant, une scission ouverte eut lieu, lors des dernières procédures à propos de questions organisationnelles, entre Lénine et Martov, tous deux éditeurs de l’Iskra. La majorité autour de Lénine allait être connue sous le nom de « bolcheviks », et la minorité autour de Martov sous celui de « mencheviks ».

Plusieurs mythes entourent cette scission qui prit par surprise la plupart des participants, incluant Lénine. Il n’y avait aucun désaccord politique à cette époque. Ceux-ci allaient émerger plus tard seulement. Lénine tenta de réconcilier les factions, mais échoua. Il qualifia plus tard la scission d’« anticipation » de différences importantes qui allaient surgir ultérieurement.

Ces différences émergèrent sur la question des perspectives pour la révolution en Russie. Toutes les tendances voyaient la révolution à venir comme étant « démocratique-bourgeoise » et qu’elle aurait pour tâche de balayer le vieux régime féodal et de paver la voie au développement capitaliste. Les mencheviks, cependant, affirmaient que dans cette révolution, les travailleurs auraient à se subordonner à la direction de la bourgeoisie. Les bolcheviks, quant à eux, croyaient que la bourgeoisie libérale ne pouvait mener à bien la révolution puisqu’elle était liée au féodalisme et à l’impérialisme, et qu’en conséquence les travailleurs devraient mener la révolution avec l’appui des paysans. Ils formeraient ensemble une « dictature démocratique du prolétariat et de la paysannerie », qui provoquerait la révolution socialiste en Occident. En retour, cette révolution viendrait en aide à la révolution russe. Trotsky défendait une troisième position : il était d’accord avec Lénine sur le fait que les travailleurs dirigeraient la révolution, mais il croyait qu’ils ne devraient pas s’arrêter à mi-chemin, mais devraient plutôt continuer avec des mesures socialistes, et commencer la révolution socialiste mondiale. En fin de compte, les événements de 1917 confirmèrent le pronostic de Trotsky, celui de la « révolution permanente ».

L’internationalisme

La Révolution de 1905 fut une manifestation concrète du rôle dirigeant de la classe ouvrière. Tandis que les libéraux se mettaient aux abris, les travailleurs mirent sur pied des soviets, dans lesquels Lénine y vit l’embryon du pouvoir ouvrier. Dans ces conditions, le POSDR grossit énormément et cela fit se rapprocher les deux factions du parti.

La défaite de la Révolution de 1905, cependant, fut suivie d’une période de réaction impitoyable. Le parti faisait face à des difficultés immenses et devenait de plus en plus isolé des masses. Les bolcheviks et les mencheviks s’éloignaient davantage tant au niveau politique qu’organisationnel, jusqu’à ce qu’en 1912 les bolcheviks se constituent en un parti indépendant.

Au cours de ces années, Trotsky était un « conciliateur » entre les bolcheviks et les mencheviks. Il se tenait à l’écart des deux factions tout en prônant « l’unité ». Cette attitude conduisit à d’importants conflits avec Lénine, qui défendait l’indépendance politique des bolcheviks. Ces conflits furent utilisés plus tard par les staliniens pour discréditer Trotsky, et ce malgré l’instruction de Lénine, contenue dans son testament, de ne pas invoquer le passé non-bolchevik de Trotsky contre lui.

Le réveil du mouvement ouvrier après 1912 témoignait d’un appui grandissant aux bolcheviks, qui revendiquaient l’appui de l’écrasante majorité des travailleurs russes. Cette croissance allait cependant être freinée par la Première Guerre mondiale.

La trahison d’août 1914 et la capitulation des dirigeants de la IIe Internationale furent un revers terrible pour le socialisme international. Cela signifiait la mort effective de cette Internationale.

La petite poignée d’internationalistes du monde se regroupa lors d’une conférence antiguerre tenue à Zimmerwald en 1915, où Lénine appela à la formation d’une nouvelle Internationale ouvrière. Ce furent des jours difficiles; les forces du marxisme étaient complètement isolées. Les perspectives révolutionnaires semblaient plutôt sombres en effet. En janvier 1917, Lénine s’adressa à une petite réunion des Jeunesses socialistes suisses à Zurich. Il nota que la situation allait éventuellement changer, mais qu’il ne vivrait pas pour voir la révolution. Et pourtant, un mois plus tard, la classe ouvrière russe renversait le tsarisme et une situation de double pouvoir était créée. En l’espace de neuf mois, Lénine se trouvait à la tête d’un gouvernement de Commissaires du Peuple.

La révolution russe

Alors à Zurich, Lénine passait au peigne fin les journaux afin de se tenir au courant des dernières nouvelles de la Russie. Il vit que les soviets, dominés alors par les dirigeants des socialistes-révolutionnaires (SR) et des mencheviks, avaient rendu le pouvoir au Gouvernement provisoire, mené par le Prince Lvov, un monarchiste. Il envoya immédiatement un télégramme à Kamenev et Staline, qui vacillaient : « Aucun appui au Gouvernement provisoire ! Aucune confiance en Kerensky ! »

Écrivant pendant son exil, Lénine avertit :

« Notre révolution est bourgeoise : aussi les ouvriers doivent-ils soutenir la bourgeoisie, disent les Potressov, les Gvozdev, les Tchkhéidzé, comme le disait hier encore Plekhanov.

Notre révolution est bourgeoise, disons-nous, nous marxistes : aussi les ouvriers doivent-ils ouvrir les yeux au peuple sur les mensonges des politiciens bourgeois, lui apprendre à ne pas croire aux paroles, à compter uniquement sur ses forces, son organisation, son union, son armementvous devez accomplir des prodiges d'organisation prolétarienne et populaire pour préparer votre victoire dans la seconde étape de la révolution. »

Dans sa lettre d’adieux destinée aux travailleurs suisses, Lénine expliqua la tâche clé : « faire de notre révolution le prologue de la révolution socialiste mondiale. »

Lorsque Lénine retourna en Russie le 3 avril 1917, il rédigea ses Thèses d’avril : une seconde révolution russe doit être une étape vers la révolution socialiste mondiale ! Il fit une sortie résolue contre la vieille garde du parti qui retardait sur les événements et il se battit pour réarmer le parti bolchevique.

« Quiconque, aujourd'hui, ne parle que de la ‘‘dictature démocratique révolutionnaire du prolétariat et de la paysannerie’’ retarde sur la vie, est passé de ce fait, pratiquement, à la petite bourgeoisie contre la lutte de classe prolétarienne, et mérite d'être relégué aux archives des curiosités prérévolutionnaires ‘‘bolcheviques’’ (aux archives des ‘‘vieux bolcheviks’’, pourrait-on dire). »

Il réussit à gagner l’appui de la base et put ainsi surmonter la résistance de la direction du parti, qui, ironiquement, l’accusait de « trotskysme ». En réalité, Lénine était arrivé à la position de Trotsky, celle de la révolution permanente, par sa propre voie.

En mai, Trotsky fut de retour en Russie après avoir été emprisonné par les Britanniques au Canada. « Deux ou trois jours après mon arrivée à Petrograd, j’ai lu les Thèses d’avril de Lénine. C’était exactement ce dont la révolution avait besoin », expliqua Trotsky. Sa ligne de pensée était identique à celle de Lénine. Avec l’assentiment de Lénine, Trotsky se joignit à l’organisation interdistrict avec comme objectif de la gagner au bolchevisme. Il entra en collaboration étroite avec les bolcheviks, se décrivant lui-même en tous lieux comme « nous, les bolcheviks-internationalistes ».

La prise du pouvoir

Le 1er novembre 1917, lors d’une rencontre du Comité de Petrograd, Lénine affirma qu’une fois que Trotsky eut été convaincu de l’impossibilité d’une union avec les mencheviks, « il n'y a pas eu de meilleur bolchevik ». Revenant sur la révolution deux ans plus tard, Lénine écrivit : « Au moment de la conquête du pouvoir, lorsque fut créée la République des soviets, le bolchevisme avait attiré à lui tout ce qu'il y avait de meilleur dans les tendances de la pensée socialiste proches de lui. »

« Ce n'est pas Lénine qui est venu à moi, c'est moi qui suis allé à Lénine », affirma Trotsky avec modestie. « Je l'ai rejoint plus tard que bien d'autres. Mais je m'enorgueillis de penser que je ne l'avais pas moins bien compris que les autres. »

Dans les mois qui ont précédé la révolution, Lénine avait appelé les soviets dominés par les mencheviks et les SR à rompre avec les ministres capitalistes et à prendre le pouvoir, ce qu’ils refusèrent obstinément de faire. Cependant, les slogans bolcheviques – Le pain, la terre et la paix ! Tout le pouvoir aux soviets ! – gagnèrent rapidement un appui chez les masses. Les manifestations de masse en juin reflétaient ce virage. Cela incita le nouveau premier ministre Kerensky à lancer une campagne de répression contre les bolcheviks. Les « Journées de juillet » virent les bolcheviks contraints à la clandestinité. Une campagne hystérique fut attisée contre eux, on les traitait « d’agents allemands », ce qui força Lénine et Zinoviev à se cacher et mena aux arrestations de Trotsky, Kamenev, Kollontai et d’autres leaders bolcheviques.

En août, le général Kornilov tenta d’imposer sa propre dictature fasciste. Craignant Kornilov et cherchant désespérément à obtenir de l’aide, le gouvernement remit Trotsky et d’autres bolcheviks en liberté. Les travailleurs et soldats bolcheviques saisirent l’occasion et infligèrent une défaite à la contre-révolution de Kornilov.

Cela fît s’accroître l’appui aux bolcheviks, qui gagnèrent la majorité dans les soviets de Petrograd et de Moscou. « Nous étions les vainqueurs », affirma Trotsky au sujet des élections au Soviet de Petrograd. Cette victoire fut décisive, et représenta un tremplin important vers la victoire d’Octobre.

Lénine, qui se cachait en Finlande, devenait de plus en plus impatient à l’égard des dirigeants bolcheviques. Il craignait que les dirigeants fussent en train de tergiverser. « Les événements nous prescrivent si clairement notre tâche que tout atermoiement devient positivement un crime », expliquait Lénine dans une lettre au Comité central. « Attendre est un crime envers la révolution. » En octobre, le Comité central prit la décision de prendre le pouvoir. Zinoviev et Kamenev votèrent contre et émirent une déclaration publique qui faisait état de leur opposition à toute insurrection et qui enjoignait le parti à se tourner vers l’Assemblée constituante !

Trotsky, en tant que président du Comité militaire révolutionnaire du Soviet de Petrograd, réagit rapidement afin d’assurer un transfert du pouvoir sans heurt, le 25 octobre 1917. La révolution remporta la victoire sans effusion de sang et le jour suivant, le 26 octobre, ses résultats furent annoncés au Deuxième Congrès des Soviets de Russie. Cette fois, les bolcheviks comptaient sur 390 délégués sur un total de 650, soit une majorité claire. En guise de protestation, les mencheviks et les SR de droite claquèrent la porte. Lénine, s’adressant au Congrès, déclara devant les délégués triomphants : « Nous entreprendrons la construction de l’ordre socialiste. » Le Congrès entreprit de mettre sur pied un nouveau gouvernement soviétique avec Lénine à sa tête. Méprisés quelque quatre mois auparavant, les bolcheviks étaient maintenant acclamés par les travailleurs révolutionnaires.

En quelques jours, des décrets furent émis par le gouvernement de Lénine : une proposition de paix et d’abolition de la diplomatie secrète, la terre aux paysans, le droit des nations à l’autodétermination, le contrôle ouvrier et la révocabilité de tous les représentants, l’égalité des hommes et des femmes, et la séparation complète de l’Église et de l’État.

Lorsque le Troisième Congrès des Soviets de janvier 1918 proclama la fondation de la République socialiste fédérative soviétique de Russie, des portions importantes de la Russie étaient toujours occupées par les Empires centraux, les nationalistes bourgeois et les généraux des Armées blanches.

Cinq jours après la révolution, le nouveau gouvernement fut attaqué par des forces cosaques dirigées par le général Krasnov. L’attaque fut repoussée et le général fut livré au gouvernement par ses propres hommes. Cependant, il fut relâché après avoir donné sa parole qu’il ne reprendrait pas les armes. Sans surprise, il brisa cette promesse et se dirigea vers le sud afin de diriger l’Armée blanche cosaque. De manière similaire, une fois libérés du Palais d’Hiver, les militaires cadets organisèrent un soulèvement.

L’an I

La révolution était beaucoup trop généreuse et confiante à ses débuts. « On nous reproche de pratiquer la terreur, mais ce n'est pas la terreur des révolutionnaires français qui guillotinaient des gens désarmés, et j'espère que nous n'irons pas jusque-là », affirma Lénine en novembre. « Je l'espère parce que nous sommes forts. Quand nous appréhendions des gens, nous leur disions qu'ils seraient relâchés s'ils s'engageaient à ne pas saboter. Et l'on prend de tels engagements. »

Cette candeur a été reconnue par Victor Serge, un ancien anarchiste devenu bolchevik, qui écrivit dans son livre L’an I de la révolution russe :

« Les Blancs massacrent les travailleurs de l’Arsenal et du Kremlin : les Rouges libèrent leur ennemi mortel, le général Krasnov, sur parole […]. La révolution a fait l’erreur de se montrer magnanime avec le leader de l’agression cosaque. Il aurait dû être fusillé sur-le-champ. [Au lieu de cela] il put se rendre dans la région du Don et la mettre à feu et à sang. »

Le pouvoir soviétique eut à peine le temps de s’établir que les impérialistes se mirent en marche pour écraser la révolution dans le sang. En mars 1918, Lénine fit déplacer le gouvernement à Moscou puisque Petrograd était devenue vulnérable à une agression allemande.

Peu après, des troupes britanniques atterrirent à Mourmansk accompagnées de forces américaines et canadiennes ; les Japonais posèrent le pied à Vladivostok avec des bataillons britanniques et américains. Les Britanniques saisirent également le port de Bakou afin de mettre la main sur le pétrole. Les forces françaises, grecques et polonaises atterrirent dans les ports d’Odessa et Sébastopol, dans la Mer noire, et se lièrent aux Armées blanches. L’Ukraine fut occupée par les Allemands. Au total, ce sont 21 armées étrangères qui sont intervenues sur différents fronts pour affronter les forces du gouvernement soviétique. La révolution luttait pour sa survie. Elle était cernée, affamée et infestée de conspirateurs.

La Terreur blanche

La direction du parti SR approuvait le principe d’intervention étrangère afin de « restaurer la démocratie ». Les mencheviks tenaient une position contre-révolutionnaire similaire, ce qui les plaçait dans le camp ennemi. Ils collaborèrent avec les Blancs et acceptèrent de l’argent du gouvernement français afin de mener leurs activités.

À l’été 1918, il y eut des tentatives d’assassinat sur Lénine et Trotsky. Le 30 août, on tira sur Lénine, mais il réussit à échapper à la mort. Le même jour, Ouritsky fut assassiné, tout comme l’ambassadeur allemand. Volodarsky fut également tué. Le complot destiné à faire sauter le train de Trotsky fut heureusement déjoué. C’est cette Terreur blanche qui contribua au déclenchement de la Terreur rouge pour défendre la révolution.

La Terreur blanche a été minimisée par les capitalistes, qui mettaient le blâme sur les Rouges. Les atrocités des Blancs « étaient généralement l’œuvre de généraux blancs et de seigneurs de guerre individuels, et n’étaient pas systématiques ou n’entraient pas dans le cadre d’une politique officielle », explique Anthony Read afin d’excuser ces atrocités. « Mais elles égalaient et parfois surpassaient celles de la Terreur rouge. » Dans les faits, en tant que stratégie, la Terreur blanche surpassait toujours la Terreur rouge en termes de brutalité, ce qui est dans la nature des forces contre-révolutionnaires.

De manière intéressante, Read poursuit en décrivant les méthodes du baron Roman Von Ungern-Sternberg. « Aucun bolchevik, par exemple, n’aurait pu égaler le baron Roman Von Ungern-Sternberg, général blanc germano-balte né en Estonie, qui fut envoyé par le Gouvernement provisoire en Extrême-Orient russe, où il proclama être la réincarnation de Gengis Khan et fit tout ce qu’il put pour surpasser le conquérant mongol en termes de brutalité. Antisémite fanatique, il déclara en 1918 qu’il avait l’intention d’exterminer tous les Juifs et les Commissaires de Russie, une tâche dont il s’acquitta avec un grand enthousiasme. Il encourageait ses hommes à massacrer tous les Juifs se trouvant sur leur passage en utilisant diverses méthodes toutes aussi brutales les unes que les autres, comme de les écorcher vifs. Il est aussi reconnu pour avoir mené des chevauchées de terreur nocturne en traînant des torches humaines à cheval au galop à travers la steppe, et pour avoir promis de ‘‘faire une avenue de pendus s’étirant de l’Asie jusqu’à l’Europe’’. »

C’était là le sort qui attendait les travailleurs et les paysans russes si la contre-révolution avait remporté la victoire. C’est ce qui est arrivé à Spartacus et son armée d’esclaves lorsqu’ils sont tombés aux mains de l’État esclavagiste romain. L’alternative au pouvoir soviétique n’était pas la « démocratie », mais la brutale et sanguinaire barbarie fasciste. C’est pourquoi tous les efforts de l’Armée rouge et de la Tcheka furent déployés afin de remporter la guerre civile et défaire la contre-révolution.

Le gouvernement soviétique n’avait d’autre choix que de combattre le feu par le feu, et de lancer un appel révolutionnaire aux troupes des armées étrangères. Comme l’expliqua Victor Serge :

« Les masses laborieuses utilisent la terreur contre les classes minoritaires de la société. Elles ne font que terminer le travail des forces politiques et économiques nouvelles. Lorsque des mesures progressistes rallient des millions de travailleurs à la cause de la révolution, la résistance des minorités privilégiées n’est pas difficile à briser. La Terreur blanche, en revanche, est réalisée par ces minorités privilégiées contre les masses laborieuses, lesquelles doivent être massacrées, décimées. Les Versaillais (le nom donné aux forces contre-révolutionnaires ayant écrasé la Commune de Paris) ont tué en une seule semaine à Paris plus de personnes que la Tcheka en trois ans dans toute la Russie. »

Une période de « communisme de guerre » fut imposée aux bolcheviks, une période où le grain était réquisitionné de force aux paysans afin de nourrir les travailleurs et les soldats. L’industrie, ravagée par le sabotage, la Guerre mondiale et la guerre civile, était dans un état d’effondrement complet. Le blocus impérialiste paralysait tout le pays. La population de Petrograd tomba de 2 400 000 habitants en 1917 à 574 000 en août 1920. La typhoïde et le choléra tuèrent des millions de personnes. Lénine qualifia cette situation de « communisme dans une forteresse assiégée ».

Le 24 août 1919, Lénine écrivait : « l’industrie est au point mort. Il n’y a pas de nourriture, pas de pétrole, pas d’industrie. » Face au désastre, les soviets ont dû compter sur les sacrifices, le courage et la volonté de la classe ouvrière pour sauver la révolution. En mars 1920, Lénine affirmait que « la détermination de la classe ouvrière, son adhérence inflexible au mot d’ordre ‘‘plutôt mourir que capituler !’’ n’est pas qu’un facteur historique, il est le facteur décisif de la réussite ».

Les conséquences de la guerre civile

Sous la direction de Lénine et de Trotsky, qui avait organisé l’Armée rouge à partir de rien, les soviets remportèrent la victoire, mais au prix de très lourds sacrifices. Les pertes humaines au front, la famine, les maladies, tous ces facteurs s’ajoutèrent à l’effondrement économique.

À la fin de la guerre civile, le gouvernement bolchevique fut forcé de faire un pas en arrière et d’introduire la Nouvelle politique économique (NEP). Elle permettait aux paysans de disposer de leurs surplus de grains sur le libre marché et contribua à la croissance de fortes tendances capitalistes, à travers l’émergence des Nepmen et des koulaks. C’était seulement un moment de répit.

Considérant le bas niveau culturel – 70% de la population était analphabète – le régime soviétique devait s’appuyer sur les anciens officiers, fonctionnaires et administrateurs tsaristes, qui étaient opposés à la révolution. « Si l’on gratte n’importe où la surface de l’État soviétique, l’on trouvera partout le vieil appareil d’État tsariste en dessous », affirma sans détour Lénine. Avec l’isolement continu de la révolution, il s’agissait là d’un grand danger d’une dégénérescence bureaucratique de la révolution. La classe ouvrière était systématiquement affaiblie par la crise. Les soviets cessèrent simplement de fonctionner et, dans cette situation, les carriéristes et les bureaucrates remplirent le vide.

Malgré des mesures mises en place pour combattre la menace bureaucratique, la seule planche de salut pour la révolution résidait dans la victoire de la révolution mondiale qui aurait permis une assistance matérielle de l’Occident.

Au début de 1919, Lénine avait fondé la IIIe Internationale comme outil afin de répandre la révolution à l’international. C’était l’école du bolchevisme. Des partis communistes de masse furent établis en Allemagne, en France, en Italie, en Tchécoslovaquie et dans d’autres pays.

Malheureusement, la vague révolutionnaire ayant suivi la Première Guerre mondiale fut vaincue. La révolution en Allemagne en 1918 fut trahie par les sociaux-démocrates. Les jeunes républiques soviétiques en Bavière et en Hongrie furent écrasées dans le sang par la contre-révolution. La vague révolutionnaire d’occupations d’usines en Italie en 1920 avait également été vaincue. Encore une fois, en 1923, tous les yeux étaient rivés sur l’Allemagne, qui était au beau milieu d’une crise révolutionnaire. Cependant, les mauvais conseils fournis par Zinoviev et Staline menèrent à une défaite tragique.

Cela porta un coup terrible au moral des travailleurs russes, qui avaient tenu bon jusque-là. En même temps, la défaite renforça la réaction bureaucratique dans l’État et le Parti. Une fois Lénine réduit à l’impuissance après une série d’attaques cérébrales, Staline émergea progressivement comme figure de proue de la bureaucratie. En fait, le dernier combat de Lénine fut mené en bloc avec Trotsky contre Staline et la bureaucratie. Staline battit en retraite, mais une nouvelle attaque cérébrale laissa Lénine paralysé et muet.

Juste avant cette attaque, Lénine avait écrit un testament. Dans ce document, il affirme que Staline, « devenu secrétaire général [ce à quoi Lénine s’opposait – RS], a concentré entre ses mains un pouvoir illimité, et je ne suis pas sûr qu'il puisse toujours s'en servir avec assez de circonspection. D'autre part, le camarade Trotsky […] ne se fait pas remarquer seulement par des capacités éminentes. Il est peut-être l'homme le plus capable de l'actuel Comité central ». Lénine mit en garde contre le danger d’une scission dans le parti.

Le stalinisme

Deux semaines plus tard, Lénine ajouta un complément à son testament après que Staline eut grossièrement invectivé et harcelé Kroupskaïa pour avoir aidé Trotsky et d’autres à communiquer avec Lénine. Lénine rompit toutes relations personnelles avec Staline. « Staline est trop brutal, et ce défaut parfaitement tolérable dans notre milieu et dans les relations entre nous, communistes, ne l'est plus dans les fonctions de secrétaire général », affirma-t-il. Il demanda instamment que Staline soit démis de ses fonctions à cause de sa déloyauté et de sa tendance à abuser du pouvoir.

Mais le 7 mars 1923, Lénine subit une autre attaque cérébrale qui le rendit totalement invalide. Il allait demeurer dans cet état jusqu’à sa mort, le 21 janvier 1924. Le retrait de Lénine de la vie politique donna à Staline un pouvoir accru, qu’il utilisa à son plein avantage, en particulier pour supprimer le testament de Lénine.

C’est sur les épaules de Trotsky que reposait alors la tâche de défendre l’héritage de Lénine, que Staline était en train de trahir. La victoire du stalinisme est essentiellement due à des facteurs objectifs, avant tout l’effroyable arriération économique et sociale de la Russie, ainsi que son isolement.

La défaite ultérieure de la révolution mondiale en Grande-Bretagne, et particulièrement en Chine, eut pour conséquence de démoraliser davantage les travailleurs russes, épuisés par des années de luttes. Sur la base de cette terrible fatigue, la bureaucratie, menée par Staline, consolida son emprise. Le corps de Lénine, malgré les protestations de sa veuve, fut placé dans un mausolée.

C’est un mensonge monstrueux que de laisser entendre que le stalinisme est le prolongement du régime démocratique de Lénine, comme le disent les apologistes du capitalisme. En réalité, une rivière de sang sépare les deux. Lénine fut l’initiateur de la révolution d’Octobre ; Staline en fut le fossoyeur. Tous deux n’avaient rien de commun.

Nous terminerons cet hommage avec les justes paroles de Rosa Luxemburg :

« Tout ce qu'un parti peut apporter, en un moment historique, en fait de courage, d'énergie, de compréhension révolutionnaire et de conséquence, les Lénine, Trotsky et leurs camarades l'ont réalisé pleinement. L'honneur et la capacité d'action révolutionnaire, qui ont fait à tel point défaut à la social-démocratie, c'est chez eux qu'on les a trouvés. En ce sens, leur insurrection d'Octobre n'a pas sauvé seulement la révolution russe, mais aussi l'honneur du socialisme international. »

90 ans après sa mort, nous rendons hommage à ce grand homme, à ses idées et son courage. Lénine combinait la théorie avec l’action et personnifiait la révolution d’Octobre. Lénine et les bolcheviks ont changé le monde ; notre tâche, en cette époque de crise du capitalisme, est de terminer le travail.

 

http://www.marxiste.org/theorie/histoire-materialisme-historique/2111-en-defense-de-lenine

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 12:22

La défaite de Manuel Valls à la primaire du PS a été célébrée, ou au moins appréciée, très au-delà des 1,2 million d’électeurs de Benoit Hamon. L’ex-Premier ministre est l’un des représentants les plus conséquents de la ligne droitière, pro-capitaliste, de la direction du Parti Socialiste. Lors de la primaire du PS de 2011, il fut très minoritaire : 5,6 % des suffrages. Malgré cela, le président Hollande lui confia d’abord le Ministère de l’Intérieur, puis Matignon. La logique de cette promotion était claire : face à la profonde crise du capitalisme, la classe dirigeante française exigeait de sévères contre-réformes – et donc, pour les mener, un chef du gouvernement doté d’une certaine poigne, d’un cynisme sans faille et d’un dévouement total à la cause du grand Capital. Bref, Manuel Valls.

Le voilà désormais relégué au second plan de la vie politique, au moins pour quelques mois. Tant mieux. Mais Manuel Valls ne représentait que l’avant-garde d’une longue dérive droitière de l’ensemble de la direction du PS. La politique antisociale du gouvernement Hollande avait le soutien de l’écrasante majorité des parlementaires « socialistes ». Quant à l’aile gauche du PS, elle suivait la droite comme son ombre. Elle était lâche et inconséquente. Les prétendus « frondeurs » protestaient, multipliaient les communiqués, exhortaient Hollande à mener une politique moins brutale – puis, le moment venu, rangeaient leurs frondes et votaient les textes réactionnaires du gouvernement (notamment les budgets). Lorsqu’ils poussaient la mauvaise humeur jusqu’à menacer de ne pas voter certains textes (lois Macron, loi Travail), Manuel Valls pouvait recourir au 49-3 avec l’assurance que les frondeurs ne voteraient pas de motion de censure. Tel est le pathétique bilan de la « gauche du PS », ces cinq dernières années.

Benoit Hamon ne fut pas un plus vigoureux opposant à la politique de François Hollande. En fait, pendant deux ans, il ne s’y opposa pas le moins du monde. Ministre de mai 2012 à septembre 2014, il défendait alors publiquement la politique du gouvernement, qui fut pourtant d’emblée marquée par un renoncement aux engagements de campagne et un alignement sur les intérêts du « monde de la finance ». De concert avec Arnaud Montebourg, Hamon fit même pression pour chasser Jean-Marc Ayrault de Matignon et le remplacer par Manuel Valls. Les deux conjurés furent récompensés par de plus importantes fonctions ministérielles. Mais nous l’avons dit : la promotion de Valls découlait de facteurs bien plus puissants que ce type de manœuvres. Elle annonçait une accélération de la politique droitière du gouvernement. Cinq mois plus tard, Hamon et Montebourg, qui commençaient à murmurer quelques critiques subliminales, furent lâchés par Valls et limogés par Hollande. En un sens, ils étaient les victimes collatérales de leurs propres magouilles.

En attendant la primaire du PS, Montebourg fréquenta les milieux patronaux. De son côté, Benoit Hamon intégra les rangs assoupis des députés « frondeurs », dont il adopta immédiatement les rites : protestations verbales le matin, vote de textes réactionnaires le soir. Mais dans le même temps, il eut tout le loisir d’apprécier la chute interminable du gouvernement et de la direction du PS dans l’opinion, ce qui lui ouvrait la possibilité de percer à la primaire. Comme ministre, il avait été moins exposé que Montebourg. Hollande et Valls étaient carbonisés. Il y avait donc une voie. Hamon bricola un programme « de gauche » et, sur la vague du rejet massif de Manuel Valls, remporta facilement la primaire.

Le « rassemblement » des carriéristes

Depuis, une injonction sature l’espace : « la gauche doit se rassembler ! » Cette formule creuse est répétée en boucle par Benoit Hamon, ses proches, la grande majorité des députés « socialistes », le gouvernement, les dirigeants écologistes et, lamentablement, la direction du PCF. Rassembler quoi, au juste ? Quelles forces ? Sur quel programme ? Dans quelle perspective ? Aucun des chantres du rassemblement ne pose clairement ces questions, car cela révèlerait le caractère frauduleux de toute l’affaire.

Benoit Hamon et ses proches se félicitent d’avoir déjà « rassemblé » une très grande majorité des députés socialistes. Mais tous ont voté la politique réactionnaire du gouvernement, pendant cinq ans, et nombre d’entre eux soutenaient Manuel Valls à la primaire. S’ils se « rassemblent » derrière Benoit Hamon, c’est par pur pragmatisme : à ce stade, ils considèrent que c’est la meilleure option du point de vue de leur candidature aux élections législatives de juin prochain. Il n’y a pas la moindre différence de principe entre ceux qui font ce calcul et ceux qui rallient Macron. Certains pourraient d’ailleurs changer d’option en cours de route, suivant l’évolution de la situation. Magnifique « rassemblement », en vérité !

Le programme sur lequel Benoit Hamon a remporté la primaire du PS est rejeté par l’écrasante majorité de l’appareil et des parlementaires du PS. Ils ont par exemple soutenu la loi Travail, que le vainqueur de la primaire propose d’abroger. Ont-ils changé d’avis sur le sujet ? Bien sûr que non. Mais Benoit Hamon ne leur en demande pas tant. Au lieu de s’appuyer sur sa victoire pour lancer une lutte sérieuse contre la droite du PS, il propose d’amnistier celle-ci de ses crimes récents sous couvert de « rassemblement de la gauche ». Ce faisant, Benoit Hamon expose l’inconsistance de ses propres idées, qui apparaissent comme les variables d’ajustement de combinaisons parlementaires et bureaucratiques.

Fort d’avoir ainsi « rassemblé le PS », c’est-à-dire la plupart de ses carriéristes, Benoit Hamon insiste pour que Jean-Luc Mélenchon monte dans cette galère. Le candidat de la France insoumise a décliné l’invitation au naufrage. Il a mille fois raison de se tenir à l’écart de cette immense tambouille. La jeunesse et les travailleurs qui cherchent une alternative au capitalisme en crise ont besoin, non de manœuvres et de « rassemblements » sans principes, mais de clarté politique !

Hamon et Mélenchon

La campagne de Jean-Luc Mélenchon a déjà gagné le soutien de la fraction la plus consciente et la plus radicalisée de la jeunesse et du mouvement ouvrier. Ces éléments ne tomberont pas dans le piège du « rassemblement » de tout et son contraire. Par ailleurs, la campagne de Hamon va être lestée par le simple fait qu’il se présente sous l’étiquette du PS : de très nombreux électeurs qui avaient voté pour François Hollande, en 2012, ne veulent plus entendre parler de ce parti. De manière générale, la période actuelle est marquée par une extrême volatilité de l’opinion. Le potentiel électoral de Mélenchon est donc aussi important aujourd’hui qu’avant la primaire du PS.

Mélenchon et les dirigeants de la France insoumise doivent – comme ils le font – démasquer les manœuvres hypocrites des dirigeants du PS, qu’il s’agisse de Benoit Hamon ou de l’aile droite du parti. Ils doivent aussi rappeler dans le détail ce que fut le parcours récent du candidat du PS, depuis sa participation au gouvernement, entre 2012 et 2014, jusqu’à ses activités de « frondeur » sans fronde – et notamment ses votes à l’Assemblée nationale. Il y a là tout un travail pédagogique à mener, car il ne faudra pas trop compter sur Benoit Hamon lui-même pour expliquer d’où il vient et où il va.

Bien sûr, il faut aussi critiquer le programme de Benoit Hamon, qui est nettement plus modéré et confus que celui de la France insoumise. Mais ici, force est de constater qu’un nombre significatif de jeunes et de travailleurs de gauche considèrent ces deux programmes comme assez proches, somme toute. Cette idée donne de l’eau au moulin du « rassemblement ». Il y a là une difficulté que l’on ne pourra pas lever simplement en détaillant les différences concrètes entre L’Avenir en commun et le programme de Hamon. En effet, la plupart des jeunes et des travailleurs regardent les programmes « de loin », pour ainsi dire, sans entrer dans tous les détails. Et si, de ce point de vue, nombre d’entre eux ont le sentiment que les deux programmes sont assez proches, c’est précisément parce qu’ils le sont, sous un certain rapport. Dans les deux cas, en effet, il s’agit d’un ensemble de réformes progressistes (excepté le « revenu universel », qui ne l’est pas). Prises dans leur globalité, ces réformes vont dans la bonne direction, mais ne marquent pas de rupture avec le système capitaliste. Autrement dit, ces deux programmes sont réformistes – et ce alors que la faillite du capitalisme appelle une transformation radicale, révolutionnaire, de la société.

En complétant son programme par des mesures visant à briser le pouvoir économique des grands capitalistes – ce qui suppose leur expropriation –, la France insoumise ferait d’une pierre deux coups : d’une part, elle se distinguerait clairement du réformisme de Benoit Hamon ; d’autre part, elle se donnerait les moyens de mettre en œuvre les mesures progressistes de son programme, si elle prend le pouvoir, car ces mesures ne pourront pas être réalisées dans le cadre du capitalisme en crise.

 

http://www.marxiste.org/actualite-francaise/politique-francaise/2113-benoit-hamon-et-la-farce-du-rassemblement-de-la-gauche

 

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 11:57

Ce lundi 6 février à 20h30 nous reprendrons au théâtre :

 

« La situation de la classe laborieuse en Angleterre » de Engels

 

Ce sera au Théâtre de Nesle (8 rue de Nesle à Paris – 75006 / Métro : Odéon ou Pont Neuf),

 

Texte dit : Geoffroy Guerrier ; adaptation et mise en scène Olivier Hueber (durée 1h).

 

Pour prolonger la réflexion, nous aurons le plaisir d'accueillir le philosophe Georges Gastaud qui dialoguera avec le public après la représentation.

 

Tarifs : plein 15 euros ; réduit 13 euros ; Groupe plus de 10 personnes : 10 euros

Billetreduc : 10 euros

Réservations : 01 46 34 61 04

 

Cordialement,

Olivier Hueber

 

« Engels, jeune bourgeois allemand, part pour l'Angleterre en 1842 pour travailler dans une filature appartenant à son père. Il découvre les ravages d’une Révolution Industrielle qui plonge les ouvriers dans une grande misère. Révolté, il décide de relater ce qui s’étale devant ses yeux “ afin de faire connaître au monde civilisé la dégradante situation où il leur faut vivre ”. Ce sera La situation de la classe laborieuse en Angleterre ... un livre, qui encore aujourd'hui nous interpelle par sa ferveur et sa brûlante actualité! »

 

France / Théâtre / « La situation de la classe laborieuse en Angleterre » de Engels
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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 21:24
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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 20:06

Déclaration du Parti de la démondialisation (Pardem)

 

Le 31 janvier 2017.

 

Avec la désignation de Benoît Hamon comme candidat du Parti socialiste, le paysage du premier tour de l’élection présidentielle est désormais campé. Le combat va maintenant s’organiser pour la présence au second tour.

 

Sauf accident pour l’instant imprévisible, Madame Le Pen devrait y figurer. Face à elle se trouvera le probable futur président de la République : Monsieur Fillon s’il parvient à se sortir du bourbier dans lequel il s’est mis, ou Monsieur Macron, soutenu indéfectiblement par les grands médias et l’establishment, si l’électorat de gauche applique la règle du « moins pire ». Pour jouer ce rôle Monsieur Hamon n’est pas calibré, et encore moins Monsieur Mélenchon. Ces deux derniers, à coup presque sûr, ne seront pas au deuxième tour et ne passeront pas devant Monsieur Macron.

 

Benoît Hamon, logiquement, a tendu la main à l’écologiste Yannick Jadot, bien à la peine, et à Jean-Luc Mélenchon : « je leur proposerai de construire ensemble une majorité gouvernementale cohérente et durable pour le progrès social, écologique et démocratique ». Monsieur Mélenchon a dit non, le PCF a dit oui. Son porte-parole, Olivier Dartigolles, juge que « la victoire de M. Hamon, avec des propositions s’inscrivant dans le débat pour une alternative de gauche au hollandisme, est une bonne nouvelle pour la gauche tout entière ». Il a ajouté « Oui, on va discuter avec toute la gauche anti-austérité. »

 

On retrouve ainsi un parfum de « gauche plurielle ». Tel était le nom du gouvernement socialiste du Premier ministre Lionel Jospin, comprenant des ministres communistes et écologistes, et… Monsieur Mélenchon. C’est ce gouvernement (1997-2002) qui détient le record des privatisations et qui déboucha sur l’élimination de Lionel Jospin du deuxième tour de la présidentielle, et l’appel de toute la gauche à voter… Chirac !

 

La décrépitude méritée de la gauche est telle que des problèmes similaires se posent à elle aujourd’hui. Car le vote pour le premier tour de la présidentielle doit être éclairé par les duels possibles du second tour, les législatives qui suivront et leur lendemain.

 

Trois possibilités crédibles se dessinent pour le second tour : Le Pen – Fillon ; Le Pen – Macron ; Fillon – Macron. Le reste n’est que chimères.

 

Dans l’hypothèse d’un duel Le Pen – Fillon, que va faire la gauche ? Appellera-t-elle, comme en 2002, à voter pour le « moins pire » ? Acceptera-telle d’être accusée de faire le jeu du FN ou refusera-t-elle de participer à une élection qui a tout de la mascarade ?

 

Dans l’hypothèse d’un duel Le Pen – Macron, que va faire la gauche ? Appellera-t-elle à voter pour le « moins pire » des « moins pire » (après tout Monsieur Macron a fait partie du gouvernement socialiste) ? Acceptera-telle d’être accusée de faire le jeu de l’establishment ou refusera-t-elle de participer à une élection qui ressemblera à un piège ?

 

Dans l’hypothèse d’un duel Fillon – Macron, que va faire la gauche ? Appellera-t-elle à voter pour le candidat de l’establishment ou refusera-t-elle de participer à une élection sans enjeu ?

 

Les électeurs aimeraient connaître les positions respectives de Messieurs Jadot, Hamon et Mélenchon.

 

Dans tous les cas, la gauche est dans l’impasse. Cette élection est déjà perdue pour elle, voter pour ses candidats, quels qu’ils soient, au premier ou au second tour, ne présente aucun intérêt.

 

Le seul candidat pouvant apporter un souffle d’air frais sur ce marigot est Jacques Nikonoff, candidat du Rassemblement pour la démondialisation. Il montre le caractère obsolète du clivage gauche – droite et met en avant le vrai clivage d’aujourd’hui, celui entre les classes dominantes et le peuple, entre les mondialisateurs, actifs ou consentants, et les démondialisateurs. Car tous ces candidats et partis qui se disputent le pouvoir ont un point commun, celui d’accepter en réalité la mondialisation néolibérale et les trois piliers sur lesquels elle repose : le libre-échange, la globalisation financière, les institutions supranationales qui tuent la souveraineté des nations et la démocratie. Aucun d’entre eux, par exemple, ne veut sortir immédiatement et unilatéralement de l’euro et de l’Union européenne. Si par malheur ils accédaient au pouvoir, au-delà de différences minimes, ils poursuivraient la même politique menée depuis quarante ans.

 

Il faut donc utiliser l’élection présidentielle et les élections législatives comme un moment de construction de la force qui remplacera ce théâtre d’ombres, celle des démondialisateurs. La priorité est donc à la collecte des parrainages pour permettre à Jacques Nikonoff, censuré par les grands médias, de participer à la présidentielle. La priorité est aussi au succès des candidats du Parti de la démondialisation aux élections législatives.

 

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 14:16

 

jeudi 26 janvier 2017
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Antonio Gramsci voyait le processus révolutionnaire comme la succession de guerres de position et de guerres de mouvement. Or la guerre de position pour lui est aussi une guerre culturelle. Ainsi, lorsque notre adversaire – l’oligarchie capitaliste – met en cause un fondement conquis par nos anciens, il faut au minimum être présent pour mener la résistance mais il faut aussi mener le combat pour une nouvelle hégémonie. Ce n’est qu’ensuite qu’il est possible de passer à l’offensive.
La résistance contre la loi El Khomri a été au rendez-vous face à la mise en cause des conquis sociaux d’hier, mais la contestation culturelle n’a pas suivi cette mobilisation. C’est là que réside une faiblesse majeure du mouvement social et politique français.

La nouvelle séquence de la période néolibérale

L’extrême droite a recentré son discours sur une ligne nationale-populiste (tout à fait compatible avec le mouvement réformateur néolibéral) pour tenter de bénéficier des voix des couches populaires délaissées par les néolibéraux de droite et de gauche, mais aussi par la gauche de la gauche.

La droite de Fillon a passé un accord avec l’extrême droite catholique de la Manif pour tous et de son parti politique « Sens commun », seule possibilité pour elle de gagner la primaire de droite.

La décomposition de l’appareil solférinien devient patente. La stratégie de type Terra novaqui vise à abandonner les couches populaires et à tenter une majorité avec les couches moyennes minoritaires et les groupes discriminés a fait faillite.

Les tenants de la maison solférinienne tentent de façon pathétique d’éviter la décomposition de leur parti en jouant la carte des frondeurs socialistes avec des idées solubles dans le système, comme cette fausse bonne idée de revenu universel dont les néolibéraux sont en train de se saisir. Il est cependant probable qu’ils subiront malgré tout la même vague de recul que leurs congénères européens. Car les mêmes causes produisent les mêmes effets. Les deux primaires de gauche, celle des socialistes et celle d’EELV, ne sont-elles pas les primaires pour choisir ceux qui seront en 5et 6e position du premier tour de la présidentielle ?

Emmanuel Macron quant à lui tente, avec un discours contestataire de façade contre les « élites », un syncrétisme entre les gagnants de la mondialisation néolibérale et tous ceux qui en restent à une indignation tout hesselienne et qui croient encore à un altercapitalisme plus moral. Son discours européiste lui permet conjoncturellement de rassembler  d’anciens électeurs socialistes, pseudo-centristes à la Bayrou et même d’anciens électeurs de droite plus favorables à Juppé.

La décomposition de l’extrême gauche, de la gauche de la gauche (altermondialistes et altercapitalistes keynésiens, ex-comités anti-libéraux, ex-Front de gauche appareil du PCF compris, trop compromis soit dans des alliances avec les solfériniens soit avec les communautarismes réactionnaires locaux) que nous avons largement analysée dans ReSPUBLICA s’est accélérée.

Seule la France insoumise de JLM 2017 permet un espoir d’un score à deux chiffres à la présidentielle en évitant une bérézina complète de la gauche française.

Cela dit, même si le dépassement du candidat solférinien par Jean-Luc Mélenchon est de plus en plus envisageable, tenter d’atteindre le deuxième tour lui demanderait de prendre un discours plus mobilisateur pour la majorité des couches populaires abstentionnistes (60 % de la classe populaire ouvrière et employée, donc 30 % du corps politique des citoyens) par une contestation encore plus vive du système d’exploitation dans les rapports de production, provoquant chômage et précarité, de l’Union européenne, de la zone euro (encore un effort pour passer du plan A/B au plan C !)1, des communautarismes coupables y compris dans les quartiers populaires, de l’école telle qu’elle est, des services publics abandonnés, d’une protection sociale de plus en plus ouverte aux prédateurs, de la souffrance au travail et dans la précarité, etc. Cela demande d’accentuer la revendication de l’abaissement du temps de travail hebdomadaire, de la nécessaire réindustrialisation de la France, de la critique de la démocrature pour promouvoir enfin la démocratie jusqu’à et y compris dans l’entreprise comme nous le proposons dans un ouvrage sur la République sociale (voir la librairie militante, sur ce site), etc. Cela demanderait aussi de promouvoir avec l’idée de la Constituante, la promotion d’un modèle politique alternatif anticapitaliste global de type République sociale.

L’état de la France des travailleurs est sans appel

Prenons le cas de l’école. Sarkozy avait fait accroître la part de l’école privée confessionnelle à la rentrée en sixième. Hollande a poursuivi ce chemin en faisant le jeu du privé par ses réformes dites des rythmes scolaires où il remplace des enseignants par des animateurs Bafa. À noter que c’est Benoît Hamon qui fut à la tâche pour la mise en orbite de cette régression. Il suffit pour cela de consulter les études du Ministère lui-même.

Bien évidemment, tout cela s’accompagne de l’augmentation des financements publics à l’école privée confessionnelle. Idem pour l’accroissement des inégalités sociales scolaires. Idem pour l’évacuation de plus en plus affichée des contenus dans les programmes et, par le biais de l’enseignement par compétences, leur mise en conformité avec les exigences des intérêts de l’oligarchie, idem pour la mise en conformité des programmes aux exigences des intérêts de l’oligarchie, idem pour la chute de la mobilité sociale, idem pour les 100.000 élèves qui sortent sans diplômes ni qualifications du cursus scolaire, idem avec le soutien médiatique des écoles privées patronales de type Espérance banlieue pratiquant des programmes de régression scolaire soutenus par une défiscalisation des dons décidée par l’Etat, etc.

Prenons la croissance des inégalités sociales de santé, l’incapacité du système de santé de continuer son travail habituel lorsqu’il y a une épidémie de grippe, la croissance des restes à charge et des refus de soins pour causes financières, la poursuite de la privatisation de la Sécurité sociale, la montée des dépassements d’honoraires, la baisse continuelle des retraites, des prestations logement et des prestations sociales, la croissance de la misère, de la pauvreté (+ 1 million sur le quinquennat d’Hollande), du chômage (plus de 6,5 millions de chômeurs en comptant bien sûr sur les catégories A, B, C, D, E et non seulement  la catégorie A) et de la précarité.

Selon Oxfam, en France, 21 personnes détiennent autant que les 40 % les plus pauvres. C’est une course-poursuite par rapport au monde entier où le rapport est de 8 personnes qui détiennent autant que les 50 % les plus pauvres.
Et c’est pareil pour d’autres pays développés. D’après la World Wealth and Income Database, une étude d’Emmanuel Saez et Gabriel Zucman montre que : la part des 50 % des Américains les plus pauvres est passée de 20 % à 12 % du revenu national entre 1980 et 2014, alors que la part des 1 % les plus riches passait dans le même temps de 11 % à 20 %. Concrètement, le revenu moyen annuel des 50 % les plus pauvres a stagné autour de 16 000 dollars par adulte (en dollars constants 2015), alors que le revenu moyen des 1 % les plus riches est passé de 27 fois à 81 fois ce montant, c’est-à-dire d’un peu plus de 400 000 dollars en 1980 à plus de 1,3 million de dollars en 2014.

La France a eu en 2014, d’après Eurostat, 8,8 % de bas salaires (sont considérés comme tels par Eurostat ceux qui sont inférieurs à deux tiers ou moins du salaire horaire national brut médian). C’est plus que les 2,6 %  de la Suède, les 3,8 % de la Belgique, les 5,3 % de la Finlande mais moins que les 15,9 % de la zone euro et les 17,2 %  de l’Union européenne. À noter les chiffres pour la Lettonie (25,5 %), la Roumanie (24,4 %), la Pologne (23,6 %), l’Allemagne (22,5 %), le Royaume Uni (21,3 %), l’Irlande (21,6 %, les Pays-Bas (18,5 %). Et environ 15 %  pour les pays du sud de l’Europe (non compris la Grèce car les relevés n’ont pu être effectués).

Précisons que la productivité (PIB/nombre d’heures travaillées), calculée par l’OCDE2 est d’environ 55 euros pour l’Allemagne, la France et les Etats-Unis (42 euros pour la Grande-Bretagne et l’Italie). Cela montre, si l’on relie ce chiffre à la série précédente, que l’Allemagne, qui est encensée par les médias néolibéraux, est plus inégalitaire que la France. D’autre part, cette productivité est près de trois fois supérieure (20 euros) à son niveau de 1970, ce qui montre une impressionnante intensification du travail par le mouvement réformateur néolibéral. Ajoutons que ce chiffre de la productivité française est sans doute optimiste car, comme la France a un taux de chômage plus élevé que les États-Unis et l’Allemagne, on remarque un décrochage français dû à la forte augmentation du chômage de personnes peu qualifiées ; il faudrait alors faire une correction des séries utilisées. Cette faiblesse pourrait s’expliquer par la faiblesse du taux de recherche-développement en France et par l’effondrement de son système éducatif, professionnel compris.

Que faire ?

Une vidéo qui constitue un extraordinaire cours de lutte de classe et fait actuellement le buzz dans la mouvance CGT sur les réseaux sociaux montre Fillon s’adressant aux patrons pour préparer la guerre sociale qui devrait suivre son élection. Si Fillon gagne la présidentielle, ce qui n’est pas une hypothèse d’école malheureusement, c’est bien le mouvement syndical revendicatif qui sera en première ligne.
Notre rôle sera alors de mener à ses côtés la campagne pour une nouvelle hégémonie culturelle avec nos outils d’éducation populaire refondée, à modifier d’ailleurs au préalable pour les rendre plus efficaces.

 

  1. Le plan A est le plan des européistes qui estiment que l’UE et la zone euro peut permettre une politique progressiste suite à une simple mobilisation importante.
    Le plan B est le plan de ceux qui estiment souhaitable et possible de quitter à tout moment la zone euro et l’UE par une simple mobilisation volontaire.
    Le plan A/B est le plan de ceux qui veulent commencer par demander un changement des traités et en cas de refus (pourrait-il en être autrement quand on sait que l’Allemagne vieillissante doit se procurer des excédents pour financer la protection sociale de ses seniors ?) de déclencher la sortie de l’UE et de la zone euro.
    Le plan C est celui de ceux qui pensent qu’une sortie gauche de gauche est plus difficile qu’une sortie néolibérale de type Brexit) tout en étant impérative pour une politique progressive. Mais elle ne pourra avoir lieu que lors d’une crise paroxystique de type de celle de 2007-2008 ou lors de la suivante. []
  2. Tous les chiffres sont exprimés en parité de pouvoir d’achat et en euros 2015, c’est-à-dire après prise en compte de l’inflation et du niveau des prix dans les différents pays. Ce sont des chiffres de l’OCDE, corroborés par des résultats similaires du Bureau of Labor Statistics du gouvernement fédéral américain. []

 

http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/regression-catastrophique-pour-le-peuple-spectacle-mediatique-insense-une-alternative-vite/7399860 

 

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