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Sur la route / Gaston Couté

 

 

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Le temps des cerises / Jean Lumière 

12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 14:02

Par Christian Gaudray


La crise a bon dos pour que la gauche finisse le boulot de la droite : détruire la protection sociale solidaire.

Après les attaques frontales, nous assistons à une stratégie qui consiste à enfoncer des coins pour ensuite pouvoir frapper dessus et faire exploser l’ensemble. Nous l’avions pressenti depuis un moment, c’est la politique familiale dans laquelle sera enfoncé le prochain coin. Pourquoi la branche famille ? Parce que c’est la moins sensible politiquement, et elle est paradoxalement plus défendue par un électorat réactionnaire alors qu’elle est plus indispensable aux couches populaires (qui peuvent bien entendu compter des réactionnaires, mais ce n’est pas dans cette catégorie sociale qu’ils se recrutent majoritairement !).

Pratique désormais bien rodée des libéraux (qu’ils soient ultra- ou sociaux-) : il faut commencer par préparer le terrain. Car leur problème, c’est que la branche famille est structurellement excédentaire. Elle est donc artificiellement mise en déficit (mesures pour faire baisser les ressources et transferts pour boucher les trous de la branche vieillesse).

Ensuite, la « crise » est invoquée, qui n’est que la résultante des choix de la financiarisation et du toujours « plus à quelques-uns et toujours moins au plus grand nombre ». Vient ensuite le plan médiatique : « comment ? dans notre situation économique catastrophique [ah bon, pourtant le PIB/habitant de la France n'a jamais été aussi élevé, où est l'erreur ?], on va donner autant d’allocations familiales à une famille riche qu’à une famille pauvre ? Et vous trouvez cela normal ? » Vite un sondage… ah vous voyez, les français ne trouvent pas cela normal ! CQFD ?

Eh bien non ! D’abord, la protection solidaire a été pensée et mise en œuvre au sortir de la seconde guerre mondiale dans une France exsangue. Bien sûr, la part qu’elle représente dans la richesse nationale a augmenté, mais qui peut croire que dans une France plus riche que jamais, les fondations même de la protection sociale devraient être remises en cause pour raison économique ?

Ensuite, la protection sociale solidaire est un outil de redistribution horizontale. Cela signifie que les bien portants payent pour les malades, que les actifs payent pour les retraités et les privés d’emplois, que ceux qui n’ont pas d’enfants payent pour ceux qui en ont, etc. Le caractère partiellement progressif du financement induit bien entendu un caractère redistributif « vertical » qui contribue à réduire les inégalités. C’est un effet de la justice sociale qui sous-tend le financement, mais ce n’est pas l’objectif premier de la protection sociale. La redistribution verticale (les riches payent pour amoindrir les inégalités sociales) possède ses outils propres, essentiellement par la fiscalité et notamment par l’impôt sur le revenu. La tendance étant à réduire l’efficacité de ces outils, particulièrement la progressivité de l’impôt et sa part dans les recettes de l’État, la contribution de la protection sociale dans la réduction des inégalités va croissante et devient un outil prépondérant de redistribution verticale.

Et c’est à ce moment de la démonstration que LE CHOIX intervient : soit on réhabilite les outils de redistribution verticale, soit on touche aux fondamentaux de la protection sociale solidaire, qui rappelons-le a permis à notre pays d’amortir la crise mieux que d’autre, et on ouvre alors grand la porte au système assurantiel, ce qui creuserait inéluctablement les inégalités économiques et sociales. 

Le 28 mars, le Président de la République a annoncé son choix, qui engagera sa responsabilité : ça sera un coin dans la protection sociale solidaire au travers de la fin de l’universalité des allocations familiales. Le Premier ministre avait pourtant saisi fin janvier le Haut Conseil de la famille d’une réflexion sur le financement de la branche famille qui doit déboucher prochainement à la proposition de plusieurs scénarios permettant un retour à l’équilibre en 2016, scénarios sur la base desquels une décision devait être prise. Il vaut donc mieux être un « expert » du Comité Consultatif National d’Éthique, dont l’avis (…consultatif) sera suivi pour l’ouverture de l’AMP aux couples de lesbiennes, plutôt qu’un « expert » du Haut conseil de la famille, dont l’avis sera rendu après la prise de décision !

En décidant de différencier le montant des allocations familiales selon les revenus au prétexte de réaliser des économies, c’est la fin de l’universalité, c’est le coin sur lequel il sera aisé de frapper plus tard pour détruire un peu plus notre politique familiale (par abaissement du plafond, puis mise sous condition de ressources pure et simple). Les allocations familiales ne sont pas des revenus, mais des compensations de charges. Elles sont identiques quels que soient les revenus de la famille qui les perçoivent, de même que les remboursements de la sécurité sociale sont identiques quels que soient les revenus des patients qui les perçoivent. « Comment ? dans notre situation économique catastrophique, on va rembourser autant les dépenses médicales d’un patient riche que celles d’un patient pauvre ? Et vous trouvez cela normal ? »…

http://www.ufal.info/sante-protection-sociale/avec-la-fin-de-luniversalite-des-allocations-familiales-cest-la-protection-sociale-solidaire-qui-est-mise-en-danger/7377

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 11:25

Par Assen SLIM*
Le 17/03/2013

La Bulgarie s’est littéralement embrasée à la fin de janvier 2013, avec des manifestations et des immolations par le feu qui ont poussé à la démission du gouvernement. Comment ce pays désormais désigné comme «le plus pauvre de l’Union européenne» s’est-il enfoncé depuis des années dans la crise économique? Entretien avec Tchavdar Ianev.

Tchavdar Ianev vit près de Sofia. Retraité des services de Sécurité de l’État, il est actuellement détective privé et vit plutôt bien. Témoin du changement de système, de la crise engendrée par la transition et renforcée par la crise mondiale depuis 2008, il observe l’évolution de son pays avec un mélange de réalisme, de colère et de désabusement.

Propos recueillis à Sofia le 10 mars 2013 et traduits du bulgare par: Assen Slim.

Assen Slim: Comment expliquer les manifestations sans précédent qui se sont déroulées dans le pays ces deux derniers mois? Est-ce dû uniquement à l’augmentation du prix de l’électricité?
Tchavdar Ianev: À n’en pas douter, l’augmentation du prix de l’électricité (+20% en moyenne) sur les factures de décembre 2012 et janvier 2013 est l’une des étincelles ayant provoqué l’embrasement d’un pays déjà sous haute tension. Rappelons que la crise économique mondiale de 2008-2009 a eu des répercussions profondes sur l’économie bulgare: stagnation du PIB (+0,5% en 2012), hausse significative du taux de chômage rappelant les pires années de la décennie 1990 (12,4% de la population active en janvier 2013), revenus (et pensions) des ménages non revalorisés depuis 2010 au titre de l’effort de stabilisation de l’économie (le revenu moyen s’élevant à 812 levas, soit 415 euros en décembre 2012). Parallèlement, l’inflation est restée l’une des plus fortes des pays de l’UE (4,4% en février 2013, touchant particulièrement des produits vitaux pour les ménages comme l’essence, l’eau ou le chauffage, ce dernier ayant subi une hausse annuelle de 10% depuis 2010). Aujourd’hui, en termes absolus, le niveau des prix en Bulgarie peut apparaître comme le plus bas d’Europe. Il en va tout autrement lorsque que l’on rapporte ces prix directement aux revenus des ménages bulgares. Il ressort alors qu’ils sont parmi les plus élevés d’Europe, beaucoup de famille n’arrivant pas à joindre les deux bouts.

Quelle est la responsabilité des monopoles régionaux qui gèrent le secteur de l’électricité en Bulgarie?
Depuis trois ans maintenant, la production et la distribution de l’électricité en Bulgarie sont organisées d’une manière singulière: la compagnie nationale de l’électricité (NEK) achète l’électricité à différents fournisseurs (centrale atomique de Kozloudouï, usines thermiques, centrales hydro-électriques) et charge ensuite de grands monopoles régionaux de la distribution (le Tchèque ČEZ pour l’ouest, le Tchèque Energo-Pro pour le nord-est et l’Autrichien EVN pour le sud-est). En échange de ces positions monopolistiques et d’une marge de 10 à 15% sur les factures payées, les distributeurs d’électricité se sont engagés à maintenir le réseau et à réinvestir dans le pays.

Dès le début du fonctionnement de cette organisation, les monopoles ont éveillé la méfiance de la population. Ils ont d’abord changé les compteurs il y a trois ans alors que les anciens fonctionnaient très bien. Puis, il y a un mois, au plus fort des manifestations, ils ont entrepris de changer de nouveau les compteurs, en catastrophe, alimentant ainsi les soupçons et les rumeurs (compteurs truqués, manipulables à distance). L’autre mesure prise par les monopoles n’est pas non plus de nature à rassurer: au titre de leur mission de renouvellement des infrastructures, ils ont remplacé les câbles de cuivre par des câbles en aluminium moins coûteux et moins résistants, se donnant ainsi la possibilité de revendre le cuivre sur les marchés mondiaux et d’empocher une belle plus-value.

Pour couronner le tout, les monopoles ont fait parvenir des factures d’électricité plus élevées en janvier 2013 qu’en janvier 2012, alors même que, cette année, la Bulgarie a connu un hiver des plus doux, contrastant avec les records de froid de l’hiver précédent. Dans mon cas personnel, la facture d’électricité de janvier 2013 a été majorée d’un tiers de sa valeur par rapport à janvier 2012.

Comment expliquer autant de violence lors des manifestations? Rappelons qu’un jeune homme, notamment, est mort après s’être immolé, à Varna. Existe-t-il une scission générationnelle en Bulgarie?
Cet homme-torche, décédé des suites de ses brûlures, n’est pas le visage de la Bulgarie. Son acte n’a d’ailleurs pas forcément un lien direct avec les manifestations contre l’augmentation du prix de l’électricité. La presse a affirmé que cet homme souffrait de problèmes psychologiques et qu’il avait un différend avec le maire de Varna à qui il avait demandé de démissionner en menaçant de s’immoler si son ultimatum n’était pas suivi d’effets. Finalement, le maire, soupçonné de liens étroits avec la mafia, a démissionné après le décès de Plamen Goranov.

Très clairement aussi, il n’y a pas de problème générationnel en Bulgarie. Tous les âges étaient représentés dans ce mouvement spontané de protestation contre la hausse du prix de l’électricité. Les réseaux sociaux ont pu jouer un rôle dans la mobilisation.

Lors des manifestations, quels ont été les mots d’ordre et les slogans?
Aux premiers jours, la protestation était très clairement orientée contre les monopoles de l’électricité avec des slogans assez agressifs: «Hors de Bulgarie», «Nationaliser les monopoles», «Baisser les prix de l’électricité». Progressivement, de nouveaux mots d’ordre sont apparus, cette fois orientés contre le gouvernement, avec des appels à la démission ciblant le ministre des Finances qui incarnait la politique d’austérité, puis celui de l’Énergie, les députés et, finalement (vers la fin janvier 2013), le Premier ministre lui-même. Ce dernier était considéré par les manifestants comme incapable de s’imposer aux monopoles et de stopper leur politique de hausse des prix de l’électricité.

Aujourd’hui, les revendications portent sur la création d’un régulateur transparent, autonome et indépendant du gouvernement, qui serait en charge de fixer un plafond à la hausse des prix de l’électricité. Les manifestants souhaitent également qu’un Conseil citoyen puisse effectuer des contrôles.

La démission du Premier ministre Boïko Borissov correspond-elle à un choix stratégique de la part de ce dernier, dans le but de se préparer pour les élections législatives du 12 mai 2013 ? Le paysage politique bulgare propose-t-il une alternative à B.Borissov et à son parti GERB (Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie)?
Parmi les manifestants, il y avait quelques provocateurs responsables de heurts avec la police. L’un d’entre eux, blessé à la tête sur le pont Orlov (carrefour hautement symbolique à Sofia), a marqué les esprits. Les manifestations ont alors spontanément convergé vers ce pont, augmentant d’autant la tension avec les policiers. B.Borissov a senti alors la situation lui échapper et a profité de ces heurts pour annoncer qu’il ne souhaitait pas «verser le sang» du peuple bulgare et pour présenter sa démission, le 20 février 2013.

S’il n’avait pas démissionné, la situation empirant dans la rue, B.Borissov aurait risqué de perdre la confiance de son électorat traditionnel. En quittant le pouvoir, il réussit un double coup: Éviter une confrontation directe avec les monopoles et échapper à une problématique inextricable pour lui et son équipe.

En outre, les chances du GERB pour les élections législatives de mai 2013 sont d’autant plus grandes qu’il n’y a pas vraiment d’alternative politique crédible, excepté le PSB (Parti socialiste bulgare).

D’après-vous, pourquoi la Bulgarie est-elle aujourd’hui le pays le plus pauvres de l’UE? Que produit-elle aujourd’hui?
La sortie du socialisme et la transition vers le capitalisme des années 1990 et 2000 n’ont pas profité à la population, loin s’en faut. Seule une poignée d’acteurs a su tirer son épingle du jeu.
Les montages, comme la privatisation de masse par exemple (qui a consisté à distribuer des vouchers à la population lui permettant en théorie d’acheter les entreprises), n’ont profité qu’à quelques proches du pouvoir. On a un autre exemple avec les actifs les plus rentables qui ont presque tous été vendus à des investisseurs étrangers. Ceux-ci non seulement n’ont pas hésité à licencier mais en outre n’ont pas choisi de réinvestir les profits générés. Enfin, sur les recommandations du FMI, de la Banque mondiale et de l’UE, les services publics ont été progressivement privatisés, ce qui est allé de pair avec l’augmentation de leur prix.

La production bulgare a entamé son déclin dès le début des années 1990. Initialement tournée vers le CAEM (Conseil d’aide économique mutuelle, l’organisme qui liait les économies des pays socialistes entre elles), la Bulgarie était spécialisée sur de multiples produits des secteurs de la chimie, de la sidérurgie, de l’électronique, etc. Avec la disparition du CAEM (juin 1991), la Bulgarie a entamé sa désindustrialisation sans réussir ensuite à redémarrer en s’emparant de nouveaux marchés. À tel point qu’elle présente aujourd’hui un visage désolant de ruines et de friches industrielles.

De 1990 à 2013, aucun gouvernement, aucun parti politique sans exception n’a réussi à mettre en place une stratégie cohérente de développement. Chaque nouveau gouvernement a systématiquement considéré que la Nation bulgare commençait avec lui et a entrepris des réformes en repartant de zéro, au mépris du travail réalisé par les gouvernements précédents. Les commandes publiques ont toujours été utilisées par les différentes majorités au pouvoir pour créer des liens forts avec le milieu des affaires. Les entreprises qui avaient la chance d’être «élues» étaient régulièrement sollicitées en retour pour offrir des services aux politiques.

En plus de 20 ans de transition, à aucun moment l’élévation du bien-être de la population n’a été une priorité, encore moins la création d’emplois ou bien la construction d’un avenir pour la Bulgarie. Le drame de ce pays tient dans le fait que ses élites, dans leur écrasante majorité, sont mues par leur propre intérêt, sans aucune considération pour l’intérêt commun. Les deux cas d’école étant ceux du Tsar Siméon (Siméon II, dernier roi des Bulgares de 1943 à 1946, a été Premier ministre de juillet 2001 à août 2005) qui n’a eu de cesse de récupérer ses terres, et de B.Borissov…

Cette irresponsabilité désespérante se traduit aujourd’hui par un délitement de la société bulgare, une désillusion des gens et une fuite de nos jeunes vers l’étranger où ils cherchent ce qu’ils ne trouvent plus dans leur propre pays: un avenir.

* Maître de conférences à l’INALCO, Professeur à l’ESSCA, http://assenslim.unblog.fr/2013/02/22/assen-slim/.

 

 

http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=1385

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Published by Vendémiaire - dans Europe Est & Centrale
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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 11:24

ENTRETIEN AVEC MAHDI DARIUS NAZEMROAYA 


"L’OTAN n’amène que la destruction, l’insécurité et la misère. Elle doit être abolie"

 

Apprécié pour la rigueur et la justesse de ses analyses le sociologue canadien Mahdi Darius Nazemroaya (*), 30 ans, s’est imposé comme un des meilleurs connaisseurs de l’OTAN. Ses investigations, traduites en de nombreuses langues, ont acquis une audience internationale et son ouvrage « The globalisation of NATO » [« La mondialisation de l’OTAN »] fait aujourd’hui référence. En 400 pages denses, fascinantes, préoccupantes, il nous fait prendre la mesure de la menace que l’OTAN fait peser sur la paix du monde et l’avenir de nombreux peuples. Il nous fait également prendre conscience de l’urgence qu’il y aurait à obtenir la dissolution de cette dangereuse organisation.

19 MARS 2013 | THÈMES (S.CATTORI) : OTAN

 

Mahdi Darius Nazemroaya : Les graines de ce livre ont été semées en 2007. J’avais alors rédigé un petit manuscrit mettant en relation les guerres en Afghanistan et en Irak (qui avaient fait suite aux tragiques évènements du 11 septembre 2001) avec l’expansion de l’OTAN, le projet de bouclier antimissiles états-unien - que je décrivais comme s’étant finalement couvert du manteau d’un projet de l’OTAN, - et le concept de ce que les néoconservateurs et leurs alliés sionistes appellent« destruction créative » pour redessiner la restructuration des pays du Moyen-Orient, et l’encerclement aussi bien de la Chine que de la Russie.

Silvia Cattori : Dans votre remarquable ouvrage vous mettez en lumière les stratégies mises en place par l’OTAN pour étendre son emprise militaire dans le monde. J’aimerais vous demander ce qui vous a motivé à consacrer tant d’énergie à un sujet aussi ardu et exigeant. Comment en êtes-vous venu à considérer que l’analyse du rôle de l’OTAN et des stratégies qu’elle a mises en place était une tâche absolument essentielle ?

J’ai toujours considéré que tous les évènements négatifs auxquels le monde est confronté étaient les éléments d’un ensemble ; ou de ce que le savant et révolutionnaire hongrois György Lukács a appelé « totalité fragmentée ». Les guerres en « série », l’accroissement des lois de sécurité, la guerre contre le terrorisme, les réformes économiques néolibérales, les « révolutions colorées » dans l’espace post-soviétique, la diabolisation de différentes sociétés par les médias, l’élargissement de l’OTAN et de l’Union Européenne, et les fausses accusations au sujet d’un programme d’armement nucléaire iranien font partie d’un tout. Un de mes articles publié en 2007 [1], posait également les principales bases de cette feuille de route et reliait tous les éléments de la guerre perpétuelle à laquelle nous assistons.

J’ai écrit ce livre parce que je pensais que c’était un sujet très important. J’ai lu la plupart des textes de l’abondante littérature concernant l’OTAN et aucun n’examine l’OTAN dans la perspective critique où je me place. De même qu’aucun ne relie l’OTAN de manière pertinente à une « vue d’ensemble » des relations internationales. Un chercheur de l’Université Carleton m’a dit que mon livre était comme une Bible des relations internationales et de tous ses sujets importants. Je vois moi aussi mon livre sur l’OTAN de cette manière.

Ma principale motivation pour écrire ce livre était d’amener les lecteurs à prendre conscience de la nature impérialiste des conflits internationaux modernes et de les aider à en voir la « totalité » au lieu de ses éléments « fragmentés ». Quand vous voyez l’ensemble, vous êtes en mesure de prendre de meilleures décisions. Je pense avoir donné de l’OTAN une évaluation correcte. Dans sa bibliothèque à Bruxelles il y a un exemplaire de mon livre. C’est l’OTAN elle-même qui a annoncé son acquisition comme l’une des ressources de sa bibliothèque, en novembre 2012. Ce livre est ma contribution, en tant que chercheur, pour essayer de permettre aux lecteurs de prendre des décisions en connaissance de cause en voyant au-delà des effets de miroirs et des éléments fragmentés du tableau.

Aujourd’hui dans le monde, les gens sont de façon générale plus instruits. Mais malheureusement l’ignorance se répand en ce qui concerne les relations de pouvoir et ce qui se passe dans ce domaine au niveau mondial. Nous entrons dans une ère trompeuse de l’histoire où beaucoup de gens à travers le monde sentent de plus en plus qu’ils ne peuvent rien faire d’autre que d’être des spectateurs impuissants, réduits à n’être que des particules, des rouages, ou des extensions d’une immense machine invisible sur laquelle ils n’ont aucun contrôle.

Les scénarios du livre de George Orwell « 1984 » se sont pour l’essentiel réalisés. Les gens sont devenus étrangers à leur monde et gouvernés de plus en plus par cette machine capitaliste invisible qui travaille à détruire toutes sortes de façons alternatives de vivre ou de penser ; l’ordre qui s’impose aujourd’hui à nous est comme un resserrement de la « cage d’acier » de Max Weber [2] qui réduit de plus en plus notre indépendance et nos mouvements.

La plupart des gens regardent maintenant les nouvelles et la télévision passivement. Ils essaient de se distraire de la réalité ; ils tentent d’engourdir leur conscience et de vivre dans un faux état de bonheur qui leur permet d’ignorer la réalité et les misères du monde. Collectivement, nos esprits ont été colonisés, on leur a fait croire à un faux ordre des choses. L’humanité est en train d’être de plus en plus déshumanisée. Peut-être que j’ai l’air hégélien, mais les gens deviennent étrangers à eux-mêmes. Ils deviennent aussi étrangers aux capacités de leur propre esprit et aux talents dont ils ont été dotés. Mais la vérité est que nous ne sommes pas séparés des évènements et des processus qui façonnent ce monde. Nous ne devrions pas devenir les esclaves des objets ou des structures de notre propre fabrication, que ce soit le capitalisme ou les structures politiques. Nous ne devons pas devenir de simples spectateurs de notre parcours de vie.

L’hégémonie est un processus continu de leadership, de contrôle, et d’influence qui implique à la fois la contrainte et le consentement. Mais son emprise n’est jamais totale et elle peut toujours être combattue. Nous voyons des défis à l’hégémonie dans la construction de blocs historiques qui affrontent les centres de pouvoir impérialistes et capitalistes. Le Mouvement bolivarien d’Hugo Chávez et l’ALBA sont des exemples réussis d’une contestation de l’hégémonie traditionnelle des élites compradores qui gouvernent la région au bénéfice de forces extérieures.

Silvia Cattori : Un grand chapitre passionnant et troublant de votre livre est consacré à l’Afrique. L’entrée en guerre de la France au Mali n’a pas dû être une surprise pour vous. La déstabilisation de ce pays affaibli, engendrée par l’intervention de la France en Libye, n’ouvre-t-elle pas une grave crise dans tous les pays du Sahel, de l’Atlantique à la Mer rouge ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Dès le début j’ai soutenu que la division du Soudan, l’intervention française en Côte d’Ivoire soutenue par les États-Unis, et la guerre de l’OTAN en Libye, faisaient partie d’une deuxième « ruée vers l’Afrique ». J’ai expliqué que la guerre en Libye visait à déstabiliser d’autres parties de l’Afrique et aurait un effet d’entraînement sur une large partie de ce continent incluant des pays comme le Niger et le Mali.

Dans mon livre, j’ai examiné le Sahel qui est constitué par les terres intérieures de l’Algérie, du Niger, de la Libye, et du Mali. La guerre de l’OTAN contre la Libye a déclenché une réaction en chaîne, comme une démolition contrôlée, que les États-Unis et leurs alliés utilisent pour contrôler une vaste portion de l’Afrique et de ses ressources. Comme la première « ruée vers l’Afrique » qui a été déclenchée par une crise économique dans les pays industrialisés de l’Europe occidentale, ces évènements concernent en fait le contrôle des ressources. Alors que les États-Unis s’impliquaient davantage en Afrique, son gouvernement et le Pentagone se sont mis à parler de plus en plus de l’expansion des facilités dont disposait Al-Qaïda en Afrique et de la manière dont l’armée américaine et ses alliés devaient combattre cette organisation en augmentant leur présence sur le continent africain. En fait, les États-Unis ont constitué en 2011 un budget pour l’actuelle guerre au Mali sous le couvert de la lutte contre Al-Qaïda en Afrique de l’Ouest. Des intérêts stratégiques comme l’obsession grandissante des États-Unis pour le Golfe de Guinée et l’approvisionnement en pétrole en Afrique de l’Ouest sont occultés dans un récit qui nous parle de la lutte contre les groupes terroristes rangés sous le label d’Al-Qaïda. Nous savons d’expérience que l’Empire américain a en fait travaillé avec ces groupes, aussi bien en Libye qu’en Syrie. Et que l’on cherche à pousser hors d’Afrique la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil, et d’autres rivaux économiques du bloc occidental, mais on n’en parle pratiquement pas. En lieu et place, on déguise les intérêts des États-Unis et des ses alliés de l’OTAN comme la France, en objectifs altruistes visant à aider des États faibles.

Pour en revenir au Mali. Je n’ai pas été surpris quand le Président François Hollande et son gouvernement ont ordonné aux soldats français d’envahir ce pays. Aussi bien la France que les États-Unis sont très au fait des réserves de gaz et de pétrole au Mali, au Niger, et dans l’ensemble du Sahel. Mon livre traite de ces points et de la création par le gouvernement français, en 1945, d’un Bureau de recherches pétrolières dans le but d’extraire le pétrole et le gaz de cette région. Quelques années plus tard, en 1953, Paris a délivré des licences d’exploitation à quatre compagnies françaises en Afrique. En raison de ses craintes, à la fois des empiétements américains et des demandes africaines d’indépendance, Paris a créé l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) pour maintenir son contrôle sur les parties riches en ressources de ses territoires africains qui possèdent du pétrole, du gaz, et de l’uranium. L’uranium a été important pour garantir l’indépendance de la France vis-à-vis de Washington par la création d’une force de dissuasion nucléaire stratégique, en riposte au monopole anglo-américain.

Ce n’est donc pas un hasard si les zones du Sahel que les États-Unis et ses alliés ont désignées comme faisant partie de la zone où Al-Qaïda et les terroristes sont situés correspondent à peu près aux frontières de l’OCRS, riche en énergie et en uranium. En 2002, le Pentagone a commencé d’importantes opérations visant à contrôler l’Afrique de l’Ouest. Cela a eu lieu sous la forme de l’Initiative Pan-Sahel, qui a été lancée par l’US European Command (EUCOM) et l’US Central Command (CENTCOM). Sous la bannière de ce projet de l’armée américaine, le Pentagone a formé des troupes du Mali, du Tchad, de la Mauritanie, et du Niger. Les plans visant à établir l’Initiative Pan-Sahel remontent toutefois à 2001, lorsque l’Initiative pour l’Afrique a été lancée à la suite des attentats du 11 septembre. Sur la base de l’Initiative Pan-Sahel, la Trans-Saharan Counter-terrorism Initiative (TSCTI) a été lancée en 2005 par le Pentagone sous le commandement du CENTCOM. Le Mali, le Tchad, la Mauritanie, et le Niger ont été rejoints par l’Algérie, le Maroc, le Sénégal, le Nigeria, et la Tunisie. La TSCTI a été transférée en 2008 au commandement de l’AFRICOM récemment activé. Il faut relever que le capitaine Amadou Sanogo, le leader du coup d’État militaire qui a eu lieu au Mali le 21 mars 2012, est l’un des officiers maliens qui ont été formés dans le cadre de ces programmes américains en Afrique de l’Ouest.

L’analyse du coup d’État de 2012 au Mali montre qu’il s’agit d’un acte criminel. Le coup d’État militaire a renversé le Président Amadou Toumani Touré sous prétexte qu’il ne pouvait pas restaurer l’autorité malienne sur le nord du pays. Le Président Amadou était sur le point de quitter son poste et n’avait pas l’intention de rester dans la vie politique, et les élections allaient avoir lieu dans moins de deux mois. Ce coup d’État a essentiellement empêché une élection démocratique d’avoir lieu et l’action du capitaine Sanogo a mis fin au processus démocratique au Mali et a déstabilisé le pays. Sa nouvelle dictature militaire a été reconnue par l’OTAN et par le gouvernement installé en Côte d’Ivoire par les Français. Les États-Unis ont continué à financer le gouvernement militaire du Mali et des délégations militaires et civiles des États-Unis et d’Europe occidentale ont rencontré le régime militaire de Sanogo. Peu après, la France a déclaré qu’elle avait le droit d’intervenir en Afrique partout où ses citoyens et ses intérêts étaient menacés. C’était autant de préliminaires.

Les armes qui sont utilisées au Mali et au Niger aussi bien par les groupes terroristes que par les tribus touaregs sont liées aux actions de l’OTAN en Libye. Plus précisément ces armes viennent des arsenaux libyens pillés, et des armes envoyées en Libye par les Français, les Anglais et les Qataris. L’OTAN a eu un rôle direct dans ce domaine et l’on sait que les Français ont soudoyé les groupes touaregs et ont contribué à les armer et à les financer durant la guerre contre la Libye. Du reste, en Afrique, les Français ont toujours manipulé les Touaregs et les Berbères contre d’autres groupes ethniques à des fins coloniales.

Par ailleurs, les tensions entre le Soudan et le Sud-Soudan sont attisées. La région soudanaise du Darfour et la Somalie sont toujours des points chauds. Tout cela fait partie d’un arc africain de crise qui est utilisé pour restructurer l’Afrique et l’englober dans les frontières du bloc occidental.

Silvia Cattori : Quand sous l’impulsion du président Sarkozy, après 33 ans de retrait, la France est revenue dans le commandement militaire de l’OTAN, il n’y a eu aucune protestation. N’est-ce pas le signe que les citoyens ignorent, que cette organisation menace l’humanité et que l’appartenance de leur pays à l’OTAN implique sa subordination à la politique étrangère belliciste de Washington et la perte de sa souveraineté ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Je pense que ce que le Président Sarkozy a fait en réintégrant la France dans le commandement militaire de l’OTAN est largement le reflet d’un consensus au sein de la classe politique française. Je sais qu’à Paris de nombreuses voix politiques l’ont critiqué, mais si au sein de la classe politique française l’opposition avait été intransigeante, elle aurait pu faire beaucoup plus que parler. Aujourd’hui, les membres de l’establishment politique français, aussi bien à « gauche » qu’à « droite », se battent entre eux pour savoir qui va le mieux servir les centres impérialistes et capitalistes à Washington et à New York. L’establishment politique français ne fait pas cela parce qu’il est particulièrement pro-américain, mais parce qu’il est au service du système mondial corrompu qui sert lui-même le capitalisme global dont le centre en voie d’affaiblissement est aux États-Unis. Ainsi, nous avons aussi besoin de réévaluer ce qu’est l’anti-américanisme, ou d’où proviennent et ce que représentent en fait les sentiments anti-américains.

De larges segments de l’élite de l’Europe occidentale sont au service de ce système mondial parce que leurs propres intérêts y sont investis et y sont liés. Comme les États-Unis sont en voie d’affaiblissement et en lutte pour maintenir leur primauté mondiale en tant que centre du capitalisme, de la régulation et de l’accumulation capitaliste, ils vont de plus en plus déléguer leurs missions impériales à des pays comme la France. On verra également davantage de compromis entre les États-Unis et des pays alliés comme la France et l’Allemagne. Il s’agit là d’une décentralisation dialectique du pouvoir des États-Unis visant à renforcer l’hégémonie du système mondial et à maintenir l’Empire américain par délégation. Il faut noter que ce système capitaliste mondial est fragmenté en blocs, raison pour laquelle nous voyons des rivalités entre les États-Unis, la Chine et la Russie.

De façon générale, la majorité des citoyens dans de nombreuses sociétés sont de plus en plus passifs vis-à-vis des décisions de leurs gouvernements et de leurs dirigeants. C’est le reflet d’un sentiment croissant d’aliénation, de détachement et d’impuissance qui a transformé les êtres humains en marchandises et en objets. Cela fait partie du resserrement de la « cage d’acier » dont je parlais plus haut, en termes weberiens.

Silvia Cattori : La France a été au commencement, avec le Qatar, le principal « parrain » de la déstabilisation de la Syrie [3]. La Chine et la Russie ont empêché par leurs vétos l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité qui aurait autorisé une intervention militaire de l’OTAN comme cela a été le cas en Libye. Mais on peut se demander si les pays de l’OTAN et leurs alliés arabes ne sont pas en train de réaliser leur plan de déstabilisation de la Syrie par d’autres voies ? Et pensez-vous que la Chine et la Russie pourront durablement contenir l’OTAN tant que les pays émergents n’auront pas leur mot à dire et les moyens d’imposer un véritable multilatéralisme au Conseil de sécurité ?

Mahdi Darius Nazemroaya : En premier lieu, il faut voir que les évènements en Syrie font partie d’une guerre par procuration menée par les États-Unis, l’OTAN, Israël et les dictatures arabes (comme l’Arabie Saoudite), contre la Chine, la Russie, l’Iran et leurs alliés. Deuxièmement, quand on considère les évènements en Syrie d’un point de vue international, on devrait penser à la Guerre civile espagnole qui a éclaté avant la Deuxième guerre mondiale. De même, on peut considérer les évènements en Libye et en Afrique, et peut-être les invasions antérieures de l’Afghanistan et de l’Irak, en pensant à l’invasion de la Chine par le Japon ou l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne avant la Deuxième guerre mondiale. Cela ne signifie pas que la Syrie ou ces évènements soient nécessairement le prélude à une Troisième guerre mondiale, mais ils ont le potentiel d’allumer un vaste incendie au niveau mondial — à moins que l’on ne pense que tous ces évènements font déjà partie de la Troisième guerre mondiale.

Les thèses de Giovanni Arrighi sur les cycles systématiques d’accumulation dans le « système-monde » peuvent nous aider à trouver une base de réflexion. Son travail est important parce que nous pouvons l’utiliser pour lier entre eux, de la Syrie à l’Afrique, les éléments dont nous parlions en termes de « totalité fragmentée » constituant le système mondial. Les cycles d’accumulation étudiés par Arrighi se rapportent à des périodes de temps qui s’étendent sur une centaine d’année ou plus, durant lesquelles le centre du capitalisme dans le système mondial se situe dans un lieu géographique ou un pays donné. Ses thèses sont fortement influencées par les travaux du savant français Fernand Braudel sur l’expansion du capitalisme. Pour Arrighi ces centres d’accumulation ont été les pouvoirs hégémoniques du système mondial en expansion. À la dernière étape de chaque cycle, les capitalistes déplacent leurs capitaux de ces centres dans d’autres endroits et finalement dans le nouveau centre capitaliste qui a émergé. Ainsi, chronologiquement, le pouvoir hégémonique du système mondial a été transféré de la ville-État italienne de Gênes aux Pays-Bas, puis en Grande Bretagne et, finalement, aux États-Unis. Le déplacement géographique du centre du système mondial se produit au cours d’une période de crise, au moins pour les anciens centre capitalistes, et dans un court laps de temps. Nous en arrivons aujourd’hui à la Chine. Ce qui se passe est que le centre du capital est sur le point de sortir des États-Unis. Si l’on suit la tendance soulignée par Arrighi, alors le prochain centre d’accumulation capitaliste du système mondial sera la Chine. Toutefois d’autres scénarios ne sont pas à écarter, comme une direction globale de toutes les principales puissances capitalistes. En me référant aux travaux d’Arighi, je veux dire ici que nous avons affaire à un système capitaliste mondial qui inclut la Chine et la Russie. Ni les États-Unis ni la Chine ni la Russie ne veulent perturber ce système. Ils sont en compétition pour en devenir le centre d’accumulation capitaliste. C’est pourquoi aucune des parties ne veut une guerre directe. C’est pourquoi les Chinois n’ont pas utilisé la dette étrangère américaine pour dévaster l’économie des États-Unis ; la Chine souhaite voir un transfert ordonné du centre d’accumulation depuis les États-Unis.

La Chine et la Russie ne changeront pas leurs politiques et leurs positions sur la Syrie ou l’Iran, mais elles veulent éviter une guerre qui perturbe le système capitaliste mondial. Bien sûr, les États-Unis essaient de maintenir leur position en tant que centre du système mondial, par la force brute, ou en impliquant leurs alliés et vassaux dans leurs opérations impérialistes, comme au Mali et en Libye.

Silvia Cattori : Vous consacrez un long chapitre (p 67 à 113) à l’intervention de l’OTAN en Yougoslavie. Pouvez-vous résumer pour nos lecteurs ce à quoi cette guerre, qui a démembré un pays et généré tant de souffrances, devait aboutir ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Le démantèlement de la République fédérative socialiste de Yougoslavie a été une étape importante pour ouvrir les portes d’une expansion vers l’Est de l’OTAN et de l’Union Européenne. Il a ouvert la route pour la marche vers les frontières de la Russie et de l’ex-Union soviétique. L’ex-Yougoslavie était aussi un obstacle majeur vis-à-vis du projet euro-atlantique de l’OTAN et de l’UE en Europe. En outre, la guerre de l’OTAN en Yougoslavie a permis de préparer la logistique des guerres en Afghanistan et en Irak.

Silvia Cattori : Denis J.Halliday [4] écrit dans la préface de votre ouvrage : « L’OTAN n’amène que la destruction, la pauvreté, l’insécurité et la misère. Elle doit être abolie ».Quand on sait qu’il n’y a aucun mouvement qui s’oppose à la guerre, que des ONG comme Amnesty, HRW, MSF, MDM, prennent le parti de l’ingérence militaire des grandes puissances, comme on l’a vu en ex-Yougoslavie, au Soudan, en Libye, en Syrie, que peut-on suggérer à toute une jeunesse en quête de justice et désireuse d’agir pour un monde meilleur ? Que peuvent faire concrètement les peuples européens contre la machine destructrice de l’OTAN ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Comme je l’ai dit, nous en sommes arrivés à la situation décrite par George Orwell dans son roman “1984”. Amnesty InternationalHuman Rights Watch, et une grande partie des ONG de l’industrie humanitaire sont des outils de l’impérialisme pratiquant les deux poids deux mesures. Les organisations d’aide étrangère sont profondément politiques et politisées. Cela ne signifie pas que tous leurs employés soient de mauvaises gens qui ne veulent pas aider le monde. Bon nombre de leurs employés et des bénévoles sont des gens estimables ; ils ne comprennent pas tous les faits et ils ont de bonnes intentions. Ces gens ont été trompés ou aveuglés par la pensée de groupe institutionnelle. Leurs esprits devraient être débarrassés de tous les préjugés et de la désinformation dont ils ont été nourris ; une véritable tâche de dévouement.

Les citoyens des pays de l’OTAN doivent travailler à se positionner eux-mêmes pour informer leurs sociétés respectives sur l’OTAN et finalement les influencer pour qu’elles se retirent de cette organisation. Cela peut être fait de diverses manières. Mais cela commence par une compréhension de ce qu’est l’OTAN et une connaissance non censurée de son histoire.

Je ne suis pas une autorité morale ou un stratège. Se maintenir soi-même sur la bonne voie est déjà un défi assez difficile, je pense. Je n’ai aucun droit à pontifier sur la façon dont les gens devraient vivre. Je vais toutefois vous dire ce que je pense personnellement. À mon avis, le plus gros problème pour beaucoup de gens est qu’ils veulent changer le monde à une beaucoup trop grande échelle sans s’attaquer aux problèmes immédiats dans leurs propres vies. Je trouve que la meilleure manière de changer le monde est de commencer par de petits pas dans notre vie de tous les jours. Je parle ici d’ « échelle » et pas de « changement graduel » ou de « rythme ». Faire un monde meilleur commence par votre environnement immédiat. Le changement commence avec vous-même et ceux qui vous entourent, tout comme le devrait la charité. Imaginez si la plupart des gens faisaient cela ; le monde serait changé par petites étapes qui aboutiraient collectivement à un changement monumental. Rien de tout cela ne peut non plus se faire sans patience et détermination, et je souligne encore une fois qu’action et connaissance ne devraient pas être séparées. Je ne sais que dire de plus.

Silvia Cattori : En mettant ensemble les pièces du puzzle vous démontrez magistralement dans votre livre comment ces guerres en série, menées sous des prétextes humanitaires, s’inscrivent dans une stratégie de « destruction créative » conçue par « les néoconservateurs et leurs alliés sionistes », et comment – de la Yougoslavie, à l’Afghanistan, à l’Irak et à la Libye – elles sont toutes liées. Des personnalités de premier plan, comme l’ancien Secrétaire général adjoint de l’ONU Denis J. Halliday qui a préfacé votre ouvrage, vous donnent entièrement raison : l’OTAN est bel et bien le principal danger pour la paix du monde. Mais vous savez qu’en Europe, notamment dans les pays où, comme en France, les organisations juives ont une forte emprise sur les politiques et les médias, dénoncer la stratégie des néoconservateurs et de leur allié Israël [5], ou dénoncer les révolutions colorées suffit à vous faire cataloguer comme« théoricien du complot » et à vous écarter du débat. Que peut-on faire à votre avis pour modifier cette désespérante situation ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Mon expérience (au Canada) est différente. On ne m’a jamais qualifié de théoricien du complot. Je pense que la censure des médias et le mépris systématique sont des tactiques clés utilisées contre ceux qui remettent en question le récit dominant ou les opinions énoncées par les forces hégémoniques qui dominent la société. L’objectif visé en diabolisant des personnes ou des groupes sous le qualificatif de « théoriciens du complot » est de les discréditer et de les neutraliser. Cela se produit généralement quand ils ont beaucoup attiré l’attention et quand ils ont aussi quelques idées fausses qui peuvent être ridiculisées et liées à leurs positions. Néanmoins, ceux qui se voient qualifiés de théoriciens du complot ne devraient pas laisser cette accusation les dissuader de maintenir leurs positions et de continuer à s’adresser aux gens. Car la démoralisation fait partie de la tactique utilisée pour réprimer les points de vue et réflexions « dérangeantes ».

Les groupes et les lobbies sionistes ont une présence forte et disproportionnée dans le domaine politique et dans les médias de plusieurs pays, mais il faut reconnaître qu’ils ne sont pas homogènes et qu’ils ne sont pas les seuls facteurs influents ; ils font partie d’un bloc d’intérêts pour qui il est important d’empêcher qu’un discours critique n’ébranle les forces hégémoniques qui dominent aujourd’hui la société. Et les lobbies sionistes ne sont pas tous liés à Israël. Il arrive qu’un groupe sioniste travaille à introduire et à imposer à Israël des projets externes. Les motivations de ces groupes ne sont pas toutes les mêmes, mais elles font partie du programme dominant qui s’est développé en ce que les renommés sociologues Giovanni Arrighi et Immanuel Wallerstein ont appelé « système-monde » [ou « économie-monde »].

À mon humble avis, être entendu est la chose la plus importante. Internet et les réseaux sociaux ont contribué à ce processus. Je pense que, pour être entendu, il est également important de proposer des analyses rigoureuses et bien articulées. C’est une tâche difficile qui doit être accomplie, et qui fait partie d’un processus culturel plus large incluant l’éducation et la rééducation. Modifier les forces hégémoniques dominant la société ne peut se faire qu’en établissant de nouveaux courants de pensée pouvant contester leur hégémonie. La critique ne suffit pas non plus, une alternative et un meilleur programme doit être articulé et proposé. La critique en elle-même est inutile si l’on n’offre pas parallèlement un programme alternatif. Pensée et action doivent également être liées dans un processus pratique.

Silvia Cattori : Votre livre va-t-il être traduit en français ? A-t-il eu la couverture médiatique lui permettant de toucher un large public ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Mon livre devait être traduit en français en trois volumes par un éditeur en France, mais malheureusement l’accord a fait long feu. En notre temps où la durée d’attention s’amenuise, peu de gens sont intéressés à lire un livre de plus de 400 pages. Très peu d’attention lui a été accordée de la part des grands médias. Il y a plusieurs mois, Le Monde Diplomatique à Paris a contacté mon éditeur aux États-Unis, ainsi que la maison qui le diffuse en Grande Bretagne, pour leur demander l’envoi d’un exemplaire. Je ne sais pas si Le Monde Diplomatique a réellement l’intention de faire une recension d’un livre aussi critique et, très honnêtement, je ne m’en soucie pas vraiment.

Mon ouvrage a eu de bonnes critiques disant que c’est un livre à lire absolument. Il est diffusé dans les universités et les collèges. On en trouve des exemplaires dans les bibliothèques de diverses institutions comme l’Université de Harvard et l’Université de Chicago. Il est référencé à la Haye et dans la prestigieuse collection de la Bibliothèque du Palais de la Paix aux Pays-Bas qui tient à jour les livres relatifs aux lois internationales. Sur Amazon au Royaume Uni, il est classé comme l’un des meilleurs livres sur l’OTAN et je crois qu’il est en train de prendre un bon départ.

Silvia Cattori

http://www.silviacattori.net/article4308.html

 

[1] Publié d’abord sous le titre « La mondialisation de l’OTAN » puis sous le titre modifié« La mondialisation de la puissance militaire : l’expansion de l’OTAN » . Cet article a été traduit en de nombreuses langues, y compris en arabe par la chaîne qatari d’informationAl-Jazeera.

[2] La « cage d’acier » (ou « cage de fer ») est un concept sociologique introduit par Max Weber qui se réfère à la rationalisation accrue de la vie sociale, en particulier dans les sociétés capitalistes occidentales. Ainsi la « cage d’acier » enferme les individus dans des systèmes fondés uniquement sur l’efficacité, le calcul rationnel et le contrôle.

[3] Voir : 
 « Gérard Chaliand dit quelques vérités sur la Syrie » : 
http://www.silviacattori.net/article3350.html 
 « Syrie : Les victimes de l’opposition armée ignorées » : 
http://www.silviacattori.net/article3416.html

[4] L’Irlandais Denis J. Halliday a passé une bonne partie de sa carrière auprès des Nations Unies, impliqué dans des actions d’aide humanitaire. En 1997, il fut nommé Sécrétaire général adjoint et directeur du programme humanitaire en Irak. Un an plus tard, après 34 ans de service au sein des Nations Unies, Halliday a annoncé sa démission en raison des sanctions économiques imposées à l’Irak, qu`il a qualifiées de « génocide ». En 2003, il a reçu Le Gandhi International Peace Award. Depuis son départ des Nations Unies, Denis Halliday a participé de manière active dans plusieurs actions contre la guerre et les crimes contre l’humanité. Il est présentement membre de l’Initiative de Kuala Lumpur en vue de « criminaliser la guerre ».

[5] Par exemple, en France l’écrivain Israël Shamir a été accusé en 2003 d’antisémitisme par Olivia Zemor, Nicolas Shahshahani et Dominique Vidal parce qu’il disait qu’Israël et le « lobby juif » aux Etats-Unis avaient joué un rôle prépondérant dans l’entrée en guerre contre l’Irak ; ce qui devait aboutir au renversement du régime de Saddam Hussein (l’un des derniers leaders arabe qui refusait de reconnaitre l’Etat juif d’Israël), à démembrer l’Irak pour assurer la « sécurité d’Israël ».

 

(*) Mahdi Darius Nazemroaya est un sociologue interdisciplinaire, auteur primé, et analyste politique connu. Il est chercheur au Centre de recherche sur la mondialisation à Montréal, collaborateur expert de laStrategic Culture Foundation à Moscou, et membre du Comité scientifique de la revue de géopolitiqueGeopolitica, en Italie. 
Sur son ouvrage « The Globalization of NATO », voir également (en anglais) : 
 http://www.silviacattori.net/article4005.html  
 http://www.silviacattori.net/article3834.html 
 http://www.silviacattori.net/article3780.html

Traduit de l’anglais par JPH

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 11:22

 Par l'UFAL


Les annonces du Président François Hollande sur le logement, si elles nous réjouissent pour certaines mesures, la baisse de la TVA à 5 % et le plan d’économie d’énergie, sont cependant loin de l’objectif du candidat Hollande et également loin de permettre de résoudre le problème du logement dans les régions où le manque de logements se fait cruellement sentir pour les citoyens et les familles.
En effet, la baisse de la TVA n’est qu’un des paramètres de la situation désastreuse du logement en France. Et les autres mesures ne sont que des améliorations techniques qui, certes, peuvent faciliter la construction, mais ne développeront pas l’offre.
En outre, la subvention de 1350 € accordée pendant 2 ans à partir de 2013 aux ménages modestes (35 000 € pour un couple) pour la rénovation énergétique d’un logement est largement insuffisante. D’ailleurs, le programme de l’ANAH « habiter mieux » qui doit permettre la rénovation de 300 000 logements d’ici à 2017 arrive péniblement à 13 000 logements fin 2012, et ceci pour une raison simple : malgré les aides, la population visée n’a pas les moyens de réaliser une rénovation pour cause de revenus trop faibles.

Pour l’UFAL, c’est un manque flagrant d’ambition, car si l’État ne s’engage pas financièrement, ce n’est nullement des mesurettes qui feront bouger les acteurs de la construction. Historiquement, la période 1965 -1972 qui avait vu la construction de plus de 600 000 logements par an nous démontre clairement que seul l’engagement de l’État peut permettre un vrai développement de la construction.
Il est évident que les mesures annoncées ne changeront qu’à la marge la situation actuelle.
Il y a la nécessité d’un grand emprunt national permettant la réalisation effective de 500 000 logements par an.

Nous rappelons que la construction d’un logement c’est 1,5 emploi en plus, emploi non délocalisable, et qu’en moyenne la construction d’un logement c’est 36 000 € de TVA en recettes pour l’État (8 000 € pour un logement social).
Il faut répondre à la demande des citoyens et des familles, desserrer l’étau des loyers et du prix au m². Seule la construction massive permettra de revenir à une situation normale.

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 11:20

26/03/2013

 

A LA UNE

10 semaines de grève, et toujours debout ! 

Nous sommes en grève depuis le 16 janvier. Et à l’époque, bien peu d’entre nous auraient parié que cela devait durer autant. Depuis, nous avons fait face à tout : les vigiles et les dizaines de cadres déployés par la direction pour nous intimider ; le licenciement de camarades, pour des motifs aussi lamentables que « jet d’œuf » ou « joue du tambour » ; la presse, qui nous a traités de « voyous » ; le gouvernement, solidaire de la direction de PSA ; les convocations de copains à la sûreté territoriale, avec la menace de poursuites judiciaires ; les CRS qui nous accompagnent dans tous nos déplacements, etc.

Mais rien de cela ne nous fait céder, pour une raison simple et juste : nous cherchons à sauver nos emplois, et nous défendons nos camarades sanctionnés par des patrons aussi dénués de scrupules que cupides.

La production toujours paralysée 

Depuis le 16 janvier, aucune C3 n’est sortie des chaînes de production. La direction en a perdu plus de 21 000.

Vendredi 22 mars, elle a annoncé qu’à partir du 8 avril, elle allait mettre au chômage l’équipe du soir pour quatre semaines. Une décision qui masque difficilement son échec de remettre en route la production depuis le 16 janvier. Du coup, elle voudrait faire payer la moitié des salaires d’avril par l’Etat. 

C’est pourtant simple, si elle veut sa production, la direction n’a qu’à nous garantir un CDI et lever toutes les sanctions disciplinaires. 

« Cinq syndicats sur six », vraiment ? 

La direction de PSA et le ministre Montebourg ont répété que cinq syndicats sur six auraient validé le plan social de PSA. Vraiment ? Au Comité central d’entreprise du 18 mars, la CFTC, FO, la CGC et le SIA ont en effet approuvé le plan de la direction, tandis que la CGT votait contre. Mais la CFDT s’est divisée, deux de ses représentants votant non, tandis qu’un s’abstenait – une petite gifle pour la direction de PSA. 

Surtout, les représentants centraux des syndicats ne représentent pas les salariés d’Aulnay, où les organisations engagées dans la grève contre la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois totalisent 55 % des voix dans le 1er collège (ouvriers et employés) : CGT 36,5 %, SUD 12,5% et CFDT 6%. En deux jours, une pétition à Aulnay a recueilli 1000 signatures contre le plan social. Les notions de « majoritaire » et de « minoritaire » sont donc à revoir ! 

Rassemblement devant le siège PSA 

Lundi 18 mars, c’est à plusieurs centaines que nous nous sommes rendus devant le siège de PSA à l’occasion du Comité central d’entreprise qui s’y tenait. Afin de dire que pour nous, le PSE (« Plan de sauvegarde de l’emploi »), c’est-à-dire le plan de licenciements, c’est toujours non !

Montebourg rate le train de l’Innovation

Mardi 19 mars, une centaine de grévistes ont profité de l’occasion de l’inauguration du « train de l‘innovation » pour interpeller Montebourg sur le silence complice du gouvernement concernant la préparation de milliers de licenciements à PSA et concernant le refus du gouvernement de nommer un médiateur dans le conflit d’Aulnay.

Courageusement, Montebourg s‘est réfugié dans un restaurant de la gare de Lyon. Les salariés réclamaient simplement qu’il s’explique naturellement devant eux ou au moins qu’il les reçoive en présence de la presse. 

Refus du ministre, qui préfère visiblement les plateaux de télé au dialogue avec les salariés en grève depuis 10 semaines, en présence de la presse. 

La caisse de grève

Au 24 mars, 220 000 euros étaient dans la caisse de grève. Un grand merci aux nombreux travailleurs qui nous soutiennent et qui nous aident, ainsi, à tenir bon face à PSA !

Assignation au tribunal de Versailles

A la demande des syndicats CGT de toutes les usines PSA, la Fédération CGT de la Métallurgie a attaqué PSA en justice pour insuffisance du PSE. L’audience aura lieu mardi 26 à 10h, au tribunal de grande instance de Versailles (5 place André Mignot). A cette occasion, nous organisons un rassemblement. Tous les amis de la grève sont invités. Venez nombreux !

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 11:19

 J’interviens au nom du syndicat CGT de FRALIB et des salariés de notre entreprise en lutte depuis 903 jours contre la fermeture de notre site, pour le maintien de notre activité industrielle et de nos emplois.

Nous voulons mettre en débat trois sujets tirés de notre expérience sur le terrain et de ce que nous voulons que notre syndicat de classe la CGT se saisisse.

Durant 3 ans de lutte, nous avons reçu beaucoup de soutien des syndicats de notre profession et de l’interprofessionnel.

L’Agroalimentaire est concerné par de nombreuses luttes. Des conflits importants sont en cours. D’autres conflits se développent aussi dans toutes les industries, le commerce, la santé, les services publics.

Nous avons participé et organisé nombre d’actions communes avec d’autres camarades menant des luttes, et portons ensemble nos exigences communes.

Avec les Continental Nutrition, le Grand Conseil de la Mutualité des Bouches du Rhône, Pilpa, Goodyear, Ford, les Trois Suisses, Sanofi, Sodimédical, Arcelor et encore bien d’autres.

Nous voulons que notre CGT partage cette démarche de coordination des luttes et des entreprises en luttes pour la défense de l’emploi et du potentiel industriel national.

Pour cela nous proposons que soient mis en place des moyens où toutes nos structures participent pour coordonner les entreprises en luttes.

Les deux autres sujets que nous voulons soulever et qui sont totalement absents du document d’orientation et pourtant bien d’actualité et qui correspondent à de réelles exigences pour un vrai changement de société. Ce sont la réappropriation par les travailleurs des moyens de production et la Nationalisation qui doit être un des moyens pour y parvenir.

Il n’y a que les luttes qui peuvent nous permettre de reprendre aux patrons ce qu’ils nous ont pris ! La preuve en est faite avec notre lutte.

Notre Eléphant résiste et avance doucement mais sûrement vers la mise en œuvre de notre solution alternative et le démarrage de notre SCOP T.I

Nous avons obtenu l’annulation par la justice des trois plans de sabordage de l’emploi présentés par UNILEVER.

A l’évidence la lutte paie.

Le dernier Arrêt rendu par la Cour d’Appel d’Aix le 28 février, est très clair. Le 3ème plan patronal est annulé ainsi que les licenciements.

Les salariés ont été licenciés deux fois et deux fois les licenciements auront été annulées !

Nous exigeons que nous soient cédés la marque « Eléphant » ainsi que les volumes de production nécessaires à la reprise de notre activité.

 

François HOLLANDE et le gouvernement doivent maintenant être conséquents, et faire vivre leur volonté affichée d’être aux côtés des salariés de FRALIB.

 

Nous voulons leur imposer qu’ils prennent toutes les dispositions pour que soient données toutes les suites concrètes au plan politique, économique et social et faire sauter « le verrou d’UNILEVER » qui bloque la solution alternative.

 

Les experts du Comité d’Entreprise ont confirmé la viabilité et la rentabilité de notre entreprise. Nous relevons le défi avec détermination et courage, autour de notre projet alternatif qui est la seule solution sérieuse et crédible pour le maintien de notre activité industrielle et nos emplois.

 

Le combat pour la poursuite de l’activité de production et de conditionnement de thé et d’infusions sur le site de Gémenos, le maintien de la marque « Eléphant » implantée depuis 120 ans en Provence et commercialisée uniquement en France, des tonnages de production en sous- traitance, sont des exigences qu’il faut concrétiser.

 

UNILEVER doit assumer toutes ses responsabilités.

Il en a les moyens, L’Etat en a la responsabilité !

 

Nous avons obtenu par notre lutte que les bâtiments et les terrains soient rachetés par la Communauté Urbaine de Marseille. Nous avons imposé qu’UNILEVER cède l’ensemble de l’outil Industriel pour l’Euro symbolique.

 

Cela nous permet de fortifier notre projet pour le maintien de l’activité industrielle autour, avant tout, de la perspective de production de thés et infusions.

 

Cette nouvelle situation se construit autour de la volonté de « réappropriation ouvrière et publique des moyens de production ».

 

En septembre 2011, le Ministre du Redressement Productif Arnaud MONTEBOURG, alors en campagne au primaire socialiste pour l’élection Présidentielle est venu nous rencontrer dans notre usine. Il s’exprimait ainsi en ce qui concerne la défense de notre patrimoine industriel et la question posée par les Fralibs. Il proposait de prendre possession de la marque, d’exproprier Unilever, de l’indemniser à la hauteur de ce qu’il indemnise les salariés et il disait qu’il ferait une loi pour cela !!!

 

Alors, si l’exigence de réappropriation des moyens de production et de nationalisation fait parti des promesses d’un candidat du parti socialiste devenu Ministre aujourd’hui, cela doit être une revendication forte portée par notre syndicat CGT dans le combat de classe qui nous oppose au Grand Capital.

 

Pour conclure, et comme depuis hier je n’ai pas ou peu entendu parler dans les références internationales de l’évolution des pays en Amérique Latine, je finirai par un : HASTA LA VICTORIA SIEMPRE CAMARADES !

 

Olivier Leberquier

CGT Fralib

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 11:19

 Par la-sociale  


À Chypre, la troïka a encore frappé. Après avoir jeté la Grèce, l’Espagne et le Portugal dans la récession et précipité des millions de citoyens dans la misère, la troïka (UE, FMI, BCE) a encore frappé à Chypre. Innovation : ce sont les déposants qui vont payer le plan de sauvetage des banques chypriotes par une taxe de 6,75% sur tous les dépôts bancaires. Quand il s’agit des grands créanciers, il est exclu de les mettre à contribution, mais les petits créanciers des banques que sont les déposants peuvent payer. Il faut prendre l’argent là où il est, c’est-à-dire dans la poche des pauvres car ils sont les plus nombreux, remarquait déjà Alphonse Allais. La « science économique » de ces messieurs de la troïka et de leurs idéologues stipendiés qui occupent les écrans et les ondes se résume à cet aphorisme célèbre.

 

Mais la question qui se pose est la suivante : qui autorise les exécuteurs de la troïka à imposer aux peuples qui n’en peuvent mais leurs médications de Diafoirus ? La réponse est connue : ce sont les gouvernements européens et au premier chef les gouvernements français et allemand, mais les gouvernements espagnol (conservateur qui a reçu le soutien du PSOE), portugais (même configuration), grec (même configuration) et chypriote.

Deux choses apparaissent clairement :

1)      Dans toute l’Europe, il y a une union sans faille entre la social-démocratie et les partis démocrates chrétiens, conservateurs et libéraux. Ils sont pleinement d’accord sur deux points essentiels : faire payer le coût de faillite du système par les salariés, les jeunes et les retraités et profiter de la situation pour porter des coups décisifs dans le système social de « l’État-Providence » qui s’était plus ou moins imposé partout en Europe. Pour ceux qui en doutaient encore, il n’y a plus aucune différence entre les socialistes et les partis de droite. Ils défendent les mêmes intérêts et les mêmes politiques, même s’ils peuvent être en concurrence pour l’occupation des postes gouvernementaux et les prébendes.

2)      La question n’est l’UE ou l’Europe en général. L’Europe n’existe pas comme entité politique réelle, ce n’est qu’un épouvantail à moineaux. La question est celle des gouvernements de chaque pays. Ce n’est pas « Bruxelles » qui pilote la troïka, c’est « notre » gouvernement, ce sont nos « socialistes » à nous en collaboration avec le gouvernement Merkel et tous les autres gouvernements.

On se demandera : et maintenant, à qui le tour ?  Hollande a annoncé la couleur : ce sera le tour de la France et c’est déjà commencé avec les complémentaires retraites, et les diverses mesures annoncées, et ce sera très bientôt avec l’allongement de la durée de cotisation et un recul massif de l’âge légal de la retraite ; on se prépare aussi à tailler dans le vif de la politique familiale et des plans drastiques sont concoctés qui visent tout la fonction publique (éducation nationale y compris). Hollande fait ce dont Sarkozy avait rêvé. Il faudra évidemment en tirer toutes les conséquences, électorales et autres.

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 11:17

 Les banques chypriotes spéculent, comme toutes les banques du monde. La situation de l’île en fait une plaque tournante, entre autres financière (cela depuis l’occupation anglaise), et ces banques, tout en blanchissant l’argent sale venant d’Europe, de Russie, ont fini par connaitre d’énormes difficultés menaçant l’existence même du système bancaire du pays.

C’est là que l’UE intervient pour “sauver”….. Chypre ? Non! Pour sauver les banques, et bien entendu, la damnée monnaie unique qui était censée apporter au continent la prospérité !

Fallait-il le faire? Oui évidemment. Et comment? En nationalisant les banques, en sanctionnant les spéculateurs, en saisissant les avoirs des grandes fortunes bâties par cette spéculation.

Que fait l’UE ? Elle renfloue les banquiers voleurs et spéculateurs avec une contre-partie incroyable: faire contribuer à ce “sauvetage” tous les citoyens ayant un compte en banque avec une taxe de 7 à 9% des avoirs sur chaque compte! Cela s’appelle du vol pur et simple, avec l’aide des banquiers, érigés en racketeurs-adjoints. Et bien entendu ce sont les classes populaires et moyennes qui vont payer le prix fort. Nos défenseurs de la propriété privée « inviolable et sacrée » et nos dénonciateurs du racket de l’Etat savent composer avec leurs principes….selon leurs intérêts.

Le parti communiste Akel avait rejeté les contreparties exigées par Bruxelles en contrepartie de “l’aide” lorsqu’il était au pouvoir, jusqu’à l’élection du candidat de droite, M. Anastasiades en février. Il réclame aujourd’hui un référendum pour sortir le pays de l’Euro, comme le PRCF le demande pour sa part depuis sa fondation en 2004.

Toujours est-il que l’UE montre son vrai visage. Celui d’un outil au service des exploiteurs et des voleurs. Certains prêchent une UE “sociale” et prétendent que l’Euro est “notre” monnaie….les Chypriotes, après les Grecs, les Italiens, les Espagnols, les Portugais, les Irlandais…..apprécieront.

Sortir de l’UE et de l’Euro pour sortir du capitalisme, devient chaque jour un impératif absolu pour tout véritable progressiste.

Commission internationale. 18 mars 2013

 

http://www.initiative-communiste.fr/wordpress/?p=13467

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 11:16

Le gouvernement actuel n’a pas engagé la rupture nécessaire avec les politiques libérales de ces dernières années. La mobilisation est indispensable pour stopper les attaques contre nos acquis sociaux. Grâce aux actions, et en particulier à la journée de grève du 31 janvier dernier, nous avons obtenu le retrait du jour de carence à partir du 1er janvier 2014.

La « refondation de l’Ecole » engagée par le gouvernement manque cruellement d’ambition et, pire encore, elle programme des régressions comme la décentralisation de l’enseignement professionnel et de l’orientation scolaire. Au-delà, nous considérons que les beaux discours du gouvernement ne sont pas suivis d’actes forts qui permettraient à l’Ecole d’être un outil de démocratisation de notre société. De plus, il est urgent que les salaires des personnels d’éducation et plus largement ceux des fonctionnaires soient augmentés de façon significative.

Dans les collèges et lycées, les raisons d’exprimer notre déception et nos attentes sont nombreuses. A voir et à diffuser : l’affiche élaborée par l’équipe du SNES-FSU Orléans-Tours

 

La FSU, refusant le statu quo, juge cette « refondation de l’Ecole » très insatisfaisante. C’est pourquoi, sur la base de nos revendications, nous appelons tous les personnels à une manifestation nationale pour l’Éducation à Paris, le samedi 6 avril 2013 (départ à 13h30 - Place de la Bastille).

 

Dans chaque département, des départs groupés sont organisés, et nécessitent que les collègues s’inscrivent auprès des sections départementales de la FSU ou de ses syndicats :

 

Dans le 18 :

Départ en train depuis Bourges 10h29, depuis Vierzon 10h48, retour en fin de journée, inscription par mel snes18@orleans.snes.edu

 

Dans le 28 :

Départ 11 H 15 de la section FSU 28 - 3 rue Louis Blériot - Champhol (grand parking gratuit pour les voitures)

Inscrivez-vous rapidement par mel fsu28@fsu.fr ou par tel 02 37 21 23 96

 

Dans le 36 :

Départ en car (avec les collègues de la Creuse) depuis Châteauroux. RDV à 9h30 sur le parking du Mc DO, sortie N°12 de l’A20. S’inscrire au plus vite par mail : fsu36@fsu.fr (gratuit pour les adhérents)

 

Dans le 37 :

Départ de la gare de Tours TGV N° 8310 de 11h32 arrivée à Paris à 12h45 Merci d’arriver à 11h à la gare de Tours afin de récupérer vos billets Retour de la gare Montparnasse TGV 8327 de 18h16 arrivée à Tours à 19h28 Modalités d’inscriptions-

Dans le 41 :

 

La FSU 41 organise un départ en bus de Blois, à partir du stade des Allées. Départ à 9h15. Il y aura un arrêt à Mer : rendez-vous au feu rouge près du cimetière vers 9h30.

Dans le 45 :

 

Départ en train à la gare des Aubrais : 12h26 ; rendez-vous à 12h pour la distribution des billets. Retour : départ de la gare d’Austerlitz à 17h27

Important : inscrivez-vous à fsu45@fsu.fr ou à snes45@orleans.snes.edu

 

http://www.orleans.snes.edu/spip/spip.php?article2251

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 11:14

Mars 2013 : Ensemble, des militants communistes s’adressent aux travailleurs en lutte

« UN TEXTE UNITAIRE IMPORTANT pour la mise en place d’une convergence communiste d’action ».


Plusieurs dirigeants nationaux du PRCF, Léon Landini, Pierre Pranchère, Georges Gastaud, Antoine Manessis, Annie Lacroix-Riz, Annette Mateu-Casado, ont signé le texte ci-dessous qu’on peut soutenir en envoyant sa signature, suivie de ses qualités militantes, à gastaudcrovisier2@wanadoo.fr , ou :


Pour signer la pétition :

http://www.initiative-communiste.fr/wordpress/?p=13355#more-13355

Haut du formulaire

 

 

 

 

 

 

 

Bas du formulaire

 

 

Ripostant au MEDEF, au gouvernement, à l’Union européenne, la classe ouvrière de France est en ébullition : chez Good Year, Renault, PSA, Arcelor-Mittal, Doux, Fralib, Sanofi, les travailleurs refusent d’être baladés par Montebourg pour finir sacrifiés sur l’autel des compromis à la Chérèque, de la désindustrialisation.

Les travailleurs les plus engagés nous montrent le chemin: ouvriers de Florange s’enchaînant aux grilles de Matignon et frappés par la police, travailleurs de PSA et de Renault faisant tomber les grilles qui les séparent, salariés de Good Year refusant le chantage aux salaires avec leur syndicat CGT et l’expérience des Conti dont la baisse des salaires a préparé la fermeture de l’usine Leur détermination « tous ensemble et en même temps » permet une contre-offensive des travailleurs face à la guerre de classe menée par le grand patronat contre l’emploi industriel, contre le pouvoir d’achat, contre les conditions de travail, pour le profit maximal des milliardaires qui pillent notre pays et déménagent ensuite à l’étranger avec leur pognon.

Face au ministre socialiste Manuel Valls, menaçant de répression policière non pas les actionnaires qui détruisent l’industrie française, mais les ouvriers qui défendent l’intérêt national
, nous affirmons que la « violence » ne vient pas des salariés en état de légitime défense : elle vient des actionnaires-voyous, aidés par la droite, par l’U.E. et par le gouvernement PS à genoux devant les patrons  ; C’est le MEDEF qui, aidé par les gouvernements successifs depuis 40 ans a détruit les mines, la sidérurgie, le textile et maintenant l’automobile. C’est le patronat qui ruine la nation, plombe la balance commerciale de la France et prive de débouchés des millions de jeunes qui voudraient succéder à leurs parents comme ouvriers qualifiés, techniciens ou ingénieurs !

N’ayons pas peur !
Ce n’est pas le combat de classe qui nous fragilise, mais la politique du « moindre mal », le choix résigné de la mort lente rebaptisée « plans sociaux » par Chérèque et les dirigeants syndicaux jaunes, plus prompts à « casser » les syndicats de lutte qu’à affronter les patrons ! Depuis que les travailleurs négocient indemnités, plans sociaux, réformes décidées par les technocrates, les idées de collaboration avec le patronat et l’acceptation de l’Europe capitaliste avancent, tandis que la classe ouvrière et la nation ne cessent de reculer.

La classe ouvrière a le droit de prendre l’offensive.
Elle doit tendre la main aux autres secteurs en lutte : enseignants, infirmières, cheminots écrasés par l’euro-austérité, retraités qui ne peuvent plus se soigner, chômeurs peu ou pas indemnisés, artisans et petits paysans écrasés par le libre-échange européen fait pour les « gros ». L’enjeu de l’affrontement entre tous les travailleurs et le patronat est l’avenir du pays et de nos enfants ; Notre pays a l’expérience de la difficulté des luttes, mais aussi des joies de nos victoires qui, à travers la Révolution française, la Commune, le Front populaire, la Résistance, Mai 68, Décembre 1995, etc., ont longtemps fait de la France «le pays classique des luttes de classes menées jusqu’au bout » (Marx) !

Pour produire en France, il faut sortir de l’Euro, de l’Union Européenne, nationaliser les banques et la grande industrie, imposer la réindustrialisation planifiée du pays !

Ceux qui nous parlent d’« Europe sociale », y compris à gauche, se trompent, voire nous mentent.
L’euro n’a pas été fait pour la « paix » et la « prospérité des peuples » ; chacun voit au contraire que l’« euro fort », ce clone du Deutsche Mark, met tous les peuples d’Europe en concurrence, qu’il justifie l’austérité salariale sans fin et le démontage du secteur public, qu’il permet à l’Allemagne capitaliste, associée aux États-Unis et à la « City » de Londres, d’édifier un nouvel Empire européen qui viole la souveraineté de la France et des autres pays. Ce qui se met en place actuellement, c’est une dictature européenne pilotée par l’Axe Washington-Berlin : dans leur manifeste “Besoin d’aire”, les gros patrons « français » appellent, comme le faisait le Comité des Forges des années 30 et 40, à liquider la France, à mettre les régions françaises en concurrence, à créer les « États-Unis d’Europe », à promouvoir l’anglais comme la seule « langue de l’entreprise et des affaires » : le MEDEF veut mettre rapidement le point final à l’histoire de France !

Quand le patronat veut à ce point liquider la nation, c’est à la classe ouvrière, avec les travailleurs immigrés, nos frères de lutte, de prendre la tête de la lutte pour reconstruire la France, la réindustrialiser, bâtir une République sociale, souveraine et fraternelle marchant à la rupture avec le capitalisme pour la révolution sociale.

Des communistes membres ou non du PCF, tendent la main aux travailleurs en lutte ! 

Tant que la classe ouvrière a disposé d’un PCF actif dans les usines, se nourrissant des idées de Marx et de Lénine, le monde du travail s’est fait respecter en France. De 1945 à 1947, ce sont les ministres communistes Croizat, Thorez, Marcel Paul, Billoux, Tillon, Wallon, Joliot-Curie, portés par la victoire antifasciste de Stalingrad et par la création du Conseil National de la Résistance, qui ont mis en place la Sécu, les retraites par répartition, la nationalisation de Renault, de l’aviation, du Sous-sol et d’EDF, les comités d’entreprise, le statut des mineurs et de la fonction publique, le CNRS, le CEA, la reconstruction démocratique de l’école publique…

Mais la participation du PCF à un gouvernement de gauche menant surtout après 1983 une politique de plus en plus de droite dérégulant l’économie, battant des records de privatisation de 1997 à 2002, précarisant massivement le travail, accompagnant de mesures « sociales » la pauvreté créée par la désindustrialisation, a bousculé son enracinement populaire et ouvrier. Ensemble il nous faut retrouver l’esprit des campagnes menées contre l’Europe supranationale et le Traité de Maastricht, remettre au cœur de nos luttes l’objectif révolutionnaire du socialisme, refuser de nous situer dans le cadre piégé de la « construction » européenne pour retrouver le camp des travailleurs dans les luttes de classe, toujours symbolisé par la faucille et le marteau.

Alors que la politique euro-libérale du PS prépare le retour fascisant de l’UMP et du FN, la stratégie pro-européenne du « front de gauche » se limite à une pression inefficace sur le PS et Bruxelles, sans tenir compte de la nature impérialiste de l’UE et des choix patronaux du PS, comme le montrent l’accord sur le TSCG et celui honteux sur la flexibilité du travail. Les travailleurs ne peuvent croire que « l’Europe est à nous » – alors qu’Angela Merkel ridiculise quotidiennement Hollande – et que « l’euro est notre monnaie » – alors que la monnaie unique étrangle la Grèce, le Portugal, l’Italie et l’Espagne et que l’euro-austérité plonge déjà des millions de Français dans la misère.

UNE AUTRE POLITIQUE, RÉVOLUTIONNAIRE, EST POSSIBLE EN FRANCE ! 

On nous fait croire qu’une France sortant de l’UE courrait à la catastrophe. C’est l’inverse ! Si nous restons dans l’euro, le peuple français « y restera ». Pour mettre les capitalistes sur la défensive, reprendre la marche en avant vers le socialisme, il faut au contraire sortir du broyeur européen PAR LA PORTE A GAUCHE, par celle du progrès social, de l’indépendance nationale, de la COOPÉRATION ENTRE PEUPLES.

Oui, il faut reconstruire notre souveraineté monétaire, politique, industrielle, non pour isoler la France, mais pour de nouveaux traités internationaux progressistes de coopération entre les peuples, libérée du jeu ruineux de la « concurrence libre et non faussée ». Un grand mouvement de lutte des travailleurs français serait soutenu par les travailleurs portugais, italiens, espagnols, grecs ou tunisiens, qui sont déjà entrés eux-mêmes en résistance .

Cette offensive du monde du travail implique de rejeter la diversion raciste du Front « national » et de l’UMP Copé, qui veulent diviser notre classe pour mieux casser notre pays. Serrant les coudes comme dans la Résistance antifasciste, les ouvriers français et immigrés doivent défendre ensemble le PRODUIRE EN FRANCE qui permettrait d’employer tous les travailleurs du pays. Les ennemis de notre pays ne sont pas les prolétaires étrangers qui triment à nos côtés, mais les Bernard Arnault, les grands actionnaires et les « peoples » égoïstes qui exportent à l’étranger les milliards qu’ils ont volés ICI.

Oui, il est possible de faire naître une convergence d’action communiste
qui s’adressera régulièrement aux travailleurs pour dessiner avec eux, et dans l’action, une perspective révolutionnaire, patriotique et internationaliste.

Oui, il est possible, entre communistes et militants ouvriers ou patriotes non-communistes attachés à la coopération entre les peuples, de construire un Front Populaire pour une République Sociale, souveraine et fraternelle, reprenant le message du Conseil National de la Résistance dans le contexte actuel. Loin des politiques destructives de la droite et de la fausse gauche, loin des « solutions » fascisantes de Copé et du FN, ce Front doit s’affirmer pour sortir la France de l’Europe supranationale, élargir la démocratie et engager la rupture avec le grand capital. Cette alliance centrée sur le monde du travail peut réunir 90% du peuple français et rouvrir la voie d’une transformation révolutionnaire de la société !

Sans la classe ouvrière en lutte, les militants communistes que nous sommes ne peuvent rien. Mais pour s’unir, gagner et diriger à nouveau la lutte de tout le peuple pour le progrès, la classe ouvrière a besoin que s’unissent les communistes fidèles au drapeau tricolore de Robespierre et au drapeau rouge frappé de la faucille et du marteau qui symbolisent le camp des travailleurs !

Premiers signataires:

* Caroline Andréani (93)
* Marie-Christine Burricand (69)
* Annette Mateu-Casado
* Jean-Pierre Djukic (67)
* Vincent Flament (59)
* Georges Gastaud (62)
* Jean-Pierre Hemmen (80)
* Jean-Jacques Karman (93)
* Annie Lacroix-Riz (78)
* Léon Landini (92)
* Antoine Manessis
* Jean-Pierre Meyer (04)
* Pasquale Noizet (75)
* Jean Michel Pascal (75)
* Pierre Pranchère (19)
* Gilles Questiaux (75)
* Fabrice Selingant (45)

Cet appel a été rejoint par : 

* Gilbert Remond (69)
* Pierre-Alain Millet (69)
* Jean Lévy (75)
* Michel Dupuy (94)
* Guy Jacquin (01)
* Pascal Brula (69)
* Pierre Avinière (01)
* Marie-Christine Elgeidinger (69)

 

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