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L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 12:50

L’actualité récente a mis en avant les procès concernant l’amiante et visant l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). La CGT Cochin a elle-même porté plainte en 2010.

Les risques liés à l’amiante (connus depuis longtemps puisque les premiers cas décrits datent des années 30), n’ont cependant pas été traités immédiatement à l’AP-HP. L’interdiction en France de l’utilisation de l’amiante date de 1996, et pourtant il faudra attendre 2005 pour que l’AP-HP se décide à mettre en place un « Plan Amiante » et fasse les premiers prélèvements à Cochin. Il est vrai qu’il s’agit d’une véritable maladie de classe, puisque les effets néfastes (atteintes pulmonaires, cancers…) touchent principalement les ouvriers…

Luc Czyrykowski, ouvrier à Cochin, peut témoigner des difficultés qu’il a rencontrées pour que l’Administration reconnaisse sa maladie professionnelle (toujours non reconnue à ce jour) : « A l’époque, j’ai demandé pour tous les ouvriers de Cochin un suivi spécifique à la Médecine du Travail, qui a été très réticente. Par exemple, on m’a dit que les scanners étaient dangereux et qu’il fallait attendre d’avoir 50 ans pour en passer un ! » Or comme il s’agit d’une maladie sournoise (dont les effets sont à retardement et se déclarent sur le long terme) et que de plus les carrières des ouvriers ne sont plus linéaires (on passe relativement souvent d’un poste à un autre), il devient très difficile sans suivi régulier de détecter une pathologie liée à l’amiante... Pourtant, le résultat de prélèvements effectués à Cochin en 2005 avait déjà doublé trois ans plus tard, en 2008. Rappelons en outre qu’entre l’interdiction (1996) et le premier Plan Amiante (2005) l’Administration a continué à faire travailler les ouvriers dans des milieux particulièrement dangereux. La Direction les envoyait au casse-pipe sans protection ni même la moindre information…

L’impact de l’amiante sur la santé des ouvriers de l’AP-HP est important. A l’hôpital Saint-Louis par exemple, plus de la moitié des agents des services techniques ont été atteints. A Cochin, un de nos camarades a succombé des suites de sa contamination. Il s’agit du seul cas reconnu officiellement… Sur l’ensemble de l’AP-HP il est très difficile de comptabiliser les décès, car d’une part on oppose le secret médical à nos demandes de renseignements, et d’autre part un certain nombre des collègues concernés sont déjà partis en retraite et ne sont plus suivis.

« Nos nombreux collègues touchés par l’amiante appréhendent l’avenir », nous dit François Sénac, infirmier et membre CGT du CHSCT (1) de Cochin, « car les pathologies liées à l’amiante sont irréversibles et à terme entraînent très fréquemment le décès. Pour la France, il est officiellement prévu une véritable hécatombe, plusieurs centaines de milliers de victimes d’ici une vingtaine d’années. »

Consciente des risques encourus par nos camarades ouvriers, la CGT Cochin s’est constituée partie civile contre l’AP-HP en 2010 afin de défendre et faire valoir les droits de 18 agents. L’Administration fait tout pour retarder les procès en cours. Récemment, des directeurs mis en examen ont tenté d’invalider les plaintes par un tour de passe-passe juridique…

Le combat syndical contre les dangers de l’amiante est quotidien sur Cochin. Le Dossier Technique Amiante (DTA), qui vise à localiser les locaux amiantés au sein de l’hôpital, ne relève que la présence d’amiante de surface visible à l’œil nu. Les ouvriers qui doivent par exemple percer un mur tombent souvent sur de l’amiante non référencée parce que cachée... De plus, l’évolution des diagnostics révèle la présence d’amiante dans des matériaux jusque là supposés ne pas en contenir... A l’évocation de ces risques, la Direction des Travaux a répondu avec une certaine condescendance que « les ouvriers n’ont qu’à porter des masques en permanence ». Il est vrai que les conditions de travail ne sont sans doute pas sa priorité…

Pour la CGT Cochin, le « dossier amiante » est caractéristique de la lutte des classes et en est une illustration : d’un côté une classe exploitante qui a réalisé des profits en utilisant en toute connaissance de cause une matière dangereuse et mortelle, classe qui minimise tout à la fois l’incidence de l’utilisation de l’amiante sur la Santé publique et sa responsabilité d’employeur. De l’autre côté, un prolétariat victime d’agissements cupides, contraint de travailler dans des conditions destructrices.

Aux côtés des ouvriers, la CGT Cochin lutte non seulement pour la reconnaissance des dommages qu’ils ont subis, mais aussi pour qu’ils puissent travailler dans des conditions qui ne mettent pas leur vie en danger. Nous avons pour objectif d’améliorer les conditions de vie des travailleurs au détriment des profits capitalistes grâce à un système nouveau de répartition juste des richesses. L’équilibre financier de l’AP-HP ne doit plus se faire sur le dos des agents !


Marise Dantin & Bernard Giusti (CGT Cochin, FSC)

François Sénac (Infirmier) & Luc Czyrykowski (Ouvrier)

 

CHSCT : Comité Hygiène Sécurité et Conditions de Travail. François Sénac, ancien Secrétaire du CHSCT de Cochin, a été l’un des initiateurs de la plainte déposée contre l’AP-HP par la CGT Cochin.

 

Article paru dans l’Huma Dimanche du 11-10-12

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 12:48

vendredi 28 septembre 2012, par Comité Valmy

 

Le 11 ème Congrès national de la confédération syndicale de classe sud-africaine, la COSATU, se tenait du 17 au 20 septembre 2012.

Avec le spectre du massacre de Marikana planant sur le Congrès, le débat a tourné essentiellement autour de la position à adopter vis-à-vis de l’ « alliance tri-partite » formée avec le Parti communiste, allié historique de la COSATU, et surtout l’ANC, force dirigeante du processus de libération nationale.

 

L’unité réaffirmée mais sur des engagements à des « transformations radicales »

Le Congrès a finalement opté par une solution de compromis, réaffirmant la nécessité de l’unité du syndicat derrière le soutien à la coalition gouvernementale menée par l’ANC mais aussi l’urgence de luttes pour l’augmentation des salaires et pour des « transformations radicales » dans le pays.

Ainsi le discours de clôture du président réélu de la COSATU, Sdumo Dlamini, a mis l’accent avant tout sur l’unité :

« Dans les trois prochaines années, l’Afrique du sud connaîtra l’unité dans l’action. Les rues sud-africaines seront couvertes de tee-shirts rouges, ceux de la COSATU et du Parti communiste, ceux noir, vert et or de l’ANC ».

Mais le président a mis en garde contre les paroles qui ne sont pas suivies d’actes révolutionnaires conséquents, et a appelé à regarder vers les processus révolutionnaires latino-américains

« Nous voulons une action résolue et non juste des paroles en l’air ; nous voulons des transformations radicales concrètes en faveur de la classe ouvrière comme trait saillant de la seconde phase de la transition.

La seconde phase radicale de la transition nécessite un engagement ferme à rendre le pouvoir économique au peuple. Les progrès que l’on observe au Brésil, à Cuba, au Vénézuela et dans d’autres pays d’Amérique latine et du monde sont une conséquence à la fois de luttes de plus en plus aiguës et de la détermination d’une direction révolutionnaire ».

 

Quand la COSATU quitte la CSI pour rejoindre la FSM

Moment fort du Congrès, le débat autour du retrait de la COSATU de la Confédération syndicale internationale (CSI), issue de la filiation avec les « syndicats libres » anti-communistes, et de son adhésion à la Fédération syndicale mondiale (FSM), héritière de la tradition d’un syndicalisme de classe et révolutionnaire.

L’adhésion à la FSM avait déjà été préparée ses dernières années par la décision de quatre syndicats influents : celui de la chimie (CEPPWAWU), de l’éducation et de la santé (NEHAWU) et surtout de la métallurgie (NUMSA) qui avaient tous rejoint la FSM. La procédure d’adhésion du syndicat des mineurs (NUM) était elle en cours.

Confrontés à une joute verbale entre les discours du secrétaire-général de la FSM, George Mavrikos, et celui de la secrétaire-générale de la CSI, Susan Barrow, les délégués de la COSATU, avec le poids décisif joué par les cadres du Parti communiste ont finalement décidé de quitter la CSI et de se rallier à la FSM. 

Une décision qualifiée par la résolution de la FSM d’un retour à la maison : la « COSATU revient dans sa famille, cette grande famille qui lutte contre l’exploitation de classe et la barbarie impérialiste ».

 

Source :
Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 12:47

(Café pédagogique)

Sociologue, Choukri Ben Ayed critique le rapport de la concertation. Pour lui, la refondation prolonge les politiques libérales des gouvernements précédents. Le rapport reste dans des formules vagues par exemple quand il évoque " les pratiques pédagogiques dites « efficaces »". La co-éducation avec les collectivités territoriales est aussi présentée comme un élément de creusement des inégalités.


Après une phase dense de concertation sur l’école, le comité de pilotage a remis sa copie. Il nous est ainsi permis de réagir, même si l’exercice n’est pas aisé en raison de la nature un peu particulière du texte à mi-chemin entre la concertation elle-même et la future proposition de loi. Nous sommes tentés de souligner le caractère participatif de la démarche (bien que dans un cadre bien prédéfini par les thèmes retenus), de nous réjouir également de voir abandonné le langage agressif qui caractérisait la période précédente. Pour autant les doutes et les réserves ne sont pas dissipés.

Les doutes d’abord : n’y a-t-il pas contradiction à louer les vertus d’une concertation inédite par son ampleur et d’annoncer un calendrier aussi étriqué pour la rédaction de la loi d’orientation qui en sera issue ? Quant aux réserves, nous abordons à présent le fond du texte.

 

L’avenir de l’école appelle un projet éducatif ambitieux et non une simple action publique réformée

Dès l’entrée en matière du texte on ressent une certaine gêne. Si le thème des inégalités est mis en exergue, pourquoi n’avoir retenu que des données de cadrage de PISA ? Ignorées donc les enquêtes nationales plus fines mettant l’accent sur la source des inégalités en France et sur leur caractère cumulatif tout au long de la scolarité ? En second lieu, et c’est sûrement le point d’achoppement, on ne trouve pas de critique en règle sur le fond des réformes menées sous l’ancien gouvernement. Les déboires de l’école seraient uniquement liés à un mauvais pilotage de ces réformes, une mauvaise organisation, un mauvais ordonnancement, une « mauvaise conduite du changement ». Le lecteur avisé y trouve là des références implicites à certaines théories de la science politique qui autorisent le glissement de sens du registre de la « politique éducative » à « l’action publique éducative ».

La notion d’action publique fait référence à une conception techniciste et managériale des réformes, alors que la notion de politique éducative mobilise une acception beaucoup plus ambitieuse et potentiellement portée par une vision humaniste. L’école aujourd’hui a besoin d’un projet de très grande ampleur et d’une rupture radicale avec la période précédente. Naguère nous tombions tous à bras raccourcis contre les réformes menées tambour battant, il n’est pas trop tard pour assumer ces critiques et abroger les dispositions prises. Une telle entrée en matière du texte aurait eu le mérite de clarifier les choses.

Mais la critique nécessaire fait place à une rhétorique du changement à l’aune de formules générales et convenues : « l’école doit changer car le monde change », « l’école doit rentrer dans la modernité », ou bien des critiques un peu éloignées des réformes elles-mêmes déplorant qui les mutations des cultures juvéniles, qui la communication, qui l’individualisme etc. Dont acte. Mais que dire des évolutions problématiques de l’école elle-même : doxa de l’utilitarisme, du néo-libéralisme, de la concurrence ? Certes ce dernier point est évoqué mais quelle action volontariste lui est opposée ? Suppression des palmarès et des classements ? Non. Suppression des logiques d’autonomie des établissements ? Non. De la situation spécifique de l’enseignement privé ? Non. Tout juste l’idée d’une nouvelle forme d’évaluation détachée des logiques concurrentielles qui reste d’ailleurs à clarifier.

 

Comment réduire les inégalités ? Vrais problèmes et solutions limitées

Nous touchons là probablement au cœur du texte. La continuité avec les orientations politico-idéologiques précédentes se confirme. Le socle commun de connaissances, directement issu de la loi Fillon de 2005, n’est pas remis en cause. Il est au contraire fortement revendiqué. Seule sa simplification est annoncée : quelle simplification ?  C’est même lui qui conduirait la réforme des programmes et les épreuves du DNB (Diplôme national du Brevet des collèges).

Si la perspective de réduction des inégalités est tout à fait louable, et nous devons bien sûr l’encourager, les causes de ces inégalités sont peu analysées. Certes il est nécessaire d’œuvrer pour la pré-scolarisation, et de renforcer l’école primaire. D’accord aussi pour une action volontariste en ce sens au collège. Mais la nature de celle-ci laisse perplexe. Le thème de l’individualisation de l’action pédagogique comme remède à l’échec scolaire, cher à Xavier Darcos et Luc Chatel et qui cristallisait les critiques il y a encore quelques mois, n’est pas ici remis en cause. Il est même récurrent et demeure étroitement lié aux approches psychologisantes et naturalisantes de la difficulté scolaire. On retrouve la rhétorique du précédent gouvernement qui triait les élèves en fonction de leurs goûts, intérêts et autres talents supposés. Le « bien être psychologique », composante de la réussite ne saurait suffire pour éradiquer l’échec scolaire.

Une référence récurrente au « changement de pédagogie » ? Ce changement est indispensable mais le propos demeure bien général. Opposer l’innovation, sans la définir aux « pédagogiques traditionnelles frontales », sans en faire l’analyse, revient à une critique formelle aussi convenue que dépassée des anciens contre les modernes. Qui s’est vraiment donné la peine de comprendre la genèse des pratiques pédagogiques et d’outiller efficacement les enseignants ? Les ESPE (Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation) revendiquées, seront-elles à la hauteur ? Le rapport n’apporte au fond que peu de précision sur les pratiques pédagogiques dites « efficaces » sur la façon de les penser et de les transmettre.

Les élèves qui rencontrent des difficultés ont besoin d’un service public fort plutôt que de compassion ou de bienveillance, d’un service public qui en appui sur la recherche universitaire et pédagogique interroge la nature des difficultés rencontrées par les élèves pour y apporter des réponses audacieuses, garantes d’un profond changement.

 

La co-éducation : pour quoi faire ?

Le thème du partenariat est également très présent. Mais rien de nouveau depuis à présent trois décennies. Ce qui l’est en revanche, c’est la notion de co-éducation qui impliquerait certes les parents d’élèves mais également les entreprises, et ce dès la 6ème, comme le préconisait récemment le Ministre lui-même. N’est-ce pas là la consécration d’une logique utilitariste ? En matière de « gouvernance » la décentralisation (de la formation professionnelle et de l’orientation) est fortement souhaitée ainsi que la contractualisation avec les collectivités locales, tout en revendiquant une action forte de l’Etat : n’est-ce pas contradictoire ? Quel bilan peut-on faire de l’émiettement de l’action éducative depuis trois décennies ? N’y a-t-il pas un lien avec le développement très marqué des inégalités territoriales d’éducation ? Aujourd’hui l’école a besoin de plus ou de moins d’Etat ? D’une simplification de son action ou d’une complexification ? Cette nouvelle phase de décentralisation revendiquée, corrélée à un rapprochement avec le monde de l’entreprise, ne risque-t-elle pas de plonger l’école dans une nouvelle crise dont elle n’a absolument pas besoin aujourd’hui pour se reconstruire ? Il y a à mon sens davantage à perdre qu’à gagner sur ce de terrain.

 

L’éducation prioritaire et la carte scolaire : les grands oubliés

Ces deux sujets condensent la plus grande surprise du rapport. Si ce dernier souhaite mettre l’accent sur la réduction des inégalités, pourquoi alors reléguer le sujet de l’éducation prioritaire en dernière position ? C’est le cas aussi pour la carte scolaire qui pourtant constituait l’un des symboles de la dérégulation éducative par l’ancien gouvernement.

Ce qui pose problème c’est de cantonner la question du traitement des inégalités les plus vives, ainsi que celle de la sectorisation, aux seuls territoires prioritaires. Il s’agit même d’un contre sens. Ce qui se joue dans ces territoires n’est qu’un révélateur puissant des défaillances d’ensemble de l’école. La concentration des difficultés et les logiques ségrégatives sont le produit de la compétition scolaire généralisée et de l’insuffisance de l’école à assumer la massification scolaire.

Le traitement de ces deux questions appelle des actions d’ensemble et non des approches segmentées et particularistes en allant même jusqu’à proposer d’agir à la seule échelle des établissements. Renoncer à l’idée de zonage territorial fait courir du reste un risque considérable de démobilisation et de déstabilisation des établissements depuis longtemps engagés dans des actions en réseau et d’ouverture sur leur environnement. La priorité est d’éviter que ces établissements ne décrochent davantage et qu’ils ne fassent l’objet d’une stigmatisation renforcée.

Agir contre les inégalités ce n’est pas « triturer » à loisir les zonages prioritaires, c’est aussi poser clairement la question de la politique redistributive en matière d’éducation. A ce titre le rapport aurait été bien inspiré de reprendre à son compte les termes du référé de la Cour des comptes adressé le 11 juillet dernier au Ministre de l’Education nationale et portant sur le traitement des inégalités scolaires. Ce dernier argumentait, en substance, que l’une des causes du renforcement des inégalités de scolarisation est leur absence de prise en compte lors de l’attribution des moyens. C’est donc à un changement radical de paradigme redistributif que le référé appelle de ses vœux.

Il ne s’agit de saupoudrage de moyens supplémentaires au profit de quelques établissements triés sur le volet, mais de s’adresser à tous ceux qui accueillent des élèves en situation objective de désavantage économique, scolaire et culturel. En soulignant le fait que certains territoires scolaires situés dans le haut des hiérarchies concentrent les moyens les plus importants, on peut résumer la préconisation de la Cour par le principe de « donner moins à ceux qui ont plus » et réellement « plus à ceux qui ont moins ». Preuve s’il en est qu’une action volontariste en matière de réduction des inégalités nécessite une vision d’ensemble tant en matière de redistribution des moyens, des postes, que des actions spécifiques à mener, conception bien éloignée donc d’une vision partielle du problème.

 

Vous avez dit arbitrage ?

Au terme de cette lecture, si nous avons souligné des manques et des points de désaccord nombreux, il est aussi des points d’accord : sur la scolarisation obligatoire à 2 ans, sur la nécessité de réformer la formation des enseignants, sur le rétablissement de la sectorisation (partout ou dans les territoires prioritaires ?), sur la nécessité d’homogénéiser l’offre de formation, sur l’obligation de ne laisser aucun élève sans solution, de redonner un second soufflet à la vie scolaire etc. Cependant faute d’une argumentation beaucoup plus précise, ces propositions, qui étaient « dans l’air du temps » avant la concertation risquent bien d’en rester à l’état d’incantation. Du reste ces dernières cohabitent avec des propositions inquiétantes d’une toute autre obédience politique puisqu’elles s’inscrivent dans la continuité des politiques néo-libérales qui ont plongé l’école dans l’impasse. Refonder l’école ce n’est pas chercher à contenter tout le monde, c’est faire des choix. L’école du peuple supposera des changements de paradigmes radicaux : c’est bien cela que l’on appelle à présent l’arbitrage ?

 

Choukri Ben Ayed

Sociologue, Professeur à l’Université de Limoges

Chercheur au GRESCO

 

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 12:44

Hugo Chavez s'est largement exprimé sur le conflit qui ensanglante la Syrie.

Pour lui, « le peuple syrien est la victime d'une politique colonialiste... » : les Etats-Unis et leurs alliés européens « infiltrent des terroristes pour générer la violence, le sang et la mort, comme ils l'ont déjà fait en Libye... ».

Il a dénoncé les « gouvernements européens qui reconnaissent les terroristes, qui se réunissent avec eux, qui les financent, qui leur envoient des armes ».

« Cette élite européenne, politique, économique, qui ne semble pas parvenir, malgré les années qui se sont écoulées, à se défaire de l'idée impériale », a-t-il commenté.

« Ils croient avoir des droits pour imposer des gouvernements aux peuples arabes, aux peuples africains, aux peuples latino-américains ».

Hugo Chavez a, plus précisément, visé la France dont le président « s’entête à vouloir renverser  le gouvernement d’un pays souverain ».

« Si des problèmes existent en Syrie, il faut qu’ils soient réglés par les Syriens eux-mêmes via des moyens pacifiques », insiste-t-il.

C'est pourquoi, il juge « très positif » le veto de la Russie et de la Chine à une intervention de l’ONU.

Récemment, le président vénézuélien a lancé un véritable appel aux peuples d’Europe :

« Il faut que les peuples d’Europe se réveillent et se rendent compte de la réalité et qu'ils exigent de leurs gouvernements le respect de la paix internationale, le respect des droits de l'Homme, le respect de la souveraineté des nations... ».

« Le Venezuela bolivarien est une source d'inspiration », a écrit très récemment Mélenchon.

Malheureusement cette observation intéressante du dirigeant du Front de gauche ne se vérifie pas dans ses prises de position sur les conflits de Libye et de Syrie.

De fait, la gauche française a abandonné le combat anti-impérialiste incarné avec tant de détermination par Hugo Chavez.

●●●

[1] Conférence de presse à Caracas, 1er août 2012 : http://www.dailymotion.com/video/xsmtcy_chavez-sur-la-syr...

 

 

http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/archive/2012/10/06/hugo-chavez-denonce-le-terrorisme-occidental.html

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 12:42

Après avoir vilipendé pendant toute la campagne présidentielle le traité Merkozy, le Président et son gouvernement l'ont fait entériner ce mardi sans états d'âme. Réalisent-ils les dégâts que pareil reniement causera dans leur électorat, quand les conséquences pratiques de ce vote seront évidentes ?

Mais en fait, je l'ai souvent écrit sur ce blog, derrière l'abandon de la promesse électorale se cache, depuis le traité fondateur de Maastricht (1992), un persistant engagement européen, assumé sous les fourches caudines de la BCE, de l'Euro, que Maastricht initiait, et que l'on nous présente aujourd'hui comme des nécessités positives. 

J.M.Ayrault a bien pointé l'enjeu du débat actuel : refuser le traité, c'est mettre en cause l'Euro... C'est dire qu'il demeure sans états d'âme dans cette logique de Maastricht. 

Les électeurs qui avaient cru aux promesses d'Europe sociale lors du référendum Maastricht ont eu le temps de faire leur expérience, et de déchanter.

Cf. par exemple le récent billet (Libération, 4 octobre) de Pierre Marcelle.

http://www.liberation.fr/economie/2012/10/04/stabiliser-coordonner-et-gouverner-quoi-au-juste_850914

 

C'est dire qu'aujourd'hui, en dépit du battage médiatique, le sentiment grandit dans l'opinion que notre gouvernement se couche devant la toute puissance allemande, héritière d'un siècle et demi d'ambitions hégémoniques, toute puissance qui ne cèdera que devant la fermeté : pour l'amener à négocier vraiment, il aurait fallu s'appuyer sur une réelle consultation de l'opinion française, et refuser fermement l'arbitraire. Ça n'a pas été le cas et maintenant les jeux sont faits, provisoirement. 

 

René Merle

http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/article-vote-du-traite-merkozy-111036702.html

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 12:41

Près d'un jeune employé sur deux précaires dans l'Union européenne révèle l'OIT

 

Article AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Selon une étude de l'Organisation internationale du travail (OIT), le nombre de jeunes employés en contrats temporaires a quasiment doublé depuis le début de la crise, touchant en moyenne un jeune européen sur deux.

 

Les jeunes sont les premiers touchés par la pratique des contrats précaires. Selon les chiffres de l'enquête: « On compte jusqu'à 70% de contrats temporaires chez les jeunes contre 20% chez les autres adultes ».

Dans la période 2008-2011, le taux de contrats précaires a augmenté en moyenne de 3,6 points dans l'Union européenne, avec des augmentations significatives en Espagne (+ 11,8 points) et en Irlande (+ 20,7 points).

 

Dans cinq autres pays, l'Italie, le Luxembourg, la Pologne, le Portugal et la Slovénie, l'augmentation a été de l'ordre de 10 points.

 

Il convient de rappeler qu'en 2008, selon les chiffres de l'Union européenne (Eurostat), 71% des jeunes espagnols de moins de 20 ans travaillaient avec un contrat temporaire, 68% des jeunes allemands et tout de même 61% des jeunes français étaient frappés par ces contrats précaires.

 

Le taux de chômage des moins de 25 ans s’élève par ailleurs officiellement à 51% en Espagne, 36% en Italie et au Portugal et 22% en France.

 

Selon le responsable de l'étude, Ekkehard Ernst, la conclusion en à tirer, c'est que les jeunes sont « piégés dans des contrats temporaires » et ont « peu de perspectives » d'obtenir un contrat à temps plein.

 

Dans la situation actuelle, « de nombreux jeunes perçoivent l'emploi temporaire comme la seule manière d'entrer sur le marché du travail » et le risque est que les jeunes « soient employés durablement sous des contrats temporaires, avec de maigres perspectives de carrière et une évolution moindre en termes de salaires ».

 

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-la-precarite-a-double-chez-les-jeunes-depuis-le-debut-de-la-crise-pres-d-un-jeune-employe-sur-deux-110921943.html

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 12:40

Soutien massif ce matin à Colmar de la part des camarades, en particulier la CGT Transgourmet, dans ce combat qui oppose Yucel Basarslan à la Fédération CGT du Commerce.

Tout comme à Alès, la base se rebelle face aux licenciements de militants pratiqués par la Fédé CGT du Commerce, pour la plus mauvaise raison qui soit, avoir osé s'opposer.

Quand on voit le fonctionnement de cette Fédération, s'opposer est sans nul doute la seule réaction possible pour tous ceux qui croient aux valeurs de la CGT.

Alors CGT contre CGT?

Pas vraiment...

Ce serait plutôt militants CGT contre le patronat CGT, voilà qui est plus conforme à la triste réalité.

Nous reprendrons cette Fédération, sans gazage (méthode utilisée lors du dernier congrès à Poitiers), mais par la transparence et la démocratie.

Le mouvement ouvrier à la CGT ne se laissera pas barrer la route par quelques apparatchicks, qu'on se le dise, que la CGT en parle, et plus elle en parlera, plus elle tremblera sur ses fondements révolutionnaires qui reprendront le dessus, bon sang ne saurait mentir !

 

Cyril LAZARO

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Published by Vendémiaire - dans Syndicalisme
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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 12:42

Depuis la fin de la manifestation d'hier 200 sans papiers occupent avec la CGT la place du 18 juin 40
métro Montparnasse à Paris pour obtenir leurs régularisations.
Merci aux camarades disponible de leur apporter notre soutien.
Ils ont besoin de café , alimentation, couverture etc ..
Merci aux éluEs de faire leur maximum pour apporter aide concrète et soutien

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 12:41

Le Camarade Ahmad Sa'adat, Secrétaire général du Front Populaire de Libération de la Palestine, emprisonné,  a envoyé un message au Président vénézuélien réélu Hugo Chavez, le félicitant pour son succès dans les élections présidentielles et son historiquement importante victoire.

Sa'adat a exprimé sa confiance que la défense de la liberté, la vraie dignité et les valeurs de justice sociale, de droits des peuples autochtones et le niveau élevé de développement d'une culture démocratique, sociale et politique du peuple du Venezuela est la clé de la victoire continue du président Chavez et la révolution bolivarienne dans la marche de la souveraineté nationale,  d'une véritable indépendance, et du progrès social, sur  la route vers le socialisme au Venezuela.

Saadat a souligné que le peuple palestinien de partout éprouve une grande fierté et une grande solidarité avec le soutien par le Président Chavez  pour le peuple palestinien face à l'occupation et la poursuite de l'agression sioniste et sa position ferme pour les droits justes et légitimes du peuple palestinien. Il a salué le peuple vénézuélien et ses forces démocratiques et progressistes, en insistant sur l'importance qu'il y a à renforcer les liens d'amitié entre la Palestine et le Venezuela et la lutte commune de nos peuples.

Le porte-parole du FPLP Khalil Maqdesi a également exprimé les félicitations du Front pour le peuple vénézuélien dans sa progression sur la voie de la révolution bolivarienne, disant que la victoire électorale au Venezuela a été aussi un coup porté aux efforts de l'impérialisme américain pour rétablir l'hégémonie en Amérique latine. Maqdesi a salué les processus révolutionnaires qui se déroulent dans toute l'Amérique Latine, notant que le continent est un centre de lutte, de développement politique et social et de résistance à l'impérialisme qui se dresse en un clair contrepoint devant le rôle des États-Unis.

Il a noté en particulier que le peuple vénézuélien a édifié au long des 12 dernières années un héritage révolutionnaire d'engagement populaire et de vrai changement social, mobilisant en nombre impressionnant à la fois pour défendre et pour faire progresser sa révolution et que l'héritage réaffirmé de Bolivar est celui de libération nationale,  et qui parle aussi de la lutte actuelle de libération nationale palestinienne et arabe.

Front Populaire pour la Libération de la Palestine

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 12:40

lundi 8 octobre 2012 / par Kodjo Epou, pour l'autre afrik

 

Quelques questions aux diplomates occidentaux en poste à Lomé : à quoi bon des élections, législatives ou présidentielle, dans des conditions où les vaincus, forts de leur armement et de leurs miliciens, peuvent refuser, chaque fois, de reconnaître le verdict des urnes et renverser à leur profit la majorité qui en est issue ? Comment envisager un seul instant que les Togolais acceptent une loi électorale taillée à la hache, synonyme pour eux de se laisser conduire à l’abattoir, sachant que ces mêmes militaires et miliciens pèsent d’ores et déjà de tout leur poids sur les prochains scrutins ? Et, enfin, par quel coup de baguette magique, justice peut être rendue aux victimes avec des lois viciées dont la nature ne donne aucune chance à l’alternance au Togo ?

 

« Celui qui paie choisit la musique ». S’il y a un pays que les bailleurs de fonds, sans craindre d’être taxés d’ingérence, peuvent tancer pour un refus obstiné de ses dirigeants de créer les conditions d’un apaisement, c’est bien le Togo. Le pouvoir de Lomé, en effet, vit de l’assistanat, de l’aide étrangère que lui procure l’Occident. Pendant que les ressources propres du pays prennent des destinations inconnues, pillées à la pelle. L’imposture est évidente au Togo ! Même retentissante. Tellement qu’on se demande si les bailleurs de fonds ne sont pas de grands naïfs qui s’investissent dans un rocher de Sisyphe qu’est devenu le Togo.

Jusqu’où ces occidentaux ne doivent-ils plus continuer cette lamentable corvée qui consiste à remplir d’eau la jarre trouée du RPT, quand tout le monde sait, en Afrique, que dans son état actuel, le Togo des Gnassingbé est comme « le tonneau des Danaïdes ». Un tonneau au fond percé que l’on remplit sans fin alors que son contenu est simultanément vidé par des dirigeants frivoles, dépensiers et peu soucieux des conséquences désastreuses de leurs actes.

La réalité, c’est que les amis (?) traditionnels du Togo ont beau financer des projets visant à soulager les populations, celles-ci continueront de croupir sous « la pauvreté accablante » que le diplomate allemand Joseph Weiss avoue avoir vue à l’intérieur du pays, aussi longtemps que l’alternance si chère aux Togolais n’aura pas lieu, aussi longtemps que les dialogues (de sourds) n’accoucheront pas d’un régime légitime et populaire qui donne impulsion, vie et avenir à ces projets.

Parmi ces pays et organisations (PNUD, UE, Allemagne, France, USA) dont l’argent public finance les élections au Togo, bien rares sont les parties qui exigent des comptes et des décomptes, une façon de se soucier réellement des intérêts de notre peuple. On nourrit çà et là, dans ces chancelleries, des visées obscures inavouables, sans grand souci du mieux-être, voire de la prospérité qu’est en droit d’escompter le peuple togolais. Ce peuple, depuis 22 ans maintenant, est à couteaux tirés avec ses dirigeants, réclamant un assainissement de la vie publique par un processus électoral juste. Doit-on rappeler la véritable foire d’empoigne qui avait débouché, en 2005, sur un carnage resté jusqu’aujourd’hui impuni, malgré les multiples rapports attestant que la tragédie avait bien pris place. Alors qu’il y a tout lieu de craindre une réédition, peut-être plus féroce et scandaleuse, pourquoi traîne-t-on ainsi des pieds ? Pourquoi ne veut-on pas, pour prévenir le bain de sang qui mouille chaque période électorale, moduler pour une fois, à Lomé, le langage diplomatique ?

Ces grands témoins de la tragédie togolaise n’ignorent quand même pas que la mobilisation populaire contre Faure et son parti, ces derniers mois, a redoublé de vigueur. Elles savent également que l’expression de ce ras-le-bol laisse présager que toute tentative de Faure Gnassingbé d’opérer, cette année, l’année prochaine ou en 2015, un passage en force à travers des élections truquées, va indubitablement faire basculer le Togo dans un chaos atroce, avec l’irruption inévitable de candidats fanatisés à qui personne ne pourra alors dénier le droit de vouloir en découdre avec un régime assassin et prédateur. Au lieu de parer au plus pressé en s’attaquant au mal par les remèdes appropriés capables de diminuer la fièvre, le PNUD, pour ne citer parmi tant d’autres que cet exemple tout à fait incongru, a cru devoir donner la priorité à une formation à l’attention des responsables des forces de sécurité, officiers et sous-officiers de la police et de la gendarmerie. Ladite formation, rapporte la PANA, avait été initiée par le Centre des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Afrique(UNREC), et s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui aux processus électoraux (PAPE) cofinancé par l’Union européenne(UE) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD. Il a suffi que les dirigeants togolais arguent qu’ils sont « animés d’une volonté de pacifier les prochaines élections » que ce beau monde s’exécute.

Doit-on, si tel était le cas, donner la priorité au recyclage des forces de l’ordre, aux ateliers et conférences sur d’improbables élections ou, doit-on mener une action diplomatique forte – la menace de fermer le robinet en est une – qui oblige le pouvoir à prendre des mesures vigoureuses qui règlent définitivement les pommes de discorde, sources des désastres électoraux mortels ? La récente initiative du PNUD s’apparente à un labour, la charrue devant le bœuf, à une distraction autant ou presque déboussolant que la déclaration, ô combien diffuse, du diplomate allemand invitant les protagonistes à « un dialogue sans lequel il ne faut attendre aucune solution de l’extérieur ». On est en plein, dans tous les cas, au beau milieu d’une confusion délibérément provocatrice, qui laisse la porte ouverte à tous les soupçons, notamment d’un complot international contre les intérêts du peuple togolais.

Les togolais croient, sans pouvoir être détrompé, que plus vite ce régime-tyran s’en ira, plus vite les esprits seront désarmés et la marche du pays vers l’ineffable enrayée. Autrement, l’éjection de Faure du pouvoir ou toute action visant à l’empêcher de briguer un troisième mandat en 2015 se présente comme une tache immédiate que, de concert, les Togolais avec la Communauté Internationale doivent impérativement accomplir si l’on veut neutraliser tous les courants extrémistes créés par la lassitude due aux échecs répétés des dialogues politiques successifs. « Là où l’injustice devient loi, la résistance est un devoir » : C’est ce que stipule, en d’autres termes, l’article 150 de la constitution togolaise. C’est ce que le peuple souverain demande aux bailleurs de fonds internationaux de mieux comprendre afin de l’aider à prévenir le pire, à venir à bout des ténèbres.

Selon ce qu’on observe, les diplomaties occidentales au Togo donnent l’impression de toujours demander plus de sacrifices à l’Opposition qui ne détient pas les leviers de l’Etat, sans jamais prendre la peine, ni avoir le courage d’appeler, en connaissance de cause, le pouvoir togolais à ses responsabilités, à respecter les règles qui régissent une élection dans un système pluraliste, règles que le RPT altère à son rassasiement, à coup de machette et de fusil. La France, l’Allemagne, l’UE dans son ensemble, et aussi l’ONU peuvent agir. Elles le doivent, peu importe le devoir de réserve que personne n’ignore, se fondant sur l’impératif de conjurer une nouvelle catastrophe électorale en gestation et sur le principe universel qui veut que ce soit ceux qui paient les musiciens qui choisissent la musique et la cadence. Ces financiers ont droit à la parole. Pourquoi ne la prennent-ils pas ? Il est question, en lieu et place de cette diplomatie timide aux allures du double standard, non pas que l’Occident se substitue aux Togolais dans l’écriture de leur propre histoire mais de les accompagner dans la réalisation de leurs aspirations profondes. C’est un devoir historique, corollaire d’un devoir d’ingérence pour faire voir au RPT qu’un après-Gnassingbé, bel et bien, adviendra et que ce parti a beau jeu de s’insérer dores et déjà dans la perspective d’une alternance inévitable, condition sine qua non pour le rétablissement d’une démocratie plurielle dans ce pays martyr.

Les Togolais qui ont suivi avec un intérêt particulier l’intense activité des diplomaties occidentales, ces deux dernières années, en Afrique, ne comprendraient pas l’argument qui tenterait de leur faire croire qu’il n’existe pas dans la pratique diplomatique, des moyens coercitifs, des termes dissuasifs capables de faire comprendre à Faure Gnassingbé et à ses thuriféraires que seuls ceux qui payent le bal, c’est-à-dire le peuple souverain du Togo et les bailleurs de fonds, doivent mener la dance, et non le RPT/UNIR » ? Mais au cas où vraiment ces moyens et ces termes n’existent pas, il va falloir, à notre sens, les inventer à Lomé. Maintenant. Demain, il sera trop tard !

 

Publié sur http://www.afrik.com/togo-ou-l-echec-des-diplomaties-occidentales-en-afrique

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Published by Vendémiaire - dans Afrique noire
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