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Quelques conférences

Chansons

  Avant d'écouter les enregistrements ci-dessous, attendez la fin de la musique de fond du blog...

 

L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 19:46

  Aurore Martin est citoyenne française. Elle est membre d'une association autorisée en France (Batasuna). Elle n'a commis aucun délit, aucun crime.

  Cette association milite pour l'indépendance des Basques. Elle est illégale en Espagne. A la demande du gouvernement de Monsieur Rajoy, la police et la justice de notre pays ont arrêté Aurore Martin et l'ont livrée à une puissance étrangère, où elle risque douze ans de prison.

  En principe, la France n'extrade pas ses citoyens. Mais ce principe, comme d'autres, est bafoué par les réglementations européennes. La notion de "mandat européen" passe avant la protection due à son peuple par un état souverain et démocratique.

  Nous ne jugeons pas l'association basque. Là n'est pas la question. Mais il est inadmissible qu'une de nos compatriotes, au nom de l'Europe, soit chassée de son pays où elle n'est coupable d'aucune infraction aux lois françaises et remise au bon vouloir d'un pays étranger.

Aurore Martin doit revenir immédiatement chez elle

 

Jacques FRANCK 

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 19:45

Le 11 novembre dernier, les téléspectateurs de FR3 eurent droit pendant deux heures à la retransmission des cérémonies parisiennes de commémoration de l’Armistice de 1918, accompagnée de commentaires- débats de deux journalistes sous l’égide de C.Gaessler. En fait, en guise de célébration, nous avons assisté à une opération politicienne, disons-le, scandaleuse  visant à se servir du souvenir des millions de victimes de la grande tuerie pour justifier l’actuelle  politique interventionniste et néocolonialiste du gouvernement Hollande.

Certes,  le massacre fut évoqué. Il le fallait bien. Mais tout à fait formellement. Rien sur les causes historiques du conflit, rien sur les responsabilités majeures des impérialismes allemand, français et russe. Comme si le travail mémoriel auprès des jeunes générations n’avait pas comme fondement de contribuer à permettre aux peuples d’empêcher toute nouvelle catastrophe. On a d’ailleurs vu ce qu’était devenu le fameux « Plus jamais ça ! » en 1939…Mais le plus choquant est ailleurs : le téléspectateur s’est-il rendu compte qu’il fut beaucoup plus question en cette occasion aussi bien dans les paroles et les gestes du chef de l’Etat que dans les « analyses » des commentateurs de l’émission, de l’Afghanistan que des tranchées de 14-18 ? On aurait pu trouver quelque descendant de poilu mort au combat (ou fusillé pour l’exemple…) pour recueillir son témoignage devant la caméra. Tâche impossible apparemment puisque c’est la douleur d’enfants éplorés par la mort de leur jeune papa en Afghanistan que l’on a recrutée pour les besoins de la cause. Et comme si cela ne suffisait pas pour la démonstration, ce n’est pas une photo du Chemin des Dames qui clôtura de  fait  le reportage, mais celle d’une dizaine de jeunes récemment tués sur cette terre si lointaine. Tués pour la France ? Ou pour tenter d’assurer une présence significative néocolonialiste de l’impérialisme occidental ? François Hollande n’a-t’ il  pas déclaré, en substance, dans sa courte allocution publique que tous ces jeunes ont « donné » leur vie, quelle que soit l’époque, pour que « le drapeau français puisse flotter partout où il doit le faire » ? Décidément, plus sarkozyste que moi, tu meurs, puisque c’est au prédécesseur de F.Hollande que l’on doit cette agglomération dans une même date de tous les conflits qui ont impliqué la France. Non, Messieurs  les Présidents, même si la mort reste la mort, il n’est pas vrai que celle d’un poilu de Verdun a le même sens que celle d’un combattant de Dunkerque ou de Châteaubriant, de Dîen-Bîen-Phu ou d’ Alger .

Les objectifs politique de cette opération ont été heureusement dénoncés par de nombreux historiens, et ce depuis la décision de N.Sarkozy, qui ont ainsi respecté l’objectivité et l’honnêteté. On ne peut pas en dire autant, malheureusement, de la plupart des organisations politiques et des médias français. En particulier je regrette profondément que le journal « L’Humanité » n’ait pas consacré une ligne à l’évènement dans sa livraison du lundi 12 novembre. Certes, on objectera que dans son numéro du 13 novembre figure en dernière page un dessin humoristique relatif à cette question (mais cela ne fait pas le compte) et également un article de Charles Sylvestre avec lequel je suis pour l’essentiel d’accord ; mais c’est dans la rubrique « Rubriques et idées » dont les auteurs n’engagent qu’eux-mêmes ; une prise de position officielle de la direction du PCF aurait été la bienvenue. Viendra- t-elle un jour ?

 

Vincent Ferrier

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 19:43

 

A l'occasion du trentième anniversaire de la mort d'Aragon, le Parti communiste français organise du 14 novembre au 19 décembre une série d'évènements consacrés à l'une des plus grandes figures de la littérature française contemporaine, en partenariat avec le Mac/Val, la Maison Elsa Triolet-Aragon, Zebrock et le Conservatoire national d'art dramatique.

Le 21 novembre à 20 heures Valère Staraselski, auteur de "Aragon, la liaison délibérée" interviendra, avec le concours du comédien Guy Abgrall, qui lira des extraits de romans. Auparavant, à partir de 19 heures, des élèves du Conservatoire national d'art dramatique liront des poèmes d'Aragon.

"La littérature est une affaire sérieuse, pour un pays, elle est au bout du compte son visage", considérait Aragon, pour qui, encore, le roman était "une machine à explorer notre nature", "une machine à transformer au niveau du langage la conscience humaine". C'est de cela plus particulièrement dont nous parlera Valère Staraselski.

 

Lieu : 2 place du Colonel Fabien (siège du PCF). Paris 19ème. Métro Colonel Fabien. Entrée libre. 

Pour plus d'information sur ces évènements : cliquez ici.

 

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 19:41

 Depuis le week-end dernier l’armée israélienne a amorcé une nouvelle attaque meurtrière contre la bande de Gaza, suite à l’attaque d’une Jeep de l’armée israélienne par des groupes de résistance armée palestiniens. Sous prétexte de s’en prendre à des « terroristes », les bombardements touchent en réalité pour l’essentiel des civil-es, y compris des enfants. Car à côté de bombardements ciblés effectués par des drones, le gouvernement israélien se livre aussi à des bombardements aveugles meurtriers. Si la riposte palestinienne à ces attaques a également occasionné des morts du côté israélien (trois civils ont été tués par un tir de roquette tiré depuis Gaza jeudi matin), c’est bien à l’Etat d’Israël que revient la responsabilité de ce nouveau carnage. C’est lui qui par sa persistance à refuser aux Palestinien-nes la satisfaction de leurs droits les plus élémentaires, à les empêcher de vivre dignement, à maintenir un véritable état d’apartheid et à réprimer dans le sang la résistance que ces injustices occasionnent, maintient la Palestine dans un état de guerre perpétuelle. Les puissances occidentales, notamment la France, ont également leur part de responsabilité dans la situation, elles qui refusent de faire quoi que ce soit pour stopper l’escalade meurtrière à laquelle se livre l’Etat d’Israël.

Alternative libertaire défend le droit pour les Palestinien-nes à décider souverainement de leur avenir, et condamne les exactions de l’armée israélienne dans les territoires occupés et notamment dans la bande de Gaza.

Alternative libertaire, le 15 novembre 2012

 

A très bientôt  dans la rue et dans les luttes !

 

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 19:39

 jeudi 15 novembre 2012

 

Samedi 17 novembre, des rédacteurs du texte alternatif Combattre l’austérité, en finir avec le capitalisme iront le déposer au siège national du PCF, accompagné d’une liste de plus de 330 signataires. Nous avons pris contact avec tous pour leur rappeler qu’ils doivent être à jour de cotisations. La validation de notre texte alternatif par les organisateurs du congrès ne devrait donc poser aucun problème.

Deux autres textes alternatifs vont être déposés. Unir les communistes pour un PCF de combat, marxiste, populaire et rassembleur a été signé notamment par Jean-Jacques Karman (conseiller général du 93) et Marie-Christine Burricand (membre du Conseil National). Nous avons expliqué ici quelles sont nos divergences de fond avec ce texte – notamment sur l’Union Européenne, le stalinisme et le programme.

Par ailleurs, Emmanuel Dang Tran, Eric Jalade et d’autres membres du Conseil National ont annoncé qu’ils allaient déposer un texte alternatif intitulé : Ni abandon, ni effacement, un parti résolument communiste dans l’affrontement de classe ! Il n’a toujours pas été rendu public. Rappelons que lors du 34e congrès du parti, en 2008, Karman, Burricand, Dang Tran et Jalade signaient un seul et même texte alternatif : Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps. Dans la foulée du congrès, ils avaient constitué ensemble un réseau du même nom. Mais ils se sont rapidement divisés, de sorte qu’il existe aujourd’hui deux réseaux « Faire vivre et renforcer le PCF… ». Nous y reviendrons à l’occasion de notre analyse du texte alternatif signé par les camarades Jalade et Dang Tran.

Débats en section : invitez l’un de nos premiers signataires ! 

Tous les militants du parti seront appelés à voter, les 14 et 15 décembre, pour choisir la « base commune » qui sera discutée et amendée jusqu’au congrès national, début février. Dans les jours précédant ce vote interne, des AG de section et des débats contradictoires seront organisés dans tout le pays pour discuter des différents textes. Cette façon de procéder est tout à fait démocratique : avant que chacun se prononce individuellement par son vote, les camarades discutent collectivement des documents. Par ailleurs, l’idéal est que chaque texte soit présenté et défendu par un camarade, en quelques minutes, avant que le débat ne s’engage.

Nous savons que dans de nombreuses sections du parti, des camarades auront à cœur de défendre notre texte alternatif. Ceci dit, nous avons décidé de mettre à la disposition de toutes les sections du PCF des camarades prêts à venir y défendre le texte alternatif lors de débats contradictoires : Greg Oxley, Hubert Prévaud, Pierre Villeret, Jérôme Métellus, Dominique Escouboué, Martin Crouzet, Jules Legendre, Raphaëlle Dadat – et bien d’autres. Ce sont des camarades qui ont contribué à l’élaboration du texte, le connaissent bien et seront à même de répondre aux questions sur son contenu, son programme, ce qu’il propose pour renforcer le PCF, etc. Cela devrait contribuer à la qualité des débats.

Les sections qui veulent inviter un de ces camarades peuvent nous contacter à : renforcerlepcf@gmail.com

Notre texte alternatif : Combattre l’austérité, en finir avec le capitalisme

Notre analyse critique du texte de la direction nationale : 36e congrès du PCF – Critique du texte de la direction nationale

Bons débats à tous !


Hubert Prévaud (PCF 31), Greg Oxley (PCF 75) et Jérôme Métellus (PCF 75)

 

 

Signez le texte alternatif : Combattre l’austérité, en finir avec le capitalisme !

 

 

Journal communiste : La Riposte

 

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 16:06

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Alors que la guerre civile Syrienne, alimentée par les ingérences étrangères, occupe le devant de la scène médiatique, le silence est quasi-total sur les mouvements de protestation populaire qui secouent les dictatures du Golfe : Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis et désormais Koweït.

Le 21 octobre dernier, ce sont ne centaine de milliers de manifestants – 200 000 selon les organisateurs – qui sont venus exprimer leur lassitude des méthodes anti-démocratiques du régime koweïtien. La plus grande manifestation de l'histoire du petit émirat pétrolier.

Le régime a répondu par la violence. Une trentaine de blessés, victimes des gaz lacrymogènes et des coups de matraques, pour une centaine d'interpellations.

Pourquoi de telles manifestations dans un pays hâtivement présenté comme la seule « démocratie » du Golfe ?

En réalité, le Koweït reste une monarchie autoritaire dirigé par une dynastie, les Al-Sabah, régnant sur le pays depuis 250 ans. L'émir dispose du pouvoir exécutif et garde le droit de dissoudre, et même de suspendre le Parlement.

Ce fut le cas dix ans entre 1976 et 1991, au moment où l'Irak de Saddam Hussein envahit un État où toute apparence de légalité parlementaire avait été suspendue depuis plus de six ans.

Jusqu'en 2005, seuls 10% de la population avait la possibilité de voter. Outre les étrangers représentant la moitié de la population résidente ainsi que les Bédouins, les femmes n'avaient pas encore acquis le droit de vote.

Dans ce richissime émirat pétrolier, les travailleurs – immigrés pour 80% d'entre eux – disposent de droits réduits au minimum : interdiction de la grève dans le secteur public, interdiction d'organiser un syndicat dans le secteur privé tandis que les immigrés sont soumis au principe du parrainage (kafala), qui les place entièrement à la merci légale de leur « parrain » local.

Les manifestations qui touchent le pays depuis le début du mois d'octobre ne concernent pas directement ces populations immigrés, qui ont connu des poussées de révolte en 2008.

Elles mobilisent surtout les couches moyennes ainsi qu'une partie importante de la jeunesse du pays, se ralliant derrière les fractions islamistes et libérales de l'élite du pays, sur des revendications de réformes démocratiques.

Les élections de février 2012 avaient vu la victoire de l'opposition, avec 34 sièges sur 50 – dont 23 pour les islamistes. Une élection annulée en octobre par l'émir, qui a aussitôt dissous le Parlement. La quatrième fois en six ans.

L'émir a convoqué de nouvelles élections anticipées en décembre prochain selon une nouvelle loi électorale qui devrait minorer le poids de l'opposition parlementaire.

Après la manifestation du 21 octobre, les mouvements de protestation n'ont pas faibli. Ils étaient encore plusieurs milliers ce dimanche 4 novembre, alors que la monarchie avait menacé d'envoyer l'armée pour mater le mouvement.

Les forces spéciales et des véhicules armés ont bloqué ce dimanche les voies conduisant au point de rassemblement pendant que les forces de l'ordre tiraient sur les manifestants à coups de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes.

Du côté des puissances occidentales, la rhétorique des « droits de l'Homme » s'arrêtent là où commence celle des contrats d'armements juteux. Allié majeur de l'OTAN dans la région, hier contre l'Irak, aujourd'hui contre l'Iran, le Koweït multiplie les achats d'équipements militaires lourds.

En juillet 2012, il commandait 60 missiles Patriot sol-sol dirigés vers l'Iran. La France, tiendrait la corde pour vendre de 15 à 30 « Rafale » au Koweït, dans un paquet régional qui engloberait deux autres régimes autoritaires: le Qatar et les Émirats arabes unis. En 2009, Nicolas Sarkozy avait en 2009 réalisé une visite-éclair au Koweit comme VRP de luxe de Dassault.

Désormais, c'est au tour de François Hollande de multiplier les visites de courtoisie avec les monarques réactionnaires d'Arabie saoudite et du Bahreïn, ainsi qu'avec les représentants de l’État sioniste, pour préparer le démantèlement de la Syrie. Tout en taisant la moindre critique sur la répression féroce sévissant dans les pays du Golfe.

Le « changement ce n'est pas encore pour maintenant », dans les États obscurantistes du Golfe comme ailleurs.

 

 

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-dans-le-silence-mediatique-occidental-la-repression-par-la-monarchie-reactionnaire-koweitienne-des-112253563.html

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 16:03

Le PRCF, qui était présent avec un tract dans les cortèges syndicaux français, salue les travailleurs en lutte contre l’euro-austérité.

Honneur notamment aux travailleurs espagnols, italiens, grecs et portugais, qui font vivre au présent un mot devenu tabou dans le vocabulaire des Chérèque, Thibault et autre Lepaon : le mot « grève générale » ! Honneur aussi aux véritables communistes de ces différents pays qui sont à la tête de la protestation sociale malgré la répression policière qui se durcit dans ces Etats policiers que deviennent l’un après l’autre les Etats vassalisés de l’Union européenne.

De plus en plus, il apparaît que pour gaver le capital financier, pour gonfler les profits et sauver le maudit euro, l’oligarchie européenne est prête à jeter bas TOUS les acquis sociaux et à liquider la souveraineté nationale des Etats européens, tous chapeautés désormais par une dictature continentale pilotée par Washington et Berlin.

Plus les plans d’austérité plongeront dans la pauvreté la masse des travailleurs, la Confédération Européenne des Syndicats, plus la Confédération Européenne des Syndicats aura du mal à « vendre » le mensonge de l’Europe sociale. De plus en plus, les militants de la CGT, du PCF, du PG que l’on rencontre dans les manifs disent s’interroger sur l’euro, sur l’UE, et font bon accueil aux explications du PRCF qui explique depuis toujours qu’il est impossible de rompre avec l’austérité et de réindustrialiser le pays sans SORTIR de l’UE et sans nationaliser les secteurs-clés de l’économie.  De plus en plus l’idée « passe » dans les masses populaires qu’il est absurde d’opposer le patriotisme républicain à l’internationalisme prolétarien. Tout au contraire, à notre époque, le combat pour l’indépendance nationale est la voie obligée pour une rupture révolutionnaire avec le capitalisme, quoi qu’en disent hélas les dirigeants « euroconstructifs » du Front de gauche, de LO, du NPA, etc.

Alors, face à la méga-austérité décrétée par Hollande, qui rampe de plus en plus devant le MEDEF et Merkel, associons les mots d’ordre clairs :

* Tous ensemble et en même temps contre l’euro-austérité, sans crainte de clamer que le salut de leur maudit euro ne vaut pas la casse de nos acquis sociaux ! Certes la grève générale ne se décrète pas, mais elle se CONSTRUIT et pour cela, il faut la mettre en débat dans les entreprises !
* Brisons les chaînes de l’Union européenne, la coopération internationale passe par des échanges équilibrés et planifiés entre des Etats souverains pas par la « concurrence libre et non faussée » des traités supranationaux européens !
* Faire barrage à la droite ultra de l’UM’Pen en gestation passe, non pas par l’accompagnement « critique » des mesures et du budget de Zapat-Ayrault, mais par la lutte de classe résolue contre toutes les politiques antisociales du Parti Maastrichtien Unique, le PMU que composent aujourd’hui le PS et l’UMP.

IL N’ Y A PAS D’AUTRE VOIE POSSIBLE QUE L’ACTION DE CLASSE ET DE MASSE, que l’union du drapeau rouge ouvrier et du drapeau tricolore pour un nouveau Front de résistance populaire et patriotique, SI NOUS NE VOULONS PAS QUE NOS ENFANTS SOIENT SUREXPLOITES, PAUPERISES ET PRECARISES.

Serons-nous dignes du grand passé combatif du peuple français ? La réponse appartient à chacun !

 

http://www.initiative-communiste.fr/wordpress/?p=12014

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 22:31

 Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Alors que notre attention se focalise essentiellement sur les problèmes économiques et sociaux de l'Irlande, de la Grèce, de l'Espagne et de l'Italie, les États baltes de Lettonie et de Lituanie connaissent également des problèmes dramatiques. Avec une émigration s'élevant dans ces pays à près de 87 000 départs par an, l'élite politique des deux États baltes a découvert une méthode efficace pour lutter contre le chômage et pour réduire les budgets consacrés aux services publics : l'émigration.

 

Si un certain nombre de personnes en âge de travailler sont contraints de partir trouver du travail à l'étranger, le taux de chômage et les budgets sociaux vont tous deux diminuer. Cette simple équation mathématique explique ce que les partisans des plans d'austérité saluent aujourd'hui comme le « Nouveau miracle balte ». Cette réalité, cependant, est un modèle reposant sur une contraction économique résultant des baisses de salaire. Dans le cas de la Lettonie, une baisse de l'ordre de 30% pour les employés du secteur public. Une série de « flat taxes » sur le travail s'élèvent à 59% en Lettonie, tandis que la taxe foncière n'est que de 1%.

 

Les politiques néo-libérales ont désindustrialisé et démantelé les économies de la Lituanie et de la Lettonie, les criblant de dettes sans les rendre compétitives. Pourtant, les idéologues néo-libéraux ont claironné sur la bulle immobilière, en plein effondrement, qui a laissé leurs infrastructures de base entre les mains de kleptocrates, la présentant comme un exemple de réussite du système capitaliste.

 

Vingt années de politiques néo-libérales, après la désintégration de l'Union soviétique, ont laissé les pays Baltes dans un piteux état. Les Baltes sont entrés dans un monde où les politiques néo-libérales étaient la norme dans le monde entier, et mises en place par les institutions financières mondiales – et par la suite intériorisées sous une forme encore plus dure par les décideurs baltes eux-mêmes.

 

Juste avant la crise économique mondiale de 2008 et l'effondrement économique mondial, la presse financière louait les « tigres Baltes » pour avoir respecté scrupuleusement les règles imposées par les banquiers. Désormais, tout comme les jeunes Irlandais, les Lettons votent avec leurs pieds, avec des chiffres inédits, près d'1% de la population du pays quittant la Lettonie, dans un exode aux proportions bibliques.

 

En réalité, les recenseurs Lettons ont été stupéfaits lorsqu'ils ont découvert que la population du pays avait diminué de 2,3 millions d'habitants à 1,9 millions entre 2001 et 2011.

 

La situation était similaire ou même pire dans la Lituanie voisine, où l'émigration de masse, déclenchée par le début de la récession économique mondiale et l'effondrement de la bulle immobilière en 2008, menace désormais la viabilité future de cet État.

 

Alors que la crise économique s'intensifiait, le taux de chômage est passé d'un niveau relativement bas de 4,1% à 18,3% au deuxième quart de 2010, avec une croissance concomitante de l'émigration de 26 600 en 2007 à 83 200 en 2010. Il s'agit des chiffres d'émigration les plus élevés depuis 1945, comparables uniquement à la dépopulation du pays pendant la seconde guerre mondiale. Depuis 1990, sur une population de près de 3,7 millions de personnes, 615 000 personnes ont quitté le pays. Les trois-quart d'entre eux étaient des jeunes (de moins de 35 ans), la plupart éduqués et ayant un emploi en Lituanie.

 

En 2008, le taux d'émigration en Lituanie est devenu le plus élevé parmi les pays de l'UE, avec 2,3 pour mille, le double du deuxième pays, la Lettonie (avec 1,1 pour mille). Les estimations pour la période 2008-2035 suggèrent un recul de 11%, un des taux les plus hauts de l'UE (avec la Bulgarie et la Lettonie).

 

Le recensement de 2011 ne semble désormais que confirmer ces sombres prévisions. Les démographes se sont révélés trop optimistes dans leurs prévisions précédentes (la dernière datant de 2010), sur-estimant le niveau de la population lituanienne de près de 200 000 personnes. Au lieu des 3,24 millions d'habitants estimés, le recensement a révélé qu'en 2011 il n'y avait que 3,05 millions de résidents.

 

Rarement mentionné le fait qu'au moment de l'effondrement de l'Union soviétique, les Lettons et les Lituaniens connaissaient naturellement un renouvellement des générations. Aujourd'hui, en revanche, les frères jumeaux de l'émigration et de la faible natalité ont conspiré pour constituer une catastrophe démographique.

 

Et alors, qu'en est-il de la reprise économique « impressionnante » de la Lituanie et le classement élevé accordé par l'indice de la Banque mondiale sur la « facilité à faire des affaires » ? L'argument opposé est que c'est par des remèdes difficiles et par des politiques libérales que le « Tigre Balte » a pu faire son retour.

 

L'économie lituanienne s'est effondré de 14,7% en 2009, et l'économie s'est également contractée en 2008 et 2010. Et bien qu'il y ait eu quelques améliorations, le FMI estime que les taux de croissance resteront au mieux atones, laissant supposer qu'il faudra plus d'une décennie ou plus pour revenir aux niveaux d'activité économique de la période précédent la récession.

 

Selon les projections du FMI, d'ici 2015, le PIB de la Lituanie (mesuré en dollars américains) restera 12% plus faibles (mesuré en prix courants) qu'en 2008, avec un taux de chômage de 8,5%.

 

Et il faut toujours avoir en tête que les prévisions du FMI de croissance économique sous-estiment fortement les conséquences sociales désastreuses des politiques de dévaluation interne.

 

La Lituanie a presque triplé son taux de chômage, passant de 5,8% en 2008 à 17,8% en 2010. Bien qu'il ait commencé à baisser en 2011, à 15,6%, cela ne s'explique pas tant par la création de nouveaux emplois que par l'émigration de masse. Les salaires du secteur public ont été diminués de 20 à 30% et les retraites de 11%, ce qui, en lien avec la hausse du taux de chômage, a conduit à une progression spectaculaire de la pauvreté.

 

Plusieurs indices mesurant la qualité de vie et le bien-être ont montré une dégradation importante, révélant un climat de pessimisme profond, de perte de solidarité sociale et de confiance et une atomisation de la société.

 

Les coûts démographiques et sociaux extrêmement élevés de ces politiques remettent en cause l'avenir même d'une croissance économique durable dans la région.

 

Source : COM pour le Parti communiste d'Irlande

 

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-vingt-ans-apres-la-restauration-du-capitalisme-en-ex-urss-lettonie-et-lituanie-l-emigration-de-ma-111108560.html

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 22:28

 (Resumen Latinoamericano)

sur LGS

Carlos Aznárez, directeur du journal RESUMEN LATINO AMERICANO a eu un entretien à La Havane avec le commandant Ricardo Téllez, alias Rodrigo Granda, qui fait partie de la direction des FARC, une semaine avant l’ouverture des discussions de paix.

« Il est toujours dangereux de dialoguer sous le feu. Essayer de parler sous les balles et les bombardements comporte un très grand risque »

La Havane, le 29/09/2012 A quelques jours des conversations de paix entre le gouvernement colombien et les FARC, celui qui fait partie de la direction de cette organisation de guérilla, le Commandant Ricardo Téllez (alias Rodrigo Granda) a signalé que « la conviction qu’a le gouvernement de Juan Manuel Santos que la guerre ne pouvait être gagnée rapidement les a conduits à négocier ».

Téllez, connu également comme « Ministre des affaires étrangères des FARC », est dans l’opposition depuis 1980. Il était déjà passé à la clandestinité depuis de nombreuses années du fait de son militantisme au Parti Communiste de son pays. Il a reconnu avoir traversé un moment très difficile au cours des conversations d’approche initiées en 2010, lors de l’assassinat de Jorge Briceño alias Mono Jojoy, suivi de celui du principal responsable des FARC, Alfonso Cano, mort au combat. « A ce moment, nous nous sommes vus dans l’obligation de réfléchir à une prise de décision : ou nous continuions, ou nous renversions l’échiquier. Cependant, nous nous sommes rendu compte que l’objectif était la paix, comme cela avait toujours été établi par notre Commandant Manuel Marulanda Vélez, et nous avons décidé de continuer notre travail dans ce sens ». Téllez ne doute pas un instant que si le dialogue avance, cette fois, les portes de la pacification pourront s’ouvrir définitivement.


 

Cela a-t-il été difficile d’en arriver au moment présent ? Comment se sont passées les conversations d’approche ?

Le chemin n’a pas été facile car nous vivons une guerre assez dure, dont huit ans de Monsieur Uribe et deux ans de Juan Manuel Santos. Quand le président Santos a pris ses pouvoirs, il a envoyé une lettre au Secrétariat des FARC, où il disait que ce que nous proposions dans l’agenda de la Nouvelle Colombie bolivarienne pouvait être discuté mais que ce qui nuisait au pays, c’étaient les formes de combat que nous utilisions. De toute façon, il reconnaissait qu’en Colombie, il y avait un conflit, ce que Uribe refusait de reconnaître.

A partir de là, commença un échange épistolaire, qui se termina par une réunion en Colombie, suivie de quelques rencontres sur d’autres territoires que la Colombie, pour se terminer enfin à Cuba, dans des réunions que nous qualifions de « discrètes et secrètes » pendant six mois, jusqu’à ce jour.

 

A la différence de l’ELN (1), vous avez insisté pendant longtemps pour que les conversations aient lieu en Colombie. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

Sachez que depuis longtemps, pendant le gouvernement de Gaviria, nous dialoguions à Caracas, ensuite à México. Le lieu n’a jamais été une question de principe pour nous. Mais l’important est de posséder la rigueur dans l’analyse des fondamentaux et la conviction pour affronter les dialogues.

 

Pendant combien de temps allez-vous délibérer à Oslo ?

La rencontre d’Oslo n’est que l’installation de la plateforme de discussions. Nous délibérerons là-bas deux ou trois jours au maximum. Ensuite, les choses importantes seront discutées à La Havane. Selon l’évolution des discussions, nous avons décidé aussi, de l’éventualité de réunions dans d’autres pays qui pourraient être l’Argentine ou le Brésil.

 

Quelles raisons vous donnent à penser que les autorités colombiennes sont obligées d’envisager la paix précisément en ce moment ?

Ils ont appliqué le Plan Colombie de toutes leurs forces. L’idée était de nous exterminer physiquement en quatre ans. C’est-à-dire, de démontrer au monde que la guérilla pouvait être éliminée par la voie militaire. Ces quatre premières années d’Uribe n’ont pas donné exactement ce à quoi il prétendait. Grâce à sa réélection, il a bénéficié de quatre années supplémentaires et pendant cette période, 12 milliards de dollars ont été engloutis dans la guerre contre le peuple colombien. Il était déjà question de l’après-conflit et il se trouve que ce à quoi ils prétendaient ne s’est pas passé. Nous avons une guérilla forte, bien équipée qui, évidemment a encaissé quelques coups durs mais elle a su s’adapter, très facilement, aux nouvelles formes qu’a prises la guerre en Colombie.

Le fait de ne pas pouvoir remporter rapidement la guerre a convaincu Monsieur Santos et ses commanditaires, les Etats-Unis, que le dialogue était préférable. Nous, nous sommes partisans de la paix et de la négociation. Et si nous avons pris les armes, c’est précisément parce que ces solutions nous ont été interdites. Ceci étant dit, les responsables colombiens pensent renforcer au maximum leur politique néolibérale, attendu qu’ils ont signé 52 traités de libre-échange avec différents pays du monde, une bonne quantité de projets agro-industriels et miniers et portant sur des produits énergétiques pour des sommes colossales. N’oublions pas que la Colombie est l’un des pays les plus riches du continent : nous avons de l’or, de l’argent, des émeraudes, ce à quoi il faut ajouter deux façades côtières et la forêt amazonienne. Tous ces projets impulsés par les multinationales se heurtent à une résistance armée. C’est à partir de là que nos ennemis concluent que pour résoudre ce conflit, mieux vaut la négociation. De plus, en raison de la crise que traverse le monde, spécialement l’Europe, ils craignent que ses conséquences ne génèrent un bouillon de culture et qu’à partir de l’expérience des FARC ne surgissent d’autres guérillas sur le continent.

 

Cependant, Juan Manuel Santos persiste à dire que les FARC sont sonnés, que les derniers coups qui leur ont été portés les ont affaiblis et que c’est précisément pour cette raison que vous avez accepté de vous asseoir à une table de négociation.

Aucunement. L’un des principes de la guerre, c’est qu’avec les vaincus, on ne dialogue jamais. Si moi je gagne la guerre et que je domine mon adversaire, pourquoi voulez-vous que je me mette à négocier ? Cela n’aurait pas de sens. Ils ont la tête remplie de ce genre de présupposés mais la réalité leur démontre jour après jour qu’ils sont dans l’erreur. Aujourd’hui, la confrontation armée peut durer encore 20 ou 30 ans, d’ailleurs les hauts responsables militaires le savent et ils l’ont dit dans des réunions avec le chef de l’Etat. Ils se sont donc mis à réfléchir sur la nécessité de chercher d’autres voies pour en finir avec cette guerre. En fonction de cela, nous avons pris l’initiative de suggérer au gouvernement que ce qui serait important, ce serait de construire la paix, mais une paix dans la dignité, la justice sociale, de sorte que les problèmes du peuple colombien soient pris en considération.

 

Que réclame la guérilla de façon urgente ?

La guérilla ne réclame rien pour elle-même, nous n’avons besoin de rien venant des autorités. Ce qui nous anime, ce sont des questions altruistes, que le pays et aussi le continent puissent vivre en paix.

Si ces 48 années de lutte armée permanente réussissent à déboucher sur une ouverture démocratique, que la façon de faire de la politique en Colombie change, que les droits de l’Homme et l’intégrité physique des gens soient respectés, que notre pays rejoigne la nouvelle réalité latino-américaine, cette guerre aura apporté sa contribution à la paix de notre nation et du monde, je crois qu’elle aura accompli une mission très importante. Il ne faut pas oublier qu’à un moment donné, nous avons voulu changer notre forme de lutte. Donc, si maintenant on nous ouvre grandes les portes que l’on nous a fermées en 1964, si on nous permet de débattre publiquement et sur un pied d’égalité avec d’autres forces, nous serons disposés à le faire, mais il faut que nos ennemis soient bien persuadés d’une chose, c’est qu’ils ne vont pas négocier avec une guérilla vaincue. Ce fut l’erreur des gouvernements colombiens successifs, de croire que chaque fois que s’ouvrait la possibilité d’une négociation, c’était parce que la rébellion était en déroute. Cela est stupide et ils savent qu’à l’heure actuelle, ce genre d’arguments ne tiendra pas longtemps.

 

Ne pensez-vous pas qu’il pourrait y avoir une autre façon de voir le problème ? Je m’explique : le Président Santos va se trouver bientôt en situation de rééligibilité et il sait que si ces négociations progressent, il peut devenir le porte-étendard de la paix et ainsi, il valide son maintien au pouvoir.

La paix a de nombreux amis et il ne fait pas de doute qu’en Colombie, elle soulève une ferveur extraordinaire, de même qu’est palpable la ferveur d’un véritable plébiscite international pour porter ces négociations. N’oublions pas que ce conflit est le plus long de l’hémisphère occidental. Il est indéniable que celui qui portera le drapeau de la paix à ce moment pourra aspirer non seulement à une réélection mais aussi à entrer dans l’histoire comme l’homme qui a fait tout ce qui était en son pouvoir pour améliorer la vie de son peuple. Le Président est face à ce défi. S’il veut faire l’histoire, il a là une grande opportunité mais l’Etat dans son ensemble doit être préparé à accepter quelques unes des concessions que les FARC ont toujours réclamées, car il s’agit de deux parties dont aucune n’a encore vaincu l’autre.

 

Quelle différence y a-t-il entre ces pourparlers qui vont commencer et les précédents qui ont eu lieu à d’autres moments du conflit ?

Le Président bénéficie en ce moment d’un très important soutien au niveau national et l’environnement latino-américain est différent de celui qui existait lors des accords de Caguan (2). En même temps, on constate de la part des Etats-Unis un appui beaucoup plus important, afin d’éviter que la guerre en Colombie ne se prolonge. N’oublions pas que ce sont eux qui ont favorisé cette guerre, et s’ils cessent de jeter de l’huile sur le feu, il est sûr que l’on pourra progresser. On peut aussi observer un autre élément, c’est que le Président implique le haut commandement militaire en sollicitant la participation de quelques officiers de haut niveau dans les négociations. Il est prévu aussi la présence de représentants des corporations économiques. Ils savent qu’en faisant un effort, en reconnaissant la multitude de facteurs qui ont engendré le conflit, si ces derniers trouvent leur solution, alors on peut avancer vers un processus de paix. C’est pourquoi nous considérons qu’il existe cette fois des variantes qui nous permettent de vivre une expérience beaucoup plus conséquente que les autres fois.

Dans aucun des processus antérieurs, il n’y a eu de réelle volonté de paix de la part du gouvernement colombien. Si Monsieur Santos pense utiliser la même bannière pour sa politique politicienne, il devra en payer le coût historique face au pays. Aujourd’hui, il existe une vraie opportunité, nous les FARC, avons la volonté politique d’avancer, à condition de le faire avec sérieux, et de pouvoir démontrer que l’envie de résoudre le conflit est réelle.

Pour ces prochaines négociations, nous avons dit au gouvernement que nous venions autour de la table, sans arrogance, disposés à tout mettre en oeuvre de notre côté. Mais cela ne nous empêche pas d’être conscients que, s’agissant de la solution d’un problème aussi grave, celui qui a le plus est celui qui doit apporter le plus. Le gouvernement, l’Etat ont beaucoup à donner au peuple de Colombie. Nous, les FARC, de notre côté, nous avons des idées pour participer à la construction d’une Colombie digne, souveraine et en paix, mais dans le cas présent, celui qui a l’argent, c’est le gouvernement…

 

Dans ce contexte, quelle influence peut avoir le discours que tient Alvaro Uribe, hostile à ces négociations ?

A l’heure actuelle, ce secteur est minoritaire. Il représente à peu près 18%. C’est un discours exagérément rétrograde, plein de haine, d’esprit de vengeance et de rancune. Ce sont des fanatiques de la guerre, c’est pourquoi, nous ne nous en soucions pas davantage car chaque jour qui passe, le peuple colombien prend conscience de l’identité de ceux qui sont à l’origine de toute cette violence. Avec Uribe, ces secteurs qui sont extrêmement dangereux se repositionnent. Les Etats-Unis, en soutenant les négociations - c’est du moins ce qu’a déclaré le Département d’Etat - signalent qu’ils se détachent un peu de Monsieur Uribe Vélez. Et qui peut émettre ce signal mieux que les yankees ? Ils sont en possession de tous les dossiers permettant de savoir quel a été l’agenda d’Uribe depuis qu’il a fait son entrée dans la politique colombienne. Il figure à la 82ème place sur une liste qui est entre les mains de la DEA (3).

 

Revenons-en au sujet du cessez-le-feu : si cela ne se produisait pas et que les actions militaires engagées par le gouvernement Santos se multipliaient, ne croyez-vous pas que cela mettrait gravement en danger les négociations ?

Il est toujours dangereux de négocier sous le feu. Essayer de parler sous les balles et les bombardements comporte un très grand risque. Nous ne sommes pas en train de demander un cessez-le-feu, nous n’avons fait que suggérer d’éviter davantage de morts au pays. Le gouvernement a répondu non, qu’ils vont poursuivre les bombardements et les opérations militaires. La guérilla est donc dans l’obligation de se défendre. Nous avons répété avec insistance que nous voudrions éviter davantage de malheur, mais on dirait que pour le gouvernement, cela reviendrait à nous accorder un avantage militaire. S’il ne s’agissait pas de la tragédie que cela représente pour le peuple colombien, cela prêterait à rire. Mais il est indubitable que les autorités se soucient bien peu de la vie de leurs propres soldats et de celle des gens du peuple, que toute guerre provoque. Ils considèrent que le cessez-le-feu doit avoir lieu à la fin, et nous, nous pensons que la mobilisation permanente du peuple et la pression internationale elle-même pourraient aider les deux camps à cesser la confrontation armée, sans récupération de caractère stratégique pour aucune des deux parties.

 

Un autre sujet délicat est celui du calendrier. Pour le président Santos, le conflit devrait trouver une solution au plus tard en juin ou juillet 2013, en revanche pour Timochenko (4), le processus devrait être beaucoup plus long.

Timochenko l’a dit, mais cela n’a rien d’une fatalité. Seulement, pour arriver à élaborer cet agenda, il nous a fallu deux ans. Cette guerre dure depuis 60 ans, c’est pourquoi les propos du président nous paraissent très précipités, il considère que le conflit peut s’arranger du jour au lendemain. La vie est beaucoup plus complexe que tous les éléments pouvant figurer sur un agenda. Les plans les meilleurs échouent. Nous allons donc observer chacun des points de l’agenda et nous allons le mettre au point, sans délai ni précipitation, comme a dit l’un des présidents de la République. Ce qui compte, ce n’est pas de courir un cent mètres, mais que l’on débouche peu à peu sur des accords et que le pays et le monde entier voient que cela vaut la peine de poursuivre les discussions. Nous ne sommes pas disposés à travailler contre la montre, nous ne participons pas aux Olympiades qui viennent de se terminer.

 

Quelle signification donnez-vous à l’expression « dépôt des armes » qui figure dans l’Accord cadre pour commencer les discussions ?

Cette expression donne lieu à de nombreuses interprétations. Nous avons dit que si les portes de la paix s’ouvrent, si quantité de changements sont réalisés, si l’on respire un air nouveau, les armes, en fin de compte ne sont que des outils, qui à un moment donné peuvent se taire. Ce que l’on ne peut pas mettre sous silence, ce sont les idées que chaque combattant a dans la tête. Tant qu’il n’y a pas d’hommes disposés à les actionner, les armes en elles-mêmes ne jouent aucun rôle. Elles servent à défendre le peuple de la tyrannie, à l’arracher à l’esclavage. Ces armes ont rendu possible, enfin, l’espoir de la paix, tellement souhaitée par le peuple.

 

Vous avez pris les armes pour dénoncer un ordre injuste (ce sont les termes de vos communiqués constitutifs). Qu’est-ce qui vous fait penser maintenant qu’à cette table de négociations vous pourrez obtenir ce qui vous a été refusé pendant toutes les années d’insurrection armée ?

Nous avons dit que nous n’acceptions pas de négocier pour obtenir une Révolution par contrat. Il ne s’agit pas de faire la Révolution autour d’une table de négociations. Nous maintenons qu’il y a en l’occurrence deux parties opposées, qui ont des critères antagoniques. Nous ajoutons : vous nous avez obligés à prendre les armes, vous avez cherché à nous éliminer par tous les moyens et vous n’y êtes pas parvenus. L’essence de la guerre est d’avoir raison de la volonté de combattre de son adversaire, et cela non plus vous n’y êtes pas arrivés, et l’Etat colombien non plus n’y parviendra pas. Alors nous disons au président Santos : si vous ouvrez grandes les portes pour donner naissance à un nouveau pays, les armes pourront se taire et nos revendications pourront être satisfaites par d’autres méthodes. Nos fondateurs l’ont déclaré en 1964, nous voulions utiliser la voie pacifique pour obtenir le pouvoir mais vous nous avez repoussés violemment. Comme nous sommes des révolutionnaires, que de toute façon, nous avons un rôle à accomplir, nous prenons les armes jusqu’à ce que le pays change.

Si nous constatons des débuts de changements, alors nous intègrerons la politique, car les armes ne seront plus d’aucune utilité. Le système colombien est tellement tyrannique que c’en est une honte, si on le compare à celui d’autres pays de notre continent et du monde. Ailleurs, on n’assassine pas une personne parce qu’elle est opposée à telle ou telle position du gouvernement, ou simplement, pour avoir réclamé le respect de la dignité humaine, ou défendu la souveraineté du pays. Dans d’autres pays, on n’assassine pas les gens pour avoir participé à une manifestation ou à une occupation de terres. En Colombie, le fait de penser autrement que les autorités a causé 300.000 morts pendant la première étape de la violence, et dans celle où nous sommes actuellement, on a dépassé déjà les 250.000. Dans quel pays a été engagée une guerre plus cruelle et plus barbare contre un peuple sans armes ? Que n’a-t-on pas utilisé contre les FARC ces derniers temps ? La technologie la plus pointue, des drônes, des avions Super Tucano (5), des ballons-sondes, toute l’intelligence militaire de l’ennemi, les micro-puces, des bombes intelligentes pour briser la volonté des gens qui combattent pour la justice sociale, la liberté et une véritable démocratie.

 

L’un des points clé de l’accord cadre qui sera discuté au cours des négociations est le thème de la terre. Quels sont les positionnements des FARC pour résoudre la situation des paysans colombiens ?

Nous avons établi un pacte d’honneur, quelques points vont être discutés lors de la table ronde. C’est sur le thème de la terre et du développement agraire, que nous allons ouvrir la discussion. Donc, nous n’allons pas pour le moment publier haut et fort ce qui doit être discuté à la table de négociations. Nous avons une vision très concrète et des propositions à faire, en plus de rassembler le point de vue des organisations agraires, paysannes, indigènes et afrodescendantes. Devront également participer aux discussions et nous donner des orientations, les organisations liées aux problèmes ruraux, mais pas seulement, il faudra aussi envisager les questions de la santé, de l’éducation, du logement, de l’écologie et toute la question de la terre.

 

Exigerez-vous la réforme agraire ?

La Colombie est le seul pays d’Amérique latine où il n’y a jamais eu de réforme agraire. Les 87% des meilleures terres du pays sont entre les mains de 4% des propriétaires. Les grandes propriétés de plus de 500 hectares ont augmenté au détriment des petits paysans. Le problème de la grande propriété en Colombie est à l’origine des premières guérillas. Nous subissons maintenant les assauts des transnationales qui cherchent à s’emparer des terres, pour de grands projets miniers et d’agriculture industrielle. N’oublions pas que la terre à l’heure actuelle a atteint au niveau mondial des prix exorbitants.

 

Comment la société colombienne actuelle peut-elle participer aux conversations de paix ?

Quelques mécanismes ont été décidés à la table de discussions. Les gens qui sont dans le pays peuvent convoquer des forums, des assemblées, des rencontres, des mingas(6), où ils pourront discuter, par exemple, du problème de la terre. Il est possible également d’organiser des rencontres nationales où seraient présentées et rassemblées toutes les idées éventuelles. Le problème de la terre en Colombie n’a pas surgi du jour au lendemain, c’est un problème historique et les organisations paysannes, indigènes et afro-descendantes sont venues avec une trajectoire de combat, il se produit la même chose avec les FARC. Le 20 juillet 1974, les FARC ont divulgué le programme agraire de la guérilla. Maintenant, nous actualisons tout cela et le mettons sur la table pour discussion.

 

Mais le gouvernement Santos affirme qu’il s’occupe déjà du problème de la terre.

Le gouvernement envisage de réaliser quelques changements au niveau de la terre, car ils ont intérêt à traiter l’ensemble de la question du capitalisme rural. Le problème est qu’ils ont besoin d’intégrer ces deux tiers de la Colombie qui représentent un pays oublié. C’est sur ce territoire que se trouve la guérilla et l’Etat n’y est pas présent. Donc, nous aurons à discuter de tout cela lorsque nous aborderons le point du développement agraire.

 

Il y a aussi le sujet des espaces consacrés aux plantations de coca, et ce que cela signifie en tant que monoculture.

Les plantations de coca n’occupent pas que des espaces appartenant à la guérilla, on en trouve dans presque tout le pays. Dans l’accord cadre, il y a un point consacré à la discussion sur le sujet des monocultures. Savez-vous que maintenant, au sommet de Cartagena (7) et au sommet ibéro-américain qui va se tenir en Espagne, l’un des problèmes mis à la discussion est la lutte contre le narcotrafic ? En mars 1999, notre commandant Manuel Marulanda Vélez a fait une étude sur la Municipalité de Cartagena del Chaira. Il a présenté cette étude lors de la première réunion qui s’est tenue sur les cultures illicites et la défense de l’environnement dans le Caguan.

Ce plan est un plan global et pleinement d’actualité pour toute l’Amérique latine, il doit être discuté à l’OEA (8) ainsi qu’à l’ONU. Il est temps pour le Département d’Etat nord-américain de voir qu’il existe une façon différente de s’attaquer au sujet de la production et du trafic de stupéfiants dans le monde. Contre cela, il n’y a pas que la répression car il s’agit d’un phénomène économique, politique, militaire et social. Des sommes colossales sont brassées dans ce secteur. A l’heure actuelle, ce sont 670 milliards de dollars qui circulent de par le monde du fait du narcotrafic. Ces torrents de billets irriguent la sphère financière des Etats-Unis. Ils reversent 20 milliards à l’Amérique latine, et la Colombie qui, dit-on, exporte 80% de la cocaïne, touche 4,5 milliards de dollars. Qui est-ce qui s’en met plein les poches ? Mais, en plus, la coca est liée aux produits chimiques-bases qui sont produits par le premier monde. Elle est liée au thème des armements. Qui les fabrique ? Eux aussi, l’Occident, le premier monde.

Comme on le voit, ce sont des sujets extrêmement sérieux et l’Etat s’est rendu compte que cette guerre, il l’a déjà perdue. Les autres pays peuvent d’ailleurs observer comment ils s’attaquent à ce phénomène et les FARC ont des propositions permettant d’envisager des solutions. Ce qui est contradictoire, c’est que sur ce sujet, nous pouvons être les alliés des Etats-Unis. De même avec l’Europe, car là-bas aussi, la jeunesse est très affectée et nous, nous payons le coût d’une guerre qui n’est pas la nôtre.

 

Imaginons que les négociations de paix fonctionnent, sur la base de changements et de quelques concessions. Que faire avec les bases nord-américaines ?

C’est un problème de souveraineté nationale et nous sommes opposés par principe à la présence de bases militaires et de troupes étrangères en Colombie. Ils sont entrés sous le prétexte de lutte contre le narcotrafic, en réalité pour mener la guerre contre-insurrectionnelle la plus dévastatrice qui soit. Nous, nous avons reçu leurs bombes mais aucun narcotrafiquant n’a été victime d’une seule, alors qu’ils étaient supposés être l’objectif de ces bases. Tout ce qui se trouve en Colombie du fait de ces bases sert à contrôler le continent sud-américain, à surveiller aussi du côté de l’Afrique. Nous sommes fermement convaincus que ces bases, ces conseillers et autres troupes nord-américaines rendraient un grand service à la paix en abandonnant le territoire colombien.

Dans quelle mesure le résultat des élections nord-américaines peut-il influer sur ces négociations ?

Autour de ce problème, les spéculations vont bon train, malgré le fait que la politique étrangère nord-américaine s’équilibre entre les deux grands partis. On pourrait penser que le candidat républicain est beaucoup plus dur que Obama, ou que ce dernier va changer de position, mais en réalité, la politique étrangère marche comme un seul homme. On voudrait, mais ce ne sont que des voeux, que Monsieur Obama ait un regard différent sur l’Amérique latine. Qu’il voie que le blocus de Cuba est obsolète et que lui, en tant que démocrate, il devrait aider à le lever. Ou encore, cette prison de Guantanamo qu’ils maintiennent et qui devrait disparaître. Ce qui se passe, c’est qu’en politique étrangère, les Etats-Unis ont de plus en plus étranglé l’Amérique latine, ce n’est pas pour rien qu’ils sont désormais seuls sur le continent.

 

Appréciez-vous les changements qui se produisent sur le continent au niveau de l’intégration des pays ?

Bien sûr, une nouvelle manière de faire de la politique a surgi dans les pays latino-américains. Le fait que l’OEA soit aussi discréditée, et que des organismes comme la CELAC (9) et UNASUR (10) aient été lancés et qu’ils ne soient pas là pour représenter ni yankees ni canadiens, signifie que leur politique étrangère vis-à-vis de l’Amérique latine a échoué. Pour les peuples, ils sont un danger, un monstre assoiffé de nos ressources naturelles.

 

Vous voyez-vous en train de participer en quelque sorte aux prochaines élections colombiennes ?

Il est bien tôt pour en parler. Nous n’avons pas encore installé la table de négociations. Vingt quatre heures sur vingt quatre, nous réfléchissons à la manière d’être à la hauteur du défi : arriver à un accord final et commencer à construire une paix pour la Colombie. Nous ne sommes pas des politiciens de formation, il y a beaucoup de gens à qui cela plait mais nous, nous avons une autre manière de voir et de comprendre la politique. Nous ne sommes pas convaincus par le système électoral en vigueur, encore moins par cette pratique typiquement colombienne qui fait que vous ne siègerez jamais au Parlement sans un ou deux milliards de pesos en poche. Voilà pourquoi, si vous regardez bien, vous verrez que la majorité d’entre eux sont mis en examen (ou même en prison) car la corruption de ce Parlement colombien est ahurissante. C’est la même chose pour les gouverneurs de provinces et les mairies. C’est que toutes les classes dirigeantes de notre pays sont corrompues et elles ont abusé d’un peuple qui est bon, simple et travailleur.

 

Pensez-vous qu’à cette table de négociations qui va s’ouvrir, il aurait été préférable de pouvoir compter sur la présence de l’ELN ?

Nous avons déjà eu une expérience avec eux lors de la "Coordinadora guerrera Simon Bolivar". A Tlaxcala, nous étions là ainsi que l’ELN, l’EPL. (11) Malheureusement, cela n’a pas servi à grand-chose. Avec l’ELN, nous avions depuis quelques temps quelques frictions, cela au moins fut résolu, et nous étions dans un processus d’unité assez avancé. Nous avons entamé alors ce processus avec le gouvernement chacun de son côté. Nous avons toujours dit que les portes étaient ouvertes à l’union, mais l’ELN est une organisation souveraine, ils peuvent conduire leurs propres expériences. Si dans le futur, nous pouvions nous rejoindre, ce serait très intéressant de partager des négociations avec eux.

 

Qu’en est-il de l’idée de faire participer Simon Trinidad (12) aux négociations ?

C’est un point que nous mettrons sur la table des négociations. Il y a des précédents : Mandela était en prison depuis 7 ans lorsqu’il a réussi à peser très fort pour venir à bout de l’Apartheid. Simon est condamné pour des accusations portées contre lui mais tout le monde sait bien qu’il s’agit d’un montage et d’une vengeance, simplement pour son appartenance aux FARC. Nous considérons qu’il doit s’asseoir à cette table et nous allons nous battre pour l’obtenir. Nous avons suggéré que les Etats-Unis, pour réparer en partie tout le mal qu’ils ont causé, doivent faciliter les choses et ce serait une occasion de le faire, en permettant qu’il soit présent aux négociations.

 

Lorsque l’on considère ce type de négociations, les mots de « réconciliation », de « réparation », de « commission de la vérité » apparaissent toujours. Qu’en pensez-vous par rapport au processus que vous allez engager ?

Nous croyons qu’en Colombie peut exister un gouvernement de reconstruction et de réconciliation nationale. Cela peut arriver à un moment donné mais nous ne nous laissons pas abuser par les parlottes creuses et nous n’avons pas besoin de copier sur quiconque. Ici, il y a eu une guerre, si le gouvernement est disposé à régler le problème politiquement, comme nous, nous pouvons même apporter beaucoup d’idées nouvelles sur beaucoup de points. Chaque conflit a ses particularités, celui de Colombie a été extrêmement spécifique. Tous les sujets que vous signalez seront traités à la table de négociations au moment opportun.

 

Ces dernières années, plusieurs de vos compagnons du Secrétariat général ont été tués au combat, résultat de l’offensive de l’Armée. De quelle façon ces morts se sont-elles répercutées dans votre lutte ?

Les compagnons tombés au combat sont présents dans chaque activité des hommes et des femmes des FARC. Leurs portraits sont présents dans chacun de nos campements et tous les soirs, ils sont évoqués dans nos activités culturelles. Ils furent pour nous des guides, des maîtres, ce sont des hommes uniques qui ont tout donné pour la paix en Colombie. Des hommes irréductibles qui ont tout transcendé au-delà des apparences, et dont l’image prendra une dimension immense avec le temps. Ce sont de véritables Héros de la Patrie. Il faudra bien leur accorder tôt ou tard la reconnaissance qu’ils méritent. Cela se passe ainsi dans de nombreux pays au monde : on poursuit les gens, on les emprisonne, on les calomnie et ensuite, lorsque la situation change, il se trouve que c’étaient ces hommes-là qui portaient la vérité de l’histoire, qui ont prodigué tous leurs efforts pour changer la réalité faite d’humiliation que vit notre pays.

 

Comment croyez-vous que les femmes colombiennes vont accueillir ces négociations, elles qui sont mères, filles de guérilleros comme vous, ou bien ces autres femmes de la société colombienne qui ont souffert de la violence pendant toutes ces années ?

Les femmes et le peuple tout entier ont accueilli cette nouvelle avec une grande joie. La première enquête montre que 80% du peuple colombien est pour la paix. Quand nous nous sommes réunis pour la première fois avec le gouvernement, ils disaient pratiquement que le pays voulait la guerre, qu’ils nous détestaient et nous, nous leur disions : « Non, messieurs, c’est l’idée de la paix qui prédomine en Colombie et vous, vous avez une vision complètement déformée de toute chose ». Maintenant, ils ont dû reconnaître que nous avions raison et si les choses marchent, cela va continuer et de nouveaux acteurs, non seulement de la société colombienne mais aussi de l’extérieur, nous rejoindront. Vous n’ignorez pas que le Pape a soutenu les négociations, de même que les Nations-Unies et l’Union Européenne, la présidente d’Argentine, Cristina Fernandez et celle du Brésil.

Pourvu que nous qui avons la responsabilité de faire avancer ce processus puissions accomplir la mission qui nous a été confiée !

 

Le socialisme est-il toujours votre objectif ?

Bien sûr, c’est le seul système qui peut sauver la planète Terre. Nous avons combattu pour le socialisme les armes à la main car on ne nous a pas laissé d’autre choix. Nous allons, indéfectiblement, vers la prise du pouvoir pour le peuple. Cela, nous n’en avons jamais fait mystère. Ou bien on nous permet de faire de la politique pour exposer nos idéaux et atteindre nos objectifs par la voie légale, ou bien on nous barre la route par la violence, comme cela s’est toujours passé. Nous ne nions pas notre condition de socialistes. Les révolutions, ce sont les peuples qui les font et nous, nous faisons partie de ce peuple. Nous pouvons essayer d’organiser militairement notre peuple, mais nous voulons aussi l’organiser politiquement. A condition que l’on respecte la vie des personnes que nous organisons politiquement. Ce que nous ne pouvons revivre, c’est l’histoire de l’Union Patriotique (13), le génocide le plus grand d’Amérique latine, avec 5.000 morts, lorsque nous tentions d’ouvrir un espace politique. Le coût fut extrêmement élevé pour un pays comme la Colombie.

 

http://www.resumenlatinoamericano.org/index.php?option=com_c...

Traduction de l’espagnol : Simone Bosveuil

 

1 NdT : ELN = Ejército de Liberación Nacional : Armée de Libération Nationale

2 NdT : Processus de paix mené entre 1998 et 2002 entre les FARC et le gouvernement du président Pastrana et qui se termina sur un échec.

3 NdT : DEA = Drug Enforcement Administration : service de police fédéral étasunien dépendant du département de la Justice, chargé de la mise en application de la loi sur les stupéfiants et de la lutte contre leur trafic.

4 NdT : Onze jours après la mort de leur chef, Alfonso Cano, abattu par l’armée le 4 novembre 2011, dans le sud de la Colombie, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont annoncé la désignation à la tête de l’organisation de Rodrigo Londoño, alias "Timoléon Jiménez" ou "Timochenko", "à l’unanimité des compagnons du Secrétariat". Timochenko, entré dans la guérilla en 1982 est l’un des dirigeants les plus anciens des FARC.

5 NdT : En 2008, la Colombie a utilisé un Super Tucano armé de bombes Griffin dans l’espace aérien équatorien pendant l’opération « Phoenix », pour détruire une cellule terroriste et tuer le second-en-chef du Commandement des FARC, Raul Reyes. Cet événement aurait conduit à une rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.

6 NdT : Vocable indigène désignant le travail solidaire.

7 NdT : Deuxième ville de Colombie. Grand port sur la côte Caraïbe

8 NdT : Organisation des Etats de l’Amérique qui regroupe l’ensemble des 35 états indépendants de l’Amérique.

9 NdT : CELAC = Communauté d’Etats Latino-Américains et Caraïbes. Nouveau bloc régional créé en 2010 qui pourrait constituer une alternative à l’OEA.

10 NdT : UNASUR : Union des Nations Sud-américaines. Organisation politique supranationale (2008). Son objectif est de construire une identité et une citoyenneté sud-américaines et de développer un espace régional intégré.

11 NdT : EPL : Ejercito Popular de Liberación = Armée Populaire de Libération

12 NdT : Ricardo Palmera alias Simon Trinidad, chef guerrillero, arrêté en Equateur en 2004, extradé aux Etats-Unis et accusé d’être l’auteur du prétendu enlèvement de 2 agents étasuniens a été condamné à une peine de 60 ans de prison.

13 NdT : Nom du parti politique fondé en 1984, à l’issue des accords de paix entre le gouvernement Betancur (1982-1986) et les FARC. Il obtint aux élections 16 maires, 256 conseillers municipaux et 16 députés. Au cours des deux décennies de son existence politique, plus de 5000 de ses militants furent assassinés par les paramilitaires dont 2 candidats à la présidence et 13 parlementaires.

 

http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-entretien-avec-rodrigo-granda-membre-de-la-direction-des-farc-resumen-latinoamericano-111100828.html

 

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 22:27

 L’Union Européenne vient de recevoir le prix Nobel de la paix « car elle et ses précurseurs contribuent depuis plus de six décennies à promouvoir la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l’homme en Europe ». Rien que ça !

Cette remise intervient au moment où la lutte contre cette Union européenne, contre l’austérité que veulent imposer les gouvernements dans chaque pays, grandit considérablement dans la communauté.  Hasard ? On s’en doute, le hasard n’a absolument rien à voir dans cette intervention.  La construction de cet ensemble capitaliste européen est une affaire de toute importance que les grands groupes économiques et financiers veulent installer à tout prix et le plus vite possible. L’attribution du Nobel de la paix ne fait qu’illustrer l’acharnement avec lequel aujourd’hui toutes les forces réactionnaires, celle de la droite, du parti socialiste et d’autres encore se coalisent pour imposer cette gouvernance demain à nos peuples.

Le procédé est archi connu, on répand  l’idée que l’Union Européenne est ce qu’il y a de mieux pour les peuples de nos pays et pour la paix mondiale. Pour ce faire on utilise tous les procédés, y compris l’autorité, o combien surfaite de ce Comité Nobel. Reste  que pour en arriver là, les groupes financiers qui ont la haute main sur cette Europe doivent être inquiets

Raison de plus pour accentuer la pression des peuples, le nôtre en particulier.

 

Quelques rappels historiques  rapides suffisent à prouver que l’Union Européenne n’a été dès sa naissance qu’une arme de guerre entre les mains du capital international.

* traité de Rome signé en 1957 rassemblait 6 pays – L’Allemagne de l’Ouest, la France, l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg «  pour la paix et la réconciliation entre les peuples » affirmaient ses promoteurs (le comité Nobel était largement devancé !)  Il s’agissait en fait d’un instrument de guerre froide des impérialistes sous la conduite des USA, dirigé contre l’URSS et les pays socialistes de l’Est Européen.

Déjà la création le 4 avril 1949 de  l’OTAN (Organisation militaire de l’Atlantique Nord) dont l’Europe a toujours été membre, était un instrument au service d’une politique agressive des puissances impérialistes à l’égard de l’URSS et des pays socialistes. C’est à cette époque que des bases militaires furent installées dans la plupart des pays d’Europe (le Pacte de Varsovie fut créé en riposte à la création de l’OTAN).

 

L’Europe avec l’OTAN

Ils interviennent partout pour défendre les intérêts capitalistes. L’Europe de la défense, dite force d’action rapide a été créée pour intervenir à tout moment, n’importe où. C’est ce qu’elle fait et continue de faire.

Le sommet de l’OTAN de juillet dernier (auquel participait Hollande) a décidé d’accélérer le déploiement du « bouclier antimissile » en Turquie et dans les pays européens aux frontières du Moyen-Orient. Dans sa déclaration sur les capacités des forces de l’OTAN à l’horizon 2020, on peut lire : « Nous reconnaissons l’importance d’une défense européenne plus forte et plus performante et nous saluons  les efforts déployés par l’Union Européenne pour renforcer ses capacités, nous sommes complémentaires et nous nous renforçons mutuellement ».

Est-cela l’Europe prix Nobel de la paix ?

L’Europe est intervenue en Afrique pour soutenir ou installer des pouvoirs favorables aux intérêts des sociétés capitalistes françaises, comme au Congo, à Djibouti, au Gabon, au Tchad, en Mauritanie, en Côte d’Ivoire. Elle est toujours présente en Afrique. Aujourd’hui Hollande prône  de soutenir militairement une intervention au Mali.

Après la disparition de l’URSS et des pays socialistes de l’Est européen, l’Europe a poussé à l’éclatement de la Yougoslavie. Elle  est intervenue en Serbie.  Les peuples ont été les victimes de cette guerre et  de ses destructions massives.

L’Europe avec l’OTAN a fait la guerre en Libye en 2011, pas pour soutenir le peuple Libyen mais bien pour défendre les intérêts impérialistes dans cette région.

L’Europe a établi des relations privilégiées avec Israël qui colonise la Palestine depuis plus de 60 ans.

 

Aujourd’hui les dangers de guerre grandissent.

Les Multinationales en Europe et dans le monde et leurs Etats s’affrontent pour la conquête des marchés, des ressources de la planète. Ils se livrent une guerre économique sans merci, une guerre pour la domination politique et militaire dans le monde. A tout moment un conflit armé peut éclater.

Les dépenses  mondiales d’armement continuent d’augmenter : plus de 1.120 milliards de dollars en 2011, ce qui représente plus de trois fois le budget annuel de notre pays. Outre l’arme nucléaire, des armements de plus en plus sophistiqués sont développés...

 

Nous sommes pour le rapprochement entre les peuples.

Le seul droit que défend pied à pied le capitalisme qui domine l’Europe et le monde, c’est le droit à la propriété privé, le droit pour le capitalisme d’exploiter le travail des salariés, d’exploiter les peuples. Pour cela, il va jusqu’à déclencher la guerre

L’origine, la racine de toutes les guerres, la 1ère et la 2ème guerre mondiale, les guerres coloniales, ce sont  les luttes inter-impérialistes, la concurrence capitaliste sans merci.

« Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée porte l’orage » a dit Jaurès.

 

Pour le rapprochement entre les peuples, dans la paix, il faut abattre le capitalisme et construire une société  socialiste.

Seuls les peuples pourront par leur lutte œuvrer à leur rapprochement sur la base du développement des nations qui ne sera plus la recherche du profit capitaliste, mais le progrès social, l’augmentation du niveau de vie, le plein emploi et le développement économique et social, une coopération internationale profitable aux peuples et dans la paix.

 

http://www.sitecommunistes.org/ch269nobel.htm

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Published by Vendémiaire - dans Europe
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