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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 22:28

 (Resumen Latinoamericano)

sur LGS

Carlos Aznárez, directeur du journal RESUMEN LATINO AMERICANO a eu un entretien à La Havane avec le commandant Ricardo Téllez, alias Rodrigo Granda, qui fait partie de la direction des FARC, une semaine avant l’ouverture des discussions de paix.

« Il est toujours dangereux de dialoguer sous le feu. Essayer de parler sous les balles et les bombardements comporte un très grand risque »

La Havane, le 29/09/2012 A quelques jours des conversations de paix entre le gouvernement colombien et les FARC, celui qui fait partie de la direction de cette organisation de guérilla, le Commandant Ricardo Téllez (alias Rodrigo Granda) a signalé que « la conviction qu’a le gouvernement de Juan Manuel Santos que la guerre ne pouvait être gagnée rapidement les a conduits à négocier ».

Téllez, connu également comme « Ministre des affaires étrangères des FARC », est dans l’opposition depuis 1980. Il était déjà passé à la clandestinité depuis de nombreuses années du fait de son militantisme au Parti Communiste de son pays. Il a reconnu avoir traversé un moment très difficile au cours des conversations d’approche initiées en 2010, lors de l’assassinat de Jorge Briceño alias Mono Jojoy, suivi de celui du principal responsable des FARC, Alfonso Cano, mort au combat. « A ce moment, nous nous sommes vus dans l’obligation de réfléchir à une prise de décision : ou nous continuions, ou nous renversions l’échiquier. Cependant, nous nous sommes rendu compte que l’objectif était la paix, comme cela avait toujours été établi par notre Commandant Manuel Marulanda Vélez, et nous avons décidé de continuer notre travail dans ce sens ». Téllez ne doute pas un instant que si le dialogue avance, cette fois, les portes de la pacification pourront s’ouvrir définitivement.


 

Cela a-t-il été difficile d’en arriver au moment présent ? Comment se sont passées les conversations d’approche ?

Le chemin n’a pas été facile car nous vivons une guerre assez dure, dont huit ans de Monsieur Uribe et deux ans de Juan Manuel Santos. Quand le président Santos a pris ses pouvoirs, il a envoyé une lettre au Secrétariat des FARC, où il disait que ce que nous proposions dans l’agenda de la Nouvelle Colombie bolivarienne pouvait être discuté mais que ce qui nuisait au pays, c’étaient les formes de combat que nous utilisions. De toute façon, il reconnaissait qu’en Colombie, il y avait un conflit, ce que Uribe refusait de reconnaître.

A partir de là, commença un échange épistolaire, qui se termina par une réunion en Colombie, suivie de quelques rencontres sur d’autres territoires que la Colombie, pour se terminer enfin à Cuba, dans des réunions que nous qualifions de « discrètes et secrètes » pendant six mois, jusqu’à ce jour.

 

A la différence de l’ELN (1), vous avez insisté pendant longtemps pour que les conversations aient lieu en Colombie. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

Sachez que depuis longtemps, pendant le gouvernement de Gaviria, nous dialoguions à Caracas, ensuite à México. Le lieu n’a jamais été une question de principe pour nous. Mais l’important est de posséder la rigueur dans l’analyse des fondamentaux et la conviction pour affronter les dialogues.

 

Pendant combien de temps allez-vous délibérer à Oslo ?

La rencontre d’Oslo n’est que l’installation de la plateforme de discussions. Nous délibérerons là-bas deux ou trois jours au maximum. Ensuite, les choses importantes seront discutées à La Havane. Selon l’évolution des discussions, nous avons décidé aussi, de l’éventualité de réunions dans d’autres pays qui pourraient être l’Argentine ou le Brésil.

 

Quelles raisons vous donnent à penser que les autorités colombiennes sont obligées d’envisager la paix précisément en ce moment ?

Ils ont appliqué le Plan Colombie de toutes leurs forces. L’idée était de nous exterminer physiquement en quatre ans. C’est-à-dire, de démontrer au monde que la guérilla pouvait être éliminée par la voie militaire. Ces quatre premières années d’Uribe n’ont pas donné exactement ce à quoi il prétendait. Grâce à sa réélection, il a bénéficié de quatre années supplémentaires et pendant cette période, 12 milliards de dollars ont été engloutis dans la guerre contre le peuple colombien. Il était déjà question de l’après-conflit et il se trouve que ce à quoi ils prétendaient ne s’est pas passé. Nous avons une guérilla forte, bien équipée qui, évidemment a encaissé quelques coups durs mais elle a su s’adapter, très facilement, aux nouvelles formes qu’a prises la guerre en Colombie.

Le fait de ne pas pouvoir remporter rapidement la guerre a convaincu Monsieur Santos et ses commanditaires, les Etats-Unis, que le dialogue était préférable. Nous, nous sommes partisans de la paix et de la négociation. Et si nous avons pris les armes, c’est précisément parce que ces solutions nous ont été interdites. Ceci étant dit, les responsables colombiens pensent renforcer au maximum leur politique néolibérale, attendu qu’ils ont signé 52 traités de libre-échange avec différents pays du monde, une bonne quantité de projets agro-industriels et miniers et portant sur des produits énergétiques pour des sommes colossales. N’oublions pas que la Colombie est l’un des pays les plus riches du continent : nous avons de l’or, de l’argent, des émeraudes, ce à quoi il faut ajouter deux façades côtières et la forêt amazonienne. Tous ces projets impulsés par les multinationales se heurtent à une résistance armée. C’est à partir de là que nos ennemis concluent que pour résoudre ce conflit, mieux vaut la négociation. De plus, en raison de la crise que traverse le monde, spécialement l’Europe, ils craignent que ses conséquences ne génèrent un bouillon de culture et qu’à partir de l’expérience des FARC ne surgissent d’autres guérillas sur le continent.

 

Cependant, Juan Manuel Santos persiste à dire que les FARC sont sonnés, que les derniers coups qui leur ont été portés les ont affaiblis et que c’est précisément pour cette raison que vous avez accepté de vous asseoir à une table de négociation.

Aucunement. L’un des principes de la guerre, c’est qu’avec les vaincus, on ne dialogue jamais. Si moi je gagne la guerre et que je domine mon adversaire, pourquoi voulez-vous que je me mette à négocier ? Cela n’aurait pas de sens. Ils ont la tête remplie de ce genre de présupposés mais la réalité leur démontre jour après jour qu’ils sont dans l’erreur. Aujourd’hui, la confrontation armée peut durer encore 20 ou 30 ans, d’ailleurs les hauts responsables militaires le savent et ils l’ont dit dans des réunions avec le chef de l’Etat. Ils se sont donc mis à réfléchir sur la nécessité de chercher d’autres voies pour en finir avec cette guerre. En fonction de cela, nous avons pris l’initiative de suggérer au gouvernement que ce qui serait important, ce serait de construire la paix, mais une paix dans la dignité, la justice sociale, de sorte que les problèmes du peuple colombien soient pris en considération.

 

Que réclame la guérilla de façon urgente ?

La guérilla ne réclame rien pour elle-même, nous n’avons besoin de rien venant des autorités. Ce qui nous anime, ce sont des questions altruistes, que le pays et aussi le continent puissent vivre en paix.

Si ces 48 années de lutte armée permanente réussissent à déboucher sur une ouverture démocratique, que la façon de faire de la politique en Colombie change, que les droits de l’Homme et l’intégrité physique des gens soient respectés, que notre pays rejoigne la nouvelle réalité latino-américaine, cette guerre aura apporté sa contribution à la paix de notre nation et du monde, je crois qu’elle aura accompli une mission très importante. Il ne faut pas oublier qu’à un moment donné, nous avons voulu changer notre forme de lutte. Donc, si maintenant on nous ouvre grandes les portes que l’on nous a fermées en 1964, si on nous permet de débattre publiquement et sur un pied d’égalité avec d’autres forces, nous serons disposés à le faire, mais il faut que nos ennemis soient bien persuadés d’une chose, c’est qu’ils ne vont pas négocier avec une guérilla vaincue. Ce fut l’erreur des gouvernements colombiens successifs, de croire que chaque fois que s’ouvrait la possibilité d’une négociation, c’était parce que la rébellion était en déroute. Cela est stupide et ils savent qu’à l’heure actuelle, ce genre d’arguments ne tiendra pas longtemps.

 

Ne pensez-vous pas qu’il pourrait y avoir une autre façon de voir le problème ? Je m’explique : le Président Santos va se trouver bientôt en situation de rééligibilité et il sait que si ces négociations progressent, il peut devenir le porte-étendard de la paix et ainsi, il valide son maintien au pouvoir.

La paix a de nombreux amis et il ne fait pas de doute qu’en Colombie, elle soulève une ferveur extraordinaire, de même qu’est palpable la ferveur d’un véritable plébiscite international pour porter ces négociations. N’oublions pas que ce conflit est le plus long de l’hémisphère occidental. Il est indéniable que celui qui portera le drapeau de la paix à ce moment pourra aspirer non seulement à une réélection mais aussi à entrer dans l’histoire comme l’homme qui a fait tout ce qui était en son pouvoir pour améliorer la vie de son peuple. Le Président est face à ce défi. S’il veut faire l’histoire, il a là une grande opportunité mais l’Etat dans son ensemble doit être préparé à accepter quelques unes des concessions que les FARC ont toujours réclamées, car il s’agit de deux parties dont aucune n’a encore vaincu l’autre.

 

Quelle différence y a-t-il entre ces pourparlers qui vont commencer et les précédents qui ont eu lieu à d’autres moments du conflit ?

Le Président bénéficie en ce moment d’un très important soutien au niveau national et l’environnement latino-américain est différent de celui qui existait lors des accords de Caguan (2). En même temps, on constate de la part des Etats-Unis un appui beaucoup plus important, afin d’éviter que la guerre en Colombie ne se prolonge. N’oublions pas que ce sont eux qui ont favorisé cette guerre, et s’ils cessent de jeter de l’huile sur le feu, il est sûr que l’on pourra progresser. On peut aussi observer un autre élément, c’est que le Président implique le haut commandement militaire en sollicitant la participation de quelques officiers de haut niveau dans les négociations. Il est prévu aussi la présence de représentants des corporations économiques. Ils savent qu’en faisant un effort, en reconnaissant la multitude de facteurs qui ont engendré le conflit, si ces derniers trouvent leur solution, alors on peut avancer vers un processus de paix. C’est pourquoi nous considérons qu’il existe cette fois des variantes qui nous permettent de vivre une expérience beaucoup plus conséquente que les autres fois.

Dans aucun des processus antérieurs, il n’y a eu de réelle volonté de paix de la part du gouvernement colombien. Si Monsieur Santos pense utiliser la même bannière pour sa politique politicienne, il devra en payer le coût historique face au pays. Aujourd’hui, il existe une vraie opportunité, nous les FARC, avons la volonté politique d’avancer, à condition de le faire avec sérieux, et de pouvoir démontrer que l’envie de résoudre le conflit est réelle.

Pour ces prochaines négociations, nous avons dit au gouvernement que nous venions autour de la table, sans arrogance, disposés à tout mettre en oeuvre de notre côté. Mais cela ne nous empêche pas d’être conscients que, s’agissant de la solution d’un problème aussi grave, celui qui a le plus est celui qui doit apporter le plus. Le gouvernement, l’Etat ont beaucoup à donner au peuple de Colombie. Nous, les FARC, de notre côté, nous avons des idées pour participer à la construction d’une Colombie digne, souveraine et en paix, mais dans le cas présent, celui qui a l’argent, c’est le gouvernement…

 

Dans ce contexte, quelle influence peut avoir le discours que tient Alvaro Uribe, hostile à ces négociations ?

A l’heure actuelle, ce secteur est minoritaire. Il représente à peu près 18%. C’est un discours exagérément rétrograde, plein de haine, d’esprit de vengeance et de rancune. Ce sont des fanatiques de la guerre, c’est pourquoi, nous ne nous en soucions pas davantage car chaque jour qui passe, le peuple colombien prend conscience de l’identité de ceux qui sont à l’origine de toute cette violence. Avec Uribe, ces secteurs qui sont extrêmement dangereux se repositionnent. Les Etats-Unis, en soutenant les négociations - c’est du moins ce qu’a déclaré le Département d’Etat - signalent qu’ils se détachent un peu de Monsieur Uribe Vélez. Et qui peut émettre ce signal mieux que les yankees ? Ils sont en possession de tous les dossiers permettant de savoir quel a été l’agenda d’Uribe depuis qu’il a fait son entrée dans la politique colombienne. Il figure à la 82ème place sur une liste qui est entre les mains de la DEA (3).

 

Revenons-en au sujet du cessez-le-feu : si cela ne se produisait pas et que les actions militaires engagées par le gouvernement Santos se multipliaient, ne croyez-vous pas que cela mettrait gravement en danger les négociations ?

Il est toujours dangereux de négocier sous le feu. Essayer de parler sous les balles et les bombardements comporte un très grand risque. Nous ne sommes pas en train de demander un cessez-le-feu, nous n’avons fait que suggérer d’éviter davantage de morts au pays. Le gouvernement a répondu non, qu’ils vont poursuivre les bombardements et les opérations militaires. La guérilla est donc dans l’obligation de se défendre. Nous avons répété avec insistance que nous voudrions éviter davantage de malheur, mais on dirait que pour le gouvernement, cela reviendrait à nous accorder un avantage militaire. S’il ne s’agissait pas de la tragédie que cela représente pour le peuple colombien, cela prêterait à rire. Mais il est indubitable que les autorités se soucient bien peu de la vie de leurs propres soldats et de celle des gens du peuple, que toute guerre provoque. Ils considèrent que le cessez-le-feu doit avoir lieu à la fin, et nous, nous pensons que la mobilisation permanente du peuple et la pression internationale elle-même pourraient aider les deux camps à cesser la confrontation armée, sans récupération de caractère stratégique pour aucune des deux parties.

 

Un autre sujet délicat est celui du calendrier. Pour le président Santos, le conflit devrait trouver une solution au plus tard en juin ou juillet 2013, en revanche pour Timochenko (4), le processus devrait être beaucoup plus long.

Timochenko l’a dit, mais cela n’a rien d’une fatalité. Seulement, pour arriver à élaborer cet agenda, il nous a fallu deux ans. Cette guerre dure depuis 60 ans, c’est pourquoi les propos du président nous paraissent très précipités, il considère que le conflit peut s’arranger du jour au lendemain. La vie est beaucoup plus complexe que tous les éléments pouvant figurer sur un agenda. Les plans les meilleurs échouent. Nous allons donc observer chacun des points de l’agenda et nous allons le mettre au point, sans délai ni précipitation, comme a dit l’un des présidents de la République. Ce qui compte, ce n’est pas de courir un cent mètres, mais que l’on débouche peu à peu sur des accords et que le pays et le monde entier voient que cela vaut la peine de poursuivre les discussions. Nous ne sommes pas disposés à travailler contre la montre, nous ne participons pas aux Olympiades qui viennent de se terminer.

 

Quelle signification donnez-vous à l’expression « dépôt des armes » qui figure dans l’Accord cadre pour commencer les discussions ?

Cette expression donne lieu à de nombreuses interprétations. Nous avons dit que si les portes de la paix s’ouvrent, si quantité de changements sont réalisés, si l’on respire un air nouveau, les armes, en fin de compte ne sont que des outils, qui à un moment donné peuvent se taire. Ce que l’on ne peut pas mettre sous silence, ce sont les idées que chaque combattant a dans la tête. Tant qu’il n’y a pas d’hommes disposés à les actionner, les armes en elles-mêmes ne jouent aucun rôle. Elles servent à défendre le peuple de la tyrannie, à l’arracher à l’esclavage. Ces armes ont rendu possible, enfin, l’espoir de la paix, tellement souhaitée par le peuple.

 

Vous avez pris les armes pour dénoncer un ordre injuste (ce sont les termes de vos communiqués constitutifs). Qu’est-ce qui vous fait penser maintenant qu’à cette table de négociations vous pourrez obtenir ce qui vous a été refusé pendant toutes les années d’insurrection armée ?

Nous avons dit que nous n’acceptions pas de négocier pour obtenir une Révolution par contrat. Il ne s’agit pas de faire la Révolution autour d’une table de négociations. Nous maintenons qu’il y a en l’occurrence deux parties opposées, qui ont des critères antagoniques. Nous ajoutons : vous nous avez obligés à prendre les armes, vous avez cherché à nous éliminer par tous les moyens et vous n’y êtes pas parvenus. L’essence de la guerre est d’avoir raison de la volonté de combattre de son adversaire, et cela non plus vous n’y êtes pas arrivés, et l’Etat colombien non plus n’y parviendra pas. Alors nous disons au président Santos : si vous ouvrez grandes les portes pour donner naissance à un nouveau pays, les armes pourront se taire et nos revendications pourront être satisfaites par d’autres méthodes. Nos fondateurs l’ont déclaré en 1964, nous voulions utiliser la voie pacifique pour obtenir le pouvoir mais vous nous avez repoussés violemment. Comme nous sommes des révolutionnaires, que de toute façon, nous avons un rôle à accomplir, nous prenons les armes jusqu’à ce que le pays change.

Si nous constatons des débuts de changements, alors nous intègrerons la politique, car les armes ne seront plus d’aucune utilité. Le système colombien est tellement tyrannique que c’en est une honte, si on le compare à celui d’autres pays de notre continent et du monde. Ailleurs, on n’assassine pas une personne parce qu’elle est opposée à telle ou telle position du gouvernement, ou simplement, pour avoir réclamé le respect de la dignité humaine, ou défendu la souveraineté du pays. Dans d’autres pays, on n’assassine pas les gens pour avoir participé à une manifestation ou à une occupation de terres. En Colombie, le fait de penser autrement que les autorités a causé 300.000 morts pendant la première étape de la violence, et dans celle où nous sommes actuellement, on a dépassé déjà les 250.000. Dans quel pays a été engagée une guerre plus cruelle et plus barbare contre un peuple sans armes ? Que n’a-t-on pas utilisé contre les FARC ces derniers temps ? La technologie la plus pointue, des drônes, des avions Super Tucano (5), des ballons-sondes, toute l’intelligence militaire de l’ennemi, les micro-puces, des bombes intelligentes pour briser la volonté des gens qui combattent pour la justice sociale, la liberté et une véritable démocratie.

 

L’un des points clé de l’accord cadre qui sera discuté au cours des négociations est le thème de la terre. Quels sont les positionnements des FARC pour résoudre la situation des paysans colombiens ?

Nous avons établi un pacte d’honneur, quelques points vont être discutés lors de la table ronde. C’est sur le thème de la terre et du développement agraire, que nous allons ouvrir la discussion. Donc, nous n’allons pas pour le moment publier haut et fort ce qui doit être discuté à la table de négociations. Nous avons une vision très concrète et des propositions à faire, en plus de rassembler le point de vue des organisations agraires, paysannes, indigènes et afrodescendantes. Devront également participer aux discussions et nous donner des orientations, les organisations liées aux problèmes ruraux, mais pas seulement, il faudra aussi envisager les questions de la santé, de l’éducation, du logement, de l’écologie et toute la question de la terre.

 

Exigerez-vous la réforme agraire ?

La Colombie est le seul pays d’Amérique latine où il n’y a jamais eu de réforme agraire. Les 87% des meilleures terres du pays sont entre les mains de 4% des propriétaires. Les grandes propriétés de plus de 500 hectares ont augmenté au détriment des petits paysans. Le problème de la grande propriété en Colombie est à l’origine des premières guérillas. Nous subissons maintenant les assauts des transnationales qui cherchent à s’emparer des terres, pour de grands projets miniers et d’agriculture industrielle. N’oublions pas que la terre à l’heure actuelle a atteint au niveau mondial des prix exorbitants.

 

Comment la société colombienne actuelle peut-elle participer aux conversations de paix ?

Quelques mécanismes ont été décidés à la table de discussions. Les gens qui sont dans le pays peuvent convoquer des forums, des assemblées, des rencontres, des mingas(6), où ils pourront discuter, par exemple, du problème de la terre. Il est possible également d’organiser des rencontres nationales où seraient présentées et rassemblées toutes les idées éventuelles. Le problème de la terre en Colombie n’a pas surgi du jour au lendemain, c’est un problème historique et les organisations paysannes, indigènes et afro-descendantes sont venues avec une trajectoire de combat, il se produit la même chose avec les FARC. Le 20 juillet 1974, les FARC ont divulgué le programme agraire de la guérilla. Maintenant, nous actualisons tout cela et le mettons sur la table pour discussion.

 

Mais le gouvernement Santos affirme qu’il s’occupe déjà du problème de la terre.

Le gouvernement envisage de réaliser quelques changements au niveau de la terre, car ils ont intérêt à traiter l’ensemble de la question du capitalisme rural. Le problème est qu’ils ont besoin d’intégrer ces deux tiers de la Colombie qui représentent un pays oublié. C’est sur ce territoire que se trouve la guérilla et l’Etat n’y est pas présent. Donc, nous aurons à discuter de tout cela lorsque nous aborderons le point du développement agraire.

 

Il y a aussi le sujet des espaces consacrés aux plantations de coca, et ce que cela signifie en tant que monoculture.

Les plantations de coca n’occupent pas que des espaces appartenant à la guérilla, on en trouve dans presque tout le pays. Dans l’accord cadre, il y a un point consacré à la discussion sur le sujet des monocultures. Savez-vous que maintenant, au sommet de Cartagena (7) et au sommet ibéro-américain qui va se tenir en Espagne, l’un des problèmes mis à la discussion est la lutte contre le narcotrafic ? En mars 1999, notre commandant Manuel Marulanda Vélez a fait une étude sur la Municipalité de Cartagena del Chaira. Il a présenté cette étude lors de la première réunion qui s’est tenue sur les cultures illicites et la défense de l’environnement dans le Caguan.

Ce plan est un plan global et pleinement d’actualité pour toute l’Amérique latine, il doit être discuté à l’OEA (8) ainsi qu’à l’ONU. Il est temps pour le Département d’Etat nord-américain de voir qu’il existe une façon différente de s’attaquer au sujet de la production et du trafic de stupéfiants dans le monde. Contre cela, il n’y a pas que la répression car il s’agit d’un phénomène économique, politique, militaire et social. Des sommes colossales sont brassées dans ce secteur. A l’heure actuelle, ce sont 670 milliards de dollars qui circulent de par le monde du fait du narcotrafic. Ces torrents de billets irriguent la sphère financière des Etats-Unis. Ils reversent 20 milliards à l’Amérique latine, et la Colombie qui, dit-on, exporte 80% de la cocaïne, touche 4,5 milliards de dollars. Qui est-ce qui s’en met plein les poches ? Mais, en plus, la coca est liée aux produits chimiques-bases qui sont produits par le premier monde. Elle est liée au thème des armements. Qui les fabrique ? Eux aussi, l’Occident, le premier monde.

Comme on le voit, ce sont des sujets extrêmement sérieux et l’Etat s’est rendu compte que cette guerre, il l’a déjà perdue. Les autres pays peuvent d’ailleurs observer comment ils s’attaquent à ce phénomène et les FARC ont des propositions permettant d’envisager des solutions. Ce qui est contradictoire, c’est que sur ce sujet, nous pouvons être les alliés des Etats-Unis. De même avec l’Europe, car là-bas aussi, la jeunesse est très affectée et nous, nous payons le coût d’une guerre qui n’est pas la nôtre.

 

Imaginons que les négociations de paix fonctionnent, sur la base de changements et de quelques concessions. Que faire avec les bases nord-américaines ?

C’est un problème de souveraineté nationale et nous sommes opposés par principe à la présence de bases militaires et de troupes étrangères en Colombie. Ils sont entrés sous le prétexte de lutte contre le narcotrafic, en réalité pour mener la guerre contre-insurrectionnelle la plus dévastatrice qui soit. Nous, nous avons reçu leurs bombes mais aucun narcotrafiquant n’a été victime d’une seule, alors qu’ils étaient supposés être l’objectif de ces bases. Tout ce qui se trouve en Colombie du fait de ces bases sert à contrôler le continent sud-américain, à surveiller aussi du côté de l’Afrique. Nous sommes fermement convaincus que ces bases, ces conseillers et autres troupes nord-américaines rendraient un grand service à la paix en abandonnant le territoire colombien.

Dans quelle mesure le résultat des élections nord-américaines peut-il influer sur ces négociations ?

Autour de ce problème, les spéculations vont bon train, malgré le fait que la politique étrangère nord-américaine s’équilibre entre les deux grands partis. On pourrait penser que le candidat républicain est beaucoup plus dur que Obama, ou que ce dernier va changer de position, mais en réalité, la politique étrangère marche comme un seul homme. On voudrait, mais ce ne sont que des voeux, que Monsieur Obama ait un regard différent sur l’Amérique latine. Qu’il voie que le blocus de Cuba est obsolète et que lui, en tant que démocrate, il devrait aider à le lever. Ou encore, cette prison de Guantanamo qu’ils maintiennent et qui devrait disparaître. Ce qui se passe, c’est qu’en politique étrangère, les Etats-Unis ont de plus en plus étranglé l’Amérique latine, ce n’est pas pour rien qu’ils sont désormais seuls sur le continent.

 

Appréciez-vous les changements qui se produisent sur le continent au niveau de l’intégration des pays ?

Bien sûr, une nouvelle manière de faire de la politique a surgi dans les pays latino-américains. Le fait que l’OEA soit aussi discréditée, et que des organismes comme la CELAC (9) et UNASUR (10) aient été lancés et qu’ils ne soient pas là pour représenter ni yankees ni canadiens, signifie que leur politique étrangère vis-à-vis de l’Amérique latine a échoué. Pour les peuples, ils sont un danger, un monstre assoiffé de nos ressources naturelles.

 

Vous voyez-vous en train de participer en quelque sorte aux prochaines élections colombiennes ?

Il est bien tôt pour en parler. Nous n’avons pas encore installé la table de négociations. Vingt quatre heures sur vingt quatre, nous réfléchissons à la manière d’être à la hauteur du défi : arriver à un accord final et commencer à construire une paix pour la Colombie. Nous ne sommes pas des politiciens de formation, il y a beaucoup de gens à qui cela plait mais nous, nous avons une autre manière de voir et de comprendre la politique. Nous ne sommes pas convaincus par le système électoral en vigueur, encore moins par cette pratique typiquement colombienne qui fait que vous ne siègerez jamais au Parlement sans un ou deux milliards de pesos en poche. Voilà pourquoi, si vous regardez bien, vous verrez que la majorité d’entre eux sont mis en examen (ou même en prison) car la corruption de ce Parlement colombien est ahurissante. C’est la même chose pour les gouverneurs de provinces et les mairies. C’est que toutes les classes dirigeantes de notre pays sont corrompues et elles ont abusé d’un peuple qui est bon, simple et travailleur.

 

Pensez-vous qu’à cette table de négociations qui va s’ouvrir, il aurait été préférable de pouvoir compter sur la présence de l’ELN ?

Nous avons déjà eu une expérience avec eux lors de la "Coordinadora guerrera Simon Bolivar". A Tlaxcala, nous étions là ainsi que l’ELN, l’EPL. (11) Malheureusement, cela n’a pas servi à grand-chose. Avec l’ELN, nous avions depuis quelques temps quelques frictions, cela au moins fut résolu, et nous étions dans un processus d’unité assez avancé. Nous avons entamé alors ce processus avec le gouvernement chacun de son côté. Nous avons toujours dit que les portes étaient ouvertes à l’union, mais l’ELN est une organisation souveraine, ils peuvent conduire leurs propres expériences. Si dans le futur, nous pouvions nous rejoindre, ce serait très intéressant de partager des négociations avec eux.

 

Qu’en est-il de l’idée de faire participer Simon Trinidad (12) aux négociations ?

C’est un point que nous mettrons sur la table des négociations. Il y a des précédents : Mandela était en prison depuis 7 ans lorsqu’il a réussi à peser très fort pour venir à bout de l’Apartheid. Simon est condamné pour des accusations portées contre lui mais tout le monde sait bien qu’il s’agit d’un montage et d’une vengeance, simplement pour son appartenance aux FARC. Nous considérons qu’il doit s’asseoir à cette table et nous allons nous battre pour l’obtenir. Nous avons suggéré que les Etats-Unis, pour réparer en partie tout le mal qu’ils ont causé, doivent faciliter les choses et ce serait une occasion de le faire, en permettant qu’il soit présent aux négociations.

 

Lorsque l’on considère ce type de négociations, les mots de « réconciliation », de « réparation », de « commission de la vérité » apparaissent toujours. Qu’en pensez-vous par rapport au processus que vous allez engager ?

Nous croyons qu’en Colombie peut exister un gouvernement de reconstruction et de réconciliation nationale. Cela peut arriver à un moment donné mais nous ne nous laissons pas abuser par les parlottes creuses et nous n’avons pas besoin de copier sur quiconque. Ici, il y a eu une guerre, si le gouvernement est disposé à régler le problème politiquement, comme nous, nous pouvons même apporter beaucoup d’idées nouvelles sur beaucoup de points. Chaque conflit a ses particularités, celui de Colombie a été extrêmement spécifique. Tous les sujets que vous signalez seront traités à la table de négociations au moment opportun.

 

Ces dernières années, plusieurs de vos compagnons du Secrétariat général ont été tués au combat, résultat de l’offensive de l’Armée. De quelle façon ces morts se sont-elles répercutées dans votre lutte ?

Les compagnons tombés au combat sont présents dans chaque activité des hommes et des femmes des FARC. Leurs portraits sont présents dans chacun de nos campements et tous les soirs, ils sont évoqués dans nos activités culturelles. Ils furent pour nous des guides, des maîtres, ce sont des hommes uniques qui ont tout donné pour la paix en Colombie. Des hommes irréductibles qui ont tout transcendé au-delà des apparences, et dont l’image prendra une dimension immense avec le temps. Ce sont de véritables Héros de la Patrie. Il faudra bien leur accorder tôt ou tard la reconnaissance qu’ils méritent. Cela se passe ainsi dans de nombreux pays au monde : on poursuit les gens, on les emprisonne, on les calomnie et ensuite, lorsque la situation change, il se trouve que c’étaient ces hommes-là qui portaient la vérité de l’histoire, qui ont prodigué tous leurs efforts pour changer la réalité faite d’humiliation que vit notre pays.

 

Comment croyez-vous que les femmes colombiennes vont accueillir ces négociations, elles qui sont mères, filles de guérilleros comme vous, ou bien ces autres femmes de la société colombienne qui ont souffert de la violence pendant toutes ces années ?

Les femmes et le peuple tout entier ont accueilli cette nouvelle avec une grande joie. La première enquête montre que 80% du peuple colombien est pour la paix. Quand nous nous sommes réunis pour la première fois avec le gouvernement, ils disaient pratiquement que le pays voulait la guerre, qu’ils nous détestaient et nous, nous leur disions : « Non, messieurs, c’est l’idée de la paix qui prédomine en Colombie et vous, vous avez une vision complètement déformée de toute chose ». Maintenant, ils ont dû reconnaître que nous avions raison et si les choses marchent, cela va continuer et de nouveaux acteurs, non seulement de la société colombienne mais aussi de l’extérieur, nous rejoindront. Vous n’ignorez pas que le Pape a soutenu les négociations, de même que les Nations-Unies et l’Union Européenne, la présidente d’Argentine, Cristina Fernandez et celle du Brésil.

Pourvu que nous qui avons la responsabilité de faire avancer ce processus puissions accomplir la mission qui nous a été confiée !

 

Le socialisme est-il toujours votre objectif ?

Bien sûr, c’est le seul système qui peut sauver la planète Terre. Nous avons combattu pour le socialisme les armes à la main car on ne nous a pas laissé d’autre choix. Nous allons, indéfectiblement, vers la prise du pouvoir pour le peuple. Cela, nous n’en avons jamais fait mystère. Ou bien on nous permet de faire de la politique pour exposer nos idéaux et atteindre nos objectifs par la voie légale, ou bien on nous barre la route par la violence, comme cela s’est toujours passé. Nous ne nions pas notre condition de socialistes. Les révolutions, ce sont les peuples qui les font et nous, nous faisons partie de ce peuple. Nous pouvons essayer d’organiser militairement notre peuple, mais nous voulons aussi l’organiser politiquement. A condition que l’on respecte la vie des personnes que nous organisons politiquement. Ce que nous ne pouvons revivre, c’est l’histoire de l’Union Patriotique (13), le génocide le plus grand d’Amérique latine, avec 5.000 morts, lorsque nous tentions d’ouvrir un espace politique. Le coût fut extrêmement élevé pour un pays comme la Colombie.

 

http://www.resumenlatinoamericano.org/index.php?option=com_c...

Traduction de l’espagnol : Simone Bosveuil

 

1 NdT : ELN = Ejército de Liberación Nacional : Armée de Libération Nationale

2 NdT : Processus de paix mené entre 1998 et 2002 entre les FARC et le gouvernement du président Pastrana et qui se termina sur un échec.

3 NdT : DEA = Drug Enforcement Administration : service de police fédéral étasunien dépendant du département de la Justice, chargé de la mise en application de la loi sur les stupéfiants et de la lutte contre leur trafic.

4 NdT : Onze jours après la mort de leur chef, Alfonso Cano, abattu par l’armée le 4 novembre 2011, dans le sud de la Colombie, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont annoncé la désignation à la tête de l’organisation de Rodrigo Londoño, alias "Timoléon Jiménez" ou "Timochenko", "à l’unanimité des compagnons du Secrétariat". Timochenko, entré dans la guérilla en 1982 est l’un des dirigeants les plus anciens des FARC.

5 NdT : En 2008, la Colombie a utilisé un Super Tucano armé de bombes Griffin dans l’espace aérien équatorien pendant l’opération « Phoenix », pour détruire une cellule terroriste et tuer le second-en-chef du Commandement des FARC, Raul Reyes. Cet événement aurait conduit à une rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.

6 NdT : Vocable indigène désignant le travail solidaire.

7 NdT : Deuxième ville de Colombie. Grand port sur la côte Caraïbe

8 NdT : Organisation des Etats de l’Amérique qui regroupe l’ensemble des 35 états indépendants de l’Amérique.

9 NdT : CELAC = Communauté d’Etats Latino-Américains et Caraïbes. Nouveau bloc régional créé en 2010 qui pourrait constituer une alternative à l’OEA.

10 NdT : UNASUR : Union des Nations Sud-américaines. Organisation politique supranationale (2008). Son objectif est de construire une identité et une citoyenneté sud-américaines et de développer un espace régional intégré.

11 NdT : EPL : Ejercito Popular de Liberación = Armée Populaire de Libération

12 NdT : Ricardo Palmera alias Simon Trinidad, chef guerrillero, arrêté en Equateur en 2004, extradé aux Etats-Unis et accusé d’être l’auteur du prétendu enlèvement de 2 agents étasuniens a été condamné à une peine de 60 ans de prison.

13 NdT : Nom du parti politique fondé en 1984, à l’issue des accords de paix entre le gouvernement Betancur (1982-1986) et les FARC. Il obtint aux élections 16 maires, 256 conseillers municipaux et 16 députés. Au cours des deux décennies de son existence politique, plus de 5000 de ses militants furent assassinés par les paramilitaires dont 2 candidats à la présidence et 13 parlementaires.

 

http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-entretien-avec-rodrigo-granda-membre-de-la-direction-des-farc-resumen-latinoamericano-111100828.html

 

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 22:27

 L’Union Européenne vient de recevoir le prix Nobel de la paix « car elle et ses précurseurs contribuent depuis plus de six décennies à promouvoir la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l’homme en Europe ». Rien que ça !

Cette remise intervient au moment où la lutte contre cette Union européenne, contre l’austérité que veulent imposer les gouvernements dans chaque pays, grandit considérablement dans la communauté.  Hasard ? On s’en doute, le hasard n’a absolument rien à voir dans cette intervention.  La construction de cet ensemble capitaliste européen est une affaire de toute importance que les grands groupes économiques et financiers veulent installer à tout prix et le plus vite possible. L’attribution du Nobel de la paix ne fait qu’illustrer l’acharnement avec lequel aujourd’hui toutes les forces réactionnaires, celle de la droite, du parti socialiste et d’autres encore se coalisent pour imposer cette gouvernance demain à nos peuples.

Le procédé est archi connu, on répand  l’idée que l’Union Européenne est ce qu’il y a de mieux pour les peuples de nos pays et pour la paix mondiale. Pour ce faire on utilise tous les procédés, y compris l’autorité, o combien surfaite de ce Comité Nobel. Reste  que pour en arriver là, les groupes financiers qui ont la haute main sur cette Europe doivent être inquiets

Raison de plus pour accentuer la pression des peuples, le nôtre en particulier.

 

Quelques rappels historiques  rapides suffisent à prouver que l’Union Européenne n’a été dès sa naissance qu’une arme de guerre entre les mains du capital international.

* traité de Rome signé en 1957 rassemblait 6 pays – L’Allemagne de l’Ouest, la France, l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg «  pour la paix et la réconciliation entre les peuples » affirmaient ses promoteurs (le comité Nobel était largement devancé !)  Il s’agissait en fait d’un instrument de guerre froide des impérialistes sous la conduite des USA, dirigé contre l’URSS et les pays socialistes de l’Est Européen.

Déjà la création le 4 avril 1949 de  l’OTAN (Organisation militaire de l’Atlantique Nord) dont l’Europe a toujours été membre, était un instrument au service d’une politique agressive des puissances impérialistes à l’égard de l’URSS et des pays socialistes. C’est à cette époque que des bases militaires furent installées dans la plupart des pays d’Europe (le Pacte de Varsovie fut créé en riposte à la création de l’OTAN).

 

L’Europe avec l’OTAN

Ils interviennent partout pour défendre les intérêts capitalistes. L’Europe de la défense, dite force d’action rapide a été créée pour intervenir à tout moment, n’importe où. C’est ce qu’elle fait et continue de faire.

Le sommet de l’OTAN de juillet dernier (auquel participait Hollande) a décidé d’accélérer le déploiement du « bouclier antimissile » en Turquie et dans les pays européens aux frontières du Moyen-Orient. Dans sa déclaration sur les capacités des forces de l’OTAN à l’horizon 2020, on peut lire : « Nous reconnaissons l’importance d’une défense européenne plus forte et plus performante et nous saluons  les efforts déployés par l’Union Européenne pour renforcer ses capacités, nous sommes complémentaires et nous nous renforçons mutuellement ».

Est-cela l’Europe prix Nobel de la paix ?

L’Europe est intervenue en Afrique pour soutenir ou installer des pouvoirs favorables aux intérêts des sociétés capitalistes françaises, comme au Congo, à Djibouti, au Gabon, au Tchad, en Mauritanie, en Côte d’Ivoire. Elle est toujours présente en Afrique. Aujourd’hui Hollande prône  de soutenir militairement une intervention au Mali.

Après la disparition de l’URSS et des pays socialistes de l’Est européen, l’Europe a poussé à l’éclatement de la Yougoslavie. Elle  est intervenue en Serbie.  Les peuples ont été les victimes de cette guerre et  de ses destructions massives.

L’Europe avec l’OTAN a fait la guerre en Libye en 2011, pas pour soutenir le peuple Libyen mais bien pour défendre les intérêts impérialistes dans cette région.

L’Europe a établi des relations privilégiées avec Israël qui colonise la Palestine depuis plus de 60 ans.

 

Aujourd’hui les dangers de guerre grandissent.

Les Multinationales en Europe et dans le monde et leurs Etats s’affrontent pour la conquête des marchés, des ressources de la planète. Ils se livrent une guerre économique sans merci, une guerre pour la domination politique et militaire dans le monde. A tout moment un conflit armé peut éclater.

Les dépenses  mondiales d’armement continuent d’augmenter : plus de 1.120 milliards de dollars en 2011, ce qui représente plus de trois fois le budget annuel de notre pays. Outre l’arme nucléaire, des armements de plus en plus sophistiqués sont développés...

 

Nous sommes pour le rapprochement entre les peuples.

Le seul droit que défend pied à pied le capitalisme qui domine l’Europe et le monde, c’est le droit à la propriété privé, le droit pour le capitalisme d’exploiter le travail des salariés, d’exploiter les peuples. Pour cela, il va jusqu’à déclencher la guerre

L’origine, la racine de toutes les guerres, la 1ère et la 2ème guerre mondiale, les guerres coloniales, ce sont  les luttes inter-impérialistes, la concurrence capitaliste sans merci.

« Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée porte l’orage » a dit Jaurès.

 

Pour le rapprochement entre les peuples, dans la paix, il faut abattre le capitalisme et construire une société  socialiste.

Seuls les peuples pourront par leur lutte œuvrer à leur rapprochement sur la base du développement des nations qui ne sera plus la recherche du profit capitaliste, mais le progrès social, l’augmentation du niveau de vie, le plein emploi et le développement économique et social, une coopération internationale profitable aux peuples et dans la paix.

 

http://www.sitecommunistes.org/ch269nobel.htm

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 22:26

Lettre du Québec : MANIFESTE DES PATRIOTES COMMUNISTES QUÉBÉCOIS

Depuis quelques mois, le Collectif communiste Polex a noué un dialogue avec des militants du Québec, qui a connu cette année des mouvements populaires importants. Ils nous ont transmis un « Manifeste des patriotes communistes » que nous publions volontiers, même si nous ne partageons ni toutes leurs analyses, ni toutes leurs références idéologiques. Ils ont sollicité notre avis sur le mouvement national québécois, nous le joignons : le dialogue entre anti-impérialistes ne peut être que profitable aux militants des deux rives de l’Atlantique.

Le Québec est encore une nation dominée par l'impérialisme anglo-canadien depuis plus de 250 ans. Cette domination perdure malgré la volonté du peuple québécois de se libérer de ce joug cruel. Pour mener à terme notre lutte de libération nationale et sociale nous avons besoin d'une alternative claire et précise. Ce ne sont pas le Parti Québécois ni le Bloc Québécois en tant que fervents adeptes du libéralisme économique et du libre-échange qui peuvent réaliser l’indépendance du Québec. Le communisme patriotique représente justement la doctrine qui est nécessaire pour donner un deuxième souffle au mouvement indépendantiste québécois.

Le communisme patriotique prône une fusion entre le patriotisme et le socialisme dans une perspective de libération nationale et sociale. Nous rejetons fermement le système d’exploitation capitaliste qui concentre la richesse produite par la classe ouvrière entre les mains d'une élite ploutocratique et apatride toujours plus avide de profits exorbitants. La nationalisation des secteurs prédominants de l'économie, comme les banques, les ressources naturelles, les grandes entreprises, en tant que première étape, est une nécessité vitale pour empêcher les intérêts privés d'acquérir trop de pouvoir sur notre vie politique. Nous participons aux luttes de la classe ouvrière et des autres secteurs opprimé de la société contre les attaques de plus en plus brutales du capital contre nos acquis sociaux et nos droits démocratiques.

Nous nous situons dans la lignée politique des dirigeants et théoriciens marxistes et révolutionnaires comme Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao, Enver Hoxha, Ho Chi Minh, Fidel Castro, Che Guevara et bien d’autres qui ont théorisé et dirigé le combat des travailleurs et des travailleuses contre le capitalisme et l’impérialisme. Les patriotes communistes considèrent que le camp socialiste qui était constitué par l’URSS et les pays d’Europe de l’Est, représentait une avancée par la classe ouvrière malgré ses défauts et les graves erreurs perpétrées par ses dirigeants. Les systèmes de protection sociale qui existaient dans les pays socialistes procuraient de nombreux avantages à la classe ouvrière comme la santé et l’éducation gratuites, des logements bon marché, des garderies accessibles et abordables, la sécurité d’emploi, etc. Ces régimes constituaient un contrepoids à l’impérialisme et leur chute a donné encore plus les mains libres à l’offensive antiouvrière et antisociale du capital. La défense de Cuba et de la Corée du Nord socialistes ainsi que de la révolution bolivarienne dirigée par le président vénézuélien Hugo Chavez contre les attaques et le harcèlement constant de l’impérialisme américain sont aujourd’hui une tâche fondamentale pour tout militant anticapitaliste digne de ce nom. Les patriotes communistes québécois sont solidaires du combat mené par le Pôle de la Renaissance communiste française contre la dégénérescence social-démocrate du PCF et pour la renaissance d’un parti communiste digne de ce nom et basé sur les principes du marxisme-léninisme.

Nous rejetons le racisme et la xénophobie sous toutes leurs formes, mais nous sommes opposés au masochisme national qui fait l'éloge des cultures étrangères et considèrent en même temps la fierté nationale et patriotique légitimes comme étant du fascisme. Le Québec est un pays francophone et doit le rester et nous devons être fiers de nos racines et de nos origines afin de ne pas disparaître sous le rouleau compresseur anglo-saxon grandement favorisé par la mondialisation ultralibérale. Nous n'avons rien contre les autres nations et cultures mais nous revendiquons le respect de ce que nous sommes en tant que peuple porteur d'une culture particulère et originale. Nous sommes les héritiers de la Nouvelle-France et à ce titre nous pouvons nous revendiquer de la culture européenne, ce qui n’exclut en rien la solidarité prolétarienne internationale avec les luttes des travailleurs et des différents peuples opprimés dans le monde. Nous donnons par exemple notre appui aux luttes de libération nationale comme celle du peuple palestinien contre l'État sioniste colonialiste ou bien des Abkhazes et des Ossètes du Sud contre le régime géorgien.

En résumé nous combattons les politiques néolibérales de privatisation et de démantèlement des programmes sociaux ainsi que la dictature des multinationales assoiffées de profit, nous luttons pour la défense de la langue et de la culture française au Québec. Le capitalisme est un système exploiteur et apatride qui n’a aucun respect pour les langues et les cultures nationales et qui représente un obstacle fondamental à leur épanouissement. Il contribue grandement au phénomène de l’anglicisation du monde en faisant de l’anglais la langue des affaires et du marché du travail au mépris des travailleurs et des travailleuses qui partout dans le monde veulent défendre leur droit de travailler dans leur langue nationale respective. Au Québec nous faisons toujours face à la volonté de nous assimiler et de nous faire disparaître dans le marais anglo-saxon largement prédominant en Amérique du Nord. Il faut renforcer la loi 101 qui a été tellement édulcorée depuis plus de vingt ans par l'action combinée de la Cour Suprême du Canada et de certains gouvernements québécois. Le capitalisme cherche également à baisser constamment nos conditions de travail et à dégrader notre niveau de vie dans une perspective d’uniformation sociale vers le bas.

Si vous êtes d’accord avec ce texte n’hésitez pas à nous rejoindre. Notre combat de libération nationale et sociale ne peut attendre plus longtemps. Nous avons besoin d’une organisation structurée et remplie de militants et de militantes de bonne volonté qui ont à coeur l’indépendance de notre pays, la sauvegarde de notre langue et de culture ainsi que la lutte acharnée et sans relâche contre le système d’exploitation capitaliste et pour l’instauration d’une société socialiste.

En avant vers un Québec libéré du joug du capital et socialiste !

 

La réponse de Francis Arzalier

Cher camarade,

Je ne suis pas spécialiste du problème québécois, mais seulement secrétaire du Collectif communiste Polex de France, qui regroupe des militants anti-impérialistes de diverses affiliations, les uns au PCF, les autres non.

Je suis a priori méfiant vis à vis de tout nationalisme, qu'il soit français, corse, algérien ou autre, parce qu'il sacralise la nation, en niant souvent les clivages de classe qui la traversent. Par contre, je pense que la nation française a aujourd'hui un contenu progressiste et qu'on doit le défendre contre l'Europe supranationale au service du grand capital transnational.

Etre communiste signifie qu'on approuve le droit de chaque peuple de choisir lui-même son destin, et d'être, s'il le veut, une nation avec toutes les prérogatives d'un état. C'est donc l'affaire exclusive du peuple du Québec et des travailleurs qui en font partie. En espérant que l'indépendantisme ne les détournera pas des luttes sociales. Je ne crois pas que le Parti québécois soit opposé à l'impérialisme et au capitalisme, d'où qu'ils viennent. Il me paraît même fort aligné sur les dirigeants des USA et l'impérialisme occidental.

Nous espérons que le dialogue entre nous se poursuivra.

 

Fraternellement,
Francis Arzalier

Transmis par HP

 

http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bulletin_96_art1.htm

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 22:24

L’Union européenne c’est la guerre économique (pour commencer) entre les peuples ! Il faut sortir de cette prison ! 

 

ue-dictature.jpg

Dessin publié sur le site http://sos-crise.over-blog.com

 

Consternation, colère, honte, provocation ! 

Dans les rues d’Athènes, de Madrid, dans les usines de Lisbonne, dans celles de Turin, chez nous, en France, les commentaires sont les mêmes.

Comment ont ils osé ?

 

A l’heure où les travailleurs sentent chaque jour s’appesantir sur eux les plans d’austérité drastiques de l’UE, où le chômage touche 1 Grec sur 4, où il dépasse largement les 3millions “officiels” en France, où les plans de licenciement se succèdent à une cadence infernale, où la misère se répand et où la courbe de l’espérance de vie s’inverse en Allemagne, c’est à ce moment que le jury du Nobel de la paix choisit pour désigner l’UE comme lauréate du prix !

Devons-nous relever que plusieurs pays de l’UE ont mené ou mènent des guerres, en Yougoslavie, en Libye, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire et menacent d’entrer en guerre contre la Syrie ou l’Iran ? Devons-nous remarquer que dans plusieurs pays – Belgique, Espagne – la crise de l’euro provoque d’intenses tensions entre les composantes de la population ?

 

Mais il faut dire que le prix Nobel a déjà été donné à Obama, président de la puissance impérialiste la plus belliciste, la plus agressive, la plus guerrière du monde, et au bourreau des peuples chilien et vietnamien, Henry Kissinger !

Négation de la démocratie, destruction des souverainetés nationales et populaires, austérité, chômage et misère pour les peuples, ce nouvel impérialisme européen mérite au moins le prix Nobel de la paix.

Proposons au jury suédois qu’Adolf Hitler obtienne, à titre posthume, le prix Nobel de la paix et ainsi l’ignominie sera totale !

 

A BAS L’UNION EUROPÉENNE, PRISON DES PEUPLES !

SORTONS DE L’UE SI NOUS NE VOULONS PAS “Y RESTER” ! 

 

 

PRCF http://www.initiative-communiste.fr/wordpress/?p=11870

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 22:23

par Nils Solari, le 11 octobre 2012

 

C’est suffisamment rare pour être souligné : France 2, après avoir diffusé un « sujet » éclair et truffé d’erreurs factuelles - avant la tenue du scrutin présidentiel au Venezuela - a diffusé un correctif – au lendemain des élections - suite à de nombreuses plaintes de téléspectateurs et à l’intervention des « Indignés du PAF » auprès de son médiateur. Un correctif qui, malgré tout, reste incomplet.

 

I. Avant le scrutin

Quelques jours avant les élections au Venezuela, quelques médias - en général peu prolixes sur la question – se sont tout de même bien sentis obligés de s’y intéresser … ou de feindre de le faire. France 2, à la différence de ceux qui ont carrément préféré occulter la chose, s’y est risqué. Sauf que…

En ouverture des titres du journal télévisé du 3 octobre 2012 [1], David Pujadas, avec la grandiloquence qu’on lui connaît, annonce : « Dans l’actualité également : modèle ou contre-modèle ? Le Venezuela, cité en référence par la gauche radicale du monde entier s’apprête à voter. Pour la première fois, Hugo Chávez, au pouvoir depuis 14 ans, n’est pas assuré d’être réélu [2] ». Grandiloquence : une « référence » planétaire ! Et une alternative sans nuance qui sera suivie de quelques autres : « modèle ou contre-modèle ». Mais puisque Pujadas le dit : nous allons voir ce que nous allons voir !

 

«  Despote ou visionnaire ?  », «  Ange ou démon ?  »…

Il faut attendre plus de 20 minutes pour que le sujet annoncé en sommaire soit enfin traité à une place de choix : après le « mea culpa de Valérie Trierweiler » à propos de son « tweet » [3], suivi d’un insert aguicheur sur les reportages « à suivre » (les mesures destinées à favoriser le recours aux voitures électriques, la grande fatigue des élèves, et… la zumba). Pujadas relance alors : « Mais avant cela, l’élection qui suscite l’intérêt du monde entier  ». Un intérêt qui est si fort à France 2 que la chaîne y consacrera, en tout et pour tout… 2 minutes et 38 secondes tout compris : présentation et reportage, durée proportionnée à l’importance accordée à l’événement !

Le bouillonnant Pujadas est un connaisseur : « On vote au Venezuela dimanche, où le bouillonnant président Hugo Chávez, 58 ans, défenseur d’une révolution socialiste, brigue un nouveau mandat après 14 ans au pouvoir. On le voit ici en campagne. Et pour la première fois, il est bousculé dans les sondages par un jeune gouverneur de 40 ans, Henrique Capriles ». Et de poursuivre en ressassant : « Mais si ce scrutin passionne - poursuit Pujadas - c’est parce que le Venezuela incarne pour la gauche radicale européenne et mondiale, l’alternative au capitalisme ».

Suit alors une question prometteuse : « Alors, quelle est vraiment la nature du régime ? » Réponse à suivre… en une minute et 54 secondes ! Une première question sans rapport apparent avec la seconde, beaucoup plus … passionnante, puisqu’elle nous offre une nouvelle alternative dénuée de sens : « Chávez qui invoque Dieu et Marx, est-il un despote ou un visionnaire ? ». Or, Chávez qui d’ailleurs, invoque Dieu beaucoup plus souvent que Marx, n’est évidemment ni un despote ni un visionnaire.

Fin du suspense, puisque Pujadas livre alors « quelques points de repères », dit-il, d’une utile banalité : « Le pays, grand comme une fois et demie la France, est peuplé de 28 millions d’habitants, il vit en grande partie grâce à ses gisements de pétrole ». En somme, rien de nouveau !

Le « sujet » proprement dit est alors servi.

 

1 minute et 54 secondes… bourrées d’erreurs

En un temps record, il prétend donc « informer » sur la situation du Venezuela à la veille des élections… en 1 minute et 54 secondes dont on retrouvera la transcription en « Annexe ».

Son titre, racoleur à souhait, offre alors une troisième alternative. Nous avions déjà « modèle ou contre-modèle », suivi de « Chávez, despote ou visionnaire ? ». Nous avons désormais, dure loi de l’objectivité du néant : « Venezuela : Chávez, ange ou démon ? ». Un titre « bouillonnant ». Pour répondre à l’intérêt planétaire que susciterait cette élection, n’aurait-il pas été plus simple et plus sobre de parler d’un chef d’État dont la politique économique et sociale donne matière à controverse et divise, souvent de manière virulente, les « pros » et les « antis » ?

Qu’importe. Tout bon reportage sur la « gauche radicale latino-américaine » qui se respecte, doit commencer par l’évocation des bruits de bottes, comme nous l’avions déjà mentionné ici même à propos du Nicaragua [4]. Cette fois encore, France 2 ne déroge pas à la règle : « L’ancien colonel des commandos parachutistes vénézuéliens, 58 ans, aime toujours porter l’uniforme. Il fut en 1992 l’auteur d’un coup d’État ». Une présentation qui serait anecdotique, si le commentaire prenait soin de préciser qu’il s’agissait d’un coup d’État raté qui a valu à son instigateur d’être incarcéré pendant deux ans. Mais la mention du port de l’uniforme est ponctuée par cette explication bouleversante : «  Manière virile de rassurer, lui qui l’an dernier fut transfiguré par la chimiothérapie, frappé d’un violent cancer et soigné… à Cuba. » A-t-on bien compris ? Chávez porterait l’uniforme pour rassurer sur son état de santé ?

À moins qu’il ne s’agisse d’une transition mal fichue avec la phrase suivante : « Socialiste et nationaliste bolivarien, Hugo Chávez, élu pour la première fois Président de la République en 1994 […] ». Première erreur, qui n’est peut être pas fortuite tant elle renforce l’impression de longévité au pouvoir : Chávez sort de prison en 1994 et n’accèdera au pouvoir qu’en 1998 !

Mais poursuivons : « […] ami de Fidel Castro, [Chávez] prétend aujourd’hui à un troisième mandat de 6 ans. Il est donné en tête dans les sondages. 10 points devant le candidat unique de l’opposition, ce jeune avocat et gouverneur de 40 ans, Henrique Capriles Radonski  ». Deuxième erreur ou approximation : si Capriles est à la tête d’une coalition d’opposition, la « Mesa Unitaria Democrática » (MUD), la table unitaire démocratique, il n’est en revanche pas le seul à disputer la présidence, puisque quatre autres candidats n’ont rejoint ni l’une, ni l’autre des deux principales coalitions [5].

« Sur quoi repose le système Chávez ? », s’interroge ensuite le journaliste, qui ne trouve rien de mieux pour illustrer sa réponse qu’une troisième erreur (assortie d’une nouvelle approximation) : « Cinquième pays producteur de pétrole au monde, le Venezuela tire toute sa richesse de l’or noir, devenu le nerf de la guerre de la politique sociale… du président. Exemple ? Voici l’unique train du pays, un train de banlieue, qui transporte les habitants des barrios, les bidonvilles, au cœur de la capitale ». Un seul train ? Comme s’il n’en existait pas d’autres au Venezuela, comme à Maracaibo, à Valencia, etc. ? Ajoutons que, s’il est vrai que le vocable « barrio » est souvent associé chez les Vénézuéliens aux quartiers populaires, il désigne globalement les « quartiers ». Et donc pas uniquement les « bidonvilles ».

Après l’unique train, un autre exemple des effets bénéfiques de l’or noir : « Ou encore, ce jeune chef d’orchestre, Gustavo Dudamel, enfant des bidonvilles, un prodige du cru, qui dirige désormais l’Orchestre philarmonique de Los Angeles ». Heureusement, comme on peut l’entendre (et le lire ici) peu après, ce ne seront pas les seuls effets des politiques sociales favorisées par le pétrole à être fugitivement mentionnées !

Le sujet s’achève en effet sur un « bilan » tenant en deux phrases qui, prononcées sur un fond sonore tonitruant, comportent une erreur tellement improbable que l’on se demande dans quel état d’inconscience ou d’épuisement se trouvait celui qui a cru l’avoir collectée : « Un bilan, après 14 années d’un pouvoir sans partage : 78 % des habitants du Venezuela vont à l’école, et la gale et la tuberculose ont été vaincues. En revanche, 80 % de la population vit toujours sous le seuil… de pauvreté  ». Alors que ces pauvres qui représentaient 43,7 % de la population en 2005, n’en représentaient plus que 28,5 % en 2009 selon les chiffres de la Banque Mondiale.

 

II. Après le scrutin

Au lendemain du scrutin, le JT du lundi 8 octobre, dont la transcription peut être également consultée en « Annexe » [6], informe… David Pujadas, fidèle à lui-même, rappelle la victoire de Chávez et nous gratifie d’une nouvelle présentation, à peine moins grandiloquente que la précédente : « L’actualité à l’étranger. Et d’abord la victoire de celui qui veut incarner la révolution socialiste en Amérique du Sud : Hugo Chávez a été réélu avec un peu plus de 54 % des voix au Venezuela ».

 

Un correctif qui ne corrige pas tout

Mais, comme ils ont été interpellés par de nombreux téléspectateurs, les journalistes de France 2 reviennent, pour les corriger, sur les erreurs factuelles les plus grossières de la semaine précédente. Au passage, le commentaire précise, sans dire qu’il s’agit d’une rectification que « Quatre autres petits candidats de l’opposition se sont partagé 0,6 % des suffrages », et que Capriles constituait donc « le candidat unique de la droite », et non le « candidat unique de l’opposition », comme il avait été dit précédemment.

Mais explicitement :
« Par ailleurs, contrairement à ce que nous affirmions la semaine dernière par erreur, le taux de la population vivant sous le taux de pauvreté au Venezuela n’est pas de 80 %. Selon l’Organisation des Nations Unies, il est passé de 49,04 % à l’arrivée de Chávez au pouvoir il y a 14 ans à 27,8 % l’année dernière. Enfin, concernant le réseau ferroviaire du pays, il était faux de dire qu’il y a une unique ligne de train pour voyageurs au Venezuela, mais bel et bien plusieurs autour des grandes villes ».

Et Pujadas, puisque l’on est jamais si bien servi que par soi même, de se féliciter aussitôt de ce louable mea culpa : « Voilà qui est dit ».

Louable, mais incomplet, puisque l’erreur selon laquelle Hugo Chávez aurait été « élu pour la première fois Président de la République en 1994 », comme cela avait également été avancé précédemment, n’est pas corrigée.

Louable, mais partiel, puisqu’il ne sera pas mentionné, au sujet des images illustrant le taux de population sous le seuil de pauvreté ou encore celle du train de banlieue [7], que celles-ci ne datent pas d’hier, puisqu’elles ont été tournées… en 2006, à l’occasion de la réalisation d’une autre émission du service public [8] !

D’ailleurs, la rectification des erreurs ne suffit pas à corriger la désinvolture repérable dans ces précisions savoureuses : « 54,66 % des suffrages, cela valait bien un feu d’artifice, tant en raison d’une participation de 80 %, que de la présence d’observateurs neutres et conquis. Le Venezuela serait-il en passe de se pacifier ?  ». Des observateurs conquis par quoi ? On croit deviner – mais est-ce certain ? – qu’ils ont été conquis par le caractère démocratique du scrutin. Un Venezuela pacifié ? Comme si le pays souffrait de la même situation interne que le voisin colombien…

On attend la suite !

Nous l’avons dit, il est rare qu’une rédaction d’une chaîne de télévision accepte de reconnaître ses erreurs en direct. Des erreurs qui en disent peut-être long sur les difficultés des journalistes à informer sur un pays lointain : exigence de l’urgence, contraintes financières qui interdisent le déplacement, etc. On peut, par ailleurs, légitimement se demander si un tel mea culpa serait survenu sans la protestation de téléspectateurs attentifs.

Informer, de loin en loin, en moins de 2 minutes sur la situation d’un pays comme le Venezuela est une gageure quasiment intenable. De quoi méditer sur la composition des JT, qui se prétendent de service public ! Nul doute que la rédaction de France 2 prendra acte de cet épisode et ne tardera pas à nous proposer, prochainement, un reportage digne de ce nom sur la situation économique, sociale et politique au Venezuela, au lieu de simuler une impossible exhaustivité et de gaver les téléspectateurs d’informations sans importance.

Nils Solari, grâce à une correspondante française ayant vécu à Caracas (avec Henri Maler, ainsi que Benjamin Accardo pour l‘une des transcriptions)

 


Annexes : transcriptions

 

I. France 2 JT 20h du 3 octobre 2012

Consultable sur Pluzz.fr (Attention ce lien peut ne pas être durablement actif.)

Timecode : 25’14 à 27’08, soit 1min. 54 secondes, et 2 minutes 38 avec l’introduction de Pujadas à 24’32 : http://www.pluzz.fr/jt-20h-2012-10-...

Transcription : Nils Solari

Annonce des Titres :

« Dans l’actualité également : modèle ou contre-modèle ? Le Venezuela, cité en référence par la gauche radicale du monde entier s’apprête à voter. Pour la première fois, Hugo Chávez, au pouvoir depuis 14 ans, n’est pas assuré d’être réélu. »

25e minute du JT :

David Pujadas : « Mais avant cela, l’élection qui suscite l’intérêt du monde entier. On vote au Venezuela dimanche, où le bouillonnant président Hugo Chávez, 58 ans, défenseur d’une révolution socialiste, brigue un nouveau mandat après 14 ans au pouvoir. On le voit ici en campagne. Et pour la première fois, il est bousculé dans les sondages par un jeune gouverneur de 40 ans, Henrique Capriles. Mais si ce scrutin passionne, c’est parce que le Venezuela incarne pour la gauche radicale européenne et mondiale, l’alternative au capitalisme. Alors quelle est vraiment la nature du régime ? Chávez qui invoque Dieu et Marx, est-il un despote ou un visionnaire ? Quelques points de repères d’abord. Le pays, grand comme une fois et demie la France, est peuplé de 28 millions d’habitants, il vit en grande partie grâce à ses gisements de pétrole. Bernard Lebrun ».

[Le sujet est sous-titré : Venezuela : Chávez, ange ou démon ? ]

« L’ancien colonel des commandos parachutistes vénézuéliens, 58 ans, aime toujours porter l’uniforme. Il fut en 1992 l’auteur d’un coup d’État. Manière virile de rassurer. Lui qui l’an dernier fut transfiguré par la chimiothérapie, frappé d’un violent cancer et soigné… à Cuba. Socialiste et nationaliste bolivarien, Hugo Chávez, élu pour la première fois Président de la République en 1994, ami de Fidel Castro, prétend aujourd’hui à un troisième mandat de six ans. Il est donné en tête dans les sondages. 10 points devant le candidat unique de l’opposition, ce jeune avocat et gouverneur de quaranteI. ans, Henrique Capriles Radonski, descendant d’une famille d’émigrés polonaise.

Sur quoi repose le système Chávez ? cinquième pays producteur de pétrole au monde, le Venezuela tire toute sa richesse de l’or noir, devenu le nerf de la guerre de la politique sociale… du président. Exemple ? Voici l’unique train du pays : un train de banlieue, qui transporte les habitants des barrios, les bidonvilles, au cœur de la capitale. Ou encore, ce jeune chef d’orchestre, Gustavo Dudamel, enfant des bidonvilles, un prodige du cru, qui dirige désormais l’Orchestre philarmonique de Los Angeles.

Mais cette politique a un prix et un revers. Le secteur pétrolier nationalisé embauche à tour de bras et épuise les recettes. Idem pour les fonctionnaires. Le clientélisme politique se paye en embauches. Pourtant, grand bénéficiaire du bond du prix du baril, le Venezuela de Chávez n’investit pas assez dans le secteur, d’où cette incroyable baisse… de la production du pétrole.

Un bilan, après 14 années d’un pouvoir sans partage : 78 % des habitants du Venezuela vont à l’école, et la gale et la tuberculose ont été vaincues. En revanche, 80 % de la population vit toujours sous le seuil… de pauvreté ». [avec une musique classique de fond d’un ton assez dramatique]

 

II. France 2 JT 20h du 8 octobre 2012

Transcription : Benjamin Accardo

[24’44] David Pujadas :

« L’actualité à l’étranger. Et d’abord la victoire de celui qui veut incarner la révolution socialiste en Amérique du sud : Hugo Chávez a été réélu avec un peu plus de 54 % des voix au Venezuela. Bernard Lebrun ».

[Images de manifestants en liesse] L’un d’entre eux : « Ici, nous avons une vraie démocratie et nous avons gagné dans la légalité. Au revoir les perdants ! ». La liesse après la victoire dans le camp des militants du parti socialiste bolivarien d’Hugo Chávez. 54,66 % des suffrages, cela valait bien un feu d’artifice, tant en raison d’une participation de 80 %, que de la présence d’observateurs neutres et conquis. Le Venezuela serait-il en passe de se pacifier ? Hier soir, le candidat unique de la droite, issu des primaires, Henrique Capriles Radonski, a lui-même annoncé sa défaite. Il progresse tout de même de deux millions de voix. Quatre autres petits candidats de l’opposition se sont partagé 0,6 % des suffrages. Qu’importe, au balcon de son palais, « El Comandante », au pouvoir depuis 1998, triomphait avec une copie du sabre de Bolivar. [Hugo Chávez à l’image] : « Vous avez voté pour le socialisme, pour l’indépendance et la grandeur du Venezuela ! » Par ailleurs, contrairement à ce que nous affirmions la semaine dernière par erreur, le taux de la population vivant sous le taux de pauvreté au Venezuela n’est pas de 80%. Selon l’organisation des Nations unies, il est passé de 49,04 % à l’arrivée de Chávez au pouvoir il y a 14 ans à 27,8 % l’année dernière. Enfin, concernant le réseau ferroviaire du pays, il était faux de dire qu’il y a une unique ligne de train pour voyageurs au Venezuela, mais bel et bien plusieurs autour des grandes villes.

David Pujadas : « Voilà qui est dit ».

 

Notes

[1] Que l’on peut revoir ici.

[2] C’est nous qui soulignons, ici et par la suite.

[3] Voir ici même « Un tweet s’est abattu sur la France », 25 juin 2012.

[4] Lire : « Loin du Nicaragua… où l’on informe d’une seule voix (ou presque) » Nils Solari, 19 janvier 2012.

[5] Il s’agit de Luis Reyes, Orlando Chirino, Maria Bolivar, Reina Sequera, comme on peut le vérifier sur le site dédié aux éléctions ou dans cet article… des Echos : « Venezuela : derrière Chavez et Capriles, quatre candidats en quête de lumière ».

[6] Et que l’on peut revoir ici.

[7] Présentes dans les deux sujets.

[8] Un œil sur la planète, « Chávez : Viva la revolución ? », diffusée le 18 décembre 2006 (on les retrouve à la soixantième minute environ).

 

 

Publié sur Acrimed http://www.acrimed.org/article3906.html

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 22:20

 Il est inconnu du grand public ainsi que de beaucoup de militants, et pourtant, il devrait succéder à Bernard Thibault, l’actuel secrétaire général de la centrale. Une personnalité atypique au sein du principal syndicat français.

Le Parisien Catherine Gasté | Publié le 15.10.2012


ZENITH DE PARIS, LE 31 JANVIER 2012. Ex-salarié de Moulinex et leader du conflit social  dans l'entreprise au début des années 2000, Thierry Lepaon a, depuis, rapidement gravi les échelons au sein de la CGT.

  
Le psychodrame de la succession de Bernard Thibault en 2013, touche-t-il à sa fin?

A moins d'un nouveau rebondissement, le secrétaire général doit dévoiler le nom de  son successeur, Thierry Lepaon, devant la commission exécutive ( le gouvernement  de la CGT ) chargée de l'adouber.

Mais la décision finale reviendra au parlement de la centrale qui doit se réunir le 7 novembre. Le candidat du dernier recours n'est donc pas au bout de ses peines. Car il devra recueillir la majorité des voix du comité confédéral national, une instance qui s'est déjà montrée imprévisible... avec le rejet inattendu de la candidature de  Nadine Prigent.

L'homme s'est fait très discret ces derniers mois. Thierry Lepaon, chaudronnier-soudeur de profession,  inconnu du grand public, comme de beaucoup de militants cégétistes, a su attendre son heure. Il le sait maintenant. C'est lui, le joker de Bernard Thibault, l'homme du "compromis acceptable", le candidat du dernier recours, dont le nom devrait sortir demain du chapeau. "A 99% de chance", murmure-t-on dans  les couloirs de la centrale de Montreuil.
En embuscade de longue date pour devenir n°1 de la CGT, son habileté l'a amené à savoir se tenir à l'écart de la guerre fratricide des prétendants à la succession.
"Moi, j'ai toujours eu le souci de l'organisation, de n'avoir jamais été candidat à rien et d'accepter les responsabilités qui me sont confiées", se plaît-il à expliquer. Une intelligence pragmatique et tactique ajoutée à de la pugnacité. Des qualités pour cet encarté du PCF "pas idéologue", que lui reconnaissent volontiers ceux qui l'ont côtoyé.
A 52 ans, cet ex-leader du conflit des Moulinex au début des années 2000 a vite grimpé les échelons.
Après avoir siégé sept ans sous les couleurs de son syndicat au sein du Conseil d'orientation pour l'emploi, il dirige aujourd'hui le groupe CGT du Conseil économique, social et environnemental.

Sur la ligne réformiste de Thibault

Ses appuis, il les a trouvés au sein de la confédération ( la maison mère ) , où ses faits d'armes chez Moulinex l'ont propulsé rapidement dans le "premier cercle de Bernard Thibault".
"C'est un homme de confiance", dit-on dans l'entourage de Thibault. Sur la même ligne réformiste. Un syndicaliste déterminé qui a, certes, délaissé le terrain, mais qui sait être très à l'aise dans les fonctions de représentations où il a étoffé son carnet d'adresses.

Raymond Soubie, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, lui donne du "mon ami" et lui a même sauvé la mise lors de son premier discours au Cese, qui a failli coûter à la CGT sa vice-présidence.
"Il présente bien, sait être distingué et à l'aise avec les grands élus et les flonflons. Lui au moins a 50 000 mots à son vocabulaire et sait bien parler..." confie un haut fonctionnaire qui l'a bien connu chez Moulinex et le présente comme un "homme de réseaux". Il peut compter sur l'"appui des frères" (NDLR : francs-maçons) selon ce grand commis de l'Etat, très étonné de "voir Lepaon arriver bizarrement à la tête de la CGT" et qui tient à rester anonyme, comme la plupart de nos interlocuteurs.

Selon nos informations, Thierry Lepaon fait aussi parti d'un club très fermé créé par l'UIMM (le patronat de la métallurgie ) appelé Quadrilatère, qui réunit patrons, DRH, syndicalistes, journalistes et experts. Ce que ses détracteurs au sein de la CGT ne manquent pas de dénoncer comme "un problème majeur pour l'indépendance de la CGT".

 

 

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Published by Vendémiaire - dans Syndicalisme
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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 13:21

Analyse du scrutin n° 30 - Première séance du 09/10/2012

Scrutin public sur l'ensemble du projet de loi autorisant la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire (1re lecture).

 

Nombre de votants : 568

Nombre de suffrages exprimés : 547

Majorité absolue : 274

Pour l'adoption : 477

Contre : 70

L'Assemblée nationale a adopté.

 

Groupe socialiste, républicain et citoyen (297)

Pour: 264

M. Ibrahim Aboubacar, Mmes Patricia Adam, Sylviane Alaux, MM. Jean-Pierre Allossery, François André, Mme Nathalie Appéré, MM. Christian Assaf, Avi Assouly, Pierre Aylagas, Alexis Bachelay, Guillaume Bachelay, Jean-Paul Bacquet, Dominique Baert, Gérard Bapt, Frédéric Barbier, Serge Bardy, Mme Ericka Bareigts, M. Christian Bataille, Mme Marie-Noëlle Battistel, MM. Laurent Baumel, Philippe Baumel, Nicolas Bays, Mme Catherine Beaubatie, MM. Jean-Marie Beffara, Luc Belot, Mmes Karine Berger, Chantal Berthelot, Gisèle Biémouret, MM. Philippe Bies, Erwann Binet, Yves Blein, Jean-Luc Bleunven, Patrick Bloche, Daniel Boisserie, Mme Pascale Boistard, MM. Christophe Borgel, Florent Boudié, Mme Marie-Odile Bouillé, M. Christophe Bouillon, Mme Brigitte Bourguignon, M. Malek Boutih, Mme Kheira Bouziane-Laroussi, MM. Émeric Bréhier, JeanLouis Bricout, Jean-Jacques Bridey, François Brottes, Gwenegan Bui, Mme Sabine Buis, M. Jean-Claude Buisine Mme Sylviane Bulteau, MM. Vincent Burroni, Alain Calmette, Jean-Christophe Cambadélis, Mme Colette Capdevielle, MM. Yann Capet, Christophe Caresche, Mme Martine Carrillon-Couvreur, MM. Christophe Castaner, Laurent Cathala, JeanYves Caullet, Guy Chambefort, Jean-Paul Chanteguet, Mme Marie-Anne Chapdelaine, M. Guy-Michel Chauveau, Mme Dominique Chauvel, MM. Jean-David Ciot, Alain Claeys, Jean-Michel Clément, Mme Marie-Françoise Clergeau, M. Philip Cordery, Mme Valérie Corre, M. Jean-Jacques Cottel, Mme Catherine Coutelle, M. Jacques Cresta, Mmes Pascale Crozon, Seybah Dagoma, MM. Yves Daniel, Carlos Da Silva, Pascal Deguilhem, Mme Florence Delaunay, M. Guy Delcourt, Mme Carole Delga, M. Sébastien Denaja, Mmes Françoise Descamps-Crosnier, Sophie Dessus, MM. Jean-Louis Destans, Michel Destot, Mmes Fanny Dombre-Coste, Sandrine Doucet, MM. Philippe Doucet, Jean-Luc Drapeau, Mme Françoise Dubois, M. Jean-Pierre Dufau, Mme Anne-Lise Dufour-Tonini, M. William Dumas, Mme Laurence Dumont, MM. Jean-Louis Dumont, JeanPaul Dupré, Yves Durand, Philippe Duron, Christian Eckert, Mmes Corinne Erhel, Sophie Errante, Marie-Hélène Fabre, Martine Faure, MM. Olivier Faure, Alain Fauré, Matthias Fekl, Vincent Feltesse, Hervé Féron, Richard Ferrand, JeanPierre Fougerat, Hugues Fourage, Mme Michèle Fournier-Armand, MM. Michel Françaix, Christian Franqueville, JeanClaude Fruteau, Jean-Louis Gagnaire, Mme Geneviève Gaillard, M. Yann Galut, Mme Hélène Geoffroy, MM. Jean-Marc Germain, Jean-Patrick Gille, Jean Glavany, Yves Goasdoué, Mmes Geneviève Gosselin, Pascale Got, MM. Marc Goua, Jean-Claude Gouget, Laurent Grandguillaume, Mme Estelle Grelier, M. Jean Grellier, Mmes Edith Gueugneau, Élisabeth Guigou, Thérèse Guilbert, Chantal Guittet, M. David Habib, Mmes Danièle Hoffman-Rispal, Joëlle Huillier, Sandrine Hurel, Monique Iborra, Françoise Imbert, MM. Michel Issindou, Éric Jalton, Serge Janquin, Henri Jibrayel, Armand Jung, Laurent Kalinowski, Mme Marietta Karamanli, M. Philippe Kemel, Mmes Bernadette Laclais, Conchita Lacuey, M. Jérôme Lambert, Mme Colette Langlade, MM. Jean Launay, Pierre Léautey, Pierre-Yves Le Borgn', Jean-Yves Le Bouillonnec, Patrick Lebreton, Gilbert Le Bris, Mme Anne-Yvonne Le Dain, M. Jean-Yves Le Déaut, Mme Viviane Le Dissez, MM. Michel Lefait, Dominique Lefebvre, Jean-Marie Le Guen, Mmes Annie Le Houérou, Annick Le Loch, Axelle Lemaire, M. Patrick Lemasle, Mmes Catherine Lemorton, Annick Lepetit, MM. Jean-Pierre Le Roch, Bruno Le Roux, Arnaud Leroy, Michel Lesage, Bernard Lesterlin, Serge Letchimy, Michel Liebgott, Mmes Martine Lignières-Cassou, Audrey Linkenheld, M. François Loncle, Mmes Gabrielle Louis-Carabin, Lucette Lousteau, MM. Jean-Pierre Maggi, Thierry Mandon, Mmes Jacqueline Maquet, Marie-Lou Marcel, MM. Jean-René Marsac, Philippe Martin,

Mmes Martine Martinel, Frédérique Massat, Sandrine Mazetier, MM. Michel Ménard, Patrick Mennucci, Kléber Mesquida, PierreAlain Muet, Mme Corinne Narassiguin, M. Philippe Nauche, Mmes Ségolène Neuville, Nathalie Nieson, M. Philippe Noguès, Mmes Maud Olivier, Monique Orphé, M. Michel Pajon, Mme Luce Pane, MM. Christian Paul, Rémi Pauvros, Germinal Peiro, Hervé Pellois, Jean-Claude Perez, Mme Sylvie Pichot, M. Sébastien Pietrasanta, Mmes Martine Pinville, Christine Pires Beaune, M. Philippe Plisson, Mme Élisabeth Pochon, MM. Pascal Popelin, Dominique Potier, Mmes Émilienne Poumirol, Daphna PoznanskiBenhamou, MM. Patrice Prat, Joaquim Pueyo, François Pupponi, Mmes Catherine Quéré, Valérie Rabault, Monique Rabin, M. Dominique Raimbourg, Mme Marie Récalde, MM. Eduardo Rihan Cypel, Alain Rodet, Marcel Rogemont, Frédéric Roig, Bernard Roman, Gwendal Rouillard, René Rouquet, Alain Rousset, Boinali Said, Mmes Béatrice Santais, Odile Saugues, MM. Gilbert Sauvan, Gilles Savary, Christophe Sirugue, Mme Julie Sommaruga, MM. Pascal Terrasse, Gérard Terrier, Thomas Thévenoud, Mme Sylvie Tolmont, M. Jean-Louis Touraine, Mmes Catherine Troallic, Cécile Untermaier, MM. JeanJacques Urvoas, Daniel Vaillant, Mme Hélène Vainqueur-Christophe, M. Jacques Valax, Mme Clotilde Valter, MM. Michel Vauzelle, Olivier Véran, Fabrice Verdier, David Vergé, Patrick Vignal, Jean-Michel Villaumé, Jean Jacques Vlody et Mme Paola Zanetti.

 

Contre: 20

M. Pouria Amirshahi, Mme Marie-Françoise Bechtel, M. Jean-Pierre Blazy, Mmes Fanélie Carrey-Conte, Nathalie Chabanne, MM. Pascal Cherki, Henri Emmanuelli, Mme Linda Gourjade, MM. Jérôme Guedj, Razzy Hammadi, Mathieu Hanotin, Christian Hutin, Mme Chaynesse Khirouni, MM. Jean-Luc Laurent, Christophe Léonard, Michel Pouzol, Mme Marie-Line Reynaud, M. Denys Robiliard, Mme Barbara Romagnan et M. Gérard Sebaoun.

 

Abstention: 9

Mme Isabelle Bruneau, MM. Olivier Dussopt, Daniel Goldberg, Régis Juanico, Jean-Philippe Mallé, Mmes Dolores Roqué, Suzanne Tallard, MM. Stéphane Travert et Michel Vergnier.

 

Non-votant: 1

M. Claude Bartolone (Président de l'Assemblée nationale).

 

Groupe de l'union pour un mouvement populaire (195)

Pour: 167

MM. Damien Abad, Bernard Accoyer, Yves Albarello, Mme Nicole Ameline, MM. Benoist Apparu, Olivier Audibert-Troin, Patrick Balkany, Jean-Pierre Barbier, François Baroin, Jacques Alain Bénisti, Xavier Bertrand, Étienne Blanc, Marcel Bonnot, Mme Valérie Boyer, MM. Xavier Breton, Philippe Briand, Bernard Brochand, Dominique Bussereau, Olivier Carré, Gilles Carrez, Jérôme Chartier, Luc Chatel, Gérard Cherpion, Guillaume Chevrollier, Alain Chrétien, Dino Cinieri, Éric Ciotti, Philippe Cochet, Jean-François Copé, François Cornut-Gentille, Édouard Courtial, Jean-Michel Couve, Mme Marie-Christine Dalloz, MM. Olivier Dassault, Marc-Philippe Daubresse, Bernard Debré, Bernard Deflesselles, Rémi Delatte, Patrick Devedjian, Mme Sophie Dion, MM. Jean-Pierre Door, Dominique Dord, David Douillet, Mmes Marianne Dubois, Virginie Duby-Muller, MM. Christian Estrosi, Daniel Fasquelle, Georges Fenech, François Fillon, Mme Marie-Louise Fort, MM. Yves Foulon, Marc Francina, Yves Fromion, Laurent Furst, Claude de Ganay, Sauveur Gandolfi-Scheit, Hervé Gaymard, Mme Annie Genevard, MM. Guy Geoffroy, Bernard Gérard, Alain Gest, Daniel Gibbes, Franck Gilard, Georges Ginesta, Charles-Ange Ginesy, JeanPierre Giran, Claude Goasguen, Jean-Pierre Gorges, Philippe Gosselin, Philippe Goujon, Mmes Claude Greff, Anne Grommerch, Arlette Grosskost, M. Henri Guaino, Mme Françoise Guégot, MM. Jean-Claude Guibal, Michel Heinrich, Michel Herbillon, Antoine Herth, Patrick Hetzel, Philippe Houillon, Guénhaël Huet, Sébastien Huyghe, Christian Jacob, Denis Jacquat, Christian Kert, Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, M. Jacques Kossowski, Mme Valérie Lacroute, MM. Marc Laffineur, Jacques Lamblin, JeanFrançois Lamour, Guillaume Larrivé, Charles de La Verpillière, Thierry Lazaro, Alain Leboeuf, Mme Isabelle Le Callennec, MM. Pierre Lellouche, Bruno Le Maire, Jean Leonetti, Pierre Lequiller, Céleste Lett, Mmes Geneviève Levy, Véronique Louwagie, MM. Gilles Lurton, Jean-François Mancel, Alain Marc, Laurent Marcangeli, Hervé Mariton, Alain Marleix, Olivier Marleix, Franck Marlin, Philippe Armand Martin, Patrice Martin-Lalande, Alain Marty, Jean-Claude Mathis, François de Mazières, JeanClaude Mignon, Pierre Morange, Pierre Morel-A-L'Huissier, Jean-Luc Moudenc, Alain Moyne-Bressand, Mme Dominique Nachury, MM. Yves Nicolin, Patrick Ollier, Mme Valérie Pécresse, MM. Jacques Pélissard, Bernard Perrut, Édouard Philippe, Michel Piron, Axel Poniatowski, Mme Josette Pons, MM. Didier Quentin, Frédéric Reiss, Jean-Luc Reitzer, Bernard Reynès, Franck Riester, Arnaud Robinet, Camille de Rocca Serra, Mme Sophie Rohfritsch, MM. Martial Saddier, Paul Salen, François Scellier, Mme Claudine Schmid, MM. André Schneider, Jean-Marie Sermier, Fernand Siré, Thierry Solère, Michel Sordi, Éric Straumann, Claude Sturni, Alain Suguenot, Mme Michèle Tabarot, MM. Jean-Charles Taugourdeau, Guy Teissier, Jean-Marie Tetart, Dominique Tian, François Vannson, Mme Catherine Vautrin, MM. Jean-Sébastien Vialatte, JeanPierre Vigier, Philippe Vitel, Michel Voisin, Jean-Luc Warsmann, Laurent Wauquiez, Éric Woerth et Mme Marie-Jo Zimmermann.

 

Contre: 17

MM. Julien Aubert, Jean-Claude Bouchet, Jean-Louis Christ, Gérald Darmanin, Jean-Pierre Decool, Lucien Degauchy, Nicolas Dhuicq, Christophe Guilloteau, Patrick Labaune, Lionnel Luca, Damien Meslot, Philippe Meunier, Jacques Myard, JeanFrédéric Poisson, Christophe Priou, Michel Terrot et Patrice Verchère.

 

Abstention: 6

MM. Jean-Jacques Guillet, Marc Le Fur, Dominique Le Mèner, Thierry Mariani, Alain Marsaud et Mme Bérengère Poletti.

 

Groupe de l'union des démocrates et indépendants (30)

Pour: 28

MM. Thierry Benoit, Jean-Louis Borloo, Gilles Bourdouleix, Charles de Courson, Stéphane Demilly, Yannick Favennec, Edouard Fritch, Jean-Christophe Fromantin, Philippe Gomès, Francis Hillmeyer, Yves Jégo, Mme Sonia Lagarde, MM. JeanChristophe Lagarde, Maurice Leroy, Hervé Morin, Bertrand Pancher, Henri Plagnol, Franck Reynier, Arnaud Richard, François Rochebloine, Rudy Salles, André Santini, François Sauvadet, Jonas Tahuaitu, Jean-Paul Tuaiva, Francis Vercamer, Philippe Vigier et Michel Zumkeller.

 

Contre: 1

M. François-Xavier Villain.

 

Abstention: 1

M. Philippe Folliot.

 

Groupe écologiste (17)

Pour: 3

MM. Éric Alauzet, Christophe Cavard et Jean-Louis Roumégas.

 

Contre: 12

Mmes Laurence Abeille, Brigitte Allain, Isabelle Attard, M. Denis Baupin, Mme Michèle Bonneton, MM. Sergio Coronado, FrançoisMichel Lambert, Noël Mamère, Mmes Véronique Massonneau, Barbara Pompili, M. François de Rugy et Mme Eva Sas.

 

Abstention: 2

Mme Danielle Auroi et M. Paul Molac.

 

Groupe radical, républicain, démocrate et progressiste (16)

Pour: 14

MM. Thierry Braillard, Ary Chalus, Gérard Charasse, Mme Jeanine Dubié, M. Paul Giacobbi, Mme Annick Girardin, MM. Joël Giraud, Jacques Krabal, Jacques Moignard, Mme Dominique Orliac, MM. Thierry Robert, Stéphane Saint-André, RogerGérard Schwartzenberg et Alain Tourret.

 

Abstention: 2

MM. Jean-Noël Carpentier et Olivier Falorni.

 

Groupe de la gauche démocrate et républicaine (15)

Pour: 1

M. Bruno Nestor Azérot.

 

Contre: 13

M. François Asensi, Mme Huguette Bello, M. Alain Bocquet, Mme Marie-George Buffet, MM. Jean-Jacques Candelier, Patrice Carvalho, Gaby Charroux, André Chassaigne, Marc Dolez, Mme Jacqueline Fraysse, MM. Alfred Marie-Jeanne, JeanPhilippe Nilor et Nicolas Sansu.

 

Abstention: 1

M. Gabriel Serville.

 

Non inscrits (7)

Contre: 7

Mme Véronique Besse, MM. Jacques Bompard, Gilbert Collard, Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle, Mme Marion Maréchal Le Pen et M. Yannick Moreau.

 

MISES AU POINT AU SUJET DU PRÉSENT SCRUTIN (N° 30)

(Sous réserve des dispositions de l'article 68, alinéa 4, du Règlement de l'Assemblée nationale)

Mme Sylvie Andrieux, M. Claude Bartolone, Mme Françoise Dumas, M. Philippe Le Ray qui étaient présents au moment du scrutin ou qui avaient délégué leur droit de vote ont fait savoir qu'ils avaient voulu "voter pour".

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 13:00

Cela fait maintenant plus d'un an qu'à Montreuil, le siège de la CGT est dans la tourmente au sujet de la « succession » de B. Thibault à la tête de ce qui est toujours la première organisation syndicale de France.

Les réunions succèdent au réunions, les médias se saisissent de l'aubaine pour réduire la question à une opposition d'égos alors que depuis maintenant plus de 10 ans et son adhésion à la Confédération Européenne des Syndicats financée par l'Ue de Bruxelles, la direction confédérale tente de jeter par dessus bord son héritage de classe.

Pourtant au moment de l'adhésion à la CES, on allait voir ce qu'on allait voir, la CGT allait transformer en organisation de lutte cette héritière de la Confédération européenne des syndicats libres fondée par la CIA et de l’Organisation européenne de la Confédération Internationale des Syndicats Chrétiens fondée par le Vatican !

En réalité, l'adhésion à la CES puis la participation à sa direction (Joël Decaillon, secrétaire général adjoint) a permis de réaliser ce qui semblait impossible (et qui avait échoué en 1947 avec la création de FO) : le « syndicalisme rassemblé » et la réunification syndicale française par le haut sur une ligne réformiste et d’alliance avec la direction de la CFDT .

 

Ralliement à l'Europe, perte d'indépendance et actions seulement dans le « cadre unitaire », toutes ces dérives passent de moins en moins : lorsque dans la préparation du 49ème congrès, le bureau confédéral lança une enquête dans toutes ses UD et fédés, les remontées furent : « nous on est d'accord avec la ligne de la Conf' mais sur le terrain et dans les syndicats, ça ne passe pas » ; pendant ce même congrès pourtant cadenassé, la visite prévue de Chérèque dut même être annulée au dernier moment par peur du chahut !

 

Ce qui passe de moins en moins, c'est aussi la gouvernance calquée sur le syndicalisme anglo-saxon à l'opposé de la démocratie syndicale réelle, avec des organismes élus (Commission exécutive et Bureau confédéral) concurrencés par un cabinet de « collaborateurs » plus ou moins discrets dont le chef de file n'est autre que JC Le Duigou, qui n'a décidément jamais eu autant de pouvoir dans la CGT que depuis qu'il a quitté le Bureau Confédéral.

 

Pourtant, ce « camarade » ne présente pas toutes les garanties d'indépendance que les travailleurs attendent d'un dirigeant syndical. Il participe notamment depuis des années à la direction de l'association « Confrontations-Europe » dirigée par Philippe Herzog, toute entière dédiée à la construction européenne et à l'association capital-travail, aux côtés de toute la fine fleur du capitalisme, de ses grands patrons et de ses serviteurs : Jean-Paul BAILLY (Président du Groupe La Poste), Jean GANDOIS (Vice-Président du Conseil d’Administration de Suez), Marcel GRIGNARD (Secrétaire général adjoint de la CFDT), Francis MER (Président de SAFRAN, ancien ministre de l’économie, des finances et de l’industrie), Michel PEBEREAU (Président du Conseil de surveillance de BNP-Paribas), Franck RIBOUD (Président Directeur Général du Groupe DANONE), Alain LAMASSOURE (Membre du Parlement européen), Michel ROCARD, Alexandre ADLER, Henri DE CASTRIES, Jacques DELORS, Pierre GADONNEIX, Louis GALLOIS, Denis KESSLER, Pascal LAMY, Anne LAUVERGEON, Gérard MESTRALLET, Mario MONTI, Pierre MOSCOVICI, Guillaume PEPY, Henri PROGLIO, Louis SCHWEITZER, Jean-Cyril SPINETTA, Dominique STRAUSS-KAHN...

 

Négation de la lutte des classes, engagement pour le dialogue entre partenaires sociaux, soutien à l'UE et à tous ses textes, le résultat est que le monde du travail n'a jamais connu de tels reculs de toute son histoire.

 

La question n'est donc pas aujourd'hui pour la CGT de savoir si le successeur de Bernard Thibault doit être un homme ou une femme venant de telle ou telle fédé, désigné en novembre et ratifié par un congrès sous contrôle ; la question essentielle est celle de l'orientation à donner à la Grande Dame pour faire renaître un syndicalisme victorieux.

 

Il faut donc être clair : si, au sommet de l’organisation, le clivage qui dure depuis un an se présente comme une opposition et une compétition de personnes, dans toute la CGT, le débat de fonds, qui concerne le bilan des 15 dernières années et l'orientation à modifier en profondeur, arrive à maturité après notamment l’échec de la lutte de 2010 sur les retraites.


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Dans la grave crise que nous traversons avec ses graves conséquences pour de plus en plus de travailleurs, la question centrale pour notre CGT est décisive aussi pour l'ensemble des travailleurs :

 

- ou la CGT sous l'égide de la Confédération européenne des Syndicats se calque sur le syndicalisme à l'anglo-saxonne contrôlé et rassemblé par en haut, rompant avec le fédéralisme

 

- ou elle renoue d’une part avec la défense intransigeante des revendications immédiates et d’autre part avec le syndicalisme des structures de base, d’entreprises et le fédéralisme sur la base de l’objectif commun, au-delà des revendications spécifiques, de la fin de l'exploitation et de la socialisation des moyens de production et d'échange.

Avec les adaptations nécessaires aux évolutions du monde du travail, sans confondre l’intelligence dans le combat avec le renoncement à ses exigences et aux impératifs de ce qui ne change pas : les intérêts des travailleurs … et la lutte des classes !

 

Le 50ème congrès confédéral à venir doit connaître une intense confrontation d'idées et être un congrès souverain. Pour cela, il appartient à tous les militants de préparer ce congrès en exigeant que la désignation des congressistes –mandatés après débat sur les orientations et les revendications- ne soit pas imposée par en haut comme c'est devenu la coutume et qu'aucun délégué, même jugé « peu sûr », ne soit accueilli par les lacrymogènes d'un service d'ordre musclé comme ce fut le cas lors du dernier congrès de la Fédé du Commerce à Poitiers.

 

Dans toutes les sphères de la vie collective, le besoin de démocratie grandit ; la CGT doit s’inscrire pleinement dans ce courant et dans cette volonté populaire, la candidature Delannoy lors du 49ème congrès, illustrant cette exigence malgré le rejet autoritaire dont il a été victime.

 

Alors oui, le 50è congrès doit constituer un nouveau départ !

 

 

Front Syndical de Classe

Le 10 octobre 2012

 

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 12:58

"La Révolution française et le mouvement communiste"
http://vimeo.com/51090718

"Une conférence de Jean-Numa Ducange."

 

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 12:50

L’actualité récente a mis en avant les procès concernant l’amiante et visant l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). La CGT Cochin a elle-même porté plainte en 2010.

Les risques liés à l’amiante (connus depuis longtemps puisque les premiers cas décrits datent des années 30), n’ont cependant pas été traités immédiatement à l’AP-HP. L’interdiction en France de l’utilisation de l’amiante date de 1996, et pourtant il faudra attendre 2005 pour que l’AP-HP se décide à mettre en place un « Plan Amiante » et fasse les premiers prélèvements à Cochin. Il est vrai qu’il s’agit d’une véritable maladie de classe, puisque les effets néfastes (atteintes pulmonaires, cancers…) touchent principalement les ouvriers…

Luc Czyrykowski, ouvrier à Cochin, peut témoigner des difficultés qu’il a rencontrées pour que l’Administration reconnaisse sa maladie professionnelle (toujours non reconnue à ce jour) : « A l’époque, j’ai demandé pour tous les ouvriers de Cochin un suivi spécifique à la Médecine du Travail, qui a été très réticente. Par exemple, on m’a dit que les scanners étaient dangereux et qu’il fallait attendre d’avoir 50 ans pour en passer un ! » Or comme il s’agit d’une maladie sournoise (dont les effets sont à retardement et se déclarent sur le long terme) et que de plus les carrières des ouvriers ne sont plus linéaires (on passe relativement souvent d’un poste à un autre), il devient très difficile sans suivi régulier de détecter une pathologie liée à l’amiante... Pourtant, le résultat de prélèvements effectués à Cochin en 2005 avait déjà doublé trois ans plus tard, en 2008. Rappelons en outre qu’entre l’interdiction (1996) et le premier Plan Amiante (2005) l’Administration a continué à faire travailler les ouvriers dans des milieux particulièrement dangereux. La Direction les envoyait au casse-pipe sans protection ni même la moindre information…

L’impact de l’amiante sur la santé des ouvriers de l’AP-HP est important. A l’hôpital Saint-Louis par exemple, plus de la moitié des agents des services techniques ont été atteints. A Cochin, un de nos camarades a succombé des suites de sa contamination. Il s’agit du seul cas reconnu officiellement… Sur l’ensemble de l’AP-HP il est très difficile de comptabiliser les décès, car d’une part on oppose le secret médical à nos demandes de renseignements, et d’autre part un certain nombre des collègues concernés sont déjà partis en retraite et ne sont plus suivis.

« Nos nombreux collègues touchés par l’amiante appréhendent l’avenir », nous dit François Sénac, infirmier et membre CGT du CHSCT (1) de Cochin, « car les pathologies liées à l’amiante sont irréversibles et à terme entraînent très fréquemment le décès. Pour la France, il est officiellement prévu une véritable hécatombe, plusieurs centaines de milliers de victimes d’ici une vingtaine d’années. »

Consciente des risques encourus par nos camarades ouvriers, la CGT Cochin s’est constituée partie civile contre l’AP-HP en 2010 afin de défendre et faire valoir les droits de 18 agents. L’Administration fait tout pour retarder les procès en cours. Récemment, des directeurs mis en examen ont tenté d’invalider les plaintes par un tour de passe-passe juridique…

Le combat syndical contre les dangers de l’amiante est quotidien sur Cochin. Le Dossier Technique Amiante (DTA), qui vise à localiser les locaux amiantés au sein de l’hôpital, ne relève que la présence d’amiante de surface visible à l’œil nu. Les ouvriers qui doivent par exemple percer un mur tombent souvent sur de l’amiante non référencée parce que cachée... De plus, l’évolution des diagnostics révèle la présence d’amiante dans des matériaux jusque là supposés ne pas en contenir... A l’évocation de ces risques, la Direction des Travaux a répondu avec une certaine condescendance que « les ouvriers n’ont qu’à porter des masques en permanence ». Il est vrai que les conditions de travail ne sont sans doute pas sa priorité…

Pour la CGT Cochin, le « dossier amiante » est caractéristique de la lutte des classes et en est une illustration : d’un côté une classe exploitante qui a réalisé des profits en utilisant en toute connaissance de cause une matière dangereuse et mortelle, classe qui minimise tout à la fois l’incidence de l’utilisation de l’amiante sur la Santé publique et sa responsabilité d’employeur. De l’autre côté, un prolétariat victime d’agissements cupides, contraint de travailler dans des conditions destructrices.

Aux côtés des ouvriers, la CGT Cochin lutte non seulement pour la reconnaissance des dommages qu’ils ont subis, mais aussi pour qu’ils puissent travailler dans des conditions qui ne mettent pas leur vie en danger. Nous avons pour objectif d’améliorer les conditions de vie des travailleurs au détriment des profits capitalistes grâce à un système nouveau de répartition juste des richesses. L’équilibre financier de l’AP-HP ne doit plus se faire sur le dos des agents !


Marise Dantin & Bernard Giusti (CGT Cochin, FSC)

François Sénac (Infirmier) & Luc Czyrykowski (Ouvrier)

 

CHSCT : Comité Hygiène Sécurité et Conditions de Travail. François Sénac, ancien Secrétaire du CHSCT de Cochin, a été l’un des initiateurs de la plainte déposée contre l’AP-HP par la CGT Cochin.

 

Article paru dans l’Huma Dimanche du 11-10-12

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