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L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 11:42

Ce texte a été publié le 2 mars 2012 sur RC, peu de chose ayant changé dans la passivité lamentable de la "gauche" antitrucmachin, je le republie tel quel (spéciale dédicace à "Acrimed" qui continue à faire l'autruche dans une affaire qui pourrait tout de même interpeler davantage un organisme qui s'est autoproclamé "critique des médias". Et au "Diplo" sans doute empétré dans ses alliances tacites avec les "frères"). Lire également : Intervention au CN du PCF du 16 janvier 2012 : le communiqué du parti sur la Syrie du 30 décembre 2011 est une erreur

 

Beaucoup de gens de gauche regardent trop la télévision et sont sous l’influence de ce qu’ils y voient depuis un an. C'est pourquoi ils restent fermés à la critique de l’impérialisme et de ses agressions contre la Syrie, et qu’ils disent avec des trémolos dans la voix « qu’on ne peut tout de même pas rester les bras croisés face à de telles atrocités ». Les arguments qui s’appuient sur la nécessité du respect du droit international ne sont pas compris, ou sont écartés avec mépris, car ils sont considérés comme négligeables face à la charge émotionnelle produite par les images savamment offertes en spectacle manichéen à l’opinion mondiale.

 

Il faudrait inlassablement leur rappeler quatre vérités ! Quatre points à ne jamais oublier dans cette affaire:

 

La vérité sur les faits qui se produisent en Syrie depuis une année n'est pas du tout établie, et contrairement à ce qu'affirment les participants au bourrage de crâne médiatique universel, la responsabilité du pouvoir est rien moins qu'évidente dans la majorité des violences qui se sont produites. Médias, presse, journalistes trahissent complètement leur mission d’informer et atteignent les sommets de la tartufferie. Cette campagne est particulièrement forte et efficace parce que des médias d’habitude plus ou moins opposés sur la question palestinienne y contribuent de concert, ce qui reflète au niveau de la communication l’alliance nouvelle contractée sous l’influence de l’administration Obama, entre intégristes musulmans et Occidentaux [note du 17 juillet 2012 : Sur ce premier point, on peut dire aujourd'hui sans crainte d'erreur que l'essentiel des atrocités qui ont lieu en Syrie depuis seize mois est à mettre au compte de l'opposition armée, de ses protecteurs de l'OTAN et des pétromonarchies, avec la complicité morale de 95% de nos médias. Et cela quoiqu'il en soit de l'entêtement d'une "gauche multiple" complètement à l'ouest à soutenir les assassins assoiffés de sang de l'opposition syrienne, bâtards de salafisme et de CIA qui ont hérité des meilleures qualités des deux parents ].

 

La victoire de l'opposition syrienne telle qu'elle est serait la pire des choses, sur le terrain elle est prise en main par les salafistes et d’autres obscurantistes violents, et son succès serait bien plus dommageable à la démocratie et aux droits de l'homme, et encore davantage aux droits des femmes, que la victoire du gouvernement, sans parler du fait qu'elle plongerait la Syrie dans le même chaos sanglant qui règne en Afghanistan, en Irak ou en Libye. A titre de comparaison, il faut savoir que la guerre américaine en Irak a causé la mort de 120 000 irakiens nommément identifiés, et une surmortalité globale dans le pays de l'ordre d'un million de personnes depuis 2003 qui s'ajoute au million causé par l'embargo de 1991 à 2003, tout cela dans un pays de 20 millions d'habitants à l'époque.

 

Il s'agit en fait d'une guerre internationale classique, d'une agression impérialiste qui utilise des moyens subversifs modernes mais pas si nouveaux pour qu'on s'y laisse prendre si facilement. L'opposition qui est soutenue de l'étranger et par le consensus médiatique est illégitime, elle représente bien davantage les pétromonarchies intégristes et les services secrets occidentaux que les Syriens eux mêmes. Ne pas s'y opposer, ne pas la dénoncer est impensable pour des militants un peu cohérents avec leurs principes et créerait un précédent très dangereux pouvant s’appliquer à n’importe quel pays indépendant déplaisant à l’Empire (Cuba, Venezuela, voire la Russie ou la Chine).

 

Le devoir de tout militant communiste digne de ce nom est de lutter concrètement pour la paix en s'opposant aux menées interventionnistes et néocolonialistes de son propre gouvernement, quelque soit le prétexte mis en avant par des gouvernants qui n'ont aucune crédibilité sur le plan des droits de l'homme.

 

Alors à ceux qui disent qu'on ne peut tout de même pas rester les bras ballants sans rien faire il faut répondre « en effet, il faut certainement agir contre l'agression occidentale en cours contre la Syrie, et pour empêcher celle qui est programmée contre l'Iran ».

 

Rappel du même auteur: Syrie : pourquoi la Russie et la Chine ont raison

 

GQ, 28 février 2012

 

ps pour info : Rencontre avec Samir Amin : « Washington ne veut pas libérer la Syrie, mais l’affaiblir »

 

http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-syrie-quatre-verites-pour-ceux-qui-disent-on-ne-peux-tout-de-meme-pas-rester-la-sans-rien-faire-100336580.html

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Published by Vendémiaire - dans Moyen Orient-Asie Mineure
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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 11:39

[...]

 

Texte rédigé pour le meeting international “Force et actualisation du marxisme”, organisé par la fondation Rodney Arismendi à Montevideo le 15 septembre 2001. (Traduction PB pour Lepcf.fr)

 

1 - Le mouvement communiste, bilan et perspectives

Le XXe siècle sera éternellement marqué par la révolution russe de 1917, par le pouvoir politique du prolétariat et par la construction durable, pour la première fois dans l’histoire, d’une société sans exploiteurs ou exploités.

Avant il y avait des insubordinations, des rébellions et des révoltes, par les esclaves, les serfs, et par les classes exploitées et opprimées. Mais en aucun cas ces luttes avaient pour but (ou même accepté la possibilité) de construire une nouvelle société de libération.

Les mensonges de l’historiographie officielle, les grossières et diffamatoires campagnes anticommunistes, ainsi que le déni par certains de leur propre passé, rend nécessaire pour les communistes de rappeler ce qu’a été et ce qu’a signifié la révolution russe de 1917 et la construction de l’Union soviétique. Pour rappeler et justifier le fait que c’est le principal événement historique du XXème siècle et l’un des plus remarquables de l’histoire de l’humanité.

Il faut se rappeler que, lors de la Commune de Paris de 1871 également, évènement ayant précédé la révolution russe, le prolétariat prit le pouvoir et, tout en faisant preuve d’un héroïsme de masse, commença la construction d’une nouvelle société. A Paris, capitale de la France, le drapeau rouge de la classe ouvrière a claqué au vent pendant 102 jours, hissé sur la mairie. Rappelons-nous aussi, la contre-attaque par les armées réactionnaires suivie d’une monstrueuse répression, le massacre de 30.000 parisiens, avec un total de 100.000 meurtres, exécutions et condamnations aux travaux forcés.

Mais il faut aussi souligner qu’avec la Commune de Paris même battue, c’était une nouvelle histoire de l’humanité qui commençait, annonçant l’aube de la révolution russe de 1917 qui, en fait, allait débuter le cours d’un nouveau système social, sans précédent dans l’histoire. Beaucoup oublient que, pendant plus d’un demi-siècle, ce système a gagné du terrain comme une alternative au système capitaliste. Ce sont des événements qui resteront à jamais comme des références et des valeurs de l’humanité dans la lutte pour sa propre libération.

La construction d’un nouvel État, exprimée dans la devise "tout le pouvoir aux soviets des ouvriers, paysans et soldats", signifiait l’instauration du pouvoir populaire et un élément fondamental de l’État et d’une démocratie "mille fois plus démocratique que la plus démocratique des démocraties bourgeoises".

Dans le domaine économique, avec le contrôle des travailleurs, la terre, les usines, les mines, les chemins de fer et les banques sont entrés en possession de l’État, de tout le peuple, ouvrant la voie à un développement fulgurant.

De même qu’avec les entreprises d’État, il y a eu un profond changement dans l’agriculture, avec la collectivisation de l’agriculture, dans laquelle les sovkhozes (unités d’État) et le mouvement de masse des kolkhozes (coopératives) ont joué un rôle clé.

Au niveau social, le droit au logement, à l’assistance médicale et à l’éducation ont été accordés. L’égalité des droits des femmes a été reconnue de facto. Les organismes culturels ont été libérés des mains des puissants.

L’Union Soviétique a réalisé de grands progrès et de telles avancées dans le domaine des sciences et des nouvelles technologies révolutionnaires, que cela lui a permis, parallèlement au développement économique et social, d’acquérir une puissance militaire qui, pour plusieurs décennies, l’a préservée de la politique agressive du capitalisme. Le fait qu’un soviétique a été le premier être humain à se libérer de la pesanteur de la terre et voler dans l’espace illustre ce succès spectaculaire.

Il est également nécessaire de ne pas oublier la contribution de l’Union soviétique au développement de la lutte des travailleurs et des peuples partout dans le monde, pour de nouvelles révolutions socialistes, pour la réalisation des droits fondamentaux des travailleurs dans les pays capitalistes, pour le développement du mouvement de libération nationale et, au prix de 20 millions de vies (dans l’action des armées, dans les camps de concentration, dans d’énormes massacres de populations sans défense), à la défaite de l’Allemagne hitlérienne pendant la Seconde Guerre mondiale, contribuant de manière décisive à sauver le monde de la barbarie fasciste.

Mais parler seulement de l’objectif et exposer de manière valorisante ces faits n’est pas suffisant. Il est essentiel, dans le même temps, d’effectuer une analyse critique et autocritique des aspects négatifs, des faits et des phénomènes qui se sont produits.

C’est une vérité élémentaire que l’effondrement de l’Union soviétique et d’autres pays socialistes résulte d’une série de circonstances externes et internes. Pas avec la même influence, car les facteurs internes ont eu un poids plus pertinent. Le fait est que, dans la construction d’une nouvelle société, il y avait un éloignement des idéaux et des principes du communisme, une détérioration progressive de la politique de l’État et du parti, bref, la création d’un "modèle" qui, avec la trahison Gorbatchev, a conduit à la défaite et à l’effondrement.

Le "modèle", qui était en cours de création, a donné lieu à un pouvoir fortement centralisé et bureaucratisé, avec une conception administrative des décisions politiques, de l’intolérance concernant la diversité des opinions et des critiques du pouvoir, l’usage et l’abus de mesures répressives, la cristallisation et la dogmatisation de la théorie.

Le pouvoir politique de la classe ouvrière et des masses laborieuses aura été en déclin. La nouvelle démocratie aura été en déclin. Le développement économique basé sur le militantisme et la volonté du peuple et qui avait atteint un rythme enivrant dans les premières décennies du pouvoir soviétique, aura été en déclin. La dialectique, inventive, aiguillon créateur de la théorie révolutionnaire, ayant dû nécessairement répondre à l’évolution de la réalité et aux expériences de la pratique, aura été en déclin.

L’examen de cette fin historique et de ces événements fatidiques, ainsi que les expériences du mouvement communiste international, place les partis communistes devant la nécessité de redéfinir la société socialiste, ses objectifs et les fondements essentiels de son identité.

Bien que contenu par le camp socialiste et par le processus révolutionnaire mondial jusqu’à la dernière décennie du 20ème siècle, le capitalisme a enregistré un développement qui l’a conduit, à la fin du siècle, à la suprématie au niveau mondial.

Deux facteurs ont déterminé cette situation. D’un côté, la disparition de l’Union Soviétique et des autres pays socialistes, l’affaiblissement du mouvement communiste international et du mouvement de libération nationale, la régression du processus révolutionnaire. De l’autre côté, les progrès du capitalisme dans le champ de la production, des sciences, de la recherche scientifique, des technologies révolutionnaires et du pouvoir militaire.

Il en a résulté à la fin du 20ème siècle, un changement du rapport des forces qui a permis à l’impérialisme de lancer une offensive gigantesque dans le but d’acquérir une domination complète du monde entier.

Pour plus des trois quart du 20ème siècle, la tendance générale fut l’avancée du socialisme et des luttes de libération des peuples. Une tendance inverse a pris place durant la dernière décade de ce siècle. Le changement du rapport des forces a rendu possible pour le capitalisme le lancement d’une offensive "globale".

 

2 - L’offensive "globale" de l’impérialisme et les résistances

L’offensive impérialiste en cours a comme objectif déclaré et annoncé, d’imposer au monde entier, la domination complète du capitalisme comme seul système, universel et définitif. C’est le sens fondamental de la théorie de la soi-disant "mondialisation". Il s’agit du plus grand danger et de la menace la plus sinistre de toute l’histoire de l’humanité.

Il est vrai que certains aspects et facteurs de développement objectif du capitalisme, conduisant à la "mondialisation", se faisaient déjà sentir. Ce fut le cas de l’internationalisation des procédés de production, des relations économiques et financières, de l’information et des médias, de la création de zones d’intégration économique. Il est aussi vrai que l’impérialisme, dans sa lutte "pour une division du monde", avait déjà l’arme des interventions militaires, des agressions et des guerres.

Cependant, l’offensive "globale" de l’impérialisme relève d’une autre question. Les États-Unis étant une force hégémonique fondamentale, l’offensive actuelle a lieu sur tous les fronts.

Comme instruments de l’offensive économique, il y a eu la création d’énormes groupes de sociétés transnationales, différents organismes internationaux avec des pouvoirs accrus pour imposer des règles et des politiques "légales" (FMI, Organisation Mondiale du Commerce, Banque Mondiale), la saisie des ressources et des secteurs stratégiques des pays les plus faibles, les coupures de crédit, les politiques économiques imposées par des organismes supranationaux aux états membres d’unions de nature fédérale, des mesures d’étranglement financier et de blocage économique visant à soumettre les pays qui s’opposent à l’offensive.

Les zones d’intégration économique sont devenues des zones d’intégration politique, avec des instances supranationales, des ministères supranationaux, la subordination effective des plus pauvres et des moins développés aux plus riches et plus puissants.

Ce processus a aiguisé les contradictions du capitalisme. Il a entraîné un élargissement, même dans les pays capitalistes développés, des catégories sociales qui vivent dans une extrême pauvreté et, dans les pays sous-développés, des millions de gens qui meurent de faim.

En même temps, la compétition s’est accrue et a créé la possibilité de sérieux conflits entre les gigantesques pôles économiques et politiques, et entre les pays les plus riches et les plus puissants. En attendant, tous sont réunis (et ceci constitue un facteur nouveau) dans l’offensive "globale".

L’Accord Multilatéral sur l’Investissement (AMI) est significatif des grands projets et plans. Selon ce projet, les grands potentats économiques et financiers associés pourraient, avec le soutien militaire nécessaire, imposer, pays par pays, les formes d’exploitation, la saisie des secteurs vitaux de l’économie, le sort du capital investi et créé, et même, l’obligation aux gouvernements fantoches d’écraser toute les luttes et les révoltes de leurs travailleurs et de leurs peuples avec l’efficacité des mesures répressives. L’AMI est comme une charte constitutionnelle de l’impérialisme au service de son offensive économique et politique "globale".

Il est de notoriété publique que la divulgation de ce projet, élaboré sous l’égide des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Allemagne, a causé de telles réactions et indignations, qu’il a été retiré dans l’immédiat. Mais le fait est qu’il n’a pas été enterré et qu’il fera l’objet d’un examen ultérieur.

Au même niveau, et parfois comme outil direct de l’offensive économique (étroitement liée à l’action politique et diplomatique), l’offensive militaire a comme instruments une nette supériorité en armes, à savoir les États-Unis et l’OTAN comme force supranationale autonome, mais dominée et commandée, en fait, par les États-Unis.

L’offensive militaire se traduit par des ultimatums, des bombardements, des interventions armées, l’armement et la promotion de groupes rebelles contre les gouvernements démocratiques, des interventions pour imposer des gouvernements tyranniques et des gouvernements fantoches, des agressions et des guerres contre les pays qui s’opposent courageusement à la domination des États-Unis et des autres pays impérialistes, des attaques par des organisations terroristes et des actions militaires de terrorisme d’État.

En plus de cela, nous devons faire face à la monstrueuse institutionnalisation d’un tribunal politique international commandé par l’impérialisme et permettant de condamner à la prison à vie, les gardiens éminents de leurs peuples et de leurs pays.

Et aussi à la destruction massive de l’atmosphère, des fleuves et des océans par les pays les plus développés et le pillage et la destruction des ressources naturelles des pays sous-développés, entraînant la destruction de l’équilibre écologique dans de vastes régions du globe.

Tous les aspects de cette offensive atteignent un niveau encore jamais atteint et font partie du processus d’intégration mondiale par les forces impérialistes et leur offensive "globale".

Comme perspective, l’impérialisme proclame que son offensive est irrésistible et irréversible, et annonce, au final, la stabilité et la stabilisation définitive du système. En termes idéologiques, il annonce l’universalisation de la pensée, la fin des idéologies et le règne de la "pensée unique".

Mais l’offensive n’est ni irrésistible, ni irréversible. Car avec ces idées, propagées par la propagande, en fin de compte, l’impérialisme tente de se tromper lui-même. C’est-à-dire que, son objectif déclaré, d’une ambition folle, représente l’utopie actuelle du capitalisme. L’utopie parce que, d’un côté, le capitalisme, par sa propre nature, est déchiré par ses contradictions et les problèmes qu’il ne peut surmonter ; et parce que, d’un autre côté, il y a des forces qui s’opposent, qui résistent et qui, par leur propre renforcement, peuvent empêcher le capitalisme d’atteindre cet objectif.

Ces forces sont :

a) Les pays qui, avec les communistes au pouvoir, ont pour objectif la construction d’une société socialiste, quoique par des chemins bien différents.

b) Le mouvement ouvrier, encore appelé le mouvement syndical.

c) Les partis communistes ou autres partis révolutionnaires, luttant avec détermination et courage.

d) La résistance potentielle de pays capitalistes actuellement dominés et exploités par l’impérialisme, avec une vraie perte de leur indépendance nationale.

e) Les nouveaux mouvements de libération nationale.

f) Les mouvements défenseurs de l’environnement, contre le pouvoir et les décisions des pays riches et directement contre la "mondialisation".

Ces forces sont fondamentales pour empêcher la domination du monde entier par l’impérialisme. Mais en avoir conscience ne suffit pas. Il est essentiel d’avoir aussi une action correspondante. Il est nécessaire de les renforcer et de s’employer à les faire coïncider et converger.

C’est le seul moyen pour arrêter, entraver et empêcher l’avance de cette offensive impérialiste afin de créer les conditions de son éventuelle défaite et déterminer un changement dans la situation internationale.

Il faut aussi rappeler que l’impérialisme ne se limite pas à une attaque frontale sur plusieurs fronts. Il essaye activement de diviser les forces qui lui résistent, de les miner de l’intérieur, de les conduire à abandonner le combat, à l’autodestruction et au suicide. Dans certains cas, ils ont pu réussir. Mais, dans beaucoup d’autres, il y a eu renforcement, revitalisation, influence croissante et initiatives des forces d’opposition. Il est important de faire connaître et valoriser les exemples qui confirment cette appréciation.

 

3 - La démocratie et le socialisme

L’objectif de construire une société socialiste ne gêne en rien le fait que les partis communistes aient des solutions à court et moyen terme et des objectifs qui proposent des alternatives à la situation actuelle.

Toutefois, méfiance. Analyser la situation et définir une politique doivent découler des réalités de base du capitalisme, et les concepts fondamentaux correspondants provenir de la théorie révolutionnaire du prolétariat, à savoir :

 La division de la société en classes, quelques-uns exploitent et tous les autres sont exploités,
 La lutte des classes,

 Les politiques de classes des gouvernements.

Ce sont des réalités et des concepts. Leur découverte n’est pas due à Marx et Engels, mais à des économistes et des philosophes. Ce qui est nouveau dans le marxisme, c’est l’analyse de situations concrètes économiques et politiques basées sur ces concepts.

Il est vrai que, dans des situations prérévolutionnaires ou autres, dans lesquelles un équilibre temporaire des classes existe, un pouvoir politique fortement conditionné peut, dans des circonstances particulières, mettre en œuvre une politique qui n’est pas au service du capital. Il peut même mettre en œuvre des mesures progressistes de caractère anticapitaliste. Ces situations sont toutefois exceptionnelles et de courte durée.

Ce n’est pas le cas des pays capitalistes avec des démocraties bourgeoises. Dans ces derniers, le pouvoir politique sape les quatre facettes de la démocratie :

Economique – par la propriété du grand capital sur les secteurs de base de l’économie et la soumission des politiques au pouvoir économique.

Social – par l’exploitation et la misère des travailleurs et du peuple et la concentration des richesses dans un nombre limité de fortunes gigantesques.

Culturel – par la propagande idéologique du grand capital, un système éducatif discriminatoire pour les enfants de la classe ouvrière, la propagande des idées obscurantistes, les attaques contre la créativité artistique, la multiplication des sectes religieuses.

Politique – par les abus et l’absolutisme du pouvoir et la liquidation des institutions et des mécanismes de contrôle démocratique, les changements anticonstitutionnels de la légalité et des compétences des institutions souveraines quand la loi s’avère être insuffisante pour l’exercice du pouvoir absolu par le grand capital.

Et toutes ces régressions sont développées sous le prétexte de la nécessaire "stabilité" et de "l’État de droit".

La dégradation de la démocratie politique – conjointement avec les conflits spectaculaires et théâtraux des machinations parlementaires, du carriérisme, de l’impunité et de la corruption – provoque le discrédit de la politique et des politiciens.

En attendant, la politique est une activité nécessaire et les communistes et les autres vrais démocrates doivent la faire différemment, avec une bien meilleure pratique politique, en se distinguant de la discrédité soi-disant "classe politique".

Les puissants moyens médiatiques (journaux, magazines, stations de radio et de télévision, audiovisuel), propriété et instrument des grands monopoles, ne constituent pas une nouvelle puissance indépendante, comme le voudraient certains, mais un instrument du grand capital dans sa liaison dominante avec les gouvernements.

La lutte pour la démocratie est un des objectifs centraux de l’action des partis communistes. Ainsi, il est nécessaire de définir les éléments fondamentaux de cette démocratie.

D’un gouvernement, on doit exiger la simultanéité et la complémentarité de ses compétences fondamentales. Il est insuffisant qu’un gouvernement s’affirme démocratique. Il se doit aussi d’être démocratique dans les faits.

Il est également nécessaire de définir plus concrètement, dans chaque situation spécifique, le type de démocratie pour lequel on lutte. Dans une situation donnée, à un moment donné, la lutte pour la démocratie peut, par exemple, donner une grande pertinence à la lutte pour le renforcement des éléments de démocratie directe et participative conjointement à la démocratie représentative.

Les élections sont un des éléments de base du régime démocratique, mais seulement si elles respectent l’égalité et s’il n’y a pas d’abus de pouvoir, de discrimination et d’exclusion. Si ces conditions ne sont pas remplies, les élections deviennent une fraude, un sérieux coup à la démocratie et un instrument de la monopolisation du pouvoir, par l’alternance des forces politiques au service du capital.

Une "démocratie avancée", pour laquelle luttent un certain nombre de partis communistes, est définie comme un régime démocratique qui précède des développements progressifs de caractère non capitaliste (comme les nationalisations de plusieurs secteurs de l’économie et la liquidation des propriétaires terriens).

Indépendamment de la forme, étant donné l’objectif de la lutte pour la démocratie à un moment donné, les communistes ne peuvent pas être, ne veulent pas être, et ne sont surtout pas isolés.

La compréhension de la lutte des classes, réalité omniprésente de la société comme moteur de l’histoire, ne peut rentrer en contradiction, voire exclure le besoin d’alliances sociales et politiques de la classe ouvrière et de son parti pour des objectifs concrets immédiats, étant donné que les relations des forces politiques sont fixées par les relations entre les classes sociales. La définition concrète de ce que ces alliances peuvent être, exige, premièrement, l’évaluation concrète des alliances objectivement considérées d’un point de vue social et, ensuite, la définition, dans la mesure du possible, de ce que représente tel ou tel parti comme classe sociale et de ce qui constitue la base de son soutien social.

Il n’y a pas deux situations identiques. Elles peuvent être, dans tel ou tel pays, des situations économiques, sociales et politiques similaires. Mais il y a toujours des différences qui demandent des réponses différentes. Il n’y a pas de solutions universelles ni "recettes". Copier des solutions conduit à des orientations qui ne correspondent pas aux exigences de la réalité concrète.

Les grandes découvertes scientifiques et technologiques révolutionnaires provoquent de profonds changements dans la composition de la classe ouvrière et dans la composition sociale des sociétés des pays développés. La définition des alliances sociales – la base des alliances politiques – est donc devenue particulièrement complexe.

À cet égard, les définitions sont loin d’être claires. Dans de nombreux pays à démocratie bourgeoise, certains partis démocratiques appelés partis communistes, ont défini comme objectif une soi-disant politique de "gauche". Il y a des cas où, dans l’orientation de ces partis, le mot "gauche" exclut le soutien ou la participation à des politiques de "droite". Dans ces cas, il a un sens clair et positif. Cependant, dans la plupart des pays, le mot "gauche" dans le dictionnaire politique moderne a une signification imprécise, pleine d’incertitude, contradictoire, et objectivement confuse. Lorsque sont définis les partis de "gauche" ou des secteurs de la "gauche", sont fréquemment inclus, avec l’"extrême-gauche" anticommuniste, les partis socialistes et sociaux-démocrates, qui, dans leur action politique défendent et pratiquent des politiques de "droite".

La même chose est valable en ce qui concerne les gouvernements dits de "gauche". L’expérience montre que, dans certains cas, la participation des communistes dans les gouvernements de partis socialistes ou sociaux-démocrates, compris comme étant de "gauche", implique la participation à la mise en œuvre de politiques de "droite".

Nous devons définir comme un objectif, les quatre facettes de la démocratie, nous devons lutter pour cette démocratie et non pas proclamer une politique qui inclut la participation (ou l’objectif pour l’atteindre) à des gouvernements comme tous ceux qui se proclament de "gauche" et sont en fait les instruments du grand capital, des sociétés transnationales, des pays riches les plus puissants, et de l’actuelle offensive "globale" de l’impérialisme qui cherche à imposer sa domination au monde entier.

C’est aussi le cas avec ce que l’on appelle les "pactes de stabilité" signés par les partis et syndicats réformistes, et qui sacrifient les droits fondamentaux des travailleurs avec l’intention de surmonter la présente crise du capitalisme.

Ce n’est pas le chemin exigé par la lutte des travailleurs, des peuples et des nations. C’est le rôle des partis communistes (et d’autres révolutionnaires) de définir le chemin nécessaire, en fonction des conditions concrètes de leurs pays, avec conviction, courage et leur identité communiste.

 

4 - Les conditions d’existence des partis communistes

Le cadre des forces révolutionnaires qui existent dans le monde a changé durant les dernières décennies du XXe siècle. Le mouvement communiste international et les partis le composant ont subi de profondes modifications suite à la chute de l’URSS et des autres pays socialistes et de la victoire du capitalisme dans sa rivalité avec le socialisme.

Il y a des partis qui ont nié leur passé de lutte, leur nature de classe, leur objectif d’une société socialiste et leur théorie révolutionnaire. Dans plusieurs cas, ces partis ont intégré le système et ont fini par disparaître.

Cette nouvelle situation au sein du mouvement communiste international a ouvert des espaces dans la société dans laquelle d’autres partis révolutionnaires ont assumé la relève et, dans les conditions concrètes de leur pays, se sont identifiés aux partis communistes sur des aspects importants et parfois avec leurs objectifs et leur action.

Ainsi, lorsque nous parlons aujourd’hui du mouvement communiste international, nous ne pouvons pas, comme dans le passé, tracer une ligne entre les partis communistes et tous les autres partis révolutionnaires. Le mouvement communiste a maintenant une nouvelle composition et de nouvelles limites.

Ces développements ne signifient pas que les partis communistes, avec leur identité propre, ne sont pas nécessaires à la société. Au contraire. Avec les éléments fondamentaux qui les caractérisent, les partis communistes sont nécessaires, indispensables et irremplaçables. Mais de la même manière qu’il n’y a pas de "modèle" de société socialiste, il n’y a pas de "modèle" de parti communiste.

Avec des réponses concrètes différentes à la situation concrète, il est possible d’identifier six caractéristiques fondamentales d’un parti communiste, qu’il ait ce nom ou un autre :

1 – Un parti qui est complètement indépendant des intérêts, de l’idéologie, des pressions et des menaces du capital.

L’indépendance du parti est une composante de l’identité d’un parti communiste. Elle s’affirme dans sa propre action, ses propres objections, sa propre idéologie. Un écart avec ces caractéristiques essentielles n’est en aucune façon une démonstration d’indépendance, mais, au contraire, un renoncement à l’indépendance.

2 – Un parti de la classe ouvrière, des travailleurs en général, des exploités et des opprimés.

Selon la structure sociale de la société de chaque pays, la composition sociale des membres du parti et sa base de soutien peuvent être très diverses. En tous les cas, il est essentiel que le parti ne soit pas fermé sur lui-même, en confrontation interne, mais tourné vers l’extérieur, vers la société, ce qui signifie qu’il n’ait pas seulement, mais surtout, des liens étroits avec la classe ouvrière et les masses laborieuses. Négliger cette caractéristique ainsi que perdre son caractère de classe a conduit certains partis à un déclin vertigineux et, dans certains cas, à l’autodestruction et la disparition.

Le remplacement de la nature de classe du parti par la conception d’un "parti des citoyens" masque l’existence de citoyens exploiteurs et de citoyens exploités et conduit le parti vers une position neutre dans la lutte des classes – ce qui, dans la pratique, désarme le parti et les classes exploitées et le transforme en un instrument appendiculaire de la politique de la classe exploiteuse dominante.

3 – Un parti avec une démocratie interne et une direction centrale unique.

Une démocratie interne est particulièrement riche en vertus, à savoir : travail collectif, direction collective, congrès, assemblées, débats dans tout le parti sur les questions fondamentales d’orientation politique et d’action, décentralisation des responsabilités et élections de toutes les directions.

L’application de ces principes doit correspondre à la situation politique et historique à laquelle le parti est confronté. Dans des conditions d’illégalité et de répression, la démocratie est limitée par l’impératif de la défense. Dans une démocratie bourgeoise, la qualité visée peut et doit être largement et pleinement appliqué.

4 – Un parti qui est à la fois internationaliste et qui défend les intérêts de son pays.

Contrairement à ce qui était défendu autrefois dans le mouvement communiste, il n’y a aucune contradiction entre ces deux éléments dans l’orientation et l’action des partis communistes. Chaque parti est solidaire avec les partis, les travailleurs et les peuples des autres pays. Mais, avec conviction, il est un défenseur des intérêts et des droits de son propre peuple et de son pays. L’expression "parti internationaliste et patriotique" a une signification pleine et entière en cette fin de XXème siècle. On peut inclure comme valeur internationaliste, la lutte à l’intérieur de son pays et comme valeur de la lutte interne, les relations de solidarité avec les travailleurs et les peuples des autres pays.

5 – Un parti qui définit comme objectif la construction d’une société sans exploiteurs ni exploités, une société socialiste.

Cet objectif est également complètement moderne. Mais les expériences positives ou négatives de construction du socialisme dans un certain nombre de pays et les profonds changements dans la situation globale, demandent une analyse critique du passé et une redéfinition de la société socialiste, objectif des partis communistes.

6 – Un parti avec une théorie révolutionnaire, le marxisme-léninisme, qui permet non seulement d’expliquer le monde, mais aussi de montrer la voie de sa transformation.

Déniant toutes les campagnes anticommunistes diffamatoires, le marxisme-léninisme est une théorie vivante, antidogmatique, dialectique et créative qui est enrichie par la pratique et les réponses qu’elle est appelée à donner en face de nouvelles situations et phénomènes. Elle dynamise la pratique, s’enrichit et se développe de façon créative avec les leçons de la pratique. Nous devons à Lénine et à son travail "L’impérialisme, stade suprême du capitalisme", la définition du capitalisme à la fin du XIXème siècle. Ces développements théoriques ont une valeur extraordinaire. Il en va de même pour la recherche et la systématisation des connaissances théoriques. Dans une synthèse extraordinairement rigoureuse et claire, un texte séminal de Lénine décrit "les trois sources et les trois parties constitutives du marxisme". En philosophie, le matérialisme dialectique, et dans ses applications à la société, le matérialisme historique. En économie politique, l’analyse et l’explication du capitalisme et de l’exploitation, dont la pierre angulaire est la théorie de la plus-value. Dans la théorie du socialisme, la définition d’une nouvelle société avec la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Tout au long du XXème siècle, avec les transformations sociales, de nouvelles et nombreuses réflexions théoriques ont eu lieu dans le mouvement communiste. Cependant, elles se sont présentées comme diverses et contradictoires, rendant difficile la distinction du fondement de ces développements théoriques et des positions révisionnistes par rapport aux principes fondamentaux. Cela amène à conclure au caractère impératif des débats, sans idées préétablies ou vérités absolues, et sans établir de conclusion définitive, mais obligeant à un approfondissement de la réflexion commune.

Nous souhaitons que le meeting international de la fondation Rodney Arismendi, en septembre de cette année, apporte une contribution positive à l’accomplissement de cet objectif.

 

Alvaro Cunhal

Septembre 2001

 

Traduction PB pour Lepcf.fr

Tiré du site du Parti Communiste Portugais

 

http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-six-caracteristiques-fondamentales-d-un-parti-communiste-texte-d-alvaro-cunhal-ancien-secretaire-ge-98339677.html

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 11:38

Après le triplement des frais d'inscription, la baisse de 25% du montant total des bourses

 

Si l'université britannique n'a jamais été un modèle de démocratisation de l'enseignement supérieur, les dernières mesures prises par le gouvernement conservateur tendent à achever ce qu'il pouvait en rester

 

En décembre 2010, le gouvernement a ainsi adopté une loi, vivement contestée dans la rue par les étudiants britanniques, cassant ce qu'il restait de démocratique dans l'université britannique :

 

Tout d'abord, en triplant le plafond des frais d'inscription, passant de 3 000 (4 000 euros) à 9 000 (10 500 euros) livres. Sachant que l'enseignement supérieur, dans le cadre des coupes budgétaires, va voir son budget réduit de 40%, la hausse réelle des frais tout comme l'ouverture au capital privé deviennent inévitables.

 

Ensuite, en restructurant la carte universitaire, favorisant l'émergence de pôles d'excellence, réservés à une certaine élite et financés partiellement par le privé, et faisant dépérir les petites universités de proximité. Près de 50 des 130 universités britanniques sont déjà sous la menace d'une fermeture prochaine.

 

Enfin, en réduisant les aides destinés aux étudiants en difficulté sociale.

 

D'ores et déjà, l'Allocation de poursuite des études (EMA), destinés aux lycéens de 16 à 18 ans de milieu modeste qui désiraient continuer dans le supérieur, a été supprimé en 2011, laissant les près de 70 000 lycéens concernés dans une situation critique.

 

Une nouvelle étude de l'Office for fair access (Offa) vient de révéler un plan de coupes drastiques dans les bourses destinés aux étudiants issus de milieux populaires, contredisant la thèse officielle du gouvernement, celle d'une hausse générale des frais compensée par des aides renforcées pour les boursiers.

 

Le National union of students (NUS) a ainsi noté que le montant général des bourses accordées dans l'enseignement supérieur allait chuter de 358 millions de £ en 2011 à 275 millions de £ en 2015. Une perte de 93 millions de £, soit une baisse de 25% du montant général des bourses.

 

Les syndicats étudiants ont ainsi dénoncé des mesures qui contraignent les étudiants, notamment de milieux modestes mais aussi de plus en plus issus des couches moyennes à s'endetter massivement.

 

Le Syndicat des professeurs du supérieur (UCU) a estimé que les futurs étudiants devront s'endetter à hauteur de 50 000 £ tout au long de leur scolarité pour pouvoir payer leurs années universitaires.

 

Les syndicats étudiants comme enseignants ont dénoncé par ailleurs l'hypocrisie du National scholarship programme (NSP), mis en place par ce gouvernement, qui offrirait à une minorité d'étudiants de milieux modestes méritants la possibilité d'être exempté pour une année, et exceptionnellement deux années, de leurs frais d'inscription.

 

Or ce schéma temporaire d'une part, réservé à une petite minorité d'autre part (jusqu'à 18 000 étudiants chaque année, concevant la bourse non comme un droit mais comme un privilège concédé par l’État, est très loin pour les syndicats de répondre à la crise de l'endettement étudiant et à la nécessité de préserver ce qu'il reste de la démocratisation de l'enseignement supérieur.

 

Au Royaume-uni comme dans le reste de l'Union européenne, c'est en tout cas le même schéma qui est appliqué, celui prévu par le Processus de Bologne.

 

Hausse des frais d'inscription, ouverture au privé, réformes des cursus dans les intérêts des grandes entreprises, pôles d'excellence élitistes : la construction d'une université de classe au service du grand capital.

 

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-l-universite-de-classe-s-installe-au-royaume-uni-apres-le-triplement-des-frais-d-inscription-la-bais-107988980.html

 

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 11:36

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/  

 

Loin le temps où la « gauche » italienne se félicitait du départ de l'industriel fantasque Silvio Berlusconi, et accueillait avec bienveillance l'ancien commissaire européen, le conseiller de Goldman Sachs, Mario Monti.

 

Placé directement par Bruxelles à la tête d'un gouvernement technocratique non-élu, avec la complicité de la classe politique italienne, droite et gauche confondue, le rôle du gouvernement Monti était de mettre en place les mesures d'austérité draconiennes, dictées par Bruxelles, et dont la gauche démocrate et la droite libérale n'assumaient pas la mise en œuvre.

 

Neuf mois après son intronisation, Mario Monti a annoncé ce week-end un nouveau plan d'austérité, le cinquième en deux ans, chiffré à 26 milliards d'euros sur trois ans, le deuxième plan « Monti » après celui adopté à la fin 2011, s'élevant à 78 milliards.

 

Un nouveau plan d'austérité qui surpasse l’œuvre de démolition sociale de Berlusconi

 

Un plan qui se construit sur quatre axes principaux qui vont toucher uniquement les travailleurs, surtout les plus modestes, et épargner les grandes entreprises italiennes.

 

Premier axe, l'augmentation des impôts les plus injustes. La TVA sera rehaussée de 20 à 23% en juillet 2013, soit après des élections législatives qui s'annoncent sensibles.

 

Deuxième axe, les coupes dans les budgets de la fonction publique, avec une baisse générale de 10% du nombre des fonctionnaires.

 

L'état de la santé régionalisée, déjà en péril, va devenir critique avec de nouvelles coupes de 5 milliards d'euros, après celles de 5 milliards l'an dernier. 18 000 hôpitaux devraient être supprimés d'ici la fin de l'année. Aucun secteur ne sera épargné, ni la défense avec une réduction des effectifs de 10%, ni la justice avec la fermeture de 75 tribunaux ni même l'éducation enfin où 4 000 postes devraient être supprimés.

 

Troisième axe, achever la régionalisation en achevant les régions. Outre les coupes dans les services publics régionalisés, le gouvernement prévoit de vider de son sens l'échelon provincial, équivalent de nos départements, en éliminant la moitié des provinces (60 sur 110), réalisant autant d'économies avec le reclassement et licenciement des agents provinciaux.

 

Quatrième axe, les grandes réformes structurelles contre les travailleurs. Ce que Berlusconi n'a jamais pu faire, Monti va le faire.

 

D'une part, la grande réforme des retraites, avec le passage du nombre d'années de cotisation de 40 à 42 ans, la hausse de 60 à 66 ans pour le départ à la retraite des femmes, le calcul des pensions sur l'ensemble de la carrière et non les dernières années, le gel de l'indexation des retraites sur l'inflation.

 

D'autre part, la réforme du marché du travail, qui va renforcer la précarisation de millions de travailleurs italiens. En effet, la réforme visait à faciliter les licenciements pour les entreprises, remettant en cause l'article 18 de la Constitution interdisant les « licenciements sans motif valable », et également à instaurer comme norme pour l'embauche des jeunes travailleurs le contrat d'apprentissage.

 

Une opposition de façade de la « gauche » parlementaire et des syndicats de concertation sociale à un an des élections

 

Face à cette offensive frontale vis-à-vis des droits des travailleurs, l’attitude des partis, représentants du patronat et surtout des salariés n'est pas sans hypocrisie.

 

Du côté des partis, à un an des élections législatives, c'est un double discours général avec une opposition de façade émanant du Parti démocrate de centre-gauche, mais aussi des rangs du parti du Peuple des Libertés de Silvio Berlusconi.

 

Le Parti démocrate (PD) atteint des sommets d'hypocrisie. Alors qu'il fut le premier parti à soutenir le « gouvernement technocratique » en novembre destiné à lancer les grandes « réformes structurelles » dictées par l'UE, que ces députés avaient massivement voté la confiance (556 sur 630 députés en tout, seule la Ligue du Nord l'avait unanimement refusé), à moins d'un an des élections le ton change.

 

Le PD dénonce désormais les coupes dans la santé, la fermeture des tribunaux et construit, en pleine complicité avec la CGIL des axes de lutte artificiels sur les grandes batailles des retraites et du code du travail, destinés à « négocier » des réformes aménagés.

 

Car c'est du côté des syndicats, et en premier lieu de l'ancien syndicat de classe lié aux communistes, aujourd'hui courroie de transmission du PD, la CGIL, que l'opposition de façade au gouvernement Monti est la plus manifeste.

 

Les syndicats jaunes de la CISL (catholique) et de l'UIL (social-démocrate) feignent de dénoncer un plan d'austérité dur pour mieux faire accepter l'idée de son inévitabilité et surtout de le négocier et de l'amender, dans le cadre du dialogue social. Un discours repris par la CGIL, pourtant historiquement syndicat de classe.

 

Il faut rappeler que la CGIL avait accueilli plutôt favorablement, au nom de l'anti-berlusconisme officiel mais aussi du passé européen de M.Monti, le nouveau gouvernement, censé offrir une phase de réformes structurelles nécessaires négociés avec les partenaires sociaux.

 

Susanna Camusso a même participé à la première phase de négociation de la réforme du code du travailavec la ministre du travail Fornero et l'ex-secrétaire de la Confindustria (MEDEF italien) Marcecaglia.

 

Aujourd'hui, elle est présentée comme la première opposante, main dans la main avec le PD, à un plan d'austérité présenté comme un plan de « coupes », une « boucherie sociale ». La réalité des positions de la CGIL est beaucoup plus nuancée.

 

D'étranges convergences entre le patron des patrons et la numéro 1 de la CGIL

 

C'est ce que révèle une étrange rencontre entre la secrétaire de la CGIL et le nouveau leader de la Confindustria Giorgio Squinzi, lors de rencontres organisées par la CGIL (CGIL Incontri) à Serravalle Pistoiese, où les deux « partenaires sociaux » se sont trouvés d'étonnantes convergences vis-à-vis de l'action du gouvernement Monti.

 

Camusso et la CGIL opposés aux réformes Monti ? Donnons-lui la parole :

 

·         Sur la révision et la coupe des dépenses (spending review) publiques : « Je n'ai jamais été contre la spending review, si on l'entend comme une révision des dépenses. Les coupes doivent être ciblées et non linéaires ». Giorgio Squinzi a partagé entièrement l'avis de Camusso ;

 

·         Sur la réforme des retraites, la CGIL attaque la forme et non le fond de la réforme. Elle dénonce le cas des près de 300 000 travailleurs qui devaient partir à la retraite et se voient contraints de travailler deux ans de plus mais pas l'idée même d'augmenter les années de cotisations, ou de reculer l'âge de départ à la retraite ;

 

·         Sur la réforme du code du travail, la CGIL ne s'attaque encore une fois non au fond mais à la manière dont la réforme est mise en œuvre. « La réforme doit être modifiée, les amendements que nous avons émis pris en compte ». Avec l'acquiescement du patron des patrons, Camusso insiste bien sur la nécessaire simplification des contrats de travail ;

 

·         Sur le dialogue social, Susanna Camusso regrette que ce gouvernement « ne veuille pas discuter avec les partenaires sociaux, les impliquer dans le processus », autrement dit dans l'élaboration des contre-réformes. Naturellement, le patron de la Confindustria partage cet avis : « Il faut aujourd'hui plus de dialogue social » ;

 

·         Sur le gouvernement Monti, Camusso critique des « choix iniques sur le plan du travail » mais dresse un bilan général presque positif du gouvernement. « Il faut dire qu'avec ce gouvernement on a regagné une crédibilité internationale, et c'est plus la tournée du cirque Barnum dans toute l'Europe. La lutte contre l'évasion fiscale est aussi une bonne chose, car on en est revenu à un pacte de citoyenneté pour le paiement des impôts ». Dit plus clairement, le gouvernement Monti est de loin préférable au gouvernement Berlusconi, dont les coupes étaient pourtant, proportionnellement sur une dizaine d'années bien inférieures à celles prévues en un an par Mario Monti ;

 

·         Sur l'Europe, Camusso et Squinzi ne font pas que converger, ils parlent d'une seule voix : « Il nous faut les Etats d'unis d'Europe, une Europe politique » ;

 

Les convergences sidérantes entre la numéro 1 de l'ex-syndicat de classe de la CGIL et le patron des patrons ne sont hélas pas une surprise, la fausse opposition aux mesures d'austérité de Mario Monti, masquant l'ampleur des convergences tant sur les grandes réformes structurelles que sur l'adhésion au fédéralisme européen.

 

La ligne de Susanna Camusso, c'est celle de la CES (Confédération européenne des syndicats) financée par la Commission européenne pour promouvoir les idées d'intégration européenne et de dialogue social, contre un syndicalisme de classe.

 

En décembre 2011, Camusso était une des signataires d'un appel lancé par des syndicalistes européens de la CES pour sauver le « modèle social européen ». Un appel pour défendre en réalité et approfondir l'intégration européenne, le dialogue social ainsi qu'un modèle de co-gestion.

 

Ce dont le peuple Italien a besoin aujourd'hui, c'est de la reconstruction d'un Parti communiste italien fort, vingt ans après sa liquidation, capable d'impulser et de diriger des mouvements de lutte contre ce consensus dominant, celui de gouvernements au service du patronat et de l'UE, et de syndicats réformistes et de dirigeants politiques dits de gauche, collaborant à la mise en œuvre de cette politique.

 

Pour nous français, alors que François Hollande s'est réclamé dans la campagne de l'exemple courageux de Mario Monti, l'heure est à la vigilance face à la politique de « rigueur » qui s'annonce, mais aussi face aux fausses oppositions qui pourraient se manifester.

 

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-en-italie-la-gauche-parlementaire-et-les-partenaires-sociaux-cgil-en-tete-jouent-l-opposition-108044635.html

 

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 11:34

Par Michel Zerbato

Universitaire.

 Auteur de "Néolibéralisme et crise de la dette, aux éditions "Osez la République Sociale"

 

Le taux de l’intérêt est problématique depuis que l’argent est apparu dans la société humaine, tant il semble opposer l’intérêt individuel et le bien commun. Le concernant, les doctrines ont précédé les théories, la théorie dominante à une époque n’étant en réalité que légitimation des idées qui gouvernent la marche de la société de ce moment, idées elles-mêmes déterminées par les besoins de la reproduction sociale.

Dans la Grèce antique, Platon était opposé à l’intérêt, parce qu’il enrichissait celui qui n’avait pas de vertu particulière pour le bien de la Cité. Contre les inconséquences de la propriété privée, il proposa une forme de communisme. Aristote, que l’on qualifierait aujourd’hui de social-démocrate, voulut concilier l’argent et la Cité en distinguant l’argent obtenu par le service du bien commun, le commerce apportant des marchandises commodes à la vie sociale, et l’argent recherché pour lui-même.

Au Moyen-Âge, les théologiens (Augustin, …) condamnent l’usure (l’intérêt) qui corrompt l’homme et le détourne de Dieu : l’intérêt est analysé comme le prix du temps, or le temps appartient à Dieu, l’homme ne saurait en faire commerce. Cependant, l’Église doit composer avec le développement du marché et de la place de l’argent. Thomas d’Aquin reprend, en quelque sorte, le projet d’Aristote de légitimer l’intérêt en expliquant qu’il ne rémunère pas le prêt (par le partage des bénéfices), mais qu’il compense la douleur (le dol) d’être séparé de sa propriété personnelle, l’argent prêté. Cependant, Thomas peine à expliquer le prix de cette séparation et donc le taux de l’intérêt, et il finit par considérer que le juste prix est celui qui a cours par convention sociale (communio estimatio).

Au 18ème, Adam Smith se pose à nouveau la question de l’usure : il considère que le taux de l’intérêt dépend du rapport de force entre créancier et débiteur, mais que par nature le rapport de force est trop favorable au créancier et que l’État doit le réglementer, pour le bien de la cohésion sociale. Adam Smith n’est donc pas le fou du marché et de l’initiative individuelle que l’on présente souvent. Pour lui, le prix du travail échappe également au marché, parce que l’offre et la demande ne sont pas en situation égale : la loi interdit l’association des travailleurs, tandis que « nul ne peut empêcher les maîtres du travail de dîner ensemble » ; le salaire sera donc maintenu au minimum vital (il reprend le « principe de population » énoncé par G. Botero au siècle précédent).

Au 19ème, ses héritiers néo-classiques (utilitaristes) vont théoriser le taux de l’intérêt afin de légitimer la doctrine libérale en raisonnant en termes de rationalité du consommateur : pour eux le taux de l’intérêt est le résultat de la confrontation de deux calculs. D’une part, celui qui a de l’argent compare ce que cela peut lui rapporter en plaisir futur grâce à la consommation supplémentaire que permettra le bonus de l’intérêt et ce qu’il lui en coûte, la peine de ne pas consommer maintenant ; ce calcul fixe le taux de l’intérêt demandé. D’autre part, le producteur, qui a besoin de cette épargne pour financer son entreprise, va comparer le coût de l’emprunt, l’intérêt à payer, au profit qu’il peut en retirer, grâce à la productivité des investissements opérés grâce à cette épargne ; ce calcul lui indique quel prix il peut payer, quel taux il peut accepter, pour chaque investissement possible. Désormais, le taux de l’intérêt devient « naturel », détaché du politique.

Le marché de l’épargne (des fonds prêtables) confronte alors les souhaits des uns et les possibilités des autres et fixe le taux qui les met d’accord. Ce taux dépend de l’acceptation des uns de renoncer à consommer et de la capacité des autres à produire suffisamment de richesse avec les machines que les premiers financent, pour rémunérer l’argent emprunté. En fait, dans la théorie du marché, tout se passe comme si les épargnants achetaient des machines plutôt que des biens de consommation immédiate, cela afin de pouvoir consommer encore plus dans le futur. C’est ce que l’on appelle la souveraineté du consommateur : ses choix déterminent son bien-être, qui s’accroît s’il renonce à la consommation présente au bénéfice de la consommation future.

Au 20ème, dans l’entre-deux-guerres, Keynes réfute totalement cette analyse en considérant comme Smith que salaires et taux de l’intérêt sont des prix sociaux, résultant de conventions sociales, pas des prix de marché au sens des économistes classiques. Pour lui le montant de l’épargne ne dépend pas du taux de l’intérêt (« je ne vais pas faire demi-tour alors que j’allais au restaurant parce que j’entends à la radio que le taux de l’intérêt a augmenté »), mais du revenu du consommateur, qui détermine son train de vie ( en proportion du revenu, le riche épargne plus que le pauvre). Ainsi, après avoir décidé d’épargner un certain montant de son revenu, l’épargnant a le choix entre le placer, ce qui l’immobilise, par exemple en achetant des actions ou une assurance-vie, ou le garder liquide, le thésauriser, sous la forme de billets sous le matelas, de pièces d’or ou d’argent sous le rosier, ou en le laissant sur son compte-chèque. Le liquide est sûr, mais ne rapporte rien ; le placement est risqué, mais c’est de l’argent gagné en dormant.

Pour Keynes, par suite de l’incertitude radicale sur ce que sera le futur, tout titulaire de revenu a « naturellement » une préférence pour la liquidité, tandis que le risque est d’autant moins grand que l’argent en circulation est abondant et que les marchés financiers (où il peut placer son argent) sont liquides, c’est-à-dire qu’il y est facile de revendre les titres achetés. Le taux de l’intérêt est donc le résultat de la confrontation de la préférence pour la liquidité des épargnants (quelle confiance ont-ils dans l’avenir ?) et de la quantité d’argent disponible dans le circuit de l’économie.

Cette quantité dépend de la politique des autorités monétaires, qui peuvent être laxistes (planche à billets) ou rigoureuses, suivant leur appréciation de la situation de l’économie, appréciation qui dépend de la doctrine à laquelle elles adhèrent. Des autorités keynésiennes accompagneront, voire stimuleront, si besoin est, la marche des affaires par une politique accommodante, l’abondance monétaire visant à inciter les uns à investir (pas cher) et les autres à financer (sans grand risque) ; mais en cas de crise de productivité (crise de l’offre) cela va surtout favoriser l’inflation, sans réduire le chômage. Des autorités monétaristes (néo-libérales) mettront l’accent sur la rigueur, feront monter les taux d’intérêt pour faire valoir la vérité des prix, car selon leur point de vue, l’argent artificiellement peu cher a permis de financer n’importe quoi, des activités non compétitives avec des salaires trop élevés, etc. D’où l’inflation sans croissance et l’impératif de revenir à la sagesse : financer les canards boiteux détourne les moyens des canards sains ; à vouloir assister les faibles, on affaiblit tout le monde.

Reste alors à se demander ce qui détermine l’orientation de la politique monétaire, c’est-à-dire quelle peut être la détermination réelle du taux de l’intérêt. Il ne faut pas croire que les autorités monétaires font ce qu’il leur plaît, laxistes ou rigoureuses selon leur bon vouloir, car elles sont elles-mêmes déterminées par la situation économique et sociale qu’elles doivent gérer. En tant que composante des élites étatico-bureaucratiques, leur fonction est de participer à la reproduction du système, capitaliste en l’espèce, et elles sont sélectionnées suivant que leurs idées sont porteuses d’une action compatible avec les lois de l’économie capitaliste. En période de reconstruction et d’offre dynamique, elles seront keynésiennes, car il faudra assurer les débouchés. À l’époque de la mondialisation, par contre, la compétitivité de l’industrie et des services d’un côté, l’attractivité financière de l’autre (tant pour les placements privés que pour l’emprunt public), seront des déterminants essentiels des taux d’intérêt. En cas de grande crise, cependant, c’est le pragmatisme qui l’emporte toujours : ainsi, ces dernières années, la BCE est allée à l’encontre de tous ses principes et a recouru à des « procédures non conventionnelles » pour imprimer des centaines de milliards d’euros ; de même, la Fed a injecté des milliers de milliards de dollars à taux quasi nuls dans ce qu’elle appelle « quantitative easing ». Les résultats ne sont pas probants, mais cela gagne du temps. L’examen des mécanismes d’interaction réel-monétaire sera une autre histoire.

 

Michel Zerbato

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 11:32

Joseph Kony reste introuvable

mercredi 11 juillet 2012 / par Renaud Towe


L’insurrection de l’Armée de résistance du Seigneur qui a débuté en 1986 reste, en 2012, une menace mortelle pour les populations civiles ougandaise, sud-soudanaise, congolaise et centrafricaine. Ces trois dernières années, en dépit du soutien de l’Union africaine et des États-Unis, les opérations ont échoué à empêcher ce groupe armé d’agir.

Depuis 2001, l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), dirigée par Joseph Kony, est placée sur la liste officielle des organisations terroristes selon les États-Unis et, depuis 2005, son chef est visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. La lutte s’est accentuée contre cette armée nomade et porte aujourd’hui ses fruits, sans toutefois parvenir à son but ultime : sa disparition. Selon le ministre ougandais de la Défense, Crispus Kiyonga, 50% des responsables de haut niveau de la LRA et 25% des combattants auraient été tués au cours des dernières opérations. Le nombre de combattants ne serait plus que de quelques centaines, malgré la perpétuation des attaques. La dernière date de fin juin, contre le site d’Areva à Bakouma en Centrafrique. Durant ces trois dernières années, la LRA a fait, selon les ONG, plus de 2 400 morts et a enlevé au moins 3 400 personnes. De leurs côtés, l’Union africaine (UA) et les Etats-Unis peinent à empêcher la LRA de continuer d’agir.

Face à ces nombreuses pertes, les enlèvements et les enrôlements de force se multiplient. On estime aujourd’hui que les enfants soldats constituent 80% des effectifs de forces combattantes. Cette situation force, selon l’Unicef, environ 40 000 enfants à quitter chaque nuit leur village pour se réfugier dans les rues des villes du Nord de l’Ouganda.

Le groupe armé a pour objectif officiel le renversement du président ougandais, Yoweri Museveni, afin d’établir un régime fondé sur les Dix Commandements de la Bible.

Après des années d’attentisme, les États-Unis et l’UA s’engagent

En mai 2010, le Congrès américain a voté la Lord’s Resistance Army Disarmament and Nothern Uganda Recovery Act of 2009, afin de parvenir au désarmement de la LRA. L’année suivante, des conseillers militaires se sont rendus en Ouganda, en RDC, en Centrafrique et au Soudan du Sud, pour organiser la lutte de la région contre les forces rebelles et la capture de Joseph Kony. Cette participation des États-Unis a notamment été saluée par le collectif Invisible Children, qui a mis en ligne sur Youtube en février 2012, une vidéo de trente minutes dénonçant les actions du chef rebelle […].

L’Union africaine a, quant à elle, décidé, le 24 mars 2012, de déployer sur place une force multinationale de 5 000 hommes, basée à Yambio, au Soudan du Sud. Cette force doit travailler en étroite collaboration avec les conseillers américains sur le terrain et devrait bénéficier du soutien financier de l’Union européenne.

Cependant, même si la LRA a essuyé de nombreuses pertes, sa mobilité et son expérience en font toujours une redoutable machine de guerre. Ainsi, bien que la première puissance mondiale et l’UA se soient engagées à obtenir sa reddition ou son démantèlement, la LRA reste le cauchemar des populations civiles de la région.

 

Renaud Towe

 

Lire aussi : 

- Massacre en RDC : l’Armée de résistance du Seigneur accusée

- Joseph Kony veut faire la paix

- Le projet "Kony 2012" mobilise les réseaux sociaux

 

 

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 10:15

Par Ghaleb Kandil

lundi 9 juillet 2012, par Comité Valmy

Les contours de l’escalade de la guerre des Etats-Unis contre l’Etat syrien dans les mois à venir commencent à se préciser. Il est clair que la stratégie de la guerre indirecte, imaginée par le directeur de la CIA, le général David Petraeus, lequel supervise la mobilisation des ressources matérielles, financières, militaires et de renseignements nécessaire à ce conflit, se base sur une guerre d’usure de longue durée, menée par les bandes armées.

Les centres de recherches et d’analyses américains ont procédé à une évaluation globale de la situation des oppositions syriennes divisées et sont parvenus à la conclusion qu’il s’agit d’un agrégat d’exilés et de communautés politiques en éternel conflit, qui ne représentent pas un poids important au sein de la société syrienne. Parmi cet agrégat, les Occidentaux et la Turquie misent sur les Frères musulmans.

Les experts américains reconnaissent que cette mosaïque de forces politiques a résisté à tous les efforts des Etats-Unis et de leurs alliés pour unifier leurs rangs, à travers d’innombrables réunions en Turquie, en France et en Egypte, sans parler des dizaines de rencontres secrètes tenues sous l’égide de la CIA. La dernière réunion du Caire n’a fait que confirmer combien l’unification était loin, et a montré que l’Occident, Amérique en tête, la Turquie et le Qatar, soutiennent les Frères musulmans, alors que l’Arabie saoudite appuie, finance, couve et oriente les groupes salafistes-takfiristes, ainsi que quelques "notables" de l’opposition qu’elle entretient depuis des années, avec à leur tête Abdel Halim Khaddam et Rifaat al-Assad.

Les services renseignements américains ont en outre procédé à un recensement global des gangs et des groupes armés actifs à l’intérieur de la Syrie, par le biais du centre de recherches sur la guerre, qui travaille pour la CIA et l’état-major des armées. Les conclusions de l’étude, publiée sur le site du think tank, montre clairement que les Etats-Unis parient sur la possibilité de développer les structures de ces gangs et œuvrent afin de leur assurer l’argent et les armes nécessaires d’une manière régulière. Une relation directe a été établie avec les chefs de ces groupes, à travers la mise en place d’une chambre d’opération et de planification, dirigée par des officiers de la CIA et d’autres agences de renseignements américaines ou de pays de l’Otan.

Cette chambre d’opération est basée en Turquie. A partir de là, il apparait que les prochains mois vont connaitre une intensification des agressions contre l’Etat national syrien, dans le but de l’affaiblir au maximum. L’utilisation de la scène libanaise contre la Syrie fera partie des priorités. D’ailleurs, le sénateur John McCain l’a clairement dit, en appelant à la création d’une zone-tampon pour l’Armée syrienne libre, à l’issue d’une rencontre avec le chef des Forces libanaises. Et les milices du Courant du futur et des groupes salafistes libanais n’ont pas attendu longtemps avant d’obtempérer, en soustrayant le Akkar à l’autorité de l’Etat, à partir de jeudi 5 juillet. Hommes armées jusqu’aux dents, portant des cagoules, érigent des barrages, isolent des villages et fouillent les habitants et les passagers des voitures, sans que personne ne leur demande des comptes.

Toutes ces données sont confirmées par les derniers propos du président syrien Bachar al-Assad, qui a accusé dimanche Washington de soutenir les bandes rebelles pour déstabiliser la Syrie. S’exprimant dans le cadre d’une interview à la télévision publique allemande ARD, le président Assad a ajouté que "les Etats-Unis sont partie prenante au conflit. Ils offrent une protection et un soutien politique à ces bandes pour déstabiliser la Syrie".

Sur le terrain, la Syrie a répondu aux menaces grandissantes de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, qui a affirmée que "l’opposition syrienne était assez forte pour lancer une offensive contre l’Etat", en organisant de vastes manœuvres. Ainsi, la marine syrienne a entamé des exercices de tirs réels au cours du week-end, lançant des missiles depuis la terre et la mer dans le but de "simuler un scénario de défense en cas d’attaque surprise depuis la mer", a indiqué dimanche l’agence Sana. "La marine a effectué l’exercice avec succès, repoussant une hypothétique attaque et détruisant avec une grande précision les cibles définies," a rapporté l’agence de presse.

Le ministre de la Défense, le général Daoud Rajha, qui assistait à l’exercice, s’est félicité de "la performance exceptionnelle des forces navales qui ont démontré leur haut niveau d’entraînement au combat et leur capacité à défendre les côtes syriennes contre toute agression éventuelle."

Selon la Sana, ces exercices font partie d’un plan d’entraînement au combat, établi par le Haut commandement de l’armée, qui prévoit d’effectuer chaque année ce type d’exercices.

Ce plan comprend "des manœuvres militaires faisant intervenir les forces terrestres, navales et aériennes pour évaluer la préparation au combat de l’Armée syrienne arabe et connaître sa capacité à remplir son devoir dans des conditions comparables" à celles de combats réels.

Sur le plan politique, le vice-ministre iranien aux Affaires étrangères a qualifié dimanche de "farce" l’idée de faire démissionner par la force ou de contraindre à l’exil le président Bachar al-Assad, mettant en garde contre une attaque en Syrie qu’il a jugé "stupide et catastrophique". "L’Iran approuve les plans de réforme de M. Assad et les négociations ayant pour but de le forcer à l’exil sont une farce", a déclaré Hossein Amir Abdollahian à Amman, où il a par ailleurs invité le roi Abdallah II de Jordanie au sommet du Mouvement des non-alignés en Iran.

"

Une intervention militaire en Syrie n’est pas probable et si cela devait arriver ce serait stupide. La Syrie peut se défendre seule sans l’aide de l’Iran. Toute solution non politique serait catastrophique pour l’ensemble de la région", a-t-il affirmé.

 

Tendances de l’Orient

New Orient News (Liban)

Rédacteur en chef : Pierre Khalaf

Tendances de l’Orient No 90 lundi 9 juillet 2012.

Bulletin hebdomadaire d’information et d’analyse, spécialisé dans les affaires de l’Orient arabe.

 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2635

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 10:14

par Frédéric Lemaire, le 2 juillet 2012


Dimanche 17 juin 2012, le parti conservateur Nouvelle Démocratie emporte la victoire aux élections législatives grecques, devançant de peu le parti de gauche Syriza, opposé aux plans d’austérité imposés à la Grèce. Cette victoire est accueillie avec un grand soulagement par les dirigeants européens, dont un certain nombre avaient activement fait campagne en faveur de la droite grecque : les « Européens » – appellation d’usage dans la presse – avaient en effet menacé d’exclure la Grèce de la zone euro en cas de victoire de Syriza. Une campagne partiellement et partialement relayée par la presse…

Le peuple grec a décidément une fâcheuse inclination à « prendre en otage » le reste de l’Europe. Il y a quelques mois, l’annonce, par l’ancien Premier ministre grec, d’un référendum sur les plans d’austérité avait déjà suscité dans les médias des réactions indignées : il s’agissait pour certains d’un « dangereux coup de poker », « une histoire de fous » qui risquait de remettre en question les efforts des « Européens » pour « sauver l’euro » [1]...

Cette fois-ci, il s’agit d’élections démocratiques ; et pour la première fois, Syriza, un parti opposé à l’austérité et attaché au maintien de la Grèce dans la zone euro peut arriver en tête des suffrages. Face à lui, le parti conservateur Nouvelle Démocratie fait campagne, avec les dirigeants européens, « en agitant la peur d’une sortie de l’euro », comme l’indique la correspondante de Libération (18 juin 2012). Force est de constater que la droite grecque et les dirigeants européens ne sont pas les seuls à « agiter la peur d’une sortie de l’euro »

Les médias en campagne 

Dans l’éditorial du Monde daté du 12 mai 2012, Erik Israelewicz se fâche tout rouge. Les Grecs s’apprêtent-ils à voter massivement pour Syriza ? « Il n’est pas admissible qu’un petit pays, par son refus des règles du jeu, puisse continuer à mettre en danger l’ensemble du continent. » Attaché à démontrer l’irresponsabilité du peuple grec, le directeur du Monde ne s’économise aucun effort de pédagogie. Chiffre sensationnel à l’appui : il nous apprend ainsi que « chaque grec a déjà touché depuis janvier 2010 l’équivalent de 31 000 euros, acquittés d’une manière ou d’une autre par les contribuables européens ». Israelewicz conclut son éditorial du 12 mai par une menace très claire : « Aux Grecs de choisir. En espérant qu’ils feront le bon choix. Sinon, l’Europe devra en tirer les conséquences. Sans état d’âme. » Autrement dit, si les Grecs refusent l’austérité, « l’Europe » ne doit pas s’embarrasser pour se débarrasser de la Grèce.

Les grecs seraient-ils d’irresponsables profiteurs ? La caricature faite par le dessinateur Xavier Gorce, publiée dans Le Monde du 30 mai 2012, semble aussi le confirmer. Un dessin est parfois plus efficace qu’un long discours… [2]

Voir le dessin du Monde

Le même message est repris en chœur par les éditorialistes français. Ainsi Franz Olivier Giesbert, dans un éditorial du Point daté du 7 juin, fulmine. Les Grecs préféreraient les solutions « débiles et ridicules » de Syriza ? C’est plus que le télévangéliste de la rigueur ne peut supporter. « Plus l’Europe l’aide, plus la Grèce lui en veut : elle mord même la main qui la nourrit » s’indigne-t-il… D’où sa suggestion : « Et si l’on rendait la Grèce à la Turquie ? » Pour de rire, bien sûr !

Ces menaces font bien évidemment écho à celles formulées par les dirigeants européens et la droite grecque. Mais ce « chantage » là ne fera pas l’objet d’une émission d’Yves Calvi… L’animateur de « C dans l’air » sur France 5 préfère s’indigner du « chantage » grec, qui consisterait à se prévaloir du coût important d’une sortie de la zone euro pour demander plus d’argent aux « Européens ». « On peut pas dire “donnez-nous l’argent et on refuse de faire les efforts !”  » s’exclame ainsi Yves Calvi dans son émission du 22 mai [3].

Voilà qui résume bien l’indignation des éditorialistes : la rigueur, plus que jamais nécessaire en France [4], est tout simplement indispensable en Grèce. Toute remise en question de ce dogme, même issue d’un vote démocratique, est intolérable : elle ne serait qu’une preuve supplémentaire de l’incurie, de l’irresponsabilité et de l’ingratitude du peuple grec.

Notons qu’au-delà des tribunes d’opinion, la presse se fait assez largement l’écho du « chantage » des « Européens » en réduisant les élections grecques à un référendum « pour ou contre l’euro ». Les dépêches de l’AFP, entre autres, en témoignent. Dans une dépêche du 15 juin, l’AFP évoque des élections « qui prennent l’allure d’un référendum pour ou contre l’euro ». Et de citer le conservateur Papademos : « Être ou ne pas être dans la zone euro ? Telle est la question. » C’est aussi la question pour l’AFP, qui titre encore le 16 juin : « Grèce : le suspense à son comble avant un vote pour ou contre l’euro ».

Cette métamorphose des élections grecques en vote « pour ou contre l’euro » sera largement reprise par les rédactions. Ainsi, lorsqu’il interroge une responsable de Syriza, l’envoyé spécial de Libération en Grèce lui pose la question suivante : « On présente ces élections comme un référendum pour ou contre l’euro. Êtes-vous d’accord ? »

Pour sa part, Libération échappe apparemment à cette présentation simpliste du vote grec : La Une du 15 juin 2012 évoque non pas un choix pour ou contre l’euro, mais un choix entre une « épreuve de force avec Bruxelles » ou de nouveaux « sacrifices ». Mais Vincent Giret rappelle tout de même la question essentielle dans l’éditorial de Libération daté du 14 juin : « Y aura-t-il, lundi matin, un gouvernement digne de ce nom, à même de rassurer les marchés, les dirigeants européens et… les Grecs eux-mêmes ? »

 

Enfin, à tout seigneur, tout honneur, Christophe Barbier, directeur de l’Express, a prévu un plan. Notre éditorialiste vidéo-augmenté en fait état dans un de ses célèbres éditoriaux en images [5] : pour lui, si aucun « gouvernement clair » ne se constitue à l’issue des élections « il faudra alors penser une tutelle, une vraie tutelle des seize autres de la zone euro. […] Et quand on dit les seize, on pense bien sûr les deux, la France et l’Allemagne. »

Barbier précise les termes de son Anschluss : «  il faudra que de l’extérieur, de Paris, de Berlin, viennent les instruments, viennent les hommes, viennent les méthodes pour remettre la Grèce dans le bon sens. » Quoi de mieux pour doter un pays d’une « gouvernance démocratique moderne » que de suspendre la démocratie ?

Épilogue

On connaît le dénouement des élections en Grèce. On peut remarquer que le résultat du « référendum pour ou contre l’euro » a été interprété après coup dans les médias en Grèce, en Allemagne comme en France, comme un vote « pour l’austérité » [6].

Force est de constater que la victoire de Nouvelle Démocratie, est aussi celle d’un certain nombre de journalistes vedettes et d’éditorialistes multicartes qui ont choisi de faire profession de la « pédagogie de la rigueur ». Chacun dans son registre, ils n’ont pas hésité à reprendre à leur compte les pressions, chantages, stigmatisations formulés par les dirigeants européens, parfois les devançant dans la violence de leurs propos.

Pour avoir eu l’impudence de remettre en question l’austérité qu’ils subissent, les Grecs ont fait les frais de cette « pédagogie ». Mais celle-ci était aussi destinée au public français. Autant d’efforts pour enseigner, une fois de plus, la leçon de la résignation. Et rappeler qu’en dehors des voies de la rigueur budgétaire et des « sacrifices nécessaires », il n’y avait point de salut…

 

Frédéric Lemaire

 

Notes

[1] Voir notre article : Consulter le peuple grec ? Les gardiens autoproclamés de la démocratie s’insurgent.

[2] On pourra lire ici un échange intéressant au sujet de la publication de ce dessin : http://www.okeanews.fr/lettre-de-m-volkovitch-reagissant-a-la-caricature-parue-dans-le-monde/.

[3] Voir notre précédent article : « Le "chantage grec" s’invite au comptoir d’Yves Calvi ».

[4] Voir nos précédents articles « Les éditocrates sonnent le clairon de la rigueur » ; « Les éditocrates conseillent François Hollande : "Devenez impopulaire !" ».

[5] Comment sauver la Grèce avec une gouvernance européenne moderne.

[6] comme le relève Gérard Filoche sur son blog.

 

 

http://www.acrimed.org/article3853.html

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 10:13

Saines lectures d'été : les dispositions européennes dont notre Président vient d'indiquer qu'elles doivent impérativement être respectées.

Tout d'abord, cette Communication de la Commission européenne, "Agir pour la croissance, la stabilité et l'emploi" (Bruxelles, le 30.5.2012).

http://ec.europa.eu/europe2020/pdf/nd/eccomm2012_fr.pdf

On peut y lire notamment : 

Les États membres qui ont adhéré au pacte pour l’euro plus (tous les États membres de la zone euro ainsi que la Bulgarie, le Danemark, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et la Roumanie) se sont engagés à mener des réformes d’envergure en vue de réaliser les quatre chantiers définis par le pacte: favoriser la compétitivité, stimuler l’emploi, accroître la pérennité des finances publiques et renforcer la stabilité

financière. Ils se sont également engagés à mener des débats structurés sur les questions de politique fiscale. Les engagements pris par les États membres participants figurent dans leurs programmes de stabilité ou de convergence et dans leurs programmes nationaux de réforme.

 

Ensuite cette Recommandation jointe du Conseil concernant le programme national de réforme pour la France pour 2012 :

http://ec.europa.eu/europe2020/pdf/nd/csr2012_france_fr.pdf

 

On peut y lire notamment que le Conseil européen

" RECOMMANDE que la France s'attache, au cours de la période 2012-2013 :

1. à renforcer et à mettre en œuvre la stratégie budgétaire, étayée par des mesures suffisamment bien définies, pour l’année 2012 et au-delà afin de garantir que le déficit excessif sera corrigé dans les délais fixés et que l'effort d'ajustement structurel défini dans les recommandations formulées par le Conseil dans le cadre de la

procédure concernant les déficits excessifs sera mené à bien ; par la suite, à assurer un effort d'ajustement structurel approprié pour progresser de manière satisfaisante par

rapport à l'objectif budgétaire à moyen terme (OMT), notamment en ce qui concerne le critère des dépenses, et à garantir des avancées suffisantes en vue du respect du critère de réduction de la dette; à poursuivre l'examen de la viabilité et de l’adéquation du système de retraite et à prendre des mesures supplémentaires si nécessaire ;

2. à introduire de nouvelles réformes pour lutter contre la segmentation du marché du travail en revoyant certains aspects de la législation en matière de protection de l’emploi, en concertation avec les partenaires sociaux dans le respect des pratiques nationales, notamment en ce qui concerne la procédure administrative applicable aux licenciements individuels; à continuer de veiller à ce que toute évolution du salaire minimum favorise la création d'emplois et la compétitivité; à prendre des mesures en vue d'augmenter la participation des adultes à l’apprentissage tout au long de la vie ;

[...]                                               

5. à poursuivre les efforts pour supprimer les restrictions injustifiées dans les professions et secteurs réglementés, notamment dans le secteur des services et du commerce de détail; à prendre de nouvelles mesures pour libéraliser les industries de réseau, notamment sur le marché de gros de l’électricité, pour développer les capacités d’interconnexion dans le domaine de l’énergie et pour faciliter l’arrivée de nouveaux opérateurs dans les secteurs du transport ferroviaire de marchandises et du transport international de voyageurs."

 

On ne pourra pas dire que nous ne sommes pas prévenus...

 

René Merle

http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/article-la-sauce-a-laquelle-nous-allons-etre-manges-107882296.html

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 10:12

Francis Arzalier

samedi 7 juillet 2012, par Comité Valmy


Contribution aux Rencontres de Marseille de Juillet 2012 

1ére partie L’histoire magnifique et douloureuse des communistes européens


C’est après la première guerre mondiale que surgirent dans chaque pays les partis communistes, à l’exemple de la révolution d’octobre 1917 menée par Lénine et ses compagnons en Russie. Les communistes,70 ans après le projet de Karl Marx et « le Manifeste », brisaient ainsi leur soumission aux machines électorales de la social démocratie qui avaient trahi leur mission en les soutenant ou en participant aux gouvernements bellicistes ; mieux, le parti avec eux ne se fixait plus pour but de supprimer l’exploitation de l’homme par l’homme ; dirigé, contrôlé par des élus ou des bureaucrates son seul objectif était de pérenniser leur pouvoir, par le seul biais de joutes électorales, même si pour cela il fallait s’allier, voire faire allégeance, à un parti conservateur.

Á l’image des bolcheviks, les nouveaux partis communistes prônaient un programme de rupture avec la société capitaliste, la paix entre les nations, l’égalité entre les peuples contre le colonialisme, le partage des terres entre les paysans qui la travaillent, les usines contrôlées par les ouvriers et la nation etc. Dans cette optique, le parti n’était plus un moyen de « faire carrière en politique », mais un outil pédagogique pour convaincre et entraînerà la lutte les travailleurs, jusqu’à la victoire du socialisme.

Tous les pays du continent ont vécu ce même scénario de la genèse communiste avec leurs spécificités nationales. Qu’ils deviennent de grande influence ou végètent en groupes minuscules, les partis communistes ont été le levain de l’histoire des peuples européens au 20e siècle, parce qu’ils étaient ancrés parmi les travailleurs en lutte, même s’ils commettaient parfois des erreurs ou des insuffisances largement étudiées par les historiens postérieurs.

Ainsi les partis communistes d’Italie et d’Espagne, Portugal, de Grèce ou de Hongrie ont été les animateurs souvent clandestins de la lutte contre les fascismes entre deux guerres, les mêmes, et ceux de Belgique ou Tchécoslovaquie les fers de lance de la résistance armée antinazie. Le parti communiste français a permis aux travailleurs de France d’imposer à la bourgeoisie les conquêtes économiques et sociales de 1936 et de 1945 ; il a été de loin la plus forte organisation de résistance contre l’occupation allemande et les collaborateurs du nazisme ; il a été, jusqu’aux décennies 60 et 70, le seul grand parti national à lutter pour la paix et contre le colonialisme.

L’autre grand parti communiste fut celui d’Allemagne né des révolutions « spartakistes » écrasées, quand Rosa Luxembourg et Liebknecht furent assassinés avec l’assentiment des dirigeants socio démocrates. On l’a bien oublié : le PC allemand, durant les années 30, soutenu par des millions de salariés et intellectuels, était pour les autres PC dans le monde un modèle d’organisation, d’action résolue dans la rue et l’usine etc. Dès 1933, les hitlériens parvenus au pouvoir grâce à la droite s’obstinèrent à l’éradiquer et y parvinrent à peu près en quelques années par la terreur, le meurtre de milliers de militants dans les camps, l’émigration forcée vers le reste de l’Europe ou du monde. Qui se souvient encore de ces militants allemands qui combattirent le fascisme en Espagne en 1937, de ceux qui furent FTP dans le Massif Central français en 1943 et parfois en moururent, fusillés par la Wehrmacht ? De ce groupe détruit physiquement émergea pourtant en 1945 le parti dirigeant de la RDA, le SED qui s’efforça de réaliser une société socialiste à l’est du pays ; avec quelques succès, car la plupart des travailleurs est allemands trouvaient des avantages substantiels aux réformes agraires et nationalisations engagées, à l’élimination du chômage etc. Mais ce socialisme spécifique était fragilisé d’avoir pris naissance dans la défaite allemande grâce à l’armée soviétique ; le parti SED au pouvoir s’est peu à peu encombré de carriéristes rompus aux discours marxistes mais attachés essentiellement aux avantages du pouvoir. Tant et si bien que, quand la RDA disparut, absorbée par la grande Allemagne capitaliste en 1992, une partie de ces bureaucrates ne vit aucun inconvénient à se reconvertir en responsables de l’état réunifié, voire des partis de droite ou socio démocrates, comme d’ailleurs en Bulgarie, Roumanie, Hongrie ou URSS.

En tout état de cause, rien dans ce passé d’ombres et de lumière ne justifie ce communisme honteux, porté en bandoulière par les repentis européens, alors même que cet idéal signifie toujours le rêve d’un monde meilleur, débarrassé de l’exploitation capitaliste, de l’oppression des individus et de la guerre.

2ème partie Communistes d’Europe : la contagion morbide du suicide.

Les deux dernières décennies du siècle 20 ont vu souffler un étrange vent de défaitisme suicidaire sur la galaxie communiste en Europe. Dans la plupart des pays de l’ancien « bloc socialiste », Pologne, Bulgarie, Roumanie, Hongrie, les appareils d’état privés de leur pouvoir par l’implosion du protecteur soviétique ont mué en partis sociaux (libéraux) démocrates, convertis au capitalisme et à l’OTAN, expulsant de leurs rangs les obstinés communistes fidèles à l’idéal premier, et réduits par la répression à des groupuscules quasi clandestins. A l’Ouest, la plupart des PC orphelins d’un modèle longtemps adulé sans les réserves nécessaires ont été déstructurés par l’évolution d’un capital mondialisé destructeur des usines et des classes ouvrières : ils ont perdu à la fois leur influence, leurs repères idéologiques et leur rôle dans l’histoire de leur pays. Ils ont accompli pour la plupart un Congrès de Tours à l’envers, retournant à l’opportunisme carriériste, au « crétinisme ministériel » et aux compromissions sans principe avec la social-démocratie.

Ainsi le PC italien, désireux avant tout d’accéder au pouvoir, se transforma d’abord en ectoplasme politique (a cosa) ouvert aux courants politiques les plus dissemblables ; il finit en Parti Démocrate, féru d’Europe supranationale et de paix sociale. Le PCF, lui, se donna chaque jour un peu plus à des dirigeants sans principes qui finiront quelques années plus tard en serviteurs du PS ou du patronat (Philippe Herzog, Fiterman, Robert Hue, etc.). Sa « mutation » des ans 2000 se fit en allégeance à des pouvoirs d’état privatisant l’économie, détruisant les conquêtes sociales, mais apte à pérenniser la réélection et la carrière des notables, élus et bureaucrates devenus maîtres du parti. Parallèlement, l’érosion puis l’agonie du tissu militant réduisait à néant ses capacités d’action, même s’il conservait le nom de parti communiste, auquel la plupart de ses adhérents étaient attachés. En son sein, une bonne partie de ces cadres opportunistes aspirent toujours, sans parfois l’avouer, à élargir l’organisation à des courants extérieurs, « humanistes », « écologistes », « féministes », à « dépasser la forme parti », comme disaient à Rome les théoriciens de « a cosa » quelques 20 ans plus tôt. Cela bien sûr pour obtenir des soutiens et des prébendes aux élections locales et nationales.

Cette dérive opportuniste bascula aussi le PC d’Espagne, transformé en Izquierda Unida (Gauche unie), regroupement de sensibilités contradictoires et prêt à s’allier avec n’importe qui, des nationalistes conservateurs en Catalogne, aux sociaux-libéraux en Andalousie, etc. Mais l’exemple le plus évident vint d’Allemagne, après l’effondrement de la RDA et son absorption dans la « Gross Deutschland » capitaliste . Les aspirations ou nostalgies communistes restaient fortes à l’Est du pays, ce qui permit au parti SED, privé de son état, d’y subsister. Mais sous l’influence d’apparatchiks qui regrettaient surtout le pouvoir, ce PDS « rénové » aspirait avant tout à se débarrasser de l’étiquette communiste, considérée par eux comme un handicap électoral. Cela aboutit en 2007 à la création de « Die Linke » ( la gauche), avec l’apport de militants des Landers de l’Ouest et l’inclusion de groupes disparates sociaux-démocrates, trotskistes, pacifistes, écologiques, etc. Cet « élargissement » servit d’exemple à tous ceux qui rêvaient dans les pays voisins de dissoudre les partis communistes dans un agglomérat plus vaste. En 2009, les résultats électoraux semblèrent leur donner raison : Die Linke atteignit presque 12% des suffrages en Allemagne. La réalité en trois ans a fait exploser cette naïveté : sitôt que les dirigeants de Die Linke, sortant de l’opposition, se sont alliés pour gouverner avec les sociaux-démocrates comme à Berlin, ils ont endossé la responsabilité d’une politique néfaste et ont été rejeté par leur électorat. Début juin 2012, Die Linke est retombé à 5% des voix et son congrès, houleux, a vu s’opposer les « pragmatiques » désireux de pouvoir et d’alliance avec le SPD, et les « socialistes de gauche » pour lesquels le parti reste un instrument de lutte sociale anti-capitaliste. La nouvelle direction issue de ces débats est hétérogène, on peut donc s’interroger sur l’avenir de ce parti.

Dans une Grèce aux prises avec les mesures d’austérité dictées par l’Europe supranationale et les banques, la coalition de gauche hétéroclite Syriza dénonce les régressions sociales mais prône le sauvetage de l’euro et des institutions européennes. Elle a été présentée par les médias et le PGE que préside Pierre Laurent comme la seule riposte possible à la loi des marchés spéculatifs. En France, Mélenchon a qualifié Syriza de « notre parti » et le PCF a fait sa promotion au détriment du KKE, parti des communistes grecs. Grâce à quoi, Syriza a réussi à ponctionner une partie des voix du KKE, et la droite l’emporte en Grèce.

Le constat est partout le même : l’électoralisme qui justifie pour certains cadres dirigeants l’alignement des communistes sur les partis sociaux-libéraux responsables des politiques d’austérité, peut apporter quelques succès électoraux ambigus et éphémères, mais conduit rapidement à l’affaiblissement voire à la disparition des PC. Après la dégringolade d’Izquierda Unida en Espagne, de Rifondazione communista en Italie qui a cru bon de siéger au gouvernement de la « gauche », l’histoire des Die Linke en Allemagne le confirme. Et s’il fallait aussi une preuve française, elle est venue les 10 et 17 juin 2012 : le PCF s ‘était quasiment dissout dans un Front de gauche rendu euphorique par les 12% de Mélenchon aux présidentielles. Il a chuté à moins de 7% qui sont à mettre à l’actif d’une coalition électorale, non du seul PCF. Certains dirigeants de ce parti rêvent encore de participer à un gouvernement de la « gauche » et ils s’affirment toujours membres de la majorité présidentielle : le bilan de la tactique adoptée est pourtant catastrophique : le PCF avait 17 députés en 2007,il lui en reste 8 en 2012 (plus 2 Front de gauche).

Serait-ce la fin de l’histoire pour les partis communistes d’Europe ? La pente savonneuse n’est pas fatale. Les PC du Portugal, de Grèce, de Tchéquie, etc., ont su refuser cette stratégie du suicide qui ne répond qu’aux intérêts carriéristes d’élus ou de bureaucrates sans principes, mais en rien aux nécessités de transformation sociale vers un socialisme du 21ème siècle.

 

Francis Arzalier

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2633

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