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Site de recherche d'emploi

Le site http://jooble-fr.com/

vous propose des annonces d'offres d'emploi nationales et internationales.


Les offres qui vous seront envoyées par mail proviennent de différentes sources, et ne préjugent en rien des conditions de travail et des salaires. Il vous appartient de vous en assurer le cas échéant.

 

Le site est d'utilisation simple et l'inscription est gratuite.

 

http://jooble-fr.com/

 

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Quelques conférences

Chansons

  Avant d'écouter les enregistrements ci-dessous, attendez la fin de la musique de fond du blog...

 

L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 12:11

La Direction PSA annonce 8300 suppressions d’emplois, avec 3 volets :

 

1) Arrêt de la production de voitures à Aulnay en 2014

3300 emplois directs concernés, et d’après les élus locaux, environ 10 000 avec les soustraitants.

La Direction prétend que :

• La moitié des 3300 pourrait se voir proposer un poste à Poissy (la création d’une

équipe complémentaire sur C3/DS3 générerait 750 emplois, ça ne fait pas le compte).

• L’autre moitié se verrait proposer un reclassement dans le bassin d’emplois d’Aulnay.

Ainsi que nous l’avions dit, la direction PSA tente de camoufler la fermeture sous un vocabulaire de reclassement, dont nous savons qu’il a pour seul but de démobiliser les salariés et de tromper l’opinion publique. Quand on connait la situation de la Seine St Denis, département sinistré du point de vue de l’emploi, on voit le peu de crédit qu’il faut accorder à ces promesses de reclassement.

Ces suppressions d’emploi ne s’inscrivent pas dans le cadre du GPEC (volontariat) mais dans le cadre d’un PSE avec une période de volontariat (jusqu’à mi-2013) puis phase de licenciements économiques.

 

2) Suppressions de 1400 emplois sur le site de Rennes.

Comme pour Aulnay, cela se fera dans le cadre du PSE : période de volontariat jusqu’à mi2013 puis phase de licenciements économiques.

Pour Rennes c’est une véritable saignée : près d’1/4 de l’effectif !

La direction PSA promet un nouveau véhicule … en 2016, et sans dire si ce sera dans le cadre de l’alliance avec GM ou pas.

 

3) Suppressions de 3600 emplois dans les autres usines et établissements.

Dans le cadre d’un PREC (volontariat) de juillet 2012 au 30 juin 2013. . La prime d’incitation pour congés de reclassement est portée à 4 mois, celle pour projet personnel est portée à 6 mois.

 

Commentaires CGT :

C’est une déclaration de guerre contre nos emplois et nos conditions de travail.

Les salariés ne sont plus devant un plan de départs plus ou moins volontaires. Nous sommes devant un plan de fermeture d’usine et de licenciements économiques.

Depuis 1 an, la CGT avait dévoilé ce plan secret et la volonté de la direction de ne rien dire avant les échéances politiques.

Après une année de mensonge de la direction PSA, les cartes sont maintenant sur la table. Un combat s’engage pour défendre les emplois à Aulnay, à Rennes et dans tout le groupe car c’est tout l’avenir des emplois industriels dans nos régions qui est en question.

Dès l’annonce, les salariés d’Aulnay ont arrêté le travail.

 

CGT PSA

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 12:10

L’annonce de 8000 licenciements chez Peugeot et de la fermeture du site d’Aulnay-sous-Bois est une véritable déclaration de guerre aux salariés.

 

Ceux-ci avaient dénoncé la stratégie du groupe l’été dernier. Personne ne les a crus dans les arcanes du pouvoir, à moins que celui-ci n’ait conseillé aux dirigeants de Peugeot de cacher la décision jusqu’à la présidentielle. La trahison serait donc à tous les étages et la réaction syndicale, qui promet des journées difficiles aux dirigeants peu scrupuleux, pourrait être le point de départ d’une prise de conscience politique sur l’ensemble du territoire alors que de conférence en discussion, le gouvernement a su calmer les ardeurs des plus virulents. Cette annonce de PSA remet au premier plan des idées du Front de gauche portées par Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne présidentielle: une loi d’urgence proclamant un droit de veto des représentants syndicaux dans les comités d’entreprise et l’interdiction immédiate des licenciements boursiers.

 

Qui peut aujourd’hui affirmer qu’un gouvernement, aussi socialiste soit-il, a les moyens de faire fléchir les dirigeants de Peugeot? Sans une loi contraignante, comment peut-il, à l’heure où il s’apprête à s’aligner sur les exigences européennes en termes de budget et de règle d’or, combattre les partisans du sacrifice des salariés sur l’autel de la rentabilité et du profit? Sans doute faut-il ici ou là réorganiser certaines entreprises, notamment celles où les choix stratégiques des dirigeants ont conduit dans l’impasse.

 

Mais on apprenait également hier que Sanofi préparait un vaste plan de licenciements. Il y aurait donc des PSA un peu partout en France. S’il faut soigner Peugeot, il faut déjà anticiper sur des centaines d’entreprises en sursis. Cela passe par la réindustrialisation du pays et la croissance.

 

Thierry SPRIET

Editorial deL'ECHO

Vendredi 13 Juillet 2012

 

http://eldiablo.over-blog.org/article-emploi-industriel-surveiller-son-psa-108095228.html

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 12:09

Le Collectif communiste Polex constate que la crise de l’Europe supranationale, instrument politique des spéculateurs boursiers et des multinationales, s’aggrave de jour en jour : faire de temps à autre un discours sur la croissance ne change rien, quand parallèlement on approuve l’austérité budgétaire et la soumission aux marchés financiers.

L’heure n’est plus à « sauver l’euro et l’Europe », comme le préconisent les partis de droite et socialistes, et même le Front de Gauche. Nous devons aujourd’hui projeter une issue politique favorable à ceux qui vivent de leur travail en Europe, dans l’effondrement prévisible de « l’Euroland ». La « sortie de l’euro » ne sera pas la solution, si elle ne s’accompagne pas des mesures de rupture suivantes :

 

1) Annulation de la dette publique, qui condamne les peuples à l’austérité au profit des financiers spéculateurs.

 

2) Fermeture du marché obligataire, conséquence logique de l’annulation de la dette puisque les marchés ne prêteront plus à un pays qui ne les rembourse pas. Pour financer la trésorerie de l’État et les investissements publics il faut donc imposer aux banques et compagnies d’assurance d’acheter obligatoirement des quotas de titres d’État ; s’appuyer sur l’épargne nationale ; restaurer le pouvoir de chaque banque centrale nationale de faire des avances sans intérêt et parfois non remboursables à leurs États respectifs, en s’émancipant de la BCE.

 

3) Appropriation collective des secteurs stratégiques de l’économie (banques, assurances, eau, énergie, transports, etc.).

 

4) Mise en place de l’encadrement du crédit et de la sélectivité du crédit.

 

5) Restauration du contrôle des changes et des mouvements de capitaux.

 

6) Prise de mesures de préservation et de développement de l’outil industriel de chacun des pays euro dans l’esprit des coopérations que construisent les états d’Amérique latine (ALBA), telles que les prévoyait la charte de la Havane de 1948.

 

7) Augmentation des salaires et du pouvoir d’achat des salariés.

 

8) Droit opposable à l’emploi, pour permettre la relocalisation des industries.

Toutes ces mesures impliquent, évidemment, non seulement un refus total des traités européens projetés, mais la dénonciation de ceux existants de Maastricht et Lisbonne, qui aliènent la souveraineté nationale et populaire des peuples d’Europe au profit de « l’Eurostérité », et la sortie de l’OTAN, machine de guerre impérialiste contre les peuples et gouffre financier.

La seule issue à la situation actuelle, dans tous les pays d’Europe, est le développement de mouvements populaires capables d’imposer ces objectifs, organisés en commun par toutes les organisations qui les partagent.

 

Collectif communiste Polex Paris, le 07 juin 2012

 

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 12:04

Le consensus ronronnant

 

9 et 10 juillet, 2 jours de déclarations, d’échanges, de mise au point d’une méthode et d’un calendrier.

Culture de la négociation sociale, compromis positif, dialogue, inscription du dialogue social dans la Constitution appelée d’ailleurs de ses vœux par Parisot et le MEDEF afin de rendre le contrat supérieur à la loi, installation du Haut Conseil pour le financement de la protection sociale en septembre…

 

Certes, certaines mesures prises par la droite abandonnées (comme les accords compétitivité-emploi) et des problèmes ont été listés : salaires, emploi dans la fonction publique, précarité, RGPP, indemnisation du chômage, emplois d’avenir (100.000), contrats aidés…

Les grands médias ne cessent de célébrer le climat nouveau, l’entente, le respect, le "diagnostic partagé " ; une nouvelle conférence sociale prévue dans un an pour tirer le bilan du processus engagé.

Le nouveau pouvoir veut se donner du temps et donner du temps au « dialogue social »...

 

Le choc PSA

 

Mais dès jeudi matin, les réalités de terrain sont venues rappeler à tous qu’aujourd'hui comme hier, les décisions patronales sont pilotées exclusivement par la recherche du profit et se foutent du sort des travailleurs : le couperet du bourreau tombe, la fermeture du site de PSA Aulnay est annoncée pour 2014, le site de Rennes est aussi touché par ce plan de restructuration.1 400 emplois concernés sur un total de 5 600 salariés. Au total ce sont 8000 emplois qui passeraient à la trappe ; sans compter tous les emplois induits par cette activité industrielle !

Dès jeudi matin l’urgence est venue télescoper cette stratégie d’enfumage consistant à gagner du temps pour conduire les organisations syndicales à accepter quoiqu’on en dise des décisions déjà prises sous couvert de concertation dans la durée !

 

D’une manière générale, sur les questions d’urgence comme les plans de licenciement massifs programmés dès l’élection passée dans l’automobile, comme dans les télécoms (SFR et Bouygues), Carrefour, Air France, la Société générale, Arcelor-Mittal, Sanofis...) au total 80.000 emplois directement menacés, silence radio !!!

C’est "l’Etat ne peut rien !" du Jospin de 97 qui revient sur le devant de la scène !

 

Après les effets d’estrade électoraux sur la démondialisation et la résistance aux plans de licenciements viendrait le temps du « réalisme », c’est-à-dire de la soumission aux intérêts patronaux, à ceux des privilégiés et des marchés financiers ?

 

Tandis que sur d’autres plans, l’avenir se présente de manière sombre, concernant par exemple les retraites et la CSG dont l’augmentation est bel et bien prévue, les retraités étant si l’on peut dire en première ligne.
D’autant que sur ces questions, le gouvernement socialiste pourra compter sur Chérèque qui se déclare partisan de la retraite par points et de l’allègement des charges patronales par un report sur la CSG !

Entre F. Hollande, le MEDEF et les dirigeants de la CFDT, il y a, au-delà des postures de façade, accord sur l’idée que les problèmes de compétitivité de l’économie française résulteraient des rigidités du marché du travail et du "coût du travail", le président de la République déclarant en ouverture de la conférence que « la détérioration de notre compétitivité est aussi une conséquence de certaines rigidités dans la structure des coûts, notamment concernant le coût du travail ».

 

Comment à partir de là s’opposer réellement aux plans dits "sociaux", aux fermetures d’entreprises, aux licenciements ?

 

Pas d’autre alternative que la lutte et le TOUS ENSEMBLE !

 

Certes le ton a changé par rapport au pouvoir antérieur mais qu’en est-il du changement de politique ?

Tout en appelant à chasser Sarkozy, nous n’avons cessé de dire que le gouvernement socialiste ne mettrait pas en œuvre une autre politique pour des raisons fondamentales, qu’il ne fallait se faire aucune espèce d’illusion sur sa volonté de changement et que c’était sur nos propres forces et sur nos propres luttes qu’il fallait compter ! Comme en 36, en 68 et à toutes les époques de conquête sociale !

Parce que le nouveau pouvoir, les socialistes acceptent les diktats de l’Union Européenne,

·         parce qu’ils acceptent la domination des marchés financiers,

·         parce qu’ils acceptent de payer une dette que nous avons déjà payer 100 fois,

·         parce-qu’ils acceptent le pouvoir sans partage des patrons des entreprises du CAC 40,

·         parce qu’ils s’apprêtent à ratifier le scandaleux traité européen TSCG et qu’ils acceptent des pas supplémentaires dans la remise en cause de notre souveraineté nationale et de la souveraineté populaire bafouée comme à la suite du referendum européen de 2005

·         parce qu’ils n’osent pas s’attaquer à la finance qui aggrave son emprise sur les Etats et renforce ses positions dans les paradis fiscaux...

 

… ils n’ont pas l’intention ni la volonté de se mettre en travers des décisions de fermeture de PSA par exemple qui implique la rupture avec toutes ces entraves dressées contre les intérêts du peuple !

 

Pour cela, il leur faudrait remettre en cause ce pouvoir, donner des droits de suspension des plans aux travailleurs, contraindre ces dirigeants et les actionnaires à faire prévaloir l’intérêt général contre leurs sordides intérêts particuliers.

Il faut donc se battre dès aujourd'hui et rouvrir la perspective du changement réel de société par le contrôle des travailleurs sur les grands moyens de production et d'échanges.

Lucidité et détermination !

 

Il nous faut être lucide sur cette situation !

Nous notons le fait que la CGT a maintenu sa plate-forme revendicative (la retraite à 60 ans pour tous sans précision toutefois sur la durée de cotisation, le refus de l’augmentation de la CSG, la demande de nouveaux droits pour les travailleurs, la revendication d’un Etat stratège…).

Mais lorsque B. Thibault considère comme un simple "loupé" le fait que la conférence sociale n’ait rien dit des urgences de l’heure, c’est entretenir les illusions sur la politique que le pouvoir va mener et c'est par conséquent désarmer les travailleurs.

Ce positionnement "raisonnable" et mesuré "d’en haut" laisse découvrir un fossé béant avec la révolte et les cris de colère qui montent des entreprises agressées !

 

Pour contrer la politique du patronat et passer à l’offensive sur les revendications pour lesquelles nous nous battons depuis des années, pour les salaires, pour l’emploi, pour les retraites, pour l'égalité professionnelle femmes/hommes, contre les fermetures d’hôpitaux et de services, contre la marchandisation de l’enseignement supérieur, contre la démolition des services publics de manière générale … il n’est pas d’autre voie que la lutte en plaçant le nouveau pouvoir devant ses contradictions et son inconséquence vis-à-vis de son propre électorat !

 

Partout, le soutien politique et moral doit s’organiser à l’égard des travailleurs les plus menacés, afin d’expliquer que les choix de fermeture ne sont pas inéluctables, et partout apprêtons nous à construire le "tous ensemble en même temps !" plus que jamais indispensable !

Avec les formes de lutte les plus élevées possibles que requiert la situation et qui rassembleront les salariés !

Car comme l’a si bien dit le délégué CGT de PSA Aulnay Jean-Pierre Mercier : « ils nous ont bel et bien déclaré la guerre ! »

 

Le Front Syndical de Classe

Jeudi 12 juillet 2012

 

 

********************************

* Le 24 février 2012 sur le parking des Goodyear d’Amiens Arnaud Montebourg déclarait, qu'il faudrait voter une loi pour vérifier les plans de licenciement des entreprises et suspendre les plans dans les entreprises bénéficiaires, "face aux entreprises qui manifestement ne perdent pas d'argent."

 

http://www.frontsyndical-classe.org/article-conference-sociale-enfumage-et-choc-des-realites-108077113.html

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 12:02

par Georges Gastaud , secrétaire national du PRCF

 

« Il y a une guerre de classes, c’est vrai. Mais c’est ma classe, celle des riches qui mène cette guerre, et c’est nous qui la gagnerons ». Warren Buffet, milliardaire américain, New-York Times, novembre 2006

 

Ils ont bonne mine les dirigeants confédéraux qui, à des degrés divers – Chérèque battant comme d’habitude tous les records de complaisance envers le gouvernement – ont célébré la « concertation » à la mode hollandaise. En réalité, la guerre de classe s’amplifie contre le peuple à l’initiative du MEDEF, de l’Union européenne et de la social-démocratie « hollandaise » au pouvoir.

§        Après quelques mesurettes destinées à démobiliser les travailleurs, les vraies mesures annoncées par Ayrault vont durement saquer le pouvoir d’achat et l’emploi public, notamment dans la Santé, au ministère du travail, etc. ; dans l’Education nationale, les conditions de travail et d’emploi sont tellement dégradées (100 000 suppressions de postes depuis l’an 2000 !) qu’il n’y a plus assez de candidats pour pourvoir aux postes mis au concours…

§        C’est l’avalanche de plans ANTI-sociaux non seulement dans le « privé » (mais une boîte comme Peugeot aurait déjà disparu si elle n’était pas soutenue à milliards par l’Etat), mais dans le semi-public : bien que l’Etat dispose de la minorité de blocage à Air-France ou chez Renault, 3000 emplois vont disparaître à Air-France qui ne traduira même plus en français ses modes d’emploi : bonjour la sécurité ! Quant à Renault, sauvé par l’argent public en 2008, son « merci » au contribuable français est de délocaliser sa production au Maroc pour surexploiter l’ouvrier marocain à l’abri de « notre ami le roi » ; des dizaines de milliers de suppressions d’emploi sont également en vue dans la construction ;

§        Le plus visible est le projet de fermeture de PSA Aulnay qui va encore accélérer la désindustrialisation de la région parisienne ; moins visible des médias, l’attaque frontale contre PSA-Rennes et le dégraissage permanent des équipementiers automobiles dans le Nord-Pas-de-Calais, à Renault-Douai, chez Durisotti-Lens, à la Française de Mécanique ;

Aussitôt connue l’annonce de la fermeture d’Aulnay, les ouvriers postés ont répondu par des déclarations qui montrent que la classe ouvrière n’est pas prête à se laisser promener de plan « social » en plan « social » jusqu’au déclassement de tout le prolétariat industriel – ouvriers, techniciens, ingénieurs – de France. « On ira jusqu’au bout ». « Rien à perdre ! ». « Patrons voyous ! ». « Ils nous déclarent la guerre, on la déclare nous aussi ! »…

 

TOUT LE MOUVEMENT POPULAIRE DOIT SE MOBILISER DERRIERE LES TRAVAILLEURS EN LUTTE. Faisons d’Aulnay le Stalingrad de l’emploi industriel : plus une DELOCALISATION, plus une PRIVATISATION, plus un LICENCIEMENT servant à gonfler les profits après avoir touché l’argent public et engraissé les actionnaires !

Les causes de cette nouvelle agression contre l’emploi industriel et l’ex- « ceinture rouge » parisienne – qui ne demande qu’à retrouver ses vraies couleurs – sont connues : il s’agit :

a)      De la rapacité capitaliste qui, à l’abri de l’euro-mondialisation capitaliste (« l’Union européenne est une économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée », article VI du traité de Maastricht proposé par Chirac et Mitterrand). Cette mondialisation néolibérale, qu’acceptent l’UMP et le PS (y compris Montebourg puisqu’il accepte de travailler dans ce gouvernement pro-Maastricht) détruit les bases industrielles dans les pays où existent des acquis des luttes pour surexploiter les ouvriers des pays du Sud et ceux des anciens pays socialistes de l’Est que la restauration capitaliste a plongé dans la misère (cf. les grèves de Renault-Dacia en Roumanie) ; 

b)      De l’Union européenne de malheur qui interdit aux gouvernements « nationaux » européens d’avoir de vraies politiques industrielles nationales ou de constituer de forts secteurs publics industriels sous peine de « fausser la concurrence » et d’être accablés de taxes par la Commission européenne supervisés par Merkel ; 

c)      Du maudit euro, qui a été conçu de A à Z pour les banquiers de France et pour les industriels allemands : calé sur le mark, la monnaie unique renchérit nos exportations, nous ramène les importations allemandes tout en plombant la Sécu, les retraites et les salaires au nom de l’euro fort ».

d)      Des gouvernants français qui se couchent systématiquement devant Bruxelles, Berlin etc. Et pour cause, le vrai maître de la France - le MEDEF – vient de publier un manifeste intitulé « besoin d’airE » qui propose de mettre un point final à l’histoire de France (« reconfigurer les territoires », « transférer la souveraineté », mettre en place une « nouvelle patrie, les Etats-Unis d’Europe »). Aussitôt dit, aussitôt fait, Hollande veut ratifier – avec le soutien enthousiaste de l’UMP – le nouveau Traité qui impose le contrôle européen (en fait, allemand) sur le budget français. LES GOUVERNANTS du P.M.U. – le Parti Maastrichtien Unique composé du PS, de l’UMP, des Verts et du MODEM – se lient eux-mêmes les mains, ces valets du grand patronat préfèrent l’euro à l’indépendance française, à l’emploi industriel et aux acquis sociaux gagnés en 1936, 1945 et 1968 ! 

La solution n’est pas de s’en remettre à l’UMP et au FN, ces ennemis acharnés des ouvriers. Ce n’est pas l’ouvrier immigré qui casse la France, c’est le grand capital qui désindustrialise notre pays, le pousse à tout importer (bonjour la dette !) et qui déclasse nos départements ouvriers en installant partout la misère et la haine ethnique (diviser pour régner !).

Face à cela, le PRCF – qui compter dans ses rangs des dirigeants historiques de la grève ouvrière de 68 – appelle les travailleurs, la population, les vrais patriotes républicains à exiger :

1°) l’interdiction de tous les licenciements, le maintien intégral des usines de Rennes et d’Aulnay et des emplois chez les équipementiers ;

2°) la (re-)nationalisation de Peugeot et Renault sans indemnités pour les grands actionnaires, par transformation en action des aides publiques à l’emploi escroquées par les directions ; la mise en place d’une vraie filière automobile nationale partant à la reconquête prioritaire du marché national ; la remise en cause du libre-échangisme de l’UE et de l’OMC avec en perspective la réindustrialisation planifiée de la France ; car notre pays disparaîtra s’il continue à privilégier le « tout-finance », le « tout-transport » et le « tout-tourisme ». Cela exige la mise en place d’un grand secteur public industriel d’Etat et la nationalisation des banques et du crédit.

 Dans l’immédiat, l’intérêt des licenciés économiques de tout le pays est d’exiger une grande manifestation – pourquoi pas, pour commencer de manière décentralisée le 14 juillet puisqu’il y va de l’intérêt national – de tous les licenciés du privé et de tous les « supprimés » du public et semi-public. Le but serait d’imposer l’interdiction des licenciements, la relance des emplois publics et de l’emploi industriel, quitte à dire m…. au maudit euro, au système capitaliste synonyme de destruction. Tant pis si pour cela il faut claquer la porte de cette monstrueuse prison des peuples qu’est l’Union européenne : nos emplois, nos vies et notre pays valent mieux que leurs profits et que leur maudit euro !

 Le PRCF milite pour unir les communistes et reconstruire un vrai parti d’avant-garde de la classe ouvrière associant le drapeau rouge international des ouvriers au drapeau tricolore du produire en France (avec TOUS les travailleurs, français ou immigrés).

Le PRCF fera l’impossible pour populariser la lutte des travailleurs de l’automobile, appeler à la solidarité nationale et internationale jusqu’à la victoire finale.

Comme on dit à Cuba, « Hasta la victoria siempre ! » et « Venceremos ! ».

 

 

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 11:46

Alors que s’achève la conférence sociale entre le patronat, les syndicats et le gouvernement, il apparaît très clairement que ce dernier ne se donne aucun moyen pour bloquer les licenciements et a clairement choisi en faveur de qui il allait gérer les affaires.

Le ministère du redressement productif, censé sauvegarder les bassins d’emplois, est avant tout un ministère de la parole et de la communication destiné à faire passer la pilule et à occuper le terrain médiatique sans proposer d'alternative aux licenciements et aux mesures d'accompagnement classiques.

 

  Face à cela, et alors que les projets de délocalisation et les plans de licenciements se multiplient, seule l'intervention des travailleuses et des travailleurs ainsi que la coordination de leurs luttes peut faire pencher la balance du bon côté et imposer des choix politiques propres à faire reculer les capitalistes et à les priver de leur pouvoir de décision. Le droit de veto des travailleuses et des travailleurs sur les licenciements, la réquisition des entreprises, la réduction du temps de travail sans baisse de salaire, la mise en place de services publics réellement contrôlés par la population sont autant de revendications qui peuvent être portées pour lutter contre la loi des patrons. Au-delà de cela, reprendre en main les entreprises, c'est aussi repenser l'organisation du travail et l’organisation de la production pour prendre en compte les besoins réel

 s de la

 population et non alimenter une soif de croissance débridée et mortifère. On ne peut en effet prétendre rompre avec le capitalisme sans rompre avec le productivisme et la surexploitation de l’environnement.

 

Nous ne sommes pas dupes du « changement » promis par le nouveau gouvernement et la politique qu’il entend mener reste une politique de rigueur, dans la droite ligne de l’austérité qui s'impose de plus en plus à l'échelle européenne, notamment par le biais d'un "pacte budgétaire" approuvé par le nouveau gouvernement sans que le population ait son mot à dire. Pour imposer le retour à l'équilibre budgétaire, Hollande et Ayrault s'apprêtent à continuer la saignée des services publics en taillant dans les effectifs et en poursuivant la politique de blocage des salaires des fonctionnaires. Et ce ne sont pas les 120 milliards d'euros d'aides et de prêts pour les grands travaux en Europe qu'ont promis de débloquer les dirigeants européens qui sont de nature à atténuer ce régime de rigueur. De même, ils parlent de mett

 re en p

lace une taxation sur les transactions financières sur laquelle ils sont incapables de se mettre d'accord mais qui ne permettrait de récupérer qu'une infime partie des profits accumulés par les capitalistes.

 

Pour toutes ces raisons, nous estimons qu'il est urgent de rompre avec l'attentisme qui accompagne les premiers pas de ce gouvernement.

 

L'attentisme a dominé les expériences précédentes de la gauche au pouvoir qui ont toutes débouché sur des plans d'austérité et une aggravation des inégalités de richesses. Nous ne voulons pas que les mêmes causes produisent les mêmes effets, c'est pourquoi nous pensons qu'il est important de construire dès maintenant une opposition de gauche, autre, anticapitaliste et donc alternative aux politiques patronales et gouvernementales. Ne pas le faire revient à laisser la droite et surtout l'extrême droite incarner à elles seules une opposition politique, alors que leur seul but est de (re)prendre le pouvoir pour incarner un état toujours plus autoritaire, inégalitaire et raciste !

 

Les travailleuses et les travailleurs s'apprêtent à subir une violence sociale sans précédent du fait de la multiplication annoncée des plans de licenciements et  pour arrêter de subir et reprendre les choses en main, il n'y a pas d'autre choix que de rompre avec le capitalisme en imposant une redistribution des richesses. Miser sur une hypothétique croissance pour améliorer la situation, c'est se laisser prendre au jeu d'une économie productiviste dominante dans laquelle nous sommes toujours perdant-es. Et quel que soit le gouvernement au pouvoir, seule l'intervention directe de tou-tes les exploité-es et de tou-tes les opprimé-es pourra faire tomber le mur de l'argent !

 

Signataires (par ordre alphabétique) : Alternative Libertaire, la Fédération Anarchiste, le Mouvement des Objecteurs de Croissance, le Nouveau Parti Anticapitaliste.

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 11:45

mercredi 18 juillet 2012 / par Renaud Towe

 

L’Afrique du Sud et le monde célèbrent ce mercredi 18 juillet les 94 ans de Nelson Mandela. Or, le Congrès national africain, maillon essentiel de la lutte contre l’apartheid, a progressivement évolué depuis le départ de son leader historique. L’ère post-Mandela a été et sera assurément mouvementée au sein du parti.

Nelson Mandela est officiellement devenu président de la République d’Afrique du Sud en 1994, grâce aux premières élections nationales non raciales de l’histoire du pays. Il présida le premier gouvernement non racial du pays, un gouvernement d’unité nationale entre le Congrès national africain (ANC), le parti Inkatha de la liberté (IFP) et le Parti national (NP). Il s’est alors entouré de deux vice-présidents, Thabo Mbeki de l’ANC et Frederik de Klerk du NP, conformément à son souhait de « Nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde ».

Or, à partir de 1996, Thabo Mbeki, qui est devenu l’unique vice-président en raison de la démission de De Klerk, prend la gestion quotidienne du pays et en décembre 1997 la présidence de l’ANC. Mandela lui laisse progressivement le pouvoir, en douceur, ce qui contribue à la stabilisation politique du pays. Il quitte complètement la tête de l’État le 16 juin 1999, date anniversaire des évènements de Soweto, au bénéfice de Mbeki, qui remporte les élections présidentielles. Ce dernier choisit Jacob Zuma comme vice-président, après le refus de Mangosuthu Buthelezi.

Cet homme à femmes est proche des syndicats et de l’aile gauche de l’ANC, et entretient des relations étroites avec la Cosatu (le congrès des syndicats) et du Parti communiste (SACP). Bien qu’il soit accusé dès 2003 de corruption et d’abus de pouvoir, il est facilement réélu avec Mbeki l’année suivante. De plus, l’ANC est encore renforcée à cette époque par la fusion-absorption du Nouveau Parti national (NNP).

 

La lutte des héritiers

En 2005, lors de son second mandat, Thabo Mbeki congédie finalement Jacob Zuma. Ce dernier est mis en cause dans une nouvelle affaire de corruption, cette fois sur un contrat d’armement. Le départ du vice-président provoque une réelle scission au sein de l’ANC. La ligue des jeunes du parti, le Parti communiste sud-africain et la Cosatu condamnent les poursuites contre Zuma et dénoncent l’attitude de Thabo Mbeki et de sa nouvelle vice-présidente, Phumzile Mlambo-Ngcuka. De plus, l’aile gauche du parti ne se reconnaît pas dans la politique libérale du président sud-africain. Jacob Zuma, qui est très populaire au sein du parti et impliqué dans de nombreuses affaires d’argent ou de mœurs, déclare être victime d’un complot.

En décembre 2007, les 4075 délégués du parti se réunissent à Polokwane pour élire le nouveau président de l’ANC, probable futur président de la République en 2009. Pour la première fois depuis 1949, deux candidats s’affrontent. Sans surprise, il s’agit de Thabo Mbeki et de Jacob Zuma. Ce congrès est celui des affrontements, des dissensions, des batailles de procédures. Nelson Mandela intervient même pour calmer les esprits. Finalement, le 18 décembre, Jacob Zuma est élu président de l’ANC avec 60% des suffrages. De plus, tous les membres du comité directeur élus sont de son courant au sein du parti. La victoire est donc totale.

 

L’ère Zuma, la fin de l’idéal de Mandela ?

Après des débuts difficiles, avec notamment la création d’une formation dissidente, le Congrès du Peuple, Zuma représente logiquement l’ANC aux élections de 2009. Grâce à son image d’homme du peuple, il obtient 66% des suffrages. Un score en baisse pour l’ANC, qui risque de voir ses scores diminuer davantage en raison de la désillusion des populations. En effet, le manque de cohésion sociale, les injustices, les inégalités économiques entre Blancs et Noirs persistent, malgré l’apparition d’une classe moyenne noire.

Cette situation déclenche une certaine colère parmi les dirigeants noirs, particulièrement ceux de l’ANC, à présent divisé entre les adeptes de la coexistence pacifique avec la minorité blanche et les partisans du règlement de compte, des nationalisations, des saisies de fermes. Même si Julius Malema, ex-chef des jeunes, qui a appelé à la vengeance contre les Blancs, a été débarqué du parti en février pour indiscipline, le rêve d’une « Nation arc-en-ciel » n’est plus véritablement la priorité au sein de l’ANC.

 

Renaud Towe

 

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 11:44

Atlas Alternatif

15-Jul-2012

 

Au lendemain des élections législatives en Libye, les grands médias occidentaux soucieux de cautionner le nouveau régime politique imposé par l'OTAN ont annoncé la victoire des libéraux de l'Alliance des forces nationales, sous la houlette de Mahmoud Jibril, face aux Frères Musulmans du Parti pour la justice et le développement de Mohamed Sawan dans les grandes villes, et l'échec des autonomistes de Benghazi, mécontents de la répartition des sièges à l'assemblée constituante à faire échouer la tenue du scrutin (ils avaient détruit le bureau de la commission électorale à Adjdabia et ordonné la fermeture des entreprises de raffinage de pétrole de Syrte).

Les Frères musulmans paieraient ainsi le prix de leur proximité avec Seif-el-Islam Kadhafi (actuellement détenu à Zeitan) après qu'il eût fait libérer 150 d'entre eux en 2003 (ils avaient boycotté la conférence de l'opposition à Londres en 2005 appelant au renversement du régime) ainsi que leurs liens trop visibles avec le Qatar. Toutefois l'avance de Jibril, candidat des Occidentaux, président du Conseil national de transition et ancien patron des réformes économiques sous Kadhafi, est toute relative. En outre 80 des 200 sièges de l'assemblée constituante seulement sont attribués aux partis politiques, les autres des "indépendants". Ce montage a été suggéré par les "spin doctors" américains logés à l'hôtel Rixos en vue de marginaliser les Frères musulmans et les salafistes comme Abdelhakim Belhadj, et devrait conduire de toute façon à un gouvernement d'union nationale entre islamistes et libéraux en vue de l'élaboration d'une constitution qui débouchera seulement en 2013 sur l'élction d'une assemblée législative définitive.

Ce que les médias occidentaux oublient de dire, c'est que, comme en Irak en 2004, ou en Haïti sous l'occupation de l'ONU, les élections sous le nouveau régime ne sont pas démocratiques puisque tous les courants d'expression ne sont pas libres de concourir au scrutin (notamment les partisans de l'ancien régime) et que le règne des milices compromet la liberté d'expression et de pensée.

Début juillet Amnesty International a publié un rapport d'enquête sur des faits des mois de mai et juin dernier intitulé « Libya: rule of law or rule of militias ? » (Libye règne de la loi ou règne des milices ?).

Le rapport cite notamment le cas de Hasna Shaeeb (Chahib, en retranscription française), une femme de 31 ans, enlevée à son domicile de Tripoli en octobre dernier par des hommes en tenue militaire et transférée à l'ancien Bureau du fonds de dotation islamique dans la capitale. Elle a été accusée d'avoir été une loyaliste pro-Kadhafi et un sniper. On l'a faite s'asseoir sur une chaise avec ses mains menottées dans le dos et elle a reçu des décharges électriques à sa jambe droite, aux parties intimes et la tête. Les gardes a menacé d'introduire sa mère dans la cellule et de la violer, et ont versé de l'urine sur elle.

Après qu'elle a été libérée de sa chaise, ses tortionnaires n'ont pas pu ouvrir ses menottes avec une clé, et ont donc tiré dessus avec un pistolet, des débris de balle se sont incrustés dans sa chair. Libérée après trois jours, Mme Shaeeb a fait constater par un médecin ses blessures et s'est plainte aux autorités. Celles-ci n'ont rien fait, mais Mme Shaeeb a reçu un appel téléphonique menaçant du milicien qui l'avait arrêtée et la façade de sa maison a été mitraillée.

Ce qui fait la singularité de l'histoire de Mme Shaeeb, c'est seulement le fait qu'elle a déposé une plainte officielle, beaucoup d'autres ont trop peur de le faire. Le gouvernement estime qu'il détient 3 000 détenus dans ses prisons et les milices 4 000 autres. Les tortures à mort sont fréquentes.

Bien loin des préoccupations d'Amnesty international, les milieux d'affaire internationaux eux sont satisfaits de la transition politique actuelle en Libye. Ainsi Mario Zotelle, directeur de la Joint Libyan Construction Company (JLCC), un consortium de sociétés dépendant de Asamer Holdings (basée en Autriche) intervenait à Doubaï le 27 juin à l'invitation de la chambre de commerce et d'industrie de ce pays la semaine dernière dans le cadre d'une conférence "Forum sur le développement à venir de la Libye 2012 : infrastructure et reconstruction" devant les 150 représentants de 60 compagnies d'Europe, des pays du Golfe et d'Afrique. « Nous fondons des attentes importantes sur ces élections, a-t-il déclaré, et sur le nouveau climat politique qui devrait fonctionner pour créer un cadre institutionnel et commercial plus fort ». « La Libye a besoin de réforme de l'éducation, a-t-il ajouté, afin de répondre à la demande pour les professionnels. Il faut également une réforme du secteur bancaire et la sécurité garantie dans tout le pays. Les transport et la fourniture d'électricité et de gaz doivent être améliorés. Mais le potentiel pour les entreprises et la participation de l'investissement dans la reconstruction de la Libye est important. »

Asamer possède et gère trois cimenteries en Libye. Pendant la "révolution", Asamer a soutenu ses travailleurs et les insurgés de Benghazi, la livraison de l'aide humanitaire. La compagnie a payé 2011 salaires à ses travailleurs malgré l'arrêt de la production pendant la crise.

Asamer a investi plus de 100 millions dans les usines afin d'accroître l'efficacité énergétique, production, qualité et les normes du travail et d'installer un système de protection de l'environnement.

La conférence de Doubaï était introduite par Charles Gurdon, directeur de l'agence anglaise de consulting Menas qui avait entre autre fait du lobbying pour le Conseil national de transition dans le New York Times en août 2011. Charles Gurdon sera aussi présent les 6-8 novembre 2012 au sommet du pétrole et du gaz de Vienne aux côtés des responsables de Total, de Repsol, de Haliburton etc, soit des représentants de 27 pays (notamment 30 % des compagnies pétrolières nationales du monde). Une conférence qu'il sera sans doute intéressant de suivre pour comprendre les stratégies pétrolières internationales dans la région...

 

Source Atlas Alternatif

 

http://www.collectif-communiste-polex.org/palestine-moyenorient/lybie_election.htm

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 11:42

Ce texte a été publié le 2 mars 2012 sur RC, peu de chose ayant changé dans la passivité lamentable de la "gauche" antitrucmachin, je le republie tel quel (spéciale dédicace à "Acrimed" qui continue à faire l'autruche dans une affaire qui pourrait tout de même interpeler davantage un organisme qui s'est autoproclamé "critique des médias". Et au "Diplo" sans doute empétré dans ses alliances tacites avec les "frères"). Lire également : Intervention au CN du PCF du 16 janvier 2012 : le communiqué du parti sur la Syrie du 30 décembre 2011 est une erreur

 

Beaucoup de gens de gauche regardent trop la télévision et sont sous l’influence de ce qu’ils y voient depuis un an. C'est pourquoi ils restent fermés à la critique de l’impérialisme et de ses agressions contre la Syrie, et qu’ils disent avec des trémolos dans la voix « qu’on ne peut tout de même pas rester les bras croisés face à de telles atrocités ». Les arguments qui s’appuient sur la nécessité du respect du droit international ne sont pas compris, ou sont écartés avec mépris, car ils sont considérés comme négligeables face à la charge émotionnelle produite par les images savamment offertes en spectacle manichéen à l’opinion mondiale.

 

Il faudrait inlassablement leur rappeler quatre vérités ! Quatre points à ne jamais oublier dans cette affaire:

 

La vérité sur les faits qui se produisent en Syrie depuis une année n'est pas du tout établie, et contrairement à ce qu'affirment les participants au bourrage de crâne médiatique universel, la responsabilité du pouvoir est rien moins qu'évidente dans la majorité des violences qui se sont produites. Médias, presse, journalistes trahissent complètement leur mission d’informer et atteignent les sommets de la tartufferie. Cette campagne est particulièrement forte et efficace parce que des médias d’habitude plus ou moins opposés sur la question palestinienne y contribuent de concert, ce qui reflète au niveau de la communication l’alliance nouvelle contractée sous l’influence de l’administration Obama, entre intégristes musulmans et Occidentaux [note du 17 juillet 2012 : Sur ce premier point, on peut dire aujourd'hui sans crainte d'erreur que l'essentiel des atrocités qui ont lieu en Syrie depuis seize mois est à mettre au compte de l'opposition armée, de ses protecteurs de l'OTAN et des pétromonarchies, avec la complicité morale de 95% de nos médias. Et cela quoiqu'il en soit de l'entêtement d'une "gauche multiple" complètement à l'ouest à soutenir les assassins assoiffés de sang de l'opposition syrienne, bâtards de salafisme et de CIA qui ont hérité des meilleures qualités des deux parents ].

 

La victoire de l'opposition syrienne telle qu'elle est serait la pire des choses, sur le terrain elle est prise en main par les salafistes et d’autres obscurantistes violents, et son succès serait bien plus dommageable à la démocratie et aux droits de l'homme, et encore davantage aux droits des femmes, que la victoire du gouvernement, sans parler du fait qu'elle plongerait la Syrie dans le même chaos sanglant qui règne en Afghanistan, en Irak ou en Libye. A titre de comparaison, il faut savoir que la guerre américaine en Irak a causé la mort de 120 000 irakiens nommément identifiés, et une surmortalité globale dans le pays de l'ordre d'un million de personnes depuis 2003 qui s'ajoute au million causé par l'embargo de 1991 à 2003, tout cela dans un pays de 20 millions d'habitants à l'époque.

 

Il s'agit en fait d'une guerre internationale classique, d'une agression impérialiste qui utilise des moyens subversifs modernes mais pas si nouveaux pour qu'on s'y laisse prendre si facilement. L'opposition qui est soutenue de l'étranger et par le consensus médiatique est illégitime, elle représente bien davantage les pétromonarchies intégristes et les services secrets occidentaux que les Syriens eux mêmes. Ne pas s'y opposer, ne pas la dénoncer est impensable pour des militants un peu cohérents avec leurs principes et créerait un précédent très dangereux pouvant s’appliquer à n’importe quel pays indépendant déplaisant à l’Empire (Cuba, Venezuela, voire la Russie ou la Chine).

 

Le devoir de tout militant communiste digne de ce nom est de lutter concrètement pour la paix en s'opposant aux menées interventionnistes et néocolonialistes de son propre gouvernement, quelque soit le prétexte mis en avant par des gouvernants qui n'ont aucune crédibilité sur le plan des droits de l'homme.

 

Alors à ceux qui disent qu'on ne peut tout de même pas rester les bras ballants sans rien faire il faut répondre « en effet, il faut certainement agir contre l'agression occidentale en cours contre la Syrie, et pour empêcher celle qui est programmée contre l'Iran ».

 

Rappel du même auteur: Syrie : pourquoi la Russie et la Chine ont raison

 

GQ, 28 février 2012

 

ps pour info : Rencontre avec Samir Amin : « Washington ne veut pas libérer la Syrie, mais l’affaiblir »

 

http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-syrie-quatre-verites-pour-ceux-qui-disent-on-ne-peux-tout-de-meme-pas-rester-la-sans-rien-faire-100336580.html

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 11:39

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Texte rédigé pour le meeting international “Force et actualisation du marxisme”, organisé par la fondation Rodney Arismendi à Montevideo le 15 septembre 2001. (Traduction PB pour Lepcf.fr)

 

1 - Le mouvement communiste, bilan et perspectives

Le XXe siècle sera éternellement marqué par la révolution russe de 1917, par le pouvoir politique du prolétariat et par la construction durable, pour la première fois dans l’histoire, d’une société sans exploiteurs ou exploités.

Avant il y avait des insubordinations, des rébellions et des révoltes, par les esclaves, les serfs, et par les classes exploitées et opprimées. Mais en aucun cas ces luttes avaient pour but (ou même accepté la possibilité) de construire une nouvelle société de libération.

Les mensonges de l’historiographie officielle, les grossières et diffamatoires campagnes anticommunistes, ainsi que le déni par certains de leur propre passé, rend nécessaire pour les communistes de rappeler ce qu’a été et ce qu’a signifié la révolution russe de 1917 et la construction de l’Union soviétique. Pour rappeler et justifier le fait que c’est le principal événement historique du XXème siècle et l’un des plus remarquables de l’histoire de l’humanité.

Il faut se rappeler que, lors de la Commune de Paris de 1871 également, évènement ayant précédé la révolution russe, le prolétariat prit le pouvoir et, tout en faisant preuve d’un héroïsme de masse, commença la construction d’une nouvelle société. A Paris, capitale de la France, le drapeau rouge de la classe ouvrière a claqué au vent pendant 102 jours, hissé sur la mairie. Rappelons-nous aussi, la contre-attaque par les armées réactionnaires suivie d’une monstrueuse répression, le massacre de 30.000 parisiens, avec un total de 100.000 meurtres, exécutions et condamnations aux travaux forcés.

Mais il faut aussi souligner qu’avec la Commune de Paris même battue, c’était une nouvelle histoire de l’humanité qui commençait, annonçant l’aube de la révolution russe de 1917 qui, en fait, allait débuter le cours d’un nouveau système social, sans précédent dans l’histoire. Beaucoup oublient que, pendant plus d’un demi-siècle, ce système a gagné du terrain comme une alternative au système capitaliste. Ce sont des événements qui resteront à jamais comme des références et des valeurs de l’humanité dans la lutte pour sa propre libération.

La construction d’un nouvel État, exprimée dans la devise "tout le pouvoir aux soviets des ouvriers, paysans et soldats", signifiait l’instauration du pouvoir populaire et un élément fondamental de l’État et d’une démocratie "mille fois plus démocratique que la plus démocratique des démocraties bourgeoises".

Dans le domaine économique, avec le contrôle des travailleurs, la terre, les usines, les mines, les chemins de fer et les banques sont entrés en possession de l’État, de tout le peuple, ouvrant la voie à un développement fulgurant.

De même qu’avec les entreprises d’État, il y a eu un profond changement dans l’agriculture, avec la collectivisation de l’agriculture, dans laquelle les sovkhozes (unités d’État) et le mouvement de masse des kolkhozes (coopératives) ont joué un rôle clé.

Au niveau social, le droit au logement, à l’assistance médicale et à l’éducation ont été accordés. L’égalité des droits des femmes a été reconnue de facto. Les organismes culturels ont été libérés des mains des puissants.

L’Union Soviétique a réalisé de grands progrès et de telles avancées dans le domaine des sciences et des nouvelles technologies révolutionnaires, que cela lui a permis, parallèlement au développement économique et social, d’acquérir une puissance militaire qui, pour plusieurs décennies, l’a préservée de la politique agressive du capitalisme. Le fait qu’un soviétique a été le premier être humain à se libérer de la pesanteur de la terre et voler dans l’espace illustre ce succès spectaculaire.

Il est également nécessaire de ne pas oublier la contribution de l’Union soviétique au développement de la lutte des travailleurs et des peuples partout dans le monde, pour de nouvelles révolutions socialistes, pour la réalisation des droits fondamentaux des travailleurs dans les pays capitalistes, pour le développement du mouvement de libération nationale et, au prix de 20 millions de vies (dans l’action des armées, dans les camps de concentration, dans d’énormes massacres de populations sans défense), à la défaite de l’Allemagne hitlérienne pendant la Seconde Guerre mondiale, contribuant de manière décisive à sauver le monde de la barbarie fasciste.

Mais parler seulement de l’objectif et exposer de manière valorisante ces faits n’est pas suffisant. Il est essentiel, dans le même temps, d’effectuer une analyse critique et autocritique des aspects négatifs, des faits et des phénomènes qui se sont produits.

C’est une vérité élémentaire que l’effondrement de l’Union soviétique et d’autres pays socialistes résulte d’une série de circonstances externes et internes. Pas avec la même influence, car les facteurs internes ont eu un poids plus pertinent. Le fait est que, dans la construction d’une nouvelle société, il y avait un éloignement des idéaux et des principes du communisme, une détérioration progressive de la politique de l’État et du parti, bref, la création d’un "modèle" qui, avec la trahison Gorbatchev, a conduit à la défaite et à l’effondrement.

Le "modèle", qui était en cours de création, a donné lieu à un pouvoir fortement centralisé et bureaucratisé, avec une conception administrative des décisions politiques, de l’intolérance concernant la diversité des opinions et des critiques du pouvoir, l’usage et l’abus de mesures répressives, la cristallisation et la dogmatisation de la théorie.

Le pouvoir politique de la classe ouvrière et des masses laborieuses aura été en déclin. La nouvelle démocratie aura été en déclin. Le développement économique basé sur le militantisme et la volonté du peuple et qui avait atteint un rythme enivrant dans les premières décennies du pouvoir soviétique, aura été en déclin. La dialectique, inventive, aiguillon créateur de la théorie révolutionnaire, ayant dû nécessairement répondre à l’évolution de la réalité et aux expériences de la pratique, aura été en déclin.

L’examen de cette fin historique et de ces événements fatidiques, ainsi que les expériences du mouvement communiste international, place les partis communistes devant la nécessité de redéfinir la société socialiste, ses objectifs et les fondements essentiels de son identité.

Bien que contenu par le camp socialiste et par le processus révolutionnaire mondial jusqu’à la dernière décennie du 20ème siècle, le capitalisme a enregistré un développement qui l’a conduit, à la fin du siècle, à la suprématie au niveau mondial.

Deux facteurs ont déterminé cette situation. D’un côté, la disparition de l’Union Soviétique et des autres pays socialistes, l’affaiblissement du mouvement communiste international et du mouvement de libération nationale, la régression du processus révolutionnaire. De l’autre côté, les progrès du capitalisme dans le champ de la production, des sciences, de la recherche scientifique, des technologies révolutionnaires et du pouvoir militaire.

Il en a résulté à la fin du 20ème siècle, un changement du rapport des forces qui a permis à l’impérialisme de lancer une offensive gigantesque dans le but d’acquérir une domination complète du monde entier.

Pour plus des trois quart du 20ème siècle, la tendance générale fut l’avancée du socialisme et des luttes de libération des peuples. Une tendance inverse a pris place durant la dernière décade de ce siècle. Le changement du rapport des forces a rendu possible pour le capitalisme le lancement d’une offensive "globale".

 

2 - L’offensive "globale" de l’impérialisme et les résistances

L’offensive impérialiste en cours a comme objectif déclaré et annoncé, d’imposer au monde entier, la domination complète du capitalisme comme seul système, universel et définitif. C’est le sens fondamental de la théorie de la soi-disant "mondialisation". Il s’agit du plus grand danger et de la menace la plus sinistre de toute l’histoire de l’humanité.

Il est vrai que certains aspects et facteurs de développement objectif du capitalisme, conduisant à la "mondialisation", se faisaient déjà sentir. Ce fut le cas de l’internationalisation des procédés de production, des relations économiques et financières, de l’information et des médias, de la création de zones d’intégration économique. Il est aussi vrai que l’impérialisme, dans sa lutte "pour une division du monde", avait déjà l’arme des interventions militaires, des agressions et des guerres.

Cependant, l’offensive "globale" de l’impérialisme relève d’une autre question. Les États-Unis étant une force hégémonique fondamentale, l’offensive actuelle a lieu sur tous les fronts.

Comme instruments de l’offensive économique, il y a eu la création d’énormes groupes de sociétés transnationales, différents organismes internationaux avec des pouvoirs accrus pour imposer des règles et des politiques "légales" (FMI, Organisation Mondiale du Commerce, Banque Mondiale), la saisie des ressources et des secteurs stratégiques des pays les plus faibles, les coupures de crédit, les politiques économiques imposées par des organismes supranationaux aux états membres d’unions de nature fédérale, des mesures d’étranglement financier et de blocage économique visant à soumettre les pays qui s’opposent à l’offensive.

Les zones d’intégration économique sont devenues des zones d’intégration politique, avec des instances supranationales, des ministères supranationaux, la subordination effective des plus pauvres et des moins développés aux plus riches et plus puissants.

Ce processus a aiguisé les contradictions du capitalisme. Il a entraîné un élargissement, même dans les pays capitalistes développés, des catégories sociales qui vivent dans une extrême pauvreté et, dans les pays sous-développés, des millions de gens qui meurent de faim.

En même temps, la compétition s’est accrue et a créé la possibilité de sérieux conflits entre les gigantesques pôles économiques et politiques, et entre les pays les plus riches et les plus puissants. En attendant, tous sont réunis (et ceci constitue un facteur nouveau) dans l’offensive "globale".

L’Accord Multilatéral sur l’Investissement (AMI) est significatif des grands projets et plans. Selon ce projet, les grands potentats économiques et financiers associés pourraient, avec le soutien militaire nécessaire, imposer, pays par pays, les formes d’exploitation, la saisie des secteurs vitaux de l’économie, le sort du capital investi et créé, et même, l’obligation aux gouvernements fantoches d’écraser toute les luttes et les révoltes de leurs travailleurs et de leurs peuples avec l’efficacité des mesures répressives. L’AMI est comme une charte constitutionnelle de l’impérialisme au service de son offensive économique et politique "globale".

Il est de notoriété publique que la divulgation de ce projet, élaboré sous l’égide des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Allemagne, a causé de telles réactions et indignations, qu’il a été retiré dans l’immédiat. Mais le fait est qu’il n’a pas été enterré et qu’il fera l’objet d’un examen ultérieur.

Au même niveau, et parfois comme outil direct de l’offensive économique (étroitement liée à l’action politique et diplomatique), l’offensive militaire a comme instruments une nette supériorité en armes, à savoir les États-Unis et l’OTAN comme force supranationale autonome, mais dominée et commandée, en fait, par les États-Unis.

L’offensive militaire se traduit par des ultimatums, des bombardements, des interventions armées, l’armement et la promotion de groupes rebelles contre les gouvernements démocratiques, des interventions pour imposer des gouvernements tyranniques et des gouvernements fantoches, des agressions et des guerres contre les pays qui s’opposent courageusement à la domination des États-Unis et des autres pays impérialistes, des attaques par des organisations terroristes et des actions militaires de terrorisme d’État.

En plus de cela, nous devons faire face à la monstrueuse institutionnalisation d’un tribunal politique international commandé par l’impérialisme et permettant de condamner à la prison à vie, les gardiens éminents de leurs peuples et de leurs pays.

Et aussi à la destruction massive de l’atmosphère, des fleuves et des océans par les pays les plus développés et le pillage et la destruction des ressources naturelles des pays sous-développés, entraînant la destruction de l’équilibre écologique dans de vastes régions du globe.

Tous les aspects de cette offensive atteignent un niveau encore jamais atteint et font partie du processus d’intégration mondiale par les forces impérialistes et leur offensive "globale".

Comme perspective, l’impérialisme proclame que son offensive est irrésistible et irréversible, et annonce, au final, la stabilité et la stabilisation définitive du système. En termes idéologiques, il annonce l’universalisation de la pensée, la fin des idéologies et le règne de la "pensée unique".

Mais l’offensive n’est ni irrésistible, ni irréversible. Car avec ces idées, propagées par la propagande, en fin de compte, l’impérialisme tente de se tromper lui-même. C’est-à-dire que, son objectif déclaré, d’une ambition folle, représente l’utopie actuelle du capitalisme. L’utopie parce que, d’un côté, le capitalisme, par sa propre nature, est déchiré par ses contradictions et les problèmes qu’il ne peut surmonter ; et parce que, d’un autre côté, il y a des forces qui s’opposent, qui résistent et qui, par leur propre renforcement, peuvent empêcher le capitalisme d’atteindre cet objectif.

Ces forces sont :

a) Les pays qui, avec les communistes au pouvoir, ont pour objectif la construction d’une société socialiste, quoique par des chemins bien différents.

b) Le mouvement ouvrier, encore appelé le mouvement syndical.

c) Les partis communistes ou autres partis révolutionnaires, luttant avec détermination et courage.

d) La résistance potentielle de pays capitalistes actuellement dominés et exploités par l’impérialisme, avec une vraie perte de leur indépendance nationale.

e) Les nouveaux mouvements de libération nationale.

f) Les mouvements défenseurs de l’environnement, contre le pouvoir et les décisions des pays riches et directement contre la "mondialisation".

Ces forces sont fondamentales pour empêcher la domination du monde entier par l’impérialisme. Mais en avoir conscience ne suffit pas. Il est essentiel d’avoir aussi une action correspondante. Il est nécessaire de les renforcer et de s’employer à les faire coïncider et converger.

C’est le seul moyen pour arrêter, entraver et empêcher l’avance de cette offensive impérialiste afin de créer les conditions de son éventuelle défaite et déterminer un changement dans la situation internationale.

Il faut aussi rappeler que l’impérialisme ne se limite pas à une attaque frontale sur plusieurs fronts. Il essaye activement de diviser les forces qui lui résistent, de les miner de l’intérieur, de les conduire à abandonner le combat, à l’autodestruction et au suicide. Dans certains cas, ils ont pu réussir. Mais, dans beaucoup d’autres, il y a eu renforcement, revitalisation, influence croissante et initiatives des forces d’opposition. Il est important de faire connaître et valoriser les exemples qui confirment cette appréciation.

 

3 - La démocratie et le socialisme

L’objectif de construire une société socialiste ne gêne en rien le fait que les partis communistes aient des solutions à court et moyen terme et des objectifs qui proposent des alternatives à la situation actuelle.

Toutefois, méfiance. Analyser la situation et définir une politique doivent découler des réalités de base du capitalisme, et les concepts fondamentaux correspondants provenir de la théorie révolutionnaire du prolétariat, à savoir :

 La division de la société en classes, quelques-uns exploitent et tous les autres sont exploités,
 La lutte des classes,

 Les politiques de classes des gouvernements.

Ce sont des réalités et des concepts. Leur découverte n’est pas due à Marx et Engels, mais à des économistes et des philosophes. Ce qui est nouveau dans le marxisme, c’est l’analyse de situations concrètes économiques et politiques basées sur ces concepts.

Il est vrai que, dans des situations prérévolutionnaires ou autres, dans lesquelles un équilibre temporaire des classes existe, un pouvoir politique fortement conditionné peut, dans des circonstances particulières, mettre en œuvre une politique qui n’est pas au service du capital. Il peut même mettre en œuvre des mesures progressistes de caractère anticapitaliste. Ces situations sont toutefois exceptionnelles et de courte durée.

Ce n’est pas le cas des pays capitalistes avec des démocraties bourgeoises. Dans ces derniers, le pouvoir politique sape les quatre facettes de la démocratie :

Economique – par la propriété du grand capital sur les secteurs de base de l’économie et la soumission des politiques au pouvoir économique.

Social – par l’exploitation et la misère des travailleurs et du peuple et la concentration des richesses dans un nombre limité de fortunes gigantesques.

Culturel – par la propagande idéologique du grand capital, un système éducatif discriminatoire pour les enfants de la classe ouvrière, la propagande des idées obscurantistes, les attaques contre la créativité artistique, la multiplication des sectes religieuses.

Politique – par les abus et l’absolutisme du pouvoir et la liquidation des institutions et des mécanismes de contrôle démocratique, les changements anticonstitutionnels de la légalité et des compétences des institutions souveraines quand la loi s’avère être insuffisante pour l’exercice du pouvoir absolu par le grand capital.

Et toutes ces régressions sont développées sous le prétexte de la nécessaire "stabilité" et de "l’État de droit".

La dégradation de la démocratie politique – conjointement avec les conflits spectaculaires et théâtraux des machinations parlementaires, du carriérisme, de l’impunité et de la corruption – provoque le discrédit de la politique et des politiciens.

En attendant, la politique est une activité nécessaire et les communistes et les autres vrais démocrates doivent la faire différemment, avec une bien meilleure pratique politique, en se distinguant de la discrédité soi-disant "classe politique".

Les puissants moyens médiatiques (journaux, magazines, stations de radio et de télévision, audiovisuel), propriété et instrument des grands monopoles, ne constituent pas une nouvelle puissance indépendante, comme le voudraient certains, mais un instrument du grand capital dans sa liaison dominante avec les gouvernements.

La lutte pour la démocratie est un des objectifs centraux de l’action des partis communistes. Ainsi, il est nécessaire de définir les éléments fondamentaux de cette démocratie.

D’un gouvernement, on doit exiger la simultanéité et la complémentarité de ses compétences fondamentales. Il est insuffisant qu’un gouvernement s’affirme démocratique. Il se doit aussi d’être démocratique dans les faits.

Il est également nécessaire de définir plus concrètement, dans chaque situation spécifique, le type de démocratie pour lequel on lutte. Dans une situation donnée, à un moment donné, la lutte pour la démocratie peut, par exemple, donner une grande pertinence à la lutte pour le renforcement des éléments de démocratie directe et participative conjointement à la démocratie représentative.

Les élections sont un des éléments de base du régime démocratique, mais seulement si elles respectent l’égalité et s’il n’y a pas d’abus de pouvoir, de discrimination et d’exclusion. Si ces conditions ne sont pas remplies, les élections deviennent une fraude, un sérieux coup à la démocratie et un instrument de la monopolisation du pouvoir, par l’alternance des forces politiques au service du capital.

Une "démocratie avancée", pour laquelle luttent un certain nombre de partis communistes, est définie comme un régime démocratique qui précède des développements progressifs de caractère non capitaliste (comme les nationalisations de plusieurs secteurs de l’économie et la liquidation des propriétaires terriens).

Indépendamment de la forme, étant donné l’objectif de la lutte pour la démocratie à un moment donné, les communistes ne peuvent pas être, ne veulent pas être, et ne sont surtout pas isolés.

La compréhension de la lutte des classes, réalité omniprésente de la société comme moteur de l’histoire, ne peut rentrer en contradiction, voire exclure le besoin d’alliances sociales et politiques de la classe ouvrière et de son parti pour des objectifs concrets immédiats, étant donné que les relations des forces politiques sont fixées par les relations entre les classes sociales. La définition concrète de ce que ces alliances peuvent être, exige, premièrement, l’évaluation concrète des alliances objectivement considérées d’un point de vue social et, ensuite, la définition, dans la mesure du possible, de ce que représente tel ou tel parti comme classe sociale et de ce qui constitue la base de son soutien social.

Il n’y a pas deux situations identiques. Elles peuvent être, dans tel ou tel pays, des situations économiques, sociales et politiques similaires. Mais il y a toujours des différences qui demandent des réponses différentes. Il n’y a pas de solutions universelles ni "recettes". Copier des solutions conduit à des orientations qui ne correspondent pas aux exigences de la réalité concrète.

Les grandes découvertes scientifiques et technologiques révolutionnaires provoquent de profonds changements dans la composition de la classe ouvrière et dans la composition sociale des sociétés des pays développés. La définition des alliances sociales – la base des alliances politiques – est donc devenue particulièrement complexe.

À cet égard, les définitions sont loin d’être claires. Dans de nombreux pays à démocratie bourgeoise, certains partis démocratiques appelés partis communistes, ont défini comme objectif une soi-disant politique de "gauche". Il y a des cas où, dans l’orientation de ces partis, le mot "gauche" exclut le soutien ou la participation à des politiques de "droite". Dans ces cas, il a un sens clair et positif. Cependant, dans la plupart des pays, le mot "gauche" dans le dictionnaire politique moderne a une signification imprécise, pleine d’incertitude, contradictoire, et objectivement confuse. Lorsque sont définis les partis de "gauche" ou des secteurs de la "gauche", sont fréquemment inclus, avec l’"extrême-gauche" anticommuniste, les partis socialistes et sociaux-démocrates, qui, dans leur action politique défendent et pratiquent des politiques de "droite".

La même chose est valable en ce qui concerne les gouvernements dits de "gauche". L’expérience montre que, dans certains cas, la participation des communistes dans les gouvernements de partis socialistes ou sociaux-démocrates, compris comme étant de "gauche", implique la participation à la mise en œuvre de politiques de "droite".

Nous devons définir comme un objectif, les quatre facettes de la démocratie, nous devons lutter pour cette démocratie et non pas proclamer une politique qui inclut la participation (ou l’objectif pour l’atteindre) à des gouvernements comme tous ceux qui se proclament de "gauche" et sont en fait les instruments du grand capital, des sociétés transnationales, des pays riches les plus puissants, et de l’actuelle offensive "globale" de l’impérialisme qui cherche à imposer sa domination au monde entier.

C’est aussi le cas avec ce que l’on appelle les "pactes de stabilité" signés par les partis et syndicats réformistes, et qui sacrifient les droits fondamentaux des travailleurs avec l’intention de surmonter la présente crise du capitalisme.

Ce n’est pas le chemin exigé par la lutte des travailleurs, des peuples et des nations. C’est le rôle des partis communistes (et d’autres révolutionnaires) de définir le chemin nécessaire, en fonction des conditions concrètes de leurs pays, avec conviction, courage et leur identité communiste.

 

4 - Les conditions d’existence des partis communistes

Le cadre des forces révolutionnaires qui existent dans le monde a changé durant les dernières décennies du XXe siècle. Le mouvement communiste international et les partis le composant ont subi de profondes modifications suite à la chute de l’URSS et des autres pays socialistes et de la victoire du capitalisme dans sa rivalité avec le socialisme.

Il y a des partis qui ont nié leur passé de lutte, leur nature de classe, leur objectif d’une société socialiste et leur théorie révolutionnaire. Dans plusieurs cas, ces partis ont intégré le système et ont fini par disparaître.

Cette nouvelle situation au sein du mouvement communiste international a ouvert des espaces dans la société dans laquelle d’autres partis révolutionnaires ont assumé la relève et, dans les conditions concrètes de leur pays, se sont identifiés aux partis communistes sur des aspects importants et parfois avec leurs objectifs et leur action.

Ainsi, lorsque nous parlons aujourd’hui du mouvement communiste international, nous ne pouvons pas, comme dans le passé, tracer une ligne entre les partis communistes et tous les autres partis révolutionnaires. Le mouvement communiste a maintenant une nouvelle composition et de nouvelles limites.

Ces développements ne signifient pas que les partis communistes, avec leur identité propre, ne sont pas nécessaires à la société. Au contraire. Avec les éléments fondamentaux qui les caractérisent, les partis communistes sont nécessaires, indispensables et irremplaçables. Mais de la même manière qu’il n’y a pas de "modèle" de société socialiste, il n’y a pas de "modèle" de parti communiste.

Avec des réponses concrètes différentes à la situation concrète, il est possible d’identifier six caractéristiques fondamentales d’un parti communiste, qu’il ait ce nom ou un autre :

1 – Un parti qui est complètement indépendant des intérêts, de l’idéologie, des pressions et des menaces du capital.

L’indépendance du parti est une composante de l’identité d’un parti communiste. Elle s’affirme dans sa propre action, ses propres objections, sa propre idéologie. Un écart avec ces caractéristiques essentielles n’est en aucune façon une démonstration d’indépendance, mais, au contraire, un renoncement à l’indépendance.

2 – Un parti de la classe ouvrière, des travailleurs en général, des exploités et des opprimés.

Selon la structure sociale de la société de chaque pays, la composition sociale des membres du parti et sa base de soutien peuvent être très diverses. En tous les cas, il est essentiel que le parti ne soit pas fermé sur lui-même, en confrontation interne, mais tourné vers l’extérieur, vers la société, ce qui signifie qu’il n’ait pas seulement, mais surtout, des liens étroits avec la classe ouvrière et les masses laborieuses. Négliger cette caractéristique ainsi que perdre son caractère de classe a conduit certains partis à un déclin vertigineux et, dans certains cas, à l’autodestruction et la disparition.

Le remplacement de la nature de classe du parti par la conception d’un "parti des citoyens" masque l’existence de citoyens exploiteurs et de citoyens exploités et conduit le parti vers une position neutre dans la lutte des classes – ce qui, dans la pratique, désarme le parti et les classes exploitées et le transforme en un instrument appendiculaire de la politique de la classe exploiteuse dominante.

3 – Un parti avec une démocratie interne et une direction centrale unique.

Une démocratie interne est particulièrement riche en vertus, à savoir : travail collectif, direction collective, congrès, assemblées, débats dans tout le parti sur les questions fondamentales d’orientation politique et d’action, décentralisation des responsabilités et élections de toutes les directions.

L’application de ces principes doit correspondre à la situation politique et historique à laquelle le parti est confronté. Dans des conditions d’illégalité et de répression, la démocratie est limitée par l’impératif de la défense. Dans une démocratie bourgeoise, la qualité visée peut et doit être largement et pleinement appliqué.

4 – Un parti qui est à la fois internationaliste et qui défend les intérêts de son pays.

Contrairement à ce qui était défendu autrefois dans le mouvement communiste, il n’y a aucune contradiction entre ces deux éléments dans l’orientation et l’action des partis communistes. Chaque parti est solidaire avec les partis, les travailleurs et les peuples des autres pays. Mais, avec conviction, il est un défenseur des intérêts et des droits de son propre peuple et de son pays. L’expression "parti internationaliste et patriotique" a une signification pleine et entière en cette fin de XXème siècle. On peut inclure comme valeur internationaliste, la lutte à l’intérieur de son pays et comme valeur de la lutte interne, les relations de solidarité avec les travailleurs et les peuples des autres pays.

5 – Un parti qui définit comme objectif la construction d’une société sans exploiteurs ni exploités, une société socialiste.

Cet objectif est également complètement moderne. Mais les expériences positives ou négatives de construction du socialisme dans un certain nombre de pays et les profonds changements dans la situation globale, demandent une analyse critique du passé et une redéfinition de la société socialiste, objectif des partis communistes.

6 – Un parti avec une théorie révolutionnaire, le marxisme-léninisme, qui permet non seulement d’expliquer le monde, mais aussi de montrer la voie de sa transformation.

Déniant toutes les campagnes anticommunistes diffamatoires, le marxisme-léninisme est une théorie vivante, antidogmatique, dialectique et créative qui est enrichie par la pratique et les réponses qu’elle est appelée à donner en face de nouvelles situations et phénomènes. Elle dynamise la pratique, s’enrichit et se développe de façon créative avec les leçons de la pratique. Nous devons à Lénine et à son travail "L’impérialisme, stade suprême du capitalisme", la définition du capitalisme à la fin du XIXème siècle. Ces développements théoriques ont une valeur extraordinaire. Il en va de même pour la recherche et la systématisation des connaissances théoriques. Dans une synthèse extraordinairement rigoureuse et claire, un texte séminal de Lénine décrit "les trois sources et les trois parties constitutives du marxisme". En philosophie, le matérialisme dialectique, et dans ses applications à la société, le matérialisme historique. En économie politique, l’analyse et l’explication du capitalisme et de l’exploitation, dont la pierre angulaire est la théorie de la plus-value. Dans la théorie du socialisme, la définition d’une nouvelle société avec la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Tout au long du XXème siècle, avec les transformations sociales, de nouvelles et nombreuses réflexions théoriques ont eu lieu dans le mouvement communiste. Cependant, elles se sont présentées comme diverses et contradictoires, rendant difficile la distinction du fondement de ces développements théoriques et des positions révisionnistes par rapport aux principes fondamentaux. Cela amène à conclure au caractère impératif des débats, sans idées préétablies ou vérités absolues, et sans établir de conclusion définitive, mais obligeant à un approfondissement de la réflexion commune.

Nous souhaitons que le meeting international de la fondation Rodney Arismendi, en septembre de cette année, apporte une contribution positive à l’accomplissement de cet objectif.

 

Alvaro Cunhal

Septembre 2001

 

Traduction PB pour Lepcf.fr

Tiré du site du Parti Communiste Portugais

 

http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-six-caracteristiques-fondamentales-d-un-parti-communiste-texte-d-alvaro-cunhal-ancien-secretaire-ge-98339677.html

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