Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Site de recherche d'emploi

Le site http://jooble-fr.com/

vous propose des annonces d'offres d'emploi nationales et internationales.


Les offres qui vous seront envoyées par mail proviennent de différentes sources, et ne préjugent en rien des conditions de travail et des salaires. Il vous appartient de vous en assurer le cas échéant.

 

Le site est d'utilisation simple et l'inscription est gratuite.

 

http://jooble-fr.com/

 

Merci de signaler à Vendémiaire tout dysfonctionnement que vous pourriez constater.

Rechercher

Quelques conférences

Chansons

  Avant d'écouter les enregistrements ci-dessous, attendez la fin de la musique de fond du blog...

 

L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 22:10

Extrait de l’appel Amplifier et consolider la dynamique !

(...)
Une première étape est gagnée. Mais l’essentiel de la bataille est devant nous, d’autant que l’hypothèse d’un retrait de la candidature n’est pas écartée et que certains continuent de lorgner du côté de la primaire du parti socialiste. Un nouvel effacement du PCF, que ce soit derrière Jean Luc Mélenchon, Montebourg ou un autre, serait mortifère pour notre parti, pour nos candidats aux élections législatives, pour notre existence nationale.

Les communistes voteront les 24, 25, 26 novembre. Plus le nombre de voix se portant en faveur de la candidature communiste sera important, plus cette candidature sera confortée, ancrée dans la vie politique, dans les quartiers et les entreprises, plus il sera difficile de la remettre en cause, plus elle aura de force dans la campagne des présidentielles.

C’est pourquoi, nous appelons tous les communistes qui veulent que leur parti joue pleinement son rôle dans la bataille nationale de 2017 à se rassembler, à créer ainsi les conditions d’un vote très largement majoritaire pour la candidature communiste jusqu’à la rendre incontournable.

 

Faire Vivre le PCF - http://lepcf.fr/

Repost 0
9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 20:01

L'élection de Donald Trump change la donne mondiale

Il est machiste. Kennedy qui avait organisé un baisodrome à la Maison Blanche et qui se faisait approvisionner en viande fraiche chaque jour, l’était encore plus. Il est grossier. Johnson qui proférait un juron par minute l’était encore plus. Il est inculte. Reagan, qui ne savait pas où se trouvait l’Afghanistan ni la Jordanie, l’était tout autant. Il aime l’argent. Les ploutocrates n’ont jamais autant prospéré que sous Obama. Il a mauvais goût. C’est un art de vivre à la Maison-blanche. Il est raciste. L’Amérique qui s’est fondée sur l’ethnocide des Indiens et l’esclavagisme des noirs, n’en aura jamais fini avec ses vieux démons.

 

Vu d’Europe, Donald Trump concentre à peu près tous les défauts que l’on objecte aux Américains. Pourtant, c’est la surface des choses à laquelle s’arrêtent les médias qui ont renoncé depuis longtemps à penser la politique pour ne s’intéresser qu’aux mondanités.

 

Non, les deux faits majeurs de l’élection de Trump s’appellent isolationnisme et  protectionnisme.

Dans son discours de fin de mandat, le président Eisenhower mettait en garde l’Amérique : « nous devons nous garder de toute influence injustifiée, qu'elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel. Le risque potentiel d'une désastreuse ascension d'un pouvoir illégitime existe et persistera. » Il est clair qu’il n’a pas été entendu et que la politique interventionniste des USA n’a apporté que des désastres depuis 50 ans. La péninsule indochinoise ravagée par des milliers de bombardements témoigne encore de l’inanité de la guerre menée là-bas par les USA. Guerre terminée par une débandade et l’image des hélicoptères Cobra passés par-dessus bord d’un porte-avions devant Saigon. L’Afghanistan occupé par les Russes témoigne aussi de l’erreur magistrale commise par les Américains qui ont armé les talibans et donné naissance au djihadisme salafiste. La première guerre d’Irak menée pour sauver une petite monarchie chiite occupée par un Etat laïc et la seconde menée pour pourchasser des terroristes qui ne se trouvaient pas là mais en Arabie saoudite témoignent aussi de l’inanité des interventions américaines. Le soutien apporté aux régimes révolutionnaires et anti-russes en Georgie ou en Ukraine témoignent là encore de l’inconséquence du Département d’Etat. Trump nous dit qu’il va renoncer à l’interventionnisme et inaugurer une ère d’isolationnisme. Nous verrons. Mais s’il tient ses promesses, on peut espérer que la situation internationale ne s’aggrave pas. Ce serait déjà un progrès en soi. Et si Trump rétablit des relations normales et cordiales avec la Russie de Poutine, on évitera peut-être une troisième guerre mondiale. Ce ne serait pas mal.

Ronald Reagan est arrivé au pouvoir en inaugurant l’ère de ce qu’on a appelé le néo-libéralisme accompagné de son avatar le libre-échangisme. Depuis cette époque, tous les économies occidentales ont stagné ou ont subi de plein fouet des crises financières désastreuses. Toutes les classes moyennes qui à l’instar de celle qui a voté Trump ont encaissé sans broncher l’affaissement de leur cadre de vie. Les friches industrielles témoignent du grand déménagement de l’industrie en Asie. Les travailleurs qui ont 2 ou 3 jobs témoignent de l’effondrement de la précarisation du marché du travail. Les 47% des Américains qui n’ont pas les moyens de se payer les soins courants témoignent de la ruine du Welfare State. Donald Trump arrive en disant « America First ». Il promet aussi de mettre à bas les différents traités de libre-échange comme l’Alena, le TPP ou encore le Tafta. Nous verrons bien. Mais s’il tient ses promesses et enclenche une ère de protectionnisme en occident, nous n’aurons là-aussi pas à nous en plaindre en Europe.

Mais isolationnisme et protectionnisme heurtent tant la doxa des médias et les élites libérales-libertaires qu’ils sont en état de sidération devant l’élection de Donald Trump. Un peu moins chaque heure passant, car l’Amérique reste un objet de fascination et de soumission. Rassurons-nous, demain Donald Trump deviendra un personnage tout à fait fréquentable. Et on commencera à étudier les vertus de l’isolationnisme et du protectionnisme. Ainsi va le monde.

La lettre de Xavier THERY

https://www.facebook.com/ligoxt?ref=bookmarks

Repost 0
9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 14:51

A l’instar du Brexit en Angleterre, la victoire de Donald Trump aux présidentielles états-unienne a pris de court la caste médiatique qui, droite néo-thatchérienne et « gauche » bobo unies, refuse d’entendre l’immense clameur des peuples, et d’abord, celle du monde du travail, contre le néolibéralisme mondial et ses immenses dégâts sur les acquis sociaux, la paix, la démocratie et la souveraineté des peuples.

Bien entendu, Trump ne fait que dévoyer dans un sens fascisant cette légitime aspiration des peuples au progrès, à la solidarité et à la sécurité intérieure et extérieure. D’une autre façon que le libre-échangisme cultivé jusqu’au bout par Obama/Clinton, le protectionnisme bourgeois proposé par Trump représente lui aussi à terme un grave danger pour la paix mondiale. La véritable alternative, qui peine à prendre forme aux USA, en France et dans le monde, suite à l’autodestruction révisionniste du camp socialiste, du Mouvement communiste international et, en France, du PCF dénaturé, est celle qui, sous la conduite du monde du travail, associera dans une même dynamique révolutionnaire la lutte pour l’indépendance nationale, l’engagement pour la coopération égalitaire entre les nations et la perspective du socialisme et du communisme – seule manière durable au 21ème siècle, de remettre l’humanité sur les rails du développement partagé, du sauvetage de l’environnement et des « Lumières communes ».

Il faut s’attendre à ce que la victoire de D. Trump donne des ailes au FN aux prochaines élections françaises. Pour conjurer ce grave danger qui, dans les conditions françaises aboutirait à l’implosion déshonorante du pays, les vrais communistes doivent travailler ensemble, en s’affranchissant totalement de la direction « euro-constructive » du PCF, à rassembler les progressistes et les patriotes antifascistes et républicains dans un large Front Antifasciste, Patriotique, Populaire et Ecologique. A l’action ensemble, y compris dans les luttes sociales urgentes, pour un FREXIT progressiste sortant la France de l’UE supranationale et pour construire une nouvelle République sociale, souveraine et fraternelle affrontant offensivement le MEDEF et les magnats du CAC-40.

On peut compter sur les militants franchement communistes et 100% anti-UE du PRCF pour agir dans cette direction en unissant les deux drapeaux révolutionnaires du peuple français, le drapeau tricolore de la Révolution française et de la souveraineté des peuples, et le drapeau rouge de la Révolution d’Octobre orné des emblèmes du monde du travail.

Georges Gastaud est philosophe et secrétaire national du PRCF

Repost 0
14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 13:35

 « Le djihad au  féminin »  

 

            La  découverte d'une voiture piégée, abandonnée en plein cœur de Paris, a conduit à la découverte du 1er commando de femmes djihadistes qui voulait frapper la France.

            On le voit clairement : des femmes participent à des actes violents de manière plus fréquente ; en témoigne l'augmentation des femmes kamikazes dans le monde entier (Israël, Sri Lanka, Tchétchénie, Turquie, Inde, Pakistan, Irak).

            Entre Janvier 2008 et Mai 2008, pas moins de 17 femmes furent impliquées dans des attaques suicides, essentiellement sur des marchés, tuant plus de 130 personnes, et en blessant 300 autres. Soit : une accélération sensible au regard des « seulement »   huit attaques perpétrées par des femmes kamikazes en 2007 et des quatre attaques perpétrées en 2006 et 2007. Pour autant, selon les recherches, ces femmes ne sont pas représentées dans le panthéon des martyrs iraniens ou d'Al-Qaïda :

            « Le refus des hommes de permettre aux femmes de mettre leur vie en danger participe de cette tentative de résistance à l'évolution en cours.

Elle a pour objet non de les préserver, mais de les priver de droit à l'individualité à travers un baptême du feu ». 

            Actions suicidaires d'un côté et de l’autre, refus de toucher au territoire bien circonscrit de l'identité masculine, cette situation paradoxale permet d’apporter un début de réponse à l'une des questions posées : si certaines représentations minoritaires peuvent aujourd'hui montrer sereinement un aspect soigneusement sélectionné  de la personnalité des femmes, cette tendance à la violence c'est bien parce que la période est troublée, politiquement, idéologiquement spirituellement et que cela rend la transgression plus acceptable.

            Dans le cas qui nous occupe : sensibilité et violence ne sont plus assignées à l'un ou à l'autre sexe. C'est donc à la radicalisation de la violence du bas qu'il faut réfléchir ; on assiste moins, avec Daech, à une radicalisation de l'Islam qu'à une islamisation de la radicalité.

            Les terroristes savent qu'ils ont un ennemi absolu : la démocratie, et qu'à faire peur aux démocrates, ils les fragilisent et les durcissent ! Si le terrorisme est un ennemi toujours renaissant, aux dires de Manuel Vals, comment ne pas être Hercule ou Sisyphe ? L'invention du politique : cela ne veut pas dire inventer des thèses, cela veut dire inventer des modes d'action.

            Si on n'invente pas ça, on va au devant de violences au regard desquelles celles qu'à connu le XXe siècle paraîtront comme une préface sanglante.

 

Mathieu Roussel

 

Repost 0
14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 13:19

Ne laissons pas Pierre Laurent interdire la candidature communiste ! 

Publié le : 11 octobre 2016

 

Ne laissons pas Pierre Laurent interdire la candidature communiste !

Le Conseil national des 24 et 25 septembre a mis en débat 3 options concernant l’élection présidentielle de 2017 :
- Prendre de nouvelles initiatives de rassemblement sans faire de choix de candidat au 5 novembre. 
- Un appel à voter Jean-Luc Mélenchon, en affirmant l’autonomie du PCF, sa démarche de rassemblement. 
- Engager une candidature issue du PCF, porteuse de ses idées et de sa démarche de rassemblement.

Il a aussi chargé la commission nationale responsable de l’animation et du suivi des débats préparatoires à la conférence nationale de recueillir les propositions de candidat-e-s dans le cadre de l’option d’une candidature issue du PCF.

Pierre Laurent, suivi dans cette démarche par plusieurs camarades de la direction nationale, ne tient aucun compte de cette résolution du Conseil national. 

Aujourd’hui comme en juin au moment du Congrès, l’urgence c’est d’attendre ! D’interviews en initiatives, il explique au contraire que le PCF ne veut surtout pas présenter de candidats, prétextant la situation nouvelle qui pourrait voir le jour en janvier après la primaire du PS ou bien un éventuel candidat commun de la gauche alternative.

C’est en quelque sorte la ligne de la primaire qui continue malgré le refus des communistes.

Car chacun comprend que le secrétaire national est suspendu aux résultats de la primaire du PS, soit qu’elle désigne un candidat qui ne soit pas issu du gouvernement et qui pourrait donc être « soutenable » à ses yeux, soit qu’un battu de la primaire se propose finalement pour représenter la gauche dite « alternative », un Montebourg par exemple ? Comme si le PS n’était pas durablement discrédité dans son ensemble, entraînant dans son sillage toute la gauche ! Comme si les communistes et les citoyens ne tiraient aucune leçon de décennies d’union de la gauche construite autour d’un PS dominant !

Au delà du fait que ces projets ont peu de chance de se concrétiser, cette position théorise une fois de plus le nécessaire effacement du PCF. On sent bien que, malgré tout le mal qu’ils en ont dit, Pierre Laurent et son entourage préfèreraient encore Jean-Luc Mélenchon à une candidature du PCF, s’enfonçant alors un peu plus dans le discrédit et le ridicule !

Face à l’idée développée par la direction « nous ne nous résignons pas à la victoire de la droite ou du FN et nous ne présentons pas de candidat pour permettre le rassemblement de la gauche »répondons « Nous ne nous résignons pas à la victoire de la droite et du FN, au triomphe du patronat et du capital, nous voulons construire un rassemblement populaire qui incarnera la gauche, c’est pourquoi nous voulons un candidat communiste parce qu’il n’y a pas de rassemblement et de gauche possibles sans un PCF fort et influent qui les structure ».

L’idée d’une candidature communiste fait pourtant son chemin chez les communistes. Elle est reprise par André Chassaigne, président du groupe à l’assemblée nationale, et s’est imposée jusqu’au sein du Conseil National.

Et si la direction nationale et Pierre Laurent avaient justement peur de ce mouvement qui grandit en faveur d’une candidature issue du PCF et s’acharnaient à faire passer un seul message en direction des communistes comme des candidats potentiels : « ce n’est pas la peine de vous agiter, c’est nous qui décidons et il n’y aura pas de candidats communistes ».

Personnellement, je n’ai pas l’illusion qu’une candidature communiste à la présidentielle réglerait par miracle toutes les questions stratégiques auxquelles le PCF est confronté. Ainsi sur la question européenne, je ne partage évidemment pas l’idée que notre candidat devrait défendre la position de maintien de la France dans l’Union européenne, position défendue par un certain nombre de camarades partisans d’une candidature issue du PCF.

Mais l’exigence d’une candidature témoigne qu’un grand nombre de communistes gardent un « esprit de parti », veulent que les idées communistes soient présentes dans cette bataille nationale et un candidat pour les incarner, mesurent le risque de disparition du paysage politique national que fait courir l’absence de candidat.

Et beaucoup mesurent aussi dans la situation politique présente l’espace qui peut s’ouvrir pour un candidat combatif, porteur de la rupture avec le système capitaliste, défenseur des exigences populaires et l’intérêt pour les combats de classe à venir d’une telle candidature. Tout le contraire en somme de l’effacement prôné par la direction nationale depuis des lustres, effacement derrière le Parti socialiste, les collectifs anti libéraux, Jean-Luc Mélenchon, tous ces choix stratégiques qui nous ont mis dans l’impasse.

Quant au contenu de la campagne, la candidature permettra d’en débattre et surtout de confronter un certain nombre de positions à la réalité et aux citoyens. Il ne s’agit pas là de faire rempli 65 000 questionnaires mais de se faire entendre et comprendre de millions de français !

Un candidat communiste marquerait un début de rupture avec l’effacement prôné depuis si longtemps.

Cette bataille, car cela en est une, pour un candidat communiste mérite donc d’être menée, quelques soient les difficultés et les contradictions auxquelles nous sommes confrontés. Sans oublier que c’est d’abord la direction nationale qui est confrontée à ses échecs et aux contradictions générées par sa stratégie d’effacement, notamment en 2012 derrière Mélenchon.

Et l’urgence n’est pas de justifier l’absence de candidat mais bien de rechercher les femmes et hommes communistes capables d’incarner une telle bataille, par leur place dans le mouvement social ou/et la légitimité que leur a donné le suffrage universel !

Cela suppose évidemment de regarder un peu plus loin que le secrétaire national et son entourage direct qui ne répondent pour l’essentiel à aucun de ces deux critères !

Ne nous laissons donc pas intimider par le tir de barrage de ceux qui face à l’échec de leur stratégie ne sont plus que dans des expédients qui enfoncent le PCF .

La conférence nationale du 5 novembre n’est pas jouée d’avance. Organisons les réunions de communistes en permettant un échange libre et fraternel, mettons en débat le contenu de la campagne et les candidats possibles, rendons publics et faisons remonter les compte-rendus de ces réunions,

une majorité peut se dégager pour une candidature communiste !

>
 
Repost 0
11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 18:43

Débats laïques

jeudi 1 septembre 2016

Par Pascal Morsu

Militant du NPA, Pascal Morsu a écrit ce texte à titre personnel. NDLR

 

Une nouvelle provocation

L’apparition de l’accoutrement dit du burkini a une nouvelle fois mis sur le devant de la scène la question de l’attitude des progressistes face à la pression fondamentaliste.
Les faits sont connus. Un nouvel habit a été mis sur le marché par les trusts de l’habillement. Ce burkini a « l’avantage » de permettre d’éviter d’exposer l’essentiel de son corps.

Le choix de porter un tel vêtement n’a rien de fortuit, contrairement à ceux qui nous disent qu’il s’agirait là « d’un vêtement comme un autre » (E. Plenel). Il s’agit d’un acte politique, de ralliement à des idéologies machistes, obscurantistes. Et peu importe que le port de cet habit soit contraint ou volontaire, ça ne change strictement rien au caractère profondément réactionnaire du message sous-jacent.

Le rejet massif de ce genre de « message » par les travailleurs, les femmes, les jeunes, d’origine française comme étrangère se comprend aisément – on ne peut que le partager, surtout si on est un anticapitaliste, donc défenseur du droit des femmes.

En tout cas, spontanément ou pas, les premiers burkinis sont apparus sur les plages cet été, dans un contexte marqué par les crimes de Nice.

Les faux-culs en action

Évidemment, les réactionnaires en tous genres (surtout sarkozystes) ont sauté sur l’occasion pour interdire le port de ce burkini sur les plages. La volonté d’utiliser les provocations islamistes pour stigmatiser la population immigrée ne fait aucun doute. Comme par hasard, Sarkozy publie d’ailleurs au même moment son programme, qui prévoit de passer d’une politique « d’intégration » à une politique « d’assimilation », etc.

Pour développer leur politique, ces types se réclament « de la laïcité ». Mais leur laïcité a bon dos, surtout venant des héritiers politiques des diverses loi anti-laïques depuis la loi Debré (1958)1, de ceux qui ont promulgué la loi Carle2. Il s’agit en fait d’un choix délibéré de Sarkozy et son équipe : celui d’utiliser une valeur traditionnelle du mouvement ouvrier (mais que ses directions défendent mollement) comme alibi d’une politique droitière comme jamais3.

Complémentairement, Valls a joué la mouche du coche, et donné du menton, au nom « des valeurs de la République » (en fait, il s’agit pour lui, une fois de plus, de tenter une jonction avec la droite la plus réactionnaire). Mais lui aussi est un chaud défenseur du sionisme, une idéologie bien peu « laïque ». Et étonnamment, sa « laïcité » ne s’en prend qu’à l’Islam. Qu’a-t-il fait, par exemple, pour régler la situation scandaleuse qui règne en Alsace-Lorraine ?4

Encore une fois, la laïcité…

Le principe fondamental de la laïcité « à la française », c’est de faire de la religion une affaire strictement privée, exclue de la vie publique. « La République ne reconnaît ni ne finance aucun culte » affirme la loi de 1905, préparée par les lois Ferry expulsant les curés des établissements scolaires. Elle est le résultat de l’action conjointe de la bourgeoisie radicale et du mouvement ouvrier, pour garantir la liberté de conscience tout en refoulant l’influence religieuse à l’espace privé, l’extirpant de la vie publique.

Il s’agit en particulier de préserver le fonctionnement des services publics de toute pression religieuse. Comme le dit alors A. Briand :

« La réalisation de cette réforme aura pour effet désirable d’affranchir ce pays d’une véritable hantise, sous l’influence de laquelle il n’a que trop négligé tant d’autres questions importantes, d’ordre économique et social, dont le souci de sa grandeur et de sa prospérité aurait dû imposer déjà la solution. »

Il faut insister sur l’originalité de ce principe, produit de la radicalité du processus de construction de la République bourgeoise tout au long du XIX° siècle. Le refus de financer tout culte est spécifique à la France, et ne se comprend qu’à cause de la violence de l’affrontement entre bourgeoisie et monarchistes-cléricaux à partir de 1789.

C’est d’ailleurs à la remise en cause de ces principes que travaillent les partisans de la laïcité dite « ouverte » (Baubérot, Kepel…). En fait, la logique de leurs positions mène au système des cultes « reconnus (d’utilité publique) » qui prévaut un peu partout en Europe. Dans un tel système, la propagande religieuse dans les établissements scolaires est autorisée, curés et autres rabbins sont payés par le contribuable.

Acquis du mouvement ouvrier et démocratique, la laïcité préserve relativement l’école du bourrage de crânes religieux, exclut les clergés de l’accès aux fonds publics. C’est un acquis démocratique décisif – même si , depuis 1905, la bourgeoisie n’a eu cesse de revenir sur l’un des actes les plus radicaux qu’elle avait pu réaliser à son époque progressiste (ça ne rend que plus nécessaire de défendre cet acquis bec et ongles). On notera d’ailleurs comment Engels appréciait la question en 1885 :

« En France, ils ont maintenant les meilleures écoles du monde, une scolarité obligatoire importante, et tandis que Bismarck ne vient pas à bout des curés, ces derniers ont été totalement évincés des écoles en France »5.

La première responsabilité du NPA serait donc dénoncer la démagogie des « laïques » à la Valls-Sarkozy, de tout faire pour préserver cet acquis démocratique qu’est la séparation stricte de l’église et de l’État6. Encore faudrait-il pour cela que cette organisation soit vraiment persuadée que combattre l’opium du peuple fait partie de ses tâches, ce dont on peut douter.

Une tradition qui vient de loin

Tout le problème du NPA, et de la LCR auparavant, est en effet que cette organisation a toujours eu un rapport ambigu à la laïcité et au combat anti-religieux, quels que soient les précautions de langage de ses dirigeants. Avec le contexte actuel, la montée de l’obscurantisme, ces ambiguïtés deviennent évidemment de plus en plus intenables.

« L’école de Jules Ferry est morte »

Traditionnellement, les historiens présentent les lois Ferry peu ou prou en ces termes :

« Les républicains avaient une claire conscience des divisions de la Nation. L’une des fonctions du patriotisme de l’école primaire était d’ailleurs de concourir à l’unification des esprits. Mais il n’était pas question pour eux de laisser la « surintendance des écoles » aux adversaires des principes de 1789. De ce point de vue, la laïcité n’est pas une neutralité, mais une façon de prendre parti entre deux conceptions de l’état et de l’existence privée. C’était un choix de société. »7

En clair, la laïcité scolaire, c’est la tentative d’éradiquer l’influence obscurantiste, monarchiste et religieuse, au profit de celle de la classe montante, la bourgeoisie. Rappelons qu’à cette époque de l’Histoire, bourgeoisie libérale et mouvement ouvrier collaboraient contre la réaction.

Or c’est tout autre chose que défendait la Ligue Communiste dans son livre-programme de 1974, l’école de Jules Ferry est morte8. L’ouvrage est centré sur la dénonciation de « l’école des flics et des patrons », et concernant les lois Ferry, on y trouve le passage suivant :

« La classe ouvrière est la grande absente du débat. En réalité, elle est la principale obsession de Jules Ferry. Il est hanté par le spectre de la Commune. Par le contenu qu’il donne à la laïcité , il veut doter la République d’un instrument pour lutter contre « l’idéal socialiste ou communiste emprunté à des temps plus récents, par exemple à cette époque violente et sinistre comprise entre le 18 mars et le 24 mai 1871 ».(…) La subordination de l’école au gouvernement qui décide des doctrines qui s’y enseignent, la nature de ces doctrines dans le domaine de la morale et de l’Instruction Civique constituent une défaite pour la classe ouvrière dans le prolongement de la défaite subie avec l’écrasement de la Commune »9).

Pour la Ligue d’alors, la promulgation des lois laïques était donc une défaite ouvrière. Pas de quoi former des « laïcards », donc.

« La république inachevée »

On nous objectera que depuis 1974, les choses ont évolué. Pas tant que ça. En 1985, E. Plenel, ex-dirigeant de la LCR ayant conservé une influence indéniable dans l’organisation, publie sa République inachevée. Un chapitre s’intitule le mythe laïc (tout est dit), où on trouve le passage suivant :

« En détournant l’attention des classes populaires vers le clergé, en faisant passer au second plan que la séparation de l’école et de l’État est aussi la subordination de l’école à l’État, elle lui garantit un consensus favorable et maximise sa rentabilité sociale et politique. (…) La neutralité laïque est le parti-pris de l’idéologie dominante ».

L’idée force de Plenel, c’est que l’important, c’est la pénétration patronale dans l’école, pas celle des cléricaux (encore cet évitement de toute activité anti-religieuse…). Ça ne résiste guère à l’examen. En ces années, la querelle scolaire bat son plein. En juin 1984, des centaines de milliers de réactionnaires, bonnes sœurs en tête, avaient défilé en défense de l’école « libre », scellant une importante défaite du camp laïque… La réalité est évidemment que la pression religieuse et patronale sur l’Enseignement s’articulent mutuellement et sont inséparables.

La façon dont est présentée la « subordination » de l’école à l’État n’est guère plus défendable. Car là encore, la France est un des pays où, justement, la main-mise des pouvoirs divers (politiques mais aussi économiques) est la plus relative (grâce au statut des enseignants, aux programmes nationaux, etc.). Cela fait partie de cette « exception française », produit de décennies de luttes de classe sur le terrain scolaire.

« Marxisme et théologie de la libération »

Un peu plus tard, c’est M. Löwy qui s’y colle. En 1988, une longue brochure est publiée, où celui-ci « complète » Marx :

« La religion est-elle encore ce bastion de réaction, d’obscurantisme et de conservatisme que Marx et Engels dénonçaient au XIX° siècle ?

La réponse est, dans une large mesure, oui. Leur vision reste applicable à certains cercles dirigeants du Vatican, aux courants intégristes des principales confessions (chrétienne, juive ou musulmane), à des nombreux groupes d’évangélistes (…).

Cependant, l’émergence du christianisme révolutionnaire et de la théologie de la libération en Amérique latine (et ailleurs) ouvre un nouveau chapitre historique et pose des questions nouvelles et stimulantes auxquelles on ne peut répondre sans renouveler l’analyse marxiste de la religion »10.

Le phénomène (désormais en plein recul) de la théologie de la libération justifiait-il de « renouveler l’analyse marxiste de la religion » ? On a (plus que) le droit d’en douter. En tout cas, tout ceci mena le noyau dirigeant de la Ligue à « relativiser » l’hostilité traditionnelle des marxistes à « l’opium du peuple ».

« La république imaginaire »

Dès lors, on ne sera pas surpris par ce qu’écrivit plus tard Daniel Bensaïd.

« La laïcité victorieuse est cependant restée sous la direction hégémonique de la bourgeoisie républicaine. (…)

Mondialisation aidant, la bourgeoisie éclairée réconciliée avec une église modernisée, se contenterait désormais d’une laïcité minimaliste compatible avec la promotion d’un marché éducatif et avec la marchandisation annoncée des services (…). Face à ces tendances lourdes, la crispation sur « l’ouvrage défensif » d’une laïcité originelle, idéologiquement neutre, paraît bien illusoire ».

Il n’est d’ailleurs pas bien juste de parler d’une école sous « direction hégémonique » de la bourgeoisie. L’ensemble de l’architecture du système français d’éducation est au contraire profondément marqué par la pression du mouvement ouvrier depuis plus d’un siècle.

Quant à la laïcité « originelle, idéologiquement neutre », ça n’existe pas, et aucun marxiste n’a jamais revendiqué cela. L’Enseignement ne peut évidemment échapper que partiellement aux conditions sociales dans lesquelles il est dispensé. Il s’agit plus modestement de résister à la pression de l’obscurantisme religieux – un enjeu considérable ainsi que le faisait remarquer Engels.

En tout cas, ces lignes illustrent une fois de plus combien la fibre laïque de la direction de la LCR (puis du NPA) était très, très « relative »11. Cette faiblesse va littéralement les percuter lorsqu’elles seront confrontées à la montée de la réaction islamiste.

Face à l’islamisme

On sait qu’à partir de 1979, une nouvelle phase de l’Histoire de l’impérialisme s’ouvre, celle de la mondialisation capitaliste. L’un des traits décisifs de la période, c’est la tendance à la décomposition du mouvement ouvrier et de ses acquis.

Au Proche et Moyen-Orient, tout ceci se solde par l’apparition de divers courants politico-religieux, dans la foulée de la révolution iranienne (vite dominée par les mollah). Ces courants vont essaimer peu à peu, et atteindre l’Europe et la France.

Des alliés potentiels ?

Tout un milieu proche du NPA a vu dans ces courants l’expression d’une résistance à l’impérialisme, une sorte de cousins politiques. Partant de là, ils ont repris à leur compte les théories vaseuses du Socialist Workers Party britannique :

« Par le passé, la gauche a commis deux erreurs face aux islamistes. La première a été de les considérer comme fascistes, avec lesquels rien de commun n’était possible. La seconde a été de les considérer comme des “progressistes” qu’il ne fallait pas critiquer. »12

On est en droit de se demander : après les tueries de Charlie-Hebdo, celles du Bataclan, de Nice, considèrent-ils toujours qu’il serait possible de « faire quelque chose » avec les islamistes ?

Pour notre part, nous le répétons : ces courants totalitaires, hostiles au mouvement ouvrier, aux droits élémentaires, en premier lieu des femmes, doivent être combattus. Le combat contre la réaction religieuse est devenue une tâche nécessaire, au même titre que celle à mener contre notre propre gouvernement. Ça semble élémentaire, mais ce n’est malheureusement pas l’orientation du NPA.

Désarmement politique

On a vu plus haut combien la politique dominante à la LCR et au NPA était ambiguë.

Le drame est que dans une organisation aussi affaiblie idéologiquement, aussi désarmée sur la question religieuse, la pression d’un certain islamo-gauchisme s’exerce à plein. Quant à défendre l’école laïque – vous n’y pensez pas !

Exemple significatif (mais non exclusif). On peut lire dans la dernière livraison de l’Anticapitaliste (Revue) ces lignes de S. Kouvelakis qui se passent de commentaires :

« Au lieu de signifier la séparation de l’Église et de l’État et le refus de tout privilège à un culte, elle (la laïcité – NR) est devenue un instrument de stigmatisation dirigée contre l’Islam et les musulmans (…) »13

On se demande en quoi, quand, la laïcité aurait changé de signification, aurait cessé « de signifier la séparation de l’Église et de l’État ». Ne serait-ce pas plutôt que ce qui n’était pas acceptable des curés le deviendrait de la part des imams ?

En fait, Kouvelakis prend au sérieux les postures laïques de Sarkozy & Co. Avec ce type d’article, il contribue à décerner un brevet « laïque » à Sarkozy et consorts (on a vu plus haut qu’ils cherchent à s’approprier un brevet de « laïcité » à leur sauce), à réaliser leur hold-up sur une valeur clé du mouvement ouvrier français.

Face au burkini, une politique indépendante

« Liberté de conscience ! » Si on voulait, par ces temps de Kulturkampf, rappeler au libéralisme ses vieux mots d’ordre, on ne pouvait le faire que sous cette forme : « chacun doit pouvoir satisfaire ses besoins religieux et corporels, sans que la police y fourre le nez ». Mais le Parti ouvrier avait là l’occasion d’exprimer sa conviction que la bourgeoise « liberté de conscience » n’est rien de plus que la tolérance de toutes les sortes possibles de liberté de conscience religieuse, tandis que lui s’efforce de libérer les consciences de la fantasmagorie religieuse. »14

Ainsi s’exprimait Marx suite aux persécutions exercées par le régime de Prusse contre les catholiques. Ce n’est pas la méthode prise par la direction du NPA :

« Le NPA dénonce l’instrumentalisation des droits des femmes et défend le droit des femmes à disposer librement de leur corps contre tous ceux qui veulent les forcer à se couvrir ou à se découvrir.

Au nom de la lutte antiterroriste le gouvernement crée un état d’exception permanent. Le racisme, l’islamophobie visent à rendre acceptables ces atteintes aux libertés en stigmatisant une partie de la population particulièrement exploitée et opprimée désignée comme potentiellement dangereuse.(…)

Face à ce déchaînement nauséabond et à l’offensive sécuritaire, une riposte large s’impose contre le racisme et l’islamophobie, contre la répression et l’état d’urgence, pour l’égalité des droits ».

En clair, le NPA soutient sans distanciation les femmes qui portent le burkini, et reprend à son compte la thèse « du vêtement comme un autre ».

On doit évidemment se prononcer contre les mesures d’interdiction de cet accoutrement. Accepter l’interdiction, ce serait accepter la dérive autoritaire actuelle, renoncer à la lutte contre l’état d’urgence – il ne peut en être question. Comme l’écrit fort justement le militant laïque E. Khaldi :

« Ce vêtement est-il signe religieux ou un signe de discrimination sexuelle ? Quelle que soit l’interprétation, on ne peut invoquer la laïcité pour l’interdire, les faits se déroulent dans l’espace civil de la voie publique et concernent des personnes privées. L’expression des convictions religieuses est de fait légitime dans cet espace ».

Mais on ne saurait collaborer à l’opération visant à présenter le port de ce burkini comme anodin. C’est un acte politique, contraire à tout ce que défendent les anticapitalistes.

Il s’est pourtant trouvé une majorité à la direction du NPA pour choisir la voie de la conciliation avec les obscurantistes. A l’évidence, ce genre de position ne va pas aider au redressement du NPA.

Dont acte.

Le 23 août 2016

PS. On trouvera ci-dessous le texte d’un responsable du PCF, d’ailleurs issu de l’immigration. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il me semble bien plus adapté que ce qui a été évoqué ci-dessus.

 

 

 

 

Amar Bellal : Un vêtement pas comme les autres

Je suis assez perplexe face à certains arguments tentant de relativiser le phénomène « burkini » en comparant cette tenue avec des combinaisons de plongée, ou en la banalisant, la qualifiant de « vêtement comme les autres », comme l’affirme Edwy Plenel, par exemple.

Nous assistons à un phénomène nouveau dans l’espace public et je pense qu’il n’a rien d’anodin, et rien à voir avec un fait culturel dû à l’arrivée de populations nouvelles. Dans les années 1980-1990, parmi ceux qu’on appelait la première génération – les premiers Français issus de parents « musulmans » –, il n’y avait pas de burka. Je n’ai jamais entendu parler de burkini, et jamais personne dans mon entourage n’aurait eu l’idée de porter cette tenue, et, pis, de la porter dans l’espace public.

Il y avait plus ou moins (et souvent pas du tout?!) des pratiques de ramadan, de prières, mais la priorité était de s’insérer, de se faire accepter pour le dire vite, de s’intégrer par l’école entre autres, en étant conscient aussi qu’on vivait dans un pays avec une longue histoire, des traditions, etc. Au collège on avait droit à un menu sans porc (au choix), et d’autres signes montraient qu’il y avait un vrai retour, un effort des institutions républicaines qui savaient s’adapter à des populations nouvelles. J’oserais dire que la France a pratiqué une laïcité ouverte, bienveillante on va dire.

Cela fonctionnait aussi car existait le pari de l’intégration et de « donner du temps au temps » pour les futures générations. Je ne cache pas que je suis un pur produit de cette école républicaine et c’est aussi pour cela que je défends les valeurs républicaines et de laïcité, et notre système éducatif, dans ce qu’elles ont de meilleur. Bien sûr, il y avait du racisme, des discriminations, qui existent toujours… Mais il y a aussi beaucoup de bienveillance et de personnes formidables en France, comme mes professeurs qui, dans leur écrasante majorité, nous encourageaient.

Ce qui m’interpelle aujourd’hui, en 2016, ce sont ces revendications incroyables de type burka et burkini. Il est clair que cela ne peut pas venir des premiers arrivants, ouvriers comme mes parents, ni même de la première génération de Français, mais bien de la deuxième, voire la troisième génération, parfois de convertis qui ne sont pas du tout d’origine immigrée.

C’est donc une démarche qui est apparue en France et non pas importée par la culture des immigrés des années 1960-1970. Rien à voir non plus avec un fait culturel massivement partagé par l’arrivée de populations nouvelles. Il s’agit en fait d’une démarche clairement politique et prosélyte qui est le fait d’une minorité. Disons le clairement, l’écrasante majorité des musulmans en France ressent ces revendications comme une provocation inutile et dangereuse pour elle-même. En effet, ce genre de revendications est pain bénit pour le FN, dont les idées sont la première menace. Parfois, quand j’entends les arguments de certains tendant à relativiser ces pratiques, croyant ainsi défendre les musulmans, je me dis qu’on se passerait volontiers de ce type de défense. On a même envie de leur dire?: « SVP, taisez-vous… »

Si vraiment on veut défendre le vivre-ensemble, en tenant compte du fait culturel musulman qui est maintenant une réalité en France, il faut clairement combattre – et non leur trouver la moindre circonstance atténuante – ces prosélytes d’un mode de vie venu d’un autre âge, et que nous ne partageons pas.

L’Humanité – 18.VIII.2016

  1. La loi Debré établissait les « contrats d’association » avec l’enseignement privé, ce qui lui permettait d’accéder au fonds publics. Jusque-là, le financement de l’enseignement privé (à 95 % catholique) se faisait exclusivement sur fonds privés. []
  2. La loi Carle (2008) augmente les fonds publics dont bénéficient les établissements scolaires privés. []
  3. Cf. G. Kepel : Quatre-vingt-treize. []
  4. Le régime spécifique à l’Alsace-Moselle reconnaît et organise les cultes catholiques, protestants et juifs. Il permet à l’état de salarier les ministres de ces cultes, prévoit un enseignement obligatoire de la religion à l’école et au collège. []
  5. Fr. Engels : Lettre à A. Bebel (28.x.1885). []
  6. Rappelons que Valls et Cazeneuve ont envisagé cet été de mettre en place un système concordataire vis-à-vis de l’Islam, ce qui serait revenu à démanteler les lois laïques… []
  7. A. Prost : Quand l’école de J. Ferry est-elle morte ? []
  8. E. Plenel (alors dirigeant de la LCR) et D. Bensaïd ne peuvent pas ne pas avoir été impliqués dans l’élaboration de ce livre. []
  9. Ligue Communiste : L’école de J. Ferry est morte (p. 17 []
  10. M. Löwy : Marxisme et théologie de la libération. []
  11. A ceci s’ajoute la confusion que sèment Lutte Ouvrière et ses avatars internes au NPA. Rappelons que pour ces groupes, laïcité = neutralité politique – il n’y a donc aucun acquis à défendre. []
  12. C. Harman : le prophète et le prolétariat. []
  13. L’article est signé, ce qui ne lui donne pas le caractère d’une prise de position de parti. Il n’en demeure pas moins que ce n’est pas le premier sur ce thème, et qu’aucun avis contraire ne vient le contrebalancer. []
  14. K. Marx : Critique du programme de Gotha. []

 

http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/combattre-le-racisme-combattre-lislamisme/7398350

Repost 0
Published by Vendémiaire
commenter cet article
11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 16:39

En mai 1968 Aimé Halbeher est le jeune secrétaire général du syndicat CGT de Renaul- Billancourt.

Dans les médias, chez les journalistes et les détracteurs de la CGT la chose est entendue : " G. Séguy s'est fait huer par les travailleurs à l'ile Seguin".

A force de le répéter depuis plus de 50 ans ils ont fini par y croire ... ou faire semblant.

C'est qu'il s'agit d'abord d'instiller le doute et de dénigrer la principale centrale syndicale de ce pays et de l'affaiblir!

Notre ami et camarade Aimé Halbeher rétablit donc les faits.

Les falsificateurs tiendront-t-ils compte de cette mise au point comme le voudrait le respect des faits et de la réalité ?
​_____________________

 

Notre camarade G. Seguy nous a quittés. Son décès provoque la plupart du temps des réactions positives et élogieuses à son égard mais aussi des calomnies inadmissibles. En tant que secrétaire général du syndicat CGT à l’usine Renault-Billancourt en 1968, je tiens à rétablir la vérité sur l’une des nombreuses falsifications de l’histoire qui sont encore reprises par des médias, hommes politiques ou historiens. Elle concerne l’attitude de la CGT et de son secrétaire national G Seguy durant la grande grève qu’à connu la France en mai et juin 1968.

Selon eux, G. Seguy serait venu le 27 mai 1968 chez Renault à Billancourt à la fin des discussions de Grenelle pour appeler à la reprise du travail. Il aurait été hué et sifflé par les grévistes.

Cette grève a concerné 9 millions de salariés. Elle fut victorieuse et elle modifia le rapport des forces social pendant de longues années en faveur des salariés qui en profitèrent pour augmenter le nombre d’acquis sociaux obtenus en 1968.

La première moisson des succès notamment l’augmentation générale des salaires de 10% (+ 35% pour le SMIC), la réduction du temps de travail sans perte de salaire, la reconnaissance du droit syndical dans les entreprises, le paiement des jours de grève, etc… s’est concrétisé au cours des discussions de Grenelle réunissant le 26 et 27 mai les centrales syndicales ouvrières, le gouvernement gaulliste et les dirigeants du patronat.

Lorsque les discussions se sont terminées, il est environ 6h du matin. Je suis informé par les radios du constat des discussions. Nous avions convoqué la totalité des salariés de l’usine à un rassemblement dans l’Ile Seguin pour les informer de ces résultats et décider ensemble de la conduite à tenir concernant notre grève avec occupation qui dure depuis 10 jours. A l écoute des résultats, j’apprécie leurs portées positives pour des millions de salariés notamment dans les PME mais aussi le tremplin qu’ils nous offrent chez Renault pour imposer l’ouverture des discussions sur la plate forme revendicative votée le 17 mai par 25000 salariés lors de leurs décisions d’engager une grève générale avec occupation.

Je prends contact avec mes camarades de la direction du syndicat qui sont unanimes pour estimer que les salariés qui occupent l’usine, eux aussi informés par leurs radios dans les piquets de grève, pensent que le constat de Grenelle avec ses importants acquis mais aussi ses insuffisances ne répondent pas, loin s’en faut, aux exigences formulées par le personnel de Renault Billancourt lors de leur décision d’engager la grève générale.

Quelques exemples parmi d’autres :

-nous demandions que pas un revenu mensuel ne soit inférieur à 1000 frs par mois dans le groupe Renault or, malgré son augmentation de 35 %, le salaire minimum mensuel en France, après Grenelle, atteindra 650 frs

-nous exigions la suppression des contrats provisoires (déjà du CDD !), la suppression des sanctions anti grève sur les primes, la suppression des déclassements en cas de changements de poste et du système de salaire liés à la machine.

Autant de questions très sensibles pour des milliers d’employés et d’ouvriers.Ce n’est pas à Grenelle que l’on pouvait régler cela mais à Billancourt !

Le rassemblement a lieu à 9h du matin. J’apprends que G. Séguy viendra rendre compte du constat de Grenelle avec Benoit Frachon aux 25000 salariés présents. Il n’était évidemment pas question pour eux d’appeler les salariés de Renault à cesser ou poursuivre leur grève.

En les attendant je suis chargé par la direction du syndicat CGT de l’usine, et en accord avec la CFDT et FO de présenter brièvement les principaux résultats de Grenelle que nous connaissions mais surtout de fustiger la direction de l’usine et le gouvernement qui refusent d’ouvrir les discussions. En conséquence, je propose au vote des travailleurs la poursuite de la grève reconductible avec occupation aussi longtemps que ces négociations ne se seront pas tenues.L’immense majorité des salariés présents acclame et vote la poursuite de la grève.

G. Séguy apprend cette décision lors de son arrivée en voiture à Billancourt.

Par conséquent la poursuite de la grève s’est décidée avant l’arrivée de G. Seguy.

Cette décision n’a pas concerné le résultat de Grenelle mais l’obstination de la direction et du gouvernement à refuser toute discussion. Les grandes entreprises, notamment dans l’automobile, Renault, Peugeot, Citroën ne négocieront que vers le 20 juin 1968.

G. Séguy avec B. Frachon présentent aux salariés de Renault les conditions dans lesquelles se sont déroulées les discussions et déplorent au passage, que contrairement à 1936, l’unité syndicale a cruellement fait défaut. G. Séguy précise qu’aucun accord signé n’est intervenu. Il s’agit d’un constat de discussion qu’il faut améliorer dans chaque entreprise.

Il présente les acquis sociaux obtenus sous les applaudissements nourris et les revendications insuffisamment satisfaites ou totalement insatisfaites sous les huées adressées au patronat et au gouvernement.

G Séguy déclare : « il appartient aux travailleurs en France de se prononcer démocratiquement sur la suite à donner à leur grève comme vous venez de le faire tout à l’heure ». En tout cas ajoute t-il, "cette grande et magnifique grève appartient aux travailleurs. Comme nous n’avons pas donné de mot d’ordre de grève générale, il n’est pas question pour nous d’appeler à une quelconque reprise du travail".

Pour ce qui est de la suite de la grève à Renault Billancourt, à Cléon, Le Mans, Flins, Sandouville, il faudra attendre 33 jours de grève pour aboutir à un constat de fin de grève chez Renault améliorant sensiblement les résultats de Grenelle .La reprise du travail fut votée par bulletin à 75 %.

Je crois pour en terminer que ceux qui à droite ou dans la mouvance « gauche caviar » tentent depuis près de 50 ans de salir l’action exemplaire de G. Séguy, feraient mieux de saluer celui qui, avec B. Frachon, a su, dès le début de la grève de mai 68, lui donner un contenu auto gestionnaire et démocratique.

Cette ligne syndicale nationale fut un rempart remarquable face aux tentatives classiques du patronat, de la droite ou de la gauche réformiste d’ourdir des provocations, des tentatives de récupérations pour déposséder la classe ouvrière de la direction de ses grèves et manifestations.

Ce fut encore le cas récemment lors des journées d’action contre la loi El Khomri. Mais la vigilance et l’opiniâtreté des dirigeants de la CGT ont su mettre en échec les instigateurs de provocations et conserver l’énorme sympathie de l’opinion à leur mouvement.

 

Aimé HALBEHER

Le 19 Août 2016

Repost 0
11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 15:30

mardi 6 septembre 2016

Depuis plusieurs années, les populations du Moyen Orient et d’Afrique Orientale subissent de multiples conflits, bien souvent provoqués et entretenus dans l’intérêt capitaliste de grandes puissances telles que la France, l’Angleterre, les Etats-Unis, privant au passage ces peuples et leurs pays de leurs richesses, les laissant dans la misère la pauvreté et le désarroi.

Aujourd’hui, dans le Calaisis, plus de 10 000 réfugiés ayant fui ces conflits, vivent dans des conditions inhumaines, indignes du pays des droits de l’Homme. Chaque jour, ils mettent leur vie en péril en tentant de rallier l’Angleterre, injustement présenté comme un eldorado, mais en réalité vivier d’une main d’œuvre bon marché et exploitée.

Après avoir reçu les bombes des pays occidentaux, avoir fait plusieurs milliers de kilomètres pour rejoindre Calais, n’ayant plus rien à perdre, ils sont prêts à tout pour traverser, mettant en danger la population et les travailleurs calaisiens.

La France, l’Angleterre et les Etats-Unis (entre autres) portent une lourde responsabilité sur les flux migratoires, en menant des guerres sur fond d’intérêts économiques.

A travers cette situation, la rocade portuaire, le port de Calais et le Tunnel sous la manche se retrouvent pris en otage de hautes clôtures et de barbelés, ce qui n’empêche pas les réfugiés, déterminés à tenter, au risque de leur vie ainsi que celles des travailleurs calaisiens, de monter dans les camions en provoquant des barrages sous l’impulsion des passeurs.

Ces derniers temps, et cela va en s’amplifiant, sous l’influence d’un contexte d’élections politiques, cette situation est récupérée de façon malsaine par l’extrême droite, certains travailleurs et la population calaisienne ne doivent pas se tromper de cible.

L’Europe et les gouvernements des pays qui la composent, doivent répondre par la diplomatie et des mesures humaines, et non pas ériger des murs, quitte à revoir les accords du Touquet qui ont placé (sous Sarkozy) la frontière sur le sol Français.

La population calaisienne, les salariés du port, du tunnel, ainsi que les réfugiés eux-mêmes, se sentent abandonnés à leur sort.

Il est urgent d’allier nos forces afin que soit réglée politiquement cette situation, de peser sur les grandes puissances pour faire cesser les massacres au Moyen Orient, de faire prendre ses responsabilités à l’Angleterre, et de mettre en sécurité les salariés travaillant dans le Calaisis.

La nature a horreur du vide et cette situation ne doit pas opposer la population calaisienne et ses travailleurs aux réfugiés, car pendant ce temps, les responsables de cette situation restent au chaud en envoyant des bombes !

Montreuil, le 6 septembre 2016

Repost 0
10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 15:09

Les élections législatives espagnoles ont eu lieu dimanche 26 juin, après des mois d'impasse politique, alors qu'aucun parti n'était en mesure de former un gouvernement suite aux élections de décembre. Les sondages prédisaient la progression de la coalition de la gauche radicale Unidos Podemos (UP , alliance de Podemos et de Izquierda Unida) et un important recul des partis traditionnels de l'establishment. Le parti conservateur PP arrive finalement premier, le PSOE (centre gauche) en seconde place, légèrement devant UP.

Les pourcentages et la répartition des sièges n'ont pas fondamentalement changé depuis les élections de décembre 2015. Unidos Podemos garde le même nombre de députés, et perd plus d'un million de voix. La participation globale baisse de 3,3 %, soit 1,2 million de votants en moins.

 

Résultats détaillés

Partis

Juin 2016

Décembre 2015

PP

33.03% - 137 sièges

28.71 % - 123 sièges

PSOE

22.66% - 86 sièges

22% - 90 sièges

Unidos Podemos

21.1% - 71 sièges

24.49% - 71 sièges

Ciudadanos

13.05% - 32 sièges

13.94% - 40 sièges

ERC (centre-gauche catalan)

2.63% - 9  sièges

 

CDC (droite catalane)

2.01% - 8  sièges

 

PNV (droite basque)

1.22% - 5  sièges

 

Bildu (gauche basque)

0.78% - 2  sièges

 

 

Stagnation de Unidos Podemos

La stagnation de UP a été source de déception et de démoralisation auprès des militants, mais l'important est de comprendre les causes de ce résultat en demi-teinte. Il faut noter en premier lieu que la campagne a été assez mal menée. Toute l'activité de UP ces derniers mois s'est focalisée sur le terrain électoral et parlementaire et peu de meetings se sont tenus. La dernière mobilisation remonte à janvier 2015, lors d'une énorme manifestation appelée par Podemos à Madrid.

D'autre part, la campagne n'était pas assez radicale et peu attrayante. Le programme électoral a été édulcoré depuis décembre. En début de campagne, UP a cherché le soutien des électeurs du PSOE en jouant sur leur propre terrain, Pablo Iglesias affirmant notamment vouloir une « nouvelle démocratie sociale ». En se positionnant comme le parti de « la patrie, la loi et le travail » UP a délibérément cherché à convaincre les électeurs les plus modérés, mais ce genre de langage a eu pour conséquence de démobiliser une partie de son électorat de gauche.

À la différence de celle de décembre, la campagne fut complètement déconnectée des luttes qui ont été à l'origine de Podemos (Mouvement 15M, campagnes anti-austérité, mouvement contre les expulsions locatives). Ces questions n'ont figuré dans aucune des vidéos électorales, et n'ont été que rarement mentionnées lors des débats.

La fin de la campagne a cependant témoigné d'une radicalisation du message et d'un certain enthousiasme, particulièrement lors du tout dernier meeting, à Madrid, où Pablo Iglesias a tenu un discours offensif et clairement marqué à gauche, faisant appel aux traditions de la lutte des classes. Le problème est que cet enthousiasme n'a pas dépassé le cadre des personnes assistants aux meetings et n'a pas touché le grand public.

D'autres facteurs, plus circonstanciels ont également joué. Ces élections se sont tenues fin juin, durant un week-end qui est férié dans plusieurs régions espagnoles, ce qui a démobilisé une partie de l'électorat, en particulier chez les jeunes et les citadins, qui constituent la base de l'électorat de UP. De nombreuses personnes parmi les couches les moins politisées étaient par ailleurs fatiguées après des mois d'impasse politique, une campagne électorale paresseuse et le triomphalisme des dirigeants d'UP qui étaient rendus exagérément confiants dans leurs résultats par les sondages. Ces multiples facteurs n'aidèrent pas les électeurs les moins convaincus à se déplacer.

Si les attaques politiques à l'encontre de Unidos Podemos ont eu un certain impact parmi une couche d'électeurs, c’est à cause du contexte général d'une campagne plate et modérée (Monedero, ancien dirigeant de Podemos, expliquait que les débats manquaient de « mordant »). Les dirigeants de Podemos (mais pas tellement ceux de Izquierda Unida) se montrèrent réticents à expliquer leurs positions sur le Venezuela, et évitèrent toutes les questions concernant la Grèce et le sort du gouvernement Syriza. Aidée par une offensive massive des médias, la droite a utilisé la question du Venezuela comme un écran de fumée. Il aurait fallu être en mesure d'expliquer les aspects positifs de la révolution bolivarienne, les raisons pour lesquelles il faut la défendre et le caractère putschiste de l'opposition. Concernant la Grèce, le problème principal est que les dirigeants de Podemos ont exactement le même programme que celui défendu par Tsipras en janvier 2015. Contre l'idée selon laquelle ce programme mène inévitablement à la capitulation et à l’austérité, leur unique — et faible — argument est d'affirmer que « l'Espagne est plus forte que la Grèce, et a donc davantage d'influence vis-à-vis de la Troïka, ce qui lui permettrait de renégocier ses engagements à réduire ses déficits ».

Si les résultats de Unidos Podemos peuvent paraître décevants, ceux-ci doivent toutefois être remis dans un contexte plus général, où depuis 40 ans, aucun autre parti à la gauche du PSOE n'avait recueilli un tel résultat : 5 millions de votes et 71 sièges. Le meilleur résultat précédent était à l'actif du parti communiste en 1979, quand il obtint 10 % des suffrages et 21 sièges.

Le PSOE se maintient, Ciudadanos s'effrite et le PP se renforce

Tous les sondages annonçaient le rapide déclin du PSOE, à l'image des autres partis sociaux-démocrates européens. Mais en perdant 120 000 votes et 5 sièges, le PSOE a réussi à se maintenir à la deuxième place et à garder le même pourcentage qu'en décembre, ce qui était son objectif. Il conserve ses électeurs dans les petites villes et les régions rurales, et parmi les personnes âgées. D'autre part, ses allégations que la formation d'un gouvernement de gauche après décembre a été entravé par Podemos, même si elles sont fausses, semblent avoir eu un impact parmi ses soutiens traditionnels.

Il faut prendre en compte les spécificités de la situation politique espagnole. Malgré une crise économique et sociale importante, la classe dirigeante a su maintenir un gouvernement stable entre 2011 et 2015, le PP jouissant d'une majorité absolue. Ce qui signifie que les autres partis, notamment le PSOE, n'ont pas eu l'occasion d'être mis à l'épreuve, tandis que le mécontentement se concentrait majoritairement contre le PP. Le PSOE n'a eu à mettre en place une politique d’austérité qu'une seule année, sous le gouvernement Zapatero (2010-2011). Ceci contraste avec le PASOK qui a été seul maître d’œuvre de l’austérité sur une plus longue période en Grèce, avant de continuer en s'alliant avec les conservateurs.

Les cinq années de gouvernement PP majoritaire ont créé les conditions d'un développement inégal et combiné des consciences. Une large part de la jeunesse citadine et des travailleurs entrés dans les luttes massives de 2011-2014 en sont arrivés à la conclusion que seul un changement radical était en mesure de régler les problèmes de la société, et se sont ralliés derrière UP. Il existe cependant une couche plus conservatrice parmi les travailleurs qui croit encore que le problème fondamental vient du PP, et que le PSOE peut incarner une alternative modérée à la situation actuelle. La panique générée par le Brexit n'a fait que renforcer les attitudes conservatrices de ces derniers. Comme nous l'avons déjà souligné, le Brexit aura des conséquences réactionnaires (du moins à court terme) pas uniquement au Royaume-Uni, mais à travers toute l'Europe.

Le succès du PP, qui gagne 5 % soit 1,3 million de votants par rapport à décembre, et le déclin relatif de Cuidadanos, qui perd 400 000 votes et 8 sièges, n'est pas difficile à analyser. La progression de UP, amplifiée par les sondages, a poussé une grande partie des électeurs de droite et du centre dans les bras du PP, principale force de la réaction en Espagne. Malgré la corruption avérée du PP, touché chaque semaine par de nouveaux scandales, il a été capable de rallier dernière lui toutes les couches conservatrices de la société. Ciudadanos ne propose rien de fondamentalement différent du PP et n'est pas perçu comme une force de droite fiable. Il a perdu son attrait auprès des électeurs conservateurs dont la principale préoccupation était de faire barrage à UP.

Négociations pour un nouveau gouvernement

Un gouvernement PP-Cuidadanos semble probable. Aucun parti ne souhaite de nouvelles élections, pas plus que les masses. Et, quoique compliquées, les négociations aboutiront certainement à un gouvernement bourgeois. Le PP et Cuidadanos ont 169 sièges, avec le soutien de PNV et de la Coalition des îles Canaries, il leur suffira d'une abstention pour obtenir une courte majorité et former un gouvernement. Celui-ci devra immédiatement mettre en place une politique de coupe budgétaire drastique pour répondre aux exigences de l'UE (8 milliards d'euros de coupe pour cette année et les suivantes), et s'attirera rapidement la haine des masses. Cette victoire est un cadeau empoisonné pour la bourgeoisie, qui préparera le terrain pour une radicalisation dans la prochaine période. Il faut s'attendre à voir de nouvelles mobilisations de masse dans les rues et des luttes se multiplier dans les entreprises. Dans ce contexte, UP pourra poursuivre son ascension s’il arrive à jouer son rôle oppositionnel de façon intelligente.

Rajoy a immédiatement annoncé qu'il appelait une alliance avec le PSOE pour former un gouvernement de coalition particulièrement stable, qui compterait 254 sièges s'il comprend Cuidadanos (176 sièges constituant une majorité absolue). Cette option permettrait au PP de partager la responsabilité de la mise en place de la politique d’austérité, mais serait le début de la fin pour le PSOE. Ce dernier préférerait s'abstenir sur le vote du gouvernement, autorisant ainsi la création d'un gouvernement PP-Cuidadanos tout en restant extérieur. Une grande coalition serait dangereuse pour les partis bourgeois, car elle laisserait UP seul parti d'opposition, préparant son essor dans la période à venir.

Un gouvernement de gauche semble improbable, UP aura des conditions que le PSOE jugera intenables. Un tel gouvernement aura en outre besoin du soutien des partis régionalistes pour obtenir une majorité, et ceux-ci sont particulièrement hostiles à l'idée d'une alliance avec UP. De plus, ils réclament la tenue d'un référendum pour l'indépendance de la Catalogne, ce qui est complètement exclu pour le PSOE.

Les conséquences pour la gauche

Ces résultats auront des conséquences internes pour UP. Ces derniers mois ont été source de tensions entre Íñigo Errejón (secrétaire politique) et Pablo Iglesias (secrétaire général) concernant l'alliance avec Izquierda Unida. Pendant longtemps, l'idée qui a dominé les rangs de Podemos, défendue par Errejón, est que le parti n'était « ni de droite ni de gauche », et qu'il fallait édulcorer son discours pour être plus rassembleur. Errejón a résisté aux alliances avec IU. Cette tendance au sein de Podemos a été battue après l'accord passé au printemps avec IU. Le soir des élections, dans une conférence de presse, Iglesias a affirmé catégoriquement qu'il ne regrettait pas l'alliance avec IU et qu'il continuerait à la défendre.

Mais le lendemain, la tendance d'Errejón avait déjà publié une déclaration virulente pour s'opposer à Pablo Iglesias, remettant ouvertement en cause l'alliance avec IU et s'attaquant à Monedero pour avoir décrit dans un article que la campagne manquait de « mordant », qu'elle proposait des « discours creux » et que Podemos souffrait d'un manque de mobilisation populaire et avait besoin de retourner dans les rues. Du coté de IU, ceux qui s'opposent à l'alliance au sein de l'UP vont eux aussi repasser à l'offensive et renforcer leurs critiques.

Les marxistes doivent défendre l'alliance entre Podemos et Izquierda Unida, qui n'est pas la cause de ces mauvais résultats. Les divisions parmi la gauche et le sectarisme parmi les militants des différents partis doivent être évités à tout prix. Ces mauvais résultats seront analysés par certains comme une preuve que le programme de UP était « trop radical », et qu'il faut à présent le modérer. Mais cela ne ferait que décevoir les soutiens les plus fervents de UP et accentuer les hésitations parmi ceux oscillant entre le PSOE et UP. Unidos Podemos doit au contraire retourner à ses racines en terme de participation de masse (ce qui n'est possible qu'avec des structures démocratiques) et renouer avec un programme radical d'opposition au régime.

En période de crise et sous un nouveau gouvernement PP, UP peut continuer sa progression en expliquant patiemment que les partis de la bourgeoisie n'ont pas de solution aux problèmes actuels, et que la seule voie à suivre est une transformation profonde de la société sous un gouvernement de la gauche radicale. En tant que marxistes, nous insistons sur le fait qu'un tel programme ne peut être mis en œuvre dans les limites du capitalisme. Pour mettre fin aux mesures d’austérité à travers toute l’Europe, il est urgent d'exproprier les ressources de la classe capitaliste afin de les placer sous le contrôle démocratique de l'ensemble de la société, non d'une infime partie de privilégiés.

 

http://www.marxiste.org/international/europe/espagne/2028-les-elections-espagnoles-un-cadeau-empoisonne-pour-la-classe-dirigeante

 

Repost 0
Published by Vendémiaire - dans Europe
commenter cet article
10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 13:19

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/06/30/31002-20160630ARTFIG00290-brexit-vingt-intellectuels-eurocritiques-lancent-un-appel-pour-un-nouveau-traite.php

La vision économique de long terme de l’union européenne rend dérisoire l’espoir de renégocier les traités européens affiché par « vingt intellectuels eurocritiques ». Car ce processus a démontré ses objectifs non pas « depuis au moins trois décennies, sur la base de traités marqués au coin du néolibéralisme alors triomphant (Acte unique, traité de Maastricht, traité de Lisbonne), ou de l’ordo-libéralisme allemand (traité de cohérence budgétaire dit «TSCG» de 2012) », mais depuis les origines. Il s’est agi, en effet d’assurer la tutelle maximale sur cette partie du monde de l’impérialisme le plus puissant, états-unien, escorté du second, l’impérialisme allemand, que les rivalités inter-impérialistes opposent cependant, à l’occasion des crises systémiques, jusqu’à la guerre générale. Le phénomène a débouché, entre autres, sur ce que Georges Gastaud qualifie « de protectionnisme » rigoureux au bénéfice exclusif de l’Allemagne et des États-Unis. Il est sans rapport aucun avec l’idéologie, la Guerre froide, le rêve de « démocratie », etc., et ne laisse aucune chance la « réforme » à laquelle semblent croire les « vingt intellectuels eurosceptiques » qui ont signé ce manifeste.

La critique est portée ici du strict point de vue historique qui relève de ma compétence.

 

1° Je suis stupéfaite que certains de ces signataires, que je croyais très bien informés de l’histoire vraie de l’union européenne, érigent en modèle la renégociation de « la conférence de Messine » de 1955 qui, après l’échec de la Communauté européenne de défense (CED), a[urait] permis de remettre la construction européenne sur les rails ».

Ladite conférence se tint sous la stricte injonction de Washington, avec l’active contribution, selon la tradition, de ses purs et simples instruments, parmi lesquels Jean Monnet et Paul-Henri Spaak. Elle ouvrit sur une nouvelle étape majeure de la constitution de l’Europe germano-américaine, le marché commun, qui faisait suite à la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) dont le « père de l’Europe » Robert Schuman s’était fait l’initiateur officiel. La réalité est différente, comme je le démontre notamment dans Aux origines du carcan européen, 1900-1960, dont l’édition augmentée vient de paraître.

Ce marché commun chemina, sans la « dérive » ici alléguée, vers l’union-carcan dont les hauts fonctionnaires français avaient révélé, avec une précision redoutable dès 1950-1953 (cette dernière date étant celle de la mise en œuvre de la Communauté européenne du charbon et de l’acier), tous les aspects, parmi lesquels l’impitoyable « dumping social ». Ladite « Europe » avait déjà, à l’époque du retour de De Gaulle aux affaires (1958), un aspect sinistre, marqué par la surproduction et les crises récurrentes (dont témoignait la fermeture des mines de charbon entamée par celles de France et de Belgique), décrit dans le même ouvrage.

Dans le 13e et dernier chapitre d’Une comédie des erreurs, 1943-1956, Souvenirs et réflexions sur une étape de la construction européenne, Paris, Plon, 1983, « L’étouffement », p. 499-523, l’ambassadeur de France à Londres René Massigli dressa un tableau effarant de cette session. Elle fut animée, en apparence, par les pions « européens » de Washington, déjà cités, sans oublier les autres, dont Pinay, Hallstein, Adenauer et Beyen; en réalité par le tandem Département d’État-CIA, sous la houlette respective des deux frères Dulles, John Foster et Allen, partenaires essentiels de Sullivan & Cromwell, plus gros cabinet américain d’affaires internationales, lié à la finance allemande depuis le tournant du 19e siècle.

Notons, au cas où on serait tenté de taxer l’intéressé de subversion ou de « nationalisme », que Massigli n’avait pas incarné la résistance au tuteur étranger, et qu’il se voulait « européen ». Cet ancien champion de l’Apaisement de l’entre-deux-guerres, artisan majeur des accords de Munich comme directeur des Affaires politiques du Quai d’Orsay (voir l’index du Choix de la défaite, Paris, Armand Colin, 2010), avait fini en 1943 par se rallier à de Gaulle. Ralliement tardif et fort contraint : les archives américaines le montrent littéralement agenouillé devant Washington et quotidiennement disposé, à Alger, en 1943-1944, à lâcher de Gaulle auquel il reproche une résistance très excessive aux exigences américaines. Allen Dulles, patron Europe de l’OSS (qui précéda la CIA) établi depuis novembre 1942 à Berne, avait alors déjà gagné, auprès de Robert Murphy, délégué de Roosevelt depuis décembre 1940 au débarquement en Afrique du Nord « française », ses galons de maître et de bailleur de fonds des « Européens » : c’est-à-dire des « élites » de la société acquises à la mainmise des États-Unis sur le continent européen après l’avoir été, le plus souvent, depuis les années 1930, à la mainmise allemande (sur ces noms, voir l’index de l’ouvrage Les élites françaises, 1940-1944. De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine, Paris, Armand Colin, 2016).

De l’origine américaine de cette mythique « conférence de Messine », il n’est pas question dans le manifeste des « vingt intellectuels eurocritiques ». Omission surprenante qui se maintient dans les deux autres points abordés.

 

2° La séduisante revendication de la renonciation au « modèle mercantiliste allemand (excédent extérieur approchant les 10 % du PIB) […] intransposable aux autres pays et notamment à ceux de l’Europe du Sud » équivaut, compte tenu de l’histoire réelle de l’union européenne, à la demande polie et vaine, adressée aux États-Unis et à l’Allemagne d’abandonner purement et simplement ladite union, leur créature. Autant vaudrait demander à une association bancaire de s’auto-transformer en entreprise de bonnes œuvres, pour réaliser la fameuse « Europe sociale » qu’on nous vante chaque jour. Cette revendication est aussi sidérante que celle d’un renouvellement de « la conférence de Messine » puisque l’objectif de l’union européenne a été précisément réalisé : nous bénéficions de son succès depuis bientôt plus de soixante ans, il faut le reconnaître, avec une intensité démultipliée par la destruction de la zone d’influence soviétique muée en zone américaine depuis 25 ans.

« Dérive », vraiment?, par rapport au propos d’un haut fonctionnaire du Quai d’Orsay de février 1950 (avant le fameux discours de Robert Schuman du 9 mai, donc), annonçant les effets imminents de « la pression du chômage sur le niveau des salaires [européens]. Or, il ne peut y avoir harmonisation des salaires et des charges sociales [...] que par le jeu de l’offre et de la demande et elle se fera au niveau le plus bas. C’est bien là une des raisons pour lesquelles le Conseil national du patronat français se prononce en faveur de la libération des échanges et des Unions régionales : il y voit un moyen de réduire les prétentions des salariés lors des prochaines négociations des conventions collectives. » (Note du Service de Coopération économique (SCE), 10 février 1950, CE, 56, archives du ministère des Affaires étrangères, plus longuement citée dans Aux origines du carcan européen, p. 116-117). (Le Conseil national du patronat français succéda, en 1946, à la Confédération générale de la Production française devenue en juillet 1936 Confédération générale du patronat français, et précéda le MEDEF).

Les exigences historiques et actuelles des États-Unis à l’égard de cet énorme marché unifié et non protégé de leurs marchandises et de leurs capitaux n’ont pas non plus, dans ce deuxième point du manifeste, été prises en compte.

 

3° Le « dialogue avec la Russie, pays européen indispensable pour l’établissement d'une sécurité dont toutes nos nations ont besoin », etc., est-il compatible avec le maintien de l’union européenne dans l’OTAN, institution dont l’origine se confond strictement avec l’histoire de l’encerclement de l’URSS. Les États-Unis combattaient d’ailleurs la Russie depuis les débuts de l’ère impérialiste, plus de 20 ans avant 1917. L’a démontré l’un des deux pères fondateurs du courant historiographique américain dit « révisionniste » (courant scientifique sans rapport avec les « révisionnistes » français, simples « négationnistes » des chambres à gaz), William Appleman Williams. Sa thèse universitaire (Ph.D.) American Russian Relations, 1781-1947, New York, Rinehart & C°, 1952, a montré que le jeune impérialisme américain, soucieux de contrôler, entre autres, le sort de la Chine, avait jugé insupportable l’expansion de son (assez faible) rival russe, qui revendiquait participation au contrôle des transports ferroviaires de la Chine: « L’entente [russo-américaine] lâche et informelle […] s’était rompue sur les droits de passage des chemins de fer [russes] de Mandchourie méridionale et de l’Est chinois entre 1895 et 1912 ».

On trouvera maintes références sur la vieille obsession antirusse des impérialismes américain et allemand et sur leur agressivité, dimension militaire incluse, envers l’empire russe puis l’URSS dans les références suivantes : « Le débarquement du 6 juin 1944 du mythe d’aujourd’hui à la réalité historique » (http://www.lafauteadiderot.net/Le-debarquement-du-6-juin-1944-du, juin 2014), et dans « L’apport des “guerres de Staline” de Geoffrey Roberts à l’histoire de l’URSS : acquis et débats », préface à l’ouvrage de Geoffrey Roberts, Les guerres de Staline, Paris, Delga, 2014, p. I-XXXIV.

Ceux qui seraient tentés de balayer d’un revers de main les références fournies par l’universitaire sérieuse que je suis pourront constater que je les emprunte soit aux archives originales soit aux travaux historiques américains accumulés depuis des décennies. Ce travail, notons-le, qualifie les pratiques de la « soviétologue » de Rennes 2, Cécile Vaissié, qui met en cause l’« universitaire retraitée et militante au PRCF » Annie Lacroix-Riz dans Les réseaux du Kremlin en France. Le lecteur pourra juger du manque de sérieux de la documentation de ce récent ouvrage assuré d’un énorme écho médiatique, phénomène qui démontre le caractère plus que jamais actuel de mon livre de 2012, L’histoire contemporaine toujours sous influence, Paris, Delga-Le temps des cerises.

 

Une « union européenne » à direction germano-américaine bien disposée envers la Russie, vraiment? Qu’est-il arrivé à certains, au moins, des « vingt intellectuels eurocritiques » qu’on avait pris pour des observateurs sérieux du « carcan » réservé de longue date aux « Européens » non détenteurs de profits monopolistes? Leurs « vœux pieux » européens traduisent-ils une nostalgie pour le « baiser Lamourette » de juillet 1792 (https://fr.wikipedia.org/wiki/Baiser_Lamourette )?

Repost 0
Published by Vendémiaire - dans Europe
commenter cet article