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Quelques conférences

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L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 10:58

Le député-maire de Nice, Christian  Estrosi, a annoncé jeudi 3 mai 2012 qu’il ne souhaitait plus que l’union départementale de la CGT réintègre la Bourse du travail de la place Saint-François, dans le Vieux-Nice. 

 

L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy a fait cette déclaration lors d’une conférence de presse improvisée au cours de laquelle il a annoncé ses projets de restauration des bâtiments de la Bourse du travail, dont certains datent du moyen-âge. Un musée de l’histoire locale doit notamment y prendre place. La CGT, « locataire » des lieux depuis 1896, soit 116 ans, avait dû les quitter l’an dernier en raison de travaux de sécurité. Mais une convention la liant à la mairie permettait au syndicat d’y revenir. Or, Christian Estrosi a annoncé également qu’il comptait faire annuler cette convention par le conseil municipal. L’union départementale CGT estime que son syndicat paye ses prises de positions et son engagement. Elle envisage une action en justice.

Ce cas n’est pas isolé. Xavier Bertrand, maire de Saint Quentin dans l’Aisne a récemment contesté la présence CGT dans les locaux de la Bourse du travail.

 

Vendredi 4 mai 2012, par Sabine Ferry

source : Confédération CGT

 

http://eldiablo.over-blog.org/article-vengeance-de-classe-le-sarkozyste-estrosi-expulse-la-cgt-de-la-bourse-du-travail-de-nice-104765705.html

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 10:54

Par Felix de MONTETY*

Le 01/05/2012

Les États dont les armées quitteront l’Afghanistan dans les années à venir ont choisi de privilégier un pont terrestre eurasiatique pour rapatrier leurs équipements. Ce réseau de transport qui traverse l’espace post-soviétique soulève de nombreuses questions, et pas seulement d'ordre purement logistique.

Depuis plusieurs mois, les États dont les forces armées constituent la Force Internationale d’Assistance et de Sécurité (FIAS) en Afghanistan, se sont positionnés en faveur d’un départ progressif avant 2015 pour mettre fin à cette longue «intervention»[1] bien loin de leurs territoires. Ainsi, en France, l’éventualité d’un retrait anticipé des troupes françaises d’Afghanistan a été au centre de nombreux débats depuis la mort de quatre soldat français, tués par un taliban infiltré dans les rangs de l’armée afghane[2]. Quitter le territoire en n’y laissant que ce qui est utile aux Afghans, en assurant la sécurité des convois, le tout pour un coût minimum, est donc le défi ultime des armées de la coalition. Il n’est pas envisageable pour les armées occidentales de se retirer en abandonnant sur place des équipements inutilisables, voire potentiellement polluants et dangereux, notamment des armes en état de marche. Au début des années 1990, les différentes factions afghanes avaient été largement fournies en armes grâce aux stocks abandonnés par l’Armée soviétique à la fin de la guerre menée par l’URSS à partir de 1979. De leur côté, les États-Unis, qui avaient fourni des missiles Stinger aux moudjahidine par l’intermédiaire de la CIA, avaient essayé d’éviter la prolifération de ces armes, en les rachetant à prix d’or aux anciens combattants afghans à qui ils les avaient gracieusement offertes quelques années plus tôt pour combattre les Soviétiques...[3] Jusqu’à l’automne 2011, une majeure partie des conteneurs envoyés en Afghanistan par les États-Unis et leurs alliés, dans le cadre de la coalition de l’OTAN, rejoignaient le pays depuis le port de Karachi au Pakistan. Mais la dégradation des relations américano-pakistanaises a conduit les planificateurs américains à mettre en place un itinéraire de transport terrestre alternatif à travers l’Asie centrale, le «Northern Distribution Network» (NDN).


Un retrait à l’épreuve de la diplomatie


La solution de transport terrestre, vers et depuis l’Afghanistan, la plus avantageuse techniquement dépend de la coopération du Pakistan. Ce pays est allié de l’OTAN quoiqu’une partie de son administration, notamment ses services secrets, soit liée aux talibans[4]. Or, les autorités pakistanaises ont dénoncé le non-respect de leur souveraineté territoriale par les États-Unis, de façon de plus en plus véhémente au cours des derniers mois. L’exécution d’Oussama Ben Laden et les attaques de drones américains sur des responsables des taliban étaient déjà considérées comme des intrusions illégitimes. Mais c’est le 25 novembre 2011, à la suite d’une attaque de l’OTAN sur un poste frontière ayant causé par erreur la mort de 24 soldats pakistanais, que les autorités pakistanaises ont décidé de fermer indéfiniment la frontière du pays avec l’Afghanistan, tout comme cela avait été le cas pendant deux semaines en 2010, et pendant trois jours en avril 2011[5]. Cet obstacle diplomatique s’est ajouté aux autres handicaps récurrents de la voie pakistanaise: les attaques de convois, la capacité trop réduite et les dysfonctionnements récurrents du port de Karachi, le mauvais état des routes, les graves inondations, sans oublier les mystérieuses disparitions de conteneurs pendant leur transit entre l’Océan indien et l’Afghanistan.


...et de l’enclavement


Le moyen le plus efficace d’évacuer rapidement l’Afghanistan serait sans doute par les airs. Les soldats seront en majorité rapatriés par avion. Mais un retrait rapide de tous les équipements restant, par voie aérienne uniquement, impliquerait de très nombreux vols d’avions de transport très gros porteurs, comme les C5 Super Galaxy de Lockheed ou les AN 225 Mriya fabriqués par Antonov[6]. Si cette solution semble à première vue la plus simple, elle n’a pas été retenue par les États membres de la coalition, pour des raisons budgétaires. C’est ce qu’avait avancé le ministre de la Défense français Gérard Longuet face à la Commission des Affaires étrangères et de la Défense réunie à l’Assemblée nationale le 8 février dernier: la solution consistant à utiliser «une voie aérienne de bout en bout» a ainsi été écartée «parce qu’elle est très coûteuse.» Depuis quelques années, la coalition utilise de plus en plus la route en plus de la mer et des airs pour acheminer du matériel non-léthal vers l’Afghanistan, à moindre coût. Mais en raison du très fort enclavement de ce territoire, cette solution nécessite des moyens très importants.


Enjeux logistiques du Northern Distribution Network


Aucune des options choisies pour le moment n’est unique et exclusive, et la plupart des forces armées utiliseront sans doute une combinaison de transport terrestre, aérien et maritime pour rapatrier leurs hommes, leurs armes, leurs véhicules et leur matériel. C’est dans ce cadre-là que les États-Unis, depuis 2008, ont mis en place entre l’Europe et l’Afghanistan l'axe de transport NDN[7]. Celui-ci a le soutien de la Russie et l’aval d’États d’Asie centrale, attirés par la manne financière qu'il représente. Le tout est orchestré par le commandement militaire américain chargé du transport, le TRANSCOM, qui externalise une grande partie de cette activité à la société de transport international Maersk, régulièrement mobilisée dans des projets civilo-militaires américains dans le domaine logistique. Comme son nom l’indique, cette «route du nord» est constituée d’un réseau d’axes de transport routiers et ferroviaires qui traversent la Russie ou le Caucase du Sud ainsi que certains des États d’Asie centrale. Le réseau consiste en deux axes principaux: le premier est une voie ferrée qui rejoint l’Afghanistan depuis la mer Baltique via la Russie et l’Asie centrale, le second part de la mer Noire, traversant le Caucase du sud la mer Caspienne, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Enfin, un axe annexe vient de l’Océan pacifique depuis le port russe de Vladivostok.


Une «Nouvelle route de la soie» introuvable


Prévu à l’origine pour acheminer du matériel en Afghanistan, le NDN est envisagé depuis plusieurs mois comme une des voies privilégiées du retrait, comme l’affirmait récemment un responsable américain: «Nous serons partis en 2014. Donc le NDN a de la valeur non pour entrer en Afghanistan mais plutôt pour en sortir»[8]. Si le NDN n’est pas le seul axe logistique du retrait de la coalition, il en constituera indéniablement une des structures majeures pour convoyer les conteneurs des différentes forces armées vers des ports en eaux profondes où des porte-conteneurs pourront les embarquer. Aux milliers de véhicules en tous genres qui seront transportés s’ajouteront des tonnes d’équipements exclusivement non-létaux: tentes et bâtiments préfabriqués, vêtements, et toutes sortes d’équipements nécessaires à la vie quotidienne d’une armée, rangés dans des conteneurs. Emprunter les différents axes de la route du nord impose aux convois routiers et ferroviaires d’effectuer des trajets de plusieurs milliers de kilomètres, de franchir fleuves, cols, frontières, et de traverser des déserts. Pour mettre en œuvre un itinéraire de transport sur ce trajet gigantesque, non seulement certains tronçons de route ou de chemin de fer ont été construits ou remis en état mais des infrastructures supplémentaires sont également construites depuis plusieurs mois. Parallèlement, les États-Unis et leurs partenaires ont mis en œuvre depuis plusieurs années un lexique mythologique se référant de façon très imprécise à la Route de la Soie et servant de support de communication à leur politique régionale[9]. Mais tandis que le NDN prend corps peu à peu au bénéfice de la logistique militaire, le projet politique des différentes «Nouvelles Routes de la Soie» garde les contours les plus flous.


Du coût financier au coût politique


Mais si le réseau est notablement plus sûr que le passage par le Pakistan, il coûte très cher: les États qui accueillent le NDN reçoivent à eux tous environ 500 millions de dollars annuels à ce titre[10]. Certains de ces États montrent à des degrés divers, un défaut d’observation des droits de l’homme, ce qui oblige les États-Unis et les autres États qui souhaitent emprunter le NDN à tenir un double discours; d’une part les droits de l’homme et la démocratisation sont mis en avant comme une priorité, et d’autre part, la raison d’État conduit à entretenir des liens plus étroits avec les régimes en place, notamment en leur fournissant du matériel militaire. Si le retrait d’Afghanistan s’impose comme un défi majeur pour les structures afférentes au sein des armées, il ne peut être envisagé uniquement dans sa dimension technique sans entrer en contradiction avec les idéaux politiques et moraux mis en avant par les États-Unis et la France depuis 2001. Au-delà de son coût, certes élevé mais moindre que celui d’une solution exclusivement aérienne, est-il possible d’emprunter cette «route du nord» et de quitter à moindre coût le théâtre d’opérations afghan, sans négliger en Asie centrale ce que la France, de l’Afghanistan à la Syrie, présente comme ses valeurs?


Notes:
[1] Sur la notion d’«intervention», voir Frédéric Gros, États de violence : essai sur la fin de la guerre, Paris, Gallimard, 2006, p.231.

[2] «Le retrait anticipé d'Afghanistan fait consensus chez les candidats», L’Express.fr, publié le 20/01/2012.

[3] Steve Coll, Ghost Wars: The Secret History of the CIA, Afghanistan, and Bin Laden, from the Soviet Invasion to September 10, 2001, Penguin, 2004.

[4] Ahmed Rashid, Taliban: Militant Islam, Oil and Fundamentalism in Central Asia, Yale University Press, 2000.

[5] Rob Crilly & Ben Farmer, « Pakistan permanently closes borders to Nato after air strike», The Telegraph, 28 novembre 2011.

[6] Jean-Dominique Merchet, «Partir d'Afghanistan: pas si simple...», Marianne, 22 janvier 2012.

[7] Richard Weitz, «Logistics and the Afghan Endgame», Eurasia Daily Monitor, Volume: 9 Issue: 75, Washington, 16 avril 2012.

[8] Deirdre Tynan, «Afghanistan: NDN finding reverse gear», Eurasianet.org, 28 novembre 2011.

[9] «Central Asia and the Transition in Afghanistan», Senate Foreign Relations Committee Majority Staff Report, Washington, 19 décembre 2011.

[10] Deirdre Tynan, «Central Asia: Who is the big winner in the NDN sweepstakes?», Eurasianet.org, 7 février 2012.


*Étudiant en Master 2 Sécurité Défense & Stratégie à l’IEP de Lille.

 

Publié par Regard de l’Est http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=1312

 

Autres articles :

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Géorgie: Le secteur militaire, promesse de paix, d’indépendance et d’avenir radieux

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 10:53

lu sur le blog de Jean Lévy

 

« Nous serons en première ligne des luttes dès maintenant contre la nouvelle offensive visant le monde du travail »

Les résultats électoraux révèlent manifestement un bouleversement de la vie politique telle qu'elle nous était coutumière, la fin de l'alternance entre les deux partis dominants, PASOK et Nouvelle démocratie.

Nous avançons vers une phase de transition où il y aura des tentatives de créer une nouvelle scène politique avec de nouvelles formations, de nouvelles figures avec une orientation de centre-droit ou basée sur une nouvelle social-démocratie dont le cœur serait SYRIZA, visant à faire obstacle à la montée de positions radicales au sein du peuple qui pourrait faire évoluer la situation vers une rupture qui irait dans les intérêts du peuple.

Il y aura des tentatives pour former un gouvernement, que ce soit à partir de ces élections ou des suivants, un gouvernement auquel participeraient tous les partis, soit un gouvernement d'union nationale soit une coalition gouvernementale visant justement à empêcher la constitution d'un courant majoritaire qui lutterait pour le changement.

Nous nous adressons aux adhérents du parti, aux membres de la KNE, à nos amis, sympathisants, électeurs, à ceux qui travaillent avec le parti, à tous ceux qui ont été avec nous en première ligne du mouvement et de la bataille électorale, et nous vous appelons à être en première ligne des luttes à venir car la pression monte, il y a actuellement des questions cruciales, comme celle des conventions collectives, de la protection des chômeurs, de la faillite des caisses de sécurité sociale, des nouvelles mesures qui s’élèveront à 11,5/14,5 milliards d'euros et qui seront payés de la poche du peuple.

Il n'y a pas de temps à perdre.

Le peuple n'a pas de temps à perdre.

Nous encourageons les électeurs du PASOK et de la Nouvelle démocratie en particulier, ceux qui font partie de la classe ouvrière et des couches populaires à être en première ligne également, avec nous et les militants, dans les luttes, sur les lieux de travail, dans les écoles et les universités, dans les quartiers populaires.

Ce sont eux qui doivent apporter un nouvel élan et un caractère de masse à la lutte.

Nous appelons les travailleurs à ne pas se laisser duper par les tentatives de travestissement du système politique qui vont avoir cours dans les prochains jours, les prochains mois.

Les résultats électoraux, bien que les voix se soient dispersés dans deux directions opposées, à droite comme à gauche, sont révélateurs objectivement d'une tendance positive : que des changements radicaux sont en train de mûrir ou vont mûrir dans la conscience populaire, que le mouvement pour une véritable rupture est en train de faire son chemin et que ce mouvement n'est plus si éloigné, ou encore qu'il ne s'inscrit pas en opposition avec les propositions politiques du KKE concernant les problèmes immédiats, pour le pouvoir populaire et ouvrier.

Nous considérons comme un point important, positif et un formidable point d'appui pour la période à venir que nous soyons parvenus à affronter tout seul l'ensemble des forces pro-européennes, pro-UE, quelles que soient les positions adoptées concernant le mémorandum, le fait que nous nous soyons battus pour faire avancer nos propositions alternatives qui vont dans les intérêts du peuple.

Nous estimons que ces propositions constituent un point d'appui important pour le peuple et, bien sûr, qu'elles peuvent donner un nouvel élan aux luttes populaires.

Nous avons la sensation que nos responsabilités et notre rôle, par rapport aux problèmes que rencontre notre peuple, ne vont faire que s'accroître et nous croyons, en fait nous en sommes certains, que nous continuerons à être une force irremplaçable, la seule qui défende les intérêts du peuple.

Concernant les résultats électoraux du KKE : bien entendu, le Comité central rendra une analyse plus globale après avoir étudié les résultats dans son ensemble et les évolutions de notre électorat dans chaque région afin d'en tirer des conclusions plus exhaustives.

Mais ce que nous pouvons dire, c'est que le KKE a littéralement franchi les obstacles qui lui ont été posés, dans deux directions différentes.

D'une part, il y avait la colère, la protestation, l'indignation qui était absolument justifiée mais sans aucune perspective, de l'autre il y avait les illusions.

 

Comme les résultats le prouvent, le KKE a légèrement progressé. Naturellement, nous aurions préféré une progression plus importante. Néanmoins, je dois dire que le Comité central et le parti dans son ensemble n'avaient aucune illusion sur une augmentation exponentielle du nombre de voix du KKE car les performances électorales du KKE est avant tout liée à la formation pas uniquement d'un mouvement populaire militant mais bien à la formation d'un puissant courant majoritaire qui devra s'émanciper tant des fausses alternatives que des illusions sans cesse ranimées.

Le KKE a rendu public en temps opportun, c'est-à-dire avant les élections et sans la moindre hésitation, quelle serait sa position face à n'importe quel gouvernement qui pourrait sortir des élections, qu'il soit de centre-droit, de centre-gauche ou de « gauche » comme on nous le présentait traditionnellement ou dans le cas d'un gouvernement d'union nationale ou trans-partisan comme cela apparaît désormais.

Nous clarifions notre position : bien entendu, nous sommes certains que ni le PASOK ni la Nouvelle démocratie ne nous fera de proposition. Ils connaissent bien l'ampleur des divergences qui nous séparent.

Mais nous souhaiterions répondre une nouvelle fois aux propositions que SYRIZA a réitérées après les élections, concernant un gouvernement de gauche.

Nous répondrons clairement, sans même mentionner ce que tout le monde peut voir, c'est-à-dire que les voix et les sièges ne sont pas suffisants. Peut-être SYRIZA pense que cela suffit, ce qui voudrait dire qu'il va tenter d'emporter le soutien et les voix de députés d'autres partis.

Nous souhaitons clarifier notre position : nous continuons à dire non à cette collaboration, car en fin de compte, nous n'adaptons pas nos positions de fond aux fluctuations conjoncturelles de nos résultats électoraux.

Nous avons que le président de SYRIZA va demander à nous rencontrer et qu'ils vont vouloir entamer des discussions de couloir autour du programme d'un futur gouvernement de coalition. Logiquement, quiconque aurait émis une proposition de coalition gouvernementale aurait dû afficher dans le détail, avant les élections, que ce qu'il comptait faire en juin, en juillet, sur des questions très concrètes au lieu d'en rester aux mots d'ordre généraux et aux dénonciations vagues du mémorandum.

Ou au moins, ils devraient être prêts à le faire maintenant.

Que veulent-ils exactement ?

Nous avons juste entendu quelques mots sur certaines prestations sociales, et d'autres déclarations de ce type.

Néanmoins un gouvernement, peu importe sa composition, devra affronter l'ensemble du spectre des problèmes. Il devra non seulement dénoncer le mémorandum mais rétablir les acquis remis en cause avant le mémorandum – car la plupart de nos acquis ont été perdus avant le mémorandum – ainsi que tous les autres remis en cause après le mémorandum.

Un gouvernement devra gérer l'ensemble de la situation et pas seulement les allocations-chômage, comme cela fut évoqué.

Il devra traiter des questions économiques, de la position des grands groupes économiques vis-à-vis des travailleurs, de la liste des privatisations actées ces dernières années.

Il devra traiter les questions de politique étrangère, des obligations générales qui découlent de notre participation à l'UE, à l'OTAN, de notre alliance stratégique avec les Etats-Unis.

Il n'y a pas de gouvernement qui puisse déchirer les accords concrets, se réduire à d'abstraites considérations politiques et ne puisse mettre en avant que les mesures se projetant dans un avenir proche.

Pour s'entendre sur un tel gouvernement, le KKE devrait réaliser une volte-face, une culbute et non pas une simple retraite, un petit virage. Il s'agirait d'un changement d'orientation et de principes.

Et avant tout il faudrait réaliser d'inacceptables compromis qui n'auraient rien à voir avec les intérêts du peuple. Peut-être les gens ne voient pas d'intérêt dans les querelles sur la pureté idéologique des différents partis, mais ils sont intéressés qu'un parti qui durant toutes ces années, dès sa fondation, a été en première ligne des luttes, refuse désormais d'abandonner ces positions pour gagner quelques strapontins ministériels.

Ce n'est pas de ce KKE-là dont le peuple a besoin.

 

Le Parti Communiste Grec (KKE)

Traduction JC

Source : « solidarité Internationale PCF »

 

http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-grece-apres-les-elections-legislatives-un-communique-du-parti-communiste-grec-kke-104878202.html

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 10:50

aaa logo Drapeau VLe 8 mai 1945 le fascisme était vaincu.

Grâce à l’effort héroïque de l’Armée Rouge et des peuples soviétiques, grâce à la lutte des peuples occupés au sein des résistances souvent dirigées par les communistes ou dans lesquelles les communistes étaient au premier rang, grâce aux Alliés, même si l’intervention anglo-américaine fut bien tardive et non dénuée d’arrières pensées anti-soviétiques et anti-communistes le fascisme était vaincu.

Au prix de prêt de 30 millions de morts l’URSS paya le prix fort à la libération de l’Europe. En ce 8 mai comment ne pas rendre hommages à ces millions de citoyens soviétiques à qui nous devons notre liberté.

Cette page de l’histoire nous rappelle le danger que le fascisme fait courir à l’humanité. Or le fascisme relève la tête : partout, à Paris et Athènes, à Budapest ou Tallin, à Moscou ou Rome, les fascistes s’organisent et obtiennent des audiences qui sont inquiétantes. La complicité de la droite, l’impuissance de la social-démocratie, l’abandon des ouvriers, des classes populaires par les opportunistes, la crise du capitalisme et ses conséquences sociales, l’action de l’UE contre les souverainetés des peuples et l’indépendance des nations, tous ces facteurs favorisent le retour de la bête.

Que le 8 mai soit l’occasion de se souvenir et aussi d’unir autour du drapeau de l’anti-fascisme les patriotes, les républicains, les révolutionnaires pour briser les tentatives de résurrection de la « bête immonde ». Que le 8 mai soit l’occasion de rappeler qu’après la victoire sur le fascisme, dans notre pays la Résistance s’unit autour du programme du Conseil National de la Résistance (CNR), programme progressiste et patriotique au service des travailleurs et de la nation. Ceux qui ont pour objectif de détruire l’exemple du CNR, comme le MEDEF ou l’UMP, doivent savoir que le peuple français ne se laissera pas faire : il vient d’indiquer la sortie à Sarkozy et s’apprête à mener des luttes pour défendre et rétablir l’esprit du CNR et, par exemple, exiger l’abrogation des contre-réformes sarkoziennes.

Le 8 mai inspire toujours les hommes de progrès.

 

http://www.initiative-communiste.fr/wordpress/?p=10871

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 10:46

Pour déconstruire des préjugés et des stéréotypes répandus sur la pauvreté et les pauvres, afin que ceux-ci cessent d’être les boucs émissaires des maux de nos sociétés et qu’ils deviennent au contraire des partenaires à part entière dans la construction d’un monde plus juste (Travail réalisé par ATD Quart Monde et la MRIE, Mission Régionale d’Information sur l’Exclusion en Rhône-Alpes.)

Voici quelques-unes de ces idées reçues.

 

1)    Sur la pauvreté, les revenus et les patrimoines

 

« La pauvreté a diminué en France entre 2006 et 2009 »

Faux. Le gouvernement a publié le 19 octobre 2011 son rapport sur l’évolution de la pauvreté en France, qui conclut effectivement à une baisse de 5% du nombre de personnes sous le seuil de pauvreté entre 2007 et 2009. Mais cette diminution de 5% concerne le taux de pauvreté « ancré dans le temps », contesté par de nombreux experts et associations de lutte contre la pauvreté (voir www.uncitoyenencampagne.com/ ?p=120). Tous les indicateurs de l’INSEE montrent au contraire que la pauvreté et son intensité se sont aggravées entre 2006 et 2009 (on n’a pas d’indicateurs plus récents) :

- le taux de pauvreté à 60% du revenu médian est passé de 13,1% en 2006 à 13,5% en 2009, soit 8,2 millions de personnes,

- entre 2000 et 2008, le nombre de personnes sous le seuil de 40% du revenu médian est passé de 2,7 à 3,2 millions (et pas de chiffre en 2009 ! pourquoi ?).

Sources : voir en particulier www.insee.fr/fr/themes/document.asp ?ref_id=ip1365

 

À savoir : on parle souvent des inégalités de revenus, mais c’est surtout au niveau des patrimoines et donc au moment des héritages que les inégalités se creusent : les 10% des ménages les moins aisés détiennent moins de 2 700 euros de patrimoine brut (avant remboursement des emprunts). Les 10% les mieux dotés disposent d’un patrimoine supérieur à 552 300 euros. Soit un rapport de 1 à 205, qui a crû de près d’un tiers depuis 2004. Un écart bien plus important que celui relatif aux revenus, qui était en 2009 de 4,2 entre les 10% les plus modestes et les 10% les plus riches. Source : www.insee.fr/fr/themes/docum…

 

2)    Sur les minima sociaux

 

2-1) « La France distribue des minima sociaux élevés. »

Faux. La France est dans la moyenne européenne. En France, le montant des minima sociaux pour une famille de deux enfants s’élève à 72% du seuil de pauvreté à 60% du revenu médian, alors qu’il est en moyenne de 76% dans l’Union Européenne (source OCDE, cité dans la revue Études et résultats de la DRESS du ministère de l’Emploi, n°464, février 2006)

Par ailleurs, le montant des minima sociaux (RSA, AAH) ne connaît pas la même progression que l’ensemble des revenus. En 1988, le Revenu Minimum d’Insertion équivalait à 50% du SMIC. En 2012, le RSA socle est à 42% : soit 474,93 € pour une personne seule.

2-2) « Il n’y a pas assez d’argent dans les caisses pour augmenter les minima sociaux »

Faux. D’une part, la moitié seulement des 7,5 milliards € prévus pour le RSA sont effectivement dépensés, à cause des non-recours (voir 2-4). D’autre part, il est possible de prendre des mesures (en particulier de plus grande justice fiscale) afin d’accroître les recettes de l’État et des collectivités territoriales.

2-3) « Les pauvres font des enfants pour toucher des aides et des allocations. »

Faux. Ce n’est pas avec les allocations qu’on peut vivre dignement en famille ; une famille proche du seuil de pauvreté s’appauvrit encore plus lorsqu’elle s’agrandit. Démonstration pour une famille de deux enfants. Le seuil de pauvreté est pour elle de 954 € (seuil de pauvreté à 60% du revenu médian) x (1+0,5+0,3+0,3)= 2003 € mensuels. Disons que cette famille a 2100 € de revenus (y compris allocations familiales). Elle se situe juste au-dessus du seuil de pauvreté. Si un nouvel enfant survient, son seuil de pauvreté deviendra 954 € x (1+0,5+0,3+0,3+0,3) = 2290 €. Ses revenus seront augmentés de 161 € d’allocations familiales, soit 2261 €. Elle passera alors sous le seuil de pauvreté. Pour tout nouvel enfant, le revenu de la famille (en l’absence d’autre variation de revenu) s’élèvera de 161 € d’allocations familiales, et son seuil de pauvreté s’élèvera de 0,3x954 € soit 286 €. C’est ainsi que l’on décourage les familles pauvres d’avoir des enfants…

2-4) « Les gens font tout pour toucher le maximum d’aides »

Faux. La moitié des personnes éligibles au RSA n’en fait pas la demande (source Odenore http://bit.ly/zfPwiI). Voir aussi 6-4) pour les taux de non-recours aux prestations sociales. Les raisons : la volonté de ne pas dépendre de l’aide publique, la complexité des démarches, le manque d’information, le souhait de ne pas être contrôlé…

2-5) « Les pauvres demandent tous des droits, mais ça va avec des devoirs »

Tout à fait. Mais la société doit aussi engager des moyens suffisants pour que son devoir de soutenir les personnes en difficulté ne consiste pas uniquement en du contrôle, mais se traduise en un accompagnement réel. Or « Le suivi des allocataires du RSA paraît s’être dégradé, puisque, pour les seuls allocataires du RSA socle, ils sont un tiers à avoir signé un CER (contrat d’engagement réciproque) alors que près de la moitié de ceux qui touchaient le RMI avaient à l’époque un contrat d’insertion. » (source Odenore, http://bit.ly/zfPwiI).

Pour ce qui est de l’accompagnement des chercheurs d’emploi, il n’est pas à la mesure des besoins. Le nombre moyen de demandeurs d’emploi suivis par conseiller de Pôle Emploi était de 85 fin 2008, 95 en 2009, puis 105,8 fin décembre 2010. Le Sénat et le Conseil Économique Social et Environnemental estiment qu’il faudrait se rapprocher de la cible de soixante demandeurs d’emploi par conseiller (Source : rapport du Sénat sur Pôle emploi, juillet 2011, téléchargeable sur www.senat.fr/rap/r10-713-1/r…)

 

3)    Sur le budget des familles

 

« Le pouvoir d’achat moyen des Français a augmenté entre 2007 et 2010 »

Vrai et faux. Le pouvoir d’achat global au niveau de la France a légèrement augmenté. Mais, compte tenu de l’augmentation de la population, le « pouvoir d’achat du revenu arbitrable » (une fois que les dépenses obligées – loyer, assurance, électricité… - ont été payées) par personne a baissé de 0,1% entre 2008 et 2010 (source INSEE http://bit.ly/yVkn0T).

Par ailleurs, pour les revenus les plus modestes, la situation est plus grave. Par exemple, de 1992 à 2006, les dépenses incompressibles dans leur budget sont passées de 52 à 74%. Selon le Secours catholique (Message, février 2011) : « se chauffer devient un luxe pour des millions de personnes », 3,4 millions de personnes subissent la précarité énergétique, les demandes d’aide au chauffage ont augmenté de 50% entre 2008 et 2009 au Secours Catholique. Le prix du gaz a augmenté de 50% en 5 ans ; les loyers depuis 2000 : + 30%. ; électricité : + 6% en un an ; carburants : + 15% en un an (source rapport de la CLCV, octobre 2011).

Voir aussi le dossier annuel 2011 de la MRIE Rhônes-Alpes, sur http://bit.ly/wjG2to

 

4) Sur le travail, le chômage et la retraite

 

« Les pauvres ne veulent pas travailler. »

Faux. Les études convergent : 64% des chômeurs interrogés dans huit pays européens déclarent qu’ils veulent retrouver un emploi, même si cela ne leur procure pas un gain financier, alors que seuls 48% des personnes déjà en emploi déclarent vouloir conserver leur travail dans une telle situation (source : étude coordonnée par Duncan Gallie en 1999, citée par Jean Gadrey, http://bit.ly/wYVO4W).

L’enquête « L’influence des incitations financières sur le retour à l’emploi des bénéficiaires de minima sociaux » menée en 2009 par la Direction Générale du Trésor montre bien que la valeur accordée au travail et la volonté d’assurer le meilleur avenir possible aux siens conduisent la plupart des bénéficiaires à accepter la reprise d’un emploi, même sans gain financier immédiat (http://bit.ly/ADZjZG). Les principaux freins évoqués pour la reprise d’un travail sont le manque d’emplois, de moyens de transport, de formations adaptées, de modes de garde accessibles, etc.

« Il y a des pauvres qui veulent s’en sortir et d’autres qui ne veulent pas. »

Faux. Personne n’accepte de vivre dans la misère. La distinction entre « bons pauvres » et « mauvais pauvres » traverse toute l’histoire de la pauvreté (cf. les ouvrages de Paul Christophe sur le sujet). Cette distinction est surtout le reflet de l’impuissance de l’action publique ou de son manque de volonté de s’attaquer vraiment à la pauvreté. Faute de quoi, on s’attaque aux pauvres : c’est plus facile.

« Les bénéficiaires du RSA ne font pas d’efforts réels pour chercher du travail. »

Faux. La plupart des bénéficiaires du RSA ont l’obligation de chercher un emploi, sous peine de diminution ou suspension de l’allocation.

« Si on veut vraiment travailler, on trouve. »

Faux. Dans l’état actuel du marché de l’emploi (entre trois et cinq millions de chômeurs en France en 2012, selon la catégorie que l’on considère), tout le monde ne parvient pas à trouver du travail. De plus, certaines personnes restées depuis longtemps sans travail ont besoin d’être particulièrement soutenues pour revenir à l’emploi.

Quelques chiffres

- Le chômage coûte chaque mois 2,2 milliards d’euros à l’Unedic (source rapport du Sénat (juillet 2011) sur Pôle emploi, téléchargeable sur www.senat.fr/rap/r10-713-1/r…),


- les plus pauvres cotisent comme les autres pour leur retraite, mais perçoivent moins de retraite dans la mesure où leur espérance de vie est moins importante (voir 6)),


- Taux de chômage chez les 16-25 ans : 8,7% chez les bac+2, et 35% chez les non-diplômés (voir Voir http://www.cerc.gouv.fr/rapports/ra…, page 36-37). Le taux de chômage des 15-29 ans est en 2009 de 29,5% en zone urbaine sensible et de 16,9% en moyenne nationale (source DARES, Analyses, octobre 2010, n°072).

 

5) Sur le logement

 

« La construction de logements sociaux se développe à un rythme suffisant en France. »

Faux. Le niveau de la production a progressé régulièrement jusqu’en 2007 mais s’est effondré depuis : seulement 333 000 logements ont été commencés en 2009 (contre 435 000 en 2007), ce qui met à mal les objectifs du DALO. On estime que le niveau de déficit va atteindre le million de logements. De plus, la progression des logements sociaux tient surtout à l’augmentation de logements accessibles seulement aux classes moyennes (nombre de logements PLS multiplié par 10 entre 2000 et 2010) alors que les logements accessibles aux familles les plus modestes augmentent bien plus faiblement : le nombre de PLAI a été multiplié par 2 sur la même période (rapport Mal logement 2011 de la Fondation Abbé Pierre).

« Les logements sociaux devraient être attribués en priorité aux gens qui travaillent. »

Faux. L’impératif de solidarité nationale exige que chacun, qu’il ait ou non un emploi, puisse disposer d’un logement adapté à ses ressources. Le droit à un logement digne est reconnu pour tous les citoyens en France. De fait, on constate malheureusement aujourd’hui que les personnes possédant un emploi accèdent en priorité aux logements sociaux.

« En période de restriction budgétaire, il est normal que l’État réduise l’aide au logement social. »

Faux. C’est la réalité mais c’est un mauvais calcul. Tout d’abord parce, en contrepartie, "l’ensemble des crédits que l’État consacre à la politique d’hébergement peut être estimé à 1,5 milliard d’euros" chaque année (source Cour des comptes, http://bit.ly/wWR0ZY). Par ailleurs, l’absence de logement stable provoque pour une famille des ruptures durables dans l’emploi, la santé, la scolarité… qui auront des conséquences et des coûts élevés pour la collectivité.

 

6) Sur la Sécurité sociale et la santé

 

6-1) « Les pauvres sont des fraudeurs. »

Faux. La fraude aux prestations sociales est évaluée à environ 3 Milliards € et concernerait 1% des particuliers (source Cour des comptes, http://bit.ly/pszAmR). NB : dans ces 3 milliards figure une part de fraude due aux médecins qui font des dépassements d’honoraires. Par ailleurs, 90% de ces 3 Milliards sont récupérés.

La CNAF estime le taux de fraude à 0,46% pour les prestations familiales, 3,1% pour l’API (Allocation Parent Isolé), 3,6% pour le RMI-RSA (source : AFP, 29 avril 2010). À comparer avec :

 

- la fraude aux prélèvements sociaux, évaluée à entre 8 et 12 Milliards € et concernerait 10% des entreprises (source Conseil des prélèvements obligatoires en 2007)

- la fraude fiscale en France, évaluée à entre 20 et 25 Milliards € par le Conseil des prélèvements obligatoires en 2007, ou 30 Milliards € par la Direction du Budget, ou encore 50 Milliards € par la Commission Européenne.

6-2) « Les bénéficiaires de la CMU en profitent pour faire des soins de confort dont ils n’ont pas vraiment besoin »

Faux. La CMU est très restrictive.

6-3) « Grâce aux bons CAF, les enfants des familles défavorisées ont un accès normal à la culture, au sport, etc. »

Oui et non. Ces aides sont appréciables, mais elles nécessitent un financement complémentaire plus ou moins important par les familles. Et il faut anticiper les besoins pour faire les demandes à temps.

6-4) « Grâce à la CMU, à la CMUC et à l’ACS, tout le monde bénéficie d’une protection santé satisfaisante. »

Faux. En 2008, 1,5 million de personnes sur les 6 millions de bénéficiaires potentiels ne disposaient pas de la CMU (couverture maladie universelle). Au 31 décembre 2010, une étude du Fonds CMU estimait que le nombre de personnes n’ayant pas recours à la CMU-C (couverture maladie universelle complémentaire) était de plus de 20%. Pour l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS), le taux de non-recours est 80%. Par ailleurs, en 2008, 22 % des bénéficiaires de la CMU-C déclaraient avoir renoncé à certains soins pour des raisons financières au cours des 12 derniers mois (source : Boisguérin, Després, Dourgnon, Fantin, Legal, 2010, Étudier l’accès aux soins des assurés CMU-C, une approche par le renoncement aux soins, In Santé, soins et protection sociale en 2008. Paris : IRDES, 2010/06, 31-40).

6-5) « Pour ce qui est de l’espérance de vie en France aujourd’hui, nous sommes relativement égaux. »

Faux. À la fin des années 1990, un ouvrier ayant 35 ans vivra encore en moyenne 39 ans, un cadre 46 ans et un chômeur 28 ans. Ces inégalités d’espérance de vie sont croissantes en France (source : Monteil C., Robert-Bobée I., 2005, Les différences sociales de mortalité : en augmentation chez les hommes, stables chez les femmes, INSEE Première, 1025).

 

7) Sur le placement des enfants

 

« Les enfants placés ont la chance de connaître une vie meilleure et de découvrir un autre milieu que le leur. »

Faux. Pour un grand nombre d’enfants et de parents, le placement est une solution qui crée des ruptures profondes alors qu’il pourrait souvent être évité. "Une personne sans domicile sur cinq a dû quitter le domicile de ses parents avant l’âge de 16 ans - proportion six fois plus élevée que dans le reste de la population" (source www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc…)

« Si on place les enfants, c’est à cause de la maltraitance. »

Faux. Les causes du placement d’un enfant d’une famille pauvre tiennent souvent aux conditions d’accès de la famille au logement, à la santé, etc. Des difficultés pourraient dans de nombreux cas être résolues par un soutien à la famille qui coûterait par ailleurs moins cher que la solution du placement. « Six milliards d’euros sont dépensés chaque année de façon empirique, sans que l’on cherche à contrôler les acteurs de la protection de l’enfance, ni à connaître l’efficacité de ces interventions » (rapport « La protection de l’enfance » de la Cour des comptes, octobre 2009).

8) Sur la fiscalité et les impôts

« Les pauvres ne paient pas d’impôts »

Faux. Le taux moyen d’imposition (impôts directs et indirects) des 10% les moins riches est d’environ 40%, celui des 0,1% les plus riches d’environ 37%, et celui des revenus moyens de 45 à 48% (source : calculs effectués par les économistes Saez, Landais et Piketty à partir des données INSEE). NB : pour les plus hauts revenus, les taux réels d’imposition sont souvent très inférieurs aux taux affichés, à cause des niches fiscales. Grâce à elles, une partie des plus hauts revenus échappe à une part de l’imposition.

« Les plus pauvres peuvent se faire exonérer de charges et d’impôts »

Oui, mais il faut effectuer beaucoup de démarches avant d’obtenir ces exonérations et il faut les renouveler régulièrement.

 

9) Sur l’immigration

 

9-1) « L’immigration augmente d’année en année en France » Faux. http://www.insee.fr/fr/themes/table…

9-2) « Si on renvoyait les étrangers [1] dans leur pays, il y aurait moins de chômage en France » ou « Les étrangers prennent des emplois aux Français » ou « Ce sont les étrangers qui creusent le trou de la Sécurité sociale »

Faux. Globalement, la présence des populations de nationalité étrangère en France crée de la richesse et donc de l’emploi, grâce à l’apport de consommation, d’impôts et de cotisations (voir 9-6)). Les étrangers sont aussi consommateurs, ils créent une demande supplémentaire et des emplois. Les études montrent que les migrants arrivant créent leurs propres emplois. « En imaginant une augmentation de 10% du flux d’immigration au Royaume-Uni en 2007, le taux de chômage n’augmenterait alors que de 0,01 point au bout de 13 ans. » (http://dailleursnoussommesdici.org/…).

9-3) « La France est un des pays d’Europe qui accueille le plus d’immigrés »

Faux. « Avec un taux d’accroissement naturel de 4 pour 1000 et un taux d’accroissement migratoire de 1 pour 1000, la France est le pays d’Europe dont la croissance démographique annuelle dépend le moins de l’immigration » (tableau 2 page 2 du document « Cinq idées reçues sur l’immigration », source INED pour l’année 2001). En 2010, la part des personnes immigrées sur la population totale s’élevait à : Autriche (16 %), Suède (14 %), Espagne (14 %), États-Unis (13 %), Allemagne (13 %), France (11 %) [2], Pays-Bas (10 %), Royaume-Uni (10 %), Belgique (9 %), Italie (7 %) (source INED, http://bit.ly/hK5Qrp).

9-4) « Les familles immigrées font beaucoup plus d’enfants que les familles françaises natives »

Pas tant que cela. « Dans la période 1991-1998, le nombre moyen d’enfants par femme était de 1,65 pour les seules françaises natives. Les femmes immigrées avaient en moyenne 2,2 enfants (source document « Cinq idées reçues sur l’immigration », INED, 2004)

9-5) « La France accueille toute la misère du monde » (sous-entendu : « Ce sont les populations les plus pauvres qui immigrent en France »)

Faux. « Dans l’ensemble, les migrants représentent par rapport aux non-migrants de la société d’origine une population sélectionnée : en meilleure santé, plus instruite, plus entreprenante, dotée d’un minimum de ressources » (source document « Cinq idées reçues sur l’immigration », INED, 2004). La part des immigrés diplômés de l’enseignement supérieur est passée de 12 à 25% entre 1990 et 2007. La moyenne nationale est de 29% (Insee et http://dailleursnoussommesdici.org/…).

9-6) « L’immigration coûte 48 milliard d’euros à la France en prestations sociales »

Vrai. Mais elle rapporte 60 milliards d’euros en impôts et cotisations sociales chaque année (source ministère de la Santé et des affaires sociales et étude de l’université de Lille-II de juillet 2010, voir http://dailleursnoussommesdici.org/…). La population immigrée est en moyenne plus jeune et en bonne santé que les autres habitants de la France. Or dans les prestations sociales la maladie pèse 47% et la retraite 31% (les autres dépenses étant les allocations chômage, le RSA, les allocations logement et les allocations familiales). La population immigrée est donc une chance pour aider au paiement de nos retraites.

En moyenne, la contribution nette de chaque immigré (différence entre ce qu’il verse et ce qu’il reçoit en impôts et cotisations sociales) est de l’ordre de 1500 € par an.

Voir "Migrations et protection sociale : étude sur les liens et les impacts de court et long terme" (ministère de l’Emploi, 2010, http://bit.ly/wo0Jxt), ainsi que www.telos-eu.com/fr/article/… ("En l’absence de l’immigration, le besoin de financement de la protection sociale en France augmenterait de 2 points de Produit Intérieur Brut (PIB)". Bien sûr, l’apport de l’immigration à notre pays ne se limite pas à cet aspect comptable. Il est aussi et surtout humain, culturel, scientifique, artistique, etc.

9-7) « Les étrangers peuvent profiter facilement des minima sociaux. »

Faux. Il faut être en possession d’un titre de séjour et d’une carte de travail depuis au moins cinq ans pour bénéficier du RSA si on est natif d’un pays extérieur à l’Union européenne.

9-8) « Les étrangers augmentent la délinquance »

Faux. 12,7% du nombre de condamnés sont étrangers (source : ministère de la Justice), alors qu’ils représentent environ 8% de la population de la France (voir 9-3)). L’écart n’est pas si important que veulent le faire croire certains hommes politiques.

 

10) Sur l’école

 

« Ce n’est pas à l’école de régler tous les problèmes de la société »

Vrai et faux. La loi d’orientation sur l’école de 2005 dit : « La scolarité obligatoire doit au moins garantir à chaque élève les moyens nécessaires à l’acquisition d’un socle commun constitué d’un ensemble de connaissances et de compétences qu’il est indispensable de maîtriser pour accomplir avec succès sa scolarité, poursuivre sa formation, construire son avenir personnel et professionnel et réussir sa vie en société. » Cela dit bien que le rôle de l’école n’est pas seulement de transmettre des connaissances, mais aussi de permettre aux élèves de se construire des compétences, dont celle de pouvoir vivre avec d’autres différents de soi.

Elle doit aussi permettre à tous d’acquérir ces connaissances et compétences. Mais on constate qu’elle peine à atteindre ces objectifs et à réduire les inégalités sociales, dans la mesure où l’échec et la réussite scolaire sont de plus en plus liés à l’origine sociale. En réalité, le fonctionnement actuel de l’École en France vise aussi un objectif non déclaré : sélectionner les meilleurs élèves qui s’orienteront ensuite vers des études supérieures et les postes de responsabilité.

« Dans les familles pauvres, les parents sont démissionnaires et se désintéressent de l’école »

Faux. Les parents défavorisés ont souvent peur de l’école car ils sont marqués par leur échec d’enfant. Par ailleurs, 80% des mères non-diplômées s’estiment dépassées pour aider leurs enfants dans leurs études au collège, contre 26% seulement des mères diplômées de l’enseignement supérieur (source INSEE, « L’aide aux devoirs apportée par les parents », 2004).

Mais le lien entre pauvreté et échec scolaire n’est pas fatal : il est moins élevé dans la plupart des autres pays développés qu’en France, et très faible dans des pays comme le Canada, la Finlande, le Japon ou la Chine (source étude PISA).

« Heureusement que l’école est là pour corriger certaines inégalités sociales ! »

Faux. En France, l’impact du milieu social sur la réussite ou l’échec scolaire est plus grand que dans beaucoup d’autres pays, et il grandit au fil des années. En 2009, plus de 75% des élèves dont les parents sont cadres ou professions intellectuelles ont obtenu le bac général, contre 33% pour les enfants d’ouvriers et 41% des enfants d’inactifs (rapport CESE sur les inégalités à l’école) ; le pourcentage de variation de performance des élèves, en lecture expliqué par le milieu socio économique est de 17% pour la France bien au dessus de la moyenne de l’OCDE (14%), le double de la Finlande du Canada ou du Japon (rapport CESE).

« Si les enfants pauvres réussissent moins bien à l’école, c’est qu’ils ne travaillent pas »

Faux. Les causes sont plus complexes que cela. Par exemple, « le niveau de diplôme des parents (particulièrement celui de la mère) et, de manière plus globale, les possibilités d’encadrement de la scolarité par les familles revêtent une importance au moins aussi grande que leur situation socio-économique » (rapport CESE).

« Les enfants d’immigrés sont plus en échec scolaire que les autres. »

Faux. C’est la pauvreté qui la plus grande cause d’échec scolaire et non pas l’immigration. À niveau social égal, les descendants d’immigrés ne sont pas en moyennes plus touchés par l’échec scolaire que le reste de la population (CESE).

« La mixité sociale dans les écoles nuit à la réussite scolaire. »

Faux. Lorsque l’on met en oeuvre une pédagogie adaptée, les résultats scolaires de tous s’améliorent, comme le montrent les expériences de plusieurs établissements scolaires (voir l’exemple des écoles Anne Frank et Hélène Boucher à Mons-en-Baroeul, celui du collège La Durantière à Nantes – Feuille de route sept/oct. 2011 –, celui du collège Évariste-Galois à Nanterre – Feuille de route novembre 2011 –, etc.).

Par ailleurs, l’école ne doit-elle pas préparer les enfants et les jeunes à vivre ensemble dans le respect des différences ?

 

11) Sur les Roms

 

« Les Roms ne veulent pas travailler. »

Faux. C’est le contraire : tout est fait en France pour que les Roms de Roumanie et de Bulgarie n’aient pas le droit de travailler : une « période transitoire » les empêche d’avoir les mêmes droits que les autres européens avant fin 2013. Pour travailler, ils doivent disposer d’une autorisation de travail. Les délais d’obtention sont de 3 à 6 mois à partir d’une promesse d’embauche à temps plein. Le plus souvent, l’employeur (qui doit en plus payer la taxe dûe à l’OFII – Office Français pour l’Immigration et l’Intégration – pour l’embauche d’un étranger) ne peut attendre la réponse et embauche quelqu’un d’autre.

Le 26 octobre 2009, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) a demandé au gouvernement qu’il mette fin à cette période transitoire, ainsi que la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH), dans un avis adopté le 22 mars 2012.

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 10:44

par Rui Paz, du département international du Parti communiste Portugais (PCP)

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Une partie importante des élites fédéralistes qui se voient aujourd'hui obligées de prendre leurs distances d'avec l'euphorie qui a salué l'euro, le Traité de Lisbonne et les autres étapes du processus d'intégration de l'Union européenne (UE), continuent à défendre l'idée que la solution à la crise politique, économique et sociale passe par « plus d'Europe ! ». Elles critiquent, et à raison, la chancelière Allemande comme une dictatrice par ses menaces et ses actes contre la souveraineté des peuples, mais elles répètent des mots d'ordre qui conduisent exactement à ce que recherche le grand capital allemand, le renforcement de son pouvoir d'intervention dans les orientations politiques des gouvernements des autres États.« Plus d'Europe ! », cela signifie en réalité un approfondissement du fédéralisme, plus d'hégémonie allemande, plus de recul social et d'attaques contre la démocratie, plus de militarisme.

 

En vérité, l'UE, au fur et à mesure que se poursuit son approfondissement, se révèle de plus en plus comme une authentique menace pesant sur la souveraineté de la grande majorité des Etats-membres et un danger mortel pour les acquis démocratiques et sociaux gagnés par la lutte des travailleurs après la défaite du nazisme et du fascisme.

 

La brutale offensive sur le plan social s'est accompagnée d'une lourde attaque contre la souveraineté des peuples et les principes de la démocratie. Les adeptes du fédéralisme cherchent à cacher le fait que sans le respect pour la souveraineté de chaque État et pour la volonté de décision de chaque peuple, il n'y a pas de démocratie possible.

 

Nous ne devons pas oublier que l'ensemble du processus d'intégration de l'UE a évité la démocratie comme le diable fuit la croix. Combien de décisions importantes ont été prises dans l'ambiance feutrée des cabinets, faisant obstacles aux référendums et consultations populaires ? Combien d'échéances électorales, où les électeurs avaient voté contre les propositions de l'UE, ont été réitérées jusqu'à ce que le résultat corresponde aux objectifs désirés ?

 

Au moment où la « troïka intérieure » (les deux partis de droite ainsi que le PS portugais) s'arrange à l'Assemblée de la République pour ratifier le « pacte budgétaire », il est indispensable de rappeler que le principal objectif du bond fédéral qui se prépare n'est pas seulement la diminution du déficit mais, sous prétexte de la réduction de la dette, faire payer à l'immense majorité du peuple les effets de la crise, obtenant ainsi une transformation fondamentale de la répartition de la richesse produite en faveur du grand capital. Dans la logique impérialiste, le coût de la force de travail devra descendre à un niveau insupportable pour ceux qui travaillent dans quelque État de l'UE que ce soit. C'est une mentalité de camp de concentration et de travail forcé que l'on prétend légaliser avec le mot d'ordre « plus d'Europe » !

 

Plus on avancera dans le processus d'intégration de l'UE, plus les peuples touchés prendront conscience du caractère subversif et anti-démocratique du processus d'intégration capitaliste en Europe et l'existence d'un pouvoir illégitime destiné à alimenter une situation de coup d’État permanent contre les principes mêmes du parlementarisme.

 

Aujourd'hui, il est facile de vérifier combien le Parti communiste portugais, à travers la voix de son secrétaire général d'alors, Alvaro Cunhal, avait eu parfaitement raison, lorsqu'il mettait en garde :

« Avec des structures fédérales et un gouvernement central de fait, avec des politiques communes imposées par les pays les plus développés et puissants, avec la transformation des pays les moins développés en pays périphériques sans politiques indépendantes, avec l'acceptation passive et soumise à une OTAN autonome commandée par les États-Unis et entraînant les peuples dans des guerres criminelles – cette nouvelle Europe étouffe et liquide la souveraineté des États les moins développés, ne sert pas les intérêts du peuple et de la nation portugaise. »

 

Comme dans d'autres moments de notre histoire, ce devront être aux peuples de défendre et de conserver leurs droits et leurs acquis, la démocratie elle-même.

 

Source : Avante, organe du Parti communiste portugais

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-l-union-europeenne-une-menace-pour-la-democratie-par-rui-paz-du-parti-communiste-portugais-pcp-104421881.html

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Published by Vendémiaire - dans Europe
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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 10:43

Par Les invités de Mediapart

«Ce que François Hollande devrait dire, mais ne dira sans doute pas.» Par Pierre Tevanian, philosophe, co-animateur du collectif Les mots sont importants.

 

C’est entendu : l’électeur lepéniste souffre. De Rachida Dati à Ségolène Royal, de Hollande à Sarkozy, tout le monde le dit, partout : la France qui vote FN, c’est la France qui souffre, et il faut entendre cette souffrance. Et en un sens, c’est vrai.

Oui, les électeurs du FN sont des gens qui souffrent, et oui, leur souffrance doit être entendue. Elle doit, cela dit, être entendue pour ce qu’elle est. Car ce n’est pas du chômage, de la précarité, de la misère économique et sociale que souffrent ces électeurs –du moins pas tous (loin de là), et pas plus (bien au contraire) que les autres électorats ou que les abstentionnistes.

Toutes les enquêtes statistiques le confirment, depuis des années : ces électeurs-qui-souffrent se répartissent sur toute l’échelle sociale, des plus bas aux plus hauts revenus, dans des proportions à peu près équivalentes à celles de la société dans son ensemble, et les catégories sociales sur-représentées dans cet électorat ne sont pas tant les chômeurs ou les ouvriers que les fonctionnaires de police et les artisans-commerçants-chefs d’entreprise (les scores impressionnants du FN chez les ouvriers et les chômeurs n’étant qu’un effet d’optique trompeur lié à l’abstention : les ouvriers et les chômeurs ne votent pas plus que la moyenne pour le FN, mais ils votent moins que la moyenne pour les autres candidats, et sont sur-représentés chez les abstentionnistes et les non-inscrits).

Cet électorat-qui-souffre est aussi est un électorat masculin beaucoup plus que féminin, dans un pays où les hommes sont nettement moins exposés que les femmes à la précarité et aux bas salaires –sans parler des viols, des violences conjugales, du harcèlement sexuel, des écarts de salaire et des tâches ménagères. Cet électorat souffrant est enfin un électorat quasi-intégralement blanc, dans un pays où les Blancs sont nettement moins exposés que les Noirs et les Arabes à la précarité et aux bas salaires –sans parler des contrôles au faciès, des violences policières et de la discrimination dans l’emploi ou le logement. Tout cela, répétons-le, est attesté par d’innombrables données chiffrées.

De quoi souffrent-ils donc, ces pauvres lepénistes, si ce n’est pas de la misère ? Il se trouve que depuis des années, la question leur est posée, par sondages « sortie des urnes », et que les résultats n’ont pas varié, y compris en 2012 : riches ou pauvres, chômeurs ou patrons, hommes ou femmes, nos électeurs-qui-souffrent mettent en avant un seul et même souci, une seule et même souffrance, « l’immigration ». Ils souffrent, ces électeurs, parce qu’ils voient, dans leurs rues ou dans leurs téléviseurs, des femmes musulmanes qui portent un foulard. Ils souffrent parce qu’ils voient, dans leur rue ou dans leurs téléviseurs, des attroupements de musulmans priant sur la chaussée – mais ils souffrent plus encore à l’idée qu’une mosquée puisse être construite pour libérer ladite chaussée. Ils souffrent de voir des minarets - ou, le plus souvent, ils souffrent à l’idée qu’ils en verront un jour. Ils souffrent à l’idée qu’ils ont pu ingérer, «à l’insu de leur plein gré», de la viande dite halal. Ils souffrent de croiser des Noirs au volant d’une belle voiture, ils souffrent d’entendre des airs de rap sortir de ces voitures. Ils souffrent d’entendre des airs de raï, ils souffrent de voir un présentateur, un élu ou un écrivain noir, arabe, musulman, pénétrer l’enceinte sacrée de leur téléviseur. Ils souffrent d’entendre dire, encore rarement mais moins rarement qu’avant, que la France a été esclavagiste et colonialiste, et que cette œuvre n’a pas été positive. Ils souffrent en somme de voir la France comme elle est et non comme ils la rêvent –blanche et immaculée, catho-laïque, patriarcale, hétérosexuelle.

Ils souffrent enfin, ces pauvres électeurs, parce que même après quarante ans de fermeture des frontières et de lois Pasqua-Debré-Chevènement-Sarkozy-Hortefeux-Guéant, il subsiste quelques droits pour les étrangers –au travail, au logement, à la santé… Ils souffrent à l’idée que des étrangers puissent un jour voter. Ils souffrent en somme à l’idée de perdre leurs privilèges de Français et de Blancs. Ils souffrent d’une maladie bien connue mais dont le nom, bizarrement, n’a pas été prononcé une seule fois par les représentants du PS ou de l’UMP lors de la soirée électorale du 22 avril : le racisme.

Ils jouent à se faire peur mais cette peur, comparée aux inquiétudes et aux souffrances des sans-papiers, immigrés, musulmans, « racailles » et autres « assistés », est un délicieux frisson. Ils souffrent d’un mal qui se nomme le racisme et qui se soigne très bien –à l’aide d’une once de probité intellectuelle, d’intégrité morale, de dignité humaine. Ils souffrent d’un mal dont on ne meurt pas mais qui fait mourir les autres, non-français, non-autochtones, non-blancs, non-catholaïques –à coups de « ratonades » ou de crimes « sécuritaires », de « bavures » ou de « chasse aux sans-papiers »… De Brahim Bouaram, jeté à la Seine par des lepénistes, à Mahamadou Maréga, tué par des policiers, la liste est longue des victimes de ce mal dont « souffrent », entre autres, les lepénistes –sans parler des millions d’étrangers et de Français non-blancs, écrasés quotidiennement par une discrimination systémique, notamment à l’embauche et au logement, ou de ces millions de musulmans, quotidiennement insultés par une propagande islamophobe.

La souffrance du lepéniste doit donc être entendue, mais une fois entendue, elle n’appelle aucune réponse. Car compatir avec le racisme, c’est devenir soi-même raciste. Satisfaire une demande raciste, c’est devenir soi-même l’agent de ce racisme –ce que font au demeurant la droite, mais aussi la gauche de gouvernement, depuis près de trois décennies. « De mauvaises réponses à de bonnes questions », tranchait un Premier ministre socialiste il y a 28 ans – et l’on sait ce que cette analyse a produit en termes de banalisation, de légitimation, et de progression quasi-ininterrompue du Front national. Il est plus que temps, pour stopper cette progression, d’oser reconnaître que non, l’immigration, l’invasion ou l’islamisation ne sont pas des bonnes questions. Il est temps de dire franchement aux électeurs lepénistes qu’on ne va rien faire pour calmer leur souffrance, bien au contraire. Il est temps de faire vivre enfin les principes de notre Constitution, de combattre enfin les discriminations, et de faire par conséquent cette promesse aux électeurs lepénistes : si c’est l’égalité qui vous fait souffrir, vos tourments ne font que commencer !

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 10:41

Interview de Patrice Finel du Front de Gauche

lundi 7 mai 2012

 

Patrice Finel, au nom du Front de Gauche, a accordé à Afrik.com un entretien sur sa vision des rapports entre l’Afrique et la France. Des paroles claires pour un projet politique nouveau. Il est intéressant d’entendre ces prises de position au lendemain de l’élection de François Hollande à la Présidence de la République française.

Afrik.com : Qu’est ce que l’Afrique évoque pour vous et quels sont vos rapports avec ce continent ?

Patrice Finel : L’Afrique c’est d’abord une grande histoire commune, c’est d’abord des occasions perdues, à la Libération, par la bêtise et la convoitise des colons et des grandes entreprises qui ont voulu continuer à exploiter les richesses sans donner l’égalité aux hommes.

C’est ensuite une fausse décolonisation, cinquante ans après les décolonisations africaines, les espoirs de développement et de construction de sociétés démocratiques, souveraines, solidaires et égalitaires n’ont pas été réalisés. La responsabilité historique du capitalisme européen est engagée, pour toutes les entraves qu’il a mis au développement de l’Afrique, de l’esclavagisme qui a déstructuré les sociétés africaines, jusqu’au colonialisme et aux politiques impérialistes qui ont organisé le pillage des ressources et formaté l’activité économique de l’Afrique pour les seuls besoins des entreprises multinationales.

C’est maintenant un espoir, qu’avec le Front de Gauche nous puissions construire enfin une histoire commune.
Le continent africain dispose d’innombrables richesses, naturelles et minérales, en plus de la jeunesse de sa population et de sa vitalité démographique, le Front de Gauche veut engager la France dans un processus de révolution citoyenne qui marquera une rupture avec le productivisme et rendra au peuple ses droits dans le cadre d’une société solidaire, ouverte et internationaliste. Avec les « révolutions citoyennes » qui naissent sur le continent, et en soutenant les associations des sociétés civiles, les mouvements sociaux et partis progressistes qui résistent au libéralisme, nous aurons l’opportunité historique de donner un nouveau cours, tant en France que dans les pays africains, à un processus d’émancipation que nous pourrons bâtir en commun afin d’en finir avec la surexploitation économique et l’obstruction politique et déconstruire le multi-interventionnisme néo colonial.

Afrik.com : Selon la Banque mondiale et le FMI, au cours des 15 prochaines années, la croissance annuelle des pays africains sera supérieure à 5% par an. Dans les pays occidentaux, les prévisions sont plutôt moroses. Qu’en pensez-vous ?

Patrice Finel : La banque mondiale et le FMI sont deux piliers de l’ordre libéral mondial que nous contestons. Nous contestons ce calcul d’une pseudo-croissance qui fait fi des besoins humains, des dégradations de l’environnement, de la déforestation et de l’épuisement des sols. Cette pseudo-croissance va bénéficier à qui ? Aux élites de régime autoritaire et corrompu et aux entreprises multinationales, notamment françaises qui exploitent le continent. Nous sommes en faveur de l’utilisation de l’indice de développement humain (IDH) qui mesure beaucoup mieux la réalité de la vie des peuples.

Afrik.com : L’affaire dite des "biens mal acquis" concernant Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang Nguema de la Guinée équatoriale et le défunt président gabonais Omar Bongo Ondimba progresse malgré un manque de soutien politique français. Qu’en pensez-vous, au Front de Gauche ?

Patrice Finel : Dans notre document programmatique : « Pour une nouvelle politique entre la France et l’Afrique », nous nous prononçons clairement : « Nous mènerons une politique de dénonciation et de lutte contre les biens mal acquis par les dictateurs et leurs familles sur le sol français. Les pratiques de corruption dans les affaires commerciales et le financement de la vie politique française seront également bannies. » Mais il faut aussi contrôler les « corrupteurs », nous proposons : « Pour en finir avec le scandale des paradis fiscaux et judiciaires qui permettent, par le biais de grands contrats, militaires ou industriels, l’évasion de sommes colossales, (« commissions » de toutes sortes, « biens mal acquis » …), la France agira avec détermination au niveau européen et international pour : - établir la traçabilité des transactions financières et la transparence des mouvements de fonds et des patrimoines ; - lutter contre l’impunité en renforçant la coopération judiciaire et fiscale entre Etats, en favorisant un espace judiciaire européen doté d’un pôle financier ayant accès au secret bancaire. » En attendant on peut s’étonner qu’il n’y ait que les trois personnes que vous citez qui soient concernées, qu’en est- il de M. Biya du Cameroun ou de la fortune de M. Ouattara gérée par sa femme ! De plus, je trouve curieux que l’enquête avance surtout sur la Guinée équatoriale, pays ou la France a peu d’intérêt et soit en panne pour le Congo Brazzaville ou le Gabon ! Pour notre part, nous pensons qu’il faut être implacable avec tous ces corrompus et leurs corrupteurs !

Afrik.com : Les pays africains sont des pays dont la population est jeune et cette jeunesse ne supporte plus les relations générées par la Françafrique. Comment pensez-vous redorer l’image de la France auprès de ces jeunes Africains, notamment dans les pays francophones ?

Patrice Finel : Nos orientations permettent de nous rassembler. Le Front de Gauche propose une inversion des priorités et s’engage à mener une nouvelle politique de la France avec le continent africain. Le Front de Gauche veut engager la France dans un processus de révolution citoyenne qui marquera une rupture avec le productivisme et rendra au peuple ses droits dans le cadre d’une société solidaire, ouverte et internationaliste

Nous voulons en finir avec le néo-colonialisme et la « Françafrique », et la première des ruptures consiste à réintégrer la politique entre la France et les pays africains dans le cadre normal de la politique internationale de la France : fin du « domaine privé » du président de la République, débat et vote au Parlement des orientations stratégiques et de la mise en œuvre de cette politique. La deuxième rupture est le choix délibéré de contribuer au développement des pays africains plutôt que de renforcer par notre présence militaire le maintien au pouvoir de dictateurs à la solde de l’impérialisme français. La troisième rupture est celle de la non-ingérence et du respect des identités et des cultures : nous ne chercherons pas à imposer notre conception de la démocratie et du fonctionnement de la société mais nous soutiendrons toute innovation progressiste visant l’émancipation humaine.

La France s’engagera dans un partenariat d’égal à égal avec les pays africains : appui à la définition d’un modèle de développement centré sur le social et l’écologique, à la redéfinition d’un modèle démocratique réel et des conditions concrètes du fonctionnement démocratique, et à la création d’un marché africain protégé permettant un développement autocentré et des échanges équilibrés avec le marché mondial.

Nous participerons au transfert de technologie et aiderons au développement d’une industrie de transformation sur place à partir des ressources agricoles et minières, pour sortir de l’économie de rente et de pillage, et de la dépendance aux exportations industrielles des pays du Nord.

Afrik.com : Nicolas Sarkozy avait fait beaucoup pour l’image de la « diversité » en nommant des exemples issus de l’immigration à des postes importants de son gouvernement (Rama Yade, Rachida Dati, Fadela Amara, …). Quel est votre avis et que pensez-vous de la discrimination positive et de ce qui s’y réfère ?

Patrice Finel : Comme vous le dites ! Pour l’image ! Mais ce qui compte ce sont les orientations mises en œuvre ! Et là, la discrimination que ce soit pour le logement, l’emploi, n’a jamais été aussi grande, les contrôles au faciès, la limitation du droit d’asile, les traitements inhumains pour le renouvellement des papiers, la véritable fabrication de sans-papiers, voila la réalité !!! Quelques figures dévoyées n’y changent rien ! La discrimination est avant tout sociale et donc géographique. C’est donc la bataille pour l’égalité qui est centrale.

Afrik.com : Que pensez-vous de la manière dont les thèmes religieux ressurgissent actuellement dans le débat politique ?

Patrice Finel : De tout temps, pour masquer ses responsabilités, pour poursuivre et aggraver l’exploitation et les inégalités, la droite a cherché à agiter et susciter d’autres conflits et fractures. C’est l’opposition par la couleur, l’origine et maintenant la religion. La droite française reprend pour notre pays la supercherie américaine dit « du choc des civilisations » pour justifier la domination de l’impérialisme américain. C’est un rideau de fumée visant à détourner l’attention des vrais problèmes qui sont économiques et sociaux.

Afrik.com : L’homme africain est-il "entré dans l’histoire" d’après vous ?

Patrice Finel : Si je crois les spécialistes de la préhistoire, l’homme africain a été le premier à rentrer dans l’histoire puisqu’il semble que c’est notre ancêtre ! La France n’est pas un pays occidental mais un pays universaliste, l’Afrique a une riche histoire et de nombreuses cultures, aujourd’hui occultées par l’idéologie dominante. En Afrique comme en France l’homme va entrer dans l’histoire en faisant la révolution citoyenne et en plaçant l’humain au cœur de la civilisation et non la finance.

Afrik.com : Qu’avez-vous à dire aux Français d’origine africaine ?
Patrice Finel :
Comme à tous les citoyens : Prenez le pouvoir ! Venez construire notre histoire commune, la France est à vous !

 

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Jules Bocandé : un Lion est mort

 

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Published by Vendémiaire - dans Afrique noire
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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 10:38

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le commandant historique de la révolution nicaraguayenne Tomas Borge est décédé ce lundi 30 avril, à l'âge de 83 ans des suites d'une affection pulmonaire pour lequel il était hospitalisé depuis le début du mois d'avril.

 

 

Tomas Borge était le dernier des fondateurs du Front sandinistre de libération nationale (FSLN), organisation marxiste-léniniste constituée en 1961 et qui fut à l'origine de la révolution nicaraguayenne de 1979 et du renversement de la dictature de Somoza.

 

Combattant révolutionnaire, intellectuel marxiste, dirigeant sandiniste, Borge fut un militant révolutionnaire intégral.

 

Ministre de l'intérieur sous le gouvernement sandiniste dans les années 1980, il fut un des rares à ne pas choisir la voie de la liquidation après la contre-révolution de 1990, un des seuls à être resté fidèle au message originel du FSLN.

 

Borge était un des soutiens les plus résolus de Cuba socialiste, modèle de résistance à l'impérialisme et preuve qu'une autre société que le capitalisme était possible sur le continent américain.

 

Fidélité indéfectible à Cuba socialiste qui est devenue amitié entre deux dirigeants historiques de deux grandes révolutions du XX ème siècle. De ses échanges avec Fidel Castro, un ouvrage fut publié, « Un grain de maïs », traduit en français.

 

Sa fidélité à l'héritage de la révolution sandiniste, balayée après 1990, a trouvé récompense avec le retour au pouvoir de Daniel Ortega en 2007, alors que la gauche révolutionnaire latino-américaine, isolée en 1990, se trouvait alors à la tête de la majorité des États du continent.

 

Le gouvernement de Daniel Ortega a décrété trois jours de deuil national, annulé les festivités du 1er mai et a organisé une cérémonie avec les dirigeants sandinistes au Palais national pour rendre hommage à Borge.

 

L'ensemble des présidents latino-américains, représentants de la gauche révolutionnaire, a rendu hommage au commandant historique de la révolution sandiniste.

 

Le chef de l'Etat cubain, Raul Castro, a salué un « inlassable lutteur révolutionnaire pour la liberté et l'indépendance du Nicaragua et l'unité de Notre Amérique ».

 

Pour le président vénézuelien Hugo Chavez, « le commandant Borge a apporté l'exemple d'une vie de lutte inlassable pour la cause de l'humanité, pour le socialisme ».

 

« Il a prêché par l'exemple qu'un révolutionnaire doit rester fidèle à ses principes et défendre toujours la vérité et la fraternité ».

 

Evo Morales, président bolivien, a lui rappelé que « comme commandant guérillero et leader de la Révolution sandiniste, le camarade Tomas Borge fut un homme qui a consacré sa vie à la lutte contre l'impérialisme et pour l'émancipation des peuples ».

 

Enfin, le chef de l’État équatorien Rafael Correa a fait de la pensée de Borge une « des sources d'inspirations du gouvernement de la Révolution citoyenne ».

 

« Pour l'Equateur, il fut un ami proche, en tant qu'ambassadeur, et un symbole de la lutte indéfectible d'une quête de justice, d'égalité et de solidarité dans toute l'Amérique latine », a souligné Correa.

 

La mort de Tomas Borge laisse l'Amérique latine orpheline d'une des figures de la résistance à l'impérialisme et des épopées révolutionnaires du XXème siècle. Mais son héritage politique est plus vivant que jamais dans l'Amérique latine des révolutions.

 

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-deces-du-commandant-historique-de-la-revolution-sandiniste-tomas-borge-un-exemple-salue-dans-tout-104482658.html

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 17:50

Dans deux jours auront lieu les élections présidentielles. Elles seront suivies, ne l’oublions pas, par les élections législatives, au moins tout aussi importantes, sinon plus. Face au Front de Gauche, d’aucuns préconisent l’abstention ou le « vote utile ».

L’abstention parce que le Front de Gauche n’est « pas assez ceci » ou « pas assez cela ». Que leurs critiques soient fondées ou non, c’est oublier l’essentiel : quel que soit le résultat à l’issue du second tour (vraisemblablement Hollande) c’est une politique libérale qui sera mise en place.

Dès lors, plus le Front de Gauche aura de voix au premier tour des présidentielles, plus il pourra peser sur la politique libérale de Hollande et l’obliger à infléchir cette politique vers la gauche. C’est une évidence : pour les tenants de la lutte des classes, le vote utile c’est le vote Mélenchon.

Certes, il y a beaucoup à dire et redire sur le Front de Gauche, mais il est indéniable que pour la première fois depuis des décennies il a réussi à rassembler et à impulser une dynamique de combat et d’espoir. Critiquer est toujours une activité saine et constructive, à la condition que la critique ne stérilise pas l’action en la paralysant. Car n’oublions pas que le vote n’est qu’un des moyens de l’action et ne saurait en aucun cas se substituer aux autres moyens : le vote n’est pas une fin en soi. C’est avant tout dans la rue, dans l’action syndicale et politique, après les élections, que nous obligerons Hollande à revoir sa copie.

Si le PS appelle aujourd’hui au « vote utile », c’est-à-dire à voter Hollande dès le premier tour, ce n’est certes pas de crainte que se reproduise le scénario de 2002. L’écart entre lui et Le Pen est trop important, même en tenant compte des marges d’erreur, pour qu’il y ait un réel danger. En outre, la progression du Front de Gauche n’a aucunement entamé l’électorat de Hollande. S’il appelle au vote soi-disant utile, c’est bien pour affaiblir l’influence du Front de Gauche sur sa future politique libérale, celle que Hollande veut mener, avec son cortège de restrictions.

 

Quoi qu’il en soit, les impératifs sont clairs :

-       Faire barrage à Le Pen : le vote dès le premier tour en faveur de Mélenchon est le seul susceptible de mettre sur la touche le parti de la famille Le Pen, si dangereux pour tous les travailleurs et pour l’avenir de tous. Si Le Pen arrive en troisième position, elle confortera ses thèses racistes et xénophobes. Entre autres…

-       Virer Sarkozy : il n’est nul besoin de rappeler tous les méfaits perpétrés depuis 5 ans par Sarkozy et ses sbires. Virer Sarkozy, c’est aujourd’hui à notre portée.

-       Continuer tous les combats pour la reconstruction de la gauche : dans l’hypothèse, assez probable aujourd’hui, de l’élection de Hollande, il faudra continuer à combattre pour obliger son gouvernement libéral à infléchir nettement ses orientations à gauche. Les luttes principales se feront au niveau des circuits de production, c’est-à-dire sur les postes de travail. Cette bataille-là sera syndicale et devra se faire contre un gouvernement qui se dit à gauche. A gauche de la droite, certes, mais certainement pas sur des positions de gauche, c’est-à-dire de lutte des classes. La bataille politique quant à elle, indissociable de la bataille syndicale, et en dehors du soutien nécessaire aux luttes syndicales,visera plus particulièrement à amplifier la formidable dynamique initiée par le Front de Gauche. Enfin, la bataille idéologique qui englobe toutes les luttes, la bataille des idées progressistes basées sur le principe de la lutte des classes, devra être d’autant plus poursuivie que l’on peut compter sur le PS pour brouiller les cartes, notamment en faisant passer pour des idées « de gauche » des mesures qui ne seront que des mesures d’accompagnement du capitalisme.

 

Dans « l’après-Sarkozy », les forces du Front de Gauche auront tout intérêt à rester unies, sans pour autant renier leurs positions spécifiques.

 

En tout état de cause, et avec tout le doute raisonnable que l’on peut avoir, il apparaît que la conduite à tenir est claire :

Voter Mélenchon au premier tour, virer Sarkozy au second, voter Front de Gauche aux législatives, et continuer la lutte sur tous les fronts.

 

Bernard Giusti

Secrétaire Général Adjoint CGT de l’hôpital Cochin (Paris)

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