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L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
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La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 13:09

· Le Collectif Polex se gardera bien de donner une consigne électorale : cela n’est pas de son ressort. Cela ne nous interdit pas de remarquer quelques faits essentiels, et d’exiger, en tant que citoyens français attachés à l’idéal d’égalité entre les peuples et à la paix, quelques réponses.

· Nous devons constater à nouveau que la campagne électorale est une caricature de démocratie : alors que le Président en France décide sans contrôle de la politique extérieure durant 5 ans, tous les candidats ont jusqu’à présent évité soigneusement le sujet, et de prendre le moindre engagement.

· Nous ne sommes nullement indifférents aux choix des postulants, et des partis qu’ils représentent :

     ·   Nous savons bien que le Président sortant, même s’il reconnaît aujourd’hui la possibilité pour la France de résilier un traité contraire aux intérêts nationaux, est le premier responsable de la politique belliciste au service de l’impérialisme occidental, incarnée par l’OTAN, en Afrique, en Asie, et de l’allégeance à cette Europe supranationale au service des banques, machine de guerre contre les peuples, imposant l’austérité et le déclin social.

     ·   Nous n’avons pas manqué de noter que la majorité socialiste au Sénat a permis l’adoption par la seule UMP en s’abstenant du traité européen nouveau, qui veut imposer à chaque état un budget d’austérité et de récession (« règle d’or »), au mépris de toute indépendance nationale. Nous avons par ailleurs bien entendu François Hollande, candidat du PS, affirmer son attachement à l’OTAN, et à ce traité de nature coloniale : il serait tout aussi néfaste si, en le renégociant, on y inscrit un vœu pieux de reprise économique, que l’austérité rend impossible.

     ·   Nous n’avons évidemment aucune illusion sur l’extrême droite, Lepéniste, dont la démagogie sans vergogne ne peut cacher une xénophobie frénétique, source d’exclusion, de guerre et de misère.

     ·   Les autres candidats n’ont pas eu jusqu’à présent le courage politique de faire la campagne claire et offensive en faveur des idéaux d’égalité entre les hommes et les peuples et de la paix. Il leur reste un mois d’expression officielle, il n’est que temps pour eux de s’engager, et de créer ce vaste mouvement anti-impérialiste que beaucoup des Français attendent.

     ·   Qui parmi vous répondra à ces attentes en affirmant haut et fort :

          *   Je suis le candidat de la rupture, celui de la sortie de l’OTAN, et de la fin des engagements militaires français en Afrique, en Asie lointaine et au Moyen-Orient.

          *   Je suis le candidat de la rupture, celui qui refuse non seulement les traités Merkel-Sarkozy dits de « stabilité » (« MES », « TSCG »), mais désire que la France dénonce les traités de Maastricht et Lisbonne.

          *   Je suis le candidat de la rupture, je désire que la nation française et ses représentants élus retrouvent la maîtrise de leur monnaie, de leur économie, et de leurs barrières douanières, seuls moyens de reconstruire l’industrie nationale et le niveau de vie.

     ·   Qui parmi vous qui postulez à diriger la France, répondra aux attentes des Français à ce sujet ?

 

http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-communique-du-collectif-communiste-polex-22-mars-2012-lettre-ouverte-aux-candidats-aux-presidentiell-102160188.html

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 13:08

Portrait du chef des mutins

samedi 24 mars 2012 / par Harouna Fomba

Amadou Haya Sanogo est le chef des soldats mutins qui ont renversé le jeudi 22 mars dernier le régime du président Amadou Toumani Touré. Le chef de la junte militaire est un sous-officier de l’armée malienne. Le capitaine Haya Sanogo a installé son quartier général à Kati, ville garnison d’où est partie la mutinerie, située à 15 kms de Bamako.

« Le CNRDR (Comité national de redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat) a décidé de prendre ses responsabilités en mettant fin au régime incompétent et désavoué de monsieur Amadou Toumani Touré. La constitution est suspendue jusqu’à nouvel ordre, toutes les institutions de l’Etat sont dissoutes jusqu’à nouvel ordre » telles sont en substance les principales lignes du communiqué lu sur les antennes de la télévision nationale tôt ce jeudi dernier par les jeunes mutins qui avaient pris les armes la veille pour protester contre le manque de moyens de l’armée malienne face a la rébellion touarègue (lire l’article : Mali : le Nord serait aux mains du mouvement armé Ançar Dine). Par cet acte son auteur Amadou Haya Sanogo venait ainsi de perpétrer un coup de force contre le régime d’ATT.

Originaire de Ségou capitale de la quatrième région administrative du Mali, ville située à 230 kms de Bamako sur les rives du fleuve Niger, Amadou Haya Sanogo prend la tête de la nouvelle junte militaire. Capitaine de l’armée malienne, Haya Sanogo est professeur d’anglais au camp militaire de Kati, l’un des plus important du pays et berceau de la mutinerie qui a balayé le régime démocratiquement élu du président Amadou Toumani Touré.

Fils d’un infirmier à la retraite, il est le quatrième garçon d’une fratrie de sept enfants dont deux filles. Amadou Sanogo est marié et père de trois enfants. Le capitaine Sanogo, proclamé président du tout nouveau CNRDR (Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat), a dit avoir été formé par des “marines” américains et des agents des services de renseignement américains dans le cadre de la lutte anti-terroriste. Une lutte pour la légitimé qui s’annonce difficile pour le nouvel homme fort du pays.

Son putsch de jeudi dernier a suscité l’indignation tant au Mali qu’à l’étranger. Les partis politiques les plus représentatifs ont joint leur voix à celle de la communauté internationale pour condamner avec la dernière énergie ce coup de force qui marque ainsi un coup d’arrêt au processus démocratique.

Ce vendredi, la rumeur de la mort d’Amadou Haya Sanogo a circulé à Bamako peu après l’assaut donné par la garde présidentielle pour reprendre le contrôle de l’ORTM. Le capitaine est intervenue quelques heures plus tard à la télévision pour prouver qu’il était toujours bien vivant, mais cela a suffit à montrer la fragilité de ce putsch qui tient sur les épaules d’un inconnu.

Lire aussi :

*        Coup d’Etat au Mali : et la France dans tout ça ?

*        - L’Algérie affectée par le coup d’Etat au Mali

*        - L’Etat malien aux mains des militaires

 

Publié par http://www.afrik.com/article25161.html

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 13:07

dimanche 25 mars 2012

Les années 2007-2012 resteront dans l’histoire sociale de la France comme des années de régression et de déclin. Sarkozy a pris le pouvoir au moyen d’une imposture cynique. Se tournant vers les victimes du capitalisme, il s’est engagé à défendre la « France d’en bas », celle qui se lève tôt, les chômeurs et autres laissés pour compte. Il allait créer des emplois, assurer la croissance économique, réduire les inégalités, s’en prendre aux privilégiés, aux riches, aux puissants, aux spéculateurs et aux paradis fiscaux. Mais aux riches eux-mêmes, il n’avait pas besoin de dire grand-chose. Ils connaissaient bien sa ruse, sa démagogie, son talent de menteur. Ils savaient que toute cette agitation n’était qu’un leurre destiné à tromper l’électorat. Paris valait bien une messe !

A ceux qui ne l’avaient pas compris avant son élection, il n’a pas fallu attendre longtemps pour découvrir le vrai Sarkozy. L’étalage de sa vie de luxe et des largesses dont il bénéficiait auprès de ses « frères » milliardaires était tellement flagrant qu’il inquiétait son propre camp. A l’époque, nous écrivions : « Si la classe capitaliste « ne parle pas argent », ne se vante pas de sa richesse, de ses châteaux, de ses hôtels particuliers et « propriétés » à n’en plus finir, de ses hélicoptères, de ses jets privés et de tous les autres attributs d’une vie gagnée sur l’exploitation des autres, c’est pour une très bonne raison. Le « charme discret de la bourgeoisie » repose sur la conscience de la précarité de sa position. Il ne faut pas provoquer ceux qui n’ont rien, ceux qui triment pour simplement tenir la tête hors de l’eau, qui subissent l’humiliation quotidienne du chômage, des conditions de logement abominables, de la discrimination raciale. Sarkozy, lui, est visiblement insensible à cette considération, qui n’est pourtant pas un détail dans le maintien de l’ordre établi ».

Aujourd’hui, Sarkozy dit regretter ce comportement imprudent. Mais cela ne change pas la réalité. Le Sarkozy de 2012, comme celui de 2007, est le candidat des capitalistes, des exploiteurs, de la petite classe de parasites qui s’enrichit en appauvrissant le reste la société. Il ne reste plus rien des perspectives mirobolantes qu’il nous annonçait.

Il allait réindustrialiser la France ; c’est le contraire qui s’est produit. Le secteur industriel ne représente plus que 12 % du PIB. Depuis 2007, 350 000 emplois industriels ont disparu. Sarkozy ne devait-il pas créer des emplois, faire reculer le chômage ? Celui-ci a, au contraire, massivement augmenté. Avec le non-remplacement des fonctionnaires partant à la retraite, la réduction massive des effectifs dans les écoles (80 000 postes supprimés en 5 ans) et bien d’autres mesures, la politique du gouvernement a directement et délibérément contribué à la hausse du chômage. Aujourd’hui, il y a au moins un million de chômeurs de plus qu’en 2007. Il existe en France une masse grandissante de personnes qui ne mangent pas à leur faim, qui sont privées de tout et vivent dans des conditions qui minent leur santé physique et mentale.

Sarkozy prétendait relancer l’économie. Actuellement, la croissance du PIB avoisine 0 %. Depuis le début du quinquennat, compte tenu des variations annuelles, la croissance cumulée de l’économie est également de 0 %. Le déficit du commerce extérieur, à 75 milliards d’euros en 2011, n’a jamais été aussi élevé dans l’histoire du pays. Sarkozy devait réduire la dette publique ; elle a augmenté de 612 milliards. Mais ceci ne l’a pas empêché d’offrir 75 milliards aux riches sous forme de cadeaux fiscaux. Alors que l’économie et les finances publiques se sont constamment dégradées, les riches se sont enrichis davantage. Mais la masse de la population a subi une nette dégradation de ses conditions de vie. Le pouvoir d’achat des salariés a baissé.

Dans tous les domaines, la politique de Sarkozy s’est caractérisée par la volonté de détruire les conquêtes sociales du passé, de refouler la société en arrière. Mais plus que tout le reste, la réforme des retraites, imposée en 2010 malgré une longue série de mobilisations hostiles massives, symbolise l’œuvre destructrice et rétrograde de la politique sociale de Sarkozy. Quant à la TVA sociale, elle constitue une taxe supplémentaire que nous devrons payer pour compenser la réduction des « charges patronales ». C’est un cadeau de plus aux capitalistes.

Tout au long du quinquennat, Sarkozy n’a pas hésité à se servir d’une succession de leurres d’inspiration raciste pour détourner l’attention du public. Le port de la burqa – qu’on ne voit pratiquement jamais – était présenté comme un problème social de premier ordre. La chasse aux gens du voyage et sa médiatisation obéissaient aux mêmes fins, comme d’ailleurs la stigmatisation des chômeurs, ces gens « qui ne veulent pas travailler ». Il faut trouver des boucs émissaires pour cacher les vrais responsables de la destruction économique et sociale en cours – mais aussi pour détourner le regard des scandales financiers et des affaires de corruption qui ont jalonné le parcours de ce gouvernement.

L’élection présidentielle nous fournit l’occasion de nous débarrasser de Sarkozy. Nous ferons tout notre possible pour y parvenir. Mais nous n’oublierons pas que notre combat va bien au-delà de l’enjeu électoral. Sarkozy et l’UMP sont coupables de crimes contre les travailleurs, contre les retraités, contre la jeunesse. Mais ils ne sont que les représentants le plus en vue d’une classe et d’un système. Et c’est ce système – le capitalisme – que nous voulons et devons abattre. Sarkozy sortira peut-être du tableau prochainement. Mais cette « victoire » ne règlera rien en soi. Un autre défi nous attend, bien plus difficile, certes, mais bien plus décisif pour notre avenir, pour celui de nos enfants, pour toutes les forces vives du pays. Nous devons en finir avec la domination de la Bourse et de la classe capitaliste. Nous devons prendre le contrôle de l’économie et établir un nouveau système dont la finalité ne sera plus le profit privé, mais le bien public. Ce système porte un nom : le socialisme.

 

Greg Oxley, PCF Paris

Journal communiste : La Riposte

 

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 13:05

dimanche 25 mars 2012, par Comité Valmy

Le service de renseignement israélien Mossad vient d’admettre, tout comme sa contrepartie américaine de la CIA, qu’il n’y a pas de preuve que Téhéran possède un programme nucléaire militaire à des fins de produire des armes , a dit une source du renseignement américain au New York Times.

Un ancien agent de haut niveau des services de renseignement américain a dit au journal “Le Mossad n’est pas en désaccord avec les Etats-Unis au sujet de programme d’armenent nucléaire iranien.” Le consensus au sein du cercle du renseignement américain étant que l’Iran a arrêté son programme d’armement nucléaire il y a plusieurs années.

“Il n’y a pas beaucoup de disputes sur ces faits entre les communautés du renseignement américaine et israélienne”, l’ancien officiel a t’il continué.

Une telle admission arrive en contraste total avec ce que disent les politiciens israéliens, qui ont continuellement insistés sur la nécessité d’une frappe militaire immédiate sur les installations nucléaires iraniennes afin de prévenir la situation d’évoluer vers une “menace existentielle” envers l’état juif.

L’évaluation du renseignement à disposition est la clef du dilemne de la guerre ou de la paix avec l’Iran. Les multiples agences de renseignement américaines ont rechercher sur le sujet depuis des années, elles ont essayé de trouver la preuve que l’Iran développe effectivement des têtes nucléaires militaires et des missiles pour les transporter. De tout leur travail, voici ce qui en ressort : le programme a été terminé il y a 9 ans, en 2003.

A ce jour, les infos glânées sur l’Iran n’ont pas changé quant à leur teneur. “L’Iran est la cible d’espionage la plus difficile qui soit. C’est bien plus difficile que la Corée du Nord”, a confessé un autre officier du renseignement au New York Times. Son explication est simple : les Etats-Unis n’ont pas beaucoup d’agents sur le terrain pour vérifier l’information.

Certains rapports stipulent que les Etats-Unis utilisent des capteurs implantés près des sites de production nucléaire afin d’analyser la situation.

Mais bien que les cercles du renseignement admettent que l’Iran est loin d’acquérir des armes nucléaires, les sanctions contre le pays demeurent.

L’Iran insiste sur le caractère pacifique de son programme nucléaire et a promis de ne l’abandonner sous aucun prétexte.

Texte original en anglais :http://rt.com/news/mossad-iran-nuclear-programme-851/

Traduction par Résistance 71

Mondialisation.ca, Le 19 mars 2012

RT.com

 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2340

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 12:55

Jean-Jacques Rousseau, dont on commémore cette année le tricentenaire de la naissance, a mis au coeur de sa réflexion les notions de volonté générale, d’intérêt général, de loi comme expression du peuple souverain, d’égalité entendue comme limitation des disproportions de richesses. Il se retourne probablement dans sa tombe du Panthéon à entendre la manière confuse avec laquelle la droite et l’extrême droite françaises se sont appropriées, à mauvais escient, le vocabulaire républicain. 

Plus qu’à l’occasion du discours de Villepinte, c’est lors du discours de Bordeaux que l’usurpation a été le plus manifeste. Le samedi 3 mars, Nicolas Sarkozy, s’est en effet fendu d’un discours dans la forme assez surprenant – même si le spectre de la campagne de 2007 n’est jamais loin – mais symptomatique de son imposture. Le discours bordelais se présentait comme un retour aux fondamentaux, autrement dit consistait en une logorhée indéfinie sur la République, se voulant une réponse magistrale « à ceux qui n’ont pas de leçon de République à donner »… 

On appréciera d’emblée la volonté agonistique du propos autour d’un concept en théorie rassembleur, typique du paradoxe sur lequel se construit l’ensemble de la politique Sarkozyste : détourner les mots pour y inclure ses idées, quitte à travestir entièrement le sens des mots comme celui des idées. 

La plume de Guéant était acérée, presque fébrile. On sentait qu’il n’avait toujours pas digéré ses dernières colères télévisées ayant fait le « buzz » après avoir perdu son sang froid, acculé dans ses contradictions républicaines. L’épisode du chahut bayonnais était aussi au cœur des motivations du discours puisqu’il s’agissait bien de sanctifier « l’ordre républicain » contre le désordre perpétré par de supposés agitateurs. Bref, l’ensemble des ingrédients étaient disséminés pour que la ola bleu blanc rouge – et surtout bleue et blanche – sévisse pendant une heure dans ce public girondin dont toutes les réactions étaient préparées au millimètre. 

Mais il ne suffit pas de répéter phrases après phrases le mot de « République » pour définir avec justesse un terme aussi important depuis la Révolution française dans notre pays, encore moins son idéal. Encore faut-il viser juste et surtout sortir des contradictions permanentes. 

La République, Monsieur le Président, ne s’abaissera jamais au fichage et au contrôle intempestif de ceux qu’elle est censée protéger. Car le système de protection sociale que la puissance publique a le devoir de développer n’est pas un système de charité dont la contrepartie serait la domination des plus vulnérables. Il est une mise en commun à destination des besoins du plus grand nombre qui ne peut consentir au chantage social : notre droit à l’éducation, notre droit au travail, notre retraite, notre sécurité sociale, notre assurance chômage ne relèvent pas simplement du droit social, ils constituent les conditions de notre émancipation, collective et individuelle. 

La République, Monsieur le Président, ne s’abaissera jamais à un déguisement du principe de Laïcité en vade-mecum des valeurs du bon chrétien. La France n’est pas chrétienne si elle est laïque, et l’instituteur de l’école républicaine ne sera jamais au second rang derrière le prêtre. Car la Laïcité, dans l’enseignement comme dans la société, n’est ni la tolérance ni le respect. Elle est l’égalité par le choix commun affirmé depuis plus d’un siècle de ne jamais considérer les particularismes dans la sphère publique afin de ne considérer chacun que comme un citoyen égal. La Laïcité est en cela au principe de la paix républicaine, et elle ne peut, de près ou de loin, s’acoquiner de références religieuses. 

La République, Monsieur le Président, ne s’abaissera jamais aux insupportables expulsions par charters, par milliers chaque année, des étrangers en situation irrégulière, rappelant les heures les plus terribles de notre histoire. Le jeu nauséabond avec les thématiques xénophobes du Front national vous éloigne toujours un peu plus de ce que l’on ne peut plus avec vous appeler la droite républicaine. La République n’a rien à faire avec la haine et les quotas, elle exècre le racisme et les faiseurs de boucs émissaires. Elle ne choisit pas l’immigré, elle n’a d’honneur qu’à faire des citoyens. Elle chérit la fraternité, qui fait de ses compatriotes appartenant au même corps politique, celui de la République, des hommes et des femmes liés par un sort commun. La nation, concept politique, n’a de sens que si elle est civique, et non identitaire, concept moral. Ici, Monsieur, depuis la Révolution française, on s’honore du titre de citoyen, et l’on sait qu’il est à vocation universelle. 

La République, Monsieur le Président, ne s’abaissera jamais à servir une Europe qui asservit les peuples au nom des diktats financiers validés par des organismes sans aucune légitimité car jamais élus. Elle n’est dépositaire que de la souveraineté du peuple et non des intérêts des banquiers. Le paravent bien-pensant du cosmopolitisme idéal ou l’argument fataliste de la mondialisation n’y changeront rien. Il n’y aura d’Europe que l’Europe des peuples, c’est-à-dire celle qui ne tirera pas un trait sur l’idéal républicain, mais s’efforcera de le poursuivre sans nier l’échelle populaire de ses fondations. La République n’aurait ainsi jamais lié son corps à un mécanisme de stabilisation financière qui corsète définitivement toute politique publique et toute orientation économique dans les limites ravageuses de l’austérité. 

Au fond, la République, Monsieur le Président, de Rousseau à Jaurès, est sociale, ou plutôt la République sociale est la finalité de la République. Claude Nicolet, grand connaisseur de la pensée républicaine, le disait clairement : « La République n’est autre chose que le détour par la politique pour rendre la société habitable (…) Il n’y pas, en République, de séparation entre les domaines du social et de l’économique et le domaine du politique » (La République en France). Et cela vous l’omettez volontairement car, comme votre plume, vous ne pouvez imaginer que ce qualificatif de « sociale », si bellement illustré par le programme du Conseil National de la Résistance, si fièrement rappelé dans le préambule de la Constitution de 1946, qui fait la singularité propre du républicanisme français, a construit progressivement la République au dix-neuvième siècle puis au vingtième avec un œil sur l’héritage des Lumières et un œil sur le socialisme naissant. Votre « République », Monsieur le Président, témoigne qu’il est grand temps de changer, non seulement de Président, mais aussi de « République » ! 

 

Christophe Miqueu et Gabriel Galice 

Christophe Miqueu est maître de conférences en philosophie politique à l’IUFM d’Aquitaine et Gabriel Galice est vice-président de l’Institut international de Recherches pour la Paix à Genève (GIPRI). Ils publient dans quelques jours Penser la République, la guerre et la paix sur les traces de Jean-Jacques Rousseau, Slatkine, 2012.

http://la-sociale.viabloga.com/news/la-republique-travestie

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 12:53

aaa logo Drapeau VVendredi 23 mars 2012

 

Curieux pays, où, réceptions officielles de chefs religieux aidant, le fameux "vivre ensemble" désigne chacun par son appartenance : les Français sont catholiques, à la rigueur protestants, ils sont musulmans, ils sont israélites... Ainsi obtient-on un cocktail censé représenter la France, dans sa diversité. Diversité proclamée fraternelle, en dépit des avatars (les tragiques événements récents en témoignent). 

Je n'ai aucune envie d'arborer une étiquette dans cette galerie monothéiste (les Boudhistes m'en excuseront). Aucune ne me conviendrait. Cependant, je ne pense pas être original en affirmant que si étiquette il doit y avoir, je suis athée. Non pas agnostique, mais athée. Ceci dit sans la moindre animosité à l'égard de mes compatriotes professant des convictions religieuses : notre République laïque garantit à chacun liberté et respect de ses convictions et pratiques religieuses...

Dans les médias comme dans les discours officiels, jamais n'est mentionné cet athéisme profondément enraciné dans la réalité française. Cette occultation, de plus en plus affirmée au profit de l'affichage des religions et des églises, procède implicitement d'une négation des fondements de la République. La fameuse "Union nationale" dont on nous rebat les oreilles (nous en reparlerons), ne peut rassembler que des citoyens de la République, et non des adorateurs de tel ou tel Dieu. Des générations se sont battues pour que ce ne soit plus la loi proclamée Loi de Dieu qui régisse notre vie en commun, mais la Loi républicaine. Confortée dorénavant par la liberté des cultes, qui est le fruit de notre grande Révolution, cette Loi de Dieu a dû quitter (par la grande porte) le champ de la légalité républicaine pour éventuellement investir l'intimité de chacun. 

Comment ne pas voir que certains aimeraient voir la Loi de Dieu, ou plutôt aujourd'hui la loi des Dieux, entrer à nouveau, discrètement par la fenêtre, en attendant de reprendre sa posture impérative. 

 

René Merle

http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/article-athee-102128659.html

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 16:18

Le Monde.fr avec AFP | 22.03.2012 à 19h35 • Mis à jour le 23.03.2012 à 11h28

 

Jean-Luc Mélenchon accède pour la première fois à la troisième place dans les intentions de vote pour la présidentielle, avec 14 % au 1er tour, devançant Marine Le Pen et François Bayrou, selon un sondage BVA publié jeudi 22 mars pour Orange, la presse régionale et RTL, le premier réalisé après l'identification du tueur de Toulouse.

>> Voir notre comparateur des intentions de vote

"La poussée de 5 points en un mois [de Jean-Luc Mélenchon] corrélée à la baisse de 2 points de Marine Le Pen (13 %) et de 1 point de François Bayrou (12 %) montre que la tragédie de Toulouse qui n'avait guère de raison de lui profiter politiquement n'a en rien altéré la dynamique de sa campagne" et le succès du rassemblement de la Bastille dimanche, commente Gaël Sliman, directeur général de BVA. Il précise que "Marine Le Pen qui a très tôt réagi après que le tueur a été identifié ne profite pas pour le moment des tragiques circonstances. En recul constant depuis le début de l'année, elle a perdu 2 points depuis un mois et 1 point depuis 15 jours" selon un autre sondage BVA, pour Le Parisien cette fois, publié début mars.

 

SARKOZY ET HOLLANDE AU "COUDE À COUDE"

Nicolas Sarkozy, lui, progresse nettement au premier comme au second tour, "bénéficiant" de sa stature présidentielle dans l'épisode de crise traversé par le pays.

>> Lire : Le candidat Sarkozy se prépare à engranger le succès du président

Par rapport à la dernière enquête de BVA pour les mêmes commanditaires, effectuée à la mi-février, le président-candidat gagne 2 points, à 28 %, réduisant l'écart avec son rival socialiste, François Hollande (29,5 %), qui perd 1,5 point. Compte tenu des marges d'erreur, "les deux favoris sont au coude à coude", commente Gaël Sliman, directeur général de BVA. Ces deux mouvements confirment des tendances relevées par d'autres enquêtes depuis deux semaines.

 

EVA JOLY À 2 %

Bien que désormais officiellement candidats pour avoir réuni les 500 parrainages, Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) et Philippe Poutou (NPA), concurrents de M. Mélenchon à la gauche de la gauche, ne progressent pas et recueilleraient moins de 0,5 % chacun. La candidate d'EELV Eva Joly baisse de 1 point, à 2 %, Nicolas Dupont-Aignan gagnant lui un demi-point, à 1,5 %. Jacques Cheminade est crédité de moins de 0,5%.

Au second tour aussi, Nicolas Sarkozy (+2) se rapproche de François Hollande (-2), et serait battu par 54 % des voix contre 46 %, si ce second tour avait lieu dimanche prochain.

Sondage réalisé les 21 et 22 mars auprès d'un échantillon de Français recrutés par téléphone et interrogés par internet. Cet échantillon est constitué de 926 personnes inscrites sur les listes électorales, extraites d'un échantillon représentatif (978 personnes) de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).

 

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/03/22/jean-luc-melenchon-devance-marine-le-pen-dans-un-sondage-bva_1674508_1471069.html

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 11:23

 Le mercredi 21 mars, Xavier Bertrand est venu inaugurer la nouvelle maternité de Port-Royal. La CGT Cochin et le personnel l’ont accueilli avec des huées. Les slogans fusaient : « Du personnel pour la mater ! », « Dans deux mois, la délivrance ! », « Les bébés ne sont pas une marchandise ! », « Le personnel à la peine, les bébés à la chaîne ! »….


Interpellée par le ministre mécontent de la réception qui lui était faite, notre Secrétaire Générale, Marise Dantin, a dénoncé les conditions de travail dans cette maternité.

 

Manif Bertrand 21 mars 2012 13


 

 

Devant la détermination du personnel et des militants, seule la CGT Cochin a été reçue par la Conseillère de Xavier Bertrand, par un Directeur de l’AP-HP et par l’Adjointe à la DRH de Cochin. La délégation était composée de Marise Dantin (Secrétaire Générale de la CGT Cochin), Bernard Giusti (Secrétaire Général Adjoint de la CGT Cochin), Nacera Berber (AS déléguée du personnel) et Ludovic Brun (IADE, délégué du personnel).

Au cours d’échanges parfois vifs, de nombreuses revendications concernant Cochin et l’Hôtel Dieu ont été avancées : sous-effectifs chroniques et généralisés (sous-effectif estimé sur Cochin à -30%), surcharges de travail, augmentation très sensible des conséquences psycho-sociales (stress, dépressions, suicides…), non prises des repos dus, précarité des CDD, insuffisance des logements proposés par l’AP-HP à Cochin, réduction des formations professionnelles, mise en danger des patients et des personnels… la liste était longue !

 

Manif-Bertrand-21-mars-2012-11.jpg

Comme nous nous y attendions, les réponses avancées n’ont pas été satisfaisantes : pour les sous-effectifs, ils  attendent les personnels de l’Hôtel-Dieu, qui devraient pallier aux surcharges de travail (déshabiller Pierre pour habiller Paul, avec des suppressions de postes au passage…) ; pour les risques psycho-sociaux un groupe de travail a été mis en place (la CGT Cochin /Hôtel Dieu refuse d’y participer, car il n’est pas question d’accompagner les organisations de travail mises en place par la direction) ; pour les CDD ils attendent la mise en place du décret qui permettra de les prendre en CDI…

 

Manif-Bertrand-21-mars-2012-2.jpg

Concernant la fonction publique en général, nous avons dénoncé : le gel du point d’indice, la journée de carence, l’absence de concours républicains, la fin des remboursements des frais médicaux, la privatisation rampante des hôpitaux publics, l’augmentation des cotisations sociales, la concurrence déloyale privé-public, la mise en place de la T2A et de la Loi HPST.

 

Une motion a été remise à la Conseillère de Xavier Bertrand, Elise Noguera :

 

 

REVENDICATIONS de la CGT de COCHIN/ HOTEL DIEU

à Monsieur Xavier Bertrand

Ministre de la Santé

 

La CGT de COCHIN / HOTEL DIEU exige :

 

-          L’arrêt des transferts de services de l’Hôtel Dieu à Cochin : d’ici 2013, l’Hôtel Dieu sera vidé de sa substance hospitalière afin d’y installer madame Faugère. L’Hôtel Dieu doit rester un hôpital et continuer à recevoir des patients. Il serait plus judicieux que l’AP-HP rapproche son siège de l’ARS.

-          L’arrêt des suppressions de postes et l’embauche immédiate du personnel nécessaire afin de combler les graves sous-effectifs chroniques : actuellement, ces sous-effectifs sont la cause de très graves dysfonctionnements mettant en danger les patients et le personnel, de dépressions voire de suicides parmi le personnel, de surcharges de travail génératrices de stress et d’erreurs professionnelles…

-          La suspension de la Loi HPST et des logiques comptables supplantant les logiques médicales : cette loi scélérate introduit une concurrence déloyale entre le public et le privé, induit des choix hospitaliers centrés sur la rentabilité au détriment de la sécurité sanitaire…

-          La réinstauration des formations professionnelles et des concours républicains : depuis un certain nombre d’années les candidats de Cochin et de l’Hôtel Dieu n’ont plus la possibilité d’intégrer les écoles paramédicales, ce qui était leur seule chance de promotion sociale et professionnelle

-          La mise à disposition du parc immobilier en fonction des besoins de nos agents : de plus en plus d’agents de Cochin et de l’Hôtel Dieu sont dans des situations de précarité, certains vivant depuis plusieurs années dans des logements insalubres faute de pouvoir se loger

-          L’embauche immédiate de médecins du travail : actuellement un seul médecin pour 4200 agents à Cochin, à l’heure où précisément les risques psychosociaux ont été considérablement accentués par des conditions de travail de plus en plus dégradées

 

La CGT de Cochin/Hôtel Dieu ne peut que constater depuis 5 ans la dégradation généralisée du système de la Santé en France, ainsi que de celle de tous les services publics sans exception.

La CGT de Cochin/ Hôtel Dieu considère que les services publics sont non seulement un droit inaliénable du peuple français, mais aussi les piliers de la République.

Constatant donc qu’en matière de Santé on est de plus en plus soigné en fonction de ses moyens et non en fonction de ses besoins, que l’offre de soins publique se réduit chaque année un peu plus, que les établissements de proximité sont fermés les uns après les autres, que la dimension humaine de la médecine disparaît progressivement au profit de la rentabilité, la CGT de Cochin/Hôtel Dieu dénonce l’échec évident des réformes libérales mises en œuvre.

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 11:22

Le capitalisme en crise et ses institutions attaquent brutalement tous les acquis sociaux et démocratiques depuis plus de 30 ans. Aujourd'hui, l'Union Européenne expérimente en Grèce la destruction totale des conditions de vie du peuple et se prépare à imposer la même chose dans toute l'Europe (à travers par exemple le « Mécanisme Européen de Stabilité » destiné à « sauver l’euro » en sacrifiant les peuples) .

 

Face à cette offensive sans limite, les travailleurs ont besoin pour se défendre d'organisations qui les regroupent sur la base de leurs intérêts. Mais la Confédération Européenne des Syndicats, directement financée par l'UE, se veut un « partenaire social » et a soutenu toutes les régressions et tous les projets européens imposant la « concurrence libre et non faussée » » entre les travailleurs.

En France, la CFDT est la tête de pont de ce syndicalisme jaunissant : soutien à la casse des retraites en 2003, à la constitution européenne en 2005, condamnation des grèves dures à la SNCF, dans les raffineries, dans les transports, intrigues avec Sarkozy contre le statut de la Fonction publique, manœuvres tous azimuts pour morceler les luttes et éviter qu'elles ne cristallisent dans un « tous ensemble en même temps »...

Malheureusement, les organisations majeures du mouvement syndical (CGT, FSU) ont subi peu à peu une dérive similaire de leurs directions qui ont privilégié l'ancrage dans la CES et la stratégie du syndicalisme rassemblé au sommet avec la CFDT.

 

Ce syndicalisme d'accompagnement n'a pas été capable de résister au rouleau compresseur anti-social, débouchant depuis 1995 sur des échecs et des reculs majeurs en dépit de luttes à la base de très grande ampleur (2003 ou 2010). Il ne résistera pas plus à la guerre sociale qui s'annonce.

 

Tandis que les congrès de la CGT et de la FSU sont prévus pour 2013, une question centrale se pose donc au mouvement syndical et à ses bases combatives : les travailleurs peuvent-ils faire l'économie d'organisations syndicales retournant à leurs fondamentaux de classe, exprimés pendant une longue période par les statuts confédéraux de la CGT (résistance aux empiétements quotidiens du capital et volonté de renversement du système capitaliste pour une nouvelle société dans laquelle les travailleurs s’approprieraient les moyens de production et d'échanges) ?

 

Ce qui est en jeu dans les congrès qui viennent n’est pas le remplacement de tel ou tel dirigeant par tel ou tel autre mais le type d’orientation, de militants et de dirigeants dont le mouvement syndical doit se doter pour mener victorieusement les combats qui viennent. Nous affirmons la nécessité pour nos organisations de renouer avec la lutte de classe, base de l'unité et des victoires des travailleurs, et à sortir de la fausse unité que représente le syndicalisme rassemblé pour revenir à la seule unité qui vaille : celle réalisée d’abord en bas et surtout dans la lutte !

 

C’est pourquoi nous lançons à tous les militants, à tous les syndiqués et au-delà à tous les salariés un appel pour que ce débat s’impose dans nos organisations, à tous les niveaux et pour toute la période qui vient !

 

Front Syndical de Classe

Créé par des militants CGT et FSU

Site : www.frontsyndical-classe.org - Courriel : frontsyndical.classe@laposte.net

 

 

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 11:21

Le KKE répond à Pierre Laurent, président du PGE et secrétaire-général du PCF: « Les larmes de crocodile sur la Grèce, cela suffit ! »

 

Lettre de la section des Relations internationales du KKE publiée dans le Morning Star, quotidien du PC Britannique

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Chers camarades,

 

il est vrai que le déroulement de la crise capitaliste en Grèce qui s'est accompagné d'une offensive sans précédent contre les droits de la classe ouvrière et des couches populaires, ainsi que d'une intensification en conséquence de la lutte de classe, a retenu l'attention des travailleurs d'autres pays. Dans ce contexte, même des forces politiques bourgeoises, qui portent une énorme responsabilité dans cette offensive anti-populaire, affirment qu'ils « sympathisent » avec la cause du peuple Grec tout en prenant bien soin de dissimuler les véritables causes des problèmes que connaît le peuple grec : la crise capitaliste, le piège qui se renferme sur notre pays, celui des unions impérialistes telles que l'OTAN et l'UE, enfin l'exploitation capitaliste.

 

Les représentants de la « Nouvelle gauche » font des déclarations qui s'inscrivent dans ce contexte, comme la lettre du président du Parti de la gauche européenne (PGE) et secrétaire-général du PCF, Pierre Laurent, au sujet de la Grèce, que vous avez publié dans votre section courrier (Ici l'original en français).

 

En réalité, le problème que rencontrent la classe ouvrière et les couches populaires en Grèce n'est pas un problème de « démocratie », de l'imposition de mesures de l'extérieur, par « les dirigeants européens et le FMI », comme l'écrit Pierre Laurent. La coalition gouvernementale du parti social-démocrate PASOK et du parti libéral Nouvelle démocratie (ND) ne sont pas non plus des « victimes » de ces « leaders européens et du FMI », telle que la situation est présentée à travers les verres déformants du président du PGE.

 

La vérité, c'est que ces mesures, qui sont prises sous prétexte de l'ampleur de la dette publique, ont comme but de renforcer la profitabilité du capital en Grèce, au moyen d'une réduction drastique du prix de la force de travail. Nous ne devons pas oublier qu'en ce moment même 600 milliards d'euros (près du double de la dette publique grecque) appartenant aux capitalistes Grecs se trouvent dans les caisses des seules banques Suisses !

 

Il s'agit ainsi de mesures qui correspondent pleinement aux intérêts des capitalistes en vue de faire payer la crise au peuple, afin que la Grèce puisse connaître une reprise capitaliste et que le capital accumulé dans la période précédente puisse trouver un débouché rentable. Il s'agit de mesures qui ont été décidées d'un commun accord, dans le cadre de l'UE, par le gouvernement Grec et la classe bourgeoise dont les intérêts sont défendus par les deux partis au pouvoir et qui n'ont pas été imposées par les « dirigeants européens et le FMI ». Toutes ces mesures se trouvaient plus ou moins dans les programmes du PASOK et de la Nouvelle démocratie, et avaient par ailleurs été prévues par les traités européens, en commençant par le traité de Maastricht. C'est la raison pour laquelle les classes ouvrières Grecques et Britanniques – et bien sûr toutes les autres – ont une si mauvaise opinion de l'UE et de son rôle anti-populaire. Dans le même temps, les représentants du PGE en Grèce, Synapsismos, après avoir voté le Traité de Maastricht, ont nourri et continue systématiquement de nourrir des illusions sur l'UE, en présentant la participation de la Grèce à l'UE comme la seule voie possible et imaginable, s'opposant en cela au KKE qui lutte pour le retrait du pays de l'UE avec pouvoir populaire.

 

Le président du PGE parle d'une « mise sous tutelle » de la Grèce par la Troïka. Est-il au courant que la classe bourgeoise grecque accepte consciemment depuis des décennies de participer aux unions impérialistes de l'OTAN et de l'UE, et que sa participation dans le cadre de relations inter-dépendantes, prévoyait la concession de droits souverains à l'UE et à l'OTAN ? Sait-il que, par exemple, la Politique agricole commune (PAC) ne laisse aucune place à un développement dans le secteur de l'économie agricole qui aille dans les intérêts du peuple ? Il faudrait lui rappeler que la Grèce avait, avant de rejoindre la CEE-UE, un excédent commercial agricole, alors qu'aujourd'hui, à cause de la PAC, elle importe même certains produits agricoles qui sont cultivés en Grèce, tandis que des centaines de milliers de petits et moyens agriculteurs ont rejoint l' « armée » des chômeurs.

 

L'entrée de la Grèce dans l'UE, que le président du PGE évite de mentionner – il préfère plutôt dénoncer les « dirigeants européens » de façon abstraite – tout comme les dépenses militaires exorbitantes de l'OTAN, la politique d'exonérations fiscales pour le capital au nom de la « compétitivité » de l'économie, qui a été suivie dans le passé par les gouvernements du PASOK et de la ND, constituent l'origine de l'inflation de la dette publique et des déficits pour lesquels le peuple Grec ne porte aucune responsabilité.

 

Bien sûr, ces « omissions » réalisées par le président du PGE ne nous inquiètent pas, car nous savons très bien que le PGE a prêté un serment d’allégeance à l'UE, et est généreusement financé en tant que « parti européen », c'est-à-dire en tant que parti qui accepte les « principes » de l'exploitation capitaliste qui caractérisent l'UE – cette alliance prédatrice des monopoles. Le PGE a même pris des engagements en ce sens dans ses statuts et ses documents fondateurs !

 

Les propositions du PGE sur le « développement », un soi-disant « fonds de développement social », ne remettent pas du tout en cause le pouvoir du capital. Au contraire, le PGE et les forces opportunistes à l'échelle internationale jouent un rôle fondamental en semant des illusions, ce qui passe l'enjolivement des organisations impérialistes telles que l'UE et la BCE, c'est-à-dire en disant qu'elles peuvent être transformées dans les intérêts du peuple, au moment même où de plus en plus de travailleurs, et pas seulement en Grèce, comprennent que le capitalisme ne peut pas résoudre les problèmes fondamentaux de la population.

 

Le PGE, en soutenant l'UE et son système d'exploitation, a choisi son camp. Pour cette raison, il constitue un instrument dans la mutation des Partis communistes et dans la liquidation de leurs caractéristiques communistes. Il ne pose aucun problème aux adversaires de la classe ouvrière et des couches populaires en Grèce, peu importe le nombre d'appels qu'il puisse publier.

 

Néanmoins, l'expérience accumulée et le déroulement des luttes de la classe ouvrière en Grèce, avec en première ligne les communistes et le mouvement syndical de classe, le PAME, montrent bien que de plus en plus de travailleurs ont tendance à se radicaliser lorsqu'ils n'écoutent pas les « sermons » des opportunistes et des bourgeois pour la « collaboration de classe » et la « cohésion sociale », lorsqu'ils ignorent leurs « larmes de crocodile » sur les fardeaux qu'aurait à porter le peuple grec.

 

C'est en suivant cette voie que la classe ouvrière peut atteindre le but ultime de sa lutte, l'abolition du pouvoir capitaliste et la construction du socialisme.

 

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