Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Site de recherche d'emploi

Le site http://jooble-fr.com/

vous propose des annonces d'offres d'emploi nationales et internationales.


Les offres qui vous seront envoyées par mail proviennent de différentes sources, et ne préjugent en rien des conditions de travail et des salaires. Il vous appartient de vous en assurer le cas échéant.

 

Le site est d'utilisation simple et l'inscription est gratuite.

 

http://jooble-fr.com/

 

Merci de signaler à Vendémiaire tout dysfonctionnement que vous pourriez constater.

Rechercher

Quelques conférences

Chansons

  Avant d'écouter les enregistrements ci-dessous, attendez la fin de la musique de fond du blog...

 

L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 11:39

 dimanche 12 février 2012, par Comité Valmy

 

Le Monde est un journal partisan. Nombre de ses lecteurs estiment encore qu’il diffuse des informations objectives sur l’actualité. Certes, son brevet de « quotidien de référence » n’est plus reconnu. Cependant, jouant sur différents claviers, il donne encore parfois l’illusion d’être indépendant vis-à-vis du pouvoir et des partis.

Mais l’est-il de «  l’argent » et des puissances financières ?

Sa direction et son Conseil d’administration*, les intérêts qu’ils représentent, répondent négativement à la question.

Mais qui s’en soucie en achetant ce journal du soir ?

Et pourtant, qui lit attentivement ses articles, s’accroche à ses titres,

peut discerner clairement ses «  ennemis ».

Et ainsi se faire une opinion sur l’orientation politique du « Monde » en matière de politique internationale.

Voyons ses « ennemis ». Ils sont nombreux et clairement désignés. D’abord, c’est l’actualité, vient en premier Bachar Al-Assad

et le gouvernement syrien. Il ne s’agit plus sur ce sujet d’informations

( ce qui suppose de confronter les différentes sources, le ‘pour’ et le ‘contre’) mais de diatribes frénétiques accusatrices du pouvoir syrien.

Les dépêches retenues émanent d’un seul côté, celui des insurgés, le plus souvent basés à l’étranger. Pas le moindre soupçon, pour le quotidien, de manipulation. Le « conditionnel » n’a pas cours. A ce degré, ce n’est plus du journalisme mais de la seule « mise en condition » de l’opinion publique.

Mais pourquoi tant de hargne, tant de haine ?

La Syrie serait-elle, aux yeux du « Monde », un Etat plus totalitaire que l’Arabie saoudite (avec la charria la plus extrême, la main coupée aux voleurs), ou que le Qatar (où les immigrés – les deux-tiers de la population - sont traités comme des esclaves, sans le moindre droit), car de ces pays, le quotidien n’en parle guère…

En fait, derrière la Syrie se profile l’Iran et son président, Ahmadinejad. Voilà pour Le Monde, l’ennemi parfait, la cible privilégiée.

Pour quelles raisons cet acharnement permanent depuis des années ?

Pourquoi le régime des Mollahs fait-il au journal une horreur plus vive que celui de l’Arabie saoudite (avec la charria la plus extrême, la main coupée aux voleurs) ? Au nom de la laïcité ? Mais, dans ce cas, pourquoi Le Monde mise-t-il sur les Ayatollahs pour évincer le président, jugé par eux ( toujours selon le journal), pas assez religieux ?

Mais continuons le tour des « ennemis » du Monde.

Au lendemain du veto opposé par la Chine et la Russie à la résolution occidentale visant la Syrie, le quotidien du soir s’est déchainé.

Son éditorial daté du 7 février annonce la couleur :

« Moscou et Pékin couvrent les atrocités en Syrie ». Après la stigmatisation des deux Etats coupables « si hostiles à tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à de l’ingérence dans les affaires intérieures d’un pays ».

Pour Le Monde, il s’agit-là d’un crime impardonnable.

Et pour justifier son courroux, le quotidien n’hésite pas à se contredire lui-même.

Dans l’édito, il est écrit :

« La résolution du Conseil de sécurité tenait compte des objections russes et chinoises. Ni de loin, ni de près, elle n’évoquait la nécessité d’un changement de régime à Damas, comme le réclamait la Ligue arabe ».

Et page 5, toute consacrée au conflit, on peut lire :

« Le texte (de la résolution) endossait le plan de la Ligue arabe prévoyant la mise à l’écart graduelle du président syrien, Bachir Al-Assad ».

Qui croire, de l’édito ou de l’envoyé spécial, dont l’article est surmonté d’un titre sur toute la page :

« Syrie : la tentation de l’aide militaire aux insurgés ».

Les «  ennemis » du Monde se recrutent sur tous les continents.

La Russie de Poutine et la Chine populaire demeurent des cibles permanentes. « Poutine, ancien cadre du KGB » fixe bien la permanence d’un anticommunisme, qui pourtant ne se justifie guère avec ce dirigeant du Kremlin. En fait, l’orientation prise par le chef du gouvernement russe de prioriser l’indépendance de l’Etat, vis-à-vis des menées de l’Otan d’encerclement, déplait fortement au Monde, intégré qu’il est aux valeurs (boursières) occidentales.

Un Etat qui défend sa souveraineté, quelle horreur !

Mais cela nous ramène à la soumission idéologique du Monde à l’Union européenne, sujet dont nous traiterons ultérieurement.

Poursuivons notre « tour du Monde ».

Donc, la Chine, également visée, n’y est pas en odeur de sainteté.

Pour le quotidien du soir, la République populaire cumule tous les défauts. D’abord, elle se revendique officiellement dirigée par le Parti communiste. Ca ne pardonne pas, idéologiquement parlant. Aussi, toutes les difficultés rencontrées par le pouvoir chinois sont mis en exergue, et on peut lire la joie du Monde à les détecter. Le moindre incident, la plus petite catastrophe, font les choux gras du journal.

Que des oppositions se manifestent, et c’est pour lui l’ébranlement du régime. Les grèves croissantes, dénoncées comme le signe d’une rupture ouvrière avec les dirigeants, l’inquiètent pourtant : elles conduisent à de nombreuses augmentations de salaires, ce qui nuit à « la compétitivité de nos entreprises ».

Et Le Monde n’a-t-il pas pointé l’arme secrète de la Chine en matière de concurrence commerciale : le système est déloyal, car les entreprises chinoises n’ont pas de dividendes à verser à des actionnaires, ce qui majore leurs marges…

Mais Le Monde a beaucoup d’autres ennemis sur cette terre, tellement que nous allons certainement en oublier : Cuba et la Corée du Nord, qui se réclament du communisme, décrits à longueurs de colonnes, comme des goulags, les Etats d’Amérique latine qui se sont libérés du joug US, le Venezuela, où le président élu démocratiquement et régulièrement depuis quatorze ans, est présenté par Le Monde comme un dictateur. Et jusqu’à l’Equateur, présidé par un ancien élève de l’Université catholique de Louvain, réélu scrutin après scrutin avec davantage de voix, montré du doigt comme bafouant la liberté de la presse (voir Le Monde, daté du 9 février), parce que le président Correa applique la loi votée par referendum. Pensez donc, un quotidien avait publié « une colonne jugée injurieuse », le journaliste accusait le président de « crimes contre l’humanité », une peccadille en effet.

En fait, Le Monde a choisi son camp, le camp occidental, derrière les Etats-Unis et l’Union européenne : leurs « ennemis » potentiels sont par nature les ennemis du Monde

Ceci explique cela.

* Via leur société "Le Monde Libre" (LML), l’homme d’affaires Pierre Bergé, le banquier Matthieu Pigasse et le fondateur de l’opérateur Free, Xavier Niel contrôlent désormais 64,5% du célèbre quotidien.

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/10-index.html

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2225

Repost 0
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 11:37

Yaima Puig Meneses

 

CARACAS, Venezuela.— Solidarité, complémentarité, réciprocité, durabilité, souveraineté technologique et union économique constituent les principes de base du travail déployé par l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) depuis plus de sept ans déjà.

Et les travaux de la dernière journée du 11e Sommet de l’ALBA, qui s’est déroulé à huis clos dans la matinée du 5 février, ont été précisément consacrés au renforcement de la fraternité entre les peuples d’Amérique latine et de la Caraïbe. Peu avant 11h, le général d’armée Raul Castro, président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, est arrivé au Palais de Miraflores où, à l’instar des autres chefs d’État et de gouvernement ou de leurs représentants, il a été accueilli par le président vénézuélien Hugo Chavez Frias.

L’une des questions à l’ordre du jour concernait l’entrée de nouveaux pays à l’ALBA afin de consolider les objectifs d’intégration de cette organisation. Pour l’instant, le Suriname et Sainte-Lucie ont été accueillis en qualité d’invités spéciaux, les participants au Sommet ayant approuvé une résolution leur permettant d’entamer la procédure d’admission comme membres de l’ALBA. Par ailleurs, la réunion a ratifié le statut d’Haïti en tant qu’invité spécial permanent.

Après cette annonce, le président Chavez a demandé que la priorité soit accordée aux économies de la Caraïbe, en raison de leur fragilité, avant de relever leur potentiel en matière de production, de tourisme, de pêche et d’agriculture, entre autres domaines.

Dans l’une de ses interventions, le président Chavez a fait l’éloge du travail d’information réalisé par la chaîne TeleSur pour montrer la vérité au monde, notamment sur les événements en Libye, où les reporters de cette agence de presse ont même été menacés de mort.

Le président Hugo Chavez a souligné qu’alors que les grands médias internationaux affirmaient que le leader de la Révolution verte Mouammar Kadhafi bombardait la population civile sur la Place de Tripoli, TeleSur a montré au monde des images qui prouvaient la fausseté de ces informations.

Concernant les campagnes médiatiques lancées contre les gouvernements que les grandes puissances considèrent comme dérangeants, Hugo Chavez a comparé la couverture médiatique en Libye à la guerre médiatique livrée actuellement contre la Syrie. Le président vénézuélien a signalé que les médias de la droite internationale ont montré des soi-disant « massacres » dans une ville syrienne alors qu’il s’agissait d’une attaque des forces terroristes, ceci dans le but d’accuser le gouvernement de ce pays auprès du Conseil de sécurité de l’ONU.

En conséquence, il a mis en garde contre ce genre d’actions lancées à l’instigation des grandes puissances, les qualifiant d’un des plus graves dangers qui planent aujourd’hui sur le monde, car elles encouragent ce type de stratégies pour tenter de justifier les invasions contre les peuples.

Plus loin, le président a fait allusion à la Ceinture pétrolifère de l’Orénoque, qui constitue aujourd’hui l’un des moteurs du développement intégral du Venezuela, et permettra de contribuer à l’indépendance économique des pays membres de l’ALBA et de l’Amérique latine et des Caraïbes. « Dans cette zone il y a du pétrole pour 200 ans », a-t-il dit. À cet égard, il a expliqué que le Venezuela prévoit cette année d’augmenter sa production de 3 millions à 3,5 millions de barils par jour, ce qui offrira davantage de souplesse pour honorer les engagements avec l’ALBA et d’autres programmes.

Et d’ajouter que Petroleos de Venezuela (PDVSA) exporte 1,5 millions de barils par jour aux États-Unis, et que sous la 4e République cette entreprise d’État « a acheté huit raffineries de pétrole aux États-Unis, dont le pays n’a tiré aucun profit ».

Concernant le Sommet, Chavez a demandé la tenue dans les prochains mois d’une réunion des dirigeants de Petrocaribe pour discuter de l’adhésion de Sainte Lucie et du Suriname, dont les présidents ont annoncé leur désir d’appartenir au groupe Petrocaribe-ALBA, deux mécanismes différents interconnectés. Il a souligné que Petrocaribe est devenu un mécanisme d’avant-garde sans précédent dans le monde. » Nous vivons une étape qui peut donner lieu à d’autres étapes novatrices au sein de Petrocaribe et de l’ALBA », a-t-il dit.

Prenant la parole, le Premier ministre du Commonwealth de la Dominique Roosevelt Skerrit a félicité les pays ayant amorcé un processus pour rejoindre l’ALBA, et il a rendu hommage à notre commandant en chef Fidel et au président Chavez pour leur esprit visionnaire, à qui l’on doit la création de l’ALBA.

Plus loin, il a déclaré que le blocus exercé contre Cuba n’est pas seulement une mesure de coercition contre ce pays, mais contre toute l’humanité, si bien que les pays membres de l’ALBA se devaient de manifester leur solidarité à Cuba et de condamner cette politique injuste et criminelle contre le peuple cubain.

« L’ALBA est une organisation où nous pouvons discuter publiquement et ouvertement devant nos peuples, car nous n’avons pas de secrets, ni d’agendas cachés », a-t-il affirmé. En effet, les sessions du Sommet ont été transmises en direct par la chaîne publique du gouvernement vénézuélien. Le Premier ministre de la Dominique a aussi rappelé que l’ALBA est aujourd’hui l’organisation la plus transparente qui existe dans le monde, où personne n’est investi du droit de veto et où tous les points de vue sont respectés. « Nous sommes comme une seule nation qui cherche à aborder les problèmes historiques dont nous avons hérités et que nous cherchons à résoudre ensemble », a-t-il dit.

Pour sa part, Evo Morales, président de l’État plurinational de Bolivie, a exhorté les chefs d’État et de gouvernement à unifier leurs positions pour se défendre des agressions médiatiques impérialistes.

« À présent, nous sommes membres de davantage d’organismes régionaux. Nous, les présidents, devrions toujours maintenir une position pour savoir que faire face aux attaques médiatiques de l’impérialisme, et pour planifier nos actions et exprimer notre position devant ces instances. »

Le président Morales a souligné le travail conjoint et solidaire des gouvernants de l’ALBA au profit de leurs peuples, qui récoltent les premiers fruits de ces efforts avec la réduction de la pauvreté et de l’analphabétisme. Il a ajouté que les présidents des pays membres de cette alliance ont commencé à changer les politiciens.

« Être un politicien aujourd’hui ne veut pas dire tirer profit de son poste, mais être prêt à faire des sacrifices, et s’engager envers son peuple », a dit Evo Morales. « Pendant longtemps, les citoyens ont considéré nos politiciens comme des imposteurs qui s’enrichissaient aux dépens de la population », a-t-il dit, avant d’exhorter les présidents à continuer de travailler de manière conjointe et solidaire, « car c’est le grand avantage des pays de l’ALBA ».

Comme point de départ du Sommet, les participants ont débattu les documents de travail élaborés à partir des réunions tenues par les représentants des mouvements sociaux, les partis politiques et les médias des pays membres de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique.

À cet égard, le président vénézuélien devait déclarer : « Mouvements sociaux, peuples, partis politiques… nous devons les situer à l’avant-garde, car ils constituent l’âme de l’ALBA ».

CONSTRUIRE DEPUIS L’ALBA

« Il existe de nombreuses possibilités et un grand champ de coopération », a déclaré Hugo Chavez en signant avec son homologue haïtien Michel Martelly un accord de coopération qui permettra aux deux pays de procéder à des échanges commerciaux et de complémentarité, et de trouver des ressources, des financements et de la technologie pour combattre l’extrême pauvreté dans ce pays de la Caraïbe.

Pour sa part le président Martelly, qui a eu la déférence de prononcer son discours en espagnol, visiblement ému, a rappelé qu’il n’avait jamais été un homme politique avant d’accéder à la présidence de son pays. « Cependant, j’ai promis à mon peuple de changer les choses en Haïti, et je suis sûr d’y parvenir avec cet effort, ce soutien et cette collaboration », a-t-il signalé avant d’aller exprimer, au nom du peuple haïtien, sa gratitude à Hugo Chavez, auquel il a donné une accolade cordiale.

Le 11e Sommet a adopté une Déclaration spéciale en l’honneur des Cinq Héros cubains injustement incarcérés depuis 13 ans aux États-Unis pour avoir combattu le terrorisme. Le document exige la libération de Gerardo Hernandez, Ramon Labañino, Antonio Guerrero, Fernando Gonzalez et René Gonzalez comme un acte de justice sociale et humanitaire, en rappelant que leur procès a été entaché de nombreuses irrégularités dans le cadre de la politique revancharde de Washington.

Les participants ont également approuvé la Déclaration spéciale sur les droits inaliénables du peuple de Porto Rico à l’autodétermination et à la pleine indépendance. Le document souligne que Porto Rico est un pays latino-américain et caribéen qui a sa propre histoire et dont les droits à la souveraineté ont été bafoués par la tutelle coloniale imposée à ce territoire par les États-Unis pendant plus d’un siècle.

La déclaration précise par ailleurs que l’indépendance de Porto Rico est une question qui concerne l’ensemble de l’Amérique latine et de la Caraïbe, ainsi que toutes nos tribunes de concertation et de coopération politique, notamment la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC).

Peu avant la fin du Sommet, le président Chavez a lu un communiqué officiel à travers lequel les pays membres de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique ont une nouvelle fois condamné la politique d’ingérence et de déstabilisation adoptée contre la République arabe syrienne.

« Pour nous, l’ALBA c’est la Patrie », a déclaré le président Chavez, paraphrasant Simon Bolivar.

Le 11e Sommet de l’ALBA a ouvert de nouvelles voies pour assurer le développement de cette alliance, dont les antécédents tirent leur racine dans le grand projet historique de construction de la Grande Patrie. De nouveaux pas ont été franchis. « C’était un grand sommet » a déclaré général d’armée Raul Castro avant que le président Hugo Chavez ne ponctue d’un coup de maillet final les séances de cette importante réunion.

 

Yaima Puig Meneses

 

http://www.granma.cu/frances/notre-amerique/8febre-7cumbre.h...

URL de cet article 15813

http://www.legrandsoir.info/amerique-latine-11e-sommet-de-l-alba.html

Repost 0
9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:22

aaa logo Drapeau VLe président-candidat a pété les plombs ! Il propose maintenant un référendum sur le droit des chômeurs !!! Mais où sont passés le « dialogue social » et sa fameuse « méthode » dont il nous avait rebattu les oreilles ? Certainement disparus en 2011 alors que plus de 3 millions de français manifestaient contre le recul de l’âge légal du départ à la retraite ! Le président de la République a bien organisé en janvier dernier un pseudo « sommet social » en y invitant les « partenaires sociaux »… Mais, la ficelle était un peu grosse : l’opération électoraliste a fait long feu.

 

Alors comme ces foutus syndicats n’ont pas été aux ordres, et bien le président (de tous les français ?) veut passer outre maintenant et ce, pour une question du droit du travail, directement liée aux négociations entre représentants du patronat et des salariés en matière de chômage.

 

Si le peuple ne convient pas, il faut le dissoudre. Et le Chef de l’Etat a décidé de dissoudre les syndicats. Il faut dire qu’un fort mouvement citoyen s’amplifie dans le pays où les syndicats jouent un rôle important. Celui de sa mise à la retraite, et celle de ses ministres avec !


Ce mouvement articulant syndical et politique, ce « front de gauche », semble devenir irrésistible.

 

Et ce, pour trois explications "conjoncturelles" :


- le refus presque réactionnel en vertu de l'indépendance syndicale de se retrouver instrumentalisé comme le voulait le président-candidat (avec l'organisation du drôle de "sommet social" par celui a fermé la porte au dialogue social sur les retraites !)

- la prise de conscience de l'essor de l'extrême-droite menaçant y compris la vie des organisations syndicales
- la volonté affichée du Front de Gauche et de son candidat - et même sous la pression créé dans une certaine mesure celle de F.Hollande - de s'adresser directement aux syndicalistes et aux ouvriers...


Ces trois raisons traduisent plus globalement une donnée sociale émergente : le fort mécontentement social enregistré depuis plusieurs décennies s'accompagnent aujourd'hui d'un sentiment d'injustice sociale, notamment après les cadeaux faits aux plus riches et aux sommes astronomiques lâchés sans contrepartie aux banques durant la crise des subprimes par les Etats européens.

 

Ces cadeaux aux riches ne sont pas un fait nouveau dans les politiques gouvernementales, ce qui l'est ça été de l'avoir assumé au sommet de l'Etat en termes de communication : le Fouquet's, le yacht de Bolloré, le bouclier fiscal, les "y a plus de sous pour les salaires ou les retraites mais y en a pour sauver les banques", etc.


Au fond, on assiste à un retour en force de l'affrontement de classe conscientisé. Cette « lutte des classes » d’un type nouveau conteste un ordre établi s’appuyant maintenant sur un capitalisme mondialisé et financiarisé, dont l’apparition sur le devant de la scène d’un nouvel acteur, les agences de notation, en est le symbole, sinon le symptôme.

 

Une contradiction que le FN tente de dévoyer en cherchant à évoluer de manière opportuniste dans la dernière période vers un discours anti-libéral et social-nationaliste. Mais, cela ne peut tromper personne, l’extrême droite est la roue du secours du capital pour dévoyer  - encore une fois - les exigences populaires. Cela ne doit pas masquer un discours de division et de haine, inégalitaire socialement et humainement, ni cette tendance xénophobe que voudrait flatter - récupérer électoralement - le camp du président-candidat en faisant une autre proposition de référendum concernant l’expulsion des étrangers ?! Répugnant et dangereux !

 

Mais, c'est là où la question du changement de société, un socialisme/communisme altermondialiste se pose en terme d’alternative à la société qui n’a que seule politique possible que celle de la rigueur et de l’austérité pour le peuple et de l’abondance et des laisser-faire pour les marchés financiers et les profiteurs...

 

Enfin, si le débat - on en doute vu les sujets soumis - est de donner la parole au peuple, et l’on veut faire respecter la souveraineté populaire, alors un seul référendum s’impose vraiment aujourd’hui, c’est celui qui concerne la ratification du nouveau traité européen qui veut interdire toute marge de manœuvre aux politiques sociales et fiscale.

 

 

Pierre Chaillan, le 9/02/2012.

Repost 0
9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:21

Paris, février 1962. La perspective d’une fin de la guerre d’Algérie semble s’être éloignée depuis la suspension des pourparlers de paix, le 28 juillet 1961, entre le GPRA. (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) et le gouvernement français. Cependant, dans les arcanes du pouvoir, tout le monde s’accorde à dire que la seule issue possible est l’indépendance de l’Algérie. S’accrochant désespérément à leur rêve d’une Algérie française, les fascistes de l’OAS. (Organisation Armée Secrète), multiplient les attentats en Algérie et en Métropole. Cette stratégie de la terreur vise à mettre la pression sur le gouvernement français, qui se dit de plus en plus favorable à de nouvelles négociations avec le GPRA.

Face à ce « péril brun », les milieux de gauche se mobilisent autour du Comité Audin (Comité d’intellectuels luttant pour faire la lumière sur la disparition de Maurice Audin, militant du Parti Communiste Algérien), du PCF, de l’UNEF, et du PSU. Dans les universités, des journées de grève sont organisées avec succès, ce qui pousse de Gaulle à déclarer : « Le peuple n’a pas à se préoccuper du problème de l’OAS ; c’est aux forces de l’ordre d’agir ». Cependant, les forces de l’ordre ne sont pas aussi zélées dans leur lutte contre le terrorisme de l’OAS que dans la répression des sympathisants de la cause algérienne. Le 7 février 1962, dix attentats sont commis, à Paris, par l’OAS. Les cibles sont des universitaires, des élus du PCF, des officiers, des journalistes ainsi que le Ministre de la Culture, André Malraux. La bombe qui visait ce dernier blesse grièvement une enfant de quatre ans, Delphine Renard, qui perdra un œil et sera défigurée.

Cette vague d’attentats pousse la gauche à organiser un rassemblement, le 8 février 1962, place de la Bastille à Paris. Or, suite à l’état d’urgence décrété le 21 avril 1961, un arrêté préfectoral interdit toute manifestation sur la voie publique. Cependant, selon certains historiens (dont le Professeur Brunet), le préfet de Paris de l’époque, Maurice Papon, avait envisagé de tolérer la manifestation du 8 février. C’est le Général de Gaulle lui-même qui se serait opposé à ce que le rassemblement ait lieu, après l’avoir qualifié de « communiste », ce qui, dans sa bouche, signifiait clairement « subversif », voire « dangereux ». De plus, l’interdiction de cette manifestation flattait l’aile droite de ses partisans, en montrant que de Gaulle ne jouait pas le jeu des communistes dans la solution du conflit algérien.

Le jour de la manifestation, les consignes sont claires : il ne faut tolérer aucun rassemblement et « faire preuve d’énergie » dans la dispersion des manifestants. Cette « énergie », les policiers dépêchés sur place vont la fournir de façon dramatique. Le quadrillage de la manifestation est parfait ; c’est en direction d’une véritable toile d’araignée policière que se dirigent les manifestants, à partir de 18h00. 2845 CRS, gendarmes mobiles et policiers sont organisés en cinq divisions entourant le quartier de la Bastille, de la gare de Lyon aux métros Filles du Calvaire et Saint Ambroise, et de la rue Saint Antoine au boulevard Voltaire.

Côté manifestants, on souhaite un rassemblement pacifique ; un communiqué radio précise, le 8 février, que « les manifestants sont invités à observer le plus grand calme ». En outre, les organisateurs prennent la décision de ne pas défiler, estimant que la police ne chargerait pas un rassemblement statique.

A l’heure du rassemblement, les manifestants se heurtent aux forces de l’ordre. Certains sont reflués sur la rive gauche, alors que, sur la rive droite, la tension monte peu à peu. En effet, quelques affrontements se déclenchent boulevard Beaumarchais. La réponse policière est terrible. On matraque des manifestants, des passants, les hommes, les femmes et personnes âgées, jusque dans les cafés et les stations de métro. L’acharnement est tellement aveugle que même des policiers en civil seront blessés.

Mais c’est boulevard Voltaire et rue de Charonne que la répression est la plus violente. Alors que les organisateurs donnent le signal de dispersion, les forces de l’ordre, commandées par le Commissaire Yser, chargent le cortège. En effet, sur ordre de la salle de commandement, c’est-à-dire du Préfet Papon, il faut « disperser énergiquement » les manifestants. Les policiers chargent avec une telle brutalité et de façon si soudaine, qu’un mouvement de panique s’empare des manifestants, qui tentent de fuir vers la station de métro la plus proche.

Les premières cibles des forces de l’ordre sont des élus communistes, qu’ils frappent à la tête. Puis, c’est au tour des manifestants qui, portés par la foule, trébuchent dans les escaliers du métro et s’entassent les uns sur les autres. Au lieu d’aider les gens qui suffoquent, les policiers les frappent, les insultent, et n’hésitent pas à jeter sur eux les grilles d’acier qu’ils trouvent au pied des arbres, ou encore des grilles d’aération. Le bilan de cette agression fut de huit morts, dont un manifestant de quinze ans. Sept d’entre eux sont morts par étouffement, un des suites de blessures à la tête. Tous étaient communistes.

Au lendemain du drame, la presse, de façon unanime, stigmatise la responsabilité des forces de l’ordre. Le Ministre de l’Intérieur, Roger Frey, rejette quant à lui toute la responsabilité sur le Parti Communiste, qu’il accuse d’avoir tenu la manifestation malgré l’interdiction officielle. Au passage, le ministre assimile les manifestants aux fascistes de l’OAS, car ce sont là, explique-t-il, « deux ennemis de l’intérieur ». De son côté, la population française est largement choquée par ce déchaînement de répression : entre 500 000 et un million de parisiens assistèrent aux funérailles des victimes.

Cet épisode de la vie politique française témoigne une fois de plus de l’amnésie historique de l’État français, sur certains sujets. Pendant des années, le drame du 8 février 1962 sera relégué aux oubliettes de l’histoire officielle. Il faudra attendre quatre décennies pour voir la réouverture des dossiers sur la guerre d’Algérie, le début d’une prudente autocritique de la part de l’État, et pour que la lumière commence à se faire sur les événements qui ont coûté la vie aux huit victimes de cette terrible journée.

 

Journal communiste : La Riposte

 

Repost 0
9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:19

aaa logo Drapeau VAprès l'appel des auteurs de polars à voter Mélenchon : "Alors, me dit-on, te voilà devenu mélenchonien, toi qui n'a pas été tendre sur le personnage, dans ce blog ?"

Je n'ai pas la fatuité de croire que mon opinion puisse avoir quelque importance, si elle n'est que personnelle, mais il me semble qu'en la matière, la préciser revient à préciser l'opinion d'une foule de citoyens, indécis, corsetés par ce mode d'élection qu'ils ne cessent de dénoncer (et c'est ce que j'ai pendant des années fait sur mon site et mon blog), parce qu'il est générateur d'une personnalisation mortelle de la vie politique. Une foule de citoyens où beaucoup font toujours leurs les paroles de la vieille Internationale : "Ni Dieu, ni César, ni tribun".

Or, le tribun est là, et bien là, sollicité, délégué par un parti communiste en déshérence qui ne se sentait pas de porter aussi clair et aussi haut la flamme rouge, un parti communiste qui tenait surtout à faire oublier les scores électoraux tragiquement bas des présidentielles précédentes. "Déshérence" : comme me le fait remarquer mon épouse qui lisait par dessus mon épaule, le mot, stricto sensu, signifie "absence d'héritier"...

Or donc l'héritier est là, tribun qui attire des foules impressionnantes, et, la télé en atteste, des foules où les visages de tous les âges se mêlent et où, enfin, apparaissent en nombre, en grand nombre, les visages de jeunes adultes... Des foules qui n'ont pas peur de lever le poing et de chanter les paroles qu'écrivit Pottier, alors que l'armée versaillaise, les pieds dans le sang, achevait de fusiller et de fusiller encore ceux qui avaient cru pouvoir ouvrir un autre avenir...  

 Et ce tribun est l'homme qui a dit : "Je ne serai ministre que dans un gouvernement dont je serai premier ministre", ce tribun est un politicien, dont l'ego éclate ici de façon insupportable. C'est, en lui donnant ma signature, ce que j'écrivais à l'initiateur de la pétition des polareux, en ajoutant "Culte de la personnalité, merci. On a déjà donné". Pour qui ne comprendrait pas bien, j'ajoute que je suis né en 1936, et que, quand je militais au Parti communiste, il y avait deux hommes "que nous aimions le plus"...

Alors, que faire ?

La tentation est là de se défausser, de ne pas encourager l'aventure qui risque de devenir une aventure individuelle, d'autant que, lorsqu'on gratte un peu, le programme du tribun ne porte pas aussi loin que l'annonce le rouge des tribunes... Où en est-on avec la perspective de l'appropriation collective des moyens de production ? - Attends, me dit-on, tu nous vois y arriver dans notre seul pays ? Folie... - Oui mais alors, où en est-on avec l'indispensable perspective d'une lutte internationale, d'une lutte mondiale ? Comment faire en sorte, si ces mots sont enfin prononcés, qu'ils ne soient pas seulement ceux d'une rhétorique vaine, dont ont usé et abusé les sociaux-démocrates d'antan, avant leurs trahisons successives ? 

Se défausser donc... c'est-à-dire laisser le champ libre à une social-démocratie déjà triomphante par anticipation, une social-démocratie qui ne fait pas mystère de sa vocation : loyale gérante du système (les conseillers de Hollande en attestent, et, sucre sur les poires, l'aval attendu de l'incontournable BHL, avec qui Hollande vient de déjeuner, nous apprend-on...) ? Se défausser, c'est-à-dire ne pas conforter un pôle de pression incitant la social-démocratie à ne pas être "trop" libérale ? Distribuer le blâme et l'éloge, s'enfermer dans un silence boudeur ?

L'autre tentation est là aussi, pressante, venant de tous les amis "raisonnables", qui est celle du "vote utile", vote sans illusions certes, mais nécessaire pour porter loin en tête, dès le premier tour, et donc assurer la présence au second tour du seul candidat "de gauche" susceptible de battre le sortant... - Puisque, me dit-on, tu dois voter pour  lui au second tour, autant le soutenir dès le premier tour... L'empêcher d'être au second tour serait criminel... C'est une vraie et douloureuse question.

De toute façon, me disent d'autres amis, catégories combatifs, mieux vaut à la limite que Sarkozy passe, au moins on pourra lutter frontalement, alors que si c'est cet endormeur de socialiste, on sera une fois de plus anesthésiés... Voire... Faire la politique du pire a rarement été productif. Les démocrates allemands de 1932-1933 en ont su quelque chose...

Bref, il faut choisir. Quand ces collègues polareux m'ont sollicité, j'ai choisi sans autres états d'âmes que ceux exposés ci-dessus. Je demeure convaincu que, de toute façon, et je l'écrivais récemment sur ce blog, il y aura une vie, et un mouvement social comme on dit, après les élections. Affaire à suivre

 

René Merle

http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/article-apres-l-appel-a-voter-melenchon-98915915.html

Repost 0
9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:18

Sean FENLEY

 

Suite à "l’aide" des Etats-Unis et de l’OTAN, et des bouchers islamistes libyens à leurs ordres à la Libye, le Sahel africain se voit menacé d’une "descente aux enfers". La Libye est bien sûr confrontée aux conflits intérieurs qui en résultent mais ses voisins du Sahel ont énormément de problèmes aussi. Tout comme Kadhafi le faisait, de nombreux pays du Sahel luttent contre leurs propres éléments Al-Qaeda/Islamistes. Et beaucoup de gouvernements de cette région considèrent que le bouleversement/chaos en Libye a offert à Al-Qaeda au Maghreb islamique une opportunité en or pour se procurer des armes, des fusils ainsi que toutes sortes d’autres munitions meurtrières.

Des pays comme le Niger, le Mali et la Mauritanie, luttent contre l’afflux de combattants et de Djihadistes en provenance du théâtre militaire libyen où il y a toujours des combats spasmodiques. Bien que le Sahel ne soit pas tout à fait comme la Somalie, la sécurité y est menacée notamment par des attaques terroristes au Nigeria qui ont ravagé de nombreux secteurs de ce pays. Et par ailleurs, l’intervention militaire occidentale Etats-Unis/OTAN et la destruction concomitante de la Libye a fait disparaître un généreux donateur de la région et un pays qui offrait à des milliers d’habitants du Sahel du travail à un salaire convenable ; En effet le Sahel bénéficiait sur le plan économique de l’argent que ces travailleurs envoyaient à leurs familles. Tout cela avec en toile de fond la menace perpétuelle de la sécheresse dans une région immense, informe et aride, avec beaucoup de villages situés dans des coins éloignés et inaccessibles.

Les guerres en Libye et en Côte d’Ivoire ont forcé environ 200 000 émigrés à rentrer au Sahel —au lieu d’envoyer une partie de l’argent gagné dans leurs emplois à l’étranger à la maison. Selon David Gressly, le directeur régional d’UNICEF en Afrique Occidentale : "C’est une double catastrophe pour les familles parce qu’elles ont perdu l’aide qu’elles recevaient de leurs parents à l’étranger et elles ont maintenant plus de personnes à entretenir."

Il y a actuellement une crise alimentaire qui se profile à l’horizon dans la région du Sahel et menace environ dix millions de gens —au Niger (6 millions), au Mali (2,9 millions), en Mauritanie (environ 500 000), ainsi que des dizaines de milliers de personnes dans d’autres pays de la région.

Selon Olivier De Schutter, le rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à la nourriture, la sécheresse et la famine ne sont pas des évènements inhabituels mais au contraire les conséquences prévisibles d’un système alimentaire mondial "basé sur l’inégalité et les déséquilibres, et, en fin de compte, défaillant." Le système de santé est défectueux -selon De Schutter- et cela signifie souvent que l’on attend que les gens meurent de faim avant de faire quelque chose. Le fait qu’il y ait des situations de famine endémique n’est pas actuellement pris en compte par le système et la crise actuelle au Sahel africain en est l’illustration. C’est une lacune du système alimentaire mondial parce que la famine dans cette région devrait être considérée comme la norme —et pas comme un événement rare, unique, extrême, imprévisible ou extraordinaire.

Il ne faut pourtant pas, à mon sens, négliger l’impact du triste destin de la Libye sur le mécontentement/appauvrissement du Sahel. Les puissances hégémoniques occidentales qui ne pensent qu’au pétrole ont profité de l’occasion pour faire tomber un homme qui ne voulait pas respecter leurs règles du jeu. Et les nations voisines et les endroits les plus pauvres récoltent les "bénéfices" de l’opportunisme myope, mesquin et avide des états occidentaux impérialistes, idéologiquement moribonds et aveuglés par la cupidité, l’orgueil et le pétrole !

 

Sean Fenley

Sean Fenley est un progressiste indépendant qui aimerait voir la fin du monopole dictatorial du soi-disant système de deux partis. Il aimerait aussi voir un peu de bon sens revenir dans les décisions politiques militaires, économiques, étrangères et intérieures étasuniennes.

 

Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2012/02/african-sahel-facing-slide...

Traduction : Dominique Muselet

 

URL de cet article 15753http://www.legrandsoir.info/la-descente-aux-enfers-du-sahel-africain-dissident-voice.html

 

Repost 0
Published by Vendémiaire - dans Afrique noire
commenter cet article
9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:17

mardi 17 janvier 2012, par Comité Valmy

 

Victime de milices islamistes violentes qui terrorisent les gens, la population syrienne craint ces opposants armés qui sèment la peur et le chaos. L’écrivaine syrienne Nadia Khost — auteur de nombreux ouvrages d’essais et de nouvelles portant sur l’histoire, l’architecture, la conservation et la protection du patrimoine de la Civilisation Arabe — vit à Damas. Ce qu’elle nous dit ici, sur ce qui se passe véritablement en Syrie, doit être pris très au sérieux. Son témoignage ne correspond en rien à la version des faits qui nous est rapportée par de prétendus « grands reporters » français.

 

Il n’y a plus de fioul à Alep… les vendeurs ne peuvent que crier leur détresse aux observateurs délégués par la Ligue Arabe : « Nous sommes des travailleurs démunis, les bandes armées coupent les routes, volent le fioul, dérobent ou détruisent nos véhicules… quand ils ne nous tuent pas ! ». Telles sont les vraies raisons de la pénurie qui empêche actuellement les pauvres gens de gagner leur vie.

 

 

Les bandes armées sévissent là où elles peuvent… Les observateurs écoutent les témoignages des blessés, entendent les pleurs des enfants réclamant leurs pères kidnappés, constatent les blessures portées post mortem, notent les identités, les récits, les lieux, les horaires…

 

Pendant ce temps, les télévisions syriennes filment à distance et restituent des images d’horreurs, de massacres, que les Syriens ne pouvaient imaginer se produire sur leur sol. Des images qu’ils n’ont jamais connues au cours de leur histoire contemporaine : cadavres mutilés, membres coupés, cœurs arrachés, corps brûlés et manifestement torturés.

 

Ainsi, le 8 janvier, nous avons tous partagé le malheur et la tristesse d’un groupe d’habitants de la ville de Homs à peine éclairés par les bougies encore allumées et qui, en pleine veillée funèbre en hommage à leurs victimes, se sont vus attaqués par des bandes armées faisant sur leur passage de nouvelles victimes…des morts et des blessés. Toujours à Homs, le 10 janvier nous avons déploré un ingénieur assassiné, son collègue blessé, un enseignant kidnappé. Finalement, ces bandes assassines en sont arrivées à interdire la fréquentation des établissements scolaires dont environ un millier de bâtiments sont désormais en ruines !

 

Par conséquent, le problème actuel en Syrie n’a rien à voir avec ce qu’affirment les médias occidentaux ; à savoir, un conflit entre une opposition politique qui demande des réformes et un gouvernement qui les refuse. Le problème en Syrie est celui de bandes armées et de groupes de criminels qui sèment le chaos en s’attaquant à une société habituée depuis des décennies à vivre en sécurité. Lorsqu’une infirmière déclare aux observateurs envoyés par la Ligue arabe : « Alors qu’avant nous rentrions chez nous à une heure du matin en toute confiance, à présent nous n’osons plus sortir à la tombée de la nuit », elle résume une réalité inédite en Syrie.

 

En effet, l’un des buts de l’assassinat de soldats et de policiers est justement la généralisation du chaos. Ce même chaos que Georges Bush a installé en Irak avec comme conséquence prévisible, le démantèlement de l’État et la domination de gangs violents. Dans sa guerre contre la Syrie, l’Occident a adopté ce même projet. La preuve en est que lorsque le gouvernement syrien a annoncé une amnistie générale pour tous ceux qui déposeraient leurs armes, Madame Clinton a interpellé les rebelles en ces termes : « ne rendez pas vos armes ! ».

 

Toute personne qui voudrait honnêtement s’enquérir de la vérité ne pourrait nier que des tueurs, et d’ignobles criminels, sont utilisés pour répandre la terreur dans le but d’exécuter un projet politique visant l’autorité de l’État, la partition de la Syrie et par là, l’anéantissement de l’un des bastions de la résistance au projet sioniste. En cas de doute, souvenons-nous toujours du projet de l’Organisation Sioniste mondiale : « La désintégration de la Syrie et de l’Irak en provinces ethniquement ou religieusement homogènes… est l’une des priorités d’Israël… le premier pas vers ce but passe par la dissolution de leurs armées ».

 

Ce but a été atteint en Irak où l’une des premières décisions de Paul Bremer [administrateur civil de l’Irak-2003- Ndt] a consisté à dissoudre l’armée irakienne. C’est aussi ce qui a été prévu pour la Syrie où l’armée est la cible des attaques des bandes armées. Plus de mille soldats et officiers syriens ont été tués ; et pendant que des médias occidentaux et arabes appellent nos soldats à la désertion des officiers ont déclaré dans nos journaux et sont venus nous dire à la télévision syrienne qu’ils avaient été kidnappés, filmés et torturés de manière à fournir les faux témoignages de désertion diffusés par Al-Jazira.

 

Les méthodes les plus viles sont utilisées pour faire plier le peuple syrien. Ainsi, dans la banlieue de Damas, les bandes armées ont imposé la fermeture des boutiques dans les quartiers de Harasta et de Darayya, sous prétexte de faire respecter ce qu’ils ont présenté comme une consigne de « grève générale », tout en avertissant que celui qui n’obéirait pas serait tué, ou verrait ses enfants kidnappés et tués ! A Deraa, un homme qui a osé refuser a été tué et sa femme a été blessée. A Homs, un commerçant m’a confié qu’après des dizaines d’ordres reçus par téléphone, il a été obligé de fermer boutique.

 

Après ce genre de mises en scène, les « spécialistes en communication », en collusion avec ces bandes armées, filment les commerces fermés, envoient leurs images à la chaine qatari Al-Jazira qui s’empresse d’annoncer que le peuple syrien a répondu à l’appel à la grève générale, ou encore que les villes ont été vidées de leurs habitants par crainte du régime ! Une autre fois, trois jeunes frères ont été tués dans le seul but de discréditer le service de sécurité syrien et l’armée.

 

Les Syriens sont douloureusement consternés quand ils entendent ces criminels raconter leurs crimes comme on raconterait une histoire banale et reconnaitre, sans états d’âme, avoir touché de l’argent pour abattre un manifestant. Tout cela pour offrir aux médias occidentaux la confirmation de leur version falsifiée disant que les services de sécurité tuent des manifestants pacifiques !

 

Cette cruauté et cette sauvagerie est contraire à toutes les traditions syriennes d’amour, de solidarité, de pardon, et de tolérance de ses concitoyens.

 

Pour le peuple syrien, ce n’est donc plus une question d’opposition politique, mais une question d’existence ! C’est ce qui explique l’ampleur des manifestations spontanées à Damas au soirde la décision de la Ligue Arabe de suspendre la Syrie en tant qu’État membre. C’est ce qui explique également les manifestations spontanées dans toute la Syrie suite à la grande explosion de Kafarsouseh [1].

 

Tenant compte de ces réalités, celui qui comprend l’Histoire ne peut pas ne pas comprendre que c’est le peuple syrien qui est en train de sauver son pays. Sa voix est désormais plus forte que celle des politiciens. Les femmes qu’elles soient voilées ou non, les jeunes, les vieux, les enfants… tous expriment avec passion leur refus de l’ingérence sous toutes ses formes, condamnent le rôle du Qatar, critiquent la Ligue Arabe, sans épargner Sarkozy, Clinton et Obama.

 

Aujourd’hui, il est indéniable qu’il y a un peuple syrien dont la conscience politique est aiguisée. Un peuple qui sait qu’il affronte des forces expansionnistes américano-sionistes qui organisent contre lui une guerre diplomatique, militaire, économique et médiatique. Une guerre dirigée par la France et à laquelle participent la Turquie et les pays du Golfe menés par le Qatar. Une guerre dont l’outil militaire est l’organisation d’Al-Qaïda et l’outil politique, quelques opposants syriens de l’extérieur !

 

Et ce peuple conteste la politique économique, la corruption, et les responsables de pays dont il a été un protectorat. Ce peuple a développé un sens aigu du danger et a parfaitement compris que l’Occident n’intervient certainement pas pour l’avènement de la démocratie et l’avancement des réformes, mais plutôt pour briser la volonté syrienne opposée aux projets occidentaux et sionistes.

 

Ce peuple magnifique se dresse telle une épée dans une bataille décisive. Il ne cesse de réinventer ses messages en réponse au projet de partition américano-européo-sioniste qui voudrait mettre à profit sa mosaïque ethnique et religieuse, pour arriver à le diviser. Division qu’il refuse ! Ainsi, les kurdes et arabes, réunis en congrès national, ont rejeté à l’unisson toute intervention étrangère. Les musulmans et les chrétiens ont prié main dans la main dans les mêmes églises, des délégations de femmes musulmanes se sont déplacées pour rendre visite au Patriarche maronite du Liban et se porter garantes de la protection des chrétiens d’Orient.

 

Nous n’ignorons pas que toutes sortes de pressions continueront à s’abattre sur nous pour briser notre volonté, notre dignité, et notre fierté de Syriens. Les sanctions économiques et les bandes armées font partie de ces pressions. Bandes armées qui, pour rendre la vie encore plus pénible à notre peuple, coupent la route aux camions de fioul ; font exploser les pipelines et les conduites de gaz qui alimentent les centrales électriques ; brûlent les établissements publics, les mairies et les postes de police, attaquent les transports de ravitaillement chargés de sucre et de riz à destination des différentes régions du pays, font sauter les chemins de fer…

 

Du coup, l’électricité est rationnée et ce sont donc les pauvres et la classe moyenne qui souffrent le plus de l’inflation qui en résulte. Pour autant, cette souffrance ne rapproche pas les Syriens patriotes de ces opposants qui soutiennent le projet occidental expansionniste et appellent à des sanctions contre la Syrie. Au contraire, leur souffrance renforce leur sentence : « Un tel comportement est celui d’un traitre responsable du sang versé et de l’atteinte à la sécurité de la patrie ! ».

 

Est-il difficile de comprendre que les meurtres, les assassinats de professeurs d’universités et d’ingénieurs, les rapts d’enfants, les viols, visent aussi à briser la vie économique, sociale et culturelle ?

 

De fait, les crimes des milices armées ont paralysé l’activité culturelle dont tous les centres se sont vidés, même ceux des villages les plus reculés. Les galeries d’art et les musées sont désertés, bien qu’en Syrie le tarif des billets d’entrée aux théâtres et concerts restent symbolique.

 

Dans ces conditions, comment imaginer que des Syriens puisse s’autoriser de telles activités alors que des cérémonies funèbres pleurent les nombreuses victimes tombées dans plus d’une région, et que même les églises se sont interdites les célébrations coutumières de Noël et du Nouvel An ? Comment s’intéresser à la culture alors que des bandes armées infligent au pays d’importantes pertes économiques en brûlant ses instituts, en faisant exploser ses oléoducs et gazoducs, en paralysant son réseau commercial et social par les barrages de l’horreur sur la route internationale entre Damas et Alep ? Alep, où un habitant qui a vu son usine incendiée, deux fois de suite, est mort de chagrin !

 

C’est ainsi que l’on brise la vie des citoyens. C’est ainsi que chacun, chez soi, ne parle plus que des événements tandis que les sujets d’ordre culturel deviennent inopportuns !

 

C’est pour toutes ces raisons que les habitants demandent la protection de l’armée. Mais la Ligue Arabe persiste à exiger son retrait des villes alors qu’il est évident que les forces de sécurité intérieure ne disposent pas des moyens susceptibles de lutter contre les opérations terroristes. L’État syrien n’avait aucune raison de les armer à outrance puisqu’il est clair que l’ennemi vient d’Israël, et non pas du peuple syrien.

 

Il était impératif que l’armée intervienne. D’ailleurs, une fois qu’elle a dû se retirer, les bandes armées s’en sont données à cœur joie. La maman du petit Sari Saoud tombé sous leurs balles à Homs n’a rien dit d’autre en hurlant sa douleur : « Si l’armée avait été présente, mon fils ne serait pas mort ! ». C’est donc parce que l’armée s’est retirée que ces gangs peuvent passer d’une banlieue de Damas à une autre (de Moadamieh à Doumar, Qudsaya), appuyant furieusement sur leurs gâchettes crachant balles et roquettes pour obliger les habitants à se calfeutrer chez eux avant même la tombée de la nuit.

 

Il faut que le monde sache que ce sont ces criminels que la « communauté internationale » protège et que les médias clientélistes occidentaux et arabes, tels qu’Al-Jazira et Al-Arabia, ont choisi de défendre !

 

Ces bandes armées ne sont pas tombées du ciel ! C’est le néo-libéralisme et l’économie de marché adoptée ces dix dernières années qui les ont marginalisées. Tout un système parrainé par des corrompus qui ont pillé le secteur public, couvert la contrebande d’armes vers la Syrie, exacerbé les ressentiments d’injustice sociale et économique d’une classe pauvre ; elle-même négligée par une classe politique qui n’a pas pris les décisions nécessaires pour redresser la situation en misant sur l’éducation et la culture. Ce faisant, elle a abandonné certains de ces marginaux aux contrebandiers et aux prêcheurs des mosquées wahhabites qui les ont intégrés dans leurs groupes armés.

 

C’est donc sur cette frange de la population embrigadée par de notoires obscurantistes que se fondent les espoirs de ceux qui appellent à une intervention étrangère !

 

Bien avant ces événements sanglants et ce qu’il a été convenu de désigner par « le printemps arabe », les ouvriers, paysans, écrivains…, ont discuté de la situation politique et économique au sein de leurs congrès respectifs et ont réclamé les réformes nécessaires. À cette époque, nous n’avons pas entendu les voix de ceux qui exigent aujourd’hui la chute du régime !?

 

Nous disons donc que c’est nous, Syriens de l’intérieur, qui avons demandé à changer notre réalité et que c’est plutôt l’Occident colonialiste, dont le but est de vaincre notre résistance, qui ne veut pas de nos réformes ! De ce fait, nous nous devons de défendre notre patrie avant tout le reste ; le peuple syrien refusant nettement et clairement la tutelle étrangère qu’elle soit arabe ou occidentale.

 

Sarkozy et Clinton peuvent répéter à l’envi : « Al-Assad doit démissionner ! », le peuple syrien leur répond : « C’est à nous de choisir notre président, pas à vous ! ».

 

Telle est la transition qualitative majeure vécue par le peuple syrien qui, après avoir livré son sort aux partis politiques avant les événements, envahit toutes les places publiques, retrouve sa voix et sa langue, exprime sa volonté et, en bref, s’adresse à l’Occident colonialiste en lui disant : « Dégage ! ».

 

Ce peuple syrien qui manifeste ne le fait ni sur ordre de ses autorités, ni sur ordre d’un quelconque parti politique. Il s’implique dans cette vie politique en des moments décisifs pour son pays, et contre la partition il brandit sa cohésion. Une cohésion soutenue passionnément par les femmes. En effet, qu’elles aient une activité professionnelle ou non, elles sont désormais nombreuses à s’avancer devant les caméras de télévision pour exprimer leurs opinions sur la situation.

 

Contre vents et marées, les Syriens condamnent le communautarisme sectaire à la base du projet qui vise à vider le pays de ses chrétiens. Les chrétiens parfaitement conscients du danger sont montés en première ligne pour prendre la défense de notre pays. Nous n’avons jamais su distinguer un chrétien d’un musulman, et il nous est difficile de classer nos amis sur des bases religieuses ou ethniques, car la Syrie est une terre d’Histoire et l’héritière de civilisations anciennes dont elle a thésaurisé les croyances et les confessions.

 

Ceci explique la réponse civilisée de son peuple au démantèlement ourdi par le projet de partition colonialiste. Les religieux musulmans et chrétiens se réunissent dans les églises et les salons pour prier ensemble. Le dignitaire musulman commence par la lecture d’un texte de l’Évangile que le prêtre chrétien termine par la lecture d’un verset du Coran. Leur dernière union dans la prière s’est déroulée le 9 janvier 2012 dans les salons de l’hôtel Dedeman en présence de journalistes occidentaux ; alors qu’au même moment était célébrée une messe en hommage aux âmes des martyrs, en l’Eglise de la Croix de Damas et en présence du Mufti de la République et des Évêques des églises.

 

Ceux qui projettent de vider la région de ses chrétiens n’ont pas pu ne pas recevoir ce message éloquent !

 

Que faire ?

 

La Syrie qui célèbre les fêtes musulmanes et chrétiennes, la Syrie qui a envoyé son armée pour protéger les chrétiens du Liban lors de la guerre civile puis a sacrifié dix mille de ses soldats pour le protéger de l’invasion israélienne, la Syrie qui a accueilli un demi-million d’Irakiens suite à l’invasion de l’Irak est aujourd’hui confrontée à une coalition armée et fait face à une Europe en perte de valeurs où des personnalités de la stature de Charles de Gaulle n’existent plus.

 

Elle endure une guerre à la fois médiatique, diplomatique et économique, prise entre la contrebande d’armes sophistiquées et des criminels infiltrés à partir de la Turquie et du Liban. Mais l’Histoire a enseigné à son peuple la patience devant l’adversité ; il reste convaincu qu’il remportera la victoire face à la coalition et au projet occidental et sioniste.

 

D’où notre conviction que, dans ce contexte particulier, prendre à cœur la défense du peuple syrien revient aussi à défendre la dignité, ce qu’il y a de noble en l’humanité. Et l’intelligence de chacun d’entre nous impunément bafouée par les médias internationaux.

 

Il est du devoir des hommes libres et des sages de ce monde de soutenir ce peuple en dénonçant les crimes couverts par les politiques et les médias de l’Occident colonialiste.

 

Nadia Khost

10 Janvier 2012

 

Commentaires de la traductrice

« Prendre à cœur la défense du peuple syrien revient aussi à défendre la dignité, ce qu’il y a de noble en l’humanité, et l’intelligence de chacun d’entre nous impunément bafouée par les médias internationaux » nous dit Nadia Khost.

 

En quoi les médias bafouent-ils « l’intelligence de chacun d’entre nous » ? Pouvons-nous répondre à cette question en quelques lignes, alors qu’au sein des médias officiels une Armada de journalistes affirme depuis des mois que notre « humanité » exige une intervention militaire pour justement aller « défendre la dignité du peuple syrien » ? Cette question est essentielle puisqu’il est désormais très clair que si l’OTAN et ses alliés avaient pu intervenir rapidement en Syrie à « la mode libyenne », ils y seraient déjà, avec ou sans l’accord de l’ONU comme ils n’ont pas hésité à le faire lors de l’invasion de l’Irak en 2003. Ceci dit, il ne semble pas qu’ils aient abandonné leur projet, mais plutôt que la partie est remise jusqu’au jour où le peuple syrien et les infrastructures du pays seront suffisamment éreintés, pour leur assurer « la mise en scène » compatible avec leurs prétendus idéaux de démocratie, de progrès, et d’auto-détermination des peuples.

 

D’ici-là, le « rôle militaire » est dévolu aux médias car si les citoyens savaient… ils refuseraient d’être les complices de tous ceux pour qui le « veau d’or » est désormais le seul dieu digne de foi, et la base de la « Nouvelle Alliance » entre les néoconservateurs occidentaux et les intégristes et takfiristes orientaux, formés, dirigés, et soutenus par la fine fleur de nos envoyés spéciaux [2] et… de nos vaillants philosophes. Est- ce là un excès de langage ? Ou bien, est-ce la conclusion logique des déclarations et agissements des amis de Bernard-Henri Lévy (BHL), plutôt manipulés que manipulateurs ? BHL en a trop fait ou trop dit… Il s’est trahi ? [3] Qu’à cela ne tienne, écoutons un argument choc tel celui de Caroline Fourest qui nous explique, sur France 2, qu’ « il faut défendre les intégristes et même les jihadistes parce que nos principes d’universalisme nous font refuser la dictature » ! [4] C’est le monde à l’envers !

 

Mais le mainstream médiatique et ses spécialistes de la propagande et de l’intox, même religieuse, sont là pour tenter de laver le cerveau du citoyen et le convaincre, par matraquage, que les terroristes d’hier sont en réalité la promesse d’un avenir radieux après le printemps… arabe. C’est ainsi que des bandes armées, téléguidées de l’extérieur pour semer le chaos en Syrie, deviennent des révolutionnaires luttant pour la démocratie au sein d’une prétendue « Armée Syrienne Libre » (ASL) ! Dixit : Sofia Amara désormais très « grande reporter » grâce à ce mensonge, Manon Loizeau, Martine Laroche Joubert… inutile d’en rajouter !

 

Pourtant, après tant d’autres témoignages, Nadia Khost n’invente rien, surtout pas lorsqu’elle rappelle : « La désintégration de la Syrie et de l’Irak en provinces ethniquement ou religieusement homogènes, comme au Liban, est l’objectif d’Israël, à long terme, sur son front Est ; à court terme, l’objectif est la dissolution militaire de ces États ». Les références abondent pour celui qui se donne la peine de se renseigner sur un pays dans la tourmente avant de se vanter d’y être entré clandestinement [5], mais c’est sans doute politiquement incorrect de s’y référer, voire même de les lire !

 

Prenez la peine d’écouter les déclarations publiques de Joe Biden avant celles de Barack Obama : « Le lien indissociable entre la culture, la religion et l’ethnicité que les gens ne comprennent pas vraiment… qui est unique… qui est si fort avec les juifs du monde entier… si j’étais un juif je serais un sioniste… je suis un sioniste » [6]. Ajoutez celle d’Ariel Sharon : « A chaque fois que nous faisons quelque chose, vous me dites l’Amérique fera ceci ou cela. Je vous dis clairement… Ne vous inquiétez pas des pressions américaines sur Israël. Nous, le peuple juif, contrôlons l’Amérique, les Américains le savent » [7].

 

Vous comprendrez alors trois choses essentielles à propos des Syriens :

 

Leur résistance devant le projet américano-sioniste pour un Nouveau Moyen-Orient dépecé sur des bases ethniques et religieuses est une question d’existence et, par conséquent, les médias ne défendent pas leur dignité mais la dislocation de leur société.

 

Ils sont antisionistes dans un sens anti expansionniste puisque cela ne peut se faire qu’aux dépens de leur vie, de leur patrie, et de leur région.

 

Les circonstances font que leur Président, qu’ils soutiennent majoritairement, ne peut pas démissionner, car il ne peut se dérober devant sa responsabilité historique.

 

Mouna Alno-Nakhal, Biologiste

15 janvier 2012.

Article proposé et traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal pour Silviacattori.net http://www.silviacattori.net/article2705.html

 

[1] L’attentat à la voiture bourrée d’explosifs conduite par un kamikaze, faisant 26 morts et une quarantaine de blessés, le 23 décembre 2011, à Damas. Le 1er attentat de ce genre en Syrie

[2] « La DGSE va-t-elle former les déserteurs syriens ? », par Céline Lussato, Le nouvel Observateur, 23 novembre 2011.

[3] « “C’est en tant que juif” que BHL engage la France dans “ses guerres” », par Silvia Cattori, 14 décembre 2011.

[4] Emission du journal télévisé de France 2, « 13 h 15 », le 6 novembre 2011 où Caroline Fourest explique qu’il faut défendre les jihadistes libyens

[5] « A Strategy for Israel in the Nineteen Eighties » by Oded Yinon (with a foreword by, and translated by Israel Shahak), 13 juin 1982.

Odeh Yinon journaliste et ancien fonctionnaire du ministère israélien des Affaires Etrangères. Cet article, envoyé à la Revue d’Etude Palestiniennes par Israël Shahak, est paru dans Kivunim (Orientations), n° 14, février 1982 (Revue publiée par le Département de l’Organisation Sioniste mondiale, Jérusalem). http://tunisitri.wordpress.com/2011/11/19/un-article-dune-funeste-actualitestrategie-pour-israel-dans-les-annees-1980/

« L’agression contre la Syrie »", 2 décembre 2011.
« L’actualité vérifie des prévisions faites dans l’AFS en 2005 », 18 octobre 2011.

[6]Barack Obama et Joe Biden admettent être sionistes
[7] « Sharon to Peres : "Don’t worry about American pressure ; we control America" », 3 octobre 2001

Repost 0
Published by Vendémiaire - dans Moyen Orient-Asie Mineure
commenter cet article
9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:15

Témoignage recueilli par Silvia Cattori

mardi 7 février 2012, par Comité Valmy

 

Le Syrien qui témoigne ici vit à Homs, dans le quartier où a été tué Gilles Jacquier en même temps que huit sympathisants syriens du gouvernement Assad. Les obus tombaient tout autour de son immeuble au moment où nous parlions. Tétanisé par la peur et l’angoisse de la mort qui rôdait, il parlait à voix basse, difficilement.

 

Nous croyons ce que ce cadre, père de deux enfants, nous a dit avec sobriété. Nous croyons en sa sincérité. Ce qu’il affirme contredit ce qu’affirment les autorités politiques -impliquées dans le conflit- et nos médias, qui persistent à nier la réalité ; à attribuer les destructions et les assassinats aux forces armées syriennes et à affirmer à tort qu’elles torturent des enfants, violent des jeunes filles, tuent intentionnellement des civils.

En opposant leur véto à la résolution proposée par l’Occident et ses alliés arabes des pays du Golfe, la Chine et la Russie viennent de montrer qu’elles ne sont pas dupes de cette colossale désinformation. Mais, depuis que le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni, ces bandes armées ont redoublé de sauvagerie se sentant de toute évidence fortes du soutien que leur apporte la prétendue « communauté internationale ».

 

Silvia Cattori : Dans un article du 4 février, le journaliste de l’AFP, Khaled Soubeih [1], affirme que, selon des militants, « dans la nuit, les forces du régime ont bombardé au mortier et au char plusieurs quartiers rebelles comme Baba Amro, Bab Dreib, Bab Sebaa, Bayada, Wadi Araba, et surtout Khaldiyé. » Le Conseil national syrien (CNS) fait, lui, état d’au moins 260 morts et de centaines de blessés. Est-ce bien votre point de vue sur ce qui s’est passé dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 février 2012 ?

Réponse : Ils tirent de tous côtés…ils veulent juste tuer…Leurs tirs ont tué 20 militaires qui se trouvaient dans notre quartier (Hadara)… Ce sont eux qui tirent et nous bombardent. Vous entendez ? Ils lancent des bombes sur notre quartier en ce moment [11h40 du dimanche 5 février] Ils tirent et tuent pour tuer aussi bien des alaouites que des sunnites dont ils contrôlent les quartiers.

Silvia Cattori : Quand vous dites « ils », « eux » qui désignez-vous ?

Réponse : Je parle des opposants armés contre Bachar.

Silvia Cattori : On a vu des images montrant des opposants devant des dizaines de corps recouverts de linceuls blancs que l’on a dit avoir été tués dans le quartier de Khaldiyé. Alors, selon vous, ce sont les corps de civils et de militaires exécutés par des groupes armés ?

Réponse : Oui. Ce sont eux qui les ont tués. Parmi ces corps, des gens de notre quartier ont reconnu des personnes qui avaient été kidnappées [2], certaines depuis longtemps. Ils ont enlevé beaucoup de gens. Les enlèvements ont commencé en avril.

Silvia Cattori : A-t-on reconnu parmi ces corps une personne enlevée que vous connaissiez ? Le ministre des Affaires étrangères françaises, Alain Juppé, a parlé de 100 enfants tués à Homs l’autre jour…

Réponse : Des parents de mon quartier ont reconnu, parmi ces cadavres, une vingtaine d’hommes qui avaient été kidnappés. Ils portaient des traces de torture. Ils n’ont pu voir tous les corps. Ils n’ont vu ni femmes ni enfants, parmi les cadavres. Ils ont vu les corps d’hommes, de disparus, de parents, présentant pour certains des traces de torture apparemment antérieures à la mort ; ils ont assuré que ces hommes avaient été enlevés auparavant, qu’ils paraissaient avoir été exécutés et non pas tués par des obus.

Silvia Cattori : Savez-vous combien de personnes ont été enlevées par ces groupes armés depuis avril ?

Réponse : On ne sait pas exactement…mais beaucoup d’hommes ont disparu. L’un d’eux est mon cousin. Ils l’ont kidnappé il y a 15 jours. On n’a plus eu aucune nouvelle. Il y a des familles ici qui ont eu des fils, des pères ou des oncles kidnappés. On estime à quelques 400 le nombre de personnes enlevées, disparues.

Je connais un autre cas récent. Celui du frère d’une amie. Il est parti en voiture le 24 janvier et on ne l’a plus revu. Sa famille a eu des nouvelles de lui par téléphone il y a 4 jours disant que ses ravisseurs demandent une rançon. La famille est en train de trouver une somme importante … Il arrive que, une fois trouvé, l’argent se perde en route, car le médiateur se fait tuer…

Silvia Cattori : Mais, ici, on dit que l’armée viole, torture les enfants...On dira en vous lisant que c’est peut-être l’armée qui kidnappe les gens ?

Réponse : Tout cela ne reflète pas ce que nous voyons depuis notre côté. Ce sont les opposants armés qui assiègent, qui kidnappent, qui tuent et torturent les enfants dont l’on voit ensuite la photo sur Aljazeera. Ils attribuent leurs crimes à l’armée syrienne. Les destructions, les morts, les blessés que nous avons, ce sont les opposants armés qui en sont responsables.

Silvia Cattori : Toujours est-il que ce chiffre de 260 civils [3] « dont une centaine d’enfants et de femmes », qui auraient péri sous les obus de l’armée d’Assad dans le faubourg de khalidiya, à Homs, la nuit du vendredi 3 février, ont mis le monde en émoi ; ce qui n’arrange pas les choses. Or, parmi les corps exposés à Khaldiyé on ne voit ni femmes ni enfants. On voit des jeunes hommes dont les corps portent des traces de tortures. Ils ne paraissent pas avoir été tués sous les décombres, suite à des bombardements. Tout cela confirme ce que vous nous avez dit. Que les tueries sont davantage le fait de groupes armés. Il est important de mettre cela au clair ; car si ce que vous dites - que les corps exposés sont ceux de gens qu’ils ont préalablement enlevés et exécutés - cela incrimine ceux qui, comme Obama et Sarkozy, couvrent les atrocités de ces opposants car ils veulent obtenir le renversement d’Assad coûte que coûte. Y a-t-il des photos des immeubles qu’ils auraient bombardés ?

Réponse : Oui. Ils ont bombardé Hadara, notre quartier (là où ils ont tué Gilles Jacquier - Nda) vendredi nuit. Les tirs partaient depuis Baba Amro, Bab Dreib, Bab Sebaa, Bayada, Khaldiyé …dans tous les sens. Ce n’étaient pas des tirs qui partaient de l’endroit où se trouvaient des forces armées gouvernementales qui sont ici dans notre quartier pour nous protéger. C’est un petit quartier le nôtre.

Silvia Cattori : Alors, ce qu’ont rapporté des Syriens par téléphone au journaliste de l’AFP n’est pas vrai ?

Réponse : Non, ce n’est pas vrai. Ils sont lourdement armés. Ils ont pris le contrôle de Baba Amro, Bab Dreib, Bab Sebaa, Bayada, Khaldiyé... Ils détruisent, tuent, blessent les gens. Ils bombardent en ce moment…Ce sont eux (les groupes islamistes armés) qui font exploser des bâtiments, qui menacent les gens pas seulement dans notre quartier, partout. Il y a des tirs en ce moment dans plusieurs endroits. Les habitants appellent l’armée à l’aide.

Silvia Cattori : Avez-vous peur en ce moment ?

Réponse : Oui, on est effrayés. C’est très dangereux pour nous.

Silvia Cattori :On peine à comprendre comment ces groupes peuvent « contrôler » la population de quartiers entiers de la ville de Homs ?

Réponse : Ils sont entrés dans les quartiers ; ils s’y sont installés par la terreur ; ils maintiennent les habitants sous la menace ; ils les obligent à collaborer pour les protéger ; ils les obligent à fermer leurs échoppes, les écoles.

Silvia Cattori : Qu’est-ce qui est le plus difficile pour vous qui êtes exposés à leurs tirs ?

Réponse : On ne peut pas sortir, on ne peut pas voir d’autres gens, on vit dans la crainte permanente qu’une bombe nous touche, nous tue. Nous ne vivons pas en sécurité…Je ne peux pas aller à mon travail ; il y a sans cesse des bombardements dehors ; ils nous tuent dès que l’on sort ; la maison de mon voisin a été détruite…

Silvia Cattori : Depuis quand la situation est-elle devenue à ce point intenable ?

Réponse : Depuis deux jours cela est allé de pire en pire. Mais les choses se sont aggravées depuis sept jours.

Silvia Cattori : Avez-vous l’impression que l’administration d’el-Assad ne fait pas ce qu’il faut pour vous protéger ?

Réponse : Ils font de leur mieux dans un contexte très difficile.

Silvia Cattori : Les journalistes des médias traditionnels parlent de manifestants pacifiques, d’une révolution qui promet la démocratie…

Réponse : Non, il n’y a pas de manifestations pacifiques de leur côté. Toutes leurs manifestations sont violentes, sont des incitations à la violence.

Silvia Cattori : Ce que vous dites atteste que ce que les politiques et les médias qualifient chez nous de « militants pro-démocratie » sont en réalité des groupes armés qui terrorisent la population. C’est tout de même une douloureuse équation. Que ressentez-vous quand vous entendez MM. Alain Juppé et Gérard Araud, l’ambassadeur de France à l’ONU, donner raison à ces opposants armés qui vous tuent, vous kidnappent et tuent les soldats qui, avec la meilleure volonté, n’arrivent pas à vous protéger ?

Réponse : Ce que je ressens ? De la tristesse. Je suis très triste pour mon pays, mon peuple…je ne cesse de me demander pourquoi ils mentent…Nous sommes ici face à l’inconnu…Je remercie la Russie et la Chine pour avoir opposé leur veto au Conseil de sécurité. Car si eux aussi laissent faire ce que veulent d’autres pays, ce qui est arrivé en Libye arrivera ici en pire…

J’aimerais dire aux journalistes et aux responsables politiques que par leurs mensonges, par leur biais en faveur des opposants armés qui nous terrorisent, ils détruisent l’esprit, et surtout l’âme de notre jeunesse.

Silvia Cattori : Nous vous remercions d’avoir accepté de nous répondre. Nous allons faire de notre mieux pour faire connaître votre témoignage.

 

***** Atterrée par ce que nous venions d’entendre, nous avons posé le téléphone tout en sachant que nos politiciens et nos médias ne voudront pas l’entendre [4]. (5 février 2012 )

 

Post scriptum

Ce matin, 6 février, alors que nous nous apprêtions à publier ce témoignage, en entendant dire sur France Culture que l’armée syrienne pilonnait sans discontinuer depuis samedi les opposants, et l’invité du matin, Salam Kawabiki, opposant syrien résidant à Paris, se plaindre que « malheureusement les médias du régime (sont) relayés par des sites d’extrême droite français... » [5], nous avons dressé l’oreille. Salam Kawabiki parlait de plus de 400 morts du côté des opposants dans la nuit de vendredi. Opposants qu’il présente comme étant totalement pacifiques, manifestant en chantant, comme les membres d’une révolution qui a « développé un humour syrien ».

Nous ne l’avons pas cru. Tout ce qu’il disait transpirait la propagande, ne cadrait aucunement avec ce que, depuis des mois, nos contacts, qui sont eux terrorisés par les opposants armés à Homs, disent et répètent. Nous les avons appelés pour leur demander qui les pilonnait aujourd’hui. Il nous ont dit : « Aujourd’hui les groupes armés ont attaqué le centre de communication ; ils ont fait exploser des immeubles dans le quartier d’al-Nazihin et le quartier al-Inchaat ; ils ont menacé de faire sauter d’autres immeubles dans d’autres quartiers ; sur les toitures des pneus brûlent [6] ; les habitants appellent l’aide de l’armée ».

 

Silvia Cattori

Pour des raisons de protection nous n’indiquons pas le nom de nos correspondants.

Cet entretien n’aurait pas pu être réalisé sans le précieux soutien de Rim, une jeune Syrienne.

Source :
http://www.silviacattori.net/article2787.html

 

[1] « Syrie : choc et horreur dans la ville dévastée de Homs », par Khaled Soubeih, (AFP) 4 février 2012.
[2] Mgr Jean-Clément Jeanbart dit lui aussi que « des gens sont tués en plein jour, kidnappés par des gangsters, qui demandent des rançons élevées » Voir : http://www.silviacattori.net/article2780.html
[3] Le correspondant de la BBC en Arabe qui se trouvait à Homs du côté des rebelles estime lui à 50 le nombre des tués (et non pas 260), tout en précisant que, dans le chaos actuel, il est difficile de compter.
[4] Voir : « Les Syriens sont une majorité à soutenir le président Assad, mais ce n’est pas des médias occidentaux que vous pourriez l’apprendre », par Jonathan Steele, The Guardian, 17 janvier 2012.
[5] Il y a de nombreux sites d’information en France, de sensibilités politiques diverses, qui traduisent et publient des auteurs sérieux et sans biais (par exemple MAHDI DARIUS NAZEMROAYA, BILL VAN AUKEN, PEPE ESCOBAR, JEREMY SALT, JONATHAN STEELE, etc), infiniment plus crédibles, au sujet de ce qui se passe au Moyen et au Proche Orient, que les journalistes Christophe Ayad ou Georges Malbrunot, publiés par Le Figaro ou Le Monde
[6] Il y a deux jours, sur Facebook, de prétendus « révolutionnaires démocrates épris de liberté » ont appelé à mettre le feu a des pneus sur les toitures des bâtiments à Homs.

Repost 0
Published by Vendémiaire - dans Moyen Orient-Asie Mineure
commenter cet article
9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:15

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Selon un sondage récemment effectué en Roumaine, la majorité de la population affirme que la vie était meilleure avec le Parti communiste au pouvoir qu’actuellement sous le capitalisme. Le gros des personnes interviewées a une vision positive du communisme, et plus de 60% d’entre elles le considèrent comme une « bonne idée » en principe. Les enquêteurs ont observé une progression significative des affinités avec l’idéologie communiste en comparaison avec une enquête similaire réalisée quatre ans auparavant.

Réalisée entre août et septembre de cette année par l’Institut roumaine de sondages d’opinion CSOP, l’enquête démontre que plus de 49% des Roumains sont d’accord avec l’idée que la vie était meilleure sous le gouvernement du leader communiste déchu Nicolae Ceaucescu, tandis que seulement 23% d’entre eux pensent que la vie aujourd’hui est meilleure. Le reste donne une réponse neutre ou ne se prononçait pas.

Les raisons données pour cette évaluation positive de la période communiste sont principalement économiques: 62% ont mentionné le fait qu’il y avait du travail pour tous, 26% les conditions de vie dignes et 19% les logements garantis pour tous.

L’enquête est parrainée par l’organisation IICMER (Institut pour l’enquête sur les crimes du communisme et la mémoire des exilés roumains), financée publiquement dans le but de contribuer au travail d’ « éducation » de la population sur les méfaits du communisme. Parmi les déceptions les plus amères que les résultats de l’enquête ont causé à cette organisation, on trouve les réponses à la question sur le fait de savoir si les personnes interrogées ou leurs familles ont souffert sous le système communiste.

Seuls 7% des personnes interrogées disent avoir soufferts sous le communisme, avec 6 autres % qui, tout en ayant pas souffert personnellement, affirment qu’un autre membre de leur famille avait vécu cela. Les raisons données ici sont également d’ordre économique: la plupart fait référence à la pénurie qui a eu lieu dans la décennie des années 1980, quand la Roumanie a mis en route un programme d’austérité avec pour objectif de rembourser la dette extérieure du pays.

Une petite partie de cette minorité qui dit avoir souffert durant la période communiste déclare avoir été lésées à cause de la nationalisation de leurs propriétés, et une poignée (6% de ceux qui se rappellent de mauvaises expériences sous le communisme) disent que pendant que les communistes étaient au pouvoir, eux personnellement, ou un membre de leur famille, ont été arrêtés à un moment donné.

Déformant arbitrairement les résultats de l’enquête, le IICMER signale le fait que de nombreuses personnes interrogées (41 et 42% respectivement) étaient d’accord avec l’affirmation que le régime communiste était soit criminel soit illégitime. Des minorités importantes (37 et 31%) étaient en désaccord de façon explicite avec ces affirmations, et le reste se déclarait neutres ou ne prononçaient pas.

De plus, bien que la majorité des participants jugent positivement le communisme – seuls 27% déclarent être en désaccord de principes avec lui – la majorité de ceux qui déclarent avoir une opinion précise, pensaient également que les idées communistes n’ont pas été mises en œuvre de la meilleure des manières avant 1989. 14% apportent la réponse sans équivoque selon laquelle le communisme était une bonne idée et qu’il a été mis en pratique de la meilleure manière en Roumanie.

Ainsi, une bonne partie des roumains est indécise pour dire si le communisme était oui ou non une forme légale et légitime de gouvernement, et une grande majorité de ceux qui disent que le communisme a été mis en pratique d’une façon incorrecte étaient, cependant, sans équivoque quand ils affirment que le système mis en œuvre par le Parti communiste roumain, avec tous ses défauts, offrait une vie meilleure aux gens que ce que ne leur offre le capitalisme de nos jours.

 

Les réalisations communistes

 

Avant que les communistes ne prennent le pouvoir en Roumanie, la majeure partie de la population était analphabète et n’avait pas accès aux soins sanitaires. Uniquement une minorité de la population rurale, qui était alors dominante, avait accès à la santé ou disposait de l’électricité. Les taux de mortalité infantile étaient parmi les pires d’Europe et l’espérance de vie ne dépassait pas les 40 ans à cause de la famine et d’autres maladies mortelles. Le régime d’extrême-droite roumain s’est allié avec Hitler pendant la seconde guerre mondiale, et dans le cadre de cette alliance capitaliste, la majorité de la population juive a été envoyée dans les camps d’extermination nazis.

Propulsés au pouvoir après la victoire soviétique contre l’Allemagne nazie en 1945, les communistes roumains, jusqu’alors groupe illégal de lutte clandestine contre le gouvernement roumain pro-fasciste et contre les nazis, n’étaient que quelques milliers. En dépit de cela, ils sont parvenus à mobiliser l’enthousiasme populaire pour reconstruire leur pays dévasté par la guerre. Ils en ont fini pratiquement avec l’analphabétisme, les services de santé se sont améliorés et développés massivement, et – comme les personnes interrogées par le CSP le soulignent – l’emploi, le logement et des niveaux de vie décents ont été accessibles à tous.

Porté par ces succès, le gouvernement communiste dirigé par Nicolae Ceausescu s’est endetté pendant les années 1970 avec l’achat d’équipements industriels coûteux à l’Occident, afin d’augmenter le taux de croissance économique du pays, avec l’espoir que les pays occidentaux augmenteraient leurs importations de produits roumains. Cette stratégie a été un échec, et le programme d’austérité mis en œuvre par la suite pour pouvoir payer la dette nationale a engendré un ressentiment croissant.

Nicolae Ceausescu et son épouse Elena ont été exécutés par un peloton le jour de Noël de 1989. Sa condamnation à mort a été édictée après un procès sommaire commandité par les nouveaux dirigeants réformistes du pays: ils ont été déclarés coupables de crimes contre le peuple roumain.

Mais, malgré cette condamnation, et bien que l’opinion générale qui se reflète dans les résultats de l’enquête CSOP est que le système communiste, tel qu’il a été appliqué en Roumanie, a échoué, seule une petite minorité des personnes consultées (15%) déclare que l’ancien dirigeant communiste Nicolae Ceausescu était un mauvais dirigeant. La majorité se montre neutre ou indécise à cet égard, et 25% affirme que l’action de dirigeant de Ceausescu a été bénéfique pour le pays.

Dans son estimation des résultats de l’enquête, le IICMER observe que les roumains sont très loin d’être les seuls à juger positivement le communisme du siècle dernier. Selon une enquête réalisée dans plusieurs pays d’Europe orientale et centrale en 2009 par le Centre d’enquêtes états-unien PEW, la proportion de la population des anciens pays socialistes qui considère que la vie sous le capitalisme est pire que ce qu’elle fut sous la période communiste, est la suivante:

Pologne: 35%

République Tchèque: 39%

Slovaquie: 42%

Lituanie: 42%

Russie: 45%

Bulgarie: 62%

Ukraine: 62%

Hongrie: 72%

 

Particulièrement significatif dans les résultats de l’enquête CSOP/IICMER de 2010 en Roumanie le fait que, à mesure qu’ils acquièrent une meilleure expérience de ce qu’est la vie sous l’ « économie de marché », les gens adoptent une attitude de plus en plus négative par rapport au capitalisme et de plus en plus positive vis-à-vis du communisme. Dans la dernière enquête, réalisée en 2006, 53% exprimaient une opinion favorable envers le communisme; en 2010, le pourcentage d’opinions favorables est monté à 61%.

Les conclusions de l’enquête du CSOP ne sont pas surprenantes, si on se rappelle ce qui s’est passé quand le capitalisme a été réintroduit: une pauvreté croissante, augmentation du taux de chômage et de l’insécurité. Le système de santé roumain est actuellement en crise, et les travailleurs du service public ont vu leurs payes amputées de 25%. (1)

 

James Cross, collaborateur à la revue électronique redantliberationarmy.worpress (traduit depuis l’espagnol et le site laRepublica.es)

 

Note technique:

(1): Information technique sur cette enquête d’opinion: 1 133 personnes de plus de 15 ans ont été interrogées entre le 27 août et le 2 septembre 2010. Les personnes interrogées l’ont été sur la base d’un questionnaire standardisé, dans le cadre d’un face à face à leur domicile. La marge d’erreur est de 2,9%.

 

Publié par http://socio13.wordpress.com/2010/11/29/les-roumains-estiment-quils-vivaient-mieux-sous-le-systeme-socialiste-selon-une-enquete-menee-par-un-institut-anti-communiste/

Repost 0
Published by Vendémiaire - dans Europe
commenter cet article
9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:13

par Peter Schwartz

source : World Socialist Website, 7 février 2012

traduit de l’anglais et présenté par Marc Harpon pour Changement de Société.

Changement de Société ne souscrit pas à l’intégralité du contenu de l’article ci-dessous. L’auteur, trotskiste, considère le socialisme roumain comme « stalinien » et ne mentionne pas le prestige qu’a gardé ce « régime » déchu en 1989, auprès des larges secteurs de la population, et dont témoignent par exemple cet article ou encore celui-ci.


Le gouvernement roumain a démissionné lundi, au milieu de manifestations de masse contre les mesures d’austérités de ces trois dernières semaines. 

Le Premier Ministre Emil Boc a expliqué sa démission lors d’un conseil des ministres télévisé en disant qu’il voulait apaiser les tensions sociales sans compromettre ses mesures d’austérité très impopulaires. « J’ai pris cette décision pour relâcher la tension dans la situation politique et sociale du pays, mais aussi pour ne pas perdre ce que les roumains ont gagné »

Le Président Traian Basescu a immédiatement nommé l’ancien ministre de la Justice Catalin Predoiu au poste de premier ministre. A 43 ans, Predoiu est un politicien sans parti qui avait pris ses fonctions en 2008 en tant que membre du Parti Libéral National Libéral (PNL). Après l’élection d’Emil Broc du Parti Libéral-Démocrate en décembre 2008, un nouveau gouvernement s’est formé, et le PNL a été rejeté dans l’opposition. Predoiu est resté ministre de la justice et a démissionné de son parti. Il a joué un rôle clé dans les relations avec l’Union Européenne, dont la Roumanie fait partie depuis 2007.

On ne sait pas si Predoiu dirigera le gouvernement jusqu’aux élections générales prévues en Novembre ou si des élections anticipées auront lieu. Il y a des discussions sur la formation d’un régime « technocratique » similaire à ceux établis en Grèce et en Italie.

Durant les trois ans et demis de son mandant, le gouvernement Boc a mis en œuvre les plus sévères politiques d’austérité dans toute l’Europe. Bien que le salaire moyen en Roumanie soit de seulement 350 euros par mois, le gouvernement a baissé les traitements des fonctionnaires de 25% et augmenté la taxe sur la valeur ajoutée de 19 à 24%. Plus de 200 000 employés du service public ont perdu leur emploi depuis 2009.

En 2009, Boc a travailllé de près avec l’Union Européenne et le Fond Monétaire International et a imposé les coupes qui lui étaient demandées. Ces dernières étaient la condition imposée pour le prêt de 20 milliards de dollars demandé par le pays dans le but d’affronter la crise financière internationale.

Le FMI croit que le programme d’austérité de Boc se poursuivra après sa démission. Le représentant du FMI à Bucarest, Jeffrey Franks, a dit à Reuters qu’il ne s’attendait pas à ce que l’accord avec le FMI soit affecté par le changement de gouvernement.

« Je ne vois aucune raison que cela ait un effet matériel inévitable sur l’accord sur le sauvetage [de la Roumanie,ndt] » a déclaré Franks. « Tout porte à croire que l’accord sera maintenu »

Le fait que tous les partis d’opposition et les syndicats du pays soutiennent en principe les accords avec le FMI est un fondement capital de la conviction de Franks. C’est aussi la raison pour laquelle l’indignation populaire contre les mesures d’austérité est longtemps restée sans voix institutionnelle. Les syndicats ont trahi dans tous les conflits sociaux de ces dernières années, organisant des manifestations sporadiques et mollassonnes visant à les préserver de la tourmente.

La situation a changé en janvier, après la démission du Vice-Ministre de la Santé Raed Arafat. A la télévision nationale, le président Basescu avait qualifié Arafat de « menteur » et « d’ennemi des soins privés » parce qu’il s’opposait à la privatisation et à la destruction générale du système de santé.

Les manifestations en solidarité avec Arafat se sont rapidement changées en manifestations contre l’ensemble du programme d’austérité. Ces manifestations se sont déroulées essentiellement en dehors du contrôle des partis d’opposition et des syndicats, et se sont répandues dans le pays. La tentative du gouvernement d’intimider les manifestants avec des opérations policières brutales, des canons à eau, des gaz lacrymogènes, des arrestations et des amendes, est restée sans effet. La réintégration d’Arafat et le renvoi du Ministre des Affaires Etrangères, Teodor Baconschim, qui avait dénoncé les manifestants, comme une « populace grossière et violente », n’ont pas atténué les tensions.

La démission de Boc attire une fois de plus l’attention sur les partis de l’opposition, en particulier sur le président du PNL. Crin Antonescu. Antonescu a appelé à des élections anticipées et a accusé le gouvernement d’être le plus « corrompu, incompétent et menteur » depuis la chute du régime stalinien en 1989.

Ont suivi des déclarations similaires de Victor Ponta, dirigeant du Parti Social Démocrate (PSD), qui a rejoint le PNL et le Parti Conservateur (PC) pour former une alliance dans l’opposition- l’Union Sociale Libérale (USL). Ponta a déclaré que l’USL mettrait en place « des solutions responsables et, après des élections anticipées, un gouvernement différent des précédents ».

La Social-démocratie et les Libéraux Nationaux sont des partis officiels, qui ont déjà longuement été aux affaires. Leurs politiques sont quasiment les mêmes que celles des libéraux démocrates, avec lesquels ils ont été un certain temps en coalition.

Les partis roumains sont, dans une large mesure, interchangeables. Souvent, ils se scindent, puis se reforment et se rejoignent sous des noms différents. Ils incarnent une élite étroite, qui, ces vingt dernières années, s’est partagé le butin de la privatisation de l’ancienne propriété d’État. Ils ont bénéficié des fonds de l’UE, en détruisant l’éducation, la santé publique, les pensions et les salaires.

C’est clair pour beaucoup de ceux qui sont descendus dans la rue ces dernières semaines. Les manifestations ont été décrites comme « contre l’intégralité de la classe politique, contre le système », comme l’a a admis Boc aux micros de la Österreichischer Rundfunk [Radiodiffusion Autrichienne, ndt]. « La profondeur de la crise de confiance politique est prouvée par les sondages, qui montrent que les taux de popularité de tous les politiciens ont chuté radicalement. Personne n’a un taux de plus de 25%. Les experts se demandent comment la politique roumaine va se remettre de cette crise. »

Cette défiance générale vis-à-vis des partis en place, toutefois, manque de perspective claire. Les travailleurs roumains ne peuvent défendre leurs intérêts que s’ils s’unissent avec les travailleurs du reste de l’Europe qui font face aux mêmes attaques, sur la base d’un programme socialiste qui place les besoins sociaux au-dessus des profits et des intérêts des banques et des riches.

 

Peter Schwartz

Repost 0
Published by Vendémiaire - dans Europe
commenter cet article