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Quelques conférences

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L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:19

aaa logo Drapeau VAprès l'appel des auteurs de polars à voter Mélenchon : "Alors, me dit-on, te voilà devenu mélenchonien, toi qui n'a pas été tendre sur le personnage, dans ce blog ?"

Je n'ai pas la fatuité de croire que mon opinion puisse avoir quelque importance, si elle n'est que personnelle, mais il me semble qu'en la matière, la préciser revient à préciser l'opinion d'une foule de citoyens, indécis, corsetés par ce mode d'élection qu'ils ne cessent de dénoncer (et c'est ce que j'ai pendant des années fait sur mon site et mon blog), parce qu'il est générateur d'une personnalisation mortelle de la vie politique. Une foule de citoyens où beaucoup font toujours leurs les paroles de la vieille Internationale : "Ni Dieu, ni César, ni tribun".

Or, le tribun est là, et bien là, sollicité, délégué par un parti communiste en déshérence qui ne se sentait pas de porter aussi clair et aussi haut la flamme rouge, un parti communiste qui tenait surtout à faire oublier les scores électoraux tragiquement bas des présidentielles précédentes. "Déshérence" : comme me le fait remarquer mon épouse qui lisait par dessus mon épaule, le mot, stricto sensu, signifie "absence d'héritier"...

Or donc l'héritier est là, tribun qui attire des foules impressionnantes, et, la télé en atteste, des foules où les visages de tous les âges se mêlent et où, enfin, apparaissent en nombre, en grand nombre, les visages de jeunes adultes... Des foules qui n'ont pas peur de lever le poing et de chanter les paroles qu'écrivit Pottier, alors que l'armée versaillaise, les pieds dans le sang, achevait de fusiller et de fusiller encore ceux qui avaient cru pouvoir ouvrir un autre avenir...  

 Et ce tribun est l'homme qui a dit : "Je ne serai ministre que dans un gouvernement dont je serai premier ministre", ce tribun est un politicien, dont l'ego éclate ici de façon insupportable. C'est, en lui donnant ma signature, ce que j'écrivais à l'initiateur de la pétition des polareux, en ajoutant "Culte de la personnalité, merci. On a déjà donné". Pour qui ne comprendrait pas bien, j'ajoute que je suis né en 1936, et que, quand je militais au Parti communiste, il y avait deux hommes "que nous aimions le plus"...

Alors, que faire ?

La tentation est là de se défausser, de ne pas encourager l'aventure qui risque de devenir une aventure individuelle, d'autant que, lorsqu'on gratte un peu, le programme du tribun ne porte pas aussi loin que l'annonce le rouge des tribunes... Où en est-on avec la perspective de l'appropriation collective des moyens de production ? - Attends, me dit-on, tu nous vois y arriver dans notre seul pays ? Folie... - Oui mais alors, où en est-on avec l'indispensable perspective d'une lutte internationale, d'une lutte mondiale ? Comment faire en sorte, si ces mots sont enfin prononcés, qu'ils ne soient pas seulement ceux d'une rhétorique vaine, dont ont usé et abusé les sociaux-démocrates d'antan, avant leurs trahisons successives ? 

Se défausser donc... c'est-à-dire laisser le champ libre à une social-démocratie déjà triomphante par anticipation, une social-démocratie qui ne fait pas mystère de sa vocation : loyale gérante du système (les conseillers de Hollande en attestent, et, sucre sur les poires, l'aval attendu de l'incontournable BHL, avec qui Hollande vient de déjeuner, nous apprend-on...) ? Se défausser, c'est-à-dire ne pas conforter un pôle de pression incitant la social-démocratie à ne pas être "trop" libérale ? Distribuer le blâme et l'éloge, s'enfermer dans un silence boudeur ?

L'autre tentation est là aussi, pressante, venant de tous les amis "raisonnables", qui est celle du "vote utile", vote sans illusions certes, mais nécessaire pour porter loin en tête, dès le premier tour, et donc assurer la présence au second tour du seul candidat "de gauche" susceptible de battre le sortant... - Puisque, me dit-on, tu dois voter pour  lui au second tour, autant le soutenir dès le premier tour... L'empêcher d'être au second tour serait criminel... C'est une vraie et douloureuse question.

De toute façon, me disent d'autres amis, catégories combatifs, mieux vaut à la limite que Sarkozy passe, au moins on pourra lutter frontalement, alors que si c'est cet endormeur de socialiste, on sera une fois de plus anesthésiés... Voire... Faire la politique du pire a rarement été productif. Les démocrates allemands de 1932-1933 en ont su quelque chose...

Bref, il faut choisir. Quand ces collègues polareux m'ont sollicité, j'ai choisi sans autres états d'âmes que ceux exposés ci-dessus. Je demeure convaincu que, de toute façon, et je l'écrivais récemment sur ce blog, il y aura une vie, et un mouvement social comme on dit, après les élections. Affaire à suivre

 

René Merle

http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/article-apres-l-appel-a-voter-melenchon-98915915.html

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:18

Sean FENLEY

 

Suite à "l’aide" des Etats-Unis et de l’OTAN, et des bouchers islamistes libyens à leurs ordres à la Libye, le Sahel africain se voit menacé d’une "descente aux enfers". La Libye est bien sûr confrontée aux conflits intérieurs qui en résultent mais ses voisins du Sahel ont énormément de problèmes aussi. Tout comme Kadhafi le faisait, de nombreux pays du Sahel luttent contre leurs propres éléments Al-Qaeda/Islamistes. Et beaucoup de gouvernements de cette région considèrent que le bouleversement/chaos en Libye a offert à Al-Qaeda au Maghreb islamique une opportunité en or pour se procurer des armes, des fusils ainsi que toutes sortes d’autres munitions meurtrières.

Des pays comme le Niger, le Mali et la Mauritanie, luttent contre l’afflux de combattants et de Djihadistes en provenance du théâtre militaire libyen où il y a toujours des combats spasmodiques. Bien que le Sahel ne soit pas tout à fait comme la Somalie, la sécurité y est menacée notamment par des attaques terroristes au Nigeria qui ont ravagé de nombreux secteurs de ce pays. Et par ailleurs, l’intervention militaire occidentale Etats-Unis/OTAN et la destruction concomitante de la Libye a fait disparaître un généreux donateur de la région et un pays qui offrait à des milliers d’habitants du Sahel du travail à un salaire convenable ; En effet le Sahel bénéficiait sur le plan économique de l’argent que ces travailleurs envoyaient à leurs familles. Tout cela avec en toile de fond la menace perpétuelle de la sécheresse dans une région immense, informe et aride, avec beaucoup de villages situés dans des coins éloignés et inaccessibles.

Les guerres en Libye et en Côte d’Ivoire ont forcé environ 200 000 émigrés à rentrer au Sahel —au lieu d’envoyer une partie de l’argent gagné dans leurs emplois à l’étranger à la maison. Selon David Gressly, le directeur régional d’UNICEF en Afrique Occidentale : "C’est une double catastrophe pour les familles parce qu’elles ont perdu l’aide qu’elles recevaient de leurs parents à l’étranger et elles ont maintenant plus de personnes à entretenir."

Il y a actuellement une crise alimentaire qui se profile à l’horizon dans la région du Sahel et menace environ dix millions de gens —au Niger (6 millions), au Mali (2,9 millions), en Mauritanie (environ 500 000), ainsi que des dizaines de milliers de personnes dans d’autres pays de la région.

Selon Olivier De Schutter, le rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à la nourriture, la sécheresse et la famine ne sont pas des évènements inhabituels mais au contraire les conséquences prévisibles d’un système alimentaire mondial "basé sur l’inégalité et les déséquilibres, et, en fin de compte, défaillant." Le système de santé est défectueux -selon De Schutter- et cela signifie souvent que l’on attend que les gens meurent de faim avant de faire quelque chose. Le fait qu’il y ait des situations de famine endémique n’est pas actuellement pris en compte par le système et la crise actuelle au Sahel africain en est l’illustration. C’est une lacune du système alimentaire mondial parce que la famine dans cette région devrait être considérée comme la norme —et pas comme un événement rare, unique, extrême, imprévisible ou extraordinaire.

Il ne faut pourtant pas, à mon sens, négliger l’impact du triste destin de la Libye sur le mécontentement/appauvrissement du Sahel. Les puissances hégémoniques occidentales qui ne pensent qu’au pétrole ont profité de l’occasion pour faire tomber un homme qui ne voulait pas respecter leurs règles du jeu. Et les nations voisines et les endroits les plus pauvres récoltent les "bénéfices" de l’opportunisme myope, mesquin et avide des états occidentaux impérialistes, idéologiquement moribonds et aveuglés par la cupidité, l’orgueil et le pétrole !

 

Sean Fenley

Sean Fenley est un progressiste indépendant qui aimerait voir la fin du monopole dictatorial du soi-disant système de deux partis. Il aimerait aussi voir un peu de bon sens revenir dans les décisions politiques militaires, économiques, étrangères et intérieures étasuniennes.

 

Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2012/02/african-sahel-facing-slide...

Traduction : Dominique Muselet

 

URL de cet article 15753http://www.legrandsoir.info/la-descente-aux-enfers-du-sahel-africain-dissident-voice.html

 

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Published by Vendémiaire - dans Afrique noire
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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:17

mardi 17 janvier 2012, par Comité Valmy

 

Victime de milices islamistes violentes qui terrorisent les gens, la population syrienne craint ces opposants armés qui sèment la peur et le chaos. L’écrivaine syrienne Nadia Khost — auteur de nombreux ouvrages d’essais et de nouvelles portant sur l’histoire, l’architecture, la conservation et la protection du patrimoine de la Civilisation Arabe — vit à Damas. Ce qu’elle nous dit ici, sur ce qui se passe véritablement en Syrie, doit être pris très au sérieux. Son témoignage ne correspond en rien à la version des faits qui nous est rapportée par de prétendus « grands reporters » français.

 

Il n’y a plus de fioul à Alep… les vendeurs ne peuvent que crier leur détresse aux observateurs délégués par la Ligue Arabe : « Nous sommes des travailleurs démunis, les bandes armées coupent les routes, volent le fioul, dérobent ou détruisent nos véhicules… quand ils ne nous tuent pas ! ». Telles sont les vraies raisons de la pénurie qui empêche actuellement les pauvres gens de gagner leur vie.

 

 

Les bandes armées sévissent là où elles peuvent… Les observateurs écoutent les témoignages des blessés, entendent les pleurs des enfants réclamant leurs pères kidnappés, constatent les blessures portées post mortem, notent les identités, les récits, les lieux, les horaires…

 

Pendant ce temps, les télévisions syriennes filment à distance et restituent des images d’horreurs, de massacres, que les Syriens ne pouvaient imaginer se produire sur leur sol. Des images qu’ils n’ont jamais connues au cours de leur histoire contemporaine : cadavres mutilés, membres coupés, cœurs arrachés, corps brûlés et manifestement torturés.

 

Ainsi, le 8 janvier, nous avons tous partagé le malheur et la tristesse d’un groupe d’habitants de la ville de Homs à peine éclairés par les bougies encore allumées et qui, en pleine veillée funèbre en hommage à leurs victimes, se sont vus attaqués par des bandes armées faisant sur leur passage de nouvelles victimes…des morts et des blessés. Toujours à Homs, le 10 janvier nous avons déploré un ingénieur assassiné, son collègue blessé, un enseignant kidnappé. Finalement, ces bandes assassines en sont arrivées à interdire la fréquentation des établissements scolaires dont environ un millier de bâtiments sont désormais en ruines !

 

Par conséquent, le problème actuel en Syrie n’a rien à voir avec ce qu’affirment les médias occidentaux ; à savoir, un conflit entre une opposition politique qui demande des réformes et un gouvernement qui les refuse. Le problème en Syrie est celui de bandes armées et de groupes de criminels qui sèment le chaos en s’attaquant à une société habituée depuis des décennies à vivre en sécurité. Lorsqu’une infirmière déclare aux observateurs envoyés par la Ligue arabe : « Alors qu’avant nous rentrions chez nous à une heure du matin en toute confiance, à présent nous n’osons plus sortir à la tombée de la nuit », elle résume une réalité inédite en Syrie.

 

En effet, l’un des buts de l’assassinat de soldats et de policiers est justement la généralisation du chaos. Ce même chaos que Georges Bush a installé en Irak avec comme conséquence prévisible, le démantèlement de l’État et la domination de gangs violents. Dans sa guerre contre la Syrie, l’Occident a adopté ce même projet. La preuve en est que lorsque le gouvernement syrien a annoncé une amnistie générale pour tous ceux qui déposeraient leurs armes, Madame Clinton a interpellé les rebelles en ces termes : « ne rendez pas vos armes ! ».

 

Toute personne qui voudrait honnêtement s’enquérir de la vérité ne pourrait nier que des tueurs, et d’ignobles criminels, sont utilisés pour répandre la terreur dans le but d’exécuter un projet politique visant l’autorité de l’État, la partition de la Syrie et par là, l’anéantissement de l’un des bastions de la résistance au projet sioniste. En cas de doute, souvenons-nous toujours du projet de l’Organisation Sioniste mondiale : « La désintégration de la Syrie et de l’Irak en provinces ethniquement ou religieusement homogènes… est l’une des priorités d’Israël… le premier pas vers ce but passe par la dissolution de leurs armées ».

 

Ce but a été atteint en Irak où l’une des premières décisions de Paul Bremer [administrateur civil de l’Irak-2003- Ndt] a consisté à dissoudre l’armée irakienne. C’est aussi ce qui a été prévu pour la Syrie où l’armée est la cible des attaques des bandes armées. Plus de mille soldats et officiers syriens ont été tués ; et pendant que des médias occidentaux et arabes appellent nos soldats à la désertion des officiers ont déclaré dans nos journaux et sont venus nous dire à la télévision syrienne qu’ils avaient été kidnappés, filmés et torturés de manière à fournir les faux témoignages de désertion diffusés par Al-Jazira.

 

Les méthodes les plus viles sont utilisées pour faire plier le peuple syrien. Ainsi, dans la banlieue de Damas, les bandes armées ont imposé la fermeture des boutiques dans les quartiers de Harasta et de Darayya, sous prétexte de faire respecter ce qu’ils ont présenté comme une consigne de « grève générale », tout en avertissant que celui qui n’obéirait pas serait tué, ou verrait ses enfants kidnappés et tués ! A Deraa, un homme qui a osé refuser a été tué et sa femme a été blessée. A Homs, un commerçant m’a confié qu’après des dizaines d’ordres reçus par téléphone, il a été obligé de fermer boutique.

 

Après ce genre de mises en scène, les « spécialistes en communication », en collusion avec ces bandes armées, filment les commerces fermés, envoient leurs images à la chaine qatari Al-Jazira qui s’empresse d’annoncer que le peuple syrien a répondu à l’appel à la grève générale, ou encore que les villes ont été vidées de leurs habitants par crainte du régime ! Une autre fois, trois jeunes frères ont été tués dans le seul but de discréditer le service de sécurité syrien et l’armée.

 

Les Syriens sont douloureusement consternés quand ils entendent ces criminels raconter leurs crimes comme on raconterait une histoire banale et reconnaitre, sans états d’âme, avoir touché de l’argent pour abattre un manifestant. Tout cela pour offrir aux médias occidentaux la confirmation de leur version falsifiée disant que les services de sécurité tuent des manifestants pacifiques !

 

Cette cruauté et cette sauvagerie est contraire à toutes les traditions syriennes d’amour, de solidarité, de pardon, et de tolérance de ses concitoyens.

 

Pour le peuple syrien, ce n’est donc plus une question d’opposition politique, mais une question d’existence ! C’est ce qui explique l’ampleur des manifestations spontanées à Damas au soirde la décision de la Ligue Arabe de suspendre la Syrie en tant qu’État membre. C’est ce qui explique également les manifestations spontanées dans toute la Syrie suite à la grande explosion de Kafarsouseh [1].

 

Tenant compte de ces réalités, celui qui comprend l’Histoire ne peut pas ne pas comprendre que c’est le peuple syrien qui est en train de sauver son pays. Sa voix est désormais plus forte que celle des politiciens. Les femmes qu’elles soient voilées ou non, les jeunes, les vieux, les enfants… tous expriment avec passion leur refus de l’ingérence sous toutes ses formes, condamnent le rôle du Qatar, critiquent la Ligue Arabe, sans épargner Sarkozy, Clinton et Obama.

 

Aujourd’hui, il est indéniable qu’il y a un peuple syrien dont la conscience politique est aiguisée. Un peuple qui sait qu’il affronte des forces expansionnistes américano-sionistes qui organisent contre lui une guerre diplomatique, militaire, économique et médiatique. Une guerre dirigée par la France et à laquelle participent la Turquie et les pays du Golfe menés par le Qatar. Une guerre dont l’outil militaire est l’organisation d’Al-Qaïda et l’outil politique, quelques opposants syriens de l’extérieur !

 

Et ce peuple conteste la politique économique, la corruption, et les responsables de pays dont il a été un protectorat. Ce peuple a développé un sens aigu du danger et a parfaitement compris que l’Occident n’intervient certainement pas pour l’avènement de la démocratie et l’avancement des réformes, mais plutôt pour briser la volonté syrienne opposée aux projets occidentaux et sionistes.

 

Ce peuple magnifique se dresse telle une épée dans une bataille décisive. Il ne cesse de réinventer ses messages en réponse au projet de partition américano-européo-sioniste qui voudrait mettre à profit sa mosaïque ethnique et religieuse, pour arriver à le diviser. Division qu’il refuse ! Ainsi, les kurdes et arabes, réunis en congrès national, ont rejeté à l’unisson toute intervention étrangère. Les musulmans et les chrétiens ont prié main dans la main dans les mêmes églises, des délégations de femmes musulmanes se sont déplacées pour rendre visite au Patriarche maronite du Liban et se porter garantes de la protection des chrétiens d’Orient.

 

Nous n’ignorons pas que toutes sortes de pressions continueront à s’abattre sur nous pour briser notre volonté, notre dignité, et notre fierté de Syriens. Les sanctions économiques et les bandes armées font partie de ces pressions. Bandes armées qui, pour rendre la vie encore plus pénible à notre peuple, coupent la route aux camions de fioul ; font exploser les pipelines et les conduites de gaz qui alimentent les centrales électriques ; brûlent les établissements publics, les mairies et les postes de police, attaquent les transports de ravitaillement chargés de sucre et de riz à destination des différentes régions du pays, font sauter les chemins de fer…

 

Du coup, l’électricité est rationnée et ce sont donc les pauvres et la classe moyenne qui souffrent le plus de l’inflation qui en résulte. Pour autant, cette souffrance ne rapproche pas les Syriens patriotes de ces opposants qui soutiennent le projet occidental expansionniste et appellent à des sanctions contre la Syrie. Au contraire, leur souffrance renforce leur sentence : « Un tel comportement est celui d’un traitre responsable du sang versé et de l’atteinte à la sécurité de la patrie ! ».

 

Est-il difficile de comprendre que les meurtres, les assassinats de professeurs d’universités et d’ingénieurs, les rapts d’enfants, les viols, visent aussi à briser la vie économique, sociale et culturelle ?

 

De fait, les crimes des milices armées ont paralysé l’activité culturelle dont tous les centres se sont vidés, même ceux des villages les plus reculés. Les galeries d’art et les musées sont désertés, bien qu’en Syrie le tarif des billets d’entrée aux théâtres et concerts restent symbolique.

 

Dans ces conditions, comment imaginer que des Syriens puisse s’autoriser de telles activités alors que des cérémonies funèbres pleurent les nombreuses victimes tombées dans plus d’une région, et que même les églises se sont interdites les célébrations coutumières de Noël et du Nouvel An ? Comment s’intéresser à la culture alors que des bandes armées infligent au pays d’importantes pertes économiques en brûlant ses instituts, en faisant exploser ses oléoducs et gazoducs, en paralysant son réseau commercial et social par les barrages de l’horreur sur la route internationale entre Damas et Alep ? Alep, où un habitant qui a vu son usine incendiée, deux fois de suite, est mort de chagrin !

 

C’est ainsi que l’on brise la vie des citoyens. C’est ainsi que chacun, chez soi, ne parle plus que des événements tandis que les sujets d’ordre culturel deviennent inopportuns !

 

C’est pour toutes ces raisons que les habitants demandent la protection de l’armée. Mais la Ligue Arabe persiste à exiger son retrait des villes alors qu’il est évident que les forces de sécurité intérieure ne disposent pas des moyens susceptibles de lutter contre les opérations terroristes. L’État syrien n’avait aucune raison de les armer à outrance puisqu’il est clair que l’ennemi vient d’Israël, et non pas du peuple syrien.

 

Il était impératif que l’armée intervienne. D’ailleurs, une fois qu’elle a dû se retirer, les bandes armées s’en sont données à cœur joie. La maman du petit Sari Saoud tombé sous leurs balles à Homs n’a rien dit d’autre en hurlant sa douleur : « Si l’armée avait été présente, mon fils ne serait pas mort ! ». C’est donc parce que l’armée s’est retirée que ces gangs peuvent passer d’une banlieue de Damas à une autre (de Moadamieh à Doumar, Qudsaya), appuyant furieusement sur leurs gâchettes crachant balles et roquettes pour obliger les habitants à se calfeutrer chez eux avant même la tombée de la nuit.

 

Il faut que le monde sache que ce sont ces criminels que la « communauté internationale » protège et que les médias clientélistes occidentaux et arabes, tels qu’Al-Jazira et Al-Arabia, ont choisi de défendre !

 

Ces bandes armées ne sont pas tombées du ciel ! C’est le néo-libéralisme et l’économie de marché adoptée ces dix dernières années qui les ont marginalisées. Tout un système parrainé par des corrompus qui ont pillé le secteur public, couvert la contrebande d’armes vers la Syrie, exacerbé les ressentiments d’injustice sociale et économique d’une classe pauvre ; elle-même négligée par une classe politique qui n’a pas pris les décisions nécessaires pour redresser la situation en misant sur l’éducation et la culture. Ce faisant, elle a abandonné certains de ces marginaux aux contrebandiers et aux prêcheurs des mosquées wahhabites qui les ont intégrés dans leurs groupes armés.

 

C’est donc sur cette frange de la population embrigadée par de notoires obscurantistes que se fondent les espoirs de ceux qui appellent à une intervention étrangère !

 

Bien avant ces événements sanglants et ce qu’il a été convenu de désigner par « le printemps arabe », les ouvriers, paysans, écrivains…, ont discuté de la situation politique et économique au sein de leurs congrès respectifs et ont réclamé les réformes nécessaires. À cette époque, nous n’avons pas entendu les voix de ceux qui exigent aujourd’hui la chute du régime !?

 

Nous disons donc que c’est nous, Syriens de l’intérieur, qui avons demandé à changer notre réalité et que c’est plutôt l’Occident colonialiste, dont le but est de vaincre notre résistance, qui ne veut pas de nos réformes ! De ce fait, nous nous devons de défendre notre patrie avant tout le reste ; le peuple syrien refusant nettement et clairement la tutelle étrangère qu’elle soit arabe ou occidentale.

 

Sarkozy et Clinton peuvent répéter à l’envi : « Al-Assad doit démissionner ! », le peuple syrien leur répond : « C’est à nous de choisir notre président, pas à vous ! ».

 

Telle est la transition qualitative majeure vécue par le peuple syrien qui, après avoir livré son sort aux partis politiques avant les événements, envahit toutes les places publiques, retrouve sa voix et sa langue, exprime sa volonté et, en bref, s’adresse à l’Occident colonialiste en lui disant : « Dégage ! ».

 

Ce peuple syrien qui manifeste ne le fait ni sur ordre de ses autorités, ni sur ordre d’un quelconque parti politique. Il s’implique dans cette vie politique en des moments décisifs pour son pays, et contre la partition il brandit sa cohésion. Une cohésion soutenue passionnément par les femmes. En effet, qu’elles aient une activité professionnelle ou non, elles sont désormais nombreuses à s’avancer devant les caméras de télévision pour exprimer leurs opinions sur la situation.

 

Contre vents et marées, les Syriens condamnent le communautarisme sectaire à la base du projet qui vise à vider le pays de ses chrétiens. Les chrétiens parfaitement conscients du danger sont montés en première ligne pour prendre la défense de notre pays. Nous n’avons jamais su distinguer un chrétien d’un musulman, et il nous est difficile de classer nos amis sur des bases religieuses ou ethniques, car la Syrie est une terre d’Histoire et l’héritière de civilisations anciennes dont elle a thésaurisé les croyances et les confessions.

 

Ceci explique la réponse civilisée de son peuple au démantèlement ourdi par le projet de partition colonialiste. Les religieux musulmans et chrétiens se réunissent dans les églises et les salons pour prier ensemble. Le dignitaire musulman commence par la lecture d’un texte de l’Évangile que le prêtre chrétien termine par la lecture d’un verset du Coran. Leur dernière union dans la prière s’est déroulée le 9 janvier 2012 dans les salons de l’hôtel Dedeman en présence de journalistes occidentaux ; alors qu’au même moment était célébrée une messe en hommage aux âmes des martyrs, en l’Eglise de la Croix de Damas et en présence du Mufti de la République et des Évêques des églises.

 

Ceux qui projettent de vider la région de ses chrétiens n’ont pas pu ne pas recevoir ce message éloquent !

 

Que faire ?

 

La Syrie qui célèbre les fêtes musulmanes et chrétiennes, la Syrie qui a envoyé son armée pour protéger les chrétiens du Liban lors de la guerre civile puis a sacrifié dix mille de ses soldats pour le protéger de l’invasion israélienne, la Syrie qui a accueilli un demi-million d’Irakiens suite à l’invasion de l’Irak est aujourd’hui confrontée à une coalition armée et fait face à une Europe en perte de valeurs où des personnalités de la stature de Charles de Gaulle n’existent plus.

 

Elle endure une guerre à la fois médiatique, diplomatique et économique, prise entre la contrebande d’armes sophistiquées et des criminels infiltrés à partir de la Turquie et du Liban. Mais l’Histoire a enseigné à son peuple la patience devant l’adversité ; il reste convaincu qu’il remportera la victoire face à la coalition et au projet occidental et sioniste.

 

D’où notre conviction que, dans ce contexte particulier, prendre à cœur la défense du peuple syrien revient aussi à défendre la dignité, ce qu’il y a de noble en l’humanité. Et l’intelligence de chacun d’entre nous impunément bafouée par les médias internationaux.

 

Il est du devoir des hommes libres et des sages de ce monde de soutenir ce peuple en dénonçant les crimes couverts par les politiques et les médias de l’Occident colonialiste.

 

Nadia Khost

10 Janvier 2012

 

Commentaires de la traductrice

« Prendre à cœur la défense du peuple syrien revient aussi à défendre la dignité, ce qu’il y a de noble en l’humanité, et l’intelligence de chacun d’entre nous impunément bafouée par les médias internationaux » nous dit Nadia Khost.

 

En quoi les médias bafouent-ils « l’intelligence de chacun d’entre nous » ? Pouvons-nous répondre à cette question en quelques lignes, alors qu’au sein des médias officiels une Armada de journalistes affirme depuis des mois que notre « humanité » exige une intervention militaire pour justement aller « défendre la dignité du peuple syrien » ? Cette question est essentielle puisqu’il est désormais très clair que si l’OTAN et ses alliés avaient pu intervenir rapidement en Syrie à « la mode libyenne », ils y seraient déjà, avec ou sans l’accord de l’ONU comme ils n’ont pas hésité à le faire lors de l’invasion de l’Irak en 2003. Ceci dit, il ne semble pas qu’ils aient abandonné leur projet, mais plutôt que la partie est remise jusqu’au jour où le peuple syrien et les infrastructures du pays seront suffisamment éreintés, pour leur assurer « la mise en scène » compatible avec leurs prétendus idéaux de démocratie, de progrès, et d’auto-détermination des peuples.

 

D’ici-là, le « rôle militaire » est dévolu aux médias car si les citoyens savaient… ils refuseraient d’être les complices de tous ceux pour qui le « veau d’or » est désormais le seul dieu digne de foi, et la base de la « Nouvelle Alliance » entre les néoconservateurs occidentaux et les intégristes et takfiristes orientaux, formés, dirigés, et soutenus par la fine fleur de nos envoyés spéciaux [2] et… de nos vaillants philosophes. Est- ce là un excès de langage ? Ou bien, est-ce la conclusion logique des déclarations et agissements des amis de Bernard-Henri Lévy (BHL), plutôt manipulés que manipulateurs ? BHL en a trop fait ou trop dit… Il s’est trahi ? [3] Qu’à cela ne tienne, écoutons un argument choc tel celui de Caroline Fourest qui nous explique, sur France 2, qu’ « il faut défendre les intégristes et même les jihadistes parce que nos principes d’universalisme nous font refuser la dictature » ! [4] C’est le monde à l’envers !

 

Mais le mainstream médiatique et ses spécialistes de la propagande et de l’intox, même religieuse, sont là pour tenter de laver le cerveau du citoyen et le convaincre, par matraquage, que les terroristes d’hier sont en réalité la promesse d’un avenir radieux après le printemps… arabe. C’est ainsi que des bandes armées, téléguidées de l’extérieur pour semer le chaos en Syrie, deviennent des révolutionnaires luttant pour la démocratie au sein d’une prétendue « Armée Syrienne Libre » (ASL) ! Dixit : Sofia Amara désormais très « grande reporter » grâce à ce mensonge, Manon Loizeau, Martine Laroche Joubert… inutile d’en rajouter !

 

Pourtant, après tant d’autres témoignages, Nadia Khost n’invente rien, surtout pas lorsqu’elle rappelle : « La désintégration de la Syrie et de l’Irak en provinces ethniquement ou religieusement homogènes, comme au Liban, est l’objectif d’Israël, à long terme, sur son front Est ; à court terme, l’objectif est la dissolution militaire de ces États ». Les références abondent pour celui qui se donne la peine de se renseigner sur un pays dans la tourmente avant de se vanter d’y être entré clandestinement [5], mais c’est sans doute politiquement incorrect de s’y référer, voire même de les lire !

 

Prenez la peine d’écouter les déclarations publiques de Joe Biden avant celles de Barack Obama : « Le lien indissociable entre la culture, la religion et l’ethnicité que les gens ne comprennent pas vraiment… qui est unique… qui est si fort avec les juifs du monde entier… si j’étais un juif je serais un sioniste… je suis un sioniste » [6]. Ajoutez celle d’Ariel Sharon : « A chaque fois que nous faisons quelque chose, vous me dites l’Amérique fera ceci ou cela. Je vous dis clairement… Ne vous inquiétez pas des pressions américaines sur Israël. Nous, le peuple juif, contrôlons l’Amérique, les Américains le savent » [7].

 

Vous comprendrez alors trois choses essentielles à propos des Syriens :

 

Leur résistance devant le projet américano-sioniste pour un Nouveau Moyen-Orient dépecé sur des bases ethniques et religieuses est une question d’existence et, par conséquent, les médias ne défendent pas leur dignité mais la dislocation de leur société.

 

Ils sont antisionistes dans un sens anti expansionniste puisque cela ne peut se faire qu’aux dépens de leur vie, de leur patrie, et de leur région.

 

Les circonstances font que leur Président, qu’ils soutiennent majoritairement, ne peut pas démissionner, car il ne peut se dérober devant sa responsabilité historique.

 

Mouna Alno-Nakhal, Biologiste

15 janvier 2012.

Article proposé et traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal pour Silviacattori.net http://www.silviacattori.net/article2705.html

 

[1] L’attentat à la voiture bourrée d’explosifs conduite par un kamikaze, faisant 26 morts et une quarantaine de blessés, le 23 décembre 2011, à Damas. Le 1er attentat de ce genre en Syrie

[2] « La DGSE va-t-elle former les déserteurs syriens ? », par Céline Lussato, Le nouvel Observateur, 23 novembre 2011.

[3] « “C’est en tant que juif” que BHL engage la France dans “ses guerres” », par Silvia Cattori, 14 décembre 2011.

[4] Emission du journal télévisé de France 2, « 13 h 15 », le 6 novembre 2011 où Caroline Fourest explique qu’il faut défendre les jihadistes libyens

[5] « A Strategy for Israel in the Nineteen Eighties » by Oded Yinon (with a foreword by, and translated by Israel Shahak), 13 juin 1982.

Odeh Yinon journaliste et ancien fonctionnaire du ministère israélien des Affaires Etrangères. Cet article, envoyé à la Revue d’Etude Palestiniennes par Israël Shahak, est paru dans Kivunim (Orientations), n° 14, février 1982 (Revue publiée par le Département de l’Organisation Sioniste mondiale, Jérusalem). http://tunisitri.wordpress.com/2011/11/19/un-article-dune-funeste-actualitestrategie-pour-israel-dans-les-annees-1980/

« L’agression contre la Syrie »", 2 décembre 2011.
« L’actualité vérifie des prévisions faites dans l’AFS en 2005 », 18 octobre 2011.

[6]Barack Obama et Joe Biden admettent être sionistes
[7] « Sharon to Peres : "Don’t worry about American pressure ; we control America" », 3 octobre 2001

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:15

Témoignage recueilli par Silvia Cattori

mardi 7 février 2012, par Comité Valmy

 

Le Syrien qui témoigne ici vit à Homs, dans le quartier où a été tué Gilles Jacquier en même temps que huit sympathisants syriens du gouvernement Assad. Les obus tombaient tout autour de son immeuble au moment où nous parlions. Tétanisé par la peur et l’angoisse de la mort qui rôdait, il parlait à voix basse, difficilement.

 

Nous croyons ce que ce cadre, père de deux enfants, nous a dit avec sobriété. Nous croyons en sa sincérité. Ce qu’il affirme contredit ce qu’affirment les autorités politiques -impliquées dans le conflit- et nos médias, qui persistent à nier la réalité ; à attribuer les destructions et les assassinats aux forces armées syriennes et à affirmer à tort qu’elles torturent des enfants, violent des jeunes filles, tuent intentionnellement des civils.

En opposant leur véto à la résolution proposée par l’Occident et ses alliés arabes des pays du Golfe, la Chine et la Russie viennent de montrer qu’elles ne sont pas dupes de cette colossale désinformation. Mais, depuis que le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni, ces bandes armées ont redoublé de sauvagerie se sentant de toute évidence fortes du soutien que leur apporte la prétendue « communauté internationale ».

 

Silvia Cattori : Dans un article du 4 février, le journaliste de l’AFP, Khaled Soubeih [1], affirme que, selon des militants, « dans la nuit, les forces du régime ont bombardé au mortier et au char plusieurs quartiers rebelles comme Baba Amro, Bab Dreib, Bab Sebaa, Bayada, Wadi Araba, et surtout Khaldiyé. » Le Conseil national syrien (CNS) fait, lui, état d’au moins 260 morts et de centaines de blessés. Est-ce bien votre point de vue sur ce qui s’est passé dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 février 2012 ?

Réponse : Ils tirent de tous côtés…ils veulent juste tuer…Leurs tirs ont tué 20 militaires qui se trouvaient dans notre quartier (Hadara)… Ce sont eux qui tirent et nous bombardent. Vous entendez ? Ils lancent des bombes sur notre quartier en ce moment [11h40 du dimanche 5 février] Ils tirent et tuent pour tuer aussi bien des alaouites que des sunnites dont ils contrôlent les quartiers.

Silvia Cattori : Quand vous dites « ils », « eux » qui désignez-vous ?

Réponse : Je parle des opposants armés contre Bachar.

Silvia Cattori : On a vu des images montrant des opposants devant des dizaines de corps recouverts de linceuls blancs que l’on a dit avoir été tués dans le quartier de Khaldiyé. Alors, selon vous, ce sont les corps de civils et de militaires exécutés par des groupes armés ?

Réponse : Oui. Ce sont eux qui les ont tués. Parmi ces corps, des gens de notre quartier ont reconnu des personnes qui avaient été kidnappées [2], certaines depuis longtemps. Ils ont enlevé beaucoup de gens. Les enlèvements ont commencé en avril.

Silvia Cattori : A-t-on reconnu parmi ces corps une personne enlevée que vous connaissiez ? Le ministre des Affaires étrangères françaises, Alain Juppé, a parlé de 100 enfants tués à Homs l’autre jour…

Réponse : Des parents de mon quartier ont reconnu, parmi ces cadavres, une vingtaine d’hommes qui avaient été kidnappés. Ils portaient des traces de torture. Ils n’ont pu voir tous les corps. Ils n’ont vu ni femmes ni enfants, parmi les cadavres. Ils ont vu les corps d’hommes, de disparus, de parents, présentant pour certains des traces de torture apparemment antérieures à la mort ; ils ont assuré que ces hommes avaient été enlevés auparavant, qu’ils paraissaient avoir été exécutés et non pas tués par des obus.

Silvia Cattori : Savez-vous combien de personnes ont été enlevées par ces groupes armés depuis avril ?

Réponse : On ne sait pas exactement…mais beaucoup d’hommes ont disparu. L’un d’eux est mon cousin. Ils l’ont kidnappé il y a 15 jours. On n’a plus eu aucune nouvelle. Il y a des familles ici qui ont eu des fils, des pères ou des oncles kidnappés. On estime à quelques 400 le nombre de personnes enlevées, disparues.

Je connais un autre cas récent. Celui du frère d’une amie. Il est parti en voiture le 24 janvier et on ne l’a plus revu. Sa famille a eu des nouvelles de lui par téléphone il y a 4 jours disant que ses ravisseurs demandent une rançon. La famille est en train de trouver une somme importante … Il arrive que, une fois trouvé, l’argent se perde en route, car le médiateur se fait tuer…

Silvia Cattori : Mais, ici, on dit que l’armée viole, torture les enfants...On dira en vous lisant que c’est peut-être l’armée qui kidnappe les gens ?

Réponse : Tout cela ne reflète pas ce que nous voyons depuis notre côté. Ce sont les opposants armés qui assiègent, qui kidnappent, qui tuent et torturent les enfants dont l’on voit ensuite la photo sur Aljazeera. Ils attribuent leurs crimes à l’armée syrienne. Les destructions, les morts, les blessés que nous avons, ce sont les opposants armés qui en sont responsables.

Silvia Cattori : Toujours est-il que ce chiffre de 260 civils [3] « dont une centaine d’enfants et de femmes », qui auraient péri sous les obus de l’armée d’Assad dans le faubourg de khalidiya, à Homs, la nuit du vendredi 3 février, ont mis le monde en émoi ; ce qui n’arrange pas les choses. Or, parmi les corps exposés à Khaldiyé on ne voit ni femmes ni enfants. On voit des jeunes hommes dont les corps portent des traces de tortures. Ils ne paraissent pas avoir été tués sous les décombres, suite à des bombardements. Tout cela confirme ce que vous nous avez dit. Que les tueries sont davantage le fait de groupes armés. Il est important de mettre cela au clair ; car si ce que vous dites - que les corps exposés sont ceux de gens qu’ils ont préalablement enlevés et exécutés - cela incrimine ceux qui, comme Obama et Sarkozy, couvrent les atrocités de ces opposants car ils veulent obtenir le renversement d’Assad coûte que coûte. Y a-t-il des photos des immeubles qu’ils auraient bombardés ?

Réponse : Oui. Ils ont bombardé Hadara, notre quartier (là où ils ont tué Gilles Jacquier - Nda) vendredi nuit. Les tirs partaient depuis Baba Amro, Bab Dreib, Bab Sebaa, Bayada, Khaldiyé …dans tous les sens. Ce n’étaient pas des tirs qui partaient de l’endroit où se trouvaient des forces armées gouvernementales qui sont ici dans notre quartier pour nous protéger. C’est un petit quartier le nôtre.

Silvia Cattori : Alors, ce qu’ont rapporté des Syriens par téléphone au journaliste de l’AFP n’est pas vrai ?

Réponse : Non, ce n’est pas vrai. Ils sont lourdement armés. Ils ont pris le contrôle de Baba Amro, Bab Dreib, Bab Sebaa, Bayada, Khaldiyé... Ils détruisent, tuent, blessent les gens. Ils bombardent en ce moment…Ce sont eux (les groupes islamistes armés) qui font exploser des bâtiments, qui menacent les gens pas seulement dans notre quartier, partout. Il y a des tirs en ce moment dans plusieurs endroits. Les habitants appellent l’armée à l’aide.

Silvia Cattori : Avez-vous peur en ce moment ?

Réponse : Oui, on est effrayés. C’est très dangereux pour nous.

Silvia Cattori :On peine à comprendre comment ces groupes peuvent « contrôler » la population de quartiers entiers de la ville de Homs ?

Réponse : Ils sont entrés dans les quartiers ; ils s’y sont installés par la terreur ; ils maintiennent les habitants sous la menace ; ils les obligent à collaborer pour les protéger ; ils les obligent à fermer leurs échoppes, les écoles.

Silvia Cattori : Qu’est-ce qui est le plus difficile pour vous qui êtes exposés à leurs tirs ?

Réponse : On ne peut pas sortir, on ne peut pas voir d’autres gens, on vit dans la crainte permanente qu’une bombe nous touche, nous tue. Nous ne vivons pas en sécurité…Je ne peux pas aller à mon travail ; il y a sans cesse des bombardements dehors ; ils nous tuent dès que l’on sort ; la maison de mon voisin a été détruite…

Silvia Cattori : Depuis quand la situation est-elle devenue à ce point intenable ?

Réponse : Depuis deux jours cela est allé de pire en pire. Mais les choses se sont aggravées depuis sept jours.

Silvia Cattori : Avez-vous l’impression que l’administration d’el-Assad ne fait pas ce qu’il faut pour vous protéger ?

Réponse : Ils font de leur mieux dans un contexte très difficile.

Silvia Cattori : Les journalistes des médias traditionnels parlent de manifestants pacifiques, d’une révolution qui promet la démocratie…

Réponse : Non, il n’y a pas de manifestations pacifiques de leur côté. Toutes leurs manifestations sont violentes, sont des incitations à la violence.

Silvia Cattori : Ce que vous dites atteste que ce que les politiques et les médias qualifient chez nous de « militants pro-démocratie » sont en réalité des groupes armés qui terrorisent la population. C’est tout de même une douloureuse équation. Que ressentez-vous quand vous entendez MM. Alain Juppé et Gérard Araud, l’ambassadeur de France à l’ONU, donner raison à ces opposants armés qui vous tuent, vous kidnappent et tuent les soldats qui, avec la meilleure volonté, n’arrivent pas à vous protéger ?

Réponse : Ce que je ressens ? De la tristesse. Je suis très triste pour mon pays, mon peuple…je ne cesse de me demander pourquoi ils mentent…Nous sommes ici face à l’inconnu…Je remercie la Russie et la Chine pour avoir opposé leur veto au Conseil de sécurité. Car si eux aussi laissent faire ce que veulent d’autres pays, ce qui est arrivé en Libye arrivera ici en pire…

J’aimerais dire aux journalistes et aux responsables politiques que par leurs mensonges, par leur biais en faveur des opposants armés qui nous terrorisent, ils détruisent l’esprit, et surtout l’âme de notre jeunesse.

Silvia Cattori : Nous vous remercions d’avoir accepté de nous répondre. Nous allons faire de notre mieux pour faire connaître votre témoignage.

 

***** Atterrée par ce que nous venions d’entendre, nous avons posé le téléphone tout en sachant que nos politiciens et nos médias ne voudront pas l’entendre [4]. (5 février 2012 )

 

Post scriptum

Ce matin, 6 février, alors que nous nous apprêtions à publier ce témoignage, en entendant dire sur France Culture que l’armée syrienne pilonnait sans discontinuer depuis samedi les opposants, et l’invité du matin, Salam Kawabiki, opposant syrien résidant à Paris, se plaindre que « malheureusement les médias du régime (sont) relayés par des sites d’extrême droite français... » [5], nous avons dressé l’oreille. Salam Kawabiki parlait de plus de 400 morts du côté des opposants dans la nuit de vendredi. Opposants qu’il présente comme étant totalement pacifiques, manifestant en chantant, comme les membres d’une révolution qui a « développé un humour syrien ».

Nous ne l’avons pas cru. Tout ce qu’il disait transpirait la propagande, ne cadrait aucunement avec ce que, depuis des mois, nos contacts, qui sont eux terrorisés par les opposants armés à Homs, disent et répètent. Nous les avons appelés pour leur demander qui les pilonnait aujourd’hui. Il nous ont dit : « Aujourd’hui les groupes armés ont attaqué le centre de communication ; ils ont fait exploser des immeubles dans le quartier d’al-Nazihin et le quartier al-Inchaat ; ils ont menacé de faire sauter d’autres immeubles dans d’autres quartiers ; sur les toitures des pneus brûlent [6] ; les habitants appellent l’aide de l’armée ».

 

Silvia Cattori

Pour des raisons de protection nous n’indiquons pas le nom de nos correspondants.

Cet entretien n’aurait pas pu être réalisé sans le précieux soutien de Rim, une jeune Syrienne.

Source :
http://www.silviacattori.net/article2787.html

 

[1] « Syrie : choc et horreur dans la ville dévastée de Homs », par Khaled Soubeih, (AFP) 4 février 2012.
[2] Mgr Jean-Clément Jeanbart dit lui aussi que « des gens sont tués en plein jour, kidnappés par des gangsters, qui demandent des rançons élevées » Voir : http://www.silviacattori.net/article2780.html
[3] Le correspondant de la BBC en Arabe qui se trouvait à Homs du côté des rebelles estime lui à 50 le nombre des tués (et non pas 260), tout en précisant que, dans le chaos actuel, il est difficile de compter.
[4] Voir : « Les Syriens sont une majorité à soutenir le président Assad, mais ce n’est pas des médias occidentaux que vous pourriez l’apprendre », par Jonathan Steele, The Guardian, 17 janvier 2012.
[5] Il y a de nombreux sites d’information en France, de sensibilités politiques diverses, qui traduisent et publient des auteurs sérieux et sans biais (par exemple MAHDI DARIUS NAZEMROAYA, BILL VAN AUKEN, PEPE ESCOBAR, JEREMY SALT, JONATHAN STEELE, etc), infiniment plus crédibles, au sujet de ce qui se passe au Moyen et au Proche Orient, que les journalistes Christophe Ayad ou Georges Malbrunot, publiés par Le Figaro ou Le Monde
[6] Il y a deux jours, sur Facebook, de prétendus « révolutionnaires démocrates épris de liberté » ont appelé à mettre le feu a des pneus sur les toitures des bâtiments à Homs.

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:15

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Selon un sondage récemment effectué en Roumaine, la majorité de la population affirme que la vie était meilleure avec le Parti communiste au pouvoir qu’actuellement sous le capitalisme. Le gros des personnes interviewées a une vision positive du communisme, et plus de 60% d’entre elles le considèrent comme une « bonne idée » en principe. Les enquêteurs ont observé une progression significative des affinités avec l’idéologie communiste en comparaison avec une enquête similaire réalisée quatre ans auparavant.

Réalisée entre août et septembre de cette année par l’Institut roumaine de sondages d’opinion CSOP, l’enquête démontre que plus de 49% des Roumains sont d’accord avec l’idée que la vie était meilleure sous le gouvernement du leader communiste déchu Nicolae Ceaucescu, tandis que seulement 23% d’entre eux pensent que la vie aujourd’hui est meilleure. Le reste donne une réponse neutre ou ne se prononçait pas.

Les raisons données pour cette évaluation positive de la période communiste sont principalement économiques: 62% ont mentionné le fait qu’il y avait du travail pour tous, 26% les conditions de vie dignes et 19% les logements garantis pour tous.

L’enquête est parrainée par l’organisation IICMER (Institut pour l’enquête sur les crimes du communisme et la mémoire des exilés roumains), financée publiquement dans le but de contribuer au travail d’ « éducation » de la population sur les méfaits du communisme. Parmi les déceptions les plus amères que les résultats de l’enquête ont causé à cette organisation, on trouve les réponses à la question sur le fait de savoir si les personnes interrogées ou leurs familles ont souffert sous le système communiste.

Seuls 7% des personnes interrogées disent avoir soufferts sous le communisme, avec 6 autres % qui, tout en ayant pas souffert personnellement, affirment qu’un autre membre de leur famille avait vécu cela. Les raisons données ici sont également d’ordre économique: la plupart fait référence à la pénurie qui a eu lieu dans la décennie des années 1980, quand la Roumanie a mis en route un programme d’austérité avec pour objectif de rembourser la dette extérieure du pays.

Une petite partie de cette minorité qui dit avoir souffert durant la période communiste déclare avoir été lésées à cause de la nationalisation de leurs propriétés, et une poignée (6% de ceux qui se rappellent de mauvaises expériences sous le communisme) disent que pendant que les communistes étaient au pouvoir, eux personnellement, ou un membre de leur famille, ont été arrêtés à un moment donné.

Déformant arbitrairement les résultats de l’enquête, le IICMER signale le fait que de nombreuses personnes interrogées (41 et 42% respectivement) étaient d’accord avec l’affirmation que le régime communiste était soit criminel soit illégitime. Des minorités importantes (37 et 31%) étaient en désaccord de façon explicite avec ces affirmations, et le reste se déclarait neutres ou ne prononçaient pas.

De plus, bien que la majorité des participants jugent positivement le communisme – seuls 27% déclarent être en désaccord de principes avec lui – la majorité de ceux qui déclarent avoir une opinion précise, pensaient également que les idées communistes n’ont pas été mises en œuvre de la meilleure des manières avant 1989. 14% apportent la réponse sans équivoque selon laquelle le communisme était une bonne idée et qu’il a été mis en pratique de la meilleure manière en Roumanie.

Ainsi, une bonne partie des roumains est indécise pour dire si le communisme était oui ou non une forme légale et légitime de gouvernement, et une grande majorité de ceux qui disent que le communisme a été mis en pratique d’une façon incorrecte étaient, cependant, sans équivoque quand ils affirment que le système mis en œuvre par le Parti communiste roumain, avec tous ses défauts, offrait une vie meilleure aux gens que ce que ne leur offre le capitalisme de nos jours.

 

Les réalisations communistes

 

Avant que les communistes ne prennent le pouvoir en Roumanie, la majeure partie de la population était analphabète et n’avait pas accès aux soins sanitaires. Uniquement une minorité de la population rurale, qui était alors dominante, avait accès à la santé ou disposait de l’électricité. Les taux de mortalité infantile étaient parmi les pires d’Europe et l’espérance de vie ne dépassait pas les 40 ans à cause de la famine et d’autres maladies mortelles. Le régime d’extrême-droite roumain s’est allié avec Hitler pendant la seconde guerre mondiale, et dans le cadre de cette alliance capitaliste, la majorité de la population juive a été envoyée dans les camps d’extermination nazis.

Propulsés au pouvoir après la victoire soviétique contre l’Allemagne nazie en 1945, les communistes roumains, jusqu’alors groupe illégal de lutte clandestine contre le gouvernement roumain pro-fasciste et contre les nazis, n’étaient que quelques milliers. En dépit de cela, ils sont parvenus à mobiliser l’enthousiasme populaire pour reconstruire leur pays dévasté par la guerre. Ils en ont fini pratiquement avec l’analphabétisme, les services de santé se sont améliorés et développés massivement, et – comme les personnes interrogées par le CSP le soulignent – l’emploi, le logement et des niveaux de vie décents ont été accessibles à tous.

Porté par ces succès, le gouvernement communiste dirigé par Nicolae Ceausescu s’est endetté pendant les années 1970 avec l’achat d’équipements industriels coûteux à l’Occident, afin d’augmenter le taux de croissance économique du pays, avec l’espoir que les pays occidentaux augmenteraient leurs importations de produits roumains. Cette stratégie a été un échec, et le programme d’austérité mis en œuvre par la suite pour pouvoir payer la dette nationale a engendré un ressentiment croissant.

Nicolae Ceausescu et son épouse Elena ont été exécutés par un peloton le jour de Noël de 1989. Sa condamnation à mort a été édictée après un procès sommaire commandité par les nouveaux dirigeants réformistes du pays: ils ont été déclarés coupables de crimes contre le peuple roumain.

Mais, malgré cette condamnation, et bien que l’opinion générale qui se reflète dans les résultats de l’enquête CSOP est que le système communiste, tel qu’il a été appliqué en Roumanie, a échoué, seule une petite minorité des personnes consultées (15%) déclare que l’ancien dirigeant communiste Nicolae Ceausescu était un mauvais dirigeant. La majorité se montre neutre ou indécise à cet égard, et 25% affirme que l’action de dirigeant de Ceausescu a été bénéfique pour le pays.

Dans son estimation des résultats de l’enquête, le IICMER observe que les roumains sont très loin d’être les seuls à juger positivement le communisme du siècle dernier. Selon une enquête réalisée dans plusieurs pays d’Europe orientale et centrale en 2009 par le Centre d’enquêtes états-unien PEW, la proportion de la population des anciens pays socialistes qui considère que la vie sous le capitalisme est pire que ce qu’elle fut sous la période communiste, est la suivante:

Pologne: 35%

République Tchèque: 39%

Slovaquie: 42%

Lituanie: 42%

Russie: 45%

Bulgarie: 62%

Ukraine: 62%

Hongrie: 72%

 

Particulièrement significatif dans les résultats de l’enquête CSOP/IICMER de 2010 en Roumanie le fait que, à mesure qu’ils acquièrent une meilleure expérience de ce qu’est la vie sous l’ « économie de marché », les gens adoptent une attitude de plus en plus négative par rapport au capitalisme et de plus en plus positive vis-à-vis du communisme. Dans la dernière enquête, réalisée en 2006, 53% exprimaient une opinion favorable envers le communisme; en 2010, le pourcentage d’opinions favorables est monté à 61%.

Les conclusions de l’enquête du CSOP ne sont pas surprenantes, si on se rappelle ce qui s’est passé quand le capitalisme a été réintroduit: une pauvreté croissante, augmentation du taux de chômage et de l’insécurité. Le système de santé roumain est actuellement en crise, et les travailleurs du service public ont vu leurs payes amputées de 25%. (1)

 

James Cross, collaborateur à la revue électronique redantliberationarmy.worpress (traduit depuis l’espagnol et le site laRepublica.es)

 

Note technique:

(1): Information technique sur cette enquête d’opinion: 1 133 personnes de plus de 15 ans ont été interrogées entre le 27 août et le 2 septembre 2010. Les personnes interrogées l’ont été sur la base d’un questionnaire standardisé, dans le cadre d’un face à face à leur domicile. La marge d’erreur est de 2,9%.

 

Publié par http://socio13.wordpress.com/2010/11/29/les-roumains-estiment-quils-vivaient-mieux-sous-le-systeme-socialiste-selon-une-enquete-menee-par-un-institut-anti-communiste/

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:13

par Peter Schwartz

source : World Socialist Website, 7 février 2012

traduit de l’anglais et présenté par Marc Harpon pour Changement de Société.

Changement de Société ne souscrit pas à l’intégralité du contenu de l’article ci-dessous. L’auteur, trotskiste, considère le socialisme roumain comme « stalinien » et ne mentionne pas le prestige qu’a gardé ce « régime » déchu en 1989, auprès des larges secteurs de la population, et dont témoignent par exemple cet article ou encore celui-ci.


Le gouvernement roumain a démissionné lundi, au milieu de manifestations de masse contre les mesures d’austérités de ces trois dernières semaines. 

Le Premier Ministre Emil Boc a expliqué sa démission lors d’un conseil des ministres télévisé en disant qu’il voulait apaiser les tensions sociales sans compromettre ses mesures d’austérité très impopulaires. « J’ai pris cette décision pour relâcher la tension dans la situation politique et sociale du pays, mais aussi pour ne pas perdre ce que les roumains ont gagné »

Le Président Traian Basescu a immédiatement nommé l’ancien ministre de la Justice Catalin Predoiu au poste de premier ministre. A 43 ans, Predoiu est un politicien sans parti qui avait pris ses fonctions en 2008 en tant que membre du Parti Libéral National Libéral (PNL). Après l’élection d’Emil Broc du Parti Libéral-Démocrate en décembre 2008, un nouveau gouvernement s’est formé, et le PNL a été rejeté dans l’opposition. Predoiu est resté ministre de la justice et a démissionné de son parti. Il a joué un rôle clé dans les relations avec l’Union Européenne, dont la Roumanie fait partie depuis 2007.

On ne sait pas si Predoiu dirigera le gouvernement jusqu’aux élections générales prévues en Novembre ou si des élections anticipées auront lieu. Il y a des discussions sur la formation d’un régime « technocratique » similaire à ceux établis en Grèce et en Italie.

Durant les trois ans et demis de son mandant, le gouvernement Boc a mis en œuvre les plus sévères politiques d’austérité dans toute l’Europe. Bien que le salaire moyen en Roumanie soit de seulement 350 euros par mois, le gouvernement a baissé les traitements des fonctionnaires de 25% et augmenté la taxe sur la valeur ajoutée de 19 à 24%. Plus de 200 000 employés du service public ont perdu leur emploi depuis 2009.

En 2009, Boc a travailllé de près avec l’Union Européenne et le Fond Monétaire International et a imposé les coupes qui lui étaient demandées. Ces dernières étaient la condition imposée pour le prêt de 20 milliards de dollars demandé par le pays dans le but d’affronter la crise financière internationale.

Le FMI croit que le programme d’austérité de Boc se poursuivra après sa démission. Le représentant du FMI à Bucarest, Jeffrey Franks, a dit à Reuters qu’il ne s’attendait pas à ce que l’accord avec le FMI soit affecté par le changement de gouvernement.

« Je ne vois aucune raison que cela ait un effet matériel inévitable sur l’accord sur le sauvetage [de la Roumanie,ndt] » a déclaré Franks. « Tout porte à croire que l’accord sera maintenu »

Le fait que tous les partis d’opposition et les syndicats du pays soutiennent en principe les accords avec le FMI est un fondement capital de la conviction de Franks. C’est aussi la raison pour laquelle l’indignation populaire contre les mesures d’austérité est longtemps restée sans voix institutionnelle. Les syndicats ont trahi dans tous les conflits sociaux de ces dernières années, organisant des manifestations sporadiques et mollassonnes visant à les préserver de la tourmente.

La situation a changé en janvier, après la démission du Vice-Ministre de la Santé Raed Arafat. A la télévision nationale, le président Basescu avait qualifié Arafat de « menteur » et « d’ennemi des soins privés » parce qu’il s’opposait à la privatisation et à la destruction générale du système de santé.

Les manifestations en solidarité avec Arafat se sont rapidement changées en manifestations contre l’ensemble du programme d’austérité. Ces manifestations se sont déroulées essentiellement en dehors du contrôle des partis d’opposition et des syndicats, et se sont répandues dans le pays. La tentative du gouvernement d’intimider les manifestants avec des opérations policières brutales, des canons à eau, des gaz lacrymogènes, des arrestations et des amendes, est restée sans effet. La réintégration d’Arafat et le renvoi du Ministre des Affaires Etrangères, Teodor Baconschim, qui avait dénoncé les manifestants, comme une « populace grossière et violente », n’ont pas atténué les tensions.

La démission de Boc attire une fois de plus l’attention sur les partis de l’opposition, en particulier sur le président du PNL. Crin Antonescu. Antonescu a appelé à des élections anticipées et a accusé le gouvernement d’être le plus « corrompu, incompétent et menteur » depuis la chute du régime stalinien en 1989.

Ont suivi des déclarations similaires de Victor Ponta, dirigeant du Parti Social Démocrate (PSD), qui a rejoint le PNL et le Parti Conservateur (PC) pour former une alliance dans l’opposition- l’Union Sociale Libérale (USL). Ponta a déclaré que l’USL mettrait en place « des solutions responsables et, après des élections anticipées, un gouvernement différent des précédents ».

La Social-démocratie et les Libéraux Nationaux sont des partis officiels, qui ont déjà longuement été aux affaires. Leurs politiques sont quasiment les mêmes que celles des libéraux démocrates, avec lesquels ils ont été un certain temps en coalition.

Les partis roumains sont, dans une large mesure, interchangeables. Souvent, ils se scindent, puis se reforment et se rejoignent sous des noms différents. Ils incarnent une élite étroite, qui, ces vingt dernières années, s’est partagé le butin de la privatisation de l’ancienne propriété d’État. Ils ont bénéficié des fonds de l’UE, en détruisant l’éducation, la santé publique, les pensions et les salaires.

C’est clair pour beaucoup de ceux qui sont descendus dans la rue ces dernières semaines. Les manifestations ont été décrites comme « contre l’intégralité de la classe politique, contre le système », comme l’a a admis Boc aux micros de la Österreichischer Rundfunk [Radiodiffusion Autrichienne, ndt]. « La profondeur de la crise de confiance politique est prouvée par les sondages, qui montrent que les taux de popularité de tous les politiciens ont chuté radicalement. Personne n’a un taux de plus de 25%. Les experts se demandent comment la politique roumaine va se remettre de cette crise. »

Cette défiance générale vis-à-vis des partis en place, toutefois, manque de perspective claire. Les travailleurs roumains ne peuvent défendre leurs intérêts que s’ils s’unissent avec les travailleurs du reste de l’Europe qui font face aux mêmes attaques, sur la base d’un programme socialiste qui place les besoins sociaux au-dessus des profits et des intérêts des banques et des riches.

 

Peter Schwartz

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:12

6 février 2012

 

Raul CASTRO

Discours prononcé par le général d’armée Raul Casto Ruz, Premier secrétaire du Comité central et président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, à la 1ère Conférence nationale du Parti, au Palais des Conventions, le 29 janvier 2012, « Année 54 de la Révolution ». (Traduction de la version sténographique du Conseil d’État)

 

Camarades :

 

La 1ère Conférence nationale du Parti qui achève aujourd’hui ses travaux avait pour objectif, conformément à la convocation lancée par le 6e Congrès, d’évaluer avec objectivité et sens critique le travail du Parti, et déterminer avec une volonté rénovatrice les transformations nécessaires pour le placer à la hauteur des circonstances actuelles.

N’oublions pas que seul le Parti, en tant qu’organisation regroupant l’avant-garde révolutionnaire et garantie sûre de l’unité des Cubains, à toutes époques, peut être le digne héritier de la confiance que le peuple a déposée dans le seul commandant en chef de la Révolution, le camarade Fidel Castro (Applaudissements).

Je ne m’arrêterai pas sur les participants au processus de discussion du projet de Document de base, ni sur les nombreuses modifications qui en ont découlé, compte tenu du rapport présenté par le Deuxième secrétaire du Comité central, le camarade José Ramon Machado Ventura, à l’inauguration de cette réunion qui, comme chacun sait, n’a pas commencé hier mais presque immédiatement après la clôture du Congrès du Parti.

Après la rédaction du premier brouillon du Document, et son ultérieure analyse dans de nombreuses réunions du Bureau politique et du Secrétariat avant sa discussion au sein des organisations de base du Parti et de l’Union des jeunesses communistes (UJC) durant les mois d’octobre et novembre de l’année dernière, ses résultats ont été analysés par le 3e Plénum du Comité central qui s’est déroulé le 21 décembre 2011.

Pendant les premières semaines du mois en cours, au niveau provincial, les délégués à la Conférence, au niveau provincial, et d’autres cadres ont procédé à son étude et à sa discussion. Au total, il y a eu neuf versions de ce document.

À la différence du projet d’Orientations de la politique économique et sociale du Parti et la Révolution, dont le débat a été ouvert, d’une manière ou d’une autre, à toute la population, le Document de base de la Conférence, du fait de sa portée et parce qu’il était surtout axé sur le fonctionnement interne du Parti, a été analysé par tous les militants, même si notre peuple a pu en connaître intégralement le contenu à travers les médias.

Par ailleurs, lors des travaux préparatoires de la Conférence nous avons débattu sur le travail des militants dans le perfectionnement des relations du Parti avec l’UJC, la Centrale des travailleurs de Cuba et les autres organisations de masse, afin qu’elles puissent renforcer, dans les conditions actuelles, leur rôle et leur influence dans la société.

Comme il fallait s’y attendre, depuis la publication du Document, les critiques et les remarques n’ont pas manqué de la part de certains qui, enclins à confondre leurs aspirations personnelles avec la réalité, pensaient que la Conférence allait marquer le début d’un démontage du système politique et social de la Révolution construit pendant plus d’un demi-siècle avec le soutien de la majorité des Cubains.

À cet égard, ce n’est pas un hasard si l’objectif de ce Document stipule : « Le Parti communiste de Cuba, en tant que force dirigeante supérieure de la société et de l’État, est le résultat légitime de la Révolution et son avant-garde organisée, et est chargé, avec le peuple, d’assurer sa continuité historique ». Ce concept, auquel nous ne renoncerons jamais, s’accorde pleinement avec l’article Nº 5 de la Constitution de la République, adopté en référendum par 97,7% des électeurs, par vote libre, direct et secret.

Nos adversaires, et même certains qui sympathisent avec nous, faisant abstraction de la longue histoire d’agressions, de blocus économique, d’ingérences, et de l’état de siège médiatique qui se traduit par des campagnes incessantes orchestrées par une presse soi-disant libre, subordonnée pour la plupart aux intérêts impériaux prédominants – la Révolution a dû faire face à tous ces défis –, exigent de nous, comme s’il s’agissait d’un pays vivant dans les conditions normales et non d’une place assiégée, de réinstaurer le modèle pluripartite qui régnait à l’époque où Cuba était sous la domination néocoloniale des États-Unis.

Renoncer au principe du parti unique reviendrait tout simplement à légaliser le parti ou les partis de l’impérialisme dans notre patrie, et à sacrifier l’arme stratégique de l’unité des Cubains qui a transformé en réalité les rêves d’indépendance et de justice sociale pour lesquels tant de générations de patriotes, depuis l’Indien Hatuey, Carlos Manuel de Céspedes, José Marti et Fidel, ont combattu.

Dans le but d’organiser la lutte pour l’indépendance de Cuba et de Porto Rico, Marti avait conçu la création d’un seul parti politique, le Parti révolutionnaire cubain, chargé, selon ses propres paroles : « De fomenter la révolution pour que puissent y entrer tous les Cubains de bonne volonté… Tous aiment Cuba, et la respectent ».

Lorsque la victoire sur l’Espagne était imminente, après trente ans de guerre, se produisit l’intervention nord-américaine, et l’une des premières mesures adoptées fut la dissolution de ce parti, ainsi que la glorieuse Armée de libération, pour avancer vers ce qui viendrait ensuite : le pluripartisme de la république bourgeoise et la création d’une nouvelle armée – gardes ruraux répressifs inclus –, garante de la domination absolue sur toutes les richesses de la nation, dont ils s’approprièrent pendant les quatre premières années de la première occupation militaire.

Telle fut la triste fin des deux piliers de la révolution pour l’indépendance, le Parti et son Armée de libération, qui devaient renaître 60 ans plus tard sous direction de Fidel, qui s’était inspiré des enseignements de Marti. Nous ne permettrons jamais que cette histoire se répète.

Il n’est pas dans mon intention dans cette intervention de m’arrêter sur l’évolution historique du terme Démocratie, depuis sa conceptualisation dans la Grèce antique comme le « pouvoir du peuple », même si la majorité esclave ne comptait pour rien. Je ne veux pas non plus philosopher sur l’actualité et l’utilité de ladite démocratie représentative. Il est de notoriété publique qu’elle a débouché invariablement sur une concentration du pouvoir politique entre les mains de la classe détentrice de l’hégémonie économique et financière de chaque pays, où les majorités ne sont pas prises en considération non plus, et, lorsqu’elles manifestent, comme elles le font aujourd’hui même dans de nombreux endroits, elles sont brutalement réprimées et passées sous silence avec la complicité de la grande presse à son service, elle aussi transnationalisée.

Le meilleur argument nous est fourni par la démocratie étasunienne, qui prétend s’imposer au monde comme modèle, où le pouvoir alterne entre le Parti républicain et le Parti démocrate, à quelques différences près, pour défendre les intérêts du même grand capital auquel ils sont subordonnés.

Prenez, pour ne citer que quelques exemples, la Base navale de Guantanamo, un territoire que les États-Unis occupent contre la volonté du peuple cubain depuis plus de 100 ans. Indépendamment du parti au pouvoir dans ce pays qui ne cesse de prôner la défense des droits de l’Homme – et malgré les promesses de son actuel président – une prison est maintenue depuis dix ans, où à l’heure actuelle, dans un limbe juridique, plus de 170 ressortissants étrangers sont soumis à des tortures et à des vexations.

Le deuxième exemple est l’invasion de Playa Giron, qui avait été conçue et planifiée par un président républicain, Eisenhower, et mise en exécution par John Kennedy, un président démocrate, trois mois à peine après sa prise de fonction ; et finalement, le blocus économique qui dure depuis plus d’un demi-siècle, peu importe s’il y a un républicain ou un démocrate à la Maison-Blanche.

Ceci dit, sans le moindre mépris pour les pays ayant des systèmes pluripartistes, et dans le strict respect du principe de libre autodétermination et de non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres États, consacré par la Charte des Nations unies, à Cuba, partant de ses expériences dans la longue histoire des luttes pour l’indépendance et la souveraineté nationale, nous défendons le système du parti unique face au jeu de la démagogie et du mercantilisme de la politique.

Si nous avons choisi, souverainement et avec la participation et le soutien du peuple, de poursuivre l’option du parti unique de José Marti, nous devons promouvoir la plus grande démocratie dans notre société en commençant par donner l’exemple dans les rangs du Parti, pour instaurer un climat de totale confiance et créer les conditions nécessaires à tous les niveaux pour un vaste et franc échange d’opinions, aussi bien au sein de l’organisation qu’en ce qui concerne ses liens avec les travailleurs et la population, en faisant en sorte que les divergences soient accueillies avec normalité et respect, y compris par les médias, dont il est question à plusieurs reprises dans les Objectifs de cette conférence, et qui devront s’impliquer avec responsabilité et faisant preuve de leur devoir de stricte véracité devant les faits, et non pas dans le style bourgeois plein de sensationnalismes et de mensonges, mais en abordant les questions en toute objectivité et sans secrétisme inutile.

À cette fin, il nous faut encourager le professionnalisme parmi les travailleurs de la presse, une tâche dans laquelle nous pouvons compter sur le soutien de l’Union des journalistes de Cuba (UPEC), des médias et des organismes et institutions qui se doivent de leur fournir des informations dignes de foi et opportunes pour, entre tous, avec patience et une unité de critères, perfectionner et améliorer constamment l’efficacité des messages et des instructions à nos compatriotes.

Par ailleurs, la construction d’une société plus démocratique contribuera également à en finir avec les comportements opportunistes et la simulation, nés d’une fausse unanimité et du formalisme, au moment d’aborder certaines situations de la vie nationale.

Il est nécessaire de nous habituer à nous dire toutes les vérités en face, à nous regarder dans les yeux, à émettre des avis différents, y compris de contester ce que disent les chefs lorsque nous estimons avoir raison, comme il se doit, à l’endroit approprié, au moment opportun et d’une manière correcte, c’est-à-dire dans les réunions et pas dans les couloirs. Nous ne devons pas craindre de nous attirer des problèmes lorsque nous défendons nos idées, et nous devons combattre énergiquement le travail mal fait.

Nous avons souvent dit, et ceci a également été consigné dans le Rapport central du 6e Congrès, que la seule chose qui pourrait entraîner la chute de la Révolution et du Socialisme à Cuba est que nous soyons incapables de corriger les erreurs commises pendant les plus de 50 ans écoulés depuis le 1er janvier 1959, ainsi que les nouvelles erreurs que nous pourrions commettre à l’avenir.

Il n’a jamais existé et il n’existera pas de révolution sans erreurs, parce qu’elles sont l’œuvre des hommes et des peuples, qui ne sont pas parfaits, et qui sont confrontés, pour la première fois, à des défis nouveaux et énormes. C’est pourquoi je pense qu’il ne faut pas avoir honte des erreurs. Le plus grave et honteux serait de ne pas avoir le courage de les reconnaître et d’en tirer les leçons pour les corriger à temps.

À cet égard, en raison de leur permanente actualité, il est opportun de rappeler les paroles prononcées par le camarade Fidel, le 28 septembre 1986, lors de la clôture du 3e Congrès des Comités de défense de la Révolution (CDR), lorsqu’il signalait : « La lutte contre les tendances négatives et les erreurs commises continuera indéfectiblement, car il est de notre devoir sacré de perfectionner tout ce que nous faisons, de perfectionner la Révolution. Nous avons le devoir sacré de ne jamais être satisfaits, même lorsque nous croyons bien faire, et de l’être encore moins quand nous savons que les choses ne sont pas faites comme elles le devraient ».

La génération qui a fait la Révolution a eu le privilège historique, rarement vu, de pouvoir conduire la rectification des erreurs commises par elle-même, ce qui est une preuve éloquente que ces erreurs n’ont pas eu de répercussions stratégiques, autrement nous ne serions pas ici aujourd’hui. Nous ne pouvons pas, même si nous ne sommes plus aussi jeunes, laisser passer cette dernière chance.

Je me vois donc dans le devoir d’adresser, une fois de plus, une mise en garde afin que nous évitions de tomber dans l’illusion de croire que les décisions adoptées par cette Conférence nationale, où même les accords de portée stratégique adoptés par le 6e Congrès constituent, la solution magique à tous nos problèmes.

Pour empêcher que les instructions du Parti et du Bureau politique ne tombent dans un sac troué, et comme nous l’avons souligné en ce qui concerne l’actualisation du modèle économique et l’exécution des plans annuels et du budget, les plénums du Comité central devront analyser deux fois par an l’application des Objectifs de travail du Parti fixés par cette Conférence. Les comités provinciaux et municipaux du Parti auront également ce genre de réunions, dont la forme et la fréquence seront établies par le Comité central.

L’expérience nous a appris que ce qui n’est pas contrôlé efficacement, ne s’accomplit pas ou s’exécute superficiellement.

Il s’impose de travailler et de persévérer avec ordre, discipline et rigueur pour matérialiser les Orientations de la politique économique et sociale, de même que les Objectifs fixés par cette Conférence, de lâcher derrière nous le lest de la vieille mentalité et forger, avec une dynamique transformatrice et beaucoup de sensibilité politique, la vision pour le présent et l’avenir de la patrie, sans abandonner un seul instant le legs de José Marti et la doctrine du marxisme-léninisme, qui constituent le principal fondement idéologique de notre processus révolutionnaire.

Pour réussir dans cette voie, il est indispensable, comme le souligne l’objectif Nº 37, de « renforcer l’unité nationale autour du Parti et de la Révolution, resserrer le lien permanent avec les masses et consolider la conviction de préserver la nation cubaine et ses conquêtes économiques et sociales, sur la base selon laquelle la Patrie, la Révolution et le Socialisme sont indissolublement liés ».

Ceci dit, l’important de la question n’est pas d’avoir formulé correctement cet objectif ou tout autre, mais de savoir déterminer les voies et les manières de les mettre en pratique, avec la plus grande fermeté, de sorte que nous puissions évaluer intégralement combien et comment nous avançons, détecter à temps les tendances négatives et être capables de mobiliser les militants et le peuple dans la poursuite de notre objectif.

Cette règle est tout aussi applicable aux énoncés liés à la Politique des cadres, un domaine qui, comme il est précisé dans le Rapport central du 6e Congrès, a subi les effets de l’improvisation et du manque de prévision et de systématicité, qui a laissé comme séquelle le fait que nous ne disposons pas encore d’une réserve de remplaçants expérimentés et mûrs, suffisamment préparés pour occuper les postes de direction complexes au niveau du Parti, de l’État et du gouvernement, une tâche qui, pour des raisons évidentes, que tout le monde comprendra, revêt une importance stratégique pour la Révolution et à laquelle nous travaillons sans hâte mais sans pause, dans le cadre de la mise en exécution des accords du Congrès.

Je profite de l’occasion pour réitérer que dans la mesure où nous avançons dans la définition de tous les ajustements qu’il faudra apporter à la Constitution de la République et au cadre législatif complémentaire, entre autres questions, nous prendrons la décision de limiter les principales fonctions politiques et publiques à un maximum de deux mandats successifs de cinq ans. À cet égard, j’estime qu’une fois les politiques définies et adoptées par les instances pertinentes, nous pourrons commencer une application progressive, sans attendre la réforme constitutionnelle, car nous ne pouvons pas utiliser ce recours à tout moment ; autrement dit, aller modifier quelque chose dans la Constitution, que ce soit à travers le propre Parlement, sans qu’il faille en appeler au référendum. Les statuts et d’autres documents recteurs du Parti seront également sujets à modification.

En abordant ces questions, je ne puis m’empêcher de souligner l’importance d’assurer que l’autorité morale du Parti, de ses militants et en particulier des dirigeants, à tous les niveaux, soit basée sur l’exemple personnel à partir de valeurs éthiques, politiques et idéologiques prouvées et un contact permanent avec les masses.

La Révolution des humbles, par les humbles et pour les humbles qui a coûté tant de sang à notre peuple courageux cesserait d’exister sans que l’ennemi ait à tirer un seul coup de feu si sa direction tombait un jour aux mains d’individus corrompus et lâches.

Il faut toujours garder à l’esprit ces concepts, qui ne sont pas nouveaux, en raison du mal réel et potentiel que représente pour le présent et l’avenir de la nation le phénomène de la corruption.

Ces dernières semaines, les députés de l’Assemblée nationale et de nombreux cadres et fonctionnaires de tout le pays ont reçu une vaste information sur certaines des enquêtes menées par les organes pertinents du ministère de l’Intérieur, en étroite collaboration avec le ministère Public et la Cour des comptes de la République.

Une fois que les tribunaux auront rendu leurs décisions, toute notre population sera largement informée sur ces faits.

Il n’y a pas longtemps, dans mon discours de clôture des sessions du Parlement en décembre dernier, j’ai exprimé ma conviction que la corruption, à l’étape actuelle, est l’un des principaux ennemis de la Révolution, qui fait bien plus de dégâts que le multimillionnaire programme subversif et d’ingérence du gouvernement des États-Unis et de leurs alliés à l’intérieur et à l’extérieur du pays. J’ai aussi souligné que, dorénavant, nous ne permettrons pas les actions que nous livrons contre le délit soient éphémères, comme il est arrivé autrefois.

Heureusement, et sans vouloir minimiser l’importance de ce mal généralisé sur la planète, j’estime que notre pays est à même de gagner la bataille contre la corruption, d’abord en la freinant et ensuite en la liquidant sans ménagements d’aucune sorte. Nous avons déjà averti que dans le cadre de la loi nous serons implacables avec le phénomène de la corruption.

Il est souvent arrivé que certaines des personnes impliquées dans des cas de corruption soient des militants du Parti, ce qui en dit long sur la duplicité de ces gens qui ont profité de leur condition pour se hisser à des positions dans les structures de direction, manquant de manière flagrante à leurs devoirs de militant communiste établis dans les Statuts.

C’est pourquoi, sans attendre la révision en cours dans le cadre de l’actualisation des documents recteurs du Parti, le 3e Plénum du Comité central qui s’est tenu en décembre, a précisé que la sanction ne peut être autre que l’expulsion des rangs du Parti, indépendamment de la responsabilité administrative ou pénale qui correspond, car jusqu’à présent cette mesure – l’expulsion – était exceptionnelle et était réservée aux cas le trahison à la Patrie et aux délits graves.

Nous n’avons aucun doute que l’immense majorité des citoyens et cadres de direction sont des gens honnêtes, mais nous savons que ce n’est pas suffisant. Il ne suffit pas d’être honnête, et de le paraître, il faut se battre et faire face, passer de la parole à l’action.

Il est vrai qu’il y a longtemps que le Parti livre un combat contre ce fléau ; mais le Parti allait d’un côté et le gouvernement de l’autre. Pour assurer le succès, il faut que le Parti assume définitivement la direction du processus, ce qui ne veut pas dire, loin s’en faut, qu’il pourra suppléer aux fonctions qui incombent à chaque institution.

En premier lieu, le Parti exigera à tous des responsabilités pour l’accomplissement de leurs obligations, sans intervenir dans l’administration ; mais il pourra attirer l’attention, mettre en garde et combattre, au niveau de la cellule, de la municipalité, et penser et repenser à la manière de mobiliser l’ensemble des forces à cette fin. Chaque fois que nous agirons de la sorte, nous pourrons confirmer que la corrélation des forces nous favorise à tous égards dans nos efforts pour vaincre la corruption. Une grande importance doit être accordée à l’organisation et à la constance de cette lutte.

Par ailleurs, il ne s’agit pas d’une fonction exclusive des militants, c’est aussi le devoir de chaque citoyenne et de chaque citoyen, militant du Parti ou non, qui se préoccupe de son pays.

Il serait bon de reprendre, en raison de leur actualité, des concepts qui avaient été définis en 1973, il y a presque 40 ans, dans le cadre des travaux préparatoires du 1er Congrès.

Le Parti doit être capable de diriger l’État et le gouvernement, de contrôler leur fonctionnement et l’application des orientations fixées, d’encourager, d’impulser et de contribuer à un meilleur travail des organes de gouvernement, mais en aucun cas les remplacer. Il les dirige à travers le contrôle, et ce terme doit être entendu comme vérifier, examiner et réviser, et jamais comme intervenir ou commander.

Même si cela ne figure pas dans le texte, c’est dans la pensée de tous, de toute la masse des militants : cette fâcheuse manie de commander doit cesser définitivement dans le Parti. Sa force est morale et non juridique, c’est pourquoi il faut avoir de l’autorité morale pour diriger le Parti et éduquer les masses dans cet esprit. C’est la force morale !

Le Parti dirige en veillant à ce que ses directives, de même que celles de l’État et du gouvernement, soient exécutées correctement et par ceux qui en ont la responsabilité.

Le Parti contrôle à travers ses structures et tous ses militants, de haut en bas et vice-versa, ce qui ne remet pas en cause le contrôle que doit exercer le gouvernement sur l’activité administrative qui lui incombe.

Le contrôle est simultané mais ne suppose aucune interférence. Dans une entreprise de production ou de services, le contrôle est exercé par l’administration de l’entreprise, par ses échelons supérieurs et par les organismes d’État ou gouvernementaux selon le cas, que ce soit la Cour des comptes, le Ministère public, les banques, les bureaux de l’administration fiscale, etc.

Les organisations de base du Parti exercent leur contrôle à travers leurs militants, qu’il s’agisse de simples travailleurs ou des dirigeants, en prêchant par l’exemple, d’où émane leur autorité. L’administration doit se conformer strictement au respect des normes juridiques en vigueur, sans cesser de transmettre aux organismes politiques supérieurs l’information pertinente. Le Parti veille à ce que les plans économiques et le budget soient conçus correctement et, une fois approuvés par le gouvernement et le Parlement, ils soient exécutés rigoureusement.

Il y a longtemps que ces concepts sont bien clairs, ils datent du 1er Congrès ; mais depuis nous avons oublié ces résolutions, ces accords, ce magnifique congrès et ils dorment dans les tiroirs. C’est pourquoi, presque un demi-siècle plus tard, il nous faut dépoussiérer les papiers que nous avons rédigés il y a quarante ans, parce que nous nous sommes consacrés à d’autres choses, pour une raison ou l’autre. C’est pourquoi nous défendons tellement le rôle de nos institutions et le fait que chacun fasse ce qui lui revient, sans interférer avec les tâches des autres, mais plutôt en nous soutenant mutuellement. Ces concepts ont été mis à jour, si bien qu’il s’impose, depuis la base, c’est-à-dire au niveau de la cellule même du Parti ou du Comité de base des Jeunesses, d’éduquer les militants dans ces principes et sur la procédure à suivre : chacun dans le cadre où il exerce ses activités ; comment appliquer les orientations adoptées par les Congrès ou la Conférences, comme dans ce cas, autrement dit inculquer ces principes aux militants pour qu’ils les intègrent à leurs actions. Point n’est besoin d’être philosophe !

C’est ce que nous devons enseigner, tout simplement, et les éduquer petit à petit lors des réunions, des stages ou quoi que ce soit, afin qu’ils sachent quelle est leur fonction, leur rôle ; mais pour exercer ce rôle il faut une force morale dans tous les sens. Je vous disais que, selon ma modeste opinion – cette question a été largement débattue hier par les commissions –, voilà l’aspect essentiel de ce que nous appelons le travail idéologique, et non pas les slogans vides et les phrases toutes faites.

Avant de conclure, j’estime nécessaire de dénoncer une fois de plus les brutales campagnes anticubaines incitées par le gouvernement des États-Unis et certains autres gouvernements traditionnellement engagés dans la subversion contre notre pays, avec la complicité de la grande presse occidentale et la collaboration de leurs salariés dans l’île, dans le but de discréditer la Révolution, de justifier l’hostilité et le blocus exercé contre la population cubaine, et de créer une cinquième colonne qui travaille à faciliter les plans visant à nous priver de notre indépendance et de notre souveraineté nationale.

Comme le souligne l’éditorial du quotidien Granma du lundi 23, les faits valent plus que mille mots. Les campagnes anticubaines n’entameront ni la Révolution cubaine, ni son peuple, qui continuera de perfectionner son socialisme. L’histoire démontrera une nouvelle fois que le mensonge, même répété, ne deviendra jamais une vérité, car comme l’a dit notre héros national José Marti, « un principe juste du fond d’une grotte est plus puissant qu’une armée ».

Camarades :

En moins d’une année nous avons tenu deux événements du Parti. Cette 1ère Conférence, et surtout le 6e Congrès, avec des accords transcendants pour le présent et l’avenir de la Révolution et du Socialisme à Cuba. La voie a été tracée. Avançons avec la même décision, le même courage, et la sérénité, la même fermeté idéologique dont on fait preuve en plus de 13 ans d’injuste incarcération nos Cinq Héros, pour la liberté desquels nous ne cesserons jamais de lutter, et auxquels nous adressons les salutations fraternelles des communistes et de tout le peuple cubain.

 

Merci beaucoup (Applaudissements).

 

URL de cet article 15771

http://www.legrandsoir.info/nous-devons-promouvoir-la-plus-grande-democratie-dans-notre-societe-en-commencant-par-notre-propre-parti.html

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:10

La Polex communique : Réunion d’information et de solidarité organisée par les communistes grecs à Paris le 10 février 2012 à 19h30 à la Maison des Syndicats, 23 quai Saint-Bernard, Paris 5e

sur le blog de Jean Lévy

COMMUNIQUE de la POLEX : 

    

Un message de la part des camarades grecs à Paris :

 

Nous organisons vendredi prochain le 10/2 une réunion d'information et de solidarité aux grévistes d'une acierie de la région d'Athènes, qui s'appelle "Acierie Grecque". La grève dure maintenant depuis 100 jours et les grévistes sont motivés pour arriver jusqu'au bout. Les revendications: refuser la proposition du patronat de garder l'emploi moyennant une baisse du temps de travail et du salaire; reprise de salariés qui ont été licenciés.


Une grande vague de solidarité a été déployée en Grèce et partout dans le monde grâce au soutien du PAME.

Par exemple: concert devant l'acierie avec les premiers noms de la chanson grecque le 19/11; noël des enfants avec cadeaux et livres payés avec la solidarité d'ouvriers d'autres usines (même 2-3 euros chacun) et de la librairie du parti; grève à Athènes organisé par le PAME le 17 janvier.

Réunions dans les grandes villes d'Allemagne, en Scandinavie. Manifestation au consulat grec à Houston aux USA par des syndicalistes américains.


Notre réunion a pour but de parler de l'acierie et de là, parler de la politique en Grèce et en Europe. Nous aimerions qu'il y ait à la fin une résolution de soutien, voire un soutien symbolique (même de quelques euros).


La réunion se tiendra exprès en français, le vendredi soir 10/2 à 19h30, à la maison des Syndicats à Jussieu (attention: bâtiment préfabriqué sur le Quai Saint Bernard à côté de l'Institut du Monde Arabe).

 

Chers amis du collectif Polex,


Je vous contacte de la part des communistes grecs à Paris.

Nous organisons vendredi prochain le 10/2 une réunion d'information et desolidarité aux grévistes d'une acierie de la région d'Athènes, qui s'appelle "Acierie Grecque". 

La grève dure maintenant depuis 100 jours et les grévistes sont motivés pour arriver jusqu'au bout. Les revendications: refuser la proposition du patronat de garder l'emploi moyennant une baiss du temps de travail et du salaire; reprise de salariés qui ont été licenciés.


Une grande vague de solidarité a été déployée en Grèce et partout dans le monde grâce au soutien du PAME. Par exemple: concert devant l'acierie avec les premiers noms de la chanson grecque le 19/11; noël des enfants avec cadeaux et livres payés avec la solidarité d'ouvriers d'autres usines (même 2-3 euros chacun) et de la librairie du parti; grève à Athènes organisé par le PAME le 17 janvier. Réunions dans les grandes villes d'Allemagne, en Scandinavie. Manifestation au consulat grec à Houston aux USA par des syndicalistes américains.

Notre réunion a pour but de parler de l'acierie et de là, parler de la politique en Grèce et en Europe. Nous aimerions qu'il y ait à la fin une résolution de soutien, voire un soutien symbolique (même de quelques euros).


La réunion se tiendra exprès en français, le vendredi soir 10/2 à 19h30, à la maison des Syndicats à Jussieu (attention: bâtiment préfabriqué sur le Quai Saint Bernard à côté de l'Institut du Monde Arabe).


Je vous remercie par avance,


Procope
06.18.80.52.26            

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:09

Nous avons reçu cela du CADTM :

Presque deux ans après le début du traitement de choc imposé par la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le Fonds monétaire international à la Grèce, son bilan est catastrophique, révoltant et inhumain.

Tout d’abord, même les inspirateurs de ces politiques admettent maintenant ouvertement non seulement leur échec patent, mais aussi que leurs recettes étaient dès le début totalement erronées, irréalistes, inefficaces et même contre-productives. En voici une illustration qui concerne non pas une question secondaire mais le cœur du problème, la dette publique grecque elle-même. Selon tous les responsables du désastre grec, si leurs politiques (d’austérité plus que draconienne) s’avéraient efficaces à 100%, ce qui est d’ailleurs totalement illusoire, la dette publique grecque serait ramenée en 2020 à 120% de PIB national, c’est-à-dire au taux qui était le sien … en 2009 quand tout ce jeu de massacre a commencé ! En somme, ce qu’ils nous disent maintenant cyniquement, c’est qu’ils ont détruit toute une société européenne… absolument pour rien

Mais, comme si tout cela ne suffisait pas, ils persistent à imposer aux Grecs – mais aussi pratiquement à tout le monde – exactement les mêmes politiques qu’eux-mêmes admettent qu’elles ont échoué. C’est ainsi qu’on est désormais en Grèce au septième « Mémorandum » d’austérité et de destruction de services publics, après que les six premiers ont fait preuve d’une totale inefficacité ! On assiste au Portugal, en Irlande, en Italie, en Espagne et un peu partout en Europe à l’application de ces mêmes plans d’austérité draconienne qui aboutissent partout au même résultat, c’est-à-dire enfoncer les économies et les populations dans une récession et un marasme toujours plus profonds.

En réalité, des expressions telles que « austérité draconienne » sont absolument insuffisantes pour décrire ce qui est en train de se passer en Grèce.


Les salaires et les retraites sont amputés de 50% ou même, dans certains cas, de 70 %. La malnutrition fait des ravages parmi les enfants de l’école primaire, la faim fait son apparition surtout dans les grandes villes du pays dont le centre est désormais occupé par des dizaines des milliers des SDF misérables, affamés et en haillons. Le chômage atteint désormais 20 % de la population et 45 % des jeunes (49,5 % pour les jeunes femmes). Les services publics sont liquidés ou privatisés avec comme conséquence que les lits d’hôpitaux sont réduits (par décision gouvernementale) de 40 %, qu’il faut payer très cher même pour accoucher, qu’il n’y a plus dans les hôpitaux publics des pansements ou des médicaments de base comme des aspirines. L’Etat grec n’est toujours pas capable, en janvier 2012 !, de fournir aux élèves les livres de l’année scolaire commencée en septembre passé. Des dizaines de milliers de citoyens grecs handicapés, infirmes ou souffrants des maladies rares se voient condamnés à une mort certaine et à brève échéance après que l’Etat grec leur a coupé les subsides et les médicaments. Le nombre de tentatives de suicide s’accroît à une vitesse hallucinante, comme d’ailleurs celui des séropositifs et des toxicomanes abandonnés désormais à leur sort par les autorités. Des millions de femmes grecques se voient maintenant chargées des tâches normalement assumées par l’Etat à travers ses services publics quand ceux-ci n’étaient pas encore démantelés ou privatisés par les politiques d’austérité. La conséquence en est un véritable calvaire pour ces femmes grecques : non seulement elles sont les premières à être licenciées et sont contraintes d’assumer les tâches des services publics en travaillant de plus en plus gratuitement à la maison, mais elles sont aussi directement visées par la réapparition de l’oppression patriarcale qui sert d’alibi idéologique au retour forcé des femmes au foyer familial.

On pourrait continuer presque à l’infini cette description de la déchéance de la population grecque. Mais, même en se limitant à ce qu’on vient de dire, on constate qu’on se trouve devant une situation sociale qui correspond parfaitement à la définition de l’état de nécessité ou de danger reconnu depuis longtemps par le droit international. Et ce même droit international oblige expressément les Etats à donner la priorité à la satisfaction des besoins élémentaires de ses citoyens et non pas au remboursement de ses dettes.

Comme le souligne la Commission du droit international de l’ONU à propos de l’état de nécessité : « On ne peut attendre d’un État qu’il ferme ses écoles et ses universités et ses tribunaux, qu’il abandonne les services publics de telle sorte qu’il livre sa communauté au chaos et à l’anarchie simplement pour ainsi disposer de l’argent pour rembourser ses créanciers étrangers ou nationaux. Il y a des limites à ce qu’on peut raisonnablement attendre d’un État, de la même façon que pour un individu. »

Notre position, partagée par des millions de Grecs, est claire et nette et se résume au respect du droit international. Les Grecs ne doivent pas payer une dette qui n’est pas la leur pour plusieurs raisons.

Primo, parce que l’ONU et les conventions internationales -signées par leur pays mais aussi par les pays de leurs créanciers- intiment à l’Etat grec de satisfaire en toute priorité non pas ses créanciers mais plutôt ses obligations envers ses nationaux et les étrangers qui se trouvent sous sa juridiction.

Secundo, parce que cette dette publique grecque, ou au moins une part très importante, semble réunir tout les attributs d’une dette odieuse, et en tout cas illégitime, que le droit international intime de ne pas rembourser. C’est d’ailleurs pourquoi il faudrait tout faire non pas pour empêcher (comme l’Etat grec le fait maintenant) mais plutôt pour faciliter la tache de la Campagne grecque pour l’audit citoyen de cette dette afin d’identifier sa part illégitime

Notre conclusion est catégorique : la tragédie grecque n’est ni fatale ni insoluble. La solution existe et la répudiation, l’annulation et le non paiement de la dette publique grecque en font partie en tant que premier pas dans la bonne direction. C’est-à-dire, vers le salut de tout un peuple européen menacé par une catastrophe humanitaire sans précédent en temps de paix…

CADTM

 


Halte aux crimes de la troika UE/BCE/FMI Merkel-Sarkozy contre le peuple grec : des expressions telles que « austérité draconienne » sont absolument insuffisantes pour décrire ce qui est en train de se passer en Grèce.
Et quel manque de courage du PASOK d’avoir capitulé, de n’avoir pas fait de referendum, de n’avoir pas sauvé son peuple, d’avoir fait alliance avec l’extrême droite et la droite pour livrer le peuple grec à ses bourreaux banksters

 

Publié sur http://www.filoche.net/2012/02/05/1916/

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Published by Vendémiaire - dans Europe
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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:08

 jeudi 9 février 2012

De : espoir chiapas

 

Le 7 février, la lutte des peuples indigènes du Panama a été marquée par la mort d’un adolescent de 16 ans qui devient ainsi la deuxième victime des protestions de l’ethnie Ngäbe buglé.

 

PROTESTATION CONTRE LES MINES Les Panaméens luttent depuis plus d’une semaine contre les projets hydroélectriques. Les indigènes exigent au Parlement d’inclure dans la loi qui restreint les activités des mines, une interdiction de construire des centrales hydroélectriques. Ils considèrent qu’elles ont le même effet dévastateur sur les ressources naturelles que l’exploitation des minéraux. Ainsi ils exigent que la loi que discute actuellement le parlement, inclue l’interdiction des activités minières et l’exploitation des ressources hydriques.

Le gouvernement assure que ces projets sont d’une importance vitale pour garantir l’approvisionnement en énergie électrique à la population et réduire la dépendance au pétrole. Le gouvernement panaméen s’oppose à l’exigence indigène d’interdire les centrales et considère qu’un accord obtenu en février 2011, lors d’un soulèvement similaire avec ce même groupe, signé par les deux camps, avait pacté la protection des ressources hydriques mais en aucun cas le véto à son exploitation.

 

MANIFESTATIONS GENERALISEES

La situation dans le pays parait chaotique dans de nombreuses régions. Dans la province de Chiriqui, ils ont brulé des postes de polices, une maison de correction et le centre des pompiers. On compte plus d’une centaine de détenus et 70 blessés certains par armes à feu. Ils ont également fermé durant 5 jours la vitale route panaméricaine.

Dans la capitale diverses manifestations ont eu lieu dans différents quartiers, les extérieurs du siège de l’assemblée Nationale a été le principal scénario des manifestations dans la capitale, les cours académiques et les tâches administratives sont suspendues.

Le gouvernement a lancé une offensive forte contre les indigènes, le ministre de la sécurité a admit qu’il avait ordonné de suspendre les services de téléphonie mobile dans la zone frontalière, épicentre du conflit, pour "des raisons de sécurité d’état".

Les heurts entre force de l’ordre et manifestants ont commencé ce dimanche lorsque les agents anti émeutes ont dégagé un tronçon de la route panaméricaine bloquée par les indigènes depuis le 30 janvier.

 

SOUTIEN MONDIAL

Au Guatemala, des dizaines de paysans ont manifesté face à l’ambassade du Panama. « Nous rejetons les pratiques du gouvernement Panaméen contre nos frères du peuple Ngäbe Buglé qui exigent le respect de leur droit" a dit un responsable de la coordination indigène maya Waqib’kej, organisatrice de la manifestation.

De l’autre côté, les indigènes du Costa Rica ont annoncé lundi à San José, que ce mercredi ils célébreront une manifestation en solidarité avec l’ethnie voisine face à l’ambassade du Panama.

Le duo de puerto rico Calle 13 s’est également solidarisé avec la lutte et a demandé du soutien.

 

DIALOGUE Aujourd’hui même, a commencé dans le même temps le dialogue avec le gouvernement, avec la médiation de l’église. Jusqu’à maintenant les indigènes avaient dit qu’ils ne dialogueraient que si les forces de sécurité mettaient fin à la répression contre les indigènes et ordonnaient le retrait des effectifs de police. Ils exigeaient également la libération de 40 manifestants.

Cette crise a révélé un fossé social au Panama, le pays d’Amérique Latine avec la plus grande croissance économique de 10.5%. Plus de 80% de la population admire la cause indigéniste. Plus de 6 ethnies et syndicats ont appuyé le mouvement. Les Ngöbe-Buglé, sont dans leur majorité des journaliers, collecteurs de cafés, plantes et bananes dans des grandes propriétés privées.

 

Video (es) : http://espoirchiapas.blogspot.com/2012/02/videos-de-la-lucha-en-panama.html

Plus d’ information  http://espoirchiapas.blogspot.com/

http://91.68.209.12/bmi/bellaciao.org/images/rien.gif

http://bellaciao.org/fr/spip.php?page=article_txt&id_article=125174

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