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Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 10:59

L’ancien président du Liberia a travaillé pour la CIA

jeudi 26 janvier 2012 / par Frederic Schneider

 

Charles McArthur Ghankay Taylor, ex-chef d’Etat du Liberia, a travaillé comme agent de renseignement pour les services secrets américains. Arrivé au pouvoir en 1997, il est contraint de le quitter en 2003 suite à un mandat d’arrêt international émis à son encontre par la Sierra Leone.

L’ancien président du Liberia, Charles McArthur Ghankay Taylor, au pouvoir de 1997 à 2003, a été agent de renseignement pour les services secrets américains. La collaboration entre l’ancien président libérien, tristement célèbre, et les renseignements américains a été confirmée par la Defense Intelligence Agency (DIA), branche espionnage du Pentagone. Le service de renseignement affirme que ses agents et ceux de la CIA ont travaillé avec Charles Taylor à partir des années 1980. L’information a été confirmée officiellement en vertu de la loi sur la liberté d’information aux Etats-Unis, suite à une enquête du Boston Globe menée depuis près de six ans.

Mais l’ampleur et la durée de cette collusion reste obscure. La DIA qui invoque un « risque pour la sécurité nationale » ne lève qu’une partie du voile. Des dizaines de rapports secrets, au moins 48 documents couvrant plusieurs décennies, relatifs aux informations transmises par Charles Taylor sont restés secret.

Une source riche d’enseignement ?

Des anciens fonctionnaires du renseignement, sous couvert de l’anonymat, ainsi que des spécialistes du sujet, dont Douglas Farah, expliquent que Charles Taylor a pu servir d’informateur sur Mouammar Kadhafi, à une époque où il est accusé de parrainer des actes terroristes, dont l’attentat de Lockerbie contre le Boeing de la Pan Am en 1988. L’ancien chef de guerre aurait aussi servi à la collecte d’informations sur le trafic d’armes dans la région ainsi que sur les activités de l’Union Soviétique, tout en assurant la protection des entreprises américaines, rapporte le Boston Globe.

Cette révélation redonne de la crédibilité à certaines allégations proférées à son encontre. Prince Johnson, ancien allié de Charles Taylor, rallié à la présidente libérienne en exercice, Ellen Johnson-Sirleaf, a déclaré en 2008 à une commission gouvernementale au Liberia que les renseignements américains auraient encouragé l’ancien chef de guerre à renverser le gouvernement de l’époque, tombé en disgrâce aux yeux de Washington. Cela relance les affirmations de l’ancien président exprimées pendant une audience du tribunal de La Haye. « Racontant son évasion ou plutôt sa libération de la prison de Plymouth en 1985, il avait expliqué qu’un garde était venu ouvrir la porte de sa cellule. A la sortie, deux agents américains l’attendaient et l’ont conduit à New York d’où il s’est envolé pour Mexico » rapporte RFI. Il était incarcéré pour avoir détourné près de 900 000 dollars.

Cette alliance avec le Pentagone et la CIA ne l’a pas empêché de se faire renverser par une rébellion soutenue par l’administration Bush en 2003.

Charles Taylor a été inculpé de crimes de guerre et crime contre l’humanité par le tribunal spécial pour la Sierra Leone en 2003. Il est poursuivi pour 17 chefs d’inculpations et notamment pour extermination, assassinats, viols, esclavage sexuel et conscription d’enfants soldats. Il est actuellement incarcéré à la Haye, en attente de jugement.

 

Lire aussi :

Charles Taylor : portrait d’un chef de guerre déchu

 

Publié par Afrik.com http://www.afrik.com/article24635.html

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Published by Vendémiaire - dans Afrique noire
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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 10:57

aaa logo Drapeau VÇa y est ! La télé-réalité a atteint ses sommets avec la programmation simultanée par les services de l'Elysée (qui a choisit le calibrage de l'entretien, les intervieweurs, la date...) de l'émission sur neuf chaînes TV "publiques" et privées. Les téléspectateurs, on ainsi pu suivre un spectacle saisissant.

 

En dépit de son dernier engagement (comme les précédents, non tenu), le président de la République, réduit au titre de gouverneur du Sarkolander d'Europe fédérale d'Allemagne, annonce un troisième plan de rigueur : augmentation de la TVA, remise en cause de la réduction du temps de travail et baisse masquée des salaires... Le chef de l'Etat (où est-il ?) ne gouverne plus rien et se couche devant un traité européen d'austérité et les agences de notation, broyant ainsi toute recherche d’Europe sociale.

 

En récompense de cette loyauté, la chancelière Angela Merkel, de retour du forum économique de Davos où elle a représenté l'UE, viendra apporter un petit coup de pouce au candidat UMP lors de meetings communs et consacrer la Saint-Alliance, véritable capitulation face aux marchés financiers, à la concurrence libre et non faussée et au capitalisme globalisé.

 

C'est sans compter sur le peuple de France et son esprit de résistance qui s'est fait entendre encore récemment dans les manifs en faveur de la retraite à 60 ans, contre le TCE par référendum en 2005, contre le SMIC-jeunes (CPE) de Villepin en 2006, le plan Juppé en 1995, et au cours des années sombres contre l'extrême-droite xénophobe.

 

Aujourd'hui dans les assemblées citoyennes et les meetings du Front de Gauche, elles-ils sont très nombreux-ses et mobilisé-e-s autour du candidat Jean-Luc Mélenchon afin de construire le rassemblement nécessaire en faveur d'une politique de croissance, de répartition des richesses, des pouvoirs et des savoirs, de justice sociale et de fraternité; et d'un autre type de développement humain et environnemental pour une société plus juste et plus humaine.

 

1789, 1848, 1870, 1936, 1945, 1968...Héritier d'une longue histoire révolutionnaire, démocratique et sociale, à l'heure où l'on célèbre Jean-Jacques Rousseau, ce peuple se fera entendre une nouvelle fois. Alors, place au peuple ! 

 

Pierre Chaillan, le 30/01/2012.

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 10:54

aaa logo Drapeau VL’ouvrage de Bruno Fuligni « La France rouge » est d’un intérêt évident, par sa facture, par l’intérêt historique des fac-similés produits dont certains très inattendus (poème de Louise Michel, tract de l’organisation communiste de Buchenwald, lettre de Jean Llante relatif au portrait de Staline par Picasso et que j’ai bien connu, etc…). Livre chargé d’émotion aussi pour un lecteur qui a milité cinquante ans au P.C.F. La gageure était de taille que d’entreprendre une histoire de la France du XXème siècle à travers celle du P.C.F et plus particulièrement de ses seules archives, certainement plus périlleuse que de rédiger un simple traité d’histoire quant à l’objectivité de l’entreprise.

  Et c’est là précisément que le bât blesse. Sérieusement même. Le lecteur ne manquera pas de remarquer plusieurs silences complets sur certains aspects de périodes essentielles, selon moi, concernant les chapitres IV et V et s’étalant de l’année 1947 à l’année 1989. En effet, il n’y a pas le moindre mot ni la moindre virgule sur les guerres coloniales menées par la France et le positionnement du P.C.F. sur celles-ci des années durant ( l’évocation du parcours de François Vitori, militant communiste malgache impliqué dans la révolte de1929 ne fait pas le compte).L’auteur connait, et c’est bien, la Hongrie et la Tchécoslovaquie. Mais leViet-Nam, il ne connait pas ; pas plus l’Algérie d’ailleurs. Pourtant chacun se souvient que sur ces aventures sanglantes, le Parti Communiste fut la seule force politique organisée nationalement à s’y opposer dès leur début, et qu’il en paya d’ailleurs à plusieurs reprises le prix fort. Ce silence- et je l’affirme fortement- est une insulte au communiste Fernand Yveton, exécuté pour sa participation à la guerre de libération algérienne sur ordre du Garde des Sceaux de Guy Mollet, un certain F.Mitterrand ; c’est une insulte au communiste Maurice Audin tombé sous les balles des paras de Bigeard ; c’est encore une insulte aux huit communistes assassinés le 8 février 1962 à Charonne par les CRS de Papon. Même silence sur des évènements antérieurs mais non moins importants. Le chapitre IV traite du P.C.F. dans la guerre froide. J’accepte que l’auteur évoque cette période du Parti au travers de quatre faits réels (le culte de la personnalité porté à Maurice Thorez, le scandale du portrait de Staline par Picasso, le rapport Khroutchev ou l’exclusion de Margueritte Duras). Mais on reconnaitra que c’est un peu court, pour le moins. Les années 50 furent l’époque où menaça grandement une nouvelle guerre mondiale, nucléaire cette fois-ci. L’action des peuples (et la puissance d’alors de l’URSS) écarta le danger : le PCF y tint sa place et on se souvient de l’Appel de Stockholm et du rôle qu’y joua le communiste Joliot-Curie.

  Ce silence soulève diverses questions. De deux choses l’une : ou bien les archives du PCF ne comportent aucun document sur ces évènements, ou bien elles en comportent. La première hypothèse est hautement improbable : la préface du livre souligne la richesse exceptionnelle des archives du PCF(« deux kilomètres linéaires sur des supports multiples » et il n’y aurait aucun document relatif à ces questions… ?). La seconde hypothèse est bien plus vraisemblable. Auquel cas les archives concernées ont été volontairement ignorées et donc occultées. Cela signifie donc une volonté d’ordre politique : celle d’estomper ou affaiblir un des aspects majeurs de l’engagement révolutionnaire du PCF : sa solidarité dans l’action avec les peuples opprimés, parfois dénommée ( d’une façon un peu restrictive à mon sens) internationalisme prolétarien, même si l’ouvrage évoque bien l’engagement des Brigades internationales pendant la guerre d’Espagne . La question n’est pas anecdotique en ces temps actuels de multiples guerres impérialistes où cette solidarité  avec les peuples qui en sont victimes, ne s’exprime généralement qu’au travers d’articles ou de communiqués de presse. Notre questionnement est d’autant plus insistant que l’ouvrage est préfacé par FrédérickGenevée qui fait état de sa qualité de membre du Comité Exécutif national du PCF, engageant donc la responsabilité de la Direction actuelle de ce parti. En d’autres termes, l’ouvrage discuté, qui, je le répète, est riche et d’une facture très séduisante, est cependant bien dans l’airconsensuel du temps, comme en témoigne sa bonne audience médiatique et sa présentation en bonne place dans les rayons des grandes librairies (au moins à Toulouse…).

  Il est, bien évidemment, nécessaire de poursuivre l’analyse critique du parcours du PCF tout au long du XXème siècle. Il l’est tout autant de respecter l’objectivité historique et la déontologie éditoriale.

P.S. : deux remarques secondaires additionnelles relatives aux exemples choisis dans le chapitre 4 sur la guerre froide. 1) l’auteur aurait pu rappeler, au sujet du scandale du portrait de Staline par Picasso qu’il s’est trouvé, sauf erreur, un seul dirigeant national pour défendre Aragon, et pas n’importe lequel : Maurice Thorez…2) Le cas de Margueritte Duras pour illustrer la pratique des exclusions alors en vigueur peut se comprendre ; on aurait pu aussi évoquer celle de Roger Garaudy converti à l’islam et devenu très vite un négationniste anti sémite…mais c’est un détail…

Une ultime remarque, un peu polémique, j’en conviens. L’ouvrage se termine par quelques lignes de conclusion, intitulées « Epilogue ». Définition du terme par Le Petit Robert : « dénouement d’une affaire longue, embrouillée ». Fin de partie, en quelque sorte. Voilà un titre qui conviendrait aux chantres actuels de « la fin des idéologies (entendez : la fin du marxisme et de l’idée communiste) et de l’Histoire ». Je pense exactement le contraire !

 

Vincent Ferrier,    25 janvier 2012

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 10:53

mercredi 25 janvier 2012 / par Assanatou Baldé /

 

L’imbroglio politique se poursuit à Madagascar. Après la tentative de retour avortée de Marc Ravalomanana samedi, les autorités du pays et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) tentent de sauver le processus de transition. Pourtant la feuille de route signée le 17 septembre par la SADC autorise l’ex-chef d’Etat, exilé en Afrique du Sud après avoir été renversé le 17 mars 2009 par Andry Rajoelina et l’armée, à rentrer. Ce coup d’Etat a mis à mal le pays, provoquant l’effondrement de l’économie. Plus de 70% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Retour sur les origines d’une crise.

Madagascar dans l’impasse. Les espoirs des milliers de sympathisants de Marc Ravalomanana qui l’attendaient à l’aéroport sont bien vite retombés. L’avion du président renversé en mars 2009 par l’actuel dirigeant de transition, Andry Rajoelina soutenu par l’armée, n’a pu atterrir à Antananarivo, la capitale malgache. Les autorités du pays l’ont sommé de retourner à Johannesburg, en Afrique du Sud, où il est exilé depuis le reversement de son régime. Les démêlés judiciaires de l’ex-président seraient à l’origine de son refoulement. Marc Ravalomanana a été condamné par la justice malgache à la réclusion à perpétuité et à des travaux forcés pour le meurtre de manifestants lors de la révolte populaire en février 2009 avant son éviction du pouvoir.

Pourtant la feuille de route, signée le 17 septembre par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), et qui prévoit de sortir le pays de la crise politique, autorise « un retour sans condition » de l’ancien président. Le texte indique que la transition doit toujours être dirigée par Andry Rajoelina avec des institutions élargies aux trois mouvances d’opposition qui siègent au Parlement, dont celle de l’ex-président. La mouvance de ce dernier a suspendue sa participation aux institutions de transition, alors qu’une nouvelle session du Parlement s’est ouverte lundi pour reprendre l’examen d’une loi sur la commission électorale indépendante. Cette situation cacophonique met en péril le processus de sortie de crise et peut faire voler en éclat la transition qui repose sur l’alliance de parties opposées.

Des négociations pour le retour de Ravalomanana

Désormais, les autorités sud-africaines, sous l’égide de la SADC, négocient un processus d’amnistie pour permettre à l’ancien chef d’Etat de rentrer dans des conditions sûres, rapporte L’Express de Madagascar. Néanmoins le vice-ministre sud-africain, Marius Fransman, estime que la tentative de retour de Marc Ravalomanana était prématurée. Selon lui, l’ancien chef d’Etat porte autant la responsabilité de cette nouvelle crise que son rival Andry Rajoelina. C’est « malheureux et irresponsable » de la part de Marc Ravalomanana d’avoir tenté de rentrer et l’attitude d’Andry Rajoelina lorsqu’il évoque son arrestation est « irresponsable » aussi.

Pour Marc Ravalomanana, l’interdiction de revenir à Madagascar est la preuve que les autorités de transition ne respectent pas la feuille de route. Mais l’article 20 de la feuille de route autorisant le retour du président pose problème. Une annexe y a été ajoutée indiquant que la justice malgache est souveraine, et que la SADC ne peut « annuler quelque condamnation judiciaire » ni déterminer les lois d’amnistie. Selon Marius Fransman tout le nœud du problème réside dans cet article « L’article 20 dit clairement que tous les politiques en exil, y compris l’ancien président Ravalomanana doivent rentrer sans condition. Il y a toutefois une loi et des tribunaux dans le pays et monsieur Ravalomanana a été jugé. Comment concilier ça ? », a-t-il expliqué à RFI. Mais Annick Rajaona, chargée des relations internationales auprès du président Rajoelina, a rappelé dans un communiqué que la feuille de route n’implique pas une « exonération des poursuites judiciaires. La feuille de route stipule le refus en tout cas de l’impunité, exercice de séparation de pouvoir dans la justice et aussi la souveraineté nationale. C’est très clair ».

De fidèles partisans

En clair, le régime de transition accepte le retour de Marc Ravalomanana dans le pays à condition que ce dernier soit prêt à se livrer à la justice. Le pouvoir en place a sans doute opté pour le refus de son retour plutôt que de provoquer la colère de ses partisans.

Marc Ravalomanana compte toujours de nombreux sympathisants. Tous les samedis des milliers de personnes se rassemblent sur les ruines du centre commercial, le Magro, qui appartenait à l’ancien chef d’Etat, pour attendre son retour, rapporte AfrikTV. Ils sont nombreux à regretter l’époque glorieuse de l’ex-dirigeant, qu’ils surnomment « dada », qui veut dire papa en malgache. Guy Maxime Ralaiseheno, Président de l’association des Maires de Madagascar, ne manque pas de vanter ses mérites. Selon lui, il « a changé le pays durant ses sept années de présidence. Les Malgaches réclament son retour ! » Pour Jeanine Louisa Ravalomanana, mère au foyer, « Marc Ravalomanana a développé l’éducation permettant à des milliers de Malgaches de s’instruire ».

Deux opposants similaires

Le bras de fer entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana ne date pas d’aujourd’hui. Tout semble opposer les deux hommes, pourtant leurs parcours sont similaires. Tous deux ont été maire d’Antananarivo avant d’accéder à la direction du pays. Marc Ravalomanana s’est emparé de la Mairie de la capitale avant d’avoir été élu pour la première fois président en 2002 ; son rival est devenu Maire en 2007 avant d’être nommé en mars 2009 chef de la Haute autorité de transition. Protestants et issus de l’ethnie Merina, ils sont de redoutables hommes d’affaires. Avant même d’accéder au pouvoir Marc Ravalomanana dirigeait sa société agroalimentaire, Tiko. Quant à Andry Rajoelina, il est toujours à la tête d’un groupe de médias, Vivatv, qui comprend aussi une radio.

La crise politique actuelle se profilait déjà aux portes du pays bien avant le coup d’Etat de mars 2009. Réélu pour un second mandat de cinq ans, le 3 décembre 2006, Marc Ravalomanana a multiplié les erreurs, nourrissant la déception du peuple. Son régime est désigné comme autocratique. La mainmise du chef d’Etat sur l’économie est pointée du doigt. L’opposition lui reproche notamment de s’accorder des allègements fiscaux en supprimant les droits de douanes sur des produits importés par sa société Tiko, ou bien en s’accaparant un groupe de BTP, un réseau de supermarchés, et une chaîne de télévision… Il est accusé de dérive autoritaire depuis un référendum qui, en 2007, lui a accordé la possibilité de gouverner par ordonnance « en cas d’urgence ou de catastrophe ».

Les années noires de Ravalomanana

L’éclatement successif de plusieurs affaires a mis en péril l’image du président. L’achat d’un jet privé, un Boeing 737, à 60 millions de dollars fait monter la colère des Malgaches. En novembre 2009, le quotidien britannique, The Financial Times, révèle que le chef d’Etat a vendu des terres arables d’une superficie de 1 million 300 000 hectares à la société sud-coréenne Daewoo pour une durée de 99 ans afin d’y cultiver du maïs et des palmiers à huile à destination de Séoul. Une situation qui a provoqué un « ras le bol général », selon Jean-Michel Wachsberger, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), cité par Mediapart.

En mauvaise posture, la côte de popularité de Marc Ravalomanana est tombée au plus bas. Une situation qui a profité à Andry Rajoelina. Tout commence le 13 décembre 2008 : Viva TV, la télévision d’Andry Rajoelina, diffuse une interview de l’ancien président Didier Ratsiraka, très critique envers le régime de Marc Ravalomanana. Ce dernier ordonne la fermeture de la télévision privée qui a diffusé cet entretien, susceptible de « troubler l’ordre et la sécurité publique ». Andry Rajoelina riposte et donne un ultimatum au pouvoir en place qui a jusqu’au 13 janvier pour réouvrir sa chaîne de télévision. Mais en vain. Le quotidien Madagascar Tribune souligne que, malgré la présence de ses partisans pour protéger les locaux de Viva TV, les autorités ont « démantelé son émetteur et lui ont retiré sa licence d’exploitation ». Une situation qui a mis le feu aux poudres et déclencher la crise politique.

Une démission forcée ?

Andry Rajoelina appelle le 24 janvier à une grève générale sur la place du 13 mai, lieu symbolique de la contestation à Madagascar, pour lutter contre la « dictature du président qui n’écoute plus personne ». Il se fait alors porte-parole de la contestation civile. Un appel suivi par des dizaines de milliers de personnes qui se rassemblent dans le centre d’Antananarivo. Des émeutes et des pillages éclatent dans la capitale faisant une trentaine de morts en deux jours. La confusion règne à nouveau dans le pays lorsque, le 7 février une trentaine de manifestants sont abattus devant le Palais présidentiel. Marc Ravalomanana est alors accusé par son opposant d’avoir donné l’ordre de tirer sur les protestataires. Des accusations qu’il a toujours réfutées. Lâché par l’armée, il annonce sa démission, le 17 mars 2009. Andry Rajoelina est nommé quelques heures plus tard président de la Haute Autorité de la transition. Mais le chef d’Etat déchu dit avoir été contraint de transmettre les pouvoirs sous la menace des militaires. Une version contestée par le camp opposé.

Une économie morose

En tous cas, le coup d’Etat a plongé Madagascar dans un gouffre. Plusieurs programmes d’aides des bailleurs de fonds, notamment le Fonds monétaire international et la banque mondiale, ont été supprimés. Ces sanctions à l’égard du pays ont ébranlées l’économie malgache, entrainant une paupérisation de la population. En mars 2010, l’ONU a estimé que près de 70% des Malgaches vivaient en dessous du seuil de pauvreté.

De son côté, Andry Rajoelina, qui mène toujours sa quête pour légitimer son pouvoir, tente d’obtenir le soutien de la communauté internationale. Cette dernière reconnait l’homme fort du pays comme le président de la Haute autorité de transition mais exige l’organisation d’une élection présidentielle libre, transparente, et démocratique pour reconnaître officiellement le régime malgache. Le scrutin est prévu pour mai 2012.

Si la communauté internationale reste réservée face au régime de transition, la France, elle, s’est démarquée en lui tendant la main. Andry Rajoelina a été reçu le 7 décembre dernier à l’Elysée par le président Nicolas Sarkozy. Pourtant le président français avait adopté une toute autre position en mars 2009, s’insurgeant contre l’éviction de Marc Ravalomanana : « J’observe qu’il est renversé sans aucune élection. J’observe que la première décision c’est la suppression du Parlement, ce qui n’est quand même pas un signe extrêmement positif ». Malgré tout, le dirigeant du régime de transition n’est pas reparti les mains vides lors de sa rencontre avec le président français. Il a signé avec le ministre français de la Coopération, Henri de Raincourt, un accord pour des subventions de dix millions d’euros par le biais de l’Agence française de développement.

En attendant la sortie de crise, les Malgaches sont les premiers à pâtir de l’instabilité politique qui mine leur pays depuis plus de dix ans. Une population à bout de souffle n’est jamais à l’abri d’une nouvelle révolte.

 

Madagascar

La malédiction des jumeaux de Mananjary

 

Cités universitaires malgaches : le calvaire des étudiants

 

"Masimihanta" : un projet humanitaire pour les enfants malgaches

 

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Publié par Afrik.com http://www.afrik.com/article24614.html

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 10:52

Soraya Hélou

lundi 30 janvier 2012, par Comité Valmy


Il y a une quinzaine de jours, le caméraman de France 2 Gilles Jacquier avait été assassiné dans un quartier de Homs. Les médias français s’étaient aussitôt emparé de l’affaire et avaient immédiatement affirmé que les soupçons se dirigeaient contre le régime, sous prétexte que les soldats chargés d’escorter les journalistes étrangers à Homs avaient disparu dès l’explosion de la première roquette, alors que les médias officiels syriens s’étaient, aux dires des médias français, précipités sur les lieux pour couvrir le drame.

France 2 avait même réclamé l’ouverture d’une enquête et elle a déposé une plainte contre X pou homicide volontaire, alors que le bouillant ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé qui ne rate pas une occasion pour s’en prendre au régime syrien, avait presque accusé ce même régime d’avoir sciemment assassiné le reporter français. Pendant quelques jours, la mort de Gilles Jacquier, père de deux enfants, était donc évoquée dans les médias français qui s’étendaient sur sa carrière exemplaire et sur sa vie personnelle, pour arracher des larmes d’émotion aux Français et à tous ceux qui sont révoltés par l’injustice.

Le régime syrien n’a pas réagi, laissant passer la tempête émotionnelle d’autant que dans ce flot d’accusations, l’opinion publique ne pouvait pas réfléchir raisonnablement. Il a donc évité de se défendre, alors que les témoins présents sur place, pour la plupart des collègues de Gilles Jacquier avaient déclaré que le groupe de journalistes étaient en train d’interroger des manifestants pro-Bachar Assad et se trouvaient dans un quartier de Homs pratiquement contrôlé par les opposants au régime. Ces détails étaient naturellement occultés au profit des déclarations accusant le régime d’avoir prémédité cet assassinat pour effrayer les journalistes étrangers.

Soudain, l’affaire a complètement basculé. Il a fallu un article dans le quotidien français Le Figaro, repris par le quotidien Le Monde qui affirmait que Gilles Jacquier aurait été tué par une roquette lancée à partir d’un quartier contrôlé par l’Armée libre de Syrie, soit par erreur soit parce que les opposants souhaitaient attribuer ce crime au régime pour mieux le discréditer aux yeux de la communauté internationale et aux yeux des médias étrangers autorisés pour la première fois à circuler dans les lieux exposés, pour que plus personne ne parle du caméraman français. Soudain, ni le Quai d’Orsay, ni les médias, ni même les opposants syriens ne voulaient plus évoquer les circonstances de sa mort, ni même connaître les résultats de l’enquête ouverte à ce sujet.

Brusquement, c’était le silence total. La mort de Gilles Jacquier, ce père de deux enfants, ce caméraman intègre à la carrière irréprochable, n’intéressait plus les médias étrangers. Au contraire, il fallait l’étouffer pour éviter une publication officielle des résultats de l’enquête. Les médias français en ont du coup oublié les développements en Syrie et la mission des observateurs, se contentant d’une couverture minimale relative aux décisions de la Ligue arabe. Pendant ce temps, Gilles Jacquier repose dans sa tombe et ses proches attendent l’identification de ses meurtriers mais sur le plan officiel, la vérité n’est plus une exigence.

Quant au professionnalisme et au respect du métier de journaliste, nul ne s’en soucie. Plus que jamais, grâce à l’Occident défenseur des libertés et des droits, les médias se transforment en instrument de combat politique.

Vive la démocratie…

http://www.french.moqawama.org/essaydetails.php ?eid=2479&cid=284

 

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 10:50

 Par l'UFAL

Mardi 24 janvier 2012


Une proposition de loi, déposée au Sénat par Mme Françoise LABORDE (RDSE), visait à étendre le respect du principe de laïcité aux crèches privées, suite à l’affaire récente de l’association « Baby-Loup ». On rappelle néanmoins que la Cour d’Appel de Versailles avait confirmé la validité du règlement intérieur de cette crèche privée subventionnée, imposant à ses salariés la neutralité religieuse : toutes les dispositions initiales proposées n’étaient sans doute pas exemptes de défauts.

Mais le pire est venu des amendements présentés par Alain Richard (PS), et adoptés par la majorité sénatoriale. Véritablement détournée, la proposition a été votée par le Sénat le 17 janvier 2012, et transmise à l’Assemblée Nationale.

L’article 2 introduit subrepticement deux dispositions contraires au principe de séparation posé par la loi de 1905 :

« Les deux alinéas précédents [obligation de neutralité du personnel] ne sont pas applicables aux personnes morales de droit privé se prévalant d’un caractère propre porté à la connaissance du public intéressé. Toutefois, lorsqu’elles bénéficient d’une aide financière publique, ces personnes morales accueillent tous les mineurs, sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyances. Leurs activités assurent le respect de la liberté de conscience des mineurs. »

Ainsi serait explicitement introduite la possibilité pour les collectivités publiques de subventionner les crèches confessionnelles (comme le fait la Mairie de Paris avec les crèches intégristes Loubavitch). La condition vertueusement posée d’« accueillir tous les mineurs, sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyance » et de « respecter la liberté de conscience des mineurs » ne saurait masquer cette nouvelle atteinte au principe de séparation.

De surcroît, serait étendue aux crèches confessionnelles la notion de « caractère propre », qui ne s’appliquait jusqu’ici qu’au seul enseignement scolaire. Or ce principe a été inventé de toutes pièces par le Conseil Constitutionnel en 1977 pour justifier le subventionnement public de l’enseignement privé confessionnel sous contrat (loi Guermeur) : c’est de ce fâcheux précédent que se réclame explicitement Alain Richard. Les défenseurs de la laïcité de l’école publique apprécieront ce soutien inattendu aux lois scolaires anti-laïques.

Les débats montrent, hélas, que sur ces deux points, aucune contestation de fond ne s’est exprimée.

Cette remise en cause, venant de la gauche, est préoccupante : « se faisant un paravent du manteau de la laïcité », elle fait suite à celles du Conseil d’État (arrêts du 19 juillet 2011) étendant les possibilités de subventions publiques d’investissement aux cultes. Que vaut, dès lors, l’engagement du candidat socialiste à la Présidence de la République de « constitutionnaliser la loi de 1905 » ?

L’UFAL réaffirme que la laïcité ne peut se concevoir sans l’application intégrale du principe de séparation proclamé par l’article 2 de la loi de 1905 : « la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte. »

 

par l'UFAL
Union des FAmilles laïques
http://www.ufal.org

 

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 10:48

par F. William Engdahl

samedi 14 janvier 2012, par Comité Valmy


Washington veut manifestememt en finir avec Poutine, c’est assez ! est le message un peu comme le Kefaya, assez ! du mouvement égyptien au printemps dernier. Hillary Clinton et ses amis ont apparemment décidé que la possibilité d’avoir le prochain président russe en la personne de Poutine, est un obstacle majeur à leurs plans. Peu par contre comprennent pourquoi. La Russie aujourd’hui, de concert avec la Chine et l’Iran dans une certaine mesure, forme l’épine dorsale, même faible, du seul axe de résistance efficace à un monde qui serait dominé par la seule super-puissance mondiale.

Le 8 Décembre, plusieurs jours après que les résultats des élections légilsatives russes furent annoncés, montrant une chute brutale dans la popularité du parti politique du premier ministre Poutine “Russie Unifiée”, Poutine accusa les Etats-Unis et spécifiquement la ministre des affaires étrangères américaine Hillary Clinton d’exciter les manifestants de l’opposition et leurs manifestations contre les résultats des élections. Poutine déclara : “La ministre des affaires étrangères américaine a été très prompte à évaluer les élections, disant qu’elles avaient été partiales et injustes avant même qu’elle ait reçu les matériaux émanant des observateurs du bureau des institutions démocratiques et des droits de l’Homme (les observateurs internationaux des élections de l’OSCE).” [1]

Poutine continua en disant que les commentaires prématurés de Clinton furent le signal nécessaire qu’attendait les groupes d’opposition que le gouvernment américain soutenait dans leurs manifestations. Les commentaires de Clinton, a dit l’homme d’expérience en mantière de renseignement russe, devint un “signal pour nos activistes qui commencèrent leur travail actif avec le ministère des affaires étrangères”. [2]

Les médias majeurs occidentaux choisirent soit de minimiser la déclaration de Poutine ou de se focaliser quasiment entièrement sur les dires du mouvement d’opposition russe émergeant de la situation. Il ne faut pas chercher bien loin pour montrer que Poutine minimisait lui-même le degré d’interférence éhonté dans les processus politiques de son pays. Dans ce cas de figure, le pays n’est pas la Tunisie, le Yémen ou même l’Egypte. C’est la seconde puissance nucléaire mondiale, même si elle demeure une plus petite puissance économique. Hillary joue avec le feu thermonucléaire. Démocratie ou quelque chose d’autre ?

Pas d’erreur, Poutine n’est pas un champion du monde de la pratique de ce que la plupart considère être la démocratie. Son annonce quelques mois plus tôt de l’accord entre lui et l’actuel président Medvedev d’échanger leur position après les élections présidentielles du 4 Mars a choqué bon nombe de Russes comme étant de la politique crasse et des arrangements d’arrière-boutique. Ceci dit, ce que Washington fait pour interférer avec le changement de régime est bien plus qu’un interventionisme éhonté. Le gouvernement Obama, le même qui vient de signer et de convertir en loi une série de mesures qui ont de facto déchirées les droits constitutionnels des Américains la constitution des Etats-Unis [3], pose comme un juge suprême mondial pour que les autres adhèrent à ce qu’il croit être la démocratie.

Examinons de plus près les accusations de Poutine sur l’interférence des Etats-Unis dans le processus des élections russes. Si nous regardons bien, nous trouvons ouvertement déclaré dans leur rapport annuel d’Août 2011, qu’une ONG de Washington répondant au nom innocent de National Endowment for Democracy (NED), a ses tentacules partout en Russie.

La NED finance un centre de presse international à Moscou où quelques 80 ONG peuvent tenir des conférences de presse sur le sujet de leur choix. Elle finance de nombreux “groupes de la jeunesse militante” et des ateliers sur le leadership afin “d’aider les jeunes à s’engager dans l’activisme politique”. En fait, elle dépense officiellement 2,7 millions de dollars sur des douzaines de programmes à travers la Russie. Les dépenses pour 2011 seront publiées ultérieurement en 2012. [4]

La NED finance également des parties clef du système de sondage et d’étude du système électoral russe, une partie cruciale pour être capable de crier à la fraude électorale. Elle finance en partie l’Organisation civique de défense des droits et libertés démocratiques, le GOLOS. D’après le rapport annuel de la NED, les fonds allèrent à “une analyse détaillée du cycle électoral russe de l’automne 2010 et du printemps 2011, ce qui inclue une évaluation de la presse, de l’agitation politique, de l’activité des commissions électorales, et d’autres aspects de l’application de la législation électorale sur le long-terme des élections.” [5]

En Septembre 2011, quelques semaines avant les élections de Décembre, la NED finança une conférence sur invitation seulement à Washington mettant en scène une organisation de sondage “indépendante”, le Levada Centre. D’après le site internet Levada, autre récipient du financement de la NED, [6] celui-ci a effectué une série de sondages d’opinion, une méthode standard utilisée en occident pour analyser les sentiments des citoyens. Les sondages “profilaient les humeurs de l’électorat avant les élections pour la Douma et les élections présidentielles, les perceptions des candidats et des partis politiques et la confiance des électeurs dans le système de la “démocratie gérée” qui a été établie depuis la dernière décennie.

Un des invités de la conférence à Washington fut Vladimir Kara-Murza, membre du conseil fédéral de Solidarnost (Solidarité), le mouvement d’opposition démocratique russe. Il est aussi un “conseiller de l’opposant siégeant à la Douma Boris Nemtsov”, d’après la NED. Un autre conférencier venait du mouvement néo-conservateur et du think-tank Hudson Institute. [7]

Nemtsov est un des caractères d’opposition à Poutine le plus important aujourd’hui et il est aussi le président de Solidarnost, un nom curieusement imité des jours de la guerre froide quand la CIA finançait l’opposition polonaise des travailleurs et le syndicat Solidarnosc de Lech Walesa. Plus sur Nemtsov plus loin dans l’article.

Le 15 Décembre 2011, toujours à Washington, alors qu’une série de manifestations anti-Poutine fut déclanchée par des manifestants soutenus par les Etats-Unis, menée par Solidarnost et d’autres organisations, la NED tînt une autre conférence intitulée “L’activisme de la jeunesse en Russie : une nouvelle génération peut-elle faire la différence ?” où le conférencier principal était Tamirlan Kurbanov, qui d’après la NED “a servi comme chef de programme au bureau de Moscou du National Democratic Institute for International Affairs, où il était impliqué à développer et à étendre les capacités des organisations politiques et civiques, promouvoir la participation des citoyens dans la vie publique, en particulier l’engagement politique des jeunes.” [8] Cet Institut est une succursale de la NED.

L’histoire nébuleuse de la NED 

Aider la jeunesse à s’engager dans l’activisme politique est précisément ce que cette même NED fît en Egypte ces dernières années dans la préparation au renversement de Moubarak. La NED fut instrumentale d’après des sources informées aux Etats-Unis dans les “révolutions colorées” fomentées par les Etats-Unis en 2003-2004 en Ukraine et en Georgie qui amenèrent des marionnettes pro-OTAN au pouvoir. La NED a aussi été active à promouvoir “les droits de l’Homme” au Myanmar, au Tibet et dans la province riche en pétrole du Xinjiang. [9]

Comme des analystes sérieux de la “révolution orange” d’Ukraine et d’autres révolutions colorées le découvrirent, le contrôle des sondages et la capacité de dominer les perceptions des médias internationaux, spécialement les grosses chaînes de TV comme CNN et la BBC sont des composants essentiels de l’agenda de déstabilisation de Washington. Le centre Levada serait dans une position cruciale à cet égard pour faire publier des sondages de mécontentement envers le régime.

Par sa description même, La NED est “une fondation privée à but non lucratif dédiée au développement et au renforcement des institutions démocratiques dans le monde. Chaque année, avec le financement du congrès américain, la NED soutient plus de 1000 projets de groupes non-gouvernementaux à l’étranger qui travaillent pour des buts démocratiques dans plus de 90 pays.” [10]

Cela ne pourrait pas paraître être plus noble ou mieux intentionné. Quoi qu’il en soit, ils préfèrent omettre leur véritable histoire. Au début des années 1980, le directeur de la CIA Bill Casey convainquit le président Ronald Reagan de créer une ONG plausible, la NED, afin de faire avancer l’agenda mondialiste de Washington par d’autres méthodes que l’action directe de la CIA. Ceci faisait partie du processus de “privatiser” le renseignement américain afin de rendre son travail plus “efficace”. Allen Weinstein qui aida à écrire la législation qui créa la NED a dit dans une interview au Washington Post en 1991 : “beaucoup de ce que nous faisons aujourd’hui était fait secrètement par la CIA il y a 25 ans.” [11] Intéressant. La majorité du financement de la NED provient des impôts des contribuables via le congrès. La NED est, dans toute l’acceptation du terme, une possession de la communauté du renseignement du gouvernement américain.

La NED fut créée sous le gouvernement Reagan pour fonctionner comme une de facto CIA privatisée afin de lui donner plus de moyens et de liberté d’action. Les membres du comité directeur de la NED sont traditionnellement issus de la communauté du renseignement et du pentagone. Ceci inclut le général en retraite Wesley Clark, l’homme qui bombarda la Serbie en 1999. Des membres clefs liés au service action clandestine de la CIA qui servirent au comité directeur de la NED incluent Otto Reich, John Negroponte, Henry Cisneros et Elliott Abrams. Le président du comité directeur de la NED en 2008 était Vin Weber, fondateur de l’organisation ultra-conservatrice Empower America et bailleur de fond pour la campagne présidentielle de George W. Bush. L’actuel président directeur de la NED est John Bohn, ancien CEO de la très controversée agence de notation Moody’s, qui joua un rôle malsain dans l’affaire de l’effondrement du marché des subprimes et des sécurités américaines. Le comité directeur actuel de la NED inclut l’ultra-conservateur ambassadeur de Bush en Irak et en Afghanistan Zalmay Khalilzad. [12]

Il est aussi très instructif de regarder les gens qui ont émergé à des positions de leaders de l’opposition ces derniers temps en Russie. Le “poster boy” de l’opposition pour la jeunesse et spécifiquement les médias occidentaux est Alexei Navalny dont le blog LiveJournal Navalny l’a présenté comme un quasi-martyr du mouvement de contestation après avoir passé 15 jours dans les geôles de Poutine pour avoir pris part à une manifestation interdite. Dans une grande manifestation le jour de Noël à Moscou, Navalny, qui était peut-être intoxiqué par la vision de trop de films de S.M Eisenstein de 1917 sur la révolution, dit à la foule : “Je vois assez de gens ici pour prendre le Kremlin et la Maison Blanche (la maison présidentielle russe) dès maintenant…” [13]

L’establishment médiatique occidental ne jure que par Navalny, La BBC l’a décrit comme “certainement la seule figure de l’opposition digne de ce nom en Russie ces cinq dernières années”, et le magazine américain Time l’a appelé “L’Erin Brockovich russe”, une curieuse référence au film d’Hollywood qui mettait en scène Julia Roberts comme enquêtrice et activiste légal. Quoi qu’il en soit, ce qui est le plus important est que Navalny a été à l’université de Yale sur la côte Est américaine, également l’université de la famille Bush (NdT : et lieu de résidence de la “confrérie” des Skull and Bones..), où il fut un “Yale World Fellow”. [14]

Le charismatique Navalny est aussi et a été sur la liste des gens payés par la NED pour déstabiliser les pays. D’après un post sur le blog de Navalny même, son LiveJournal, il fut soutenu par la NED (NdT : donc la CIA, ce qui ne veut pas dire qu’il en soit un “agent” bien évidemment) en 2007 et 2008. [15] [16]

Avec Navalny, les acteurs clé dans le mouvement de contestation anti-Poutine sont centrés autour de Solidarnost qui fut créée en 2008 par Boris Nemtsov, Vladimir Ryzhkov et d’autres. Nemtsov n’est pas quelqu’un qui conteste la corruption. D’après le Business Week Russia du 23 Septembre 2007, Nemtsov introduisit le banquier russe Boris Brevnov à Gretchen Wilson, citoyenne états-unienne et employée de l’International Finance Corporation, une succursale de la Banque Mondiale. Wilson et Brevnov se sont mariés. Avec l’aide de Nemtsov, Wilson est parvenue à privatiser Balakhna Pulp and Paper Mill (NdT : grosse entreprise de papier) au prix dérisoire de 7 millions de dollars. L’entreprise fut lessivée et ensuite vendue à la banque Swiss Investment de Wall Street, CS First Boston Bank. Les rapports financiers disent que les revenus de l’usine étaient de 250 millions de dollars. [17]

La CS First Boston Bank paya également tous les frais de déplacement de Nemtsov au très exclusif forum économique mondial de Davos en Suisse. Quand Nemtsov devint un membre du cabinet directeur, son protégé Brevnov fut nommé président d’Unified Energy System of Russia JSC. Deux ans plus tard, en 2009, Boris Nemtsov, aujourd’hui le “monsieur anti-corruption”, utilisa son influence pour dégager Brevnov des accusations de détournement de fonds par milliards des biens d’Unified Energy System of Russia. [18]

Nemtsov accepta aussi de l’argent de l’oligarque emprisonné Mikhail Khodorkovsky en 1999 quand celui-ci utilisait ses milliards pour essayer d’acheter le parlement ou la Douma. En 2004, Nemtsov rencontra l’oligarque milliardaire en exil Boris Berezovsky dans une réunion secrète avec d’autres exilés russes influents. Lorsque Nemtsov fut accusé de financer son nouveau parti politique “Pour une Russie dans la légalité et sans corruption” avec des fonds étrangers, les sénateurs américains John McCain, Joe Liberman et Mike Hammer du conseil national de sécurité du président Obama volèrent à son secours. [19]

Le sbire très proche de Nemtsov, Vladimir Ryzhkov de Solidarnost est aussi très lié avec les cercles suisses de Davos, il a même financé un Davos sibérien. D’après les compte-rendus de presse russes d’Avril 2005, Ryzkhov forma un comité 2008 en 2003 pour “attirer” les fonds de Khodorkovsky emprisonné ainsi que pour soliciter des fonds des oligarques en fuite comme Boris Berezovsky et des fondations occidentales comme la Fondation Soros. Le but déclaré de la manœuvre étant de rassembler les forces “démocratiques” contre Poutine. Le 23 Mai 2011, Ryzhkov, Nemtsov et plusieurs autres enregistrèrent un nouveau parti politique le Parti de la Liberté Populaire de manière à pouvoir aligner un candidat président contre Poutine en 2012. [20]

Une autre personne d’influence dans les rallies anti-Poutine récents est l’ancien champion du monde d’échecs recyclé politicien de droite, Gary Kasparov, un autre membre fondateur de Solidarnost. Kasparov a été identifié il y a plusieurs années comme étant membre du comité directeur d’un think-tank néoconservateur militaire à Washington. En Avril 2007, Kasparov admit qu’il était membre du comité du National Security Advisory Council Center for Security Policy, “une organisation de sécurité nationale à but non-lucratif et non-partisane, qui se spécialise dans l’identification des politiques, des actions et des ressources nécessaires à la sécurité vitale des Etats-Unis.” En Russie, Kasparov est plus tristement connu pour ses liens financiers précédents avec Leonid Nevzlin, l’ex vice-président de Yukos et associé de Mikahail Khodorskovsky. Nevzlin s’est enfuit en Israël pour éviter les charges menées contre lui pour meurtre et avoir contracté des tueurs à gages pour éliminer des “gens objectant” lorsqu’il était vice-président de Yukos. [21]

En 2009, Kasparov et Boris Nemtsov ont rencontré Barack Obama soi-même pour discuter de l’opposition russe à Poutine et ce à l’invitation personnelle du président américain au Ritz Carlton Hotel de Washington. Nemtsov avait appelé Obama à rencontrer les forces d’opposition russes : “Si la Maison blanche est d’accord avec la suggestion de Poutine de ne parler qu’avec des organisations pro-Poutine… cela voudra dire que Poutine a gagné, non seulement cela, mais Poutine aura la confirmation qu’Obama est faible”, a t’il dit. Durant cette même année 2009, Nemtsov fut invité à parler au Council on Foreign Relation (CFR) de New York, sans doute le think-tank en politique étrangère le plus puissant des Etats-Unis. Ainsi, non seulement ont le ministère des affaires étrangères et la NED déversé des millions pour bâtir une opposition à Poutine et une coalition contre lui en Russie, mais le président des Etats-Unis est intervenu personnellement dans ce processus. [22]

Ryzhkov, Nemtsov, Navalny et l’ancien ministre des finances de Poutine Alexei Kudrin ont tous été impliqués dans l’organisation de la manifestation anti-Poutine du 25 Décembre à Moscou qui attira selon les estimations environ 120 000 personnes. [23] Pourquoi Poutine ?

La question pertinente est pourquoi Poutine à ce point ? Nous ne devons pas regarder bien loin pour avoir une réponse. Washington et spécifiquement le gouvernement Obama, se moquent éperdument de savoir si la Russie est démocratique ou pas. La préoccupation essentielle est l’obstacle aux plans de Washington pour une hégémonie totale de la planète que Poutine représente. D’après la constitution russe, le président de la fédération russe est le chef d’état, le commandant en chef des armées et le détenteur des plus hautes fonctions de la fédération. Il prendra directement contrôle de la défense et de la politique étrangère.

Nous devons demander quelle politique ? Certainement des contre-mesures drastiques contre l’encerclement de la Russie par les forces de l’OTAN et contre l’installation par Washington d’un système dangereux de missiles balistiques autour de la Russie ; ceci sera un point primordial de l’agenda de Poutine. La “remise à jours des relations russo-américaines” d’Hillary Clinton ira droit à la poubelle, si elle ne l’est pas déjà. Nous pouvons également nous attendre à une utilisation plus aggressive de la carte énergétique russes avec une diplomatie du pipeline pour renforcer des liens avec des membres de l’OTAN comme la France, l’Italie et l’Allemagne, favorisant ainsi un affaiblissement du soutien de l’UE pour la politique aggressive de l’OTAN et ses mesures contre la Russie. Nous pouvons nous attendre à un renfocement des liens de la Russie avec l’Eurasie, spécifiquement avec la Chine, l’Iran et peut-être même l’Inde pour renforcer la faible épine dorsale de la résistance contre les plans du Nouvel Ordre Mondial prônés par Washington.

Cela prendra plus que quelques manifestations dans des températures bien au dessous de zéro à Moscou et St Pétersbourg par une clique de personnages d’une opposition corrompue et nébuleuse comme celle de Nemtsov et Kasparov pour faire dérailler la Russie. Ce qui est très clair est que Washington pousse tous azimuts en Iran, en Syrie, où la Russie a une base navale vitale, en Chine, maintenant en Russie même, ainsi que dans les pays de la zone euro emmenés par l’Allemagne. Cela sent la tentative de fin de partie pour une super-puissance sur le déclin.

Les Etats-Unis aujourd’hui sont une super-puissance nucléaire en de facto banqueroute. Le rôle du dollar comme monnaie de réserve mondiale n’a jamais été autant defié que depuis Bretton Woods en 1944. Ce rôle ainsi que celui des Etats-Unis comme la puissance militaire mondiale absolue ont été les bases du siècle hégémonique américain depuis 1945.

Affaiblissant le rôle du dollar dans le commerce international et ultimement comme monnaie de réserve, la Chine est en train d’établir des relations commerciales bi-latérales avec le Japon court-circuitant le dollar. La Russie est en train de faire de même avec ses partenaires commerciaux principaux. La raison principale pour laquelle Washington a lancé une guerre monnétaire totale ouverte contre l’Euro à la fin de 2009, était pour prévenir une menace grandissante de la part de la Chine et d’autres nations, que celles-ci ne se détournent du dollar pour prendre l’Euro comme monnaie de réserve. Ceci n’est pas une mince affaire. En fait Washington peut financer ses guerres en Afghanistan, Irak, Libye, Syrie et ailleurs par le fait que la Chine et les autres nations ayant un surplus commercial, investissent leur surplus de dollars en obligations du gouvernement américain en achetant de la dette américaine. Si cela venait à changer même de peu, cela occasionnerait une hausse substantielle des taux d’intérêts américains et la pression financière sur Washington deviendrait énorme.

Faisant face à une érosion grandissante de son statut de seule super-puissance mondiale, Washington apparaît maintenant se tourner de plus en plus vers la force militaire pure et dure pour conserver son statut. Pour que cela soit couronné de succès, la Russie doit être neutralisée ainsi que l’Iran et la Chine. Ceci sera l’agenda primordial du président des Etats-Unis à venir, qui que ce soit.

 

F. William Engdahl

 

Article original en anglais : Regime Change in the Russian Federation ? Why Washington Wants ‘Finito’ with Vladimir Putin, publié le 10 janvier 2011.

Traduction par Résistance 71

 

Notes

[1] Alexei Druzhinin, Putin says US encouraging Russian opposition, RIA Novosti, Moscow, December 8, 2011

[2] Ibid.

[3] Jonathan Turley, The NDAA’s historic assault on American liberty, guardian.co.uk, 2 January 2012, accessed in http://www.guardian.co.uk/commentisfree/cifamerica/2012/jan/02/ndaa-historic-assault-american-liberty.

[4] National Endowment for Democracy, Russia, from NED Annual Report 2010, Washington, DC, published in August 2011, accessed in http://www.ned.org/where-we-work/eurasia/russia.

[5] Ibid.

[6] Ibid.

[7] NED, Elections in Russia : Polling and Perspectives, September 14, 2011, accessed in http://ned.org/events/elections-in-russia-polling-and-perspectives.

[8] NED, Youth Activism in Russia : Can a New Generation Make a Difference ?, December 15, 2011, accessed in http://ned.org/events/youth-activism-in-russia-can-a-new-generation-make-a-difference.

[9] F. William Engdahl, Full Spectrum Dominance : Totalitarian Democracy in the New World Order, 2010, edition. Engdahl press. The book describes in detail the origins of the NED and various US-sponsored “human rights” NGOs and how they have been used to topple regimes not friendly to a larger USA geopolitical agenda.

[10] National Endowment for Democracy, About Us, accessed in www.ned.org.

[11] David Ignatius, Openness is the Secret to Democracy, Washington Post National Weekly Edition, 30 September-6 October,1991, 24-25.

[12] F. William Engdahl, Op. Cit., p.50.

[13] Yulia Ponomareva, Navalny and Kudrin boost giant opposition rally, RIA Novosti, Moscow, December 25, 2011.

[14] Yale University, Yale World Fellows : Alexey Navalny, 2010, accessed in http://www.yale.edu/worldfellows/fellows/navalny.html

[15] Alexey Navalny, emails between Navalny and Conatser, accessed in Russian (English summary provided to the author by www.warandpeace.ru) on http://alansalbiev.livejournal.com/28124.html.

[16] Ibid.

[17] Business Week Russia, Boris Nemtsov : Co-chairman of Solidarnost political movement, Business Week Russia, September 23, 2007, accessed inid=1648.http://www.rumafia.com/person.php ?id=1648

[18] Ibid.

[19] Ibid.

[20] Russian Mafia.ru, Vladimir Ryzhkov : Co-chairman of the Party of People’s Freedom, accessed in http://www.rumafia.com/person.php ?id=1713

[21] Russian Mafia.ru, Garry Kasparov : The leader of United Civil Front, accessed in http://www.rumafia.com/person.php ?id=1518

[22] The OtherRussia, Obama Will Meet With Russian Opposition, July 3, 2009, accessed in http://www.theotherrussia.org/2009/07/03/obama-will-meet-with-russian-opposition/

[23] Yulia Ponomareva, op. Cit.

Mondialisation.ca, Le 13 janvier 2012

F. William Engdahl est l’auteur de : A Century of War : Anglo-American Oil Politics and the New World Order, On peut le contacter via son site internet à : www.engdahl.oilgeopolitics.net

 

Publié par Comité Valmy http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2170

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 13:09


 

Lancé à l’initiative de Domenico Losurdo, cet appel international, paru en plusieurs langues et destiné au gouvernement respectif de chaque pays concerné, a déjà reçu le soutien de plusieurs députés au Bundestag, du philosophe et député européen Gianni Vattimo, et de nombreux citoyens. Le collectif communiste Polex se joint a cet appel.

 

Pour signer la version française de cette pétition, envoyer vos noms et confirmation à stopperlaguerre@gmail.com

 

Des dizaines de milliers de morts, une population traumatisée, des infrastructures largement détruites et un Etat désintégré : c’est là le résultat de la guerre menée par les Etats-Unis et l’OTAN pour s’approprier les richesses lybiennes et recoloniser le pays. A présent, ces derniers préparent éhontément la guerre contre l’Iran et la Syrie, deux pays stratégiquement importants, riches en matières premières et qui refusent, en toute indépendance politique, de se soumettre à leurs dikats. Une attaque de l’OTAN contre la Syrie ou l’Iran pourrait provoquer un conflit direct avec la Russie et la Chine, ce qui aurait des conséquences inimaginables.

De continuelles menaces de guerre, le déploiement de troupes aux frontières de l’Iran et de la Syrie, sans parler des actions terroristes et de sabotage de la part d’ “unités spéciales” inflitrées, tout cela fait partie de l’arsenal avec lequel les Etats-Unis et autres membres de l’OTAN imposent un état d’exception aux deux pays pour les épuiser. Les Etats-Unis et l’Union européenne tentent de façon cynique et inhumaine de paralyser par l’embargo le commerce extérieur et les transactions financières de ces pays. De manière délibérée, ils veulent précipiter les économies iranienne et syrienne dans une crise grave, augmenter le nombre de chômeurs et compromettre l’approvisionnement de la population. Pour trouver un prétexte à leur intervention militaire planifiée depuis longtemps, ils cherchent à attiser les conflits ethniques et sociaux internes et à provoquer une guerre civile. L’Union européenne ainsi que le gouvernement français collaborent grandement à cette politique d’embargo et de menaces de guerre contre l’Iran et la Syrie.

Nous appelons tous les citoyens, églises, partis, syndicats, mouvements pacifistes à s’opposer énergiquement à cette politique de guerre.
Nous demandons au gouvernement français :
- de stopper sans conditions et immédiatement l’embargo contre l’Iran et la Syrie
- de déclarer qu’il ne participera en aucune sorte à une guerre contre ces Etats et qu’il n’autorisera pas l’utilisation de sites français pour une agression de la part des Etats-Unis et de l’OTAN
- de s’impliquer au niveau international pour mettre fin à la politique des chantages et des menaces de guerre contre l’Iran et la Syrie.
Les peuples iranien et syrien ont le droit de décider par eux-mêmes et souverainement de l’organisation politique et sociale de leur pays. Le maintien de la paix exige que soit respecté rigoureusement le principe de non-ingérence dans les affaires internes des autres Etats.

http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bulletin_87_art3.htm

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 13:07

Jean de la Bruyère, Les Caractères, "Du souverain ou de la république", 13 : 

"Le caractère des Français demande du sérieux dans le souverain."

 

C'était en 1688, au temps du Roi Soleil... On ne choisissait pas le souverain, mais on voulait qu'en respectant sa fonction, il respectât ceux qu'il gouvernait...

 

Toujours vrai aujourd'hui ? Depuis 1958, le peuple français choisit le souverain. "La parole est au peuple. La parole du peuple, c'est la parole du souverain" a pu dire De Gaulle. 

Ainsi parla le "peuple souverain", en intronisant d'abord le Général Homme providentiel, Sauveur suprême d'une France au bord de la guerre civile, avant les avatars successifs que l'on sait, investis d'une fonction qui pouvait certes les dépasser, mais que, chacun à sa façon, ils ont respectée... Sérieusement.

Jusqu'à l'épisode bling bling, dont le peuple français a pu s'étonner, en oubliant que, dans sa courte majorité, il en avait été le porteur, en reflet de la sous-culture décérébrante (magazines people, télé trash) qu'on lui inflige afin qu'en s'y identifiant, il se détourne de son devoir et de ses intérêts... Et ce "On" n'a rien qui puisse nous surprendre, tant il est celui des puissances d'argent qui se veulent, et sont (pour l'heure), le vrai souverain.


rene merle

 

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 13:06

Paul Martial

lundi 23 janvier 2012, par Comité Valmy

 

C’est le troisième rapport publié sur l’attentat contre l’avion du président Habyarimana qui a déclenché le génocide rwandais. Le premier, établi par le juge français Bruguière, a été contredit par le rapport Mutsinzi du gouvernement rwandais. Le dernier, œuvre de juges d’instructions français, apporte un éclairage décisif sur un des faits les plus contestés et aux conséquences les plus dramatiques, de l’histoire de ces dernières années.

Le 6 avril 1994 deux missiles sont tirés. Le premier rate sa cible, le second touche le réservoir sous l’aile gauche et fait exploser le Falcon 50, piloté par un équipage français, où se trouvaient les présidents rwandais Juvénal Habyarimana et burundais Cyprien Ntaryamira. Quelques heures après, le génocide au Rwanda débutait, faisant un million de morts Tutsi, mais aussi des Hutu modérés.

Les résultats de l’expertise balistique demandée par les juges d’instructions Trévidic et Poux sont importants à plus d’un titre. D’abord, ils identifient clairement le lieu du tir des deux missiles. Il s’agit du camp militaire de Kanombe où était stationnée la garde présidentielle, fer de lance des extrémistes hutu qui refusaient toute concession au FPR, majoritairement tutsi, et notamment l’accord de paix d’Arusha. Ce camp militaire abritait aussi les coopérants militaires français. Ils avaient pour mission de former les éléments des Forces Armées Rwandaises (FAR). Dans les faits, ils encadraient et conseillaient les FAR pour contenir l’avancée du FPR.

Ensuite, l’expertise contredit totalement les résultats de l’enquête du juge Bruguière qui, à défaut de se rendre au Rwanda et d’interroger les témoins, s’est juste contenté de consigner des faux témoignages de rwandais et d’avaliser les manipulations. Le juge Bruguière, connu pour être un proche de Sarkozy, et candidat malheureux de l’UMP aux élections législatives de 2007, avait conclu que les tirs étaient partis de la colline de Masaka, pourtant sécurisée par l’armée rwandaise et, sur laquelle un commando FPR se serait infiltré, aurait perpétré l’attentat et serait reparti pour rejoindre sa base, elle aussi étroitement surveillée par les forces de l’ONU. Cette enquête avait débouché sur l’inculpation de neuf dirigeants du FPR.

Enfin, géomètres, acousticiens et experts en balistique ne font que confirmer, dans leur domaine, le déroulement historique du génocide. Les partisans du « Hutu Power », qui voyaient une trahison dans l’accord de Juvénal Habyarimana pour un partage du pouvoir avec le FPR, allaient s’emparer du pouvoir, après l’attentat contre le Fokker 50. La Garde présidentielle éliminera la Première ministre, Agathe Uwilingiyimana, et son escorte militaire belge, qui s’apprêtait à lancer un appel au calme à la radio nationale. Dans ce bras de fer entre hutu modérés et extrémistes, la France choisira et soutiendra dès le début et jusqu’à la fin le camp des génocidaires.

Ce rapport ne fait que conforter les soupçons qui pèsent sur les troupes françaises sur place. Sur la fourniture aux FAR de missiles SA16 utilisés dans l’attentat, en effet, il est établi que l’armée française en possédait, prélevés sur le stock de l’armée irakienne lors de l’intervention de 1991. Mais aussi sur le maniement de ces armes sophistiquées qui nécessitent une centaine d’heures de formations et d’entraînement. Il est peu probable que les FAR aient été en capacité de manier de telles armes. D’ailleurs, dans la guerre avec le FPR c’étaient les soldats français qui réglaient les tirs d’artilleries, les soldats de l’armée rwandaise se cantonnaient à la mise à feu.

Ces premiers pas vers la vérité battent en brèche les arguments des négationnistes en France qui ont repris la propagande des extrémistes hutu, attribuant l’attentat au FPR pour lui faire porter la responsabilité du déclenchement du génocide afin de mieux masquer les responsabilités de la France dans ce massacre.

Les partis de gauche doivent dès maintenant s’engager à créer une commission d’enquête parlementaire pour mettre en lumière les agissements de la France dans la politique du génocide au Rwanda. Ce qui traduirait une réelle volonté d’en finir avec les agissements délétères de la France en Afrique.

* Paul Martial au publié cet article dans afriquesenlutte.org

http://pambazuka.org/fr/category/features/79343

 

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Published by Vendémiaire - dans Afrique noire
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