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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 14:51

jeudi 15 décembre 2011 (23h42) : 

De : Gérard Filoche

Ce n’est pas possible de ne pas respecter le retour de l’âge de la retraite à 60 ans pour tous

François Hollande a hélas, détaillé, sur RTL, ce qu’il envisageait à propos de la retraite à 60 ans en cas de victoire de la gauche en 2012. Elle ne concernerait que les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et disposant déjà de « tous leurs trimestres » pour une retraite à taux plein. Et pour les autres ? « Ceux qui n’ont pas leur durée de cotisation ne le pourront pas », a précisé le candidat du PS remettant en cause ce qui était acquis dans le projet PS. « Il ne l’avait certes pas promis pendant les débats de la primaire socialiste. Mais il n’avait pas non plus contredit Martine Aubry et Ségolène Royal qui prônaient un retour généralisé aux 60 ans » écrit le Figaro qui se réjouit évidemment : « François Hollande entérine en creux le recul de l’âge légal à 62 ans. Il se contente de proposer une exception supplémentaire. Il élargit, ni plus ni moins, le dispositif « carrières longues ». Instaurée par la réforme Raffarin Fillon de 2003 pour les salariés entrés dans la vie active au plus tard à 16 ans, la mesure a été étendue par Éric Woerth aux personnes ayant commencé leur carrière à 17 ans. Là, c’est à 18 ans. Cela devrait ne concerner que 80.000 à 100.000 hommes et femmes par an (entre 1 nouveau retraité sur 6 et 1 sur 8 environ). « Mais avec un âge légal à 62 ans, ceux qui ont commencé à 18 ans doivent encore travailler 44 ans : notre proposition est une proposition de justice, pas d’idéologie » balbutie Marisol Touraine, chargée de ces questions dans l’équipe de campagne de Hollande. La majorité des jeunes confrontés à 25 % de chômage ne trouvent un CDI qu’à 29 ans, cela signifie pour eux une retraite à 70 ans au moins.

« C’est juste impossible »

François Hollande a implicitement admis que la durée de cotisations avait encore vocation à augmenter, parlant sur RTL de « 41 années, voire 42 années de cotisation » (elle est actuellement fixée entre 40,75 ans, pour la génération 1951, et 41,5 ans pour la génération 1955 et les suivantes). Mais c’est impossible alors que les salariés font en moyenne, dans la vie réelle, 35 annuités. Ils sont licenciés, inaptes, malades, au chômage dans 2 cas sur 3 à partir de 55 ans : exiger d’eux 42 annuités, c’est 7 ans de décote ! C’est une véritable agression contre le niveau des retraites : c’est impossible pour la gauche de défendre cela contre 75 % de l’opinion et contre les 8 millions de manifestants de 2010.

50 arguments pour le droit à une vraie retraite à 60 ans pour tous :

Sinon, c’est le chômage qui va gagner

1. L’âge de la retraite recule ? le chômage avance.

2. Il n’y aura pas de recul du chômage de masse record (5 millions) sans réduction du temps de travail.

3. C’est un non-sens d’allonger les durées de cotisations (ou de faire faire des heures supplémentaires) quand on a 5 millions de chômeurs.

4. L’autre seul résultat c’est que ceux qui ne seront pas en retraite seront inscrits au chômage...

5. 2 salariés sur 3 sont au chômage, licenciés, inaptes, malades, autour de 55 ans.

Les jeunes seront aussi pénalisés

6. Il y a 25 % de chômeurs parmi les jeunes actifs, pourquoi pousser à ce que les "seniors" travaillent plus, s’il y a une priorité cela doit être pour les jeunes, priorité à la jeunesse !

7. 3 jeunes sur 4 ne trouvent un boulot en CDI qu’à partir de 29 ans.

8. Ceux qui commencent à travailler "tôt" vers 16, 17, 18 ans sont 1 ou 2 jeunes sur 8.

9. Et même ceux qui commencent à travailler tôt ont des périodes de chômage qui ne sont pas prises en compte à 100 % dans les annuités.

C’est la santé des gens qui est danger

10. L’espérance de vie "en bonne santé" selon l’INSEE est de 63 ans pour les hommes et de 64 ans pour les femmes (59 ans pour les ouvriers, 69 ans pour les cadres).

11. Entre 55 et 60 ans, 2 maladies sur 3 sont liées au travail, entre 60 et 65 ans, 3 maladies sur 4 sont liées au travail.

12. La biologie du corps humain n’a pas changé entre 55 et 65 ans. TOUS les métiers sont pénibles. Physiquement et mentalement. Vous voyez un vieil instituteur de 62 ans devant ses élèves ? Un chauffeur-livreur à 59 ans ? Une femme de service de nettoyage à 61 ans ? Un cadre stressé de 60 ans en compétition avec des « jeunes » cadres ? Et un ouvrier du bâtiment de 55 ans devant son marteau piqueur ?

13. La principale maladie professionnelle ce sont les TMS, (troubles musculo squelettiques) elles augmentent de 18 % par an depuis l’an 2000.

14. Dix millions de salariés sur 24 ont des métiers pénibles physiquement (horaires atypiques = 5 millions, dont 2,3 de nuit ; port de charges divers = 5 millions) et les autres subissent une pénibilité mentale de plus en plus forte (burn out, suicides, harcèlement, stress, troubles psychosociaux, précarité, surexploitation, un milliard d’heures supplémentaires impayées..).

15. Mais ce ne sont plus les "coups de grisou" qui tuent comme il y a un siècle : ce sont les accidents cardiaques et vasculaires. 150 000 accidents cardiaques et 100 000 accidents vasculaires : entre 1/3 et 50 % sont liés au travail.

… alors que la fiabilité des prévisions démographiques est vite débordée par la réalité

16. Les prédictions de ceux qui disaient qu’on ne peut payer les retraites pour des raisons démographiques sont toutes tombées à l’eau : ils prévoyaient 250 000 naissances par an à partir de 2000, on a eu 850 000 enfants par an depuis l’an 2000.

17 : Il y a un « pic » de retraités entre aujourd’hui et 2036. Ensuite ça retombera jusqu’en 2060 où cela remontera. Il suffit d’ajuster le taux des cotisations en fonction des variations.

18 : L’ajustement des cotisations sociales retraites peut se faire en temps réel, d’un an sur l’autre, selon les variations démographiques, directement de ceux qui travaillent a ceux qui sont en retraite.. Pas besoin de « placer » de l’argent dans des fonds de pension aléatoires que les spéculateurs perdront dans les ïles Caïman.

La durée de cotisation réelle devrait être la référence

19. Pourquoi avoir réduit la durée du travail sur la semaine si c’est pour l’allonger sur la vie ?

20. Celui qui prétend allonger la durée de cotisations est impuissant à agir sur le réel : actuellement elle recule depuis 10 ans en pratique vers 36 et vers 35 annuités.

21. Prétendre imposer - sur le papier - 41 ou 42 annuités, le SEUL résultat, puisque la moyenne des salariés ne peut cotiser que 36 ou 35 annuités, c’est 6 ou 7 ans de décote. Comment admettre d’allonger des annuités qui ne seront jamais effectuées et donc baisser les plus petites retraites ?

22. Reculer l’âge de départ en retraite à pour seul effet pratique de baisser le niveau des retraites réintroduisant la misère chez les vieux.

23. Il faut prendre comme référence le nombre d’années réellement cotisées dans la vie réelle et non pas l’allongement aléatoire de l’espérance de vie.

24. Par exemple, si la moyenne réelle des annuités cotisées dans la vue réelle des salariés est de 35 annuités, la référence retenue pour une retraite à taux plein doit être de 35, si elle est de 36 cela doit être 36, si elle monte à 37, cela doit être 37...

25. Mais mettre un objectif inatteignable à 41 ou 42 annuités, c’est faire sauter les gens à la perche sans perche, le seul résultat c’est qu’ils auront une retraite plus basse et non pas qu’ils travailleront plus.

26. Depuis 8 ans AUCUNE raison "nouvelle" de repousser l’âge réel de la retraite. Aucun effet d’entraînement dans l’emploi des seniors ne s’est réalisé. Les salariés cotisent MOINS longtemps en moyenne ! 36 annuités seulement ! Pour sortir de la crise, il ne faut pas baisser salaires et retraites mais les augmenter !

27. Raison de plus pour ne pas prendre l’espérance de vie comme référence, c’est trop aléatoire : l’espérance de vie régresse aux Etats-Unis depuis plusieurs années, elle régresse aussi depuis trois ans en Allemagne.

Des conditions bien plus dures que dans le reste de l’Europe

28. En Allemagne, en Italie, en Espagne, c’est 35 annuités pourquoi 41 ou 42 ici ? Sarkozy a fait la pire réforme contre le droit à la retraite de toute l’Europe.

29. En Allemagne, la droite veut fixer les départs à 67 ans, mais en 2029... c’est remis en cause par les syndicats qui l’avaient, hélas, signé parce qu’actuellement, la moyenne des départs est autour de 58 ans...

30. En Grande-Bretagne, ils annoncent 68 ans... en 2048 ! Ici, en France, Sarkozy a imposé 67 ans pour le taux plein en 2018, c’est-à-dire demain ! Il faut abroger la loi Sarkozy-Woerth.

31. En Allemagne, ce n’est pas du tout pareil qu’en France, parce que nous, on vit un "boom" démographique depuis l’an 2000, 2,04 enfants par femme, en Allemagne c’est 1,4 enfant par femme.

Un projet politique pour tous

32. 60 ans c’est un DROIT ce n’est pas une obligation ! Mais encore faut-il que ce DROIT soit pour tous ! "d’ordre public social".

33. 60 ans c’est une référence pour tous, un objectif réaliste, atteignable, contrôlable, clair TOUS ENSEMBLE.

34. La "retraite à la carte" c’est le slogan du Medef : pour complexifier le système et le rendre illisible, pour qu’il n’y ait plus d’ordre public social, que les salariés ne soient plus solidaires. C’est comme la durée du travail "a la carte", le SMIC à la carte... La règle ne sera plus fixée en raison des besoins humains mais en raison des exigences de la productivité.

35. 60 ans c’est déjà trop. On doit exiger la retraite à 55 ans dans le bâtiment et dans tous les métiers très pénibles.

36. Il ne faut vivre pas moins bien que nos parents : retraites à 60 ans, 35 annuités, à 75 % du salaire calculé sur 10 meilleures années, indexées sur les salaires (ce que proposait encore Lionel Jospin en juin 1997)

37. Sinon on subit la double facture : travailler plus longtemps après 60 ans et gagner moins, une majorité de gauche ne peut aller dans ce sens = austérité = récession = crise aggravée = chômage.

Respecter la démocratie à tous les niveaux

38. Démocratie ! Le seul vote de congrès - unanime - du PS qui a eu lieu c’était à Dijon 2003 pour le droit a la retraite à 60 ans à taux plein. Respectons-le.

39. C’est François Hollande qui avait fait voter le congrès du PS unanime de mai 2003 pour la retraite à 60 ans à taux plein !

40. Démocratie, débat dans le PS et dans toute la gauche, tous les syndicats : branle-bas de combat pour la défense des retraites à 60 ans pour tous. 60 ans c’est majoritaire et dans la gauche politique et dans les syndicats : pour qui on dirige ? Pour le peuple ou pour le AAA ?

41. De toute façon, il y a un risque de ne pas gagner si c’est se trouver en porte-à-faux avec 75 % de l’opinion et les 8 millions de manifestants de 2010 (rien ne s’oublie) qui veulent abroger la loi scélérate Sarkozy-Woerth de pillage de nos retraites : il va falloir s’en rendre compte.

42. Oui, il faut écouter les 8 millions de manifestants et 75 % de l’opinion, il faut que François défende la retraite à 60 ans.

43. On votera François Hollande, mais nous luttons pour exiger qu’il respecte le rétablissement de l’âge légal de départ à 60 ans.

Des richesses, il y en a !

44. La "dette" a bon dos pour justifier qu’on ne peut payer les retraites ni hausser les salaires. Elle est la conséquence de choix réalisés par Sarkozy qui veut nous la faire payer. En France on n’a pas un problème de dette mais de recettes.

45. Ne pas céder au chantage des officines de droite qui s’auto intitulent "agences de notation". Ils ne proposent jamais d faire payer les riches mais de baissser les salaires et retraites des plus modestes

46. Ne pas céder au chantage des fonds de pension qui veulent siphonner les retraites. Ne jamais les croire, ne jamais leur confier un seul sou de nos retraites : ils vous prendront tout et ils vous voleront tout, le dilapideront dans les caves à « subprimes » et autres paradis fiscaux des Bahamas.

47. La France que 87 % de dette/PIB à cause de Sarkozy a vidé la « cagnotte publique » de Lionel Jospin, et remplit les « cagnottes privées » en faisant 24 points de dettes en plus en cinq ans. La France avait 290 % de dettes/PIB en 1945 et pourtant elle a mis en place la Sécu et les retraites à ce moment-là.

48. La France est 2,5 fois plus riche qu’en 1982 quand la retraite à 60 ans a enfin été mise en place.

49. Salaires et cotisations sociales sont trop bas depuis + de 20 ans, la France n’a jamais été aussi riche, elle peut payer les retraites à 60 ans.

50. Le COR l’a expliqué et démontré : avec 0,35 % seulement d’augmentation des cotisations sociales par an d’ici 2036, les retraites à 60 ans (35 annuités, 75 %, 10 ans, > au Smic, indexées sur salaires) sont garanties et payées.

 

Conclusion :

Convainquons, battons-nous, nous sommes la majorité non seulement de la gauche, du salariat, mais du pays tout entier. Qu’on n’ait pas convaincu Sarkozy ce n’est pas une surprise, hélas, vu le personnage et sa politique 100 % réactionnaire, mais ce n’est pas tolérable, il n’a pas écouté le peuple. Mais François Hollande est candidat et socialiste, lui, il peut et doit entendre davantage.

 

PS : La gauche socialiste toute entière combat pour le respect du droit à la retraite à 60 ans :
http://91.68.209.12/bmi/bellaciao.org/fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif En mai 2003 nous avions fait voter la retraite à 60 ans à taux plein,
http://91.68.209.12/bmi/bellaciao.org/fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif En juillet 2006 nous avions fait écarter "la retraite à la carte",
http://91.68.209.12/bmi/bellaciao.org/fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-8130d.gif en janvier 2010 fait ré affirmer la retraite à 60 ans.

Depuis nous avons empêché que soient votées les 41,5 annuités, elles ne le sont toujours pas officiellement, certains dirigeants pratiquent par coups de force tellement il y a de résistances dans la base du parti ! Alors c’est "renvoyé à la négociation avec les syndicats" :

Donc s’il vous plait faites tous et toutes le boulot, argumentez, argumentez, argumentez comme en 2010, dans TOUS les syndicats aussi pour que la position finale soit correcte !

http://91.68.209.8/bmi/bellaciao.org/images/rien.gif

Publié par Bellaciao http://bellaciao.org/fr/spip.php?page=article_txt&id_article=123487

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 14:50

François Hollande a hélas, détaillé, sur RTL, le 12 décembre, ce qu’il envisageait à propos de la retraite à 60 ans en cas de victoire de la gauche en 2012. Elle ne concernerait que les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et disposant déjà de « tous leurs trimestres » pour une retraite à taux plein. Et pour les autres ? « Ceux qui n’ont pas leur durée de cotisation ne le pourront pas », a précisé le candidat du PS remettant en cause ce qui était acquis dans le projet PS. « Il ne l’avait certes pas promis pendant les débats de la primaire socialiste. Mais il n’avait pas non plus contredit Martine Aubry et Ségolène Royal qui prônaient un retour généralisé aux 60 ans&nb sp;» écrit le Figaro qui se réjouit évidemment : « François Hollande entérine en creux le recul de l’âge légal à 62 ans. » Il se contente de proposer une exception supplémentaire. Il élargit, ni plus ni moins, le dispositif « carrières longues ». Instaurée par la réforme Raffarin Fillon de 2003 pour les salariés entrés dans la vie active au plus tard à 16 ans, la mesure a été étendue par Éric Woerth aux personnes ayant commencé leur carrière à 17 ans. Là, c’est à 18 ans. Cela devrait ne concerner que 80.000 à 100.000 hommes et femmes par an (entre 1 nouveau retraité sur 6 et 1 sur 8 environ). « Mais avec un âge légal à 62 ans, ceux qui ont c ommencé à 18 ans doivent encore travailler 44 ans : notre proposition est une proposition de justice, pas d’idéologie », balbutie Marisol Touraine, chargée de ces questions dans l’équipe de campagne de Hollande. On comprend l’embarras de Marisol Touraine qui s’imagine mal répondre de la sorte à des jeunes confrontés à un taux de chômage dépassant les 25 %, ne trouvant un CDI qu’à 29 ans en moyenne, et qui n’ont aucunement l’intention d’obtenir leur retraite à plus de 70 ans !

C’est juste impossible

François Hollande a implicitement admis que la durée de cotisations avait encore vocation à augmenter, parlant sur RTL de « 41 années, voire 42 années de cotisation » (elle est actuellement fixée entre 40,75 ans, pour la génération 1951, et 41,5 ans pour la génération 1955 et les suivantes). Mais c’est tout simplement impossible, puisque les salariés font en moyenne, dans la vie réelle, 35 annuités. Ils sont licenciés, inaptes, malades, au chômage dans 2 cas sur 3 à partir de 55 ans : exiger d’eux 42 annuités, c’est 7 ans de décote ! C’est une véritable agression contre le niveau des retraites. Il est inenvisageable que la gauche défende cela contre 75 % de l’opinion et contre les 8 millions de manifestants de l’automne 2010.

Pour gagner, aller à gauche… pas au centre !

La gauche au gouvernement devra abroger la loi Woerth-Sarkozy-Fillon de 2010, ouvrir des négociations sur le financement (avec la mise à contribution du capital) et sur le montant des pensions. Le PS s’est engagé à maintenir l’âge légal de la retraite à 60 ans dans son projet adopté à l’unanimité. Tous les socialistes doivent aujourd’hui exiger de leur candidat qu’il respecte cet engagement.

 

www.democratie-socialisme.org

 

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 14:49

Par l'UFAL

Vendredi 9 décembre 2011

 

La proposition de loi déposée au Sénat par Mme Françoise LABORDE (RDSE) a fait l’objet d’amendements de M. Alain Richard (PS), tous adoptés par la commission des lois. Le débat a commencé le 7 décembre au Sénat.

La proposition initiale visait à réaffirmer le principe de laïcité, suite à l’affaire récente de la crèche Baby-Loup. On rappelle néanmoins que la Cour d’appel de Versailles a confirmé la validité du règlement intérieur de cette crèche privée, imposant à ses salariés la neutralité religieuse.

Toutes les dispositions proposées à l’origine n’étaient pas exemptes de défauts. Mais le pire est venu des amendements présentés par Alain Richard, et adoptés.

Ainsi serait étendue aux crèches confessionnelles la notion de « caractère propre », qui ne s’applique qu’au seul enseignement scolaire. Or ce principe a été inventé de toutes pièces par le Conseil Constitutionnel pour justifier le subventionnement public de l’enseignement privé sous contrat : c’est de ce fâcheux précédent que se réclame explicitement Alain Richard.

Mais le diable est dans les détails : serait explicitement introduite la possibilité pour les collectivités publiques de subventionner les crèches confessionnelles – ce que fait d’ailleurs la Mairie de Paris avec les crèches intégristes Loubavitch. La condition vertueusement posée « en contrepartie », d’« accueillir tous les enfants, sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyance » ne saurait masquer cette atteinte supplémentaire au principe de séparation.

Cette remise en cause, venant de la gauche, est préoccupante : « se faisant un paravent du manteau » de la laïcité, elle fait suite à celle du Conseil d’État (arrêts du 19 juillet 2011). L’UFAL réaffirme que la laïcité ne peut se concevoir sans l’application intégrale du principe de séparation proclamé par l’article 2 de la loi de 1905 : « la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte. ».

 

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 14:47

Par l'UFAL

 

Le gouvernement avait décidé de geler le prix du gaz au 1er juillet passant outre les règles d’établissement de ce prix déterminées par… lui-même. Les plans de rigueur se succédant, il prolonge le gel pour un trimestre supplémentaire fin septembre par un arrêté qui a été retoqué par le Conseil d’État pour des motifs juridiques, dit autrement parce que le gouvernement est décidément incapable de prendre une quelconque mesure un tant soit peu sociale.

La soif des actionnaires de GDF-Suez sera donc rassasiée et le cours de l’action peut repartir à la hausse. C’est que la situation était grave, le gel des tarifs gaziers avait privé le groupe privatisé de près de 110 millions d’euros au troisième trimestre, et la prévision était de 290 millions d’euros pour le quatrième trimestre. Ouf, GDF-Suez a pu rassurer ses actionnaires : le dividende ne baissera pas durant les deux prochaines années. Il était temps car la multinationale est confrontée à un autre problème : la hausse de la taxe sur le nucléaire en Belgique, qui va lui coûter 250 millions d’euros pour éponger le déficit public belge. Il était donc temps de pouvoir à nouveau faire les poches des ménages qui sont de plus en plus nombreux à ne plus pouvoir joindre les deux bouts et à devoir arbitrer entre les dépenses de chauffage et d’alimentation ou d’habillement.

L’augmentation qui se profile, qui devrait se situer autour de 4,5 %, n’est pas la première de l’année et elle ne repose sur aucune réalité économique, car, comme les précédentes, elle ne correspond pas aux variations du coût d’approvisionnement en gaz naturel de GDF-Suez, il n’y a d’ailleurs aucune « crise » du gaz ou raréfaction de la ressource. Et ce n’est pas la vague annonce d’une extension des tarifs sociaux qui atténuera la facture du plus grand nombre.

Pour enrayer l’explosion de la précarité énergétique qui touche près de 4 millions de foyers, la solution est simple, il faut rétablir un service public de l’énergie, vite !

 

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 14:46

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La 13ème rencontre des partis communistes et ouvriers s’est tenue à Athènes du 9 au 11 décembre 2011 sur le thème :

 

« Le socialisme est l'avenir !

La situation internationale et l’expérience des communistes, vingt ans après la contre-révolution en URSS. Les tâches à accomplir pour le développement de la lutte de classe dans les conditions de la crise capitaliste, des guerres impérialistes, des luttes populaires et des soulèvements en cours, pour les droits des ouvriers et des peuples. Le renforcement de l'internationalisme prolétarien et du front anti-impérialiste, pour le renversement du capitalisme et la construction du socialisme »

 

Les représentants de 78 partis venant de 59 pays différents ont pris part à la rencontre. Nombre de partis qui ne sont pas parvenus à participer pour des raisons indépendantes de leur volonté ont envoyé des messages écrits.

 

Nous saluons depuis Athènes la montée des luttes populaires. Elles libèrent un immense potentiel émancipateur contre l'impérialisme, contre l'exploitation et l’oppression capitalistes, pour les droits sociaux, les droits au travail, le droit à la société sociale des travailleurs du monde entier.

 

La rencontre s’est tenue dans le contexte critique où la crise capitaliste, profonde et prolongée, continue de dominer la situation internationale. Elle s'accompagne d'une escalade de l’agressivité de l'impérialisme telle qu’elle s'est exprimée dans les décisions du Sommet de Lisbonne qui a défini la nouvelle stratégie de l'OTAN. Cette réalité confirme les analyses dressées dans les déclarations des 10ème, 11ème et 12ème rencontres internationales qui ont eu lieu au Brésil (Sao Paulo) en 2008, en Inde (New Delhi) en 2009 et en Afrique du sud (Tshwane) en 2010.

 

Il devient de plus en plus évident pour des millions de travailleurs que la crise est une crise du système. Il ne s'agit pas de défaillances au sein du système mais c'est le système lui-même qui est défaillant et qui engendre des crises régulières et périodiques. Cette crise provient de l’aiguisement de la contradiction principale du capitalisme entre le caractère social de la production et l'appropriation privée capitaliste et non de telle ou telle gestion du système ou de tel ou tel dysfonctionnement dû à la cupidité de quelques banquiers ou capitalistes ou encore au manque de mécanismes régulateurs efficaces. Cela souligne les limites historiques du capitalisme et la nécessité de renforcer les luttes pour la rupture anticapitaliste et antimonopoliste, le renversement révolutionnaire du capitalisme.

 

Aux États-Unis, au Japon, dans l'UE et dans d'autres économies capitalistes, les impasses des diverses formes de gestion bourgeoise sont manifestes. D'un côté, les politiques d’austérité mènent à une récession profonde et prolongée. De l’autre côté, les politiques expansionnistes, avec de grands plans d’aides publiques aux groupes monopolistes, au capital financier et aux banques fait grimper l'inflation et gonfler la dette publique. Le capitalisme transforme les faillites privées en faillites publiques. Le capitalisme n'a pas d'autre réponse à la crise que la destruction massive des forces productives et des ressources, les licenciements de masse, les fermetures d’usine, l'offensive généralisée contre les travailleurs et les droits syndicaux, contre les salaires, les retraites et la sécurité sociale, la baisse des revenus de la population, la hausse massive du chômage et de la pauvreté.

 

L'offensive antipopulaire se renforce. Elle se manifeste avec une intensité particulière dans certaines régions. La concentration et la centralisation du capital monopoliste intensifient le caractère réactionnaire du pouvoir politique et économique. Sont mises en avant les restructurations capitalistes et les privatisations pour la compétitivité et la maximisation des profits du capital, pour lui assurer une force de travail à moindre coût et un recul de plusieurs décennies en termes de droits sociaux et de droits des travailleurs.

 

L'intensité de la crise, sa simultanéité à l'échelle mondiale, la perspective d'une reprise lente et faible intensifient les difficultés des forces bourgeoises à gérer la crise, ce qui amène à l'aiguisement des contradictions et des rivalités inter-imperialistes. Le risque de déclenchement de guerres impérialistes s’accroît.

 

Les attaques envers les droits démocratiques et la souveraineté des peuples s'intensifient dans de nombreux pays. Les systèmes politiques deviennent plus réactionnaires. L'anticommunisme se renforce. Les mesures se généralisent contre l'activité des partis communistes et ouvriers, contre les syndicats, contre les libertés politiques et démocratiques. Les classes dirigeantes multiplient les tentatives pour piéger le mécontentement populaire au travers de changements de système politique, en recourant à une série d'ONG pro-impérialistes et d'autres organisations, en tentant de canaliser la colère populaire dans des mouvements soi-disant sans affiliation politique ou même présentant des traits réactionnaires.

 

Nous saluons les luttes et révoltes populaires et ouvrières de grande ampleur pour les droits démocratiques, sociaux et politiques contre les régimes antipopulaires au Moyen-Orient et en Afrique du nord, tout particulièrement celles de Tunisie et d’Égypte. Malgré les contradictions révélées par la situation actuelle, elles constituent une expérience significative que le mouvement communiste doit étudier et dont il doit se servir. Dans le même temps, nous condamnons fermement la guerre impérialiste de l'OTAN et de l'UE contre le peuple Libyen et les menaces d’ingérence dans les affaires intérieures de la Syrie et de l'Iran ainsi que d’autres pays. Nous considérons que toute intervention étrangère contre l'Iran, sous quelque prétexte que ce soit, va à l’encontre des intérêts des travailleurs iraniens et de leurs luttes pour les libertés démocratiques, la justice sociale et les droits sociaux.

 

Ces événements confirment la nécessité de renforcer les partis communistes et ouvriers pour qu'ils jouent leur rôle historique, de renforcer plus encore les luttes des travailleurs et des peuples pour la défense de leurs droits et de leurs aspirations, d’utiliser les contradictions du système et les contradictions inter-impérialistes pour une rupture au niveau du pouvoir et de l'économie qui aille dans le sens de la satisfaction des besoins populaires. Sans rôle dirigeant des partis communistes et ouvriers et de la classe d'avant-garde, la classe ouvrière, les peuples seront à la merci de la confusion, de l'intégration au système et de la manipulation par des forces politiques qui représentent les monopoles, le capital financier et l'impérialisme.

 

Des réajustements importants dans le rapport de force international sont en cours : l'affaiblissement relatif de la position des États-Unis, la stagnation économique générale des pays capitalistes les plus avancés et l'émergence de nouvelles puissances économiques mondiales, notamment la Chine. La tendance à l'intensification des contradictions va en se renforçant, entre les centres impérialistes eux-mêmes et avec les économies dites « émergentes ».

 

L'agressivité de l'impérialisme s'intensifie. Des zones de tension et de guerre existent déjà dans plusieurs régions du monde. Elles se multiplient : en Asie et en Afrique, au Proche-Orient avec l'agressivité croissante d’Israël, en particulier contre le peuple palestinien. Dans le même temps, nous constatons la montée de forces néo-nazies et xénophobes en Europe, des interventions sous plusieurs formes, des menaces et une offensive contre les mouvements populaires et les forces politiques progressistes en Amérique latine. La militarisation se renforce. Le risque d'un embrasement général à une échelle régionale est de plus en plus grand. En ce sens, l'élargissement et le renforcement du front politique et social anti-impérialiste et les luttes pour la paix, qui vont dans le sens de l'éradication des causes des guerres impérialistes, sont fondamentales.

 

Il y a deux voies de développement :

 

·         la voie capitaliste, celle de l'exploitation des peuples. Elle présente des risques lourds de guerres impérialistes, des menaces sur les droits des travailleurs, les droits démocratiques

 

·         et la voie de la libération avec d'immenses possibilités de défense des intérêts des travailleurs et des peuples, de réalisation de la justice sociale, de la souveraineté populaire, de la paix et du progrès. La voie des luttes populaires et ouvrières, la voie du socialisme et du communisme, historiquement nécessaire.

 

Grâce à la contribution décisive des communistes et du mouvement syndical orienté sur des positions de classe, les luttes ouvrières en Europe et dans le monde entier se sont encore renforcées. L’agressivité impérialiste se heurte à une résistance populaire résolue au Moyen-Orient, en Asie, en Afrique et en Amérique latine.

Cette réalité, avec toute l'expérience accumulée jusqu'à présent, en particulier en Amérique latine, les luttes et les évolutions en cours, démontrent les possibilités de résistance, de lutte de classe, permettant aux peuples d’avancer, de gagner du terrain, en infligeant des défaites à l'impérialisme parce qu’ils ont comme objectif le renversement de la barbarie impérialiste.

 

Nous saluons les luttes des peuples et des travailleurs et faisons le constat de la nécessité de les renforcer. La situation exige l'intensification de la lutte de classe, de la lutte idéologique, politique, de la lutte des masses pour mettre en échec les mesures antipopulaires et de mettre en avant des objectifs qui répondent aux besoins actuels des peuples. La situation exige une riposte organisée des travailleurs pour une rupture anti-monopoliste et anti-impérialiste, pour le renversement du capitalisme mettant fin à l'exploitation de l'homme par l'homme.

 

Aujourd'hui, les conditions sont mûres pour la construction de larges alliances sociales anti-monopolistes et anti-impérialistes en mesure de vaincre l'offensive et les agressions impérialistes, sous toutes leurs formes, de combattre pour le pouvoir et pour la mise en œuvre de transformations profondes, radicales, révolutionnaires. L'unité de la classe ouvrière, l'organisation et l'orientation de classe du mouvement ouvrier sont des éléments fondamentaux pour la construction de véritables alliances sociales efficaces avec la paysannerie, les couches moyennes urbaines, le mouvement des femmes et le mouvement des jeunes.

 

Dans cette lutte, le rôle des partis communistes et ouvriers aux niveaux national, régional et international et le renforcement de leur coopération sont indispensables. L'activité commune coordonnée des partis communistes et ouvriers, des organisations communistes de jeunesse et des organisations anti-imperialistes auxquelles les communistes apportent une contribution importante constitue un des éléments les plus sûrs pour avancer vers l'élargissement de la lutte anti-impérialiste et le renforcement du front anti-impérialiste.

 

La lutte idéologique du mouvement communiste est d'une importance vitale pour défendre et développer le socialisme scientifique, pour faire reculer l'anticommunisme contemporain, pour affronter l'idéologie bourgeoise, les théories anti-scientifiques et les courants opportunistes qui rejettent la lutte de classe, pour combattre le rôle des forces social-démocrates qui défendent et mettent en œuvre les politiques pro-impérialistes et anti-populaires en soutenant la stratégie du capital et de l'impérialisme. La compréhension du caractère d’ensemble des luttes nécessaires à l'émancipation sociale, nationale et de classe, pour la mise en avant explicite de l’alternative socialiste, exige la contre-offensive idéologique du mouvement communiste.

 

Le renversement du capitalisme et la construction du socialisme constituent une nécessité impérative pour les peuples. A la mesure de la crise du capitalisme et de ses conséquences, les expériences internationales de construction socialiste prouvent la supériorité du socialisme. Nous réaffirmons notre solidarité avec les peuples qui luttent pour le socialisme, avec ceux qui sont engagés dans la construction du socialisme.

 

Seul le socialisme peut créer les conditions de l'éradication des guerres, du chômage, de la faim, de la misère, de l'analphabétisme, de la précarité subie par des centaines de millions de personnes, de la destruction de l'environnement. Seul le socialisme crée les conditions du développement correspondant aux besoins présents des travailleurs.

 

Ouvriers, paysans, travailleurs des villes et des campagnes, femmes, jeunes, nous vous lançons un appel à la lutte, tous ensemble, pour mettre un terme à la barbarie capitaliste. Il y a de l'espoir, il y a une perspective. L'avenir appartient au socialisme.

 

Le socialisme est l'avenir !

 

Publié par Vive le PCF http://vivelepcf.over-blog.fr/article-le-socialisme-est-l-avenir-13eme-rencontre-des-partis-communistes-et-ouvriers-a-athenes-92335133.html

 

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 14:44

Mardi 13 décembre, France 5 diffusait un « C dans l’air » dont le thème était « le communisme 20 ans après ». Yves Calvi recevait à cette occasion, Stéphane Courtois et Alexandre Adler sur le plateau. Suite aux propos scandaleux tenus par certains sur le plateau, vous trouverez ci-dessous le courrier de Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF, envoyé ce jour à Yves Calvi.

"Depuis maintenant des mois, la discrimination à l’égard du Parti communiste français dans les émissions politiques dont vous avez la charge, et plus globalement dans celles du groupe France Télévisions, est une constante. Toutes nos demandes pour qu’il y soit mis un terme sont - plus ou moins poliment - mais systématiquement écartées.

Mais cette fois, trop c’est trop. Le mardi 13 décembre, l’émission « C’est dans l’air » avait pour invité Stéphane Courtois, dont la seule fonction historique reconnue est l’anticommunisme professionnel. C’est votre choix éditorial, je n’ai pas à le contester. Toutefois, au cours de cette émission, cet invité, qui ne m’a jamais rencontré de sa vie, s’est livré à une violente attaque personnelle en déclarant je cite « Pierre Laurent (…) un fils d’apparatchik qui a mit les pieds dans les chaussons de son papa et qui prend la direction du parti, quelque part ça fait presque pitié ».

Cette pitoyable déclaration est restée sans réponse. Insultante et diffamatoire, elle ne mériterait de ma part que le mépris. Elle s’inscrit dans le registre des poncifs anticommunistes dont Monsieur Stéphane Courtois s’est fait une spécialité, en lieu et place de celle d’historien dont il s’affuble à propos du Parti communiste français.

Je ne peux me taire car cette déclaration intervient alors que la discrimination à notre égard est un scandale qui n’a que trop duré. Élu secrétaire national du PCF en juin 2010, je n’ai été invité à aucune émission politique importante dont vous avez la responsabilité, et quasiment aucune sur l’ensemble des antennes de France Télévisions. Ce boycott est en contradiction avec toutes les règles déontologiques en matière de pluralisme du débat d’idées, et avec toutes les règles du CSA qui invitent à respecter l’ « équité » des temps de parole des formations politiques, singulièrement celles qui disposent d’une représentation politique parlementaire.

Cette situation devient plus insupportable encore depuis que nous sommes entrés, de fait, dans la campagne présidentielle. Le Front de gauche, dont le Parti communiste français est totalement partie prenante, et son candidat Jean-Luc Mélenchon dont je préside le conseil national de campagne, y jouent un rôle de premier plan. Pourtant, la discrimination perdure. Elle devient même chaque jour plus flagrante au fur et à mesure que des candidats, subitement touchés du jour au lendemain par la grâce sondagière, occupent aussitôt le hit-parade des apparitions médiatiques.

L’argument selon lequel je ne suis moi-même pas candidat ne résiste pas une seconde à l’examen. Un, notre campagne et notre candidat sont loin de bénéficier de l’égalité de traitement qu’ils méritent. Le respect des règles du CSA nécessite bel et bien l’augmentation globale du temps de parole du Front de gauche, donc tout à la fois celle de Jean-Luc Mélenchon et celles d’autres représentants nationaux du Front de gauche.

Deux, le rôle politique et parlementaire joué par le Parti communiste dans cette campagne ne peut échapper qu’à ceux qui cherchent à nier la réalité.

Trois, ceux qui avancent cet argument à mon égard devront m’expliquer pourquoi ils ne s’appliquent ni au secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé, ni à la première secrétaire du PS Martine Aubry, ni à la première responsable d’Europe Ecologie Les Verts, Cécile Duflot, sans parler des dizaines de responsables d’autres formations politiques qui sont des invités permanents de vos émissions, sans que jamais un seul responsable communiste ne puisse y trouver place.

Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple récent sur lequel nous vous avons alerté avant l’émission, comment se fait-il qu’aucun parlementaire ou aucun maire de notre parti, très actif sur le droit de vote des étrangers depuis trois décennies, ne trouve place le lundi 12 décembre sur le plateau de « Mots croisés » quand Rama Yade, qui n’a plus aucun rôle politique, et l’improbable Arno Klarsfeld, sur ce sujet auquel il ne s’est jamais intéressé, y figurent en bonne place ?

Et pour n’en prendre qu’un seul autre un peu plus ancien, puisque l’histoire du PCF semble vous intéresser quand il s’agit d’inviter Stéphane Courtois, comment expliquer que le discours que j’ai prononcé devant plus de sept mille personnes le 23 octobre dernier dans la carrière de Châteaubriant aux côtés du secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, en hommage aux 27 résistants fusillés il y a soixante ans par les nazis, ait été totalement ignoré ? La mémoire de Guy Môquet et de ses camarades n’intéresse-t-elle que quand elle est instrumentalisée par un président de la République qui en trahit chaque jour les idéaux ?

Aussi, je vous demande d’agir pour mettre un terme à cette mise à l’écart du PCF et de moi-même comme secrétaire national de ce parti dans vos émissions. Ainsi, sera défaite cette anomalie anti-démocratique qui, j’en suis sûr, suscite la réprobation de très nombreux journalistes de vos propres rédactions, que je sais attachés aux valeurs du pluralisme.

Si les propos insultants de Stéphane Courtois sur votre antenne ont été, vous l’aurez compris, la goutte d’eau qui fait déborder le vase, vous comprendrez que ma requête, au-delà de ce lamentable incident, est plus large. Elle n’a qu’un seul but : faire droit au respect du pluralisme sans lequel la démocratie n’est qu’une coquille vide".

 

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF

 

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 14:43

Déclaration du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF) :

Le MEDE«F»enterre la France. Et si le peuple de France enterrait le MEDE«F» ?

 

Ou : comment Madame PARISOT rivalise avec Frau MERKEL pour le titre envié de « Miss MARK » !

 

Pendant la Révolution française, les classes privilégiées ont trahi leur pays en s’alliant avec les rois d’Autriche, de Prusse et d’Angleterre pour mater la « populace ».

 

Lors de la Commune de Paris, Adolphe Thiers (au prénom prédestiné), qui présidait aux destinées du « parti de l’Ordre », a négocié ouvertement avec Bismarck pour obtenir les moyens militaires (la libération des prisonniers de guerre français) qu’il jugeait nécessaires pour écraser les ouvriers, patriotes ET internationalistes, de la Commune de Paris.

 

Dans les années trente du 20ème siècle, la grande bourgeoisie « française » s’exclamait « plutôt Hitler que le Front populaire ! » et, comme l’a montré l’historienne A. Lacroix-Riz, l’« élite » patronale « française » fit sciemment le « choix de la défaite » (puis de la « Kollaboration ») avec Hitler. Alors que les ouvriers, les paysans et les intellectuels communistes (et non communistes) tombèrent par dizaines de milliers dans la lutte armée contre l’Occupant.

 

Aujourd’hui on retrouve les mêmes contre les mêmes : voici ce que proclame Frau PARISOT dans une tribune du Monde, intitulée Créons d'urgence les Etats-Unis d'Europe ! :

 

"La solution existe. Elle est audacieuse. Elle s'appelle Etats unis d'Europe, fédéralisme européen, délégation de souveraineté. Elle offrirait enfin aux Européens un projet, une ambition, une fierté. Mais elle nous oblige à changer nos habitudes, à conférer une responsabilité politique plus grande aux institutions européennes, à considérer d'emblée à leur échelle européenne les questions sociales, et pas seulement budgétaires et fiscales. Il faut vouloir avancer vers un territoire reconfiguré, vers une nouvelle patrie, vers l'an I d'une véritable pratique de notre histoire fédérale." (sic).

 

Bien entendu, peu chaut à cette noble dame qui ravage nos acquis sociaux, nos emplois industriels et nos services publics, avec l’aide de son ami SARKOZY, que le peuple français ait dit non à la constitution européenne. Tous ces gens, - qui ne parlent de démocratie que pour trouver prétexte à envahir d’autres pays ou à cultiver l’anticommunisme et l’antisoviétisme à retardement - , se moquent éperdument de la France, de la République, du suffrage universel et autres vieilleries. Ce qui leur importe, ce sont les super-profits du CAC 40 : voilà une « patrie », celle de leurs dynasties familiales, qu’ils ne risquent pas de trahir.

 

Déjà TRICHET avait inauguré son mandat à la tête de la BCE en déclarant, en anglais bien sûr : « I’m not a Frenchman ! » (« Je ne suis pas français ») ; déjà le BARON SEILLIÈRE, prédécesseur de la L. PARISOT  à la tête du MEDEF, avait entamé son mandat à la tête de « Business-Europe », le syndicat du patronat européen, en déclarant devant Chirac : « Je ne vous parlerai plus désormais qu’en anglais, la langue des affaires et de l’entreprise ». Trahison de la langue française, trahison du pays, tout se tient… ! Les capitalistes appliquant à la lettre le slogan qu’on leur enseigne dans les Business-Schools de management : « ne pas s’attacher aux pays, ne pas s’attacher aux produits, ne pas s’attacher aux personnes »…S’attacher à une seule chose qui tient lieu de « sacré » à cette engeance : le taux de profit !

 

Il est donc de plus en plus inconcevable que toute une partie de la gauche, de la social-démocratie à la petite gauche dite « radicale », continue de bouder l’idée de souveraineté nationale tant le contenu de classe patronal de l’assassinat de la nation française est désormais patent. Pourtant, Lénine ou Georges Politzer nous ont dès longtemps appris la nécessité absolue de défendre le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », Jaurès déclarant que « la souveraineté politique est le socle de l’émancipation sociale » et Ho Chi Minh ajoutant que « il n’est pas de bien plus précieux que l’indépendance et la liberté ».

 

Plus que jamais, le PRCF appelle donc les militants du monde du travail à associer la défense des acquis massacrés par la « troïka » U.E./Sarkozy/MEDEF et la défense de leur pays. N’abandonnons pas ce combat patriotique, foncièrement ouvrier et anticapitaliste, à l’extrême droite raciste qui dévoie le beau nom de France pour écraser le mouvement ouvrier.

 

Plus que jamais, le PRCF invite aussi les républicains patriotes à se tourner vers le monde du travail, à perdre toute illusion sur la classe capitaliste, dont la représentante mandatée appelle ouvertement à cette énormité : DISSOUDRE la France et marcher sur le ventre du peuple français qui, le 29 mai 2005, a catégoriquement refusé la constitution européenne.

 

Le drapeau rouge et le drapeau tricolore sont nés tous deux, comme la Marseillaise et l’Internationale, dans le feu des luttes révolutionnaires de notre pays. Le Front populaire antifasciste et la Résistance avaient su les associer pour le plus grand bien de notre pays. L’heure de cette alliance entre nos deux drapeaux, qui porta les grandes avancées du Conseil National de la Résistance, est manifestement revenue.

 

C’est d’autant plus vrai que, capitulant devant l’autre Miss Mark(A. Merkel),  Sarkozy annonce froidement un nouveau traité supranational non soumis à référendum qui annulerait la souveraineté budgétaire de la France, priverait de signification les élections à venir, et confirmerait la sinistre Banque de Francfort dans son rôle d’unique patronne de l’Europe.

 

Plus que jamais doit monter l’exigence d’un référendum permettant au peuple français de dire Non à l’euro et à l’Union européenne. Un référendum dont il faudra fermement appeler le peuple à défendre le résultat en rappelant aux gouvernants factieux accoutumés à violer les votes populaires qu’en démocratie « la souveraineté réside dans le peuple » et non dans les dirigeants félons qui, pour servir les marchés et faire allégeance aux maîtres berlinois de l’UE, s’assoient sur le suffrage universel.

 

Aujourd’hui il n’y a plus de milieu possible : servir la France ou servir le capitalisme, il va falloir choisir. Comme il va falloir choisir à gauche, entre servir le monde du travail, -  qu’attendent d’énormes coupes claires au nom du « salut de l’euro » -, et s’obstiner à rejeter la Nation de manière suicidaire. Comment ceux qui n’aiment pas leur pays pourraient-ils réellement aimer l’humanité ? Comme le disait Jaurès, - qui paya de sa vie son opposition à la guerre impérialiste - , un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène.

 

Le temps de la trahison nationale est revenu. Celui de la Résistance patriotique et populaire aussi. Le PRCF appelle les forces communistes et progressistes à construire un large Front de Résistance Antifasciste, Patriotique et Populaire ! (FRAPP)

 

Plus que jamais, pour que vive notre pays, ses conquêtes sociales, ses libertés démocratiques, « dégageons » ce régime malfaisant, cette classe capitaliste sans honneur qui change de patrie comme de tiroir-caisse, et cessons de cultiver le mensonge d’une « Europe sociale », d’un « euro mis au service des peuples », qui n’a plus d’autre fonction idéologique que de farder la nouvelle prison des peuples que constitue l’Euro-Diktature européenne dirigée par l’impérialisme allemand.

 

Plus que jamais, le PRCF appelle notre peuple à faire sienne l’appel clandestin lancé par Maurice Thorez et Jacques Duclos le 10 juillet 1940 : « jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d’esclaves » !

 

*******************************************************

Georges HAGE, député honoraire du Nord, président d’honneur du PRCF.

Léon LANDINI, ancien officier FTP-MOI, officier de la Légion d’honneur, grand Mutilé de guerre, médaille de la Résistance, Président du PRCF.

Jean-Pierre HEMMEN, réprimé pour avoir refusé de servir sous les ordres d’un ancien général de la Wehrmacht devenu commandant de l’OTAN, Fils de Fusillé de la Résistance, vice-président du PRCF.

Georges GASTAUD, philosophe, fils de Résistant, , auteur de « Patriotisme et internationalisme » et de la « Lettre ouverte aux ‘bons Français’ qui assassinent la France », secrétaire national du PRCF.

Annie LACROIX-RIZ, professeur émérite d’histoire contemporaine, auteur du « Choix de la défaite ».

Pierre PRANCHERE, ancien Franc-Tireur et Partisan Français,

 

P. R. C. F    site

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 14:42

Ghali HASSAN

 

"Quand le pillage devient une manière de vie pour un groupe d’hommes vivant en société, ils se fabriquent avec le temps un système légal qui l’autorise et un code moral qui le glorifie." Frederic Bastiat, penseur français (1801-1850).

 

Les Etats-Unis et leurs alliés se préparent à agresser la Syrie dans le cadre du programme israélo-américain de déstabilisation de la région. Le prétexte est comme d’habitude de "protéger les civils" et d’instaurer une "démocratie" à l’occidentale. Mais bien sûr rien n’est moins vrai. Le but est de renverser le gouvernement syrien actuel et de le remplacer par un gouvernement fantoche au service des intérêts américano-israéliens sionistes.

Il faut noter que, étant donné le soutien de la Syrie à la résistance libanaise et palestinienne contre le terrorisme israélien, et les liens de la Syrie avec l’Iran, le gouvernement du président Bashar al-Assad est considéré comme une "menace" aux intérêts d’Israël et des Etats-Unis. Dès lors, un gouvernement soumis aux dictats israélo-américains est vital pour isoler l’Iran et couvrir l’expansion sioniste israélienne.

L’ingérence étrangère continuelle dans les affaires internes de la Syrie nous rappelle la récente ingérence étrangère criminelle en Libye, qui a commencé par la mise en place d’un "zone d’exclusion aérienne" qui était une invasion militaire illégale de la Libye. Les médias rapportent que les Etats-Unis et Israël ont loué les services de mercenaires saoudiens et libanais pour fomenter des troubles en Syrie et couper le gouvernement syrien de son peuple en attisant les divisions sectaires.

La campagne de diabolisation menée par les Etats-Unis et leurs alliés pour délégitimer le gouvernement syrien est semblable à la campagne de diabolisation menée contre la Libye. Le 25 novembre 2011, la Ligue Arabe —une assemblée de despotes illégitimes contrôlée par l’Arabie Saoudite et autres fiefs pétroliers— a exclu la Syrie de la Ligue Arabe et réclamé des sanctions diplomatiques et économiques contre elle. Tout comme pour la Libye, l’exclusion de la Syrie de la Ligue Arabe fournit aux Etats-Unis et à leurs alliés une couverture pour attaquer la Syrie et envahir une nation musulmane de plus.

La Ligue Arabe a un long passé de traîtrise et ne correspond plus à rien. Selon Mahdi Darius Nazemroaya* : "Ce sont l’Arabie Saoudite et le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) qui ont pris le pouvoir dans la Ligue. Le CCG comprend les royaumes pétroliers des Emirats Arabes Unis du Golfe Arabique,le Koweït, le Barhein, le Qatar, Oman et l’Arabie Saoudite. Aucun de ces pays n’est exemplaire sans même parler de démocratie. Leurs leaders mis en place par les Etats-Unis ont trahi les Palestiniens, aidé à attaquer l’Irak, soutenu Israël contre le Liban, détruit la Libye et maintenant ils conspirent contre la Syrie et ses alliés régionaux." Il ajoute : "[La Ligue Arabe] a été phagocytée par Washington et sert ses intérêts et ceux de ses alliés au lieu des véritables intérêts arabes". Comme le CCG, la Ligue arabe est un instrument de l’impérialisme américain. Son intervention honteuse contre la Syrie (une répétition de son intervention honteuse contre la Libye) constituent un acte de guerre contre un autre pays arabe.

Le rôle joué par les despotes arabes soutenus par les Etats-Unis et menés par l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Jordanie et les Emirats Arabes Unis est méprisable. Et il est ironique que ces despotes se prétendent motivés par le souci des droits de l’homme et de la démocratie en Syrie. Des décennies de répression et de détournement des biens et des ressources individuels par ces régimes despotiques ont entraîné de hauts niveaux d’inégalité et de corruption dans leurs pays. En dépit de leur richesse ce sont des pays arriérés qui ont adopté le style de vie décadent des occidentaux et qui se sont détournés de l’Islam. Ils se sont ralliés à une secte (islamique) extrémiste qui détruit la grande religion qu’est l’Islam. Ce sont des dirigeants non élus, illégitimes qui ne tolèrent aucune opposition à leur pouvoir tyrannique.

L’Arabie Saoudite, est évidemment le régime le plus répressif du monde. C’est aussi le plus proche allié des Etats-Unis. C’est une monarchie absolue qui considère que les droits humains et la liberté menacent sa classe dirigeante corrompue. Les femmes saoudiennes ordinaires sont exclues des emplois et le chômage des jeunes s’élève à 40%. Les lois saoudiennes appelées "anti-terroristes" criminalise la dissidence et autorise la détention de longue durée sans jugement. Les dissidents sont traités avec brutalité. Le 21 novembre 2011, les troupes saoudiennes ont ouvert le feu sur une manifestation pacifique dans une province saoudienne orientale, faisant 4 morts et plus de blessés encore. Les dirigeants saoudiens ne tolèrent pas non plus la dissension dans les pays voisins.

En mars 2011, les forces saoudiennes ont envahi le Barhein et ont écrasé brutalement les manifestants pro-démocratie. L’invasion a été encouragée et soutenue par l’administration américaine. Le rapport publié par la Commission d’Enquête Indépendante du Barhein (CEIB) a essayé de justifier le comportement et les lois de la monarchie absolue. Toutefois le rapport faisait état de "violations systématiques des droits humains" durant les attaques du gouvernement contre les manifestants. Le rapport de 500 pages décrit diverses violations commises par le régime despotique du roi Hamad Bin Isa al-Khalifa. Selon le rapport, des détenus —y compris du personnel médical dont le seul crime était d’avoir soigné des manifestants— ont été torturés et ont subi des abus sexuels. Le rapport a été aussitôt enterré par les médias occidentaux.

Etape par étape, le modèle libyen est reproduit en Syrie. Le 28 novembre, l’ONU —le bras armé de l’impérialisme étasunien— a accusé les forces syriennes, qui défendent la nation syrienne contre les gangs et les terroristes armés sponsorisés par l’occident, de "crimes contre l’humanité". Le rapport du soi-disant "Conseil des droits de l’homme de l’ONU" est entièrement basé sur des mensonges fabriqués par des Syriens expatriés à Londres, Paris et Washington. Le rapport accuse le gouvernement de "commettre des atrocités" mais ne parle pas des milliers de Syriens, dont des soldats et des policiers, tués et torturés par les gangs armés. Le principal but du rapport est de diaboliser le gouvernement syrien et de justifier l’agression militaire occidentale. Le rapport a été immédiatement diffusé par les organes de propagande occidentaux comme la BBC, CNN, Fox News, Al-Jazeera et la presse dirigée par l’empire de presse de Murdoch.

Le rapport était une copie conforme des rapports de l’ONU sur l’Irak et la Libye avant leur invasion et leur destruction par l’armée US-OTAN. Le même paquet de mensonges qui ont servi à justifier la barbare agression des Etats-Unis contre l’Irak a été recyclé contre la Syrie. le rapport est le prélude de l’agression US-OTAN contre la Syrie. Où était le Conseil des droits de l’homme de l’ONU pendant le génocide commis par les Etats-Unis en Irak ? Il est clair que l’ONU couvre les crimes de guerre de l’occident. La désinformation joue un rôle important en manipulant l’opinion publique et en créant une atmosphère de guerre.

Pendant que l’ONU s’occupe de manipuler l’opinion publique mondiale en faveur des armées US-OTAN, le premier ministre anglais David Cameron et le despote du Qatar ont promis de soutenir les "groupes d’opposition" syriens (comprendre : leur fournir des armes et de l’argent) afin de promouvoir la "démocratie". David Cameron et le despote du Qatar ont amplement prouvé leur amour de la démocratie en détruisant brutalement la Libye. Aujourd’hui la Libye ressemble à l’Irak, pillée, ruinée et livrée à la violence. Des dizaines de milliers de Libyens (et d’Africains) ont été assassinés, des milliers se morfondent dans des prisons où on les torture et un tiers de la population est déplacée.

Le président français Nicolas Sarkozy, toujours aussi assoiffé de sang, a appelé à la création d’une "zone humanitaire" de sécurité pour protéger les civils semblable à la "zone humanitaire" libyenne où des milliers de civils innocents ont été assassinés par les armées US-OTAN. Le prétexte des "droits humains" pour justifier l’agression est utilisé depuis l’essor de l’Allemagne d’Adolf Hitler. Les Nazis allemands ont justifié leurs invasions armées et leurs violences par la nécessité de "protéger des civils". De fait depuis le début des années 1990, on constate la montée du fascisme anglo-américain qui envahit et terrorise des nations sans défenses et les détruit complètement sous prétexte de "protéger les civils".

Selon le quotidien turc Milliyet (28 novembre 2011) : "La France a envoyé des forces armées d’entraînement en Turquie et au Liban pour former la soi-disant Armée Libre [syrienne] —un groupe de déserteurs syriens qui opère hors de Turquie et du Liban— pour préparer la guerre contre la Syrie". Des mercenaires étrangers ont été envoyés en grand nombre en Syrie par le Liban. Comme je l’ai dit plus tôt, ils sont armés et financés par la CIA, le MI6 britannique, le Mossad israélien, l’Arabie Saoudite, la Turquie le Liban et la Jordanie.

Il faut se rappeler que l’insurrection armée contre le gouvernement syrien —financée et armée par les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, le Qatar, Israël, le Liban et la Jordanie— s’est confinée à des petites villes et villages situés le long des frontières avec la Jordanie, le Liban et la Turquie. (Pour plus de détails voir mon article Target Syria ). La très grande majorité des Syriens soutient le président Bashar al-Assad, en particulier dans les grande agglomérations comme Damas, Latakieh et Alep. De récentes manifestations dans ces grandes villes ont rassemblé des millions de supporters de al-Assad.

La Turquie, quant à elle, exploite la violence pour servir ses intérêts impérialistes et ceux de l’OTAN. La Turquie a appelé à la mise en place d’une "zone tampon" en Syrie pour entraîner et armer la soi-disante "résistance syrienne" au gouvernement syrien. C’est une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Syrie ; la Turquie a aussi organisé des conférences visant à construire une opposition au gouvernement syrien et elle a joué un grand rôle dans la création du soi-disant Conseil National Syrien (CNS) une coalition d’opposants expatriés et d’extrémistes armés. Leurs leaders ont déjà promis de couper les liens de la Syrie avec l’Iran, les Palestiniens et les mouvements de résistance libanais dès qu’ils seraient au "pouvoir" en Syrie. Selon Ibrahim al-Amin , rédacteur en chef de al-Akhbar news, dans un interview récent pour le Wall Street Journal, le porte-parole du CNS, " Burhan Ghalioun, a été obligé (et c’est la seule explication) de dire clairement ce que l’opposition syrienne offrait à ses supporters des Etats-Unis, de Turquie, d’Europe et du Golfe en échange de leur soutien". De grandes quantités d’armes ont été introduites en contrebande en Syrie à partir de la Turquie pour fomenter une guerre civile dans le pays. La Turquie envisage même d’envahir la Syrie si Ankara reçoit le feu vert de Washington. Ce n’est parce que les "Turcs Blancs" se sont mis tout à coup à se soucier des droits de l’homme et de la démocratie dans le monde arabe que la Turquie s’ingère dans les affaires intérieures de la Syrie, mais par intérêt personnel et pour servir les intérêts des Etats-Unis et des sionistes israéliens.

La Turquie se présente comme un "médiateur" impartial dans la région, un "pont" entre l’Occident et les pays musulmans. En réalité, les Turcs Blancs sont au service de l’impérialisme occidental et promeuvent ses intérêts dans la région depuis le règne de Kamal Ataturk. La Turquie s’enorgueillit d’être un pays musulman mais elle épouse un "Islam calviniste" à l’occidentale qui est en contradiction flagrante avec les principes de l’Islam. Les décennies de relations entre la Turquie et l’état sioniste d’Israël et la participation de la Turquie aux guerres US-OTAN (La Turquie est membre de l’OTAN) contre les pays musulmans sont contraires à l’Islam. D’ailleurs de nombreux Turcs ont condamné le rôle de la Turquie dans la destruction de la Libye par l’armée US-OTAN et le meurtre de masse des civils libyens. De plus, la décision turque de permettre à l’US-OTAN de déployer un "bouclier" de missiles nucléaires sur son sol directement braqué sur l’Iran et d’autres pays musulmans est terriblement hypocrite et constitue une trahison de l’Islam.

Le positionnement récent de la Turquie comme champion de la Palestine n’est qu’une rhétorique de façade destinée à la consommation intérieure et régionale. Si les Turcs Blancs se souciaient vraiment des droits de l’homme, ils mettraient fin à leur coopération avec Israël et imposeraient des sanctions à l’état sioniste. Les Turcs Blancs devraient balayer devant leur porte en ce qui concerne les droits de l’homme. Les Arabes peuvent et doivent rejeter le nouveau rôle de la Turquie comme gendarme de l’impérialisme et du sionisme.

L’ingérence américaine dans les affaires de nations souveraines, dont les nations arabes, est bien connue. Les Etats-Unis sont le plus grand ennemi de la démocratie, des droits humains et du droit international. En ce qui concerne la démocratie, la classe dirigeante étasunienne préfère ce que Hillary Clinton a appelé "le type de démocratie que nous voulons voir". Le type de démocratie qu’on trouve en Arabie Saoudite, au Barhein, au Koweït, au Qatar, en Iran à l’époque du tortionnaire Shah Reza Behlavi, en Egypte sous le tyrannique Moubarak et au Chili sous le régime fasciste de Augusto Pinochet. En fait, il serait difficile de nommer un seul dictateur meurtrier qui n’a pas été (porté au pouvoir), financé et armé par les Etats-Unis et leurs alliés. Les Etats-Unis ont de grandes histoires d’amour avec des dictateurs sanguinaires et des fascistes.

Qui plus est, des agences et des think-tanks étasuniens comme la Fondation Nationale pour la démocratie (National Endowment for Democracy -NED), l’Agence Etasunienne pour le Développement International (U.S. Agency for International Development -USAID), L’Institut pour une Société Ouverte (Open Society Institute -OSI) de George Soros et l’Institut National démocratique (National Democratic Institute -NDI), sont directement impliqués dans le financement de groupes d’opposition du monde arabe et d’ailleurs. Le New York Times (14 avril 2011) a révélé "qu’une série d’organismes et d’individus étaient directement impliqués dans les révoltes et les mouvements réformistes qui soulèvent [le Moyen Orient], comme le Mouvement des Jeunes du 6 avril en Egypte, le Centre des Droits Humains du Barhein et des militants de base comme Entsar Qadhi, un jeune leader yéménite ; ils reçoivent des formations et des aides financières de groupes comme l’Institut International Républicain, l’Institut National Démocratique et la Maison de la Liberté, une ONG des droits de l’homme basée à Washington". En Syrie, le NED est directement impliqué dans le financement de l’insurrection armée syrienne à travers son partenaire le Centre des Etudes des Droits de l’Homme, une organisation anti-syrienne. Dans le cas de l’Egypte, les Etats-Unis ont soutenu le régime de Moubarak jusqu’à la fin. Quand il a été finalement renversé, les Etats-Unis ont changé de camp et se sont employés à encourager les divisions et le sectarisme. En même temps les Etats-Unis ont continué à oeuvrer avec l’armée égyptienne, leur client fidèle, pour manipuler la "révolution" pour servir leurs intérêts et ceux des sionistes israéliens. Cependant, quand les Etats-Unis ne parviennent pas à provoquer des changements de régime à travers les soi-disantes "révolutions de couleur" et les sanctions économiques, ils interviennent militairement (et illégalement). Ils l’ont fait en Irak, en Yougoslavie, en Libye et maintenant c’est la Syrie qui est menacée.

Pour conclure, la Syrie n’est pas un pays parfait. Et comme dans tous les pays, l’opposition intérieure syrienne revêt différents aspects. Mais les Syriens sont contre la violence et l’ingérence étrangère dans les affaires de leur pays. Les Syriens veulent de vrais réformes —politiques et économiques— qui soient dans leur intérêt. le Peuple syrien a beaucoup souffert au cours de la dernière décennie. A cause des sanctions imposées par les Etats-Unis et de la présence en Syrie de plus de 2 millions de réfugiés irakiens, l’économie syrienne a stagné et les conditions de vie se sont détériorées. Le peuple syrien ne veut pas d’un changement de régime sponsorisé par les Etats-Unis. Un sondage de mars 2009 montre que plus des deux-tiers de la population syrienne ont une opinion défavorable des Etats-Unis. La décision de changer le gouvernement et le système politique syriens actuels doit reposer dans les mains du peuple syrien.

De puissantes forces se rassemblent contre les Syriens qui sont aujourd’hui menacés d’une agression brutale visant à détruire et piller leur pays. Il ne faut pas rester sur la touche et se rendre complice par le fait de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il faut poursuivre la lutte pour le respect du droit international et contre les agressions.

 

Ghali Hassan

 

Ghali Hassan est un commentateur politique indépendant qui vit en Australie.

Pour consulter l’original : http://countercurrents.org/hassan081211.htm

traduction : Dominique Muselet

Note : * http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=27...

Publié par Le Grand Soir

http://www.legrandsoir.info/l-agression-contre-la-syrie-se-precise-countercurrents.html

 

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Published by Vendémiaire - dans Moyen Orient-Asie Mineure
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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 14:41

 12 Décembre 2011 Par rené merle


Un coup d'État rampant vient d'avoir lieu. Désormais, par la grâce de deux agents du capital financier, qui se présentent en défenseurs de leurs intérêts nationaux et des intérêts de l'Europe, les élections, dans quelque pays européen qu'elles aient lieu, et donc "chez nous" (dans ce que l'on appelle encore République française), n'auront pour but que d'entériner la dictature de l'oligarchie financière, maîtresse des choix budgétaires nationaux. Et ce dans un chloroformage insensé de l'opinion : il n'est que de voir l'approbation massive par le peuple italien de la nomination par Bruxelles d'un "gouvernement de techniciens". Le coup d'État bonapartiste de 1851 avait vu courageusement se lever contre lui une partie du peuple français. Le coup d'État que nous vivons ne rencontre du côté de l'opposition institutionnelle qu'approbation, résignée ou convaincue... Les lendemains qui nous sont promis dans ces conditions ne sont pas des lendemains qui chantent. Et le jour où le peuple français se réveillera, il n'est pas sûr que ce soit cette fois sous le drapeau de la démocratie républicaine.

 

René Merle

Publié sur Mediapart

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 14:39

par  Gilbert Remond sur lepecf.fr

 

La lecture de la réponse du parti communiste grec au parti communiste espagnol qui produit une critique du programme d’"Izquierda Unida", le front de gauche espagnol, est édifiante et utile pour nous, militants communistes de France, et pour tous ceux qui aspirent à de véritables changements. Elle nous indique la convergence des démarches propulsées par le parti de la gauche européenne (PGE), ses liens avec la conception libérale qu’il articule en respect des orientations impulsées par les institutions européennes, tout en éclairant les concessions idéologiques faites par ce nouveau parti guide aux concepts de l’économisme, c’est à dire de la conception capitaliste des rapports sociaux de production.

Cette contribution critique mais néanmoins fraternelle, est claire. Elle contribue à reconstruire l’espoir, par la fermeté des perspectives qu’elle ouvre, en appelant la classe ouvrière en alliance avec les couches de la population victime des politiques faite au service du capital, à prendre ses affaires en main partout où elle se trouve, sur ses lieux de vie comme sur ses lieux de travail, et de mener les luttes qui s’imposent pour conquérir et assumer le pouvoir (son pouvoir).

Le "programme partagé" apparait avec cette lecture pour ce qu’il est, une déclinaison française du programme du parti de la gauche européen, c’est-à-dire une illusion réformiste qui ne saurait nous sortir de la situation pour laquelle "l’humain" est en crise, puisque nous en conserverions la matrice qui en est responsable.

En effet, proclamer "l’humain d’abord", n’est-ce pas acter la rupture qui nous reliait aux traditions du mouvement ouvrier et des luttes de classe, en faisant passer au second plan l’instance économique qui en détermine le contenu, c’est-à-dire la question cruciale de la propriété collective des rapports de production et d’échanges.

Dire "l’humain d’abord" participe d’une conception réductrice de la situation que prétend aborder la démarche politique qui s’en réclame. Oui ce mot d’ordre est réducteur. Il est le produit de la confusion théorique de ceux qui le portent. Il est destiné a nourrir d’avantage encore d’illusions dans une conjoncture qui en est surchargée depuis que la gauche a renoncé à toute critique radicale du mouvement historique qui depuis trente ans a enseveli l’humanité sous "une immense accumulation de marchandise" [1] (pour reprendre l’expression de Marx dans le capital).

Si Billancourt est désespéré, cela ne lui est pas arrivé de son fait ni par l’opération du Saint-Esprit. Si Billancourt est désespéré, c’est non seulement parce qu’elle a été vendue à l’encan, mais aussi parce qu’à l’instar de ces catégories sociales qui se détournent de la politique et gagnent les terres désolées de l’abstention, elle a été abandonnée depuis les années quatre vingt a son sort par cette gauche qui se veut réaliste et moderne et qui sous couvert de la modernité renoue avec les vieilles conceptions idéalistes de l’idéologie Bourgeoise.

Pourtant dans ces années (celles ou la gauche, PCF compris, amorçait son virage moderniste), Althusser, le théoricien de l’antihumanisme théorique, nous mettait en garde dans un recueil d’articles parus sous le titre "Positions" aux éditions sociales :

"Lorsque Marx a donné au Capital le sous titre "critique de l’économie politique", il ne voulait pas seulement dire qu’il se proposait de critiquer les économistes classiques, mais l’illusion économiste bourgeoise qui sépare soigneusement d’un coté l’activité de la production et de l’échange (économie) et de l’autre les classes sociales, les luttes politiques etc. Marx voulait montrer que toutes les conditions de la production, de la circulation et de la distribution capitalistes (donc toute la soit disant économie politique) sont dominées et pénétrées par l’existence des classes sociales et de la lutte des classes "autrement dit que tous ces phénomènes économiques sont des processus qui ont lieu sous des rapports sociaux qui sont en dernière instance, c’est-à-dire sous leurs apparences, des rapports de classe qui sont antagonistes" [2].

Il convient d’en déduire que ces rapports, de par leurs contenus antagonistes, sont la source d’une lutte de classe et de ce point de vue qui est une évidence pourtant, tout le monde n’est pas du même côté de la barre. L’homme, l’humain qui en est l’essence ne peut s’appréhender en dehors de cette loi, c’est pourquoi, dire "l’humain d’abord" comme le proclame le programme du Front de Gauche est une ineptie vide de sens. Il n’y a pas d’un côté les hommes, toutes origines confondues, et de l’autre "les marché financiers", créations monstrueuses qui telle Frankenstein échappant a son concepteur, leurs seraient opposés et les menaceraient !

Que l’on s’entende, il ne s’agit pas ici de dire qu’il faudrait revenir à une conception inhumaine sur la façon de promouvoir la transformation du monde et de revenir par exemple à une conception totalitaire qui ne tiendrait pas compte de la dimension de chacun dans ces transformations, mais de dénoncer l’opération de communication qui dernière le mot d’ordre "l’humain d’abord", cache derrière une apparence de fait racoleuse, un compromis, voir même un ralliement aux thèses libérales qui jugent impossible le choix d’une autre alternative politique et économique sous peine de renouer avec l’empire du mal. Ainsi posé, l’humain deviendrait l’enveloppe qui contient les hommes, tous les hommes, dans un même ensemble, dont ne se distinguent plus les riches des pauvres. Dans cette conception, le programme et son titre deviennent la fiction qui permet tout en déployant une activité autour de questions de sociétés d’essence libérale, de ne pas remettre en cause ce qui fondamentalement détermine le mode de production capitaliste et empêche de percevoir où se trouve l’antagonisme principal. La meilleure preuve de tout cela est cette comédie mise en scène a l’occasion de la fête de l’humanité où le Front de gauche et son candidat au présidentielles ont cherché à se montrer être le centre fédérateur d’une nouvelle gauche plurielle. Où est la rupture avec le libéralisme ?

Ainsi accompagné, "l’humain d’abord" n’est que le premier temps d’un retour dans le giron d’une telle configuration (celle d’une gauche plurielle bis) qui empêche de penser la rupture nécessaire avec les structures productives et étatiques causes de cette "crise" que le capital fait payer aux travailleurs. Nous trouvons d’ailleurs les mêmes ambiguïtés sur la question européenne, les mêmes attitudes qui contribuent à masquer les mécanismes de dominations mis en place par le capital, pour contourner les législations favorables aux peuples où pour en annuler les dispositions arrachées par ses luttes, quand, au contraire, la voie qui devrait s’imposer devrait être celle de la rupture et de la sortie des dispositifs mis en place pour intégrer les peuples aux politiques néolibérales et militaristes qui accélèrent et aggravent leur exploitation tout en les engageant d’avantage dans les guerres impérialistes menées contre ceux qui ne veulent pas se soumettre.

Dans un autre texte, "La soutenance d’Amiens", Althusser poursuivait :

"Marx montre dans le Capital que ce qui "détermine en dernière instance une formation sociale (mais le programme partagé sait-il encore ce que c’est), et ce qui en donne connaissance, ce n’est pas le fantôme d’une essence ou nature humaine, ce n’est pas l’homme, ce ne sont pas les hommes, mais un rapport, le rapport de production, qui fait un avec la base, l’infrastructure, et contre tout humanisme, Marx montre que ce rapport n’est pas un rapport entre les hommes, un rapport intersubjectif, ni psychologique, ni anthropologique, mais un double rapport : un rapport entre des groupes d’hommes et des choses, les moyens de production" or "le rapport de production (dit Marx) est un rapport de distribution, il distribue les hommes en classe en même temps et selon qu’il attribue les moyens de production à une classe" [3].

C’est depuis cette répartition que s’organise la production des objets dans l’activité économiques pour aller se distribuer et se réaliser en valeurs dans un dispositif d’échange ou plus exactement commercial, appelé le marché, lieu fictif où se transforme contre de l’argent, les produits du travail. En somme comme nous l’expose Jean-Claude Michéa :

"A l’image du roi Mildas qui transformait en or tout ce qu’il touchait, jusqu’à mettre en péril les conditions de sa propre survie, la dynamique du marché libéral (..) conduit inexorablement à soumettre à ses lois l’ensemble des activités humaines, et à les vider ainsi de tout sens autre qu’économique ou juridique (..). Comme l’écrivait Marx, la bourgeoisie a dépouillé de leur auréole toutes les activités qui passaient jusque-là pour vénérables et qu’on considérait avec un saint respect. Le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, le savant, elle en a fait des salariés à ses gages" [4].

Nous sommes d’ailleurs en train de vivre pleinement et de constater cette analyse au stade actuel des politiques de concentration et de dérégulation qui entrainent les services publiques dans une servitude totale aux exigences du profit et à la nécessaire transformation qu’ils exigent de toute activité en marchandises évaluables et commercialisables selon les règles de la libre concurrence. Chacun peut constater qu’il est en train de subir le déclin et la destruction de ces métiers selon cette prédiction et voir qu’ils perdent leurs valeurs propres et le savoir qu’ils tiraient des enseignements de leurs exercices pour se conformer aux normes exigées par les impératifs de la bourse et du profit.

Pourtant, face a cela, Jean-Claude Michéa nous met en garde :

"Ce processus historique ne peut connaître aucune limite interne, puisque, pour réguler le vampirisme transcendantal du marché, il faudrait faire appel à des critères moraux, esthétiques ou religieux" [5].

De toute façon, le libéralisme l’exclut par principe au nom de la liberté individuelle. Le capitalisme moralisé est une idée aussi saugrenue et improbable qu’un nazisme a visage humain ! L’économie ne sait que produire de l’économie. Les questions humaines ou anthropologiques ne sont pas de son ressort, et ce n’est pas le juridique, c’est-à-dire la voie législative, autre création du libéralisme, qui pourra en contraindre les effets sur la vie des peuples. Ce sont les peuples eux-mêmes, qui par leurs interventions conscientes et donc politiques pourront reprendre l’initiative sur une mécanique déshumanisante, à condition toutefois de s’attaquer a sa structure.

Une telle posture suppose de savoir identifier les forces que représente l’adversaire. Ceux qui font partie du système et le défendront dans une lutte acharnée, ainsi qu’il en a chaque fois été quand leur privilèges étaient en cause. Il ne s’agit pas d’un combat sans sujet, comme nous le laissent penser ceux qui nous expliquent qu’il faut "affronter la finance" [6] pour retrouver un avenir. Ce ne sont pas "les marchés" qui sont cause des politiques qui étranglent les peuples mais des hommes qui appartiennent à une classe bien déterminée. Ce n’est pas le méchant capital financier qui sape le gentil capital industriel. L’un est indispensable à l’autre pour qu’il se réalise et surtout il est dans la nature du capitalisme de produire de l’excédent et de rechercher à s’enfler au détriment de l’humain, ce que Marx, lui, nommait le travail vivant.

Ce n’est donc pas contre la finance qu’il faut nous opposer, mais bien à la classe capitaliste qui la produit à partir d’une marchandise qu’elle exploite, la force de travail. Pour cela, il nous faut des outils, il nous faut un parti qui coordonne, il nous faut des armes théoriques qui nous permettent de lire et comprendre le réel, il nous faut enfin des objectifs concrets, un programme à mettre en œuvre dans le quotidien des luttes et une détermination au changement pour engager une dynamique, un mouvement révolutionnaire, et non pas s’en remettre à une nouvelle majorité de gauche qui, l’histoire nous l’a montré, restera toujours dans les limites imposées par les intérêts du capital et les instruments institutionnels qu’il s’est donné pour maintenir sa domination.

Le Front de gauche n’est pas l’organisation de cette volonté. Son programme économique refuse de nous engager dans la conquête des instruments dont nous avons besoin. Il utilise du bout des lèvres le mot nationalisation, préférant la formule libérale de pôle qui articule entreprises privés et entreprises publiques, comme s’il pouvait y avoir coexistence pacifique entre des entités juridiques à statuts et buts différents. Comment prétendre sortir de la logique financière en introduisant ainsi le loup des actionnaires dans la bergerie de l’intérêt général, et des pratiques solidaires ?

Nous n’avons rien à attendre de cet empire du moindre mal. Victor Considérant, un socialiste de l’époque où le socialisme était l’expression du mouvement ouvrier et non d’une gauche modernisée sous les couleurs du libéralisme, s’exprimait ainsi :

"Que pouvait-il résulter de cette liberté industrielle, sur laquelle on avait tant compté, de ce fameux principe de libre concurrence, que l’on croyait si fortement doué d’un caractère d’organisation démocratique ? Il n’en pouvait sortir que l’asservissement général, l’inféodation collective des masses dépourvues de capitaux, d’armes industrielles, d’instruments de travail, d’éducation enfin, à la classe industrielle pourvue et bien armée. On dit : "la lice est ouverte, tous les individus sont appelés au combat, les conditions sont égales pour tous les combattants. Fort bien, on n’oublie qu’une seule chose, c’est que sur ce champ de guerre, les uns sont instruits, aguerris, armés jusqu’aux dents, qu’ils ont en leur possession un grand train d’approvisionnement, de matériel, de munitions, de machines de guerre, qu’ils occupent toutes les positions, et que les autres, dépouillés, nus, ignorants, affamés, sont obligés, pour vivre au jour le jour et faire vivre leurs femmes et enfants, d’implorer de leurs adversaires eux-même, un travail quelconque et un maigre salaire" [7].

Ces propos étaient certes tenus en 1848, mais sur le fond, les choses ont-elles vraiment changées ? La description qui est faite là n’est-elle pas, hélas, la réalité que sont en train de vivre des couches de plus en plus nombreuses des classes populaires, celles-là que la gauche a abandonné et qui forment les gros bataillons des abstentionnistes. Il faudra plus qu’un programme partagé pour redresser cette situation. En effet ceux qui se sont accaparés les moyens de production mènent une guerre sans état d’âme. Ils ont des moyens, énormément de moyens, et nous, nous n’avons plus grand chose sinon ceci que Lénine rappelait inlassablement en forme d’avertissement et de morale : il ne faut jamais oublier la lutte des classes.

 

Gilbert Rémond

 

[1] "ainsi que Marx ne manque jamais de le rappeler, le capital n’est pas une chose à l’image d’un gâteau -c’est la comparaison préférée des économistes- dont l’augmentation régulière de la taille permettrait de garantir à chacun une part toujours plus grande), mais un rapport social. C’est ce qui explique que l’accumulation du capital, (puisque tel est le nom véritable de ce que les médias préfèrent célébrer sous celui de "croissance") ne puisse jamais tenir -du moins très longtemps- les promesses d’abondance infinie des économistes officiels. Comme chacun a eu mille fois l’occasion de le vérifier, l’accumulation du capital tend toujours, au contraire, à concentrer une part croissante de la richesse collectivement produite entre les mains de minorités privilégies, et donc à accroître mécaniquement les inégalités, aussi bien entre les nations qu’à l’intérieur même des nations", Jean-Claude Michea, "Le complexe d’Orphée" p.320-321, éd. Climats

[2] "Marxisme et lutte de classe" in "Positions".

[3] "La soutenance d’Amiens", p.166 in "Positions".

[4] "Le complexe d’Orphée", p.301, éd. Climats.

[5] "L’empire du moindre mal", JC Michéa, éd. Climats.

[6] "pour abolir les privilèges de notre temps, il faudra assumer puis remporter la confrontation avec la finance" p.10 et autre allusions aux marchés financiers, Programme Partagé, éd. Librio.

[7] "L’empire du moindre mal", p.48 et 49 éd. Climats.

 

Publié par Réveil Communiste http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-l-humain-d-abord-mais-il-ne-faut-jamais-oublier-la-lutte-des-classes-92292266.html

 

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