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Quelques conférences

Chansons

  Avant d'écouter les enregistrements ci-dessous, attendez la fin de la musique de fond du blog...

 

L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 15:14

Nous sommes en état de légitime défense !

Les travailleurs sont en état de légitime défense !

Les peuples d’Europe sont en état de légitimes défense !

 

Parce qu’il s’agit d’une véritable agression :

Licenciements massifs et fermetures d’entreprise, menaces de fermeture de licenciements et répression syndicale : PSA dans l’automobile, Sealink de Calais , Goodyear d’Amiens, BNP Paribas et Société Générale, amendes sur les arrêts maladie contre les salariés du privé comme du public, l’accélération des fermetures de services dans les centres hospitaliers dans de nombreuses villes, prélude à la fermeture d’hôpitaux eux-mêmes, casse des statuts dans l'Education nationale, etc. etc….  on n’en finirait pas d’énumérer les attaques contre nos droits, contre le droit à la retraite, à la santé…

 

Les coups d’Etat des marchés et leur dictature

 

En Italie et en Grèce, les marchés, les banques, le FMI, la BCE et l’union Européenne décident par-dessus la tête des peuples de qui doit appliquer les politiques de rigueur, les hommes en place n’offrant plus la garantie qu’ils soient en mesure de faire accepter … les mêmes politiques de rigueur !

 

Il n’y aura pas d’autre barrage à cette agression permanente que la résistance et les luttes, dans chaque entreprise, dans chaque profession mais avec l’objectif fondamental du "TOUS ENSEMBLE".

Les tenants du système prétendent que le peuple français, sa jeunesse ne se révoltent pas, que le mouvement des Indignés ne prend pas en France parce qu’ils attendent le changement de la présidentielle de 2012.

 

Rien ne serait plus mortel !

 

Parce que la droite, le pouvoir sarkozyien et les partis candidats à l’alternance sont quant au fond d’accord pour appliquer une politique d’austérité draconienne pour le peuple au nom "de la nécessaire réduction des déficits publics et du remboursement de la dette." Comme la droite qui en Espagne succède aux socialistes va infliger les mêmes potions !

 

Parce que ce sont les marchés financiers qui dictent leurs exigences !

 

Or ce que ne disent pas ces forces c’est que les politiques d’austérité vont non seulement aggraver la situation des classes populaires notamment, mais qu’elles vont aussi aggraver la dette et les déficits de l’état.

Par conséquent ils mentent lorsqu’ils prétendent vouloir réduire les déficits et la dette et nous accusent d’avoir vécu au-dessus de nos moyens !

C’est le contraire, parce que la dette est un moyen pour imposer l’austérité et les régressions sociales en les faisant accepter par les travailleurs et la population soit disant au nom des intérêts des générations futures, dans le même temps où ils précarisent massivement la jeunesse !


Voilà leur objectif : faire capituler les travailleurs, nous conduire à courber l’échine, à considérer qu’il n’y a pas d’autre solution que le recul des salaires, la casse des services publics et de l’industrie … seraient inéluctables !

 

L’appel intersyndical pour une action le 13 décembre prochain est totalement insuffisant.

Il suggère de s’adresser "aux salariés pour interpeller le gouvernement, les élus et les responsables d’entreprises dans la période du 1er au 15 décembre. Dans ce cadre, le 13 décembre sera un temps fort de mobilisations interprofessionnelles, notamment avec des rassemblements. "

Il ne s’agit pas seulement d’interpeller les responsables, d’autant que les directions syndicales et en particulier la CFDT insistent elles aussi sur la nécessité de réduire les dépenses publiques, ce qui revient à acquiescer aux politiques d’austérité comme on voit que les partis socialistes y acquiescent en Grèce et en Espagne par exemple.

 

Ce dont il convient de débattre avec les travailleurs du 1er au 15 décembre c’est :

 

- des mensonges sur la dette, la manière dont elle a été construite par une fiscalité au service des riches et des grandes entreprises, l’abandon par l’état de la gestion de la monnaie … son utilisation contre les droits des travailleurs

 

- de la dictature des marchés financiers relayée par le personnel politique à son service et les institutions européennes.

 

- de la nécessité de construire un puissant mouvement "TOUS ENSEMBLE" pour contrer cette régression et commencer au contraire à conquérir de nouveaux droits

 

- de la nécessité pour s’opposer aux politiques de rigueur de contester le remboursement de la dette et de débattre des moyens à mettre en œuvre pour se dégager de la domination des marchés, de l’Union européenne servile agent de leur domination.

 

Tout cela sans s’en remettre aux résultats des élections en ne perdant pas de vue que dans notre pays les résultats sociaux ont toujours résulté presque exclusivement des luttes sociales comme en 36, les congés payés ou en 1968, 1995 …

 

Oui, Banksters nous ne vous devons rien !

Comme en 36 pour les congés payés ne comptons que sur nos propres forces !

 

Le Front Syndical de Classe

22 novembre 2011

Site : www.frontsyndical-classe.org - Courriel : frontsyndical.classe@laposte.net

 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 15:12

Les « écologistes » et le PS ont montré le spectacle lamentable de leur négociation politicienne pour les législatives de 2012. Les quelques questions de principe du parti de la candidate Eva Joly, elle-même tentée un temps par le Modem, s’évaporent devant les ambitions électorales de ses ami(e)s. Pas de quoi être surpris.

Communistes, nous devrions pouvoir nous en moquer gentiment tout en mettant en avant des propositions de rupture fort éloignées de ces forces politiques de l’alternance. 

 

Mais nous découvrons, au passage d’un entrefilet de l’Huma du 23 novembre 2011 (page 6) et d’un communiqué de la direction (internet), que notre Parti est partie prenante de l’accord EELV/PS.

Déjà, il serait difficile pour la direction du PCF de donner des leçons vu les marchandages politiciens interminables et inachevés du Front de gauche pour la répartition des circonscriptions avec les « partenaires ».

 

Voilà que nous apprenons que le PS et EELV se sont engagés à ne pas présenter de candidats contre les sortants « communistes » et sont prêts à laisser quelques « bonnes » circonscriptions au Front de gauche.

« Communistes » entre guillemets car l’Huma se plaint d’une candidature EELV potentielle contre François Asensi, député sortant depuis 30 ans de Seine-Saint-Denis, passé à la FASE, groupuscule qui affirme que le PCF n’a plus de raison d’être.

 

Ah bon ! Donc en fait il y a un accord de toute la « gauche » pour l’alternance et une nouvelle « gauche plurielle » après 2012, avec répartition des places.

 

Roland Muzeau chef de file des députés d’origine PCF dans le groupe de la Gauche démocrate et républicaine, présidé par l’anticommuniste Yves Cochet, s’insurge dans le communiqué: Martine Aubry avait promis qu’il n’y aurait pas de candidat PS ou EELV contre les sortants Front de gauche. Ces méchants Verts ne tiennent pas leur engagement !!

 

Donc en fait tout est réglé ! Chacun joue sa partition. Mélenchon hurle dans le vide pour mieux racoler vers le PS. La direction du PCF a déjà négocié avec le PS ses sièges et ses places. On comprend pourquoi elle invite Mélenchon à calmer ses attaques (stériles répétons-le) contre Hollande.

 

C’est inacceptable. Les communistes ne sont même pas informés de ces tractations. Elles révèlent la raison d’être du Front de gauche : rabattre pour le PS de toutes les façons. 

 

C’est dramatique. La nécessité d’aujourd’hui est d’élever la riposte, à partir des luttes et du rapport de force anticapitaliste face à la politique de super-austérité qu’elle vienne, de la droite ou de la « gauche », sous l’égide de l’UE.

http://vivelepcf.over-blog.fr/article-legislatives-2012-accord-eelv-ps-la-direction-du-pcf-partie-prenante-89605479.html

 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 15:10

Quand l’UMP, J-F. Copé, B. Lemaire et autres se réengagent dans la bataille contre les 35 h, personne n’y comprend rien car cela ne sert à rien vu que n’importe quel employeur peut faire travailler un salarié jusqu’à 48 h par semaine.

En quoi le fait de remettre en cause les 35 h fera que les salariés travailleront plus ? Mystère. Nous avons déjà le taux de productivité horaire le plus élevé du monde. On pourra difficilement faire mieux. Ce sont les pays les plus pauvres qui travaillent plus longtemps et les pays les plus riches qui ont les durées du travail les moins longues.

Les 35 h c’est la durée légale, rien de plus. La loi prévoit déjà la possibilité de 13 h supplémentaires par semaine. La seule loi contraignante d’ordre public social est celle qui fixe à 10 h par jour et à 48 h par semaine la durée maxima. Au-delà de 10 h et de 48 h c’est un délit pour les employeurs de faire travailler un salarié. Mais ni l’UMP ni Copé ne remettent en cause les 48 h apparemment. Cette durée maxima sert à protéger l’emploi et la santé des salariés contre leurs employeurs et même contre eux-mêmes, les abus subis et même choisis, tel est du moins son sens dans la constitution française.

Alors puisque ça ne sert à rien du point de vue de l’allongement éventuel de la durée du travail réel, à quoi servent le bruit et la fureur de l’UMP contre les 35 h ?

La réponse est pourtant simple : à supprimer le seuil de déclenchement des heures supplémentaires à 35 h. Car à partir de la 36e, 37e, 38e heure de travail, chaque heure est majorée de 25%. Supprimer ce seuil c’est supprimer la majoration, donc c’est baisser le salaire net et brut de ceux qui feraient éventuellement plus de 35 h. Cela remettrait aussi mécaniquement en cause la notion de Smic indexée sur la durée légale mensualisée à 151 h 66.

L’UMP veut en fait supprimer toute durée légale comme l’exige le Medef. Donc supprimer toute notion d’heures supplémentaires. Remplacer la loi par des contrats au gré à gré. Soumettre à la bonne volonté patronale la fixation des horaires de travail salariés. Donc supprimer toutes les majorations légales, celles à 25 %, celles à 50 % et celles à 100 %. Cela devient une énorme baisse de salaire pour tous ceux qui travailleraient plus.

Idéal complété par la proposition de supprimer les cotisations sociales et de les remplacer par une « TVA sociale ». Les cotisations sociales font partie du « salaire brut » payé par l’employeur. Une partie de ce salaire est versée directement, c’est le « net ». Et une partie est versée indirectement, c’est le « brut » : cette partie du salaire est mutualisée et redistribuée à chacun selon ses besoins lorsque vous êtes malades, au chômage, en accident du travail, en charge de famille nombreuse, en besoin d’aide au logement, en accident du travail ou en retraite. C’est ce qu’il y a de plus beau en France, ce n’est pas une charge mais un bonheur. C’est ce que l’UMP veut supprimer : que l’employeur ne paie plus les cotisations sociales. Mais que tous les salariés les paient chacun individuellement à leur place sous forme de TVA. C’est une autre forme de baisse massive de salaire dont il est ainsi question.

C’est ça le nouveau programme central de l’UMP : baisser massivement vos salaires bruts et nets. Travailler plus et gagner moins, voilà l’idéal à peine caché du programme de l’UMP.

Cet article a été écrit par Gérard Filoche

http://www.filoche.net/2011/11/24/l%e2%80%99axe-central-du-%e2%80%9cnouveau-programme-%c2%bb-de-l%e2%80%99ump-est-de-baisser-les-salaires/

 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 15:08

Communiqué section PCF Paris 15 – 21 novembre 2011

 

L’assemblée de section du PCF Paris 15ème du 8 novembre 2011 a abordé la question de la préparation des élections législatives de juin 2012. Les 13ème et la 12ème circonscriptions de Paris, redécoupées (avec un petit quartier du 7ème), correspondent au périmètre de notre section.

 

Pour les communistes du 15ème, la campagne électorale doit servir à élever la riposte à la politique de super-austérité qui se prépare, sous l’égide de l’UE, quelle que soit la majorité élue.

Les candidatures doivent partir des luttes des entreprises et des quartiers de notre arrondissement, porter des propositions de rupture.

 

Aussi nous nous prononçons pour des candidatures clairement présentées par le PCF prolongeant l’action de notre section.

 

Des candidatures PCF sont d’autant plus importantes aux législatives que le choix du Front de gauche, derrière le socialiste et Maastrichien revendiqué Jean-Luc Mélenchon aux présidentielles, tend à effacer l’expression nationale de notre parti sur ses positions de classes fondamentales.

 

Les marchandages électoraux entre composantes du Front de gauche, comme celles entre PS, « écolos » et Front de gauche, ne nous concernent pas. Nous constatons que les négociations politiciennes ne sont pas encore terminées. Elles traînent depuis six mois ! Nous faisons remarquer que le programme soi-disant « partagé » du Front de gauche a été élaboré absolument sans les communistes.

Comme les déclarations de M. Mélenchon, il ne saurait nous engager.

 

La direction départementale du PCF Paris organise un vote « groupé », non statutaire (il devrait avoir lieu par circonscription), sur des candidatures exclusivement « Front de gauche » et dans la seule partie des circonscriptions de Paris où les partenaires ne sont pas en conflit. Cette tambouille est incompréhensible. Mais il clair que les communistes ne pourront se prononcer ni sur le fond, ni sur des candidatures qu’ils connaissent. 

 

Ce vote est nul et non avenu, en particulier pour les 12ème et 13ème circonscriptions où se présenteraient un représentant d’un groupuscule social-démocrate et une élue d’arrondissement pointant au groupe « la gauche » avec le Parti socialiste.

 

En temps voulu, la section du PCF Paris 15 fera des propositions de candidatures PCF.

 

Il est exclu pour nous que le « Front de gauche » et ses instances se constituent en organisation parallèle regroupant des éléments socio-démocrates et supplantent le PCF. 

 

Nous ferons vivre notre parti avant et après les élections dans l’intérêt des travailleurs.

http://pcf-paris15.over-blog.com/article-legislatives-2012-dans-le-15eme-notre-parti-c-est-le-pcf-et-non-le-front-de-gauche-89594290.html

 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 15:06

par Domenico Losurdo

mardi 22 novembre 2011, par Comité Valmy

 

L’idéal, c’est que la presse soit organisée avec une telle finesse qu’elle soit en quelque sorte un piano sur lequel puisse jouer le gouvernement."

Joseph Goebbels

 

Domenico Losurdo

Quelle est la nature du conflit qui investit la Syrie depuis quelques mois ? Je voudrais avec cet article inviter tous ceux qui ont à cœur la cause de la paix et de la démocratie dans les rapports internationaux à se poser quelques questions élémentaires, auxquelles, de mon côté, j’essaierai de répondre en laissant la parole à des organes de presse et journalistes qu’on ne peut suspecter de complicité avec les dirigeants de Damas.

1. Il convient en premier lieu de se demander quelle était la condition du pays moyen-oriental avant l’arrivée au pouvoir, en 1970, des Assad (père puis fils) et du régime actuel. Eh bien avant cette date, « la république syrienne était un Etat faible et instable, une arène pour les rivalités régionales et internationales » ; les événements des derniers mois signifient le retour à la « situation précédant 1970 ». En ces termes s’exprime Itamar Rabinovitch, ancien ambassadeur d’Israël à Washington, dans The International Herald Tribune du 19-20 novembre 2011. Nous pouvons tirer une première conclusion : la révolte appuyée en premier lieu par les USA et l’Union européenne risque de ramener la Syrie dans une condition semi-coloniale.

2. Les condamnations et les sanctions de l’Occident et son aspiration au changement de régime en Syrie sont-elles inspirées par l’indignation pour la « brutale répression » de manifestations pacifiques dont le pouvoir se serait rendu responsable ? En réalité, en 2005 déjà, « George W. Bush désirait renverser Bachar al Assad, alors premier ministre » . C’est ce que rapporte encore l’ex-ambassadeur israélien à Washington, lequel ajoute que la politique de regime change en Syrie est maintenant celle que poursuit aussi le gouvernement de Tel Aviv : il convient d’en finir avec un groupe dirigeant qui appuie depuis Damas « le Hezbollah au Liban et le Hamas en Syrie » et qui a des liens étroits avec Téhéran. Oui, « profondément préoccupé par la menace iranienne, Israël pense qu’enlever la brique syrienne du mur iranien pourrait déboucher sur une nouvelle phase de la politique régionale. Il est clair que soit le Hezbollah soit le Hamas avancent à présent avec davantage de prudence ». Donc, la cible de la révolte et des manœuvres qui lui sont connexes n’est pas seulement la Syrie, mais aussi la Palestine, le Liban et l’Iran : il s’agit d’asséner un coup décisif à la cause du peuple palestinien et de consolider la domination néo-coloniale d’Israël et de l’Occident dans une aire d’importance géopolitique et géo-économique décisive.

3. Comment poursuivre cet objectif ? Guido Olimpio nous l’explique dans le Corriere della Sera du 29 octobre : à Antakya (Antioche), dans une région turque frontalière de la Syrie, est déjà à l’œuvre « l’Armée syrienne libre, une organisation qui mène la lutte armée contre le régime d’Assad ». C’est une armée qui a l’usufruit des armes et de l’assistance militaire de la Turquie. De plus -ajoute Olimpio- (dans le Corriere della Sera du 13 novembre) Ankara « a exercé des menaces contre la création d’une zone tampon de trente kilomètres en terre syrienne ». Donc, le gouvernement de Damas non seulement doit faire face à une révolte armée, mais une révolte armée appuyée par un pays qui dispose d’un dispositif militaire de première importance, qui est membre de l’OTAN et qui menace d’envahir la Syrie. Quelles qu’aient été les erreurs et les fautes de ses dirigeants, ce petit pays est à présent l’objet d’une agression militaire. Depuis des années en forte croissance économique, la Turquie depuis quelques temps montrait des signes d’impatience à l’égard de la domination exercée au Moyen-Orient par Israël et les USA. Obama répond à cette impatience en poussant les dirigeants d’Ankara à un sous-impérialisme néo-ottoman, contrôlé évidemment par Washington.

4. Comme il résulte des analyses et témoignages que j’ai rapportés, la Syrie est contrainte à lutter dans des conditions assez difficiles pour garder son indépendance, elle doit dores et déjà affronter une formidable puissance économique, politique et militaire. De plus, l’OTAN menace, directement ou indirectement, les dirigeants de Damas de leur infliger le lynchage et l’assassinat qui ont scellé la mort de Kadhafi. L’infamie de l’agression devrait être claire pour tous ceux qui sont disposés à accomplir un ne serait-ce que modeste effort intellectuel. Si ce n’est que, se prévalant de sa terrible puissance de feu multimédiatique et des nouvelles technologies de manipulations rendues possibles par Internet, l’Occident présente la crise syrienne en cours comme l’exercice d’une violence brutale et gratuite contre les manifestants pacifiques et non-violents. Il ne fait aucun doute que Goebbels, le maléfique et brillant ministre du Troisième Reich, a fait école ; il convient même de reconnaître que ses disciples à Washington et Bruxelles ont même à présent dépassé leur maître jamais oublié.

Publié lundi 21 novembre 2011 sur le blog de l’auteur

http://domenicolosurdo.blogspot.com/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2041

 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 15:04

Par Jean-Paul Damaggio •  Mardi 15/11/2011

 

Un nouveau mouvement social considérable traverse les USA. Il fait penser aux luttes des latinos d’avant l’arrivée au pouvoir d’Obama. Le port et la ville d’Oakland est devenu un des symboles très fort d’occupations ayant débutées à Wall Street. Les autorités ont décidées de siffler la fin de la « récréation » et peut-être qu’à l’heure où j’écris, le nettoyage aura été achevé.

 

 Ils sont des milliers à demander des emplois, une meilleure éducation, un meilleur service de santé et c’est trop ! Protester pour des raisons aussi futiles, vous n’y pensez pas ! Les maîtres ont annoncé la couleur : nous avons compris le message et à présent ça suffit. Sans rien régler il faudrait revenir à la normalité après cinq semaines d’occupations diverses. La démocratie ça serait de vider son sac, puis, sans rien régler, de revenir au quotidien.

 Cette action populaire prend diverses formes allant des occupations pacifiques au blocage par exemple du port d’Oakland. Les agitateurs de la nuit sont-ils là pour casser le mouvement global ? Ou expriment-ils vraiment une rage plus forte que les actions non violentes ? Comme toujours les médias se sont précipités sur les fumées des gaz lacrymogènes !

 « Financez nos écoles et nos services, pas les banques » voilà une banderole à valeur internationale qui a été portée par des milliers de personnes et aussi des milliers de grévistes.

La place symbolique, Oscar Grant Plaza, a finalement été vidée de ses manifestants dans le cadre d’une opération de police (publiques et privées) la plus chère de l’histoire de la ville.

La grève générale avait été décrétée le 2 novembre : écoles, services, banques, commerces, une ville paralysée, les ouvriers du port ayant apporté leur part à l’action. Le cinquième port du pays, fermé ! Il y a là un des syndicats les plus progressistes du pays.

Le pique-nique de la grève aurait rassemblé 10 000 personnes (20 000 disent les organisateurs)  ! Le secteur en pointe fut celui des syndicats des écoles publiques.

 La mémoire de César Chávez a été rallumée. Et Angela Davis était là pour un discours. Le mouvement est pour la première fois celui de toutes les générations, de toutes les couleurs, de toutes les espérances, ce qui ne signifie pas sans conflits internes. Comment tenir, comment généraliser la mobilisation, l’organisation, la colère ? Beaucoup croient que de tels mouvements étant spontanés, ils s’éteignent aussi vite qu’ils s’allument. Aucune généralisation n’est bonne ni dans un sens (le spontané c’est nul) ni dans l’autre (le spontané c’est génial). Toutes les révoltes retrouvent l’histoire sociale et toutes se doivent de la dépasser puisque cette histoire n’a pas empêché la montée en puissance de la force financière.

 Mais bon, les journalistes officiels ont autre chose à penser que la nature des dites révoltes. Alors j’ai écrit ce petit texte. En espagnol, en anglais, sur internet vous tapez occupa et s suivant la ville de votre choix l’action sociale prendra diverses formes.

A suivre. J-P Damaggio

 

http://la-sociale.viabloga.com/news/occupy-oakland-ca-chauffe

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 15:02

 La droite triomphe: majorité absolue au PP (Parti Populaire) l’UMP espagnole.

Mais ces résultats sont trompeurs: en effet 43% des électeurs espagnols (chiffres de 18h) se sont abstenus et les études le montreront dans les jours qui viennent,ce sont les classes populaires qui constituent le gros des abstentionnistes.

Pourquoi cela ? Parce que le PSOE (Parti Socialiste Ouvrier (sic) d’Espagne) a mené une politique de droite, favorable au grand capital et appliquant à la lettre les directives de l’UE : conséquences, 48% des jeunes sont au chômage, chômage qui explose 21,5%, acquis et droits du monde du travail massacrés par Zapatero et son gouvernement.

Alors désespérés par cette situation les classes populaires ne ce sont pas déplacées, convaincues que la fausse gauche et la droite, le PPSOE disent-ils là-bas, est le parti unique du capital. Signe de la sanction contre le PS, la coalition écolo-PCE-PGE, IU (Izquierda Unida), qui compte actuellement deux députés, en aura 11, passant de 2,7 à 6,8%.

La droite(PP) n’obtient même pas le nombre de voix obtenues par Aznar en 2000, c’est dire que les Espagnols n’ont pas voté pour la droite mais contre le parti socialiste qui perd 4millions et demie de ses voix. Les « petite » listes progressent toutes comme les indépendantistes basques qui font un très bon score.

Enfin concernant l’organisation soeur du PCPE , ses résultats  encore modestes sont  en croissance constante . Ces voix sont obtenues grâce à un sérieux effort militant,  un travail de masse constant engagée ces dernières années. Ces résultats font partie du processus de consolidation du PCPE comme une référence communiste pour tous les peuples d’Espagne.

Bref aucune raison de triompher pour la droite et claque magistrale au PS, le boomerang de la trahison.

Voila une leçon de plus pour les socialistes. Mais c’est le peuple espagnol qui en fera les frais.


http://www.initiative-communiste.fr/wordpress/?p=10135

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 12:21

COMMUNIQUÉ DE PRESSE - Comité Valmy - 17 novembre 2011

Pour contribuer à rétablir la vérité sur la situation dans ce pays,

LE PRÉSIDENT DU COMITE VALMY EN SYRIE AVEC UN GROUPE DE JOURNALISTES

mardi 22 novembre 2011, par Comité Valmy

 

Depuis près d’une semaine, Claude Beaulieu, Président du Comité Valmy, est présent en Syrie où il accompagne le premier groupe de journalistes auxquels le gouvernement syrien a donné la possibilité de venir voir, sur place, la réalité de la situation dans ce pays. Ce voyage est organisé à l’initiative du Centre catholique, des Chrétiens de la Méditerranée, et tout particulièrement grâce au dynamisme de Mère Agnès-Mariam de la Croix, Higoumène du Monastère Saint Jacques l’Intercis à Qâra, en Syrie.

L’objectif de cette initiative, qui répond à un réel besoin d’information honnête, est de contribuer à faire connaître la vérité sur ce qui se passe en Syrie.

Ce voyage est l’occasion d’observer sur place la réalité de la situation et de faire de nombreuses rencontres avec des acteurs et des témoins du combat que mène le peuple syrien contre l’asservissement et pour la survie de la nation. Le premier moment fort que Claude Beaulieu nous a indiqué téléphoniquement concerne la visite du Patriarche Cyrille de Moscou au Partiarcat d’Antioche et sa réception à la Cathédrale de la Dormition à Damas, à laquelle il a assisté. Cette visite, certainement organisée avec l’accord du gouvernement russe, dépasse donc la seule solidarité des chrétiens russes envers les chrétiens d’Orient et présente un caractère géopolitique particulièrement positif.

Aujourd’hui, Claude Beaulieu, depuis la Syrie, apporte un premier témoignage à propos de ce qu’il a constaté sur place. Le texte ci-dessous est réalisé à partir d’une conversation téléphonique.

1) Le scandale de la propagande guerrière véhiculée par les médias occidentaux

A écouter les médias occidentaux, l’armée et la police syrienne seraient devenues des hordes sanguinaires qui massacreraient le peuple. La réalité ridiculise ce grossier mensonge, dont le seul but est de justifier une invasion guerrière.

Sur le terrain, nous constatons que les meurtres et les attentats, mensongèrement attribués par les médias français aux forces syriennes, sont en réalité le seul fait de groupes armés étrangers ou de salafistes syriens extrêmement minoritaires, qui tirent sur la foule et sur les militaires pour créer le chaos et pour fabriquer des images trompeuses, à destination des médias complices des va-t-en-guerre occidentaux.

Les policiers et les militaires syriens doivent à la fois déjouer ces pièges, protéger les populations et mettre hors d’état de nuire ces criminels fauteurs de guerre.

Cette mission est d’autant plus difficile que les groupes en question sont soutenus, armés et financés par les USA et l’Union européenne, comme l’a avoué leur chef, Khaddam. [1  ]

2) La force de l’union nationale syrienne contre l’éventualité d’une agression occidentale

Il ne se passe pas un jour sans manifestations de masse [2  ], au cours desquelles les Syriens se retrouvent dans les rues pour exprimer leur volonté unitaire patriotique et pour soutenir le gouvernement légitime.

Cette vigueur à défendre la souveraineté de la nation syrienne transcende les clivages politiques et confessionnels ; elle soude le peuple, fermement décidé à résoudre par lui-même ses difficultés en restant maître de son destin et en respectant la légalité.

Malgré les crimes et les exactions commis par les terroristes, la manipulation visant à exacerber les clivages confessionnels échoue : dans une clairvoyance exemplaire, le peuple syrien se rassemble et démontre encore une fois l’invincibilité et la cohérence de l’attachement à la souveraineté populaire, de la laïcité et de la prééminence du Droit.

Les opposants syriens préfèrent majoritairement éviter à leur pays une intervention étrangère plutôt que rallier le Conseil national syrien, dans lequel ne se regroupent en définitive que des aventuriers instrumentalisés par les ennemis de la Syrie et des extrémistes salafistes qui envisagent de transformer le pays en place forte d’Al Qaïda.


Dans ces conditions, le Président du Comité Valmy appelle les Français à la plus grande vigilance sur les informations et reportages diffusés par les médias français, déjà coupables d’avoir travesti la réalité pour rendre possible les agressions sur la Côte d’Ivoire et la Libye.

Il souhaite, sans illusion, que la diplomatie française prenne conscience que son asservissement aux Etats-Unis - qui construisent une manipulation de plus pour justifier une agression guerrière de plus - n’est pas une erreur, mais une faute.

De par l’Histoire, la France a une responsabilité particulière envers les peuples syriens et libanais. Tout gouvernement qui l’oublierait ne serait pas un authentique gouvernement français mais un pitoyable exécutant états-unien.

Que la faute libyenne ne soit pas répétée en Syrie !

 

Mise en ligne CV le 17 novemmbre 2011

Texte amendé

Notes

[1  ] -Interview de Khaddam sur Israeli TV

[2  ] -Syrie :les manifestations que personne ne veut voir

 

publié par http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2037

 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 12:19

Un article de Sami Kleib

lundi 21 novembre 2011, par Comité Valmy

 

Ce qui se passe en Syrie n’a rien à voir, ni avec la défense des droits de l’homme, ni avec ce qu’en rapportent les médias traditionnels depuis huit mois. Comme le montre très bien l’article de Sami Kleib, journaliste arabe fort bien informé, les manoeuvres contre la Syrie s’inscrivent dans le cadre d’une déstabilisation régionale préméditée et fait partie d’un plan visant à démanteler la Syrie, le Liban, et l’Iran.

19 novembre 2011

Est-il nécessaire de préciser que ces trois États qualifiés hypocritement d’« axe chiite » sont en réalité le seul « axe de résistance régionale » aux visées hégémoniques américano-sionistes dont les bras armés sont l’OTAN qui frappe sans discernement, le Qatar qui achète les consciences, et les opposants irresponsables d’un Conseil National Syrien ? Ces derniers, acquis à la cause des ennemis de leur patrie, ne sont-ils pas prêts à engranger les bénéfices de leur sédition financée par l’étranger ? Comment les considérer autrement alors qu’ils usent de prétextes fallacieux et appellent toutes sortes d’interventions étrangères pour la soi-disant protection des populations civiles syriennes qu’ils ont eux-mêmes placées dans l’œil du cyclone ? Il est attristant de constater que notre Ministre des Affaires Étrangères, Alain Juppé, après leur avoir accordé une poignée de main généreuse, persiste à les soutenir tout en sachant qui ils sont. Non Monsieur Juppé, vous faites erreur, non seulement ces opposants syriens de l’extérieur portent atteinte aux intérêts de leur patrie, mais ils mettent aussi en péril nos propres intérêts dans la région.

(Mouna Alno-Nakhal)


Syrie : La vérité sur les visées inquiétantes du Qatar et des puissances occidentales

Par Sami Kleib

Un diplomate arabe au Caire a rapporté que lors de la réception de la délégation de la Ligue Arabe à Damas le 26 Octobre dernier, le Président Syrien Bachar el-Assad aurait accusé le Premier Ministre du Qatar, le Sheikh Hamad bin Jaber Al Thani, d’être l’exécuteur de « diktats américains » et lui aurait dit : « Moi, je protège mon peuple avec l’aide de mon armée, mais toi tu protèges le tien par les bases américaines implantées sur ton sol… Si vous venez ici en tant que délégation de la Ligue Arabe, vous êtes les bienvenus. En revanche, si vous êtes les délégués des Américains, il vaudrait mieux que nous cessions toute discussion ».

Dans cette ambiance tendue, le responsable Qatari aurait répondu : « Si j’étais un Américain, je garderais le silence ». Ce à quoi Bachar el-Assad aurait rétorqué : « Tu es un Qatari, mais tu exécutes les diktats américains ». Le Sheikh Hamad n’aurait rien trouvé à dire. Par la suite, l’ambiance s’est apaisée, et la rencontre s’est soldée par le « Plan Arabe » de règlement de la crise syrienne.

En réalité, la Syrie avait pressenti dès le début que le Qatar jouait un rôle « suspect », selon l’expression d’un responsable syrien. La Syrie a cherché à le contourner en acceptant l’ « Initiative Arabe » malgré le fait que certains Articles de cette Initiative constituent une « violation de la souveraineté syrienne ». En effet, il est à remarquer que malgré le refus exprimé publiquement contre cette Initiative par Youssef Ahmad, ambassadeur syrien au Caire, Damas a ouvert ses portes à la délégation de la Ligue Arabe et a même accepté que le Sheikh Hamad en soit le chef.

Au cours de cette même réception, le ministre syrien des Affaires Etrangères Walid Mouallem aurait « lutté » pour amender certains articles de ce texte, mais le responsable Qatari persistait à faire croire à ses hôtes qu’il ne pouvait accepter aucun amendement concernant le retrait total de l’armée, qu’il refusait toute utilisation du terme « terrorisme », et a même failli récuser l’évocation de bandes armées dans les villes.

Et ce diplomate cairote de poursuivre que la première rencontre entre la délégation de la Ligue Arabe et El-Assad a été ponctuée de scènes hilarantes qui ont fait rire aux éclats le Président et ses invités, comme celle du secrétaire général adjoint de la Ligue Ahmed Bin Houli lisant son texte devant son auditoire, qui se fait rabrouer par le Sheikh Hamad criant : « Ce n’est pas cette Initiative que nous voulons entendre, c’est l’autre ! ». Bin Houli a eu beau chercher le deuxième texte dans ses poches, il ne l’a jamais trouvé !

C’est ainsi que plusieurs textes ont dû être discutés pour finalement adopter celui d’une Initiative appelant au retrait de « toutes les troupes armées des villes » ; ce qui signifie que les membres de la délégation ont fini par reconnaître l’existence de troupes armées autres que celles de l’armée régulière. Dès lors, il a été décidé, par accord tacite, que la première séance de dialogue entre des représentants des autorités syriennes et de l’opposition se tiendrait au siège de la Ligue Arabe au Caire.

Les Syriens ont reconnu que malgré le « piège qui leur était tendu », ils se devaient de prendre en considération leur relation solide avec Moscou. C’est la raison pour laquelle ils ont accepté des exigences que Damas n’aurait jamais approuvées en d’autres circonstances. Les dirigeants syriens, se devaient d’envoyer un message clair à Moscou lui signifiant qu’ils étaient ouverts au dialogue et à toutes les initiatives venant des États arabes, garantie suffisante pour renforcer la position russe devant le Conseil de Sécurité, pour que la Russie puisse continuer à se démarquer des positions intransigeantes américaines, françaises et européennes, et de leurs tentatives en faveur d’une intervention étrangère internationale.

Ceci dit, l’article concernant le « retrait de l’Armée syrienne » était considéré comme le plus dangereux par les autorités syriennes. En effet, comment pouvait-on envisager de retirer l’armée de régions désormais devenues le théâtre d’une guerre civile comme à Homs ? Pour le Sheikh Hamad : « Il est impératif de retirer l’armée et de cesser de tuer les manifestants ! ». Ce à quoi El-Assad a répondu : « L’armée ne tue pas des manifestants, elle poursuit plutôt des terroristes armés. Si jamais tu avais une solution pour en finir avec ces derniers, elle serait bienvenue ! ».

Depuis cette rencontre, les Syriens ont eu la confirmation que le Qatar poursuivait ses attaques contre la Syrie. Elles avaient commencé sur la chaîne qatarie Al-Jazeera, puis elles se sont poursuivies par des manipulations de la part d’opposants et de Frères Musulmans, pour finir par une étroite collaboration avec les dirigeants des capitales occidentales. Ceci est devenu très clair lorsque, par exemple, le ministre soudanais, sous pression du ministre qatari, en est arrivé à déclarer en présence du Président syrien : « Négocier avec les Occidentaux est le moyen le plus sûr pour sortir de cette crise », ce qui a fait dire à l’un des participants : « Vos négociations avec les Occidentaux ont abouti à la partition du Soudan, et à un Sud-Soudan où flottent désormais les drapeaux israéliens ! ».

Toujours selon ce même diplomate cairote, Damas s’est rendu compte que le Secrétaire Général de la Ligue était lui-même soumis aux pressions qataries. Ainsi, lorsque Nabil Arabi s’est adressé au Président syrien pour préciser « Arrêt des violences de toutes les parties », le regard de mise en garde et d’avertissement du Sheikh Hamad a bien failli le faire reculer. Il a fallu que Walid Mouallem l’interpelle par un « Est-ce possible que tu recules si vite !? », pour qu’il se ravise et confirme sa propre proposition.

Suite à cet accord et durant les dix jours qui ont suivi la publication du « Plan Arabe » [le 2 novembre 2011] Walid Mouallem n’a cessé d’adresser des missives à la Ligue Arabe pour l’informer de la mise en application effective de ses différentes directives : retrait de l’Armée de plusieurs régions et son remplacement par des policiers et des agents de la Sécurité Interne, visas d’entrée pour des journalistes arabes et occidentaux, libération d’un groupe de détenus, annonce d’une amnistie générale pour ceux qui rendent les armes et qui n’ont pas commis d’assassinats.

Ce faisant, la direction syrienne a cru pouvoir calmer le jeu mais est restée très vigilante face aux manœuvres des Qataris. Pendant ce temps, certains partis de l’opposition, et particulièrement son Organe de Coordination, ont bien reçu ces signaux et ont transmis en retour des suggestions positives en faveur du dialogue et d’une participation future au pouvoir. Moscou, informée de la situation, s’est révélée favorable à la démarche syrienne et a tenu à encourager l’Initiative Arabe. En effet, il a été rapporté que Moscou avait adressé un courrier à la Ligue Arabe lui conseillant de ne pas se hâter à prendre des dispositions intempestives contre la direction syrienne, mais plutôt à encourager le Président syrien dans sa volonté de réformer et d’aller de l’avant.

PRESSIONS AMÉRICAINES ET POSITION ARABE

Quelque chose s’est passé au cours de ces 10 jours. Personne ne s’attendait à ce que la Ligue Arabe prenne aussi précipitamment une telle mesure de suspension de la Syrie de toutes ses instances [le 12 Novembre]. Les opposants appartenant à l’Organe de Coordination n’ont rien vu venir lorsqu’ils sont allés à la rencontre de Nabil Arabi au Caire [3 Novembre]. En revanche, la direction syrienne s’attendait à « quelque chose de négatif » depuis que le ministre saoudien des Affaires Etrangères, Séoud el-Fayçal, avait rejoint la réunion du Comité ministériel de la Ligue Arabe. Des sources syriennes bien informées ont déclaré que, dans les dernières minutes avant la prise de cette mesure, les États Unis avaient exercé d’énormes pressions pour que la Ligue Arabe hausse le ton contre la Syrie, précédé en cela par le ministre des Affaires Étrangères français, Alain Juppé, qui a déclaré « L’Initiative Arabe est morte ! », sans oublier qu’entretemps Washington déconseillait aux personnes armées de se rendre aux autorités.

Pour les Syriens, cette sanction, quoique inattendue, n’avait rien de surprenant en elle-même. En revanche, ils admettent avoir été surpris qu’elle survienne avant même que n’expire le délai de 15 jours accordé à la direction syrienne pour mettre en œuvre le Plan Arabe, et tout aussi surpris par l’invitation incongrue de l’opposant Burhan Ghalioun à la table des Ministres des Affaires Étrangères de la Ligue Arabe dans les salons de l’hôtel Four Seasons.

La conspiration n’était désormais plus un secret pour quiconque ! De là, leur certitude d’une ingérence américaine de la dernière heure. Ce qui se traduit dans les déclarations d’un responsable qui connaît parfaitement les arcanes de cette Ligue : « Nous savons comment sont conçues les décisions de la Ligue Arabe et comment certains de nos frères se plient malheureusement devant les diktats américains, comme nous savons que le Qatar joue le rôle le plus malfaisant en ce domaine ».

COMMENT LA SYRIE A-T-ELLE ÉTÉ SUSPENDUE DES INSTANCES DE LA LIGUE ARABE ?

Le Sheikh Al Hamad a convoqué une réunion du Comité des Ministres de la Ligue Arabe dont le ministre saoudien Séoud el-Fayçal, dans les salons de l’hôtel cairote cité plus haut. Il avait préparé un projet de résolution en 6 articles :

1. Suspendre la Syrie de toutes les instances.

2. Demander à l’Armée syrienne de ne pas intervenir dans des opérations d’assassinats.

3. Inviter l’opposition à une réunion au siège de la Ligue Arabe dans les 3 jours.

4. Inviter les organisations internationales à se rendre en Syrie.

5. Rappeler tous les Ambassadeurs des pays de la Ligue Arabe basés en Syrie.

6. Inviter le Conseil des Ministres des Affaires Étrangères à se réunir avec l’opposition unifiée.

L’Égypte et l’Algérie ont exprimé leur opposition, le Sultanat d’Oman a exprimé son mécontentement, le Liban a déclaré un refus catégorique. Il faut dire que le délégué algérien a essayé de faire capoter le projet. Une altercation a eu lieu entre lui et le Sheikh Hamad. Le premier aurait déclaré : « Le Qatar est le fer de lance de tous les problèmes que rencontre la nation arabe » ; le second lui aurait répondu : « Votre tour viendra ! ».

RÉCIT DE L’AFFRONTEMENT SYRO-QATARI AU CAIRE

Suite à cette réunion, s’est tenue une séance fermée inaugurée par le Secrétaire Général de la Ligue Arabe qui a présenté son projet et a exprimé toutes sortes de récriminations à l’encontre de la Syrie depuis le 13 juillet 2011 jusqu’à la rencontre à Damas avec El- Assad le 26 Octobre 2011. Il s’est plaint de ne pas avoir pu joindre Walid Mouallem malgré plusieurs courriers et messages adressés à son secrétariat et a même déclaré : « Nous n’avons malheureusement pas réussi à former une délégation qui serait arrivée au bon moment pour enquêter sur ce qui se passe réellement sur le terrain. Elle aurait pu être composée de personnalités appartenant à des organisations internationales, comme le Conseil des Droits de l’Homme ou autre… ».

S’adressant au Sheikh Hamad, le délégué syrien a immédiatement répondu : « C’est dans cette même salle que tu t’étais élevé contre l’idée selon laquelle il existait une intention manifeste de conduire la Syrie vers le chaos. Tu avais même ajouté que c’était pure imagination. J’avais souhaité qu’il en soit ainsi. Mais aujourd’hui, après lecture de ce papier…il est très clair que vous avez non seulement saboté votre plan mais vous avez fait en sorte qu’il soit mort-né. Vous êtes tellement pressés d’arriver à vos fins que vous n’avez même pas pris le temps de constituer une délégation pour enquêter… ceci parce que vous ne voulez pas connaître ce qui se passe en vérité ».

Après avoir précisé que la décision de suspendre la Syrie était illégale et pourquoi elle l’était, le ministre syrien a ajouté : « Faites attention à ne pas laisser attiser le feu, car ce ne serait profitable à personne. Faites attention à ne pas accorder votre indéfectible soutien à des complots scandaleux contre la Syrie, à des provocations tendancieuses, à des campagnes médiatiques féroces et sans limites, à des interventions étrangères appelant ostensiblement à la chute du régime… Dès notre première réunion, nous avions senti que vous cherchiez à suspendre notre adhésion à la Ligue Arabe. Nous espérions nous tromper. Vous venez de nous donner la preuve irréfutable que nous avions vu juste. Le 2ème article de ce projet constitue un dangereux préalable à une intervention étrangère dans les affaires internes d’un État membre de la Ligue… ce qui sape les fondements de la paix et de la stabilité dans la région ».

A son tour le délégué irakien a exprimé ses réserves quant au 2ème article disant : « Je pense que pour certains, il pourrait constituer prétexte à intervention étrangère, ce qui compliquerait la donne, non seulement pour la Syrie mais aussi pour des pays voisins tel que l’Irak. De plus, selon la charte de la Ligue la suspension ou le gel d’un État membre sont censés être prononcés à l’unanimité. Enfin, puisque nous disposons d’une Initiative Arabe sur laquelle nous nous sommes tous mis d’accord, y compris la Syrie, pourquoi ne pas la soumettre pour adoption à des organismes internationaux tels que le Conseil de Sécurité ou le Conseil des Droits de l’Homme ? »

[…. À ce moment, il y a eu un très court débat sur la légitimité ou non de la suspension de la Syrie entre un Nabil Arabi, indécis, et les délégués algérien et syrien (non retranscrit ici)].

Le Sheikh Hamad a brusquement mis fin à la séance sans permettre à la délégation algérienne d’exprimer son point de vue en se contentant de déclarer que les délégations libanaise et yéménite s’étaient prononcées contre le projet, mais que la délégation irakienne s’était abstenue. Ceci a provoqué l’indignation du délégué syrien qui lui a répondu en ces termes : « Tout ceci est le résultat de tes multiples conspirations qui ignorent les lois et les chartes. Tu es l’instigateur en chef de toutes ces trahisons et de toutes ces opérations destructrices, non seulement en Syrie mais dans tous les États Arabes. Avec le Secrétaire Général vous commettez un crime envers la Syrie et envers toutes les nations arabes. Vous êtes des agents exécuteurs d’agendas occidentaux. Un jour, les peuples du monde arabe vous demanderont des comptes et vous devrez répondre de vos crimes ».

OÙ VA LA SYRIE ? VERS UNE INTERVENTION INTERNATIONALE ?

La grande majorité des Syriens craint que cette manœuvre de la Ligue Arabe ne soit le préambule du pire. D’une part, Damas a bien compris que certains pays arabes, et le Qatar en particulier, œuvrent pour une internationalisation de la crise pour arriver à légitimer une intervention étrangère ; d’autre part, elle est persuadée qu’une intervention militaire est impossible. Par la voix de son Ministre des Affaires Etrangères elle a officiellement refusé la décision de sa suspension par la Ligue… Elle soupçonne que la Turquie cherche à agiter les eaux dormantes, que le Qatar va continuer à travailler à l’escalade des violences et aussi, que les États Unis et la France vont continuer à acculer la Syrie et tenter d’exploiter à nouveau la carte onusienne et son Conseil de Sécurité en exerçant toutes les pressions possibles sur la Russie et la Chine.

Malgré tout cela, Damas persiste à user d’un langage diplomatique serein. Dans les prochains jours elle pourrait adopter des positions qui démontreraient qu’elle ne se considère pas en état de faiblesse… Les Syriens savent qu’ils ne manquent pas d’atouts. Les mesures de sécurité se sont révélées efficaces. Homs est sauvée avec le minimum de pertes possibles et les bandes armées, qui y sévissaient, sont en passe d’être neutralisées…« Nous resterons calmes et sereins, et prochainement nous adresserons les signaux qui témoigneront de la force du peuple syrien et de sa solidarité militaire et politique ». La Russie n’a pas cédé, des millions de Syriens continuent à manifester dans toutes les régions du pays adressant au monde entier le message très clair de leur assentiment à leur président et de leur refus catégorique de toute intervention étrangère, et les opposants patriotes ont opté pour le dialogue.

Malheureusement, les manigances perdurent et la désinformation partisane des médias arabes et internationaux prêche toujours. En ce moment même, ces États, et particulièrement le Qatar, tentent de fabriquer « une opposition unifiée » pour arriver à la faire reconnaître, et réussir, par ce subterfuge, à déclarer l’illégitimité du Président syrien comme un fait établi.

Certains pensent que la crise syrienne ira vers encore plus de complications ; d’autres avancent qu’elle touche à sa fin. Quoiqu’il en soit, cette année américaine pré-électorale promet de nombreuses surprises, d’autant plus que le prochain retrait des forces américaines de l’Irak est susceptible d’ajouter d’énormes pressions sur l’Iran, la Syrie, et le Hezbollah. Le Qatar et d’autres États arabes ont, jusqu’ici, réussi à priver la Syrie du soutien des pays frères. Il n’empêche que des liens solides demeurent intacts entre Bachar el-Assad et certains leaders, y compris le nouveau leader saoudien, le Prince Naëf Ibn Abdel Aziz…

Est-ce là un autre message destiné à Sheikh Hamad considéré par les Syriens comme « le plus remarquable des instigateurs et comploteurs », lequel continue à affirmer que « El-Assad est proche de sa fin » ?

Sami Kleib

14 /11/2011


Sami Kleib, journaliste libanais de nationalité française, est diplômé en Communication, Philosophie du Langage et du Discours Politique. Il a été Directeur du Bureau du journal AS-Safir libanais, à Paris, et Rédacteur en chef du Journal de RMC-Moyen Orient. Responsable de l’émission « Visite spéciale » sur Al-Jazeera, il a démissionné en protestation contre la nouvelle orientation politique de cette chaîne.

Traduit de l’arabe par Mme Mouna Alno-Nakhal, le 18 novembre 2011

Sources :

http://www.assafir.com/Article.aspx ?EditionID=2002&ChannelID=47411&ArticleID=1261

et

http://www.silviacattori.net/article2381.html

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2038

 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 12:15

PARIS : Samedi 26 NOVEMBRE

« Les élites françaises entre Berlin et Washington depuis la fin de la Première Guerre mondiale »  

Invitée exceptionnelle : Mme Annie Lacroix-Riz, ancienne élève de l'école normale supérieure (Sèvres),  agrégée d'histoire, docteur-ès-Lettres, professeur d'Histoire contemporaine à l'université Paris VII-Denis Diderot

***

Tous les derniers Samedis du mois à Paris – Bastille, les Clubs « Penser la France » et la Rédaction de Politique-actu organisent  les Cafés de l'Hyper-République, animé par Jean-Luc Pujo, entouré de membres des équipes de la Rédaction de Politique-actu et des Clubs « Penser la France ».

CAFE LE FALSTAFF – 16H00-19H00

Place de la BASTILLE – PARIS

 

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