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Le site http://jooble-fr.com/

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Les offres qui vous seront envoyées par mail proviennent de différentes sources, et ne préjugent en rien des conditions de travail et des salaires. Il vous appartient de vous en assurer le cas échéant.

 

Le site est d'utilisation simple et l'inscription est gratuite.

 

http://jooble-fr.com/

 

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Quelques conférences

Chansons

  Avant d'écouter les enregistrements ci-dessous, attendez la fin de la musique de fond du blog...

 

L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 16:36

Des forces de police lourdement armées viennent d’incendier 1000 maisons pour expulser les familles indigènes des forêts kenyanes où elles vivaient depuis des siècles. Ce peuple désespéré a besoin de notre aide pour sauver ses maisons – ainsi que la forêt –  avant qu’elles ne soient détruites pour toujours.

La Banque mondiale a dépensé des millions d’euros issus de nos impôts pour former les forces de police kenyanes, qui annihilent cette ancienne communauté. Dans le même temps, alors que de nouveaux financements sont en jeu cette année, la Banque a une immense influence sur le gouvernement. Jusqu’ici la Banque est restée muette, mais si nous sommes assez nombreux à relayer cet appel à l’aide, nous pouvons l’obliger à arrêter ces horreurs.

Le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim explique qu’il veut changer la Banque. Faisons-lui tenir ses promesses en lui demandant de convaincre le gouvernement kenyan d’arrêter ces accaparements de terres d’une brutalité rare et de s'engager à respecter les droits fondamentaux pour obtenir de nouvelles subventions. Lorsque nous serons des millions à avoir signé, nous attirerons son attention en lui montrant les maisons en flammes juste devant le siège de la Banque à Washington. Ajoutez votre nom maintenant:


http://www.avaaz.org/fr/stop_the_forced_evictions_france/?bsfSibb&v=35467

Les Sengwer vivent dans la majestueuse forêt d’Embobut depuis des siècles et ils sont protégés par des dispositions spéciales dans la Constitution kenyane et en droit international. Ils ont déjà remporté un procès pour arrêter les expulsions, mais le gouvernement fait la sourde oreille et prétend qu’ils doivent quitter la forêt afin de protéger les sources d’eau pour les villes environnantes. Les Sengwer pensent que la forêt sera bientôt vendue.

La Banque a soutenu de nombreuses et impressionnantes initiatives par le passé, mais depuis trop longtemps, elle préfère faire porter le chapeau aux pays et aux entreprises qu’elle finance lorsque ses projets destructeurs chassent des peuples de leurs terres. Mais les choses changent. Grâce à une mobilisation efficace, la Banque s’est retirée de projets qui prévoyaient d’expulser 30 000 Cambodgiens de leurs maisons pendant un an. Et elle a admis avoir agi contre sa propre éthique en finançant une entreprise hondurienne d’huile de palme, accusée d’expulsions violentes et d’assassinats. La Banque enquête désormais sur le scandale des Sengwer, mais tout va bien trop lentement pour sauver les habitants de l’immémoriale forêt kenyane.

Le Congrès américain vient tout juste d’appeler la Banque à mettre fin à ces expulsions sous peine de perdre les financements états-uniens. C’est le moment rêvé pour arrêter cette confiscation de terres au Kenya et faire en sorte que l’institution prenne les droits humains au sérieux. Signez maintenant – lorsque nous serons un million à avoir signé, nous remettrons notre message directement au Président Jim Yong Kim:



http://www.avaaz.org/fr/stop_the_forced_evictions_france/?bsfSibb&v=35467

Lorsque le gouvernement tanzanien a lancé un programme qui allait expulser des milliers de familles Maasai pour construire une réserve de chasse, près de deux millions de membres d’Avaaz ont soutenu les Maasai. Nous avons poursuivi cette campagne pendant plus d’un an, jusqu’à ce que le premier ministre les autorise à rester, et nous avons enfin obtenu la victoire après 20 ans de lutte sur le terrain. Les Maasai nous disent qu’ils n’auraient jamais réussi sans nous. Gagnons à nouveau ensemble, pour les Sengwer.

Pour en savoir plus :

Kenya : La tribu sengwer menacée d’expulsion au nom de la conservation (Survival France)
http://www.survivalfrance.org/actu/9878

Un expert de l’ONU exhorte le Kenya à respecter les droits d’autochtones menacés d’expulsion (ONU)
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp/storyF.asp?NewsID=31814&Cr=autochtone&Cr1=#.UvON9rS8Hqk

Au Kenya, la soif de terres alimente les violences (L’Humanité)
http://www.humanite.fr/node/56220

Kenyan families flee Embobut forest to avoid forced evictions by police (The Guardian) (en anglais)
http://www.theguardian.com/global-development/2014/jan/07/kenya-embobut-forest-forced-evictions-poli...

U.S. pushes for outside oversight of World Bank (Washington Post) (en anglais)
http://www.washingtonpost.com/business/economy/us-pushes-for-outside-oversight-of-world-bank-opposes...


 Allison Patel - Avaaz.org  avaaz@avaaz.org   

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 17:00

 samedi 4 janvier 2014 / par Assanatou Baldé

 

Les violences en Centrafrique ont provoqué près d’1 million de déplacés en Centrafrique, a annoncé vendredi soir le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR).

 

Le chaos persiste en Centrafrique. Le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) a annoncé vendredi soir que les affrontements entre ex-rebelles de la Séléka et milices chrétiennes "anti-balaka" ont fait 935 000 déplacés, dont 200.000 ces derniers semaines. « Les attaques ciblées contre les civils, les pillages et la présence d’éléments armés dans certains sites accueillant des déplacés limitent l’accès des organisations humanitaires auprès des personnes ayant besoin d’une assistance urgente », d’après l’organisation onusienne.

60% des réfugiés sont des enfants

Selon le HCR, plus de 510 000 personnes sont actuellement hébergées dans 67 sites à Bangui, la capitale, ou au sein de familles d’accueil, ce qui représente plus de la moitié de la population totale de la capitale, ajoutant que 60% des déplacés sont des enfants. L’organisation souligne également que cette semaine, le nombre de déplacés arrivant à l’aéroport a presque doublé. On compte désormais quelque 100 000 personnes sur place.

Mission rude des humanitaires

Le HCR tire donc la sonnette, soulignant que « la distribution de matériel d’abri et d’autres articles de secours est devenue plus difficile. Il est difficile de mettre en oeuvre un système de distribution. Les agences humanitaires travaillent sur une réponse interinstitutions rapide en 30 jours pour les personnes déplacées dans ce site ».

Face à la situation sécuritaire qui se dégrade chaque jour un peu plus, Médecins sans frontières (MSF) a, de son côté, réduit son personnel dans le camp de déplacés de l’aéroport.

 

http://www.afrik.com/centrafrique-1-million-de-deplaces-ont-fui-les-violences-selon-l-onu

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 16:51

 mercredi 1er janvier 2014 / par Assanatou Baldé

 

Un tribunal spécial vient d’être créé en Mauritanie pour juger les crimes d’esclavages qui se poursuivent dans le pays.

 

L’esclavage se poursuit toujours en Mauritanie malgré son abolition en 1981. Désormais les crimes d’esclavage dans le pays seront jugés par un tribunal spécial. Il a été créé pour mettre un terme à cette pratique encore courante dans ce pays.

A l’initiative de ce projet, le Conseil supérieur de la magistrature, présidé par le chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz, chargé notamment de l’organisation judiciaire. Il s’est réuni lundi pour décider de la création de ce tribunal, rapporte l’Agence mauritanienne d’information (AMI, officielle). La pratique de l’esclavage est toujours courante en Mauritanie même si elle est considérée comme un crime depuis une réforme de la Constitution en 2012. Mais jusqu’ici elle avait toujours été jugée par des tribunaux ordinaires.

La création de ce tribunal spécial intervient après la mise en place en mars 2013 d’une agence nationale chargée de financer des micro projets en faveur des anciens esclaves. Toutefois pour Biram Ould Dah, président de l’Initiative pour la résurgence de la lutte contre l’esclavage (Ira), organisation anti-esclavagiste, il « ne manquait pas de juridiction pour juger ces crimes, mais plutôt la volonté politique d’appliquer les textes existants ».

Officiellement depuis 2007, les personnes reconnues coupables d’esclavagisme encourent des peines pouvant aller jusqu’à dix ans de prison. Mais la législation contre l’esclavage n’est quasiment jamais appliquée en Mauritanie.

 

http://www.afrik.com/mauritanie-un-tribunal-pour-juger-les-crimes-d-esclavage

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 13:52

 jeudi 24 octobre 2013 / par Assanatou Baldé

 

Une opération de grande envergure est en ce moment même menée conjointement par les forces françaises et maliennes ainsi que la Minusma (Force de l’ONU au Mali), pour éviter une résurgence des groupes terroristes.

 

Les militaires engagés dans le nord-malien retournent sur le champ de bataille. Les forces françaises et maliennes ainsi que les soldats de la Minusma (Force de l’ONU au Mali) mènent actuellement même une opération de « grande ampleur pour éviter une résurgence des mouvements terroristes », a indiqué ce jeudi le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l’état-major des armées françaises. « Nous avons engagé, avec l’armée malienne et la Minusma, une opération de grande ampleur au nord et au sud de la boucle du Niger, a-t-il précisé, à propos de cette opération baptisée "Hydre" ».

L’objectif de cette opération, selon le colonel français, est de faire « pression sur les mouvements terroristes éventuels pour éviter leur résurgence (...) Cela fait partie de ces opérations qui sont régulièrement menées (...) pour participer à la stabilité du pays ». Le responsable militaire a toutefois précisé qu’il ne s’agissait « pas d’une réponse aux attaques menées récemment par des éléments jihadistes ». Mercredi deux soldats tchadiens de la force Minusma ont été tués dans une attaque à Tessalit, revendiquée par Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI).

C’est bien encore une fois la preuve que les groupes terroristes toujours présents dans le Nord-Mali n’ont pas dit leur dernier mot. La France tout comme tous les pays de la sous-région le savent pertinemment même si officiellement ils ont été chassés du Nord-Mali. La méfiance est donc de mise.


http://www.afrik.com/nord-mali-offensive-des-forces-francaises-et-maliennes-contre-les-terroristes

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 15:12

 vendredi 4 octobre 2013 / par Par notre partenaire Libre Afrique

 

La récente prise d’otages et l’assassinat d’au moins 67 personnes au centre commercial de Westgate à Nairobi au Kenya trouve ses racines dans l’intervention du gouvernement des États-Unis en Somalie, qui a débuté dans les années 1990.

 

Bien qu’il n’existe absolument aucune justification au meurtre d’innocents, il faut souligner que les Shebabs, le groupe islamiste qui a commis l’attentat contre le centre commercial et qui contrôle des régions entières de la Somalie, ne seraient probablement pas au pouvoir sans les interventions des États-Unis.

Comme Scott Horton, l’animateur d’une émission de radio nationale américaine, spécialisée dans ​​la politique étrangère, souligne dans le numéro de septembre de Future of Freedom (dont je suis le rédacteur en chef), le gouvernement américain est intervenu directement en Somalie et a soutenu les invasions répétées de la part d’États africains voisins, y compris le Kenya. Au passage, un gouvernement relativement modéré a été renversé, la résistance aux envahisseurs a été radicalisée et les Shebabs liés à Al Qaida ont gagné un contrôle partiel, chose qui aurait été peu probable sans cette intervention américaine.

Horton, en s’appuyant sur des rapports de première main du journaliste Jeremy Scahill, note que, après les attentats du 11 septembre 2001, l’administration Bush a compilé une liste de pays « mûrs pour un "changement de régime" », incluant la Somalie, « dont aucun n’avait d’implication dans les attentats ou des liens réels avec ceux qui les avaient perpétrés. (...) Et par bonheur pour le Pentagone et la CIA, il n’était pas très difficile de trouver d’impitoyables seigneurs de la guerre prêts à accepter leur argent pour perpétrer des assassinats et des enlèvements ciblés contre ceux qu’ils accusaient d’être des islamistes - ou n’importe qui d’autre qu’ils souhaitaient cibler ».

Un retour de manivelle était inévitable. L’Union des tribunaux islamiques (UTI) de Somalie, une coalition d’une douzaine de groupes, déposèrent les seigneurs de la guerre et le Gouvernement fédéral de transition soutenu par les Etats-Unis. « L’UTI déclara alors le règne de la loi islamique », écrit Horton. « Cela, bien sûr, n’était pas les affaires des États-Unis, et même si cela l’avait été, le régime somalien n’avait pas le pouvoir de créer un état ​​religieux autoritaire comme, par exemple, l’Arabie Saoudite, l’allié américain. (…) Et les croyances musulmanes traditionnelles de la Somalie étaient beaucoup plus libérales et tolérantes que celles d’Arabie ».

Mais cela était inacceptable pour l’administration Bush, donc à la fin 2006, elle fit envahir la Somalie et renverser l’UTI par l’Éthiopie, cet État « client » des États-Unis, chrétien et vieil adversaire de la Somalie, « des agents de la CIA et des opérations spéciales menant l’attaque ». En 2008, cependant, les Somaliens boutèrent les Ethiopiens hors du pays. Dans cet effort, on trouvait, selon les mots de Horton, « le groupe le plus jeune et le moins influent dans l’UTI, les Shebabs (la jeunesse) ». Alors qu’elle allait quitter le pouvoir, l’administration Bush, cherchant à sauver la face, obtint des « vieux de l’UTI » un accord pour « accepter la forme du gouvernement fédéral de transition ». Cela rendit les Shebabs furieux, ces derniers accusant l’UTI d’être devenus des agents américains. « Ce n’est qu’alors, seulement, des années après que le chaos avait commencé, que les Shebabs déclarèrent leur loyauté à Al Qaïda. Ils commencèrent d’ailleurs à agir comme Al Qaïda, appliquant des lois et des châtiments à la saoudienne, dans les zones qu’ils dominaient, comme le fait de couper les mains de ceux qui étaient accusés de vol », selon Horton. Malheureusement, l’équipe d’Obama a continué sur la même voie désastreuse : « Après que les Ethiopiens se sont retirés, [l’administration américaine] envoya les armées de l’Ouganda et du Burundi sous les auspices de l’Union africaine pour traquer et détruire les Shebabs. Puis vinrent les Kényans, qui furent apparemment pris de panique après les attaques de luxueuses stations touristiques près de la frontière. En 2011, les Ethiopiens envahirent à nouveau le pays. Les forces kényanes prirent la ville portuaire de Kismayo aux Shebabs en 2012 et crièrent bruyamment victoire quand les rebelles furent dispersés. Mais une insurrection tenace continue la lutte.

Les Américains, de leur côté, continuent de soutenir les forces d’invasion, ainsi que ce qui passe pour le « gouvernement » de Mogadiscio, avec des centaines de tonnes d’armes et des dizaines de millions de dollars. » La CIA et l’armée américaine continuent de prendre une part directe, non seulement en aidant le gouvernement officiel, mais aussi en attaquant les Somaliens avec des hélicoptères, des missiles de croisière et des drones et, selon Horton, « en supervisant au moins deux centres de torture ». L’attaque abominable de Nairobi a mis les médias en effervescence quant à de possibles menaces terroristes contre des « cibles vulnérables » comme des centres commerciaux, non seulement en Afrique, mais aussi aux Etats-Unis. Alors que nous réfléchissons à ce sujet, nous devons comprendre qu’il s’agit d’une menace « made in Washington ».

Combien de fois devrons-nous faire l’expérience de ce que la CIA appelle des « blowback » (retour de manivelle) avant que le peuple américain ne crie son ras-le-bol ?

 

Sheldon Richman est le vice président de la Fondation pour le Futur de la Liberté (Foundation for the Future of Freedom).

http://www.afrik.com/attaque-de-nairobi-un-retour-de-manivelle

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 13:03

 Christine Tibala

19 septembre 2013

 

C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons le décès de Mahan GAHE. Nous nous inclinons tout d’abord devant la douleur de ses proches, de ses amis, des camarades de la confédération syndicale Dignité et de toutes celles et ceux qui partagent son combat pour la défense des intérêts des travailleurs contre le capitalisme néocolonial.

 

Sans-titre-2-copier.jpgArrêté en avril 2011, celui qui présidait aux destinées de Dignité (premier syndicat libre du pays) a fini par succomber aux tortures physiques et morales qu’il avait endurées pendant près de deux ans.

Que lui reprochait-on ? Avoir refusé de suivre le candidat de la Communauté internationale dans son opération ville morte destinée à écarter Laurent GAGBO du pouvoir. Voilà d’ailleurs ce qu’il répondait courageusement au juge qui l’auditionnait pour la première fois après plus d’un an d’incarcération arbitraire :

 

«  Le juge qui prend la parole le premier dit à Mahan Gahé : « Monsieur Mahan vous êtes accusé d’avoir lancé un contre-appel aux travailleurs pour leur demander de désobéir à l’ordre du président qui appelait à cesser de travailler… ».

 

Voilà ce que répond le prisonnier politique :

 

« Monsieur le juge, vous me faites peur ! Vous me faites peur parce que vous êtes censé appliquer la loi. Mais il me semble que vous ne la connaissez pas. J’ai donc peur que vous appliquez autre chose que la loi dans cette affaire qui me concerne. D’abord de quel président parlez-vous ? Si c’est du président Alassane Ouattara que vous parlez, ce que je devine aisément, il n’était pas encore président quand j’ai lancé mon appel. Je ne pouvais donc pas lui avoir désobéi avant qu’il n’ait été reconnu comme tel par le Conseil Constitutionnel qui avait déjà investi son adversaire ».

Il a été reconnu par la communauté internationale, a relancé le juge.

 

« Vous me faites encore plus peur. Mais soit, supposons que ce sont les Ivoiriens qui votent et c’est la communauté internationale qui proclame les résultats, le président élu n’est pas comme moi un leader syndical pour lancer des grèves et appeler à saboter l’économie du pays qu’il est appelé à diriger. Je comprends que mon crime est d’avoir souhaité que les Ivoiriens travaillent pour sortir leur pays du sous-développement… j’étais loin de penser qu’un chef d’Etat aurait pu prendre cela pour un crime gravissime ». » Ici.


OUATTARA et ses riches amis du CAC40 (Armajaro, Bouygues, Bolloré, Dreyfus, SIFCA,…) peuvent se réjouir. Ce grand syndicaliste épris de justice et d’équité ne sera plus là pour faire obstacle à leurs vastes projets de spéculations et autres entreprises lucratives au détriment des travailleurs. Tous ceux qui ont ferraillé avec lui reconnaissent son intégrité et sa détermination dans la mobilisation, y compris les gouvernements qui se sont succédé sous Laurent GBAGBO avec lesquels il n’était pourtant pas tendre dans les négociations, et ce en dépit des sympathies qu’on lui prêtait avec ce régime. 

 

Comme d’autres avant lui, Mahan GAHE a défendu jusqu’à la mort les principes d’indépendance et de liberté syndicale, revendiquant la liberté de faire grève dans le cadre d’un syndicalisme de revendications, mais refusant l’obligation de faire grève à l’appel d’une autorité quelle qu’elle soit, qui plus est illégitime.

Mahan GAHE a rejoint la longue liste des martyres de la Côte d’Ivoire libre et indépendante, mais aussi de tous ceux qui placent très haut le combat pour la défense des valeurs démocratiques contre la prédation capitaliste d’où qu’elle vienne. Après sa libération provisoire en décembre dernier et le non lieu dont il a bénéficié en janvier de cette année, la CGT l’a d’ailleurs mis à l’honneur au 50ème Congrès de TOULOUSE en rendant hommage à son courage et à son abnégation.

Sa tragique disparition nous rappelle l’impérieuse nécessité de continuer et d’accélérer le combat pour le retour à un état de droit en Côte d’Ivoire. Outre les centaines de prisonniers politiques illustres ou anonymes qui croupissent toujours dans des conditions inhumaines dans les nombreux Guatanamo ivoiriens, il y a toutes celles et ceux qui sont détenus au secret et sont en proie à des tortures quotidiennes. Ils doivent non seulement être remis en liberté, mais également réintégrés dans la plénitude de leurs droits (dégels des avoirs, indemnisations, prises en charge sanitaires,…). Et c’est ce que le décès de Mahan GAHE dans ces conditions réaffirme : libérer tous les prisonniers politiques est certes une condition nécessaire à la réconciliation des Ivoiriens, mais elle est loin d’être suffisante.

Ce que d’aucuns ont intérêt à faire croire –à commencer par ceux qui sont au pouvoir et tous ceux qui les ont aidés à s’y installer- que la crise ivoirienne se résumerait à un affrontement entre deux camps politiques au détriment de la population civile- s’avère en fait un véritable conflit de valeurs. Paralyser l’opposition, éradiquer la liberté syndicale, favoriser un retour d'exil sans garanties, porter atteinte à toutes les libertés fondamentales (se réunir, manifester, faire ou ne pas faire grève en l’occurrence, s’exprimer), voilà le mode de gouvernance choisi par le Régime OUATTARA. Mais il ne saurait se maintenir au pouvoir sans le soutien de l’OCCIDENT et de la France en particulier.

Car s’il est vrai comme le disait Noam CHOMSKY que « La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures », il nous appartient d’exiger que la France rende compte de son rôle dans la situation actuelle de la CÔTE D’IVOIRE et dans celles de nombreux autres pays qu'elle considère comme son pré carré.

« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre » disait CHURCHILL. A nous de prendre acte du désir des Ivoiriens en particulier et des peuples en général de vivre en paix, mais à nous également de ne pas laisser falsifier l’Histoire par ceux qui y ont intérêt en inversant la victime et le bourreau.

 

Source originale : Contrepoids

http://www.michelcollon.info/Mort-pour-avoir-defendu-la-liberte.html

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 17:26

 dimanche 7 juillet 2013 / par Franck CANA

 

La tradition de rendre hommage, de leur vivant et non à titre posthume, à ceux qui servent leur génération m’oblige dès à présent, en ce qui concerne Nelson Mandela, à revoir, pour ne pas l’oublier, son parcours politique unique, ainsi que ses supposés dauphins, au sens panafricain du terme, susceptibles de reprendre le flambeau.

 

Au soir de sa vie, de Nelson Rolihlahla Mandela, né le 18 juillet 1918 à Mvezo en Afrique du Sud, on peut dire qu’il a eu une existence courageuse, tant sur le plan familial que politique. De lui, l’histoire retiendra, entre autres, qu’avec Oliver Tambo, ils furent les deux premiers avocats noirs à Johannesburg.

Un vie consacrée à la lutte pour le peuple africain

Sur le plan politique, très tôt, inspiré par Gandhi, il prône la non-violence face au régime d’Apartheid, et se fait élire en 1952 président de l’ANC du Transvaal et vice-président national de ce parti qu’il avait rejoint dès 1944. Il mène d’abord avec l’ANC la defiance campaign qui prône la désobéissance civile contre les lois ségrégationnistes. Cette désobéissance s’avérant improductive et les souffrances imposées au peuple majoritaire noir de son pays devenant insupportables, Nelson Mandela, n’ayant pas le choix, à l’instar des résistants français qui s’opposèrent par tous les moyens, y compris par les armes et actes de terrorisme à l’occupation de la France par les nazis, abandonne la non-violence et crée en 1961 Umkhonto we Sizwe en abrégé MK, la branche militaire de l’ANC, par le biais de laquelle Mandela et ses collègues de toutes ethnies ainsi que des amis étrangers mèneront une lutte radicale et légitime face au gouvernement négrier de Pretoria. Dans ce combat, trahi par la CIA, il fut arrêté en clandestinité et fut condamné le 12 juin 1964, lors du procès de Rivonia, pour complot visant à renverser le gouvernement. A l’issue de ce procès, le futur prix Nobel de la paix dira : « Toute ma vie, je me suis consacré à la lutte pour le peuple africain. J’ai combattu contre la domination blanche et j’ai combattu contre la domination noire...Mais, si besoin est, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir ».

Pour une politique de réconciliation et la discrimination positive

Pourtant, après 27 ans de prison, la terre entière a donné raison à sa lutte, fut-elle armée. Ironie du sort, ce sont les mêmes nations occidentales qui commerçaient jadis avec le régime d’Apartheid qui, par leurs médias aux ordres, ont porté le Leader africain au firmament d’une popularité planétaire sans pareil. Élu président de la République en 1994, il prônera au plan interne une politique de réconciliation et la discrimination positive visant une meilleure représentation de la majorité noire dans les différents secteurs économiques ayant permis la création d’une classe moyenne noire d’environ 2 millions de personnes pour un total de 40 millions d’habitants. La perfection n’étant pas de ce monde, il lui sera reproché, par exemple, le fait de ne pas s’être représenté à la présidence de la République pour un 2ème mandat ou encore l’accaparement encore en 1999, année de la fin de son mandat, de 80 pour cent des terres par les Blancs. Au-delà de son pays, tout un continent avait espéré en cette Afrique du Sud puissante et libre pour prêter main-forte aux autres nations africaines qui croupissaient encore sous le joug de l’esclavage, afin qu’elles expérimentent également la souveraineté effective. Mais épuisé par la longueur de la lutte, non seulement le leader sud-africain ne pouvait aller au-delà des accords signés avec Frederik De klerk, semble-t-il, mais encore, la Sagesse divine nous apprend que : « La bonne volonté, quand elle existe, est agréable en raison de ce qu’elle peut avoir à sa disposition, et non de ce qu’elle n’a pas »...

« Thabo Mbeki tente la mise en échec des prédations de l’Occident »

C’est donc son successeur Thabo Mbeki qui se collera à la tâche de mise en échec des turpides criminelles et prédations des nations occidentales, regroupées en association de malfaiteurs via des structures telles que l’Onu. Cependant, le temps qui lui était imparti, de 1999 à 2008, ne lui aura pas permis d’influer concrètement au-delà de l’Afrique australe, c’est-à-dire des pays de la SADC. Qu’à cela ne tienne : dès 2005, le président Thabo Mbeki s’était opposé à la tentative de coup d’Etat en Côte-d’Ivoire contre le régime constitutionnel du Président Laurent Gbagbo, s’étonnant de la présence dans ce pays de milliers de soldats représentant « une armée d’occupation » venant d’un Etat européen. A n’en point douter, encore Président de l’Afrique du Sud, il se serait opposé avec force au coup d’Etat du 11 avril 2011 ayant donné lieu au kidnapping sanglant du Président Laurent Gbagbo par des armées occidentales et sa déportation dans le prétoire de la CPI à La Haye.

« Jacob Zuma a préféré se lier aux intérêts obscurs »

Malheureusement, l’un des successeurs de Nelson Mandela, en l’occurrence Jacob Zuma, a préféré se lier aux intérêts obscurs douchant au passage le peu qui restait de la dignité africaine. Jean-Pierre Fabre au Togo, Ngarjely Yorongar pour le Tchad, Etienne Tshisékedi wa Mulumba pour la RDC et bien d’autres embastillés, séquestrés ou contraints à l’exil, les Kwame Nkrumah, Nasser, Nyerere trahis, Samora Machel, Thomas Sankara, Moshood Abiola... assassinés, Kadhafi lâchement éliminé pour faire main basse sur le pétrole libyen, Bouteflika diminué par l’âge dans une Algérie fermée, Mohamed Morsi préoccupé par la lutte pour l’occupation de l’espace politique et de la rue par ses partisans « Frères musulmans » et ceux arrivés légitimement au pouvoir et évincés, même dans le sang, par les nations qui choisissent encore les Guides en Afrique…

Urgence de le reprise du flambeau de Madiba

Il y a urgence, pour la terre africaine, et dans son strict intérêt, que de vrais leaders parviennent à la liberté, en vue de la reprise du flambeau de Madiba, pour porter loin l’idéal africain d’indépendance et de vie qui demeure intact. Au crépuscule de sa vie, le vœu de notre cœur est que Dieu soit favorable à Nelson Rolihlahla Mandela lors de leur rendez-vous, après le dur labeur qu’il a mené pour les générations futures. Enfin, que l’espoir qu’il nous laisse en héritage demeure vivant en chacun de nous et au-delà de la terre africaine ; car à l’instar du « térébinthe et du chêne qui conservent leur tronc quand ils sont abattus » comme le stipule la Sagesse divine, un germe reprendra à coup sûr le bâton.

 

http://www.afrik.com/nelson-mandela-une-vie-de-combat-au-service-de-sa-generation-et-apres-lui

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 21:49

 jeudi 20 juin 2013 / par Assanatou Baldé


L’opposant Cellou Dalein Diallo a décidé de se retirer du dialogue qui devait mettre fin à la crise entre le pouvoir et l’opposition et permettre la tenue des législatives. Son domicile a été investi mercredi par la police suite aux heurts qui ont éclaté à Conakry entre ses partisans et les forces de l’ordre. Accusé de diffamation par un proche du président Condé, il comparaissait au tribunal en marge des évènements.

 

Cellou Dalein Diallo est en colère. Il a décidé mercredi soir de se retirer du dialogue politique qui doit mettre fin à la crise entre l’opposition et le pouvoir et permettre la tenue des élections législatives, rapporte BBCAfrique.

Son domicile a été investi mercredi par la police suite aux nouveaux heurts qui ont éclaté à Conakry entre ses partisans et les forces de l’ordre. Au moins 12 personnes ont été blessées, dont trois par balles. Le leader de l’opposition veut que les coupables soient jugés. Il a également accusé les forces de l’ordre d’avoir violenté ses partisans. « Les gens ne peuvent pas me traiter comme ça dans ce pays, j’ai été un partisan de la paix, un partisan du dialogue, ce n’est pas en ce moment là qu’on va m’agresser à mon domicile », a-t-il déclaré.

Législatives menacées 

La comparution de Cellou Dalein Diallo au tribunal de Dixinn en marge des évènements aurait mis le feu aux poudres. L’opposant a été accusé de diffamation par Malick Sankon, membre du parti au pouvoir et responsable gouvernemental et proche du président Alpha Condé. Finalement, le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) s’est vu signifier par le tribunal le retrait de la plainte de Malick Sankon.

Alors qu’il se rendait au tribunal pour comparaître, l’opposant guinéen a été accompagné par plusieurs dizaines de militants ainsi que des responsables de l’opposition pour le soutenir. La situation a dégénéré lorsque ses partisans ont voulu former un cortège après l’audience pour le raccompagner chez lui. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. Ces derniers ont riposté avec des jets de pierre. Ces nouveaux heurts montrent que la Guinée est loin d’être apaisée à quelques semaines des législatives.


http://www.afrik.com/guinee-le-dialogue-politique-mis-a-mal-apres-de-nouveaux-heurts-a-conakry

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 14:05

vendredi 29 mars 2013 / par Sébastien Badibanga

 

L’ONU a voté, jeudi, une résolution validant la mise en place d’une brigade d’intervention offensive, en République démocratique du Congo, afin de combattre les rebelles, notamment ceux du M23.

 

Trois mille hommes et des drones. L’ONU a adopté, jeudi 28 mars, une résolution approuvant la mise en place d’une brigade d’intervention offensive, composée de 3000 hommes, en République démocratique du Congo (RDC).

Cette nouvelle force de combat sera chargée de « mener des opérations offensives ciblées » contre les rebelles qui sévissent à l’Est de la RDC, notamment le Mouvement du 23 mars (M23) qui affronte au Nord-Kivu les Forces armées de la République du congo (FARDC) depuis mai 2012.

La brigade d’intervention, qui doit se déployer d’ici un an, opérera en soutien de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) qui, elle, continuera à remplir sa mission de maintien de la paix.

 

Combattre le M23

Depuis mai 2012, le M23 combat l’armée régulière congolaise au Nord-Kivu, à l’Est de la RDC. Un conflit qui provoque une crise humanitaire d’ampleur. Les organisations humanitaires dénombrent plus de 500 000 déplacés. Sans compter les morts et les viols. Un rapport du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) sur les violences sexuelles perpétrées dans la Province Orientale stipule que 3304 cas ont été déclarés pour l’année 2012.

D’où la résolution des Nations unies. « La brigade sera composée de trois bataillons d’infanterie, un d’artillerie et des commandos basés tous les trois à Goma et opérant sous la direction du commandant de la Monusco », souligne LeFigaro.fr. Et de préciser : « un peu plus de 2500 troupes allant à la chasse au M23 et autres forces rebelles à l’est du pays ».

La brigade d’intervention de l’ONU sera, par ailleurs, équipée de trois drones pour ainsi surveiller les mutins du M23. Une autre première pour les forces onusiennes.

C’est la situation dramatique de la province du Nord-Kivu, en proie à des rébellions depuis deux décennies, qui a poussé les Nations unies à voter une résolution qui élargit les prérogatives des Casques bleus qui, à l’origine, sont censés se cantonner aux missions de maintien de la paix.

 

http://www.afrik.com/onu-en-rdc-une-brigade-offensive-pour-combattre-le-m23

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 16:28

vendredi 15 mars 2013, pour l'autre afrik

 

Il vaut mieux fermer les yeux et faire l’autruche, comme la grande autruche France. Car si ladite autruche ne tenait point la tête dessous le sable, elle s’apercevrait que la plupart des territoires qui furent jadis français sont aujourd’hui soit effroyablement paupérisés, soit entièrement nettoyés de tout souvenir français. Admirable destruction, superbe lavage de cerveau…

 

Mais foin de ces déplorations passéistes !

Que la presque totalité des anciens territoires de la France soient à présent socialement dévastés ou opportunément rééduqués, peu importe, en Afrique subsaharienne, au Maghreb, au Cambodge ou à Pétaouchnoc… L’essentiel n’est-il pas que ces contrées soient débarrassées de la funeste France, et réciproquement, par les soins de la vénérable Ve République blanciste, héritière de la IVe, grande largueuse de « Nègres », de « Bougnoules » et autres musulmans ?

Dans le contexte actuel, particulièrement cristallin, où l’air frais se respire à Paris comme un oxygène bienfaisant, doux, voici qu’un grand opposant malien, recru d’inquiétude pour l’avenir de son pays, me souffla récemment à l’oreille, en substance : « Les élections prévues en juillet sont prématurées. Compte tenu du chaos actuel et accumulé, aucune garantie démocratique ne sera permise par le délai imparti. La classe politique au pouvoir, responsable du désastre, aura ainsi tout loisir d’assurer son maintien aux affaires. Et de continuer d’alimenter la catastrophe. »

Il est vrai qu’à la faveur de l’offensive française, tout au long du mois de janvier 2013, les images du Mali sous-développé se sont étalées sans fard sur nos écrans… Petit peuple laissé pour compte, misère tous azimuts, tandis que l’aviation française a pris le relais, à cinquante ans de distance, de l’aviation soviétique. En 1963, Modibo Keita faisait déjà bombarder les Touareg par le feu étranger…

Etrangère, la France, au Mali ? A vrai dire, l’histoire est nettement plus compliquée, mais une certaine extrême-gauche, volontiers amnésique, est sans doute plus prompte à flétrir l’immixtion française actuelle qu’à condamner celle du grand frère soviétique, voilà un demi-siècle… Des indépendantistes du Nord-Mali, eux aussi amnésiques (mais, cette fois, volontairement…), ont beau invoquer une partition contre-nature de l’espace touareg dont l’ère coloniale se serait rendue coupable, la réalité historique et géographique impose de constater que la colonisation française, au-delà des innombrables crimes qu’elle commit en Afrique, avait unifié le Sahara et laissé aux nomades la plus grande latitude en ces espaces, les associant d’ailleurs souvent à son empire… Ceux-ci le lui rendirent bien, en la servant loyalement et en défendant sa présence, jusqu’au bout… En Algérie, notamment, l’Etat FLN nouvellement indépendant (par la grâce de saint Charles de Gaulle, loué et glorifié soit son nom) sut le leur faire payer au prix fort (humiliation, persécution, sédentarisation forcée, etc.).

Au demeurant, pour en revenir aux craintes du très inquiet opposant malien dont je parlais et qui m’accorda de longs échanges fraternels sur ces cruciales questions électorales, il est bon de constater que, par delà les clivages politiques et les tentatives du pouvoir en place de se maintenir, avec l’éventuel soutien de la France et des non moins actifs et très gourmands Etats-Unis, une idée s’impose au Mali : le vaste plan de développement promis par François Hollande à Bamako, le 2 février 2013, déclarant qu’il venait « de vivre la journée la plus importante de [sa] vie politique »… est à prendre au mot !

Autrement dit, puisque le Mali – populations et élites politiques, pouvoir comme opposition – estime quasi unanimement que le lancement d’un programme de développement du pays avec l’aide massive de la France adossée à l’Union européenne, est une excellente idée, il leur suffit d’unir leur voix pour que les mots du président français à Bamako prennent corps dans les plus brefs délais.

Nous avons soupé des envolées fraternelles et généreuses lancées à l’Afrique par des présidents français plus soucieux d’asservir les peuples d’Afrique ou de pressurer leurs territoires que de les épauler sur le chemin de la Liberté et du bien-être. Pour mémoire, je rappellerai ci-après des mots communistes et des mots gaullistes, qui en surprendront certainement plus d’un(e).

Que tous les partis, que toutes les associations, que tous les Maliens et tous les Français de bonne volonté exigent que François Hollande tienne les promesses de Fraternité et d’Egalité qu’il a lancées solennellement à Bamako au nom de la France et, ipso facto, au nom de l’Europe, pour le Mali et, au-delà, pour l’Afrique entière !

Coalisons-nous, en dépit de nos divergences et de nos si légitimes méfiances, pour exiger que les paroles deviennent enfin des actes. A commencer par des écoles, du matériel, des livres et des professeurs pour tous les enfants. Mais aussi des routes, des dispensaires, des hôpitaux, des ponts. Pour cela, nous n’avons pas besoin, au Mali ni en France, d’attendre des élections à la transparence plus ou moins douteuse. Car répétons-le : ce rêve de fraternité, de développement économique et social, fait l’unanimité, ici et maintenant, au pays de Yambo Ouologuem comme à travers la plus grande partie du continent. Au point qu’il en paraîtrait, ô paradoxe, presque impossible, tellement il coule de source, et tant il est refusé depuis des décennies...

Sauf que l’autruche, la tête dans le sable, si elle ne voit point le désastre en ses anciens domaines, ne voit point non plus le troupeau de rhinocéros qui fonce sur elle. A peine en entend-elle, sans doute, le sourd grondement…

 

l'autre afrik

 

http://www.afrik.com/mali-l-autruche-les-touareg-et-les-rhinoceros

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