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L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 13:07

 11 septembre 2013

 

Le 11 septembre 1973, le siège de la présidence chilienne est assiégé par des soldats emmenés par le général Pinochet. Retranché dans la Moneda, le président Salavador Allende refuse de se rendre et prononce à la radio un dernier discours que nous reproduisons ici. Quelques heures plus tard, Allende trouve la mort. Soutenu par les Etats-Unis, Augusto Pinochet prend sa place et fera connaitre au Chili les années les plus sombres de son histoire. (IGA)

 

Vidéo : cliquez sur le lien ci-dessous

http://www.youtube.com/watch?v=ufHIrEEl0_o&feature=player_embedded

 

http://www.michelcollon.info/Le-dernier-discours-de-Salvador.html

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 13:06

 Olivier Ravanello

10 septembre 2013

 

Le 11 septembre 1973, l’aviation chilienne mettait un terme à 1000 jours de présidence socialiste au Chili. 1000 jours de présidence Allende durant lesquels les États-Unis et leur Président Nixon n’ont pensé qu’à une chose : comment virer ce « rouge » qui, au Chili, nationalisait les entreprises américaines pour mener une politique plus égalitaire. En pleine guerre froide, un homme tirait les ficelles de la politiques étrangère des États Unis : Henry Kissinger, adepte de la realpolitik et du rapport de force. Un poète, aussi, à en lire ses conversations téléphoniques déclassifiées par la CIA… Morceaux choisis.

 

1970.

Après l’élection d’Allende, Kissinger parle au directeur de la CIA :

- "Nous ne laisserons pas le Chili partir à l'égout".

 

1971.

Le Chili décide de ne pas dédommager les entreprises américaines après la nationalisation du cuivre. Nixon réagit :

- "J'ai décidé que nous allions sortir Allende. C'est un ennemi. Tout est permis au Chili. Foutez-lui un coup de pied au cul, ok ?"

 

Juillet 1973, soit 2 mois avant le coup d'État :

- Nixon : "Je crois que ce Chilien pourrait avoir quelques problèmes".

- Kissinger : "Il a de gros problèmes…".

- Nixon : "Si seulement l'armée pouvait trouver quelques personnes derrière elle".

 

16 septembre 1973, soit 5 jours après le coup d'État qui a couté la vie au président Allende, Kissinger parle avec Nixon :

- Kissinger : "L'affaire au Chili se concrétise et bien sûr la presse se lamente parce qu'un gouvernement pro-communiste a été renversé. Sous le gouvernement de Eisenhower, nous serions des héros".

- Nixon : "Bon, nous ne l'avons pas fait, comme vous savez, notre main n'apparait pas".

- Kissinger : "Nous ne l'avons pas fait. Ou plutôt, nous avons aidé (...), nous avons créé les meilleures conditions possibles".

- Nixon : "Voilà, et c'est comme cela que nous allons le présenter".

 

Octobre 1973.

Les militaires ont pris la main sur le pays. La répression a fait plus de 3000 morts. Kissinger écrit, laissant une trace officielle :

- "Aussi désagréables que soient ses actes, le gouvernement de Pinochet est meilleur pour nous que ne l'était Allende".

 

No comment.

 

 

Source : Le Monde selon Ravanello

 

http://www.michelcollon.info/Chili-Allende-mettez-lui-un-coup.html

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 17:35

 Jeudi 27 juin, Porto-Alegre, devant le Palais Piratini, siège du gouvernement de l’État du Rio Grande do Sul. Neuf heures du soir. Sur la place de la Matriz, plus de quatre mille manifestants usent de leur droit légitime de manifestation dans la sérénité et en toute harmonie, y compris avec les forces de la Brigade Militaire (nom de la force de police, ndt) qui garantissent à chaque citoyen la sécurité afin qu’il puisse manifester librement. Un cordon de policiers militaires, abrités derrière des boucliers, protège les accès du Palais.


Pendant plus d’une heure et demie, ils vont endurer, impassibles et disciplinés selon l’ordre qui leur a été donné par le propre Gouverneur, des jets de pierres, bouteilles et autres projectiles, venant d’un groupe d’environ 150 individus masqués, massés sur le côté gauche de la place et mêlés à près de 200 manifestants, qui ne s’opposent pas à leurs provocations violentes mais empêchent toute réaction de la Police qui, dans son intervention, pourrait atteindre des personnes qui, innocemment ou non, ne participent pas à ces agissements.


Dans le ciel, un hélicoptère, muni de panneaux lumineux, survole en rase-mottes la place, en diffusant des slogans contre les partis, et notamment l’idée que, sans les partis, le Brésil a “du talent”. Qui a organisé ce survol, qui l’a payé, qu’a-t-il à voir avec les manifestations ?    


À l’intérieur du Palais, un “gouvernement de partis”, élu au premier tour, qui gouverne en s’appuyant sur un réseau inédit de mécanismes de participation populaire, tels que le Budget Participatif, le Cabinet Digital (plate-forme virtuelle de dialogue interactif, ndt), les Conseils Régionaux de Développement, le Conseil de Développement Économique et Social, la Consultation Populaire ( différents dispositifs de démocratie participative mis en place par le gouvernement de gauche de cet État, ndt). Celle-ci notamment, par le biais de votes électroniques (1 million 100 mille votes l’an dernier) sur des questions précises favorise le financement priorisé d’investissements (cette année déjà plus de 200 millions de reals – près de 68 millions d’€, ndt-), essentiellement sur des petits chantiers dans le domaine de l’Éducation et de la Santé.

 

Au travers de cette scène emblématique, nous pouvons distinguer trois protagonistes indéniables de la crise : des citoyens qui manifestent pour le respect de leurs droits ; des groupes de “casseurs masqués” utilisés comme fers de lance pour des provocations, comme cela arrive historiquement dans ce genre de conjonctures (dont les objectifs apparaissent obscurs mais qui servent à déstabiliser la démocratie politique); et la droite factieuse, qui travaille dans « l’ombre » - en l’occurrence « en l’air- relayant toute la campagne orchestrée par les grands média, qui, ces dernières années, a sapé l’image des partis, des politiques en général et de toutes les institutions démocratiques de la République.


Les causes les plus manifestes de l’insatisfaction populaire résident sans aucun doute dans les déplorables conditions de transport collectif et l’état désastreux du système de santé publique dans les grandes régions métropolitaines. C’est-à-dire qu’en effet, l’État s’est montré défaillant tant comme prestataire de services que comme autorité organisatrice, ce qui, dans un contexte d’arrivée de millions de jeunes dans le monde du travail et dans les Universités, publiques et privées (celles-ci dans le cadre du PROUNI – PROgramme UNIversité pour tous, système de bourses pour les étudiants de milieux défavorisés démunis de diplôme supérieur voulant suivre des formations supérieures dans le privé, ndt), a entraîné une saturation des réseaux de déplacements dans ces grandes régions et aussi obéré la capacité des structures publiques de fournir des services de qualité moyenne. Par ailleurs, les incitations de la société de consommation sont sources de promesses mirifiques auxquelles seule une partie de la population peut avoir accès, transformant les aspirations déçues de beaucoup en frustration, crime et violence irrationnelle.


Il convient de rappeler que, dans ce contexte, est intervenu un processus général “d’hypnose fasciste” sans précédent dans l’histoire du pays. Cette « hypnose” a trouvé son expression majeure dans la dénonciation, non pas des inégalités et de la concentration de la richesse, mais de la “corruption” comme si elle relevait de l’exclusive responsabilité des responsables politiques et gouvernements actuels.


Ce n’est pas tant la lutte contre la corruption comme symptôme d’un État reproducteur d’inégalités et protecteur de privilèges corporatifs et de classe qui a été mise en avant car une telle approche permettrait de constater que tant dans les partis, le service public, les entreprises que dans toutes les institutions (y compris les média), il existe une large majorité de personnes qui ne tolère pas la corruption et qui ne s’y résigne pas au nom de principes moraux et politiques. Cette campagne a été organisée de sorte que ce soit la sphère politique dans son ensemble qui se voit incriminée au travers des partis mais plus particulièrement les deux gouvernements qui ont permis aux pauvres et aux travailleurs de devenir des acteurs de la scène publique.   


En procédant à une stigmatisation généralisée plaçant d’un côté les grands média comme autorité morale du pays face à des partis et des représentants publics présentés comme sources de la corruption, c’est la détérioration des instruments démocratiques propres à combattre cette même corruption qui s’est produite, laissant aux grands média le rôle de seul refuge de la morale républicaine, dotés du pouvoir totalitaire de désigner qui est valable et qui ne l’est pas, qui est digne de confiance ou non.
Quand une puissance privée, l’oligarchie médiatique, s’arroge le monopole du bien commun et de l’intérêt général, nous nous trouvons face à une crise de la République : La marginalité violente et les fascistes classiques et post-modernes qui émergent dans un pareil contexte n’éprouvent plus le besoin de se réfrener s’estimant idéologiquement autorisés à piller et incendier.

 

Il nous faut cependant admettre que ce qui se passe dans le pays n’est pas que simple machination médiatique. Il est évident que les partis de gauche et les institutions éclaboussées par cette instrumentalisation de la corruption ne sont pas exempts de tout reproche. Leurs faiblesses, leur commodisme idéologique, leur éloignement des questions qui pèsent le plus sur la vie quotidienne du peuple ont ouvert les portes à cette stratégie de la droite qui, comme chacun peut le voir, se réjouit de cette crise avec l’ambition d’en faire son cheval de bataille électoral. Nos partis doivent s’appuyer sur cette énergie créatrice qui inonde les rues et s’en servir pour promouvoir des politiques démocratiques de large portée.  


Face à cette situation, la crise de la démocratie s’est transformée en crise de la République. Cela ne signifie pas pour autant que le pacte démocratique ne puisse être réhabilité, tant par la voie « conservatrice » que par la voie de « la radicalisation de la démocratie ». Pour la première option, la voie « conservatrice », il suffit que les différents pouvoirs se remettent à fonctionner en relative harmonie pour donner l’illusion que « les choses ont commencé à s’améliorer ». S’ils y parviennent, les clameurs du peuple cesseront d’être mises en exergue par les grands média et la situation pourra s’apaiser, mais la démocratie ne sera pas revalorisée et la République ne sera pas réformée. De nouvelles institutions à même de renforcer l’intervention du peuple dans le processus politique ne seront pas créées et, de ce fait, les « crises » seront encore plus fortes à l’avenir.

 

L’essence de la crise actuelle est que les pouvoirs républicains et leurs institutions politiques ne sauraient récupérer leur pleine légitimité afin de rendre la démocratie plus opérante – la capacité à répondre aux justes attentes populaires -, sans la mise en place de nouvelles formes de participation dans les décisions publiques et de nouvelles sources de légitimité du pouvoir. Le Congrès fonctionne avec des mécanismes bureaucratiques qui permettent trop souvent à des intérêts occultes de faire obstacle à l’adoption de certaines mesures et que des minorités sans programme ni principes dominent la scène parlementaire, disqualifiant ainsi l’ensemble de la représentation. Il lui faut un souffle “direct » du peuple afin qu’il se mette à jour et se montre plus attentif aux problèmes réels dont souffre le pays.


J’évoque ici une Assemblée Constituante (de révision) spécifique, convoquée selon les termes de la Contitution par décret constitutionnel, pour connecter les institutions politiques de la République avec le peuple, qui représente le vrai pouvoir constituant.
Son objectif serait d’intégrer, de façon directe, l’énergie politique actuelle réveillée par les grandes mobilisations populaires, avec des délégués élus spécifiquement pour élaborer la Réforme Politique.

 

Ces représentants, élus à cette fin spécifique, ne pourraient se présenter aux prochaines élections, (en intégrant un pourcentage de représentants “sans parti”), et démocratiquement aiguillonnés par la société en mouvement, pourraient, par le biais de changements substantiels dans les normes constitutionnelles régissant les partis, le financement des campagnes électorales et la loi électorale, « démocratiser la démocratie » comme le dit Boaventura Souza Santos (célèbre sociologue et économiste portugais lié au mouvement altermondialiste, ndt). Et de la sorte élargir les champs de la participation directe du peuple, déjà prévus par l’actuelle Constitution Fédérale, pour l’articuler avec la représentation stable issue des processus électoraux traditionnels.


Ce qui se passe actuellement dans les manifestations est aussi la résultante d’un lent et efficace lavage de cerveau médiatique, largement relayé par les “réseaux sociaux”, dont l’objectif transparaît de façon synthétique dans des slogans tels que “Le géant s’est réveillé”, « Nous allons construire un nouveau Brésil » et « Nous allons balayer la corruption ». De pareils mots d’ordre illustrent un mensonge bâti avec méticulosité car les avancées démocratiques que le pays a connu ces derniers temps, y compris dans la lutte contre la corruption, datent de la Constitution de 1988 (première Constitution démocratique depuis la période de la dictature militaire, ndt)  et sur le plan social, des deux gouvernements du Président Lula (élu pour la première fois en 2002, ndt), élargis qui plus est par le gouvernement actuel.


Ces « mots d’ordre », directement inspirés des thèmes de la droite extrême, conduisent les nouvelles générations à une idéalisation de l’avenir pouvant induire de lourdes frustrations à moyen terme. Même si la crise des régions métropolitaines – cause la plus immédiate des insatisfactions qui s’expriment – naît d’erreurs et de négligences des actuels et antérieurs gouvernements (en particulier pour ce qui concerne les transports urbains et la santé), aucune de ces questions ne trouvera de solution en profondeur dans les dix prochaines années. Cela représente des milliards qui doivent être investis et répartis entre les États et les mairies, qui doivent affronter les rigueurs de la crise mondiale et aussi promouvoir une réforme fiscale qui pour l’essentiel allège la fiscalité pour les pauvres et les nouvelles classes moyennes pour en contrepartie taxer plus lourdement les grandes fortunes et les transactions spéculatives du capital financier.   


Les grandes mobilisations populaires ont ainsi ouverts des chemins qui sont au cœur d’une bataille politique. Les partis de gauche, s’ils veulent se montrer à la hauteur des enjeux de la crise actuelle, s’ils sont vraiment de gauche et démocratiques, doivent adopter une stratégie unitaire de revalorisation de l’action politique et des partis, en l’articulant avec la création de nouveaux vecteurs de démocratie directe et de participation populaire qui viennent enrichir la démocratie représentative. Sinon nous courons le risque d’être vaincus par le conservatisme, qui peut nous conduire vers de nouvelles formes de totalitarisme post-moderne, qui contrôlera non seulement les esprits comme il imposera les normes, dictant ce qui est licite ou illicite, dans une démocratie encore plus élitiste que l’actuelle.  

 

Tarso Genro (*)

(*) actuel Gouverneur de l’État du Rio Grande do Sul, ancien Maire de Porto-Alegre, ancien Ministre de l’Éducation de Lula

 

http://www.cartamaior.com.br/templates/materiaMostrar.cfm?materia_id=22277&editoria_id=4

 

 

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 11:50

jeudi 27 juin 2013

Ce qui a commencé comme une petite manifestation contre une augmentation de 20 centimes du prix du ticket de transport public à São Paulo s’est transformé en un mouvement de masse national impliquant plus d’un million de personnes dans 80 villes du pays – et ce après avoir obligé le maire de São Paulo, Fernando Haddad, et le gouverneur régional, Geraldo Alckmin, à faire marche arrière le 19 juin.

Le mouvement, cependant, a un caractère contradictoire. Sur les grandes manifestations célébrant la première victoire du mouvement, le 20 juin, des groupes de droite et d’extrême droite ont violemment expulsé des manifestants affiliés à des partis de gauche, des syndicats – et de façon générale quiconque portait un drapeau rouge ou d’autres symboles de ce type.

Le mouvement a clairement pris un caractère national à partir du 13 juin, lorsqu’une manifestation de 15 000 personnes à São Paulo a été brutalement réprimée par la police militaire. L’assaut s’est soldé par une centaine de blessés et un nombre semblable d’arrestations. Il rappelait, par sa violence, les heures les plus sombres de la dictature militaire. La police n’a pas simplement cherché à disperser la manifestation ; son but était de donner une leçon aux manifestants. Elle a notamment tiré des balles en caoutchouc.

Les images de cette répression ont très rapidement circulé sur les réseaux sociaux et les médias de masse. En l’espace de quelques heures, l’atmosphère a changé dans tout le pays. Des manifestations de masses contre la répression à São Paulo ont éclaté spontanément dans la plupart des grandes villes.

Le 17 juin, un demi-million de personnes ont manifesté à São Paulo, Rio de Janeiro, Brasilia et dans une douzaine d’autres villes. C’est le plus grand mouvement de masse du pays depuis des décennies. Le vent de la révolution arabe, des indignés espagnols, portugais, nord-américains et du soulèvement turc est arrivé au Brésil. De nombreuses villes petites et moyennes sont mobilisées. La jeunesse constitue la colonne vertébrale des manifestations.

Il est clair qu’un mouvement de cette envergure ne peut pas s’expliquer par les seules augmentations du prix des transports publics, ni même par la réaction à la répression brutale. Ce ne furent là que des catalyseurs. Des causes plus profondes sont au cœur de l’explosion actuelle. Le Brésil est passé par une phase de croissance économique soutenue, ces dix dernières années (à l’exception d’un bref reflux dans la foulée de la crise mondiale de 2008). Cette croissance s’est accompagnée d’une augmentation des niveaux de vie et d’une baisse significative de la pauvreté.

Mais ce n’est là qu’une facette de la situation. La croissance économique a reposé sur une série de facteurs qui, désormais, se transforment en leur contraire. Premièrement, le gouvernement du Parti des Travailleurs (PT) a beaucoup profité du boom économique en Chine, y exportant massivement des marchandises et des matières premières. Une politique de taux d’intérêt élevés, pour attirer les investisseurs étrangers, a fait que la dette brésilienne est devenue un investissement spéculatif très profitable. Ceci s’est accompagné d’une politique de privatisations massives de services publics et d’une vaste bulle spéculative dans l’immobilier.

La croissance de la consommation a été alimentée par une expansion massive du crédit. Entre 2005 et la fin 2012, la dette des ménages a bondi de 18 % à 44 % des revenus disponibles. C’est insoutenable, en particulier avec des taux d’intérêt aussi élevés. Dès que la croissance économique faiblira, l’énorme dette des ménages pèsera très lourdement sur l’économie brésilienne.

Les chiffres officiels de la croissance économique masquent un gouffre entre les riches et les pauvres. Le Brésil est l’un des pays les plus inégalitaires au monde : 1 % de la population (2 millions de personnes) possède 13 % des richesses nationales, soit à peu près autant que les 50 % les plus pauvres (80 millions de personnes). Les statistiques nationales cachent aussi d’énormes disparités régionales et ethniques.

Le gouvernement du PT a été élu grâce au soutien des travailleurs et du mouvement syndical, auxquels il est historiquement lié. Cependant, Lula et désormais Dilma Rousseff ont gouverné en coalition avec d’autres partis, à commencer par le conservateur PMDB. Tout en réalisant quelques réformes sociales progressistes, ils ont mené une politique de privatisations et ont attaqué le système des retraites de la fonction publique. C’est pour cela que les médias et experts bourgeois présentaient le Brésil comme une alternative de gauche aux politiques « folles » et « conflictuelles » de Chavez et de la révolution vénézuélienne.

Il y a eu un certain nombre de conflits entre des sections du mouvement syndical et le gouvernement du PT. Mais le fait est que 90 % des accords salariaux étaient au-dessus de l’inflation ; aussi les travailleurs continuaient-ils de soutenir Lula, puis Rousseff, considérant le gouvernement du PT comme « le leur ».

Ceci a commencé à changer avec le ralentissement de l’économie. Le 6 mars 2013, 50 000 travailleurs ont manifesté à Brasilia, à l’appel – entre autres – de la grande confédération syndicale du pays, la CUT, pour demander davantage de dépenses sociales, une réduction du temps de travail sans perte de salaire, l’abandon des attaques contre les retraites, etc. En 2012, déjà, du fait du ralentissement de l’économie chinoise, le PIB du Brésil n’a crû que de 0,5 %, et des signes inquiétants ont commencé à s’accumuler. Pour beaucoup de gens, le premier et le plus douloureux de ces signes a été une augmentation de l’inflation – en particulier de la nourriture.

Alors que le gouvernement paye des sommes colossales en intérêts et service de la dette (47 % du budget de l’Etat), l’éducation, la santé et d’autres services publics subissent des restrictions financières. Des milliards de dollars sont dépensés dans la construction de stades pour la Coupe du monde – et c’est aux travailleurs qu’on demande de payer la facture en augmentant le prix déjà élevé des transports publics.

Pour ajouter l’insulte à l’injure, la FIFA a imposé une série de conditions draconiennes concernant l’organisation de la Coupe du monde, que le gouvernement du PT a acceptées, notamment concernant la construction des installations. La FIFA a par exemple exigé de scandaleuses restrictions au droit de grève et de manifester.

Sans surprise, on trouve chez beaucoup de manifestants un rejet des partis politiques en général et du PT en particulier. On retrouve le même type de discrédit des « politiciens » dans d’autres pays. Cela contient un élément positif : la critique des représentants politiques qui ne servent que les riches et les puissants – et se servent eux-mêmes au passage. Ce rejet de la politique est dans une large mesure un rejet de la politique bourgeoise et des institutions capitalistes.

Au Brésil, cependant, cette situation a été très énergiquement exploitée par les médias et les partis de droite, dans le but de détourner le mouvement vers l’impasse du nationalisme. A partir du 18 juin, les grands médias ont commencé à encenser le mouvement et à tenter de le façonner. Des drapeaux brésiliens ont été distribués aux manifestants, auxquels on demandait de chanter l’hymne national, de s’habiller en blanc et de crier des slogans « contre la corruption » (un code pour la lutte contre le PT). Le 20 juin, cette influence de la droite sur les manifestations s’est encore renforcée. Aux côtés des pancartes sur le prix des transports et l’argent dépensé dans la Coupe du monde, il y avait des pancartes contre le droit à l’avortement, contre la corruption du PT et même en faveur d’un coup d’Etat !

C’est dans ce contexte que, sur les manifestations du 20 juin, des voyous d’extrême-droite se proclamant « nationalistes » ont encerclé les cortèges des partis de gauche et des syndicats. Armés de couteaux et de battes de baseball, ils harcelaient les manifestants de gauche et syndicaux aux cris de : « pas de partis ! », « à bas les rouges ! », « retournez à Cuba ! », etc., au point que ces derniers ont fini par abandonner leurs drapeaux rouges ou quitter la manifestation, certains blessés.

Même les organisateurs des protestations contre l’augmentation du prix des transports publics, le « Mouvement Libre Passage » (MPL), ont dû quitter la manifestation à São Paulo et faire une déclaration condamnant les attaques contre les organisations de gauche et soulignant que si leur mouvement n’est pas partisan, ils ne sont pas contre les partis politiques. De fait, des partis de gauche soutenaient la lutte du MPL dès le début, lorsque les manifestations étaient encore petites et soumises à une répression brutale.

Il serait donc erroné de conclure que les centaines de milliers de gens impliqués dans les manifestations du 20 juin sont des anti-communistes enragés ou des partisans des partis de droite. Loin s’en faut. Le fait est que lorsque le MPL a cessé d’appeler à manifester, les manifestations organisées par la droite ont mobilisé beaucoup moins de monde, comme à São Paulo. Dans d’autres cas, le mouvement a ouvertement scissionné, la gauche et la droite manifestant séparément.

Il faut ajouter que les syndicats et la CUT ont réagi trop lentement au mouvement. S’ils avaient jeté toutes leurs forces dans la bataille et donné au mouvement un caractère plus organisé, dès le début, avec des revendications des travailleurs, la droite et l’extrême-droite auraient eu beaucoup plus de mal à infiltrer et saboter les manifestations.

Le MPL lui-même est partiellement responsable de ce qui s’est passé. Il a insisté pour que le mouvement soit « horizontal », s’opposant à l’idée de lui donner une structure plus organisée. Il a également rejeté l’idée de voter à la majorité simple sur les suites du mouvement, préférant les décisions par « consensus », ce qui est le meilleur moyen de paralyser un mouvement, car cela donne de fait un droit de véto à la minorité (ce qui est le contraire de la démocratie). Dès le début, nos camarades d’Esquerda Marxista ont participé au mouvement, expliquant la nécessité de le doter de structures démocratiques et d’impliquer les organisations de masse de la jeunesse et des travailleurs.

Au lieu de cela, une douzaine de gens, à São Paulo, se réunissaient après chaque grande manifestation pour décider de la prochaine initiative, ce qui n’est pas une méthode très démocratique lorsque des centaines de milliers de personnes sont impliquées dans la lutte. C’est ce qui a facilité l’infiltration et la tentative de récupération des manifestations par la droite et ses grands médias. Les idées semi-anarchistes qui avaient déjà joué un rôle négatif dans le mouvement des indignés aux Etats-Unis et ailleurs, se sont révélées désastreuses au Brésil.

Une tâche urgente est d’organiser la défense des organisations de gauche et syndicales brésiliennes – et notamment leur droit de s’exprimer et de manifester, qu’elles ont gagné dans leur lutte contre la dictature militaire. Dans cette perspective, nos camarades brésiliens ont pris des initiatives en faveur d’un front unique à São Paulo, Joinville et ailleurs.

Ceci doit aller de pair avec la mobilisation de la puissance colossale de la classe ouvrière brésilienne en faveur de revendications les plus pressantes de la jeunesse et des travailleurs en matière de santé, d’éducation, d’emploi, de conditions de travail et de services publics.

La révolte brésilienne révèle la faillite des politiques de collaboration de classe menées par la direction du PT. Celle-ci a discrédité le parti aux yeux de la jeunesse. Les militants de base du PT sont désorientés. Même aujourd’hui, lorsque Dilma Rousseff affirme avoir entendu le message des manifestants, elle continue de s’engager fermement à ne pas sortir des limites imposées par le capitalisme. Par exemple, son engagement à verser 100 % des royalties des contrats pétroliers dans le système éducatif ne répond pas au problème des termes mêmes de ces contrats. En effet, les entreprises privées conservent 82 % des profits et n’en reversent à l’Etat que 8 % en royalties.

Le mouvement de la jeunesse brésilienne montre une chose : la lutte paye et ce qui semblait impossible il y a 10 jours à peine a été accompli. Si la pleine puissance du mouvement syndical rejoint la jeunesse, rien ne pourra les arrêter.


Traduction de l’article : Brazil : Mass revolt of the youth, bankruptcy of class collaboration and extreme right-wing attacks


La Riposte : journal communiste

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 22:15

Les mouvements de protestation ébauchés dans plusieurs villes brésiliennes, depuis quelques semaines, ont pris une dimension nationale en sortant de la thématique du prix des transports collectifs pour aborder la question du Brésil que nous souhaitons. La vague de manifestations du lundi 17 juin, qui a rassemblé près de 250 mille personnes, a sans conteste changé la conjoncture politique et sociale.  

 

Il faut entendre ce que les personnes expriment dans la rue, les comprendre et les politiser encore plus. Voilà l’une des premières conclusions tirée par les mouvements sociaux réunis mardi 18 juin.

 

Le mercredi 19 juin a été diffusé un communiqué signé par tous les mouvements sociaux présents à cette rencontre qui s’est déroulée dans le quartier de Lapa, à l’ouest de São-Paulo, pour affirmer leur soutien au Movimento Passe Livre (Mouvement Transports Gratuits-mouvement spontané à l’origine des premières mobilisations, ndt) et aux autres organisations impliquées dans ces mobilisations. Ils ont, en outre, demandé à rencontrer la Présidente Dilma Rousseff afin de présenter l’agenda des revendications des mouvements sociaux, dont beaucoup sont reprises dans les slogans exprimés par les Brésiliens qui ont manifesté le 17 juin. Les organisations suivantes ont signé cette déclaration : Mouvement des Paysans Sans Terre (MST), Union Nationale des Étudiants (UNE), Conseil Populaire, Mouvement des Impactés par les Barrages (MAB), Union Brésilienne des Étudiants du Secondaires (Ubes), Union des Noirs pour l’Égalité (Unegro) , Marche Mondiale des Femmes (MMM), Centrale des Travailleurs et Travailleuses du Brésil (CTB), Coordination des Mouvements Sociaux (CMS), entre autres.


Selon l’économiste Marcio Pochmann, qui a présenté en ouverture de cette rencontre un panorama de la conjoncture nationale et internationale, le modèle social visant à une meilleure redistribution de la richesse atteint aujourd’hui ses limites, même s’il s’est avéré un levier indispensable pour ceux qui en bénéficient. Il pense que le mouvement qui émerge peut conduire à une polarisation sur la nature du projet pour le pays : “La société brésilienne va devenir beaucoup plus polarisée. Mais cette polarisation est aussi intéressante pour trouver de nouvelles forces, interpeller plus la conscience politique et réfléchir sur vers où nous allons”.


Afin d’illustrer son propos, il a rappelé un épisode de la trajectoire de l’ex-Président Lula, quand, alors que son frère l’avait invité à participer à une assemblée du syndicat en 1970, il lui avait répondu qu’il préférait rester à la maison pour regarder la télénovela. Quelques années plus tard, sollicité pour former un parti politique, il avait répondu par la négative, rétorquant que le syndicat suffisait. “Je veux par là attirer votre attention sur le fait que la prise de conscience est un terrain de lutte. Et que notre rôle réside précisément dans l’interpellation des consciences pour la construction d’une perspective cohérente avec la réalité qui est la notre aujourd’hui ”, a-t-il ajouté.


Selon son analyse, le gouvernement devra maintenant ouvrir une nouvelle voie afin de répondre à des questions telles que “ de quel côté vous vous situez ”. Si l’on veut que le projet d’un pays plus progressiste avance, il faut être conscient que pour qu’un camp gagne la bataille, il faudra bien que l’autre la perde. “La conjoncture a changé et ce nouvel élément [la mobilisation populaire] peut représenter un point d’appui considérable pour faire échec à l’ambition de la droite de neutraliser le gouvernement. C’est un mouvement porteur de l’explicitation des limites du projet politique en cours. Ce qui a été réalisé jusqu’ici allait dans le bon sens mais il faut aller plus loin”, a tenu à préciser Pochmann, qui remarque que les critiques adressées au gouvernement Dilma se sont durcies depuis la fin 2012, orchestrées par l’opposition, en réaction aux mesures prises par le gouvernement fédéral. “Le gouvernement a fait le choix de déclencher la mère de toutes les batailles, qui consiste à affronter le noyau dur du néolibéralisme, à combattre les 20 mille familles vivant de leurs rentes et qui gouvernent le Brésil”.


Dans une interview accordée à Vermelho (organe du Parti Communiste du Brésil, ndt), Edson França, secrétaire-adjoint chargé des Mouvements Sociaux au PCduB et Président de l’Unegro (Union des Noirs pour l’Égalité, mouvement social, ndt), partage les réflexions de Pochmann sur l’essoufflement de l’actuel projet du gouvernement qui s’évertue à essayer de contenter tous les secteurs de la société. “Il est impossible de développer le Brésil en contentant tout le monde, il faudra bien que certains y perdent. Le peuple en demande plus. Et il ne pourra pas l’obtenir si la bataille n’a pas lieu. Le gouvernement doit mettre à profit cette mobilisation pour créer une dynamique qui contribue à faire avancer une politique de développement”, a-t-il précisé.

 

La leçon de la rue


Les mouvements sociaux réunis s’accordent à dire que l’enjeu actuel a dépassé la seule question de l’augmentation des transports publics qui, finalement, n’aura constitué que le déclencheur d’une protestation bien plus vaste. “Nous pouvons constater que nous avons affaire à des secteurs de la société qui se mobilisent par conviction, par mouvement d’opinion. Il convient de ne pas oublier que cette même jeunesse, cette même classe moyenne, est aussi celle qui a combattu la dictature, a animé le mouvement “Diretas já” (
mouvement populaire qui réclamait des élections présidentielles au suffrage universel direct au début des années 80 à l’époque de la dictature, ndt), qui a contribué à la destitution de Collor (Président de droite issu des premières élections au sortir de la dictature au début des années 90, ndt) et qui a, en général, été au cœur des grandes avancées du Brésil, a tenu à rappeler Edson França.


“La rue nous apprend beaucoup et nous amène à réfléchir. Il incombe au mouvement social organisé, y compris l’UNE, de s’inscrire activement dans ce mouvement, de lui donner le plus possible un contenu politique et de travailler à l’élaboration d’une plate-forme qui permette au peuple de tirer le meilleur profit de cette mobilisation”, a souligné Edson França, en rappelant que les mouvements spontanés finissent toujours par se heurter à leurs limites naturelles.


Luana Bonone, Présidente de l’Association Nationale des Doctorants (ANPG), s’interroge sur la pertinence du grand pari fait sur l’augmentation de la consommation qui n’a pas suffi à faire décoller la croissance et qui, en outre, n’aura pas contribué à une plus grande culture politique. “Des mesures hardies s’inscrivant dans un projet propre au pays ont besoin d’un fort soutien populaire. Par rapport à la situation actuelle, je ne perçois pas encore une élévation significative de la conscience sociale. Même si l’on décèle des éléments symboliques traduisant des avancées, comme l’essor du rôle des femmes et des travailleurs dans le champ politique. J’estime qu’il importe également de préciser le concept de citoyenneté en y incluant des principes sur la qualité de vie tels que les droits à un logement digne, une éducation de qualité, l’accès à la santé et des transports collectifs à la hauteur des besoins”, a déclaré Luana lors de cette rencontre.


Pour tous les mouvements sociaux réunis à cette occasion, le moment politique actuel ne s’éteindra pas même avec la réduction des prix du transport collectif. “Il s’agit là d’une partie significative de la population. Nous ne pouvons pas l’ignorer. Ce sont des jeunes qui ont su mettre en échec l’agenda réactionnaire très présente lors de l’élection présidentielle et qui a perdu des forces, confrontée à des mobilisations au moment de l’élection municipale de São Paulo”, a rappelé le Président de l’Unegro, en faisant référence à des mouvements comme “Existe Amor em SP” (Il existe de l’amour à São-Paulo, mouvement né d’un festival et qui milite pour le mieux vivre ensemble à São-Paulo, ndt).

 

La société de la connaissance


Dans son exposé, Marcio Pochmann a rappelé le contexte que vit l’actuelle société post-industrielle, avec de nouvelles formes d’organisation du travail, en grande partie dans le secteur tertiaire (70%) qui se voit soumis à un “processus d’exploitation exorbitant” qui conduit, de plus en plus à une intensification de la journée de travail. À l’inverse de la production de biens matériels qui a besoin d’un lieu défini pour se mettre en œuvre, les biens immatériels peuvent être produits n’importe où avec pour conséquence une extension des heures de travail.


Une étude réalisée au Royaume-Uni auprès des travailleurs du secteur des services, que utilisent les nouvelles technologies de l’information, montrent qu’ils ont perdu ce que l’on appelait la “semaine anglaise » - 8 heures de travail, 8 heures de repos et 8 heures de vie de famille. Aujourd’hui ces personnes se déconnectent de ces technologies le samedi après-midi et se rebranchent dès le dimanche matin. Soit en réalité, « ils ne se déconnectent pratiquement plus de leur travail ».  


“Nous pensions que dans la société de la connaissance les nouvelles technologies nous offriraient plus de temps libre. Or ce que nous constatons, c’est que personne n’a plus de temps pour rien. Cette société de la connaissance ouvre la voie de nouvelles batailles pour la réduction drastique du temps de travail”, fait remarquer Pochmann, soulignant que l’éducation, structure de cette nouvelle société doit être repensée et bénéficier de plus d’investissements.


“La situation actuelle n’est pas justifiable. Les 500 plus grands groupes transnationaux qui dominent le marché mondial, avec 50% du PIB, développent de plus en plus leurs propres systèmes de formation. La Petrobras (Grand groupe pétrolier brésilien, ndt), par exemple, dépense R$ 400 millions de reais (environ 135 M€, ndt) par an en formation. Le Ministère du Travail dépense lui 125 millions de reais (près de 42 M€) pour tous les travailleurs du Brésil”, a-t-il souligné.

 

 

Par Deborah Moreira, du  Portail Vermelho 

18/06/2013

http://www.vermelho.org.br/noticia.php?id_secao=8&id_noticia=216487

 

Traduction Pedro DA NOBREGA

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 22:14

Il est clair que si nous pouvons construire des stades, nous pouvons inverser les priorités pour financer les transports collectifs. Si nous sommes en capacité d’avoir des stades de haut niveau, nous pouvons alors avoir aussi des transports de haut niveau. La question évidente, encore une fois, est qui peut et qui doit payer l’addition ; combien ça va coûter et qui va financer.

En mai 68, les jeunes Français qui dressaient des barricades avaient parmi leurs slogans celui-ci : “soyons réalistes, exigeons l’impossible !”. Lors d’une manifestation, l’Université de Paris, avec l’aval du gouvernement, avait désigné le sociologue Alain Touraine comme médiateur. Touraine avait posé ces deux questions : qui est votre leader et que voulez-vous ? L’intérêt de ces deux questions est de révéler la totale surprise et la prostration de beaucoup de gouvernants confronté à l’inconcevable, leur perplexité quand leur font face des gens qui exigent « l’impossible » ou qui s’affirment « contre tout et contre tous ».

Mais plus incroyable encore est le fait que l’objectif de réduire le prix des transports collectifs soit devenu quelque chose « d’impossible ». En réalité, dans beaucoup de villes brésiliennes, le prix des transports collectifs a baissé. En effet, cela signifie que dans plusieurs villes brésiliennes, la décision du gouvernement fédéral de supprimer certains impôts qui pesaient sur les transports collectifs a eu un effet rapide et immédiat, mais pas dans les capitales d’États. Dans certaines, c’est même par voie de justice que cette réduction est imposée.

Mais comme le Gouvernement Fédéral n’a pas imposé aux collectivités de contreparties plus spécifiques au bénéfice de ces réductions d’impôts qui auraient même, le cas échéant, pu contribuer à la lutte contre l’inflation, l’opportunité offerte par cette réduction d’impôts a été engloutie par les exécutifs des États et des villes. Certains ont justifiés des choix privilégiant l’amortissement des investissements. Mais ça n’est assurément pas avec l’argent de la PIS/Cofins et de la CIDE (Contribution à l’Intervention dans le Domaine Économique) – impôts dont une partie revient aux collectivités, ndt) que cela aurait du être fait.

Les données fournies par la Direction des Transports de São Paulo montrent que, depuis 2004, le nombre d’autobus à São Paulo a diminué, pendant que le nombre de passagers augmentait de près de 80%. Cette période couvre la dernière année de l’administration municipale du PT et traverse toute la durée de l’ère Serra-Kassab (élus de droite, ndt) à la direction de la municipalité de São-Paulo. La situation est probablement la même dans plusieurs autres villes, ce qui montre très clairement comment la question des transports collectifs a été méticuleusement instrumentalisée lors de la dernière décennie pour déboucher sur une situation explosive. Mais au stade où nous en sommes, peu importe de rechercher maintenant qui en porte la responsabilité.

L’émergence des mouvements de contestation quant au prix des transports collectifs urbains coïncide avec la tenue de la Coupe des Confédérations (Grand tournoi international de football entre sélections nationales, ndt), ce qui n’a fait que mettre en exergue de façon cruelle le contraste entre les somptueux investissements dans des stades qui ont tous été livrés dans les temps et le retard dans les travaux relatifs aux déplacements. Les scènes vécues à Recife, avec des supporters uruguayens et espagnols indignés par la réalité des transports collectifs – bus et métro -, ont souligné à quel point la vraie carte de visite du Brésil auprès des supporters étrangers ne réside plus dans le stade et l’aéroport mais dans les transports collectifs urbains. Les capitales d’États disposent d’un an pour redéfinir leurs plans et accélérer la conclusion des grands plans d’aménagement urbain. De préférence, avec des machines travaillant dès l’aube, comme cela a été le cas pour la construction des stades.

Ces manifestations coïncident également avec la période où se tiennent les conférences d’État dans les villes (processus participatif de consultation des populations et des élus locaux entamé en 2009 où sont débattus, à partir d’un texte commun défini au niveau fédéral qui peut être amendé et modifié lors de ces consultations, les grands choix d’aménagement et d’équipements, ndt). Elles sont censées se tenir de juillet à septembre. Les Mairies et les gouvernements d’État, outre ces espaces de négociation qui s’ouvrent, devraient plutôt mobiliser leurs énergies pour montrer que ces conférences peuvent être l’occasion non seulement de débattre des tarifs des transports collectifs mais aussi du droit à la ville. Dans certains cas, anticiper la date de leur tenue pourrait se révéler une bonne mesure témoignant de la volonté des exécutifs d’approfondir les questions en débat.

Ou ce débat lors des conférences est abordé de façon franche et ouverte par les dirigeants des gouvernements d’État, ou la rue restera le cadre de la tenue de la plus grande des conférences dans chacune de ces villes.

Hélas, dans une action digne du Delirium Football Club, le Ministre des Villes n’a rien trouvé de mieux jusqu’à maintenant que de se moquer des manifestants, plutôt que de mettre à profit cette vague de protestations comme un encouragement pour déclencher un débat sur les politiques publiques dans son domaine.

L’autre mesure évidente pourrait s’inspirer du vieil axiome qui conseille de transformer une crise en opportunité. Les gouvernements d’État disposent d’un peu plus d’un an et demi pour mettre en œuvre la politique nationale de mobilité urbaine. Approuvée en 2012, la Loi sur la Mobilité est le fruit d’un débat qui a été obstrué au Parlement pendant près d’une décennie (Loi qui réglemente les politiques de déplacement, les pratiques de transports collectifs et les droits des usagers, etc., ndt). L’obligation légale imposée pour la mise en œuvre de cette loi est devenue une urgence politique.

La Loi sur la Mobilité constitue une opportunité pour les gouvernements d’État de reformuler leur politique de financement des transports afin maintenant de militer ouvertement pour une politique de soutien financier et de sauvegarde des entreprises publiques de transport. Il est clair que si nous pouvons construire des stades, nous pouvons inverser les priorités pour financer les transports collectifs. Si nous sommes en capacité d’avoir des stades de haut niveau, nous pouvons alors avoir aussi des transports de haut niveau. La question évidente, encore une fois, est qui peut et qui doit payer l’addition ; combien ça va coûter et qui va financer.

Un tel enjeu n’implique pas seulement de débattre sur de nouvelles sources de financement mais aussi de prendre des engagements dans le sens de l’ouverture de la boîte noire des transports collectifs. Dans trop de cas, le cartel des transports collectifs s’est transformé depuis longtemps en mafia. Il serait bon que beaucoup de Maires et de Gouverneurs se dépêchent d’ouvrir leurs livres de compte avant qu’ils y soient contraints ou par les manifestations, ou par voie de justice, ou par les Cours des Comptes, ou plus probablement par tous ces facteurs à la fois. Il ne doit subsister aucune ombre sur les rapports des Maires et Gouverneurs avec les entreprises de transport, ni sur l’utilisation des fonds destinés à cet effet.  

Au point où nous en sommes, pour plus paradoxal que cela puisse paraître, il convient de partir de l’évident pour aller vers l’improbable. Il incombe aux gouvernements d’État, plus qu’aux manifestants, d’organiser le débat. À ceux-ci revient le rôle très salutaire de remettre le débat sr ces pieds.

 

Antonio Lassance - 18/06/13

Antonio Lassance est politologue, chercheur à l’Institut de Recherche d’Économie Appliquée (IPEA).  

http://www.cartamaior.com.br/templates/colunaMostrar.cfm?coluna_id=6146

 

Traduction Pedro DA NOBREGA

 

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 22:08

 De : Emir Sader

 

Au Brésil comme l’écrit Yan Boechat dans Question (1), ce ne sont ni les punks ni le black block qui sont descendus dans les rues mais le peuple des exclus, brisant le vernis d’une d’une capitale “nord-américaine” comme Sao Paulo, jeunes de classe moyenne blanche face aux jeunes noirs, “périphériques”, nordestins, dans un pays pas tout à fait sorti des institutions de la dictature militaire. Selon le journal Brasil de Fato (2), "c’est le moment propice pour réinvestir et repenser la ville du point de vue de “ceux d’en bas”. Parmi les organisations qui participent à ce mouvement on trouve le Mouvement des Travailleurs Sans terres (MST), des secteurs du Parti des Travailleurs (PT), l’Union nationale des étudiants (UNE), la consultation populaire, le Mouvement des personnes affectées par les barrages (MAB), l’Union Brésilienne des élèves du secondaire (UBE), Union des Noirs pour l’égalité (UNEGRO), la Marche Mondiale des Femmes (MMF), la Centrale des Travailleurs du Brésil (CTB), la Coordination des Mouvements Sociaux (CMS).

Nous publions les premières réflexions du sociologue Emir Sader.


Premières réflexions

Le mouvement qui a commencé comme résistance à l’augmentation des tarifs du transport, a été inédit et surprenant. Qui croirait en détenir toutes les clefs, dimensions et projections futures, réduirait inmanquablement ce phénomène et forcerait la réalité à entrer dans des schémas pré-établis, pour justifier des arguments pro domo, sans rendre compte du caractère multifacétique et surprenant des mobilisations. Pour l’heure nous nous contenterons de tirer quelques conclusions qui nous semblent claires.

1. L’annulation de l’augmentation (des titres de transport ) démontre la force des mobilisations dès qu’elles s’appuient sur une revendication juste et posible – c’est ce qui a permis leur victoire.

2. En premier lieu cette victoire renforce concrètement l’idée que les mobilisations populaires valent la peine, sensibilisent les gens, permettent de dialoguer avec toute le société, et sont un puissant moyen de pression sur les gouvernements.

3. En outre le mouvement a centré le débat sur une question essentielle dans la lutte contre le néo-libéralisme – la polarisation entre intérêts publics et intérêts privés – et sur qui doit financer les coûts d’un service public trop essentiel pour être soumis aux intérêts d’entreprises privées animées par la volonté de profit.

4. La conquête de l’annulation de l’augmentation apporte un bénéfice pour les couches les plus pauvres de la population, usagères quotidiennes du transport public, et démontre qu’un mouvement doit refléter non seulement les revendications de chaque secteur en particulier mais doit aussi répondre aux exigences plus larges, en particulier à celles des secteurs les plus touchés de la société et qui ont le plus de difficultés à se mobiliser.

5. Peut-être l’aspect essentiel des mobilisations a-t-il été de rendre possible l’entrée de larges secteurs de la jeunesse dans la vie politique, secteurs non reconnus par les politiques gouvernementales et qui, jusqu’ici n’avaient pas trouvé leurs formes spécifiques d’expression politique. C’est peut être la conséquence la plus permanente des mobilisations.

6. Il est clair aujourd’hui que les gouvernements qui coalisent différents partis – certains plus nombreux (ceux de droite) et d’autres moins nombreux (ceux de gauche) – éprouvent des difficultés pour entrer en relation avec les mobilisations populaires. Ils prennent des décisions importantes sans consultation et lorsqu’ils affrontent des résistances populaires, tendent à réaffirmer technocratiquement leurs décisions – “il n’y a pas de ressources”, “impossible de boucler les comptes”, etc.– sans se rendre compte qu’il y a là une question politique, une revendication juste de la citoyenneté, qui s’appuie sur un immense consensus social, et qui appellent des solutions politiques, ce pourquoi les dirigeants ont été élus. Ce n’est qu’après de nombreuses mobilisations et l’affaissement de l’autorité des gouvernants que sont prises les décisions correctes. Une chose est d’affirmer qu’on “dialogue” avec les mouvements, une autre est d’affronter effectivement leurs mobilisations, surtout quand celles-ci résistent aux décisions prises par les gouvernants.

7. Certainement, un problème que le mouvement affronte sont les tentatives de manipulations externes. L’une d’elles, représentée par les secteurs les plus extrémistes, cherche à injecter des revendicatios maximalistes de “soulèvement populaire” contre l’État, pour justifier leurs actions violentes, caractérisées comme vandalisme. Ce sont des secteurs très réduit, externes au mouvement, avec ou sans infiltration policière. Ils apportent la manchette immédiate dont les grands médias ont besoin mais ont été rejetés par la quasi totalité des mouvements.

8. L’autre tentative est celle de la droite, clairement exprimée par le comportement des médias hégémoniques. Au début ceux-ci se sont opposés au mouvement comme ils ont l’habitude de le faire avec toute manifestation populaire. Ensuite, lorsqu’ils se sont rendus compte qu’il pouvait devenir un problème pour le gouvernement, ils l’ont promu et ont tenté artificiellement d’y insérer des objectifs contre le gouvernement fédéral. Ces tentatives ont été également rejetées par les leaders du mouvement, bien qu’une composante d’extrême-droite se soit manifestée avec la hargne typique de tout mouvement d’extrême-droite, et magnifiée par les médias dominants.

9. Il faut souligner la surprise des gouvernements et leur incapacité de comprendre le potentiel explosif des conditions de vie urbaines, et en particulier l’absence de politiques pour la jeunesse de la part du gouvernement fédéral. Les organisations étudiantes traditionnelles ont été également surprises et ont été absentes des mouvements.

10. On distingue deux attitudes dans le déroulement des mobilisations : la première est la dénonciation de leur manipulation par la droite – phénomème clairement exprimé par le traitement des médias dominants – et les tentations de s’opposer au mouvement. La seconde est d’exalter de manière acritique le mouvement comme s’il incarnait des projets clairs et porteurs d’avenir. Les deux positions sont erronées. Le mouvement est né de revendications justes, promues par des secteurs de la jeunesse, avec ses états actuels de cosncience, avec toutes les contradictions d’un tel mouvement. L’attitude correcte est d’apprendre du mouvement et d’agir avec lui, pour l’aider à construire une conscience claire des objectifs, des limites, des tentatives d’utilisation par la droite, des problèmes qu’il a suscités, et de la manière de mener à bien la discussion sur son sens et sur les meilleures manières de relever ses défis.

La signification majeure de ce mouvement va s’éclaircir avec le temps. La droite ne s’intéresse qu’à ses minces préoccupations électorales, dans ses efforts désespérés d’arriver au deuxième tour de la présidentielle. Des secteurs extrémistes jouent à la surenchère en affirmant que les conditions existent pour mettre en place des alternatives violentes, mais cela s’épuisera rapidement.

Le plus important ce sont les leçons que le mouvement lui-même et la gauche – partis, mouvements populaires, gouverements – peuvent tirer de l’expérience. Aucune interprétation à priori ne rend compte de la complexité et du caractère inédit du mouvement. Sans doute sa conséquence majeure sera-t-elle l’introduction du thème de la signification politique de la jeunesse, de ses conditions concrètes de vie et de ses attentes dans le Brésil du XXIème siècle.


Emir Sader est professeur de l’Université de São Paulo (USP) et de l’Université de l’État de Río de Janeiro (Uerj), coordinateur du Laboratoire de Politiques Publiques de l’Uer et secrétaire général du Conseil latino-américain de sciences sociales (CLACSO). Auteur entre autres de "La vengeance de l’Histoire".

 

Source : http://www.cartamaior.com.br

Traduction : Thierry Deronne

 Notes : 

(1) http://questiondigital.com/?p=15214

(2) http://www.brasildefato.com.br/node/13298

Pour soutenir concrètement le Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer mXc mst.org.br

URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/06/21/bresil-premieres-reflexions-par-emir-sader/

 

http://bellaciao.org/fr/spip.php?page=article_txt&id_article=136115

 

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 21:58

 Article AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ repris parhttp://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La lutte continue au Chili pour réclamer une éducation publique, gratuite et universelle. La semaine dernière, ce sont plusieurs centaines de milliers de lycéens et d'étudiants qui ont relancé un mouvement, qui ne faiblit pas depuis ses débuts, au printemps 2011.

 

Le mouvement d'occupation des lycées et des universités monte en puissance : d'une dizaine d'établissements fin mai, ce sont désormais 24 universités – 17 publiques et 7 privées – et 35 lycées qui sont en grève et occupées, partiellement ou totalement.

 

Parmi les universités, la prestigieuse Université du Chili est au cœur du mouvement, avec 16 facultés en arrêt total.

 

Les autres principales universités de la capitale, telle l'Université de Santiago (Usach) ou l'Université technologique métropolitaine (UTEM) ont joint le mouvement, ainsi que les grandes facs des villes de province, dont celle de Concepcion, la doyenne du pays.

 

Les universités privées ont embrayé, avec des occupations historiques à l'Université de l'Humanisme chrétien ou l'Université autonome du Chili.

 

Les lycées (Institutos) sont également touchés par la vague de blocages, jusqu'au réputé « Institut national » de Santiago, en grève depuis deux semaines. Chaque établissement porte ses propres revendications, tous se rejoignent sur une revendication : le retour à une éducation publique.

 

Ce mouvement a convergé une nouvelle fois dans une manifestation montre dans les rues de Santiago, convoquée par la Confédération des étudiants chiliens (Confech) et l'Assemblée coordinatrice des lycéens (ACES).

 

Plus de 100 000 lycéens, étudiants ont demandé ce jeudi 13 juin la fin d'une éducation privée réalisant des profits sur le dos des étudiants, la fin de la municipalisation et de la régionalisation, le retour à une éducation publique, nationale, gratuite et de qualité.

 

Le désastre de l'éducation privatisée au Chili : une leçon pour nous en France

 

Un retour sur les origines de la privatisation de l'éducation au Chili, ses conséquences désastreuses qui conduisent à ce rejet aussi unanime est nécessaire, au moment où on désire importer ce modèle en Europe.

 

La privatisation a commencé sous la dictature de Pinochet, avec la municipalisation de l'éducation primaire et le renforcement de l'autonomie pour les universités tandis que la création d'établissements privés, secondaires et supérieurs, était encouragée.

 

Dans le même temps, Pinochet instaure la « liberté scolaire », chaque famille a la liberté de choisir l'établissement primaire, secondaire et supérieur de son choix.

 

La transition vers la démocratie, loin de revenir sur ces réformes, les a institutionnalisées avec la loi LOLCE de 1991 qui s'inscrit dans un système dual. Ainsi pour l'éducation primaire et secondaire :

 

·         d'un côté un réseau privé, bénéficiant de sources de financements variées : les donateurs privés, les parents via les frais de scolarité mais aussi l’État qui les subventionne ;

 

·         de l'autre un réseau municipal, en sous-financement chronique, en partie dans les communes pauvres ;

 

Le résultat, c'est une éducation privatisée, inégalitaire et de piètre qualité, dès le primaire et le secondaire :

 

1.    une privatisation … soutenue par les deniers publics ! c'est le développement au cours de ces trois dernières décennies des établissements privés : 1 600 établissements d'éducation privés ont ouvert depuis 1990, tandis que 600 établissements publics ont fermé leurs portes.

 

Seulement un quart des universités sont publiques actuellement au Chili, tandis que l'éducation primaire et secondaire est divisée en deux : 6 000 établissements municipaux et 1,6 millions d'élèves, 5 000 établissements privés pour 1,5 millions d'élèves.

 

Les chiffres globaux révèlent un financement à 55% public et 45% privé trompeur. En effet, les deux-tiers des dépenses du gouvernement central partent en subventions qui alimentent à 95% le secteur privé.

 

Le Chili se caractérise donc par une éducation supérieure largement privatisée, un système primaire et secondaire dual où le secteur privé est largement subventionné par l'Etat.

 

2.    Une éducation de classe, où l'éducation ne fait pas que reproduire les « inégalités », mais instaure une véritable ségrégation scolaire, une éducation de classe, payée par tous mais au service d'une minorité.

 

L'éducation au Chili est financée à 40% par les familles chiliennes. La part de l'éducation dans le budget des familles devient exorbitante : de 10% pour les familles les plus riches (plus de 2 500 € par mois) à 15% pour les plus pauvres (moins de 200 € par mois).

 

Selon les chiffres officiels, une famille pauvre dépense 40 € par mois pour payer son éducation, une famille riche 350 €.

 

Derrière ces chiffres, cela veut dire que les familles populaires et des couches moyennes sont de plus en plus éloignées de l'enseignement supérieur, mais aussi des établissements primaires et secondaires sélectifs.

 

La première barrière est économique : dans les universités privées, les frais vont de 300 à 1 800 € par mois. Dès le primaire, les parents doivent prendre en charge en moyenne 30% des frais de fonctionnement de l'école.

 

La logique de la « liberté scolaire » conduit à une « sélection compétitive » entre élèves, à tout âge, biaisée par avance : les meilleurs écoles sont (censées être) privées, car mieux financées, grâce aux subventions publiques et aux frais exorbitants à la charge des familles.

 

Hormis une infime minorité détectée tôt, les autres sont condamnés à une éducation au rabais dans le système municipalisé ou un réseau privé de seconde zone ;

 

3.    une éducation de piètre qualité ;

 

contrairement au discours des thuriféraires de la libre concurrence, ce système concurrentiel et privatisé a conduit à une dégradation du niveau général de l'éducation au Chili, qui n'est pas seulement un ressenti mais qui se reflète dans les classements internationaux.

 

Les tests SIMCE en langue et en mathématique montrent que seuls 60% des élèves maîtrisent le niveau exigé en 5 ème, mais seulement 3% pour les élèves des milieux les plus pauvres.

 

Dans les tests PISA, en comparaison avec les autres pays de l'OCDE, le Chili se classe 33 ème (sur 35) en compréhension écrite, mathématiques et sciences.

 

Dans ses rapports annuels, l'UNESCO loue régulièrement le modèle cubain, dans l'universalité d'une éducation de qualité, et réserve ses critiques pour le système chilien, fortement inégalitaire.

 

Concrètement, le système chilien se divise en plusieurs strates, il maintient une petite minorité d'établissements (souvent publics) d'excellence, souvent historiques, basés sur une sélection drastique, sur une base académique.

 

Deuxième strate, une poignée d'établissements privés, essentiellement dans le primaire et secondaire, offrant une éducation de qualité, essentiellement par un recrutement sélectif des élèves et enseignants, alors que la « valeur ajoutée » de l'éducation privée est très faible, et dont le critère de sélection est académique mais surtout économique et social.

 

D'après le dernier test SIMCE, parmi les 10 meilleurs lycées pour leurs résultats en sciences et en langue, 9 sont privés.

 

Enfin, pour la majorité qui n'a pas les moyens de se payer cette éducation ou d'accéder aux établissements d'excellence : ce sont, pour le primaire et le secondaire, l'éducation municipalisée, sous-financée, délaissée par les meilleurs élèves et enseignants.

 

Et pour ceux qui veulent échapper à cette éducation municipalisée, ou aux universités publiques déconsidérées, il reste une alternative : les établissements privés à fins lucratives, surtout dans le supérieur, offrant de vaines espérances aux familles des couches populaires et moyennes, mais concrètement une éducation de très faible qualité.

 

Pas d'illusions sur l'alternance socialiste chez les leaders du mouvement syndical

 

C'est la fin de cette éducation privatisée, inégalitaire et de piètre qualité que réclament lycéens et étudiants chiliens, et le retour à une éducation nationale, publique et de qualité.

 

En cette année électorale, les vautours rôdent au-dessus du mouvement étudiant, tentant de le récupérer, alors que le gouvernement de droite du millardaire Pinera continue de vanter les mérites du système éducatif actuel.

 

En premier lieu, l'ex-future présidente Michelle Bachelet, du Parti socialiste, qui a fait des déclarations retentissantes contre le profit dans l'éducation … avant de signifier que cela ne siginifait ni la fin des écoles privées subventionnées, ni une éducation 100% publique !

 

Les dirigeants du mouvement étudiant ne sèment aucune illusion sur l'alternance. Ainsi, Andres Fielbaum, président de la Fédération des étudiants de l'Université du Chili (FECh) :

 

« La politique ne se base pas sur des promesses mais sur des faits concrets. Ainsi, les partis de la Concertacion (PS, Parti chrétien-démocrate) admettent en leur sein des groupes qui font des profits sur l'éducation. »

 

« Notre génération a appris à ne plus être naïve, et à ne pas plus penser que c'est une victoire que nos propositions soient intégrées dans un programme électoral. »

 

Pour Diego Vela, président de la Fédération des étudiants de l'Université Catholique du Chili, « les changements ne vont pas dépendre un candidat, mais de la lutte ».

 

Selon le leader syndical de l'Université catholique, les déclarations de Mme Bachelet ne suffisent pas : « il faut en finir avec la logique du profit et renforcer l'éducation publique comme colonne vertébrale ».

 

Les deux leaders syndicaux ont rappelé le passage de Mme Bachelet à la présidence du pays, entre 2006 et 2010, qui n'a fait qu'aggraver la situation de l'éducation au Chili. En 2008, sa ministre de l'Education était même tombée sur la question des subventions aux écoles privées.

 

La figure du mouvement étudiant de 2011, la jeune communiste Camila Vallejo était même allée plus loin au début de l'année quant à la candidature Bachelet :

 

« Je ne ferai jamais campagne pour Bachelet, je n'appelerai pas les jeunes à voter pour elle. Rien ne m'assure que son programme est représentatif que son programme soit représentatif des idées que j'ai défendu dans le mouvement étudiant »

 

Comme en France, nous n'avons jamais eu d'illusions sur le gouvernement qui achève l'autonomie-privatisation des universités, nos camarades chiliens n'ont plus aucune illusion sur les socialistes qui ont géré loyalement depuis vingt ans le système hérité de Pinochet.

 

Les étudiants ont appelé à une grande mobilisation nationale pour le 26 juin. Les syndicats des dockers et des mineurs ont déjà annoncé leur intention de se joindre à cette journée de grève et de manifestation

 

 

En France, comme au Chili, seule la convergence des luttes entre travailleurs et étudiants peut mettre en échec les plans du gouvernement et du patronat !

 

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-60-lycees-et-universites-occupes-au-chili-100-000-etudiants-dans-les-rues-la-lutte-continue-pour-118557556.html

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 12:56

par Maurice Lemoine

mercredi 17 avril 2013

En élisant M. Nicolas Maduro (Parti socialiste uni du Venezuela ; PSUV) avec 50,75 % des voix, le 14 avril, les Vénézuéliens ont, à une courte majorité, manifesté leur fidélité à l’héritage de feu le président Hugo Chávez et à la « révolution bolivarienne » qu’il a initiée. Comme le laissaient prévoir les déclarations qui ont ponctué ces dernières semaines, le candidat de la Table d’unité démocratique (MUD ; coalition de droite), M. Henrique Capriles Radonsky, crédité de 48,98 %, refuse de reconnaître le résultat. A l’instar de ce qui s’est systématiquement passé lors des seize scrutins précédents, la mise en cause de l’impartialité du Conseil national électoral (CNE) et la dénonciation d’obscures manœuvres du gouvernement pour « tordre la volonté populaire » ont servi de thème central à la campagne de l’opposition.

Provoquant la surprise d’une majorité d’observateurs et déjouant les sondages, la victoire de M. Maduro, adoubé par un Chávez conscient de la gravité du cancer qui l’a finalement emporté, a été beaucoup plus courte que prévue. Le 7 octobre 2012, briguant un troisième mandat, le chef de l’Etat disparu l’avait emporté avec 55,14 % des suffrages et plus de dix points d’avance sur M. Capriles (44,24 %).

Entre ces deux scrutins, le chavisme a perdu 685 794 voix ; l’opposition en a gagné 679 099 (1). De fait, le facteur « Chávez », c’est-à-dire du « leader », du comandante, a joué à plein. A la marge de l’immuable noyau dur de son électorat, nombre de ceux qui votaient pour lui ne le faisaient pas forcément par conviction idéologique ou parce qu’ils partageaient à 100 % son projet politique, mais parce que cet orateur né savait emporter leur adhésion et leur apparaissait plus à même que la droite de préserver la stabilité du Venezuela. En menant une campagne dépourvue de propositions programmatiques (hormis celle de restaurer « l’efficacité du marché »), mais très agressive (et passablement méprisante) sur le thème « Nicolas, tu n’es pas Chávez », le candidat Capriles a su jouer sur ce segment de la population qui soit a basculé, soit s’est abstenu (de 81 %, le taux de participation est passé à 78,71 % d’un scrutin l’autre). Voici pour les défections à gauche.

D’un autre côté, la disparition physique du président charismatique a remobilisé des électeurs de droite qui avaient baissé les bras en sa présence – M. Capriles lui-même, après sa défaite d’octobre, ayant déclaré qu’il avait eu en face de lui « l’un des plus grands adversaires de l’histoire latino-américaine récente, un Cassius Clay de la politique (2) ». D’où, avec l’appui enthousiaste de la majorité des médias privés, une re-mobilisation de son électorat et le gain de voix.

Pour autant, même plus étroite que prévue ou espérée, une victoire n’est pas une défaite. Elle conforte même le caractère démocratique de la révolution bolivarienne en démontrant, s’il en était besoin, que sa permanence au pouvoir ne résulte pas d’une « succession dynastique » mais bel et bien du choix des électeurs, en acceptant tous les aléas d’une consultation.

Sous réserve de mettre en œuvre avec succès le « Plan Patrie 2013-2019 », dont la présentation avait permis la large victoire de Chávez, d’approfondir son projet de transformation sociale et de s’attaquer vigoureusement aux dysfonctionnements du processus en cours — inflation, insécurité, production non pétrolière insuffisante, problèmes économiques (infiniment moins préoccupants que ceux de nombre de pays européens, soit dit en passant) —, la tendance peut parfaitement s’inverser (ou non) d’ici au 10 janvier 2019, terme du mandat de M. Maduro.

Refusant le verdict des urnes, et criant à la fraude, M. Capriles, appuyé par Washington, Madrid et le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), M. José Miguel Insulza, demande un recomptage de tous les votes et met en cause le CNE. Pourtant, tout comme il avait accepté sa défaite, le 7 octobre 2012, lors de la présidentielle organisée par ce même CNE, on ne sache pas qu’il ait mis en cause l’arbitre électoral lorsqu’il fut réélu gouverneur de l’Etat de Miranda, le 16 décembre dernier, avec 51,83 % des voix (contre 47,82 % à son adversaire chaviste Elias Jaua) (3). Arguant de la marge extrêmement étroite qui les sépare (262 473 voix), M. Capriles n’en a pas moins déclaré qu’il considérait M. Maduro comme un « président illégitime ». Rappelons que, en 1968, Rafael Caldera (Copei) fut élu président avec seulement trente-deux mille voix d’avance sur son adversaire Gonzalo Barrios (Action démocratique) et que, lors du référendum de décembre 2007 sur la réforme de la Constitution, Chávez a accepté sans barguigner la défaite alors que le « non » ne l’avait emporté qu’avec un avantage légèrement supérieur à 50 %.

Le scrutin du 14 avril a été suivi par cent soixante-treize observateurs internationaux de l’Union des nations sud-américaines (Unasur), de l’Union interaméricaine des organismes électoraux (Uniore), du Marché commun du sud (Mercosur) et du Centre Carter, notamment. Dès le 15 avril, déclarant avoir été le témoin « d’un ample exercice de citoyenneté et de liberté du peuple vénézuélien », le chef de la mission de l’Unasur, M. Carlos Alvarez, a demandé que soient « respectés les résultats » émanant du CNE, « unique autorité compétente » en matière électorale. De son côté, M. Roberto Rosario, président de l’Uniore, déclarait que le processus électoral a démontré « son efficacité, sa transparence et sa sécurité ».

La loi organique électorale prévoit que 54 % des votes doivent être recomptés manuellement (4), ce qui a été fait sans que ne soit détectée aucune anomalie majeure. Dès lors, la présidente du CNE, Mme Tibisay Lucena, estime infondée la demande de l’opposition qui exige que le scrutin soit réexaminé à 100 %. Elle n’en laisse pas moins la porte ouverte à une demande déposée dans les formes juridiques légales, M. Capriles s’étant jusqu’à présent contenté de déclarations incendiaires devant les micros. Mais ces diatribes ont eu leurs premiers effets. Quatre sièges régionaux du PSUV ont été incendiés le 15 avril, plusieurs centres médicaux et leurs médecins cubains ont été pris d’assaut, des radios communautaires ont été attaquées, quatre militants chavistes ont été tués (les affrontements post-électoraux ont fait sept morts au total). Dans un climat de tension rappelant les semaines qui ont précédé le coup d’Etat du 11 avril 2002, un concert de casseroles — le fameux cacerolazo — a résonné pendant une heure dans les quartiers bourgeois de Caracas tandis que la Garde nationale, à coups de gaz lacrymogènes, dispersait des milliers de manifestants.

M. Capriles continuant à appeler ses partisans à descendre dans la rue, se dirige-t-on vers une recrudescence d’actions destinées à créer un climat de déstabilisation et d’ingouvernabilité ? Le 26 mars dernier, trois députés de droite, MM. Ricardo Sánchez (suppléant de Mme María Corina Machado), Andres Avelino (suppléant de M. Edgar Zambrano) et Carlos Vargas (suppléant de M. Rodolfo Rodríguez), ont retiré leur appui à M. Capriles en dénonçant l’existence d’un plan élaboré par la MUD pour rejeter les résultats émis par le CNE lors de l’élection du 14 avril et orchestrer une période de violence dans le pays.

 

(1) Estimation faite alors que 99,12% des votes avaient été enregistrés par le CNE.

(2) BBC Mundo, Londres, 22 mars 2013.

(3) A cette occasion le PSUV a conquis vingt des vingt-trois des Etats fédérés du Venezuela.

(4) Le vote se fait électroniquement, un bulletin imprimé étant remis par la machine à l’électeur, qui le dépose dans une urne, afin de pouvoir procéder à un éventuel audit.


http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2013-04-17-Venezuela

 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3416

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 12:55

   

 

 
 

Evo Morales accuse Washington de “préparer” un coup d’Etat au Venezuela et Maduro annonce “chronique d’un coup d’etat annoncé”

by histoireetsociete

LA BOLIVIE ACCUSE LES ETATS-UNIS

La Bolivie a toujours été le pays des coups d'Etat, fomentés par une armée composée de soldats de fortune avec des caudillos à leur tête. Ce pays en majorité indien et où ces derniers vivaient dans la peur et l'humiliation, dès l'élection de l'un des leurs, Evos Morale a vu se lever les troupes fascistes, organisées dès la fin de la IIe guerre mondiale par Klaus Barbie, le nazi (voir article sur la présence des anciens nazis en Amérique latine) avec l'assentiment des franquistes espagnols toujours au pouvoir, des Etats-Unis et de la plupart des gouvernements occidentaux y compris le Vatican, sait de quoi il est question. A plusieurs reprises Evo Morales a du renvoyer des "ambassadeurs" des Etats-Unis, les coups d'Etat et attentats à sa propre vie ayant été préparé quasiment officiellement dans l'ambassade.

C'est une tradition douloureuse pour les pauvres de l'Amérique latine maintenus dans l'oppression et l'obscurantisme par la peur, et on a vu au Chili comment l'alliance des propriétaires terriens, les grandes compagnies américaines du cuivre en particulier, l'armée et l'ambassade des Etats-Unis avaient fait tomber la nuit sur ce pays et sur une bonne partie du continent. Ce furent d'atroces tortures et des meurtres de masse... .Comme je l'ai écrit dans un article récent, le Venezuela et Chavez étaient le symbole d'une double reconquête démocratique, celle face aux Etats-Unis et celle face à une classe dominante inféodée aux mêmes Etats-Unis.

Le président bolivien, Evo Morales, a accusé mardi les Etats-Unis de "préparer un coup d'Etat" au Venezuela, après le commentaire de la Maison Blanche jugeant "nécessaire" un audit de l'élection présidentielle. Le président Morales a estimé que Washington cherche à "créer l'instabilité" au Venezuela "pour ensuite justifier une intervention". "Face à la provocation et l'agression du gouvernement américain envers le 'compañero' Maduro et son peuple révolutionnaire, nous allons défendre ce peuple" qui "parie sur les changements sociaux, économiques et politiques", a-t-il ajouté. Evo Morales, élu en 2006 et premier président amérindien de Bolivie, a, par ailleurs, indiqué qu'il se rendrait à Caracas pour l'investiture du président Maduro vendredi

LE PRESIDENT MADURO ANNONCE LA CHRONIQUE D'UN COUP D'ETAT ANNONCE ET FAIT PART DE L'ECHEC DE LA GREVE GENERALE

En revanche Nicolas Maduro a annoncé à la radio télésur .que l'appel à la grève générale par l'opposition avait été un échec grace à la mobilistation populaire et au rôle de l'armée. Notons qu'il avait annoncé dès son élection que les bulletins de vote seraient recomptés mais qu'il n'était pas question durant ce temps-là de laisser le pays sans gouvernement. Ce qui témoigne bien du caractère préparé de l'appel d'Obama et de sa marionnette l'OEA au recomptage que le président Maru A télésur le président a également souligné qu'un certain nombre d'officiers de l'armée qui avaient pris des contacts avec l'opposition pour organiser le coup d'Etat étaient actuellement intérrogés....

Le président élu du Venezuela, Nicolas Maduro, a affirmé cela fait déjà quelques heures que l'appel à une grève générale" de la droite s'oppose à la volonté populaire exprimée dans les élections du dimanche 14 avril dernier. "Nous avons invité les travailleurs, les étudiants, à poursuivre leurs travaux et il en a été ainsi".

"Nous avons appelé au travail et le travail a continué (…)Ils Ont échoué dans leur plan de réaliser une grève générale", a-t-il réaffirmé.

Le mandataire vénézuélien a dénoncé les actes violents et de vandalisme qui ont perpétré la veille par des groupes de l'opposition vénézuélienne qui 'ignorent les résultats des élections présidentielles et dans lesquels sept personnes ont été assassinées alors que 61 ont été blessés.

De la même manière, il a fait porter la responsabilité de actes de violence à l'ex-candidat responsabilisé par ces faits violents l'ex- candidat Caprile et il a affirmé qu'il devrait répondre pour les meurtres qui ont été perpétrés.

MEURTRES, VIOLENCES ET ASSAUT CONTRE LE PALAIS DU CONSEIL D'ETAT ELECTORAL

Il a condamné les assauts contre la maison de la présidente du Conseil National Electoral(CNE), Tibisay Lucena.

Dans ce contexte il a annoncé que le gouvernement a en sa possessionles videos qui démontrent la nature de l'opération et les aggresseurs de la maison du Conseil rectoral des élections. Rappelons que c'est l'armée et un organisme indépendant qui sont chargé de la tenue des élections et de leur comptabilité. l'assaut avait-il pour but de détruire les bases du comptage pour mieux permettre le coup d'Etat voir l'intervention des Etats-Unis qui ont des bases à proximité en particulier en Colombie. Maduro a dénoncé le fait que ces actions violence sont des éléments d'un plan pour détruire la vie démocratique au Venezuela. C'est la chronique d'un coup d'Etat annoncé.et nous le dénonçons en tant que tel. Et le président a appellé le peuple à la paix et à la sérénité absolu. "Nous ne tomberons pas dans les provocations".

En finir non seulement avec le riche Venezuela , reprendre la main sur les richesses pétrolières, privatiser sous couvert d'avoir une "économie saine" celle qui assure chômage de masse et profits pour la minotité tel est l'objectif de ce coup d'Etat. on a déjà vu ça avec Pinochet, l'Argentine,etc. Le Venezuela a non seulement d'énormes réserves pétrolières, gaeières et minérales mais il est le fer de lance d'une Amérique latine souveraine qui refuse le pillage de ses ressources.

Conclusion, le silence de nos médias sur ce qui se passe en Amérique latine notons-le avait été le même en 2002, ou le black out avait été total sur le coup d'Etat jusqu'à ce que le peuple vénézuélien appuyé par l'armée loyaliste impose le retour du président. tandis que mobilisés en particulier par Fidel Castro toutes les forces prograssistes étaieznt mobilisées sur internet pour dire ce qui se passait au venezuela.

 

Danielle Bleitrach (à partir de notes d'agences)...

 

http://reveilcommuniste.over-blog.fr/

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