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Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 19:49

 

2 Novembre 2017

Réseau International

Le 8 octobre 2017, les médias de Corée du Nord ont diffusé l’information que le programme atomique nord-coréen est une grande manœuvre de dissuasion qui vise à garantir la souveraineté de l’État communiste. Après les médias de l’État nord-coréen, le chef d’État Kim Jong-un a parlé de situations internationales compliquées, qui montrent que développer parallèlement l’arme atomique et l’économie est absolument correct.

Ces explications ont été publiées peu après que le président américain Donald Trump a lancé sur Twitter de nouvelles menaces en direction de la Corée du Nord. « Une seule chose fonctionnera », a twitté le président américain le 7 octobre – mais sans dire exactement de quoi il s’agit.

Ainsi dans quelle mesure peut-on croire les paroles du chef d’Etat nord-coréen, lui qui est continuellement qualifié de fou par les médias occidentaux ? La personne qui, par expérience peut avoir une appréciation compétente est l’ancien président américain Jimmy Carter. Il a été le 39ème président des Etats-Unis, de 1977 à 1981.

A l’époque Carter avait rencontré le fondateur de la Corée du Nord Kim Il-sung et Kim Jong-Nam, le président du comité directeur de la plus haute assemblée du peuple ainsi que d’autres cadres supérieurs.

Le quotidien américain « The Washington Post » a donné à Carter la possibilité de s’exprimer sur la question la plus brûlante en ce moment, c’est-à-dire la façon dont une guerre de Corée peut être évitée. Celle-ci passerait par des armes atomiques qui ne détruiraient pas seulement la presqu’île coréenne.

Carter a dit textuellement : « Le plus grand danger d’une autre guerre de Corée, c’est que cela menacera même la paix mondiale et il est incontournable que Pyongyang (c’est-à-dire le gouvernement nord-coréen) et Washington trouvent un moyen de résoudre la tension montante et arrivent à un accord pacifique et durable. »

En fait, le problème proviendrait de Washington (du gouvernement américain) et non de Pyongyang, qui depuis des décennies aspire à des relations normalisées avec l’Amérique et l’Occident. Carter trouve les chefs d’État nord-coréens et les autres représentants du gouvernement « tout à fait sensés et décidés à préserver leur pays ». Ils ne sont pas fous comme les qualifient faussement les USA et d’autres lignes dures en Occident.

Leurs exigences sont tout à fait légitimes, explique Carter, ils aimeraient des dialogues directs avec Washington, un traité de paix qui mettrait fin à un armistice précaire qui dure depuis des décennies.

« Ils veulent que les sanctions soient levées et ils veulent la garantie qu’il n’y aura pas d’agression arbitraire contre leur pays, comme durant la guerre des années 50. Ils veulent avoir des relations normalisées avec la communauté internationale. Ils ne représentent pas une menace pour l’Amérique ni pour aucun autre pays. Ils veulent que leur indépendance souveraine soit respectée. Et ils méritent qu’on respecte leurs revendications. C’est avec raison qu’ils craignent de la part des USA une guerre prétendument « préventive » contre leur pays, et c’est la raison pour laquelle ils ont opté pour une dissuasion atomique et balistique. Et ceci uniquement pour leur défense et non pour une attaque. »

Carter rappelle que dans toute l’histoire après la Seconde Guerre Mondiale, la Corée du Nord n’a jamais attaqué aucun autre pays. L’Amérique par contre a menacé avec une véritable violence toutes les nations qui ne se sont pas pliées à sa volonté. Elle prévoit d’avance des changements de gouvernement d’Etats indépendants. Au travers de la menace de Washington, il n’y a aucune chance que la Corée du Nord approuve un abandon total du nucléaire et se retrouve de ce fait totalement sans défense.

D’après Carter, ils sont aguerris contre les dures sanctions et ils trouveraient des moyens de vivre même dans de mauvaises conditions. La survie du pays a la plus haute priorité.

Carter exige du gouvernement Trump « d’envoyer à Pyongyang une délégation de haut rang pour des discussions de paix ou pour soutenir une conférence internationale avec la Corée du Nord et la Corée du Sud, les États-Unis et la Chine en un lieu acceptable pour toutes les parties. »

Le ministre américain des Affaires étrangères Tillerson a lui-même également proposé des entretiens. Trump a refusé et il appelle malheureusement cela une perte de temps. Carter continue en expliquant que, pour justifier ses dépenses militaires et son bellicisme hors contrôle et injustifiable, l’Amérique a besoin d’ennemis qu’il faut inventer parce qu’ils n’existent pas. Pyongyang sait ce qui s’est passé en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie, au Yémen et dans d’autres pays, qui ont été attaqués par des prétendues guerres « préventives ». Pyongyang a l’intention de s’assurer la meilleure défense possible afin d’éviter d’être la prochaine cible.

Le fait d’être en face d’une force qui possède des armes nucléaires et des missiles balistiques doit donner à l’administration Trump le temps de réfléchir pour savoir si elle doit attaquer un pays qui est en mesure de riposter fortement et de mettre en danger les forces armées de l’Amérique et de ses alliés.

Voilà l’opinion de l’ancien président Jimmy Carter, qui donne une toute autre image que celle que transmettent la plupart des médias établis. La voix de l’ancien homologue du président Trump indique clairement une fois de plus qui est le véritable agresseur, oui, le véritable « fou ».

 

Liens : http://Antikomintern/aktuell/2017_10_07_jimmy.htm
http://stephenlendman.org/2017/10/jimmy-carter-explains-north-korean-leaders-told/
https://www.washingtonpost.com/opinions/jimmy-carter-what-ive-learned-from-north-koreas-leaders/2017/10/04/a2851a9e-a7bb-11e7-850e-2bdd1236be5d_story.html

source: https://www.kla.tv/index.php?a=showlanguage&lang=f

 

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2017/10/video-jimmy-carter-les-dirigeants-de-coree-du-nord-ne-sont-pas-fous.html

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Published by Vendémiaire - dans Asie International
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2 novembre 2017 4 02 /11 /novembre /2017 12:35

 

29 Oct                                                                  

Les relations russo-chinoises analysées depuis Cuba (note et traduction de Danielle Bleitrach pour Histoire et société).

26 OCTOBRE 2017

Par: Manuel Alejandro Hernández Barrios

 

L’alliance stratégique entre deux grandes puissances, la Russie et la Chine, est un phénomène qui affecte toute la dynamique de la politique internationale. La question de ces relations, leur histoire, les bases sur lesquelles elles se sont édifiées et leurs perspectives a été abordé dans l’émission télévisée de ce mercredi 25 octobre.

Moscou et Pékin ont signé plus de 20 accords de coopération dans différents domaines en 2017. Et les deux nations ont initié une manière de développer une coopération étroite et de renforcer les échanges en monnaies nationales en évitant les paiements en dollars, ce qui contribuera à renforcer les liens économiques en réduisant au minimum la pression de l’Occident. Ce qui témoigne du fait que dans cette relation, les deux nations défendent leurs intérêts nationaux. Lors du dernier renforcement des relations, un accord a également été signé sur l’utilisation pacifique de l’énergie atomique.

Sur les origines de cette relation et le contexte international qui a conduit ces pays à unir leurs forces au sein de la situation géopolitique mondiale, le chercheur Santiago Pérez Benítez, directeur adjoint du Centre de recherche pour la politique internationale (ICIP), a déclaré qu’il s’agit d’une relation basée sur les intérêts nationaux de ces deux puissances qui partagent des frontières et ont eu une relation complexe à travers l’histoire.

Il a rappelé que les Chinois mentionnent souvent ce qu’il définissent comme le siècle de l’humiliation, quand les puissances occidentales, y compris l’empire russe, ont infligé  une présence négative en Chine, mais la Révolution d’Octobre et la Révolution chinoise ont transformé la donne. Au milieu des années 1950, les relations étaient très intenses, mais les relations se sont tendues à cause de différends idéologiques et géopolitiques au cours de la période dite de la guerre froide, en permettant aux États-Unis de mettre en œuvre la soi-disant diplomatie du ping pong.

Cependant, après la chute de l’Union soviétique, un processus de blocus de la Chine par de nombreuses puissances occidentales commence, en particulier en matière militaire. C’est à partir de là que commence à se tisser un nouveau type de relation. Depuis 2012, Vladimir Poutine et Xi Jinping ont eu plus de 20 rencontres de haut niveau en moins de cinq ans.

Il a souligné que dans toutes leurs stratégies de sécurité nationale, les États-Unis ont toujours comme ligne qu’il n’y ait pas d’autres puissances qui remettent en question l’hégémonie américaine, soit séparément, soit unies. En  1996, la Russie et la Chine signent un important accord de partenariat stratégique. En 2002 a émergé Organisation de la coopération de Shanghai. En 2004, ils ont résolu le problème des frontières. C’est ainsi qu’a été créé ce qu’on appelle l’esprit de Shanghai, qui est l’embryon de la création d’un nouveau modèle de relations internationales dans lequel ni l’unipolarisme ni l’interventionnisme ne prévalent plus.

Il a ajouté que la crise de 2008 offrait une opportunité aux deux nations car si les Etats-Unis et la plupart des pays d’Europe traversaient une crise énorme, ce n’était pas le cas des économies de la Russie et de la Chine. La Chine a connu un développement émergent important et la Russie a rebondi grâce à la hausse des prix du pétrole. En conséquence, les BRICS ont émergé. A partir de 2012, lors du deuxième mandat d’Obama, Poutine étant président pour la troisième fois, est intervenue la crise en Ukraine ; l’hostilité des Etats-Unis envers la Chine a débouché sur le réarmement des troupes dans la mer de Chine méridionale, sur la péninsule coréenne, au Japon, et le renforcement de l’OTAN.

Eduardo Regalado Florido, du Centre pour la recherche sur les politiques internationales (CIPI), a expliqué que la Russie et la Chine ont évolué dans la construction de relations étroites. Ils ont d’abord parlé d’un partenariat stratégique, après un partenariat stratégique de coopération, suivi d’une association de coordination stratégique, et actuellement le terme qu’ils utilisent est le partenariat stratégique intégral de coordination.

Il a expliqué qu’avec cette conceptualisation, ils essayent de définir leur niveau d’association sans pour autant conclure d’alliance, parce que le terme alliance a une autre connotation dans les relations internationales. Quand on parle de l’alliance, on parle d’engagements spécifiques entre deux pays concernant la menace d’un tiers. Ils ont affirmé n’avoir aucun engagement concernant la menace d’un tiers l’un envers l’autre et ont ainsi créé chacun leur propre mécanisme d’autodéfense qui leur permet de conserver leur autonomie dans la relation avec le tiers [En fait il s’agit d’une doctrine chinoise qui récuse la notion d’alliance, NDLT].

Le chercheur a ajouté qu’il n’y a pas de domaine de coopération entre les deux  pays qui n’ait connu un développement extraordinaire, y compris le commerce, les investissements, l’armée et la sécurité. Ils se sont associés parce qu’ils ne pouvaient défendre seuls leurs intérêts nationaux contre l’agressivité américaine.

Il a dit qu’au milieu de ces relations, la question de la complémentarité prévaut, c’est-à-dire que les éléments qu’un pays possède ne sont pas en concurrence avec ceux de l’autre pays. La plupart des éléments et des ressources dont la Chine a besoin pour maintenir son taux de croissance se trouvent en Russie, l’énergie étant la plus fondamentale d’entre elles. En Russie, il y a aussi la technologie dont la Chine a besoin surtout dans l’aspect militaire. La Russie profite de la forte demande de ressources naturelles telles que le gaz et le pétrole et de la vente d’armements. Avec cette relation économique, ils ont atteint un certain degré d’indépendance vis-à-vis d’un monde instable, en crise et face aux sanctions.

 

Il a mentionné que le dynamisme de l’économie mondiale se déplace de l’Ouest vers l’Est. On dit que ce sera le siècle de l’Asie et surtout de la Chine, une économie qui génère très facilement la technologie. La Russie avec toutes les sanctions européennes a réorienté ses intérêts économiques vers la Chine.

Il a annoncé que d’ici cette année 2017 l’échange commercial entre la Russie et la Chine s’élèvera à environ 80 milliards de dollars. En 2020, les deux pays ont proposé 200 milliards de dollars. Une relation économique qui naît dans un climat de confiance, de coopération et de volonté politique des deux pays.

Complémentarité et coordination

La Russie et la Chine ont tenu des exercices militaires en juillet de cette année, celles-ci deviennent de plus en plus fréquentes. À cet égard, l’analyste de la politique internationale Santiago Pérez Benítez a commenté que la Chine a émergé dans les années 1990 avec des armes plutôt obsolètes et la Russie a émergé avec une grande crise économique, mais avec une industrie militaire développée.

Il a dit que la Chine va commencer à acheter des SU-35 à la Russie, l’avion de chasse le plus perfectionné du monde, ils vont également acheter le système antiaérien S-400 qui va leur permettre d’affronter le bouclier antimissile américain. Les exercices militaires entre deux nations sont fondamentalement politiques. Lénine a dit que la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. Dans les projections de sécurité de ces deux pays, le terrorisme et le séparatisme sont fondamentaux, de sorte que la coopération militaire et le renseignement ont augmenté.

Il a annoncé que, entre les deux pays, il y avait aussi une convergence diplomatique significative, il est donc important que les deux soient des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. C’est pourquoi nous parlons d’un modèle de relations de type nouveau entre des pays qui pensent de la même manière.

Eduardo Regalado Florido a ajouté que, bien que le regard soit le même ou similaire sur un sujet, ce qui est derrière c’est la coordination non seulement dans la relation unilatérale, mais aussi dans la relation multilatérale. Cette relation coordonnée se produit au plus haut niveau des personnalités politiques, entre les ministères et les diplomates.

Parmi les objectifs des deux pays il y a le fait que les membres de l’Organisation de Coopération de Shanghai ne permettent pas aux États-Unis d’installer des bases militaires dans l’Asie centrale ou dans la zone d’influence chinoise. Il a souligné que le projet chinois de la route de la soie est attirant mais le plus important est qu’il associe. Pour sa part, la Russie a créé l’Union économique eurasienne. Les deux projets ont interagi dans la construction de l’infrastructure nécessaire, les ponts, les ports, les routes, ce qui est nécessaire pour le développement des pays. 50% de l’échange a à voir avec l’énergie, qui entre principalement par les ports ce qui est un problème de sécurité pour la Chine.

 

Santiago Pérez Benítez a affirmé que les deux nations font face à un défi médiatique qui a motivé de nombreuses causes du rapprochement entre ces pays. Il n’en est pas moins vrai que c’est une relation avec ses complexités comme n’importe quelle relation. La manière dont la Russie est diabolisée comme les vues négatives de Trump sur la manière dont la Chine manipulerait la monnaie témoigne de l’existence d’un haut niveau de nervosité géopolitique.

Eduardo Regalado a ajouté que cette relation Russie-Chine est l’axe de contestation le plus fort et le plus actif contre l’hégémonisme américain. C’est l’association qui construit le plus fortement un monde multipolaire. On dit que la grande erreur géostratégique d’Obama était de laisser cette relation se développer ,ce que Trump a entrepris de détruire et de corriger.

Santiago Pérez a ajouté que la relation a généré un niveau d’institutions réelles dans la projection d’un monde différent dans le domaine économique et la politique internationale. Ensemble, ils ont opposé leur veto à l’agression militaire américaine contre la Syrie aux Nations Unies.

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 21:07

 30 septembre 1965. Cette date ne vous dit sans doute rien. C’était un jeudi. Un jeudi noir ou commença, en Indonésie, un des plus grands massacres de masse du XXe siècle. De 1 à 3 millions de personnes exécutées. Sans compter les emprisonnés par millions, les déportés, les torturés et les viols de masse ainsi que tous ceux qui, jusqu’à maintenant encore, seront privés de leurs droits.

Qui, ici en France, en a entendu parler ? Quels médias en parlent ? Personne.

Pourtant, au mois d’octobre 1965 la presse occidentale – presse dite « libre » en parle. Jugez plutôt :

Times Magasine : « The West’s best new for years in Asia »  » La meilleure nouvelle pour le camp occidental depuis des années ».

US News & World Report  » Indonésie : de l’Espoir, là où il n’y en avait plus » 

New York Time cette fois : « With 500000 to a million communist sympathisers knocked off…I think it’s safe to assume a reorientation has taken place. » et  Harold Holt premier ministre australien.« avec 500 000 à 1 million de communistes au tapis… je pense que l’on peut sans se tromper affirmer qu’une réorientation a eu lieu ».

Car oui, ce massacre dont on ne parle jamais en France ni dans aucun pays occidental, c’est le massacre de 1 à 3 millions de communistes ou supposés tels en Indonésie à l’automne 1965, et ce avec l’assentiment et le soutien de l’Ouest.

Pas une ligne dans nos programmes scolaires qui s’intéressent pourtant au 20e siècle, comme siècle des totalitarismes. Pas un mot sur ce quasi génocide et la dictature sanglante de l’Ordre Nouveau qui a suivi.

 

Dans les années 1960, l’Indonésie de SOEKARNO, après avoir été le pays chef de file des non-alignés (organisateur de la conférence de Bandung), se rapproche du bloc socialiste.

Le parti communiste indonésien (PKI) est alors le troisième plus grand parti communiste du monde. Fort de plusieurs millions d’adhérents et sympathisants, participant direct au combat pour l’indépendance du pays, le PKI est alors un des piliers de la république d’Indonésie dirigée par Soekarno. PNI et PKI constituent une force puissante lui permettant de contrebalancer celles des réactionnaires (islam politique ainsi qu’une bonne partie de l’armée) et de s’affranchir ainsi de plus en plus à la prédation des capitalistes occidentaux.

Le camp de l’Ouest subit, à ce moment là, défaites sur défaites. Notamment au Vietnam ou l’armée américaine s’enlise, écrasant les Vietnamiens sous des tonnes de napalm et d’agent orange. Dès 1963, inquiète de la force croissante du PKI, de l’évolution vers la gauche du PNI (parti de Soekarno) et du rapprochement vers le camp socialiste de l’Indonésie, Washington commence à constituer des listes de communistes indonésiens via son ambassade de Jakarta. (La tradition de fichage révélée à nouveau par Snowden n’est donc pas nouvelle et nous verrons que nous devons réellement nous en inquiéter).

Dans la nuit du 30 septembre 1965, un curieux mouvement dit du 30 septembre tente un coup d’état. Les événements demeurent assez mal connus, 40 ans de dictature ayant forgé une version officielle très éloignée des faits.

 

Ce coup d’état militaire conduit par un colonel de la garde présidentielle prétend contrecarrer la confiscation d’un « comité de généraux » et rétablir le pouvoir de Soekarno. Une partie du haut commandement de l’armée est exécutée (6 généraux) dans la nuit du 30 septembre.

Soekarno est conduit en fin de nuit par la garde présidentielle a à la base aérienne d’Halim, base de l’armée de l’air réputée proche du PKI. Soekarno déclare prendre personnellement le contrôle de l’armée et nomme un proche le général Yani, Chef d’état major.

Aidit leader du PKI y est également amené par les conjurés au prétexte qu’il est menacé par un complot de la CIA. Aidit réaffirme alors son soutien à Soekarno. Dès le 1er octobre, Aidit rejoint Jogjakarta (centre est du pays) où il participe à désamorcer le coup d’état. Dans la nuit du 1er au 2 octobre, le principal quotidien du PKI condamne fermement toute tentative de coup d’état, dans un éditorial reflétant le manifeste manque d’information dont il dispose :

« le déclenchement d’un coup d’état est un acte condamnable et contre révolutionnaire » (1)

Dans la nuit du 30, le général SUHARTO en charge de la force de réserve stratégique de l’armée de terre (réputée proche des Etats-Unis, ces derniers ayant participé avec la Grande Bretagne à la formation et l’équipement de l’armée de terre violemment anti-communiste, elle l’avait prouvé en 1948 lors d’un premier massacre de communistes à Madium) singulièrement laissé à l’écart de la purge visant la tête de l’armée, prend le contrôle des forces armées. Et ce d’autant plus facilement, que le 5 octobre doit se tenir à Jakarta la journée des forces armées, et que donc l’ensemble des Divisions des forces armées son représentées à Jakarta par un bataillon.

Dès le 3 octobre, l’armée lance une violente campagne anti-communiste, attribuant malgré les évidences la responsabilité du coup d’état au PKI. Le 5/10 la chasse aux communistes commence à Jakarta, alors que ce même jour le comité central du PKI réaffirme son soutien à Soekarno et que le mouvement du 30 septembre est une affaire intérieure à l’armée.

 

Les listes de communistes établies par l’ambassade américaine sont transmises à l’armée. Les USA notamment, soutiennent alors l’armée dans ses massacres par la fourniture d’armes et d’équipements de communication ainsi qu’un soutien financier (2). Selon des révélations du Washington Post de 1990, les autorités américaines suivent méthodiquement les exécutions (3). En 1966, l’ambassadeur US à Jakarta a rassuré Suharto que « les États-Unis voient plutôt d’un bon œil et admirent ce que l’armée est en train de faire » . L’ambassadeur britannique, Sir Andrew Gilchrist, a rapporté au Ministère des Affaires Etrangères britanniques : « Je n’ai jamais caché que je pense que quelques pelotons d’exécution en Indonésie seraient un préliminaire indispensable à tout changement réel. » (4) Ou encore toujours en 1966 M Stewart ministre britannique des affaires étrangères louant « la politique économique raisonnable » de Suharto.

Durant la fin de l’année 1965 et les premiers mois de l’année 1966, les communistes et assimilés sont méthodiquement éliminés, des millions de personnes soupçonnées d’être communistes sont arrêtés, déportées, violés et torturés. Ceux qui survivent à la détention et sont libérés restent fichés comme prisonniers politiques (Tapol), privés à vie de leur droits.

Le nombre de tués est si élevé que certaines rivières déversent pendant des jours entiers les milliers de corps qui y ont été jetés.

 

La chape de plomb de la dictature de SUHARTO, l’Ordre Nouveau, s’abat sur l’Indonésie. L’histoire des événements d’octobre est réécrite pour justifier le massacre des communistes, et une chasse aux forces progressistes qui ne cessera pas durant les 30 ans de pouvoirs de Suharto. A partir des années 1980, tous les ans un film de propagande est projeté à tous les enfants dans les écoles, à la télévision, bourrage de crâne attribuant la responsabilité du coup d’état aux communistes et les accusant d’avoir commis les pires horreurs et d’instiller ainsi profondément l’anticommunisme dans les esprits (Dokumentasi Gerakan G30S PKI).

Ne nous trompons pas, ce massacre génocidaire, cet holocauste des communistes et plus largement la répression de toutes forces progressistes doivent être considérés comme le vrai visage de ce qu’est le capitalisme. Nous avons vu le soutien sans faille apporté par les puissances occidentales, ces puissances dites du monde libre trépignant de joie devant un massacre qu’elles appuient. Le régime de Suharto, les massacres, la répression sont directement l’enfant du capitalisme. Face à une Indonésie fermant de plus ses portes au capitalisme, une classe des travailleurs contestant sérieusement l’oligarchie et les impérialismes capitalistes, les forces capitalistes ont agi comme elles agissent toujours dans ces cas là.

Dès novembre 1967 d’ailleurs, les pays occidentaux récoltent les fruits juteux du régime qu’ils viennent de contribuer à installer. Ce pays extrêmement riche en ressources naturelles est mis en coupe réglée lors d’une conférence à Genève. General Motors, Imperial Chemical Industries, British Leyland, British-American Tobacco, American Express, Siemens, Goodyear, the International Paper Corporation, US Steel… sont représentées. Il faut dire que l’Indonésie offre désormais outre ses ressources, une main d’œuvre taillable à merci puisque privée de tous moyens de contestation par une répression féroce. Dès le coup d’état une loi est votée dispensant pendant 5 ans les entreprises bénéficiaires de ce pillage organisé de tous impôts. L’économie du pays est directement mise dans les mains des Chicago Boys, à travers le FMI et à la Banque Mondiale et son Inter-Governmental Group on Indonesia (IGGI), dont les principaux membres étaient les Etats-Unis, le Canada, l’Europe et l’Australie. Un décret interdit le communisme. Et cela fait des décennies qu‘écrire les simples mots « classe ouvrière » peut conduire à 12 ans de prison pour « propagande communiste ».

 

La classe capitaliste occidentale a su d’ailleurs défendre avec constance la dictature de l’Ordre Nouveau, telle un de ses portes paroles les plus émérites Margaret Thatcher déclarant au sujet de Suharto :

« One of our very best and most valuable friends » ( Un de nos tous meilleurs amis et de la plus grande valeur )

Quelques années plus tard, le Chili d’Allende connaîtra lui aussi une intervention semblable. N. Klein dans son livre Thérapie du Choc a d’ailleurs fort bien documenté les similitudes de ces interventions des impérialismes occidentaux, ou la violence et l’institution de régimes fascistes participent directement à l’écrasement total et complet pour des décennies des forces progressistes pouvant s’opposer au vol des richesses des travailleurs par l’oligarchie capitaliste.

Avec la crise des pays asiatiques, le pouvoir de Suharto tombe en 1998. Il quitte le pouvoir après s’être considérablement enrichi. Il ne sera jamais jugé. Le pouvoir qui lui succède, ne reconnaît toujours pas les massacres. Si une commission d’enquête a été constituée, elle est suspendue par la cour suprême, les forces du régime de Suharto continuant à tenir une place prééminente au pouvoir.Aucun des crimes de cette époque ni des crimes commis durant la période de l’Ordre Nouveau n’ont été punis. Pire, la célébration de ces massacres n’a pas cessé. Les forces réactionnaires – islamistes et militaires – continuent à peser de tout leur poids pour continuer la répression anticommuniste.

 

Le documentaire de J Oppenheimer « The Act of Killing » montre cela d’une façon particulièrement implacable. Ce film, le premier à avoir pu être tourné en Indonésie sur le sujet, n’a pu l’être que sous la forme du making of d’un film célébrant en héros des tueurs lors de ce génocide. Encensé par la critique, ce documentaire a reçu de nombreux prix. Il n’a pourtant été diffusé en France que dans quelques salles d’art et essai. Pluralisme et liberté d’expression, défense des droits de l’homme sont, il est vrai, des valeurs essentielles de nos « démocraties » capitalistes…

Dans les années 1980, Hollywood tourna un film avec Mel Gibson accréditant la version officielle de Suharto que le 30 septembre 1965 était un coup d’état communiste. Sélectionné à Cannes, le film rapporte plus de 10 millions de dollars au box office américain (0,2 pour The Act of Killing…).

 

Au-delà de l’horreur et de l’ampleur de ces massacres et de la répression continue qui s’est poursuivie jusqu’à nos jours, au-delà de la revendication que nous devons tous avoir que justice soit rendue à ces innombrables victimes, que la répressions cesse, alors qu’un anticommunisme toujours aussi féroce instillant comme en Indonésie dans les esprits que communisme = totalitarisme et que capitalisme = droit de l’homme, en ces jours anniversaires de ces horribles événements – qui n’en doutons pas ne donneront lieu à aucune commémoration d’aucune sorte dans nos médias « libres » généreusement financés par des mécènes tels que Bolloré, Dassaut Lagardère et autre Bouygues autre qu’un entre filet sur la consécration de Miss France comme 2e dauphine de Miss Univers à Bali – la mémoire de ces dernières décennies tragiques en Indonésie fait éclater auprès de chaque citoyen le mensonge de ce raccourci, et voler en éclat le terrorisme de la pensée posant le camps de l’ouest comme celui de la liberté alors que celui de l’est serait celui des 100 millions de morts.

 

Oui le capitalisme rien que dans la seconde moitié du 20e siècle, c’est plusieurs génocides et boucheries sur boucheries. Brecht disait « Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde ». 20 ans après le procès de Nuremberg, tout en écrasant le Vietnam sous une pluie de napalm, le capitalisme récidive en Indonésie, soutient le génocide cambodgien de son protégé Pol Pot, écrase l’Amérique latine sous ses escadrons de la mort, alimente les génocides africains de la région des grands lacs….

Si les idées dominantes sont celles de la classe dominante, l’histoire dominante est également celle de la classe dominante. Au moment où le capitalisme remondialisé est à nouveau secoué par une de ses violentes crises systémiques, à l’heure où les peuples sont à la recherche d’alternatives sachons nous souvenir que le capitalisme conduit implacablement au fascisme et à la barbarie.

 

Ces dernières années, 15 ans après la chute de Suharto, des syndicats ré-émergent en Indonésie, organisant la classe ouvrière et conduisant régulièrement des grèves parfois considérablement suivie notamment dans l’industrie.

Ci-après Gendger Gendger, chanson interdite, symbole des organisations féministes Gerwina proche du PKI, Bella Ciao indonésien.

Documentaire sur la recherche d’un charnier près de Jogjakarta :

 

Notes et références:

(1) Harian Rajkat dans la nuit du 1er au 2 octobre.

(2) Telegram From Embassy in Thailand to Department of State, November 5, 1965 ; reply, November 6, 1965 ; available at http://www.state.gov/r/pa/ho/frus/johnsonlb/xxvi/4446.htm ; Historian Claims West Backed Post-Coup Mass Killings in ’65. The Jakarta Globe. Retrieved on 25 December 2010 ; Simpson, Bradley. Economists with Guns : Authoritarian Development and U.S.-Indonesian Relations, 1960-1968. Stanford University Press, 2010. ISBN 0804771820 ;

(3) « Toujours selon les révélations du Washington Post, les listes dressées par les fonctionnaires américains ont concerné des milliers de personnes, « allant des responsables communistes indonésiens, depuis les échelons supérieurs jusqu’aux cadres locaux dans les villages ». Ces listes ont, par la suite, été remises aux militaires indonésiens pour perpétrer leurs massacres. En retour, l’ambassade recevait des putschistes la liste des personnes assassinées, permettant « un pointage systématique par la direction de la CIA à Washington, des exécutions qui avaient été menées à bien ». « Vers la fin de janvier 1966, les noms rayés sur les listes étaient si nombreux que les analystes de la CIA ont conclu à la destruction de la direction du PKI », a expliqué au journal Joseph Lazarsky, ancien chef adjoint de la CIA en Indonésie. Le quotidien précise qu’il n’a jamais pu être prouvé que les communistes indonésiens aient été impliqués dans l’assassinat des généraux. Tout au long des trente-trois années de dictature, la répression n’a jamais faibli. » http://www.gauchemip.org/spip.php?article495

(4) http://www.inminds.co.uk/globalisation-in-indonesia.html John Pilger Juillet 2001

 

sources :

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1966_num_31_5_2198

Et surtout cet excellent article de D Bari dans l’Humanité : http://www.gauchemip.org/spip.php?article495 ainsi que http://www.gauchemip.org/spip.php?article17236 de John Pilger

Et pour les anglophones, la rubrique francophone de Wikipedia se résumant elle à seulement 10 malheureuses lignes : http://en.wikipedia.org/wiki/Indonesian_killings_of_1965%E2%80%9366
http://www.theguardian.com/commentisfree/2008/jan/28/indonesia.world
« Indonésie », Rapport d’Amnesty International, 1977.

 

 

http://www.initiative-communiste.fr/articles/international/300965-massacre-occulte/

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 17:41

Personne ne savait grand chose des Rwandais avant qu'il ne soit trop tard et le massacre de 800.000 d'entre eux. Aujourd’hui en Birmanie, la survie des Rohingya ne tient qu'à un fil. Des brutes racistes distribuent des prospectus appelant à exterminer cette petite minorité birmane. Des enfants ont été abattus à la machette et des meurtres atroces ont été commis. Tout indique que si nous n’agissons pas, nous courons droit vers l'hécatombe.

Les génocides se produisent quand personne ne réagit à leurs signes avant-coureurs, comme ceux que l’on voit aujourd’hui en Birmanie. Les Rohingya sont un peuple très pauvre et pacifique. Ce qui leur est reproché? Avoir une couleur de peau plus sombre et «voler les emplois» du reste de la population. Ces 800 000 personnes pourraient être exterminées si nous n’agissons pas. Nous avons abandonné trop de peuples. N’abandonnons pas les Rohingya.

Le président birman Thein Sein a le pouvoir et les ressources pour protéger les Rohingya il lui suffit d'en donner l'ordre. Dans quelques jours, il se rendra en Europe pour parler contrats. Si les dirigeants européens l'accueillent avec un immense tollé en faveur de la protection des Rohingya, il s'y pliera vraisemblablement. Rassemblons 1 million de signatures et nous afficherons des dizaines de photos de ce qui se passe en Birmanie aux abords des lieux de rencontre des dirigeants.

https://secure.avaaz.org/fr/burma_the_next_rwanda_fr/?bsfSibb&v=26540

Torture, viols en réunion, exécutions sommaires… les groupes de défense des droits humains parlent de «purification ethnique » pour décrire la brutalité des exactions en Birmanie. Plus de 120.000 Rohingya ont déjà dû prendre la fuite ; la plupart se sont réfugiés dans des camps de fortune près de la frontière alors que d’autres ont pris le bateau et sont morts de noyade, de faim, ou sous les balles tirées par les garde-côtes des pays voisins. Les rapports indiquent que les violences s’aggravent -- récemment cette année, le Président Thein Sein a récemment déclaré l’état d’urgence après une nouvelle série d’agressions meurtrières. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'un massacre de grande ampleur ne soit perpétré.

Les génocides peuvent être évités quand les gouvernements s'y opposent, mais le régime birman n'en prend pas le chemin. Récemment, un porte-parole du gouvernement a admis que les autorités faisaient appliquer une réglementation qui interdit aux Rohingya d’avoir plus de deux enfants et oblige les couples qui veulent se marier à obtenir une permission spéciale. Et des rapports d'experts montrent que les autorités ont ignoré et même participé à des opérations de "nettoyage ethnique". Le président Sein a dû reconnaître ce qui arrive aux Rohingya mais jusqu'ici il a refusé de prendre les mesures nécessaires pour stopper les violences et les protéger.

Le risque de génocide plane au-dessus de la Birmanie s'il ne fait rien, mais le monde entier est concerné. A travers les relations commerciales, le Premier ministre britannique Cameron et le président français Hollande disposent d'un levier d'action puissant -- s'ils l'utilisent lors de leurs rencontres ce mois-ci pour presser Sein à agir, des vies peuvent être sauvées. Faisons en sorte qu'ils agissent. Nous nous sommes défilés devant trop de peuples en danger, n'abandonnons pas les Rohingya. Joignez-vous à la mobilisation et diffusez cet appel à tout votre entourage:

https://secure.avaaz.org/fr/burma_the_next_rwanda_fr/?bsfSibb&v=26540

À plusieurs reprises les membres d’Avaaz ont soutenu les Birmans dans leur lutte pour la démocratie. Lors de la violente répression du régime contre les moines bouddhistes en 2007, les membres d’Avaaz ont donné des centaines de milliers d'euros pour financer un soutien technique et éducatif auprès des militants qui cherchaient à contourner le blocage des communications. En 2008, après le passage du cyclone qui a fait plus de 100.000 morts mais alors que le régime militaire cupide bloquait l'aide humanitaire internationale, nous avons rassemblée plusieurs millions d'euros pour les donner directement aux moines qui étaient en première ligne sur le font de l'assistance aux victimes.

Notre communauté n'existait pas quand le génocide a été perpétré au Rwanda il y a 20 ans. Aurions-nous fait ce qui était nécessaire pour le stopper? Montrons par notre soutien aux Rohingya notre réponse à cette question.

Avec espoir et détermination,

Luis, Jeremy, Aldine, Oliver, Marie, Jooyea et toute l’équipe d’Avaaz

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 17:29

Le Parlement indien est en train de clore sa session sans avoir voté la loi contre le travail des enfants la plus forte de son histoire. Le pire dans cette histoire c’est que cette loi, quoique soutenue par la majorité des parlementaires, est bloquée depuis des semaines car elle n’est pas considérée comme “prioritaire”!


L’Inde détient le record mondial du travail des enfants; dès cinq ans, les plus petits sont vendus à des trafiquants et réduits en esclavage, victimes d’abus et de violences. Cette nouvelle loi historique interdirait tout travail des enfants avant 14 ans et fournirait des bourses aux familles les plus pauvres, pour envoyer leurs enfants à l’école. Mais ce projet de loi n'est plus à l'agenda du Parlement et les groupes de protection des droits des enfants en Inde nous disent qu’ils ont besoin de notre aide urgente pour faire peser une véritable pression citoyenne.


Ensemble, les membres d’Avaaz peuvent attirer l’attention sur le projet de loi et pousser les parlementaires à l’adopter. Signez cette pétition et envoyez-la à tous vos proches. Quand nous aurons recueilli un million de signatures, d’anciens enfants exploités remettront notre message au Parlement:


http://www.avaaz.org/fr/inde_travail_enfants/?bsfSibb&v=20505

215 millions d’enfants travaillent dans les mines, les carrières et les usines du monde entier. Tous les pays ont signé un traité pour mettre la lutte contre le travail des enfants au cœur de leur politique éducative. Mais l’Inde est le pays le plus touché par ce fléau. Si la nouvelle loi est adoptée, elle interdira tout travail des enfants de moins de 14 ans et tout travail dangereux pour les moins de 18 ans. La loi compte même des dispositions pour ne pas handicaper les familles les plus pauvres: elle assure le droit à une éducation gratuite et propose des bourses pour compenser le manque à gagner.


Les observateurs estiment que le véritable problème n’est pas la loi, mais les moyens de l’appliquer. Et il est vrai que dans les trois dernières années, moins de 10 % des 450 000 cas de travail des enfants signalés en Inde ont fait l’objet de poursuites judiciaires sous la loi actuelle, peu contraignante. Mais la nouvelle loi s’annonce bien plus draconienne. La police ne devra plus attendre la décision de justice pour pouvoir agir. Toutes les formes commerciales de travail des enfants de moins de 14 ans seront punies et, au lieu d’amendes ridicules ou de brèves peines de prison, les criminels encourront des peines sévères.


Alors que la majorité des parlementaires affirment soutenir la loi, personne ne presse le vote. Mais chaque jour, des enfants entrent dans une vie d’exploitation et de misère. C’est à nous de faire changer les choses. Signez la pétition adressée aux parlementaires indiens maintenant et parlez-en autour de vous:


http://www.avaaz.org/fr/inde_travail_enfants/?bsfSibb&v=20505

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 13:38

Cinquante millions de grévistes en Inde contre les politiques de « libéralisation » du gouvernement de centre-gauche, avec un rôle majeur joué par les communistes

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ce sont plus de 50 millions de travailleurs qui ont répondu ce jeudi 20 septembre à l'appel à la grève générale (hartal) lancé par les syndicats indiens. Plusieurs millions d'entre eux sont descendus dans la rue.

 

Les commerces, les administrations mais aussi les écoles et les transports ont été paralysés par ce mouvement de protestation contre les dernières mesures de libéralisation annoncées par le gouvernement de centre-gauche, conduit par le Parti du Congrès.

 

Des mesures de libéralisation qui vont frapper les plus pauvres et ouvrir encore plus l'économie indienne au capital étranger :

 

  • Une augmentation de 14% des prix de l'essence subventionnée ;

 

  • Un plafonnement des volumes de gaz subventionnés au strict minimum, le reste devant être acheté au prix du marché ;

 

  • Une cession massive au capital privé de parts dans des entreprises publiques très rentables comme NALCO (aluminium) et Oil India (pétrole) ;

 

  • enfin surtout l'ouverture de l'immense marché du commerce de détail au grand capital étranger ;

 

Le mouvement est parti de la colère des 25 millions de petits commerçants indiens – à la tête d'un réseau dense de 12 millions des petites boutiques (les kiranas) – opposés à l'ouverture du marché indien aux géants mondiaux de la distribution, tels l'américain Wal-Mart, mais aussi les français Auchan et Carrefour.

 

La grève lancée d'abord par la Confédération syndicale des commerçants indiens (CAIT) a été relayée par les principales centrales syndicales, notamment le Congrès syndical indien (AITUC) et la Centrale des syndicats indiens (CITU), les deux principaux syndicats liés historiquement aux deux partis communistes indiens.

 

Ce sont donc logiquement dans les régions où les communistes ont historiquement une influence de masse que la grève a été le plus massivement suivi : notamment au Tripura et surtout au Bengale-Occidental – avec sa capitale Calcutta – où magasins, bureaux et transports ont été totalement paralysés ce jeudi.

 

Dans les grandes villes du pays, la grève a été suivie de manière inégale. Si la capitale économique Mumbai et la capitale politique Delhi ont été relativement épargnées, les autres pôles économiques, Calcutta et Bangalore, ont été fortement perturbés par la grève.

 

New Delhi a été le lieu du rassemblement central de la journée de protestation, avec une manifestation devant le Parlement indien menée par les dirigeants de plusieurs partis de gauche, dont ceux des deux Partis communistes.

 

Pour le dirigeant du PC d'Inde (Marxiste), Prakash Karat, c'est clair : « Nous ne voulons pas de Wal-Mart en Inde. Nous ne soutiendrons pas l'ouverture de la moindre enseigne Wal-Mart en Inde ».

 

Selon les syndicats, la grève a été également suivie massivement dans une dizaine d'autres Etats parmi lesquels l'Uttar Pradesh, le Bihar, le Madhya Pradesh, l'Orissa, l'Andhra Pradesh, le Karnataka, le Tamilnadu, le Punjab ou encore le Jharkhand, des États qui concentrent pas moins de 700 millions d'habitants, soit la moitié de la population indienne.

 

La grève a été saluée par le Parti communiste d'Inde (Marxiste) qui a souligné la nécessité de poursuivre la lutte :

 

« le soutien massif à la grève générale a été une expression d'une colère du peuple dirigée contre les mesures anti-populaires prises par le gouvernement de coalition du Parti du Congrès. Le bureau politique du Parti communiste exige du gouvernement de Manmohan Singh qu'il retire son projet de loin sur les IDE dans le commerce de détail, de vente des parts publics dans les entreprises publiques, qu'il revienne sur la hausse des prix de l'essence et les restriction sur les bonbonnes de gaz subventionnées. La lutte contre ces mesures anti-populaires doit s'intensifier dans les jours à venir ».

 

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-cinquante-millions-de-grevistes-en-inde-contre-les-politiques-de-liberalisation-du-gouvernement-110364373.html

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 15:27

par Domenico Losurdo


À l’occasion du centenaire de la Révolution chinoise de 1911, Domenico Losurdo rappelle qu’elle fut d’abord l’affirmation d’une identité nationale face à l’impérialisme occidental. Alors que la Chine vient d’user de son veto au Conseil de sécurité et s’impose désormais comme une des principales puissances mondiales, il est difficile d’imaginer le mépris dans lequel elle était tenue au début du XXe siècle.

RÉSEAU VOLTAIRE | URBIN (ITALIE) | 15 OCTOBRE 2011

 

En Chine, a lieu en 1911 une révolution qui voit le renversement de la dynastie mandchou et la proclamation de la république. C’est Sun Yat-Sen qui, le premier, assure la charge de président. Celui-ci, bien que loin du marxisme, salue favorablement l’ascension des bolcheviques au pouvoir. L’explication qu’il fournit quelques années plus tard de son attitude est un terrible acte d’accusation contre le colonialisme et l’impérialisme : « Les Peaux-rouges d’Amérique ont déjà été exterminés » et l’ « extermination » menace aussi les autres peuples coloniaux. Leur situation est tragique ; si ce n’est que, « à l’improviste cent cinquante millions d’hommes de race slave se sont insurgés pour s’opposer à l’impérialisme, au capitalisme, aux injustices dans l’intérêt du genre humain ». Et ainsi, « naquit, sans que personne s’y attendit, un grand espoir pour l’humanité : la Révolution russe » ; oui « grâce à la Révolution russe, toute l’humanité était désormais animée par un grand espoir ». Bien sûr, la réponse de la réaction ne se fait pas attendre : « Les puissances ont attaqué Lénine parce qu’ils veulent détruire un prophète de l’humanité ».

Certes, Sun Yat-Sen n’est pas un marxiste et n’est pas un communiste ; mais c’est à partir du « grand espoir », qu’il décrit dans un langage parfois ingénu mais d’autant plus efficace, que l’on peut comprendre la fondation du Parti communiste chinois le 1er juillet 1921. Plus tard, Mao, alors qu’il est engagé dans la guerre de résistance nationale contre l’impérialisme japonais, qui prétend « assujettir toute la Chine et faire des Chinois des esclaves coloniaux », rappelle sa première approche (dans les dernières années de la dynastie mandchou) de la cause de la révolution : « Dans cette période je commençai à avoir quelques lueurs de conscience politique, spécialement après avoir lu un opuscule sur le démembrement de la Chine […]. Cette lecture fit lever en moi de grandes préoccupations au sujet de l’avenir de mon pays et je commençai à comprendre que nous tous avions le devoir de le sauver ».

Plus de dix ans après, intervenant à la veille immédiate de la proclamation de la République Populaire, Mao rappelle l’histoire de son pays. Il évoque en particulier la résistance contre les puissances protagonistes des guerres de l’opium, la révolte des Taiping « contre les Ching serviteurs de l’impérialisme », la guerre contre le Japon de 1894-5, « la guerre contre l’agression des forces coalisées des huit puissances » (à la suite de la révolte des Boxers) et, enfin, « la Révolution de 1911 contre les Ching laquais de l’impérialisme ». Nombreuses luttes, autant de défaites.

Comment expliquer le renversement qui s’opère à un moment donné ?

« Pendant longtemps, au cours de ce mouvement de résistance, à savoir pendant plus de soixante-dix ans, de la Guerre de l’opium en 1840 jusqu’à la veille du Mouvement du 4 mai 1919, les Chinois n’eurent pas d’armes idéologiques pour se défendre contre l’impérialisme. Les vieilles et immuables armes idéologiques du féodalisme furent défaites, elles durent céder et furent déclarées hors d’usage. Faute de mieux, les Chinois furent obligés de s’armer d’outils idéologiques et de formules politiques comme la théorie de l’évolution, la théorie du droit naturel et de la république bourgeoise, toutes prises à l’arsenal de la période révolutionnaire de la bourgeoisie en Occident, patrie de l’impérialisme […] mais toutes ces armes idéologiques, comme celles du féodalisme se révélèrent très faibles ; elles furent retirées et déclarées hors d’usage.

La révolution russe de 1917 signe le réveil des Chinois, qui apprennent quelque chose de nouveau : le marxisme-léninisme. En Chine naît le Parti communiste, et c’est un événement qui fait date […]

Depuis qu’ils ont appris le marxisme-léninisme, les Chinois ont cessé d’être passifs intellectuellement et ils ont pris l’initiative. C’est à ce moment que devait se terminer la période de l’histoire mondiale moderne où les Chinois et la culture chinoise étaient regardés avec mépris ».

Nous sommes en présence d’un texte extraordinaire. Le marxisme-léninisme est la vérité enfin trouvée, après une longue recherche, l’arme idéologique capable de mettre fin à la situation d’oppression et d’assurer la victoire de la révolution nationale en Chine. Et c’est une recherche qui a commencé dès les guerres de l’opium, avant encore la formation non seulement du marxisme-léninisme, mais même du marxisme en tant que tel : en 1840 Marx n’était qu’un jeune étudiant universitaire. Ce n’est pas le marxisme qui provoque la révolution en Chine, mais c’est la résistance séculaire du peuple chinois qui, après une longue et pénible recherche, arrive à prendre pleine conscience d’elle dans l’idéologie qui porte la révolution à la victoire. Nous sommes le 16 septembre 1949. Cinq jours plus tard Mao déclare : « Notre nation ne sera plus soumise à l’insulte et à l’humiliation. Nous nous sommes dressés |…] L’ère dans laquelle le peuple chinois était considéré comme non civilisé est à présent terminée ». En célébrant le réveil d’une nation longtemps soumise au « mépris », « à l’insulte et à l’humiliation », Mao a probablement à l’esprit cette pancarte exhibée à la fin du 19ème siècle dans la concession française de Shanghai : « Interdit aux chiens et aux Chinois ».

Un cycle historique s’était refermé.

Domenico Losurdo

Traduction 
Marie-Ange Patrizio

 

Publié par le Réseau Voltaire http://www.voltairenet.org/En-celebration-du-centenaire-de-la

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 20:54

Par M. K. Bhadrakumar

mercredi 26 octobre 2011, par Comité Valmy

Asia Times Online, le 24 octobre 2011

article original : "Pakistani wolf to guard Afghan henhouse"

 

La visite à Islamabad, la semaine dernière, de la Secrétaire d’Etat US Hillary Clinton s’est avérée être un énième moment pour définir la fin de partie en Afghanistan. Elle s’est déroulée dans une atmosphère lourde de propagande. « Foggy Bottom » [le ministère US des affaires étrangères] a habituellement recours à une diplomatie publique véhémente lorsque la maison d’Oncle Sam brûle, pour que sa peine à éteindre les flammes reste une affaire privée.

 

Ce fut littéralement le cas la semaine dernière. Les diplomates américains se sont efforcés de donner leur interprétation aux personnels des médias prêts à les écouter, selon laquelle Clinton allait transmettre un message strict au QG récalcitrant de l’armée pakistanaise, à Rawalpindi : « Le Pakistan doit prendre des mesures énergiques contre le réseau Haqqani qui s’est réfugié au Waziristân-nord, dans les régions frontalières avec l’Afghanistan, et qui décime sans cesse les forces étasuniennes et de l’Otan ; sinon, les Etats-Unis agiront par eux-mêmes ».

Les conseillers en communication américains ont fait comprendre qu’avec ou sans le Pakistan, les Etats-Unis combattront de toute manière les insurgés (de même qu’ils « discuteront » avec eux et qu’ils « construiront » également l’Afghanistan), mais que les relations entre le Pakistan et les Etats-Unis étaient en danger, à moins que ses dirigeants militaires agissent maintenant.

Il est clair que Clinton était en mission de la dernière chance. Le « bon flic » et le « mauvais flic » partent rarement - voire jamais - en mission commune. Pour ces discussions, Clinton était accompagnée à Islamabad du directeur de la CIA, David Petraeus, et du président de l’état-major interarmées, Martin Dempsey. Qu’a donc accompli la mission de Clinton ?

Un virage spectaculaire à 180 degrés

A cette occasion, cinq choses ont émergé :

(1) Les Etats-Unis ont reconnu publiquement l’aspect central du rôle du Pakistan dans cette fin de partie afghane ;

(2) Les Etats-Unis ont cédé publiquement à l’exigence pakistanaise que des pourparlers soient engagés avec les Haqqanis et admis que les exclure fragiliserait tout le processus. Le réseau Haqqani est l’un des éléments les plus importants de l’insurrection menée par les Talibans en Afghanistan ;

(3) Par conséquent, la nouvelle approche consistera à « faire pression » sur les Haqqanis, afin qu’ils se rendent à la table de négociation - plutôt qu’essayer de les vaincre en tant que groupe irréconciliable d’insurgés ;

(4) Les Etats-Unis ont compris l’éventail des facteurs derrière l’hésitation du Pakistan à lancer des opérations militaires au Waziristân-nord et ils changeraient donc de tactique en optant pour « d’autres formes d’action », comme partager des renseignements en temps réel et entraver les capacités létales de ce réseau ;

(5) Clinton a admis à plusieurs reprises les préoccupations « légitimes » d’Islamabad relatives au fait que les Talibans opèrent sur le sol afghan depuis des refuges sûrs, pour y mener des attaques terroristes transfrontalières ; et, dorénavant, les troupes américaines « accélèreront le rythme militaire » contre ces sanctuaires et les empêcheront d’attaquer depuis le Pakistan.

Clinton a fait également plusieurs gestes significatifs, ayant pour effet de montrer que les Etats-Unis étaient prêts à monter d’un cran - voire même renoncer temporairement à leur incrédulité - dans un effort déterminé en vue de rectifier les désaccords dans les liens américano-pakistanais. Elle a admis que les Etats-Unis avaient eu « une réunion préliminaire » avec les Haqqanis « afin de voir avant tout s’ils pouvaient se manifester ne serait-ce que pour une rencontre préliminaire » et, en effet, les responsables pakistanais « ont aidé à faciliter » cette rencontre.

Elle est allée encore un peu plus loin en révélant que les Etats-Unis et le Pakistan travaillaient à « essayer de mettre au point un processus qui pourrait permettre une réelle négociation » avec le réseau Haqqani. Clinton a visiblement réévalué l’ancienne formule étasunienne « discussion, discussion, combat, combat ». Elle a dit : « Nous [les Etats-Unis] voulons voir plus de discussions et moins de combats, mais pour obtenir ces discussions, nous devons poursuivre les combats [.] nous sommes à présent arrivés à un stade où le potentiel pour des discussions existe ».

Clinton a réfuté catégoriquement que l’administration de Barack Obama avait récemment envisagé l’option d’effectuer des incursions terrestres américaines en territoire pakistanais. « Cela n’a jamais été sérieusement envisagé. » Au contraire, les Etats-Unis réamorcent le dialogue stratégique avec le Pakistan et mettent au point un nouveau plan pour travailler, « Parce que, ces derniers mois, nous nous sommes, comme vous dites, dispersés et que nous voulons revenir dans le jeu ».

Clinton a délivré également un certificat de « non-objection » aux accords passés entre l’ISI [les services secrets pakistanais] et les Haqqanis. Elle n’aurait pas pu le formuler plus aimablement :

« Désormais, toutes les agences de renseignements ont des contacts avec des personnages louches. Cela fait partie du boulot dans une agence de renseignements. Qui sont ces contacts, comment sont-ils rendus opérationnels, qui les détient ? C’est tout cela que nous examinons ensemble. Mais je ne pense pas que vous obtiendrez le moindre démenti, de la part de l’ISI ou de la CIA, que des personnes dans ces organismes respectifs ont des contacts avec des membres de groupes dont les agendas sont différents de ceux des gouvernements.

« Je pense donc que ce que nous disons est : servons-nous de ces contacts pour essayer d’amener ces personnes à s’asseoir autour de la table afin de voir si seront coopératifs ou non [.] ce sont les services de renseignements pakistanais qui ont amené un membre Haqqani à rencontrer une équipe américaine. Vous devez donc savoir où les joindre. Vous savez où ils sont. C’est donc ce genre de choses que nous devons examiner afin de comprendre comment elles peuvent être bénéfiques. »

Clinton a révélé après ces discussions que selon l’estimation du chef de l’armée pakistanaise, Parvez Kiani, le Pakistan et les Etats-Unis étaient « sur la même longueur d’onde à 90-95% ». Elle a partagé l’optimisme du général. « Je pense que la coopération entre nos armées et entre nos agences de renseignements sont de nouveau dans une trajectoire ascendante ». Les questions résiduelles dépendent des parties « opérationnelles ».

Clinton a dit que des « discussions sérieuses et en profondeur » se sont déroulées, notamment « en détail » sur « la réconciliation et le processus de paix en Afghanistan, comment nous nous y prenons, comment nous faisons en sorte que ça marche », et les deux camps poursuivront maintenant « cette conversation et la rendront opérationnelle au cours des jours et des semaines à venir, pas des mois et des années à venir, mais des jours et des semaines à venir ». Elle a expliqué : « Nous avons besoin d’un plan de travail pour faire réellement avancer ce nous allons faire et comment nous allons le faire ensemble. » Elle a révélé que la question d’un cessez-le-feu en Afghanistan était posée en prélude à des pourparlers.

Dans l’ensemble, les Etats-Unis laissent au Pakistan le soin de plancher sur les spécificités des « pressions sur les Haqqanis », tandis qu’il y a un « accord complet pour essayer de faire avancer de processus de paix ». Les Etats-Unis et le Pakistan ont dépassé « la phase difficile de ces derniers mois », ainsi que le formule le ministre pakistanais des affaires étrangères, Hina Rabbani.

Un grand marchandage

Qu’est-ce qui explique cette volte-face spectaculaire des Etats-Unis ? En un mot, l’administration Obama a jugé que le Pakistan commençait à résister et qu’une impasse se développait, ce qui était inacceptable, étant donné le temps qui reste aux Etats-Unis pour qu’ils se retirent d’Afghanistan d’ici à 2014. La tactique de pressions fortes au point de brandir l’épée a échoué à produire le résultat désiré et a peu de chance de marcher.

Bref, Washington a vu l’inutilité de considérer le Pakistan comme une puissance hostile et d’essayer d’imposer un règlement afghan qui est inacceptable pour l’armée pakistanaise. C’est pourquoi les Etats-Unis ont adopté une nouvelle stratégie étonnamment innovante. La formule consiste à « proposer des encouragements » au Pakistan, en l’invitant à jouer un rôle majeur en Afghanistan, mais sous conditions, ce qui garantit également que les intérêts stratégiques des Etats-Unis restent protégés.

Cela passe essentiellement par la concession aux Pakistanais de la primauté en Afghanistan et par la prise en charge par les dirigeants pakistanais de la négociation avec leurs homologues à Kaboul d’un règlement satisfaisant pour les Talibans, qui stopperait les effusions de sang et stabiliserait le pays.

Cela peut sembler aux détracteurs du Pakistan (en Afghanistan, dans la région et sur le plan international) comme une version douce consistant à donner au loup la responsabilité du poulailler, et cela suppose certainement que le Pakistan a changé de sentiment vis-à-vis de son ancien programme consistant à dominer son voisin plus faible et plus petit qui a montré de l’audace ou de la ténacité - cela dépend du point vue de chacun - en refusant d’accepter du Ligne Durand, qui fait de la frontière de 2.500 kilomètres avec le Pakistan et la question de nationalité pachtoune associée non résolue des thèmes existentiels pour l’intégrité du Pakistan en tant qu’Etat souverain.

Mais les Etats-Unis voient cela comme un élément du grand marchandage, selon le quel le Pakistan sera fortement tenté d’accepter si cela est rendu suffisamment attrayant. L’espoir américain est de parvenir à une situation « gagnant-gagnant », en faisant en sorte que la stabilisation de l’Afghanistan forme une partie intégrante de ce que l’on appelle la vision de la Nouvelle Route de la Soie.

En effet, l’histoire pourrait retenir que la principale avancée de la mission de Clinton à Islamabad était de dégager l’obstacle temporaire de la fin de partie afghane, afin que tous les protagonistes puissent mordre dans le fruit succulent du projet de Nouvelle Route de la Soie, qui se trouve à portée de main et dont l’objectif est d’exploiter les vastes ressources minérales d’Asie Centrale.

Fait révélateur, Clinton a également inclus le Tadjikistan et l’Ouzbékistan dans sa tournée régionale - les deux autres pays en dehors du Pakistan qui auraient des rôles clés à jouer pour développer les liens de communication entre l’Asie Centrale et les marchés mondiaux. Sa focalisation sur les capitales régionales portait sur la « vision de la Nouvelle Route de la Soie », qu’elle présentera lors d’une conférence à Istanbul le 2 novembre prochain, dans un « effort à obtenir de la région qu’elle y adhère » - pour paraphraser Clinton.

Alors qu’elle se trouvait à Islamabad, elle a été franche pour dire que sans le soutien actif du Pakistan, le projet de Nouvelle Route de la Soie ne marcherait pas. Elle a fait preuve d’un grand optimisme, que sous le parapluie de la « vision d’une Nouvelle Route de la Soie », même les animosités indo-pakistanaises intraitables pourraient être résolues, au fur et à mesure que les deux rivaux d’Asie Centrale s’habitueront au nom de ce jeu, qui est que l’objectif ultime de toute bonne politique est de créer de la richesse et de la prospérité sur leurs terres appauvries.

L’administration de Barack Obama est sortie à toute vitesse de son chemin consistant à conduire la recherche pour un règlement afghan, en engageant directement le dialogue avec les Talibans, contournant le Pakistan et créant un fait accompli pour Islamabad. Formulé autrement, le Pakistan a remporté une victoire politique retentissante en jugeant correctement l’éventail des vulnérabilités des Etats-Unis dans cette situation spécifique, en prenant en compte minutieusement les « actifs stratégiques » du Pakistan et en adoptant une position civile et militaire unie.

Pour l’instant, tout va bien. Il est quasiment certain que tout ne sera pas fichu par terre avant que Clinton ne dévoile la « vision de la Nouvelle Route de la Soie » des Etats-Unis à la conférence des voisins de l’Afghanistan et des principales puissances à Istanbul dans une semaine. Mais que se passe-t-il au-delà de ça ?

Il reste de nombreux impondérables. Avant tout, il se pourrait que le Pakistan ait les yeux plus gros que le ventre. La supposition que le Pakistan a une influence décisive sur les groupes talibans sera soumise à l’épreuve de vérité. En particulier, qu’en est-il des intentions des Etats-Unis au regard de l’établissement d’une présence militaire permanente en Afghanistan ? Les Talibans seront-ils prêts à l’accepter comme prix à payer pour l’adaptation politique - et si ce n’est pas le cas, le Pakistan voudra-t-il exercer des pressions directes ? En attendant, la propre position du Pakistan sur cette question reste ambiguë.

Pareillement, les groupes non-pachtounes verraient les intentions pakistanaises avec une grande suspicion. Non seulement la nouvelle politique afghane des Etats-Unis refuse vraiment de prendre en compte l’Iran comme acteur clé ; Clinton s’est même servie de sa tournée régionale pour s’offrir une interprétation de haute-volée, selon laquelle les Iraniens sont les méchants, incorrigiblement accrochés à leurs passe-temps dangereux. A partir d’aujourd’hui, l’Iran surveillera étroitement les moindres petits pas que fera le Pakistan.

De même, l’appétit du Pakistan a été stimulé, et la façon dont il présentera sa propre « liste de souhaits » à Obama (ce qu’il ne manquera pas de faire dans les prochains jours) sera attendu avec impatience dans la capitale voisine [indienne] de New Delhi. La Nouvelle Route de la Soie a une longue période de gestation et de tels fruits ont tendance à devenir rapidement blets dans les steppes d’Asie Centrale.

En tout cas, Delhi devrait évaluer qu’à long-terme, nous seront tous morts, et l’Inde mettra donc l’accent sur l’actuel et le tangible. Les Etats-Unis pourraient avoir besoin de s’occuper de Delhi pour faire reculer son influence à Kaboul ; ils pourraient, à un moment ou un autre, essayer de négocier sur le problème du Cachemire entre l’Inde et le Pakistan ; ils pourraient ressusciter leur partenariat militaire robuste avec le Pakistan ; ils pourraient inviter la Chine comme « partie prenante » en Asie du Sud.

Apprendre à vivre avec les Américains dans leur voisinage ne se transformera pas exactement en expérience agréable pour les experts indiens. Un jour, on leur dit que les Haqqanis étaient les meurtriers qui ont attaqué l’ambassade indienne à Kaboul - et, il est vrai, également l’ambassade des Etats-Unis - et à présent, ils entendent par hasard des bouts de conversation selon lesquels les Etats-Unis ont changé de sentiment.

Ils espéreront vraisemblablement entendre du Conseiller US à la Sécurité Nationale, Tom Donillon, qui arrivera à Delhi cette semaine, comment un tel changement phénoménal s’est produit dans la politique étasunienne et où cela laisse son seul « partenaire indispensable » en Asie du Sud et dans toute la région de l’Océan Indien - l’Inde.


M K Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans. Ses affectations incluent l’Union Sovétique, la Corée du Sud, le Sri Lanka, l’Allemagne, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Ouzbékistan, le Koweït et la Turquie. Traduction [JFG-QuestionsCritiques].

Mise en ligne CV le 25 octobre 2011

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 12:58

jeudi 18 août 2011, par Comité Valmy

 

RIA Novosti et Corée du nord : sur une étrange ambiguïté

En quarante huit heures, RIA Novosti, l’Agence russe d’information internationale, a publié une série d’articles relatifs à la Corée du nord dont nous reproduisons ici quelques titres. Ceux-ci qui semblent hostiles envers la Corée du nord, ne se distinguent pas particulièrement des intitulés et de la propagande auxquels la presse prostituée euro-atlantique et occidentaliste nous a habitués. Celle-ci en effet, depuis des décennies, explique aux peuples asservis du « monde libre » tous les dangers de guerre que porte en elle la partie de la Corée libérée de la dictature de l’oligarchie financière mondialisée.

Depuis 20 ans sans l’URSS ainsi que le souligne un dossier de l’agence, celle-ci ne se préoccupe plus de solidarité internationale entre les peuples ou de la nécessaire alliance anti-impérialiste des nations souveraines. La Russie comme la R P de Chine par ailleurs, est pourtant la cible permanente, d’une politique d’encerclement belliciste de l’impérialisme américain qui multiplie les bases militaires et les installations de radars et de fusées dans son proche environnement, tout en y domestiquant certains gouvernements comme celui de Géorgie.

Dans ce contexte la Corée du nord qui depuis la seconde guerre mondiale est en permanence agressée par les différentes administrations US qui se succèdent et, qui ont des armes nucléaires au sud du pays occupé ainsi qu’au Japon. ( Également occupé, d’où un premier ministre qui réclamait le départ des troupes américaine d’ Okinawa a été démissionné, parallèlement à la provocation US en mai 2010, qui avec la destruction de la corvette sud coréenne Chéonan, permit aux dirigeants étasuniens en réactivant dangereusement leur stratégie de la tension, dans ce secteur stratégique, de rendre inopérantes les velléités de souveraineté nationale de certains milieux politiques nippons.)

Pour notre travail militant, nous utilisons quotidiennement le site Internet de RIA Novosti comme celui de Chine nouvelle ou encore d’Al-Manar. De temps à autre, RIA Novosti diffuse d’excellentes analyses mais on y retrouve souvent et c’est décevant, une sorte de mimétisme par rapport aux agences occidentales, outils de propagande sans fard.

Face à la politique d’agression et de guerre de l’OTAN, des Etats Unis, de l’Union Européenne et d’Israël, nombreux sont les militants anti-impérialistes qui dans le monde entier comptent sur la Russie, sur la Chine, sur l’organisation de coopération de Shanghai et sur l’alliance des pays du BRICA et de l’ALBA, pour parvenir à équilibrer la planète et promouvoir la paix dans le monde, face aux fauteurs de guerre forcenés occidentalistes qui avec Obama, Sarkozy, Cameron et d’autres, multiplient les agression impérialistes.

Malheureusement cette ambiguïté relévée à travers des titres et des articles récents de Ria Novosti, relatifs à la Corée du nord, nous indiquent peut être que nous attendons probablement trop de la Russie, malheureusement post soviètique. Les acquis de Vladimir Poutine ont fait naître un temps, de sérieux espoirs de voir ce grand pays ami revenir dans le domaine géopolitique et reconstruire la puissance politique et militaire solide dont le monde a besoin et que la politique américaine méthodiquement agressive, forcera immanquablement, à redevenir anti impérialiste.

Mais la dualité actuelle du pouvoir en Russie est source d’incertitudes et l’on peut même craindre aujourd’hui, la perspective d’une alliance des milieux russes les plus réactionnairement libéraux économiquement, avec différents secteurs de l’impérialisme américain, ayant d’ores et déjà des relais en Russie.

 

Claude Beaulieu

 

Pyongyang prépare l’assassinat d’un ministre sud-coréen (agence)<br>

10 août 11h11

http://fr.rian.ru/world/20110810/190428755.html

Corées : échange de tirs d’artillerie (agence)

10 août 11 h 02

http://fr.rian.ru/world/20110810/190428557.html

Corées : nouveaux tirs de Pyongyang (agence)

10 août 16h39

http://fr.rian.ru/world/20110810/190432681.html

Corées : Pyongyang dément les informations sur ses tirs d’artillerie

11 août 10h22

http://fr.rian.ru/world/20110811/190441132.html

 

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 12:30

A la 2e Conférence Internationale organisée par l'Association vietnamienne pour les victimes de l'Agent orange/dioxine (VAVA) Hanoi les 8,9,10 août 2011, des scientifiques, juristes, responsables des associations de la société civile, victimes de l'Agent orange/dioxine, victimes des catastrophes de Sevezo, Bhopal, des guerres récentes Iran, Irak se sont réunis pour la commémoration du 50e anniversaire (1961-2011) de l'aspersion de la dioxine sur le sol vietnamien. Après débats et discussions, les délégués en particulier en provenance de l'Allemagne, d'Angleterre, de l'Australie, du Cambodge, du Canada, de la  République de Corée, de France, de l'Inde, d'Italie,  d'Irak, d'Iran,  du Japon, du Laos, de la Nouvelle-Zélande, de la Suisse, des Etats-Unis, du Vénézuela, du Vietnam, de l'Association Internationale des juristes démocrates (AIJD) et du Conseil mondial de la paix ont lancé l'Appel final de la conférence. En effet, pendant la guerre du Vietnam, de 1961 à 1971, les forces américaines lors de l'opération Rach Hand ont pulvérisé près de 80 millions de litres d'herbicides sur le sud du Vietnam dont 61% d'Agent orange contenant 366 kg de dioxine, la substance chimique la plus toxique qu'ait été inventée conduisant à 4,8 millions de victimes. Depuis la première Conférence Internationale de VAVA en 2006, la presse et les médias ont été mieux sensibilisées aux dangers de la dioxine et de son impact sur la santé humaine et sur l'environnement (écocide). Avec le peuple Vietnamien, des vétérans des Etats-Unis, de la Corée du Sud, d'Australie, du Canada, de Porto Rico et de la Nouvelle Zélande ayant participé à la guerre du Vietnam ont été victimes de cette arme de destruction massive et leurs descendants (2è, 3è et 4è génération) encourent des séquelles graves en particulier liées aux systèmes immunitaires et reproductifs.

 

Les délégués ont lancé l'Appel en sept points:

1- Solidarité

des victimes de l'Agent orange/dioxine avec toutes les victimes des autres armes de destruction massive en particulier l'uranium appauvri.

2- Organisation

dans chaque pays, dans chaque région, une mise en place des organisations avec des programmes spécifiques pour mobiliser des ressources matérielles pour faire entendre la voix des victimes.

3- Etudes et recherches

par des scientifiques et des experts en santé environnementale et humaine pour la prévention et la protection des générations à venir.

4- Une Commission des Nations Unies concernant les armes et les crimes de guerre :

doit être constituée rapidement pour prévenir les actes en violation de toutes les lois internationales et interdisant les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité. 

5- Responsabilité et engagement des Etats-Unis et des entreprises américaines

Le gouvernement des Etats-Unis et les entreprises chimiques productrices de la dioxine notamment Monsanto et Dow Chemical doivent s'engager pour dédommager financièrement les victimes de l'Agent orange/dioxine et décontaminer techniquement les "points chauds".

6- Divulgation de l'emplacement des sites d'entreposage de l'Agent orange/dioxine au Vietnam par les Etats-Unis et les entreprises chimiques américaines.

7- Partenariat avec l'Association vietnamiennes pour les victimes de l'Agent orange/dioxine (VAVA)

VAVA, représentant légal et moral des victimes de l'Agent orange/dioxine agit pour et par les victimes afin de faire entendre leurs voix.

contacts à travers son site : www.vava.org.vn

 

Nous déclarons qu'une action immédiate doit être prise en urgence pour soutenir les victimes. Déjà un demi siècle c'est trop long. Ensemble, nous nous engageons à travailler pour être assurés qu'une justice différée ne soit pas une justice refusée.

 

Nguyen Dac Nhu-Mai (Apfsv/CVN//Zigzag)

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