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  Avant d'écouter les enregistrements ci-dessous, attendez la fin de la musique de fond du blog...

 

L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 11:57

Ce lundi 6 février à 20h30 nous reprendrons au théâtre :

 

« La situation de la classe laborieuse en Angleterre » de Engels

 

Ce sera au Théâtre de Nesle (8 rue de Nesle à Paris – 75006 / Métro : Odéon ou Pont Neuf),

 

Texte dit : Geoffroy Guerrier ; adaptation et mise en scène Olivier Hueber (durée 1h).

 

Pour prolonger la réflexion, nous aurons le plaisir d'accueillir le philosophe Georges Gastaud qui dialoguera avec le public après la représentation.

 

Tarifs : plein 15 euros ; réduit 13 euros ; Groupe plus de 10 personnes : 10 euros

Billetreduc : 10 euros

Réservations : 01 46 34 61 04

 

Cordialement,

Olivier Hueber

 

« Engels, jeune bourgeois allemand, part pour l'Angleterre en 1842 pour travailler dans une filature appartenant à son père. Il découvre les ravages d’une Révolution Industrielle qui plonge les ouvriers dans une grande misère. Révolté, il décide de relater ce qui s’étale devant ses yeux “ afin de faire connaître au monde civilisé la dégradante situation où il leur faut vivre ”. Ce sera La situation de la classe laborieuse en Angleterre ... un livre, qui encore aujourd'hui nous interpelle par sa ferveur et sa brûlante actualité! »

 

France / Théâtre / « La situation de la classe laborieuse en Angleterre » de Engels
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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 19:32

Un homme inutile

 

Un homme inutile est le roman de Valère Staraselski qui a été le plus souvent réédité. Ecrit à la toute fin du siècle dernier, il a été publié en 1998, réédité en 2003 puis en 2011.

Pourquoi ? Sans doute que, dans sa simplicité, ce livre est l’un des plus parlants sur notre époque ? Sans doute appartient-il à ce type de récits où, dans les conditions d’aujourd’hui, la question de la liberté est centrale ? Sans doute la farouche volonté de vivre qui habite le personnage principal jusqu’en ses moments de désespoir et sa détermination à veiller sur sa dignité en dépit d’obstacles paraissant insurmontables marquent les esprits ? Sans doute que la force de ce roman loge, dans ce que montre Staraselski : où que l’on soit, ni le système, fût-il le plus raffiné dans la coercition mentale, ni l’exclusion et l’ostracisme ne peuvent s’opposer de manière durable à l’exercice de la liberté en action. Sans doute, cet ouvrage avait-il anticipé la réaction des classes d’en bas en termes politiques au dédain et au mépris des « assis » et autres « bobos » à leur égard ? Sans doute, la situation actuelle de notre pays comme le choix de vie d’un certain nombre de nos concitoyens octroient-ils des accents prémonitoires à ce roman de 1998 ?

 

De quoi s’agit-il ? De l’existence prise au jour le jour d’un jeune homme, issu des couches moyennes, hautement diplômé, cultivé aussi, touché par le chômage et par les effets et conséquences du libéralisme triomphant dans la France des années 90. Jeune homme de et dans son temps et cependant à contre-courant de l’idéologie ambiante de cette période. Il a, en effet, consacré son doctorat à l’œuvre de Maurice Barrès, écrivain génial et inventeur du nationalisme à la française.

Mais l’essentiel est qu’il fait l’expérience de la solidarité, mieux, de la fraternité.

Staraselski est un écrivain de la conscience et c’est la raison pour laquelle, semble-t-il, avec le temps, ses œuvres, relevant pourtant d’une diversité assumée et se déployant jusqu’ici plutôt en dehors des milieux littéraires « consacrés », gagnent en puissance en même temps qu’en lectorat. Chez lui, liberté et dignité ont partie liée, inextricables, elles constituent le grand thème de ses livres. Là résident, en quelque sorte, son originalité, sa modernité.

Par ailleurs, point de sociologie chez cet auteur d’une œuvre marquée de bout en bout par le sceau du réalisme. Pour lui, tout art véritable doit susciter conscience, élévation culturelle et spirituelle. Si ces ouvrages ne quittent jamais le vrai, son réalisme tourne le dos à la déconsidération de l’entreprise artistique à laquelle se livrent tant d’adeptes du culte affirmé de la laideur, de l’insignifiant, du relativisme, du vide, en un mot, de la démission.

Ses romans sont autant de moyens d’investigation du réel qui s’opposent aux fictions dominantes en constituant un espace à conquérir. L’avenir y est inscrit, l’avenir y a sa place.

Ses textes n’oublient jamais que l’homme est un animal fondamentalement doué d’imaginaire ou bien ainsi que l’avance Maxime Rovere qu’il est « un animal poétique »[1]

Chacun de ses ouvrages se veut un acte de connaissance en même temps qu’un formidable appel à la vie. Un homme inutile, jusqu’en son titre, consiste en une revendication et en un hymne à l’amour de la vie. « Ce qui compte – déclarait l’auteur lors d’une interview – j’en ai l’intime conviction, c’est de célébrer la vie, la fragilité existentielle du vivant. »

A une question concernant son style, il répondait également : « le moteur de l’art loge dans ce fait avéré : le réel résiste à toute formulation, éternellement. » Et il ajoutait : « Pour ma part, je considère que le style classique est le plus adapté, le meilleur pour être lu par le plus grand nombre possible et le plus longtemps possible. » [2]

Dans la chronologie de sa production, on peut avancer qu’Un homme inutile annonce une œuvre tournée vers la quête de sens, vers la non-abdication devant le nihilisme sous toutes ses formes, marchand ou idéologique…

En cela, Un homme inutile demeure l’un des romans les plus probants, les plus dignes de la littérature française de notre temps.

 

Matthieu Guérin.

Un homme inutile, p195, Cherche midi édition, 2011, 14,20€.

 

[1] « Si vite qu’aillent nos machines, si augmenté qu’il soit, l’homme restera toujours un animal poétique » Le Magazine Littéraire, 15 juin 2015.

[2] Interview, mars 2008, Sistoeurs, le magazine féminin très fin.

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 20:40

Vincent Ferrier

Entretien avec

Valère Staraselski

 

Ce premier ouvrage de la collection « Portraits » des Editions de l’Ours Blanc est consacré à l’écrivain Valère Staraselski. Il se compose de deux parties : un entretien avec Vincent Ferrier et une recension d’articles sur les principaux livres, romans, nouvelles, essais de Staraselski, qui font écho aux propos de l’écrivain. Car ce portrait, qui dessine la personnalité singulière de l’auteur de L’Homme inutile et d’Une Histoire française, s’élabore surtout à partir de l’analyse des thèmes et des idées que l’on retrouve dans l’œuvre.

Quelques réponses aux questions initiales de Vincent Ferrier, plantent les bases autobiographiques du parcours de l’écrivain : l’enfance, le milieu social d’origine, l’ancrage dans la culture populaire ; et surtout la lecture comme apprentissage de la liberté, comme outil de connaissance et comme moteur du désir et d’ouverture sur la possibilité de créer sa propre vie. Ces éléments biographiques, plus suggérés que narrés, sont livrés avec une certaine pudeur. Ceux qui connaissent Valère, ses proches ou ses amis, ne manqueront pas de faire le lien avec des événements de sa vie personnelle lorsqu’il évoque l’abandon, le rapport au père, la maladie de la mère ou la perte de la femme aimée.

Né un 18 janvier 1957 à Créteil, Staraseslki grandit dans une famille modeste qui n’est pas la sienne et très jeune, dès l’âge de 15 ans doit travailler tout en menant à bien des études qui le conduiront jusqu’à une licence d’Histoire et un doctorat de Lettres. Animé très vite d’un désir d’autonomie et d’émancipation - il veut devenir écrivain – Valère Staraselski occupe des emplois variés : aide-électricien, serveur, agent hospitalier, documentaliste attaché parlementaire au Sénat, chargé de cours à l’Université. Dans le long chemin qui le conduit à l’atteinte de son idéal et à une certaine ascension sociale, il reste cependant fidèle aux valeurs de la classe populaire dont il est issu : rigueur, sens du devoir, solidarité, goût et respect du travail. Ces valeurs fondent sa démarche d’écrivain, essais, nouvelles et romans, et participent de son engagement politique personnel auprès du Parti Communiste Français. Pour lui la création littéraire n’est pas séparée de la vie sociale, politique, de la réalité – parce que « le réel, c’est d’abord les autres » - et aussi de l’Histoire dont la mise en perspective des événements possède la capacité d’éclairer le présent.

Grand lecteur, féru de littérature, Staraselski nourrit aussi son œuvre de deux autres sources : la littérature elle-même, classique et contemporaine, et la réflexion sur la dialectique entre réalité et fiction, imagination et vérité, qu’illustre notamment le fameux concept de « mentir vrai » d’Aragon. Aragon, dont il est un des meilleurs spécialistes français, et auquel il a consacré une thèse et plusieurs essais. Mais pour lui la littérature semble être en priorité un outil d’émancipation et de connaissance pour soi-même - « L’écriture, que je lise ou que j’écrive, me sert à me situer dans le monde que je dois comprendre. » - et pour les autres, car « l’œuvre de l’artiste participe de la connaissance du monde. Et donc de sa création. » Et il cite Baudelaire qui se référant lui-même à Kant écrit « L’imagination est la reine du vrai. »

 

Les questions pertinentes de Vincent Ferrier conduisent au cours de l’entretien à l’exploration de différents thèmes qui font partie intégrante de l’œuvre de l’écrivain, parmi lesquels la fonction de la littérature et de l’art, le concept de nation, l’altruisme, le christianisme, l’amour, le communisme.

Ces thèmes sont illustrés par des références littéraires où sont convoqués de nombreux écrivains classiques et contemporains, Balzac, Proust, Zweig, Virginia Woolf Pierre Drachline, Panaït Istrati, Pasolini, Jean Grosjean, Bernard Giusti. L’échange fructueux avec Vincent Ferrier fait émerger progressivement la singularité de l’écrivain Valère Staraseslki.

Quelques exemples : en citant Oppeiheimer - « Les convergences entre Chrétiens et communistes sont plus fortes que les divergences, les démocraties sont nées dans le monde judéo-chrétien » - Staraselski défend cette idée que le Marxisme et le Communisme ont puisé leurs sources, en ce qu’ils ont de meilleur pour l’homme, dans le Christianisme. (On songe au film de Pasolini L’Evangile selon Saint Mathieu où l’on voit Jésus tel un communiste militant chasser sans ménagement les marchands du temple.)

Un autre trait de l’homme et de l’écrivain, à l’heure où la gauche française porteuse de désillusions semble décourager les militants les plus motivés, c’est la fidélité, aux idées, aux convictions, aux engagements de sa jeunesse, et à l’idéal de servir plutôt que de faire carrière. « Et de servir avec, à partir de la seule organisation, structure ouverte et accueillante alors pour les gens comme moi qui venaient des couches populaires : le Parti Communiste. Et cela, en dépit de la lucidité sur les inconséquences actuelles de la gauche, car, comme le dit Vincent Ferrier, « la résignation est le début du consentement. » Scott Fitzgerald, qui d’après ce que l’on sait, n’était pas communiste, écrivait dans la Félure : « On devrait par exemple pouvoir comprendre que les choses sont sans espoir, et cependant être décidé à tout faire pour les changer. » Voilà qui pourrait résumer la posture de Staraselski, à ceci près que lui na pas perdu l’espoir. Ce sens de la solidarité, porté par l’idéal communiste, conduit à l’altruisme indispensable qui, pour nous faire exister pleinement, doit faire passer les autres avant nous-mêmes. Virginia Woolf, dans Les Vagues, exprime cette idée : « « Je ne crois pas à la valeur des existences séparées. Aucun de nous est complet en lui seul. » Une existence séparée, inconcevable sans l’autre par excellence : la Femme. Car rappelle-t-il, en référence à la chanson de Piaf : « … sans amour, je ne suis rien. Mais alors-là, que dalle ! Un poisson qui s’asphyxie sur la rive. »

Une dernière idée, puisée dans ce riche entretien : « Pour écrire, il faut aimer le travail. » A méditer.

Un ouvrage qui invite fortement à lire ou à relire les romans et nouvelles de Valère Staraselski mais aussi ceux des nombreux auteurs qu’il cite, en véritable passeur de littérature.

 

Christian Rome

 

http://assocloursblanc.over-blog.com/2016/03/un-article-de-christian-rome-sur-entretien-avec-valere-staraselski.html

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 17:25

Vient de paraître

Entretien avec Valère Staraselski

de

Vincent Ferrier

 

 

Littérature et politique : vient de paraître "Entretien avec Valère Staraselski"

132 pages, 12 euros  

- format 11x18   - ISBN ISBN 978-2-914362-56-6   
Photo de couverture ©Philippe Matsas/Opale/Leemage

 

Composer un portrait résulte toujours d’un choix. Celui que Vincent Ferrier dresse de l’écrivain Valère Staraselski à travers ses questions est peu commun. Il est vrai que par ses origines, son parcours, ses engagements, sa qualité de non-héritier, cet auteur présente un profil atypique. Staraselski vit et écrit au milieu de tous et son œuvre chemine tout à côté des sentiers battus. Pour ce romancier, nouvelliste, la littérature consiste à célébrer la vie, en d’autres termes à honorer l’ouverture d’esprit et la recherche du vrai, à provoquer un autre regard.
Vincent Ferrier nous dépeint une œuvre originale et si bien ancrée dans le réel, qu’il n’est pas étonnant qu’elle se soit si souvent révélée prémonitoire !
Peu à peu, l’œuvre de Staraselski s’affirme auprès d’un public discret mais grandissant. C’est que chacun de ses écrits provoque à la fois conscience et désir de vie.

De par ses engagements multiples – intellectuels, littéraires, politiques – Valère Staraselski inaugure de façon magistrale la nouvelle collection Portraits de L’Ours Blanc. Nul doute que cet écrivain compte déjà parmi les plus talentueux de sa génération.

Bernard Giusti

 

 

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Bon de commande pour  Valère Staraselski

Nom, prénom :

Adresse postale :

Code, Ville, pays :

Commande :                exemplaires x 12 euros =              euros

Chèques à libeller à l’ordre de L’Ours Blanc, et à renvoyer avec votre bon de souscription ou sur papier libre au siège de l’association :  28, rue du Moulin de la Pointe, 75013 Paris – France

 

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 17:56
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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 13:43

Christian LANGEOIS

Henri Krasucki

1924-2003

 

Collection Documents

06 septembre 2012

ISBN : 978-2-7491-1771-3

19 € ttc

 Edition le cherche midi

 

9782749117713.GIFSyndicaliste de premier plan, Henri Krasucki (1924-2003) devient une figure populaire médiatique dans les années 1980. Vingt ans après son remplacement à la tête de la CGT, dix ans après son décès, le personnage prend sa véritable dimension historique.

Une certaine tendresse à son égard transparaît aujourd'hui, d'autant qu'avec l'effondrement des pays socialistes, la transformation du monde des salariés, pour beaucoup, l'image de l'ouvrier à casquette de Belleville, amateur de Mozart, est devenue objet d'histoire et de curiosité.

Robert Guédiguian dans son film L'Armée du crime, Didier Daeninckx dans son roman Missak en ont fait un héros de légende. Ils ont rappelé ainsi son rôle dirigeant dans la résistance armée des FTP-MOI. Sans conteste, la première partie de sa vie (1924-1945), de jeune émigré juif polonais de Belleville devenu résistant communiste parisien, arrêté, torturé puis déportéà Auschwitz, est essentielle pour comprendre l'intensité, les contradictions d'un homme pleinement engagé dans le XXe siècle.

L'accès aux archives de la préfecture de police, du Parti communiste français, de la CGT, de la police politique polonaise comme les entretiens inédits avec des acteurs dont « Krasu » lui-même, rendent possible aujourd'hui d'en dégager une réalité plus complexe, en particulier son rôle dans la prise de distance de la CGT avec le PCF dès 1985. Christian Langeois nous livre ici la biographie vibrante et émouvante d'une personnalité dont les vies construisirent un destin.

 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 14:40

Les intellectuels et sociologues sérieux (pas les chiens de garde) ont beau rappeler, comme O. Todd ou Ch. Guilluy, que les travailleurs, ouvriers et employés, constituent toujours plus de 50% de la population active, l’idéologie dominante tente, depuis 30 ans, de les rendre invisibles et de nous convaincre que les ouvriers, et donc la lutte des classes, ont disparu : le titre du nouveau film de Christine Thépénier et Jean-François Priester : Disparaissez les ouvriers ! dénonce cette ambiance.

C’est pourquoi les films qui leur redonnent leur juste place dans la société doivent être salués. Certes ils décrivent en général un processus économique maintenant bien connu : la destruction calculée des entreprises les plus prospères et prestigieuses au nom des intérêts d’un actionnariat de rapine ; elles sont achetées et rachetées, dans le cadre de la mondialisation, générant pour certains d’énormes bénéfices, et pour les travailleurs, plans sociaux en cascade, avant fermeture définitive (ou délocalisation). Alors pourquoi aller encore voir ces films ? L’article de Stéphane Delorme sur le cinéma "poudre aux yeux" (dans Les Cahiers du Cinéma de mai) nous suggère la réponse : "Si le monde est tout ce qui a trait à l’humain, avouons que, plus encore que le cinéma, c’est ce monde qui nous manque aujourd’hui." Et c’est ce que nous apporte, au contraire, le cinéma militant : le monde, un point de vue sur le monde, et le plaisir du cinéma, par exemple par la révélation de personnalités marquantes, qui suscitent plus d’émotions que les insipides acteurs du cinéma commercial ou prétentieux.

On peut donc voir actuellement, ou on a pu voir récemment, plusieurs films qui mettent l’accent sur le monde ouvrier : Les Jours comptés (1962) ont pour héros un plombier (l’auteur, Elio Petri, a remporté la Palme d’or à Cannes en 1972 pour : La classe ouvrière va au paradis). Le Chemin noir, d’Abdallah Badis, séduit d’abord par son titre : il s’agit des chemins de la mémoire dans le pays noir lorrain - même si le film ne parvient pas à atteindre l’intensité poétique promise et si les vieux ouvriers maghrébins interrogés ne transmettent pas grand-chose de leur expérience (du reste l’auteur semble mal à l’aise, ayant lui-même perdu contact avec son pays d’origine, l’Algérie, et sa classe sociale d’origine).

Gilles Perret, au contraire, est un cinéaste enraciné : il n’a jamais quitté sa Savoie natale, et il a le chic pour dénicher des personnalités fortes. C’était le cas de son précédent film : Ma Mondialisation (2006), d’autant plus convaincant qu’il donnait la parole à un patron qui, ingénuité ou cynisme, mettait en évidence les impasses de la mondialisation. Son dernier film, De mémoires d’ouvriers, raconte l’histoire de la classe ouvrière et de l’industrie française à partir de Cluzes.

Quant à la 1ère journée du Festival du film militant, organisé à Ivry par les cheminots de Solidaires, les 12 et 13 mai, il enchaînait 3 films, dans une savante progression, du privé : Moulinex, la mécanique du pire (2003), de Gilles Balbastre, coauteur des Nouveaux Chiens de garde, au public : Cheminots (2010) de Luc Joulé et Sébastien Jousse, et à l’universel : Les Lip, l’imagination au pouvoir (2007) de Christian Rouaud.

Le film sur Moulinex nous rappelle opportunément le rôle joué par un financier proche du PS, Jean-Charles Naouri, qui, après avoir mis sur pied, comme chef de cabinet de Bérégovoy (en 1984-86) Big Bang, la réforme qui a déréglementé les marchés financiers, l’a utilisée pour créer sa propre société d’investissement, Euris, qui, en 1994, a travaillé au démantèlement de Moulinex. Et le film se clôt sur une séquence grinçante, où on voit Christian Pierret, secrétaire d’Etat à l’industrie dans le gouvernement Jospin (en 1997) s’étonner, "en tant qu’homme de gauche", que les ouvriers ne comprennent pas que la mondialisation est une réalité et qu’il ne sert à rien de lutter contre elle.

Cheminots fait entendre le malaise des travailleurs face à la privatisation rampante, ou plutôt déclarée, depuis l’ouverture au privé du trafic voyageurs, au 1er janvier 2010, de la SNCF : cette mesure aboutit à la circulation de "trains fantômes", qui ne sont pas inclus dans les grilles des aiguilleurs, ce qui crée évidemment des problèmes de sécurité. Ce bilan est rythmé par les extraits de 3 films : l’ouverture juxtapose les images de la gare de La Ciotat aujourd’hui, et celles, de 1895, de L’Arrivée d’un train en gare de La Ciotat, des Frères Lumière, qui nous rappelle l’importance des chemins de fer dans la société et l’économie au tournant des 19e et 20e siècles. Puis on voit un groupe de cheminots visionner le film magistral de Ken Loach sur la privatisation des British Railways, The Navigators (2002), et y reconnaître, 10 ans après, leur propre expérience, où domine une sensation de gâchis : gâchis de l’outil de travail, de savoir-faire, et de richesses humaines (solidarité au travail, sentiment du service public, capacités d’autonomie et de créativité). Enfin, une séquence de sabotage, dans le film de René Clément, La Bataille du rail (primé à Cannes en 1947), suggère que la situation actuelle appelle une autre Résistance (et ravive l’indignation face aux actions intentées à la SNCF pour sa participation, sous l’Occupation, au transport des déportés !).

Et la journée se terminait en apothéose avec l’épopée des Lip. Ce film nous rappelle une époque déjà lointaine, où patrons et ouvriers pouvaient se sentir unis dans un même projet de production et de développement : c’était l’époque du gaullisme social, avec un ministre du Travail, Jean Charbonnel, qui, en 1974, place à la tête de Lip un patron proche du PSU, Claude Neuschwander, dans le but de faire redémarrer l’usine. Mais nous sommes au début d’une autre époque industrielle, où le CNPF travaille déjà à la destruction des usines, et où Giscard d’Estaing, prévoyant l’aggravation de la crise, décide de tuer Lip, pour éviter que l’expérience fasse tache d’huile.

Mais ce que le film transmet c’est justement l’élan d’enthousiasme qui, pendant les années 1973-74, permet aux ouvriers de Lip, soutenus par la France entière, de se dépasser et de concevoir des formes de lutte innovantes, menés par une équipe de militants exemplaires, qui sont aussi des personnalités exceptionnelles, et qui crèvent l’écran. Ils nous racontent les anecdotes qui ont marqué cette période avec une véritable éloquence, avec un humour de paysans matois, et leur savoureux accent franc-comtois : tantôt c’est deux cars de pèlerins, retour de Lourdes, qui débarquent en pleine nuit ; tantôt, des actualités d’époque nous montrent un Charles Piaget très digne, faisant visiter, à un public admiratif et respectueux, la salle où les administrateurs avaient été séquestrés ; ou bien, une petite bonne femme, toute blonde et menue, raconte qu’avant de rentrer à l’usine, elle était passée chez elle se changer, "ne se voyant pas soutenir l’assaut imminent des flics en mini-jupe" ; Piaget, lui, (un maigrichon qui peut survivre trois jours avec une simple pomme), raconte comment, lors d’une journée stratégique, la police intercepte la voiture où il circule avec une camarade, pour lui confisquer son haut-parleur ; à quoi il répond : "Alors, la fille et moi, on va se battre". Et les policiers, après en avoir référé à la préfecture, s’avouent battus. Mais le plus drôle, c’est l’organisation mise au point pour planquer leur trésor de guerre, la réserve de montres de l’usine, qu’ils ont décidé de commercialiser eux-mêmes, pour se payer leurs salaires ; Jean Raguenès, le prêtre-ouvrier dominicain, donne sa bénédiction, et les curés du secteur vont jouer le rôle de receleurs : Raymond Burgy, le responsable de la logistique, raconte comment, une nuit, il a longuement frappé à la porte d’un presbytère, avant qu’une fenêtre s’entrouvre et que le curé chuchote : "Tais-toi : je distille !" Lorsque, en 1974, les Lip sont obligés de rentrer dans le rang, contre la promesse (qui sera tenue par Neuschwander) de réintégrer tous les ouvriers, ils livrent leur trésor de guerre, mais refusent de révéler leurs caches :"ça peut resservir !"

En effet, malgré l’émotion qui perce souvent, ce ne sont pas des récits nostalgiques : "Je m’adresse à la génération qui a envie de bouger aujourd’hui", déclare Christian Rouaud, à propos de son dernier film, Tous au Larzac (récompensé par le César du meilleur documentaire 2012). On sortait du Festival d’Ivry avec l’idée que les temps sont peut-être mûrs pour réactiver cette mémoire et cette expérience des luttes ouvrières.

 

Rosa Llorens

 

URL de cet article 16706
http://www.legrandsoir.info/le-retour-des-ouvriers-sur-les-ecrans-annonce-de-leur-retour-sur-la-scene-sociale.html

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 14:13

1.  Le fond documentaire de la bibliothèque du Théâtre de la Digue est mis en vente aux enchères publiques le 29 novembre prochain. (Suite à la dissolution de l’ATMP, association dirigeant le théâtre, prononcée par son Conseil d’Administration composé d’élus des deux collectivités du Conseil Régional Midi-Pyrénées et de la Mairie de Toulouse en juin dernier. Les biens et les meubles de l’association ont été mis en liquidation y compris l’intégralité du fond documentaire de sa bibliothèque consacrée au théâtre. Il s’agit de plus de 20 000 ouvrages et documents consacrés au théâtre, dont certains ne sont plus édités.)

 

2.  Des intégristes catholiques liés à l’extrême droite demandent l’interdiction de la pièce « Golgota Picnic » de Rodrigo Garcia jouée au théâtre Garonne, et organisent des manifestations contre la liberté de création et d’expression.

 

3.   La librairie CASTELA, librairie indépendante et historique de Toulouse va fermer, elle sera remplacée par un opérateur téléphonique, une banque ou une chaine de vêtements...

 

Nous ne pouvons pas laisser faire et nous vous appelons à participer aux différentes manifestations de soutien.

 

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 11:48

Passe-recompose-1ere-de-couv-petit.jpgVIENT DE PARAITRE

 

Passé Recomposé

de Roger Cherrier

 

Récit de vie

 

Issu d’une famille très connue de Résistants communistes dans le Cher, Roger Cherrier, militant politique et syndical, relate son enfance et son adolescence, de 1928 à 1945.

Torturés, déportés, de nombreux membres de la famille ont payé chèrement leur engagement pour la liberté et pour leurs idéaux. Toutes et tous communistes de la première heure, ils ont marqué la vie sociale et politique à Bourges et dans le Berry.

Marcel Cherrier (commandant Abel dans la Résistance) deviendra plus tard député communiste.

 

« … on ne trouvera pas dans ces lignes autojustification, emphase hagiographique, réécriture d’histoire. Des faits, seulement des faits, et le souvenir, « recomposé » au plus juste de l’empreinte qu’ils ont pu avoir sur un jeune garçon. Roger Cherrier qui écrit est un homme qui ne se pose pas en modèle, qui se sait héritier, et qui se sait libre en même temps.

L’ouvrage est suspendu à la Libération, qui est pour Roger bien sûr porteuse de bonheur et de retrouvailles, mais aussi qui lui ouvre les yeux sur bien des récupérations opportunistes, et qui le laisseront sans illusions sur la réalité de la lâcheté des plus faibles et de la haine des puissants… »

(extrait de la préface de René Merle)

 

Passe-recompose-4eme-de-couv-petit.jpg« Passé Recomposé a été écrit par mon père, Roger Cherrier, militant syndicaliste et communiste, né en 1928 et mort en 2009. Ce récit autobiographique partiel (de 1928 à 1945) relate à la fois les évènements historiques tels que mon père les a vécus dans sa famille communiste, et la vie quotidienne dans le Berry. Son père, arrêté une première fois avant la rupture du pacte germano-soviétique, puis déporté à Sachsenhausen, sa mère arrêtée et internée, il reste seul avec sa grand-mère et son petit frère, chargé de lourdes responsabilités. Tranche de vie terrible qui ne l’a pas empêché de rester jusqu’au bout cet homme engagé, sensible et cultivé qui m’a tant apporté. »

(Pascale Cherrier)

 

«… Mais très tôt, ce que j’aime le plus, c’est le 1er Mai à la Bourse. Je tiens papa par la main quand il fait tamponner sa carte syndicale par un camarade à moustaches qui ne plaisante pas, mais dont les yeux s’éclairent quand il serre les mains d’une poigne vigoureuse. Et les églantines rouges s’épinglent au fil des années au Calendrier des Postes.

        Il fait un ciel menaçant en 1934 quand nous arrivons à la Bourse. Dans la grande salle glaciale, après des prises de parole sans micro, applaudies, j’entends l’Internationale, l’Inter, que je n’ai jamais pu écouter sans émotion, gorge nouée et larmes dans les yeux.

        Les gars déroulent une banderole et déploient les drapeaux rouges. Ils vont sortir malgré l’interdiction. Ils sortent. En face, au fond de la place, des hommes à cheval, casqués, attendent immobiles… L’officier, soudain, met le sabre au clair. « Chargez ! ». Ils foncent. C’est la houle des drapeaux. A nouveau l’Inter. Les gars refluent. Sur le terre-plein, nous, les familles, les femmes et les enfants, nous regardons. Des copains reviennent chercher des chaises pliantes pour les foutre sur la gueule des flics. Coco, le gérant du café, est d’accord. Il s’en fout des chaises. Tous les camarades regroupés reviennent. Et encore l’Inter. J’ai eu la trouille pour eux, pour papa, pour mon oncle. Je serre la main de maman. J’ai six ans. Je n’oublierai jamais… »

 

Passé Recomposé

de Roger Cherrier

 

Récit de vie

 

Préface de René Merle

 

aux Editions de L’Ours Blanc

140 pages, 15 euros

 

Commandes au siège de l’association : L’Ours Blanc – 28 rue du Moulin de la Pointe – 75013 Paris

assocloursblanc@yahoo.fr

01 45 80 66 57

 

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 13:48

Il faut lire le chagrin et le venin, l’essai de Pierre Laborie. Il analyse de 1970 à nos jours l’évolution du prêt-à-penser sur le rôle et l’attitude des Français pendant l’occupation.

Ce livre éclaire avec acuité un renversement complet des valeurs au nom du devoir de mémoire.

De Gaulle avait érigé un double principe en « vérité nationale ».  D’une part les résistants incarnaient selon lui la résistance du peuple français dans son ensemble ; ils en étaient à la fois le symbole et l’avant-garde. D’autre part le principe de culpabilité individuelle : un nombre certain de collaborateurs (plusieurs dizaines de milliers quand même) ont été jugés en tant qu’individus et le plus souvent très justement et sévèrement condamnés (plus de six mille condamnations à mort). S’ajoutait à ce double principe d’héroïsme national et de culpabilité individuelle, un regard compassionnel porté sur les rescapés des camps d’extermination. Les Juifs n’étaient pas des héros mais seulement des victimes.

Au tournant des années 70 cette « vérité nationale » s’est inversée.

Les collaborateurs n’étaient plus individuellement responsables, mais parties prenante du peuple français devenu collectivement coupable. Plus de salauds, mais un peuple indigne. Le pauvre Alexandre Jardin a récemment fait les frais de cette inversion des valeurs. Le tout-Paris intellectuel lui est tombé dessus alors qu’il dénonçait à juste titre la culpabilité de son grand-père Jean Jardin qui fut directeur de cabinet de Pierre Laval aux heures les plus sombres de notre Histoire. Comment nier que le directeur de cabinet qui entériné et exécuté la totalité des saloperies ou des décisions honteuses ordonnées par Pierre Laval soit coupable ? Et bien si, le coupable est devenu  Alexandre Jardin qui ose sortir de la doxa du moment : Jean Jardin, n’était pas coupable mais seulement représentatif du peuple français qui lui seul était coupable.

Dans le même ordre d’inversion des valeurs, la résistance est devenue "anormale". Au sens propre. Les résistants ne sont plus des héros, mais des suspects au regard du dogme de la culpabilité de la France. Le journal Marianne rappelle d’ailleurs à cet égard ce que prédisait Jankelevitch : « il viendra un temps où les résistants devront se justifier d’avoir résisté ».  Ce temps est venu et on l’a bien vu dans la mise en accusation d'Hessel : Taguieff n’est-il pas allé jusqu’à prétendre que Stéphane Hessel était un Juif indigne parce qu’il était entré dans son camp de concentration avec le triangle rouge des résistants et non pas avec l’étoile jaune des déportés raciaux ?

Les victimes sont devenues les vrais héros et les héros sont devenus suspects. Voire coupables. Coupables d’aller à l’encontre du devoir de repentance nationale et collective.


Xavier Théry

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