Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Site de recherche d'emploi

Le site http://jooble-fr.com/

vous propose des annonces d'offres d'emploi nationales et internationales.


Les offres qui vous seront envoyées par mail proviennent de différentes sources, et ne préjugent en rien des conditions de travail et des salaires. Il vous appartient de vous en assurer le cas échéant.

 

Le site est d'utilisation simple et l'inscription est gratuite.

 

http://jooble-fr.com/

 

Merci de signaler à Vendémiaire tout dysfonctionnement que vous pourriez constater.

Rechercher

Quelques conférences

Chansons

  Avant d'écouter les enregistrements ci-dessous, attendez la fin de la musique de fond du blog...

 

L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 11:15

 

Les élections présidentielles et législatives qui viennent de s'achever ont consacré un « coup d'état » du monde des affaires qui a pris directement le contrôle des institutions en se passant des appareils politiques qui le servaient jusque-là : appuyé sur sa maîtrise de l'économie, de la haute administration et de l'appareil médiatique, il gouverne maintenant directement le pays en la personne d'E. Macron, petit banquier d'affaires qui se rêve déjà en monarque, et de ministres et députés tous liés aux conseils d’administration des plus grands groupes privés et aux « think tank «  néo-libéraux.

Cette oligarchie a une « feuille de route » très claire : arrimage à l'UE et « saut fédéral » européen, défense européenne dans le cadre de l'OTAN et politique de guerres impérialistes, casse définitive de ce qui reste des acquis issus des luttes populaires (droit du travail et conventions collectives) et en particulier du CNR (retraites, sécu, services publics et statuts…), menaces sur les droits démocratiques les plus élémentaires (intégration de l'état d'urgence dans la loi normale).

Concernant le champ plus spécifique de la FSU, l'actuel gouvernement, n’a d’yeux sur tous les plans – institutionnel, linguistique, culturel... – que pour les « modèles » allemand ou anglo-saxon, où dominent le tri social précoce, la concurrence entre établissements publics, la faiblesse des droits syndicaux, la tyrannie des chefs d’établissement, le triomphe de l’enseignement privé payant sur l’école publique ghettoïsée, la baisse des exigences disciplinaires pour le plus grand nombre, l’immixtion permanente des autorités politiques, patronales, parentales, voire religieuses, le conformisme idéologique diabolisant l’idée de lutte sociale et faisant de l’ « entreprise » et de la sacro-sainte Europe le socle d’une nouvelle religion d’Etat.

Face à cette situation, la direction de la FSU se trouve devant un choix : continuer à essayer de peser au coup par coup face à un ennemi de classe décidé à passer en force et, au final, accompagner les régressions, ou bien s'engager dans la construction du rapport de forces nécessaire pour rouvrir des perspectives de changement progressiste. De manière plus lapidaire : collaborer ou résister.

Sauf à tout perdre, jusqu’à l'honneur, c'est dans la voie de la Résistance qu'il convient de s'engager, en renouant avec les espoirs soulevés par la fondation de la FSU et avec les fondamentaux historiques du mouvement ouvrier et syndical, en faisant le lien entre toutes les contre-réformes pour construire la convergence des luttes, en développant l'unité interpro et intersyndicale avec notamment la CGT et son appel à la grève du 12 septembre contre la régression sociale sauce Macron.

Les militants FSU du Front Syndical de Classe

Repost 0
27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 15:07

Publié le : 12 mai 2017

PCF, l’heure de vérité...

Déclaration du réseau Faire Vivre et Renforcer le PCF

Dans quelques semaines, les législatives viendront compléter la situation politique recomposée issue de cette campagne présidentielle. Elles exigent de tirer de premiers enseignements urgents des résultats.

Le monde du travail, les services publics, les collectivités locales, auront besoin de députés points d’appui pour résister, se faire entendre, reconstruire.

Mais la direction du PCF s’entête dans l’impasse et la confusion paralysant les communistes.

Pendant des mois, les dirigeants du PCF ont désespérément cherché les conditions d’alliances toujours plus incertaines, multipliant les "lundis de la gauche", les rencontres d’appareils, de dirigeants, laissant les militants dans l’incertitude sur la stratégie, le contenu, et les conditions pratiques de l’action. Pendant ce temps, les 4 candidats arrivés en tête au premier tour menaient bataille sur leur ligne politique, sans se soucier du "rassemblement", mais en construisant partout le rapport de forces le plus favorable pour eux.

Les médias et le système politique les ont largement favorisés, mettant en scène les conditions de la reproduction politique souhaitée par les oligarchies qui dirigent, une recomposition politique qui change tout pour que rien ne change. Il fallait tuer Fillon pour maximiser l’effet repoussoir de Le Pen. Il fallait tuer Hamon pour maximiser l’effet sauveur de Macron, mais il fallait le maintenir pour ne pas risquer de pousser Mélenchon jusqu’au deuxième tour.

Il faudra après les législatives comprendre les ressorts d’un système dont on dit qu’il est en crise profonde, systémique, mais qui a la capacité de mobiliser de telles forces sociales, économiques, culturelles qu’il réussit à transformer une défaite assurée en victoire politique, symbolisée par le geste paternel de Hollande envers son successeur.

Il faudra regarder en face les scores très élevés du Front national dans des terres ouvrières qui ont longtemps fait la force du PCF, provoquant une fracture lourde de danger dans le peuple entre ceux qui ont massivement voté pour faire barrage au FN, notamment dans les quartiers populaires des métropoles, et ceux qui ont voté FN contre la mondialisation, notamment dans les régions désindustrialisées. Cette fracture politique est la traduction du renoncement du PCF à son rôle historique de parti de la classe ouvrière.

Le futur ex-FN tente de se positionner comme principale force d’opposition de concert avec la stratégie de Macron visant a créer une nouvelle bipolarisation à l’américaine garante de la poursuite du système.

Les communistes paient lourdement 20 ans de fuite en avant dans une "refondation" qui n’a jamais cru à l’utilité du parti communiste, qui l’a toujours mis sous la table, qui a toujours considéré comme secondaire de s’engager, de s’organiser comme un parti d’action, de terrain, dans les entreprises et les quartiers…

Jean-Luc Mélenchon propulsé par notre renoncement à la candidature en 2012 rassemble de nombreux électeurs de la gauche historique communiste et socialiste, qui est à son plus bas niveau historique. Conforté par le résultat du premier tour, il tente dans une démarche toute miterrandienne d’en finir avec le PCF, pour construire une nouvelle force politique de gauche sans ancrage au communisme.

Marie-Georges Buffet appelle le PCF à se dépasser tandis que Pierre Laurent laisse planer le doute sur le changement de nom de notre parti. Mais le parti communiste ne doit ni se dépasser ni s’effacer. Il doit se reconstruire, se renforcer, s’organiser, se battre, et gagner les 11 et 18 juin, le plus de points d’appuis législatifs possibles pour réouvrir enfin son histoire.

Nous n’attendons aucune solution du rassemblement par en haut ou de la vieille tambouille électorale qui nous déconsidèrent. Nous ne sommes à vendre ni à la France insoumise, ni à la nouvelle force politique que promet Hamon.

La bataille des législatives peut nous permettre d’avancer dans la reconstruction du parti communiste. Dans quelques circonscriptions, nous pouvons faire élire des députés déterminés à résister et à porter les intérêts populaires point d’appui pour tous ceux qui luttent. C’est l’urgence, et notre direction nationale doit enfin s’y consacrer entièrement, au lieu de chercher de nouveaux expédients ;

Ensuite, il faudra une conférence nationale des animateurs de sections pour tout mettre sur la table : un bilan concret et partagé des 20 années de mutations, refondations, métamorphoses, de nos résultats électoraux, de nos bases militantes, de notre capacité à être utile dans les luttes sociales, politiques et idéologiques pour unir notre peuple autour du nécessaire changement de société.

http://lepcf.fr/PCF-l-heure-de-verite

Repost 0
27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 13:56
lundi 15 mai 2017
 

La séquence électorale des législatives qui se terminera le 18 juin prochain au soir est claire pour nous. Il s’agit de transformer dans les législatives la poussée qui s’est concrétisée sur le vote Mélenchon à la présidentielle. Certains regretteront qu’il n’y ait pas de candidat unique dans chaque circonscription pour représenter le vote JLM17. Mais pouvait-il en être autrement ? Avec une exigence jacobine de la part de la France insoumise qui demande la signature d’une même charte pour tous, d’une solidarité des votes et d’une campagne nationale. Et une exigence girondine de la part du PCF qui n’arrive plus à avoir une position stratégique commune sur le territoire national en interne. Nous avons par exemple appris que dans certains départements (Landes, Jura, Somme, etc.) des alliances ont été scellées, comme aux dernières régionales, entre le Parti socialiste et le Parti communiste. A noter cependant que de nombreux communistes ont intégré la France insoumise (qui n’est pas un parti avec des adhérents) et que les élus communistes qui ont donné leur signature à Mélenchon n’auront pas de candidat de la France insoumise contre eux.

Nous ferons le point politique de cette séquence en son temps.

Ouvrir le débat sur les conditions de la Révolution citoyenne

En attendant, nous souhaitons revenir sur le débat de la ligne politique nécessaire pour mener une transformation sociale et politique. Nous avons déjà mis en avant le fait qu’il n’y aurait pas de transformation sociale sans le soutien massif des ouvriers et des employés comme à chaque moment du XXe siècle avec de grandes avancées sociales. Voir dans ReSPUBLICA nos enseignements sur le premier tour  de la présidentielle puis du deuxième tour .

Nous avons aussi mis en avant le fait que l’UE et la zone euro sont des carcans  visant à empêcher toute politique progressiste en France ou ailleurs. Et que changer les traités n’est plus possible avec la règle de l’unanimité lorsque de petits pays sont sous la coupe des banques.

Nous avons enfin montré l’importance d’une campagne d’éducation populaire refondée, pourtant si négligée par les militants.

Mais nous voudrions ouvrir un autre sujet : suffit-il d’avoir une ligne post-keynésienne de type économistes atterrés avec la prévision d’un Etat social fort mais sans modification du régime de propriété ou faut-il engager un processus global de République sociale avec changement progressif du régime de propriété ? Le premier choix est largement majoritaire dans les textes d’Attac, de la France insoumise, du PCF, etc. La deuxième option est présentée dans nos livres (voir http://www.gaucherepublicaine.org/librairie et plus particulièrement Penser la République sociale pour le XXIe siècle) reprenant par là des idées de Marx et de Jaurès.

Comme cela a été fait pour le compte de la bourgeoisie pendant la Révolution française mais pas à la Révolution de 1848.

Jaurès précise dans Socialisme et liberté en 1898 : « Quand le prolétariat socialiste aura été porté au pouvoir par les événements, par une crise de l’histoire, il ne commettra pas la faute des révolutionnaires de 1848 : il réalisera d’emblée la grande réforme de la propriété. »

« Laisser au patronat, […], la direction des ateliers, des manufactures et des usines, et tenir ce même patronat hors du droit politique, hors de la cité, c’est une impossibilité. Il est contradictoire de faire des bourgeois des citoyens passifs et de leur laisser encore dans une large mesure la maîtrise de la production » (Études socialistes/Introduction – Question de méthode)

« […] l’idée de propriété sociale des moyens de production, donnant un fondement réel, concret, à la liberté de tous, est le point lumineux où tous les vrais révolutionnaires se rallient. Tout socialiste qui ne l’aura pas toujours présente à la pensée ne sera qu’un empirique ou un intrigant, voué à toutes les capitulations et à toutes les défaillances. » (L’Humanité, 25 août 1912)

Et cette propriété sociale n’est en rien une fonctionnarisation de la société : « Par quelle confusion étrange dit-on que, dans la société nouvelle, tous les citoyens seront des fonctionnaires ? En fait, c’est dans la société présente que tous les citoyens ou presque tous aspirent à être “ des fonctionnaires ”. Mais il n’y aura aucun rapport entre le fonctionnarisme et l’ordre socialiste. Les fonctionnaires sont des salariés, les producteurs socialistes seront des associés. » (Socialisme et Liberté)

Jaurès critique aussi les réformes qui n’engagent pas un pied dans la transition vers le modèle politique de la République sociale :

« L’expérience montrera que les réformes les plus hardies peuvent être des palliatifs, mais tant qu’elles ne touchent pas au fond même de la propriété capitaliste, elles laissent subsister la racine amère des innombrables souffrances et des innombrables injustices qui pullulent dans notre société. » La Dépêche, le 18 décembre 1895

Voilà pourquoi nous présentons le modèle politique de la République sociale, ses principes constitutifs, ses ruptures nécessaires, ses exigences indispensables dont  la socialisation progressive des entreprises et la stratégie de l’évolution révolutionnaire (cf. Marx 1850).

Contre Jules Guesde, Jaurès fustige la croyance que l’autogestion dans une seule entreprise est une bonne politique. Il considère au contraire que c’est un leurre à combattre : « Lorsque la Verrerie ouvrière fut fondée, je pris délibérément parti contre les amis de Guesde, qui, dans les réunions préparatoires tenues à Paris, voulaient la réduire à n’être qu’une verrerie aux verriers, simple contrefaçon ouvrière de l’usine capitaliste.
Je soutins de toutes mes forces ceux qui voulurent en faire et qui en ont fait la propriété commune de toutes les organisations ouvrières, créant ainsi le type de propriété qui se rapproche le plus, dans la société d’aujourd’hui, du communisme prolétarien. » (République et socialisme, dans la Petite République du 17 octobre 1901)

Revenons aux projets post-keynésiens de l’Etat social, tels que les présentent certains textes des atterrants « Atterrés », et disons pourquoi nous les critiquons. Si l’Etat social a pu s’inscrire dans le capitalisme à la Libération, c’est parce que la crise de 1929 fut soldée par la Deuxième guerre mondiale et que la masse de destruction du capital a permis la reconstruction avec des profits élevés dans l’économie réelle. Jusqu’à la crise du profit dans l’économie réelle qui entraîna l’oligarchie capitaliste  dans une phase néolibérale où les taux de profit élevés dans la finance internationale obligent la dite oligarchie à des politiques d’austérité de plus en plus fortes.
Nous pensons que vouloir un Etat social fort au sein du capitalisme aujourd’hui est une lubie qui fait fi de la crise du capital et de son profit dans l’économie réelle. Ajoutons néanmoins que le programme du Conseil national de la Résistance avait placé dans le système en 1945-1946, un déjà-là du mode de production ultérieur, à savoir la Sécurité sociale gérée ni par le privé ni par l’Etat !

Jaurès avait déjà pointé la faiblesse intrinsèque de l’Etat social dans le capitalisme : « Le socialisme d’État accepte le principe même du régime capitaliste : il accepte la propriété privée des moyens de production, et, par suite, la division de la société en deux classes, celle des possédants et celle des non possédants. Il se borne à protéger la classe non possédante contre certains excès de pouvoir de la classe capitaliste, contre les conséquences outrées du système. Par exemple il intervient par la loi pour réglementer le travail des femmes, des enfants, ou même des adultes. Il les protège contre l’exagération de la durée des travaux, contre une exploitation trop visiblement épuisante. Il organise, par la loi, des institutions d’assistance et de prévoyance auxquelles les patrons sont tenus de contribuer dans l’intérêt des ouvriers. Mais il laisse subsister le patronat et le salariat. Parfois, il est vrai, et c’est une tendance croissante, il transforme en services publics, nationaux ou communaux, certains services capitalistes. Par exemple, il rachète et nationalise les chemins de fer, il municipalise l’eau, le gaz, les tramways. […] Ce qu’on appelle socialisme d’État est en fait, dans les services publics, du capitalisme d’État. » (Socialisme et Liberté)

Jaurès encore :

« Le socialisme d’État, impuissant à faire de la justice le ressort interne de la société, est obligé d’intervenir du dehors sur l’appareil capitaliste pour en corriger les pires effets. Au contraire, ce n’est pas par l’action mécanique des lois de contrainte, c’est par l’action organique d’un système nouveau de propriété que les collectivistes et communistes prétendent réaliser la justice. » (Socialisme et Liberté)

J’espère que vous avez pu voir que Jean Jaurès apparaît ici bien plus à gauche que toute l’extrême gauche réunie ! Tout cela pour dire que pour retrouver le chemin de l’émancipation, il faut engager un processus de sortie du capitalisme. Que de luttes en perspective ! Que d’initiatives d’éducation populaire refondée nécessaires !

 

http://www.gaucherepublicaine.org/chronique-devariste/pourquoi-lemancipation-nest-plus-possible-au-sein-du-capitalisme/7400307

Repost 0
27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 13:50

Le 19 mai 2017
 
Pour le PS, le gouvernement Philippe « penche trop à droite ». Pour le journal du PCF, l’Humanité, il « penche dangereusement à droite ». Pour Jean-Luc Mélenchon, « c’est un gouvernement de droite. Point ». Quant aux Républicains, ils dénoncent un « gouvernement de gauche ».
 
Quelle confusion !
 
Tous ces responsables raisonnent avec des catégories politiques anciennes qui viennent d’exploser sous nos yeux, ce qu’ils se refusent à admettre. Que ce gouvernement soit de gauche ou de droite n’a strictement aucune importance. Le clivage gauche-droite, avec cette élection, a encore franchi une nouvelle étape vers sa dilution totale. Certes, il existe toujours des citoyens se réclamant de la gauche ou de la droite, des partis politiques en font leur bannière. Il est probable que cette distinction et ces affiliations se perpétueront encore longtemps.
 
Cependant la pertinence de ce clivage pour expliquer les enjeux de société et les alternatives politiques possibles ressemble aujourd’hui aux astres morts dont on voit encore la lumière alors qu’ils ont disparu. Avant, la gauche était censée défendre les intérêts des petits, du monde du travail, alors que la droite défendait les intérêts des grands, ceux du capital. Ce clivage a connu une réalité incontestable à différentes périodes de l’histoire. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les grands partis de gauche et de droite sont désormais d’accord sur l’essentiel, c’est-à-dire sur les politiques de mondialisation néolibérale. Les différences entre eux sont devenues secondaires.
 
Partout en Europe les partis de gauche gouvernent depuis des années avec la droite pour mener des politiques néolibérales identiques.
 
En France, nous venons de copier l’Allemagne avec un gouvernement de « grande coalition » qui ne dit pas son nom
 
Le premier geste politique de Macron, d’ailleurs, en allant voir Angela Merkel à Berlin, possède une très haute valeur symbolique. C’est la confirmation de la soumission de la France à un gouvernement allemand qui porte une responsabilité totale dans la crise européenne, notamment par ses excédents commerciaux colossaux. Si Macron avait voulu « casser les codes », comme on nous le dit sans désemparer sur les grands médias, il devait se rendre à Moscou rencontrer Poutine. Il aurait alors porté un message universel de paix et de réduction des tensions internationales aux grandes conséquences.
 
C’est pourquoi les commentaires du PS, du PCF, de la France Insoumise, de la droite sont inappropriés. Ce gouvernement est à la fois de droite et de gauche. Mais surtout, il est mondialisateur, néolibéral, atlantiste et européiste. C’est tout ce qui importe. Le fait de chercher à savoir s’il est un peu, beaucoup ou pas du tout de gauche ou de droite n’a aucun intérêt.
 
Cette situation étrange – on peut même parler d’une farce - fait écrire au journal Le Monde daté du 19 mai 2017, sur toute la largeur de sa Une « Macron : le pari osé du pluralisme ». C’est vrai, il y a du pluralisme dans ce gouvernement, on ne peut le nier. Mais il porte sur des questions annexes. Sur les grandes questions stratégiques les ministres sont tous d’accord, ce sont des mondialisateurs. Il n’y a donc aucun « pluralisme » mais au contraire une très forte homogénéité social-libérale, c’et la pensée unique.
 
Quelles sont ces grandes questions stratégiques ?
 
C’est la souveraineté de la France dans tous les domaines, la maîtrise de son commerce international, son indépendance face aux marchés financiers, le niveau et la qualité de l’emploi, le développement des services publics et de la protection sociale, la défense de l’environnement, la paix…
 
Avec Macron le système capitaliste a confirmé sa faculté d’adaptation puisqu’il a fabriqué un nouveau produit pour que rien ne change dans son système de domination.
 
Le vrai clivage est aujourd’hui entre les classes dominantes et les classes dominées, entre l’oligarchie et le peuple, entre les mondialisateurs et les mondialisés, entre les néolibéraux et les démondialisateurs.
 
Seuls les candidats du Parti de la démondialisation portent ce projet magnifique et enthousiasmant de démondialisation pour le XXIe siècle : faire sortir la planète des guerres, de la destruction de la nature, du mépris de l’être humain.
 
La démondialisation ?
 
C’est le moyen de faire redémarrer les processus démocratiques en sortant unilatéralement des instances supranationales néolibérales comme l’euro, l’Union européenne, l’OTAN ou l’OMC. Les conditions seront alors créées pour faire repartir le progrès social et environnemental et la paix. Des mesures protectionnistes permettront de mettre fin à la guerre commerciale et à la concurrence déloyale. Le démantèlement des marchés financiers redonnera aux États les moyens de remettre l’histoire dans le sens de la marche
 
Car avec Macron c’est En Marche… arrière !
 
Votez pour vos idées !
 
Votez pour les candidats du Parti de la démondialisation !

 

http://www.pardem.org

Repost 0
27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 13:41

Face à Macron, mobilisation générale !
Edito du n°17

Si le nouveau président de la République parvient à trouver une majorité parlementaire, fin juin, il lancera une offensive implacable contre les conditions de vie et de travail de la grande majorité de la population. Dès le 25 avril, le patron du Medef, Pierre Gattaz, complétait son soutien à Macron d’un avertissement : « La France ne peut pas se permettre encore 5 ans de demi-mesures ». Ainsi, la loi Travail, la loi Macron, les coupes budgétaires et les dizaines de milliards d’euros versés dans les caisses du grand patronat, sous François Hollande, n’étaient que des « demi-mesures » au regard de ce que la classe dirigeante exige. Et nul doute que le chef de l’Etat est disposé à lui obéir.

Macron va sans doute maintenir le flou sur son véritable programme jusqu’au deuxième tour des législatives. Puis, s’il les gagne, il tombera le masque et annoncera des contre-réformes bien plus sévères que celles prévues dans son programme officiel. Il adoptera peu ou prou le projet de François Fillon, c’est-à-dire celui dont la bourgeoisie française a besoin pour défendre la compétitivité de ses entreprises et ses marges de profits.

En bref, Macron déclarera la guerre aux travailleurs. Les organisations du mouvement ouvrier doivent s’y préparer sans tarder ! Les structures syndicales qui participent au « Front social » et qui ont organisé plusieurs manifestations, depuis le 22 avril, montrent la voie.

Les élections législatives

Cela dit, les élections législatives des 11 et 18 juin prochains sont très ouvertes. La puissante dynamique de la France insoumise, qui a porté Mélenchon à 19,6 % des voix, peut se poursuivre et s’amplifier. La France insoumise doit mener une campagne offensive, radicale et qui affiche clairement son ambition de l’emporter. Ses candidats peuvent être présents au deuxième tour dans un très grand nombre de circonscriptions. De son côté, le PS se livre à différents types d’alliances et d’arrangements véreux avec le mouvement de Macron, lequel cherche aussi des soutiens sur sa droite. Cette tambouille au « centre » ouvre un espace important à gauche.

La France insoumise peut aussi continuer d’affaiblir le Front National. Les résultats détaillés du premier tour montrent que la campagne radicale de Mélenchon a permis d’arracher au vote FN – et plus encore à l’abstention – des travailleurs ulcérés par la corruption et l’impuissance des « partis de gouvernement ». Ce mouvement peut et doit se poursuivre.

Le PCF et la France insoumise

Beaucoup d’électeurs de Mélenchon déplorent, à juste titre, la division du PCF et de la France insoumise : ces deux organisations ont des candidats concurrents dans un très grand nombre de circonscriptions. Leurs dirigeants s’accusent mutuellement d’avoir rompu les négociations.

En réalité, le détail de ces négociations n’a pas grande importance. Il faut partir de la dynamique politique réelle. Le fait est que la France insoumise est parvenue à susciter un mouvement de soutien massif et enthousiaste, ce que la direction du PCF s’est avérée incapable de faire ces dernières décennies. Pire : la direction du PCF n’a « soutenu » la candidature de Mélenchon qu’au dernier moment, en trainant des pieds et après d’interminables tergiversations. A présent, elle voudrait encaisser les bénéfices du succès de Mélenchon, tout en scellant des alliances locales avec le PS et EELV. C’est irresponsable et cela ne peut qu’affaiblir davantage le PCF.

Si la direction du PCF avait eu vraiment à cœur de faire élire un maximum de députés de la « gauche radicale », elle aurait pris acte de la dynamique des « insoumis » et aurait proposé que soient investis, sous la bannière de la France insoumise, un certain nombre de candidats issus du PCF. Elle aurait également proposé de mener une campagne commune avec la France insoumise dans toutes les circonscriptions. Cela n’aurait pas affaibli le PCF, mais l’aurait au contraire renforcé – y compris, sans doute, en termes de représentation parlementaire.

La farce du « front républicain »

Pendant l’entre-deux-tours, les sirènes du « front républicain contre le FN » ont retenti sans discontinuer. Or ce « front » était constitué, pour l’essentiel, de dirigeants politiques qui sont personnellement et directement responsables de la montée du FN au cours des vingt dernières années. Leur hypocrisie et leur cynisme n’ayant aucune limite, ils se sont indignés sur tous les tons de la position de Mélenchon sur le deuxième tour. Le dirigeant de la France insoumise a eu raison de résister à ces pressions et de ne pas rallier le bourbier du « front républicain », car ce « front » fait le jeu du FN en lui donnant l’occasion de se présenter comme le « seul et unique ennemi du système ». Par exemple, le 7 mai au soir, Marine Le Pen déclarait : « les formations politiques qui ont pris la responsabilité de faire élire monsieur Macron se sont discréditées elles-mêmes et ont perdu toute légitimité à représenter une force d’alternance ou même d’opposition crédible ».

Le 7 mai, Marine Le Pen a recueilli 10,6 millions de voix, soit 5,1 millions de plus que son père en mai 2002. Par ailleurs, en 2002, Jean-Marie Le Pen n’avait progressé que de 700 000 voix entre les deux tours ; cette fois-ci, Marine Le Pen a progressé de 3 millions de voix entre les deux tours. Beau succès du « front républicain », en vérité !

La direction du PCF a appelé à voter Macron dès le soir du 23 avril. Elle expliquait qu’immédiatement après avoir voté pour Macron, le 7 mai, elle lutterait contre sa politique. Mais cela ne tient pas debout. Le premier tour des élections législatives va déboucher sur un certain nombre de duels entre la droite (En Marche ! ou LR) et le FN. Si la direction du PCF maintient sa position sur le « front républicain », elle appellera en toute logique à voter pour la droite dans ces circonscriptions, afin de « faire barrage au FN », une fois de plus. En résumé, la direction du PCF propose de « lutter » contre la droite – sauf quand elle appelle à voter pour la droite !

Le résultat de la consultation interne de la France insoumise, le mardi 2 mai, a montré que la farce du « front républicain » est rejetée par un nombre croissant de jeunes et de travailleurs. Les 65 % de militants « insoumis » qui ont refusé le vote Macron au deuxième tour ont donné un signal fort. On ne lutte pas contre le FN en appelant à voter pour des partis de droite. Une lutte sérieuse contre le FN suppose de mobiliser la jeunesse et les salariés sur un programme de rupture avec le capitalisme, car c’est la crise de ce système qui nourrit le vote FN. C’est aussi l’impuissance des différents gouvernements « de gauche » à régler les problèmes des masses. La gauche et le mouvement ouvrier doivent renouer avec les idées et le programme d’une transformation révolutionnaire de la société.

Face à Macron, mobilisation générale du mouvement syndical !
Pour une Assemblée nationale « insoumise » !
Pour un programme de rupture avec le capitalisme !

 

https://www.marxiste.org/index.php?option=com_acymailing&ctrl=archive&task=view&mailid=234&key=mSgbGKzb&subid=1209-XO6JU1GTGc3vY0&tmpl=component&Itemid=642&utm_source=newsletter_234&utm_medium=email&utm_campaign=face-a-macron-mobilisation-generale-edito-du-n-17

Repost 0
3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 13:59

Par Jacques Nikonoff

Le 2 mai 2017

Le deuxième tour de l’élection présidentielle se réduit à ce dilemme : voter pour la créature, c’est-à-dire Marine Le Pen et le Front national, ou voter pour son créateur, c’est-à-dire Emmanuel Macron. Certains pourraient être surpris de cette affirmation – ou faire semblant – et ne pas comprendre en quoi Monsieur Macron serait le créateur du FN. Monsieur Macron, comme représentant de la caste de gauche et de droite au pouvoir depuis quarante ans, porte la responsabilité totale, par les politiques néolibérales constamment menées, des conditions propices à la désespérance sociale. C’est celle-ci qui est le terreau du FN.

Voter Le Pen est impossible. Voter Macron aujourd’hui est également impossible, car c’est voter Le Pen dans cinq ans. On croit voter pour le « moins pire » et c’est le pire qui arrive.

C’est pourquoi l’abstention citoyenne est le geste politique qui s’impose. Le meilleur moyen de rendre visibles celles et ceux qui refusent de se prêter à la mascarade de ce 2e tour. Le total des abstentions, des blancs et des nuls doit dépasser le nombre de voix obtenu par le vainqueur de l’élection. Dans ces conditions, l’élu sera mal élu, il n’aura pas toute la légitimité nécessaire à l’exercice de sa fonction. Un espace sera ainsi ouvert aux mobilisations sociales susceptibles d’entraver les nouvelles politiques néolibérales qu’il envisage.

D’autant que du côté de Madame Le Pen comme du côté de Monsieur Macron, aucune majorité parlementaire n’est possible tant la confusion idéologique et programmatique est grande dans les deux camps.

Dernières nouvelles

Bravo aux Insoumis qui, à 65%, se sont prononcés pour l’abstention, le blanc ou le nul !

NI MACRON NI LE PEN, ABSTENTION CITOYENNE !

Repost 0
3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 13:27

2e tour de la Présidentielle : déclaration du Secrétariat Politique national du PRCF – 27 avril 2017

LE SECOND TOUR DE LA PRÉSIDENTIELLE OFFRE AUX ÉLECTEURS UNE « ALTERNATIVE » DANGEREUSE ET TOTALEMENT PIÉGÉE.

Logo PRCF

 

 

D’un côté, une candidature xénophobe porteuse d’un slogan, « la France en ordre ! », qui radicalise la logique de fascisation qu’ont mise en place
les gouvernements maastrichtiens successifs à coups de lois liberticides et d’Etat policier. Les ouvriers, les démocrates, et encore moins les patriotes républicains qui ont à cœur l’honneur du pays des Lumières, des Sans Culotte, du Front populaire antifasciste et du CNR ont tout à craindre de ce qui divise le monde du travail, qui vomit le syndicalisme de classe et qui conduirait inévitablement à la guerre civile intercommunautaire en France. Un parti qui, rappelons-le, fut fondé par des héritiers non repentis du Troisième Reich, de Vichy et de l’OAS.

De l’autre côté, on a un pur produit du marketing politique, un banquier formaté par le capital financier, porté par la Bourse, par le MEDEF et ses relais de la CFDT, par Bruxelles, Merkel et l’Europe atlantique. En fait d’ « antifascisme », ce partisan déclaré du tout-anglais, du TAFTA et de l’américanisation de la vie publique, ce casseur du ferroviaire parfaitement indifférent aux questions de pollution routière, n’apportera que l’ubérisation du travail, le dépeçage des services publics, des statuts, des conventions de branche et de la protection sociale, le saccage des indemnités chômage, que la fin des retraites par répartition. Avec, en prime, le « saut fédéral » européen (que les Français ont pourtant refusé en 2005) et l’accompagnement à haut risque des agressions impérialistes tous azimuts de Trump, de la Syrie à la Corée en passant par l’Ukraine.

Loin d’instaurer un débat « clair », comme le prétendent les deux candidats, en cela complices, entre le « patriotisme » et le « progressisme mondialiste », le second tour Le PEN/ dessine deux voies réactionnaires différentes, mais finalement convergentes, pour détruire le pays et ses acquis : non pas le « patriotisme », mais le nationalisme xénophobe, non pas l’internationalisme, mais l’euro-mondialisme de la Finance. Il s’agit des deux mâchoires d’un même étau par lequel le grand capital entend broyer le peuple entre la destruction fasciste de la République et l’arasement euro-atlantique de la nation, dans le but de bloquer l’alternative antifasciste, patriotique, populaire, écologique et internationaliste. C’est pourquoi le PRCF appelle : 

  • A opposer à Le PEN et à MACRON l’alliance progressiste du drapeau tricolore et du drapeau rouge, de la Marseillaise et de l’Internationale, de la nation républicaine et de la classe ouvrière luttant pour le . Notre projet, dont le terme est le Socialisme pour la France, est l’appel du programme du CNR « Les Jours heureux » à « mettre le monde du travail au cœur de la vie nationale ».
  • A militer pour faire baisser les voix ouvrières et républicaines égarées sur le FN en diffusant des dizaines de milliers de tracts à l’entrée des usines et dans les quartiers populaires.
  • délégitimer au maximum ce vote piégéet ses effets mortifères en pratiquant l’abstention citoyenne, en votant blanc, en glissant un bulletin rouge dans l’urne ou en réutilisant un bulletin JLM au second tour.

Le PRCF n’en condamne qu’avec plus de colère le communiqué de , parlant au nom des communistes et des antifascistes et les appelant à voler au secours de Macron : comme si l’on pouvait combattre le poison de la fascisation xénophobe en soutenant les empoisonneurs maastrichtiens de la vie nationale !

Le PRCF appelle les communistes, les syndicalistes de classe, les antifascistes, à se rendre en masse aux manifestations du 1er MAI, non seulement pour y combattre le FN et les contre-réformes de Hollande, de MACRON, du MEDEF et des LR, mais pour construire dès maintenant la résistance aux ordonnances prévues par MACRON et qui visent notamment, dès l’été, à aggraver au maximum la LOI TRAVAIL. Face aux jumeaux inversés du nationalisme fascisant et du supranationalisme oligarchique, que ce 1er Mai 2017 qui coïncide avec le 100ème anniversaire du processus révolutionnaire russe, aide les communistes et les travailleurs à se réapproprier au présent le mot d’ordre de Lénine et de l’Internationale communiste : « prolétaires de tous les pays, peuples opprimés du monde, unissez-vous ! ».  

Repost 0
2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 10:49

Editorial du n°15 de l’Anti-Casse

Le premier tour des élections présidentielles a rendu son verdict : Macron et Le Pen seront au second tour pour briguer la Présidence de la République. C’est une catastrophe pour tous les travailleurs.
Malgré un excellent résultat de Jean-Luc Mélenchon, démontrant une augmentation importante du nombre de citoyens désirant rejeter un système politique et social inique et à bout de souffle, c’est pourtant le camp des pires ennemis des travailleurs qui arrive en tête.


Dans un communiqué, la CGT a déclaré que les résultats du premier tour « sont les résultats des politiques libérales, des lois régressives, des remises en cause des droits, comme des renoncements des gouvernements successifs à œuvrer véritablement pour la justice sociale et la réponse aux besoins sociaux et environnementaux. » Ajoutons que ce sont aussi les résultats d’une manipulation médiatique orchestrée directement ou avec l’appui des politiciens de l’Etat par le grand patronat qui possède la quasi-totalité des journaux, des radios et des télévisions. La campagne de Macron a été conçue et s’est déroulée comme une véritable opération de marketing, une opération publicitaire pour vendre la soupe concoctée par les riches et les puissants.
Marine Le Pen, quant à elle, a su revoir totalement depuis quelques années sa politique de communication afin de gommer les aspects nauséabonds de son parti, le but étant bien sûr de le rendre plus présentable. Elle a su mettre l’accent sur des thèmes sociaux, copiés essentiellement sur la CGT, comme la retraite à 60 ans ou la hausse des petits salaires. Des mesures qui ont pu attirer un certain nombre d’électeurs issus des couches les plus populaires. Mais aussi des mesures qui masquent le fond même du programme du FN, qui est un programme d’asservissement massif des citoyens en général, et des travailleurs en particulier.


Les travailleurs sont supposés choisir entre Macron et Le Pen. Bien évidemment il s’agit d’un faux choix : comment choisir entre la peste et la vérole ? Si comme l’a déclaré la CGT « pas une voix ne doit aller au Front National », Macron n’est pas non plus le rempart des travailleurs contre le Front National. Tout comme celle du FN, la politique prônée par Macron (la même en fait que celle qui a été appliquée par les différents gouvernements depuis de nombreuses décennies – la même, mais en plus « sauvage » vis-à-vis des citoyens) repose sur l’exploitation accrue des travailleurs assortie d’une politique de division des citoyens. L’élection de Macron ouvrira un peu plus la voie au FN, les mêmes causes (la politique de libéralisme économique) produisant les mêmes effets (la montée du FN grâce au ressentiment des laissés pour compte, de plus en plus nombreux, du libéralisme économique). Si Le Pen est élue, son programme est lui aussi basé sur le libéralisme économique. Dans les deux cas ce sont les travailleurs qui paieront encore plus l’addition et leur situation ne fera que s’aggraver.


Pour ce second tour des élections présidentielles si, répétons-le, « pas une voix ne doit aller au Front National », le bulletin de vote n’est pas pour autant un recours pour protéger les citoyens des dangers qui les guettent. 


Dans peu de temps auront lieu les élections législatives. Une occasion pour le camp des travailleurs d’envoyer à l’Assemblée Nationale des députés qui les soutiennent.


Mais que ce soit Macron ou que ce soit Le Pen qui remporte l’élection présidentielle, les travailleurs en particulier et les citoyens en général n’auront d’autre solution que de se mobiliser et de se défendre dans la rue.

 

Bernard Giusti
Secrétaire Général Adjoint CGT Cochin

Repost 0
17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 14:47

 

dimanche 16 avril 2017 par Bernard Giusti Secrétaire Général Adjoint

  «  Les élections à venir se déroulent dans un climat exacerbé de crise sociale, politique, institutionnelle et morale. Affaires, petits arrangements et petits cadeaux entre amis, mépris des engagements et de la parole donnée, mensonges à répétition, coups bas, candidats médiatiques fabriqués de toutes pièces par les puissances d’argent… tout cela témoigne de la faillite de ceux qui gouvernent depuis des années et de l’état de pourrissement préoccupant dans lequel ils ont plongé le pays.  »(1) Beaucoup de nos concitoyens sont consternés et écœurés par le spectacle que nous offrent la quasi-totalité des politiciens. Beaucoup restent dans l’incertitude de leur choix à quelques jours des élections présidentielles. 
  Après des décennies de libéraux au pouvoir (droite ou PS) les travailleurs ont vu leurs droits disparaître progressivement au profit du pouvoir des patrons, leur pouvoir d’achat s’amenuiser d’année en année, leur vie se précariser de plus en plus. Et aujourd’hui, ces travailleurs se demandent d’où viendra la solution pour eux et leurs familles. 
  Car sur le fond, comme le rappelait Philippe Martinez, Secrétaire Général de la CGT, tous ces candidats sont déconnectés de la réalité du monde du travail. Il suffit pour s’en rendre compte de voir ce qu’ils disent des fonctionnaires en général (d’après eux, en gros, des fainéants trop payés), et en particulier des fonctionnaires des hôpitaux (toujours d’après eux, trop nombreux et ne travaillant pas assez…). 


  En réalité, le choix pour les travailleurs est très réduit. De Hamon à Le Pen, en passant bien sûr par Macron et Fillon, tous sont des candidats soutenus par le patronat et la finance, tous sont des serviteurs du capitalisme (libéraux, néo-libéraux, ultra-libéraux, « national-libéraux »…), c’est-à-dire des candidats dont le but, une fois parvenus au pouvoir, sera de réduire les droits des travailleurs (et des citoyens en général), afin de mieux passer des lois permettant aux plus riches de s’enrichir en appauvrissant encore plus les travailleurs, des lois mettant les travailleurs à la merci des employeurs et des petits chefs (comme la Loi Macron, la Loi Travail ou le Plan Hirsch par exemple). 

Tous parlent de nous faire travailler plus longtemps en allongeant l’âge de la retraite, d’augmenter le temps de travail quotidien sans changement de salaire (ce qui revient donc à baisser nos salaires), bref, tous préconisent de nous exploiter encore plus, au plus grand bénéfice des patrons et des actionnaires (ce qui pour nous dans les hôpitaux passe aussi par la privatisation accrue des services publics).


  Pour certains travailleurs, le Front National de Marine Le Pen semble un recours possible, ou tout au moins une façon d’exprimer leur écœurement et leur ras-le-bol. Il est vrai que Marine Le Pen et ses collaborateurs ont soigneusement travaillé ces dernières années leur image de marque et leur communication. Dans la boutique FN, cette avocate issue d’une famille très riche a su afficher un discours (copié sur la CGT) sur les salaires ou la retraite à 60 ans par exemple, mais Gattaz et le Medef sont dans l’arrière-boutique… « Le Pen porte, derrière son discours « populaire » de façade, l’intérêt des puissants à diviser les travailleurs en fonction de leur origine et son slogan « La France en ordre » sonne de manière lugubre voire fasciste tandis que ce « parti de l’ordre » qui se présente comme le parti qui veut renverser l’ordre établi… est invité par le Medef à venir présenter son programme, certifié 100% libéral.  »(1) Outre la collusion évidente entre le FN et le patronat, Marine Le Pen, malgré les apparences médiatiques qu’elle se donne, n’a pas renoncé à rétablir en France un régime basé sur le modèle de celui de Pétain, dont les premières mesures furent de supprimer les libertés individuelles et syndicales et de promulguer des lois racistes… Si elle parvient au pouvoir, elle pourra utiliser pour ce faire l’état d’urgence mis en place par Hollande.
  

  « Fillon et Macron représentent directement, avec quelques nuances de teinte, le programme de l’euro-patronat : menaces sur les syndicats, sur le droit du travail (aggravation de la loi El Khomri, suppression de la durée légale nationale du travail, fin des statuts et des conventions collectives,« ubérisation générale »), sur la santé et la Sécu (privatisation), les retraites (retraites individuelles par points, recul de l’âge de la retraite et nouvel affaiblissement des pensions), la fonction publique et les services publics (- 120 000 fonctionnaires pour l’un, - 500 000 pour un autre, qui dit mieux ?), nouveaux cadeaux géants pour le patronat, destruction des diplômes nationaux, marche à une Europe renforcée réduisant à rien les souverainetés populaires… »(1)
  

  Quant à Hamon, « [il] représente les lambeaux d’un PS en voie d’explosion, et il ressert comme à chaque élection les vieux plats ressassés depuis 30 ans par [le PS], lui qui a été ministre de Hollande et a voté tous les budgets depuis 2012, […] qui ne veut même pas abroger la loi travail et qui [réclame] l’augmentation des dépenses militaires et l’arrimage renforcé de la France au sein de l’Union Européenne et de l’OTAN, via notamment un nouveau parlement de la zone euro, c’est-à-dire de nouvelles modalités de transfert de souveraineté ! »(1)


  Le Pen et Fillon ont puisé dans de l’argent public (Le Pen au Parlement Européen, et Fillon un peu partout), Macron c’est le banquier qui demande aux citoyens de lui signer un chèque en blanc (vous signeriez, vous, un chèque en blanc à votre banquier qui vous dirait : « signez, on verra après » ?), quant à Hamon, c’est avant tout l’homme du PS, donc d’un parti massivement aux ordres du patronat.

  Dans tous les cas, les travailleurs auront tout à redouter de ces candidats
 

  Parmi les candidats potentiellement éligibles, seul Mélenchon se positionne sur un programme qui prend en compte les difficultés des travailleurs dans l’exercice de leurs professions, qui prend en compte les difficultés des familles à joindre les deux bouts, bref, qui se positionne sur un programme visant avant tout le bien public et non pas les intérêts particuliers des grands groupes financiers et patronaux. Certes, pour les travailleurs son programme comprend certains points qui le mettront face à ses contradictions. Mais dans l’ensemble sa ligne directrice est celle qui permettra le mieux aux travailleurs de défendre leurs droits et leurs acquis, et de tenir la dragée haute au patronat. Et voter Mélenchon, dans un système politique dominé par les puissances de l’argent, reste le seul moyen de ne pas laisser le champ libre aux pires ennemis des travailleurs et de la démocratie.
D’ailleurs, pour s’en convaincre, il suffit de voir avec quelle hargne les médias s’en sont pris à Mélenchon dès lors qu’il est apparu qu’il avait une chance d’être au deuxième tour des présidentielles ! Les patrons et la finance ne s’y trompent pas : leur ennemi, c’est Mélenchon !
  

 L’élection d’un Président de la République n’est pas une fin en soi, ni la solution aux nombreuses difficultés endurées par les travailleurs. Derrière l’élection présidentielle se profilent les élections législatives, et quel que soit le (ou la) président élu il n’est pas certain qu’il disposera d’une majorité parlementaire pour mener sa politique. 
  Mais en tout état de cause, 
quel que soit le résultat des présidentielles, c’est dans la rue, dans les entreprises et dans les services publics que les travailleurs devront faire entendre leur voix et imposer un partage équitable des richesses. Comme en 1936, 1945 ou 1968, les grandes conquêtes sociales, le maintien et le développement de nos grands acquis ou de nouvelles conquêtes ne résulteront pas seulement de l’accès au pouvoir d’un candidat porteur d’une véritable politique alternative. Elles résulteront de la mobilisation générale des travailleurs et de leur détermination à imposer leurs droits : droit au travail, droit à une vie décente, à des salaires décents, à un avenir décent pour leurs enfants, à une retraite décente pour leurs parents, à des services publics gratuits et de qualité, etc., toutes choses qui seraient possibles sans les actionnaires et les grands patrons qui puisent dans les caisses pour leur seul profit et appauvrissent la population.

  Comme travailleurs gardons en tête que notre mobilisation et notre détermination doivent être permanentes et qu’elles ne cesseront pas après les élections.
 

La CGT Cochin, quant à elle sera toujours au rendez-vous, aux côtés de ceux qui souffrent et qui luttent. 
La CGT Cochin sera toujours aux côtés de tous ceux qui militent pour une société plus juste.

Bernard Giusti
Secrétaire Général Adjoint CGT Cochin

 

(1) Front Syndical de Classe

http://www.cgtcochin.fr/Elections-Presidentielles-quels.html​​​​​​​

Repost 0
2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 19:28
 

Les médias annoncent à grand renfort de superlatifs et d'insistance -et ce n'est sans doute qu'un début- que la CFDT est devenue le premier syndicat du pays devant la CGT : renversement historique, victoire, choc, changement démocratique , séisme, chute finale… les mots manquent à la presse aux ordres pour se réjouir.

Pourtant, sur près de 6 millions de suffrages, seulement 80.000 voix séparent les 2 confédérations.
Sur les suffrages exprimés, soit plus de 60 % du corps électoral concerné la CFDT obtient 26, 38 % et la CGT 24, 86.
En 2013 les scores respectifs étaient de 26 % contre 26,77 % pour la CGT.

L'écart demeure donc faible et sur le total cumulé public/privé la CGT est toujours en tête comme dans les Très Petites Entreprises récemment.

Cette inversion du rapport de force dans le secteur privé et les grandes entreprises étaient annoncée et souhaitée de manière répétitive et lancinante depuis longtemps, par tous les médias au service de la collaboration de classe tel Les Echos, le Monde, Libération et tout l'establishment de droite et PS, gouvernement Valls/Hollande/El Khomri en tête.
Ils vont donc utiliser en grand ce résultat pour prétendre que les travailleurs ont fait le choix de la collaboration de classe, du dialogue social, de l'esprit de compromis pour ne pas dire de compromission !

Et tenter ainsi de peser sur les orientations de la CGT elle même en faveur des forces réformistes internes en prétendant que c'est ce qui demeure de sa culture de combat qui est responsable de ces résultats.
Il s'agit donc de créer l'événement par un matraquage médiatique à des fins proprement politiques afin d'aller beaucoup plus loin encore dans un processus de « pacification sociale » et d'imposer la domination d'un syndicalisme de renoncement !

Cela ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur les résultats en recul de la CGT, surtout quand on les compare à ce qu'ils pouvaient être il y a 30 ou 40 ans où la CGT représentait en gros la moitié des suffrages.

Quelles causes au recul de la CGT dans le privé?

Philippe Martinez dans sa réaction attribue ce recul principalement à un déficit d'implantation en soulignant par ailleurs avec juste raison que les commentateurs ne devraient pas en tirer trop vite la conclusion d'une prise de distance avec l'attitude combative de la CGT durant le conflit contre la loi El Khomri.
Les résultats électoraux récents chez RTE comme l'échec du scandaleux referendum du personnel déclenché par la CFDT et la CFE-CGC en attestent.
Mais incontestablement, d'autres éléments doivent être pris en compte sur le long et moyen terme comme la politique de désindustrialisation massive, la destruction de pans entiers de l'économie comme le textile, la sidérurgie, la disparition de lieux de rassemblement importants de travailleurs où la CGT avait une forte influence, enfin, la politique d'intimidation, de répression et de discrimination à l'encontre des militants mise en œuvre par le MEDEF et qui a connu une accélération ces derniers temps sous le pouvoir PS.

Néanmoins, d'autres évolutions de fond sont en jeu. En particulier, les réorientations imprimées ces 20 dernières années par Louis Viannet et amplifiées par Bernard Thibault ne peuvent être ignorées.
L'adhésion à la CES, l'insertion dans le dialogue social, le syndicalisme rassemblé et les rapports privilégiés avec la CFDT à contrario des traits historiques qui marquent en profondeur le syndicalisme CGT ont affaibli la capacité d'intervention et de conviction de l'organisation.
Et désorienté plus d'un militant !
Cela dans une période marquée par l'aggravation de la crise du capitalisme, l'incapacité à distribuer quelque grain à moudre que ce soit et la remise en cause de tous les conquis issus de la Libération.

Pour une organisation syndicale se réclamant du syndicalisme de classe et de masse, en charge de la double besogne du mouvement d'émancipation des travailleurs la recherche de l'unité ne peut se faire que sur la base des revendications des travailleurs et de leurs intérêts et pas au prix de l'affadissement de son programme et de ses objectifs.

Et plus que jamais dans la profonde crise que nous traversons, l'indispensable travail syndical quotidien au plus près des intérêts et des aspirations des travailleurs dans leur diversité ne peut être séparé de la lutte pour un changement radical de société.

Car comment séparer par exemple, la lutte contre la loi travail, la lutte contre le dumping social, les délocalisations de la lutte contre la construction européenne et ses traités qui organisent la mise en concurrence systématique des travailleurs, l'écrasement des salaires, la désindustrialisation … ?

A un moment où de plus en plus de salariés et les classes populaires se montrent extrêmement critiques à l'égard de l'UE, cessons d'entretenir la mortelle illusion d'une Europe social.
Laissons résolument à la CFDT l'abandon de la lutte et l'approbation du MEDEF !

C'est en défendant l'intérêt réel des travailleurs, l'intérêt de classe, en liant la défense quotidienne des conquis et la lutte pour le changement de société que la CGT a été la plus puissante et la plus utile à la classe ouvrière. 
Aujourd'hui comme hier, plus que jamais donc tout doit être mis en œuvre pour renforcer la CGT et son influence chez les travailleurs, les précaires, les sans emploi en s'appuyant sur la combativité de nombreuses bases syndicales pour mettre à nouveau en cohérence son rôle historique largement reconnu et ses pratiques et orientations.

 

Le Front Syndical de Classe, 1er avril 2017

 
Repost 0