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La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 08:00

 Communiqué du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 26 novembre 2013.

 

Le Front de gauche a décidé d’organiser une manifestation, le 1er décembre 2013 à Paris « pour une véritable justice fiscale » (PCF), et même pour « la révolution fiscale » (PG).

Le M’PEP se joint à cette manifestation. En effet, l’approfondissement de la crise économique, sociale, morale, politique qui frappe notre pays, impose une présence massive dans la rue du monde du travail, de la jeunesse, des forces de progrès. Dans les périodes de désarroi et de perte des repères, il est indispensable d’établir des points fixes auxquels s’arrimer. C’est un rapport de forces physique qui doit s’exprimer, c’est la puissance du nombre qui doit rassurer les uns et décourager les autres.

Les slogans utilisés pour mobiliser le peuple dans ces périodes ont leur importance et il ne saurait être question de les sous-estimer. Ils doivent contribuer à l’occupation de la rue, à la démonstration d’une volonté générale, à susciter un dynamisme capable de renverser la situation.

Si le M’PEP avait eu son mot à dire, il n’aurait pas choisi les slogans proposés par le Front de gauche ni le point d’arrivée de la manifestation. Le M’PEP aurait choisi l’annulation de la dette publique de la France, la sortie de l’Union européenne et de l’euro. Et le M’PEP aurait appelé à manifester près de l’Elysée, car c’est là où se trouve le pouvoir, et non à Bercy.

Les objectifs de la lutte, les revendications, le programme qu’il convient de mettre en œuvre de toute urgence doivent aller à l’essentiel. Les priorités doivent être clairement établies. C’est sur cette base que le rassemblement le plus large du peuple pourra s’opérer. Et l’essentiel, aujourd’hui, c’est l’annulation – restructuration de la dette publique de la France, la sortie de l’Union européenne et de l’euro. Seules ces décisions sont de nature à desserrer l’étau qui étrangle la France et les Français, à redonner au peuple son entière liberté, à lui redonner les instruments décisifs qui permettront de sortir de la crise.

Pour autant, la question fiscale est loin d’être secondaire et méritait bien une manifestation. Pour qu’une réforme fiscale soit efficace, il faudra s’engager dans l’annulation de la dette, la sorte de l’Union européenne et de l’euro.

La hausse de la TVA prévue par le gouvernement PS-EELV, le 1er janvier 2014, est le symbole le plus fort de la politique de François Hollande et Jean-Marc Ayrault. Elle n’est que cynisme, morgue, mépris de la part du gang de Solferino et des écologistes d’opérette à l’égard des classes populaires.

C’est un nouvel affaiblissement du pouvoir d’achat des ménages, particulièrement des plus pauvres, qui va peser sur l’emploi en 2014 réduisant en poussière les promesses du président de la République « d’inverser la courbe du chômage ». La hausse devrait être de 19,6% à 20% pour le taux normal ; de 7% à 10% pour le taux intermédiaire ; une baisse minuscule de 5,5% à 5% serait prévue pour le taux réduit. Au total, la ponction sur le pouvoir d’achat sera de 400 euros par an pour un ménage avec deux enfants, frappant particulièrement les revenus médians qui sont autour de 1 630 euros par mois. C’est particulièrement injuste car ce sont les ménages les plus pauvres qui seront frappés en premier. La TVA est un impôt dégressif : plus on est pauvre et plus on paye, alors qu’il faudrait au contraire développer les impôts progressifs, plus on est riche et plus on paye. La TVA est une taxe sur les pauvres !

C’est le principe des vases communicants : 20 milliards d’euros sont donnés en pure perte aux grandes entreprises via le crédit d’impôt d’un côté, et 10 milliards de diminution des dépenses publiques plus 7 milliards de hausse de la TVA d’un autre côté sont retirés aux classe populaires qui subventionnent ainsi les grandes entreprises.

En outre, cette hausse de la TVA va se répercuter sur les prix. La SNCF annonce déjà + 3%, EDF + 2%...

C’est le mensonge érigé en principe politique. Ainsi, le 2 mai 2012, François Hollande, lors d’un débat entre les deux candidats lors du second lors de l’élection présidentielle, avait lancé à Nicolas Sarkozy : « cette TVA que vous voulez imposer, elle va prélever du pouvoir d’achat. J’ai fait le calcul : 300 euros pour un couple de smicards… voilà ce que va être le prélèvement annuel que vous allez infliger ». La « réforme fiscale » lancée par Jean-Marc Ayrault n’est qu’une diversion.

·         Alors, le 1er décembre, manifestons toutes et tous pour exiger l’annulation – restructuration de la dette publique de la France, la sortie de notre pays de l’Union européenne et de l’euro !

·         En manifestant nous condamnerons la politique gouvernementale néolibérale menée par le gouvernement EELV-PS lors des élections municipales des 23 et 30 mars 2014.

 

http://www.m-pep.org/spip.php?article3488

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 07:58

par Robert Duguet


L’appel du Front de Gauche  à manifester le 1er décembre à Paris contre l’augmentation de la TVA au 1er janvier 2014, mais pour le maintien de l’écotaxe, fait l’objet de la part de la direction du Parti de gauche d’une curieuse préparation idéologique. L’essentiel de l’argumentation tourne autour de la question de la caractérisation du mouvement des bonnets rouges. Au lendemain de la manifestation de Quimper, l’éditorial de l’Humanité du 12 novembre titrait : « Le peuple de gauche doit reprendre la rue ! », position vite précisée par  le dirigeant communiste Francis Parny : « il est temps pour le peuple de gauche de reprendre la rue aux bonnets rouges ».  A travers la voix de Jean Luc Mélenchon et d’Eric Coquerel, voyons comment les problèmes sont posés. Le 24 novembre Jean Luc Mélenchon publie ces lignes :

 « Dans l’interview que j’ai donnée au journal « Médiapart », on se souvient que je me trouvais placé quasiment en position défensive par rapport aux questions qui m’étaient posées, compte tenu du préjugé qui dominait alors selon lequel l’essentiel, dans la manifestation de Quimper, aurait été le mouvement et la composition sociale plutôt que les mots d’ordre et les organisateurs. J’ai protesté contre cette vision très « mouvementiste » de la lutte sociale, au profit d’une lecture plus respectueuse de ce que les protagonistes déclaraient mettre réellement en jeu. Il me semble que l’évolution de la situation jusqu’au point où nous voici rendus pour ce 23 novembre breton confirme cette approche. 

De tous côtés, les enquêtes réalisées montrent que j’avais raison : chez les bonnets rouges, il n’y a que le bonnet de rouge. Dernière confirmation en date : le syndicat Force Ouvrière du Finistère était le seul syndicat à avoir participé au collectif des "bonnets rouges" et à la manifestation de Quimper le 2 novembre. Depuis, ce syndicat a décidé de quitter le collectif dénonçant son "corporatisme" et son "régionalisme". Nous avions vu cela dès début novembre : les mots d’ordre de la manifestation de Quimper, les organisations qui y appelaient autour de l’UMP, de la FNSEA et du Medef, le soutien des évêques et du Front National, tout cela nous avait mis en alerte. J’ai dit sans détour ce que j’en pensais ! Le Parti de Gauche n’a pas été en reste ! Nous avons bien fait. A cette heure on nous témoigne de la reconnaissance de l’avoir fait « cru et dru ». A présent, les témoignages se multiplient qui confirment la manipulation à laquelle nous avons appelé à ne pas céder. Ainsi, Le Monde du 17 novembre a dressé le portrait de "ces patrons à l’origine des bonnets rouges" comme le titre le journal. Dès le titre, il est donc clair que l’initiative est patronale, comme nous l’affirmions. La manifestation des "bonnets rouges" a été organisée à l’appel d’un collectif nommé "Vivre, décider et travailler en Bretagne". C’est ce collectif que FO a décidé de quitter. Le caractère productiviste et patronal du collectif est limpide, puisque sa cheville ouvrière est le président de la FNSEA du Finistère Thierry Merret. Depuis le début, ce collectif revendique aussi son caractère régionaliste à travers le maire de Carhaix, Christian Troadec. Celui-ci explique au Monde comment ce collectif dont il fait partie a été composé autour d’"un réseau informel de gens qui se connaissent très bien, qui se côtoient très régulièrement, dans les locaux de l’Institut de Locarn ou ailleurs".

Cet Institut de Locarn est le fer de lance du patronat régionaliste. « Le Monde » le présente comme un "think thank régionaliste". Régionaliste n’est pas le bon mot pour le décrire. C’est un haut lieu du communautariste identitaire, ce qui n’est pas pareil. C’est une évidence. Son président, Alain Glon, est même allé jusqu’à écrire le 10 novembre 2012 sur un blog breton que "le problème de la Bretagne c’est la France". Alain Glon a explicitement soutenu le Parti Breton et son candidat dans la campagne législative à Dinan. Mais ce think tank est aussi intimement lié au monde patronal puisqu’il compte, parmi ses principaux membres, de grandes entreprises et le syndicat patronal CGPME. « Les bonnets rouges » ne sont qu’un épisode dans une offensive concertée des patrons identitaires. Celle-ci vient de loin. A l’époque, le 18 juin, il y a maintenant cinq mois, quand on ne parlait pas encore des bonnets rouges, une trentaine de patrons réunis à Ponthivy, dans le Morbihan, créent le "comité de convergences des intérêts bretons" (CCIB). Ce CCIB a ensuite participé à la création du collectif des bonnets rouges. Parmi les initiateurs de l’appel, il y a un homme : Alain Glon. Il est le président de l’Institut de Locarn dont parle Troadec. Au « Monde », il avoue la supercherie des "bonnets rouges" en déclarant clairement "on pilote deux choses : les “bonnets rouges” et un projet pour la Bretagne". Le pilote, c’est donc lui, son institut et ses acolytes du patronat de la grande distribution et de l’agroalimentaire productiviste.

En juin, ces patrons ont lancé un "appel". Cet appel de Pontivy fixe le cadre de ce qui deviendra ensuite le mouvement des bonnets rouges. On y trouve déjà tout ce que nous avons rejeté dans la manifestation de Quimper. Sur la méthode d’abord ! Comment s’étonner ensuite du saccage des portiques Ecotaxe ? Surtout quand Alain Glon explique que "on peut tolérer un peu de violence". Sur le fond, le message est aussi très clair. Le discours anti-Etat et antirépublicain est fortement présent et s’agglomère dans un gloubi-boulga libéral contre « l’hyper centralisme français et le labyrinthe des réglementations ». Ils réclament que davantage de pouvoir soit donné aux régions ainsi qu’un "droit à l’expérimentation (…) afin de ne pas avoir à affronter en permanence les excès des systèmes bureaucratiques". »

Pour couronner cette brillante analyse, qui découvre avec horreur, que dans un mouvement social de masse la réaction est toujours présente, et qui laisse purement et simplement de côté le rôle joué par les entreprises en lutte, on pourrait conseiller à Jean Luc Mélenchon de conclure avec quelques réminiscences historiques. En 1940 il y avait en centre Bretagne un mouvement régionaliste, par ailleurs ultra-minoritaire dans la population, qui avait décidé de négocier directement avec les nazis pour une autonomie régionale dans l’Europe brune du 3ème Reich. Ils passaient outre la case Pétain pour tracter avec Hitler… Pourquoi ne pas dire aussi que le mouvement des bonnets rouges, c’est de la graine de nazi. D’ailleurs l’analyse faite par Eric Coquerel, en tant que secrétaire national du Parti de Gauche, ne se mouche pas du pied en avançant ce qui suit : 

« Sur fond de chômage et de stagnation économique, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault poursuit une politique d’austérité catastrophique pour le pays. Pire, parce qu’identifié comme le gouvernement de la « gauche », il sème la confusion et désoriente toujours plus nos concitoyens. Cette fin d’année, marquée par le vote d’une réforme des retraites qui légitime et aggrave celle de Nicolas Sarkozy et par un budget d’austérité record, est en train d’achever ce qui reste de légitimité populaire à Jean-Marc Ayrault et François Hollande. C’est dans ce contexte qu’est survenue la « révolte » des Bonnets rouges. Constatons qu’il s’agit du premier mouvement de masse auquel le gouvernement cède. Alors que François Hollande est resté droit dans ses bottes pour refuser aux syndicats la moindre inflexion sur l’accord national interprofessionnel, la réforme des retraites ou la loi d’amnistie sociale, alors qu’aux côtés de son ministre de l’intérieur il a refusé au mouvement lycéen le moindre geste en faveur des élèves scolarisés expulsés du pays, fidèle en cela à une gestion autoritaire et à la politique du bouc émissaire, voilà qu’en quelques jours il laisse démanteler ses portiques et son écotaxe. Ce gouvernement de « gauche » a la particularité d’être compréhensif et faible avec les « pigeons », le Medef et, dans le cas des bonnets rouges, une alliance contestatrice dominée par la FNSEA , le Medef et la droite, voire le FN. A l’inverse, il se révèle dur et intransigeant avec ceux qui lui ont permis d’être là.

Le signal donné est terrible et pourrait donner des ailes à ce type de mobilisations dans lesquelles les justes revendications des salariés pour l’emploi sont dévoyées et manipulées au service des intérêts de l’agro-business, du patronat et de visions identitaires, réactionnaires voire antirépublicaines. Il n’est d’ailleurs pas un hasard que l’extrême droite se « déguise » depuis en « bonnets rouge » que ce soit sur les Champs-Elysées pour les cérémonies du 11 novembre ou ailleurs. Le FN et ses succursales ont très bien compris le terreau que représente ce mouvement de contestation qui nie les intérêts divergents des classes au profit d’une vision corporatiste de la société. Le fascisme a pratiqué ainsi dans les années 30. »

On connaît cette méthode, c’est celle de l’amalgame, elle a sévi au sein de mouvement ouvrier tout au long du XXème siècle. Les staliniens étaient les maîtres en la matière. Le parti stalinien n’est pas tout à fait mort. Quand on ne veut pas répondre à un problème réel, en l’occurrence un processus social charriant les couches de la société en Bretagne sacrifiées par la crise du mode de production capitaliste, on pratique l’amalgame : les participants à la manifestation de Quimper  sont des « benêts » des « nigauds » manœuvrés par le patronat, l’église et l’extrême droite. De là à dire que ces mêmes« nigauds » sont les alliés objectifs du fascisme, il n’y a qu’un pas et Coquerel  le franchit. Le petit père Staline faisait cela autrefois !

Tout ce matraquage idéologique initié par la direction du PCF, puis repris et labouré par les responsables nationaux du Parti de Gauche a une fonction ; essayer d’occulter que ces derniers  ont refusé de prendre leur responsabilités par rapport aux ruptures qui s’opèrent au sein des départements bretons avec le néo-libéralisme et l’Europe du Reich Merkel. Ce faisant la direction du Front de Gauche abandonne le terrain aux forces réactionnaires. En fait le projet strictement électoraliste de la direction du Front de Gauche de construction d’une majorité en particulier avec l’écologie politique entre aujourd’hui en contradiction avec les aspirations de ceux et celles qui se sont mobilisés parce qu’ils sont étranglés par la crise : ils se foutent  des élections municipales et encore plus des européennes. Ils ont besoin de réponses ici et maintenant. Le rôle d’un parti qui prétend combattre contre le capitalisme est d’être là avec ceux qui entrent en lutte et de formuler les réponses. Je joins sur ce blog l’article d’Emile Fabrol, « En passant par la Bretagne » qui souligne que si la perspective ce sont  les positions de l’Intersyndicale des départements bretons que le Front de Gauche honore de son soutien, les salariés ont vraiment du souci à se faire. Et cet autre article de Jérome Metellus qui explique dans sa conclusion :

« Tant que l’économie reste sous le contrôle des capitalistes, le mouvement ouvrier ne peut, au mieux, que « freiner les conséquences de la catastrophe » sociale engendrée par la crise du système, la plus profonde depuis les années 1930. On peut résister, éventuellement arracher des concessions, retarder une fermeture, obtenir de « bonnes » indemnités de licenciement et limiter le nombre de travailleurs licenciés, mais rien de plus. Toute l’expérience de ces dernières années l’atteste. D’où la nécessité vitale, pour les grandes organisations de la classe ouvrière, de remettre au cœur de leur programme la revendication de l’expropriation des capitalistes, à commencer par ceux qui menacent de fermer leur entreprise. »

Aucune force conséquente ne combat aujourd’hui sur cette orientation. Et pourtant c’est cela dont nous avons besoin : je vois avec amertume que le Front de Gauche ne prend pas cette direction. Je crains que la décrue en terme de mobilisation sociale après la réussite de la manifestation du 5 mai ne commence à s’amorcer et les contradictions internes, apparue notamment avec la direction du PCF, ne s’approfondissent.

 

http://la-sociale.viabloga.com/news/manifestation-du-1er-decembre-pourquoi-ce-matraquage-ideologique-contre-les-bonnets-rouges

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 07:57

 Par Jean-Paul Damaggio


Philippe Marlière, sur son blog de Mediapart, veut se distinguer et convoque Gramsci pour expliquer les bonnets rouges. Hégémonie, guerre de position et j’en passe, viennent colmater les brèches de la pensée et je ne l’écris pas pour mieux honorer ma propre pensée que je livre ici sans prétention aucune et après avoir écouté de Bretagne jusqu'ici les voix les plus contradictoires.

Des manifs contre le mariage pour tous, au cas breton

Si on veut mettre dans son contexte les bonnets rouges alors rappelons d’abord que contrairement à une vision de la «gauche», la rue peut appartenir parfois à la droite. Mais, si des millions de manifestants n’ont pas ou peu ébranlé le gouvernement par rapport à sa loi sur le mariage pour tous, ceux de Bretagne, en un rien de temps, ont réussi au moins à bloquer un projet. La TVA va augmenter mais rien ne bouge. L’écotaxe devait s’installer et là c’est une levée de bouclier. Pourquoi cet écart ? Contre la TVA, il n’y a aucun portique à brûler pour faire de belles images télés, car si on veut analyser il faut, une fois de plus, s’en référer aux médias. En de telles circonstances, l’idée des bonnets rouges n’a d’historique que le supplément d’âme qu’il faut donner à l’image télé. Des révolutions oranges au slogan « dégage », de l’occupation des places à « l’occupation » de Wall Street l’image veut dicter sa loi, et la loi de l’image est l’inverse d’une révolution ! Les bonnets rouges de 1675 n’avaient pas besoin d’être fabriqués en urgence, ils étaient le peuple comme le béret basque. Philippe Marlière a réussi à voir : « Il existe au cœur du mouvement des Bonnets rouges une radicalité des petits contre un impôt injuste ». Donc « la référence au mouvement de 1675 n’est pas usurpée. » Il peut y avoir une radicalité mais alors il faut expliquer celle d'aujourd'hui.

 

La question de la fiscalité

Je n’ai en rien envie de défendre l’écotaxe car, en matière de taxe, c’est le principe lui-même qui est injuste. Dans un contexte général où les autorités célèbrent toujours la baisse des impôts (directs) pour constater ensuite qu’il faut augmenter les impôts indirects, l’injustice est celle, prônée par la gauche comme la droite, de céder au moins d’Etat, car l’Etat ne se donne plus les moyens d’une gestion adaptée aux temps présents.

Cent fois répétée, cent fois oubliée, la mise en place d’une réforme fiscale d’envergure restera un serpent de mer tant que le courage du politique sera un tigre de papier.

Avec Sarkozy nous avons eu droit à la réforme d’envergure de la taxe professionnelle, réforme qui a fait crier les élus perdant des recettes totalement injustes puisqu’il s’agissait de richesses allant aux communes déjà riches. Hollande n’a pas osé revenir sur le sujet, comme il n’a rien osé se contentant de chercher le juste milieu qui ne peut pas être juste !

Mais cependant un point précis sur l’écotaxe. Elle a été négociée au départ avec les transporteurs routiers qui, en échange, ont obtenu de pouvoir augmenter le droit au tonnage, fait qui n’est plus évoqué, mais qui est rentré dans les mœurs ! Je suis doublement d’accord sur ce point avec Evariste : « Quant au transport, la substitution du train au camion suppose des voies ferrées, mais on sait combien la SNCF est incapable d’organiser le transport du fret. Et ce n’est pas en mettant l’argent dans les LGV pour cadres supérieurs ou dans les aéroports pour les mêmes en internationalisé, que l’on va réduire le transport des cochons par camion. » En effet l’argent de l’écotaxe était destiné à sauver quelques projets de LGV dont celui de Bordeaux-Toulouse que nous combattons avec énergie depuis quatre ans et qui n'apportera rien de plus au fret ferroviaire ![1] Sur ce dossier LGV notons qu’après les déclarations du premier ministre le 9 juillet annonçant une priorité donnée aux lignes du quotidien, on a assisté à une politique inverse mais moins claironnée sur les ondes : l’accord pour le Bordeaux-Turin et l’accord pour le Bordeaux-Toulouse complété contrairement aux prévisions, par le Bordeaux-Dax qui s’ajoute au Limoges-Poitiers !

 

La question du micro-nationalisme

Gramsci défenseur de la Sardaigne aurait pu être convoqué par Marlière pour évoquer le nationalisme breton qui contrairement à un discours ambiant n’est ni de gauche, ni de droite ni d’extrême-droite mais tout simplement ridicule. On appelle divers gauche le maire de Carhaix qui est en fait un nationaliste prenant en charge le mythe de la Bretagne. J’ai entendu parler « du Breton » comme s’il n’y avait qu’une Bretagne ! Et pas celle de la manif de Quimper contre celle de la manif de Carhaix ! Celle du Nord contre celle du Sud ? « Une hargne jacobine très 3ème République s’est abattue contre les Bretons » nous précis Marlière qui en véhiculant ses propres stéréotypes pensent dénoncer… des stéréotypes.

Là aussi sortons un peu du cadre breton pour penser aux Catalans, aux Ecossais et à tant d’autres régions à travers l’Europe qui n’ont pas connu la hargne jacobine mais qui pensent que pour sortir de l’enfer national, il faut tomber dans le micro-nationalisme ! D’autres plus savant que moi, et j’hésite à citer Gramsci, ont su démontrer que le nationalisme est le meilleur discours contre les nations, que le nationalisme plaide toujours pour l’union sacré quand le fondement de la nation est l’articulation d’une pluralité ! La nation française n’a jamais été celle d’une seule langue, d’une seule religion, d’une seule musique et encore moins d’une seule révolution ! Les nations resteront un projet d’avenir que ça plaise ou non aux nationalistes de tout poils. Sans elles l’Europe ne sera jamais l’Europe, car les Etats Unis d’Europe ne seront jamais ceux d’une seule langue, d’une seule religion etc. Malgré les nombreux efforts des maîtres du monde, le modèle des USA n’a aucun en avenir en Europe et c’est bien pour les USA comme pour l’Europe aussi.

C'est le système lui-même qui alimente le micro-nationalisme en décrétant que l'écotaxe pour les Bretons c'est 50% de moins et pour le Sud-Ouest 30% de moins ! Je ne réduis pas la révolte à la demande de "faveurs" pour les Bretons puisque je pense qu'il y a bel et bien plusieurs Bretagne... mais je prends en compte cette dimension qui peut

 

La gauche de transformation sociale ?

Evariste pointe ceci : « Plusieurs organisations politiques ou syndicales de gauche fustigent ce mouvement parce qu’il est interclassiste et disparate (des élus de gauche, des petits patrons, des agriculteurs de la FNSEA, des ouvriers, des employés, etc.). Sans doute aurait-il été préférable que ces organisations soient capables de représenter la révolte bretonne. Malheureusement, elles n’ont pas été à la hauteur des enjeux et n’ont pas pris la mesure du « ras le bol » social de cette région, qui s’est donc cristallisé en mouvement interclassiste. »

Si je m’en réfère au calendrier, ce point mérite une observation. Le 10 octobre ce sont les syndicats de gauche qui ont décidé de la manifestation de Quimper au cours d’une réunion à Carhaix qui en a surpris plus d’un par son importance. Ensuite seulement, est venu la décision, en dehors de ce rassemblement, de s’en prendre aux portiques et donc c’est très tardivement que les syndicats de gauche, voyant l’effet médiatique du détournement de la manif sur l’emploi annoncée à Quimper, décidèrent le report vers Carhaix. Sans la chute des portiques, quel journal télévisé aurait mentionné à l’avance la manif pour l'emploi de Quimper ? On ne peut critiquer une incapacité à représenter la révolte bretonne sans s’en référer aux conditions générales de la bataille même si les manipulateurs peuvent être dépassés ensuite par les manipulés !

 

De son côté tout l’effort de Marlière c’est pour aider « la gauche de transformation sociale (qui) serait bien avisé de l’aborder (le mouvement des Bonnets rouges) sans apriori idéologique. Les directions des partis doivent faire confiance à leurs militants locaux afin qu’ils entreprennent un travail de rapprochement avec les éléments progressistes de ce mouvement. Car sur nombre de ces bonnets rouges, il y a bien du rouge. »

Entendez : les déclarations de Mélenchon (qui n’est pas cité mais on mentionne la référence aux « esclaves ») furent mal venues alors que la base sait ce qu’il y a à faire. Je n’ai rien à dire en pour ou en contre le discours de Mélenchon car derrière l’écotaxe, questionnons plutôt le fondement des taxes, et derrière la « gauche de transformation sociale », constatons surtout que la transformation sociale est conduite par une droite et une «gauche» unie.

Gauche anti-capitaliste, alternative, écolo ; « l’autre gauche », la gauche de gauche, l’extrême-gauche, la gauche caviar et la gauche gauche… Toute analyse de la transformation sociale doit s’appuyer sur la transformation en cours depuis les années 1980 appelée le néo-libéralisme, le capitalisme de la séduction et qui inclut le capitalisme à la chinoise etc. La caractéristique de cette transformation en cours, c'est qu'elle laisse le mouvement social sans outils, sans repères et sans perspectives. Toujours sur la défensive à demander le meilleur plan social possible...

Toute la démonstration de Marlière va contre le travail de Gramsci… auquel il se réfère mais, comme j’ai le droit de me tromper, j’en reste à ce constat.

 

Jean-Paul Damaggio

 

http://la-sociale.viabloga.com/news/gramsci-au-secours-des-bonnets-rouges

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 07:54

 par Floréal


 Exploitant le désarroi engendré par les plans de licenciements et par l’austérité « hollandaise », un cartel de gros entrepreneurs, de notables UMP et d’ayatollahs régionalistes dévoient contre « Paris » la légitime colère des salariés et des petits entrepreneurs bretons. Des ouvriers sont incités par leurs patrons à affronter d’autres ouvriers, certains s’allient à leurs exploiteurs pour supplier la sacro-sainte UE de rétablir ses subventions « salvatrices » ; dans le même temps, des salariés sous influence de la distribution défilent… à Paris pour le « droit » d’œuvrer le dimanche… quitte à faire sauter des lois protectrices du travail et des familles, qui remontent aux grandes avancées sociales de 1905.

La colère des travailleurs bretons… et non bretons est-elle légitime ? Oui, car le PS, qui avait promis le changement maintenant, rampe devant le MEDEF, se prosterne devant l’UE et matraque comme jamais le monde du travail (blocage des salaires, ANI, contre-réforme des retraites, casse des remboursements maladie…). Malgré les fanfaronnades de Montebourg, le Breton Ayrault ne fait rien pour stopper la désindustrialisation de notre pays puisqu’il refuse de nationaliser les banques et les entreprises stratégiques.

La rage des artisans et des petits agriculteurs est-elle justifiée, en Bretagne et ailleurs ? Oui ! car en réalité, seuls les PME et les salariés paient l’impôt, alors que les grands manitous du CAC-40 bénéficient d’énormes dégrèvements fiscaux du pouvoir (par ex. sur les cotisations famille), délocalisent leurs productions et… planquent les milliards amassés en France dans les paradis fiscaux, sans aucune riposte sérieuse des gouvernements successifs.

Faut-il pour autant réclamer, à l’unisson du MEDEF, la « baisse des charges » ? Cela permettrait seulement au patronat de faire main basse sur NOTRE salaire différé et mutualisé(retraites, Sécu, chômage, enfance…) en abandonnant chaque salarié à son sort en cas de « pépin », comme c’est le cas aux USA !Faut-il réclamer la « baisse des impôts et des charges des entreprises»? En fait, de telles « solutions », promues par la droite et par le MEDEF, se retourneraient contre les travailleurs, mais aussi contre les PME ; car la baisse du pouvoir d’achat populaire qui en résulterait (chacun devrait se payer sa retraite, ses frais d’hôpital, ses frais de scolarisation, etc.) assècherait la demande intérieure qui constitue le débouché prioritaire des paysans et des PME ! Derrière la prétendue « baisse des charges », c’est l’écroulement du CAHIER DE COMMANDES qui surviendra très vite, au seul bénéfice des sociétés transnationales !

Sous couvert de chasser Hollande, faut-il alors rallier la droite dure, quand ce n’est pas le FN ou les régionalistes ennemis de la République une et indivisible ? Bien sûr que non ! car le retour des revanchards de l’UMP signerait une offensive thatchérienne débridée contre notre peuple ; l’avancée du FN multiplierait les heurts communautaires, provoquerait le retour larvé des guerres de religion et signifierait la répression brutale contre les communistes et les syndicats. Qui pourrait y gagner si ce n’est l’Empire européen, avec ses fascisants projets de démantèlement des nations ? Ce serait en outre le déshonneur pour la France de 1789, de la Commune, du Front populaire, du CNR et de mai 68 !

Quant à l’éclatement de la France en régions ethniques faisant chacune sa propre loi, elle briserait l’unité du monde du travail, elle enterrerait l’espoir du tous ensemble, elle favoriserait les délocalisations à l’intérieur même de l’ex-territoire national ; derrière l’apparente décentralisation, l’euro-régionalisation du pays donnerait tout le pouvoir à Bruxelles et à Francfort : ce n’est pas le triomphe des langues régionales – ce bien commun de la nation – qui sortirait du dépeçage de la France, mais le « désétablissement » du français comme langue de la République et le triomphe du tout-anglais impérial sous l’égide de la nouvelle Union transatlantique piloté par l’Axe Washington-Berlin.

Faut-il alors coiffer le bonnet rouge qu’utilisèrent les « besogneux » bretons au 17ème siècle pour défier Louis XIV ? Pourquoi pas, sous réserve de ne pas l’opposer au bonnet phrygien, ce symbole républicain (coiffé par Marianne et orné de tricolore, il signifie l’affranchissement des esclaves) que coiffèrent les Sans Culotte combattant l’Europe féodale.

Et c’est là qu’en réalité, le propos ne peut être pour nous, militants révolutionnaires, de culpabiliser les travailleurs bretons. Est-ce leur faute si depuis des décennies la fausse gauche a répudié le combat anticapitaliste (au profit de l’inconsistant « syndicalisme rassemblé »), si elle a renié l’opposition catégorique à l’UE et à l’euro (au profit de l’introuvable « Europe sociale ») ? Est-ce la faute des salariés et des paysans bretons si la fausse gauchea abandonné le drapeau tricolore à la droite, si de faux dirigeants « communistes » ont « ringardisé » la faucille paysanne et le marteau ouvrier chers au communiste breton C. Tillon et aux courageuses « Pen-Sardinières » ? Est-ce la faute des travailleurs d’Armorique si la gauche bobo a « folklorisé » le bonnet phrygien de 1793 et rejeté la souveraineté nationale au profit de l’Empire européen ?

Dans ces conditions, il est plus que temps d’associer à nouveau la lutte pour l’indépendance nationale au combat anticapitaliste en revendiquant la sortie de la France de l’euro, de l’UE et de l’OTAN. Il est temps également de se réapproprier nos « outils » rouges et nos symboles révolutionnaires tricolores. Tout autre choix ouvre un boulevard à la pire réaction, à l’avancée du racisme, au dépeçage « communautariste » de notre peuple, à l’appauvrissement général de la classe ouvrière et des couches moyennes.

Dans l’immédiat, la question est posée à tous les citoyens soucieux de l’avenir du peuple français : allons-nous continuer, uniquement préoccupés d’échéances municipales, à abandonner la rue aux réactionnaires qui – comble de misère idéologique ! – récupèrent la fronde populaire sur des bases équivoques ? Ou bien très vite, le mouvement ouvrier et démocratique va-t-il organiser dans la rue (pourquoi pas avec le bonnet phrygien pour emblème ?) la riposte à l’UE, au MEDEF et à la social-eurocratie au pouvoir ?

Comme on le voit, il ne s’agit nullement de défendre l’indéfendable Hollande ; il s’agit d’organiser DE GAUCHE, sur des bases ouvrières, patriotiques et antifascistes, l’OPPOSITION POPULAIRE au pouvoir, à l’UE, aux euro-régionalistes et aux forces de droite. A chacun de prendre position en prenant conscience de l’urgence !

 

http://www.calameo.com/link?id=76264475

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 08:09

Par Zohra Ramdane

 

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS 2014) a deux objectifs directs :

  • réduire le déficit de la branche famille par une nouvelle cure d’austérité (le déficit du régime général de la branche se réduirait de 2,8 milliards d’euros en 2013 à 1 milliard d’euros en 2017),
  • recentrer les financements sur les prestations sous conditions de ressources, en revoyant à la baisse des plafonds déjà très bas.

Les objectifs de fond de ce projet sont ainsi :

  • de continuer à attaquer le champ du droit social et ses prestations universelles
  • et plus généralement d’appliquer la stratégie du Medef de recul progressif de la cotisation sociale pour augmenter les profits des entreprises.

La conséquence mécanique de ce PLFSS sera une aggravation des inégalités sociales, concernant notamment les familles ou la santé (en abaissant les plafonds de ressources).
En visant à réduire globalement la masse des prestations, c’est-à-dire le salaire socialisé, le projet s’inscrit clairement dans la stratégie néo-libérale habituelle de restauration des profits par diminution du coût salarial.

Les chiffres fournis par le Haut conseil de la famille (HCF) permettent d’enfoncer le clou sur la nécessité de s’intéresser de plus près à la protection sociale. D’abord par ce que c’est le premier budget humain, avec plus de 31 % du PIB, soit près de 9 fois plus que le budget de l’Education nationale, premier budget de l’État.
Ensuite, parce que le Medef centre son attaque sur la protection sociale, secteur toujours le plus socialisé avec l’école, alors que les militants de la gauche de la gauche « regardent ailleurs pendant que la maison brûle ». Pourtant, voilà des politiques qui impactent les couches populaires ouvrières et employées (53 % de la population), celles qui ont le sentiment que la gauche, y compris la gauche de la gauche, les abandonnent. Pourtant, c’est bien la sphère de constitution des libertés (protection sociale, services publics, école) qui peut permettre aux citoyens et  leurs familles de passer des droits formels aux droits réels.

 

Les trois décisions concernant les dépenses

1) Majoration du complément familial (CF) et de l’allocation de soutien familial (ASF) à horizon 2018 

À l’horizon 2018, le complément familial (d’un montant de 167,34 € depuis le 1/4/2013 en métropole) sera revalorisé de +50 % (en plus de la revalorisation liée à l’inflation) pour les familles nombreuses vivant sous le seuil de pauvreté.
En métropole, le plafond ouvrant droit à un CF majoré équivaut à la moitié du plafond de ressources en vigueur au 1/1/2013. Il est de 10 167 €, avec une majoration de 25% par enfant à charge (soit 2 542 €), de 30 % par enfant à charge supplémentaire à partir du 3e enfant (soit 3 050 €) et de 4 087 € si les parents sont biactifs et en cas d’isolement.

La majoration mensuelle sera de 17 € en métropole et de 10 € dans les DOM en 2014 (hors revalorisation de la BMAF(base mensuelle des allocations familiales). En métropole, le CF majoré devrait bénéficier à la moitié des bénéficiaires actuels du CF (les plus modestes), soit environ 400 000 familles

Afin que cette majoration du CF n’ait pas pour effet de réduire le montant du RSA auquel le allocataires ont droit, il est proposé d’exclure cette majoration de la base ressources de calcul du RSA.
Le code de l’action sociale et des familles sera modifié en ce sens par décret en Conseil d’État.

L’augmentation de l’allocation de soutien familial de 25 %, toujours à horizon 2018, n’est pas inscrite dans le PLFSS car elle est de nature réglementaire. Le montant actuel de l’ASF par enfant lorsqu’il est privé de l’aide de l’un de ses deux parents est actuellement de 90,40 €.Ces augmentations du CF et de l’ASF interviendront à partir du 1/4/2014

2) Plusieurs mesures concernent les composantes de la Paje pour les enfants nés à partir du 1/4/2014

Le montant de l’allocation de base (AB) de la Prestation d’accueil du jeune enfant (Paje) - 184,62 € depuis le 1/4/2013 - sera divisé par deux au-delà d’un seuil de ressources, plus bas que le plafond d’octroi actuel. Le plafond d’octroi va évoluer du fait de la modification du calcul des majorations :

- la majoration pour les parents isolés et les couples biactifs passe de +40% dans le système actuel à + 33 % ;

- la progression du plafond de ressources de l’AB en fonction du nombre d’enfants devient linéaire, avec une majoration de 22 % par enfant quel que soit son rang, alors que le système actuel est progressif à partir du troisième enfant avec des majorations plus élevées (+ 25 % pour chacun des deux premiers enfants puis + 30 % par enfant à partir du troisième).

Le nouveau système de plafonds proposé est construit à partir de l’hypothèse d’un maintien à son niveau actuel du plafond pour les couples avec un enfant ne disposant que d’un seul revenu. Pour les autres configurations familiales, les plafonds d’exclusion de l’AB seront plus bas qu’actuellement, notamment pour les familles avec trois enfants ou plus du fait de la suppression de la progressivité.
Par exemple, le plafond d’exclusion pour un couple biactif (ou un parent isolé) avec quatre enfants sera abaissé de 10 % par rapport au système actuel.

La fixation du montant de ces plafonds de l’AB et des majorations relève du niveau réglementaire. Ils seront donc fixés par décret après le vote de la LFSS. Trente mille familles seraient exclues de l’AB, soit 3 % des bénéficiaires ; 10 % des bénéficiaires seraient concernées par l’AB à taux partiel, soit 180 000 familles.

Le plafond de ressources de l’AB étant commun avec celui des primes à la naissance et à l’adoption (PN) et servant au calcul des plafonds de ressources pour le droit au CMG, cette modification de la structure des plafonds de l’AB va impacter ces autres prestations.

Enfin, il est prévu de geler le montant de l’AB de la Paje jusqu’au moment où sa valeur sera ramenée à celle du complément familial attribué aux familles nombreuses en métropole, qui est actuellement d’un niveau inférieur (167,34 €)

La majoration du Complément de libre choix d’activité (CLCA) du montant de l’AB de la Paje (184,62 € euros nets de CRDS par mois et par enfant actuellement) pour les familles n’en bénéficiant pas du fait de ressources supérieures au plafond sera supprimée. Cette disparition du CLCA majoré touchera 16 % des familles dans le haut de la distribution des revenus.

3) Gel des paramètres de calcul des allocations logement en 2014

Dans le PLFSS et le PLF, le Gouvernement prévoit le gel des aides personnelles au logement (APL, ALS et ALF) en 2014. Cette mesure va donc toucher les ménages les plus modestes (6,4 millions de foyers).

 

Les deux décisions concernant les recettes

1) Plafonnement du quotient familial

La recette fiscale résultant de la baisse du plafond du quotient familial à 1500 euros par demi-part (2000 euros en 2013) sera affecté à la Cnaf : le gain attendu est de 1,03 milliard d’euros.
Cette mesure devrait concerner 13 % des foyers fiscaux ayant des enfants mineurs à charge ou des majeurs rattachés au foyer fiscal de leur parent.

2) La baisse de la cotisation patronale famille sera compensée à la CNAF

L’impact sur le coût du travail de la hausse de 0,15 point de la cotisation vieillesse décidée dans le cadre de la réforme des retraites de 2013 sera neutralisé par une réduction de la cotisation patronale famille de même ampleur (- 0,15 point sur les 5,4 points de cotisation actuelle). Cette dernière sera intégralement compensée à la Cnaf (montant total du transfert de recettes estimé de 1,16 milliard d’euros). Nouvelle avancée de la fiscalisation souhaitée par le Medef.

 

Reprise du déficit par la Cades pour augmenter les dividendes du secteur bancaire et financier

L’article 14 du PLFSS 2014 propose d’intégrer les déficits des branches famille et maladie dans la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades). Comprenons ce que cela veut dire : on baisse les recettes de la Sécu par la déformation du partage de la valeur ajoutée (augmentation relative du profit au détriment des salaires directs et du salaire socialisé), puis avec le déficit crée, on emprunte sur les marchés financiers pour le grand profit du secteur bancaire et financier. En 2014, il y aura une reprise de 4 milliards d’euros mais pour la seule CNAM-TS. Pour les années 2012 à 2017, 6,9 milliards de déficit de la branche famille seront repris par la CADES sur les 12,1 milliards de déficits accumulés prévus, ce qui laisse 5,2 milliards d’euros à purger à l’issue de cette période.

Conclusion provisoire : Voilà présentée une nouvelle tranche de la « vraie vie » qui impacte des millions de nos concitoyens. Soyons les bourgeons de la future transformation culturelle sociale et politique.

 

http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/apres-la-sante-et-les-retraites-la-branche-famille-de-la-secu-nouveau-champ-de-conquete-pour-le-medef/7218

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:22

Un journaliste indépendant qui fait le maximum pour faire connaître Industriels et banquiers français sous l’Occupation vient de lire plusieurs commentaires sur la critique de l’ouvrage parue aujourd’hui sur le site Marianne.fr. Il considère l’intervention en ligne du public comme un moyen efficace – et pratiquement le seul – ­ de combattre la censure, particulièrement hermétique dans la grande presse, qui frappe toute pensée critique.

Aucun journaliste d’un journal ou hebdomadaire de ladite presse n’a demandé l’ouvrage – ­ce qui est, il faut le concéder, plus honnête que d’en solliciter l’expédition pour le jeter à la corbeille ou le vendre dès réception. En revanche, la « réédition » au printemps 2013 de l’ouvrage Les patrons sous l'Occupation (1e édition, Paris, Odile Jacob, 1995) de Jean-Claude Hazera, ancien rédacteur en chef des Échos, et de Renaud de Rochebrune, a fait aussitôt l’objet de comptes rendus dithyrambiques. L’un d’entre eux mérite arrêt. 

ADRESSE DE L’ARTICLE :

http://www.marianne.net/Industriels-et-banquiers-francais-sous-l-occupation_a233244.html

Le plus croustillant de ces émerveillements a en effet été fourni par le supplément éco et entreprise du Monde daté du 3 avril 2013, sous la forme d’un article intitulé « "1940-1944, quand la France était une colonie"' » : http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/03/1940-1944-quand-la-france-etait-une-colonie_3151952_3234.html. Signé de Jean-Claude Hazera, ancien rédacteur en chef des Échos, ce texte présente sur près d’une page la réédition de l’ouvrage de… lui-même et de Renaud de Rochebrune, dont la réédition de 2013 reprend, sans modification, le texte originel de 1995: le seul élément neuf est constitué par une postface de cinquante pages évoquant des débats récents (Renault, SNCF, mission Mattéoli sur la spoliation des juifs de France) ainsi que les travaux qui ont enrichi la connaissance du sujet, notamment ceux du groupement de recherche 2539 du CNRS « Les Entreprises françaises sous l’Occupation » – ­ groupement de recherche que je présente dans L’histoire contemporaine toujours sous influence (Paris, Le Temps des cerises, 2012). M.M. Hazera et de Renaud de Rochebrunecontestent à plusieurs reprises mes propres travaux dans ce très modeste ajout.  Le droit à critique est naturellement légitime, mais il convient de préciser qu’aucune rubrique du Monde n’a jamais rendu compte de mes travaux sur la collaboration (ou sur quoi que ce soit d’autre), et que les deux auteurs ont disposé de tribunes libres dans Libération, en 1997, et ailleurs, pour me mettre très sévèrement en cause sans que j’aie jamais pu disposer d’un droit de réponse.

Philippe Escande, responsable depuis juin 2012 du supplément éco et entreprise du « journal de référence », a longtemps travaillé aux Echos sous la direction de… Jean-Claude Hazera.   Il a donc fait assurer la publicité d’un ouvrage par son ancien « patron » et copain des Echos, qui se trouve être l’auteur lui-même de l’ouvrage loué! On atteint les cimes du « passe-moi le séné, je te passe la rhubarbe ». J’ai attendu, devant une violation si flagrante, de la déontologie du métier, l’intervention du médiateur du Monde. J’attends encore…

 

Vu le traitement habituel des sciences sociales critiques, le journaliste indépendant susmentionné juge important que ceux qui ont quelque chose à dire sur Industriels et banquiers français sous l’Occupation n’hésitent pas à s’exprimer sur le sujet. Inutile de préciser que je partage son avis.

 

Bien cordialement à tous,

Annie Lacroix-Riz 

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:16

Un rapport confidentiel des préfets montre les racines d'une exaspération qui peine à s'exprimer sur le terrain social, mais qui menace de tout emporter dans les urnes.

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C'est une note de quatre pages, classée "confidentiel" et rédigée par le ministère de l'Intérieur. Chaque mois, les services de Manuel Valls, sur la foi des rapports que leur adressent les préfets, rédigent une "synthèse", qui est une manière de plonger dans les méandres de l'opinion publique. Elle dit l'esprit du temps, le moral des élus et l'humeur des Français, ceux que l'on entend peu dans les grands médias et qui représentent ce que certains appellent "le pays profond".

 

La dernière en date de ces synthèses a été publiée le 27 septembre dernier. Elle est remontée illico jusqu'au sommet de l'Etat et a été jugée suffisamment inquiétante à l'Elysée et à Matignon, pour que, cette fois-ci, elle soit communiquée aux principaux dirigeants de la majorité.

 

La France gronde, les Français sont en "colère ". 

Ce mot-là, François Hollande, en déplacement la semaine dernière en Haute-Loire, l'a d'ailleurs prononcé publiquement. Dans la synthèse des préfets, il ne figure pas de façon explicite. Mais c'est tout comme ! Les casquettes de la République n'ont pas l'habitude d'employer les formules chocs et les phrases qui claquent.

C'est ce qui fait tout l'intérêt de la note du 27 septembre.

 

Il faut savoir la décoder pour mesurer son caractère alarmiste. Tout est écrit par petites touches qui signalent, une à une, les sources d'un mécontentement qui monte, qui tourne, qui s'alimente parfois à de petits riens dont on mesure toutefois combien ils pourraient devenir explosifs si demain ils devaient se cristalliser dans un même mouvement.

On n'en est pas encore là.

C'est ce qui explique, au bout du compte, un climat insaisissable fait d'aigreurs accumulées, sur fond de ressentiment à l'égard de ce qui vient d'en haut, du pouvoir parisien, de ceux qui gouvernent l'Etat.

"Un sentiment d'abandon"

Le premier point mis en exergue par les préfets porte sur le monde rural. Celui-ci "s'organise pour revendiquer une spécificité de traitement dans les réformes en cours".

A quelques mois des municipales, il n'y a rien là de secondaire.

Si le redécoupage cantonal "ne suscite guère de réactions dans l'opinion, il fait parfois l'objet de débats enflammés dans les exécutifs locaux". Plus que "des accusations partisanes", les préfets notent ainsi "les inquiétudes sur les conséquences d'un tel redécoupage sur le maillage territorial des services publics et l'éligibilité à certaines subventions ou projets d'équipements".

Le discours qui monte est tout entier dirigé "contre l'hégémonie des métropoles" que le gouvernement serait en train d'organiser à travers la loi Lebranchu.

Chez les petits élus, tout fait désormais sens : les restructurations liées au vote de la loi de programmation militaire aussi bien que la réforme Peillon des rythmes scolaires.

Le sentiment qui domine est "un sentiment d'abandon".

Le deuxième point abordé par les préfets a davantage fait les gros titres des médias."Inquiets du discours antifiscal qui pourrait favoriser les extrêmes, écrivent-ils, les élus considèrent que les limites du consentement à l'impôt sont atteintes."

Là encore tout converge : "Dans les esprits où domine la hantise du chômage et de la baisse du pouvoir d'achat, la hausse de la fiscalité devient un élément anxiogène de plus." 

L'expression utilisée est celle de "choc psychologique" pour "des foyers jusque-là non imposables". A preuve, " l'afflux record dans certains centres de finances publiques de contribuables à la recherche d'informations ".

Dans ce contexte, "les élus confient avoir constaté la radicalisation des propos de leurs administrés qui fustigent 'un matraquage fiscal' et 'une hausse insupportable d'impôts qui financent un système trop généreux'."

Et les préfets de conclure : "La menace de désobéissance fiscale est clairement brandie."

 

Le troisième point abordé par les casquettes de la République porte sur "l'évolution des modes de délinquance". "Médiatisation croissante des faits divers par les médias locaux [...] dans des régions qui s'en croyaient indemnes" ; "cambriolages, délinquance de proximité, incivilités" : la formule choisie pour résumer le sentiment des Français se passe de commentaire.

 

Tout cela "inquiète autant que cela exaspère". C'est ce qui conduit les préfets à souligner que "la population semble désormais prête à s'impliquer davantage dans la lutte contre la délinquance à travers des opérations comme 'voisins vigilants' ou 'alertes commerce'".

Enfin, sur un mode un peu plus positif au regard des mesures prises récemment par le gouvernement avec notamment la baisse de la TVA sur la rénovation de logements, les préfets soulignent "la situation de détresse" qui est aujourd'hui celle des professionnels du bâtiment.

Loin du discours convenu sur les bienfaits supposés du statut d'auto-entrepreneur, ils rappellent ainsi que "dans certains départements, près de 70% des créations d'entreprises artisanales" relèvent de ce dit statut. Ce qui, ajouté à "la concurrence d'entreprises étrangères qualifiée de low cost", entretient un discours récurrent sur la "concurrence déloyale".

Ras-le-bol fiscal

Faut-il dès lors s'étonner que le Front national monte dans les sondages ?

Sentiment d'abandon des zones rurales, ras-le-bol fiscal, augmentation de la petite délinquance, détresse du monde artisanal : on retrouve là tous les ingrédients qui, mis bout à bout, nourrissent le programme lepéniste dans ce qu'il a de plus tristement classique. 

Durant l'été dernier, Hollande confiait volontiers son inquiétude de voir la réforme des retraites "unifier" un mécontentement latent.

"Si ça prend, disait-il en privé, toutes les catégories qui grognent oublieront leurs antagonismes pour se retrouver derrière la première manif venue." Le danger n'est plus là. La réforme des retraites, bouclée fin août avec un sens achevé de l'équilibre hollandais, a étouffé dans l'oeuf le mouvement social et du même coup les projets assassins de la gauche Mélenchon, en lien avec les secteurs les plus durs de la CGT ou de FO.

Sur le front de l'emploi, les plans sociaux qui tombent provoquent plus de ressentiments que de mobilisations. De même qu'il existe des grèves perlées, on voit s'installer une colère diffuse qui entretient dans le pays ce curieux climat où l'insatisfaction domine sans que jamais elle ne s'exprime de manière unifiée dans la rue.

"Ne comptez plus sur notre bulletin de vote"

Aujourd'hui, on en est là. Les sondages le disent. Les préfets le confirment. Les plus expérimentés des élus de gauche confient, la peur au ventre, que cette situation leur rappelle celle qui prédominait avant leur déroute des législatives de 1993. "Les gens se taisent. Bien sûr, sur les marchés, nos sympathisants viennent râler. Mais tous les autres ont le visage fermé, témoigne un député d'Ile-de-France. Ils se contentent d'un 'C'est dur, hein !' dont on sent bien qu'il veut dire 'Ne comptez plus sur notre bulletin de vote'. "

 

L'abstention, voilà l'ennemi. Celui qui fait trembler les candidats de l'actuelle majorité, à l'approche des municipales. Avec, en toile de fond, une attention croissante au discours lepéniste, perçu comme la dernière manifestation possible de ce refus du "système" qui fait désormais florès.

Dans ce climat délétère, tout est désormais fléché pour que la colère qui monte se porte sur le seul terrain électoral.

Quand Jean-François Copé répète à tout-va que la seule manière de "sanctionner le pouvoir" est de favoriser une "vague bleue" aux prochaines municipales, mesure-t-il qu'il ne se trompe sur rien, sauf sur la couleur exacte d'un vote qui s'annonce essentiellement "bleu Marine" ?

Face à cela, la majorité ne peut compter que sur l'implantation de ses élus sortants. Elle tente de faire souffler sur le pays un air d'optimisme, encouragé par la croissance qui revient et la courbe du chômage qui devrait s'inverser à la fin de l'année.

C'est peu et beaucoup à la fois. C'est un peu tard surtout pour espérer que le courant qui enfle, dans les profondeurs du pays, puisse être freiné dans les mois à venir. 

 En 2014, immanquablement, tombera la facture.

Pour Hollande, comme pour la droite républicaine, il n'y a guère de raison de penser qu'à la colère qui gronde, ne succédera pas, demain, une de ces sanctions dont on ne pourra pas dire qu'elle est venue par surprise

 

 

(sur le site de Jean Levy et El Diablo)

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:07

Le nombre de pauvres a augmenté en France de 1 million entre 2008 et 2011 selon une étude de l’Observatoire des inégalités.

 

La hausse du nombre de personnes pauvres en France s’affirme et s’accélère.

 

Aujourd’hui, un peu plus de 8,8 millions de personnes doivent vivre avec moins de 60 % du revenu médian en France (977 euros par mois pour un individu seul, 2.052 euros pour un couple avec deux enfants en bas âge).

 

Plus d’une personne sur dix de la catégorie des 20-29 ans est pauvre et 1,7 million d’enfants et d’adolescents se trouvent dans le même cas. « Ils le sont parce que leurs parents disposent de revenus insuffisants, notamment du fait du chômage, des bas salaires et du morcellement des temps de travail », indique l’étude.

 

Tous les pauvres ne sont pas chômeurs, loin s’en faut. Pas moins de 1,9 million de personnes vivant sous le seuil des 60 % du revenu médian exercent une activité.

 

Observatoire des inégalités d’octobre 2013

 

Transmis par Augustin VINALS

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 13:57

 Samedi 19 octobre à Paris se tenait un rassemblement dans le cadre de la "Journée européenne contre le logement cher, la spéculation et pour le droit au logement". Il s’agissait par ailleurs de dénoncer la politique de logement de ce gouvernement et de réclamer le relogement de 300 familles.

Alors que le rassemblement avait été déposé en préfecture et que les personnes rassemblées commençaient à quitter les lieux du fait de l’attitude menaçante des policiers, elles ont été violemment attaquées par les CRS présents. Les policiers se sont déchaînés et une dizaine de personnes ont été blessées, notamment le porte-parole de l’association Droit au logement (DAL), Jean-Baptiste Eyraud, auquel les forces de l’ordre ont réservé un traitement particulier en lui brisant deux côtes.

Dix personnes ont porté plainte contre ces violences policières qui ont occasionné des interruptions de temps de travail allant de deux jours à une semaine chez sept militantes et militants.

Voilà comment ce gouvernement traite celles et ceux qui luttent pour le droit au logement dans ce pays : il envoie sa police, largement conquise aux idées d’extrême droite, tabasser des militantes et militants. Voilà la politique de logement de ce gouvernement d’incapables et de nantis. Bien installés dans leur confort de bourgeois, dans leurs cocons ministériels, ils et elles ne sont certainement pas en mesure de saisir l’urgence vécue par des millions de personnes à travers le pays sur la question du logement.

La loi Duflot qui vient d’être votée n’est qu’une miette de pain envoyée pour résoudre une famine. La mesure phare de la loi, qui soi-disant consiste à encadrer les loyers, ne vise en réalité qu’à encadrer la hausse de ces loyers. Pourtant ceux-ci ont augmenté de plus de 35 % en 10 ans et représentent une moyenne (logements sociaux compris) en dépense de 27 % des revenus par ménage. Dans le privé, c’est 40 % des revenus !

Depuis dix ans, le nombre d’expulsions a doublé, comme le nombre de sans-abri, à mesure que les loyers et l’immobilier flambent, que la précarité, la pauvreté salariale et le chômage s’étendent, que les charges, l’énergie, les transports, les soins, et les produits alimentaires de base augmentent !

Pourtant des solutions existent et certaines sont même inscrites dans la loi ! Ainsi, les lois sur le droit au logement opposable (Dalo) et sur la Solidarité et le renouvellement urbain (SRU) ne sont pas appliquées par des gouvernements soucieux avant tout de préserver le droit des spéculateurs alors que des millions de logements sont vacants !

Alternative libertaire condamne la répression dont ont été victimes les militantes et militants pour le droit au logement le samedi 19 octobre et exprime sa solidarité avec ces derniers.

Alternative libertaire revendique la réquisition des logements vides, l’expropriation des spéculateurs et l’interdiction d’acheter des logements si c’est pour ne pas pour les habiter.

 

Alternative libertaire, le 29 octobre 2013

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 13:55

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP). 

Le 15 octobre 2013.

 

Depuis trente ans, tout comme l’ensemble des services publics, les hôpitaux de France sont victimes d’attaques qui visent à les « libéraliser » (privatiser). Ces attaques se sont intensifiées depuis quelques années. Les luttes telles qu’elles sont conduites depuis trois décennies ne permettent même plus d’en affaiblir la portée. Elles doivent donc être radicalement réorientées.

Les attaques libérales contre le système hospitalier prennent plusieurs formes :

·         tentatives de regroupement avec le secteur privé à travers un « partenariat » public-privé (PPP) ;

·         affaiblissement de l’offre de soin - qui profite indirectement à l’offre privée existante ;

·         « mutualisations de moyens » techniques et humains de l’hôpital avec la clinique privée et la médecine de ville.

Des mesures politiques et juridiques rendent possibles ces attaques :

·         l’endettement artificiel de l’hôpital par la « tarification à l’acte » (T2A) mis en place par la majorité précédente. Conséquences : fermeture de lits, insuffisance du recrutement infirmier, etc. ;

·         la création des agences régionales de santé (ARS) qui ne sont que des instances chargées d’appliquer les directives gouvernementales et européennes ;

·         le « budget autonome » imposé par la comptabilité territoriale (chaque service devant rechercher « l’équilibre ») ;

·         la rénovation par emprunts - au demeurant toxiques - sans plafonnement des taux d’intérêts par l’État qui grèvent le budget ;

·         la Révision générale des politiques publiques (RGPP) qui a grandement diminué les moyens de financement des services publics par la puissance publique ;

·         le droit européen qui affaiblit juridiquement l’ensemble des services publics français à travers – notamment - la « directive service » ;

·         les règles du commerce international orchestrées par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui visent à la marchandisation de tous les services.

 La libéralisation du service public hospitalier se poursuit sans faiblir

La machine libérale tourne à plein régime et il suffit de regarder ce qui se passe un peu partout sur le territoire pour comprendre que l’avenir de chaque hôpital ne se joue pas localement. Quelques éléments significatifs :

·         Il ne se passe pas un mois sans qu’une structure hospitalière soit menacée. Ces dernières semaines ont vu la suppression des services d’urgence à l’hôpital de Pont-à-Mousson (54), la « restructuration » à Freyming-Merlebach (Moselle), les menaces sur le "Mas Careiron", hôpital psychiatrique d’Uzès (Gard), etc. Le changement de majorité n’a rien changé : dans les hôpitaux, le feu est partout. On compte toujours autant de fermetures de centres et de décisions politiques affectant le fonctionnement des centres hospitaliers. Les responsables politiques montrent des signes de fébrilité devant les actes de résistances qui se multiplient. Dernière sanction en date : le Dr Gérald Kierzek, responsable du SMUR de l’Hôtel Dieu-Paris a été relevé de ses fonctions pour avoir exprimé son désaccord avec le projet de fermeture des urgences et avoir animé son comité de défense [1]. Une pétition circule pour que cette mesure disciplinaire soit levée [2] .

·         La RGPP (Révision générale des politiques publiques) de Chirac/Sarkozy a été remplacée par la MAP (modernisation de l’action publique) et la mise en place du CIMAP (Comité interministériel pour la modernisation de l’action publique) de Hollande, sans que rien ne soit changé dans l’esprit ni dans les objectifs du précédent. Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, le dernier rapport de ce comité annonce des attaques supplémentaires contre les services publics [3].

·         La ministre Le Branchu annonce un projet de loi qui vise à « réformer » le statut des fonctionnaires [4]. Les personnels hospitaliers seront impactés par ce qui s’annonce comme une nouvelle atteinte à leur statut.

·         Le gouvernement vient d’éditer une très importante brochure « de cadrage » dans laquelle il rappelle ce que le droit européen entend par « services d’intérêt économique général » (SIEG) [5]. Ce texte montre à qui en doutait encore que pour les "socialistes" au pouvoir, la page des services publics français doit être tournée. Les références faites au droit européen – qui ne reconnaît pas les services publics français [6] – sont innombrables, effaçant de facto le droit national en la matière. Le gouvernement actuel reprend donc à son compte ce qu’a fait le gouvernement précédent, esquivant tout débat public et rappelant à l’ordre tous ceux qui avaient cru possible d’exclure par une loi nationale un certain nombre de services de la logique marchande de l’Union européenne.

·         Depuis le 8 juillet, le gouvernement participe aux négociations entre l’Union européenne et les États-Unis en vue de la création d’un « partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement » (PTCI). Ainsi qu’il est inscrit à plusieurs reprises dans le mandat des négociateurs européen, « l’accord vise à améliorer l’accès mutuel aux marchés publics ». Il s’agirait donc de mettre en place une « directive service » à l’échelle intercontinentale, alors que la directive européenne lamine déjà les systèmes hospitaliers publics dans tous les pays membres de l’Union européenne.

·         Les mesures d’austérité annoncées pour la sécurité sociale en 2014 porteront notamment sur l’hôpital qui devra « faire un effort » de 440 millions.

 Y voir clair

Qui est « contre » l’hôpital public ? Qui est « contre » les services publics ? A écouter les uns et les autres, de l’extrême gauche à l’extrême droite, on a l’impression que tout le monde agit pour défendre le service public hospitalier ! Mais à l’image des gouvernements successifs qui « réforment » (attaquent !) le système de retraite en nous expliquant que c’est pour mieux le « sauver », nombre d’acteurs politiques et institutionnels tentent de brouiller les pistes en jouant sur la définition des termes « services » et « publics ».

En la matière, le M’PEP se réfère à la définition qu’en a donnée le Conseil national de la Résistance (CNR) à la fin de la Seconde Guerre mondiale :

1.- Un service public doit garantir son accessibilité à l’ensemble de la population.

2.- Un service public est socialisé. Il opère une redistribution des richesses selon des critères politiques définis démocratiquement. Cette redistribution de richesses est à la base de l’idée républicaine de l’égalité en droit. Elle est incompatible avec l’option néolibérale axée sur la marchandisation et la concurrence.

3.- Un service public offre à ses employés un statut qui les protège : la puissance publique doit être exemplaire en tant qu’employeur. Elle doit garantir à son personnel un statut le mettant à l’abri des pressions exercées par les lois du marché dans l’exercice de leur spécialité (notamment la précarité liée au marché de l’emploi).

Cette définition permet d’y voir clair. Ni les « services d’intérêts généraux » européens, ni les « services » au sens où l’entendent l’OMC et les États-Unis ne correspondent à cette définition, car ils considèrent que la santé, l’éducation, les transports, l’énergie (etc.) ne sont que de vulgaires « marchés », sources de profits pour les acteurs financiers.

Les libéraux français - qu’ils soient UMP, PS ou EELV - sont les agents zélés de la machine libérale depuis des décennies. Quant au Front national - qui selon les besoins tient un discours ultra-libéral ou un discours pseudo-social - il a servi depuis trente ans à empêcher les débats de fond. Ces organisations ont leur équivalent partout en Europe. Elles sont le bras politique des classes dominantes sur le continent. Ce sont elles qui au cours des quarante dernières années ont construit les diverses institutions politiques ultra-libérales qui décident aujourd’hui de tout sans demander leur avis aux populations : Union européenne, Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, OMC, OCDE, etc.

Ces institutions politiques mettent en œuvre ce qu’on appelle la « mondialisation ». Cette mondialisation n’a rien à voir avec un « internationalisme » généreux et pacifique. Souvent, elle est confondue avec le développement des nouvelles technologies de la communication (Internet). Mais quand ils parlent de « mondialisation », les libéraux parlent en fait de la libre circulation des marchandises et des capitaux entre les pays. Pour la réaliser, ils procèdent notamment à l’effacement des barrières douanières entre les pays. Ils appellent cela le « libre-échange ». La conséquence en est principalement la mise en concurrence des salariés des différents pays les uns avec les autres.

Concrètement, les biens et les services qui sont produits par les salariés français sont donc mis en concurrence avec les biens et les services produits par les autres salariés, dont les salaires et les lois sociales et environnementales sont bien moins développées qu’en France. Les conséquences sont désastreuses :

·         des délocalisations ayant pour conséquence un chômage massif ;

·         des salaires et des lois sociales et environnementales françaises tirés vers le bas au prétexte de faire en sorte que les biens et les services français restent « compétitifs » sur le grand marché mondialisé ;

·         une baisse des rentrées fiscales due au chômage ;

·         une hausse des dépenses liées au traitement social du chômage ;

·         une baisse des rentrées fiscales due aux baisses d’impôts accordées aux plus riches pour qu’ils consentent à maintenir leurs capitaux en France ;

·         un endettement généralisé lié au manque de rentrées fiscales et aux pratiques usuraires des banques privées qui sont les seules à pouvoir « prêter » de l’argent aux Etats.

Les hôpitaux - qui sont une composante du système social français – subissent donc l’érosion de celui-ci, au même titre que la Sécurité sociale, le système de retraite et les grandes entreprises de service public. Toute l’économie française ainsi que son pendant social sont aujourd’hui étranglés par la concurrence du moins-disant en terme de dignité humaine.

 Aucune victoire significative des luttes engagées

Les "victoires" obtenues çà et là par les luttes locales n’en sont pas : lorsque l’un des procédés visant à la libéralisation est repoussé (maternité sauvée à tel endroit, service de soin maintenu à tel autre), d’autres procédés sont utilisés qui poursuivent le processus engagé de longue date. Car ce processus s’inscrit dans la durée - ce que lui permet le cadre libéral européen - et c’est là sa grande force. Par conséquent, telles qu’elles sont menées depuis trente ans, les luttes n’ont - dans le meilleur des cas – que ralentit le processus mais elles ne l’ont jamais stoppé, encore moins inversé.

 Alors que faire ?

Voilà cinq années que le M’PEP dénonce inlassablement la nocivité du libre-échange et des traités européens qui en sont l’armature. La Coordination nationale des collectifs de défense des hôpitaux et maternités de proximité vient elle aussi, après cinq années de tergiversations, de décider d’agir directement contre l’Union européenne en lançant une pétition [7] pour faire échec à sa « directive service ». Le M’PEP vous invite à la signer et à la faire signer autour de vous.

Cependant, cela ne suffira pas. Dans le système libéral européen, si l’on chasse une directive par la porte, elle revient rapidement par la fenêtre ! La preuve en est que la « directive service » est en réalité la directive « Bolkenstein » dont la perspective avait pourtant provoqué une forte émotion chez les citoyens français en 2005. Cette directive, à peine modifiée, a été inscrite dans le traité de Lisbonne que la grande majorité de la classe politique française de droite et « de gauche » a voté à la demande de Nicolas Sarkozy, en 2007, contre le peuple qui avait dit NON en 2005 ! Quant aux aspects de la directive Bolkenstein qui avaient été retirés face à l’émotion qu’ils avaient suscités, ils reviennent maintenant sur la table !

On le voit bien : dans un système encadré par des traités qui garantissent la pérennité du libre-échange par des lois, celui-ci poursuit implacablement – et logiquement ! - sa destruction des systèmes sociaux les plus avancés.

C’est donc au libre-échange qu’il faut mettre fin. Pour cela il n’y a pas cinquante solutions : il faut remettre des barrières douanières au niveau national pour protéger le système social et relancer l’économie de notre pays.

De telles mesures sont bien entendu interdites par les traités de l’Union européenne. Une Union européenne quasiment impossible à infléchir puisque verrouillée par le principe de l’unanimité. Pour reprendre en main le système social français, les citoyens doivent donc redonner à leur pays la souveraineté perdue vis-à-vis de l’Union européenne. Les directives, les lois et les traités de cette technocratie européenne n’ont aucune légitimité démocratique et sa monnaie plonge les peuples dans une austérité sans fin. Il ne faut plus tergiverser : la France doit sortir de l’euro et de l’Union européenne !

 

Notes

[1] http://www.liberation.fr/societe/2013/07/10/gerald-kierzek-je-n-ai-pas-a-me-taire_917317

[2] http://www.petitions24.net/soutien_au_dr_kierzek_responsable_medical_du_smur_lhotel-dieu

[3] voir par exemple le communiqué de la Fédération des fonctionnaires CGT du 23 juillet 2013 : http://www.equipement.cgt.fr/IMG/pdf/COMMUNIQUE_CGT_ATE_ET_CIMAP_24_07_2013.pdf

[4] Extrait d’un texte de la CGT Finances : « Dans le cadre de l’acte III de la décentralisation, des missions relevant actuellement de la Fonction Publique d’État seraient transférées aux grandes métropoles, avec toutes les conséquences que cela entraînera nécessairement sur la gestion des personnels et sur le statut auquel ils sont rattachés. A titre d’exemple, dans le cadre de la loi créant l’Eurométropole de Lyon, la fiscalité relèvera de cette structure, détachée de la République et directement rattachée à Bruxelles, l’Union Européenne. C’est gravissime. On assiste au retour des grands potentats locaux, la neutralité des fonctionnaires ne sera plus garantie et l’unité de la République sera mise à mal. Alors que ce gouvernement a tout fait pour qu’un accord remettant en cause le CDI dans le privé soit signé, croire que Mme Lebranchu veuille, à travers la réforme qu’elle présentera, conforter la Fonction Publique et ses agents nous semble utopique. Refuser d’arrêter les suppressions d’emplois, c’est refuser de pérenniser les missions de la Fonction Publique. A ce titre n’oublions pas ce qui c’est passé à la poste, à France télécom, etc. »

[5] « Guide relatif à la gestion des services d’intérêt économique général »

[6] Voir à ce sujet le texte du M’PEP : « Le piège européen : SSIG, SIEG, SIG et directive services » : http://www.m-pep.org/spip.php ?article1989

[7] http://reseau-europeen-droit-sante.blogspot.fr

 

 

http://www.m-pep.org/spip.php?article3436

 

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