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La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:22

Un journaliste indépendant qui fait le maximum pour faire connaître Industriels et banquiers français sous l’Occupation vient de lire plusieurs commentaires sur la critique de l’ouvrage parue aujourd’hui sur le site Marianne.fr. Il considère l’intervention en ligne du public comme un moyen efficace – et pratiquement le seul – ­ de combattre la censure, particulièrement hermétique dans la grande presse, qui frappe toute pensée critique.

Aucun journaliste d’un journal ou hebdomadaire de ladite presse n’a demandé l’ouvrage – ­ce qui est, il faut le concéder, plus honnête que d’en solliciter l’expédition pour le jeter à la corbeille ou le vendre dès réception. En revanche, la « réédition » au printemps 2013 de l’ouvrage Les patrons sous l'Occupation (1e édition, Paris, Odile Jacob, 1995) de Jean-Claude Hazera, ancien rédacteur en chef des Échos, et de Renaud de Rochebrune, a fait aussitôt l’objet de comptes rendus dithyrambiques. L’un d’entre eux mérite arrêt. 

ADRESSE DE L’ARTICLE :

http://www.marianne.net/Industriels-et-banquiers-francais-sous-l-occupation_a233244.html

Le plus croustillant de ces émerveillements a en effet été fourni par le supplément éco et entreprise du Monde daté du 3 avril 2013, sous la forme d’un article intitulé « "1940-1944, quand la France était une colonie"' » : http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/03/1940-1944-quand-la-france-etait-une-colonie_3151952_3234.html. Signé de Jean-Claude Hazera, ancien rédacteur en chef des Échos, ce texte présente sur près d’une page la réédition de l’ouvrage de… lui-même et de Renaud de Rochebrune, dont la réédition de 2013 reprend, sans modification, le texte originel de 1995: le seul élément neuf est constitué par une postface de cinquante pages évoquant des débats récents (Renault, SNCF, mission Mattéoli sur la spoliation des juifs de France) ainsi que les travaux qui ont enrichi la connaissance du sujet, notamment ceux du groupement de recherche 2539 du CNRS « Les Entreprises françaises sous l’Occupation » – ­ groupement de recherche que je présente dans L’histoire contemporaine toujours sous influence (Paris, Le Temps des cerises, 2012). M.M. Hazera et de Renaud de Rochebrunecontestent à plusieurs reprises mes propres travaux dans ce très modeste ajout.  Le droit à critique est naturellement légitime, mais il convient de préciser qu’aucune rubrique du Monde n’a jamais rendu compte de mes travaux sur la collaboration (ou sur quoi que ce soit d’autre), et que les deux auteurs ont disposé de tribunes libres dans Libération, en 1997, et ailleurs, pour me mettre très sévèrement en cause sans que j’aie jamais pu disposer d’un droit de réponse.

Philippe Escande, responsable depuis juin 2012 du supplément éco et entreprise du « journal de référence », a longtemps travaillé aux Echos sous la direction de… Jean-Claude Hazera.   Il a donc fait assurer la publicité d’un ouvrage par son ancien « patron » et copain des Echos, qui se trouve être l’auteur lui-même de l’ouvrage loué! On atteint les cimes du « passe-moi le séné, je te passe la rhubarbe ». J’ai attendu, devant une violation si flagrante, de la déontologie du métier, l’intervention du médiateur du Monde. J’attends encore…

 

Vu le traitement habituel des sciences sociales critiques, le journaliste indépendant susmentionné juge important que ceux qui ont quelque chose à dire sur Industriels et banquiers français sous l’Occupation n’hésitent pas à s’exprimer sur le sujet. Inutile de préciser que je partage son avis.

 

Bien cordialement à tous,

Annie Lacroix-Riz 

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:16

Un rapport confidentiel des préfets montre les racines d'une exaspération qui peine à s'exprimer sur le terrain social, mais qui menace de tout emporter dans les urnes.

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C'est une note de quatre pages, classée "confidentiel" et rédigée par le ministère de l'Intérieur. Chaque mois, les services de Manuel Valls, sur la foi des rapports que leur adressent les préfets, rédigent une "synthèse", qui est une manière de plonger dans les méandres de l'opinion publique. Elle dit l'esprit du temps, le moral des élus et l'humeur des Français, ceux que l'on entend peu dans les grands médias et qui représentent ce que certains appellent "le pays profond".

 

La dernière en date de ces synthèses a été publiée le 27 septembre dernier. Elle est remontée illico jusqu'au sommet de l'Etat et a été jugée suffisamment inquiétante à l'Elysée et à Matignon, pour que, cette fois-ci, elle soit communiquée aux principaux dirigeants de la majorité.

 

La France gronde, les Français sont en "colère ". 

Ce mot-là, François Hollande, en déplacement la semaine dernière en Haute-Loire, l'a d'ailleurs prononcé publiquement. Dans la synthèse des préfets, il ne figure pas de façon explicite. Mais c'est tout comme ! Les casquettes de la République n'ont pas l'habitude d'employer les formules chocs et les phrases qui claquent.

C'est ce qui fait tout l'intérêt de la note du 27 septembre.

 

Il faut savoir la décoder pour mesurer son caractère alarmiste. Tout est écrit par petites touches qui signalent, une à une, les sources d'un mécontentement qui monte, qui tourne, qui s'alimente parfois à de petits riens dont on mesure toutefois combien ils pourraient devenir explosifs si demain ils devaient se cristalliser dans un même mouvement.

On n'en est pas encore là.

C'est ce qui explique, au bout du compte, un climat insaisissable fait d'aigreurs accumulées, sur fond de ressentiment à l'égard de ce qui vient d'en haut, du pouvoir parisien, de ceux qui gouvernent l'Etat.

"Un sentiment d'abandon"

Le premier point mis en exergue par les préfets porte sur le monde rural. Celui-ci "s'organise pour revendiquer une spécificité de traitement dans les réformes en cours".

A quelques mois des municipales, il n'y a rien là de secondaire.

Si le redécoupage cantonal "ne suscite guère de réactions dans l'opinion, il fait parfois l'objet de débats enflammés dans les exécutifs locaux". Plus que "des accusations partisanes", les préfets notent ainsi "les inquiétudes sur les conséquences d'un tel redécoupage sur le maillage territorial des services publics et l'éligibilité à certaines subventions ou projets d'équipements".

Le discours qui monte est tout entier dirigé "contre l'hégémonie des métropoles" que le gouvernement serait en train d'organiser à travers la loi Lebranchu.

Chez les petits élus, tout fait désormais sens : les restructurations liées au vote de la loi de programmation militaire aussi bien que la réforme Peillon des rythmes scolaires.

Le sentiment qui domine est "un sentiment d'abandon".

Le deuxième point abordé par les préfets a davantage fait les gros titres des médias."Inquiets du discours antifiscal qui pourrait favoriser les extrêmes, écrivent-ils, les élus considèrent que les limites du consentement à l'impôt sont atteintes."

Là encore tout converge : "Dans les esprits où domine la hantise du chômage et de la baisse du pouvoir d'achat, la hausse de la fiscalité devient un élément anxiogène de plus." 

L'expression utilisée est celle de "choc psychologique" pour "des foyers jusque-là non imposables". A preuve, " l'afflux record dans certains centres de finances publiques de contribuables à la recherche d'informations ".

Dans ce contexte, "les élus confient avoir constaté la radicalisation des propos de leurs administrés qui fustigent 'un matraquage fiscal' et 'une hausse insupportable d'impôts qui financent un système trop généreux'."

Et les préfets de conclure : "La menace de désobéissance fiscale est clairement brandie."

 

Le troisième point abordé par les casquettes de la République porte sur "l'évolution des modes de délinquance". "Médiatisation croissante des faits divers par les médias locaux [...] dans des régions qui s'en croyaient indemnes" ; "cambriolages, délinquance de proximité, incivilités" : la formule choisie pour résumer le sentiment des Français se passe de commentaire.

 

Tout cela "inquiète autant que cela exaspère". C'est ce qui conduit les préfets à souligner que "la population semble désormais prête à s'impliquer davantage dans la lutte contre la délinquance à travers des opérations comme 'voisins vigilants' ou 'alertes commerce'".

Enfin, sur un mode un peu plus positif au regard des mesures prises récemment par le gouvernement avec notamment la baisse de la TVA sur la rénovation de logements, les préfets soulignent "la situation de détresse" qui est aujourd'hui celle des professionnels du bâtiment.

Loin du discours convenu sur les bienfaits supposés du statut d'auto-entrepreneur, ils rappellent ainsi que "dans certains départements, près de 70% des créations d'entreprises artisanales" relèvent de ce dit statut. Ce qui, ajouté à "la concurrence d'entreprises étrangères qualifiée de low cost", entretient un discours récurrent sur la "concurrence déloyale".

Ras-le-bol fiscal

Faut-il dès lors s'étonner que le Front national monte dans les sondages ?

Sentiment d'abandon des zones rurales, ras-le-bol fiscal, augmentation de la petite délinquance, détresse du monde artisanal : on retrouve là tous les ingrédients qui, mis bout à bout, nourrissent le programme lepéniste dans ce qu'il a de plus tristement classique. 

Durant l'été dernier, Hollande confiait volontiers son inquiétude de voir la réforme des retraites "unifier" un mécontentement latent.

"Si ça prend, disait-il en privé, toutes les catégories qui grognent oublieront leurs antagonismes pour se retrouver derrière la première manif venue." Le danger n'est plus là. La réforme des retraites, bouclée fin août avec un sens achevé de l'équilibre hollandais, a étouffé dans l'oeuf le mouvement social et du même coup les projets assassins de la gauche Mélenchon, en lien avec les secteurs les plus durs de la CGT ou de FO.

Sur le front de l'emploi, les plans sociaux qui tombent provoquent plus de ressentiments que de mobilisations. De même qu'il existe des grèves perlées, on voit s'installer une colère diffuse qui entretient dans le pays ce curieux climat où l'insatisfaction domine sans que jamais elle ne s'exprime de manière unifiée dans la rue.

"Ne comptez plus sur notre bulletin de vote"

Aujourd'hui, on en est là. Les sondages le disent. Les préfets le confirment. Les plus expérimentés des élus de gauche confient, la peur au ventre, que cette situation leur rappelle celle qui prédominait avant leur déroute des législatives de 1993. "Les gens se taisent. Bien sûr, sur les marchés, nos sympathisants viennent râler. Mais tous les autres ont le visage fermé, témoigne un député d'Ile-de-France. Ils se contentent d'un 'C'est dur, hein !' dont on sent bien qu'il veut dire 'Ne comptez plus sur notre bulletin de vote'. "

 

L'abstention, voilà l'ennemi. Celui qui fait trembler les candidats de l'actuelle majorité, à l'approche des municipales. Avec, en toile de fond, une attention croissante au discours lepéniste, perçu comme la dernière manifestation possible de ce refus du "système" qui fait désormais florès.

Dans ce climat délétère, tout est désormais fléché pour que la colère qui monte se porte sur le seul terrain électoral.

Quand Jean-François Copé répète à tout-va que la seule manière de "sanctionner le pouvoir" est de favoriser une "vague bleue" aux prochaines municipales, mesure-t-il qu'il ne se trompe sur rien, sauf sur la couleur exacte d'un vote qui s'annonce essentiellement "bleu Marine" ?

Face à cela, la majorité ne peut compter que sur l'implantation de ses élus sortants. Elle tente de faire souffler sur le pays un air d'optimisme, encouragé par la croissance qui revient et la courbe du chômage qui devrait s'inverser à la fin de l'année.

C'est peu et beaucoup à la fois. C'est un peu tard surtout pour espérer que le courant qui enfle, dans les profondeurs du pays, puisse être freiné dans les mois à venir. 

 En 2014, immanquablement, tombera la facture.

Pour Hollande, comme pour la droite républicaine, il n'y a guère de raison de penser qu'à la colère qui gronde, ne succédera pas, demain, une de ces sanctions dont on ne pourra pas dire qu'elle est venue par surprise

 

 

(sur le site de Jean Levy et El Diablo)

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:07

Le nombre de pauvres a augmenté en France de 1 million entre 2008 et 2011 selon une étude de l’Observatoire des inégalités.

 

La hausse du nombre de personnes pauvres en France s’affirme et s’accélère.

 

Aujourd’hui, un peu plus de 8,8 millions de personnes doivent vivre avec moins de 60 % du revenu médian en France (977 euros par mois pour un individu seul, 2.052 euros pour un couple avec deux enfants en bas âge).

 

Plus d’une personne sur dix de la catégorie des 20-29 ans est pauvre et 1,7 million d’enfants et d’adolescents se trouvent dans le même cas. « Ils le sont parce que leurs parents disposent de revenus insuffisants, notamment du fait du chômage, des bas salaires et du morcellement des temps de travail », indique l’étude.

 

Tous les pauvres ne sont pas chômeurs, loin s’en faut. Pas moins de 1,9 million de personnes vivant sous le seuil des 60 % du revenu médian exercent une activité.

 

Observatoire des inégalités d’octobre 2013

 

Transmis par Augustin VINALS

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 13:57

 Samedi 19 octobre à Paris se tenait un rassemblement dans le cadre de la "Journée européenne contre le logement cher, la spéculation et pour le droit au logement". Il s’agissait par ailleurs de dénoncer la politique de logement de ce gouvernement et de réclamer le relogement de 300 familles.

Alors que le rassemblement avait été déposé en préfecture et que les personnes rassemblées commençaient à quitter les lieux du fait de l’attitude menaçante des policiers, elles ont été violemment attaquées par les CRS présents. Les policiers se sont déchaînés et une dizaine de personnes ont été blessées, notamment le porte-parole de l’association Droit au logement (DAL), Jean-Baptiste Eyraud, auquel les forces de l’ordre ont réservé un traitement particulier en lui brisant deux côtes.

Dix personnes ont porté plainte contre ces violences policières qui ont occasionné des interruptions de temps de travail allant de deux jours à une semaine chez sept militantes et militants.

Voilà comment ce gouvernement traite celles et ceux qui luttent pour le droit au logement dans ce pays : il envoie sa police, largement conquise aux idées d’extrême droite, tabasser des militantes et militants. Voilà la politique de logement de ce gouvernement d’incapables et de nantis. Bien installés dans leur confort de bourgeois, dans leurs cocons ministériels, ils et elles ne sont certainement pas en mesure de saisir l’urgence vécue par des millions de personnes à travers le pays sur la question du logement.

La loi Duflot qui vient d’être votée n’est qu’une miette de pain envoyée pour résoudre une famine. La mesure phare de la loi, qui soi-disant consiste à encadrer les loyers, ne vise en réalité qu’à encadrer la hausse de ces loyers. Pourtant ceux-ci ont augmenté de plus de 35 % en 10 ans et représentent une moyenne (logements sociaux compris) en dépense de 27 % des revenus par ménage. Dans le privé, c’est 40 % des revenus !

Depuis dix ans, le nombre d’expulsions a doublé, comme le nombre de sans-abri, à mesure que les loyers et l’immobilier flambent, que la précarité, la pauvreté salariale et le chômage s’étendent, que les charges, l’énergie, les transports, les soins, et les produits alimentaires de base augmentent !

Pourtant des solutions existent et certaines sont même inscrites dans la loi ! Ainsi, les lois sur le droit au logement opposable (Dalo) et sur la Solidarité et le renouvellement urbain (SRU) ne sont pas appliquées par des gouvernements soucieux avant tout de préserver le droit des spéculateurs alors que des millions de logements sont vacants !

Alternative libertaire condamne la répression dont ont été victimes les militantes et militants pour le droit au logement le samedi 19 octobre et exprime sa solidarité avec ces derniers.

Alternative libertaire revendique la réquisition des logements vides, l’expropriation des spéculateurs et l’interdiction d’acheter des logements si c’est pour ne pas pour les habiter.

 

Alternative libertaire, le 29 octobre 2013

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 13:55

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP). 

Le 15 octobre 2013.

 

Depuis trente ans, tout comme l’ensemble des services publics, les hôpitaux de France sont victimes d’attaques qui visent à les « libéraliser » (privatiser). Ces attaques se sont intensifiées depuis quelques années. Les luttes telles qu’elles sont conduites depuis trois décennies ne permettent même plus d’en affaiblir la portée. Elles doivent donc être radicalement réorientées.

Les attaques libérales contre le système hospitalier prennent plusieurs formes :

·         tentatives de regroupement avec le secteur privé à travers un « partenariat » public-privé (PPP) ;

·         affaiblissement de l’offre de soin - qui profite indirectement à l’offre privée existante ;

·         « mutualisations de moyens » techniques et humains de l’hôpital avec la clinique privée et la médecine de ville.

Des mesures politiques et juridiques rendent possibles ces attaques :

·         l’endettement artificiel de l’hôpital par la « tarification à l’acte » (T2A) mis en place par la majorité précédente. Conséquences : fermeture de lits, insuffisance du recrutement infirmier, etc. ;

·         la création des agences régionales de santé (ARS) qui ne sont que des instances chargées d’appliquer les directives gouvernementales et européennes ;

·         le « budget autonome » imposé par la comptabilité territoriale (chaque service devant rechercher « l’équilibre ») ;

·         la rénovation par emprunts - au demeurant toxiques - sans plafonnement des taux d’intérêts par l’État qui grèvent le budget ;

·         la Révision générale des politiques publiques (RGPP) qui a grandement diminué les moyens de financement des services publics par la puissance publique ;

·         le droit européen qui affaiblit juridiquement l’ensemble des services publics français à travers – notamment - la « directive service » ;

·         les règles du commerce international orchestrées par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui visent à la marchandisation de tous les services.

 La libéralisation du service public hospitalier se poursuit sans faiblir

La machine libérale tourne à plein régime et il suffit de regarder ce qui se passe un peu partout sur le territoire pour comprendre que l’avenir de chaque hôpital ne se joue pas localement. Quelques éléments significatifs :

·         Il ne se passe pas un mois sans qu’une structure hospitalière soit menacée. Ces dernières semaines ont vu la suppression des services d’urgence à l’hôpital de Pont-à-Mousson (54), la « restructuration » à Freyming-Merlebach (Moselle), les menaces sur le "Mas Careiron", hôpital psychiatrique d’Uzès (Gard), etc. Le changement de majorité n’a rien changé : dans les hôpitaux, le feu est partout. On compte toujours autant de fermetures de centres et de décisions politiques affectant le fonctionnement des centres hospitaliers. Les responsables politiques montrent des signes de fébrilité devant les actes de résistances qui se multiplient. Dernière sanction en date : le Dr Gérald Kierzek, responsable du SMUR de l’Hôtel Dieu-Paris a été relevé de ses fonctions pour avoir exprimé son désaccord avec le projet de fermeture des urgences et avoir animé son comité de défense [1]. Une pétition circule pour que cette mesure disciplinaire soit levée [2] .

·         La RGPP (Révision générale des politiques publiques) de Chirac/Sarkozy a été remplacée par la MAP (modernisation de l’action publique) et la mise en place du CIMAP (Comité interministériel pour la modernisation de l’action publique) de Hollande, sans que rien ne soit changé dans l’esprit ni dans les objectifs du précédent. Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, le dernier rapport de ce comité annonce des attaques supplémentaires contre les services publics [3].

·         La ministre Le Branchu annonce un projet de loi qui vise à « réformer » le statut des fonctionnaires [4]. Les personnels hospitaliers seront impactés par ce qui s’annonce comme une nouvelle atteinte à leur statut.

·         Le gouvernement vient d’éditer une très importante brochure « de cadrage » dans laquelle il rappelle ce que le droit européen entend par « services d’intérêt économique général » (SIEG) [5]. Ce texte montre à qui en doutait encore que pour les "socialistes" au pouvoir, la page des services publics français doit être tournée. Les références faites au droit européen – qui ne reconnaît pas les services publics français [6] – sont innombrables, effaçant de facto le droit national en la matière. Le gouvernement actuel reprend donc à son compte ce qu’a fait le gouvernement précédent, esquivant tout débat public et rappelant à l’ordre tous ceux qui avaient cru possible d’exclure par une loi nationale un certain nombre de services de la logique marchande de l’Union européenne.

·         Depuis le 8 juillet, le gouvernement participe aux négociations entre l’Union européenne et les États-Unis en vue de la création d’un « partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement » (PTCI). Ainsi qu’il est inscrit à plusieurs reprises dans le mandat des négociateurs européen, « l’accord vise à améliorer l’accès mutuel aux marchés publics ». Il s’agirait donc de mettre en place une « directive service » à l’échelle intercontinentale, alors que la directive européenne lamine déjà les systèmes hospitaliers publics dans tous les pays membres de l’Union européenne.

·         Les mesures d’austérité annoncées pour la sécurité sociale en 2014 porteront notamment sur l’hôpital qui devra « faire un effort » de 440 millions.

 Y voir clair

Qui est « contre » l’hôpital public ? Qui est « contre » les services publics ? A écouter les uns et les autres, de l’extrême gauche à l’extrême droite, on a l’impression que tout le monde agit pour défendre le service public hospitalier ! Mais à l’image des gouvernements successifs qui « réforment » (attaquent !) le système de retraite en nous expliquant que c’est pour mieux le « sauver », nombre d’acteurs politiques et institutionnels tentent de brouiller les pistes en jouant sur la définition des termes « services » et « publics ».

En la matière, le M’PEP se réfère à la définition qu’en a donnée le Conseil national de la Résistance (CNR) à la fin de la Seconde Guerre mondiale :

1.- Un service public doit garantir son accessibilité à l’ensemble de la population.

2.- Un service public est socialisé. Il opère une redistribution des richesses selon des critères politiques définis démocratiquement. Cette redistribution de richesses est à la base de l’idée républicaine de l’égalité en droit. Elle est incompatible avec l’option néolibérale axée sur la marchandisation et la concurrence.

3.- Un service public offre à ses employés un statut qui les protège : la puissance publique doit être exemplaire en tant qu’employeur. Elle doit garantir à son personnel un statut le mettant à l’abri des pressions exercées par les lois du marché dans l’exercice de leur spécialité (notamment la précarité liée au marché de l’emploi).

Cette définition permet d’y voir clair. Ni les « services d’intérêts généraux » européens, ni les « services » au sens où l’entendent l’OMC et les États-Unis ne correspondent à cette définition, car ils considèrent que la santé, l’éducation, les transports, l’énergie (etc.) ne sont que de vulgaires « marchés », sources de profits pour les acteurs financiers.

Les libéraux français - qu’ils soient UMP, PS ou EELV - sont les agents zélés de la machine libérale depuis des décennies. Quant au Front national - qui selon les besoins tient un discours ultra-libéral ou un discours pseudo-social - il a servi depuis trente ans à empêcher les débats de fond. Ces organisations ont leur équivalent partout en Europe. Elles sont le bras politique des classes dominantes sur le continent. Ce sont elles qui au cours des quarante dernières années ont construit les diverses institutions politiques ultra-libérales qui décident aujourd’hui de tout sans demander leur avis aux populations : Union européenne, Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, OMC, OCDE, etc.

Ces institutions politiques mettent en œuvre ce qu’on appelle la « mondialisation ». Cette mondialisation n’a rien à voir avec un « internationalisme » généreux et pacifique. Souvent, elle est confondue avec le développement des nouvelles technologies de la communication (Internet). Mais quand ils parlent de « mondialisation », les libéraux parlent en fait de la libre circulation des marchandises et des capitaux entre les pays. Pour la réaliser, ils procèdent notamment à l’effacement des barrières douanières entre les pays. Ils appellent cela le « libre-échange ». La conséquence en est principalement la mise en concurrence des salariés des différents pays les uns avec les autres.

Concrètement, les biens et les services qui sont produits par les salariés français sont donc mis en concurrence avec les biens et les services produits par les autres salariés, dont les salaires et les lois sociales et environnementales sont bien moins développées qu’en France. Les conséquences sont désastreuses :

·         des délocalisations ayant pour conséquence un chômage massif ;

·         des salaires et des lois sociales et environnementales françaises tirés vers le bas au prétexte de faire en sorte que les biens et les services français restent « compétitifs » sur le grand marché mondialisé ;

·         une baisse des rentrées fiscales due au chômage ;

·         une hausse des dépenses liées au traitement social du chômage ;

·         une baisse des rentrées fiscales due aux baisses d’impôts accordées aux plus riches pour qu’ils consentent à maintenir leurs capitaux en France ;

·         un endettement généralisé lié au manque de rentrées fiscales et aux pratiques usuraires des banques privées qui sont les seules à pouvoir « prêter » de l’argent aux Etats.

Les hôpitaux - qui sont une composante du système social français – subissent donc l’érosion de celui-ci, au même titre que la Sécurité sociale, le système de retraite et les grandes entreprises de service public. Toute l’économie française ainsi que son pendant social sont aujourd’hui étranglés par la concurrence du moins-disant en terme de dignité humaine.

 Aucune victoire significative des luttes engagées

Les "victoires" obtenues çà et là par les luttes locales n’en sont pas : lorsque l’un des procédés visant à la libéralisation est repoussé (maternité sauvée à tel endroit, service de soin maintenu à tel autre), d’autres procédés sont utilisés qui poursuivent le processus engagé de longue date. Car ce processus s’inscrit dans la durée - ce que lui permet le cadre libéral européen - et c’est là sa grande force. Par conséquent, telles qu’elles sont menées depuis trente ans, les luttes n’ont - dans le meilleur des cas – que ralentit le processus mais elles ne l’ont jamais stoppé, encore moins inversé.

 Alors que faire ?

Voilà cinq années que le M’PEP dénonce inlassablement la nocivité du libre-échange et des traités européens qui en sont l’armature. La Coordination nationale des collectifs de défense des hôpitaux et maternités de proximité vient elle aussi, après cinq années de tergiversations, de décider d’agir directement contre l’Union européenne en lançant une pétition [7] pour faire échec à sa « directive service ». Le M’PEP vous invite à la signer et à la faire signer autour de vous.

Cependant, cela ne suffira pas. Dans le système libéral européen, si l’on chasse une directive par la porte, elle revient rapidement par la fenêtre ! La preuve en est que la « directive service » est en réalité la directive « Bolkenstein » dont la perspective avait pourtant provoqué une forte émotion chez les citoyens français en 2005. Cette directive, à peine modifiée, a été inscrite dans le traité de Lisbonne que la grande majorité de la classe politique française de droite et « de gauche » a voté à la demande de Nicolas Sarkozy, en 2007, contre le peuple qui avait dit NON en 2005 ! Quant aux aspects de la directive Bolkenstein qui avaient été retirés face à l’émotion qu’ils avaient suscités, ils reviennent maintenant sur la table !

On le voit bien : dans un système encadré par des traités qui garantissent la pérennité du libre-échange par des lois, celui-ci poursuit implacablement – et logiquement ! - sa destruction des systèmes sociaux les plus avancés.

C’est donc au libre-échange qu’il faut mettre fin. Pour cela il n’y a pas cinquante solutions : il faut remettre des barrières douanières au niveau national pour protéger le système social et relancer l’économie de notre pays.

De telles mesures sont bien entendu interdites par les traités de l’Union européenne. Une Union européenne quasiment impossible à infléchir puisque verrouillée par le principe de l’unanimité. Pour reprendre en main le système social français, les citoyens doivent donc redonner à leur pays la souveraineté perdue vis-à-vis de l’Union européenne. Les directives, les lois et les traités de cette technocratie européenne n’ont aucune légitimité démocratique et sa monnaie plonge les peuples dans une austérité sans fin. Il ne faut plus tergiverser : la France doit sortir de l’euro et de l’Union européenne !

 

Notes

[1] http://www.liberation.fr/societe/2013/07/10/gerald-kierzek-je-n-ai-pas-a-me-taire_917317

[2] http://www.petitions24.net/soutien_au_dr_kierzek_responsable_medical_du_smur_lhotel-dieu

[3] voir par exemple le communiqué de la Fédération des fonctionnaires CGT du 23 juillet 2013 : http://www.equipement.cgt.fr/IMG/pdf/COMMUNIQUE_CGT_ATE_ET_CIMAP_24_07_2013.pdf

[4] Extrait d’un texte de la CGT Finances : « Dans le cadre de l’acte III de la décentralisation, des missions relevant actuellement de la Fonction Publique d’État seraient transférées aux grandes métropoles, avec toutes les conséquences que cela entraînera nécessairement sur la gestion des personnels et sur le statut auquel ils sont rattachés. A titre d’exemple, dans le cadre de la loi créant l’Eurométropole de Lyon, la fiscalité relèvera de cette structure, détachée de la République et directement rattachée à Bruxelles, l’Union Européenne. C’est gravissime. On assiste au retour des grands potentats locaux, la neutralité des fonctionnaires ne sera plus garantie et l’unité de la République sera mise à mal. Alors que ce gouvernement a tout fait pour qu’un accord remettant en cause le CDI dans le privé soit signé, croire que Mme Lebranchu veuille, à travers la réforme qu’elle présentera, conforter la Fonction Publique et ses agents nous semble utopique. Refuser d’arrêter les suppressions d’emplois, c’est refuser de pérenniser les missions de la Fonction Publique. A ce titre n’oublions pas ce qui c’est passé à la poste, à France télécom, etc. »

[5] « Guide relatif à la gestion des services d’intérêt économique général »

[6] Voir à ce sujet le texte du M’PEP : « Le piège européen : SSIG, SIEG, SIG et directive services » : http://www.m-pep.org/spip.php ?article1989

[7] http://reseau-europeen-droit-sante.blogspot.fr

 

 

http://www.m-pep.org/spip.php?article3436

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 13:54

 Chronique de Jacques Nikonoff du 24 octobre 2013.


Le candidat du Front national (FN) à l’élection cantonale partielle de Brignoles (Var), Laurent Lopez, a été élu au second tour le 13 octobre. Ce qui est nouveau avec cette victoire, c’est qu’elle intervient à la suite d’un duel et non d’une triangulaire, ce qui n’était pas le cas des deux sièges gagnés par le FN aux législatives 2012. Cette élection marque le passage symbolique d’un système politique fondé sur le bipartisme à un nouveau système, totalement inconnu, le tripartisme. La présidentielle et les législatives de 2017 sont en ligne de mire et peuvent être bouleversées après l’étape des élections européennes.

Selon le journal Le Figaro, qui a mené une campagne habile en faveur du candidat FN, ce dernier aurait fait une « percée  » qui expliquerait sa victoire. C’est totalement inexact. Le FN a légèrement baissé lors des trois derniers scrutins cantonaux à Brignoles : 2 757 voix en 2011, 2 734 en 2012, et 2 718 en 2013 au premier tour. Où est la « percée  » ? Il est vrai, en revanche, que le candidat FN a gagné 2 300 voix au second tour. Ces voix viennent notamment des deux communes les plus à gauche du canton, ce qui fait dire à une étude menée par l’IFOP que le candidat frontiste a « vraisemblablement bénéficié de voix venant de la gauche » (Focus n° 97, octobre 2013). Comment apprécier ce résultat ? Le nombre de voix recueillies par Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2012 peut être considéré comme la référence à partir de laquelle étalonner les résultats des candidats frontistes lors des différentes élections. Dans le canton de Brignoles, Marine Le Pen a fait 4 649 voix en 2012 alors que le candidat FN à la cantonale 2013 a fait 5 031, soit 382 de plus. Il a donc progressé au deuxième tour, mais peut-on vraiment parler d’une « percée  » ?

Brignoles : un bastion de droite

Ajoutons que le FN est implanté de longue date dans le canton de Brignoles, il a été présent à tous les seconds tours des cantonales depuis 1985. La mairie de Brignoles a été gagnée en 1995 par une liste d’union de la gauche conduite par un communiste à l’occasion d’une triangulaire. Elle a été perdue en 2001, reprise en 2008 par le PCF encore à l’occasion d’une triangulaire. En 1998, lors d’une nouvelle triangulaire, le communiste gagnait le canton et le conservait en 2004 toujours lors d’une triangulaire. En 2011 le candidat FN gagne le canton avec 5 voix d’avance sur le communiste (seul cas avec celui de Cavaillon). Cette élection est annulée. Le 1er juillet 2012, au deuxième tour, le communiste l’emporte avec 13 voix d’avance.

Le canton de Brignoles est un bastion de droite. Nicolas Sarkozy a obtenu 58% des voix au deuxième tour de la présidentielle de 2012 et 62% en 2007. Ce n’est pas une ville raciste – racisme qui pourrait expliquer le vote FN - puisque l’ancien maire UMP, Jacques Cestor, noir d’origine martiniquaise, a été réélu six fois : trois fois comme maire (de 1980 à 1995) et trois fois au Conseil général.

L’abstention : un acte politique

La donnée la plus importante à Brignoles est l’abstention. Elle a été de 67% au premier tour et de 55% au second. C’est un record absolu par rapport aux élections cantonales passés : 34% en 2004, 52% en 2011, 58% en 2012. Ce phénomène d’abstention a déjà été observé dans les autres élections partielles. Ainsi la majorité des électeurs, surtout des classes populaires, boycotte désormais les élections. On peut parler de boycott car cette abstention est un geste politique tout à fait clair : les citoyens considèrent qu’ils n’ont plus le choix. A quoi bon, dès lors, aller voter ? Pourrait-on leur donner tort quand la politique de monsieur Hollande est dans la continuité de celle de monsieur Sarkozy ?

Ces électeurs qui boycottent les élections rejettent un système qui ressemble de plus en plus à celui en vigueur aux États-Unis avec les démocrates et les républicains, ou en Grande-Bretagne avec les travaillistes et les conservateurs. Autrement dit bonnet blanc et blanc bonnet. Ces partis, qui font semblant de s’opposer, se passent et se repassent le pouvoir sans rien changer à la vie quotidienne des citoyens faite de chômage, de précarité et de difficultés de toutes sortes.

Ni le PS (avec le PCF et Jean-Luc Mélenchon hier dans la gauche plurielle et aujourd’hui qui déclarent faire partie de la « majorité politique » avec le PS) ni l’UMP n’ont éradiqué le chômage. S’il n’y a plus le choix, en effet, pourquoi voter ?

Certes le FN a remporté le canton de Brignoles à l’issue d’un duel, mais ce n’est qu’avec 5 031 voix sur 20 728 inscrits, soit 24%. Moins d’un quart de la population seulement a voté pour le FN (sans compter les non-inscrits), entachant cette élection d’un manque de légitimité flagrant.

Il ne faudrait pas en tirer la conclusion, lourdement suggérée par les grands médias, que le FN serait en train de devenir le premier parti de France. Le premier parti de France est celui des abstentionnistes qui boycottent désormais majoritairement les élections. Quand Marine Le Pen affirme que « le FN est d’ores et déjà le premier parti de France » (Le Figaro, 8 octobre 2013), bien sûr elle ment.

Le FN : troisième acteur du jeu politique

La voie est néanmoins ouverte à autre chose, et c’est ainsi que le FN est en train de s’installer comme troisième acteur du jeu politique dans un système qui passe du bipartisme au tripartisme.

Avec le tripartisme, c’est le FN qui porte la dynamique de changement exigée par une partie croissante de la population. Il a battu, à Brignoles, le « front républicain » dont l’avenir, lors des autres consultations électorales, est sérieusement compromis. Écœurée par la politique du gouvernement PS-EELV, une partie de l’électorat de gauche, principalement, s’abstient. C’est une forme d’insurrection civique qui promet que des secousses sont à venir. Le Front de gauche a disparu des radars, il n’apparaît pas comme une alternative crédible. La raison est très simple à comprendre. Quand la direction du PCF multiplie les signes de soumission au PS, masqués derrières des rideaux fumée rhétoriques sur la lutte contre l’austérité, et qu’elle appelle dans le même temps à des listes communes avec le PS au premier tour des municipales, elle fait fuir la population qui rejette la politique d’austérité menée par les socialistes. Quand Jean-Luc Mélenchon propose d’être le Premier ministre de François Hollande et qu’il répète inlassablement « l’euro est nous » et que la sortie de l’Union européenne et de l’euro seraient « catastrophiques  », il faut fuir la population qui a compris quelle était la véritable nature du système de Bruxelles.

Désarroi de la gauche

L’analyse des raisons de la défaite de Brignoles par la direction du PCF est emblématique du désarroi de la gauche. Ainsi le journal l’Humanité a commis une analyse particulièrement affligeante pour expliquer la victoire du FN. Il y aurait, selon le journal du PCF, « cinq clés d’explication du scrutin » : 1) une extrême droite bien implantée et mobilisée sur le terrain ; 2) deux électeurs sur trois n’auraient pas vu l’utilité de se rendre aux urnes(on ne nous dit pas pourquoi) ; 3) la candidature écologiste aurait contribué à l’échec de la gauche ; 4) un score historiquement bas pour l’ensemble de la gauche ; 5) miraculée, la droite relève la tête mais reste loin derrière le FN. Le rejet de la politique gouvernementale par les électeurs, comme la confusion entretenue par le PCF qui fait son candidat à Brignoles par le PS dès le premier tout n’apparaissent pas, pour l’Humanité, comme des causes majeures de cette victoire (en fait la cause principale). Heureusement que ce même journal, le même jour, une page plus loin, donne les véritables raisons du vote à Brignoles à partir d’un micro-trottoir : le FN est le seul « qui parle de l’euro qui démolit la France » ; la France est « bloquée par l’Europe » ; etc.

Ce que ne comprend pas ou ne veut pas comprendre la direction du PCF, c’est que le soutien du PS au candidat PCF à Brignoles a été dévastateur. Le PCF a organisé un véritable brouillage qui a désorienté les électeurs. Et il est train de poursuivre consciencieusement dans cette voie funeste de division des forces à la gauche du PS en tentant de réaliser des listes d’union avec le PS au premier tour des municipales. Ajoutons les titres d’une mauvaise foi incroyable de l’Humanité après le vote majoritaire, à 57%, des communistes parisiens en faveur d’une liste commune avec le PS dans la capitale. Le journal communiste ose titrer : « A Paris, le PCF choisit la gauche unie ». Non ! Le PCF a choisi la droite masquée et la division des forces placées à gauche du PS. Il devrait pourtant être admis que le PS n’est pas de gauche. Le PS est sur une ligne néolibérale depuis 30 ans, date du « tournant de la rigueur de 1982-1983 ». C’est ce qu’ont compris beaucoup d’électeurs pour lesquels il n’y a pas de différence entre le gang de Solferino (PS) et le gang du Fouquet’s (UMP). Surtout parmi les classes populaires dont il n’y a encore pas si longtemps le PCF se prévalait d’être le porte-voix.

On ne peut pas non plus comparer, comme le fait le PCF, le score du candidat communiste à Brignoles et celui de Mélenchon à la présidentielle de 2012 ni aux législatives de la même année. A la présidentielle, Mélenchon fait 10,91% sur le canton, et le candidat Front de gauche 7,27% aux législatives, contre 14,58% au candidat communiste à la cantonale de Brignoles. La différence est que le candidat communiste, en 2013, était soutenu par le PS !

La fabrication du FN

Depuis deux siècles, la vie politique française, comme dans beaucoup d’autres pays, a été scandée par l’opposition entre deux forces : la gauche d’un côté et la droite de l’autre. Un camp était censé représenter le progrès, et l’autre le conservatisme. Ce schéma vient de voler en éclat après l’élection de Brignoles. Certes, il ne s’agit que d’une date symbolique car le poids électoral national du FN rivalisait déjà avec ceux du PS et de l’UMP depuis plusieurs années. Ainsi, au premier tour de la présidentielle de 2012, Marine Le Pen obtenait 17,90% (28,63% pour François Hollande et 27,18% pour Nicolas Sarkozy). En 2002, c’est Jean-Marie Le Pen qui obtenait 16,86% (19,88 pour Jacques Chirac et 16,18% pour Lionel Jospin). Néanmoins, les caractéristiques de l’élection de Brignoles en font un tournant dans l’histoire politique du pays.

Désormais, lors des élections à deux tours (municipales, cantonales, législatives, présidentielle), la probabilité de la présence du FN, faisant plus ou moins jeu égal avec le PS et l’UMP, est considérablement renforcée. Le PS, qui a « fabriqué  » le FN depuis 1982 pour diviser la droite et gagner les législatives dans des triangulaires, se trouve désormais pris au piège. Cette « tactique  » cynique, en effet, ne peut fonctionner qu’à la condition que le « front républicain » fasse l’objet d’un consensus entre forces politiques et parmi les électeurs. Autrement dit il faut que l’électorat de droite (une partie) vote lors de la triangulaire plutôt pour le candidat du PS que pour celui du FN qui aura été consciencieusement diabolisé. Or les exemples se multiplient qui montrent la perméabilité des électorats de droite et du FN qui est en voie de dé-diabolisation. Le boycott des élections par une partie de l’électorat de gauche ne permet plus au PS d’espérer gagner autant qu’il pourrait l’espérer. D’autant que l’UMP est loin d’être certaine de se trouver en situation plus favorable que le PS.

Le vote « utile  » : dernière manœuvre de l’UMP et du PS

C’est la présidentielle qui est en ligne de mire. Le PS et l’UMP vont concentrer leurs efforts sur l’appel au vote utile et au rassemblement autour d’eux. Pour la présidentielle, le PS demandera au Front de gauche de ne pas présenter de candidat. Il ne fait strictement aucun doute que la direction actuelle du PCF acceptera. Jean-Luc Mélenchon sera alors coincé, il ne pourra pas être le candidat du Front de gauche, ce dernier appellera alors à voter pour le candidat socialiste (François Hollande ?) dès le premier tour !

L’éditorialiste du Figaro, Guillaume Tabard, a raison. Dans Le Figaro du 8 octobre 2013 il explique que « sous une cantonale partielle perce déjà la présidentielle ». La probabilité s’est renforcée que le FN soit présent au second tour de tous les scrutins à venir, face à la gauche ou à la droite. Du coup chaque camp va appeler au vote utile en sa faveur et au rassemblement autour de lui. Le journaliste ajoute que « les volontés d’indépendance font le jeu du Front national : on n’a pas fini d’entendre cet argument au PS comme à l’UMP ». Ces deux derniers partis, en effet, feront porter la responsabilité d’un nouveau 21 avril (2002) sur ceux qui favoriseraient la présence de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2017.

Ainsi, pour François Hollande « la victoire se joue au premier tour, il faut arriver en tête » (Le Figaro, 8 octobre 2013). Selon Le Figaro (8 octobre 2013), faisant parler quelques cadres du PS, estime que « de très nombreux dirigeants socialistes de haut niveau considèrent que le FN est bon pour nous, que cela créera des triangulaires qui nous permettront de limiter la casse. »

Ce raisonnement, vieux de trente ans, ne donne plus les résultats escomptés. Le front républicain, en effet, visait à mettre au ban de la nation un parti accusé d’être d’extrême droite. Toute l’habileté de Marine Le Pen est de masquer cette réalité. Ainsi, pour Louis Aliot, vice-président du FN « c’est la mutation d’un parti politique correspondant à une attente de notre électorat. Désormais, il existe en France une extrême droite résiduelle et un nouveau Front national qui défend des idées claires » (Le Figaro, 8 octobre 2013).

La prochaine élection européenne sera le tremplin vers la présidentielle. D’où la nécessité de mener une campagne très active de boycott pour délégitimer le système de l’Union européenne, son « Parlement  » et sa monnaie unique. L’enjeu ne sera pas l’émergence du FN comme premier parti de France en termes électoraux, mais l’ampleur de l’abstention pour décrédibiliser le système de Bruxelles.

 

http://www.m-pep.org/spip.php?article3440

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 13:51

 Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 24 octobre 2013.

 

Les adhérents au PCF à Paris, avec le soutien de la direction nationale de leur parti, ont voté à 57% pour présenter une liste commune dans la capitale avec le Parti socialiste. Ils trahissent le peuple. Ces communistes vont faire alliance avec le gang de Solferino. Ils vont faire liste commune avec les socialistes qui votent l’austérité, ne font rien contre le chômage, cassent les retraites et la Sécurité sociale, préparent l’Acte III de la décentralisation qui va affaiblir les libertés communales, négocient le Pacte transatlantique pour l’investissement et le commerce qui va accélérer le libre-échange, jettent de l’huile sur le feu en Syrie…

Ce double langage du PCF est révoltant qui, nationalement, fait de nombreuses déclarations contre l’austérité, et qui dans certaines villes comme Paris, Nantes, Toulouse s’allie avec ceux qui organisent l’austérité. Quelle politique politicienne ! Quel beau cadeau fait au Front national ! Les misérables arguments invoqués par la direction du PCF à Paris tiennent au fait qu’elle aurait obtenu 13 postes de conseillers de Paris (contre 8 aujourd’hui) et 32 postes de conseillers d’arrondissement. En outre, les socialistes ont promis 30% de logements sociaux à horizon de 2030, une taxe sur les résidences secondaires, des embauches nettes de personnel titulaire, la non-remise en cause du service public dans les arrondissements qui fonctionnent en régie pour la collecte des déchets. Des miettes…

L’enjeu des élections municipales est de sanctionner le gouvernement PS-EELV qui mène une inacceptable politique d’austérité. Cet enjeu est national, il n’est pas simplement local. Le projet d’Acte III de la décentralisation, présenté par le gouvernement, vise à affaiblir la démocratie communale et à éliminer l’échelon départemental, au profit de « métropoles » et de régions conçues dans le seul but de favoriser l’ « attractivité » des territoires, placées ainsi en concurrence les unes contre les autres. Du coup, l’échelon national sera marginalisé, c’est la stratégie de la Commission européenne avec les euro-régions qui modèlera les territoires et diluera encore un peu plus la souveraineté populaire. Il serait alors parfaitement hypocrite de prétendre que seuls les enjeux locaux devront être mis en avant lors de ces élections municipales. Car si les objectifs de la politique gouvernementale et européenne deviennent réalité, on ne pourra plus se poser la question des enjeux locaux tout simplement parce que le « local » n’aura plus aucune marge de manœuvre.

Les communistes parisiens, pour quelques places, ont été littéralement achetés par le PS.

Le M’PEP, par conséquent, appelle à ne pas voter pour la liste PS – PCF – EELV (éventuellement), majoritairement composée de candidats PS et EELV (éventuellement). D’une façon générale en France, le M’PEP n’appellera évidemment pas à voter pour les listes UMP, UDI et MoDem qui ont mené la même politique d’austérité lorsqu’ils étaient dans la majorité de Nicolas Sarkozy quand ce dernier était président de la République, et qui proposent aujourd’hui de passer à l’hyper-austérité s’ils reviennent au pouvoir. Le M’PEP n’appellera pas, bien sûr, à voter pour les listes du FN, au nom du refus du racisme et de la xénophobie. Sur le plan économique, le FN dénonce l’austérité dans les mots, uniquement pour attraper des voix dans la plus pure tradition politicienne et électoraliste, alors que son programme, s’il était appliqué, enfoncerait la France encore un peu plus dans la crise

Le M’PEP appellera à voter, au cas par cas, pour des listes portant des projets nationaux et locaux susceptibles de provoquer des brèches dans les politiques d’austérité.

Le Parti socialiste n’est pas un parti de gauche – depuis 30 ans ! - , il faudrait que le PCF, le PG et les autres composantes du Front de gauche s’en rendent compte. Le PS, c’est la droite masquée, celle qui arrive à faire avaler au peuple ce que la droite décomplexée n’arrive pas à faire.

Il est urgent de construire une force qui, électoralement, passera devant le PS, sur la base d’un programme de démondialisation, de sortie de l’Union européenne et de l’euro. C’est le seul moyen pour envisager un changement dans le pays.

 

http://www.m-pep.org/spip.php?article3441

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 13:46

Ces derniers jours, les événements de Bretagne nous ont interpellé, comme on dit pudiquement. À vrai dire, ils nous ont secoué.

Nous avons vu des salariés d'un abattoir repousser physiquement les travailleurs d'un autre site victimes d'un brutal plan social. 

Nous avons vu les dirigants du MEDEF utiliser le colère sociale populaire pour justement refuser de payer les cotisations sociales, et plus largement les impôts...

Nous avons vu des dirigeants d'entreprise fabriquer et coiffer le bonnet rouge de la révolte ancestrale, et lancer "le peuple" contre le symbole de l'impôt.

Nous avons vu des "petits" manifester avec les "gros" qui les exploitent, chauffeurs routiers avec les grands patrons du transport ; petits paysans avec les dirigeants de l'agro-alimentaire et de la grande distribution qui les mettent aux abois ; ouvriers des abattoirs victimes de plans sociaux, avec les dirigeants des coopératives qui possèdent la société qui les employait, et qui sont justement responsables de ces plans sociaux...

Quelle confusion, et quelle manipulation sociale !

Il en va de même de la récupération d'une revendication absolument légitime (vivre et travailler au pays, faire vivre sa région) par les thuriféraires de l'Europe des régions, drapés sous ls plis du "Gwen ha du" breton, dans le drapeau de l'anti-jacobinisme...

 

Les réactions à gauche ont été et sont toujours multiples, et contradictoires.

Pour nous en tenir à "la gauche de la gauche", on a pu lire et entendre ceux qui ont vu dans l'esprit de lutte offensif des "petits" un exemple à suivre par tous ceux qui souffrent de la politique d'austérité. Cf. par exemple les déclarations de Besancenot.

Mais on a surtout  pu entendre ou lire ceux qui qui, partisans du maintien d'une taxe utile, condamnaient ce mouvement de protestation manipulé par un MEDEF fort des récentes capitulations du gouvernement. Ainsi des premieres prises de position del'Humanité et de la CGT.

On notera avec grand intérêt l'inflexion prise localement par le PCF :

http://www.humanite.fr/fil-rouge/ecotaxe-manifs-dans-le-finistere-la-reaction-du-pcf-du-pays-de-quimper

 

En ce qui concerne ce "front de classe" inattendu, je voudrais seulement ici rappeler que plusieurs fois dans notre histoire les "petits" ont cru utile de soutenir les intérêts de ceux qui les exploitaient, mais leur fournissaient du travail :

En 1891, les ouvriers marseillais ont manifesté en masse derrière le patronat local pour protester contre la politique protectionniste du gouvernement Méline.

En 1907, les petits viticulteurs (et même les ouvriers agricoles qui venaient de mener des grèves dures pour leurs salaires) ont manifesté en masse derrière les "gros", pour demander une juste rétribution de leur travail. 

En ce qui concerne la protestation des petits producteurs indépendants, petits paysans, artisans, petits commerçants, je rappelle aussi que notre pays a connu en 1956 une puissante vague de protestation contre la fiscalité, le mouvement poujadiste, sur lequel a surfé l'extrême-droite (Le Pen a été élu député poujadiste en 1956).

Mais je rappelle aussi, souvenir éclairant, que sous la Seconde République, si ces mêmes petits paysans, artisans et boutiquiers ont condamné et combattu le mouvement ouvrier en juin 1848, une bonne partie d'entre eux, éclairés par la propagande démocrate-socialiste, se sont rangés sous les drapeaux de l'insurrection républicaine de décembre 1851. La République qu'ils souhaitaient étaient "une République libérée de l’oppression des « Gros », des financiers, des usuriers rapaces, une République égalitaire de petits propriétaires, paysans, artisans, commerçants, vivant honnêtement de leur travail, sans être accablés par l’impôt", la République des Sans Culottes de 1793 (cf. : [ René Merle - Les Insurgés de la République sociale - L'humanité 11-10-13 ]). Que la droite et encore plus l'extrême-droite utilisent aujourd'hui cette aspiration égalitariste à vivre librement de son travail est une évidence. Pour autant, une des responsabilités du mouvement ouvrier est de faire comprendre à ces petits producteurs quels sont leurs véritables adversaires, et qu'il ne faut pas se tromper d'ennemis.

 

René Merle 

 

http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/article-bonnets-rouges-120885751.html

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 08:20

Avec la décision des communistes, une puissante dynamique s'engage pour construire la victoire de la gauche à Paris en mars prochain !  

Igor Zamichiei, secrétaire départemental du PCF Paris


Après six mois de débats publics sur le projet municipal et de rencontres avec les forces de gauche de la capitale, la Fédération de Paris du PCF vient d'arrêter son choix stratégique pour les élections municipales de 2014 à Paris par un vote de ses adhérent-e-s, les 17, 18 et 19 octobre. Nous sommes la seule force politique qui a fait le choix de consulter ses adhérent-es. Les communistes parisiens se sont prononcés majoritairement pour une liste commune avec le Parti socialiste dès le premier tour. Notre débat a montré la volonté de tous les communistes de porter dans l'échéance municipale notre programme « Paris pour tout-te-s : une ville pour l'humain d'abord ! » pour mettre en œuvre des avancées municipales concrètes pour les Parisien-ne-s. 

Avec cette décision, nous voulons engager une puissante dynamique politique pour empêcher la droite de reconquérir la capitale et permettre la victoire en mars prochain d'une gauche rassemblée sur des engagements permettant une nouvelle étape de la politique municipale dans l'intérêt des Parisiennes et des Parisiens. En 2001, nous avons repris la ville à la droite pour la rendre aux Parisien-ne-s en réalisant l'union des forces de gauche au premier tour. Durant les deux dernières mandatures l'action de la Ville de Paris, notamment des élu-e-s communistes, a contribué à améliorer la vie des Parisien-ne-s grâce en particulier à la production de 70.000 logements sociaux, le retour en régie publique de l’eau et la création de nombreux équipements publics dont 10.000 places en crèches supplémentaires. Nos élu-es ont en même temps toujours su, en toute autonomie, s'opposer aux politiques municipales qui n'allaient pas dans ce sens comme par exemple le gel de l'emploi public alors même que de nouveaux équipements publics étaient créés. A la veille des élections municipales de 2014, nous décidons de joindre à nouveau nos énergies à gauche car nous mesurons qu'il reste beaucoup à faire pour que Paris soit une ville pour toutes et tous.

Pour nous la politique municipale parisienne peut contribuer à protéger les Parisien-ne-s de la crise et être un atout dans le bras de fer engagé contre les politiques d'austérité. Nous nous opposons à une politique gouvernementale qui s'exerce sous la pression du patronat et des forces de l'argent contre les intérêts d'une majorité de nos concitoyen-ne-s. Notre détermination à changer le cap de cette politique est totale et nous pensons que l'échéance municipale peut être un point d'appui pour cela. A Paris, contrairement au niveau national, des propositions importantes du PCF sont prises en compte et nous pouvons construire demain une nouvelle majorité de gauche ambitieuse pour et avec les Parisien-ne-s. L'accord que nous venons de conclure avec le Parti socialiste le confirme en portant l'ambition de nouvelles avancées comme la production de 30% de logements sociaux, la mise en œuvre de la gratuité des premiers m3 d'eau, le développement de nouveaux équipements publics et de l'emploi public, la création de centres de santé, d'un observatoire de lutte contre les violences faîtes aux femmes ou encore la mise en place d'un Conseil économique social, environnemental parisien pour permettre au monde syndical et associatif de débattre des choix de la Ville. Dans cette période de crise, les Parisien-ne-s peuvent compter sur nous : chaque fois que des avancées sociales, écologiques ou démocratiques seront possibles comme à Paris, nous agirons pour les mettre en œuvre. Notre seule boussole est l’intérêt des Parisien-ne-s.

Nous ne dissocions pas ce choix de notre volonté de développer le Front de gauche. Le Parti de gauche veut transformer l'élection municipale parisienne en un référendum contre la politique de François Hollande et n'a pas l'ambition de constituer une majorité municipale à Paris avec toutes les forces de gauche. Il a pris la décision dès son congrès de constituer des listes sur cette orientation sans débat préalable avec le PCF. Ce choix s'inscrit dans un débat qui s'est ouvert au lendemain de l'élection présidentielle entre les composantes du Front de gauche sur la stratégie à mettre en œuvre pour le rendre utile à notre peuple. Nous pensons que notre démarche est plus efficace pour protéger les Parisien-ne-s des politiques d'austérité. Elle nous permettra, à l'appui des luttes, de conquérir et de mettre en œuvre des avancées si la gauche l'emporte en mars prochain. Pour le PCF, le Front de gauche doit avant tout être une force politique utile aux Parisien-ne-s par la mise en œuvre d'avancées concrètes et il doit construire pour cela des rassemblements adaptés à chaque lutte et à chaque échéance électorale. Nous continuerons de mener avec l'ensemble des composantes du Front de gauche les luttes sociales contre les politiques d'austérité gouvernementales et de préparer les élections européennes pour lesquelles nous voulons présenter des listes du Front de gauche.

Nous initions aujourd'hui dans l'unité une campagne offensive avec notre chef de file communiste Ian Brossat sur la base de notre programme pour construire avec Anne Hidalgo la victoire de la gauche en mars prochain et initier une nouvelle étape de la politique municipale qui améliore la vie des Parisien-ne-s.

 

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 19:59

 lundi 21 octobre 2013


Le vote interne dans les sections du PCF de Paris a donné 57 % des voix pour des listes d’union au premier tour avec le Parti Socialiste, aux prochaines élections municipales. Au-delà de ses implications électorales, cette décision aura des conséquences importantes – et généralement négatives – concernant les perspectives pour le PCF, pour le Parti de Gauche et, par-dessus de tout, pour la construction d’une force politique capable de défendre les intérêts des travailleurs face aux conséquences sociales désastreuses du capitalisme.

Après l’immense enthousiasme suscité par la campagne du Front de Gauche en 2012, le vote des communistes parisiens provoque une vague d’incompréhension et de déception dans la couche la plus militante et active de la classe ouvrière, celle qui forme la colonne vertébrale des organisations syndicales. La réaction a été du même ordre chez les communistes parisiens qui ont voté pour des listes du Front de Gauche. Tous les communistes – y compris ceux qui ont voté pour des listes communes avec le PS – sentent que la décision parisienne tend à briser l’élan créé en 2012, plaçant un point d’interrogation sur l’avenir du Front de Gauche.

Cependant, il serait complètement erroné de tirer la conclusion que ce vote exprime un sentiment « pro-PS » ou qu’il y aurait un quelconque « virage social-démocrate » à la base du parti. Ce n’est pas vrai. Les camarades qui ont voté pour des listes d’union avec le PS sont loin d’être des inconditionnels de la politique du PS, que ce soit au niveau parisien ou au niveau national. Il est vrai que Pierre Laurent et une majorité de dirigeants de la fédération parisienne voulaient, dès le départ, des listes d’union avec le PS. Ce positionnement a pesé dans la balance, certes. Mais il n’a pas été décisif, à notre avis. Il y a quelques mois, même si l’on ne peut l’affirmer avec certitude, il semblait à bien des communistes que l’option Front de Gauche était majoritaire à la base du parti, malgré la position de la direction nationale. Quoi qu’il en soit, ce qui ne fait pas doute, c’est que le soutien à des listes Front de Gauche s’est progressivement affaibli au fil des semaines. Les partisans des listes PS-PCF avaient des arguments – certains plus forts que d’autres –, mais l’un des principaux facteurs qui expliquent le résultat du vote est indiscutablement le comportement de la direction du Parti de Gauche.

Dans les discussions au niveau des sections parisiennes, de nombreux militants communistes ont expliqué qu’ils auraient préféré des listes du Front de Gauche, mais qu’ils ne voyaient pas comment c’était possible compte tenu de l’attitude du PG. Tout en accusant le PCF de se livrer à la « lutte des places » au détriment des questions de programme, les dirigeants parisiens du PG se sont montrés extrêmement revendicatifs, justement, en ce qui concerne les « places ». Ils exigeaient la tête de liste parisienne. Ils exigeaient une répartition des positions éligibles selon le schéma des « trois tiers », à savoir : un tiers pour le PCF, un tiers pour le PG et un tiers pour des formations minuscules dont la plupart des gens n’ont jamais entendu parler, mais qui se verraient attribuer autant d’élus que le PCF ! Le PG considérait aussi comme « non négociable » d’avoir les têtes de liste dans plusieurs arrondissements clés de la capitale, comme par exemple le 10e, le 12e et le 20e, au détriment du PCF. Au vu du poids réel du Parti de Gauche, les militants communistes ont considéré que ces prétentions étaient complètement démesurées – et une provocation, en somme –, au point qu’ils en sont venus à se demander si le PG voulait discuter sérieusement ou s’il s’agissait d’une simple posture. Entre, d’un côté, ces exigences démesurées du PG et, de l’autre, la volonté d’une majorité de dirigeants du PCF parisien de faire alliance avec le PS, il n’y avait au moment du vote aucune proposition négociée entre le PCF et le PG. Par conséquent, les très nombreux militants communistes « en principe » favorables à des listes du Front de Gauche se trouvaient complètement désarmés. Une fraction significative d’entre eux a donc fini, à contrecœur, par rallier l’option de listes PCF-PS.

L’attitude de la direction nationale du PCF à l’égard du PS est déterminée par l’espoir de préserver son implantation institutionnelle (et les moyens financiers qui vont avec), malgré le recul continu de ses effectifs et de sa base électorale. Mais il ne faut pas confondre la position de la direction du PCF et celle de la base. De manière générale, les militants du parti voient le nombre d’élus qu’ils peuvent obtenir non comme une fin en soi, mais comme un moyen de mieux défendre les intérêts des travailleurs sur le plan municipal. Réduire leur point de vue à la « lutte des places », c’est mal les connaître et la meilleure façon qui soit de les irriter. Il faut dire que certaines déclarations publiques émanant des dirigeants du PG ne pouvaient qu’agacer les communistes. Après tout, si la négociation d’un accord électoral avec le PS revient à renoncer aux principes, que faut-il dire des accords en discussion entre le PG et les Verts – qui sont au gouvernement et dont les députés se sont courageusement abstenus lors du vote sur la contre-réforme des retraites ?

Nous ne pouvons qu’essayer de deviner les motivations des dirigeants du PG dans cette affaire. Calculent-ils qu’en menant seuls – ou presque – une liste du « Front de Gauche » à Paris, ils peuvent réaliser un score leur permettant de négocier, entre les deux tours, un nombre de positions éligibles plus important qu’ils n’en auraient obtenu dans le cadre d’un accord avec le PCF ? Ce n’est qu’une hypothèse. Toujours est-il que si les dirigeants du PG avaient voulu miner d’avance toute possibilité d’un accord avec le PCF, ils ne s’y seraient pas pris autrement !

Les raisons qui ont poussé une majorité des communistes parisiens à voter comme ils l’ont fait sont donc compréhensibles, même si les militants du mouvement syndical et les sympathisants du parti, ne voyant pas d’aussi près le problème qui se posait, peuvent s’en étonner. Il n’empêche que c’est une erreur – et une erreur due au fait que, précisément, bien des camarades voyaient le détail des négociations électorales et ont perdu de vue, dans une large mesure, le problème général qui se pose au mouvement ouvrier et à notre lutte contre le capitalisme. Indépendamment du déroulement de l’élection municipale, la conséquence générale de cette décision sera de convaincre un certain nombre de travailleurs militants que le PCF a placé ses intérêts électoraux immédiats au-dessus de l’impérieuse nécessité de construire autour du parti une force politique de masse résolument hostile au capitalisme et donc, nécessairement, en rivalité et en opposition à la politique menée par le PS. Si la direction du PS se félicite du vote de la décision prise par les communistes, ce n’est pas tellement pour des raisons électorales, car le PCF aurait dans tous les cas – et à juste titre – appelé à battre l’UMP au deuxième tour ; c’est surtout parce que cette alliance du PS avec le PCF tendra à compliquer l’émergence d’une force politique indépendante sur la gauche du PS.

Pour le PCF, le principal enseignement de cet épisode est que son propre affaiblissement, comme force indépendante, l’a réduit à dépendre des alliances pour maintenir ses positions en termes de nombre d’élus. L’explication de cet affaiblissement réside dans le caractère réformiste de son programme et des bases idéologiques de sa direction. Une partie importante de la base voudrait ramener le parti vers les idées et les principes du communisme, vers une politique authentiquement révolutionnaire. C’est une tâche qui ne peut pas être accomplie facilement et immédiatement. Mais elle est indispensable. La Riposte y contribue et continuera de le faire. Le renforcement organisationnel du parti est indissociable de la lutte pour y rétablir les idées, le programme et les principes du marxisme.

Greg Oxley (PCF Paris 10e)

La Riposte : journal communiste 

 

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