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Quelques conférences

Chansons

  Avant d'écouter les enregistrements ci-dessous, attendez la fin de la musique de fond du blog...

 

L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 13:21

Analyse du scrutin n° 30 - Première séance du 09/10/2012

Scrutin public sur l'ensemble du projet de loi autorisant la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire (1re lecture).

 

Nombre de votants : 568

Nombre de suffrages exprimés : 547

Majorité absolue : 274

Pour l'adoption : 477

Contre : 70

L'Assemblée nationale a adopté.

 

Groupe socialiste, républicain et citoyen (297)

Pour: 264

M. Ibrahim Aboubacar, Mmes Patricia Adam, Sylviane Alaux, MM. Jean-Pierre Allossery, François André, Mme Nathalie Appéré, MM. Christian Assaf, Avi Assouly, Pierre Aylagas, Alexis Bachelay, Guillaume Bachelay, Jean-Paul Bacquet, Dominique Baert, Gérard Bapt, Frédéric Barbier, Serge Bardy, Mme Ericka Bareigts, M. Christian Bataille, Mme Marie-Noëlle Battistel, MM. Laurent Baumel, Philippe Baumel, Nicolas Bays, Mme Catherine Beaubatie, MM. Jean-Marie Beffara, Luc Belot, Mmes Karine Berger, Chantal Berthelot, Gisèle Biémouret, MM. Philippe Bies, Erwann Binet, Yves Blein, Jean-Luc Bleunven, Patrick Bloche, Daniel Boisserie, Mme Pascale Boistard, MM. Christophe Borgel, Florent Boudié, Mme Marie-Odile Bouillé, M. Christophe Bouillon, Mme Brigitte Bourguignon, M. Malek Boutih, Mme Kheira Bouziane-Laroussi, MM. Émeric Bréhier, JeanLouis Bricout, Jean-Jacques Bridey, François Brottes, Gwenegan Bui, Mme Sabine Buis, M. Jean-Claude Buisine Mme Sylviane Bulteau, MM. Vincent Burroni, Alain Calmette, Jean-Christophe Cambadélis, Mme Colette Capdevielle, MM. Yann Capet, Christophe Caresche, Mme Martine Carrillon-Couvreur, MM. Christophe Castaner, Laurent Cathala, JeanYves Caullet, Guy Chambefort, Jean-Paul Chanteguet, Mme Marie-Anne Chapdelaine, M. Guy-Michel Chauveau, Mme Dominique Chauvel, MM. Jean-David Ciot, Alain Claeys, Jean-Michel Clément, Mme Marie-Françoise Clergeau, M. Philip Cordery, Mme Valérie Corre, M. Jean-Jacques Cottel, Mme Catherine Coutelle, M. Jacques Cresta, Mmes Pascale Crozon, Seybah Dagoma, MM. Yves Daniel, Carlos Da Silva, Pascal Deguilhem, Mme Florence Delaunay, M. Guy Delcourt, Mme Carole Delga, M. Sébastien Denaja, Mmes Françoise Descamps-Crosnier, Sophie Dessus, MM. Jean-Louis Destans, Michel Destot, Mmes Fanny Dombre-Coste, Sandrine Doucet, MM. Philippe Doucet, Jean-Luc Drapeau, Mme Françoise Dubois, M. Jean-Pierre Dufau, Mme Anne-Lise Dufour-Tonini, M. William Dumas, Mme Laurence Dumont, MM. Jean-Louis Dumont, JeanPaul Dupré, Yves Durand, Philippe Duron, Christian Eckert, Mmes Corinne Erhel, Sophie Errante, Marie-Hélène Fabre, Martine Faure, MM. Olivier Faure, Alain Fauré, Matthias Fekl, Vincent Feltesse, Hervé Féron, Richard Ferrand, JeanPierre Fougerat, Hugues Fourage, Mme Michèle Fournier-Armand, MM. Michel Françaix, Christian Franqueville, JeanClaude Fruteau, Jean-Louis Gagnaire, Mme Geneviève Gaillard, M. Yann Galut, Mme Hélène Geoffroy, MM. Jean-Marc Germain, Jean-Patrick Gille, Jean Glavany, Yves Goasdoué, Mmes Geneviève Gosselin, Pascale Got, MM. Marc Goua, Jean-Claude Gouget, Laurent Grandguillaume, Mme Estelle Grelier, M. Jean Grellier, Mmes Edith Gueugneau, Élisabeth Guigou, Thérèse Guilbert, Chantal Guittet, M. David Habib, Mmes Danièle Hoffman-Rispal, Joëlle Huillier, Sandrine Hurel, Monique Iborra, Françoise Imbert, MM. Michel Issindou, Éric Jalton, Serge Janquin, Henri Jibrayel, Armand Jung, Laurent Kalinowski, Mme Marietta Karamanli, M. Philippe Kemel, Mmes Bernadette Laclais, Conchita Lacuey, M. Jérôme Lambert, Mme Colette Langlade, MM. Jean Launay, Pierre Léautey, Pierre-Yves Le Borgn', Jean-Yves Le Bouillonnec, Patrick Lebreton, Gilbert Le Bris, Mme Anne-Yvonne Le Dain, M. Jean-Yves Le Déaut, Mme Viviane Le Dissez, MM. Michel Lefait, Dominique Lefebvre, Jean-Marie Le Guen, Mmes Annie Le Houérou, Annick Le Loch, Axelle Lemaire, M. Patrick Lemasle, Mmes Catherine Lemorton, Annick Lepetit, MM. Jean-Pierre Le Roch, Bruno Le Roux, Arnaud Leroy, Michel Lesage, Bernard Lesterlin, Serge Letchimy, Michel Liebgott, Mmes Martine Lignières-Cassou, Audrey Linkenheld, M. François Loncle, Mmes Gabrielle Louis-Carabin, Lucette Lousteau, MM. Jean-Pierre Maggi, Thierry Mandon, Mmes Jacqueline Maquet, Marie-Lou Marcel, MM. Jean-René Marsac, Philippe Martin,

Mmes Martine Martinel, Frédérique Massat, Sandrine Mazetier, MM. Michel Ménard, Patrick Mennucci, Kléber Mesquida, PierreAlain Muet, Mme Corinne Narassiguin, M. Philippe Nauche, Mmes Ségolène Neuville, Nathalie Nieson, M. Philippe Noguès, Mmes Maud Olivier, Monique Orphé, M. Michel Pajon, Mme Luce Pane, MM. Christian Paul, Rémi Pauvros, Germinal Peiro, Hervé Pellois, Jean-Claude Perez, Mme Sylvie Pichot, M. Sébastien Pietrasanta, Mmes Martine Pinville, Christine Pires Beaune, M. Philippe Plisson, Mme Élisabeth Pochon, MM. Pascal Popelin, Dominique Potier, Mmes Émilienne Poumirol, Daphna PoznanskiBenhamou, MM. Patrice Prat, Joaquim Pueyo, François Pupponi, Mmes Catherine Quéré, Valérie Rabault, Monique Rabin, M. Dominique Raimbourg, Mme Marie Récalde, MM. Eduardo Rihan Cypel, Alain Rodet, Marcel Rogemont, Frédéric Roig, Bernard Roman, Gwendal Rouillard, René Rouquet, Alain Rousset, Boinali Said, Mmes Béatrice Santais, Odile Saugues, MM. Gilbert Sauvan, Gilles Savary, Christophe Sirugue, Mme Julie Sommaruga, MM. Pascal Terrasse, Gérard Terrier, Thomas Thévenoud, Mme Sylvie Tolmont, M. Jean-Louis Touraine, Mmes Catherine Troallic, Cécile Untermaier, MM. JeanJacques Urvoas, Daniel Vaillant, Mme Hélène Vainqueur-Christophe, M. Jacques Valax, Mme Clotilde Valter, MM. Michel Vauzelle, Olivier Véran, Fabrice Verdier, David Vergé, Patrick Vignal, Jean-Michel Villaumé, Jean Jacques Vlody et Mme Paola Zanetti.

 

Contre: 20

M. Pouria Amirshahi, Mme Marie-Françoise Bechtel, M. Jean-Pierre Blazy, Mmes Fanélie Carrey-Conte, Nathalie Chabanne, MM. Pascal Cherki, Henri Emmanuelli, Mme Linda Gourjade, MM. Jérôme Guedj, Razzy Hammadi, Mathieu Hanotin, Christian Hutin, Mme Chaynesse Khirouni, MM. Jean-Luc Laurent, Christophe Léonard, Michel Pouzol, Mme Marie-Line Reynaud, M. Denys Robiliard, Mme Barbara Romagnan et M. Gérard Sebaoun.

 

Abstention: 9

Mme Isabelle Bruneau, MM. Olivier Dussopt, Daniel Goldberg, Régis Juanico, Jean-Philippe Mallé, Mmes Dolores Roqué, Suzanne Tallard, MM. Stéphane Travert et Michel Vergnier.

 

Non-votant: 1

M. Claude Bartolone (Président de l'Assemblée nationale).

 

Groupe de l'union pour un mouvement populaire (195)

Pour: 167

MM. Damien Abad, Bernard Accoyer, Yves Albarello, Mme Nicole Ameline, MM. Benoist Apparu, Olivier Audibert-Troin, Patrick Balkany, Jean-Pierre Barbier, François Baroin, Jacques Alain Bénisti, Xavier Bertrand, Étienne Blanc, Marcel Bonnot, Mme Valérie Boyer, MM. Xavier Breton, Philippe Briand, Bernard Brochand, Dominique Bussereau, Olivier Carré, Gilles Carrez, Jérôme Chartier, Luc Chatel, Gérard Cherpion, Guillaume Chevrollier, Alain Chrétien, Dino Cinieri, Éric Ciotti, Philippe Cochet, Jean-François Copé, François Cornut-Gentille, Édouard Courtial, Jean-Michel Couve, Mme Marie-Christine Dalloz, MM. Olivier Dassault, Marc-Philippe Daubresse, Bernard Debré, Bernard Deflesselles, Rémi Delatte, Patrick Devedjian, Mme Sophie Dion, MM. Jean-Pierre Door, Dominique Dord, David Douillet, Mmes Marianne Dubois, Virginie Duby-Muller, MM. Christian Estrosi, Daniel Fasquelle, Georges Fenech, François Fillon, Mme Marie-Louise Fort, MM. Yves Foulon, Marc Francina, Yves Fromion, Laurent Furst, Claude de Ganay, Sauveur Gandolfi-Scheit, Hervé Gaymard, Mme Annie Genevard, MM. Guy Geoffroy, Bernard Gérard, Alain Gest, Daniel Gibbes, Franck Gilard, Georges Ginesta, Charles-Ange Ginesy, JeanPierre Giran, Claude Goasguen, Jean-Pierre Gorges, Philippe Gosselin, Philippe Goujon, Mmes Claude Greff, Anne Grommerch, Arlette Grosskost, M. Henri Guaino, Mme Françoise Guégot, MM. Jean-Claude Guibal, Michel Heinrich, Michel Herbillon, Antoine Herth, Patrick Hetzel, Philippe Houillon, Guénhaël Huet, Sébastien Huyghe, Christian Jacob, Denis Jacquat, Christian Kert, Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, M. Jacques Kossowski, Mme Valérie Lacroute, MM. Marc Laffineur, Jacques Lamblin, JeanFrançois Lamour, Guillaume Larrivé, Charles de La Verpillière, Thierry Lazaro, Alain Leboeuf, Mme Isabelle Le Callennec, MM. Pierre Lellouche, Bruno Le Maire, Jean Leonetti, Pierre Lequiller, Céleste Lett, Mmes Geneviève Levy, Véronique Louwagie, MM. Gilles Lurton, Jean-François Mancel, Alain Marc, Laurent Marcangeli, Hervé Mariton, Alain Marleix, Olivier Marleix, Franck Marlin, Philippe Armand Martin, Patrice Martin-Lalande, Alain Marty, Jean-Claude Mathis, François de Mazières, JeanClaude Mignon, Pierre Morange, Pierre Morel-A-L'Huissier, Jean-Luc Moudenc, Alain Moyne-Bressand, Mme Dominique Nachury, MM. Yves Nicolin, Patrick Ollier, Mme Valérie Pécresse, MM. Jacques Pélissard, Bernard Perrut, Édouard Philippe, Michel Piron, Axel Poniatowski, Mme Josette Pons, MM. Didier Quentin, Frédéric Reiss, Jean-Luc Reitzer, Bernard Reynès, Franck Riester, Arnaud Robinet, Camille de Rocca Serra, Mme Sophie Rohfritsch, MM. Martial Saddier, Paul Salen, François Scellier, Mme Claudine Schmid, MM. André Schneider, Jean-Marie Sermier, Fernand Siré, Thierry Solère, Michel Sordi, Éric Straumann, Claude Sturni, Alain Suguenot, Mme Michèle Tabarot, MM. Jean-Charles Taugourdeau, Guy Teissier, Jean-Marie Tetart, Dominique Tian, François Vannson, Mme Catherine Vautrin, MM. Jean-Sébastien Vialatte, JeanPierre Vigier, Philippe Vitel, Michel Voisin, Jean-Luc Warsmann, Laurent Wauquiez, Éric Woerth et Mme Marie-Jo Zimmermann.

 

Contre: 17

MM. Julien Aubert, Jean-Claude Bouchet, Jean-Louis Christ, Gérald Darmanin, Jean-Pierre Decool, Lucien Degauchy, Nicolas Dhuicq, Christophe Guilloteau, Patrick Labaune, Lionnel Luca, Damien Meslot, Philippe Meunier, Jacques Myard, JeanFrédéric Poisson, Christophe Priou, Michel Terrot et Patrice Verchère.

 

Abstention: 6

MM. Jean-Jacques Guillet, Marc Le Fur, Dominique Le Mèner, Thierry Mariani, Alain Marsaud et Mme Bérengère Poletti.

 

Groupe de l'union des démocrates et indépendants (30)

Pour: 28

MM. Thierry Benoit, Jean-Louis Borloo, Gilles Bourdouleix, Charles de Courson, Stéphane Demilly, Yannick Favennec, Edouard Fritch, Jean-Christophe Fromantin, Philippe Gomès, Francis Hillmeyer, Yves Jégo, Mme Sonia Lagarde, MM. JeanChristophe Lagarde, Maurice Leroy, Hervé Morin, Bertrand Pancher, Henri Plagnol, Franck Reynier, Arnaud Richard, François Rochebloine, Rudy Salles, André Santini, François Sauvadet, Jonas Tahuaitu, Jean-Paul Tuaiva, Francis Vercamer, Philippe Vigier et Michel Zumkeller.

 

Contre: 1

M. François-Xavier Villain.

 

Abstention: 1

M. Philippe Folliot.

 

Groupe écologiste (17)

Pour: 3

MM. Éric Alauzet, Christophe Cavard et Jean-Louis Roumégas.

 

Contre: 12

Mmes Laurence Abeille, Brigitte Allain, Isabelle Attard, M. Denis Baupin, Mme Michèle Bonneton, MM. Sergio Coronado, FrançoisMichel Lambert, Noël Mamère, Mmes Véronique Massonneau, Barbara Pompili, M. François de Rugy et Mme Eva Sas.

 

Abstention: 2

Mme Danielle Auroi et M. Paul Molac.

 

Groupe radical, républicain, démocrate et progressiste (16)

Pour: 14

MM. Thierry Braillard, Ary Chalus, Gérard Charasse, Mme Jeanine Dubié, M. Paul Giacobbi, Mme Annick Girardin, MM. Joël Giraud, Jacques Krabal, Jacques Moignard, Mme Dominique Orliac, MM. Thierry Robert, Stéphane Saint-André, RogerGérard Schwartzenberg et Alain Tourret.

 

Abstention: 2

MM. Jean-Noël Carpentier et Olivier Falorni.

 

Groupe de la gauche démocrate et républicaine (15)

Pour: 1

M. Bruno Nestor Azérot.

 

Contre: 13

M. François Asensi, Mme Huguette Bello, M. Alain Bocquet, Mme Marie-George Buffet, MM. Jean-Jacques Candelier, Patrice Carvalho, Gaby Charroux, André Chassaigne, Marc Dolez, Mme Jacqueline Fraysse, MM. Alfred Marie-Jeanne, JeanPhilippe Nilor et Nicolas Sansu.

 

Abstention: 1

M. Gabriel Serville.

 

Non inscrits (7)

Contre: 7

Mme Véronique Besse, MM. Jacques Bompard, Gilbert Collard, Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle, Mme Marion Maréchal Le Pen et M. Yannick Moreau.

 

MISES AU POINT AU SUJET DU PRÉSENT SCRUTIN (N° 30)

(Sous réserve des dispositions de l'article 68, alinéa 4, du Règlement de l'Assemblée nationale)

Mme Sylvie Andrieux, M. Claude Bartolone, Mme Françoise Dumas, M. Philippe Le Ray qui étaient présents au moment du scrutin ou qui avaient délégué leur droit de vote ont fait savoir qu'ils avaient voulu "voter pour".

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 12:47

(Café pédagogique)

Sociologue, Choukri Ben Ayed critique le rapport de la concertation. Pour lui, la refondation prolonge les politiques libérales des gouvernements précédents. Le rapport reste dans des formules vagues par exemple quand il évoque " les pratiques pédagogiques dites « efficaces »". La co-éducation avec les collectivités territoriales est aussi présentée comme un élément de creusement des inégalités.


Après une phase dense de concertation sur l’école, le comité de pilotage a remis sa copie. Il nous est ainsi permis de réagir, même si l’exercice n’est pas aisé en raison de la nature un peu particulière du texte à mi-chemin entre la concertation elle-même et la future proposition de loi. Nous sommes tentés de souligner le caractère participatif de la démarche (bien que dans un cadre bien prédéfini par les thèmes retenus), de nous réjouir également de voir abandonné le langage agressif qui caractérisait la période précédente. Pour autant les doutes et les réserves ne sont pas dissipés.

Les doutes d’abord : n’y a-t-il pas contradiction à louer les vertus d’une concertation inédite par son ampleur et d’annoncer un calendrier aussi étriqué pour la rédaction de la loi d’orientation qui en sera issue ? Quant aux réserves, nous abordons à présent le fond du texte.

 

L’avenir de l’école appelle un projet éducatif ambitieux et non une simple action publique réformée

Dès l’entrée en matière du texte on ressent une certaine gêne. Si le thème des inégalités est mis en exergue, pourquoi n’avoir retenu que des données de cadrage de PISA ? Ignorées donc les enquêtes nationales plus fines mettant l’accent sur la source des inégalités en France et sur leur caractère cumulatif tout au long de la scolarité ? En second lieu, et c’est sûrement le point d’achoppement, on ne trouve pas de critique en règle sur le fond des réformes menées sous l’ancien gouvernement. Les déboires de l’école seraient uniquement liés à un mauvais pilotage de ces réformes, une mauvaise organisation, un mauvais ordonnancement, une « mauvaise conduite du changement ». Le lecteur avisé y trouve là des références implicites à certaines théories de la science politique qui autorisent le glissement de sens du registre de la « politique éducative » à « l’action publique éducative ».

La notion d’action publique fait référence à une conception techniciste et managériale des réformes, alors que la notion de politique éducative mobilise une acception beaucoup plus ambitieuse et potentiellement portée par une vision humaniste. L’école aujourd’hui a besoin d’un projet de très grande ampleur et d’une rupture radicale avec la période précédente. Naguère nous tombions tous à bras raccourcis contre les réformes menées tambour battant, il n’est pas trop tard pour assumer ces critiques et abroger les dispositions prises. Une telle entrée en matière du texte aurait eu le mérite de clarifier les choses.

Mais la critique nécessaire fait place à une rhétorique du changement à l’aune de formules générales et convenues : « l’école doit changer car le monde change », « l’école doit rentrer dans la modernité », ou bien des critiques un peu éloignées des réformes elles-mêmes déplorant qui les mutations des cultures juvéniles, qui la communication, qui l’individualisme etc. Dont acte. Mais que dire des évolutions problématiques de l’école elle-même : doxa de l’utilitarisme, du néo-libéralisme, de la concurrence ? Certes ce dernier point est évoqué mais quelle action volontariste lui est opposée ? Suppression des palmarès et des classements ? Non. Suppression des logiques d’autonomie des établissements ? Non. De la situation spécifique de l’enseignement privé ? Non. Tout juste l’idée d’une nouvelle forme d’évaluation détachée des logiques concurrentielles qui reste d’ailleurs à clarifier.

 

Comment réduire les inégalités ? Vrais problèmes et solutions limitées

Nous touchons là probablement au cœur du texte. La continuité avec les orientations politico-idéologiques précédentes se confirme. Le socle commun de connaissances, directement issu de la loi Fillon de 2005, n’est pas remis en cause. Il est au contraire fortement revendiqué. Seule sa simplification est annoncée : quelle simplification ?  C’est même lui qui conduirait la réforme des programmes et les épreuves du DNB (Diplôme national du Brevet des collèges).

Si la perspective de réduction des inégalités est tout à fait louable, et nous devons bien sûr l’encourager, les causes de ces inégalités sont peu analysées. Certes il est nécessaire d’œuvrer pour la pré-scolarisation, et de renforcer l’école primaire. D’accord aussi pour une action volontariste en ce sens au collège. Mais la nature de celle-ci laisse perplexe. Le thème de l’individualisation de l’action pédagogique comme remède à l’échec scolaire, cher à Xavier Darcos et Luc Chatel et qui cristallisait les critiques il y a encore quelques mois, n’est pas ici remis en cause. Il est même récurrent et demeure étroitement lié aux approches psychologisantes et naturalisantes de la difficulté scolaire. On retrouve la rhétorique du précédent gouvernement qui triait les élèves en fonction de leurs goûts, intérêts et autres talents supposés. Le « bien être psychologique », composante de la réussite ne saurait suffire pour éradiquer l’échec scolaire.

Une référence récurrente au « changement de pédagogie » ? Ce changement est indispensable mais le propos demeure bien général. Opposer l’innovation, sans la définir aux « pédagogiques traditionnelles frontales », sans en faire l’analyse, revient à une critique formelle aussi convenue que dépassée des anciens contre les modernes. Qui s’est vraiment donné la peine de comprendre la genèse des pratiques pédagogiques et d’outiller efficacement les enseignants ? Les ESPE (Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation) revendiquées, seront-elles à la hauteur ? Le rapport n’apporte au fond que peu de précision sur les pratiques pédagogiques dites « efficaces » sur la façon de les penser et de les transmettre.

Les élèves qui rencontrent des difficultés ont besoin d’un service public fort plutôt que de compassion ou de bienveillance, d’un service public qui en appui sur la recherche universitaire et pédagogique interroge la nature des difficultés rencontrées par les élèves pour y apporter des réponses audacieuses, garantes d’un profond changement.

 

La co-éducation : pour quoi faire ?

Le thème du partenariat est également très présent. Mais rien de nouveau depuis à présent trois décennies. Ce qui l’est en revanche, c’est la notion de co-éducation qui impliquerait certes les parents d’élèves mais également les entreprises, et ce dès la 6ème, comme le préconisait récemment le Ministre lui-même. N’est-ce pas là la consécration d’une logique utilitariste ? En matière de « gouvernance » la décentralisation (de la formation professionnelle et de l’orientation) est fortement souhaitée ainsi que la contractualisation avec les collectivités locales, tout en revendiquant une action forte de l’Etat : n’est-ce pas contradictoire ? Quel bilan peut-on faire de l’émiettement de l’action éducative depuis trois décennies ? N’y a-t-il pas un lien avec le développement très marqué des inégalités territoriales d’éducation ? Aujourd’hui l’école a besoin de plus ou de moins d’Etat ? D’une simplification de son action ou d’une complexification ? Cette nouvelle phase de décentralisation revendiquée, corrélée à un rapprochement avec le monde de l’entreprise, ne risque-t-elle pas de plonger l’école dans une nouvelle crise dont elle n’a absolument pas besoin aujourd’hui pour se reconstruire ? Il y a à mon sens davantage à perdre qu’à gagner sur ce de terrain.

 

L’éducation prioritaire et la carte scolaire : les grands oubliés

Ces deux sujets condensent la plus grande surprise du rapport. Si ce dernier souhaite mettre l’accent sur la réduction des inégalités, pourquoi alors reléguer le sujet de l’éducation prioritaire en dernière position ? C’est le cas aussi pour la carte scolaire qui pourtant constituait l’un des symboles de la dérégulation éducative par l’ancien gouvernement.

Ce qui pose problème c’est de cantonner la question du traitement des inégalités les plus vives, ainsi que celle de la sectorisation, aux seuls territoires prioritaires. Il s’agit même d’un contre sens. Ce qui se joue dans ces territoires n’est qu’un révélateur puissant des défaillances d’ensemble de l’école. La concentration des difficultés et les logiques ségrégatives sont le produit de la compétition scolaire généralisée et de l’insuffisance de l’école à assumer la massification scolaire.

Le traitement de ces deux questions appelle des actions d’ensemble et non des approches segmentées et particularistes en allant même jusqu’à proposer d’agir à la seule échelle des établissements. Renoncer à l’idée de zonage territorial fait courir du reste un risque considérable de démobilisation et de déstabilisation des établissements depuis longtemps engagés dans des actions en réseau et d’ouverture sur leur environnement. La priorité est d’éviter que ces établissements ne décrochent davantage et qu’ils ne fassent l’objet d’une stigmatisation renforcée.

Agir contre les inégalités ce n’est pas « triturer » à loisir les zonages prioritaires, c’est aussi poser clairement la question de la politique redistributive en matière d’éducation. A ce titre le rapport aurait été bien inspiré de reprendre à son compte les termes du référé de la Cour des comptes adressé le 11 juillet dernier au Ministre de l’Education nationale et portant sur le traitement des inégalités scolaires. Ce dernier argumentait, en substance, que l’une des causes du renforcement des inégalités de scolarisation est leur absence de prise en compte lors de l’attribution des moyens. C’est donc à un changement radical de paradigme redistributif que le référé appelle de ses vœux.

Il ne s’agit de saupoudrage de moyens supplémentaires au profit de quelques établissements triés sur le volet, mais de s’adresser à tous ceux qui accueillent des élèves en situation objective de désavantage économique, scolaire et culturel. En soulignant le fait que certains territoires scolaires situés dans le haut des hiérarchies concentrent les moyens les plus importants, on peut résumer la préconisation de la Cour par le principe de « donner moins à ceux qui ont plus » et réellement « plus à ceux qui ont moins ». Preuve s’il en est qu’une action volontariste en matière de réduction des inégalités nécessite une vision d’ensemble tant en matière de redistribution des moyens, des postes, que des actions spécifiques à mener, conception bien éloignée donc d’une vision partielle du problème.

 

Vous avez dit arbitrage ?

Au terme de cette lecture, si nous avons souligné des manques et des points de désaccord nombreux, il est aussi des points d’accord : sur la scolarisation obligatoire à 2 ans, sur la nécessité de réformer la formation des enseignants, sur le rétablissement de la sectorisation (partout ou dans les territoires prioritaires ?), sur la nécessité d’homogénéiser l’offre de formation, sur l’obligation de ne laisser aucun élève sans solution, de redonner un second soufflet à la vie scolaire etc. Cependant faute d’une argumentation beaucoup plus précise, ces propositions, qui étaient « dans l’air du temps » avant la concertation risquent bien d’en rester à l’état d’incantation. Du reste ces dernières cohabitent avec des propositions inquiétantes d’une toute autre obédience politique puisqu’elles s’inscrivent dans la continuité des politiques néo-libérales qui ont plongé l’école dans l’impasse. Refonder l’école ce n’est pas chercher à contenter tout le monde, c’est faire des choix. L’école du peuple supposera des changements de paradigmes radicaux : c’est bien cela que l’on appelle à présent l’arbitrage ?

 

Choukri Ben Ayed

Sociologue, Professeur à l’Université de Limoges

Chercheur au GRESCO

 

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 12:42

Après avoir vilipendé pendant toute la campagne présidentielle le traité Merkozy, le Président et son gouvernement l'ont fait entériner ce mardi sans états d'âme. Réalisent-ils les dégâts que pareil reniement causera dans leur électorat, quand les conséquences pratiques de ce vote seront évidentes ?

Mais en fait, je l'ai souvent écrit sur ce blog, derrière l'abandon de la promesse électorale se cache, depuis le traité fondateur de Maastricht (1992), un persistant engagement européen, assumé sous les fourches caudines de la BCE, de l'Euro, que Maastricht initiait, et que l'on nous présente aujourd'hui comme des nécessités positives. 

J.M.Ayrault a bien pointé l'enjeu du débat actuel : refuser le traité, c'est mettre en cause l'Euro... C'est dire qu'il demeure sans états d'âme dans cette logique de Maastricht. 

Les électeurs qui avaient cru aux promesses d'Europe sociale lors du référendum Maastricht ont eu le temps de faire leur expérience, et de déchanter.

Cf. par exemple le récent billet (Libération, 4 octobre) de Pierre Marcelle.

http://www.liberation.fr/economie/2012/10/04/stabiliser-coordonner-et-gouverner-quoi-au-juste_850914

 

C'est dire qu'aujourd'hui, en dépit du battage médiatique, le sentiment grandit dans l'opinion que notre gouvernement se couche devant la toute puissance allemande, héritière d'un siècle et demi d'ambitions hégémoniques, toute puissance qui ne cèdera que devant la fermeté : pour l'amener à négocier vraiment, il aurait fallu s'appuyer sur une réelle consultation de l'opinion française, et refuser fermement l'arbitraire. Ça n'a pas été le cas et maintenant les jeux sont faits, provisoirement. 

 

René Merle

http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/article-vote-du-traite-merkozy-111036702.html

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 12:37

2 millions d’emplois industriels ont été perdus en 30 ans dont 750 000 ces dix dernières années.  Loin de se ralentir, le mouvement s’accélère.  Il gagne même les services et la Recherche-Développement. L’automobile (PSA, Renault), Sanofi, les sous-traitants automobiles sont ainsi sacrifiés.  Le tissu industriel en France se désagrège.

 

En 2011, des actionnaires gavés

En 2011 , en pleine crise, les actionnaires du CAC 40 ont perçu 37,4 milliards de dividendes  souvent dilapidés en spéculations douteuses.   Les salariés de Sanofi ont fait gagner 3,48 milliards aux actionnaires.  GDF-Suez a versé 3,38 milliards de dividendes.

 

L’État engraisse  le CAC 40

Des dizaines de milliards d’euros sont versés chaque année aux entreprises qui reçoivent davantage  qu’elles ne paient en impôts : aides de l’État , des Régions, allègements d’impôts et de cotisations sociales!  Exemple : Sanofi a reçu 540 millions d’euros au titre du crédit impôt recherche.  Certes toutes les entreprises n’appartiennent pas au CAC 40, mais beaucoup sont sous-traitantes des grandes entreprises capitalistes qui profitent de ces aides  en pressurant ces PME pour obtenir les plus bas prix.

Conséquence : La Bourse capte l’essentiel des subventions distribuées par l’État.

 

Les patrons dégraissent et délocalisent

Ce sont principalement les industries de forte main d’œuvre,  peu qualifiée, qui délocalisent.  Ainsi les moins qualifiés sont davantage victimes du chômage.  Cela accroît les difficultés des plus démunis. Nos gouvernements successifs ont encouragé ces délocalisations, encore  accrues depuis l'entrée des ex-pays socialistes dans l’Union Européenne.

L’un des arguments avancé est la conquête de nouveaux marchés.

 

Faux !  Renault a délocalisé ses trois modèles les plus vendus en France : Twingo, Mégane (en totalité) et Clio pour moitié …

Le patronat promettait des emplois qualifiés pour les pays industrialisés.  Mais la Chine, le Brésil, l’Inde produisent aujourd’hui des produits de haute technologie … Et les emplois hautement qualifiés sont aujourd’hui également délocalisés.  Ce sont désormais les secteurs de Recherche et Développement qui sont touchés chez PSA,  Renault, Sanofi …  Plus de la moitié des entreprises multinationales ont délocalisé une partie de leur secteur recherche en Chine, en Inde ou à Singapour

 

Une autre logique pour mieux vivre en France : contrôler les entreprises

Le capitalisme est mortifère.  Le choix de la localisation ne doit donc pas dépendre du marché car il a des conséquences collectives. La production doit servir les besoins de la population et le développement social doit être pris en compte dans les décisions industrielles et économiques.

En outre les délocalisations précipitent des milliers de camions sur les routes et relocaliser permettrait de réduire les gaspillages énergétiques et la pollution.

Ce sont donc l’Etat, les députés, élus à la proportionnelle, après consultation de la population et des travailleurs, qui doivent décider.  Il faut arrêter de laisser l’UE et les patrons décider seuls.  Il faudra renationaliser: les banques, la SNCF, les grandes entreprises qui liquident l’industrie en France.  Des accords de coopération mutuellement avantageux, industriels, commerciaux pourraient alors être conclus avec d'autres pays et les spéculateurs   écartés des décisions.

 

Une logique sociale incompatible avec l’UE et les règles capitalistes mondiales

De telles mesures sont évidemment incompatibles avec les politiques européennes et les règles de l’OMC.  Un vrai gouvernement de gauche devrait pourtant prendre ces mesures pour sauver et relancer l’industrie, l’emploi dans notre pays.  Évidemment cela conduirait à demander la sortie de l’UE qui impose une politique aux profits des spéculateurs et des marchés financiers.

 

 

Source : « Action Communiste »

publié sur El Diablo

 

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 12:34

lundi 1er octobre 2012

 

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2013 s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à limiter les déficits publics et sociaux à 3% du PIB dès 2013, dans la perspective d’un équilibre budgétaire à l’horizon 2017. C’est la fameuse « règle d’or » prévue par le projet de traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union Européenne, traité auquel la CGT est opposée à l’instar de la Confédération européenne des syndicats.

Le taux de croissance de l’ONDAM (objectif national des dépenses d’assurance maladie) est par suite particulièrement contraint, puisqu’il est fixé au même niveau que les années précédentes, soit 2,7%.

Pour la CGT, cet ONDAM ne permettra pas de faire face aux défis auxquels est confrontée l’assurance maladie. Le gouvernement ne fait aucune proposition concrète pour mettre fin à la situation d’endettement insupportable de nombreux établissements de santé et notamment pour apurer les emprunts toxiques de Dexia, ni pour garantir le financement à long terme des besoins des hôpitaux. Il se contente d’annoncer que l’Etat prendra à sa charge les besoins de trésorerie des hôpitaux qui s’engageraient dans un plan de retour à l’équilibre.

Quelques mesures vont toutefois dans le bon sens, comme l’annonce de la fin de la convergence tarifaire public/privé (mais sans engagement de remettre à plat la tarification à l’activité), le remboursement à 100% de l’IVG, et un ensemble d’orientations allant dans le sens d’une meilleure organisation du système de santé, avec un engagement de répondre au problème des déserts médicaux et la généralisation d’une rémunération au forfait pour les équipes de soins de proximité.

Néanmoins, les attentes restent fortes sur la question des dépassements d’honoraires et sur celle de la répartition des professionnels de santé.

Par ailleurs, les travailleurs de l’amiante pourront liquider leur retraite à 60 ans, quel que soit leur régime. Jusqu’à présent, c’était impossible pour les salariés qui terminaient leur carrière dans les régimes spéciaux.

La réforme du financement est renvoyée à la discussion au sein du Haut Conseil du financement de la protection sociale qui vient d’être mise en place.

En revanche, le PLFSS prévoit la création d’une taxe additionnelle à la solidarité pour l’autonomie, au taux de 0,15% en 2013 et de 0,30% en 2014, pour les retraités imposables, censée financer la perte d’autonomie, mais affectée au fonds de solidarité vieillesse qui finance les pension de retraite des chômeurs et le minimum vieillesse, et qui ne financera donc pas la perte d’autonomie.

Cette mesure, qui équivaut à une augmentation de la CSG des retraités imposables, et qui conduira à une baisse de pouvoir d’achat des retraites pour ces derniers contredit le discours gouvernemental selon lequel aucune nouvelle ponction ne serait effectuée sur le pouvoir d’achat des assurés sociaux. Elle est inacceptable pour la CGT.

 

Montreuil, le 1er octobre 2012

 

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 13:03

Déjouons les opérations politiques autour du « TSCG » !

par Emmanuel Dang Tran, PCF Paris 15

EDT pour vivelepcf, 18 août 2012

 

Hollande, après Sarkozy, ne pourra pas esquiver bien longtemps la question de l’UE. Dans quelques mois, sa politique d’austérité « équitable » a tous les risques de se transformer en super-austérité. Le capitalisme va continuer à utiliser sa propre crise pour s’attaquer aux acquis des travailleurs pays après pays en Europe. En 2013, la France est censée emprunter 400 milliards d’euros sur les marchés. Elle affrontera la concurrence des pays, comme l’Italie, où les salaires et les droits sociaux auront été écrasés. L’UE s’apprête à être, comme contre Grèce, Espagne ou Italie aujourd’hui, à la fois le prétexte et l’instrument, avec l’euro, pour imposer cette politique au peuple français.

 

Mais en France, le pouvoir fait face à un obstacle particulier. En 2005, s’est déroulé un vote et la sanction populaire est tombée. Par référendum, le peuple a rejeté à 55% la « constitution » européenne qui reprenait l’ensemble des traités européens, Maastricht, Amsterdam, Lisbonne. Une claque notamment pour Hollande et Sarkozy qui avaient posé ensemble sur Paris Match pour le TCE. Le pari de « relégitimation » de l’UE a échoué. Bien sûr, gauche et droite se sont entendues pour adopter au Parlement en 2008 le Traité de Lisbonne avec l’essentiel des dispositions techniques du TCE (pas toutes, notamment pas l’inscription directe dans la loi française des directives européennes).

Mais, aujourd’hui plus encore, avec l’expérience de l’intrusion de l’UE et de la BCE sur les pays voisins, le discrédit à 55% de l’UE demeure. Un potentiel de résistance et de contestation notamment de l’euro existe et peut être développé. Une majorité encore plus large pense que l’euro a été une mauvaise chose.

Face à cette situation, l’idéologie dominante a adapté son discours, a temporisé. Sarkozy a très peu utilisé le prétexte européen pour faire passer ses contre-réformes. Sarkozy, puis Hollande ont adopté une posture de fermeté face à l’Allemagne d’Angela Merkel.

 

Surtout les partis du système ont tout fait pour minimiser, esquiver la question européenne pendant l’interminable campagne électorale de 2012.

Le système a confié au FN le soin de jouer son rôle habituel de repoussoir pour discréditer toute idée de rupture avec l’UE. Le Pen fille n’a pas eu à le mener jusqu’au bout, abandonnant la question de l’euro dans sa profession de foi. L’absence des positions historiques du PCF, celles qui ont alimenté nos campagnes contre Maastricht notamment a pesé lourd, avec le choix de la direction du Parti de l’effacement dans le Front de gauche, de l’alignement derrière le PGE, la CES et le Maastrichien, « fédéraliste », Mélenchon.

 

Les élections passées, Hollande réintroduit la question européenne avec l’adoption du Pacte budgétaire. Sur le plan politicien, il s’est débrouillé pour l’associé dans un « paquet », soumis au vote des députés et sénateurs, comprenant un volet « croissance » qui permettra à la gauche de se différencier de Sarkozy. Notons, au passage, que ce volet « croissance » n’est qu’un instrument de plus dans l’intégration dans l’UE du capital.

 

Le Pacte budgétaire est avant tout un instrument politique pour mettre une pression européenne sur les peuples. Son nom de code, en jargon européen, est « TSCG » pour « Traité sur la coopération et la gouvernance de l’Union économique et monétaire ». Mais il n’est en rien comparable aux traités de Maastricht ou de Lisbonne. Il ne concerne que 25 pays sur 27 (Royaume-Unis et République Tchèque ne l’ont pas signé). Il ne reprend pas les traités antérieurs. Il ne s’y substitue pas.

Il ne contient en fait que la reprise de la partie du Traité de Maastricht concernant les conditions de déficit et de dette publics pour adhérer à l’euro. Pour les capitalistes européens, ces fameux « critères de Maastricht » ont été bien politiquement très utiles pour compresser les dépenses publiques et sociales, les salaires, tout au long des années 90. Mais dans les faits, ils n’ont quasiment jamais été respectés par un seul Etat membre. Aujourd’hui, ils ont perdu leur efficacité politique.

 

Le premier objectif du TSCG est de réaffirmer solennellement les critères de Maastricht dans le contexte dramatisé de « crise de l’euro ».  La propagande fonctionne à plein : pour diminuer les déficits publics (creusés par les gouvernements eux-mêmes au profit des capitalistes), pour préserver l’UE et l’euro, il faut adopter le TSCG. Une fois le TSCG adopté, le gouvernement n’aurait plus de marges de manœuvre pour faire d’autres choix que l’austérité. Sous peine de sanctions européennes. On ne connaît que trop ce discours de défausse des gouvernements français. Répétons-le, jamais, les « critères de Maastricht » n’ont été observés mais jamais l’UE n’a pris le risque d’imposer les sanctions prévues à un peuple.

 

Non, l’atteinte véritable à la souveraineté nationale, à la capacité des peuples à résister au capitalisme, est ailleurs : elle est dans la monnaie unique, l’euro. L’échelon national est dépossédé de sa maîtrise. Au bout de 10 ans, tous ce que, communistes, nous avions dénoncé en combattant Maastricht se produit, la mise en concurrence exacerbée entre les peuples, l’écrasement des activités, des industries des pays les plus faibles, la baisse accélérée des salaires et des droits sociaux etc. La « crise de l’euro » est maintenant à la fois le moyen d’aggraver encore ses effets mais aussi de préparer un renforcement de la tutelle de l’UE du capital sur les peuples avec une intégration bancaire puis budgétaire. NON ! Nous avons dit à non à cela à 55% !

 

L’autre objectif du TSCG, c’est bien que l’on ne touche pas à l’euro, au consensus pour la sauvegarde l’euro.

Voilà pourquoi, y compris pour lutter contre l’application du TSCG, c’est une fausse-bonne idée, une erreur, voire une tromperie de demander un référendum sur le TSCG, comme le font, après avoir soigneusement attendu l’élection de Hollande, des associations de la « gauche de la gauche », Copernic, Attac ou le Front de gauche.

Non, le TSCG n’est pas un nouveau Traité de Maastricht ou de Lisbonne. L’ériger au même niveau, c’est rentrer dans l’opération politique du pouvoir et de l’UE. C’est dévaloriser les 55% de 2005, le point d’appui pour lutter contre la légitimité et la fatalité de l’application traités, directives et règlements européens, y compris le TSCG lui-même.

Les propos tenus par Pierre Laurent dans son interview à Nice Matin le 15 août sont gravement inconséquents : « L’enjeu est encore plus important que pour le traité de Maastricht il y a vingt ans, qui était déjà une erreur monumentale. » Pierre Laurent décide d’effacer la portée fondamentale de Maastricht. C’est conforme avec l’abandon de la contestation de l’euro et la conversion, avec le PGE, à la « réorientation » de l’UE. Comme dit le chanteur, « une erreur, c’est facile comme un et deux font quatre ». Maastricht, une erreur ? Mitterrand ne savait pas ce qu’il faisait peut-être ! Pour Pierre Laurent, il s’agit sans doute le moyen de gommer le fossé qui sépare les communistes des socialistes comme Mélenchon, chantre en 1992 de Maastricht, qu’il qualifia de « bon compromis de gauche ».

 

Dans les luttes à venir, l’abandon du point de vue communiste contre l’UE est désastreux.   

A 55%, les Français ont dit NON à tous les traités de l’UE. On leur demanderait maintenant de se prononcer sur une petite partie, un codicille.

Réduire le débat européen au texte du TSCG, oui ou non, c’est rentrer dans le faux débat promu par le système sur les déficits publics. Dans le détail, le TSCG reprend exactement les critères de Maastricht « en vigueur » : 3% du PIB de déficit maximum et 60% de dettes publiques. Le seul point ajouté est une limite de déficit « structurel », c’est-à-dire du budget de fonctionnement, de 0,5% du PIB, sauf circonstances exceptionnelles. On voit le danger de rentrer dans le débat technique !

Communistes, nous ne sommes pas par principe pour des déficits publics mais pour prendre l’argent là où il est, le choix des déficits pouvant se justifier pour certains investissements. Notre problème n’est pas d’abord de s’opposer à la réduction des déficits mais qu’elle se fasse par des prélèvements sur la production de richesses détournée par les capitalistes.

La pétition de l’Huma reprend la notion de souveraineté nationale qui cesse enfin d’être confondue avec le nationalisme. Mais la perte essentielle de souveraineté ne réside pas dans les dispositifs de « sanctions » théoriques, politiques, qui seront aussi peu appliqués que ceux prévus par Maastricht mais bien dans la monnaie unique, l’euro.

 

On s’étonne que les promoteurs du référendum sur le TSCG ne se soient réveillés qu’après l’élection de François Hollande. Les uns et les autres ont fait semblant de croire, ont voulu faire croire que Hollande « renégocierait » le Pacte budgétaire, autrement qu’il ne l’a fait. C’était aller contre toute évidence. Le résultat de ce travail de rabattage pour Hollande est de faciliter sa position aujourd’hui pour faire passer le TSCG. Et puis, le seul fait d’imaginer que le TSCG soit « renégociable » en dit long sur l’adhésion profonde à la fatalité de l’UE du capital.

 

Evidemment, de référendum, il n’y en aura pas. L’affaire sera pliée au Parlement en quelques semaines. Mais comme Pierre Laurent le laisse entendre, l’objectif est sans doute ailleurs : « il faut qu’un nombre important de parlementaires de gauche s’opposent à cette ratification lors du vote en septembre ». L’initiative sur le TSCG s’inscrit dans la recomposition politique visée par le Front de gauche, comme par le PGE en Europe (ex : Syriza), constituer des « partis socialistes de gauche » pro-européens.  L’ex-rocardienne Lienemann est déjà sur les rangs pour rejoindre Mélenchon. Hamon et Montebourg, qui font paraître des états d’âme sur le TSCG, seront les contestataires de demain. Les parlementaires « verts » (élus par le PS…), chacun au nom de l’amour de l’UE, se répartissent les positionnements. On se souvient que, pressentant le résultat, le PS n’avait pas mis tous ses œufs dans le même panier en 2005 en délégant les Maastrichiens Fabius, aujourd’hui ministre des affaires étrangères, Bernard Cazeneuve, aujourd’hui ministre des affaires européennes ou Mélenchon pour canaliser le Non.

 

Depuis des mois, avec d’autres membres du Conseil national du PCF, des centaines de responsables et militants, nous demandons qu’une véritable initiative nationale pour la rupture avec l’UE du capital et la remise en cause de l’euro soit engagée par notre parti, dans la suite de ses positions historiques, notamment contre Maastricht, validées par l’expérience. A chaque niveau, nous nous sommes heurtés à des responsables sourds. Au CN, le débat a été refusé, comme il n’a jamais été discuté de l’initiative actuelle, tombée d’en haut, c’est-à-dire de la direction du « Front de gauche ». L’Humanité nous a envoyé la même fin de non-recevoir alors qu’abondent les tribunes des dirigeants du PG.

 

Aujourd’hui, plus que jamais, dans le cadre de la discussion nécessaire sur les moyens de faire échec au TSCG, nous remettons en avant notre appel et les propositions de campagnes que notre parti devrait porter :

-          Refus de l’application des traités, directives et règlements européens illégitimes

-          Nationalisation du secteur financier national

-          Dénonciation de la dette publique indue

-          Abandon de l’euro, qui dans le cas de la France, veut dire fin de l’euro et recouvrement des souverainetés monétaires nationales

-          Coopération monétaire via une monnaie internationale commune entre pays de l’UE ou non.

Contre l’alliance européenne des capitalistes, la résistance au plan national est décisive dans l’intérêt mutuel, internationaliste, des peuples!

 

Emmanuel Dang Tran, PCF Paris 15

 

http://pcf-paris15.over-blog.com/article-ue-euro-la-seule-question-a-poser-c-est-comment-rompre-avec-l-une-et-l-autre-110090411.html

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 12:55

Il est vain de s'interroger sur le choix :  entre être dans l'opposition ou faire pression  sur le gouvernement pour qu'il "respecte" ses promesses. Et d'abord quelles promesses ?

Celle de renégocier le traité ? Celle de mettre fin à la casse du service public?

On sait ce qu'il en est, le traité est exactement le même, à la virgule près, que celui rédigé par Sarkosy et Merkel. Ce traité va servir de caution à une politique d'austérité  conduisant  droit à l'échec.

Quand ils étaient dans l'opposition, les socialistes disaient pis que pendre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP). Dans sa lettre de mission, le Premier Ministre affirmait que la période de la RGPP était close ! Le 28 septembre, après audits, la RGPP, certes « mal engagée sur la forme », mais « nécessaire sur le fond », revient par la fenêtre sous un autre nom. Hélas ! le nom ne fait rien à l'affaire, les conséquences sont les mêmes : désengagement de l'État, abandon de missions, fusions, restructurations, suppressions d'emplois, souffrance des agents... en clair, la casse des services publics continue, laissant à l'abandon des parties entières du territoire - et après l'on s'étonnera que tant de citoyens votent pour le Front National !

Nous savions que ces promesses étaient impossibles à tenir car elles nécessitaient des éléments de rupture claire avec le système capitaliste. Sans ces ruptures indispensables, le gouvernement  est obligé de poursuivre dans la même voie qu'avant, en voulant en plus être "meilleur élève".

Dans plusieurs pays européens, des milliers de citoyens  se lèvent contre ces politiques d'austérité, présentées comme inéluctables. La manifestation à Paris le 30 septembre est une amorce. Non, la politique d'austérité n'est pas la seule possible, oui, on peut faire autrement à condition que les citoyens reprennent la main, se mobilisent  et mettent en oeuvre  de véritables ruptures sociales et économiques  comme  l'appropriation sociale .

 

Marie-Claude Herboux, 5 octobre 2012

M.-Cl. Herboux est membre de la FASE (Calvados)

 

http://www.cerisesenligne.fr/

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 11:14

Pressé par l’oligarchie capitaliste qui en est l’unique bénéficiaire, l’Union européenne entend bien rendre irréversible, dans les tout prochains mois, un « saut fédéraliste européen » (dixit Manuel Barroso) qui réduirait à néant la souveraineté des nations d’Europe tout en plongeant les peuples dans l’austérité à perpétuité.

Dans ce but, toutes les forces euro-capitalistes sont mobilisées. Cela va du grand patronat « français », qui appelle à liquider la France pour instituer les « Etats-Unis d’Europe » (manifeste Besoin d’aire publié par le MEDEF), aux coalisés du Parti Maastrichtien Unique (« PMU ») composé de l’UMP et du PS. Par-delà leurs divergences visibles, ces deux partis œuvrent dans le dos du peuple à détruire l’héritage de la Révolution française et du Conseil National de la Résistance.

C’est dans ce but que sera prochainement ratifié à la hâte, par une probable majorité PS-UMP qui n’en est pas à sa première félonie, un nouveau Traité européen qui priverait la nation de sa souveraineté budgetaire, après l’avoir dépouillée de sa souveraineté monétaire.

Quant au FN, sa patronne n’a cure de combattre l’euro-traité en ce moment décisif où la nation est strangulée au nom de l’euro : Mme Le Pen préfère dénoncer la kippa et la djellaba, qui pour elle les principaux ennemis du pays… Sur ce terrain fétide, elle doit d’ailleurs affronter la concurrence de Coppé, le grand pourfendeur du « racisme anti-Blancs » (sic)… Bref, l’ UM’Pen en formation vient à l’aide du « PMU » en difficultés pour prendre en tenailles notre peuple exaspéré…

Par bonheur, les peuples d’Europe, ces géants trop longtemps endormis par la propagande européiste, s’éveillent et crient leur colère. D’Athènes à Madrid, de Rome à Paris, les masses populaires défient l’euro-dictature et les gouvernements collabos qui la servent, les Rajoy, Hollande et autre Merkel, le second couteau de Washington sur le sol européen. Déjà à Lisbonne, la lutte de la CGTP – dans laquelle les communistes portugais (non affiliés au piteux Parti de la Gauche Européenne –PGE-) - jouent un rôle majeur, a fait reculer le gouvernement d’euro-austérité.

En France, un grand mouvement s’est levé, dont la première traduction est la grande manifestation populaire du 30 septembre 2012, qui a pratiquement coïncidé avec avec le 220ème anniversaire de la bataille de Valmy, où l’armée des Sans-culotte a défait l’envahisseur prussien appelé à la rescousse par Louis XVI.

N’accordant aucun état de grâce au pâle Hollande, le mouvement populaire s’est mis en branle la fois contre les mesures d’austérité (30 milliards à prélever directement ou pas dans les poches des Français pour payer aux « marchés financiers » la prétendue « dette souveraine ») et contre l’euro-traité Merkozy, auquel MM. Hollandréou et Zapat-Ayrault ont fait ajouter un pseudo-additif sur la croissance : il s’agit en fait d’un emplâtre sur le talon de fer de l’austérité et des maux qui l’accompagnent : licenciements massifs et désindustrialisation galopante, barre des 3 millions de chômeurs officiellement franchie (en réalité, 4,5 millions si l’on compte le 1,5 millions de personnes qui « vivent » de petits boulots épisodiques), millions de « travailleurs pauvres » et de mal-logés ; sans parler des « couches moyennes » qui voient planer sur elles le spectre noir de la précarisation et de la tiers-mondisation, comme c’est déjà le cas en Grèce ou dans la péninsule ibérique.

La voilà la belle Europe « protectrice » que nous promettaient Chirac et Mitterrand lors du référendum sur Maastricht de septembre 92. C’en est au point que, pour faire diversion aux affrontements de classes qui viennent, les forces européistes encouragent partout les mouvements séparatistes, communautaristes et racistes : appliquant l’antique devise impérialiste diviser pour régner, les maîtres de l’ « Union » européenne rêvent de démanteler les Etats nationaux ou multinationaux forgés par l’histoire en exploitant des revendications (parfois légitimes). Et si l’ « Europe de la paix » s’achevait, comme feue la Yougoslavie, dans une balkanisation géante du continent et des pays qui le composent ?

Dans ces conditions, Initiative communiste est fière d’avoir lancé dès mars dernier, l’idée d’une grande manif plurielle ciblant à la fois les contre-réformes sarkozystes, les politiques d’austérité et leur matrice commune : la « construction » européenne et l’euro, ce carcan monétaire inamendable dont le but unique est d’interdire toute politique progressiste en instituant une police continentale des salaires, des prestations sociales et des services publics.

Bien entendu, nombre de partis de la gauche dite « radicale » continuent de prétendre, contre toute évidence, que « l’Europe est à nous » (sic) ou que « l’euro est notre monnaie » (J.-L. Mélenchon). Bref, qu’on peut réformer cette UE qui, depuis les origines a été conçue pour abattre le camp socialiste et instituer le libre-échange à sens unique dont rêvaient les monopoles capitalistes pour soumettre la classe ouvrière mondiale à une sous-enchère salariale sans fin.

Qui ne voit pourtant que, plus les peuples contesteront l’orientation ultraréactionnaire de l’UE, et plus celle-ci se durcira, plus les gouvernements – y compris les gouvernements sociaux-démocrates (mieux vaudrait dire : « sociaux-eurocrates ») – accélèrent les abandons de souveraineté, les contre-réformes et les mesures de fascisation politique (quasi-interdiction des partis marxistes à l’est de l’Europe, féroce répression en Grèce, montée en puissance des extrêmes droites…).

 

Le conte de fées débité sans conviction par P. Laurent, président du PGE (et secrétaire national du PCF), sur la « réorientation progressiste de l’euro » a de moins en moins de chances d’être écouté par la classe ouvrière, première victime de la « construction » européenne. L’UE a déjà tué le charbon français et l’essentiel de la sidérurgie (CECA, plan Davignon et maintenant, plan Mittal), elle a déjà liquidé le textile et les chantiers navals ; la voilà maintenant, avec son euro fort et son libre-échange mondial, qui interdit à Tartarin Montebourg[1] de défendre ce qui reste de métallurgie, d’automobile et de sidérurgie dans notre pays…

Non, MM. les idéologues de la gauche « euro-constructrice », il n’y a pas d’espace pour votre politique euro-réformiste à l’époque de la crise générale du capitalisme : l’UE est et ne peut qu’être – tout ouvrier conscient le sait depuis longtemps – qu’un espace de CONTRE-REFORME ET DE CONTRE-REVOLUTION. Dans quelques mois les Français n’en pourront plus, comme les Espagnols, les Grecs, les Portugais, les Italiens, de payer sans fin pour « sauver le système social »… en le démantelant ! Ils en auront assez d’être pris pour des Gribouille, ce personnage stupide qui se jette dans la rivière pour éviter la pluie. Très bientôt, les bateleurs de la gauche « euro-constructive » devront remballer leurs boniments sur la « réorientation » de l’euro sous peine d’être lapidés sur place par les peuples exaspérés !

Il n’y aura plus alors le choix qu’entre deux voies : la voie dictatoriale de l’Empire européen (pour « sauver la démocratie » ?) flanqué d’une myriade de partis ethniques comme le FN, la Lega del Norte ou le Vlaams Belang, et la seule voie progressiste réellement ouverte : celle d’un nouveau Printemps des peuples BRISANT LES CHAINES DE L’UNION EUROPEENNE, sortant unilatéralement du carcan de l’euro et recouvrant toute leur souveraineté nationale pour coopérer pacifiquement d’Etat à Etat : c’est ce que font déjà les peuples latino-américains de l’ALBA, Venezuela, Cuba, Equateur, Nicaragua, Bolivie… qui ne s’en portent que mieux. Avec en perspective, si les peuples en décident ainsi, la rupture avec le capitalisme et la reprise de la marche au socialisme en France, en Europe et dans le monde entier !

Dans cette perspective, il est urgent de constituer un large Front de Résistance Antifasciste, Patriotique, Populaire et Progressiste (FRAPP !) qui, réactualisant les grands principes fédérateurs du CNR, sortira notre pays de la prison des peuples qu’est l’UE, tout en tendant la main à l’Europe des luttes populaires en formation.

Le PRCF y travaillera avec d’autres forces communistes, syndicalistes et progressistes qui comprennent que le rassemblement populaire passe par une extrême clarté sur :

* l’indépendance nationale, la souveraineté populaire, la démocratie la plus large,

* le progrès social, la fin des discriminations de toutes sortes,

* l’abrogation des contre-réformes sarko-maastrichtiennes,

* la mise hors d’état de nuire du racisme, de l’islamophobie et de la xénophobie d’Etat,

* la nationalisation des secteurs clés de l’économie et la ré-industrialisation de notre pays,

* une politique de paix promouvant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et excluant toute participation française à des guerres impérialistes, comme celles qui se préparent contre l’Iran, la Syrie et d’autres pays.

Pour y parvenir, la question n’est pas de se demander si le PRCF est « grand » ou « petit » : il faut plutôt se demander s’il a « le courage de chercher la vérité et de la dire » (Jaurès) et s’il faut ou non l’aider à dynamiser l’unité d’action des militants franchement communistes, l’unité des syndicalistes de lutte, l’unité des patriotes antifascistes, l’unité des forces internationalistes et anti-impérialistes.

 

Aidez-nous, aidez-vous, aidons-nous à ne pas rater le grand rendez-vous historique

qui vient !

 

Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF

 

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 11:06

 Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

Le 2 octobre 2012.


Dans un texte récemment publié (repris sous une forme réduite et légèrement modifiée dans Le Monde daté du 3 octobre), des économistes proches du Front de gauche, d’Attac, de la Fondation Copernic et de la gauche de gauche en général expliquent leur rejet du Traité budgétaire européen. Ce Traité, à juste titre, ne doit pas être ratifié, et nous avons tous manifesté dans ce but le 30 septembre dernier. Mais son rejet ne doit pas être simplement motivé par les seules raisons avancées par ces économistes. De la même manière, les solutions qu’ils envisagent pour faire face à la crise ne se trouvent certainement pas dans le fédéralisme qu’ils préconisent sans le dire ouvertement.

Les signataires font l’impasse sur les origines fondamentales de la crise et sa raison principale : l’euro lui-même ! Plusieurs causes qu’ils identifient sont parfaitement justes, comme par exemple les politiques fiscales néolibérales, les aides publiques aux banques et à l’activité économique ou la déréglementation financière. Mais ils n’évoquent pas tout ce qui relève des responsabilités de la monnaie unique. Or il faut le dire et le redire, l’euro est la cause principale de la crise dans la zone euro. Et c’est en se débarrassant de l’euro et en reprenant notre indépendance monétaire que l’on créera les conditions pour résoudre la crise.

Deux conditions essentielles sont nécessaires au bon fonctionnement d’une monnaie unique partagée entre plusieurs pays. La première est un accord fondamental sur le projet de société et par conséquent sur les politiques économiques – donc monétaires et budgétaires – qui permettront de le mettre en œuvre. La seconde condition est une forte proximité des économies de ces pays. À défaut d’une telle proximité, des clauses précises de transferts de ressources doivent être prévues entre les pays les plus développés et les pays les moins développés. Aucune de ces conditions n’était réunie au moment de la création de l’euro, la situation est pire aujourd’hui. La politique monétaire unique menée dans des pays ne partageant pas le même projet politique et aux économies disparates a provoqué une aggravation des inégalités entre ces pays.

Ces économistes ne remettent pas en cause les soubassements « théoriques » ayant conduit à la création de l’euro et à sa gestion par une banque centrale européenne « indépendante » : l’article 120 du traité de Lisbonne (« Les États membres et l’Union agissent dans le respect du principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre, favorisant une allocation efficace des ressources... »). Toutes les politiques menées par l’Union européenne reposent sur ce mythe. C’est la raison pour laquelle la « libéralisation » des marchés de capitaux a été organisée au sein de l’UE, notamment par des directives, afin de construire un marché financier mondialement intégré.

Du coup, il fallait que l’euro concurrence le dollar. La « construction » européenne a donc été subordonnée à ce but : attirer vers les marchés financiers européens les capitaux libres recherchant à l’échelle de la planète une rentabilité maximale et à très court terme. C’est cet objectif qui explique la poursuite systématique d’une politique de taux de change élevés, appuyée sur des taux d’intérêt supérieurs à ceux des États-Unis. L’euro est le vecteur permettant la libre circulation des capitaux. Il n’est pas un « bouclier » anti-spéculation, il attire la spéculation ! Dès lors, pour compenser le renchérissement des produits fabriqués dans la zone euro face à leurs concurrents de la zone dollar et des pays émergents (en raison de l’euro « fort »), les entreprises de la zone euro ont été ainsi poussées à exercer une pression sans cesse croissante sur les coûts salariaux et sur l’emploi. Les délocalisations ont été encouragées par cette politique.

Un autre point aveugle du texte de ces économistes est le silence qu’ils observent sur la responsabilité des dirigeants allemands dans l’origine et l’aggravation de la crise. Le succès présumé de l’économie d’outre-Rhin, mesuré par ses excédents commerciaux colossaux (probablement 210 milliards d’euros fin 2012), repose en réalité sur une violente déflation salariale imposée aux travailleurs allemands pour améliorer la compétitivité et sur des délocalisations massives. Ces délocalisations vont dans les Pays d’Europe centrale et orientale (PECO), pays à monnaies faibles, les productions étant ensuite vendues dans la zone euro, monnaie forte, sous le label trompeur de Made in Germany. Il s’agit en fait d’un tour de passe-passe jouant sur les différences de coûts salariaux et de parités de change. L’Allemagne ne fait qu’exporter des importations et a besoin que l’euro soit « fort ». La plupart des autres pays ont besoin que l’euro soit « faible » car ils ont des déficits commerciaux et ne peuvent revenir à l’équilibre qu’en améliorant leurs exportations et en diminuant leurs importations, notamment celles venant d’Allemagne.

Cette politique agressive et non coopérative des dirigeants allemands créée des déficits commerciaux dans la plupart des pays de la zone euro qui expliquent une des principales raisons de la crise. Elle a accentué la désindustrialisation. Certains pays, pour y faire face, ont eu recours à l’endettement des ménages ou des États. Pourquoi masquer cette réalité ?

Le diagnostic erroné de ces économistes les conduit à des propositions naïves et inefficaces, fondées sur un fédéralisme furtif. Tel est le cas des cinq propositions qu’ils font : que la Banque centrale européenne « prête directement aux États pour des dépenses d’avenir » ; qu’elle finance « de manière sélective et à bas taux des organismes publics de crédit » ; une augmentation de budget européen ; la création d’un « fonds européen de développement social et écologique » ; un « contrôle de la finance ». La caractéristique de ces propositions est qu’elles gomment totalement l’échelon national. Le message subliminal qui est alors délivré est le suivant : on ne peut rien faire à l’échelon national, seul l’échelon européen est pertinent. Il s’agit donc d’une démarche fédéraliste non clairement assumée et l’acceptation tacite de la fin de notre indépendance nationale.

On appelle fédéralisme, ici, le système politique fondé sur le transfert d’éléments de souveraineté des nations à une entité supranationale. Un tel système n’est pas condamnable par principe. Tout dépend de l’accord donné par les peuples sur le champ et le degré de ces transferts de souveraineté, et de la nature de l’entité supranationale qui en bénéficie. Les propositions de ces économistes ne sont associées à aucune procédure démocratique puisque le peuple n’est pas consulté sur le sujet.

En outre ils laissent croire par leur mutisme que la concentration du pouvoir dans les mains de la Commission, du Conseil et de la BCE ne poserait aucun problème de démocratie. C’est oublier un peu vite le caractère intrinsèquement anti-démocratique des institutions européennes et de leur fonctionnement. Comment peut-on sérieusement envisager de transférer à Bruxelles de nouveaux éléments de souveraineté nationale sans les associer à une démocratisation radicale des institutions européennes ?

Pour ces économistes, il semble aller de soi qu’il n’y a plus rien à demander à l’échelon national, et qu’il faut désormais se tourner exclusivement vers Bruxelles. Le gouvernement socialiste français doit se frotter les mains, puisque ces économistes de gauche et même d’extrême gauche viennent de l’absoudre de toute responsabilité dans le règlement de la crise. Le Parti socialiste devrait même soutenir ces propositions car elles n’ont aucune chance d’aboutir et ne constituent que de sympathiques vœux pieux. Comment, en effet, à court ou moyen terme, les Vingt-Sept pourraient-ils se mettre d’accord sur ces mesures ?

Le poison fédéraliste contamine la gauche. Le texte de ces économistes alimente le brouillage entre la gauche et la droite. Car là encore, de façon implicite, on en arrive à penser qu’il n’existe pas de conceptions différentes de la construction européenne entre la gauche et la droite, et que la construction européenne serait asexuée politiquement. De la même manière, on alimente l’idée qu’il n’y aurait qu’une seule politique monétaire possible (prêter directement aux États), et qu’elle ne serait ni de gauche, ni de droite.

Au total, les trois principes hégémoniques et exclusifs qui fondent le dogme de l’Union européenne - lutte contre l’inflation, concurrence « libre et non faussée », libre-échange - empêchent par nature la coopération, la solidarité et toute gestion politique de la zone euro. C’est pourquoi il n’y a pas et il ne peut pas y avoir de « gouvernance » économique de la zone euro. C’est pourquoi les propositions de ces économistes ne pourront pas aboutir car elles nécessitent une modification des traités européens. Or, pour modifier ces traités, il faut l’accord unanime des vingt-sept pays membres. Est-il sérieux de laisser croire qu’un tel accord serait possible à brève échéance – car c’est à brève échéance qu’il faut juguler la crise – surtout pour adopter des mesures de gauche comme le contrôle de la finance ? Croit-on vraiment que les Vingt-Sept vont virer à gauche dans les quelques mois ou années qui viennent, rendant ainsi possible une révision progressiste des traités européens ?

On peut toujours égrener le catalogue des bonnes intentions et des mesures que les oligarques européens devraient prendre. L’exercice n’est pas totalement vain car on ne sait jamais ce qui peut arriver. Mais si on ne se contente que de cela, on ne fait que tourner des moulins à prières. Il faut admettre que le rythme des mobilisations sociales et des agendas politiques est propre à chaque nation, et qu’il n’y a pas nécessairement coïncidence entre les différents pays. Faudrait-il alors demander aux pays qui connaissent les dynamiques sociales et politiques les plus puissantes de ralentir pour attendre les pays qui éprouvent des difficultés de mobilisation ? Ce serait donner un coup de poignard dans le dos de ceux qui luttent avec le plus de vigueur. Ce serait également nier une leçon pourtant évidente de l’Histoire : des mobilisations, dans une entreprise ou un pays, peuvent avoir un caractère exemplaire, une vocation universelle, et susciter une généralisation de ces dynamiques.

Il est temps de reconnaître que si l’on veut vraiment sortir de la crise il sera nécessaire de sortir de l’euro et de l’Union européenne de manière unilatérale, pays par pays. Cette sortie doit s’accompagner du démantèlement des marchés financiers afin de changer la répartition des richesses entre capital et travail. Cependant, il ne faut pas écarter, non plus, l’hypothèse que les Vingt-Sept, confrontés à des contradictions insolubles, décident, la mort dans l’âme, de dissoudre la zone euro ou de transformer la monnaie unique en monnaie commune. Ou décident, en passant allègrement par-dessus le traité de Lisbonne, que la BCE prêterait directement aux États. Sur ce dernier point, il faut bien comprendre l’absence de pertinence de cette proposition. D’abord, elle avalise le transfert de souveraineté monétaire des nations à l’échelle européenne, privant ainsi la vraie gauche, au cas où elle parviendrait au pouvoir dans l’un des pays de la zone euro, d’un instrument majeur de développement économique et de contrôle des marchés financiers. On peut même ajouter qu’il n’est pas de politique de gauche possible sans maîtrise de l’instrument monétaire. Par ailleurs, même si la BCE achète directement la dette des États, cela ne changera rien aux déséquilibres structurels de la zone euro, le différentiel de compétitivité entre pays restera le même. En outre la BCE continuerait à contrôler les politiques économiques des États.

Les propositions de ces économistes sont des hypothèses très fragiles qui ne peuvent servir à fonder une orientation politique. Car si ces hypothèses ne se réalisent pas, ils n’ont rien d’autre à proposer. C’est bien la reconquête de l’indépendance nationale qui doit être au centre des mobilisations.


L’austérité aggrave la crise, non au Traité budgétaire européen !

Premiers signataires : Nicolas Beniès, Frédéric Boccara, Marc Bousseyrol, Denis Durand, Jacques Généreux, Guillaume Etievant, Jean-Marie Harribey, Michel Husson, Paul Jorion, Pierre Khalfa, Dany Lang, Dominique Plihon, Jacques Rigaudiat, Stéphanie Treillet.

Depuis 2008, l’Union européenne (UE) fait face à une crise économique sans précédent. Contrairement à ce que prétendent les économistes libéraux, cette crise n’est pas due à la dette publique. Avant la crise, l’UE dans son ensemble était globalement à l’équilibre. Ainsi, l’Espagne et l’Irlande subissent aujourd’hui les attaques des marchés financiers alors que ces pays ont toujours respecté les critères de Maastricht. La montée des déficits publics est une conséquence de la chute des recettes fiscales due en partie aux cadeaux fiscaux faits aux plus aisés, de l’aide publique apportée aux banques commerciales et du recours aux marchés financiers pour détenir cette dette à des taux d’intérêt élevés.

La crise s’explique également par l’absence totale de régulation du crédit et des flux de capitaux aux dépens de l’emploi, des services publics et des activités productives. Elle est entretenue par la BCE qui appuie sans conditions les banques privées, et exige à présent une « stricte conditionnalité » austéritaire des États lorsqu’il s’agit de jouer le rôle de « prêteur en dernier ressort ». Elle leur impose des politiques d’autérité et s’avère incapable de combattre la spéculation sur les dettes souveraines, cela d’autant que sa seule mission reconnue par les traités est celle de maintenir la stabilité des prix. En outre, cette crise est aggravée par le dumping fiscal intra-européen et l’interdiction qui est faite à la BCE de prêter directement aux États pour des dépenses d’avenir, au contraire des autres banques centrales dans le monde comme la Federal reserve américaine. Enfin, la crise est rendue possible par l’extrême faiblesse du budget européen et son plafonnement au taux ridiculement bas de 1,24 % du PIB, ce qui rend impossible toute expansion coordonnée et ambitieuse de l’activité en Europe.

F. Hollande, après s’être engagé pendant la campagne à renégocier le traité européen, n’y a en fait apporté aucun changement, et, comme vient d’ailleurs de le reconnaître E. Guigou, choisit aujourd’hui de poursuivre la politique d’austérité entamée par ses prédécesseurs. C’est une erreur tragique. L’ajout d’un pseudo-pacte de croissance, aux montants réels désiroires, s’accompagne de l’acceptation de la « règle d’or » budgétaire défendue par A. Merkel et N. Sarkozy. Elle stipule que le déficit dit structurel (hors variations de cycles économiques) ne doit pas dépasser 0,5% du PIB, ce qui condamnera toute logique de dépenses publiques d’avenir et conduira à mettre en place un programme drastique de réduction du périmètre de l’ensemble des administrations publiques.

En limitant plus que jamais la capacité des pays à relancer leurs économies et en leur imposant l’équilibre des comptes publics, ce traité est porteur d’une logique récessive qui aggravera mécaniquement les déséquilibres actuels. Les pays qui souffrent de l’effondrement de leur demande intérieure seront amenés à réduire plus fortement encore leur demande publique. Alors que plusieurs États membres sont déjà en récession, cela menacera encore davantage l’activité et l’emploi, donc les recettes publiques, ce qui creusera in fine les déficits. Ainsi, l’OFCE prévoit déjà 300 000 chômeurs de plus en France fin 2013 du seul fait de l’austérité. À moyen et long terme, cela hypothèquera la transition sociale et écologique qui nécessite des investissements considérables.

Au nom d’une prétendue « solidarité européenne », le traité organise de fait la garantie par les États des grands patrimoines financiers privés. Il grave dans le marbre des mesures d’austérité automatiques, imposées aux représentants des peuples, en contraignant leurs décisions budgétaires, dictées par une instance non élue. Le Mécanisme européen de stabilité (MES), institution anti-démocratique par excellence, pourrait proposer des prêts à des taux un peu moins élevés (5% en moyenne). Mais ces prêts seraient conditionnés à l’application d’une austérité drastique imposée aux peuples ! La garantie publique des investisseurs privés ne fait qu’encourager la spéculation, alors qu’il faudrait lui briser les reins en sortant de leur mains la dette publique. L’ensemble de l’édifice repose ainsi sur des conditionnalités anti-sociales imposées à toute aide ou intervention, et le refus d’intervention directe de la BCE pour les dépenses nouvelles. Elle va se contenter d’un rachat restrictif des titres de dette sur le marché secondaire, comme l’a annoncé récemment Mario Draghi. Des centaines d’économistes à travers le monde, rejoints en ce sens par certains prix Nobel d’économie comme Amartya Sen, Joseph Stiglitz et Paul Krugman, ont largement critiqué le non-sens économique de la politique actuellement à l’œuvre en Europe. Le constat est sans appel : l’austérité est à la fois injuste, inefficace et anti-démocratique.

Nous pouvons faire autrement. L’avenir de l’Europe mérite un débat démocratique sur les solutions de sortie de crise. Une expansion coordonnée de l’activité et de l’emploi serait aujourd’hui possible au niveau européen à partir des institutions actuelles, notamment par le financement direct sélectif et à bas taux des organismes publics de crédit. Un Fonds européen de développement social et écologique, à gestion démocratique, pourrait accentuer cette dynamique. Et qui alimentera ce fonds ? d’où viendra l’argent ? Si l’on veut être crédible il faut le dire, et pour le dire il faut calculer les besoins des pays. Or, il faudrait environ 120 milliards par an pour les mesures structurelles (enseignement, recherche et innovation) et sans doute 80 à 100 milliards par an pour le soutien de la croissance dans les pays considérés. On retrouve les 200 à 220 milliards évoqués, soit les 8% du PIB de l’Allemagne… De plus, l’UE pourrait mettre en place un contrôle de la finance, notamment en interdisant les échanges d’obligations souveraines sur les marchés de gré à gré, en limitant strictement la titrisation et les produits dérivés et en taxant les mouvements de capitaux spéculatifs.

Les défis sociaux et écologiques d’aujourd’hui sont immenses. Il est urgent de changer de cap pour sortir de la crise par le haut. Il est possible de défaire le sombre bilan des politiques libérales d’une France qui comprend 5 millions de chômeurs et 10 millions de pauvres. Pour s’en donner les moyens, il faut desserrer l’étau des marchés financiers et non leur donner des gages. C’est pourquoi nous refusons la ratification du Traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG).

 

http://www.m-pep.org/spip.php?article3101

 

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 13:41

MEDIAPART 22 septembre 2012 | Par Michel de Pracontal

 

Annoncée à grand tapage médiatique, une étude française affirme que les maïs OGM sont toxiques. Son auteur, Gilles-Éric Séralini, professeur de biologie moléculaire à Caen, dirige aussi le conseil scientifique du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), dont la présidente d’honneur est la députée européenne Corinne Lepage.

Séralini a déjà publié en 2007 et 2009 des articles scientifiques visant à démontrer la toxicité de l’herbicide Roundup produit par Monsanto. Ses travaux ont reçu à chaque fois une grande publicité. Mais ils ont aussi été sévèrement critiqués par de nombreux scientifiques qui ont pointé de multiples failles méthodologiques.

La dernière publication de Séralini a déclenché une nouvelle tempête dans les médias français et internationaux. Alors que l’article est paru le 19 septembre dans la revue Food and Chemical Toxicology, les recherches de Séralini font aussi l’objet d’un livre – Tous Cobayes, édité par Flammarion – et d’un film portant le même titre, tous deux annoncés pour le 26 septembre. Séralini et ses collègues ont même les honneurs d'une couverture du Nouvel Observateur, sobrement intitulée  Oui, les OGM sont des poisons !, extrapolation bien audacieuse si l'on considère que l'étude ne traite que d'un maïs génétiquement modifié. Last but not least, la revue américaine Science consacre une breaking news à la fameuse étude, en reproduisant la couverture du Nouvel Obs…

Tout ce battage publicitaire est-il mis au service d’une découverte scientifique capitale, aux conséquences majeures pour la santé animale et humaine ? Ou s'agit-il surtout d'autopromotion ? Les résultats de l’étude sont à première vue effrayants : des rats nourris avec du maïs OGM présentent des tumeurs spectaculaires et meurent plus tôt que les rats ayant un régime ordinaire.

Pourtant, depuis quinze ou vingt ans, des milliards d’animaux d’élevage dans l’Union européenne ont été nourris avec du soja transgénique, sans qu’on observe d’effet particulier. Et les populations humaines dans le monde entier ont aussi consommé des aliments contenant des OGM, sans qu’un problème de santé ait été mis en évidence. « Si les effets sont aussi importants, et si les conclusions de l’étude (de Séralini) s’appliquent aussi aux humains, pourquoi les Nords-Américains ne tombent-ils pas comme des mouches ? demande le professeur Mark Tester, spécialiste de la génétique des plantes à l’université d’Adelaïde en Australie. Les organismes génétiquement modifiés ont été dans la chaîne alimentaire (en Amérique du Nord) depuis plus d’une décennie, et la longévité continue de croître inexorablement ! »

Et, ajoute Mark Tester, « pourquoi aucune des plus des cent études antérieures, menées par des scientifiques réputés, publiées dans des journaux de référence, n’ont-elles rien mis en évidence ? »

En toute rigueur scientifique, le fait qu’aucun autre chercheur n’ait observé les mêmes effets que Séralini et son équipe ne prouve pas que ces derniers ont tort. Mais pour revendiquer un résultat aussi exceptionnel que celui annoncé par les chercheurs de Caen, il faut des arguments en béton. Et c’est bien là que le bât blesse : autant la campagne de promotion de Séralini est rigoureusement orchestrée, autant le contenu de sa recherche a laissé les lecteurs scientifiques sur leur faim.

Aussi bien en France qu’à l’étranger, de nombreux experts pointent les défauts de l’étude. Citons le professeur David Spiegelhalter, spécialiste des risques à l’université de Cambridge, l’un des experts britanniques qui ont étudié les effets des prothèses PIP : « À mon sens, les méthodes, les statistiques et la manière de rapporter les résultats sont très en-dessous des standards que j’attendrais pour une étude rigoureuse – pour être honnête je suis surpris que cet article ait été accepté pour publication. »

Encore plus critique, Martina Newell-McGloughlin, directrice du programme international de biotechnologie à l’université de Californie à Davis, affirme que « l’étude n’a pas de valeur scientifique ». D’après elle, le problème réside dans « la conception expérimentale », dont on peut se demander « si elle n’a pas été délibérément choisie pour obtenir le résultat attendu ». Opinion partagée par Bruce Chassy, professeur émérite de nutrition à l’université d’Illinois : « L’étude a été conçue pour produire exactement ce qui a été observé… »

Pourquoi Séralini n'a-t-il pas étudié séparément le maïs manipulé et le Roundup ?

Sur quoi se fondent ces attaques ? Un examen de l’article de Gilles-Éric Séralini et de ses collègues fait apparaître toute une série de lacunes et de point faibles. Voici une revue de détail.

  • L’étude traite deux sujets à la fois.

Son objectif est d’évaluer la toxicité d’un maïs OGM dit NK 603, produit par Monsanto, mais aussi – encore une fois ! – de l’herbicide Roundup. Précisons que la manipulation génétique du maïs NK 603 a précisément pour effet de le rendre tolérant au Roundup, de sorte qu’ils sont utilisés ensemble. Cela permet à l’industriel de vendre à la fois la semence et le produit qui empêche les mauvaises herbes de gêner la production de maïs.

Mais sur le plan de la toxicité potentielle, le problème de l’herbicide n’est pas le même que celui du maïs manipulé : le premier contient une molécule active, le glyphosate, que Séralini estime nocive pour la santé des mammifères ; le deuxième ne contient qu’un transgène, un gène modifié, autrement dit un segment d’ADN artificiel, mais qui n’est pas chimiquement différent de l’ADN normal du maïs. Qui plus est, le rôle de ce gène modifié est de permettre au maïs de produire une enzyme qui détruit le Roundup.

« Il est difficile d’imaginer qu’un herbicide pourrait avoir des effets toxiques identiques à une manipulation génétique qui donne au maïs la capacité de détruire cet herbicide », lit-on dans la revue britannique New Scientist.

Pourquoi l’équipe de Caen n’a-t-elle pas étudié séparément les effets du Roundup et ceux du maïs manipulé ? On l’ignore, mais ce choix a nui à la portée de l’étude.

  • L’étude utilise des effectifs trop restreints d’animaux.

Séralini et son équipe ont « enrôlé » dans leur expérience 200 rats, 100 de chaque sexe. Cela peut paraître beaucoup, mais l’expérience visait à comparer les effets de pas moins de dix régimes alimentaires différents ! Pourquoi autant ? Parce que les chercheurs ont examiné à la fois les effets du maïs OGM, du Roundup et de leur combinaison. Les dix régimes comparés sont : un régime « normal » sans OGM ; trois régimes contenant le maïs OGM, à des doses respectivement de 11 %, 22 % et 33 %, mais non traité au Roundup ; trois régimes avec les mêmes doses de maïs OGM, mais après traitement de ce maïs par le Roundup ; et enfin trois régimes avec une alimentation sans OGM mais de l’eau contenant des doses graduées de Roundup (l’idée étant que dans les zones où l’on utilise l’herbicide, ce dernier passe dans le sol et dans l’eau bue par les animaux).

Pour comparer ces dix régimes, les chercheurs ont répartis les rats en vingt groupes, dix pour les mâles et dix pour les femelles, chaque groupe étant donc composé de dix animaux. Or dix individus pour estimer la mortalité ou pour évaluer un risque de cancer inconnu jusqu’ici, c’est peu.

Selon Gérard Pascal, toxicologue et ancien directeur de recherches à l’INRA, interrogé par Le Monde, « les études de cancérogenèse, c’est-à-dire le suivi du développement éventuel de tumeurs après l’exposition à une substance, doivent se baser sur des groupes d’au moins cinquante animaux de chaque sexe pour pouvoir établir une analyse statistique représentative. » On est loin du compte.

  • Les résultats ne prouvent pas que le maïs OGM réduit l’espérance de vie des rats.

Pour conforter sa conclusion, Séralini met en avant la durée de son étude, deux ans, qui d’après lui a permis de mettre en évidence des effets indétectables dans les études habituelles, plus courtes. En fait, on peut se demander si l’étude n’a pas duré trop longtemps : selon les chercheurs, les rats mâles du groupe de contrôle (nourris sans OGM ni Roundup), ont vécu en moyenne 624 jours, soit moins de deux ans, même si l’on ajoute les périodes de croissance et de « stabilisation » avant le début de l’expérience. Pour les femelles, l’expérience a duré en moyenne 701 jours, donc presque deux ans. Mais il est clair que pour les deux sexes, la durée de l’expérience est voisine de la longévité maximale des animaux, ce qui pose problème lorsqu’on considère l’effet de l’alimentation sur la mortalité.

« Toutes les données ne peuvent pas être montrées… »

Ainsi, pour les mâles, trois rats du groupe contrôle sont morts avant la limite des 624 jours. Or dans au moins l'un des groupes exposés au maïs OGM, et dans l'un des groupes exposés au Roundup, seulement deux rats sont morts avant cette limite, tandis que dans troisième groupe il y a trois morts prématurés. Autrement dit, pour au moins trois des neuf groupes de rats « traités », la mortalité semble égale, sinon inférieure à celle des rats « contrôle ».

Cette anomalie est moindre chez les femelles, pour lesquelles on relève entre 3 et 7 morts prématurées parmi les groupes « traités ». Mais étant donné le faible effectif des groupes, la portée des résultats est discutable. Le problème qui se pose est de savoir si ces résultats sont statistiquement significatifs. Or les données exposées par les auteurs ne permettent pas d’en juger. Par exemple, le fait qu’il y ait seulement 2 morts prématurées dans le groupe contrôle femelle est-il dû au hasard ? Un autre échantillon de rats sélectionnés de manière aléatoire aurait-il pu compter 0, ou 4, ou 6 morts avant la limite ?

Le seul moyen de répondre est d’évaluer la « variance » de la mortalité des groupes contrôle – le degré de variabilité naturelle que peut présenter cette mortalité. Les chercheurs n’ont présenté aucune analyse de ce type. De ce fait, on ne peut pas savoir si la mortalité supérieure chez les femelles traitées est vraiment due à leur alimentation ou si ce n’est pas un effet aléatoire. D’autant que chez les mâles, les résultats sont incohérents, certains groupes traités ayant une mortalité plus faible que les contrôles.

  • L'étude ne prouve pas que les pathologies observées sont dues aux OGM et au Roundup.

Dans un tableau, Séralini et ses co-auteurs présentent les pathologies « les plus fréquentes » qu'ils imputent au maïs transgénique et à l’herbicide. Pour les mâles, ce sont des atteintes au foie, au système digestif et aux reins. Mais l’effet supposé des OGM semble faible : 5 rats contrôle sur 10 ont des troubles hépato-digestifs, alors que dans les six groupes qui prennent du maïs transgénique, le nombre d’individus touchés oscille entre 6 et 7. Pour les pathologies rénales, un des groupes traités au Roundup comporte exactement le même nombre de sujets atteints que le groupe contrôle.

Chez les femelles, les pathologies les plus fréquentes sont des tumeurs mammaires ou des kystes. La moitié des individus du groupe contrôle – 5 sur 10 – sont atteints, alors que dans les groupes traités, le nombre d’animaux touchés varie entre 6 et 10. Les chercheurs signalent aussi des troubles de l’hypophyse, avec un effet paradoxal : deux des groupes traités présentent moins d’individus atteints que le groupe contrôle.

Dans ces conditions, seule une analyse statistique approfondie permettrait de savoir si les résultats sont significatifs. Elle fait défaut. Les chercheurs ne fournissent qu’une partie de leurs données et n’indiquent pas en fonction de quels critères ils ont choisi les pathologies pour lesquelles ils donnent des chiffres. Seule explication : « Toutes les données ne peuvent pas être montrées dans un article et les plus pertinentes sont présentées ici »…

Cette phrase a fait tiquer plus d’un scientifique habitué au traitement statistique des données, à l’instar de Michael Grayer, statisticien médical dans une société britannique, Dianthus : « Les possibilités de sélectionner (“cherry-picking”) les résultats intéressants parmi un océan d’ennuyeux résultats nuls sont immenses » dans le dispositif expérimental des chercheurs de Caen, estime-t-il. Bien entendu, ce n’est pas parce que c’est possible que cela a été fait. Mais la meilleure façon d’éliminer le doute aurait été de procéder à une analyse statistique claire qui manque dans l’article.

  • Les résultats ne montrent pas de relation dose-effet.

En général, lorsqu’une substance est associée à une pathologie, l’effet toxique augmente avec la dose administrée. Rien de tel dans l’étude de Séralini : les rats mâles qui consomment 22 % de maïs OGM ont plus de pathologies que ceux qui en consomment 33 % ! Les chercheurs affirment que l’effet qu’ils détectent comporte un seuil, et que ce seuil une fois franchi, il peut y avoir des variations aléatoires. Mais on pourrait aussi soutenir qu’il n’y a aucun effet et que les résultats varient de manière erratique.

  • Les tumeurs imputées à la toxicité pourraient être spontanées.

L’article de Séralini contient de spectaculaires photos de tumeurs qui auront probablement un fort impact émotionnel à l’écran, mais dont la pertinence scientifique reste à établir. En effet, les rats utilisés dans l’expérience appartiennent à une souche de laboratoire appelée Sprague Dawley ; or cette souche est sujette à des tumeurs spontanées, particulièrement quand l’animal avance en âge.

Dans une étude publiée en 1973 dans la revue Cancer Research, on observait 45 % de tumeurs spontanées chez des rats de cette souche, mâles et femelles, sur une période de 18 mois. « Spontanées » signifiant que les rats n’avaient subi aucun traitement susceptible d’avoir provoqué les tumeurs. Par conséquent, une grande partie des tumeurs observées par Séralini, sinon toutes, auraient pu se produire indépendamment de leur alimentation, simplement parce que l’expérience a duré longtemps. La souche choisie par Séralini n’est certainement pas la mieux adaptée à une expérience prolongée sur deux ans. Et là encore, il manque une analyse statistique qui permettrait de savoir si une partie des tumeurs observées chez les animaux traités doivent réellement être imputées à la toxicité de leur régime.

Commentaire de Mark Tester : « Ils ont prouvé que de vieux rats attrapent des tumeurs et meurent. C’est tout ce que l’on peut conclure »

Ce n’est évidemment pas ce que pense Gilles-Éric Séralini, qui peut d’ores et déjà se féliciter d’avoir eu un impact médiatique maximum, et inversement proportionnel à son crédit parmi les scientifiques. Nous avons contacté son bureau pour connaître ses réponses aux objections de ses pairs, mais l’agenda chargé du professeur ne lui a pas permis de nous répondre dans les délais de cet article.

Avec une célérité inhabituelle, le gouvernement a immédiatement réagi à la publication de Séralini, le ministre de l'agriculture ayant appelé à une « réforme profonde » visant à rendre « beaucoup plus strictes » les procédures d’homologation des cultures génétiquement modifiées dans l’Union européenne. Cela avant même que l’Anses, l’agence nationale responsable de la sécurité de l’alimentation, et l’EFSA, son équivalent européen, aient pu évaluer les données de l’étude.

L’Anses devrait se prononcer d’ici quelques semaines. La Commission européenne a demandé à l’EFSA de procéder à une contre-expertise d’ici la fin de l’année. « Nous n'accepterons pas que ces personnes-là contre-expertisent notre étude, a déclaré Gilles-Éric Séralini lors d’une conférence de presse à Bruxelles. Nous pensons également mettre en cause à la fois leur compétence et leur honnêteté, au moins scientifique. » (propos rapportés par Reuters).

Aux yeux de Gilles-Éric Séralini, les experts européens ne sont pas indépendants de l’industrie. Il estime avec Corinne Lepage, la présidente d’honneur du Criigen, qu’il y a de nombreux conflits d’intérêts à l’EFSA.

Mais Séralini risque de se trouver dans la position de l’arroseur arrosé. Ses travaux ont été en partie financés par l’association Ceres, créée sous l’impulsion de Gérard Mulliez, le fondateur d’Auchan. Ceres rassemble plusieurs sociétés de la grande distribution, dont Auchan et Carrefour. Lesquels ont construit leur stratégie marketing, entre autres, sur la promotion de produits sans OGM…

 

file:///C:/Users/CGTCOC~1/AppData/Local/Temp/09%202012%20defense%20des%20OGM.htm

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