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Site de recherche d'emploi

Le site http://jooble-fr.com/

vous propose des annonces d'offres d'emploi nationales et internationales.


Les offres qui vous seront envoyées par mail proviennent de différentes sources, et ne préjugent en rien des conditions de travail et des salaires. Il vous appartient de vous en assurer le cas échéant.

 

Le site est d'utilisation simple et l'inscription est gratuite.

 

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Quelques conférences

Chansons

  Avant d'écouter les enregistrements ci-dessous, attendez la fin de la musique de fond du blog...

 

L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 19:23

Dans cette période électorale, s’affirme fortement la volonté d’en finir avec le « Sarkozysme », la véritable guerre sociale menée contre les travailleurs et la mise en cause de la démocratie.

Dans le mouvement syndical et chez les travailleurs, l’aspiration à un réel changement se manifeste avec force en opposition aux "réformes" mises en avant par un parti socialiste plus soucieux de rassurer « les marchés » que d’engager le fer contre eux et qui donc ne feraient que conforter les politiques d’austérité ! Comme on peut le voir en Grèce et on a pu le voir en Espagne avec les partis socialistes aux commandes.

 

Comment rompre avec la régression sociale, avec la précarité, avec le chômage, en revenir à la retraité à 60 ans pour tous, regagner sur les salaires (les 180 milliards d’euros par an dérobés aux salariés au profit des actionnaires), reconquérir les droits à la santé, en finir avec le démantèlement de l’école, de l’hôpital … ?

 

Comment réellement rompre avec les politiques d’austérité que le capital financier, mais aussi l’Union européenne entendent nous imposer ?

A ce propos les récentes décisions concernant la modification du Traité de Lisbonne et la mise en place du Mécanisme Européen de Stabilité vont déposséder les peuples européens de tout droit et tout contrôle des budgets publics et institutionnaliser les politiques d’austérité.

 

Comment donc dans ces conditions respecter l’aspiration du peuple au changement ?

Comment restaurer la souveraineté du peuple SANS remettre en cause l’Union européenne elle-même ? SANS remettre en cause la dictature de l’Euro dont la défense sert précisément d’argument pour la mise en place des politiques d’austérité budgétaire et d’austérité tout court ?

SANS remettre en cause la dette elle-même qui constitue un chantage permanent pour accuser les peuples et les états "d’avoir vécu au-dessus de leurs moyens", alors que fondamentalement la dette résulte d’une privatisation sans précédent des responsabilités de la puissance publique en matière économique, sociale et monétaire ?

SANS remettre en cause les politiques guerrières d’ingérence (Afghanistan, Irak, Libye, Syrie) et les dépenses militaires inconsidérées au profit de la seule oligarchie ?

 

Pas de véritable politique de gauche, pas de politique sociale, pas de rupture avec les politiques d’austérité sans récupération de la souveraineté nationale et populaire.

Sans récupération du pouvoir monétaire privatisé au seul profit de l’oligarchie et des marchés financiers !

Sans décisions unilatérales parce qu’il n’y a rien à attendre d’un impossible consensus européen !

Faut-il donc s’en remettre aux seules élections alors qu’à gauche ces questions ne sont pas tranchées et qu’un risque réel de nouvelle expérience d’une gauche plurielle bis pourrait conduire à des désillusions dévastatrices faute de se donner les moyens d’une véritable alternative à la politique du capital et à sa domination?

 

C’est pourquoi, parallèlement au débat sur les moyens d’en sortir les luttes, l’intervention des travailleurs est plus que jamais nécessaire, dès à présent et après les résultats électoraux, quels qu’ils soient!

 

D’ailleurs de nombreuses luttes actuelles pour les salaires, pour l’emploi et les libertés syndicales (Renault, PSA Aulnay, Florange, les Dentresangle appuyés par les Goodyear d’Amiens…) montrent que les travailleurs comptent en premier lieu sur leur propre action !

 

Et ne perdons pas de vue,

 

Que l’Union européenne, ses institutions, l’euro constituent les outils de la guerre sociale menée contre les peuples.

Que cultiver l’illusion d’une Europe sociale ou d’une banque centrale mise au service de l’emploi serait mortifère 

 

Souvenons nous,

 

Que dès qu'ils le peuvent, les banksters et leur dette étranglent les peuples.

Qu’aucune avancée sociale n’a été généreusement octroyée à la classe ouvrière et au peuple, et que c'est par le rapport de force qu'elles ont été arrachées !

 

Qu’en 36, en 45 ou en 68, ce sont les luttes, grèves et les occupations d’usine qui ont permis d'obtenir congés payés, retraites, conventions collectives, nationalisations...

 

Le Front Syndical de Classe, Avril 2012

 

 

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 19:21

A quelques jours du premier tour, François Hollande redouble d’appels au vote utile… Il présente le spectre du 21 avril où le candidat de gauche était éliminé au premier tour. Mais quoi sur la situation politique, économique et les réponses à apporter ? Le 22 avril, je voterai Mélenchon !

Par Jacques Cotta  • Lundi 09/04/2012 • 


Malgré le chantage au vote utile… 

Le chantage au vote utile, s’appuyant sur l’élimination de Lionel Jospin en 2002, a quelque chose d’odieux. S’il manquait en effet quelques centaines de milliers de voix pour être présent au second au candidat socialiste, ce n’est pas principalement à ses adversaires de gauche qu’il le devait, mais à ses positions. Faut-il rappeler les enseignants matraqués par Allègre durant des années, France Télécom privatisée, l’impuissance affirmée contre les licenciements à Michelin où « l’état ne pouvait rien »…

Si le principal atout de François Hollande est le rejet de Nicolas Sarkozy et de l’UMP que le peuple français veut voir « dégager », le principal soutien de Nicolas Sarkozy est aujourd’hui la mollesse, le flou, l’adaptation à la crise de François Hollande et du parti socialiste qui ont pour obsession les déficits et la dette contre les intérêts du peuple. Et si d’aventure le président sortant devait être réélu, ce qui est bien improbable à l’heure actuelle, c’est uniquement à François Hollande qu’il le devrait, qui un jour dit s’opposer au capital financier, un autre veut le rassurer, qui accepte le MES en s’abstenant et qui affirme vouloir renégocier un traité européen sans préalablement s’y être opposé, qui…


… Je voterai Mélenchon

Au lendemain des élections présidentielles la situation demeurera marquée par la crise qui déjà s’exprime en Grèce, en Espagne, au Portugal et dans l’ensemble des pays d’Europe où sous l’égide de la troïka -la BCE, la Commission Européenne et le FMI- tous les efforts sont déployés pour faire payer les peuples, rejetant dans la misère des bataillons toujours plus importants de salariés, d’ouvriers, d’employés qui perdent leur emploi, voient leur salaire amputés, de jeunes rejetés durablement dans le chômage ou la précarité, de travailleurs qui ne trouvent pour vivre dans le meilleur des cas qu’un « CDD sinon RIEN », de retraités dont les pensions sont diminuées…

La question est donc la suivante : comment se saisir des élections présidentielles pour aider la résistance, rendre plus difficiles les agressions qui s’annoncent ?

C’est pour répondre à cette question que j’ai décidé de voter Mélenchon. Non qu’il soit plus que quiconque un sauveur suprême. Mais pour la dynamique, l’appel d’air, le réveil, le mouvement…

« Ni Dieu, ni César ni tribun », dit en effet la chanson. Ce sont les forces sociales et elles seules, les capacités rassemblées de mobilisation de millions de citoyens dans le pays qui pourront mettre en échec la politique expérimentée en Grèce.

Sur quelques questions fondamentales, la comparaison des positions est cruelle pour le candidat socialiste qui voudrait nous rassembler dés le premier tour. Les principes affirmés par le candidat du front de gauche répondent en effet à des aspirations largement répandues, et expliquent le succès rencontré dans la campagne, au point de surprendre jusqu’aux principaux intéressés.  

-> Sur la question centrale de la souveraineté, le combat pour une 6ème république et une constituante souveraine…

-> Sur la question fondamentale du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le rejet du MES, le refus catégorique du traité européen Sarkozy Merkel qui n’est ni amendable, ni acceptable…

-> Sur la question sociale, l’augmentation du SMIC, une réforme fiscale, la défense des services publics, de la protection sociale, des retraites…

-> Sur la question internationale, la sortie de l’OTAN, l’abandon de toutes les aventures qui envoie les troupes françaises se battre à travers le monde…

Il y a dans tout cela une expression qui correspond à l’intérêt du peuple et aux exigences de la nation. 

La situation sera différente au soir du premier tour si les citoyens ont massivement soutenu ces propositions. Et le second tour, quel que soit le candidat de la gauche arrivé en tête au premier tour, se présentera sous un jour bien différent. L’élection présidentielle, et les législatives qui la suivent peuvent être un moment important pour la centralisation d’une force qui sera nécessaire demain dans l’action, quel que soit d’ailleurs le résultat des élections ?

Evidemment la situation qui s’ouvrira au lendemain du 22 avril et du 6 mai posera des responsabilités nouvelles à tous ceux qui auront brigué nos suffrages, et notamment au front de gauche. Restera à répondre à quelques questions de fond, dont notamment :

-> l’ouverture pour permettre de dépasser le cartel d’organisation et donner lieu à la création d’un véritable parti, susceptible d’accueillir en son sein ceux qui aujourd’hui sont attirés par la campagne menée, mais qui ne se reconnaissent précisément dans aucune de ses composantes…

-> la question européenne pour mettre en adéquation la volonté de rétablir notre souveraineté et le combat spécifique pour une Europe des nations libres et souveraines, ce qui suppose que soient sérieusement repensée la vision d’ensemble »…

-> la question de l’euro qui aujourd’hui est un carcan contre les peuples…

Et quelques autres qui demandent de dépasser la pétition de principe. Mais en attendant, pour battre Nicolas Sarkozy et créer les conditions politiques les moins défavorables au lendemain des élections, je voterai donc pour Jean Luc Mélenchon.

 

Jacques Cotta

Lundi 9 avril 2012

http://la-sociale.viabloga.com/news/je-voterai-melenchon

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 14:23

Objet: Médiapart.La politique de la peur 24 MARS 2012 | PAR EDWY PLENEL

L’affaire Mohamed Merah est un fiasco pour le pouvoir en place. Fiasco de sa politique sécuritaire comme de sa politique tout court : la première impuissante à prévenir la dérive d’un déséquilibré connu de ses services policiers, la seconde incapable de mobiliser les alertes des diverses administrations qui l’avaient croisé. Plus essentiellement, c’est un fiasco de cette politique de la peur qui distingue le sarkozysme, dont la virulence angoissante masque la profonde inefficacité.

Ni rire ni pleurer, mais comprendre. Enoncée par Baruch Spinoza, cette exigence est celle de la raison. C’est celle de l’esprit des Lumières et de l’humanisme de la Renaissance. Celle d’une pensée qui ne cède pas aux passions tristes de la haine et de la violence. Face à des actes terrifiants comme ceux de Mohamed Merah qui, a priori, nous semblent incompréhensibles tellement ils blessent notre humanité, comprendre ne signifie évidemment pas excuser, mais apprendre pour faire en sorte que cela ne se reproduise pas. Apprendre pour prévenir. Apprendre, y compris de l’inhumanité de l’homme.

Le sarkozysme ne l’entend pas ainsi. Le président-candidat et son parti, l’UMP, rêvent de mettre en congé la démocratie et, avec elle, l’intelligence. Plus de questions dérangeantes, plus de réflexions stimulantes, plus de débats utiles, plus de critiques constructives. Rien d’autre qu’un silence général avec une seule voix autorisée, celle du pouvoir, d’un pouvoir réduit à son essence policière. Loin d’une décence due aux familles des victimes, la suspension momentanée de la campagne électorale se révèle une stratégie politicienne : faire taire les oppositions. À tel point que, dans un montage vidéo qui se retourne contre son propos, le parti présidentiel juge indécentes les déclarations pourtant avisées, réfléchies et posées de François Bayrou, François Hollande, Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon sur les enseignements des tueries de Toulouse et Montauban.

À la raison qui réfléchit de façon dépassionnée, Nicolas Sarkozy préfère cette déraison d’État qu’il n’a cessé de cultiver, jouant des passions, exploitant les émotions, usant des registres de l’excès et de l’irrationnel. Ainsi, jeudi 22 mars à Strasbourg, s’est-il empressé de désigner une barbarie qui nous serait étrangère, « un monstre », a-t-il asséné avant d’interdire tout commentaire, à la manière d’un tabou moral : « Lui chercher la plus petite excuse serait une faute morale impardonnable. Mettre en cause la société, montrer du doigt la France, la politique, les institutions, c’est indigne ». Il ne faudrait donc se poser aucune question sur le climat de tension qu’ont alimenté des idéologies potentiellement meurtrières qui font le tri entre les hommes, leurs humanités, leurs religions et leurs civilisations (lire ici mon analyse) ? Ni sur une société française malmenée, déchirée et divisée, travaillée par l’injustice, l’exclusion et l’indifférence, au point de laisser sans secours des enfants perdus, égarés par leur désespoir (lire là le parti pris de François Bonnet) ?

Ces grands moulinets en forme d’interdits de Nicolas Sarkozy s’accompagnent de propositions aussi liberticides qu’irréalistes. Face à la dérive criminelle d’un seul – cette « autoradicalisation salafiste atypique », qui résume l’itinéraire du tueur, selon le procureur de la République –, le président-candidat n’hésite pas à désigner comme boucs émissaires la circulation des idées et celle des hommes. Faisant fi des principes constitutionnels fondamentaux garantissant la liberté de penser et de s’exprimer, il propose de punir pénalement « la consultation de sites Internet qui appellent à la haine et à la violence », ainsi que « toute personne se rendant à l’étranger pour y suivre des travaux d’endoctrinement à des idéologies conduisant au terrorisme ». Si ces propositions se concrétisaient, elles signifieraient la naissance d’une législation d’exception qui criminaliserait les opinions jugées dangereuses par le pouvoir.

L'affaire Merah, une cascade de loupés et de ratés

Mais cette fuite en avant, affolée et précipitée, masque mal un immense embarras. Car autant dire tout net ce que, par précaution gestionnaire ou prudence électorale, les responsables politiques n’osent pas dire trop haut alors qu’ils le pensent tout bas : de bout en bout, cette histoire dramatique est un immense fiasco. Un fiasco sans étiquette politique qui met en cause nombre d’administrations, de services, de professions, de métiers – tout ce tissu de responsabilités et de compétences qui, quand elles fonctionnent de façon harmonieuse, font tenir debout la société, la protègent et la sécurisent. Mais un fiasco particulièrement accablant pour celui qui, depuis dix ans et sa nomination en 2002 au ministère de l’intérieur, prétend incarner la sécurité des Français en faisant de la « culture du résultat » son principe cardinal.

Quand on les récapitule, les « failles »spontanément évoquées par le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé (lire ici notre article), se révèlent des gouffres dont la béance laisse pendantes d’immenses questions. En guise de résultats en effet, une cascade de loupés et de ratés, d’occasions manquées et d’alertes vaines. Avant sa dérive criminelle, Mohamed Merah fut donc un client très régulier de la justice des mineurs, un délinquant emprisonné à plusieurs reprises, un suicidaire hospitalisé et expertisé par un psychiatre, un jeune à la dérive menaçant des voisins et des voisines au nom de l’extrémisme religieux.

Mais ce fut aussi un drôle de touriste au Pakistan et en Afghanistan, tout récemment puisque durant ces deux dernières années, 2010 et 2011, à une époque et dans des régions en guerre où les routards ne sont plus de saison. Et ce fut surtout un voyageur repéré par les forces américaines en Afghanistan qui l’ont renvoyé illico en France ; une recrue terroriste potentielle fichée par les services anti-terroristes internationaux, notamment américains, qui l’avaient interdit de vol sur leurs compagnies et vers leur destination ; bref, un profil chargé et signalé comme il n’en existe guère plus de quelques dizaines dans les fichiers de l’anti-terrorisme français concernant les jeunes nationaux pouvant basculer dans l’action violente.

Et il faudrait accepter sans débat, sans commission d’enquête indépendante, sans interpellation publique légitime, comme si c’était la faute à pas de chance, que cet individu n’ait pas été surveillé de plus près ? Alors même qu’il était repéré et traité par la DCRI, ce« FBI à la française », créé depuis 2007 pour professionnaliser le« renseignement intérieur », dont un fonctionnaire l’avait même entendu de façon informelle à l’automne 2011 ? À ce fiasco de départ, celui de la DCRI qui est le plus lourd de conséquences tant la prévention des crimes est la plus efficace des polices, s’en est ajouté un deuxième : une enquête de police judiciaire qui n’a pas réussi à empêcher la tuerie dans l’école juive de Toulouse, faute d’avoir su exploiter plus rapidement les deux pistes datant du premier meurtre, celui du 11 mars, à Toulouse toujours – une annonce consultée sur Internet et un scooter de marque Yamaha.

Hélas, le croisement de ces deux éléments et du profil de Mohamed Merah n’est intervenu que le mardi 20 mars, au lendemain de la tuerie antisémite et alors que le tueur avait déjà sept cadavres à son passif. Mais il faut croire que, dans cette mauvaise série policière dont la société française a fait les frais, le fiasco devait être général. Car le final fut la malheureuse démonstration par une unité d’élite, le RAID, en théorie spécialisée dans la neutralisation de forcenés, de son impuissance à maîtriser et interpeller vivant un seul individu dont l’armement ne faisait pourtant pas le poids. Avec cette information ultime qui fait encore plus désordre : l’autopsie du corps de Mohamed Merah a montré qu’il était criblé de balles, malgré le gilet pare-balles qu’il portait, avec vingt-deux impacts sur les bras et les jambes, sans compter le tir mortel à la tête.

Politisation et privatisation de la police nationale

Dans un tel enchaînement de dysfonctionnements en cascade, l’explication par la supposée incompétence individuelle des policiers concernés ne tient pas. Trop de services impliqués, trop de métiers différents, trop de spécialités requises. Il faut plutôt la chercher du côté du mélange des genres entre police et politique dont l’effet est toujours désastreux, réussissant à affaiblir, éroder et entraver le professionnalisme des meilleurs. Car depuis maintenant dix bonnes années, Nicolas Sarkozy a fait de la police nationale son domaine réservé, flattant ses responsables, promouvant ses fidèles, imposant une conception presque prétorienne de l’institution, comme si elle était sa chose, son bouclier, son vivier. Au point de se camper lui-même, durant la crise toulousaine, en ministre de l’intérieur depuis le palais de l’Elysée tandis que le ministre en exercice était promu chef d’enquête sur place, au grand dam de la justice, de ses principes comme de ses hommes, et, plus essentiellement, de la séparation des pouvoirs.

Depuis son élection à la présidence, ses deux principaux fidèles, Brice Hortefeux de 2009 à 2011, puis Claude Guéant depuis 2011, ont été nommés à la tête du ministère de l’intéreur. Le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, est un ami d’enfance du chef de l’État. Bernard Squarcini, le patron de la DCRI, nouvellement créée par la fusion des RG et de la DST et placée à l’abri du secret défense, est un policier des Renseignements généraux qui a lié sa carrière à une fidélité manifeste à Nicolas Sarkozy. Sous cette présidence, plusieurs hauts responsables policiers sont devenus préfets de la République en récompense de leur allégeance, de la Seine-Saint-Denis à l’Isère, en passant par la zone de défense de Paris. Parmi eux, l’un des anciens chefs du RAID, unité choyée par l’ex-maire de Neuilly depuis une prise d’otages dans une maternelle, en 1993, dont l’auteur, qui s’était fait connaître sous le surnom de “Human Bomb”, fut tué par les policiers lors de l’assaut.

Totalement hors norme et sans précédent, la gestion élyséenne des tueries de Montauban et Toulouse a montré sans fard la politique qui a inspiré cette patiente et systématique prise de contrôle de l’institution policière. Politisation et privatisation en sont les deux ressorts. Une hiérarchie policière soumise à un exécutif réduit à la seule présidence de la République, docile et dévouée, sans distance ni réserve. Une imbrication néfaste des compétences professionnelles et des calculs politiciens, mélange des genres qui produit inévitablement soit des retards ou des fiascos, soit des transgressions illégitimes, voire illégales, comme dans le cas de l’espionnage policier des journalistes de l’affaire Bettencourt pour connaître leurs sources. Bref, la politisation que la police nationale avait eu bien des difficultés et mis beaucoup de temps à conjurer dans les années 1980 après les années de l’après-1968 et l’époque de Raymond Marcellin est de retour.

Qui en douterait après la mise en avant de Claude Guéant, et de lui seul, sur la piste du criminel à Toulouse, le ministre de l’intérieur et bras droit du chef de l’Etat éclipsant, au mépris du code de procédure pénale, l’autorité judiciaire, non seulement sa présence mais sa légitimité ? Qui en douterait encore en voyant les patrons de la DCRI (dans Le Monde) et du RAID (dans Le Figaro) monter au créneau de concert, avec l’aval et en soutien de leur ministre, pour tenter de justifier leurs échecs (prévenir le crime, interpeller le criminel) dans une opération de communication qui ne souffre guère la contradiction ? Dans toute démocratie adulte – c’est le cas notamment de la Grande-Bretagne –, une enquête indépendante serait menée pour établir les responsabilités afin de remédier aux dysfonctionnements apparus. Quant à la culture du résultat tant vantée par Nicolas Sarkozy, elle a déjà sanctionné, pour des loupés bien moindres, des hauts fonctionnaires qui n’avaient pas été au rendez-vous des attentes présidentielles.

Il faut donc croire que ces responsables policiers le sont, eux. Sans doute parce qu’au delà de leur allégeance, ils sont les maillons d’un dispositif supposé assurer cette politique de la peur dont le sarkozysme a fait son fonds de commerce depuis le retour ministériel de son héros en 2002. « Ayez peur, et je m’occupe du reste » : cette politique parie sur l’insécurité plutôt qu’elle n’y remédie. Elle l’agite, l’entretient, l’utilise, l’exploite, l’excite, etc. Tout l’inverse d’une politique de concorde nationale et de sécurité publique, celle que résume cette ancienne dénomination républicaine du policier de base en uniforme : gardien de la paix. La politique de la peur est angoissante, parce que cette angoisse lui laisse le champ libre. Elle est virulente, parce que cette violence lui fournit ses prétextes. Et elle ne cesse d’attendre son occasion, crise, crime, fait divers, attentat, etc., pour entraîner l’opinion dans un tourbillon de rodomontades autoritaires et de régressions démocratiques.

Mais ce que montre la séquence toulousaine autour de l’affaire Merah, c’est qu’elle est foncièrement inefficace. Les peurs qu’elle ne cesse d’agiter lui reviennent en boomerang, et elle s’avère incapable de protéger la société de leurs impacts, dégâts et déchirements. Aussi faut-il souhaiter, à quelques semaines d’une élection décisive où l’alternance nécessaire et l’alternative souhaitable sont en jeu, que cette démonstration fasse son chemin dans toute la société française. Pour en finir avec la peur et la politique qui parie sur elle, cette politique éminemment dangereuse parce qu’elle ne résout rien et aggrave tout. Et pour prendre le temps d’apaiser la société française, en la réconciliant avec elle-même, c’est-à-dire avec les siens, de tous âges, de toutes conditions, de tous lieux, de toutes origines.

Relever la France, ce serait alors lui redonner de la tenue et de la hauteur, de la confiance et de la sérénité, de la solidarité et de la générosité. Est-il besoin d’ajouter que cette ambition est celle d’une République radicalement démocratique et sociale ?

 

http://www.mediapart.fr/journal/france/240312/la-politique-de-la-peur

 

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 14:10

“Toute personne qui consultera de manière habituelle des sites internet qui font l’apologie du terrorisme, ou véhiculant des appels à la haine ou à la violence, sera puni pénalement”, a déclaré Nicolas Sarkozy.

Une telle proposition est une atteinte gravissime à la démocratie et aux libertés.

Une telle proposition, si elle était adoptée, ferait basculer la France vers un État dictatorial.

Une telle proposition s’inscrit dans le processus de fascisation de l’État bourgeois tel que le PRCF le dénonce depuis l’arrivée de N. Sarkozy au pouvoir.

“Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.” Assumer cette phrase de la Constitution de 1793 pourrait amener les républicains les plus conséquents devant les tribunaux !

Le PRCF appelle tous les communistes, tous les progressistes, tous les républicains à s’élever contre ce projet liberticide.

 

Le Secrétariat du PRCF.

http://www.initiative-communiste.fr/wordpress/?p=10738

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 13:09

· Le Collectif Polex se gardera bien de donner une consigne électorale : cela n’est pas de son ressort. Cela ne nous interdit pas de remarquer quelques faits essentiels, et d’exiger, en tant que citoyens français attachés à l’idéal d’égalité entre les peuples et à la paix, quelques réponses.

· Nous devons constater à nouveau que la campagne électorale est une caricature de démocratie : alors que le Président en France décide sans contrôle de la politique extérieure durant 5 ans, tous les candidats ont jusqu’à présent évité soigneusement le sujet, et de prendre le moindre engagement.

· Nous ne sommes nullement indifférents aux choix des postulants, et des partis qu’ils représentent :

     ·   Nous savons bien que le Président sortant, même s’il reconnaît aujourd’hui la possibilité pour la France de résilier un traité contraire aux intérêts nationaux, est le premier responsable de la politique belliciste au service de l’impérialisme occidental, incarnée par l’OTAN, en Afrique, en Asie, et de l’allégeance à cette Europe supranationale au service des banques, machine de guerre contre les peuples, imposant l’austérité et le déclin social.

     ·   Nous n’avons pas manqué de noter que la majorité socialiste au Sénat a permis l’adoption par la seule UMP en s’abstenant du traité européen nouveau, qui veut imposer à chaque état un budget d’austérité et de récession (« règle d’or »), au mépris de toute indépendance nationale. Nous avons par ailleurs bien entendu François Hollande, candidat du PS, affirmer son attachement à l’OTAN, et à ce traité de nature coloniale : il serait tout aussi néfaste si, en le renégociant, on y inscrit un vœu pieux de reprise économique, que l’austérité rend impossible.

     ·   Nous n’avons évidemment aucune illusion sur l’extrême droite, Lepéniste, dont la démagogie sans vergogne ne peut cacher une xénophobie frénétique, source d’exclusion, de guerre et de misère.

     ·   Les autres candidats n’ont pas eu jusqu’à présent le courage politique de faire la campagne claire et offensive en faveur des idéaux d’égalité entre les hommes et les peuples et de la paix. Il leur reste un mois d’expression officielle, il n’est que temps pour eux de s’engager, et de créer ce vaste mouvement anti-impérialiste que beaucoup des Français attendent.

     ·   Qui parmi vous répondra à ces attentes en affirmant haut et fort :

          *   Je suis le candidat de la rupture, celui de la sortie de l’OTAN, et de la fin des engagements militaires français en Afrique, en Asie lointaine et au Moyen-Orient.

          *   Je suis le candidat de la rupture, celui qui refuse non seulement les traités Merkel-Sarkozy dits de « stabilité » (« MES », « TSCG »), mais désire que la France dénonce les traités de Maastricht et Lisbonne.

          *   Je suis le candidat de la rupture, je désire que la nation française et ses représentants élus retrouvent la maîtrise de leur monnaie, de leur économie, et de leurs barrières douanières, seuls moyens de reconstruire l’industrie nationale et le niveau de vie.

     ·   Qui parmi vous qui postulez à diriger la France, répondra aux attentes des Français à ce sujet ?

 

http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-communique-du-collectif-communiste-polex-22-mars-2012-lettre-ouverte-aux-candidats-aux-presidentiell-102160188.html

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 13:07

dimanche 25 mars 2012

Les années 2007-2012 resteront dans l’histoire sociale de la France comme des années de régression et de déclin. Sarkozy a pris le pouvoir au moyen d’une imposture cynique. Se tournant vers les victimes du capitalisme, il s’est engagé à défendre la « France d’en bas », celle qui se lève tôt, les chômeurs et autres laissés pour compte. Il allait créer des emplois, assurer la croissance économique, réduire les inégalités, s’en prendre aux privilégiés, aux riches, aux puissants, aux spéculateurs et aux paradis fiscaux. Mais aux riches eux-mêmes, il n’avait pas besoin de dire grand-chose. Ils connaissaient bien sa ruse, sa démagogie, son talent de menteur. Ils savaient que toute cette agitation n’était qu’un leurre destiné à tromper l’électorat. Paris valait bien une messe !

A ceux qui ne l’avaient pas compris avant son élection, il n’a pas fallu attendre longtemps pour découvrir le vrai Sarkozy. L’étalage de sa vie de luxe et des largesses dont il bénéficiait auprès de ses « frères » milliardaires était tellement flagrant qu’il inquiétait son propre camp. A l’époque, nous écrivions : « Si la classe capitaliste « ne parle pas argent », ne se vante pas de sa richesse, de ses châteaux, de ses hôtels particuliers et « propriétés » à n’en plus finir, de ses hélicoptères, de ses jets privés et de tous les autres attributs d’une vie gagnée sur l’exploitation des autres, c’est pour une très bonne raison. Le « charme discret de la bourgeoisie » repose sur la conscience de la précarité de sa position. Il ne faut pas provoquer ceux qui n’ont rien, ceux qui triment pour simplement tenir la tête hors de l’eau, qui subissent l’humiliation quotidienne du chômage, des conditions de logement abominables, de la discrimination raciale. Sarkozy, lui, est visiblement insensible à cette considération, qui n’est pourtant pas un détail dans le maintien de l’ordre établi ».

Aujourd’hui, Sarkozy dit regretter ce comportement imprudent. Mais cela ne change pas la réalité. Le Sarkozy de 2012, comme celui de 2007, est le candidat des capitalistes, des exploiteurs, de la petite classe de parasites qui s’enrichit en appauvrissant le reste la société. Il ne reste plus rien des perspectives mirobolantes qu’il nous annonçait.

Il allait réindustrialiser la France ; c’est le contraire qui s’est produit. Le secteur industriel ne représente plus que 12 % du PIB. Depuis 2007, 350 000 emplois industriels ont disparu. Sarkozy ne devait-il pas créer des emplois, faire reculer le chômage ? Celui-ci a, au contraire, massivement augmenté. Avec le non-remplacement des fonctionnaires partant à la retraite, la réduction massive des effectifs dans les écoles (80 000 postes supprimés en 5 ans) et bien d’autres mesures, la politique du gouvernement a directement et délibérément contribué à la hausse du chômage. Aujourd’hui, il y a au moins un million de chômeurs de plus qu’en 2007. Il existe en France une masse grandissante de personnes qui ne mangent pas à leur faim, qui sont privées de tout et vivent dans des conditions qui minent leur santé physique et mentale.

Sarkozy prétendait relancer l’économie. Actuellement, la croissance du PIB avoisine 0 %. Depuis le début du quinquennat, compte tenu des variations annuelles, la croissance cumulée de l’économie est également de 0 %. Le déficit du commerce extérieur, à 75 milliards d’euros en 2011, n’a jamais été aussi élevé dans l’histoire du pays. Sarkozy devait réduire la dette publique ; elle a augmenté de 612 milliards. Mais ceci ne l’a pas empêché d’offrir 75 milliards aux riches sous forme de cadeaux fiscaux. Alors que l’économie et les finances publiques se sont constamment dégradées, les riches se sont enrichis davantage. Mais la masse de la population a subi une nette dégradation de ses conditions de vie. Le pouvoir d’achat des salariés a baissé.

Dans tous les domaines, la politique de Sarkozy s’est caractérisée par la volonté de détruire les conquêtes sociales du passé, de refouler la société en arrière. Mais plus que tout le reste, la réforme des retraites, imposée en 2010 malgré une longue série de mobilisations hostiles massives, symbolise l’œuvre destructrice et rétrograde de la politique sociale de Sarkozy. Quant à la TVA sociale, elle constitue une taxe supplémentaire que nous devrons payer pour compenser la réduction des « charges patronales ». C’est un cadeau de plus aux capitalistes.

Tout au long du quinquennat, Sarkozy n’a pas hésité à se servir d’une succession de leurres d’inspiration raciste pour détourner l’attention du public. Le port de la burqa – qu’on ne voit pratiquement jamais – était présenté comme un problème social de premier ordre. La chasse aux gens du voyage et sa médiatisation obéissaient aux mêmes fins, comme d’ailleurs la stigmatisation des chômeurs, ces gens « qui ne veulent pas travailler ». Il faut trouver des boucs émissaires pour cacher les vrais responsables de la destruction économique et sociale en cours – mais aussi pour détourner le regard des scandales financiers et des affaires de corruption qui ont jalonné le parcours de ce gouvernement.

L’élection présidentielle nous fournit l’occasion de nous débarrasser de Sarkozy. Nous ferons tout notre possible pour y parvenir. Mais nous n’oublierons pas que notre combat va bien au-delà de l’enjeu électoral. Sarkozy et l’UMP sont coupables de crimes contre les travailleurs, contre les retraités, contre la jeunesse. Mais ils ne sont que les représentants le plus en vue d’une classe et d’un système. Et c’est ce système – le capitalisme – que nous voulons et devons abattre. Sarkozy sortira peut-être du tableau prochainement. Mais cette « victoire » ne règlera rien en soi. Un autre défi nous attend, bien plus difficile, certes, mais bien plus décisif pour notre avenir, pour celui de nos enfants, pour toutes les forces vives du pays. Nous devons en finir avec la domination de la Bourse et de la classe capitaliste. Nous devons prendre le contrôle de l’économie et établir un nouveau système dont la finalité ne sera plus le profit privé, mais le bien public. Ce système porte un nom : le socialisme.

 

Greg Oxley, PCF Paris

Journal communiste : La Riposte

 

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 12:55

Jean-Jacques Rousseau, dont on commémore cette année le tricentenaire de la naissance, a mis au coeur de sa réflexion les notions de volonté générale, d’intérêt général, de loi comme expression du peuple souverain, d’égalité entendue comme limitation des disproportions de richesses. Il se retourne probablement dans sa tombe du Panthéon à entendre la manière confuse avec laquelle la droite et l’extrême droite françaises se sont appropriées, à mauvais escient, le vocabulaire républicain. 

Plus qu’à l’occasion du discours de Villepinte, c’est lors du discours de Bordeaux que l’usurpation a été le plus manifeste. Le samedi 3 mars, Nicolas Sarkozy, s’est en effet fendu d’un discours dans la forme assez surprenant – même si le spectre de la campagne de 2007 n’est jamais loin – mais symptomatique de son imposture. Le discours bordelais se présentait comme un retour aux fondamentaux, autrement dit consistait en une logorhée indéfinie sur la République, se voulant une réponse magistrale « à ceux qui n’ont pas de leçon de République à donner »… 

On appréciera d’emblée la volonté agonistique du propos autour d’un concept en théorie rassembleur, typique du paradoxe sur lequel se construit l’ensemble de la politique Sarkozyste : détourner les mots pour y inclure ses idées, quitte à travestir entièrement le sens des mots comme celui des idées. 

La plume de Guéant était acérée, presque fébrile. On sentait qu’il n’avait toujours pas digéré ses dernières colères télévisées ayant fait le « buzz » après avoir perdu son sang froid, acculé dans ses contradictions républicaines. L’épisode du chahut bayonnais était aussi au cœur des motivations du discours puisqu’il s’agissait bien de sanctifier « l’ordre républicain » contre le désordre perpétré par de supposés agitateurs. Bref, l’ensemble des ingrédients étaient disséminés pour que la ola bleu blanc rouge – et surtout bleue et blanche – sévisse pendant une heure dans ce public girondin dont toutes les réactions étaient préparées au millimètre. 

Mais il ne suffit pas de répéter phrases après phrases le mot de « République » pour définir avec justesse un terme aussi important depuis la Révolution française dans notre pays, encore moins son idéal. Encore faut-il viser juste et surtout sortir des contradictions permanentes. 

La République, Monsieur le Président, ne s’abaissera jamais au fichage et au contrôle intempestif de ceux qu’elle est censée protéger. Car le système de protection sociale que la puissance publique a le devoir de développer n’est pas un système de charité dont la contrepartie serait la domination des plus vulnérables. Il est une mise en commun à destination des besoins du plus grand nombre qui ne peut consentir au chantage social : notre droit à l’éducation, notre droit au travail, notre retraite, notre sécurité sociale, notre assurance chômage ne relèvent pas simplement du droit social, ils constituent les conditions de notre émancipation, collective et individuelle. 

La République, Monsieur le Président, ne s’abaissera jamais à un déguisement du principe de Laïcité en vade-mecum des valeurs du bon chrétien. La France n’est pas chrétienne si elle est laïque, et l’instituteur de l’école républicaine ne sera jamais au second rang derrière le prêtre. Car la Laïcité, dans l’enseignement comme dans la société, n’est ni la tolérance ni le respect. Elle est l’égalité par le choix commun affirmé depuis plus d’un siècle de ne jamais considérer les particularismes dans la sphère publique afin de ne considérer chacun que comme un citoyen égal. La Laïcité est en cela au principe de la paix républicaine, et elle ne peut, de près ou de loin, s’acoquiner de références religieuses. 

La République, Monsieur le Président, ne s’abaissera jamais aux insupportables expulsions par charters, par milliers chaque année, des étrangers en situation irrégulière, rappelant les heures les plus terribles de notre histoire. Le jeu nauséabond avec les thématiques xénophobes du Front national vous éloigne toujours un peu plus de ce que l’on ne peut plus avec vous appeler la droite républicaine. La République n’a rien à faire avec la haine et les quotas, elle exècre le racisme et les faiseurs de boucs émissaires. Elle ne choisit pas l’immigré, elle n’a d’honneur qu’à faire des citoyens. Elle chérit la fraternité, qui fait de ses compatriotes appartenant au même corps politique, celui de la République, des hommes et des femmes liés par un sort commun. La nation, concept politique, n’a de sens que si elle est civique, et non identitaire, concept moral. Ici, Monsieur, depuis la Révolution française, on s’honore du titre de citoyen, et l’on sait qu’il est à vocation universelle. 

La République, Monsieur le Président, ne s’abaissera jamais à servir une Europe qui asservit les peuples au nom des diktats financiers validés par des organismes sans aucune légitimité car jamais élus. Elle n’est dépositaire que de la souveraineté du peuple et non des intérêts des banquiers. Le paravent bien-pensant du cosmopolitisme idéal ou l’argument fataliste de la mondialisation n’y changeront rien. Il n’y aura d’Europe que l’Europe des peuples, c’est-à-dire celle qui ne tirera pas un trait sur l’idéal républicain, mais s’efforcera de le poursuivre sans nier l’échelle populaire de ses fondations. La République n’aurait ainsi jamais lié son corps à un mécanisme de stabilisation financière qui corsète définitivement toute politique publique et toute orientation économique dans les limites ravageuses de l’austérité. 

Au fond, la République, Monsieur le Président, de Rousseau à Jaurès, est sociale, ou plutôt la République sociale est la finalité de la République. Claude Nicolet, grand connaisseur de la pensée républicaine, le disait clairement : « La République n’est autre chose que le détour par la politique pour rendre la société habitable (…) Il n’y pas, en République, de séparation entre les domaines du social et de l’économique et le domaine du politique » (La République en France). Et cela vous l’omettez volontairement car, comme votre plume, vous ne pouvez imaginer que ce qualificatif de « sociale », si bellement illustré par le programme du Conseil National de la Résistance, si fièrement rappelé dans le préambule de la Constitution de 1946, qui fait la singularité propre du républicanisme français, a construit progressivement la République au dix-neuvième siècle puis au vingtième avec un œil sur l’héritage des Lumières et un œil sur le socialisme naissant. Votre « République », Monsieur le Président, témoigne qu’il est grand temps de changer, non seulement de Président, mais aussi de « République » ! 

 

Christophe Miqueu et Gabriel Galice 

Christophe Miqueu est maître de conférences en philosophie politique à l’IUFM d’Aquitaine et Gabriel Galice est vice-président de l’Institut international de Recherches pour la Paix à Genève (GIPRI). Ils publient dans quelques jours Penser la République, la guerre et la paix sur les traces de Jean-Jacques Rousseau, Slatkine, 2012.

http://la-sociale.viabloga.com/news/la-republique-travestie

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 12:53

aaa logo Drapeau VVendredi 23 mars 2012

 

Curieux pays, où, réceptions officielles de chefs religieux aidant, le fameux "vivre ensemble" désigne chacun par son appartenance : les Français sont catholiques, à la rigueur protestants, ils sont musulmans, ils sont israélites... Ainsi obtient-on un cocktail censé représenter la France, dans sa diversité. Diversité proclamée fraternelle, en dépit des avatars (les tragiques événements récents en témoignent). 

Je n'ai aucune envie d'arborer une étiquette dans cette galerie monothéiste (les Boudhistes m'en excuseront). Aucune ne me conviendrait. Cependant, je ne pense pas être original en affirmant que si étiquette il doit y avoir, je suis athée. Non pas agnostique, mais athée. Ceci dit sans la moindre animosité à l'égard de mes compatriotes professant des convictions religieuses : notre République laïque garantit à chacun liberté et respect de ses convictions et pratiques religieuses...

Dans les médias comme dans les discours officiels, jamais n'est mentionné cet athéisme profondément enraciné dans la réalité française. Cette occultation, de plus en plus affirmée au profit de l'affichage des religions et des églises, procède implicitement d'une négation des fondements de la République. La fameuse "Union nationale" dont on nous rebat les oreilles (nous en reparlerons), ne peut rassembler que des citoyens de la République, et non des adorateurs de tel ou tel Dieu. Des générations se sont battues pour que ce ne soit plus la loi proclamée Loi de Dieu qui régisse notre vie en commun, mais la Loi républicaine. Confortée dorénavant par la liberté des cultes, qui est le fruit de notre grande Révolution, cette Loi de Dieu a dû quitter (par la grande porte) le champ de la légalité républicaine pour éventuellement investir l'intimité de chacun. 

Comment ne pas voir que certains aimeraient voir la Loi de Dieu, ou plutôt aujourd'hui la loi des Dieux, entrer à nouveau, discrètement par la fenêtre, en attendant de reprendre sa posture impérative. 

 

René Merle

http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/article-athee-102128659.html

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 16:18

Le Monde.fr avec AFP | 22.03.2012 à 19h35 • Mis à jour le 23.03.2012 à 11h28

 

Jean-Luc Mélenchon accède pour la première fois à la troisième place dans les intentions de vote pour la présidentielle, avec 14 % au 1er tour, devançant Marine Le Pen et François Bayrou, selon un sondage BVA publié jeudi 22 mars pour Orange, la presse régionale et RTL, le premier réalisé après l'identification du tueur de Toulouse.

>> Voir notre comparateur des intentions de vote

"La poussée de 5 points en un mois [de Jean-Luc Mélenchon] corrélée à la baisse de 2 points de Marine Le Pen (13 %) et de 1 point de François Bayrou (12 %) montre que la tragédie de Toulouse qui n'avait guère de raison de lui profiter politiquement n'a en rien altéré la dynamique de sa campagne" et le succès du rassemblement de la Bastille dimanche, commente Gaël Sliman, directeur général de BVA. Il précise que "Marine Le Pen qui a très tôt réagi après que le tueur a été identifié ne profite pas pour le moment des tragiques circonstances. En recul constant depuis le début de l'année, elle a perdu 2 points depuis un mois et 1 point depuis 15 jours" selon un autre sondage BVA, pour Le Parisien cette fois, publié début mars.

 

SARKOZY ET HOLLANDE AU "COUDE À COUDE"

Nicolas Sarkozy, lui, progresse nettement au premier comme au second tour, "bénéficiant" de sa stature présidentielle dans l'épisode de crise traversé par le pays.

>> Lire : Le candidat Sarkozy se prépare à engranger le succès du président

Par rapport à la dernière enquête de BVA pour les mêmes commanditaires, effectuée à la mi-février, le président-candidat gagne 2 points, à 28 %, réduisant l'écart avec son rival socialiste, François Hollande (29,5 %), qui perd 1,5 point. Compte tenu des marges d'erreur, "les deux favoris sont au coude à coude", commente Gaël Sliman, directeur général de BVA. Ces deux mouvements confirment des tendances relevées par d'autres enquêtes depuis deux semaines.

 

EVA JOLY À 2 %

Bien que désormais officiellement candidats pour avoir réuni les 500 parrainages, Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) et Philippe Poutou (NPA), concurrents de M. Mélenchon à la gauche de la gauche, ne progressent pas et recueilleraient moins de 0,5 % chacun. La candidate d'EELV Eva Joly baisse de 1 point, à 2 %, Nicolas Dupont-Aignan gagnant lui un demi-point, à 1,5 %. Jacques Cheminade est crédité de moins de 0,5%.

Au second tour aussi, Nicolas Sarkozy (+2) se rapproche de François Hollande (-2), et serait battu par 54 % des voix contre 46 %, si ce second tour avait lieu dimanche prochain.

Sondage réalisé les 21 et 22 mars auprès d'un échantillon de Français recrutés par téléphone et interrogés par internet. Cet échantillon est constitué de 926 personnes inscrites sur les listes électorales, extraites d'un échantillon représentatif (978 personnes) de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).

 

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/03/22/jean-luc-melenchon-devance-marine-le-pen-dans-un-sondage-bva_1674508_1471069.html

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 12:40

Au cours des trois dernières années, 900 usines ont fermé leurs portes en France. 100 000 emplois industriels ont disparu. Plus de 500 000 en dix ans avec la droite au pouvoir. Sarkozy n’a pas bougé le petit doigt.

Aujourd’hui, à la veille de l’élection présidentielle, il se souvient brusquement que les ouvriers sont aussi des électeurs. Il se met alors à multiplier les visites sur les sites menacés : chez Photowatt, à Bourgoin-Jallieu, à la raffinerie Pétroplus de Petit-Couronne…

Il se rend aussi à l’usine Alstom d’Aytré qu’il considère comme son grand « fait d’armes » en matière de sauvetage industriel mais où les salariés doivent surtout la sauvegarde de leurs emplois aux 160 trains commandés par les 21 régions présidées par la gauche.

Gandrange colle à Sarkozy

Il n’a pas le cran d’aller à la rencontre des salariés de ArcelorMittal Florange qui occupent le centre administratif de l’entreprise et bloquent les expéditions d’acier. Il faut dire que tous ont en mémoire les promesses de Sarkozy en 2008 et la fermeture du site de Grandrange en 2009, laissant 571 salariés sur le carreau. Il se contente de leur annoncer, depuis l’Élysée, la « bonne nouvelle » de 150 millions dégagés pour sauver le site de Florange. « Bonne nouvelle » annoncée dès l’été 2001 et qui n’avait rien changé au projet de Mittal, le PDG d’ArcelorMittal. Les syndicats de Florange, unanimes, condamnent la « fausse annonce » du candidat Sarkozy. Le délégué syndical CGT du site constate : « Nicolas Sarkozy est prêt à dire n’importe quoi avant la présidentielle pour être réélu ».

Avec Sarkozy : salariés jusqu’au 6 mai, chômeurs au-delà ?

La seule chose qui intéresse Sarkozy, c’est bien l’élection présidentielle, pas le sort des ouvriers. Ce qu’il recherche c’est un simple effet d’annonce pour changer son image d’ami des riches et des licencieurs. C’est pourquoi, il se limite à quelques entreprises et se moque totalement des centaines d’entreprises qui sont en train de fermer leurs portes. C’est pourquoi, comme de nombreux chefs d’entreprises et DRH l’ont rapporté au secrétaire général de la CFDT François Chérèque, le ministre du Travail de Sarkozy, Xavier Bertrand, multiplie les coups de téléphone aux grandes entreprises pour leur demander de reporter leurs plans de licenciements après l’élection présidentielle.

Des emplois sauvés par les luttes

Les emplois sauvegardés, sont avant tout le fruit de la lutte exemplaire des salariés de Lejaby, de Photowatt et de Pétroplus (http://www.democratie-socialisme.or...). Ce sont ces luttes, leur popularité, qui ont obligé Sarkozy à faire appel en catastrophe à ses amis Proglio, PDG d’EDF (qui ne voulait pas entendre parler de Photowatt quelques mois auparavant) ou à Bernard Arnaud, PDG et principal actionnaire de LVMH, qui a repris Lejaby (voir l’interview de Bernadette Pessemesse).

www.democratie-socialisme.org

 

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