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L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 11:44

Le favori de la présidentielle française dit qu’il veut voir revenir le Royaume-Uni au cœur de l’Europe et que le secteur financier n’a pas à craindre de nouvelle régulation.

 

François Hollande , le socialiste, favori pour devenir le prochain président de la France, dit qu'il veut réintroduire la Grande-Bretagne dans le cœur de l'Europe et cherche à rassurer la City : elle ne doit pas craindre davantage de régulation du monde financier de sa part.

« Nous avons besoin que la Grande-Bretagne se sente faire partie de l'Europe, » a déclaré Hollande à des correspondants britanniques avant une visite à Londres la semaine prochaine. Mais il a ajouté que la France ne pourrait jamais accepter la tentative de David Cameron de créer un «sanctuaire» contre toute réglementation financière à la City dans le nouveau traité européen.

Hollande a écarté les craintes de la droite anglaise selon lesquelles il serait dangereux pour la City. Il a dit qu'il n'était pas agressif, ni vu en France comme très à gauche, et que sa volonté de réguler la finance n'était ni plus ni moins que le discours de Barack Obama au Congrès. « On pourrait dire que Obama et moi avons les mêmes conseillers. » Il a ajouté que sa position sur une nouvelle réglementation pour le secteur financier était dans la lignée de l'opinion publique européenne et était semblable à celle de tous les autres candidats à la présidentielle française, y compris Nicolas Sarkozy, le candidat de droite.

Hollande, un député rural, jovial et consensuel qui a dirigé le parti socialiste pendant 11 ans, est bien placé pour remporter l'élection présidentielle française en mai. Lorsque, lors d'un récent meeting, il a désigné le monde de la finance comme son principal adversaire, ce n’était qu’un exemple de la rhétorique de campagne anti-banquiers largement répandue chez tous les candidats à la présidentielle française, y compris ceux de droite. Son programme augmente les impôts des très riches, qui ont, jusqu’à présent, largement échappé à une grande partie de la charge fiscale française. Mais il est considéré comme un social-démocrate modéré de centre-gauche, dont les mains sont liées par la crise de la dette qui sévit en France et le trou béant dans les finances publiques. Son projet est celui qui est le moins mis en avant de toute l’histoire des candidats socialistes, et ne contient aucun marqueur de gauche traditionnel, comme l’augmentation du SMIC et des salaires, mais il s'engage en revanche à maîtriser les déficits publics. Sa mesure la plus concrète sur les banques - une loi visant à séparer leurs opérations de crédit de leurs opérations spéculatives - est déjà en cours d'examen au Royaume-Uni et aux États-Unis. Sarkozy l'a emporté sur Hollande en annonçant une taxe sur les transactions financières,  la taxe Tobin ou taxe Robin des Bois.

Mais les éloges adressées par Hollande au sujet de Tony Blair sont révélatrices de sa propre orientation politique et de la façon dont il pourrait potentiellement diriger la France. Pendant des années, M. Blair, le New Labour et la troisième voie étaient une hérésie pour la majorité des socialistes français. Hollande a déclaré que M. Blair était agréable « et si intelligent qu'il n'avait pas besoin d'être arrogant ». Il a ajouté: « La première leçon à recevoir de Blair est sa longévité. Du reste, il a pu, après la longue période du thatchérisme, rétablir l'éducation, la santé et le secteur public. Puis il a succombé à l’idée dominante selon laquelle les marchés pourraient se réguler eux-mêmes et que les marchés et le libéralisme en eux-mêmes pourraient être un facteur de croissance. Nous avons vu les conséquences. »

Hollande a écarté l’idée qui ferait de lui un idéologue de gauche et a rejeté toute comparaison avec les craintes qui ont accompagné l’élection de François Mitterrand en 1981. « Les années 1980 étaient une époque différente. Les gens pensaient qu'il y aurait des chars soviétiques sur la Place de la Concorde. Cette époque est révolue, c'est de l'Histoire. Il est normal qu'il y ait eu des peurs à ce moment là: la droite était au pouvoir depuis 23 ans, la Guerre Froide était en cours et Mitterrand nommait des Communistes au gouvernement. Aujourd'hui, il n'y a plus de communistes en France. La gauche a été au pouvoir 15 ans pendant lesquels nous avons libéralisé l'économie, ouvert le marché à la finance et aux privatisations. Il n'y a plus de raison d'avoir peur. »

Il a réitéré sa revendication de longue date pour une modification du traité européen sur l'intégration économique, mais semble tempérer un appel à la renégociation totale, soulignant qu'il voulait ajouter une clause sur la croissance économique, à l'intérieur ou en dehors du traité. Il estime que ce serait au parlement français de ratifier le traité après l'élection et qu’il ne le soumettrait pas à un référendum.

Contrairement à Sarkozy, Hollande a dit qu'il parlait l'anglais « comme un Français, avec un accent, mais je le parle », précisant qu’il savait que la Grande-Bretagne n’avait ni crainte ni préjugé à ce sujet.

 

Hervé Bégué

 

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 11:39

 dimanche 12 février 2012, par Comité Valmy

 

Le Monde est un journal partisan. Nombre de ses lecteurs estiment encore qu’il diffuse des informations objectives sur l’actualité. Certes, son brevet de « quotidien de référence » n’est plus reconnu. Cependant, jouant sur différents claviers, il donne encore parfois l’illusion d’être indépendant vis-à-vis du pouvoir et des partis.

Mais l’est-il de «  l’argent » et des puissances financières ?

Sa direction et son Conseil d’administration*, les intérêts qu’ils représentent, répondent négativement à la question.

Mais qui s’en soucie en achetant ce journal du soir ?

Et pourtant, qui lit attentivement ses articles, s’accroche à ses titres,

peut discerner clairement ses «  ennemis ».

Et ainsi se faire une opinion sur l’orientation politique du « Monde » en matière de politique internationale.

Voyons ses « ennemis ». Ils sont nombreux et clairement désignés. D’abord, c’est l’actualité, vient en premier Bachar Al-Assad

et le gouvernement syrien. Il ne s’agit plus sur ce sujet d’informations

( ce qui suppose de confronter les différentes sources, le ‘pour’ et le ‘contre’) mais de diatribes frénétiques accusatrices du pouvoir syrien.

Les dépêches retenues émanent d’un seul côté, celui des insurgés, le plus souvent basés à l’étranger. Pas le moindre soupçon, pour le quotidien, de manipulation. Le « conditionnel » n’a pas cours. A ce degré, ce n’est plus du journalisme mais de la seule « mise en condition » de l’opinion publique.

Mais pourquoi tant de hargne, tant de haine ?

La Syrie serait-elle, aux yeux du « Monde », un Etat plus totalitaire que l’Arabie saoudite (avec la charria la plus extrême, la main coupée aux voleurs), ou que le Qatar (où les immigrés – les deux-tiers de la population - sont traités comme des esclaves, sans le moindre droit), car de ces pays, le quotidien n’en parle guère…

En fait, derrière la Syrie se profile l’Iran et son président, Ahmadinejad. Voilà pour Le Monde, l’ennemi parfait, la cible privilégiée.

Pour quelles raisons cet acharnement permanent depuis des années ?

Pourquoi le régime des Mollahs fait-il au journal une horreur plus vive que celui de l’Arabie saoudite (avec la charria la plus extrême, la main coupée aux voleurs) ? Au nom de la laïcité ? Mais, dans ce cas, pourquoi Le Monde mise-t-il sur les Ayatollahs pour évincer le président, jugé par eux ( toujours selon le journal), pas assez religieux ?

Mais continuons le tour des « ennemis » du Monde.

Au lendemain du veto opposé par la Chine et la Russie à la résolution occidentale visant la Syrie, le quotidien du soir s’est déchainé.

Son éditorial daté du 7 février annonce la couleur :

« Moscou et Pékin couvrent les atrocités en Syrie ». Après la stigmatisation des deux Etats coupables « si hostiles à tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à de l’ingérence dans les affaires intérieures d’un pays ».

Pour Le Monde, il s’agit-là d’un crime impardonnable.

Et pour justifier son courroux, le quotidien n’hésite pas à se contredire lui-même.

Dans l’édito, il est écrit :

« La résolution du Conseil de sécurité tenait compte des objections russes et chinoises. Ni de loin, ni de près, elle n’évoquait la nécessité d’un changement de régime à Damas, comme le réclamait la Ligue arabe ».

Et page 5, toute consacrée au conflit, on peut lire :

« Le texte (de la résolution) endossait le plan de la Ligue arabe prévoyant la mise à l’écart graduelle du président syrien, Bachir Al-Assad ».

Qui croire, de l’édito ou de l’envoyé spécial, dont l’article est surmonté d’un titre sur toute la page :

« Syrie : la tentation de l’aide militaire aux insurgés ».

Les «  ennemis » du Monde se recrutent sur tous les continents.

La Russie de Poutine et la Chine populaire demeurent des cibles permanentes. « Poutine, ancien cadre du KGB » fixe bien la permanence d’un anticommunisme, qui pourtant ne se justifie guère avec ce dirigeant du Kremlin. En fait, l’orientation prise par le chef du gouvernement russe de prioriser l’indépendance de l’Etat, vis-à-vis des menées de l’Otan d’encerclement, déplait fortement au Monde, intégré qu’il est aux valeurs (boursières) occidentales.

Un Etat qui défend sa souveraineté, quelle horreur !

Mais cela nous ramène à la soumission idéologique du Monde à l’Union européenne, sujet dont nous traiterons ultérieurement.

Poursuivons notre « tour du Monde ».

Donc, la Chine, également visée, n’y est pas en odeur de sainteté.

Pour le quotidien du soir, la République populaire cumule tous les défauts. D’abord, elle se revendique officiellement dirigée par le Parti communiste. Ca ne pardonne pas, idéologiquement parlant. Aussi, toutes les difficultés rencontrées par le pouvoir chinois sont mis en exergue, et on peut lire la joie du Monde à les détecter. Le moindre incident, la plus petite catastrophe, font les choux gras du journal.

Que des oppositions se manifestent, et c’est pour lui l’ébranlement du régime. Les grèves croissantes, dénoncées comme le signe d’une rupture ouvrière avec les dirigeants, l’inquiètent pourtant : elles conduisent à de nombreuses augmentations de salaires, ce qui nuit à « la compétitivité de nos entreprises ».

Et Le Monde n’a-t-il pas pointé l’arme secrète de la Chine en matière de concurrence commerciale : le système est déloyal, car les entreprises chinoises n’ont pas de dividendes à verser à des actionnaires, ce qui majore leurs marges…

Mais Le Monde a beaucoup d’autres ennemis sur cette terre, tellement que nous allons certainement en oublier : Cuba et la Corée du Nord, qui se réclament du communisme, décrits à longueurs de colonnes, comme des goulags, les Etats d’Amérique latine qui se sont libérés du joug US, le Venezuela, où le président élu démocratiquement et régulièrement depuis quatorze ans, est présenté par Le Monde comme un dictateur. Et jusqu’à l’Equateur, présidé par un ancien élève de l’Université catholique de Louvain, réélu scrutin après scrutin avec davantage de voix, montré du doigt comme bafouant la liberté de la presse (voir Le Monde, daté du 9 février), parce que le président Correa applique la loi votée par referendum. Pensez donc, un quotidien avait publié « une colonne jugée injurieuse », le journaliste accusait le président de « crimes contre l’humanité », une peccadille en effet.

En fait, Le Monde a choisi son camp, le camp occidental, derrière les Etats-Unis et l’Union européenne : leurs « ennemis » potentiels sont par nature les ennemis du Monde

Ceci explique cela.

* Via leur société "Le Monde Libre" (LML), l’homme d’affaires Pierre Bergé, le banquier Matthieu Pigasse et le fondateur de l’opérateur Free, Xavier Niel contrôlent désormais 64,5% du célèbre quotidien.

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/10-index.html

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2225

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:22

aaa logo Drapeau VLe président-candidat a pété les plombs ! Il propose maintenant un référendum sur le droit des chômeurs !!! Mais où sont passés le « dialogue social » et sa fameuse « méthode » dont il nous avait rebattu les oreilles ? Certainement disparus en 2011 alors que plus de 3 millions de français manifestaient contre le recul de l’âge légal du départ à la retraite ! Le président de la République a bien organisé en janvier dernier un pseudo « sommet social » en y invitant les « partenaires sociaux »… Mais, la ficelle était un peu grosse : l’opération électoraliste a fait long feu.

 

Alors comme ces foutus syndicats n’ont pas été aux ordres, et bien le président (de tous les français ?) veut passer outre maintenant et ce, pour une question du droit du travail, directement liée aux négociations entre représentants du patronat et des salariés en matière de chômage.

 

Si le peuple ne convient pas, il faut le dissoudre. Et le Chef de l’Etat a décidé de dissoudre les syndicats. Il faut dire qu’un fort mouvement citoyen s’amplifie dans le pays où les syndicats jouent un rôle important. Celui de sa mise à la retraite, et celle de ses ministres avec !


Ce mouvement articulant syndical et politique, ce « front de gauche », semble devenir irrésistible.

 

Et ce, pour trois explications "conjoncturelles" :


- le refus presque réactionnel en vertu de l'indépendance syndicale de se retrouver instrumentalisé comme le voulait le président-candidat (avec l'organisation du drôle de "sommet social" par celui a fermé la porte au dialogue social sur les retraites !)

- la prise de conscience de l'essor de l'extrême-droite menaçant y compris la vie des organisations syndicales
- la volonté affichée du Front de Gauche et de son candidat - et même sous la pression créé dans une certaine mesure celle de F.Hollande - de s'adresser directement aux syndicalistes et aux ouvriers...


Ces trois raisons traduisent plus globalement une donnée sociale émergente : le fort mécontentement social enregistré depuis plusieurs décennies s'accompagnent aujourd'hui d'un sentiment d'injustice sociale, notamment après les cadeaux faits aux plus riches et aux sommes astronomiques lâchés sans contrepartie aux banques durant la crise des subprimes par les Etats européens.

 

Ces cadeaux aux riches ne sont pas un fait nouveau dans les politiques gouvernementales, ce qui l'est ça été de l'avoir assumé au sommet de l'Etat en termes de communication : le Fouquet's, le yacht de Bolloré, le bouclier fiscal, les "y a plus de sous pour les salaires ou les retraites mais y en a pour sauver les banques", etc.


Au fond, on assiste à un retour en force de l'affrontement de classe conscientisé. Cette « lutte des classes » d’un type nouveau conteste un ordre établi s’appuyant maintenant sur un capitalisme mondialisé et financiarisé, dont l’apparition sur le devant de la scène d’un nouvel acteur, les agences de notation, en est le symbole, sinon le symptôme.

 

Une contradiction que le FN tente de dévoyer en cherchant à évoluer de manière opportuniste dans la dernière période vers un discours anti-libéral et social-nationaliste. Mais, cela ne peut tromper personne, l’extrême droite est la roue du secours du capital pour dévoyer  - encore une fois - les exigences populaires. Cela ne doit pas masquer un discours de division et de haine, inégalitaire socialement et humainement, ni cette tendance xénophobe que voudrait flatter - récupérer électoralement - le camp du président-candidat en faisant une autre proposition de référendum concernant l’expulsion des étrangers ?! Répugnant et dangereux !

 

Mais, c'est là où la question du changement de société, un socialisme/communisme altermondialiste se pose en terme d’alternative à la société qui n’a que seule politique possible que celle de la rigueur et de l’austérité pour le peuple et de l’abondance et des laisser-faire pour les marchés financiers et les profiteurs...

 

Enfin, si le débat - on en doute vu les sujets soumis - est de donner la parole au peuple, et l’on veut faire respecter la souveraineté populaire, alors un seul référendum s’impose vraiment aujourd’hui, c’est celui qui concerne la ratification du nouveau traité européen qui veut interdire toute marge de manœuvre aux politiques sociales et fiscale.

 

 

Pierre Chaillan, le 9/02/2012.

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:21

Paris, février 1962. La perspective d’une fin de la guerre d’Algérie semble s’être éloignée depuis la suspension des pourparlers de paix, le 28 juillet 1961, entre le GPRA. (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) et le gouvernement français. Cependant, dans les arcanes du pouvoir, tout le monde s’accorde à dire que la seule issue possible est l’indépendance de l’Algérie. S’accrochant désespérément à leur rêve d’une Algérie française, les fascistes de l’OAS. (Organisation Armée Secrète), multiplient les attentats en Algérie et en Métropole. Cette stratégie de la terreur vise à mettre la pression sur le gouvernement français, qui se dit de plus en plus favorable à de nouvelles négociations avec le GPRA.

Face à ce « péril brun », les milieux de gauche se mobilisent autour du Comité Audin (Comité d’intellectuels luttant pour faire la lumière sur la disparition de Maurice Audin, militant du Parti Communiste Algérien), du PCF, de l’UNEF, et du PSU. Dans les universités, des journées de grève sont organisées avec succès, ce qui pousse de Gaulle à déclarer : « Le peuple n’a pas à se préoccuper du problème de l’OAS ; c’est aux forces de l’ordre d’agir ». Cependant, les forces de l’ordre ne sont pas aussi zélées dans leur lutte contre le terrorisme de l’OAS que dans la répression des sympathisants de la cause algérienne. Le 7 février 1962, dix attentats sont commis, à Paris, par l’OAS. Les cibles sont des universitaires, des élus du PCF, des officiers, des journalistes ainsi que le Ministre de la Culture, André Malraux. La bombe qui visait ce dernier blesse grièvement une enfant de quatre ans, Delphine Renard, qui perdra un œil et sera défigurée.

Cette vague d’attentats pousse la gauche à organiser un rassemblement, le 8 février 1962, place de la Bastille à Paris. Or, suite à l’état d’urgence décrété le 21 avril 1961, un arrêté préfectoral interdit toute manifestation sur la voie publique. Cependant, selon certains historiens (dont le Professeur Brunet), le préfet de Paris de l’époque, Maurice Papon, avait envisagé de tolérer la manifestation du 8 février. C’est le Général de Gaulle lui-même qui se serait opposé à ce que le rassemblement ait lieu, après l’avoir qualifié de « communiste », ce qui, dans sa bouche, signifiait clairement « subversif », voire « dangereux ». De plus, l’interdiction de cette manifestation flattait l’aile droite de ses partisans, en montrant que de Gaulle ne jouait pas le jeu des communistes dans la solution du conflit algérien.

Le jour de la manifestation, les consignes sont claires : il ne faut tolérer aucun rassemblement et « faire preuve d’énergie » dans la dispersion des manifestants. Cette « énergie », les policiers dépêchés sur place vont la fournir de façon dramatique. Le quadrillage de la manifestation est parfait ; c’est en direction d’une véritable toile d’araignée policière que se dirigent les manifestants, à partir de 18h00. 2845 CRS, gendarmes mobiles et policiers sont organisés en cinq divisions entourant le quartier de la Bastille, de la gare de Lyon aux métros Filles du Calvaire et Saint Ambroise, et de la rue Saint Antoine au boulevard Voltaire.

Côté manifestants, on souhaite un rassemblement pacifique ; un communiqué radio précise, le 8 février, que « les manifestants sont invités à observer le plus grand calme ». En outre, les organisateurs prennent la décision de ne pas défiler, estimant que la police ne chargerait pas un rassemblement statique.

A l’heure du rassemblement, les manifestants se heurtent aux forces de l’ordre. Certains sont reflués sur la rive gauche, alors que, sur la rive droite, la tension monte peu à peu. En effet, quelques affrontements se déclenchent boulevard Beaumarchais. La réponse policière est terrible. On matraque des manifestants, des passants, les hommes, les femmes et personnes âgées, jusque dans les cafés et les stations de métro. L’acharnement est tellement aveugle que même des policiers en civil seront blessés.

Mais c’est boulevard Voltaire et rue de Charonne que la répression est la plus violente. Alors que les organisateurs donnent le signal de dispersion, les forces de l’ordre, commandées par le Commissaire Yser, chargent le cortège. En effet, sur ordre de la salle de commandement, c’est-à-dire du Préfet Papon, il faut « disperser énergiquement » les manifestants. Les policiers chargent avec une telle brutalité et de façon si soudaine, qu’un mouvement de panique s’empare des manifestants, qui tentent de fuir vers la station de métro la plus proche.

Les premières cibles des forces de l’ordre sont des élus communistes, qu’ils frappent à la tête. Puis, c’est au tour des manifestants qui, portés par la foule, trébuchent dans les escaliers du métro et s’entassent les uns sur les autres. Au lieu d’aider les gens qui suffoquent, les policiers les frappent, les insultent, et n’hésitent pas à jeter sur eux les grilles d’acier qu’ils trouvent au pied des arbres, ou encore des grilles d’aération. Le bilan de cette agression fut de huit morts, dont un manifestant de quinze ans. Sept d’entre eux sont morts par étouffement, un des suites de blessures à la tête. Tous étaient communistes.

Au lendemain du drame, la presse, de façon unanime, stigmatise la responsabilité des forces de l’ordre. Le Ministre de l’Intérieur, Roger Frey, rejette quant à lui toute la responsabilité sur le Parti Communiste, qu’il accuse d’avoir tenu la manifestation malgré l’interdiction officielle. Au passage, le ministre assimile les manifestants aux fascistes de l’OAS, car ce sont là, explique-t-il, « deux ennemis de l’intérieur ». De son côté, la population française est largement choquée par ce déchaînement de répression : entre 500 000 et un million de parisiens assistèrent aux funérailles des victimes.

Cet épisode de la vie politique française témoigne une fois de plus de l’amnésie historique de l’État français, sur certains sujets. Pendant des années, le drame du 8 février 1962 sera relégué aux oubliettes de l’histoire officielle. Il faudra attendre quatre décennies pour voir la réouverture des dossiers sur la guerre d’Algérie, le début d’une prudente autocritique de la part de l’État, et pour que la lumière commence à se faire sur les événements qui ont coûté la vie aux huit victimes de cette terrible journée.

 

Journal communiste : La Riposte

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:19

aaa logo Drapeau VAprès l'appel des auteurs de polars à voter Mélenchon : "Alors, me dit-on, te voilà devenu mélenchonien, toi qui n'a pas été tendre sur le personnage, dans ce blog ?"

Je n'ai pas la fatuité de croire que mon opinion puisse avoir quelque importance, si elle n'est que personnelle, mais il me semble qu'en la matière, la préciser revient à préciser l'opinion d'une foule de citoyens, indécis, corsetés par ce mode d'élection qu'ils ne cessent de dénoncer (et c'est ce que j'ai pendant des années fait sur mon site et mon blog), parce qu'il est générateur d'une personnalisation mortelle de la vie politique. Une foule de citoyens où beaucoup font toujours leurs les paroles de la vieille Internationale : "Ni Dieu, ni César, ni tribun".

Or, le tribun est là, et bien là, sollicité, délégué par un parti communiste en déshérence qui ne se sentait pas de porter aussi clair et aussi haut la flamme rouge, un parti communiste qui tenait surtout à faire oublier les scores électoraux tragiquement bas des présidentielles précédentes. "Déshérence" : comme me le fait remarquer mon épouse qui lisait par dessus mon épaule, le mot, stricto sensu, signifie "absence d'héritier"...

Or donc l'héritier est là, tribun qui attire des foules impressionnantes, et, la télé en atteste, des foules où les visages de tous les âges se mêlent et où, enfin, apparaissent en nombre, en grand nombre, les visages de jeunes adultes... Des foules qui n'ont pas peur de lever le poing et de chanter les paroles qu'écrivit Pottier, alors que l'armée versaillaise, les pieds dans le sang, achevait de fusiller et de fusiller encore ceux qui avaient cru pouvoir ouvrir un autre avenir...  

 Et ce tribun est l'homme qui a dit : "Je ne serai ministre que dans un gouvernement dont je serai premier ministre", ce tribun est un politicien, dont l'ego éclate ici de façon insupportable. C'est, en lui donnant ma signature, ce que j'écrivais à l'initiateur de la pétition des polareux, en ajoutant "Culte de la personnalité, merci. On a déjà donné". Pour qui ne comprendrait pas bien, j'ajoute que je suis né en 1936, et que, quand je militais au Parti communiste, il y avait deux hommes "que nous aimions le plus"...

Alors, que faire ?

La tentation est là de se défausser, de ne pas encourager l'aventure qui risque de devenir une aventure individuelle, d'autant que, lorsqu'on gratte un peu, le programme du tribun ne porte pas aussi loin que l'annonce le rouge des tribunes... Où en est-on avec la perspective de l'appropriation collective des moyens de production ? - Attends, me dit-on, tu nous vois y arriver dans notre seul pays ? Folie... - Oui mais alors, où en est-on avec l'indispensable perspective d'une lutte internationale, d'une lutte mondiale ? Comment faire en sorte, si ces mots sont enfin prononcés, qu'ils ne soient pas seulement ceux d'une rhétorique vaine, dont ont usé et abusé les sociaux-démocrates d'antan, avant leurs trahisons successives ? 

Se défausser donc... c'est-à-dire laisser le champ libre à une social-démocratie déjà triomphante par anticipation, une social-démocratie qui ne fait pas mystère de sa vocation : loyale gérante du système (les conseillers de Hollande en attestent, et, sucre sur les poires, l'aval attendu de l'incontournable BHL, avec qui Hollande vient de déjeuner, nous apprend-on...) ? Se défausser, c'est-à-dire ne pas conforter un pôle de pression incitant la social-démocratie à ne pas être "trop" libérale ? Distribuer le blâme et l'éloge, s'enfermer dans un silence boudeur ?

L'autre tentation est là aussi, pressante, venant de tous les amis "raisonnables", qui est celle du "vote utile", vote sans illusions certes, mais nécessaire pour porter loin en tête, dès le premier tour, et donc assurer la présence au second tour du seul candidat "de gauche" susceptible de battre le sortant... - Puisque, me dit-on, tu dois voter pour  lui au second tour, autant le soutenir dès le premier tour... L'empêcher d'être au second tour serait criminel... C'est une vraie et douloureuse question.

De toute façon, me disent d'autres amis, catégories combatifs, mieux vaut à la limite que Sarkozy passe, au moins on pourra lutter frontalement, alors que si c'est cet endormeur de socialiste, on sera une fois de plus anesthésiés... Voire... Faire la politique du pire a rarement été productif. Les démocrates allemands de 1932-1933 en ont su quelque chose...

Bref, il faut choisir. Quand ces collègues polareux m'ont sollicité, j'ai choisi sans autres états d'âmes que ceux exposés ci-dessus. Je demeure convaincu que, de toute façon, et je l'écrivais récemment sur ce blog, il y aura une vie, et un mouvement social comme on dit, après les élections. Affaire à suivre

 

René Merle

http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/article-apres-l-appel-a-voter-melenchon-98915915.html

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 13:50

aaa logo Drapeau VComment gagner une élection perdue d’avance ? Voila la quadrature du cercle que cherche à résoudre le chef de l’Etat et son entourage proche.

 

L’image du « capitaine qui tient la barre dans la tempête de la crise » façon Blair ou Schroder ayant fait long feu dans une grande partie de l’électorat, il fallait trouver une autre marotte. Ce sera le « choc des civilisations » et « la croisade pour la démocratie » contre les hordes de barbares. Le petit Bush n’a-t-il pas été réélu à partir de cette théorie qui, disons-le, est purement communautariste ?!

 

Mais, attention, la pente devient glissante ! On a vu les conséquences guerrières d’une telle politique à l’échelle de la planète et la montée des communautarismes au niveau de chaque société. Ces tentatives démagogiques et électoralistes ne sont pas sans rappeler la recherche du débat sur l’identité nationale, juste avant les élections régionales. Le résultat, on le connaît : le FN a été remis en selle.

 

Et à nouveau, avant cette élection majeure, ces provocations risquent d’instiller le poison mortel de la division et de la haine. Heureusement, notre pays dispose d’un antidote : une gauche qui n’a pas renoncé à changer la société afin de la rendre plus juste et plus humaine, en mettant au cœur la laïcité, l’égalité, la fraternité et la justice sociale.

 

C’est la voix que fait entendre Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche lors de cette campagne. Elle trouve un écho de plus en plus grandissant au sein du peuple de France, cette patrie composé de tous ses enfants. Qu’ils soient immigrés de première, de deuxième ou de troisième génération, ils ont donné leur force de travail, et parfois leur vie, pour édifier cette nation libre et indépendante.

 

Alors, en 2012, place au peuple !

 

Pierre Chaillan, le 5/01/2012.

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 17:30

aaa logo Drapeau V« Je veux, si je suis élu président de la République, que d'ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid. (...) Le droit à l'hébergement, c'est une obligation humaine. Si on n'est plus choqué quand quelqu'un n'a plus un toit lorsqu'il fait froid et qu'il est obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la société, où vous voulez que vos enfants vivent en paix, qui s'en trouvera remis en cause. »

 

Voici le discours prononcé lors de la campagne électorale de 2007 par le candidat Sarkozy.

 

Cinq ans plus tard, non seulement les pauvres et les SDF sont toujours plus nombreux, mais sous ce mandat présidentiel, le nombre des morts de la rue s’est encore accru dans des proportions effarantes: 265 sans-abri sont morts en 2008, 358 en 2009, 414 en 2010...

 

Le constat est accablant.

 

Cela n'empêche pas Henri Guaino, le "conseiller spécial" du président de parapher sans sourciller le "rapport sur le mal-logement de la Fondation Abbé Pierre", sous quelques huées et sifflets, il est vrai... Mais, dans le monde médiatique du zapping, cet acte patent de tartufferie politique semble vite chassé par l'image de François Hollande enfariné.

 

Oui, mais, attention, M. Guaino et Sarkozy, le peuple ne se laissera pas rouler dans la farine !

 

Loin de cet enfumage que constitue la proposition par le chef de l’État d'une augmentation de 30% des coefficients d'occupation des sols, tous les candidats de gauche s'engagent, eux, en faveur de la construction annuelle massive de logements afin de faire reculer la spéculation immobilière.

 

Le candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, signataire du rapport de la Fondation Abbé-Pierre, avance une série cohérente de mesures : empêcher les expulsions des personnes en difficulté, faire cesser le scandale des logements vides par la réquisition, déclarer l'inéligibilité des maires qui ne respectent pas la loi SRU et, enfin, mettre en place un service public du logement.

 

Alors en 2012, place au peuple !

 

 

Pierre Chaillan, le 2/02/2011.

 

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 17:23

La chronique de Jacques Nikonoff

30 janvier 2012.

Jacques Nikonoff est porte-parole du M’PEP et ancien président d’Attac. Derniers ouvrages publiés :

  • « Sortons de l’euro ! Restituer au peuple la souveraineté monétaire » (Mille et une nuits, 2011)
  • « La confrontation. Argumentaire anti-FN » (Le Temps des Cerises, 2012).

 

Il existe deux critères très simples pour juger le programme de François Hollande, candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle. Le premier est de savoir quels sont ses conseillers ; le second est d’en regarder le coût.

En procédat ainsi, on se rend compte aisément que François Hollande fera comme ses camarades « socialistes » George Papandréou en Grèce, José Socrates au Portugal et José Luis Zapatero en Espagne. Tout en évoquant symboliquement des thèmes de gauche, il poursuivra l’austérité engagée par Sarkozy. Du côté du Front de gauche, la réaction a été molle, peut-être parce qu’il lui faut du temps pour analyser les 60 propositions du candidat socialiste. Peut-être, aussi, pour ménager une participation du Front de gauche à un éventuel gouvernement « socialiste » ? Il faudrait que le Front de gauche s’exprime clairement et vite sur ce point en annonçant que le programme de François Hollande ne peut pas permettre la participation gouvernementale du Front de gauche. La précision est urgente et importante, car au PCF, par exemple, certains dirigeants semblent prêts à renouveler l’expérience désastreuse de la « gauche plurielle ».

Ainsi, l’Humanité datée des 27 et 28 janvier a interviewé Sébastien Jumel, maire PCF de Dieppe (76). Pour ce dernier, le projet du candidat PS « va dans le bon sens, mais ne répond pas totalement aux préoccupations sociales ». De plus, cet élu a « le sentiment que François Hollande prend en compte un certain nombre de thématiques que nous développons depuis un bout de temps ». Pour étayer son point de vue, Sébastien Jumel prend l’exemple de la finance dont Hollande a fait son « adversaire ». Le maire de Dieppe continue en se réjouissant que « François Hollande prenne un virage à gauche », car « il y a des pistes intéressantes ». Cependant, Sébastien Jumel affirme : « je reste quand même un peu sur ma faim » ! Ouf !

 

L’entourage de François Hollande le disqualifie d’emblée pour mener une politique de gauche

Il n’est même pas utile de lire le programme du candidat du PS quand on sait qui l’a écrit. Ceux qui ont tenu la plume, en effet, sont des agents du système, c’est-à-dire les obligés des milieux d’affaires.

Pierre Moscovici, le directeur de campagne de François Hollande, ancien ministre des Affaires européennes, fédéraliste et européiste convaincu, est vice-président du Cercle de l’Industrie. Il s’agit d’un lobby patronal, notamment partenaire du MEDEF. Les milieux patronaux ont trouvé en Pierre Moscovici un excellent représentant de commerce, dévoué et travailleur.

Manuel Valls, député-maire PS d’Évry, est directeur de la communication de François Hollande. Il est membre du Groupe de Bilderberg, l’une des plus célèbres boite à idée patronale du monde. Le vicomte Etienne Davignon, connu pour avoir massacré la sidérurgie française, président de ce lobby, explique que le député socialiste a été choisi parce qu’il était un « socialiste ouvert » et « pour lui ouvrir les yeux sur certains points ». Le vicomte ajoute que « On n’est pas là pour faire sa promotion, mais il n’est pas exclu que cela lui soit utile […] Certains de nos invités ont un destin ». Manuel Valls, effectivement, est un des agents des milieux patronaux les plus doués de sa génération au sein du PS.

Avoir des « socialistes » pour faire le « sale boulot » (les politiques d’austérité) est une technique assez classique. On l’a expérimentée en France à partir de 1982-1983, et on a vu le résultat en Grèce, en Espagne et au Portugal. Avec Moscovici et Valls occupant des postes clé de la campagne de Hollande, on aura compris, sans le lire, que le programme du candidat socialiste ne sera pas de gauche et ne pouvait pas l’être. Tout en prétendant le contraire pour attirer les gogos.

 

Le chiffrage du programme de François Hollande témoigne de son orientation néolibérale

Inutile d’entrer dans le détail, le programme de François Hollande est fait de mesures symboliques donnant de petits signes à la gauche par une rhétorique adaptée, et à la droite pour les mêmes raisons. Tout le monde est servi. Ce n’est pas en mettant en avant telle ou telle mesure particulière que l’on peut juger le programme de François Hollande. Il faut aller à l’essentiel qui est son financement. Le constat est accablant : 30 milliards d’augmentations d’impôts pour financer le déficit public et 20 milliards de mesures nouvelles. Le tout sur les cinq années du mandat. Soit respectivement 6 et 4 milliards d’euros par an ! Une misère !

Premier constat : la priorité est donnée au remboursement de la dette, c’est-à-dire des spéculateurs. En aucun cas la France ne pourra connaître une embellie de l’emploi et un redressement de la protection sociale, puisqu’une grande partie des ressources du pays ira alimenter les banques et autres spéculateurs. Il fallait annoncer l’annulation de la dette et ensuite sa restructuration afin de sanctionner les coupables de la spéculation en ne les remboursant pas. Messieurs Moscovici et Valls, têtes de pont des milieux patronaux au sein du PS, ont bien œuvré en faveur de leurs employeurs.

Deuxième constat : les 20 milliards d’euros de mesures nouvelles (4 milliards par an), sont une goutte d’eau par rapport à ce qu’il conviendrait de faire. L’étalonnage, à ce propos, est le partage de la valeur ajoutée entre capital et travail. Le travail a perdu 10% de PIB en 30 ans, soit 200 milliards d’euros par an. Une politique de gauche doit donc s’inscrire dans cette perspective : basculer, en un mandat, ces 200 milliards du capital vers le travail. C’est d’ailleurs le seul moyen pour sortir de la crise, à condition de prendre des mesures protectionnistes dans un cadre internationaliste. Si tel n’est pas le cas, les augmentations de salaires direct ou résultant de la suppression du chômage ne feront qu’alimenter des importations massives. Et ceci au moment où la dette ayant les conséquences les plus graves pour la France est la dette du commerce extérieur (75 milliards d’euros en 2011).

Ajoutons, pour accabler encore un peu plus ceux qui seraient tentés par le vote Hollande (ou Sarkozy, Bayrou, Joly, c’est-à-dire, à peu de choses près, du pareil au même), que ce programme minimal ne verra même pas le jour. Il repose, en effet, sur des hypothèses de croissance du PIB totalement à côté de la plaque. Ainsi, page 40 du programme de François Hollande, on peut lire que les hypothèses de croissance sont de 0,5% (2012), 1,7% (2013), 2% (2014), 2,5% (2015), 2,5% (2016) et 2,5% (2017). François Hollande fait comme s’il ne savait pas que la Grèce allait faire défaut et sortir de l’euro en 2012, suivie probablement par le Portugal. Que vers la fin du printemps ou au début de l’été, l’Italie allait se trouver dans de très graves difficultés, suivie de l’Espagne. Tout ceci va aggraver la crise et peser sur la croissance économique. Les prévisions de François Hollande ne seront jamais atteintes, et le candidat « socialiste », comme ses amis Papandréou, Socrates et Zapatero, nous expliquera qu’il faut se serrer la ceinture. Et nous nous retrouverons, une fois de plus, dans le cycle bien connu des alternances depuis le tournant de la rigueur de 1982-1983…

 

http://www.m-pep.org/spip.php?page=imprimer&id_article=2503

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 11:10

Georges Gastaud, secrétaire national du P.R.C.F.

 

Tantôt « pour sauver l’euro », tantôt pour « préserver le triple A »,  Sarkozy inflige  à notre peuple une série de purges  ravageuses. La  France d’en bas  n’est pas  près d’oublier que, pour obéir aux critères de Maastricht, Fillon a instauré la retraite à 67 ans  (les salariés ne toucheront  une pension sans décote qu’à cet âge !) et qu’il désosse  la Fonction publique, l’hôpital  et l’Education nationale.  Quant aux étudiants,  aux  chômeurs et  aux  retraités  modestes, ils  ne risquent pas d’oublier la  dernière  avalanche  de déremboursements-Sécu  imposée par Fillon : cela s’est aussitôt traduit  par l’envol des cotisations Mutuelles, de moins en moins accessibles aux « travailleurs pauvres ». 

Chacun sait en outre qu’à la demande de l’U.E.  et de ses maîtres berlinois, un méga-plan d’austérité est programmé en France pour le mois de juin, et cela, quel que soit l’élu puisque F. Hollande  (capitale : Maastricht)  ne promet rien d’autre qu’une « austérité de gauche » dont a vu les effets en Grèce ou en Espagne…

Pourtant le « triple A » est perdu ; l’euro entraîne dans son agonie les acquis  des  travailleurs d’Europe et la souveraineté de toutes les nations placées sous la tutelle de la B.C.E.. Athènes, Rome, Madrid, mais aussi désormais Paris,  doivent  désormais  quémander  le feu vert de  Berlin avant de  présenter leur budget respectif devant leur parlement national. 

Et  dans tous les pays d’Europe, c’est l’extrême droite  qui grimpe, dopée par l’euro-criminalisation du communisme, par la traque des travailleurs étrangers et par les concessions de l’Internationale « socialiste » et de son appendice, le P.G.E.  à  l’anticommunisme  de confort et à l’antisoviétisme à retardement.  Dieu qu’elle est belle « l’Europe de la paix, de la prospérité et de la liberté » que promettaient  les Traités de Rome, de Maastricht et de Lisbonne !

Pour desserrer cet étau, qui écrase  la France aussi sûrement qu’une invasion,  les frères ennemis de l’UMPS  prônent toujours plus d’austérité et de « fédéralisme européen ». Cette fuite en avant  est orchestrée par  L.  Parisot, la vraie patronne de notre pays : la cheftaine du MEDEF ne vient-elle pas  d’appeler, dans une  tribune du  Monde,  à des « abandons de souveraineté » pour construire  sa  « nouvelle patrie  : les Etats-Unis d’Europe ». Et les buts de classe de cette trahison de la grande bourgeoisie française sont clairement affichés :  « reconfiguration des territoires »  et négociation des  conventions collectives  à l’échelle continentale ;  -  histoire  de diviser par deux le « coût du travail » (sic)  en France - ;  Bref,  le  grand patronat met désormais officiellement le cap sur la mort de la France ! Avis  aux  « marxistes » qui  rechignent  encore à  unir  le patriotisme populaire à l’internationalisme prolétarien, comme surent pourtant  le faire avec éclat  les Communards, les militants du Front populaire ou le Parti des Fusillés aux heures les plus glorieuses de notre histoire progressiste…

Bien entendu,  l’oligarchie  sait  bien  que  ce suicide national annoncé porte en lui le risque  d’énormes tempêtes. Des millions de travailleurs ont  en effet  compris que le capitalisme n’est pas la « fin de l’histoire » ; au contraire, ce système pourrissant  peut  déboucher sur « l’histoire de la fin »,  tant  il  est  devenu  incapable de produire autre chose que des « crises aiguës chroniques », des guerres à répétition et  des  dégâts  écologiques irréversibles.  Pour parer aux affrontements de classes qui s’annoncent,  l’oligarchie fourbit   sa  deuxième arme de destruction massive: l’extrême droite,  qui est chargée  dans toute l’Europe  de cibler l’ouvrier étranger. En France, le FN s’emploie ainsi à dévoyer le légitime attachement des  travailleurs à leur pays, à ses industries délocalisées, à sa langue sacrifiée au « tout-anglais  » patronal, à son identité républicaine, prise en tenailles  entre la xénophobie  d’Etat  de l’UMP  et l’autophobie nationale  de la gauche-caviar. Derrière la montée du FN, comment ne pas voir le travail inlassable des Hortefeux, Guéant et Cie ? A l’intérieur même de l’UMP, la « droite populaire »  des Ciotti, Vanneste et Cie  prépare  sa jonction avec un FN qui n’hésite déjà plus à tracter à la porte des grandes usines ! 

C’est de cette  tenaille entre l’UMPS pro-Maastricht  et l’ « U.M.’Pen » en  gestation  qu’il faut  d’urgence  extraire  la classe ouvrière  et la République. Pour cela, il faut  appeler notre peuple à sortir de l’euro (et de l’UE !) « par la porte à gauche »,  comme eût dit  Ferrat. Il ne s’agit pas de  se replier sur l’hexagone, mais  de décider en France pour coopérer avec  tous  les peuples  du monde: ainsi procèdent déjà  les pays réunis de  l’Alternative Bolivarienne des Amériques. 

Et surtout,  il est  temps que  les vrais communistes, les syndicalistes de lutte, les francs républicains s’unissent dans l’action  pour  « dégager »  les partisans de l’oligarchie.  A terme,  il s’agit de remettre à l’ordre du jour, non dans les mots mais dans les faits,  la question du socialisme pour la France et du communisme pour le monde : car l’oligarchie est aujourd’hui tellement compromise dans sa funeste « construction européenne » qu’une rupture progressiste de la France avec l’UE remettrait le mouvement populaire à l’offensive sur tout notre continent !

Pour cela,  le PRCF interpelle  les dirigeants du Front de gauche : vous  prétendez  réaliser votre programme  dans le cadre d’une  « Europe sociale » dont nul  ne voit le début d’une esquisse. Soit !  Mais  daignez au moins  répondre  à cette question incontournable  : que feriez-vous une fois élus si Merkel et ses amis du SPD disent Nein ! à la France et collent à la France d’énormes amendes pour « manquement aux engagement » ? Citoyen Mélenchon, êtes-vous prêt alors à CLAQUER LA PORTE de l’UE, quitte à  rompre avec le P.G.E.  dont le président, M. Pierre Laurent, défend l’euro corps et âme ? Êtes-vous prêt  à  rétablir  totalement, « à la Chavez », la souveraineté politique de la France, dont Jaurès disait  qu’elle  est  « le socle de  l’émancipation sociale » ? Tant que le Front de gauche  n’aura  pas  répondu  à  ces questions, des millions d’ouvriers  ne  le  prendront  pas au sérieux  et  le FN disposera d’un boulevard  pour  usurper  le titre d’avocat de la nation populaire !

Cependant, les forces progressistes anti-UE doivent d’abord compter sur  elles-mêmes : c’est pourquoi la conférence nationale du PRCF  a adressé  un appel  aux  organisations progressistes opposées à l’UE. Séparément nous ne sommes guère visibles, ensemble nous bouleverserions la problématique politique ! -  aux communistes, membres ou pas du PCF,  le PRCF propose trois campagnes communes : contre  la criminalisation du  communisme ; pour  rompre avec l’UE  sur  des bases  progressistes ;  contre  les guerres impérialistes ;

 

-  aux organisations  républicaines  opposées à la fois à l’U.E. : cassons le monopole politique de l’UMPS et de l’UM’Pen  en organisant  un  meeeting unitaire  sur le thème : non aux mesures Sarkozy, non à  l’UE, oui aux principes du CNR !  Lançons ensemble l’idée d’une manif nationale à l’occasion du 20ème anniversaire du référendum sur Maastricht  (septembre 2012),  qui coïncide avec le 220ème   anniversaire  de  la bataille de Valmy, où l’armée de  la Révolution  vainquit la Coalition monarchique en jetant  les bases de la République « sans-culotte ». 

Notre peuple  hésite entre colère, désarroi  et  « solutions » national-populistes. Seule notre unité d’action peut donner à temps un signal clair d’espérance, de résistance et de contre-offensive : à chaque progressiste de répondre !

 

Georges Gastaud

 

Edito du Clic Rouge, PRCF

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 11:09

rene merle

Lundi 30 janvier 2012

 

"Les masses populaires, lorsqu'elles sont en mouvement, ne se rendent point un compte exact de l'impulsion qui les domine ; elles marchent d'instinct, et tendent vers le but sans chercher à le bien définir. À ne les considérer que d'une manière superficielle, on croirait qu'elles suivent en aveugles les intérêts particuliers de quelque chef, dont le nom seul fait grand bruit dans l'histoire : mais cette importance même des noms propres vient de ce qu'ils ont servi de mot de ralliement pour le grand nombre, qui, en les prononçant, savait ce qu'il voulait dire, et n'avait pas besoin, pour le moment, d'une façon de s'exprimer plus correcte."

Augustin Thierry, "Lettre XII", Lettres sur l'histoire de France, 1827.  

 

Le piège de l'élection présidentielle fait que les Français semblent se rallier à des noms, bien plus qu'à des politiques... À tout le moins ceux qui jugent encore utile de voter, alors que des millions d'électeurs potentiels ne sont pas inscrits, et que des millions d'autres, écrasés par les difficultés de la vie quotidienne et/ou désabusés des promesses électorales, se détournent des urnes.

En choisissant Nicolas Sarkozy ou François Hollande, suivront-ils "en aveugle les intérêts particuliers" des deux chefs que l'on nous sert sur le plateau des incontournables comme bénéficiant chacun, au mieux, d'un petit tiers de l'électorat ?

Sans doute pas.

Nicolas Sarkozy ? le charisme et la parole du postulant (non déclaré à la télé - déjà déclaré en Allemagne) sont tellement démonétisés que ses électeurs voteront pour lui par défaut seulement : leur vote transcendera le candidat, il sera politique, clairement à droite. La bonne vieille droite française, au socle d'égoïstes de la fortune, grande ou petite, et de notables protecteurs, arrosé de goupillons, renforcé comme jamais de petites gens attachés à des valeurs traditionnelles et désireux de tranquillité. La jeune droite "nouvelle", musclée, si proche de l'extrême droite, libérale à fond la caisse, xénophobe, jouant de l'individualisme déchaîné (tu seras trader, mon fils), pourfendeuse de l'assistanat, prête à en découdre au cas où...  Il y a fort à parier que d'autres candidats de droite auraient fait un meilleur score qu'un président bling bling, beau parleur et girouette. D'autant que la candidature de François Bayrou est là pour rassembler les tenants d'une droite sans frime, qui se veut sociale, humaniste et consensuelle...

 François Hollande ? Il bénéficie, comme en aurait bénéficié tout/e candidat/e social démocrate, du vote fidèle d'un électorat "de gauche" sans histoires, middle class, européaniste, respectueux du système économique et social mais désireux de l'humaniser... Mais ce vote sera grandement gonflé par la masse de ceux que le rejet du sortant pousse au "vote utile" dès le premier tour. C'est dire que, dans leur exaspération, ceux-ci ne voteront pas pour un homme, mais contre un homme...

Il en va autrement aux deux extrêmes de l'éventail politique.

D'un côté, autorisée par un passage de relais dynastique, la parole ardente d'une femme qui, au-delà des nostalgies Algérie française mais dans la continuité de l'anti immigration, se veut porteuse d'une colère sociale dévoyée...

De l'autre, autorisée par l'effacement d'un P.C sans porte-parole médiatique, la parole brûlante d'un homme qui ravive une flamme rouge que d'aucuns croyaient éteinte, et cristallise sur sa personne, quasi-inconnue jusque là, l'espérance d'une République enfin sociale.

Le propos d'Augustin Thierry prend ici un singulier relief. Il nous annonce ce qui peut advenir, conflictuellement, que ce soit après la réélection d'un président usé ou celle d'un rénovateur problématique, quand la colère remplacera le désenchantement.  

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