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L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 13:35

60ème anniversaire du Traité de Rome :

le syndicalisme de classe et l'Europe

 

La fidélité à l'héritage marxiste de classe et de masse de la CGT n'est pas nostalgie du passé, elle est l'élément vital pour construire la résistance populaire : elle seule permet d'armer, idéologiquement et pratiquement, les travailleurs face aux attaques et aux manœuvres de leur ennemi. L'exemple de l'Europe.

 

Il y a 60 ans, le 25 mars 1957 était signé le Traité de Rome, acte de naissance de la Communauté Économique Européenne devenue ensuite Union européenne.

Présentée comme une démarche pour la paix, l'entente entre les peuples et la prospérité, le Traité de Rome instaure une union économique pilotée par les grands groupes capitalistes basée sur la « concurrence non faussée », la destruction des souverainetés nationales et l'arrimage au bloc occidental et à l'OTAN.

Lors du congrès de la Fédération Syndicale Mondiale (FSM) à Leipzig en octobre 1957, Benoît Frachon, secrétaire général de la CGT, prononça un discours pointant les dangers du Marché commun qui allait donner naissance à l'Union européenne :

 

« La CGT française s'est prononcée à l'unanimité contre le Marché commun sans rémission.

Cependant, les promoteurs de ce Marché ont fait beaucoup de propagande pour le présenter comme une réforme progressive, une mise en commun des ressources de l'Allemagne, de la France, de l'Italie, de la Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg, et comme un moyen d'améliorer le sort des peuples de ces pays.

Cette propagande cache des visées bien différentes.

Les six pays intéressés font partie de cette machine de guerre qu'est l'OTAN et qui a déjà abouti à la création de nombreuses bases militaires américaines en Europe, à la militarisation à outrance des pays membres, à imposer à leurs peuples des charges militaires écrasantes, à la remilitarisation de l'Allemagne de l'Ouest.

 

Le Marché commun constitue en fait un grave danger pour l'économie nationale des pays les plus faibles et une menace non moins grave pour les travailleurs de l'ensemble de ces pays.

 

Contrairement à ce qu'en disent les promoteurs, le Marché commun ne fait pas disparaître les contradictions internes du régime capitaliste. Ces contradictions s'expriment déjà dans notre pays par les craintes exprimées par certains dirigeants d'industries ou d'entreprises menacées par la concurrence d'industries similaires d'autres pays du Marché commun mieux placés qu'eux. Le Marché commun ne peut favoriser le développement économique dans tous les pays intéressés, il ne peut aboutir qu'à l'hégémonie des capitalistes et des monopoles les plus puissants, en l'occurrence les monopoles allemands étroitement associés aux monopoles américains.

 

Le renforcement des monopoles signifie également une domination plus grande des capitalistes sur l'État et l'utilisation de l'appareil de cet État contre les libertés et les droits de la classe ouvrière. Le Marché commun prévoit la libre circulation des travailleurs dans les six pays intéressés. On nous présente cela comme une grande conquête dans la voie de la liberté, une espèce de préface à la suppression des frontières. La vérité est beaucoup plus prosaïque.

 Pour s'opposer aux revendications de la classe ouvrière, pour réduire les salaires réels, imposer de longues journées de travail et des conditions de travail toujours plus dures, les capitalistes ont besoin d'une armée de réserve de chômeurs. La soi-disant libre circulation des travailleurs leur permettra d'utiliser à leur gré cette armée, de la transporter d'un pays à l'autre suivant les besoins.

 

En ce qui concerne le niveau de vie des travailleurs, tous ceux qui veulent cacher les véritables buts du Marché commun affirment que les salaires et conditions sociales seront nivelés par le haut. Mais comme le rappelait le camarade Di Vittorio, c'est au contraire vers le niveau le plus bas que s'orientent les capitalistes de tous les pays. Chez nous, bien avant que le Marché commun ait été voté par le Parlement, les patrons répondaient aux demandes d'augmentation des salaires formulées par les syndicats par la nécessité de faire face à la concurrence dans le futur marché et faisaient peser la menace du chômage.

 

 

Voilà plus de trente ans, nous avons connu des discussions qui s'apparentent à celles d'aujourd'hui. Elles se déroulaient à propos d'une conception émise alors dans certains milieux ouvriers sur les États-Unis d'Europe. Elle s'était terminée par la confusion de ses protagonistes à qui il avait été facile de démontrer qu'il n'était guère possible de développer une discussion sur ce sujet sans s'occuper de ce que pourraient être ces États-Unis d'Europe, ou capitalistes ou socialistes. Dans le premier cas, il n'est pas possible de concevoir que puissent être surmontées les contradictions internes du régime capitaliste.

Il est possible, disions-nous à ce moment-là, que les capitalistes de différents pays essaient de surmonter leurs difficultés croissantes en organisant des ententes, dans le genre de celle du Marché commun. Elles ne peuvent aboutir à un progrès social et économique quelconque, mais au renforcement des monopoles et si, dans un cadre limité, ces monopoles peuvent ainsi atténuer momentanément certaines contradictions, ces contradictions sont reportées à une échelle plus élevée, à l'échelle internationale.

 

Dans les organismes du Marché commun, les monopoles et leurs gouvernements ont réservé une place aux représentants des syndicats, pas tous les syndicats mais ceux qui soutiennent ce Marché, ce qui indique qu'ils ne tiennent pas du tout à voir dans leurs doctes assemblées des représentants authentiques de la classe ouvrière dénoncer leurs manigances et informer les travailleurs de la réalité des choses. Eux-mêmes, les représentants des syndicats admis, se plaignent qu'on ne leur offre qu'un strapontin. Mais les monopoles n'ont besoin de représentants ouvriers dans leurs entreprises de brigandage que pour donner le change, pour servir de paravent et non pour autre chose.

Il faut faire preuve de beaucoup de naïveté pour croire que dans le Marché commun, dans cette assemblée de rapaces, les monopoles s'embarrasseront des avis des représentants des syndicats.

Chez nous, les dirigeants social-démocrates de droite, ainsi que les dirigeants réformistes et les partisans de la collaboration des classes dans les syndicats présentent le Marché commun comme une tranche de socialisme.

Nous, nous sommes convaincus de la nécessité impérieuse pour les travailleurs et les syndicats des six pays du Marché commun de s'unir pour se défendre ensemble contre les menaces nouvelles qui pèsent sur eux du fait de ce marché.

Mais nous ne nourrissons pas de l'illusion dangereuse de domestiquer cette machine infernale forgée par les monopoles sur l'initiative des impérialistes américains qu'est le Marché commun.

 

L'intérêt des travailleurs de tous les pays du Marché commun est de combattre pour sa destruction et nous ne pensons pas que le fait qu'il ait été voté par les Parlements soit une raison pour que nous abandonnions la lutte pour sa liquidation. Nous ne nous inclinons pas devant le fait accompli. Nous savons qu'une partie du peuple de France, trompé ou mal informé, réagira contre les conséquences inévitables de ce Marché commun.

En tout cas, la CGT française poursuivra sa lutte, non seulement avec la classe ouvrière, mais en s'appuyant sur toutes les forces nationales qui veulent sauvegarder l'indépendance de notre pays et assurer un développement de son économie nationale. »

 

60 ans après, les travailleurs ont fait l'expérience que tout ce qui était indiqué dans ce discours de Frachon s'est réalisé : concurrence généralisée entre les travailleurs, délocalisations et dégradation des conditions de vie populaires, renforcement des monopoles sous la houlette du capital allemand et affaiblissement des pays les plus faibles, mise en cause de l'indépendance et du développement nationale, ancrage dans le bloc américain et menaces pour la paix mondiale, collaboration des organisations syndicales réformistes vantant «l'Europe sociale », aberration du mot d'ordre des états-unis d'Europe entre pays capitalistes, nécessité de lutter contre la construction européenne elle-même et de renforcer l'unité en ce sens afin de construire « l’évolution de la société vers le socialisme, vers une véritable collaboration fraternelle des peuples »

 

La clairvoyance d'un dirigeant comme Benoît Frachon ne tient pas à un quelconque don divinatoire.

C'est que Benoît Frachon fonde son appréciation à partir d'une conception de classe, du point de vue des intérêts des travailleurs et de la nation, totalement imperméable aux arguments sucrés mais mensongers des promoteurs de l'opération « Europe ».

 

Instruits par l'expérience, les peuples rejettent de plus en plus cette construction bâtie contre eux. Il est plus que temps que le mouvement syndical et la CGT en particulier désertent  l'illusion d'une possible « Europe sociale » pour donner une réelle perspective et une réelle efficacité aux combats revendicatifs et aux reconquêtes sociales qui pour l'essentiel se heurtent au verrou des traités européens.

 

Pour conclure, laissons à nouveau la parole à Benoit Frachon, s'exprimant cette fois dans les colonnes du journal l’Humanité en février 1962 : « Dans tous les pays du Marché commun, l’Etat fait corps avec les monopoles et met à leur service le pouvoir politique. Comme on le voit, le Marché commun n’est pas ce qu’en disent en général ses promoteurs, un moyen d’améliorer le niveau de vie général des populations. C’est une entente, une association des grands capitalistes en vue d’essayer de surmonter leurs contradictions et de renforcer leur puissance sur le dos des masses exploitées. L’habilité des capitalistes est d’avoir obtenu de certains dirigeants réformistes, qui siègent sur des strapontins au Marché commun, qu’ils couvrent leur marchandise. »

 

Front Syndical de classe, 22 mars 2017

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 12:21

Corpus Fabrique,

en partenariat avec Alain Epoet en présence de Annie Lacroix-Riz,
est heureux de vous présenter son film :

 

"Pas d'Histoire"

 

Essai-documentaire sur l'archive, la part maudite de l'Histoire.

 

A partir d'une photo interdite où Louis Renault figure avec Hitler,

l'historienne Annie Lacroix-Riz

(spécialiste, entre autres, de la collaboration économique sous l'occupation), recontextualise l'horizon d'une époque.
 

le samedi 25 mars 2017

 

à

 

16h00,au Pavillon Chaslin

 

de l'hôpital psychiatrique de Ville-Evrard,

 

à Neuilly-sur-Marne (93)

 

 

Réservations par mail : alain.epo@yahoo.com

 

contact: corpus.fabrique@gmail.com

 

Tel : 07.68.73.49.89 www.corpusfabrique.fr

 

http://corpusfabrique.fr/

 

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 16:23

mardi 7 mars 2017

Par
Auteur de "ABC de la laïcité" et
"ABC de la laïcité pour les jeunes" (Ed. Demopolis)

Une enquête  du CNRS assure dans une étude menée auprès de 4 269 établissements privés que les établissements catholiques financés par la puissance publique discriminent à l’inscription selon le patronyme des familles1. Les chercheurs révèlent également que 45 % des courriels venant de Franco-Français ont reçu une réponse alors que cela n’arrive que pour 32,5 % des Maghrébins.

La Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) publie en novembre 2015 une autre enquête de chercheurs. En 2003 25 % des collégiens du privé étaient issus des milieux défavorisés, contre  20 % en 2015 alors qu’ils représentent 43 % dans l’enseignement public. Du côté de la catégorie très favorisée, ils représentent 30 % en 2003 des effectifs du privé, contre 37 % en 2015 et seulement 19 % pour l’enseignement public2.

On a là une estimation chiffrée de cette « fuite » des familles aisées vers le privé, si souvent soupçonnée.

Troisième étude de l’économiste Thomas Piketty3, qui juge que « la ségrégation dans les collèges [a] atteint des sommets inacceptables » et pointe du doigt, à Paris notamment, « le rôle-clé joué par les collèges privés ». 

Le secrétaire général de l’enseignement catholique, Pascal Balmant répond cyniquement : « Je crois à l’insuffisance d’une approche exclusivement statistique, qui conduit à une vision trop hâtive et abrupte de la réalité… »

Depuis quelques mois, le journal La Croix s’efforce de vendre les mérites présupposés de l’enseignement catholique et s’adonne à une vaste opération de publicité mensongère en dissimulant les résultats de ces enquêtes démontrant la ségrégation produite par l’enseignement sous contrat.

Le journal La Croix complice de l’enseignement catholique pour relancer la guerre scolaire :

Le buzz médiatique initié par La Croix fonctionne :

Tout l’arsenal du vocabulaire humaniste est utilisé quand il s’agit de travestir par le discours la réalité du libéralisme. Les termes suivants sont couramment utilisés dignité de la personne, communauté éducative, respect, dévouement, dialogue… Ainsi sont masqués les problèmes institutionnels et camouflés les conflits selon un mécanisme couramment utilisé dans la sphère politique ou ecclésiale. Il arrive que le vocabulaire humaniste se trahisse directement, par exemple quand est prônée la réussite individuelle et sociale comme valeur privilégiée.

La Croix indique pour qui voter :

  • « Nous ne sommes pas hostiles à une évolution du 80-20 pour répondre au passage massif d’élèves du public vers le privé », nous répondait début février Annie Gennevard, secrétaire générale adjointe chez Les Républicains et membre de l’équipe Fillon. Objectif : « assurer aux familles une liberté de choix qui aujourd’hui n’est pas effective, puisque certaines d’entre elles ne peuvent pas inscrire leur enfant dans le type d’établissement souhaité ».
  • « Jean-Luc Mélenchon entend « réserver l’argent public au financement de l’école publique ». Comment ? En abrogeant la loi Carle (2009), qui oblige les villes et villages à verser un forfait communal pour la scolarisation d’enfants résidents dans une école privée située sur une autre commune. En revenant aussi et surtout sur la loi Debré de 1959, qui définit l’accord d’association avec l’État. »
  • « Au FN, longtemps promoteur d’un « chèque éducation » utilisable par les familles dans l’école de leur souhait… »
  • « Chez Benoît Hamon, on ne répond pas directement à une possible remise en question des accords Lang-Cloupet mais on dit vouloir travailler avec l’Enseignement catholique… »
  • « Enfin, contactée à plusieurs reprises, l’équipe d’Emmanuel Macron n’était pas en mesure, lundi 27 février, de préciser la position du candidat d’En marche ! dans ce dossier. »

Jacques Attali  a peut-être quelques précisions importantes : « J’ai rencontré Emmanuel Macron il y a longtemps, puisque quand le Président précédent [Nicolas Sarkozy, NDLR] m’a demandé d’organiser la commission de réforme de l’économie française… » ((http://www.bfmtv.com/politique/attali-emmanuel-macron-a-le-talent-pour-etre-un-presidentiable-830701.html)) Relisons la proposition n° 6 de ce rapport Attali de 2008 dont le rédacteur est Emmanuel Macron : « Des “droits à l’école” seront attribués à chaque enfant et utilisables dans toutes les écoles : ce dispositif permettra d’établir une véritable liberté de choix, pour que chacun puisse bénéficier dans son voisinage d’écoles publiques et privées conventionnées.  En pratique, l’État affectera aux parents une somme d’argent par élève. Chaque parent pourra l’utiliser dans un établissement public ou privé de son choix. » La suppression de la carte scolaire est finalement posée par le rapport Attali comme un préalable incontournable à l’instauration du chèque éducation.

Le quotidien Le Monde indique aussi que  « L’enseignement catholique veut peser sur la présidentielle » : « Reste à savoir quel accueil lui réserveront les candidats engagés dans la course à l’Elysée. Le suspense est relatif : du côté de François Fillon ou d’Emmanuel Macron, on peut s’attendre à ce que les notions d’« autonomie » et de « flexibilité » sur lesquelles le privé insiste, résonnent favorablement. Benoît Hamon, lui, n’a pour l’heure évoqué ce secteur de l’enseignement que pour l’enjoindre à s’associer au chantier de la « mixité sociale », à peine engagé. 

On le voit, de nouveaux champs de bataille, toujours plus sournois, s’ouvrent en permanence. Une guerre froide sur le terrain scolaire, sans cesse réactivée par les partisans de l’enseignement catholique, se déroule encore et toujours, sous nos yeux. Hélas, l’époque est à une omerta politique. Un silence religieux, organisé à droite, s’est installé afin de mieux masquer ce démantèlement de l’Éducation nationale. La gauche, par une atonie qui fait figure  de complaisance contribue par son invraisemblable passivité – connivence ? – à ce démantèlement. Son silence conforte la collusion d’intérêts entre libéraux et cléricaux pour séparer l’école de l’État.

L’Eglise demande finalement à l’État de financer sa visibilité sociale,  au gré de concessions et privilèges toujours plus nombreux. Heureuse non seulement, de maintenir ses « parts de marché », mais de se développer aujourd’hui sur le compte du contribuable, l’Église revendique ainsi,  par le truchement de l’école, un développement continuel en vue d’une reconquête de son emprise sur les citoyens et les institutions.  À  la clef, un remariage forcé avec l’État.

 

  1. « Le CNRS juge l’enseignement privé discriminant » Le Figaro 14 janvier 2014 []
  2. http://www.education.gouv.fr/cid106930/massification-scolaire-et-mixite-sociale.html []
  3. http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2016/09/06/thomas-piketty-la-segregation-sociale-dans-les-colleges-atteint-des-sommets-inacceptables_4993003_3232.htm

 

http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/laicite-regardons-comment-les-candidats-a-la-presidentielle-se-positionnent-face-a-lecole-privee/7400042

 

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 13:12
 
Voter Mélenchon

La campagne électorale de Jean-Luc Mélenchon rencontre un puissant écho. Des millions de jeunes et de travailleurs sont déterminés à voter pour le candidat de la France insoumise, le 23 avril. Les meetings sont massifs et enthousiastes. Depuis le lancement des « groupes d’appuis », en février 2016, leur nombre a beaucoup augmenté et ils déploient une activité croissante. Sur les réseaux sociaux, les performances de la France insoumise sont largement supérieures à celles de tous les autres candidats.

Ce succès n’est pas étonnant : il découle de toute la dynamique économique et politique. La profonde crise du capitalisme, d’une part, et la politique réactionnaire du gouvernement Hollande, d’autre part, ont ouvert un espace considérable à gauche du PS.

La crise du PS

En 2012, Mélenchon avait recueilli 4 millions de voix au premier tour de la présidentielle (11 %), ce qui reflétait déjà la radicalisation d’une large section de la jeunesse et du mouvement ouvrier. Mais 10,2 millions d’électeurs de gauche avaient préféré Hollande à Mélenchon, souvent sans grande conviction. Ils se disaient : « ce sera toujours mieux avec Hollande qu’avec Sarkozy ».

Ce fut pire. Non que François Hollande, en lui-même, soit pire que Sarkozy : ce serait difficile. Mais du fait de la crise du système capitaliste et de sa gravité particulière en France, le Medef exigeait du gouvernement « socialiste » qu’il impose des mesures d’austérité et des contre-réformes toujours plus sévères. Hollande et ses ministres lui ont donné entière satisfaction, car ils considéraient la sauvegarde des marges de profit du grand patronat comme leur mission sacrée. Résultat : le chômage, l’exploitation et les différentes formes de pauvreté ont nettement progressé, pendant que des milliards d’euros d’argent public gonflaient sans cesse les bilans des multinationales.

Dans ce contexte, le PS a massivement chuté dans l’opinion. Il est difficile de prévoir si ce processus est réversible. Toujours est-il qu’aujourd’hui, sur les ruines du quinquennat, beaucoup de jeunes et de travailleurs rangent le PS dans la même catégorie que Les Républicains. Il y a une fracture ouverte – et infectée – entre le PS et sa base sociale traditionnelle. On peut douter que l’investiture de Benoit Hamon suffise à soigner pareille blessure, car le vainqueur de la primaire du PS a immédiatement cherché à se concilier l’aile droite du parti, qui est la première cause du mal.

Dans l’immédiat, cette situation se traduit par un afflux d’anciens électeurs de Hollande vers la candidature de Mélenchon, qui est identifié comme plus à gauche et plus radical que le PS. Cet afflux explique pourquoi, dans les sondages, la candidature de Mélenchon s’est d’emblée située à un niveau plus élevé que son score de 2012. Cependant, à l’heure où nous écrivons ces lignes (fin février), les sondages expriment aussi cette autre réalité : des millions d’anciens électeurs de François Hollande (entre autres) sont surtout désorientés. Lors des dernières élections intermédiaires (municipales, européennes et régionales), ils se sont souvent abstenus. D’autres ont tout envoyé au diable en votant pour Marine Le Pen et sa démagogie « anti-système ». A présent, ils sont indécis. Ils se disent qu’ils vont peut-être voter, mais pour qui ? La réponse à cette question est l’une des clés de l’élection présidentielle.

L’équilibre du programme

Bien sûr, l’objectif de Mélenchon est de faire pencher la balance vers sa candidature. C’est parfaitement possible. Mais cela dépend notamment du contenu de la campagne elle-même, de son programme et de son orientation centrale, qui doivent être conformes aux aspirations des masses et à la dynamique politique à l’œuvre dans ses différentes couches.

La campagne de Mélenchon a déjà gagné le soutien de la fraction la plus consciente et la plus radicalisée du salariat. Cette fraction se mobilise et en entraine d’autres avec elle. Mais pour que Mélenchon soit qualifié au deuxième tour de la présidentielle, il lui faudra plus ou moins doubler son score de 2012. Or, il y a des limites à ce que peut accomplir le travail militant et les discussions sur le terrain. La question du programme est ici un facteur décisif et irréductible.

Bon nombre de travailleurs ne regardent pas le détail des programmes. Ils en repèrent simplement les grandes lignes, qu’ils apprécient sur la base de leur propre expérience et de leurs préoccupations les plus brulantes. Quelles sont ces préoccupations ? La pauvreté, le chômage, le démantèlement des services publics et de la Sécurité sociale, la crise du logement, la dégradation des conditions de travail – bref, la régression sociale permanente et généralisée.

Le programme de la France insoumise contient de nombreuses mesures qui s’attaquent à ces problèmes. Mais à notre avis, elles sont insuffisamment défendues par Mélenchon et les dirigeants de la France insoumise. Dans leurs interventions publiques, ils mettent davantage en avant des idées telles que la VIe République, la planification écologique et la rupture avec les traités européens. Ce sont des idées progressistes, au moins potentiellement. Mais c’est une erreur, selon nous, de leur accorder une place aussi centrale – au détriment, de facto, des mesures de lutte contre les coupes budgétaires et les politiques d’austérité. Il faut que le message central de la campagne soit : « A bas l’austérité ! On fera payer aux riches la crise de leur système »

C’est autour de cet axe que doivent s’articuler les idées sur la démocratie, l’écologie et l’Europe. Sans cela, ces idées sont souvent perçues comme abstraites – et le sont effectivement. Par exemple, beaucoup de travailleurs vont raisonner ainsi : « une VIe République ? D’accord : la Ve est pourrie jusqu’à la moelle. Mais quand et comment cette VIe République va-t-elle nous donner de bons emplois et de bons logements ? » C’est une question pertinente. Il faut lui apporter une réponse claire, qui doit être le cœur de la campagne – et non seulement l’un de ses « thèmes » parmi d’autres.

Rompre avec le capitalisme !

Il y a une deuxième raison d’axer la campagne sur la lutte contre l’austérité : c’est conforme à la réalité du système capitaliste. Au fond, la question fondamentale – pour nous comme pour la classe dirigeante – est bien ce que Mélenchon appelle « la répartition des richesses ». En dernière analyse, cette « répartition » constitue le moteur de la lutte des classes. Toutes les autres questions en découlent.

Prenons l’exemple de l’Union Européenne : elle peut être définie comme l’organisation du pillage des richesses du continent – et au-delà – par les multinationales européennes. Si Mélenchon propose de rompre avec les traités européens, c’est parce qu’ils légalisent et organisent ce pillage. Mais en elle-même, la rupture avec ces traités ne suffira pas à régler le problème, car ils ne sont qu’une expression juridique et politique particulière, à un moment donné, du contrôle des grands capitalistes sur l’économie. Ainsi, même dans la perspective d’une rupture de la France avec l’UE (le « plan B » de Mélenchon), la question restera posée vis-à-vis des capitalistes français : est-ce qu’on les laisse continuer de piller les richesses du pays – ou est-ce qu’on y met un terme ? Et comment y mettre un terme ?

La répartition des richesses est étroitement liée à la propriété privée des moyens de les produire. Sous le capitalisme, il ne pourra jamais y avoir de répartition des richesses « juste », car il ne pourra jamais y avoir d’égalité entre exploiteurs et exploités, entre la poignée de capitalistes richissimes qui possèdent les moyens de production – les banques, les multinationales – et les millions de travailleurs qui possèdent uniquement leur force de travail, qu’ils vendent aux capitalistes contre un salaire.

Ne pourrait-on pas viser une répartition des richesses moins inégale, une fois pour toutes ? C’est l’approche réformiste de la question. Elle est complètement utopique : toute l’Histoire montre que pour faire face à la concurrence, pour accroitre la « compétitivité » de leurs entreprises, les capitalistes ont sans cesse besoin de s’approprier une part aussi grande que possible des richesses créées. C’est particulièrement vrai en période de crise, comme aujourd’hui. D’où la nécessité d’un programme révolutionnaire, qui vise à en finir avec la cause fondamentale des inégalités sociales, c’est-à-dire avec la propriété capitaliste des grands moyens de production.  

 

https://www.marxiste.org/actualite-francaise/politique-francaise/2129-voter-melenchon-lutter-pour-le-socialisme

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 11:48

A La Havane Colloque : "Les droits de nos ainés dans le monde"

par Rédaction Sylver Economy le 15 mars 2017

Du 3 au 6 avril 2017, la FIAPA organise à Cuba le colloque international « Les droits de nos aînés dans le monde ».

Evènement majeur de l’actualité de la gérontologie, ce colloque sera également l’occasion pour les entreprises de la Silver économie de découvrir un aspect méconnu de Cuba : une forte demande de coopération, un véritable dynamisme et des entreprises de pointe pour l’accompagnement des personnes âgées.

[on est loin de la façon dont les "ainés" sont traités en France : allongement du temps de travail, retraites minuscules pour le plus grand nombre, traitement scandaleux des vieillards, maisons de retraites hors de prix entre la garderie et le mouroir... En 1793, la République, qui cherchait un moyen de venir en aide aux vieillards sans ressources, avait inscrit dans sa Constitution que tout étranger prenant en charge un vieillard devenait automatiquement Français. Sous l"impulsion des communistes, l'Assurance Vieillesse fut créée au sortir de la Seconde Guerre Mondiale. Aujourd'hui les capitalistes, de Hamon à Le Pen, ne voient plus dans les vieillards qu'un marché juteux qu'ils appellent "l'or gris"... NDLR]

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 11:41
130 000 POUR LA 6E RÉPUBLIQUE !
130 000 personnes place de la République
Image de Jean-Luc Mélenchon
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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 15:36

Revenu Universel : une mesure ultra libérale menaçant la Sécu et renforçant la guerre aux salaires [EtincelleS]

Le , voila le slogan publicitaire de la campagne de Benoit Hamon pour gagner la primaire. Une façon de faire parler de lui et de tenter de faire oublier qu’il est responsable, au même titre que Valls, du bilan désastreux du quinquennat Hollande, un quinquennat délibérément à droite toute qui n’aura fait qu’appliquer dans toute son horreur la politique ultra libérale dictée par le MEDEF et imposée par Bruxelles.

Alors bien sûr, la perspective d’un revenu universel peut sembler séduisante pour les travailleurs dans un pays comme la France qui compte plus de 8 millions de privés d’emplois, et des millions de travailleurs précaires. Faut-il déjà rappeler que Hamon n’indique ni la manière de financer ce revenu ni son montant, se bornant à indiquer qu’une des pistes serait de fusionner les prestations de la Sécurité Sociale, ainsi que d’autres prestations sociales. Pourtant de nombreuses questions éminemment politiques se posent :

  •  déjà la substitution potentielle du revenu de base aux protections sociales et aux services publics explique le succès de cette mesure chez les ultra libéraux comme Hayek ou Friedman. Et le fort relais du système médiatique capitaliste dont a en conséquence pu bénéficier Hamon.
  • Hamon prétend résoudre avec ce  revenu universel le soit disant recul du travail salarié en mettant à contribution la valeur produite par les « robots ». Niant ainsi une évidence, seul le travail humain est créateur de plus-value et tout l’enjeu est bien la répartition de la plus-value.  Observons que l’éventuelle plus-value apparente générée par la robotisation n’est qu’une plus-value conjoncturelle, par effet de contraste avec l’activité salariée qu’elle concurrence (et non une plus-value structurelle et durable, susceptible d’alimenter un salaire de substitution). Une fois cette concurrence éliminée, le produit du robot tend vers la… gratuité, faute de créer de la valeur  (de même que le pommier produit gratuitement des pommes). C’est bien ce qui condamne à terme à une baisse tendancielle le taux de profit. Bref, à terme, le robot ne finance pas une taxe faute de pouvoir « rémunérer » jusqu’à son propriétaire… si demain les robots rasent gratis, ce sera donc sur fonds publics. C’est à dire que le revenu universel serait inéluctablement versé depuis la poche gauche des travailleurs vers leur poche droite.
  • toujours s’agissant de cette taxe robot. Thomas Paine (à qui on attribue la paternité de ce salaire de base) l’envisageait à partir d’un loyer dont le propriétaire foncier s’acquitterait pour dédommager le reste de la population (la terre appartenant initialement à tout le monde). Bref, le financement du revenu de base était alors moins pensé et financé à partir du « travail » qu’ à partir du revenu de la propriété privée, par contraste avec une propriété commune ou publique. Aussi, cette question de la propriété est escamotée par l’idée abstraite d’une taxe robot… Loin d’être de gauche, Hamon ne pose ici pas du tout la question essentielle de la propriété des moyens de production.
  • enfin, la problématique de la nécessaire  (et notamment sur le principe d’une réduction de la part mécanique, répétitive, aliénante du travail) est totalement éludée par ce dispositif, tout en niant également que le travail a AUSSI une part (qualitative) créatrice, socialisante, émancipatrice, humanisante qu’il s’agit de préserver. N’en déplaise au candidat PS, le robot est l’avenir du travail libéré, ce qui suppose – sauf à retomber dans le luddisme (fiscal ?) – une remise en cause du capitalisme et non une simple taxe…

Revenu Universel : une mesure ultra libérale menaçant la Sécu et renforçant la guerre aux 

Après le refus référendaire de la Suisse à mettre en place un revenu de base inconditionnel, et au moment où la Finlande commence une expérimentation de revenu universel de 560 euros auprès de 2000 chômeurs, la France s’empare du débat à l’occasion de la Présidentielle.

Chez les candidats du PS, seul Benoît Hamon a présenté un programme quelque peu ambitieux sur le sujet, arguant que la numérisation et la robotisation du travail nécessitent d’adapter socialement la relation au travail et à sa rémunération. Le projet qu’il porte est assez symptomatique de la façon dont une certaine gauche appréhende le rapport au travail.

« Quand le Conseil national de la résistance propose la Sécurité sociale au sortir de la guerre, il invite à créer un système qui va très vite peser 100 % du PIB de l’époque, a rappelé pertinemment le candidat. Aujourd’hui, le revenu universel, ce serait 15 % à 20 % du PIB. Que s’est-il passé, en 70 ans, pour que la gauche n’arrive plus à penser ce que pourrait être une nouvelle protection sociale adaptée aux insécurités de notre temps ? »

La référence au Conseil National de la résistance devrait pourtant donner l’idée à cette certaine gauche non pas d’inventer une « nouvelle » protection sociale, mais de continuer à construire une protection sociale de haut niveau maîtrisée par les travailleurs… – s’ils en récupèrent la gestion – qui, pour aller plus loin, s’appuierait sur la formidable révolution sociale que représente cet outil tel qu’il existe dans ses fondements : à savoir la remise en cause non encore poussée à son terme de la domination du capital ; remise en cause qui soustrait financement et prestations à la loi du marché.

À terme, il s’agirait de donner 750 euros par personne, cumulable au salaire, ce qui représenterait selon Benoît Hamon entre 300 et 450 milliards d’euros. Le financement serait assuré par un impôt unique sur le patrimoine (ISF, taxe foncière et droits de mutation), la lutte contre l’évasion fiscale et, plus original, par une taxe robot. Cette dernière a de quoi séduire puisqu’elle agit comme un prélèvement sur la valeur ajoutée créée par l’entreprise. Or, la prémisse sur laquelle elle repose — si la robotisation augmente la productivité, il faut redistribuer la richesse créée par les robots — suggère subrepticement que le travail humain ne serait pas nécessairement à l’origine de la plus-value. Le Parlement européen s’est d’ailleurs lancé dans des discussions autour du rapport de Mady Delvaux sur la personnalité juridique des robots, avec un vote prévu mi-février. Partant du constat que

« le développement de la robotique et de l’intelligence artificielle pourrait avoir pour conséquence l’accomplissement par des robots d’une grande partie des tâches autrefois dévolues aux êtres humains, sans la possibilité de récupérer la totalité des emplois perdus ; que cette hypothèse s’avère préoccupante pour l’avenir de l’emploi et la viabilité des régimes d’aide et de sécurité sociale et qu’elle pourrait conduire à un versement irrégulier des cotisations de retraite, si l’assiette de contributions actuelle est maintenue ; qu’elle pourrait déboucher sur un creusement des inégalités dans la répartition des richesses et de l’influence (…) », le rapport propose que « l’éventuelle application d’un impôt sur le travail réalisé par des robots ou d’une redevance d’utilisation et d’entretien par robot doit être examinée dans le contexte d’un financement visant au soutien et à la reconversion des chômeurs dont les emplois ont été réduits ou supprimés, afin de maintenir la cohésion sociale et le bien être social » – source : http://www.europarl. europa.eu/sides/getDoc.do? type=COMPARL&reference=PE-592. 395&format=PDF&language=FR& secondRef=01

 

De là, on peut assez vite glisser vers l’idée que le revenu universel n’est pas destiné à redistribuer les richesses vers le travailleur, puisqu’on peut le remplacer par un robot dans la création de valeur ajoutée. Le travailleur étant déclaré superflu, il n’est donc pas nécessaire de renforcer ses droits. En réalité, le revenu universel est une allocation qui doit permettre au consommateur de garder un pouvoir d’achat minimal. Le travailleur n’existe de plus en plus que par intermittences, ses contours se brouillent. En revanche, la place du consommateur s’étend de plus en plus, du lundi au dimanche. Dans la réalité, bien sûr, les choses sont un peu différentes puisque le travailleur travaille plus qu’il ne consomme. Qu’importe ! On apprendra au consommateur indigent à savoir se contenter de peu (750 euros, par exemple).

Parallèlement, l’idéologie de la décroissance convainc une partie de la population que le salut de la nature dépend de notre capacité à consommer moins. Cela tombe à pic. Quand le marché de l’emploi nous oblige à rester à la maison, avec ou sans revenu universel, la frugalité devient un mode de vie vertueux et indispensable. Faire pipi sous la douche allège la facture et la conscience, à ce qu’il paraît. Mais une décroissance associée à une hausse de la productivité risque d’accentuer encore un peu plus le phénomène de surproduction, car, faut-il le rappeler, nous ne consommons pas la totalité de ce que nous produisons. Précisons qu’il s’agit non de consommer moins mais de consommer mieux (en qualité et en tenant compte des intérêts à court, moyen et long terme de l’humanité. Le débat qui nous occupe est celui de la hausse de la productivité et de la réponse que prétend y apporter l’instauration d’un revenu universel de base. Dans un cadre où les rapports de productions capitalistes perdurent, la décroissance n’est juste qu’une manière d’accommoder les restes, tout comme le revenu universel.

Dans l’hypothèse où le revenu universel se cumule au salaire, les entreprises auront bon jeu de mettre en avant que leurs salariés disposent déjà d’un revenu assuré, et qu’en conséquence, les questions touchant au pouvoir d’achat ne sont plus de leur ressort, mais de celui de l’État. De manière générale, les entreprises sont déjà de moins en moins concernées par le sort de celles et ceux qui travaillent pour elles, parce que depuis plusieurs années, le rôle d’employeur des entreprises tend à s’estomper de plus en plus. L’objet des dernières réformes du monde du travail ne vise-t-il pas justement à détacher le travailleur du salariat pour l’installer dans le portage salarial, l’uber et l’auto-entreprenariat généralisé ? Le revenu universel apporte une réponse à cette nouvelle organisation du travail, trouvant d’autant plus d’écho que les salariés cherchent à fuir des conditions de travail devenues particulièrement stressantes. En se rêvant devenir leur propre patron, les travailleurs isolés peuvent voir d’un bon œil l’arrivée d’un revenu garanti qui les aideraient à faire face aux aléas d’une activité précaire.

Il est à craindre également que le revenu universel finisse par se substituer à la protection sociale et aux services publics tels que nous les connaissons. Il constitue de fait un formidable outil de simplification. Cette destruction sera présentée bien évidemment comme un progrès, comme une plus grande liberté. Par exemple, on peut imaginer que le « consommateur » de soins de santé se verra assez rapidement confronté à la liberté de choisir, parmi une offre pléthorique en assurances, la façon dont il souhaite être couvert, l’équité étant garantie par le revenu universel et l’intérêt du consommateur par la concurrence. Alors que la création de la Sécu représentait un progrès au service de l’intérêt de la nation, le revenu universel est conçu pour répondre aux besoins d’une société dans laquelle les conquis collectifs sont systématiquement attaqués pour les remplacer par la défense des intérêts particuliers.

Quelle solution, alors, pour contrer les effets néfastes du remplacement partiel des hommes par les machines ? Peut-être faudrait-il commencer par défendre l’idée qu’il s’agit là d’une opportunité de progrès pour les travailleurs. Le plein emploi est envisageable, à condition que nous posions comme condition indispensable la réduction du temps de travail comme moyen de s’adapter à la hausse de la productivité et que par ailleurs, l’orientation même du progrès technique ne soit plus piloté par l’accumulation capitaliste (avec pour but d’augmenter la productivité en éliminant l’humain) mais par l’objectif communiste du développement maximal des puissances humaines. Plus que jamais, cette maîtrise, humaine car démocratique, des finalités du progrès technique implique la socialisation des moyens de production et le pouvoir des travailleurs : c’est le contraire de ce que propose Benoït Hamon qui ne touche pas à la propriété privée capitaliste et qui, avec pour seules perspectives exaltantes la légalisation du cannabis et le RBU, propose à la jeunesse populaire de décrocher de toute forme d’ambition collective à diriger sa vie. Mais nous ne serions déjà plus là dans le cadre des rapports d’exploitation actuels et du rapport dominant-dominé où le Capital fait travailler uniquement ceux dont il a besoin, et où SA réduction du temps de travail consiste en l’organisation du chômage de masse de plusieurs millions de gens sur la planète, en raison de l’incontournable loi de la baisse tendancielle du taux de profit. Parvenir au plein emploi dans le cadre des rapports existants nécessiterait une telle réduction du temps de travail qu’il ne pourrait plus y avoir extraction de , et donc de profit. Le plein emploi nécessite donc le changement des rapports de production, alors que le Revenu Universel consacre au contraire le rôle dominant de la bourgeoisie et le maintien du rapport d’exploitation et du mode de production.

Si la main de l’homme s’éloigne de plus en plus du produit fini, cela ne signifie pas que le travail se raréfie mais qu’il change de forme. A chaque progrès technologique, la productivité augmente, nous devrions donc pouvoir mieux vivre en travaillant moins et consacrer davantage de temps à la formation professionnelle aux mains du secteur public sur le temps de travail pour anticiper l’adaptation aux nouvelles techniques de production au lieu de laisser les capitalistes licencier dans les entreprises, ubériser les professions, étrangler les exploitations agricoles et les petites entreprises sous traitantes, étrangler les services publics en les bradant au secteur privé… Le gain de productivité devrait donc permettre d’abord de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. La taxation des robots est donc un leurre qui dissimule la question de savoir si le progrès technique – issu lui même du travail humain – est l’allier du travail ou l’arme du capital (contre le travail). Bref, un gadget qui occulte l’enjeu de la lutte de classes et donc des rapports de propriété. Tout comme le métier à tisser du début du 19e siècle n’était pas « en soi » un danger pour lke travail, danger qu’il aurait fallu noyer dans la tamise ou sous les taxes (par une sorte de luddisme fiscal…).

Si nous voulons sortir du capitalisme, c’est bien pour mettre fin à cette privatisation des profits et à la socialisation des pertes. Aujourd’hui, les entreprises touchent de l’argent pour des emplois à bas salaires. Elles n’ont donc aucun intérêt à les augmenter. Le Revenu Minimum Universel version Benoît Hamon ressemble étrangement au RSA version Sarkozy, ce qui signifie que l’on admet la raréfaction de l’emploi comme inéluctable et que l’on charge l’Etat de mettre de faux pansements sur une économie malade de l’ultralibéralisme et de la délocalisation.

Le PRCF vise à la mise en marche d’une société où chaque citoyen pourrait vivre dignement de son travail selon ses compétences. Voici 30 ans que Coluche a lancé ses Restos du Cœur et ils doivent faire face à une demande caritative de plus en plus forte pendant que quelques uns s’octroient des revenus exponentiels. Décidément, et si nous arrêtions de fabriquer des pauvres !

GB pour EtincelleS la revue du PRCF – en partenariat avec www.initiative-communiste.fr

http://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/revenu-universel-une-mesure-ultra-liberale-menacant-la-secu/ 

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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 14:12

 

mercredi 22 février 2017
Par 
Co-animateur du Réseau Éducation Populaire (REP). Co-auteur de : Néolibéralisme et crise de la dette ; Contre les prédateurs de la santé ; Retraites, l'alternative cachée ; Laïcité: plus de liberté pour tous ; Penser la République sociale pour le 21e siècle ; Pour en finir avec le "trou de la Sécu", repenser la protection sociale du 21e siècle.
 

Alors que l’on parle de plus en plus de « révolution citoyenne », on peut se demander si l’urgence n’est pas d’en définir les conditions exhaustives sans lesquelles ce mot d’ordre ne serait qu’incantation. Respublica a donc décidé de dialoguer avec ses lecteurs sur l’ensemble de ces conditions. La réindustrialisation de la France en est un indispensable parmi d’autres.

En effet, la réindustrialisation de la France avec transition énergétique et écologique (TEE) et maintien à haut niveau du « développement humain durable » est un passage obligé de toute politique alternative au mouvement réformateur néolibéral. Mais les discours de la campagne électorale font tout pour esquiver cette question. Seule la Confédération CGT en fait une urgence (ce que nous développerons en fin d’article).

Histoire succincte d’une désindustrialisation de la France à marche forcée

Fin des années 60-début des années 70, les taux de profit dans l’économie réelle et dans l’industrie diminuent. L’oligarchie capitaliste française choisit la voie de la désindustrialisation, d’un renforcement des services et de se jeter corps et âme dans la spéculation financière internationale. La charnière Pompidou-Giscard d’Estaing en est l’expression politique initiale. La transformation du groupe sidérurgique de Wendel en société financière internationale en est le symbole.

Tous les présidents de la République qui suivent, de François Mitterrand à François Hollande, poursuivent comme un seul homme la même politique de désindustrialisation forcenée. Aujourd’hui l’emploi industriel français représente 18 % des emplois pour 30 % en Allemagne, la part de l’industrie dans le PIB est tombée à 10 % et la part de l’industrie achetée hors de France est de plus 60 %.

Même la majorité de la gauche de la gauche de gouvernement et même une partie des gauchistes s’est laissée convaincre par le mouvement réformateur néolibéral, en développant les idées mortifères de la fin du travail, des robots qu’il faudrait taxer pour éviter le développement scientifique et économique, que toute action dans la production est vaine et qu’il faut remplacer tout cela par le revenu universel, etc. Ce sont les mêmes qui proposent de se tirer une balle dans le pied pour courir plus vite en développant des pensées et des pratiques communautaristes qui divisent les couches populaires et le peuple tout entier. L’oligarchie capitaliste française exulte de joie face à de tels soutiens indirects !

Ceux qui ne sont pas encore touchés par l’amnésie historique de la période 81-82 peuvent se rappeler l’épisode grotesque de cette période, à savoir les magnétoscopes et téléviseurs nouvelle génération importés stockés plusieurs mois à Poitiers pour retarder le déficit de la balance commerciale.

Que s’est-il passé ? Des mesures de gauche keynésienne sont appliquées par application de la dynamique du Programme commun. La relance keynésienne française crée de l’emploi… mais à l’étranger, car l’oligarchie française a détruit les filières industrielles qui auraient pu fabriquer en France les produits désirés par le peuple.  Suit une succession de dévaluations qui n’arrive pas à relancer la machine France. Cela devient un jeu d’enfant pour le néolibéral Delors de convaincre Mitterrand et Mauroy d’engager le tournant libéral de 1983, qui est le point de départ en France de la politique du mouvement réformateur néolibéral au plus haut niveau de l’État.

Aujourd’hui avec la monnaie unique, une dévaluation de la monnaie n’étant plus possible, l’oligarchie capitaliste, ne peut résoudre ce dilemme que par la « dévaluation interne », c’est-à-dire la casse des salaires, directs et socialisés, c’est-à-dire l’intensification des politiques d’austérité.

Déjà, en 2006, l’intensité de la dépense intérieure en recherche-développement (DIRD en pourcentage du PIB) pour la France était de 2,16  %, contre 2,68 pour les États-Unis, 3,13 pour le Japon, 2,49 pour l’Allemagne, 2,85 %pour la Corée, 2,56 pour Taïwan, 3,95 pour la Suède, et même inférieur à la moyenne de l’OCDE 2,26 !

Le mandat du solférinien Hollande se termine avec un déficit de la balance commerciale 2016 de 48,1 milliards contre 45,7 milliards en 2015 et on prévoit même un déficit de la balance commerciale 2017 de 48,9 milliards, sans doute sous-estimée. Les exportations françaises reculent de 0,6  % en un an. Pire, l’excédent des services diminue rapidement et n’est plus que de 0,4 milliards d’euros contre 8,8 un an plus tôt. Les services devaient se substituer à l’industrie, ils l’accompagnent dans sa chute.

Tout cela montre que la compétitivité de l’économie française diminue malgré les dizaines de milliards de cadeaux solfériniens au patronat via le CICE et le pacte dit de responsabilité. Pas étonnant quand on sait maintenant, et c’était prévisible, que la grande majorité de cet argent s’est retrouvée dans les dividendes pour les actionnaires ! En fait, le mouvement réformateur néolibéral, qu’il soit aidé par la droite néolibérale ou par les solfériniens tout aussi néolibéraux, a plombé la France par une insuffisance de compétitivité-coût vis-à-vis de son flanc sud et par une insuffisance de compétitivité hors coût vis-à-vis de son flanc est (l’Allemagne). Et c’est bien là que le bât blesse : la désindustrialisation de la France l’a empêchée de faire sa montée en gamme. Pire encore, la politique française autour de « grands groupes » n’a pas axé sa politique sur les filières industrielles ou sur des écosystèmes productifs. Il était plus facile de les financiariser par le haut avec la connivence de la direction politique française.

LA CGT sauve l’honneur du mouvement social et politique !

Pour sortir du projet du gouvernement (« La Nouvelle France industrielle », qui n’est qu’une communication d’affichage médiatique sans suite), la confédération CGT sort le grand jeu.

Après la publication d’un livret intitulé « L’urgence d’une reconquête industrielle », la Confédération CGT a organisé le 22 février 2017 les Assises nationales de l’industrie à la Cité des sciences et de l’industrie de Paris. Ont été étudiées entre autres, la filière hydrogène, la filière bois, les nanotechnologies, et bien d’autres filières. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, développer des filières industrielles tirées par une recherche-développement haut de gamme, à hauteur de 4 % du PIB selon nous, si nous voulons une vraie alternative politique, scientifique et technique. Car pour le XXIsiècle, le développement des filières industrielles ne peut pas se déployer lorsque l’oligarchie capitaliste demande des rendements financiers à très court terme. Nous devons programmer des financements sur plusieurs dizaines d’années. Comme pour Arianespace ou Airbus. Donc, il faut une planification démocratique conséquente orchestrée par la puissance publique.

La veille, une journée de luttes avait lancé  le « Printemps de l’industrie » avec le slogan que nous faisons nôtre « Pas d’industries sans services publics, pas de services publics sans industrie ». Nous le proposons même comme titre des conférences prochaines que vous allez organiser, chers lecteurs de Respublica !1 Malheureusement, les structures de la CGT, contrairement à la Confédération, n’en ont pas fait la priorité du moment. Nous sommes là devant un autre problème sur lequel il faudra bien revenir.

Que faire ?

La priorité est de savoir hiérarchiser les questions, d’abord la principale, ensuite les secondaires, qui devront être également traitées. Par exemple, on ne doit pas faire croire qu’il suffit d’un protectionnisme solidaire (ou mieux un protectionnisme écologique et social), d’une planification démocratique et d’un pôle public financier pour résoudre la nécessaire relocalisation industrielle en France. Tout cela doit accompagner le vecteur principal et non faire comme si c’était premier dans la perspective. D’abord mener la bataille culturelle sur le fait que pour produire en France aujourd’hui, il faut réindustrialiser le pays via une politique cohérente de filières et d’écosystèmes productifs et non de « grands groupes français » sans filiérisation. Mais il faut réindustrialiser avec transition énergétique et écologique. Et pour faire cette réindustrialisation-là, il faut rompre avec les traités européens, la zone euro et l’UE. Pour rompre avec le carcan européen, il faut se saisir de la prochaine crise paroxystique qui se profile à l’horizon et ne pas compter sur le seul volontarisme du plan A/B ou du plan B, sous peine d’être à la peine. Mais tout ce processus ne peut pas advenir sans la réinstallation d’un processus République sociale (qui inclut à ce stade du raisonnement les éventuelles mesures protectionnistes, le problème du financement, la planification démocratique, etc.) avec une pratique et des alliances internationalistes qui puisse mener l’offensive malgré les attaques qui ne manqueront pas de se développer en interne et en externe.

  1. Peu d’intervenants en éducation populaire expliquent qu’une des causes du chômage est l’acceptation de la désindustrialisation. C’est pourquoi le Réseau Education Populaire (REP, près de 400 interventions par an) a construit une conférence sur ce sujet. Hélas, les organisateurs de réunions publiques et d’initiatives d’éducation populaire sont peu nombreux à faire appel aux intervenants pour cette conférence. Et pourtant, nous pouvons montrer que l’emploi industriel induit plus d’emplois y compris dans les autres secteurs de l’économie que n’importe quel autre type d’emploi.

 

http://www.gaucherepublicaine.org/debats-politiques/la-necessaire-reindustrialisation-de-la-france-absente-de-la-campagne-presidentielle/7399994​​​​​​​ 

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 14:06
France / International / La guerre est devenue un moyen de gouverner

Les gouvernements actuels suivent à la lettre la leçon de Bush. C’est comme chefs de guerre que les gouvernants créent le mieux l’adhésion. Face au chômage, il faut inventer des solutions et affronter la logique du profit. Quand on prend l’uniforme du chef de guerre, c’est tout de suite beaucoup plus facile, surtout dans un pays dont l’armée reste malgré tout l’une des mieux entraînées du monde.

Le lendemain des attentats coordonnés, perpétrés dans Paris le 13 novembre 2015, le gouvernement français a naturellement déclaré l’état d’urgence. Sous cet état d’exception, la police et d’autres institutions, notamment le ministère de l’Intérieur et les préfets (représentants locaux de l’État) se sont vues conférer un large éventail de pouvoirs, dont celui de perquisitionner des logements de jour comme de nuit et d’émettre des arrêtés d’assignation à résidence sans que l’autorisation d’un juge soit nécessaire.

L’état d’urgence a été prolongé de trois mois, une première fois le 26 novembre 2015, puis de nouveau le 26 février 2016, et de deux mois le 26 mai 2016. Il a depuis été régulièrement prolongé, officiellement dans le but de couvrir la période des élections nationales, prévues en avril-mai 2017.

« Rien ne sera plus comme avant » avaient déclaré certains journalistes et hommes politiques après les attentats qui ont frappé la France. L’intensification des politiques et pratiques sécuritaires préexistantes ne s’est pas fait attendre. Mise en accusation des salafistes, des musulman-e-s, de l’islam ou des immigrés en général. À la parole des politiques, s’est joint l’acte… policier. Selon les chiffres publiés le 6 décembre 2016 par le gouvernement, depuis novembre 2015, 4.292 perquisitions de domiciles avaient été menées et 612 personnes avaient été assignées à résidence (et 434 personnes affectées). Par ailleurs, en décembre 2016, 95 personnes étaient encore assignées à résidence. Rappelons qu’en février 2016, Amnesty International a rapporté que moins de 1 % des perquisitions de domiciles menées entre novembre 2015 et février 2016 (soit plus de 3.000) avaient donné lieu, au regard de la législation française, à des chefs d’accusation pour activités à caractère terroriste (excepté les infractions pour « apologie du terrorisme »), ce qui révèle à quel point cette mesure était disproportionnée…

La situation des migrants s’en est naturellement ressentie et les politiques orchestrées en la matière par l’Union européenne tendent à organiser les contrôles abusifs, la destruction des bateaux, les rafles et les chasses à l’homme avec leurs corollaires : enfermement de milliers d’êtres humains, absence d’accès aux droits les plus élémentaires, expulsions, refoulements, harcèlement, isolement.

Ces politiques et leur relais dans les médias construisent dans la population un imaginaire d’une Europe assaillie par un danger migratoire. Tout ceci pousse à un racisme de plus en plus décomplexé, assumé et revendiqué. Les passages à l’acte (violence raciste, organisations de riverains voulant « faire justice eux-mêmes », manifestations et émeutes, tabassages, expulsions illégales, menaces) sont de plus en plus fréquents. Les pouvoirs publics et leurs forces de police au mieux ferment les yeux sur la situation, au pire poussent à ces passages à l’acte qui leur facilitent la tâche et correspondent à des objectifs politiques.

Bien entendu, les causes des migrations et les causes de leur visibilité actuelle, dont les pays européens sont directement et évidemment responsables, ne sont jamais énoncées dans les discours sur les migrations actuelles. La France était pourtant en guerre bien avant les attentats, lesquels ont largement servi de prétexte à intensifier ces engagements militaires. Ces dernières années, l’armée française est intervenue massivement en Afrique. La guerre est ainsi devenue un des derniers points forts des derniers mois de la présidence de Nicolas Sarkozy avec l’opération Harmattan en Libye mais aussi avec le passage à l’offensive de la force Licorne en Côte d’Ivoire pour faire tomber le régime de Laurent Gbagbo. Marchant dans les pas de son prédécesseur, François Hollande endosse pleinement le costume de chef des armées. L’opération Serval au Mali en 2013 qui se métastase à partir de l’été 2014 dans les pays de la sous-région avec l’opération Barkhane est emblématique du retour en force du militaire comme pilier de l’influence française dans ses anciennes colonies africaines. Sangaris, en République centrafricaine, vient conforter cette politique.  Présentées officiellement comme des victoires, ces interventions posent en réalité éminemment question.

L’intervention en Libye a eu des répercussions particulièrement néfastes sur le Mali. Dans ce pays, la France est intervenue pour combattre les groupes armés implantés dans le nord mais a, dans le même temps, remis en selle le Mouvement national pour la Libération de l’Azawad (MNLA), pourtant à l’origine de la crise. Avec Barkhane, et au nom de la « guerre contre le terrorisme », l’armée française est désormais durablement implantée au Burkina Faso et au Niger, tout en relégitimant la dictature d’Idriss Déby au Tchad en en faisant le point nodal de ses guerres africaines. Enfin, en Centrafrique, la France s’est embourbée dans une guerre civile d’une rare violence dont elle était en même temps juge et partie.

Ces conflits doivent être désignés par leur nom : ce sont des guerres d’ingérence impérialiste. La France n’a aucun « rôle positif » dans ces interventions, malgré ses prétentions puisées à l’ancien répertoire colonial. Le discours belliciste entend anesthésier et tétaniser la population. Pourtant, comment ne pas rappeler les désastres que sèment ces guerres, les millions de morts, de blessés et de déplacés, la misère, le désespoir jetant les populations sur les routes, tandis que s’enrichissent les profiteurs de guerre, les multinationales vendeuses d’armes – la France tenant en la matière le quatrième rang mondial. Ce sont aussi des dépenses colossales, qui détournent l’argent public de dépenses sociales, culturelles et écologiques vitales. De surcroît, l’État qui mène ces guerres, en pompier pyromane, nous entraîne dans une spirale infernale ayant pour effet de renforcer la haine qui débouchera sur d’autres attentats. Les Rafale tuent des civils aussi innocents que ceux du Bataclan ou de Nice. Ces bombardements sont des bombes à retardement.

L’état de guerre proclamé encourage les peurs et crée la division. Le gouvernement socialiste a sapé l’État de droit et les droits humains, entretenant le racisme et la xénophobie tout en semant les germes de nouvelles violences et de nouveaux conflits. Les discours alarmistes et anxiogènes déclamés ici et là ainsi que la désignation d’ennemis intérieurs ont servi et servirons encore à légitimer des mesures disproportionnées qui portent atteinte aux droits fondamentaux, dans le but de mieux contrôler la population. La guerre est désormais devenue un moyen de gouverner ; elle est aussi une guerre sociale.

Capitaine Martin

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 21:25

 

Chère insoumise, cher insoumis

Notre campagne confirme sa dynamique. J’en suis heureux pour nous tous qui la faisons vivre par nos efforts personnels. Le succès de notre double meeting de Lyon et Paris le 5 février a été une étape remarquablement franchie grâce au dévouement de tous. Depuis, les signatures d’appuis se comptent par milliers sur le site jlm2017.fr. Nous franchirons sous peu le seuil des 250 000 insoumis fédérés en un an de campagne !

Notre campagne ne vaut que par les idées qu’elle porte et qu’elle fait vivre aux yeux de tous ! Chaque étape de notre action doit permettre de mettre en valeur un des thèmes essentiels de notre programme. Notre plan de marche prévoit que la prochaine étape soit une démonstration de masse ! C’est le sens de l’appel à une marche nationale pour la 6e République. Elle aura lieu le samedi 18 mars prochain à 14h à Paris, de la Place de la Bastille à la Place de la République. Je la conclurai par un discours place de la République ! L’idée est de mettre en scène la nécessité d’une refondation de notre République et notre volonté d’y parvenir par nos votes à l’élection présidentielle.

Je m'inscris à la marche du 18 mars

L’issue de cette élection présidentielle est plus imprévisible que jamais. Qui pensait que ni M. Hollande, ni M. Valls, ni M. Juppé, ni M. Sarkozy ne parviendraient à y être candidats ? Ils ont été emportés par la puissante vague « dégagiste » qui traverse notre pays. On nous annonce un deuxième tour écrit d’avance entre Mme Le Pen et M. Fillon. Ou d’autres combinaisons hasardeuses. Tout cela me parait tout aussi illusoire. La colère populaire et la justice pourrait bien encore tout balayer devant elles. Notre responsabilité est donc bien engagée. Le deuxième tour de l’élection présidentielle n’est pas hors de notre portée. Il faut être prêt. Et d’abord prêts à gouverner notre pays. Pour cela, continuons d’ouvrir notre chemin. La clef c’est notre programme qui propose à tous les Français un Avenir en commun plutôt que le chacun pour soi, l’indifférence sociale et écologique, la guerre ethnique ou sociale. Ce 19 février nous allons en donner le chiffrage au cours de cinq heures d’émission en direct sur ma chaine YouTube en interaction avec qui le voudra par le biais des réseaux sociaux. Toute notre équipe sera sur le pont pour répondre aux questions des internautes et des journalistes.

Puis la semaine suivante je serai accueilli par « l’émission politique » sur France 2…

Vous êtes ainsi appelés à prendre la part que vous choisirez dans ces épisodes.

Mais le 18 mars, je veux vous convaincre de donner tout votre appui à l’effort prévu. Soyons des dizaines de milliers dans la rue pour dire notre volonté d’une assemblée constituante pour construire la 6e République démocratique, sociale, écologique dont la France a besoin. Soyons le plus nombreux possible pour rendre incontournable l’exigence du coup de balai démocratique dans la campagne présidentielle. Montrons que nous ne voulons plus que la politique économique et sociale soit décidée par le MEDEF, les actionnaires ou les diktats de la Commission européenne, que la politique écologique soit soumise au bon vouloir des lobbies. L’exigence de démocratie réelle peut fédérer largement ! Proposons autour de nous un changement pacifique et déterminé.

La réussite du 18 mars dépend donc très directement de chacun et chacune d’entre nous. Vous trouverez sur le site jlm2017.fr tous les éléments nécessaires pour mobiliser autour de vous : tracts, affiches, visuels pour les réseaux sociaux etc.

 

France / 18 mars : marche pour la 6e République
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