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Quelques conférences

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L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 13:17

NE SOYONS PAS DUPES DU CONCERTO MONTEBOURGEOIS !

PAS DE DEMONDIALISATION SANS RUPTURE DE LA France AVEC L’U.E. DU CAPITAL !

 

Quitte à passer pour des… antisocialistes primaires, -ce qui ne signifie d’ailleurs pas grand-chose, nous devons d’abord rappeler notre critique radicale de ces « primaires socialistes » que toute la presse bobo nous présente en chœur comme une « grande avancée démocratique ».

 

La réalité est qu’il s’agit d’une nouvelle étape de l’américanisation de la France avec à l’horizon, la destruction du multipartisme et la mise en place du Parti Maastrichtien Unique (PMU), avec son aile droite UMP et son aile « gauche » social-eurocrate, dont on voit les agissements anti-populaires d’Athènes à Madrid. On voudrait marginaliser tout ce qui est à la gauche du PS (même s’il s’agit le plus souvent de faux semblants) qu’on ne s’y prendrait pas autrement. A quoi servira-t-il donc, au rythme où vont les choses, d’organiser un premier tour de la présidentielle ?

 

Il est vrai que, vu l’effacement du PCF devant Mélenchon, et vu que ledit Mélenchon ose odieusement traiter de « maréchalistes » ceux qui, comme le PRCF ou comme le M’PEP appellent à rompre avec l’euro et avec l’UE, la différence entre Mélenchon et Montebourg devient de plus en plus infinitésimale (celle qui sépare Aubry de Hollande l’a toujours été)…

 

Car tout ce beau monde ment en prétendant qu’on peut fabriquer une belle petite Europe « sociale » et « démocratique », un gentil euro « au service des peuples » et tous ces contes pour enfants roses qui font rire les vrais maîtres de la « construction européenne » : car les Trichet, Barroso, et à l’arrière-plan de tous ces eurocrates, Frau Angela Merkel et le grand capital allemand, savent très bien, eux, qu’un énorme plan d’austérité est déjà prêt sous le nom de « plan euro plus » pour l’après-présidentielle française. Que ce soit Sarko bis, Aubry ou Hollande qui sorte vainqueur de ce combat douteux, de combien de milliards d’euros par an seront ponctionnés les salariés, retraités, chômeurs et paysans de France et d’ailleurs « pour sauver l’euro » ? 20% de pouvoir d’achat en moins, que ce soit sous la forme d’une rigueur de droite ou d’une « austérité de gauche » (sic), qu’est-ce que cela changerait pour l’ouvrier de l’industrie, l’artisan, le paysan, l’instituteur, le retraité ?

 

Quant au « protectionnisme européen » de Montebourg, il est soit inconsistant économiquement, soit carrément dangereux et SOCIAL-IMPERIALISTE. En effet, vu que la zone euro est la chasse gardée du deutsche-mark et étant donné que le principal vase d’expansion de l’Allemagne capitaliste (qui, sans rien faire, empoche 30 Milliards d’euro par an du seul fait de L’EURO !), C’EST LE DEUTSCHE-MARK,

 

-l’ « euro fort » continuerait de plomber les exportations des pays européens autres que la RFA à l’extérieur de la zone euro

-il continuerait de favoriser les délocalisations à l’intérieur de l’UE ;

-il serait un pas de plus vers « l’Europe-Puissance », c’est-à-dire vers, tout à la fois, le renforcement de l’hégémonie allemande en Europe, et vers l’opposition de l’UE atlantique et liée à l’OTAN aux autres impérialismes, ainsi qu’aux « BRICS » (l’ensemble émergent Brésil-Russie-Inde-Chine). Socialisme en paroles, impérialisme renforcé en fait !

 

Cependant, on ne peut négliger un autre aspect du vote des primaires « socialistes », si piégé qu’en soit le principe : c’est le score d’A. Montebourg. Ce jeune loup n’avait pas hésité en 2007 à rejoindre Royal, alors incarnation de l’aile droite du PS, alors même qu’il se présentait comme incarnant la « gauche » du PS. Eh bien, le même Montebourg a fait une percée en insistant sur la « dé-mondialisation », sur le protectionnisme (« européen »), sur la ré-industrialisation de la France et même sur le retour de la nation. Le fait politique, c’est que, même sous la forme mensongère que leur donne Montebourg, ces thèmes « accrochent » désormais fortement l’électorat de gauche. Cela témoigne de l’espace politique immense, voire MAJORITAIRE, qui s’ouvrira aux forces communistes, progressistes et patriotiques, dès lors qu’elles seront capables de dépasser leurs querelles pour s’unir.

 

Et pour dénoncer la PSEUDO-dé-mondialisation montebourgeoise : car en réalité, Sarko, Hollande, Aubry ET MONTEBOURG ont un seul programme commun : la mise en place de la « Françallemagne » politique et du « gouvernement européen » dirigé par Merkel,  qui constituent le vrai programme commun de tous les « grands » candidats (dans le week-end, Sarkozy et Merkel ont décidé d’une espèce de fusion économique des gouvernements allemand : bientôt des impôts franco-allemands ? Aubry a déjà dit que son premier acte, à peine élue, serait de filer faire acte d’allégeance à Berlin, etc.).

 

Quoi qu’il en soit, cet engouement d’une partie des électeurs de gauche en faveur de Montebourg, si porteur d’illusions qu’il soit, témoigne d’un premier glissement vers la gauche de l’électorat, de son besoin d’alternative REELLE.

 

La balle est plus que jamais dans le camp des vrais communistes. Combien de temps les groupes franchement communistes mettront-ils encore pour s’atteler à une campagne commune pour virer Sarko PAR LA LUTTE, sortir la France de l’UE et de l’euro (c’est la même chose, cessons de pinailler !), reconstruire les acquis du CNR, relancer la lutte pour le socialisme, le VRAI, celui qui passe par le pouvoir populaire et par la socialisation des grands moyens de production et d’échange ?

 

Et combien de temps les vrais républicains mettront-ils pour mettre sur pied un grand meeting unitaire pour les acquis du CNR, la rupture avec l’UE, la mise en place de nouveaux traités internationaux du type de l’ALBA (Alternative bolivarienne des Amériques unissant Cuba, le Venezuela, le Nicaragua…), qui permettraient à la France de commercer à égalité avec tous les pays, et pas seulement en Europe ? Qu’attendons-nous pour « mettre la pagaïe » dans cette campagne électorale piégée en privilégiant le débat de fond et les luttes sociales ?

 

Oui, la balle est dans le camp des vrais progressistes, des vrais républicains, des vrais communistes qui veulent briser la tenaille UMPS et UM’Pen qui broie notre pays et sa classe laborieuse entre les mâchoires de l’UMP et du PS maastrichtien, avec Marine Le Pen en embuscade.

 

Le PRCF mène l’action commune avec d’autres groupes communistes contre l’UE. Membre de l’Arc républicain de progrès, notre organisation a dialogué positivement ces derniers temps avec plusieurs associations progressistes. Alors que la France et le monde sont gros d’affrontements historiques entre les peuples et le grand capital prédateur, l’heure est au rassemblement dans l’action. Alors que le mouvement social repart dans notre pays (grève des enseignants, mouvement du 11 octobre, mais aussi luttes dures à Shell Berre, chez Lafarge, etc.), c’est sur ces contenus qu’il est urgent de s’unir dans l’action sans se leurrer sur les prestidigitateurs primaires, secondaires ou tertiaires !

 

PRCF

 

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Published by PRCF/Vendémiaire - dans France-Politique - société
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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 12:24

 

Front Syndical de Classe

Créé par des militants CGT et FSU

Site : www.frontsyndical-classe.org

 

"Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l'unité, son motif le plus puissant. C'est pour la mener avec succès en rassemblant l'ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n'est pas une invention, c'est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu'elle cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l'exploitation et à l'écrasement." H. Krasucki

 

Sortir de la crise du système

OU

sortir du système ?

 

Le capitalisme a toujours été un système d’exploitation.

Mais dans la crise actuelle toutes nos conquêtes sociales sont en cause, nos emplois, le sort de nos familles et comme après la crise de 29 les guerres contre les peuples, la guerre apparaît comme une solution aux classes dominantes.

Le système lui-même devient totalement incompatible avec les besoins et les aspirations les plus élémentaires des populations.

Aider le système à tenter de sortir de la crise en reproduisant les mêmes monstrueuses inégalités au profit d’une infime minorité OU commencer à s’extirper de sa logique destructive, voilà l’enjeu!

Au plan syndical, le choix actuel : OU la résignation, l’accompagnement et donc l’acceptation des plans d’austérité, des mesures budgétaires, la soumission à la dette OU la résistance au cas par cas mais en visant le TOUS ENSEMBLE pour modifier le rapport de forces qui depuis des dizaines d’années nous a été défavorable!

La casse dans le privé et le public !

Parce qu’en guise de concertation et de négociations entre "partenaires sociaux", pouvoir, banques et patronat n’offrent que des coupes sombres dans les

prestations sociales, la casse de la sécu et du système de

santé, le démantèlement des hôpitaux publics, la France détenant à présent le record européen (29%) de gens qui ne se soignent plus , la diminution des pensions, des milliers de suppressions de postes chez les fonctionnaires et dans l’enseignement , avec la liste des fermetures de classe, les remises en cause du droit à la retraite. ..

Dans le privé la vague continue de déferler sur nos industries en particulier dans l’automobile laissant des milliers de travailleurs et leurs familles rejoindre le cortège funèbre des sans-emploi et sans abri. Sans oublier, les milliers de départs de salariés âgés de plus de 58 ans comme chez Renault (les conditions de financement restant flou).

Le résultat de cette politique étant la destruction de l’emploi en masse, le démantèlement des sites de production en France de Renault comme de PSA (Peugeot) qui prévoit notamment la fermeture de deux sites employant 6 400 personnes, ceux d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) courant 2014 et de Sevelnord (Nord) en 2015.

A cela, il faut y ajouter cette surenchère honteuse, scandaleuse du patronat comme nous le vérifions avec la Fonderie du Poitou qui consiste au nom de la compétitivité à laisser 25% de son salaire avec une baisse de 15% des effectifs alors que le chiffre d’affaires a progressé de plus de 84% en 2010 . Ce n’est pas une première, et chez Continental la même opération a été utilisée avec la suite qu’on connaît.

Dans la sidérurgie, les travailleurs d’Arcelormittal se trouvent eux aussi une nouvelle fois dans la tourmente avec la clé la fermeture de ce site comme cela s’est produit pour Arcelor Gandrange. Ce groupe accélérant ses restructurations pour réduire ses coûts salariaux en dépit des promesses sarkosiennes !

La résistance s’organise !

Quelques exemples :

Les Fralib qui ont mis sous leur contrôle leur entreprise pour empêcher sa fermeture.

Au projet de fermeture de la raffinerie de Berre, qui emploie 370 personnes, les travailleurs ont voté une grève reconductible de 24 heures. Avec des assemblées générales qui se tiendront dans toutes les raffineries françaises.

Les Goodyear d'Amiens Nord, avec leur syndicat CGT tiennent en échec depuis 4 ans un des géants mondiaux du pneu acharné à délocaliser l'activité de l'entreprise et se battent depuis plusieurs semaines contre la procédure de licenciement engagée contre 4 dirigeants du syndicat par la direction qui tente ainsi de briser la résistance des travailleurs.

L’industrie Française est donc en danger et les travailleurs ont raison d’engager la lutte, la grève car un pays qui n’a plus d’industrie est un pays sans avenir.

Nous n’avons pas d’autres choix que la lutte en construisant la grève générale pour faire reculer le capital. Même si nous sommes confrontés au syndicalisme rassemblé au détriment de celles et ceux qui souffrent de la politique ultra libérale menée tambour battant par Sarkozy, relayé par l'Europe de Bruxelles et soutenu par la Confédération Européenne des Syndicats.

Il n’est donc pas étonnant que lors du dernier congrès de la CES, Jaques Delors soit l’invité d’honneur. De même que la déclaration commune des centrales syndicales françaises UNSA, CFDT, CGT du 18 août, intègre l’objectif de réduction graduelle des déficits publics et demande en quelque sorte que les capitalistes cessent leur brutalité sociale et qu’ils engagent par la douceur la destruction massive des acquis pour engraisser d’avantage banquiers et spéculateurs ! Une manière sans le dire d’accepter que les travailleurs paient la crise dont ils ne sont pas responsables !

Nous ne critiquons pas les actuelles directions syndicales par plaisir, mais l’indispensable déploiement du combat et la résistance populaire nécessitent lucidité et lutte contre les orientations de collaboration de classe.

 

Et c’est précisément pour lutter contre ce syndicalisme d’accompagnement du capital qui a fait faillite et qui laisse les travailleurs sans défense organisée que le FSC a été créé.

Pas comme une chapelle, mais avec la volonté de se battre pour la reconquête et la reconstruction par les bases combatives de leur outil syndical, efficace dans les conditions d’aujourd’hui comme a pu l’être la grande CGT de Frachon à son époque.

 

Le Front syndical de Classe, 3 octobre 2011

 

 

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 16:50

Organisée par la CGT le 27 septembre 2011, la journée militante à l’hôpital Saint-Vincent de Paul était placée sous le signe de la lutte. Néanmoins, elle ne fut pas exempte, pour une partie de la nombreuse assistance, d’une certaine nostalgie, voire d’une certaine tristesse. En effet, il s’agissait d’une des dernières manifestations organisées dans cet hôpital, celui-ci devant fermer ses portes à la fin de l’année.

En présence du secrétaire de Nicole Borvo, sénatrice communiste (laquelle ne put venir elle-même en raison de l’actualité sénatoriale – le passage à gauche du Sénat) la journée débuta vers 10h30 par le discours du Secrétaire Général CGT de Saint-Vincent de Paul, Bernard Giusti, qui fustigea le gouvernement actuel et sa politique de casse généralisée, mais aussi certaines politiques syndicales d’accompagnement du capitalisme, notamment à travers la participation des centrales syndicales à des instances européennes (la CES par exemple) mises en place par « les patrons et la finance ». [lire le discours de Bernard Giusti]

Marise Dantin, Secrétaire Générale CGT de l’hôpital Cochin, co-organisatrice de la journée, prit ensuite la parole pour dénoncer plus précisément la politique actuelle de Santé, notamment la loi HPST (la fameuse « loi Bachelot ») et ses graves conséquences sur le personnel et les patients. [lire le discours de Marise Dantin]

Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’Histoire Contemporaine et chercheuse, fit ensuite une conférence magistrale sur le thème de « La stratégie du choc en France, de 1930 à nos jours », mettant notamment en parallèle la situation sociale, politique et syndicale de l’avant-guerre et celle d’aujourd’hui, en suivant le fil de l’Histoire et en passant bien sûr par les collaborations avérées durant la guerre. La conférence fut suivie par un public ravi et conquis, auquel Annie Lacroix-Riz expliqua, exemples à l’appui, « la stratégie du choc » utilisée par le capitalisme pour asservir la population et diriger le pays. Une stratégie plus que jamais à l’ordre du jour… [voir la vidéo de la conférence d’Annie Lacroix-Riz]

La journée fut accompagnée par le chanteur compositeur Pierre Meige et ses chansons poétiques et parfois grinçantes, très appréciées. Deux autres chanteurs l'accompagnaient, Adel, qui nous fit partager des purs moments de poésie avec les chansons de Léo Ferré, et Guillaume, dont l’allant entraîna la salle à plusieurs reprises.

Après un buffet offert par la CGT, préparé par les militantes, la journée reprit avec les interventions des participants venus soutenir les militants de cet hôpital sacrifié. On notera notamment celles de Hervé Bégué (Secrétaire de la Section du PCF du 14 e arrondissement), de Roger Silvain (Président du Front syndical de classe), de Josiane Lizo Mathéis (Secrétaire générale CGT de l’hôpital Trousseau), de Claude Beaulieu (Président du Comité Valmy), de Paul Roussier (adjoint au Maire du 14e arrondissement), et le témoignage émouvant de François Rondel (usager de Saint-Vincent de Paul et correspondant de la mutuelle 602).

Le personnel et les militants de cet hôpital en voie de fermeture avaient aussi le soutien de militants, secrétaires généraux ou représentants de syndicats, d'organisations ou d'associations. On citera :  Malik Benbernou et Xavier Vabois [HEGP], le Parti de Gauche du 5e, Alain Carini et Bruno Lamaille [Hôtel Dieu], l'Union Locale CGT du 14e, Azzedine Aissou [Pitié-Salpétrière], L'Ours Blanc

De nombreux visiteurs s'attardèrent sur la belle exposition qui ornait les murs de la salle, une série de panneaux réalisés par Marise Dantin sur la conquête des droits de la femme.

Le dénominateur commun de tous les participants fut sans conteste de rappeler la nécessité de la lutte contre le capitalisme, tant au niveau de la lutte idéologique qu'au niveau de la lutte sur le terrain. La plupart des intervenants rappelèrent leur engagement dans la lutte des classes, dénonçant les "collaborateurs de classe attachés à l'Europe", tous ceux qui s'illusionnent sur "un capitalisme qui pourrait être gentil", c'est-à-dire acceptable. Il n'y a pas d'autre alternative : ou le capitalisme et son cortège inéluctable d'inégalités et d'injustices, ou un changement de société. Les intervenants insistèrent sur le fait qu'il n'y a pas de "troisième voie" possible [lire à ce sujet mon article de décembre 2010 "Pas de troisième voie entre la lutte des classes et la collaboration de classe"].

Cette journée militante - qui donnait aussi la parole à ceux qui sont privés de médias, ce que rappela Hervé Bégué du PCF -  n'avait pas pour vocation de tenter de retarder une fermeture devenue inéluctable. Son but était manifestement de rassembler les énergies tant syndicales que politiques. Pari réussi.

Michel Strausseisen

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 18:03

La Santé malade de la peste libérale

 

La « restructuration » des hôpitaux publics concoctée par le gouvernement ultra-libéral de Sarkozy coûte très cher… aux patients.

La réduction drastique des personnels et des moyens, la fermeture à tout va des hôpitaux publics, et plus généralement la Santé publique qui n’est plus organisée en fonction des besoins médicaux réels de la population mais en fonction d’une logique comptable libérale (capitaliste), ne peut que mener à des drames humains et à des crises sanitaires.

Nous le dénonçons depuis des années. Mais d’année en année la situation ne cesse de se dégrader et les exemples de « dérapages » dans les hôpitaux sont malheureusement de plus en plus nombreux. Cette dégradation sanitaire est renforcée par la dégradation générale des services publics, qui subissent tous de plein fouet l’offensive libérale. 

Nous vous relatons l’un des derniers incidents en date, dans lequel se sont conjuguées les effets de la politique libérale sur les hôpitaux et les pompiers.

 

3h30 dans la nuit du 11/09/11 au 12/09/11. Melle X, 27 ans, est amenée aux urgences de l’hôpital Cochin (Paris 14e) par les pompiers. Motif: femme retrouvée au sol dans la rue.

La fiche des pompiers ne mentionne pas les circonstances de l’accident, qu’ils ignorent sans doute ; l’adresse du lieu d’intervention est erronée ; la destination mentionnée de la victime : St Joseph.

La patiente arrive non coquillée et non déshabillée.

On apprendra par la suite que la régulation SAMU n'a pas été contactée.

En IAO (tri du degré d'urgence) on découvre que la patiente présente des fractures compliquées au niveau des 2 chevilles, une désorientation temporo-spatiale et un saignement actif au niveau vaginal. De plus on retrouve des anciens dossiers qui nous révèlent que la patiente est schizophrène.

Devant l'étendue des traumatismes de cette patiente, un scanner corporel est tout de suite réalisé : au finale, grave fracture à chaque cheville, fracture de la colonne vertébrale avec suspicion de sectionnement de la moelle épinière et un pneumothorax.

La patiente doit passer au bloc de neuro-chirurgie en urgence : le médecin senior va passer 3h30 au téléphone pour trouver une place dans une réanimation de poly-traumatiques de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) : toutes les réa poly-trauma refusent en invoquant l’absence de lits disponibles.

La régulation du Samu est prévenue par la « faisant fonction » de cadre des urgences de Cochin.

L’administrateur de garde est prévenu par le médecin senior des urgences pour qu’il tente de trouver une place en réa poly-trauma. Finalement, la patiente, évidemment toujours dans un état très grave, sera transférée par SMUR à l’hôpital Lariboisière à 8h15, soit 5h après son admission aux urgences de Cochin.

Une enquête interne serait en cours pour mauvaise orientation de la patiente, laquelle n’aurait jamais dû passer par les urgences de Cochin.

 

Cet exemple illustre, s’il en était besoin, les risques auxquels les « décideurs » au pouvoir  exposent la population. En effet, on ne peut pas se dire qu’il s’agit  d’un cas isolé ou d’un malheureux concours de circonstances, tant les exemples se multiplient. De l’aveu même du personnel des hôpitaux, « on frise la catastrophe pratiquement tous les jours ». Malgré des sous-effectifs chroniques dans les services d’hospitalisation, le personnel soignant tente, tant bien que mal, de limiter les dégâts.

On est en droit de se demander si, dans leurs plans de « restructuration » de la Santé, les énarques et autres technocrates n’ont pas déjà intégré dans leurs calculs un « pourcentage acceptable » de morts supplémentaires…

 

Michel Strausseisen

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 16:36

lundi 12 septembre 2011 par Marise SG

 

Si la question hautement politique et médiatique de la Laïcité n’est pas jugée prioritaire par le personnel hospitalier, les discriminations raciales sont le quotidien des agents et, parfois, des patients. Pour l’IFRI (Institut Français des Relations Internationales) ces expériences trop souvent cachées appellent un éveil des consciences.

L’hôpital, tant public que privé, "ne fait l’objet ni de revendications identitaires, ni de pratiques communautaristes qui l’empêchent de fonctionner" soutient IFRI. Ainsi, la question de la laïcité (refus des soins, port de signes religieux) n’est pas perçue comme prioritaire par les professionnels sur le terrain.  Au contraire la politisation de ces sujets ces derniers mois "crée parfois des situations difficiles à gérer contribuant à figer les négociations qui sont nécessaires au fonctionnement normal des services. Les soignants sont sommés de se justifier sur le respect accordé aux pratiques religieuses dans l’espace privé des chambres, des règles extérieures à l’hôpital invoquées pour interdire le port de signes religieux par les agents, des accords internes substituant la charlotte au voile ou à la kippa, etc....

En revanche, trois formes de discriminations raciales surgissent régulièrement à l’hôpital. Cela passe par un racisme ordinaire quotidien des patients vis-à-vis du personnel, des actes vécus en sens inverse en raison d’une mauvaise interprétation (priorité des soins d’urgences). Enfin, entre collègues ou avec la hiérarchie. L’hôpital fonctionne avec des minorités sur-représentées dans des fonctions les moins qualifiées et, avec une frontière culturalisée persistante à diplôme équivalent entre personnel français et étranger.

Aussi l’inscription de la discrimination raciale dans la politique de lutte contre la maltraitance en structure de soins, une clarification du droit à la laïcité et à la liberté religieuse, la surveillance des discriminations à l’embauche des Français ultramarins disposant des congés bonifiés est nécessaire .

A l’initiative de la CGT COCHIN et SVP, le CHSCT organisera une journée sur la tolérance et contre les discriminations.

 Marise SG CGT COCHIN

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 16:27

 

 

 

Les résultats du vote interne au PCF en juin dernier pour choisir le candidat du Front de Gauche donnent 28251 voix -soit 59,12% des votants- pour Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la direction social-démocrate, et 17594 voix -soit 36,82% des suffrages- pour André Chassaigne, représentant de l’opposition à « l’effacement du PCF ». Avec les 1944 communistes -soit 4,07%- qui ont voté pour Emmanuel Dang Tran, 41% se sont opposés au total à la candidature Mélenchon.

En 2007, le processus pour une candidature unitaire et unique à la présidentielle émanant des collectifs anti-libéraux issus de la victoire historique du NON au traité constitutionnel européen (TCE) avait capoté et le front avait implosé avant le premier tour.

Aujourd’hui, les positionnements dans le PCF et dans de multiples groupes de la reconstruction communiste posent une question cruciale : « quelle campagne communiste mener dans le cadre du Front de Gauche anti-libéral élargi, ou comment visibiliser l’identité communiste dans le cadre d’une campagne commune avec les autres composantes anti-libérales à la présidentielle et aux législatives ? »

La résistance de classe et populaire a besoin d’un large front populaire combatif

Denis Kessler, ex-vice-président du MEDEF indiquait hier sans complexe le programme auquel s’attèle Sarkozy dans un article intitulé « Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ! » : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil National de la Résistance (CNR), un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité Sociale, paritarisme... A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance ! » (Challenges, 4 octobre 2007).

De l’aveu même de Denis Kessler, cet « adieu à 1945 » est aujourd’hui une opportunité parce qu’il « aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l'essoufflement asthmatique du Parti Socialiste comme conditions nécessaires pour que l'on puisse envisager l'aggiornamento qui s'annonce. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d'entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères fondateurs n'est pas un problème qu'en psychanalyse » (idem).

A cette sortie cynique, qui éclaire sur les objectifs réels des patrons milliardaires et les raisons de leur réussite pour l’instant, vient s’ajouter la crise du capitalisme mondialisé qui accroît la recherche effrénée du profit maximum par : 1) l’appauvrissement de masse et la destruction des conquêtes sociales et démocratiques des travailleurs dans les pays impérialistes ; 2) les guerres, notamment les guerres coloniales, pour contrôler les matières premières comme le pétrole, l’uranium, etc.

La victoire du NON à la Constitution Européenne de 2005 est une ligne de démarcation structurante de la lutte de classe

Si nous comprenons la nécessité d’une vigilance vis à vis d’une dissolution éventuelle du PCF dans ce « Die Linke » à la française que pourrait être le Front de gauche, label dont le Parti de Gauche de Mélenchon est d’ailleurs propriétaire, celle ci ne saurait nous détourner sur le terrain d’une dynamique pour rassembler toutes les forces du NON, à l’exclusion des fascistes du FN, pour frayer la voie à une alternative anti-libérale dans ce pays. Le danger principal est en effet qu’en absence des forces de la reconstruction communiste, le Front de Gauche ne soit réduit à un simple cartel d’organisations. Or il s’agit de rassembler les forces anti-libérales pour favoriser le développement d’un vrai front populaire par lequel les travailleurs, le peuple pourraient passer à l’offensive contre les attaques patronales et gouvernementales.

La bataille pour le NON au TCE a tracé une ligne de rupture politique entre libéraux, sociaux libéraux et anti-libéraux. Cette ligne reste un vrai boulet que traînent les sociaux démocrates de la direction du PCF et du Parti de Gauche dans leur penchant réformiste à « l’Union de la Gauche » bis.

Il est d’une importance majeure que les forces de la reconstruction dans et hors du PCF trouvent les voies de l’unité d’action stratégique pour peser et contraindre à une rupture de classe entre sociaux libéraux et anti-libéraux. C’est une étape nécessaire pour aller vers l’unification des communistes sur la base léniniste du « se démarquer pour s’unir » dans une organisation unique.

La dialectique « défense de l’identité communiste » et « alliance des forces anti-libérales »

Tout comme le mouvement social, l’objectif de la campagne à mener est de battre la droite dure décomplexée sarkozyste, de montrer qu’avec les socialistes on a déjà donné, et que le pire reste le FN de Marine Le Pen. La résultante de ces impératifs est un « vote utile » allant dans le sens du rapport de forces nécessaire pour faire payer la crise aux milliardaires du CAC40 : le vote Front de Gauche à la présidentielle et aux législatives 2012.

Nous pouvons et devons faire cela en communistes, c’est à dire en développant nos exigences. Par exemple l’exigence de rupture avec la Vème République et son présidentialisme quasi monarchiste ; de refus de toute participation à un gouvernement socialiste ; de sortie de l’euro, étape vers la sortie de l’Union Européenne du capital et de la crise ; de laïcité sans discrimination à l’encontre notamment de la religion des travailleurs et des citoyens récents de France ; de punition effective du racisme ; de nationalisation des entreprises qui délocalisent ; de régularisation de tous les sans papiers avec une carte de 10 ans, d’arrêt des guerres coloniales en Libye, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire ; de démantèlement des bases militaires françaises en Afrique et de sortie de l’OTAN.

Il n’y a pas de « muraille de Chine » entre la loyauté vis-à-vis du front anti-libéral et l’indépendance idéologique et politique des communistes qui œuvrent surtout à ce que l’alliance ne soit pas seulement une affaire de sommet mais deviennent l’affaire des travailleurs dans leur ensemble et donc du peuple.

C’est à cette politique que nous invitons l’ensemble des groupes de la reconstruction communiste éparpillés dans et hors du PCF. Cette unité d'action stratégique dans le front doit nous permettre d’éviter les départs successifs du PCF dans la désunion, la division et parfois dans des querelles stériles qui ne profitent qu’à l’ennemi de classe : notre bourgeoisie impérialiste fait tout pour prendre sa revanche de classe contre les victoires de nos anciens du temps de l’URSS patrie des ouvriers, paysans et peuples opprimés qui a succédé à la Commune, première démocratie prolétarienne !

 

(http://cercles.communistes.free.fr/rcc/publi.php?idArticle=2011_09_06_frontdegauche)

 

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 16:19

Déclaration Front Syndical de Classe

lundi 5 septembre 2011, par Comité Valmy

 

 

Le Communiqué intersyndical (CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires) du 1er septembre appelant à l’organisation d’une journée nationale d’action le 11 octobre prochain confirme les impasses auxquelles conduit la stratégie de l’unité de sommet !

 

L’absence d’une appréciation de fonds et les divergences sur la nature et les causes de la crise, la raison et l’origine des déficits publics conduisent à un appel sans objectifs précis, et sans esprit offensif.

 

Le vocabulaire employé dans le communiqué commun, « arrêts de travail » en lieu et place d’un ferme appel à la grève illustre pour le moins la « timidité » de l’appel lancé.

Il est vrai qu’il y a aisément plus offensif et plus déterminé que le numéro 2 de la CFDT, Marcel Grignard, déclarant : "La grève ne nous paraît absolument pas la bonne voie (…) dans une situation très difficile pour le pouvoir d’achat et des inquiétudes des salariés pour leur emploi".

Le problème majeur est que c’est cette pusillanimité qui donne le ton aux orientations de l’intersyndicale nationale.

Prenons donc au mot les déclarations récentes de Bernard Thibault à « France-Info » avançant : "nous n’allons pas attendre l’unanimité, pour prendre nos responsabilités".

Chiche !

Car tout se joue en bas, dans chaque quartier, chaque branche, chaque entreprise … sans illusions sur les échéances électorales de 2012 et en conscience que les forces réformistes syndicales et politiques, en phase avec la droite sont prêtes à appliquer des plans de rigueur au nom de la nécessaire réduction des déficits publics et de la nécessaire confiance des marchés financiers.

Face aux reculs sans précédent que les forces de la réaction et du renoncement s’apprêtent à infliger aux travailleurs français comme aux autres peuples d’Europe, il n’ y a pas d’autre voie que celle de la lutte, de mouvements sociaux puissants, bousculant les prévisions pessimistes et libérant l’énergie et la créativité populaire !

Cette appréciation n’est pas pure injonction volontariste !

Ainsi, en Italie se prépare une grève générale dès ce 6 septembre et à l’appel de la CGIL et de La confédération italienne USB, affiliée à la FSM, cette dernière mobilisant "contre la boucherie sociale et les diktats de l’Union européenne, contre le budget d’austérité, antisocial et antipopulaire du gouvernement de droite de Berlusconi, pour l’annulation de la dette, la défense des droits des travailleurs, la nationalisation des banques et des compagnies stratégiques du pays. "

Alors travaillons effectivement en bas, à la convergence des luttes dans notre pays, en Europe et dans le monde !


Le Front Syndical de Classe

Le 4 septembre 2011

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 16:12

Pôle de Renaissance Communiste en France

jeudi 8 septembre 2011, par Comité Valmy

 

 

Interrogé non sans finesse ce dimanche 4 septembre par Mme Ullmann, journaliste de la Cinq, M. Mélenchon a eu ce cri du cœur : « ma seule crainte, a-t-il dit en substance, c’est que nous ne puissions intervenir avant qu’ils (= les financiers et la droite) n’aient détruit l’euro et l’Union européenne »…

 

On aurait pu penser que le candidat du Front de gauche aurait eu, comme nous, la crainte que la France, que son industrie et sa classe ouvrière, que son agriculture et sa paysannerie, que ses acquis sociaux, ses services publics, son école laïque, sa langue évincée par le tout-anglais de l’oligarchie mondiale, ne fussent détruits PAR l’euro et PAR l’Union européenne avant que le mouvement populaire n’ait eu le temps de SORTIR notre pays de ces broyeurs de peuple que sont l’UE et son maudit euro. Eh bien non, car Jean-Luc Mélenchon est avant tout soucieux de sauver… cette construction européenne qui n’a JAMAIS apporté que du mauvais à la nation et à la classe ouvrière ! A chacun ses « peurs », décidément !…

 

Et c’est dommage, car pour le reste, - et à condition de ne rien dire ici des questions internationales : le candidat du front de gauche a voté pour l’intervention impérialiste en Libye ! -, Mélenchon a eu le mérite de fustiger les marchés financiers, d’appeler à récuser la dette artificiellement créée par la politique européenne, de rappeler que la France est encore une grande puissance économique qui aurait les moyens d’affronter l’oligarchie européenne, de faire vibrer le patriotisme républicain si décrié par les trotskistes, euro « communistes » et autres euro-écologistes…

Mais « l’enfer est pavé de bonnes intentions »… A lors à quoi bon cette verve jauressienne si la seule solution pour Mélenchon, c’est de convaincre les gouvernements européens qu’il faut mettre la Banque européenne et l’euro au service des peuples ALORS MEME QUE CES INSTRUMENTS ONT ETE CONÇUS DE A A Z POUR ASSERVIR LES TRAVAILLEURS ET LES NATIONS et que manifestement, ni Cameron, ni Merkel, ni les « socialistes » Socrates, Papandréou ou Zapatero ne voudront bouger d’un pouce sur l’ « indépendance » de la Banque européenne, comme on le voit dans leurs pays respectifs malgré d’immenses manifestations populaires à Athènes, Madrid et Londres !

C’est pourquoi la journaliste Ullmann pouvait faire observer qu’en réalité, M. Mélenchon n’avait pas les moyens de sa politique (mais veut-il les avoir si pour lui le maintien de l’UE passe avant l’avenir du peuple et de la nation ?) et qu’au final, la seule position logique serait pour lui de sortir de l’euro et de l’UE… ce qu’il ne veut à aucun prix !

Quant à nous, nous reposons inlassablement à Mélenchon et aux militants du PCF et du P.G. la question suivante : si comme on peut aisément le prévoir, les autres pays européens refusent catégoriquement de bouger sur la question des finances européennes, le président Mélenchon (par hypothèse d’école) se couchera-t-il comme l’a fait le gouvernement Jospin (incluant Mélenchon et M.G. Buffet) en baissant la barre de ses objectifs sociaux et en acceptant l’effacement terminal de la France, ou fera-t-il ce que le PRCF, -qui s’efforce simplement d’être logique -, ne cesse d’exiger : que la France sorte de l’UE et de l’euro UNILATERALEMENT (contrairement à ce que demande Marine Le Pen qui, en demandant une « sortie concertée de l’euro », s’engage en fait à ne rien faire sans l’accord de Merkel !) pour reconstruire le pays sur des bases progressistes, indépendantistes, anti-impérialistes et internationalistes ?

A nous, militants franchement communistes et républicains de poser inlassablement cette question qui n’est rien d’autre qu’un choix de classe décisif. Encore un effort, il est vrai très très gros pour Mélenchon, cet ancien partisan de Maastricht qui appelait encore il y a peu à former une « république européenne », c’est-à-dire à mettre fin à l’indépendance, voire à l’existence de la nation !

Question également posée aux dirigeants du PCF qui, inféodés au « parti de la gauche européenne » et reniant le combat de Marchais et de Krazucki en 1992, militent désormais pour « sauver l’euro »…

Mais si nous restons dans l’euro, c’est là que nous « y resterons »… alors que si nous osons claquer la porte de cette prison des peuples qu’est l’UE, nous nous donnerons les moyens de mettre en place, hors de toute « concurrence libre et non faussée ouverte sur le monde », une politique de reconstruction nationale, de transformation sociale et de coopération internationale non limitée à l’Europe.

Faut-il préciser que pour les communistes que nous sommes, sortir de l’UE n’implique aucun enfermement nationaliste et que l’exemple de l’ALBA latino-américaine démontre la possibilité d’une coopération continentale respectueuse des souverainetés nationales et porteuse de politiques progressistes.

Quant à ceux qui n’auront pas clarifié sur ce point et qui, jusqu’au bout, auront prétendu sauver à la fois l’UE et le monde du travail, nous leur prédisons qu’ils ne parviendront à nouveau qu’à jouer les forces d’appoints du PS… tout en ouvrant un boulevard à Marine Le Pen dans les milieux populaires comme dans les couches moyennes. Car « on ne peut servir deux maîtres », le monde du travail et l’Union européenne qui en est la négation de Lisbonne à Bucarest en passant par Paris !


7 septembre 2011

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 12:44

dimanche 14 août 2011, par Comité Valmy

Le renoncement en faveur de l’Europe supranationale, à la souveraineté populaire et nationale, ferme la voie au progrès social, détruit la République, supprime la démocratie et trace un chemin favorable pour la démagogie des forces d’extrême droite partout sur notre continent.

FACE AUX FORCES DU CAPITAL

FACE AU FRONT NATIONAL

Marine Le Pen a tenu le 11 août une conférence de presse.

Surfant sur les colères de millions de Français, victimes de la crise, elle s’est présentée comme l’unique recours, face à une "classe politique" responsable de mener le pays à la ruine.

De cette tribune, elle a dénoncé le "système" économique et politique imposé à la France, dans le cadre de l’Union européenne.

"canempechepasnicolas" reprend, ci-dessous, son argumentaire.

Pourquoi ces citations ?

Ne serait-ce pas, de notre part, participer à la diffusion des thèmes du Front national, et faire ainsi à celui-ci, une propagande néfaste et dangereuse ?

Nous ne le croyons pas.

Marine Le Pen dispose de bien d’autres moyens de publicité, et d’une autre ampleur que "canempechepasnicolas".

Si nous reproduisons ici les propos de Marine Le Pen, c’est que nous ressentons un sentiment de dépit du fait que les idées qu’elle prétend représenter, des constats réels et justifiés, elle est la seule à les exprimer.

C’est ce qui nous désespère.

Certes, de petits groupes militants font des analyses critiques bien plus cohérentes de la société dans laquelle nous sommes enfermés, le capitalisme, et proposent des issues globales pour en sortir.

Ce que ne fait pas, bien sûr, Marine Le Pen.

Mais l’audience de ces groupes ne leur permet pas d’être audibles pour le plus grand nombre. C’est la présidente du Front National qui capitalise une part grandissante de la colère populaire.

Cette situation nous inquiète au plus haut point.

Et la responsabilité en incombe aux partis, qui se prétendent "de gauche", ou qui se parent du qualificatif "d’opposition", et aux syndicats se disant « de lutte », qui restent muets sur l’essentiel

En effet, le Parti socialiste, les "dits écologistes" situent leur action dans le cadre, pour eux intangible, du "marché", de "la "libre concurrence", de "l’Europe", autrement dit du capitalisme qui mène le monde et la France à leur perte.

Non seulement, ils ne renient pas leurs choix fondamentaux, mais ils en « redemandent » et exigent encore plus « d’intégration européenne », de « fédéralisme », comme le camion fou qui accélère devant le précipice.

Quant aux partis qui se revendiquent encore du communisme, ou de « l’anticapitalisme », le PCF en particulier, ils s’en tiennent aux effets et non aux causes. Ils ont abandonné toute idée de rupture révolutionnaire avec la société capitaliste.

Leur objectif se limite à la sphère électorale, d’où leur dépendance vis-à-vis du PS.

Cette absence totale de perspective de changement hypothèque dangereusement l’avenir de notre pays.

Elle ouvre la voie à Marine Le Pen et au Front National l’apparence de l’exclusivité, en matière d’opposition résolue et frontale.

Elle permet donc à la démagogie de développer des illusions, et bloque toute perspective véritable de changement de société.

C’est donc pourquoi nous posons la question :

« Pourquoi les vérités exprimées par Marine Le Pen, ne sont-elles pas défendues par une force populaire et organisée, qui crie, elle, haut et fort, la nécessité d’une rupture globale avec le Capital » ?

Seule cette perspective peut changer la donne et nous préserver du Front National.

C’est la seule voie qui permette de redonner l’espoir d’une rupture véritable avec la société actuelle, condition de faire du bonheur, une idée neuve en Europe.

CE QU’A DIT MARINE LE PEN(…)

Depuis 30 ans, au gré des alternances aussi inutiles qu’illusoires, droite et gauche ont renoncé à travailler au service de l’intérêt général. Ils ont passé le gouvernail aux marchés et aux banques.

Je pense que si la crise actuelle n’a qu’un seul mérite, c’est de montrer très clairement cette réalité aux Français : les dirigeants politiques ne font plus la politique de la France, ce sont les marchés et les banques internationales qui font la politique de la France. Nos politiques sont totalement soumis à la finance internationale.(…)

Il est urgent de le dire avec force aux français : le système ne peut pas réformer le système.

Ceux qui ont vendu aux marchés financier, à vil prix, notre souveraineté, c’est-à-dire notre liberté de peuple, ne nous la rendront pas.(…)

Cette politique de soumission aux marchés, qui pour moi n’a plus rien à voir avec la vraie politique, est vouée à l’échec et condamne les peuples à l’asphyxie. (…)

Et aujourd’hui on constate que Nicolas Sarkozy et le gouvernement courent après des marchés devenus fous de cupidité, qu’ils adaptent leur calendrier aux exigences de spéculateurs qui n’ont aucune limite dans leurs exigences, qu’ils promettent des sommes faramineuses pour rassurer des banques toutes plus avides d’argent public les unes que les autres.

En rien Nicolas Sarkozy ne protège la France et les Français, bien au contraire ! Il ne fait que les précipiter sous le joug des marchés et il les emmène vers la ruine ! S’il protège quelqu’un, ce sont les marchés !

Cette politique de soumission aux marchés, qui pour moi n’a plus rien à voir avec la vraie politique, est vouée à l’échec et condamne les peuples à l’asphyxie.(…)

À ce titre, la folie qui frappe nos institutions est telle qu’elles se mettent en toute impunité à violer les propres règles qu’elles ont édictées. Ainsi, souvenez-vous que la classe politique a imposé de force au peuple français le Traité de Lisbonne pourtant rejeté par référendum. Or, en rachetant les titres des États italien, espagnol, grec, la BCE viole les traités de Maastricht et Lisbonne.

On peut donc se poser la question : sommes-nous encore dans un État de droit ? Sur quels fondements juridiques la BCE agit-elle ? Avec quel mandat ? Quelle légitimité ? Quel cadre légal ? Sommes-nous encore dans un processus démocratique ? Et comment le président de la République peut-il cautionner des violations aussi flagrantes des Traités internationaux qu’il a imposés aux Français contre leur volonté.

Certains, comme Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Chevènement ou Nicolas Dupont-Aignan émettent sur les thématiques économiques et financières des idées qui peuvent pour certaines aller dans le bon sens, mais ils ne sont pas clairs sur cette question centrale du fédéralisme : je suis la seule qui porte un projet entièrement cohérent, et je suis aussi la seule qui ait la surface politique, le soutien populaire suffisants pour prendre la tête de ce front de résistance et de redressement.

Il est ainsi incontournable de :

 Reprendre le contrôle du processus financier et revenir sur la privatisation scandaleuse de l’argent public issue de la loi Pompidou Giscard de 1973.

 Imposer que la création de monnaie revienne aux États représentant de l’intérêt général.

 Œuvrer à la réintroduction d’un étalon polymétallique (or, argent, platine…) au niveau du système monétaire international afin de mettre fin définitivement à la spéculation des prédateurs internationaux.

 Refuser de faire payer la crise aux Français en sacrifiant sur ordre de la troïka (UE, FMI, BCE) notre système de protection sociale et nos services publics.

 Réarmer notre pays contre la mondialisation par la restauration d’un État stratège, fer de lance de la réindustrialisation de la France.

 S’opposer à la tyrannie d’un libre échange échevelé et d’une concurrence mondiale déloyale qui sacrifie nos entreprises et nos emplois.

 Rétablir l’échelle mobile des salaires, supprimée par les socialistes afin de permettre aux salaires à proportion de l’augmentation constatée des prix

 Retrouver la maîtrise de nos frontières en rétablissant un contrôle des flux de capitaux, de marchandises et de personnes (…)

La mauvaise dépense publique, c’est aussi le coût des guerres meurtrières et inutiles, menées par Nicolas Sarkozy pour plaire à Washington : guerre d’Afghanistan, guerre de Libye. Ces guerres tuent nos soldats, arrachent à la France ses enfants, et nous ont déjà coûté des milliards. Quittons le sol afghan et le ciel libyen dès le 1er septembre.(…)

La France ne doit plus être un paradis fiscal pour les très grands groupes et les très grandes fortunes. Il n’est pas normal que dans notre pays les grands groupes du CAC 40 ne paient en moyenne que 8 % d’impôt sur les sociétés, contre 33 % pour les PME. Il n’est pas normal que les très grandes fortunes paient parfois moins en proportion de leurs revenus que les classes moyennes

POURQUOI, FAUT-IL QUE CE SOIT MARINE LE PEN QUI DISE CELA ?

Face à Marine Le Pen et à ses propos, suffit-il de dire qu’elle est "facho" ?

 

Jean Lévy

 

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Published by Vendémiaire/France/Le Pen/Jean Lévy - dans France-Politique - société
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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 12:36

Le programme de ce congrès, sous le patronage de N. Sarkozy:

http://afvt.org/7civt/int-fr.html
http://blog.mondediplo.net/2011-07-16-Un-congres-imposture-sur-le-terrorisme

 

Du 15 au 17 septembre à Paris, se déroulera le VIIe congrès international des victimes du terrorisme, sous le haut patronage de Nicolas Sarkozy. Qui pourrait y trouver à redire ? Des victimes ou des proches des victimes, en provenance de 35 pays, qui témoignent de leur douleur, quoi de plus émouvant ?

La liste des attentats s’étale sur plus de cinquante ans et commence avec l’attentat contre le Milk Bar à Alger en 1956. On y trouve ceux des Brigades rouges en Italie (mais pas ceux commis à la même époque par les groupes d’extrême droite, notamment celui de la piazza Fontana, attribué à l’extrême gauche et dont on sait qu’il fut commis par l’extrême droite et marqua le début des années de plomb) ; celui contre l’avion de Habyarimana en 1994 (mais pas un mot sur le génocide du Rwanda qui a suivi), deux attentats en Israël durant la seconde Intifada, mais rien sur les milliers de Palestiniens tués par des tirs et des bombardements israéliens... Et tout est à l’avenant.

La mention de l’attentat du Milkbar à Alger le 30 septembre 1956 est intéressante. Là aussi, voici un attentat qui ne peut que susciter l’indignation. Une bombe dans un bar, qui fait 11 morts : qui pourrait approuver cette « lâche action » du Front le libération nationale (FLN) ? Pourtant, il suffit d’ouvrir un livre d’histoire ou de consulter Wikipédia (ce que je fais régulièrement, n’ayant pas les préventions de beaucoup, mais il faut vérifier) pour établir le contexte. La guerre a commencé le 1er novembre 1954, les combats se sont intensifiés, des négociations secrètes entre Paris et le FLN se déroulent durant l’été. C’est le moment, selon Wikipédia, que choisit André Achiary, ex-officier du SDECE qui fut sous-préfet dans le Constantinois au moment du massacre de Sétif (1945), pour monter l’attentat de la rue de Thèbes, dans la Casbah d’Alger, dans la nuit du 10 août 1956, qui fait 16 morts et 57 blessés, et marque un tournant dans la guerre d’Algérie. « Patrick Rotman souligne ainsi, dans L’Ennemi intime (2002), qu’à Alger, le contre-terrorisme a précédé le terrorisme », mais la guerre d’Algérie a commencé depuis plus de deux ans. Yacef Saâdi, qui était alors le chef militaire FLN de la Zone autonome d’Alger, déclarera ensuite à la journaliste Marie-Monique Robin : « Jusqu’au massacre de la rue de Thèbes, nous ne faisions des attentats à Alger qu’en réponse à des arrestations massives ou à des exécutions. Mais là, nous n’avions plus le choix : fous de rage, les habitants de la Casbah ont commencé à marcher sur la ville européenne pour venger leurs morts. J’ai eu beaucoup de mal à les arrêter, en les haranguant depuis les terrasses, pour éviter un bain de sang. Je leur ai promis que le FLN les vengerait. » Pourquoi les organisateurs n’ont-ils pas invité les familles des victimes de l’attentat de la rue de Thèbes ?

C’est que le parti pris est clair : les coupables ce ne sont jamais les Etats (ni les colons), ce sont toujours les peuples qui luttent contre l’oppression. Qui se soucie des centaines de milliers de victimes de l’agent orange, ce défoliant utilisé par les Etats-Unis au Vietnam et qui continue jusqu’à aujourd’hui à faire naître des enfants sans bras, sans jambes ? Qui se soucie des victimes du terrorisme d’Etat français en Algérie ou israélien en Palestine ? Qui se soucie des morts tchétchènes tombés sous les balles russes ?

Seule « anomalie » dans la liste des invités à la réunion de Paris, celle faite aux victimes des attentats des Moudajhidin du peuple en août 1982. Une occasion de faire venir à Paris des représentants du régime de Téhéran ?

Les amalgames et les oublis de l’Association française des victimes du terrorisme ne peuvent surprendre quand on connaît les activités de ce groupe et ses liens avec Jean-Louis Bruguière, l’ancien magistrat anti-terroriste, qui est « membre solidaire de l’AfVT.org ». De plus en plus contesté par ses anciens collègues, responsable de nombreuses fautes professionnelles dans ses enquêtes, il a surtout eu les faveurs de l’administration Bush dans sa guerre contre le terrorisme, guerre qui a fait bien plus de victimes que Ben Laden et Al-Qaida. Il a tenté de se reconvertir au Parlement sous la bannière de l’UMP et de M. Sarkozy en 2007, mais a été heureusement battu.

Pour y voir un peu plus clair, je donne ci-dessous, un extrait de la nouvelle édition des Cent clefs du Proche-Orient (Fayard, 2010), rédigée avec Dominique Vidal et Emmanuelle Pauly.


Terrorisme


(...) À la simple question : « Qu’est-ce que le terrorisme ? », il est bien difficile de trouver, dans les déclarations des responsables politiques ou dans la littérature spécialisée, une réponse univoque. Le terrorisme ne peut être confondu avec l’utilisation de la violence. Un des premiers droits « naturels et imprescriptibles » proclamés par la Révolution française et la Déclaration des droits de l’homme ne fut-il pas « la résistance à l’oppression » ? De ce point de vue, qui oserait — sans une considérable mauvaise foi — qualifier par exemple de terroriste, comme le faisaient l’occupant allemand et ses complices français, le combat armé de la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale ?

Le droit international n’a jamais réussi à définir le terrorisme : il se contente de dénoncer des crimes précis comme le détournement ou l’attaque d’avions. Plus récemment, des conventions internationales répriment les attentats à l’explosif (1997) et le financement du terrorisme (1999). Cette dernière vise « tout [...] acte destiné à causer la mort ou des dommages corporels graves à toute personne civile, ou à toute autre personne qui ne participe pas directement aux hostilités dans une situation de conflit armé, lorsque, par sa nature ou son contexte, cet acte est destiné à intimider une population ou à contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque ».

Par ailleurs, les actes qualifiés de terroristes relèvent souvent du crime de guerre et, à ce titre, des principes élaborés par le Tribunal de Nuremberg qui concernent « les violations des lois et coutumes de la guerre, qui comprennent, sans y être limitées, les assassinats, les mauvais traitements ou la déportation pour les travaux forcés, ou pour tout autre but, des populations civiles dans les territoires occupés, l’assassinat ou les mauvais traitements des prisonniers de guerre ou des personnes en mer, l’exécution des otages, le pillage des biens publics ou privés, la destruction perverse des villes ou villages ou la dévastation que ne justifient pas les exigences militaires ».

Les tentatives de définition juridiques du terrorisme, notamment depuis le 11 septembre 2001, comportent des risques d’atteinte aux libertés civiles, en Europe et aux États-Unis, comme elles servent à justifier des politiques répressives de l’Algérie à l’Indonésie, en passant par la Russie et la Chine. C’est ce que soulignait, en avril 2002, l’Irlandais John Fish, le président du Conseil des barreaux de l’Union européenne, à la suite de la décision-cadre adoptée par le Conseil européen du 6 décembre 2001. « La liste des délits terroristes, expliquait-il, est établie de manière trop large, et comprend des actes qui ne devraient pas du tout être considérés comme terroristes. » D’autant, précisait-il, que « la décision-cadre prévoit des responsabilités et impose des sanctions pour des “personnes morales” ». Par ailleurs, « il n’est nulle part fait référence au droit à un procès équitable pour un terroriste accusé ». Or l’expérience a montré que « l’introduction d’une législation sur le terrorisme dans les États membres avait conduit à une diminution substantielle des droits des accusés ». Bref, « la lutte contre la criminalité ne devrait pas être menée à n’importe quel prix ». Le cas américain offre, avec l’invention du concept de « combattant ennemi » non protégé par les conventions de Genève ou le bagne de Guantanamo, un précédent inquiétant...

Revenons à la définition du terrorisme. On pourrait qualifier ainsi les actes de violence qui touchent des populations civiles innocentes dans le but de créer un climat d’insécurité et d’atteindre certains objectifs politiques. Mais comment ranger dans la même catégorie analytique l’empoisonnement au gaz perpétré par la secte Aum dans le métro de Tokyo et les voitures piégées des dissidents de l’Armée républicaine irlandaise ? Les milices d’extrême droite américaines responsables de la tuerie d’Oklahoma relèvent-elles de la même logique que l’ETA basque ? Et qu’ont ces actions en commun avec l’attaque contre le World Trade Center et le Pentagone ? À force d’« être appliqué à des types bien différents de violence, dont certains, notamment sur le plan intérieur, n’ont pas de but politique », le concept de terrorisme a perdu de sa signification, note Adrian Guelke, un expert sud-africain (The Age of Terrorism) — il affirme même qu’il s’est « désintégré ». Enfin, il ne faut pas oublier que le terme même est né pour qualifier une politique d’État, celle de la Révolution française. Or ce terrorisme d’État, fréquemment utilisé au Proche-Orient, est largement ignoré : bombardements indiscriminés, déportations de population, voitures piégées ont été utilisés par les pouvoirs israélien, syrien, irakien, iranien, etc.

« Un gouvernement sincère doit admettre, notait un éditorialiste de l’hebdomadaire britannique The Economist, que le terrorisme met au jour souvent un grief légitime. » L’histoire l’a amplement prouvé, les anciens “terroristes” sont devenus des dirigeants respectés. Menahem Begin et Itzhak Shamir furent impliqués, dans les années 1940, dans des attentats meurtriers contre des civils arabes (et juifs, comme lors de l’attentat contre l’hôtel King David), avant d’accéder aux plus hautes charges en Israël. Les “tueurs du FLN” dénoncés, jour après jour, par les autorités françaises et par la majorité des journaux ont contribué à conduire l’Algérie à l’indépendance — quelle qu’ait été l’horreur de certaines de leurs méthodes. Plus récemment, d’autres exemples le confirment : ceux-là mêmes qui agitèrent longtemps l’épouvantail de la violence pour refuser tout compromis durent renoncer à leur intransigeance. Itzhak Rabin a serré la main de Yasser Arafat, « un homme aux mains couvertes de sang juif », et négocié avec l’OLP pour tenter d’arracher le Proche-Orient à l’engrenage des haines.

Historiquement, c’est le caractère spectaculaire de ses méthodes qui marque l’action terroriste. Le détournement d’avion est l’une d’elles. Inaugurée par le gouvernement Guy Mollet le 22 octobre 1956 — avec l’atterrissage forcé de l’avion qui transportait, entre Rabat et Tunis, Ben Bella et plusieurs dirigeants du FLN —, cette pratique fut relancée après la guerre israélo-arabe de 1967. Le 23 juillet 1968, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) détourne le vol El Al entre Rome et Tel-Aviv. Le Fatah ne se ralliera à ce type d’action qu’après le Septembre noir jordanien. En 1973, l’OLP et ses principales composantes y renoncent ; seuls des petits groupes dissidents, dont celui d’Abou Nidal, continuent à y avoir recours. Les mesures de sécurité prises dans les aéroports et la condamnation par l’OLP de ce type d’activité ont réduit considérablement les détournements d’avion.

L’enlèvement d’otages constitue sans doute une pratique aussi vieille que la guerre. Il est fréquent dans les zones de conflits ou d’affrontements. Ainsi au Kurdistan d’Irak, où les groupes de peshmerga ont enlevé à plusieurs reprises dans les années 1980 des techniciens étrangers. Pays de toutes les discordes, le Liban a représenté, dans les années 1980, le terrain d’élection de cette catégorie d’actes, facilités par la disparition de l’État. D’abord utilisés dans la guerre civile, les enlèvements se sont étendus — surtout après 1982 — aux communautés étrangères, impulsés notamment par des groupes radicaux chiites, dont certaines allaient donner naissance au Hezbollah. Sans avoir disparu, la prise d’otages s’est raréfiée au Proche-Orient dans les années 1990 et 2000 – mais elle a fait son apparition dans la région sahélienne. (…)

Pour autant, la simple condamnation « morale » des crimes commis par les deux parties ne suffit pas. On ne peut simplement renvoyer dos-à-dos les deux protagonistes parce que tous deux violent le droit humanitaire. Pour deux raisons. D’abord parce que les violations commises par un État — un État qui se réclame des principes démocratiques — sont toujours plus graves que celles commises par des groupes non étatiques, d’autant que certains d’entre eux agissent contre l’orientation explicite de l’Autorité palestinienne. Ensuite pour des raisons politiques : la bataille que mènent les Palestiniens est une résistance légitime à une occupation illégitime, alors que le gouvernement israélien développe une stratégie de maintien d’une occupation et d’une colonisation illégales. Comparaison n’est certes pas raison, et Israël n’est évidemment ni le IIIe Reich, ni la France coloniale. Mais, pour prendre un exemple, durant la Seconde Guerre mondiale, les Alliés ont sûrement commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité — notamment lors des bombardements de Dresde ou a fortiori d’Hiroshima et de Nagasaki. La lutte contre le nazisme n’en était pas moins une guerre juste, et nul ne peut renvoyer les Alliés et l’Axe dos-à-dos. De même, durant la guerre de libération algérienne, le FLN a commis — comme l’armée française — des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité. Pourtant, sa revendication d’indépendance était tout à fait légitime. Enfin, même de manière limitée, le Congrès national africain (ANC) a eu aussi recours au terrorisme. Lors de ses négociations avec le pouvoir blanc, Nelson Mandela écrivait : « C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense. »


Boycott du colloque international sur le terrorisme de Paris

http://www.letempsdz.com/content/view/60547/177/

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Published by Vendémiaire/Nicolas Guilherme - dans France-Politique - société
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