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Le temps des cerises / Jean Lumière 

13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 22:57

par Jacques SAPIR

La suspension, probablement temporaire, du mouvement social qui s’est manifesté à travers l’opposition au projet de réforme des retraites du gouvernement ouvre ce que l’on peut appeler la « grande » année électorale. Désormais, il est clair que tous les acteurs vont avoir les yeux rivés sur les échéances de 2012. Cela ne signifie pas que tout se réduise à cette forme de lutte politique. Cependant, pour tenter de prolonger le mouvement social dans ce nouveau contexte il faut tirer les leçons de ce que nous venons de vivre depuis septembre, et se projeter au-delà.

 

Une victoire tactique et une défaite stratégique.

La première leçon est, incontestablement, que si le gouvernement a remporté une victoire tactique contre le mouvement social il l’a payée d’un prix exorbitant. Cette victoire pourrait se transformer en une défaite stratégique.

Nul ne peut contester que ce mouvement se soit soldé par une défaite tactique. La reprise du travail, dans le secteur pétrolier et dans les ports, le confirme. Cette défaite est en partie due à l’attitude des syndicats qui n’ont pas préparé les travailleurs à la brutalité de ce gouvernement et à l’emploi de la réquisition des travailleurs comme arme pour casser la grève. En dépit des discours des dirigeants syndicaux, il était évident qu’il y avait différentes stratégies à l’œuvre dans le mouvement. De ce point de vue, la CFDT apparaît bien comme le « maillon faible » du front syndical, comme cela fut constaté depuis 1995.

Cette défaite est aussi, pour partie, le produit du poids que commencent à exercer les échéances électorales sur l’opinion. Pourquoi entrer dans une grève longue, aux redoutables conséquences financières pour les travailleurs, quand on pense qu’un changement de majorité est très probable en 2012 ? Pourtant, cette défaite n’a pas entamé la combativité des salariés. En ce sens, le succès du gouvernement est purement tactique.

Tous les éléments qui permettent de penser que l’on est en présence d’une défaite stratégique du gouvernement et du Président sont en effet présents. Tout d’abord, la légitimité du mouvement est restée est restée très forte dans l’opinion, même vers la fin de ce dernier. Il est ainsi significatif que les acteurs politiques, de droite mais aussi de gauche, sortent affaiblis alors que l’image des syndicats est très largement positive.

Ensuite, l’usage de la force – les réquisitions de travailleurs – ont fait toucher du doigt à une génération de salariés la violence de la lutte des classes. Ce souvenir ne s’évanouira pas. Le sentiment d’une injustice profonde va rester, et avec ce dernier la volonté de prendre une revanche. Ici, c’est toute une nouvelle génération qui a fait l’expérience de la lutte collective.

Enfin, qui n’a pas constaté l’accumulation des rancoeurs et des griefs contre ce gouvernement et contre le Président ? La liste est longue qui va du bouclier fiscal aux retraites en passant par le népotisme assumé (l’affaire de Jean Sarkozy à l’EPAD) aux multiples preuves de collusion de ce pouvoir avec les plus riches. Ce qui s’est joué dans ce mouvement, c’est la transformation de l’image de Nicolas Sarkozy d’un Président « volontariste », courrant d’un incendie à l’autre avec des « solutions », à celle d’un Président qui parle mais n’agit pas. Sauf, bien entendu, quand il s’agit de défendre les intérêts d’une classe, voire d’une caste quand on considère le nombre réel des bénéficiaires de sa politique.

Il reste à analyser un élément important. À l’issue du mouvement, le discrédit ne touche pas que le Président et son camp mais il affecte aussi les principaux responsables du PS. Si près de 68% des Français ont une opinion défavorable de Nicolas Sarkozy, ils sont près de 55% pour Martine Aubry ; les autres dirigeant écopent de scores similaires. Pourtant, on a pu voir les différents ténors du PS participer aux manifestations, qui – elles – ont eu l’assentiment d’une large majorité des Français. D’où vient alors ce qui apparaît comme une incohérence ?

On peut penser que les Français reprochent en fait au PS l’incohérence de ses réponses. Ce ne sont pas les propositions faites au début du mois d’octobre sur le commerce international, la risible conversion au « juste échange » qui fut justement dénoncée par Laurent Pinsolle1, qui pourrait les faire changer d’avis. La régression sociale que nous connaissons depuis des années, et dont la réforme des retraites n’est que l’une des facettes, a trois causes : le libre-échange, la financiarisation de l’économie induite par le refus des contrôles des capitaux et le fonctionnement de la zone Euro. Un ancien du PS, passé au Parti de Gauche, Jacques Généreux pour ne pas le nommer, identifie nettement ces trois causes dans un ouvrage qui vient de sortir2.

À refuser de prendre à bras le corps les problèmes réels, à vouloir substituer l’accompagnement social (comme on parle d’un accompagnement thérapeutique) du néolibéralisme à la lutte pour la souveraineté et le progrès social, le PS a perdu lui aussi toute légitimité. Il en paye aujourd’hui le prix.

Tel est donc la situation alors que nous ne sommes plus qu’à quelque dix-huit mois de l’élection présidentielle et des élections législatives. La victoire sur le mouvement n’a fait que nourrir et renforcer l’esprit de résistance, quand ce n’est pas celui de vengeance, voire de haine, à l’égard du pouvoir. Mais, ceci ne profite nullement à l’adversaire prétendument naturel de ce dit pouvoir. Le PS a décidément trop partie liée au « système » pour prétendre représenter une véritable alternative. Il est cependant possible que, par défaut comme l’on dit en informatique, il finisse par profiter de cet état de fait. À moins que cette situation ne profite a un quelconque démagogue que les grands médias audio-visuels auront indirectement fait germer.

L’issue de la crise ouverte par le mouvement social, et que la victoire tactique du pouvoir n’a pas fermée, dépendra largement de la capacité à faire émerger une véritable alternative. 

De la nécessaire rupture et de ses risques de dévoiements.

Aujourd’hui plus que jamais, une rupture est nécessaire avec les politiques mises en œuvre à gauche comme à droite depuis le tournant de 1982-1983.

Nicolas Sarkozy s’était fait élire sur ce thème en le dévoyant totalement. Son échec est aujourd’hui patent. Ce ne sont pas les surenchères dans l’européisme ou l’atlantisme qui arriveront à le masquer.

La rupture est nécessaire pour éviter le piège de la déflation européenne qu’organisent tant les apôtres de l’équilibre budgétaire que les partisans d’une gouvernance européenne qui se réduirait à un contrôle sur les dépenses. Or, on sait bien que le plein-emploi et la première des variables en ordre d’importance pour l’équilibre du régime des retraites. Toute politique de déflation nous condamne à répéter le scénario dit de la « réforme ». Ajoutons, ensuite, qu’il y a une grande malhonnêteté à utiliser l’argument de « l’allongement de la durée de vie moyenne ». Compte tenu des différences suivant les catégories socioprofessionnelles la moyenne ici n’a guère de signification autre que mathématique. L’espérance de vie médiane serait un critère déjà plus réaliste. Au-delà, il faudrait ajuster l’age de départ aux conditions de pénibilité telles qu’elles se reflètent dans l'espérance de vie par profession, voire par métier. Telle est le sens de la revendication des syndicats sur la pénibilité, à laquelle le gouvernement a répondu de manière stupide par la notion de « handicap », ce qui ne peut que provoquer une montée des pressions sur les médecins pour accorder les taux de « handicap » requis. Notons encore que ainsi on va créer un nombre important de maladies psychosomatiques, qui viendront s’ajouter à celles déjà provoquées par le stress au travail. Quand on sait que dans des pays aux structures relativement comparables à celles de la France (Suède et Suisse) le coût de ces maladies (dites stress-induites) est de l’ordre de 3% du PIB, on voit que l’on a fait que déplacer le problème du déficit d’une caisse à l’autre.

La véritable rupture consisterait à mettre en place des écluses au niveau des échanges, qu’il s’agisse des doits de douane pour les pays hors UE ou de montants compensatoires pour certains des pays de l’UE, afin de compenser les écarts entre les niveaux de productivité et ceux des salaires globaux (en y incluant les charges). Le libre-échange ne fait qu’organiser la concurrence entre salariés, et entre systèmes sociaux dans le sens du « moins coûtant, moins disant » alors que la véritable concurrence devrait être celle entre les projets entrepreneuriaux. Elle s’accompagnerait du retour à un système de contrôle des capitaux, afin d’éviter les pratiques de concurrence fiscale et l’extension de la financiarisation. Elle se complèterait, pour les pays de la zone Euro, de la prise en compte de la différence des régimes d’inflation structurelle, ce qui nous conduirait à passer de la monnaie unique à la monnaie commune, et au retour à la souveraineté monétaire, protégée par le contrôle des capitaux mais réglementée par une coordination propre justement au régime de la monnaie commune.

Ces mesures ne constitueraient que le début d’une chaîne, une condition nécessaire mais pas encore suffisante, dont la cohérence ne serait atteinte qu’avec un accroissement des investissements dans le domaine des services publics et des biens collectifs et une véritable politique industrielle menée ici encore dans le cadre d’une coopération interétatique. Il faudrait alors suspendre et réviser une partie des directives européennes.

Notons ici qu’en l’absence de mécanismes organisant l’expulsion d’un contrevenant hors de la zone Euro ou de l’Union Européenne, un gouvernement résolu à la rupture disposerait de marges de manœuvres importantes. Quand on dit «on ne peut pas », c’est en réalité qu’on ne veut pas.

Cependant, il est clair qu’en l’absence d’une alternative clairement constituée, les risques de dévoiements dans de fausses ruptures sont aujourd’hui importants. Pour ne donner qu’un exemple, l’élection d’un Dominique Strauss-Kahn avec son auréole de directeur du FMI serait le type même de « fausse rupture ». La menace de cette candidature, dont on voit bien qu’elle commence dès à présent à être orchestrée dans la presse, est bien réelle. Ceci ne ferait que consolider les tendances déflationnistes actuelles. La pression exercée par les grands médias audiovisuels est importante. Elle crée l’équivalent du « framing effect » ou « effet de contexte » qui amène, inconsciemment, les individus à changer l’ordre de leurs préférences et, de cette manière indirecte, conditionne leur choix3.

Il y a deux façons de se prémunir contre pareil dévoiement. La première consiste à ce que les partis de la gauche de la Gauche expriment publiquement leurs réticences contre la présence parmi les candidats d’un homme qui a présidé à une organisation coupable de répandre la misère et le dénuement dans bien des pays. Dans la mesure où, pour être élu, il faudrait à notre possible candidat rassembler toutes les voix de gauche, une pression même marginale est capable de le faire réfléchir. Cependant, pareille démarche ne saurait être répétée systématiquement sous peine de perdre de sa crédibilité et par là de son efficacité. La seconde façon consiste à constituer dès à présent et sur la base de la mobilisation que l’on vient de connaître, des Comités d’Action et de Résistance. Largement ouverts à tous les participants du mouvement social, délibérément unitaires, ces comités pourraient être des structures ayant trois fonctions. Elles permettraient tout à la fois de sortir militants et sympathisants de leur isolement qui les rend vulnérables aux campagnes d’opinion et au « framing effect », de continuer à faire vivre la mobilisation en ces longs dix-huit mois qui précèdent les élections, enfin de servir de caisse de résonance pour la préparation de nouveaux combats.

Ces Comités d’Action et de Résistance peuvent être le moyen de garantir que la nécessaire rupture ne sera pas dévoyée. Ils seraient la meilleure réponse à apporter à la victoire tactique du pouvoir en indiquant que les salariés sont en mesure d’inscrire leur protestation dans la durée. 

Légitimité, Légalité et Démocratie à l’épreuve.

L’une des leçons les plus claires que l’on puisse tirer du mouvement social de ces dernières semaines est qu’il a bénéficié d’une très forte légitimité, chose qui va de pair avec le discrédit qui frappe une bonne partie des élites politiques. Le gouvernement et le Président ont voulu opposer à cela la légitimité qu’ils tirent de l’élection. Le conflit de légitimité ne saurait pourtant exister que dans la tête de quelques-uns. Il relève en fait de l’ignorance dans laquelle se trouvent nombre de commentateurs.

L’élection ne garantit pas en effet la légitimité pour la totalité du mandat, ainsi que le prétendent tant les portes paroles du gouvernement que ceux du Président. Ceci revient à oublier, ou à ignorer, la différence qui existe entre le « Tyrannus absque titulo » et le « Tyrannus ab exertitio ».

Dans le premier cas, on appelle « Tyran », ou frappé d’illégitimité, celui qui arrive au pouvoir par des voies injustes. Ceci n’est pas le cas du pouvoir actuel et nul n’a contesté les élections tant présidentielles que législatives, ni leurs résultats. Mais, et l’on voit ici que la légitimité ne se confond pas avec la légalité, nous avons un second type de « Tyran », celui qui est « arrivé au pouvoir par des voies justes commet des actes injustes ». Tel est le cas devant auquel nous sommes confrontés aujourd’hui.

De fait, et exprimés en termes modernes, ceci revient à dire qu’un candidat ne saurait à la veille de son élection tout prévoir et faire des promesses couvrant la totalité du champ des possibles. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le législateur a, fort justement, proscrit le mandat impératif. Quand le candidat désormais élu doit faire face à des éléments imprévus, ou doit prendre des décisions par rapport auxquelles il ne s’est engagé que de manière très vague, il doit nécessairement faire la preuve de nouveau de sa légitimité et ne saurait la tenir pour acquise du simple fait de son élection.

Or, nous avons typiquement sur la question des retraites un débat sur la « justice », qui renvoie aux principes mêmes de notre Constitution, tels qu’ils sont exprimés dans son préambule. Notons, d’ailleurs, que ce débat fut précédé par quelques autres, qui ne plaidaient pas franchement pour le gouvernement.

En cherchant à passer « en force », en refusant le débat sur le fond, le pouvoir a été contraint d’exercer des moyens qui, étant dès lors dépourvu de légitimité, sont devenus par eux-mêmes des facteurs de trouble et de désordres. Il se propose désormais de doubler la mise en jetant en chantier le projet d’un nouveau traité européen qui sera probablement appelé à être ratifié en contrebande par des majorités de circonstance.

La constitution de ce pouvoir en « Tyrannus ab exertitio » se révèle dans ses actes présents comme dans ses desseins futurs.

Ceci ne fait que révéler la crise de la Démocratie que nous vivons de manière particulièrement intense depuis 2005 et qui s’est révélée au grand jour par l’abstention phénoménale lors des élections européennes. Dans une telle situation, les trajectoires que peuvent décrire les mouvements sociaux dépassent, et de très loin, leurs objectifs immédiats. Certains ont remarqué la dimension « anti-Sarkozy » qu’avait revêtue le mouvement. Mais nul ne s’est interrogé sur son origine. Dans ce mouvement s’est exprimée très profondément l’illégitimité du pouvoir et le refus de cette illégitimité par le peuple.

La Tyrannie appelle alors la Dictature. Ce mot ne doit pas être ici entendu dans son sens vulgaire, qui en fait un synonyme du premier, mais bien dans son sens savant. La Dictature est en effet une partie intégrante de la Démocratie. Il s’agit de la fusion temporaire des trois pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) dans le but de rétablir les principes de la Démocratie. C’est bien un pouvoir d’exception, mais dans le cadre des principes de l’ordre démocratique.

Il faut donc poser la question de savoir si, pour rétablir la Démocratie et par là la souveraineté du peuple, compte tenu des dérives que nous connaissons depuis certaines années, il ne nous faudra pas en passer par l’exercice de la Dictature. Cette dernière n’aurait alors pas d’autres buts que de rétablir dans son intégralité les principes de notre Constitution, tels qu’ils sont inscrits dans son préambule où l’on affirme le principe d’une République sociale. Quand j’ai évoqué, il y a quelques semaines, la possibilité de gouverner par l’article 16 pour mettre entre parenthèses certains des traités qui font obstacle à l’accomplissement des principes contenus dans le préambule de notre Constitution, je ne pensais pas à autre chose.

Il est certes possible que l’on puisse éviter encore d’y avoir recours, et que l’on puisse sauver notre démocratie si malade et si mal traitée. Mais, ce sera par la combinaison des formes actuelles avec une organisation permanente d’une partie de la population dans les Comités d’Action et de Résistance et par le recours, sur des questions précises et avec un libellé clair, au référendum.

Cependant, plus nous avançons et nous éloignons des principes de la Démocratie et plus la Dictature apparaîtra comme la seule issue qui nous reste possible. Tel est, aussi, l’enjeu de ces dix-huit mois qui nous séparent des échéances électorales de 2012.

Jacques SAPIR

Directeur d’études à l’EHESS

03 novembre 2010

 

1 L. Pinsolle, « Le juste échange du PS : un alibi », sur Marianne 2, le 10 octobre 2010.

2 J. Généreux, La Grande Régression, Le Seuil, Paris, 2010.

3 Les lecteurs trouveront l’explication des mécanismes du « framing effect » dans J. Sapir, Quelle économie pour le XXIè siècle, Odile Jacob, Paris, 2005, chapitre I.

 

http://www.lafauteadiderot.net/

http://vendemiaire.over-blog.org

 

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 15:51

jeudi 11 novembre 2010, par Comité Valmy

 

Monsieur André GERIN attire l’attention de M. le ministre de la défense sur les traités de partenariat qui viennent d’être conclus avec la Grande-Bretagne.

Il s’agit de la création d’une « force expéditionnaire conjointe » de plusieurs milliers d’hommes, mobilisable pour des opérations extérieures bilatérales ou sous drapeaux de l’OTAN, de l’ONU ou de l’Union européenne.

S’il est rappelé que chacune des nations contractantes demeure libre de ses choix, nous sommes en droit de nous demander de quels types d’opérations extérieures il peut s’agir.

Nul n’ignore les approches géostratégiques différentes de la Grande-Bretagne et de notre pays. Nos voisins d’Outre-Manche se sont ainsi engagés sans réserve aux côtés des Etats-Unis pour conduire la guerre en Irak, sous des prétextes initiaux – la présence d’armes de destructions massives – aujourd’hui démentis. La France non seulement ne s’est pas rangée aux côtés de cette coalition mais a combattu à l’ONU cette décision de guerre.

Certes notre pays a rejoint le commandement intégré de l’OTAN en rupture avec tout ce qui avait fondé sa stratégie originale et sa vision du monde.

Ces accords de défense avec la Grande-Bretagne font craindre des allégeances encore plus grandes à l’égard de l’OTAN et des Etats-Unis, l’engagement de notre pays dans des aventures militaires que nous avons jusqu’à présent combattues. Le maintien de notre présence en Afghanistan est un exemple de cette dérive.

En plus de la force conjointe, Paris et Londres partageront, à partir de 2020, leurs deux porte-avions afin de permettre à l’un des pays d’opérer à partir du navire de son voisin, ce qui revient à dire que nous serions susceptibles d’intervenir, par la mise à disposition du Charles de Gaulle, dans des opérations où nos forces ne seraient pas engagées et que nous pourrions ne pas approuver.

Plus grave encore est le second traité concernant la coopération technologique sur le nucléaire militaire. La France va ainsi permettre aux Britanniques de vérifier l’état des matières destinées à leurs ogives en leur offrant l’accès aux technologies du site de Valduc en Bourgogne, rattaché à la direction des applications militaires du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). De la matière fissile sera ainsi transportée au Royaume-Uni vers Valduc pour y être testée, soumise à des simulations, puis rapatriée. Un centre de recherche sera en parallèle ouvert aux spécialistes des deux pays, dans le Sud-Est de l’Angleterre.

Il serait infiniment plus souhaitable que la coopération se déploie en vue du désarmement nucléaire et non d’un renforcement de l’arsenal.

L’inquiétude est d’autant plus vive que, comme dans le domaine conventionnel, la France et la Grande-Bretagne, cette dernière dépendante des Etats-Unis, n’ont pas les mêmes approches du rôle et de la place de l’armement nucléaire dans leur stratégie de défense.

Nous apprêtons donc à opérer des transferts de technologies dont nous ne maîtrisons pas les éventuelles finalités d’utilisation.

Le député demande à M. le ministre de la défense de lui préciser le contenu de ces accords qui seront, au final, au nombre de dix sept, et de prévoir un débat au Parlement sur ce sujet.


Source : Le blog de la section d’Hénin-Beaumont du PCF

 

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 19:18

aaa Vendemiaire 2010 drapeauLes banques, les organismes de crédit et les assureurs privés peuvent se frotter les mains. Ce sont eux qui vont directement profiter du nouveau coup porté contre nos retraites. Mais à l’issue de l’épreuve de force avec le mouvement syndical, le gouvernement broie du noir. Sous couvert d’anonymat, les ministres se lamentent. Pour l’un, « cela laisse des traces, mêmes des brûlures ». Un autre met en garde le président de ne pas « survendre » le remaniement gouvernemental, de ne pas « créer des attentes » qui ne pourront pas être satisfaites. La même morosité s’exprime dans les journaux et dans les médias en général.

L’explication de ce paradoxe réside dans le fait qu’indépendamment de son résultat immédiat, la lutte contre la réforme des retraites a montré l’existence d’une hostilité profonde, dans le pays, non seulement à l’égard du gouvernement, mais aussi à l’encontre des innombrables injustices et humiliations que les « petits » de ce monde se voient infligés par les « grands ». Ce n’est pas pour rien que les représentants de ce système saluent arton1501.jpgunanimement la « responsabilité » et la « modération » des directions syndicales. Les capitalistes, les ministres, Sarkozy, tous savent bien que sans cette modération des directions confédérales, la colère et la haine populaires accumulées auraient pu trouver une expression encore plus massive et puissante. C’est comme si la classe capitaliste se disait : « Encore quelques victoires comme celle-là, et nous sommes tous perdus ! »

Désormais, la France est entrée dans une phase d’instabilité et de troubles profonds. Sarkozy navigue à vue, passant d’un expédient à un autre, à la recherche d’un « nouveau souffle » – en vain. A défaut de solutions, il se rabat sur des diversions, comme l’attaque contre les Roms, ou, plus récemment, la menace terroriste. Mais ni lui ni personne ne peut résoudre le problème de fond. Le capitalisme a épuisé son rôle historique. Il a fait son temps. Nous en sommes arrivés au point où le mode de production capitaliste s’avère incapable de développer l’économie et d’élever la société à de nouvelles hauteurs. Au contraire, il impose le rabaissement de tout ce qui rendait la vie tolérable à la masse de la population, non seulement du fait de la politique gouvernementale, mais aussi et surtout par les mécanismes de l’économie capitaliste, que personne ne contrôle.

Les travailleurs ne demandent pas la lune. Ils sont, d’habitude, extrêmement « modérés ». Ils acceptent de porter sur leur dos toute cette classe de parasites riches, arrogants et méprisants – à condition, en retour, de pouvoir vivre décemment, sans craindre pour leur avenir, avec la possibilité d’éduquer leurs enfants, de se soigner quand ils tombent malades, de conserver leur emploi, et de profiter encore de la vie à la retraite, à l’abri des difficultés matérielles. Tant que ces conditions sont remplies, la plupart des travailleurs ne s’occupent pas trop de politique. Mais avec chaque année qui passe, ces conditions sont de moins en moins réunies. Le capitalisme est incompatible avec tout ce que nombre de travailleurs considéraient comme des acquis définitifs de la civilisation. Et les grandes luttes de ces derniers mois prouvent qu’ils commencent à s’en rendre compte. La classe dirigeante a donc raison de s’inquiéter, car c’est ainsi que se préparent les révolutions.

Nous devons assimiler l’expérience que nous venons de vivre. Est-il encore possible de croire en l’efficacité de journées d’action intermittentes ou de grèves disparates ? Lors des prochaines épreuves, il faudra organiser et coordonner le mouvement à l’échelle nationale – et faire appel à la solidarité internationale, également – pour accroître l’impact de la mobilisation. Parallèlement à la discussion sur les questions stratégiques et organisationnelles, les militants syndicaux et les militants du PCF, en particulier, devront se concentrer sur la question du programme qui permettra de porter un coup décisif aux capitalistes. Jusqu’à présent, dans tous les domaines, les travailleurs se trouvent confrontés à des choix terribles, ou plus exactement à un chantage abject : soit ils acceptent de se serrer la ceinture, soit ils subissent des pertes plus graves encore. C’est le choix qui a été imposé aux travailleurs de Continental. C’est le choix qui se pose lors de toutes les menaces de fermeture ou de délocalisation. Dans la propagande gouvernementale, c’est le choix qui justifiait la dégradation des retraites.

Plutôt que d’être sur la défensive, de subir les attaques de nos ennemis, nous devons passer à l’offensive. Cela implique de nous armer d’un programme qui fasse peur aux capitalistes, qui représente une menace pour leurs intérêts vitaux. Les capitalistes, dont les intérêts façonnent la politique de Sarkozy, sont après tout peu nombreux. Ils représentent une petite minorité. Mais ils sont puissants parce qu’ils sont les propriétaires des banques, de l’industrie et de la grande distribution. Le programme offensif dont nous avons besoin doit se fixer comme objectif l’expropriation des capitalistes et la transformation de leur propriété en biens publics. La nationalisation des banques et des secteurs clés de l’économie mettrait fin au pouvoir capitaliste et permettrait aux travailleurs de ce pays d’utiliser ses richesses et ses ressources économiques pour le bien commun.

 

La Riposte

Editorial du n°54 mercredi 10 novembre 2010

 

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 11:19

 mercredi 10 novembre 2010

 degaulleottawa_1944.jpg

 

Charles De Gaulle - Ottawa 1944


En ce mois de novembre 2010, après une période marquée par une très forte et légitime contestation sociale et politique contre le pouvoir en place et son idéologie ultralibérale, des commémorations officielles vont venir rappeler au peuple français, à l’ occasion du 40e anniversaire de la mort du général de Gaulle, la figure historique d’un héros national qui fut aussi un rebelle et un résistant farouche et qui sut incarner une « certaine idée de la France », aujourd’hui totalement reniée par nos dirigeants, lesquels détruisent méthodiquement tout ce qui constitue son héritage politique, social, diplomatique et moral.

Ces commémorations, le pouvoir politique s’efforcera de leur donner un caractère anodin, passe-partout, faussement laudateur, abusivement récupérateur et totalement hypocrite. Il s’agira surtout d’enterrer sous des fleurs le dangereux précédent de contestation d’un homme qui a su dire non à la fatalité historique et incarner tout au long de sa carrière publique un combat pour la libération et l’émancipation des peuples à commencer par le nôtre.

Le ministre Éric Woerth n est-il pas allé jusqu’à oser affirmer sans la moindre honte que la pseudo reforme des retraites, inacceptable régression sociale imposée a la hussarde aux Français contre leur volonté, est une « réforme gaulliste » !

Comme beaucoup d hommes de gauche, qui reprochèrent longtemps au général de Gaulle les conditions de son retour au pouvoir en 1958, l’historien Marc Ferro, avec le recul du temps, reconnaît aujourd’hui les immenses mérites historiques de l’Homme du 18 Juin, en comparaison avec la triste période que nous traversons actuellement. La conclusion de son dernier livre « de Gaulle expliqué aujourd’hui » est significative de ce que représente en 2010 le symbole de Gaulle pour tout citoyen français, épris de progrès, de liberté, d’égalité, de fraternité et de justice sociale :

« Homme politique intègre - comme il en est peu -, de Gaulle disait volontiers qu’il n’avait qu’un ennemi, l’argent. Et de fait, c’est lorsqu’il en a menacé les gestionnaires en parlant de Participation que la coalition de ses défenseurs l’a abattu.

Pouvait-il imaginer que, décennie après décennie, une fois qu il serait parti, au nom de la rentabilité, on détruirait peu a peu les travaux et les jours de cette République dont, au nom de l’État, il avait voulu être le meilleur défenseur ? »

Autre témoignage remarquable d’un écrivain totalement à l’écart du monde politique, celui d’Olivier Germain-Thomas, grand spécialiste de la culture indienne, qui expliquait avec une rare pertinence dans le No 161 de la revue Espoir, quelle influence de Gaulle avait eu dans sa manière de voir le monde : « Grâce à de Gaulle, j’avais compris que la « vraie révolution » devait s’appuyer sur les valeurs nationales à condition qu’elles restent ouvertes au sens de l’universel qui est le plus bel apanage de la France. Intégrer la nécessite de la révolte, si la dignité et la liberté sont en jeu, porter une idée élevée de la nation, rendent ensuite aisés les dialogues avec les autres cultures ou l’on constate en parcourant les routes de la terre qu’il n’y a d’universalité féconde qu’à partir d’une solide base : celles de ses racines. Si un tel modèle, ajouté à d’autres, permet un regard lucide sur les moteurs réels de l’histoire, il est également une « source d’ardeurs nouvelles » (Ch. de Gaulle) afin de perpétuer l’élan inauguré le 18 Juin. Devant l’état lamentable du monde, soumis aux puissances mortifères de l’argent, il est nécessaire que la France s élève avec toute son énergie pour faire entendre ce « Non » de dignité et d’espoir lancé dans la solitude d’un petit bureau de Londres.

Une révolution, si possible, pacifique est aujourd’hui nécessaire pour rendre sa souveraineté, aujourd’hui confisquée, au peuple, et arracher le pouvoir à une oligarchie qui colonise l’État pour mieux le détruire avec l’aide de l’Union Européenne, selon les principes de la mondialisation libérale. Cette révolution doit se faire d’abord dans les consciences puis dans les urnes avec 2012 pour objectif.

Dans ce combat d’intérêt général pour changer le monde, Charles de Gaulle peut être une source d inspiration pour chacun d entre nous comme il le fut pour Fidel Castro, Hugo Chavez et Yasser Arafat .


Le 9 novembre 2010

Gilles Bachelier, Collectif national gaulliste de gauche ;

Geneviève Blache, Résistance et Renouveau gaulliste ;

François de la Chevalerie, membre de la Fondation Charles de Gaulle ;

Etienne Tarride, Collectif national gaulliste de gauche ;

Alain Corvez, Résistance et Renouveau gaulliste ;

Paul Violet, Collectif national gaulliste de gauche ;

Philippe Lecreux, Comité Valmy ;

Jean Yves Crevel, Comité Valmy ;

Denis Griesmar, Comité Valmy.


Publié par Comité Valmy

 

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 23:05

Les franchises sur les boîtes de médicaments (0,5 euros par boîte) ou sur les transports sanitaires (2 euros) mises en place au 1er janvier 2008 n’a apparemment pas eu de grands effets : 12 % seulement des des patients disent avoir modifié leur comportement indique l’Irdes dans sa lettre Questions d’économie de la santé.

Mais ce sont les malades les plus modestes, sans surprise, qui ont baissé leur consommation de médicaments. Car ces charges s’appliquant à tous (avec un plafond de 50 euros par an), sans distinction de revenus. Elles sont doncrelativement bien plus lourdes pour les familles disposant de faibles revenus. Et la pression est plus forte encore sur les patients pauvres souffrant d’affections chroniques.

Ainsi, 14,3 % des personnes disposant de moins de 870 euros par mois ont revu leur consommation à la baisse contre 8,4 % de celles qui disposent de plus de 1997 euros mensuels.

Sur les 12 % des patients qui ont modifié leur comportement, 64 % ont renoncé à acheter une partie des médicaments prescrits, 33,5 % ont repoussé cet achat, 13,5 % sont, par exemple, passés à l’automédication, 28 % ont demandé à leur médecin de modifier à la baisse les prescriptions.

Selon l’Irdes, « cet effet semble indiquer une perte d’accès aux soins : les individus en mauvaise santé ont a priori un fort besoin de médicaments mais sont obligés de renoncer à certains d’entre eux en raison du cumul important de franchises ».

www.irdes.fr/

 publié par Viva http://www.viva.presse.fr/Les-franchises-ont-reduit-la_14427.html

 

 

 

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 21:06

Premier coup dur, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (Plfss) reprend la proposition d’une baisse de remboursement, de 35 % à 30 %, pour les médicaments dont le service médical rendu (Smr) est jugé « modéré » (vignette bleue). Une décision dont les effets pour les patients s’ajouteront au déremboursement déjà intervenu en avril dernier, avec la baisse du remboursement à 15 % de quelque 150 médicaments (vignette orange). Les patients devront également faire face à l’augmentation du ticket modérateur (le reste à charge pour l’assuré social) dans les hôpitaux. L’assuré paye aujourd’hui 20 % des actes, dans la limite de 91 euros. Ce seuil sera relevé à 120 euros.

Autres sources d’économies  : la création d’un forfait de remboursement pour les dispositifs d’autocontrôle du diabète non insulinodépendant, la fin de la prise en charge systématique des dépenses de transports pour les patients en affection de longue durée (Ald), la sortie de l’Ald pour les personnes atteintes d’hypertension artérielle non compliquée… Ces mesures d’économies supplémentaires reprennent la quasi-totalité des annonces distillées depuis la rentrée. Les baisses des tarifs de spécialistes (radiologues et biologistes) sont confirmées, comme les baisses de prix de médicaments. 860 millions ­devraient être économisés sur ces chapitres. Seule l’augmentation, un temps envisagée, du ticket modérateur de certaines consultations (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes) n’a pas été retenue. Le gouvernement voulait baisser la prise en charge d’une consultation de 70 % à 69,5 %. Mais cela aurait entraîné de lourds problèmes techniques, pour des économies limitées. Sans même parler de la levée de boucliers des associations de patients et des mutuelles.

Les mutuelles s’insurgent

Les mutuelles ont d’ailleurs vivement dénoncé l’instauration d’une «  taxe sur les conventions d’assurance (Tca)  » par ce Plfss (voir Viva d’octobre 2010). Pour la Fédération des mutuelles de France, cette taxe qui s’ajoute «  à celles de la Cmu et de la grippe  » va rendre «  l’accès à des soins de qualité encore plus difficile  ». Ce que Jean-Pierre Davant, président de la Mutualité française, confirme. «  Derrière les répercussions tarifaires pour les assurés, c’est l’accès au système de soins qui est en jeu  », a-t-il déclaré, nombre de personnes ne pouvant plus assumer le coût d’une complémentaire. Actuellement en fin de parcours au Parlement, le Plfss 2011 prévoit un déficit de la Sécu, toutes branches confondues, de 21,4 milliards d’euros l’an prochain, contre 23,1 milliards en 2010. La croissance de l’Objectif national de dépenses d’assurance-maladie (Ondam) est fixée à 2,9 %.

 

 Publié par Viva http://www.viva.presse.fr/Secu-les-assures-passent-a-la_14409.html

 

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 19:31

Communiqué de presse

 

« LE MEILLEUR DES MONDES»

 

 

L’ensemble des associations suivantes :

 

A DIRE D’ELLES (France), ANTIPEDO ANTICRIMINEL, COLLECTIF INCESTE (BORDEAUX - France), LE DROIT DES ENFANTS (Belgique), ÎLOT DE BIEN ÊTRE (Liège, Belgique), LE MONDE A TRAVERS UN REGARD (France), NO HUMAN TOYS (France), « Parents d'Enfants Disparus ou Assassinés » (groupe restant actif des Comités Blancs Belges), SOS LES MAMANS (France)

 

rassemblent des victimes et ex-victimes du viol et de l’inceste.

 

Le but des associations est de contribuer à remédier aux lacunes de l’ensemble des services de santé nationaux et de procurer aux victimes un lien de contacts, d’aide et d’informations primordiales à la survie de leurs protégé(e)s. Ces victimes, en effet (80% d’agressions sexuelles dans le milieu familial ou entourage proche), se trouvent dans la majorité des cas complètement abandonnées à elles-mêmes alors qu’elles souffrent d’une profonde désorientation personnelle et sociale quel que soit leur âge au moment de leur prise de conscience du ou des viols répétés subis dans la période de la petite enfance, de la pré adolescence ou de l’adolescence.

 

Il s’agit d’un devoir urgent pour nous d’avertir le public en général sur le fait que des abus, viols ou crime d’inceste sont maintenant considérés par les spécialistes en victimologie comme « meurtres psychiques» : dans la majorité des cas (sauf prise en charge immédiate et correcte de l’enfant victime), la personne survivante ne pourra plus s’épanouir dans des liens affectifs et/ou professionnels considérés comme « normaux» avec la société. La grande majorité de ces enfants souffriront toute leur vie d’énormes difficultés relationnelles, affectives, identitaires. Ils seront en plus accablés de maux qui peuvent aller des maladies chroniques du système digestif jusqu’à la maladie mentale en passant par d’autres lésions de type structurel s’appliquant au squelette, aux fonctions de l’équilibre ou au système nerveux. La grande majorité d’entre eux souffriront tôt ou tard d’une profonde dépression qui peut devenir chronique.

 

Un problème majeur dans le parcours des victimes et dans les options de soins qui leur sont offertes, réside dans le déni de leur vécu, soit l’oubli réalisé par la mémoire dans le but de pouvoir s’adapter malgré tout au quotidien (homéostasie). Ces personnes sans aide peuvent devenir irrémédiablement caractérielles et ne plus jamais trouver à s’insérer dans des fonctions professionnelles pour lesquelles elles auront été éventuellement formées; elles peuvent tout aussi bien sombrer dans l’errance, se déconnecter de tout lien affectif et tomber dans la prostitution ou devenir SDF, soit encore se mutiler systématiquement ou chercher avec détermination à se suicider. L’alcool et la drogue sont hélas aussi des subterfuges qu’elles utilisent souvent pour s’évader de leurs tourments intérieurs.

Le public doit comprendre qu’un enfant est rarement abusé une seule fois : le prédateur en effet manipule et s’approprie la personnalité de l’enfant dans la fascination que la domination lui apporte et, s’il a violé pour la première fois, il se grise alors de ce nouveau pouvoir et reviendra toujours, plus tôt ou plus tard, se repaître de ce nouveau vice.

 

La société traditionnelle, longtemps ignorante de ces conséquences pathologiques, a toujours minimisé la mesure de ces crimes sur les enfants. Ainsi, encore aujourd’hui, les infrastructures de nos Institutions ne sont pas adaptées et ce type de criminalité est souvent protégé.

Le recours principal pour un enfant victime est l’écoute totalement confiante, progressive et continue de sa parole, malgré les contradictions qui peuvent apparaître : l’enfant, de lui seul, ne fabule jamais sur ces thèmes car son innocence l’empêche d’accéder à une connaissance aussi approfondie du vice sexuel. Néanmoins, il capte vite la honte sociale qui entoure ces faits et il peut rapidement sombrer dans une culpabilité ruineuse et définitive qui renforcera le mystère mais également le pouvoir et l’impunité des prédateurs.

 

Tous ces éléments contribuent à définir les actes de pédophilie comme des crimes lourds perpétrés sur ces enfants victimes qu’on définissait jusque il y a peu comme enfants « pervertis» car l’érotisation créée chez eux faisait penser aux adultes que l’enfant était vicieux et qu’il cherchait ou provoquait des occasions de rencontre…

 

UN ENFANT N’EST JAMAIS UN PARTENAIRE SEXUEL POUR UN ADULTE !!

Jusque l’âge de 17 ans pour l’adolescent, l’adulte est tenu de garder sa réserve sous peine de poursuites judiciaires (éphèbophilie).

La propriété de son corps revient toujours et absolument à l’enfant ou à l’adolescent, tout autant que doivent être préservées toutes ses chances à l’épanouissement personnel : un enfant est un trésor qu’il ne faut pas ternir car « l’Enfance est le sol sur lequel nous marchons toute notre vie». (Lya Luft)

 

Ce communiqué a été rédigé en approbation collective en juillet 2010.

 

Liste des signataires qui s’associent volontairement à ce texte pour dénoncer :

 

Sandrine Apers (France), Richard Badoc (France), Brigitha Ballet (Suisse allemande), Patricia Bayle Duffieux (France), Yveline Bergé (France), Henri Chartier (Belgique), Sylvie Chiousse (France), Noémi Clavières (France), Adeline Daugé (France), Chantal Debucquois (Belgique), Louis De Jonghe d’Ardoÿe (Belgique), Marie-Hélène Delteil (France), Maritée Demers (Québec Ca), Richard Destrez (France), Laurence Dréano (France), Pascale Evieux (France), Csilla Felfoldi (Belgique), Aude Fiévet (France), Antonietta Fiorillo (France), Véronique Galluzzi (France), Jessica Harbon (France), Carine Hutsebaut (Belgique), Aimée Ingeveld (Belgique), Victor Khagan (Belgique – Espagne), Danielle Lachance (Canada Québec), Béatrice Lefrancq (Belgique), Anne Lemaire (Portugal), François Louboff (France), Patricia Massari (France), Micaëlla Moran (France), Patricia Perez (France), Amelia Piñero (Suisse), Katya Prédine (France), Pascal Roucour (Belgique), Marie Rousseau (France), Cé Roustide (France), Jenny Ann Rydberg (France), SAETA (Alfredo Hernando – Espagne), Muriel Salmona (France), Christine Slimani (France), Jean Wathelet (Belgique), liste actualisée.

 

 

Pour la rédaction, la publication et les réactions :

Victor KHAGAN victorkhagan@yahoo.com

Novembre 2010

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 17:33

par Jean Lévy

Par millions, les salariés ont arpenté, par sept fois, les rues de nos villes. Ils ont crié, haut et fort, leur colère face au hold-up contre leur droit à une retraite à 60 ans – un repos pourtant bien gagné.

Dans plus de 250 villes, dans tous les départements, des foules, chaque fois fidèles aux rendez-vous, ont scandé leur attachement à une vie libre attendue après une vie de travail de plus en plus harassante. Les rues vibraient de la détermination populaire de s’opposer à une réforme qui s’inscrit dans une offensive généralisée. Une offensive qui vise en réalité toutes les conquêtes sociales arrachées par une lutte permanente, menée tout au long du XXème siècle.

Car la rage ouvrière dépassait largement la seule question des retraites.

Le chômage qui brise les vies ; les « petits boulots » qui vous interdisent toutes perspective et tous projets ; les salaires au pouvoir d’achat dramatiquement réduit depuis trois décennies ; la santé menacée sur les lieux de travail par des cadences inhumaines ; le droit de se soigner revu fois à la baisse ; des hôpitaux conçus pour être d’abord rentables ; le bagne dans l’entreprise, où le patron fait régner la terreur sur les salariés, privés de tout droit de se défendre – tout concourt à générer l’angoisse et la colère.

D’où les manifestations massives se succédant depuis début septembre et l’embrasement d’un peuple, solidaire des révoltes, quand il ne peut y participer.

Mais, au-delà des manifestations, débordant les mots d’ordre confédéraux, le nouveau de cette immense bataille sociale, ce sont les multiples initiatives prises « à la base », les barrages sur les routes, autour des raffineries, bloquant ports et dépôts de marchandises, les « actions coup de poing » de collectifs de salariés en lutte, des coordinations qui maintiennent la pression du nord au midi, hors de directives des centrales syndicales.

Les grèves professionnelles ont peut-être cessé, mais l’action démultipliée, qui se poursuit, démontre que la très grande mobilisation populaire continue sous d’autres formes.

Mais une question se pose :

pourquoi les mouvements de septembre-octobre, d’une telle ampleur, n’ont-ils pas débouché sur une victoire sociale ?

La raison en est simple : les confédérations, dont la CGT, et les partis qui se revendiquent de la « gauche », qui disent soutenir les salariés mobilisés, ont tout fait pour restreindre la cible, au-delà d’un simple aménagement d’un texte, seulement qualifié « d’injuste », au seul pouvoir politique en place, à Nicolas Sarkozy personnellement, et à son gouvernement. En jouant du naturel réflexe des colères accumulées contre l’hôte de l’Élysée.

Mais l’offensive antisociale n’est-elle qu « hexagonale », ne touche-t-elle que la France ? Bien sûr que non. De Madrid comme de Rome, de Lisbonne comme de Bruxelles, de Lisbonne ou d’Athènes montent les mêmes clameurs des travailleurs contre les plans d’austérité mis en place dans les 27 Etats de l’Union européenne.

Rien d’étrange à cette concordance d’offensives tout azimut contre les salaires, la protection sociale, et bien entendu, la retraite. Tous ces plans ont été concocté dans le cadre de l’UE par tous les gouvernements concernés, qu’ils se disent de droite ou affectent d’être « de gauche ». Cela vaut en particulier pour le recul de l’âge de la retraite, orientation européenne scellée à Barcelone en 2002, paraphée par Lionel Jospin et Jacques Chirac.

Cette unanimité européenne s’explique aisément : l’UE a été mise en place pour satisfaire les exigences du grand patronat. Le syndicat de celui-ci – Business Europe – est présidé par notre baron Seillière. En effet, le grand patronat vise, au plus vite, rentabiliser le capital dans le contexte d’une concurrence mondiale effrénée.

Pour atteindre ces objectifs, les grandes entreprises pèsent sur le prix de leur main d’œuvre et imposent aux gouvernements européens, très « compréhensifs », de détourner l’argent public (Santé, Education, Services public) à leur profit exclusif.

Tel est le but des privatisations transférant les biens de la Nation au capital privé.

Tel est le fond de la « crise », qui sert de justificatif à l’offensive antisociale généralisé.

Et rien de ces questions n’effleure dans les manifestations. Pas un mot sur « l’Europe ». Pas un mot d’ordre mettant en cause les responsabilités de l’Union européenne.

Cette absence pèse lourdement sur la suite du conflit, qui demeure confiné dans les simples rapports entre les citoyens de notre pays et Nicolas Sarkozy.

Cette approche restreinte fait bien sûr le jeu politicien du PS, qui peut envoyer ses leaders dans les manifestations, en pensant aux suffrages à engranger en 2012. La direction confédérale de la CGT ne pense pas autrement depuis son « recentrage » de collaboration de classe. Rappelons-nous la position de Bernard Thibault, lors du référendum de 2005, refusant de répondre NON à l’Europe.

Rien pour nous étonner, donc.

Mais ce qui pose problème, c’est le silence parallèle de la soi-disant « extrême gauche », qui a beau s’appeler « anticapitaliste », c’est le mutisme du PCF (opposition interne incluse) sur l’Europe.

Tous limitent la batille sociale à un combat anti-Sarkozy.

Certes, des groupes de militants, ceux du PRCF, du Front Syndical de Classe, du Comité Valmy et de l’Arc Républicain de Progrès, de divers blogs amis, tentent d’éclairer l’opinion populaire sur les responsabilités de l’Union européenne.

Nous posons publiquement la question aux milliers de communistes, toujours membres du parti :

Pourquoi ce silence de votre part ?

Pourquoi cette absence de référence à l’Europe dans vos analyses, vos débats intérieurs, vos réunions publiques ?

Seulement ainsi nous gagnerons la bataille !

Jean Lévy

1er novembre 2010, par Comité Valmy

 

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 12:10

Les journées de Villejuif - 30 et 31 octobre 2010

Introduction de Fabienne POURRE

 

 

Cher-e-s camarades,

 

Nous vivons une époque formidable ! Une période extrêmement stimulante pour les militants communistes que nous sommes. Un moment de tension extrêmement intéressant entre les forces du capital, les libéraux, ceux qui prédisaient la fin de l’histoire et les mouvements des peuples qui contredisent cette vision d’enfermement dans l’ordre existant. Le capitalisme est sur la sellette.

La crise du capitalisme rebat les cartes. La crise est économique bien évidemment, idéologique, politique et sociale, écologique et morale…Elle incite tout le monde à tourner les pages de l’histoire, à en ouvrir un nouveau chapitre. La question est : quelle place prendront les communistes dans cette avancée de l’histoire ?

Ce qui nous réunit ce week-end c’est notre volonté d’être présents dans celle-ci, notre ambition de réinventer le communisme politique pour le 21 ème siècle. Et de le faire à partir de notre enracinement dans ce pays la France bouleversée par la crise conjuguée à la violence politique d’une droite déterminée à étouffer toute contestation, offensive pour casser ce qui reste de progressiste dans le contrat social et l’architecture démocratique national. Droite déterminée à construire un pays pièce du légo de la mondialisation capitaliste .

Depuis 1995 dont on parle beaucoup comme année repaire de luttes et d’aspirations nouvelles , multiples ont été les initiatives de résistances, de refus, de rassemblements. en vrac : CPE, Poste et votation citoyenne, NON au référendum, Bataille pour les hôpitaux de proximité, pas de zéro de conduite pour les moins de 3 ans, et toujours les batailles des « Sans » papiers, logement….Certaines furent victorieuses d’ailleurs. Toutefois aucune n’a autant interrogé le système, la société, la politique comme le mouvement social, populaire en cours qui depuis des mois se mobilise pour la retraite à 60 ans et ce qu’elle veut dire.

Dans ce moment de retour 5 ans en arrière sur le « émeutes » de banlieues nous pouvons peut être observer que si tous les ingrédients de ce cocktail explosif sont réunis pour les reproduire même les provocations ne font pas « émeutes, ». Pourtant l’exaspération demeure qui produit révolte et émeute .Profondément, globalement n’est-on pas passé à autre chose ?

Le mouvement en cours en travaillant à partir de l’espoir qu’il est possible et nécessaire de vaincre ne sème-t-il pas un autre germe : celui qui fait révolution ?

Sans aller plus avant dans cette introduction à nos débats n’y a-t-il pas dans ce qui se passe en France et aussi et autrement en Europe et dans le monde matière à produire de nouvelles analyses approfondies en mesurant que ce qui bouge dans la société ébranle « ses plaques tectoniques » ( je n’ai pas trouvé de meilleure expression).

Le mouvement actuel, pour faire vite, interroge rien moins que le changement de société, le capitalisme financier mondialisé, il fait bouger les curseurs dans le rapport mouvement social et politique jusqu’à proposer de le ré-inventer lui aussi. Il y a envie et besoin d’alternative. (voir Le Duigou, HD de cette semaine).

C’est tout cela fondamentalement - et bien d’autres choses encore - qui justifient ici notre besoin d’analyses LIBRES, de confrontations de point de vue à partir de nos expériences et expérimentations diverses SANS PRESSION, notre conviction qu’il faut emprunter de nouveaux chemins pour la transformation sociale, sortir des sentiers battus et oser répondre à l’appel à la demande de neuf. C’est notre responsabilité comme communiste de le faire.

Et pour cela - malheureusement peut être nous nous dotons de ce nouvel espace politique parce qu’il n’en existe pas. Avoir cette démarche, nous qui sommes militants du PCF et avons décidé de le rester, ne va pas de soi. Aussi il faut dire pourquoi nous sommes là. Ce que nous sommes et ce que nous ne sommes pas, quelle est notre ambition. Bref quelques règles « du jeu » qui partent d’une règle d’or : la parole de chacun est libre et libérée ici. Elle est OFF pour faire ON pas secrète, ni instrumentalisable. La parole de chacun est utile et précieuse donc. Notre réunion n’a pas pour objectif de structurer une nième opposition à la direction du PCF, ce n’est pas un rassemblement destinée a comptabilisé nos désaccords : cela nous écarteraient de nos objectifs et seraient vain. La direction du PCF applique une politique elle a été légitimée pour le faire. Chacun de nous, là où il est , militants en responsabilité ou non intervient dans les débats ?. Nous savons tous que les points de vues exprimés alors peuvent être écoutés voire entendus par nombre de camarades et...nous savons aussi qu’ils peuvent se perdre dans les sables des mutismes et indifférences...Nous savons tous que n’être pas d’accord expose aux relégations, humiliations…Nous connaissons tous des camarades blessés. Bref il y a beaucoup de souffrances. Alors loin de toutes ce qui aussi est petites mesquineries et attitudes d’un âge révolu nous voulons prendre la mesure de ce qui se passe dans la « vraie vie. »Remarquons d’ailleurs au passage que cette expression fait florès chez les camarades lassés de la marmite interne. Tirons donc avec les acteurs de la vraie vie les analyses pour produire des idées nouvelles à mettre en débat public. Et le moment s’y prête pleinement. Le désaccord profond avec la manière de faire et penser ce mouvement et notre rapport à celui-ci est exprimé dans le rapport au dernier conseil National. Que dit - en substance - le rapporteur :

Les communistes sont pleinement investis dans le mouvement social…le mouvement pour la retraite à 60 ans…et participent à l’amplification de celui-ci… ( en gros les communistes sont comme des poissons dans l’eau avec leurs camarades de luttes)…c’est bien…Mais et tout est dans le Mais.. Il faut bien reconnaitre que cela ne permet pas (freine ? retarde ?) la mise en œuvre de notre stratégie de PUP avec le Front de Gauche… Je ne commente pas comme je l’ai dis au congrès : ils pensent à l’envers. A partir de là l’ordre du jour c’est le Pacte d’Union Populaire et le programme partagé et les 10 thématiques retenues avec les partenaires politiques du Front de Gauche, les cahiers du changement que nous avons pré-écrits, pré –mâchés ( il reste 4 lignes à renvoyer Place du colonel fabien) , le meeting du PCF à Japy le 8 novembre avec Pierre Laurent, Marie George Buffet ( ?) André Chassaigne pour lancer le travail des communistes pour le PUP. On nous dit donc mouvement social c’est bien maintenant n’oublions pas nos engagements politiques mettons en œuvre notre stratégie. A lui seul le gouffre entre nos propositions et cette attitude justifierait notre rencontre. Le mouvement interpelle tous les partis, ceux-ci doivent tous revoir leur copie…sauf le PCF... ? Il faut bien autre chose.

Pour moi – pardonnez la personnalisation - parler inventer une stratégie différente, nouvelle, autre ce n’est pas appeler à la définition de nouvelles normes dogmatiques ou s’enfermerait, s’enliserait rapidement l’action engagée ou à engager pour les changements nécessaires. C’est même du contraire qu’il s’agit. Et ce moment est propice à une telle attitude.

Nous avons besoin d’inventer un nouveau chemin, de défricher, donc de comprendre concrètement la crise, ce qu’elle génère, la France, : ce formidable mouvement populaire et les résistances multiples qui convergent, le rapport des forces politiques donc ce qui se passe à gauche et au PS, pour ouvrir ( et non fermer comme c’est le cas) des pistes de réflexions à soumettre au débat du rapport mouvement social et politique à la question du devenir du communisme politique. L’arc est grand et tendu !

C’est cela l’objet des rencontres organisées par « communisme 21 » ce week-end. L’objectif est de « sortir » de celles-ci avec des éclairages, des éléments de connaissance, d’interventions offensifs dans le débat d’idées, des propositions d’initiatives politiques aussi.

Les rencontres de Villejuif peuvent ouvrir une nouvelle page de notre histoire. Aussi il y aura des actes publics de ces rencontres, des notes prises de nos interventions, pour aérer le débat interne certes mais surtout pour ouvrir un débat public à la mesure des enjeux de transformation sociale, avec une ambition et une politique communiste nouvelle.

 

Fabienne Pourre

Le 30 octobre 2010

 

 Publié sur http://www.communisme21.fr/

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 14:18

 

Par Michaël Hajdenberg et Mathilde Mathieu  

 

Raymond Soubie s’est oublié. L’architecte de la réforme des retraites n’a pas touché au système des pensions du Conseil économique et social et environnemental (CESE) où il a été nommé mercredi.

 Pierre Charon, la navigatrice Maud Fontenoy et tous les amis du président et du gouvernement qui l’accompagneront peuvent dormir tranquilles : non seulement ils vont rejoindre une institution connue pour être une des meilleures planques de la République. Mais leur avenir est assuré.

Car si les parlementaires ont fini par consentir à réviser leur régime de retraite, ils n’ont pas dit un mot de celui des membres du CESE, dont le régime est pourtant l’un des plus avantageux qui soit. Le fait que d’anciens ministres, députés mais aussi syndicalistes y siègent, expliquerait-il que le gouvernement les ait oubliés?

Il y a 1000 raisons de se retrouver un jour membre du CESE. On peut, comme Hervé Marseille, maire-conseiller général de Meudon, avoir laissé son siège d’administrateur de l’Epad à Jean Sarkozy. Ou alors, tel Yves Urieta, l’ancien maire socialiste de Pau, avoir rallié Nicolas Sarkozy pour faire obstacle à François Bayrou.

On peut également, comme Pierre Charon, ancien conseiller du président, être nommé au CESE au titre du développement durable pour avoir pris particulièrement soin de la faune et la flore du château de Chambord. Ou encore, telle Danièle Dussaussois, avoir accepté de laisser son siège de conseiller général à Isabelle Balkany à Levallois-Perret.

Bref. Outre leurs immenses mérites, tous ces futurs serviteurs du «dialogue entre les catégories socioprofessionnelles» au sein de cette assemblée consultative censée «suggérer les adaptations économiques ou sociales rendues nécessaires notamment par les techniques nouvelles», ont un point commun : les 233 toucheront 3768 euros brut mensuels pendant les cinq années qui viennent. Ou dix, voire quinze, si leur mandat est renouvelé, selon l’humeur et les besoins du prochain président.

La Cour des comptes appelle à une «réforme de fond» du système

Et après? Il ne faudrait tout de même pas que la République oublie du jour au lendemain tous les sacrifices consentis: non seulement les réunions en section, une fois par semaine, mais aussi celles en Assemblée plénière (18 réunions en 2009). Parfois, le Conseil émet même des «avis» (26 en 2009), et on ne se remet pas si facilement de telles responsabilités. Sur leurs vieux jours, il se dit que certains se tournent parfois un quart d’heure dans leur lit sans parvenir à s’endormir, se remémorant un mot qu’ils auraient pu écrire à la place d’un autre dans un rapport qui a fini au fond d’un tiroir.

D’où, en récompense, un régime spécial de retraite, dès l’âge de 60 ans. Une pension additionnelle, bien sûr, puisque les ex-membres du CESE touchent déjà une retraite due à leur activité principale.

Dans son rapport annuel de 2010, la Cour des comptes appelle donc à une «réforme de fond» du système de retraite du CESE. Elle juge «indispensable» que «soient reconsidérés les modalités et les paramètres de ce régime (âge de départ à la retraite et/ou montant des cotisations)» et souligne que la dépense pour 550 anciens conseillers, 228 pensions de réversion (pour les veuf(ve)s des membres), et 11 pensions d’orphelin s’élève à près de 11 millions d’euros (avant le renouvellement de mercredi). Les dix plus fortes pensions vont de 7405 euros à 10.552 euros par trimestre.

Seul problème: leur financement n’est pas assuré. En effet, pendant leur mandat, sur les 3768 euros brut de revenus mensuels, les membres du CESE acquittent une cotisation de 7,85% (contre 10,55% pour les fonctionnaires), soit 293 euros. Le règlement prévoit, sur un modèle proche de celui des députés, que les cinq premières années, l’affilié cotise double: 15,70 % (587 euros) au lieu de 7,85 %. Au bout d’un mandat de cinq ans, il valide donc dix annuités au lieu de cinq. Et touchera, à la retraite, environ 800 euros par mois; 1200 euros s’il fait deux mandats (contre une pension moyenne de 1122 euros pour les Français).

Vers un gouffre financier

Grand seigneur, le CESE a accepté de voir le taux de réversion chuter à 50% alors que jusqu’en juillet 2009, il était équivalent à celui des parlementaires, soit 66,6%. En dépit de cet effort intense, la Cour des comptes n’a pas pu taire les difficultés financières qui attendent la Caisse de retraite.

Le régime est en effet financé à seulement 14,52% par les bénéficiaires, ce qui le rend structurellement déficitaire: en 2008, les dépenses de la Caisse s’élevaient à 10 millions d’euros. Mais les cotisations des bénéficiaires n’ont fourni que 1,3 million d’euros. Les cotisations patronales versées par le CESE: 2,6 millions d’euros. 2,4 millions ont été pris de la poche du contribuable via une subvention de l’Etat. Enfin, environ 3 millions d’euros ont été prélevés sur le fonds de réserve de la Caisse.

Mais ce fonds s’amenuise: 29 millions d’euros en 2003, 14 millions d’euros en 2008 et… 0 euro en 2013 selon les prévisions du CESE. Le cabinet Adding, cité par la Cour des comptes, a réalisé un rapport dans lequel il estime que le risque budgétaire pour l’Etat est de 218 millions d’euros d’ici 2040.

Comment faire alors pour sauver le système de retraite de ce Conseil dont Dominique-Jean Chertier, président du Conseil d’administration de Pôle Emploi, jugeait dans un rapport rendu en janvier 2009 à Nicolas Sarkozy qu’il travaillait «en vase clos», et à qui il reprochait d’être, «trop consensuel», de ne «pas refléter fidèlement la société contemporaine» et d’être «insuffisamment réactif»?

Le président du CESE, Jacques Dermagne, qui sera très prochainement remplacé, a répondu à la Cour des comptes que «nombre de conseillers ont fait de réels sacrifices de leurs revenus professionnels durant et après leur mandat au CESE, en particulier les agriculteurs et les artisans». Dès 2008, selon lui, le CESE avait proposé une «solution»: que l’Etat rajoute un million d’euros pendant quatre ans au fonds de réserve, histoire de préserver le régime jusqu’en 2020. Tout simplement.

 

Michaël Hajdenberg et Mathilde Mathieu  

 

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