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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 13:15

 

Contre le total-terrorisme, quelle réponse à gauche ?

dimanche 15 novembre 2015

Par Évariste

Le terrorisme islamiste, une nouvelle fois, mais à une échelle sans précédent pour la France, se rappelle à nous. Nous n’avons pas le choix : sans rien oublier de nos autres combats, il faut d’abord prendre la mesure de la menace.

 

Dans son dernier numéro, ReSPUBLICA avait déjà sonné l’alerte avec la chronique d’Evariste abordant les aspects géopolitiques et en signalant le texte de Didier Hanne « Attentifs ensemble» paru le 8 novembre : « Un effort est indispensable pour que se constitue un rempart intellectuel, militant, citoyen et unitaire contre le terrorisme. Une gauche lucide et déterminée apportant sa pierre, sans rien renier de ses valeurs mais au contraire les défendant contre ce qui les attaque, est indispensable à son édification. Il faut faire face. Nous revient de démontrer qu’on peut penser et agir contre le terrorisme sans glisser à droite. »

Si aujourd’hui il est difficile de faire avec certitude la part du soutien d’une base arrière professionnelle et financière étrangère dans la perpétration des attentats de Saint-Denis et de Paris, et celle des appuis intérieurs, nous devons refuser l’idée que les seules prises de position françaises en matière internationale soient en cause (thèse des « représailles »).

Nous refuserons aussi qu’on renonce à mettre en cause l’industrie française de l’armement. La France est devenue un des plus grands marchands d’armes de la planète, les dirigeants du Grand capital y sont en lien étroit depuis des décennies avec le capital financier des pétro-monarchies du Golfe persique. Ces représentants d’authentiques États islamiques barbares sont reçus avec les égards les plus humiliants par nos gouvernants ; c’est que leurs capitaux sont devenus, depuis la crise financière de 2008, indispensables à la survie d’un capitalisme français archaïque, ce qui fait fermer les yeux sur les délits d’initiés, blanchiment d’argent mafieux, fraudes fiscales, etc., sans oublier le financement et l’encouragement de Daesh, l’ennemi qui nous fait la guerre, par l’Arabie saoudite, l’allié qui achète « nos » avions…

 

Aucune bataille pour l’émancipation ne peut faire l’économie de la lutte contre le terrorisme islamiste

La République et la démocratie françaises sont attaquées, mais les gauches aussi, et tout particulièrement. Le total-terrorisme islamiste, non réductible à l’Islam ni même aux fondamentalismes musulmans, constitue un projet politique tourné contre l’émancipation des hommes et des femmes et donc contre la gauche de transformation culturelle, sociale et politique. L’histoire des martyrs du djihadisme est longue. Parmi ceux-là, de très nombreux militants de la gauche, de la laïcité et du féminisme.

Mais là, l’ennemi a franchi un cran supplémentaire : ce ne sont plus les athées (Charlie Hebdo), la police (8 janvier 2015) ou les juifs (l’Hypercasher du 9 janvier 2015) mais n’importe qui vivant en France qui est visé. L’idée avait été énoncée par Ben Laden il y a déjà plus de 15 ans : ils veulent créer en France une guerre civile sur des bases religieuses. S’ils y parviennent, c’est la destruction de la gauche politique et sociale dans ce pays. Ces total-terroristes, rois du pétrole (de contrebande) et de vidéos Youtube abjectes, sont des ultra-capitalistes 2.0 d’une efficacité incroyable car ils s’appuient tout à la fois sur les vulnérabilités des démocraties et sur un projet de « civilisation (!) » qui justifie la démesure des actes.

On ne dialogue pas avec une Kalachnikov. Alors oui des mesures « régaliennes » doivent êtres prises, à la hauteur de la guerre que le total-terrorisme nous fait. Bien sûr, il faut que cette lutte se fasse sous la surveillance du droit et des citoyens, des limites doivent être posées, mais en lui assurant enfin une efficacité. De ce point de vue, comment ne pas s’interroger sur l’échec que constituent pour nos services de sécurité les massacres du 13 novembre ?

Mais comment aussi ne pas voir la faillite d’un certain discours gauchiste qui, après s’être soigneusement abstenu de participer aux immenses défilés populaires du 11 janvier, s’est consacré à lutter contre « l’hystérie sécuritaire » ? Pourtant, contre le terrorisme, il n’y avait pas « trop » de sécurité, mais pas assez.

Prévenir et réprimer, oui, mais, nous devons aussi mener la bataille de l’opinion, débattre avec les citoyens, rassembler le plus largement possible, faire converger les forces progressistes pour une réponse commune au nouveau terrorisme. Nous devons le faire avec la grande majorité des musulmans attachés aux principes républicains malheureusement bafoués tous les jours par nos dirigeants depuis des décennies, notamment en faisant la chasse à tous les actes anti-musulmans.

 

La gauche doit exister dans le combat antiterroriste

Comparer la situation de ce jour à celle de l’« après-Charlie », c’est d’abord montrer l’échec patent de la direction politique de notre pays qui n’a pas pris la mesure des enjeux de la situation ouverte par les massacres de janvier 2015. Le trio adulé des médias néolibéraux (Hollande-Valls-Macron, Sarkozy-Fillon-Juppé-Ciotti, la machine de Marine le Pen) a pu continuer ses conflits picrocholins pour s’assurer les parts d’audience.

La gauche ne peut disparaître dans une « union nationale » sans contenu. Elle doit féconder d’un contenu progressiste le combat antiterroriste. Le Front de gauche, en particulier, doit s’occuper de cette question, qui ne saurait être abandonnée au gouvernement. Il doit prendre des initiatives, de réflexions et d’actions. A Paris et en province. Dire clairement qu’il va nous falloir lutter en même temps contre le capitalisme, contre le communautarisme et contre l’intégrisme. Ouvrir les yeux de ceux qui, encore, s’acharnent à croire que le terrorisme est un « fantasme », alors qu’il constitue un danger mortel immédiat, ou qui s’imaginent qu’il dépérira tout seul, sous l’effet de politiques sociales, alors que les causes (au demeurant multiples et complexes) ne sauraient disparaître en un jour.

Non à l’attentisme, non à l’esquive : si on continue comme cela, ce sera comme à la fin de la IVe République, mais en plus grave : un coup de massue électoral en 2017 et/ou un coup d’Etat institutionnel mettant au pouvoir la machine Le Pen alliée à une partie de la droite traditionnelle, pour le pire assuré.

La résistance aux politiques socio-libérales continue, n’en déplaise à Hollande-Valls-Macron qui accélèrent le cours des réformes destructrices contre nos acquis sociaux. Mais cette résistance ne saurait servir d’excuse pour éviter d’aborder de front les questions spécifiques que nous pose le total-terrorisme. Nos outils d’éducation populaire1 sont là pour nous aider dans cette tâche. Que des structures de base des organisations associatives, syndicales, mutualistes et politiques prennent au sérieux cette période en donnant comme thème à leurs initiatives d’éducation populaire ce qu’ils ont longtemps considéré comme des sujets tabous qui divisaient leurs bases.

 

ReSPUBLICA, à la mesure de ses forces, s’investira dans ce combat. Hasta la victoria siempre (jusqu’à la victoire finale) !

 

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 12:54

Attentats de Paris : Contre leurs guerres, nos solidarités

Une vague d’attentats meurtriers s’est déroulée la nuit dernière à Paris et à Saint-Denis.

L’État français mène des guerres dans plusieurs pays (Libye, Mali, Syrie…) depuis des années. Ces guerres ont aujourd’hui des répercussions sur le territoire français.

Nous sommes confronté-es à des attaques dont l’objectif est de semer la terreur et d’attiser les clivages au sein de la population. Alternative libertaire condamne ces attentats : tuer des gens au hasard dans la rue et frapper aveuglément dans le seul but de faire peur est abject.

Ces attaques sont l’œuvre d’un courant politique — le djihadisme salafiste — dont les premières victimes sont les populations civiles du Moyen-Orient et qui, au cours des derniers jours, a déjà frappé à Beyrouth. C’est ce même courant politique qui continue de mener la guerre contre les forces progressistes kurdes en Syrie.

Suite à ces attentats, nous allons assister à un déchaînement sécuritaire entretenu par des forces politiques qui surfent sur les peurs pour nous monter les uns contre les autres.

D’ores et déjà, les populations issues de l’immigration et la minorité musulmane de ce pays commencent à être visées par des déclarations politiques et sont exposées à des représailles aveugles.

Ce n’est pas un redoublement des dispositifs liberticides qui empêchera de nouveaux attentats. L’état d’urgence, c’est la suspension de nombreux droits démocratiques, la légalisation de mesures répressives de grande ampleur à l’égard de différentes couches de la population qui n’ont rien à voir avec ces attentats.

Nous refusons que le gouvernement profite de l’occasion pour interdire les mobilisations syndicales et écologistes à venir.

Tout cela ne mènera qu’à diviser et à renforcer les peurs et les haines. Tout cela ne mènera qu’à une surenchère entre attaques terroristes de plus en plus sanglantes et réponses sécuritaires de plus en plus répressives. La réponse, ce n’est ni le repli sur soi, ni la militarisation de la société.

La solution ne viendra pas de celles et ceux qui ont contribué à créer cette situation par leurs politiques militaristes, impérialistes, discriminatoires, haineuses. Ils utilisent cette situation pour imposer une société toujours plus policière et une unité nationale entre exploiteurs et exploité-es, que nous refusons et dénonçons.

La solution passe par le renforcement des solidarités, dans les quartiers et sur nos lieux de travail, et par le regroupement de toutes celles et tous ceux qui refusent tous les régimes de terreur. Ne restons pas isolé-es ! Réunissons-nous pour discuter de nos responsabilités face à la situation, en particulier en termes d’actions unitaires de toutes les forces de transformation sociale.

 

Alternative libertaire, le 14 novembre 2015

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 10:21

Déclaration suite à la vague d'attentats commis à Paris le 13 novembre 2015

 

A ce jour, au moins 126 morts, 250 blessés dont plus de 90 dans un état grave.

Nous exprimons notre profonde indignation face à ces actes barbares. Nous assurons les familles des victimes de notre indéfectible solidarité.

 

L’Humanité victime de la barbarie.

Notre humanité est de nouveau attaquée. La barbarie des terroristes est aveugle, sans limite et peut encore frapper. Leur cible est devenue globale. Notre attitude doit être à la hauteur, notre réponse, notre riposte forte et digne. Nous devons rester uni-es et solidaires autour des valeurs de notre démocratie avec toutes celles et tous ceux qui les partagent et qui les défendent.

Solidarité et confiance plutôt que replis sur soi et méfiance. Ne cédons pas à la facilité de nous méfier de tout ce qui nous est étranger. Reprenons la marche des peuples libres, debout pour celles et ceux qui sont tombé-es. Saisissons les mains qui se tendent bien plus nombreuses que la main qui nous frappe. La force de notre détermination à rester uni-e-s doit étouffer les éclats de leurs actes maléfiques. La colère, la tristesse, le désarroi, la sidération doivent faire place à la détermination solidaire de garder la tête haute. Acceptons nos divergences pour nous unir massivement contre cette aveugle cruauté.

La crainte aujourd'hui après la compassion pour ces victimes innocentes est que la réaction de sidération face à ces attentats sanglants soit de s'en remettre à un besoin d'état fort, policier et dangereusement protecteur. Cela risque de nous entrainer dans une spirale infernale de renforcements sécuritaires.

Comment envisager les jours à venir ?

Il faut encore plus affirmer notre désir, notre volonté de solidarité, de paix, de fraternité, de liberté, de respect des différentes cultures, en un mot de vivre dans un monde libre et solidaire, basé sur une réelle égalité entre les femmes et les hommes.

Nous ne savons pas encore ce qui sera autorisé ou interdit, mais d'ores et déjà la Préfecture de police a interdit toutes les manifestations de rues à Paris jusqu'à nouvel ordre. La question de la tenue de la COP21 ou en tout cas de ses modalités est donc posée et, pour nous, celle de nos mobilisations. Qu'en sera-t-il des manifestations féministes prévue le 21 novembre à l’occasion de la Journée internationale de luttes contre les violences faites aux femmes, celle du 29 novembre à l’appel de la Coalition Climat et celles que nous avons prévu de tenir pendant le Village Mondial des Alternatives en décembre ?

Dans le combat restons solidaires et uni-es. Soyons vigilant-es face aux dérives des pensées et des Etats.

Paris, samedi 14 novembre 2015.

Les membres du Collège du Réseau Féministe « Ruptures »

Monique Dental, Marie-Josée Salmon, Bernard Bosc, Claudy Bouyon.

 

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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 15:15

jeudi 23 avril 2015

Par Mathias Gavarry
Professeur de Lettres au collège

« On n’y arrivera pas sans les parents », « Il faut faire entrer les parents dans l’école », « Ce soir, j’appelle tous les parents de 4ème2 »…
Depuis les chaises Empire du ministère jusqu’aux chaises Camif de la salle des profs, le consensus semble total : l’école se porterait mieux si les parents d’élèves en étaient. Il ne se passe pas une semaine sans qu’un politique inspiré n’y voie la solution miracle grâce à laquelle l’école sera bientôt sauvée.

Le dialogue école-famille, la solution à la mode

Jeune enseignant, je n’aurais pas pensé discuter cette évidence. Elle s’imposait à moi et à tous, et permettait d’expliquer à bon compte mes plus inextricables échecs : le manque de respect, le manque de travail, le manque d’envie, c’était d’abord, c’était au fond, la faute des parents.

Chez certains, nombreux, ce diagnostic commode s’accompagne de relents zemmouriens : si l’école va mal « aujourd’hui », c’est que les parents « d’aujourd’hui » sont souvent très noirs, très arabes, complètement chinois, et pauvres, et ne remplissent plus leur rôle de parents.

Chez d’autres, les mêmes parents sont surtout des « victimes du système » et ne peuvent être de bons parents d’élèves faute d’avoir été, eux-mêmes, de bons élèves. Ils ont peur de l’école. Ils ne savent pas comment ça marche. Faut les comprendre. On est surpris quand débarque devant le conseil de discipline de son fiston une blonde pharmacienne qui « ne voit pas le problème, à la maison c’est un amour », un patron qui a « tout fait pour son fils », ou un couple de bobos qui « paye un psy depuis 3 ans ».

Mais, dans tous les cas, la solution à la mode est la même : instaurer un dialogue entre l’école et la famille, unir les forces de ces deux instances éducatives et – bonheur, alleluïa – les réconcilier.

Ecole-famille, une rencontre inconvenante

Cette vérité n’étant pas discutable, elle n’est pas discutée. On se demande chaque année comment améliorer l’inclusion des parents dans le système. On organise des réunions, un « accueil » des parents, des remises de bulletins trimestriels, des remises de bulletins mi-trimestriels, on regrette à voix haute de voir « toujours les mêmes » et à voix basse de ne pas voir ceux qui, justement, devraient venir.

Il faut les rencontrer, ces « parents des élèves réellement problématiques », pour comprendre que c’est un contresens. Il faut voir, alors, la réaction de l’élève obligé de présenter ses « responsables » (c’est le terme officiel) à ses enseignants. Il a honte. Normal, c’est un ado. Un ado qui n’a pas honte de ses parents est une anomalie. Il est furieux, aussi. Il ne voit pas à quoi ça sert. Quelque chose en lui trouve cette rencontre inconvenante. Il a peut-être bien raison.

L’école ne regarde pas les parents

Quiconque a eu un enfant scolarisé se souvient sans doute de la première fois qu’il demanda : « Tu as fait quoi à l’école aujourd’hui ? »
L’immense majorité a encore en mémoire le silence qui fut alors opposé à sa question, le « Rien », le « Je sais pas », ou le mensonge que l’enfant préféra dire, plutôt que la vérité. Certains parents en ont sans doute conclu que l’enfant ne faisait rien en classe, ou rien de mémorable. C’est qu’ils ne veulent pas admettre ce qui, pourtant, devrait leur sauter aux yeux : les enfants n’aiment pas raconter aux parents ce qu’ils vivent à l’école. Ne souriez pas. Il faut prendre au sérieux ce refus de raconter. Car il témoigne d’une fulgurante intuition : l’école ne regarde pas les parents. Elle est tout entière pour les élèves, et pour eux seuls.

C’est vrai dès la maternelle. Cela reste vrai par la suite. L’école est un lieu sans parents, une forteresse à la porte de laquelle les parents sont priés – par les enfants eux-mêmes – de rester ! Il faut qu’un dysfonctionnement grave survienne pour qu’un élève croie utile de demander leur avis à ses parents. Dans l’immense majorité des cas, il réglera le problème « en interne, en en parlant avec ses camarades, ou les enseignants eux-mêmes.

Leurs enfants peuvent grandir sans eux

Parce qu’ils aiment leurs chers bambins, parce qu’ils veulent leur bien, les parents ont du mal à envisager la dure réalité des choses : l’école a pour fonction première de montrer aux enfants qu’ils peuvent se passer de leurs parents, qu’ils peuvent leur échapper, qu’ils peuvent grandir sans eux et, par bien des aspects, si si, contre eux.

Cet autre monde, que la sphère scolaire oppose à la sphère parentale, est une formidable occasion d’échapper à la toute-puissance de la famille. Pour l’enfant et, plus tard, pour le jeune adulte, l’école est un réservoir de rencontres et de modèles, qu’il a la liberté d’aimer ou pas, de suivre ou non.

Un espace de liberté, donc, malgré les règles strictes qui en régissent le fonctionnement. Et d’une liberté gagnée sur la famille. En ce sens, la maman aurait bien raison de voir la maîtresse comme une rivale.

Si chacun aime autant critiquer l’école, les profs, les programmes, c’est peut-être aussi pour ça : un combat ontologique est à l’oeuvre entre tout parent d’élève et l’école de son enfant. Loin d’être un drame, c’est un conflit précieux, utile, un conflit qu’il serait vain de prétendre réduire, et qu’il est peut-être temps d’assumer.

La paix au prix de trois contraintes

L’école est une institution violente. Plus exactement, la paix qui doit régner dans un établissement scolaire ne peut être garantie qu’au prix de contraintes fortes. La première est l’obligation de scolarisation. Il faut être très très vieux, ou malhonnête, pour ne pas se souvenir de ce que produit sur un esprit adolescent la répétition quotidienne d’un réveil à 7h.

La seconde est le respect du règlement intérieur, qui instaure, en sus des lois ordinaires de la vie en collectivité, une série de règles parfois hautement discutables. Le port du bonnet est interdit dans mon collège, pour justifier l’interdiction de la casquette.

La troisième, moins perceptible peut-être, mais bien plus décisive, est l’uniformisation qui en est à la fois la condition et l’objectif le plus fondamental. L’école n’est pas neutre, elle neutralise. Elle n’est pas tolérante, elle pourfend l’intolérance. Elle n’est pas semblable pour tous, elle fabrique des semblables. Mêmes programmes, mêmes diplômes, mais surtout mêmes idéaux, mêmes principes, même vision de la République, de la démocratie, des rapports hommes-femmes, de la réussite, et de l’échec.

Opposer une autorité à l’autorité des familles

Mais, là encore, les parents ne sauraient être ses auxiliaires. Dans les limites qu’impose la loi, les parents d’élèves sont maîtres chez eux. Ils peuvent prier le dieu qu’ils veulent, installer une télévision dans chaque chambre, se balader torse nu, ou considérer que la flûte est l’instrument du diable…

Mais leurs enfants ne doivent pas être obligés de croire, aimer Drucker, prendre froid, ou fuir au premier son de flûte. L’école sert à ça : opposer une autorité à l’autorité des familles, faire entendre un autre son de cloche, mettre dans un même chaudron toutes les histoires de tous les élèves, toutes les singularités de toutes ces histoires, et les réduire. Bon gré. Mal gré. L’école instaure entre les élèves et futurs citoyens une « communauté », quelles que soient leurs origines, et donc quels que soient leurs parents.

Les parents ne sont pas membres de l’équipe éducative

Ainsi, les catholiques trouveront que les enseignants ne sont qu’un ramassis de bouffe-curés, les bourgeois qu’ils sont prolétaires, les prolétaires qu’ils sont bourgeois, les anarchistes qu’ils sont « comme des flics » et les flics qu’ils sont d’infâmes libertaires. Les élèves entendront à l’école des mots inimaginables, impossibles, inconnus chez eux. Ils seront choqués, parfois. Et choqués que d’autres ne soient pas choqués. Et c’est très bien comme ça.

Prétendre que les parents sont « membres à part entière de l’équipe éducative », n’est donc pas seulement une exagération, c’est un mensonge. Et fort heureusement. Car ils doivent ne pas en faire partie.

On accuse souvent le système éducatif de creuser les inégalités sociales. Qu’en serait-il si les parents d’élèves continuaient d’être « intégrés » au système ? On le voit déjà, seuls les « bons » parents sont élus représentants, membres du conseil d’administration ou du conseil du discipline.

Demander « l’assistance » des parents, c’est importer au sein de l’école les inégalités que l’école doit combattre. Les parents capables d’aider aident, bien sûr. Mais ceux qui n’ont pas le savoir, pas le temps, pas les moyens, ne peuvent que regarder d’autres enfants passer devant les leurs. Et ils s’en veulent d’être de mauvais parents alors qu’ils ne sont le plus souvent que de mauvais parents d’élèves, ce qui ne devrait porter préjudice à personne

Je n’appelle plus les parents

Les enseignants sont régulièrement incités à mêler les parents d’élèves à la vie des établissements. Certains profs, dès le début de l’année, appellent un à un tous les parents pour leur expliquer leurs attentes et leur mode de fonctionnement. Ils espèrent ainsi gagner leur soutien, et s’assurer que de sévères rappels à l’ordre parentaux accompagneront les leurs en cas de manquements. Je l’ai fait longtemps. Je ne le fais plus.

Je le faisais quand, encore novice, vulnérable, je pensais qu’un élève qui perturbait gravement mon cours m’en voulait personnellement, ou qu’il en voulait au système, mais qu’il me fallait trouver ailleurs un indispensable soutien. L’élève revenait le lendemain furieux, parfois marqué des coups reçus, mais recommençait, toujours.
C’est qu’il œuvrait en secret contre la sage séparation de l’école et de la famille.

L’école, comme une caisse de résonance

Dans l’immense majorité des cas, un élève pénible choisit d’être pénible. Il pourrait être sage. Il préfère être insupportable. Pour autant, il n’a aucune raison d’en vouloir à son professeur. Fût il médiocre, cinglé, idiot, il n’aura à le supporter que quelques heures par semaine et sera débarrassé de lui sitôt sa scolarité terminée. Pour le dire vite, l’élève, au fond, se fout de son prof. Le prof ne fait pas partie de l’univers affectif et psychique de l’élève.

Ce n’est pas à lui qu’il parle quand il est pénible. S’il cherche la sanction, c’est le plus souvent pour faire passer un message indicible : je suis malheureux, j’aimerais qu’on s’occupe de moi. Or, ce « on » ne désigne que provisoirement l’enseignant. Les vrais destinataires du message sont dehors, à la maison.

Inconsciemment, l’élève perturbateur utilise l’école comme une caisse de résonance, et comme un moyen de toucher ses parents, furibards de devoir répondre, se déplacer, assumer, et tristes de voir leur enfant « dans les problèmes ». Il n’est pas rare de les voir alors se retourner contre l’enseignant qui les a alertés, jouant malgré lui le porteur de valises.

Je pense que mes élèves ne se portent pas plus mal

Loin de moi l’idée de minimiser les difficultés. De nombreux élèves sont aujourd’hui gravement malades au sein du système éducatif. On croise chaque année en primaire, au collège, des phobiques, des hyperactifs, des narcoleptiques, des violents. Mais faire appel aux parents pour faire entrer dans le rang un élève dysfonctionnant, c’est oublier que la famille, même modèle, même favorisée, est LE lieu de la névrose, son creuset, son origine. C’est confondre le remède et la maladie.

Ne plus avoir aucun lien avec les parents, prévenir les élèves, dès le début d’année, que leurs parents ne seront jamais appelés, c’est couper le lien pervers que certains élèves établissent à l’école entre eux et leurs familles. Jouer « les parents dans l’école », ce n’est pas additionner deux forces, c’est donner le pouvoir aux enfants de pervertir la fonction et le fonctionnement d’un établissement scolaire.

Aujourd’hui, je me passe des parents. Je m’en porte mieux. J’ose penser que mes élèves – et les plus difficiles d’entre eux surtout – ne s’en portent pas plus mal.

http://www.gaucherepublicaine.org/ecole-publique/ecole-les-parents-nont-surtout-rien-a-y-faire/7396165

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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 13:09

mercredi 29 avril 2015

Par Raoul Marc JENNAR
militant et chercheur altermondialiste

Il y a en France des millions de femmes et d’hommes qui luttent chaque jour tout simplement pour faire face aux besoins élémentaires de la vie. La pauvreté, l’exclusion, le chômage, la précarité frappent durement des victimes toujours plus nombreuses d’un système capitaliste qui ne connaît plus aucune entrave.
Et pendant ce temps-là, que voit-on ? Toutes les préoccupations, tous les efforts au plus haut niveau de l’Etat, au gouvernement et à la direction du PS sont tendus vers quoi ? Réunir une majorité sur une motion pour le congrès d’un parti. Et bien entendu, c’est cela qui préoccupe le plus la majorité des média. Et on nous présente comme un événement de première importance, digne de faire la une des journaux parlés et télévisés et les gros titres des quotidiens, le ralliement d’Aubry à la motion signée par Valls et Cambadélis !
La comédie qui se joue à l’Elysée, à Matignon et rue de Solférino est le révélateur, un de plus et c’est loin d’être le premier, d’un système politique au bout de sa décadence. Car, qui peut être dupe quand on sait que Hollande comme Aubry, comme tant d’autres dirigeants du PS, sont tous deux membres d’un même cercle dont les objectifs sont ceux de tous les libéraux qu’ils soient de droite ou qu’ils prétendent être de gauche : le groupe de Bilderberg.
Les objectifs de ce groupe ont été clairement définis par son fondateur, David Rockefeller : « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire. » C’est que mettent en œuvre les accords de l’OMC ; c’est l’ambition des traités comme celui entre l’UE et le Canada, celui entre l’UE et les USA, celui sur les services ; c’est le sens de toutes les décisions de l’UE et c’est ce que fait Hollande depuis 2012.

Alors, cessons d’accorder le moindre crédit aux gesticulations du PS et du gouvernement Hollande-Valls. Et aux médias qui en font un événement.

11 avril 2015

http://www.gaucherepublicaine.org/humeur/de-qui-se-moque-t-on/7396190

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 15:23

La loi HPST (« Hôpital, patients, santé, territoires »), dite loi Bachelot (2009), a placé l’hôpital public dans une logique de rentabilité, avec une tarification à l’activité. L’hôpital n’est plus financé par un système de forfait journalier relatif au séjour du malade, mais en fonction du nombre d’actes qui lui ont été prodigués. Groupés en pôles plus ou moins autonomes au plan financier, les services hospitaliers luttent, pour boucler leur budget, dans une logique de « codage à tout prix » des actes médicaux et paramédicaux. Dans ce contexte, le patient devient un « client » ; la recherche du diagnostic et d’une thérapeutique adaptée n’est plus l’objectif principal.

Avec la politique de l’acte, la rentabilité à tout prix et la pénurie de soignants, la qualité de la prise en charge n’est plus garantie. Cela favorise une santé à deux vitesses : les plus riches ont les moyens de se diriger vers les CHRU des grandes villes ou vers des cliniques privées ; les autres ont moins accès aux soins. Près d’un tiers des Français ne se soignent plus faute d’argent.

Non seulement le projet de loi de Marisol Touraine, prochainement discuté au Parlement, ne revient pas sur cette contre-réforme de la droite, mais il en est le prolongement.

L’austérité dans les hôpitaux : le personnel dans le viseur

Depuis 2008, les hôpitaux vivent une longue descente aux enfers. La hausse des charges à effectif constant se répercute sur le personnel, avec des attaques contre les RTT. A cela s’ajoutent les suppressions de postes. En 2013, pas moins de 20 000 emplois ont été supprimés, 15 000 en 2014. Tous les ans, depuis 2008, la Fédération Hospitalière de France estime à 10 000 le nombre de postes supprimés, soit un peu plus de 50 000 en cinq ans, et ce, alors que le volume d’activité des hôpitaux continue de croître.

D’ici 2017, plus de 50 milliards d’euros de coupes dans les dépenses publiques sont prévus par le « pacte de responsabilité », dont 18 milliards d’économies sur la protection sociale et les dépenses de santé. Pour les établissements du secteur privé, c’est une aubaine. Le crédit d’impôt compétitivité-emploi prévoit une réduction de 6 % de leurs charges sociales : un cadeau de 500 millions d’euros au total. Dans le même temps, de nombreux travailleurs de la santé quittent le public pour le privé à cause de leurs conditions de travail catastrophiques.

Opposition du secteur libéral

Les praticiens de la santé en secteur libéral sont aussi opposés à cette loi, pour de multiples raisons. Ils s’élèvent notamment contre la possibilité donnée aux pharmaciens de réaliser les vaccinations (moments clés dans le suivi d’un enfant) et critiquent la généralisation du « tiers payant ». Celle-ci ne donnera pas un meilleur accès aux soins, mais noiera les médecins sous la paperasserie, avec l’obligation de vérifier que chaque patient est à jour de cotisation pour sa mutuelle.

Pour une convergence des luttes

Cette loi rassemble contre elle tous les professionnels de la santé – à part les patrons des cliniques privées. Plus d’une quarantaine de syndicats de médecins, infirmiers, dentistes et d’autres professions ont créé, avec des organisations étudiantes, le Mouvement Pour la Santé de Tous. Ils ont lancé une pétition nationale et appelaient à manifester le 15 mars. Par ailleurs, CGT, Sud et FO exigent le retrait du « pacte de responsabilité », de la loi HPST et du projet de loi de santé Touraine. Les travailleurs de la santé seront sans doute massivement mobilisés lors de la journée nationale de grève contre l’austérité et la loi Macron, le 9 avril.

L’ampleur des attaques force à la convergence des luttes. Les centrales syndicales doivent mobiliser pour montrer le rejet unanime et massif de la loi, pour la défense d’une santé de qualité 100 % publique. Elles doivent apporter leur soutien à toutes les plateformes de luttes créées par les salariés, comme la Convergence des Hôpitaux contre l’hôstérité.

Non à l’austérité !
Non à la marchandisation de la santé !

 

http://www.marxiste.org/actualite-francaise/politique-francaise/957-sante-publique-a-bas-l-hosterite

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 15:19


Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP)

Le 5 avril 2015

Dans la déclaration des organisations syndicales CGT, FO et Solidaires signée le 17 février, le mot d’ordre pour le 9 avril est de « lutter contre l’austérité ». Mais malgré le rôle prépondérant joué par l'Union européenne dans les politiques nationales, le nom de cette dernière n'est évoqué nulle-part. L’air de « l’Europe sociale » que les organisations syndicales françaises ont joué pendant si longtemps serait-il devenu inaudible au point qu'elles renoncent à le jouer ?

(…)


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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 19:28

Douze journalistes de Charlie Hebdo ont été lâchement assassinés dans leur rédaction. Leurs noms viennent s’ajouter à la longue listes d’intellectuels, d’artistes, d’hommes et de femmes sur lesquels s’acharnent les monstres sanguinaires islamistes, avec l’espoir d’imposer le silence à tous ceux qui contribuent à démystifier leur projet d’Etat théocratique.

Ce nouvel acte barbare, qui s’ajoute à tant d’autres, souligne le courage de tous ceux dans le monde qui luttent contre l’obscurantisme totalitaire au risque de leur vie. Il nous rappelle que l’islamisme est un et que le pouvoir algérien se montre d’une irresponsabilité criminelle en ne réagissant pas quand des menaces de mort sont proférées contre des journalistes et des personnalités politiques. Enfin, cet attentat appelle à redoubler la mobilisation contre la condamnation à mort d’un intellectuel mauritanien accusé d’apostasie par la justice de son pays.

De son côté, la justice française est cruellement interpelée, au moment où s’ouvre un procès contre des patriotes algériens qui ont résisté, les armes à la main, face à la bête immonde.  Ces crimes abjects nous rappellent que le terrorisme intégriste met toujours à profit la confusion politique. Et que, comme tous les fascismes, il ne reculera pas tant qu’il n’aura pas été terrassé.

Le MDS condamne avec la plus grande énergie cet odieux attentat. Il présente ses condoléances aux familles des victimes, journalistes et policiers, à l’ensemble du peuple et des citoyens de la république française.

 

Alger, le 07 janvier 2015

Le bureau national

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 19:24

 

Dès la première minute, le PRCF a condamné sans restriction l’attentat odieux contre Charlie-Hebdo. Il condamne aussi avec écoeurement la tuerie qui vient de frapper plusieurs compatriotes juifs victimes du fanatisme antisémite le plus abject.

Nous partageons l’immense vague de colère et de dégoût qui secoue notre pays toutes sensibilités philosophiques et religieuses confondues et nous sympathisons avec les manifestations spontanées qui ont eu lieu partout en mémoire des victimes et en défense des valeurs démocratiques.

Nous pensons que le rôle des forces démocratiques était et reste d’organiser une riposte clairement républicaine, laïque, antiraciste et antifasciste indépendamment des forces malsaines du capital. Car tandis que certains surfent sur l’horreur pour cultiver le répugnant racisme antimusulman, certaines sont directement à l’origine de l’énorme crise morale que traversent à différents degrés, la France, l’Europe et le monde.

Les dirigeants des grands partis maastrichtiens qui, depuis des décennies démolissent les acquis de la Révolution française (principes de souveraineté nationale, de souveraineté du peuple, République une et indivisible, tout cela sacrifié à l’UE néolibérale, au Grand Marché Transatlantique, à l’euro-régionalisation, au viol permanent de la loi de séparation de l’Etat et des Eglises par les autorités pseudo-laïques de ce pays), ceux qui sapent journellement les conquêtes sociales du Front populaire et du CNR, tous ceux-là sont disqualifiés pour appeler à l’union sacrée derrière eux.

Sans que cela fasse oublier l’horreur des attentats de ces derniers jours, ni que cela disculpe en rien l’insupportable fanatisme religieux qui ressurgit sur fond de crise capitaliste, c’est un attentat permanent et relevant de la mort lente qui se commet chaque jour à l’initiative de nos dirigeants néolibéraux contre la classe ouvrière, le peuple et la nation. Et cet attentat qui fait des millions de pauvres, d’exclus, d’exploités, de précarisés, de mal payés, de mal logés, d’honnêtes gens et de jeunes privés d’avenir et de vie sociale, est perpétré froidement par les tenants policés de la funeste « construction » européenne qui strangule la France et l’Europe depuis tant d’années.

Cet attentat permanent contre tout le peuple que taisent les médias dominants, doit lui aussi être dénoncé et non pas cautionné à la faveur d’une émotion populaire qu’il est honteux de récupérer pour célébrer la pseudo-« démocratie européenne » et achever de détruire les repères politiques hérités de notre histoire nationale. Si nous n’y prenons garde, si les forces communistes, progressistes, républicaines, syndicalistes n’osent pas s’exprimer à contre-courant, notre pays sombrera dans une nouvelle guerre dite de religions qui n’aurait d’autre but que de masquer dans des flots de sang la dissolution euro-libérale de notre pays et la fascisation de moins en moins rampante de notre vie politique.

Solidaires de nos concitoyens et de leur émotion légitime, nous diffuserons dimanche notre communiqué du 7 janvier (un communiqué qu’ont repris de nombreux sites progressistes français et étrangers). Nous nous adresserons fraternellement aux manifestants de dimanche qui voudront bien faire le pas qui mène de l’émotion légitime et du deuil des victimes innocentes à la nécessaire analyse rationnelle et aux propositions POLITIQUES indispensables pour sortir de la noire impasse actuelle.

Mais en aucun cas nous ne défilerons derrière Hollande, Macron et Valls, qui ont trahi le peuple de gauche pour se coucher devant le MEDEF et pour attiser les ingérences de Washington sur tous les champs de bataille du Proche-Orient, de l’Ukraine, de la Libye et de l’Afrique subsaharienne. En trahissant les idéaux de Jaurès, et sans qu’encore une fois cela exonère en rien les tueurs de leurs crimes, la fausse gauche au pouvoir porte une énorme responsabilité dans le climat délétère qui règne sur le pays.

En aucun cas nous ne défilerons derrière Sarkozy, qui depuis toujours s’acharne sur les libertés, strangule le droit de grève, singe le FN et nourrit la xénophobie d’Etat pour mieux faire passer sa politique au service des privilégiés. Assez de ces gens qui prétendent qu’en réduisant encore et encore les libertés, et en s’apprêtant sans doute à exiger un « Patriot Act » pour la France, ils accroîtront la sécurité du territoire : les récents évènements viennent encore une fois de démentir ce mensonge liberticide !

En aucun cas nous ne défilerons derrière le MEDEF, dont la politique de délocalisation de nos industries, de démontage des droits sociaux, de privatisation des services publics, constitue une attaque permanente contre le monde du travail et la survie économique de la Nation. Les grands patrons dont la politique transforme des quartiers et des villes entières en déserts industriels ou en ghettos de la misère sont disqualifiés pour clamer « nous sommes Charlie ». De même que Cameron, Schröder ou Merkel, qui n’ont cessé de réduire les droits ouvriers, le défilé hypocrite de ces « Charlies faux-nez » insulte post mortem des hommes comme Wolinski qui ont constamment dénoncé l’exploitation capitaliste.

En aucun cas nous ne défilerons avec le FN dont la présidente, digne héritière de son père, défendait encore il y a peu la torture en justifiant Guantanamo. Beaux défenseurs de la « civilisation » contre la « barbarie » en vérité !

En aucun cas, nous ne défilerons derrière Merkel.  Cette représentante d’un impérialisme allemand rendu à son arrogance martyrise les peuples du Sud de l’Europe en dictant sa politique d’usurier aux peuples français, grec, italien, portugais, espagnol, etc.

Ni derrière les dirigeants faussement solidaires de l’Union européenne, qui chaque jour exigent de nouvelles coupes claires dans les dépenses sociales françaises et qui se sont déshonorés en soutenant les putschistes ukrainiens de Kiev et leurs troupes de choc antisémites et néonazies.

Ni derrière les représentants de l’impérialisme US qui, avec ses vassaux, a semé la mort et la guerre civile au Proche-Orient et en Ukraine et qui tente présentement de déstabiliser le Venezuela.

Enfin, nous considérons la présence de Porochenko, l’héritier des putschistes ukrainiens soutenus par les néonazis de Pravy Sektor et de Svoboda, l’homme de la guerre sans merci contre le peuple ouvrier du Donbass et du « Mur » contre la Russie, comme une grave insulte aux victimes juives de ces derniers jours.

Notre solidarité ne va pas à ces faux humanistes d’un jour mais aux victimes des attentats de ces derniers jours, à leur famille, à leurs proches, aux travailleurs allemands en lutte, aux soignants anglais qui refusent l’austérité dans le système de santé, aux travailleurs belges ou italiens qui défendent leurs retraites ou leurs contrats de travail, aux progressistes américains qui  dénoncent le racisme policier US. En un mot, solidarité avec l’Europe des luttes, pas avec la mensongère union « nationale » des casseurs de France, ni avec l’U.E. des régressions tous azimuts !

En France, notre solidarité va aux militants associatifs et aux enseignants qui refusent au quotidien le racisme, à l’islamophobie et l’antisémitisme, ainsi qu’aux syndicalistes qui  résistent à la répression patronale. Solidarité avec ceux qui font vivre « en bas » la liberté d’expression non pas AVEC mais CONTRE les médias du capital qui la confisquent.

Non à l’union sacrée derrière les hypocrites, oui au Front antifasciste, patriotique et populaire nécessaire pour sortir notre pays du broyeur euro-atlantique et pour reconstruire notre pays sur les bases de principe plus actuelles que jamais du Conseil National de la Résistance, oui à la fraternité sincère de tous ceux qui veulent agir pour une véritable République sociale, souveraine, fraternelle et pacifique dont la mise en place serait le meilleur hommage possible à ceux qui sont tombés sous les balles des criminels.

Le 10 janvier 2015. Le secrétariat politique du PRCF

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 19:19
L'association Cuba Coopération France s'associe à la ferme et unanime condamnation de l'odieux attentat, l'assassinat collectif perpétrait au siège du journal Charlie Hebdo. Ce massacre a fait 13 victimes dont des journalistes et dessinateurs de ce journal, et parmi lesquels figurait Georges Wolinski, grand ami de Cuba, Président d'Honneur de l'association Cuba Si France.

Des familles sont endeuillées à jamais. Nous les assurons de notre compassion et de notre solidarité.

Avec dignité, nous appelons les amis de Cuba à participer aux hommages qui leurs seront rendus partout en France, dans les prochains jours.


Victor Fernandez
Président de Cuba Coopération France

Roger Grévoul
Président Fondateur

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