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Site de recherche d'emploi

Le site http://jooble-fr.com/

vous propose des annonces d'offres d'emploi nationales et internationales.


Les offres qui vous seront envoyées par mail proviennent de différentes sources, et ne préjugent en rien des conditions de travail et des salaires. Il vous appartient de vous en assurer le cas échéant.

 

Le site est d'utilisation simple et l'inscription est gratuite.

 

http://jooble-fr.com/

 

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Quelques conférences

Chansons

  Avant d'écouter les enregistrements ci-dessous, attendez la fin de la musique de fond du blog...

 

L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 11:31

Un scandale social

Plus d’un million de chômeurs ne seront plus indemnisés en 2010. Ils sont en fin de droit ! 16 % de ces chômeurs vont basculer sur l’ASS (allocation spécifique de solidarité) et 22 % vers le RSA (revenu de solidarité active). Les autres, au nombre de 600 000, n’auront rien et dépendront uniquement du seul soutien familial ou de la charité !!!

Le gouvernement dégage en touche et renvoie le dossier aux « partenaires sociaux ». Il trouve des milliards pour aider les banques (sans contrepartie), pour l’allègement fiscal des entreprises (sans effet sur l’emploi) et des impôts des plus riches mais rien pour les chômeurs. Pas un centime de plus ! Un véritable scandale social qu’il est impossible de laisser passer !

Sarkozy a beau annoncer une baisse du chômage dans les mois à venir. Qui peut le croire ? D’autant que la baisse des chiffres de décembre est en trompe-l’œil. Le chômage a baissé de 18 000 personnes en décembre répète-t-on partout. Mais il ne s'agit en fait que des chômeurs dits de catégorie A, ceux qui n'ont pas travaillé du tout pendant le mois. Si on prend les catégories A, B et C (y compris ceux qui ont travaillé quelques heures dans le mois), la hausse est cette fois de 8 600 chômeurs. Conclusion : si ce nombre d’inscrits, sans aucune activité, a baissé il a augmenté en tenant compte de ceux en activité réduite.

Au plan mondial, le BIT (Bureau international du travail) parle de 212 millions de sans-emploi, soit une hausse de 34 millions de 2007 à 2009 ! En Europe, la « crise » a fait près de 12 millions de nouveaux chômeurs pour la seule année 2009. Bien que représentant moins de 16 % de la main-d’œuvre mondiale, les pays européens ont participé pour plus de 40 % à la hausse du chômage mondial depuis 2007.

La situation des privés d’emploi doit être au cœur des mobilisations à venir ! Les socialistes doivent mettre l’emploi au cœur de la campagne des régionales !


Editorial de Démocratie & Socialisme

http://www.democratie-socialisme.org/

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 17:13

Par Nicolas Dupont-Aignan

Les habitués de ce blog (http://blog.nicolasdupontaignan.fr) n’ignorent pas que j’ai toujours combattu l’ouverture à la concurrence du marché français de l’énergie, quitte à admettre dans ces conditions que nos énergéticiens devraient modérer leurs prises de participation et interventions sur le marché de nos voisins européens.

Pour mémoire, je rappellerai les arguments principaux qui motivent ce refus : l’énergie, ressource vitale et non-stockable pour ce qui concerne l’électricité, nécessite de gigantesques investissements que ne peut supporter la sphère privée, et doit être accessible au plus grand nombre à un tarif bon-marché, pour servir l’efficacité économique comme la justice sociale. Bref, ressource d’intérêt général, elle doit demeurer sous contrôle étatique et constituer un service public national de première importance.

Or, la capitulation de Jacques Chirac et Lionel Jospin au sommet de Barcelone en mars 2002, qui a vu la France accepter, en dernier et à contrecœur, l’ouverture à la concurrence de son marché de l’énergie, remet frontalement en cause le service public de l’énergie inventé à la Libération, lequel a assuré tant l’indépendance énergétique de notre pays que son développement économique durant les Trente Glorieuses.

Ce qui est menacé au cœur du service public, ce sont les tarifs administrés bon-marché (fixés par l’Etat), rendus possible par l’avantage comparatif tout à fait loyal que constitue notre industrie électronucléaire. Nos voisins produisant une énergie beaucoup plus chère en l’absence de centrales nucléaires, il est concrètement impossible à leurs opérateurs de s’aligner sur les tarifs administrés français, ce qui rend toute concurrence impossible.

La Commission de Bruxelles, comme nos gouvernants, le savent. Ils tournent donc autour du pot depuis juillet 2007 (date officielle de l’ouverture à la concurrence en France), tentant petit à petit de transformer EDF en multinationale alignant, à la hausse, ses tarifs sur ceux de ses concurrents. Le sujet est bien entendu explosif, 95% des particuliers étant sagement restés aux tarifs administrés en toute connaissance de cause. Dès lors, nos ultralibéraux de Bruxelles et Paris ont imaginé un système tordu pour contourner l’obstacle : au lieu d’abolir les tarifs administrés, brutalement ou progressivement au nom de la concurrence, ils ont mis au point un tour de passe-passe qui est un vrai scandale. Il s’agit de mettre à la disposition des concurrents d’EDF en France pas moins de 30% de l’électricité nucléaire au coût de production, afin que ceux-ci puissent s’aligner sur le tarif administré.

« Jusque ici, se dira-t-on, tout va bien, puisque ce sera indolore pour le consommateur… » Et bien non, car en réalité cette vente à perte par EDF à ses concurrents va entraîner un manque à gagner pour l’entreprise, qui va le répercuter sur… le tarif administré, ainsi appelé à augmenter pour s’approcher progressivement du prix du marché européen ! C’est notamment pour cette raison que les PDG successifs d’EDF, M. Gadonneix hier, M. Proglio aujourd’hui, réclament des hausses de 20 à 25% du tarif administré sur quelques années, prétextant des « investissements nouveaux ». Sur la forme, la méthode, sournoise, est détestable. Sur le fond, elle est inadmissible : vendre à prix coûtant à des opérateurs privés de l’électricité nucléaire – créée par les efforts du contribuable français depuis des décennies – revient à une spoliation pure et simple du patrimoine national au profit d’intérêts particuliers. Ce n’est même pas une privatisation où l’Etat réaliserait une bonne affaire financière, c’est une véritable braderie pour permettre au dogme de la concurrence de triompher, sur le dos des usagers bien sûr. Avant, on payait peu cher une électricité publique, demain on paiera de plus en cher une électricité spoliée par quelques grands féodaux, à seule fin de rémunérer des actionnaires avides et des salaires astronomiques de dirigeants et cadres dirigeants !

A ceux qui s’étonnent d’ailleurs de la maladresse apparente du pouvoir autour de l’arrivée d’Henri Proglio à la tête d’EDF, avec un salaire démesuré pour une entreprise publique et des responsabilités croisées au sein d’une autre entreprise au risque du conflit d’intérêt, la tentation est grande de dire que si l’Etat voulait peu à peu normaliser l’énergéticien public en multinationale comme les autres, il ne s’y prendrait pas autrement… Plusieurs syndicats, comme FO et la CGT, ont alerté sur ce qui apparaît comme une perspective de plus en plus probable. Il ne faut pas les regarder comme des bolcheviks le couteau entre les dents ! Même s’ils défendent parfois les intérêts de leurs professions, auxquelles des efforts de meilleure gestion pourraient être demandés pour sauver l’entreprise publique (et non la privatiser), j’estime que leurs mises en garde doivent être prises au sérieux.

En tout cas, qu’on ne compte pas sur moi pour voter au Parlement une loi qui spoliera les Français de leur patrimoine national, avant qu’on ne le leur fasse payer une seconde fois par des hausses de tarifs correspondantes !

 

Nicolas Dupont-Aignan

26. janvier 2010

 

Publié par Gaullisme.fr http://www.gaullisme.fr/?p=4805

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 14:19

par Patrick Le Hyaric

 

Que chacune et chacun d’entre vous reçoive nos vœux les plus sincères de santé, de prospérité et de mieux vivre.

 

De ce point de vue, cette année a très mal commencé : l’augmentation du SMIC est quasi nulle ; les retraites et les prestations sociales sont bloquées, tandis que les prix du forfait hospitalier, des médicaments, des mutuelles, des assurances, des transports vont augmenter sérieusement. Les agriculteurs subissent une baisse de leurs revenus, inconnue depuis longtemps.

A cela s’ajoute les lourdes menaces que font peser de nouvelles contre-réformes sarkozystes sur la vie quotidienne, de l’affaiblissement des services publics à la concentration-disparition  de collectivités locales et aux nouvelles attaques contre les retraites. Et la crise risque de redoubler d’effets dans les prochaines semaines, s’il n’y a pas de changement de cap. Rien n’est donc plus urgent que d’aider au rassemblement populaire le plus large pour battre la droite tout en promouvant avec nos concitoyens un projet social, démocratique, féministe, écologiste, totalement neuf.

 

● D’abord l’emploi. Face à la déferlante qui s’annonce, une multitude de dispositions doivent être prises pour empêcher les plans de licenciement, la fermeture de petites entreprises et d’exploitations agricoles en utilisant notamment le levier du crédit et en inventant un système de sécurité sociale du travail, de l’emploi ou de l’activité et de la formation.

● Un développement durable et solide passe par une élévation générale du pouvoir d’achat, par l’augmentation de tous les petits et moyens salaires, d’au moins 300€ mensuels, des retraites et des prestations sociales, des revenus agricoles, tout en abaissant un certain nombre de prix de produits de première nécessité.

● La mobilisation contre la nouvelle attaque portant sur les régimes de retraites ne doit pas attendre. L’objectif moderne et progressiste est de revenir à une retraite à 60 ans, à taux plein, tout en créant des conditions nouvelles pour former et embaucher des jeunes.

● Sans défendre, moderniser et démocratiser les services publics, il n’y aura pas d’égalité, ni de vrai projet écologique. Ce dernier, indissociable de grandes ambitions sociales, appelle un élargissement de la sphère des services publics contre l’accaparement des richesses et des biens communs par la sphère financière. Un grand pôle public du crédit devient indispensable.

● Lieu de démocratie, de solidarité, de services de proximité à la portée de tous, les collectivités locales ne doivent pas subir le déchiquetage que leur promet le pouvoir pour mieux contrôler tous les espaces de décision et les enserrer encore plus dans l’Europe du capital. En ce sens, -mais pas seulement pour cela-, il faut empêcher la droite de reconquérir des régions les 14 et 21 mars prochains.

● Les cris d’orfraie autour des déficits et la dette publique servent surtout à rogner sur les dépenses sociales et publiques. Or, les déficits continuent de s’aggraver sous l’effet des cadeaux aux banquiers, aux grands industriels et de décisions comme le bouclier fiscal pour les plus fortunés. Des réformes progressistes du crédit et de la fiscalité pour la justice et l’efficacité sont donc devenues indispensables, en même temps qu’une relance industrielle, agricole et des services soutenable, riche en emplois qualifiés. La mise en œuvre du programme de réduction des dépenses publiques (RGPP) doit être stoppée.

● Le combat pour le respect de chacun et le vivre ensemble est l’un des grands enjeux de notre époque, à l’encontre de la diversion politicienne très dangereuse autour du concept « d’identité nationale ». Il convient d’arrêter ce pseudo débat nauséabond, de supprimer le ministère qui porte ce nom et revenir à des débats sereins pour faire vivre la laïcité, seule garante du respect de toutes et tous. Il faut cesser ces jugements au faciès et cette chasse aux travailleurs sans papiers. Qu’ils soient régularisés sans attendre !

● L’Europe doit changer pour promouvoir des politiques d’harmonisation sociale et fiscale par le haut, avec un euro qui soit une monnaie d’échange de coopération et non de spéculation. La Banque Centrale Européenne doit jouer un rôle utile pour un crédit favorable à l’emploi, au progrès social et humain, à l’investissement.

● L’année européenne de la lutte contre la pauvreté ne doit pas être un vœu pieux, mais une réalité. Des décisions significatives doivent être prises pour progresser vers l’égalité homme-femme et le respect de chacune et de chacun.

● Un pacte de développement solidaire, social, écologique devrait être initié.

● Cette Europe devrait aussi peser en faveur du désarmement et de la paix, afin de transférer l’argent ainsi englouti vers la lutte contre la faim dans le monde, pour  la santé et l’éducation. Il faudra que l’Europe nouvelle ne soit plus arrimée à l’OTAN et que la France sorte de son commandement. La France et l’Europe devraient prendre l’initiative d’une grande conférence pour la paix et la sécurité dans tout le Proche-Orient. Ceci passe évidemment par la création d’un Etat Palestinien.

● Une Europe nouvelle devrait lancer un nouveau projet de politique agricole commune qui soit une politique agricole alimentaire, territoriale et écologique commune, basée sur un réseau dense d’exploitations familiales paysannes, garantissant la qualité alimentaire.

● Après l’insuccès de la conférence de Copenhague, le travail, les discussions doivent se poursuivre pour obtenir des actes concrets, chiffrés, pour améliorer le climat. Au-delà, c’est la biodiversité, le droit à l’eau qu’il faut défendre. Espérons que la conférence de Mexico qui aura lieu en novembre prochain le permette.

Les enjeux de l’accès à l’éducation, à la culture, à la formation tout au long de la vie sont primordiaux.

Au cours de toute cette année nos journaux l’Humanité et l’Humanité Dimanche s’efforceront d’être encore plus et mieux au service de tous ces oubliés des journaux télévisés, au service des débats et des combats progressistes.

Que 2010 soit une année qui conjugue épanouissement individuel et progrès collectif.

 

Patrick Le Hyaric

 

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 12:21

 

Les locataires se mobilisent

 

Un incendie s’est déclaré dans la nuit de lundi à mardi, dans un des trois immeubles du 17 rue Jules Vallés, à St Ouen, Seine St Denis.

Une jeune femme  et son enfant,  suivis par le comité DAL St Ouen sont décédés.

Sept familles du même étage sont sinistrées et actuellement hébergées à l'hôtel.

Nous les accompagnons dans leur douleur et dans leur lutte pour des logements décents.

 

Le propriétaire des lieux qui a racheté dans les années 90 cet immeuble à la MNEF, a été condamné pour des affaires d’escroquerie dans l’immobilier.

Une partie des habitants se sont mobilisés avec le DAL St Ouen depuis plusieurs mois et ont dénoncé les conditions de vie dan ces logements dégradés, non entretenus et loués à des prix prohibitifs (parfois plus de 700 euros pour un studio de 18m2 sans confort). La situation qui a été signalée à de nombreuses reprises par le Dal Saint-Ouen est connue depuis longtemps par les autorités municipales et Préfectorales.

 

Mardi, les locataires (plus de 80 ménages), ont manifesté à la Mairie pour demander des solutions concrètes. Après la brève occupation d’un gymnase municipal, la Mairie de St Ouen a fait savoir qu’elle était disposée à exproprier ce marchand de sommeil et trouver une solution de relogement avec la Préfecture.

Après avoir vérifié les condition d’habitabilité, les locataires ont finalement accepté de rentrer dans leurs logement indignes, provisoirement...

 

Les locataires, avec le DAL, et le Comité de soutien, demandent à la Mairie et à la Préfecture  :

De reloger immédiatement les 7 familles sinistrées

Une table rondes pour régler définitivement cette affaire qui n’a que trop duré, afin de reloger tout les occupants et d’exproprier ce marchand de sommeil pour réaliser une opération de logements sociaux.

 

Contacts :

Dal Saint-Ouen : Laurent 01 48 20 68 40

Dal Fédération : 01 40 27 92 98

SOS expulsion : 06 16 12 55 27

 

Fédération Droit au logement :  http://www.droitaulogement.org/

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 15:02

La philosophie de George W. F. Hegel (1770-1831) a joué un rôle déterminant dans la genèse du socialisme scientifique. Ses fondateurs, Karl Marx et Friedrich Engels, ont commencé leur vie intellectuelle comme disciples de Hegel, dont ils ont assimilé et développé l’enseignement le plus précieux : la méthode de pensée dialectique. Et malgré tous les accomplissements ultérieurs de la philosophie marxiste, les écrits de Hegel figurent toujours parmi les sommets de la pensée dialectique.

Hegel était un idéaliste : c’est le défaut majeur de sa pensée. Pour lui, le monde qui nous entoure, les hommes, la société, l’histoire – tout est le produit de ce qu’il appelle « l’Idée absolue ». Cependant, cette Idée absolue n’est pas un Dieu contemplant paisiblement son œuvre immuable. Elle « s’aliène » et « se réalise » dans le monde, l’histoire et la pensée humaine, pour « revenir à elle-même » enrichie de toutes les étapes de son cheminement. Malgré son caractère mystique, cette conception du monde a une qualité décisive : son dynamisme. Elle porte clairement la marque du plus grand bouleversement historique de l’époque : la Révolution française, qui balaya un ordre social supposé éternel.

La dialectique de Hegel saisit toutes les choses dans leur mouvement : leur naissance, leur développement et leur fin. En outre, la fin n’est pas une disparition pure et simple, mais un dépassement, qui est à la fois négation et conservation. Ce qui naît porte en soi les éléments de ce qui meurt. Par exemple, l’histoire de la philosophie n’est pas une succession chaotique de systèmes incompatibles : elle est un processus où chaque philosophie exprime une vérité – mais une vérité limitée, partielle, à laquelle doit nécessairement succéder l’expression d’une nouvelle vérité, supérieure, plus riche, qui tout à la fois nie et assimile les philosophies précédentes. Ainsi, le « vrai » et le « faux » ne s’opposent pas de façon irréductible. Comme l’écrivait Hegel, « le faux est un moment du vrai. »

« Cette philosophie dialectique dissout toutes les notions de vérité absolue définitive et d’états absolus de l’humanité qui y correspondent », écrivait Engels. Cela explique l’hostilité de la classe dirigeante à l’égard de la philosophie hégélienne. En effet, celle-ci implique que le système capitaliste n’est pas un « état absolu de l’humanité », mais un système économique et social donné, auquel doit succéder une forme supérieure d’organisation sociale : le socialisme. Ici, nous avons quitté Hegel pour Marx. Mais en analysant les conditions de la transition du capitalisme au socialisme, Marx retrouvait la dialectique hégélienne. Car le socialisme n’est pas seulement la négation du capitalisme. Il lui succède en s’appuyant sur des éléments engendrés par le capitalisme lui-même : le développement massif des forces productives et d’une classe s ociale révolutionnaire, le salariat.

Quantité et qualité

Contrairement au formalisme, qui plaque des schémas a priori sur la réalité vivante, la méthode de pensée dialectique se caractérise par une « immersion » complète du sujet pensant dans son objet d’étude. Celui-ci doit être examiné sous tous les angles, de façon à découvrir ses contradictions internes et les lois du mouvement qui gouvernent son existence. Du fait de son idéalisme, Hegel s’écartait souvent lui-même de sa propre méthode. Pour que la dialectique serve le mouvement de son « Idée absolue », il était obligé de plaquer un schéma sur la nature et la société. Cependant, lorsqu’il descendait des hauteurs de l’Idée absolue pour analyser les réalités historiques concrètes, son génie et l’étendue de ses connaissances donnaient lieu à de puissantes illustrations des lois de la dialectique.

La transformation de la quantité en qualité est l’une de ces lois. Elle est à l’œuvre à tous les niveaux de la nature et de la société. L’exemple le plus connu est celui de la transformation de l’eau en vapeur, à 100°C. Tant que la température ne fait que s’approcher du point d’ébullition, l’attraction réciproque des molécules d’eau est assez forte pour maintenir l’état liquide. Mais une fois arrivé au point critique des 100°C, la plus petite augmentation quantitative de chaleur provoque une modification qualitative : la dispersion des molécules d’eau, ce qui produit de la vapeur. Ce processus n’est pas graduel : il est marqué par une rupture, un « saut » qualitatif. La dialectique s’oppose au préjugé « évolutionniste » d’une modification graduelle, linéaire, des processus objectifs.

Dans le domaine social, bien des grèves obéissent à cette loi de la dialectique. Pendant des années, les travailleurs d’une entreprise acceptent sans réagir les humiliations et les mauvais coups. A la surface, tout semble stable et normal. Mais sous la surface, l’accumulation quantitative de colère et de frustrations finit par atteindre un seuil critique où n’importe quel incident mineur suffit à provoquer une grève. A une échelle plus vaste, les révolutions sont une illustration grandiose du même phénomène – ce qui explique qu’elles prennent souvent tout le monde par surprise.

Logique formelle et dialectique

Hegel a porté le coup de grâce à la « logique formelle ». Celle-ci postule que A=A (principe d’identité). Pour la plupart des activités de la vie quotidienne, ce principe remplit assez bien sa fonction. Une bouteille de lait est une bouteille de lait. Telle je la laisse dans le frigo, le matin, telle je l’y retrouve, le soir. Les modifications qui se sont opérées, dans sa composition chimique, n’en ont pas affecté sensiblement le goût (une telle modification n’intervient qu’au bout de plusieurs jours, soudainement : autre exemple de rupture qualitative). Cependant, le lait a constamment subi des modifications, au cours de la journée. A n’est jamais égal à A, en réalité. Et si le principe d’identité suffit à la préparation d’un thé au lait, il est complètement inopérant lorsqu’il s’agit d’appréhender des processus plus complexes.

Prenons un exemple tiré de la sphère sociale. Suivant l’axiome A=A, on peut affirmer : le PS = le PS ; le PCF = le PCF ; la CGT = la CGT, et ainsi de suite. Mais la logique formelle, ici, ne nous apprend strictement rien. Elle est abstraite – ou, comme l’aurait dit Hegel, « indifférenciée ». Pour tenter de porter un jugement scientifique sur ces organisations et leurs perspectives, il faut étudier toute une série d’éléments : la composition et la base sociales de ces organisations, leur programme, leur poids dans la conscience des masses, les contradictions entre leur base et leur direction, le degré d’acuité de ces contradictions, la pression des différentes classes sociales, l’impact de la conjoncture économique, etc. Il faut alors découvrir les rapports contradictoires de ces différents éléments – qui ne cessent d’évoluer – et la dynamique d’ensemble qui en résulte. Par a illeurs, il faut prendre garde de ne pas noyer l’analyse dans la masse des informations et des données. Comme le disait Hegel, il faut savoir distinguer l’essentiel de l’inessentiel, ce qui est déterminant de ce qui est accidentel. Enfin, il faut procéder par approximations successives, en corrigeant l’analyse conformément au développement réel de l’objet étudié.

C’est à Marx et Engels que revint la tâche d’extraire la dialectique hégélienne de son enveloppe idéaliste. Comme l’écrivait Marx : « Bien que […] Hegel défigure la dialectique par le mysticisme, ce n’en est pas moins lui qui en a le premier exposé le mouvement d’ensemble. Chez lui elle marche sur la tête ; il suffit de la remettre sur les pieds. » Sur les pieds, c’est-à-dire : sur des bases matérialistes. Grâce à ce retournement de la dialectique hégélienne, Marx et Engels élaboraient une philosophie révolutionnaire dont la mission n’était plus seulement d’interpréter le monde, mais de contribuer à le transformer.

Si, comme l’écrivait Engels, il n’y a pas « d’états absolus de l’humanité », faut-il en conclure que le communisme lui-même est appelé à être « dépassé » ? Il est évident que le communisme ne mettra pas un terme à l’évolution des formes d’organisation économique et sociale. Cependant, une fois le monde débarrassé de la barbarie capitaliste, les générations futures ne replongeront pas l’humanité dans l’exploitation de classe et tout ce qui l’accompagne : la misère, les inégalités, les guerres, le racisme, l’oppression des femmes, etc. De même, l’Etat, comme instrument de domination d’une classe, disparaîtra définitivement avec les classes elles-mêmes. Quelle que soit l’évolution des formes d’organisation économique et sociale, à partir du communisme, l’humanité ne reviendra pas sur ce tournant historique majeur qu’Engels résumait de cette formule : « Le gouvernement des personnes fera place à l’administration des choses et à la direction des opérations de production ». Marx caractérisait ce saut qualitatif comme le commencement de la véritable histoire de l’humanité. En ce sens, le « dépassement » du communisme consistera dans la réalisation de tout son potentiel historique.

 

Jérôme Métellus (PCF Paris)

Publication par La Riposte : jeudi 3 décembre 2009

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 14:12

aaa logo Drapeau VLa communication des patrons du CAC 40 est une histoire pleine de rebondissements et de désillusions. Revenons sur le déroulé de l'histoire Proglio :

 

- Phase 1 / L'ACCORD : M. Proglio négocie avec le gouvernement sa double casquette Veolia-EDF - il s'engage à ne percevoir qu'un seul salaire et le gouvernement l'annonce

 

- Phase 2 / LE REVIREMENT :  une fois nommé, M. Proglio revient sur son engagement et se fait attribuer un second salaire par Véolia, au mépris de l'accord passé

 

- Phase 3 / LE SCANDALE : l'attitude de M. Proglio provoque des vagues de réprobation dans l'opinion publique et met le gouvernement dans un grand embarras

 

- Phase 4 / LE RALLIEMENT : le gouvernement fait front avec sa majorité, M. Copé en tête, et décide de soutenir M. Proglio et de justifier son revirement plutôt que d'avouer avoir été trahi par lui. Toute la journée on nous explique donc que le double salaire est parfaitement normal et qu'il se justifie par la recherche de synergies entre Veolia et EDF

 

- Phase 5 / LA TRAHISON : ce soir 21 janvier, M. Proglio renonce finalement à son double salaire et anéantit de fait toute la plaidoirie du gouvernement qui était venu à son secours

 

Dans cette affaire le gouvernement français a donc été trahi deux fois par M. Proglio, ce qui en dit long sur la considération qu'ont certains patrons pour le ministre des finances, le gouvernement et l'Etat en général. Au moment où il s'agit de rebâtir une politique industrielle et énergétique fortement compromise par  les désaccords franco-allemands sur Areva (l'attitude de Sarkozy ayant fait fuir Siemens ce qui a destabillisé l'actionnariat Areva), les errements de l'EPR et l'inconséquence d'EDF qui se diversifie à l'international au lieu de se concentrer sur ses mission de service public (au risque de provoquer une pénurie de courant cet hiver), tout ceci n'augure rien de bon pour la France. 

 

Xavier Théry

 

voir l'article précédent

 

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 20:58

Dansaaa logo Drapeau V « L’Humanité du 20/01/2010, Cynthia Fleury revient sur les thèmes du communisme et du capitalisme  dans un article empreint du même confusionnisme que celui qu’elle avait commis  dans le même journal le 7/10/2009 et relatif à l’ « effondrement » du « socialisme ». [voir l'article précédent] Sous le titre «  La fin de l’hypothèse capitalistique », (titre ambigu car on peut se demander s’il s’agit du capitalisme, bien réel à l’échelle planétaire, ou du projet de développement capitaliste), elle met en parallèle les chances comparées de développement des modes d’organisation sociale et économique du capitalisme et du communisme.

 

Tout d’abord, l’auteur me semble gravement sous-estimer la capacité du capitalisme à se développer, se renforcer, à perpétrer sa domination planétaire, quitte à provoquer les plus graves crises financières, sociales ou économiques, même si elle conclut son article en reconnaissant la capacité du capitalisme à « re-normaliser la situation ». Elle prétend que « nul n’a vraiment su quoi faire lors de la dernière crise ».Ah oui, vraiment ? Les incommensurables crédits publics accordés pratiquement à fonds perdus aux plus puissants groupes financiers et industriels, à côté desquels les fabuleux revenus personnels des responsables de ces groupes (et justement épinglés par C.F) sont peu de choses, et qui ont pour l’instant abouti au renforcement de l’emprise du grand capital sur tous les échelons de la vie des peuples, sont-ils le résultat d’une improvisation, d’une incapacité à savoir que faire? En fait tout fut fait selon une stratégie délibérée: tout pour les profits (voir l’ascension des Bourses) et tant pis pour les peuples et la paix. Et ça marche…et ça continuera de marcher longtemps faute d oppositions résolues, coordonnées et révolutionnaires à l’échelle des mouvements populaires et des états. Dans ces conditions, peut-on alors prétendre que c’est la fin de « l’hypothèse capitalistique », même si, depuis Marx, on sait que le capitalisme n’est que la préhistoire de l’humanité ?

 

Mais il y a plus grave, à mon sens, dans l’article de C.F. C’est la mise en parallèle des deux hypothèses : communiste et capitalistique. Son introduction mérite d’être intégralement citée tant elle est significative: « La guerre froide semble toujours présente, le bipolarisme idéologique ne cessant d’être notre paradigme culturel qui nous piège autant qu’il nous illusionne. Les deux hypothèses, capitalistique et communiste, paraissant désormais toutes deux invalidées, l’une par l’histoire, l’autre par le présent. ». La preuve ? Une déclaration du Président vénézuelien Chavez qui a l’audace de se déclarer marxiste et d’affirmer que l’humanité ne trouvera le salut qu’après « en avoir fini avec le capitalisme ». Ainsi, selon C.F., la politique sociale et culturelle sans précédent conduite dans ce pays, les mesures économiques audacieuses telles que les nationalisations, les prises de position anti-impérialistes du pouvoir vénézuelien ne sont que l’illustration d’un « bipolarisme idéologique » ! On croit rêver… L’auteur estime que l’hypothèse communiste a été « invalidée » par l’histoire. Elle se garde bien de définir le concept de « communisme », de manière à plus facilement assimiler mensongèrement celui-ci à l’expérience finalement désastreuse du point de vue de l’impact destructeur de cet échec sur la conscience des peuples. L’honnêteté intellectuelle commande de ne pas confondre ce qui fut tenté à l’Est avec un quelconque communisme réel. Aucun des pays dits socialistes n’avait  commencé à réaliser ne serait-ce que les prémisses du communisme. Tout au plus s’est-il agi de tentatives de transitions socialistes vers celui-ci, compromises très vite par le dogmatisme mécaniste, l’autoritarisme, et l’avènement contradictoire d’une classe de privilégiés au sein de laquelle ont en fait grandi les ennemis de la révolution elle-même. Attribuer indûment au communisme l’échec des pays « socialistes » est une mystification destinée à décourager de l’idée même du communisme. Au fond, C.F. procède de la même manière que pour son précédent article du 7/10/09 dans lequel, pour les besoins de la cause, elle avait abusivement assimilé le concept scientifique du socialisme à la social-démocratie pour mieux le discréditer. Au fond la véritable question peut ainsi se résumer: la lutte des classes antagonistes à l’échelle nationale et internationale relève -t’elle d’un « bipolarisme idéologique » ou de la réalité objective ? Ne pas répondre clairement à cette question prépare les plus néfastes compromissions politiques et leur cortège de défaites.

 

Vincent Ferrier

20/01/2010

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 19:53

aaa logo Drapeau VLe double salaire d'Henri Proglio relance le débat sur la rémunération "excessive" des Patrons des grands groupes et du CAC 40 en particulier. Ce matin sur France Inter, Jean-François Copé est venu au secours de M. Proglio en développant deux arguments. Primo, le salaire des grands patrons correspond selon lui à la performance de leurs résultats, secondo, si on ne les paye pas assez, ils partiront à l'étranger et ce sera une grande perte pour l'économie française. Revenons un instant sur ces arguments.

 

Sur le premier point, regardons quelques chiffres pour nous faire une opinion. 

 

Le PIB est sans doute un indicateur pour mesurer sur une longue durée la performance des grandes entreprises qui entraînent dans leur sillage toute l'économie. Et bien, le PIB de la France est passé de 1000 milliards d'euros en 1990 à 2000 milliards d'euros en 2010. Soit une progression de 100 %.

Mais ce seul critère de production n'est sans doute pas suffisant pour apprécier la "performance" des patrons du CAC 40, il faut aussi mesurer l'accroissement de richesse qu'ils ont apporté à leurs actionnaires. L'indice du CAC 40 est passé de 2000 en 1990 à 3900 début 2010, soit une augmentation de 95% très proche d'ailleurs de l'augmentation du PIB malgré trois bulles et 3 crises financières successives. 

 

On s'attend donc en toute logique à ce que le salaire des patrons du CAC 40 ait suivi cette même progression. Pourtant, ce n'est pas le cas. Les revenus moyens (salaires + stock-options) d'un patron du CAC 40 qui représentaient en moyenne 80 fois le SMIC en 1990, représentent aujourd'hui environ 500 fois le SMIC. Soit une augmentation de 500%. Les revenus des patrons du CAC 40 ont donc augmenté 5 fois plus vite que la performance économique de leur entreprise et 5 fois plus vite que la richesse de leurs actionnaires. 

 

Notons au passage, que dans le même temps, le salaire moyen des français est passé de 1740 € net mensuel à 2300 € net mensuel soit une augmentation de 32 % en 20 ans, ce qui donne une idée du bénéfice que les salariés français ont tiré de la croissance de leur pays et de leurs entreprises. Notons aussi que ces mêmes français qui auraient placé leurs économies en 1990 sur un livret A de la caisse d'épargne auraient en 2010 obtenu un rendement de leur capital investi de 92% à rapprocher des 95% obtenus s'ils avaient investi leurs économies en actions de sociétés du CAC 40... Là encore, on peut mesurer la prétendue performance des patrons considérés.

 

Sur le second point, considérons la perte que le départ de certains patrons provoquerait.

 

Souvenons-nous de la parabole restée célèbre de Saint-Simon (le philosophe) à propos du gouvernement de Louis-Philippe : "Admettons que la France ait le malheur de perdre le même jour Monsieur le frère du roi, Monseigneur le duc d’Angoulème [...] les grand officiers, tous les ministres, les dix mille propriétaires les plus riches [...] Cet incident affligerait certainement les Français, mais cette perte ne leur causerait de chagrin que sous un rapport sentimental, car il n’en résulterait aucun mal politique pour l’Etat".

 

Imaginons à notre tour que les 40 patrons du CAC 40 et les 120 patrons du SBF 120 disparaissent tous ensemble lors d'un tsunami qui ensevelirait le palais des congrès sur une île des Bahamas où les auraient réunis le Medef en séminaire de réflexion sur l'avenir du capitalisme mondial. Et bien nous en serions tous affligés d'un point de vue sentimental et affectif, mais que se passerait-il du point de vue économique ? Rien, absolument rien. Car immédiatement les n°2 de chacun de ces groupes prendraient les rênes de leur entreprise ; et comme il s'agit de personnes au profil tout à fait comparable, formées dans les mêmes écoles, rompues à la même pratique managériale et connaissant tous les rouages de leur entreprise, chaque entreprise continuerait son activité comme si rien ne s'était passé. Si par aventure les n°2 disparaissaient aussi dans le même tsunami, notre chagrin en serait plus grand, mais on peut même imaginer que la promotion des n°3 et des n°4 dans l'organigramme insuffle un vent de renouveau propice à la croissance de chacune de ces entreprises.

 

Ceux qui ont évolué dans les grandes entreprises ou les grands groupes pourront donc en leur for intérieur se faire leur propre opinion, mesurer le chagrin que leur causerait le départ vers l'étranger de leur patron contraint d'abandonner ses stock-options et envisager la conséquence économique de ce départ sous l'angle de l'humilité. M. Copé qui n'a jamais fréquenté une seule entreprise ferait bien de s'en inspirer.

 

Xavier Théry

 

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 21:20

par Yamina BENCHENNI

Présidente de l’association des Femmes Méditerranéennes en Action

Faut-il participer au débat sur « l’identité nationale » ? Certains mouvements ou partis politiques préfèrent ne pas rentrer dans ce sujet en pensant que cela n’est qu’une stratégie du gouvernement actuel pour faire oublier aux français les vrais problèmes de l’emploi, de la précarité, de l’éducation, du logement et d’autres problèmes que je rencontre également dans le cadre de mon travail et de citoyenne. Je les comprends, tant il ne fait de doute pour personne que l’initiative de Sarkozy est cousue de fil blanc, d’où les appels à la boycotter. En même temps, nous français « d’origines diverses » sommes nombreux à vouloir en profiter pour crier notre colère. Nous sommes tous Français dans nos différences, mais certains ne sont pas respectés, pourquoi ? C’est la seule bonne question et elle n’est pas posée.

La peur, l’ignorance et la manipulation sont des armes dangereuses qui peuvent renforcer le communautarisme. Or certains d’entre nous en sommes, à la cinquième génération issue de l’immigration d’Afrique du Nord et nous devons toujours justifier notre appartenance à une même nation. De plus tout se mélange, volontairement, bonnes et fausses questions pour former une bombe à retardement : immigration clandestine ou pas, musulman et intégriste, port du foulard et niqab, insécurité et jeunes des quartiers, violence conjugales et émancipations de la femme issues de l’immigration, etc.

Qui est Français ? Dans cette question se camoufle implicitement la question : qui n’est pas Français? Je suis moi-même marseillaise. Mon père ancien combattant de 1945 s’est battu contre les Allemands pour libérer les Calanques de Marseille. Ma mère a perdu quatre membres de sa famille des moudjahiddines durant la guerre d’Algérie. Je suis née en France et je suis une enfant qui a une mémoire de la colonisation et de la révolution algérienne. Mon père disait souvent des hommes qui ne faisaient pas le bon choix pour défendre la nation (mère patrie) : « le sale boulot est réservé au traître, une manière de le sanctionner pour se rappeler qui il est ». Je pense inévitablement à un certain ministre…

Celles et ceux qui veulent être rassurés par cette fausse question, par un faux ministère et un ministre qui a changé de couleur savent au fond d’eux que le problème est complexe.

L’identité est une notion complexe et contradictoire. Claude Levi-Strauss écrivait pour un séminaire au Collège de France en 1979 : « L’identité est une sorte de foyer virtuel auquel il nous est indispensable de se référer pour expliquer un certain nombre de choses, mais sans qu’il n’ait jamais d’existence réelle ». La notion se situe au carrefour de différents champs disciplinaires : droit, histoire, anthropologie, sociologie, culture et psychanalyse.

Les théoriciens actuels de l’identité ont intégré cette vision dynamique et dialectique en préférant évoquer des processus identitaires plutôt qu’une entité qui évoque la stabilité et la permanence. Non, l’identité n’est pas une histoire de connaissance sur nos ancêtres les gaulois que j’ai appris à l’école primaire il y a de cela 40 ans. Ce n’est pas qu’une chanson marseillaise, ou la coupe du monde, ou le port du drapeau national. Tous ces éléments matériels font partie de l’appartenance à une nation mais ne constituent pas forcément l’identité.

Dans ma ville, la Préfecture traduit « l’identité nationale » comme une somme d’actions matérialisées et donc détachées de toute réflexion, ce qui signifie que le fait d’agir suffit à lui seul ! L’exclusion des militants issus du tissu associatif et des habitants aurait pu contribuer à enrichir ce débat dans sa complexité. Ce sujet ne peut se concevoir sans la participation des citoyens sous peine de perdre tout sens. Une insulte à notre intelligence et à tout ce que nous avons appris dans cette douce France, laquelle, j’en conviens devient parfois amère.

Je suis française et pas fière de ce qui se passe. Je suis française, je rêve, je pense en français et je traduis mes pensées à ma mère en arabe avec parfois des mots français, cela n’autorise personne à suspecter mon identité ou le fait que je sois une menace pour l’identité nationale. A vouloir définir l’identité et à la matérialiser j’ai l’impression que nous faisons un bon en arrière de 60 ans. Mes ancêtres étaient des indigènes français en Algérie.

Est-il si compliqué de marquer à la fois l’appartenance à la France sans oublier notre origine qui a permis de construire notre identité singulière ?

Nous étions français depuis 1832 et puis nous sommes devenus français par la réintégration dans la nationalité française, par le droit du sol, par l’engagement dans l’armée française. Mais nous n’étions pas français quand mon père combattait l’occupation allemande et le nazisme. Il n’a jamais eu le droit de vote, n’a jamais eu une indemnité juste comme ses collègues de nationalité française. On est français quand les autres décident qu’on peut l’être, on n’est pas français quand les autres décident qu’on ne doit pas l’être.

Aujourd’hui, plus qu’hier, nous devons encore être « français par justifications », mais jusqu’où devons nous aller dans cette quête pour le montrer ? A qui et pourquoi ?

Je pense qu’il faut ainsi séparer la question de l’identité de la question de la Nation : pour éviter les confusions permettant à l’extrême droite de continuer à faire peur aux français et de développer une haine qui est propagée comme un virus des deux côtés. Je pense que ce ministère de la Confusion nationale devrait disparaître au profit du ministère de la Cohésion sociale. En effet, les problèmes que traverse notre société trouveront alors une solution politique dans une véritable politique publique dans le respect des droits des minorités visibles.

 

Publié par Respublica   http://www.gaucherepublicaine.org

 

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 20:17

Module Laïcité : « Les enjeux du combat laïque aujourd'hui »

par Bernard Teper,

le 19 janvier

 

Cette conférence s'inscrit dans un cycle inauguré le 12 janvier par celle de Jean-Marie Kintzler. Celui-ci a montré que l'on pouvait penser la République laïque à partir de ses éléments structurels : il est possible de mettre en évidence trois marqueurs permettant de distinguer l'État de droit de l'État totalitaire, ainsi que deux ruptures permettant de distinguer ces deux figures de l'État de droit que sont l'État communautaire et la République laïque.

En vue de la révolution républicaine que nous appelons de nos vœux et dont nous avons besoin pour rompre avec le néolibéralisme et son allié objectif,  le communautarisme, il faudra franchir un pas : passer du dispositif théorique à la République sociale, qui apparaît plus que jamais comme le seul projet politique émancipateur face aux projets concurrents. Comme le soulignait Jean Jaurès, la République sociale est la république poussée jusqu’au bout. De mars à juin 2010, les questions des services publics et de la protection sociale, de l'école, de la diversité...  se succéderont tous les mardi.

Mais revenons au début de ce cycle, car pour penser la République sociale, il convient de bien comprendre son principe constitutif, à savoir la laïcité. Ceci fait l'objet de quatre conférences consécutives.

Celle du 19 janvier, par Bernard Teper, a pour vocation d'exposer les enjeux politiques, mais aussi économiques et sociaux de la laïcité. Elle pourra ouvrir la voie à une réflexion sur les stratégies possibles pour promouvoir le principe de laïcité, tant au niveau national qu'international.

Si la philosophie politique permet de rendre intelligible le modèle républicain, le droit positif donne au principe de laïcité sa traduction juridique. La deuxième conférence, assurée par Charles Arambourou le 26 janvier, envisagera donc les aspects juridiques : il s'agira d'étudier d'une part la loi de 1905 (qui traduit dans le droit la rupture avec le théologico-politique) et d'autre part la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme (qu'il ne faut pas confondre avec la Cour de justice de l'union européenne).

Catherine Kintzler (les 2 et 9 février) analysera ensuite la laïcité comme concept, avant de nous livrer une analyse inédite de l'articulation entre laïcité et culture.

 

Les cours auront lieu à Paris (XIè) au lycée Dorian, 74 avenue Philippe Auguste, métro Nation ou Alexandre Dumas, de 20h à 22h en salle des devoirs (salle fléchée).

PROGRAMME COMPLET DU CYCLE DE CONFERENCES

 

Union des Familles Laïques - 27 rue de la Réunion, 75020 PARIS - 01 46 27 09 25 - www.ufal.org

 

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