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Le temps des cerises / Jean Lumière 

29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 12:25

La Convergence Nationale Républicaine que les citoyens patriotes de l’Arc républicain de progrès appellent de leurs vœux, contre « L’identité nationale » xénophobe de Sarkozy- Besson et la haine de la nation de la fausse gauche

Déclaration de l’Arc Républicain de Progrès

samedi 28 novembre 2009, par Comité Valmy

 

De plus en plus méprisé par notre peuple et docilement relayé par son ministre « de l’identité nationale et de l’immigration », Sarkozy lance dans la précipitation un débat d’Etat (!) sur « l’identité nationale » : au-delà de la diversion idéologique et électoraliste, cette manœuvre vise à opposer la France et les Français sur un clivage mortifère.

 

D’un côté, Sarkozy veut rallier tous ceux qui confondent « identité nationale » et xénophobie : l’évolution du régime sarkozyste vers un néo-pétainisme d’inspiration lepéniste est à cet égard très inquiétante pour l’avenir de la République. Pour pousser les feux dans cette direction, le chef de l’exécutif tente de mettre la « lutte contre la burqa » au cœur du débat national comme si cette pratique, certes condamnable du point de vue des principes républicains et notamment, de l’égalité entre les sexes, était le problème principal qui est posé à notre nation confrontée à l’explosion du chômage, de la précarité, de la souffrance au travail et de l’insécurité sociale.

 D’un autre côté, le chef de l’Etat, aidé par tout ce que la France compte de faux internationalistes et de « cabris » de l’Europe supranationale (notamment à la tête du PS, du MODEM et des Verts) compte faire d’une pierre deux coups : en amalgamant le patriotisme à la xénophobie, il rabat a contrario une partie de l’opinion, notamment dans la jeunesse, vers le renoncement national, l’atlantisme et le fédéralisme euro libéral.

 

De la sorte, le « débat d’Etat » sur « l’identité nationale » détruit deux fois l’idée de nation, d’abord en la compromettant avec le racisme, ensuite en provoquant par là même le rejet de la nation française au profit de la « mondialisation » libérale et du supranationalisme européen. Nous dénonçons ici le choix piégé imposé aux Français par Sarkozy et ses complices de la fausse gauche entre xénophobie raciste et auto phobie euro - atlantique. La France que nous aimons est notamment l’héritière de l’humanisme, des Lumières, de la Révolution française, des combats sociaux, populaires, laïques et démocratiques des 19 et 20ème siècles, du Conseil National de la Résistance. Elle est l’héritière de la langue française, scandaleusement sacrifiée au tout anglais par les prétendues « élites » euro dévotes et américano formatées.

Notre conception républicaine de la nation n’a pas davantage à voir avec les propos honteux de Brice Hortefeux sur les « Auvergnats » (sic) qu’avec ceux, méprisants pour tous les Français, d’un Jean.-Paul Huchon, l’actuel président PS du Conseil Régional d’Ile-de-France : en effet le livre de ce personnage, « De battre ma gauche s’est arrêtée », appelle à faire table rase de l’Etat nation, de l’Education nationale, de la République une et indivisible, des services publics d’Etat comme EDF, de la laïcité institutionnelle et de l’organisation de la France en départements, le tout dans le but proclamé d’institutionnaliser l’Etat fédéral européen des Länder sur les ruines d’une France à laquelle Huchon déclare sans détours son dédain le plus absolu !

 

La diversion tentée par Nicolas Sarkozy et Eric Besson est d’autant plus condamnable que, tout en se parant du drapeau tricolore, le chef de l’Etat mène une politique de démantèlement planifié de notre nation qui viole grossièrement la devise « liberté- égalité -fraternité » :

• destruction de l’indépendance nationale par l’adoption parlementaire en catimini du Traité de Lisbonne, ce rafistolage grossier de la constitution européenne supranationale rejetée par le peuple souverain le 29 mai 2005 ; destruction de l’idée même de nation par le projet antinational de créer un « ministère franco-allemand » en attendant de pouvoir transformer « l’axe franco-allemand » Merkel-Sarkozy en « Françallemagne », au mépris de ceux qui sont tombés pour la liberté de notre pays ;

• casse du principe même d’une défense nationale et vassalisation de la France, par le démantèlement des régiments garde-frontière, s’accompagnant de l’implantation d’un régiment allemand en Alsace et surtout, de l’inféodation totale de l’armée française à l’OTAN et aux Etats-Unis d’Amérique en rupture avec la décision prise en 1965 par le Général De Gaulle ; abandon de toute politique étrangère indépendante pour s’aligner systématiquement sur la stratégie impériale de Washington ;

• asphyxie programmée, privatisation ou arasement, sous le nom de « rupture » des grands acquis sociaux et républicains hérités du Front populaire et de la Libération : Sécurité sociale, retraites par répartition, statuts et conventions collectives, droit du travail protecteur, secteur public et nationalisé industriel, services publics d’Etat, etc. ;

• contournement anticonstitutionnel permanent de la loi laïque de 1905 séparant l’Etat des Eglises et du principe accordant à l’Université publique le monopole de la collation des grades ;

• politique linguistique indigne conduisant à substituer anticonstitutionnellement le tout anglais au français dans la communication des grandes entreprises, des services « publics », de l’armée française, des lycées publics, de l’Université et de la Recherche ;

• destruction des libertés collectives et individuelles par la mise en place d’un Etat policier, par la surveillance accrue des citoyens et par la mainmise du pouvoir sur les médias et sur la grande presse ;

• mise à mort du « produire en France » par la délocalisation de ce qui reste de nos industries, par l’asphyxie financière de notre agriculture par les Simply Market et autres Carrefour Market, déclin de la pêche nationale au nom des quotas européens, toute-puissance accordée à un libre-échangisme débridé et euro- mondialisé que le pouvoir organise, au détriment de l’emploi et de l’environnement, sous l’égide de l’OMC et du FMI dirigés par les « socialistes » Lamy et Strauss-Kahn ;

• mise en coupe réglée de la nation véritable, celle des ouvriers et des employés du public et du privé, des artisans et des paysans, des enseignants et des chercheurs, des ingénieurs et des cadres, des intellectuels et des créateurs, des chefs de PME, au profit d’une oligarchie de super -privilégiés dont le principal « exploit » est d’exporter leur argent vers les paradis fiscaux pendant que les classes populaires et moyennes paient de plus en plus d’impôts ;

 

Face à ceux qui n’offrent d’autre « choix » à notre peuple qu’entre repli xénophobe et haine euro libérale ou trotskisante de la nation, ces variantes complémentaire du suicide national, les francs républicains gaullistes, communistes et citoyens d’autres sensibilités de progrès qui composent l’ARP opposent leur conception humaniste de la nation et de l’internationalisme : celle d’un pays ouvert et hospitalier mais fixant souverainement son avenir, celle d’un monde préférant la coopération entre peuples souverains et Etats libres à la ravageuse « concurrence libre et non faussée » dominée en secret par un ou plusieurs Empires continentaux.

 

Face à la sarko- « rupture » et à l’euro dépeçage organisé du pays, l’heure n’est pas à « débattre » dans le cadre fixé par les casseurs de la droite ultra et par leurs complices de la « gauche » fédéraliste euro atlantique. L’heure est à la résistance pour affranchir notre pays de l’Union européenne et de ses diktats, pour rompre avec la dictature de plus en plus manifeste, d’une étroite minorité de profiteurs, pour reconstruire la France républicaine sur la base des principes toujours actuels du programme du Conseil national de la Résistance.

 

Dans ce but, les composantes de l’ARP se contacteront pour organiser partout, dès aujourd’hui et dans la perspective du 15 mars (anniversaire de la signature du programme du CNR), un maximum de débats citoyens indépendants permettant le développement local d’une Convergence nationale républicaine.

 

Paris le 28 novembre 2008

 

Pour le Comité Valmy : Claude Beaulieu, info@comité-valmy.org - Pour le PRCF : Georges Gastaud, gastaudcrovisier2@wanadoo.fr - Pour le Rassemblement Renouveau Gaulliste : Geneviève Blache, pgblache@wanadoo.fr - Pour le RCR : François Bunner, francois.bunner@r-c-r.org - Pour le Collectif Gaulliste de Gauche : Gilles Bachelier

 

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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 10:02

Protéger l’Union Européenne de toute souveraineté nationale par PAM

samedi 21 novembre 2009, par Comité Valmy

Protéger l’Union Européenne de toute souveraineté nationale

 

Quelques jours après avoir frôlé l’indignité nationale avec le renvoi de deux jeunes réfugiés afghans dans un pays en pleine guerre, le ministre Besson se repositionnait en lançant un grand débat sur l’identité nationale, initiative très vite prise en main par Nicolas Sarkozy, quelques jours après avoir commémoré la fin de la plus grand boucherie du XXième siècle sur l’air de la "Francallemagne", main dans la main avec Merkel.

Sans oublier les préoccupations politiciennes et électorales de court terme, pourquoi une telle initiative au fond ?

L’initiative de Besson a pu paraitre conjoncturelle, se donnant des airs de grand dirigeant porteur de grands messages, au moment où il était mis en cause avec force par de très larges courants d’opinions, y compris à droite, après sa décision d’expulser deux jeunes réfugiés afghans.

Mais ce samedi 14 Novembre sur France Inter, les buts de la manoeuvre apparaissaient clairement dans le contenu de la discussion. Un historien vient répéter que l’identité nationale est un concept toujours politique, utilisé toujours en période difficile pour assoir la puissance politique, et que bien sûr, à l’heure de la construction européenne, c’est une erreur puisque la nation n’est plus le cadre utile aux enjeux désormais planétaires [1]

L’élément central de la contradiction que vise Sarkozy est ainsi clairement identifié, la nation ! La nation a toujours été honnie par la bourgeoisie qui depuis les mariages princiers, jusqu’aux croisières des nouveaux riches, se sait toujours apatride, ou plus précisément de la seule patrie patrimoniale, mais elle a toujours du s’en occuper pour la maitriser et interdire au peuple de s’en saisir pour s’affirmer et l’organiser pour ses propres intérêts.

Dans la plus fidèle de ses traditions, la droite "nationale" tente donc une nouvelle fois de construire une identité nationale réactionnaire, afin de donner une assise politique à des réformes antipopulaires qui dissolvent les acquis républicains et du conseil national de la résistance dans une technocratie européenne. En réaction, les démocrates "modernes" qui ne voient dans la nation qu’une vieux cadre populiste dangereux, affirment comme jamais leur choix européiste, leur conception d’une démocratie de la gouvernance éclairée des élites contre les peuples, du marché généralisé dans la libre circulation contre toute souveraineté populaire.

Ce sont les deux versants du piège de l’identité nationale, ceux que les médias vont mettre en scène, jouant de l’un contre l’autre dans les paroles, pour mieux jouer l’un et l’autre contre ce qui inquiète les deux... la colère potentielle de peuples qui décideraient de réaffirmer leur souveraineté, souveraineté qui a inquiété les bourgeoisies antinationales surprises par les référendums français, hollandais puis irlandais...

Il faut une critique radicale et de cette identité nationale pétainiste et de son refus anti-populaire pour permettre d’affirmer avec force la nécessité du choix national et internationaliste pour le monde du travail ! Cela suppose d’affirmer à la fois une conception du peuple qui refuse le piège de l’identité, et une conception de la nation qui refuse le piège du nationalisme.

D’abord en refusant cette identité singulière qui nous ferait "un". Nous sommes chacun individuellement des croisements culturels, géographiques, génétiques, sentimentaux.. Que nous disions "je suis d’un village", "je suis d’un père", "je suis d’une tradition", nous nous mentons, et nous opposons ce mensonge aux autres. Car nous sommes toujours d’ici et d’ailleurs, y compris de là où nous avons rêvé d’être, d’un père, d’une mère et de nos histoires familiales, d’une culture métissée transmise par nos grands-mère, par nos cours d’école et par nos animateurs adolescents. Notre seule identité collective, c’est notre histoire, ce sont nos luttes, et donc nos contradictions, nos luttes de classe ! La France a connu la résistance et la collaboration, le colonialisme et l’anticolonialisme, la solidarité et l’injustice... Ce qui nous permet d’affirmer qu’il existe une identité française singulière, c’est le choix de la république contre le choix des baronnies, le choix de la résistance contre le choix de la défaite... Quelques soient les identités multiples des individus et des groupes, ce sont leurs rencontres sur les barricades qui fondent ce que nous pouvons après coup nommer une identité française. Et si cette histoire doit se poursuivre, c’est en désignant aujourd’hui où sont les barricades et en désignant clairement de quel coté de cette barricade se trouve ceux qui parlent !

Ensuite en éclairant ce qui attaque la nation qui n’est jamais mise en cause par les frottements cultures ou religieux pour eux-mêmes, mais toujours par les puissances qui les utilisent pour imposer la force d’un état prédateur et répressif. C’est l’Union Européenne, ce syndicat des gouvernements, qui attaque la nation, pas l’immigration ! C’est le marché qui crée le communautarisme, pas la foi !

Sarkozy met en oeuvre avec force et à l’époque des médias de masse la vieille pratique bonapartiste de s’appuyer sur le peuple pour écraser le peuple.
* il organise le communautarisme, en premier lieu celui des riches, celui qui fait de Bush et de Ben Laden des cousins d’affaires, de Chirac le meilleur ami de Hassan II, mais aussi celui qui organise l’islam en France sur les rapports de force entre communautés d’origines, celui qui organise la domination d’un CRIF profondément réactionnaire sur des juifs qui furent une des composantes historiques du mouvement communiste, mais il mène campagne médiatique pour une identité nationale qui sauverait le peuple de ces divisions d’origines !

La bataille idéologique lancée sur l’identité nationale n’est pas seulement un élément de plus, mais le fonds idéologique de la guerre sociale, la nécessité d’un mensonge d’état destiné à enfermer le peuple dans une représentation qui désarme par avance toute résistance possible. On connait l’adage des spécialistes du marketing, il faut toujours mentir avec vigueur sur ses points faibles... Quand un patron vous annonce de bons résultats, c’est qu’il veut vous exploiter encore plus, quand il vous annonce une restructuration pour sauver l’entreprise, c’est qu’il cherche à s’en débarrasser pour sauver son capital.

C’est au cœur du mensonge permanent du marché sur l’origine du profit que nait le mensonge permanent du capitalisme. La vérité lui est insupportable et l’invention de l’élection du président de la république au suffrage universel permettant la prise du pouvoir par Bonaparte illustre le rôle essentiel de cette guerre idéologique consubstantielle au capital :

* Quand Sarkozy parle de grand emprunt pour la France, c’est qu’il cherche comment faire exploser les revenus financiers, et prélever encore plus sur les salaires

Pour un communiste, la question est primordiale ! Car si les grandes luttes de 1995, des enseignants de 2003, des salariés contre la casse de la Secu, si les grandes manifestations de 2009 n’ont pas permis de résister à la guerre sociale contre les acquis du conseil national de la résistance, c’est bien que l’unité du peuple reste à construire, que le grand roman national appelle de nouvelles révoltes, de nouvelles résistances, de nouveaux rassemblements populaires pour de nouvelles révolutions. Et ce grand rassemblement a besoin d’identités multiples se retrouvant sur la même barricade, celle des luttes de classes.

[1] le plus souvent, pour les européistes, planète et europe sont synonymes, le reste étant les enfers, états-uniens ou asiatiques

PAM

vendredi 20 novembre 2009

Source : Communistes de Vénissieux

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article423

 

 

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Published by PAM, Comité Valmy - dans France-Politique - société
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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 04:58


Il faut partout des listes dirigées par le PCF !

Dans la foulée des conférences régionales du PCF, les militants communistes sont appelés à voter, du 18 au 21 novembre, sur la stratégie du parti au premier tour des élections régionales de mars 2010. A l’issue des conférences régionales, un communiqué du PCF annonçait que « 18 régions ont décidé d’une dynamique pour des projets et des rassemblements bien ancrés à gauche ». Autrement dit, 18 conférences régionales – sur 22 – se sont prononcées pour des listes indépendantes du PS, au premier tour.

Le communiqué du PCF ne dit rien des quatre conférences régionales qui ont adopté la proposition d’une alliance avec le PS dès le premier tour. Or, de telles « exceptions » porteraient atteinte à la crédibilité de la stratégie du PCF au plan national. Comme nous l’avons expliqué dans notre article Le PCF et les élections régionales, la dérive droitière des dirigeants du Parti Socialiste et la lamentable politique de « gestion » de ses élus, dans toutes les collectivités locales, militent clairement en faveur de listes dirigées par le PCF, partout, au premier tour. Et rien ne sert d’expliquer que cela ne concerne que quatre régions. On ne peut pas être un peu opportuniste, de même qu’on ne peut pas être un peu enceinte !

Malheureusement, « l’offre nationale » adoptée par le dernier Conseil National du PCF laissait la porte ouverte à de telles exceptions sans principes – ou, disons, sans autre « principe » que l’objectif de « sauver des élus ». En effet, en dessous de 5% des suffrages, une liste ne peut pas fusionner, entre les deux tours. Ce « risque » existe dans différentes régions, dont justement les quatre où les conférences régionales du PCF ont proposé de faire liste commune avec le PS dès le premier tour. Mais comme nous l’écrivions à la veille des conférences régionales, « ce "risque" pèse beaucoup moins lourd que les conséquences négatives d’une stratégie de premier tour "à la carte", qui donnerait le sentiment que le PCF accorde plus d’importance à l’obtention de sièges qu’à ses principes. »

Prenons l’exemple du Poitou-Charentes, qui est l’une des quatre régions en question. Ségolène Royal, qui en briguera de nouveau la présidence, se situe à l’extrême droite du Parti Socialiste. Dès lors, n’est-il pas évident qu’aucune considération de principe politique ne justifie une alliance du PCF avec le PS régional, au premier tour ? N’est-il pas évident, au contraire, que les principes politiques les plus élémentaires militent en faveur d’une liste indépendante du PS ?

En conséquence, La Riposte appelle les militants communistes du Poitou-Charentes et des trois autres régions concernées – Bourgogne, Champagne-Ardenne et Lorraine – à rejeter la proposition de leur conférence régionale et à voter pour la constitution de listes indépendantes du PS, au premier tour. Partout ailleurs, nous appelons évidemment à voter contre des listes communes avec le PS.

« Front de gauche élargi » ou listes « ouvertes » du PCF ?

Dans toutes les régions, les communistes pourront choisir entre au moins deux options : « Front de gauche élargi » ou liste commune avec le PS. Mais dans plusieurs régions, comme par exemple en Ile-de-France et en Midi-Pyrénées, les bulletins de vote qui ont été adoptés par les conférences régionales proposent une « troisième option » : la constitution de listes du PCF « ouvertes » au monde du travail et aux acteurs des luttes en cours, comme par exemple des militants de la CGT.

Nous comprenons parfaitement les préoccupations des militants qui ont demandé que cette option figure sur les bulletins de vote. Même si elle conserve l’appui – rarement enthousiaste – d’un grand nombre de militants communistes, la démarche du « Front de gauche » suscite aussi de profondes inquiétudes, dans les rangs du parti. De fait, même en le proclamant « élargi » – à quelles organisations, au juste ? –, le Front de gauche demeure une coalition électorale du PCF avec des forces considérablement moins implantées que lui, mais dont les dirigeants compensent l’absence de base militante et électorale par une vigoureuse ambition personnelle. Or, la générosité avec laquelle la direction du PCF se propose de distribuer les positions éligibles à ses « partenaires » – comme ce fut le cas aux Européennes – ne peut qu’aiguiser ces ambitions. En outre, de nombreux dirigeants du parti voient dans le « Front de gauche » un moyen de poursuivre leur stratégie de « transformation » du PCF en « autre chose » – l’essentiel, pour eux, étant que cette « autre chose » ait clairement rompu avec la tradition et l’idéologie communistes.

De ce point de vue, des listes du PCF « ouvertes » sont, selon nous, la meilleure des trois options (lorsqu’elle figure sur le bulletin de vote). Mais en l’absence d’un véritable programme communiste, la candidature de tel ou tel militant syndical ou associatif, fut-il excellent et reconnu, ne changera rien aux carences de la campagne électorale. La question centrale est celle du programme. Il faut rejeter la tentation de cacher l’absence d’une alternative sérieuse au capitalisme derrière une « ouverture » artificielle de nos listes au « monde du travail ». Le monde du travail, il faut le convaincre par des idées et un programme justes – c’est-à-dire marxistes. Telle est la tâche centrale des militants communistes.

La Riposte
Publication : mardi 17 novembre 2009

 

 

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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 15:54

par Caroline Fourest

Invitée à l’université d’été du RCD, organisée les 22 et 23 octobre dernier à Alger, Caroline Fourest a animé une conférence sur le thème « Quelle alternative face aux autoritarismes ? » Dans cet entretien, elle explique avec le détail cette problématique et suggère des solutions pour parvenir au changement des régimes dans la région du Maghreb. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication sont, affirme-t-elle, des moyens efficaces pour démasquer les pratiques des régimes autoritaires.
Propos recueillis par Madjid Makedh et publiés dans le journalEl Watan

En finir avec les régimes autoritaires est l’une des questions qui revient à chaque fois dans les pays du Maghreb. Les luttes des partis d’opposition et les mouvements autonomes se sont, depuis l’avènement des indépendances, avérées vaines. Y a-t-il une solution pour mettre un terme à l’autoritarisme dans la région ?

Caroline Fourest : Les pays du Maghreb sont pris entre deux fléaux autoritaires de nature différente. Quand on dit autoritaire, on pense souvent à une structure coercitive étatique, mais en réalité il y a des régimes et des mouvements autoritaires. Il y a toujours une troisième voie qui permet d’éviter le choix entre un régime autoritaire et un mouvement autoritaire, voire totalitaire, que sont les intégristes. Les Maghrébins paient le prix de ce cercle infernal depuis trop longtemps. Je me suis toujours demandée ce que je ferai si je vivais dans un régime autoritaire ou si je devais affronter un mouvement totalitaire. Je travaille depuis douze ans sur les mouvements extrémistes : j’ai commencé par enquêter sur l’extrême-droite, comme le Front national en France, puis je me suis spécialisée dans l’étude des mouvements intégristes comme les anti-avortement en France ou la droite religieuse américaine. Mais ce n’est que depuis que je travaille sur l’islamisme que je mesure l’ampleur du courage qu’il faut pour affronter à la fois les régimes autoritaires et les mouvements totalitaires comme les intégristes.

Les mouvements autonomes et démocratiques sont souvent empêchés et interdits d’action dans les régimes autoritaires. Pensez-vous qu’une troisième voie est possible dans ce genre de situation ?

Cette troisième voie existe internationalement et au-delà des frontières. Si tout le monde avait la possibilité de se mettre autour d’une table et de réfléchir au mode de société qui rendrait le plus grand nombre de personnes heureuses, cette troisième voie gagnerait largement l’élection. Le problème est que tout est fait pour que cette délibération à l’issue d’un débat de qualité soit impossible. Cela n’empêche ni la solidarité ni la délibération par delà les frontières depuis l’avènement des nouvelles technologies, je pense aux réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter. On a vu, par exemple, ce qui s’est passé en Iran et qui est plein d’enseignements. Pendant les révoltes contre la fraude électorale qui a porté une nouvelle fois Ahmadinejad au pouvoir, on a vu à quel point les gens étaient connectés et à quel point la censure du régime n’a pas pu étouffer cette colère parce que le monde entier observait ce qui se passait via Twitter et Facebook. Je ne suis pas sûre que cela aurait pu avoir lieu dix ans auparavant. Aujourd’hui, la mort de la jeune Neda ne laisse personne indifférent. Ce qui ne change pas, en revanche, c’est le cynisme de certains décideurs européens par rapport au Maghreb et au Monde arabe. Certains adoptent une position qui consiste à se dire que les opinions publiques arabes méritent, sans doute, ces régimes autocratiques qu’elles laissent perdurer. C’est une idée que je réfute catégoriquement.

Justement, ne pensez-vous pas que les occidentaux soutiennent les régimes autoritaires au Maghreb et dans le Monde arabe pour défendre leurs propres intérêts économiques ?

Les régimes occidentaux font avec ce qu’il y a. On ne peut pas leur reprocher à la fois d’être dans une forme de néocolonialisme s’ils s’emmêlent trop, et en même temps de ne pas assez s’en mêler pour changer les choses. En revanche, le gouvernement français n’était certainement pas obligé de féliciter le président algérien pour sa réélection avec autant de chaleur, quand on sait que le scrutin est contesté et qu’il s’est déroulé dans des conditions contestables.Les Etats-Unis ont su faire preuve de plus de réserve… Au niveau des intellectuels, il faut aussi combattre ce fatalisme aboutissant à ne pas être solidaire des opposants à la fois démocrates et laïcs sous prétexte qu’ils ne sont pas représentatifs de l’opinion publique arabe. Personnellement, je ne me pose pas la question de savoir qui il faudrait pour l’Europe à la tête de l’Algérie. Je me demande pour qui j’aimerais voter si j’étais citoyenne algérienne. Le fait qu’un homme, comme Saïd Sadi, dont j’apprécie le courage et l’intégrité, tienne bon malgré toutes les épreuves, c’est important. Le monde et l’enthousiasme que j’ai vus lors de ces universités d’été du RCD prouvent que ni les autoritaires ni les totalitaires ne sont parvenus à tuer le rêve d’une Algérie à la fois démocrate et laïque, qui respecte la liberté de conscience de chacun et se préoccupe de la justice sociale pour tous.

Mais ne croyez-vous pas que si les régimes arabes continuent à se maintenir au pouvoir, c’est grâce à la connivence avec des régimes occidentaux ?

Il faut dissocier différents niveaux pour ne pas tomber dans l’amalgame. Il y a, d’un côté, les pouvoirs économiques comme les entreprises qui se satisfont très bien des régimes autoritaires avec lesquels ils peuvent faire des affaires, et puis il y a les gouvernants qui peuvent être soit sensibles aux opinions publiques de leur pays (plutôt solidaires des démocrates), soit sensibles aux intérêts de leurs entreprises (plutôt favorables aux autocrates). L’enjeu est de donner la parole aux démocrates, y compris en Europe, pour que les opinions publiques fassent pression sur les gouvernants au détriment des entreprises. Ce n’est pas simple. Mais soyons clairs, personne, pas même l’Europe, et sûrement pas la France, ne pourra faire bouger les choses à la place du peuple algérien. La seule chose que peuvent faire les démocrates laïcs européens, c’est de rester connectés et solidaires des démocrates laïcs du maghreb. Par exemple, lorsque le Maroc interdit à deux militantes du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI) de sortir du territoire marocain pour venir donner une conférence à Paris à l’invitation du Manifeste des libertés, nous avons pu leur donner la parole quand même, en direct, via une connexion internet avec une web cam… C’est un échange qui marche dans les deux sens. Nous avons besoin de l’expérience des laïcs marocains ou algériens pour résister au danger islamiste qui monte en Europe. Il séduit parfois les enfants d’Algériens ayant fui le FIS ou le GIA pour trouver refuge en Europe ! J’admire le courage, la patience et l’abnégation des démocrates laïcs algériens. J’apprends beaucoup d’eux pour savoir comment éviter que ce mal ne rattrape les enfants d’immigrés en France.

A votre avis, qui sont les plus dangereux, les régimes autoritaires ou les mouvements autoritaires ?

Je crois qu’ils ne représentent pas des dangers de même nature. Aujourd’hui, le régime autoritaire est dans un état de décrépitude et de déliquescence. On est face à un comportement de type mafieux, sans en avoir la force coercitive. On est devant une impasse et un immense gâchis qui ne peut qu’encourager la montée d’une alternative totalitaire. Le pouvoir envoie ses propres enfants chez les Pères blancs ou dans de bonnes écoles à l’étranger, mais il a choisi de casser totalement l’éducation publique en Algérie pour s’assurer de tuer l’esprit critique des futurs citoyens. La « confessionalisation » de l’école, le fait que les futurs citoyens algériens apprennent à réciter par cœur à partir de textes religieux au lieu d’apprendre à penser par eux-mêmes, permet aux mouvements totalitaires de remplir leurs cerveaux avec de la propagande. Au fond, les autoritaires et les totalitaires s’entendent sur le dos des démocrates laïcs. Je crois que le tournant a eu lieu avec les événements d’octobre 1988, quand on a refusé d’entendre la rage de la jeunesse contre les inégalités et le manque des libertés et que l’on a préféré acheter la paix sociale en négociant avec les intégristes. Il s’est noué un pacte infernal qui a donné l’horreur que l’on sait et qui reprend depuis quelques années. Les recettes pour sortir de cette spirale infernale existent. Entre la Turquie, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, on voit bien que ceux qui s’en sortent bien, sont ceux qui ont sécularisé avant de démocratiser. Si vous démocratisez sans séculariser, comme l’Algérie en 1991, vous donnez les clefs à un régime totalitaire qui ne les rendra jamais. A l’inverse, si vous sécularisez sans démocratiser, comme en Turquie ou en Tunisie, vous nourrissez aussi une alternative religieuse… Mais elle est moins dangereuse qu’en Algérie. L’AKP au pouvoir, ce n’est pas le FIS au pouvoir. Le gouvernement tunisien devrait comprendre qu’il est temps de démocratiser… Pendant ce temps, l’Algérie, qui n’a ni démocratisé ni sécularisé, se trouve dans une impasse totale. Dont le pouvoir et les intégristes portent l’écrasante responsabilité.

 

 Source de l'article

 

www.gaucherepublicaine.org

lettre n°629 :
http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/respublica_lettre-629.htm

 

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Published by Caroline Fourest, ReSPublica - dans France-Politique - société
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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 10:50

Les prétendus antifascistes méprisent le peuple et servent la soupe à un nouveau fascisme

vendredi 27 novembre 2009, par Loïck

 

Eloge de la Peur !

La peur de l’insécurité fait-elle le jeu du système et de Sarkozy ? Ou est-elle une réaction légitime ?

La peur est-elle déshonorante ?

Lors de nombreux débats, quand on parle d’insécurité ou d’intégrisme, les bien-pensants brandissent un argument-massue : « Vous avez peur ! » Ce mot accusateur est accompagné d’un discours, comme celui de l’humoriste T. Vaquette, Mardi 24 novembre à « Ce soir ou jamais » face à Eric Zemmour : « En attisant les peurs, le Système met en place un contrôle social. » On pourrait compléter cet argument par : « Cette peur est créée de toutes pièces pour détourner des vrais problèmes. » Il est amusant de voir que souvent, ceux qui critiquent « la peur » quand il s’agit de violence, d’insécurité ou d’intégrisme, n’ont pas la même attitude quand on parle du réchauffement climatique, de la fin du pétrole etc. Il y a donc des peurs légitimes, et d’autres qui ne le sont pas. La peur peut être positive si elle nous mobilise contre un réel danger – comme les dangers écologiques.

Mais alors, la peur des violences urbaines ou de l’intégrisme, ne seraient-elles pas des peurs salutaires, voire nécessaires ? Ne sont-ce pas ces bien-pensants qui, eux, « n’ont pas peur » (peut-être parce qu’ils vivent dans de beaux quartiers, se déplacent en voiture et pas en RER, ou bien sont des jeunes gens en pleine santé ne se sentant pas « en insécurité »), qui seraient en fin de compte aveugles et les véritables alliés du Système ?

A force d’ignorer les peurs d’un peuple qu’ils méprisent, les donneurs de leçons laissent la situation d’insécurité se dégrader et, à terme, ils favorisent des tentations répressives. En fait, les bien-pensants ne seraient-ils pas les « idiots utiles » du fascisme à venir ? Nous y reviendrons.

Une accusation de racisme à peine voilée

En réalité, les bien-pensants veulent toujours – comme à leur habitude – faire taire leurs opposants. Cela ne les intéresse pas de discuter, de chercher à éclaircir la situation, de confronter des points de vue. Ils aiment la diversité surtout entre gens d’accord sur les mêmes idées, les mêmes valeurs. Un drôle de pluralisme. Mais quand on formule des opinions gênantes, ce qu’ils veulent, c’est discréditer l’autre (par ex. Zemmour ou Riposte Laïque), et identifier leurs contradicteurs avec l’extrême droite. Si l’opération réussit, il n’y aura plus à discuter. Car c’est bien connu, on ne discute pas avec un facho, on le met « hors d’état de nuire », on lui tape dessus ou au moins on lui fait des procès pour le ruiner et l’empêcher d’exprimer ses idées nauséabondes.

Quand, lors d’un débat sur l’insécurité, un bien-pensant dit « vous avez peur », il suggère : « vous avez peur de l’autre, des musulmans ou des ‘jeunes des cités’, parce que vous êtes raciste. Votre peur est la peur du petit blanc, ou du petit bourgeois, face aux classes dangereuses. Cette peur a toujours servi à justifier la répression et l’Etat fort. Votre peur n’est pas recevable, moi je n’en ai rien à faire ! » Il est intéressant de noter à quel point cette leçon de morale est insupportable, pleine de mépris pour tous ces gens qui souffrent d’une insécurité véritable, d’agressions, ces profs, ces pompiers, ces médecins. Nos bien-pensants, que proposent-ils de faire des plaintes de toutes ces personnes, à part les qualifier de « racistes » ? Mais passons…

Vrais et faux problèmes

Si notre bien-pensant argumente, sa position revient à ceci : « Vous vous intéressez à un faux problème. L’islamisme, l’insécurité ? Ce ne sont que des conséquences de conditions sociales difficiles, de l’exclusion et du chômage. Au lieu de vous intéresser aux conséquences, travaillez aux causes, améliorez l’économie, luttez pour de meilleurs salaires, moins d’exclusion etc. »

L’islamisme met en mouvement une volonté de domination, comme celle qui a pu animer l’Eglise ou d’autres idéologies. Les conquêtes musulmanes remontent au Moyen-Age, et les islamistes veulent reconquérir Al Andalous ; travailler à un monde moins injuste est un idéal tout à fait valable, mais ce n’est pas cela qui désarmera les partisans d’un grand Califat ! C’est la liberté « occidentale » elle-même que récusent les islamistes ; c’est l’existence de civilisations laïques qui les choque. A la limite, seule notre conversion pourra les satisfaire. Cela n’a rien à voir avec la fin des injustices.

La peur est salutaire

Alors oui, on peut avoir peur. Peur de cet avenir d’une société qui se dissout, peur de la montée de l’islamisme, peur du durcissement général des relations humaines. Au lieu de douceur, de politesse et de convivialité, que verra-t-on ?

On verra des gens hostiles, refermés sur eux-mêmes, défiants et agressifs ; des rues avec des groupes de jeunes machos, homophobes et violents pour le moindre regard. De cette situation tendue, ne pourront sortir que des demandes de plus en plus pressantes de sécurité.

A force de laisser la situation empirer, il y aura de plus en plus de drames : tournantes, femmes brûlées vives, écoles saccagées, émeutes, crimes racistes et réactions xénophobes… A la longue, l’Etat devra « reprendre les choses en main » et la lente décomposition de notre société prépare des lendemains fachos. Et pas facho pour de rire ; une vraie reprise en main musclée, policière, tout ce qu’il faut pour contrecarrer des éléments qu’on aura laissés devenir incontrôlables, des bandes de barbares à la Fofana pratiquant enlèvements et tortures.

Les prétendus « antifascistes » font-ils le jeu du fascisme de l’avenir ?

La responsabilité de ce gâchis ? Certes, il sera dû à la crise économique ; mais aussi au laxisme, au discours bien-pensant qui désarme ce qui est encore un Etat de droit. A force d’empêcher la police républicaine de travailler, les récidivistes et les meneurs (un petit noyau ultraviolent) d’être mis pour un long moment dans des centres fermés, etc., les bien-pensants auront préparés l’avènement d’une société invivable et répressive.

Tous ces « anti-fascistes » auront donc fait le jeu :

Ou encore, comme certains semblent le désirer, on confiera la remise au pas des cités à un encadrement religieux, qui aura des valeurs, certes, mais assez peu laïques ni favorables au féminisme, à la liberté des mœurs, à la liberté d’expression…

Merci donc à tous ces « antifascistes » qui nous préparent un futur répressif, vert ou brun, mais en tout cas aux antipodes d’une société humaniste et sereine.

Loick

La Riposte

http://www.ripostelaique.com/Les-pretendus-antifascistes.html

 

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 09:49

 

Nous sommes confrontés à une triple épreuve.

- La grippe A (H1N1) n'est pas une aimable maladie dont le rôle se limiterait à alimenter les conversations et les émissions de télé. Elle risque de prendre des proportions redoutables, de détruire des poumons et de mettre des dizaines de milliers de personnes sur le flanc ou au cimetière. Peut-être oui, peut-être pas. Mais, dans la mesure où il existe un vaccin, on peut en réduire massivement la propagation. Je suis pour cette vaccination généralisée. Lorsque viendra le tour de ma tranche d'âge, celle des grands vieillards, je ne manquerai certes pas de m'y soumettre.

-La seconde épreuve, nous la connaissons bien. C'est la frilosité d'esprit, l'obscurantisme, le recours à la raison archaïque, le recul devant le progrès, la connerie érigée en principe. Elle est symbolisée par le refus d'une mesure de santé publique sous le prétexte que "le vaccin, c'est pas naturel, ça peut être plus dangereux que le mal, que moi, je ne veux pas servir de cobaye…" En une bonne quarantaine d'années d'exercice de la médecine de terrain, je n'ai jamais cessé de combattre cette mentalité. Si elle avait prévalu, on n'aurait pas éradiqué ou maîtrisé la variole, la tuberculose, la diphtérie, la typhoïde, la polio, le tétanos, les oreillons, la rougeole, la méningite cérébrospinale, le choléra, la fièvre jaune. Et bien d'autres.

-La troisième épreuve, c'est Madame Roselyne, excroissance sanitaire du chanoine président de Saint Jean de Latran et autres lieux. En vibrionnant, tourbillonnant et tortillonnant sans cesse devant tous médias confondus, en s'appropriant un problème de santé et en le détournant à des fins de propagande gouvernementale, elle a contribué à discréditer une juste cause. En encadrant administrativement les séances de vaccination, en ignorant les médecins généralistes, acteurs primordiaux de la santé, elle a porté un mauvais coup à ce qui devrait être une vraie grande cause nationale.

Débarrassons-nous de la grippe en nous faisant vacciner, luttons conte la connerie rétrograde. Quant à Madame Roselyne et ses comparses, nous saurons aussi les empêcher politiquement de nuire.


Jacques FRANCK 24 novembre 2009

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 16:01
Chers amis,
j'attire votre attention sur cette nouvelle information, de taille, qui a été révélée ces jours derniers.
« Brûler n'est pas répondre », comme on disait jadis.
Les attaques portées chaque jour contre les citoyens de ce pays, à tous les niveaux, dans tous les domaines, deviennent de plus en plus inquiétantes.
50 ans après Malraux, c'est le livre qu'on veut abattre !
Hors de tout esprit de chapelle, loin de tout corporatisme, j'agite le « couvercle » et j'attire votre attention sur cette décision très significative de la politique menée par notre gouvernement.
L'industrie du livre n'est pas une industrie comme les autres !
Voilà, salutations fraternelles !
Thierry Renard


Fin de la Direction du livre et de la lecture 

C’est signé Frédéric Mitterrand, qui n’avait sans doute pas à arbitrer les affaires intérieures de la Sarkozie, et Eric Woerth, même si l’idée couvait depuis Albanel et avait déjà provoqué la démission forcée de l’ancien directeur du livre, Benoît Yvert (ce que j’en disais le 8 mai dernier...).

Par décret du 15 novembre 2009, la Direction du livre et de la lecture au ministère de la Culture est purement et simplement liquidée. Voir notamment l’article 5 [1] et son petit codicille en toute fin pour rappeler que le livre existe, ou existait : ça confine au camouflet.

Formulation officielle : la référence au directeur du développement des médias et au directeur du livre et de la lecture est remplacée par la référence au directeur général des médias et des industries culturelles.

Se rendent-ils comptent de la gravité de ce qu’ils commettent ? Difficile de penser autrement, quand on constate la cohérence et la sauvagerie organisée de leur politique.

Disposer d’un ministre de la Culture faible, sur qui ils ont barre par tout un tas de pressions diverses, c’est dans le plan ?

L’agression burlesque du cador de la Seine Saint-Denis, Eric Raoult le roi de l’épuration banlieue, est-ce que c’était une diversion préméditée pour amuser la galerie, puisque bien évidemment il n’était pas question pour nous tous de ne pas relever la gravité des propos et de l’insulte ?

La stratégie Sarkozy des démolisseurs bien à l’abri, voir l’euphorique discours de remise de médaille à Dany Boon, voir la pitoyable crise de fou rire en pleine commémoration résistante, est de plus en plus nue. Mais c’est nous tous qui payons les pots cassés.

Et gravement, et salement. Qu’est-ce qu’il peut rester, comme politique digne du livre et de la lecture, dans cette liquidation ? Que va devenir le CNL, devenu probablement EPCC (et qui finançait tout ce qui restait d’un peu courageux dans l’édition de papier, côté création...) [2]

Triste boutique, la France.

© François Bon _ 16 novembre 2009


[1] La direction générale des médias et des industries culturelles définit, met en œuvre et évalue la politique de l’Etat en faveur du développement et du pluralisme des médias, de l’industrie publicitaire, de l’ensemble des services de communication au public par voie électronique, de l’industrie phonographique, du livre et de la lecture et de l’économie culturelle. Elle suit les activités du Centre national de la cinématographie.
I. ― Dans ce cadre, elle contribue à définir, mettre en œuvre et évaluer les conditions du développement des industries de diffusion et de production de contenus culturels. Elle participe à l’élaboration et à la mise en œuvre de la politique de l’Etat en faveur de l’action audiovisuelle extérieure de la France.
Elle contribue aux travaux d’étude et d’évaluation économiques et de recherche, ainsi que de veille et d’expertise sur l’évolution des technologies numériques, dans son champ d’activités.
Elle veille à l’équilibre entre les différents acteurs qui interviennent dans le domaine du livre et, à ce titre, au développement de l’économie du livre, en France et à l’étranger. Elle favorise le développement de la lecture et procède à l’évaluation des politiques dans le domaine de la lecture publique. Elle contribue à la modernisation des bibliothèques et des médiathèques, et notamment au renforcement des réseaux et services de coopération, ainsi qu’à la formation de leurs personnels. Elle veille à la conservation, à l’enrichissement et à la valorisation du patrimoine des bibliothèques et des médiathèques. Elle exerce le contrôle technique de l’Etat sur les bibliothèques et les médiathèques des collectivités territoriales.
II. ― En lien avec le secrétariat général, elle élabore la législation et la réglementation relatives à la presse écrite, à la collecte de l’information, à la communication audiovisuelle et aux autres services de communication destinés au public. Dans ces différents secteurs, elle suit les négociations relatives aux professions concernées, elle gère des aides financières attribuées aux entreprises, participe à la mise en œuvre des procédures relevant du droit de la concurrence et contribue au suivi des questions sociales relevant de ces secteurs. Elle instruit les contentieux dans ses domaines de compétence.
En lien avec le secrétariat général, elle contribue à l’élaboration de la position française pour les négociations européennes et internationales touchant à la réglementation et à la régulation des médias, des industries culturelles, du livre et des services en ligne.
Elle assure le secrétariat de la commission paritaire des publications et agences de presse. Elle suit l’activité des organismes des secteurs de la presse et de la collecte de l’information soumis à statut particulier ou liés à l’Etat par convention.
Elle veille, dans son champ de compétence : 
 à la collecte, à la production et à la diffusion des documents et des données scientifiques, notamment sous forme numérique ; 
 au développement de l’action européenne et internationale. Elle exerce le droit de préemption prévu par le code du patrimoine.
Elle propose des mesures destinées à favoriser le développement du mécénat et du marché de l’art et coordonne leur mise en œuvre.
III. ― Elle contribue, pour ce qui la concerne, à la politique et à la gestion des ressources humaines, à la stratégie et à la gestion budgétaire, à la tutelle des organismes relevant du ministère, au pilotage des opérations d’équipement, à l’animation des services déconcentrés, aux travaux d’étude, d’observation et de recherche, à la conception et à l’organisation des événements culturels.
Elle gère, pour le compte du Premier ministre, les crédits relatifs à l’action audiovisuelle extérieure.
IV. ― Le directeur général des médias et des industries culturelles est assisté d’un directeur adjoint qui peut être chargé du livre et de la lecture ou des médias, ainsi que d’une mission transversale au sein de la direction générale.

[2] Noter que, dépendant de la même direction et ayant la même structure, le CNL aurait dû être cité au même niveau que le CNC...

 

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 17:00

( Editorial La Riposte - Vendémiaire du 23/10/09 )

   Dans l’éditorial de référence, le ou les rédacteurs analysent fort judicieusement, à mon sens, le positionnement stratégique actuel du PCF, notamment sa conception des alliances électorales, conception qui reflète évidemment une idéologie politique désormais assez nette. En particulier, le paragraphe 5 du texte rappelle la nécessité absolue pour un parti communiste de mener un combat inlassable auprès des travailleurs pour les idées du socialisme (on aurait pu ajouter «  et les conditions révolutionnaires de sa réalisation). Je souscrit donc à l’orientation générale de l’article.

   Cependant, quelques passages, relatifs à la conception des alliances, méritent, selon moi, quelques précisions, notamment dans la perspectives des élections régionales prochaines. Il n’y a, évidemment, aucune ambiguïté quant aux compromissions possibles avec le MODEM. Il n’en est pas de même quant aux rapports électoraux PCF-PS. Certes, le rédacteur condamne fermement toute liste commune  dès le premier tour. Mais quid du second tour? La fusion entre les deux types de listes pour telle ou telle région serait envisageable dès lors que dans ces régions les programmes seraient suffisamment anticapitalistes ou, plus modestement, progressistes. A condition, toutefois, que le PCF «  présente et défende un programme communiste »: je vois dans cette préconisation une source de confusion politique démobilisatrice pour une partie de l’électorat de gauche qui risque  alors d’en rendre responsable ce parti. Ou on s’allie ou on ne s’allie pas! Question de bon sens…Mais au-delà de ces considérations circonstancielles et géographiquement limitées, il y a une autre dimension à prendre en compte, celle- la plus décisive. Quelque soient les situations locales (régionales), il est évident que la signification politique du scrutin sera nationale. Il y a fort à parier que d’ici le mois de mars 2010 le PS n’aura pas modifié fondamentalement sa ligne néo- libérale, malgré quelques bonnes paroles pré-électorales ou prestations de façade du genre de celles pratiquées actuellement lors de la tenue des «  ateliers » organisés par le PCF ou le Front de Gauche. Dans ces conditions, tout succès des listes à dominante PS, qu’elles soient d’union ou soutenues, sera un gage donné à cette orientation en impasse (du point de vue du progrès social), même si , au nom du « moindre mal », des listes ouvertement de droite auront été battues. Mais où se situe le « moindre mal »? Préparer l’opinion progressiste à de nouvelles désillusions n’est-il pas un mal »absolu »? Et ce ne sont pas quelques sièges d’élus communistes qui y changeront, au contraire me semble- t’il. Il serait temps que le PCF se débarrasse de cette maladie que Marx et Engels, dans leur  « Lettre circulaire à Bebel et al. » en 1879, concernant la social-démocratie allemande, avait qualifié de « crétinisme parlementaire ».Quelques élus en moins, certes; mais la lutte de classe y perdra- t’elle, si les objectifs révolutionnaires fondamentaux sont repris en main?

   Autre sujet de réflexion: les paragraphes finaux concernant le Front de Gauche. L’article décline avec justesse certains traits de ce fameux front et les ambitions politiques d’un Mélanchon notamment. Mais je crois que la démonstration aurait été encore plus convaincante si cette organisation avait été définie pour ce qu’elle est en fait: une tentative délibérée de la part de la direction du PCF de liquidation du parti en temps qu’outil souverain et révolutionnaire dans un conglomérat destiné, à terme, à servir de caution de gauche à la social-démocratie. Au- delà des spécificités historiques et nationales, au fond, l’opération « Front de gauche » est l’équivalent de celle baptisée « Die Linke » en Allemagne et qui aboutit à la liquidation de fait du Parti Communiste Allemand. Mélanchon, c’est le copié-collé d’ Oskar Lafontaine Qu’on réfléchisse aussi à la situation italienne…Une telle analyse est volontiers brocardée, au nom du « modernisme » (la société a changé, etc…etc…), et qualifiée de repli sectaire, dogmatique, alors qu’elle repose sur la conviction que seul un immense effort de bataille idéologique en direction des plus larges couches de salariés pour gagner leur conscience aux changements révolutionnaires.

  Vincent Ferrier
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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 20:20

 

L’année 2009 est riche en anniversaires historiques : l’assassinat de Rosa Luxembourg et de Karl Liebknecht, la création de l’Internationale Communiste et la Commune des Asturies. Aucun de ces anniversaires n’a trouvé d’écho dans la presse capitaliste. Mais il y a un qu’ils n’oublient pas : le 9 novembre 1989, la frontière séparant l’Allemagne de l’Ouest et l’Allemagne de l’Est était ouverte.

La chute du mur de Berlin est entrée dans l’histoire officielle comme le symbole de la fin du « Communisme ». Au cours des vingt dernières années, on a assisté à une offensive idéologique sans précédent contre les idées du marxisme, à l’échelle mondiale. La preuve était faite que le communisme, le socialisme et le marxisme étaient morts. Il n’y a pas si longtemps, certains parlaient même de la « fin de l’Histoire ».

Et pourtant, la roue de l’Histoire a tourné. A présent, l’idée que le capitalisme est le seul système possible est sérieusement remise en question. Vingt ans à peine après l’effondrement du Stalinisme, le capitalisme traverse sa plus grave crise depuis la Grande Dépression des années 30. Des millions de personnes sont menacées par le chômage, la pauvreté et « l’austérité ».

Dans ce contexte, la campagne anticommuniste s’intensifie. La raison en est évidente. La crise mondiale du capitalisme génère une remise en cause générale de l’« économie de marché ». Il y a un intérêt croissant pour les idées du marxisme, ce qui inquiète les capitalistes. L’actuelle campagne contre le « communisme » est un reflet de cette peur.


Caricature de socialisme

Ce qui a échoué en Russie et en Europe de l’Est n’était pas le communisme ou le socialisme tel que le comprenaient Marx et Lénine, mais une caricature bureaucratique et totalitaire de socialisme. Lénine expliquait que le mouvement vers le socialisme exige le contrôle de l’industrie, de la société et de l’Etat par la classe ouvrière. Le véritable socialisme n’est pas compatible avec le pouvoir d’une élite bureaucratique privilégiée – laquelle génère inévitablement de la corruption, du népotisme, du gaspillage et du chaos, dans des proportions colossales.

Les économies nationalisées et planifiées, en URSS et en Europe de l’Est, ont permis de grands accomplissements dans les domaines de l’industrie, de la science, de la santé et de l’éducation. Mais comme Trotski l’avait anticipé dès 1936, le régime bureaucratique a fini par miner l’économie planifiée, préparant le terrain à son effondrement et à la restauration du capitalisme.

Dans les années 80, l’URSS avait davantage de scientifiques que les Etats-Unis, le Japon, la Grande-Bretagne et l’Allemagne réunis. Pourtant, l’URSS ne parvenait pas aux mêmes résultats que ces pays. Dans les domaines vitaux de la productivité et du niveau de vie, l’URSS était à la traîne. La raison principale était l’énorme fardeau de la bureaucratie qui pesait sur l’économie soviétique – ces millions d’officiels corrompus qui gouvernaient l’URSS sans le moindre contrôle par la classe ouvrière.

La dictature suffocante de la bureaucratie a fini par provoquer une chute sévère du taux de croissance de l’économie soviétique. Par ailleurs, les très fortes dépenses dans l’armement et dans le contrôle de l’Europe de l’Est pesaient lourdement sur l’économie.

L’arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev, en 1985, marqua un tournant majeur dans la situation. Gorbatchev représentait l’aile de la bureaucratie soviétique qui voulait réformer d’en haut dans le but de sauver l’ensemble du régime. Cependant, la situation ne cessait de se détériorer. La crise était inévitable, et elle a eu un effet immédiat sur l’Europe de l’Est, où la crise du Stalinisme était exacerbée par la question nationale.


Fermentation en Europe de l’Est

En 1989, une vague de révolte passa d’une capitale à l’autre et balaya les régimes staliniens, un par un. En Roumanie, Ceausescu était renversé par un soulèvement populaire et fusillé. La crise de l’URSS était un facteur clé dans la victoire de ces soulèvements. Par le passé, Moscou avait envoyé l’Armée Rouge pour écraser des soulèvements en Allemagne de l’Est (1953), en Hongrie (1956) et en Tchécoslovaquie (1968). Mais Gorbatchev comprenait que cette option n’était plus possible.

Les grèves de masse du début des années 80, en Pologne, étaient une première expression de l’impasse du régime. Si ce magnifique mouvement avait été dirigé par des marxistes, il aurait pu ouvrir la voie à une révolution politique, non seulement en Pologne, mais dans toute l’Europe de l’Est. Cependant, en l’absence d’une telle direction, le mouvement a été détourné par des éléments contre-révolutionnaires tels que Lech Walesa, dirigeant du syndicat Solidarnosc (Solidarité).

Dans un premier temps, les Staliniens polonais tentèrent de réprimer le mouvement. En vain. Solidarnosc a dû être légalisé et autorisé à participer aux élections parlementaires du 4 juin 1989. Il s’ensuivit un séisme politique. Solidarnosc remporta tous les sièges qu’il était autorisé à briguer. Cela eut un énorme impact sur les pays voisins.

En Hongrie, le régime avait tenté de prendre les devants. En 1988, Janos Kadar avait été démis de son poste de Secrétaire Général du Parti Communiste, et le régime avait adopté un « paquet démocratique », y compris des élections. La Tchécoslovaquie fut très rapidement affectée, elle aussi, et le 20 novembre 1989, un demi-million de personnes manifestaient contre le régime, à Prague. Une grève générale de deux heures fut organisée, le 27 novembre.

Ces événements spectaculaires marquaient un tournant majeur dans l’histoire. Pendant près d’un demi-siècle, les Staliniens avaient dirigé l’Europe de l’Est d’une main de fer. Il s’agissait de monstrueux Etats monopartistes appuyés par de puissants appareils répressifs : l’armée, la police, la police secrète et des « informateurs » dans chaque immeuble, école et usine. Il semblait que des soulèvements populaires étaient condamnés à se briser contre ces Etats totalitaires et leurs polices secrètes. Mais au moment de vérité, ces régimes apparemment invincibles se révélèrent des géants aux pieds d’argile.


L’Allemagne de l’Est

La République Démocratique d’Allemagne (RDA) était le plus avancé de tous les pays d’Europe de l’Est, sur les plans technologique et industriel. Le niveau de vie y était élevé – bien qu’inférieur à celui de l’Allemagne de l’Ouest. Il y avait le plein emploi, et tout le monde avait accès à un logement bon marché. L’éducation et la santé étaient gratuites et de qualité.

Cependant, les sources de mécontentement ne manquaient pas : l’Etat totalitaire et sa police secrète omniprésente (la fameuse Stasi), son armée d’« informateurs », la corruption et les privilèges de ses officiels, etc. Avant la construction du Mur de Berlin, en 1961, environ 2,5 millions d’Allemands de l’Est avaient émigré en Allemagne de l’Ouest – dont un grand nombre via la frontière entre Berlin Est et Ouest. Le Mur de Berlin était destiné à stopper cette hémorragie.

Le Mur et les autres fortifications, le long des 1380 kilomètres de frontière entre l’Est et l’Ouest de l’Allemagne, parvinrent à enrayer l’exode. Cela a sans doute permis de stimuler la croissance économique de la RDA. Mais cela a plongé de nombreuses familles divisées dans la détresse. Et c’était un cadeau pour les propagandistes de l’Ouest, qui dénoncèrent le Mur comme un nouvel exemple de la « tyrannie communiste ».

A la fin des années 80, la situation en RDA était explosive. Le vieux Stalinien Erich Honecker était implacablement opposé aux réformes. Son régime a même interdit la circulation de publications « subversives » en provenance d’URSS. Les 6 et 7 octobre 1989, Gorbatchev fit une visite officielle en Allemagne de l’Est, à l’occasion du 40e anniversaire de la RDA. Il fit pression sur la direction du régime pour qu’elle s’engage sur la voie des réformes. Il aurait notamment déclaré : « Wer zu spät kommt, den bestraft das Leben » (La vie punit celui qui arrive en retard).

A ce stade, le peuple d’Allemagne de l’Est était dans un état de rébellion ouverte. Les mouvements d’opposition poussaient comme des champignons – dont Neues Forum (Nouveau Forum), Demokratischer Aufbruch (Réveil Democratique) et Demokratie Jetzt (Démocratie Maintenant). Le mouvement d’opposition le plus large fut créé à travers l’église protestante Saint-Nicolas, à Leipzig, où tous les lundis, après le service, les gens se réunissaient à l’extérieur pour demander des changements en RDA. Cependant, ces mouvements étaient confus et politiquement naïfs.

Particulièrement forte à Leipzig, la vague de protestation déferlait sur toutes les villes du pays. Des centaines de milliers de personnes participaient aux manifestations. La crise du régime provoqua la destitution d’Erich Honecker et la démission de l’ensemble du conseil des ministres. Sous la pression du mouvement de masse, le nouveau dirigeant du Parti, Egon Krenz, organisa des élections démocratiques. Mais les réformes proposées par le régime étaient trop modestes et trop tardives.

Les dirigeants « communistes » songèrent un moment à recourir à la répression, mais ils changèrent d’avis (notamment sous la pression de Gorbatchev). Les événements échappaient à tout contrôle. Les jours suivants, la situation était anarchique : les magasins ouvraient à toute heure, les passeports de la RDA servaient de carte d’accès aux transports publics, etc. Comme l’a rapporté un observateur de l’époque : « il y avait beaucoup plus d’exceptions que de règles, ces jours-là. » Le pouvoir était dans la rue, mais il n’y avait personne pour s’en saisir.

Confronté à une révolte de masse, cet Etat apparemment tout-puissant s’effondra comme un château de cartes. Le 9 novembre 1989, après plusieurs semaines de mobilisations massives, le gouvernement annonça que les citoyens de la RDA pouvaient entrer en Allemagne de l’Ouest. Ce fut le signal pour une nouvelle éruption des masses. Spontanément, une immense foule d’Allemands de l’Est passa de l’autre côté du Mur.


Contre-révolution

Le Mur de Berlin était un symbole et un point focal de tout ce que le peuple détestait, en RDA. La démolition du Mur commença assez spontanément. Au cours des premières semaines, il était dépecé par morceaux. Plus tard, des machines industrielles furent utilisées pour l’abattre presque complètement. Il régnait une ambiance de célébration, une véritable euphorie qui faisait davantage penser à un carnaval qu’à une révolution. Mais c’est vrai de toute révolution à ses débuts, y compris la grande révolution de 1789.

En novembre 1989, la population de la RDA était submergée par ses émotions – par un sentiment de libération et d’exaltation. C’était comme si toute une nation était en état d’ébriété, et donc ouverte aux suggestions et impulsions soudaines. Le renversement du vieux régime se révélait beaucoup plus facile que se l’étaient imaginé ceux qui avaient osé y songer. Mais une fois renversé, que fallait-il mettre à sa place ? Les masses qui avaient renversé le vieux régime savaient très bien ce qu’elles ne voulaient pas, mais n’avaient pas d’idées très claires sur ce qu’elles voulaient. Et personne ne leur montrait la voie.

Toutes les conditions d’une révolution politique étaient réunies. La grande majorité de la population ne voulait pas la restauration du capitalisme. Elle voulait le socialisme, mais avec des droits démocratiques, sans la Stasi, sans les bureaucrates corrompus et sans un Etat dictatorial et monopartiste. S’il avait existé une authentique direction marxiste, ces événements auraient pu déboucher sur une révolution politique et l’établissement d’une authentique démocratie ouvrière.

Cependant, la chute du Mur de Berlin n’a pas débouché sur une révolution politique. Elle a débouché, à l’inverse, sur une contre-révolution – sous la forme de l’unification avec l’Allemagne de l’Ouest. Cette revendication n’occupait pas une position dominante, au début du mouvement. Mais en l’absence d’un programme clair et d’une direction adéquate, le mot d’ordre de réunification est graduellement monté en puissance, jusqu’à devenir central.

La plupart des dirigeants de l’opposition n’avaient pas de programme, de politique et de perspectives clairs – mis à part une vague aspiration à des droits civiques et à la démocratie. Or, tout comme la nature, la politique a horreur du vide. L’Allemagne capitaliste de l’Ouest a joué un rôle déterminant pour combler ce vide.

Le Chancelier d’Allemagne de l’Ouest Helmut Kohl était un représentant agressif de l’impérialisme. Il a eu recours à la corruption la plus éhontée pour convaincre le peuple d’Allemagne de l’Est d’accepter la réunification. Il leur a offert d’échanger leurs Ostmarks contre des Deutschemarks sur une base de 1 pour 1. Mais ce que Kohl a omis de leur dire, c’est que l’unification ne signifierait pas que les Allemands de l’Est allaient avoir le même niveau de vie qu’à l’Ouest.

En juillet 1990, le dernier obstacle à l’unification de l’Allemagne fut levé lorsque Gorbatchev renonça à ses objections à ce processus – contre une aide économique substantielle de l’Allemagne à l’URSS. La réunification fut formellement scellée le 3 octobre 1990.


Les masses trompées

Les travailleurs de la RDA ont été trompés. On ne leur avait pas dit que le retour à l’économie de marché signifierait le chômage de masse, les fermetures d’entreprises, la destruction d’une grande partie des bases industrielles de la RDA, une forte inflation, la démoralisation d’une section de la jeunesse. On ne leur avait pas dit qu’ils seraient considérés comme des citoyens de seconde classe, dans leur propre pays. On ne leur avait pas dit tout cela, mais ils en ont fait l’amère expérience.

La réunification a précipité un effondrement catastrophique du PIB de l’Allemagne de l’Est : -15,6 % en 1990, puis - 22,7 % en 1991. Des millions d’emplois ont été détruits. De nombreuses entreprises d’Allemagne de l’Est ont été achetées par des capitalistes de l’Ouest, puis fermées. A partir de 1992, il y a eu quatre ans de reprise économique, puis une période de stagnation. Vingt ans après la réunification, le chômage est toujours deux fois plus important qu’à l’Ouest, et les salaires nettement plus faibles.

En RDA, il n’y avait pratiquement pas de chômage. Or, entre 1989 et 1992, quelque 3,3 millions d’emplois ont été supprimés. Le PIB de l’Allemagne de l’Est s’établit à peine au-dessus de son niveau de 1989, et le taux d’emploi se situe à 60 % de son niveau de la même année. Aujourd’hui, le taux de chômage officiel, pour toute l’Allemagne, est de 8 %, mais il est de 12,3 % en Allemagne de l’Est. En fait, certaines sources officieuses l’estiment à 20 %.

Les femmes, qui avaient conquis un haut degré d’égalité en RDA, comme dans les autres pays d’Europe de l’Est, ont été particulièrement frappées. Selon les statistiques officielles, 15 % d’entre elles sont au chômage, contre 10 % chez les hommes.

Entre 1991 et 1995, le PIB par habitant de l’Allemagne de l’Est est passé de 49 % à 66 % de celui de l’Allemagne de l’Ouest. Mais depuis, l’écart a cessé de se réduire. La croissance économique n’a pas créé d’emplois. En conséquence, l’Allemagne de l’Est se vide de ses habitants. Depuis la réunification, 1,4 million de personnes sont parties à l’Ouest, dont beaucoup de jeunes diplômés. Ajouté à une baisse sérieuse de la natalité, ce phénomène a provoqué un déclin de la population d’Allemagne de l’Est – et ce chaque année depuis la réunification.

Suprême ironie de l’histoire, vingt ans après la réunification, les gens quittent l’Est non pour fuir la Stasi, mais le chômage. Bien sûr, quelques-uns s’en sont bien sortis. Comme le rapporte un journaliste de la BBC, « de grandes maisons bourgeoises, qui jusqu’en 1989 étaient encore marquées par les balles de la seconde guerre mondiales, ont été restaurées dans leur vieille gloire ». Mais pour la masse de la population, l’avenir est sombre.


Le retour du marxisme

Hans-Juergen Schneider, un ingénieur de 49 ans, est sans emplois depuis janvier 2004. Il a répondu à 286 annonces – sans succès. « L’économie de marché ne peut pas résoudre nos problèmes », dit-il. « Les grosses entreprises prennent tous les profits sans assumer la moindre responsabilité ». Il n’est pas seul à penser ainsi. D’après un sondage publié par Der Spiegel, 73 % des Allemands de l’Est pensent que la critique marxiste du capitalisme est toujours valide.

D’après un autre sondage, publié en octobre 2008 dans Super Illus, 52 % des Allemands de l’Est pensent que l’économie de marché est « en déroute ». 43 % se disent favorables à un système économique socialiste, car « cela protège les plus faibles des crises financières et d’autres injustices. » 55 % des sondés rejettent les « plans de sauvetage » des banques par l’Etat.

En 2008, plus de 1500 exemplaires du Capital de Marx ont été vendus par les éditions Karl-Dietz-Verlag. C’est trois fois plus qu’en 2007, et beaucoup plus encore qu’au début des années 90. Joern Schuetrumpf, qui dirige cette maison d’édition, raconte : « Même des banquiers et des managers nous achètent Le Capital. Ils veulent comprendre ce qu’ils nous ont fait. Marx est clairement "in", ces temps-ci. »

La crise du capitalisme a convaincu de nombreux Allemands, à l’Est comme à l’Ouest, que le système capitaliste a échoué. « Je pensais que le communisme était mauvais, mais le capitalisme est encore pire », dit Hermann Haibel, un ancien forgeron de 76 ans. « J’avais une vie assez bonne avant la chute du Mur. Personne ne se souciait trop de l’argent, car cela ne comptait pas vraiment. On avait tous un emploi. L’idée communiste n’était pas si mauvaise ».

« Je ne pense pas que le capitalisme soit le bon système pour nous », dit Monika Weber, une employée municipale de 46 ans. « La répartition des richesses est injuste. On le voit, désormais. Les petites gens comme moi devront payer, par des impôts, pour le chaos financier provoqué par des banquiers avides. »

Le résultat des récentes élections, en Allemagne, est encore plus significatif que les sondages d’opinion. Le parti Die Linke y a fait une nette percée. Il a recueilli près de 30 % des voix en Allemagne de l’Est, où les partis bourgeois n’ont pas de majorité. Les travailleurs d’Allemagne de l’Est ne veulent pas le capitalisme. Ils veulent le socialisme – pas la caricature bureaucratique et totalitaire d’avant 1989, mais l’authentique socialisme démocratique de Marx, Engels, Liebknecht et Luxemburg.


Alan Woods

 

La Riposte

http://www.lariposte.com/

 

Publication : lundi 9 novembre 2009

 

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 17:22


par Le Collectif National des Gaullistes de Gauche

Il est indispensable que tous les Démocrates refusent le débat piégé relatif à l’identité nationale. Ce soi-disant grand débat relève, en réalité, d’une grossière et misérable diversion politicienne de bas étage destinée à camoufler le calamiteux bilan du gouvernement et la crise sociale dont il porte l’entière responsabilité. Il s’agit également, à quelques semaines d’une importante échéance électorale, d’évoquer la préférence nationale chère à Jean Marie Le Pen, sans même avoir le courage de le dire, pour draguer son électorat. Il est impératif de refuser un débat qui ne peut conduire qu’à des idées d’exclusion en favorisant la désignation de boucs émissaires assise sur des critères raciaux. Les grandes crises provoquent souvent ce genre de réaction, il est inadmissible que le gouvernement l’encourage. Proposer un tel débat en période de prospérité serait seulement stupide. Le proposer en pleine crise est honteux. Il est encore temps de refuser d’engager la France dans une voie qui peut se révéler mortelle en ce qu’elle est une incitation à la xénophobie. Une seule solution pour cela : le refus pur et simple de participer à la mascarade. Nous rappellerons simplement en tant que gaullistes de gauche, profondément attachés à une « certaine idée de la France », cette superbe définition du patriotisme et du nationalisme donnée par le général de Gaulle à Romain Gary, et que nous appelons nos compatriotes mais, surtout, nos actuels dirigeants, à méditer : « le patriotisme, c’est l’amour des siens, le nationalisme, c’est la haine des autres peuples. »

Pour le CNGG
Gilles Bachelier, Etienne Tarride et Paul Violet

Publié par ReSPUBLICA n°628
http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/respublica_lettre-628.htm

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