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Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 23:47

Réforme des collectivités territoriales et services publics - Pour des États généraux du Service Public

Anicet Le Pors

 

Mutualité, 17 décembre 2009

vendredi 25 décembre 2009

 

Le philosophe Marcel Gauchet a écrit : « Le programme initial de Sarkozy c’est la banalisation de la France ». Je partage ce point de vue. Pour Sarkozy, la France est une somme d’anomalies.

Anomalie, le modèle français d’intégration fondé sur le droit du sol et le principe d’égalité des citoyens ;

 

Anomalie, une laïcité qui se définit par la raison et non par la religion ;

 

Anomalie, un service public qui réunit un quart de la population active du pays dans une situation statutaire et non contractuelle ;

 

Anomalie un pays qui n’en finit pas de réfléchir à son modèle politique : quinze constitutions en deux siècles ;

 

Anomalie, l’existence de 500 000 élus territoriaux et de 36 000 communes.

 

C’est pourquoi il a entrepris de mettre ce pays aux normes du libéralisme et de l’assujettir en tous domaines aux règles du marché. Les moyens utilisés ne correspondent à aucun dessein national, au sens où l’on a pu parler autrefois d’ « ardente obligation » de la planification « à la française », mais par le mayen d’un « pragmatisme destructeur » de tout ce qui confère à la France une « identité nationale » démocratique et progressiste.

 

La réforme des collectivités territoriales en est un exemple frappant.

 

Il invoque le « mille feuilles » administratif. Mais cette présentation est inexacte et trompeuse. Il existe en réalité six niveaux déterminants : les communes, les regroupements de communes, les départements, les régions, la nation et l’Europe.

 

Le triptyque : communes-départements-nation est historique, il structure politiquement le pays.

 

Le triptyque : regroupement de communes-régions-Europe est à dominante économique.

 

Le choix est clair : le politique doit prévaloir sur l’économique, qui, aussi utile qu’il soit, ne doit être que supplétif du politique.

C’est le choix inverse qu’a fait Nicolas Sarkozy :

 

 avec la création des conseillers territoriaux réduisant de moitié les effectifs actuels de conseillers généraux et régionaux, élus sur la base d’un mode de scrutin inique à la constitutionnalité plus que douteuse, réduction qui affaiblira le lien avec les citoyens et privilégiera le niveau le plus globalisant : la région – malgré des compétences également réduites – au détriment du département.

 choix négatif encore avec, la création des métropoles, justifiées par des raisons extraterritoriales : la compétition capitaliste européenne et mondiale ; création entraînant une profonde déstabilisation des communes, des départements et des régions.

 choix préjudiciable enfin avec, la suppression de la taxe professionnelle qui conduira à l’asphyxie des collectivités territoriales et qui met en cause gravement le principe constitutionnel de libre administration des collectivités territoriales.

 

Cet affaiblissement des compétences et de la démocratie locales ne profite pas pour autant aux administrations déconcentrées, affaiblies elles aussi par l’effet combiné d’une part de la LOLF et sa « fongibilité asymétrique », d’autre par de la RGPP entraînant une réduction des effectifs et des moyens de fonctionnement et d’investissement.

 

On peut identifier trois conséquences de la combinaison de ce double affaiblissement :

 

Premièrement, une dégradation des conditions matérielles et morales des fonctionnaires des trois fonctions publiques, de l’État, territoriale et hospitalière, avec : des réductions d’emplois, conséquences des contractions administratives ; le recours accru à la contractualisation, justifié par la mise en place des nouvelles structures, notamment des métropoles ; le développement du clientélisme, par le moyen de rémunérations et d’indemnités destinées à s’attacher les services d’exécutants serviles.

 

Deuxièmement, la réduction des services publics, relevant aussi bien des collectivités territoriales que de l’État, dont les directions seront réduites à huit au niveau régional et à trois au niveau départemental (voire deux pour les départements les moins peuplés). C’est, en même temps, le champ largement ouvert au secteur privé pour occuper les espaces abandonnés par la responsabilité publique.

 

Troisièmement, la mainmise renforcée du pouvoir présidentiel par le moyen des nouvelles compétences conférées au préfet de région, relais majeur du pouvoir central, écran imposé entre les services publics territoriaux et les ministères de tutelle, dénaturant le statut actuel des régions dans le but et l’espoir de les soustraire à l’opposition. Ces préfets de région, véritables proconsuls, maîtres d’œuvre de la réforme des collectivités territoriales puisque chargés de mener à son terme le schéma national de l’intercommunalité en 2014, de définir le périmètre des métropoles, de présider aux regroupements concernant les départements et les régions. Ils accentueront, au niveau des collectivités territoriales, la présidentialisation du régime, sa « dérive bonapartiste ».

 

Mais il n’y a en la matière aucune fatalité.

 

Le président de la République a été mis en échec sur la « Révolution culturelle » qu’il voulait provoquer dans la fonction publique. La crise a spectaculairement démontré le rôle d’ « amortisseur social » du service public en France.. Les attaques se poursuivront sans nul doute, mais elles ne peuvent plus prendre la forme provocatrice de la contre-révolution qu’il avait envisagée.

Le président de la République voulait supprimer les classements de sortie des écoles de la fonction publique, classements relevant du principe du concours posé par l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et repris par le statut général des fonctionnaires. Le projet vient d’être reporté sine die par le ministre Éric Woerth.

 

Le président de la République s’était fixé l’objectif absurde et réactionnaire de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Philippe Séguin, premier président de la Cour des comptes, vient de lui répondre aujourd’hui même en considérant que cette réforme était seulement – je le cite – « dictée par des considérations budgétaires de court terme ».

 

Il peut et il doit donc en être de même pour la réforme des collectivités territoriales qui provoque de toute part tant d’opposition. Le grand chambardement des services publics territoriaux peut et doit être mis en échec.

 

publié par Comité Valmy http://www.comite-valmy.org/spip.php?article460

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 15:33


samedi 26 décembre 2009

 

Le Comité Valmy estime que dans sa réalité objective, la situation politique en France rend nécessaire, dans les meilleurs délais possibles, la réalisation d’un front républicain, patriotique, anti-impérialiste, indépendantiste et de Progrès social. C’est dans cette perspective qu’avec nos amis de l’Arc Républicain de progrès nous appelons à une convergence nationale et républicaine. Il s’agit faut-il le redire, de la démarche politique d’union du peuple de France qui est celle de notre comité depuis la création de celui-ci.

Cette vision politique s’inspire de l’union de la Résistance et, nous considérons que ce rassemblement populaire est potentiellement majoritaire s’il parvient à regrouper les familles de pensée de l’arc républicain qui sont conscientes que, loin d’être historiquement dépassée, la nation est aujourd’hui pour les citoyens, l’un des outils principaux de la lutte pour la démocratie, la souveraineté populaire, la paix et le progrès social. Le front uni que nous souhaitons, est très large et devrait regrouper toutes les sensibilités républicaines, et notamment, les gaullistes fidèles à l’déal d’indépendance nationale et les communistes qui n’ont pas oublié que patriotisme et internationalisme sont complémentaires et non antagonistes.

Nous publions la récente déclaration de la "Gauche Communiste" du PCF en soulignant d’une part, que son appréciation de la Nation et la notre sont voisines et que d’autre part, la volonté exprimée par la Gauche Communiste de retrait de la France de l’Union Européenne et de l’OTAN, représentent des exigences qui sont également celles du Comité Valmy et de l’ARP.

Claude Beaulieu

 

10 engagements pour un Parti communiste du 21e siècle

 

1. Le PCF s’engage à être un parti communiste, dans son nom, dans ses références idéologiques et dans ses perspectives de lutte.

 

2. Le marxisme est la théorie de référence, d’analyse et d’action du PCF. Cette théorie scientifique ne peut vivre et se développer qu’en assimilant les nouvelles avancées des sciences et des techniques en partant du réel. Le marxisme est le contraire du dogmatisme, la devise de Karl Marx était « de douter de tout ». Les différentes approches du marxisme sont à prendre en compte au sens critique de la démarche.

 

3. La lutte des classes étant la donnée centrale et incontournable, le PCF place la classe ouvrière au centre de son action. Un front anti-capitaliste doit unir autour de la classe ouvrière toute les catégories qui à un degré ou à un autre sont victimes de l’exploitation capitaliste : travailleurs du secteur des services, travailleurs intellectuels, etc. Tout doit être fait pour que 30 % au moins d’ouvrières et d’ouvriers (pourcentage de ce que représente la classe ouvrière dans la société française) soient présents dans la direction du Parti, à tous les niveaux (directions de sections, directions fédérales, conseil national, commission exécutive), et parmi les élus.

 

4. Le front de classe anticapitaliste détermine notre politique d’union. L’indépendance politique du PCF doit être retrouvée. Pour que l’union fonctionne, il faut un PCF fort, implanté dans la classe ouvrière et parmi les salariés exploités, rayonnant au delà, notamment chez les intellectuels, les scientifiques, les artistes…

 

5. Les cellules du PCF sur le lieu du travail seront recrées et animées par les militants. Les cadres communistes seront, en priorité, issus des cellules d’entreprises. Les 100 plus grosses entreprises de France seront en liaison directe avec le Conseil national du PCF. Chaque direction fédérale fera de même avec les 10 plus grosses entreprises de son département. Au minimum un tract ou un journal mensuel, contenant une page nationale, sera distribué dans ces entreprises. La cellule d’entreprise aidera à ce que des militants communistes prennent des responsabilités dans le syndicat.

 

6. La révolution socialiste est l’objectif de la stratégie du PCF. Celle-ci sera le mouvement « de l’immense majorité au profit de l’immense majorité » (Le Manifeste communiste). Elle ne peut être opposée à la lutte pour des « petites » améliorations. La révolution, démocratique, doit renverser la dictature du capital et instaurer la domination des forces démocratiques du peuple de France sur toutes les formes de capitalisme.

 

7. La société communiste ne peut résulter que d’un haut développement de la société socialiste. Le socialisme est l’étape nécessaire de mise en ordre démocratique et de remise sur ses pieds de la société, au niveau économique, social, culturel mais aussi écologique, pacifique et humaniste. Pour ne pas reproduire les errements du stalinisme, la liberté de penser, de s’exprimer et d’agir devra être respectée en toutes circonstances. De la socialisation des grands moyens de production, d’échanges et financiers, naîtront des formes nouvelles d’autogestion. Les mots « Liberté, Egalité et Fraternité » prendront alors tout leur sens.

 

8. La nation française, cadre des conquêtes ouvrières et démocratiques, doit être défendue contre la mondialisation impérialiste. Le PCF doit prendre une position claire et responsable en exigeant la sortie immédiate de l’Europe de Maastricht, véritable carcan de l’impérialisme, et de l’OTAN, expression militaire de la domination des Etats-Unis sur le monde.

 

9. Une nouvelle internationale, organisation démocratique et pluraliste des communistes du Monde entier, sans aucun centre ni leader, doit voir le jour. Elle sera un lieu d’échanges, d’entraide et d’actions, y compris avec d’autres organisations anti-impérialistes et pourra servir de plate-forme contre l’hégémonie impérialiste actuelle. Elle défendra le droit inaliénable des peuples à l’autodétermination face au néo-colonialisme.

 

10. La fonction de 1er Secrétaire dans le PCF doit être supprimée à tous les niveaux, au profit du renforcement et du développement des directions collectives. La confrontation des idées, indispensable pour les marxistes, est le contraire du monolithisme. La reconnaissance du droit de tendance doit permettre un fonctionnement réellement démocratique du Parti.

 

publié par Comité Valmy http://www.comite-valmy.org/spip.php?article459

 

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 15:09

dimanche 20 décembre 2009

Le projet de « modernisation de la médecine du travail  », élaboré début 2009 par le MEDEF, a été rejeté en septembre par la totalité des syndicats. Les 9 mois de négociation et les 8 séances de discussion entre les partenaires sociaux sur un protocole commandité par Xavier Bertrand, alors ministre du travail, se soldent par un échec.

La proposition très cohérente du MEDEF visait à détruire les fondements actuels de la prévention des risques professionnels issus de la loi Croizat de 1946. Mais le gouvernement et la majorité UMP de l’Assemblée ont l’intention proclamée de reprendre ce projet du Medef.

Il s’agit de « démédicaliser » la seule spécialité médicale dont l’objet est le lien entre la santé et le travail. Le Medef veut prendre prétexte de la pénurie (organisée) de médecins du travail en organisant leur remplacement par des infirmiers, sans statut protégé et sans compétence médicale. Il propose de transférer ces missions aux directeurs des services interentreprises de santé au travail (SST), c’est-à-dire aux Conseils d’Administration composés majoritairement d’employeurs (2/3) ; les « commissions de contrôle » seraient dépossédées de leurs prérogatives, notamment en ce qui concerne le droit d’opposition à la mutation ou au licenciement des médecins du travail, alors qu’au contraire ce droit d’opposition doit être étendu de façon à ce que tout « Intervenant en Prévention des Risques Professionnels » bénéficie d’un statut de « salarié protégé ».

L’indépendance professionnelle exige que les préventeurs soient à l’abri des pressions de ceux qui les paient. Le MEDEF propose une « prévention » sans examen médical des salariés, en espaçant les visites tous les 4 ou 3 ans, avec des aménagements de cette règle en fonction des ressources médicales, des bassins régionaux d’emploi, et de la nature du salariat (précaires, intérimaires, salariés de particuliers employeurs). Il prévoit le remplacement des obligations réglementaires par des recommandations facultatives, et la disparition des « quotas » (maximum de salariés ou d’entreprises en charge ou d’examens pratiqués par médecin du travail plein temps). L’aptitude et l’inaptitude seraient définies du point de vue patronal. Actuellement ces notions n’ont pas de définition légale, le médecin du travail les apprécie au cas par cas, en fonction des risques pour la santé que le salarié encourt du fait de son poste de travail. Le MEDEF propose une définition écrite dépendant exclusivement de la capacité du salarié à effectuer la totalité des tâches prescrites. Cette définition binaire a le mérite d’une « simplicité » radicale (apte ou inapte) mais revient à supprimer toute notion d’aménagement de poste et d’adaptation des tâches à l’homme.

Pire : le MEDEF prévoit que le médecin-conseil déclenche une procédure obligatoire de retour au travail pendant l’arrêt de travail. L’employeur serait libéré de ses obligations de reclassement dès la visite de reprise. Après cette visite unique, et dans un délai de 21 jours (pendant lesquels l’indemnisation resterait à la charge de l’assurance maladie), le salarié déclaré inapte selon les critères du MEDEF serait licencié. Les voies de recours, aujourd’hui possibles auprès de l’inspection du travail, seraient renvoyées à des dispositions non précisées.

UNE ALTERNATIVE À DARCOS ET AU MEDEF

Au lieu d’aller dans le sens du Medef, il faut inverser la démographie des médecins du travail. Le gouvernement doit prendre des mesures pour assurer rapidement les moyens d’un réel exercice préventif moderne pour tous les salariés (des entreprises du secteur privé et du secteur public.). La pluridisciplinarité des actions préventives est indispensable : c’est aux professionnels, dans les SST, de concevoir et d’organiser cette dernière, sous la coordination du médecin du travail. Service public, ils doivent aussi obtenir des garanties d’indépendance totale vis-à-vis des employeurs.

La définition de l’aptitude et de l’inaptitude questionne non seulement des principes médicaux, déontologiques et éthiques mais également les principes juridiques (responsabilité patronale ou validité des contrats de travail). La direction, la gestion, la gouvernance, le contrôle social des SST relèvent de l’ordre public social, de la loi : la santé ne peut être négociée et faire l’objet d’un contrat. La médecine du travail doit être indépendante.

Les employeurs sont responsables des risques professionnels et doivent assurer les coûts de leur prévention médicale et technique en fonction du nombre de salariés qui y sont exposés. Le financement de la prévention des risques professionnels doit être, comme l’a voulu le législateur de 1946, déconnecté de tout système assurantiel, fût-il celui de la sécurité sociale.

(http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article2027)

 

 

 

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 12:56
200 000 salariés chaque année devant les prud’hommes

dimanche 20 décembre 2009 par Gérard Filoche

Sans remplacer l’absence d’organisation syndicale, les prud’hommes sont le seul rempart contre l’arbitraire et la délinquance patronale. Ses jugements sont incontestés dans 80 % des cas, et ont un réel caractère dissuasif. Il suffit d’entendre Laurence Parisot affirmer qu’ils « insécurisent les employeurs » pour en comprendre l’importance et les raisons pour lesquelles patronat et droite veulent les supprimer. Surtout après que 5 millions de travailleurs aient voté le 3 décembre 2009 et placé en tête la CGT avec 34 % des voix tandis que le Medef ne recevait qu’un score groupusculaire. Déjà la droite sarkozyste (Rachida Dati) a supprimé 62 conseils sur 271, imposant à des dizaines de milliers de salariés des frais supplémentaires et des pertes de temps pour saisir un conseil éloigné de leur domicile et déjà surchargé de dossiers.

Aujourd’hui ils persistent à rogner l’efficacité des prud’hommes. Ils ont pris soin préalablement dans le Code du travail recodifié entre 2005 et 2008, de remplacer les lois réglementant les prud’hommes par des décrets, sans passer par le Parlement.

Un décret a imposé un temps limité aux conseillers pour étudier et rédiger un jugement alors que le droit du travail a été recodifié de façon complexe. Bockel et Alliot-Marie veulent remplacer la « conciliation » qui est gratuite et plus rapide, par une « procédure participative » préalable qui serait obligatoirement menée avec des avocats, donc payante. Alors que la procédure est orale, sans formalisme, et se déroule en présence des partis elles mêmes, un décret prévoit une procédure écrite, avec des échanges de conclusions préalables ce qui rendrait obligatoire l’avocat même pour des petits litiges… Cela dissuaderait un grand nombre de salariés de recourir à ce tribunal composé d’employeurs et de salariés syndicalistes, garantie fondamentale du respect des droits et des libertés au travail.

Il faut, au contraire, élargir les pouvoirs des conseils qui devraient pouvoir réintégrer un salarié victime d’un licenciement abusif, jouer un rôle préventif et suspendre les sanctions contre le salarié jusqu’à jugement définitif. Il faut, au contraire réduire les délais de procédure, actuellement de 14 mois en premier jugement. Le « départage » par un juge professionnel de plus en plus provoqué par les blocages du Medef peut prendre jusqu’à deux ans alors que la loi prévoit un délai d’un mois !

La rédaction et la notification des jugements sont souvent retardées par l’insuffisance des moyens mis à disposition des conseillers et des greffes. 60% des jugements sont déférés à la cour d’appel (délai supplémentaire pouvant atteindre 15 à 24 mois), le plus souvent par des employeurs pour qui « le temps travaille » et dont les frais sont pris en charge par l’entreprise. La Cgt propose une pétition pour entraver les projets de destruction de ce qui reste une très belle justice.

Darcos a entrepris de casser les prochaines élections prud’hommales de 2013

Par lettre de mission, datée du 28 octobre, le ministre du travail Darcos poursuit l’un des objectifs du Medef : casser les élections prud’hommales qui ont lieu tous les cinq ans. Il mandate pour cela un certain Jacky Richard, conseiller d’état et lui demande explicitement une « réflexion sur le mode désignation des juges prud’hommes ».

Pour bien préparer le terrain, Darcos ment en peignant en noir les actuelles élections. Il souligne que le dernier scrutin du 3 décembre 2008 n’a bénéficié que d’un taux de participation de 25,5 % et il prétend que pourtant tout a été fait pour améliorer la participation : 1. implantation de bureaux de vote dans les entreprises, 2. expérimentation du vote électronique à Paris, 3. simplifications des modalités de vote par correspondance, 4. campagne de communication significative, 5. dépense globale de 95 millions d’euros.

Rien de tout cela n’est vrai : la composition des listes est toujours largement incomplète et les erreurs d’adresses et d’envoi d’informations sont considérables, les bureaux de vote restent mal implantés, mal connus et ce ne sont pas les votes électroniques ou par correspondance qu’il faut faciliter, mais l’information des électeurs eux-mêmes de leur droit et de leur intérêt à voter. Qui sait que tout salarié peut voter, même un jeune de moins de 18 ans ? Les jeunes ne le savent pas, on ne leur dit pas dans les écoles où ils sont pourtant en alternance. Qui sait qu’un chômeur peut voter ? On ne les informe pas comme il faudrait et c’est un gymkhana pour s’inscrire quand on est au Pôle emploi. Qui sait qu’un immigré peut voter ? En effet, il suffit qu’il ait un contrat de travail pour aller élire les juges de la république ! Dans ce pays où l’on discute encore du droit de vote des immigrés aux élections locales, ce n’est pourtant pas rien : mais aucune information ne leur est faite. Qui sait qu’un salarié peut quitter son entreprise, aller voter et ne pas perdre de salaire pour cela ? En tout cas, pas les patrons d’un million de petites entreprises de moins de dix salariés qui ne facilitent pas le vote, c’est le moins qu’on puisse dire : lorsqu’un inspecteur du travail fait sa permanence ce jour-là, il reçoit de nombreux appels du genre « Allo, mon patron ne veut pas me laisser sortir pour aller voter, il dit qu’il me retient la demi-journée si je fais cela ». Enfin les spots télévisés sont rares, tardifs, indigents, tristes et non explicatifs.

Aucun grand média n’explique aux 17 millions de salariés concernés ce que sont les prud’hommes, à quoi ils servent et peuvent leur servir. Il n’y a eu aucun débat télévisé sur aucune chaîne de service public entre les syndicats de façon à ce qu’ils présentent leur programme, leurs orientations et candidats.

A la fin, on rencontre des millions de salariés qui ne SAVENT PAS ce que sont les prud’hommes. C’est donc un miracle s’il y a eu quand même 4,5 millions de votants !

Ainsi, ils étouffent l’intérêt des électeurs, ce qui hausse le nombre des abstentions et il ne reste plus, ensuite, comme dans une République bananière qu’à supprimer l’élection elle-même. Il suffit aussi de s’appuyer sur quelques syndicats qui perdent dans ces élections, les seules qui indiquent encore une représentativité nationale, et le tour est joué.

Ils avaient déjà ainsi supprimé les élections aux Caisses de sécurité sociale, avant tout simplement d’ôter aux syndicats la gestion pourtant légitime de ce qui est le salaire mutualisé des travailleurs ! Une fois qu’ils auront supprimé l’élection des prud’hommes ce sera plus facile de supprimer l’institution elle-même : rêve de Medef !
Au lieu de cela, luttons pour que, une fois tous les 5 ans, le jour de vote soit férié, et que ce soit l’occasion d’une campagne éducative, participative, massive, sur les syndicats et les droits sociaux en jeu, un vote groupé pour les prud’hommes, les caisses de protection sociale, la représentativité nationale des syndicats !

Gérard Filoche

(publié par Démocratie & Socialisme http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article2026)
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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 13:05

par Jacques Sapir

mardi 8 décembre 2009, par Comité Valmy

 

« On vient d’apprendre que le Ministre de l’Éducation Nationale, M. Luc Chatel, a décidé de supprimer l’Histoire et la Géographie comme matières obligatoires en Terminale Scientifique. Il se propose néanmoins de les maintenir dans un cadre optionnel. Ce nouvel épisode de la réformite aiguë de tout Ministre de l’Éducation Nationale laisse anéanti et scandalisé. Ceci d’autant plus que ce n’est pas trahir un secret que de révéler que le Ministère avait commencé par reculer et par admettre que sa réforme n’était pas fondée, en rétablissant l’Histoire et la Géographie dans le cursus des disciplines obligatoires en Terminale Scientifique. »

On peut supposer que les pressions des associations de mathématiciens et de physiciens qui veulent à tout prix conserver à cette terminale son caractère de « pureté » ont dû être très fortes ces derniers jours. Cela aboutit à une décision qui privera plus de la moitié des lycéens de Terminale d’un enseignement tout à fait nécessaire. Cette question ne concerne pas que les historiens et géographes, même si l’on ne doit pas s’étonner que ces derniers protestent très vigoureusement. Ancien élève de ce que l’on appelle une Terminale Scientifique (une Terminale C en l’occurrence), économiste et spécialiste en recherches stratégiques, je me suis sentis personnellement interpellé par cette mesure.

Une mesure démagogique et une politique schizophrène.

Tout le monde peut comprendre, au vu de ce qu’est un lycéen aujourd’hui, et plus particulièrement dans une section scientifique avec une spécialisation renforcée par la réforme, qu’une telle décision va aboutir à la suppression totale de cet enseignement. Très peu nombreux seront les élèves qui prendront une telle option. Nous ne devons donc nourrir aucune illusion. Le caractère démagogique de la mesure est évident dans la mesure où il fait reposer sur les élèves la décision de prendre ou de ne pas prendre les cours d’Histoire et Géographie à un moment où la spécialisation de la filière vient d’être réaffirmée.

Alors que, aujourd’hui, plus de 50% des élèves ont choisi la Terminale Scientifique, ceci revient à enlever l’enseignement d’Histoire et Géographie à cette même proportion. Quand bien même on arriverait dans le cours de la réforme à faire baisser ce nombre vers le 35%, ceci resterait absolument inacceptable.

Seul le rétablissement de l’Histoire et de la Géographie dans le cadre de cours obligatoires peut garantir qu’elles seront suivies par les élèves des Terminales Scientifiques.

Il faut alors souligner l’incohérence profonde de cette décision. Elle survient au moment même où, de la commémoration de l’anniversaire de la mort de Guy Môquet au grand débat sur « l’identité nationale », en passant par le projet d’un musée de l’Histoire de France, la question de l’Histoire, mais aussi de la Géographie (car la conscience nationale s’enracine dans des pays et des paysages) occupe une place centrale dans notre pays. Contrairement à d’autres, je ne pense pas que le débat sur l’identité nationale puisse être évité, mais je pense qu’il doit être soigneusement défini pour éviter les dérapages.

On se souvient du livre de Fernand Braudel L’Identité de la France, et de la place qu’il donnait à la fois aux paysages, à leur construction sociale, et à l’Histoire dans la production d’un sentiment national. La définition de ce dernier ne saurait renier ce qu’il doit à ces deux disciplines. Dans l’identité nationale, il y a aussi l’histoire des luttes sociales qui permet de comprendre la spécificité de chaque culture politique. Ce n’est pourtant pas à un homme de Gauche que nous devons de nous rappeler de ce que l’histoire du progrès de la civilisation est aussi celle de la lutte des classes. C’est à François Guizot que revient l’honneur de la formule, et Marx lui en avait donné crédit. Que penser d’une histoire qui serait réduite à sa plus simple instantanéité ?

Ou alors, mais on n’ose croire que tel soit le projet du gouvernement, cela reviendrait implicitement à faire reposer ce sentiment national, cette « identité française » sur une couleur de peau ou une religion. Ceci impliquerait pour le coup une rupture absolument radicale avec ce qui fait l’essence même du sentiment national en France.

On peut alors s’interroger sur la logique d’une telle politique qui prétend faire de la conscience nationale une priorité, qui va même jusqu’à créer à cette fin un Ministère de l’Intégration, et qui projette de la retirer en réalité à la moitié des élèves de Terminale. Ce n’est plus de l’incohérence, c’est de la schizophrénie pure et simple.

Quels citoyens voulons-nous pour demain ?

Au-delà, les raisons sont nombreuses qui militent pour le maintien d’un enseignement d’Histoire et de Géographie pour les Terminales Scientifiques.

Dans la formation du citoyen, ces disciplines ont un rôle absolument fondamental. La compréhension du monde contemporain, de ses crises économiques ou géostratégiques, des rapports de force qui se nouent et se dénouent en permanence entre les nations, implique la maîtrise de l’Histoire et de la Géographie. Est-ce à dire que, pour le Ministère de l’Éducation Nationale, les élèves des Terminales Scientifiques sont appelés à être des citoyens de seconde zone ? Est-ce à dire que l’on n’attend plus d’un mathématicien ou d’un physicien qu’il soit aussi un citoyen ?

Ou bien, voudrait-on ici organiser à terme une France à deux vitesses où d’un côté on aurait de grands décideurs dont la science serait au prix de leur conscience, et de l’autre le simple citoyen auquel on pourrait laisser ce savoir si nécessaire car devenu sans objet dans la mesure où ce dit citoyen ne pourrait plus peser sur les décisions politiques ?

Il est vrai que l’on peut s’interroger aujourd’hui devant la réduction, sans cesse croissante, de la démocratie à ses simples formes, qui ont elles-mêmes été bafouées comme on l’a vu pour le vote du referendum de 2005.

Par ailleurs, cette décision est en réalité autodestructrice pour notre économie dont on prétend cependant que l’on veut en pousser l’externalisation.

Aujourd’hui, dans les formations de pointe, qu’il s’agisse de Polytechnique (Chaire de management interculturel), des autres Grandes Écoles (École des Mines, École des Ponts et Chaussées) ou des Écoles de commerce et de gestion (HEC, ESSEC, SupdeCo, etc...), qui toutes impliquent de la part de l’étudiant une Terminale Scientifique, l’accent est mis sur la compréhension du monde contemporain.

Ceci nécessite une formation de base en Géographie (humaine, économique et géopolitique) mais aussi une formation en Histoire afin de fournir les bases de compréhension des évolutions du monde contemporain. Ceci correspond à une demande spécifique des entreprises françaises qui sont de plus en plus engagées dans un processus d’internationalisation de leurs activités. Qu’il s’agisse de la question des contrats, ou encore du développement d’activités à l’expatriation, la connaissance des fondements historiques, géographiques et culturels de ces sociétés, qui pour certaines sont très différentes de la nôtre, est absolument indispensable.

L’absence de ces disciplines, ou la réduction de leurs horaires à la portion congrue, défavoriseraient considérablement ceux des élèves de Terminale Scientifique qui ne veulent pas s’orienter vers des activités strictement en liaison avec les sciences de la nature.

L’Histoire, la Géographie et la double nature de la Science Économique.

Moi-même, en tant qu’économiste, je ne cesse de mesurer ce que ma discipline doit à l’Histoire (pour l’histoire des crises économiques mais aussi des grandes institutions sociales et politiques dans lesquelles l’activité économique est insérée) mais aussi à la Géographie avec son étude des milieux naturels et humains, des phénomènes de densité tant démographique que sociale. Comment peut-on penser la crise actuelle sans la mémoire des crises précédentes ? Comment peut-on penser le développement de l’économie russe hors de tout contexte, comme si ce pays n’avait pas sa spécificité de par son histoire mais aussi de par son territoire ? Nous savons bien que les processus économiques ne sont pas les mêmes dans les capitales, à Moscou et à Saint-Pétersbourg, et dans les régions.

Pourtant, j’ai fait ma scolarité dans ce que l’on appelait à l’époque une Terminale C, et je ne regrette pas les mathématiques et la physique, qui m’ont été nécessaires justement pour faire de l’économie, pour me frotter à la modélisation, et en mesurer la force mais aussi les limites. Pour dire les choses simplement, si l’on trouve bien en économie des régularités, qui permettent le calcul, ces dernières ne sont que temporaires et en réalité elles n’ont de pertinence que dans un cadre institutionnel précis. Que ce cadre change, et ces régularités changeront aussi.

L’économie ne sera jamais une science construite sur le modèle des sciences de la nature, comme les mathématiques ou la physique ou encore la mécanique. La raison fondamentale est que l’économie, activité humaine, dépend par trop de la subjectivité des acteurs et que cette subjectivité change suivant les contextes mais aussi suivant les changements dans la structure de la « dotation en facteur » que l’on reconnaît à chaque agent.

Michal Kalecki, un grand économiste polonais qui fut l’égal de Keynes, disait qu’il y avait deux erreurs qu’un économiste pouvait un jour commettre. La première était de ne pas calculer, et la seconde était de croire en ce qu’il avait calculé ! Ceci me semble bien résumer la double nature de la science économique. Les calculs que l’on peut faire n’ont de pertinence que temporaire et limitée, pour tout dire contextuelle. Mais cela ne veut pas dire que dans un contexte donné ils n’aient pas de pertinence.

On voit donc bien que si l’Économie n’est pas bien sûr le simple prolongement de l’Histoire et de la Géographie, elle perd toute pertinence à ne pas se nourrir à ces deux disciplines, et ceci de plus sans que cela soit exclusif d’autres disciplines comme l’Anthropologie ou la Sociologie. L’économie est donc fondamentalement une science sociale, mais une science sociale impliquant le recours étendu à des calculs comme instruments et cela sans que jamais on puisse cependant y voir une « nature » propre de l’économie. À ce titre, ceux qui prétendent vouloir trouver dans les mathématiques la clé de la scientificité de la science économique errent gravement, à la fois en tant qu’économistes et en tant qu’épistémologues.

Il faut donc arrêter cette mesure avant qu’il ne soit trop tard, et pour cela susciter le mouvement de protestation le plus important et le plus large possible. Le Ministère doit impérativement réintégrer l’Histoire et la Géographie parmi les matières obligatoires en Terminale Scientifique !

Jacques Sapir, Directeur d’études à l’EHESS

23 novembre 2009


http://contreinfo.info/article.php3 ?id_article=2902

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article436

 

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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 12:25

La Convergence Nationale Républicaine que les citoyens patriotes de l’Arc républicain de progrès appellent de leurs vœux, contre « L’identité nationale » xénophobe de Sarkozy- Besson et la haine de la nation de la fausse gauche

Déclaration de l’Arc Républicain de Progrès

samedi 28 novembre 2009, par Comité Valmy

 

De plus en plus méprisé par notre peuple et docilement relayé par son ministre « de l’identité nationale et de l’immigration », Sarkozy lance dans la précipitation un débat d’Etat (!) sur « l’identité nationale » : au-delà de la diversion idéologique et électoraliste, cette manœuvre vise à opposer la France et les Français sur un clivage mortifère.

 

D’un côté, Sarkozy veut rallier tous ceux qui confondent « identité nationale » et xénophobie : l’évolution du régime sarkozyste vers un néo-pétainisme d’inspiration lepéniste est à cet égard très inquiétante pour l’avenir de la République. Pour pousser les feux dans cette direction, le chef de l’exécutif tente de mettre la « lutte contre la burqa » au cœur du débat national comme si cette pratique, certes condamnable du point de vue des principes républicains et notamment, de l’égalité entre les sexes, était le problème principal qui est posé à notre nation confrontée à l’explosion du chômage, de la précarité, de la souffrance au travail et de l’insécurité sociale.

 D’un autre côté, le chef de l’Etat, aidé par tout ce que la France compte de faux internationalistes et de « cabris » de l’Europe supranationale (notamment à la tête du PS, du MODEM et des Verts) compte faire d’une pierre deux coups : en amalgamant le patriotisme à la xénophobie, il rabat a contrario une partie de l’opinion, notamment dans la jeunesse, vers le renoncement national, l’atlantisme et le fédéralisme euro libéral.

 

De la sorte, le « débat d’Etat » sur « l’identité nationale » détruit deux fois l’idée de nation, d’abord en la compromettant avec le racisme, ensuite en provoquant par là même le rejet de la nation française au profit de la « mondialisation » libérale et du supranationalisme européen. Nous dénonçons ici le choix piégé imposé aux Français par Sarkozy et ses complices de la fausse gauche entre xénophobie raciste et auto phobie euro - atlantique. La France que nous aimons est notamment l’héritière de l’humanisme, des Lumières, de la Révolution française, des combats sociaux, populaires, laïques et démocratiques des 19 et 20ème siècles, du Conseil National de la Résistance. Elle est l’héritière de la langue française, scandaleusement sacrifiée au tout anglais par les prétendues « élites » euro dévotes et américano formatées.

Notre conception républicaine de la nation n’a pas davantage à voir avec les propos honteux de Brice Hortefeux sur les « Auvergnats » (sic) qu’avec ceux, méprisants pour tous les Français, d’un Jean.-Paul Huchon, l’actuel président PS du Conseil Régional d’Ile-de-France : en effet le livre de ce personnage, « De battre ma gauche s’est arrêtée », appelle à faire table rase de l’Etat nation, de l’Education nationale, de la République une et indivisible, des services publics d’Etat comme EDF, de la laïcité institutionnelle et de l’organisation de la France en départements, le tout dans le but proclamé d’institutionnaliser l’Etat fédéral européen des Länder sur les ruines d’une France à laquelle Huchon déclare sans détours son dédain le plus absolu !

 

La diversion tentée par Nicolas Sarkozy et Eric Besson est d’autant plus condamnable que, tout en se parant du drapeau tricolore, le chef de l’Etat mène une politique de démantèlement planifié de notre nation qui viole grossièrement la devise « liberté- égalité -fraternité » :

• destruction de l’indépendance nationale par l’adoption parlementaire en catimini du Traité de Lisbonne, ce rafistolage grossier de la constitution européenne supranationale rejetée par le peuple souverain le 29 mai 2005 ; destruction de l’idée même de nation par le projet antinational de créer un « ministère franco-allemand » en attendant de pouvoir transformer « l’axe franco-allemand » Merkel-Sarkozy en « Françallemagne », au mépris de ceux qui sont tombés pour la liberté de notre pays ;

• casse du principe même d’une défense nationale et vassalisation de la France, par le démantèlement des régiments garde-frontière, s’accompagnant de l’implantation d’un régiment allemand en Alsace et surtout, de l’inféodation totale de l’armée française à l’OTAN et aux Etats-Unis d’Amérique en rupture avec la décision prise en 1965 par le Général De Gaulle ; abandon de toute politique étrangère indépendante pour s’aligner systématiquement sur la stratégie impériale de Washington ;

• asphyxie programmée, privatisation ou arasement, sous le nom de « rupture » des grands acquis sociaux et républicains hérités du Front populaire et de la Libération : Sécurité sociale, retraites par répartition, statuts et conventions collectives, droit du travail protecteur, secteur public et nationalisé industriel, services publics d’Etat, etc. ;

• contournement anticonstitutionnel permanent de la loi laïque de 1905 séparant l’Etat des Eglises et du principe accordant à l’Université publique le monopole de la collation des grades ;

• politique linguistique indigne conduisant à substituer anticonstitutionnellement le tout anglais au français dans la communication des grandes entreprises, des services « publics », de l’armée française, des lycées publics, de l’Université et de la Recherche ;

• destruction des libertés collectives et individuelles par la mise en place d’un Etat policier, par la surveillance accrue des citoyens et par la mainmise du pouvoir sur les médias et sur la grande presse ;

• mise à mort du « produire en France » par la délocalisation de ce qui reste de nos industries, par l’asphyxie financière de notre agriculture par les Simply Market et autres Carrefour Market, déclin de la pêche nationale au nom des quotas européens, toute-puissance accordée à un libre-échangisme débridé et euro- mondialisé que le pouvoir organise, au détriment de l’emploi et de l’environnement, sous l’égide de l’OMC et du FMI dirigés par les « socialistes » Lamy et Strauss-Kahn ;

• mise en coupe réglée de la nation véritable, celle des ouvriers et des employés du public et du privé, des artisans et des paysans, des enseignants et des chercheurs, des ingénieurs et des cadres, des intellectuels et des créateurs, des chefs de PME, au profit d’une oligarchie de super -privilégiés dont le principal « exploit » est d’exporter leur argent vers les paradis fiscaux pendant que les classes populaires et moyennes paient de plus en plus d’impôts ;

 

Face à ceux qui n’offrent d’autre « choix » à notre peuple qu’entre repli xénophobe et haine euro libérale ou trotskisante de la nation, ces variantes complémentaire du suicide national, les francs républicains gaullistes, communistes et citoyens d’autres sensibilités de progrès qui composent l’ARP opposent leur conception humaniste de la nation et de l’internationalisme : celle d’un pays ouvert et hospitalier mais fixant souverainement son avenir, celle d’un monde préférant la coopération entre peuples souverains et Etats libres à la ravageuse « concurrence libre et non faussée » dominée en secret par un ou plusieurs Empires continentaux.

 

Face à la sarko- « rupture » et à l’euro dépeçage organisé du pays, l’heure n’est pas à « débattre » dans le cadre fixé par les casseurs de la droite ultra et par leurs complices de la « gauche » fédéraliste euro atlantique. L’heure est à la résistance pour affranchir notre pays de l’Union européenne et de ses diktats, pour rompre avec la dictature de plus en plus manifeste, d’une étroite minorité de profiteurs, pour reconstruire la France républicaine sur la base des principes toujours actuels du programme du Conseil national de la Résistance.

 

Dans ce but, les composantes de l’ARP se contacteront pour organiser partout, dès aujourd’hui et dans la perspective du 15 mars (anniversaire de la signature du programme du CNR), un maximum de débats citoyens indépendants permettant le développement local d’une Convergence nationale républicaine.

 

Paris le 28 novembre 2008

 

Pour le Comité Valmy : Claude Beaulieu, info@comité-valmy.org - Pour le PRCF : Georges Gastaud, gastaudcrovisier2@wanadoo.fr - Pour le Rassemblement Renouveau Gaulliste : Geneviève Blache, pgblache@wanadoo.fr - Pour le RCR : François Bunner, francois.bunner@r-c-r.org - Pour le Collectif Gaulliste de Gauche : Gilles Bachelier

 

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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 10:02

Protéger l’Union Européenne de toute souveraineté nationale par PAM

samedi 21 novembre 2009, par Comité Valmy

Protéger l’Union Européenne de toute souveraineté nationale

 

Quelques jours après avoir frôlé l’indignité nationale avec le renvoi de deux jeunes réfugiés afghans dans un pays en pleine guerre, le ministre Besson se repositionnait en lançant un grand débat sur l’identité nationale, initiative très vite prise en main par Nicolas Sarkozy, quelques jours après avoir commémoré la fin de la plus grand boucherie du XXième siècle sur l’air de la "Francallemagne", main dans la main avec Merkel.

Sans oublier les préoccupations politiciennes et électorales de court terme, pourquoi une telle initiative au fond ?

L’initiative de Besson a pu paraitre conjoncturelle, se donnant des airs de grand dirigeant porteur de grands messages, au moment où il était mis en cause avec force par de très larges courants d’opinions, y compris à droite, après sa décision d’expulser deux jeunes réfugiés afghans.

Mais ce samedi 14 Novembre sur France Inter, les buts de la manoeuvre apparaissaient clairement dans le contenu de la discussion. Un historien vient répéter que l’identité nationale est un concept toujours politique, utilisé toujours en période difficile pour assoir la puissance politique, et que bien sûr, à l’heure de la construction européenne, c’est une erreur puisque la nation n’est plus le cadre utile aux enjeux désormais planétaires [1]

L’élément central de la contradiction que vise Sarkozy est ainsi clairement identifié, la nation ! La nation a toujours été honnie par la bourgeoisie qui depuis les mariages princiers, jusqu’aux croisières des nouveaux riches, se sait toujours apatride, ou plus précisément de la seule patrie patrimoniale, mais elle a toujours du s’en occuper pour la maitriser et interdire au peuple de s’en saisir pour s’affirmer et l’organiser pour ses propres intérêts.

Dans la plus fidèle de ses traditions, la droite "nationale" tente donc une nouvelle fois de construire une identité nationale réactionnaire, afin de donner une assise politique à des réformes antipopulaires qui dissolvent les acquis républicains et du conseil national de la résistance dans une technocratie européenne. En réaction, les démocrates "modernes" qui ne voient dans la nation qu’une vieux cadre populiste dangereux, affirment comme jamais leur choix européiste, leur conception d’une démocratie de la gouvernance éclairée des élites contre les peuples, du marché généralisé dans la libre circulation contre toute souveraineté populaire.

Ce sont les deux versants du piège de l’identité nationale, ceux que les médias vont mettre en scène, jouant de l’un contre l’autre dans les paroles, pour mieux jouer l’un et l’autre contre ce qui inquiète les deux... la colère potentielle de peuples qui décideraient de réaffirmer leur souveraineté, souveraineté qui a inquiété les bourgeoisies antinationales surprises par les référendums français, hollandais puis irlandais...

Il faut une critique radicale et de cette identité nationale pétainiste et de son refus anti-populaire pour permettre d’affirmer avec force la nécessité du choix national et internationaliste pour le monde du travail ! Cela suppose d’affirmer à la fois une conception du peuple qui refuse le piège de l’identité, et une conception de la nation qui refuse le piège du nationalisme.

D’abord en refusant cette identité singulière qui nous ferait "un". Nous sommes chacun individuellement des croisements culturels, géographiques, génétiques, sentimentaux.. Que nous disions "je suis d’un village", "je suis d’un père", "je suis d’une tradition", nous nous mentons, et nous opposons ce mensonge aux autres. Car nous sommes toujours d’ici et d’ailleurs, y compris de là où nous avons rêvé d’être, d’un père, d’une mère et de nos histoires familiales, d’une culture métissée transmise par nos grands-mère, par nos cours d’école et par nos animateurs adolescents. Notre seule identité collective, c’est notre histoire, ce sont nos luttes, et donc nos contradictions, nos luttes de classe ! La France a connu la résistance et la collaboration, le colonialisme et l’anticolonialisme, la solidarité et l’injustice... Ce qui nous permet d’affirmer qu’il existe une identité française singulière, c’est le choix de la république contre le choix des baronnies, le choix de la résistance contre le choix de la défaite... Quelques soient les identités multiples des individus et des groupes, ce sont leurs rencontres sur les barricades qui fondent ce que nous pouvons après coup nommer une identité française. Et si cette histoire doit se poursuivre, c’est en désignant aujourd’hui où sont les barricades et en désignant clairement de quel coté de cette barricade se trouve ceux qui parlent !

Ensuite en éclairant ce qui attaque la nation qui n’est jamais mise en cause par les frottements cultures ou religieux pour eux-mêmes, mais toujours par les puissances qui les utilisent pour imposer la force d’un état prédateur et répressif. C’est l’Union Européenne, ce syndicat des gouvernements, qui attaque la nation, pas l’immigration ! C’est le marché qui crée le communautarisme, pas la foi !

Sarkozy met en oeuvre avec force et à l’époque des médias de masse la vieille pratique bonapartiste de s’appuyer sur le peuple pour écraser le peuple.
* il organise le communautarisme, en premier lieu celui des riches, celui qui fait de Bush et de Ben Laden des cousins d’affaires, de Chirac le meilleur ami de Hassan II, mais aussi celui qui organise l’islam en France sur les rapports de force entre communautés d’origines, celui qui organise la domination d’un CRIF profondément réactionnaire sur des juifs qui furent une des composantes historiques du mouvement communiste, mais il mène campagne médiatique pour une identité nationale qui sauverait le peuple de ces divisions d’origines !

La bataille idéologique lancée sur l’identité nationale n’est pas seulement un élément de plus, mais le fonds idéologique de la guerre sociale, la nécessité d’un mensonge d’état destiné à enfermer le peuple dans une représentation qui désarme par avance toute résistance possible. On connait l’adage des spécialistes du marketing, il faut toujours mentir avec vigueur sur ses points faibles... Quand un patron vous annonce de bons résultats, c’est qu’il veut vous exploiter encore plus, quand il vous annonce une restructuration pour sauver l’entreprise, c’est qu’il cherche à s’en débarrasser pour sauver son capital.

C’est au cœur du mensonge permanent du marché sur l’origine du profit que nait le mensonge permanent du capitalisme. La vérité lui est insupportable et l’invention de l’élection du président de la république au suffrage universel permettant la prise du pouvoir par Bonaparte illustre le rôle essentiel de cette guerre idéologique consubstantielle au capital :

* Quand Sarkozy parle de grand emprunt pour la France, c’est qu’il cherche comment faire exploser les revenus financiers, et prélever encore plus sur les salaires

Pour un communiste, la question est primordiale ! Car si les grandes luttes de 1995, des enseignants de 2003, des salariés contre la casse de la Secu, si les grandes manifestations de 2009 n’ont pas permis de résister à la guerre sociale contre les acquis du conseil national de la résistance, c’est bien que l’unité du peuple reste à construire, que le grand roman national appelle de nouvelles révoltes, de nouvelles résistances, de nouveaux rassemblements populaires pour de nouvelles révolutions. Et ce grand rassemblement a besoin d’identités multiples se retrouvant sur la même barricade, celle des luttes de classes.

[1] le plus souvent, pour les européistes, planète et europe sont synonymes, le reste étant les enfers, états-uniens ou asiatiques

PAM

vendredi 20 novembre 2009

Source : Communistes de Vénissieux

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article423

 

 

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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 04:58


Il faut partout des listes dirigées par le PCF !

Dans la foulée des conférences régionales du PCF, les militants communistes sont appelés à voter, du 18 au 21 novembre, sur la stratégie du parti au premier tour des élections régionales de mars 2010. A l’issue des conférences régionales, un communiqué du PCF annonçait que « 18 régions ont décidé d’une dynamique pour des projets et des rassemblements bien ancrés à gauche ». Autrement dit, 18 conférences régionales – sur 22 – se sont prononcées pour des listes indépendantes du PS, au premier tour.

Le communiqué du PCF ne dit rien des quatre conférences régionales qui ont adopté la proposition d’une alliance avec le PS dès le premier tour. Or, de telles « exceptions » porteraient atteinte à la crédibilité de la stratégie du PCF au plan national. Comme nous l’avons expliqué dans notre article Le PCF et les élections régionales, la dérive droitière des dirigeants du Parti Socialiste et la lamentable politique de « gestion » de ses élus, dans toutes les collectivités locales, militent clairement en faveur de listes dirigées par le PCF, partout, au premier tour. Et rien ne sert d’expliquer que cela ne concerne que quatre régions. On ne peut pas être un peu opportuniste, de même qu’on ne peut pas être un peu enceinte !

Malheureusement, « l’offre nationale » adoptée par le dernier Conseil National du PCF laissait la porte ouverte à de telles exceptions sans principes – ou, disons, sans autre « principe » que l’objectif de « sauver des élus ». En effet, en dessous de 5% des suffrages, une liste ne peut pas fusionner, entre les deux tours. Ce « risque » existe dans différentes régions, dont justement les quatre où les conférences régionales du PCF ont proposé de faire liste commune avec le PS dès le premier tour. Mais comme nous l’écrivions à la veille des conférences régionales, « ce "risque" pèse beaucoup moins lourd que les conséquences négatives d’une stratégie de premier tour "à la carte", qui donnerait le sentiment que le PCF accorde plus d’importance à l’obtention de sièges qu’à ses principes. »

Prenons l’exemple du Poitou-Charentes, qui est l’une des quatre régions en question. Ségolène Royal, qui en briguera de nouveau la présidence, se situe à l’extrême droite du Parti Socialiste. Dès lors, n’est-il pas évident qu’aucune considération de principe politique ne justifie une alliance du PCF avec le PS régional, au premier tour ? N’est-il pas évident, au contraire, que les principes politiques les plus élémentaires militent en faveur d’une liste indépendante du PS ?

En conséquence, La Riposte appelle les militants communistes du Poitou-Charentes et des trois autres régions concernées – Bourgogne, Champagne-Ardenne et Lorraine – à rejeter la proposition de leur conférence régionale et à voter pour la constitution de listes indépendantes du PS, au premier tour. Partout ailleurs, nous appelons évidemment à voter contre des listes communes avec le PS.

« Front de gauche élargi » ou listes « ouvertes » du PCF ?

Dans toutes les régions, les communistes pourront choisir entre au moins deux options : « Front de gauche élargi » ou liste commune avec le PS. Mais dans plusieurs régions, comme par exemple en Ile-de-France et en Midi-Pyrénées, les bulletins de vote qui ont été adoptés par les conférences régionales proposent une « troisième option » : la constitution de listes du PCF « ouvertes » au monde du travail et aux acteurs des luttes en cours, comme par exemple des militants de la CGT.

Nous comprenons parfaitement les préoccupations des militants qui ont demandé que cette option figure sur les bulletins de vote. Même si elle conserve l’appui – rarement enthousiaste – d’un grand nombre de militants communistes, la démarche du « Front de gauche » suscite aussi de profondes inquiétudes, dans les rangs du parti. De fait, même en le proclamant « élargi » – à quelles organisations, au juste ? –, le Front de gauche demeure une coalition électorale du PCF avec des forces considérablement moins implantées que lui, mais dont les dirigeants compensent l’absence de base militante et électorale par une vigoureuse ambition personnelle. Or, la générosité avec laquelle la direction du PCF se propose de distribuer les positions éligibles à ses « partenaires » – comme ce fut le cas aux Européennes – ne peut qu’aiguiser ces ambitions. En outre, de nombreux dirigeants du parti voient dans le « Front de gauche » un moyen de poursuivre leur stratégie de « transformation » du PCF en « autre chose » – l’essentiel, pour eux, étant que cette « autre chose » ait clairement rompu avec la tradition et l’idéologie communistes.

De ce point de vue, des listes du PCF « ouvertes » sont, selon nous, la meilleure des trois options (lorsqu’elle figure sur le bulletin de vote). Mais en l’absence d’un véritable programme communiste, la candidature de tel ou tel militant syndical ou associatif, fut-il excellent et reconnu, ne changera rien aux carences de la campagne électorale. La question centrale est celle du programme. Il faut rejeter la tentation de cacher l’absence d’une alternative sérieuse au capitalisme derrière une « ouverture » artificielle de nos listes au « monde du travail ». Le monde du travail, il faut le convaincre par des idées et un programme justes – c’est-à-dire marxistes. Telle est la tâche centrale des militants communistes.

La Riposte
Publication : mardi 17 novembre 2009

 

 

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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 15:54

par Caroline Fourest

Invitée à l’université d’été du RCD, organisée les 22 et 23 octobre dernier à Alger, Caroline Fourest a animé une conférence sur le thème « Quelle alternative face aux autoritarismes ? » Dans cet entretien, elle explique avec le détail cette problématique et suggère des solutions pour parvenir au changement des régimes dans la région du Maghreb. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication sont, affirme-t-elle, des moyens efficaces pour démasquer les pratiques des régimes autoritaires.
Propos recueillis par Madjid Makedh et publiés dans le journalEl Watan

En finir avec les régimes autoritaires est l’une des questions qui revient à chaque fois dans les pays du Maghreb. Les luttes des partis d’opposition et les mouvements autonomes se sont, depuis l’avènement des indépendances, avérées vaines. Y a-t-il une solution pour mettre un terme à l’autoritarisme dans la région ?

Caroline Fourest : Les pays du Maghreb sont pris entre deux fléaux autoritaires de nature différente. Quand on dit autoritaire, on pense souvent à une structure coercitive étatique, mais en réalité il y a des régimes et des mouvements autoritaires. Il y a toujours une troisième voie qui permet d’éviter le choix entre un régime autoritaire et un mouvement autoritaire, voire totalitaire, que sont les intégristes. Les Maghrébins paient le prix de ce cercle infernal depuis trop longtemps. Je me suis toujours demandée ce que je ferai si je vivais dans un régime autoritaire ou si je devais affronter un mouvement totalitaire. Je travaille depuis douze ans sur les mouvements extrémistes : j’ai commencé par enquêter sur l’extrême-droite, comme le Front national en France, puis je me suis spécialisée dans l’étude des mouvements intégristes comme les anti-avortement en France ou la droite religieuse américaine. Mais ce n’est que depuis que je travaille sur l’islamisme que je mesure l’ampleur du courage qu’il faut pour affronter à la fois les régimes autoritaires et les mouvements totalitaires comme les intégristes.

Les mouvements autonomes et démocratiques sont souvent empêchés et interdits d’action dans les régimes autoritaires. Pensez-vous qu’une troisième voie est possible dans ce genre de situation ?

Cette troisième voie existe internationalement et au-delà des frontières. Si tout le monde avait la possibilité de se mettre autour d’une table et de réfléchir au mode de société qui rendrait le plus grand nombre de personnes heureuses, cette troisième voie gagnerait largement l’élection. Le problème est que tout est fait pour que cette délibération à l’issue d’un débat de qualité soit impossible. Cela n’empêche ni la solidarité ni la délibération par delà les frontières depuis l’avènement des nouvelles technologies, je pense aux réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter. On a vu, par exemple, ce qui s’est passé en Iran et qui est plein d’enseignements. Pendant les révoltes contre la fraude électorale qui a porté une nouvelle fois Ahmadinejad au pouvoir, on a vu à quel point les gens étaient connectés et à quel point la censure du régime n’a pas pu étouffer cette colère parce que le monde entier observait ce qui se passait via Twitter et Facebook. Je ne suis pas sûre que cela aurait pu avoir lieu dix ans auparavant. Aujourd’hui, la mort de la jeune Neda ne laisse personne indifférent. Ce qui ne change pas, en revanche, c’est le cynisme de certains décideurs européens par rapport au Maghreb et au Monde arabe. Certains adoptent une position qui consiste à se dire que les opinions publiques arabes méritent, sans doute, ces régimes autocratiques qu’elles laissent perdurer. C’est une idée que je réfute catégoriquement.

Justement, ne pensez-vous pas que les occidentaux soutiennent les régimes autoritaires au Maghreb et dans le Monde arabe pour défendre leurs propres intérêts économiques ?

Les régimes occidentaux font avec ce qu’il y a. On ne peut pas leur reprocher à la fois d’être dans une forme de néocolonialisme s’ils s’emmêlent trop, et en même temps de ne pas assez s’en mêler pour changer les choses. En revanche, le gouvernement français n’était certainement pas obligé de féliciter le président algérien pour sa réélection avec autant de chaleur, quand on sait que le scrutin est contesté et qu’il s’est déroulé dans des conditions contestables.Les Etats-Unis ont su faire preuve de plus de réserve… Au niveau des intellectuels, il faut aussi combattre ce fatalisme aboutissant à ne pas être solidaire des opposants à la fois démocrates et laïcs sous prétexte qu’ils ne sont pas représentatifs de l’opinion publique arabe. Personnellement, je ne me pose pas la question de savoir qui il faudrait pour l’Europe à la tête de l’Algérie. Je me demande pour qui j’aimerais voter si j’étais citoyenne algérienne. Le fait qu’un homme, comme Saïd Sadi, dont j’apprécie le courage et l’intégrité, tienne bon malgré toutes les épreuves, c’est important. Le monde et l’enthousiasme que j’ai vus lors de ces universités d’été du RCD prouvent que ni les autoritaires ni les totalitaires ne sont parvenus à tuer le rêve d’une Algérie à la fois démocrate et laïque, qui respecte la liberté de conscience de chacun et se préoccupe de la justice sociale pour tous.

Mais ne croyez-vous pas que si les régimes arabes continuent à se maintenir au pouvoir, c’est grâce à la connivence avec des régimes occidentaux ?

Il faut dissocier différents niveaux pour ne pas tomber dans l’amalgame. Il y a, d’un côté, les pouvoirs économiques comme les entreprises qui se satisfont très bien des régimes autoritaires avec lesquels ils peuvent faire des affaires, et puis il y a les gouvernants qui peuvent être soit sensibles aux opinions publiques de leur pays (plutôt solidaires des démocrates), soit sensibles aux intérêts de leurs entreprises (plutôt favorables aux autocrates). L’enjeu est de donner la parole aux démocrates, y compris en Europe, pour que les opinions publiques fassent pression sur les gouvernants au détriment des entreprises. Ce n’est pas simple. Mais soyons clairs, personne, pas même l’Europe, et sûrement pas la France, ne pourra faire bouger les choses à la place du peuple algérien. La seule chose que peuvent faire les démocrates laïcs européens, c’est de rester connectés et solidaires des démocrates laïcs du maghreb. Par exemple, lorsque le Maroc interdit à deux militantes du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI) de sortir du territoire marocain pour venir donner une conférence à Paris à l’invitation du Manifeste des libertés, nous avons pu leur donner la parole quand même, en direct, via une connexion internet avec une web cam… C’est un échange qui marche dans les deux sens. Nous avons besoin de l’expérience des laïcs marocains ou algériens pour résister au danger islamiste qui monte en Europe. Il séduit parfois les enfants d’Algériens ayant fui le FIS ou le GIA pour trouver refuge en Europe ! J’admire le courage, la patience et l’abnégation des démocrates laïcs algériens. J’apprends beaucoup d’eux pour savoir comment éviter que ce mal ne rattrape les enfants d’immigrés en France.

A votre avis, qui sont les plus dangereux, les régimes autoritaires ou les mouvements autoritaires ?

Je crois qu’ils ne représentent pas des dangers de même nature. Aujourd’hui, le régime autoritaire est dans un état de décrépitude et de déliquescence. On est face à un comportement de type mafieux, sans en avoir la force coercitive. On est devant une impasse et un immense gâchis qui ne peut qu’encourager la montée d’une alternative totalitaire. Le pouvoir envoie ses propres enfants chez les Pères blancs ou dans de bonnes écoles à l’étranger, mais il a choisi de casser totalement l’éducation publique en Algérie pour s’assurer de tuer l’esprit critique des futurs citoyens. La « confessionalisation » de l’école, le fait que les futurs citoyens algériens apprennent à réciter par cœur à partir de textes religieux au lieu d’apprendre à penser par eux-mêmes, permet aux mouvements totalitaires de remplir leurs cerveaux avec de la propagande. Au fond, les autoritaires et les totalitaires s’entendent sur le dos des démocrates laïcs. Je crois que le tournant a eu lieu avec les événements d’octobre 1988, quand on a refusé d’entendre la rage de la jeunesse contre les inégalités et le manque des libertés et que l’on a préféré acheter la paix sociale en négociant avec les intégristes. Il s’est noué un pacte infernal qui a donné l’horreur que l’on sait et qui reprend depuis quelques années. Les recettes pour sortir de cette spirale infernale existent. Entre la Turquie, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, on voit bien que ceux qui s’en sortent bien, sont ceux qui ont sécularisé avant de démocratiser. Si vous démocratisez sans séculariser, comme l’Algérie en 1991, vous donnez les clefs à un régime totalitaire qui ne les rendra jamais. A l’inverse, si vous sécularisez sans démocratiser, comme en Turquie ou en Tunisie, vous nourrissez aussi une alternative religieuse… Mais elle est moins dangereuse qu’en Algérie. L’AKP au pouvoir, ce n’est pas le FIS au pouvoir. Le gouvernement tunisien devrait comprendre qu’il est temps de démocratiser… Pendant ce temps, l’Algérie, qui n’a ni démocratisé ni sécularisé, se trouve dans une impasse totale. Dont le pouvoir et les intégristes portent l’écrasante responsabilité.

 

 Source de l'article

 

www.gaucherepublicaine.org

lettre n°629 :
http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/respublica_lettre-629.htm

 

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Published by Caroline Fourest, ReSPublica - dans France-Politique - société
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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 10:50

Les prétendus antifascistes méprisent le peuple et servent la soupe à un nouveau fascisme

vendredi 27 novembre 2009, par Loïck

 

Eloge de la Peur !

La peur de l’insécurité fait-elle le jeu du système et de Sarkozy ? Ou est-elle une réaction légitime ?

La peur est-elle déshonorante ?

Lors de nombreux débats, quand on parle d’insécurité ou d’intégrisme, les bien-pensants brandissent un argument-massue : « Vous avez peur ! » Ce mot accusateur est accompagné d’un discours, comme celui de l’humoriste T. Vaquette, Mardi 24 novembre à « Ce soir ou jamais » face à Eric Zemmour : « En attisant les peurs, le Système met en place un contrôle social. » On pourrait compléter cet argument par : « Cette peur est créée de toutes pièces pour détourner des vrais problèmes. » Il est amusant de voir que souvent, ceux qui critiquent « la peur » quand il s’agit de violence, d’insécurité ou d’intégrisme, n’ont pas la même attitude quand on parle du réchauffement climatique, de la fin du pétrole etc. Il y a donc des peurs légitimes, et d’autres qui ne le sont pas. La peur peut être positive si elle nous mobilise contre un réel danger – comme les dangers écologiques.

Mais alors, la peur des violences urbaines ou de l’intégrisme, ne seraient-elles pas des peurs salutaires, voire nécessaires ? Ne sont-ce pas ces bien-pensants qui, eux, « n’ont pas peur » (peut-être parce qu’ils vivent dans de beaux quartiers, se déplacent en voiture et pas en RER, ou bien sont des jeunes gens en pleine santé ne se sentant pas « en insécurité »), qui seraient en fin de compte aveugles et les véritables alliés du Système ?

A force d’ignorer les peurs d’un peuple qu’ils méprisent, les donneurs de leçons laissent la situation d’insécurité se dégrader et, à terme, ils favorisent des tentations répressives. En fait, les bien-pensants ne seraient-ils pas les « idiots utiles » du fascisme à venir ? Nous y reviendrons.

Une accusation de racisme à peine voilée

En réalité, les bien-pensants veulent toujours – comme à leur habitude – faire taire leurs opposants. Cela ne les intéresse pas de discuter, de chercher à éclaircir la situation, de confronter des points de vue. Ils aiment la diversité surtout entre gens d’accord sur les mêmes idées, les mêmes valeurs. Un drôle de pluralisme. Mais quand on formule des opinions gênantes, ce qu’ils veulent, c’est discréditer l’autre (par ex. Zemmour ou Riposte Laïque), et identifier leurs contradicteurs avec l’extrême droite. Si l’opération réussit, il n’y aura plus à discuter. Car c’est bien connu, on ne discute pas avec un facho, on le met « hors d’état de nuire », on lui tape dessus ou au moins on lui fait des procès pour le ruiner et l’empêcher d’exprimer ses idées nauséabondes.

Quand, lors d’un débat sur l’insécurité, un bien-pensant dit « vous avez peur », il suggère : « vous avez peur de l’autre, des musulmans ou des ‘jeunes des cités’, parce que vous êtes raciste. Votre peur est la peur du petit blanc, ou du petit bourgeois, face aux classes dangereuses. Cette peur a toujours servi à justifier la répression et l’Etat fort. Votre peur n’est pas recevable, moi je n’en ai rien à faire ! » Il est intéressant de noter à quel point cette leçon de morale est insupportable, pleine de mépris pour tous ces gens qui souffrent d’une insécurité véritable, d’agressions, ces profs, ces pompiers, ces médecins. Nos bien-pensants, que proposent-ils de faire des plaintes de toutes ces personnes, à part les qualifier de « racistes » ? Mais passons…

Vrais et faux problèmes

Si notre bien-pensant argumente, sa position revient à ceci : « Vous vous intéressez à un faux problème. L’islamisme, l’insécurité ? Ce ne sont que des conséquences de conditions sociales difficiles, de l’exclusion et du chômage. Au lieu de vous intéresser aux conséquences, travaillez aux causes, améliorez l’économie, luttez pour de meilleurs salaires, moins d’exclusion etc. »

L’islamisme met en mouvement une volonté de domination, comme celle qui a pu animer l’Eglise ou d’autres idéologies. Les conquêtes musulmanes remontent au Moyen-Age, et les islamistes veulent reconquérir Al Andalous ; travailler à un monde moins injuste est un idéal tout à fait valable, mais ce n’est pas cela qui désarmera les partisans d’un grand Califat ! C’est la liberté « occidentale » elle-même que récusent les islamistes ; c’est l’existence de civilisations laïques qui les choque. A la limite, seule notre conversion pourra les satisfaire. Cela n’a rien à voir avec la fin des injustices.

La peur est salutaire

Alors oui, on peut avoir peur. Peur de cet avenir d’une société qui se dissout, peur de la montée de l’islamisme, peur du durcissement général des relations humaines. Au lieu de douceur, de politesse et de convivialité, que verra-t-on ?

On verra des gens hostiles, refermés sur eux-mêmes, défiants et agressifs ; des rues avec des groupes de jeunes machos, homophobes et violents pour le moindre regard. De cette situation tendue, ne pourront sortir que des demandes de plus en plus pressantes de sécurité.

A force de laisser la situation empirer, il y aura de plus en plus de drames : tournantes, femmes brûlées vives, écoles saccagées, émeutes, crimes racistes et réactions xénophobes… A la longue, l’Etat devra « reprendre les choses en main » et la lente décomposition de notre société prépare des lendemains fachos. Et pas facho pour de rire ; une vraie reprise en main musclée, policière, tout ce qu’il faut pour contrecarrer des éléments qu’on aura laissés devenir incontrôlables, des bandes de barbares à la Fofana pratiquant enlèvements et tortures.

Les prétendus « antifascistes » font-ils le jeu du fascisme de l’avenir ?

La responsabilité de ce gâchis ? Certes, il sera dû à la crise économique ; mais aussi au laxisme, au discours bien-pensant qui désarme ce qui est encore un Etat de droit. A force d’empêcher la police républicaine de travailler, les récidivistes et les meneurs (un petit noyau ultraviolent) d’être mis pour un long moment dans des centres fermés, etc., les bien-pensants auront préparés l’avènement d’une société invivable et répressive.

Tous ces « anti-fascistes » auront donc fait le jeu :

Ou encore, comme certains semblent le désirer, on confiera la remise au pas des cités à un encadrement religieux, qui aura des valeurs, certes, mais assez peu laïques ni favorables au féminisme, à la liberté des mœurs, à la liberté d’expression…

Merci donc à tous ces « antifascistes » qui nous préparent un futur répressif, vert ou brun, mais en tout cas aux antipodes d’une société humaniste et sereine.

Loick

La Riposte

http://www.ripostelaique.com/Les-pretendus-antifascistes.html

 

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