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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 14:47

Par Nicolas Pomiès et Olivier Nobile

Mercredi 7 mai 2014

 

Le pacte de stabilité du Premier ministre Valls est une fuite en avant vers le moins-disant social du carcan néolibéral européen aux conséquences dramatiques pour les familles. L’Union des Familles Laïques ne peut l’accepter !

Le gouvernement français a renoncé à peser dans l’Union Européenne en demandant un délai supplémentaire pour ramener le déficit public sous la barre des 3 % imposés par le carcan budgétaire des traités européens. L’économie française se retrouve en concurrence avec les économies des pays européens qui ont baissé leurs coûts salariaux et restreint ainsi fortement leur demande intérieure. La course au moins-disant social engagée chez nos voisins a exercé une forte pression à la baisse sur les prix industriels, d’où une diminution des marges des entreprises françaises. C’est ce double constat qui avait conduit à la décision d’accorder un cadeau fiscal historique de 20 milliards avec le CICE, devenus 30 milliards avec le pacte de responsabilité qui repose sur la suppression de la cotisation sociale affectée à la branche famille. L’UFAL a eu l’occasion d’exprimer son opposition à cette mesure qui s’apparente à une baisse des salaires et menace l’existence même de la branche famille de la Sécurité sociale.

À peine nommé, le nouveau Premier ministre Manuel Valls, s’empresse d’annoncer une cure d’austérité inédite dans le cadre d’un pacte de stabilité, reposant sur un vaste plan d’économies de 50 milliards d’euros.

Ce nouveau plan va avoir pour effet de fragiliser durement les familles et les salariés de notre pays, car ce plan prévoit :

18 milliards d’économies à réaliser par l’État essentiellement par la baisse des dépenses de fonctionnement dont la poursuite du gel du point d’indice des salaires des fonctionnaires déjà bloqués depuis 2010 ;

11 milliards d’euros d’économies à réaliser par les collectivités territoriales en organisant des fusions d’entités visant à réduire le nombre de fonctionnaires territoriaux ;

10 milliards de baisse des dépenses de santé qui fait peser de graves menaces en termes d’accès aux soins. Cette mesure, d’une ampleur inédite, intervient après dix années ininterrompues de déremboursements et d’augmentation du reste à charge des assurés sociaux. Le gouvernement assure certes qu’il n’envisage pas de nouveaux déremboursements des soins et des médicaments. Les pistes d’économies invoquées passeraient notamment par un renforcement des substitutions de médicaments génériques, par une meilleure utilisation du parcours de soins coordonnés et par une meilleure organisation hospitalière. Nous doutons toutefois que ces mesures soient suffisantes pour permettre d’atteindre le niveau considérable des économies attendues. Contrairement aux propos lénifiants contenus dans le document gouvernemental, nous pouvons légitimement craindre que cette mesure d’économie se traduise par le basculement massif de la couverture des frais de santé vers les assurances complémentaires et par une nouvelle cure de réduction des effectifs hospitaliers. Le tout au détriment de l’accès aux soins et de l’état de santé de l’ensemble des familles ;

11 milliards sur l’ensemble des branches de la Sécurité sociale avec le gel des prestations familiales, des allocations logement jusqu’au 1er octobre 2015, du revenu de solidarité active (RSA), de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), de l’allocation adulte handicapé, des pensions de retraite, mais aussi une coupe démentielle de 1,2 milliard dans les frais de fonctionnement des organismes de Sécurité sociale, soit 10 % du Fonds national de gestion administrative. Ce sont près de 15 000 postes qui sont pourraient être supprimés au sein des organismes de sécurité sociale sur 160 000 salariés (sachant que les effectifs étaient de 180 000 au début des années 2000).

 

Alors qu’en 2010, la France était un des pays de la zone euro qui avait le moins souffert de la crise parce que sa demande intérieure, soutenue par notre système de protection sociale qui représente 33 % du revenu disponible des ménages, s’était maintenue contribuant de façon déterminante à éviter que la zone euro ne s’effondre. Le Pacte de stabilité en organisant la fragilisation de la population française risque au contraire d’aggraver la crise avec des conséquences dramatiques sur tous les pays européens.

Pour l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), la croissance aurait pu repartir en France pour les deux prochaines années. Mais ce redémarrage est contrarié par la politique d’austérité qui, selon l’organisme, coûtera 0,9 point de croissance en 2014 et 0,7 point en 2015. Après six années de crise, c’est le plus lent redémarrage économique de ces quarante dernières années. Il aura fallu six années au PIB pour renouer avec les niveaux de 2008. En cause donc, les politiques d’austérité qui ont atteint « un niveau inégalé depuis l’après-guerre, soit presque 5 points de PIB en cumul de 2010 à 2013 ».

Ne nous y trompons pas, ce plan d’économie est le plus violent dispositif de réduction des dépenses sociales et de baisse de revenus des salariés que la France a connu depuis l’après-guerre. Il menace directement notre système de protection sociale et dégradera encore plus la demande intérieure tout en accroissant les inégalités sociales.

La mauvaise potion du Premier ministre Valls est un pur produit des doctrines néolibérales qui ont toutes échoué partout où elles ont été appliquées. Les « pactes » de responsabilité et de stabilité auront pour effet de précariser durablement les familles et de faire tomber les économies de la zone euro dans une récession terrible. L’UFAL ne peut accepter une telle politique.

 

http://www.ufal.info/sante-protection-sociale/pacte-stabilite-valls-consequences-dramatiques-les-familles/9048

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 14:42

Jeudi 8 mai 2014

Par Bernard Teper

Co-animateur du Réseau Education Populaire. Auteur avec M. Zerbato de « Néolibéralisme et crise de la dette » et avec C. Jousse et Ch.Prudhomme de « Contre les prédateurs de la santé ».

http://wwww.reseaueducationpopulaire.info

 

On sait que sur les 21 milliards de diminution de dépenses prévue dans le « Pacte de stabilité », 10 milliards concerneront l’Assurance-maladie. Mais il existe bien d’autres mesures qui vont avoir un impact sur la Sécurité sociale solidaire, d’autres signes d’avancée du rouleau compresseur néo-libéral, dont on apprend l’existence ici ou là : voici les informations que nous avons recueillies au cours du dernier mois.

1/ Alors qu’une étude suédoise montre que l’autisme est dû à plus de 50 % à l’acquis (et donc l’environnement), la ministre Marie-Arlette Carlotti, la Haute autorité de la santé (HAS, spécialiste des conflits d’intérêts), les Agences régionales de santé (ARS, bras armé du néolibéralisme contre la Sécurité sociale) jugent que la cause est entièrement génétique et donc décident d’éliminer toute intervention de caractère psychanalytique ou de psychothérapie institutionnelle, car d’après la ministre ces pratiques ne sont pas « consensuelles ». Ne sont déclarées consensuelles que les interventions sur les conséquences de la maladie et non sur les causes. Soyons clair, agir seulement sur les conséquences, cela demande moins de financement ! Et les pouvoirs publics refusent d’admettre que le débat scientifique n’est pas tranché . Le CASP qui réunit le Syndicat des médecins psychiatres des organismes publics, semi-publics et privés (SMPOP), le Syndicat national des psychiatres privés (SNPP), le Syndicat des psychiatres français (SPF), le Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH), l’Union syndicale de la psychiatrie (USP), conteste les choix des pouvoirs publics.
Leur détermination à ne pas chercher la cause mais à se borner à agir sur les conséquences a même entraîné l’ARS d’Ile-de-France à rejeter la dépense de formation d’un montant de 80 euros (!) de deux soignants d’un centre médico-psycho-pédagogique du Val de Marne sous prétexte qu’elle s’intitulait « Le psychanalyste et l’autiste »…

2/ Alors que Médecins du monde fait état en France d’une augmentation forte du nombre de personnes venant à ses consultations sans couverture sociale, la Sécurité sociale dirigée par le néolibéral Frédéric van Roekhegem ose dire que « les effectifs de la CMU de base [NDLR : la CMU de base doit théoriquement assurer de façon universelle tous les Français et étrangers] a régressé de 1,2 % sur un an pour l’ensemble du territoire, avec 2,25 millions de bénéficiaires ». Tout simplement parce de nombreuses personnes qui y auraient droit n’y sont pas inscrites !

3/ L’année 2013 a connu une forte progression du nombre de bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) (+7,5%, 4,9 millions de personnes) et de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS) (+15,1%, 1,16 million de personnes), selon la lettre Références CMU d’avril. L’augmentation d’environ 362.000 nouveaux bénéficiaires de la CMU-C est due pour 102.000 à l’augmentation des barèmes et pour 260.000 à l’augmentation de la pauvreté.

4/ Rien qu’en Ile-de-France, sur la base de l’activité 2012, 43 établissements de santé dont 27 publics (quatre à Paris, cinq en Seine-et-Marne, trois dans les Yvelines, trois dans l’Essonne, deux dans les Hauts-de-Seine, un en Seine-Saint-Denis, trois dans le Val-de-Marne et cinq dans le Val-d’Oise), ne sont pas dans « les clous » concernant l’accès à l’IVG et en matière de centre d’éducation et de planification familiale (CEPF)

5/ Alors que le groupe privé Le Noble âge, spécialiste, comme Korian et d’autres, des maisons de retraites à plus de 3000 euros par mois, vient d’ouvrir deux Ehpad à 65 euros par jour cette année. Et que fait le gouvernement Hollande-Valls ? Il supprime le projet de loi d’adaptation au vieillissement n’est plus du calendrier parlementaire ! Comme s’il fallait laisser la privatisation des profits dans ce secteur !

6/ Marisol Touraine a annoncé son plan d’économies trisannuel, après avoir admis que l’apport de la stratégie nationale de santé (SNS) annoncée fin 2013 sur ce plan d’économies semble avoir été quasi nul. Les économies attendues sont les suivantes :
- renforcement des soins de proximité « en favorisant la coopération entre la médecine de ville, l’hôpital et les maisons de retraite » et en réduisant les durées d’hospitalisation: 1,5 milliard d’euros (dont 1 milliard pour la seule chirurgie ambulatoire),
- maîtrise des prescriptions en évitant les actes redondants et inutiles : 2,5 milliards d’euros,
- baisses de prix des médicaments : 3,5 milliards d’euros,
- meilleure gestion et mutualisation des achats à l’hôpital : 2 milliards d’euros,
- lutte contre la fraude : 500 millions.
Tout cela est un leurre qui n’engagera que ceux qui y croient. En fait, comme ce plan sera aussi inefficace que la stratégie nationale de santé de l’année dernière, la réalité sera l’accentuation de la privatisation, le recul de l’accès aux soins, l’augmentation des inégalités sociales de santé, etc. Seules les ARS et les structures de contrôle néolibérales ne seront pas affectés par les diminutions d’effectifs car dit la ministre, ils ne sont pas si nombreux que cela ! Alors que Manuel Valls a déclaré le 9 avril dernier qu’il compte sur la restructuration de l’offre hospitalière pour faire des économies. Donc diminution de l’offre hospitalière de proximité ! Pour cela, il y a un accord entre syndicats de médecins libéraux, la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) et le MEDEF soutenus par le gouvernement néolibéral pour montrer du doigt l’hôpital public. Rappelons que ce dernier ne compte que pour 34 % dans les dépenses de l’Assurance-maladie, que les effectifs des hôpitaux publics ont diminué d’au moins 20 000 salariés et que le passage aux urgences a doublé depuis 1995 pour atteindre près de 18 millions de passage.

7/ La Cour des comptes se mobilise pour introduire plus de néolibéralisme dans le secteur de la santé en proposant que trois CHU français expérimentent l’émission de billets de trésorerie comme une vulgaire société financière !

8/ Alors que c’est le rôle de la Sécurité sociale de conventionner partout pour le bien de tous et toutes, voilà un degré de plus dans la néolibéralisation du secteur de la santé et de l’assurance-maladie. Les pouvoirs publics néolibéraux après avoir autorisé en 2011, pour développer la médecine à plusieurs vitesses, la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF) a lancé en 2011 un programme de « conventionnement hospitalier mutualiste » qui permet aux adhérents des mutuelles de bénéficier de tarifs négociés et d’une dispense d’avance de frais [mais pas à tous et toutes ! NDLR], voilà qu’elle permet d’étendre cette nouvelle attaque contre la Sécurité sociale en autorisant son application pour les soins de suite et de rééducation (SSR).

9/ Le principe de la rémunération à la performance est de plus en plus développé par la direction néolibérale de la Sécu.

10/ Suite à la légalisation des dépassements d’honoraires décidé par François Hollande et Marisol Touraine et à la possibilité que les médecins de secteur 2 voient leurs cotisations sociales payés par la Sécurité sociale, nous ne sommes pas étonnés de constater l’augmentation continue des installations  en secteur 2 au détriment de l’accès aux soins de qualité partout et pour tous. Pire, Etienne Caniard président de la Mutualité Française se dit prêt à « reconquérir les domaines délaissés par l’assurance maladie obligatoire ». Il exhorte les responsables politiques à faire leur deuil  de la Sécurité sociale et à  ranger au rayon des souvenirs « les idéaux des ordonnances de 1945″. Il estime que la généralisation de la complémentaire santé en entreprise (ANI, projet du Medef exaucé grâce à des syndicats complaisants) « est un premier pas très positif dans ce douloureux travail de deuil. ». Il reconnaît cependant que le deuil des mutualistes a été facilité par l’octroi « d’environ 5 milliards d’euros d’aide publique chaque année via les contrats santé». Comme quoi les néolibéraux financent mieux les attaques contre la Sécurité sociale que la Sécurité sociale elle-même !

11/ Le rapport Devictor demande de continuer la diminution des dépenses publiques pour augmenter les dépenses privées. Aujourd’hui, c’est la ligne gouvernementale d’aller en ce sens notamment pour les montants des primes d’assurances complémentaires, les subventions des contrats collectifs d’assurances santé d’entreprises, les restes à charge des patients, etc. L’aggravation des inégalités sociales est donc prévisible.

12/ Le gouvernement maintient les privilèges des firmes pharmaceutiques en préférant, pour deux médicaments identiques en service médical rendu, le plus onéreux (cf. l’affaire Lucentis/Avastin).

13/ Alors que la tarification à l’activité favorise la privatisation, la baisse de la qualité des soins (La France a reculé à la 9e place dans l’évaluation internationale des systèmes de santé), le caractère inflationniste de la dépense d’Assurance-maladie, le gouvernement néolibéral veut le développer au lieu de changer de tarification.

14/ Comme le précise le Mouvement de défense de l’hôpital public (MDHP, regroupant plus de mille praticiens hospitaliers et chefs de service), le gouvernement néolibéral développe « le millefeuille bureaucratique inhérent à la mixité et au bicéphalisme de notre système de santé. Chaque feuille de santé est traitée deux fois, une fois par la Sécurité sociale et une fois par les assurances complémentaires, si bien que nous dépensons le double de la moyenne des pays de l’OCDE pour la gestion de la Santé (soit plus de 15 milliards). Il convient également de débureaucratiser les hôpitaux et les Agences régionales de santé (ARS) pour consacrer les ressources en priorité aux équipements et aux soins. »

 

http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/lattaque-contre-la-securite-sociale-entre-dans-une-phase-decisive/81146

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 14:40

Jeudi 8 mai 2014

Par Pierre Hayat

 

Le décret sur les rythmes à l’école primaire restera l’échec le plus flagrant d’un Vincent Peillon bluffé par la FCPE et divers « experts ». L’obstination ministérielle s’est heurtée à la résistance des faits et des volontés :  une offre scandaleusement inégale, variable selon les moyens financiers des communes ; un désordre inextricable dans les écoles ; une confusion de l’enseignement scolaire et des activités périscolaires ; la  fatigue d’enfants énervés et déboussolés par des journées surchargées et déstructurées ; un dispositif totalement inapplicable dans les écoles de campagne ; un surinvestissement disproportionné de tous les acteurs de l’école ; une accélération de la dénationalisation de l’éducation nationale…
Faisant suite aux déclarations de Manuel Valls annonçant un « assouplissement » du décret, Benoît Hamon a sensiblement allégé le boulet dont il a hérité. Il sera désormais possible de regrouper le temps d’activités périscolaire (« TAP » pour les initiés) en un après-midi de 3 heures au lieu des aberrants ¾ d’heures sur 4 jours. Cette organisation plus rationnelle du temps périscolaire permet d’abord de séparer   temps scolaire et  périscolaire. Pratiquement, elle permet de réduire les déplacements d’animateurs mal rémunérés, rend possible une mutualisation des moyens entre les écoles d’une même commune, facilite l’organisation des sorties à la piscine, etc. La semaine pourrait s’organiser en huit demi-journées d’enseignement scolaire dont cinq matinées concentrées sur les « apprentissages fondamentaux » et trois après-midi d’enseignement, auxquels s’ajouterait obligatoirement l’offre d’un quatrième après-midi d’activités périscolaires facultatif pour les élèves.
Ces nouvelles dispositions constituent un désaveu cinglant des lobbies autoproclamés « réformateurs d’une école qui bouge ». À l’avenir, on pourra ignorer l’ordonnance des « experts chronobiologistes » qui prescrit  une dose quotidienne obligatoire  de « TAP » à l’école. Le bon sens pratique  et le respect de l’école ont fini par être reconnus.
Mais à ce jour, on n’en a pas terminé avec le décret Peillon car le dispositif Hamon est seulement dérogatoire. Et les communes auront peu de temps pour soumettre au recteur leur projet. Enfin, les incertitudes demeurent sur la pérennisation des financements. Et les inégalités entre les communes n’ont évidemment pas disparu.
On déplore surtout l’énergie dilapidée autour de ce décret alors que Benoît Hamon reconnaît lui-même que les enfants sont de plus en plus nombreux à entrer en 6ème en situation d’échec, ne sachant  pas compter, écrire, lire et parler correctement. Rien pourtant dans ce décret aberrant n’aurait aidé à  réduire cette inégalité insupportable. Au contraire. Le problème majeur de l’école primaire a été ainsi recouvert par la querelle des rythmes. Il demeure aujourd’hui entier. Et les réformes profondes qui permettront d’améliorer les conditions matérielles et morales de l’enseignement scolaire restent à faire.
Si ce décret ne règle aucun des problèmes de l’école primaire, chaque école financée par la collectivité publique devrait être tenue de l’appliquer. La République met en principe chacun à égalité devant la loi et le règlement. Ce n’est pas pourtant le cas aujourd’hui s’agissant du décret sur les rythmes scolaires. Si chaque école publique doit impérativement s’y conformer, ce décret ne s’impose pas aux écoles privées sous contrat avec l’État. Depuis la loi Debré, ces dernières  organisent comme bon leur semble  a semaine scolaire, étant seulement tenues de respecter la durée de l’enseignement et les obligations de service des enseignants (voir les textes).
L’école privée sous contrat n’est donc  pas assujettie aux mêmes contraintes  que l’école publique. Mais elle jouit des mêmes moyens.  Ainsi, l’établissement privé qui verrait avantage à opter pour le dispositif prévu par le décret bénéficie  des mêmes financements  publics que les écoles publiques, au prorata du nombre d’élèves. À l’inverse, l’école que le décret embarrasse peut s’en dispenser sans rien avoir à faire. Le décret sur les rythmes scolaires qui empoisonne l’école publique depuis des mois est don
Cette inégalité manifeste est d’autant plus fâcheuse que l’enseignement catholique s’est doté depuis 2013 d’un nouveau statut qui accentue la mainmise de la hiérarchie de l’Église, sur lequel ReSPUBLICA avait alerté ses lecteurs.
Comme on le constate à propos des rythmes scolaires, les établissements catholiques jouissent d’une autonomie organisationnelle et éducative vis-à-vis du ministère de l’Éducation nationale  et des rectorats. Ils sont en revanche dépourvus d’autonomie vis-à-vis de la hiérarchie de l’Église, contrairement à ce que des familles imaginent parfois. Depuis le statut de 2013, chaque établissement scolaire catholique dépend directement de l’évêque local.1 On notera que la tutelle ecclésiastique est  également renforcée au sommet  puisque désormais le secrétaire général de l’enseignement catholique est nommé par la conférence des évêques2. Ainsi, les évêques ou leurs représentants directs décideront, au cas par cas, si telle école catholique ou telle autre acceptera ou non un financement public supplémentaire pour les activités périscolaires. Le décret sur les rythmes scolaires qui empoisonne l’école publique depuis des mois est donc depuis le début de l’affaire  « tout bénéfice » pour le privé : miracle antirépublicain de droits sans devoirs !
Les laïques contestent le principe du financement public des écoles privées à caractère confessionnel. Ils ne réclameront donc pas  que soit rendu obligatoire un financement supplémentaire des établissements privés, à travers le périscolaire. Mais il leur appartient de dénoncer les aberrations de la législations actuelle qui privilégie en maintes façons le privé au détriment du public. Nul doute qu’une faiblesse du ministère de l’éducation nationale sur cette question comme sur l’affaire de la dérive sectaire de l’école Gerson serait interprétée comme un encouragement pour tous les intégrismes religieux, décidés à infiltrer l’école.

« Une école catholique reçoit sa mission de l’Église, qui est au principe de sa fondation (….) Tout établissement catholique d’enseignement relève donc nécessairement d’une autorité de tutelle, mandatée ou agréée par l’évêque du lieu. Aucune école catholique ne saurait s’en dispenser », Statut de l’enseignement catholique en France publié le 1er juin 2013, art. 178. []

Art. 354. []

 

http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/derriere-les-rythmes-scolaires-combien-dinegalites/81163

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 10:55
Paris le 26 avril 2014

 

Le Comité Valmy dénonce avec indignation la perspective de la vente à l’étranger d’un nouvel élément majeur de l’industrie de notre pays, braderie qui ne pourrait se faire sans l’accord du pouvoir compradore de la France vassalisée et prisonnière du carcan de l’euro dictature atlantiste.

Les Français généralement patriotes, ont appris avec consternation et révolte que General Electric envisage de racheter la partie "énergie" d’Alstom, laquelle représente 75% de l’activité du groupe français. Tout un pan supplémentaire de notre industrie passera dans les mains d’investisseurs américains. Alstom construit notamment les organes vitaux des centrales électriques (turbines, alternateurs).

Après avoir été privatisée, après avoir cédé les chantiers de l’Atlantique, Alstom, un des fleurons de l’industrie française, va désormais être vendu à l’étranger. Les mêmes socialistes qui menacent aujourd’hui de rompre les contrats des navires de classe Mistral sous la pression de l’OTAN et du Pentagone continuent à vendre notre appareil productif aux compagnies états-uniennes.

Celles-ci (GE, General Atomics, Lockheed Martin, Northrop...) nous feront payer au prix fort leurs produits, fabriqués à partir de notre propre savoir-faire, et parfois même avec notre propre main d’œuvre. C’est le cas pour les chasseurs JSF F-35 fabriqués en Italie pour la compagnie privée Lockheed et rachetés ensuite, à prix fort, avec les deniers publics de l’État italien.

Les difficultés rencontrées par Alstom ont pour cause l’ouverture à la concurrence européenne, imposée par l’idéologie du libre-échange américaine. Le marché commun a favorisé les guerres économiques fratricides ("concurrence"). Ainsi l’allemand Siemens, en concurrence directe avec Alstom, propose également le rachat de l’entreprise française. La pseudo concurrence "libre et non faussée", imposée par Bruxelles à la solde de Washington, a fait éclater notre industrie et a brisé les synergies nationales (type EDF-Alstom). Quant aux compagnies américaines, protégées par une politique unilatéralement nationaliste et s’appuyant sur des élites européennes corrompues, elles accentuent leur position de monopole, en rachetant les entreprises affaiblies.

De son côté, le capital flottant de l’actionnariat d’Alstom (Bouygues en possède 29%) va réaliser une immense plus-value. L’actionnariat privé apatride est le premier responsable de la trahison industrielle nationale. Alstom privatisé en 1987, fait partie intégrante du secteur économique stratégique dont le Comité Valmy préconise une nouvelle nationalisation, une appropriation sociale accompagnée de l’installation de critères de gestion tripartite, impliquant le peuple souverain.

Conformément à cette vision exprimée notamment dans notre récent communiqué "Réindustrialisation ! Nationalisations !", nous réaffirmons l’urgence de confisquer aux oligarques les moyens de production nationaux, afin de restaurer un contrôle démocratique et national sur notre industrie.

La pression populaire si elle est forte, est bien plus susceptible d’empêcher ce nouvel abandon national, que le discours d’Arnaud Montebourg sur le thème de la vigilance patriotique qui comme d’habitude, risque malheureusement de rester dans le domaine de la communication démagogique. Pour rester français ou le redevenir, à un moment ou à un autre, Alstom devra être nationalisé !

 

Déclaration du Comité Valmy

Mis en ligne le 26 avril 2014

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 10:52

 

Par

L’UFAL a reçu une invitation à signer un « appel de la société civile pour la défense et la promotion de l’égalité des droits et des libertés », déjà rédigé par d’autres associations. Ce texte présente l’avantage de ne choquer personne, tant il est pétri de bonnes intentions et de morale. Qui ne serait contre « la haine », et pour « les valeurs de la République » ? Le Front National lui-même, tout à sa dédiabolisation, pourrait y souscrire, c’est dire ! 

Pourtant, c’est manifestement le Front National qui est visé derrière le mot « haine » ; et face à lui, un hypothétique « front républicain » (rêve de « la gauche » gouvernementale) qui se réclame de « liberté, égalité, fraternité » comme « clefs de l’avenir que nous voulons ». Ce face à face politicien, manichéen et simpliste, oublie un élément, essentiel pour qui se veut Républicain : le peuple – sans lequel tout n’est qu’incantations creuses.

Cet appel entretient ainsi la confusion politique, en détournant l’attention vers des questions sociétales, voire morales, pour éviter d’aborder les préoccupations réelles des citoyens et des familles : le chômage, la casse sociale, la pauvreté. Veut-on faire oublier que la majorité au pouvoir, lâchée par les catégories populaires, vient d’essuyer une cuisante défaite aux municipales, que le Président de la République bat des records d’impopularité, et que le Premier ministre actuel pratique la fuite en avant dans l’austérité commandée par Bruxelles ?

L’UFAL se bat pour les droits sociaux et la laïcité, pour l’égalité de toutes les formes de famille, mais elle reste d’abord indépendante de tout pouvoir, qu’il soit de droite ou « de gauche ». Elle ne participera donc pas à cette opération de brouillage politicien.

On ne peut à la fois s’en prendre aux « promesses abusives » du FN, et ignorer celles, non tenues, du Président de la République pour la défense de l’emploi. La carte des progrès de l’extrême-droite se superpose bien souvent à celle de la casse et de la désespérance sociales.

On ne peut à la fois se réclamer abstraitement de la « solidarité » et ne pas défendre son principal outil concret : la sécurité sociale, fondée sur la cotisation, dont le démantèlement est accéléré par le gouvernement actuel se réclamant de la « gauche ».

On ne peut à la fois dénoncer les « discours anti-Roms » et faire semblant d’ignorer que le ministre de l’Intérieur qui en a tenu certains est aujourd’hui Premier ministre.

Comment en vouloir aux travailleurs laissés pour compte, aux familles réduites à la misère – à qui M. Valls propose le gel du RSA ! — « d’avoir la haine », et, dans le meilleur des cas, de s’abstenir de voter, laissant ainsi le champ libre au FN ?

« Inquiets, nous le sommes », de voir un gouvernement socialiste démontrer qu’il est capable d’aller encore plus loin et plus vite que la droite dans la casse sociale, et apporter encore de l’eau au moulin du FN qui dénonce « l’UMPS », ces gouvernements « impuissants et indifférents » « depuis 30 ans », comme dit l’appel… sans en tirer les conséquences.

Enfin, « Toutes et tous pour un avenir solidaire » ne contient qu’une seule référence à la laïcité, curieusement réduite à la liberté de création, « d’Internet » (!), de pensée — mais ignorant la séparation des Pouvoirs publics et des religions ! La « lutte contre les « discriminations » » revendiquée est d’ailleurs le masque classique des « accommodements raisonnables » avec la prétention des cultes à imposer partout leur affichage : ce que certains des promoteurs de l’appel nomment la « laïcité ouverte », ou « inclusive »… Comment prétendre « faire société » sans rappeler que la laïcité en est la condition indispensable, parce qu’elle seule pose le cadre d’une véritable égalité dépassant les clivages communautaires ? Le mot d’ordre rebattu « vivre ensemble » ne doit pas signifier « vivre côte à côte dans une mosaïque de communautés » !

Ce n’est pas avec des prêches et de la bonne conscience que l’on fera reculer le FN, mais avec une véritable politique sociale et démocratique, osant s’affranchir des dictats de l’Europe libérale, sachant remettre le MEDEF à sa place, et remobilisant le peuple.

Faute de tenir compte de ces conditions concrètes, les « rencontres croisées » pour « l’égalité des droits » proposées par l’appel n’ont aucune chance de prospérer ni d’atteindre le public populaire. L’UFAL considère qu’il y a d’autres urgences pour les familles et les citoyens.

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 10:51

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 27 avril 2014.

Les manifestations du 1er Mai revêtent cette année une signification particulière.

D’abord, elles se déroulent dans un contexte marqué par l’aggravation de la situation sociale : accentuation des inégalités, montée du chômage et de la précarité... Le gouvernement Hollande-Valls, qui a décidé de se soumettre à l’Union européenne, a mis tous les moyens de l’Etat au service du MEDEF. Il fabrique ainsi le vote Front national. La revendication de l’annulation du « Pacte de responsabilité » doit devenir l’élément unificateur du mouvement social.
 
Ensuite, les manifestations du 1er Mai se dérouleront à trois semaines de l’élection européenne. Le lien entre les revendications sociales comme les salaires, l’emploi, le droit du travail… et l’Union européenne doit être clairement établi et reconnu par tous. L’Union européenne est un système mis en place pour écraser le monde du travail. Aucune revendication sociale ne peut être garantie dans ce système. Non seulement il faut sortir de l’Union européenne, de l’euro et annuler la dette publique, mais il faut boycotter cette mascarade électorale.

Le M’PEP appelle à participer massivement aux rassemblements du 1er Mai, ses militants seront présents.

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 10:39

 

D’aucun prétendent que l’abstention n’est que l’expression de citoyens dilettantes et irresponsables peu soucieux d’utiliser un droit de vote conquis de haute lutte ou de participer à la vie politique du pays. L’abstention serait anti-citoyenne, la négation de l’engagement politique. Avant d’aller plus loin, constatons que ce sont les même médiacrates qui n’avaient pas du tout cette analyse au sujet des chiffres de l’abstention lors du récent référendum de Crimée…

Cela n’est pas du tout exact.

L’abstention est bien souvent une expression politique qui exprime en premier lieu et de la façon la plus claire la reconnaissance ou non de la légitimité et de l’utilité de l’institution qui organise l’élection.

Chacun le sait, pour dénoncer l’Union Européenne du capital qui détruit la France et ses acquis sociaux, comme il l’avait fait en 2009, avec plusieurs autres organisations, le PRCF s’est engagé dans une campagne de boycott de l’élection européenne, pour l’abstention citoyenne.

Les militants du PRCF sont ainsi mobilisés pour mener cette campagne à travers les actions militantes propres au PRCF pour la sortie de l’UE, de l’Euro, de l’OTAN et du capitalisme, mais également en soutennant l’appel du CNR-RUE – appel national au boycott de l’élection européenne par un très large rassemblement de personnalités d’organisations et d’horizons très divers – pour mener avec un large rassemblement de citoyen une campagne nationale pour le boycott de l’élection européenne dans une démarche 100% démocratique, citoyenne et désintéressée :

  • Démocratique car il s’agit de faire entendre la voix du peuple, de dénoncer cette farce d’un « parlement fantoche », sans pouvoir, sans légitimité qui est un trompe l’œil visant à masquer la nature profondément dictatoriale de l’UE. Le MEDEF, l’UMP, le PS ont commis une forfaiture en passant outre le NON du peuple souverain le 29 mai 2005 et, en adoptant le traité de Lisbonne copie conforme de ce que 55% des Citoyennes et des citoyens avaient rejeté, ils ont boycotté notre décision souveraine. Et bien nous boycotterons leur fausse élection : quoi de plus normal?
  • Citoyenne, car nous refusons de légitimer par notre vote une UE qui détruit la souveraineté populaire et l’indépendance nationale, une UE qui impose une concurrence sans merci entre les salariés, qui les condamne au chômage, qui prive la jeunesse d’avenir et qui mène au délitement rapide de la République française, une UE qui partout, alignée sur la politique des USA, pousse à la guerre comme on a pu le voir en Yougoslavie, comme on le constate aujourd’hui à Kiev où l’Europe atlantique associée à l’OTAN pousse à une conflagration avec la Russie qui peut conduire l’humanité aux portes du gouffre. L’abstention est une démarche citoyenne aussi car il s’agit de permettre que s’épanouisse enfin une vraie et grande politique de progrès social plaçant le monde du travail en son centre. Cela est impossible avec l’UE dont l’objet est de détruire les conquêtes sociales ; la tromperie de ceux qui parlent « d’Europe sociale » depuis maintenant des décennies doit être démasquée : on ne transforme pas un crocodile en doux végétarien !
  • Désintéressée car il ne s’agit ni de défendre un intérêt partisan, ni de prétendre à profiter des généreuses subsides attribuées aux potiches du parlement européen mais de faire entendre le rejet massif de l’UE par un tsunami d’abstentions citoyennes, de mobiliser les citoyens dans la perspective de l’affrontement qui vient entre l’oligarchie capitaliste et la masse des travailleurs de notre sous-continent.

Certains voudraient faire croire que cela ne concerne qu’une petite minorité, et que seuls ceux qui votent sont des citoyens conscients et actifs. Alors qu’en est il vraiment? Eh bien regardons les chiffres.

Retour sur les chiffres de l’abstention :

Le discours ambiant, celui des médiacrates c’est à dire celui des chiens de garde du Système capitaliste, est de décrire l’abstention comme un phénomène de société qui frappe l’ensemble des élections et qui est en perpétuelle augmentation, et ce afin de lui retirer systématiquement tout contenu politique, de disculper les élites politiques et de culpabiliser les « petites gens. Ce n’est pas vrai. L’abstention et son évolution sont très différentes selon l’élection.

Le plus simple pour caractériser l’abstention est de s’intéresser aux chiffres de l’abstention pour les différentes élections nationales depuis 1958.

En moyenne, toutes élections confondues, l’abstention s’élève à près de 29% et elle est en moyenne de  :

  • 50,1% pour les européennes
  • 19,1 % pour les présidentielles
  • 28,3 % pour les législatives
  • 33,8% pour les référendums

On peut déjà ici faire le constat que l’abstention est particulièrement massive uniquement pour les élections européennes. S’agissant des référendums, ce sont les scrutins au sujet du statut de la Nouvelle Calédonie et celui sur le passage au Quinquennat qui tire la moyenne nettement à la hausse (sans ces référendums dont les objets étaient très particuliers, l’abstention référendaire ne serait plus que de 25,7%). Ce premier constat grossier fait état d’une abstention « normale » entre 20% et 30%, à l’exception très notable des européennes boycottées par nos concitoyens.

On peut s’intéresser à l’évolution dans le temps des chiffres de l’abstention aux élections nationales depuis 1958. Là encore le constat est édifiant comme le montrent les graphiques qui suivent :

  • Stabilité de l’abstention aux élections présidentielle ainsi que pour les référendum (aux deux exceptions signalées ci avant)
  • Relative stabilité aux élections législatives dans une fourchette de 20 à 30%) avec une nette augmentation à partir du passage au quinquennat qui de fait donne un intérêt secondaires aux législatives par rapport à la présidentielle, le quinquennat étant fait pour projeter mécaniquement la majorité présidentielle sur la majorité législative.
  • et augmentation constante et nette de l’abstention aux européennes

abstention-référendums

 

abstention-européenne

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En terme d’évolution historique de l’abstention aux élections nationales, hors européennes, il semble qu’il faille distinguer deux périodes. Jusqu’à la victoire de François Mitterrand en 1981 et après. De 1958 à 1981, les taux d’abstention moyens aux élections de chaque décennies sont d’environ 21.5%. A partir de 1986, ils augmentent nettement à 30% puis 32%… La trahison de la gauche par le PS aura porté ses fruits en convaincant une bonne partie de la population ouvrière que le vote ne sert à rien. Difficile ici de ne pas donner de continu politique à une rupture aussi nette dans le comportement électoral de nos concitoyens!

 

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Il est intéressant de rapprocher le taux d’abstention d’avant 1981 avec celui des législatives sous la IIIe République entre 1914 et 1936 qui en moyenne s’élève à 21,5% également. on observera que c’est avec l’effort pour porter la gauche au pouvoir, avec le Front Populaire que l’abstention diminue. Alors qu’au sortir de la première guerre mondiale, alors que la majorité des partis se sont engagés dans une tragique union nationale autour de l’impérialisme capitaliste français, le taux d’abstention est alors plus élevé. Là encore ces chiffres tordent le cou à ceux qui affirment un peu péremptoirement que « aujourd’hui les gens ne votent plus, alors qu’avant ils votaient plus, parcequ’ils ont oublié le prix du droit de vote ».

 

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Cela confirme bien un taux d’abstention nominal résultat à la fois de la difficulté pour une partie de la population de voter et également du refus de l’élection ou du désintérêt pour la chose publique. On peut ici donner l’exemple de l’abstention des 18-30 ans qui bien souvent sont encore inscrits dans la commune de leur parents alors qu’ils travaillent ou étudient ailleurs.
Grossièrement et en toute hypothèse, sur la base des taux d’abstention aux législatives puis à la présidentielle (y compris les résultats récents), il est tout à fait raisonnable de considérer un taux d’abstention nominal de 20% en France.

La signification très politique de l’abstention croissante aux européennes

Venons en au cas particuliers des européennes pour là aussi tordre le cou à quelques poncifs. Les chiens de garde médiatique, les partis composant le Parti Maastrichtien Unique (UMP, PS, EELV, UDI, MODEM….) et bien sûr les pontes de la Commission Européennes sont très embêtés par les chiffres stratosphériques de l’abstention aux européennes. A tel point d’ailleurs qu’ils ne cessent de mener campagne pour la participation en dépensant des fortunes pour conjurer les gens de voter ( peu importe ce qu’ils voteront, pourvu qu’ils créditent la « construction » européenne en votant !). Et pour cause, si personne ne vote, comment faire croire que les diktats que l’on impose depuis Bruxelles et Francfort sont légitimes alors qu’ils vont à l’encontre de ce qu’à voter le peuple. Bien évidemment, le parlement européen est une farce. Une simple chambre d’enregistrement, totalement verrouillée par l’alliance PSE/PPE (nom de la droite libérale européenne) et qui peut résister aux turbulences affectant tels ou tel pays particulier permettant de garantir la stabilité et la permanence de la dictature de l’oligarchie capitaliste. Que l’abstention soit massive, et l’illégitimité de cette UE du capital tout à fait totalitaire qui s’est assis sur le NON de 2005 apparaîtra immédiatement dans toute son horreur, au risque d’alimenter la révolte populaire qui gronde partout, de l’Espagne à la Bulgarie en passant par la Grèce et même par l’Allemagne (grandes grèves pour les salaires) !

Alors, nous avons droit à un bourrage de crâne visant à faire croire que l’augmentation continue du taux d’abstention est général et qu’il ne s’agit donc pas d’un rejet politique de l’UE mais d’un manque d’éducation et de citoyenneté, alors que autant les niveaux que la vitesse de croissance sont strictement propres aux européennes/
La comparaison des chiffres de l’abstention aux présidentielles et aux européennes est de ce point de vue plus que frappante : le taux d’abstention à la présidentielle reste stable à 20% alors que celui des européennes explose à près de 60% en 2009.

On nous dit alors que cela est dû à un désintérêt pour la chose européenne, à une incompréhension -c’est bien connu quand un citoyen refuse de se mener à l’abattoir, c’est qu’il est bête et qu’un peu de pédagogie lui fera comprendre son intérêt ! – de cette chose si compliquée qu’est l’UE…. Que nenni !

La comparaison entre élections européennes et deux derniers référendums sur l’UE le prouve. Les scrutins au sujet du Traité de Maastricht en 1992 et au sujet du Traité Constitutionnel Européen en 2005 sont marqués par un taux d’abstention de 30%. Moitié moins que les élections européennes. On ne peut s’empécher de constater, en principe que rien ne se perd, que rien ne se crée et tout se transforme, que ces 30% d’abstentionnistes en plus sont bien à chercher parmi ceux dont le vote non a été piétiné ! C’est de l’arithmétique. Pas besoin de sortir de Sciences po pour le voir.

  • Nombre de OUI exprimés en 200 5 : 12,808 millions de voix
  • Nombre de voix pour l’UMP, le PS, EELV, le MODEM et alliance écologique indépendante : 12,396 millions de voix

A l’évidence, sans que malheureusement ils puissent s’en rendre compte étant donné la censure qui frappe les franchement communistes, nos concitoyens partagent largement l’analyse que le PRCF a exprimé en 2009 et qu’il renouvelle pour ces élections européennes 2014 en opposant à la dictatoriale UE du capital leur refus de vote, dans un acte civique d’abstention citoyenne.

Ces élections sont une farce et pour botter le cul de l’oligarchie capitaliste, il faut montrer que nous ne sommes pas dupes. Il convient donc que, ignorant les consignes social-maastrichtiennes du P.G.E. (social en paroles, maastrichtien en réalité !), chacun s’investissent dans la campagne de boycott militant, avec le PRCF et plus largement en répondant à l’appel du CNR-RUE Comité National de Résistance Républicaine à l’Union Européenne.

 

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 10:36

17/04/2014

 

Sous les applaudissements à peine discrets de la droite et du MEDEF., Valls annonce un gravissime plan d’austérité contre notre peuple. Ce plan s’ajoute aux coupes claires successivement décidées par Sarkozy et par Ayrault au nom du « remboursement de la dette » et du « sauvetage de l’euro ». Si notre peuple ne se dresse pas très fort contre ces mesures, de nouveaux plans de misère se succèderont sans fin une fois que le MEDEF aura empoché les 50 milliards prélevés sur les Français sans que les capitalistes se soient sérieusement engagés à créer un seul emploi !

Déjà, tout y passe : le salaire des fonctionnaires, déjà bloqué depuis 2009, et dans la foulée, celui des travailleurs du privé, les pensions de retraite déjà lourdement grevées, les prestations sociales et les remboursements maladie, et bien entendu, les services publics déjà exsangues, à commencer par l’hôpital public. Bien entendu, les prix fileront fortement dans l’intervalle (cf les tarifs de l’électricité, qui va augmenter encore plus vite que prévu en raison d’une directive européenne relayée par les nantis du Conseil d’Etat !) sans quoi la guerre menée contre les revenus directs ou indirects du travail (salaires, pensions, indemnités chômages, remboursements maladies, allocations familiales…) ne produirait aucune « économie » pour le capital et pour son Etat de classe. Les annonces de Valls sur le maintien des créations de postes dans l’Education nationale, alors que dans les faits les suppressions de postes frappent de nombreuses académies, visent à éviter qu’à travers la défense de l’Education nationale, la jeunesse et les salariés du public et du privé ne fassent leur jonction dans la lutte. Des millions de gens qui vivent mal ou qui survivent à grand peine, vont perdre pied avec leurs enfants pendant que les actionnaires du CAC-40 voient leurs revenus augmenter de 20% par an et que des centaines de milliards sont expatriés dans les paradis fiscaux qui prospèrent dans la maudite UE du capital  !

Non seulement les mesures Valls n’ont rien de « juste », puisqu’elles ne frappent que le peuple, qu’elles épargnent les grandes fortunes et qu’elles rapportent très gros aux capitalistes, non seulement elles déshonorent les parlementaires « de gauche » qui les voteront en trahissant sans fin leurs électeurs, non seulement elles ouvrent un boulevard au FN qui profite de la désorientation du peuple pour usurper le masque du tribun du peuple, mais ces mesures enfonceront encore plus notre pays dans la récession. En effet, elles plomberont la consommation populaire déjà en chute libre et leur seul effet réel sera de doper les profits du grand patronat privé et spécialement, ceux des grandes firmes qui se servent de l’argent public pour financer les délocalisations (notamment dans l’automobile) et faire main basse sur le secteur jadis non-marchand de l’économie.

stopper l’euro-austérité de Valls

Dans ces conditions, soutenir ces mesures, ce ne serait pas faire preuve d’ « esprit de sacrifice » et de « patriotisme », comme le prétend Valls. Au contraire, ce serait accepter que les classes populaires et la majeure partie des couches moyennes françaises s’appauvrissent, voire se marginalisent gravement. Ce serait accepter que la France s’humilie une nouvelle fois devant les diktats des usuriers de la finance internationale, de la Commission européenne, de la Banque de Francfort et du grand capital allemand et « français ». Ce serait se résigner à voir la République une et indivisible héritière pour une part de 1789, de 1936 et du CNR, se dissoudre irréversiblement pour s’aligner sur les normes régressives des contre-modèles allemand et anglo-saxons : sans la moindre consultation populaire, et en ayant attendu la fin des municipales pour révéler ses plans, le duo Hollande-Valls a en effet annoncé l’arrêt de mort des Communes, des Départements et de l’Etat-nation lui-même, le but étant de leur substituer des euro-métropoles, des euro-régions transfrontalières et une mortifère « Union transatlantique » couplée aux va-t-en-guerre de l’OTAN. Pas étonnant que ce démontage républicain, réclamé à cor et à cris par le MEDEF dans son Manifeste « besoin d’aire » (déc. 2011) soit soutenu par l’UMP, l’UDI et par une bonne partie d’EEL-V qui soutient les pires euro-régionalistes patronaux ennemis de la République.

associer le drapeau rouge des travailleurs au drapeau de la Nation pour défendre à la fois le pays, le monde du travail et la jeunesse

C’est pourquoi le patriotisme ne consiste pas à ramper devant les diktats de l’UE atlantique, anticommuniste, fascisante et belliqueuse (Ukraine, Syrie…). Au contraire, dans la grande tradition qui fut celle du Parti Communiste Français aussi longtemps qu’il combattit de front l’Europe supranationale, il convient d’associer le drapeau rouge des travailleurs au drapeau de la Nation pour défendre à la fois le pays, le monde du travail et la jeunesse. Cela impose à tous les communistes, à tous les syndicalistes, à tous les républicains véritables, de se prononcer contre la maudite Union européenne du grand capital qui broie toutes les conquêtes populaires et qui détruit toutes les nations d’Europe. Il faut en finir au plus tôt avec le mensonge MORTEL de l’Europe sociale, dont se repaissent les chefs de file du Front de gauche et leur nouvelle « star », le pseudo-« antilibéral » grec A. Tsipras. Il faut en finir avec les « ripostes » purement symboliques des syndicats, bousculer les états-majors complices du Parti de la Gauche Européenne et de la Confédération Européenne des Syndicats, ces amortisseurs de l’euro-austérité. Il faut proclamer que les peuples n’ont pas à rembourser la dette illégitime « due » aux banques qui vampirisent l’argent public. Il faut réaffirmer que la souveraineté de la France passe par la sortie de l’euro, de l’UE, de l’OTAN par la voie progressiste, et cela sans implorer le feu vert préalable de l’Allemagne comme le fait la présidente du front « national » avec sa « sortie concertée de l’euro ».

 

Dans cet esprit, le PRCF :

 La marche arrière vers la régression sociale sans fin, mais aussi vers le démantèlement de la France issue de 1789, de 1936, de 1945 et de mai 68, sont lancées par ce gouvernement de destruction sociale et nationale. La solution n’est pas dans une confiance béate ou résignée dans les états-majors politiques et syndicaux faillis qui nous ont menés dans le mur. La solution est dans l’engagement unitaire des communistes 100% opposés à l’UE, elle est dans l’union combative et dans la coordination sans entraves des syndicalistes de classe, elle est dans le Front de Résistance Antifasciste, Patriotique et Populaire (F.RA.P.P.) des patriotes républicains, des amis de la paix, de la démocratie dans la perspective du socialisme pour notre pays.

Déclaration du secrétariat national du POLE DE RENAISSANCE COMMUNISTE EN FRANCE

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 15:55

La première réunion du bureau politique du Front de libération nationale a eu lieu ce lundi. Au programme : les relations entre Saâdani et Sellal, la victoire de Bouteflika et la révision de la Constitution.

Le bureau politique du Front de libération nationale (FLN) s’est réuni ce lundi au siège du parti à Hydra, à la demande du secrétaire général Amar Saâdani. Le rassemblement a été l’occasion d’évoquer la victoire du Président Abdelaziz Bouteflika à la Présidentielle du 17 avril, arrivé en tête avec 81,53% des voix, ainsi que les « questions liées à l’évolution de la scène politique ».

Le FLN, qui a défendu la candidature du Président Abdelaziz Bouteflika, souhaite préserver son rôle de « leadership afin de contribuer effectivement et positivement aux côtés du dirigeant algérien dans les étapes qui suivent, notamment l’application de son programme », selon le communiqué sanctionnant cette réunion.

Amar Saâdani a saisi l’occasion pour dissiper tout malentendu qui existerait entre lui et Abdelmalek Sellal. Dans une déclaration à TSA, Saâdani a indiqué que « le FLN n’a aucun problème avec Abdelmalek Sellal ». « M. Sellal est militant du FLN. Il détient une carte d’adhésion depuis 1988 », a ajouté le dirigeant du parti.

Révision de la Constitution en automne

A propos de la demande de nommer un Premier ministre issu du parti majoritaire, Amar Saâdani affirme qu’elle est liée à la révision de la Constitution. Il affirme même que « le FLN et moi-même ne visons pas une personne à travers cette revendication ». En d’autres termes, « le FLN ne cible pas Sellal », indique-t-il.

La révision de la Constitution « devrait intervenir en septembre ou octobre », d’après Saâdani. Elle sera « le premier chantier politique » qu’entamera le Président Bouteflika. Etant donné son état de santé, Abdelaziz Bouteflika aura-t-il les capacités à chapeauter ce projet ? Certains se posent la question de la nomination d’un Vice-président, auquel cas Bouteflika pourrait ne pas « recourir à la révision de la loi fondamentale », précise Saâdani. Cette révision a pour objectif, selon ce dernier, de définir la nature du régime politique algérien. « Pour ce quatrième mandat, le Président est appelé à poursuivre les réformes entamées » à travers, notamment, « la séparation des pouvoirs, la définition du rôle du Parlement et des différentes institutions ».

Après de nombreux faits de répression, de plaintes liées à la restriction de la liberté de la presse, selon Saâdani, Bouteflika fera un pas en avant en faveur de « la liberté de la presse », mais aussi de « la réconciliation nationale, tamazigh ». La prochaine Constitution définira aussi les mécanismes ayant trait à la « désignation du Premier ministre ».

 

http://www.afrik.com/algerie-apres-la-presidentielle-la-revision-de-la-constitution

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 15:51
Par
Co-animateur du Réseau Education Populaire. Auteur avec M. Zerbato de « Néolibéralisme et crise de la dette » et avec C. Jousse et Ch.Prudhomme de « Contre les prédateurs de la santé ».
http://wwww.reseaueducationpopulaire.info

« Dans les moments de crises, les théories économiques harmonistes et équilibristes ne savent plus quoi suggérer pour s’en sortir », nous dit Omer Moussaly. Nous y sommes. Méfiez-vous donc des économistes néolibéraux. Mais devant la profondeur de la crise, nous sommes obligés de mettre en garde contre toutes les illusions idéalistes, volontaristes, déterministes, surplombantes ou autres.
Non ! il ne suffit pas de vouloir la transformation sociale et politique pour l’avoir. Tout simplement parce que l’économie et l’histoire sont soumises à des lois qui s’imposent à notre propre volonté. Méfiez-vous donc des économistes anti-libéraux keynésianistes altercapitalistes, souvent atterrés et atterrants.
Mais il ne suffit pas d’attendre « la chute finale » pour engager la transformation sociale et politique car les lois de l’économie et de l’histoire sont des lois tendancielles et non des lois déterministes ou relativistes. Méfiez-vous donc des marxistes vulgaires et simplistes. De l’illusion qu’une seule idée, déconnectée du modèle politique global, résout à elle seule tous les problèmes de l’humanité.
Nous connaissons bien toutes les prééminences surplombantes qui font florès sur le « marché » des idées, qui amplifient le désarroi et polluent certaines têtes militantes : euro-fédéralisme, l’Europe sociale qui surgit par enchantement de l’actuelle construction européenne, sortir à froid de l’euro, sortie du nucléaire, revenu universel, tirage au sort, Constituante, décroissance, croissance verte, etc.
Et même si ces idées peuvent être intéressantes si, et seulement si, elles sont intégrées à un nouveau modèle politique alternatif mais global, elles sont nocives car elles détournent les militants de la complexité du réel et éloignent l’humanité d’une transformation politique et sociale. Méfiez-vous donc des idées surplombantes simplistes qui ne sont au mieux, et même pas toujours (!), qu’un altercapitalisme.

Mon hypothèse est que nous sommes, à l’échelle de l’histoire – et non à l’échelle humaine – à la fin d’un pli historique né en Europe au XVIe siècle qui a enfanté le mode de production capitaliste dans une succession de formations sociales capitalistes (une formation sociale capitaliste est une formation sociale dans laquelle le mode de production capitaliste est dominant). Toute transformation sociale et politique ne peut s’effectuer que dans le cadre d’une crise profonde libérant les potentialités du changement.
Mais dans chaque crise, le conflit politique se situe entre ceux qui veulent maintenir la formation sociale capitaliste précédente (les réactionnaires, principalement néolibéraux de droite et de gauche), ceux qui veulent un altercapitalisme dans une formation sociale capitaliste différente (les conservateurs, principalement à gauche, y compris certains antilibéraux atterrés et atterrants et y compris les directions des grandes organisations se disant anti-libérales) et ceux qui souhaitent utiliser les opportunités de la crise pour engager la transformation sociale et politique. Mais ces derniers sont inopérants, démobilisants et déprimants s’ils ne travaillent pas toutes les conditions nécessaires et suffisantes pour y parvenir : liens sociaux et politiques avec la classe populaire ouvrière et employée au lieu de pratiquer l’entre-soi à l’intérieur de la portion radicalisée des couches moyennes supérieures, prise en compte militante du phénomène de la « gentrification » qui ghettoïse les responsables et les militants loin des couches sociales qui ont intérêt au changement, nécessaire priorisation de l’éducation populaire en lieu et place de la militance traditionnelle qui n’est qu’un catéchisme « descendant » dans les meetings, dans les tractages sur les marchés, dans les réunions publiques où on délivre une vérité révélée dans l’entre-soi militant, etc.
Il faut combattre l’incapacité des militants à comprendre qu’il n’y aura pas de transformation sociale sans co-construction à l’intérieur de l’alliance de la classe populaire ouvrière et employée et des couches moyennes intermédiaires, etc. Méfiez-vous donc de la vieille militance !


Tout cela pour vous engager à lire le texte d’Omer Moussaly ci-après.

 

http://www.gaucherepublicaine.org/economie/critique-de-leconomie-politique/les-crises-ne-provoquent-pas-a-elles-seules-des-revolutions/81108

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