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Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 16:45

 jeudi 16 janvier 2014

 

Près de cinq ans après sa création, le Front de Gauche traverse une période de fortes turbulences. Dans un certain nombre de villes – et non des moindres –, le PCF et le Parti de gauche (PG) n’auront pas de listes communes au premier tour des élections municipales de mars 2014. Par ailleurs, mi-décembre, le PG a annoncé qu’il suspendait pendant quatre mois sa participation au Parti de la Gauche Européenne (PGE), qui regroupe plusieurs partis européens de la « gauche radicale » (dont le PCF) et qui vient de réélire à sa tête Pierre Laurent. Pourquoi cette auto-suspension ? Parce que Pierre Laurent a soutenu l’option d’une liste PS-PCF au premier tour des municipales à Paris, nous expliquent les dirigeants du PG. Dans L’Humanité Dimanche du 19 décembre, Cédric Clérin (PCF) réagissait ainsi : « Le Parti de gauche veut-il la peau du Front de Gauche ? On pourrait le croire, tant les actes de rupture envers son allié communiste se multiplient ». De son côté, le PG affirme que les dirigeants du PCF sont responsables de cette situation et mettent en péril le Front de Gauche.

Les militants et sympathisants du Front de Gauche ont parfois du mal à se repérer au milieu de ces tirs croisés de critiques publiques. Ce qui, ces derniers mois, a compliqué la compréhension de la situation interne au Front de Gauche, c’est l’enchevêtrement complexe de divergences politiques réelles et de positions qui relevaient, au PCF comme au PG, de logiques d’appareil, avec ce que cela comporte de manœuvres et de postures plus ou moins artificielles. Sur la question des municipales, par exemple, toutes sortes d’arguments politiques et de beaux principes ont été mobilisés (et pas seulement au PCF) pour justifier des choix tactiques essentiellement dictés, en réalité, par la volonté d’obtenir un maximum de positions éligibles – et ce qui vient avec : l’argent, le prestige, etc.

De même, en suspendant provisoirement son adhésion au PGE, la direction du PG a adopté une simple posture qui ne fait pas avancer notre combat d’un centimètre. Les travailleurs ne connaissent pas le PGE ou ne s’y intéressent pas le moins du monde. Cette initiative du PG ne leur apprend rien sur ses idées et son programme. Elle est à mille lieues de leurs problèmes et de leurs aspirations.

L’attitude à l’égard du gouvernement

Reste que tout ceci exprimait – même de façon confuse – des divergences politiques réelles entre les directions du PCF et du PG. Et la principale divergence portait sur l’attitude à adopter à l’égard du gouvernement. Nous écrivons « portait » et non « porte », car comme nous le verrons plus loin, la position de la direction du PCF sur cette question semble évoluer, ces dernières semaines.

Le PCF comme le PG critiquent la politique d’austérité du gouvernement, mais le PG l’a fait plus sévèrement que le PCF, en général. Cette différence de ton n’est déjà pas un détail, dans la mesure où la plupart des travailleurs, eux, ne mâchent pas leurs mots contre François Hollande et ses ministres. Le Front de Gauche doit être au diapason de cette colère. Mais jusqu’en décembre 2013, il y avait aussi une différence d’approche sensible dans la façon de concevoir le rôle et les objectifs politiques du Front de Gauche face au gouvernement.

Dès les toutes premières mesures du gouvernement Hollande, en 2012, la direction du PCF a demandé qu’il « change de cap » et « mène une véritable politique de gauche ». Cette formule est revenue sans cesse dans la propagande publique du parti. Elle n’était pas mauvaise en soi. Mais compte tenu de la politique du gouvernement, elle était complètement déconnectée de l’humeur réelle de la masse des travailleurs, qui ont rapidement compris que François Hollande les abandonnait, ne s’occupait que des riches et poursuivait, au fond, la politique de Nicolas Sarkozy. Ils ne croient plus – depuis longtemps – à un virage à gauche du gouvernement. De fait, sa trajectoire politique n’a pas viré vers la gauche, mais vers la droite. Les travailleurs ne se faisaient donc aucune illusion sur l’efficacité des « appels » que le PCF adressait au gouvernement. En cela, ils avaient bien raison.

Conscients de ce problème, les dirigeants du parti ont régulièrement expliqué qu’il s’agissait en réalité d’imposer au gouvernement ce « changement de cap » au moyen de mobilisations des travailleurs. Le Front de Gauche était alors présenté comme un instrument de la pression que le mouvement ouvrier doit exercer sur le gouvernement socialiste en vue d’infléchir sa politique vers la gauche. Mais même cette perspective était bien trop abstraite. Toute l’expérience des gouvernements de gauche en Europe, ces dernières années, montre que du fait de la profonde crise du capitalisme et de la complète dégénérescence pro-capitaliste des dirigeants « socialistes », des manifestations de masse et des grèves générales de 24 heures, même très suivies, ne permettent pas d’infléchir un tant soit peu la politique de gouvernements « de gauche ». Ce fait a été enregistré par de nombreux travailleurs français.

Les dirigeants du PS ne diffèrent en rien de leurs homologues grecs, espagnols et portugais, qui au pouvoir ont fermement maintenu le cap de la rigueur face à de puissantes mobilisations de jeunes et de travailleurs. Complètement soumis à l’économie de marché, Hollande et ses ministres sont déterminés à en boire le calice jusqu’à la lie, quitte à le payer lourdement sur le plan électoral. Un gouvernement qui accepte le système capitaliste doit en accepter les lois. Dans le contexte de crise actuel, cela signifie qu’il doit mener la politique d’austérité que lui dicte la classe dirigeante. Hollande, Ayrault et compagnie s’exécutent avec enthousiasme.

Le Front de Gauche doit donc se présenter aux travailleurs comme une alternative de gauche au gouvernement Hollande, c’est-à-dire comme une force politique qui veut disputer le pouvoir au PS – et non comme le simple relais d’une « pression » qui s’exercerait sur sa gauche. C’est la position, formellement correcte, des dirigeants du PG depuis pratiquement le début du mandat de François Hollande. Ceci étant dit, il faut noter l’inflexion de la position des dirigeants du PCF depuis les « vœux » que François Hollande a adressés « aux Français » (et surtout aux grands patrons), le 31 décembre dernier. Par exemple, lors des « vœux » de Pierre Laurent, le 13 janvier, il a renoncé à demander au gouvernement de « changer de cap », déclarant : « l’heure n’est plus à attendre ce qui ne viendra pas ». Il a également appelé à « tracer les grandes lignes d’une politique alternative de gauche ». D’autres formulations sont plus ambigües. Mais l’inflexion est notable – et bienvenue, à condition qu’elle soit consolidée.

La position du PG

Même si cela reste à confirmer, la position du PCF semble donc se rapprocher de celle du PG sur cette question. Reste que la position des dirigeants du PG est loin d’être satisfaisante. Ils reprochent (à juste titre) aux dirigeants du PCF de discréditer le Front de Gauche en multipliant les alliances au premier tour avec le PS aux municipales. Mais dans le même temps, les dirigeants du PG se tournent vers Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV) et multiplient les alliances avec ce parti ! C’est une grave erreur. Les Verts sont au gouvernement. Leurs députés se sont abstenus lors du vote sur la dernière contre-réforme des retraites (entre autres lâchetés). L’alliance du Front de Gauche avec un parti gouvernemental ne peut que semer le doute et la confusion parmi les jeunes et les travailleurs écœurés par la politique pro-capitaliste du gouvernement. Cela vaut pour le PS comme pour EELV.

Certains militants du PG nous répondent, non sans embarras : « oui, mais les Verts ne sont qu’une petite force du gouvernement… ». Mais l’opportunisme ne se juge pas au poids et à la taille ! On ne peut pas être « un peu » opportuniste, de même qu’on ne peut pas être « un peu » enceinte.

Mélenchon a beau préciser, sur son blog, que le PG travaille à des alliances « avec les structures de base d’EELV », cela ne change rien. Suivant cette logique, le PCF pourrait répondre aux critiques du PG : « Eh bien, nous autres, nous faisons alliance avec des structures de base du PS » ! Par ailleurs, il n’est pas surprenant que des « structures de base » d’EELV concluent des alliances avec le Front de Gauche : ce parti saturé de carriéristes petits-bourgeois a toujours été prêt à s’allier avec n’importe qui, pourvu qu’il y ait des positions éligibles en jeu. Les Verts cultivent de longue date une image d’« indépendance » à l’égard du PS, auquel cependant ils finissent toujours par se soumettre – contre des postes. Pour construire une alternative de gauche à l’actuel gouvernement, le Front de Gauche ne doit pas chercher à s’accrocher à la branche vermoulue des Verts ; il doit résolument se tourner vers la masse des travailleurs, des jeunes et des chômeurs qui cherchent une issue à la crise du capitalisme.

Rompre avec le capitalisme !

En menant une politique pro-capitaliste, le PS se condamne au déclin. En Grèce, le PASOK s’est effondré au profit de Syriza. Le même processus peut s’engager, en France, au profit du Front de Gauche. Mais rien ne le garantit d’avance. La division et l’opportunisme des dirigeants du PCF et du PG, à l’occasion des élections municipales, ont pour effet de ralentir la croissance du Front de Gauche – aussi bien sur le plan électoral qu’en termes d’effectifs militants. L’enthousiasme soulevé par la campagne de Mélenchon, en 2012, illustrait la radicalisation d’une fraction de la jeunesse et du salariat. Si le Front de Gauche marque le pas, depuis, ce n’est pas parce que cette radicalisation a disparu ; c’est parce que les directions du PCF et du PG ne lui ont pas donné une expression adéquate.

La question des mots d’ordre et du programme du Front de Gauche est ici décisive. La « 6e République » et la « révolution fiscale » ne vont pas assez loin. Face à l’actuel désastre économique et social, ces mots d’ordre ne répondent pas clairement aux préoccupations les plus brûlantes des travailleurs, à commencer par la flambée du chômage et l’épidémie de plans sociaux. Le Front de Gauche doit passer à l’offensive et défendre un programme qui vise à briser le pouvoir économique des capitalistes. C’est le seul moyen d’en finir avec l’austérité, le chômage de masse et la régression sociale. Or ni le PG, ni le PCF, ni « Ensemble » (la troisième force du Front de gauche) ne défendent un tel programme. C’est la carence fondamentale du Front de Gauche. Si elles veulent donner une expression adéquate à l’exaspération des masses, les organisations du Front de Gauche doivent ouvrir la perspective d’une rupture révolutionnaire avec le système capitaliste et d’une transformation socialiste de la société, dans laquelle l’économie sera fermement sous le contrôle des travailleurs eux-mêmes.

Dans le Manifeste du Parti Communiste, Marx écrivait : « En somme, les communistes appuient en tous pays tout mouvement révolutionnaire contre l’ordre social et politique existant. Dans tous ces mouvements, ils mettent en avant la question de la propriété, à quelque degré d’évolution qu’elle ait pu arriver, comme la question fondamentale du mouvement. » Les occasions de « mettre en avant la question de la propriété » ne manquent pas, en France, chaque mois apportant son lot de fermetures d’entreprises et de plans sociaux. Le Front de Gauche devrait prendre la tête d’une vaste campagne visant à mobiliser les travailleurs autour du mot d’ordre d’expropriation – sans indemnité pour les grands actionnaires – des grands capitalistes qui ferment et licencient, dans le seul but de sauvegarder leurs marges de profits.

Jean-Luc Mélenchon écrivait récemment sur son blog : « Nous traçons un chemin sur le futur qui va à la racine des problèmes que rencontre le pays : la question de la répartition des richesses et du système fiscal qui l’organise ». Or les racines de nos problèmes plongent encore plus profondément que « la répartition des richesses » ; elles plongent dans la propriété capitaliste des moyens de produire ces richesses. Celle-ci détermine et limite nécessairement celle-là. C’est pour cela que Marx désignait la question de la propriété comme « la question fondamentale » de notre mouvement. Nous pourrons d’autant mieux partager les richesses équitablement, rationnellement, conformément au progrès social, que nous serons devenus maîtres, collectivement, des moyens de les produire. Telle est la grande idée socialiste que la crise actuelle remet à l’ordre du jour – et dont le mouvement ouvrier doit à nouveau se saisir.

Lorsque les militants de La Riposte défendent ces idées, dans les sections du PCF, ils suscitent parfois la perplexité de camarades, qui disent : « ce sont des idées trop radicales ; les gens ne les comprendront pas ». Mais les gens les comprendront d’autant moins que personne ne les leur explique ! S’il est exact que tous les travailleurs n’accepteront pas d’emblée le programme de la révolution socialiste, une section décisive de jeunes et de salariés finira par y adhérer sur la base de leur expérience collective, qui leur prouvera que c’est le seul programme susceptible d’apporter une solution définitive à leurs problèmes.

 

Jérôme Métellus (PCF Paris 18e)

La Riposte : journal communiste

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 08:01

 jeudi 28 novembre 2013

 

La Riposte appelle à participer à la manifestation « pour la révolution fiscale » organisée par le Front de Gauche, dimanche 1er décembre, à Paris.

En manifestant contre l’injustice fiscale, nous savons que ce n’est qu’un aspect parmi bien d’autres de l’injustice sociale flagrante qui règne dans ce pays. Des fermetures d’entreprise et des suppressions d’emploi sont annoncées presque quotidiennement. Le nombre de demandeurs d’emploi se situe entre 5 et 6 millions de personnes, et ne cesse d’augmenter. Pour ceux qui ont encore un emploi, les conditions de travail et les rémunérations se dégradent.

Ce sont toujours les petits qui remplissent les coffres des grands, et les dernières mesures fiscales de ce gouvernement prétendument « socialiste » vont dans ce même sens. Concrètement, un nouveau cadeau fiscal, d’une valeur de 20 milliards d’euros, sera fait aux plus grands groupes capitalistes, sans qu’ils en aient besoin. Et comment savoir à quoi cet argent servira ?

Et d’où viendra cet argent ? 10 milliards seront amputés aux dépenses publiques, ce qui veut dire une nouvelle détérioration des services publics, quand ils ne sont pas purement et simplement supprimés. 7 milliards viendront d’une hausse de la TVA, amputant directement le pouvoir d’achat – déjà en baisse – des salariés. C’est une somme qui équivaut à 100 euros par personne en moyenne, et donc pour un couple avec deux enfants, 400 euros de revenus en moins sur l’année ! Enfin, les 3 milliards d’euros qui devaient provenir de l’« écotaxe », actuellement suspendue, restent à trouver.

Concernant l’« écotaxe », n’est-ce pas tout simplement une taxe de plus, sous prétexte de considérations écologiques ? S’il faut encourager l’utilisation des transports publics, qu’on arrête d’en augmenter les tarifs ! S’il faut encourager le fret ferroviaire, qu’on cesse de le démanteler et de le privatiser !

Marchons donc pour contester les mesures iniques du gouvernement. Mais ne perdons pas de vue le problème de fond. Dans une société soumise à la loi du profit, la « justice fiscale » est une chimère. Taxer les profits est une bonne chose, mais tant que les capitalistes conserveront le contrôle des grands groupes bancaires, industriels et commerciaux, ils nous tiendront par la gorge. Ils ne s’intéressent qu’au profit. « Taxer nos profits », disent-ils, « et nous fermeront encore plus d’entreprises, nous supprimerons encore plus d’emplois ».

Pour sortir de ce chantage permanent, il faut des mesures décisives pour briser l’emprise capitaliste sur l’économie et la société. Tous les grands groupes devraient être nationalisés – sans indemnité pour les grands actionnaires –, placés sous le contrôle démocratique des travailleurs et intégrés dans une planification rationnelle et démocratique de l’ensemble des ressources économiques, tournée vers la satisfaction des besoins de tous.

 

Dimanche 1er décembre – 13h30 place d’Italie

 

La Riposte : journal communiste

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 08:00

 Communiqué du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 26 novembre 2013.

 

Le Front de gauche a décidé d’organiser une manifestation, le 1er décembre 2013 à Paris « pour une véritable justice fiscale » (PCF), et même pour « la révolution fiscale » (PG).

Le M’PEP se joint à cette manifestation. En effet, l’approfondissement de la crise économique, sociale, morale, politique qui frappe notre pays, impose une présence massive dans la rue du monde du travail, de la jeunesse, des forces de progrès. Dans les périodes de désarroi et de perte des repères, il est indispensable d’établir des points fixes auxquels s’arrimer. C’est un rapport de forces physique qui doit s’exprimer, c’est la puissance du nombre qui doit rassurer les uns et décourager les autres.

Les slogans utilisés pour mobiliser le peuple dans ces périodes ont leur importance et il ne saurait être question de les sous-estimer. Ils doivent contribuer à l’occupation de la rue, à la démonstration d’une volonté générale, à susciter un dynamisme capable de renverser la situation.

Si le M’PEP avait eu son mot à dire, il n’aurait pas choisi les slogans proposés par le Front de gauche ni le point d’arrivée de la manifestation. Le M’PEP aurait choisi l’annulation de la dette publique de la France, la sortie de l’Union européenne et de l’euro. Et le M’PEP aurait appelé à manifester près de l’Elysée, car c’est là où se trouve le pouvoir, et non à Bercy.

Les objectifs de la lutte, les revendications, le programme qu’il convient de mettre en œuvre de toute urgence doivent aller à l’essentiel. Les priorités doivent être clairement établies. C’est sur cette base que le rassemblement le plus large du peuple pourra s’opérer. Et l’essentiel, aujourd’hui, c’est l’annulation – restructuration de la dette publique de la France, la sortie de l’Union européenne et de l’euro. Seules ces décisions sont de nature à desserrer l’étau qui étrangle la France et les Français, à redonner au peuple son entière liberté, à lui redonner les instruments décisifs qui permettront de sortir de la crise.

Pour autant, la question fiscale est loin d’être secondaire et méritait bien une manifestation. Pour qu’une réforme fiscale soit efficace, il faudra s’engager dans l’annulation de la dette, la sorte de l’Union européenne et de l’euro.

La hausse de la TVA prévue par le gouvernement PS-EELV, le 1er janvier 2014, est le symbole le plus fort de la politique de François Hollande et Jean-Marc Ayrault. Elle n’est que cynisme, morgue, mépris de la part du gang de Solferino et des écologistes d’opérette à l’égard des classes populaires.

C’est un nouvel affaiblissement du pouvoir d’achat des ménages, particulièrement des plus pauvres, qui va peser sur l’emploi en 2014 réduisant en poussière les promesses du président de la République « d’inverser la courbe du chômage ». La hausse devrait être de 19,6% à 20% pour le taux normal ; de 7% à 10% pour le taux intermédiaire ; une baisse minuscule de 5,5% à 5% serait prévue pour le taux réduit. Au total, la ponction sur le pouvoir d’achat sera de 400 euros par an pour un ménage avec deux enfants, frappant particulièrement les revenus médians qui sont autour de 1 630 euros par mois. C’est particulièrement injuste car ce sont les ménages les plus pauvres qui seront frappés en premier. La TVA est un impôt dégressif : plus on est pauvre et plus on paye, alors qu’il faudrait au contraire développer les impôts progressifs, plus on est riche et plus on paye. La TVA est une taxe sur les pauvres !

C’est le principe des vases communicants : 20 milliards d’euros sont donnés en pure perte aux grandes entreprises via le crédit d’impôt d’un côté, et 10 milliards de diminution des dépenses publiques plus 7 milliards de hausse de la TVA d’un autre côté sont retirés aux classe populaires qui subventionnent ainsi les grandes entreprises.

En outre, cette hausse de la TVA va se répercuter sur les prix. La SNCF annonce déjà + 3%, EDF + 2%...

C’est le mensonge érigé en principe politique. Ainsi, le 2 mai 2012, François Hollande, lors d’un débat entre les deux candidats lors du second lors de l’élection présidentielle, avait lancé à Nicolas Sarkozy : « cette TVA que vous voulez imposer, elle va prélever du pouvoir d’achat. J’ai fait le calcul : 300 euros pour un couple de smicards… voilà ce que va être le prélèvement annuel que vous allez infliger ». La « réforme fiscale » lancée par Jean-Marc Ayrault n’est qu’une diversion.

·         Alors, le 1er décembre, manifestons toutes et tous pour exiger l’annulation – restructuration de la dette publique de la France, la sortie de notre pays de l’Union européenne et de l’euro !

·         En manifestant nous condamnerons la politique gouvernementale néolibérale menée par le gouvernement EELV-PS lors des élections municipales des 23 et 30 mars 2014.

 

http://www.m-pep.org/spip.php?article3488

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 07:58

par Robert Duguet


L’appel du Front de Gauche  à manifester le 1er décembre à Paris contre l’augmentation de la TVA au 1er janvier 2014, mais pour le maintien de l’écotaxe, fait l’objet de la part de la direction du Parti de gauche d’une curieuse préparation idéologique. L’essentiel de l’argumentation tourne autour de la question de la caractérisation du mouvement des bonnets rouges. Au lendemain de la manifestation de Quimper, l’éditorial de l’Humanité du 12 novembre titrait : « Le peuple de gauche doit reprendre la rue ! », position vite précisée par  le dirigeant communiste Francis Parny : « il est temps pour le peuple de gauche de reprendre la rue aux bonnets rouges ».  A travers la voix de Jean Luc Mélenchon et d’Eric Coquerel, voyons comment les problèmes sont posés. Le 24 novembre Jean Luc Mélenchon publie ces lignes :

 « Dans l’interview que j’ai donnée au journal « Médiapart », on se souvient que je me trouvais placé quasiment en position défensive par rapport aux questions qui m’étaient posées, compte tenu du préjugé qui dominait alors selon lequel l’essentiel, dans la manifestation de Quimper, aurait été le mouvement et la composition sociale plutôt que les mots d’ordre et les organisateurs. J’ai protesté contre cette vision très « mouvementiste » de la lutte sociale, au profit d’une lecture plus respectueuse de ce que les protagonistes déclaraient mettre réellement en jeu. Il me semble que l’évolution de la situation jusqu’au point où nous voici rendus pour ce 23 novembre breton confirme cette approche. 

De tous côtés, les enquêtes réalisées montrent que j’avais raison : chez les bonnets rouges, il n’y a que le bonnet de rouge. Dernière confirmation en date : le syndicat Force Ouvrière du Finistère était le seul syndicat à avoir participé au collectif des "bonnets rouges" et à la manifestation de Quimper le 2 novembre. Depuis, ce syndicat a décidé de quitter le collectif dénonçant son "corporatisme" et son "régionalisme". Nous avions vu cela dès début novembre : les mots d’ordre de la manifestation de Quimper, les organisations qui y appelaient autour de l’UMP, de la FNSEA et du Medef, le soutien des évêques et du Front National, tout cela nous avait mis en alerte. J’ai dit sans détour ce que j’en pensais ! Le Parti de Gauche n’a pas été en reste ! Nous avons bien fait. A cette heure on nous témoigne de la reconnaissance de l’avoir fait « cru et dru ». A présent, les témoignages se multiplient qui confirment la manipulation à laquelle nous avons appelé à ne pas céder. Ainsi, Le Monde du 17 novembre a dressé le portrait de "ces patrons à l’origine des bonnets rouges" comme le titre le journal. Dès le titre, il est donc clair que l’initiative est patronale, comme nous l’affirmions. La manifestation des "bonnets rouges" a été organisée à l’appel d’un collectif nommé "Vivre, décider et travailler en Bretagne". C’est ce collectif que FO a décidé de quitter. Le caractère productiviste et patronal du collectif est limpide, puisque sa cheville ouvrière est le président de la FNSEA du Finistère Thierry Merret. Depuis le début, ce collectif revendique aussi son caractère régionaliste à travers le maire de Carhaix, Christian Troadec. Celui-ci explique au Monde comment ce collectif dont il fait partie a été composé autour d’"un réseau informel de gens qui se connaissent très bien, qui se côtoient très régulièrement, dans les locaux de l’Institut de Locarn ou ailleurs".

Cet Institut de Locarn est le fer de lance du patronat régionaliste. « Le Monde » le présente comme un "think thank régionaliste". Régionaliste n’est pas le bon mot pour le décrire. C’est un haut lieu du communautariste identitaire, ce qui n’est pas pareil. C’est une évidence. Son président, Alain Glon, est même allé jusqu’à écrire le 10 novembre 2012 sur un blog breton que "le problème de la Bretagne c’est la France". Alain Glon a explicitement soutenu le Parti Breton et son candidat dans la campagne législative à Dinan. Mais ce think tank est aussi intimement lié au monde patronal puisqu’il compte, parmi ses principaux membres, de grandes entreprises et le syndicat patronal CGPME. « Les bonnets rouges » ne sont qu’un épisode dans une offensive concertée des patrons identitaires. Celle-ci vient de loin. A l’époque, le 18 juin, il y a maintenant cinq mois, quand on ne parlait pas encore des bonnets rouges, une trentaine de patrons réunis à Ponthivy, dans le Morbihan, créent le "comité de convergences des intérêts bretons" (CCIB). Ce CCIB a ensuite participé à la création du collectif des bonnets rouges. Parmi les initiateurs de l’appel, il y a un homme : Alain Glon. Il est le président de l’Institut de Locarn dont parle Troadec. Au « Monde », il avoue la supercherie des "bonnets rouges" en déclarant clairement "on pilote deux choses : les “bonnets rouges” et un projet pour la Bretagne". Le pilote, c’est donc lui, son institut et ses acolytes du patronat de la grande distribution et de l’agroalimentaire productiviste.

En juin, ces patrons ont lancé un "appel". Cet appel de Pontivy fixe le cadre de ce qui deviendra ensuite le mouvement des bonnets rouges. On y trouve déjà tout ce que nous avons rejeté dans la manifestation de Quimper. Sur la méthode d’abord ! Comment s’étonner ensuite du saccage des portiques Ecotaxe ? Surtout quand Alain Glon explique que "on peut tolérer un peu de violence". Sur le fond, le message est aussi très clair. Le discours anti-Etat et antirépublicain est fortement présent et s’agglomère dans un gloubi-boulga libéral contre « l’hyper centralisme français et le labyrinthe des réglementations ». Ils réclament que davantage de pouvoir soit donné aux régions ainsi qu’un "droit à l’expérimentation (…) afin de ne pas avoir à affronter en permanence les excès des systèmes bureaucratiques". »

Pour couronner cette brillante analyse, qui découvre avec horreur, que dans un mouvement social de masse la réaction est toujours présente, et qui laisse purement et simplement de côté le rôle joué par les entreprises en lutte, on pourrait conseiller à Jean Luc Mélenchon de conclure avec quelques réminiscences historiques. En 1940 il y avait en centre Bretagne un mouvement régionaliste, par ailleurs ultra-minoritaire dans la population, qui avait décidé de négocier directement avec les nazis pour une autonomie régionale dans l’Europe brune du 3ème Reich. Ils passaient outre la case Pétain pour tracter avec Hitler… Pourquoi ne pas dire aussi que le mouvement des bonnets rouges, c’est de la graine de nazi. D’ailleurs l’analyse faite par Eric Coquerel, en tant que secrétaire national du Parti de Gauche, ne se mouche pas du pied en avançant ce qui suit : 

« Sur fond de chômage et de stagnation économique, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault poursuit une politique d’austérité catastrophique pour le pays. Pire, parce qu’identifié comme le gouvernement de la « gauche », il sème la confusion et désoriente toujours plus nos concitoyens. Cette fin d’année, marquée par le vote d’une réforme des retraites qui légitime et aggrave celle de Nicolas Sarkozy et par un budget d’austérité record, est en train d’achever ce qui reste de légitimité populaire à Jean-Marc Ayrault et François Hollande. C’est dans ce contexte qu’est survenue la « révolte » des Bonnets rouges. Constatons qu’il s’agit du premier mouvement de masse auquel le gouvernement cède. Alors que François Hollande est resté droit dans ses bottes pour refuser aux syndicats la moindre inflexion sur l’accord national interprofessionnel, la réforme des retraites ou la loi d’amnistie sociale, alors qu’aux côtés de son ministre de l’intérieur il a refusé au mouvement lycéen le moindre geste en faveur des élèves scolarisés expulsés du pays, fidèle en cela à une gestion autoritaire et à la politique du bouc émissaire, voilà qu’en quelques jours il laisse démanteler ses portiques et son écotaxe. Ce gouvernement de « gauche » a la particularité d’être compréhensif et faible avec les « pigeons », le Medef et, dans le cas des bonnets rouges, une alliance contestatrice dominée par la FNSEA , le Medef et la droite, voire le FN. A l’inverse, il se révèle dur et intransigeant avec ceux qui lui ont permis d’être là.

Le signal donné est terrible et pourrait donner des ailes à ce type de mobilisations dans lesquelles les justes revendications des salariés pour l’emploi sont dévoyées et manipulées au service des intérêts de l’agro-business, du patronat et de visions identitaires, réactionnaires voire antirépublicaines. Il n’est d’ailleurs pas un hasard que l’extrême droite se « déguise » depuis en « bonnets rouge » que ce soit sur les Champs-Elysées pour les cérémonies du 11 novembre ou ailleurs. Le FN et ses succursales ont très bien compris le terreau que représente ce mouvement de contestation qui nie les intérêts divergents des classes au profit d’une vision corporatiste de la société. Le fascisme a pratiqué ainsi dans les années 30. »

On connaît cette méthode, c’est celle de l’amalgame, elle a sévi au sein de mouvement ouvrier tout au long du XXème siècle. Les staliniens étaient les maîtres en la matière. Le parti stalinien n’est pas tout à fait mort. Quand on ne veut pas répondre à un problème réel, en l’occurrence un processus social charriant les couches de la société en Bretagne sacrifiées par la crise du mode de production capitaliste, on pratique l’amalgame : les participants à la manifestation de Quimper  sont des « benêts » des « nigauds » manœuvrés par le patronat, l’église et l’extrême droite. De là à dire que ces mêmes« nigauds » sont les alliés objectifs du fascisme, il n’y a qu’un pas et Coquerel  le franchit. Le petit père Staline faisait cela autrefois !

Tout ce matraquage idéologique initié par la direction du PCF, puis repris et labouré par les responsables nationaux du Parti de Gauche a une fonction ; essayer d’occulter que ces derniers  ont refusé de prendre leur responsabilités par rapport aux ruptures qui s’opèrent au sein des départements bretons avec le néo-libéralisme et l’Europe du Reich Merkel. Ce faisant la direction du Front de Gauche abandonne le terrain aux forces réactionnaires. En fait le projet strictement électoraliste de la direction du Front de Gauche de construction d’une majorité en particulier avec l’écologie politique entre aujourd’hui en contradiction avec les aspirations de ceux et celles qui se sont mobilisés parce qu’ils sont étranglés par la crise : ils se foutent  des élections municipales et encore plus des européennes. Ils ont besoin de réponses ici et maintenant. Le rôle d’un parti qui prétend combattre contre le capitalisme est d’être là avec ceux qui entrent en lutte et de formuler les réponses. Je joins sur ce blog l’article d’Emile Fabrol, « En passant par la Bretagne » qui souligne que si la perspective ce sont  les positions de l’Intersyndicale des départements bretons que le Front de Gauche honore de son soutien, les salariés ont vraiment du souci à se faire. Et cet autre article de Jérome Metellus qui explique dans sa conclusion :

« Tant que l’économie reste sous le contrôle des capitalistes, le mouvement ouvrier ne peut, au mieux, que « freiner les conséquences de la catastrophe » sociale engendrée par la crise du système, la plus profonde depuis les années 1930. On peut résister, éventuellement arracher des concessions, retarder une fermeture, obtenir de « bonnes » indemnités de licenciement et limiter le nombre de travailleurs licenciés, mais rien de plus. Toute l’expérience de ces dernières années l’atteste. D’où la nécessité vitale, pour les grandes organisations de la classe ouvrière, de remettre au cœur de leur programme la revendication de l’expropriation des capitalistes, à commencer par ceux qui menacent de fermer leur entreprise. »

Aucune force conséquente ne combat aujourd’hui sur cette orientation. Et pourtant c’est cela dont nous avons besoin : je vois avec amertume que le Front de Gauche ne prend pas cette direction. Je crains que la décrue en terme de mobilisation sociale après la réussite de la manifestation du 5 mai ne commence à s’amorcer et les contradictions internes, apparue notamment avec la direction du PCF, ne s’approfondissent.

 

http://la-sociale.viabloga.com/news/manifestation-du-1er-decembre-pourquoi-ce-matraquage-ideologique-contre-les-bonnets-rouges

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 07:57

 Par Jean-Paul Damaggio


Philippe Marlière, sur son blog de Mediapart, veut se distinguer et convoque Gramsci pour expliquer les bonnets rouges. Hégémonie, guerre de position et j’en passe, viennent colmater les brèches de la pensée et je ne l’écris pas pour mieux honorer ma propre pensée que je livre ici sans prétention aucune et après avoir écouté de Bretagne jusqu'ici les voix les plus contradictoires.

Des manifs contre le mariage pour tous, au cas breton

Si on veut mettre dans son contexte les bonnets rouges alors rappelons d’abord que contrairement à une vision de la «gauche», la rue peut appartenir parfois à la droite. Mais, si des millions de manifestants n’ont pas ou peu ébranlé le gouvernement par rapport à sa loi sur le mariage pour tous, ceux de Bretagne, en un rien de temps, ont réussi au moins à bloquer un projet. La TVA va augmenter mais rien ne bouge. L’écotaxe devait s’installer et là c’est une levée de bouclier. Pourquoi cet écart ? Contre la TVA, il n’y a aucun portique à brûler pour faire de belles images télés, car si on veut analyser il faut, une fois de plus, s’en référer aux médias. En de telles circonstances, l’idée des bonnets rouges n’a d’historique que le supplément d’âme qu’il faut donner à l’image télé. Des révolutions oranges au slogan « dégage », de l’occupation des places à « l’occupation » de Wall Street l’image veut dicter sa loi, et la loi de l’image est l’inverse d’une révolution ! Les bonnets rouges de 1675 n’avaient pas besoin d’être fabriqués en urgence, ils étaient le peuple comme le béret basque. Philippe Marlière a réussi à voir : « Il existe au cœur du mouvement des Bonnets rouges une radicalité des petits contre un impôt injuste ». Donc « la référence au mouvement de 1675 n’est pas usurpée. » Il peut y avoir une radicalité mais alors il faut expliquer celle d'aujourd'hui.

 

La question de la fiscalité

Je n’ai en rien envie de défendre l’écotaxe car, en matière de taxe, c’est le principe lui-même qui est injuste. Dans un contexte général où les autorités célèbrent toujours la baisse des impôts (directs) pour constater ensuite qu’il faut augmenter les impôts indirects, l’injustice est celle, prônée par la gauche comme la droite, de céder au moins d’Etat, car l’Etat ne se donne plus les moyens d’une gestion adaptée aux temps présents.

Cent fois répétée, cent fois oubliée, la mise en place d’une réforme fiscale d’envergure restera un serpent de mer tant que le courage du politique sera un tigre de papier.

Avec Sarkozy nous avons eu droit à la réforme d’envergure de la taxe professionnelle, réforme qui a fait crier les élus perdant des recettes totalement injustes puisqu’il s’agissait de richesses allant aux communes déjà riches. Hollande n’a pas osé revenir sur le sujet, comme il n’a rien osé se contentant de chercher le juste milieu qui ne peut pas être juste !

Mais cependant un point précis sur l’écotaxe. Elle a été négociée au départ avec les transporteurs routiers qui, en échange, ont obtenu de pouvoir augmenter le droit au tonnage, fait qui n’est plus évoqué, mais qui est rentré dans les mœurs ! Je suis doublement d’accord sur ce point avec Evariste : « Quant au transport, la substitution du train au camion suppose des voies ferrées, mais on sait combien la SNCF est incapable d’organiser le transport du fret. Et ce n’est pas en mettant l’argent dans les LGV pour cadres supérieurs ou dans les aéroports pour les mêmes en internationalisé, que l’on va réduire le transport des cochons par camion. » En effet l’argent de l’écotaxe était destiné à sauver quelques projets de LGV dont celui de Bordeaux-Toulouse que nous combattons avec énergie depuis quatre ans et qui n'apportera rien de plus au fret ferroviaire ![1] Sur ce dossier LGV notons qu’après les déclarations du premier ministre le 9 juillet annonçant une priorité donnée aux lignes du quotidien, on a assisté à une politique inverse mais moins claironnée sur les ondes : l’accord pour le Bordeaux-Turin et l’accord pour le Bordeaux-Toulouse complété contrairement aux prévisions, par le Bordeaux-Dax qui s’ajoute au Limoges-Poitiers !

 

La question du micro-nationalisme

Gramsci défenseur de la Sardaigne aurait pu être convoqué par Marlière pour évoquer le nationalisme breton qui contrairement à un discours ambiant n’est ni de gauche, ni de droite ni d’extrême-droite mais tout simplement ridicule. On appelle divers gauche le maire de Carhaix qui est en fait un nationaliste prenant en charge le mythe de la Bretagne. J’ai entendu parler « du Breton » comme s’il n’y avait qu’une Bretagne ! Et pas celle de la manif de Quimper contre celle de la manif de Carhaix ! Celle du Nord contre celle du Sud ? « Une hargne jacobine très 3ème République s’est abattue contre les Bretons » nous précis Marlière qui en véhiculant ses propres stéréotypes pensent dénoncer… des stéréotypes.

Là aussi sortons un peu du cadre breton pour penser aux Catalans, aux Ecossais et à tant d’autres régions à travers l’Europe qui n’ont pas connu la hargne jacobine mais qui pensent que pour sortir de l’enfer national, il faut tomber dans le micro-nationalisme ! D’autres plus savant que moi, et j’hésite à citer Gramsci, ont su démontrer que le nationalisme est le meilleur discours contre les nations, que le nationalisme plaide toujours pour l’union sacré quand le fondement de la nation est l’articulation d’une pluralité ! La nation française n’a jamais été celle d’une seule langue, d’une seule religion, d’une seule musique et encore moins d’une seule révolution ! Les nations resteront un projet d’avenir que ça plaise ou non aux nationalistes de tout poils. Sans elles l’Europe ne sera jamais l’Europe, car les Etats Unis d’Europe ne seront jamais ceux d’une seule langue, d’une seule religion etc. Malgré les nombreux efforts des maîtres du monde, le modèle des USA n’a aucun en avenir en Europe et c’est bien pour les USA comme pour l’Europe aussi.

C'est le système lui-même qui alimente le micro-nationalisme en décrétant que l'écotaxe pour les Bretons c'est 50% de moins et pour le Sud-Ouest 30% de moins ! Je ne réduis pas la révolte à la demande de "faveurs" pour les Bretons puisque je pense qu'il y a bel et bien plusieurs Bretagne... mais je prends en compte cette dimension qui peut

 

La gauche de transformation sociale ?

Evariste pointe ceci : « Plusieurs organisations politiques ou syndicales de gauche fustigent ce mouvement parce qu’il est interclassiste et disparate (des élus de gauche, des petits patrons, des agriculteurs de la FNSEA, des ouvriers, des employés, etc.). Sans doute aurait-il été préférable que ces organisations soient capables de représenter la révolte bretonne. Malheureusement, elles n’ont pas été à la hauteur des enjeux et n’ont pas pris la mesure du « ras le bol » social de cette région, qui s’est donc cristallisé en mouvement interclassiste. »

Si je m’en réfère au calendrier, ce point mérite une observation. Le 10 octobre ce sont les syndicats de gauche qui ont décidé de la manifestation de Quimper au cours d’une réunion à Carhaix qui en a surpris plus d’un par son importance. Ensuite seulement, est venu la décision, en dehors de ce rassemblement, de s’en prendre aux portiques et donc c’est très tardivement que les syndicats de gauche, voyant l’effet médiatique du détournement de la manif sur l’emploi annoncée à Quimper, décidèrent le report vers Carhaix. Sans la chute des portiques, quel journal télévisé aurait mentionné à l’avance la manif pour l'emploi de Quimper ? On ne peut critiquer une incapacité à représenter la révolte bretonne sans s’en référer aux conditions générales de la bataille même si les manipulateurs peuvent être dépassés ensuite par les manipulés !

 

De son côté tout l’effort de Marlière c’est pour aider « la gauche de transformation sociale (qui) serait bien avisé de l’aborder (le mouvement des Bonnets rouges) sans apriori idéologique. Les directions des partis doivent faire confiance à leurs militants locaux afin qu’ils entreprennent un travail de rapprochement avec les éléments progressistes de ce mouvement. Car sur nombre de ces bonnets rouges, il y a bien du rouge. »

Entendez : les déclarations de Mélenchon (qui n’est pas cité mais on mentionne la référence aux « esclaves ») furent mal venues alors que la base sait ce qu’il y a à faire. Je n’ai rien à dire en pour ou en contre le discours de Mélenchon car derrière l’écotaxe, questionnons plutôt le fondement des taxes, et derrière la « gauche de transformation sociale », constatons surtout que la transformation sociale est conduite par une droite et une «gauche» unie.

Gauche anti-capitaliste, alternative, écolo ; « l’autre gauche », la gauche de gauche, l’extrême-gauche, la gauche caviar et la gauche gauche… Toute analyse de la transformation sociale doit s’appuyer sur la transformation en cours depuis les années 1980 appelée le néo-libéralisme, le capitalisme de la séduction et qui inclut le capitalisme à la chinoise etc. La caractéristique de cette transformation en cours, c'est qu'elle laisse le mouvement social sans outils, sans repères et sans perspectives. Toujours sur la défensive à demander le meilleur plan social possible...

Toute la démonstration de Marlière va contre le travail de Gramsci… auquel il se réfère mais, comme j’ai le droit de me tromper, j’en reste à ce constat.

 

Jean-Paul Damaggio

 

http://la-sociale.viabloga.com/news/gramsci-au-secours-des-bonnets-rouges

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 07:54

 par Floréal


 Exploitant le désarroi engendré par les plans de licenciements et par l’austérité « hollandaise », un cartel de gros entrepreneurs, de notables UMP et d’ayatollahs régionalistes dévoient contre « Paris » la légitime colère des salariés et des petits entrepreneurs bretons. Des ouvriers sont incités par leurs patrons à affronter d’autres ouvriers, certains s’allient à leurs exploiteurs pour supplier la sacro-sainte UE de rétablir ses subventions « salvatrices » ; dans le même temps, des salariés sous influence de la distribution défilent… à Paris pour le « droit » d’œuvrer le dimanche… quitte à faire sauter des lois protectrices du travail et des familles, qui remontent aux grandes avancées sociales de 1905.

La colère des travailleurs bretons… et non bretons est-elle légitime ? Oui, car le PS, qui avait promis le changement maintenant, rampe devant le MEDEF, se prosterne devant l’UE et matraque comme jamais le monde du travail (blocage des salaires, ANI, contre-réforme des retraites, casse des remboursements maladie…). Malgré les fanfaronnades de Montebourg, le Breton Ayrault ne fait rien pour stopper la désindustrialisation de notre pays puisqu’il refuse de nationaliser les banques et les entreprises stratégiques.

La rage des artisans et des petits agriculteurs est-elle justifiée, en Bretagne et ailleurs ? Oui ! car en réalité, seuls les PME et les salariés paient l’impôt, alors que les grands manitous du CAC-40 bénéficient d’énormes dégrèvements fiscaux du pouvoir (par ex. sur les cotisations famille), délocalisent leurs productions et… planquent les milliards amassés en France dans les paradis fiscaux, sans aucune riposte sérieuse des gouvernements successifs.

Faut-il pour autant réclamer, à l’unisson du MEDEF, la « baisse des charges » ? Cela permettrait seulement au patronat de faire main basse sur NOTRE salaire différé et mutualisé(retraites, Sécu, chômage, enfance…) en abandonnant chaque salarié à son sort en cas de « pépin », comme c’est le cas aux USA !Faut-il réclamer la « baisse des impôts et des charges des entreprises»? En fait, de telles « solutions », promues par la droite et par le MEDEF, se retourneraient contre les travailleurs, mais aussi contre les PME ; car la baisse du pouvoir d’achat populaire qui en résulterait (chacun devrait se payer sa retraite, ses frais d’hôpital, ses frais de scolarisation, etc.) assècherait la demande intérieure qui constitue le débouché prioritaire des paysans et des PME ! Derrière la prétendue « baisse des charges », c’est l’écroulement du CAHIER DE COMMANDES qui surviendra très vite, au seul bénéfice des sociétés transnationales !

Sous couvert de chasser Hollande, faut-il alors rallier la droite dure, quand ce n’est pas le FN ou les régionalistes ennemis de la République une et indivisible ? Bien sûr que non ! car le retour des revanchards de l’UMP signerait une offensive thatchérienne débridée contre notre peuple ; l’avancée du FN multiplierait les heurts communautaires, provoquerait le retour larvé des guerres de religion et signifierait la répression brutale contre les communistes et les syndicats. Qui pourrait y gagner si ce n’est l’Empire européen, avec ses fascisants projets de démantèlement des nations ? Ce serait en outre le déshonneur pour la France de 1789, de la Commune, du Front populaire, du CNR et de mai 68 !

Quant à l’éclatement de la France en régions ethniques faisant chacune sa propre loi, elle briserait l’unité du monde du travail, elle enterrerait l’espoir du tous ensemble, elle favoriserait les délocalisations à l’intérieur même de l’ex-territoire national ; derrière l’apparente décentralisation, l’euro-régionalisation du pays donnerait tout le pouvoir à Bruxelles et à Francfort : ce n’est pas le triomphe des langues régionales – ce bien commun de la nation – qui sortirait du dépeçage de la France, mais le « désétablissement » du français comme langue de la République et le triomphe du tout-anglais impérial sous l’égide de la nouvelle Union transatlantique piloté par l’Axe Washington-Berlin.

Faut-il alors coiffer le bonnet rouge qu’utilisèrent les « besogneux » bretons au 17ème siècle pour défier Louis XIV ? Pourquoi pas, sous réserve de ne pas l’opposer au bonnet phrygien, ce symbole républicain (coiffé par Marianne et orné de tricolore, il signifie l’affranchissement des esclaves) que coiffèrent les Sans Culotte combattant l’Europe féodale.

Et c’est là qu’en réalité, le propos ne peut être pour nous, militants révolutionnaires, de culpabiliser les travailleurs bretons. Est-ce leur faute si depuis des décennies la fausse gauche a répudié le combat anticapitaliste (au profit de l’inconsistant « syndicalisme rassemblé »), si elle a renié l’opposition catégorique à l’UE et à l’euro (au profit de l’introuvable « Europe sociale ») ? Est-ce la faute des salariés et des paysans bretons si la fausse gauchea abandonné le drapeau tricolore à la droite, si de faux dirigeants « communistes » ont « ringardisé » la faucille paysanne et le marteau ouvrier chers au communiste breton C. Tillon et aux courageuses « Pen-Sardinières » ? Est-ce la faute des travailleurs d’Armorique si la gauche bobo a « folklorisé » le bonnet phrygien de 1793 et rejeté la souveraineté nationale au profit de l’Empire européen ?

Dans ces conditions, il est plus que temps d’associer à nouveau la lutte pour l’indépendance nationale au combat anticapitaliste en revendiquant la sortie de la France de l’euro, de l’UE et de l’OTAN. Il est temps également de se réapproprier nos « outils » rouges et nos symboles révolutionnaires tricolores. Tout autre choix ouvre un boulevard à la pire réaction, à l’avancée du racisme, au dépeçage « communautariste » de notre peuple, à l’appauvrissement général de la classe ouvrière et des couches moyennes.

Dans l’immédiat, la question est posée à tous les citoyens soucieux de l’avenir du peuple français : allons-nous continuer, uniquement préoccupés d’échéances municipales, à abandonner la rue aux réactionnaires qui – comble de misère idéologique ! – récupèrent la fronde populaire sur des bases équivoques ? Ou bien très vite, le mouvement ouvrier et démocratique va-t-il organiser dans la rue (pourquoi pas avec le bonnet phrygien pour emblème ?) la riposte à l’UE, au MEDEF et à la social-eurocratie au pouvoir ?

Comme on le voit, il ne s’agit nullement de défendre l’indéfendable Hollande ; il s’agit d’organiser DE GAUCHE, sur des bases ouvrières, patriotiques et antifascistes, l’OPPOSITION POPULAIRE au pouvoir, à l’UE, aux euro-régionalistes et aux forces de droite. A chacun de prendre position en prenant conscience de l’urgence !

 

http://www.calameo.com/link?id=76264475

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 08:09

Par Zohra Ramdane

 

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS 2014) a deux objectifs directs :

  • réduire le déficit de la branche famille par une nouvelle cure d’austérité (le déficit du régime général de la branche se réduirait de 2,8 milliards d’euros en 2013 à 1 milliard d’euros en 2017),
  • recentrer les financements sur les prestations sous conditions de ressources, en revoyant à la baisse des plafonds déjà très bas.

Les objectifs de fond de ce projet sont ainsi :

  • de continuer à attaquer le champ du droit social et ses prestations universelles
  • et plus généralement d’appliquer la stratégie du Medef de recul progressif de la cotisation sociale pour augmenter les profits des entreprises.

La conséquence mécanique de ce PLFSS sera une aggravation des inégalités sociales, concernant notamment les familles ou la santé (en abaissant les plafonds de ressources).
En visant à réduire globalement la masse des prestations, c’est-à-dire le salaire socialisé, le projet s’inscrit clairement dans la stratégie néo-libérale habituelle de restauration des profits par diminution du coût salarial.

Les chiffres fournis par le Haut conseil de la famille (HCF) permettent d’enfoncer le clou sur la nécessité de s’intéresser de plus près à la protection sociale. D’abord par ce que c’est le premier budget humain, avec plus de 31 % du PIB, soit près de 9 fois plus que le budget de l’Education nationale, premier budget de l’État.
Ensuite, parce que le Medef centre son attaque sur la protection sociale, secteur toujours le plus socialisé avec l’école, alors que les militants de la gauche de la gauche « regardent ailleurs pendant que la maison brûle ». Pourtant, voilà des politiques qui impactent les couches populaires ouvrières et employées (53 % de la population), celles qui ont le sentiment que la gauche, y compris la gauche de la gauche, les abandonnent. Pourtant, c’est bien la sphère de constitution des libertés (protection sociale, services publics, école) qui peut permettre aux citoyens et  leurs familles de passer des droits formels aux droits réels.

 

Les trois décisions concernant les dépenses

1) Majoration du complément familial (CF) et de l’allocation de soutien familial (ASF) à horizon 2018 

À l’horizon 2018, le complément familial (d’un montant de 167,34 € depuis le 1/4/2013 en métropole) sera revalorisé de +50 % (en plus de la revalorisation liée à l’inflation) pour les familles nombreuses vivant sous le seuil de pauvreté.
En métropole, le plafond ouvrant droit à un CF majoré équivaut à la moitié du plafond de ressources en vigueur au 1/1/2013. Il est de 10 167 €, avec une majoration de 25% par enfant à charge (soit 2 542 €), de 30 % par enfant à charge supplémentaire à partir du 3e enfant (soit 3 050 €) et de 4 087 € si les parents sont biactifs et en cas d’isolement.

La majoration mensuelle sera de 17 € en métropole et de 10 € dans les DOM en 2014 (hors revalorisation de la BMAF(base mensuelle des allocations familiales). En métropole, le CF majoré devrait bénéficier à la moitié des bénéficiaires actuels du CF (les plus modestes), soit environ 400 000 familles

Afin que cette majoration du CF n’ait pas pour effet de réduire le montant du RSA auquel le allocataires ont droit, il est proposé d’exclure cette majoration de la base ressources de calcul du RSA.
Le code de l’action sociale et des familles sera modifié en ce sens par décret en Conseil d’État.

L’augmentation de l’allocation de soutien familial de 25 %, toujours à horizon 2018, n’est pas inscrite dans le PLFSS car elle est de nature réglementaire. Le montant actuel de l’ASF par enfant lorsqu’il est privé de l’aide de l’un de ses deux parents est actuellement de 90,40 €.Ces augmentations du CF et de l’ASF interviendront à partir du 1/4/2014

2) Plusieurs mesures concernent les composantes de la Paje pour les enfants nés à partir du 1/4/2014

Le montant de l’allocation de base (AB) de la Prestation d’accueil du jeune enfant (Paje) - 184,62 € depuis le 1/4/2013 - sera divisé par deux au-delà d’un seuil de ressources, plus bas que le plafond d’octroi actuel. Le plafond d’octroi va évoluer du fait de la modification du calcul des majorations :

- la majoration pour les parents isolés et les couples biactifs passe de +40% dans le système actuel à + 33 % ;

- la progression du plafond de ressources de l’AB en fonction du nombre d’enfants devient linéaire, avec une majoration de 22 % par enfant quel que soit son rang, alors que le système actuel est progressif à partir du troisième enfant avec des majorations plus élevées (+ 25 % pour chacun des deux premiers enfants puis + 30 % par enfant à partir du troisième).

Le nouveau système de plafonds proposé est construit à partir de l’hypothèse d’un maintien à son niveau actuel du plafond pour les couples avec un enfant ne disposant que d’un seul revenu. Pour les autres configurations familiales, les plafonds d’exclusion de l’AB seront plus bas qu’actuellement, notamment pour les familles avec trois enfants ou plus du fait de la suppression de la progressivité.
Par exemple, le plafond d’exclusion pour un couple biactif (ou un parent isolé) avec quatre enfants sera abaissé de 10 % par rapport au système actuel.

La fixation du montant de ces plafonds de l’AB et des majorations relève du niveau réglementaire. Ils seront donc fixés par décret après le vote de la LFSS. Trente mille familles seraient exclues de l’AB, soit 3 % des bénéficiaires ; 10 % des bénéficiaires seraient concernées par l’AB à taux partiel, soit 180 000 familles.

Le plafond de ressources de l’AB étant commun avec celui des primes à la naissance et à l’adoption (PN) et servant au calcul des plafonds de ressources pour le droit au CMG, cette modification de la structure des plafonds de l’AB va impacter ces autres prestations.

Enfin, il est prévu de geler le montant de l’AB de la Paje jusqu’au moment où sa valeur sera ramenée à celle du complément familial attribué aux familles nombreuses en métropole, qui est actuellement d’un niveau inférieur (167,34 €)

La majoration du Complément de libre choix d’activité (CLCA) du montant de l’AB de la Paje (184,62 € euros nets de CRDS par mois et par enfant actuellement) pour les familles n’en bénéficiant pas du fait de ressources supérieures au plafond sera supprimée. Cette disparition du CLCA majoré touchera 16 % des familles dans le haut de la distribution des revenus.

3) Gel des paramètres de calcul des allocations logement en 2014

Dans le PLFSS et le PLF, le Gouvernement prévoit le gel des aides personnelles au logement (APL, ALS et ALF) en 2014. Cette mesure va donc toucher les ménages les plus modestes (6,4 millions de foyers).

 

Les deux décisions concernant les recettes

1) Plafonnement du quotient familial

La recette fiscale résultant de la baisse du plafond du quotient familial à 1500 euros par demi-part (2000 euros en 2013) sera affecté à la Cnaf : le gain attendu est de 1,03 milliard d’euros.
Cette mesure devrait concerner 13 % des foyers fiscaux ayant des enfants mineurs à charge ou des majeurs rattachés au foyer fiscal de leur parent.

2) La baisse de la cotisation patronale famille sera compensée à la CNAF

L’impact sur le coût du travail de la hausse de 0,15 point de la cotisation vieillesse décidée dans le cadre de la réforme des retraites de 2013 sera neutralisé par une réduction de la cotisation patronale famille de même ampleur (- 0,15 point sur les 5,4 points de cotisation actuelle). Cette dernière sera intégralement compensée à la Cnaf (montant total du transfert de recettes estimé de 1,16 milliard d’euros). Nouvelle avancée de la fiscalisation souhaitée par le Medef.

 

Reprise du déficit par la Cades pour augmenter les dividendes du secteur bancaire et financier

L’article 14 du PLFSS 2014 propose d’intégrer les déficits des branches famille et maladie dans la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades). Comprenons ce que cela veut dire : on baisse les recettes de la Sécu par la déformation du partage de la valeur ajoutée (augmentation relative du profit au détriment des salaires directs et du salaire socialisé), puis avec le déficit crée, on emprunte sur les marchés financiers pour le grand profit du secteur bancaire et financier. En 2014, il y aura une reprise de 4 milliards d’euros mais pour la seule CNAM-TS. Pour les années 2012 à 2017, 6,9 milliards de déficit de la branche famille seront repris par la CADES sur les 12,1 milliards de déficits accumulés prévus, ce qui laisse 5,2 milliards d’euros à purger à l’issue de cette période.

Conclusion provisoire : Voilà présentée une nouvelle tranche de la « vraie vie » qui impacte des millions de nos concitoyens. Soyons les bourgeons de la future transformation culturelle sociale et politique.

 

http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/apres-la-sante-et-les-retraites-la-branche-famille-de-la-secu-nouveau-champ-de-conquete-pour-le-medef/7218

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:22

Un journaliste indépendant qui fait le maximum pour faire connaître Industriels et banquiers français sous l’Occupation vient de lire plusieurs commentaires sur la critique de l’ouvrage parue aujourd’hui sur le site Marianne.fr. Il considère l’intervention en ligne du public comme un moyen efficace – et pratiquement le seul – ­ de combattre la censure, particulièrement hermétique dans la grande presse, qui frappe toute pensée critique.

Aucun journaliste d’un journal ou hebdomadaire de ladite presse n’a demandé l’ouvrage – ­ce qui est, il faut le concéder, plus honnête que d’en solliciter l’expédition pour le jeter à la corbeille ou le vendre dès réception. En revanche, la « réédition » au printemps 2013 de l’ouvrage Les patrons sous l'Occupation (1e édition, Paris, Odile Jacob, 1995) de Jean-Claude Hazera, ancien rédacteur en chef des Échos, et de Renaud de Rochebrune, a fait aussitôt l’objet de comptes rendus dithyrambiques. L’un d’entre eux mérite arrêt. 

ADRESSE DE L’ARTICLE :

http://www.marianne.net/Industriels-et-banquiers-francais-sous-l-occupation_a233244.html

Le plus croustillant de ces émerveillements a en effet été fourni par le supplément éco et entreprise du Monde daté du 3 avril 2013, sous la forme d’un article intitulé « "1940-1944, quand la France était une colonie"' » : http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/03/1940-1944-quand-la-france-etait-une-colonie_3151952_3234.html. Signé de Jean-Claude Hazera, ancien rédacteur en chef des Échos, ce texte présente sur près d’une page la réédition de l’ouvrage de… lui-même et de Renaud de Rochebrune, dont la réédition de 2013 reprend, sans modification, le texte originel de 1995: le seul élément neuf est constitué par une postface de cinquante pages évoquant des débats récents (Renault, SNCF, mission Mattéoli sur la spoliation des juifs de France) ainsi que les travaux qui ont enrichi la connaissance du sujet, notamment ceux du groupement de recherche 2539 du CNRS « Les Entreprises françaises sous l’Occupation » – ­ groupement de recherche que je présente dans L’histoire contemporaine toujours sous influence (Paris, Le Temps des cerises, 2012). M.M. Hazera et de Renaud de Rochebrunecontestent à plusieurs reprises mes propres travaux dans ce très modeste ajout.  Le droit à critique est naturellement légitime, mais il convient de préciser qu’aucune rubrique du Monde n’a jamais rendu compte de mes travaux sur la collaboration (ou sur quoi que ce soit d’autre), et que les deux auteurs ont disposé de tribunes libres dans Libération, en 1997, et ailleurs, pour me mettre très sévèrement en cause sans que j’aie jamais pu disposer d’un droit de réponse.

Philippe Escande, responsable depuis juin 2012 du supplément éco et entreprise du « journal de référence », a longtemps travaillé aux Echos sous la direction de… Jean-Claude Hazera.   Il a donc fait assurer la publicité d’un ouvrage par son ancien « patron » et copain des Echos, qui se trouve être l’auteur lui-même de l’ouvrage loué! On atteint les cimes du « passe-moi le séné, je te passe la rhubarbe ». J’ai attendu, devant une violation si flagrante, de la déontologie du métier, l’intervention du médiateur du Monde. J’attends encore…

 

Vu le traitement habituel des sciences sociales critiques, le journaliste indépendant susmentionné juge important que ceux qui ont quelque chose à dire sur Industriels et banquiers français sous l’Occupation n’hésitent pas à s’exprimer sur le sujet. Inutile de préciser que je partage son avis.

 

Bien cordialement à tous,

Annie Lacroix-Riz 

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:16

Un rapport confidentiel des préfets montre les racines d'une exaspération qui peine à s'exprimer sur le terrain social, mais qui menace de tout emporter dans les urnes.

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C'est une note de quatre pages, classée "confidentiel" et rédigée par le ministère de l'Intérieur. Chaque mois, les services de Manuel Valls, sur la foi des rapports que leur adressent les préfets, rédigent une "synthèse", qui est une manière de plonger dans les méandres de l'opinion publique. Elle dit l'esprit du temps, le moral des élus et l'humeur des Français, ceux que l'on entend peu dans les grands médias et qui représentent ce que certains appellent "le pays profond".

 

La dernière en date de ces synthèses a été publiée le 27 septembre dernier. Elle est remontée illico jusqu'au sommet de l'Etat et a été jugée suffisamment inquiétante à l'Elysée et à Matignon, pour que, cette fois-ci, elle soit communiquée aux principaux dirigeants de la majorité.

 

La France gronde, les Français sont en "colère ". 

Ce mot-là, François Hollande, en déplacement la semaine dernière en Haute-Loire, l'a d'ailleurs prononcé publiquement. Dans la synthèse des préfets, il ne figure pas de façon explicite. Mais c'est tout comme ! Les casquettes de la République n'ont pas l'habitude d'employer les formules chocs et les phrases qui claquent.

C'est ce qui fait tout l'intérêt de la note du 27 septembre.

 

Il faut savoir la décoder pour mesurer son caractère alarmiste. Tout est écrit par petites touches qui signalent, une à une, les sources d'un mécontentement qui monte, qui tourne, qui s'alimente parfois à de petits riens dont on mesure toutefois combien ils pourraient devenir explosifs si demain ils devaient se cristalliser dans un même mouvement.

On n'en est pas encore là.

C'est ce qui explique, au bout du compte, un climat insaisissable fait d'aigreurs accumulées, sur fond de ressentiment à l'égard de ce qui vient d'en haut, du pouvoir parisien, de ceux qui gouvernent l'Etat.

"Un sentiment d'abandon"

Le premier point mis en exergue par les préfets porte sur le monde rural. Celui-ci "s'organise pour revendiquer une spécificité de traitement dans les réformes en cours".

A quelques mois des municipales, il n'y a rien là de secondaire.

Si le redécoupage cantonal "ne suscite guère de réactions dans l'opinion, il fait parfois l'objet de débats enflammés dans les exécutifs locaux". Plus que "des accusations partisanes", les préfets notent ainsi "les inquiétudes sur les conséquences d'un tel redécoupage sur le maillage territorial des services publics et l'éligibilité à certaines subventions ou projets d'équipements".

Le discours qui monte est tout entier dirigé "contre l'hégémonie des métropoles" que le gouvernement serait en train d'organiser à travers la loi Lebranchu.

Chez les petits élus, tout fait désormais sens : les restructurations liées au vote de la loi de programmation militaire aussi bien que la réforme Peillon des rythmes scolaires.

Le sentiment qui domine est "un sentiment d'abandon".

Le deuxième point abordé par les préfets a davantage fait les gros titres des médias."Inquiets du discours antifiscal qui pourrait favoriser les extrêmes, écrivent-ils, les élus considèrent que les limites du consentement à l'impôt sont atteintes."

Là encore tout converge : "Dans les esprits où domine la hantise du chômage et de la baisse du pouvoir d'achat, la hausse de la fiscalité devient un élément anxiogène de plus." 

L'expression utilisée est celle de "choc psychologique" pour "des foyers jusque-là non imposables". A preuve, " l'afflux record dans certains centres de finances publiques de contribuables à la recherche d'informations ".

Dans ce contexte, "les élus confient avoir constaté la radicalisation des propos de leurs administrés qui fustigent 'un matraquage fiscal' et 'une hausse insupportable d'impôts qui financent un système trop généreux'."

Et les préfets de conclure : "La menace de désobéissance fiscale est clairement brandie."

 

Le troisième point abordé par les casquettes de la République porte sur "l'évolution des modes de délinquance". "Médiatisation croissante des faits divers par les médias locaux [...] dans des régions qui s'en croyaient indemnes" ; "cambriolages, délinquance de proximité, incivilités" : la formule choisie pour résumer le sentiment des Français se passe de commentaire.

 

Tout cela "inquiète autant que cela exaspère". C'est ce qui conduit les préfets à souligner que "la population semble désormais prête à s'impliquer davantage dans la lutte contre la délinquance à travers des opérations comme 'voisins vigilants' ou 'alertes commerce'".

Enfin, sur un mode un peu plus positif au regard des mesures prises récemment par le gouvernement avec notamment la baisse de la TVA sur la rénovation de logements, les préfets soulignent "la situation de détresse" qui est aujourd'hui celle des professionnels du bâtiment.

Loin du discours convenu sur les bienfaits supposés du statut d'auto-entrepreneur, ils rappellent ainsi que "dans certains départements, près de 70% des créations d'entreprises artisanales" relèvent de ce dit statut. Ce qui, ajouté à "la concurrence d'entreprises étrangères qualifiée de low cost", entretient un discours récurrent sur la "concurrence déloyale".

Ras-le-bol fiscal

Faut-il dès lors s'étonner que le Front national monte dans les sondages ?

Sentiment d'abandon des zones rurales, ras-le-bol fiscal, augmentation de la petite délinquance, détresse du monde artisanal : on retrouve là tous les ingrédients qui, mis bout à bout, nourrissent le programme lepéniste dans ce qu'il a de plus tristement classique. 

Durant l'été dernier, Hollande confiait volontiers son inquiétude de voir la réforme des retraites "unifier" un mécontentement latent.

"Si ça prend, disait-il en privé, toutes les catégories qui grognent oublieront leurs antagonismes pour se retrouver derrière la première manif venue." Le danger n'est plus là. La réforme des retraites, bouclée fin août avec un sens achevé de l'équilibre hollandais, a étouffé dans l'oeuf le mouvement social et du même coup les projets assassins de la gauche Mélenchon, en lien avec les secteurs les plus durs de la CGT ou de FO.

Sur le front de l'emploi, les plans sociaux qui tombent provoquent plus de ressentiments que de mobilisations. De même qu'il existe des grèves perlées, on voit s'installer une colère diffuse qui entretient dans le pays ce curieux climat où l'insatisfaction domine sans que jamais elle ne s'exprime de manière unifiée dans la rue.

"Ne comptez plus sur notre bulletin de vote"

Aujourd'hui, on en est là. Les sondages le disent. Les préfets le confirment. Les plus expérimentés des élus de gauche confient, la peur au ventre, que cette situation leur rappelle celle qui prédominait avant leur déroute des législatives de 1993. "Les gens se taisent. Bien sûr, sur les marchés, nos sympathisants viennent râler. Mais tous les autres ont le visage fermé, témoigne un député d'Ile-de-France. Ils se contentent d'un 'C'est dur, hein !' dont on sent bien qu'il veut dire 'Ne comptez plus sur notre bulletin de vote'. "

 

L'abstention, voilà l'ennemi. Celui qui fait trembler les candidats de l'actuelle majorité, à l'approche des municipales. Avec, en toile de fond, une attention croissante au discours lepéniste, perçu comme la dernière manifestation possible de ce refus du "système" qui fait désormais florès.

Dans ce climat délétère, tout est désormais fléché pour que la colère qui monte se porte sur le seul terrain électoral.

Quand Jean-François Copé répète à tout-va que la seule manière de "sanctionner le pouvoir" est de favoriser une "vague bleue" aux prochaines municipales, mesure-t-il qu'il ne se trompe sur rien, sauf sur la couleur exacte d'un vote qui s'annonce essentiellement "bleu Marine" ?

Face à cela, la majorité ne peut compter que sur l'implantation de ses élus sortants. Elle tente de faire souffler sur le pays un air d'optimisme, encouragé par la croissance qui revient et la courbe du chômage qui devrait s'inverser à la fin de l'année.

C'est peu et beaucoup à la fois. C'est un peu tard surtout pour espérer que le courant qui enfle, dans les profondeurs du pays, puisse être freiné dans les mois à venir. 

 En 2014, immanquablement, tombera la facture.

Pour Hollande, comme pour la droite républicaine, il n'y a guère de raison de penser qu'à la colère qui gronde, ne succédera pas, demain, une de ces sanctions dont on ne pourra pas dire qu'elle est venue par surprise

 

 

(sur le site de Jean Levy et El Diablo)

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:07

Le nombre de pauvres a augmenté en France de 1 million entre 2008 et 2011 selon une étude de l’Observatoire des inégalités.

 

La hausse du nombre de personnes pauvres en France s’affirme et s’accélère.

 

Aujourd’hui, un peu plus de 8,8 millions de personnes doivent vivre avec moins de 60 % du revenu médian en France (977 euros par mois pour un individu seul, 2.052 euros pour un couple avec deux enfants en bas âge).

 

Plus d’une personne sur dix de la catégorie des 20-29 ans est pauvre et 1,7 million d’enfants et d’adolescents se trouvent dans le même cas. « Ils le sont parce que leurs parents disposent de revenus insuffisants, notamment du fait du chômage, des bas salaires et du morcellement des temps de travail », indique l’étude.

 

Tous les pauvres ne sont pas chômeurs, loin s’en faut. Pas moins de 1,9 million de personnes vivant sous le seuil des 60 % du revenu médian exercent une activité.

 

Observatoire des inégalités d’octobre 2013

 

Transmis par Augustin VINALS

 

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