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Le site est d'utilisation simple et l'inscription est gratuite.

 

http://jooble-fr.com/

 

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Quelques conférences

Chansons

  Avant d'écouter les enregistrements ci-dessous, attendez la fin de la musique de fond du blog...

 

L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 15:01

Si nous avions jusqu’à présent toutes les raisons de croire que l’Europe était au service des États-Unis, elle ratifiera d’ici peu un traité qui officialisera la chose. Le traité en question (Transatlantic Trade and Investment Partnership- TTIP - ou Tafta), qui en dit déjà long sur la question, « visera à éliminer les obstacles inutiles au commerce et à l’investissement, y compris les obstacles non-tarifaires par le biais de mécanismes efficaces et efficients, en réalisant un niveau ambitieux de comptabilité de la réglementation des biens et des services ». En clair, les marchés des États-Unis et de l’Union européenne auront fusionné. Ils ne feront plus qu’un.

 

Les néo-libéraux nous présentent cette affaire comme l’opportunité de rapprocher deux grands marchés qui représentera environ 60 % du commerce mondial. Difficile pourtant de trouver quelque chose qui plaide en faveur des pays européens : la suppression des barrières commerciales permettra de donner le feu vert à l’invasion du Vieux Monde par les multinationales américaines.

 

C’est d’autant plus incompréhensible que les Européens ont pourtant fait l’expérience, à une plus petite échelle, qu’un marché non régulé signifiait purement et simplement la disparition des plus faibles. La Grèce, l’Espagne et l’Italie succombent dans un marché unique devant l’Allemagne. Les petites entreprises y sont surclassées par les multinationales et les actifs en pays en souffrance vendus à des entreprises la plupart du temps étrangères, le tout sous couvert de privatisation.

 

Si tout ceci se passe déjà à l’échelle européenne, les conséquences pour notre continent à une échelle transatlantique seront considérables. À Bruxelles, le drapeau européen pourra sans problème céder sa place au drapeau blanc de la capitulation. Nous renoncerions à notre économie, à notre souveraineté, à notre propre histoire. Des mots que les bureaucrates de Bruxelles n’ont eu de cesse de mettre à l’index.

 

http://www.resistance-politique.fr/article-ttip-le-traite-qui-signera-la-capitulation-de-l-europe-123565458.html

Pis. C’est au nom du TTIP qu’on amputera les dépenses publiques pour financer un secteur financier aux abois. Au lieu de bénéficier au plus grand nombre, ce traité représente une attaque aux standards sociaux, environnementaux et économiques, menées dans l’intérêt des grandes entreprises représentées par des lobbies que sont BusinessEurope et  la United States Chamber of Commerce.

 

Bien entendu, on se garde bien de soumettre ce projet au débat public. Les citoyens ne peuvent s’appuyer que sur de rares informations qui révèlent des plans brutaux, comme la mise en place de tribunaux privés qui permettent aux multinationales contre les Etats qui porteraient atteinte aux profits futurs de ces entreprises. Et on parle d’inclure dans l’accord TTIP un dispositif institutionnel permettant, au-delà dudit accord, la poursuite de négociations sur les réglementations afin de réduire les obstacles encore existants et de prévenir la création de nouveaux. Ce qui signifie que la ratification du TTIP ne constituera que le début d’une vague de libéralisation et de dérégulation qu’il autorisera.

 

On parle de mettre en œuvre le TTIP dans les cinq prochaines années. Ses instigateurs ne veulent pas perdre de temps. L’Union européenne et les États-Unis sont mal en point, et on craint la vivacité de la Chine et de la Russie, dont les échanges devraient augmenter suite aux sanctions imposées à Moscou par l’OTAN après la récente crise de Crimée.

 

L’espoir réside dans le réveil des peuples européens. Il ne suffira plus d’être seulement eurosceptique ; il faudra aussi être atlantosceptique… à moins que ces deux adjectifs ne signifient tout simplement la même chose.


Capitaine Martin

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 09:53

 Depuis plus de trois ans, les pays du monde arabe ont vécu sous l’influence de « révolutions » qui ont secoué les fondements politiques d’un certain nombre d’États, conduisant à un changement et à la naissance de nouveaux partis et à un changement de la vie politique locale. Les véritables bénéficiaires et instigateurs de ces révolutions ont été au centre de nombreuses interrogations.

 

Ces questions sont de nouveau sous les feux de la rampe depuis la naissance et le développement des « révolutions de couleur » dans d’autres parties du monde. On pense particulièrement aux événements qui ont dernièrement marqué l’Ukraine. Les analystes sont particulièrement perplexes sur l’action des hommes politiques européens et étasuniens, l’opposition ukrainienne appelant à des réactions extrêmement virulentes contre le gouvernement légalement élu du pays. La question ne se limite pas seulement aux appels lancés par les États-Unis et par le sénateur John McCain pour faire tomber le régime ukrainien actuel, mais s’étend aussi au soutien financier dont bénéficient les leaders de l’opposition qui ont bien souvent un point d’ancrage à l’ouest. Le cas de l’ex-boxeur et candidat à la présidentielle Vitali Klitschko parle de lui-même : il dispose d’un permis de séjour en Allemagne et y paie ses impôts.

 

Dans ce contexte, les conclusions tirées par les experts du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R) sont particulièrement intéressantes : les révolutions de couleur « spontanées » pourraient être le résultat d’opérations coordonnées. Selon ces experts, les militants révolutionnaires d’Europe de l’est mais également du monde arabe (en particulier ceux du Mouvement de la jeunesse du 6 avril qui a contribué au renversement d’Hosni Moubarak) et même d’Amérique du sud, ont participé à des séminaires axés sur la non-violence organisés en Serbie par CANVAS (Centre for applied nonviolent action and strategies). Fondé en 2001, ce centre n’est qu’une émanation du mouvement serbe OTPOR! (résistance) qui a été un acteur majeur dans la chute de Slobodan Milosevic. Son rôle discret dans les révolutions arabes a soulevé nombre de questions.

 

Les experts du CF2R ont ainsi retracé les activités des « conseillers » qui ont contribué à la révolution orange en Ukraine. Ils mirent à jour des liens très étroits qui les unissaient avec l’organisation biélorusse Zubr (bison), créée en 2001 dans le but de renverser le régime du président Loukachenko. Bien évidemment, de telles activités nécessitent un financement substantiel. Srđa Popović, le directeur de CANVAS, affirme que l’association ne reçoit que des subventions privées. Les auteurs de l’étude brossent cependant un tout autre tableau. Selon des sources généralement bien informées, deux organisations étasuniennes contribueraient à son financement : l’IRI (International republican institute) et la Freedom house.

 

L’IRI est une organisation politique associée au Parti républicain. Fondée en 1983, elle travaille également avec d’autres think tanks néolibéraux. Sa source principale de financement est le gouvernement fédéral des États-Unis. Sa mission officielle est de « soutenir la croissance des libertés économiques et politiques, de la bonne gouvernance et des droits humains autour du monde par l’éducation des gens, des partis politiques et des gouvernements sur les valeurs et la pratique de la démocratie ». Dans les faits, l’IRI est directement impliquée dans le coup d’État de 2004 à Haïti tout en finançant des groupes d’opposition dans le pays. L’organisation aurait également tenu une place non négligeable dans la déstabilisation du Honduras en 2009. L’IRI n’est en réalité que le bras masqué de la CIA.

 

Freedom house a quant à elle été fondée en 1941. Cette organisation non gouvernementale aide officiellement au développement des libertés dans le monde. Cette organisation se déclare indépendante bien qu’elle reçoive un financement du gouvernement des États-Unis par l’intermédiaire du National endowment for democracy, de l’USAID et du département d’État américain. Environ 75 % de ses ressources proviennent d’allocations fédérales étasuniennes. Freedom house a eu pour président jusqu’en 2005… James Woolsey, qui a été directeur de la CIA de 1993 à 1995. Rien d’étonnant à ce que la blogueuse égyptienne Israa Abdel Fattah, cofondatrice du mouvement du 6 avril, ait fait partie d’un groupe d’activistes invités par Freedom house, le tout financé par l’USAID (United States agency for international development).

 

La participation financière de l’IRI et de Freedom house, tout comme celle des forces spéciales qui utilisent le paravent d’associations soi-disant indépendantes, a contribué à développer des « activités révolutionnaires » non seulement en Égypte, mais aussi en Tunisie, en Libye, en Syrie et dans quantité d’autres pays du Proche-Orient. Dans ces conditions, difficile de ne pas voir là une action (voire une manipulation) étasunienne, même si elle n’est pas du seul fait de l’administration Obama.

 

Quand on connaît un peu mieux les activités et les moyens déployés par ces organisations et l’utilisation qui en est faite par les États-Unis, on a peine à croire que la déstabilisation du Proche-Orient, de l’Ukraine et demain d’ailleurs puisse connaître un jour un répit.

Capitaine Martin

 

http://www.resistance-politique.fr/article-les-revolutions-de-couleur-sont-elles-si-spontanees-que-a-122277275.html

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 12:35

"Les rendez-vous de l’Histoire" existent depuis 15 ans à Blois.

Ils regroupent chaque année des dizaines d’intellectuels, d’universitaires et de personnalités, "historiens et amoureux de l’histoire".

Cette année du 10 au 13 octobre le thème retenu était "la guerre"

De très nombreux débats, tables rondes … ponctuent ces journées.

 Ces rencontres sont présidées par Jean-Noël Jeanneney, organisées par le Centre Européen de Promotion de l’Histoire, avec le soutien de la ville de Blois, du Conseil général du Loir-et-Cher, du Conseil régional du Centre, du Ministère de la Culture et de la Communication, du Ministère de l’éducation nationale,du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche …

 Il s'agit donc, d'une rencontre ce qu'il y a de plus officiel dont on ne peut pas dire, s’agissant du monde contemporain que ces rencontres soient dominées par une vision critique aiguë des politiques des puissances occidentales dominantes.

C’est ainsi qu’ont été programmées les interventions de l’ancien ministre socialiste de la Défense Alain Richard "Les socialistes, la guerre et la paix aujourd’hui" justifiant quant au fond l’alignement des socialistes et du pouvoir actuel sur les conceptions impérialistes et les interventions armées dans le sillage atlantique.

Ou la table ronde "La journaliste et l’historien : Regards croisés sur la guerre de Syrie" entre Florence Aubenas et Maurice Sartre qui pour l'essentiel a consisté à justifier la position agressive et interventioniste du pouvoir socialiste.

Ou encore "Une Europe de la défense est-elle possible ?" animée par l’association Europe Ensemble de Blois dont le seul intitulé indique bien dans quel sens les organisateurs entendent se diriger.

La Conférence organisée  par la région Centre de la CGT et l'IHS Centre "la CGT et la guerre,syndicalisme, pacifisme et internationalisme" animée par notre camarade Jean-Pierre Page ancien responsable international de la CGT et ancien membre de la Commission exécutive intitulée tranche incontestablement dans ce paysage.

D’autant plus que les propos tenus, en phase avec les traditions de lutte pour la paix et d’orientation résolument anti-impérialiste sur les questions les plus brûlantes de l’heure comme la guerre en Syrie, tranchent également avec les positions actuelles des dirigeants confédéraux.

On doit incontestablement la possibilité même de cette expression dans ce type de cadre à l’initiative des camarades de l'Institut d'Histoire Sociale CGT de la Région Centre dirigé par Robert Auvity et le Comité Regionnal de la CGT que dirige Philippe Cordat.

Qu’ils en soient remercié et félicité !

Le texte complet ci-après en lien comporte 24 pages, c'est pourquoi dans le cadre de cette présentation nous nous en tiendrons à 2 extraits : celui de l'introduction et de la conclusion de l'intervention.

Texte complet :

PAGE Conférence BLOIS

 


Introduction

 

"Luttes pour la paix, actions contre les guerres coloniales et l’impérialisme, solidarité internationaliste constituent depuis sa naissance des engagements fondateurs de la CGT. On n’aura de cesse de rappeler que la CGT est aussi née contre la guerre et qu’elle s’est transformée à travers son combat internationaliste tout au long du  20me siècle ! 

 Ces principes ont toujours donné lieu dans la CGT, le Mouvement Syndical Français et international à des débats allant parfois jusqu’à la division et la scission. Ils furent depuis la naissance de la CGT animés d’une part par les tenants d’une vision réformiste et de collaboration de classe avec la bourgeoisie et d’autre part par les partisans d’une conception de luttes des classes et de rupture avec le capitalisme!  Rien ne fut jamais acquis d’avance, et rien n’est jamais définitivement tranché ! Pour autant ce sont ses traits identitaires, ses débats, ses victoires et ses défaites qui ont forgé la CGT tout au long de son histoire, une histoire fondé sur les valeurs inséparables qui sont celles du Mouvement ouvrier Français et international.

Pendant près d’un siècle elles ont valu un grand prestige international à la CGT !

Celui-ci constitue un patrimoine dont ses syndiqués sont fiers mais dont ils doivent continuer à être  comptables et cela d’autant que de nombreux militants et dirigeants de la CGT ont sacrifiés leur vie pour un idéal de fraternité, de solidarité humaine, de coopération entre les travailleurs et les peuples dans un monde définitivement débarrassé des guerres !

C’est pourquoi il est importe de militer en faveur d’une réappropriation de l’histoire du mouvement ouvrier par ses acteurs eux mêmes ! C’est d’autant plus important que certains dans le mouvement syndical et ailleurs confondent pensée critique et réécriture de l’histoire. Ils cherchent ainsi  à gommer les contradictions fondamentales, les contradictions de classe en pratiquant l’ostracisme, la censure tout comme en cultivant une forme d’ignorance médiocre qui cherche à enfermer le débat dans un discours consensuelle qui se garde de poser les vraies questions !"

...


Conclusion

...

En fait, nous sommes entrés dans une période de clarification, une période nouvelle où il faut choisir, où, finalement, tout le monde est au pied du mur. Il fut une époque où le syndicalisme pouvait  justifier sa légitimité en négociant "le grain à moudre".

 Cette période est révolue, le Capital a, comme le disait Marx,  tout noyé "dans les eaux glacées du calcul égoïste ". Alors de deux choses l'une, ou l'on admet que le capitalisme est un horizon indépassable, et il faut le dire, ou sinon, il faut savoir en tirer les conséquences pour confronter la logique et les choix de ce système inhumain. 

La CGT a elle aussi à répondre à cette interpellation ! Parce qu’au vue de certaines positions  cela n’a rien d’évident. En effet au plan international l’affiliation de la CGT à la CES puis à la CSI n’a t’elle pas contribuer à son effacement et a déléguer ses responsabilités à un syndicalisme dont les orientations sont étrangères aux idées et valeurs que l’on trouve dans l’histoire de la CGT ? 

Cela ne se vérifie t’il pas à travers le champ de ses  relations syndicales internationales sans doute parce que  le contenu de certaines déclarations de la CGT ne sont pas sans soulever de légitimes interrogations !  Ainsi la déclaration du 5 décembre 2012 avec la FSU et Solidaires tout en ignorant l’ingérence de la France, de la Grande Bretagne et des USA comme des monarchies réactionnaires arabes, des djihadistes ou encore de l’OTAN en arrive à préconiser une intervention militaire au nom de l’ingérence humanitaire !

 On voit ainsi à quoi aboutit  le renoncement à des principes et une histoire sinon à se ranger du côté de l'idéologie dominante, et l'idéologie dominante comme disait  Marx, "c'est l'idéologie de la classe dominante". Cela contribue à cette démobilisation et à l’attentisme au détriment de la solidarité internationale! Ainsi par exemple pendant près d’un demi siècle la CGT a entretenu des relations étroites avec les syndicats de cette région du monde : Syriens, Libanais, Palestiniens qu’en est il aujourd’hui, et quelles initiatives est elle prête à prendre ?

En toute indépendance il s’agit pour la CGT avec d’autres syndicats en Europe et dans le monde de construire et multiplier les réseaux, les contre-pouvoirs face aux institutions supranationales, aux institutions financières, aux puissances hégémoniques qui s’arrogent le droit de décider pour le monde y compris par la force. Il s’agit de se donner les moyens d’un vaste débat tout autant sur la stratégie que sur les contours qui devraient être ceux d’une société capable de mettre l’ensemble des ressources productives du monde au service des besoins légitimes et des aspirations des travailleurs, et donc des habitants de la planète, à la paix à la solidarité et la coopération.

 

Ce qui est décisif et radical dans cette situation, c’est que l’internationalisme doit se concrétiser en termes d’engagements concrets, de comportements conséquents et, déjà, à partir des réalités nationales auxquelles nous sommes confrontés. Pour le dire clairement, il s’agit de se doter d’un programme et d’une pratique sociale effectivement internationaliste, de telle façon à affaiblir les positions du capital dans son propre pays pour prétendre avancer vers des succès globaux et continentaux. Cela suppose la lucidité, le refus de la facilité et du superficielle. Nul ne saurait échapper à tels exigences !

 

Dans cet esprit, la lutte pour la paix et donc la solidarité internationale devrait pour la CGT contribuer à la mise en mouvement des travailleurs et des peuples à la réalisation de leurs objectifs propres. Ce qui renvoie aux orientations, aux priorités, aux méthodes, aux moyens et aux formes d’organisations dont la CGT dispose, si l'on veut prétendre peser sur la politique mise en œuvre tant par les entreprises, les institutions que les gouvernements. La CGT est elle aujourd’hui capable de s’engager dans cette voie ?

 

Jaurès disait : « Un peu d'internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène. » Il rappelait également que la nation est « le seul bien des pauvres ». La défense du cadre national reste plus que jamais une idée fondamentalement progressiste. Elle renvoie à la nécessité que le peuple décide de son avenir. C’est le combat qui a marqué  la CGT, tout au long de son histoire, c’est par conséquent une responsabilité pour qu’il continue à en être ainsi!

 

 

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 12:30

 Selon le quotidien italien Corriere della Sera, plus de deux cents marines ont été transférés d’une base militaire américaine en Espagne vers celle de Sigonella, en Sicile. Ces mouvements de personnel font suite aux tensions survenues entre Washington et la Libye après le raid qui a conduit à la capture d'Abou Anas al-Liby, l'un des leaders d'Al-Qaïda les plus recherchés par le FBI. Ils ont pour but de prévenir toute menace potentielle pour la sécurité de la mission diplomatique étasunienne en Libye.

La situation est en effet quelque peu tendue entre Washington et Tripoli. Le gouvernement libyen a convoqué l'ambassadrice Deborah Jones ; il exige des précisions sur la capture du chef terroriste Nazih Abdul Hamed al-Raghie (nom de guerre d’Abou Anas al-Liby), capturé le week-end dernier à Tripoli par les forces spéciales étasuniennes en pleine journée. « Un véritable rapt » pour les autorités libyennes, décidé qui plus est à leur insu. Des informations officieusement démentis par le Pentagone, qui a toutefois réaffirmé « le droit de poursuivre les terroristes sans limites ni frontières ».

« Celui qui a kidnappé mon père parlait un dialecte libyen », a déclaré le fils d'Abou Anas, témoin de l'enlèvement. Pour les médias étasuniens, l'opération est l'œuvre des fameux Navy Seals, les forces spéciales qui ont capturé et tué Oussama Ben Laden avec l’aide de la CIA et du FBI. Abou Anas a été amené au bord du San Antonio, un navire de guerre de la marine américaine stationné en Méditerranée, pour y être interrogé. « Abou Anas est désormais prisonnier des États-Unis », a déclaré le secrétaire à la Défense Chuck Hagel, en précisant que le raid avait été approuvé par le président Obama en personne.

Amnesty International a dénoncé la capture d'Abou Anas, car « elle viole les principes fondamentaux des droits de l'homme », et a demandé à Washington de « confirmer immédiatement son lieu de détention et lui fournir l’accès à un avocat ».

Tripoli fait manifestement la grosse voix. Mais le gouvernement a une souveraineté limitée ; il a en effet été mis en selle par l'OTAN sous le bruit des bombes. Difficile dans ces conditions d’exister en dehors de l’Oncle Sam. La Libye « libérée » de Kadhafi est quotidiennement humiliée par des milices armées qui se disputent son territoire. Il y a quelques jours encore, alors que le gouvernement libyen a minimisé la portée d'un attentat à la bombe dernière l'hôpital al-Jala de Benghazi, le Pentagone a fait savoir qu'il avait envoyé un nombre non précisé de marines sur la base de Sigonella. On a parlé initialement de cinq cents hommes ; ils ne sont finalement « que » deux cents. Une véritable opération militaire, loin des entraînements de routine, qui relance le débat sur ​​la finalité de la base sicilienne que les États-Unis utilisent depuis le 15 juin 1959. Plus de 7.000 militaires et leurs familles y ont élu domicile. Le gouvernement italien reste étrangement silencieux, peut-être pour ne pas trop faire de publicité à sa politique belliqueuse. Sigonella accueillera en effet prochainement un centre étasunien de traitement de drones.

Abou Anas vivait tranquillement en Libye depuis deux ans. Une prime de cinq millions de dollars planait au-dessus de sa tête. Il est accusé de complicité dans les attentats contre les ambassades américaines en Tanzanie (11 morts et 70 blessés) et au Kenya (213 morts dont 12 citoyens étasuniens) en 1998. Indésirables à l'époque de Kadhafi, de nombreux musulmans radicaux ont quitté le pays dans les années 90 pour s'installer en Afghanistan ou en Irak, où ils sont entrés en contact avec Al-Qaïda avant de retrouver leur terre natale, en 2011. Avoir combattu aux côtés de l’OTAN contre la Jamahiriya libyenne leur a donné voix au chapitre. S’appropriant un arsenal militaire impressionnant au moment de la « guerre de libération », ils ont formé des milices armées et construit des camps d'entraînement pour les jeunes Libyens et les étrangers en partance pour les combats en Syrie. Ces groupes seraient devenus si puissants qu'ils n'ont désormais plus besoin de s'associer avec Al-Qaïda, préférant suivre leurs propres émirs locaux. Le groupe salafiste Ansar al-Sharia, enraciné dans l'est du pays, serait ainsi responsable de l'attaque contre le consulat américain à Benghazi le 11 septembre 2012 qui a coûté la vie de l'ambassadeur Chris Stevens et de trois autres Américains.

La « fragmentation territoriale » fait désormais partie intégrante de la nouvelle stratégie étasunienne dans le monde islamique : elle consiste à détruire tous les États en favorisant la « balkanisation » de pays entiers. L’Irak et la Libye en sont des exemples concrets, et il s’en est fallu de peu que la Syrie ne connaisse le même sort. Peu importent les vies brisées et les conflits tribaux ou confessionnels qui découlent d’une telle instabilité : les vastes territoires que plus aucun gouvernement ne contrôle ne représentent plus aucun problème pour la politique extérieure de l’Oncle Sam. Mais celle-ci se doit d’être armée face aux bandes rebelles et aux terroristes… qui sont des pions géopolitiques utilisés à dessein par les États-Unis et son complexe militaro-industriel. Pourtant, Barack Obama s'est vu officiellement attribuer le prix Nobel de la paix 2009 « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples ». Nous sommes décidément en guerre : la propagande bat son plein !


Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-la-responsabilite-des-etats-unis-dans-l-instabilite-du-monde-arabe-120563901.html

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 12:19

 jeudi 17 octobre 2013 / par Houssam Ankili

 

Le contraste est effrayant. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), 842 millions de personnes souffrent aujourd’hui de la faim dans le monde, tandis que, un tiers de la production alimentaire mondiale est « perdue ou gaspillée ». Soit 1,3 milliard de tonnes de nourriture jetées par an.

 

C’est la journée mondiale de l’alimentation ce mercredi 16 octobre, et les chiffres communiqués par l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) sont alarmants. Des millions de personnes dans le monde (soit plus de 842 millions) souffrent encore de malnutrition, pendant que 1,3 milliard de tonnes de nourriture sont jetées chaque année. Une comparaison très regrettable, car cela concerne un tiers de la production mondiale, « perdue ou gaspillée » par négligence ou faute de moyens de stockage, selon les déclarations de la FAO.

Malnutrition chronique

Malgré les efforts conjugués des Etats et des organisations de l’ONU, la menace de la famine reste considérable. En effet, en 2009, plus d’un milliard de personnes étaient mal nourries. Aujourd’hui, ils sont donc 842 millions de personnes. Bien qu’il soit en baisse, ce chiffre est très regrettable, comparé à la quantité de la nourriture produite et jetée tous les ans. Soit un tiers de la production mondiale. Le continent africain reste l’une des cibles de la malnutrition dans le monde. A l’exemple de la République démocratique du Congo qui est l’un des pays où le taux de malnutrition reste plus fort. Les camps des déplacés qui affluent dans le pays reste une des raisons de cette malnutrition chronique. 40% des Congolais, surtout des régions de l’Est sont très exposés à ce fléau. A noter que dans ce pays il y a 2,5 millions de déplacés. « Lorsque ces population sont déplacées, elles n’ont plus accès à leur champ, ou à leurs moyens d’existence, leurs moyens de subsistance. Et du coup, ils font face à plusieurs problèmes de santé et de nourriture », explique Djaoun Pardon, porte-parole du Programme alimentaire mondial à Goma (RDC).

Les enfants plus concernés

Selon la FAO, la malnutrition concerne 26% des enfants qui présentent un retard de croissance et 1,4 milliard d’êtres humains en excès pondéral, dont 500 millions d’obèses. Pour le Programme alimentaire mondial (PAM) qui alimente d’urgence 80 pays : « Si la communauté internationale investissait 1,2 milliard de dollars par an sur cinq ans pour réduire les carences en micronutriments, la baisse de la mortalité infantile et l’impact positif sur les futurs revenus pourraient atteindre 15,3 milliards de dollars ».

Dans nombreux de pays, cette journée doit servir à la sensibilisation et à la responsabilisation de la population face au défi alimentaire. Moins jeter pour mieux nourrir les nécessiteux.

http://www.afrik.com/alimentation-842-millions-d-affames-et-1-3-milliard-de-tonnes-de-nourriture-jetees

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 20:25

Mercredi 25 septembre 2013

Oubliés l’Amérique du sud, le Proche-Orient et l’Asie du sud-est : les sociétés d’armement s’attaquent désormais au continent africain. Les marchands de mort, toujours plus dépendants des exportations en raison des coupes claires dans les budgets de la défense des pays occidentaux, se sont créés un nouvel horizon là où les guerres sont légions… et où de nouvelles ressources sont régulièrement découvertes. Selon l’hebdomadaire Defense News, les dépenses militaires en Afrique dépasseront les vingt milliards de dollars durant la prochaine décennie.

 

Les raisons d’un tel boom sont multiples. En premier lieu, le potentiel offert par les armées du continent noir, qui représente 20 % des terres émergées. Depuis le processus de décolonisation qui a connu son point culminant dans les années soixante, l’Afrique a connu plus de rébellions, de coups d’État et de guerres civiles que n’importe quelle autre région du monde. Selon le programme de recherches étasunien Correlates of War, on y a dénombré au cours des soixante dernières années vingt-cinq conflits armés et cent-vingt-sept guerres civiles qui ont coûté la vie à quelque vingt millions d’êtres humains. Les personnes déplacées se comptent quant à elles par milliers… et les blessés par dizaines de millions. Nombre de ces conflits, appelés « guerres oubliées » car inconnues du grand public, se déroulent encore aujourd’hui en Afrique.

 

Depuis soixante ans, les ex-puissances coloniales ont aidé telle ou telle guérilla dans l’espoir bien évidemment d’un retour sur investissement. La situation semble avoir connu un tournant après le 11 Septembre : les efforts des Occidentaux se sont alors portés sur le renforcement des armées nationales africaines pour lutter contre le terrorisme international qu’ils avaient par ailleurs contribué à faire naître en Asie. Cette politique fit l’effet d’une véritable étincelle en Afrique. Mais le chaos semé sur le continent le plus riche en ressources naturelles constitua paradoxalement un terrain fertile pour leurs actions. La corne de l’Afrique et le Sahel, où s’est implanté al-Qaïda, sont les zones de prédilection des États-Unis et de l’Europe dans leur « stratégie antiterroriste ». Des études ont révélé que ce terrain sensible recélait d’importants gisements de gaz et de pétrole.

 

Les Nations africaines, explique un analyste du marché des armes cité par Defense News, disent avoir besoin de moyens modernes et d’une forte puissance de feu pour lutter contre les milices de toutes sortes qui constituent désormais un fléau de part et d’autre de l’Afrique. Dans un article de la revue Oxford Analytica, on note que les armées sub-sahariennes connaissent une période de croissance extraordinaire, malgré une propagation continue de la pauvreté dans la société civile. Selon cette même revue, la cause est à chercher dans les opérations de maintien de la paix financées par de riches donateurs étrangers : « depuis 2001, les armées africaines ont profité d’un apport extérieur à un niveau jamais vu depuis la Guerre froide ». Sont particulièrement concernés l’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda et le Nigéria. « Les programmes européens et étasuniens, peut-on encore lire dans la revue, ont financé plusieurs initiatives visant à stabiliser et consolider la démocratie, mais les résultats sont malheureusement très mitigés sur le terrain ».

 

Le besoin pour les pays africains d’être mieux formés et armés jusqu’aux dents est né, selon l’analyse, par « la perception des risques élevés pour la sécurité ». La raison réside principalement, on peut s’en douter, dans les ressources récemment découvertes. « La ruée vers le marché de la défense africain vient tout juste de commencer », explique le colonel Joseph Sibanda, officier en retraite de l’armée du Zimbabwe. Il estime que des pays comme le Mozambique, ancienne colonie portugaise en plein boom gazier comme la Tanzanie voisine, l’Ouganda et le Kenya, devront rediriger leurs besoins de défense vers la protection de leurs gisements de pétrole et leurs infrastructures de gaz on-shore et off-shore. « Les avions militaires, les véhicules blindés et les systèmes d’artillerie devront être modernisés afin de répondre aux nouvelles menaces qui planent sur leur sécurité », poursuit-il.

 

L’Afrique du sud, un des rares pays africains à disposer d’une industrie de défense, est aux anges. La survie du pays mais aussi sa force étaient dus à d’étroites collaborations entretenues avec l’État juif. Mais les relations entre les deux pays se sont faites plus lâches depuis la fin de la politique d’apartheid. Aujourd’hui, la plus grande économie d’Afrique pourrait bien être l’une des bénéficiaires de la mise à niveau majeure de l’équipement des forces armées du continent. Et les bénéfices tirés de ce sombre commerce se feront à l’encontre des populations civiles que les guerres décimeront, appauvriront, exileront… comme d’habitude.


Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-l-afrique-toujours-plus-armee-120251577.html

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 17:20

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).  

Le 7 juillet 2013.


Edward Snowden, ancien agent de la CIA et de la NSA, a porté à la connaissance du monde entier une nouvelle preuve des agissements illégaux du gouvernement des États-Unis. Ce dernier espionne de nombreux pays, dont certains membres de l’Union européenne parmi lesquels la France, par des moyens techniques sophistiqués permettant d’intercepter les conversations téléphoniques, les courriels et textos.

Devant ce scandale, l’Union européenne n’a pris aucune décision. C’était pourtant une raison supplémentaire d’interrompre les négociations du Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement dont l’objet est clairement la reconstruction d’un monde unipolaire contrôlé par l’impérialisme américain, avec l’aide de l’UE. L’inaction de l’Union européenne confirme une nouvelle fois le rôle de vassal des États-Unis que joue le système de Bruxelles. Les démocrates, tous les citoyens attachés à l’État de droit et à des relations internationales fondées sur la confiance et la coopération trouveront dans cette lâcheté des oligarques européens un motif s’ajoutant à ceux déjà très nombreux de sortir de cette construction monstrueuse.

De son côté, suite aux révélations d’Edward Snowden, François Hollande avait publiquement et fermement demandé à Washington de cesser ces actes hostiles, exigeait des excuses et affirmait que l’UE ne pouvait dans ces conditions négocier le traité transatlantique puisque les États-Unis savaient tout des intentions des négociateurs européens. C’était avant de se rendre à Berlin.

Depuis, nous avons appris que les négociations débuteront à la date prévue. Aucune mesure de rétorsion n’a été prise par la France pour faire cesser les agissements américains. Le gouvernement se place délibérément dans la posture de laquais des États-Unis. Il fallait convoquer l’ambassadeur des États-Unis à Paris, rappeler l’ambassadeur français à Washington, expulser un certain nombre de « diplomates » américains en France connus pour appartenir aux « agences ».

Grâce aux révélations d’Edward Snowden, nous connaissons désormais l’ampleur de l’espionnage auquel les services états-uniens soumettent leur peuple et ceux de l’UE. Cela promet si, par malheur, le Partenariat transatlantique était signé. La protection des données à caractère personnel fait partie du mandat que le Parlement européen a donné à la Commission, Parlement au demeurant étrangement silencieux dans cette affaire. Mais comment croire qu’il sera sérieusement défendu par Barroso face à Obama ? Ce n’est pas parce que Bush a réussi à imposer le Patriot Act aux Américains que nous devons le subir. Le Partenariat transatlantique sera préjudiciable aux travailleurs européens et américains sur les plans économique, environnemental, social, démocratique, le M’PEP le montrera prochainement. Il l’est également sur le plan individuel. Refusons-le pour ces deux raisons !

On pouvait jusqu’à présent condamner l’attitude du président de la République française pour sa passivité vis-à-vis des agissements des États-Unis. On doit maintenant condamner son soutien actif et sa servilité à l’égard de l’administration Obama. En effet, l’affront inouï fait au président de la Bolivie Evo Morales lors de son retour en avion d’un sommet des pays producteurs de gaz en Russie révèle la servilité de l’Union européenne et du gouvernement français à la « pax americana ». Les faits : sur injonction des États-Unis, la France, l’Espagne, l’Italie et le Portugal ont interdit de survol l’avion officiel du président de la Bolivie, le forçant à se poser en Autriche à Vienne, au prétexte qu’Edward Snowden se serait trouvé à bord. Des policiers autrichiens ont constaté qu’il n’y était pas. Un avion présidentiel est considéré comme territoire souverain du pays et tout chef d’État jouit d’une immunité diplomatique absolue conformément au droit international. Depuis 1945, aucune nation au monde n’a empêché un avion présidentiel de survoler son territoire. La France ne pouvait ignorer qu’il s’agissait de l’avion du président Bolivien puisque l’autorisation de survol avait été accordée à la Bolivie le 27 juin 2013 par le bureau des survols et des escales navales (ministère des Affaires étrangères). Il faut rappeler la complicité de certains pays de l’UE dans les survols illégaux de la CIA, d’avions avec des passagers kidnappés destinés à être soumis à la torture et finir, s’ils étaient encore en vie à Guantanamo, enclave de non-droit des États-Unis à Cuba. L’UE est un féal des États-Unis, une union où la souveraineté des peuples est bafouée et soumise à la volonté de l’Empire. C’est une des raisons pour lesquelles le M’PEP œuvre à la reconquête de la souveraineté nationale, seul moyen pour la France de se libérer de cette tyrannie.

Citoyens !

·         Exigez du ministre Valls qui a refusé l’asile politique à Edward Snowden qu’il revienne sur sa décision ! Écrivez-lui pour protester ! 

·         Exigez du président de la République qui fait honte à la France qu’il accorde l’asile politique à Edward Snowden ! Écrivez-lui pour protester !

·         Exigez du président de la République qu’il se rende immédiatement en Bolivie pour s’excuser auprès du président Morales !

Le M’PEP va écrire au président de la République pour lui faire part de ces exigences.

Le M’PEP va également écrire à l’ambassadeur de Bolivie à Paris pour lui dire note honte et que l’attitude infâme du gouvernement français était condamnée par le peuple de France. Nous lui dirons de demander au peuple bolivien de ne pas brûler le drapeau tricolore, celui de la Révolution et de la Résistance, sali par le gouvernement PS-EELV.

 

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 18:04

 Sur LGS

 

Le cas Edward Snowden a été à l’origine d’un grave incident diplomatique entre la Bolivie et plusieurs pays européens. Suite à l’injonction de Washington, la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal ont interdit à l’avion présidentiel d’Evo Morales de survoler leur territoire.

  • Après un voyage officiel en Russie pour assister à un sommet des pays producteurs de gaz, le Président Evo Morales a pris son avion pour rentrer en Bolivie.
  • Les Etats-Unis, pensant qu’Edward Snowden ex-agent de la CIA et de la NSA – auteur des révélations sur les opérations d’espionnage de son pays – se trouvait à bord de l’avion présidentiel, ont ordonné à quatre pays européens, la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal, d’interdire le survol de leur espace aérien à Evo Morales.
  • Paris a immédiatement suivi la directive en provenance de Washington et a annulé l’autorisation de survol de son territoire accordée à la Bolivie le 27 juin 2013, alors que l’avion présidentiel se trouvait à quelques kilomètres à peine des frontières françaises.
  • Paris a ainsi mis en danger la vie du Président bolivien, lequel a dû atterrir en urgence en Autriche, faute de carburant.
  • Depuis 1945, aucune nation au monde n’a empêché un avion présidentiel de survoler son territoire.
  • Paris, en plus de déclencher une crise d’une extrême gravité, a violé le droit international et l’immunité diplomatique absolue dont jouit tout chef d’Etat.
  • Le gouvernement socialiste de François Hollande a gravement porté atteinte au prestige de la nation. La France apparaît aux yeux du monde comme un pays servile et docile qui n’hésite pas un seul instant à obéir aux ordres de Washington, contre ses propres intérêts.
  • En prenant une telle décision, Hollande a discrédité la voix de la France sur la scène internationale.
  • Paris devient également la risée du monde entier. Les révélations faites par Edward Snowden ont permis de découvrir que les Etats-Unis espionnaient plusieurs pays de l’Union européenne dont la France. Suite à ces révélations, François Hollande avait publiquement et fermement demandé à Washington de cesser ces actes hostiles. Néanmoins, en coulisses, l’Elysée a fidèlement suivi les ordres de la Maison-Blanche.
  • Après avoir découvert qu’il s’agissait d’une fausse information et que Snowden ne se trouvait pas dans l’avion, Paris a décidé d’annuler l’interdiction.
  • L’Italie, l’Espagne et le Portugal ont également suivi les ordres de Washington et ont interdit à Evo Morales le survol de leur territoire, avant de revenir sur leur décision après avoir découvert que l’information était erronée et de permettre au président bolivien de poursuivre sa route.
  • Avant cela, l’Espagne a même exigé de fouiller l’avion présidentiel en violation de toutes les normes juridiques internationales. « Il s’agit d’un chantage et nous n’allons pas le permettre pour une question de dignité », a répliqué la présidence bolivienne. « Je ne suis pas un criminel », a déclaré Evo Morales.
  • La Bolivie a dénoncé une atteinte à sa souveraineté et à l’immunité de son président. « Il s’agit d’une instruction du gouvernement des Etats-Unis », selon La Paz.
  • L’Amérique latine a unanimement condamné l’attitude de la France, de l’Espagne, de l’Italie et du Portugal.
  • L’Union des nations sud-américaines (UNASUR) a convoqué en urgence une réunion extraordinaire suite à ce scandale international et a exprimé son « indignation » par la voix de son secrétaire général Ali Rodríguez.
  • Le Venezuela et l’Equateur ont condamné « l’offense » et « l’attentat » contre le Président Evo Morales.
  • Nicolas Maduro du Vénézuela a condamné « une agression grossière, brutale, impropre et non civilisée ».
  • Le Président équatorien Rafael Correa a exprimé son indignation : « Notre Amérique ne peut pas tolérer un tel abus ! ».
  • Le Nicaragua a dénoncé une « action criminelle et barbare ».
  • La Havane a fustigé « un acte inadmissible, infondé et arbitraire que offense toute l’Amérique latine et la Caraïbe ».
  • La Présidente argentine Cristina Fernández a fait part de sa consternation : « Ils sont devenus fous. Un chef d’Etat et son avion disposent d’une immunité totale. Une telle impunité est inacceptable ».
  • Par la voix de son secrétaire général José Miguel Inzulza, l’Organisation des Etats américains (OEA) a condamné la décision des pays européens : « Aucune circonstance ne peut justifier de telles actions au détriment du président bolivien. Les pays impliqués doivent expliquer pourquoi ils ont pris cette décision, car elle a mis en danger la vie du président d’un pays membre de l’OEA ».
  • L’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) a dénoncé « une discrimination flagrante et une menace contre l’immunité diplomatique d’un chef d’Etat ».
  • Au lieu d’accorder l’asile politique à la personne qui lui a permis de découvrir qu’elle était victime d’espionnage hostile, l’Europe, en particulier la France, n’hésite pas à créer une grave crise diplomatique dans le but de livrer Edward Snowden aux Etats-Unis.
  • Cette affaire illustre que l’Union européenne est, certes, une puissance économique, mais un nain politique et diplomatique incapable d’adopter une posture indépendante vis-à-vis des Etats-Unis.

Salim Lamrani

 

http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-25-verites-sur-l-affaire-evo-morales-edward-snowden-salim-lamrani-118897601.html  

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 14:21

Lu sur Commun Commune :

 face cachée du libre-échange


A quelques semaines d’intervalle, les Etats-Unis et l’Union européenne viennent d’annoncer le lancement de négociations en vue de créer la plus grande zone de « libre-échange » au monde. Selon le credo officiel, si les « barrières non tarifaires » au commerce tombent, l’expansion des affaires qui en résulterait serait tout bénéfice pour les entreprises et les consommateurs, tout en protégeant nos industries face à leurs concurrents étrangers. Or, l’actualité dément (avec une intensité croissante) les bienfaits à attendre du « libre-échange ». 

Crise budgétaire de la zone euro, délocalisations d’entreprises, fermeture scélérate de sites sidérurgiques par ArcelorMittal, crise des prothèses mammaires PIP et de la viande de bœuf chevaline… Depuis plusieurs années, nos sociétés connaissent un choc frontal. La crise est partout, revêtant de multiples dimensions : financière, budgétaire, écologique, humanitaire, mais aussi démocratique et sécuritaire… De la Grèce à l’Espagne, l’Europe ressemble à un avion qui aurait perdu ses ailes et percuté le sol : partout, il est question d’austérité, de modération salariale, de maintien de la compétitivité via une organisation plus flexible du travail… Ajoutons à ces constats la poursuite à la hausse des émissions de CO2, pourtant censées être réduites afin d’éviter une crise climatique, et l’on conviendra que le monde traverse une période particulièrement trouble et difficile.

Evidemment, quand un avion se crashe, après la recherche d’éventuels survivants, la priorité des enquêteurs est de comprendre les causes de l’accident, en analysant le contenu des boîtes noires qui retracent le vol de l’appareil. Mais rien de tel avec les multiples crises que traversent nos sociétés… Pourtant, la « boîte noire » des crises existe bel et bien.

Que dit la boîte noire ?

Toutes les crises évoquées ont un point commun : le libre-échange. Ainsi, la crise financière a précédé la crise budgétaire. Et la crise financière des subprimes a elle-même été précédée d’importantes décisions politiques, comme la dérégulation bancaire (aux Etats-Unis) et la totale liberté offerte aux mouvements de capitaux (spéculatifs comme non spéculatifs) en Europe. De même, la création d’un marché inique basé sur la « libre-circulation des biens, des services et des entreprises » a multiplié le recours à la sous-traitance et les intermédiaires marchands (donnant lieu au récent scandale de la viande de bœuf chevaline), et favorisé les fusions-acquisitions d’entreprises. Ce qui a contribué à mettre la sidérurgie liégeoise entre les mains d’ArcelorMittal, une entreprise voyou qui était membre, en 2011, du Transatlantic Policy Network : un lobby associant de puissantes multinationales (comme Bayer, Citigroup, Coca-Cola, Microsoft, Nestlé, Time Warner, Unilever, Walt Disney Company…) et des élus politiques (dont environ 8% des membres du Parlement européen), et qui est à l’origine de l’actuelle volonté de créer un marché transatlantique.

Mais qui se souvient qu’à chacune des décisions politiques passées, en faveur du « libre-échange », le même discours se répétait inlassablement ? En « libéralisant » les échanges marchands, en diminuant les « charges » pesant sur les entreprises, on allait favoriser l’activité économique, l’emploi, et partant, la richesse de tout un chacun.

Vingt ans plus tard, le constat est amer : dans le secteur bancaire, le « dynamisme » de la gestion privée a créé des produits financiers toxiques et fait exploser une énorme bulle spéculative en 2007-2008. Au bord de la banqueroute, les banques ont fait appel à l’argent public pour se sauver, aggravant grandement les déficits publics (qui ne posaient jusqu’alors aucun problème de solvabilité). Dans la foulée, s’est mise en place une gouvernance économique confiant d’importantes décisions (notamment budgétaires) à des instances non élues, comme la Banque centrale européenne ou la Commission européenne. Lesquelles imposent une austérité carabinée aux populations.

Pour leur part, les multinationales ont gagné le droit de mettre en concurrence les législations sociales et fiscales des différents pays. Elles ont abusé de la situation pour obtenir des rabais fiscaux (les intérêts notionnels n’en sont qu’un exemple) et se mettre en quête de zones de production à bas salaires. Dans leur soif de délocalisations, elles ont fait croître le chômage, précarisé l’emploi restant, et aggravé l’ampleur du problème climatique, vu les milliers de kilomètres de transport que les entreprises font aujourd’hui parcourir à leurs produits.

Forts de ces constats, et inquiets de voir des logiques technocratiques marchandes dominer nos sociétés, nous nous opposons vigoureusement à un accord de « libre-échange » avec les Etats-Unis, ainsi qu’au renforcement (européen et transatlantique) des législations liberticides. Adoptées au nom de la lutte contre le terrorisme, ces législations criminalisent de plus en plus souvent les mouvements sociaux (notamment en Espagne, mais aussi en Belgique avec l’adoption récente d’une loi, arbitraire et floue, visant à réprimer les « incitations à commettre des actes terroristes »).

Pour sortir des crises actuelles, nous avons besoin d’un renforcement de la démocratie, ce qui passe par un renforcement des politiques de solidarité et un encadrement beaucoup plus strict des activités des multinationales, et non par la fuite en avant vers des accords de « libre-échange » visant à accroître la compétitivité mondiale et renforcer les libertés des firmes multinationales échappant au contrôle démocratique…

C’est pourquoi nous avons adhéré à la plateforme d’opposition au marché transatlantique, et que nous appelons tous les citoyens qui se sentent concernés à nous rejoindre.

Source : No-Transat

Signataires :

Anne-Marie Andrusyszyn (CEPAG), Thierry Bodson (Secrétaire général de la FGTB wallonne), Jean-Pierre Coenen (Président de la Ligue des Droits de l’Enfant), Nico Cué (Secrétaire général de la MWB-FGTB), Thierry de Lannoy (Agir pour la Paix), Pierre Galand (Président des Amis du Monde diplomatique Belgique), Francis Leboutte (Mouvement des objecteurs de croissance de Liège), Jean-Pierre Michiels (Président de l’Association Culturelle Joseph Jacquemotte), Christine Pagnoulle (Présidente d’Attac-Liège), Eric Remacle (Président de la CNAPD), Sylviane Roncins (Mouvement des objecteurs de croissance de la Vallée de la Vesdre), Erik Rydberg (GRESEA), Mathieu Sonck (Secrétaire général d’Inter-Environnement Bruxelles), Christine Steinbach (Présidente des Equipes Populaires), Eric Toussaint (Président du CADTM Belgique), Michel Van Hoorne (Coordinateur Links Ecologisch Forum), Philippe Van Muylder (Secrétaire général de la FGTB de Bruxelles).

Lu sur le site de Michel Collon

http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-libre-echange-l-europe-s-enfonce-dans-l-atlantique-117014485.html

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 11:24

ENTRETIEN AVEC MAHDI DARIUS NAZEMROAYA 


"L’OTAN n’amène que la destruction, l’insécurité et la misère. Elle doit être abolie"

 

Apprécié pour la rigueur et la justesse de ses analyses le sociologue canadien Mahdi Darius Nazemroaya (*), 30 ans, s’est imposé comme un des meilleurs connaisseurs de l’OTAN. Ses investigations, traduites en de nombreuses langues, ont acquis une audience internationale et son ouvrage « The globalisation of NATO » [« La mondialisation de l’OTAN »] fait aujourd’hui référence. En 400 pages denses, fascinantes, préoccupantes, il nous fait prendre la mesure de la menace que l’OTAN fait peser sur la paix du monde et l’avenir de nombreux peuples. Il nous fait également prendre conscience de l’urgence qu’il y aurait à obtenir la dissolution de cette dangereuse organisation.

19 MARS 2013 | THÈMES (S.CATTORI) : OTAN

 

Mahdi Darius Nazemroaya : Les graines de ce livre ont été semées en 2007. J’avais alors rédigé un petit manuscrit mettant en relation les guerres en Afghanistan et en Irak (qui avaient fait suite aux tragiques évènements du 11 septembre 2001) avec l’expansion de l’OTAN, le projet de bouclier antimissiles états-unien - que je décrivais comme s’étant finalement couvert du manteau d’un projet de l’OTAN, - et le concept de ce que les néoconservateurs et leurs alliés sionistes appellent« destruction créative » pour redessiner la restructuration des pays du Moyen-Orient, et l’encerclement aussi bien de la Chine que de la Russie.

Silvia Cattori : Dans votre remarquable ouvrage vous mettez en lumière les stratégies mises en place par l’OTAN pour étendre son emprise militaire dans le monde. J’aimerais vous demander ce qui vous a motivé à consacrer tant d’énergie à un sujet aussi ardu et exigeant. Comment en êtes-vous venu à considérer que l’analyse du rôle de l’OTAN et des stratégies qu’elle a mises en place était une tâche absolument essentielle ?

J’ai toujours considéré que tous les évènements négatifs auxquels le monde est confronté étaient les éléments d’un ensemble ; ou de ce que le savant et révolutionnaire hongrois György Lukács a appelé « totalité fragmentée ». Les guerres en « série », l’accroissement des lois de sécurité, la guerre contre le terrorisme, les réformes économiques néolibérales, les « révolutions colorées » dans l’espace post-soviétique, la diabolisation de différentes sociétés par les médias, l’élargissement de l’OTAN et de l’Union Européenne, et les fausses accusations au sujet d’un programme d’armement nucléaire iranien font partie d’un tout. Un de mes articles publié en 2007 [1], posait également les principales bases de cette feuille de route et reliait tous les éléments de la guerre perpétuelle à laquelle nous assistons.

J’ai écrit ce livre parce que je pensais que c’était un sujet très important. J’ai lu la plupart des textes de l’abondante littérature concernant l’OTAN et aucun n’examine l’OTAN dans la perspective critique où je me place. De même qu’aucun ne relie l’OTAN de manière pertinente à une « vue d’ensemble » des relations internationales. Un chercheur de l’Université Carleton m’a dit que mon livre était comme une Bible des relations internationales et de tous ses sujets importants. Je vois moi aussi mon livre sur l’OTAN de cette manière.

Ma principale motivation pour écrire ce livre était d’amener les lecteurs à prendre conscience de la nature impérialiste des conflits internationaux modernes et de les aider à en voir la « totalité » au lieu de ses éléments « fragmentés ». Quand vous voyez l’ensemble, vous êtes en mesure de prendre de meilleures décisions. Je pense avoir donné de l’OTAN une évaluation correcte. Dans sa bibliothèque à Bruxelles il y a un exemplaire de mon livre. C’est l’OTAN elle-même qui a annoncé son acquisition comme l’une des ressources de sa bibliothèque, en novembre 2012. Ce livre est ma contribution, en tant que chercheur, pour essayer de permettre aux lecteurs de prendre des décisions en connaissance de cause en voyant au-delà des effets de miroirs et des éléments fragmentés du tableau.

Aujourd’hui dans le monde, les gens sont de façon générale plus instruits. Mais malheureusement l’ignorance se répand en ce qui concerne les relations de pouvoir et ce qui se passe dans ce domaine au niveau mondial. Nous entrons dans une ère trompeuse de l’histoire où beaucoup de gens à travers le monde sentent de plus en plus qu’ils ne peuvent rien faire d’autre que d’être des spectateurs impuissants, réduits à n’être que des particules, des rouages, ou des extensions d’une immense machine invisible sur laquelle ils n’ont aucun contrôle.

Les scénarios du livre de George Orwell « 1984 » se sont pour l’essentiel réalisés. Les gens sont devenus étrangers à leur monde et gouvernés de plus en plus par cette machine capitaliste invisible qui travaille à détruire toutes sortes de façons alternatives de vivre ou de penser ; l’ordre qui s’impose aujourd’hui à nous est comme un resserrement de la « cage d’acier » de Max Weber [2] qui réduit de plus en plus notre indépendance et nos mouvements.

La plupart des gens regardent maintenant les nouvelles et la télévision passivement. Ils essaient de se distraire de la réalité ; ils tentent d’engourdir leur conscience et de vivre dans un faux état de bonheur qui leur permet d’ignorer la réalité et les misères du monde. Collectivement, nos esprits ont été colonisés, on leur a fait croire à un faux ordre des choses. L’humanité est en train d’être de plus en plus déshumanisée. Peut-être que j’ai l’air hégélien, mais les gens deviennent étrangers à eux-mêmes. Ils deviennent aussi étrangers aux capacités de leur propre esprit et aux talents dont ils ont été dotés. Mais la vérité est que nous ne sommes pas séparés des évènements et des processus qui façonnent ce monde. Nous ne devrions pas devenir les esclaves des objets ou des structures de notre propre fabrication, que ce soit le capitalisme ou les structures politiques. Nous ne devons pas devenir de simples spectateurs de notre parcours de vie.

L’hégémonie est un processus continu de leadership, de contrôle, et d’influence qui implique à la fois la contrainte et le consentement. Mais son emprise n’est jamais totale et elle peut toujours être combattue. Nous voyons des défis à l’hégémonie dans la construction de blocs historiques qui affrontent les centres de pouvoir impérialistes et capitalistes. Le Mouvement bolivarien d’Hugo Chávez et l’ALBA sont des exemples réussis d’une contestation de l’hégémonie traditionnelle des élites compradores qui gouvernent la région au bénéfice de forces extérieures.

Silvia Cattori : Un grand chapitre passionnant et troublant de votre livre est consacré à l’Afrique. L’entrée en guerre de la France au Mali n’a pas dû être une surprise pour vous. La déstabilisation de ce pays affaibli, engendrée par l’intervention de la France en Libye, n’ouvre-t-elle pas une grave crise dans tous les pays du Sahel, de l’Atlantique à la Mer rouge ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Dès le début j’ai soutenu que la division du Soudan, l’intervention française en Côte d’Ivoire soutenue par les États-Unis, et la guerre de l’OTAN en Libye, faisaient partie d’une deuxième « ruée vers l’Afrique ». J’ai expliqué que la guerre en Libye visait à déstabiliser d’autres parties de l’Afrique et aurait un effet d’entraînement sur une large partie de ce continent incluant des pays comme le Niger et le Mali.

Dans mon livre, j’ai examiné le Sahel qui est constitué par les terres intérieures de l’Algérie, du Niger, de la Libye, et du Mali. La guerre de l’OTAN contre la Libye a déclenché une réaction en chaîne, comme une démolition contrôlée, que les États-Unis et leurs alliés utilisent pour contrôler une vaste portion de l’Afrique et de ses ressources. Comme la première « ruée vers l’Afrique » qui a été déclenchée par une crise économique dans les pays industrialisés de l’Europe occidentale, ces évènements concernent en fait le contrôle des ressources. Alors que les États-Unis s’impliquaient davantage en Afrique, son gouvernement et le Pentagone se sont mis à parler de plus en plus de l’expansion des facilités dont disposait Al-Qaïda en Afrique et de la manière dont l’armée américaine et ses alliés devaient combattre cette organisation en augmentant leur présence sur le continent africain. En fait, les États-Unis ont constitué en 2011 un budget pour l’actuelle guerre au Mali sous le couvert de la lutte contre Al-Qaïda en Afrique de l’Ouest. Des intérêts stratégiques comme l’obsession grandissante des États-Unis pour le Golfe de Guinée et l’approvisionnement en pétrole en Afrique de l’Ouest sont occultés dans un récit qui nous parle de la lutte contre les groupes terroristes rangés sous le label d’Al-Qaïda. Nous savons d’expérience que l’Empire américain a en fait travaillé avec ces groupes, aussi bien en Libye qu’en Syrie. Et que l’on cherche à pousser hors d’Afrique la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil, et d’autres rivaux économiques du bloc occidental, mais on n’en parle pratiquement pas. En lieu et place, on déguise les intérêts des États-Unis et des ses alliés de l’OTAN comme la France, en objectifs altruistes visant à aider des États faibles.

Pour en revenir au Mali. Je n’ai pas été surpris quand le Président François Hollande et son gouvernement ont ordonné aux soldats français d’envahir ce pays. Aussi bien la France que les États-Unis sont très au fait des réserves de gaz et de pétrole au Mali, au Niger, et dans l’ensemble du Sahel. Mon livre traite de ces points et de la création par le gouvernement français, en 1945, d’un Bureau de recherches pétrolières dans le but d’extraire le pétrole et le gaz de cette région. Quelques années plus tard, en 1953, Paris a délivré des licences d’exploitation à quatre compagnies françaises en Afrique. En raison de ses craintes, à la fois des empiétements américains et des demandes africaines d’indépendance, Paris a créé l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) pour maintenir son contrôle sur les parties riches en ressources de ses territoires africains qui possèdent du pétrole, du gaz, et de l’uranium. L’uranium a été important pour garantir l’indépendance de la France vis-à-vis de Washington par la création d’une force de dissuasion nucléaire stratégique, en riposte au monopole anglo-américain.

Ce n’est donc pas un hasard si les zones du Sahel que les États-Unis et ses alliés ont désignées comme faisant partie de la zone où Al-Qaïda et les terroristes sont situés correspondent à peu près aux frontières de l’OCRS, riche en énergie et en uranium. En 2002, le Pentagone a commencé d’importantes opérations visant à contrôler l’Afrique de l’Ouest. Cela a eu lieu sous la forme de l’Initiative Pan-Sahel, qui a été lancée par l’US European Command (EUCOM) et l’US Central Command (CENTCOM). Sous la bannière de ce projet de l’armée américaine, le Pentagone a formé des troupes du Mali, du Tchad, de la Mauritanie, et du Niger. Les plans visant à établir l’Initiative Pan-Sahel remontent toutefois à 2001, lorsque l’Initiative pour l’Afrique a été lancée à la suite des attentats du 11 septembre. Sur la base de l’Initiative Pan-Sahel, la Trans-Saharan Counter-terrorism Initiative (TSCTI) a été lancée en 2005 par le Pentagone sous le commandement du CENTCOM. Le Mali, le Tchad, la Mauritanie, et le Niger ont été rejoints par l’Algérie, le Maroc, le Sénégal, le Nigeria, et la Tunisie. La TSCTI a été transférée en 2008 au commandement de l’AFRICOM récemment activé. Il faut relever que le capitaine Amadou Sanogo, le leader du coup d’État militaire qui a eu lieu au Mali le 21 mars 2012, est l’un des officiers maliens qui ont été formés dans le cadre de ces programmes américains en Afrique de l’Ouest.

L’analyse du coup d’État de 2012 au Mali montre qu’il s’agit d’un acte criminel. Le coup d’État militaire a renversé le Président Amadou Toumani Touré sous prétexte qu’il ne pouvait pas restaurer l’autorité malienne sur le nord du pays. Le Président Amadou était sur le point de quitter son poste et n’avait pas l’intention de rester dans la vie politique, et les élections allaient avoir lieu dans moins de deux mois. Ce coup d’État a essentiellement empêché une élection démocratique d’avoir lieu et l’action du capitaine Sanogo a mis fin au processus démocratique au Mali et a déstabilisé le pays. Sa nouvelle dictature militaire a été reconnue par l’OTAN et par le gouvernement installé en Côte d’Ivoire par les Français. Les États-Unis ont continué à financer le gouvernement militaire du Mali et des délégations militaires et civiles des États-Unis et d’Europe occidentale ont rencontré le régime militaire de Sanogo. Peu après, la France a déclaré qu’elle avait le droit d’intervenir en Afrique partout où ses citoyens et ses intérêts étaient menacés. C’était autant de préliminaires.

Les armes qui sont utilisées au Mali et au Niger aussi bien par les groupes terroristes que par les tribus touaregs sont liées aux actions de l’OTAN en Libye. Plus précisément ces armes viennent des arsenaux libyens pillés, et des armes envoyées en Libye par les Français, les Anglais et les Qataris. L’OTAN a eu un rôle direct dans ce domaine et l’on sait que les Français ont soudoyé les groupes touaregs et ont contribué à les armer et à les financer durant la guerre contre la Libye. Du reste, en Afrique, les Français ont toujours manipulé les Touaregs et les Berbères contre d’autres groupes ethniques à des fins coloniales.

Par ailleurs, les tensions entre le Soudan et le Sud-Soudan sont attisées. La région soudanaise du Darfour et la Somalie sont toujours des points chauds. Tout cela fait partie d’un arc africain de crise qui est utilisé pour restructurer l’Afrique et l’englober dans les frontières du bloc occidental.

Silvia Cattori : Quand sous l’impulsion du président Sarkozy, après 33 ans de retrait, la France est revenue dans le commandement militaire de l’OTAN, il n’y a eu aucune protestation. N’est-ce pas le signe que les citoyens ignorent, que cette organisation menace l’humanité et que l’appartenance de leur pays à l’OTAN implique sa subordination à la politique étrangère belliciste de Washington et la perte de sa souveraineté ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Je pense que ce que le Président Sarkozy a fait en réintégrant la France dans le commandement militaire de l’OTAN est largement le reflet d’un consensus au sein de la classe politique française. Je sais qu’à Paris de nombreuses voix politiques l’ont critiqué, mais si au sein de la classe politique française l’opposition avait été intransigeante, elle aurait pu faire beaucoup plus que parler. Aujourd’hui, les membres de l’establishment politique français, aussi bien à « gauche » qu’à « droite », se battent entre eux pour savoir qui va le mieux servir les centres impérialistes et capitalistes à Washington et à New York. L’establishment politique français ne fait pas cela parce qu’il est particulièrement pro-américain, mais parce qu’il est au service du système mondial corrompu qui sert lui-même le capitalisme global dont le centre en voie d’affaiblissement est aux États-Unis. Ainsi, nous avons aussi besoin de réévaluer ce qu’est l’anti-américanisme, ou d’où proviennent et ce que représentent en fait les sentiments anti-américains.

De larges segments de l’élite de l’Europe occidentale sont au service de ce système mondial parce que leurs propres intérêts y sont investis et y sont liés. Comme les États-Unis sont en voie d’affaiblissement et en lutte pour maintenir leur primauté mondiale en tant que centre du capitalisme, de la régulation et de l’accumulation capitaliste, ils vont de plus en plus déléguer leurs missions impériales à des pays comme la France. On verra également davantage de compromis entre les États-Unis et des pays alliés comme la France et l’Allemagne. Il s’agit là d’une décentralisation dialectique du pouvoir des États-Unis visant à renforcer l’hégémonie du système mondial et à maintenir l’Empire américain par délégation. Il faut noter que ce système capitaliste mondial est fragmenté en blocs, raison pour laquelle nous voyons des rivalités entre les États-Unis, la Chine et la Russie.

De façon générale, la majorité des citoyens dans de nombreuses sociétés sont de plus en plus passifs vis-à-vis des décisions de leurs gouvernements et de leurs dirigeants. C’est le reflet d’un sentiment croissant d’aliénation, de détachement et d’impuissance qui a transformé les êtres humains en marchandises et en objets. Cela fait partie du resserrement de la « cage d’acier » dont je parlais plus haut, en termes weberiens.

Silvia Cattori : La France a été au commencement, avec le Qatar, le principal « parrain » de la déstabilisation de la Syrie [3]. La Chine et la Russie ont empêché par leurs vétos l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité qui aurait autorisé une intervention militaire de l’OTAN comme cela a été le cas en Libye. Mais on peut se demander si les pays de l’OTAN et leurs alliés arabes ne sont pas en train de réaliser leur plan de déstabilisation de la Syrie par d’autres voies ? Et pensez-vous que la Chine et la Russie pourront durablement contenir l’OTAN tant que les pays émergents n’auront pas leur mot à dire et les moyens d’imposer un véritable multilatéralisme au Conseil de sécurité ?

Mahdi Darius Nazemroaya : En premier lieu, il faut voir que les évènements en Syrie font partie d’une guerre par procuration menée par les États-Unis, l’OTAN, Israël et les dictatures arabes (comme l’Arabie Saoudite), contre la Chine, la Russie, l’Iran et leurs alliés. Deuxièmement, quand on considère les évènements en Syrie d’un point de vue international, on devrait penser à la Guerre civile espagnole qui a éclaté avant la Deuxième guerre mondiale. De même, on peut considérer les évènements en Libye et en Afrique, et peut-être les invasions antérieures de l’Afghanistan et de l’Irak, en pensant à l’invasion de la Chine par le Japon ou l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne avant la Deuxième guerre mondiale. Cela ne signifie pas que la Syrie ou ces évènements soient nécessairement le prélude à une Troisième guerre mondiale, mais ils ont le potentiel d’allumer un vaste incendie au niveau mondial — à moins que l’on ne pense que tous ces évènements font déjà partie de la Troisième guerre mondiale.

Les thèses de Giovanni Arrighi sur les cycles systématiques d’accumulation dans le « système-monde » peuvent nous aider à trouver une base de réflexion. Son travail est important parce que nous pouvons l’utiliser pour lier entre eux, de la Syrie à l’Afrique, les éléments dont nous parlions en termes de « totalité fragmentée » constituant le système mondial. Les cycles d’accumulation étudiés par Arrighi se rapportent à des périodes de temps qui s’étendent sur une centaine d’année ou plus, durant lesquelles le centre du capitalisme dans le système mondial se situe dans un lieu géographique ou un pays donné. Ses thèses sont fortement influencées par les travaux du savant français Fernand Braudel sur l’expansion du capitalisme. Pour Arrighi ces centres d’accumulation ont été les pouvoirs hégémoniques du système mondial en expansion. À la dernière étape de chaque cycle, les capitalistes déplacent leurs capitaux de ces centres dans d’autres endroits et finalement dans le nouveau centre capitaliste qui a émergé. Ainsi, chronologiquement, le pouvoir hégémonique du système mondial a été transféré de la ville-État italienne de Gênes aux Pays-Bas, puis en Grande Bretagne et, finalement, aux États-Unis. Le déplacement géographique du centre du système mondial se produit au cours d’une période de crise, au moins pour les anciens centre capitalistes, et dans un court laps de temps. Nous en arrivons aujourd’hui à la Chine. Ce qui se passe est que le centre du capital est sur le point de sortir des États-Unis. Si l’on suit la tendance soulignée par Arrighi, alors le prochain centre d’accumulation capitaliste du système mondial sera la Chine. Toutefois d’autres scénarios ne sont pas à écarter, comme une direction globale de toutes les principales puissances capitalistes. En me référant aux travaux d’Arighi, je veux dire ici que nous avons affaire à un système capitaliste mondial qui inclut la Chine et la Russie. Ni les États-Unis ni la Chine ni la Russie ne veulent perturber ce système. Ils sont en compétition pour en devenir le centre d’accumulation capitaliste. C’est pourquoi aucune des parties ne veut une guerre directe. C’est pourquoi les Chinois n’ont pas utilisé la dette étrangère américaine pour dévaster l’économie des États-Unis ; la Chine souhaite voir un transfert ordonné du centre d’accumulation depuis les États-Unis.

La Chine et la Russie ne changeront pas leurs politiques et leurs positions sur la Syrie ou l’Iran, mais elles veulent éviter une guerre qui perturbe le système capitaliste mondial. Bien sûr, les États-Unis essaient de maintenir leur position en tant que centre du système mondial, par la force brute, ou en impliquant leurs alliés et vassaux dans leurs opérations impérialistes, comme au Mali et en Libye.

Silvia Cattori : Vous consacrez un long chapitre (p 67 à 113) à l’intervention de l’OTAN en Yougoslavie. Pouvez-vous résumer pour nos lecteurs ce à quoi cette guerre, qui a démembré un pays et généré tant de souffrances, devait aboutir ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Le démantèlement de la République fédérative socialiste de Yougoslavie a été une étape importante pour ouvrir les portes d’une expansion vers l’Est de l’OTAN et de l’Union Européenne. Il a ouvert la route pour la marche vers les frontières de la Russie et de l’ex-Union soviétique. L’ex-Yougoslavie était aussi un obstacle majeur vis-à-vis du projet euro-atlantique de l’OTAN et de l’UE en Europe. En outre, la guerre de l’OTAN en Yougoslavie a permis de préparer la logistique des guerres en Afghanistan et en Irak.

Silvia Cattori : Denis J.Halliday [4] écrit dans la préface de votre ouvrage : « L’OTAN n’amène que la destruction, la pauvreté, l’insécurité et la misère. Elle doit être abolie ».Quand on sait qu’il n’y a aucun mouvement qui s’oppose à la guerre, que des ONG comme Amnesty, HRW, MSF, MDM, prennent le parti de l’ingérence militaire des grandes puissances, comme on l’a vu en ex-Yougoslavie, au Soudan, en Libye, en Syrie, que peut-on suggérer à toute une jeunesse en quête de justice et désireuse d’agir pour un monde meilleur ? Que peuvent faire concrètement les peuples européens contre la machine destructrice de l’OTAN ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Comme je l’ai dit, nous en sommes arrivés à la situation décrite par George Orwell dans son roman “1984”. Amnesty InternationalHuman Rights Watch, et une grande partie des ONG de l’industrie humanitaire sont des outils de l’impérialisme pratiquant les deux poids deux mesures. Les organisations d’aide étrangère sont profondément politiques et politisées. Cela ne signifie pas que tous leurs employés soient de mauvaises gens qui ne veulent pas aider le monde. Bon nombre de leurs employés et des bénévoles sont des gens estimables ; ils ne comprennent pas tous les faits et ils ont de bonnes intentions. Ces gens ont été trompés ou aveuglés par la pensée de groupe institutionnelle. Leurs esprits devraient être débarrassés de tous les préjugés et de la désinformation dont ils ont été nourris ; une véritable tâche de dévouement.

Les citoyens des pays de l’OTAN doivent travailler à se positionner eux-mêmes pour informer leurs sociétés respectives sur l’OTAN et finalement les influencer pour qu’elles se retirent de cette organisation. Cela peut être fait de diverses manières. Mais cela commence par une compréhension de ce qu’est l’OTAN et une connaissance non censurée de son histoire.

Je ne suis pas une autorité morale ou un stratège. Se maintenir soi-même sur la bonne voie est déjà un défi assez difficile, je pense. Je n’ai aucun droit à pontifier sur la façon dont les gens devraient vivre. Je vais toutefois vous dire ce que je pense personnellement. À mon avis, le plus gros problème pour beaucoup de gens est qu’ils veulent changer le monde à une beaucoup trop grande échelle sans s’attaquer aux problèmes immédiats dans leurs propres vies. Je trouve que la meilleure manière de changer le monde est de commencer par de petits pas dans notre vie de tous les jours. Je parle ici d’ « échelle » et pas de « changement graduel » ou de « rythme ». Faire un monde meilleur commence par votre environnement immédiat. Le changement commence avec vous-même et ceux qui vous entourent, tout comme le devrait la charité. Imaginez si la plupart des gens faisaient cela ; le monde serait changé par petites étapes qui aboutiraient collectivement à un changement monumental. Rien de tout cela ne peut non plus se faire sans patience et détermination, et je souligne encore une fois qu’action et connaissance ne devraient pas être séparées. Je ne sais que dire de plus.

Silvia Cattori : En mettant ensemble les pièces du puzzle vous démontrez magistralement dans votre livre comment ces guerres en série, menées sous des prétextes humanitaires, s’inscrivent dans une stratégie de « destruction créative » conçue par « les néoconservateurs et leurs alliés sionistes », et comment – de la Yougoslavie, à l’Afghanistan, à l’Irak et à la Libye – elles sont toutes liées. Des personnalités de premier plan, comme l’ancien Secrétaire général adjoint de l’ONU Denis J. Halliday qui a préfacé votre ouvrage, vous donnent entièrement raison : l’OTAN est bel et bien le principal danger pour la paix du monde. Mais vous savez qu’en Europe, notamment dans les pays où, comme en France, les organisations juives ont une forte emprise sur les politiques et les médias, dénoncer la stratégie des néoconservateurs et de leur allié Israël [5], ou dénoncer les révolutions colorées suffit à vous faire cataloguer comme« théoricien du complot » et à vous écarter du débat. Que peut-on faire à votre avis pour modifier cette désespérante situation ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Mon expérience (au Canada) est différente. On ne m’a jamais qualifié de théoricien du complot. Je pense que la censure des médias et le mépris systématique sont des tactiques clés utilisées contre ceux qui remettent en question le récit dominant ou les opinions énoncées par les forces hégémoniques qui dominent la société. L’objectif visé en diabolisant des personnes ou des groupes sous le qualificatif de « théoriciens du complot » est de les discréditer et de les neutraliser. Cela se produit généralement quand ils ont beaucoup attiré l’attention et quand ils ont aussi quelques idées fausses qui peuvent être ridiculisées et liées à leurs positions. Néanmoins, ceux qui se voient qualifiés de théoriciens du complot ne devraient pas laisser cette accusation les dissuader de maintenir leurs positions et de continuer à s’adresser aux gens. Car la démoralisation fait partie de la tactique utilisée pour réprimer les points de vue et réflexions « dérangeantes ».

Les groupes et les lobbies sionistes ont une présence forte et disproportionnée dans le domaine politique et dans les médias de plusieurs pays, mais il faut reconnaître qu’ils ne sont pas homogènes et qu’ils ne sont pas les seuls facteurs influents ; ils font partie d’un bloc d’intérêts pour qui il est important d’empêcher qu’un discours critique n’ébranle les forces hégémoniques qui dominent aujourd’hui la société. Et les lobbies sionistes ne sont pas tous liés à Israël. Il arrive qu’un groupe sioniste travaille à introduire et à imposer à Israël des projets externes. Les motivations de ces groupes ne sont pas toutes les mêmes, mais elles font partie du programme dominant qui s’est développé en ce que les renommés sociologues Giovanni Arrighi et Immanuel Wallerstein ont appelé « système-monde » [ou « économie-monde »].

À mon humble avis, être entendu est la chose la plus importante. Internet et les réseaux sociaux ont contribué à ce processus. Je pense que, pour être entendu, il est également important de proposer des analyses rigoureuses et bien articulées. C’est une tâche difficile qui doit être accomplie, et qui fait partie d’un processus culturel plus large incluant l’éducation et la rééducation. Modifier les forces hégémoniques dominant la société ne peut se faire qu’en établissant de nouveaux courants de pensée pouvant contester leur hégémonie. La critique ne suffit pas non plus, une alternative et un meilleur programme doit être articulé et proposé. La critique en elle-même est inutile si l’on n’offre pas parallèlement un programme alternatif. Pensée et action doivent également être liées dans un processus pratique.

Silvia Cattori : Votre livre va-t-il être traduit en français ? A-t-il eu la couverture médiatique lui permettant de toucher un large public ?

Mahdi Darius Nazemroaya : Mon livre devait être traduit en français en trois volumes par un éditeur en France, mais malheureusement l’accord a fait long feu. En notre temps où la durée d’attention s’amenuise, peu de gens sont intéressés à lire un livre de plus de 400 pages. Très peu d’attention lui a été accordée de la part des grands médias. Il y a plusieurs mois, Le Monde Diplomatique à Paris a contacté mon éditeur aux États-Unis, ainsi que la maison qui le diffuse en Grande Bretagne, pour leur demander l’envoi d’un exemplaire. Je ne sais pas si Le Monde Diplomatique a réellement l’intention de faire une recension d’un livre aussi critique et, très honnêtement, je ne m’en soucie pas vraiment.

Mon ouvrage a eu de bonnes critiques disant que c’est un livre à lire absolument. Il est diffusé dans les universités et les collèges. On en trouve des exemplaires dans les bibliothèques de diverses institutions comme l’Université de Harvard et l’Université de Chicago. Il est référencé à la Haye et dans la prestigieuse collection de la Bibliothèque du Palais de la Paix aux Pays-Bas qui tient à jour les livres relatifs aux lois internationales. Sur Amazon au Royaume Uni, il est classé comme l’un des meilleurs livres sur l’OTAN et je crois qu’il est en train de prendre un bon départ.

Silvia Cattori

http://www.silviacattori.net/article4308.html

 

[1] Publié d’abord sous le titre « La mondialisation de l’OTAN » puis sous le titre modifié« La mondialisation de la puissance militaire : l’expansion de l’OTAN » . Cet article a été traduit en de nombreuses langues, y compris en arabe par la chaîne qatari d’informationAl-Jazeera.

[2] La « cage d’acier » (ou « cage de fer ») est un concept sociologique introduit par Max Weber qui se réfère à la rationalisation accrue de la vie sociale, en particulier dans les sociétés capitalistes occidentales. Ainsi la « cage d’acier » enferme les individus dans des systèmes fondés uniquement sur l’efficacité, le calcul rationnel et le contrôle.

[3] Voir : 
 « Gérard Chaliand dit quelques vérités sur la Syrie » : 
http://www.silviacattori.net/article3350.html 
 « Syrie : Les victimes de l’opposition armée ignorées » : 
http://www.silviacattori.net/article3416.html

[4] L’Irlandais Denis J. Halliday a passé une bonne partie de sa carrière auprès des Nations Unies, impliqué dans des actions d’aide humanitaire. En 1997, il fut nommé Sécrétaire général adjoint et directeur du programme humanitaire en Irak. Un an plus tard, après 34 ans de service au sein des Nations Unies, Halliday a annoncé sa démission en raison des sanctions économiques imposées à l’Irak, qu`il a qualifiées de « génocide ». En 2003, il a reçu Le Gandhi International Peace Award. Depuis son départ des Nations Unies, Denis Halliday a participé de manière active dans plusieurs actions contre la guerre et les crimes contre l’humanité. Il est présentement membre de l’Initiative de Kuala Lumpur en vue de « criminaliser la guerre ».

[5] Par exemple, en France l’écrivain Israël Shamir a été accusé en 2003 d’antisémitisme par Olivia Zemor, Nicolas Shahshahani et Dominique Vidal parce qu’il disait qu’Israël et le « lobby juif » aux Etats-Unis avaient joué un rôle prépondérant dans l’entrée en guerre contre l’Irak ; ce qui devait aboutir au renversement du régime de Saddam Hussein (l’un des derniers leaders arabe qui refusait de reconnaitre l’Etat juif d’Israël), à démembrer l’Irak pour assurer la « sécurité d’Israël ».

 

(*) Mahdi Darius Nazemroaya est un sociologue interdisciplinaire, auteur primé, et analyste politique connu. Il est chercheur au Centre de recherche sur la mondialisation à Montréal, collaborateur expert de laStrategic Culture Foundation à Moscou, et membre du Comité scientifique de la revue de géopolitiqueGeopolitica, en Italie. 
Sur son ouvrage « The Globalization of NATO », voir également (en anglais) : 
 http://www.silviacattori.net/article4005.html  
 http://www.silviacattori.net/article3834.html 
 http://www.silviacattori.net/article3780.html

Traduit de l’anglais par JPH

 

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Published by Vendémiaire - dans International
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