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La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

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L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 11:39

Le 18 septembre 2001, George W. Bush – qui, de toute évidence, a regardé trop de films de John Wayne – déclarait que les Etats-Unis captureraient Oussama Ben Laden « mort ou vif ». Cette affirmation s’est révélée correcte à 50 %. Il est clair que les Forces spéciales américaines envoyées à Abbottabad n’avaient absolument aucune intention de « prendre » Ben Laden vivant.

Lorsque les Américains ont capturé Saddam Hussein, en 2003, ils n’ont pas hésité à l’exposer comme une bête de foire. Ils l’ont soumis à toutes sortes d’humiliations, dont un examen dentaire retransmis à la télévision. Ils ont monté un procès, bien que le verdict en fût connu d’avance. Ils voyaient ça comme un immense coup de propagande. Pourquoi n’ont-ils pas fait de même avec Ben Laden ?

John Brennan, responsable du contre-terrorisme auprès d’Obama, a déclaré à des journalistes que le commando américain avait été « préparé » à capturer Ben Laden vivant « s’il ne représentait pas de menace ». Or, en réalité, ses assaillants ne lui ont donné aucune chance de se rendre. Il a reçu une balle dans le crâne et une autre en pleine poitrine. Très vite, son corps a été jeté à la mer « suivant les rites de la tradition islamique ». Des officiels américains ont déclaré qu’une tombe risquait d’en faire un lieu de pèlerinage.

En fait, Ben Laden savait trop de choses. Si un procès avait été organisé, il aurait sans doute rappelé le rôle de la CIA dans la promotion d’Al-Qaïda et des Talibans. La CIA a joué un rôle important dans l’armement et l’entraînement des fondamentalistes, y compris de Ben Laden lui-même. Il ne fallait pas qu’il parle – et ils l’ont empêché de parler.

L’implication de l’ISI

L’assaut a été mené à l’insu du gouvernement pakistanais, quitte à briser le mythe de la « souveraineté nationale » de ce pays. Si les Américains n’ont pas prévenu les Pakistanais, c’est parce qu’ils craignaient que l’information soit immédiatement communiquée à Ben Laden, via les services secrets pakistanais (l’ISI).

Comment se fait-il que l’homme le plus recherché au monde vivait dans une résidence fortifiée, à la périphérie d’une ville habitée par des hommes d’affaires et des officiers à la retraite ? La résidence se situe à quelques centaines de mètres de l’Académie Militaire du Pakistan, un centre d’entraînement d’élite. Le chef de l’armée pakistanaise s’y rend fréquemment lors de cérémonies diverses.

Mieux encore : la résidence se situe dans une zone militaire d’Abbottabad qui est soumise à des contrôles stricts de la part de l’armée et des services secrets. Quiconque souhaite vivre dans cette zone doit passer par toute une série de contrôles. Il est impensable que Ben Laden et ses hommes aient occupé cette résidence sans que cela soit connu de l’armée pakistanaise et des services secrets, au plus haut niveau.

Depuis des décennies, l’armée et l’Etat pakistanais manoeuvrent en Afghanistan, qu’ils veulent placer sous leur contrôle, conformément à leur théorie de la « défense en profondeur ». Ils voient l’Inde comme leur principal ennemi et se préparent à la guerre contre ce puissant voisin, qui a une population plus nombreuse, une base industrielle plus large et un territoire plus vaste. Leur idée est d’attacher l’Afghanistan au Pakistan, de sorte que dans l’éventualité d’une guerre avec l’Inde, l’Afghanistan jouerait le rôle d’immense base arrière. Cette idée est une obsession au plus haut niveau de l’armée pakistanaise – et en particulier de l’ISI.

Mais il y a d’autres intérêts en jeu, encore plus substantiels que la stratégie militaire ou le Coran. L’ISI est étroitement liée à la mafia de la drogue pakistanaise et afghane, qui brasse d’énormes quantités d’argent sale. Ces éléments criminels sont liés, à leur tour, aux Talibans et à leurs terroristes associés. A travers un vaste système de corruption et de distribution d’argent de la drogue, les tentacules de l’ISI plongent dans toutes les sphères de l’Etat et du gouvernement.

Le lieu de résidence de Ben Laden a confirmé les soupçons des Américains à l’égard de l’ISI. Le silence assourdissant des services secrets pakistanais est la preuve la plus éloquente de leur culpabilité. Ils ont protégé Ben Laden. Cela aura de sérieuses implications dans les relations entre les Etats-Unis et le Pakistan. Cependant, ils restent liés comme deux frères siamois. Ce n’est pas très confortable, mais ils doivent faire avec. Les Américains ont besoin du Pakistan pour mener leur guerre en Afghanistan. Et Zardari, le président pakistanais, a besoin de Washington pour maintenir l’économie (et le gouvernement) à flot.

Les effets aux Etats-Unis

Lorsque la nouvelle a été annoncée, dimanche soir, il y avait des scènes de liesse à Washington, à New York et ailleurs. Des gens sont allés à « Ground Zero » pour exprimer leur joie. Un homme a dit : « Peut-être qu’on peut désormais se retirer d’Irak ». Sous la mince couche de ferveur patriotique, ces mots indiquent un mécontentement sous-jacent à l’égard des aventures militaires américaines – et une soif de paix.

Obama a félicité les « héros » qui ont mené l’opération et appelé les membres du Congrès à faire preuve du « même sens d’unité qui a prévalu après le 11 septembre ». Mais c’est un vœu pieux. La société américaine n’a jamais été aussi divisée depuis la Guerre Civile. A court terme, Obama va récolter les fruits de cet assassinat. Cela pourrait contribuer à sa réélection. Mais ce n’est même pas certain. L’euphorie suscitée par la mort de Ben Laden retombera, pas les effets de la crise économique.

L’euphorie de ces derniers jours n’a pas de base solide. La situation explosive, à l’échelle mondiale, n’a pas été créee par Ben Laden et Al-Qaïda. Au contraire, ils en étaient une expression. La mort d’un homme ne changera rien de fondamental. Au contraire, cela fera naître un désir de vengeance qui débouchera sur de nouveaux attentats terroristes.

Obama a déclaré que la mort de Ben Landen faisait du monde un lieu plus sûr. Mais dans le même discours, il a affirmé que les risques d’attentats terroristes n’étaient pas éliminés. La sécurité a été renforcée dans les ambassades et les aéroports, par crainte de représailles. Les Etats-Unis ont fermé leur ambassade et leurs consulats au Pakistan. En réalité, le monde est un lieu plus dangereux qu’il y a trois jours.

La vraie signification d’Al-Qaida

Dans la poursuite de ses objectifs, l’impérialisme a toujours besoin de créer un monstre, un sinistre ennemi qu’il diabolise et dont il exagère les crimes, pour justifier ses propres crimes plus monstrueux. Par le passé, il y a eu le « Péril Jaune », puis le « Péril Rouge », et plus récemment Al-Qaïda et les Talibans. Les noms changent mais la fonction reste la même.

Depuis dix ans, les médias ont systématiquement construit l’image d’un Monstre nommé Al-Qaïda, censé être une organisation internationale ultra-centralisée, disciplinée et dévouée à la destruction de la civilisation occidentale. En réalité, Al-Qaïda a toujours été une petite organisation dotée d’une audience marginale dans le monde islamique. Dans les faits, il s’agit d’une myriade de petits groupes, dans différents pays, dont chacun poursuit ses propres objectifs. Quant à Ben Laden, son activité se réduisait depuis longtemps à l’enregistrement occasionnel de mauvaises vidéos.

Tout ce dont les impérialistes avaient besoin, dans leur lutte contre Al-Qaïda, c’est de la méthode des « frappes chirurgicales » – autrement dit, de bonnes informations et une intervention armée sélective et limitée. Il n’était pas nécessaire d’envoyer de grandes quantités de soldats et de tanks pour envahir des pays, comme les Américains l’ont fait. Dans la lutte contre le terrorisme, cette tactique est complètement contre-productive. En se comportant comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, l’impérialisme américain a énormément aidé les terroristes.

L’impérialisme américain fut le meilleur allié de Ben Laden et d’Al-Qaïda. L’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan a donné une grande impulsion au recrutement de jeunes Musulmans par les forces du terrorisme. Mais la vague révolutionnaire qui balaye le monde arabe a ruiné le mythe d’Al-Qaïda. En Tunisie, en Egypte et ailleurs, des millions de travailleurs, de jeunes et de paysans ont montré comment mener une lutte sérieuse contre l’impérialisme et ses agents locaux. Et malgré la propagande mensongère des impérialistes, les fondamentalistes n’ont joué aucun rôle significatif dans ces magnifiques mouvements de masse.

Le terrorisme d’Etat est beaucoup plus meurtrier que n’importe quel groupe terroriste. Ce sont les Etats qui déclarent la guerre, qui larguent des bombes sur Hiroshima et Nagasaki, qui construisent des camps de concentration tels que Guantanamo, qui manipulent l’opinion publique à travers leurs médias. Ce sont les Etats qui saignent les budgets de la santé, de l’éducation et des retraites – tout en donnant des milliards aux banquiers. Nous ne verserons pas une larme sur le sort du terroriste réactionnaire dont les mains étaient entachées du sang de milliers de personnes. Mais nous condamnons encore plus fermement les crimes de l’impérialisme, qui est responsable de beaucoup plus d’atrocités que Ben Laden et ses fidèles.

Le terrorisme individuel repose sur l’idée que de petits groupes d’hommes armés et déterminés peuvent renverser l’ordre établi. C’est une illusion. L’Etat a suffisamment de ressources pour détruire n’importe quel petit groupe armé. Les dégâts provoqués par des attentats terroristes sont superficiels. En fait, les attentats ne font que renforcer les régimes en place, en leur donnant l’excuse dont ils ont besoin pour contre-attaquer à une vaste échelle. C’est ce qu’ont clairement montré les événements qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001. En réalité, l’action révolutionnaire des masses est la seule force qui puisse changer la situation en profondeur. Les révolutions en Egypte, en Tunisie et dans l’ensemble du monde arabe en sont la preuve la plus éclatante.

 

Alan Woods

La Riposte http://www.lariposte.com/l-assassinat-de-ben-laden,1605.html

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 11:35

par Paul Craig Roberts

mardi 3 mai 2011, par Comité Valmy

 

Si aujourd’hui était le 1er Avril et non le 02 Mai, nous pourrions dire que la grosse nouvelle du matin qu’Ossama Ben Laden a été tué dans une fusillade au Pakistan et inhummé illico en mer, est un poisson d’Avril. Faute de cela, nous devons prendre cette nouvelle comme la preuve que le gouvernement américain a une croyance illimitée en la naïveté chronique des américains.

Réfléchissez-y un peu. Quelles sont les chances qu’une personne souffrant d’une maladie des reins demandant une dialyse quotidienne, étant de plus affligée de diabète et d’une basse tension artérielle, puisse survivre dans des cachettes montagneuses pendant une décennie ? Si même Ben Laden avait pu obtenir l’équipement de dialyse nécessaire ainsi que l’attention médicale suffisante à sa condition pathologique, l’équipement nécessaire ne pointerait-il pas à la longue vers l’endroit où il se trouve ? Pourquoi cela a t’il pris 10 ans pour le trouver ?

Considérez également les allégations faites par les médias triomphalistes célébrant la mort de Ben Laden que “Ben Laden a consacré ses millions à financer des camps terroristes au Soudan, aux Philippines, en Afghanistan, envoyant des ‘guerriers sanctifiés’ pour fomenter des révolutions et lutter avec des fondamentalistes musulmans en Afrique du Nord, en Tchétchénie, Tajiikistan et en Bosnie.” Ceci représente beaucoup d’activités pour “quelques millions” (et peut-être que les américians auraient dû le mettre responsable du pentagone), mais la question majeure demeure : comment Ben Laden était-il capable de transférer son argent ? Quel système bancaire l’aidait-il ? Le gouvernement US est capable de saisir les biens et les dividendes de gens et de pays entiers, la Libye étant le cas le plus récent.

Pourquoi donc pas Ben Laden ? Transportait-il avec lui 100 millions de dollars en pièces d’or et envoyait-il des émissaires distribuer les paiements de ses lointaines opérations ? La nouvelle de ce matin a l’odeur et la marque d’un évènement préfabriqué. L’odeur émane de manière insistante des rapports de presse triomphalistes tous pompés d’exagérations, et de la part des célébrateurs agitant des drapeaux en chantant “USA, USA”. Se pourrait-il qu’il en soit autrement ?

Il ne fait aucun doute que le président Obama a désepérément besoin d’une victoire. Il a commis la folle erreur de recommencer la guerre en Afghanistan et maintenant après une décennie de combats, les forces américaines et le gouvernement font face à l’enlisement, sinon la défaite. Les guerres des régimes Bush et Obama ont mis les Etats-Unis en banqueroute, laissant une trainée de lourds déficits et un dollar en déclin total. Le temps des élections (ré-élections) approche à grands pas.

Les mensonges et magouilles multiples des dernières administrations, comme celui des “armes de destruction massive”, ont eu des conséquences dramatiques pour les Etats-Unis et le monde. Mais tous les mensonges ne sont pas les mêmes. Vous souvenez-vous que la raison principale d’envahir l’Afghanistan en premier lieu fut pour attapper Ben Laden. Maintenant que le président Obama a déclaré officiellement que Ben Laden a été abattu d’une balle dans la tête par les forces spéciales US opérant dans un pays indépendant et souverain et qu’il a été inhumé en mer, il n’y a donc plus aucune raison de continuer la guerre.

Peut-être que le déclin précipité du dollar US sur les marchés de change a forcé des réductions de budget, qui ne peuvent survenir qu’en interrompant des guerres sans fin. Jusqu’à ce que le déclin du dollar n’atteigne un point de gravité décisive, Ossama Ben Laden, dont bien des experts pensent qu’il est mort depuis des années, a été un homme de paille très utile afin de continuer à alimenter la source de profit du complexe militaro-industriel et de son corollaire de la sécurité.

 

Article original en anglais, Osama bin Laden’s Second Death, publié le 2 mai 2011.

Source : Mondialisation.ca, Le 3 mai 2011

Publié par Comité Valmy http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1444

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 22:04

   Le drame japonais provoque chez nous - et c’est normal - émotion, inquiétude et… ébullition politique sinon politicienne. Au premier rang de cette dernière, les leaders habituels « écologistes » - N.Mamère, C.Dufflot pour ne citer qu’eux. La vigoureuse campagne qu’ils développent actuellement au sujet de la catastrophe nucléaire japonaise tient en deux mots : sortir du nucléaire et référendum immédiat. Ces deux thèmes appellent deux séries de réflexions critiques.

   L’opposition à l’utilisation civile de l’énergie nucléaire chez les Verts n’est pas nouvelle, mais la vigueur avec laquelle elle se manifeste actuellement - sans grand égard d’ailleurs, me semble- t’il, pour le traumatisme qui frappe le peuple japonais- nécessite quelques mises au point. Au fond, pour eux, l’ennemi, c’est l’atome et l’énergie qu’il recèle. Ce sont les multiples et extraordinaires applications médicales, énergétiques en temps que facteur essentiel du développement humain et du mieux-être potentiel qu’elles contiennent. Poussons le raisonnement à son terme: la connaissance, et donc la maîtrise de la nature afin d’en faire l’alliée de l’Homme et non son maître, voilà l’ennemi. Positionnement foncièrement réactionnaire et obscurantiste qui rejoint les théories à la mode sur la « décroissance ». Par contre j’observe qu’à ce jour ,  la vigueur des indignations « écologistes » contre l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire va de pair avec un silence quasi-total  sur les conditions socio-économiques dans lesquelles  celle-ci est mise en œuvre, en clair sur les rapports de production capitalistes. Ainsi la vertueuse indignation de N.Mamère épargne les responsabilités écrasantes du groupe Tepco et de ses dirigeants qui ont sacrifié la sécurité de millions de Japonais sur l’autel du profit: comme le rappelle judicieusement le journal L’Humanité du 16 mars, le grand groupe privé tablait sur la réduction des côuts de maintenance dès 2003 pour « sécuriser » ses profits et, dans cette optique, des questions se posent quant aux critères qui ont présidé chez le constructeur quant aux choix de l’implantation géographique initiale de la centrale. On voit immédiatement l’ objection opposable à notre raisonnement: Tchernobyl est bien survenu dans un régime « socialiste » et non capitaliste. Socialiste? Voire! Plutôt un système dérivé d’une tentative de socialisme, pourri alors depuis des dizaines d’années par l’autoritarisme, le manque de démocratie, la bureaucratie , l’incompétence et dans lequel les ennemis mêmes de la Révolution tenaient toutes les rênes du pouvoir économique, industriel notamment , individus que l’on a retrouvés instantanément aux leviers de commande du nouveau système que l’on baptisera pudiquement de « libéral »! Les Soviétiques ont payé tout cela, au même titre que les Japonais d’aujourd’hui.

   Certes, il y a eu le séisme, le tsunami, les risques naturels en quelque sorte. Certes on ne saurait nier les risques spécifiques liés à l’énergie nucléaire. Mais est-il donc écrit quelque part qu’ils soient irrémédiablement inaccessibles, immaîtrisables par l’humanité? A mon avis, non, trois fois non. Ils sont au contraire accessibles et maîtrisables. A une condition absolue, hors laquelle il n’y a point de salut: que la politique énergétique, en particulier nucléaire, s’élabore et se mette en œuvre dans un vaste secteur public, doté des moyens nécessaires, profondément démocratisé donc transparent dans ses structures et son fonctionnement, et intégré dans une société elle-même libérée de la dictature de la finance et du profit, c’est-à-dire reposant sur la maîtrise des grands moyens de production et d’échange. Vaste programme, dira- t’on: mais y-a-t-il une autre voie? Sans elle, d’autres Fukushima sont probables, indépendamment de la compétences des chercheurs, ingénieurs et techniciens impliqués. Et on peut, précisément, avoir toutes les craintes, en France, de ce point de vue, à l’heure où le pouvoir liquide systématiquement tous les leviers publics de la vie nationale; et il est fort à craindre que le domaine énergétique, nucléaire notamment, ne fasse pas exception.

   Autre type de réflexions relatives au positionnement actuel des « écologistes » .Ce n’est pas nouveau, mais l’actualité contraint d’y revenir. On aimerait bien que ceux-ci  consacrent ne serait-ce que le dixième de l’énergie qu’ils déploient sur les risques liés à l’utilisation pacifique de l’atome, aux risques liés à l’utilisation militaire de celui-ci. Le surarmement atomique des grandes puissances, les projets à l’étude de frappes atomiques « ponctuelles » américaines sur l’Iran, l’armement nucléaire d’un des états les plus agressifs du moment- Israël- N.Mamère n’en dit mot; et quand C.Dufflot dénonce la part des crédits de recherche dévolus au nucléaire, elle omet  de préciser les sommes consacrées à l’élaboration de nouvelles armes nucléaires ( cf. la bombe « propre » aux neutrons) dont le montant n’a d’égal que l’opacité de leur utilisation. Quand manifesteront-ils pour exiger, avec d’autres, un désarmement nucléaire généralisé et le démantèlement, non des centrales nucléaires, mais celui, ultra- sophistiqué, des bombes existantes et autres »boucliers » spatiaux, généralement sous contrôle américain?

Quant à la revendication d’un référendum, pourquoi pas. Mais sur quelles questions, et à la suite de quel débat, mené nationalement avec quels interlocuteurs? Les auteurs de cette revendication sont muets sur tout cela, si bien que leur initiative semble ressortir plus d’une opération politicienne pré-électorale surfant sur la peur sinon l’angoisse justifiées d’une large partie de l’opinion.

A l’heure où ces lignes sont écrites, nul ne sait comment évoluera la situation au Japon. Mais au-delà, les questions de fond relatives à l’orientation de l’ écologie « politique » notamment française demeureront. Quand celle-ci cessera-t-elle donc de servir d’ « ectoplasme » au système capitaliste ?

 

Vincent Ferrier

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 09:33

mercredi 9 mars 2011

 

La situation en Libye a donné lieu à d’intenses débats en Amérique latine. Cet article explique quelle est la position de la Tendance Marxiste Internationale, qui soutient le soulèvement du peuple libyen, mais s’oppose à une intervention impérialiste. Nous y analysons également, d’un point de vue critique, les positions de Hugo Chavez et Fidel Castro.

Dans les institutions internationales, les gouvernements cubain et vénézuelien se sont à juste titre prononcés contre toute intervention impérialiste en Libye. Ils ont critiqué l’hypocrisie des pays qui poussent de hauts cris contre les violations des droits de l’homme en Libye – tout en participant aux guerres impérialistes meurtrières en Irak et en Afghanistan, ou en soutenant la répression brutale du peuple palestinien par l’Etat d’Israël.

L’ambassadeur vénézuélien à l’ONU, Jorge Valero, déclarait : « Qui paie pour les plus d’un million de morts en Irak ? Qui paie pour le massacre permanent du peuple palestinien ? Pourquoi les responsables de ces crimes de guerre, génocides et crimes contre l’humanité – qui sont connus de tous et qui reconnaissent publiquement leurs actes – ne sont-ils pas amenés traduits le Tribunal International ? Que fait le Conseil de Sécurité face à ces horribles crimes ? »

Jorge Valero dénonce ensuite les objectifs réels d’une éventuelle intervention impérialiste en Libye : « Ceux qui préconisent l’usage de la force en la Libye ne cherchent pas à défendre les droits de l’homme, mais à y établir un protectorat où ils violeront ces droits, comme toujours, car ce pays est l’une des plus importantes sources de pétrole et d’énergie au Moyen-Orient ».

En témoigne le sort du peuple irakien. Washington a inventé un prétexte (les « armes de destruction massive ») dans le but d’attaquer l’Irak et, ainsi, de prendre le contrôle direct de ses vastes ressources pétrolières. Le but de l’invasion n’était pas « d’instaurer la démocratie » – et on ne peut guère parler de démocratie, en Irak, sous l’actuel gouvernement de Maliki. Le mois dernier, des milliers d’Irakiens ont manifesté pour exiger de l’électricité, de l’eau, du travail et du pain. Ils ont été brutalement réprimés par les forces gouvernementales. Il y a eu des morts, des blessés, des arrestations et des kidnappings. A cette occasion, on n’a entendu personne suggérer de traduire le gouvernement irakien devant la Cour Internationale !

En réalité, l’ONU est une farce. Cette institution reflète la domination de l’impérialisme américain. Lorsque les Etats-Unis peuvent y obtenir des résolutions justifiant leurs actions, ils utilisent l’ONU comme une couverture légale. Lorsque, pour telle ou telle raison, ils ne sont pas en mesure d’obtenir l’aval de l’ONU, ils passent outre et font ce qu’ils ont décidé de faire. Enfin, lorsque des résolutions s’opposant à l’impérialisme y sont votées (par exemple contre l’embargo sur Cuba ou contre l’oppression du peuple palestinien), ils se contentent de les ignorer – et personne les oblige à rien. Dans le cas récent d’une résolution sur les colonies israéliennes en territoire palestinien, les Etats-Unis ont utilisé leur veto. Autant pour la justice et les droits de l’homme !

Ces derniers jours, les puissances impérialistes ont fait beaucoup de bruit à propos de la Libye – et pris quelques mesures concrètes. En Méditerranée, les Etats-Unis ont mobilisé deux bâtiments de guerre amphibie, l’USS Ponce et l’USS Kearsarge, qui transportent des hélicoptères et des avions de chasse. Sous couvert d’« intervention humanitaire », les puissances impérialistes – Etats-Unis, Royaume-Uni, France et Italie en tête – discutent des mesures qu’ils peuvent prendre pour protéger leurs propres intérêts. Les pays européens s’inquiètent de la possibilité d’une arrivée massive de réfugiés sur leur territoire. L’autre grande préoccupation des impérialistes est le contrôle des ressources pétrolières, et surtout l’impact des révolutions arabes sur les prix du pétrole – et donc sur l’économie mondiale.

L’option la plus discutée est celle d’une « zone d’exclusion aérienne », que soutiennent à la fois le sénateur républicain John McCain et le sénateur démocrate John Kerry, entre autres. Cependant, même une intervention de ce type serait risquée et compliquée à mettre en œuvre. Le Secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, s’est plaint qu’« il y a, franchement, beaucoup d’affirmations légères au sujet de certaines options militaires ». Il met en garde contre les implications d’une telle action : « Appelons un chat un chat : une zone d’exclusion aérienne commencerait par une attaque contre la Libye, pour détruire ses défenses anti-aériennes. C’est comme ça qu’on met en place une zone d’exclusion aérienne. Cela nécessite davantage d’avions qu’on ne peut en transporter sur un seul porte-avions. Donc c’est une gran de opération – dans un grand pays ».

Comme le souligne Robert Gates, l’armée américaine est déjà embourbée en Irak et en Afghanistan : « Si nous engageons des effectifs supplémentaires, quelles en seront les conséquences en Afghanistan et dans le Golfe Persique ? […] Et quels alliés seraient prêts à s’engager à nos côtés ? »

Cependant, la principale préoccupation des stratèges impérialistes concerne l’impact d’une intervention en Libye sur toute la région. Les masses y sont exaspérées par l’impérialisme. La vague révolutionnaire qui balaie le monde arabe frappe directement des régimes parrainés par les Etats-Unis. La classe dirigeante américaine en est consciente. C’est ce que sous-entend Robert Gates lorsqu’il dit : « Franchement, nous devrions aussi réfléchir à l’impact d’un engagement militaire américain dans un autre pays du Moyen-Orient. »

Tout ceci, bien sûr, n’exclut pas la possibilité d’une intervention des impérialistes en Libye ou ailleurs. Ils y seront poussés, si leurs intérêts vitaux sont menacés. Toutefois, il est clair que la vague révolutionnaire a pris les Américains au dépourvu. Ils se sont révélés incapables d’orienter le cours événements en leur faveur.

Face aux manœuvres des impérialistes et à leur politique à géométrie variable en matière de « droits de l’homme », le Venezuela et Cuba ont eu raison de dénoncer cette hypocrisie et de s’opposer à toute intervention de puissances étrangères en Libye. Cependant, la position de ces deux pays, et singulièrement celles d’Hugo Chavez et Fidel Castro, est minée par le fait qu’ils sont perçus comme des soutiens de Kadhafi – et non des masses libyennes qui se sont soulevées contre son régime.

Il est vrai que l’ambassadeur vénézuélien à l’ONU a déclaré, dans son discours, que le Venezuela « salue les peuples arabes qui se soulèvent pacifiquement pour conquérir la paix, la justice et un avenir meilleur ». Mais au même moment, Fidel Castro affirmait que la Libye faisait face à des problèmes différents de ceux qui existent en Tunisie et en Egypte. Il a ajouté que même « s’il ne fait aucun doute que les visages de ceux qui protestent, à Benghazi, expriment une authentique indignation », il y a une « énorme campagne de mensonges, de la part des médias de masse, qui a généré une grande confusion dans l’opinion publique mondiale ».

Le président vénézuélien Hugo Chavez a déclaré qu’il « refuse de condamner Kadhafi », cet « ami de longue date du Venezuela », car il ne disposerait pas de suffisamment d’informations sur la situation réelle en Libye. Chavez a fait référence au coup d’Etat du 11 avril 2002, au Venezuela, lorsque les médias internationaux l’ont accusé d’avoir ordonné à l’armée d’ouvrir le feu sur des manifestants désarmés. L’objectif de ces mensonges était de justifier le coup d’Etat contre Chavez. Comme tout le monde le sait désormais, il s’agissait d’un coup monté : des tireurs d’élite à la solde de l’opposition ont ouvert le feu à la fois sur la manifestation de l’opposition et sur celle des révolutionnaires.

Or, dans le cas de la Libye, la situation est complètement différente. Au Venezuela, il s’agissait d’un mouvement réactionnaire dirigé contre un gouvernement démocratiquement élu qui tentait de mettre en œuvre des réformes progressistes et de s’opposer à l’impérialisme. En Libye, il s’agit d’un soulèvement populaire contre un régime dictatorial qui a fait toutes sortes de compromis avec l’impérialisme.

On peut comprendre pourquoi il existe une certaine confusion, au Venezuela, sur la nature des événements en Libye. Les Vénézueliens ne font plus confiance aux médias capitalistes, qui ont été complètement discrédités par le rôle qu’ils ont joué lors du coup d’Etat d’avril 2002. Par ailleurs, l’opposition contre-révolutionnaire, au Venezuela, s’appuie sur la révolution arabe pour proclamer que « Chavez sera le prochain dictateur renversé ».

Il est de notoriété publique que l’opposition contre-révolutionnaire, au Venezuela, reçoit de Washington des financements et toutes sortes de soutiens. A plusieurs occasions, ils ont mobilisé leurs forces dans des manifestations de rue pour tenter de présenter Chavez comme un tyran confronté à une opposition populaire (lors du coup d’Etat d’avril 2002, lors du lock-out de décembre 2002, lors de la guarimba de 2004, lors des manifestations étudiantes en soutien à la chaîne RCTV, etc.). Ils n’hésiteront pas à recommencer. Cependant, ce à quoi nous assistons, dans le monde arabe, est exactement le contraire. C’est une série de soulèvements révolutionnaires contre des régimes dictatoriaux soutenus par l’impérialisme américain.

Il est vrai que lors du renversement de la monarchie du Rois Idris Ier, en 1969, Kadhafi a pris le pouvoir à la tête d’un gouvernement bénéficiant d’un large soutien populaire. Sous l’influence de la précédente vague de révolutions arabes, dans les années 1970, mais aussi sous l’impact de la récession mondiale de 1974, le régime de Kadhafi a opéré un virage à gauche. Il a expulsé les impérialistes et pris des mesures d’ampleur contre la propriété capitaliste. Grâce aux richesses pétrolières du pays et à sa population peu nombreuse, il a pu mettre en œuvre des réformes progressistes et augmenter de façon significative le niveau de vie de l’immense majorité des Libyens.

Cependant, après la chute de l’Union Soviétique, le régime a commencé à s’ouvrir à l’impérialisme. Dès 1993, des lois ont été adoptées pour ouvrir l’économie aux investissements étrangers. Après la chute de Saddam Hussein, en 2003, Kadhafi a passé toute une série d’accords avec les impérialistes : démantèlement d’une partie de l’arsenal militaire, dédommagement des victimes d’attentats terroristes, etc. Le régime de Kadhafi est alors devenu un allié fidèle des impérialistes dans leur prétendue « guerre contre le terrorisme ». Il a également collaboré avec l’Union Européenne dans le domaine de la lutte contre l’immigration en provenance d’Afrique subsaharienne.

Ce mouvement s’est accompagné d’une requête pour intégrer l’OMC. Le régime libyen a créé des Zones de Commerce Spéciales, privatisé des pans entiers de l’économie, autorisé le retour des multinationales dans l’industrie pétrolière – et supprimé les subventions sur les aliments de première nécessité. Selon les officiels libyens eux-mêmes, l’objectif était de privatiser entièrement l’économie. C’est précisément cette politique qui a conduit à une augmentation du chômage (entre 20 et 30%), de la pauvreté et des inégalités. Cette régression sociale est l’une des causes principales du soulèvement en cours.

Dans un récent article sur la Libye, Fidel Castro souligne qu’« indéniablement, les relations entre les Etats-Unis, ses alliés de l’OTAN et la Libye ont été excellentes, ces dernières années ». Castro ajoute que la Libye « a ouvert des secteurs stratégiques, tels que la production et la distribution de pétrole, aux investissements étrangers », et que « de nombreuses entreprises publiques ont été privatisées. Le FMI a joué un rôle dans la mise en œuvre de ces politiques. » En conséquence, « Aznar ne tarissait pas d’éloges sur Kadhafi, de même que Blair, Berlusconi, Sarkozy, Zapatero et même mon ami le roi d’Espagne : tous faisaient la queue devant le sourire moqueur du dirigeants libyen. Ils étaient satisfaits. » (Cuba Debate)

Dans des interviews récemment accordées à la BBC et ABC news, Kadhafi a lui-même expliqué qu’il se sentait « trahi » par les puissances occidentales. Il a beau les avoir soutenues et avoir suivi leurs politiques pendant plusieurs années, voilà qu’elles l’abandonnent. La rhétorique de Kadhafi est significative. Lorsqu’il accuse les insurgés d’être manipulés par Al-Qaïda, il recourt aux mêmes arguments que ceux de Ben Ali et Moubarak. En fait, il demande aux Occidentaux de l’aider contre leur ennemi commun. La vraie nature du régime de Kadhafi est illustrée par sa position lors du soulèvement révolutionnaire en Tunisie : il a fermement soutenu Ben Ali et critiqué les jeunes et les travailleurs tunisiens qui l’ont renversé.

Pour comprendre ce qui se passe en Libye, il n’est pas nécessaire d’écouter les grands médias occidentaux. Saif al-Islam, le fils et bras droit de Kadhafi, a lui même admis l’usage de l’armée contre des manifestants désarmés, dans son discours du 20 février : « Bien sûr il y a eu beaucoup de morts, ce qui a accru la colère des habitants de Benghazi. Mais pourquoi toutes ces personnes ont été tuées ? L’armée était sous pression. Elle n’est pas habituée à contrôler les foules, alors elle a tiré. Je les ai appelés. L’armée a déclaré que certains manifestants étaient ivres et que d’autres étaient sous l’emprise de drogues. L’armée devait défendre ses armes. Le peuple était en colère. Donc il y a eu des morts. »

Kadhafi a lui même affirmé que « quelques centaines de personnes ont été tuées », mais il en fait porter la responsabilité à Al-Qaïda, qui distribuerait de la drogue à la jeunesse libyenne !

Reed Lindsay, correspondant de Telesur en Libye (twitter.com/reedtelesur), confirme ce que rapportent d’autres sources : l’armée a ouvert le feu sur des manifestations populaires, pacifiques et désarmées (voir par exemple ce reportage sur Telesur). Dans un autre reportage envoyé de Brega le 2 mars, Lindsay explique que des soldats ont rejoint le soulèvement, mais aussi « toutes sortes de citoyens. J’ai parlé à des médecins, des ingénieurs, des travailleurs de la compagnie pétrolière. Ils sont tous en rébellion, ici. Ils participent au soulèv ement et sont armés ». Il ajoute que « cette révolte a commencé pacifiquement, il y a deux semaines. Mais désormais, les gens s’arment pour lutter jusqu’au renversement de Kadhafi ».

Dans son reportage, Lindsay confirme tous les témoignages attestant que les insurgés libyens sont fermement opposés à une intervention étrangère : « Ils disent que si des soldats américains débarquent en Libye, ils les combattront de la même façon qu’ils combattent le gouvernement de Kadhafi ».

L’autre aspect important du reportage de Lindsay concerne l’attitude du peuple, à Benghazi comme à Brega, à l’égard des gouvernements latino-américains, et en particulier ceux des pays de l’ALBA. A Brega, beaucoup de gens demandent : « pourquoi est-ce que le président vénézuélien et d’autres présidents latino-américains appuient un dictateur qui mobilise l’armée contre son peuple ? » (Union Radio). « Ils demandent aux pays de l’ALBA de rompre avec Kadhafi et d’appuyer la lutte révolutionnaire du peuple libyen », rapporte Lindsay, de Benghazi.

Nous citons Reed Lindsay, car il ne peut pas être accusé d’être un agent de l’impérialisme – ou de déformer la réalité dans le but de justifier une intervention impérialiste.

Même l’autre correspondant de Telesur, Jordan Rodriguez, qui se contente en général de rapporter – sans commentaire – ce que disent Kadhafi et les autres officiels du régime, a eu des problèmes lorsqu’il a voulu s’informer sur des affrontements dans certains quartiers de Tripoli. Son équipe a été détenue pendant quatre heures par des officiers de la police libyenne. Ils ont été frappés et menacés avec des pistolets. Leurs images ont été saisies (Telesur). C’était la seconde fois qu’ils étaient arrêtés, et cela s’est produit alors qu’ils circulaient à bord d’une voiture diplomatique vénézuélienne.

Ces reportages montrent quelque chose de très important. La révolution vénézuélienne et le président Chavez sont très populaires, dans le monde arabe, surtout depuis que le président vénézuélien s’est opposé avec virulence à l’agression israélienne du Liban, en 2006. Les masses de ces pays voient en Chavez le dirigeant d’un pays pétrolier qui se dresse contre l’impérialisme et qui utilise l’argent du pétrole pour améliorer les conditions de vie de la population. Cela contraste singulièrement avec les dirigeants de ces régimes arabes qui sont des pantins de l’impérialisme américain, ne disent rien face aux agressions israéliennes et font fortune en détournant les richesses de leur pays. Une enquête d’opinion menée en 2009, dans plusieurs pays arabes, a montré que le dirigeant le plus populaire y était Hugo Chavez, avec 36 % d’opinions favorables, loin devant tous les autres (pdf).

La masse des jeunes et des travailleurs du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et du monde entier constitue la seule base de soutien solide de la révolution vénézuélienne. Ils sympathisent avec la révolution bolivarienne parce qu’ils souhaiteraient qu’une révolution de ce type se développe dans leur propre pays. Hugo Chavez et les révolutionnaires bolivariens devraient clairement soutenir la vague révolutionnaire qui balaie le monde arabe, parce qu’elle fait partie d’une révolution mondiale dont l’Amérique latine a été à l’avant-garde, ces dernières années. Cela implique de soutenir le peuple libyen qui se soulève contre Kadhafi – tout en s’opposant à une intervention impérialiste.

Dans ses tentatives de prévenir une intervention étrangère en Libye, Hugo Chavez a proposé de constituer une commission internationale de médiation. D’après les dernières informations, Kadhafi a dit accepter cette médiation, alors que son fils, Saif al-Islam, la rejetait fermement : « Nous devons dire : merci, mais nous sommes capables de résoudre nous-mêmes nos problèmes. » Il a ajouté que les Vénézuéliens « sont nos amis, nous les respectons, nous les aimons, mais ils sont très loin. Ils ne savent rien de la Libye. La Libye est au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Le Venezuela est en Amérique Centrale ». Pour l’information de Saif al-Islam, le Venezuela n’est pas en Amérique Centrale, mais sans doute a-t-il d’autres préoccupations, en ce moment.

De leur côté, les insurgés libyens ont également rejeté cette proposition de médiation. Ils ont expliqué qu’il est trop tard pour des négociations, que trop de gens ont été tués par Kadhafi. En Libye, le gouvernement a brutalement réprimé des manifestations pacifiques, qui se sont alors transformées en un soulèvement populaire auquel se sont ralliées des sections de la police et de l’armée. Dans ce contexte, la proposition de médiation est évidemment une erreur. C’est comme si, dans les derniers jours de la révolution cubaine, lorsque l’armée révolutionnaire était sur le point de renverser Batista, quelqu’un avait dit : « attendez une seconde, organisons une médiation internationale pour chercher un compromis entre Batista et le Mouvement du 26 juillet. »

Face à ce qui se passe en Libye, un révolutionnaire doit soutenir le soulèvement du peuple. C’est la seule position correcte. Si Hugo Chavez ne soutient pas clairement les masses révolutionnaires du monde arabe, il commettra une grave erreur – que la révolution vénézuélienne pourrait payer très cher. Hugo Chavez analyse la situation libyenne à travers le prisme du Venezuela. Il fait des comparaisons erronées. Les insurgés libyens ne peuvent pas être comparés à l’opposition vénézuélienne, et la situation du régime de Khadafi ne peut pas être comparée à celle du gouvernement vénézuélien.

Nous devons être clairs : ce à quoi nous assistons, en Libye et dans le reste du monde arabe, n’a rien à voir avec le coup d’Etat du 11 avril 2002, au Venezuela. C’est plutôt comparable au Caracazo du 27 février 1989 [1] : des gouvernements mobilisent l’armée contre des manifestants désarmés. Tout en nous opposant à une intervention impérialiste, nous devons dire clairement de quel côté nous sommes : du côté du peuple libyen contre le régime de Kadhafi.

 

Jorge Martin, le 4 mars 2011

[1] Caracazo  : soulèvement du peuple vénézuélien brutalement réprimé par l’armée. La répression a fait des milliers de morts.

Journal communiste : La Riposte

 

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 16:57

Par Bernard Teper

Mardi 15 février 2011

 

Pendant que de nombreux militants français se lamentent après le passage en force de la droite néolibérale sur le dossier des retraites, beaucoup d’esprits fatalistes sont gagnés par une morosité qui n’a aucun fondement théorique et pratique. D’abord parce que le mouvement des retraites a été puissant et soutenu par 70 % de la population. Nous n’avons pas réussi à empêcher la loi mais nos forces sont intactes et peuvent repartir demain. Ensuite, sauf une fois (le programme consistant du Conseil national de la Résistance, qui a été largement appliqué), toutes les transformations sociales et toutes les avancées ont été réalisées par des mouvements sociaux se transformant en mouvement de masse, les partis politiques ne faisant que prendre acte du mouvement social dans la mesure où il n’y avait pas de programme politique conséquent (Révolution française, mouvements révolutionnaires du 19e siècle,1936 où le mouvement de masse a imposé les 40 heures et les congés payés non prévus dans le programme du Front populaire, Mai 68, etc.).

En fait, que ce soit dans des pays dictatoriaux ou dans des pays où la démocratie a profondément régressé (en Europe notamment), il y a de moins en moins de possibilités d’avancer par des processus démocratiques qui n’existent pas ou ont trop profondément régressé (la France a refusé le Traité de Lisbonne et il s’applique à la France !).La régression du processus démocratique en France fait que l’oligarchie soutenue par les grands médias nous donne le choix entre Nicolas Sarkozy ou celui qu’il a lui-même nommé au FMI, Dominique Strauss-Kahn ! La Tunisie, l’Égypte montrent donc la voie à suivre partout où la croissance ne permet pas aux régimes dictatoriaux ou oligarchiques de distribuer de la richesse (l’actuelle stabilité relative de la Chine est due à un taux de croissance donnant des marges de manœuvre économiques et sociales non négligeables et qui permet une croissance du marché intérieur et des luttes sociales de plus en plus fréquentes) et où l’oligarchie détourne les richesses du pays par des pratiques maffieuses. Le détonateur tunisien a été l’alliance des jeunes diplômés principalement au chômage avec les jeunes ouvriers et employés tunisiens travaillant dans l’économie tunisienne (et notamment l’industrie, plus importante que ne le croient les bobos français et les belles âmes des couches moyennes supérieures qui ne considèrent la Tunisie que comme une destination touristique), eux qui voyaient l’oligarchie maffieuse des Ben Ali-Trabelsi organiser les détournements. C’est la même chose en Égypte où les grands médias font le black-out sur les mouvements sociaux et de grève qui touchent aujourd’hui des centaines de milliers d’Egyptiens. C’est donc bien une révolte politique de grande ampleur doublée de mouvements sociaux importants qui est à l’œuvre dans ces deux pays.

Dans les deux cas, l’administration étasunienne a joué l’armée contre les dictateurs. Elle a modifié sa doctrine habituelle. C’est donc dans les deux cas, l’armée qui devra organiser la transition en composant avec le mouvement de révolte politique et les mouvements sociaux en plein développement. En Tunisie, il est possible que l’armée écartée de la vie économique va demander d’y accéder voire d’augmenter le budget de l’armée. En Égypte, où l’armée est très liée à la vie économique, elle va demander le statu quo sur ce point. Comment cela va se terminer demandent les bobos et les belles âmes des beaux quartiers ? On en sait autant que dans tous les mouvements sociaux et politiques antérieurs au début du processus. C’est alors l’action consciente des militants organisés en partis, en syndicats, en opérateurs d’éducation populaire, qui tentera d’empêcher l’armée ou l’oligarchie ou les deux de reprendre le contrôle de la situation. Comme d’hab… Bien évidemment, ceux qui alors ne sont pas organisés pour agir dans ces moments cruciaux ne peuvent qu’être spectateur plus ou moins conscients.

Première leçon de stratégie, au lieu de jouer les nouveaux Fourier qui construisent à froid l’avenir du monde qui ne se réalisera jamais, il convient pour les militants conscients d’être  organisés et prêts au moment des situations cruciales. Vouloir commencer à faire quelque chose une fois la situation en place ne sert à rien, car c’est trop tard ! Comme disait le vieux barbu du 19e siècle, c’est la situation matérielle qui commande et non les constructions intellectuelles déconnectées de la pratique sociale ! Mais c’est l’action collective organisée dans la situation concrète qui peut modifier ladite situation. Les bobos et les belles âmes des beaux quartiers pleurent le risque de l’arrivée des islamistes après la chute des dictatures maffieuses. Ils rejoignent là leurs collègues qui souhaitent s’allier avec les islamistes, soi-disant nouveaux leaders des « pauvres » contre l’impérialisme étasunien ! Dans les deux cas, les bobos et les belles âmes utilisent la même stratégie, celle du « les ennemis de mes ennemis deviennent des amis » !

Deuxième leçon de stratégie : contre le turbocapitalisme, la seule stratégie qui fonctionne est la stratégie dite du double front : contre le système capitaliste et contre les régressions communautaristes et intégristes. C’est cette stratégie qui est dans la tête des mouvements sociaux et politiques en Iran, en Tunisie, en Égypte, en Algérie, au Yémen. Les bobos et les belles âmes, toujours en retard d’un métro, ne voient pas la poutre qu’ils ont dans l’œil. En fait, les mouvements sociaux et politiques en Iran, en Tunisie, en Égypte, en Algérie, n’ontpratiquement plus de slogans liés à l’islam comme dans les années 70et 80, les revendications ne portent plus sur le nationalisme arabe, pas plus que sur le grand Satan étasunien et son complice Israël. Les slogans sont séculiers : « Ben Ali, Moubarak, dégage ! » et ladémocratie, les conditions matérielles de vie, les conditions politiques d’organisation sociale tiennent le haut du pavé des revendications. Que cela ne soit pas suffisant pour prédire l’avenir, c’est sûr ! Mais est-ce que le rôle d’un citoyen éclairé ou d’un militant conscient est de prédire l’avenir ? Laissons cela aux astrologues, aux bobos et belles âmes ou autres diseuses de bonne aventure !

Troisième leçon de stratégie : le rôle d’un militant conscient et d’un citoyen éclairé est d’être prêt dans les grandesoccasions. Une grande révolte politique et de forts mouvements sociaux n’impliquent pas ipso facto l’arrivée du bien personnifié. Mais ils en sont la condition première. C’est aux acteurs sociaux et politiques organisés (partis politiques, syndicats, associations d’éducation populaire, armée) de faire des propositions et d’armer intellectuellement et politiquement le peuple. Une autre illusion d’optique des bobos et les belles âmes est que la poutre qu’ils ont dans l’œil les empêche de voir l’énorme processus de sécularisation des pays arabes et/ou musulmans. Quand le sage montre la lune, les bobos et les belles âmes regardent le doigt !Ils n’ont pas encore compris l’un des nombreux paradoxes du turbocapitalisme à savoir que le processus de sécularisation va de pair avec le développement des structures communautaristes et intégristes par ce que ces dernières ont été formés et sont toujours financés par la gouvernance mondiale du turbocapitalisme. De plus, nous sommes dans une période plus favorable qu’à la fin des années 70 ou l’islamisme chiite prônait une redistribution des richesses, une étatisation de l’économie et une défense des plus pauvres.

Aujourd’hui, l’extrême droite chiite est sur le reculoir comme l’ont montré les puissantes manifestations de l’année dernière. Les Frères musulmans, autre islamisme sunnite cette fois-ci, sont entrés dans une alliance avec les politiques néolibérales depuis qu’ils ont approuvé la contre-réforme régressive agraire de la dictature égyptienne dirigée par Hosni Moubarak qui permettait aux propriétaires des baux d’en augmenter fortement le prix et de renvoyer les fermiers. La situation est donc plus ouverte bien que l’avenir n’est pas écrit dans le marbre .Aux partisans de la laïcité et de la république sociale d’agir en conséquence. Informons sur la réalité de ce qui se passe aujourd’hui dans les pays arabes et, ou musulmans. Continuons notre travaild’éducation populaire tourné vers l’action tant sur les dossiers français (protection sociale, services publics, école, économie, logement, etc.), européens mais aussi à l’international. Mais pour cela, il est nécessaire de se rassembler. Rassemblons-nous pour agir ensemble.

 

par Bernard Teper

Responsable du secteur Éducation populaire

UFAL http://www.ufal.info/divers/apres-l%E2%80%99amerique-latine-les-resistances-en-europe-le-monde-arabe-en-ebullition-ce-n%E2%80%99est-pas-fini/3791#more-3791

 

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 20:42

par Daniel Antonini

 

En Biélorussie, le président Loukachenko vient d’être réélu président avec plus de 70% des voix. Immédiatement, les forces de droite, brandissant le sinistre drapeau de l’impérialisme européen, descendent dans la rue pour contester l’élection.

Le crime de Loukachenko est en effet impardonnable : comme nous l’apprend l’inénarrable Pujadas, toujours aux avant-postes du conformisme européiste et de l’anticommunisme le plus grossier, Loukachenko est un ancien membre du PCUS, il n’a pas fait déboulonner les statues de Lénine, l’économie est toujours collectivisée et planifiée, l’industrie biélorusse n’a pas disparu, la Biélorussie refuse d’adhérer à l’UE et à l’OTAN, elle entretient des rapports fraternels avec la Russie et, chose rarissime dans la belle Europe actuelle, « les salaires et les retraites sont toujours payés rubis sur l’ongle ce qui garantit à cet ancien directeur de kolkhoze une grande popularité chez les petites gens » (phrase entendue ce soir même, sur un ton de reproche, au 20 h de France II) !). Ce qui bien entendu est très mal quand on voit l’U.E., poussée par le FMI du « socialiste »Strauss-Kahn et par l’Internationale « socialiste » de Papandréou, imposer partout de gravissimes politiques d’austérité.

Immédiatement, on voit donc toute la vraie droite et toute la fausse gauche européistes et ANNEXIONNISTES sommer la Biélorussie de traiter avec douceur les opposants, comme si les jeunes qui ont manifesté contre Sarkozy au soir du 6 mai 2007 n’avaient pas été massivement matraqués et condamnés de manière expéditive par la justice de classe !

Comme si plusieurs milliers de salariés et de jeunes actifs dans les blocages n’avaient pas été malmenés ou réquisitionnés par l’appareil répressif d’Hortefeux lors du mouvement pour sauver les retraites ! Comme si la répression antisyndicale ne frappait pas durement tous ceux qui contestent l’ordre néolibéral qui est en train de plonger dans la régression sociale et dans l’humiliation nationale des pays entiers, de l’Irlande au Portugal, de l’Islande à la Grèce en passant par l’Espagne et par la Roumanie ! Comme si dans TOUS les ex-pays socialistes de l’Est, les sondages ne montraient pas de manière massive que les peuples, expérience faite, regrettent massivement les acquis bien réels des régimes socialistes et ne condamnent pas massivement l’intégration européenne capitaliste et atlantique, synonyme de misère pour les masses, de perte de l’indépendance nationale, d’américanisation forcenée de la culture et de dictature du FMI et de l’OMC !

La réalité, c’est que dans l’Europe actuelle, tout ce qui va dans le sens de l’exploitation capitaliste est célébré comme une « avancée démocratique » même s’il s’agit des pires régressions sociales et démocratiques.

Notre propos n’est nullement de dire que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes dans la Biélorussie de Loukachenko : mais tout simplement, il revient aux Biélorusses de faire la loi dans leur pays sans que la dictature européenne et ses parrains américains viennent dicter leur loi aux Biélorusses. Puissions-nous également, dans notre propre pays vassalisé, décider de notre avenir économique et social, préserver notre langue de l’invasion du tout-anglais, rétablir notre souveraineté monétaire, politique, diplomatique, etc., sans recevoir sans cesse les diktats de Bruxelles et de Berlin, relayés sur notre sol par un pouvoir qui préfère les marchés internationaux à son propre pays.

La situation en Côte-d’Ivoire est évidemment très différente de celle de la Biélorussie. Néanmoins, c’est encore la question du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes qui constitue la dimension centrale de la situation politique tendue de ce pays d’Afrique.

Mais quel que soit le jugement qu’on peut porter sur Gbagbo, membre de l’Internationale socialiste, et sur Ouattara, homme-lige du FMI et de la « Communauté internationale », -c’est-à-dire en réalité de l’impérialisme euro-atlantique-, il revient aux Ivoiriens et à eux seuls, avec l’aide au besoin des peuples africains frères, de rétablir la concorde civique menacée. Sarkozy, l’homme du « discours de Dakar » qui a insulté « l’homme africain » et l’accusant de ne « pas être entré dans l’histoire », est le dernier à pouvoir faire preuve d’arrogance au sujet de l’avenir de la Côte-d’Ivoire. Chacun sait que derrière le régime UMP, ce sont les sociétés transnationales de la « Françafrique », qui se mue de plus en plus en « Franceuropafric » qui parle, somme, commande ! Les propos tenus par Sarkozy ne peuvent que pousser à l’affrontement et à la guerre civile en Côte-d’Ivoire tout en attisant le ressentiment contre notre pays et contre les travailleurs français qui vivent en Afrique.

Il revient aux Ivoiriens, il revient aux Africains et à eux seuls, de régler le problème ivoirien en ouvrant des perspectives démocratiques, nationales et sociales à ce pays que le régime néocolonialiste de Houphouët-Boigny a laissé dans un état critique. Quant à l’Europe et aux USA, attendre d’eux qu’ils règlent les problèmes d’autrui alors qu’ils sont la principale cause d’oppression, d’injustice et de misère dans le monde, ce serait aussi intelligent que d’attendre d’Al Capone qu’il se transforme en Père-Noël.

Plus que jamais, l’impérialisme est l’ennemi majeur des peuples, de la paix. Plus que jamais, défendons le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et souvenons-nous du mot de Jean Jaurès : « la souveraineté politique du peuple est le socle de l’émancipation sociale ».

 

Daniel Antonini

Pôle de Renaissance Communiste en France Initiative communiste, publié le samedi 25 décembre 2010, par Comité Valmy

 

 

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 12:13

L'écrasante campagne d’intimidation contre WikiLeaks refroidit les ardeurs des défenseurs de la liberté de la presse partout dans le monde.

Les experts juridiques affirment que WikiLeaks n'a probablement enfreint aucune loi. Pourtant, des politiciens américains de tout premier plan l'ont qualifié de groupe terroriste et des observateurs ont incité au meurtre de son personnel. L’organisme a fait l’objet d’attaques massives de la part de gouvernements et de grandes entreprises, mais WikiLeaks ne fait que publier des informations qui lui parviennent par l’intermédiaire d’un informateur. Et il a formé des partenariats avec les journaux les plus importants au monde pour vérifier soigneusement les informations qu'ils publient.

L'écrasante campagne d’intimidation extra-judiciaire est une attaque contre la démocratie. Nous avons besoin, de toute urgence, de protestations massives en faveur de la liberté de la presse et de la liberté d’expression. Signez la pétition pour arrêter la répression et faites suivre ce courriel à tout le monde – si nous atteignons 1 million de voix, Avaaz fera publier des annonces pleine page dans les journaux américains cette semaine !


http://www.avaaz.org/fr/wikileaks_petition/?vl

WikiLeaks n’agit pas tout seul -- il a formé des partenariats avec les journaux les plus importants au monde (The New York Times, The Guardian, Der Spiegel, etc.) afin de réviser avec soin 250 000 notes diplomatiques et supprimer toute information qu’il serait irresponsable de publier. Seulement 800 notes diplomatiques ont été publiées jusqu’ici. Les publications passées de WikiLeaks ont mis en lumière des cas de torture soutenus par le gouvernement, le meurtre de civils innocents en Irak et en Afghanistan et la corruption corporative.

Le gouvernement des États-Unis utilise en ce moment tous les recours juridiques possibles afin d’empêcher WikiLeaks de publier davantage de notes, mais les lois des démocraties protègent la liberté de la presse. Les États-Unis et d’autres gouvernements peuvent ne pas aimer les lois qui protègent notre liberté d’expression, mais c’est justement pour cela qu’il est si important de les avoir, et c’est pourquoi seul un processus démocratique peut changer ces lois.

Les honnêtes gens peuvent se demander si WikiLeaks, de même que les journaux importants avec lesquels il a conclu des partenariats, dévoile plus d’informations que le public ne devrait en voir ; si les publications ébranlent la confidentialité diplomatique et si c’est une bonne chose ou non ; si le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a la personnalité d’un héros ou celle d’une canaille. Mais rien de tout cela ne justifie une campagne d’intimidation malveillante, visant à empêcher une sortie médiatique légale, menée par des gouvernements et de grandes entreprises. Cliquez ci-dessous pour vous joindre à l’appel afin d’arrêter la répression :


http://www.avaaz.org/fr/wikileaks_petition/?vl

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les médias nous relatent si rarement l’histoire complète de ce qui se passe en coulisses ? Voilà pourquoi : lorsqu’ils le font, les gouvernements peuvent réagir de façon brutale et malveillante. Et lorsque ça arrive, il appartient au public de se battre pour défendre nos droits démocratiques à tous : la liberté de la presse et la liberté d’expression. Il n’y a jamais eu de moment plus crucial pour le faire.




SOURCES :

 

Contre-attaque WikiLeaks : vers la fin de l'état de droit ? (Le Post)

http://www.lepost.fr/article/2010/12/08/2333468_contre-attaque-wikileaks-vers-la-fin-de-l-etat-de-droit.html
Amazon n'héberge plus WikiLeaks après des pressions politiques (Le Monde)

http://www.lemonde.fr/international/article/2010/12/03/wikileaks-org-abandonne-par-son-fournisseur-de-nom-de-domaine_1448365_3210.html
WikiLeaks et le contrôle d'Internet (Mediapart)

http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/061210/wikileaks-et-le-controle-dinternet
Les USA sont responsables des fuites de WikiLeaks (7Sur7)

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1193118/2010/12/08/Les-USA-sont-responsables-des-fuites-de-WikiLeaks.dhtml
Il faut défendre WikiLeaks (L'Express)

http://blogs.lexpress.fr/nouvelleformule/2010/12/07/il-faut-defendre-wikileaks/
WikiLeaks abandonné par son fournisseur de noms de domaine :

http://www.lemonde.fr/international/article/2010/12/03/wikileaks-org-abandonne-par-son-fournisseur-de-nom-de-domaine_1448365_3210.html
WikiLeaks et la "première guerre informatique"

http://www.challenges.fr/actualites/monde/20101208.CHA1005/WikiLeaks_et_la_premiere_guerre_informatique.html?xtor=RSS-16
Mastercard bloque les versements adressés à WikiLeaks :

http://www.24heures.ch/mastercard-bloque-versements-adresses-WikiLeaks-2010-12-07

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 16:53

par Hélène Nouaille

lundi 8 novembre 2010, par Comité Valmy


 

Après avoir imposé le retour de la France dans l’organisation intégré de l’OTAN, Sarkozy enchaine la force de frappe nucléaire française à une grande Bretagne qui fait corps avec l’impérialisme américain. Nous pensons qu’il s’agit d’une décision gravissime autant qu’illégitime dans l’intégration à visée belliciste d’un ensemble euro-atlantiste en construction. Cette vision stratégique est liée, dans l’esprit de certains de ses initiateurs à la géopolitique du choc des civilisations.

Claude Beaulieu - Comité Valmy


Défense : accords franco-britanniques, avec arrière-pensées

“ Il faut penser qu’aucun accord sérieux n’existe encore pour resserrer la connivence stratégique avec les Etats Unis, du moins dans les termes impériaux hérités de l’Administration de G. W. Bush ” écrivait Alain Joxe dans le centième numéro du Débat stratégique, en janvier 2009. Or avec “ l’abaissement que le leadership politique américain subit avec la crise du système financier, on peut craindre que le système américain cherche à compenser cette diminutio capitis par des actions manifestant sa supériorité militaire ”. Mais, soulignait-il, parce que “ les paramètres américains de la sécurité globale de l’environnement par la dominance militaire sont nécessairement différents des paramètres européens du maintien de la sécurité (...) ” l’Union européenne va “ devoir reprendre en main quelques responsabilités ” (1).

Eh bien l’UE ne les reprendra pas – comme il était d’ailleurs prévisible et comme l’a confirmé, si besoin en était, la dernière réunion informelle des ministres de la Défense européens, tenue à Gand, début septembre. Plus que de coopération structurée permanente, ou d’une vision européenne qui n’existe pas en matière de politique de sécurité et de défense commune (PSDC), on a parlé économies. La conclusion ? « L’Union européenne n’a pas encore les moyens (de) tirer pleinement parti (des possibilités ouvertes par le Traité de Lisbonne), certainement en matière de PSDC », a résumé Pieter De Crem, le ministre belge de la Défense. Le constat d’échec a permis aux deux pays qui entretiennent à eux seuls 50 % des forces militaires opérationnelles européennes et 70% des dépenses de recherche et développement d’officialiser un accord préparé de longue date – y compris, de son propre aveu par Liam Fox alors dans l’opposition.

Ainsi le premier ministre britannique David Cameron et le président français ont-ils annoncé mardi 2 novembre un renforcement de leurs relations bilatérales – renforcement matérialisé par des “traités” et habillé différemment d’un bord à l’autre de la Manche. Le Secrétaire à la Défense britannique, Liam Fox, écarte selon la ligne traditionnelle de son pays, toute idée européenne : “ Trop souvent, le débat sur la défense en Europe a été centré sur ce que l’UE devait faire ou pas. Mais j’ai toujours pensé que la défense devait être une question de souveraineté et par conséquent une question intergouvernementale ”. Et dans ce cadre seulement, “ une alliance renforcée avec la France sera bonne pour la Grande Bretagne ” (2). D’ailleurs, “ maintenir une armée forte est devenu plus coûteux au moment où les budgets sont sous une pression croissante ”.

En France, c’est l’Elysée qui fait de la communication, en restant très prudent sur un texte qui ne sera pas rendu public et sur ce que peut être dans la réalité la coopération convenue en matière nucléaire où leurs efforts, consentis pendant plus de quarante ans, ont permis aux Français non seulement de garantir leur autonomie mais d’acquérir une maîtrise technologique unique dans le monde sur l’entretien et le développement des têtes nucléaires sans essais à l’air libre. Les Britanniques – sujet non abordé publiquement – dépendent entre autres choses, depuis les accords de Nassau signés en décembre 1962 entre le premier ministre Harold Macmillan et le président John Kennedy - déjà pour des raisons où les contraintes budgétaires ont joué un grand rôle - des vecteurs et donc de l’autorisation des Américains pour l’utilisation de leur force nucléaire.

Il y aura donc deux “traités cadre”, l’un concernant les forces opérationnelles et un certain nombre de coopérations classiques dans le domaine de l’armement, continuation et élargissement d’accords déjà existants et d’opérations conjointes occasionnelles, rationalisation de moyens en hommes et en matériel, l’autre le domaine du nucléaire : “ un second traité permettra aux deux pays de simuler, à partir de 2014, le fonctionnement de leur arsenal atomique dans un même laboratoire implanté près de Dijon, en Bourgogne (centre-est de la France). Un centre de recherche sera en parallèle ouvert aux spécialistes des deux pays, dans le sud-est de l’Angleterre ” nous précise l’AFP (3). “ Sur ce sujet très sensible, les deux pays ont tenu à démentir tout abandon de souveraineté : « Il n’y aura pas de double clé sur nos armes nucléaires (...) il n’y aura pas de partage de nos secrets nucléaires », a même assuré un responsable britannique ”.

Sans autre information, on ne peut qu’espérer que dans ce “domaine sensible”, une alliance renforcée avec la Grande-Bretagne sera bonne pour la France.

Et pour les autres Européens ? “ Entre Paris et Londres, la nouvelle entente cordiale sonne le glas de la défense européenne ” titre Jean-Dominique Merchet, rédacteur très bien informé du blog Secret Défense (4). “ Pas sûr que cela enthousiasme nos autres alliés européens et atlantiques, à commencer par les Allemands - avec lesquels les désaccords stratégiques vont croissant, comme sur la question du nucléaire ou du bouclier antimissile ”. Ce à quoi Liam Fox opposait, par anticipation, pour The Telegraph (2) : “ C’est Henry Kissinger qui disait que nous ne pouvons jamais garantir l’avenir de nos amis, mais que nous avons une meilleure chance de garantir le nôtre si nous savons qui sont nos amis. Une France forte et capable est dans l’intérêt de l’armée britannique. Des liens plus étroits avec la France ne signifient pas un affaiblissement des liens avec l’Allemagne, ni avec aucun autre allié de l’OTAN, pas plus qu’ils n’entament notre relation spéciale avec les Etats-Unis ”.

Ainsi n’est pas levée une ambiguïté essentielle qui justifiait le plaidoyer d’Alain Joxe pour une Europe de la défense autonome en janvier 2009 : “ Beaucoup des pays et des partis européens - et le Royaume Uni lui même - ne souhaitent pas du tout une défense autonome ; ils se contentent parfaitement de l’OTAN et de la prééminence américaine ”. Or “ l’OTAN est devenue une fabrique de coalitions ad hoc et une entreprise conquérante, offensive, par intrusion dans les antagonismes sans limites de l’Asie centrale. On est en droit de se méfier du rôle que cherchera à lui faire jouer le commandement américain, même après la victoire d’Obama. Les États-Unis, certes, promettent, de nouveau, une moralisation de l’action internationale par la promotion d’un idéal humaniste, mais ils diffèrent de l’Europe par le fait qu’ils souhaitent conserver un « droit » à l’usage unilatéral de la force en opérations extérieures et par le maintien de la mission impériale universelle réservée à l’Exécutif américain ” (5).

Le sujet est rarement abordé avec une telle netteté, il est pourtant fondamental : “ la Défense est une fonction de protection du peuple ” et nous sommes “ dans l’urgence de penser la défense des citoyens européens contre un dérèglement global, dont l’épicentre est aux États-Unis, mais dont les causes sont ubiquitaires, donc localisées aussi dans l’Europe néolibérale ”, dérèglement qui n’est pas qu’économique et financier. “ Il faut rester prêt en Europe pour se défendre contre la probabilité d’une guerre, à contrôler, de manière autonome, les facteurs militaires et la dynamique de la violence ” - nous ajouterons d’où que vienne le risque. Si l’accord franco-britannique démontre, au-delà des raisons économiques qui rendent une rationalisation des moyens nécessaire, logique et utile, que les risques de désordre mondial, y compris violents, sont bien présents à l’esprit des dirigeants, la solution retenue marque bien l’échec de l’idée européenne.

“ Le Général Gallois en 1994 écrivait son Livre Noir contre le Livre Blanc de 94, en cherchant, par cette bouteille à la mer - nucléaire - à maintenir, dans l’après guerre froide le principe d’une défense adossée à une politique, c’est à dire à une citoyenneté – française ” écrivait encore Alain Joxe, ardemment désireux d’étendre ce concept aux Européens. Voilà qui ne sera pas, pour l’heure. Il n’est pas question avec ces accords franco-britanniques, précise d’ailleurs Liam Fox, “ d’une poussée en vue de constituer une armée européenne à laquelle nous nous opposons. Il s’agit d’obtenir des capacités réelles et des résultats tangibles, et prouver que la coopération en Europe n’a pas toujours besoin de se situer à un niveau européen, mais peut se développer à l’échelon bilatéral entre deux Etats ”. Il y a de part et d’autre du réalisme – une totale autonomie conventionnelle est aujourd’hui inaccessible et contre performante, et la conscience que la survie d’une défense significative passe par une rationalisation. Prenons-en acte.

Pour le reste – le domaine de l’arme ultime de la défense, le nucléaire, gageons que les arrière-pensées, non exprimées, sont de part et d’autre à examiner.

Nous y reviendrons.

 

Hélène Nouaille

 

En accès libre :

Léosthène n° 275/2007 : Grande-Bretagne : l’arsenal nucléaire et la table des Grands

 

Notes :

 

(1) CIRPES, le 9 janvier 2009, Alain Joxe, La crise impériale et la menace de guerre mondiale. Pour une stratégie autonome de défense de l’Europe.

(2) The Telegraph, le 30 octobre 2010, Liam Fox, A closer alliance with France will be good for Britain

(3) Le Point, source AFP, le 2 novembre 2010, Rapprochement inédit entre Paris et Londres en matière de défense

(4) Marianne2, le 31 octobre 2010, Entre Paris et Londres, la nouvelle entente cordiale sonne le glas de la défense européenne

(5) Le président Barack Obama (Foreign Affaires, juillet 2007), cité par Alain Joxe : “Je construirai une armée du XXI° siècle et un partenariat aussi puissant que l’alliance anticommuniste qui a remporté la guerre froide afin que nous demeurions partout à l’offensive, de Djibouti à Kandahar.”

 

Léosthène, Siret 453 066 961 00013 FRANCE APE 221E ISSN 1768-3289. Directeur de la publication : Gérald Loreau (gerald.loreau@neuf.fr) Directrice de la rédaction : Hélène Nouaille (helene.nouaille@free.fr) Copyright©2010. La Lettre de Léosthène. Tous droits réservés.

La lettre de Léosthène, le 3 novembre 2010, n° 617/2010 - Cinquième année. Bihebdomadaire. Abonnement 350 euros.

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 19:43

par Louis Dalmas, lundi 21 décembre 2009

Le sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique s’est terminé, comme prévu, par un échec. Et nos médias se sont lamentés sur une Amérique qui ne s’engage pas, une Europe incapable de parler d’une seule voix, une Chine qui ne pense qu’à ses intérêts, une Inde ne sachant pas prendre parti et un Tiers monde se querellant dans l’impuissance. Bref, des larmes de crocodile sur un spectacle de cirque raté.

Et, comme d’habitude, personne n’évoque l’essentiel. En l’occurrence, deux points qu’on aurait bien aimé voir traiter dans les grands journaux et à la télévision, et qui expliquent ce qui s’est passé.

1) Le rôle du “Groupe des 77”. Vous ne savez pas ce que c’est ? Et pour cause. Nos brillants commentateurs évitent soigneusement d’en parler. Pourtant son action a été capitale. Fondée le 15 juin 1964, cette coalition de pays en voie de développement compte aujourd’hui 130 nations membres, emmenées par la Chine et l’Inde. Elle est devenue un redoutable instrument de lutte contre l’hégémonie de l’impérialisme américain. Or, les analystes honnêtes de la situation internationale savent que toute cette énorme offensive de “sauvetage de la planète”, si elle pose des problèmes de pollution qu’il faut en effet résoudre, a aussi comme objectif de rassembler le monde sous la houlette de Washington. La réunion de Copenhague était conçue comme une étape importante dans ce formatage des Nations Unies par l’Occident. Notre bonne “gauche” officielle, toujours à la botte du shérif, a vendu la mèche : “La simple combinaison des intérêts nationaux, cadre intellectuel des stratèges à l’ancienne, ne suffit plus à assurer l’avenir de la planète, dit Laurent Joffrin dans son éditorial de Libération du 18 décembre dernier. C’est la marche vers un directoire mondial démocratique qui conditionne maintenant l’avenir de l’humanité. Il dépend d’Obama que cette utopie nécessaire prenne ou non un début de consistance.” Inutile de dire que cette idée de gouvernance mondiale américaine ne plaît pas aux 130 pays du “Groupe des 77”, et ils n’ont pas manqué de le faire savoir. Avec le résultat que l’on sait. Mais ça, ça ne figure pas dans les causes de l’échec répertoriées dans nos grands médias.

2) Un autre grand sujet a été passé sous silence. Quand a-t-on entendu les chantres de la dépollution, du style Nicolas Hulot, déplorer les dégâts causés à l’environnement par les guerres impériales ? Où a-t-on vu tous ces mesureurs de CO2, si acharnés à rationner nos automobiles ou nos radiateurs, se donner la peine de calculer ce que diffusent les milliers de chars, de véhicules blindés, de camions qui sillonnent sans arrêt les pistes d’Irak ou d’Afghanistan ? Dans quelle émission de télé a-t-on entendu les camelots de l’écologie, comme Cohn-Bendit, dénoncer les ravages des bombardements ou la contamination de régions entières par l’uranium appauvri ? Combien de fois nos représentants dans la capitale danoise ont-ils pris la parole pour dénoncer la destruction miliaire de la planète ? On peut penser que cette occultation des formes armées de la colonisation moderne n’a pas rassuré les cibles éventuelles dans le Tiers monde, et a aussi contribué à l’échec. Mais ça non plus, ça n’a pas eu l’honneur d’être évoqué dans nos médias.

Résistance à l’Empire US, dénonciation des guerres : voilà la véritable trame de la faillite du sommet. Que nos médias n’en disent pas un mot prouve simplement la servile médiocrité de notre information.

Louis DALMAS

Directeur du mensuel B. I. Dernier livre paru : “Le bal des aveugles” (Editons Le Verjus).


publié par Comité Valmy http://www.comite-valmy.org/spip.php?breve221

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 16:36

Echec à Copenhague : Un espoir pour la France et pour le Monde ! Contre les droits à polluer. Pour des montants compensatoires environnementaux.

par Philippe Lecreux, lundi 21 décembre 2009

 Sarko_pollueur.jpg

 

Après des mois de matraquage médiatique et d’aliénation mentale Copenhague s’est terminé sur un accord hystérique. Les intérêts purement financiers l’ont emporté sur l’intérêt humain. Même les gesticulations de Nicolas le petit n’ont pu masquer la réalité d’un monde sous influence des tenanciers d’intérêts sectoriels et sectaires.

Mais au-delà de ce cuisant échec pour les dirigeants fantoches d’un monde sous influence n’y a-t-il pas un espoir de Liberté pour un monde nouveau composé de Nations Souveraines redécouvrant l’intérêt des peuples comme moteur des politiques de coopération équitable.

Les dirigeants fantoches voulaient les contraintes pour la population mais sans contrôle de leur politique orientée flux financiers et superprofits à usages élitiques. « Green business « mais pas « green planète ».

L’absence d’accord rend la parole aux Peuples. La voie est ouverte à des politiques nationales coordonnées intégrant environnement planétaire et développement économique et social au service des citoyens.

Libérés de la tutelle pesante et oppressante d’une organisation mondiale du « green business » nous pouvons enfin faire de l’environnement planétaire au niveau local en intégrant nos critères environnementaux dans notre politique souveraine de développement économique et social.

Fixons nous des critères rigoureux (donc contraignants en terme de couts de production et de compétitivité) mais associons les à une politique de libre échange réellement équitable et concurrentielle. Rétablissons la libre concurrence non faussée par des différences de protections sociales et environnementales qui aujourd’hui entravent le progrès en nivelant par le bas pour les profits financiers confisqués et la misère épidémique galopante.

Fixons au niveau de chaque état (entité qui doit être restaurée) des conditions ambitieuses tant au niveau environnement que social mais établissons pour l’entrée sur le marché intérieur de ces états des critères objectifs de libre concurrence. Entendons par là l’instauration immédiate de droits d’entrée liés à la libre concurrence que nous pourrions nommer « montants compensatoires sociaux et environnementaux ». Ceci consisterait en une acceptation totale de tous produits quelque soit son lieu de fabrication et son cout de revient à l’entrée (donc pas de droits de douane discriminatoires) mais avec une ‘ taxation ‘ à l’entrée qui ramènerait le produit au cout qui serait le sien si sa fabrication extérieure avait respecté les normes sociales et environnementales du pays sur lequel il est mis sur le marché. Alors et alors seulement il y aurait libre concurrence et non ‘ dumping anti social et anti environnemental’. Le commerce mondial serait libre et non faussé permettant le développement de chaque état selon ses spécificités, ses technicités et ses matières premières mais dans le respect des modèles sociaux et environnementaux des états acheteurs et dans l’intérêt des citoyens des pays producteurs incités au progrès social et environnemental sur leur territoire pour y conserver la valeur ajoutée du produit fini. Ce serait une vraie promotion du développement positif concerté et partagé et non de la paupérisation galopante.

Copenhague est un échec pour le lobby du ‘green business’, mais puisse avec la volonté des Peuples Libres et Souverains cet échec devenir le point de départ d’un nouveau modèle économique mondial au service de l’humain dans le respect de l’harmonieuse diversité et pour le progrès librement partagé et consenti.

Philippe Lecreux

publié par Comité Valmy http://www.comite-valmy.org/spip.php?article455

 

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