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17 novembre 2017 5 17 /11 /novembre /2017 12:35

 

100e anniversaire de la grande Révolution socialiste d’Octobre, les enseignements et les tâches pour les communistes d’aujourd’hui

Intevention du KKE

Mercredi 15 novembre 2017, par  communistes

 

 

International / Conférence internationale des partis communistes et ouvriers de Leningrad

La rencontre internationale des partis communistes et ouvriers organisée par le KPRF à Saint-Petersbourg (Leningrad) a été un évènement avec la participation de très nombreux partis communistes... à l’exception du PCF. Mieux, le PCF était entièrement absent de toutes les cérémonies organisées à Léningrad ou Moscou pour le centième anniversaire de la révolution du 4 eu 7 novembre dernier... Les communistes Français doivent prendre conscience que leur direction s’est complètement isolée du mouvement communiste international pour se rapprocher d’une gauche européenne institutionnelle...

Heureusement qu’une délégation de communistes français à l’initiative de la section de Vénissieux s’est rendu à Moscou et a pris des contacts... (compte-rendu sur http://levenissian.fr) !

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Discours du KKE à la conférence théorique internationale des partis communistes et ouvriers « 100e anniversaire de la grande Révolution socialiste d’Octobre, les enseignements et les taches pour les communistes d’aujourd’hui »

Une Conférence internationale s’est tenue entre le 11 et le 13 août à Leningrad, organisée par le Parti communiste ouvrier de Russie, sur le thème « 100e anniversaire de la grande Révolution socialiste d’Octobre. Les enseignements et les taches pour les communistes d’aujourd’hui ».

Le KKE était représenté par les camarades Giorgos Marinos, membre du BP du CC du KKE et Eliseos Vagenas, membre du CC et Responsable du Département des Relations internationales du CC du KKE.

Nous publions l’intervention du KKE ci-après.

Discours du KKE à la conférence théorique internationale des partis communistes et ouvriers « 100e anniversaire de la grande Révolution socialiste d’Octobre, les enseignements et les taches pour les communistes d’aujourd’hui » (Leningrad 11-13/8/2017)

Chers camarades,

Au nom du CC du KKE, nous remercions le Parti communiste ouvrier de Russie pour l’initiative et l’accueil de notre Conférence d’aujourd’hui.

Le Comité central du KKE célèbre le 100e anniversaire de la grande Révolution socialiste d’Octobre. Il célèbre l’événement phare d’importance mondiale du 20e siècle qui a prouvé que le capitalisme n’est pas invincible, que nous pouvons construire une société supérieure sans exploitation de l’homme par l’homme.

La Révolution d’Octobre a mis en évidence la puissance de la lutte de classe révolutionnaire, la puissance des exploités et des opprimés quand ils effectuent une fuite en avant et tournent la roue de l’histoire vers l’avant, vers la libération sociale. la classe ouvrière russe, par la Révolution d’Octobre, est venu à réaliser la vision de millions de masses ouvrières-populaires pour une vie meilleure.

La Révolution d’Octobre a prouvé la justesse de la pensée léniniste que la victoire du socialisme est possible dans un pays ou un groupe de pays en raison du développement inégal du capitalisme.

Dans le même temps, l’Octobre a souligné le rôle irremplaçable de l’avant-garde révolutionnaire politique, du Parti communiste, en tant que dirigeant non seulement de la révolution socialiste, mais de toute la lutte pour le façonnement, le renforcement, la victoire finale de la nouvelle société communiste.

La contribution de Lénine et l’expérience des bolcheviks dans la lutte contre l’opportunisme (en tant que vecteur de l’idéologie et de la politique bourgeoise dans le mouvement ouvrier) est d’une grande importance politique et pratique.

Dans la pratique, il s’est avéré que la confrontation bien réfléchie et étayée avec les économistes, les menchéviks et les socialistes-révolutionnaires a été un élément clé dans la mise en place des conditions pour la création d’un parti révolutionnaire, d’un parti de nouveau type, fondé sur les principes léninistes.

L’effort systématique pour nettoyer le parti bolchevique de l’opportunisme a donné le pouvoir aux forces révolutionnaires, et (dans les deux ans suivant la 2e Conférence, 1903) a permis au Parti de se préparer et d’assumer un rôle décisif dans la révolution de 1905 et au cours des années de réaction qui ont suivi, en continuant, en adaptant la ligne révolutionnaire aux nouvelles conditions.

En septembre 1905, Lénine écrivait en matière du soulèvement à Moscou que « l’éclatement du soulèvement a été une fois de plus étouffé. Encore une fois : Vive le soulèvement », en notant puis en 1906 que « ainsi, rien de plus myope que le point de vue de Plékhanov, repris par tous les opportunistes et selon lequel il ne fallait pas entreprendre cette grève inopportune, il ne fallait pas prendre les armes. » (…) « au contraire, il fallait prendre les armes d’une façon plus résolue, plus énergique et avec un esprit plus agressif ; il fallait expliquer aux masses l’impossibilité de se borner à une grève pacifique, et la nécessité d’une lutte armée, intrépide et implacable ».

De 1905 jusqu’à la révolution socialiste victorieuse en Octobre 1917, a été enregistré la différence qualitative, l’écart entre la stratégie du courant révolutionnaire et l’opportunisme des mencheviks et des socialistes-révolutionnaires qui ont cultivé le fatalisme et ont diffusé des illusions parlementaires, qui ont soutenu le gouvernement provisoire bourgeois établi en février 1917, qui se sont emparés pour une période critique des Soviets et ont essayé de les émasculer.

Les menchéviks et les socialistes-révolutionnaires ont tenté d’empêcher la Révolution d’Octobre et de la mener à la défaite, ils se sont battus contre le nouveau pouvoir ouvrier et ont miné la construction socialiste de façon planifiée ; ce sont ces forces de l’opportunisme qui ont sapé le PCUS en cours de route et ont contribué de manière décisive à la contre-révolution et la restauration du capitalisme en l’Union soviétique.

Aujourd’hui, lorsque les conséquences de la contre-révolution frappent douloureusement la classe ouvrière à travers le monde et la pratique a prouvé que le capitalisme engendre des guerres impérialistes, des crises économiques, du chômage, de la pauvreté et des réfugiés, des forces de l’opportunisme parlent sans vergogne de l’« Octobre », essayant en tout cas de miner, de supprimer le caractère socialiste de la révolution d’Octobre et son contribution historique énorme.

La vérité est que les forces de l’opportunisme se sont livrées à une activité anticommuniste antisoviétique organisée toutes les années de construction socialiste, derrière la façade de l’eurocommunisme ou de ses branches dans de nombreux pays.

Les communistes doivent se souvenir et tirer des leçons.

L’opportunisme peut changer du nom et de formes d’organisation et de manifestation, mais dans chaque moment historique il représente un grand danger pour le mouvement communiste, un facteur d’érosion et d’intégration dans le système d’exploitation capitaliste.

Camarades,

La flamme d’Octobre a conduit à et a accéléré la création d’un certain nombre de Partis communistes, des partis ouvriers révolutionnaires de nouveau type, contrairement aux partis sociaux-démocrates de cette époque, qui avaient trahi la classe ouvrière et la politique révolutionnaire.

L’existence et le succès de la société socialiste pendant des décennies, lancée par la Révolution d’Octobre, a démontré qu’une société sans maîtres, sans capitalistes qui possèdent les moyens de production, est possible. Cette conclusion n’est pas annulée par le fait que dans cette période particulière elle n’a pas pu vaincre définitivement la propriété capitaliste et le profit capitaliste.

La nécessité et l’actualité du socialisme, la possibilité d’éliminer la propriété privée des moyens de production concentrés résultent du développement capitaliste qui conduit à la production concentrée. La propriété capitaliste implique le freinage du caractère social de la production. La propriété capitaliste annule la possibilité que tous les travailleurs vivent dans des meilleures conditions, socialement organisées, répondant aux besoins croissants de l’homme : travail pour tous sans le cauchemar du chômage, travailler moins d’heures en jouissant de meilleures conditions de vie, l’enseignement étant exclusivement public et gratuit de haut niveau, avec des services de Santé et de bien-être correspondants.

Ces possibilités sont générées par le travail de la classe ouvrière dans le capitalisme, et sont élargies par le développement de la science et de la technologie. Cependant, dans une société où ce qui sera produit et son mode de fabrication sont déterminés en fonction du profit individuel, capitaliste, les besoins de la classe ouvrière et des couches populaires sont écrasées. L’essence du problème réside dans le fait que c’est d’autres qui produisent et d’autres qui décident des objectifs et de l’organisation de la production. Les crises économiques cycliques sont dans l’ADN du capitalisme et deviennent de plus en plus profondes et synchronisées, avec pour conséquence la forte augmentation du chômage, l’expansion de nouveau du travail sous-payé et non assuré, la vie avec des droits écrasés, avec des guerres impérialistes pour le partage des marchés et des territoires.

La détérioration des conditions de travail et de vie, en dépit de l’augmentation de la productivité du travail, affecte tout le monde capitaliste, et même les États capitalistes les plus développés. Les États capitalistes eux-mêmes, leurs centres de recherche, admettent que le revenu du travail se réduit, alors que les richesses des capitalistes augmentent.

Le fait que les conditions de la construction de la société socialiste – communiste sont formées, n’entraîne pas sa réalisation automatique. Une raison importante est que, contrairement aux lois de la nature, le développement social exige l’activité des hommes, dans ce cas, la lutte de classe pour l’abolition de l’ancienne et la construction de la nouvelle société.

Le déclenchement de la révolution socialiste (comme toute révolution sociale de l’histoire humaine) nécessite l’émergence d’une condition où la capacité de la classe dirigeante d’intégrer, de supprimer, d’assurer le peuple, affaiblit.

Lénine a formulé le concept de la situation révolutionnaire et a identifié les principales caractéristiques objectives et subjectives qui s’accumulent dans la société à la veille de la révolution. Mais, comme l’a souligné Lénine de façon ciblée, chaque situation révolutionnaire ne se transforme pas à la révolution. Ni la réaction de ceux d’en bas, ni la crise de ceux d’en haut n’entraînera pas le renversement, sans le soulèvement révolutionnaire planifiée de la classe ouvrière, sous la direction de son avant-garde consciente.

En d’autres termes, pour la manifestation de la révolution ouvrière, la présence de l’avant-garde politique révolutionnaire, du Parti communiste, est nécessaire, qui est équipé de l’élaboration théorique et de la capacité de prédiction des développements, fondées sur la vision marxiste - léniniste du monde, et capable de diriger le soulèvement révolutionnaire de la classe ouvrière.

Malheureusement, l’expérience positive de la Révolution d’Octobre n’a pas était assimilée et n’a pas dominé tout au long de l’Internationale communiste. Au contraire, à travers un processus contradictoire, a prévalu de manière significative le concept stratégique qui, en général, fixait l’objectif d’un pouvoir ou d’un gouvernement de type intermédiaire, entre le pouvoir bourgeois et le pouvoir ouvrier, en tant que transition vers le pouvoir socialiste.

Aujourd’hui, on peur mieux constater que l’effort complexe de la politique extérieure de l’URSS de retarder en tant que possible l’attaque impérialiste et d’exploiter les contradictions entre les centres impérialistes dans ce sens, est associé à des changements importants dans la ligne de l’Internationale communiste, qui ont joué un rôle négatif dans le cours du mouvement communiste international les décennies à venir. Les changements concernaient le traitement du courant fasciste, l’attitude envers la social-démocratie et la démocratie bourgeoise elle-même. On a l’émergence de la distinction politique des alliances impérialistes de cette période en agressives, comprenant les fascistes, et en défensives, comprenant les forces démocratiques-bourgeoises.

Plus précisément, l’estimation sur l’existence d’une aile droite et d’une aile gauche au sein des partis sociaux-démocrates dans les années 30 était erronée, sur laquelle se fondait l’alliance avec eux. Ce fait sous-estimait leur mutation complète en partis bourgeois. Cette fausse distinction a été maintenue après la Seconde Guerre mondiale.

Ces changements objectivement enfermaient la lutte du mouvement ouvrier sous la bannière de la démocratie bourgeoise. De même, la distinction des centres impérialistes en pacifiques et en belliqueux masquait le vrai coupable de la guerre impérialiste et de la montée du fascisme, le capitalisme monopoliste. À savoir, la tâche impérative stratégique des Partis communistes de combiner le rassemblement des forces pour la lutte pour la libération nationale et la lutte antifasciste avec la lutte pour le renversement du pouvoir bourgeois, en utilisant les conditions de la situation révolutionnaire formées dans plusieurs pays, n’a pas été mise à la lumière.

En général, dans les élaborations stratégiques de l’Internationale communiste, le caractère de l’époque a été sous-estimé et l’identification du caractère de la révolution sur la base de la position d’un pays capitaliste dans le système impérialiste international a dominé. À savoir, le plus bas niveau de développement des forces productives d’un pays par rapport au plus haut niveau atteint par les principales forces du système impérialiste international, et le rapport de force négative à l’égard du mouvement ouvrier révolutionnaire, ont été adoptés à tort en tant que critère pour identifier le caractère de la révolution.

Mais le développement inégal des économies capitalistes et les relations inégales entre pays ne peuvent pas être supprimés dans le cadre du capitalisme. En fin de compte, le caractère de la révolution dans chaque pays capitaliste est objectivement déterminé par la contradiction fondamentale qu’elle doit résoudre, indépendamment du changement relatif de la position de chaque pays dans le système international impérialiste. Le caractère socialiste et les tâches de la révolution résultent de l’aiguisement de la contradiction fondamentale entre le capital et le travail dans tous les pays capitalistes à l’époque du capitalisme monopoliste.

Dans une série d’élaborations des Partis communistes, l’approche de l’objectif du pouvoir ouvrier se faisait en fonction du rapport de force et non de la détermination objective de l’époque historique où nous vivons, qui dépend du mouvement de la classe qui est chaque fois à la tête du développement social, à savoir de l’action vers la libération sociale.

Certes, ces erreurs de stratégie du mouvement communiste international, ainsi que des erreurs commises par le PCUS dans l’élaboration de sa politique à l’intérieur, avec le travail de sape attendu de l’impérialisme et la contre-révolution, ont influencé les développements.

La Révolution d’Octobre a mis en lumière une organisation supérieure de la société, qui était radicalement différente de tous les systèmes qui l’ont précédé historiquement et qui avaient en commun l’exploitation de l’homme par l’homme.

À cette époque, les nouvelles institutions de participation ouvrière ont été développées, ayant initialement comme noyau le lieu de travail, une relation politique qui ensuite était compromis en cédant à des difficultés objectives existantes et à des pressions subjectives. Sous la pression également de la préparation pour la contribution active de tout le peuple face à la guerre à venir, la Constitution soviétique de 1936 a généralisé le droit de vote au suffrage universel secret en fonction du lieu de résidence. Les assemblées des représentants dans chaque unité de production, en tant que noyaux d’organisation du pouvoir ouvrier, s’étaient dégradées. Dans la pratique, la difficulté de révoquer les représentants des organes supérieurs de l’État a été augmentée.

Ils ont été interprétés comme des faiblesses inévitables qui sont dans la nature de la planification centrale et non comme le résultat des contradictions des survivances de l’ancien, le résultat d’erreurs dans le plan qui n’était pas élaboré de manière scientifique. Ainsi, au lieu de rechercher la solution vers l’avant, au moyen de l’expansion et du renforcement des rapports communistes de production et de distribution, elle a été recherchée vers l’arrière, dans l’utilisation des outils et des rapports de production du capitalisme. La solution a été recherchée dans l’expansion du marché, dans le « socialisme de marché ».

Le 20e Congrès du PCUS (1956) était le point tournant, parce que pendant celui-ci, au moyen de ladite « culte de la personnalité », une série de positions opportunistes ont été adoptées par rapport à des questions de la stratégie du mouvement communiste, des relations internationales et partiellement de l’économie. De manière plus générale, la direction centrale de la planification a été affaiblie. Plutôt que de concevoir la transformation des kolkhozes en sovkhozes, et notamment de commencer le passage de toute la production des coopératives et des kolkhozes au contrôle de l’État, en 1958, les tracteurs et autres machines sont passés à la propriété des kolkhozes, une position qui avait été rejetée auparavant.

Quelques années plus tard, en commençant par la soi-disant « réforme Kossyguine » (1965), la catégorie bourgeoise du « profit commercial » de chaque unité de production individuelle a été adoptée, alors que les rémunérations des directeurs et des employés ont été liées à celui-ci. L’estimation de la productivité des unités de production socialistes en termes de volume de production a été remplacée par l’évaluation de la valeur de leur produit. Le processus d’accumulation de chaque unité socialiste a été découplé de la planification centrale socialiste entraînant l’affaiblissement du caractère social des moyens de production et de stocks de produits. De plus, jusqu’en 1975, toutes les fermes d’État, les sovkhozes, étaient passés au régime d’auto-préservation complète. Toutes ces mesures ont conduit à la création des conditions de l’usurpation et de la propriété individuelles, des relations qui ont été interdites par la loi.

Vers la même époque, la conception marxiste-léniniste de l’État ouvrier a été révisée. Le 22e Congrès du PCUS (1961) a décrit l’État de l’URSS comme « État de tout le peuple » et le PCUS comme « parti de tout le peuple ». Ces positions ont donné lieu à l’atténuation rapide et puis à la mutation des caractéristiques révolutionnaires et de la composition sociale du parti. La conversion de la dégénérescence opportuniste du PCUS en force contrerévolutionnaire ouverte a eu lieu en 1987, avec l’adoption de la loi consacrée à la protection au niveau institutionnel des relations capitalistes sous prétexte de la diversité des relations de propriété, la fameuse politique de « perestroïka » et de « glasnost ». Cet événement marque le début officiel de la période de contre-révolution.

Chers camarades,

Le KKE cherche à tirer des conclusions nécessaires pour aujourd’hui, des victoires, mais aussi des défaites amères et de la retraite du mouvement communiste. À travers un grand effort laborieux collectif, le KKE a élaboré une stratégie révolutionnaire contemporaine qui augmente sa capacité d’organiser des foyers de résistance et de contre-attaque qui se trouvent en première ligne, dans tous les secteurs de l’économie, tout grand lieu de travail, dans toutes les régions du pays.

Le renforcement du KKE à tous les niveaux, dont s’est occupé le récent 20e Congrès du Parti, constitue une condition préalable à la promotion de sa politique révolutionnaire.

En même temps, le KKE lutte pour la reconstruction du mouvement communiste international, selon les principes de l’internationalisme prolétarien, de la solidarité internationaliste entre les peuples contre le capitalisme et la guerre impérialiste, exprimé par le mot d’ordre « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ». Quelques progrès sont déjà accomplis dans l’effort pour établir un pôle distinct fondé sur les principes du marxisme - léninisme, au moyen de la « Revue Internationale communiste » et l’Initiative communiste européenne.

Un élément constitutif de la stratégie contemporaine du KKE est sa conception programmatique du socialisme. La construction socialiste commence par la conquête révolutionnaire du pouvoir par la classe ouvrière. L’État ouvrier, la dictature du prolétariat, est un organe de la classe ouvrière dans la lutte de classe qui continue dans le socialisme sous d’autres formes et par d’autres moyens. Il est utilisé pour le développement planifié des nouvelles relations sociales, ce qui implique la suppression des efforts contre-révolutionnaires, ainsi que le développement de la conscience communiste de la classe ouvrière. L’État ouvrier, comme mécanisme de domination politique, est nécessaire jusqu’à ce que toutes les relations sociales se transforment en communistes, jusqu’à la formation de la conscience communiste dans la grande majorité des travailleurs, et jusqu’à la victoire de la révolution, au moins dans les pays capitalistes les plus puissants.

Chers camarades,

Il y a 100 ans, dans cette ville, lors de telles journées, le 6e congrès du Parti bolchevique a pris une décision historique, élaborant la ligne de soulèvement armé. La mise en œuvre de la décision a conduit quelques mois plus tard au son des canons d’« Aurore ». Aujourd’hui, 100 ans plus tard, les communistes du monde entier sont appelés à se pencher sur l’histoire, à en tirer les conclusions nécessaires, à élaborer la stratégie révolutionnaire contemporaine dans leur pays et au niveau international.

Ceci est la réponse nécessaire pour faire face au travail corrosive de l’opportunisme, pour surmonter le déclin idéologique et organisationnel du mouvement communiste, pour sa reconstruction révolutionnaire.

Il est objectivement nécessaire et impératif de faire correspondre la stratégie des partis communistes au caractère de notre époque, époque de passage du capitalisme monopoliste-impérialisme au socialisme que la Révolution socialiste d’Octobre a ouvert, et de surmonter alors les étapes transitoires des programmes des partis communistes et définir le caractère de la révolution en tant que socialiste.

Cette direction peut contribuer de manière décisive à se débarrasser des options qui se trouvent à l’intérieur des murs de gestion du capitalisme, comme les soi-disant « gouvernements de gauche » et l’alliance avec la social-démocratie, à faire avancer la lutte antimonopoliste, anticapitaliste, les élaborations qui sont fondées sur les exigences de la lutte de classe et qui peuvent contribuer de manière décisive à la préparation du facteur subjectif et à la concentration des forces ouvrières-populaires dans la lutte pour renverser le capitalisme et construire le socialisme-communisme.

 

http://lepcf.fr/100e-anniversaire-de-la-grande-Revolution-socialiste-d-Octobre-les

 

 

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4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 19:49

 

2 Novembre 2017

Réseau International

Le 8 octobre 2017, les médias de Corée du Nord ont diffusé l’information que le programme atomique nord-coréen est une grande manœuvre de dissuasion qui vise à garantir la souveraineté de l’État communiste. Après les médias de l’État nord-coréen, le chef d’État Kim Jong-un a parlé de situations internationales compliquées, qui montrent que développer parallèlement l’arme atomique et l’économie est absolument correct.

Ces explications ont été publiées peu après que le président américain Donald Trump a lancé sur Twitter de nouvelles menaces en direction de la Corée du Nord. « Une seule chose fonctionnera », a twitté le président américain le 7 octobre – mais sans dire exactement de quoi il s’agit.

Ainsi dans quelle mesure peut-on croire les paroles du chef d’Etat nord-coréen, lui qui est continuellement qualifié de fou par les médias occidentaux ? La personne qui, par expérience peut avoir une appréciation compétente est l’ancien président américain Jimmy Carter. Il a été le 39ème président des Etats-Unis, de 1977 à 1981.

A l’époque Carter avait rencontré le fondateur de la Corée du Nord Kim Il-sung et Kim Jong-Nam, le président du comité directeur de la plus haute assemblée du peuple ainsi que d’autres cadres supérieurs.

Le quotidien américain « The Washington Post » a donné à Carter la possibilité de s’exprimer sur la question la plus brûlante en ce moment, c’est-à-dire la façon dont une guerre de Corée peut être évitée. Celle-ci passerait par des armes atomiques qui ne détruiraient pas seulement la presqu’île coréenne.

Carter a dit textuellement : « Le plus grand danger d’une autre guerre de Corée, c’est que cela menacera même la paix mondiale et il est incontournable que Pyongyang (c’est-à-dire le gouvernement nord-coréen) et Washington trouvent un moyen de résoudre la tension montante et arrivent à un accord pacifique et durable. »

En fait, le problème proviendrait de Washington (du gouvernement américain) et non de Pyongyang, qui depuis des décennies aspire à des relations normalisées avec l’Amérique et l’Occident. Carter trouve les chefs d’État nord-coréens et les autres représentants du gouvernement « tout à fait sensés et décidés à préserver leur pays ». Ils ne sont pas fous comme les qualifient faussement les USA et d’autres lignes dures en Occident.

Leurs exigences sont tout à fait légitimes, explique Carter, ils aimeraient des dialogues directs avec Washington, un traité de paix qui mettrait fin à un armistice précaire qui dure depuis des décennies.

« Ils veulent que les sanctions soient levées et ils veulent la garantie qu’il n’y aura pas d’agression arbitraire contre leur pays, comme durant la guerre des années 50. Ils veulent avoir des relations normalisées avec la communauté internationale. Ils ne représentent pas une menace pour l’Amérique ni pour aucun autre pays. Ils veulent que leur indépendance souveraine soit respectée. Et ils méritent qu’on respecte leurs revendications. C’est avec raison qu’ils craignent de la part des USA une guerre prétendument « préventive » contre leur pays, et c’est la raison pour laquelle ils ont opté pour une dissuasion atomique et balistique. Et ceci uniquement pour leur défense et non pour une attaque. »

Carter rappelle que dans toute l’histoire après la Seconde Guerre Mondiale, la Corée du Nord n’a jamais attaqué aucun autre pays. L’Amérique par contre a menacé avec une véritable violence toutes les nations qui ne se sont pas pliées à sa volonté. Elle prévoit d’avance des changements de gouvernement d’Etats indépendants. Au travers de la menace de Washington, il n’y a aucune chance que la Corée du Nord approuve un abandon total du nucléaire et se retrouve de ce fait totalement sans défense.

D’après Carter, ils sont aguerris contre les dures sanctions et ils trouveraient des moyens de vivre même dans de mauvaises conditions. La survie du pays a la plus haute priorité.

Carter exige du gouvernement Trump « d’envoyer à Pyongyang une délégation de haut rang pour des discussions de paix ou pour soutenir une conférence internationale avec la Corée du Nord et la Corée du Sud, les États-Unis et la Chine en un lieu acceptable pour toutes les parties. »

Le ministre américain des Affaires étrangères Tillerson a lui-même également proposé des entretiens. Trump a refusé et il appelle malheureusement cela une perte de temps. Carter continue en expliquant que, pour justifier ses dépenses militaires et son bellicisme hors contrôle et injustifiable, l’Amérique a besoin d’ennemis qu’il faut inventer parce qu’ils n’existent pas. Pyongyang sait ce qui s’est passé en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie, au Yémen et dans d’autres pays, qui ont été attaqués par des prétendues guerres « préventives ». Pyongyang a l’intention de s’assurer la meilleure défense possible afin d’éviter d’être la prochaine cible.

Le fait d’être en face d’une force qui possède des armes nucléaires et des missiles balistiques doit donner à l’administration Trump le temps de réfléchir pour savoir si elle doit attaquer un pays qui est en mesure de riposter fortement et de mettre en danger les forces armées de l’Amérique et de ses alliés.

Voilà l’opinion de l’ancien président Jimmy Carter, qui donne une toute autre image que celle que transmettent la plupart des médias établis. La voix de l’ancien homologue du président Trump indique clairement une fois de plus qui est le véritable agresseur, oui, le véritable « fou ».

 

Liens : http://Antikomintern/aktuell/2017_10_07_jimmy.htm
http://stephenlendman.org/2017/10/jimmy-carter-explains-north-korean-leaders-told/
https://www.washingtonpost.com/opinions/jimmy-carter-what-ive-learned-from-north-koreas-leaders/2017/10/04/a2851a9e-a7bb-11e7-850e-2bdd1236be5d_story.html

source: https://www.kla.tv/index.php?a=showlanguage&lang=f

 

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2017/10/video-jimmy-carter-les-dirigeants-de-coree-du-nord-ne-sont-pas-fous.html

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2 novembre 2017 4 02 /11 /novembre /2017 12:35

 

29 Oct                                                                  

Les relations russo-chinoises analysées depuis Cuba (note et traduction de Danielle Bleitrach pour Histoire et société).

26 OCTOBRE 2017

Par: Manuel Alejandro Hernández Barrios

 

L’alliance stratégique entre deux grandes puissances, la Russie et la Chine, est un phénomène qui affecte toute la dynamique de la politique internationale. La question de ces relations, leur histoire, les bases sur lesquelles elles se sont édifiées et leurs perspectives a été abordé dans l’émission télévisée de ce mercredi 25 octobre.

Moscou et Pékin ont signé plus de 20 accords de coopération dans différents domaines en 2017. Et les deux nations ont initié une manière de développer une coopération étroite et de renforcer les échanges en monnaies nationales en évitant les paiements en dollars, ce qui contribuera à renforcer les liens économiques en réduisant au minimum la pression de l’Occident. Ce qui témoigne du fait que dans cette relation, les deux nations défendent leurs intérêts nationaux. Lors du dernier renforcement des relations, un accord a également été signé sur l’utilisation pacifique de l’énergie atomique.

Sur les origines de cette relation et le contexte international qui a conduit ces pays à unir leurs forces au sein de la situation géopolitique mondiale, le chercheur Santiago Pérez Benítez, directeur adjoint du Centre de recherche pour la politique internationale (ICIP), a déclaré qu’il s’agit d’une relation basée sur les intérêts nationaux de ces deux puissances qui partagent des frontières et ont eu une relation complexe à travers l’histoire.

Il a rappelé que les Chinois mentionnent souvent ce qu’il définissent comme le siècle de l’humiliation, quand les puissances occidentales, y compris l’empire russe, ont infligé  une présence négative en Chine, mais la Révolution d’Octobre et la Révolution chinoise ont transformé la donne. Au milieu des années 1950, les relations étaient très intenses, mais les relations se sont tendues à cause de différends idéologiques et géopolitiques au cours de la période dite de la guerre froide, en permettant aux États-Unis de mettre en œuvre la soi-disant diplomatie du ping pong.

Cependant, après la chute de l’Union soviétique, un processus de blocus de la Chine par de nombreuses puissances occidentales commence, en particulier en matière militaire. C’est à partir de là que commence à se tisser un nouveau type de relation. Depuis 2012, Vladimir Poutine et Xi Jinping ont eu plus de 20 rencontres de haut niveau en moins de cinq ans.

Il a souligné que dans toutes leurs stratégies de sécurité nationale, les États-Unis ont toujours comme ligne qu’il n’y ait pas d’autres puissances qui remettent en question l’hégémonie américaine, soit séparément, soit unies. En  1996, la Russie et la Chine signent un important accord de partenariat stratégique. En 2002 a émergé Organisation de la coopération de Shanghai. En 2004, ils ont résolu le problème des frontières. C’est ainsi qu’a été créé ce qu’on appelle l’esprit de Shanghai, qui est l’embryon de la création d’un nouveau modèle de relations internationales dans lequel ni l’unipolarisme ni l’interventionnisme ne prévalent plus.

Il a ajouté que la crise de 2008 offrait une opportunité aux deux nations car si les Etats-Unis et la plupart des pays d’Europe traversaient une crise énorme, ce n’était pas le cas des économies de la Russie et de la Chine. La Chine a connu un développement émergent important et la Russie a rebondi grâce à la hausse des prix du pétrole. En conséquence, les BRICS ont émergé. A partir de 2012, lors du deuxième mandat d’Obama, Poutine étant président pour la troisième fois, est intervenue la crise en Ukraine ; l’hostilité des Etats-Unis envers la Chine a débouché sur le réarmement des troupes dans la mer de Chine méridionale, sur la péninsule coréenne, au Japon, et le renforcement de l’OTAN.

Eduardo Regalado Florido, du Centre pour la recherche sur les politiques internationales (CIPI), a expliqué que la Russie et la Chine ont évolué dans la construction de relations étroites. Ils ont d’abord parlé d’un partenariat stratégique, après un partenariat stratégique de coopération, suivi d’une association de coordination stratégique, et actuellement le terme qu’ils utilisent est le partenariat stratégique intégral de coordination.

Il a expliqué qu’avec cette conceptualisation, ils essayent de définir leur niveau d’association sans pour autant conclure d’alliance, parce que le terme alliance a une autre connotation dans les relations internationales. Quand on parle de l’alliance, on parle d’engagements spécifiques entre deux pays concernant la menace d’un tiers. Ils ont affirmé n’avoir aucun engagement concernant la menace d’un tiers l’un envers l’autre et ont ainsi créé chacun leur propre mécanisme d’autodéfense qui leur permet de conserver leur autonomie dans la relation avec le tiers [En fait il s’agit d’une doctrine chinoise qui récuse la notion d’alliance, NDLT].

Le chercheur a ajouté qu’il n’y a pas de domaine de coopération entre les deux  pays qui n’ait connu un développement extraordinaire, y compris le commerce, les investissements, l’armée et la sécurité. Ils se sont associés parce qu’ils ne pouvaient défendre seuls leurs intérêts nationaux contre l’agressivité américaine.

Il a dit qu’au milieu de ces relations, la question de la complémentarité prévaut, c’est-à-dire que les éléments qu’un pays possède ne sont pas en concurrence avec ceux de l’autre pays. La plupart des éléments et des ressources dont la Chine a besoin pour maintenir son taux de croissance se trouvent en Russie, l’énergie étant la plus fondamentale d’entre elles. En Russie, il y a aussi la technologie dont la Chine a besoin surtout dans l’aspect militaire. La Russie profite de la forte demande de ressources naturelles telles que le gaz et le pétrole et de la vente d’armements. Avec cette relation économique, ils ont atteint un certain degré d’indépendance vis-à-vis d’un monde instable, en crise et face aux sanctions.

 

Il a mentionné que le dynamisme de l’économie mondiale se déplace de l’Ouest vers l’Est. On dit que ce sera le siècle de l’Asie et surtout de la Chine, une économie qui génère très facilement la technologie. La Russie avec toutes les sanctions européennes a réorienté ses intérêts économiques vers la Chine.

Il a annoncé que d’ici cette année 2017 l’échange commercial entre la Russie et la Chine s’élèvera à environ 80 milliards de dollars. En 2020, les deux pays ont proposé 200 milliards de dollars. Une relation économique qui naît dans un climat de confiance, de coopération et de volonté politique des deux pays.

Complémentarité et coordination

La Russie et la Chine ont tenu des exercices militaires en juillet de cette année, celles-ci deviennent de plus en plus fréquentes. À cet égard, l’analyste de la politique internationale Santiago Pérez Benítez a commenté que la Chine a émergé dans les années 1990 avec des armes plutôt obsolètes et la Russie a émergé avec une grande crise économique, mais avec une industrie militaire développée.

Il a dit que la Chine va commencer à acheter des SU-35 à la Russie, l’avion de chasse le plus perfectionné du monde, ils vont également acheter le système antiaérien S-400 qui va leur permettre d’affronter le bouclier antimissile américain. Les exercices militaires entre deux nations sont fondamentalement politiques. Lénine a dit que la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. Dans les projections de sécurité de ces deux pays, le terrorisme et le séparatisme sont fondamentaux, de sorte que la coopération militaire et le renseignement ont augmenté.

Il a annoncé que, entre les deux pays, il y avait aussi une convergence diplomatique significative, il est donc important que les deux soient des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. C’est pourquoi nous parlons d’un modèle de relations de type nouveau entre des pays qui pensent de la même manière.

Eduardo Regalado Florido a ajouté que, bien que le regard soit le même ou similaire sur un sujet, ce qui est derrière c’est la coordination non seulement dans la relation unilatérale, mais aussi dans la relation multilatérale. Cette relation coordonnée se produit au plus haut niveau des personnalités politiques, entre les ministères et les diplomates.

Parmi les objectifs des deux pays il y a le fait que les membres de l’Organisation de Coopération de Shanghai ne permettent pas aux États-Unis d’installer des bases militaires dans l’Asie centrale ou dans la zone d’influence chinoise. Il a souligné que le projet chinois de la route de la soie est attirant mais le plus important est qu’il associe. Pour sa part, la Russie a créé l’Union économique eurasienne. Les deux projets ont interagi dans la construction de l’infrastructure nécessaire, les ponts, les ports, les routes, ce qui est nécessaire pour le développement des pays. 50% de l’échange a à voir avec l’énergie, qui entre principalement par les ports ce qui est un problème de sécurité pour la Chine.

 

Santiago Pérez Benítez a affirmé que les deux nations font face à un défi médiatique qui a motivé de nombreuses causes du rapprochement entre ces pays. Il n’en est pas moins vrai que c’est une relation avec ses complexités comme n’importe quelle relation. La manière dont la Russie est diabolisée comme les vues négatives de Trump sur la manière dont la Chine manipulerait la monnaie témoigne de l’existence d’un haut niveau de nervosité géopolitique.

Eduardo Regalado a ajouté que cette relation Russie-Chine est l’axe de contestation le plus fort et le plus actif contre l’hégémonisme américain. C’est l’association qui construit le plus fortement un monde multipolaire. On dit que la grande erreur géostratégique d’Obama était de laisser cette relation se développer ,ce que Trump a entrepris de détruire et de corriger.

Santiago Pérez a ajouté que la relation a généré un niveau d’institutions réelles dans la projection d’un monde différent dans le domaine économique et la politique internationale. Ensemble, ils ont opposé leur veto à l’agression militaire américaine contre la Syrie aux Nations Unies.

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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 16:40

Par Jacques Nikonoff, président du Parti de la démondialisation

 

Le 23 octobre 2017

Le 13 octobre dernier, Donald Trump a « décertifié » l’accord sur le nucléaire iranien (accord de Vienne du 14 juillet 2015), ratifié par l’Iran et le groupe dit « P5+1 », soit les membres du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie), plus l’Allemagne. Cet accord vise à stopper le programme nucléaire militaire iranien, à lever les sanctions économiques contre ce pays, et à organiser un contrôle serré des installations iraniennes par des inspections de l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) afin de limiter l’enrichissement en uranium. L’hôte de la Maison-Blanche place ainsi le Congrès américain en première ligne, car ce dernier dispose désormais de 60 jours pour décider ou non de la reprise des sanctions à l’égard de l’Iran. Rappelons ici que cet accord n’a pas vocation à intervenir sur tous les sujets. Il ne vise qu’à geler le programme nucléaire militaire iranien pendant 10 ans, sans interdire pour toujours l’accès de la République islamique à l’arme atomique. L’accord de Vienne n’est pas non plus un accord bilatéral signé entre les États-Unis et l’Iran que Washington pourrait modifier à sa guise.

Autrement dit, le président américain considère que l’Iran ne respecte pas ses engagements. Pourtant, à deux reprises, en avril et en juillet 2017, il avait certifié au Congrès américain que l’application de l’accord par l’Iran ne posait pas de problème particulier. Que s’est-il passé entre juillet et octobre 2017 ? Quels sont les éléments nouveaux pouvant expliquer cet énième revirement de Monsieur Trump ? Si on reste sur l’application stricte de l’accord, les autres signataires de l’accord et l’AIEA reconnaissent unanimement que l’Iran respecte ses engagements. Ce n’est donc pas un défaut de respect de l’accord par l’Iran qui explique la décision de Donald Trump, mais des raisons externes à celui-ci. On peut en distinguer trois.

  • D’abord, l’attitude de Donald Trump se place dans la continuité de décisions récentes qui reposent sur la même logique de retrait du multilatéralisme pour privilégier les décisions unilatérales. Dans le principe, l’affirmation de la souveraineté étatique, fondement du droit international public, n’est pas contestable. Ce qui l’est, en revanche, est le caractère impérialiste de la démarche qui vise à substituer le peu de légalité internationale qui demeure à l’exercice de la force par la première puissance mondiale. C’est ce qui explique les critiques de Washington contre l’OTAN, la remise en cause de l’ALENA, du partenariat transpacifique (TPP) et du partenariat transatlantique (TAFTA), la sortie de l’accord de Paris sur le climat, la fin du rapprochement avec Cuba, les menaces contre le Venezuela et la Corée du Nord, le retrait de l’UNESCO… On observera néanmoins qu’il existe parfois un certain écart entre les déclarations de matamore du président américain et la réalité. C’est le cas par exemple pour l’OTAN, puisque non seulement les États-Unis n’en sont pas sortis, mais qu’au contraire ils exigent de ses membres de mettre la main à la poche…
  • Ensuite, la Maison-Blanche veut faire cesser ce qu’elle appelle l’ « expansionnisme régional » iranien qui chercherait notamment à établir un pont jusqu’en Syrie et au Liban. Elle souhaite donc entamer des « négociations » avec l’Iran sur tout ce qui n’est pas prévu dans l’accord, à partir d’une « stratégie globale » visant essentiellement deux points qu’elle énonce ainsi : « neutraliser son influence déstabilisatrice et contenir son agression » dans la région, et arrêt de la fabrication des missiles balistiques.
  • Enfin, le président américain s’attaque systématiquement à la politique de son prédécesseur, Barack Obama. Cela concerne les accords internationaux et les mesures domestiques telles que l’abandon de l’Obamacare. Et ceci pour de pures considérations de politique intérieure.

La mauvaise foi des arguments de l’administration américaine rappelle les mensonges qui ont justifié l’invasion de l’Irak

Le 20 mars 2003, une coalition menée par les États-Unis (mais heureusement sans la France) envahissait l'Irak de Saddam Hussein. L’armée irakienne était rapidement vaincue, Saddam Hussein capturé et exécuté. Un nouveau gouvernement était mis en place. C’était la première fois que le concept de « guerre préventive », développé par l'administration Bush Jr en cas de menaces par des armes de destruction massive, était appliqué. Le 12 septembre 2002, en effet, le secrétaire d'État américain Colin Powell avait présenté un rapport issu de la CIA au Conseil de sécurité de l'ONU, prétendant que l’Irak détenait des armes de destruction massive.

D’autres motifs avaient été avancés par l’administration américaine pour justifier l’intervention militaire : la « lutte contre le terrorisme » car l'Irak aurait été responsable, entre autres, de l'attentat contre le navire militaire USS Cole, des attentats contre plusieurs ambassades des États-Unis en Afrique et des attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center à New York. Il a été prouvé, y compris par le sénat américain, que ces accusations, depuis, et même à l’époque pour une partie d’entre elles, étaient infondées. Entre le 27 novembre 2002 et le 18 mars 2003, un programme d’inspections avait été conduit en Irak par la Commission de contrôle, de vérification et d’inspection des Nations Unies (COCOVINU) présidée par Hans Blix, un diplomate international. Cette Commission n’avait « trouvé aucun élément indiquant la poursuite ou la reprise des programmes d’armes de destruction massive » en Irak. Quant au secrétaire d'État américain Colin Powell, il a reconnu dans un entretien en mars 2003, à propos des armes de destruction massives : « Saddam Hussein (...) n'en possédait pas un gramme »…

Nous sommes aujourd’hui quasiment dans la même situation comme le confirment l’Agence internationale de l'énergie atomique et la tribune surprenante publiée par Tom Bossert, conseiller à la sécurité intérieure de la Maison-Blanche, dans Le Monde du 10 octobre 2017. Pourtant, le 13 octobre 2017, le même jour que l’annonce du refus de Donald Trump de certifier l’accord, le directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano, rappelait une nouvelle fois que « les engagements pris par l’Iran sont respectés ».

Ce conseiller de la Maison-Blanche multiplie dans sa tribune les mensonges grossiers reprenant ceux déversés jadis contre l’Irak. L’Iran est accusé de « terroriser le Moyen-Orient et le monde », de ne pas « respecter la souveraineté des pays voisins ni la dignité de son peuple », de « préparer des attentats terroristes partout dans le monde ». Ce pays, selon Tom Bossert, serait une « menace pour les États-Unis, pour la sécurité des États du Moyen-Orient et au-delà ». Mais ce n’est pas tout. L’Iran « lancerait des roquettes sur des familles et des enfants israéliens », il serait responsable, en 1983 et 1984, des massacres à l’ambassade américaine au Liban et en 1983 de l’attentat contre les militaires français et américains à Beyrouth. Il aurait organisé une « attaque-suicide en Bulgarie » et l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafiq Hariri le 14 février 2005. D’ailleurs, le 8 octobre 1997, les États-Unis avaient désigné le Hezbollah, l’organisation libanaise financée et armée par l’Iran, comme « organisation terroriste étrangère », coupable d’avoir perpétré ces forfaits. Il est nécessaire de faire ici un point sur le Hezbollah pour mieux comprendre les enjeux dans la région (annexe 1 plus bas). Car sa branche armée ne pratique plus les attentats à l’étranger depuis les années 1990, et ce processus est similaire à la « normalisation » observée pour l’IRA et l’ETA. Quant à sa branche politique, elle est intégrée aux institutions libanaises puisqu’elle a des députés et des ministres dans ce pays.

Il est difficile d’éprouver de la sympathie pour le régime théocratique iranien. Bien que la religion recule à grande vitesse dans ce pays et que les ayatollahs soient de plus en plus impopulaires, les libertés démocratiques restent inexistantes, le chômage et la pauvreté accablent la population bien d’avantage que dans les pays occidentaux. Néanmoins, l’Iran ne peut servir de prétexte aux États-Unis, comme l’a été l’Irak en son temps, pour déployer leur nouvelle stratégie de reconquête de leur hégémonie. C’est le peuple, comme toujours, qui en ferait les frais.

Concernant le rôle de l’Iran dans la région, on doit avoir une approche globale et avancer avec beaucoup de précautions. Si on parle de l’intervention de l’Iran en Syrie, sous diverses formes, celle-ci est parfaitement conforme au droit international dans la mesure où elle repose sur un accord militaire de 2006 entre la Syrie et l’Iran. C’est d’ailleurs une sorte de contrepartie de l’Iran à la Syrie, car seule la Syrie avait soutenu l’Iran pendant la guerre Iran-Irak (septembre 1980 - août 1988), alors que tous les pays arabes soutenaient l’Irak. Ajoutons que le rôle de l’Iran dans le combat contre Daesh, sur le terrain, a été décisif.

L’Iran joue un rôle essentiel de contrepoids face aux deux autres puissances régionales (sans compter la Turquie) que sont Israël et l’Arabie saoudite. Israël est doté de l’arme nucléaire et viole les résolutions de l’ONU. Il y a celles de l’Assemblée générale (3 viols) et celles du Conseil de sécurité (31 viols), voir la liste en annexe 2. Quant à l’Arabie saoudite, elle exporte le « wahabisme-salafisme » et le terrorisme et porte un véritable projet planétaire de propagation de cette idéologie politico-militaro-religieuse. Tout ceci s’exerce avec la bienveillance des gouvernements américains depuis des décennies. Voir le résumé en quelques lignes du contenu du « salafisme-wahhabisme » en annexe 3 plus bas. La stabilité de l’Arabie saoudite, en effet, fait partie des « intérêts vitaux » des États-Unis, et donc aussi le leadership régional de l’Arabie saoudite. Toutefois, aujourd’hui, les grands équilibres de la région ne peuvent plus être gérés sans l’Iran, et cette évolution inquiète l’Arabie saoudite comme les États-Unis.

Israël et l’Arabie saoudite sont de fidèles alliés des États-Unis. La France, en ce qui la concerne, a tout intérêt à contribuer à préserver l’équilibre fragile de la région. Tout affaiblissement du rôle régional de l’Iran aurait de nombreuses conséquences funestes. Il serait perçu comme une victoire des sunnites sur les chiites, alimentant la guerre de religion dans le monde musulman. Il laisserait la voie libre à Daesh en Syrie et au-delà, encourageant le terrorisme. Il affaiblirait les positions palestiniennes et déstabiliserait le Liban.

Il est faux d’affirmer que l’Iran est « Le principal État soutenant le terrorisme dans le monde » comme le prétend le conseiller de la Maison-Blanche. Les principaux États soutenant le terrorisme dans le monde sont l’Arabie saoudite (dont étaient issus tous les terroristes ayant commis l’attentat du World Trade Center à New York), le Pakistan, le Qatar, tous alliés des États-Unis…

Les États-Unis, s’ils décidaient de nouvelles sanctions contre l’Iran, ne feraient qu’encourager la prolifération nucléaire

Le président américain veut modifier l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, et s’il ne peut y parvenir annonce qu’il en sortira. Mais les Iraniens, non sans raison, n’ont pas à accepter des contraintes qui pèseraient seulement sur eux et non sur leurs voisins. Soulignons encore une fois qu’Israël possède la bombe atomique et viole depuis des décennies les résolutions de l’ONU, alors que l’Arabie saoudite intervient directement au Yémen, alimente et exporte le terrorisme. Au nom de quoi ces pays, qui bafouent le droit international, resteraient-ils impunis, alors que seul l’Iran serait accablé ?

 

L’accord de Vienne doit être considéré comme définitif. À Téhéran il avait été difficilement accepté par les radicaux du régime (Mahmoud Ahmadinejad…). Ces derniers voient aujourd’hui dans les menaces américaines l’occasion d’enterrer la politique de rapprochement avec l’Occident engagée par le président de la République, le « modéré » Hassan Rohani. Les ultra-conservateurs pourraient alors décider eux-aussi, comme Monsieur Trump, d’en sortir. Si l’Iran, encouragé par l’hostilité américaine, décidait de s’en affranchir, il serait libre de reprendre la militarisation à grande vitesse de son programme nucléaire. Il y aurait alors une course à l’armement nucléaire à laquelle participeraient aussi la Turquie et l’Arabie saoudite.

Si les États-Unis renient leur parole deux ans après la signature d’un accord international, pourquoi Kim Jung-un en Corée du Nord, entre autres, accepterait-il un accord pour geler son programme nucléaire ? Tout le monde serait convaincu, partout sur la planète, que seule l’arme nucléaire (et des missiles balistiques) protège d’une invasion américaine.

L’Union européenne pourra-t-elle résister à la pression américaine et montrer, pour une fois, qu’elle est du côté de la paix ?

Jusqu’à présent, l’Union européenne, comme la France, n’a pas basculé dans un soutien visible et bruyant aux États-Unis, et a même manifesté des signes d’agacement à l’égard de son mentor. Toutefois, son message est de faible intensité, car si elle diverge avec Washington sur la tactique, elle est d’accord sur le fond. Le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, l’a bien compris, qui craint que les Européens ne s’alignent sur Washington. Il affirme : « vous demandez pourquoi l’Iran a des missiles, très bien. Mais pourquoi, vous-mêmes, avez-vous des missiles ? » (Le Monde, 21 octobre 2017).

Emmanuel Macron, en ce qui le concerne, a adopté une attitude pleine d’hypocrisie. D’un côté, avec Angela Merkel et Theresa May il a publié une déclaration commune pour expliquer qu’ils demeurent « attachés à l’accord et à sa pleine application, par toutes les parties ». C’est une initiative à saluer. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, fait le service après-vente : « il est essentiel de garder cet accord pour éviter la prolifération… La France essaie de convaincre le président américain de la pertinence de ce choix ». De plus, il s’est entretenu par téléphone avec le président iranien Hassan Rohani, et a été invité en Iran. C’est une excellente chose. Le dernier président français à s’être déplacé à Téhéran est Valéry Giscard d’Estaing en 1976. Plus généralement, depuis la victoire de la révolution islamique en 1979, aucun leader occidental n’avait fait la visite. On doit ce geste d’apaisement à Donald Trump, mais il n’est pas certain que ce soit ce qu’il recherchait !

Cependant, d’un autre côté, le président de la République déclare « Nous avons besoin de l’accord de 2015. Cet accord est-il suffisant ? Il ne l’est pas, compte tenu de l’évolution régionale et de la pression croissante que l’Iran exerce dans la région ». Il propose ainsi d’ajouter « deux ou trois autres piliers » : un pour un meilleur contrôle des activité balistiques, un pour l’après-2025 quand l’accord deviendra caduc, un pour la situation dans la région. Il confirme sur TF1 le 15 octobre : « Nous devons être beaucoup plus exigeants avec l’Iran sur son activité balistique et sur l’action de l’Iran dans la région ». Cette orientation d’alignement sur les États-Unis est porteuse d’une aggravation des tensions.

Quant à l’Union européenne, elle a fait quelques gestes qui reviennent à brasser du vent. Federica Mogherini, la responsable de la diplomatie de l’Union européenne, a annoncé qu’en cas de décertification, la communauté internationale continuerait à respecter l’accord de Vienne. Elle se rendra à Washington début novembre pour tenter de convaincre le Congrès de préserver l’accord, soutenue par tous les ministres des Affaires étrangères qui, le 16 octobre, ont pris unanimement position pour l’accord.

Cependant, la diplomatie bruxelloise manque de force et de détermination et envoie des signaux faibles. Elle reste très vague sur les moyens qu’elle compte déployer en cas de sanctions. On comprend pourquoi car sur le fond elle est d’accord avec Monsieur Trump. Dans l’hypothèse de nouvelles sanctions contre l’Iran, les investissements de plusieurs groupes européens, notamment français revenus en Iran, seraient menacés (Airbus, Renault, Total…). Ils le sont déjà, d’ailleurs, car cette situation d’incertitude retarde les investissements européens. Les entreprises dans les secteurs qui pourraient être soumis à de nouvelles sanctions américaines sont dans l’expectative.

Rien n’oblige juridiquement les Européens à suivre d’éventuelles sanctions américaines. Sauf que les entreprises qui voudraient effectuer des investissements en Iran risqueraient de se couper définitivement du marché américain, voire d’être condamnées à de très fortes amendes par la justice américaine. Les nouvelles sanctions américaines prendraient en effet une autre dimension. Il faut savoir que les États-Unis se sont arrogés le droit exorbitant de sanctionner les entreprises étrangères travaillant avec des entités qualifiées de « terroristes » (dont des États). Les activités en cause des entreprises étrangères n’ont même pas besoin d’avoir un rapport quelconque avec les États-Unis, il suffit par exemple d’utiliser le dollar pour être visé ! L’organisme américain chargé de mettre en application les sanctions prises à l’égard de ces entités est l’Office of Foreign Assets Control (OFAC). BNP Paribas en sait quelque chose, qui a dû acquitter une amende de 9 milliards de dollars (7,6 milliards d’euros !) pour avoir violé les embargos économiques américains sur Cuba, l'Iran et le Soudan en 2014. On comprend mieux l’agressivité extraterritoriale de l’OFAC si on sait qu’il a, entre autres, sanctionné une entreprise chinoise sans activité aux États-Unis, pour la vente de matériel téléphonique en Corée du Nord.

Pour contourner cette nouvelle forme de blocus, Bpifrance (banque publique française) a mis en place un système de crédit export. Bpifrance, en effet, n’ayant pas d’activité bancaire aux États-Unis et ne travaillant pas en dollars peut passer à travers les mailles du filet. Les virements entre la France et l’Iran passent par de petites banques françaises sans lien avec les États-Unis. Aucun collaborateur n’est de nationalité américaine… Le gouvernement français aura-t-il le courage politique de préserver ce dispositif ? Les pays membres de l’UE imiteront-ils la France ?

Quelle ligne politique la France devrait-elle adopter ? En cas de sanctions du Congrès américain à l’égard de l’Iran, chaque pays, sur le plan juridique, peut rester dans l’accord puisque celui-ci demeure en vigueur même après le départ de l’un de ses signataires. Il faudra alors échapper à l’OFAC et refuser d’être soumis à son contrôle et à d’éventuelles sanctions comme pour BNP Paribas. La participation des Russes et des Chinois serait décisive pour le succès d’une telle entreprise.

On ne pourra pas compter sur Monsieur Macron, qui refuse d’aborder la question sous l’angle global de la stabilité dans la région. C’est un accord multilatéral de désarmement et de coopération qui est nécessaire. Il ne peut passer que par une reconnaissance d’Israël par tous les pays arabes, facilitée en contrepartie par son retrait des territoires palestiniens occupés et la création d’un État palestinien. Autrement dit par un respect scrupuleux des résolutions de l’ONU jusqu’ici bafouées par ce pays.

Cet accord multilatéral devrait également contenir l’adhésion de tous les pays de la région au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) de 1968 (seul Israël n’est pas signataire). Il devrait aussi intégrer l’adhésion au Code de conduite de La Haye contre la prolifération des missiles balistiques (HCoC, 2000), signé aujourd’hui par 137 pays. Ce Code, non contraignant, enjoint à ses adhérents de déclarer l’état de leurs stocks et de décrire annuellement leur programme en matière d’activités spatiales et balistiques, notamment en procédant à des pré-notifications de lancements. Dans la région, l’Arabie saoudite, l’Iran, Israël et la Syrie ne sont pas signataires.

Mais pourquoi l’Iran accepterait d’accomplir ce geste, alors qu’il respecte déjà à la lettre l’accord de Vienne sur le nucléaire, et que le responsable de la crise actuelle est Washington ? Pourquoi l’Iran serait le seul pays de la région à qui on demanderait de renoncer aux missiles balistiques ? Cette position est évidemment intenable, et aucun pays ne pourrait accepter un marché de dupes pareil. Persévérer à faire cette demande irréaliste à l’Iran, unilatéralement, revient pour les États-Unis et l’Union européenne (et la France de Monsieur Macron) à préparer une intervention militaire en Iran.

 

Sans se masquer le caractère herculéen d’un tel projet d’accord multilatéral au Moyen-Orient, ce serait pour chacun des pays concernés un motif de s’assoir enfin à la même table. C’est d’ailleurs ce que demande l’Iran : bâtir un système régional de sécurité collective. La France, se plaçant à l’initiative de cette belle stratégie de paix, renouerait avec sa vocation universaliste…

En conclusion, on peut observer que les États-Unis se sont isolés alors que jamais l’Iran n’avait bénéficié d’un tel soutien international

Ce qui frappe, dans l’affaire iranienne, c’est l’isolement apparent des États-Unis. Les seuls pays soutenant publiquement Donald Trump, Israël et l’Arabie saoudite, sont plutôt des repoussoirs. Les États-Unis agissent comme un animal blessé, d’autant plus dangereux, placé sur la défensive, donnant l’image d’une citadelle assiégée. Le leader de l’ancien ordre mondial unipolaire ne veut pas reconnaître que le monde est désormais multipolaire. Donald Trump a démontré à tous que les États-Unis n’avaient pas de parole, qu’ils n’étaient pas fiables. Une méfiance accrue s’installe vis-à-vis de l’Amérique, Donald Trump a affaibli la parole de son pays dont la crédibilité est mise en cause.

 

Ce résultat est manifestement contraire à celui certainement recherché par l’hôte de la Maison-Blanche. Si ce dernier avait voulu indiquer à Kim Jong-un, entre autres, de ne jamais faire confiance aux Occidentaux, il ne s’y serait pas pris autrement. Les signaux politiques très dangereux envoyés par Washington débouchent désormais sur une évidence paradoxale : pour ne pas se faire envahir par les États-Unis, il faut disposer de la bombe atomique.

 

L’Union européenne, pour l’instant, a adopté la politique du chien crevé qui suit le fil de l’eau, tellement la position américaine est peu défendable publiquement. On pourra juger de sa véritable consistance en fonction de sa réaction à de nouvelles sanctions éventuelles prononcées contre l’Iran par le Congrès américain. Et aussi par ses actions diplomatiques, aujourd’hui totalement inexistantes, en faveur d’un accord multilatéral de stabilité et de coopération dans la région. Un gouvernement français enfin souverain, disposerait alors d’une totale liberté afin d’avoir la vision panoramique de la géopolitique qui fait aujourd’hui défaut. Il prendrait, unilatéralement, des initiatives en associant la Chine et la Russie dont le rôle d’apaisement dans les relations internationales est à saluer.

 

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ANNEXE 1 Le Hezbollah

Plusieurs points sont exacts dans les accusations de Tom Bossert, conseiller à la sécurité intérieure de la Maison-Blanche, dans Le Monde du 10 octobre 2017.

C’est bien le Hezbollah, par exemple, qui est responsable des massacres à l’ambassade américaine au Liban en 1983 et 1984, et en 1983 de l’attentat contre les militaires français et américains à Beyrouth. Ces attentats ont été justifiés par le Hezbollah comme étant des actes de guerres et non du terrorisme, contre des troupes d’occupation stationnées au Liban. Quant à cette « attaque-suicide en Bulgarie », elle a été attribuée au Hezbollah par le Premier ministre bulgare de l’époque qui s’est ensuite rétracté. Concernant l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafiq Hariri, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), mis en place par l’ONU à La Haye (Pays-Bas), a dressé un acte d’accusation mais le jugement n’a pas encore été prononcé. Le Hezbollah a condamné cet attentat, mais il n’en reste pas moins que les quatre mandats d’arrêt lancés concernent des membres du Hezbollah…

Le Hezbollah a clairement organisé des attentats hors du Liban jusqu’en 1990. En France, du 23 février 1985 au 17 septembre 1986, il va commettre une série d'attentats dont celui devant le magasin Tati rue de Rennes à Paris (7 morts et 55 blessés). Ils ont été revendiqués par le CSPPA (Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient), une couverture dissimulant le Hezbollah qui réclamait la libération du chef libanais Georges Ibrahim Abdallah, un laïc d'origine chrétienne.

Le Hezbollah (« Parti de Dieu »), a été fondé en juin 1982. C’est un groupe islamiste chiite basé au Liban, financé et armé par l’Iran, composé d’un parti politique et d’une branche militaire. Il a été créé à la suite de l'intervention militaire israélienne au Liban de 1982. Dans la nouvelle charte du Hezbollah rendue publique le 1er décembre 2009 par son chef Hassan Nasrallah, « la résistance face à la menace israélienne reste sa priorité ». Le Hezbollah appelle l'État libanais à renforcer « le rôle de la femme dans la société, l'indépendance de la justice, la lutte contre la corruption, la décentralisation, et la préservation de toutes les libertés publiques. Il se prononce contre toute forme de partition du pays, y défend le multi-communautarisme ».

Le Hezbollah ne revendique plus la mise en place d'un État islamique mais se prononce pour un « État moderne » respectueux des normes du droit international. La charte stipule au sujet d’Israël que le Hezbollah « s'oppose catégoriquement à tout compromis avec Israël ou à reconnaître sa légitimité », soulignant que « cette position est définitive, même si le monde entier devait reconnaître Israël ».

L’Australie, le Canada, les États-Unis, les Pays-Bas, le Royaume-Uni notamment ont placé le Hezbollah sur leur liste des organisations terroristes, ainsi que les six pays arabes du golfe Persique et la Ligue arabe. En juillet 2013, l'Union européenne a classé la branche militaire du Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes, mais pas sa branche politique. D'autres pays estiment que l’action du Hezbollah ne relève pas du terrorisme. De son côté l'ONU ne classe pas non plus le Hezbollah dans sa liste des organisations terroristes, même si le Conseil de sécurité de l'ONU appelle à son désarmement. Comment expliquer la distinction faite par l’ONU et l’UE entre les branches politique et militaire du Hezbollah ? Parce que la branche politique possède des députés et des ministres au Liban. Qualifier ce parti politique d’organisation terroriste dans ces conditions, alors qu’il participe à une coalition gouvernementale et qu’il est reconnu au Liban, ne pourrait que remettre ce pays à feu et à sang. Le Hezbollah, en l’absence d’une véritable armée dans ce pays, apparait pour une large fraction de la population libanaise comme la seule protection face aux menaces d’invasion israélienne. L’État libanais lui-même s'est refusé jusqu'ici à qualifier le Hezbollah d’organisation terroriste, considérant qu’il n'était pas une milice mais un mouvement de résistance légitime à une occupation étrangère.

À la suite des élections de mai-juin 2005 au Liban, le Hezbollah obtient 11% des suffrages (14 députés) et le Bloc de la résistance et du développement, auquel il appartient, 27,4%. Son chef, Hassan Nasrallah, appelle au dialogue et se prononce en faveur d'un « gouvernement d'unité nationale ». Il participe pour la première fois au gouvernement en juillet 2005. En février 2006, il signe un protocole d'entente mutuelle avec le parti chrétien du général Michel Aoun, le Courant patriotique libre, et participe encore au gouvernement en 2009. Michel Aoun, toujours président de la République en octobre 2017, défend toujours son accord passé avec le Hezbollah (Le Figaro, 22 septembre 2017).

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ANNEXE 2 Viol des résolutions de l’ONU par Israël.

Celles de l’Assemblée générale :

  • Résolution 181 (29 novembre 1947, adoption du plan de partage : la Palestine est divisée en deux États indépendants, l’un arabe, l’autre juif, et Jérusalem est placée sous administration des Nations unies).
  • Résolution 194 (11 décembre 1948, les réfugiés qui le souhaitent doivent pouvoir « rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et vivre en paix avec leurs voisins » ; les autres doivent être indemnisés de leurs biens « à titre de compensation », création de la commission de conciliation des Nations unies pour la Palestine).
  • Résolution 302 (8 décembre 1949, création de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine).

Celles du Conseil de sécurité :

  • Résolution 236 (11 juin 1967, demande de cessez-le-feu et un arrêt immédiat de toutes les activités militaires dans le conflit opposant l’Égypte, la Jordanie et la Syrie à Israël).
  • Résolution 237 (14 juin 1967, demande à Israël d’assurer « la sûreté, le bien-être et la sécurité des habitants des zones où des opérations militaires ont eu lieu » et de faciliter le retour des réfugiés).
  • Résolution 242 (22 novembre 1967, condamnation de l’« acquisition de territoire par la guerre » et demande du « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés », affirmation de « l’inviolabilité territoriale et l’indépendance politique » de chaque État de la région).
  • Résolution 250 (27 avril 1968, Israël est invité à ne pas organiser le défilé militaire prévu à Jérusalem le 2 mai 1968 considérant que cela aggraverait les « tensions dans la région »).
  • Résolution 251 (2 mai 1968, regret de la tenue du défilé militaire de Jérusalem « au mépris » de la résolution 250).
  • Résolution 252 (21 mai 1968, déclaration comme « non valides » les mesures prises par Israël, y compris l’« expropriation de terres et de biens immobiliers », qui visent à « modifier le statut de Jérusalem », et demande à celui-ci de s’abstenir de prendre de telles mesures).
  • Résolution 267 (3 juillet 1969, censure de « toutes les mesures prises [par Israël] pour modifier le statut de Jérusalem »).
  • Résolution 340 (25 octobre 1973, création de la deuxième Force d’urgence des Nations unies (FUNU-II) qui vise à « superviser le cessez-le-feu entre les forces égyptiennes et israéliennes » et à assurer le « redéploiement » de ces mêmes forces).
  • Résolution 446 (22 mars 1979, arrêt des « pratiques israéliennes visant à établir des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés depuis 1967 », déclare que ces pratiques « n’ont aucune validité en droit » et demande à Israël de respecter la convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre).
  • Résolution 468 (8 mai 1980, sont déclarées « illégales » les expulsions à l’étranger de notables palestiniens de Hébron et de Halhoul par les autorités militaires israéliennes et demande à Israël de les annuler).
  • Résolution 592 (8 décembre 1986, rappel que la convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre « est applicable aux territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés par Israël depuis 1967 ».
  • Condamnation de « l’armée israélienne qui, ayant ouvert le feu, a tué ou blessé des étudiants » de l’université Bir Zeit).
  • Résolution 605 (22 décembre 1987, après le déclenchement de la première Intifada, le Conseil de sécurité condamne les pratiques d’Israël « qui violent les droits de l’homme du peuple palestinien dans les territoires occupés, en particulier le fait que l’armée israélienne a ouvert le feu, tuant ou blessant des civils palestiniens »).
  • Résolution 607 (5 janvier 1988, Israël doit « s’abstenir d’expulser des civils palestiniens des territoires occupés » et respecter les obligations que lui impose la convention de Genève.
  • Résolution 608 (14 janvier 1988, demande à Israël « d’annuler l’ordre d’expulsion des civils palestiniens et d’assurer le retour immédiat et en toute sécurité » de tous ceux déjà expulsés).
  • Résolution 636 (6 juillet 1989, demande à Israël, en conformité avec ses précédentes résolutions et avec la convention de Genève, de « cesser immédiatement d’expulser d’autres civils palestiniens » et d’assurer le retour en toute sécurité de ceux déjà expulsés).
  • Résolution 641 (30 août 1989, le Conseil de sécurité « déplore qu’Israël, puissance occupante, continue d’expulser des civils palestiniens » et lui demande d’assurer le retour de tous les expulsés).
  • Résolution 672 (12 octobre 1990, après les violences de l’esplanade des Mosquées, le Conseil de sécurité condamne « les actes de violence commis par les forces de sécurité israéliennes » à Al-Haram Al-Charif et dans d’autres lieux saints de Jérusalem et demande à Israël de « s’acquitter scrupuleusement des obligations juridiques et des responsabilités qui lui incombent » vis-à-vis des civils des territoires occupés).
  • Résolution 673 (24 octobre 1990, condamnation du refus d’Israël d’appliquer la résolution 672).
  • Résolution 681 (20 décembre 1990, Israël est sommé d’appliquer la convention de Genève).
  • Résolution 694 (24 mai 1991, l’expulsion de quatre nouveaux civils palestiniens en mai 1991 par les forces israéliennes constitue une violation de la convention de Genève).
  • Résolution 799 (18 décembre 1992, condamnation des quatre cents expulsions de décembre 1992, contraire aux obligations internationales imposées à Israël par la convention de Genève. Le Conseil réaffirme l’indépendance et l’intégrité territoriale du Liban).
  • Résolution 904 (18 mars 1994, à la suite du massacre de la mosquée de Hébron, demande à Israël de prendre les mesures nécessaires « afin de prévenir des actes de violence illégaux de la part des colons israéliens » envers les civils palestiniens).
  • Résolution 1322 (7 octobre 2000, à la suite du début de la seconde Intifada, le Conseil de sécurité déplore les violences et condamne le « recours à la force excessif contre les Palestiniens », demande à Israël de respecter ses obligations relatives à la convention de Genève.
  • Résolution 1397 (12 mars 2002, demande de « cessation immédiate de tous les actes de violence, y compris tous les actes de terreur et toutes provocations, incitations et destructions », et réclame la coopération des Israéliens et des Palestiniens visant à la reprise des négociations).
  • Résolution 1402 (30 mars 2002, après la réoccupation totale de la Cisjordanie, demande du cessez-le-feu immédiat et du « retrait des troupes israéliennes des villes palestiniennes »).
  • Résolution 1405 (19 avril 2002, « il est urgent que les organismes médicaux et humanitaires aient accès à la population civile palestinienne »).
  • Résolution 1435 (24 septembre 2002, exigence du « retrait rapide des forces d’occupation israéliennes des villes palestiniennes », demande à l’Autorité palestinienne de « faire traduire en justice les auteurs d’actes terroristes »).
  • Résolution 1515 (19 novembre 2003, le Conseil de sécurité se déclare « attaché à la vision d’une région dans laquelle deux États, Israël et la Palestine, vivent côte à côte, à l’intérieur de frontières sûres et reconnues », et demande en conséquence aux parties en conflit de s’acquitter des obligations relatives à la « feuille de route » du Quartet).
  • Résolution 1544 (19 mai 2004, demande qu’Israël respecte « les obligations que lui impose le droit humanitaire international » et « l’obligation qui lui est faite de ne pas se livrer aux destructions d’habitations »).
  • Résolution 1850 (16 décembre 2008, soutient au processus d’Annapolis, et demande aux parties de « s’abstenir de toute mesure susceptible d’entamer la confiance » et de ne pas « remettre en cause l’issue des négociations ».
  • Résolution 1860 (8 janvier 2009, après l’incursion de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, le Conseil de sécurité exige « l’instauration immédiate d’un cessez-le-feu durable et pleinement respecté menant au retrait total des forces israéliennes de la bande de Gaza ». Il demande de ne pas entraver l’entrée des organisations médicales dans Gaza et d’empêcher le trafic illégal d’armes).

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ANNEXE 3 L’Arabie saoudite et le « wahabisme-salafisme »

Il est né vers la fin du XIXe siècle en Égypte. C’est un mouvement religieux de l'islam sunnite qui prône un retour aux pratiques en vigueur dans la communauté musulmane à l'époque du prophète Mahomet et de ses premiers disciples (VIe-VIIe siècle). Il fait une lecture littérale des textes fondateurs de l'islam, et considère que son interprétation est la seule légitime. C’est pourquoi il agit pour la « rééducation morale » de la communauté musulmane. Parmi les salafistes, les djihadistes veulent l’établissement d’États islamiques, ils utilisent le salafisme comme une base idéologique pour justifier le terrorisme.

L’Arabie saoudite possède une gigantesque capacité d’intervention globale financée par les pétrodollars aux moyens de différents instruments. C’est le cas de la Ligue Islamique mondiale (LIM), présente dans 120 pays, qui contrôle 50 grands lieux de culte en Europe. Son budget annuel est de 5 à 7 milliards de dollars. En France elle finance mosquées, écoles coraniques, centres culturel islamiques : mosquées de Mantes-la-Jolie, Évry, Lyon...

La LIM est proche de l’Union des organisations islamiques en Europe (UOIE), elle est son principal mécène. Elle s’associe généralement aux plaintes déposées par certaines organisations musulmanes pour « atteinte à l'islam », comme lors des procès contre Michel Houellebecq (2002) et Charlie Hebdo (Affaire des caricatures de Mahomet en 2007).

Ajoutons cet élément décisif pour comprendre la géopolitique de la région qu’est le Pacte du Quincy de février 1945 qui garantit à la puissance américaine l’accès au pétrole du Royaume (plus importantes réserves mondiales), en échange d’une protection militaire de la dynastie des Saoud.

Le Pacte du Quincy (14 février 1945) tire son nom du croiseur américain USS Quincy sur lequel il a été conclu entre le roi Ibn Saoud, fondateur du royaume d'Arabie saoudite, et le président américain Franklin Roosevelt, de retour de la conférence de Yalta. La stabilité de l’Arabie saoudite est déclarée comme faisant partie des « intérêts vitaux » des États-Unis, et donc aussi le leadership régional de l’Arabie saoudite.

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http://www.pardem.org/actualite/en-bref/758-iran-trump-joue-avec-le-feu

 

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6 août 2017 7 06 /08 /août /2017 13:34

 

…et pendant ce temps-là, la France fait la guerre.

L’économique d’abord. La plus meurtrière. La militaire, ensuite, quand la première rencontre ses contradictions dans la concurrence, notamment, les plus fondamentales, celles de la sur-accumulation du capital. L’idéologique, aussi. Pour donner bonne conscience aux inclus du marché du travail afin qu’ils mâchent en silence leur part du butin.

J’écoute les inclus. Je vis parmi eux et j’en suis un. A table, ils se parlent si souvent des bonnes nourritures ! Mais de la guerre : jamais ! Jamais !

Alors, je parle de la guerre.

Mais pas chez moi. Chez moi, je suis trop lâche ; je n’en ai même plus le courage : on se moque de mes recherches sur Marx, et, chaque fois, j’encaisse avec la façade d’un sourire, ce coup de poignard dans le fond caché de mon cœur. Où sont-ils, ces enfants ? Ces petits-enfants ? Ces arrières petits-enfants de la Résistance française… et soviétique…, et algérienne, malgache, vietnamienne, colombienne, face à l’Occupant nazi ou français colonial ?

Mais, hors de chez moi, j’ai encore ce courage de répondre que ça ne va pas. Que je vais mal parce que la France fait la guerre.

Je tente de semer les quelques pépites de compréhension que j’ai trouvées et je constate que certaines d’entre elles, certains déjà les avaient faites leurs. Ce qu’est La Lepen, par exemple, montrée comme une chienne au troupeau pour qu’il monte de lui-même dans le camion qui le mènera à la tonte, et qui sait, peut-être, si nécessaire, à l’abattoir…. Ce qu’est l’avenir pour tant de nos enfants : petits boulots, trafics dans la Cité. Ou à l’école. Apologie intériorisée du paraître. Paraître quoi ?

Riche.

On marche dans un pays mondial dévasté par la peste. On y fait du tourisme. On va regarder de loin quelques baleines ou de près quelques pas encore résiduels requins. On a un stock de mille photos. On participe à des championnats de France ou du monde pour les vieux. Et de plus en plus aussi pour les vieilles : la présence des vieilles est un gros progrès. Les mœurs, à la longue se libéralisent, quand les lycéennes de Boko Haram sont enlevées par les monstres armés de l’industrie française.

On ne vit pas si mal que ça en France, après tout. Avant tout. Et le pain que je mange, ne l’ai-je pas gagné ? Le pain et tous ces mets que l’on voit sur ma table. Le pain et le pétrole qui nourrit ma voiture.

Et la guerre, française jusqu’à la moelle des os, française même sous l’égide de l’Otan ?, continue : l’économique d’abord, la plus meurtrière. La militaire, ensuite, et l’idéologique…

Retour à la case départ.

 

Pierre Roubaud

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 11:48

A La Havane Colloque : "Les droits de nos ainés dans le monde"

par Rédaction Sylver Economy le 15 mars 2017

Du 3 au 6 avril 2017, la FIAPA organise à Cuba le colloque international « Les droits de nos aînés dans le monde ».

Evènement majeur de l’actualité de la gérontologie, ce colloque sera également l’occasion pour les entreprises de la Silver économie de découvrir un aspect méconnu de Cuba : une forte demande de coopération, un véritable dynamisme et des entreprises de pointe pour l’accompagnement des personnes âgées.

[on est loin de la façon dont les "ainés" sont traités en France : allongement du temps de travail, retraites minuscules pour le plus grand nombre, traitement scandaleux des vieillards, maisons de retraites hors de prix entre la garderie et le mouroir... En 1793, la République, qui cherchait un moyen de venir en aide aux vieillards sans ressources, avait inscrit dans sa Constitution que tout étranger prenant en charge un vieillard devenait automatiquement Français. Sous l"impulsion des communistes, l'Assurance Vieillesse fut créée au sortir de la Seconde Guerre Mondiale. Aujourd'hui les capitalistes, de Hamon à Le Pen, ne voient plus dans les vieillards qu'un marché juteux qu'ils appellent "l'or gris"... NDLR]

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 14:06
France / International / La guerre est devenue un moyen de gouverner

Les gouvernements actuels suivent à la lettre la leçon de Bush. C’est comme chefs de guerre que les gouvernants créent le mieux l’adhésion. Face au chômage, il faut inventer des solutions et affronter la logique du profit. Quand on prend l’uniforme du chef de guerre, c’est tout de suite beaucoup plus facile, surtout dans un pays dont l’armée reste malgré tout l’une des mieux entraînées du monde.

Le lendemain des attentats coordonnés, perpétrés dans Paris le 13 novembre 2015, le gouvernement français a naturellement déclaré l’état d’urgence. Sous cet état d’exception, la police et d’autres institutions, notamment le ministère de l’Intérieur et les préfets (représentants locaux de l’État) se sont vues conférer un large éventail de pouvoirs, dont celui de perquisitionner des logements de jour comme de nuit et d’émettre des arrêtés d’assignation à résidence sans que l’autorisation d’un juge soit nécessaire.

L’état d’urgence a été prolongé de trois mois, une première fois le 26 novembre 2015, puis de nouveau le 26 février 2016, et de deux mois le 26 mai 2016. Il a depuis été régulièrement prolongé, officiellement dans le but de couvrir la période des élections nationales, prévues en avril-mai 2017.

« Rien ne sera plus comme avant » avaient déclaré certains journalistes et hommes politiques après les attentats qui ont frappé la France. L’intensification des politiques et pratiques sécuritaires préexistantes ne s’est pas fait attendre. Mise en accusation des salafistes, des musulman-e-s, de l’islam ou des immigrés en général. À la parole des politiques, s’est joint l’acte… policier. Selon les chiffres publiés le 6 décembre 2016 par le gouvernement, depuis novembre 2015, 4.292 perquisitions de domiciles avaient été menées et 612 personnes avaient été assignées à résidence (et 434 personnes affectées). Par ailleurs, en décembre 2016, 95 personnes étaient encore assignées à résidence. Rappelons qu’en février 2016, Amnesty International a rapporté que moins de 1 % des perquisitions de domiciles menées entre novembre 2015 et février 2016 (soit plus de 3.000) avaient donné lieu, au regard de la législation française, à des chefs d’accusation pour activités à caractère terroriste (excepté les infractions pour « apologie du terrorisme »), ce qui révèle à quel point cette mesure était disproportionnée…

La situation des migrants s’en est naturellement ressentie et les politiques orchestrées en la matière par l’Union européenne tendent à organiser les contrôles abusifs, la destruction des bateaux, les rafles et les chasses à l’homme avec leurs corollaires : enfermement de milliers d’êtres humains, absence d’accès aux droits les plus élémentaires, expulsions, refoulements, harcèlement, isolement.

Ces politiques et leur relais dans les médias construisent dans la population un imaginaire d’une Europe assaillie par un danger migratoire. Tout ceci pousse à un racisme de plus en plus décomplexé, assumé et revendiqué. Les passages à l’acte (violence raciste, organisations de riverains voulant « faire justice eux-mêmes », manifestations et émeutes, tabassages, expulsions illégales, menaces) sont de plus en plus fréquents. Les pouvoirs publics et leurs forces de police au mieux ferment les yeux sur la situation, au pire poussent à ces passages à l’acte qui leur facilitent la tâche et correspondent à des objectifs politiques.

Bien entendu, les causes des migrations et les causes de leur visibilité actuelle, dont les pays européens sont directement et évidemment responsables, ne sont jamais énoncées dans les discours sur les migrations actuelles. La France était pourtant en guerre bien avant les attentats, lesquels ont largement servi de prétexte à intensifier ces engagements militaires. Ces dernières années, l’armée française est intervenue massivement en Afrique. La guerre est ainsi devenue un des derniers points forts des derniers mois de la présidence de Nicolas Sarkozy avec l’opération Harmattan en Libye mais aussi avec le passage à l’offensive de la force Licorne en Côte d’Ivoire pour faire tomber le régime de Laurent Gbagbo. Marchant dans les pas de son prédécesseur, François Hollande endosse pleinement le costume de chef des armées. L’opération Serval au Mali en 2013 qui se métastase à partir de l’été 2014 dans les pays de la sous-région avec l’opération Barkhane est emblématique du retour en force du militaire comme pilier de l’influence française dans ses anciennes colonies africaines. Sangaris, en République centrafricaine, vient conforter cette politique.  Présentées officiellement comme des victoires, ces interventions posent en réalité éminemment question.

L’intervention en Libye a eu des répercussions particulièrement néfastes sur le Mali. Dans ce pays, la France est intervenue pour combattre les groupes armés implantés dans le nord mais a, dans le même temps, remis en selle le Mouvement national pour la Libération de l’Azawad (MNLA), pourtant à l’origine de la crise. Avec Barkhane, et au nom de la « guerre contre le terrorisme », l’armée française est désormais durablement implantée au Burkina Faso et au Niger, tout en relégitimant la dictature d’Idriss Déby au Tchad en en faisant le point nodal de ses guerres africaines. Enfin, en Centrafrique, la France s’est embourbée dans une guerre civile d’une rare violence dont elle était en même temps juge et partie.

Ces conflits doivent être désignés par leur nom : ce sont des guerres d’ingérence impérialiste. La France n’a aucun « rôle positif » dans ces interventions, malgré ses prétentions puisées à l’ancien répertoire colonial. Le discours belliciste entend anesthésier et tétaniser la population. Pourtant, comment ne pas rappeler les désastres que sèment ces guerres, les millions de morts, de blessés et de déplacés, la misère, le désespoir jetant les populations sur les routes, tandis que s’enrichissent les profiteurs de guerre, les multinationales vendeuses d’armes – la France tenant en la matière le quatrième rang mondial. Ce sont aussi des dépenses colossales, qui détournent l’argent public de dépenses sociales, culturelles et écologiques vitales. De surcroît, l’État qui mène ces guerres, en pompier pyromane, nous entraîne dans une spirale infernale ayant pour effet de renforcer la haine qui débouchera sur d’autres attentats. Les Rafale tuent des civils aussi innocents que ceux du Bataclan ou de Nice. Ces bombardements sont des bombes à retardement.

L’état de guerre proclamé encourage les peurs et crée la division. Le gouvernement socialiste a sapé l’État de droit et les droits humains, entretenant le racisme et la xénophobie tout en semant les germes de nouvelles violences et de nouveaux conflits. Les discours alarmistes et anxiogènes déclamés ici et là ainsi que la désignation d’ennemis intérieurs ont servi et servirons encore à légitimer des mesures disproportionnées qui portent atteinte aux droits fondamentaux, dans le but de mieux contrôler la population. La guerre est désormais devenue un moyen de gouverner ; elle est aussi une guerre sociale.

Capitaine Martin

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 20:48

 

Refusons la torture et les viols de femmes détenues au Mexique !

Mexique / Appels / Refusons la torture et les viols de femmes détenues au Mexique !

Tailyn. Victime d’une fausse couche dans le bureau du procureur après un passage à tabac par des policiers. Monica. Battue et violée par 6 policiers devant son mari et son frère. Fernanda. Soumise à des chocs électriques au niveau du vagin.

Les résultats de l’enquête menée par Amnesty International auprès de 100 détenues mexicaines sont terrifiants : 99 d’entre elles ont dit avoir subi des violences physiques ! 72 des violences sexuelles ! 33 assurent avoir été violées !

JE DEVIENS MEMBRE

Il est urgent de dénoncer ces pratiques barbares, généralisées, commises en toute impunité par les forces de sécurité pour obtenir des « aveux » forcés et gonfler les statistiques dans la lutte contre le crime organisé.

La plupart des victimes sont des femmes très pauvres, seules, dans l’incapacité de s’offrir une défense digne de ce nom. Elles sont les proies faciles d’un système répugnant !

Nous avons besoin de vous pour lutter contre ces pratiques intolérables et inhumaines.

En devenant membre d’Amnesty International, vous nous aidez à faire pression pour protéger ces femmes vulnérables et toutes les victimes d’abus dans le monde.

En espérant vous compter parmi nos membres !

 

 

 
  
Camille Blanc
Présidente d'Amnesty International
France

 

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 12:48
International / Défense de Lénine

Cet article fut publié une première fois le 21 janvier 2014, à l’occasion du 90e anniversaire de la mort de Lénine, sur le site In Defence of Marxism.


Il y a 90 ans, le 21 janvier 1924, Vladimir Lénine, le grand marxiste et dirigeant de la révolution russe, est décédé des suites de complications dues à une tentative d’assassinat antérieure. Dès lors, une campagne continue visant à calomnier son nom et déformer ses idées a été lancée, allant des historiens bourgeois et apologistes de la bourgeoisie jusqu’aux différents réformistes, libéraux et groupes anarchistes. Leur tâche est de discréditer Lénine, le marxisme et la révolution russe, tout cela dans les intérêts du règne « démocratique » des banquiers et capitalistes.

Une récente biographie du professeur Robert Service, Lenin, A Political Life, The Iron Ring [simplement Lénine, en version française], affirme que :

« Bien que ce volume tienne à être un récit objectif [!] et multidimensionnel, nul ne peut écrire sur Lénine avec détachement. Son intolérance et sa répression ne cessent de m’horrifier. »

Un autre historien « objectif », Anthony Read, va encore plus loin, affirmant, sans aucune preuve, que Lénine était en minorité au Congrès du Parti de 1903 et qu’il a simplement choisi le nom « bolchevik » (le mot russe pour « majorité »), car « Lénine ne manquait jamais une occasion de favoriser l’illusion du pouvoir. Par conséquent, dès ses tout débuts, le bolchevisme fut fondé sur un mensonge, créant un précédent qui allait être suivi pour les 90 années à venir. »

M. Read continue sa diatribe : « Lénine n’avait pas le temps pour la démocratie, n’avait aucune confiance dans les masses et aucun scrupule dans l’usage de la violence. » (The World on Fire, 1919 and the Battle with Bolshevism, pp. 3-4, Jonathan Cape, 2008)

Il n’y a rien de neuf avec ces fausses affirmations qui s’appuient non pas sur les écrits de Lénine, mais plutôt sur les épanchements des professeurs Orlando Figes et Robert Service, deux « experts » sur les « démons » de Lénine et de la révolution russe. Remplis de haine, ils véhiculent le mensonge selon lequel Lénine aurait créé le stalinisme.

De même, les staliniens, ayant fait de Lénine une icône inoffensive, ont également diffamé ses idées afin de servir leurs crimes et leurs trahisons. La veuve de Lénine, Kroupskaïa, avait l’habitude de citer les paroles de son époux:

« Il est arrivé plus d’une fois dans l’histoire que la doctrine de grands révolutionnaires soit déformée après leur mort. Les hommes en ont fait des icônes inoffensives et, tout en entourant leur nom d'une certaine auréole, ils émoussent le tranchant révolutionnaire de leur doctrine. »

En 1926, Kroupskaïa affirmait que « si Lénine était vivant, il serait certainement dans les prisons de Staline ».

Lénine était sans aucun doute l’un des plus grands révolutionnaires de notre temps, ses efforts culminant avec la victoire d’octobre 1917 et ses écrits transformant le cours de l’histoire mondiale. Pour la révolution socialiste, Lénine est passé de la parole aux actes. Il est devenu, du jour au lendemain, « l’homme le plus détesté et le plus aimé sur terre ».

La jeunesse de Lénine

Né à Simbirsk, près de la Volga, en 1870, Lénine allait vivre les années de grands bouleversements en Russie. Ce pays semi-féodal était dirigé par le despotisme tsariste. L’intelligentsia révolutionnaire, face à ce despotisme, était attirée vers les méthodes terroristes de la Volonté du Peuple (Narodnaya Volya). En effet, le frère aîné de Lénine, Alexandre, fut pendu pour sa participation à la tentative d’assassinat du Tsar Alexandre III.

Suite à cette tragédie, Lénine entra à l’université et fut rapidement expulsé pour ses activités. Cela ne fit qu’augmenter sa soif de politique et l’amena à entrer en contact avec des cercles marxistes. Cela mena à une étude du Capital de Marx, qui circulait alors en petit nombre, puis de l’Anti-Dühring d’Engels.

Il entra en contact avec les exilés du Groupe pour l’Émancipation du Travail, mené par George Plekhanov, le père du marxisme russe, que Lénine regardait comme son père spirituel. Il déménagea, à l’âge de 23 ans, de Samara à Saint-Pétersbourg afin d’y former l’un des premiers groupes marxistes.

« C’est ainsi, entre l’exécution de son frère et son déménagement vers Saint-Pétersbourg, au cours de ces six années de dur labeur à la fois longues et courtes, que fut formé le futur Lénine », explique Trotsky. « Tous les traits fondamentaux de sa personnalité, son regard sur la vie et son mode d’action étaient déjà formés durant l’intervalle entre la dix-septième et la vingt-troisième année de sa vie. »

Des investissements étrangers massifs stimulèrent le développement du capitalisme et permirent l’émergence d’une petite classe ouvrière vierge. L’émergence de cercles d’étude et l’impact des idées marxistes menèrent à des tentatives d’établir un Parti social-démocrate révolutionnaire russe.

Lénine rencontra Plekhanov en Suisse en 1895 et, à son retour, il fut arrêté, emprisonné puis exilé. Le Premier congrès du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR) eut lieu en 1898, mais il y eut un raid policier et les participants furent arrêtés.

Marxisme et bolchevisme

À la fin de son exil, Lénine concentrait ses efforts sur la mise sur pied d’un journal marxiste : Iskra, « L’étincelle ». L’Iskra devait établir le marxisme en tant que force dominante de la gauche. Introduit clandestinement en Russie, le journal servit à unir les cercles en un parti national unifié sur de solides bases politiques et théoriques.

C’est lors de cette période que Lénine écrivit sa célèbre brochure Que faire?, dans laquelle il défendait l’idée d’un parti composé de révolutionnaires professionnels, d’individus dédiés à la cause.

En 1903 se tint le Deuxième congrès du POSDR, qui fut essentiellement le congrès de fondation. C’est là que les camarades de l’Iskra s’établirent comme courant dominant du parti. Cependant, une scission ouverte eut lieu, lors des dernières procédures à propos de questions organisationnelles, entre Lénine et Martov, tous deux éditeurs de l’Iskra. La majorité autour de Lénine allait être connue sous le nom de « bolcheviks », et la minorité autour de Martov sous celui de « mencheviks ».

Plusieurs mythes entourent cette scission qui prit par surprise la plupart des participants, incluant Lénine. Il n’y avait aucun désaccord politique à cette époque. Ceux-ci allaient émerger plus tard seulement. Lénine tenta de réconcilier les factions, mais échoua. Il qualifia plus tard la scission d’« anticipation » de différences importantes qui allaient surgir ultérieurement.

Ces différences émergèrent sur la question des perspectives pour la révolution en Russie. Toutes les tendances voyaient la révolution à venir comme étant « démocratique-bourgeoise » et qu’elle aurait pour tâche de balayer le vieux régime féodal et de paver la voie au développement capitaliste. Les mencheviks, cependant, affirmaient que dans cette révolution, les travailleurs auraient à se subordonner à la direction de la bourgeoisie. Les bolcheviks, quant à eux, croyaient que la bourgeoisie libérale ne pouvait mener à bien la révolution puisqu’elle était liée au féodalisme et à l’impérialisme, et qu’en conséquence les travailleurs devraient mener la révolution avec l’appui des paysans. Ils formeraient ensemble une « dictature démocratique du prolétariat et de la paysannerie », qui provoquerait la révolution socialiste en Occident. En retour, cette révolution viendrait en aide à la révolution russe. Trotsky défendait une troisième position : il était d’accord avec Lénine sur le fait que les travailleurs dirigeraient la révolution, mais il croyait qu’ils ne devraient pas s’arrêter à mi-chemin, mais devraient plutôt continuer avec des mesures socialistes, et commencer la révolution socialiste mondiale. En fin de compte, les événements de 1917 confirmèrent le pronostic de Trotsky, celui de la « révolution permanente ».

L’internationalisme

La Révolution de 1905 fut une manifestation concrète du rôle dirigeant de la classe ouvrière. Tandis que les libéraux se mettaient aux abris, les travailleurs mirent sur pied des soviets, dans lesquels Lénine y vit l’embryon du pouvoir ouvrier. Dans ces conditions, le POSDR grossit énormément et cela fit se rapprocher les deux factions du parti.

La défaite de la Révolution de 1905, cependant, fut suivie d’une période de réaction impitoyable. Le parti faisait face à des difficultés immenses et devenait de plus en plus isolé des masses. Les bolcheviks et les mencheviks s’éloignaient davantage tant au niveau politique qu’organisationnel, jusqu’à ce qu’en 1912 les bolcheviks se constituent en un parti indépendant.

Au cours de ces années, Trotsky était un « conciliateur » entre les bolcheviks et les mencheviks. Il se tenait à l’écart des deux factions tout en prônant « l’unité ». Cette attitude conduisit à d’importants conflits avec Lénine, qui défendait l’indépendance politique des bolcheviks. Ces conflits furent utilisés plus tard par les staliniens pour discréditer Trotsky, et ce malgré l’instruction de Lénine, contenue dans son testament, de ne pas invoquer le passé non-bolchevik de Trotsky contre lui.

Le réveil du mouvement ouvrier après 1912 témoignait d’un appui grandissant aux bolcheviks, qui revendiquaient l’appui de l’écrasante majorité des travailleurs russes. Cette croissance allait cependant être freinée par la Première Guerre mondiale.

La trahison d’août 1914 et la capitulation des dirigeants de la IIe Internationale furent un revers terrible pour le socialisme international. Cela signifiait la mort effective de cette Internationale.

La petite poignée d’internationalistes du monde se regroupa lors d’une conférence antiguerre tenue à Zimmerwald en 1915, où Lénine appela à la formation d’une nouvelle Internationale ouvrière. Ce furent des jours difficiles; les forces du marxisme étaient complètement isolées. Les perspectives révolutionnaires semblaient plutôt sombres en effet. En janvier 1917, Lénine s’adressa à une petite réunion des Jeunesses socialistes suisses à Zurich. Il nota que la situation allait éventuellement changer, mais qu’il ne vivrait pas pour voir la révolution. Et pourtant, un mois plus tard, la classe ouvrière russe renversait le tsarisme et une situation de double pouvoir était créée. En l’espace de neuf mois, Lénine se trouvait à la tête d’un gouvernement de Commissaires du Peuple.

La révolution russe

Alors à Zurich, Lénine passait au peigne fin les journaux afin de se tenir au courant des dernières nouvelles de la Russie. Il vit que les soviets, dominés alors par les dirigeants des socialistes-révolutionnaires (SR) et des mencheviks, avaient rendu le pouvoir au Gouvernement provisoire, mené par le Prince Lvov, un monarchiste. Il envoya immédiatement un télégramme à Kamenev et Staline, qui vacillaient : « Aucun appui au Gouvernement provisoire ! Aucune confiance en Kerensky ! »

Écrivant pendant son exil, Lénine avertit :

« Notre révolution est bourgeoise : aussi les ouvriers doivent-ils soutenir la bourgeoisie, disent les Potressov, les Gvozdev, les Tchkhéidzé, comme le disait hier encore Plekhanov.

Notre révolution est bourgeoise, disons-nous, nous marxistes : aussi les ouvriers doivent-ils ouvrir les yeux au peuple sur les mensonges des politiciens bourgeois, lui apprendre à ne pas croire aux paroles, à compter uniquement sur ses forces, son organisation, son union, son armementvous devez accomplir des prodiges d'organisation prolétarienne et populaire pour préparer votre victoire dans la seconde étape de la révolution. »

Dans sa lettre d’adieux destinée aux travailleurs suisses, Lénine expliqua la tâche clé : « faire de notre révolution le prologue de la révolution socialiste mondiale. »

Lorsque Lénine retourna en Russie le 3 avril 1917, il rédigea ses Thèses d’avril : une seconde révolution russe doit être une étape vers la révolution socialiste mondiale ! Il fit une sortie résolue contre la vieille garde du parti qui retardait sur les événements et il se battit pour réarmer le parti bolchevique.

« Quiconque, aujourd'hui, ne parle que de la ‘‘dictature démocratique révolutionnaire du prolétariat et de la paysannerie’’ retarde sur la vie, est passé de ce fait, pratiquement, à la petite bourgeoisie contre la lutte de classe prolétarienne, et mérite d'être relégué aux archives des curiosités prérévolutionnaires ‘‘bolcheviques’’ (aux archives des ‘‘vieux bolcheviks’’, pourrait-on dire). »

Il réussit à gagner l’appui de la base et put ainsi surmonter la résistance de la direction du parti, qui, ironiquement, l’accusait de « trotskysme ». En réalité, Lénine était arrivé à la position de Trotsky, celle de la révolution permanente, par sa propre voie.

En mai, Trotsky fut de retour en Russie après avoir été emprisonné par les Britanniques au Canada. « Deux ou trois jours après mon arrivée à Petrograd, j’ai lu les Thèses d’avril de Lénine. C’était exactement ce dont la révolution avait besoin », expliqua Trotsky. Sa ligne de pensée était identique à celle de Lénine. Avec l’assentiment de Lénine, Trotsky se joignit à l’organisation interdistrict avec comme objectif de la gagner au bolchevisme. Il entra en collaboration étroite avec les bolcheviks, se décrivant lui-même en tous lieux comme « nous, les bolcheviks-internationalistes ».

La prise du pouvoir

Le 1er novembre 1917, lors d’une rencontre du Comité de Petrograd, Lénine affirma qu’une fois que Trotsky eut été convaincu de l’impossibilité d’une union avec les mencheviks, « il n'y a pas eu de meilleur bolchevik ». Revenant sur la révolution deux ans plus tard, Lénine écrivit : « Au moment de la conquête du pouvoir, lorsque fut créée la République des soviets, le bolchevisme avait attiré à lui tout ce qu'il y avait de meilleur dans les tendances de la pensée socialiste proches de lui. »

« Ce n'est pas Lénine qui est venu à moi, c'est moi qui suis allé à Lénine », affirma Trotsky avec modestie. « Je l'ai rejoint plus tard que bien d'autres. Mais je m'enorgueillis de penser que je ne l'avais pas moins bien compris que les autres. »

Dans les mois qui ont précédé la révolution, Lénine avait appelé les soviets dominés par les mencheviks et les SR à rompre avec les ministres capitalistes et à prendre le pouvoir, ce qu’ils refusèrent obstinément de faire. Cependant, les slogans bolcheviques – Le pain, la terre et la paix ! Tout le pouvoir aux soviets ! – gagnèrent rapidement un appui chez les masses. Les manifestations de masse en juin reflétaient ce virage. Cela incita le nouveau premier ministre Kerensky à lancer une campagne de répression contre les bolcheviks. Les « Journées de juillet » virent les bolcheviks contraints à la clandestinité. Une campagne hystérique fut attisée contre eux, on les traitait « d’agents allemands », ce qui força Lénine et Zinoviev à se cacher et mena aux arrestations de Trotsky, Kamenev, Kollontai et d’autres leaders bolcheviques.

En août, le général Kornilov tenta d’imposer sa propre dictature fasciste. Craignant Kornilov et cherchant désespérément à obtenir de l’aide, le gouvernement remit Trotsky et d’autres bolcheviks en liberté. Les travailleurs et soldats bolcheviques saisirent l’occasion et infligèrent une défaite à la contre-révolution de Kornilov.

Cela fît s’accroître l’appui aux bolcheviks, qui gagnèrent la majorité dans les soviets de Petrograd et de Moscou. « Nous étions les vainqueurs », affirma Trotsky au sujet des élections au Soviet de Petrograd. Cette victoire fut décisive, et représenta un tremplin important vers la victoire d’Octobre.

Lénine, qui se cachait en Finlande, devenait de plus en plus impatient à l’égard des dirigeants bolcheviques. Il craignait que les dirigeants fussent en train de tergiverser. « Les événements nous prescrivent si clairement notre tâche que tout atermoiement devient positivement un crime », expliquait Lénine dans une lettre au Comité central. « Attendre est un crime envers la révolution. » En octobre, le Comité central prit la décision de prendre le pouvoir. Zinoviev et Kamenev votèrent contre et émirent une déclaration publique qui faisait état de leur opposition à toute insurrection et qui enjoignait le parti à se tourner vers l’Assemblée constituante !

Trotsky, en tant que président du Comité militaire révolutionnaire du Soviet de Petrograd, réagit rapidement afin d’assurer un transfert du pouvoir sans heurt, le 25 octobre 1917. La révolution remporta la victoire sans effusion de sang et le jour suivant, le 26 octobre, ses résultats furent annoncés au Deuxième Congrès des Soviets de Russie. Cette fois, les bolcheviks comptaient sur 390 délégués sur un total de 650, soit une majorité claire. En guise de protestation, les mencheviks et les SR de droite claquèrent la porte. Lénine, s’adressant au Congrès, déclara devant les délégués triomphants : « Nous entreprendrons la construction de l’ordre socialiste. » Le Congrès entreprit de mettre sur pied un nouveau gouvernement soviétique avec Lénine à sa tête. Méprisés quelque quatre mois auparavant, les bolcheviks étaient maintenant acclamés par les travailleurs révolutionnaires.

En quelques jours, des décrets furent émis par le gouvernement de Lénine : une proposition de paix et d’abolition de la diplomatie secrète, la terre aux paysans, le droit des nations à l’autodétermination, le contrôle ouvrier et la révocabilité de tous les représentants, l’égalité des hommes et des femmes, et la séparation complète de l’Église et de l’État.

Lorsque le Troisième Congrès des Soviets de janvier 1918 proclama la fondation de la République socialiste fédérative soviétique de Russie, des portions importantes de la Russie étaient toujours occupées par les Empires centraux, les nationalistes bourgeois et les généraux des Armées blanches.

Cinq jours après la révolution, le nouveau gouvernement fut attaqué par des forces cosaques dirigées par le général Krasnov. L’attaque fut repoussée et le général fut livré au gouvernement par ses propres hommes. Cependant, il fut relâché après avoir donné sa parole qu’il ne reprendrait pas les armes. Sans surprise, il brisa cette promesse et se dirigea vers le sud afin de diriger l’Armée blanche cosaque. De manière similaire, une fois libérés du Palais d’Hiver, les militaires cadets organisèrent un soulèvement.

L’an I

La révolution était beaucoup trop généreuse et confiante à ses débuts. « On nous reproche de pratiquer la terreur, mais ce n'est pas la terreur des révolutionnaires français qui guillotinaient des gens désarmés, et j'espère que nous n'irons pas jusque-là », affirma Lénine en novembre. « Je l'espère parce que nous sommes forts. Quand nous appréhendions des gens, nous leur disions qu'ils seraient relâchés s'ils s'engageaient à ne pas saboter. Et l'on prend de tels engagements. »

Cette candeur a été reconnue par Victor Serge, un ancien anarchiste devenu bolchevik, qui écrivit dans son livre L’an I de la révolution russe :

« Les Blancs massacrent les travailleurs de l’Arsenal et du Kremlin : les Rouges libèrent leur ennemi mortel, le général Krasnov, sur parole […]. La révolution a fait l’erreur de se montrer magnanime avec le leader de l’agression cosaque. Il aurait dû être fusillé sur-le-champ. [Au lieu de cela] il put se rendre dans la région du Don et la mettre à feu et à sang. »

Le pouvoir soviétique eut à peine le temps de s’établir que les impérialistes se mirent en marche pour écraser la révolution dans le sang. En mars 1918, Lénine fit déplacer le gouvernement à Moscou puisque Petrograd était devenue vulnérable à une agression allemande.

Peu après, des troupes britanniques atterrirent à Mourmansk accompagnées de forces américaines et canadiennes ; les Japonais posèrent le pied à Vladivostok avec des bataillons britanniques et américains. Les Britanniques saisirent également le port de Bakou afin de mettre la main sur le pétrole. Les forces françaises, grecques et polonaises atterrirent dans les ports d’Odessa et Sébastopol, dans la Mer noire, et se lièrent aux Armées blanches. L’Ukraine fut occupée par les Allemands. Au total, ce sont 21 armées étrangères qui sont intervenues sur différents fronts pour affronter les forces du gouvernement soviétique. La révolution luttait pour sa survie. Elle était cernée, affamée et infestée de conspirateurs.

La Terreur blanche

La direction du parti SR approuvait le principe d’intervention étrangère afin de « restaurer la démocratie ». Les mencheviks tenaient une position contre-révolutionnaire similaire, ce qui les plaçait dans le camp ennemi. Ils collaborèrent avec les Blancs et acceptèrent de l’argent du gouvernement français afin de mener leurs activités.

À l’été 1918, il y eut des tentatives d’assassinat sur Lénine et Trotsky. Le 30 août, on tira sur Lénine, mais il réussit à échapper à la mort. Le même jour, Ouritsky fut assassiné, tout comme l’ambassadeur allemand. Volodarsky fut également tué. Le complot destiné à faire sauter le train de Trotsky fut heureusement déjoué. C’est cette Terreur blanche qui contribua au déclenchement de la Terreur rouge pour défendre la révolution.

La Terreur blanche a été minimisée par les capitalistes, qui mettaient le blâme sur les Rouges. Les atrocités des Blancs « étaient généralement l’œuvre de généraux blancs et de seigneurs de guerre individuels, et n’étaient pas systématiques ou n’entraient pas dans le cadre d’une politique officielle », explique Anthony Read afin d’excuser ces atrocités. « Mais elles égalaient et parfois surpassaient celles de la Terreur rouge. » Dans les faits, en tant que stratégie, la Terreur blanche surpassait toujours la Terreur rouge en termes de brutalité, ce qui est dans la nature des forces contre-révolutionnaires.

De manière intéressante, Read poursuit en décrivant les méthodes du baron Roman Von Ungern-Sternberg. « Aucun bolchevik, par exemple, n’aurait pu égaler le baron Roman Von Ungern-Sternberg, général blanc germano-balte né en Estonie, qui fut envoyé par le Gouvernement provisoire en Extrême-Orient russe, où il proclama être la réincarnation de Gengis Khan et fit tout ce qu’il put pour surpasser le conquérant mongol en termes de brutalité. Antisémite fanatique, il déclara en 1918 qu’il avait l’intention d’exterminer tous les Juifs et les Commissaires de Russie, une tâche dont il s’acquitta avec un grand enthousiasme. Il encourageait ses hommes à massacrer tous les Juifs se trouvant sur leur passage en utilisant diverses méthodes toutes aussi brutales les unes que les autres, comme de les écorcher vifs. Il est aussi reconnu pour avoir mené des chevauchées de terreur nocturne en traînant des torches humaines à cheval au galop à travers la steppe, et pour avoir promis de ‘‘faire une avenue de pendus s’étirant de l’Asie jusqu’à l’Europe’’. »

C’était là le sort qui attendait les travailleurs et les paysans russes si la contre-révolution avait remporté la victoire. C’est ce qui est arrivé à Spartacus et son armée d’esclaves lorsqu’ils sont tombés aux mains de l’État esclavagiste romain. L’alternative au pouvoir soviétique n’était pas la « démocratie », mais la brutale et sanguinaire barbarie fasciste. C’est pourquoi tous les efforts de l’Armée rouge et de la Tcheka furent déployés afin de remporter la guerre civile et défaire la contre-révolution.

Le gouvernement soviétique n’avait d’autre choix que de combattre le feu par le feu, et de lancer un appel révolutionnaire aux troupes des armées étrangères. Comme l’expliqua Victor Serge :

« Les masses laborieuses utilisent la terreur contre les classes minoritaires de la société. Elles ne font que terminer le travail des forces politiques et économiques nouvelles. Lorsque des mesures progressistes rallient des millions de travailleurs à la cause de la révolution, la résistance des minorités privilégiées n’est pas difficile à briser. La Terreur blanche, en revanche, est réalisée par ces minorités privilégiées contre les masses laborieuses, lesquelles doivent être massacrées, décimées. Les Versaillais (le nom donné aux forces contre-révolutionnaires ayant écrasé la Commune de Paris) ont tué en une seule semaine à Paris plus de personnes que la Tcheka en trois ans dans toute la Russie. »

Une période de « communisme de guerre » fut imposée aux bolcheviks, une période où le grain était réquisitionné de force aux paysans afin de nourrir les travailleurs et les soldats. L’industrie, ravagée par le sabotage, la Guerre mondiale et la guerre civile, était dans un état d’effondrement complet. Le blocus impérialiste paralysait tout le pays. La population de Petrograd tomba de 2 400 000 habitants en 1917 à 574 000 en août 1920. La typhoïde et le choléra tuèrent des millions de personnes. Lénine qualifia cette situation de « communisme dans une forteresse assiégée ».

Le 24 août 1919, Lénine écrivait : « l’industrie est au point mort. Il n’y a pas de nourriture, pas de pétrole, pas d’industrie. » Face au désastre, les soviets ont dû compter sur les sacrifices, le courage et la volonté de la classe ouvrière pour sauver la révolution. En mars 1920, Lénine affirmait que « la détermination de la classe ouvrière, son adhérence inflexible au mot d’ordre ‘‘plutôt mourir que capituler !’’ n’est pas qu’un facteur historique, il est le facteur décisif de la réussite ».

Les conséquences de la guerre civile

Sous la direction de Lénine et de Trotsky, qui avait organisé l’Armée rouge à partir de rien, les soviets remportèrent la victoire, mais au prix de très lourds sacrifices. Les pertes humaines au front, la famine, les maladies, tous ces facteurs s’ajoutèrent à l’effondrement économique.

À la fin de la guerre civile, le gouvernement bolchevique fut forcé de faire un pas en arrière et d’introduire la Nouvelle politique économique (NEP). Elle permettait aux paysans de disposer de leurs surplus de grains sur le libre marché et contribua à la croissance de fortes tendances capitalistes, à travers l’émergence des Nepmen et des koulaks. C’était seulement un moment de répit.

Considérant le bas niveau culturel – 70% de la population était analphabète – le régime soviétique devait s’appuyer sur les anciens officiers, fonctionnaires et administrateurs tsaristes, qui étaient opposés à la révolution. « Si l’on gratte n’importe où la surface de l’État soviétique, l’on trouvera partout le vieil appareil d’État tsariste en dessous », affirma sans détour Lénine. Avec l’isolement continu de la révolution, il s’agissait là d’un grand danger d’une dégénérescence bureaucratique de la révolution. La classe ouvrière était systématiquement affaiblie par la crise. Les soviets cessèrent simplement de fonctionner et, dans cette situation, les carriéristes et les bureaucrates remplirent le vide.

Malgré des mesures mises en place pour combattre la menace bureaucratique, la seule planche de salut pour la révolution résidait dans la victoire de la révolution mondiale qui aurait permis une assistance matérielle de l’Occident.

Au début de 1919, Lénine avait fondé la IIIe Internationale comme outil afin de répandre la révolution à l’international. C’était l’école du bolchevisme. Des partis communistes de masse furent établis en Allemagne, en France, en Italie, en Tchécoslovaquie et dans d’autres pays.

Malheureusement, la vague révolutionnaire ayant suivi la Première Guerre mondiale fut vaincue. La révolution en Allemagne en 1918 fut trahie par les sociaux-démocrates. Les jeunes républiques soviétiques en Bavière et en Hongrie furent écrasées dans le sang par la contre-révolution. La vague révolutionnaire d’occupations d’usines en Italie en 1920 avait également été vaincue. Encore une fois, en 1923, tous les yeux étaient rivés sur l’Allemagne, qui était au beau milieu d’une crise révolutionnaire. Cependant, les mauvais conseils fournis par Zinoviev et Staline menèrent à une défaite tragique.

Cela porta un coup terrible au moral des travailleurs russes, qui avaient tenu bon jusque-là. En même temps, la défaite renforça la réaction bureaucratique dans l’État et le Parti. Une fois Lénine réduit à l’impuissance après une série d’attaques cérébrales, Staline émergea progressivement comme figure de proue de la bureaucratie. En fait, le dernier combat de Lénine fut mené en bloc avec Trotsky contre Staline et la bureaucratie. Staline battit en retraite, mais une nouvelle attaque cérébrale laissa Lénine paralysé et muet.

Juste avant cette attaque, Lénine avait écrit un testament. Dans ce document, il affirme que Staline, « devenu secrétaire général [ce à quoi Lénine s’opposait – RS], a concentré entre ses mains un pouvoir illimité, et je ne suis pas sûr qu'il puisse toujours s'en servir avec assez de circonspection. D'autre part, le camarade Trotsky […] ne se fait pas remarquer seulement par des capacités éminentes. Il est peut-être l'homme le plus capable de l'actuel Comité central ». Lénine mit en garde contre le danger d’une scission dans le parti.

Le stalinisme

Deux semaines plus tard, Lénine ajouta un complément à son testament après que Staline eut grossièrement invectivé et harcelé Kroupskaïa pour avoir aidé Trotsky et d’autres à communiquer avec Lénine. Lénine rompit toutes relations personnelles avec Staline. « Staline est trop brutal, et ce défaut parfaitement tolérable dans notre milieu et dans les relations entre nous, communistes, ne l'est plus dans les fonctions de secrétaire général », affirma-t-il. Il demanda instamment que Staline soit démis de ses fonctions à cause de sa déloyauté et de sa tendance à abuser du pouvoir.

Mais le 7 mars 1923, Lénine subit une autre attaque cérébrale qui le rendit totalement invalide. Il allait demeurer dans cet état jusqu’à sa mort, le 21 janvier 1924. Le retrait de Lénine de la vie politique donna à Staline un pouvoir accru, qu’il utilisa à son plein avantage, en particulier pour supprimer le testament de Lénine.

C’est sur les épaules de Trotsky que reposait alors la tâche de défendre l’héritage de Lénine, que Staline était en train de trahir. La victoire du stalinisme est essentiellement due à des facteurs objectifs, avant tout l’effroyable arriération économique et sociale de la Russie, ainsi que son isolement.

La défaite ultérieure de la révolution mondiale en Grande-Bretagne, et particulièrement en Chine, eut pour conséquence de démoraliser davantage les travailleurs russes, épuisés par des années de luttes. Sur la base de cette terrible fatigue, la bureaucratie, menée par Staline, consolida son emprise. Le corps de Lénine, malgré les protestations de sa veuve, fut placé dans un mausolée.

C’est un mensonge monstrueux que de laisser entendre que le stalinisme est le prolongement du régime démocratique de Lénine, comme le disent les apologistes du capitalisme. En réalité, une rivière de sang sépare les deux. Lénine fut l’initiateur de la révolution d’Octobre ; Staline en fut le fossoyeur. Tous deux n’avaient rien de commun.

Nous terminerons cet hommage avec les justes paroles de Rosa Luxemburg :

« Tout ce qu'un parti peut apporter, en un moment historique, en fait de courage, d'énergie, de compréhension révolutionnaire et de conséquence, les Lénine, Trotsky et leurs camarades l'ont réalisé pleinement. L'honneur et la capacité d'action révolutionnaire, qui ont fait à tel point défaut à la social-démocratie, c'est chez eux qu'on les a trouvés. En ce sens, leur insurrection d'Octobre n'a pas sauvé seulement la révolution russe, mais aussi l'honneur du socialisme international. »

90 ans après sa mort, nous rendons hommage à ce grand homme, à ses idées et son courage. Lénine combinait la théorie avec l’action et personnifiait la révolution d’Octobre. Lénine et les bolcheviks ont changé le monde ; notre tâche, en cette époque de crise du capitalisme, est de terminer le travail.

 

http://www.marxiste.org/theorie/histoire-materialisme-historique/2111-en-defense-de-lenine

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 17:45

Par Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF, et Antoine Manessis, responsable international du PRCF. Le 17 janvier 2017.
Dans L’, stade suprême du capitalisme (1916), Lénine a réfuté la thèse révisionniste défendue par les ténors de la Deuxième Internationale à propos du prétendu « hyper-impérialisme ». Reprise par Kautsky, cette expression de Hilferding résumait l’idée suivante : la concentration mondiale des capitaux est de nature à unifier mondialement l’impérialisme, dont les principaux Etats finiront par fusionner planétairement pour exploiter collectivement les travailleurs. De cette manière, la tendance à la guerre mondiale propre à l’ancien capitalisme disparaîtrait ; les Etats-nations s’effaceront alors devant une sorte d’Empire mondial dont la mise en place d’éventuels « Etats-Unis d’ » seraient les prémices heureuses. Léon Trotski – dont les liens d’avant-guerre n’avaient pas été rompus avec les mencheviks – adhérait alors à ce montage théorique spécieux, si bien que Lénine dut polémiquer contre lui en réfutant le mot d’ordre pseudo-internationaliste des « Etats-Unis socialistes d’ ». Un slogan dont, manifestement, le NPA et LO ne sont toujours pas sortis aujourd’hui. De nos jours, nombreux sont les « théoriciens » qui se croient « innovants » quand ils évoquent naïvement « la » mondialisation capitaliste, « la » construction européenne, voire – comme le révisionniste de gauche Tony Negri, on ne sait quel « Empire » universel régnant sur une « Multitude », voire sur une « plèbe » étrangère aux rapports de production réellement existants. Exit dans la foulée la lutte prolétarienne pour le socialisme, sans parler du combat anti-impérialiste pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes…

Face à ces leurres sociaux-démocrates (hier, l’ « hyper-impérialisme », aujourd’hui, l’euro-mondialisme, etc…), Lénine et ses successeurs eurent le mérite de démontrer point par point que dans les faits, l’unification/harmonisation totale des Etats prédateurs du capitalisme-impérialisme n’est qu’une vue de l’esprit. Encore moins qu’à l’époque du capitalisme « libéral » et pré-monopoliste, le capitalisme impérialiste ne peut totalement s’unifier et s’ « harmoniser », fût-ce pour dominer les peuples et surexploiter les travailleurs. D’abord parce que le système capitaliste est fondamentalement anarchique ; derrière la « planification » monopoliste, derrière les « cartels » inter-impérialistes, l’anarchie de la production s’aggrave et la phase impérialiste du capitalisme ne fait que l’aiguiser en provoquant d’incessants repartages à haut risque de la planète. Dans une période où les énormes capitaux dégagés par la financiarisation peinent à se valoriser, une guerre économique sourde se livre sur tous les continents par-delà les bavardages boboïsants sur « l’unité de la communauté internationale « . Véritable « guerre de tous contre tous » pour reprendre le mot de Hobbes, le capitalisme-impérialiste ne peut produire qu’un « développement inégal » des Etats capitalistes, dont tour à tour, certains prennent la première place tandis que d’autres, jadis chefs de file du développement mondial, déclinent… provisoirement en méditant leur « revanche ». Ensuite parce que, même si les regroupements, cartels et autres fusions monopolistes continentaux et transcontinentaux poussent à des rapprochements politico-militaires transitoires, la tendance de fond du système capitaliste reste à l’instabilité fondamentale desdits regroupements. Les Empires « mondiaux », voire plus modestement, les Empires continentaux ou « transcontinentaux » du grand capital sont périodiquement secoués dans leurs tréfonds par des crises de plus en plus fréquentes et aiguës qui font jaillir d’énormes étincelles, non seulement entre les Etats prédateurs d’un même « cartel », mais aussi entre les cartels internationaux d’Etats-brigands : en un mot, le règne mondial des mafieux est impossible sans une permanente guerre des gangs. Autant de guerres honteuses, aux origines sordidement inavouables, que les médias du système capitaliste, eux-mêmes détenus par les puissances militaro financières, se chargent en permanence de traduire en mots d’ordre « politiquement corrects »…

Le mot d’ordre des Etats-Unis d’Europe ne peut être qu’utopique ou réactionnaire

C’est pourquoi Lénine répliquait déjà aux « européistes » superficiels de son temps* que, sous le capitalisme, « le mot d’ordre des Etats-Unis d’Europe ne peut être qu’utopique ou réactionnaire ». A l’inverse, Lénine développait la théorie, fondée sur les faits, selon laquelle « une chaîne vaut ce que vaut son maillon le plus faible ». Si bien qu’il était parfaitement absurde d’attendre « la révolution mondiale », fût-elle « permanente », pour mettre en place le socialisme, au besoin dans un seul pays ou groupe de pays. Au contraire, expliquait Lénine, le prolétariat révolutionnaire devait d’abord briser la chaîne impérialiste dans son maillon le plus faible (à l’époque, l’Empire tsariste travaillé par d’éclatants antagonismes) pour ouvrir en grand l’ère historique des révolutions prolétariennes. C’est d’ailleurs pour cette raison que le choix opéré en 1925 par les bolcheviks russes, celui d’entreprendre la construction du socialisme dans un seul pays, n’avait rien de l’aberration antimarxiste dont l’accusèrent alors les partisans de Trotski, incapbale de rompre durablement avec le menchevisme.

L’évolution de l’impérialisme actuel vérifie une fois de plus comme à la parade (faut-il dire « hélas » ?) les anticipations géniales de Lénine. En quelques années, la crise ravageuse de l’euro-mark et la dominance arrogante de l’Allemagne impérialiste « réunifiée » sur le sous-continent européen, le talon de fer que Berlin a successivement posé sur les ex-pays socialistes écartelés (Tchécoslovaquie, Yougoslavie, URSS occidentale : pays baltes puis Ukraine), sur les ainsi-dit « P.I.G.S. » (les « Etats-cochons » : Portugal, Italie, Grèce, Espagne, Spain en anglo-maastrichtien), puis sur la France en cours d’euro-délitement, a produit une énorme crise de légitimité de l’UE, notamment dans les couches populaires, classe ouvrière en tête. Le prodrome de cette crise explosive est la sortie britannique de l’UE par la porte à droite, dont Donald  n’a pas tort d’annoncer qu’elle n’est que l’amorce d’une possible réaction en chaîne. Car, peu à peu, le compromis géopolitico-économique passé entre les maîtres de la zone Mark (devenu l’euro « fort ») et les oligarques du dollar constitué en monnaie mondiale, s’est inéluctablement effrité. Dans un article d’Etincelles, la revue théorique du PRCF, l’auteur de ces lignes indiquait naguère que l’euro n’était pas autre chose, derrière sa façade libre-échangiste, qu’une monnaie crypto-protectionniste réservant le marché européen à l’industrie allemande tout en ménageant le rôle mondial du dollar : donnant-donnant. En effet, l’euro fort –c’est-à-dire l’alignement de la lire, du franc, de la peseta, etc. sur le Deutsche Mark, ne pouvait que plomber l’industrie des pays sud-européens en renchérissant leurs produits et en interdisant les dévaluations compétitives. Dans le même temps, l’euro fort fermait le marché américain aux produits allemands et le dollar faible permettait aux USA de continuer à exporter. Nous signalions déjà à l’époque que ce compromis germano-américain ne pourrait pas durer : une fois les pays du Sud européen (Grèce, Portugal, Italie, Espagne, suivi par la France) dûment essorés par l’euro-austérité berlinoise et par la « dette », le marché sud-européen de l’industrie allemande se restreindrait, la récession menacerait la RFA elle-mêmeet il faudrait bien alors que les « Européens » (dont l’Allemagne produit plus de la moitié des marchandises industrielles) se cherchassent des débouchés surd ‘autres marchés solvables, USA et Canada en tête. Ce changement de pied monétaire s’est traduit par la nouvelle politique financière de la BCE : elle a comprimé ses taux directeurs, relancé 

artificiellement l’inflation en arrosant les banques européennes de milliards d’euros en monnaie de singe (modèle US !), pendant que les gouvernements de la zone euro pilotée par Berlin continuaient d’écraser les « coûts » salariaux : et c’est évidemment à partir de ces considérations cyniques qu’il faut lire la « générosité » de Merkel à l’égard des migrants chassés de Syrie par les ingérences impérialistes et si aimablement « accueillis » en Allemagne… dans un premier temps. Cette nouvelle politique monétaire destinée à conjurer la dépression en Europe ne pouvait manquer d’inquiéter certains secteurs, notamment industriels, du capital monopoliste états-unien**.

Bien entendu, ces constats n’exonèrent en rien le capital « français », tout aussi prédateur que le capital allemand par rapport aux pays de l’Est et du Sud (sans parler du maintien de la sanglante « Françafrique »), et dont les chefs de file médéfiens, soutenus par l’Arc maastrichtien qui va du PS aux LR, poussent plus loin que jamais leur double vassalisation à l’égard à la fois des USA et de la RFA (entre Fillon et Macron, il y a contradiction entre deux ailes du grand capital français, ce que révèlent comme toujours « grandeur nature », les différends sur la politique étrangère, en clair, les positionnements divers des candidats présidentiels sur la question russe).

Les contradictions impérialiste se creusent à nouveau

Toujours est-il qu’après la victoire du Brexit, l’élection de Trump montre qu’à nouveau les contradictions d’intérêt, longtemps relativisées par la commune croisade contre le socialisme réel, se creusent à nouveau entre les deux rives de l’Empire euro-atlantique : piétinement des négociations sur le TAFTA, déclarations fracassantes de Trump sur l’obsolescence de l’OTAN, exigence trumpiste que les Européens « paient » leur propre défense, rapprochement au moins conjoncturel avec la Russie pour tenter d’isoler la  et de rompre les tentations de rapprochement entre les  (dont l’aile marchante est le partenariat stratégique entre Pékin et Moscou). A l’arrière-plan, on trouve l’impuissance de la « toute-puissante » US Army à juguler les peuples du Proche-Orient, à mettre au pas la Russie, à régenter la Mer de Chine, à annexer l’Ukraine et la Crimée sans coup férir***, l’incapacité durable de la CIA à déstabiliser décisivement (malgré d’intenses tentatives !) Cuba socialiste et ses alliés de l’ALBA. Tout cela engendre de fortes oppositions mercantiles entre la RFA et ses vassaux et les USA de Trump, avec de fortes oppositions à l’intérieur même des Etats impérialistes (lesquels ne sont pas monolithiques : la guérilla déclenchée par le camp Clinton-Obama contre Trump, avec la volonté évidente d’entraîner la Russie dans une escalade avec Washington, n’a rien d’anecdotique !), et pour finir, la remise en cause de l’UE elle-même par Donald Trump…

Tout cela montre que, sans bien entendu remettre en cause le primat absolu des contradictions « Capital/Travail /// Impérialisme/Peuples opprimés », de nouvelles lignes de fracture inter-impérialistes se creusent, dont certaines – sous des formes évidemment très nouvelles – ne sont pas sans rappeler les fractures géopolitiques des deux précédents conflits mondiaux…

 

Pour le moment, le Japon impérial continue de privilégier ses relations avec les USA, mais il profite de l’affaiblissement relatif de leur ancien vainqueur pour

  •  promouvoir un négationnisme historique effarant au sujet des crimes de l’armée nippone à l’encontre des peuples chinois et coréen, les USA du « gentil » Obama continuant de leur côté à légitimer l’abomination d’Hiroshima ;
  • sortir du cadre pacifique imposé par l’actuelle Constitution du Japon qui interdisait jusqu’ici à l’Empire du Soleil Levant d’envoyer des troupes hors de l’archipel nippon. Bref, avec l’appui de leur ancien vainqueur états-unien (celui d’Obama à l’égard de Shinzo Abé, celui, implicite, de Trump, à l’égard de l’Europe allemande sommée d’accélérer sa course aux armements), les principales deux puissances vaincues de 1945 vont très certainement relancer fortement leurs dépenses d’armement. Qui peut croire que ce soit pour le bien de l’humanité et de leurs peuples respectifs ?

Cela dit, l’ennemi principal des deux impérialismes, le Japon de Shinzo Abé et les USA de Trump, étant la Chine, le Japon impérialiste ne devrait pas avoir de grandes difficultés à s’entendre tout aussi bien avec Donald Trump qu’il ne s’entendait, hier, avec le « pacifique » Barak Obama…

l’ennemi principal des travailleurs d’Europe est bien sur leur propre continent où l’UE est de A à Z une structure d’oppression tourné contre les acquis sociaux, contre la  et contre les peuples souverains

Bien entendu, cela ne doit pas leurrer des révolutionnaires. Le prolétariat d’Europe n’a que faire de se ranger derrière « l’Europe unie » ; il ne doit pas verser un sou pour la « défense européenne » ; il doit rire de l’hypocrite pilotage « humanitaire » de l’UE par Berlin et ses bons amis du PS et d’ « Europe-Ecologie les Verts », cette pointe avancée et particulièrement arrogante de l’euro-fédéralisme impérialiste. Quant à la « sauvegarde du modèle social européen face à l’Oncle Sam », c’est une plaisanterie : l’Axe Berlin/Bruxelles (complété par le MEDEF et par les partis à sa dévotion s’agissant de la France) est le premier à démolir au quotidien l’ainsi-dite « économie sociale de marché » que la RFA pratiquait ou feignait de pratiquer peu ou prou, contrainte et forcée, tant qu’il lui fallait « tenir » la concurrence politico-sociale de la RDA. En réalité, rallier le bandit impérial européen « pour résister à Trump », conduirait tout droit le mouvement ouvrier ouest-européen à cautionner la marche à l’affrontement contre la Russie en prenant le risque d’une guerre mondiale exterminatrice bien pire encore que celle de 39/45. Dans la mesure où les partis sociaux-démocrates européens (le « PS européen » dominé de la tête et des épaules par le SPD, avec son appendice pseudo-radical, le Parti de la Gauche Européenne auquel sont affiliés le PCF et Die Linke), sans parler de la très immobiliste Confédération Européenne des Syndicats, continuent à vendre le mensonge paralysant de l’ « Europe sociale, démocratique, pacifique » dans le cadre de l’UE/OTAN, ils ligotent (de plus en plus malaisément !) la classe ouvrière d’Europe à l’Empire social-maastrichtien en crise. Tâche de plus en plus malaisée tant ledit Empire en crise se fait de plus en plus dictatorial (cf l’attitude récente de Schäuble envers les pensions des Grecs les plus pauvres), de moins en moins « pacifique » et de plus en plus fascisant (chasse aux sorcières anticommuniste en voie de généralisation d’Est en Ouest, alliance russophobe de la social-démocratie « civilisée » occidentale avec les néonazis ukrainien, répression accrue du syndicalisme de classe).

 

 

Bref, de même que l’ennemi principal des travailleurs états-uniens est bel et bien dans leur propre pays (souvenons-nous de la formule du communiste Karl Liebknecht, « der Hauptfeind steht in eignem Land »), de même l’ennemi principal des travailleurs d’Europe est-il bien sur leur propre continent où l’UE est de A à Z, du Traité de Rome à nos jours en passant par le déni du Non français à la constitution européenne, une structure d’oppression tournée contre les acquis sociaux, contre la paix et les peuples souverains. Bien entendu, un soutien des travailleurs européens à Donald Trump via le soutien de certains d’entre eux aux extrémistes de droite (Le Pen ici, AfD en Allemagne, Orban en Hongrie, Aube dorée en Grèce, etc.) ne serait pas moins dangereux. Que serait d’ailleurs une Internationale… des protectionnistes bourgeois ? Qui ne voit que le protectionnisme bourgeois, tourné contre les autres peuples et non pas orienté vers la coopération entre peuples libres, n’est qu’une autre voie pour marcher à la guerre impérialiste mondiale, que nourrit lui aussi le pseudo-libre-échange actuel d’Obama, de l’UE et du « Traité transatlantique ».

Sommet des BRICS – 2014 – Brésil

Quant aux BRICS, il faut se garder à leur égard des deux erreurs suivantes :

  • la première consisterait à idéaliser leurs dirigeants en oubliant, par ex., qu’en Russie, la contre-révolution a été faitepour le plus grand malheur du peuple russe (par ex. en ce moment, le parti de Poutine fait campagne pour expulser du Kremlin le tombeau de Lénine, et nul ne peut ignorer le signal anticommuniste qu’un tel geste donnerait aux forces réactionnaires du monde entier) ; ni qu’au Brésil un pouvoir archi-réactionnaire s’est mis en place pour aider les USA à liquider la gauche latino-américaine toutes tendances confondues. Nul ne peut ignorer non plus qu’en Chine, où de notre point de vue la contre-révolution n’a pas encore triomphé et où le PCC tangue entre une orientation néolibérale durcie et l’actuelle ligne patriotique tournée vers l’essor du marché intérieur, les acquis subsistants du socialisme sont pour le moins mal assurés.
  • La seconde erreur serait de négliger le fait que dans tous les BRICS de puissantes traditions communistes existent, que les forces marxistes-léninistes n’y ont pas été éradiquées, bien au contraire et qu’objectivement, quelles que soient les intentions des dirigeants politiques et des milieux économiques capitalistes de ces pays, l’existence des BRICS fait obstacle à la domination mondiale univoque des trois prédateurs principaux, USA, Europe allemande et Japon. En aucun cas des communistes ne peuvent négliger l’analytique des contradictions principales et secondaires (cf le brillant essai de Mao intitulé De la contradiction) sous peine, soit d’être écrasés par un ennemi de classe « invincible » (tant qu’il n’est pas un tant soit peu divisé : songeons au tournoi des Horaces et des Curiaces !), soit  – pis encore – de devenir les idiots utiles de tel ou tel impérialisme ou sous-impérialisme. Aucun soutien, donc, au surarmement annoncé des super-prédateurs euro-atlantiques contre les peuples russe, chinois, latino-américains, africains, proche-orientaux, sud- et est-européens, mais aussi, dans tous ces pays, solidarité de classe et soutien politique (ce qui ne signifie pas systématiquement alignement) aux communistes, plus précisément, aux marxistes-léninistes, mais aussi aux forces patriotiques et progressistes de ces pays.

Nous, militants franchement communistes, vivons en France, pays capitaliste, donc dans l’UE, bloc impérialiste, et nous agissons pour une République sociale, souveraine et fraternelle en marche vers le socialisme-communisme. Nous devons donc combattre Trump et l’impérialisme US, dont les deux versants, « mondialiste » (sic) et « isolationniste » (sic) ne sont pas moins dangereux pour la paix et la souveraineté des peuples, à commencer par celle des peuples cubain, vénézuélien et palestinien ; mais nous ne devons pas moins fortement combattre la bannière étoilée de l’Europe allemande (fût-ce à travers le slogan mielleux de l’ « Europe sociale » et de la « défense européenne pour sauver nos valeurs »). Il nous faut exiger la sortie par la gauche de la France de l’euro, de l’UE (Frexit progressiste) et de l’OTAN, sans cesser de dénoncer les ingérences et prédations de l’impérialisme français en Libye, en Afrique subsaharienne et au Proche-Orient. Aucune faiblesse non plus, faut-il le dire, à l’égard du chauvinisme et de la xénophobie euro-compatible de la dynastie Le Pen****. Bien entendu, nous ne cesserons pas de tendre la main aux communistes allemands*****, ainsi qu’à nos courageux camarades « rouges » des Etats-Unis d’Amérique, où un vent progressiste nouveau s’est levé, notamment dans la jeunesse, à l’occasion des primaires démocrates.

C’est sur cette ligne à la fois patriotique, internationaliste et anti-impérialiste que milite le PRCF, qui diffuse présentement aux entreprises du pays son programme 100% anti-UE, 100% anti-OTAN et 100% anticapitaliste. Au-delà des divergences compréhensibles qui peuvent diviser les communistes en période d’élections bourgeoises, comment de véritables révolutionnaires pourraient-ils ne pas s’unir sur cette stratégie léniniste ?


*Le social-pacifisme européiste n’est jamais très éloigné d’une exaltation conquérante de l’Empire européen sous l’égide de l’Etat momentanément le plus fort : l’évolution des « Verts » allemands et de leurs vassaux français en est une triste illustration…

**voir l’actuelle guerre de communiqués entre Trump et le ministre allemand Sigmar Gabriel sur les mérites comparés de Mercedes et des voitures américaines…

***c’est cette annexion à l’orbite euro-atlantique qu’a tenté de provoquer l’Euro-Maidan sous influence ouverte de John Kerry. L’aide russe au Donbass et l’annexion de la Crimée ont SUIVI et non précédé l’ingérence occidentale en Ukraine et son recours peu ragoûtant aux néonazis ukrainiens de « Svoboda ».

****les récentes déclarations de Marine Le Pen attestent ce que nous avons toujours affirmé : le FN ne veut sortir ni de l’euro, ni de l’UE, ni de l’OTAN. La (non-)sortie de l’euro n’est rien d’autre qu’une monnaie d’échange de second tour entre les LR et le FN. Si Mme Le Pen gagnait la présidentielle, elle aurait besoin des députés LR pour « mettre la France en ordre » (tel est désormais son slogan clairement fascisant), ce qui est sa véritable mission de classe au détriment du mouvement ouvrier. On peut parier qu’alors, elle « suspendrait » toute velléité d’affrontement avec l’UE pour obtenir en échange le soutien de la « droite forte » et des autres éléments ultraréactionnaires qui infestent l’ex-parti « gaulliste ». Le FN pourrait alors devenir officiellement « Rassemblement bleu marine ». Pour le plus grand déshonneur de notre pays, le FN viendrait clore le cycle progressiste ouvert, pas seulement pour la France, par la Révolution française. Cf http://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/le-pen-et-le-fn-contre-la-sortie-de-leuro-et-de-lunion-europeenne/

***** Que nous ne confondons pas avec le « Grand Européen » Gregor Gysi : ce liquidateur du SED et de la RDA est récemment devenu le président du PGE aux côtés de Pierre Laurent, vice-président de ce parti.

http://www.initiative-communiste.fr/articles/international/trump-brexit-merkel-shinzo-abe-redeploiement-contradictions-inter-imperialistes-georges-gastaud/ 

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Published by Vendémiaire - dans International
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