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Quelques conférences

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L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 13:24


Le Front Syndical de Classe soutient la grève contre la privatisation du 22 septembre à la Poste, à l’appel de l’intersyndicale CGT, SUD, CFDT, FO et CFTC. De même que l’appel CGT, SUD, CFTC et FO à la grève illimitée dans les bureaux de poste parisiens lundi 21 septembre, contre les suppressions de postes aux guichets et les réorganisations des services.

 

Le FSC appelle également à participer au référendum mis en place entre le 28 septembre et le 3 octobre devant les mairies, marchés et bureaux de poste, pour réaffirmer le refus de la privatisation et soutenir les agents de la Poste.

 

Dans cette bataille, il faut rappeler la lourde responsabilité de l’Union Européenne et de ses directives de « libéralisation » du marché postal appliquées par tous les gouvernements (qu’ils soient de droite ou qu’ils se disent de gauche) qui depuis des années préparent cette rupture que Sarkozy prétend aujourd’hui imposer.

Il se passe d’ailleurs exactement la même chose dans les télécommunications, l’énergie, les transports, la santé, l’éducation où, sous couvert de « concurrence libre et non faussée », on découpe et désosse le patrimoine national afin de le livrer aux grandes entreprises privées. Et partout, la privatisation, qui spolie le peuple, entraîne toujours augmentation des prix et diminution de la qualité du service au public, suppressions d’emplois et dégradation des conditions de travail des agents jusqu’à aboutir aux suicides comme chez France Telecom.

 

C’est pourquoi les travailleurs de la Poste, comme ceux de la SNCF, d’EDF-GDF, de l’Hôpital… ont tout intérêt à développer leurs mobilisations en cherchant à les appuyer sur la construction d’une convergence des services publics afin d’éviter l’isolement et l’épuisement des luttes face à un pouvoir décidé à passer en force. En ce sens, le FSC soutient les appels comme celui de la FSU 28 à manifester aux côtés des postiers ou les tentatives de rapprochements entre postiers et cheminots CGT.

 

Enfin il faut tout faire pour que ce combat rejoigne les autres luttes en cours, en particulier celles qui se développent dans l’automobile contre le profit maximum des grands groupes privés qui délocalisent et cassent l’emploi, là-encore, avec l’appui de leur gouvernement et de leur Europe. Voire même celles des producteurs de lait étranglés par l’UE et la grande distribution. D’ailleurs, les salariés, qu’ils soient du privé ou du public, sont également victimes de la répression patronale et gouvernementale qui cherche à étouffer leur résistance, que ce soient les 6 condamnés de Continental ou les centaines de grévistes d’ERDF-GRDF du printemps dernier menacés de licenciements (sans oublier non plus les étudiants qui paient cher leur lutte déterminée contre la casse de l‘Université !).

 

Public/privé, les travailleurs sont affrontés au même pouvoir du capital et c’est tous ensemble en même temps à partir des luttes à la base qu’ils pourront vraiment le faire reculer et imposer la satisfaction de leurs revendications. Cela s’appelle la lutte de classe et c’est en la menant sans illusion sur le « dialogue entre partenaires sociaux » que les travailleurs de France guidés notamment par une CGT de classe et de masse ont su remporter d’importantes victoires. En 1936, en 1945 ou en 1968.

 

NON A LA PRIVATISATION DE LA POSTE !

 

EMPLOI, SERVICES PUBLICS, SALAIRES, PROTECTION SOCIALE, DEFENSE DES LIBERTES : TOUS ENSEMBLE POUR LA SATISFACTION DES REVENDICATIONS POPULAIRES !

 

20 septembre 2009

 

(source Comité Valmy : http://www.comite-valmy.org)

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 19:33

 

Interview de Valère STARASELSKI  

http://valerestaraselski.net/


1)e-torpedo : Valère Staraselski, vous signez avec le syndicaliste Denis Cohen Un siècle de Vie ouvrière. Pourquoi un ouvrage sur les cent ans de la VO ?

Valère Staraselski : Tout d’abord, je dois dire qu’il s’agit d’une idée que m’a soumise Denis Cohen en 2007. La réalisation de cet ouvrage qui couvre cent ans de La Vie ouvrière, avec plus de 700 illustrations et photographies dont celles de Robert Doisneau et Willy Ronis a demandé un travail de titan. Des heures et des heures de recherche dans des conditions assez infernales. Et sans le concours de Didier Delaine (iconographie mise en page), Stéphane Gravier, Christian Valléry et Marie-Line Vitu, je n’aurai pas pu aboutir. Voilà, il fallait que cet hommage leur soit rendu !

Rares sont les journaux qui peuvent célébrer leur centième anniversaire. D’autant que La Vie ouvrière associe utilité syndicale et originalité d’un titre de presse, expérience unique et n’ayant d’équivalent ni dans d’autres syndicats ni dans d’autres pays ! La Vie ouvrière est un phénomène typiquement français !

Jamais neutre, souvent « poil à gratter », La Vie ouvrière est partie intégrante du patrimoine du monde du travail, de ses combats, de ses espoirs. C’est bien cent années d’actions syndicales, de luttes qui se confondent avec l’histoire de notre pays comme avec celle du monde que l’on peut trouver dans les numéros de la V.O. Or, depuis quelques décennies, nous traversons une crise économique dont on peut penser, en partie, que l’absence d’un poids réel des travailleurs face aux possédants, seuls décideurs économiques, est un facteur aggravant. Cela se traduit, par exemple, par ce qui aurait été impossible il y a seulement vingt ans en arrière, le fait que dans les entreprises aujourd’hui, la bataille de la prime de départ prend le pas sur la défense de l’emploi. La France qui demeure encore un pays à part d’un point de vue politique et social est orpheline d’une certaine dynamique : Le Front populaire, La Libération, Les Trente Glorieuses. Quand le peuple était acteur et non simplement figurant, il lui arrivait quelquefois de tenir le premier rôle, il y avait alors des avancées économiques et sociales formidables. Or, à la faveur du centenaire de la V.O, la sortie d’Un siècle de Vie ouvrière permet de rappeler que le pari de l’intelligence, de la connaissance, du partage de l’expérience de la lutte, de « coopération intellectuelle » lancé par la V.O, il y a cent ans, est un passage obligé pour qu’une nouvelle dynamique puisse advenir.

2) A quoi a servi la V.O ? Qu’apprend-on en consultant les exemplaires sur un siècle, qu’en avez-vous retenu ?

Outre ce que je viens d’évoquer à l’instant, je crois tout d’abord que la V.O a toujours été et est toujours au rendez-vous des luttes sociales et des combats des époques traversées, y compris quand ces combats avaient une visée messianique. Ainsi, dans la V.O du 6 novembre 1930, Marcel Cachin écrit à propos de l’Union Soviétique : « Ils ont fourni la preuve à tous les prolétariats du monde (qui ne voulaient pas le croire et ne le croient pas encore) que la classe ouvrière est dès maintenant en état de se passer de maîtres ». On est de la sorte en mesure de mieux comprendre quel était l’état d’esprit d’une large couche des travailleurs à l’époque. De manière générale, à travers ce siècle, on peut constater dans ce journal une permanence solidaire qui, par ailleurs, fonde toujours la démarche de la CGT et qui s’attache à l’unité de la classe ouvrière et du monde du travail dans sa diversité. Outre cela, je crois que la V.O a été et est restée fidèle au projet que lui avait donné Pierre Monatte, son fondateur dès son premier numéro en octobre 1909, c’est-à-dire une quinzaine d’années après la naissance de la CGT. Pierre Monatte, qui voulait « une revue d’action », expliquait : « Nous voudrions qu’elle rendit des services aux militants au cours de leurs luttes, qu’elle leur fournisse des matériaux utilisables dans la bataille et dans la propagande et qu’ainsi l’action gagnât en intensité et en ampleur. » Honnêtement, à la lecture d’Un siècle de Vie ouvrière, on peut dire que le programme de Monatte a été tenu. En effet, du premier numéro dont l’objectif est de « donner à l’ouvrier la science de son malheur » et qui affiche 550 abonnés à La Nouvelle Vie Ouvrière de 2009, c’est à un salutaire rappel de la réalité sociale auquel nous convie La Vie Ouvrière. A feuilleter le journal, l’on apprend par exemple que le sous secrétaire d’Etat des Postes et Télécommunications, le radical Julien Symian, en 1911, arrive en courant dans la grande salle du Louvre et crie aux dames téléphonistes en grève : « Ah tas de putains, vous allez reprendre le travail ! ». Et que, plus de soixante ans plus tard, lors de la plus grande grève des postiers d’octobre 1974 qui paralysa le pays, le ministre qui avait parlé du « travail idiot dans les centres de tri » sera remercié au début de l’année suivante... Que de 15 000 abonnés à la fin mai 1936, La Vie Ouvrière passe à plus de 200 000 en 1937 pour atteindre des sommets de diffusion à la Libération et les années suivantes, devançant parfois le tirage de Paris Match. Que durant la guerre, ses rédacteurs faisant preuve d’un courage époustouflant, émouvant, à côté des appels au sabotage, à la lutte armée et des slogans tels « la vengeance est un devoir sacré », le journal devenu clandestin n’oublie pas le ravitaillement : « c’est un comble. Il n’y a plus de vin en France. Tout au moins, ce sont les officiels qui disent cela. Or, les ouvriers veulent du vin ». Que les ministres ouvriers chargés par le gouvernement De Gaulle de mettre en œuvre le programme du Conseil National de la Résistance sont tous des syndicalistes de la CGT. Que l’on croise régulièrement Bourvil qui déclare dans une interview qu’il est en retard du paiement de ses timbres. Que l’on croise également Johnny Hallyday remettant un chèque aux syndicats de Decazeville ou, faisant la une, le responsable syndical des artistes : Jean-Paul Belmondo ! Que, des événements de 68 durant lesquels La Vie Ouvrière paraîtra régulièrement en passant par l’espoir suscité par l’élection de François Mitterrand (« Rien n’est joué. Tout dépendra de l’intervention lucide, active, constante et responsable des travailleurs » écrit la V.O), la chute du mur de Berlin, la victoire planétaire destructrice des néolibéraux, la lente descente aux enfers des salariés jusqu’au défilé unitaire du 1er mai 2009, le premier depuis la Libération, La Vie Ouvrière, longtemps dirigée par d’authentiques résistants, prône toujours et encore l’initiative contre l’attentisme.

3) Qu’en est-il de la classe ouvrière aujourd’hui ?

Historiquement, la classe ouvrière s’est définie par son rapport à la matière. Etre ouvrier, c’était intervenir directement sur un produit matériel. L’ouvrier, c’était le travailleur manuel, qui soit avec des outils, soit par l’intermédiaire d’une machine-outil, transformait la matière. Aujourd’hui, notamment avec la révolution informationnelle, le travail des ouvriers a évolué de façon considérable. Après Les Trente Glorieuses, certains ont parlé des Trente piteuses, ceci est particulièrement vrai pour le groupe ouvrier. Jusqu’en 1936, voire jusqu’au début des années 50, le salariat français est dominé numériquement et idéologiquement par le groupe ouvrier. Les années 60 et 70 vont être marquées par la croissance extrêmement rapide d’un nouveau type de salariat, celui des services, et notamment en France, des grands services publics de l’éducation, de la recherche, de la santé et des communications. D’abord, le chômage. Fin 1967, Georges Pompidou, lors d’un entretien télévisé, annonçait : « Le Gouvernement va devoir faire face à un problème permanent de l’emploi ». A l’époque, cela avait paru incongru. De 5% en 1975, le chômage a atteint les 12% de la population active à la fin du siècle. Et de 1974 à 1988, l’industrie qui représentait 38% de la population active est passée à 25%. S’il y a eu entre 1986 et 1995 une moyenne de 400 000 licenciements économiques par an, c’est principalement les secteurs industriels qui ont été touchés. Le monde ouvrier est plus victime que les autres du chômage de masse. C’est un fait, les ouvriers, de moins en moins nombreux, de plus en plus différents, ayant perdu leurs repères et leur identité de classe, ont été, nous dit l’historien Georges Duby « les grands perdants de ce dernier quart de siècle de transformation rapide de l’économie française ». La classe ouvrière est, depuis les années 70, inférieure en nombre à comparer à 1931. De ce point de vue, 1975 est une date rupture, en effet, le sentiment d’appartenance à la classe ouvrière n’a cessé de décliner. 1975 est aussi la date du déclin de la syndicalisation en France, notamment de la CGT, première confédération ouvrière. A noter, tout de même, un redressement depuis quelques années...

4) Que dire des rapports entre syndicalisme et politique ?

Outre la nouvelle répartition de la richesse nationale entre le capital et le travail, au détriment de ce dernier, il faut ajouter que les revenus du travail sont, depuis le milieu des années 1980, plus taxés que ceux du capital. Aujourd’hui, ça n’est pas telle ou telle catégorie qui voit ses acquis attaqués par le capital, c’est le socle même des garanties collectives qui est systématiquement démantelé. Ainsi, qu’il s’agisse des syndicats ou des partis politiques, il faut dépasser les réflexes pour exercer sa réflexion. « Nous vivons un tel bouleversement », explique Maryse Dumas de la CGT, « que les réflexes d’hier ne marchent plus et nous mettent sur la défensive ». Or, ce dont a besoin le mouvement populaire c’est de réinventer un nouveau syndicalisme qui doit s’originer dans ce fait incontournable : 7 millions de salariés changent de statuts chaque année, les CDD, l’intérim sont monnaie courante, l’insécurité sociale devient la norme. Ce dont ont besoin les couches populaires, c’est de partis politiques capables de les représenter telles qu’elles sont. Le capitalisme a marqué des points considérables ces dernières années, il y a eu une explosion du capitalisme populaire qui a été un fait majeur, révélateur de la profonde mutation française des années 1980-1990. Mais dans le même temps, le Président de la République dans un discours devant le Congrès réuni le 22 juin dernier, déclare : « Le monde d’après la crise sera un monde où le message de la France sera mieux entendu et mieux compris. Ce sera un monde dans lequel, compte tenu de sa culture, de ses valeurs, la France sera mieux armée que beaucoup d’autres pour réussir. [...] Nous aimons tous notre pays. Nous partageons les mêmes valeurs fondamentales. Nous voulons que chacun ait les mêmes droits et les mêmes devoirs, que chacun se sente respecté, que chacun ait sa place dans la société. Le modèle républicain reste notre référence commune. Et nous rêvons tous de faire coïncider la logique économique avec cette exigence républicaine. Ce rêve nous vient, pourquoi ne pas le dire, du Conseil national de la résistance, qui, dans les heures les plus sombres de notre histoire, a su rassembler toutes les forces politiques pour forger le pacte social qui allait permettre la renaissance française. Cet héritage est notre héritage commun. [...] Bien sûr, pendant trente ans, les valeurs françaises ont été à contre-courant de celles qui dominaient l’économie et la politique mondiales. Mais qui ne voit que la crise mondiale crée de nouveau des circonstances favorables à cette aspiration française à mettre l’économie au service de l’homme et non l’inverse. » Qu’attendent donc les syndicats, les partis politiques pour le prendre au mot et montrer que Nicolas Sarkozy fait l’exact contraire de ce qu’il dit ? Et s’il le dit, c’est qu’il sait que ce discours a encore des résonances puissantes dans notre pays. Un siècle de Vie ouvrière est précisément un ouvrage où se ressourcer pour mener l’action émancipatrice d’aujourd’hui. La question politique fondamentale aujourd’hui qui, me semble-t-il, est posée aux partis progressistes est de trouver la configuration politique qui exprime réellement « l’unité dans la diversité » des couches populaires mais également des couches intellectuelles. Et il y a une idée fondamentale qui était déjà émise par Jean Jaurès et les fondateurs du syndicalisme révolutionnaire qui est la suivante : le travailleur, l’ouvrier ne doit pas être exclu de toute part, de toute direction, de tout maniement des choses humaines et des grands intérêts. Le travailleur doit être dans la gestion économique. Pour que le travail soit vraiment libre selon Jaurès, il faut que tous les travailleurs soient appelés pour leur part à diriger, il faut qu’ils participent au gouvernement économique de l’atelier, comme ils participent par le suffrage universel au gouvernement politique de la cité. Il s’agit là d’une orientation résolument moderne.

Un siècle de Vie ouvrière, par Denis Cohen et Valère Staraselski. Cherche midi éditeur, 175 p., 30€.

Site de la NVO

Site Cherche-Midi Editeur

 

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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 20:03
L’affaire Transvilles

Malik Louadoudi (Délégué CGT Transvilles) : « Le syndicat CGT et les salariés de Transvilles en veulent à tous les représentants politiques de deux communes, et particulièrement aux représentants du Parti Communiste et du Parti Socialiste. Ceux-ci prétendent défendre le service public sur le plan national. Mais dès que ça concerne leur commune ou leur mairie, ils partent tout de suite de l’autre côté, ils abondent dans le sens de leurs camarades de la droite – en l’occurrence, M. Decourrière –, et laissent tomber les salariés et les usagers ».

Roger Piskorek (CGT Transvilles) : « Aujourd’hui, on s’est rendu à la mairie de Saint-Amand pour y remettre le “4 pages” du Parti Communiste [sur les Européennes] que tous les salariés ont reçu dans leur boite aux lettres.[…] Sur le service public, ce tract explique bien ceci : “Nous voulons une Europe reconnaissant les services publics comme un secteur spécifique ne pouvant être soumis aux règles de la concurrence”. Alors aujourd’hui, on ne comprend pas que ces hommes politiques de gauche soient tout à fait d’accord pour nous vendre au privé. »

*

Le sujet est malheureusement banal : à Valenciennes, dans le Nord, des travailleurs des transports publics sont en lutte depuis plusieurs mois contre le passage d’une gestion publique à une gestion privée de la société Transvilles, chargée du transport urbain. Ces travailleurs et leur section CGT s’inquiètent des conséquences de ce changement sur leurs acquis sociaux, leurs conditions de travail et la qualité du service public. C’est à juste titre qu’ils font la différence entre une régie publique de gestion et une entreprise capitaliste.

Ce qui n’est pas banal, c’est que leur colère est en partie dirigée contre des élus PCF. Ceux-ci siègent au Syndicat intercommunal des transports urbains de Valenciennes (SITURV), qui a la charge d’organiser les transports publics, dans la ville et ses environs. La CGT Transvilles leur reproche d’avoir appuyé le passage du public au privé. Le conseil d’administration de Transvilles est composé de douze membres, dont huit sont des élus locaux issus du SITURV. Sur ces huit élus, il y a quatre communistes et un socialiste. Or, c’est à l’unanimité que la décision de confier la gestion de Transvilles au secteur privé a été prise, en séance, le 20 janvier dernier !

Des salariés et leur section CGT se retrouvent donc en lutte contre des élus du parti communiste. Comment en est-on arrivé là ?

Transvilles, qui bénéficie d’une délégation de service public, est une société d’économie mixte détenue à 80% par le SITURV – c’est-à-dire les collectivités locales – et à 20% par des capitaux privés. A partir du 1er janvier 2010, le SITURV a décidé de se défaire de la gestion de Transvilles en la confiant à 100% au secteur privé. L’objectif déclaré est de faire des économies.

Depuis un an, maintenant, les militants CGT de Transvilles s’alarment des conséquences prévisibles de ce passage au privé : suppressions de lignes, diminution des dessertes, suppressions d’emplois, remise en cause des acquis sociaux, etc. Ils demandent des comptes aux élus PCF qui siègent au SITURV et qui ont soutenu ce projet. Les élus PCF concernés se défendent en expliquant qu’il s’agit d’une formalité sans conséquences. Ils affirment que les 506 salariés de Transvilles ont obtenu des garanties sur leurs conditions de travail et leurs acquis. Les travailleurs concernés n’en sont visiblement pas convaincus : le 20 janvier et le 11 mai derniers, 90% d’entre eux étaient en grève. A plusieurs reprises, ils ont cherché à obtenir des explications de la part de ces élus PCF. Ils les ont interpellés sur la contradiction flagrante entre le discours officiel du parti, qui appelle à défendre les services publics, et la politique réelle qu’il mène, au niveau local, dans le cas de Transvilles.

Les réponses qu’ils ont obtenues sont pour le moins surprenantes. Le vice-président du SITURV, Eric Renaud, est élu PCF à la mairie de Saint-Amand, dont le maire est Alain Bocquet, par ailleurs député communiste à l’Assemblée nationale. Eric Renaud a soutenu et orchestré le passage de Transvilles à une gestion privée. Il assure que cela ne changera rien. Mais dans ce cas, pourquoi le faire ? Cité par le journal La voix du Nord, le 25 février dernier, Eric Renaud déclare, pour se justifier : « Je suis d’accord pour dire qu’un service public de transport est naturellement déficitaire, mais il y a des limites à tout. » Mais alors, c’est bien que quelque chose va changer ! Dans quel sens ? C’est simple : la gestion des transports urbains a un coût, nous explique Eric Renaud. Pour alléger ce coût, le SITURV fait appel à des capitaux privés. Ce faisant, le SITURV livre au privé ce marc hé juteux – en affirmant cependant avoir obtenu des « garanties » en termes de qualité de service, de conditions de travail et de salaires. Mais en la matière, la parole des capitalistes ne vaut rien !

En vérité, les capitalistes n’investissent pas pour le plaisir. Ils investissent pour, en retour, dégager des profits. Comment les capitalistes réaliseront-ils ces profits ? On le sait parfaitement, d’expérience. Les capitalistes remettront en cause la fréquence des dessertes ; ils fermeront des lignes ; ils s’attaqueront aux conditions de travail des salariés et à leurs acquis sociaux. A quel rythme et dans quel ordre mèneront-ils cette offensive ? Nous ne le savons pas. Mais on sait parfaitement qu’ils chercheront à diminuer tous les coûts au détriment des salariés et des usagers. C’est une évidence solidement appuyée par l’expérience. On s’étonne de devoir le rappeler à des élus communistes.

La Riposte apporte tout son soutien aux travailleurs de Transvilles en lutte, dont les revendications sont absolument légitimes. Ils ont raison de craindre pour la qualité du service public et leurs acquis sociaux. Tôt ou tard, ils se heurteront à la soif de profit des capitalistes. Les « garanties » que les capitalistes ont données ne les engagent à rien : elles sont simplement destinées à faire passer la pilule. Encore une fois, ils n’ont pas injecté des millions d’euros dans Transvilles pour le plaisir : ils voudront en retirer un maximum de profits, le plus rapidement possible.

A l’instar de la CGT Transvilles, nous considérons que des élus communistes ne doivent pas cautionner la privatisation d’un service public, même sous la forme d’une délégation de service public. Tous les militants communistes, et a fortiori les élus, doivent s’opposer de façon inconditionnelle à toute forme de privatisation. Le moindre recul, dans ce domaine, porte un coup sévère à l’autorité et à la crédibilité du PCF auprès des jeunes et des travailleurs. Le PCF a déjà payé très cher les privatisations massives du gouvernement Jospin, dont certaines étaient directement pilotées par le ministre « communiste » des Transports, Jean-Claude Gayssot. Manifestement, certains élus communistes n’ont toujours pas compris la leçon !

Il faut mettre un terme, au plus vite, à cette situation inacceptable. La lutte des travailleurs de Transvilles n’est pas terminée. Tous les communistes doivent la soutenir, aux côtés des militants CGT. Dans le Valenciennois, de nombreux militants PCF ont fait part de leur colère et de leur solidarité avec les salariés de Transvilles. Nous appelons tous les militants du PCF, dans tous les départements, à manifester leur solidarité avec les travailleurs de Transvilles et leur section CGT.

Solidarité avec les salariés et la CGT Transvilles !

Pour une opposition résolue des élus PCF à toute forme de privatisation !


Publié par La Riposte

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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 19:57

Source : "Collectif syndical de classe" 

samedi 27 juin 2009, par Comité Valmy


Voir en ligne : MANIFESTE POUR UN SYNDICALISME DE LUTTE DE CLASSE ET DE MASSE

Le « Front Syndical de Classe » c’est quoi ?

Des militants de la CGT et de la FSU qui, dans le souci de l’indépendance syndicale vis-à-vis du patronat et dans le respect de chaque organisation syndicale, sont à l’initiative d’un collectif unitaire, sur la base du Manifeste pour un syndicalisme de lutte de classe et de masse , destiné à unir les initiatives de défense du syndicalisme de luttes de classe et de masse et à aider les syndiqués à se réapproprier l’outil syndical.

 


Ce week-end, le « Front Syndical de Classe » se transforme en association. Vous lirez, ci-dessous, un extrait du projet de statuts :

Préambule

Depuis sa naissance en 1957, l’Union Européenne capitaliste a multiplié la mise en place de structures permettant de piloter une construction supranationale toute entière dédiée au service des grands groupes capitalistes, de la casse des acquis sociaux et des souverainetés populaires.

L’un de ses principales structures est la Confédération Européenne des Syndicats, crée en 1973 avec l’appui du syndicalisme européen de collaboration de classe (CISL en particulier, fondée par Washington) et en France de la CFTC, de la CFDT et de FO. Financée par l’UE, la CES a pour mission d’accompagner « syndicalement » la construction européenne, dont le coeur est « l’économie de marché », par la collaboration capital/travail (le dialogue entre « partenaires sociaux »).

La particularité française est que son mouvement ouvrier, enseignant et étudiant s’est largement construit, depuis ses origines, à partir d’une conception anti-capitaliste : depuis la fin du 19ème siècle, les principes affirmant la nécessité de la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme et de la socialisation des moyens de production et d’échange sont des références non seulement historiques mais aussi gagnantes, permettant d’arracher par la lutte (1936, 45-46, 68) tous les acquis de ce que les puissants appellent avec mépris « l’exception française ». Mais, tout au long du 20ème siècle, la confrontation constante entre courant révolutionnaire et réformiste amènera 3 scissions majeures dans le mouvement syndical français appuyées par le grand patronat et les puissances capitalistes : 1921, 1938-39, 1947-48.

Aujourd’hui, le combat entre ces deux courants traverse les organisations syndicales dont l’histoire est liée au combat de classe et plus généralement, aux luttes pour la république, la laïcité, la paix et la démocratie. Ce n’est pas un combat nouveau, il devra être gagné comme les précédents.

En ce qui concerne la CGT, alors que nombre de militants et d’organisations CGT se battent sur des positions de classes, la direction confédérale, reniant le riche héritage de « la grande dame », a peu à peu dérivé vers une conception de moins en moins combative de l’engagement syndical qui désoriente et affaiblit les travailleurs. Quittant la FSM dont elle était fondatrice en 1945, elle a adhéré à la CES en 2000, où elle occupe aujourd’hui des responsabilités majeures, puis à la CSI (fusion de la CISL et de la CMT vaticane) en 2006. Pour cela, elle n’a cessé de donner des gages de sa conversion à l’économie de marché et elle a adopté la ligne du « syndicalisme rassemblé » qui débouche sur la CFDTisation de la Confédération tant sur la ligne (le capitalisme est incontournable) que sur l’organisation (syndicalisme de sommet avec en particulier la centralisation des finances "cogetise" qui permet de mettre au pas les structures de base et qui met en péril la démocratie syndicale) et les modes d’action (refus du « tous ensemble », priorité à l’unité d’action au sommet sur des mots d’ordre compatibles avec les intérêts du patronat, journées d’action dispersées et sans suite...) .

Ce glissement réformiste, sensible aussi à la FSU ou dans le syndicalisme étudiant (UNEF...) explique que depuis 25 ans, non seulement le peuple dans sa dimension la plus large n’a obtenu aucun acquis significatif mais que les reculs succèdent aux reculs : casse des salaires, de l’emploi, des services publics (Éducation de la Maternelle à l’Université, Santé, Transports, Energie, Poste, Telecom...), de la protection sociale (Sécu, retraites...), du droit et de la durée du travail, du logement populaire, de la petite production indépendante, mépris de la souveraineté populaire...

Le « grand bond en arrière » qui en résulte se heurte cependant à un niveau élevé de combativité populaire, en France mais pas seulement, et se traduit par un vaste affrontement de classe et des conflits à répétition depuis 1995. Mais, dans un contexte d’offensive généralisée du gouvernement, du MEDEF et de l’UE contre l’ensemble des acquis sociaux et démocratiques des travailleurs, dans un contexte de crise capitaliste au nom de laquelle le pouvoir prétend accélérer encore sa politique anti-populaire, les travailleurs sont désormais à la croisée des chemins et le risque est plus que jamais pour chaque secteur ou entreprise de perdre séparément en plongeant pour longtemps dans l’enfer de l’exploitation sans limite.

C’est pourquoi, en juin 2008, des militants de la CGT et de la FSU ont lancé une « Lettre ouverte aux Etats-majors syndicaux », signée depuis par plus de 4000 travailleurs, enseignants, étudiants... Cette Lettre ouverte appelait à tout faire pour contribuer à « construire démocratiquement et d’urgence une action « tous ensemble et en même temps » pour gagner et ré-ouvrir enfin des perspectives progressistes » et exhortait les « directions syndicales nationales à cesser « d’accompagner » la rupture afin de reprendre le seul chemin gagnant : faire le lien entre toutes les contre-réformes, travailler concrètement à préparer avec les salariés les conditions de l’affrontement de classe victorieux avec ce pouvoir destructeur, construire l’unité dans l’action des travailleurs et de la jeunesse ».

Depuis, l’accélération des politiques anti-sociales, la confirmation de la compromission des directions syndicales mais aussi le développement des contacts entre militants de classe, ont rendu encore plus impérieuse la nécessité d’agir et de se structurer. C’est pourquoi ces mêmes militants initiateurs de la « Lettre ouverte aux Etats-majors Syndicaux » rejoints par de nombreux autres ont décidé de fonder l’association « Front Syndical de Classe ».

Courriel : collectif.syndical.classe@wanadoo.fr

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