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Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 15:10

Jérôme Métellus

Il y a 80 ans, le Front Populaire accédait au pouvoir. En même temps, une puissante vague de grèves avec occupation déferlait sur le pays. Dès son entrée en fonction, le nouveau gouvernement faisait voter la semaine de 40 heures et les deux semaines de congés payés, entre autres. Dans la mémoire collective du mouvement ouvrier, le Front Populaire est associé à cette magnifique mobilisation des salariés et à ces réformes sociales qui, en les arrachant un peu à l’usine ou au bureau, les élevaient au-dessus du rang de simples bêtes de somme. C’est donc à juste titre qu’on célèbre, aujourd’hui, l’audace et l’énergie de ces travailleurs : ils ont écrit l’une des plus belles pages de l’histoire de notre classe.

Cependant, les pages suivantes furent sombres. Deux ans et demi après son arrivée au pouvoir, le Front Populaire cédait la place à une coalition de droite, et la plupart des acquis sociaux du printemps 1936 étaient remis en cause. Un an plus tard, la classe ouvrière étouffait sous le régime de Pétain et l’occupation nazie. Pourquoi les « espoirs du Front Populaire » ont-ils été si brusquement balayés ? Qu’a-t-il manqué pour que l’impulsion révolutionnaire du printemps 1936 débouche sur une société nouvelle, débarrassée de la misère et de l’exploitation ? Il importe de répondre à ces questions, car l’histoire du Front Populaire et de son effondrement constitue une source de leçons précieuses pour tous ceux qui, aujourd’hui, luttent pour un monde plus juste.

A peine sorti de la première guerre mondiale, le capitalisme replongeait dans une crise organique qui, dès le début des années 30, portait la menace d’une nouvelle conflagration mondiale. Le marasme économique sapait les bases matérielles du réformisme et de la démocratie parlementaire. Les contradictions de classes atteignaient des sommets d’intensité. L’heure était aux révolutions et aux contre-révolutions, comme le montraient aussi bien l’offensive du mouvement ouvrier espagnol que l’écrasement des travailleurs allemands sous la botte des nazis. En France, également, l’impasse du capitalisme plaçait à très court terme le mouvement ouvrier devant l’alternative suivante : conquête du pouvoir ou dictature réactionnaire.

Dans quel état les organisations du mouvement ouvrier français abordaient-elles cette situation ? Le Parti Socialiste (SFIO) fermait les yeux sur la gravité de la crise et ses implications. Il reconnaissait en paroles la nécessité de renverser le capitalisme, mais toute sa politique était basée sur la perspective d’une modification graduelle et pacifique du régime social, à la faveur d’une majorité parlementaire de gauche. Certes, en Allemagne, cette politique avait fait faillite. Mais Léon Blum, le chef de la SFIO, s’efforçait de convaincre les masses que « la France n’est pas l’Allemagne », et qu’une offensive révolutionnaire ne serait pas nécessaire, en France, pour en finir avec la misère et le chômage.

De leur côté, les dirigeants du PCF ont pratiqué jusqu’en 1934 la politique dite de la « troisième période », qui consistait à caractériser la SFIO de parti « social-fasciste » et à refuser toute forme d’action commune avec les socialistes face aux véritables organisations fascistes, dont l’influence ne cessait de croître dans le pays. C’est cette même politique de division du mouvement ouvrier qui, en Allemagne, avait été appliquée par le plus puissant Parti Communiste de la IIIe Internationale - jusqu’à ce qu’Hitler prenne le pouvoir et pulvérise les organisations ouvrières, y compris le PS « social-fasciste ». Cette catastrophe donnait la mesure de la dégénérescence de la IIIe Internationale, dont la cause fondamentale était la dégénérescence de la révolution russe elle-même. Isolée dans un pays arriéré, la démocratie soviétique instaurée par la révolution d’Octobre avait fini par céder la place à la domination d’une caste parasitaire.

Le Front Populaire

Le Front Populaire était, fondamentalement, une alliance de trois partis : le PCF, la SFIO et le Parti Radical. La seule alliance du PCF avec la SFIO supposait donc l’abandon de la théorie du social-fascisme. Comment expliquer ce revirement de 180° ?

En dépit de leurs erreurs politiques, les dirigeants du PCF et de la IIIe Internationale ne pouvaient pas ne pas tenir compte des leçons de la catastrophe allemande. Après tout, ils n’avaient aucun intérêt à voir le fascisme prendre le pouvoir en France. Mais ici, le facteur principal ne fut pas les craintes de Thorez (dirigeant du PCF) ou de Dimitrov (chef de IIIe Internationale) : ce fut la puissante pression de la masse des travailleurs, qui aspirait instinctivement à l’unité des organisations ouvrières.

Le 6 février 1934, une manifestation fasciste tenta de marcher sur l’Assemblée nationale. Les affrontements avec les forces de l’ordre firent 17 morts et provoquèrent la chute du gouvernement. En réaction à ce coup de force, les syndicats et partis de gauche appelèrent à une grève générale pour le 12 février. La grève fut un succès. Et ce jour-là, lorsque les cortèges du PCF et du PS se rejoignirent, place de la Nation, leurs rangs se mêlèrent dans l’enthousiasme. En mettant les dirigeants du PCF devant le fait accompli de l’unité dans la rue, les travailleurs portaient un coup sérieux à la théorie du social-fascisme.

Cependant, cette unité ne recouvrait pas celle du Front populaire, qui allait, lui, jusqu’au Parti Radical. Ici, l’un des principaux facteurs fut le pacte franco-soviétique, signé à Paris le 2 mai 1935. Ce pacte n’a pas été sans conséquences sur la politique du PCF, qui était sommé de ménager l’impérialisme français. Le communiqué officiel du ministère des affaires étrangères disait : « Staline comprend et approuve pleinement la politique de défense nationale faite par la France pour maintenir sa force armée au niveau de sécurité ».

Cette position était en complète contradiction avec les principes de l’internationalisme révolutionnaire. A l’époque de Lénine, il eut été inconcevable que la signature d’un accord avec un gouvernement impérialiste - comme celui passé avec l’Allemagne, en 1918, à Brest-Litovsk - s’accompagne d’un soutien à la politique de la puissance impérialiste en question. Or, en 1935, la direction de la IIIe Internationale annonçait aux travailleurs de France que l’heure n’était plus au renversement de la classe capitaliste française, mais à la collaboration avec cette même classe capitaliste, de façon à ce qu’elle puisse « maintenir sa force armée au niveau de sécurité ». L’alliance des partis de gauche avec le Parti Radical - qui constituait le nœud du Front Populaire - fut l’instrument de cette politique collaborationniste.

Le Parti Radical

Les dirigeants de la SFIO et du PCF justifiaient leur entrée dans un Front avec le Parti Radical par la nécessité de s’allier aux classes moyennes (petits paysans, petits commerçants, etc.), qui constituaient l’électorat traditionnel des radicaux. Mais, en réalité, le Parti Radical n’était pas le parti des classes moyennes : il représentait les intérêts de la classe capitaliste, qui l’utilisait pour s’asservir, politiquement, les classes moyennes. Comme le disait Trotsky à l’époque, le Parti Radical était « l’appareil politique de l’exploitation de la petite-bourgeoisie par l’impérialisme », ou encore « l’aile gauche du capital financier ». L’union avec ce parti n’était pas l’union avec les classes moyennes, mais avec les grands capitalistes dont, en dépit de leur démagogie, les politiciens du Parti Radical défendaient les intérêts.

De cette alliance avec un parti capitaliste ne pouvait découler qu’un programme conforme aux intérêts du capitalisme. Les radicaux s’opposaient systématiquement à toute mesure susceptible de contrarier les « 200 familles » qui tiraient les ficelles de l’économie nationale. Le radical Daladier écrivait : « Le programme du Front Populaire ne renferme aucun article qui puisse troubler les intérêts légitimes de n’importe quel citoyen, inquiéter l’épargne, porter atteinte à aucune force saine du labeur français ». En effet, ce programme ne prévoyait, par exemple, d’autres nationalisations que celle de l’industrie militaire.

L’alliance de la gauche avec le Parti Radical était d’ailleurs en contradiction avec toute la dynamique de la situation. La crise du capitalisme et l’aggravation des contradictions de classe s’accompagnaient d’une polarisation croissante de la société - vers la gauche et vers la droite. La classe ouvrière se déplaçait rapidement vers la gauche. Quant aux classes moyennes, elles désertaient le Parti Radical au profit, soit de la gauche, soit de la droite et de l’extrême droite.

C’est ce que montra clairement le premier tour des élections législatives d’avril 1936. Alors que la SFIO maintenait son score de 1932 - malgré la scission du groupe droitier des « néo-socialistes » - le PCF passait de 780 000 à 1 470 000 voix, cependant que les radicaux en perdaient plus de 500 000. Ainsi, malgré le soutien que les dirigeants communistes et socialistes apportaient aux radicaux, les travailleurs et une partie importante des classes moyennes rejetèrent les radicaux et doublèrent les voix en faveur du parti qui se réclamait de la révolution d’Octobre.

Le deuxième tour donna une majorité absolue aux partis du Front Populaire. Le PCF passa de 10 à 72 sièges, la SFIO de 97 à 147, les radicaux de 159 à 116. Premier groupe parlementaire du Front Populaire, la SFIO envoya son chef, Léon Blum, à la tête du gouvernement. Mais au lieu de provoquer la démission immédiate du gouvernement en place, Léon Blum décida de respecter le « délai constitutionnel » d’un mois. C’était une façon de dire aux travailleurs : « nous respecterons les lois de la République capitaliste ». A quoi les masses répondirent par une mobilisation révolutionnaire d’une ampleur inédite.

L’offensive révolutionnaire

Les signes avant-coureurs de la vague de grèves de mai-juin 1936 n’avaient pas manqués. Par exemple, en août 1935, les travailleurs des arsenaux de Brest et Toulon se soulevèrent, drapeau rouge en tête, contre l’amputation de leurs salaires. Des événements similaires se sont produits à Limoges, en septembre de la même année.

Le 11 mai 1936, une grève éclate à l’usine Bréguet du Havre : 600 ouvriers occupent les bâtiments. Le 13 mai, ce sont les travailleurs de Latécoère, à Toulouse, qui occupent leurs usines. Le 14 mai, c’est le tour des usines Bloch, à Courbevoie. Les jours suivants, les grèves avec occupation se multiplient dans la métallurgie de la région parisienne. Le 24 mai, la traditionnelle célébration des Communards, au Père Lachaise, rassemble 600 000 personnes. Les radicaux y brillent par leur absence. A partir du 2 juin, le mouvement de grève s’étend à d’autres secteurs que la métallurgie et gagne l’ensemble du pays. En l’espace de 15 jours, la contagion révolutionnaire s’étend à plus de 2,5 millions de travailleurs.

Dans la mesure où elle embrasse, non seulement l’avant-garde de la classe ouvrière, mais aussi ses couches généralement passives et inorganisées, une grève de ce type constitue l’amorce classique d’une révolution. La signification des occupations n’a pas échappé aux capitalistes : il s’agissait d’une atteinte directe à la sacro-sainte propriété privée - qui, aux yeux de millions de salariés, cessait justement d’être sacro-sainte. Les travailleurs indiquaient qu’ils voulaient être les maîtres là où ils n’avaient jusqu’alors été que des esclaves. La question était posée devant tous : « Qui doit contrôler l’économie : les capitalistes ou les travailleurs ? » Dans un tel contexte, un parti révolutionnaire aurait pu pousser à la création de conseils ouvriers, liés les uns aux autres de l’échelon local jusqu’au national, et socialiser l’économie sur cette base.

Que firent le PCF, la SFIO et la CGT ? Leurs militants de base, et en particulier ceux du PCF et de la CGT, étaient largement impliqués dans le mouvement. Mais leurs dirigeants furent, comme les capitalistes, pris de panique. Le 3 juin, avant même de prendre ses fonctions comme ministre de l’Intérieur, le député socialiste Roger Salengro déclarait à l’Assemblée : « Que ceux qui ont pour mission de guider les organisations ouvrières fassent leur devoir. Qu’ils s’empressent de mettre un terme à cette agitation injustifiée. Pour ma part, mon choix est fait entre l’ordre et l’anarchie. Je maintiendrai l’ordre contre l’anarchie ». Selon lui, l’« ordre », c’était l’anarchie capitaliste, et l’« anarchie », la lutte pour l’ordre socialiste !

Les dirigeants du PCF, qui s’étaient engagés à soutenir le gouvernement Blum « sans réserves et sans éclipses », pesèrent de toute leur autorité pour ramener « l’ordre » que réclamaient Salengro et les chefs radicaux. De concert avec Léon Jouhaux, le chef de la CGT réunifiée, Maurice Thorez décréta que les objectifs de ce mouvement étaient « purement économiques », et que toute autre interprétation ne pouvait être que le fait de provocateurs ou d’irresponsables. Après que, dans la nuit du 7 au 8 juin, les représentants du grand patronat eurent signé l’Accord de Matignon - qui prévoyait, entre autres, la semaine de 40 heures, les deux semaines de congés payés et une augmentation des salaires de 7 à 15 % - Thorez déclara : « Il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue ». Or, au même moment, de nouvelles grèves avec occupation éclataient, notamment dans les Grands Magasins parisiens. Mais les directions de la CGT, de la SFIO et du PCF parvinrent, au cours du mois de juin, à faire rentrer le mouvement dans le canal des « revendications économiques ». La grève s’estompa peu à peu - non sans que, dans certains cas, le Front Populaire ne mobilise la police pour mettre un terme aux « troubles ».

La contre-révolution relève la tête

On entend souvent l’idée que les grèves de mai-juin 1936 furent suscitées par les « espoirs » que les travailleurs avaient placés dans le Front Populaire, au lendemain de sa victoire électorale. En fait, il serait plus juste de dire que les grèves furent provoquées par le manque de confiance des masses dans la capacité du Front Populaire à briser la résistance patronale. Elles se méfiaient tout particulièrement des radicaux. Elles voulaient, à leur manière, « aider » le Front Populaire à prendre des mesures décisives contre les capitalistes. Les dirigeants du Front refusèrent cette aide de toute leur force. Mais en obtenant du patronat des concessions qui allaient plus loin que le programme du Front Populaire, les travailleurs ont prouvé, une fois de plus, que les véritables réformes sont toujours des sous-produits de révolutions.

La classe dirigeante n’avait fait des concessions que parce qu’elle craignait de tout perdre. Cependant, la vague révolutionnaire passée, elle conservait toujours le contrôle de l’économie, et s’en servit pour reprendre d’une main ce qu’elle avait dû lâcher de l’autre. La mécanique parlementaire - avec son Sénat, son administration bureaucratique, etc. - lui permettait de saboter l’action gouvernementale. Par ailleurs, la fuite des capitaux menaçait le gouvernement Blum de banqueroute. Cédant à la pression, il procéda à une dévaluation du Franc, accentuant ainsi un mouvement d’inflation qui annula rapidement les augmentations de salaires consenties en juin 1936.

Faute de s’attaquer au pouvoir économique de la classe dirigeante, Blum fut condamné à l’impuissance et, en juin 1937, démissionna. Les gouvernements qui suivirent glissèrent toujours plus vers la droite. Les grèves étaient durement réprimées, notamment celles que déclencha, en novembre et décembre 1938, la remise en cause des 40 heures par le gouvernement du radical Daladier. Démoralisé et paralysé par ses propres dirigeants, le mouvement ouvrier fut entraîné sur la voie de la guerre, puis finalement atomisé par le régime de Pétain, en 1940. « Révolution socialiste ou dictature réactionnaire » : la perspective dessinée par Trotsky, dès 1934, prenait corps dans les ruines d’un des plus grands mouvements révolutionnaires que la France ait connu. Il faudra attendre l’insurrection contre l’occupation allemande, en août 1944, pour que la classe ouvrière se relève de cette défaite et retrouve sa confiance en ses propres forces.

Révolution, http://www.marxiste.org/theorie/histoire-materialisme-historique/661-il-y-a-70-ans-le-front-populaire

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 14:16

Chers syndicalistes,

 

Militant syndical de longue date et président de l’Association CO.U.R.R.I.E.L. qui, avec le député communiste J.-J. Candelier, vient d’organiser une conférence de presse à l’Assemblée nationale pour dénoncer la politique patronale inavouée de basculement de la France au tout-anglais « transatlantique », je vous soumets un article de la revue CGT « Options » portant sur cette grave question (l’arrachage culturel et linguistique est en effet une dimension forte du basculement de la France et des « pays latins » au « modèle » néolibéral anglo-saxon : il suffit de constater que l’euro-diktat travesti en « loi El Khomri » chez nous s’appelle « Jobs Act » en Italie…

 

La période devrait être propice à une contre-offensive sur ce terrain AUSSI. Le Monde diplomatique vient de publier un long article sur cette grave question (numéro de juin), très lourdement sous-estimée jusqu’ici par les citoyens, la CGT-Carrefour a pris des positions courageuses contre la politique d’anglicisation méthodique de la marque (Carrefour-Market, Carrefour-City, etc.), la CFE-CGC était dignement représentée à la conférence de presse parisienne et la protestation monte contre l’ « hymne » officieux EN ANGLAIS que Carrefour, qui « sponsorise » les Tricolores, veut imposer aux supporteurs français après que le chanteur représentant France-Télévision a chanté en franglais à l’Eurovision.

 

Plus gravement, c’est le basculement rapide, illégal et inconstitutionnel, de l’Université à l’anglais ou la nomination systématique en anglais de nombre de « produits » des grandes entreprises publiques en voie de privatisation (Family TGV, TGV Night, « Pulse », etc.) ou du métro parisien (Smart-Navigo…) qui doit susciter la réaction du monde du travail ; car sous un aspect anodin, il s’agit d’une grave entreprise de discrimination linguistique, de totalitarisme culturel et de mise à mal de ce premier service public de Franceet de la Francophonie internationale qu’est la langue française, « langue de la République » au titre de l’article II de la Constitution.

 

Merci de répercuter ce message.

 

Georges Gastaud

 

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Reprenons langue(s) ! Par Georges Gastaud[1]

A chaque fois qu’affleure, d’une manière ou d’une autre, la question de la langue, cela signifie qu’une série d’autres problèmes est en train de s’imposer : la formation et l’élargissement de la classe dirigeante, la nécessité d’établir des rapports plus intimes entre les groupes dirigeants et la masse nationale-populaire, c’est-à-dire de réorganiser l’hégémonie culturelle ».  Antonio Gramsci

Avec toute la perversité idéologique qui les caractérise, le capitalisme euro-mondialisé et ses collaborateurs hexagonaux présentent le basculement de la France au tout-globish et la relégation largement engagée du français, comme une « ouverture » sur la modernité et sur la pluralité des cultures. C’est également au nom de la diversité culturelle que les régionalismes les plus régressifs tentent d’imposer, Charte européenne des langues régionales et minoritaires à l’appui, la « co-officialité » du français – « langue de la République » au titre de la Constitution – et des langues de territoire au risque clairement assumé, voire revendiqué, d’ethniciser la citoyenneté française et de couvrir d’un voile « culturel » le repartage en cours de la France et son redécoupage en euro-Länder taillés sur mesure pour la « concurrence libre et non faussée » entre les ainsi-dits « territoires »...

Dans ces conditions, comment réagir à la sournoise agression linguistique qui vise à la fois la langue de Molière, la République une et indivisible issue de la Révolution française et – nous l’allons montrer tout à l’heure – toutes les conquêtes du monde du travail ? Car lorsque le français aura été définitivement réduit, en France même, au rôle subalterne de « langue domestique »[2], il sera encore plus aisé aux chasseurs de profits du M.E.D.E.F. et du capital mondialisé de diviser notre peuple, de dynamiter les avancées sociales et démocratiques de 1905, du Front populaire et du C.N.R., de briser l’aspiration au « tous ensemble » combatif des salariés, de casser les conventions collectives de branche, les statuts nationaux, les services publics et la fonction publique territoriale ou d’État, voire la Sécurité sociale et les retraites par répartition qui forment, aujourd’hui encore avec la langue française, le socle matériel et culturel de l’unité nationale-étatique de notre pays.

Pourtant, les résistances linguistiques sont encore faibles, éparses, voire inexistantes dans le mouvement ouvrier et populaire : contrairement à ce qui se passait encore lorsque le P.C.F. de Thorez, d’Aragon et de Duclos, voire de Marchais, prenait en charge l’indépendance nationale et la défense de la langue d’Aragon, la résistance à l’invasion du tout-anglais, ou plutôt du tout-américain, la défense de ce premier service public de France qu’est le français, restent sporadiques si l’on excepte les efforts méritoires que déploient les associations de défense de la langue française ou certains syndicats ; on pense à certains dirigeants de la C.F.T.C., à la C.F.E.-C.G.C. dans son ensemble, ou à l’engagement de terrain permanent de la C.G.T.-Carrefour et de ses militants méridionaux. Déjà nombre de grandes entreprises travaillent – illégalement ! – en anglais sur le sol même de l’Hexagone, notamment en région francilienne, ce qui occasionne discriminations et souffrance au travail de maints salariés, y compris parmi les cadres. Déjà, les grandes entreprises recrutent honteusement des cadres supérieurs English Mother Tongue[3], ce qui revient à instituer une préférence nationale inversée et à pratiquer une discrimination illégale à l’encontre des salariés dont la langue maternelle est le français ou une langue autre que l’anglais et que le français. Comment prendre enfin conscience que, sans notre belle langue illustrée entre autres par l’Édit de Nantes, par le Discours de la méthode, par L’Encyclopédie, par la Déclaration de 1789 et par celle de 1793, la loi laïque de 1905, par Les Jours heureux annoncés par le C.N.R. et par mille autres références lumineuses, l’ex-France républicaine « globishisée » ressemblerait bientôt à ce « couteau sans lame dont on a jeté le manche » qu’évoquait jadis le moraliste allemand Lichtenberg ?

I – Intégrer la dimension linguistique à nos résistances sociales et civiques ! 

Il faut d’abord prendre la mesure de l’arrachage linguistique en cours : ils arrachent notre langue comme ils délocalisent nos usines, comme ils ferment nos hôpitaux et arrachent nos vignes ou comme ils éliminent nos exploitations agricoles quand Bruxelles et le M.E.D.E.F. jugent que c’est indispensable à la rentabilité et à la « profitabilité » (pour qui ?) du « site France ». Nous n’en sommes plus désormais au franglais, raillé naguère par Etiemble[4], ni à la multiplication sans fin des « emprunts » lexicaux à l’anglais. Quand toute la recherche scientifique – y compris peu à peu la recherche en sciences humaines, voire en littérature française – bascule au tout-anglais, quand de plus en plus de Grandes Écoles et de cycles universitaires mis en concurrence par Mmes Pécresse et Fioraso se livrent sans vergogne à la langue, non de Shakespeare, mais des « traders » de la « City », quand tant de chanteurs « français » susurrent ou tonitruent en anglais bas de gamme, quand tant de films « français » ou de « séries françaises », subventionnés par l’argent public, affichent leurs titres en anglais, quand des enseignes « tricolores » comme Carrefour se rebaptisent « Carrefour-Market » ou « Carrefour-City », quand la Société « nationale » des Chemins de fer devenue « SNCF » (sans article) nomment leurs « produits » et enseignes T.G.V.-Night, T.G.V.-Family ou Rail Team, quand le président de « SNCF » se flatte d’offrir des cours d’anglais dans ses T.G.V., mais que l’idée ne l’effleure pas d’offrir des cours de français aux étrangers non francophones circulant dans ses trains, on n’en est certes plus à « emprunter » à l’anglais des vocables qui feraient provisoirement défaut au français (car des mots français existent depuis toujours, convenons-en, pour dire night, card, map, market ou access - comme on le dit chez Total – ou everyone ajustable, comme le proclamait horriblement une pub d’Orange, ex- France »-Télécom !) ! En l’occurrence, il s’agit clairement de détruire notre langue nationale, de la polluer au maximum en la saturant et en l’enlaidissant d’anglicismes douteux, de ridiculiser notre pays aux yeux des vrais anglophones, en un mot d’esquinter et d’estropier « ludiquement » notre langue nationale, qui est aussi celle de la Francophonie mondiale. Et ce basculement linguistique mené avec acharnement répond à des objectifs de classe politiques, économiques, culturels extrêmement précis : il s’agit pour nos prétendues élites maastrichtiennes de ringardiser la nation républicaine, d’éradiquer la fameuse « exception française » issue de 1789, de 1905, du Front populaire et de la Résistance antifasciste, d’insinuer à tout instant le contre-modèle anglo-saxon et néolibéral dans nos cerveaux, de répartir sournoisement les travailleurs en catégories sociolinguistiques discriminantes[5],  de faire accroire au bon peuple qu’en un mot, il n’y a pas d’autre alternative que l’Empire euro-atlantique promis par les maîtres de l’U.E., de l’euro, de l’O.T.A.N. et du « Grand Marché Transatlantique » en construction…

Ce ne sont pas là des fantasmes, hélas : déjà en 2006  l'Union des industries de la Communauté européenne (UNICE), ancien nom de l'actuel syndicat patronal européen Businesseurope, promouvait à son de trompe cette politique d’exterminisme linguistique en déclarant, par la bouche de son tout nouveau président d’alors – le Baron Seillière, qui venait d’imposer en France une grave contre-réforme sur les retraites de la fonction publique – que l’anglais serait désormais « la langue des affaires et de l’entreprise » dans toute l’U.E.[6]. Sciemment opérée par un grand patron hexagonal, sinon français, devant le Conseil des chefs d’État européens, cette déclaration déshonorante avait d’ailleurs provoqué la sortie immédiate de Jacques Chirac, un acte de dignité nationale qu’il serait naïf d’attendre des présidents de droite et de « gauche » qui lui ont succédé… Notons du reste que le nouveau nom du syndicat patronal, beaucoup moins francophone, est dû au même Ernest-Antoine  Seillière...

Comment dans ces conditions ne pas fustiger l’apathie des états-majors syndicaux qui laissent assassiner la langue de la République et la Francophonie internationale pour ne pas compromettre leur insertion dans le très bedonnant « syndicalisme » européen (C.E.S.) ou transatlantique (Confédération Internationale des Syndicats) ? Comment ne pas fustiger la direction de la C.F.D.T. qui veut transformer le 1er mai en « Young Worker’s Day » ? Mais surtout, comment ne pas pas appeler les travailleurs en lutte pour l’emploi industriel en France, pour la défense des acquis de 1945-47, pour les salaires et les services publics, pour l’école laïque et la Sécurité sociale, à se saisir enfin, en vrais partisans de la République sociale et souveraine, de ce combat linguistique vital pour l’avenir du pays ? Un combat que contourne la plupart des cahiers de revendications des agents des services publics, des travailleurs industriels, des défenseurs de l’Université au moment où les dirigeants de Renault, de Peugeot, de Citroën, d’Auchan, d’Air-France (devenu « Airfrance »[7]), d’EDF, voire de l’Éducation nationale (si friande de Learning Centers, entre autres…), massacrent notre langue en affichant ainsi leur mépris pour leurs salariés, pour leurs clients ou pour leurs usagers demeurés stupidement francophones ?

Au demeurant, la résistance ne saurait être purement collective. Chacun peut commencer par réagir individuellement en suscitant la résistance collective à venir par une attitude linguistiquement rebelle,. Dire haut et fort courriel au lieu d’imeïlle (ce qui écorche, non seulement le lexique, mais la phonétique de notre langue), cesser de dire à tout propos « OK » (voire, encore plus ridiculement, « OK d’accord ! »[8]), refuser de s’exclamer « yèèèèèèsss ! » à tout propos, souhaiter « bon anniversaire » en chanson et non « happy birthday to you ! », c’est OSER, si peu que ce soit, marcher, penser et parler à contre-courant, c’est offrir à l’auditeur – une fois la surprise passée et le débat civique et linguistique éventuellement engagé avec lui – un point de repère et de résistance structurant, c’est susciter la discussion contradictoire, ce havre de l’esprit républicain, en brisant le consensus (anti-)linguistique (mais aussi culturel et idéologique) mortifère qui infiltre aujourd’hui nos cerveaux et nos cœurs à partir de nos cordes vocales ! Revivons l'échéance plutôt que la deadline, évoquons notre entraîneur plutôt que notre coach, aimons le rétro plus que le vintage, de s'amuser franchement et sans « fun », d'assister à un tournée en direct, de trouver des coins sympas pour la course plutôt que des spot de running... Prenons un plaisir sobre à maîtriser notre communication, à ne rien céder, ni à la mode, ni au conformisme, ni à la paresse. A utiliser ces mots droits et nets, précis et bien connus, qui savent ce qu'ils disent et osent être crûment eux-mêmes, sans se farder d'un latinisme marchand ni se gonfler vainement des reflux de l'air du temps.

II – Vivent les langues régionales !

Entre la récente Loi Fioraso, qui a institué l’anglais comme langue universitaire en contournant à la fois l’article II de la Constitution et la Loi Toubon de 1994, et la Charte européenne des langues régionales, qui tend à faire du français un idiome parmi d’autres sur l’ex-territoire national en voie d’euro-fédéralisation, notre langue nationale est délibérément prise en tenaille avec la complicité de François Hollande, en cela aussi digne continuateur de Sarkozy. Par tous les moyens le Parti Maastrichtien Unique a entrepris de banaliser, de refouler et de désétablir le français. La grande déréglementation de la langue s’opère au moment même où les négociations secrètes sur le Grand Marché Transatlantique menacent de mort l’ « exception culturelle » à l’échelle mondiale, européenne et française, en laissant tous les peuples sans protection face à la domination globalitaire de l’Oncle Sam. Le projet linguistique de « Charte » des langues minoritaires – dont les origines politico-idéologiques remontent à la pire période de l’histoire allemande[9]  – répond clairement au plan politico-territorial porté par le M.E.D.E.F. dans son manifeste Besoin d’aire publié en décembre 2011 à l’initiative de Mme Parisot. Le haut patronat veut ouvertement en finir avec la République française souveraine (notamment avec son cadre territorial « jacobin » issu de la Révolution : communes, départements, État-Nation, tout cela s’insérant dans une Charte de l’O.N.U. proscrivant – au moins en principe – le prétendu « droit d’ingérence » des forts sur les faibles et proclamant au contraire le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes). Et pour cela, il faut dissoudre la République une, laïque, sociale, démocratique et indivisible que proclame encore la Constitution, dans l’U.E. des métropoles et des euro-régions, de préférence « transfrontalières ». Celles-ci seront centrées en apparence sur les langues régionales (breton, basque, etc.), et dans les faits, sur l’anglo-américain[10], soit – beaucoup plus marginalement pour l’heure – sur l’allemand[11].

Face à cette entreprise même plus dissimulée de subversion de l’unité territoriale nationale qui revient à donner le pouvoir local à des groupes minoritaires d’euro-sécessionnistes, pour la plupart très réactionnaires (cf les Bonnets « rouges » bretons !), il serait à la fois injuste et maladroit de réagir par une crispation à l’encontre des langues régionales et des citoyens qui leur sont très légitimement attachés. Toutes, elles font partie de notre patrimoine national commun, comme l’atteste entre autres exemples le rôle éminemment civilisateur des troubadours médiévaux. Tout en promouvant partout le français comme langue commune de la République sociale, une France dirigée par le mouvement ouvrier révolutionnaire n’eût sans doute pas cherché à marginaliser les langues régionales comme l’ont fait successivement la bourgeoisie bonapartiste et les notables radicaux de la Troisième République. Il n’est que de voir comment a initialement procédé la toute jeune Fédération des républiques soviétiques sur le terrain linguistique de sa construction politique multinationale : Lénine voyait certes dans le russe la langue incontournable des échanges entre les Républiques fédérées, mais il a d’emblée rompu avec la russification imposée par les tsars et a fait donner aux langues des « allogènes » (langues du Caucase, de Sibérie, d’Asie centrale…) de larges moyens de se développer. Les Soviets ouvriers et paysans ont même été jusqu’à créer des écritures, des grammaires et des dictionnaires là où ces langues n’avaient qu’une existence orale avant 1917 ; ils ont également suscité une puissante littérature nationale s’exprimant dans les langues maternelles respectives des peuples soviétiques : le but était alors d’encourager chacun des peuples fédérés à marcher vers le socialisme universel en partant de ses traditions propres et en les revisitant, voire en les dépassant par leurs moyens propres et selon leurs rythmes propres. Comment ne pas penser ici aux admirables romans kirghizes de Tchinguiz Aïtmatov (Le premier Maître, Djamila…) ?

Il serait de plus très impolitique pour les défenseurs du français de prendre de front à la fois les tenants impérialistes du tout-anglais et les partisans républicains des langues régionales… tout au moins, ceux qui ne détestent pas « le » français parce qu’ils font la différence entre la langue de Victor Hugo et l’usage oppressif (pas seulement[12]…) qu’en a parfois fait la Troisième République. Rejeter les langues régionales serait d’abord faux dans le principe : de vrais internationalistes défendent tout naturellement le français contre le TOUT-anglais, mais ils ne seraient pas moins tenus de combattre le TOUT-français tel que le colonialisme a tenté de l’imposer en Afrique « au temps béni des colonies » (sic). Notons d’ailleurs que les peuples de l’ex-Empire colonial français ont intelligemment riposté au colonisateur en faisant du français – de LEUR français ! – une « prise de guerre », selon l’excellente expression de Kateb Yacine : loin de s’enfermer dans le « petit nègre » humiliant que leur inculquait le colonisateur, les ex-colonisés ont souvent mis un point d’honneur à cultiver un haut niveau de langue française dans leurs universités si bien que notre enseignement actuel du français, ravagé par quarante ans de contre-réformes néolibérales et de restrictions budgétaires fait parfois pâle figure quand on se risque à la comparaison...

En outre, ce rejet prétendument républicain des langues régionales serait politiquement suicidaire pour la défense du français. Le fin marxiste que fut longtemps Mao nous a suffisamment appris, notamment dans son étude dialectique Sur la contradiction, qu’en chaque lutte il faut cibler l’ennemi principal en lui portant tous nos coups ; d’autant que souvent, tout ou parti du concurrent ou de l’adversaire secondaire d’un jour peut devenir un allié si l’on sait le dissocier patiemment de l’ennemi principal qui le manipule et qui, de fait, ne cherche qu'à le poignarder dans le dos une fois la victoire « principale » obtenue. Enfin et surtout, il faut faire entendre aux tenants abusés de nos langues régionales que l’oppression linguistique et scolaire que ces langues ont subie hier (non par la faute de « la langue française », mais par celle de la bourgeoisie autoritaire d’alors), ne saurait justifier que leurs partisans actuels aident aujourd’hui à assassiner le français et la Francophonie internationale – ce ferment de résistance mondiale à l’américanisation générale – au profit d’un maître mille fois plus redoutable : le tout-anglais de l’Empire transatlantique et trans-pacifique en gestation[13], ce néo-totalitarisme planétaire que construisent l’Empire américain et l’Europe allemande en pleine expansion vers l’Est (cf l’actuelle extension de l’O.T.A.N. à l’Ukraine, en attendant qu’arrive le tour de la Biélorussie…) : car la juste dénonciation des crimes linguistiques ou politiques passés ne saurait légitimer la collaboration enthousiaste des descendants des victimes passées aux crimes politico-linguistiques présents et à venir !

Surtout, les défenseurs du français et les amis des langues régionales doivent se souvenir les uns et les autres d’une fable très « politique » de Jean de La Fontaine : se disputant un accueillant terrier, la belette et le petit lapin portent leur différend devant le Chat Raminagrobis. Feignant d’être sourd, le vieux prédateur griffu feint d’être sourd ; il leur demande de s’approcher et, quand ils sont à portée de griffes, il les happe et les dévore l’un après l’autre. Aujourd’hui, c’est le Raminaglobish transatlantique qui joue à opposer le français aux langues régionales ; mais une fois qu’il aura désétabli la « belette » francophone en manipulant les petits lapins euro-régionalistes, qui peut croire qu’il laissera la moindre chance aux langues de territoire et aux territoires eux-mêmes, qui seront mille fois plus facile à dépouiller une fois qu’ils auront été coupés de l’ensemble national ? Si cette digue mondiale au tout-anglais qu’est (encore un peu, malgré son état-major fort peu résistant) la Francophonie internationale venait à se rompre, il n’est guère difficile de comprendre que les langues régionales de France seraient encore plus vite englouties que ne l’ont été le gallois, le gaélique ou l’écossais celtique jadis dominants dans les Iles britanniques, ou que le furent les langues amérindiennes liquidées, instrumentées ou folklorisées par l’insatiable Empire yankee en passe de devenir transatlantique, sinon très pacifique. Quand ce dernier aura finir d’utiliser les euro-sécessionnistes et les langues régionales pour dépecer les États italien, français, espagnol, voire britannique (mais pas la R.F.A. qui, elle, s’est réunifiée en phagocytant la R.D.A. et en divisant-satellisant les pays voisins, ex-Tchécoslovaquie, ex-Yougoslavie, États baltes, et demain sans doute la Belgique déchirée par le « nationalisme » flamand), il ne fera qu’une bouchée de l’euzkara, du catalan, de l’alsacien et du corse, comme il l’a si efficacement fait avec le français de Louisiane et comme il s’emploie à le faire aujourd’hui, avec la complicité des gouvernants libéraux du Québec, par l’anglicisation galopante de Montréal[14].

C’est pourquoi tout vrai républicain devrait, au nom de la diversité indispensable à la culture mondiale, défendre TOUTES les langues de France et du monde contre la (non-) langue unique en marche, sans chercher cependant à briser le primat officiel de la langue nationale unifiée là où il en existe une[15]. Car à l’heure actuelle, les nations constituées (ou les États multinationaux hérités de l’histoire et brisés par l’Empire, comme la République socialiste fédérale de Yougoslavie) constituent des remparts de premier plan pour la défense du droit des peuples à s’autodéterminer et à construire à égalité l’indispensable coopération mondiale entre les peuples.

Il est d’ailleurs surprenant que les organisations écologistes qui, à raison, défendent la biodiversité contre le rouleau compresseur exterministe du pan-consumérisme capitaliste, restent de marbre quand s’éteignent jusqu’à huit langues PAR AN et que de grandes langues nationales et internationales porteuses d’une part majeure des Lumières mondiales comme l’italien, l’allemand, le français, le polonais, le russe, sont boutées sans ménagement hors des secteurs décisifs de la communication mondiale : sciences, technologies, commerce, cinéma, chanson, université, etc. Pourtant, quand une langue s’atrophie en perdant plusieurs de ses fonctions majeures, c’est une manière de vivre et de penser, c’est un regard et une sensibilité différents sur la vie qui plongent à jamais dans l’oubli, c’est un « esprit » qui agonise, ce sont des millions d’hommes qui sont subitement niés jusque dans leur histoire et dans leur identité la plus profonde, y compris celle de leur inconscient (que serait une psychanalyse en globish mondialisé ?) : en quoi serait-ce moins grave que de voir s’éteindre une variété de limaçons en Basse-Silésie ou un sous-groupe de ver des abysses dans la fosse océanique de Mindanao ?

Il faut donc à la fois défendre les langues régionales, qui devraient trouver place dans l’Éducation nationale partout où existerait une demande significative, et le primat de l’enseignement du français dont l’enseignement doit être revalorisé, étendu et requalifié de la maternelle à l’Université comme voie d’accès principale de tous les futurs citoyens-travailleurs aux Lumières communes dont notre pays fut historiquement le pionnier du Discours de la méthode au Plan Langevin-Wallon en passant par l’Encyclopédie de Diderot-D’Alembert.

III – Enseigner les langues de l’immigration de travail !

Curieusement, les mêmes qui s’enthousiasment pour la Charte européenne des langues au nom de la diversité et de l’égalité entre les parlers, ne trouvent rien à dire au fait que les langues de l’immigration de travail ne sont quasiment pas enseignées par l’école publique. C’est ainsi que pas un lycée de l’ex-bassin minier du Nord-Pas-de-Calais n’enseigne l’arabe comme LV 1 ou LV 2, alors que cette langue est parlée par nombre d’anciens mineurs marocains et par nombre de leurs ayants-droit. Une étrange lacune qui semble qui ouvre un large espace aux intégristes pour accaparer l’enseignement de cette langue internationale sur des bases lourdement cléricales...

Si l’on voulait dignement intégrer ces populations ouvrières, y compris en leur faisant aimer le français et la République, il conviendrait donc d’en finir avec cette exclusion linguistique par omission. Il faudrait pour cela affronter la députée Marion Maréchal-Le Pen et son prétendu front « national » : cette demoiselle n’a-t-elle pas exigé en 2012 à la tribune du Parlement que les rarissimes cours dispensés en arabe par l’école publique à des enfants d’immigrés primo-arrivants soient supprimés… et que les (très maigres) crédits qui sont alloués à ces cours de mise à niveau soient désormais affectés … au français[16] ??? Nullement : à l’enseignement de l’anglais dès l’école primaire ! Bref, le FN n’est pas opposé à toute langue d’immigration et les mêmes meneurs xénophobes qui stigmatisent les prolétaires issus de l’espace africain francophone, n’ont rien à redire à la colonisation linguistique de l’Hexagone que pratique toute une partie de l’élite friquée accourue de toute la riche Europe du nord pour s’approprier des cantons entiers de la Normandie ou du Limousin: comme si c’étaient les travailleurs africains qui délocalisaient nos usines à l’étranger, et non les P.D.G. « français » du C.A.C.-40, dont Le Monde nous apprend qu’une majorité réside désormais à New-York, et dont certains imposent le « travailler-en-anglais » dans nombre de sociétés franciliennes ! Pour mesurer l’aliénation nationale et l’humiliation linguistique que nous tolérons veulement – et pour prendre conscience de l’ampleur du racisme de classe et néocolonial qui hante trop de « bons esprits » en France ! – il suffit de s’imaginer comment réagirait la population française, intellectuels et « bobos » compris, si d’un seul coup toutes les enseignes et autres pubs en anglais qui nous assaillent étaient subitement affichées ou prononcées en arabe, en wolof ou en berbère ! Et pour mesurer à la fois la xénophobie d’État et l’auto-phobie nationale dont font preuve certains dirigeants de la droite « républicaine », il suffit de considérer la proposition délirante formulée naguère par le dirigeant U.M.P. Jean-François Copé[17] : entre deux dissertations sur les pains au chocolat, ce triste sire ne proposait-il pas récemment d’imposer le tout-français dans les mosquées de France, d’y proscrire l’arabe coranique… et de passer désormais les films américains en version doublée de manière à imprégner d’anglais les enfants de France dès leur naissance (plus facile que de créer des postes de français, d’anglais, d’allemand, d’espagnol, de russe, d’italien, etc. dans nos lycées !). Terrifiante bassesse de cœur et d’esprit qui conduit à vilipender les plus faibles et les plus en dangers – les ouvriers issus de l’immigration et leurs enfants – et à ramper voluptueusement devant les plus forts, cadres sups du Nord refusant d’apprendre notre langue, investisseurs à milliards débarqués du Qatar, U.E. imposant déjà de fait l’anglais comme sa langue officieuse unique en violation des traités qui font obligation à la commission européenne de respecter à égalité l’identité culturelle des États-membres de l’U.E….

IV – Vive(nt) le(s) français[18] !

Cette résistance linguistique tous azimuts n’implique aucun « purisme ». Comme toute langue vivante, le français comporte plusieurs niveaux ou segments d’usage et chacun d’eux est légitime et efficace pour la destination communicationnelle, poétique, professionnelle, nationale, qui est la sienne. Rappelons d’ailleurs que même Malherbe, le poète qui « épura » notre langue et notre littérature au Grand Siècle, se référait aux « crocheteurs des Halles » pour fixer le vocabulaire. La première des choses à faire pour encourager les travailleurs et d’abord, pour motiver les militants du mouvement ouvrier à défendre leur langue, est de les convaincre qu’ils sont compétents en matière de « bon français » puisqu’ils se font clairement entendre de leurs pairs, et même bien mieux que ne le font les « élites » quand elles parlent au bon peuple. Au demeurant, qui pourrait parler plus mal le français que les moulins à paroles des actuels « merdias » capitalistes qui ne savent plus faire une liaison évidente, inverser le verbe et le sujet dans une interrogation directe ou utiliser la double négation, qui abusent de la novlangue politicienne à la mode et qui – surtout à Paris intra muros – multiplient les anglicismes branchés. Et cela sans le moindre souci du droit des auditeurs à comprendre ce que racontent les chaînes audiovisuelles qu’ils financent par leurs impôts ou par l’entremise des publicités (payées par les consommateurs) qui subventionnent les médias privés ! Des études montrent d’ailleurs paradoxalement que les ados qui manient le langage SMS de la manière la plus drôle et la plus inventive sont souvent les plus performants dans l’usage du français « scolaire ». Fi donc des nouveaux puristes qui condamnent le « mauvais français » des jeunes que pour mieux cautionner l’invasion de l’anglo-américain : comme si les multinationales qui imposent d’en haut leur sabir idéologiquement formaté avaient la même légitimité politique à changer la langue que le(s) peuple(s), le monde du travail et la jeunesse populaire qui, de Tunis au Caire, crient en français « dégage ! » à Benali ou à Moubarak, que les syndicalistes de lutte qui se déclarent désobéisseurs et que tous ceux qui inventent les néologismes dont ils ont besoin pour dire aux autres leur activité sociale innovante ou dérangeante !

Il est également urgent de faire de la Francophonie internationale non plus seulement cet espace guindé piloté par les gouvernements (hyper-angliciseurs pour beaucoup d’entre eux, à commencer par ceux de France, de Belgique et du Canada…), qui prend prétexte d’une langue commune qu’ils refusent de défendre pour pontifier sur les problèmes mondiaux, mais un lieu vivant de résistance sociale, d’échange international, d’impulsion culturelle, d’émancipation nationale et de mise en commun linguistique permettant d’affronter le rouleau compresseur des oligarchies américanolâtres arc-boutées sur l’exportation de leur langue, réduite au rôle une arme de soft power (car contrairement aux sots gouvernants français, qui considèrent comme un boulet notre langue parlée sur cinq continents, les élites anglo-américaines savent que le tout-globish constitue une arme économique et commerciale plus efficace que plusieurs alliances militaires ![19]). Face à cette pieuvre  nourrie à la fois par Wall Street, par le Pentagone, Hollywood et la City, il est vital pour le français d’échanger et de collectiviser la créativité africaine, l’esprit de résistance québécois, la force poétique haïtienne, etc.

Dans le même esprit le français moderne doit s’enrichir d’emprunts aux autres langues de France, aux langues de l’immigration ouvrière ainsi qu’aux autres langues romanes, espagnol, italien, portugais, roumain, qui sont confrontées aux mêmes problèmes d’arrachage linguistique (du moins en Europe) que notre pays, sans négliger bien entendu l’apport de l’espéranto, dont le mérite est de vouloir affranchir la communication internationale de la tutelle impérialiste d’un Etat ou d’un groupe d’Etats donné. En un mot, internationalisons les résistances linguistiques et refusons que le tout-anglais règne dans le mouvement syndical international, dans les « alter-summits » (sic) ou dans certaines émissions de prétendue « Underground Democracy » qui, jusque dans leur dénomination, clament le caractère petit-bourgeois, ostentatoire et inoffensif de leur semi-révolte. Entendons enfin le conseil de Montaigne, auteur des Essais et maire de Bordeaux, qui déclarait déjà au 16ème siècle : « que le gascon y aille si le français n’y peut aller ! »…

Cette prise en compte de la diversité linguistique du ou des français n’interdit nullement de se réapproprier le français commun, y compris le vocabulaire et la grammaire – si évolutifs soient-ils – car ceux qui prétendent que tout cela n’est que vieillerie dépassée, qu’il n’y a pas de différence entre l’oral et l’écrit, qu’on peut parler n’importe comment en n’importe quel lieu, font en réalité tout le nécessaire pour se réserver jalousement l’écrit et le « bel usage », fût-il mâtiné d’expressions familières employées pour « faire peuple ». Quant à ceux qui défendent l’idée reçue qu’il n’y a pas de normes linguistiques et qu’il suffirait au linguiste de décrire l’état des lieux de la langue sans s’inquiéter de savoir si elle vit ou si elle dépérit, ils méconnaissent ce fait patent que la production de normes linguistiques est un fait langagier constant : celui qui maîtrise bien sa langue, dans quelque domaine que ce soit, et qui peut de ce fait s’en faire le poète, le virtuose et le transformateur actif, retravaille sans cesse la norme existante. Pour cette raison même, il lui faut bien connaître et manier sa langue, comme l’artisan connaît et manie parfaitement ses outils et sa matière première.

 

Conclusion - Les « élites » françaises – en réalité l’oligarchie transatlantique et ses collabos de la haute bourgeoisie « française »  – sacrifient cyniquement une langue dont ils ont profondément honte car elle porte l’inexpiable héritage d’une histoire populaire qu’ils abhorrent : l’héritage de Marat et de Toussaint Louverture, des Communards et du Front populaire, voire de l’Internationale communiste (dont le français était la langue de référence) et des luttes de libération nationale d’Afrique. Marginaliser cette langue maudite est un enjeu central pour ceux qui veulent, comme le M.E.D.E.F., mettre en place « les États-Unis d’Europe, notre nouvelle patrie » - comme si l’on pouvait à son gré changer de patrie, c’est-à-dire de parents et d’histoire. Face à cet énorme parricide de classe et de caste, les progressistes doivent tout faire pour briser la censure et imposer le débat politico-linguistique : car la substitution linguistique qui vise à exproprier le peuple de ses mots, donc de ses luttes, ne pourra l’emporter que si la classe travailleuse se laisse priver de débat sur sa langue. C’est pour la priver de parole à jamais, pour faire d’elle une classe mutique après avoir fait d’elle une masse précarisée, paupérisée et constamment menacée d’exclusion, que le Parti Maastrichtien Unique, toutes tendances confondues, veut (se) défaire (de) la langue frondeuse de Rabelais, de Diderot et de Jean-Baptiste Clément, sans parler de Félix Leclerc, de Jacques Brel ou des incandescents Frantz Fanon et Aimé Césaire.

Première cible de l’exterminisme linguistique de l’oligarchie, la classe laborieuse. Ses organisations syndicales et politiques – et tout d’abord les militants qui ont pris conscience de la nécessité de marier l’émancipation sociale à l’affranchissement national et à la solidarité internationale des peuples – ont un intérêt vital à engager la résistance linguistique en l’associant aux combats en cours pour le produire en France, les services publics, la protection sociale, la souveraineté nationale, la défense de la paix contre les aventures néocoloniales dans lesquelles le Parti atlantique compromet notre peuple sous couvert d’ « ingérence humanitaire ». Sans attendre, chacun peut engager cette résistance aux niveaux individuel, associatif, syndical, politique. Il s’agit moins d’ailleurs de « défendre la langue française » que de SE défendre AVEC la langue française ; c’est pourquoi ce combat a beaucoup à voir avec celui par lequel les résistants sociaux affrontent la novlangue néolibérale (celle qui, par ex. nomme « modernisation » les régressions sociales et « archaïsmes » les acquis sociaux) pour reconquérir un vocabulaire de classe permettant de nommer un chat un chat et Manuel Valls un laquais du C.A.C.-40. Il s’agit là d’un engagement structurant et nullement d’un « à-côté » mineur du combat social : car lorsque les tenants de l’Empire euro-atlantique et de Businesseurope auront détruit nos langues, et avec elles, toute la mémoire consciente et inconsciente du mouvement ouvrier et jusqu’à l’A.D.N. républicain de la Nation, la « France des travailleurs » chantée par Ferrat et l’idéal de République sociale dont notre pays est l’initiateur historique, auront définitivement sombré dans ce que Marx appelait naguère « les eaux glacées du calcul égoïste ». Est-ce vraiment cela que nous voulons pour nos enfants ?

 

 


[1] Philosophe, président de l’association COURRIEL pour la résistance au tout-anglais impérial. Auteur notamment de Patriotisme et internationalisme (2011) et de la Lettre ouverte aux ‘bons’ Français qui assassinent la France (2005).
 

[2] Et dans un second temps – ce serait sa seconde mort, ignominieuse ! – à l’état de parler aristocratique mondial des « élites mondialisées », dont la soif de distinction pourrait ne pas se satisfaire très longtemps du « globish » imposé partout ?
 

[3] « Anglais langue maternelle ».
 

[4] René Etiemble (1909-2002), écrivain et linguiste éminent, auteur notamment de Parlez-vous franglais ? (Gallimard, 1964).

[5] Au sommet, les English Mother Tongue venus d’ailleurs ou provenant des enfants de l’oligarchie « française » élevés directement en anglais, comme les collabos gaulois de César reniaient le celtique en élevant leurs enfants en latin. Au milieu, les « globishisants », parlant plus ou moins bien un anglais d’aéroport et destinés aux fonctions de cadres moyens. En bas, les francophones demeurés (c'est à dire ceux demeurés francophones...), cantonnés dans les tâches d’exécution et parlant un français appauvri et truffé d’anglicisme. Et dans les soutes, les travailleurs immigrés venus de l’espace francophone africain et subissant la double peine linguistique puisque parlant le français avec un accent (comme s’il existait un français sans accent…) et ne sachant pas encore la vraie langue du French Euroland en cours de recyclage linguistique total. Le schéma étant compliqué, notamment pour les travailleurs des services publics d’État, ou pour les enseignants, par la nécessité de parler le français, l’anglais et, si possible, plusieurs langues régionales s’ils veulent par ex. être mutés de la Bretagne à la Corse ou à Perpignan, lorsque le breton, le corse ou le catalan auront obtenu la co-officialité dans les actes publics… Vive la « modernité » ! Et tout cela, bien entendu, sans un euro supplémentaire sur la fiche de paie…
 

[7]     « France is in the air » remplaçant dans la foulée le célèbre slogan « Faire du ciel le plus bel endroit de la terre »...

[8] Et si « oui », « d’accord », « ça marche ! », « ça roule ! », « ça baigne ! », vous paraissent trop fades, pourquoi ne pas OSER « Oc » en occitan, « si como no ? », en castillan, etc. ? S’il faut emprunter, il est prudent de ne pas emprunter toujours à la World Company
 

[9] Lire notamment : http://www.m-pep.org/spip.php?article3517 . La Charte a été rédigée par la FUEV (Föderalistische Union Europäischer Volksgruppen), groupe de pression directement héritier du pangermanisme allemand et d'une conception ethnique des populations ayant valu la reconnaissance du caractère nazi de certaines de ses formes antérieures.

 

 

[10]  Déjà, en Catalogne ibérique, des Banques s’affichent uniquement en catalan et en anglais en proscrivant l’espagnol, seconde langue la plus parlée au monde, et le français, parlé de l’autre côté de la frontière !

 

 

[11] Arguant de la prochaine adoption de la Charte européenne par le Parlement français, le conseil municipal de Saverne a cru pouvoir annoncer que les séances du conseil municipal se tiendraient désormais en alsacien, avec des traducteurs français pour les non-locuteurs du dialecte, et que les comptes-rendus se feraient « en allemand, forme écrite de l’alsacien ». Fermez le ban ! Le patronat alsacien qui inspirait largement le projet (rejeté par l’électorat républicain alsacien) de fusion des deux départements et de la région Alsace, ne cachait pas que son but réel était de se fondre dans une grande euro-région transfrontalière avec le Bade-Würtemberg allemand. Des projets analogues sont couvés par les hiérarques féodal-« socialistes » du Languedoc-Roussillon, qui lorgnent sur la riche Barcelone, ou par Martin Malvy (Midi-Pyrénées) et Martine Aubry (la vraie patronne du Nord-Pas-de-Calais), qui veulent chacun leur région « transfrontalière ». C’est évidemment l’anglais, et non les langues régionales – purs prétexte d’un instant pour déconstruire mille ans de construction nationale française – qui fédérera ces regroupement clairement antinationaux dans lesquels le Code du travail, les statuts, le SMIG et les conventions collectives ne feront pas long feu. 

 

 

[12] Poussée par le socialisme ouvrier naissant et encore portée par l’élan de la Révolution jacobine, cette bourgeoisie a AUSSI institué l’école laïque, gratuite et obligatoire, mis en place la loi de séparation de l’Église et de l’État, institué la loi passablement démocratique de 1901 sur les associations, interdit le travail du dimanche… Quelle différence avec l’oligarchie capitaliste actuelle et avec ses reptiliens serviteurs « socialistes » du type de Manuel Valls !

 

 

[13]  Pressé d’équilibrer les BRIC, qui parlent portugais (Brésil), russe, mandarin ou hindi, l’Oncle Sam mène de front en ce moment deux négociations secrètes ; l’une avec les Européens (Union transatlantique) et l’autre avec les Japonais, les Coréens du Sud, etc. (Union transpacifique). Et quelle sera la langue officielle de l’Union transatlantico-pacifique quand ces négociations seront venues à leur terme et que Wall Street sommera la Maison Blanche d’unifier les deux Unions ? Alors que le système capitaliste fait fonds depuis cinquante ans sur une propagande « antitotalitaire » frelatée, il porte en ses flancs une pensée unique, une langue unique, une économie et une culture uniques qui battent d’avance tous les records de totalitarisme – si l’on tient à utiliser cette notion passablement floue – puisqu’elles s’étendront aux moindres recoins de la planète : plus la moindre île déserte, plus le moindre îlot d’Utopie où fuir ce « devenir-monstre » (dixit André Tosel) de la mondialisation capitaliste. Radicalisée, un tel système unique – heureusement traversé par bien des contradictions – signifierait la mort de l’humanité en tant qu’humaine : car UNE pensée, UNE culture, UNE langue, égalent nécessairement ZERO pensée, ZERO langue, ZERO culture pour peu que l’on ait compris que la pensée a besoin de diversité et de contradictions pour exister. Nous avons défendu par ailleurs la thèse selon laquelle « l’exterminisme est le stade suprême de l’impérialisme ». Mais il y a bien des moyens d’exterminer l’humanité en lui laissant l’illusion provisoire d’exister…

 

[14]  Il faudrait aussi évoquer le sort des francophones belges. Violant les prétendues règles démocratiques de l’U.E., la droite dure flamande persécute les francophones qui résident au nord du pays, abandonne la Wallonie en crise à son sort et resserre son étreinte menaçante sur Bruxelles ; or, la seule réponse du chef de file socialiste des francophones, M. Elio Di Rupo, le premier ministre fédéral belge, est de s’adresser à l’ensemble de ses compatriotes en anglais !
 

[15]  Y compris sans doute de l’anglais britannique, en passe d’être avalé par le globish et par l’américain, et dont il serait sans doute stupide de priver les Écossais et les Gallois, sans parler des Irlandais, pourvu qu’ils disposent tous des moyens de recouvrer leur langue historique.
 

[16]        http://www.debunkersdehoax.org/depenses-ahurissantes-pour-les-cours-darabe-a-lecole-intox-de-marion-le-pen

[17]    http://www.slate.fr/story/33579/francais-anglais-langues-etrangeres-ecole

[18]  Rappel orthographique : le substantif « le(s) français » en minuscules désigne la langue française et, au pluriel, ses divers usages, hexagonal, québécois, romand, wallon, etc. ; le substantif le(s) Français, avec la majuscule, désigne le ou les citoyens de nationalité française, donc des personnes.

 

 

[19] Honte à ceux des officiers français qui acceptent sereinement, pour poursuivre leur brillante carrière au sein de l’O.T.A.N., que l’anglais devienne la « langue de travail » de l’armée « française ».
 

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 21:58

 

15 mars 2016

Hubert Prévaud (CGT Toulouse)

La loi Travail présentée par la ministre El Khomri est une attaque sans précédent contre les salariés, comme nous le détaillons dans l’article ci-contre. A la veille du 51e Congrès de la CGT, du 18 au 22 avril, cette attaque est une véritable provocation de la part du gouvernement. Beaucoup se demandent pourquoi le gouvernement prend de tels risques – et pourquoi maintenant.

Tout d’abord, cette remise en cause profonde du Code du travail répond à une nécessité du point de vue des intérêts de la classe dirigeante. Dans le contexte d’une crise économique globale, la compétition devient de plus en plus rude pour gagner des parts de marché. Les capitalistes cherchent à accroître la compétitivité de leurs marchandises en réduisant la part de richesses qui revient aux salariés, dans la production. De plus, étant donnée la profondeur de cette crise, ils veulent pouvoir se débarrasser des salariés à moindres frais, le moment venu.

Mais il faut aussi replacer cette offensive dans le contexte de l’état d’urgence, qui a créé un climat dont le gouvernement pensait profiter pour intimider les salariés, en particulier après la lutte des travailleurs d’Air France, en octobre dernier. Etant donnée la relative passivité des directions syndicales au niveau national, le gouvernement s’est dit que le moment était bien choisi pour frapper. La faiblesse invite à l’agression.

Nouvelle direction, même stratégie

Depuis que Martinez a remplacé Lepaon à la tête de la CGT, le discours est devenu plus radical, reflétant une radicalisation à la base. Martinez a fait un tour de France pour rentrer en contact avec des centaines de bases syndicales. Il a avancé la revendication de la semaine de 32 heures. Mais au-delà du ton plus radical dans les discours, il faut reconnaître que la stratégie n’a pas vraiment changé. La direction confédérale reste trop conciliante avec le gouvernement.

En témoigne la timide réaction face à l’état d’urgence. Il aura fallu la réaction des bases syndicales – et notamment de structures départementales, comme l’UD 75 – pour que la direction modifie sa position et s’oppose à l’état d’urgence.

En témoigne aussi la relative passivité face aux attaques contre les salariés d’Air France et de Goodyear. La direction de la CGT aurait dû lancer une vaste campagne contre la criminalisation de l’activité syndicale, à l’échelle nationale, qui aurait sans doute mobilisé de nombreux secteurs.

La CGT justifie souvent cette passivité par la recherche de l’unité syndicale. Cela revient à chercher le plus petit dénominateur commun avec la CFDT, dont la direction est de plus en plus intégrée à l’appareil d’Etat. Cette stratégie du « syndicalisme rassemblé » est toujours promue, hélas.

Ces dernières années, la plupart des journées d’action ont été un échec complet – non seulement en termes d’impact sur la politique gouvernementale, mais aussi en termes de participation, car les travailleurs savent qu’elles ne mènent à rien. Par crainte de perdre leur statut de « partenaire social », mais aussi le contrôle d’une mobilisation, les dirigeants confédéraux ne veulent pas sérieusement préparer un mouvement de grève reconductible. Pourtant, beaucoup ont compris que les journées d’actions ne suffisent plus et qu’il faut des méthodes d’action plus radicales pour faire plier le gouvernement. Les conditions sont aujourd’hui favorables à ce type d’action.

Quel projet politique ?

En fait, même une grève générale reconductible ne sera pas suffisante pour régler les problèmes des travailleurs. La grève générale est une action défensive. Or il faut aussi passer à l’offensive. Le mouvement syndical doit avoir un projet, une perspective politique. Il y a un besoin vital de « repolitiser » la CGT. Il faut préparer les travailleurs à une transformation fondamentale de la société. Car contrairement à ce qu’on entend souvent, la direction de la CGT a bien un programme politique, même si elle ne le définit pas comme tel. Et le problème, c’est que ce programme se limite à des réformes dans le cadre du capitalisme, en attendant qu’une nouvelle et illusoire période de « 30 glorieuses » permette d’arracher des concessions au patronat. C’est pourtant sur cette question centrale que tout se joue. De ce côté, rien n’est prévu dans les documents du Congrès. La direction ne semble pas prête à aborder cette question.

Mais la question se posera, dans tous les cas, car la crise du capitalisme va s’aggraver, malheureusement, et poussera de plus plus de travailleurs à se mobiliser plus fortement. C’est une nécessité !

http://www.marxiste.org/actualite-francaise/luttes-mouvement-syndical/1966-la-cgt-a-la-veille-de-son-51e-congres

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 21:03

 

jeudi 17 mars 2016 par Bernard Giusti Secrétaire Général Adjoint

PROPOSITIONS D’AMENDEMENTS DE LA CGT COCHIN POUR LE 51E CONGRES CONFEDERAL

 

RAPPORT D’ACTIVITE
Préambule
« Les luttes, et notamment les grèves, ont largement été amoindries, voire stérilisées, par la fragmentation permanente des mobilisations. Les « grèves en saut de puce » ne font que démobiliser les travailleurs. Il est de la responsabilité de nos dirigeants, à tous les niveaux, de regrouper les mobilisations (arrêter de mobiliser une Fédération un jour, une autre le lendemain…) et notamment d’avoir recours à la grève générale reconductible pour lutter efficacement contre les assauts du capitalisme. Seule la paralysie du pays fera reculer les patrons et leurs sbires. »

 

II. LES ENJEUX DEMOCRATIQUES
d) La pratique démocratique dans la CGT
« Les luttes sur le terrain sont primordiales. Toute la place doit être laissée aux syndiqués dans les décisions de leur syndicat. Les CE de tous les syndicats sont souveraines et peuvent ou non accepter les propositions de leurs Unions Syndicales, de leur Fédération ou de la Confédération. »

 

LA CGT, UN SYNDICALISME DE RASSEMBLEMENT
b) Le rapport aux autres
« Le syndicalisme rassemblé a largement fait la preuve de son inefficacité et de sa nocivité pour les travailleurs. Le syndicalisme rassemblé en tant que rassemblement à tout prix et avec n’importe qui doit être abandonné.
Le regroupement des organisations de défense des travailleurs doit se faire autour de nos objectifs et de nos valeurs, et impérativement se situer dans un contexte de lutte des classes. L’unité syndicale ne doit en aucun cas entraîner un reniement de nos valeurs fondamentales. »
c) La CGT œuvre au rassemblement en Europe et dans le monde
« La CGT doit sortir de la CES et de la CSI et ré-adhérer à la FSM. La récente trahison de la CES à propos de la Grèce, et surtout des travailleurs grecs, est un des exemples de sa nocivité. La CES s’insère dans une conception réformiste incompatible avec nos valeurs fondamentales de lutte des classes et de changement de régime politique. La FSM, construite en 1945 avec la CGT, a gardé ses positions de lutte des classes. La ré-adhésion à la FSM situerait à nouveau nos luttes sur son véritable terrain, le capitalisme mondial. »

 

LA CGT, UN SYNDICALISME DE SYNDIQUES
d) Vie syndicale
« La réalité de la lutte des classes doit sans cesse être réaffirmée et reste le principe fondamental de l’action syndicale.
L’action syndicale trouve sa concrétisation et son efficacité sur le terrain, et ne saurait se confondre avec une multiplication de réunions ou de groupes de travail de décideurs institutionnels de la CGT. »

http://www.cgtcochin.fr/Amendements-proposes-par-la-CGT.html

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 14:13

« Nous sommes en guerre » affirmait il y a quelques semaines le premier ministre entre deux coups de menton… Il avait raison. Ce gouvernement, directement aux ordres du Medef et de l'UE, livre une guerre sans limite contre tous les acquis que le peuple avait su arracher lors de luttes mémorables et de rapports de force solidement installés, mettant sur la défensive le pouvoir patronal en 1936, en 1944-45 ou encore en 1968.

 

Tandis que les grosses entreprises et les gros actionnaires sont gavés de subventions publiques et autres exonérations, l'agriculture familiale comme l'artisanat sont laminés et les classes populaires condamnées à la dégradation continue de leurs conditions de vie : emploi, salaires, santé, logement, éducation, transports, culture, associatif, tout est passé à la moulinette euro-patronale pour construire une société du profit et de l'opulence d'un côté et pour le plus grand nombre de la précarité, de l'insécurité, de l'isolement, de la misère. Et les travailleurs comme ceux d'Air France ou de Goodyear qui entendent faire respecter leurs droits sont pourchassés, arrêtés et condamnés !

 

Il y a quelques mois, le ministre grec des finances avait vendu la mèche, révélant que derrière la Grèce, c'était directement la France, ses conquêtes sociales et son peuple frondeur qui étaient dans le collimateur de l'UE et des forces capitalistes dominantes, apparaissant comme le dernier verrou au totalitarisme du capital qu'entendent imposer les maîtres de l’Europe. Ce n'était d'ailleurs pas vraiment une révélation...

 

Aujourd'hui, une nouvelle étape est franchie avec la loi El Khomri précédée des lois Macron et du rapport Badinter (le mari de la milliardaire du même nom, celle qui préside le conseil de surveillance de Publicis). C'est tout bonnement le code du travail que le gouvernement entend brûler et avec lui les acquis de décennies de lutte, permettant au patronat d'exploiter ses salariés comme il le faisait au 19ème siècle et comme il continue à le faire en délocalisant. C'est la loi du capitalisme, la loi du marché, de l'Euro et de la « concurrence (soi-disant) libre et non faussée ».

 

Le pouvoir comptait sur le « syndicalisme rassemblé » et la complicité de certaines directions syndicales habituées à la compromission, CFDT en tête, et le très consensuel communiqué intersyndical des confédérations, le 23 février dernier semblait lui donner raison.

 

Mais il risque de tomber sur un os.

 

Cet os, c'est la colère populaire qui depuis quelques mois prend peu à peu la place du découragement. Le ras-le-bol de cette société de plus en plus inhumaine, des mensonges et contre-vérités proférés sans aucune pudeur par des médias complètement contrôlés par les forces de l'argent, de cette justice de classe qui condamne les syndicalistes mais qui annule les procédures contre les puissants, de cette France d'en-haut, des palais dorés et des beaux quartiers qui suinte de son mépris et de sa peur du peuple,... ce ras-le-bol est sensible dans tout le pays.

Il est prêt à se cristalliser à partir de l'attaque en règle que constitue la destruction du code du travail.

 

D'ores et déjà : de nombreuses organisations syndicales de base (jusqu'à des fédérations CGT) réclament la construction sans attendre du « tous ensemble » ; les organisations de jeunesse et d'étudiants semblent vouloir reprendre le chemin gagnant de la lutte contre le CPE en 2006 ; une pétition contre la loi El Khomri a été signée par des centaines de milliers de personnes ; un appel à la grève générale le 9 mars lancé sur internet et ayant lui aussi recueilli des dizaines de milliers de signatures en quelques jours a été repris à son compte par de larges secteurs de la CGT….

Dans le même temps, une grève est prévue le 9 mars à la SNCF et à la RATP, une autre est en préparation dans la FP pour le 22 mars, tandis que les organisations syndicales nationales semblent vouloir opter de manière très floue pour une « journée d'action » le 31 mars. Sans oublier bien sûr les nombreuses initiatives des comités Goodyear un peu partout dans le pays et qui appellent à lier la défense des libertés démocratiques et syndicales à la construction d'un « tous ensemble » si nécessaire.

 

Dans ce contexte de montée des luttes, oui la France des travailleurs, celle qui de la Révolution Française à 1968 ou 1995 en passant par la Commune ou la Résistance fait peur aux puissants, peut mettre un coup d'arrêt à l’offensive de « l'aristocratie des riches » comme l'appelait déjà Robespierre.

 

L'expérience des 20 années de défaites successives doit être un guide pour l'action. Pas question que se répètent les précédents de 2003 ou 2010 où le syndicalisme de sommet avait dès le départ annoncé qu'il ne voulait pas bloquer les profits, où les journées d'actions avaient été espacées et les secteurs en pointe laissés isolés et sans soutien. Les manœuvres de la CFDT ont déjà commencé et le report annoncé du texte doit être l'occasion d'approfondir la mobilisation, pas de laisser le temps au gouvernement et au syndicalisme d'accompagnement de faire diversion.

 

Pour gagner contre les régressions en cours, contre ce pouvoir qui s’assoit sur ses promesses de campagne et la souveraineté populaire et qui envoie nos camarades de la CGT Goodyear en prison, c'est un mouvement tous ensemble en même temps, comme en 1936, que nous devons préparer en faisant converger la colère et les revendications, en associant toute les forces syndicales, associatives, politiques prêtes à se jeter dans la bataille, en s'assurant que la volonté de ceux d'en bas soit suivie par ceux qu'ils ont chargés de les représenter.

 

Face aux immenses périls qui menacent les travailleurs, l'heure des grandes mobilisations a sonné.

Pour le 9 mars et ce printemps 2016, faisons monter ces mots d'ordre : « Tous ensemble » contre la casse du code du travail qui soumettrait totalement les travailleurs au patronat, contre la politique euro-formatée du gouvernement et du Medef, pour les libertés syndicales, pour commencer à avancer à nouveau sur la voie d'une société fraternelle, basée sur les besoins et les aspirations du peuple.

 

A partir du potentiel de résistance encore bien vivace dans le pays comme en 2003, en 2010 ou en 2005 avec le Non populaire à la Constitution européenne, construisons le « tous ensemble » pour gagner et ouvrir enfin des perspectives progressistes !

 

Front Syndical de Classe, 1er Mars 2016

 

 

frontsyndical.classe@laposte.net

 

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 15:10

CES à laquelle appartient la CGT, mais aussi l'ensemble du syndicalisme français dont la CFDT.

Avant le référendum grec, la CGT, mais aussi FO, sud et la FSU avaient appelé à manifester le soutien des travailleurs français à ceux de la Grèce face aux diktats de l'UE capitaliste, le BCE et le FMI qui le sont autant. La CFDT n'avait pas dit un seul mot de solidarité. Elle n'en avait pas eu besoin, puisque la CES, le syndicalisme à l'échelle de l'UE, soutenait le GSEE, le syndicat majoritaire en Grèce.

Et donc dans un communiqué dont sont extraites les premières lignes: "La Confédération européenne des syndicats soutient le GSEE dans son appel d'aujourd'hui pour le retrait du référendum".

Oui, vous avez bien lu, le GSEE ne voulait pas d'un référendum et la CES non plus. Pourquoi:

"La question posée par le référendum est fallacieuse et des choix irréfléchis et diviseurs par des forces extrémistes dans et hors de Grèce mènent notre pays vers des aventures tragiques. Nous exigeons ici et maintenant l'annulation du référendum. En tant qu'organisation syndicale centrale des travailleurs du secteur privé, nous envoyons un message clair dans toutes les directions :

  • l'orientation européenne de notre pays est non-négociable

  • nous disons oui à l'Europe des peuples et à la solidarité !

  • nous disons oui à une monnaie commune et à une Europe fédérale !"

Oui, Sainte Europe sociale, devenez une sainte Europe fédérale! Chacun appréciera.

Ce communiqué du premier syndicat grec, soutenu par la CES au plan européen, est dans la droite ligne de la position du bureau confédéral de la CGT sous Bernard Thibault secrétaire général. Celui-ci, s'étant dit partisan du OUI, réfutait que la CGT donne son oipinon sur le référendum. Finalement, cette position mise en minorité par l'instance dirigeante confédérale, la CGT appela à voter NON.

A cette époque, la doite, le PS et les Verts faisaient compagne pour le OUi, avec le MEDEF et la FNSEA, aidés par la CFDT, la CFTC et l'UNSA. Finalement aussi, le NON l'emporta avec 54,68% des exprimés. Sur quoi l'UE capitalise libre et non faussée s'assoira et poursuivra son petit bonhomme de chemin austéritaire contre la souveraineté de la France et de l'ensemble du vieux continent.

Ceci dit, la CGT et la CFDT vont organiser en commun le congrès de la CES à Paris cete automne. Ladite CES a invité François de l'Elysée. Pour parler de quoi, de la construction d'une Europe fédérale du grand capital?

Ensuite, dans la préparation du congrès de la CGT en 2016, depuis quelle date ma confédération s'est-elle pronocée sur une "Europe fédérale" prônée par la CES.

La question de l'affiliation internationale de la CGT, le bilan de sa présence dans la CES se posent plus que jamais. Cela sera-t-il à l'ordre du jour du 51e congrès confédéral?

La CGT veut-elle demeurer un syndicat de classe, c'est en dire de luttes du monde du travail contre le capitalisme, comme le prévoient ses statuts depuis sa création en 1895? Oui, il y a 120 ans de cela.

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 15:16
Après avoir pris connaissance de l'organisation de la manifestation du 1er mai 2015, nous ne pouvons valider le fait que ce 1er mai sera sous l'égide de la CES, qui regroupe en son sein des syndicats manifestement engagés dans la collaboration avec le patronat et la finance (CFDT, UNSA...).
Que fait par exemple la CES pour aider la Grèce malgré la volonté très majoritaire des travailleurs de ce pays ?
Nous sommes solidaires de tous les travailleurs, notamment européens, mais ne pouvons nous résoudre à défiler sous la bannière d'une structure qui manifestement convient au patronat...
"La régression sociale ne se négocie pas, elle se combat".
La lutte des classes est une réalité permanente : à chacun de choisir le côté de la barricade où il veut combattre. On ne peut être des deux côtés de la barricade en même temps.
 
Fraternellement,
 
Marise Dantin & Bernard Giusti

CGT Cochin

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 13:36

 

La crise que traverse la CGT est inédite.

 

Elle est grave, car elle affecte en profondeur son unité.

 

L'ampleur de l'émotion, de l'inquiétude et de la colère qui émanent des profondeurs de la CGT est également sans précédent.

 

Il est porté atteinte à l'intégrité et au crédit de la CGT auprès de l'opinion et des travailleurs.

 

Ce qui est percuté, c'est non seulement le travail et le dévouement de milliers de militants du présent, mais aussi le legs historique de générations de militants qui ont bâti par leur sacrifice, par leur abnégation et leur désintéressement, le prestige et l'autorité de la CGT.

 

Certes, il y a une offensive relayée par les médias contre la CGT qui s'est déployée au moment d'importantes élections dans la fonction publique. Mais le malaise qui en a résulté ne saurait être ramené à cette opération, parce que la distance entre les bases militantes et la direction, engluée dans les compromis et les compromissions, ne date pas d'hier.

 

Et la question ne saurait être ramenée à un complot extérieur.

 

Que s'est-il donc passé en interne ces derniers jours en relation avec ces événements ?

 

 

L'enchaînement des faits : gagner du temps, contourner les instances

 

L'ampleur de la protestation interne dans la CGT, qui exigeait la réunion d'un CCN extraordinaire dès le mois décembre, avait contraint la CE confédérale du 9 décembre à prendre en compte cette demande et à convoquer un CCN extraordinaire pour le 13 janvier 2015.

 

En même temps, il s'agissait pour les responsables confédéraux de gagner du temps et de prendre le pouls du CCN tout en évitant de le convoquer en urgence. C'est ainsi que fut organisée la réunion du 15 décembre, invitant les mêmes responsables à une réunion informelle sans disposer des pouvoirs et des compétences d'un CCN statutaire… et ne pouvant donc prendre de décision.

 

Au cours de cette réunion informelle du 15/12, de très nombreux militants et responsables d'UD et de fédérations présents se sont prononcés en faveur du départ du secrétaire général et l'organisation d'un congrès extraordinaire afin de faire revenir la CGT à ses fondamentaux.

 

Alors, pour la direction confédérale, il fallait contourner cette volonté et neutraliser cette puissante contestation, reflet des exigences des bases de la CGT!

 

En effet, la réunion de la Commission exécutive nationale (CEN) qui a suivi (mardi 16/12), loin de prendre en compte ces réalités incontournables, se livre avec le secrétaire général à des manœuvres visant à contourner le rôle et les prérogatives du Comité confédéral national (CCN)).

 

Qu'on en juge :

 

L'exigence d'un renouveau fondamental dans la CGT et d'un débat de fond sur les orientations de lutte et stratégiques est renvoyée à un complot extérieur à l'organisation.

 

Des dysfonctionnements sont reconnus mais minimisés.

 

L'ordre du jour, retenu pour le CCN du 13 janvier, est cantonné à la définition de nouvelles règles financières et à l'évolution des responsabilités au sein du Bureau confédéral.

 

Et ce sont les compétences du CCN qui sont mises en cause, puisque la CE « a considéré qu'il fallait laisser du temps au processus de consultation et d'autre part, que des décisions aussi importantes et inédites ne pouvaient se prendre avec les instances de la CGT sous pression externe ».

 

Ainsi, le rôle statutaire comme organe souverain entre deux congrès est directement mis en cause, alors que l'article 28 des statuts précise que le CCN « fixe à la majorité simple en début de chaque session, ses méthodes de travail ».

 

Il y a au contraire urgence :

 

Plus la situation s'éternise et plus cette situation affaiblit la CGT et son influence.

 

Pourtant, les faits et leurs conséquences sont indubitables.

 

Outre l'animation du travail collectif de la direction, le rôle du secrétaire général est d'incarner l'unité de l'organisation, afin qu'elle puisse intervenir dans les entreprises, sur les territoires et sur le terrain de manière efficace et dynamique.

 

Ce rôle est essentiel au moment d'une offensive d'une gravité sans précédent du MEDEF, du gouvernement et de l'Union européenne, soutenue par la CES et le syndicalisme d'accompagnement contre toutes les conquêtes et les droits sociaux.

 

Mais lorsque, comme c'est le cas actuellement, des dizaines de structures de la CGT (dont les plus importantes) et des centaines de militants demandent le départ du secrétaire général, alors cette fonction ne peut plus être assurée sans un changement de responsable.

 

Ce n'est pas une question de personne. Nous ne sommes pas animés de vindicte et nous n'avons que mépris pour une presse avide de révélations croustillantes, complice de toutes les diversions et qui reste silencieuse sur le rôle joué par les « caisses noires » du patronat. !.

 

C'est de l'unité, du crédit et du rôle de la CGT dont il est question et dont nous avons la certitude qu'elle est au plan syndical le seul bouclier qui demeure au service des travailleurs, à condition qu'elle retrouve les principes d'action qui ont permis les grandes victoires populaires dans notre pays.

 

C'est pourquoi la déclaration de Thierry Lepaon, s'exprimant en conclusion de la réunion du 15 décembre des 33 fédérations et des 96 unions départementales selon laquelle " Si ma présence est un frein pour l'organisation, j'en tirerai toutes les conséquences ", doit être prise au mot.

 

Il est encore temps de faire preuve de responsabilité et de permettre à la CGT de tourner la page de cette très mauvaise passe.

 

Mais le temps presse !

 

Il est de la responsabilité du CCN de prendre les décisions qui s'imposent et de ne pas se laisser départir des compétences et du rôle que les statuts lui accordent et qui en particulier stipulent que le CCN est l'instance de « contrôle de l'activité confédérale ».

 

Le corps militant de la CGT est dans l'attente du renouveau indispensable et urgent de l'organisation !

________________________________

 

Roger SILVAIN CGT Renault Billancourt

 

Ludovic BOUVIER Secrétaire de la Région Métallurgie CGT

Nord/Pas de Calais

 

Danielle GAUTIER Conseil national UFR CGT Metallurgie, Collectif femmes Metallurgie, Bureau de l'UL de Riom (63), USTM (63)°

 

 

Gérard BERTRAND Secrétaire du syndicat Retraités Métaux Riom (63)

 

Georges DUCASSE Représentant CGT au CE de l'usine d'alluminium de Pechiney Noguères de 1973 à 1992

 

Vincent DUSE CGT PSA Mulhouse

 

Jean GAGNAIRE Syndicat métaux C.G.T. Riom

 

Yann GAUTIER délégué syndical C.G.T.à Delpharm Bayard 74 (Hte Savoie)

 

Ludovic GOTIAUX Délégué Syndical C.G.T. délégué du Personnel CHSCT à Tabacco Riom

 

Bernard GIUSTI secrétaire général adjoint Syndicat CGT Hôpital Cochin Paris

 

Jo HERNANDEZ ex secrétaire UD CGT du Tarn, ex secrétaire syndicat CGT centrale thermique EDF Albi

 

Michel HUET syndicat métaux C.G.T. Riom

 

Martine LAMONNIER Conseil National de l’ UFR C.G.T. Métallurgie, USR (91)

 

Claude MALTER délégué CGT Veolia Walter information Systems animateur du site www. Les-eaux-troubles.net

 

Claudine MOREL Conseil National de l’UFR C.G.T. Métallurgie, Collectif femmes

 

Bernard Parquet CGT EDF Val de Marne

 

Alain RODRIGUEZ Syndicat CGT des retraités cheminots de Clermont-Ferrand

 

Gilbert RODRIGUEZ CGT Nanterre

 

Eliane TRAINI Conseil National UFR C.G.T., métallurgie. Collectif femmes C.G.T.Métallurgie

 

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 13:33

DÉCLARATION DE MILITANTS SYNDICAUX F.S.U. – 19 décembre 2014 LA F.S.U. ET SES SYNDICATS DOIVENT CHANGER DE CAP !

Publié le 20 décembre 2014 par FSC

DÉCLARATION DE MILITANTS SYNDICAUX F.S.U. – 19 décembre 2014

LA F.S.U. ET SES SYNDICATS DOIVENT CHANGER DE CAP !

 

LES RÉSULTATS DES ÉLECTIONS PROFESSIONNELLES SUFFIRONT-ILS POUR RAMENER LES DIRIGEANTS DE LA F.S.U. AU PRINCIPE DE RÉALITÉ ?

Car les chiffres sont sans appel : dans tous les collèges électoraux ou presque, la F.S.U. et ses syndicats régressent, parfois de manière spectaculaire – notamment dans les corps des certifiés et des agrégés, bastions traditionnels du S.N.E.S..

A l’inverse, les syndicats d’accompagnement des contre-réformes, S.G.E.N.- C.F.D.T. et U.N.S.A., sont stables ou progressent légèrement, portés par la campagne insidieuse en leur faveur de certains chefs d’établissement : il ne sert à rien à la F.S.U. d’accompagner de manière critique les contre-réformes Peillon-Fioraso, ceux des enseignants qui « marchent » à fond dans le démontage libéral-maastrichtien de l’école préfèreront toujours le modèle (contre-) réformiste à la copie édulcorée et « critique » fournie par la F.S.U. Par ailleurs, F.O. progresse fortement, ainsi que le S.N.A.L.C. qui capitalise sur des bases conservatrices la résistance croissante de bien des enseignants au démontage des disciplines et au discours pseudo-pédagogique qui cible en permanence les savoirs, les disciplines scolaires et le rôle propre des professeurs (plus de notes, plus de disciplines, plus de sanctions, plus de redoublements – et aucun dispositif de soutien aux élèves en difficulté pour les remplacer… - culpabilisation totale et permanente de l’enseignant et du fonctionnaire…).

Dirigeants de la F.S.U., du S.N.U.I.P.P. et du S.N.E.S., qu’avez-vous fait du grand espoir né en 1995 lors des grandes luttes de décembre contre le démontage euro-libéral de la République, alors qu’enfin le SNES et la toute nouvelle Fédération unitaire émergeaient de la F.E.N. et de sa collaboration insidieuse à la casse de l’école ? Avant tout soucieux d’affilier la F.S.U. à la très maastrichtienne Confédération Européenne des Syndicats, de donner des gages à l’idéologie bobo et à la sacro-sainte « construction européenne », désireux de rompre au plus vite – comme la direction actuelle de la C.G.T. – avec la culture syndicale « lutte de classe » et clairement républicaine d’U. et A. (défense de l’Education nationale, des statuts et des concours nationaux, d’une laïcité dynamique et critique à l’opposé des consensus conformistes en vigueur, des disciplines universitaires nettement identifiées, tout cela dans la perspective d’une E.N. démocratique et de qualité), l’actuelle direction d’U.A. et de la F.S.U. a ringardisé toute référence claire à la lutte anticapitaliste, à l’exigence d’une transformation sociale forte, à la résistance à cette U.E. néolibérale et atlantiste qui n’apporte qu’austérité salariale sans fin, démontage du service public « à la française », casse des retraites et de la Sécu, destruction du « produire en France » (et à travers lui, de la classe ouvrière « rouge », la vieille alliée des enseignants !) et des grands acquis de la Révolution française, des lois laïques de 1905, du Front populaire et du C.N.R. qu’il est presque devenu impossible d’alléguer sans se faire traiter de « nationaliste » !

Le résultat est que les personnels de l’E.N., la jeunesse scolarisée et à travers eux, le monde du travail (les conventions collectives sont calées sur les qualifications nationales certifiées par l’E.N. et par l’Université à travers cette clé de voûte du système social français que reste le baccalauréat national), sont gravement fragilisés à l’heure où le M.E.D.E.F., l’U.E. d’A. Merkel et les gouvernements successifs P.S. et U.M.P. à leur dévotion s’attaquent à toutes les conquêtes du peuple français, et notamment à l’école publique, en vue de lui substituer le « grand marché éducatif » programmé par les accords européens et transatlantiques.

Le résultat, c’est aussi que le F.N. et l’U.M.P. ont les mains libres pour usurper et dévoyer dans un sens xénophobe la République indivisible, la laïcité républicaine et la souveraineté de la nation. Il est temps que les syndiqués demandent des comptes à cette direction nationale à la dérive et qu’ils construisent par eux-mêmes, en se fédérant à partir des établissement, les bases d’un ressourcement d’U. et A. et des syndicats de la F.S.U.. Non, les notions d’indépendance nationale, de République laïque, une et indivisible clairement opposée à la contre-réforme territoriale (métropoles, euro-régions parfois« transfrontalières »…)

Oui, il faut revenir à la défense intransigeante des statuts, des disciplines scolaires saccagées, de la mission d’instruire et d’éduquer, du respect élémentaire dû aux personnels de l’E.N. par les décideurs économiques et politiques.

Oui, il faut cesser d’opposer les évolutions pédagogiques portées par les enseignants eux-mêmes à la défense des acquis du corps enseignant, de leur salaire, de leur retraite, de leur protection sociale, de leur défense face aux incivilités et aux violences, en un mot de leur dignité professionnelle et civique.

Oui il faut s’opposer de front à ce gouvernement de droite entièrement acquis au M.E.D.E.F., à l’U.E. et à l’O.T.A.N., qui multiplie les guerres néocoloniales et qui serre les cordons de l’austérité en ouvrant un boulevard à la pire réaction.

Faudra-t-il pour cela créer un nouveau courant intitulé « Action et Unité » ? Le débat est ouvert mais il est devenu insupportable pour les militants de terrain de se voir brocarder par certains responsables qui n'acceptent pas la moindre critique de la ligne nationale quelle qu'en soit la thématique. En tout cas, ne nous laissons pas dérober l’outil F.S.U. construit par des générations de syndicalistes de lutte.

***************************************************************

Vincent Flament, Georges Gastaud, Lucas Gastaud, Fadi Kassem, Laurent Nardi, Jany Sanfelieu, Jean-Pierre Sienkiewicz, Karine Van Wynendaele (SNES-FSU)

Annie Lacroix-Riz, Denis Lemercier (SNESUP-FSU)

Patrice Leguérinais (SNUIPP-FSU)

Marion Gandiglio (non syndiquée, ex-SNES- FSU)

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 13:32

Note de la FTM CGT

Aux syndicats CGT de la métallurgie

suite à la réunion du Comité Exécutif Fédéral

du 18 décembre 2014


La commission exécutive fédérale a tenu sa réunion mensuelle ce jeudi 18 décembre.

Parmi les points fixés à l'ordre du jour : la situation en interne que traverse notre

organisation syndicale CGT.

A partir de la note adressée aux organisations de la CGT (que le CEF partage) suite à la

réunion de la commission exécutive Confédérale du mardi 16 décembre et des

éléments de réflexion apportés par Philippe MARTINEZ dans son rapport

d'introduction, une majorité de camarades du CEF présents à la réunion ont pu

exprimer leur ressenti et donner leur point de vue sur la situation.

La qualité d'écoute et le respect du débat y compris contradictoire auront permis à la

direction fédérale de se forger une opinion sur la position qui pourrait être la sienne

au Comité Confédéral National extraordinaire du 13 janvier prochain.

Plusieurs éléments ont été pointés par la Commission Exécutive Fédérale.

Elle considère essentiel le besoin d'instaurer des règles de vie collective et des

procédures financières au sein de la maison confédérale afin d'éviter un certain

nombre de dérives.

Les faits révélés autour de la rénovation de l’appartement et du bureau, mais pire

encore sur les indemnités de départ on choqué les militants et les syndiqués parce

qu’ils sont en total décalage avec les valeurs que nous portons au quotidien.

La CE Fédérale considèrent que le secrétaire général de la CGT a perdu toute

crédibilité en interne comme en externe de la CGT et que la seule option y compris

d'un point de vue humain est de démissionner de son poste de secrétaire général. Pour

autant, elle dénonce la campagne médiatique dont il fait l’objet laissant supposer des

malversations ou des irrégularités pénalement coupables comme le font des politiques

ou des patrons. Elle condamne fermement celui ou ceux qui, en interne, ont favorisé

cette campagne anti CGT. Ces pratiques sont également contraires à nos valeurs et

notre conception du débat démocratique au sein de la CGT.

Elle considère que les membres du bureau confédéral ont une part de responsabilité

importante dans la situation que vit la CGT, qu'ils n'ont pas rempli leur rôle de

responsables politiques au sein du bureau par manque d’animation collective et par

conséquent la question de leur démission devait être également posée.

Elle met un accent particulier sur ce qu'elle considère comme l'une des premières

priorités, le besoin de remettre très rapidement en route notre démarche revendicative

à partir des décisions et des orientations du 50e congrès confédéral et de retisser des

liens avec les syndicats et l’ensemble des organisations.

Définir une stratégie et une orientation politique claire comprises des militants, des

syndiqués, premières victimes de cette situation.

Elle pointe le rôle exemplaire des militants sur le terrain qui, par leur engagement, ont

permis à la CGT d'obtenir malgré le matraquage médiatique des victoires

revendicatives importantes.

Elle considère enfin qu'il faudra arriver devant le CCN extraordinaire du 13 janvier sur

la base d’une position claire de la CE confédérale et l'élaboration d'une feuille de route

pour la préparation du prochain congrès confédéral en 2016.

Avoir une réflexion sur l’évolution du bureau confédéral (secrétaire général et

administrateur compris) autour de quelle animation, quelle équipe et quel

fonctionnement de la maison confédérale et donc décider du dispositif à mettre en

place d'ici le prochain congrès.

Pour cela, le CEF a pris la décision d'organiser une réunion téléphonée avec les

membres de la direction fédérale entre le 6 janvier, jour de la CEC, et le 13 janvier,

jour du CCN extraordinaire, pour faire le point et pour arrêter une position fédérale

qui sera portée par le ou la camarade qui représentera la fédération le 13 janvier

prochain au CCN.

Montreuil, le 19 décembre 2014

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