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Quelques conférences

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L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 08:11

 Les choses ont mal commencé, en réduisant le temps d’intervention des délégués de 4 minutes à 2 minutes, cela a conduit le meneur de jeu et les organisateurs à couper fréquemment la parole aux intervenants, provoquant ainsi des tensions au fur et à mesure du déroulement des débats.

Par exemple, Henri retraité Energie de Midi Pyrénées qui intervient sur la mise à mal de l’outil industriel chez EGF et GDF sous la direction de Proglio et qui a alerté et la direction confédérale et les dirigeants de la fédération de l’énergie s’est vu répondre que le rapport des forces n’était pas favorable et que donc on ne faisait rien s’indignant « C’est grave, c’est la première fois que j’entends cela » et souhaitant poursuivre son argumentation s’est vu couper le micro !

 

Le débat sur le document d’orientation commencé la veille s’est poursuivi toute la journée.

La discussion va se cristalliser sur le syndicalisme rassemblé, c’est-à-dire l’alliance privilégiée avec la CFDT, le positionnement par rapport au gouvernement socialiste,  l’appréciation de l’acte III de la régionalisation, le financement de la protection sociale.

De même que l’exigence des nationalisations s’est également fortement manifesté comme réponse stratégique aux licenciements massifs, aux délocalisations …

 

Sur le syndicalisme rassemblé plusieurs délégués vont demander qu’un vote séparé du vote global sur différentes parties du document d’orientation ait lieu.

Ce qui sera refusé par la commission qui organise les débats. L’amendement proposait de remplacer l’expression « syndicalisme rassemblé » par « unité syndicale sur des revendications claires et précises ».

 

On retiendra que d’une manière générale la plupart des intervenant demandent un durcissement des positions initiales contenues dans le document d’orientation proposé, par exemple le retrait de la loi sur la flexibilité du travail, l’abrogation de la loi Bachelot dite HPST sur l’hôpital public ou le retrait du projet de loi sur la décentralisation.

On retiendra donc que la commission qui ordonne les débats tout en refusant de prendre en compte certains amendements refuse aussi tout vote particulier pourtant soutenu  par de nombreux intervenants.

Les commissions du congrès fonctionnent comme un filtre qui accepte ou refuse des amendements des syndicats sans que les congressistes puissent trancher en dernière instance. Ce qui dans les faits revient à contester la souveraineté du congrès et des congressistes. Si bien qu’un des intervenants (François du 93) en colère a pu dire « La commission est une commission du congrès et le congrès n’est pas un congrès des commissions ! » exigeant l’exercice du vote séparé sur l’acte III de la décentralisation.

Rien n’y fera !

Ces pratiques renforcent notre sentiment déjà exprimé d’un notable décalage entre la direction et ce qui monte de la base de l’organisation mais qui est contenu par des mécanismes de contrôle et des manœuvres d’appareil.

 

L’attachement des militants à la CGT est très fort.

Le sentiment juste, vérifié en bas dans les luttes et les rapports avec les autres organisations syndicales que seule la CGT compte-tenu de son histoire, de sa culture et de ses traditions est le seul recours syndical sur lesquels les travailleurs peuvent compter, imprègne nombre d’expressions et de propositions.

Cette aspiration continue de se heurter aux choix opérés il y a une quinzaine d’années rendus compatibles avec l’intégration dans la CES et la poursuite de l’illusion d’une Europe sociale, la mise en œuvre d’un syndicalisme d’accompagnement sous couleur de conjuguer la protestation et les « propositions constructives  ».

 

Nul doute que la confrontation au sein de la cgt,  qui n’est pas nouvelle, et qui a dès le 19e siècle partagé le mouvement ouvrier entre réformisme et courant révolutionnaire se donnant pour objectif à partir de la défense des revendications immédiates des travailleurs le changement de la société et la fin de l’exploitation capitaliste va se poursuivre.

 

Nul doute que la référence à un syndicalisme de classes sans compromission, sans illusion sur le « dialogue social » est majoritaire dans la cgt mais ne trouve pas encore sa traduction dans toutes les orientations de l’organisation et dans ses directions.

 

La tâche des années qui viennent sans nul doute !


Paroles de congressistes 

 

« les orientations proposées s’apparentent davantage à un syndicalisme d’accompagnement »

« ce qu’il faut c’est une mobilisation pour le retrait pur et simple de l’accord scélérat » [il s’agit de l’accord sur la fléxibilité du travail]

« aujourd’hui la cgt doit radicaliser sa position, seul le rapport de force peut changer la société »

Parlant  des attaques actuelles contre les acquis des travailleurs

« Face à un char d’assaut on ne brandit pas un opinel ! »

« La recherche de l’unité fait partie de nos gènes ; mais quelle unité : unité d’appareils et d’apparence » et « changer la société c’est aussi dans nos gènes »

Le même camarade dénonçant l’échec flagrant de la CES à coordonner les luttes en Europe et préconisant de se rapprocher de la FSM

« Le texte devrait condamner plus fermement les rapaces du MEDEF et les rénégats de la CFDT »

 

« Il y a une volonté du gouvernement d’associer les organisations syndicales aux reculs sociaux et l’indépendance syndicale est donc nécessaire »

« notre amendement sur l’Europe a été vidé de son sens : Nous avons parlé de l’Europe dans son ensemble et pas du seul TSCG … l’Europe est un instrument qui dépossède les peuples de leurs droits essentiels et c’est l’UE qui impose un carcan aux peuples ! »

 

« le drapeau brûlé de la CFDT illustre le ras-le-bol des camarades »

« Qu’il est loin le discours du Bourget ! » et « si l’avenir n’est pas rose peignons le en rouge ! »

« sur une posture d’opposition on cristallise et on exclue »

« la défense du code du travail et des conventions collectives doit être au centre des revendications de la cgt »

 

« Le maintien de la santé c’est le capital de ceux qui n’en ont pas ! »

« l’abrogation de la loi dite HPST [loi Bachelot] doit figurer dans l’appel du congrès ! »

« Le gouvernement est manipulé par le MEDEF, que reste-t-il aux salariés si ce n’est la cgt ? »

« dans les hôpitaux 40.000 emplois sont menacés ; c’est pernicieux mais c’est 1à fois plus que chez Goodyear « 

« Il faut supprimer la CSG qui est un transfert du financement de la protection sociale sur les seuls salariés »

 

 

                                                           Le Front Syndical de Classe

                                                           21 mars 2013

 

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 08:09

Interventions sur le rapport d’activité et début de la discussion sur le rapport d’orientation.

Donnons la parole aux intervenants qui donnent le ton des débats:

  

Isabelle du secteur santé « le congrès CGT doit engager un combat franc et résolu contre le gouvernement et la CGT doit quitter le COR »

 

Un camarade des ports et docks de Bordeaux  « Revenir aux fondamentaux de lutte de classes et en finir avec le syndicalisme rassemblé qui nous a coûté cher » et « la CGT doit changer d’orientation »

 

Ludovic  métallurgie du Nord Pas de Calais « les retraites en 2010 c’était l’occasion d’aller plus loin, encore aurait-il fallu le vouloir » et rappel de la déclaration de B. Thibault selon lequel la cgt n’avait pas vocation de bloquer le pays et « une autre orientation et une autre stratégie de lutte sont nécessaires » et « nous devonsréffirmer le Tous ensemble et notre identité de classe »

 

Karine « pas d’autre alternative que le retour au syndicalisme de classe … nous sommes en guerre, c’est eux ou nous ! »

 

Sébastien cheminot d’Epernay sur la lutte des retraites en 2010, « si la confédération avait voulu éteindre le mouvement elle ne s’y serait pas pris autrement » et sur l’unité syndicale parlant de la CFDT « avec eux la question ce n’est pas de savoir s’ils vont rompre l’unité, mais quand ils vont le faire » et « brûler un drapeau c’est moins grave que de brûler le code du travail ! »

 

Camarade de la santé des Vosges répondant à ceux qui valorisent les propositions à la contestation «  pour avancer il ne faut pas reculer »

Etienne de la FAPT Loire et Cher et Eure et Loire « l’unité ne se décrète pas au sommet » et « rassembler passe par des revendications claires, ce qui n’est pas le cas actuellement »i

 

Benjamin Education du 94 « Il ne s’agit pas d’avoir raison tout seul, mais il s’agit de proposer une unité syndicale, un syndicalisme offensif et non pas rassemblé »

 

Alain de l’INRA «  nous ne pouvons en rester à des formulations ambiguës sur le gouvernement »

 

On le voit, la grande majorité des interventions a été de tonalité très combative et critique à l’égard de la stratégie de la direction confédérale en particulier concernant le "syndicalisme rassemblé ».

Les débats du congrès reflètent bien ce qui se passe en profondeur dans la CGT : la volonté de résistance et de confrontation directe avec le gouvernement et le MEDEF bien loin du "dialogue social" entre sages "partenaires sociaux" aboutissant à des reculs sociaux et d’un syndicalisme de sommet pour ne pas dire de salon!

 

Comment donc dans ces conditions peut-on aboutir à un vote d’approbation massive d’une stratégie aussi décriée puisque le vote du rapport d’activité (par mandats des délégations) donne 87,5% de pour, 12,5% de contre et 7% d’abstentions) ?

 

Ce décalage incontestable pose la question des procédures qui structurent l’expression des syndiqués et des militants et en particulier l’organisation du vote des délégations par mandats.

Une interrogation qui concerne tous les militants et adhérents.

 

Le débat sur le document d’orientation a commencé et nous y reviendrons dans nos appréciations ultérieures.

                                                           Le Front Syndical de Classe

                                                           Mardi 19 mars 2013

 

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 08:08

 Les UNIONS LOCALES ET DES SYNDICATS CGT DE :

Auchel-Béthune-Bruay-Isbergues-Lillers.

Le 19 mars 2013


Adresse à la Confédération, aux Fédérations, aux UD, aux ULs, aux US.


Réunies le 19 mars 2013 à Béthune, nos Unions Locales, et syndicats, s’adressent à l’ensemble des structures de la CGT concernant le projet de Loi, dites « Loi Sapin de sécurisation des emplois » qui fait suite à l’ANI du 11 janvier 2013, pour laquelle les premiers débats à l’Assemblée Nationale débuteront le 2 avril prochain.

Nous avons interpellé les trois députés des circonscriptions du territoire de nos ULs, afin qu’ils se prêtent à un débat de fond et public sur ce projet, ainsi que pour connaître leur position lors du ou des votes, nous n’avons pas eu de réponse.

Le Camarade Thierry LEPAON, lors de son discours du 18 mars, journée d’ouverture du 50ème Congrès de notre Confédération CGT a émis l’idée d’une nouvelle journée de mobilisation entre le 2 et le 5 avril prochain, et nous sommes complétement en accord avec cette proposition. Les travailleurs doivent faire plier ce gouvernement.

En 2010, lors de la bataille pour les retraites, nous avons milité, manifesté, fait des actions visibles sans relâche du mois de février au mois de novembre (parfois 3 manif ’actions par jour et de nuit). Cela avait permis d’augmenter notre nombre de syndiqués mais aussi la confiance en la CGT puisque sur notre territoire dont le centre politique et administratif est la Sous-Préfecture de Béthune, lors des élections TPE, la CGT a obtenu 44% des voix.

Aujourd’hui, le nouveau gouvernement semble décidé à faire voter cette nouvelle Loi de recul social dans les délais les plus brefs pour qu’elle soit appliquée rapidement.

En 2012, la CGT a pris ses responsabilités voire même des risques en étant la seule Confédération à oser appeler à battre le président en place, c’est-à-dire à voter pour le président actuel. Pourtant celui-ci et ses ministres, préfère à notre CGT, l’avis et la signature de ceux qui ne se sont pas mouillés dans un appel clair à battre Sarkozy, et qui n’ont jamais mouillé la chemise pour mettre dehors cette droite décomplexée qui nous a attaquée pendant 5 années de galère, malgré le syndicalisme « rassemblé » (?)… une erreur !

Ainsi, nous interprétons avec cette posture méprisante, que le gouvernement actuel a choisi son côté, celui des patrons qui depuis des années attendaient cette Loi qui va à l’encontre de nombreuses et historiques conquêtes sociales et de droits pour les travailleurs, et alors que nous, la CGT et les travailleurs, demandons depuis des années, une Loi contre l’interdiction des licenciements et de nouveaux droits pour intervenir en amont.

Les délais imposés par le gouvernement ne nous laissent pas beaucoup de choix dans la construction des actions. Nous n’avons pas le temps de faire grandir la mobilisation à partir de nos territoires afin de l’élargir.

Notre proposition est donc que la CGT appelle le jour décidé, à un déploiement de l’ensemble de ses forces militantes, de ses sympathisants et des salariés… à Paris, et l’occupation jour et nuit des abords de l’Assemblée Nationale, le haut lieu de décision politique, jusqu’au retrait de ce projet.

Face au mépris, répondons par notre présence en nombre, unie et déterminée face au Palais Bourbon, pour dire STOP, ça suffit du recul social et des cadeaux au patronat.

Contre ceux qui veulent nous trahir, faisons du Pont de la Concorde, notre Place Tahir.

La CGT ne peut plus admettre d’être considérée comme un syndicat minoritaire alors qu’il est majoritaire avec nos partenaires de luttes de FO-SUD et FSU.

Bien sûr que nous voulons l’unité la plus large pour gagner sur les revendications et obtenir de nouveaux droits, mais nous refusons d’être trahis et d’être vendus au moins-distant avec un Loi rétrograde qui ne concernera jamais, ô non jamais, celles et ceux qui l’auront signée ou qu’ils l’auront votée pour satisfaire une minorité qui nous opprime.

Nous espérons être entendus par le Congrès et les Congressistes, mais aussi par toutes les structures de la CGT du bas en haut. Toutefois et quoi qu’il en soit, nous serons prendre nos responsabilités, car il en va des conditions de vie et de travail de dizaines de millions de salariés livrés en pâture au patronat.

Ceux qui ont signé, ceux qui vont voter, nous prennent pour des ânes, alors nous serons têtus et nous ne lâcherons rien comme il est indiqué sur notre banderole commune depuis 2010.

Unité OUI, compromission NON : Résistance offensive déterminée !

Recevez nos salutations les plus fraternelles mais aussi les plus déterminées.

 

 

http://bellaciao.org/fr/spip.php?page=article_txt&id_article=134149

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 14:10

On retiendra à gros traits, de cette première séance et du long discours d’ouverture à la discussion de Thierry Lepaon la réaffirmation de l’orientation déjà exprimée dans les médias :

 

-                          constat de la dégradation de la situation des salariés et des graves attaques contre la condition et les droits et protections des salariés, des chômeurs et des retraités

 

-                          appréciation de l’action gouvernementale comme positive dans un premier temps puis soumise à l’obsession de baisser le coût du travail et de flexibiliser le marché du travail en appelant le gouvernement à être à l’écoute des salariés

 

 

-                          afin de sortir de la spirale de l’austérité, de la désindustrialisation .. ; les salariés doivent disposer de nouveaux droits, du veto suspensif dans les entreprises et avoir les mêmes droits que les dirigeants de faire des propositions, comme les banques doivent se détourner de la spéculation [commentaire : on se demande par quel miracle en dehors de l’intervention massive et déterminée des travailleurs et en dehors de l’objectif de la nationalisation des secteurs clés de l’économie, de la réappropriation sociale des secteurs stratégiques, des banques et du pouvoir d’investissementt]

 

-                          réaffirmation de l’orientation du syndicalisme rassemblé en reconnaissant que la question fait débat dans la CGT et en affirmant qu’ « il n’ y a pas de divorce avec la CFDT comme il n’ y a pas de mariage avec FO »

 

 

Nous retenons un point important qui va d’ailleurs tout à fait vers ce que nous avons de notre coté proposé depuis plusieurs semaines : dans le prolongement de l’action du 5 mars contre l’accord scélérat (ANI) Thierry Leapon a proposé au congrès

 

une journée nationale d’action dans le cadre de la semaine du 2 au 6 avril avec rassemblement devant le parlement,

 

le débat parlementaire de transposition de l’accord dans la loi devant commencer le 2 avril.

 

Notes d’observation :

 

-  a l’énoncé des délégations invitées le PS et la CFDT ont été copieusement huées par une bonne partie de la salle

 

-        l’adoption de la composition de plusieurs commissions ne s’est pas fait tout à fait comme escompté par l’ordonnateur de la séance (Frédéric Imbrecht) puisque de la salle sont venues plusieurs propositions de participation, par exemple la commission d’orientation passant de 30 à 38 membres sans doute expression de la volonté au moins d’une partie du congrès de ne pas se satisfaire des documents pré-digérés de la direction sortante.

 

Le Front Syndical de Classe

18 mars 2013

 

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 11:59

Le 50e Congrès de la CGT va se tenir au mois de mars 2013. Les médias se penchent d’ores et déjà sur la succession annoncée de Bernard Thibault à la tête du plus important des syndicats français, en réduisant cette succession à un problème de personnes : qui donc va prendre la place convoitée de Secrétaire Général de la Confédération ? Or tous les travailleurs savent que là n’est pas la question. La question essentielle, la question de fond est de savoir quelle sera la position politique de la CGT au cours des années à venir, et au-delà quel est l’avenir même de la CGT. Ce sera là le véritable enjeu de ce 50e Congrès.

 

La CGT est non seulement le plus vieux syndicat de France, elle est aussi le plus représentatif. C’est une « vieille dame » vigoureuse et bien vivante.  Sa vigueur tient notamment à ce que, contrairement à d’autres syndicats exclusivement organisés en sections (dans lesquelles les ordres viennent d’en haut), la plupart des syndicats CGT locaux sont autonomes. Aussi différents courants peuvent-ils s’y exprimer librement, ce qui maintient une dynamique permanente au sein de la CGT. Pour que cela fonctionne, le respect de la démocratie syndicale, à tous les niveaux, doit être impératif. Pour la CGT, la démocratie syndicale est vitale et incontournable.

 

Or défendre la démocratie à la CGT passe d’abord par le respect du processus décisionnel remontant de la base. Mais beaucoup d’erreurs et de dérives restent à corriger dans l’ensemble de la CGT, et trop souvent  nos camarades responsables, au sein des unions syndicales par exemple, ont inversé ce flux de décisions. Là où cela s’est produit, un petit groupe de deux ou trois personnes a imposé ses volontés à nos organes démocratiques, telles les Commissions Exécutives par exemple, qui ne sont plus alors que des chambres d’enregistrement. Pour ce qui concerne la CGT Cochin nous y avons mis bon ordre depuis 2008 avec l’élection de Marise Dantin et toutes les décisions sont prises en commun et à la majorité, après débat.

Les dérives se sont accentuées à la suite du 49e Congrès, lors duquel des orientations (que pour ma part je juge néfastes pour la CGT) ont été prises. Quoi qu’il en soit, ce Congrès a amené une partie de nos camarades dirigeants à vouloir se rapprocher de la CFDT et donc à s’aligner sur le syndicalisme d’accompagnement de type anglo-saxon, malgré le rejet d’une majorité de nos camarades. On a vu ce que cela a donné lors des grands mouvements de ces dernières années… Les travailleurs en ont fait les frais.

 

L’abandon par la CGT de la référence à la lutte des classes a aussi été une erreur majeure. Se priver de ce concept, cela revient à vouloir courir un marathon en se liant les deux pieds. Ainsi que le déclarait Henri Krasucki dans la citation qui se trouve toujours en couverture de l’Anti-Casse, citation en exergue du  site du Front Syndical de Classe : « Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l'unité, son motif le plus puissant. C'est pour la mener avec succès en rassemblant l'ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n'est pas une invention, c'est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu'elle cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l'exploitation et à l'écrasement. » 

Qu’on ne s’y trompe pas : l’affaiblissement idéologique qui s’ensuit avec cet abandon de la référence à la lutte des classes entraîne l’affaiblissement de l’ensemble de la structure. Au sein de la CGT, l’une de ses conséquences est de rendre possibles  les « dérives anti-démocratiques » dont je parle plus haut. Que penser par exemple de l’élection annoncée de Thierry Le Paon à la tête de la CGT ? Que la Commission Exécutive Nationale de la CGT propose un candidat, cela est normal. Cependant, qu’il soit présenté comme élu avant même le vote du Congrès suscite des interrogations légitimes...

Mais une fois encore, l’essentiel est de savoir quelle sera la direction politique prise par notre syndicat dans les années à venir. La CGT va-t-elle persister dans la voie syndicale d’accompagnement du capitalisme ? Certains camarades continueront-ils à croire en un « capitalisme à visage humain », à croire que l’on peut changer la nature même du capitalisme ? Le système libéral, c’est-à-dire capitaliste, n’a qu’un seul objectif permanent : faire travailler les travailleurs pour les salaires les plus bas possibles afin d’augmenter au maximum les profits pour quelques-uns. Et nul besoin d’être fin analyste pour voir que ce processus d’exploitation maximale, la lutte des classes, est plus que jamais d’actualité !

Aucune collaboration n’y changera rien et ne déviera le processus capitaliste de ses objectifs.

Deux courants principaux vont donc s’exprimer lors du 50e Congrès, deux courants qui ont toujours traversé la CGT : le courant réformiste (collaborateur de classes), et le courant dit révolutionnaire (tenant de la lutte des classes).

Le courant réformiste a largement démontré son incapacité à défendre efficacement les intérêts des travailleurs. Poursuivre dans cette voie, c’est livrer les travailleurs « pieds et poings liés  » à ceux qui les exploitent.

Heureusement, les camarades s’expriment aujourd’hui dans tous les medias pour réaffirmer leur attachement à la notion de lutte des classes, permettant ainsi à la CGT de se réapproprier officiellement  ce combat !

Pour la CGT Cochin, la seule voie juste et efficace est celle de la lutte des classes. C’est le refus de toute collaboration de classes. C’est la perspective d’un changement de système social, économique et politique. Et cela suppose de rassembler toutes les forces disponibles afin d’établir des rapports de force favorables. Localement, la CGT Cochin a établi ce rapport de force. Mais qu’en sera-t-il de la CGT en général si elle décide de s’affaiblir en collaborant, comme le font d’autres syndicats moins représentatifs ?

A l’heure actuelle (et pour de nombreuses années à venir !) la CGT reste la mieux armée et la mieux placée pour défendre les intérêts des travailleurs face aux appétits des patrons et de la finance. A nous de faire en sorte qu’elle le reste.

 

Bernard Giusti

Secrétaire Général Adjoint CGT Cochin

 

[éditorial de L'Anti-Casse n°2, le journal de la CGT Cochin - mars 2013

Envoi sur simple demande (n'oubliez pas vos coordonnées postales) à :

cgtcochin@yahoo.fr ]

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 11:51

 

Dans nombre d’assemblées de syndiqués, dans la tribune ouverte sur le site même de la confédération, dans nombre de structures : syndicats, UL, UD, fédérations, USR … des questions essentielles sont soulevées concernant le bilan de la CGT de ces 15 dernières années et de sa stratégie de "syndicalisme rassemblé ".

 

Cette stratégie privilégiant l’alliance avec les dirigeants de la CFDT, son ralliement de fait aux orientations de la CES et au syndicalisme de proposition et de "dialogue social" ;

Dit plus crûment c’est une stratégie de collaboration de classes dont il s’agit !

 

Que répond la direction actuelle face à ces interrogations et ces critiques ?

RIEN !

Que prévoit-elle de répondre au 50e congrès à Toulouse ?

ET bien RIEN !

 

Rien en effet si l’on s’en tient par exemple aux allégations de Thierry Lepaon, dans l’Humanité du 28 février dernier, assurant que son élection "va se passer tranquillement" et s’inscrire dans la "continuité" des orientations de la CGT.

 

Première remarque : ce type de réponse anticipe d’abord sur les travaux d’un congrès qui après tout est totalement souverain et pourrait réserver des surprises !

Deuxième remarque : l’attitude adoptée par la direction sortante consiste à ignorer et contourner les interrogations des militants et des organisations, des nombreuses assemblées de cheminots, d’EDF et autres …

 

Comme s’il n’y avait pas de problème à propos de l’orientation suivie par la CGT ces dernières années et qu’il suffisait donc de poursuivre dans cette voie SANS MEME ABORDER CE DEBAT !

Considérant donc que la question ne se pose pas !

 

Ce positionnement est intenable et bafoue la démocratie syndicale.

Il est donc de la responsabilité des militants et des structures de base de la CGT que ce débat ait bel et bien lieu à ce 50e congrès !

 

Il y va de l’avenir de la CGT et de la capacité de résistance et de contre-offensive des travailleurs à l’agression massive dont ils sont victimes !

 

Le Front Syndical de Classe, 5 mars 2013

 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 12:56

Une évidence s’affirme de plus en plus clairement : l’accord signé le 11 janvier dernier est un accord scélérat et minoritaire !

 

Il s’agit d’une nouvelle déclaration de guerre contre le monde du travail et comme l’indique le syndicat de la magistrature, c’est un nouveau modèle au service de la sécurisation du licenciement pour le patronat, le mettant à l’abri de tout recours juridique des salariés et des organisations syndicales.

 

Avec une loi appliquant cet accord, la lutte exemplaire des Goodyear d’Amiens faisant condamner 5 plans sociaux n’aurait pu empêcher la fermeture de l’entreprise durant 5 années.

 

Et c’est précisément cela que patronat et gouvernement socialiste veulent contourner ! Car c’est de cela que les patrons veulent être débarrassés : ils veulent avoir totalement les mains libres pour délocaliser, licencier, restructurer sans être entravés par la loi ou le code du travail !

 

Ce 5 mars organisé en commun par la CGT et FO non signataires de l’accord (soutenus par la FSU et solidaires) est un premier pas dans la résistance à cette offensive.


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Mais cela suffira-t-il ?

 

Certes, il peut être utile de peser sur les députés pour empêcher la transcription de cet accord dans la loi ! Thierry Lepaon fait état d’ "un travail auprès des parlementaires" pour "décrypter ce projet de loi", et affirme que les parlementaires "sont sensibles à nos arguments. "

 

Ne sous-estimons pas l’ampleur du mouvement nécessaire : le gouvernement, François Hollande, le MEDEF comme la droite, ont fait de la signature de cet accord un enjeu "historique" ! Il s'agit aussi pour le gouvernement français d'appliquer les directives européennes de « réformes de marché du travail » pour aggraver la précarité des salariés, à flexibiliser davantage le marché du travail au nom de la compétitivité des entreprises.

 

Pour les parlementaires et particulièrement les parlementaires socialistes, ne pas transcrire dans la loi le contenu de l’accord du 11 janvier, c’est en fait désavouer les signataires et la politique d'euro-rigueur et de "dialogue social" du gouvernement lui-même !

Aucune illusion donc et le danger est bien sûr immense que soient adoptées des modifications secondaires qui ne remettent pas en cause la logique essentielle de cet accord !

 

Pour les travailleurs, l’essentiel sur cette question comme sur l’ensemble des revendications réside dans la capacité d’action et de résistance. Il n'y a pas d'accommodement possible entre les intérêts populaires et la politique unique menée, au nom de la « dette » ou de l'Euro, pour le profit maximum des grands groupes capitalistes.

 

L’essentiel réside donc dans l’ampleur du mouvement que nous allons être capables de développer !

 

C’est pourquoi nous renouvelons - au-delà de cette journée du 5 mars - la proposition d’organiser un immense rassemblement national devant l’Assemblée, le jour où cette question viendra en débat, vraisemblablement au mois d’avril !
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Front Syndical de Classe

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 12:48

Dans le cadre des travaux préparatoires au 50e congrès de la CGT qui aura lieu en mars, la direction confédérale a publié son rapport d’activité relatif aux trois années écoulées. Ce document doit permettre de confronter notre stratégie et nos revendications aux événements survenus. C’est le préalable indispensable à l’élaboration de notre orientation pour les trois prochaines années.

 

Les leçons de la lutte pour les retraites de 2010

Quelques mois après notre dernier congrès, un mouvement de masse a tenté de s’opposer au projet de casse du système de retraites voulu par Sarkozy. Le rôle de la CGT dans la conduite de cette lutte mérite un examen sérieux, tout comme les causes de notre défaite. Dans son rapport, voici comme la direction confédérale relate les événements : « la mobilisation ne va pas cesser de progresser passant de 80 000 manifestants le 23 mars à plus de 3 millions le 19 octobre, avec, entre les deux, des milliers d’initiatives dans les entreprises et les localités (…) Mais une fois la loi votée le 27 octobre, les mobilisations faiblissent ». Ce point de vue est selon nous très incomplet. Les « milliers d’initiatives dans les entreprises » est une manière très pudique de qualifier un mouvement de grèves reconduites jour après jour dans tout le pays par des salariés du public et du privé. Ensuite, la direct ion considère que ce serait en raison du vote de la loi que la mobilisation se serait essoufflée. Nous n’avons pas la même lecture des évènements. Revenons sur les faits.

La grève éclate fin septembre 2010, après plusieurs journées d’action, lorsque des bases syndicales – essentiellement de la CGT – s’engagent d’elles-mêmes dans la reconduction de la grève – c’est-à-dire sans qu’un appel ne soit lancé en ce sens par la direction confédérale. D’innombrables services publics cessent leurs activités dans les hôpitaux, l’éducation nationale, les éboueurs, les transports publics, et beaucoup d’autres bases isolées dans des collectivités locales et les ministères. Des salariés d’entreprises de secteurs stratégiques reconduisent la grève dans les ports, les raffineries, les dépôts de carburants. Première quinzaine d’octobre, le pays est sérieusement menacé d’une paralysie économique, par rupture d’approvisionnement énergétique et blocage de la voie maritime. Des millions de salariés regardent avec enthousiasme en direction des grévistes. Sarkozy réquisitionne des grévistes des dépôts de carburant et la sympathie grandit encore en notre faveur. La jeunesse s’engage à son tour dans la bataille et rejoint les cortèges. Des piquets de grève réapparaissent dans les lycées et les universités, pour la première fois depuis la bataille contre le CPE. Des dépôts de carburants en Belgique sont sollicités pour approvisionner la France. Les syndicats belges déclarent aussitôt que si tel est le cas, ils appelleront à la grève pour ne pas briser celle des travailleurs en France. Mi-octobre, le rythme des journées d’action s’accélère. 3 millions de personnes manifestent le 16 et plus de 3,5 millions le 19. Au soir du 19 octobre – 11ème journée d’action organisée en 2010 pour les retraites, Sarkozy redit, pour la 11ème fois, qu’il ne reculera pas quel que puisse être le nombre de manifestants. Tous les regards sont alors tournés vers les directions syndicales, avant tout la CGT, qui appelle… à une 12ème journée d’action, le 28 octobre, plus d’une semaine plus tard et surtout après le vote de la loi prévu le 27 octobre.

Nous avions pourtant à ce moment précis gagné un soutien de masse dans la population. L’immense majorité des cortèges étaient ceux de la CGT. Notre drapeau flottait sur la plupart des piquets de grève dans le pays. Cet appel à une énième journée d’action, alors que le pays était en pleine ébullition, a porté un coup très dur au moral des grévistes, car il était clair que pas plus qu’il n’avait reculé jusqu’ici, Sarkozy ne reculerait le 28 octobre, même si nous devions être 4 ou 5 millions. Il fallait s’appuyer sur les grèves, les étendre et les généraliser, pour obtenir un retrait de la loi par la force. Au lieu de cela, la direction confédérale a continué à s’appuyer sur des journées d’action isolées. Il y en a eu 14 au total pour les retraites en 2010. La direction confédérale parle d’un « passage en force » de Sarkozy. En réalité, fin octobre, il ne restait plus rien à « forcer  ». Les salariés découragés avaient repris le travail. Dans son rapport, la direction confédérale se satisfait de ses prises de position d’alors. Si elle estime qu’elle a tout fait pour obtenir une victoire, qu’elle nous explique pourquoi elle n’a pas pris appui sur les grèves. Voilà comment il faut poser les termes du débat. Seulement, dans son rapport d’activité, les grèves ont mystérieusement disparu de la suite chronologique des événements. Par cette regrettable omission, la direction espère ne pas réveiller la colère des grévistes qu’elle a abandonnés à leur sort.

Le rapport d’activité n’ouvrant pas la discussion sur ces événements, nous soumettons l’analyse suivante aux débats : dans les conditions qui étaient celles de la mi-octobre, l’opposition à Sarkozy avait gagné une base de masse dans la population. La CGT était écoutée par des millions de salariés dans tout le pays. Nous pouvions nous adresser à eux dans les termes suivants : « Nous nous sommes mobilisés à 11 reprises depuis le mois de mars. Nous sommes maintenant une force de résistance qui se compte en millions et nous savons que des millions d’autres sympathisent. Nous avons adressé plusieurs avertissements à Sarkozy mais il ne veut rien savoir. En ce moment, dans les ports, les dépôts de carburant, les raffineries, les services publics, des salariés montrent la voie à suivre. Puisque notre mobilisation ne suffit pas, nous appelons à étendre la grève en la reconduisant jour après jour jusqu’au retrait de ce proje t de loi ». En même temps, tous les moyens matériels de la confédération auraient été dirigés vers cet objectif par des campagnes militantes de terrain dans chaque coin du pays, des campagnes de tracts et d’affichages, des caisses de grèves auraient été mises en place, etc. Le moral des grévistes aurait été regonflé et de nombreux autres salariés dans le pays auraient été encouragés à se joindre à nous. Un appel en direction de la jeunesse aurait également grandement contribué à étendre la grève étudiante. Cette attitude combative nous aurait donné un avantage considérable. Seule la grève pouvait provoquer un blocage économique du pays. Seul ce blocage pouvait contraindre Sarkozy à céder.

Au lieu de cela, la couche la plus militante de la CGT en est sortie découragée et frustrée par la conduite du mouvement. Les millions de salariés qui suivaient ces événements avec enthousiasme ont eu une énième démonstration de l’inefficacité des grèves ce qui a gravement entamé nos chances de pouvoir les mobiliser par la suite. Au lieu de l’admettre, la direction confédérale considère que « cette mobilisation […] est toujours un point d’appui aux revendications et mobilisations ». Prendre appui sur des défaites de ce type ne nous conduira qu’à de nouvelles défaites du même type. Un tel gâchis ne doit plus se reproduire.

 

Le « syndicalisme rassemblé »

Il faut revenir sur les enseignements de l’automne 2010, car la question des « journées d’action » ne se limite pas au seul cas de la bataille pour les retraites. C’est la ligne stratégique générale suivie par la direction de la CGT en toutes circonstances. Elle l’a mise en œuvre, par exemple, dans la lutte contre l’austérité en France et dans le cadre des mobilisations européennes. De même que pour les retraites, ces mobilisations n’ont pas permis de faire reculer l’austérité. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il est clair qu’il faut corriger notre approche stratégique sur la conduite des luttes. Mais la direction confédérale considère que sa stratégie a été validée par le cours des événements et elle entend la poursuivre. Elle dit : « La démarche de syndicalisme rassemblé est validée, car chaque fois que nous parvenons, à l’entreprise ou au niveau national, à construire l’unité des organisations syndicales, le rassemblement des salarié-e-s se trouve renforcé et gagne en efficacité ». Faut-il comprendre qu’il faudrait s’unir systématiquement avec le plus grand nombre de syndicats, quelques soient leurs positions, leur soutien parmi les salariés, c’est-à-dire quelques soient les circonstances ? Faut-il comprendre aussi qu’il faut maintenir cette unité quelques soient les développements de la lutte ? L’idée que l’union des syndicats fait la force est trop tranchée. On ne peut pas ériger une tactique qui doit être réfléchie suivant le cours des événements en loi générale intangible. La position confédérale revient à dire en substance : « Il faut réunir le plus grand nombre de manifestants possible pour nous faire entendre ; pour cela, il faut appeler à des manifestations avec le plus grand nombre possible d’organisations syndicales  ; mais nous ne pouvons pas appeler à reconduire la grève après la manifestation, car sinon, des syndicats vont quitter le front intersyndical ; alors nous ne pourrons plus appeler tous ensemble à la journée d’action suivante ce qui nous affaiblira ». Ce schéma tactique est bien trop rigide. Au fond, la direction nous dit : l’union fait la force. Mais il arrive que ce ne soit pas le cas. Si un syndicat décide de saboter une grève et de ne pas se donner tous les moyens de livrer bataille, ou qu’il accepte des renoncements, il faut s’adresser aux salariés et tenter de les convaincre de la justesse de notre point de vue. C’est ce que nos militants font tous les jours dans les entreprises et les Unions locales (UL). La première question à se poser avant de livrer bataille c’est : avons-nous les troupes ? Si nous ne les avons pas, il faut trouver une tactique qui nous permette de les gagner, par la propagande, l es explications. Un front intersyndical est un excellent moyen d’y parvenir, à condition d’y défendre nos positions ! Et si nous avons les troupes, nos camarades passent à l’action. Il n’y a pas de règle générale. Pour en revenir aux évènements d’octobre 2010, avions-nous une base de masse dans la population nous permettant d’appeler à la généralisation de la grève ? Oui, nous l’avions ! Et c’est une erreur très grave de ne pas avoir saisi cette formidable opportunité.

Le mouvement ouvrier souffre certes d’un éclatement considérable entre organisations syndicales, ce qui l’affaiblit. Il est donc tout à fait juste de chercher à constituer des fronts uniques. Mais certains syndicats ont des réserves sociales extrêmement faibles, et il est exagéré de considérer que leurs appels aux journées d’action changeraient quoi que ce soit. Par contre, nous admettons que lorsque la CGT, la CFDT et FO – qui ont de loin les principales bases militantes — appellent en même temps à la mobilisation, cela a un impact dans le pays. L’appel unitaire est une bonne tactique. Seulement, cette tactique ne doit pas avoir pour effet de neutraliser la libre expression publique de la CGT. Par exemple, si la CGT pense qu’il faudrait reconduire la grève et la généraliser à tous les principaux secteurs de l’économie, qu’est-ce qui au juste l’empêcherait de le dire dans une expression indépendante du texte dR 17;appel à manifester ? La direction confédérale nous répond en substance que si nous le faisons, nous brisons le front intersyndical. Mais quel serait l’argument des autres syndicats pour ôter leur signature d’un appel ? Chérèque dirait : « J’ai entendu la CGT dire quelque chose avec laquelle je ne suis pas d’accord ». Tout le monde sait qu’il existe des désaccords, sinon nous n’aurions qu’un seul syndicat ! Faire front avec une intersyndicale ne doit pas suspendre notre droit d’expression. La condition du front commun est-elle de faire taire les positions de la CGT ? Si oui, qui impose ces conditions inacceptables ? Et pourquoi ne pas le dénoncer publiquement ? La vérité est qu’aucune organisation syndicale n’est en mesure d’imposer de telles règles à la CGT. Sur ce prétexte, la direction confédérale ne s’est pas prononcée sur la question des grève s. C’est un alibi pour échapper à sa responsabilité d’organiser une lutte sérieuse et déterminée contre l’austérité.

La CGT doit démontrer aux salariés qu’elle fait tout pour les unir. Ainsi, si tel ou tel syndicat quitte l’intersyndicale au motif des prises de position de la CGT, il faudra alors mener une campagne publique dénonçant la rupture du front commun en expliquant les raisons du désaccord et en défendant notre droit d’expression. Par nos explications patientes sur les positions adoptées par chacun, nous rallierions à nous un nombre toujours plus grand de salariés. Reprenons l’exemple de la lutte pour les retraites. Il est possible qu’un ou plusieurs syndicats se soient alors retirés de la lutte si la CGT avait appelé à l’extension de la grève après la manifestation du 19 octobre. Mais ce retrait n’aurait plus vraiment eu d’importance, car nous avions gagné une base de masse. Et si un « petit syndicat » s’était retiré, ce serait passé très largement inaperçu. Mais s’il s’était agi d’une g rande centrale syndicale, comme la CFDT, il aurait alors fallu expliquer publiquement la nature des désaccords avec Chérèque, pour essayer de dresser la base de la CFDT contre sa direction. Des militants CFDT auraient très vraisemblablement rejoint les rangs de la CGT comme cela s’était produit en 2003, après le renoncement du même Chérèque sur les retraites, déjà. De nombreuses bases syndicales de la CFDT auraient poursuivi la mobilisation malgré la position de leurs dirigeants nationaux. L’exemple de Florange montre que la base de la CFDT est loin de reprendre à son compte les positions capitulardes de Chérèque.

 

Nos mots d’ordre

Dans son rapport, la direction met en avant les campagnes revendicatives qu’elle a organisées contre les discriminations, pour les salaires, le logement, les services publics, l’industrie. Mais nous régressons sur tous ces fronts. Le pouvoir d’achat baisse, la pénurie de logements s’aggrave, les services publics sont attaqués et des emplois industriels continuent à être détruits. Notre principale difficulté vient de l’absence de stratégie de lutte sérieuse de la part de la direction confédérale, comme nous l’avons développé plus haut. Mais ce n’est pas le seul facteur. Les campagnes revendicatives confédérales reposent le plus souvent sur des concepts vagues. Citons le rapport d’activité : il faut « restituer dans la perspective de l’émancipation des femmes et des hommes » […], « élaborer une autre conception […] de l’entreprise » […] « l e travail émancipateur est un droit pour toutes et tous. La CGT revendique le plein emploi solidaire et la transformation du travail ». Le problème de ces formulations imprécises est que l’on peut y mettre tout et son contraire. Nous partageons le constat que fait la direction confédérale sur la gravité de la crise économique. Les capitalistes se livrent à un saccage de l’économie. Ils détruisent des milliers d’emplois et exercent un chantage permanent en exigeant des fonds publics et la casse des acquis sociaux. Ils ont l’argent et décident de l’investissement. Nous sommes actuellement mis à très rude épreuve face aux vagues massives de licenciements. Comment faire face concrètement et que disons-nous à ces salariés ? Qu’il faut « transformer le travail », qu’il faut un « nouveau statut du travail salarié », une « Sécurité sociale professionnelle</ i> ». Ce n’est pas très concret et surtout ne répond pas à l’urgence de la situation.

Pour être compris, un mot d’ordre se doit d’être clair. Dans les entreprises et nos UL, nos camarades sont face à des fermetures d’usines, comme PSA à Aulnay, aux licenciements comme chez Arcelor-Mittal ou Air France. Il est très regrettable, là encore, que le rapport d’activité ne dise pas un mot de l’expérience accumulée ces trois dernières années concernant ces luttes qui devraient pourtant être la principale préoccupation de nos instances dirigeantes. La CGT a fait connaître des « Plans B » contenant des propositions alternatives pour poursuivre la production là où des licenciements et des fermetures sont décidés par les capitalistes. Mais les capitalistes ne s’intéressent pas au maintien de l’emploi, ce qu’ils veulent c’est dégager le profit maximum. Toutes nos tentatives de maintenir nos emplois sur la base de la propriété privée capitaliste se heurtent à leurs intérêts égoïstes. Comment les sa lariés pourraient-ils imposer leurs conditions sur la marche générale de l’entreprise sans que les capitalistes ne s’y opposent en partant investir leur argent ailleurs ?

Les « droits nouveaux » et autres « nouveaux statuts » sur lesquels travaille la confédération sont des réflexions intéressantes – quoiqu’insuffisantes – sur lesquelles nous reviendrons dans un prochain article, mais l’urgence est d’armer les salariés d’un programme de mesures face à l’austérité et aux licenciements. La direction de la CGT devrait se montrer très ferme en employant des mots d’ordre concrets, tel que : « Nous refusons les licenciements. Répartissez le temps de travail pour maintenir tous les emplois, sans perte de salaire, sinon nous lutterons pour nationaliser votre entreprise, sous le contrôle des salariés ! » Ou bien encore : « Contre la fermeture de l’entreprise : nous appelons les salariés à occuper leur entreprise et à lutter pour sa nationalisation ! » Ce serait un formidable enc ouragement pour les salariés qui gagneraient en confiance. Des mots d’ordre justes sont indispensables à la mobilisation. Les premiers signes de mobilisation commencent à apparaître sous l’effet des luttes menées notamment dans l’industrie automobile, mais d’une manière générale, nos camarades peinent à entraîner les salariés dans l’action, à ce stade. La question de nos mots d’ordre en est un des facteurs. Nous aimerions connaître l’analyse que fait la direction confédérale de la conduite des luttes dans les entreprises, seulement le rapport n’y consacre pas une ligne.

Pendant des années, la question de la propriété et de la gestion des entreprises a été écartée de notre propagande au motif qu’il s’agit « d’idées politiques ». C’était en fait un alibi pour ne pas remettre en cause la propriété capitaliste des entreprises. Le retour du mot d’ordre de nationalisation dans nos rangs est un fait marquant de ces derniers mois, comme l’a été la campagne électorale du Front de Gauche qui a enthousiasmé les militants de la CGT. De nombreuses bases syndicales ont pris position en sa faveur. Cela prouve qu’un nombre grandissant de camarades sont en attente de mesures de rupture avec la gestion capitaliste de l’économie qui compléteraient nos revendications syndicales immédiates.

Tout au long de ce rapport, la direction confédérale se félicite des progrès qu’elle a accomplis en termes de renforcement de sa communication (communiqués, tracts, site internet, etc.). Elle se félicite aussi des positions qu’elle défend au niveau international (dans la Confédération européenne des syndicats ou l’Organisation internationale du travail). Le rapport d’activité souligne aussi la progression de nos effectifs. Mais alors que la période a connu, comme le mentionne le rapport, des « événements sociaux majeurs », la CGT est passée de 669 469 à 682 695 adhérents, soit une augmentation d’un peu moins de 2 %. Ce qui est une quasi-stagnation à une période où nous devrions nous renforcer significativement.

Globalement, le bilan de la direction sortante est très insuffisant au regard de la situation. Dans la période actuelle, il est inévitable que des erreurs soient commises mais il faut maintenant les corriger au regard de l’expérience accumulée. Par son contenu, ce rapport ne contribue pas à cette approche constructive pour notre congrès. En éludant les questions de fond, en passant sous silence les grèves de l’automne 2010 et les luttes en cours contre les licenciements, la direction de la CGT passe à côté de l’essentiel. Aux militants CGT de remettre ces questions au cœur des débats de notre 50è congrès.

 

Pierre Villeret (CGT93)

 

Journal communiste : La Riposte

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 12:42

Pour renforcer les droits des salariés

Le gouvernement examine le 6 mars un projet de loi issu de l'accord minoritaire du 11 janvier 2013.

  • Dans cet avant-projet le refus de mobilité deviendrait une cause de licenciement pour motif personnel.
  • Dans cet avant-projet un contrat intermittent serait créé alors qu'il faut, au contraire, renforcer le CDI.
  • Dans cet avant-projet des accords d'entreprise pourraient imposer, sous peine de licenciement, la baisse des salaires et/ou l'augmentation du temps de travail en reprenant ainsi la loi du député UMP Warsmann.
  • Dans cet avant-projet, les licenciements économiques collectifs seraient plus faciles et plus rapides.
  • Dans cet avant-projet, l'inversion de la hiérarchie des normes permettrait que des accords d'entreprises soient moins favorables que le droit du travail.
  • Dans cet avant-projet, les recours au juge contre des licenciements collectifs, comme devant les prud'hommes, seraient limités.

Il faut renforcer les droits des salariés, pas les brader

La gauche a été élue pour s'attaquer à la crise, interdire les licenciements boursiers, permettre la reprise d'entreprises vouées à la délocalisation ou à la fermeture. Ce sont ces lois protectrices qui sont attendues et rien d'autre. Il y a urgence pour les salariés, il y a urgence pour la gauche aussi.

Le 5 mars, en tant que socialistes opposés à cet accord dicté par le MEDEF, nous serons dans la rue avec les syndicats majoritaires qui refusent ce projet de loi, avec les jeunes et leurs organisations qui refusent la précarité. Nous serons dans la rue car c'est la place de la gauche d'être aux côtés des salariés contre les reculs sociaux, pour le progrès social et contre les exigences patronales.

Et le lendemain nous continuerons notre action avec toutes celles et tous ceux qui refusent les reculs annoncés du droit du travail, qui veulent répondre aux urgences sociales et militent pour un emploi pour tous.

Amender le projet de loi, retirer les articles régressifs, améliorer le Code du travail, écouter les syndicats majoritaires… il n'y a rien de plus urgent quand on est socialiste !

 

www.democratie-socialisme.org

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 18:17

aaa Vendemiaire Drapeau 2013[Vendémiaire salue la naissance d'un nouveau journal, L'Anti-Casse, réalisé et publié par les militants de la CGT de l'hôptal Cochin à Paris. Centré sur les questions de Santé Publique et de droits sociaux, il s'ouvre aussi aux questions sociales et politiques. Il est disponible gratuitement sur simple demande à la CGT Cochin. Nous publions ci-dessous l'éditorial du Secrétaire Général Adjoint, Bernard Giusti.]

 


Face à l'Europe

 

 

Anticasse1-copie-1.jpgL’Anti-Casse, le nouveau journal de la CGT Cochin, ne s’adresse pas seulement à nos syndiqués, mais aussi à tous nos collègues de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), et au-delà à toutes celles et tous ceux qui nous rejoignent dans les luttes. Il a pour but de vous informer non seulement sur la situation locale, mais s'ouvrira aux questions sociales et politiques, aussi bien nationales qu'internationales.

Pour la CGT Cochin, l’un des syndicats les plus forts et les plus actifs de l’AP-HP, l’action syndicale ne saurait se dissocier des autres dimensions de l’action citoyenne dans le cadre de la République : l’action syndicale se doit d’être tout à la fois sociale, économique, politique, culturelle et idéologique. C’est pourquoi les articles de l’Anti-Casse, quel que soit le sujet, sont généralement mis en relation avec un contexte plus général dans lequel ils prennent toute leur signification.

Cela veut dire que ce que nous avons à subir quotidiennement sur notre lieu de travail: les sous-effectifs, les pressions continuelles, les décisions iniques prises à tous les niveaux de l’administration, la dégradation de nos conditions de travail et la baisse continue de notre pouvoir d’achat..., tout cela ne peut s’analyser et se comprendre que si on le rapporte aux politiques mises en place par les gouvernements, et plus exactement aux choix politiques de nos gouvernants. Un système économique et ses conséquences (et notamment la « crise » dont on nous rebat les oreilles) sont toujours le résultat de choix faits par les hommes politiques, ils en sont directement responsables et nous ne devons pas accepter qu’ils se dédouanent en invoquant de quelconques « nécessités économiques » nationales ou internationales. C’est toujours au nom d’un prétendu « réalisme » qu’ils nous dépouillent chaque jour un peu plus…

 

Nous essaierons de faire en sorte que l’éventail des articles de l’Anti-Casse soit aussi large que possible, et que les sujets en soient variés, malgré la place restreinte dont nous disposons. L’Anti-Casse en effet se doit de refléter la CGT Cochin : multiculturelle et diverse, mais unie autour d’un même objectif, la lutte contre un système qui s’attaque chaque jour un peu plus à l’immense majorité des citoyens. Mes camarades m’ayant fait l’honneur de me confier la direction de ce journal, il m’a aussi semblé nécessaire de l’ouvrir à des intervenants extérieurs à notre communauté hospitalière : militants politiques et syndicaux, bien sûr, mais aussi artistes, écrivains, poètes, bref à tous ceux qui nous rejoignent dans notre combat.

Nous subissons depuis plusieurs décennies l’assaut violent du patronat contre les populations européennes, dont entre autres les travailleurs font les frais en France. A travers l’Union Européenne, véritable machine de guerre mise en place par le patronat, ils s’attaquent à tous les droits et les acquis, gagnés jadis de haute lutte par les travailleurs et qui avaient été instaurés par le Conseil National de la Résistance (CNR). Ils prétendent que les citoyens doivent « faire des sacrifices » parce que, disent-ils, « c’est la crise ». En vérité, si c’est bien la crise pour nous, ça n’est pas la crise pour eux ! Lorsque le CNR avait - pour ne citer que ce seul exemple - établi la Sécurité Sociale avec la prise en charge des soins pour tous selon les besoins, la situation économique de la France était autrement plus inquiétante qu’aujourd’hui, car au sortir de la guerre notre pays était entièrement ravagé. La grande différence, c’est qu’à l’époque le grand patronat n’avait pas eu son mot à dire parce qu’il avait honteusement collaboré avec l’ennemi nazi.

Aujourd’hui, nos gouvernements libéraux s’agenouillent devant ce même patronat, devant les banquiers et les financiers, et on voit le résultat ! L’organisation récente par le gouvernement Hollande d’une « conférence sociale » est significative à cet égard puisque le thème en était de savoir « comment baisser le coût du travail ». Baisser le coût du travail, ça n’a qu’une signification : comment payer moins ceux qui produisent les richesses et augmenter les profits des patrons. Pour la CGT Cochin, aucun responsable syndical n’aurait dû accepter de participer à cette farce démagogique…

Evidemment, ça fait désordre de baisser directement nos salaires, alors nos gouvernants libéraux ont toujours recours aux mêmes méthodes : augmenter les taxes et impôts indirects (TVA, impôts « sociaux », retrait d’un jour de RTT donc nous faire travailler gratuitement toute une journée...). C’est ce qu’ont fait les gouvernements depuis des décennies, et c’est ce que continue à faire Hollande. Ceci revient en réalité à diminuer notre pouvoir d’achat : avec un même salaire, on achète moins de choses. Autrement dit, notre salaire réel diminue.

Mais les patrons, dont l’humanité s’arrête à leur portefeuille, sont insatiables ! Dans le même temps, une ristourne de 30 milliards d’euros a été accordée aux entreprises, sous prétexte, nous dit-on, de favoriser des maintiens et des créations d’emplois. C’est dire qu’on prend les citoyens pour des imbéciles ! Tous les gouvernements ont fait des ristournes aux patrons avec toujours ce même objectif officiel de favoriser l’emploi, et à chaque fois, sans exception, le résultat a été le même : les patrons se sont enrichis, le chômage a augmenté…

De plus, ce sont nous, les citoyens, qui paierons la note d’une façon ou d’une autre, avec bien sûr des impôts et taxes indirects… Il est à parier par exemple que dans peu de temps on nous annoncera que le déficit de la Sécurité Sociale s’est accru, que des soins et des médicaments seront moins ou plus du tout remboursés, avec à la clef une augmentation des cotisations des mutuelles. Que par conséquent nous prendrons toujours plus en charge nous-mêmes notre santé. Pour nous baisse de pouvoir d’achat, donc baisse de salaire réel; pour les laboratoires pharmaceutiques et les mutuelles privées augmentation des profits, pour le gouvernement couverture de ces 30 milliards payés aux patrons avec nos impôts.

 

Nous ne devons jamais oublier une chose : c’est que le but des patrons, des financiers et des banquiers, est toujours le même quelle que soit l’époque : engranger un maximum de profits, donc nous faire travailler le plus possible pour les salaires les plus bas possibles.C’était le cas des patrons qui ont jadis collaboré sans état d’âme avec les nazis, c’est le cas aujourd’hui avec ceux qui pillent les nations en s’appuyant sur l’Union Européenne.

La France est particulièrement visée, car ses institutions, issues de la Révolution française, sont incompatibles avec cette Union Européenne capitaliste. D’où la nécessité pour l’Union Européenne de s’attaquer par exemple à nos services publics, qui sont les moyens mis à la disposition de notre République pour assurer l’égalité entre les citoyens. En effet, le service public républicain doit permettre à tout citoyen, où qu’il se trouve sur le territoire de la République, de bénéficier de services de qualité égale financés par nos impôts. Aujourd’hui cette notion républicaine a complètement été dévoyée par les libéraux, de droite comme de gauche, qui privatisent à tout va. Ils privatisent ce que nous avons payé, ce qui appartient en fait à tous les citoyens. Quand ils privatisent tout ou partie des hôpitaux, ce sont nos hôpitaux qu’ils offrent aux patrons. Quand ils privatisent tout ou partie des transports, ce sont nos trains et nos bus qu’ils bradent au plus offrant. Car Les patrons n’ont pas besoin d’égalité. D’ailleurs que signifient pour eux et pour les gouvernements à leur solde la devise « liberté, égalité, fraternité » ?

Liberté : liberté d’entreprendre et d’exploiter pour eux, réduction des libertés individuelles pour  nous…

Egalité : égalité des travailleurs devant les fins de mois difficiles (il n’y a jamais eu autant de pauvres en France depuis la dernière guerre), devant l’avenir incertain, la soumission aux gardes chiourmes dans les entreprises, etc., tandis qu’eux se gobergent et accroissent leurs profits…

Fraternité : ils divisent les citoyens en favorisant le communautarisme et le racisme, en laissant de plus en plus les plus démunis se débrouiller seuls, etc.

 

En France, les gouvernements se sont engagés les uns après les autres dans la voie de la collaboration et de la trahison. Ils trahissent les citoyens et la nation en engageant toujours plus notre pays dans cette Union Européenne capitaliste et perverse.

Pour la CGT Cochin, et pour un grand nombre de syndicalistes, ce n’est pas de cette Europe-là, ce n’est pas de ce système-là que nous voulons. Nous voyons tous les jours, dans notre hôpital Cochin et ailleurs, les ravages causés par cette politique libérale. Nous voyons et défendons tous les jours des travailleurs atteints dans leur vie familiale et professionnelle et parfois même, trop souvent, dans leurs chairs, par les méfaits causés directement ou indirectement par les politiques mises en place au nom du seul accroissement des profits.

Les nouvelles organisations de travail, les horaires qu’on nous impose, les surcharges de travail dans les services, la dégradation des conditions de travail, tout cela découle d’une façon ou d’une autre de ces choix politiques décidés au niveau de l’Europe libérale et relayés avec la complicité de nos gouvernements.

 

La CGT Cochin est aujourd’hui assez forte (et comme telle attaquée de toutes parts) pour défendre efficacement nos collègues de l’hôpital Cochin. Elle met en échec le credo libéral qui prône la réduction de personnel, puisqu’au cours des dernières années c’est la seule organisation syndicale qui ait obtenu par la lutte des créations de postes à Cochin !

 

Pour la CGT Cochin, il est hors de question de collaborer à cette Union Européenne, si contraire aux intérêts de tous les travailleurs. La CGT Cochin milite pour l’instauration d’une société plus juste et plus égalitaire, pour la défense de nos libertés, pour la répartition équitable des richesses - que nous produisons avec notre travail et qui nous sont confisquées par le patronat et la finance, avec la complicité active de l’establishment politique.

La CGT Cochin combat cette Europe-là, parce que sous couvert « d’unir l’Europe pour éviter le retour des guerres », c’est en réalité à une véritable guerre, économique, sociale, idéologique, qu’elle se livre contre tous les citoyens européens.

 

Bernard Giusti

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