Les événements se déroulent à une vitesse fulgurante : le nouveau coronavirus (COVID-19) a provoqué une réaction en chaîne qui secoue le moindre semblant de stabilité, un pays après l’autre. Toutes les contradictions du système capitaliste éclatent au grand jour.
Des milliers de personnes sont mortes et des centaines de milliers d’autres ont vraisemblablement été infectées. Mais rien n’indique que la pandémie ait atteint son pic : le nombre de morts augmente de 20 à 30 % chaque jour. Il n’y a pas de vaccin en vue et personne ne semble avoir un plan raisonnable pour contrôler la situation. La plupart des pays agissent de leur propre chef, avec peu d’égards pour les conseils d’organes comme l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les systèmes de santé des pays affectés ont atteint un point de rupture et les travailleurs de la santé des autres pays redoutent les semaines et les mois à venir.
La maladie a principalement été confinée à la Chine, à l’Iran, et aux pays occidentaux. Une fois qu’elle atteindra les bidonvilles et les camps d’Afrique, du Moyen-Orient, du sous-continent indien, et de l’Amérique Latine, où il n’y a peu ou pas de système sanitaire, nous serons témoins de nouvelles vagues dévastatrices. Le nombre de morts pourrait se compter en millions. La destruction et la dislocation du monde à l’échelle mondiale seront comparables au temps de guerre.
En réaction, les marchés boursiers ont déjà plongé. Lundi, les prix du pétrole se sont effondrés à 30 dollars le baril, entraînant les marchés mondiaux. Mercredi, la banque d’Angleterre a annoncé une baisse extraordinaire des taux d’intérêt de 0,5 %. Ceci est resté sans effet, et les marchés ont continué leur dégringolade jeudi, avec les pires chiffres depuis 1987. La nervosité des marchés reflète le pessimisme de la classe dirigeante, terrifiée par les perspectives qui s’ouvrent pour l’économie mondiale, déjà fortement ralentie.
La Chine, la deuxième plus grande économie de la planète, va rentrer dans son premier trimestre de croissance négative depuis la révolution culturelle de Mao. Il semblerait que la propagation de la maladie en Chine soit contenue. Cependant, dans la province de Hubei, le secteur des services reste à l’arrêt complet. Les grandes industries relancent leur production, mais comme le reste du monde entre en récession, la demande est faible. La grande majorité des petites et moyennes entreprises chinoises, qui emploient près de 80 % des travailleurs, n’ont pas repris leurs activités.
Il n’y a aucun signe de reprise rapide. Certains experts prévoient que la croissance économique mondiale pourrait tomber à 1 %, par rapport aux 2,6 % de l’an passé, ce qui impliquerait que de nombreux pays entrent en récession. Mais ce ne sont que des vœux pieux : l’industrie, le commerce, et les transports iront de bouleversement en bouleversement. La consommation va chuter. Les chaines d’approvisionnement seront perturbées encore et encore. L’économie mondiale va souffrir d’une crise profonde.

