Ce sont là des documents essentiels qui interviennent alors que la RUSSIE a saisi le conseil de sécurité de preuves de l’existence de laboratoires d’armes bactériologiques installés par les USA en Ukraine.
LE MEMORANDUM DE BUDAPEST
OU LES ILLUMINATIONS DE VOLODYMYR
Au moment de la dissolution de l’URSS, trois républiques nouvellement indépendantes : le Kazakhstan, le Belarus et l’Ukraine disposent sur leur sol d’une partie de l’arsenal nucléaire soviétique et il ne s’agit pas de stocks mais d’armes prêtes à l’usage accompagnées selon les cas des vecteurs pour les envoyer.
Ces trois Etats acceptent très vite de se séparer de cet armement et de signer dans la foulée le traité de non-prolifération nucléaire. Pratiquement ces armes et les matériaux nucléaires militaires comme l’uranium hautement enrichi sont envoyés en Russie qui est acceptée par les Etats-Unis comme le dépositaire de l’armement nucléaire soviétique existant dans les trois républiques en tant que successeur en droit de l’URSS.
Dans le même mouvement les Etats-Unis admettent que la Russie se substitue à l’URSS comme signataire de tous les traités de contrôle que celle-ci avait signé avant 1991 avec les Etats-Unis. Ce partenariat sera confirmé puisque d’autres traités du même type seront encore signés avec la Russie après 1991.
Mais cette acceptation de principe initiale ne débouche pas de la même façon dans les 3 pays.
Le Kazakhstan est le plus rapide à s’exécuter et il est connu qu’un gros chèque reçu des Etats-Unis encourage à la diligence le président Nazarbayev : les armes sont envoyées en Russie et les stocks d’uranium hautement enrichi sont achetés par les Etats-Unis. Le pays est et reste encore un gros producteur d’uranium mais le nucléaire civil en a l’usage.
Le Belarus moins doté en armes les renvoie également en Russie.
Le cas ukrainien est particulier et se trouve le jour de son indépendance occuper de fait du nombre des armes atomique et de la possession de mines d’uranium et d’une capacité industrielle de pointe lui permettant de fabriquer une bonne partie des bombes et des missiles.
L’Ukraine est ce jour là potentiellement la 3° puissance nucléaire mondiale et on sait que le débat a eu lieu dans les cercles dirigeants ukrainiens de l’époque entre deux routes opposées possibles : l’une consistant à compléter son industrie nucléaire militaire pour être vraiment indépendante de la Russie et occuper cette place de nucléaire mondial, l’autre consistant à remettre son armement nucléaire à la Russie.
Les Etats-Unis vont peser de tout leur poids pour que le gouvernement du Président Koutchma fasse le bon choix, le second.
Mais pour avoir longtemps partagé au plus haut niveau politique les inquiétudes soviétiques sur l’agressivité des Etats-Unis les dirigeants ukrainiens veulent être assurés que leur désarmement ne va pas les affaiblir sur la scène diplomatique mondiale. Il faut se souvenir que l’Ukraine et le Belarus étaient les 2 seules républiques socialistes soviétiques qui siégeaient à l’ONU et possédaient une connaissance des questions internationales que ne possédaient pas les autres, ce qui explique leurs inquiétudes et leurs réticences pour accepter de signer le Traité de non prolifération, l’Ukraine demande des garanties après quoi elle entamera son désarmement nucléaire militaire. Elle va les obtenir en 1993 dans un texte signé par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne connu sous le nom de MEMORANDUM DE BUDAPEST après quoi les opérations de démantèlement de son armement nucléaire peuvent commencer.
Ce mémorandum n’est pas un traité international. Il rappelle les principes du traité d’Helsinki mais n’a pas de force contraignante puisqu’il n’a été présenté à aucun parlement des Etats signataires et donc pas ratifié. Le gouvernement ukrainien le sait et tente en vain depuis le coup d’état de 2014 d’obtenir un engagement des républiques. Pour calmer ses signataires et principalement des Etats-Unis pour qu’ils clarifient les «garanties» qu’il contient. Ce que déclare Zelensky à Munich le 19 Février 2022 c’est que toutes les tentatives ukrainiennes conduites par Porochenko et par lui-même n’ont pas abouti. Les Etats-Unis ne veulent en rien s’engager officiellement contre la Russie.
Rien de nouveau donc sauf la conclusion décisive qu’il tire est celle-ci. (voir la partie surlignée dans le document joint)
Puisque les engagements des autres signataires du Mémorandum ne sont pas respectés ceux de l’Ukraine n’ont plus aucune raison de l’être ce qui veut dire mais le langage est feutré :
« L’engagement de l’Ukraine à respecter le traité de non prolifération des armes nucléaires est désormais caduc ». Le geste politique annoncé au monde entier devant Kamala Harris, Stoltenberg et d’autres invités de marque qui n’ont pas tous été surpris et le ministre chinois des affaires étrangères est limpide et calculé car si l’acte juridique de dénonciation formelle du traité n’est pas annoncé il en constitue l’aboutissement normal. Les médias occidentaux ne relèvent même pas. On sait par contre tout le tintamarre qu’ils ont fait quand la République Populaire et Démocratique de Corée s’est retirée par leur faute du TNP.
C’est l’alerte.
La réaction du président russe est immédiate. Il déclare le jour même à l‘occasion d’une réunion publique dont ce n’est pas l’objet :“Maintenant, ils parlent d’obtenir un statut nucléaire, c’est-à-dire d’acquérir des armes nucléaires. Nous ne pouvons pas non plus ignorer de telles choses, surtout parce que nous savons comment le soi-disant Occident agit à l’égard de la Russie. Premièrement, l’Ukraine possède des compétences nucléaires depuis l’époque soviétique. En ce qui concerne l’enrichissement et les matières nucléaires, ils sont capables de lancer de tels projets. Ils ont des compétences en matière de missiles. Il suffit de mentionner Yuzhmash – elle a créé des équipements de missiles balistiques intercontinentaux pour l’Union soviétique.
Ils peuvent le stimuler et le faire. Et ils recevront également de l’aide pour cela de l’autre côté de l’océan. Et puis ils diront que nous ne reconnaissons pas leur statut nucléaire, qu’ils l’ont fait eux-mêmes, et ils mettront ces systèmes sous contrôle, et à partir de ce moment, de cette seconde même, l’avenir de la Russie changera radicalement. À partir de ce moment-là, nos adversaires stratégiques n’auraient même pas besoin d’avoir des missiles balistiques intercontinentaux. Ils seraient en mesure de nous tenir à la pointe du canon nucléaire, et ce serait tout. Mais comment pouvons-nous laisser cela passer inaperçu ? Il s’agit de menaces tout à fait réelles, pas d’un non-sens tiré par les cheveux.”
En substance il précise donc que l’Ukraine a des capacités industrielles suffisantes pour arriver en quelques mois avec quelques aides étrangères bien ciblées qui pourraient par exemple consister en livraison de centrifugeuses pour l’enrichissement de l’uranium à produire des armes atomiques et des missiles. Il sait que l’intérêt des Etats-Unis pour le nucléaire ukrainien s’est déjà manifesté quand Westinghouse s’est substitué à l’entreprise russe qui fournissait le combustible nucléaire aux 15 centrales nucléaires ukrainiennes mais de conception russe en service qui produisent la moitié de l’électricité du pays, il sait que dans la zone hyper-sécurisée de Tchernobyl des activités de recherche développement touchant l’arme atomique sont en cours, il a de bonnes raisons de penser que l’intérêt financier marqué de la famille Biden, père et fils, pour l’Ukraine n’était pas destiné simplement à favoriser le développement local de Mac Do et de Coca Cola.
Dés le lundi 21 il enclenche donc le mécanisme institutionnel de la riposte : consultation du Conseil de sécurité national puis vote de la Douma pour la reconnaissance des deux républiques de Donetsk et Lougansk, lesquelles dans la foulée demandent l’assistance de la Russie. Ce qu’elles attendaient depuis 2014. Tout va ensuite très vite les opérations militaires russes commencent le 24 février une des toutes premières a lieu à Tchernobyl où les troupes russes arrivent dés le 25 et peu après à Zaporohye où fonctionnent 6 groupes nucléaires de production d’électricité. Zelensky va alors découvrir qu’il a été utilisé pour provoquer la Russie mais que le soutien de l’Occident se limite à une gigantesque campagne de propagande antirusse et que militairement il restera seul sans appui d’aucun pays. L’OTAN ne veut surtout pas affronter directement l’armée russe et se contentera de placer des forces et du matériel à l’entour du conflit en Pologne en Roumanie et dans les pays baltes. A la place il aura droit à des forces spéciales, à des mercenaires ou à des djihadistes recyclés de la Syrie et importés par une Turquie très professionnelle dans ce genre de commerce et à une crise économique et sociale de grande ampleur qui fera de la plus développée des républiques soviétiques le parent pauvre de la région, un parent si pauvre que même l’Union Européenne ne voudra pas avant longtemps abriter en son sein pays pareillement malade qui a déjà perdu 10 millions d’habitants depuis 1991. La fragilité de l’Ukraine est d’ailleurs reconnue par les Etats-Unis eux-mêmes qui dans un document signé en novembre 2021 fixent à leur partenaire des objectifs ambitieux dont la lecture en creux montre bien qu’il s’agit d’un plan de mise sous tutelle politique et de sauvetage économique emballé dans du papier « vert » ( c’est à la mode !)
La menace nucléaire bien réelle que le président ukrainien a brandi à Munich explique la mise en alerte du système de défense stratégique d’une Russie qui ne veut pas voir à sa porte un « électron libre » atomique et qui pourrait à juste titre accuser les Etats-Unis la Grande Bretagne et la France trois des cinq signataires du TNP d’encourager, en violation flagrante de ce traité, la prolifération nucléaire ukrainienne à sa porte. Le comédien président découvre la cruelle réalité de sa position : il n’a que le premier rôle dans une pièce écrite et mise en scène par un autre et dans laquelle le bien-être du peuple ukrainien ne compte pas.
Comme l’état islamique a été le bras armé des Etats-Unis contre la Syrie, l’Ukraine a été choisie pour être leur bras armé contre la Russie.
MÉMORANDUM RELATIF AUX GARANTIES DE SÉCURITÉ DANS LE CADRE DE L’ADHÉSION DE L’UKRAINE AU TRAITÉ SUR LA NON-PROLIFÉRATION DES ARMES NUCLÉAIRES
L’Ukraine, la Fédération de Russie, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et les États-Unis d’Amérique,
Se félicitant de l’adhésion de l’Ukraine au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en tant qu’État non doté d’armes nucléaires,
Considérant que l’Ukraine s ’est engagée à éliminer toutes les armes nucléaires de son territoire dans un délai précis,
Notant les changements intervenus dans la situation sécuritaire à l’échelle mondiale, notamment la fin de la Guerre froide, qui ont créé les conditions nécessaires à une forte réduction des forces nucléaires,
Confirment ce qui suit :
1. La Fédération de Russie, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et les États-Unis d’Amérique réaffirment leur engagement envers l’Ukraine, conformément aux principes énoncés dans l’Acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, de respecter son indépendance et sa souveraineté ainsi que ses frontières existantes.
2. La Fédération de Russie, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et les États-Unis d’Amérique réaffirment leur obligation de s’abstenir de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de l’Ukraine, et qu’aucune de leurs armes ne soit utilisée contre l’Ukraine, si ce n’est en légitime défense ou d’une autre manière conforme aux dispositions de la Charte des Nations Unies.
3. La Fédération de Russie, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et les États-Unis d’Amérique réaffirment, conformément aux principes énoncés dans l’Acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, leur engagement envers l’Ukraine de ne pas recourir à la coercition économique afin de subordonner à leur propre intérêt l’exercice par l’Ukraine des droits inhérents à sa souveraineté et d’en tirer un avantage quelconque.
4. La Fédération de Russie, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et les États-Unis d ’Amérique réaffirment leur engagement de demander au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies d’intervenir immédiatement pour venir en aide à l’Ukraine, en tant qu’État non doté d’armes nucléaires partie au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, si celle-ci faisait l ’objet d’une agression ou d’une menace d’agression faisant appel à l’arme nucléaire.
5. La Fédération de Russie, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et les États-Unis d ’Amérique réaffirment, en ce qui concerne l’Ukraine, leur engagement de ne pas utiliser d’armes nucléaires contre un État non doté d’armes nucléaires partie au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, sauf en cas d’attaque dirigée à leur encontre, leurs territoires ou des territoires dépendants, leurs forces armées ou leurs alliés par un tel État, associé ou allié à un État doté d’armes nucléaires.
6. L’Ukraine, la Fédération de Russie, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et les États-Unis d’Amérique se consulteront dans le cas où une question se poserait au sujet des engagements énoncés ci-dessus.
Le présent Mémorandum est applicable dès sa signature. SIGNÉ en quatre exemplaires faisant également foi en langues ukrainienne, anglaise et russe.
Budapest, le 5 décembre 1994.
Pour l’Ukraine :
LEONID D. KUTCHMA
Pour la Fédération de Russie :
BORIS N. ELTSINE
Pour le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord :
JOHN MAJOR
Pour les États-Unis d’Amérique :
WILLIAM J. CLINTON
***
Charte américano-ukrainienne de partenariat stratégique
10 NOVEMBRE 2021
Le texte suivant est celui de la Charte de partenariat stratégique entre les États-Unis et l’Ukraine, signée par le secrétaire d’État américain Antony J. Blinken et le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kuleba à Washington, le 10 novembre 2021.
Préambule
Les États-Unis et l’Ukraine :
1. Réaffirment l’importance de notre relation en tant qu’amis et partenaires stratégiques, fondée à la fois sur nos valeurs partagées et nos intérêts communs, y compris un engagement envers une Europe entière, libre, démocratique et en paix. Réaffirmer que le partenariat stratégique existant entre nos deux nations est essentiel pour la sécurité de l’Ukraine et de l’Europe dans son ensemble.
2. Souligner que notre partenariat est fondé sur des valeurs démocratiques communes, sur le respect des droits de l’homme et de l’État de droit, ainsi que sur l’engagement de l’Ukraine à mettre en œuvre les réformes profondes et globales nécessaires à sa pleine intégration dans les institutions européennes et euro-atlantiques, afin d’assurer la prospérité économique de son peuple. 3.
3. Saluer les progrès significatifs accomplis par l’Ukraine pour améliorer sa démocratie ainsi que son engagement à poursuivre les réformes démocratiques, qui sont essentiels pour faire progresser la démocratie dans toute l’Europe de l’Est.
4. Souligner l’engagement inébranlable de l’Ukraine en faveur de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, y compris la Crimée, et jusqu’à ses eaux territoriales, face à l’agression russe en cours, qui menace la paix et la stabilité régionales et sape l’ordre mondial fondé sur des règles.
5. Déclarons notre détermination à approfondir notre partenariat stratégique en élargissant la coopération bilatérale dans les domaines de la politique, de la sécurité, de la défense, du développement, de l’économie, de l’énergie, de la science, de l’éducation, de la culture et de l’humanitaire.
6. Affirmer les engagements pris pour renforcer le partenariat stratégique Ukraine-États-Unis par les présidents Zelensky et Biden le 1er septembre 2021.
7. Ont l’intention d’utiliser la Commission de partenariat stratégique (CPS), ses groupes de travail et d’autres mécanismes bilatéraux pour maximiser le potentiel de notre coopération et relever les défis décrits dans la présente Charte.
Section I : Principes de coopération
Cette Charte est basée sur des principes et des convictions fondamentales partagés par les deux parties :
1. Le soutien de la souveraineté, de l’indépendance, de l’intégrité territoriale et de l’inviolabilité des frontières de l’autre partie constitue le fondement de nos relations bilatérales.
2. Notre amitié et nos relations stratégiques découlent de notre compréhension mutuelle fondamentale et de notre appréciation de la conviction partagée que la démocratie et l’État de droit sont les principaux garants de la sécurité, de la prospérité et de la liberté. 3.
3. La coopération entre démocraties en matière de défense et de sécurité est essentielle pour répondre efficacement aux menaces contre la paix et la stabilité.
4. Une Ukraine forte, indépendante et démocratique, capable de défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale et de promouvoir la stabilité régionale, contribue à la sécurité et à la prospérité non seulement du peuple ukrainien, mais aussi d’une Europe entière, libre, démocratique et en paix.
Section II : Sécurité et lutte contre l’agression russe
Les États-Unis et l’Ukraine partagent un intérêt national vital pour une Ukraine forte, indépendante et démocratique. Le renforcement de la capacité de l’Ukraine à se défendre contre les menaces pesant sur son intégrité territoriale et l’approfondissement de l’intégration de l’Ukraine dans les institutions euro-atlantiques sont des priorités concurrentes.
Les États-Unis reconnaissent la contribution unique de l’Ukraine à la non-prolifération et au désarmement nucléaires et réaffirment les engagements qu’ils ont pris dans le cadre du “Mémorandum sur les garanties de sécurité en liaison avec l’adhésion de l’Ukraine au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires” (le Mémorandum de Budapest) du 5 décembre 1994.
Guidés par la déclaration du sommet de Bucarest du 3 avril 2008 du Conseil de l’Atlantique Nord de l’OTAN et réaffirmés dans le communiqué du sommet de Bruxelles du 14 juin 2021 du Conseil de l’Atlantique Nord de l’OTAN, les États-Unis soutiennent le droit de l’Ukraine de décider de sa propre orientation future en matière de politique étrangère, sans ingérence extérieure, y compris en ce qui concerne les aspirations de l’Ukraine à adhérer à l’OTAN.
1. Les États-Unis et l’Ukraine ont l’intention de poursuivre une série de mesures de fond visant à prévenir une agression extérieure directe et hybride contre l’Ukraine et à tenir la Russie responsable de cette agression et des violations du droit international, y compris la saisie et la tentative d’annexion de la Crimée et le conflit armé dirigé par la Russie dans certaines parties des régions de Donetsk et de Lougansk en Ukraine, ainsi que son comportement malveillant continu. Les États-Unis ont l’intention de soutenir les efforts de l’Ukraine pour contrer l’agression armée, les perturbations économiques et énergétiques et les cyberactivités malveillantes de la Russie, notamment en maintenant les sanctions contre la Russie ou liées à celle-ci et en appliquant d’autres mesures pertinentes jusqu’à la restauration de l’intégrité territoriale de l’Ukraine dans ses frontières internationalement reconnues.
2- Les États-Unis ne reconnaissent pas et ne reconnaîtront jamais la tentative d’annexion de la Crimée par la Russie et réaffirment leur soutien total aux efforts internationaux, y compris dans le cadre du format Normandie, visant à négocier une résolution diplomatique du conflit armé dirigé par la Russie dans les régions de Donetsk et de Lougansk en Ukraine sur la base du respect du droit international, y compris la Charte des Nations unies. Les États-Unis soutiennent les efforts de l’Ukraine pour utiliser la Plateforme Crimée afin de coordonner les efforts internationaux pour faire face aux coûts humanitaires et sécuritaires de l’occupation de la Crimée par la Russie, conformément à la Déclaration commune de la Plateforme.
3. Les États-Unis et l’Ukraine approuvent le Cadre de défense stratégique 2021 en tant que fondement d’une coopération renforcée entre l’Ukraine et les États-Unis en matière de défense et de sécurité et ont l’intention de travailler pour faire avancer les priorités partagées, y compris la mise en œuvre des réformes de la défense et de l’industrie de la défense, l’approfondissement de la coopération dans des domaines tels que la sécurité de la mer Noire, la cyberdéfense et le partage du renseignement, et la lutte contre l’agression de la Russie.
4. Les États-Unis et l’Ukraine sont des partenaires clés dans la région élargie de la mer Noire et chercheront à approfondir la coopération avec les alliés et les partenaires de la mer Noire pour garantir la liberté de navigation et contrer efficacement les menaces et les défis extérieurs dans tous les domaines.
5. Les États-Unis restent déterminés à aider l’Ukraine à mener à bien les réformes en cours en matière de défense et de sécurité et à poursuivre ses entraînements et exercices robustes. Les États-Unis soutiennent les efforts déployés par l’Ukraine pour tirer le meilleur parti de son statut de partenaire de l’OTAN offrant des possibilités accrues afin de promouvoir l’interopérabilité.
6. L’Ukraine a l’intention de continuer à renforcer le contrôle civil démocratique de l’armée, à réformer son service de sécurité et à moderniser ses processus d’acquisition de défense pour faire avancer ses aspirations euro-atlantiques.
7. Les États-Unis et l’Ukraine soulignent l’importance d’une coopération étroite au sein des institutions internationales, notamment les Nations Unies, l’OSCE et le Conseil de l’Europe, et ont l’intention de multiplier les efforts pour trouver de nouvelles approches et élaborer des actions conjointes afin d’empêcher des États individuels de tenter de détruire l’ordre international fondé sur des règles et de réviser par la force les frontières internationalement reconnues des États.
8. Les États-Unis et l’Ukraine ont l’intention de soutenir la responsabilisation des personnes responsables de violations des droits de l’homme dans les territoires ukrainiens temporairement occupés par la Russie, et de soutenir la libération des prisonniers politiques et des otages détenus dans ces territoires. Les États-Unis ont l’intention de continuer à soutenir les enquêtes criminelles impartiales menées par les unités chargées des crimes de guerre sous l’égide du Bureau du Procureur général.
9. Les États-Unis ont l’intention de continuer à aider l’Ukraine à fournir un soutien humanitaire aux personnes touchées ou déplacées par le conflit armé dirigé par la Russie dans les régions de Donetsk et de Louhansk, alors que le gouvernement ukrainien augmente sa fourniture d’une aide vitale sous forme de nourriture, d’abris, d’eau potable et de protection pour les plus vulnérables, y compris les personnes âgées.
10. Les États-Unis restent déterminés à renforcer la capacité de l’Ukraine à sécuriser et à contrôler ses frontières, et à poursuivre un plus grand partage de l’information et une plus grande coopération en matière d’application de la loi pour lutter contre les activités criminelles et terroristes internationales, y compris le trafic de personnes, d’armes et de stupéfiants.
11. Les États-Unis et l’Ukraine s’engagent à lutter contre la prolifération des armes de destruction massive et à sécuriser les technologies avancées en adhérant aux normes internationales de non-prolifération, en renforçant et en appliquant efficacement les régimes de contrôle des exportations et en s’associant pour gérer les risques liés aux technologies émergentes.
12. Les États-Unis et l’Ukraine s’engagent à développer davantage leur partenariat en matière de cybersécurité, à contrer les menaces hybrides, à lutter contre la diffusion de la désinformation tout en défendant la liberté d’expression, et à renforcer l’infrastructure de cybersécurité de l’Ukraine.
Section III : Démocratie et État de droit
Les États-Unis et l’Ukraine sont liés par les valeurs universelles qui unissent les peuples libres du monde : le respect de la démocratie, des droits de l’homme et de l’État de droit. Le renforcement de l’État de droit, la promotion de la réforme du système juridique et des structures d’application de la loi, et la lutte contre la corruption sont essentiels à la prospérité de l’Ukraine et de son peuple.
1. Les États-Unis reconnaissent les progrès réalisés par l’Ukraine dans le renforcement de ses institutions démocratiques et se félicitent des mesures importantes prises par l’Ukraine pour développer un système national de justice et de lutte contre la corruption efficace. Les États-Unis et l’Ukraine reconnaissent la nécessité pour l’Ukraine de poursuivre un programme de réforme global afin de continuer à transformer le pays et d’assurer un avenir radieux à tous les habitants de l’Ukraine.
2. Les États-Unis ont l’intention de continuer à soutenir l’engagement de l’Ukraine à renforcer les efforts de lutte contre la corruption, notamment par le biais de médias et de journalisme indépendants, et à donner des moyens aux institutions qui préviennent, enquêtent, poursuivent et jugent les affaires de corruption afin de renforcer la confiance dans l’État de droit.
Section III : Démocratie et État de droit
Les États-Unis et l’Ukraine sont liés par les valeurs universelles qui unissent les peuples libres du monde : le respect de la démocratie, des droits de l’homme et de l’État de droit. Le renforcement de l’État de droit, la promotion de la réforme du système juridique et des structures d’application de la loi, et la lutte contre la corruption sont essentiels à la prospérité de l’Ukraine et de son peuple.
1. Les États-Unis reconnaissent les progrès réalisés par l’Ukraine dans le renforcement de ses institutions démocratiques et se félicitent des mesures importantes prises par l’Ukraine pour développer un système national de justice et de lutte contre la corruption efficace. Les États-Unis et l’Ukraine reconnaissent la nécessité pour l’Ukraine de poursuivre un programme de réforme global afin de continuer à transformer le pays et d’assurer un avenir radieux à tous les habitants de l’Ukraine.
2. Les États-Unis ont l’intention de continuer à soutenir l’engagement de l’Ukraine à renforcer les efforts de lutte contre la corruption, notamment par le biais de médias et de journalisme indépendants, et à donner des moyens aux institutions qui préviennent, enquêtent, poursuivent et jugent les affaires de corruption afin de renforcer la foi dans l’État de droit, de construire une économie compétitive et d’intégrer pleinement l’Ukraine dans les structures européennes et euro-atlantiques.
3. Les États-Unis reconnaissent les progrès de l’Ukraine en matière de réformes, notamment les avancées en matière de réforme de la défense et de l’industrie de la défense, la mise en place d’institutions
indépendantes de lutte contre la corruption, la réforme foncière, la gouvernance locale et la décentralisation, et la numérisation. Les États-Unis ont l’intention de continuer à soutenir la poursuite des réformes du secteur de l’application des lois et de la justice, conformément aux meilleures pratiques internationales, afin de renforcer la confiance du public dans les institutions chargées de faire respecter l’État de droit en Ukraine.
4. Les États-Unis et l’Ukraine ont l’intention de continuer à coopérer étroitement pour promouvoir le souvenir, y compris une sensibilisation accrue du public à l’Holodomor de 1932-1933 en Ukraine, et à d’autres brutalités commises à l’intérieur et à l’encontre de l’Ukraine dans le passé.
5. Les États-Unis et l’Ukraine confirment l’importance de faire progresser le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales conformément aux engagements et obligations internationaux, ainsi que de lutter contre le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme et la discrimination, y compris à l’égard des Roms et des membres des communautés LGBTQI+.
6. Les États-Unis et l’Ukraine partagent le désir de renforcer nos liens entre les peuples et d’améliorer nos échanges culturels, éducatifs et professionnels qui favorisent l’innovation, la recherche scientifique, l’esprit d’entreprise et augmentent la compréhension mutuelle entre nos peuples.
Section IV : Transformation économique
Les États-Unis et l’Ukraine ont l’intention d’étendre leur coopération afin de soutenir la réforme économique, d’améliorer la création d’emplois, de favoriser la croissance économique, d’appuyer les efforts déployés dans le cadre du Conseil américano-ukrainien pour le commerce et l’investissement afin d’élargir l’accès au marché des biens et des services et d’améliorer l’environnement d’investissement, notamment en renforçant la protection et l’application de la propriété intellectuelle. L’adoption et la mise en œuvre continues de réformes par l’Ukraine sont essentielles pour garantir que son économie profite à l’ensemble de sa population. Les États-Unis soutiennent l’ambitieux plan de transformation de l’économie ukrainienne visant à réformer et moderniser les secteurs clés et à promouvoir les investissements. Les États-Unis et l’Ukraine reconnaissent la nécessité de faire progresser la sécurité énergétique de l’Ukraine et de prendre des mesures urgentes pour lutter contre le changement climatique par des solutions politiques durables, efficaces et soutenues par une réforme en cours de la gouvernance d’entreprise.
- Les États-Unis et l’Ukraine ont l’intention de renforcer leurs liens économiques et commerciaux, de promouvoir la libéralisation des conditions commerciales et de faciliter l’accès aux marchés des biens et des services. Les États-Unis ont l’intention de soutenir les efforts de l’Ukraine pour créer un environnement d’investissement robuste fondé sur les principes de l’État de droit, d’un système judiciaire équitable, de la transparence, du respect des droits des travailleurs, des innovations et de la numérisation, et de solides protections de la propriété intellect
3. Les États-Unis reconnaissent les progrès de l’Ukraine en matière de réformes, notamment les avancées en matière de réforme de la défense et de l’industrie de la défense, la mise en place d’institutions
indépendantes de lutte contre la corruption, la réforme foncière, la gouvernance locale et la décentralisation, et la numérisation. Les États-Unis ont l’intention de continuer à soutenir la poursuite des réformes du secteur de l’application des lois et de la justice, conformément aux meilleures pratiques internationales, afin de renforcer la confiance du public dans les institutions chargées de faire respecter l’État de droit en Ukraine.
4. Les États-Unis et l’Ukraine ont l’intention de continuer à coopérer étroitement pour promouvoir le souvenir, y compris une sensibilisation accrue du public à l’Holodomor de 1932-1933 en Ukraine, et à d’autres brutalités commises à l’intérieur et à l’encontre de l’Ukraine dans le passé.
5. Les États-Unis et l’Ukraine confirment l’importance de faire progresser le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales conformément aux engagements et obligations internationaux, ainsi que de lutter contre le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme et la discrimination, y compris à l’égard des Roms et des membres des communautés LGBTQI+.
6. Les États-Unis et l’Ukraine partagent le désir de renforcer nos liens entre les peuples et d’améliorer nos échanges culturels, éducatifs et professionnels qui favorisent l’innovation, la recherche scientifique, l’esprit d’entreprise et augmentent la compréhension mutuelle entre nos peuples.
Section IV : Transformation économique
Les États-Unis et l’Ukraine ont l’intention d’étendre leur coopération afin de soutenir la réforme économique, d’améliorer la création d’emplois, de favoriser la croissance économique, d’appuyer les efforts déployés dans le cadre du Conseil américano-ukrainien pour le commerce et l’investissement afin d’élargir l’accès au marché des biens et des services et d’améliorer l’environnement d’investissement, notamment en renforçant la protection et l’application de la propriété intellectuelle. L’adoption et la mise en œuvre continues de réformes par l’Ukraine sont essentielles pour garantir que son économie profite à l’ensemble de sa population. Les États-Unis soutiennent l’ambitieux plan de transformation de l’économie ukrainienne visant à réformer et moderniser les secteurs clés et à promouvoir les investissements. Les États-Unis et l’Ukraine reconnaissent la nécessité de faire progresser la sécurité énergétique de l’Ukraine et de prendre des mesures urgentes pour lutter contre le changement climatique par des solutions politiques durables, efficaces et soutenues par une réforme en cours de la gouvernance d’entreprise.
1. Les États-Unis et l’Ukraine ont l’intention de renforcer leurs liens économiques et commerciaux, de promouvoir la libéralisation des conditions commerciales et de faciliter l’accès aux marchés des biens et des services. Les États-Unis ont l’intention de soutenir les efforts de l’Ukraine pour créer un environnement d’investissement robuste fondé sur les principes de l’État de droit, d’un système judiciaire équitable, de la transparence, du respect des droits des travailleurs, des innovations et de la numérisation, et de solides protections de la propriété intellectuelle.
5. Les États-Unis et l’Ukraine entendent poursuivre leur coopération dans l’exploration et l’utilisation de l’espace extra-atmosphérique à des fins pacifiques, et dans la mise en œuvre d’autres initiatives mutuellement bénéfiques dans le cadre de la coopération scientifique et technologique bilatérale.
6. Les États-Unis et l’Ukraine réaffirment la nécessité de renforcer l’infrastructure sanitaire de l’Ukraine et sa capacité à réagir et à gérer les pandémies, telles que la pandémie de COVID-19. Les États-Unis ont l’intention de continuer à explorer les voies permettant de fournir à l’Ukraine une assistance pour atteindre ces objectifs.
La présente Charte remplace la Charte de partenariat stratégique entre les États-Unis et l’Ukraine, signée à Washington le 19 décembre 2008. Les États-Unis et l’Ukraine ont l’intention de réviser cette Charte tous les dix ans ou plus tôt si les deux parties estiment que des changements sont nécessaires.
***
Source: president.gov.ua/en
Discours à la 58e Conférence de Munich sur la sécurité prononcé le 19 février 2022 [traduit de l’ukrainien par le gouvernement ukrainien].
Volodymyr Zelenskyy
L’Ukraine veut la paix. L’Europe veut la paix. Le monde dit qu’il ne veut pas se battre, et la Russie dit qu’elle ne veut pas attaquer. Quelqu’un ment. Ce n’est pas un axiome, mais ce n’est plus une hypothèse.
Mesdames et messieurs !
Il y a deux jours, j’étais au Donbass, sur la ligne de démarcation. Légalement – entre l’Ukraine et les territoires temporairement occupés. En fait, la ligne de délimitation entre la paix et la guerre. Où d’un côté il y a un jardin d’enfants, et de l’autre côté il y a un projectile qui l’a touché. D’un côté il y a une école, de l’autre côté il y a un projectile qui frappe la cour de l’école.
Et à côté, il y a 30 enfants qui vont… non, pas à l’OTAN, mais à l’école. Il y a des cours de physique. Connaissant ses lois de base, même les enfants comprennent à quel point les déclarations selon lesquelles les bombardements sont effectués par l’Ukraine semblent absurdes. Quelqu’un a des cours de mathématiques. Les enfants peuvent calculer la différence entre le nombre de bombardements de ces trois jours et les occasions de mentionner l’Ukraine dans le rapport de sécurité de Munich de cette année, sans calculatrice.
Et quelqu’un a des cours d’histoire. Et lorsqu’un cratère de bombe apparaît dans la cour de l’école, les enfants se posent une question : le monde a-t-il oublié ses erreurs du XXe siècle ?
À quoi mènent les tentatives d’apaisement ? Comme la question “Pourquoi mourir pour Danzig ?” s’est transformée en nécessité de mourir pour Dunkerque et des dizaines d’autres villes d’Europe et du monde. Au prix de dizaines de millions de vies. Ce sont de terribles leçons de l’histoire. Je veux juste m’assurer que vous et moi lisons les mêmes livres. Ainsi, nous avons la même compréhension de la réponse à la question principale :
comment se fait-il qu’au XXIe siècle, l’Europe soit à nouveau en guerre et que des gens meurent ? Pourquoi cela dure-t-il plus longtemps que la Seconde Guerre mondiale ? Comment en sommes-nous arrivés à la plus grande crise de sécurité depuis la guerre froide ? Pour moi, en tant que président d’un pays qui a perdu une partie de son territoire, des milliers de personnes et aux frontières duquel se trouvent désormais 150 000 soldats, équipements et armes lourdes russes, la réponse est évidente.
L’architecture de la sécurité mondiale est fragile et doit être mise à jour. Les règles sur lesquelles le monde s’est mis d’accord il y a plusieurs décennies ne fonctionnent plus. Elles ne tiennent pas compte des nouvelles menaces. Elles ne sont pas efficaces pour les surmonter. Il s’agit d’un sirop contre la toux alors que vous avez besoin d’un vaccin contre le coronavirus. Le système de sécurité est lent. Il se plante à nouveau. À cause de différentes choses : égoïsme, confiance en soi, irresponsabilité des États au niveau mondial. En conséquence, nous avons les crimes des uns et l’indifférence des autres. Une indifférence qui vous rend complice. Il est symbolique que je parle de cela ici-même. C’est ici, il y a 15 ans, que la Russie a annoncé son intention de défier la sécurité mondiale. Qu’a dit le monde ? Apaisement. Résultat ? Au moins – l’annexion de la Crimée et l’agression contre mon État.
L’ONU, qui est censée défendre la paix et la sécurité mondiale, ne peut pas se défendre elle-même. Lorsque sa Charte est violée. Lorsque l’un des membres du Conseil de sécurité de l’ONU annexe le territoire de l’un des membres fondateurs de l’ONU. Et l’ONU elle-même ignore la Plate-forme Crimée, dont l’objectif est de désoccuper la Crimée pacifiquement et de protéger les droits des Criméens. Il y a trois ans, c’est ici qu’Angela Merkel a déclaré : “Qui va ramasser les débris de l’ordre mondial ? Seulement nous tous, ensemble”. Le public a fait une ovation. Mais, malheureusement, les applaudissements collectifs ne se sont pas transformés en action collective. Et maintenant, alors que le monde parle de la menace d’une grande guerre, la question se pose : reste-t-il quelque chose à ramasser ? L’architecture de sécurité en Europe et dans le monde est presque détruite. Il est trop tard pour penser à des réparations, il est temps de construire un nouveau système. L’humanité l’a fait deux fois, en payant un prix trop élevé – deux guerres mondiales. Nous avons une chance de briser cette tendance jusqu’à ce qu’elle devienne un modèle constant. Et de commencer à construire un nouveau système avant de faire des millions de victimes. En tirant les leçons de la première et de la deuxième guerre mondiale, et non notre propre expérience d’une éventuelle troisième, Dieu nous en préserve.
J’en ai parlé ici. Et à la tribune de l’ONU. Qu’au XXIe siècle, il n’y a plus de guerres étrangères. Que l’annexion de la Crimée et la guerre au Donbass affectent le monde entier. Et ce n’est pas une guerre en Ukraine, mais une guerre en Europe. Je l’ai dit lors de sommets et de forums. En 2019, 2020, 2021. Le monde sera-t-il capable de m’entendre en 2022 ?
Ce n’est plus une hypothèse, mais pas encore un axiome. Pourquoi ? Des preuves sont nécessaires. Plus important que les mots sur Twitter ou les déclarations dans les médias. Il faut agir. C’est le monde qui en a besoin, pas seulement nous.
Nous défendrons notre terre avec ou sans le soutien de partenaires. Qu’ils nous donnent des centaines d’armes modernes ou cinq mille casques. Nous apprécions toute aide, mais chacun doit comprendre qu’il ne s’agit pas de contributions charitables que l’Ukraine devrait demander ou rappeler.
Ce ne sont pas des gestes nobles pour lesquels l’Ukraine devrait s’incliner. Il s’agit de votre contribution à la sécurité de l’Europe et du monde. L’Ukraine a été un bouclier fiable pendant huit ans. Et pendant huit ans, elle a repoussé l’une des plus grandes armées du monde. Qui se tient le long de nos frontières, pas des frontières de l’UE. Et les roquettes Grad frappent Mariupol, pas les villes européennes. Et après presque six mois de combats, l’aéroport de Donetsk a été détruit, pas celui de Francfort. Et il fait toujours chaud dans la zone industrielle d’Avdiivka – il y faisait chaud ces derniers jours, pas à Montmartre. Et aucun pays européen ne sait ce que sont les enterrements militaires quotidiens dans toutes les régions. Et aucun dirigeant européen ne sait ce que sont des rencontres régulières avec les familles des défunts.
Quoi qu’il en soit, nous défendrons notre beau pays, qu’il y ait 50 000, 150 ou un million de soldats de n’importe quelle armée à la frontière. Pour vraiment aider l’Ukraine, il n’est pas nécessaire de dire combien de militaires et d’équipements militaires se trouvent à la frontière. Dites quels chiffres nous avons.
Pour vraiment aider l’Ukraine, il n’est pas nécessaire de parler constamment des dates de l’invasion probable. Nous défendrons notre terre le 16 février, le 1er mars et le 31 décembre. Nous avons bien plus besoin d’autres dates. Et tout le monde comprend parfaitement lesquelles.
Demain, en Ukraine, c’est le Jour des Héros des Cent Cieux. Il y a huit ans, les Ukrainiens ont fait leur choix, et beaucoup ont donné leur vie pour ce choix. Huit ans plus tard, l’Ukraine doit-elle constamment demander la reconnaissance de la perspective européenne ? Depuis 2014, la Russie convainc que nous avons choisi la mauvaise voie, que personne ne nous attend en Europe. L’Europe ne devrait-elle pas constamment dire et prouver par des actions que ce n’est pas vrai ? L’UE ne devrait-elle pas dire aujourd’hui que ses citoyens sont positifs quant à l’adhésion de l’Ukraine à l’Union ? Pourquoi évitons-nous cette question ? L’Ukraine ne mérite-t-elle pas des réponses directes et honnêtes ? Cela vaut également pour l’OTAN. On nous dit : la porte est ouverte. Mais jusqu’à présent, l’accès n’est autorisé que sur autorisation. Si tous les membres de l’Alliance ne veulent pas nous voir ou si tous les membres de l’Alliance ne veulent pas nous voir, soyez honnêtes. Les portes ouvertes, c’est bien, mais nous avons besoin de réponses ouvertes, pas de questions ouvertes pendant des années. Le droit à la vérité n’est-il pas l’une de nos meilleures opportunités ? Le meilleur moment pour cela est le prochain sommet à Madrid. La Russie affirme que l’Ukraine cherche à rejoindre l’Alliance pour rendre la Crimée par la force. Il est gratifiant que les mots “rendre la Crimée” apparaissent dans leur rhétorique. Mais ils ont lu inattentivement l’article 5 de la Charte de l’OTAN : l’action collective est destinée à la protection, pas à l’offensive. La Crimée et les régions occupées du Donbass reviendront certainement à l’Ukraine, mais seulement de manière pacifique.
L’Ukraine met en œuvre de manière cohérente les accords de Normandie et les accords de Minsk. Leur fondement est la reconnaissance incontestable de l’intégrité territoriale et de l’indépendance de notre État. Nous recherchons un règlement diplomatique du conflit armé. Note : uniquement sur la base du droit international.
Alors, que se passe-t-il réellement dans le processus de paix ? Il y a deux ans, nous avons convenu avec les présidents de la France, de la Fédération de Russie et le chancelier allemand d’un cessez-le-feu total. Et l’Ukraine respecte scrupuleusement ces accords. Nous faisons preuve de la plus grande retenue possible dans un contexte de provocations constantes. Nous faisons constamment des propositions dans le format Normandie et du Groupe de contact trilatéral. Et que voyons-nous ? Des obus et des balles de l’autre côté. Nos soldats et nos civils sont tués et blessés, et les infrastructures civiles sont détruites.
Les derniers jours ont été particulièrement illustratifs. Des centaines de bombardements massifs avec des armes interdites par les accords de Minsk. Il est également important de cesser de restreindre l’admission des observateurs de l’OSCE à l’AOT de l’Ukraine. Ils sont menacés. Ils sont intimidés. Toutes les questions humanitaires sont bloquées.
Il y a deux ans, j’ai signé une loi sur l’admission inconditionnelle des représentants des organisations humanitaires auprès des détenus. Mais ils ne sont tout simplement pas admis dans les territoires temporairement occupés. Après deux échanges de captifs, le processus a été bloqué, bien que l’Ukraine ait fourni des listes agréées. La torture inhumaine pratiquée dans la tristement célèbre prison d’isolement de Donetsk est devenue un symbole des violations des droits de l’homme.
Les deux nouveaux postes de contrôle que nous avons ouverts en novembre 2020 dans la
région de Louhansk ne fonctionnent toujours pas – et nous assistons ici à une obstruction
pure et simple sous des prétextes inventés.
L’Ukraine fait tout ce qui est en son pouvoir pour avancer immédiatement dans processus de
négociation. Dans le TCG dans le processus de Minsk nous avons fait des propositions mais
tout est bloqué Personne n’en parle.
Mais cela ne signifie pas que la recherche de la paix se limite seulement à cela. Nous
sommes prêts à chercher la clé de la fin de la guerre dans tous les formats et plateformes
possibles : Paris, Berlin, Minsk. Istanbul, Genève, Bruxelles, New York, Pékin – peu importe
où dans le monde pour négocier la paix en Ukraine.
Peu importe que quatre, sept ou cent pays y participent, l’essentiel est que l’Ukraine et la
Russie en fassent partie. Ce qui est vraiment important, c’est de comprendre que la paix
n’est pas seulement nécessaire pour nous, le monde a besoin de la paix en Ukraine. La paix
et la restauration de l’intégrité territoriale à l’intérieur de frontières internationalement
reconnues. C’est la seule voie possible. Et j’espère que personne ne pense à l’Ukraine
comme à une zone tampon pratique et éternelle entre l’Occident et la Russie. Cela n’arrivera
jamais. Personne ne le permettra.
Sinon, qui sera le prochain ? Les pays de l’OTAN devront-ils se défendre mutuellement ? Je
veux croire que le traité de l’Atlantique Nord et son article 5 seront plus efficaces que le
mémorandum de Budapest. L’Ukraine a reçu des garanties de sécurité pour avoir abandonné
la troisième capacité nucléaire du monde. Nous n’avons pas cette arme. Nous n’avons pas
non plus de sécurité. Nous n’avons pas non plus une partie du territoire de notre État dont la
superficie est plus grande que celle de la Suisse, des Pays-Bas ou de la Belgique. Et le plus
important – nous n’avons pas des millions de citoyens. Nous n’avons pas tout cela.
Par conséquent, nous avons quelque chose. Le droit d’exiger le passage d’une politique
d’apaisement à l’assurance de garanties de sécurité et de paix.
Depuis 2014, l’Ukraine a essayé à trois reprises de convoquer des consultations avec les
États garants du Mémorandum de Budapest. Trois fois sans succès. Aujourd’hui, l’Ukraine va
le faire pour la quatrième fois. Moi, en tant que président, je le ferai pour la première fois.
Mais l’Ukraine et moi-même le faisons pour la dernière fois. Je lance des consultations dans
le cadre du Mémorandum de Budapest. Le ministre des Affaires étrangères a été chargé de
les convoquer. Si elles ne se reproduisent pas ou si leurs résultats ne garantissent pas la
sécurité de notre pays, l’Ukraine sera en droit de penser que le Mémorandum de Budapest
ne fonctionne pas et que toutes les décisions globales de 1994 sont remises en question.
Je propose également de convoquer un sommet des membres permanents du Conseil de
sécurité des Nations unies dans les prochaines semaines, avec la participation de l’Ukraine,
de l’Allemagne et de la Turquie, afin de relever les défis de la sécurité en Europe. Et
d’élaborer de nouvelles garanties de sécurité efficaces pour l’Ukraine. Des garanties
aujourd’hui, tant que nous ne sommes pas membres de l’Alliance et que nous sommes en
fait dans la zone grise – dans un vide sécuritaire.
Que pouvons-nous faire d’autre maintenant ? Continuer à soutenir efficacement l’Ukraine et
ses capacités de défense. Fournir à l’Ukraine une perspective européenne claire, les outils de
soutien disponibles pour les pays candidats, et des délais clairs et complets pour rejoindre
l’Alliance. Soutenir la transformation de notre pays. Créez un Fonds de stabilité et de
reconstruction pour l’Ukraine, un programme de location de terres, la fourniture d’armes, de
machines et d’équipements de pointe pour notre armée – une armée qui protège l’ensemble
de l’Europe.
Développer un ensemble efficace de sanctions préventives pour dissuader toute agression.
Garantir la sécurité énergétique de l’Ukraine, assurer son intégration dans le marché
énergétique de l’UE lorsque Nord Stream 2 est utilisé comme une arme.
Toutes ces questions appellent des réponses.
Jusqu’à présent, nous avons le silence à la place des réponses. Et tant qu’il y aura du silence,
il n’y aura pas de silence à l’est de notre État. C’est-à-dire – en Europe. C’est-à-dire dans le
monde entier. J’espère que le monde entier le comprendra enfin, que l’Europe le
comprendra.
Mesdames et messieurs !
Je remercie tous les Etats qui ont soutenu l’Ukraine aujourd’hui. En paroles, en déclarations,
en aide concrète. Ceux qui sont à nos côtés aujourd’hui. Du côté de la vérité et du droit
international. Je ne vous appelle pas par votre nom – je ne veux pas que d’autres pays aient
honte. Mais c’est leur affaire, c’est leur karma. Et c’est sur leur conscience. Cependant, je ne
sais pas comment ils pourront expliquer leurs actions aux deux soldats tués et aux trois
blessés en Ukraine aujourd’hui.
Et surtout, à trois filles de Kiev. L’une a dix ans, la deuxième six ans et la troisième un an
seulement. Aujourd’hui, elles se sont retrouvées sans père. À 6 heures du matin, heure
d’Europe centrale. Quand l’officier de renseignement ukrainien, le capitaine Anton Sydorov,
a été tué à la suite de tirs d’artillerie interdits par les accords de Minsk. Je ne sais pas ce qu’il
pensait au dernier moment de sa vie. Il ne savait certainement pas quel agenda il fallait
respecter pour mettre fin à la guerre. Mais il connaît exactement la réponse à la question
que j’ai posée au début. Il sait exactement qui de nous ment.
Que sa mémoire vive à jamais. Que la mémoire de tous ceux qui sont morts aujourd’hui et
pendant la guerre dans l’est de notre État vive à jamais.
Merci
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