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Blog d'actualité politique

Valère Staraselski : Contribution au 39 è Congrès du PCF

Publié le 4 Mars 2023 par Vendémiaire in France-Politique - société

Valère Staraselski : Contribution au 39 è Congrès du PCF

Contribution au 39 è Congrès du PCF

Fédération de Seine et Marne

Section de Meaux

 

Chapitre IV, L’actualité brûlante du projet communiste,  partie 3, Le chemin : une révolution dans l’économie, dans l’écologie, dans toutes les relations entre les êtres humains, au paragraphe : « Le projet communiste passe par une révolution des relations entre générations, du travail, de la politique, de la culture », on peut lire :

« Au-delà du dépassement des marchés, le projet communiste mène, à terme, au dépassement du travail lui-même comme forme contrainte des activités de production. Poussé jusqu’à son but final, il mène au dépassement des nations, de l’argent, de l’Etat… au communisme. »

Je propose le remplacement de contrainte par aliénée

ainsi que la suppression de : « Poussé jusqu’à son but final, il mène au dépassement des nations, de l’argent, de l’Etat… au communisme. »

Pourquoi ?

 Sur le dépassement du travail comme forme contrainte des activités de production, je remplacerais contrainte par aliénée, car et demeure et demeurera la nécessité. Souvenons-nous de Marx : « De même que l’homme primitif doit lutter contre la nature pour pourvoir à ses besoins, se maintenir en vie et se reproduire, l’homme civilisé est forcé, lui aussi, de le faire et de le faire quels que soient la structure de société et le mode de production. Avec son développement s’étend également le domaine de la nécessité naturelle, parce que les besoins augmentent ; mais en même temps s’élargissent les forces productives pour les satisfaire. En ce domaine, la seule liberté possible est que l’homme social, les producteurs associés, règlent rationnellement leurs échanges avec la nature, qu’ils la contrôlent ensemble au lieu d’être dominés par sa puissance aveugle et qu’ils accomplissent ces échanges en dépensant le minimum de force et dans les conditions les plus dignes, les plus conformes à leur nature humaine. Mais cette activité constituera toujours le royaume de la nécessité. C’est au-delà que commence le développement des forces humaines comme fin en soi, le véritable royaume de la liberté qui ne peut s’épanouir qu’en se fondant sur l’autre royaume, sur l’autre base, celle de la nécessité. La condition essentielle de cet épanouissement est la réduction de la journée de travail. » (Capital, 1867, livre III, chap. 48)   

 Cette nécessité donc qui explique que l’humain peut être envisagé anthropologiquement en tant qu’homo faber, un humain fabricant, un humain qui fait. Dit autrement par Alain Supiot, auteur de Le Travail n’est pas une marchandise : « Par son travail, l’homo faber transforme son milieu en même temps qu’il se transforme lui-même dans l’épreuve de cette transformation ». Ce qui explique du reste que « La question du travail et la question écologique sont ainsi indissociables ». S’agissant du travail, la revendication de classe qui devient, semble-t-il, centrale ou en tout cas telle qu’elle émerge de plus en plus, consiste à redonner du sens au travail, pour reprendre le titre d’un ouvrage de Coralie Perez et Thomas Coutrot. A le libérer, à le désaliéner de la finance. Je me permets également de renvoyer au Manifeste travail démocratiser, démarchandiser, dépolluer d’Isabelle Ferreras, Julie Battilana et Dominique Méda sans oublier L’insoutenable subordination des salariés de Danièle Linhart. Autant d’ouvrages engagés pour une action émancipatrice.

Sur la nation, même si la forme nation est historiquement marquée, reconnaissons cependant qu’en ce début de 21 é siècle, au contraire de son effacement, nous assistons à un affermissement de cette réalité. Constatons que depuis la fin de l’URSS et de la Yougoslavie, le nombre d’Etats compris comme « personnification juridique d’une nation » (Maurice Hauriou) a augmenté. Les trois petites nations baltes, par exemple, ont choisi la forme de l’Etat unitaire plutôt que celle de la forme fédérale.

C’est un fait tangible, loin d’être moribondes, non seulement les nations bougent encore, mais certaines de celles-ci entendent exister en tant que telles : Palestine, Ukraine … Sans verser dans le nationalisme et pour s’en tenir au sentiment national bien compris et parfaitement légitime, pour l’heure, prenons acte que l’abaissement de la nation, de sa souveraineté, revient à un abaissement de la démocratie. Donc, ne laissons pas le terrain aux nationalistes en anticipant le non avenir de la forme nation de la sorte..

Sur l’Etat, et sans préjuger de l’avenir, l’Histoire montre qu’on ne peut plus réduire l’Etat à un appareil de violence et d’oppression au service d’une classe. Depuis Octobre 17, il y a eu, en ce domaine, des avancées et des conquis pour les travailleurs, la preuve par les coups de boutoir du capitalisme mondialisé qui tente depuis les années 1980 de détruire ce qu’il y a de communisme dans l’Etat afin de le mettre entièrement au service d’une économie prédatrice, financiarisée, destructrice et de plus en plus guerrière, d’une société consumériste et déresponsabilisée. L’urgence n’est-elle pas de sortir d’une vision, en quelque sorte, de subordination à l’existant pour au contraire investir et s’approprier les pouvoirs publics concentrés dans l’Etat ? Et ce, au service de l’intérêt général, « du travail et de la solidarité » ainsi que le préconise le fondateur du PCI, Antonio Gramsci, pour qui « il n’existe pas de société sinon dans un Etat, source de tout droit et de tout devoir ». Et de gagner du communisme. A commencer par l’inscription dans la Constitution de la citoyenneté à l’intérieur des entreprises, c’est-à-dire que la voix des salariés pèsent autant que celles des actionnaires dans les décisions concernant l’activité et les buts de l’entreprise. Notre responsabilité n’est-elle pas que l’Etat soit envisagé pour ce qu’il est : un instrument politique et juridique. Pour les progressistes, le reconnaître et agir en conséquence est assurément un projet en soi.

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