Malgré leurs divergences, les 27 de l'UE se sont entendus avec l'Ukraine et l’Otan pour organiser une réunion, deux jours avant le sommet des dirigeants russe et états-unien en Alaska. Mais pourquoi faire d'utile à la paix ? Pourquoi les présences de l'OTAN (outil pour mener des guerres malgré le droit international) et de l'Ukraine (non membre de l'OTAN et non membre de l'U.E) ?
C’est dans la précipitation que les ministres des Affaires étrangères de l’U.E se sont retrouvés lundi. N'ayant aucune maîtrise des discussions-négociations en cours entre les présidents russe et états-unien, les 27 ont convoqué cette rencontre en amont de celle prévue entre Trump et Poutine le 15 août en Alaska. La situation est ubuesque. Le porte-parole du chancelier allemand, Merz, a annoncé que l'U.E était parvenue à revenir par la petite porte. Une réunion – virtuelle celle-ci – doit avoir lieu le 13 août entre les dirigeants des principaux pays européens, ceux de l’Otan, Trump et son vice-président Vance et Zelensky.
La rencontre des dirigeants européens, pour la forme et exister !
Les discussions porteraient sur les questions « relatives aux revendications territoriales et aux garanties de sécurité » et d’éventuelles « actions supplémentaires » a précisé Stefan Kornelius au nom de Friedrich Merz. Comble de l’humiliation, ce dernier souhaite que Zelensky, puisse être présent en Alaska… même dans un autre bâtiment que celui où se retrouveront Trump et Poutine ! Comme s’il n’y croyait pas lui-même, ce dernier s’est contenté d’un message sur Facebook qui jette de l'huile sur le feu en affirmant « Les concessions ne persuadent pas un tueur » Il tente ainsi de peser sur la rencontre en Alaska comme si la recherche de la paix n'était pas pour lui, sa priorité.
Tout laisse à penser qu’un éventuel accord entre Trump et Poutine est possible. La Russie, qui contrôle 20 % du territoire ukrainien, s'appuie sur le rapport des forces militaires obtenu pour légitimer son ambition : conserver une sorte de corridor qui irait de Lougansk, Donetsk, Zaporijjia et Kherson jusqu’à la Crimée, annexée en 2014. Ce à quoi Kiev s’oppose estimant que c’est la ligne de front actuelle qui doit servir de base aux discussions ? Moscou propose aussi que l’Ukraine renonce à toute adhésion à l’Otan et aux livraisons d’armes occidentales. Ce mémorandum est connu depuis longtemps. Ce sont les causes premières de l'intervention militaire russe après la guerre civile menée par Kiev depuis 2014, aux peuples russophones de ces territoires et qui a fait 14 000 morts au minimum, suite au coup d'Etat de Maïdan !
Dans une déclaration, 5 pays de l'UE (Paris, Rome, Berlin, Varsovie et Helsinki) insistent auprès d'Ursula von der Leyen, que « les frontières internationales ne doivent être modifiées par la force ». Donald Trump a déjà affirmé qu’il n’entendait pas envoyer de force de maintien de la paix en Ukraine. Ainsi, l’UE ignorée car non active pour la diplomatie et la paix, entend afficher une unité de façade. Ce qu’elle n’est pas parvenue à faire sur nombre de sujets brûlants, dont Gaza. Dans le cas de l'Ukraine, elle veut avoir un prétexte pour poursuivre par procuration à l'Ukraine la guerre contre la Russie.
L'OTAN déjà présente et active en Ukraine !
Si certains Etats de l'Union Européenne sont prêts à consacrer des moyens militaires et financiers pour cela, d'autres sont plus réticents. Peu pensent possible de voir la Russie vaincue militairement d'autres pousse au crime cherchent à mondialiser un peu plus le conflit qui l'est déjà avec la présence des bases de l'OTAN aux frontières russes, révélées par un article du New York Times sur l'action de la CIA en Ukraine depuis 2014 ! (Ci-dessous un court résumé par l'administration du blog)
La CIA a financé des bases militaires ukrainiennes de renseignement. Elles seraient au nombre de douze, établies le long de la frontière russe et seraient toujours en activité malgré les bombardements. Le 24 février 2014, Nalyvaichenko nommé à la tête du renseignement ukrainien, contacte les chefs de la CIA et du MI6, l’espionnage britannique. «C’est ainsi que tout a commencé», explique-t-il.
Les Américains posent des conditions : les Ukrainiens seront aidés et financés, mais ne doivent pas donner des informations qui conduiraient à des morts. En 2015, Kondratiuk, chef du renseignement militaire ukrainien, le GUR, apporte au chef-adjoint de la CIA une pile de documents contenant des informations détaillées sur la conception des sous-marins nucléaires russes. En 2016, les Ukrainiens lancent une campagne d’assassinats ciblés, malgré les réticences américaines. Ces derniers râlent, mais devant l’efficacité du renseignement ukrainien poursuivent leur soutien. Kondratiuk, reçoit l’aide américaine pour moderniser ses «antennes», ses capacités d’écoute en échange d’un partage d’informations. La CIA a lancé un programme pour former des ukrainiens dans le cadre de l'«opération Goldenfish». Les officiers sont déployés dans les bases militaires le long de la frontière russe.
Ce partenariat comporte un défaut : les États-Unis sont formels, ils n’encourageront pas les Ukrainiens à mener des opérations clandestines en Russie. Après avoir essuyé un refus pour une opération sur le territoire russe à Rostov, Kondratiuk envoie en Crimée occupée un commando déguisé avec des uniformes russes et entraînée par la CIA. Ils sont repérés, le fiasco est total.
Sous la présidence de Trump, et malgré son ambition de renouer avec Poutine, les agents ukrainiens passent de 80 à 800 dans les bases financées par la CIA. En 2020, au cours d’une réunion à la Haye, la CIA, le MI6 et les renseignements néerlandais et ukrainiens scellent une entente pour mettre en commun leurs renseignements sur la Russie. Les britanniques et les américains annoncent dès novembre 2021 que la Russie va envahir l’Ukraine. Cependant, le gouvernement de Kiev semble ou feint de ne pas y croire.
Après l’invasion, Washington autorise ses agences d’espionnage à aider l’Ukraine dans ses opérations commandos et secrètes. Les localisations de bases militaires russes ou encore des listes de noms sont échangées. La CIA et le GUR ont, preuve de la force des échanges de renseignements, construit deux nouvelles bases.
Ce sont des milliards de dollars américains gâchés pour peu de résultats tangibles auxquels s'ajoutent le coût des matériels militaires. On peut comprendre que devant un tel gâchis, les américains cherchent à se désengager et à arrêter de remplir le gouffre sans fond que représente la guerre en Ukraine, pays en faillite.
L'Europe doit payer...pour la guerre !
Ce retrait des américains signifie aussi que le budget de soutien à l'Ukraine incombera à l’UE qui a capitulé devant Trump. Non seulement l’Europe a accepté de monter sa contribution à l’OTAN à 5% du PIB de chacun des 27 Etats (mais le commandement sera toujours américain), d'acheter des armes aux USA et d'apporter une aide financière à l'Ukraine au point que pour la première fois le budget d’aide à l’Ukraine est supérieur à celui des américains !
Tout type d’aides confondues, la différence est importante. Ce sont 167,4 milliards qui ont été déjà engagés par l’Europe, avec un projet de 90 milliards supplémentaires prévus, contre 114,6 milliards côté américain. C’est la première fois depuis juin 2022 que les Européens devancent les États-Unis sur le terrain militaire. Par exemple, en mai et juin 2025, l’Europe a ajouté 10,5 milliards d’euros de soutien à la note. L’Allemagne participe 5 milliards, la Norvège pour 1,5 milliard, la Belgique pour 1,2 milliard. Le Royaume-Uni et le Danemark participent pour entre 500 et 600 millions. Par ailleurs, la moitié de cette enveloppe, 44%, correspond à des contrats avec des fabricants européens, parfois même installés en Ukraine.
En l’espèce, la réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères de l’UE semble avoir eu lieu pour la forme, tenter de faire obstacle au processus de discussions engagé et qui se poursuit en Alaska. Une rencontre pour exister comme si les dirigeants Européens voulaient se convaincre qu’ils pèsent quelque chose.
Faute d’avoir activé la diplomatie plus tôt, ils doivent se contenter de préparer un dix-neuvième paquet de sanctions contre la Russie qui risquent d'avoir le même effet "boomerang contre leurs auteurs", comme les précédents.