Pour qui n’a pas bien analysé la véritable raison de l’existence de l’UE, la mesure qui vient d’être décidée par le Conseil de l’Europe, dans un arbitraire le plus total, peut susciter un profond effarement. En réalité, les économies capitalistes des principaux pays membres de l’UE sont acculées par la suraccumulation, la désindustrialisation, les délocalisations, les sanctions contre la Russie qui se retournent contre l’UE, l’agressivité des États-Unis, leur soit-disant « allié », la baisse tendancielle du taux de profit, leur recours à la dette pour gérer le pays, etc. Face à cela, les gouvernements ont trouvé une « solution » provisoire, la fuite en avant dans la guerre en Ukraine, même si elle est d’ores et déjà perdue, dans le surarmement, les mensonges et la haine... seule solution pour faire payer les peuples européens sans trop de protestation (?) devant les atteintes aux services publics, la santé, l’éducation nationale, la sécurité... Il y a une telle unanimité idéologique pour le surarmement et la guerre en Ukraine de la part des partis politiques (à quelques exceptions près), que la bourgeoisie ne pense pas que les travailleurs européens puissent se révolter. Pour cela, elle vient de lever 90 Mds d’emprunt auprès de la BCE : qui va payer sinon les peuples ?
Mais, elle a quand même peur, on ne sait jamais, c’est pourquoi il faut mieux montrer les crocs et faire quelques exemples. Et là, l’UE a été obligée de se découvrir en nous donnant à voir son vrai visage, celui du fascisme et de l’arbitraire : sans aucune décision de justice ni d’un quelconque tribunal, 12 personnes ont été sanctionnées par le Conseil de l’Europe, c’est-à-dire que leurs comptes ont été bloqués, leurs contrats résiliés, leurs avoirs saisis, avec interdiction de survoler les territoires de l’UE, donc de pouvoir rentrer chez eux ! Et sur quelle base a été prise une telle décision ? Tout simplement parce que ces 12 personnes ont osé émettre une opinion et des points de vue opposés à ceux des dirigeants européens : il n’y a rien de bien nouveau, c’est tout simplement un « délit d’opinion » ! Que leur reproche-t-on ? Et bien, de manière totalement absurde, d’être des « propagandistes du Kremlin » ! Pour qui connait, a lu des écrits ou écouté des interviews des personnes incriminées, cela relève vraiment de l’arbitraire le plus total ; d’ailleurs, sommes-nous en guerre contre la Russie ? A ce que je sache, la liberté d’opinion et d’expression est toujours libre dans nos pays, même si en Pologne et en Ukraine, les communistes sont interdits... Mais surtout, au nom de quoi de telles mesures contre ces 12 personnes devraient être appliquées par la police des États concernés : il n’y a aucune décision de justice et les instances européennes n’ont aucune compétence dans le domaine.
Le texte publié ci-dessous résume bien la situation et nous donne plus de précisions concernant les personnes incriminées et les conséquences de ces sanctions. Il est certains que de telles mesures n’ont pas fini de faire parler d’elles. Mais elles appellent surtout à l’action.
Nous, communistes, ne pouvons rester les bras ballants devant un évènement d’une telle gravité. Il m’apparait évident qu’un jour ou l’autre, nous risquons forts d’être concernés. La commission internationale du PCF, comme sur bien d’autres questions, est en-dessous de tout. Nous devons prendre une position résolue en faveur de ces personnes, même si nous ne partageons pas certains de leurs points de vue ou de leurs opinions. La fascisation du capitalisme a déjà commencée.
PB
Lundi 15 décembre 2025, le Conseil de l’Europe (CE) a rendu une décision sanctionnant un groupe de douze personnes, dont le colonel Jacques Baud, Xavier Moreau et Nathalie Yamb. Le colonel Baud était membre des services de renseignement stratégique suisses et responsable de la doctrine des opérations de maintien de la paix des Nations unies. Au sein de l’OTAN, il a participé à des programmes en Ukraine après le coup d’État de Maïdan entre 2014 et 2017. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages sur le renseignement, la guerre et le terrorisme. Xavier Moreau est journaliste et ancien officier militaire français, tandis que Nathalie Yamb est une militante et entrepreneuse suisse-camerounaise.
Aucune des personnes sanctionnées n’a été condamnée pour un crime. Elles ont plutôt été accusées par le CE de pensées incorrectes et de participation à des « activités déstabilisatrices de la Russie ». Le CE a déterminé que le colonel Baud est « responsable, met en œuvre ou soutient des actions ou des mesures politiques attribuables au gouvernement de la Fédération de Russie qui compromettent ou menacent la stabilité ou la sécurité d’un pays tiers (l’Ukraine) par son implication dans l’utilisation de la manipulation de l’information et de l’influence ».
Ayant suivi le colonel Baud et regardé nombre de ses interviews, je ne peux qu’être en désaccord avec la décision de la CE. Dans toutes ses interviews et ses écrits, il apparaît comme un universitaire réfléchi et rigoureux, s’appuyant sur des informations soigneusement vérifiées, provenant presque exclusivement de sources ukrainiennes ou occidentales. Je dirais qu’il a été une source très importante d’informations véridiques sur la guerre en Ukraine. Baud n’a jamais donné l’impression d’être pro-russe ou anti-ukrainien, mais plutôt un analyste soucieux de la vérité, qu’il a toujours transmise de manière sobre et rationnelle. Il a fait une déclaration concernant les sanctions de la CE à son encontre :
« Oui, j’ai été sanctionné pour "propagande russe". Le fait que je n’utilise jamais de documents russes pour mes livres, que je m’appuie exclusivement sur des informations ukrainiennes et occidentales, et que j’ai par conséquent refusé les invitations des médias russes, fait de moi un "propagandiste russe" ! Comme je l’ai indiqué dans mes livres, mon travail ne consiste pas à déterminer qui est bon et qui est mauvais, mais à montrer comment les médias déforment la réalité sur le terrain. Je voulais montrer qu’il est possible de mieux comprendre le conflit même sans informations russes. L’idée est que la manière dont nous comprenons une crise détermine la manière dont nous la résolvons ! Je n’avais pas réalisé à quel point j’avais raison. »
En effet, la vérité est un crime de pensée dangereux dans l’empire du mensonge, et le colonel Baud a donc dû être soumis à une punition exemplaire, y compris la saisie de ses biens.
Parce que nous pouvons…
Le Conseil de l’Europe a-t-il poursuivi le colonel Baud devant un tribunal ? L’a-t-il accusé d’avoir commis un acte illégal ? A-t-il été informé de ces accusations et a-t-il eu la possibilité de confronter ses accusateurs et de se défendre ? Rien de tout cela : le CE a prononcé les sanctions, un point c’est tout. Si le terme "sanctions" semble être un moyen clément de corriger une pensée incorrecte, ce n’est pas le cas. Ayant moi-même vu mon compte bancaire bloqué pendant six mois, j’ai pu constater à quel point cela peut être incroyablement débilitant. Du jour au lendemain, vous ne pouvez plus payer vos factures ni recevoir de paiements. Cela entraîne immédiatement une cascade de problèmes et de difficultés qui peuvent avoir des conséquences très graves.
Mme Nathalie Yamb a expliqué les effets de ces sanctions, les qualifiant de « peine de mort socio-économique » :
« … au début, j’ai complètement sous-estimé l’impact des sanctions. Mais mon sourire s’est rapidement effacé. À un rythme effréné, j’ai fait l’expérience des tentacules de l’extraterritorialité de l’anarchie européenne. L’une après l’autre, mes cartes de crédit sur des comptes en Suisse, en Afrique et en ligne ont été bloquées. Mes comptes eux-mêmes ont été bloqués. Mes cryptomonnaies étaient inaccessibles. Mon compte PayPal et GoFundMe ont été fermés. Il en a été de même pour mes comptes Amazon, AirBnB, Booking.com, Deezer et eBay. Tous les contrats ont été résiliés.
Je ne pouvais plus payer mon loyer, mes assurances, mes impôts, mes avocats ou mes médicaments. Je ne pouvais plus acheter de billet d’avion, écouter de la musique, regarder Netflix, prendre un Uber, passer une commande en ligne ou payer une note d’hôtel. Mais il y a mieux : je ne peux pas retourner en Suisse pour faire face à des urgences, car les sanctions comprennent une interdiction de survoler le territoire de l’Union européenne, même si la Suisse est complètement enclavée… Lorsque vous imposez une interdiction d’entrée, celle-ci doit être justifiée par le fait que la présence d’une personne donnée sur votre territoire ou dans votre espace aérien constitue un danger immédiat pour votre sécurité…
La peine de mort socio-économique, l’effacement civil auquel ils me condamnent sans procès, en m’empêchant de voyager, en me coupant de tout dans un environnement numérisé, la violence sans précédent qu’ils utilisent contre moi pour atteindre des objectifs politiques, en droit, cela s’appelle du terrorisme. Et ils l’utilisent non seulement pour me briser, mais aussi et surtout pour envoyer un message à ceux qui pourraient être tentés de penser et d’agir comme moi. »
Pour toute nation qui prétend adhérer à l’État de droit, il devrait être interdit à tout responsable politique d’agir en tant que procureur, juge et bourreau, et de soumettre des personnes à des sanctions contre lesquelles elles n’ont aucun recours, mais c’est pourtant ce qui se passe aujourd’hui en Europe. Ce qui est encore plus alarmant, c’est le fait que les décisions de la CE sont mises en œuvre presque instantanément, exécutant une « peine de mort socio-économique ».
Les implications de cette situation sont très sombres et devraient être profondément troublantes. Ce qui a été fait au colonel Baud, à Xavier Moreau et à Nathalie Yamb peut être fait à n’importe qui à tout moment. Aucune procédure régulière n’est requise, aucun droit Miranda n’est lu, aucune présomption d’innocence n’est admise et aucune possibilité de se défendre n’est offerte. Je ne peux pas dire pourquoi Mme Yamb a été sanctionnée, mais je sais que Moreau et Baud sapaient le discours occidental selon lequel l’Ukraine était en train de gagner la guerre et que la Russie pouvait être vaincue.
Ce discours est important pour les eurocrates mensongers, car il vise à nous encourager tous à approuver le gaspillage de milliards pour la défense de l’Ukraine et à être prêts à nous enrôler et à partir en guerre et/ou à envoyer nos enfants. Si personne ne conteste le discours de l’establishment au pouvoir, nos enfants pourraient connaître le massacre généralisé que "nos parents et grands-parents" ont connu. Comme l’a dit George Washington, « si la liberté d’expression nous est retirée, nous pourrions être conduits, muets et silencieux, comme des moutons à l’abattoir ». L’Ukraine en est le meilleur exemple.
Alex Krainer, le 19 décembre 2025
Source
Traduction Marianne Dunlop pour Histoire et Société
A écouter avec intérêt !
Une interview de Jacques Baud à la suite des sanctions :
Pour y accéder, du fait de la censure, il faut ajouter le préfixe https:// à la phrase suivante :
odysee.com/ chez sarah.markus:f/ECOUTEZ...-JACQUES-BAUD-s’exprime-sur-les-sanctions-de-l’UE:b
car il a été impossible de publier le lien entier qui est systématiquement cassé à l’enregistrement sur le site et donc ne fonctionne pas !
Le 15 décembre 2025, le Conseil de l’Union européenne a placé douze personnalités sur sa liste de sanctions pour « propagande russe » et « activités déstabilisatrices ». Parmi elles, l’ancien officier du renseignement suisse Jacques Baud.
Sans procès, sans juge, sans possibilité de défense préalable, ces mesures administratives ont des effets comparables à une peine civile totale. L’affaire pose une question centrale : l’Union européenne est-elle en train d’institutionnaliser un délit d’opinion au nom de la guerre informationnelle ?
La décision émane du Conseil de l’Union européenne, qui accuse les personnes visées de soutenir, directement ou indirectement, des actions de la Russie compromettant la sécurité de l’Ukraine par la « manipulation de l’information ». Aucun tribunal n’a été saisi. Aucun fait pénal n’a été établi. Aucun contradictoire n’a eu lieu.
Dans le cas de Jacques Baud, les griefs reposent exclusivement sur ses analyses publiques du conflit ukrainien. Ancien colonel, ex-responsable de la doctrine de maintien de la paix de l’ONU, il est sanctionné pour avoir contesté le récit dominant de la guerre, non pour des actes matériels, financiers ou opérationnels. L’Union européenne assume ici une logique de gouvernement par décret : elle désigne, juge et punit.
Les sanctions sont lourdes. Gel total des avoirs, interdiction de voyager dans l’espace européen, fermeture des comptes bancaires et des services numériques, impossibilité légale pour des tiers de lui fournir une aide matérielle. La militante Nathalie Yamb, également visée, parle d’une « peine de mort socio-économique ». Pour Baud, résident en Belgique, cela équivaut à une assignation à résidence et à une asphyxie financière complète.
Les sanctions européennes ciblées
Les « mesures restrictives » de l’Union européenne sont des décisions administratives de politique étrangère. Elles ne nécessitent ni condamnation pénale ni contrôle judiciaire préalable. Le recours n’est possible qu’après l’inscription sur la liste de sanctions, devant la Cour de justice de l’UE, dans des délais souvent incompatibles avec l’urgence sociale créée par le gel total des moyens de subsistance. Dans les faits, la sanction précède le droit, et la défense devient une option tardive et aléatoire.
Cette procédure inverse les principes fondamentaux de l’État de droit : la présomption d’innocence disparaît, la charge de la preuve est transférée au sanctionné, et le recours judiciaire n’intervient qu’a posteriori, au terme de démarches longues, coûteuses et incertaines. La séparation des pouvoirs est de facto suspendue.
Jacques Baud conteste radicalement les accusations. Il affirme n’avoir aucun lien avec la Russie, n’avoir jamais perçu de financement russe et avoir refusé toute invitation de médias russes afin d’éviter toute instrumentalisation. Ses travaux, dit-il, reposent quasi exclusivement sur des sources occidentales et ukrainiennes. Sa faute n’est pas d’avoir menti, mais d’avoir analysé autrement.
L’accusation la plus grave est révélatrice : Baud aurait développé une « théorie du complot » selon laquelle l’Ukraine aurait provoqué la guerre de 2022. Il rappelle pourtant n’avoir fait que citer des propos publics tenus en 2019 par Oleksiy Arestovych, alors conseiller de Volodymyr Zelensky, évoquant une guerre inévitable avec la Russie comme horizon de l’adhésion à l’OTAN. Citer une source officielle devient ici un acte sanctionnable.
Le message politique est clair. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, la neutralité analytique est assimilée à une hostilité. « Si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous. » Cette logique crée un précédent redoutable : si un ancien officier occidental, reconnu pour sa rigueur méthodologique, peut être réduit au silence par décret, qu’en sera-t-il des autres ?
Des parlementaires européens, notamment en Allemagne, ont alerté sur ce glissement. Car ce qui est en jeu dépasse le cas Baud. Il s’agit de la capacité de l’Union européenne à tolérer le dissensus sans recourir à des instruments d’exception.
Les personnes sanctionnées par l’Union européenne (15 décembre 2025)La décision vise douze individus, présentés comme participant à des opérations de « manipulation de l’information » ou de « propagande prorusse ». Les profils sont variés mais ont en commun une expression publique critique de la ligne officielle occidentale sur la guerre en Ukraine.
Parmi les personnes nommément identifiées :
– Jacques Baud, ancien colonel de l’armée suisse, ex-responsable de la doctrine des opérations de maintien de la paix à l’ONU, analyste militaire et auteur.
– Xavier Moreau, journaliste, ancien officier français, résidant à Moscou, directeur du site Stratpol, critique régulier de l’OTAN et de la politique occidentale envers la Russie.
– Nathalie Yamb, militante politique panafricaine, entrepreneuse et conférencière, connue pour ses positions anti-impérialistes et sa dénonciation du rôle des puissances occidentales en Afrique.Les neuf autres personnes, moins médiatisées, sont décrites par l’UE comme des blogueurs, commentateurs ou influenceurs accusés de relayer des narratifs favorables à Moscou.
Aucune n’a fait l’objet d’une condamnation pénale, ni même d’une mise en examen devant une juridiction nationale ou européenne. Leur inscription sur la liste repose exclusivement sur une appréciation politique et administrative, consacrant un basculement : ce ne sont plus des actes qui sont sanctionnés, mais des opinions, analyses et discours publics.
Voir en ligne : publié sur Libertés Actus, le journal communiste... Abonnez-vous
