Ce jour-là, le sénateur républicain du Wisconsin Joseph McCarthy, jusque-là quasi inconnu du grand public, fait une entrée fracassante sur la scène politique américaine.
Personnage réactionnaire, alcoolique et addict à la morphine, il affirme détenir une liste de 205 “communistes” occupant des postes clés au sein du Département d’État américain.
À la stupeur générale, cette accusation totalement infondée bénéficie d’un écho médiatique démesuré.
McCarthy devient alors une figure centrale du Parti républicain et contribue à propager la nouvelle “peur rouge” à travers tout le pays.
Dans les années qui suivent, porté par sa notoriété, il multiplie les accusations de complots communistes.
Politiques, artistes, intellectuels et figures médiatiques sont publiquement mis au pilori.
Les époux Rosenberg sont arrêtés dans ce climat de paranoïa anticommuniste généralisée.
Après la victoire républicaine de 1952, le président Eisenhower confie à McCarthy la mission de “purger” les communistes.
C’est l’ère de la “chasse aux sorcières”, aussi appelée maccarthysme
:
un simple soupçon de sympathie pour l’URSS ou le Communist Party USA suffit à briser des carrières.
Des centaines de fonctionnaires sont licenciés, humiliés et bannis.
Le monde culturel et l’industrie du divertissement se plient largement à cette politique pour préserver leurs profits.
Des centaines de travailleurs sont empêchés d’exercer leur métier et marqués publiquement à vie.
En 1954, les excès et les scandales de fausses accusations éclatent au grand jour.
McCarthy est déchu de son poste, mais le mal est fait : beaucoup de victimes ne retrouveront jamais une vie normale.
Joseph McCarthy meurt en 1957, emporté par ses addictions à l’alcool et à la morphine.
Son héritage reste celui d’une époque sombre où la peur a servi d’arme politique.