Israël a lancé une « frappe préventive » contre l’Iran, a annoncé le 28 février le ministère de la Défense israélien. Israel Katz, "a décrété un état d’urgence spécial et immédiat dans tout le pays". Aussitôt Trump pour les Etats Unis, a déclaré que les Etats unis participaient activement à ces bombardements contre l'Iran.
Déjà, moins de 12h après le début de cette agression militaire, les morts se comptent par centaines. Au moins 85 personnes, dont des élèves, ont été tuées par un bombardement israélien visant une école primaire de filles dans la ville de Minab, dans la province d’Hormozgan (sud), 48 autres personnes ont été blessées. Dans la capitale iranienne, se jouent les mêmes scènes que durant la guerre des Douze jours déjà menée par Israël et les États-Unis en juin. De longues files d’attente se sont formées devant les stations-service et un grand nombre d’habitants tentent de fuir la capitale.
Des explosions ont été entendues à l’est et à l’ouest de Téhéran et l’aéroport de Mehrabad aurait été visé. Une agence britannique rapporte que les lignes de téléphonie mobile ont été coupées dans les zones visées et qu'Internet s’est affaibli.
L'Iran a réagi militairement (voir ci-dessous) mais aussi économiquement en fermant le détroit d'Ormuz selon un responsable de la mission navale Aspides de l’Union européenne (UE). Les navires avaient reçu des transmissions VHF des Gardiens de la Révolution indiquant qu’« aucun navire n’était autorisé à passer le détroit d’Ormuz ». Ce détroit est la voie de passage la plus importante au monde pour le pétrole, reliant des pays producteurs tels que l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Irak et les Émirats arabes unis, au golfe d’Oman et à la mer d’Oman. Cela peut déclencher une pénurie de pétrole dans le monde entier provoquant une montée des cours et une aggravation des économies occidentales déjà en crise.
Après les multiples réactions dans le monde entier, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira samedi soir, à la demande de la France, du Bahreïn et de l’Iran, sur la situation au Proche-Orient, à la suite des agressions militaires d’Israël et des États-Unis contre l’Iran.
Donald Trump tente de se justifier en a annonçant que les États-Unis avaient lancé des « opérations de combat majeures » contre l’Iran pour « détruire » les capacités de missiles de la République islamique et de « réduire à néant » sa marine, assurant que l’objectif américain était d’« éliminer des menaces imminentes » causées par Téhéran. En prenant le peuple iranien en otage, il a osé lancer : « L’heure de votre liberté est à portée de main. »
Côté iranien, le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et le président Massoud Pezeshkian, tous les deux étaient visés par l’opération « Lion rugissant », rapporte un responsable iranien. Téhéran a annoncé qu’Ali Khamenei, avait été « transféré vers un lieu sécurisé » hors de la ville. Dans la soirée Trump confirmait sa mort et celle de hauts responsables iraniens.
La riposte iranienne. Il était certain qu'une telle agression ne resterait pas sans réponse de l'Iran.
- L'Iran a effectué des tirs de riposte sur Israël. A Tel Aviv, à Jérusalem et dans tout le centre du pays où l’armée annonce une salve de missiles lancée depuis l’Iran. À Tel Aviv, des dysfonctionnements des systèmes GPS ont lieu. 89 blessés légers sont recensés ce samedi matin, selon les services d’urgence israéliens. Le Corps des gardiens de la Révolution islamique iranienne a confirmé avoir lancé des missiles et des drones sur Israël. « En réponse à l’agression de l’ennemi hostile et criminel contre la République islamique d’Iran, la première vague d’attaques massives à la roquette et au drone menées par la République islamique d’Iran contre les territoires occupés a commencé », ont-ils affirmé. Dans la soirée on apprenait qu'un missile iranien était tombé dans le centre de Tel Aviv provoquant des dégâts importants ainsi que des morts et blessés.
Selon Haaretz, l’Iran aurait lancé une trentaine de missiles vers Israël. Les régions de Tel-Aviv, capitale économique du pays, et Beer-Sheeva, la principale agglomération dans le Sud, constituent les cibles. Jérusalem et Haïfa ne sont pour l’instant pas visées.
- Bahreïn rapporte une attaque sur son territoire. De la fumée a été signalée autour du quartier général de la cinquième flotte de la marine états-unienne, dans la zone de Juffair.
- Une importante explosion a été signalée à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis. Le pays abrite la base aérienne Al Dhafra où stationnent des avions nationaux mais également des appareils états-uniens et français. Le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a confirmé que le pays avait été visé par des missiles balistiques iraniens et que les défenses aériennes en avaient intercepté « plusieurs ». Plus tôt dans la matinée, une importante explosion était signalée près d’Abu Dhabi, à proximité d’une base aérienne qui abrite des appareils américains. La chute d’éclats d’obus a touché une zone résidentielle de la capitale, causant la mort d’un citoyen asiatique.
« Le ministère a condamné cette attaque avec la plus grande fermeté, soulignant le rejet catégorique par l’État du ciblage d’objets civils, d’installations et d’institutions nationales, et soulignant que de tels actes constituent une escalade dangereuse et un acte lâche qui menace la sécurité et la sûreté des civils et compromet la stabilité », explique le ministère.
« Ces attaques constituent une violation flagrante de la souveraineté nationale et du droit international, (…) l’État se réserve le droit de répondre à cette escalade et de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger son territoire », indique en outre le communiqué. Le pays se dit « prêt à faire face à toute menace ». Le pays avait prévenu qu’il n’autoriserait pas l’usage de son territoire pour d’éventuelles attaques contre l’Iran. La diplomatie émiratie réaffirmait alors son « engagement (…) à ne pas permettre que (l’)espace aérien, (le) territoire ou (les) eaux soient utilisés pour toute action militaire hostile contre l’Iran ».
Cette base est hautement stratégique et sert de plaque tournante pour les opérations des États-Unis dans le golfe Persique.
- Une vague d’explosions a été entendue à Doha, au Qatar, selon un témoin interrogé par le journal israélien Haaretz. Le pays avait annoncé plus tôt dans la journée la fermeture temporaire de l’espace aérien après le début des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran.
- Un drone a pris pour cible l’aéroport international du Koweït, a-t-on appris de l’autorité générale de l’aviation civile du Koweït. Plusieurs employés se sont vus infliger des « blessures légères ». Des « dégâts matériels limités » au terminal passagers ont également été constatés.
- Le groupe Kataeb Hezbollah (les Brigades du parti de Dieu), chiite et proche de l’Iran, a annoncé qu’il allait commencer à attaquer les bases états-uniennes en Irak en représailles à l’« agression » contre son voisin, selon le New York Times. « Nous commencerons bientôt à attaquer les bases américaines en réponse à leur agression », a déclaré le groupe. Deux combattants ont été tués samedi lors de frappes aériennes ayant touché la base de Jurf alSakher, également connue sous le nom de Jurf al-Nasr, dans le sud de l’Irak.
- Selon l’agence syrienne SANA, 4 personnes ont été tuées en Syrie après qu’un missile iranien a frappé un bâtiment dans la zone industrielle de Sweida, située dans le sud du pays. Le missile était probablement destiné à Israël, Sweida étant proche du territoire contrôlé par Israël.
- Une réunion s’est tenue au Grand Sérail de Beyrouth, la résidence du 1er ministre libanais, Nawaf Salam, pour aborder des questions « d’ordre logistique » après l’offensive israélienne et états-unienne contre l’Iran, d’après le quotidien l’Orient-le Jour. La question d’une intervention du Hezbollah libanais, proche de Téhéran, dans le conflit, n’a pas été abordée. « C’était principalement pour mettre en place les mesures à prendre si la situation venait à s’aggraver », précise un haut responsable, qui ajoute que le rendez-vous s’est tenu en présence du ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, lui-même membre du Hezbollah.
Le Hezbollah libanais a condamné l’agression d’Israël et des États-Unis contre l’Iran. Le mouvement chiite, « tout en déclarant sa pleine solidarité avec la République islamique d’Iran, ses dirigeants et son peuple, appelle les pays et les peuples de la région à s’opposer à ce projet agressif et à en reconnaître le danger. Ses conséquences désastreuses toucheront chacun sans exception si rien n’est fait ».
Le Hezbollah n’indique pas vouloir prendre part dans le conflit en cours. Il dénonce « une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations Unies ».
Alors que le Proche Orient est en feu, les réactions américaines et israéliennes ...
Washington a exhorté ses ressortissants à « quitter le Liban dès maintenant tant que des options commerciales restent disponibles » et recommandent aux citoyens états-uniens de « ne pas se rendre » au Liban. En parallèle de l’attaque menée contre l’Iran par Israël et les États-Unis, le communiqué publié sur le site de l’ambassade américaine à Beyrouth pourrait laisser présager d’opérations concomitantes contre le Hezbollah, allié de l’Iran, déjà affaibli par la guerre menée par Tel Aviv entre octobre 2023 et novembre 2024.
Le temps est venu pour les Iraniens de « se débarrasser du joug de la tyrannie », annoncé le 1er ministre israélien, Netanyahou rapportée par l’AFP. Recherchant l’unité nationale autour de sa guerre, il appelle également les Israéliens à tenir bon et lutter « ensemble », laissant ainsi pressentir une poursuite des opérations militaires contre l’Iran. De son côté, son ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a mis en garde l’opposition intérieure : « Si quelqu’un, où que ce soit en Israël, compte soutenir l’Iran, qu’il ne nous mette pas à l’épreuve. Je le dis sans équivoque : nous couperons la tête de quiconque cherchera à inciter ou à soutenir l’ennemi. » Pour le président israélien Isaac Herzog, l’« opération Lion rugissant » menée par son pays et les États-Unis contre l’Iran serait une « étape historique ». Il a remercié Trump et son premier ministre Netanyahou pour leur passage à l’action alors que l’offensive a été « planifiée depuis des mois », selon un responsable de la défense israélienne.
...et iraniennes
« Les États-Unis et Israël ont lancé une agression et une guerre qui auront des répercussions importantes et durables. Nous n’avons pas été surpris par l’agression conjointe américano-israélienne et nous avons une réponse complexe sans limite de temps », explique un responsable, précisant que tout appel à la retenue ou à la capitulation de Téhéran était « inacceptable et relevait du vœu pieux ». Tous les intérêts états-uniens et israéliens au Moyen-Orient constituent des « cibles légitimes », selon haut responsable iranien cité Al Jazeera. Selon ce même dirigeant, « il n’y a plus de lignes rouges après cette agression (de Washington et de Tel Aviv), et tout est possible, y compris des scénarios qui n’avaient pas été envisagés auparavant ».
Le commandant des Gardiens de la Révolution, Mohammad Ali Jafari, assure que Téhéran a pour l’heure tiré ses « missiles de rebut » et dévoilera bientôt des armes inédites, d’après des médias d’État iraniens. Cette déclaration vise à montrer que, malgré la guerre menée par Israël et les Etats-Unis en juin dernier et cette nouvelle campagne, les capacités iraniennes continuent de se développer. Il s’agit tant d’une adresse à destination de l’extérieur que du peuple iranien.
Dans une interview accordée à NBC News, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que le Guide suprême était vivant « pour autant (qu’il) sache ». Selon ce dernier, aucune communication n’a été entamée avec Washington mais les attaques doivent d’abord cesser avant toute négociation. Le changement de régime en Iran reste cependant « mission impossible », selon lui.
Dans une adresse au peuple iranien, le parti Tudeh (communiste) dénonce l’agression contre l’Iran alors que des pourparlers indirects sur le nucléaire sont en cours entre les États-Unis et la République islamique. « Cette agression contre le sol iranien, qui entraînera sans aucun doute la perte de vies humaines parmi nos compatriotes et la destruction du pays, a été saluée par des forces telles que Reza Pahlavi et les Moudjahidines du peuple, ce qui est sans aucun doute condamné par toutes les forces nationales et éprises de liberté de notre pays », explique le communiqué.
Le Tudeh met également en garde : « L’agression militaire de l’impérialisme américain et du gouvernement israélien, qui fait l’objet de poursuites judiciaires devant la Cour internationale de justice de La Haye pour crimes contre l’humanité, n’est pas seulement un signe avant-coureur de la libération de l’Iran du joug de la tyrannie et de la dictature actuelles, mais aussi une tentative de détruire l’Iran en tant que pays régional capable et de remplacer le gouvernement actuel par un régime dépendant et despotique qui a déjà annoncé son programme de répression sanglante de ses opposants. » Les communistes iraniens en appellent les « forces nationales et éprises de liberté d’Iran, ainsi que toutes les forces progressistes et éprises de paix à travers le monde, à unir leurs forces ». Lors de la guerre dite des Douze jours, le Parti communiste israélien (Maki) et le parti Tudeh avaient pris l’initiative d’un communiqué commun pour demander l’arrêt des massacres.
Les réactions dans le monde...
- L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne critiquent les frappes iraniennes mais n’apportent pas un soutien total à l’opération militaire déclenchée par Israël et les États-Unis. Le chancelier Friedrich Merz, Emmanuel Macron, et Keir Starmer « condamnent avec la plus grande fermeté les attaques iraniennes contre les pays de la région ». Ils évoquent avoir « constamment appelé le régime iranien à mettre fin au programme nucléaire de l’Iran, à limiter son programme de missiles balistiques, à renoncer à ses activités déstabilisatrices dans la région et sur [leurs] territoires, et à cesser la répression et la violence inacceptables contre [son] propre peuple ». Néanmoins, Ils précisent : « Nous n’avons pas participé à ces frappes, mais nous sommes en contact étroit avec nos partenaires internationaux, notamment les États-Unis, Israël et nos partenaires dans la région. Nous réaffirmons notre engagement en faveur de la stabilité régionale et de la protection des civils. »
- La Chine a exhorté à la fin « immédiate » des actions militaires des États-Unis et d’Israël contre l’Iran et demandé le « respect » de la souveraineté, de la sécurité et de l’intégrité territoriale de l’Iran. Sur le réseau social X d’Elon Musk, le ministère chinois des Affaires étrangères demande également « la reprise du dialogue et des négociations » indirectes entre Washington et Téhéran.
- Pour la Russie, le vice-président du Conseil de sécurité de Russie, Dmitri Medvedev, a dénoncé samedi les attaques menées par Israël et les États-Unis contre l’Iran. Le dirigeant a particulièrement visé Trump : « Le pacificateur a une fois de plus montré son visage », a t-il déclaré. « Toutes les négociations avec l’Iran ne sont qu’une opération de couverture. Personne n’en doutait. Personne ne voulait vraiment négocier quoi que ce soit », observe-t-il également à propos du cycle de négociations en cours. Selon Dmitri Medvedev, « la question est de savoir qui aura le plus de patience pour attendre la fin peu glorieuse de son ennemi. Les États-Unis n’ont que 249 ans. L’Empire perse a été fondé il y a plus de 2 500 ans. Voyons ce qu’il en sera dans cent ans… »
La Russie avait opéré un rapprochement avec les États-Unis après l’arrivée de Trump et mené une série de discussions bilatérales autour de l'Ukraine. Le 18 février, alors que des navires américains se déployaient en direction du Golfe persique, Moscou annonçait un « exercice naval conjoint » avec Téhéran en mer d’Oman et dans le nord de l’Océan indien.
- Le gouvernement britannique a dit ne pas vouloir « voir la situation s’aggraver et dégénérer en un conflit régional plus large », après les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, a rapporté un porte-parole. « Nous disposons d’une série de capacités défensives dans la région que nous avons récemment renforcées. Nous sommes prêts à protéger nos intérêts », a-t-il indiqué, disant que la sécurité des ressortissants britanniques était la « priorité ».
- Ursula von der Leyen, et le président du Conseil, Antonio Costa, ont publié un communiqué pour exprimer leur préoccupation après les bombardements israéliens et états-uniens contre l’Iran. « Nous restons en contact étroit avec nos partenaires dans la région », assurent-ils avant de réaffirmer leur « engagement indéfectible à préserver la sécurité et la stabilité régionales ». Dans une volonté de ne pas rester à la remorque de l’opération, les dirigeants européens rappellent que les Vingt-sept ont mis en place des sanctions pour étouffer le pouvoir actuel. Des mesures de rétorsion qui frappent par ricochet la population.
Ursula von der Leyen et Antonio Costa disent vouloir « garantir la sûreté nucléaire et empêcher toute action susceptible d’aggraver encore les tensions ou de compromettre le régime mondial de non-prolifération ».
- Pour la Norvège, la campagne de bombardements menée contre l’Iran par les États-Unis et Israël n’est « pas conforme » au droit international, a estimé Espen Barth Eide, le ministre norvégien des Affaires étrangères, qui a appelé à la recherche d’une solution diplomatique. « L’attaque est décrite par Israël comme une frappe préventive, mais elle n’est pas conforme au droit international. Une attaque préventive suppose l’existence d’une menace imminente », a-t-il martelé.
- Macron a dénoncé sur X l’opération états-unienne et israélienne en cours contre l’Iran. Il a présidé samedi un Conseil de défense et de sécurité nationale réuni en urgence. L’occasion pour lui, quelques heures après la publication d’un communiqué, de redonner quelques éléments de la position française. La France n’a été « ni prévenue, ni impliquée », a-t-il dit, marquant une forme de distance avec l’opération militaire lancée par Israël et les États-Unis mais sans jamais la qualifier ou la condamner. Il a également estimé que la question du nucléaire iranien devait se régler « par la voie diplomatique ».
« Le déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran emporte de graves conséquences pour la paix et la sécurité internationale, a-t-il déclaré. Dans ce moment décisif, toutes les mesures sont prises pour la sécurité du territoire national et celle de nos compatriotes ainsi que de nos emprises au Moyen-Orient. La France se tient également prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation. L’escalade en cours est dangereuse pour tous. Elle doit cesser. » Macron a ajouté : « Le régime iranien doit comprendre qu’il n’a désormais plus d’autre option que d’engager une négociation de bonne foi pour mettre un terme à son programme nucléaire et balistique comme à ses actions de déstabilisation régionale. C’est absolument nécessaire à la sécurité de tous au Moyen-Orient. Le peuple iranien doit aussi pouvoir construire son avenir librement. Les massacres perpétrés par le régime islamique le disqualifient et nécessitent que la parole soit rendue au peuple. Le plus tôt sera le mieux. Fidèle à ses principes et consciente de ses responsabilités internationales, la France demande une réunion urgente du Conseil de sécurité des Nations unies. Je suis en contact étroit avec nos partenaires européens et nos amis au Moyen-Orient. »
- Le député arabe israélien Ayman Odeh, chef de file de la Liste unie et responsable du Hadash (communiste), a déclaré que le gouvernement de Netanyahou avait décidé qu’Israël « vivrait éternellement par l’épée » alors que son pays mène une série de frappes contre l’Iran avec l’aide des États-Unis. « Prenez soin de vous, car ce gouvernement ne le fera pas pour vous », a déclaré le parlementaire israélien. Selon lui, l’opération Lion rugissant n’est « pas la seule solution ». Il appelle à une issue politique régionale qui apporterait « justice, paix, sécurité, stabilité et prospérité à tous ».
- Badr Albusaidi, le ministre des Affaires étrangères omanais qui assurait la médiation entre les États-Unis et l’Iran avant les attaques, a critiqué la décision de Trump de se lancer dans cette aventure. « Des négociations actives et sérieuses ont une fois de plus été compromises », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux. « J’exhorte les États-Unis à ne pas s’engager davantage dans ce conflit, a-t-il ajouté. Ce n’est pas votre guerre. » Vendredi, le diplomate s’était montré optimiste quant à la possibilité d’un accord et avait déclaré que l’Iran avait fait des concessions significatives sur son programme nucléaire.
- L’Arabie saoudite a condamné « l’agression brutale de l’Iran » contre Bahreïn, le Qatar, le Koweït, la Jordanie et les Émirats arabes unis. « L’Arabie saoudite affirme sa pleine solidarité et son soutien à ces nations fraternelles », a déclaré le ministère des Affaires étrangères. Il s’est engagé à leur venir en aide. Aucun mot, en revanche, sur les bombardements d’Israël et des États-Unis sur l'Iran.
- Lauréate du prix Nobel de la paix 2017, la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), basée à Genève, a dénoncé l’opération conjointe israélienne et états-unienne contre l’Iran. Melissa Parke, la directrice exécutive de l’organisation pacifiste, juge les bombardements « totalement irresponsables » et met en garde contre l’escalade et contre « une augmentation du danger de prolifération nucléaire et d’utilisation d’armes nucléaires ».
Face à la réprobation des bombardements israéliens et américains, Trump a de manière explicite appelé à un renversement des autorités iraniennes : « Ce sera probablement votre seule chance en plusieurs générations. » Il a aussi averti les Iraniens que l’opération en cours serait de grande ampleur : « Restez à l’abri. Ne quittez pas vos maisons. Il est très dangereux de sortir. Des bombes vont tomber partout. » Il s’est aussi adressé à son propre pays : « De courageux héros américains pourraient laisser leurs vies et nous pourrions avoir des pertes. » « Aux membres des Gardiens de la révolution islamique, aux forces armées, et à toute la police, je dis aujourd’hui que vous devez déposer les armes et avoir une immunité totale ou, dans le cas contraire, faire face à une mort certaine », a menacé le milliardaire de 79 ans.
Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, a critiqué la méthode employée par Trump et le refus de ce dernier de solliciter l’approbation du Congrès. « L’administration Trump doit immédiatement s’expliquer devant le peuple américain et le Congrès, fournir une justification irréfutable à cet acte de guerre, définir clairement l’objectif en matière de sécurité nationale et présenter un plan visant à éviter un nouveau bourbier militaire coûteux et prolongé au Moyen-Orient », écrit-il. Néanmoins, ce représentant ne condamne pas en soi l’opération militaire, élargissant une fracture au sein de la coalition démocrate, où un grand nombre d’élus avaient fait connaître leur opposition à toute opération militaire.
Dans un bref communiqué, l’armée israélienne a annoncé, samedi vers 18 heures (heure française), une « nouvelle vague de frappes » contre des objectifs militaires en Iran, dont des lanceurs de missiles et des systèmes de défense aérienne, dans le cadre de son attaque conjointe lancée ce matin avec les États-Unis contre l’Iran.
L’armée israélienne a livré des détails sur l’ampleur de l’opération qu’elle mène avec les Etats-Unis. Environ 200 avions de combat seraient engagés, soit la « plus grande opération aérienne de l’histoire » de son armée. Des centaines de munitions auraient été largués contre environ 500 cibles, dont des systèmes de défense aérienne et des lanceurs de missiles. « Les frappes contre les systèmes de défense ont permis d’étendre la supériorité aérienne de (l’armée israélienne) sur le territoire aérien iranien et ont gravement affaibli les capacités offensives du régime iranien, à savoir les sites de lancement situés dans l’ouest de l’Iran », indique l’armée.