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Blog d'actualité politique

Prêt de 90 milliards à l’Ukraine et coup d’arrêt russe sur le pétrole kazakh

Publié le 26 Avril 2026 par Vendémiaire in Europe, Europe Est & Centrale

Prêt de 90 milliards à l’Ukraine et coup d’arrêt russe sur le pétrole kazakh
Publié le 23 avril 2026
 

La réponse du berger à la bergère ? Alors que l’Union européenne a annoncé hier le déblocage du prêt de 90 Md EUR à l’Ukraine, remboursable lorsque la Russie aura versé des compensations à l’Ukraine (autant dire jamais), ainsi qu’un 20e paquet de sanctions contre la Russie, les autorités russes ont annoncé que le transit via son territoire du pétrole kazakhstanais (oléoduc Druzhba) destiné à l’Allemagne cesserait à compter du 1er mai.

La Hongrie et la Slovaquie menaçaient depuis plusieurs semaines de bloquer l’adoption du prêt à l’Ukraine et des nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie, conditionnant leur levée au rétablissement du transit de pétrole russe via l’Ukraine par l’oléoduc Druzhba. En parallèle, la Hongrie, la Tchéquie et la Slovaquie avaient obtenu de ne pas participer au mécanisme de prêt en ne contribuant pas directement à son financement.

Déblocage du prêt de 90 Md EUR à l’Ukraine et du 20e paquet de sanctions

Le 22 avril, alors que l’Ukraine a annoncé la réparation de l’oléoduc, la présidence chypriote de l’UE s’est félicitée dans la foulée du déblocage de ces deux initiatives symboliques pour le soutien à l’Ukraine. En parallèle, le Premier ministre slovaque Robert Fico a toutefois indiqué n’avoir aucune confiance dans la fiabilité des promesses ukrainiennes et conditionne son accord à la reprise durable des flux de pétrole.

Le 20e paquet de sanctions visait initialement le secteur énergétique, avec l’interdiction de fourniture de services maritimes aux navires transportant du pétrole ou du GNL russes, le secteur bancaire, et prétendait lutter contre le contournement des sanctions en ciblant des entités de pays tiers. Un pas de plus vers une extraterritorialité des sanctions (à l’efficacité bien moindre que les sanctions secondaires des États-Unis). La version définitive devrait être allégée sur les services maritimes aux pétroliers, tant le continent est pris à la gorge par la hausse des prix de l’énergie consécutive à la guerre au Moyen-Orient. Certains États ont vraisemblablement de plus en plus de mal à accepter de se tirer des balles dans le pied.

La Russie répond en appuyant là où ça fait mal

Le même jour, les autorités russes ont annoncé l’arrêt des livraisons de pétrole kazakhstanais dans l’UE via la Russie (oléoduc Druzhba, itinéraire nord, via la Pologne) à compter du 1er mai.

Ironie de l’histoire, alors que l’UE s’était sevrée volontairement de pétrole russe dès 2023 (sauf la Hongrie et la Slovaquie, par dérogation), elle dépendait des infrastructures situées en Russie pour assurer le renforcement des importations de pétrole en provenance du Kazakhstan, en forte hausse en 2024 et 2025, compensant partiellement la perte de pétrole russe. La Russie, qui a annoncé l’avoir fait en coordination avec les autorités du Kazakhstan, a appuyé sur la gâchette énergétique.

Et la mesure touche principalement l’Allemagne, dont la raffinerie de Schwedt, alimentant la région de Berlin en produits pétroliers, fonctionnait pour partie avec le pétrole importé par Druzhba. Résultat, les volumes perdus, même s’ils ne représentent qu’une faible partie des importations de pétrole kazakhstanais dans l’UE, devront être trouvés sur un marché mondial déjà extrêmement tendu, avec des conséquences sur les prix.

Ces exportations du Kazakhstan, qui transitaient par la Russie, pourraient être redirigées notamment vers la Chine. Il conviendra également de surveiller de près l’évolution de la situation autour de l’oléoduc CPC, véritable colonne vertébrale des exportations pétrolières du Kazakhstan, dont dépend l’essentiel des approvisionnements européens en brut kazakh, via les exportations maritimes du port russe de Novorossiysk, qui a été touché plusieurs fois par des attaques ukrainiennes.

Cette décision intervient dans un contexte où Moscou semble décidée à s’occuper de ses relations avec Berlin : nationalisation des parts de Wintershall, entreprise allemande, dans des coentreprises avec Gazprom, arrestation d’une ressortissante allemande dans le Caucase du Nord pour terrorisme…

 

https://liberte-actus.fr/international/europe/article/pret-de-90-milliards-a-l-ukraine-et-coup-d-arret-russe-sur-le-petrole-kazakh

 
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