Xi Jinping n'avait pas besoin de mentionner « les États-Unis » pour que le monde entier comprenne qui il visait : « Un certain pays, obsédé par le maintien de son hégémonie, a tout fait pour paralyser les marchés émergents et les pays en développement. Quiconque progresse rapidement devient une cible de mesures d'endiguement. Quiconque le rattrape devient une menace. »
Et il a conclu en reprenant ce que la moitié de la planète pense, mais que peu de dirigeants osent dire : « Tout cela est inutile. Le monde dans lequel nous vivons est une communauté de destin. Les gens ne veulent pas d'une nouvelle guerre froide. Ils veulent un monde de paix durable et de sécurité universelle. »
Ce coup dur ne pouvait pas tomber plus mal pour Trump. Face à un Iran qui n'entend pas se laisser faire ni se laisser dominer, Trump est devenu enragé au point de d'avoir des propos déplacés qui heurtent les diplomates, de commettre des actes de guerre comme interdire le détroit d'Ormuz pour bloquer les ports iraniens mais que des pétroliers chinois ont pu franchir sans encombre, attaqué le pape, s’est opposé à Meloni, a même menacé de quitter l’OTAN, pendant ce temps le prix du pétrole a dépassé les 100 dollars le baril.
Pendant ce temps, Xi a signé des accords commerciaux avec l’Espagne, présenté quatre points pour la paix au Moyen-Orient et reçu le prince héritier d’Abou Dhabi.
L'un détruit les alliances et fait le guerre au monde. L'autre construit des coopérations et la paix. L'un menace le pape, ses alliés et l'OTAN. L'autre affirme : « Nous sommes du bon côté de l'histoire. » L'un bloque le commerce mondial. L'autre propose la paix et la coopération. Le contraste n'est plus subtil. Il est brutal.
Quand on s'en prend simultanément au pape, à son plus proche allié, à l'OTAN, à l'Iran et à la Chine, la pique de Xi n'est pas le plus blessant. Le plus douloureux, c'est qu'il a raison : Trump est de plus en plus isolé. Et le monde entier l'a déjà constaté.
Entendons-le tout comme les propos du pape : si nous, militants de l’émancipation, parvenons par nos mobilisations à stopper la marche au suicide nucléaire dont Trump menace le monde pour tenter de sauver l'hégémonie de l'impérialisme occidental, alors de nouveau l’avenir sourira aux révolutions populaires.
Car la majorité mondiale, et en son cœur, la classe ouvrière, le monde du travail et de la création, et la jeunesse du monde, qu’elle soit ou pas croyante, ne supporteront pas encore très longtemps ce capitalisme pourri qu’incarne Trump « livré au culte du moi et de l’argent » (dixit Léon XIV dans une allusion transparente) dont la logique est celle de la corruption et de la destruction de ce qui lui résiste.